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Un danseur d'eau

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Message Ven 21 Sep 2012 - 10:25

-Il parait qu’en plus il a beaucoup de charme ! Affirma la jeune servante en faisant le lit de Walda. Celle-ci était restée assise devant sa table de nuit et brossait ses longs cheveux noirs d’un geste souple sans répondre.

Cela faisait presque une semaine –pas tout à fait- que les Ferboys étaient maintenant partis ; trois ou quatre jours tout au plus. Les deux premiers jours Walda était resté enfermée dans sa chambre, les volets fermés jusqu’à ce qu’on menace de défoncer la porte pour la faire sortir. Puis le troisième jour sa Septa l’avait obligée à faire une promenade et à reprendre un peu l’atelier de tissage. Walda avait accepté de mauvaise grâce. Elle n’avait pas dit un mot, Elzabeth comblant le silence en discutant toute seule, faisant les questions réponses à la place de sa jeune protégée et lui laçant, de temps en temps, une pique pour qu’elle arrête de bouder. Mais, à la vérité, ce n’était pas un simple caprice. L’anxiété rongeait les entrailles de la jeune fille au point de lui donner la nausée. Elle appréhendait le retour de son père, Lord Robert Mallister, de son Frère, Ser Gareth et de sa Sœur, Lady Rivannon Mallister, car au moment même où ils passeraient la porte du château Walda devrait s’humilier devant un mestre ou sa Septa pour vérifier qu’elle avait bien souiller son honneur et celui de sa maison en perdant sa virginité avant le mariage. Ainsi, quand son père apprendrait à quel point elle avait bafoué tous les principes de la noblesse il la renierait et la bannirait. En tout cas c’est ce que s’imaginait Walda. Peut-être n’était-elle pas si loin de la vérité. Quel père, aussi important que le maître de Salvemer, voudrait pour fille une fille de joie, une vulgaire putain s’offrant au premier Dornien qui passe. Encore que la vérité sur la perte de sa virginité était pire que ça. Et s’ils pouvaient le deviner au moment de vérifier ? Rien que l’idée de voir la deception de son père dans ses yeux lui donner envie de vomir. Elle cessa de brosser ses cheveux et posa la brosse sur la table. La servante termina le lit et observa sa Maitresse. Elle compatissait à moitié. Bien sûr, la jeune Mallister méritait ce qui lui arrivait, après tout c’était le lot des nobles de devoir et d’apprendre à se tenir, et en cela Walda avait toujours été une mauvaise élève. Mais d’un autre côté les rumeurs qui couraient sur elle n’avaient fait qu’enfler depuis le départ des Ferboys. Son attitude dépressive avait alimenté l’imagination et les soupçons de sa culpabilité. La servante vint se placer derrière elle et pris la brosse pour terminer d’arranger la coiffure de la jeune fille.

-Un danseur d’eau, Lotho… elle chercha le nom dans sa ma mèmoire sans cesser de coiffer la jeune Lady. Volentin. C’est ça ! Beau, ténébreux, de longs cheuveux sombres et le regard de ces guerriers qui vous font frémir.

Walda se tourna vers la servante et lui arracha la brosse des mains.

-Et alors ? Ne crois tu pas que j’ai autre chose à penser que de fantasmer sur des hommes ? Es-tu donc ignorante que ce sont eux qui m’ont mise dans l’embarras ? Es-tu stupide ou bien juste méchante ?

Un silence c’était installé dans la chambre. La servante ne cherchais pas à mal et Walda avait beau le savoir cela n’empêchait pas sa colère d’éclater.

-Dégage ! Sors de ma chambre espèce de putain ou je te fais fouetter pour outrage !

La servante sortit, penaude, les poings serré et les larmes aux yeux. Walda s’en voulait, puis elle imaginait qu’en étant odieuse comme cela elle poussait à la vengeance. Cette servante devait déjà être en train de relancer de l’huile sur le feu en ajoutant aux ragots ce que sa langue venimeuse pouvait crachée, inspirée par sa rancune. Quel imbécile, pensa Walda en s’observant dans son miroir. Elle arrangeât ses cheveux avec sa main. Elle n’avait pas envie de sortir finalement et allait surement se recoucher.

-Lotho Volentin, répéta Walda. Un danseur d’eau, un voyageur…

Elle reprit sa brosse et arrangea, finalement ses cheveux. Puis elle choisit une tenue simple, une robe de coton marron et une cape verte accrochée par une broche dorée représentant un navire de pêcheur. Alors qu’elle quittait ses appartements elle rabattit la capuche sur son visage. Elle avait dans l’idée, finalement, de voir le charme que vantait la servante, mais surtout elle s’imaginait déjà tout un plan pour fuir la terrible punition qu’elle allait recevoir.
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Message Jeu 4 Oct 2012 - 9:38

Du haut de la charrue de tête du convoi, Lotho regardait la ville en contrebas avec un soulagement plus que certain. Les embruns de la baie de Salvemer l'avaient emporté sur la fatigue du voyage que lui et la troupe qu'il accompagnait venait de faire. Ce dernier n'avait pas été particulièrement dangereux mais très éprouvant, tant l'automne qui pointait avait transformé certaines portions de routes en torrents boueux. Ce temps de chien leur avait fait prendre huit jours de retard sur leur livraison, autant dire que la solde allait fortement s'en ressentir malgré le fait que les convoyeurs ne pouvaient pas commander au temps. Ce n'était que l'un des éternels défauts que le spadassin pouvait trouver à son occupation actuelle, mais pour l'heure il n'aspirait plus qu'à un repos bien mérité dans la première auberge qu'il trouverait.

Les portes de la ville dépassées, il put juger du peu d'agitation ambiante. La petite foire marchande à laquelle ils étaient censés participer en amenant leur cargaison de bois du sud avait fermé ses portes l'avant-veille. Seules dépositaires de l'activité passée, des fanions de tissus colorés tendus dans certaines rues, que les habitants n'avaient pas encore pris le temps d'enlever. Un bien drôle de contraste avec la teinte grisâtre que cette journée sans soleil faisait régner sur la ville entière. Frissonnant légèrement face à la brise marine et fraîche, Lotho resserra les pans de sa cape, exhalant un nuage de fumée dans un soupir. Cette matinée était on ne peut plus glaciale pour la saison le laissait perplexe. L'hiver allait-il arriver bien plus vite que prévu ? Ce serait certainement la plus mauvaise chose qu'il puisse se produire pour ses affaires, le forçant peut être même à changer quelque peu d'activité le temps qu'il passe.

Maussade à cette idée, Lotho ne jetait que peu de regards aux passants qui observaient les trois charrues et les quinze hommes qui composait à la fois le personnel et l'escorte de ce convoi. Un léger regard sur sa gauche lui permit d’entrapercevoir Marid, le contremaître qui devrait lui verser sa solde une fois le bois vendu. Soupirant encore une fois à l'idée d'avoir fait tout cela pour rien, le danseur d'eau se remit à fixer la rue droite et serrée dans laquelle il progressait. Décidément tout allait de travers dans cette histoire, d'autant plus qu'avec cette foire marchande enfin terminée il ne risquait pas de trouver d'embauche rapidement. La simple pensée de rester bloqué à Salvemer suffisait à le rendre encore plus bougon, ne cessant de rajouter de l'eau au moulin de ce ras le bol grandissant qu'était devenu le caractère de Lotho depuis le début de ce voyage.

Et voilà qu'au détour d'une rue parallèle, Lotho avisa quelque chose qui lui réchauffa quelque peu le coeur. Le panonceau d'une auberge annonçait la présence d'un lieu bien plus chaleureux que la banquette en chêne mal dégrossi sur laquelle il était assis depuis l'aube. Déjà la perspective d'un repas chaud et d'un bain lui réchauffèrent le coeur plus que n'aurait pu le faire la vision de la solde complète qu'il ne pourrait certainement pas toucher pour ce voyage. Tournant la tête vers le contremaître, il demanda d'une voix neutre :


- Marid, cher superviseur, penses-tu donc que ma présence est toujours nécessaire maintenant que les portes de la ville sont franchies ?

L'homme d'un âge mur n'était pas dupe de ce qui motivait cette question, avec un sourire mi figue mi raisin et un léger soupir, il répondit :
- Ma foi, vu la misère qui fut la notre durant cette expédition, je ne pourrais pas t'en vouloir de retrouver un peu de chaleur. Fuis, tant que tu le peux encore. Viens chercher ta solde à l'entrepôt plus tard dans la journée.
- Merci beaucoup mon ami. Bonne chance à toi et tes gars, je passerais comme tu le demande.

Après avoir saisi son paquetage, le danseur d'eau sauta de la charrue et rebroussa chemin, constatant que les autres reîtres qui avaient accompagnés le convoi faisaient également de même sous l'impulsion du contremaître. Remontant la rue il tourna à l'embranchement au bout duquel il avait aperçu l'auberge, de cette dernière semblait déjà émaner le parfum d'un délicieux feu de bois que lui et ses cinq compagnons d'escorte reniflèrent avec contentement. N'échangeant que peu de mots sur le trajet ils finirent par entrer dans le commerce et saluer l'aubergiste qui semblait surpris d'une telle présence au matin. Aucun client ne semblait en train de petit déjeuner et seules trois jeunes demoiselles aux traits communs, qui laissaient deviner qu'elles étaient les enfants de la maison, prenaient quand à elle leur repas à une des tables proches du feu. Lotho suivit le mouvement des reîtres qui s'installèrent à une table également près du feu. Toutefois et avant d'enfin s'asseoir au chaud le spadassin enleva son manteau lourd de pluie et son chapeau, les suspendant à des crochets près du feu, destinés à sécher les vêtements.

Passant une main dans ses cheveux entremêlés et mouillés il regarda les alentours et capta le regard d'une des jeunes filles qui le dévisageait. Quand elle s'aperçut avoir été découverte elle rougit plus que pivoine au soleil et retourna à la contemplation de son gruau. Son père quand à lui, curieux de savoir ce qu'allaient commander ces gens, s'approcha d'eux en se nettoyant les mains dans un grand torchon. Homme corpulent, le crâne rasé, doté d'une moustache fort respectable, manches retroussées et tablier bien serré. L'archétype du tavernier qui campa ses larges mains sur la table avant de demander, sourire en avant et ton amical du plus bel effet en bouche :

- Eh bien, quelle route vous semblez bien avoir entrepris pour arriver ici les gars ! Vous devez sans nul doute faire parti de ces convois qui sont pas arrivés à temps pour la foire si j'me trompe pas ?

Dans un mouvement commun, les têtes des autres reîtres se tournèrent vers le danseur d'eau qui n'en fut même pas surpris une seconde. Depuis le début ce ce voyage, et lors des précédents qu'il avait effectué avec trois d'entre eux, sa facilité d'élocution lui avait valu le poste de porte-parole du groupe. La fatigue aidant, ils reportaient les questions de groupe encore plus que d'habitude sur les capacités sociales du Danseur. Ce dernier avait déjà décoché son sourire le plus urbain et répondit sans peine :

- Ces convois ? Ah ! Vous nous voyez là bien rassurés maître aubergiste, nous avons en effet perdus de nombreuses journées dans la boue des routes, pour venir depuis Port-Réal. Autant vous dire que la perspective d'un peu de repos a été la meilleure nouvelle depuis des lustres.

Plusieurs convois n'avaient pas pu arriver à temps, c'était une excellente nouvelle que Lotho s'empressa de garder bien au chaud dans son esprit. Ses employeurs ne pourraient pas le payer trop peu en comparaison des autres, en effet si la solde pour tous baissait en fonction du retard, il y avait moyen de négocier son argent de la meilleure façon possible. De plus qui disait convois en retard signifiait implicitement que très bientôt d'autres repartiraient, encore une nouvelle sympathique. Il ne resterait pas coincé longtemps à Salvemer et pourrait rejoindre Port-Réal plus rapidement qu'il ne l'aurait pensé. Tout se déroulait pour le mieux, tout du moins dans la situation actuelle et l'ensemble des mercenaires qu'ils étaient purent passer commande et apprécier la simple chaleur d'un gruau avec un peu de lard. L'aubergiste quand à lui semblait ne pas en avoir fini avec le spadassin, aussi revint-il en lui apportant son assiette et laisser échapper ces quelques mots d'un ton bien plus interrogateur :

- Excusez moi l'impolitesse, mais vous semblez vraiment pas être des royaumes vous ... Me semblait avoir entendu parler de vous autres, les habitants des îles et tout ça, vers l'est.

Ah ... le charme des discussions d'auberges au petit matin, au moins cet homme avait-il eu le bon sens d'excuser son ingorance, ce qui était loin d'être le cas de tous. Camouflant son envie de rester tranquille, sans répondre aux questions et subir des regards insistants, Lotho reprit son sourire et répondit en faisant le tour des regards pointés sur lui :

- C'est ma foi fort juste cher aubergiste. Laissez moi donc me présenter pour vous : Lotho Volentin, Rimeur, Bretteur, Hâbleur et paraît-il charmeur ! De profession première Danseur d'eau de la Cité Libre de Braavos, son titan, ses ponts suspendus, sa vie marchande ! En voyage d'affaires à long terme en ces lieux, ravi de vous rencontrer toutes et tous, puisse vos dieux vous garder en leur bienveillance.

Agrémenté d'une belle révérence, le tout avait fait son effet et plus aucune question ne lui serait certainement posé pendant une bonne dizaine de minutes. Le temps de manger tranquillement le gruau et de monter ses affaires dans une chambre qu'il louerait certainement ce soir. Durant ce temps de repos, l'aubergiste signifia à l'une de ses filles, celle qui avait rougit lorsque Lotho avait remarqué son regard, qu'elle allait être en retard pour prendre son service au château. Manifestement cette indication la foudroya et elle ne mit pas longtemps à quitter les lieux. Une grande auberge, trois filles et l'une d'entre elle en poste au château. Selon les standards de la vie citadine dans ces royaumes, l'aubergiste était en train de réussir extrêmement bien sa vie, ce qui aurait pu forcer le respect de nombreuses personnes. Lotho quand à lui termina son assiette, réserva une chambre où il monta poser ses affaires et se délasser avec un bain qu'il s'était fait commander.

Une fois propre, il mit ses vêtements de rechange, qu'il avait miraculeusement réussi à garder en bel état grâce à une toile cirée dans laquelle il les avait rangés. Ses affaires mises en ordre et son corps bien plus alerte qu'au petit matin, le danseur d'eau décida de se lancer dans les rues de Salvemer, en direction des entrepôts, pour toucher sa solde.
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Message Mar 9 Oct 2012 - 9:49

La pluie tombait par averses. Le ciel grisonnant se déchirait parfois pour laisser un maigre espoir de lumière filtrer avant que les nuages ne se referment, comme une plaie cicatrisée.
Walda avançait, au pas, dans les rues boueuses de Salvemer. Les pattes de son Camarillo blanc étaient souillées de boue et, malgré sa faible allure, il glissait dans les rues les plus abruptes.
Les maisons qui se hissaient de chaque côté, parfois sur trois étages, enfermaient les ruelles étroites dans une serre que le ciel bas finissait de claquemurer. Les gens de la ville semblaient, pour la plupart, n’avoir cure de la pluie, de la boue et des averses. Ils crapahutaient à pied dans cette gadoue répugnante à l’image de leur quotidien.
Une vielle femme remontait la rue, que Walda descendait, avec sur le dos un fardeau qui semblait fait de pierre recouvert de linge.
Deux hommes en habit de chasse, en bas, au coin de cette même rue, discutaient ensemble. Celui adossé au mur de pierre fumait une pipe et regarda passé la Lady d’un œil qui ne disait rien à la jeune femme. Elle évita soigneusement son regard en baissant la tête que recouvrait déjà sa large capuche.

Alors qu’elle allait tourner au coin pour rejoindre l’auberge ou le Danseur d’eau avait été aperçus elle faillit écraser un groupe de gamins en guenille qui filait en courant. Le dernier, le plus petit, une fois à une distance certaine, se retourna même pour lui faire un geste obscène. Il devait avoir, tout au plus huit ans mais savait déjà insulter les nobliaux, les roturiers et ceux qui, comme devait le considérer ses parents, lui volait son droit au pain et à l’eau saine.
Eut-il reconnu la cavalière qu’il ne se serait peut-être pas gêné de plus. Encore que si Walda avait été à visage découvert et n’avait pas eue tant d’appréhension à concrétiser ses idées de départ qu’elle aurait certainement demandé à la garde de faire fouetter cet imbécile pour son geste.

Elle restait persuadée, somme toute, que le gosse n’aurait jamais osé lever son doigt devant au moins trois personnes ici. Lord Robert Mallister, Ser Gareth, le futur régent de Salvemer et Lady Rivannon Mallister la bien-aimée. Si les gens la connaissaient, elle, plus encore aujourd’hui que depuis l’arrivée des Ferboys de Dorne, c’était certainement plus pour ses frasques et son insolence que pour sa jugeote ou ses dons de vervoyance. Quant à son frère bien aimé, Delwyn, il ne devait être connu que du Septon du château et elle gageait qu’en demandant à la populace nombre d’entre eux ne l’aurait pas reconnus autrement que comme un page. Elle regarda le gosse reprendre sa course, pied nue dans la merde boueuse et repris son trajet.

A quelques mètres de là elle arrêtait son cheval devant l’auberge qu’un garde lui avait indiqué -car on le lui avait dit- comme l’adresse ou l’épéiste avait pris une chambre avec sa troupe. Une information de troisième main, mais la seule qui pouvait permettre à la jeune femme de mettre la main sur le seul homme en qui elle pouvait faire confiance pour l’emmener loin d’ici sans finir vendue, prise en otage ou bien pire encore.
Les danseurs d’eau avaient meilleur réputation, et c’était bien étrange dans l’idée que s’en faisait Walda, que la plus part des chevaliers. Pourtant elle avait toujours perçus les premiers comme des mercenaires, au mieux des professeurs, au pire des spadassins. Les seconds, quant à eux, avaient prouvé plus de mille fois, depuis sa naissance, que les rêves qu’elle couvait, enfant, sur leur noblesse ne resteraient que des fantasmes.
On lui avait bien parlé de certain chevalier, mieux que les autres, comme Ser Priam Templeton ou même son frère. Mais si l’image de Ser Priam était aussi surfaite que celle de Gareth il n’y aurait pas grand-chose à en tirer. Aucun d’eux ne valait, du coup, beaucoup plus qu’un simple Asafa Ferboys sans titre, garde du corps de la vipère de Dorne.

A la pensée du géant des Osseux Walda serra les dents et chassa l’image de son visage. Elle descendit de son Camarillo et fit une grimace quand ses chausses s’enfoncèrent dans la boue remuée du devant de l’auberge avec un bruit horrible de succion. Elle fût soudain persuadée qu’en levant le pied la chaussure resterait enfoncée dans ce tas de bouse. Mais comment faisaient ses gens pour vivre dans un tel ramassi d’immondices ? C’était tout simplement dégoutant.

Sur le pas de la porte deux hommes, assez fort, barbus et à l’air aussi crasseux que les bêtes qu’ils devaient chasser se mirent à rire quand Walda souleva ses jupes pour rejoindre les marches de bois et rejoindre l’auberge.
En atteignant la première marche elle eue la terrible envie de rabattre la capuche qui masquait ses traits. Peut-être qu’en reconnaissant la fille de Lord Mallister ils cesseraient leurs rires gras et bovin et se confondraient en excuse avant de venir l’aider en mettant leur propre cape au sol afin qu’elle n’est pas à salir ses jupes ou même ses chausses. Mais elle n’en fit rien et passa devant eux tête baissé.

-C’t’une nouvelle qu’a l’air bin bonnasse pour s’l’à faire ! Bin propre aussi et bin précieuse. M’en dit qu’si l’patron l’engage veux bien m’y tester la saucisse. Lança le plus gros des deux, ce qui se ponctua par de nouveaux rires gras.

Walda n’en eue cure. Elle s’imaginait qu’avec ce qu’elle avait dans la poche elle aurait de quoi le faire mettre à genoux et se faire cracher à la gueule, et même dans la bouche, par elle et même son pote le sale à la bouche pleine de chicots, et avec le sourire.
Il se tripoterait certainement sa petite saucisse devant toute l’auberge pour un simple Dragon d’or.

C’est acide et de mauvaise humeur qu’elle entra dans l’établissement et chercha le tenancier. Elle en fut pour son compte et plus contrite encore quand celui-ci lui expliqua que le Danseur d'eau qu'elle cherchait avait fait le trajet avec la plupart des hommes qui étaient ici, dont les deux dehors, et qu’il n’était pas là pour l’instant. Il lui indiqua un entrepôt sur le port ou il devait se rendre pour toucher sa paye. Mais, expliqua l’aubergiste, il valait mieux l’attendre ici car, très souvent, ce genre d’homme va chercher sa paye pour mieux la dépenser chez lui ensuite.
Walda se fit une idée rapide du danseur d’eau qu’elle recherchait. Un homme hirsute, sans manière, accompagné de rustre à l’humour débilitant, peut-être même un alcoolique. Un raté, sans noblesse, sans conteste. Et voilà qu’à cause de sa servante, cette petite effrontée, elle avait mis les pieds dans ce bouge sans nom, immonde et crasseux et boueux pour y chercher un cafard au milieu d’un essaim.

-Je vous en remercie, mais en fin de compte je pense me passer de ses services. Et puis Walda se doutait trop bien que, partis depuis une heure, ou bien une minute, l’aubergiste n’avait qu’une idée: qu’une dame bien habillée comme elle dépense sa somme dans son établissement. Elle n’était, finalement, même pas certaine que Lotho Volentin soient bien résident ici. Et elle ne demanderait jamais à un de ces ours qui l’avaient accompagné jusqu’ici.

Déçus elle tourna les talons et se maudit d’avoir, encore une fois, fait le pire choix possible. Et si sa Septa lui expliquait, après qu’elle se soit renfermée dans sa chambre, que sortir lui ferait du bien, elle pourrait toujours lui raconter à quel point cette courte aventure n’avait fait que lui ronger un peu plus le moral. Elle sortit au-devant de l’auberge et manqua de se prendre le gros comique qui, lui, allait rentrer à l'intérieur.

-Héééé, gaffe ma p’tite dame ! Souffla-t-il en lui attrapant le bras comme pour la retenir de tomber, mais sans le lâcher ensuite. Walda leva les yeux vers lui, les pupilles éclairés par une colère sourde qui n’avait fait que s’amplifier depuis qu’un morveux lui avait tendue son majeur.

-Lâchez moi, face de sanglier, vous me fait mal ! Walda tira sur son bras mais l’autre ne la lâcha pas. Très vite elle se retrouvait entre lui et la porte fermée de l’auberge, bientôt rejointe par son acolyte qui c’était moqué d’elle à son arrivé.

-v’nus chercher l’frisson ici, dans ses beaux habits la ptite dame ? Rien trouvé qu’il lui fasse de l’effet dedans ? M’en vais lui donner de quoi raconter des aventures, moi, si elle est bin gentille.

Alors qu’elle tirait sur son bras, maintenue dans la grosse paluche du barbus à face porcine son collègue, non moins bedonnant, vint la plaquer contre la porte. Walda semblait minuscule entre les deux hommes, une enfant tout au plus, toute aussi fragile en tout cas. Son cœur battait à tout rompre, la peur l’envahissait, elle avait envie de crier mais craignait les coups qui la ferait taire de suite.
L’acolyte de celui qui la tenait rabaissa la capuche et afficha un sourire. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi ils ne la lâchèrent pas, mais ses hommes n’étaient pas de Salvemer et s’ils connaissaient son nom il n’en était rien de son visage. S’ils étaient de passage dans cette ville ils allaient lui faire du mal, la violer, peut-être la tuer, puis partir dans une autre ville. Que craignaient-ils? Le temps qu’ils refoutent les pieds à Salvemer leurs visages auront été oublié mille fois et plus aucun témoin ne pourrait assurer que c’était bien eux. Si témoin il y avait.

-Attendez, je suis Walda Mallister, Lady Walda Mallister, fille de Lord Robert Mallister.

La réaction fut tout au contraire de ce qu’elle attendait. Celui qui avait rabattu sa capuche emprisonna son visage dans sa main râpeuse aux ongles sales, et l’autre se mit à rire.

-Qu’en plus elle ment pour nous donner encore plus envie la bourgeoise. Pour rien un Mallister il viendrait foutre ses jolies pieds ici, vec nous, surtout dans tes fripes. Tout juste une bourgeoise.

-Taperais bien une, des filles Mallister, moi. Souligna l’autre qui avait rapproché son visage et découvrait ses chicots immondes.

Walda ferma les yeux en gémissant alors que le gros lui tordait le bras et qu’elle détournait le visage pour s’éloigner de la puanteur qui émanait de la bouche de celui qui s’approchait.
Elle sentit la langue de celui-ci passer sur sa joue et eut la nausée. Elle tira sur son bras, tapa avec son dos contre la porte et sentit les deux hommes se resserrer sur elle. Elle se croyait perdue et déjà les larmes lui montaient aux yeux qu’elle n’osait plus ouvrir. Elle appréhendait la suite, mais cette suite ne vint pas. Elle sentit juste les ventres s’écarter d’elle et une lame se poser sur son propre abdomen.

-Dis un mot et j’te viole direct par la bidoche la pucelle. C’t compris ? Demanda l’homme à face porcine en se penchant vers elle.

Elle hocha la tête tandis que les larmes coulaient sur ses joues. Les deux complices se retournèrent vers la rue. Comme le ciel s’ouvrait et qu’un rayon de soleil tentait de venir réchauffer la place, à l’entrée de la ville, elle ne put voir de lui qu’une silhouette qui avançait vers l’auberge. Assez grand, filiforme, de longs cheveux qui lui tombait sur les épaules et la démarche assurée. Une lame assez longue tapait contre sa cuisse à chaque pas qu'il faisait pour s'avancer jusqu'au trio.

-T’in, Lotho, eue ta paye ? Va la dépenser en boissons ou en pute ? demanda celui qui avait une haleine de bouc.

-Déjà décidé pour not’e part, regarde le ptit lot ! Proposa le gros en attrapant Walda par la nuque pour la présenter à la silhouette du danseur d’eau.

Comme elle sentait la lame se poser sur ses reins Walda se forçat à un sourire qui n’aurait semblé crédible qu’a un énième complice.
Elle comprenait que les deux gars savaient qu’ils n’arriveraient pas à se cacher du nouveau venu et essayaient de lui faire passer des vessies pour des lanternes plutôt que de ne rien tenter.
Et puis il suffisait au danseur d’eau d’accepter leur explication pour qu’il ne soit jamais inquiété de la suite. Il n’avait qu’à passer son chemin, ignorer ce qui se déroulait ici et laisser faire. Arrêté par la suite il n’aurait qu’à balancer leur mensonge pour s’en tirer sans le moindre problème. Même la victime ne pourrait que confirmer sa version.
En plus de ça elle soupçonnait les deux compères de n’avoir aucune culpabilité à mettre une rouste à un homme seul s’il décidait de s’interposer. Le sourire de Walda avait beau être faux elle savait qu’il venait de la perdre.
A cette révélation qui s'imposait à son esprit elle eue les jambes qui flanchèrent et de nouvelles larmes, qu’elle eue toutes les peines du monde à retenir, vinrent brouiller sa vision.
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Message Mer 10 Oct 2012 - 9:59

La bruine qui enserrait le port se faisait moins insistante que dans le reste de la ville, à croire que l'entrée maritime avait cessée et qu'ils pourraient bientôt espérer peut être quelques rayons de soleil. En bon spadassin, Lotho n'en avait pas vraiment grand chose à faire, il se focalisait surtout sur la résolution de son problème financier actuel. L'entrepôt n'était pas difficile à localiser, malgré le nombre de ses confrères dans la zone limitrophe des quais. Il s'agissait de celui où bien trois convois différents étaient en train de décharger, le danseur d'eau reconnu même Marid, son employeur qui était manifestement en train d'échanger des noms d'oiseaux avec un autre marchand. Rien ne semblait marcher droit dans cette équipée, même la fin du voyage réservait encore des surprises. Et c'était loin de lui plaire, faisant même renaître chez lui une humeur maussade que sa toilette avait quelque peu écarté.

Les sourcils froncés il s'avança vers l'immonde brouhaha du son des déchargements et des engueulades nourries qui s'échangeaient. Du coin de l'oeil Marid remarqua qu'il arrivait et eut une expression anxieuse qui ne manqua pas d'étonner le danseur d'eau. Quelle mauvaise nouvelle pouvait donc bien leur tomber encore dessus, maintenant qu'ils avaient déjà du retard et que leur solde s'en ressentirait ? Il espérait juste qu'il n'y aurait pas à nouveau une autre coupe budgétaire, ce qui pourrait être la seule chose qui le plongerait encore plus dans le désarroi. Alors qu'il était presque au niveau de son employeur, ce dernier rompit la conversation musclée qu'il entretenait pour lui adresser la parole d'un ton encore emporté :

- Ah ! Tu tombes bien toi, on va avoir besoin de toi encore un peu.
- Je te demande pardon ?

La voix de Lotho avait été plus cassante qu'il ne l'aurait été nécessaire, ce dernier haussa même des sourcils surpris suite à ces quelques mots très cassants. Marid était loin d'être un imbécile, mais cela se sentait qu'une nouvelle réplique de ce genre lui ferait prendre un ombrage définitif et certainement éternel. Ils étaient tous fatigués nerveusement, en ce moment un seul mot de travers pouvait déclencher des réactions disproportionnées. Avec un sourire compréhensif et après un léger soupir, le danseur d'eau reprit la conversation en main :

- Excuse moi, mes mots ont dépassé ma pensée. Bref, que puis-je faire pour vous autres ?
- Pas de soucis Lotho, tout le monde est à cran. On aurait besoin que tu nous amène rapidement les autres gardes pour leur distribuer la solde, malheureusement s'éterniser ici ne sera pas possible.
- Tiens donc ... Pour quelle raison ?
- Suite au siège d'il y a quelques temps, la ville manque de certains produits de première nécessité pour effectuer ses réparations. J'ai réussi à leur revendre le bois qu'on amenait, mais ce petit changement ne plaît pas au marchand que tu vois là bas. Au moins nous aurons tous une meilleure paie qu'il n'était possible, d'ailleurs voilà ta part.
- Merci bien Marid, je vais te chercher les autres. Ouvre l'oreille pour voir si une autre compagnie de marchands a besoin d'un escorteur.
- J'y penserais, repasse me voir en fin d'après-midi.

Le marchand tendait une bourse bien remplie à Lotho, qui avait retrouvé un sourire bien plus sincère devant cette excellente nouvelle. Après l'avoir saisie, il remercia Marid en hochant du chef et tourna les talons pour parcourir la ville et retrouver ses acolytes, qui seraient également ravis. Bien que le fait de faire coursier dans les rues de Salvemer ne l'enchantait guère, il pouvait se le permettre maintenant que la solde était tombée. Avec un tel voyage, sans compter une potentielle cargaison au retour, il pourrait rester à Port-Réal et se reposer durant une poignée de semaine. Le léger tour de renard de Marid arrangeait parfaitement la fin de ce voyage même si il lui avait fait perdre un client récurrent, il avait avant tout pensé à ses revenus. Un vrai opportuniste comme seul le commerce sait en faire, qui ne reviendrait peut être pas aussi souvent à Salvemer qu'avant. Mais après le voyage cauchemardesque qui fut le leur, ce n'était peut être pas une si mauvaise chose.

Profitant d'une accalmie dans le crachin, accompagnée d'une brise un peu plus forte permettant au peu de brouillard de se lever permit au spadassin d'observer avec une meilleure acuité les dégâts engendrés par le siège de la ville. Où avait-il été encore fourré pendant ces évènements ... Il lui fallut quelques secondes pour réveiller sa mémoire. Il était à Hautjardin à l'époque devisant certainement avec la jeune Lyra, servante dornienne à la curiosité réjouissante. Posant à nouveau les yeux sur les remparts, il se fit la réflexion que les réparations allaient malgré tout bon train mais était extrêmement content de ne pas avoir eu à participer à ces combats. Si la souffrance des autres ne lui était pas insensible, les batailles rangées telles qu'elles se jouaient dans ces contrées n'étaient guère à son avantage et manquaient amplement de tact. Se charger les uns les autres, sous les pluies de flèches et avant que la cavalerie ne vienne vous piétiner. Encore une façon d'envisager la barbarie que Lotho n'aurait jamais cru voir, alors de là à la perpétrer ...

Reprenant sa route, le danseur d'eau coupa à travers les rues pour se rendre sur la place principale de la ville où il pourrait retrouver deux de ses acolytes, qui devaient certainement être en train de consulter les annonces d'embauche auprès des marchands locaux. Quand aux deux autres ... Aucun secret ceux là devaient être en train de dépenser la solde qu'ils n'avaient pas dans l'auberge où ils étaient descendus. Lotho espérait juste que l'alcool ne leur soit pas trop rapidement monté à la tête, évitant ainsi les heurts et autres rixes qu'ils étaient capables de débuter. Ils pouvaient être de bons gars, mais trop souvent leur comportement aurait mérité d'être sanctionné par le guet. D'ailleurs il s'agissait peut être de la meilleure chose à faire au final, les dénoncer aux autorités pour qu'ils aillent quelques temps à l'ombre. Mais au delà du fait de s'éviter quelques ennemis supplémentaires, c'était surtout la lâcheté de cette façon de faire qui le dissuadait de s’exécuter. Il préférait amplement les prendre sur le fait et leur infliger une bonne correction de lui même.

Sans surprises, il trouva les deux premiers de ses compagnons sur la place centrale, en train de déambuler entre les étals des marchands, comme deux parfaits clients. Des consommateurs cocasses toutefois avec leurs brigantines et leurs épées, pas encore tout à fait lavés et l'oeil hagard. Là où le spadassin habitué à leur présence les voyait comme étant dans un bon jour, toutes les personnes autour d'eux avait plus l'impression, à juste titre, de contempler quelques mercenaires sans foi ni loi. Et dire que l'un d'entre eux reversait la moitié de ses soldes à oeuvre du Grand Septuaire situé à Port-Réal. C'est en ruminant cette pensée, donc avec le sourire aux lèvres, que le natif de Braavos aborda ces deux hommes.

- Faites attention messieurs, il m'a semblé voir deux sauvages en vadrouille dans ce marché.
- Très drôle abruti de danseur, très drôle. On peut savoir ce que tu nous veux ?
- Si on ne peut plus plaisanter ... Bref, Marid a récupéré la paie et elle est meilleure que ce qu'il nous semblait.
- Eh ! Merci ! Prépare toi à voir deux princes à la place des sauvages, danseur. A plus tard.
- J'attends ça avec une impatience difficile à exprimer, en effet.

Et les mercenaires se dirigèrent donc comme un seul homme en direction du port et de ses entrepôts, laissant Lotho seul sur le marché. Il avait du temps devant lui et se fit un plaisir de fureter lui même entre les étals, qui malheureusement semblaient être bien dégarnis depuis la fin des foires. Ces maudits rassemblements lui pourriraient la vie jusqu'à son retour à Port-Réal, il en était quasiment sûr. Néanmoins le poète qui sommeillait en lui pu se procurer un nouveau carnet vierge ainsi que deux plumes et un nouveau pot d'encre. Tant qu'ils étaient au calme dans cette ville, en attendant du travail, écrire serait une très bonne pause pour le corps malgré tout harassé du spadassin. Ses courses maintenant achevées il se rendit à l'auberge avec une marche un peu plus rapide, impatient qu'il était de se mettre à l'étude.

Alors qu'il arrivait à nouveau dans la rue où se situait son refuge temporaire, il tomba sur une scène qui confirmait les craintes qu'il entretenait à l'égard des deux soiffards de son groupe. Ceux ci semblaient s'amuser de la détresse d'une jeune femme, bloquée entre eux dans leur jeu malsain et pourtant habituel ... Ils ne comprenaient rien, étaient tellement bouffis d'alcool et de bêtise qu'il ne serait pas vraiment inutile pour la société de leur ôter la vie. Mais il n'était pas à Braavos, malheureusement, aussi n'en fit-il rien mais se composa t-il une mine fermée pour ne pas laisser exploser son dégoût et entreprit-il d'observer la scène de plus près. Ses deux acolytes le virent arriver et l'un d'eux s'adressa à lui, demandant si il avait eu sa paie et en quelles "réjouissances" il allait la dépenser. Tant d'efforts faits par la mère de cet homme pour l'expulser hors de son corps pour un tel résultat ... Il y avait de quoi perdre foi en l'humanité et la logique. Le spadassin s'arrêta et leva des yeux sans expressions vers la très jeune femme que le deuxième homme lui présenta. Son sourire totalement faux et la peur qui se lisait dans ses yeux ne laissaient guère de doutes sur son approbation quand à la possibilité d’accueillir leurs coups de reins.

Le spadassin baissa la tête, expulsant un grand soupir tout en se massant une tempe, par le Père des Eaux qu'ils pouvaient être stupides ! Et sots ... Et ... Il n'y avait pas assez de qualificatifs pour tenter non point de les excuser mais au moins d'assumer le simple fait de parler à ces deux boules de stupidité, plus compacts que de la crème entière ! Relevant les yeux il eut un sourire convenu, tranchant avec un regard devenu bien plus dur que ce qu'on aurait pu penser venant de lui. Il serait de bon ton d'éviter qu'une malheureuse se fasse violer en pleine rue. Cette scène devait arriver tellement souvent que ne pas correspondre au cliché pourrait avoir une certaine classe qui ne serait pas donnée à tout le monde. Prenant la parole avec un ton faussement enjoué, il répondit aux deux hommes :


- Ma foi, la paie nous est arrivée et elle est bien meilleure que ce qu'on pensait ! D'ailleurs Marid veut que vous alliez chercher la votre le plus rapidement possible.
- Ah, superbe nouvelle pour sur ! On finit avec la donzelle et on y va de suite.

Cela aurait été trop simple, beaucoup trop simple que des gens aussi stupides puissent se donner un objectif concret avant d'accomplir celui en court, tout moralement indiscutable qu'il était. Lotho ne pouvait guère tenter de combattre, les deux hommes ne devaient pas avoir laissés leurs poignards dans leurs fourreaux et la jeune fille pouvait en pâtir. Le sourire de Lotho disparut, tout autant que la dureté de son regard et de sa voix alors qu'il reprenait :

- Messieurs je vais être on ne peut plus clair. Un viol se reconnait même avant qu'il soit perpétrés. Premier crime. Vous avez certainement bu à crédit dans l'auberge. Premier délit. Sans même compter que sur le chemin pour aller chercher la paie vous commettrez certainement d'autres erreurs, crimes et délits. Il me semble que si vous voulez profiter d'une dernière journée de liberté et de la moitié d'une ... Il serait peut être temps de vous calmer et d'agir en hommes, saouls, mais dignes.

Un silence suivit la tirade, tandis que les deux hommes se regardaient, comme pour décortiquer les mots, au moins cela avait la vertu de les faire un peu réfléchir, ce qui n'était pas plus mal. Lotho devina qu'ils risquaient de prendre la mouche et fini par rajouter, main sur la garde de repentance cette fois-ci.

- Vous êtes deux moitiés d'homme en combat et vous le savez aussi bien que moi. Totalement imbibés d'alcools divers et variés, si vous voulez m'opposer l'addition de vos quarts d'homme ... Soit. Mais n'attendez aucun traitements de faveur.

Le gros mercenaire grogna son dépit et lâcha la jeune femme, tout comme son comparse. Rengainant leurs armes ils s'éloignèrent en maudissant l'étranger. Malgré leur air bravache ils avaient peur de ses capacités martiales qu'ils n'avaient que trop souvent vues à l'oeuvre. Intérieurement, Lotho se promit de ne plus jamais faire équipe avec ces deux hommes, puis reporta son attention sur la jeune femme. Le regard plus doux et la voix revenue à un niveau de courtoisie tout à fait habituel pour le spadassin, il posa une main sur l'épaule de la "miraculée" et demanda :

- Allez vous bien ? Je vous conseillerais de me suivre à l'intérieur de cette auberge, vous êtes trempée et après ce qu'il s'est passé un remontant ne vous sera pas inutile.
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Message Dim 14 Oct 2012 - 15:59

Walda sentit la lame se faire moins pressente sur ses reins.
Le ciel se refermait, les nuages masquant de nouveau la lumière elle put le voir. Lotho Volentin était beau et sa servante en avait bien parlé en décrivant son charme. Il avait un visage carré et volontaire, des yeux sombres dans lesquels brillait une force calme et intelligente. Ses longs cheveux bruns, humides, tombaient sur ses épaules qu’il avait carrés et puissantes.
Il avançait avec souplesse et grâce et sa démarche trahissait son art qui mêlait danse et mort.

Un dernier rayon de soleil fit comme une aura autour du danseur qui s'avançait d’un pas sur alors que les larmes coulaient sur les joues de la jeune fille.
Elle n’entendit les paroles de son sauveur que de loin, comme à travers du coton ou de l’eau. Elle comprenait qu’il parlait avec autant d’élégance qu’il devait manier l’épée. C’était un homme instruit qui devait avoir des origines de haut parage. La main sur l’épée il était aussi habile à manipuler l’humeur des hommes qu’à, certainement, leur ôter la vie.

- Vous êtes deux moitiés d'homme en combat et vous le savez aussi bien que moi. Totalement imbibés d'alcools divers et variés, si vous voulez m'opposer l'addition de vos quarts d'homme ... Soit. Mais n'attendez aucun traitement de faveur.

L’intimidation et l’ultimatum eu raison des pulsions des agresseurs de la jeune femme.
Celui qui avait une haleine de bouc céda le premier, avec un sourire hypocrite il s’avança jusqu’au danseur d’eau comme pour le prendre dans ses bras.

-Pour sur mon ami. Lotho. On voudrait pas te froisser. On pensait que c’tait juste une pute comme une autre t’sais. On pensait pas à mal. On voudrait pas t’prendre ton p’tit lot. Hein l’ours ? Qu’on voudrait pas ?

L’autre ne répondit pas tout de suite. Il hésitait à la lâcher. Il hésitait à la crever là, sur place, juste pour ne pas la perdre à la faveur du spadassin. Mais il savait trop bien le risque qu’il prenait. Sa main se serrât plus fort sur le bras de Walda avant de la lâcher définitivement.

En guise de sourire l’homme à face de porc qui se faisait appeler l’ours cracha par terre. Walda ne sut jamais à quel point elle était passé aussi prêt de la mort.
Sans qu’on la retienne elle faillit tomber à genoux dans la boue. Sa vision, brouillée par les larmes, ne discernait que trois silhouettes devant elle et la tête lui tournait maintenant, emportée par le tourbillon de peur qui s’agitait dans son ventre et sa poitrine.

Comme Lotho s’avançait vers celle qu’il venait de sauver l’ours s’arrêta à son niveau et posa sa main sur son épaule. Walda n’entendit pas ce qu’il lui dit, mais le danseur d’eau, lui, si.

-Une comme ça c’est pas tous les jours. T’as intérêt à pas dormir trop profondément Lotho. Parce qu’elle me plaisait la bourgeoise !

Dans son dos, son complice crachait au sol comme s’il le faisait dans le dos du danseur, mais prêt à sourire de nouveau si le maître d’arme venait à se retourner. Les deux hommes s’éloignèrent alors, surement pour aller récupérer leur paye, laissant derrière eux leur victime, son sauveur et un malaise persistant qui semblait flotter dans l’air comme un relent de puanteur.

Walda avait réussis à ne pas tomber à genoux malgré les jambes en coton qui se dérobaient sous elle. Lotho, sans faire plus attention aux deux malfaiteurs qui disparaissaient au coin d’une rue s’avança jusqu’à la jeune femme et lui posa la main sur l’épaule.

- Allez vous bien ? Je vous conseillerais de me suivre à l'intérieur de cette auberge, vous êtes trempée et après ce qu'il s'est passé un remontant ne vous sera pas inutile.

Walda, toujours dans le vague, releva les yeux vers son visage et comprit, comme si elle venait de réaliser ce qui venait de se passer, à quel point elle était passée près d’une catastrophe. Elle ne put retenir plus longtemps le torrent de larmes qui s’accumulait dans sa gorge et lui serrait la poitrine. Elle éclata en sanglot et s’accrocha au cou du danseur d’eau.

Une brise légère entrainait les nuages et soulevait les corolles des jupes de la jeune femme accrochée à son sauveur. Depuis la forêt on pouvait sentir les odeurs de pins et de sève, de terre et de feuilles mortes et mouillés.
Depuis la ville, et encore derrière, la mer battait, avec toujours plus de fureur et de patience, les hautes murailles de roc et de pierre qu’elle finirait par ronger avec les millénaires. La silhouette du château, en haut de Salvemer, étendait son ombre sur la ville comme pour la protéger, à la fois des fer-nées mais aussi des ténèbres et des intempéries.

La pluie se remit à tomber doucement. Elle faisait comme un rideau d’argent autour du couple. Walda pleurait son saoul. Elle pleurait son agression et la peur qu’elle avait eue de finir en pâture de ses monstres qui avaient voulus abuser d’elle. Elle pleurait ses jours enfermés dans sa chambre par peur des rumeurs et des insinuations des petites gens du château. Elle pleurait sa rencontre avec Edarra Ferboys et même celle qui c’était conclue sur la plage, avec Asafa. Elle pleurait en n’en plus pouvoir. Chaque larme semblait la soulager un peu des échecs qui l’avait mené là, de la crainte qu’elle avait de ne pouvoir satisfaire jamais les attentes de son père et de recevoir cet amour qu’elle espérait. Elle pleurait sa peur d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Comme elle réalisait qu’elle était en train de s’épancher sur l’épaule d’un inconnu elle se recula d’un pas, les yeux sur le sol. Elle renifla et lissa les plis de sa robe.

-Je vous pris de m’excuser monsieur. Ce n’est pas digne d’une jeune femme de Salvemer.

Walda faillis rajouter "d’une Mallister" mais elle n’avait pas oublié pourquoi elle était là et même l’épisode des deux porcs ne l’avait pas dissuadée de ses plans, même si cela était de mauvaise augure de commencer ainsi.
Elle faillit se remettre à pleurer en se souvenant de la raison de sa présence ici mais serra les poings et se promit d’être plus forte à l’avenir. Si elle devait prendre les chemins et faire sa place seule, loin de sa famille, elle se devait d’être à la hauteur de ses propres exigences.
Elle releva les yeux vers le Danseur. La pluie tombait maintenant un peu plus forte et gouttait des cheveux et du menton de l’homme qui lui faisait face. Elle fut suprise de ce qu’elle découvrit dans son regard. Etait-ce de la compassion ou de la compréhension ? Etait-ce l’imagination de Walda cherchant un peu de réconfort dans les pupilles d’un inconnu ?
Comme elle s’attardait à essayer de répondre à ces questions elle réalisa qu’elle ne cessait plus de le dévisager et baissa les yeux pour masquer les rougeurs qui gagnait ses joues.

Avec douceur le spadassin posa la main, de nouveau, sur l’épaule de la jeune Lady et réitéra son invitation de rentrer. Il avait une voix douce et un verbe agréable nota Walda.

Comme ils tournaient les talons pour rejoindre la chaleur de l’auberge et se mettre au sec Walda ajouta, dans un murmure si bas qu’elle ne fut pas sûre qu’il soit entendu :

-Merci.
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Message Jeu 18 Oct 2012 - 16:00

Lotho s'était efforcé de cacher l'amusement malsain que lui avait laissé en bouche la tentative de ces deux hommes de se montrer condescendants envers sa personne, il ne se faisait même aucune fausse idée sur les gestes qu'ils avaient du faire dans son dos. Ces hommes étaient de la pure raclure au fond d'un pot de confiture oublié quelques jours, à une époque ils devaient bien avoir une chance d'avoir du goût, mais le temps passe toujours trop rapidement. Il allait lui falloir surveiller ses arrières tant que ces deux là resteraient dans la zone. Il commençait à en acquérir une certitude absolue, ce léger pressentiment qui parfois le saisissait et l'assurait que sa lame aurait à jouer avant la fin du jour, commençait à nouveau. Combien de temps leur faudrait-il avant de décider de lui régler son sort, récupérer leur "butin" et accessoirement la part qu'il en avait eu lui même ?

La question restait posée, ne pouvant trouver une réponse concrète que lorsqu'il aurait le plaisir de les recroiser. Enfin allait-il pouvoir faire taire ces caricatures d'être humain en le renvoyant dans la fange dont ils s'étaient sans doute extraits voilà trop longtemps. Il attendait cela depuis tellement de temps qu'il en salivait presque, comme un chat qui se prépare à voir une souris surgir dans son terrain de jeu.

En attendant il était de son devoir de s'assurer que la jeune fille qui avait failli servir d'amuse gueule à ces deux porcs. Après lui avoir demandé si elle se sentait bien et désirait se réchauffer un peu à l'intérieur de l'auberge, Lotho eu la surprise de voir le visage de cette personne s'orner d'une cascade de larmes avant qu'elle se jette à son cou et se mette à pleurer. Voilà qui était ... incongru ... et le terme n'était encore qu'un euphémisme. Malgré toute l'horreur des viols, ces derniers pouvaient être d'une redondance si commune que les petites gens avaient pris pour la plupart la douloureuse habitude de s'en conformer, même parmi les victimes.

Mais alors qu'il enserrait la jeune fille d'un bras rassurant, tout en ne sachant pas exactement quoi faire de l'autre, il remarqua quelques détails qui lui firent mieux envisager la possibilité de cette réaction. Tout d'abord la jeune femme portait une senteur qui n'était pas des plus communes, loin de là elle semblait même parfumée, une coquetterie qui restait extrêmement rare pour les roturières et les bourgeoises, lors des mariages peut être. Ensuite lui vint à l'esprit la qualité des tissus qui constituaient les vêtements de la jeune fille, ils semblaient bien peu à leur place dans cette rue boueuse. Aurait-il donc affaire à une noble ayant tenté de s'encanailler en quittant le confort du château de Salvemer ? Les indices concordaient en tout cas ne manquait plus au danseur d'eau qu'à comprendre pourquoi, peut être poserait-il simplement la question ou userait-il de tours et de détours, il ne savait pas encore.

Les longs sanglots de la jeune fille terminés ou presque il enleva son bras et la laissa reprendre quelque peu de sa morgue. Dessinant à nouveau les plis de sa robe, dont Lotho pouvait maintenant juger plus amplement du luxe et confirmer ses doutes, elle lui demanda de l'excuser de ce comportement qui était loin d'être digne de celui des jeunes femmes de cette ville. Le danseur d'eau ne put réprimer un demi-sourire amusé avant de lui répondre d'une voix courtoise :


- Je ne connais que peu la société de Salvemer, pour autant la situation dans laquelle vous étiez mérite une réaction telle que la votre, quelque soit la cité d'où l'on vient. Ainsi donc vous n'avez pas à vous excuser, il serait grossier de ma part de vous en tenir ombrage alors que le ciel lui même ne cesse de larmoyer aujourd'hui.

La jeune fille sembla ensuite serrer les poings comme pour se donner une nouvelle dose de courage avant de relever la tête vers le spadassin. Le sourcil haussé par la curiosité, ce dernier l'interrogea d'un regard courtois ... Comptait-elle dire quelque chose, partir, entrer dans l'auberge mais surtout qu'elle arrête de le fixer comme cela sans dire un mot, ce qui devenait fondamentalement gênant. Elle sembla également finir par s'en rendre compte comme le certifia son teint rougissant, alors qu'elle baissait les yeux. Voilà bien une réaction particulière envers lui même, qu'il espérait ne pas être symptomatique d'une amourette naissante ... Il avait déjà bien assez de problèmes comme ça, mais la jeune fille possédait quelque chose dans le regard qui l'assurait que ce n'était pas le cas.

La rencontre aurait pu se terminer ainsi mais le spadassin avait proposé à l'infortunée de prendre quelques temps pour se reposer et se remettre de ses émotions. Ainsi donc se décida t-elle enfin à prendre le chemin de l'auberge , murmurant un remerciement que Lotho n'entendit qu'à moitié alors qu'il regardait les extrémités de la rue avant d'entrer. Cela l'aurait étonné que les deux abrutis soient déjà de retour, mais peut être l'alcool leur aurait-il intimé de se venger avant d'aller toucher leur solde. A l'instant où Lotho entra également dans l'auberge cela ne semblait pas être le cas, constat qu'il accueillit avec un certain soulagement.

Passant l'huis il enleva son chapeau, avant d’adresser un léger sourire de convenance à l'aubergiste que l'arrivée de son invitée semblait rendre curieux. Avant de s'approcher du brave commerçant il invita d'un geste souple et élégant cette jeune noble, tout du moins semblait-il, à s'asseoir à l'une des tables près de la cheminée avec un sourire toujours chaleureux. Se rendant ensuite vers le comptoir, il dit :


- Cher hôte, loin de moi l'idée de vous inquiéter outre mesure, mais il se peut que nous ayons bien besoin d'avertir le guet d'un fait divers aussi sordide que stoppé à temps.
- Pardon ?

Demanda l'aubergiste suspicieux avec un regard ayant viré de la gentillesse à la méfiance envers la personne du danseur d'eau. Cela était tout à fait légitime de sa part mais ne manquait pas pour autant de blesser quelque peu l'amour propre de Lotho. Cachant ce petit accès de vexation, Lotho inspira profondément avant de continuer son explication :

- Je vous rassure votre établissement ne sera en rien connu dans cette affaire. Bien qu'en réalité votre bière soit le déclencheur de l'affaire, mes deux comparses ont bien failli violenter cette jeune femme que voilà. Si l'un de vos employés peut prévenir le guet, m'est avis qu'ils auraient bien besoin de dégriser ... Quand à nous, une fois cela fait, pourriez vous nous servir nous un petit plat chaud et une cruche de vin ?

L'aubergiste hocha la tête d'un air convenu avant d'aller dans son arrière cuisine certainement prévenir l'une de ses filles d'aller chercher le guet. Lotho quand à lui se rendit à la table où s'était installée la mystérieuse noble, soupirant comme pour mieux évacuer l'idée qu'il allait tenter de faire enfermer deux escorteurs. Cela se saurait dans ce métier où les gens n'avaient pas forcément autant de principe que lui, mais la situation l'exigeait. Enlevant sa cape pour la poser sur un bout de la table avec son chapeau, il finit par s'asseoir et laisser traîner quelques secondes de silence avant de demander d'une voix malicieuse, agrémenté d'un sourire et d'un regard teintés d'espièglerie :

- Je me demande malgré tout ce qu'une jeune fille de votre noble lignage faisait dans cette rue à cette heure de la journée ... Dites moi ma chère, sans vouloir vous offenser le moins du monde ... Comment dois-je vous appeler ? Lady, Demoiselle ?

Il était temps pour le danseur d'eau de dresser le portrait de l'infortunée inconnue qu'il avait réussi à préserver de très mauvais draps. Tout en espérant que le guet arriverait à trouver les deux soudards avant qu'ils ne reviennent dans l'auberge, auquel cas le rythme de la journée risquait-il d'être bien plus soutenu.
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Message Mar 23 Oct 2012 - 13:30

L’aubergiste les installa prêt du feu. La chaleur réconfortante avait tôt fait de consoler aussi les cœurs et de sécher les vêtements. Walda était encore debout, à se frotter les mains devant les flammes dans l’âtre, quand on rapprocha une table de bois pour qu’elle et son sauveur puissent s’asseoir au confort de la cheminée.
La chaleur du lieu n’était pas la seule chose agréable. Un doux fumet provenait des cuisines et embaumait la salle commune, presque vide a quelques exceptions près : surtout des vieux cuvant leur vin ou leur hypocras. Tous avaient le regard curieux et tourné soit vers la jeune femme, qui avait pourtant choisis des vêtements dans les plus pauvres de sa garde-robes –Mais qui lui donnait encore l’air bien au-delà de cet univers crasseux- soit vers le spadassin dont on lorgnait la lame en commentant à voix basse l’efficacité et la réputation de son porteur, ou tergiversant sur son allure étrange ou encore d’autres ragots inutiles et pathétiques.

L’aubergiste pris le temps d’écouter son invité lui glisser quelques mots que Walda n’entendit pas ; sinon elle aurait immédiatement coupé les deux hommes en interdisant qu’on appelle la garde. Sur ce fait, dans quelques instants, à moins que la chance ne lui sourit pour une fois, la garde de Salvemer viendrait constater le méfait et reconnaitrait la fille Mallister. S’en serait fait de son stratagème pour quitter les lieux incognito, sans parler des problèmes que rencontrerait tous ceux impliqués dans cette affaires : l’aubergiste, sa clientèle et même le danseur d’eau compris. Si Robert Mallister était connus comme un Lord Magnanime et bon, il en allait tout autrement quand il s’agissait de ses enfants et même, fut-elle convaincue du contraire, quand cet enfant était Walda Mallister.
La jeune femme s’installa à la table. Elle se remettait doucement de son aventure même si ses nuits allaient être hanté, pendant de longs mois, par des cauchemars ou elle revivrait, peu ou prou cette expérience horrible.

Rapidement, comme le danseur d’eau l’avait commandé, on leur ramena des plats chauds, une soupe de lapin cuit dans un bouillon épais d’oignons, de carottes et d’herbes du pays. Un peu trop salée pour la jeune femme habituée à une cuisine autrement plus prestigieuse, mais elle ne s’en plaindrait pas car le plat avait une effet apaisant ; tout autant que le vin dont la douceur âcre déliait les intestins et la langue. Walda bus une gorgée à son verre.
Heureusement pour elle une jeune femme, maigre comme un clou et avec une paire de quenottes qui aurait rougir un lagomorphe - L’une des deux incives, pointue comme la tête d’une flèche, passait devant l’autre et faisait de son sourire un objet de malaise- leur avait servis plats et vins avant qu’elle n’est eue à répondre à la question du danseur concernant son rang. Elle avait donc pris le temps de gouter le plat et la boisson pour réfléchir à sa réponse.

Si elle admettait être une Lady, elle ne pourrait cacher longtemps son appartenance à la Maison Mallister et jamais l’épéiste n’accepterait de l’aider à faire une fugue. D’un autre côté si elle jouait le rôle d’une simple Demoiselle de haut parage elle partait sur un mensonge qui, une fois éventé, pourrait provoquer de nouvelles catastrophes autour d’elle. Walda se décida tout de même pour la seconde solution, d’abords parce qu’elle ne savait pas que la garde avait été appelée et ensuite parce qu’en tant que Demoiselle, si elle devait partir, elle n’aurait aucune valeur en tant qu’otage. Enfin, et c’était certainement le point essentiel, le danseur n’aurait jamais été assez fou pour accepter le marché de la jeune femme.

-Je me nomme Melissandre … Walda eue une seconde d’hésitation sur le nom à donner aillant décidé, pendant un court instant qu’elle allait prendre celui d’une vieil femme qu’elle avait souvent vue passé au château, une roturière assez riche pour pavaner avec les nobles de la cité. Mais, en fin de compte, elle n’utiliserait sa fausse identité, au complet, qu’une fois assez loin pour qu’on ne puisse pas enquêter sur l’existence de la véritable personne. Et Lotho Volentin ne semblait pas avoir le cerveau plus lent que sa main d’épée. Encore que la dessus il n’y avait que réputation et aucun fait pour en attester.

-Melissandre, répétât-elle pour terminer sa phrase. J’aurais bien aimée être une Lady mais les Sept ont préférés que je sois mariée à un roturier fortuné dont le passe-temps est de me battre et de me violenter. C’est pour cela que je cherche le célèbre Danseur d’eau Lotho Volentin. On m’a dit qu’il était ici et il m’a semblé que c’est comme cela que vous appellaient vos amis qui ont essayé de… me faire du mal.

Walda pris une autre gorgée de vin se faisant, avec l’aide du breuvage et des images lui rappelant la vieille roturière, une idée assez précise de son personnage. Elle prenait un peu plus d’assurance au fur et à mesure que son verre se vidait.

-Mais je doute que vous soyez vraiment lui car on me l’a décrit comme étant un rustre, un voyageur que l’on compare parfois à un bandit de grand chemin, avec un visage assez laid pour que les braconniers le confondent avec des bêtes sauvages et un esprit aussi lent qu’il est prompte à sortir sa lame. Walda en rajoutait, emportée par son idée. Elle souhaitait, bien entendue, que Lotho prouve bien qui il était et soit aussi efficace que la rumeur le colportait car elle avait bien l’intention de prendre la route avec lui et le payer pour s’apercevoir, en chemin, qu’il ne se servait de sa lame que pour parader serait par trop incongrue et désobligeant.

-Et vous ne ressemblez pas à cette description Mr Volentin. Dit-elle en reposant son verre. Vous n’avez pas l’air rustre et vous êtes plutôt… Walda baissa la tête, cherchant une échappatoire avant de reprendre. Et vous n’avez visiblement pas l’esprit lent !

Elle releva les yeux sur le Danseur. Troublée, peut-être, par le regard perçant de l’homme, elle remonta aussitôt son verre pour prendre une dose de courage et le remis, vide, sur la table.

-Mon mari cherche à me tuer car il a trouvé plus jolie et plus fertile que moi. Surtout la jeune femme est pourvue d’une belle dote qui motive mon époux. Mais il ne peut en profiter qu’en me faisant assassiner. Et, tel que vous me voyez, je pensais être victime de ses agents quand vous m’avez sauvé. Je veux retourner chez moi, à Port-Réal afin que mon père puisse mettre en œuvre ce qu’il faut pour me protéger et mettre un terme à notre alliance s’il le faut. Je suis prête à payer un dragon d’or pour faire le voyage, deux si nous passons par Port-Lanis avant ou j’ai un cousin à voir. C’en est plus, j’imagine, que votre solde habituelle pour transporter des rondins de bois en compagnie de rustres et de violeurs. Cela dit je comprendrais, si vous n’êtes pas le vrais Lotho Volentin, que la peur ne vous paralyse et que vous n’ayez envie de m’abandonner au sort que me réserve mon horrible mari.

La soupe chaude fumait sur la table et elle n’y avait touché que pour gouter. Dans l’âtre la cheminée crépitait doucement quasiment au même rythme que la pluie battait sur le bois du toit de l’auberge, reprenant plus fort. On entendit gueuler l’aubergiste dans un coin de la cuisine qu’on lui amène un sceau parce que le toit fuyait à un endroit qui lui déplaisait. La porte s’ouvrit en même temps. Un vent frais s’engouffra dans la salle commune et les quelques regards qui détaillaient le couple un peu plus tôt se tournèrent vers ceux qui entraient. Le ciel dehors se couvrait un peu plus et des nuages noirs poussaient les gris d’avant...
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Message Lun 29 Oct 2012 - 17:05

Un léger reflux de la fumée acre qui montait dans la cheminée vint lécher les narines du danseur d'eau alors qu'il était en train de s'asseoir plus confortablement sur le long banc qui servait d'assise aux usagers de cette table. Les yeux légèrement clos il profita durant quelques instants du silence apaisant avant d'attaquer son petit interrogatoire personnel destiné comme toujours à assouvir la curiosité mal placée qui pouvait le caractériser. Il rouvrit cependant les yeux rapidement, alerté par les pas peu feutrés d'une personne venant en leur direction, tournant la tête le danseur d'eau eut le plaisir de remarquer qu'il s'agissait de l'aubergiste. D'autant plus charmeur à ses yeux qu'il leur apportait les victuailles commandées, l'air malgré tout tendu.

Les quelques recommandations qu'il lui avait fait au sujet de l'altercation avaient dues mettre ses nerfs à rude épreuve même si cela n'était pas le but du danseur d'eau. A vrai dire cela l'embêtait même plus qu'autre chose, n'étant pas d'une nature à apprécier de colporter les mauvaises nouvelles. Et les dieux savaient que ce genre de personnes se nourrissant du malheur et du désespoir d'autrui pouvaient être monnaie courante, surtout en des temps aussi troublés que l'approche d'un hiver. Voulant quelque peu réchauffer l'atmosphère à l'approche du tenancier, il offrit un sourire ravi et un regard détendu tant à l'aubergiste qu'à la jeune femme, tout en prenant la parole d'un ton assez surfait pour suggérer la moquerie :


- Quand je vois ce genre de plateaux, cela me rappelle ce que m'a dit une fois un compagnon de route : "Je ne suis jamais tombé amoureux, mais j'imagine que cette sensation doit être comparable à celle que nous provoque un plateau de victuailles se déplaçant à son encontre." Yvon, je crois bien qu'il s'appelait Yvon. Un brave bonhomme d'ailleurs ...

.... Lotho se garda bien d'expliquer que le jeune Yvon qu'il avait connu avait ensuite été contraint à s'engager dans la Garde de Nuit suite à une rapine. Mais l'anecdote précédente n'en restait pas moins délicieuse pour l'amoureux du souvenir qu'était le spadassin. Servant à chacun d'entre eux un verre de vin, lésinant malgré tout sur la coupe de la jeune fille, il reposa la carafe et huma ensuite le délicat fumet du potage. Et ce avant de reposer les yeux sur cette femme plus que certainement issue de la noblesse à qui il avait demandé son nom, manifestement l'appel du ventre allait l'empêcher d'expliquer cela pour l'instant.

Profitant de cet état de fait, le danseur d'eau but également une lampée du vin qu'on lui avait servi, réprimant avec une grande difficulté une grimace de surprise. Durant son dernier convoi au long cours il s'en était allé dans le Bief où, il devait bien l'avouer maintenant qu'il goûtait un cru du Conflans, la boisson était bien meilleure. Deviendrait-il une fine bouche avec le temps ? Avec un sourire sans joie il pensa qu'il ne manquerait plus que cela pour que Galt puisse le clouer à l'auberge ad vitam eternam. Se reprenant il goûta par contre avec plaisir au plat qu'on leur avait préparé, tandis que son interlocutrice semblait retrouver l'usage de la parole.

Elle se nommait donc Melissandre, tout du moins l'affirmait-elle, de basse naissance elle avait été mariée certainement contre sa volonté et ce à un roturier fortement pourvu en argent sonnant et trébuchant. Une nouvelle façon de vivre dans les sept couronnes, mais qui était la mise dans la Cité Libre dont le spadassin était originaire. Cependant le fait de battre sa femme pour "passer le temps" comme elle le suggérait était loin de faire l'unanimité des foyers, qu'ils soient à l'ombre du Titan où bien dans ces contrées. Lotho ne put s'empêcher d'éprouver un élan de compassion à l'égard de cette jeune fille qui semblait décidément attirer les coups de poings plus que les bouquets de fleurs.

Cependant il arqua les sourcils entre surprise et doute lorsqu'elle parla de lui comme étant le "célèbre danseur d'eau Lotho Volentin", certes cette personne se trouvait bien être lui mais il espérait avant tout et en toutes circonstances ne jamais ô grand jamais devenir célèbre. Tout du moins pas tant qu'il serait encore pourchassé par Silvian, autrement dit jusqu'à ce qu'il en finisse avec son ancien camarade où bien que quelque fabuleux bretteur s'en charge également. Mais rien n'aurait pu être moins sûr que cela ils avaient tous les deux eu le même maître, un temps durant au moins ... Ils étaient redoutables dans ce pays, mais encore plus s'ils devaient un jour s'affronter à mort. Tout du moins c'est ce qu'en pensait Lotho tout en avalant une cuillère de son bouillon encore fumant.

Cette gorgée failli bien l'étouffer sur place quand il entendit la suite du discours de la dite Melissandre, qui expliquait ses doutes quand à la véracité de cette identité. Et ce avant de pondre un portrait on ne peut plus outrancier et blessant qui laissa Lotho totalement ébahi par tant de quolibets tous aussi fallacieux qu'irréels ! Alors qu'il la plaignait quelques instants plus tôt il aurait presque été capable de lui coller une trempe tout aussi dure que celles auxquelles elle se disait habituée ! Une fois qu'elle l'eut comparé à une bête sauvage, il lui coupa la parole d'un geste de la main avant de répondre avec un sourire malicieux mais un regard n'arrivant pas à cacher son courroux.


- Oui c'est ce qu'on m'a dit... Et il tue l'ennemi par centaines hein... Et si il était là, ses yeux lanceraient une pluie d'éclairs à faire trembler les fers-nés et des boules de feu seraient projetées de son cul !

Marquant une pause, un index tendu comme un signe d'avertissement si elle reprenait la parole avant qu'il ne le lui permette, le danseur d'eau rétabli un semblant de calme. Il n'était pas forcément prompt à répondre aux provocations, mais certaines circonstances pouvaient l'y forcer. Tout du moins tenta t-il de l'expliquer de sa voix la plus courtoise possible, ne cachant qu'avec difficulté des relents de mépris pour l'effrontée langue de vipère qui lui faisait face :

- Assez de ces stupides invectives je vous prie, outre le malaise qu'elles m'inspirent, elles n'aident en rien à avoir envie de vous écouter. De plus sachez que si je me sers moi même des couleuvres, avec assez de verve, je ne permets pas que quelqu'un d'autre me les serve. A bon entendeur ... continuez donc.

Rien n'était décidément fait dans cette journée pour qu'il puisse garder son sourire plus d'un instant, il commençait à en être très franchement persuadé. Toujours était-il qu'il semblait avoir fait mouche, Melissandre semblant à l'heure actuelle ne plus vouloir tenter de batailler avec sa fierté. Elle lâcha même un compliment quand à sa sagacité d'esprit, comme pour tenter de se retrouver dans des bonnes grâces que le danseur d'eau ne lui semblait pas pouvoir accorder aussi facilement qu'elle le voulait. A quoi cela rimait-il au fond ? C'était ce que commençait à se demander Lotho qui trouvait décidément de trop nombreuses pièces manquaient sur l'échiquier pour que la partie soit équitable.

Melissandre quand à elle avait donc reprit la parole et expliquait maintenant que son mari avait projeté de la faire tuer pour se voir dans la possibilité d'épouser une jeune femme plus belle, fertile et riche qu'elle. Lotho ne put empêcher un sourire sarcastique d'orner son visage tant l'affaire semblait décidément cousue de fil blanc, non seulement cette "nouvelle épouse" ne suffisait pas à être assez crédible, il fallait en plus qu'elle possède des qualités bien rare parmi la roture. Et les nobles ne se mariaient pas avec le bas du panier, pour des raisons tout aussi absurdes qu'immémoriales aux yeux du natif de Braavos. Toujours était-il qu'elle lui proposait un dragon d'or pour payer le voyage, deux pour faire un détour par Port-Lannis. Nombreux seraient ceux qui auraient sautés sur la somme, mais pas pour les bonnes raisons ... Il aurait été tellement plus simple de promettre monts et merveilles à la jeune femme, de l'emmener pour l'assommer et la délester ... Mais il n'était pas homme à agir ainsi, contrairement à certaines brutes.

Alors qu'il allait expliquer son point de vue la porte de l'auberge s'ouvrit pour laisser entrer deux silhouettes massives, en armes, que Lotho connaissait très bien. A cause de l'effet de contre-jour provoqué par la porte ouverte, il pensa un instant que les deux malfrats étaient revenus pour prendre celle qu'ils estimaient être leur dû. Mais il pu constater avec soulagement qu'il s'agissait de l'autre duo de comparses escorteurs avec qui il était arrivé à Salvemer. L'un d'eux l'aperçu et lui fit signe de la tête avant de dire d'une voix assez forte :


- Oh, le danseur ! Marid cherche à te voir pour du travail, faudra que tu retourne à l'entrepôt.
- Très bien ! Répondit Lotho avant de lui répondre d'une voix assez forte également. Tu n'aurais pas vu les deux autres scélérats qui nous servent d'aide ?
- Si, répondit le garde d'un air enjoué, ils ronflent à grands bruits près d'un bordel du port. D'après le passeur du lieu, ils se sont endormis en attendant qu'il ouvre l'établissement ! Ah, par contre, nous on part dans le convoi pour le Nord. Au cas où, si tu nous suis.
- Peut être. Lui adressa t-il le plus sérieusement du monde. Je verrais bien ce que Marid propose.
- A ton aise l'ami, à ton aise.

Ainsi se termina la conversation entre les deux escorteurs, chacun se retournant vers la table qu'il occupait. Lotho pour sa part tenta de s'éclaircir la gorge avec le vin râpeux qu'on lui avait servi, ne cachant pas cette fois-ci une grimace de dégoût alors qu'il reposait son verre sur la table. Décidément ce rouquin, même si il était fort utile pour se souvenir que la vie ne tenait pas à grand chose, ne lui laisserait pas un souvenir impérissable. Enfin, il planta ses yeux dans ceux de son interlocutrice en arborant un air sérieux qui accompagnait une voix courtoise mais dépourvue de sympathie.

- Un dragon, deux dragons ... Ma profession n'est peut être pas glorieuse mais m'a permis d'en amasser bien plus. Et ce sans avoir à céder aux sirènes d'une histoire certes déchirante, mais bien trop proche de celles que l'on trouve dans les livres pour que j'y adhère sans scepticisme ...

Son ton s'était malgré tout fait moins acide, comme pour éviter de faire avaler une trop grosse pierre d'un coup. Même lorsqu'il tentait à être sec et catégorique il lui restait difficile de ne pas émettre le bénéfice du doute envers ses interlocuteurs, un relent de naïveté qui un jour lui ferait du tord il en était parfois conscient. Mais cette fois-ci cela ne l'intéressait pas, il parlait simplement en énonçant la réalité de son avis et de ses observations. Pour lui la partie n'était pas finie, loin de là ...

- Voyez-vous ... je suis moi même poète à mes heures, amateur de littérature à ne plus savoir quoi en faire, amoureux des belles histoires devant l'éternel. Mais je ne suis pas, contrairement à ce que vous semblez penser, quelqu'un de fondamentalement naïf bien qu'observateur. Si votre but était de tester mes limites en m'insultant par deux fois, alors vous avez échoué et c'était une grande erreur. Tout comme de parler de vos soucis aussi simplement, une autre craquelure dans un mensonge qui aurait pu coller ...

Le regard de Lotho semblait s'attrister au fur et à mesure qu'il parlait, comme si cela le peinait d'émettre un tel constat. Reprenant son souffle, mais pas de la piquette qu'on leur avait servi, il rassembla son esprit avant de continuer :

- Mais la vérité, chère Melissandre ... La vérité tant qu'elle existe fait honte. C'est bien pour cela qu'on n'écrit jamais la vérité nue, qu'on l'embellit et qu'on ne la dévoile que feuilles par feuilles. Oui, découvrir la vérité doit être un jeu. Subtil, aérien, délicat, un pas tranquille plus qu'un galop effréné ... Je veux bien croire que vous avez des raisons de quitter Salvemer, mais pas celles que vous m'énonciez voilà quelques instants.

Reposant sa gorge autant que son cerveau dont l'envol littéraire n'allait pas tarder à ressembler à une grande migration, le danseur d'eau fixa le feu durant quelques instants. Quelle était donc cette manie qui poussait l'humain à se cacher derrière des histoires rocambolesques plutôt qu'à porter fiertés et blessures acquises durant la vie comme un étendard ? Qu'étaient la vérité, la fierté, la dignité, qu'avaient-elles de fortes alors qu'on les pliaient à l'envie ? Et ce avec une répétition, une assiduité à laquelle personne et surtout pas Lotho n'échappait. De bien drôles de questions qui lui trottaient maintenant dans l'esprit, qu'il contourna d'une contorsion mentale pour finir son soliloque avec ces quelques mots :

- Quoiqu'il en soit, si vous voulez que je daigne croire que je gagnerais quoique ce soit de réellement attrayant à vous aider ... Racontez moi la vraie histoire de votre vie, Melissandre. Si tel est votre nom ...
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Message Mer 31 Oct 2012 - 14:05

Walda se sentit comme une enfant qui fait un caprice et qu’on remet à sa place sèchement. Elle s’enfonça dans sa chaise en rentrant la tête dans les épaules. Elle le savait pourtant. Préservée dans les murailles de son château, soutenue par Lord Robert, son père ou par Lady Rivanon, sa sœur, elle n’avait pas eue à affronter la cruauté du monde tel qu’il était, du moins pas avant la visite de Lady Edarra Ferboys. En cela elle n’avait pas non plus les réflexes adéquats pour s’y déplacer avec autant d’aisance que la vipère Dornienne. Ses mensonges étaient aussi immatures qu’elle et sa faculté à manipuler les autres demandait encore de l’exercice, mais le talent était sous-jacent. Elle releva les yeux vers le Danseur d’eau avec une moue de gamine qu’on vient de prendre sur le fait en train de voler une confiture dans les cuisines.

-Pardonnez-moi, messire, si je vous ai offensé. Tel n’était pas mon but. Je… j’ai simplement peur et je suis novice en ce qui concerne ce genre d’affaire.

Elle se redressa et posa les coudes sur la table. Sans pouvoir supporter le regard de l’homme qui lui faisait face elle jouait avec ses doigts, trop peur d’y voir les remontrances qu’elle devinait quand elle devait affronter celui de son père ou de son frère.

-J’avais trop vite jugé, à l’allure des deux hommes que vous avez renvoyé un peu plus tôt, que le métier ne devait rapporter que quelques liard, quelques cerfs d’argent tout au plus et j’espérais vous appâter avec mes Dragons. Mais je me rends compte maintenant de mon erreur. De plus je ne sais pas à quoi ressemble Lotho Volentin, le danseur d’eau. Il n’est pas aussi célèbre que je le laisse entendre, mais j’espérais pouvoir me préserver d’une escroquerie. Enfin, en ce qui concerne mon histoire, vous avez raison, elle tout aussi fausse que mon identité. Une fois de plus j’ai voulus me préserver en vous donnant d’un faux nom, mais je me nomme bien Mélisande. Quand à mon histoire seule une partie en est la vérité.

Walda était repartit, aussitôt qu’elle l’avait pu, sur un mensonge. Dès qu’elle avait senti que ses semi vérités pouvaient faire avaler de nouvelles couleuvres à l’homme qui lui faisait face. Elle releva les yeux pour lui asséner une nouvelle histoire à dormir debout mais se rétracta au moment même où les prunelles du bretteur sondaient les siennes.
Elle sentit toute la honte et toute la laideur de son histoire à elle. Tout ce qu’elle ne pouvait pas dire de peur de le vomir, toutes ces choses qu’elle n’aurait pas même pu confier à un ami tant ces confidences pouvaient être dangereuses. Elle était Lady Walda Mallister, fille du chef des armées du Conflant, fille du Lord de Salvemer, défenseur de la Maison Tully, pourfendeur des fer-nés, et n'était qu'une catin, une salope qui se livrait à un garçon d’écurie et a un garde du corps Dornien pour le jeu ou pour quelques flatteries enjôleuses.

Elle se sentit aussi laide que ses mensonges, plus souillée que le venin qu’elle distillait, comme si le spadassin pouvait lire en elle toute la saleté qu’elle trainait, comme s’il savait déjà mais attendait de la voir mentir et baver encore une fois. Walda baissa les yeux.

-Je m’appelle Elayne. Je… j’ai déshonoré le nom de ma famille, le nom de mon père. J’ai fait une énorme bêtise qui ne me sera jamais pardonnée.

Elle n'avait menti que sur son prénom le changeant pour rendre le mensonge plus crédible. Elle ne pouvait, en aucun cas laissé filtrer le moindre indice de son identité, surtout si elle racontait les véritables raisons de sa présence ici. Il aurait suffit que l'homme s'en serve contre elle ou, pire, contre sa Maison pour qu'elle ne s'en releve plus jamais.

-Je vous demande de ne pas chercher à savoir mon nom, messire, seulement de comprendre que je ne peux infliger mes tords à mon père. Je ne veux pas qu’il est honte de moi. Je ne veux pas qu’il est à prononcer une sentence à mon encontre et je préfère partir. Si je m’exile, alors, peut-être que je trouverais le moyen de racheter mon honneur et mes fautes.

Elle ferma les poings et serra les dents. La honte était si forte, d’avouer tout ça à un inconnu, qu’elle en avait la tête qui tournait. Quand elle releva les yeux vers lui sa vision était troublée par les larmes qu’elle retenait de toutes ses forces. Elle c’était suffisamment épanchée sur son épaule dehors pour ne pas recommencer ici, au milieu de l’auberge. Elle était une Mallister, au-dessus des autres.
Elle passa sa manche sur ses yeux quand elle sentit que les larmes accumulés allaient coulés et renifla avant de remonter vers lui son visage.

Etrangement cette confidence lui avait fait du bien, comme de déposer un lourd sac de pierre qu’elle aurait porté depuis trop longtemps, depuis bien plus longtemps que la visite des Ferboys en réalité. Elle poussa un soupir et repris une gorgée de vin. Comme elle reposait sa coupe sur la table elle avança la main jusqu’à venir toucher celle du bretteur. Sa peau était chaude, ses doigts étaient fins et légèrement rugueux, habitués à manier l’épée à n’en pas douter, pourtant elle aurait pu enfouir toute sa main à elle dans celle du guerrier.

-Je paierais le prix de votre discrétion en plus de celui que vous me demanderais pour me protéger durant le voyage que je vous ai commandé. Je vous en prie, messire, aidez-moi, car je partirais plutôt que de faire subir la honte à mon parent, mais sans vous je n’arriverais probablement même pas aux Vieilles-Pierres. Je serais morte, ou pire, avant d’avoir atteint ma première escale.

Elle prit la main qu’elle tenait dans les deux siennes, suppliante, penchée sur la table, attendant une réponse, un prix.
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Message Mar 6 Nov 2012 - 11:10

Lotho avait touché plus que juste en perçant au travers mystères dont tentait de maladroitement s'entourer la jeune fille à peine sortie de l'adolescence. Une chose était sûre elle était loin d'être une roturière car ces dernières, mêmes lorsqu'elles viennent de riches familles, étaient au fait de la difficulté de vivre au travers des rues et des campagnes de ce royaume. Le danseur d'eau était on ne peut plus certain d'avoir affaire à une jeune noble, restait encore à déterminer qui elle pouvait bien être, mais surtout pourquoi tentait-elle de raconter de tels mensonges ? Il s'agissait là d'une énigme que sa soif de vérité ne pouvait s'empêcher de vouloir percer, martelant les bords de sa boîte crânienne comme pour mieux sortir inspecter cela.

Replongeant dans son assiette, il laissa la soit-disant roturière maltraitée en proie à ses propres conflits internes. Tout autant que son estomac commençait à crier son envie d'en découdre avec le plat qu'on leur avait servi, son esprit avait envie de se calmer. Cette jeune femme savait mettre les gens en colère, autant dire qu'elle n'avait même pas son pareil en cet exercice. Mais sa jeunesse et son esprit certainement emporté était à même de lui attirer les pires ennuis, à un point tel que le danseur d'eau n'était tout d'un coup plus étonné une seul seconde de la tentative de viol dont elle avait été victime.

D'une voix confuse elle exprima de bien plates excuses en comparaison de l'affront qu'elle avait fait tant à sa vérité qu'à l'intelligence de son interlocuteur. Assurant qu'elle avait mal jugé le métier d'escorteur, à sa décharge elle n'en avait pas rencontrés les parangons en premier lieu, elle avoua également ne pas savoir à quoi pouvait bien réellement ressembler le danseur d'eau dont elle avait volontairement sur dosé la célébrité. C'était bien là le moins que l'on puisse dire étant donné que Lotho n'avait jamais tenté outre mesure de s'arroger gloire et honneurs, allant même jusqu'à signer ses écrits sous un pseudonyme. Enfin la jeune fille assura que son histoire n'était qu'un ramassis de faussetés, une sincérité qui rassura le spadassin sur l'honnêteté qui pouvait être celle de son interlocutrice.

Cela ne dura néanmoins pas bien longtemps, alors qu'elle assurait bien s’appeler Melisandre, un mensonge qui était assuré par le temps qu'elle avait mis à choisir ce nom au début de leur discussion. Fatigué qu'elle se joue de lui le danseur d'eau prit une inspiration énervée, les yeux fermes sur la jeune fille comme pour mieux lui signifier de se tenir à carreaux. La tentative de lui soutirer les vertus de la franchise sembla réussir alors qu'elle se reprit pour affirmer s’appeler Elayne, si cela était un mensonge au moins celui-ci était mieux mené. Mais quelque chose marqua plus Lotho qui arbora un air plus sérieux tandis que la nouvellement dénommée Elayne commençait son histoire.

L'ensemble du visage de son interlocutrice exprimait tout d'un coup une réelle et profonde culpabilité, qui n'aurait su être autrement interprétée par quelqu'un d'un tant soit peu d'empathie. Elle assura avoir déshonoré sa famille, sali leur nom et porté préjudice à son père. Voilà de bien graves accusations qu'elle s'administrait avec la voix emplie de honte, entamant ainsi un revirement intéressant quoique parfaitement dramatique dans cette discussion. Lotho reposa la cuillère qui lui permettait de savourer sa soupe dont le goût s'estompait devant la tension qui s'abattait sur la table. S'humectant les lèvres avec la vinasse agressive qu'on leur avait servi, il maintint son regard vers Elayne tout en tentant de ne rien laisser paraître de ses émotions. Ecouter avant tout ce qu'elle avait à lui dire, comprendre et enfin émettre une réaction, au vu de la façon dont elle avait tenté de se jouer de lui plus tôt il ne pouvait plus se permettre de lui faire amplement confiance.

Avant de continuer son histoire elle eut, comme par réflexe, le besoin de lui demander de ne pas chercher à savoir son nom sous quelque prétexte que ce soit. Voilà donc qui était bien trop curieux pour que le danseur d'eau ne tente pas l'expérience, lui demander ce genre de choses était comme mettre dans une même cage un chat et une souris ... Redoublant d'attention envers Elayne au vu de cette demande qui affamait maintenant sa curiosité, Lotho reposa son verre et joignit les mains devant son visage en un geste de concentration.

Elle assurait ne pas vouloir provoquer la honte de son père, que ce dernier ne soit pas blessé par les actes qu'elle avait commis ... Elle parlait même d'une sentence qui pourrait être provoqué contre elle si il venait à apprendre sa faute. L'utilisation de ce terme juridique suggérait-elle que l'homme en question avait un pouvoir juridique dans la région ? Auquel cas l'exil pouvait sembler, pour une jeune personne comme Elayne la meilleure solution possible, Lotho avait un avis bien différent sur ce cas là au vu de sa connaissance des errements que pouvait provoquer un exil forcé ou bien volontaire. Là n'était qu'une simple différence de termes, car toujours l'absence de racines tirait vers la mélancolie, comment pouvait-on tenter de lutter contre cela alors que l'on débutait à peine l'âge adulte ? Légèrement perdu dans ses pensées, il ne put empêcher un filet mélancolique de traverser son regard avant de se reprendre.

Ce qui était maintenant certain était la honte et la tristesse de cette jeune fille, bien tangibles et profondes. Elle devait certainement passer ces derniers temps la pire période de sa vie, mais Lotho sentait qu'il devait recouper cette histoire avec le peu qu'il savait de Salvemer et de ses rumeurs. Les nuits passées dans les auberges étaient le plus souvent propices à l'échange des nouvelles, des ragots et autres fausses informations qui aidaient les voyageurs à oublier le misérable de leur condition. Et Lotho sentait qu'une rumeur qu'il avait entendu voilà quelques jours, alors qu'ils venaient d'arriver dans le Conflans, pourrait bien lui apporter une clé supplémentaire de l'histoire en question. Que n'aurait-il donné pour que sa mémoire ne soit pas parfois faite de brumes volages dont il arrivait parfois à saisir la maigre teneur !

Un reniflement de la jeune fille le tira de sa réflexion et il constata qu'elle était encore une fois au bord des larmes. Tout chez elle exprimait la honte, l'angoisse, la tristesse. Autant dire que son état mental ne devait pas être brillant depuis l'erreur qu'elle avait commis et qu'elle semblait fatiguée de le cacher à tout un chacun. Posant l'une de ses mains sur l'une des deux du danseur d'eau, elle le regarda avec intensité, en désespoir de cause même. Assurant qu'elle paierait le prix qu'il entendrait lui faire débourser elle assura avoir besoin d'aide pour arriver en vie ou tout du moins en sécurité aux Vieilles-pierres, première étape de son voyage.

Lotho restait circonspect ... Tout dans son discours respirait la vérité à part l'identité même qu'elle lui fournissait, cette dernière n'était pas assez travaillée et souffrait de trop de lacunes pour qu'il puisse y croire pleinement. Soupirant une fois avant de reprendre sa main pour lui même, il répondit tout d'abord d'une voix calme et propice à l'explication, le regard responsable :


- J'entends bien vos malheurs qui me semblent amplement réels, il serait irrespectueux, voire suicidaire de les prendre pour de nouveaux mensonges. Soyez assurée que je me fais fort d'avoir écouté vos vérités, de les avoir appréhendées, soupesées, assimilées ... Mais cependant vous ne me dites pas tout des raisons qui peuvent, j'use de ce verbe à dessin, paraître tout à fait légitimes. Vous parlez de danger, de mort probable, de sentence à venir ...

Faisant une pause dans son explication le danseur d'eau reprit une gorgée de vin en évitant cette fois-ci la grimace, simplement par le fait qu'il était concentré sur autre chose. L’âpreté du vin qui lui tambourinait les papilles faisait même écho à son cerveau en pleine réflexion, en plein travail, pétillant et agressant le reste de son être. Sa voix se fit plus franche, moins diligente, comme pour mieux asseoir ses propres arguments.

- Quel genre de fou, malgré tout les meilleurs sentiments que votre histoire éveille en moi, oui quel type même de fieffé cupide serais-je pour risquer ma vie alors qu'il semble planer sur vous la plus terrible menace de tout le Conflans ? Vous voulez vous protéger et garder votre secret devant la personne même que vous jugez capable de vous protéger dans votre fuite, dans votre exil comme vous l’appelez vous même.

Le mot exil était sorti de sa bouche avec un certain mépris, non pour la jeune fille, mais bien pour l'acte en soi. Dans son esprit les pièces se rassemblaient et il commençait à retrouver la rumeur à laquelle il avait pensé ... La fille du seigneur de Salvemer, une amourette qui aurait été bien trouble et pourrait discréditer la famille en soi et leur place dans le monde. Si cette jeune fille était celle à qui il parlait maintenant, si l'on accordait un léger crédit à cette possibilité là ... Alors en effet le simple fait de parler de sa fuite avec elle pourrait condamner le spadassin à la prison, ou pire. La compassion restait accrochée à ses lèvres alors qu'il expliqua d'un air entre la mélancolie et l'avertissement :

- L'exil. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut s'imposer à soi même, croyez moi ... Ce sont les autres qui décident où non de votre exil, si ils ne prononcent pas ce mot honni pour vous ... Alors vous n'êtes que fuite, preuve de culpabilité par absence au procès, condamné par contumace ... Rien ne saurait être solutionné par la fuite jeune fille, d'autant plus lorsque celle-ci commence avec des secrets. Et croyez moi, ce n'est pas votre interdiction de chercher à mieux vous comprendre qui m'en a empêché ... Le mieux que vous pourriez faire serait d'affronter votre jugement ... En tout cas ce serait mon conseil à votre encontre, Lady Mallister.

Il avait presque sussuré ce nom pour ne pas ébruiter les consciences, peut être bien se trompait-il car la coïncidence elle-même semblait trop belle, trop bien écrite encore une fois. Mais la réaction qu'elle aurait lui permettrait de mieux comprendre les tenants et aboutissants de l'histoire. Calmement, il attendit la réponse de cette interlocutrice jeune et peu assurée, à juste titre d'ailleurs.
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Message Jeu 8 Nov 2012 - 16:10

Elle avait senti ses joues devenir subitement brulantes et c’était enfoncée dans sa chaise comme si on venait de la souffleté.

N’avait-elle jamais été une Mallister ? Si bien sûr ! Il suffisait de se rappeler de ces instants où elle l’avait senti au plus profond d’elle-même. Elle avait été Mallister tous ces jours ou son père avait posé sur elle un regard protecteur et emplis d’une certaine fierté. Quand elle avait mené son premier travail de tissage, quand elle avait elle-même confectionné une couronne de fleurs et que son père l’avait trouvé magnifique avec sa coiffure. Il y avait aussi la première fois qu’elle était monté à cheval et qu’elle avait reçus des félicitations pour sa tenue.
Chaque mot, chaque encouragement, chaque embrassade, chaque moment passé dans le silence en la seule présence de son père avait été, pour elle, un instant où elle c’était sentie au-dessus des autres. Elevée, en quelque sorte, dans une ascension qu’elle avait nommé bonheur. Un endroit où rien ne pouvait l’atteindre.

Bien sur la devise avait été choisie pour l’emblème même de la famille et devait avoir une symbolique plus profonde, à la fois stratégique et noble des membres de la Maison. En vérité, travail de tissage, couronne de fleurs, équitation : la dernière fois qu’elle c’était sentit Mallister devait remonter à ses cinq ans, peut-être huit pour le moment passé en lecture avec son Lord de père dans le salon, prêt d’un feu de cheminée, alors que l’orage grondait dehors.

Et maintenant ? Si elle devait en juger par le regard que posait le danseur sur sa personne il n’y avait plus grand-chose de Mallister en elle. Pauvre fille dépressive qui attire le malheur et fait retomber l’opprobre et la honte sur sa famille. C’est le regard de sa mère qui venait se superposer à celui du Lotho Volentin qui lui faisait face. Sa mère sèche qui avait préféré Rivanon et la prenait en exemple à chaque remontrance qu’elle faisait à Walda.

Avait-elle été si folle d’envisager qu’elle puisse ainsi trahir sa famille et son monde et tout réparer ensuite ? Elle n’osait remonter les yeux de peur de voir tous les regards tournés vers elle en attente de cette réponse que brulait d’entendre son vis-à-vis. Ce n’était pas tant pour voir s’il avait raison que pour vérifier que la jeune femme pourrait être honnête s’imagina Walda. Et d’abords de quel droit cet impudent avait-il pris la liberté de lui asséner son identité quand elle lui avait demandé de ne pas la chercher.
Lui demander ?
Non pas !

Elle l’avait « prié » de ne pas chercher à savoir qui elle était. Est-ce que cela n’avait été que par cruauté qu’il avait ainsi susurré son nom?

Elle releva finalement son visage pour le regarder en face. De peur elle n’en manquerait jamais et ce sentiment s’affichait toujours sur son visage mais mêlé de colère.
Et d’abords, l’avait-elle débusqué pour recevoir sermon et leçon ? Non plus ! Si elle avait eue besoin de soutien ou de conseils elle serait allée trouver un Septon et non pas un maitre d’arme. Sous la table elle serrait les poings si forts qu’elle en avait mal aux articulations. Elle faisait des efforts pour ne pas le gifler en lieu et place de réponse.

-Bien sûr, messire. Suis-je bête ?

Elle se leva de sa chaise sans quitter du regard le spadassin.

-Je souhaite vous engager à mon service. Vous me direz à combien s’élève vos prestations. J’imagine que si vous avez fait fortune dans la fange dans laquelle vous évoluez actuellement je n’aurais aucun mal à faire mieux que de vous rendre riche.

Crachat-elle, la "fange" faisant référence aux deux brutes dont elle gardait le souvenir douloureux sur le bras.

-Ma Maison ne peut être comparée aux employeurs auxquels les membres de votre « profession » s’abreuvent. Une fois fait, si vous acceptez, je vous demanderais d’assurer ma protection et cela ou que me mène mes pas. Ainsi, même si je n’en fait qu’à ma tête, messire Volentin, vous n’aurez été coupable que de me protéger. Quoi qu’il advienne vous ne passerez pas pour un « fieffé cupide » qui s’est laissé embrigadé par ses meilleurs sentiments. Vous serez en sécurité et moi de même.

Elle avait été stupide ! A croire que les choses regardent les gens. Garde toi des autres se dit-elle sans ménagement et avec une amertume qui allait lui appartenir dorénavant. Même médiocre tu restes une Mallister.

-Et si vous refusez, par orgueil, par exemple, ou parce que mon ton ne vous semble pas adapté à un homme tel que vous, sachez que je n’en aurais cure. Vous pourrez bien être emporté par les Autres que cela ne changera en rien mon monde.

Elle tourna les talons pour prendre la sortie. Pendant un instant elle fut persuadée qu’elle allait sentir la main rugueuse et chaude du bretteur se poser sur son poignet pour la retenir. Il la retournerait alors brutalement et lui assénerais une claque magistrale qu’elle ne pourrait nier avoir cherché. Mais il savait maintenant qui elle était et jamais il ne s’y risquerait. Elle le savait trop malin, alors qu’il en avait fait la démonstration, pour risquer sa vie en levant la main sur une des filles de Lord Robert de Salvemer.

Une autre partie d’elle espérait sentir sa main lui attraper le poignet, la retenir et lui dire qu’il comprenait. Qu’il avait voulus tester sa volonté, peut-être, mais qu’il saisissait la douleur qui avait pris racine dans son cœur et ne cessait de ronger sa poitrine tel un venin. Elle espérait comme avait rêvé cette gamine qu’avait racontée Walda à Edarra Ferboys. Cette gosse qui aimait passer du temps à la fenêtre de la tour des rivages pour y songer à des chevaliers et des aventures épiques dans les contrées lointaines. Lady Ferboys avait eu la bonté de lui asséner une vérité cinglante qui rappelait que les rêves reste des rêves et n’aident pas à construire un empire. Que meurt les petites filles et que vivent les femmes durs et sans cœur. Lotho, lui aussi, en fin de compte, avait eu la bonté d’âme de lui apprendre une leçon qu’elle retiendrait.

Aucune main ne vînt lui attraper le poignet. Pendant les trois jours qui avaient précédé Walda avait tant pleuré, enfermée dans sa chambre, qu’elle en était venue à se demander combien de larmes pouvait verser un corps. Elle c’était épuisée à sangloter jusqu’à l’agonie, à s’endormir ou s’éveiller encore agitée des spasmes de sa douleur. Ainsi, alors qu’elle approchait de la porte de l’auberge, les poings serrés et la mâchoire crispée elle avait à nouveau la vue brouillée. Elle se félicita que pour une fois ce ne fut pas par tristesse mais par colère. Colère qui n’était plus dirigée vers le Danseur d’eau, ou bien comme transfert seulement, car cette colère elle la dirigeait vers elle.

Ainsi réduite à traverser la salle commune au milieu d’un brouillard de larmes qu’elle retenait tant bien que mal elle ne put reconnaitre les deux gardes qui entrèrent au moment où elle allait sortir. Ce ne fut pas leur cas à eux et ils s’inclinèrent avec un gracieux « Lady Mallister » en duo.
Des chuchotements s’élevèrent dans la pièce alors que les personnes présentes comprenaient ce que Lotho avait depuis longtemps deviné. Le tenancier essuya ses mains graisseuses sur son tablier comme si elle venait d’apparaitre.

-C’était Lady Mallister ? Walda Mallister ? Demanda-t-il en faveur du bretteur, mais sans attendre vraiment de réponse. Nerveux comme un bourrin face à une jument en chaleur.

-Tout va bien Madame ? Demanda le plus âgé des deux gardes.

Walda répondit d’un hochement de tête, la gorge encore trop serrée pour répondre du tac au tac.

-Oui. Grâce à cet homme, là-bas. Dit-elle en pointant du doigt la table ou elle pensait que le Danseur d’eau se trouvait toujours. Elle n’avait pas envie de recroiser son regard. Pas tout de suite. Pas tant qu’elle n’aurait pas repris le dessus sur ses crises de larmes.

-Récompensez le je vous prie et faites savoir son nom à mon père. S’il le souhaite uniquement. Il m’a sauvé, alors que deux pourceaux voulaient prendre ma bourse. Sans lui mon père serait en deuil je gage.

Comme elle refoulait une question qui naissait sur les lèvres du soldat qui lui avait déjà adressé la parole elle prit la porte. Elle s’arrêta à l’endroit même où elle avait pris le spadassin dans ses bras un peu plus tôt.
Les deux hommes, eux, allaient donner quelques pièces et remerciement courtois à Lotho et lui demander plus de détails sur ce qui c’était passé afin d’appréhender les deux violeurs. Dehors le reste du groupe attendait, disparate et détendus, formé d'une dizaine d’hommes portant le tabard à l’aigle déployé. Ils ne reconnurent pas Walda qui avait remonté sa capuche.

Elle s’arrêta là et pris une grande inspiration. L’air était frais et la pluie, plus calme, plus régulière, était douce, presque agréable. Maintenant, se dit-elle, s’il accepte il viendra me trouver ici. Sinon… Que les Autres l’emportent. Je saurais me débrouiller sans lui.
Mais son ultime pensée fût : s’il vous plaît.
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Message Mar 20 Nov 2012 - 13:06

Le danseur d'eau n'avait pas envisagé que la journée puisse devenir aussi intéressante, au détriment des plans qu'avait échafaudé cette jeune personne qu'était Walda Mallister. Se risquer dans une telle entreprise était une folie qu'il aurait certainement entrepris quelques années plus tôt, lorsqu'il n'était encore qu'un jeune chien fou pétri d’orgueil et d'assurance. Il y aurait vu là fabuleux roman à écrire, ne se serait jamais soucié des gardes à leurs trousses, de la potence ou bien encore des autres châtiments que la condition de fugitif faisait porter sur l'âme humaine. Oui, quelques années auparavant il aurait été le parfait compagnon pour cette jeune noble effarouchée devant ses propres responsabilités.

Alors qu'elle relevait son visage qu'il avait avant tout connu attristé, ses yeux exprimaient une grande colère qui était plus que certainement dirigée contre lui. Jeunes ou vieux, les gens n'aimaient pas qu'on les perce à jour. Voilà bien une vérité absolue et inévitable, bien qu'il y trouva parfois de rares exceptions. Cependant il ne pouvait pas s'empêcher de chercher, d'analyser actes et paroles pour trouver la vérité entre les mots, voilà peut être la quête la plus paradoxale de l'éternel fugitif, celle qui le motivait à toujours remettre sur l'ouvrage ses questionnements. Toujours était-il qu'à l'heure actuelle la jeune Mallister lui parlait de la fange dans laquelle il évoluait et avait réussi à faire fortune, arguant qu'entrer à son service lui rapporterait bien plus.

Sans s'en rendre compte le danseur d'eau avait laissé naître sur son visage un sourire attristé. Quand donc se rendrait-elle compte qu'il n'était pas là une question d'argent ? Dans une semaine, des mois, des années ? Sa jeunesse et son désespoir fait fougue la rendait dangereuse dans ses paroles, non point pour les gens qui l'entourait mais bel et bien pour elle. Sa fuite en avant se cristallisait dans ses provocations répétées pour la condition sociale qui était celle du danseur d'eau. Elle, la bien née, pensait pouvoir acheter le monde entier avec une fortune qu'elle n'avait eu aucun mal à acquérir, un argent de poche bien fourni.

Mais il n'était pas question là de condition sociale pour le voyageur au long cours, ni même au fond de sa propre survie. Tout résidait en réalité dans un simple fait : Elle ne pourrait supporter à un tel voyage, se confronter avec cette aigreur à un voyage long et harassant ne ferait que lui faire regretter sa décision. Cette dernière aurait été impossible à corriger, étant donné qu'elle aurait voyagé sans demander la permission à sa famille, une condamnation immuable. Peut être qu'elle prendrait la route avec d'autres reîtres, mais Lotho ne prendrait pas la responsabilité d'une telle erreur. Il avait trop de compassion pour infliger cela à la jeune femme, même pour tous les dragons du monde. La rejeter sèchement était la meilleure chose qu'il puisse faire, la dégouter de l'idée de faire confiance à la bonté des hommes du voyage. Une position moralement difficile à défendre, mais qu'il assumerait même devant le Père des Eaux si celui-ci lui en demandait des comptes, une fois le royaume des morts rejoint.

Se réfugiant derrière le prestige de sa maison, elle arguait maintenant qu'il ne serait jamais coupable que de l'avoir protégée durant ce voyage, qu'il ne serait en rien inquiété. Cela était peut être vrai mais Lotho, impassible face à cette colère juvénile, préférait ne pas tenter les démons. L'âme humaine n'était que rarement encline à reconnaître les bonnes volontés, spécialement lorsque l'on pouvait soupçonner l'enlèvement d'une jeune fille de noble lignage. Non, le spadassin ne se risquerait aucunement dans cette aventure cela était certain. Dénonçant l'orgueil qui l'empêchait d'accepter une telle offre, elle l'assura que son refus ne lui faisait ni chaud ni froid. Voilà bien un mensonge pieux devant lequel le spadassin se força à ne pas sourire, combien de temps avait-elle du passer à préparer son plan ? A attendre que la bonne personne, la plus digne de confiance, arrive en ville ... Pauvre enfant perdue dans ses propres erreurs se dit il alors qu'elle lui tournait le dos et marchait en direction de la sortie de cette auberge.

C'est alors qu'entrèrent dans l'auberge, face à la jeune femme, deux des gardes de la ville. Le danseur d'eau eut un sourire réellement amusé en se faisant la réflexion que leur manque de ponctualité leur offrait une entrée en scène profondément théâtrale. Interloqués mais le regard exercé, ils reconnurent immédiatement la fille de leur seigneur et maître, une preuve que cette fuite en avant n'aurait pu encore une fois ne devenir qu'un échec. Au moins leur présence assurait le spadassin qu'elle retournerait bien dans ses pénates et ne changerait pas une nouvelle fois d'avis sur le chemin. Le tenancier de l'auberge fut quand à lui bien plus étonné, de cela tout comme la majorité de ses clients. Se ruant vers Lotho, il lui demanda confirmation de l'identité de cette jeune femme. Après un léger soupir agacé, cela semblait pourtant assez clair pour ne pas demander de précisions, le danseur d'eau répondit calmement :


- Ma foi, cher aubergiste, il semblerait en effet que votre commerce est de la dernière mode. Il attire en tout cas les plus hautes sphères de la ville.

Walda quand à elle avait demandé aux soldats éberlués de la trouver ici de récompenser pour l'avoir sauvée des griffes de ses deux "camarades". Lotho se tendit légèrement lorsqu'il vit les deux gardes s'approcher de lui, la dernière chose dont il avait envie était de se faire harceler de questions sur cette mésaventure arrivée à la fille du seigneur local. Malgré cela il n'avait pas réellement le choix, il fallait bien l'admettre. Se redressant sur son banc, il accueillit les soldats avec un air courtois, bien que neutre de sentiments. L'un des deux hommes prit la parole :

- Par notre biais, Lord Mallister vous remercie d'avoir sauvé la vie de sa fille. Veuillez accepter ces quelques pièces pour votre peine monsieur ... ?

Parce qu'en plus il allait devoir se nommer ? Pour un interrogatoire rapide, il allait directement au but, mais ayant déjà confié son nom à la jeune femme, l'aubergiste à ses cotés étant également au courant de son identité il semblait bien que cette fois-ci il serait également la proie des rumeurs. Au moins cela serait en bien pour une fois, Silvian se mettrait certainement en marche vers le Conflans pour mieux comprendre tout cela, faire tourner en bourrique son vieil ennemi serait une maigre réjouissance. Tendant la main pour saisir la bourse que lui tendait le garde, il soupira avant d'arborer une sourire de circonstance et de lui répondre :

- Lotho Volentin, Danseur d'eau de Braavos. Et tout le plaisir est pour moi, remerciez Lord Mallister de sa générosité. Malheureusement je ne pourrais rester longtemps à Salvemer et n'aurait pas le temps de le faire moi même.
- Il en sera fait ainsi monsieur.

Le titre d'armes du natif des contrées exotiques avait fait frémir une certaine admiration dans les yeux du soldat qui lui parlait, on sentait qu'il aurait aimé lui en demander plus mais que son devoir l’appelait. Les deux hommes reprirent leur route et sortirent de l'auberge alors qu'un léger silence s'y installait, les regards se rivant sur le danseur d'eau. Décidément il ne pourrait pas être tranquille aujourd'hui, heureusement que Marid avait du travail pour lui. Il espérait simplement que le départ se ferait dans la journée, pour éviter encore d'attirer tout ces regards. Lotho se leva et jeta la bourse remplie de pièces dans les mains de l'aubergiste avant de dire :


- Je reprends mes affaires et je vous quitte, veuillez considérer cela comme un dédommagement pour la peine engendrée.

Il ne voulait pas de cet argent, tout comme il préfèrerait ne pas entendre parler de cette histoire à nouveau, chose qui ne risquait malheureusement plus d'arriver. Remontant l'escalier il refit son paquetage en tentant de se changer les idées par la récitation de quelques vers improvisés, sans grand succès. Retrouvant la salle à vivre de l'auberge il se réchauffa quelques minutes supplémentaires devant le feu avant de passer enfin la porte d'entrée. Il s'était remis à pleuvoir de plus belle et une épaisse brume assommait maintenant Salvemer dans son intégralité. Totalement démotivé, Lotho lâcha d'un ton méprisant ces quelques mots avant de prendre la direction du port :

- Pays de merde ! Je ne pouvais pas m'exiler dans un endroit où le temps au moins semble sourire ? Nooon, bien suuur, il faut en plus que je choisisse celui ou on risque attraper la mort tous les deux jours !

C'est ainsi qu'en maugréant le danseur d'eau, l'éternel voyageur, reprit sa route au hasard des rencontres et des épreuves. Qui sait ce qui l'attendrait au détour du prochain voyage ? Peut être seul le Père des Eaux, tout du moins il aurait préféré que ce soit le cas, pour trouver enfin une aide secourable.
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