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Tout est permis aux dames et que tout ce qui vient d'elles est grâce et faveur ▬ Liadan

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Pryam Templeton
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Chevalier errant

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Message Ven 21 Sep 2012 - 10:51

     Le groupe accompagnant Pryam, avait repris la route tôt le matin alors que le soleil daignait à peine poindre le bout de son nez. Le jeune homme s'était réveillé relativement tôt, car tout un tas de pensées se bousculaient dans son esprit, savoir comment faire pour concilier sa recherche de travail et son rôle de frère qu'il venait de retrouver très récemment. Une « obligation » qu'il prenait avec plaisir d'ailleurs et s'il avait fallu regagner Neufétoiles pour faire plaisir à Serena, le jeune homme l'aurait fait avec une réelle joie. Il fallait donc penser à tout cela, analyser les faits comme à son habitude, puis pourquoi pas trouver l'illumination pendant une nuit d'insomnie. Au final, la nuit avait tout doucement cédé le pas au jour et ils marchaient déjà depuis quelques temps sur les chemins du Conflans, lorsque le soleil était haut. Après avoir laissé les chevaux avancer à leur rythme pendant quelques dizaines de minutes - puisqu'ils ignoraient où ils souhaitaient précisément se rendre - Pryam avança finalement qu'il serait bon de se rendre dans un village du coin de manière à pouvoir savoir si un seigneur des environs cherchait un chevalier à engager. Cela pouvait aussi bien être simplement pour quelques jours, mais le mieux restait bien évidemment un noble qui recherchait un homme pour la durée de l'hiver. Le blond déclara alors à ses compagnons qu'il allait partir devant pour essayer de repérer quelques marchands sur les routes. Ils voyageaient souvent de village en village à cette époque de l'année et Pryam savait qu'avec quelques pièces il obtiendrait aisément plus d'informations que dans une taverne. Mieux valait être seul dans ce cas. Il fut donc décidé qu'ils se retrouveraient sur la place du village qu'ils visaient en début de journée, lorsque le soleil serait à son zénith. Bien entendu, avant de partir, le Valois assura à sa sœur qu'il reviendrait très rapidement. Il ne comptait pas lui fausser compagnie !

     C'était donc pour cette raison que le chevalier errant se trouvait sur les routes de campagne, sans ses amis et avec sa monture pour seule compagnie. Il avait laissé son cheval de bât et son écuyer avec le reste de la troupe de manière à s'assurer qu'ils ne s'imaginent pas qu'il servait cette excuse pour les laisser et aller voir ailleurs. Pryam trottait donc depuis quelques dizaines de minutes, lorsqu'il entendit des bruits lointains, des éclats de voix, des bruits de hennissement, en somme, des sons qui indiquaient la présence d'un humain dans le coin. Il fit stopper son destrier, tendit l'oreille quelques instants pour se rendre compte que les bruits s'étaient atténués et qu'il ne savait pas réellement où aller pour vérifier son idée première. Après un petit moment de réflexion, le blond décida de laisser la chance et les Sept le guider, il s'engagea sur un sentier non loin de là et le suivit jusqu'à déboucher non loin d'une espèce de petit lac où les pêcheurs du coin devaient avoir l'habitude de se regrouper. En pénétrant plus en avant, ses yeux posés sur l'étendue d'eau, il constata finalement que des affaires traînaient à même le sol, sans que leur propriétaire soit dans les parages pour autant. Après un bref instant à balayer les environs du regard, le Valois descendit de sa monture et ce fut à ce moment précis qu'il aperçut un cheval sellé et solitaire. Est-ce qu'il s'agissait d'un cheval fugueur qui venait se réfugier ici ? De brigands ? Passant les rênes de son destrier au-dessus des oreilles de celui-ci, le Valois les saisis à pleine main de manière à entraîner son cheval derrière lui lorsqu'il s'approcha de l'autre animal. Mieux valait éviter que la bête effrayée ne s'échappe si jamais il s'agissait d'un fugueur, il saisit à ses rênes à lui aussi avant de regarder une fois de plus autour de lui comme s'il s'attendait à voir débarquer un propriétaire furieux. Il ne voulait pas apparaître comme un invité indésirable et décida donc de s'annoncer.

     ▬ Est-ce qu'il y a quelqu'un ? Vous avez besoin d'aide ? »

     Il n'eut pas de réponse immédiate, mais le bruissement des arbres et le bruit de l'eau pouvait avoir coupé la réponse d'une personne blessée. La thèse d'un accident de promenade était de plus en plus présente, les quelques affaires aperçues sur le sol pouvaient avoir chuté de l'animal au moment où celui-ci s'était cabré, du moins après qu'il eut envoyé son propriétaire au sol. Décidant de visiter les environs, le Valois s'éloigna des arbres et du petit coin où le cheval s'était réfugié – tirant celui-ci derrière lui – pour contourner un petit bosquet d'arbres qui lui masquait le reste du lac et en même temps, le chemin qui partait à l'opposé de celui où il marchait quelques minutes plus tôt. Il ne lui fallut pas longtemps pour poser les yeux sur une silhouette plutôt inattendue : une personne vêtue d'une robe et qui semblait lui tourner le dos. La scène se dessina aussitôt dans son esprit : certainement que la malheureuse avait voulu faire une promenade toute seule et que sa monture l'avait envoyée au sol. Peut-être s'était-elle cassé quelque chose ? Histoire de ne pas l'effrayer et qu'elle ne s'imagine pas qu'il était ici pour lui faire du mal – avec les temps qui couraient, cela aurait été plus que logique – il prit la parole d'un ton assez bas.

     ▬ Ma dame ? Allez-vous bien ? »

     Le titre employé était certainement justifié étant donné qu'il était assez rare de croiser des roturières avec des robes qui semblaient aussi riches, mais de toute manière le chevalier avait pour habitude de toujours servir du « ma dame » aux femmes qu'il croisait, même roturières. Question de respect. Après avoir attiré l'attention de la malheureuse, Pryam approcha enfin d'elle avant de s'interrompre pour approcher d'un arbre non loin de là et y attacher sa propre monture, puis de réitérer l'opération sur un autre un peu plus loin pour y installer le cheval fugueur. Après quoi, il se hissa à la hauteur de la demoiselle en se penchant légèrement pour lui tendre la main histoire de lui offrir son aide. Du moins si elle l'acceptait. Toujours dans le souci de la rassurer, le chevalier errant ajouta quelques mots.

     ▬ J'ai trouvé cette monture un peu plus loin, est-ce qu'elle vous appartient ? Vous n'êtes pas accompagnée ? »

     Cela faisait beaucoup de questions, certes ! Mais c'était dans ses habitudes, il ne souhaitait guère imposer sa présence si la demoiselle avait déjà quelqu'un pour l'aider. Peut-être que ses accompagnateurs étaient déjà allés chercher de l'aide chez elle ? Si tel était le cas, Pryam se contenterait de rester à ses côtés le temps qu'ils reviennent histoire que personne de plus mal intentionné que lui ne désire s'occuper de la demoiselle en détresse. Du moins si elle l'était.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Sam 22 Sep 2012 - 16:55

La broderie était un art que devait maîtriser toute dame digne de ce nom. Sous l’oeil sévère de Septa Melynn, les deux jeunes filles de la maison s’activaient à broder des coussins. Pour Liadan cet exercice était bien loin d’être un plaisir, pas uniquement parce qu’elle ne trouvait cela guère passionnant, mais plus précisément à cause de la maladresse dont elle faisait preuve, maladresse qui aurait pu être qualifiée de talent tant elle était développée chez la jeune femme. Ainsi, elle ne pouvait coudre ou broder quoique ce soit sans se blesser les doigts avec l’aiguille et semer des gouttelettes de sang sur son ouvrage. A un âge aussi avancé que le sien, on aurait pu espérer qu’elle ait depuis longtemps fait des progrès dans ce domaine, mais ce n’était pas le cas. Elle se piqua le doigt, plusieurs fois, jusqu’à en perdre patience. Elle était capable de faire preuve de suffisamment de maîtrise d’elle même pour ne pas témoigner de son exaspération à voix haute, bien que ce ne soit pas l’envie qui lui en manquait. Cependant, elle était absolument incapable de contrôler ce que les traits de son visage exprimaient. Ainsi, il était aisé de deviner son agacement à son regard et à la manière dont les traits de son visage s’étaient contractés. Elle se dépêcha de terminer aussi rapidement qu’elle le pouvait sans faire trop de dégâts. Elle continua encore un moment avant que le désir de sortir ne devienne trop grand. Du temps où sa mère était encore en vie, il lui aurait fallu lui en demander la permission, mais depuis sa mort, elle avait gagné en liberté, une liberté certes très relative, mais qui lui permettait d’agir davantage comme elle le désirait. Après tout, elle n’était plus une enfant. Certes, ce n’était pas pour autant que l’on appréciait qu’elle sorte faire du cheval seule, raison pour laquelle elle ne le précisa pas lorsqu’elle annonça qu’elle allait profiter de cette superbe journée.

Après avoir fait sceller son cheval, elle le monta dans l’intention de faire une promenade à travers les routes de campagne jusque près du petit lac qu’elle aimait tant et qui se situait à une distance raisonnable de sa demeure. A chaque fois qu’elle montait à cheval, cela lui rappelait avec nostalgie les longues balades qu’elle faisait des années auparavant, accompagnée de son frère jumeau. Les souvenirs qui lui revinrent la plongèrent dans une certaine mélancolie, qu’elle tenta d’oublier en poussant sa monture à accélérer le rythme. Bientôt, elle aperçut le petit bosquet d’arbres qui indiquait qu’elle se trouvait à proximité du lieu qu’elle convoitait. Ce fut avec plaisir qu’elle écouta le calme ruissellement de l’eau et le mouvement des feuilles balayées par une douce brise. Mais à peine eut-elle aperçu le bosquet que son cheval s’emballa. Distraite par ses pensées et ce qui l’entourait, elle n’eut pas le temps de voir quelle en était la raison. S’agissait-il d’un animal qui l’avait effrayé en passant entre ses sabots? D’un insecte dont la piqûre était douloureuse? Quelle qu’en soit la raison, il se cabra si soudainement qu’elle fut projetée au sol sans avoir pu tenter quoi que ce soit pour le calmer. Elle entendit qu’il s’éloignait d’elle mais ne parvint pas à réagir. Sa tête avait durement heurté le sol et il lui semblait que ses tempes bourdonnaient. Toujours allongée et réellement sonnée, elle ferma les yeux quelques instants. C’est alors qu’elle entendit une voix au loin, une voix d’homme qui semblait s’adresser à elle. Elle n’eut pas le réflexe d’y répondre, mais cela lui permit de rassembler peu à peu ses idées. Toujours sous le coup du choc, elle se sentit néanmoins un peu mieux et se redressa doucement. Sa tête était douloureuse et elle eut le réflexe de porter une main à son front.

Elle réalisa alors qu’elle était totalement seule et qu’il allait lui falloir retrouver son cheval si elle voulait espérer pouvoir rentrer chez elle. Elle réalisa qu’elle avait été vraiment imprudente et qu’elle pourrait s’estimer chanceuse si elle ne faisait pas de mauvaise rencontre. Elle rejeta ses épais cheveux bruns en arrière et tenta de se redresser encore davantage. Soudain, elle entendit de nouveau la même voix qu’auparavant, cette fois-ci beaucoup plus proche. Malgré le ton rassurant de l’inconnu, elle ne put s’empêcher de sursauter, ne l’ayant pas entendu s’approcher d’elle. Elle se retourna brusquement et le dévisagea. Elle fut cependant rassurée par la manière dont il était vêtu, qui indiquait clairement qu’il était chevalier, mais surtout par l’expression de son visage qui reflétait un intérêt sincère. Trop désorientée, Liadan ne songea pas immédiatement à lui demander son identité, mais se contenta de répondre à sa question.

« Et bien, il me semble que je n’ai rien de grave... »

Elle bougea légèrement ses bras et ses jambes pour s’en assurer. Elle remarqua alors que la manche droite de sa robe était déchirée et que sa chair était entaillée. Néanmoins, cela ne semblait guère profond, du moins à première vue, il suffirait qu’elle nettoie la plaie avec un peu d’eau du lac. Sa tête était la seule partie de son corps qui continuait à la faire souffrir, quoique que la douleur ait commencé à s’estomper lentement. Elle était parfaitement consciente de manquer à tous ses devoirs en terme de politesse, mais elle était encore sous l’effet du choc et avait quelques difficultés à rassembler ses idées. Elle le regarda attacher leurs deux montures, puis prit la main qu’il lui tendait avec reconnaissance et réussit à se relever avec son aide. Qu’elle n’ait pas même une cheville foulée était en soit miraculeux lorsque l’on connaissait sa maladresse et la malchance dont elle était en général victime.

« Oui, c’est bien mon cheval. Quelque chose a dû lui faire peur, il s’est emballé. Je suis sortie seule, et je le regrette à présent. »

Elle sourit, soulagée de sa chance et songeant que les choses auraient pu tourner bien plus mal. Ce n’était pourtant pas la première escapade qu’elle entreprenait seule, et ce ne serait certainement pas la dernière, mais, bonne cavalière, elle ne s’était trouvée que très rarement confrontée à ce type de situation. Elle réalisa alors qu’elle n’avait toujours pas la moindre idée de son identité, ni lui de la sienne.

« Je vous remercie pour votre aide. Pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs, je ne vous ai même pas demandé votre nom, ni même donné le mien. Je suis Lady Liadan Piper, de Château-Rosières. »

Elle se sentait toujours quelque peu étourdie, mais pas suffisamment pour ne pas éprouver la plus vive curiosité quant à l’identité de son mystérieux sauveur.
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Pryam Templeton
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Message Dim 23 Sep 2012 - 11:49

     La jeune dame tarda un peu à répondre, mais cela n'inquiéta guère le jeune homme qui se doutait que la chute – puisque ce devait être la raison de sa position – devait avoir été suffisamment rude pour la chambouler quelques instants. Patientant donc, Pryam ne la quitta pas des yeux comme elle formulait une réponse en lui faisant savoir qu'elle n'avait rien de bien grave. Tant mieux ! Il aurait été plutôt désagréable de faire une nouvelle rencontre sur une note aussi mauvaise, même si cela aurait éventuellement pu lui attirer les bonnes grâces du seigneur de la maison dont elle devait être originaire. Ce n'était pas dans le mode de fonctionnement du Valois de toute manière.
     Après qu'elle eut vérifié que tout allait bien chez elle, la jeune demoiselle - dont il ignorait l'identité par ailleurs - attrapa sa main pour se redresser. C'était une bonne chose qu'elle ne le prenne pas pour un dangereux personnage. Soyons honnêtes, le chevalier errant n'avait rien d'une personne dangereuse ou inquiétante physiquement parlant, puis rien qu'à entendre son discours il était difficile de croire que ce puisse être le cas. Mais pourtant, cela ne l'empêchait pas d'avoir déjà été victime de la méfiance de jeunes nobles à qui il avait offert son aide. Peu importait au final, la voix de la demoiselle le tira de ses pensées alors qu'elle confirmait la thèse de la monture effrayée en ajoutant un détail important : elle n'avait aucune escorte. C'était une chose surprenante, Pryam ignorait que certains nobles laissaient leurs filles sortir seules et sans escorte, mais ce devait peut-être être la preuve de compétences de cavalière de la jeune dame ? Au fond, cela ne le regardait pas, mais il ne put s'empêcher d'arborer un air étonné qu'il chassa rapidement. Après un sourire, l'inconnue lui donna enfin la possibilité de mettre un nom sur son minois et se présenta comme la fille du seigneur de la maison Piper. Le Valois voyait parfaitement de qui elle parlait - son éducation d'écuyer lui permettait de connaître chaque famille de Westeros - et il savait donc qu'ils n'étaient pas très loin de la demeure de la famille Piper. Hocha la tête, il lui retourna la politesse en se présentant à son tour.

     ▬ Enchanté ma dame, même si la situation s'y prêt assez peu j’en conviens. C'était le moins que l'on puisse dire pour le coup. Je suis ser Pryam, chevalier errant et je passais dans les environs par hasard. »

     Il omit de faire état de son nom comme chaque fois qu'il devait se présenter depuis son départ de Neufétoiles. Annoncer clairement qu'il était un chevalier errant n'était pas forcément une bonne chose, le jeune homme n'ignorait pas que cette situation déplaisait à pratiquement tous les nobles qui n'appréciaient pas de voir qu'un titre aussi durement acquis que celui des chevalier, soit associé à quelqu'un qui vendait ses services. Est-ce que c'était aussi la vision des choses de son interlocutrice ? Il l'ignorait, mais vu sa situation il était peu probable que la demoiselle lui demande de s'en-aller et ce, même si son métier ne lui convenait pas. C'était un avantage d'un côté, pour une fois qu'il avait l'occasion de parler avec une noble qui ne le regardait pas de haut à peine avait-il formulé un mot.
     Château-Rosières n'était pas très éloigné normalement, le père de lady Liadan risquait de se faire du souci s'il ne voyait pas sa fille revenir dans quelques temps. Était-elle tombée depuis suffisamment longtemps pour que son géniteur se demande où elle était passée ? Mieux valait ne pas tenter le diable et proposer à la jeune femme de la raccompagner chez elle. Même s'il venait de « mentir » en disant être dans les environs par hasard, Pryam préférait perdre un éventuel travail – qui n'était de toute manière pas acquis – plutôt que d'oublier ce que son rôle de chevalier lui demandait de faire. Après quelques secondes de silence, il reprit donc la parole.

     ▬ Si je ne me trompe pas, votre demeure ne doit pas être trop éloignée d'ici ? Elle était plus qualifiée que lui pour répondre à cette question après tout. Tournant ses yeux clairs vers la monture de la jeune femme, il enchaîna. Votre cheval n'est pas blessé, je pense qu'il a simplement dû avoir une petite frayeur sans quoi il aurait fui beaucoup plus loin. »

     Oh, il n'était pas spécialiste des équidés, mais disons qu'après avoir passé quelques années dans le rôle d'écuyer d'un chevalier errant, le blond commençait à connaître les réactions plutôt étranges que ces animaux pouvaient avoir. Délaissant momentanément la jeune femme, le Valois s'éloigna de quelques pas pour s'approcher du destrier attaché à son arbre, puis défit ses rênes de manière à le mener auprès de sa propriétaire. Il n'avait effectivement aucune blessure et ne semblait pas davantage effrayé, certainement qu'il avait déjà oublié ce qui l'avait amené à expédier sa maîtresse les fesses sur l'herbe. Le jeune homme flatta un bref instant le flanc du cheval avant de reporter son attention sur le minois de lady Liadan.

     ▬ J'imagine que vous devez certainement avoir mal quelque part, ou au moins être suffisamment chamboulée pour vouloir écourter votre promenade ? Le chevalier n'était pas macho, il ne prenait pas les dames pour des choses délicates qu'il fallait bichonner, mais disons qu'il avait eu suffisamment de chutes de cheval pour savoir que ce n'était pas agréable du tout. Loin de là même. Si vous le souhaitez, je peux vous raccompagner jusqu'à chez vous ? Je ne sais pas si vous voyagez souvent sans garde, mais je sais qu'il y a de temps en temps des personnes peu recommandables sur les routes, surtout par les temps qui courent. Il faisait état de la guerre après la sécheresse, qui poussait certains à voler ce qui leur manquait pour vivre. Après un bref instant, il esquissa un sourire navré. Enfin, je ne veux pas vous effrayer, j'ai été un peu maladroit dans mes paroles, navré. Son manque d'éloquence le rattrapait toujours au final. Si vous préférez rentrer seule dans votre demeure, je pourrais vous quitter un peu avant, mais je préférerais m'assure que vous arriviez à bon port si cela ne vous dérange point. »

     Pourquoi ? Ils ne se connaissaient pas, c'était un fait, mais bon, si lady Liadan connaissait les chevaliers elle devrait certainement comprendre que s'il agissait de la sorte c'était parce que les règles de la chevalerie disaient qu'il ne fallait jamais délaisser quelqu'un dans le besoin. Puis si elle ne le savait pas.... Et bien il pourrait toujours lui expliquer. Ou du moins tenter, même si le résultat n'était pas assuré.


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Message Lun 24 Sep 2012 - 16:18

Elle se sentait encore perturbée par sa chute, mais elle était néanmoins bien plus rassurée qu’auparavant, réalisant après coup qu’elle aurait réellement pu faire une mauvaise rencontre. Elle n’était pas naïve, elle savait que bon nombre d’individus mal intentionnés parcouraient les routes, mais elle n’était pas de nature impressionnable, ce qui était peut-être un tort au fond. Ses promenades à cheval étaient les rares instants de liberté qu’elle pouvait encore s’offrir. C’était un privilège qu’elle avait acquis par la force de l’habitude et par le fait qu’elle soit une excellente cavalière, du moins, d’ordinaire. Sans doute la présence de son frère jumeau y avait-elle été pour quelque chose. Quoi qu’il en soit, ce type de mésaventure était relativement rare et elle était plutôt soulagée que le dénouement en soit heureux. Elle imaginait néanmoins que Septa Melynn et probablement son père n’allaient pas être ravis de ce qui venait de se produire. Elle remarqua l’air surpris du chevalier lorsqu’elle avoua ne pas avoir d’escorte et l’estima davantage de ne pas lui faire de remarque à ce sujet.
Elle fut heureuse de pouvoir connaître enfin le nom de son sauveur. Lorsqu’elle entendit qu’il était chevalier errant, ses yeux bleus s’écarquillèrent et son sourire s’élargit. Elle savait que cette condition était considérée comme bien inférieure à la sienne, et qu’elle n’était pas supposée se comporter avec lui de la même manière qu’elle l’aurait fait avec une personne de noble rang. Néanmoins, il était chevalier et l’avait secourue à un moment où elle en avait eu réellement besoin, ce qui aux yeux de la jeune femme, était une preuve déjà bien suffisante de sa valeur. De plus, le fait qu’il voyage le rendait d’autant plus intéressant aux yeux de la jeune femme. « Vraiment? Voilà qui est passionnant ! »

Soudain, elle entendit dans sa tête les conseils de Septa Melynn, aussi clairement que si celle-ci s’était trouvée juste devant elle. « Une noble dame doit toujours s’exprimer avec calme et modération. Jamais elle ne doit exprimer ses sentiments d’une manière trop évidente. » La franchise et la spontanéité étaient dans la nature de Liadan. Elle avait beau faire, elle ne parvenait pas à s’en empêcher, d’autant plus que son regard ainsi que les traits de son visage exprimaient instantanément la moindre de ses pensées. Même un étranger pouvait ainsi lire en elle comme dans un livre ouvert. Pourtant, il aurait été erroné de penser qu’elle le faisait exprès. Au contraire, le simple fait de pouvoir mettre sa famille dans l’embarras par son comportement ou par ses paroles était source de honte pour la jeune femme. Paradoxalement, elle souffrait de ses contraintes, mais ignorait comment s’en libérer. Ser Pryam avait l’air d’être un homme tout-à-fait honnête et aimable. Il venait de lui porter secours, et elle ne voulait surtout pas qu’il ait une mauvaise opinion d’elle. Elle tenta alors de se reprendre et de réfréner son enthousiasme, prenant un ton plus posé, malgré la difficulté que cela représentait face à un tel sujet. « Je veux dire que vous avez dû parcourir bien des contrées... »

Gênée, elle laissa sa phrase en suspend. Elle ne pouvait cependant empêcher diverses questions de se bousculer dans sa tête, mais elle n’osait les poser pour le moment, craignant de paraître trop intrusive. Une existence passée à voyager, à découvrir d’autres terres était exactement celle dont elle rêvait, mais qu’elle savait ne jamais pouvoir vivre. Ce n’était tout simplement pas dans l’ordre des choses, et même si elle le regrettait, elle savait parfaitement qu’on ne lui laisserait pas le choix, que ce soit son père ou son futur époux. Avec un peu de chance, si Lord Piper recevait plusieurs propositions de mariage, peut-être lui permettrait-il d’exprimer une opinion, mais c’était tout ce qu’elle pourrait sans doute espérer, et son désir de ne pas prendre époux n’y changerait rien. Par chance, elle avait encore une soeur, qui bien que plus jeune, était bien plus belle et conforme à l’image de l’épouse idéale dont on lui parlait sans cesse depuis qu’elle était en âge de comprendre ce qu’on attendait d’elle. Elle profita de sa question pour reprendre un peu d’assurance.

« En effet, nous ne sommes pas très loin. » Elle jeta un coup d’oeil vers sa monture, soulagée qu’il n’ait pas eu à souffrir de cette petite mésaventure. « Je vous remercie de l’avoir ramené. Sans vous, j’ignore comment j’aurais pu le rattraper avant qu’il ne s’aventure trop loin. » Elle ignorait également si elle aurait été capable de marcher suffisamment loin, seule, pour le retrouver. Encore une fois, Ser Pryam avait été d’un grand secours.

Elle fut heureuse d’avoir de nouveau sa monture près d’elle et attrapa les rennes du cheval après lui avoir flatté l’encolure. Elle aurait détesté le savoir errant seul dans la campagne, où n’importe quel individu mal intentionné était susceptible de s’en emparer. Cela pouvait sembler absurde, mais elle était réellement attachée à cet animal. Quelle que fut l’origine de son brusque mouvement de panique, il n’en restait pas une trace et elle dut se résoudre à ce que le mystère ne soit jamais percé. Puis, elle se tourna de nouveau vers le jeune homme. « J’imagine que ce serait en effet plus raisonnable. Néanmoins j’aimerais aller jusqu’au lac d’abord, au moins pour nettoyer ceci. » Elle montra la plaie de son bras. Même si celle-ci ne semblait pas sérieuse, elle préférait éviter que cela ne saigne davantage. « Et puis, je me sens encore un peu étourdie, je pense qu’un peu d’eau fraîche me fera le plus grand bien. » Elle n’ajouta pas qu’elle désirait également vérifier son aspect général grâce au reflet de l’eau, non par coquetterie, mais pour éviter d’inquiéter davantage les membres de sa famille par l’apparence que lui avait donné cette chute.

Elle connaissait plutôt bien les devoirs de la chevalerie et ne fut pas surprise lorsqu’il lui proposa de la raccompagner chez elle. Elle sourit lorsqu’il exprima sa crainte de l’avoir effrayée. « Ne vous excusez pas, Ser Pryam, on m’a suffisamment avertie des dangers qui y rodent et même si j’ai l’air de me montrer parfois imprudente, je ne les ignore pas. » Elle faisait évidemment référence au fait qu’elle était sortie sans la moindre escorte. La peur n’était pas un sentiment qu’elle éprouvait aisément, et sans doute était-ce un tort, elle le reconnaissait volontiers. « Je vous remercie de votre proposition, mais sachez que si cela vous détourne de votre route, vous n’avez nulle obligation envers moi, vous avez déjà fait beaucoup et je ne voudrais certainement pas vous retarder. En revanche, si vous y tenez réellement, je pense que mon père serait ravie de vous remercier en personne. » Elle détestait l’idée qu’il ne l’accompagne que par obligation, d’autant plus après ce qu’il venait de faire pour elle. Néanmoins, elle ne voulait surtout pas l’offenser en ayant l’air de prendre à la légère les règles auxquelles devait obéir tout chevalier. De plus, la perspective de pouvoir en apprendre davantage à son sujet l’enthousiasmait réellement.
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Message Mar 25 Sep 2012 - 13:32

     Il y avait bien longtemps que le chevalier errant avait compris que sa condition l'éloignait des nobles. Même si sa mère était elle-même issue d'une famille noble, cela ne le rendait pas plus crédible aux yeux des individus de meilleure naissance que lui. Cela ne le frustrait pas réellement, plus à présent du moins. Si au début de ses pérégrinations, le jeune écuyer qu'il était se sentait toujours touché par le comportement des nobles qui semblaient considérer tout individu « inférieur » comme n'était pas digne d'intérêt, cet agacement s'était mué en une acceptation qui ne lui posait plus aucun problème à présent. Les années passées sur les routes faisaient du Valois un homme plus proche des roturiers – que ce soit mentalement ou dans les faits – et il se satisfait donc parfaitement de cette condition. Tout cela expliquant le fait que le blond ne se laissait guère déranger par les classes sociales à présent, il savait où était sa place et s'attendait à ce que lady Piper lui fasse sentir qu'un gouffre social les séparait. Mais elle n'en fit rien, étrangement. Bien évidemment, au cours de ses voyages le chevalier avait aussi croisé des individus qui étaient nobles, mais ne se comportaient pas pour autant comme des personnes abjectes. Cela semblait être le cas de la demoiselle, thèse étayée par le fait qu'elle se promenait sans escorte ce qui était loin d'être une chose familière auprès des jeunes dames. Peut-être que les Sept lui accordaient une chance de parler avec une personne qui partageait les mêmes opinions que lui à ce sujet ? Il le saurait assez tôt, les quelques mots échangés pour le moment ne suffiraient pas à lui apprendre quel était le mode de fonctionnement de la noble.

     Elle sembla étonnée – ou était-ce de l'intérêt ? – lorsqu'il lui fit savoir quel était son métier, mais elle se reprit rapidement avant d'ajouter quelques mots d'un ton plus tempéré, bien que cela semblait toujours assez.... Décalé, par rapport à ce qu'il avait l'habitude de voir chez les jeunes dames. Confirmant ce que Pryam pensait au sujet de la demeure de lady Piper, cette dernière continua pour le remercier de son intervention avant de récupérer les rênes de sa monture pour lui flatter l’encolure. Elle continua à parler en faisant savoir à son compagnon du moment qu'elle désirait nettoyer une plaie qui trônait sur son bras et semblait relativement peu dangereuse, mais mieux valait profiter de l'eau claire à portée en effet ! Au final, en réponse à sa proposition de la raccompagner, la demoiselle répondit quelque chose de très altruiste pour une noble – du moins comparée aux réponses dont il avait l'habitude – et le jeune homme s'empressa de la rassurer à ce sujet.

     ▬ Ne vous inquiétez pas ma dame, je peux dire que le seul luxe que je possède c'est bien de faire ce que bon me semble de mon temps. Je suis tout à fait disponible et je serais davantage rassuré de savoir que vous arriverez chez vous à bon port. Après tout, si les Sept vous ont mis sur ma route, ce n'est pas sans raison, il serait malheureux de les contrarier. »

     Comme tout chevalier qui se respecte, Pryam était un homme très croyant et il était intimement persuadé que s'il se trouvait à cet endroit, à ce moment précis et en compagnie de la jeune femme, c'était parce que les Sept le souhaitaient. La religion était très présente dans la culture de Westeros, mais il existait des personnes qui n'y croyaient pas, était-ce le cas de la demoiselle ? Bonne question. Au fond, cela n'y changerait rien, la foi du Valois était trop présente pour être mise de côté. Quoi qu'il en soit, puisque la lady désirait se rafraîchir, il attendrait à côté qu'elle soit prête à reprendre la route et reprit donc la parole pour le lui faire savoir.

     ▬ Et croyez-moi ma dame, vous m'apparaissez bien plus prudente que certaines de vos semblables, mais disons que je préfère prévenir que guérir. Sait-on jamais, il ne souhaitait pas être responsable de l'inquiétude de la demoiselle. Il reporta son attention sur le lac avant de reprendre la parole. Mieux vaut éviter de vous servir de l'eau du lac, il vaudrait mieux utiliser celle qui coule là-bas. »

     Il désigna un coin du lac situé à quelques mètres d'eux et où un petit flot d'eau coulait dans le lac qui devait se déverser plus loin. L'eau qui stagnait avait le risque d'être pleine de saletés, à moins de la faire bouillir il valait donc mieux éviter d'en user. C'était du moins ce que l'ancien maître du Valois ne cessait de lui répéter, après Pryam n'avait jamais vérifié, mais n'y tenait pas plus que cela. D'un geste, il fit comprendre à la lady qu'il revenait et s'éloigna pour se rapprocher du fameux filet d'eau. Il décrocha l'espèce de gourde qu'il gardait accrochée à sa ceinture – au cas où – et la vida pour y faire couler un peu d'eau recueillie devant lui. Une fois qu'il estima en avoir assez, le chevalier recula pour regagner sa place initiale et tendre la gourde à lady Liadan.

     ▬ Ce sera certainement plus approprié pour l'utilisation que vous lui réservez. Un bref moment de silence avant qu'il ne reprenne la parole. Si vous le désirez, je peux tenir votre cheval en attendant. »

     Le sien était toujours solidement attaché à son arbre et attendait tranquillement. C'était une monture plutôt docile, même s'il avait aussi ses humeurs à certains moments. Heureusement vu la situation, il était dans une bonne passade. Le chevalier aurait bien proposé son aide à la noble, mais il y avait une limite à ce qu'il faisait au nom de la chevalerie et rien que l'idée de toucher le bras d'une femme mieux née que lui, lui semblait être une offense qui ne lui permettrait pas de faire passer son devoir avant. C'était un peu stupide, il en était conscient, mais c'était de cette manière qu'il fonctionnait, tout simplement. Après un nouveau moment de silence, le blond reprit la parole d'un ton toujours aussi posé.

     ▬ Vous venez souvent ici ? C'est plutôt rare de voir des jeunes dames quitter leur demeure, surtout pour des promenades en forêt. Je pensais que vous préféreriez faire des activités à l'abri. À peine eut-il prononcé ces mots, qu'il constata qu'ils pouvaient être vexants. Enfin, je ne veux pas dire que toutes les jeunes nobles sont pareilles. Mes excuses, je n'ai pas particulièrement l'habitude de côtoyer des personnes comme vous. »

     À comprendre les jeunes nobles, il était plus du genre à parler – et encore généralement il écoutait les ordres données – avec les seigneurs des maisons. Lady Liadan avait semblé plutôt tolérante, il restait à espérer que la première impression était la bonne.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Mer 26 Sep 2012 - 13:15

La jeune femme savait parfaitement qu’elle pouvait paraître quelque peu différentes d’autres nobles de la région. Il lui semblait que tout en elle, de ses goûts jusqu’à ses dispositions, l’éloignaient de cette condition. Pourtant, elle l’avait acquise par le simple fait de naître, et ne pourrait donc s’en défaire. Oh, elle savait que de nombreux sorts étaient bien pires que le sien, elle savait qu’elle faisait partie des privilégiés et s’en rendait parfaitement compte. Néanmoins, cela ne l’empêchait pas de rêver à une autre vie, bien qu’elle sache parfaitement que ces envies ne dépasseraient jamais le stage de mirages. Quoi qu’il en soit, jamais elle ne se serait permis de se montrer méprisante vis-à-vis de Ser Pryam, même après avoir appris quelle était sa situation. Il était venu à son secours sans qu’elle n’ait eu besoin d’en faire la demande, et pour cela, il méritait tout son respect ainsi que sa reconnaissance. Déjà, les questions se bousculaient dans sa tête. Elle imagina quelles étaient les terres qu’il avait pu voir, et pourquoi il menait cette existence. Etait-ce par choix ou par contrainte? D’après ce qu’elle avait pu en voir, il semblait attaché aux valeurs de la chevalerie et n’aurait sans doute eu aucune difficulté à trouver un emploi auprès d’une maison noble, mais après tout, elle le connaissait depuis si peu de temps qu’elle ne pouvait en juger pour le moment. Elle fut donc heureuse qu’il insiste pour la raccompagner jusqu’à Château-Rosières, sentiment qui une fois de plus, fut visible sur les traits de son visage sans même qu’elle ne s’en rende compte. Elle sentait qu’il lui faudrait pourtant tenter de faire preuve d’une certaine maîtrise. Elle savait qu’elle avait tendance à parler à tort et à travers, posant questions sur questions lorsqu’elle éprouvait de l’intérêt pour quelque chose, ou quelqu’un.

« C’est un véritable luxe, en effet. Cela doit être fantastique de pouvoir disposer de son temps comme on le désire. » Une pointe de regret perça dans sa voix. Sur un plan matériel, elle ne manquait de rien, mais la liberté était quelque chose dont elle ne disposait pas, et ne disposerait probablement jamais. Aujourd’hui, elle dépendait de son père, et plus tard, ce serait de son époux. Mais il était inutile de se lamenter à ce sujet. Les choses étaient ainsi faites, et tout ce qu’elle pouvait faire, c’était grappiller quelques instants comme celui-ci, afin d’égayer son quotidien.
Lorsqu’il mentionna les Sept et leur volonté, sa mâchoire se contracta et elle se contenta d’une réponse vague. « Vous devez avoir raison. »

Comme la plupart des nobles de Westeros, Liadan avait été élevée dans la religion et était très croyante. Lors du Fléau du Printemps, lorsqu’elle s’était peu à peu rétablie mais que l’état de son frère avait empiré, elle avait supplié les Sept de l’épargner, en vain. Sa foi en avait été ébranlée. Elle ne pouvait se défaire de ses croyances, mais si une telle chose avait été leur volonté, alors elle ne pouvait l’accepter ou le pardonner. Peut-être l’avenir la rendrait-il plus raisonnable, mais pour le moment, la rancoeur était encore bien trop forte pour être dépassée. Mais elle ne souhaitait pas s’épancher à ce sujet. Elle fut touchée de sa prévenance, motivée par un désir de ne pas l’effrayer. S’il avait été quelqu’un connaissant son tempérament, elle aurait sans doute été vexée d’être traitée avec tant de ménagement, mais étant donné qu’ils étaient deux étrangers l’un pour l’autre, elle sut apprécier ses intentions.

Il indiqua alors un coin du lac où l’eau paraissait bien plus claire et saine, et elle approuva ses propos d’un léger signe de tête. Tandis qu’il s’éloignait, elle s’avança davantage vers le lac afin de pouvoir apercevoir son reflet. L’image n’était pas très nette, mais elle put voir qu’elle avait de la poussière sur la joue et au niveau du cou. Quant à sa coiffure, elle était dans un état déplorable, mais la jeune femme savait par expérience qu’il serait inutile de tenter de discipliner son épaisse chevelure. Tant pis, elle se contenterait d’arranger le reste de mieux qu’elle le pouvait pour paraître un tant soit peu présentable lorsqu’elle se retrouverait face à son père. Elle recula de quelques pas et vit que le chevalier revenait avec une gourde qu’il avait remplie d’eau claire. Elle la prit, avant de répondre.

« Je vous remercie, ce sera en effet beaucoup mieux. » Puis, elle lui tendit les rennes de son cheval lorsqu’il lui proposa de les tenir. Elle ne pensait pas qu’il fuirait encore, mais elle aimait mieux ne pas prendre de risque.

Elle songea, non sans un certain embarras, qu’elle se serait agenouillée sans ménagement pour prendre l’eau à pleines mains s’il n’avait pas pensé à ce dispositif. Elle n’aurait sans doute réalisé qu’après à quel point c’était inapproprié pour une jeune femme de son rang. Elle avait encore de nombreux progrès à faire afin d’atteindre un comportement irréprochable, et elle doutait que ce soit encore possible. Heureusement, une telle attitude avait pu être évitée. Elle versa un peu d’eau sur son bras afin de nettoyer la plaie. Elle n’avait malheureusement aucun linge pour la couvrir, mais tenta de faire du mieux qu’elle le pouvait avec sa manche déchirée. Puis, elle versa de l’eau dans ses mains et l’appliqua sur ses joues et sur son coup, ce qui, en plus d’enlever la poussière sur sa peau, lui fit beaucoup de bien. Ses idées lui paraissaient plus claires à présent, et si le mal de tête persistait encore, elle ne se sentait plus si étourdie qu’auparavant. Occupée à sa tâche, elle continua machinalement tout en répondant aux questions de Ser Pryam. Elle ne put s’empêcher de sourire, amusée par sa confusion. Elle aurait pu se sentir vexée par de tels propos si elle n’avait pas perçu que c’était visiblement la dernière chose qu’il souhaitait. De plus, elle était la première à reconnaître que ses goûts paraissaient souvent inhabituels.

« Oui, très souvent. J’ai peu de goût pour les activités d’intérieur, je l’avoue. A l’exception peut-être de la lecture. » Une fois qu’elle en eut terminé avec la gourde, elle la tendit à Ser Pryam. « Disons que... je ne suis guère conforme à ce que l’on attend de moi. Vous vous en rendrez vite compte je pense, si ce n’est déjà fait. »

Contrairement à ce que l’on pouvait penser, ce n’était pas un sujet de fierté à ses yeux. Elle était la première à regretter sa gaucherie, son manque de grâce, ainsi que sa trop grande franchise. A tout moment, elle prenait le risque de faire honte à sa famille. Tout aurait été bien plus facile si elle avait su ressembler à ce qu’était supposée être une jeune lady.

« J’imagine que vous avez dû rencontrer des individus bien différents au cours de vos voyages. De quelle région venez-vous? »
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Message Jeu 27 Sep 2012 - 10:49

     Pryam avait perçu la sorte de tristesse – ou de regret, il n'aurait su dire – qui perçait dans la voix de la jeune femme lorsqu'elle répondit à ses paroles au sujet du temps dont on pouvait disposer. C'était un sentiment qui semblait commun à beaucoup de jeunes femmes, ou même de noble seigneurs qui avaient déjà eu l'occasion de visiter les environs de leur fief. L'herbe était toujours plus verte ailleurs, il était fort probable que lady Liadan n'avait jamais été en dehors des terres de son père, voir à la rigueur jusqu'au fief voisin, mais sans jamais dépasser les frontières du Conflans. Certainement que sa vision des voyages devait être utopiste et romanesque, comme elle l'avait été dans l'esprit du Valois lorsqu'il avait quitté Neufétoiles pour la première fois. C'était une bonne chose d'un côté, au moins la jeune femme avait-elle une raison de rêver, mais malheureusement c'était à double tranchant. À rêver d'une vie qu'elle penserait idéale, la demoiselle risquait de s'éloigner de ses obligations pour finalement se rendre compte que ce qu'elle imaginait n'était pas quelque chose de véridique, mais simplement le fruit de ses désirs mêlés à ses pensées. Bah ! Au fond, il était peu probable que la brune soit un jour amenée à pouvoir quitter sa demeure, excepté pour gagner celle de son futur époux où elle y resterait jusqu'à la fin de ses jours. Une vie peu enviable, mais toujours meilleure que celle des roturières qui trimaient une vie entière pour mourir trop jeunes. Lady Liadan enviait certainement le chevalier errant à ce jour, mais si un jour elle devait effectuer un voyage à travers Westeros, son avis sur la question changerait du tout au tout.

     Il resta muet alors qu'elle nettoyait la plaie qui ornait son bras, espérant que ce n'était vraiment rien de bien grave. Les blessures les plus minimes pouvaient des fois se montrer plus graves qu'il n'y semblait, bien qu'une chute de cheval n'était pas comparable à un combat à l'arme blanche. Au moins avait-elle réussi à épargner sa tête, c'était déjà une bonne chose ! Pryam fut tiré de ses pensées lorsque la jeune dame reprit la parole pour répondre à sa maladresse. Le Valois n'était vraiment pas doué pour les discussions, c'était un fait ! Mais au moins pouvait-il espérer compter sur son habitude à rattraper ses bourdes, en espérant qu'elle ne lui tienne pas rigueur. Même si lady Liadan avait l'air très compréhensive, les humains avaient une certaine capacité à changer soudain de caractère et le blond s'en méfiait donc.
     La jeune demoiselle confirma donc ses pensées en lui faisant savoir qu'elle ne goûtait qu'à la lecture en activité d'intérieur, puis ajouta quelques mots qui dessinèrent un sourire – même léger – sur les lèvres du chevalier. Celui-ci avait saisi la gourde rendue par la jeune femme et il la rangea à son emplacement habituel, songeant qu'il était agréable de voir que certaines nobles ne se bornaient pas à faire ce que l'on attendait d'elle. Enfin, à moins que ce ne soit pas de son fait, mais de celui d'une maladresse ou d'une malchance qui lui collait à la peau ? Peu importait, c'était juste ressourçant de voir quelqu'un qui n'entrait pas dans le moule de la noble parfaite, même si elle pouvait éventuellement le regretter ? Lorsque lady Liadan posa une question légitime, Pryam lui servit alors la réplique qu'il réservait pour ce genre d'occasion et qui lui permettait de chasser les questions suivantes.

     ▬ Des individus très différents en effet, mais pas toujours dans le bon sens malheureusement. Comme les brigands par exemple. Je suis né dans le Val d'Arryn, mais je n'y ai plus été depuis plusieurs années, donc je ne pense pas être encore en droit de me qualifier de Valois. Il y était bien passé de temps en temps pour des travaux, mais sans jamais faire de crochet par la forteresse qui l'avait vu grandir. Les routes sont peuplées de personnes très variées, mais disons que l'on a plus tendance à y croiser des individus peu recommandables. Vous devez être la seule dame que je rencontre en dehors d'un château. »

     C'était une bonne chose, même si présenté de la sorte cela pouvait apparaître comme une critique. Pryam voyait d'un bon œil les gens qui désiraient sortir du lot, que ce soit les dames ou les autres chevaliers, même si malheureusement ce type de comportement était très mal accueilli de la part de leurs homologues. Après un bref instant de silence, le blond décida de prendre un peu la chance qui lui était donnée de croiser une jeune dame seule, il n'avait que rarement l'occasion de parler « normalement » avec elles, mais celle face à lui semblait au moins ne pas lui reprocher son audace s'il osait.

     ▬ Et vous savez, ce n'est pas forcément un mal de ne pas être celle que l'on voudrait que vous soyez. Les dames se ressemblent toutes, cela ne peut que vous servir de vous démarquer des autres. Ne serait-ce que pour attirer l'attention d'un futur prétendant à la rigueur ? Cela dit, le Valois ne put s'empêcher de se dire qu'il s'autorisait trop de largesse. Enfin, je ne veux pas avoir l'air critique ou de parler de manière déplacée. Je ne connais pas la vie des personnes de votre rang aussi bien que vous, j'imagine que vous devez mieux savoir ce qui est bon pour vous que moi. »

     Pourtant, une question l'intriguait. Il se demandait vraiment si la demoiselle se voyait de la sorte parce qu'elle agissait d'une manière qu'elle seule approuvait, ou si c'était les Sept qui lui interdisaient d'être une jeune dame parfaite. Normalement ce type d'interrogation n'avait que peu d'attrait pour le chevalier qui préférait se concentrer sur des choses plus « importantes » que cela, mais lady Liadan lui semblait être originale et intéressante, il pouvait donc s'autoriser ce genre de luxe, non ?

     ▬ Dans le fond, je me dis que votre vie a l'air bien plus compliquée que celle des combattants, ce qui explique peut-être votre intérêt pour les voyages ? »

     En réalité, il ne savait absolument pas si la jeune femme était sincèrement intéressée par le fait de voyager, mais il se basait simplement sur le ton qu'elle avait emprunté lorsqu'elle lui avait répondu quelques instants plus tôt. Cela dit, vu son don naturel pour comprendre de travers ce que l'on pouvait lui dire, il était fort probable qu'il ait mal compris ce qu'elle souhaitait lui expliquer.


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Message Lun 1 Oct 2012 - 17:41

Il était difficile pour la jeune femme, et même très difficile de savoir qu’elle devrait tôt ou tard renoncer à ses rêves au profit d’un destin qu’elle ne désirait pas. Rien de tout cela n’était en accord avec son caractère, ou même avec ses goûts. Elle avait parfois le sentiment d’être prisonnière de sa propre vie, et profitait de chaque instant de liberté qu’elle pouvait s’offrir. Certes, elle était loin de mener une existence misérable, bien au contraire, elle faisait partie des privilégiés. Néanmoins, elle n’avait pas un tempérament résigné et les multiples épreuves qu’elle avait traversées avaient été si douloureuse qu’il lui semblait parfois n’être plus qu’une coquille vide. C’était sans aucun doute à la suite de la mort de son frère jumeau que peu à peu, cette existence lui était devenue insupportable et à moins qu’elle n’ait de la chance dans le mariage, cela ne ferait très probablement qu’empirer. Pour toutes ces raisons, la compagnie de Ser Pryam était à ses yeux rafraîchissante, tant il était différent des individus qu’elle fréquentait habituellement. Elle appréciait qu’il l’écoute et ne semble pas porter de jugement à son égard. Certes, il était visiblement d’une condition inférieure à la sienne et une telle attitude aurait sans aucun doute été mal venue, mais elle avait malgré tout le sentiment qu’ils conversaient sur un pied d’égalité, et elle espérait sincèrement qu’il avait la même impression. Par ailleurs, elle sentait qu’elle aimerait entendre les nombreuses histoires qu’il devait probablement avoir à raconter.

Elle était soulagée que sa petite mésaventure se soit bien terminée. La plaie de son bras était à peu près propre et elle pourrait la dissimuler avec sa manche, le temps de pouvoir se changer une fois qu’elle serait rentrée. Quant à la robe, il lui faudrait encore passer de nombreuses heures à la couture afin d’espérer pouvoir la raccommoder correctement. Mais pour l’heure, c’était bien loin d’être son principal sujet de préoccupation. Elle se contentait d’apprécier sa conversation avec le chevalier, avec une admiration teintée d’une légère envie. Elle se retenait toujours pour ne pas lui poser toutes les questions qui lui venaient à l’esprit, se contentant des réponses qu’il lui donnait, des réponses qui auraient pu satisfaire la plupart des gens, mais pas elle, dont la curiosité était bien trop aiguisée. Elle était cependant heureuse de savoir enfin d’où il venait. Elle ne connaissait le Val d’Arryn qu’à travers ses lectures et études. En vérité, elle savait bien des choses sur les multiples contrées de Westeros, que ce soit d’un point de vue historique ou géographique. Malheureusement, elle ressentait durement les limites d’un savoir bien trop théorique à son goût. Elle sentait qu’il y avait tant d’autres choses à découvrir, des choses qui lui échappaient et qu’elle aurait voulu connaître.
Elle écouta sa réponse avec la plus grande intention. Néanmoins, elle haussa les sourcils à sa dernière remarque, ignorant ce qu’il pensait réellement d’une telle attitude. Il est vrai que son attitude était bien peu courante pour une noble, et elle devait bien admettre qu’en un sens, elle aimait le fait de ne pas rentrer dans le moule qu’on lui avait fabriqué à sa naissance, même si sa situation était loin d’être facile.

« Est-ce quelque chose que vous désapprouvez? » Elle ne le connaissait pas suffisamment pour que sa désapprobation lui cause une réelle peine, mais elle n’aurait pas aimé pour autant qu’il ait une mauvaise opinion d’elle alors qu’elle appréciait déjà tant sa compagnie et espérait en découvrir encore davantage à son sujet. « J’imagine que vos rencontres n’ont pas été que mauvaises, d’autres ont dû être enrichissantes, ou du moins agréables, n’est-ce pas? »

Elle tentait de faire preuve de prudence et de pondération, mais plus les minutes passaient, plus il lui était difficile de cacher à quel point tout ceci l’intéressait. Sa soeur lui aurait probablement jeté un regard désapprobateur si elle avait été présente. Heureusement, ce n’était pas le cas et elle se sentait ainsi plus libre de parler à sa guise. Néanmoins, elle ne désirait surtout pas embarrasser Ser Pryam avec ses questions, et le connaissait trop peu pour savoir avec certitude si oui ou non cela le gênait. Fort heureusement, il parvint à la rassurer par ses paroles, des mots qu’elle entendit non sans une certaine surprise.

« Vous le croirez ou non, mais c’est probablement la toute première fois que j’entends de tels mots de la bouche d’un autre que mon frère. » Elle s’arrêta, à peine un instant. Sans même s’en rendre compte, elle avait évoqué Tobias. Ne désirant pas s’y attarder plus longtemps, elle reprit la parole rapidement, comme si de rien n’était. Elle laissa échapper un léger rire à l’idée qu’un prétendant pourrait être attiré par son caractère indépendant et ses multiples maladresses. Elle réalisa alors qu’il aurait pu mal interpréter son attitude et penser qu’elle riait de lui, ce qui était bien loin d’être le cas. Confuse, elle rougit légèrement et tenta de se rattraper comme elle le pouvait. « Pardonnez-moi, ne pensez surtout pas que je me moquais de vous. En vérité, je doute fort que mes manières puissent attirer un quelconque noble. Je vous avoue que cela ne me déplait nullement, car je n’ai aucun réel désir de me marier un jour. Je suis lucide, je sais que cela arrivera un jour, j’espère seulement que ce sera le plus tard possible... »

Contrairement à de nombreuses jeunes femmes de sa condition, l’élévation sociale par le mariage ne l’intéressait nullement. Elle ne désirait ni richesse, ni pouvoir, ni même être maîtresse de sa demeure. Quant à l’amour, elle n’y avait jamais sérieusement songé, d’abord parce qu’au sein de son milieu ce n’était nullement considéré comme une question d’importance, mais aussi parce que n’ayant jamais ressenti quoique ce soit d’approchant, elle n’en voyait pas l’intérêt. L’amour fraternel qui l’avait liée à son frère jumeau était ce qu’elle avait connu de plus fort, et elle restait persuadée que rien ne pourrait surpasser cela, ou même l’égaler.

« J’ignore si elle est plus compliquée, mais je n’ai jamais réussi à m’y habituer et depuis quelques années, elle m’est devenue presque insupportable. » Elle évoquait le Fléau du Printemps, la maladie dont elle avait failli mourir et la perte de Tobias qui avait tout fait basculer. « Peut-être trouverez-vous cela égoïste de ma part, mais j’ai toujours rêvé d’autre chose. J’aimerais ne dépendre que de moi-même, être libre, découvrir d’autres contrées, d’autres peuples que ceux que je connais. Trouvez-vous cela absurde? » La question était des plus sincères. Lui qui semblait avoir l’expérience du monde, peut-être ne voyait-il là que des enfantillages, les rêveries puériles d’une fillette trop gâtée, comme l’avait pensé sa mère lorsqu’elle était encore envie. « Regrettez-vous de mener la vie d’un chevalier errant, Ser Pryam? Feriez-vous les choses différemment si vous le pouviez? »
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Message Mar 2 Oct 2012 - 17:50

     Le chevalier n'avait pas énormément d'avis arrêtés, il était extrêmement flexible et n'hésitait jamais à revoir ses jugements passés s'il rencontrait quelqu'un ou s'il vivait quelque chose qui puisse remettre son avis en question. De l'avis de certains, c'était un comportement trop versatile pour être sincère, mais de l'avis du concerné, ce n'était qu'une manière supplémentaire de pouvoir apprendre diverses choses. Comme son maître le lui disait lorsqu'il le formait « Il n'y a que les idiots et les incompétents qui ne changent pas d'avis. » C'était une maxime qui occupait beaucoup de place dans son existence. Ainsi donc, l'idée qu'il puisse désapprouver le comportement de la demoiselle face à lui, était tout simplement improbable. Il aurait été bien malvenu - si ce n'est hypocrite - de prêcher ce genre de choses alors que lui-même avait refusé la vie qui lui était normalement réservée pour mener celle qui lui faisait envie. De plus, il était sur les routes avec sa sœur qui possédait le même titre que la Riveraine face à lui. Autant dire qu'il approuvait totalement ce qu'elle pensait et ce qu'elle faisait, mais il ne pouvait le dire de but-en-blanc. Puis il était peu probable que les parents de la jeune dame apprécient d'apprendre qu'un inconnu - chevalier de surcroît - avait encouragé leur fille dans la « mauvaise voie », mieux valait rester prudent.

     Lorsque lady Liadan aborda le sujet de son frère, Pryam nota une brève hésitation, mais il mit cela sur le compte de la teneur de ses paroles à lui. Il était évident que les jeunes hommes de bonne famille ne pensaient pas de la sorte, ils préféraient épouser une femme « normale ». Certainement que seuls les frères ou les étrangers pouvaient se permettre ce genre de jugement ? Après un léger rire, la demoiselle reprit la parole en le rassurant sur les raisons de son amusement. Même si cette annonce le rassura, il ne se serait guère senti offensé qu'elle puisse rire de lui, ce n'était pas comme si cela aurait été la première fois dirons-nous. Quoi qu'il en soit, après cette explication la noble poursuivit en avançant des notions d'égoïsme que le jeune homme ne percevait que comme un sentiment normal venant d'une femme qui ne souhaitait apparemment pas passer à côté de sa vie. Lorsqu'elle lui posa une question franche, il fallut quelques secondes au Valois pour réordonner ses pensées avant de répondre d'un ton assuré.

     ▬ Aujourd'hui non ma dame. Il y a quelques années, je vous aurais certainement répondu oui, mais l'âge m'a permis de comprendre que des fois, ce que l'on cherche en partant à l'aventure est bien plus près que l'on ne le pensait. Des paroles assez étranges et obscures il en était conscient, ainsi donc continua-t-il pour éclairer la jeune femme. Si j'ai décidé de partir sur les routes, c'était parce que ce que les Sept m'offraient ne me convenait pas, je cherchais quelque chose sans savoir ce que c'était. Il faut voyager et découvrir de nouveaux horizons pour comprendre et dès lors que vous avez trouvé votre but, vous n'êtes plus en proie au doute. Ou rarement du moins. »

     Il n'était pas « vieux » non plus, mais approchant de la trentaine, Pryam pouvait être considéré comme quelqu'un de plus expérimenté qu'il ne l'était au moment de partir de chez lui. En quittant Neufétoiles il avait longuement douté, se demandant s'il ne valait pas mieux rentrer chez lui et épouser la vie de servitude que son père programmait pour lui. À ce jour, il comprenait que cela avait été le bon choix : il avait appris à connaître le monde dans lequel il vivait, à connaître les autres personnes, à apprendre beaucoup de choses qui lui auraient été refusées dans le Val.... Puis surtout il avait réussi à retrouver sa sœur et comprenait désormais qu'elle avait été le but de son départ des Doigts, il avait dû la perdre des années avant de percevoir le rôle que les Sept lui réservaient : veille sur elle. Les doutes s'étaient envolés et il était prêt à rentrer chez lui dès que Serena le désirerait. Peut-être que lady Liadan était dans le même cas que lui, elle ne désirait pas épouser la vie de femme de noble qui lui était réservée et devait découvrir d'autres choses pour comprendre qu'au final, elle aspirait à une vie paisible. Ou au contraire que l'aventure la passionnait ?

     ▬ Vous vous connaissez mieux que je ne vous connais, j'imagine donc que vous devez parfaitement savoir si vous êtes bien dans votre vie actuelle. Si ce n'est pas le cas, c'est certainement que les Sept vous ont destinée à devenir quelqu'un d'autre. Il ne voulait aucunement la pousser dans une direction, ce n'était qu'un avis. Mais je ne vous incite à rien, vous devez savoir ce que vous désirez mieux que personne. Je ne désapprouve jamais les personnes qui souhaitent prendre leur vie en main. Même si cela avait été le cas au début de son aventure. Ce n'est pas égoïste de vouloir vivre sa vie. Ce serait aussi égoïste si votre père vous imposait un mariage arrangé pour le bien de sa maison. L'altruisme est une bonne chose, mais je ne pense pas que cela doive passer par le sacrifice de soi. Pas en totalité du moins. »

     Il avait sacrifié une part de lui-même en devenant chevalier pour faire plaisir et honneur à son père et à son nom, tout cela alors qu'il détestait la violence et les armes, mais il avait refusé de sacrifier le reste en servant des personnes qu'il n'estimait pas comme méritantes. Son discours pouvait avoir l'air... Étrange, il ne tenait pas à effrayer la jeune femme et même si son ton était très calme, il était parfaitement conscient que cela pouvait déranger.

     ▬ Voyager est une chose unique, j'ai rencontré davantage de personnes agréables et intéressantes que dangereuse et méprisantes. Il y a certaines choses qui ne s'apprennent que sur les chemins et non au fond d'un château. Mais c'est aussi un choix qui pousse bien souvent à quitter ses proches et à vivre longtemps seul. Ce n'est pas forcément donné à tout le monde. Il y a du bien comme du mal. »

     Il n'était pas question de faire l'apologie du voyage en lui cachant les côtés négatifs. Même si elle comprendrait bien mieux en étant elle-même sur les routes, un avis extérieur était toujours bon à prendre. Elle était comme Serena. Cette dernière aussi avait refusé de se marier et s'était enfuie pour échapper à cela, il n'avait pas été là pour l'en protéger, mais peut-être que lady Liadan avait-elle quelqu'un pour veiller sur elle ? S'enfuir n'était pas une solution, lui-même l'avait constaté au fil des années.

     ▬ Ne pas désirer un mariage peut être une bonne raison pour vouloir fuir, mais si je puis vous conseiller quelque chose ma dame, c'est bien de réfléchir longuement aux choix qui pourraient vous pousser à rêver d'une autre vie. Certaines fois, fuir quelque chose est le meilleur moyen d'en faire le centre de votre vie. En essayant d'échapper au mariage, cela pourrait bien vous obliger à devoir tout abandonner et vous ne penserez plus qu'à cela. Il parlait en connaissance de cause, même si son discours était un peu anarchique, il fallait l'avouer. Esquissant un sourire désolé, le jeune homme reprit la parole. Navré, je ne suis pas très qualifié pour conseiller, je me fais l'impression de vouloir vous faire la morale alors que j'essayais de vous aider. Enfin, voyez-y la preuve que vous n'apprenez pas que des bonnes choses sur les routes. »

     Même s'il avait eu l'éducation d'une fils de chevalier fieffé, le jeune homme n'avait jamais été capable de mener correctement une conversation, mais chacun son truc et lui c'était de faire ce que l'on pouvait lui demander sans poser de question.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Sam 6 Oct 2012 - 11:47

Depuis la mort de Tobias, il était fort rare que Liadan ait l’occasion de discuter avec une telle franchise de ses envies et de ses projets. En tant que noble dame, tout ce qu’elle venait d’exprimer était réprouvé. Si elle avait osé s’épancher de la sorte avec un membre de sa famille, elle aurait eu droit, au mieux, à quelques soupirs exaspérés probablement suivis de remontrances. Elle n’était pas assez naïve pour croire qu’on l’écouterait vraiment. Ses envies n’étaient pas prises au sérieux, car aux yeux de tous, elles n’avaient pas lieu d’être. Son existence était toute tracée et avait un but bien précis: elle était destinée à se marier avec quelqu’un de son rang pour des raisons politiques, et peu importerait ce qu’elle pourrait ressentir vis à vis de cet époux. Elle sentait déjà que se trouver liée à vie avec quelqu’un ne pourrait estimer, ou respecter, lui serait absolument insupportable. Le mariage en lui même lui apparaissait comme une sorte de prison, un destin qui allait à l’encontre non seulement de ce qu’elle souhaitait, mais également de sa nature indépendante. Elle avait trop perdu pour pouvoir se résigner à un destin qui la briderait et ne lui apporterait pas la moindre joie, elle le sentait. Quelque part, elle aurait aimé être plus conforme à ce que l’on attendait d’elle. Elle aurait aimé pouvoir se satisfaire de l’existence qu’on lui préparait, avoir le calme tempérament de son aînée, ou même les désirs d’élévation sociale de sa cadette. Pourtant, rien de tout cela ne lui correspondait en vérité, et elle savait qu’elle aurait beau faire, il était fort peu probable que cela change.

Il était également rare que quelqu’un lui parle de cette manière, la conseillant et sans paraître la juger. Quelque part, elle avait le sentiment de se laisser guider, et cela lui faisait du bien. Ecouter Ser Pryam commençait cependant à lui faire réaliser que cette existence qu’elle désirait tant comportait des inconvénients auxquels elle n’avait pas pensé. Et pourtant, le fait de l’écouter ne parvenait pas à réfréner son souhait. Elle l’enviait, même. Par ses voyages, aussi difficiles soient-ils, il semblait avoir trouvé quelque chose qu’elle cherchait désespérément, une sorte de but, d’intérêt à son existence. Plus il parlait, plus elle réalisait également à quel point il était mystérieux. Quelle était donc cette vie à laquelle il avait voulu échapper? Elle n’osa poser la question, du moins, pas pour le moment et pour une fois, parvint à tenir sa langue.

« Et ce but, l’avez-vous trouvé? » Voilà qui l’intéressait tout particulièrement. Ses voyages lui avaient-ils apporté ce qu’il désirait, au bout du compte? Il semblait avoir acquis une certaine expérience, quelque chose qui manquait cruellement à la jeune femme. Elle savait parfaitement qu’elle aurait beau apprendre tout ce qu’elle pouvait sur les différentes régions de Westeros, cela ne changerait absolument rien.

Elle sentait que si elle le pouvait, elle partirait dès aujourd’hui, sans même se retourner. Elle aurait accepté de tout quitter, de rompre avec cette vie aisée qu’elle menait pour connaître la solitude et la difficulté des voyages, sans regret. Mais elle savait pourtant que les choses étaient loin d’être simples, car elle était une jeune fille noble, et non mariée. Malgré l’incompréhension de sa famille, elle les aimait et souhaitait leur bonheur. Elle savait parfaitement ce qu’il se passerait pour son père, si l’on apprenait que l’une de ses filles avait pris la route sans être mariée: il en aurait profondément honte. Aurait-elle le courage de lui faire subir cela? Lui qui était si attaché à son nom et à sa réputation risquerait d’être la risée des nobles des environs perdrait beaucoup. Que devait-elle faire dans ce cas? Se sacrifier, sacrifier tout ce à quoi elle aspirait pour la tranquillité de sa famille? Ou suivre son intuition et partir, sans se soucier des conséquences que cela entraînerait? Elle se sentait perdue en songeant à tout cela. Si elle était capable parfois d’égoïsme, elle ne pouvait prendre une décision de cette ampleur sans avoir de très sérieux scrupules. Pour cette raison, les paroles du chevalier la surprirent. En vérité, elle n’avait jamais réellement vu les choses sous cet angle, tout simplement parce que le mariage était ce que la société et l’usage exigeaient. C’était certes quelque chose qu’elle désapprouvait et n’acceptait pas, mais elle avait toujours considéré cela comme un acte lié à la tradition plutôt qu’à l’égoïsme de son père.

« Le pensez-vous vraiment? J’ai parfois du mal à le croire. Si je prenais réellement la décision de partir, mon père serait à jamais celui dont la fille s’est enfuie sans être mariée. Je ne suis sans doute pas celle qu’il souhaiterait, mais l’idée d’être la cause de sa honte me peine. J’aimerais pouvoir faire mes propres choix sans que cela n’ait de trop grave conséquence. Mais bien sûr, c’est impossible. » Elle soupira, se rendant bien compte qu’elle se trouvait face à une impasse et que, tôt ou tard, il lui faudrait prendre une décision, quelle qu’elle soit: sacrifier sa propre vie ou être responsable des conséquences que cela aurait sur sa famille. « J’ignore ce à quoi les Sept me destinent, mais les choses seraient sans doute bien plus simples si j’étais un homme... » Ce n’était pas le genre de choses qu’une jeune fille était supposée dire tout haut, mais savait que ses décisions auraient été acceptées plus facilement si cela avait été le cas.

Néanmoins, le discours de ser Pryam avait quelque chose de rassurant. Depuis son frère, personne ne lui avait parlé de cette manière, et le fait qu’il s’agisse de quelqu’un qui la connaissait depuis si peu de temps la poussait à écouter davantage ce qu’il avait à dire. Il avait un point de vue extérieur, elle ne craignait donc pas qu’il soit influencé d’une quelconque manière, comme Tobias l’avait sans doute été par l’affection qu’il lui portait. La preuve était qu’il ne lui cachait pas non plus les inconvénients de cette vie de nomade. Si elle la choisissait, il lui faudrait en effet affronter la solitude, les dangers que représentaient les mauvaises rencontres, et gagner de quoi survivre. Pourtant, malgré les côtés peu reluisants, tout cela lui paraissait peu cher payer lorsqu’elle songeait à une vie de femme mariée à un noble qu’elle connaîtrait à peine, une existence qu’il lui paraissait proche de la servitude. Cela lui donnait le sentiment de n’être qu’un vulgaire bien matériel que l’on échangeait.

« Ne vous excusez pas surtout. Vous me parlez avec honnêteté et c’est une chose que j’apprécie, mais qui est malheureusement bien trop rare. Croyez-le, vous m’aidez réellement. Je crains d’ailleurs que cela ne me pousse à en dire plus que je ne le devrais. » Elle sourit, amusée en songeant aux regards outrés de sa soeur si elle avait pu la voir en cet instant. Pourtant, étrangement, cela lui semblait bien plus naturel que le comportement retenu que l’on exigeait d’elle. « Puis-je vous demander ce qui vous a amené à choisir cette existence? Etait-ce votre vie qui ne vous convenait pas? »
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Pryam Templeton
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Message Dim 7 Oct 2012 - 12:51

     La jeune femme ne sembla pas mal prendre les paroles du chevalier. Ce n'était pourtant pas assuré, même si lady Liadan n'avait pas semblé être à cheval sur les convenances jusqu'à présent. Ils ne se connaissaient pas assez pour savoir comment l'autre réagirait et de telles paroles de la bouche d'un inconnu, pouvaient être interprétées comme déplacées. Les yeux clairs du chevalier observaient le visage de la jeune noble. Elle avait l'air de réfléchir à ce qu'il venait de dire, avait-il réussi à soulever un point qui l'intéressait ou auquel elle songeait depuis quelques temps ? Des fois les avis extérieurs aidaient bien davantage que ceux de nos proches, les étrangers ne vous connaissaient pas et n'avaient donc aucune raison de vouloir abonder dans votre sens pour vous faire plaisir. Il y avait fort à parier qu'ils ne se reverraient certainement jamais. Westeros était grand, peut-être que lors de son prochain voyage dans le Conflans la jeune dame serait-elle mariée à un noble d'une autre région ? Ou peut-être encore aurait-elle décidé de céder à ses envies et de prendre la route pour pouvoir découvrir le monde dans lequel elle vivait.

     La voix de la jeune femme ramena le Valois à la réalité et il la regarda en silence comme elle lui demandait de manière plutôt légitime, s'il avait trouvé son but. Oui, du moins si l'on considérait que réussir à remettre la main sur sa sœur était bel et bien ce que les Sept avaient prévu pour lui depuis sa naissance. Avaient-ils deviné qu'il ne parviendrait pas à se plier aux exigences de son père et qu'il prendrait la fuite ? Car, même si le chevalier errant se persuadait du contraire depuis des années, il avait parfaitement conscience que son départ des Doigts n'était pas lié à un désir d'aider les autres, pas directement du moins, mais plutôt à celui de fuir les responsabilités imposées par sa position dans sa maison. En fin de compte, cela n'avait plus d'importance, il avait retrouvé le fil de sa vie, récupéré cette sœur perdue et le prochain but qu'il s'était fixé étant de permettre à sa cadette de renter chez eux pour qu'elle puisse avoir une vie à la hauteur de son rang. Il avait perdu plus de dix ans avec cette bêtise, mais ne le regrettait pas. Sauf pour Serena bien évidemment.
     Avant qu'il ne réponde à sa question, la jeune femme reprit la parole en exprimant ses craintes. Il connaissait ce genre de discours, ne pas être à la hauteur des attentes de son père, c'était bien souvent le cas dans bien des maisons. Les seigneurs exigeants avaient tendance à tous vouloir des enfants parfaits de manière à pouvoir épater leurs voisins et espérer le meilleur pour leur maison. Mais cela ne signifiait pas que les enfants devaient subir les ambitions de leurs parents. Cela dit, lady Liadan avait la tâche plus difficile vu qu'elle était issue d'une maison noble importante alors que le Valois n'était que le fils d'un chevalier fieffé d'une partie délaissée du Val. Cela dit, il ne pouvait pas démentir les paroles de la demoiselle concernant son sexe, si elle avait été homme, la possibilité de voyager ne lui aurait jamais été refusée. Lorsqu'elle reprit pour conclure sur une question tout à fait légitime, l'errant se contenta de hausser les épaules pour débuter. Ne lui convenait-elle pas, cette vie pourtant plus facile ? Certainement, mais pas seulement.

     ▬ On peut présenter les choses ainsi, mais je dirais plutôt que j'ai voulu fuir les ambitions de mon père. Je ne pense pas être aussi regardant que vous sur les intérêts de mon père et j'ai préféré choisir ce que je voulais plutôt que de prendre ce que l'on me donnait. Cela dit mon père n'est pas lord et je votre cas est bien plus important que le mien. Il ne mentait pas, son père n'était pas lord, mais il n'était pas roturier pour autant. Et ne vous inquiétez pas ma dame, il ne me viendrait pas à l'esprit de dire quoi que ce soit de cette rencontre aux personnes que je pourrais croiser. Même si mon comportement passé n'a pas été digne d'un chevalier, je vous assure que vous n'avez aucune crainte à avoir de ce côté. »

     Elle était en droit de se poser la question sachant qu'il venait de lui avouer avoir fait passer ses intérêts personnels avant ceux de sa famille. Sachant que la famille était la chose la plus importante que l'on possédait, elle pouvait se dire qu'il n'hésiterait pas à vendre ce qu'elle venait de lui dire contre un bon travail ou quelque chose d'approchant. Heureusement l'âge et la maturité étaient arrivés et désormais, Pryam envisageait d'avoir trouvé la bonne voie. Encore fallait-il régler le problème du pardon de sa famille, cela ne risquait pas d'être la phase la plus aisée de son histoire, mais il le méritait. Et si son père considérait que sa trahison ne lui donnait plus le droit légitime d'hériter de sa maison et bien il l'accepterait sans protester.
     Le choix final que lady Liadan avait à faire ne pourrait être effectué que par une seule personne : elle et elle seule. Certes, pour le moment elle voyait tous les avantages à prendre la route, mais d'ici quelques temps en verrait aussi le côté négatif et pourrait prendre une décision plus sensée. Après il était évident que sans avoir voyagé elle-même, la demoiselle ne saurait jamais ce qu'était ce sentiment de liberté pendant les beaux jours et ce sentiment de désespoir lorsque les mauvais jours arrivaient et s'installaient.

     ▬ Je ne peux pas nier qu'en étant née femme, votre vie a bien été compliquée. Mais c'est malheureusement un point qu'il est impossible de changer et si je puis vous conseiller quelque chose, c'est bien de ne pas vous attarder sur les points qui ne peuvent être modifiés. Sinon vous risquez de vous y arrêter trop longtemps et de perdre de vue tout le reste. C'était la nature humaine de vouloir se concentrer sur une seule difficulté, mais à ne pas pouvoir la changer et à lutter contre le courant, l'on risquait surtout de s'épuiser inutilement. J'ignore ce que votre père peut attendre de vous, mais il est certain que les parents attendent toujours trop de leurs enfants. Ils veulent le meilleur pour eux, mais oublient des fois que c'est aussi les obliger à mener une vie qu'ils ne veulent pas. Ce n'était pas forcément utile comme résumé, mais bon. J'ai trouvé mon but, mais je n'aurais peut-être pas eu le même si j'avais décidé de rester chez moi. Au final je pense que le plus important reste que vous soyez consciente que tout choix important implique de gros changements. Si les décisions difficiles étaient sans conséquences, ce serait bien facile de se décider. »

     Une telle décision changeait une vie et il était impossible de revenir en arrière, c'était bien pour cette raison qu'il valait mieux se poser et prendre le temps de réfléchir. Au début tout pouvait sembler trop long, mais si l'on perdait une vie c'était bien plus coûteux que quelques années.


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