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Bienvenue chez nous [Catelyn Reyne]

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Annabelle Solverre
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Général Noble dame de Solverre
♦ Missives : 597
♦ Missives Aventure : 84
♦ Age : 24
♦ Date de Naissance : 11/01/1993
♦ Arrivée à Westeros : 07/08/2012
♦ Célébrité : Hayley Hatwell
♦ Copyright : Miri ♥
♦ Doublons : Lorant Trant, Cylia Stark, Daenerys Martell et Emeraude
♦ Age du Personnage : 18 ans
♦ Mariage : Fiançailles en négociation
♦ Lieu : Dulceport-Le-Pas
♦ Liens Utiles : Fiche de Anna

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Message Sam 25 Aoû 2012 - 13:12



    Une invitée à Dulceport-le-Pas était toujours une bien grande nouvelle que Annabelle Solverre et sa mère Alys, lady Solverre, attendaient toujours avec une immense impatience. Une hôte dans leur demeure, cela signifiait une jeune femme de plus, de leur niveau social, avec qui partager de longues journées, de belles discussions, les nouvelles de Westeros et encore bien d'autres choses. Une étrangère avait toujours conseils et nouveautés à fournir à la châtelaine de Dulceport et Annabelle en profitait alors ensuite à son tour. De plus, une compagne de son âge était une vraie bénédiction pour une jeune fille comme Annabelle, fille unique dans la fratrie de ses parents. Certes, avoir des frères, cela avait des côtés très intéressant et très réconfortant, mais bien souvent, Annabelle aurait tout donné pour avoir une compagne de chambrée avec qui discuter de tout, de rien, de la vie, de la mort, de l'amour. Bref, une sœur, une confidente. Oh, il y avait bien ses amies, Jeyne d'Estremont et Eleanor Tully, avec qui Annabelle échangeait nouvelles, confidences, amitiés, au cours d'une correspondance assidue. Et si chacune de ces lettres était pour la jeune fille une vraie joie, cela ne l'empêchait pas de rêver à une compagne plus présente, plus intime encore. Une belle-sœur, par exemple, pourrait avoir ce rôle. Malheureusement, si Heward se mariait, Annabelle se doutait bien qu'il serait temps pour elle ensuite de convoler en justes noces et de permettre ainsi facilement une alliance intéressante pour les Solverre. Ainsi, même si une belle-soeur venait égayer quelques jours, semaines ou mois, sa vie ici, elle ne tarderait pas à la quitter pour une nouvelle existence auprès d'un époux dont elle aurait tout à apprendre.

    Quand Annabelle avait su que des négociations de fiançailles étaient en cours entre les Solverre et les Estremont, elle n'avait pu que penser à une seule et unique chose, à l'exclusion de toute autre : Jeyne serait alors sa compagne, sa sœur. Elles retrouveraient alors avec grand plaisir la complicité qui avait été leur, quelques années plus tôt. Ce serait tout simplement merveilleux. Ce n'est qu'après que la jeune fille avait eu le vague souvenir que cela impliquait pour elle un mariage – ce qui était loin d'être anodin, tout le monde pourra le reconnaître- et surtout que Jeyne se marierait à son tour et quitterait alors les Terres de sa famille. Ainsi allait la vie des nobles dames, à Westeros, et même si elle avait voulu s'y opposer, Annabelle aurait sans doute fini par plier. Si la jeune femme pensait qu'elle finirait malgré tout par se faire à cette nouvelle vie, cela ne l'empêchait pas de la craindre. Il faudrait tout quitter, tout laisser là … Et pourquoi ? Oh pas pour parcourir le monde comme son père et son oncle, mais bien pour devenir une sage épouse, donnant naissance à la progéniture de son époux. Et si Anna était incapable d’élever des enfants ? D'en mettre au monde, même ? Les décès lors des accouchements n'étaient pas rares, tout de même. Bref, Anna n'était pas encore totalement prête à jour ce rôle et s'inquiétait du moment où elle le deviendrait réellement. Car, prête ou non, elle avait bien conscience qu'elle ne pourrait repousser ainsi l'échéance éternellement... Elle avait beau eu tempêter, crier, râler, rien n'y avait fait : on lui avait bien fait comprendre qu'il lui faudrait bel et bien se faire à son sort.

    L'invitée qu'ils accueillaient à Dulceport n'était nulle autre que Catelyn Reyne. Pour son arrivée, comme il était d'usage dans ces cas-là, Annabelle et sa mère, Alys, attendaient avec impatience l'arrivée de leur invitée. Tout était prêt afin de la recevoir au mieux et ses appartements avaient été aménagés de fond en comble par la mère et la fille, heureuses de pouvoir recevoir le mieux possible leur invitée. Et le moment tant attendu arriva, finalement. Heward escortait la jeune femme, qui devait être bien lasse après un pareil voyage et lui faisait les honneurs de leur foyer. D'un coup d'oeil tacite, Anna comprit que son frère aîné s'attendait à ce qu'elle reçoive avec joie et gentillesse Catelyn. C'est pourquoi après les salutations d'usage de sa mère, Annabelle se permit d'accueillir personnellement la nouvelle venue, un grand sourire aux lèvres. « Nous sommes tous très heureux de vous avoir parmi nous quelques temps, chère Catelyn, si vous me permettez l'usage de votre prénom. Vous souhaitez peut-être vous changer et vous restaurer quelque peu après ce long périple ? ». Voyant que sa fille avait la situation bien en main, Lady Alys salua aimablement son invitée avant de lancer les deux jeunes filles en tête à tête. « Vous conduirais-je à votre chambre, ma chère ? ». D'un sourire, Annabelle encourageait son invitée à accepter de la suivre dans les méandres de ce qui était son foyer depuis sa naissance.

    Visiblement, Heward souhaitait que la visiteuse soit bien accueillie. Il était donc du devoir d'Anna de faire en sorte que le séjour de Catelyn Reyne soit le meilleur possible. Et si cela lui permettait en plus de passer de bons moments en délicieuse compagnie, Annabelle devait aimablement avouer que cela lui convenait parfaitement comme situation. Un peu d'animation à Dulceport était toujours la bienvenue, surtout lorsqu'elle semblait aussi charmante que Catelyn. Toutefois, si Annabelle était pleine de bonne volonté, elle ne pouvait être totalement certaine que ce serait le cas de son invitée. Tout le monde n'était pas aussi plein de vie et d'entrain que ne savait l'être la benjamine de la fratrie Solverre. Au goût de certains, Anna l'était même bien trop. Souvent, sa mère, lui enjoignait avec un sourire pétillant de malice à cesser d'être si curieuse. Mais Anna voulait tout savoir, tout connaître, tout partager … Et c'est pourquoi l'ombre du mariage lui semblait bien sombre au-dessus de la tête. Chassant néanmoins ses sombres pensées, la jeune fille se tourna complètement vers leur invitée de marque. « Avez-vous fait bon voyage ? La traversée n'a pas été trop pénible, je l'espère ? Il me semble parfois que c'est la dernière étape qui est la plus difficile, quand je voyage ... ». Annabelle était pourtant loin d'avoir fait le tour de Westeros, mais elle avait eu plusieurs fois l'occasion de s'échapper de Dulceport pour se rendre à Port-Réal ou même dans d'autres lieux, au gré des envies de ses frères. Et lorsqu'elle ne voyageait pas réellement, c'était par la pensée et grâce à son frère et à son oncle, Lothar, que la jeune fille avait la chance de découvrir des contrées éloignées. Bientôt, se promit-elle, elle reprendrait les chemins pour découvrir le vaste continent.

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Message Jeu 30 Aoû 2012 - 20:39

    Lorsque son pied épousa la stabilité du ponton, Catelyn poussa un soupir long et rassuré. La traversée, commencée au zénith solaire, venait tout juste de prendre fin, à l'ombre d'un crépuscule naissant et voyait les derniers rayons de l'astre diurne s'éclipser à l'ouest, son ouest, engloutis par les terres escarpées de l'autre côté de la baie, dans une explosion de feu. Non sans amusement, elle souhaita silencieusement bonne nuit à sa famille et saisit la main qu'Heward lui tendait galamment afin de mettre pied à terre. Un sourire fin ourla ses lèvres framboisées quand le Solverre saisit délicatement le bout de ses doigts et, d'une œillade appuyée, que faisait reluire les flammes dansantes des torches, elle le remercia en silence. Avec une joie toute relative, elle retrouva la compagnie peu attrayante de ses gardes et le revers dur de sa selle de cuir, bien que, flattant l’encolure de sa monture, elle soit contente de trouver dans les atours de l’animal, certains des détours de Castamere. Le trajet jusqu'aux Sept-Tours se fit dans un silence vivifiant; Nul autre bruit que le hennissement des chevaux, que le raclement régulier du trot contre les rocailles, le cliquetis des armes et, quelques fois, un soupir effacé, porteur du désir de retrouver la douceur d’une couche. Bien sûr, du large, le susurrement du vent portait des embruns marin le murmure du ressac, venu cajoler son esprit avec la douceur d’un sanglot.

    Elle étouffait un bâillement aux abords des Sept-Tours, le long d’un chemin sinueux et abrupt de caillasses déchiquetées, une larme perla au coin de son œil lorsqu’elle passa les immenses remparts heptagonaux de pierres grises, noircies par le reflet nocturne. Elle tira doucement sur les rênes, une fois dans la cours de la forteresse, pour que sa monture ralentisse, puis s’arrête enfin. Au bout de quelques instants à observer les hautes tours qui se dressaient autour d’elle, la lady démonta et arrangea le pli discret de ses jupons clairs. Un vent violent balayait la crête qui avait vu s’ériger les Sept-Tour et gonflait sa robe blanche d’un vent tournant, qui venait flatter ses mollets. Les flammes valsaient, menaçant de s’éteindre à tout instant, et jetaient sur les murs gris des ombres mouvantes, pâles, éthérées, revenus comme des fantômes d’un passé lointain. Si les Sept-Tours n’avaient rien à envier au faste de Castamere, elle éprouvait une certaine fierté à porter, aux couronnes, le prestige de sa famille. Un palefrenier accourut pour s’occuper des montures, alors que ses propres hommes étaient conduits par l’un des serviteurs du château dans le dédale tortueux des cuisines et des passages, si bien que, bientôt, ne resta qu’Heward et elle. D’un signe de tête, l’homme l’enjoignit doucement à le suivre, et elle sut qu’il était temps pour elle de rencontrer le reste de la famille Solverre. C’est, non sans une pointe d’anxiété, qu’elle lui offrit un sourire doux et s’engouffra à sa suite par la porte du donjon.

    Catelyn n’avait jamais réellement été à l’aise en terme de cérémonies, de salutations, de distinctions, bien qu’elle offre le masque parfait de son excellente éducation ; Fort heureusement, Lady Alys était une femme tout à fait charmante. Sa bouille avenante, aux traits délicats, lui offrit un sourire des plus chaleureux quand son escorte la présenta comme leur invitée d’honneur. Son visage, empreint d’une profonde douceur, n’était pas sans rappeler l’air parfois rêveur de son fils, bien que, elle ne s’y trompait pas, il dut tenir plus de son père que de sa mère. À commencer par les yeux ; Là où Heward affichait des prunelles d’un bleu stupéfiant, Alys Solverre la dardait d’iris d’un marron chaud, rassurant. Catelyn s’inclina respectueusement, remerciant Lady solverre d’avoir la bonté de l’accueillir au sein de sa maisonnée. C’est le moment que choisit le Solverre pour se retirer ; S’excusant, il planta sur sa main un baiser qui lui arracha un rougissement discret et tourna les talons. Sitôt après son départ, ce fut au tour de Lady Annabelle Solverre, qu’elle identifia comme la jeune sœur du futur lord, d’accueillir Catelyn. De prime, la jeune femme fut étonnée par la cordialité de son ton, rapidement balayée par le bonheur de laisser la chaleur supplanter à la rigueur de l’étiquette. Un sourire fleurit sur les lèvres de Catelyn, comme mousse d’océan aux écueils.


    _ Je vous remercie de votre hospitalité, elle planta ses yeux de nuit sur chacun des trois membres de la famille, leur exprimant la sincérité de ses remerciements, et votre accueil m’est un grand honneur. La traversée s’est faite harassante, je dois l’avouer. Un éclat de rire cristallin vint ponctuer ses propos. Et, s’il m’est permis, j’aimerais pouvoir me délasser un peu, et oublier par-là les aléas du voyage. » Lady Alys s’éclipsa à ce moment, les saluant chaudement, laissant entre les mains de sa fille unique sa précieuse invitée, à qui elle proposa de montrer la chambre qui lui serait échue, ce qu’elle accepta avec entrain.

    À bien des égards, le dédale du donjon des Sept-Tours n’était pas sans lui rappeler les détours de son propre château, l’ostentation en moins, l’austérité et la sobriété primant. Mais il y avait dans les murs une douceur familiale, on sentait les murs empreints des secrets de l’enfance, comme les murs de Castamere avaient préservé jusqu’ici les confidences fraternelles de Monterys et de Catelyn. À mi-chemin, Anna se retourna vers elle.


    _ Le voyage était bon ; La route qui me fit rallier Port-Réal était dégagée, et nous n’eûmes aucun des déboires connus des trajets de grande route. Elle parlait bien entendu des attaques, des pillages et autres joyeusetés de l’espèce, mais aussi des aléas parfois contraignant du temps. Une courte pause et elle reprit. N’ayant jusque-là jamais connu l’ivresse de la navigation, la traversée resta le meilleur moment. Le plus édifiant, le plus intense, dirais-je. Et pas seulement à cause de la nouveauté de la chose, nota-t-elle mentalement, mais s’abstenant d’en dire mot, elle enchaîna dans un charmant sourire, qu’entrecoupait son rire clair. Mais la pensée d’Heward ne la quitta pas. Mais m’en voilà rompue ! Pause. Avez-vous beaucoup voyagé, Annabelle ? »

    La Reyne se permettait de prénommer la jeune femme, comme elle-même s’était opinée à la dénommer par son prénom. Ça ne la gênait, bien au contraire. Elle préférait. Au même moment, elles arrivèrent devant la porte de la chambre qu’elle lui indiqua comme étant sienne pour la durée de son séjour. Le battant de bois sombre, d’une extrême simplicité, révélait une pièce, aménagée avec soin et délicatesse, que Catelyn détaillait méticuleusement. D’un regard avenant, pétillant de malice, elle informait son hôte que son séjour promettait d’être somptueux, et attendit sa réponse.
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Annabelle Solverre
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Message Dim 2 Sep 2012 - 13:07



    Fort soulagée, Annabelle remarqua que leur visiteuse avait bel et bien l'air de fort bonne constitution et d'agréable caractère. Un léger soupir de contentement échappa à la petite dernière du clan Solverre, qui avait craint au dernier moment l'arrivée d'une mégère dans leur foyer si chaleureux et où il faisait si bon de vivre. Anna était maintenant à nouveau toute heureuse d'avoir une jeune femme d'approximativement son âge avec qui bavarder agréablement, le soir, près d'un bon feu, ou dans la journée, en vaquant à ses diverses tâches. Quoi qu'avec la présence de Catelyn Reyne, Anna aurait sans doute plus l'occasion de se consacrer à des activités comme la musique ou la lecture. En effet, elle se voyait mal amener la jeune femme pour donner les consignes sur la tenue de la maison, ou encore pour s'occuper des menus avec la cuisinière. Non, quand on avait une invitée de marque comme Catelyn, on se consacrait à des passe-temps nobles et agréables. Le sourire de Catelyn était ô combien rassurant pour Annabelle, qui avait plutôt l'habitude de rire, chanter et danser, plutôt que de rester sagement assise à se taire et à écouter. Elle était une vraie petite boule de vie et de bonne humeur et il lui aurait été difficile de changer sa nature. Son impulsivité était l'un de ses défauts les plus marqués, mais aussi de ceux qui la rendaient attachante. Heureusement, donc, Catelyn ne semblait pas être le genre de jeune femme devant laquelle elle aurait du se montrer détachée et à peine intéressée.

    Comme la jeune femme l'avait prédit, Catelyn aurait effectivement apprécié de pouvoir se délasser et se remettre du long voyage qu'elle venait de passer. C'était là une exigence et une demande tout à fait normales et Anna était d'ailleurs toute prête à y répondre puisqu'elle y avait pensé avant même que la visiteuse ne passe la porte de leur demeure. Tout était prêt pour l'accueillir. « Je comprends bien votre envie de repos, soyez-en certaine. ». La compassion d'Anna n'était pas feinte. C'était en elle, cette attention constante pour les besoins des autres. Et en particulier pour sa famille et ceux qu'elle appréciait. Catelyn lui ayant fait fort bonne impression, Annabelle ne demandait qu'à exaucer ses désirs.

    Les deux jeunes femmes déambulaient dans les couloirs afin de pouvoir rejoindre l'endroit alloué à la visiteuse de haut rang. Tout en discutant, les deux jeunes femmes faisaient connaissance, ce qui n'était pas chose évident sans intermédiaire pour les guider vers leurs similitudes. Malgré tout, les deux jeune femmes réussissaient fort bien à se comprendre et à discuter. La traversée avait apparemment beaucoup plu à la jeune femme. Esquissant un sourire, Anna comprit ce que la jeune femme voulait dire. Naviguer donnait une sensation toute autre que le simple fait de se déplacer sur le Continent. Elle-même y était habituée puisque c'était la condition pour quitter l'île où elle vivait depuis toujours. Mais cela n'était pas le cas de la Reyne. Annabelle se souvenait encore de sa première fois sur un navire et était donc en mesure de comprendre l'impression qui subsistait dans le cœur de la jeune femme. « Oui, il y a une intensité toute particulière, je pense, à naviguer. Un sentiment fort et prenant qui vous fait vous sentir particulièrement vivante … Sans compter qu'il y a aussi un profond sentiment d'inconnu. On ne maîtrise pas les flots ...». La voix d'Annabelle montrait clairement qu'elle était elle-même prise dans les souvenirs d'un passé lointain mais bien présent par la pensée.

    Laissant la jeune invitée pénétrer dans la pièce qui lui était allouée, Annabelle observa discrètement le visage de Catelyn, espérant y découvrir un signe de contentement. Anna et Alys avaient mis tout leur cœur dans cette chambre, espérant qu'elle serait agréable pour Catelyn. L'évocation de voyages acheva de faire sortir Anna de la réserve qu'elle avait essayé d'avoir. « Oh, je n'ai pas autant voyagé que mon oncle Lothar Celtigar ou que mon frère Renaud, bien évidemment ! D'ailleurs, chacun de mes déplacements avaient une raison bien particulière, mais je suis allée plus d'une fois à Port-Réal, ainsi que dans les Terres de l'Orage et les Conflans, mais bien moins souvent. Effectivement, le souvenir que j'en ai est une grande fatigue … Je ne voudrais pas vous faire douter de notre hospitalité, ma chère Catelyn. Souhaitez-vous que je vous abandonne à votre repos ou préférez-vous que je reste un peu, afin de ne pas vous laisser seule dès votre arrivée ? » Annabelle Solverre essayait évidemment de répondre le mieux possible aux attentes de son invitée, sans trop savoir quelles étaient vraiment ces attentes. Il n'était pas facile de cerner les desiderata d'une jeune femme inconnue … C'est pourquoi Annabelle avait préféré demander franchement à Catelyn ce qu'il en était pour elle. D'un geste large, elle regarda la chambre de la jeune femme, à la recherche d'une amélioration possible. « Je peux aussi faire monter de quoi vous sustenter, si vous le souhaitez. ». Décidément, Annabelle veillait au moindre désir de la jeune fille. Peut-être même en faisait-elle trop et étouffait-elle la nouvelle arrivante. Un peu rougissante, Anna finit par avouer dans un souffle. « J'espère ne pas être trop envahissante, ma chère Catelyn, mais nous vous attendions avec impatience et je crois m'être laissée emporter par ma hâte à vous rencontrer ! ». Il était bien vrai que cette arrivée était vécue comme une réelle fête par Anna. Néanmoins, elle s'en serait voulu de se mettre à dos une jeune femme apparemment si sympathique, juste par maladresse. Pourtant, cela pourrait fort bien arriver, Annabelle étant parfois bien trop maladroite, au goût de sa mère. Alys lui répétait sans cesse de réfléchir avant de parler et d'agir car la jeune Solverre, emportée par l'élan ne prenait pas toujours le temps de voir les conséquences de ses actes. C'était un défaut extrêmement gênant pour une jeune fille et cela le serait encore plus pour une épouse … Anna savait donc pertinemment qu'elle devait se reprendre à ce sujet. Mais il n'était pas aussi facile qu'il en paraissait de corriger un défaut ou un élan de la nature présent depuis tant d'années …

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Message Dim 9 Sep 2012 - 22:26

    On ne maîtrisait pas les flots. La phrase résonnait en elle comme un coup de marteau sur une enclume. Fort, clair, strident. Il y avait tellement de choses, que l’on ne maîtrisait pas, songeait-elle distraitement. D’autres qu’on se targuait orgueilleusement de pouvoir maîtriser, d’autre encore qui resteraient éternellement à notre portée. Parce que trop supérieures, trop lointaines, éthérées, éphémères. Tels étaient les sentiments, car inconstants et stables, volages et déchirants, clairs et indiscernables. Telle était aussi la Vérité. L’Origine. Le Pourquoi. Catelyn n’avait de cesse de chercher le Pourquoi, et ne savait se contenter du Parce que. En elle, une blessure béante, à jamais béante, qu’aucune instruction ne saurait jamais combler…

    Ses yeux, jusque-là perdus dans le vague, clignèrent par deux fois avant qu’elle ne reprenne corps avec la réalité. Elle arrangea mécaniquement une mèche folle derrière son oreille et tourna son regard de nuit vers son interlocutrice, laquelle la scrutait avec un sourire paisible.


      _ Vous voilà déjà plus voyageuse que moi qui n’ai, de toute ma vie, jamais quitté Castamere sinon pour venir visiter la beauté des îles par-delà la Néra. »


    Dans un délicat éclat de rire, la jeune femme s’approcha sur rebord de la fenêtre entrouverte, d’où un air frais portait, paisible, l’exhalaison des embruns marins et jouait avec les boucles de sa crinière. En dessous, c’était le noir absolu et on ne distinguait des flots que le ressac sur la falaise, s’écrasant en gerbes blanches aussitôt englouties par les ténèbres nocturnes. Nul éclat dans le creux des vagues. Catelyn se porta délicatement à l’encadrement, sur lequel elle s’appuya, scruta un instant les étoiles qui, au fond de ses yeux, faisaient reluire des paillettes d’or. Elle ne regrettait pas le temps passé à l’Ouest, ni ne le regretterait jamais. Elle s’y sentait bien, chez elle, et ne nourrissait ni le désir de tourner le dos à ses terres pour se lancer à corps perdu dans les méandres d’horizons inconnus, ni celui de ne jamais les quitter. Bien sûr, Catelyn aurait voulu voyager, c’était dans son tempérament ; Goûter de l’exotisme d’Essos aux sable de Dorne. De la chaleur des Îles d’été eu revers des terres glacées du Nord. Mais, inlassablement, elle reviendrait à Castamere et, sans regrets, elle verrait, au loin, s’étendre les remparts grisonnants du Castel et flotter la bannière au lion rouge. Et elle soupirerait de bonheur, lasse mais ravie. Conquise, et l’esprit plein de délices intellectuels qui lui empliraient l’esprit comme le parfum d’une fleur embaumerait une verrière.

    Mais c’était là des rêves d’enfant, les rêves d’un esprit libre enfermé dans le corps d’une femme. Son sexe, ses obligations, le lui empêcheraient toujours, et elle redoutait le jour où adviendrait l’heure de son mariage et des devoirs qui en découleraient. Parfois, elle rageait de n’être pas un homme et, se sachant soumise, baissait les bras à l’ampleur de sa détresse. La noble baissa les yeux doucement, des prunelles d’une infinie tristesse qui se perdirent dans les rainures des dalles de grés qui faisait le sol de sa chambre. Elle offrit à son hôte un sourire délicat.


      _ J’apprécie beaucoup votre compagnie, Anna. Je n’ai que peu l’habitude d’avoir quelqu’un avec qui partager. À dire vrai, Catelyn était parfois désespérément seule. La présence de son frère lui avait toujours suffit, depuis sa plus tendre enfance, et elle avait toujours préféré la compagnie des parchemins à celle des nobles, ce qui ne lui avait pas toujours servi. J’ai langui mon arrivée à Dulceport-le-pas, depuis des semaines, et rien aujourd’hui ne saurait me décevoir, ni manquer à mon confort… Aussi, si il vous plaît, nous pourrions juste rester ainsi, et parler de ces voyages, les vôtres, ceux de vos proches. Sur invitation, elle prit place sur l’un des deux fauteuils qui bordaient un feu de cheminée ronflant dans son âtre et son sourire s’étira un peu plus. Ou faire plus ample connaissance, si vous préférez. »


    La jeune femme aurait aimé en apprendre plus sur Annabelle, et sur sa famille. Quelque chose, au fond d’elle, lui disait qu’elles avaient beaucoup à partager.

    Le crissement rauque des braises dans l’âtre.


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Annabelle Solverre
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Message Sam 22 Sep 2012 - 13:56



    Toute à sa joie de découvrir une nouvelle amie, Annabelle ne remarqua pas l'air d'absence qui passa sur les traits de Catelyn l'espace d'un instant. Était-ce un tort ? Annabelle faisait certes attention à sa jeune invitée autant qu'elle le pouvait, mais elle était un peu maladroite, ayant du mal à présenter les choses d'une manière gracieuse et ayant plus de mal encore à repérer chez la jeune femme les différentes nuances qui existent en chaque être. Pleine de gentillesses et d'attentions, Annabelle n'était cependant pas encline à deviner chez une inconnu les états d'âmes qui l'animaient. Pourquoi aurait-elle pensé que les mots qu'elle prononçait pouvait avoir un écho certain chez Catelyn ? Annabelle se contentait de partager ses idées, ses sentiments, à haute voix. Ce qui était de l'ordre de l'instinct ne faisait pas parti des qualités de la jeune demoiselle Solverre. Souriante, elle enchaîna bien volontiers sur le thème qu'avait choisi Catelyn Reyne.

    « Oh, parlez-moi de Castamere, Catelyn ! Comment est-ce ? Les paysages, les habitants … Votre maison ? »

    La jeune fille n'avait pas encore pu se rendre dans cette partie du Continent et à dire vrai, elle ne s'y rendrait très certainement jamais. Le rire de Catelyn avait été suivi par un large sourire de la part d'Annabelle. Cette manifestation de joie, si belle et si agréable, donnait du baume au cœur à la jeune Solverre, qui du haut de ses 18 années à Dulceport-le-Pas avait quelques appréhensions quant à ses capacités à accueillir convenablement des visiteurs et à les intéresser. Si la jeune femme était convaincue de l'amour de ses proches, elle doutait quelque peu de son potentiel dans les relations sociales avec les autres nobles du Continent. C'était dommage, mais elle ne parvenait pas à lutter contre cela. A Dulceport, elle était si protégée … Les rapports qu'elle avait avec les autres étaient bien souvent épistolaires, comme avec Jeyne d'Estremont, qui était devenue au fil des lettres une véritable compagne de chaque jour. Mais malgré tout, Annabelle n'avait pas l'occasion de discuter avec elle de vive voix. Et l'écrit avait cette qualité qu'on pouvait peser chaque mot, recommencer au besoin … Une conversation avec Catelyn, en l’occurrence, n'avait pas du tout la même teneur. Ce qui était important, c'était la réactivité, la capacité à enchanter son auditoire par des anecdotes et des réponse fraîches et pimpantes. Du point de vue d'Annabelle, cela demandait du temps et un doigt d'habilité qu'elle ne possédait pas. Mais elle s'y entraînait avec plein de bonne volonté avec Catelyn. Ce talent lui servirait toujours, quelque soit sa destinée. Une épouse se devait de représenter les intérêts de son mari et aucun homme ne pourrait reprocher à sa femme de savoir manier les mots avec habilité … Tant que cela n'allait pas contre son intérêt.

    Les mots de Catelyn firent plaisir à la jeune femme. Si elles s'appréciaient mutuellement, le séjour de la jeune femme promettait d'être très agréable. Pourraient-elles s'échanger des confidences, discuter de tout et de rien avec nature ? Anna l'espérait vivement. Elle sourit donc avec une vitalité et une joie qui lui correspondaient parfaitement, mais qu'elle avait essayé de contenir pour ne pas effrayer Catelyn. Être appréciée de ses semblables était une idée agréable. Prenant place sur les fauteuils disponibles, les deux jeunes femmes semblaient bel et bien partie pour une belle discussion, pleine d'amitié, de douceur et de sincérité.

    « J'apprécie aussi grandement votre présence à nos côtés, Catelyn … Seule fille de ma fratrie, je dois avouer que je regrette parfois de ne pas avoir une âme féminine à qui me confier. Oh, Mère est absolument adorable avec moi, mais ce n'est pas la même chose, n'est-ce-pas ? »

    En effet, même si Annabelle avait d'excellents rapports avec sa mère, elle devait avouer qu'elle n'osait pas lui poser toutes les questions qui la taraudaient pourtant … Mais une idée vint en tête à Anna. Son invitée était arrivée avec son frère, n'est-ce-pas ?

    « Qu'avez-vous pensé de Heward, Cate ? A-t-il été agréable avec vous ? Parfois, il sait être un peu bourru, je l'avoue ! ».

    Le petit surnom affectueux était venu tout naturellement aux lèvres de la jeune femme qui était toute heureuse de pouvoir parler ainsi, à bâtons rompus avec sa camarade. Mais Cate n'eut pas franchement le temps d'expliquer quoi que ce soit à Anna car la mère de celle-ci venait de pénétrer dans la chambre, portant elle-même un plateau composé de délicieux mets et surtout de thé à la menthe délicieusement chaud.

    « Je me suis dit que notre invitée pourrait apprécier la chaleur bienfaisante d'une tasse de thé. Sera-ce le cas, Catelyn ? »

    La mère d'Annabelle parlait d'une voix, qui sans être nullement agressive était dynamique et faisait ressentir son énergie. Se levant, Anna s'empara du plateau des mains de sa mère et entreprit de servir Catelyn. Il y avait également des compotes sur le plateau et des petits pains sur lesquels on avait déposé une confiture qui à voir sa couleur, devait être une confiture de pêche. Cela mit l'eau à la bouche d'Anna, qui après servi et proposé ces délices à Cate, s'empara d'une petite compote … Mais maladroite comme elle l'était, Anna en renversa sur le sol de la chambre de Cate et également sur la robe de son amie.
    «Oh, Catelyn, je suis vraiment désolée … »

    Mais sa mère la coupait déjà, expliquant à la jeune femme qu'on nettoierait évidemment sa robe dès le soir-même et qu'elle la retrouverait comme neuve. Terriblement gênée, Annabelle se tourna vers Catelyn, tandis que sa mère les laissait à nouveau seules.

    « Pourrez-vous supporter cette tâche pendant que nous prenons le thé ou voulez-vous changer de robe dès maintenant, Catelyn ? Je suis sincèrement confuse de vous mettre dans l'embarras … C'est tout moi, ça, de la maladresse encore et toujours. »

    Rougissante, Annabelle avait quelques difficultés à garder son calme et se tordait nerveusement les mains, sans trop savoir quoi faire pour aider son invitée à se remettre de cet affront. Voilà que sa gourmandise était punie par une situation gênante. Cela lui apprendrait.

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Message Ven 12 Oct 2012 - 15:19

    Le crissement rauque des braises dans l’âtre. Les braises qui s’effondraient sur elles-mêmes, dans des grappes d’étincelles luisantes comme des soleils, dans des fumées noirâtres où transparaissait l’éclat des flammes et leurs craquements sourds, comme le langage propre qui rongeait le bois du foyer. Elle se sentait bien, au creux des flammes. Bien au creux du fauteuil à observer les allées et venues des charbons. La chaleur cuisante imprégnait son corps d’un sentiment de béatitude apaisé, qui lui fit se rendre compte de combien, jusque-là, elle était transie de froid. Une moiteur ronde imprégnait les murs de la demeure des Solverre, et l’air froid du large s’insinuait jusque dans les mansardes pour mordre les chairs de ses crocs humides, et glacer jusqu’à l’os. Ainsi assise au coin du feu, Catelyn se sentait protégée, d’une certaine manière. Elle se sentait chez elle. La question de son hôte étreignit son cœur d’une pensée bienveillante. Qu’il s’agisse de pure politesse où d’un réel intérêt n’avait pas d’importance, puisque la jeune femme aimait parler de Castamere. Il n’y avait, à ses yeux, pas de plus bel endroit et, lorsqu’un jour Catelyn devrait délaisser le fief de son père pour celui de son époux, il ne ferait aucun doute qu’elle y préfèrerait toujours Castamere.

      _ Castamere c’est… C’est Castamere. La réponse dut laisser son interlocutrice coite, mais elle ne trouvait pas les mots exacts. Un sourire étira ses lèvres, qu’elle tenta de perdre dans la profondeur d’un regard. Sous l’égide de mon père, c’est un endroit chaleureux et convivial ; il a su donner à cet endroit son caractère, un tempérament facile, affable et doux. Mon père est une personne admirée, à la fois en tant qu’homme et Lord, puisqu’il a su gagner le respect, la loyauté l’amour de ses gens par l’écoute et l’égard. Elle marqua une pause, assemblant ses idées. Lorsqu’on jette un regard sur Castamere, on y voit la vie. Castamere n’est pas seulement ma maison, mon sanctuaire. C’est le gardien de mes secrets, de mes souvenirs et de mon avenir. Castamere vit. Si la cour en est le cœur, il bat au rythme des rires. Non, je crois qu’il ne peut y avoir de meilleure façon de le décrire. J’aimerais que vous puissiez connaître cet endroit, car il n’est aucun adjectif qui puisse vous transmettre ce que je ressens. Ce serait tenter de décrire l’absolu, la vérité et le bonheur. »


    La Reyne était sincère dans ses propos. Les habitants de Castamere se faisaient toujours une joie d’accueillir des visiteurs du bout du monde, d’autant qu’on disait son père un hôte d’excellence. Elle-même n’était jamais mécontente de rencontrer de nouveaux visages, et se faisait un devoir de se montrer à la hauteur de leur réputation. Ceci étant, l’idée voir débarquer en sa demeure un visage ami, connu et manqué, ne lui était pas non plus déplaisant. Bien au contraire. Catelyn jeta un regard à la jeune femme, à son air avenant et simple, se prenant à penser qu’il lui serait agréable, une fois ses affaires à Dulceport terminées, de ne pas perdre contact avec elle, si tant est qu’elle le veuille. La pensée fugace du visage d’Heward traversa son esprit, qu’elle chassa rapidement, pour reporter son attention sur lady Annabelle.

      _ Je connais ce sentiment, ayant moi-même grandi avec mon frère jusqu’à la naissance de ma jeune sœur. Elle n’était pas exactement une âme à qui me confier, puisque trop jeune. Elle se rappela par ailleurs avoir promis à Leona de lui envoyer une missive sitôt touchée la terre de Dulceport, ce qu’elle se contraindrait de faire sitôt cette conversation terminée. La jeune lady Reyne savait se montrer un tantinet effarouchée, et elle ferait une vie à Monterys de n’avoir pas de nouvelles d’elle. Je me suis, en revanche, toujours sentie très proche de mon frère aîné, avec lequel j’ai énormément en commun. Il n’est pas rare que l’on nous prenne pour des jumeaux, alors que près de quatre années nous séparent. »


    Un rire nerveux, folâtre, soupira d’entre les lèvres de Catelyn à l’évocation d’Heward, dont le souvenir fit piquer un fard à la Reyne, un rosâtre fadasse estompé par le rougeoiement des flammes. Si elle lui demandait, c’était à cause du feu.

      _ Heward est… Il a été… C’était parfait. »


    Rougeur redoublée et boule dans l’estomac, Catelyn se sentait décidément pitoyable. Il était pour ainsi dire impossible que la jeune sœur de l’intéressé ne remarque pas son air gêné, pensif. Fort heureusement, pour elle, c’est l’instant précis que choisit lady Alys pour faire irruption dans la chambre, coupant court à la discussion dont il ne serait ressorti qu’une honte cuisante.

      _ Ce serait en effet tout à fait appréciable ! » S’exclama-t-elle.


    Catelyn sourit chaleureusement à la proposition, alléchée par les mets qui couvraient le plateau, vers lequel, par réflexe, elle fit un geste pour aider la maîtresse de maison. Anna, qui s’était précipitée pour aider sa mère, la cacha, et elle put se rasseoir comme si de rien n’était, craignant de mettre les ladies mal à l’aise. Précautionneusement, elle observa Annabelle lui servir thé et petits pains (Dieux qu’elle avait faim !), et se servir elle-même d’une compote qui, l’instant d’après, alla goûter aux dalles de sa chambre. Alors que la jeune femme se confondait en excuses, le sourire de Catelyn ne cessait de s’élargir, mourant enfin dans un grand éclat de rire comblé.

      _ Ne vous inquiétez pas ! Elle posa une main rassurante sur celle d’Anna, accrochant son regard rieur dans l’espoir de faire fondre la gêne de la jeune femme, se saisit d’un mouchoir et essuya les gouttes de compote qui avaient entaché sa robe. Cet épisode n’est pas sans me rappeler le jour où Monterys, mon frère, précisa-t-elle, me mit au défi de le battre à la course, maintenant que la lady que j’étais ne pouvait rivaliser avec l’héritier qu’il était. Beau parleur. J’avais beau être habillée et coiffée de frais, ma fierté piquée au vif me poussa à prendre les rênes de la première monture qui passa à ma portée et à y grimper. Les dieux dussent maudire mon arrogance, puisque la pouliche venait de mettre bas et sa fatigue accroissait son anxiété. Elle me jeta à terre, en plein dans une flaque de boue sous le regard médusé de ma septa – La pauvre blêmissait à vue d’œil – et celui de mon père qui cacha son rire dans le revers de sa main. Un large sourire vint étioler ses lèvres. Je joignis mon orgueil blessé à celui de mon frère qui goûta, sitôt que je me levai, aux bienfaits d’un bain de boue. »


    Lady Catelyn trempa les lèvres dans une tasse de thé fumante, dont la saveur fruité lui fit échapper un soupir de contentement. Elle n’avait pas raconté cette histoire depuis des années, et le souvenir ne lui en était que plus fameux. C’était comme si tout ne s’était passé qu’hier.

      _ Ma correction fut mémorable. »


    Elle marque une pause, juste le temps de croquer dans l’un des petits pains qui parsemaient le plateau posé entre elles. Le sucre acidulé de la confiture de pêche gicla à son palais comme le goût merveilleux du paradis. Délice éphémère. Elle saliva d’avance à la prochaine bouchée.

      _ Anna… Me serait-il possible, une fois toutes deux sustentées, d’envoyer une lettre à ma famille ? Je n’ai pu les contacter qu’une fois depuis mon départ, je ne voudrais pas qu’il s’inquiète. »


    Elle croqua à la nouveau dans l’un des petits pains, reporta son regard sur son hôte, et lui sourit.

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Annabelle Solverre
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Général Noble dame de Solverre
♦ Missives : 597
♦ Missives Aventure : 84
♦ Age : 24
♦ Date de Naissance : 11/01/1993
♦ Arrivée à Westeros : 07/08/2012
♦ Célébrité : Hayley Hatwell
♦ Copyright : Miri ♥
♦ Doublons : Lorant Trant, Cylia Stark, Daenerys Martell et Emeraude
♦ Age du Personnage : 18 ans
♦ Mariage : Fiançailles en négociation
♦ Lieu : Dulceport-Le-Pas
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Message Lun 15 Oct 2012 - 19:40



    Il n'était pas question de politesse dans les questions de la petite Annabelle Solverre, mais bien d'un véritable attrait et intérêt pour tout ce qui n'était pas Dulceport. En effet, paradoxalement, si la jeune fille se plaisait tant à Dulceport, cela ne l'empêchait pas de réfléchir, encore et encore, à des moyens de s'échapper, tant par la pensée que par la geste. Connaître et découvrir étaient deux choses qu'Annabelle aimait faire. Faute de pouvoir courir le continent, la jeune fille avait préféré se consacrer à l'apprentissage des premiers soins ou encore à la tenue de la maisonnée. Secrètement, elle cherchait aussi à s'améliorer à l'épée. Bref, elle avait su trouvé au sein même de sa maison divers moyens de se dépasser et de s'évader.

    Non pas que la jeune fille eut l'impression d'être emprisonnée, dans l'île familial, loin de là. Annabelle s'y trouvait même plutôt libre finalement. Elle avait ses petits secrets, son paradis sur terre, sa famille, de l'amour, des activités diverses et variées. Non, Dulceport n'avait rien d'une prison pour elle. Si elle rêvait d'autre chose, c'était plus par une curiosité bien naturelle que par un mécontentement de sa situation personnelle, c'était certain. Elle n'avait à se plaindre ni de sa famille, ni de ses conditions de vie, ni de la liberté qui lui était offerte.

    Confortablement installée, Annabelle écoutait la douce voix de lady Catelyn la berçait. La vision qu'elle donnait de son fief familial aurait fait pâlir d'envie bien des Lords, il était vrai, tant elle semblait convaincue du bonheur qu'on avait à y vivre. De plus, Lord Reyne semblait un modèle de Seigneur, dévoué à ses gens, à sa Maison et en cela, il ne pouvait qu'être admirable, Annabelle le savait. Il n'était malheureusement pas si rare que cela de voir des Seigneurs ne pas se préoccupaient suffisamment de leurs gens, de leurs terres et de profiter simplement de leurs privilèges sans respecter leurs devoirs. C'était bien triste mais aussi bien réel. Lorsque la voix de Lady Catelyn s'éteint, Annabelle mit quelques secondes à répondre, d'une voix feutrée.
    « Votre description de Castamère laisse sans voix, ma chère amie … Je vous assure, vous le décrivez tant et si bien qu'on ne rêve ensuite que d'une chose : s'y rendre au plus vite pour voir de ses propres yeux ce que vous contez avec tant de plaisir. ».

    Les mots de Catelyn flottaient encore dans l'air, tandis que Annabelle lui répondait et le cerveau de la jeune femme n'avait guère de peine à imaginer ce lieu merveilleux qui venait de lui être décrit. Les images de Castasmère allaient et venaient devant ses yeux, tandis qu'elle s'imaginait y vivre pour quelques jours et découvrir ces lieux splendides décrits par la jeune femme. « Peut-être un jour aurais-je l'occasion de visiter cet endroit fabuleux qui est votre demeure, Catelyn. Je suis certaine que ce serait un voyage fantastique ... ». Malheureusement, on ne voyageait guère par plaisir, à Westeros. Il y avait toujours un motif qui sous-entendait les déplacements, plus encore quand il s'agissait des Lady. Un tournoi, des négociations de mariage … Bref, les occasions existaient bel et bien mais on ne les inventait pas d'un claquement de doigt. Il y avait donc fort peu de chance pour que la douce Annabelle se dirige un jour vers Castamère. Malgré tout, la description de Catelyn l'habiterait pendant des années.

    Puisque la discussion se dirigeait vers les frères et sœurs, Annabelle laissa Catelyn parler, certaine que sa nouvelle amie aurait bien des choses à dire à ce sujet. Dans le souvenir d'Annabelle, Catelyn avait un frère et une sœur. Comme Annabelle, elle avait donc connu les rapports si particuliers qui existent dans une fratrie.
    « Oh, il est vrai que vous avez une jeune sœur … Cela doit tout de même être agréable de pouvoir discuter avec elle lorsque les hommes de votre Maison ne sont pas présents. Parfois, mes trois frères sont loin d'ici et je crains à chaque instant pour leur vie … Particulièrement pour Renaud, qui mène une vie bien dangereuse … Des jumeaux ? Tiens donc, vous ressemblez-vous physiquement ?».

    Alors que les jeunes femmes abordaient le sujet de Heward, Annabelle sourit en voyant la vive rougeur qui avait animé les joues de sa nouvelle amie. Visiblement, elle avait apprécié la compagnie de son frère, ce qui fit plaisir à Annabelle. Elle-même savait combien Heward était quelqu'un de bien et de bon, mais il était toujours doux de voir que d'autres que Annabelle s'en rendait compte. Néanmoins, l'arrivée de la mère de la jeune fille coupa court à la discussion. Rongeant son frein, Annabelle préféra ne pas revenir sur le sujet.

    L'anecdote que lui conta Catelyn fit sourire et même rire Annabelle qui imaginait à merveille la scène : Catelyn avait en effet un véritable don pour faire comprendre à son auditoire les merveilles qui lui était arrivées. .« Ce n'est guère charitable de rire de vous, mon amie, mais à vous imaginer dans ce bain de boue, je ne peux m'empêcher de rire ! Quelle leçon vite apprise, dites moi ! On n'a pas du vous y reprendre ensuite ! »

    Les deux jeunes femmes mangeaient et buvaient avec plaisir les délicieux mets apportés par la mère de Annabelle. La demande de Catelyn semblait tellement normal et si peu incongrue à la Solverre qu'elle hocha la tête immédiatement. « Mais bien entendu, ma chère, je vous ferais apporter tout ce dont vous aurez besoin et nous nous occuperons de faire parvenir votre missive. C'est tout naturel, en effet, de vouloir prévenir votre famille ! ».

    Les paroles de Catelyn concernant Castamère semblaient toujours flotter dans l'air et Annabelle ne put s'empêcher de revenir sur un point qui la chagrinait.
    « Il doit vous être bien difficile d'imaginer quitter un jour Castamère, à voir comme vous en parlez … Est-ce quelque chose auquel vous avez déjà pensé ? J'avoue que pour ma part, j'aime tant vivre ici que je n'imagine pas ma vie ailleurs. Dulceport est un lieu de vie si paisible, si agréable ...  ». Annabelle sentait et savait que les négociations pour son propre mariage était en cours et des questions commençaient donc à affluer dans son esprit, comme celle-ci : comment quitter sans trop de regrets ces lieux où elle avait tant de souvenirs ? Comment affronter sereinement un futur qui semblait bien difficile à prédire ? Toutes ces questions, n'importe quelle jeune femme noble devait se les poser, lorsqu'elle était amenée à quitter son fief, Catelyn et Annabelle comme toutes les autres.

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