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Ce que le jour cache à la nuit [Pryam]

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Message Dim 16 Sep 2012 - 13:03


« Pryam ? » Il y eut un court silence puis un hululement de chouette répondit sinistrement à Serena. « Pryam ? » Répéta-t-elle, murmurante, en se redressant dans un tapis de mousse et de bruyère. Autour d'elle, la forêt retenait son souffle. Le ciel était noir d'encre car la lune avait disparu et la belle ne pouvait que difficilement distinguer les arbres qui la cernaient. Apeurée et folle, elle commença à ramper dans les épines et les feuilles jusqu'à ce que ses doigts tremblants rencontrent le tronc de l'un d'eux contre lequel elle se blottit désespérement. Son cœur battait très vite. Elle promenait vivement son regard sur les alentours sans rien voir, tout en essayant de se souvenir ce qui l'avait conduite ici. Rien ne lui revenait. Quel jour était-il ? Et de quel mois ? Même l'année lui semblait incertaine à présent. Sa seule conviction était sa solitude. Oui mais où était sa besace avec sa tenue de rechange, le grimoire d'herboriste et le... le jouet de Pryam ?! Son frère ! Où était son frère? C'était bien son nom qu'elle venait d'appeler à l'instant. Est-ce qu'elle l'avait retrouvé ? Est-ce qu'ils étaient venus là ensemble ? Serena se releva brusquement en se cramponnant à l'arbre et commença à errer au hasard dans la forêt. Sans lui demander la permission, ses yeux se mirent à pleurer. Elle tremblait comme une feuille éprouvée par le vent. « Pryam ? » souffla-t-elle si bas qu'elle ne s'entendit même pas elle-même. Bientôt, son pied buta sur une branche morte et elle s'effondra de tout son long, s'écorchant les avant-bras dans les ronces mauvaises. N'ayant plus la force de se relever, la jeune Templeton se recroquevilla sur elle-même jusqu'à ne former qu'une petite boule de tissu et se mit à sangloter en silence, complètement désemparée.

Bien sûr qu'elle avait rêvé. Encore une fois. Pourquoi les vertueux Sept l'auraient-ils autorisée à retrouver son précieux frère, elle qui valait moins que rien ? L'idée même était ridicule et l'espoir vain. Il fallait qu'elle reste seule. Elle le méritait tellement. Pryam était sûrement quelque part, dans un château loin d'ici, entouré d'amis riants et festoyant. Il ne la cherchait pas. Il ne se souvenait même plus qu'il avait un jour eut une sœur sans doute. Ces pensées cruelles lui faisaient du mal mais elle ne pouvait pas les empêcher de fleurir dans son esprit. « PRYAAAAAAAAM » hurla-t-elle à plein poumons avant de s'étouffer bruyamment dans un sanglot. Les oiseaux réveillés s'envolèrent dans un concert de bruissement de feuilles. Elle ne s'attendait plus à ce qu'il lui réponde à présent. Elle était fatiguée d'espérer. Les désillusions avaient été trop nombreuses et son cœur avait eu trop mal. Elle était brisée, il ne restait plus rien d'elle. A quoi bon vivre dans cet état ? Était-ce même vivre ?
Lentement, Serena se détendit et s'allongea sur le dos dans les ronces et la fougère. Sa robe crème faisait une tache de lumière au sol et dessinait sa silhouette mince. Ses yeux bleus encore rougis par les larmes versées se fermèrent et elle attendit, comme endormie, que la mort daigne venir la chercher. Elle avait déjà l'impression de sentir son corps prendre la rigidité des cadavres qu'elle avait vu au cours de sa vie mouvementée de lady errante. Au bout de dix minutes d'immobilisme, il lui sembla qu'elle ne pourrait plus jamais bouger, même si elle le voulait. C'était presque un réconfort. Si elle ne mangeait pas et qu'elle ne buvait pas, son cauchemar prendrait fin. Elle cesserait de croire qu'elle a retrouvé son frère puis qu'elle l'a perdu. Ce n'était jamais vrai. Jamais. Elle doutait même s'être un jour approché de lui. Peut-être que son cœur lui avait menti tout ce temps qu'elle avait eu l'impression d'aller vers lui. Elle lui avait sans doute tourné le dos, guidée par les Sept sadiques et moqueurs.

Pryam. Son beau Pryam. Son frère. Son héros. Son modèle. Celui qui était tout pour elle. Celui pour qui elle avait vécu tout ce temps. Celui sans qui elle ne pouvait que mourir à présent. Rien ne valait la peine d'être vu si elle ne pouvait être avec lui, car rien ne serait jamais beau en son absence. Pas même ce chevalier du Val au regard tendre et aux trois corbeaux portant des cœurs... Un instant. Quel était son nom ? Corbray. Ser Ever. Elle se souvenait de lui. Il était réel. La main qui avait pris la sienne pour l'inviter à danser était réelle. Tout comme l'étaient les sourires charmants qu'il lui avait adressé, réchauffant son cœur. Sans savoir bien pourquoi, elle était persuadée de cela. Oui. Une fête. Un mariage. Dans le Conflans, semblait-elle se rappeler. C'était là-bas qu'elle l'avait rencontré. Cependant, elle n'avait pas pu y aller seule. Forcément, quelqu'un était venu avec elle. Dans ses oreilles résonnèrent les bruits de ferrailles que l'on entrechoque. Un tournoi. Une joute. Soudain, il y a des chevaliers partout. Elle connaît ce cheval qui avance vers elle. Elle peut toucher son chanfrein maintenant et voilà que son cavalier retire son casque. Serena retient son souffle. Des cheveux d'ange aux légères boucles et un regard plus doux que le miel. C'est lui. Elle le sait.
« PRYAM ! » s'exclama-t-elle d'une voix forte mais brisée tandis que le mirage était déjà en train de se dissiper. La belle ouvrit grand ses yeux hallucinés. Sa respiration était rapide et difficile. Toujours étendue sur le sol, elle regardait à gauche et à droite, affolée comme quand on sort de l'eau après avoir failli se noyer. D'ailleurs, elle toussa. Ses mains agrippèrent la fougère autour d'elle. « Pryam ? » appela-t-elle à mi-voix parce que c'était la seule chose qu'elle était capable de dire pour le moment. Son prénom. Comme si elle l'avait répété trop de fois pour pouvoir s'en passer. Elle ne pouvait toujours pas croire que son frère allait lui répondre mais les pensées funestes au moins l'avaient quittée pour un moment. « Pryam » gémit-elle misérablement avant de se remettre à sangloter comme un petit animal sans défense.
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Pryam Templeton
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Message Lun 17 Sep 2012 - 12:10

     Les jours avançaient et ne se ressemblaient plus depuis qu'il avait trouvé de nouveaux compagnons de route. Au départ, Pryam avait songé que la solitude était le meilleur moyen de ne rien regretter, de ne pas être déçu par le manque d'investissement des autres par exemple. Mais à présent, il comprenait qu'il s'était lourdement fourvoyé depuis tout ce temps, il avait perdu des années à fuir la présence des autres et à se murer dans son silence. Si les voyageurs qui croisaient son chemin pouvaient se révéler décevant, ils pouvaient aussi dissimuler des choses bien plus intéressantes, des surprises même. En s'interdisant de les côtoyer, il barrait donc la route à ces sentiers qui, bien qu'ils étaient inconnus, semblaient prometteur. Le « retour » de Serena était d'ailleurs une preuve de cette promesse, s'il ne s'était pas intéressé aux autres, peut-être ne se serait-il jamais arrêté dans cette forêt où il l'avait retrouvée un soir où il ne s'y attendait guère. Le mot « retour » était employé à demi-mot, car il apparaissait clair que la belle demoiselle n'avait jamais quitté l'esprit et les pensées de son aîné durant toutes ces années, ce n'était donc que des retrouvailles tardives après plus une décennie de séparation. Voir les choses sous cet angle lui remontait le moral et atténuait son sentiment de culpabilité quant au fait de l'avoir abandonné toutes ces années durant.

     Les nuits du Valois étaient toujours agités, qu'il dorme à la belle étoile ou dans une auberge, ses inquiétudes et ses doutes semblaient toujours attendre, tapis dans l'ombre, que la nuit tombe sur eux. Son esprit était hanté par des questions qui restaient sans réponse et celles-ci concernaient essentiellement Serena. L'interrogation habituelle revenait de plus en plus fortement : un retour à Neufétoiles était-il nécessaire ? La jeune femme était une lady, elle possédait un sang noble et un titre qui offraient tous deux la possibilité d'une vie plus calme, une existence où elle n'aurait pas à chasser où à compter son argent à chaque pièce près pour pouvoir survivre. Très logiquement, le jeune homme voulait d'une vie facile pour sa sœur qui avait déjà trop souffert jusqu'à présent. La question était donc réellement importante, un retour aux sources pourrait donner un futur attrayant à sa cadette, mais cela signifierait la fin de leur périple et surtout le fait que Pryam devrait trouver une vie qu'il avait toujours refusé jusqu'à présent. Seulement dans son esprit, l'idée de rester éternellement sur les routes n'avait jamais été d'actualité, au fond de son esprit il avait toujours espéré pouvoir se rabibocher avec cet homme trop exigeant qu'était son père. Au fond, il n'était pas méchant comme les jumeaux, il voulait simplement le mieux pour sa famille, qui pouvait le lui reprocher ? Des années d'errance avaient été nécessaires pour que l'impulsif jeune écuyer qui avait quitté Neufétoiles un beau matin, comprendre les raisons qui avaient poussé son géniteur à agir de la sorte. Il voulait le mieux pour sa maisonnée et Pryam voulait le mieux pour sa sœur. Leurs intérêts semblaient se rejoindre.

     C'était un demi-rêve qui s'interrompit rapidement, sans réellement savoir pourquoi, Pryam se réveilla et se tira de ses pensées en redressant la tête comme s'il avait entendu quelque chose qui l'avait interpellé. Pourtant, c'était le silence dans le campement qu'ils avaient dressé la veille au soir. Levant ses yeux clairs au ciel, le Valois constata qu'il était toujours aussi sombre ce qui signifiait que la nuit devait être encore très présent. D'un regard, le chevalier constata que les silhouettes des deux Nordiens qui les accompagnaient, étaient toujours présentes, ensuite l'écuyer de Pryam qui sommeillait en silence puis plus loin celle de Bray, l'ami de Serena. La silhouette de cette dernière par contre n'était pas visible. Redressant plus son visage, l'errant ne parvint pas à localiser sa sœur et il se leva finalement, sentant des fourmis lui gagner les jambes d'avoir été allongé trop longtemps après avoir passé la journée à cheval. L'inquiétude étreignit son cœur, Pryam commença à chercher autour de lui, espérant que Serena avait été prise d'une envie de boire où d'un autre besoin de ce genre, mais que nenni, elle n'était nulle part.
     Il s'enfonça dans la forêt en se demandant si elle pouvait avoir été enlevée par de brigands. Ce serait impossible vu la manière dont les choses se passaient dans de telles occasions ! Essayant de rationaliser et de se rassurer, le chevalier progressait sans trop savoir où il allait, appelant de temps en temps sa sœur par son prénom. En vain. Ce ne fut que lorsqu'il entendit des brefs éclats de voix qu'il reconnut celle de sa cadette, bien que l'intonation avait de quoi l'inquiéter, elle semblait en proie à une peur étrange et l'idée qu'elle puisse être menacée donna un coup de fouet à l'esprit du Valois qui pressa le pas.

     Bien rapidement, Pryam distingua dans la pénombre, une tache claire semblable à celle que formait la robe de Serena lorsqu'ils s'étaient rendus dans la forêt à leur dernière halte. Approchant jusqu'à pouvoir constater qu'il s'agissait bien d'elle, le chevalier fut toutefois interloqué de constater qu'elle pleurait comme si quelque chose d'effroyable venait de lui arriver. Était-elle somnambule ? Avait-elle décidé d'aller faire une pause et s'était-elle perdue ? Peu lui chalait, aussitôt après être arrivé à ses côtés, le blond se laissa tomber à sa hauteur pour glisser sa main sur le bras de Serena histoire d'attirer son attention.

     ▬ Serena ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Je me faisais un sang d'encre lorsque je ne t'ai pas vu dans ta couche. »

     Son ton était anxieux, oscillant entre le soulagement de la revoir saine et sauve et l'inquiétude de constater qu'elle avait l'air totalement perdue. Que pouvait-il donc s'être passé pour qu'elle agisse de la sorte ? Le souvenir de ce chevalier au tournoi lui revint à l'esprit. Et si sa sœur s'était éprise de lui et se trouvait être désolée de devoir le quitter ? L'idée le contrariait autant qu'elle le gênait, il ne souhaitait pas la perdre alors qu'il venait juste de la retrouver, mais d'un autre côté, ce n'était qu'une raison de plus d'envisager de rentrer à Neufétoiles. Chassant ces pensées de son esprit, le Valois décida de se concentrer sur le moment présent et surtout d'assumer son rôle de grand-frère en essayant de l'apaiser un peu. Sa main caressa doucement le bras de la demoiselle d'un geste calme qui se voulait rassurant. Il était plus habitué à consoler ses montures que les jeunes demoiselles, mais c'était le type de choses que l'on ne pouvait oublier et les Sept savaient à quel point il l'avait consolée durant leur enfance.

     ▬ Qu'est-ce qui ne va pas Serena ? Est-ce que je peux t'aider ? Tu ne devrais pas rester ici, tu vas attraper froid. »

     Ceci dit, il glissa son autre main autour de la taille de la jeune femme pour essayer de la redresser. Il était hors de question qu'elle reste allongée sur ce sol froid et certainement humide, à ses côtés, Pryam n'accepterait jamais qu'elle puisse mettre sa vie ou sa santé en danger ! C'était la moindre des choses sachant qu'il n'avait jamais été à la hauteur de son rôle de grand-frère. S'il parvenait à la soutenir et à la consoler durant le reste de sa vie, peut-être que les Sept lui pardonneraient son égoïsme d'enfant. Puis peut-être que Serena daignerait aussi lui accorder son pardon, car même si elle ne le disait pas, il restait persuadé qu'au fond d'elle, quelque chose devait regretter son départ. Après tout, c'était à cause de lui qu'elle avait été contrainte de quitter leur demeure familiale et qu'elle se retrouvait à présent à coucher dans ce bois miteux et non dans de beaux draps dignes de son rang. C'était donc un juste retour des choses que de veiller sur elle en priant pour que tout rentre un jour dans l'ordre.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦ © The Sound of Silence
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Message Sam 29 Sep 2012 - 16:48

Serena ne releva pas la tête en entendant du bruit dans les fourrés autour d'elle. Ni même quand elle sentit quelque chose glisser le long de son bras. Elle continua à sangloter misérablement, comme une enfant seule au monde. Ce ne fut que lorsqu'une voix s'éleva tout près qu'elle réagit enfin. D'abord, elle tressaillit et se ramassa encore un peu plus sur elle-même pour se protéger, puis elle cessa complètement de bouger pour regarder à droite et à gauche, les paupières toujours closes. A présent, elle sentait quelque chose. Une chose qui l'enveloppait totalement, comme une coquille. Quelque chose de bénéfique. Son souffle suspendu depuis de longues secondes devait donner l'impression qu'elle était morte quand tout à coup, elle se redressa en position assise. Les yeux grands ouverts et les cheveux en bataille, la jeune femme cherchait dans la nuit l'origine de cette douceur qui saturait l'air autour d'elle. La voix se remit à parler et la main à la caresser. La jeune femme avança la sienne dans la nuit en direction du son jusqu'à rencontrer une surface tiède et soyeuse. Ses doigts continuent de glisser jusqu'à ce que son pouce rencontre quelque chose d'humide et de mouvant. L'origine du son si apaisant. Des lèvres, lui souffla son esprit perturbé. Serena ne comprit d'abord pas ce qu'elles disaient mais elle laissa leur propriétaire l'enlacer pour la forcer à se relever. Ce ne dut pas être très facile car la demoiselle ne fit aucun effort pour le soulager un peu de son poids en poussant sur ses propres jambes. Debout, elle avait une main dans le cou de cet ange à l'air si familier et l'autre sur son épaule solide.

« Je... Je cherche un chevalier qui s'appelle Pryam. Vous le connaissez ? » Au ton sérieux qu'elle avait utilisé, il n'y avait que deux hypothèses possibles : soit il s'agissait de l'actrice la plus brillante jamais rencontrée, soit elle croyait réellement être revenue des mois en arrière, quand elle cherchait encore son frère à travers monts et vaux. Elle rassembla ses doigts tremblants sur les joues de celui qu'elle ignorait encore être son frère et les tâta avec désordre, comme possédée. « Il... Il a des... des cheveux dorés. Comme le soleil » poursuivit-elle avec difficulté à cause des frissons qui la parcouraient de la tête aux pieds. « P-Pryam. C'est son nom. Pryam. Oui. Pryam. » Serena frotta ses pouces contre les tempes de son père. « Il s'appelle Pryam. »
Il était difficile de savoir ce qui se passait dans l'esprit de la belle jeune femme dans ces moments-là. Depuis qu'ils les avaient rejoints, Bray avait souvent voulu prendre la valois à part pour l'informer des troubles de sa sœur. Après tout, il avait le droit de savoir. Seulement, il avait trop craint que son amie lui en veuille et il ne s'était jamais résolu à prendre la décision de le faire. C'était trop tard maintenant. Le chevalier ne pourrait certainement pas manquer de voir que la brunette avait un sérieux problème.

Serena tripota le visage de son frère pendant encore de longues secondes, complètement perdue, jusqu'à ce que la voix de Pryam réussisse finalement à percer sa petite bulle de folie et percute sa raison avec force. Le corps de la jeune femme cessa alors de trembler et ses mains s'immobilisèrent sur les épaules du chevalier. Elle ne voyait toujours rien mais elle avait la douce certitude d'être en présence de celui qu'elle avait tant aimé et cherché. Elle se souvenait à présent parfaitement de leurs retrouvailles dans les bois et de tout ce qu'ils avaient vécu ensemble depuis lors. Constatant alors qu'ils se tenaient apparemment seuls au milieu d'une autre forêt en pleine nuit, la jeune femme fronça les sourcils et battit plusieurs fois des cils. Sa voix était redevenue sereine et posée quand elle demanda : « Mais... que fait-on ici? » Sa main caressa la joue gauche de son frère au moment où elle enchaînait : « Est-ce que tout va bien, Pryam ? Tu as l'air tendu. » Comme si c'était à elle de poser la question. La valoise regarda tout autour d'elle, espérant peut-être trouver un indice quant à sa première question mais il n'y avait rien à voir. « Brrr... Je déteste la nuit. Tout est si... noir. » Trouvant là prétexte à un câlin, Serena glissa entre les bras de son frère en souriant. Elle l'enferma dans les siens et savoura cette chaleur aussi longtemps qu'elle le put.

« Puisque nous sommes juste entre nous, il y a plusieurs choses dont j'aimerais que nous parlions, si ça ne t'ennuie pas. » La jeune femme s'était promis de lui dire un jour et, comme une occasion lui était donnée, elle se devait de la saisir. Avant de se lancer, elle obligea le chevalier et poser son front et son nez contre les siens puis inspira plusieurs fois pour se donner du courage, comme si elle pouvait le puiser directement dans le corps de son héros. « J'ai vu Robert. Notre... frère. » Elle avait lâché le dernier mot avec un dégoût largement perceptible et on pouvait aisément comprendre la peine qu'elle avait à le qualifier de la même manière que Pryam, alors qu'elle haïssait le premier presque autant qu'elle aimait le second. Maintenant qu'elle avait commencé sa confidence, elle allait devoir la terminer et elle n'était plus très sûre d'en avoir envie. Elle ne voulait pas rappeler le passé sur son errance et remuer le couteau dans la plaie de Pryam. Elle n'était pas sans savoir qu'il s'en voulait suffisamment aujourd'hui d'être parti de Ninestars sans elle. Après un discret soupir de résignation, elle poursuivit : « C'était il y a quelques années, j'ai perdu le compte, ici, dans le Conflans. La nuit était très froide parce que je n'avais pas encore eu l'intelligence de m'éloigner des points d'eau et je n'avais pas mangé depuis des jours et des jours. En fait, je n'avais même plus la force de me lever pour faire quoi que ce soit. J'étais simplement assise contre la façade d'une taverne, attendant l'arrivée de chevaliers pour leur demander s'ils connaissaient ton nom. Les tavernes étaient le meilleur endroit pour ça, tu sais. » Elle fit une pause et passa une main sur sa propre joue pour chasser quelque chose qui la chatouillait. Ce faisant, elle sentit les larmes qu'elle ne se souvenait plus avoir versé un instant plus tôt et elle resta interdite un moment, se demandant pourquoi ses joues étaient mouillées. Un mouvement de son frère lui rappela soudain qu'elle était en train de lui raconter une histoire et elle se reprit en s'éclaircissant doucement la gorge. « Ce ne sont pas des chevaliers qui sont arrivés mais des petits fils de nobles comme il y en a des centaines dans le royaume, arrogants et vaniteux parce que leurs parents possèdent châteaux et serviteurs. Parmi eux, il y avait Robert. J'ai d'abord cru que la faim me faisaient voir des choses mais c'était bien lui. J'ai entendu un des hommes qui chevauchaient avec lui l'appeler Templeton et tu sais comme Robert a toujours été plus en chair que Aaron. Hhm. Il est descendu de son cheval, Robert je veux dire, et il a commencé à se diriger vers la porte de la taverne. A mi-chemin, nos regards se sont croisés et il m'a reconnue. Je sais qu'il m'a reconnue. J'en suis certaine. Il y a eu quelque chose dans ses yeux, comme un éclat de compréhension. La gorge de Serena se serra. Son récit était bientôt terminée, elle pouvait y arriver. « Il est passé à coté de moi sans rien dire, comme si j'étais transparente. » La jeune femme fit courir ses mains sur les épaules de son frère adoré avant de demander d'une toute petite voix, de but en blanc pendant qu'elle en avait encore le courage : « Tu crois qu'on rentrera un jour chez nous ? » Cette conception avait probablement plus de sens pour Serena qu'elle n'aurait du, considérant le fait qu'elle avait passé plus de la moitié de sa vie hors du château valois. Cependant, malgré tous les mauvais moments passés en compagnie de son père tyrannique, elle gardait de précieux souvenirs avec Pryam là-bas et c'était pour cette raison qu'elle ne cesserait jamais d'aimer ces vieilles pierres où ses rires de petite fille avaient mieux résonnés que ses sanglots.
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Pryam Templeton
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Message Lun 1 Oct 2012 - 11:36

     Si Pryam avait tout d'abord songé que sa sœur s'était égarée en voulant se promener dans la nuit, il fut forcé de constater que ce n'était pas le cas. Lorsqu'elle lui demanda s'il connaissait un chevalier qui répondait à son prénom, le Valois la dévisagea d'un air incrédule, se demandant si elle était en train de le taquiner, mais l'air sérieux et le ton emprunté montraient tous les deux que c'était bien loin d'être le cas. Il avait entendu parler de troubles du sommeil qui poussaient certains individus à marcher, parler et agir comme s'ils étaient éveillés alors qu'il était encore dans les bras de Morphée. Est-ce que c'était le cas de Serena ? Le chevalier était perdu, il allait l'avouer, ne sachant comment réagir pour rassurer la demoiselle et lui faire savoir qu'elle était justement avec lui. La réveiller ne risquait pas d'être trop brutal ? L'hésitation l'étreignait alors qu'il restait muet face aux questions et aux précisions de la belle brune. Elle tremblait et il se sentait impuissant, ne pouvant se résoudre à la secouer un peu pour la tirer de ses pensées, sans pour autant parvenir à la laisser tranquille. Une chose était sûre : il ne s'éloignerait pas d'elle avait qu'elle ne soit complètement éveillée pour lui dire pour quelle raison est-ce qu'elle agissait aussi... Étrangement !

     L'inquiétude pour sa sécurité était malheureusement la seule chose qu'il pouvait lui offrir à ce jour et même là il semblait incapable de mener à bien ce qu'il souhaitait faire. Le jeune homme continua toutefois de parler, espérant que cela finirait par tirer sa sœur de ses pensées et il sembla que ce système finissait par porter ses fruits. Après un moment qui lui sembla durer une éternité, le corps de la demoiselle s'immobilisa et les frissons disparurent en même temps que le regard perdu qu'elle arborait jusqu'à présent. Les paroles qui sortirent de sa bouche ne furent toutefois pas là pour rassurer le Valois qui ne put s'empêcher de l'imiter dans un mimétisme inconscient, fronçant les sourcils face à une telle déclaration. Ce qu'ils faisaient là ? C'était plutôt à elle de lui expliquer. Mais il n'eut guère l'occasion de donner plus de détails, car Serena remarque rapidement le trouble qui semblait s'être installé dans l'esprit de son aîné. D'un autre côté, il avait toujours été incapable de lui dissimuler ses sentiments, surtout ceux la concernant. Pryam s'apprêtait à lui répondre lorsqu'elle se glissa dans ses bras et il resta donc muet, décidant de revenir sur le sujet un peu plus tard et il se contenta de l'enlacer en profitant de l'instant présent.

     Lorsque la voix douce de la Valoise brisa à nouveau le silence de la nuit, Pryam se concentra sur ce qu'elle disait, acquiesçant lorsqu'elle lui annonça avoir quelque chose à lui dire. S'il y avait bien une chose qui était sûre, c'était qu'il aurait toujours tout le temps qu'il fallait pour elle, après tout, il avait passé des années sans prendre la peine de s'occuper d'elle, il fallait bien qu'il rattrape le temps perdu. Même si l'anxiété d'entendre quelque chose de grave l'habitait tout doucement, le chevalier errant laissa à sa sœur tout le temps qu'il lui fallait pour annoncer ses inquiétudes. Il ne fut pas déçu. Pryam ne s'attendait pas à entendre le prénom de l'un de ses frères, sortir de la bouche de Serena, mais cela ne pouvait aucunement être dans le bon sens. Il se tendit légèrement, mais se débrouilla pour qu'elle ne le remarque pas et écouta la suite avec un agacement grandissant à l'égard de sa famille. Le Valois restait attentif, mais essayait de la rassurer en glissant sa main sur le bras ou dans le dos de sa cadette. Les révélations qui suivirent ne furent pas du tout du goût de Pryam qui se demandait encore comment ils pouvaient partager un lien de parenté avec cet individu. Mais ce n'était pas si étonnant, Robert et Aaron avaient toujours été désireux d'être proches des nobles, quoi de plus normal pour eux que d'ignorer une sœur qui n'était pas suffisamment « noble » à leurs yeux ? La mâchoire du chevalier s'était contractée et il était heureux que la nuit puisse dissimuler la lueur d'irritation et de colère qui brillait dans ses yeux. Il enlaça Serena comme pour s'excuser de ne pas avoir été là pour la protéger, puis répondit enfin.

     ▬ Oui Serena, un jour tu pourras à nouveau te présenter comme Serena Templeton. Les réflexions qu'il avait eues dans la journée revenaient, toujours plus fortes. Robert est un imbécile. Il a toujours été trop vaniteux pour être fils de chevalier fieffé, il aurait dû naître noble, il est suffisamment arrogant pour ça. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi à ce moment et à tant d'autres Serena, mais malheureusement son comportement ne m'étonne qu'à moitié. Il était dur d'avouer que l'on s'attendait à être dénigré par un membre de sa famille, même en les connaissant parfaitement. Mais il a dépassé les bornes. Je suis certain que notre père, même s'il a toujours été tyrannique, n'approuverait pas son comportement. Il faudra que l'on parle sérieusement de ce qui s'est passé, il devra s'excuser et bien plus encore, on ne peut pas le laisser te traiter comme si tu n'étais qu'une moins que rien. »

     Les mots semblaient si vains, Pryam avait le sentiment de parler dans le vent. Il n'avait pas été là pour elle et la jeune femme en avait subi les conséquences. Au fond, tout était de sa faute et rien ni personne ne pourrait l'empêcher de penser de la sorte. Certes, Serena avait décidé elle-même de prendre la route et quitter son statut de lady, mais elle ne l'aurait jamais fait s'il n'avait pas déserté Neufétoiles. Il devait donc être là pour rattraper ses erreurs et recoller les morceaux. La main du jeune homme glissa du dos de la demoiselle jusqu'à ses cheveux qu'il caressa machinalement, tout en reprenant la parole.

     ▬ Je suis désolé que tu ai eu à subir tous ces traitements à cause de moi. J'aurais dû être là pour empêcher ça, je ne sais pas comment me faire pardonner. Il soupira légèrement. Enfin si, en fait je le sais. Il y avait songé du moins. Lorsque je dis qu'il faudra rentrer à Neufétoiles un jour ou l'autre, c'est parce que j'ai beaucoup réfléchis à tout cela. Ses yeux glissaient sur le beau visage de sa sœur. Je ne suis pas totalement aveugle et j'ai bien remarqué que tu attirais beaucoup l'attention des jeunes nobles, ou même des hommes en général, mais là n'est pas la question. Je sais qu'en tant que Serena tu n'as aucune chance de pouvoir espérer un avenir un minimum confortable, mais tu le mérites et plus que largement. En rentrant dans le Val, tu pourrais au moins regagner ton titre et tu aurais le droit de penser un peu à toi. »

     Il se sentait un peu stupide de parler de la sorte, lui qui disait depuis toujours que les titres ne comptaient pas. Mais pour sa sœur, c'était différent. Il ne voulait pas qu'elle vive une existence solitaire et sans amour simplement parce qu'elle avait décidé de le suivre sur les routes. Il voulait qu'elle puisse trouver un époux de son rang qui lui permettrait d'avoir une vie plus aisée et surtout de pouvoir enfin penser à elle et non de s'inquiéter d'où lui se trouvait. Pryam avait choisi une vie sur les routes, pas Serena. Mais il ne comptait bien évidemment pas la laisser tomber, c'était impensable.

     ▬ Et si je dois rentrer à Neufétoiles et m'excuser auprès de notre père pour que tu puisses regagner ta place, je le ferai. Sans hésiter. Mais avant, il faudra discuter sérieusement avec Robert, il n'avait pas à agir de la sorte avec toi, même s'il n'a jamais été axé sur la famille, il n'a pas le droit de te traiter comme une moins que rien. Son ton s'était durci, inconsciemment. Il songeait soudain à la démonstration de la jeune femme quelques instants plus tôt et axa la discussion sur ce point. Mais, j'ai une question. Qu'est-ce qui s'est passé Serena ? Lorsque je t'ai trouvée ici, tu étais.... Perdue, mais je ne parle pas physiquement, tu avais l'air totalement ailleurs, je me suis demandé ce qui t'était arrivée pour que tu agisses comme si tu étais perdue alors que j'étais avec toi. »

     Des paroles maladroites comme à chaque fois, il avait du mal à exprimer ses pensées, mais si une chose était certaine, c'était qu'il s'inquiétait sincèrement pour la jeune femme et là, ses gestes et son regard parlaient pour lui.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

Hello darkness my old friend, i've come to talk with you again, because a vision softly creeping, left its seeds while I was sleeping, and the vision that was planted in my brain, still remains, within the sound of silence. ♦ © The Sound of Silence
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Ce que le jour cache à la nuit [Pryam]

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