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Au bord de la Ruffurque

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Message Mar 21 Aoû 2012 - 2:02

HRP: L'action se déroule avant les évènements évoqués dans ce sujet

Les chansons disaient vrai, le Conflans avait un parfum tout particulier. Loin des montagnes de son Ouest natal, Qhorin semblait apprécier l’atmosphère à la fois vivante et paisible des lieux. A nouveau, ses poumons se soulevèrent distinctivement alors qu’il inhalait encore l’odeur mélange de menthe et de fleurs dont il ne connaissait pas le nom. Il ne comptait plus le nombre fois où il avait répétait cette manœuvre au cours des dernières minutes. Pourtant, le jeune homme savait que lui et son escorte allaient devoir reprendre la route vers Port-Lannis dans très peu de temps maintenant qu’il avait enfin ce qu’il était venu chercher ici. A la fin de cette après-midi, ils auraient déjà franchi la frontière et mis les terres fluviales du Conflans derrière eux. Alors ce n’était pas le moment de s’attacher à ces lieux pensait-il, tâchant comme à son habitude de conserver un semblant de discipline.

Pendant encore quelques minutes, la longue silhouette mince de Qhorin Fléaufort allait demeurer ce petit rocher juste au bord de la rivière Ruffurque. Dans son dos, l’immense tour d’Abée de la forteresse triangulaire de Vivesaigues tombait quasiment à pic sur l’eau. A son sommet, des drapeaux frappés de la Truite Argentée des Tully flottaient au vent. Loin de l’agitation de la Porte de l’Eau par laquelle de nombreuses embarcations franchissaient l’entrée du château, la tour d’Abée offrait le calme et la sérénité auxquelles Qhorin aspirait en cet instant. Non pas que l’adolescent ait été de nature renfermée et solitaire, bien qu’il appréciait sur le moment de ne pas avoir à supporter la présence des sept hommes qui l’accompagnaient depuis le début son long voyage. Il avait surtout besoin d’intimité pendant un court instant, d’être seul avec « elle », avec celle qui, espérait-il, serait un jour l’outil de ce qu’il s’était juré d’accomplir. De ce qu’il se devait d’accomplir. Pour rétablir l’honneur de sa Maison.
Car l’objet de son passage par Vivesaigues, Qhorin le tenait entre ses mains. Il lui aurait été impossible de l’obtenir à Fléaufort. Pas depuis que Saran avait péri lors d’un raid de Fer-Nés et que son apprenti ne disposait pas encore de la compétence nécessaire. Port-Lannis, la destination finale de Qhorin, était réputée pour la qualité de ses joailliers tout comme celle de ses forgerons. Mais le jeune homme, qui avait aujourd’hui 14 ans, se refusait d’entrer sur les terres de son suzerain sans une épée digne de ce nom. Il lui fallait donc obtenir l’arme avant de se présenter devant les Lannister, quitte à faire un détour. Lady Fléaufort, sa mère, était née Vance et donc originaire du Conflans. C’était elle qui avait recommandé la forge de Vivesaigues. Quelques échanges de missives par corbeaux plus tard, et il était convenu que Qhorin passe en personne par Vivesaigues simplement pour récupérer ce que tout héritier noble et de son âge se devait de posséder. Après tout, Daeron I avait son âge lorsqu’il conquit Dorne. Des ambitions de conquête, Qhorin n’en possédait guère. Mais sa rancoeur et ses projets étaient tournés vers une autre des sept Couronnes, ces Îles de Fer qui finiraient par payer pour les crimes commis contre les siens.

Avec un chiffon de laine humide, trempé dans l’eau de la Ruffurque à ses pieds, le jeune héritier polissait avec application la lame forgée en acier qui avait allégé sa bourse de 4 Dragons d’Or quelques heures plus tôt. La teinte de l’acier prenait un aspect presque bleu pâle, encore plus froid que ceux des yeux de son nouveau propriétaire.
Chacun des hommes d’armes qui l’accompagnaient avait reconnu la grande qualité du travail du maître Forgeron lors de la transaction. D’une longueur de presque trois pieds, c’était une épée qu’il était possible de manier à une main. La pointe était renforcée, et lame un peu moins large que son poing possédait des émoutures à pans extrêmement concaves. La garde droite ainsi que le pommeau avait été façonnés dans du fer qui avait été ensuite recouvert d’or, donnant à l’arme un aspect noble. La poignée ou fusée était en orme venant des jardins du bois sacrés local. Le bois avait été recouvert de fil de lin ciré rouge oranger évoquant le trescheur de flammes des Fléaufort. Mais contrairement à la Grande Epée de son père, le blason de sa maison n’avait pas été gravé sur le pommeau. Chaque épée devait garder sa spécificité après tout. Et qu’importe, l’homme encapuchonné symbole des Fléaufort était présent sur la quasi totalité de sa garde robe. Ce jour ne faisait d’ailleurs pas exception. On pouvait aisément distinguer le blason de sa famille, une Maison mineure de l’Ouest, par dessus sa cotte de mailles. Comme depuis le début du voyage, des épaulettes et un gorgerin en acier complétaient son ensemble.

« Il ne me reste qu'à lui trouver un nom » laissa-t-il échapper à voix haute tandis qu’il continuait de repasser lentement toute la longueur de la lame avec son chiffon trempé.
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Message Sam 25 Aoû 2012 - 18:52

Les bords de la Ruffurque, à cette heure de la journée, étaient toujours des plus agréables. Il y régnait une température parfaite, surtout en cette saison, et les odeurs des plantes s'entremêlaient et embaumaient les alentours, la lumière se faufilant à travers les feuillages avec une irrégularité qui donner à l'ensemble un coté presque féerique.

Eleanor déambulait depuis de longues minutes sur les bords de la rivière, pieds nus et pataugeant avec une appréhension perceptible dans l'eau, tenant ses jupons relevés et évaluant, la mine critique, chaque ombre qu'elle croyait deviner au fond de cette eau pourtant limpide.

Elle avait réussi à grand peine à sortir seule ou presque de la maison, faisant mine d'ignorer le garde qui l'avait suivi avec la mine ravie de celui qui aurait préféré piquer une petite sieste dans un coin tranquille plutôt que de suivre la demoiselle du château qui semblait avoir une lubie bien étrange ce jour-là. Emilia n'avait pas insisté pour l'accompagner, n'étant pas férue des promenades au cœur de la nature, l'inverse d'Eleanor qui aimait passer de longues heures à parcourir les terres des Tully.

Mais aujourd'hui, la situation était différente. Elle avait décidé d'affronter ce qui était pour elle l'une de ses plus grandes hontes et qui en aurait fait rire plus d'un. Malgré les années et les difficultés, elle avait réussir à garder cacher sa hantise de l'eau. Elle en avait une peur presque panique ce qui, pour une dame dont le blason était la Truite était du plus haut comique. Et pourtant, elle n'y voyait rien de drôle, ayant pris l'habitude de serrer des dents à chaque fois qu'elle prenait le bateau, moyen de transport préféré de la famille, cela allait sans dire et de camoufler ses craintes sous un masque contemplatif, passant en règle générale tout le trajet à part, le regard fixé sur le lointain.

Alors qu'elle s'était déchaussée, guettant les alentours pour s'assurer qu'elle n'était pas observée, elle avait songé à ce qui avait pu provoquer cette peur de l'eau. D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle n'avait jamais été attirée par les jeux d'eau. Elle se rappelait les rares occasion où elle avait pu jouer au jeu du Seigneur du Pont lors de ses visites aux Jumeaux. Si ses petits camarades avaient toujours trouvé très drôle de finir dans l'eau, Eleanor en avait horreur. Ce n'était ni une question de confort ou de propreté, elle était une enfant comme les autres, aimant patauger dans la boue et rêvant d'échapper aux bains, mais plutôt cette sensation de perdre pied qui lui déplaisait fortement.

C'était peut-être ça en fait qui lui faisait abhorrer toute forme de liquide plus vaste que le baquet utilisé pour le bain, cette sensation qu'elle n'arriverait pas à maitriser où elle allait, à cause du courant, de l'eau profonde et surtout, ce qui se trouvait tapi dans l'ombre. Elle n'avait pourtant jamais été attaquée par une des nombreuses bestioles pour la plupart inoffensives qui peuplaient la rivière et ses environs les plus proches, elle les avait même à peine aperçues, fuyant à grands cris lorsqu'elle était plus jeune, n'osant même pas les toucher du bout de son bâton comme l'auraient fait la majorité des enfants.

Mais elle se devait d'essayer, au moins pour ne pas faire honte à sa famille en s'enfuyant à toutes jambes si elle devait travers un guet à pieds avec élégance, tomber d'un pont avec dignité ou tout autre chose aussi peu amusante qu'éprouvante à ses yeux.

Il lui avait fallu près d'une heure pour oser mettre les pieds dans l'eau mais, à force de patience elle avait fini par tremper ses orteils, la mine peu assurée, contente de savoir que le garde ne la suivait que de loin et ne voyait pas sa tête. L'eau était particulièrement fraiche et elle avait poussé un petit cri de surprise, finissant tout de même par y entrer jusqu'aux chevilles.

C'est ainsi qu'elle avait progressé doucement, centimètre par centimètre, se sentant un rien plus rassurée à mesure que passaient les minutes. Elle commençait presque à apprécier la balade, pas complètement bien sûr, elle restait persuadée qu'un crabe allait surgir et lui pincer les orteils, sachant pertinemment que les crabes d'eau douce était une rareté dans les alentours de Vivesaigues. Mais qu'en était-il des anguilles, des sangsues et autres créatures aussi peu sympathiques ?

Alors qu'elle s'interrogeait, la mine pensive, elle ne prêta attention au jeune homme installé sur son rocher qu'une fois à quelques mètres à peine de lui. Impossible de faire demi-tour sous peine de manquer à tous ses devoirs mais, il fallait bien se l'avouer, elle n'était guère à son avantage pour faire honneur à la famille Tully.

N'ayant aucune échappatoire possible, elle releva le nez fièrement, gardant ses jupes entre ses mains et s'approcha un peu plus, alors qu'elle l'entendait soudain parler tout seul. Elle haussa les sourcils, nullement étonnée par la teneur de ses propos mais plutôt par le fait de le voir parler seul à haute voix. Après tout, elle ne connaissait pas un chevalier ou un Lord digne de ce nom qui n'ait pas baptisé son épée. Même si elle avait toujours trouvé cette coutume quelque peu étrange, elle trouvait amusant les noms qu'ils trouvaient quelque fois, ce nom reflétant bien souvent la personnalité de son propriétaire et surtout de sa Maison, l'épée passant bien souvent d'un aîné à l'autre au fil des générations. Elle cilla un instant, essayant sans succès de se rappeler du nom de l'épée au pommeau en forme de truite que portait Edwyn, avant de noter pour elle-même de lui poser la question dès que possible.

Se raclant alors la gorge, elle laissa échapper d'une voix tranquille, après avoir jeté un bref regard aux gardes qui accompagnait le jeune homme et qui se tenaient un peu plus loin, attentif au moindre de ses gestes. D'un regard, elle avait remarqué le blason et après quelques secondes et un froncement de sourcils pensif, elle s'était rappelé de son origine.


"Il est important de trouver le nom parfait qui convienne à votre épée. Il parait que cela lui confère une force et une personnalité unique et c'est important de ne pas se tromper. Après tout, elle vous suivra tout au long de votre existence Messire Fléaufort."

Alors qu'elle entendait son propre garde surgir d'un arbre, la main sur la garde de son épée, elle continua, d'une voix tranquille.

"Oh, j'ai oublié de commencer par le commencement. Je suis Eleanor Tully et je vous souhaite la bienvenue sur nos Terres."

La situation était assez incongrue pour qu'elle essaie de faire une révérence en guise de salutation. Elle risquerait de lâcher ses jupes, de finir trempée et pire, de glisser et de tomber à l'eau.
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Message Dim 26 Aoû 2012 - 19:38

C’est en s’entendant appeler « messire Fléaufort » que Qhorin daigna lever les yeux vers la jeune femme qui lui faisait face. Dans un premier temps, il lui avait semblé parfaitement inutile d’accorder ne serait-ce qu’un semblant d’attention à je ne sais quelle roturière occupée à tremper ses pieds dans l’eau, car oui il n’y avait bien que des gens du commun pour se livrer à pareille activité. Elle avait beau se trouver à quelques mètres de lui à en juger par le son distinct généré par ses déplacements dans l’eau, se consacrer à son épée lui semblait bien plus important que de prêter attention à cette personne. Cependant il dut rapidement revoir son premier jugement en entendant une voix de jeune femme prononcer son nom de famille. A son grand dam, il appartenait à une maison mineure. Une maison mineure des Terres de l’Ouest, qui plus est. Quelles étaient les chances pour qu’une jouvencelle du Conflans soit non seulement initiée à la science héraldique mais aussi capable de reconnaître un blason originaire d’une autre région ? La question méritait d’être posée et la jeune femme qui lui faisait face justifiait qu’il pose enfin un regard intrigué sur elle.

Si on trouvait volontiers au jeune héritier de nombreux défauts (demandez-donc à ses précepteurs), on pouvait lui reconnaître qu’il avait l’esprit vif et aiguisé. Il fut tout de suite frappé par la blancheur du teint de la jeune femme. Même si l’été avait depuis peu laissé place à l’automne, la période estivale avait été suffisamment longue et rude pour qu’il soit surprenant de croiser des gens qui n’arborent pas un teint halé, même dans le Conflans. Cela ne pouvait signifier qu’une chose, cette jeune fille brune aux yeux bleu azur était forcément de haute naissance. Ce qu’elle confirma dans la seconde qui suivit la déduction de Qhorin, en se présentant en tant que Eleanor Tully !

En étant tout à fait objectif, la situation était certes incongrue mais à en juger par la lueur de panique qui s’éclaira dans les yeux de Qhorin, le jeune homme sembla l’espace de quelques secondes plongé en plein drame. D’après son interprétation des faits, il était à la limite de frôler l’incident diplomatique. Certes, à en juger par le ton qu’elle avait utilisé, cette Dame ne paraissait guère offensée. Mais certains nobles savaient moduler leur voix à la perfection pour masquer leurs émotions. Et en étant tout à fait honnête avec lui même il se demandait comment il aurait réagi lui en surprenant un autre noble, tranquillement assis sur SES terres de Fléaufort, occupé à polir la lame d’une épée flambante neuve. S’il avait été dans la situation d’Eleanor, Qhorin et son tempérament bouillant, impulsif, se serait sans doute offusqué de la situation. Alors oui, Lady Fléaufort avait annoncé par corbeau au mestre de Vivesaigues ainsi qu’à Lady Tully que Qhorin passerait par leur fief pour s’entretenir avec le forgeron local. Après tout, Myria Fléaufort était née Vance, une famille vassale des Tully. La situation aurait pu être fort simple si Qhorin et son escorte s’était contentés de payer le forgeron, réceptionner l’épée et reprendre immédiatement la route vers Port-Lannis. Mais par tous les Sept, qu’est-ce qu’il lui avait bien pris pour flâner près du château et s’attarder de la sorte. Alors oui l’air du Conflans était agréable et parfumé, mais il n’avait aucun droit de se l’approprier même pour quelques heures. Cet air qu’il respirait appartenait à la famille de la Dame qui l’avait interpellé. Et désormais il devait sans doute passer pour un abominable rustre pour s’être attardé sur leurs terres sans avoir pris la peine de s’être présenté en bonne et due forme.

Toutes ces pensées avaient fusé dans sa tête à toute vitesse comme autant de flèches qui se plantait contre sa paroi crânienne. Mais trêve de réflexion, d’hypothèse et d’interprétation en tout genre, il lui fallait désormais agir pour sauver ce qui pouvait l’être. Qhorin se redressa plus brusquement qu’il ne l’aurait souhaité. Sa bouche s’entrouvrit mais il se rappela avant de prononcer ses premiers mots qu’il était absolument révoltant de se tenir une arme dégainée à la main face à la Dame du fief dans lequel il se trouvait. Le jeune Fléaufort entreprit rapidement de ranger sa longue épée dans le fourreau avec autant d’habilité et de noblesse qu’il pouvait invoquer dans un tel moment. Lorsque ce fut fait, Qhorin exécuta la révérence de mise

« Lady Tully. »

Pour la premiere fois de sa vie il regrettait d’être si grand. En effet Eleanor Tully, malgré un long coup gracile qui lui seyait à ravir, était de petite taille. Rongé par la culpabilité, pour les raisons évoquées plus haut, Qhorin aurait voulu mettre un genou un terre et se prosterner d’excuse. Mais il était l’héritier d’une famille noble de Westeros et à moins de se trouver face au sang royal, il n’avait aucune raison de s’agenouiller quelque soit la faute qu’il ait pu commise. Il devait donc rester debout face à cette charmante Dame qu’il toisait bien malgré lui en raison de leur différence de taille. Invoquant tout son courage, l’adolescent se força à regarder la Dame dans les yeux.

« Je suis Qhorin Fléaufort. Lady Myria Fléaufort, ma mère, vous a, si je ne m’abuse, prévenu de mon passage bref sur vos terres le temps d’effectuer une transaction avec le forgeron de Vivesaigues.»

La salive lui manquait à tel point que Qhorin aurait voulu avaler toute la Ruffurque.

« Je vous prie de m’excuser de ne pas être venu me présenter d’abord. »

Rien ne justifiait que l’héritier d’une Maison mineure de l’Ouest soit reçu à la cour de Vivesaigues pour s’entretenir avec le Suzerain du Conflan de toute façon. Mais maintenant qu’il avait été identifié par Eleanor, il se devait de s’excuser pensait-il.

« Je n’avais pas jugé convenable de déranger Lord Tully votre fils pour un motif aussi dérisoire que celui qui m’amène sur vos terres. Je le sais très occupé. »

Baliverne. Depuis la mort de Medgar Tully, frappé par le Fléau du Printemps, dans toutes les Sept Couronnes les gens savaient que le Seigneur de Vivesaigues était désormais son fils, un garçonnet de moins de 10 ans. Qhorin n’était pas familier de la généalogie des Tully. Mais Eleanor Tully, à en juger par son âge, ne pouvait être que la Dame de Vivesaigues, veuve de Medgar et mère du nouveau Seigneur. Une jeune femme de si haut rang et d’approximativement dix huit ou vingt ans, était forcément déjà mariée se disait Qhorin. Il ne pouvait donc s’agir que de la Régente du Conflans. A moins que ?
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Message Dim 2 Sep 2012 - 17:51

Eleanor fixait le jeune homme avec un mélange de perplexité et de curiosité. La situation était pour elle un peu gênante certes, mais elle n'y voyait rien de grave. Certains auraient même trouvé la scène plutôt drôle, ce qui n'était pas dans la nature de la jeune Lady. Elle esquissa un sourire de bonne grâce lorsqu'il effectua sa révérence, hochant la tête en signe d'approbation en le voyant ranger son épée promptement et respecter les usages avant de fixer le jeune homme sans ciller.

"Vous me voyez ravie de faire votre connaissance, même en ces circonstances un peu… différentes de l'ordinaire."

Elle haussa un sourcil, songeuse, essayant de se rappeler un corbeau ou un quelconque message annonçant la venue du jeune lord mais rien ne lui venait à l'esprit. Mère avait peut-être jugé l'information trop minime pour lui en faire part, d'autant plus qu'il ne semblait pas avoir prévu de faire escale à Vivesaigues à proprement parler. Elle n'en était guère offusquée, après tout, tous les voyageurs ne venaient pas leur rendre visite et d'une certaine façon c'était mieux ainsi, sinon ils auraient passé leur temps à organiser des banquets et à festoyer jour et nuit pour rendre honneur et accueillir convenablement leurs invités.

"Visiblement votre transaction semble s'être bien déroulée. J'espère que vous êtes satisfait du travail de notre forgeron et que cette épée vous sied. Je sais qu'il a acquis une grande réputation et que ses ouvrages sont toujours de qualité. Je suis heureuse de voir que l'on se déplace de loin pour faire honneur à ses compétences."

Elle était sincère. Elle était toujours heureuse de voir que le travail des habitants du Conflans était reconnu au-delà de leurs terres et que les gens venaient jusqu'à eux pour en bénéficier, quitte à faire un long voyage. Son sourire se fit plus large alors qu'il s'excusait et elle secoua légèrement la tête en signe de dénégation.

"Nul besoin de vous excuser voyons. Cet oubli est réparé maintenant et..."

Elle réalisa alors qu'il la prenait visiblement pour sa propre mère ou du tout moins c'était ce qu'il semblait sous-entendre en parlant de son fils, le jeune lord. L'idée d'être la mère d'Edwyn était un rien perturbante, lui rappelant par-là qu'elle aurait du être mariée depuis plusieurs années déjà s'il n'y avait tous ces évènements qui avaient bouleversé leur vie familiale. Il est vrai qu'une jeune femme de sa condition approchant la vingtaine sans être mariée était une chose plutôt rare. Mais de là à l'imaginer déjà mère d'un enfant de neuf ans, aussi charmant soit-il, la chose était quelque peu rude.

Laissant échapper une petite moue vexée, Eleanor remonta légèrement ses jupons, s'apprêtant à sortir de l'eau pour gagner en stabilité et pouvoir dissiper ce qu'elle espérait n'être qu'un malentendu au plus vite. Elle ne quittait pas son interlocuteur du regard, plissant légèrement des yeux dans une mimique qui lui était peu habituelle.

Alors qu'elle faisait un nouveau pas dans sa direction, son pied glissa sur un galet auquel elle n'avait pas prêté attention, troublée qu'elle était par les propos du sieur Fléaufort. Comme dans ses pires craintes, elle bascula en arrière dans un mouvement tout sauf gracieux et élégant, laissant échapper bien malgré elle un petit couinement de surprise et de frayeur mêlés. Heureusement pour elle, plus de peur que de mal et elle se retrouva, le postérieur endolori, assise dans une eau bien plus glaciale qu'elle ne l'avait imaginé au premier abord. Il faut dire qu'entre y plonger simplement les pieds avec précaution et y finir toute habillée, il y avait un fossé qu'elle avait franchi allègrement à son insu.

Elle en oublia un instant Qhorin, toute occupée à ne pas paniquer et à ne pas se mettre à hurler. Il n'y avait qu'une vingtaine de centimètres d'eau tout autour d'elle et rien ne l'attaquait, rien ne se passait. C'était plutôt bon signe mais une vague de panique menaçait de la submerger tandis qu'elle essayait de trouver le meilleur moyen de se relever et de retrouver un semblant de dignité, même si ce dernier point semblait une cause perdue d'avance.

Poussant un profond soupir, elle se résigna à plonger ses mains une nouvelle fois dans l'eau pour prendre appui lorsqu'elle entendit les pas précipités de son garde qui se rapprochait rapidement. Elle essaya un instant d'imaginer à quoi pouvait ressembler la scène vu de l'extérieur et un fou rire nerveux la gagna brusquement, l'empêchant de trouver la force de se relever, d'autant plus que ses jupons lui collaient aux jambes et entravaient quelque peu ses mouvements.
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Message Mer 5 Sep 2012 - 16:46

Diantre, pourquoi me fixe-t-elle de cette manière ?!
Voici la seule question qui traversait la tête de Qhorin alors que les yeux de la jeune Dame étaient braqués droit sur lui, plissés dans un regard accusateur.
En quoi l’évocation du jeune Lord Tully avait déplu à Eleanor ? L’enfant avait-il était turbulent récemment ? Refusait-il encore de faire dans son pot de chambre ? Cela était probable étant donné qu’en voyant la mère, le fils ne pouvait être guère plus âgé de cinq ou six années.

C’est alors que l’improbable se produisit. Eleanor se dirigeait dans sa direction, se rapprochait inexorablement avant de chuter en arrière en se retrouvant le postérieur plongé dans la rivière. Qhorin, auquel il est ces temps-ci difficile d’arracher un sourire, se serait volontiers fendu d’un éclat de rire moqueur devant pareille mésaventure. Cependant il s’agissait de la Dame du Fief sur lequel il se trouvait, aussi l’idée d’esclaffer ne lui vint même pas à l’esprit. D’autant qu’à sa droite, le cliquetis familier du métal indiquait qu’un garde en armure courrait dans leur direction à vive allure. Résumons la situation. Il était armé, son épée n’était rangée dans son fourreau que depuis quelques secondes. A ses pieds, une Dame gisait dans l’eau. Pour couronner le tout un homme d’arme se dirigeait droit sur lui. Même quelqu’un de moins vivace que Qhorin aurait réalisé qu’il valait mieux prendre des libertés et ne pas laisser les choses telles qu’elles étaient sous peine de générer un regrettable malentendu. D’autant que le fou rire nerveux d’Eleanor pouvait attirer d’autres témoins.

Sachant ce qu’il lui restait à faire, sans la moindre hésitation Qhorin mit à son tour les deux pieds dans l’eau, étape nécessaire à la manœuvre qu’il allait entreprendre. Ensuite, il se pencha vers la jeune Dame et lui attrapa fermement l’avant-bras. Il avait déjà vu des Lord offrir leur main à des Dames en attendant que celles-ci la saisissent mais avait décidé, étant donné les circonstances, de ne pas donner le choix à Eleanor. L’adolescent usa alors de son poids pour relever la malheureuse. Puis s’aidant de son deuxième bras, il la souleva de quelques centimètres au-dessus de l’eau. Le visage de Qhorin se trahit en laissant échapper un petit rictus. Le moment fut très bref, tout juste une demi-seconde, le temps de pivoter et de la poser du côté de la terre ferme. Mais durant ce bref instant de proximité, Qhorin eut l’étrange sentiment de ne plus se trouver face à une mère dirigeant sa maison mais tout simplement une jeune comme sa propre sœur l’avait été du temps où ils vivaient tous à Fléaufort.

Ce n’est qu’ une fois assuré qu’elle était bien redressée qu’il desserra l’étreinte de sa main sur le bras de la jeune femme. Involontairement, les yeux bleu glace de Qhorin s’égarèrent sur le sol et remontèrent. Aussi incongru que cela puisse paraître, la Dame était nus pieds ?! (Qhorin ne se rappelait même pas avoir jamais vu les pieds de sa propre mère). Ses jupons étaient gorgés d’eau en bas et lui collait à la peau, révélant la forme de ses jambes et...
Se refusant à vérifier si Eleanor était également trempée plus haut qu’au niveau des mollets, Qhorin se retourna brusquement, raide comme un piquet. La Tully n’avait plus sous les yeux que le dos du jeune noble de l’Ouest qui était lui désormais tourné vers la Ruffurque.

« Hum.. Avez-vous égaré quelque chose dans l’eau ? Je suis convaincu que ce garde (…) »
Par dessus son épaule il désigna d’un mouvement du visage l’homme d’arme qui était finalement arrivé à leur hauteur.

« se serait fait une joie d’inspecter la rivière à votre place, vous épargnant ce petit désagrément.»

Qhorin tentait de rationaliser les choses. Il ne voyait pas d’autres raisons qui auraient pu pousser une Dame à marcher pieds nus dans l’eau. A moins qu’Eleanor Tully n’ait plus toute sa tête ? Après tout, son propre père avait complètement perdu l’esprit depuis les malheurs qui avaient frappé la famille Fléaufort. L’infortune avait frappé les Tully avec autant de gravité, puisqu’ils avaient perdu des membres de leur Maison dont, celui que Qhorin pensait être le mari de la jeune fille. Le dos toujours tourné à Eleanor, Qhorin jonglait entre les deux hypothèses en attendant que la Dame réagisse.
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Message Sam 29 Sep 2012 - 20:44

Si Eleanor avait songé à vaincre pour de bon sa peur de l'eau et l'humiliation qu'elle ressentait à chaque moment où elle était prise de panique à l'idée de traverser un cours d'eau ou de tremper ses pieds dans un étendue d'eau plus grande que le baquet pour le bain, cette petite mésaventure n'avait bien évidemment aidé en rien, bien au contraire, même si elle n'arrivait encore pas à se calmer et à arrêter de rire nerveusement.

La situation n'avait pourtant pas grand-chose de drôle et la jeune femme sentait sa dignité s'évaporer aussi surement qu'elle était trempée des pieds à la tête. Qu'importe, il fallait maintenant essayer de remédier à la situation et au moins, songer à s'extirper de là lui faisait oublier l'incongruité de la scène. Alors qu'elle essayait sans succès de se relever, le jeune lord Fléaufort vint à son secours tandis qu'elle entendait les pas de son garde se rapprocher à toute allure.

Malgré son jeune âge apparent, il semblait doté d'une force certaine et c'est sans mal qu'il arriva à la relever, Eleanor se faisant l'espace d'un instant, l'effet d'être une petite fille qu'on portait à bout de bras. Mais bien évidemment, elle n'était plus une petite fille depuis bien longtemps et, une fois debout, on ne pouvait que contempler les dégâts provoqué par l'eau. Elle tapota son estomac dans un bruit spongieux qui lui fit hausser les sourcils. Elle était aussi trempée qu'on pouvait l'être à la sortie du bain et le tissu lui collait à la peau des pieds à la tête, dévoilant une silhouette bien proportionnée malgré sa petite taille.

Mais elle n'y songeait guère, toute à sa déception d'avoir gâché, probablement irrémédiablement, l'une de ses robes préférées. Elle laissa échapper un soupir avant de réaliser qu'elle manquait totalement de courtoisie et qu'elle n'avait pas pris la peine de remercier le jeune lord Fléaufort qui venait de lui porter secours. Etonnamment, l'on était bien loin des scènes chevaleresques dont elle avait pu lire les récits où le héros venait porter secours à la demoiselle en détresse et en tirait une gloire certaine que l'on finissait par conter en chanson.

La scène était bien différente, Eleanor tenait à peine sur ses pieds, dégoulinante et aussi charmante qu'un chien mouillé, peut-être un peu plus certes, mais c'était la première image qui lui venait à l'esprit, et Qhorin visiblement aussi gêné qu'on pourrait l'être, tout du moins elle le pensait mais il était difficile pour elle de le confirmer dans la mesure où elle n'avait face à elle que son dos pour se faire une idée de la situation.

"Euh… je…"

Pour ne pas changer, elle était à court de mots. Si elle avait égaré quelque chose ? Et bien, mis à par son amour-propre, elle ne pouvait pas vraiment répondre oui à sa question sans passer pour une menteuse. Elle leva les yeux en direction du garde qui semblait interdit face à la scène, ne sachant pas vraiment s'il devait chasser le malotru qui avait osé porter la main sur la jeune lady, s'il devait le remercier ou autre chose. La situation semblait lui échapper totalement, mais il faut dire qu'elle n'était pas d'une clarté évidente pour tous.

Il tenait son épée en main et s'arrêta devant Eleanor, la mine inquiète.


"Lady Eleanor ? Tout va bien ? Il ne vous a pas fait de mal ? Votre mère va être paniquée quand elle va voir dans quel état vous vous êtes retrouvée…"

Eleanor se contenta de soupirer de plus belle. L'évocation de sa mère lui avait rappelé les propos de Qhorin qui semblait l'avoir confondu avec Charissa et surtout, elle n'avait pas la moindre idée de la conduite à tenir dans de telles circonstances.

"Ne vous en faites pas. Tout va bien. Messire Fléaufort a eu la gentillesse de venir à mon aide alors que j'étais dans une situation… délicate. J'étais d'ailleurs sur le point de le remercier."

Le garde rumina quelques paroles inintelligibles et rengaina son arme, non sans un regard noir en direction de Qhorin.


"On ne m'enlèvera pas de l'idée que c'était une idée stupide de vous promener comme ça, ce n'est plus de votre âge. Regardez-vous, vous allez attraper la mort. Et je vais en entendre parler, ça je peux en être sûr… Remettez au moins votre pelisse et vos chaussures."

Tandis qu'il parlait, il tendit le petit manteau qu'il avait jeté sur l'épaule et les petites chaussures qu'il avait accroché à sa ceinture. La jeune femme haussa les épaules et laissa échapper, du ton le plus sérieux du monde tandis qu'elle s'enroulait dans le tissu léger mais qui recouvrit au moins une partie de ses vêtements mouillés. Ce garde l'avait vu grandir et l'avait suivi dans ses expéditions tout autour du château depuis son plus jeune âge. Il avait toujours veillé sur elle et elle savait qu'il s'inquiétait sincèrement pour elle, même si dans l'immédiat, elle était plus gênée que reconnaissante.

"On dirait une vieille Septa. Je ne me suis rien cassé et Mère n'en saura rien. Si personne ne lui en parle."

Elle fixa Qhorin, espérant qu'il finisse par regarder enfin dans sa direction pour qu'elle puisse le remercier promptement. Il faudrait qu'elle pense à trouver comment remettre ses chaussures sans avoir à refaire des courbettes devant des inconnus, elle en avait déjà peut-être trop fait de ce coté-là sans pouvoir y songer sans être mal à l'aise.
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Message Dim 14 Oct 2012 - 13:03

La situation était plus qu’inconfortable. Qhorin avait beau s’être tourné par correction, n’osant pas poser les yeux une seconde de plus sur Eleanor, le fait de ne pas la regarder n’allait pas la faire sécher et retrouver une tenue décente par magie. Il sentait déjà le rouge lui monter aux joues bien qu’en étant tout à fait honnête envers lui même, il était surtout gêner pour la jeune Dame. Une femme noble se devait d’entretenir sa réputation et son image avec autant si ce n’est plus d’attention qu’un chevalier envers son épée. La mère de Qhorin leur racontait souvent étant enfant comment des siècles auparavant une simple feuille de salade avait compromis les fiançailles entre Lady Darry et un Lord de la noble maison Frey. Le fâcheux « incident » avait eu lieu lors d’une réception aux Jumeaux. Pendant le festin, il fût servi une salade de betterave accompagnée d'oignons et de haricots verts. Hélas pour Lady Darry, une feuille de laitue trouva de bon ton de se réfugier dans le creux entre son incisive et sa canine alors qu'elle était en pleine conversation avec son promis. Les versions diffèrent quant au fait de savoir s’il s’agissait de l’incisive droite ou gauche mais tous s’accordent sur la fin de l’histoire. Lady Darry n’épousa jamais son promis, Frey jetant peu après la réception son dévolu sur la cadette des Vance. Ce genre de ragots circulait aussi vite que les missives au sein de la noblesse des Sept Couronnes. Si deux cent ans plus tard, on discutait encore d’une feuille de laitue, imaginez ce que la chute dans la Ruffurque d’une Tully (le comble !) pouvait causer comme dégâts. Heureusement pour Eleanor, Qhorin n’était pas le genre de garçon à colporter des histoires, il ne fréquentait d’ailleurs pas encore la cours d’un grand seigneur de toute façon. Mais Eleanor n’était pas censé le savoir, ainsi l’héritier des Fléaufort n’osait même pas s’imaginer ce qui pouvait bien traverser l’esprit de la jeune Dame après une telle mésaventure.

Raide comme un piquet, le dos tourné, seul le cliquetis du métal parvint à faire fléchir Qhorin de sa résolution de rester aussi figé que la célèbre statue de Baelor le Bienheureux. Le garde avait osé dégainer son épée et mettre en doute ouvertement les intentions de Qhorin. Tout adolescent de quatorze ans qu’il était, Qhorin n’avait sans doute pas la moindre chance face à un homme d’arme entraîné et assigné à la protection d’une noble Dame comme Eleanor. Mais quand bien même, sa main se crispa sur la garde de son épée qui n’avait pas encore de nom. Sans se retourner complètement, son cou effectua la rotation nécessaire pour que le garde et seulement ce garde se trouve dans son champ de vision. Silencieux, le regard glacial dont Qhorin le gratifia aurait même pu rafraîchir un Stark de Winterfell. Cela dit, même les formes de vie les plus insignifiantes à l’image de cet homme avaient leur utilité. Son intervention eut au moins le mérite de permettre à Eleanor de retrouver une tenue décente et de clarifier quelque chose.

Tandis qu’Eleanor se comparait à une Septa, le regard de Qhorin se figa loin vers les ramparts de Vivesaigues. Il venait de réaliser son erreur. Plutôt que de se sentir mal, bien au contraire ses traits se détendirent au moment où il fit de nouveau face à la jeune femme. Quelque part dans un coin de sa tête s’affichait l’image d’un vieux parchemin jauni déplié par les mains rocailleuses du Mestre de Fléaufort. Sur le morceau de papier, l’arbre généalogique de la maison dirigeante du Conflans qu’on avait tant bien que mal tenté de lui faire retenir.

« Lady Eleanor Tully. Sœur de Edwyn Tully, seigneur suzerain du Conflans. »


Un sourire éclaira son visage juvénile, l’espace d’un instant la lueur de ses yeux perdit cet aspect froid et glacial.

« Il semblerait…..

L’idée de reconnaître sa faute et de se confondre en excuses lui traversa très brièvement l’esprit. Mais cela n’aurait fait qu’empirer les choses. Quelle jeune femme voudrait entendre répéter que son interlocuteur est confus de l’avoir confondu avec sa mère?

(…) que je sois d’accord avec cet homme de chambre.»

Qualifier le garde d’homme de chambre était la rétribution personnelle de Qhorin pour cet homme de rang inférieur qui avait osé mettre en doute sa galanterie. Par ailleurs, le jeune Fléaufort s’adressait à elle sur un ton bien moins formel désormais.


« Marchez quelques instants avec moi. Se promener sur les bords me paraît plus bien plus sûr que de le faire sur l’eau. Le temps de faire quelques mètres et vos vêtements seront déjà quasiment séchés. »

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Message Mer 17 Oct 2012 - 20:16

Une légère brise s'était levée alors qu'ils étaient tous les trois plantés au bord de la Ruffurque et Eleanor pouvait la ressentir fortement, malgré le tissu qui la recouvrait et dont elle ressentait cruellement en cet instant la légèreté. C'est bien évidemment sans compter le fait qu'il semblait s'imbiber de l'eau contenue par les vêtements de la jeune femme avec une vitesse peu croyable, gâchant probablement tout aussi irrémédiablement cette pelisse qu'elle n'avait pas appréciée à sa juste valeur.

Alors qu'elle était tourmentée par des idées aussi féminines que peu opportunes en cet instant précis, elle en oublia presque la présence de Qhorin dont les méninges semblaient soudain fonctionner à toute allure sans qu'elle n'y fasse attention, ayant fini par détourner son regard et par s'apitoyer une fois de plus sur sa tenue avec une moue triste.

Elle finit par relever les yeux et découvrir la physionomie totalement transformée du jeune héritier de la maison Fléaufort. Sans même chercher à s'en empêcher, elle lui rendit son sourire, ravie de le voir enfin se dérider et trouvant soudainement la situation moins gênante et surtout moins dramatique qu'un instant auparavant.

A mesure que son regard se faisait plus avenant, Eleanor sentit ses épaules se détendre et même le vent ne semblait plus aussi froid. Elle laissa échapper un petit soupir de soulagement avant de prendre une mine de nouveau gênée à la remarque à propos du garde.


"Oh non, je, enfin il…euh…"

Une fois de plus, elle, qui avait suivi avec assiduité les leçons de la Septa sur l'art d'engager la conversation avec les nobles qu'elle pourrait croiser, était une fois à court de mots, ne comprenant visiblement pas la plaisanterie et se demandant s'il l'avait réellement confondu avec un homme de chambre.

Elle entendit le garde bougonner de manière inintelligible, la main posée sur la garde de son épée et l'air à la fois menaçant et agacé. Lui semblait avoir compris qu'il s'agissait d'une plaisanterie, ou plutôt d'une pique et elle n'était pas tout à fait à son goût. Il se racla pourtant la gorge, évitant visiblement de dire à haute voix ce qu'il pensait réellement et, d'une voix un peu bourrue.


"M'sire Fléaufort a raison sur un point. Il serait mieux pour vous de ne pas rester sur place lady Eleanor. On a tôt fait de faire une mauvaise rencontre dans ces bois, on devrait être plus vigilent."

Sur ces quelques paroles, il s'éloigna légèrement, restant à portée de voix mais détournant le regard pour examiner les alentours avec une attention redoublée. La jeune femme esquissa un vague sourire, ne sachant pas vraiment comment rebondir après les propos de son garde mais elle commença à marcher tranquillement, essayant d'occulter le bruit spongieux qu'elle faisait à chacun de ses pas.

"J'espère que vous dites vrai et que je vais sécher rapidement. Sinon je n'aurais qu'à prier les Sept que Mère ne soit pas dans les parages quand je vais rentrer à la maison. Je vous remercie de vous joindre à mois en tout cas."

Elle avait involontairement laissé échapper une petite grimace en évoquant sa mère, remarquant à peine qu'elle avait finalement réussi à entamer la conversation, même si on était loin de la discussion idéale où elle aurait su soit mettre en valeur l'héroïsme du jeune homme ou lui expliquer à quel point elle était reconnaissante d'être venu à son secours. Pourtant, elle était lancée et elle fourmillait de questions à lui poser maintenant qu'elle avait réussi à franchir le cap.
Et puis, la gêne, maintenant qu'il l'avait vu plonger dans la Ruffurque sans l'élégance qui aurait du aller de pair avec son statut de demoiselle Tully, commençait à devenir un sentiment diffus qu'elle préférait oublier à défaut de pouvoir remédier à la situation. En espérant que personne ne lui rappelle l'emblème de sa maison...


"Dites-moi… comment avez-vous atterri au milieu de ces bois, comme ça, au beau milieu de la journée ? Enfin, j'espère ne pas me montrer trop indiscrète mais pourquoi être venu ici après le passage chez le forgeron ?"

Même si elle appréciait particulièrement les lieux, elle avait du mal à imaginer qu'il pouvait en être de même pour de parfaits inconnus. Elle jeta un bref regard alentours avant de laisser échapper un sourire rêveur. Jamais elle ne se lassait de jeter un œil à ce paysage enchanteur et qui semblait changer à toute heure de la journée. Elle avait beau avoir grandi ici, elle était toujours surprise des cadeaux que la nature lui faisait à chaque fois qu'elle se promenait au bord de l'eau. Si seulement il n'y avait pas eu d'eau, tout aurait été parfait, mais bien évidemment, il n'en était rien et elle devait faire avec même si sa toute récente chute laissait présager qu'elle ne retenterait pas l'expérience avant un bon moment.

En plus, elle commençait à avoir mal à l'arrière train, la chute laisserait visiblement quelques séquelles, tout du moins pour quelques jours.
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Message Dim 21 Oct 2012 - 11:47

Ploch…. Ploch…. Ploch…..

Après coup Qhorin s’étonna quelque peu du naturel avec lequel il avait offert à Eleanor de marcher à ses côtés. Plus jeune, il se plaisait à s’imaginer sortir triomphant d’un tournoi et couronner reine d’amour et de beauté une dame dont les traits n’étaient pas si éloignés de ceux de sa voisine détrempée. Et quels garçons de haute naissance n’avaient pas partagé le même genre de rêve ? Pourtant aujourd’hui, Qhorin avait d’autres préoccupations, des objectifs prenant le dessus sur tout le reste. A tel point que la compagnie féminine ne l’intimidait pas autant qu’elle le devrait ? Ou bien était-ce le soulagement de savoir qu’Eleanor n’était au final pas la matriarche des Tully ? Qu’importe, ces questions étaient sans grande importance. Elles s’éclipsaient aussi vite qu’elles apparaissaient dans l’esprit vivace de l’adolescent venu de l’Ouest.

Ploch…. Ploch…. Ploch…..

La mine presque déconfite qu’avait arborée Eleanor au moment où il avait qualifié son garde d’homme de chambre lui apparut de nouveau. Après tout, ce serviteur transportait bien les linges de sa maîtresse. Qhorin avait envisagé d’utiliser ce prétexte dans l’hypothèse où on lui aurait reproché sa remarque, mais il n’en fut rien. Plus futé qu’il n’y paraissait en fin de compte, le garde avait eu la sagesse de ne pas répliquer. Sa Dame n’en rajouta pas non plus. Elle semblait avoir été doté de davantage de compassion et de gentillesse que Qhorin. A présent, elle lui faisait la conversation faisant fi du mieux qu’elle le pouvait de l’état de ses vêtements. Faire preuve d’élégance dans un tel moment constituait une tâche ardue, cependant Qhorin devait admettre qu’Eleanor s’en sortait avec beaucoup de grâce. Elle manifestait même de l’intérêt pour les réponses qu’il allait pouvoir lui apporter. Que cette curiosité soit feinte ou non, il était appréciable pour une fois d’avoir quelqu’un s’intéresser à lui en lieu et place des reproches incessants que sa mère ou le mestre de Fléaufort avaient l’habitude de lui asséner.

Ploch…. Ploch…. Ploch…..

Les yeux de Qhorin ne rencontrèrent ceux d’Eleanor qu’au moment précis où elle ponctuait sa phrase. Jusqu’ici, ils s’étaient égarés sur le côté gauche de sa cuisse où pendait sa nouvelle épée. Jamais encore Qhorin ne s’était affiché en public de la sorte, en portant une arme visible aux yeux de tous. Il allait devoir s’y habituer.
La question soulevée par la Tully était légitime, il prit quelques secondes pour considérer les raisons qui l’avaient poussé à prolonger son escale à Vivesaigues pour quelques instants supplémentaires. Certes, Qhorin avait souhaité un moment seul pour polir et se familiariser avec son arme. Cependant, il y avait autre chose.

« Il s’agit du genre d’endroit dans lequel, une fois vieux et ma vie derrière moi, j’aimerais finir mes jours. » commença-t-il sans véritablement chercher ses mots. Le contraste entre les terres fluviales et fertiles du Conflans et le territoire rocheux de son Ouest natal était saisissant.

« Mais les souhaits de ce type sont rarement exaucés… »
Et ma loyauté et mon devoir sont tournés vers Fléaufort !
« Aussi j’ai souhaité profiter du cadre pour quelques instants avant de repartir définitivement. »

Ploch…. Ploch…. Ploch…..

Le bruit spongieux généré par les pas d’Eleanor rythmait leur marche depuis le début. Qhorin avait d’ailleurs ralenti son allure habituelle pour l’adapter à celle d’Eleanor qu’il soupçonnait de marcher lentement pour limiter la fréquence de ce désagrément sonore. Peu de filles de haute naissance auraient consenti à échanger leur place avec celle d’Eleanor en cet instant précis même contre quelques Dragons d’Or. Mais afin de lui montrer que cela lui était parfaitement égal, Qhorin offrit à la jeune fille l’opportunité de crever une fois pour toute l’abcès en déclarant le plus naturellement du monde :

« Si les Dieux sont cléments vous n’entendrez pas ce bruit au moment de fermer les yeux pour vous endormir ce soir. »
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Message Lun 22 Oct 2012 - 19:28

Alors qu'elle essayait tant bien que mal d'essorer du bout des doigts sa manche imbibée d'eau, maudissant intérieurement encore et toujours les tailleurs capables de faire des tenues aussi spongieuses - comme s'ils n´avaient pas prévu que ce genre de mésaventures puisse arriver à la jeune personne qui porterait ces tissus ouvragés avec soin - et tentant sans le moindre succès de rester discrète sur ses activités, Eleanor se surprit à penser que la vie réservait parfois de drôles de surprises.

Il était vrai qu'au premier abord la situation n'avait rien de glorieux, au second non plus à bien y réfléchir, mais la jeune femme réalisait qu'elle parvenait à mettre en pratique les leçons de sa Septa et celle de sa mère face à l'un de ces jeunes nobles dont elles lui avaient vanté si souvent les mérites et ce, sans paraitre totalement ridicule, tout du moins était-ce qu´elle espérait du fond du coeur. Se montrer courtoise sans paraitre trop enthousiaste, montrer son intérêt pour son interlocuteur sans paraitre trop curieuse et surtout, garder sa dignité en toutes circonstances. Elle n'était pas sure pour les deux premiers mais, pour le dernier point, elle en était de plus en plus convaincue à mesure que passaient les minutes.

Elle laissa échapper un sourire à la réponse de Qhorin. Elle ne pouvait que comprendre les sentiments qui l'habitaient, tant par l'envie de finir ses jours dans un endroit tel que celui-ci que sur l'impossibilité de voir ce désir exaucé.


"Je ne peux qu´approuver votre envie de profiter de ces lieux aussi longtemps qu´il vous est possible de le faire. Moi-même, je le pourrais, je passerais mon temps à parcourir les terres du Conflans pour en connaitre chaque recoin et en apprécier chaque parcelle de terre."

Eleanor savait que, quel que soit le destin qui lui était réservé, au fond d'elle-même elle resterait une Tully de Vivesaigues et son coeur serait toujours profondément attaché à cet endroit, même si elle espérait avoir suffisamment de place pour en aimer un autre.

A la remarque de Qhorin, elle laissa échapper, dans un soupir.


"Je crains malheureusement que je risque d'être hantée quelques nuits par ce bruit et les évènements peu glorieux qui en auront été la cause. Mais, après tout, il y a eu plus de peur que de mal et..."

Tandis qu'elle parlait, elle avait effleuré la masse gorgée d'eau qui lui tenait lieu de chevelure et elle écarquilla soudainement les yeux, comme prise de panique et oubliant totalement ce qu´elle était en train de dire.

"Oh non, oh non, tout mais pas ça... Faites qu´il le soit pas tombé, que le courant ne l´ait pas emporté ou qu´il n´ait pas été brisé..."

Elle rebroussa chemin brusquement, le regard rivé au sol, cherchant visiblement quelque chose avec un mélange de concentration et de panique, le deuxième sentiment prenant rapidement le pas sur le premier. Elle se tortillait nerveusement les mains et au bout de quelques instants, alors qu'elle était revenue au niveau de la rivière où elle avait atterri quelques minutes auparavant, ses yeux se figèrent sur ce qui ressemblait à un bout de bois planté sur le sol.

Ne prêtant pas la moindre attention à la boue amoncelée au bord de la Ruffurque, elle s'agenouilla à même le sol avant de pousser un soupir dépité. Ce n'était qu'un vulgaire bout de bois et pas du tout ce qu'elle cherchait. Chassant de nouveau des yeux les alentours, son regard se posa une nouvelle fois sur un objet plus près encore de la rivière.

Sans même qu'elle s'en soit rendue compte, sa tenue était maintenant maculée de boue, gâchant irrémédiablement les derniers espoirs ténus qui pouvaient encore subsister quant à sa récupération possible. Mais elle n'en avait cure, poussant un profond soupir de soulagement alors qu'elle tenait du bout de ses doigts eux aussi recouverts de boue un petit peigne de bois sculpté on ne peut plus banal qui pour elle était plus précieux que tous les joyaux qu'on pourrait bien lui offrir. Elle se rappelait encore du jour où son père lui avait offert et n'avait pas passé une seule journée sans le porter au moins une fois, comme si elle avait une part de lui avec elle dans ces moments. Elle tenta de se relever sans prendre appui sur ses mains, glissa une première fois puis une deuxième avant d'enfoncer ses deux mains dans la boue et de se redresser avec une certaine grâce compte tenu des circonstances peu propices.

Le garde qui s'était précipité à ses cotés pour l'aider, avant de réaliser qu'elle avait déjà retrouvé ce qu'elle cherchait en un clin d'oeil, resta quelques instants sans rien dire, fixant Eleanor en secouant doucement la tête, l'air vaguement dépité. Il finit par se passer une main sur le visage et par laisser échapper un soupir avant de reporter son attention sur les alentours, l'air de rien. Les années au service de la famille Tully l'avaient préparé à tout et il avait déjà vu la jeune lady dans des situations autrement pires que celle-là même si là, elle avait fait fort.

Relevant le menton pour se donner une contenance et tenant toujours le précieux objet du bout des doigts après avoir vaguement songé à le remettre dans ses cheveux puis à le glisser dans son corset, elle revint auprès de Qhorin et se racla la gorge.

"Où est-ce que nous en étions ? Ah oui ! Et vous comptez rester longtemps dans les alentours ? Vous comptez visiter un peu la région ou rentrer directement sur vos terres ?"

Tandis qu'elle parlait le plus naturellement du monde et d'une voix étonnamment calme au vu de ses nouvelles péripéties, le peigne menaçait constamment de lui échapper des doigts. Elle le tendit alors vers son interlocuteur avec une petite moue.

"Est-ce que vous pourriez le tenir le temps que je sois moins… enfin plus… enfin… vous pouvez me le tenir un peu s'il vous plait ?"

Elle préférait ne pas le demander à son garde et évitait même de regarder dans sa direction, se sentant paradoxalement plus mal à l'aise face à lui que face à un parfait inconnu. Elle s'arrêta alors, réalisant qu'au bruit spongieux de sa tenue mouillée s'était ajouté un celui indéfinissable de la boue qui lui collait aux vêtements.
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Message Sam 27 Oct 2012 - 14:01

Les choses avaient commencé à redevenir à peu près normales.
Leur début de conversation était prometteur. Au delà de la politesse et des formes qui siéent à tout échange entre deux individus de haute naissance, Eleanor sembla véritablement comprendre où Qhorin souhaitait en venir, quand bien même la remarque du jeune adolescent avait été on ne peut plus vague. Et lorsque l’héritier de Fléaufort s’était fendu d’une petite incartade à propos des pieds gorgés d’eau de la Dame de Vivesaigues, cette dernière réagit positivement malgré un léger soupir qui ne semblait pas exprimer la moindre contrariété. Tout semblait bien parti pour continuer cet échange sur un ton cordial et agréable avant de reprendre la route vers l’Ouest en ayant la certitude d’avoir laissé une bonne image de la Maison Fléaufort aux Tully. Qhorin ne demandait pas mieux, mais Lady Eleanor lui offrit davantage..

L’espace entre ses deux lèvres n’était encore qu’une minuscule fente d’où allait jaillir un début de réponse lorsqu’une vive lueur de panique s’empara du regard d’Eleanor. Les mots restèrent noués dans sa gorge tandis que la jeune femme s’éloigna brusquement de lui. Ses pas la menèrent à nouveau vers les bords de la Ruffurque, à quelques mètres du rocher sur lequel Qhorin avait poli son épée quelques minutes plus tôt. Stupéfait, Qhorin observa la scène à court de réponse ou de solution. On ne lui avait pas appris à réagir devant pareille situation. Même son esprit vif et tortueux ne s’était jamais égaré à prévoir un tel cas de figure. Sous ses yeux médusés, Eleanor s’agenouilla sur le sol humide et boueux à la recherche de ce sans doute seuls les Dieux savaient. Visiblement peu satisfaite d'une première trouvaille, elle répéta la même manœuvre quelques centimètres plus loin.

Comment avait-il pu s’imaginer que cette jeune femme puisse être mortifiée par un peu d’eau sur sa tenue quand elle semblait dorénavant déterminée à souiller la plus grande surface possible de ses jupons de boue sale et humide ?! Les Autres avaient-ils emporté sa grâce et son élégance?
Comment était-il censé réagir face à une personne qui semble avoir perdu tout sens des réalités ? La réponse vint naturellement sous la forme d’un sourcil blond qui s’éleva un peu plus haut que son voisin mettant fin, temporairement, à leur habituelle symétrie. Qhorin aurait été bien incapable de reproduire la même expression faciale sur commande, mais certaine situation peuvent transformer un visage en le faisant arborer des mines dont on ne soupçonnait jusqu’ici pas l’existence.

C’était là le visage qu’il affichait toujours lorsque Eleanor revint à lui. La Tully reprit la conversation le plus naturellement du monde mais quoiqu’elle ait pu lui dire, l’information ne parvint jamais aux oreilles de Qhorin, rendu momentanément sourd par l’absurdité de ce qu’il avait vu. Son regard était rivé sur les doigts boueux d’Eleanor crispés sur un vieux peigne en bois sombre. Il réalisé ensuite qu’elle lui tendait l’objet. Ses yeux bleu glace s’agitèrent dans leurs orbites faisant plusieurs fois de rapides va et vient entre le peigne et le visage d’Eleanor.

« Lady Eleanor… » Commença-t-il, le volume de sa voix à peine perceptible.
« Que… Comment… Pourq… » Il voulait choisir précautionneusement ses prochains mots et ses premières tentatives ne lui donnaient guère satisfaction visiblement.
« Certes, vous m’avez confié vouloir parcourir et connaître chaque parcelle de terre du Conflans. Mais il y a d’autres manières de le faire !! » Cette fois-ci le ton était ferme, résolu et parfaitement audible. Machinalement, il s’empara du peigne tendu par Eleanor qu’il rangea dans une escarcelle de voyage qui pendait à sa ceinture. Comme si elles savaient exactement quoi faire, ses mains continuèrent d’y fouiller pour en ressortir une petite corne comme celles que les tavernes utilisent pour servir de la bière.
« Et je vous assure que vos cheveux n’avaient rien perdu de leur splendeur malgré votre première chute… »
Malgré quelques boucles indisciplinées ici et là
Pendant qu’il parlait, Qhorin avait continué ce qu’il avait entamé. Il déboucha la corne d’un mouvement du pouce droit, sa main gauche se referma sur les deux poignets d’Eleanor. Il versa alors le contenu de la corne, de l’eau tiède sur les mains maculées de boue de la jeune Dame.
« …Il n’était pas nécessaire de vous mettre dans cet état pour retrouver votre peigne. »

A son tour, Qhorin laissa échapper un léger soupir.
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Message Dim 28 Oct 2012 - 18:07

Nul besoin d'être un génie pour savoir que reprendre le cours de la conversation et un semblant de normalité allait s'avérer particulièrement difficile voire impossible. Pourtant Eleanor, puisant au fond d'elle les principes de lady inculqués par sa mère et par sa Septa, avait essayé, avec une absence de succès particulièrement flagrante malgré toute la bonne volonté dont elle avait pu faire preuve.

Elle ne pouvait guère en vouloir à Qhorin, songeant à l'image qu'elle avait du donner en se précipitant la mine paniquée dans la flaque de boue pour récupérer ce qui ne semblait être qu'un morceau de bois sans grande valeur. Fort heureusement pour elle et ce qui restait de son amour propre, elle n'avait pas pu voir la mine effarée et le sourcil haussé du jeune homme tandis qu'elle s'était débattue dans les herbes folles et qu'elle était revenue, les yeux fixés sur le petit peigne, sinon elle n'aurait même pas eu le courage de reprendre un semblant de discussion. Elle se serait certainement contentée de le regarder avec de grands yeux effarouchés, rendant la situation encore plus gênante, si la chose était possible.

Elle réalisa alors la gêne de l'héritier Fléaufort alors qu'il tentait tant bien que mal de trouver quelque chose à répondre qui essaie de donner du sens à ce qu'il venait d'assister. Elle haussa un sourcil, un peu étonnée par les inflexions changeantes de sa voix et tout de même soulagée de le voir prendre le peigne et le ranger en lieu sûr. Au moins il ne risquerait pas de s'abîmer ni de sauter une nouvelle fois dans la boue et de se briser en mille morceaux.

A sa remarque, elle laissa échapper une moue, ne relevant pas une fois de plus la tentative d'humour du jeune homme qui essayait visiblement de détendre une atmosphère devenue un rien chargée. Elle resta un instant silencieuse, cherchant ses mots à son tour alors qu'elle l'observait ouvrir la petite corne et la verser sur ses mains dont elle tiquait enfin sur leur état déplorable. Si la situation avait été "normale", elle aurait senti le rouge lui monter aux joues en le voyant attraper ses poignets sans la moindre trace d'hésitation, n'ayant guère l'habitude de ce type de contact avec n'importe quelle personne n'étant pas de sa famille, les hommes encore moins que les autres. Mais, fort heureusement, la situation était tout sauf habituelle et elle n'eut pas à songer à la meilleure attitude qui aurait dû être celle d'une dame en cet instant précis.

Elle se contenta alors de fixer ses mains alors que toute trace de boue disparaissait, se rappelant en revanche brusquement à quel point elle les trouvait inappropriées pour une jeune lady. Elle échappa alors à l'étreinte de Qhorin et laissa choir ses mains derrière son dos les croisant nerveusement, non sans hausser les sourcils et esquisser un sourire qu'elle essaya de rendre le plus naturel possible.


"Merci. Vous n'aviez pas besoin de… enfin, mes mains vont sécher ne vous en faites pas. Comme le reste. Tout du moins j'espère. Même si pour l'heure j'ai plutôt l'impression que j'aurais beau passer des heures au soleil, je resterai toute aussi trempée que maintenant..."

Elle n'avait même pas relevé la remarque à propos de ses cheveux et de leur splendeur, évitant ainsi de ne pas savoir quoi dire pour lui retourner le compliment. Il faut dire qu'en ct instant précis, elle aurait eu vraiment du mal à trouver quoi que ce soit de cohérent et qui semble naturel. Son esprit était des plus embrouillé, partagé entre le soulagement d'avoir retrouvé son peigne et la gêne qui se faisait de plus en plus présente à mesure qu'elle réalisait dans quel état elle était réellement.

"Ce peigne est précieux pour moi. Vraiment. Je n'aurais pas pu supporter de le perdre ou de l'abîmer, c'eut été une vraie catastrophe pour moi…"

Elle garda un instant le silence, se répugnant à donner plus de détails concernant le cadeau de son père, avant de reprendre, la mine un rien pensive.

"…enfin une plus grande catastrophe que vous voir me comporter de la sorte."

Elle soupira de plus belle, essayant de trouver sans succès les mots pour le remercier de son attitude. A bien y réfléchir, la réaction du jeune héritier était des plus étonnantes. Il arrivait à garder son calme bien qu'il n'ait pas caché sa stupéfaction devant ce qu'avait pu faire Eleanor et elle lui en était gré, sa façon de parler arrivait à apaiser la jeune femme et à presque lui faire oublier d'être mal à l'aise.

Il lui fallait maintenant trouver la phrase la plus appropriée pour donner le change et retrouver un semblant de normalité dans leur discussion, si cela était encore possible. Fronçant les sourcils, la mine concentrée, elle commença de nouveau à avancer pour échapper à l'ombre des arbres et sentir le soleil sur son visage, essayant d'occulter tant que possible le froid qui commençait à la glacer.

Difficile de lui parler de nouveau de la beauté du Conflans en gardant l'air naturel et impossible de lui demander d'oublier l'incident même si elle était persuadée qu'il n'irait pas se vanter d'y avoir assisté. Si elle était gênée, il n'était visiblement pas en reste et elle ne doutait pas qu'il ne ferait aucune vague et ne parlerait pas de l'incident.

Quelques instants de silence s'écoulèrent tandis qu'elle lui glissait de temps en temps un regard en coin, sentant quant à elle la boue sécher sur ses vêtements et former une espèce de carapace dont elle n'arriverait probablement jamais à se débarrasser. Le garde, qui marchait quelques mètres en avant s'arrêta soudainement avant de retourner en direction d'Eleanor, la mine à la fois inquiète et gênée.


"Lady Eleanor… je serais vous, j'irais pas par là, ce serait même une très très mauvaise idée."

La jeune femme haussa un sourcil sans rien dire, fixant le garde et attendant visiblement d'en savoir plus avant de bouger ou non. Le garde se racla la gorge, jetant un regard hésitant à Qhorin avant de fixer de nouveau la jeune lady.

"Et bien… je crois bien que votre mère a décidé exceptionnellement de faire sa promenade dans les environs… et si ce n'est pas elle, elle y ressemble beaucoup."

Eleanor laissa échapper un petit couinement effrayé alors qu'elle plaquait ses deux mains sur sa bouche et qu'elle écarquillait les yeux. Décidément, elle aurait mieux fait de rester chez elle ce matin, elle savait bien qu'essayer d'appréhender sa peur de l'eau était une mauvaise idée et là, elle en avait la preuve flagrante, bien plus que sa robe ravagée ou sa peau maculée de boue.

Il ne fallait absolument pas que sa mère la voit dans un état pareil, elle risquerait de faire une syncope et de ne jamais s'en remettre. Mais, connaissant quelque peu le trajet qui lui arrivait de faire lorsqu'elle se promenait dans les environs, elle savait qu'elle finirait forcément par arriver dans la petite clairière où ils se trouvaient. Sentant la panique qui commençait à la gagner et sachant qu'elle n'allait pas pouvoir continuer à réfléchir sereinement sur la situation, elle tourna sur elle-même plusieurs fois, se mordillant la lèvre nerveusement et oubliant presque la présence de Qhorin à ses cotés qui ne ferait qu'aggraver les choses. Sa fille et le jeune Fléaufort seuls ou presque dans les bois, voilà qui était en mesure de créer bien plus qu'un simple malaise.

Elle laissa alors échapper, la mine confuse.


"Il ne faut pas qu'elle me voit… qu'elle vous voit… enfin, vous voyez… par la Mère, quelle journée !"

Tandis qu'elle parlait, elle commençait à marcher à reculons, manquant plus d'une fois de trébucher en arrière mais arrivant, presque par miracle, à tenir sur ses pieds. Une chute de plus n'aurait de toute façon pas changé grand-chose à la donne initiale vu l'état dans lequel elle se trouvait.

Le mieux pour elle était de rebrousser chemin au plus vite, espérant qu'il n'y aurait personne pour la voir lorsqu'elle se faufilerait jusqu'à sa chambre. Elle grimaça à la pensée de tout le trajet qu'elle aurait à faire sans se faire remarquer, attrapant une part de ses jupons encore humides pour pouvoir marcher plus vite. Elle jeta un regard à Qhorin, hésitante, ne sachant pas par où commencer pour le saluer et repartir en direction de Vivesaigues.

En temps normal il aurait suffit d'un sourire, d'une révérence et le tour aurait été joué mais, en l'occurrence, elle ne savait absolument pas quelle pourrait être la manière adéquate de prendre congé. Prenant alors une grande inspiration et jetant des regards dans la direction annoncée par le garde, elle se mit alors à parler, d'une voix plus haut perché que d'ordinaire.


"Et bien merci. Vraiment navrée. De tout ce qui s'est passé. J'espère vous revoir dans de meilleures circonstances. Enfin, plus appropriées. Nous serons ravis de vous recevoir à Vivesaigues. Evidemment. Hum…"

Elle ne savait pas quoi ajouter de plus et avait, en cet instant précis totalement oublié son petit peigne tant elle était effrayée à l'idée que sa mère la trouve dans cette situation.

"Que les Sept veillent sur vous lors de votre voyage et au-delà…"

Elle tendit la main par réflexe avant de se raviser tout aussi sec, remarquant ses ongles noircis par la boue. Dire qu'elle avait trouvé difficile de prendre congé des jeunes nobles qu'elle avait pu croiser lors de tournois ou de banquets organisés et auxquels elle avait eu la chance d'assister avec sa famille. Avec le recul, elle se rendait compte qu'elle aurait largement préféré cette situation que celle qu'elle était en train de vivre en cet instant. C'était définitif, il était plus que temps pour elle de rentrer.
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