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Les Larmes des Premiers Hommes

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Message Mer 12 Sep 2012 - 4:35






Les Larmes des Premiers Hommes Beron Stark & Deana Lideuil


Noiremer quatrième Lune de l’an 212, juste après l’attaque des Fer-Nés.


Alors que les premières lueurs perçaient à peine, il leva son épée et annonça : L’aube sera rouge mes frères ! Du sang de l’ennemi ou du notre ! Lorsque le soleil poindra il sera témoin que cette journée était celle de la bravoure ! Il n’y aura pas de matin pour ceux qui se mettront en travers de notre chemin, pas de merci pour les lâches ! Que nos lames soient affutées et nos cœurs vaillants, car tous ne reverrons pas le jour se lever. Mais je vous promets que cette bataille n’est pas vaine, car nous nous battons pour notre terre et il n’est de combat plus honorable et de cause plus légitime. Ne les laissons pas souiller l’endroit où reposent nos ancêtres et où sont nés nos enfants !





Partis…

Les fer-Nés étaient tous partis et n’avaient laissés sur la plage que mort et désolation, des cadavres, et pour un des leurs, deux des Nordiens. Tel que de la centaine d’hommes venus bouter les pirates hors de leurs terres il n’en restait plus qu’une trentaine encore debout et autant encore vivants, mais blessés plus ou moins gravement, et dont certains ne survivraient pas. Pourtant de tous ceux qui étaient encore en mesure de combattre, Deana y compris, tous auraient préféré que les pirates fasse preuve d’un peu moins de lâcheté quitte à y laisser la vie eux aussi. Mais ça n’était pas dans leurs habitudes, rester quand le combat se faisait plus rude, il s’agissait bel et bien d’une simple razzia, de quoi piller les réserves, voler les femmes et tuer les hommes. Et dès que cela avait été fait, dès que les Nordiens avaient chargé, la retraite avait commencé, rapide, efficace, implacable, tout comme leur attaque sur le petit village sans défenses. Comment faire la guerre dans ses conditions, les champs de bataille était trop disparates, trop mouvants, et tristement esseulés, le front était imprévisible et éphémère, s’évanouissant à peine il apparaissait. Ça n’était pas le genre de bataille auxquelles étaient habituées les Hommes d’Arme du continent. Et de leur côté, les marins n’avaient plus rien à prouver après avoir attaqué Salvemer et Port Lannis, deux places fortes, et terrorisé toute la population habitant les côtes ouest par leurs méthodes, par leur audace et par leur soif de sang. Combien de temps alors faudrait-il que la guerre ne vienne frapper les côtes pour que Westeros comprenne qu’ils ne pouvaient pas les protéger efficacement. Pour vaincre les Fer-Nés il faudrait frapper au cœur même de leurs îles sans craindre d’éradiquer définitivement ce fléau qui aimait à vous planter un couteau dans le dos dès que possible malgré tous les serments d’allégeance.

Mais pour le moment, Deana était bien loin de ses préoccupations politiques, on ne sort jamais d’une bataille de la manière dont on y est entré, jamais tout à fait. Et de celle-ci, certainement pas. Elle s’était battue corps et âmes malgré sa chute, elle s’en voulait d’être tombée, se promettant de travailler un peu son assiette dès qu’elle serait remise, hors de question que cela se reproduise. Une colère aussi glaciale que les vents de l’hiver la consumaient, elle avait été contrainte de défendre sa propre vie alors que son rôle était de protéger Beron duquel elle avait été séparée dès le premier assaut. Trop d’erreurs avaient été commises, et pourtant dans le plan, il lui avait semblé qu’il n’y en avait pas, mais peut-être avait-ils trop sous estimés leurs adversaires ou bien leurs propres faiblesses, celle du nombre en premiers lieu. Au loin on pouvait encore apercevoir la silhouette des boutres fuyant dans les flots agités sans qu’on ne puisse les poursuivre juste avant que les dernières ombres meurtrières ne disparaissent à l’horizon. Depuis quand les monstres qui peuplent les eaux peuvent ils marcher sur la terre des Premiers Hommes ?
Ces marins aguerris n’étaient pas des hommes, il ne se pouvait pas qu’ils appartiennent à la même race que ceux qui avaient bravement combattus, des hommes ne sauraient pas faire cela. Tuer avec autant d’indécence, exterminer des gens sans défense sous prétexte d’une devise qui ne pouvait pas avoir cours dans un monde de Paix. Ils n’étaient pas des hommes, ils étaient des bêtes, des animaux avec une apparence humaine et une forme d’intelligence bestiale, l’instinct de survie et de mort. Des sauvages, et dire que les sudistes prenaient les Clans des Montagnes du Nord pour des gans pas assez civilisés. Qu’ils se rendent compte ce qu’étaient de véritables sauvages, qu’ils soient amenés à voir ce qu’elle voyait pour comprendre que les Lideuils, Norroit et autres Knott n’avaient rien en commun avec ces Kraken sanguinaires.

Et tout cela pourquoi ? Car ils en avaient sauvés si peu, quelques villageois, une vingtaine de sacs de grain, allez peut-être qu’en accélérant le mouvement ils avaient sauvés quelques femmes et de quoi subsister pour un court hiver. Mais les Dieux seuls savaient combien de temps allait durer celui qui venait. L’hiver vient, non, l’hiver était bel et bien là et pour Motte la Forêt ainsi que pour Noiremer, il serait difficile, cela ne faisait aucun doute. Et l’ironie de tout cela c’est que tous les morts de ce jour seraient des bouches en moins à nourrir pendant l’hiver et que s’en serait presque une bonne chose pour la survie de ceux qui restaient.
Les corbeaux en riaient déjà, tournoyant dans le ciel gris d’une matinée à peine commencée et qui déjà voyait tant de morts à ses pieds, et, comme pour couronner le roi du Fer et du Sel, la neige se remit à tomber plus drue que jamais dans les rafales d’un vent glacial. Vu de la rive, la plage et la plaine ressemblait à une expression démoniaque du chaos, une toile à la fois figée et mouvante, terrifiante. L’odeur acre du sang se mêlait à celle de l’air iodé et de la foret ancienne, cela faisait comme les relents froid d’une cuisine ou le chef aurait perdu la tête, mêlant fruits de mer champignons et viande rouge, le tout bien avarié pour ne rien perdre en saveur. On voyait des membres dépasser d’amas de corps inertes, bras, jambes, têtes, des hommes et des chevaux comme désarticulés, désordonnés, on ne pouvait pas savoir exactement à qui appartenait telle ou telle partie. Parfois alors qu’on croyait tout espoir perdu, une main ou une jambe bouger et un cri de désespoir ou un gémissement moribond s’échapper de ces sculptures étranges. Les hommes accouraient, dégageaient le corps, et lorsqu’il ne s’agissait pas d’un Nordien, ils achevaient l’homme ou le cheval, car les deux espèces parlaient désormais la même langue.
Les corps commençaient à s’aligner, et leur nombre était effrayant lorsqu’il ne s’agissait plus de ce tapis de chair humaine ensanglantée informe et indistincte. D’un côté ceux pour qui il restait encore un espoir et qu’il faudrait emmener au plus vite auprès d’un Mestre, de l’autre, ceux dont on fermait les yeux, dont on croisait les bras sur le torse et dont en mettait l’arme entre les mains par respect pour sa vie donnée de combattant. On récupérait tout ce qu’il était possible sur les cadavres des ennemis, et on volerait les morts dès que les officiers auraient tournés le dos, on entassait déjà des armes, des bribes d’armure, des selles et autres boucliers. Et à côté un autre tas, cadavres Fer-Nés qui faudrait bruler pour que les humeurs de leur mort ne souillent pas l’eau et la terre.

Alors que les assaillants fuyaient le combat comme des lâches, Deana avait courut jusqu’à la plage, jusqu’au bord de l’eau, et après avoir brandit son épée de son seul bras encore valide et crié sur les boutres qui quittaient la baie, elle s’était retournée et avait vu cette scène. C’était la pire chose qui lui ait jamais été donné de voir, elle avait vu d’autres champs de bataille, mais celui-ci avait quelques chose d’encore plus apocalyptique que les autres. Avec cette image qui resterait à jamais gravé dans sa mémoire, le sentiment d’avoir été vaincue et même écrasée se fit plus fort et insupportable que jamais. Un gout amer dans la bouche en plus de celui du sang, le gout de l’humiliation. Le même que celui qu’elle s’était promis de ne plus jamais sentir, lorsque trop effrayée par ses premiers sangs, elle était restée cachée sous un cadavre pendant toute la bataille. Mais cette fois c’était encore plus infect car elle ne pouvait pas s’en prendre qu’à elle-même, elle ne pouvait pas se promettre de tout faire pour que ça n’arrive plus, elle n’était pas la seule en cause et loin d’être la seule à en avoir payé le tribut. A Salvemer elle avait passé la fin de la bataille dans le coma et où elle s’était réveillée avec la victoire brûlant dans ses veine se souvint elle la rage au ventre mêlée à la nausée. Là elle avait mal mais mal pour rien, mal pour ne pas être morte, fallait-il qu’elle en soit heureuse ? Elle ne le pouvait, pas pour le moment, pour le moment elle enrageait d’être blessée, elle enrageait que Kendrik ait été tué, elle… Soudain son cœur se serra si fort qu’elle eut l’impression qu’il s’arrêtait un instant, et comme dans un dernier souffle elle murmura :

« Barristan… Maclen… Beron…»

Elle l’aperçut qui se tenait le flanc non loin de là, il était blessé, elle pouvait le voir à son attitude, mais elle ignorait encore tout de la gravité de ses blessures. La peur que, malgré le fait qu’il se tenait encore debout tout seul, il ne s’en sorte pas lui fit oublié pour quelques instants le sort son frère et son neveu. Elle, elle avait le bras gauche coincé dans son armure pour le soulager le temps de le soigner et de mettre une écharpe. Elle avait du sang partout, mais ça n’était pas le sien, et les cheveux qui virevoltaient dans le vent. Immobile au milieu des flocons, elle le fixa longuement avant de détourner le regard vers la plaine monstrueuse avec des centaines de bras, de jambes et de pattes. C’est ainsi que la blonde partageait son désarrois avec le Seigneur Suzerain du Nord, elle avait su à l’instant où elle avait crois son regard combien il était dévasté et en colère, tout comme elle. Elle savait que Kendrik n’était plus, ce que lui n’avait pas encore eut l’occasion de remarquer, elle savait l’attachement qui existait entre les deux hommes et elle craignait la réaction du Stark. Le jeune homme était tombé à quelques centimètres d’elle et lorsqu’elle s’était réveillée, c’est son visage parés des yeux vides de la mort qu’elle avait vu en premier. Après avoir regardé les morts, elle se tourna de nouveau vers lui avec un hochement de tête puis elle pivota et regarda la mer avec froideur et fierté puis retourna ce même regard vers Beron. Ce dialogue silencieux dura quelques minutes après lesquelles elle s’approcha et lui proposa son épaule pour s’appuyer et rejoindre la lande ensanglantée où elle pourrait lui montrer le corps du Crakehall si celui-ci n’avait pas encore été récupéré. Elle regarda la blessure qui avait l’air grave mais pas mortelle si elle était soignée correctement, un soulagement, elle ignorait ce qu’il en serait pour son bras, mais si elle ne pouvait plus jamais se battre, que ferait-elle donc ? Elle rengaina avec pour seule crainte de ne plus pouvoir faire son devoir.

« Est-ce grave ? »

Une manière pour elle de briser ce silence pesant. L’arrivée de Barth et du Vigier auprès d’eux la sortit un peu de ce calme morbide dans lequel elle était désormais plongée ne pensant plus à la défaite mais à la vengeance, au gout du sang de ses ennemis et à la cruauté dont elle pouvait faire preuve pour les mettre à mort. Les hommes s’occupaient de leur Lord et après lui avoir demandé si elle pouvait marcher seule, ils s’approchèrent du corps de Kendrik qui avait été extirpé du champ de bataille et reposait paisiblement, les bras repliés sur son torse et la garde de son épée dans les mains. C’est ce moment là qu’elle choisit pour le laisser, elle lui posa une main amicale sur l’épaule serra un peu et partit à la recherche du reste de sa famille. Car, même si le soulagement de voir Beron en vie lui avait redonné espoir, la vue du corps d’un des Gris lui avait soudain rappelé qu’elle ne savait toujours pas ce qu’ils étaient devenus.

Barristan et Maclen étaient morts tous les deux, un peu plus loin, dans la foret, ils gisaient dans une mare de sang, quand à Dark Mountain qui n’avait rien, et il revint bientôt auprès de sa maitresse après avoir fait le bel étalon quelques temps. Mais elle eut beau ratisser le champ de bataille et retourner tous les corps, elle ne put retrouver les deux jeunes hommes et personne ne semblait les avoir vus depuis la première charge. Comment ? Ils avaient désertés ? Une nouvelle colère lui brûla les veines. Et pourtant non, c’était impossible, les Lideuils ne désertent pas, mais les faits parlaient d’eux même, ils n’étaient pas là, ni morts ni vifs. Deana pestait contre son frère et son neveu pour leur couardise tout en continuant de chercher et en aidant les blessés tant bien que mal, elle demandait à tous s’ils n’avaient pas vus deux grands blonds vêtus de peaux, un peu comme elle. La réponse était inlassablement non, car ils étaient caché entre les fourrés où s’étaient postés les sentinelles Fer-Nés, mais personne ne les avait vus y arriver et les autres participants à ce combat étaient morts ou de retour sur leur bateau. Tous ? Pas si sûr, il y en avait un qui grâce aux deux Lideuil s’en était finalement sorti, l’homme des Glover, mais il n’avait pas fit long feu sur les lieux, cependant il connaissait l’endroit mais il ne parla de sa fuite et dur reste à personne et reprit sa place au sein des hommes une fois le combat terminé comme si de rien n’était…

Les archers, moins touchés étaient venus à la rencontre des cavaliers, et c’est ainsi qu’un homme de Winterfell avait reconnu les deux Lideuil baignant dans leur sang et qu’il vint sur le champ de bataille pour l’annoncer à l’intéressée autant que pour aider à rassembler ce qui pouvait encore l’être. Il s’approcha de la guerrière et avant même qu’il n’eut ouvert la bouche elle lut dans son regard qu’il n’était pas là pour lui annoncer une bonne nouvelle, elle savait, mais elle ne voulut pas le croire. Elle fit non de la tête, mais pourtant ses yeux s’emplirent de larmes et sa gorge se serra, si bien qu’elle du ouvrir la bouche pour reprendre son souffle.

- Je suis désolé…
- NAAAAAAAAAAAAAAAN !! NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !!!!!!!!!!!!!!! AAAAAH !

Elle venait de hurler, chagrin mêlé de rage, désir de vengeance brûlant son sang et ses yeux, son doux visage de fière nordienne s’était transformé en un clin d’œil pour devenir un masque changeant de colère exacerbée, de monstre assoiffé de sang, de profonde tristesse, de désarroi absolu et enfin… plus rien. Plus aucune émotion ne transparaissait dans ses traits, plus que le regard froid et distant qu’elle affichait toujours, on n’aurait cru avoir imaginé tout ça si seulement on ne l’avait pas vu déglutir peu après, elle avait tout ravalé en quelques secondes. Elle ne jeta pas un coup d’œil à tout ceux qui venaient de se retourner vers elle attiré par ses cris et se contenta de dire, plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulut.

« Merci Forban. Où ? »

L’archer indiqua la direction et emboita le pas de la blonde lorsqu’elle commença à se mettre en marche. Elle se retourna et l’arrêtant d’une main sur le torse. Elle plongea un regard effrayant dans ses yeux et fit un laconique non de la tête. Elle reprit sa marche d’un pas lest et sûr en apparence. Mais elle luttait à chaque enjambée pour ne pas défaillir. Elle dut fermer les yeux et prendre de grandes inspirations à plusieurs reprises pour ne pas se laisser gagner par le désespoir ou l’abattement. Mais elle continuait à marcher de la même manière qu’elle aurait marché pour une rencontre protocolaire avec le roi lui-même. Elle se tenait droite visage et gestes un peu figés même mais sans précipitation. Pourquoi courir à sa perte après tout ? Regardant droit devant elle, épée au flanc, main sur la garde, cape et cheveux qui virevoltaient dans le vent elle se rapprochait du Bois et serra le poing jusqu’à s’enfoncer les ongles dans la paume pour ne pas flancher. Tenir coute que coute jusqu’à la lisière, jusqu’à l’endroit que lui avait indiqué Forban, était le seul objectif qu’elle avait en tête, ensuite… Hé bien ensuite, il n’y aurait plus que néant, chaos, abysses de chagrin et elle ignorait encore tout de la façon dont elle allait gérer cela. A quoi bon l’avenir lorsque le présent puait la mort ? Mais en attendant d’être à l’abri des regards, il fallait qu’elle marche comme une Lideuil, fière et indomptée, même par le deuil. Comme si tant qu’elle ne les avait pas vus elle-même il subsistait un espoir et qu’elle ne pouvait se laisser aller sans quoi il s’évanouirait. Et dire qu’elle avait faillit croire qu’ils avaient déserté le champ de bataille, elle n’était pas soulagée pour autant de savoir qu’il n’en était rien, pas pour apprendre une telle nouvelle. Elle aurait tant voulut s »écrouler comme elle l’avait fait quand elle avait appris la mort d’Andrik, se laisser aller. Mais maintenant, elle était une guerrière farouche, Bloody Lady, et membre de la Garde Grise qui plus est, elle ne pouvait plus se comporter comme une gamine, et certainement pas pleurer comme n’importe quelle autre femme, sans quoi Barth le lui rappellerait toute sa vie. Et puis, elle devait faire honneur à ceux qui étaient morts, son frère, son neveu et aussi tous les autres, et respecter ceux avaient perdus un proche eux aussi. Elle ne pouvait pas craquer, pas encore, dans quelques mètres peut-être…

Elle venait d’entrer dans le bois et de les voir. Maclen avait la gorge tranchée et les yeux grands ouverts, il était plein de sang et son genou formait un angle étrange. Barristan quand à lui semblait avoir été transpercé par un lame et blessé à plusieurs reprises, une grosse tache de sang avait souillé ses peaux au niveau du flanc, plus grande faiblesse de son armure de cuir bouilli. Soudain nauséeuse, Deana c’était mise à trembler le temps de faire les quelques mètres qui la séparait encore d’eux. Elle tomba alors à genoux et pleura en silence entre les deux Lideuils tombés côte à côte. Elle toucha leurs visages d’une main mal assurée, ferma les yeux de son neveu, posa quelques instants son front sur celui de son frère, et se mit à murmurer dans al langue des premiers hommes.

« I brón orainn. I breá tú, beidh tú gcónaí liom mo roík. I karmegh mé chuimhne ag mo agus ė mo smaginte go dtí linn freaskal ar na déithe. Giř feguil na páistí na forakise fáilte a chur roimh tú i síokáin as a dtithe agus a dheonú chuid eike síoraí na laochra tú, mar gheall ar a fuair bás tú króga. Giř anois, tá tú saor ó fuatha, fulaingt, giř mar seo a féastaí go leor agus mná a chlúdach tú le grá. Giř tá tú chun teacht ar do muintir agus iad siúd a giř d'fhág tar éis fhágann tú agus do dheartháireacha. Giř armas tú isteach chun ceiliúradh a dhéanamh do shaol aleim. »

Spoiler:
 

Pendant qu’elle disait cette prière, elle ramena les mains sur la poitrine, y glissa son épée tombée non loin et arrangea le corps pour qu’il semble n’avoir pas été abimé ou presque, jusqu’à ce que Barristan ressemble à l’un de ses sculpture qu’on pouvait trouver sur les tombeaux des grands seigneurs. Puis elle fit de même avec Maclen sans prendre garde au sang poisseux et en prononçant les mêmes mots. Ensuite, elle se leva et resta plantée là à pleurer sans bouger jusqu’à ce que des bruits derrière elle la fasse se retourner, les joues trempées de larmes et les yeux pleins d’une détresse sourde. Tout ce temps passé seule avec son chagrin avait tôt fait de la faire cogiter et elle culpabilisait de n’avoir pas su les protéger. Elle se disait que c’était terrible de perdre l'héritier de Loupdeuil et son dernier frère encore en vie, elle ne comptait plus Elwood parmi ses frères. Elle se demandait comment le Clan pourrait s’en remettre, elle pensait au chagrin de son père qui avait déjà perdu un héritier par le passé. Elle s’en voulait pour tous les enseignements qui leur avait manqué pour vaincre, elle s’en voulait de les avoir emmené, elle s’en voulait d’avoir été trop obnubilée par son devoir envers Beron, elle s’en voulait d’être encore en vie alors qu’eux y étaient restés. Que faire maintenant ?
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Message Sam 29 Sep 2012 - 8:24

La rancœur du Stark était à la mesure de la couardise des Fer-nés. Ces chiens avaient fuit sans ménagement dès lors que des troupes armées étaient intervenues pour secourir les paysans et pêcheurs du petit village côtier.
Le Stark erra un instant avant de mettre un genou à terre pour regarder le Kraken s’exiler sur son boutre chargé. Alors que son regard métallique avait croisé, l’espace d’un court instant, celui de Dagon Greyjoy, il s’était plu à croire que ce dernier oserait venir l’affronter. Mais, tout lord blessé qu’il était, le Stark n’avait pas dû constituer aux yeux de la Seiche une proie suffisamment alléchante pour ce dernier ose risquer le profit de l’embarquement de fuite et ses jours dans un affrontement incertain.

Le Stark n’aurait su dire combien de temps il été resté là, fourrageant le sol sablonneux de la plage de galets noircis par le sel des marées et le sang des combats. Il se souvint à peine avoir balancé de rage et en direction des bateaux virant vers le large, l’épée arrachée d’un cadavre transpercé. Le floc mat que lui répercuta le reflux des vagues engloutissant sa lame le tira brusquement de sa colère aveugle.

Il se retourna. Et vit le chaos.

Arpentant la grève brunie par le sang dont elle s’était gorgée, il tituba entre les cadavres et les mourrant, ricochant d’une plainte d’agonie à un râle de fin, comme une branche morte ballottée par les flots. Hébété, il lança quelques ordres à la volée afin que soit ensevelis les morts et recueillis les blessés. La Bolton s’en était tirée. A première vue. Blessée ? Peut-être. Elle se trouvait entourée de ceux de ses gens qui n’avaient pas trépassé. Un peu plus loin, le Stark observa Deana tituber dans sa direction, enjambant ou contournant les dépouilles des leurs, piétinant les autres. Elle s’arrêta un instant sur le corps sans vie d’un combattant dont le visage était enfoui dans le sable. Qui était-il ? Il n’en savait rien et n’osait chercher à le savoir. Devant le regard qu’elle lui jeta alors, il finit toutefois par trouver le courage de s’approcher enfin.

Et puis un visage le fit basculer dans l’abîme.

Kendrik. Kendrik était là étendu sur l’arène gloutonne et imbibée de son sang. Une partie de son visage était maculé de fange sablonneuse d’où émergeaient des relents d’agonie. Beron se précipita sur la dépouille de son ami, de son frère, de celui avec qui il avait tout connu. Auprès duquel il avait grandi, s’était fortifié et façonné. La plage morne et sale et avide empuantissait l’air vif de la côte de relents infects et douloureux. Là gisait le Crakehall. Un frère pour lui. Un enfant grandi parmi les siens. Un enfant et un homme qui n’était plus et dont le visage et la voix le hanteraient désormais et à jamais.
Il le serra contre lui. Le retint contre son cœur et son corps pour ne pas qui s’en aille, pour ne pas qu’il le laisse. Seul. Perdu. Endeuillé.

Autour du Stark, des nordiens hagards finissaient le travail de mort de leurs alliés, tombés avant eux. C’étaient eux qui comptaient les pertes les plus lourdes et il était aisé de comprendre à quel point ils mettaient du coeur à l’ouvrage. De pitié pour leurs ennemis vaincus ils n’en n’eurent pas et il n’allait certes pas les en blâmer car en laisser en vie c’était la certitude de voir des fantômes s’accrocher à leurs songes pour les nuits à venir.
Il y eut, épars, des cris et des grognements, quelques supplications même parfois, tous suivis d’un silence qui en disait long sur le sort des braillards.
Le Sombre Loup ne connaissait qu’assez peu les gens de ces rivages septentrionaux. Mais ces êtres abîmés par la vie et les marées le tenaient tous pour un des leurs, pour leur lord, pour leur fils ou leur frère, et il semblait soudain que les liens tissés entre eux, pour particulièrement ténus qu’ils étaient les rassemblaient en ce jour comme jamais nul autre ne l’aurait pu. Mais ce que le Stark savait néanmoins, c’était qu’ils se seraient méfiés les uns des autres sans cela. Sans cette folie. Sans ce combat. Ceux qu’il avait eu l’occasion de rencontrer les jours passés ne l’avaient en rien été mais peut-être était ce simplement dû à l’urgence du moment. L’on taisait bien des choses lorsque le destin nous jetait tout vivant dans les affres d’une guerre sordide dont on ne pouvait se sortir seul...

La voix de la Lideuil le tira brutalement de ses songes brutaux. « Est-ce grave ? »

Il ne comprit pas tout de suite. Puis suivant le regard de la blonde jusqu’à son propre flanc, il comprit qu’elle cherchait à savoir comment il allait, lui. La tête lui tourna. Il n’en savait rien. Il s’en fichait éperdument. C’était le cadet de ses soucis.

– Ca ira ! s’agaça-t-il. Ce n’était évidemment pas contre elle que fusait sa colère... Mais c’était elle qui la recevait néanmoins. Et il s’en moquait. Alors qu’à l’ordinaire il ne se serait jamais laissé aller à lui parler comme cela, sur un ton si dur, il ne pouvait toutefois pas faire autrement à cet instant-là. Le comprendrait-elle ? Il pensait que oui... et l’espérait sans pourtant avoir la force ni l’envie de s’en assurer.

La « Grise » observait toujours la blessure qui lacérait le flanc de son seigneur avant de décider de l’épauler quelques instants. Il prit appui sur elle pour cheminer moins difficilement. Jusqu’à ce que Forban vienne à leur rencontre. Le Stark était perdu dans les pensées morbides qui l’assaillaient et il n’entendit que vaguement le soldat s’adresser à la Lideuil. Il l’entendit, elle, par contre, crier et se lamenter soudain. Puis remercier le soldat innocent les yeux emplis de larmes. « Merci Forban. Où ? »

Le Stark les observa s’éloigner tous deux vers une partie de la plage où la forêt venait lécher la grève. Ils disparurent sous les frondaisons. Le Stark se retourna et demanda à ceux de ses hommes qui charriaient les corps des blessés et des morts de s’empresser de s’occuper de celui de Kendrik. – Il aura les funérailles d’un Roi ! prévint-il. Et comme on emportait la dépouille de son ami, le Stark retourna vers la forêt à l’endroit où avait disparu Deana. Il trouva la jeune femme penchée sur les corps de ceux de sa famille qui l’avaient vaillamment suivi jusqu’ici. Il posa la main sur l’épaule de la « Grise » qui se retourna lentement vers lui. La peur, la tristesse et la rage s’emblaient comme en lui se noyer en elle et noyer ses yeux. Ses yeux bleus. Ses yeux abattus et accablés du chagrin de ceux qui déplorent la perte de tellement plus que tous les autres...

– Je n’aurais jamais dû accepter qu’ils me suivent ! finit-il par formuler. – Lord Samwell ne devrait pas avoir à déplorer de telles pertes ! C’est un vassal si loyal et juste...

Il souleva la Lideuil par l’aisselle droite. – Allons, Deana, il ne faut pas rester là. Nous devons rentrer, venez !
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