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De l'importance d'être constant... [PV Ismaëlle]

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Message Lun 27 Aoû 2012 - 4:37

C’était un jour de poussière et de vent, de soleil et de chaleur, une de ces journées que seul un homme ayant foulé la terre ardente de Dorne pouvait concevoir, et que seuls les natifs de ce rude pays pouvaient supporter. Et pourtant, à ces heures où l’astre ardent s’élevait si haut dans le ciel d’azur, même les Dorniens restaient dans l’ombre de leur maison et les rues presque désertes de Lancehelion clamaient cet état des faits. Cependant alors que la ville entière semblait sombrer dans une étrange langueur, le Palais-Vieux lui se trouvait être le théâtre d’une effervescence peu commune. Partout courraient servantes et gardes, petits pages et grands seigneurs, alors même qu’un soleil impitoyable se réverbérait sur les murailles claires et que l’ombre se faisait presque inexistante sur la cour affairée. Dans moins d’un mois se ferait le départ du seigneur et maître des lieux pour Port-Real, et rien n’était laissé au hasard par les intendants.

Dans cette grande infortune que beaucoup lui enviait d’avoir hérité du grade de capitaine, Sarya Sand se devait de surveiller la préparation de la petite troupe qui accompagnera le prince lors du voyage et l’escortera dans les rues de Port-Real. Pour la Sand ce n’était pas choisir qui s’avérait ardu ; cela faisait belle lurette qu’elle avait décidé de la petite escorte du Prince, mais c’était décidé de qui prendrait sa place durant son absence et gérer les gardes qui resteraient sur place pour que tout continue de fonctionner comme d’habitude qui s’avérait bien plus difficile. D’autant plus que la guerrière n’avait pas l’habitude et encore moins l’envie de déléguer ses devoirs. Si ses années en tant que capitaine de la garde lui avait bien appris une chose, c’est que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Que diable, il suffisait de voir son lieutenant qui suivait le moindre de ses gestes d’un air anxieux de pucelle effarouchée en se mordillant une lippe déjà bien assez conséquente pour ne pas la maltraiter ainsi, pour savoir que ce jeune godelureau empoté se ferait littéralement bouffer par le reste des soldats sans qu’il ne soit passé une semaine ! Et quant à élever un soldat du rang à cette dignité… Il suffisait d’une seule petite erreur de jugement sur l’homme qui la remplacerait pour se retrouver avec une mutinerie sur les bras !

Respirant profondément par le nez alors que les doigts de sa main gauche venaient en pincer l’arrête en un geste de pure lassitude. Moue pincée, yeux chagrins, elle fixait du haut du balcon de pierre l’effervescence de la cour sans la voir, bien trop occupée à tenter de démêler l’écheveau embrouillé de ses pensées. Enfers et damnation ! Il y avait des jours où elle aurait souhaité de ne pas avoir hérité de ce poste ! Certes, la bâtarde savait dans quoi elle s’engageait, cela lui paraissait même un bien mince sacrifice à l’époque, mais le fardeau de ses responsabilités lui paraissait de plus en plus pesant, sans compter sur les jeunes loups derrière son dos qui n’attendait qu’un seul faux pas pour hériter de son grade ! Il fallait dire, brin de femme qu’elle était que la Sand n’était pas bien impressionnante. Petite et sèche, sa voix rauque avait beau raisonner comme le grondement désagréable d’un chien galeux et son regard vipérin scruter avec une fixité prédatrice ses détracteurs, cela faisait longtemps qu’ils avaient compris que chien qui aboie ne mord que rarement. Et pour cause ! Pour peu qu’elle laisse de côté sa langue aiguisée pour user l’acier, voilà les louveteaux à hurler sur ses pertes de contrôle intempestives et à tergiverser sur les nerfs des femmes qui les rendaient inaptes à n’importe quel rôle important. Et pourtant la Rivière-Mère savait à quel point elle rêvait d’une de ces délicieuses explosions dont elle avait le secret… Mais non elle était là, aussi bouillante intérieurement que l’astre ardent au-dessus de leur tête malgré le visage parfaitement inexpressif qu’elle se plaisait à afficher.

La bâtarde en était là dans ses réflexions quand, surgi de nulle part comme dans un mauvais rêve, apparut l’une de ses Némésis du passé ; le capitaine du Guet qui avait pris un malin plaisir à lui rendre la vie impossible lors de ses premières années de commandement. Opportuniste il n’en était arrivé là que grâce à son appartenance à une branche très secondaire et méconnue de la famille Ferboys C’était une caricature d’officier sur le déclin à lui seul, l’un de ses hommes court sur pattes, trapu et enveloppé que la Nature dans sa suprême ironie avait cru bon de doter d’énormes bajoues et de petits yeux enfoncés et porcins, rouges et éclatés par des années à tâter du vin dornien, et d’un nez minuscule du plus beau vermillon disparaissant sous la couperose et qui terminait de faire ressembler le brave homme à un porc. Ce qu’il était, sans aucun doute. Le cochon en question venant très certainement réclamer ce qu’il considérait son dû : le commandement de la Garde aussi longtemps que durerait l’absence de la Sand. Seulement voilà, comme le dit le vieil adage ; on ne donne pas de la confiture aux cochons !

Prenant un air poliment intéressé, les dents serrées au point de les faire crisser, la Capitaine écouta patiemment la demande de son « homologue » qui faisait honte à leur profession. Si ce n’était pas pour ses années d’ancienneté et la branche plus ou moins noble à laquelle appartenait ce porc, cela ferait longtemps qu’elle l’aurait remplacé par une personne… eh bien, capable, et sobre pour commencer !

-J’y réfléchirai Capitaine, ma décision n’est pas encore prise…
expliqua-t-elle d’un ton froid mais courtois qui révélait à toute oreille plus subtile que celle de son interlocuteur le fond de sa pensée.

-Capitaine Sand, permettez-moi d’insister… Vous ne voudriez pas vous brouillez avec ma chère famille pour de telles broutilles n’est-ce pas ?
insinua-t-il, les syllabes chuintait hors de sa bouche bouffie et baveuse, limace écarlate et postillonante égarée au beau milieu de ce visage ingrat comme autant de crécelles qui hérissèrent de dégoût la peau de la jeune femme.

Le rappel sans subtilité de sa bâtardise, cette menace qui n’avait même pas le mérite d’être voilée… Ce fut trop pour la patience de la guerrière qui se retint de sauter à la gorge de l’écœurant officier. Ses yeux verts durs comme du minerai se plantèrent dans le bleu larmoyant du vieux goret alors qu’elle se dressait comme un serpent prêt à attaquer, le dos raide et le menton relevée. Puis les mots jaillirent hors de sa bouche, torrent de rage bien trop longtemps retenu et qui trouvait enfin comment s’écouler dans toute sa fureur, s’entrechoquant, coupant et hargneux, se précipitant comme une grêle de cailloux sans qu’elle ne réussisse à reprendre son souffle, laissant le vieil officier abasourdi.

-Votre famille de petits nobles arriérés vous pouvez vous la foutre où je pense ! De toute façon vous leur faites bien trop honte pour qu’ils vous viennent en aide ! De Ferboys vous ne portez même pas le nom, espèce de goret ! Et si ce fut le cas laissez-moi vous dire que toute bâtarde que je suis le jour où un enculé de noble quel qu’il soit viendra me faire chier dans mon office n’est pas encore arrivé !


Laissant la pauvre vieille bête suffoquer en paix devant cette attaque, bien contente de se rendre compte que la galerie semblait déserte à cette heure et que personne n’avait écouté le terrible manque de respect duquel la Sand venait de se rendre coupable, la bâtarde tourna vivement les talons, les sourcils toujours froncés mais intérieurement satisfaite… Pour manquer rentrer en plein dans la jeune lady Ismaëlle Forrest qui la fixait de ses yeux clairs. Suffoquant, la jeune femme ouvrit de grands yeux alors que sa bouche s’arrondissait en un O de saisissement. Premièrement, la guerrière n’était pas le moins du monde au courant que cette jeune lady ambigüe et charmante était arrivée au Palais-Vieux… Et deuxièmement la Sand n’avait aucune idée de ce que la jeune femme avait pu écouter de ce terrible éclat et de l’air de mégère hargneuse que cela devait lui donner. Alors que la capitaine rougissait furieusement et cherchait quelques mots adéquats pour justifier l’éclat dont la jeune dame venait d’être témoin, l’officier vit là l’occasion de faire raisonner sa rancœur.

-Vous avez entendu ça ma Dame ? Cette bâtarde mériterait d’être enfermée ! Quel manque de respect pour quelqu’un de votre si haute naissance, noble dame !
minauda l’ignoble fourbe alors que la Sand serrait les dents.

Mal à l’aise dans sa tenue masculine à côté du faste de la toilette de la jeune femme, Sarya se mordillait furieusement les lèvres, tête baissée, en cherchant une répartie qui ferait s’en aller le vieil officier qui venait de se rengorger comme un coq de basse-cour ! Certes, elle entretenait d’excellentes relations avec Ismaëlle Forrest, mais malgré tout la jeune femme avait peur d’être allée un peu trop loin dans l’insulte ; sans compter que l’inconstance des gens de haute naissance est bien connue… Malgré tout la bâtarde ne pensait pas la jeune lady infidèle à ses opinions ni ses pensées… Il était temps de voir si la jeune femme se devait de réviser son jugement !
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Message Ven 31 Aoû 2012 - 22:23

"... Vois le soleil levant : entre ses plis. Il monte !
C'est de là qu'il renvoie et lumière et chaleur,
Fleurs, arbre, bêtes, gens, dans sa force il retrempe
Douceur fraîche au matin, joie ardente au plein jour
Et sur terre, il nous est donné cet intervalle
Pour nous faire aux rayons de son amour brûlant
Et nos corps noirs, nos faces qu'obscurcit le hâle
Ce n'est là que nuée, ombrage au voile errant ;
Quand notre âme aura su franchir l'ardent bouage
Plus de nuée, alors ; nous entendrons sa voix
Disant : mes doux et chers, sortez de votre ombrage
Jusqu'à ma tente d'or, transportez vos ébats."


Douceur voisée, d'une journée sous l'astre que cette psaume louangeait de ces quelques vers alors récités par la jeune Forrest qui partageait alors une excellente compagnie. Auprès d'elle, au creux d'une suave étreinte presque sororale, nulle autre que la princesse Nymeria dont elle avait pacifié l'usuelle véhémence, pour un instant seulement. Installées dans l'un des opulents salonnets du Palais-Vieux, elles profitaient de leurs retrouvailles avant que ne sonne le départ pour les Terres de la Couronne, une pérégrination maritime qu'Ismaëlle se languissait d'entreprendre aux côtés de son suzerain. Patiente pour l'heure, cela ne faisait que peu de jours qu'elle avait atteint le torchis, dont les masures de Lancehélion étaient façonnées. Une cité jugée bauge par leurs incrédules voisins géographiques, mais qu'elle, redécouvrait avec une admiration non feinte à chacune de ses venues pourtant régulières. Férue de ses origines autant que de l'Histoire qu'était celle de tous les dorniens qu'importait qu'ils soient de sable, de roche ou de sel, la jeune femme contemplait leur patrimoine culturel avec passion, qu'elle aimait à partager. Honorée qu'elle était, de pouvoir le faire avec la fillette qui tournait bien trop tôt la page du recueil de poésies qu'elle se faisait lire. L'opuscule, alors directement emporté de La-Tombe-du-Roy, était de ces ouvrages qui relataient la fierté Rhoynar à chacune de leurs lignes, une fierté dont l'enfant avait irréfutablement héritée à en voir l'éclat de ses prunelles. Attendrie par tant de piété filiale, celle qui semblait faire cruellement défaut à l'héritier de leur contrée, la lady cajola la chevelure de la princesse à laquelle elle se remit à faire la lecture. Cependant, l'accalmie caractérielle de cette dernière ne dura guère plus longtemps que les déjà nombreuses minutes d'intention octroyées, et Nymeria semblait prompte à repartir jouer de ses facéties au sein du bastion qui l'avait vu naître. Mignonne indocile confiée aux bons soins de domestiques qui l'escortèrent dans son départ, la sylphide des Montagnes Rouges fut laissée à la compagnie de son oeuvre littéraire et à celle des quidams de sa garde personnelle qui ne l'avaient pas quittée depuis la demeure familiale. Parmi ces factionnaires aux vêtements ourlés d'une tête de mort ceinte d'une coiffe royale, le plus fidèle de ses subordonnés rejoignit ses abords pour susurrer à son tympan, l'entretenir de l'effervescence qui animait la forteresse et de la présence de certaines dames et seigneurs qui en préféraient les corridors aux ardentes ruelles de la ville. L'occasion de musarder parmi la noble foule et d'entretenir les relations politiques, délassement favori de la donzelle qui s'apprêta pour sortir.

Robe de teinte liliale ourlée de tissu d'or, crinière d'un soyeux bistre et élaborée en l'une de ces coiffures alambiquées et altière à elle seule, entourée de quelques sentinelles d'avantage vouées à souligner la morgue de son rang plus qu'à prévenir d'une hypothétique atteinte à sa personne. Infatuée et aucune opprobre à le montrer, elle s'illustrait déjà flâner dans le dédale du Donjon Rouge pour se mêler aux grands noms du continent, élève sans être prosélyte dans le jeu des trônes, la capitale de hauts-faits et d'intrigues était un éden pour qui voulait y exercer sa rhétorique. Nul doute qu'elle trouverait matière à s'y complaire, tant par les alliances plausibles à former que par les retrouvailles dont elle se languissait. Famille Hightower pour l'accueillir, sa tendre amie Virginia avec laquelle elle avait nombre de choses à débattre, Dorne et le Bief acoquinés dans des sujets de tout ordre. Une connivence atypique et peu agréée par les uns comme les autres, inverse à ces moeurs patriarcales qui opposaient les fécondes plaines aux infertiles dunes, guerre d'origines qui scindait les opinions sans plus de raisons si ce n'était une désuète opiniâtreté. Là où certains défendaient des idées surannées, Ismaëlle posait ses prunelles d'azur à quelques coudées plus éloignées, là où le profit et l'expansionnisme luisaient de mille lucioles. Opportuniste émérite, les avis de chauvins qui substituaient l'épée à tout autre moyen de communication pesaient fort léger face aux éventualités de pouvoirs aptes à découler de coalitions diplomatiques et commerciales entre régions limitrophes ou non. La demoiselle prônait intelligence là où beaucoup vociféraient impudence, mais les dieux savaient qu'il n'y avait guère besoin d'un héraldique bieffois pour que les dorniens s'embrasent de toute leur infuse véhémence. Opportune scène que fut alors celle qui se profila sur le chemin de la lady, intriguée par deux galbes en plein débat trop modérée pour être vraie.

Soupçons dès l'abord corroborés par l'ardente réaction d'une amazone pour le moins notoire, fauve tout en crocs en pleine protection territoriale face à un pouacre de première prestance. Ardu de ne point reconnaître le capitaine du Guet dont l'apparence était aussi honorifique que l'étaient ses racines familiales, sous-jacentes de renommés félons des Osseux dont la simple évocation suffisait à vouloir rendre gorge. Nausée aussitôt lénifiée en admirant le pourceau inapte à la témérité, apeuré de la guerrière encore résistante à l'envie de l'occire tout de go. Discrète à souhait, l'héritière Forrest plissa sensiblement ses mirettes à l'incongruité nullement voilée dont fit preuve la nymphe aussi belle que délétère à qui osait s'y frotter, presque désappointée que fut la dame, que l'injure soit ainsi devenue extrapolation. Nobles d'hérédité réduits à la plus éloquente inconvenance, paroles bien inconsidérées pour le lieu dans lequel ils se trouvaient quand bien même elle ne doutait pas que l'accès de fougue était justifié. Sarya prit subitement conscience des témoins incommodants, les gardes gonflèrent poitrails et orgueil, phalanges agrichées à leurs armes, méfiants quant à l'indocile qui venait de bramer son aversion pour ceux de bonne naissance. Menton redressé, lippes jointes en une moue de vanité, la plus jeune guignait son aînée sans une once de compassion, guère plus de cordialité, point de considération, puis une incisive phonation trancha.


  ~ Propos et actes malséants, tant d'ineptie suintant de votre bouche, ajoutée à l'agression d'un gentilhomme qui, j'en suis convaincue, n'a fait que vous confronter à une vérité tant adéquate que reconnue. Cinglante tirade qui lyncha la Commandante de la Garde Princière sans subtilité aucune, vengeance de vilenie, et l'infortunée victime n'était pas au bout de ses surprises. La notion de légitimité ne semble décidément pas être votre fort. »

La Sand aurait tout loisir d'en tomber des nues, contrairement au répugnant goret qui gouaillait déjà de ce retournement de situation pour le moins impromptu mais satisfaisant le concernant. La jeune femme tout d'apparats serties renommées pour nombre de tares et acabits, imbriquée dans les abysses de ces deux notions, cette noblesse dont elle profitait de tous les aspects. L'un des plus importants patronymes des terres méridionales en guise de couronne, une réalité qui donnait lieu à un bien-fondé parfois aussi emphatique que ne l'aimait à l'être de la naïade qui ne se berçait d'aucuns scrupules ni illusions. La meurtrir dans son amour propre qui scintillait aussi vivement que ses bijoux était de l'ordre de l'ignominie ! L'on ne pouvait décemment se comporter tel un fer-né au milieu d'une civilisation continentale – pis encore ! User de poncifs populaires du pauvre indigent accablé par les seigneurs qui le dominaient de droit. Si tel était le jeu à jouer, il serait aisé d'abuser des stéréotypes, ainsi furent les intentions de la donzelle qui, dans une mouvance de grande pompe, rallia les abords de l'homme courtaud qui la contempla non sans engouement. Après une succincte risette, la parole fut à nouveau monopolisée.

  ~ Il est de coutume de rosser les corniauds rétifs à obéir, les enfermer ne ferait que les importuner de façon bien trop éphémère. Le châtiment doit être à la mesure de l'irrévérence qui fut osée, ne pensez-vous pas ? Enquêta t-elle auprès du capitaine du Guet à ses côtés, mais sans attendre de réponse de sa part, ses calots toisèrent celle qu'elle jugeait d'éhontée et qu'elle estimait devoir être sanctionnée pour cela. Disons... Trente coups de fouet pour votre hardiesse envers ce brave homme, vingt de plus pour l'inimitié entre classes sociales si farouchement pointée du doigt... Et vingt autres pour votre bâtardise, par caprice personnel. Loin d'elle l'idée de permettre à Sarya de défendre ses intérêts, qu'était la parole d'une illégitime face à celle de l'aînée Forrest ? Si peu, rien, si cette dernière s'amusait à abuser de son rang. Cependant, les apparences pouvaient être fallacieuses. Bien, et si nous parlions de votre châtiment à vous, messer ? Discours emprunt de vicissitude ! Partons sur trente pour avoir importuné le Capitaine de la Garde Princière, vingt pour l'avoir fait à un moment inopportun, quarante pour l'ingratitude de votre faciès, dix pour le fumet de crottin à vos chausses et quarante autres... Non, cinquante pour vos origines familiales. Par ailleurs, dites-moi, quel rôle avez-vous joué durant la rébellion Feunoyr lorsque les Ferboys ont préféré le parti du dragon noir ? »

Mimique faussement innocente, Ismaëlle n'hésitait pas à faire preuve de bassesse lorsqu'il était question de s'opposer aux individus de baudruche, et l'infâme goret qui l'observait désormais avec de rondes prunelles en était un parfait exemple. Etait ainsi pris celui qui croyait prendre, contrairement à ce qui avait été jusqu'alors suggéré par les impitoyables répliques prononcées, Sarya n'avait guère rien à craindre des conséquences de son emportement. La provocation était la lyre de la noble sylphide, façonner des vraisemblances qui n'en étaient finalement pas, pour les détruire avant que son auditoire ne puisse s'apercevoir de la tromperie. Lapider la marque de bâtardise de la guerrière avait été une façon de la bousculer dans ses derniers retranchements, de l'égarer dans l'incertitude alors qu'elles s'étaient toujours appréciées depuis leur première rencontre. Fourbe que ceci, un théâtre d'abjection dont la principale concernée ne se cachait nullement et de laquelle on ne pouvait, inéluctablement, jamais connaître les plans. Non peu fière de l'effet qu'avait eu son mimesis, un furtif sursaut sourcilière vint animer une physionomie trahie par l'espièglerie, ultime signe sardonique adressé à l'énergumène qui en avait perdu son phonème d'effarement. Celui-ci alterna les regards entre le binôme de combattantes - chacune à leur manière – sans sûreté qu'exhaler la putridité de son haleine s'avérerait être la meilleure des solutions. Empêtré dans une profonde bourbe noire, il choisit un mutisme de circonstances avant de s'en retourner au cloaque dont il venait, sous l'oeil amusé de la malicieuse qui l'avait mortifié.

  ~ En voilà un que nous ne reverrons plus de sitôt, pensez-vous qu'il s'en va larmoyer dans les jupons de ses hommes ? Je serais curieuse d'assister à pareille scène. Un rire cristallin s'ensuivit, puis elle couvrit la Sand d'une oeillade bien plus affable. Oh, que vous devez me haïr, ma bonne Sarya... Voilà que vous en rougissez à n'en plus pouvoir ! J'en conclus que je n'ai rien perdu de cet art à mystifier ? Et pourtant, elle doutait avoir réellement voix à ce chapitre, Maron n'aurait inexorablement pas apprécié qu'elle prenne de telles décisions au sein de sa propre demeure. Ismaëlle en était peut-être la protégée et une fervente admiratrice, le suzerain n'en demeurait pas moins impératif lorsqu'il se devait de l'être. Ainsi, le fouet évoqué n'avait été qu'un moyen d'impressionner, mais nul besoin de le préciser. Boutade de mauvais goût, j'en conviens. M'en tiendrez-vous rigueur ? »

La lady estimait bien suffisamment son homonyme féminin pour s'inquiéter de son avis, à présent qu'elle savait que tout n'avait été que surjoué. L'une luttait avec des lames affilées, parmi frénésie tribale et un indicible talent pour surpasser cette gente qui aimait à se dire supérieure. Alors que l'autre, affûtait sa faconde à grandes déferlantes d'analyse et de séduction, préférant se jucher sur un promontoire où les contusions marquaient d'avantage les esprits et les coeurs que les corps. Au-delà des disparités qui les rendaient intéressantes aux yeux de leur consoeur de détermination, la curieuse situation qu'elles venaient de vivre signait leurs retrouvailles, alors que l'héritière de La-Tombe-du-Roy refoulait la poussière de Lancehélion pour la première fois depuis plusieurs mois. Sarya avait-elle eu vent de son arrivée suite à la sollicitation du prince Martell lui-même ? Qu'importait ce fait, désormais, elle n'en était plus ignorante.
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