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La colère d'une mère

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Message Lun 16 Mai 2011 - 23:36

Deirdre avait voyagé pendant plusieurs jours jusqu’à Port-Réal, accompagnée par son frère adoré, Bryan. Il était de toutes les façons, inadmissible de la laisser partir seule alors qu’elle devait assurer une liaison avec quelqu’un de plus influent qu’était la maison Lonbec. On savait bien que dans la grande ville, la région de Port-Réal se trouvait un bon nombre de nobles seuls à la recherche d’une douce compagnie. Elle n’était pas non plus complètement contre cette idée et avait promis à son père de trouver un homme riche et influent sans qu’elle y soit réellement forcé, malgré tout ce travail n’était pas très ludique. Elle y allait un peu à contre cœur, devant quitter sa forêt chérie et ses habitudes, ses connaissances des Terres de l’Orage. Elle y trouva quand même plusieurs bons points, essayant de relativiser. Son esprit ne serait point transporter à son dessein si elle partait d’avance pleine de pessimisme. Déjà, c’était Bryan qui l’accompagnait et non pas Jon qui aurait trouver n’importe qu’elle excuse pour la perdre en chemin, de plus elle découvrait du monde. Elle n’était jamais allé dans cette ville. Ne manquons pas l’espoir immense qu’elle avait de peut-être recroiser Pryam, ce si beau et courtois chevalier.

Elle n’était pas réticante à l’idée de dormir à la dure, en pleine nature, avec une simple couverture, les bruits effrayants de la nature qui vivaient la nuit, animaux et ombres terrifiantes. Elle était bien accompagnée et pas du tout difficile. Il fallait quand même dire qu’elle était épuisée, dormant bien moins sereinement que dans un bon lit. La monture aidait à gagner en énergie, mais cela restait tout aussis épuisant. Ils n’avaient pas de charrette, tous deux à cheval. Il fallait se concentrer, les muscles de vos cuisses vous tiraient, c’était réellement épuisant. Elle fut donc ravie d’arriver au point d’arriver. Arrivant de nuit, elle ne put apprécier la beauté de cette ville inconnue que le lendemain matin.

Ce dit jour, elle s’éveilla en milieu de matinée. Elle se rappelait vaguement que son frère, entrant dans une chambre qu’ils louaient dans une chaleureuse taverne, lui avait dit qu’il partait faire quelques courses et s’occuper de leur monture. Elles avaient vraiment besoin d’être bichonner, c’était le moins à faire après les avoir portés de leur maison jusqu’ici, sans jamais se plaindre. Flammèche faisait exception, déjà capricieuse de nature, elle avait cabré à la moindre excuse et tapa du pied sans bouger un bon nombre de fois, hennissant de mécontentement. Elle s’extirpa doucement de son sommeil réparateur et en profita pour réchauffer chacun de ses muscles par de longs étirements. Elle descendit dans la salle vivante de la taverne et discuta avec le propriétaire. Il joua quelques instant le guide touristique. Deirdre l’arrêta quand il lui annonça qu’il y avait une forêt non loin. Très bonne nouvelle. Elle ne voulait pas en entendre plus. Il ne lui fallait que ça pour se détendre de ces longues journées à marcher sans jamais s’arrêter pour faire un peu d’exercice. Elle remonta dans sa chambre, trouva un bout de papier et dessina la forêt. Elle ne savait ni lire, ni écrire alors il lui était difficile de laisser un message à son frère. Il comprendrait. Combien de fois avait-elle représenté un arbre pour qu’il comprenne qu’elle était allée se balader.

Elle se prépara donc vivement à cette petite promenade. Elle aurait tout le temps de visiter la ville quand elle partirait en chasse d’un homme. Avant tout, elle devait se changer les idées en chassant des animaux. Elle fouilla dans le ballotin de son frère pour y trouver un pantalon. Elle le serra en faisan deux tours avec le cordon qui servait de ceinture, enfila des bottes et laissant les pans de son dernier jupon retomber dessus. Elle noua ses cheveux avec une simple baguette taillée dans le bois, une fleur sculpté au bout. Elle passa son arc sur sa poitrine, son carquois et descendit sellée son cheval. Elle remercia tout les sains que son frère ne se trouvait pas à l’écurie et chevaucha Flammèche avant de partir à toute vitesse vers l’orée du petit bois près de la capitale. Elle y déposa son cheval en son cœur, retira son jupon qu’elle accrocha sur sa jument et partit en vadrouille.

C’était toujours le même rituel. Faire un rapport de l’endroit et faire preuve d’orientation. Un arbre particulier pour marquer son chemin, repérer où le mousse était la plus haute sur les arbres, les champignons, champignons ! Elle se pencha pour en voir la nature. Rien de bien valorisant à part si on souhaitait faire une délicieuse omelette ou parfumer un ragoût. Elle ferait bien de repérer les fleurs qui seraient intéressante pour quelques coctions. Il devait sûrement s’y trouver des variétés qu’elle n’avait pas aux Terres de l’Orages. Ensuite, elle devait observer s’il y avait lieu de passage d’animaux intéressants. Ah, de belle traces fraîchement marqué dans la boue encore molle de la rosée. Les pattes voisines étaient rapprochées et espacée de celle arrière, avec deux traits distinct. Sanglier. Elle remarqua vite quelques trous fais par son groin à la recherche de nourriture, ensuite ses excrément. Elle était sur la bonne voie. Soudain, passant de fourré en fourré, elle devint blême. Les feuilles de fougères grandement écartée, elle vit des petits marcassins, tremblant face à la grande menace qu’elle dégageait. Deirdre n’osa bouger. Elle regarda à gauche, ensuite à droite. Rien.

Subitement, l’énorme bruit d’un molosse se fit entendre. Au loin, les feuilles se secouaient rageusement. Le mouvement s’approcher précipitamment d’elle. Elle n’attendit pas de voir la chose arriver. Elle pensa soudain qu’elle n’avait pas fait attention au vent. Il était dans son dos et transportait son odeur dans toute forêt. Elle prit ses jambes à son cou et courrut. Elle slaloma entre les arbres, fouetta les branches bien basse, levait bien les pieds pour ne pas se les accrocher dans les ronces qui recouvraient le sol. Elle sentait la bête en fureur s’approcher. Puis alors, sautant par-dessus un tronc énorme, contournant un chêne imposant. Elle se percuta à quelque chose d’étrange. Un homme. Un peu sonnée, elle essayait de jauger la situation en vitesse. Elle se releva subitement, s’excusant à demi-mot.

_Je serai vous, je ne resterai pas là !

Elle lui empoigna le bras et le releva avec force. Elle ne le lâcha pas, continuant de s’enfoncer dans la forêt. C’était malin, elle allait se perdre à cette alure. Puis alors, elle lâcha l’homme séduisant aux airs ténébreux pour sauter dans le nœud d’un arbre. Agile, elle atteint vite une branche se souleva par la force de ses bras et s’y assit, attendant que le sanglier continue sa charge jusqu’à l’épuisement…
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Message Jeu 19 Mai 2011 - 22:45

    Pas un bruit. Je me devais d’être une ombre. Je ne savais pas s’il était permis de chasser dans ces bois. Le bois-au-roi. Etait ce, comme le nom l’indiquait, un des territoires strictement réservé au roi ? Je n’en savais rien. J’espérais en tous cas que je n’attaquais là l’apanage de nul noble, de peur que mon corps ne finisse la journée au bout d’une corde de deux pieds de long sur un gibet. Quoiqu’il en soit, j’avais faim, et j’avais besoin autant de viande que d’argent pour me payer de quoi me reposer et me sustenter convenablement. Je prenais donc garde à tout bruit qui me permettrait de suspecter la présence d’autres chasseurs. Le hénissement de chevaux ou le jappement des chiens serait pour moi le signal d’une course effrénée. Nulle envie de finir croupir dans les geôles du Donjon Rouge, et pas non plus l’envie de prendre le noir en rémission de mes crimes. Je me faisais donc aussi silencieux que possible. Pour être plus leste, j’avais abandonné en sécurité attirail, vêtements chauds et épée. Je n’avais sur moi que ma dague et mon arc. Et une quantité limitée de flèches, pour éviter que celles-ci ne se prennent dans la végétation. Je ne voulais pas en casser ou en perdre en route, et ne désirais pas plus qu’elles me ralentissent en cas de fuite. Je marchais donc d’un pas leste et vif, face au vent pour ne pas prévenir le gibier de ma présence. Je m’efforçais de ne produire aucun son. Un instant, je crus apercevoir un lapin, mais celui-ci détala bien trop vite pour que je puisse tendre la corde de mon arc, et l’atteindre en un point fragile de son anatomie. Non, je devais continuer et m’enfoncer dans les bois pour trouver quelque chose de plus sérieux. Un cerf serait bienvenu, et j’en tirerais un bon prix dans le premier patelin que je traverserais.


    Cependant, je repérais très vite les traces de sabot caractéristiques d’un animal particulièrement gros et que je connaissais très bien. Un sanglier. Mazette, c’était du sérieux. Le métal de mes flèches aurait le plus grand mal à meurtrir les chairs de pareil engin, et à traverser l’épais cuir de la croupe de la bête encore plus. Quant à m’approcher suffisamment prêt pour lui enfoncer ma dague entre les côtes, il ne fallait pas non plus y compter. Je ne tenais pas à me faire étriper sur place sans autre forme de procès. Pourtant, la proie était alléchante, et la viande de sanglier mettait bien du temps avant de faisander, ce qui me permettrait sans doute un second voyage dans la journée si je m’y prenais vite et bien. Je remontais donc la piste, humant l’air à l’occasion. L’animal ne faisait pas dans le détail, il cherchait de quoi se nourrir. Fougères piétinées, ronces brisées, cassures dans le bois. La bête avait de grandes défenses, pour faire pareils ravages. Et vu comment s’enfonçaient ses pas dans un sol aussi sec que celui-ci, au moins deux cent livres, et c’était là un minimum incroyablement sous estimé, il me semblait. Belle bête donc. J’aurais peut être dû prévoir le renfort d’un ou deux garçons du village le plus proche, pour attirer la bête et m’aider à la transporter, en échange d’un peu de viande. Là, ça allait être coton. Je suivais toujours la piste, quand le bruit me fit percevoir l’animal bien avant que je ne le voie. J’entendis un cri de surprise. Tirant une flèche, je l’encochais. J’entendais les bruits de bas brusques d’une talonnade effrénée et d’une cavalcade qui la suivait. J’allais bander mon arc quand quelque chose recouvert d’une crinière brune me rentra violemment dedans. Le coup involontaire porté à ma mâchoire me fit croquer le bout de ma langue et j’eus du sang dans la bouche. Mais avant même que l’inconnue ne me dise de courir, mon instinct m’avait déjà fait remuer les jambes. Je savais qu’il n’était pas bon de se retrouver ainsi sur le trajet d’un de ces mastodontes. Nulle envie de périr éventré, croyez moi.


    Le course était éperdue, la femme m’avait pris la main et ne daignait pas la lâcher. Je n’avais pas le temps de m’interroger sur son identité et le pourquoi du comment de cette situation que l’on cavalait dans les bois. Le manque de finesse de la retraite me fit prendre en pleine tête moult branchages dont les feuilles me fouettèrent la figure, alors que finalement la jeune femme me lâcha pour grimper à un arbre. Elle se hissa avec rapidité ; elle était assurément agile. La rejoignant en sautant pour agripper une branche solide du vieux chêne qui nous servirait de refuge, je me hissais en tirant sur mes bras, après avoir passé l’arc en travers de mes épaules. Je m’assis à côté de l’inconnue, alors que le sanglier déboulait de la végétation, tout à sa fureur. J’encochais une flèche, sans pour autant la tirer. Cela aurait été particulièrement grossier de ma part et totalement en désaccord avec mon instruction de tirer sur une bête incapable de se défendre. Les Anciens Dieux m’auraient pris comme lâche et traité comme tel, je ne pouvais me le permettre. Je ne pouvais pas non plus descendre, aussi étais je condamné à attendre. Je me retournais donc vers l’inconnue, et la détaillais du regard. Grande. Plutôt mince. Toute en forme, et très belle. Mon sang ne fit qu’un tour, alors qu’une petite voix me susurrait qu’elle était noble. Elle n’avait pas le visage marqué ni les épaules voutées comme les travailleuses de terre.



    | Il est bien imprudent pour une Dame de se retrouver seule dans les bois, si je puis me permettre. Qui plus est, à la poursuite d’un sanglier. Ce n’est pas chose avec laquelle plaisanter, si je puis me permettre. |

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Message Sam 21 Mai 2011 - 14:41

Deirdre observa l’homme qui sans mal, réussit aussi bien qu’elle à monter sur l’arbre. Il était fort à en voir la facilité avec laquelle il s’était hissé sur l’imposante branche. Elle, elle dut prendre son élan et s’élever au plus haut pour avoir le moins de poids à tirer sur ses petits bras. Elle était encore essoufflé et sa poitrine, sensuellement couverte, juste assez pour attirer le regard, montait et descendait avec puissance. Elle avait une main posé sur le gros tronc et l’autre sur la branche puis se penchait. La laie les avait flairer et chargeait contre l’arbre. On sentait le perchoir vibrer légèrement, et l’angoisse marié à l’excitation parcourraient ses veines quand le gibier grattait l’arbre de ses majestueux sabots. C’était une magnifique bête. Puis alors, le ravissant jeune homme qu’elle faillit blesser lui adressa la parole. Elle quitta enfin la maman en furie des yeux pour les poser sur le jeune homme. Ses amandes couleurs chocolats ne quittèrent pas ceux sauvages et mystérieux du Torben. Elle lui fit un léger sourire. Ce qu’il disait l’amusait, elle ne le prenait pas mal du tout. C’était quelqu’un de nature et de simple, il n’en fallait beaucoup pour qu’elle s’en fâche.

Puis alors, elle croisa une jambe, un peu honteuse de se retrouver en pantalon face à un homme alors qu’elle était une lady. Elle espérait qu’il n’y verrait pas une vulgarité dans sa tenue. Elle eut un petit rire, se passant une mèche rebelle derrière l’oreille. Elle aimait ses politesses qui englobait de forte vérité. Il savait parler et elle aimait ça. Tant de respect la touchait, alors qu’à première vu, quand on le regardait, il ne devait pas valoir plus qu’un forgeron.

_J’ai l’impression d’entendre mon frère quand vous dites qu’il est légèrement inconscient de partir en chasse d’un sanglier. Je le sais, j’aurais du le prévoir. Je vous confie que je ne m’attendais pas à voir une reine dans cette forêt. Je la pistais tranquillement, pensant avoir à faire à un sanglier mâle de taille moyenne et là, je suis tombé sur les petits qui hurlèrent. C’en était fini de moi. Puis d’être seule… Disons que je sais me défendre et courir rapidement, cela suffit…

Elle s’étira un peu et reporta son attention sur la laie qui faisait le tour de l’arbre. A croire qu’elle commençait enfin à s’ennuyer. Elle avait presque envie de lui souffler que ses petits étaient seuls et sans défense, elle devrait les rejoindre. Elle n’était vraiment pas très bonne en chasse, elle manquait d’expérience et surtout de concentration. Ses frères le lui avaient rappeler tant de fois. Elle venait de penser à Bryan qui devait sûrement énumérer tous les jurons possibles à son sujet de la savoir encore partie seule en aventure.

_Vous faisiez quoi ici Ser … Votre nom ? Je suis Deirdre Lonbec… Fille de la famille Lonbec des Terres de l’Orage, une maison sans aucune prétention… J’aurais aimé vous offrir une révérence, mais je vais attendre d’avoir un pied au sol pour cela.

Aussitôt dit, presque aussitôt fait. La laie était partie, ou presque. Elle brisa une branche et la lança au sol. Elle fit un vacarme dans un buisson, faisait bruir le feuillage sec. Elle n’apparut pas. Bon signe. Elle se tourna légèrement, s’appuyant sur ses bras et se laissa doucement glissé, bandant tout les muscles de ses membres. A moins d’un mètre du sol, les bras tendues, elle se laissa tomber sur le sol remué par le bétail. Elle s’épousseta et offrit son salut au jeune homme. Elle observa ensuite le paysage chaleureux et magnifique qui l’entourait. C’était radieux, mais fâcheux, elle ne voyait point où elle se trouvait. Elle grimaça et soupira.

_Rassurez moi, vous connaissez cet endroit ? Assez pour me ramener à l’orée du bois qui nous mène vers la capitale ? J’y ai laissé ma monture et je vous avoue être totalement perdue…

Elle marcha un peu au hasard, puis alors suivi le jeune homme qui avait l’air d’être plus familier à cette forêt et dont l’orientation ne lui faisait pas faux bond. C’est alors qu’après quelques mètres parcourrut, elle entendit un grognement étrange, effrayant. Elle s’arrêta net et rattrapa la distance qui la séparait de Torben avant de lui scier le bras de sa main. On sentait la peur foudroyer son visage. Elle resta stoïque un long moment avant de lui faire face.

_Il n’y a pas d’ours ici, n’est-ce pas ? Ou du moins, ils sont bien moins effrayant que sur mes terres ! Dites le moi ! Ce que je viens d’entendre n’est qu’un pauvre chasseur qui a embrassé un arbre avec trop de passion, ou alors un brigand qui vient de découvrir que son butin a disparu !

Son cœur battait la chamade. Elle aimait la chasse, mais elle avait quand même les pieds sur terre. Elle n’était qu’une jeune femme sans expérience qui ne ferait jamais le poids face à un ours. Elle en avait déjà vu un, si grand et monstrueux. Son père l’avait aidé à monter le haut d’un arbre et essaya de l’abattre. Tout les hommes de sa famille étaient dessus, ses deux frères et son père. Jon, l’aîné, en sortit avec un bras lacéré et son père une épaule démise. Ce n’était pas les animaux les plus faciles à semer non plus, ayant une grande endurance et pouvant gagner de la vitesse facilement. Elle se rappelait que la première chose que Bryan lui avait appris pour la chasse était de grimper aux arbres pour fuir les gibiers les plus brutaux et dangereux. Ce qu’elle avait malheureusement prit pour un cri, était simplement une bourrasque de vent entrant et ressortant d’une grotte. Rien de bien alarmant, mais la peur de s’être perdue au milieu de nulle part lui donnait la capacité de développer des chimères à des moments non appropriés. Elle eut le bon reflexe de regarder autour d’elle. Rien, pas de traces, pas de branches hautes cassé, rien du tout. Mais son regard s’arrêta sur un petit arbuste. Elle qui était presque agrippé à cet étranger, elle le lâcha subitement son bras musclé.

C’était des fraises des bois. Elle était heureuse. Elle en cueillit quelques unes, pas trop basse et les dégusta avec gourmandise. Elles étaient exquises. Deirdre aurait beaucoup de mal à s’arrêter. Elle les mangeait une à une, les mâchant lentement pour apprécier toute leur saveur sucrée et juteuse, fruitée. Elle lui fit signe de venir et lui en tendit une pour qu’il en goutte.

_C’est toujours comme un petit trésor quand j’en trouve lors de mes balades. Je pense sincèrement que rien ne peut me faire plus plaisir que ces fruits.

Elle en dévorait, encore et encore comme si son ventre, jamais ne serait rassasié. Elle s’en voulait d’être si naturelle face à un homme, mais cela avait le mérite de faire disparaitre ses angoisses. Elle s’essuya le coin de la bouche où un peu de jus rosé s’était déposé. Il en était assez de jouer et d’être soi, de ne rien chercher de ces rencontres inopportunes. L’air de rien, elle change d’expression, plus taquine, moins naïve, il lui manquait que sa jupe pour pouvoir jouer de tout ces charmes.

_Dites moi, vous connaissez du monde à Port-Réal. Je viens tout juste d’arriver et les journées sont longues à rester cloîtrer dans cette forêt ou dans ma chambre… On aime vivre à ce qu’on dit dans cette grande ville. J’aimerai faire quelques connaissances pour profiter des joies que peut m’offrir cette ville.

Elle savait d’avance, même avant qu’il ne daigne se présenter qu’il n’était pas noble, ou alors il le cachait bien. Il n’avait malheureusement aucun intérêt pour ses projets en ville. Elle sentait déjà, qu’elle allait se lasser de tout ça, se servir des gens qui avaient l’air bien plus méritant que n’importe quel noble, d’avoir son attention.
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Message Dim 22 Mai 2011 - 17:47

    L’inconnue me sourit à mes paroles, et je soufflais intérieurement. Toujours cette évidente réserve avec la noblesse. On ne pouvait pas dire que je n’avais pas fait preuve de prudence, mais pas non plus que je m’étais montré pontifiant pour autant. La jeune femme avait l’air gênée, et elle croisait les jambes. Se rendait elle compte que j’étais un homme, et que mon apparence peu amène l’inquiétait ? On ne pouvait pas dire que j’avais la mine avenante. Les cheveux en bataille, la barbe hirsute, les traits tirés par la fatigue et les privations, on ne pouvait pas dire que je pouvais me permettre de faire le paon avec l’accoutrement qui était le mien ; essentiellement habits de cuir, de laine et de peaux. Je n’étais pas un de ces dandys que l’on pouvait trouver dans les grandes cités, comme tous ces jeunes hommes et chevaliers aux vêtements brodés d’or que j’avais pu croiser à Port Réal. Je n’étais que Torben. Simplement Torben. Un chasseur, pas le plus talentueux dans son domaine mais qui se défendait pas trop mal, et qui en tous cas ne mourrait pas de faim. Oui, on pouvait même dire que j’avais tout du manant, ainsi accoutré. Une jeune femme ne se sentirait pas la plus en sécurité avec quelqu’un de mon apparence à ses côtés. Pourtant, celle-ci partit d’un petit rire, alors qu’elle me regardait toujours, comme si elle m’accordait un intérêt tout particulier. Peut être était ce parce qu’ayant côtoyé notables et lords durant mon adolescence et ma vie militaire, je parlais mieux que les paysans analogues ? Je n’en savais trop rien, pour le coup, et cela ne me semblait pas revêtir une importance particulière.


    Elle me parla de son frère, qui lui, semblait doté de plus de bon sens. Son discours me fit m’interroger. Que faisait celle qui me semblait tout à fait être une lady, dans les bois, seule, à pister le sanglier ? J’étais convaincu qu’elle ne pouvait se rendre compte de tous les dangers auxquels elle s’était elle-même soumie en se rendant en pareil endroit sans escorte. Heureusement que je n’étais pas un criminel. Ou alors un braconnier, mais je ne savais après tout pas où étaient les limites des terres du Roi ; il devait bien y avoir des parties sauvages et ouvertes aux personnes de ma profession… Du moins l’espérais je, d’autant plus que j’étais en compagnie d’une noble, qui saurait probablement répéter qu’elle avait vu un chasseur sur ces terres que je foulais cet après midi.



    | Vous ne devriez pas être là. Une dame de votre condition risque bien des dangers à courir seule en ces bois. Les criminels y trouvent refuge, et je suppose que de si belle victime ils ne seraient que trop mis en appétit. Et quant aux dangers de la forêt elle-même… La prochaine fois, emmenez vos gens avec vous. Au moins pourraient ils vous protéger, et empêcher qu’il ne vous arrive quoi que ce soit. |


    La jeune femme m’interrogea ensuite sur les raisons de ma présence en ces bois. Je ne pouvais décemment pas mentir, pas alors que je trimballais mon arc, ma dague et quelques flèches. Quitte à être pris pour braconnage, autant rester honnête avec soi même et ne pas tenter le diable. Je n’avais aucune envie d’être soumis à la question sur ce que j’avais fait ici. Autant assumer ce que je faisais ; je ne cherchais qu’à vivre, après tout. Je secouais la tête en signe de dénégation lorsqu’elle m’appela Ser, et qu’elle me commanda de me présenter. Sa présentation en tous cas me confirma qu’elle était bien noble mais de relativement petite naissance, et nâtive du sud.


    | Je ne suis pas Ser, ma Dame. Je suis Torben. Torben le chasseur. Je viens du Nord, près du Mur. Et je suis présentement à Port Réal, bien que je n’y ai pas trouvé la fortune escomptée. J’étais là pour me trouver à manger, car je comptais reprendre la route du nord, et je pistais moi aussi la laie lorsque vous m’avez rencontré sur la route. |


    La jeune femme descendit de l’arbre alors que la laie était partie. Elle s’assura que la voie était libre, alors que de mon côté je m’assurais que je n’avais abîmé ni flèches ni arc ; je n’aurais su supporter d’avoir de la casse dans mon attirail, surtout pas après un incident aussi bête que celui-ci. Elle me salua alors, et ce fut l’occasion pour moi de la découvrir plus avant. Elle était grande. Presque autant que moi, peut être. Svelte aussi, et musclée. Mince, mais avec des formes généreuses qui éveillèrent en moi les mêmes appétits d’hommes que n’importe quel être devant pareille créature. Mais elle était noble, et moi gueux. Je descendais de l’arbre à mon tour, tenant mon arc en main et tenant de la même main une flèche, au cas où j’aurais besoin de nous défendre contre une autre créature des bois. Je la regardais encore. Et me forçais à détourner le regard, pour éviter d’être inconvenant. Elle me pressa de questions, s’avança et revint, déconfite et apeurée. Je ne me dégageais pas quand elle me saisit le bras, elle avait besoin d’être rassurée. J’accrochais son regard du mien.


    | Oui, je saurais nous orienter, et vous ramener à votre monture. Calmez vous. Il n’y a nul danger dans ces bois qui ne pourraient nous blesser, si nous sommes ensemble, et que je suis armé. Quant aux ours, s’il y en a, je n’en ai vu nulle trace en venant. Nul doute qu’il y ai loups et d’autres bêtes, mais aucune n’aura le cran de s’en prendre à nous. Quant à d’éventuels hommes mal intentionnés, je me fais fort de les repousser. J’étais dans l’armée de Winterfell, même si c’était il y a longtemps. |


    Finalement, la jeune femme se calma, sans doute remise de ses émotions. Dame Lonbec était attirée par quelque chose que je n’avais vu que du coin de l’œil. Des fruits sauvages. Je m’approchais doucement, lorsqu’elle m’en fit le signe. Mon ventre se rappela à moi en grondant. Je devais manger, si je voulais continuer à cheminer dans ces bois. J’en prenais quelques unes que je croquais. Le goût sucré était bon, le jus aussi. Je n’allais pas faire mon repas de ces fruits, mais ce n’était pas pour autant que je pouvais négliger cette nourriture. Je remerciais dame Lonbec. Enfin, j’allais le faire quand son attitude changea, et qu’elle se fit sans doute un peu plus … séductrice ? Quoiqu’il en soit, cela ne me laissait pas indifférent.


    | Je vous remercie, Ma Dame, ça fait du bien de manger un peu avant de reprendre la route. Pour répondre à votre demande, je ne connais qu’une personne à Port Réal, elle répond au nom de Dame Alysane Mormont, une noble du nord. Malheureusement, je crains que vos centres d’intérêts ne soient pas les mêmes. C’est une guerrière, et je ne sais d’ailleurs pas si elle est toujours en ville. Mais si Ma Dame le désire, je peux lui servir de guide en ville ou en dehors… |

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Message Dim 29 Mai 2011 - 13:00

Torben qui était jusqu’à maintenant très patient et attentionné, écoutant chaque mot qu’elle lui confiait, continuait d’être fidèle à lui-même. Il lui indiqua malheureusement qu’il ne connaissait pas grande monde. Etrangement, il avait l’air de comprendre ce qu’elle cherchait. D’un côté, une noble, aussi belle qu’elle qui venait à Port-Réal sans raison apparente à part faire des rencontres, il y avait de quoi converger vers une seule et même hypothèse : se trouver un bon époux. Il avait l’air déçu de ne pouvoir lui faire connaitre le beau monde qu’elle donnait l’impression de chercher. S’il savait dans le fond, elle était heureuse. Il ne serait pas qu’un simple pion dans son stratagème, mais une vraie connaissance qui n’a que pour but de lui offrir celui qu’il était, sa simple présence. Elle était ravie et il était ravissant derrière ses airs de rustre homme, simple pleutre. Traitée comme une moins que rien dans son propre foyer, elle n’était pas du tout hautaine, ou alors juste faussement devant d’autre noble, ou face aux nobles eux même. Le petit peuple, ceux qui assuraient leur sécurité, leur confort, produisaient leur produits, leur nourriture, elle les appréciait et était très douce avec eux. Pourquoi ne le serait-elle pas avec cette homme qui n’a point le droit d’avoir le titre de « Ser ». Seulement Torben, c’était déjà beaucoup pour elle, cela traduisait l’hypocrisie inexistante en son esprit.

Son visage changea donc à nouveau d’expression. Il n’avait plus aucun intérêt à ses yeux, à part celui d’être dans le meilleur des cas, un nouveau camarade de voyage. Ses traits s’adoucir, quittant celui d’une femme fatale pour retrouver le naturel d’une jeune adulte curieuse. Elle lui sourit, les yeux pétillant. Cela était du à une visite de cette grande ville, la capitale du royaume et au fait qu’elle se répétait qu’il était un ancien soldat de Winterfell, soit musclé et fort, sûrement très bien bâti. Elle était dans la fleur de l’âge et l’imagination ne manquait pas. Elle lui sollicita donc son temps pour qu’il lui offre une petite balade guidée dans la ville de Port-Réal. Torben la ramena vers les sentiers où elle réussit à se repérer enfin, retrouvant Flammèche qui faisait les cents pas. Elle attrapa le long tissu qui recouvrait son dos, sa jupe, qu’elle enfila avec un minimum de pudeur, cachée derrière la croupe de sa monture. Elle se présenta devant Torben en réelle femme coquette et en beauté. Elle resta près de Flammèche, la tenant par les rennes, marchant à ses côtés. Ils regagnèrent la ville et une fois à l’entrée de celle-ci, elle s’arrêta et le toisa du regard. Des airs de grande Dame, elle s’exclama :

_Torben, je vous laisse l’occasion de me faire rêver dans cette magnifique ville. Vous avez pour ordre de ne pas me décevoir et de me la présenter encore plus belle qu’elle ne l’est à mes yeux. Prenez garde, si je ne suis point satisfaite, je vous laisserai à la merci de la laie, la prochaine fois…

Elle ne put retenir un rire. Il devait bien voir qu’elle n’était pas naturel et qu’elle ironisait de leur différence de caste, de sexe, de force. Elle était au dessus de lui pour ce qui était de la société actuelle, mais bien en dessous en tant que femme et aussi en corpulence et en expérience pour se débrouiller dans la forêt. Elle avait encore une âme d’enfant, ce qui lui donnait un peu de charme, de nature.

Elle fit un pas et la voilà dans le flux incessant de villageois qui faisait vivre la capitale des Sept Couronnes. Les chemins étaient boueux, envahi, et encore, on se trouvait loin du temps de la Renaissance avec ses encombrants et nombreux carrosse, là une charrette venaient arrêter plusieurs passants, mais le calme régnait, les cheveux tranquille, aussi rares. On circulait facilement quoique… Deirdre sentait le sol légèrement humide encrasser ses bottes en cuir. Elle portait sa robe bien longue, ainsi, avec de tout petit pas, on ne voyait pas qu’elle portait des aparât d’homme. Elle se présentait bien. Les cheveux détachée lors du chemin de retour, une partie relevé avec un chignon qu’elle coinça de sa fidèle baguette. Elle n’avait pas ces magnifiques robes qui avait une jolie cape et étaient le long travail d’une seule et même pièce. Elle était en deux parties. Elle avait une chemise ample, au manche bouffante qui se serrait de petit bouton en merisier sur les poignets, resserré par de la dentelle au milieu de ses bras et de ses avant-bras, un petit gilet qui supportait sa poitrine et froissait le décolleté relativement prude qu’elle montrait fièrement. Le jupon était fait de plusieurs couches blanches. L’un d’eux se voyait par le dernier pan couleur bordeaux, fendu à l’avant. Quelques dentelles fines finissaient ceux dont la couleur était synonyme de pureté. Elle pensait déjà que bientôt, le bas allait virer à une couleur horriblement sale. Elle allait passé sa soirée à frotter le doux tissus ou espérait trouver quelqu’un pour le faire. Elle n’avait pas vraiment confiance et préférait s’en occuper elle-même. Elle ne supportait pas de disputer du personnel.

Il y avait de l’activité partout. La plus grande des tavernes attira son attention, mais en y voyant les hommes bedonnant et le rejet du repas de certain sur le perron elle préféra simplement apprécier la façade. Ensuite, il y avait un petit primeur. Les fruits étaient frais et sentait bon le printemps. Elle les mira un long moment avant de s’acheter une pomme, sortant quelques pièce de sa bourse. Elle était toute excitée, elle avait les yeux partout. Elle admirait la tenue des nobles, surtout des femmes et rêvait d’en avoir d’aussi riche et raffinée, les chevaliers avec leur armure brillante, la garde royale solennel et peut-être un peu fier. On n’en finissait pas de voir tant de chose de découvrir, de nourrir sa curiosité. Torben avait fort besoin d’être attentif, car il risquait de la perdre vite. Elle s’arrêta par contre longuement chez un forgeron pour le féliciter de son travail. Elle trouvait ses œuvres majestueuse, précise, équilibrée et si précieuse. Elle s’était arrêté sur une commande, un joli poignard ou la lame était gravé d’arabesque couplé à la nature, de la vigne. C’était simplement beau.

Elle progressa doucement vers le haut de la colline. Elle s’arrêta devant un immense bâtiment qui avait été le sujet de beaucoup de conte, d’histoire. Fossedragon. Elle se trouvait à une distance acceptable, n’osant trop s’approcher de cette forteresse aux murs noircis. Elle y resta silencieuse, regardant le dôme qui s’élevait vers le ciel. Elle entendait presque les hurlements des condamnées qui furent brulés. Elle se posa une main sur le cœur, les yeux humides. L’épidémie avait décimé une grande partie du royaume et la voilà sensible à une mort que personne ne pouvait combattre avec fierté, ni même arme ou la foi… Un mal subliminal dont on n’échappait et qu’on ne méritait pas forcément. Elle se tourna vers le jeune homme, le sourire morose et lui quémanda de la conduire vers le port s’il avait encore un peu de temps pour elle.

Ils récupérèrent leur cheval. Deirdre continuait de le tenir à la main. Elle y avait pas mal de ses affaires et ne souhaitait pas vraiment s’en séparer. Elle suivait Torben, silencieuse. Puis enfin l’air frais marin lui redonna meilleure humeur. Son sourire se fit plus marqué. Elle fit un rapide tour du port. A part quelques bateaux qui vous emmenaient à l’aventure, des marins et du poisson, il n’y avait rien de bien intéressant. Elle gagna plutôt le large où elle retira es bottes qu’elle balança sur le dos de Flammèche. Elle laissa doucement le sable lui chatouiller entre les orteils. Elle sourit et s’assit, laissant ses pieds se perdre là où les lames s’évanouissaient. Elle regarda le jeune homme.

_Vous avez beaucoup voyagé n’est-ce pas ? Mais avez-vous déjà prit un bateau pour naviguer sur la mer ? Moi plus jeune oui, mais avec les conflits avec les Fer-né, on s’aventure que pour pêcher le poisson. On risque trop notre vie à vouloir voir de l’horizon azure et mystérieux… Ca me manque. Je dois bien avouer qu’on y vit très mal, on dort sous le soleil, on mange que des fruits un peu passé et du poisson séché, mais de voir cette océan vous dominé, il n’y a rien de plus beau à mon goût. C’est aussi spectaculaire que de voir le paysage du haut d’une montagne. Sauf qu’en mer, vous paraissez minuscule comparé à la montagne, là on se sent puissant et immense. Vous venez près du Mur, c’est cela ? J’aimerai tellement y monter. La vue doit être imprenable…
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Message Mer 1 Juin 2011 - 22:20

    Cette candeur que je voyais dans le regarde la jeune femme me plut beaucoup. Je me sentais revêtir un intérêt que je n’avais pas, d’ordinaire. D’habitude, je ne suis que ce rustre de chasseur, ce barbu qui émerge d’on ne sait quelles frondaisons avec le corps de bêtes sur le dos, tout prêt à vendre leur viande et leur peau. C’est ce que j’étais. Mon père, s’il m’avait appris autre chose que l’art et la manière de tuer son ennemi de la façon la plus rapide qui soit, il ne m’avait jamais inculqué la moindre once d’ambition. Tues ton ennemi et pais toi ta putain et ta bière, me disait il quand je sortais à peine des jupons de ma propre mère. C’était tout. Le seul précepte de vie que j’avais jamais reçu. Je n’avais aucune idée de la manière dont je devais me comporter avec cette Dame, ni avec aucune autre, sinon avec courtoisie se mêlant à ma gaucherie toute naturelle quand je parlais avec la gente féminine. J’avais longtemps caché ma gêne avec les femmes derrière le refuge de la nature, de la guerre, ou des filles de joie. Jamais je n’avais conquis une seule femme. Hormis une seul. Mais j’avais été jeune, et stupide. La guerre avait tout changé. Terrible oblitération de toute chose, la guerre était passée dans ma vie pour tout m’en retirer. Je reportais mon attention sur ma compagne de ces instants. Elle me regardait d’un air intéressé, comme si le fait que je fus soldat éveillé chez elle quelque souvenir. Peut être m’idéalisait elle comme ces parangons de chevalerie ? Je me surprenais à sourire. Si elle avait vu l’affreux affrontement de Lonlac, sans doute réviserait elle son jugement sur les métiers de la guerre. Les viscères, le sang, la chair, les cris, l’acier. Mes fantômes ne quittaient jamais tout à fait mes songes, même quand je dormais du sommeil des morts après une longue traque.


    Nous retrouvions finalement la piste et le sentier qui menait à l’endroit où la jeune femme avait laissé son canasson. La route se fit en silence. J’étais aux aguets ; cette chasse avait pris une tournure bien particulière maintenant que je me retrouvais à chaperonner une fille de la haute. J’étais aussi comme investit d’une toute autre tâche que de celle de ramener de la nourriture ou un pécule dans mon escarcelle. Je détournais le regard une fois qu’elle eut retrouvé son cheval et qu’elle se cache derrière pour réarranger sa tenue. Inutile de me faire pendre pour atteinte à la pudeur d’une noble héritière alors qu’en plus, j’étais probablement en train de braconner sur les terres royales quelques heures auparavant. Pendant un temps, nous cheminâmes tous deux vers la ville, mais la route fut bien vite accomplie alors qu’elle se mettait à mon niveau, et marchait à côté de sa monture. Elle m’enjoignit, toujours candide, de lui faire visiter la ville et de le faire de façon suffisamment correcte pour la satisfaire. Quant à la laie, j’étais convaincu que ce n’était pas moi qui aurait été en difficulté. J’étais armé, et j’avais rencontré pire ennemi qu’une femme sanglier en colère et aussi imbécile qu’ivre de fureur.



    | Il en sera fait selon votre désir, ma Dame. Mon Honneur pour vous servir. |


    Telles étaient les formules apprises depuis tant d’années. Finalement, ces leçons de courtoisie ne s’étaient pas avérées inutiles. Son rire était rafraîchissant. Il me rappelait l’innocence de la jeunesse et la candeur des jeunes amants. Je n’avais plus entendu ce genre de rire depuis si longtemps maintenant… Être chasseur vous contraint forcément à la solitude, et c’était d’ailleurs pourquoi j’avais accomplit pareille vocation. Je m’y étais tenu jusqu’à tout récemment, où j’avais pris la résolution de repartir vers le Conflans, et la guerre. La guerre. J’y pensais sans cesse, au fur et à mesure que passait cette journée. En aussi agréable compagnie que j’étais, je ne pus prouver quoique ce soit par ma verve ou mon intelligence, tant je me rendais compte que j’avais ces deux choses en défaut. A vrai dire, je n’étais doué en rien, en rien sinon au don de la mort. Cela avait commencé avec des animaux, puis des hommes. Et à nouveau, des animaux. Quelle drôle de chose que la vie. J’avais été éduqué pour bien des choses. Mon père aurait aimé me voir courtiser les femmes, me hisser au dessus de son propre niveau de coureur de putains, ou encore de rentrer au service personnel d’un lord. Je n’avais accomplit aucun de ces désirs, et c’était le cas de le dire. Solitaire, je ne m’étais jamais marié. Je n’avais plus entretenu de relation d’affection avec une femme depuis un peu plus de dix ans. Ou était ce onze ? Je n’étais pas devenu riche, et je n’avais aucune chance de voir mon nom un jour cité dans les chansons des troubadours et des forains de passage.


    Comme je l’avais dit à cette perle que j’accompagnais aujourd’hui, j’étais Torben. Juste Torben. Pas de surnom pontifiant ou garant d’un quelconque acte digne d’être retenu. Mon nom s’éteindrait avec moi, j’en avais maintenant la certitude. Et étrangement, je ne faisais rien pour combattre cet état de fait. Je n’étais doué ni avec mes mots, ni ma tête, ni même mon courage. C’était mes mains, mon instrument. Pour tendre un arc, encocher la flèche mortelle. Pour manier l’épée, je n’étais pas manchot. Je ne me battais certes pas comme un Ser, mais mon père m’avait depuis toujours appris qu’on ne gagnait pas les guerres comme on gagnait les tournois. Ce qui compte à la guerre, c’est d’estropier, de faire mal, de découper, de tuer. Et pas de mettre à terre et se présenter comme vainqueur. J’étais bon pour ces choses là, ces choses qui m’avaient jadis effrayées, quand je m’étais rendu compte que la mort était la seule chose pour laquelle j’avais des compétences. J’avais choisit de ne plus la donner qu’aux bêtes, à ces créatures que j’aimais et respectais comme garantes de ma subsistance. Engoncé dans toutes ces pensées, je ne vis pas le temps passer jusque Fossedragon. Quel mauvais guide je faisais, j’avais laissé mes pas me guider on ne sait où. Je perçus nettement le trouble de la jeune Dame que j’accompagnais. Elle semblait chamboulée, aussi répondais je par l’affirmative lorsqu’elle me demanda de lui faire visiter le porte. Je m’inclinais légèrement.



    | Les désirs de ma dame sont des ordres. |


    Une fois parvenus sur la grève, Dame Lonbec retira ses bottes de sous sa robe, non sans provoquer chez moi un nouveau détournement de mon regard. Elle se laissa baigner les pieds dans l’eau. Pour moi qui n’avait vu la mer qu’assez âgé, j’appréciais toujours le bruit de flux et de reflux qu’elle faisait. Bien que me laver n’aurait sans doute pas été du luxe, je rechignais à me défaire de mes bottes ou de mes vêtements pour faire trempette. Je préférais profiter encore un peu de la chaleur, avant d’amorcer le lent retour jusqu’à des contrées plus septentrionales. Alors, elle me sourit et me parla.


    | Non, ma Dame, je n’ai jamais connu cela. Mes pieds sont depuis toujours mon unique moyen de locomotion. Nulle bête et nulle création des hommes n’a jamais eu à subir ma méchante humeur et mes rustres habitudes. Je dois aussi avouer que l’idée de quitter la forêt n’est déjà pas pour me ravir… En cela sinon, vous avez raison, ma Dame. Je viens de Lidreuil, dans le Nord. C’est assez près du Don, cet espace réservé à la Garde de Nuit. J’ai moi-même vu le Mur de loin, mais ne suis jamais monté dessus. C’est en cela un privilège, un honneur et une malédiction, pour chacun de nos frères vêtus de noir. |


    Je fis un pas et m’avança, mettant un genou à terre.


    | Ma Dame me pardonne mais… Il serait tout aussi imprudent pour vous de monter sur le Mur que de vous promener seule dans les bois. Vous n’avez pas idée du danger encouru, seule. C’est une chance si je puis me permettre, que vous soyez tombée sur moi, et pas sur un gueux plus vilain encore. Surtout qu’avec pareille beauté… Pardonnez l’outrecuidance, mais la vue du Mur ne saurait être aussi imprenable que celle permettant de vous admirer. Et nombreux sont ceux qui profiteraient de votre équipée solitaire pour faire faire du mal. Vous devez être escortée, ma Dame. Je suis sûr qu’au Donjon Rouge fourmillent les Ser allant jusqu’à se damner pour protéger pareille beauté. Vous seriez plus en sécurité. |

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Message Ven 3 Juin 2011 - 0:15

Deirdre parlait du mur bien sûr, mais non sans avoir dans l’idée d’y aller sérieusement et de tenter de monter en haut. Quoique, elle se disait qu’elle était assez belle pour séduire un homme important qui aurait l’honneur d’y grimper. Et puis quand bien même. Cela l’étonnerait fortement qu’on laisse une simple femme de si petite importance monter. Les hommes abandonnaient tout là-haut et même les plaisirs charnels. Elle ne ferait qu’attiser leur frustration. Puis ce n’était pas du tout un espace dédié aux femmes. Juste, elle fantasmait à l’idée de hauteur que pouvait procurer ce mur. Partie dans cette longue réflexion, elle sursauta quand elle remarqua que Torben posa un pied sur le sol, s’approchant d’elle. Il avait ronger la distance presque acceptable qu’on se devait de tenir devant une femme. Enfaite, elle s’en moquait bien au contraire, elle aimait ça. Elle chassa un petit sourire qui aurait trahir ses émotions et le fixait.

Il était un peu sauvage, parlait peu, rustre et mystérieux. Dans le fond, elle devinait bien qu’il avait une petite caste et elle n’aurait jamais imaginer que de tels compliments imagés pouvaient sortir de sa bouche. Elle resta coite, abasourdie. Elle leva un sourcil et écarquillait les yeux, plus les louanges volaient en haut. Tant de gentillesse alors qu’elle ne parlait que d’un mur. Elle tira inconsciemment un peu plus sur le pan de sa jupe pour recouvrir ses jambes. Il ne manquerait plus qu’il lui prenne la main et la pauvre femme ne ferait que se noyer dans des océans de chimère toute la nuit. Il n’avait pas la grandeur de Pryam, un chevalier, ni même l’influence d’un noble qu’elle se devait de trouver, mais il était simplement Torben. Voilà ce qu’elle aimait chez lui. Elle ne crache pas sur le confort qu’elle avait eu jusqu’à maintenant, mais l’âme des personnes de son niveau tendait vers le futile, l’hypocrisie, le mensonges et les intrigues pour monter toujours plus haut. Elle savait de quoi elle parlait, elle était en plein dedans. Là, il était simple, n’attendait rien. Ou peut-être jouait-il au même jeu qu’elle dans le fond. Elle baissa un instant les yeux, un rictus sur un visage pétillant. Elle était touchée. Les gens souvent plus bas qu’elle étaient plus sincères que les autres ou alors malheureusement bloqué par des barrières de politesse. Dans le fond, elle n’était qu’une paysanne, une simple fille de chasseur recueillie par un noble.

Elle se pencha à son tour et chuchota, au cas où des oreilles indiscrètes, des crabes espions des natif de Port-Réal écouteraient l’audace de leur conversation.

_Je vous trouve bien courageux pour chanter de si jolis mots à mon oreille. Je pourrai vous vendre pour abuser de la gentillesse d’une pauvre Dame comme moi, sourit-elle. Mais je pense que vous le devinerez vite. Je ne suis pas les autres, et je vous dis simplement merci. Il n’y a pas d’autre mot. Merci. J’aimerai n’être qu’une « gueuse » comme vous le dite, pour avoir le plaisir d’entendre encore et encore ces mots… Et qui sait, un jour y répondre. Pour ce qui est de ma sécurité, je sais, mais sachez que je suis têtue. J’ai manqué à un incident de peu une fois. Normalement, j’ai mes frères pour veiller sur moi et cela est bien assez. Mais, je ne peux rien y faire, je pars seule, pensant pouvoir me débrouiller. Ce qui n'est pas vraiment le cas. De plus, j’ai envie de vous avouer que j’ai plus confiance en des personnes comme vous que des milliers de Ser. Ils se pensent tout permis, je ne suis pas en sécurité avec eux non plus.

Elle marqua un silence, avant de regarder l’océan qui lui souriait par-dessus l’épaule de Torben. Elle n’osait plus poser ses yeux sur elle. Elle savait qu’il y avait un mur encore plus grand que celui de la frontière qui les séparait. C’était à elle de lui demander d’y monter avec elle. Elle murmura.

_Ne partez pas trop vite de Port-Réal. Des personnes comme vous sont rares…

Elle ne put finir sa phrase alors qu’au loin on hurlait son prénom. Elle tourna la tête rapidement et vit la carrure fuselée et finement musclée de Bryan, son frère. Elle se leva rapidement, attrapant le bras de Torben pour l’inviter à faire de même. Son visage se figea. Qu’allait-il penser de voir un homme sans honneur débordant de tout son être à genoux devant elle. Trop de chose à en voir la noirceur de son regard. Bryan, bien plus chaleureux et gentil que l’aîné de la famille, Jon, ne posa même pas un regard sur le chasseur. C’était de la pur jalousie. Il comprit vite à l’air timide de sa sœur, ses yeux fuyant et ses pommettes roses qu’elle n’était pas indifférente au jeune homme. Il acceptait bien qu’elle abandonne la promesse faite à son père pour lui, mais pas un autre.

_Je t’ai cherché toute la journée ! Arrête donc ça ! L’autre fois, tu es presque rentrée morte par des personnes aux mauvaises attentions ! On rentre !
_Je vais rentrer oui, encore cinq minutes…
_Non, tout de suite ! Tu rentres… siffla t-il en fustigeant Torben de son digne regard de Lonbec. Ne me manque pas de respect devant n’importe quoi !

Deirdre écarquilla les yeux, choqué. Ah, il était bien le frère de Jon quand il voulait. Elle voulut lui tourner le dos, mais il attrapa fermement son bras avant de la trainer derrière lui. La jeune femme s’entortillait, sans trop de ferveur mais pour montrer son mécontentement. Elle réussit à tourner la tête vers le jeune homme. Elle mima lentement et méticuleusement le nom de l’auberge dans laquelle elle se trouvait. Le Loup Hurlant. Elle espérait sincèrement qu’il comprendrait ce qu’elle lui avait soufflé silencieusement et qu’il viendrait la voir. Elle le trouvait fort agréable dans un endroit qu’elle ne connaissait pas, elle ne voulait pas que cela se finisse aussi vite. Puis pourquoi ne pas profiter de quelque chose qui risquait d’être qu’éphémère. Elle devait trouver un noble influent et il disait repartir au nord.

A peine rentré dans la taverne où ils logeaient, elle eut quelques craintes à l’idée que Bryan ne la maltraite par sa trop grande jalousie. Non, il ne dit rien, simplement qu’elle n’avait pas de temps à perdre et qu’elle ne devait pas abuser de sa gentillesse car elle avait la chance d’être venue avec lui et non Jon. Elle répliqua encore longuement, ce fut une beau combat de joute verbale qui se finit tous deux, enfermés dans leur chambre à ruminer leur colère.

Le lendemain, son frère avait toujours et encore des choses à faire. Il cherchait des endroits bien fréquenté, des tournois où autres rassemblement de gens où elle pourrait jouer de ses charmes. Elle sortit dehors. On devait être en début de journée. Elle s’assit dans un petit coin d’ombre sur le côté de la taverne. Il y avait un petit banc où elle attendit avec espoir l’arrivée du ténébreux chasseur. Elle taillait un petit bout de bois en forme de hiboux. Son poignard bien affûté, elle finissait par s’énerver d’une attente surement vaine. Si bien qu’il ricocha et qu’elle s’entailla fortement le bout de l’index. Elle lâcha l’œuvre qui roula sur la boue, puis perdue dans ses pensées, elle regarda la goutte perlé jusqu’à sa paume avant d’enfermer sa main dans son mouchoir….

[HP : voilà, j’ai pas clos. J’avais pas le cœur. J’aime trop ton personnage ^^ J’ai une petite idée enfaite xD On va la jouer Venise à l’époque mediévale mdr xD Enfin, tu comprendras vite ]
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Message Lun 6 Juin 2011 - 18:52

    La jeune femme ne manqua pas de s’étonner de la verve dont je faisais maintenant preuve. Il fallait le dire, je parlais plus que correctement pour quelqu’un de mon ordre, de ma stature. Les serfs et les paysans étaient le plus souvent engoncés dans les traditions de patois qu’ils traînaient parfois des générations entières, ne changeant de dialecte qu’au fil des conversions religieuses et des invasions ennemies. Peut être mon observation et mon talent pour la discrétion m’avaient ils permis d’assimiler correctement le langage si châtié de ces gens de château ? Je n’en savais rien, mais le peu de peine que me demandait de corriger mon langage naturel de cuistre n’était après tout pas totalement sans valeur ; rien qu’à voir la jeune noble, il me semblait plus que plausible de croire que jamais encore elle n’avait entendu l’un de ses inférieurs sociaux parler avec autant d’aisance. Mon point de vue et mes paroles semblèrent la ravir, et j’en étais fort aise pour le coup. Je ne cherchais plus depuis longtemps l’affection des femmes et leur considération, quelques pièces moyennant un peu de proximité m’avaient suffit, ces dernières années. A tel point sans doute que j’avais oublié ce que cela faisait que de flatter une femme. Et quel bien cela pouvait procurer de voir la dite femelle réagir positivement à ses propos. Je me sentais un autre homme à cet instant même. Je me sentais moins seul, et désirant moins de solitude aussi. Rien que pour cela, je chérirais le souvenir de cette journée, et cela me prouvait un peu plus que je ne devais plus vivre loin des hommes. Je devais changer, redevenir celui que j’étais. Mon père aurait apprécié que je reprenne les armes, prenne femme et enfante. Que n’avais je jadis rejeté ces rêves, pour vouloir de nouveau les toucher du bout des doigts ? Homme de contradiction, toujours.


    La jeune Lonbec se pencha vers moi, et répondit à mes compliments si peu dissimulés sous ces impératifs de sûreté. Elle me taxa de courage, et fit pendre au dessus de ma tête l’épée de Damoclès qu’était la pendaison. Je savais ce que je risquais. Rares étaient les nobles à se mélanger verbalement à la masse populaire. Rares étaient encore plus les pères d’aristocrates trop jeunes et trop jolies, se laissant courtiser par bien plus misérables qu’elles. J’avais toujours dit ce que j’avais à dire, sachant très bien que c’était cela, le vrai courage. Assumer jusqu’au bout son existence, sa pensée, ses actes. Mon père m’avait appris l’honneur, ne jamais reculer, ne jamais courber l’échine devant la difficulté. Cela aurait pu me trahir, mais l’attitude de Deirdre me permit presque immédiatement de me rendre compte du fait qu’elle prenait vraiment agréablement mes paroles. J’inclinais respectueusement la tête alors qu’elle me remerciait, et j’avouais me sentir un peu gêné aussi de ses paroles suivantes. Mon cerveau me disait que si je continuais, j’allais avoir des problèmes. Mais autre chose me poussa à continuer. Elle me parla de ses frères, et des Ser. Elle m’intima de ne pas quitter Port Réal, mais fut coupée dans sa diatribe par l’appel de son nom. Je me tournais vers l’impromptu, renâclant qu’elle n’aie pu dire le fond de sa pensée. Ma Dame me fit me relever, me signifiant par là même que j’avais affaire avec un autre de mes supérieurs.


    A priori, ils se connaissaient. Je baissais docilement la tête pour éviter le regard du jeune seigneur qui venait d’arriver. Je n’avais aucune idée de son rang ni de son nom, mais il était clair qu’il en avait après moi. Je compris bien vite qu’il y avait proximité entre la Dame que j’avais accompagné toute la journée, et cet homme vif qui s’énervait contre elle. Un instant, je frôlais du plat de la main le manche de ma dague. Je n’aimais pas que l’on s’adresse ainsi aux dames, mais que pouvais je faire ? En relevant la tête, je la vis me murmurer quelque chose. Sa jolie bouche fit un rond, alors que sa langue commençait le mot informulé, collée au palais. Un « L ». le reste, « o » ou « ou », comme son. Je fus bien vite privé du reste de mon interprétation alors qu’elle était tirée par celui qui était venu la chercher. Son frère, son mari, son cousin, un ami ? Je n’en savais strictement rien. Mais ses paroles devaient avoir un sens. Un endroit, je pariais. Pourquoi ? La raison m’en était totalement obscure. Je me sentais poussé par la curiosité. Et, je devais bien le dire, par la perspective d’une présence féminine. En arrivant à Port Réal, j’avais dilapidé ce qu’il m’avait resté d’argent en alcool et compagnie féminine, mais ce n’était pas pareil. Je me sentais me pousser des ailes, et je devais la revoir. Mais comment r »agirait l’homme ? Je pouvais finir pendu, et l’homme serait dans ses droits s’il s’agissait de son mari. S’il était de sa famille, un Lonbec, alors sans doute pouvait il s’arranger pour faire taire cet impudent chasseur du nord, moyennant quelques pièces aux bons ruffians des rues miséreuses de cette ville anarchique. Je réfléchissais. Ses paroles ne devaient guère signifier le Donjon Rouge, elle devait séjourner en ville. Une taverne, une auberge. Un endroit décent. Il n’y en avait pas trente six que je connaissais et qui commençaient par un « L » selon la piste que je tenais. Je ne savais pas si je tenais le bon filon, mais je choisissais d’y aller. Une fois la nuit passée, bien évidemment… Nuit que je passais sous le porche d’un temple, avec mes maigres possessions. Plus d’argent pour me payer le gîte dans cette ville hors de prix. Cela ne me dérangeait pas. La nuit, les bâtiments ressemblaient aux grandes masses sombres des forêts si chères à mon cœur. Je ne risquais pas de me faire attaquer, j’étais sous la protection du Dieu Guerrier, même si je ne le révérais pas, me cantonnant aux Anciens Dieux. Le lendemain matin, je repartais dans la direction que je pensais la bonne, avec mon baluchon sur le dos, mon arc en travers de mes épaules, et mon arme au fourreau passée en bandoulière, à côté de mon sac. Bientôt allait devoir commencer mon périple vers le nord, autant que je ne laisse rien traîner derrière moi, et à plus forte raison mon épée… Je passais un moment à rejoindre l’auberge. M’arrêtant devant l’entrée, je remarquais du coin de l’œil une tignasse brune que je reconnaissais. Je souris, avant de m’approcher. Bingo.



    | Ma Dame a vraiment besoin d’être surveillée. Elle fuit les siens, sort seule, et se blesse. |


    Je sortais de sous mon lourd manteau de laine de la tourbe séchée, et un morceau déchiré de tissu.


    | J’ai de quoi vous bander, et ce soir ne subsistera qu’une légère marque rouge. |


    J’inclinais finalement la tête.


    | Ma Dame m’a mandé hier, si je ne me trompe. Puis je demander pour quelle raison ? |

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Message Jeu 9 Juin 2011 - 12:27

Deirdre qui sentait la coupure la picoter un peu ne put se concentrer d’avantage sur la sensation qu’elle offrait à tout son doigts, car une voix, venue de nulle part l’attira étrangement. Elle sentit une ombre se poser sur elle, celle d’une silhouette imposante. L’odeur qui se dégageait de cette présence et le timbre de la voix la fit sourire avec sincérité. Il se moqua gentiment d’elle, ce qui la fit rire et il s’occupa de sa main quand elle lui permit de le faire en lui tendant son pauvre doigts enroulé dans son mouchoir brodé. Alors qu’il s’affairait à lui bander la main, elle se redressa, hautaine et le sourire taquin.

_Sachez que cela m’insupporte qu’on me voit de la sorte : si indépendante des hommes, vulnérable et si maladroite… Je ne suis pas tout le temps ainsi, je vous l’assure, rit elle, timide, une main devant la bouche.

Il était ferme et délicat à la fois. Il le faisait bien, c’est ce qui comptait. Bientôt, son index meurtrie se parait d’un joli pansement fait par un homme qui cachait beaucoup de ressource. Elle admira les soins un petit moment avant de répondre à sa question, la voix clair et sans aucune hypocrisie.

_Simplement car je voulais encore vous voir. C’était un peu court hier. Oh, j’en profite pour m’excuser de l’intervention de mon frère, il est assez suspicieux. Il faut le comprendre, il ne connait pas cette ville où tout circule et sa petite sœur n’est pas en sécurité. Il n’a confiance en personne. Mais n’ayez aucune crainte, on a discuté et il est bien plus rassuré tant que vous me ramenez vivante à chaque fois.

Elle ne mentait pas vraiment. Il était vrai que la veille ils eurent une discussion, rapide, mais elle existait. Elle lui dit simplement que pour une fois qu’elle se faisait un ami dans une ville où elle ne connaissait personne, il lui gâchait tout. Bryan avait juste soupiré et fit un geste las de la main. Il n’acceptait pas, mais ne refusait pas. Puis tant qu’elle était encore vive et en bonne santé, il ne pouvait rien dire.

Elle se pencha un peu vers lui, puis tourna la tête vers la rue passante. Les gens se souciaient peu de les voir tout les deux à s’échanger quelques mots. Elle se disait que sa robe préférée était simplement parfaite : juste pas trop travaillée, qui ne faisait pas si noble. Elle eut un bref sourire. Cela marchait. Avec ses cheveux relevé de façon anarchique, quand elle se mettrait en beauté, personne ne la reconnaitrait ou avec difficulté. Elle ferait face à des « vous m’êtes familière » mais sans réelle preuve. Comment espérait-elle trouver un noble si elle était si proche avec un homme comme Torben. C’était horrible de penser ainsi, mais elle n’avait pas réellement le choix, par respect à son père qui lui demande une simple faveur en épousant un homme influent. Elle n’avait pas non plus envie de jouer la noble ingrate en public face à lui. C’était trop difficile, surtout avec lui. Elle avait simplement envie d’être elle-même avec les pour lesquels elle avait de l’estime. Elle se mit à chuchoter.

_Il n’y a pas de « Dame » je ne sais quoi, d’accord ? Je suis désolée, mais pour des raisons qui n’occupent que moi, je ne veux pas qu’on sache que je suis une noble, à moins d’être entourée de noble. Cela ne vient pas de moi, si cela ne tenait qu’à moi, que cela ne tienne ! Je crierai haut et fort que j’aime le bas peuple et qu’ils ont bien plus à apporter que ces vaniteuses personnes. Puis, je n’aime pas mon titre de Dame. Dites simplement Deirdre. Ensuite, dite moi simplement que vous avez encore un peu de temps avant de partir. Donné moi une seule et peut-être votre dernière journée. J’en aimerai plus, mais je n’ai aucunement le droit de vous l’imposez. Sauf celle-ci… Surtout que j’ai prévu quelque chose…

Elle pencha doucement la tête sur le côté, utilisant ses yeux pour l’amadouer et le forcer à accepter. Une mèche ondulée barra son visage. Elle la remit derrière son oreille et sourit tendrement, légèrement rose quand il répondit la positive. (Désolé de Pnjiser ton perso, si ça ne te va pas dis le moi et je change.)

Elle se leva et lui demanda d’attendre un instant. Elle revint avec un baluchon qu’elle lui tendit. Elle avait retenu le chemin qui menait au port et l’y emmena sans réellement trop de mal. Elle voulait aussi lui montrer qu’elle pouvait très bien se débrouiller seule quand elle lui voulait. Il était sûr qu’une ou deux fois, elle aurait aimé lui demander où se trouvait la plage, mais après avoir bien réfléchit, elle trouva et à quelques mètres, se laissa porter par la douce odeur du large et de poisson qui commençaient à sécher au soleil.

Arrivée sur place, elle s’arrêta devant un pêcheur et lui demanda si on lui avait préparé la barque qu’elle avait fait demander le matin même. On lui assura que oui, et on lui montra sa « frégate » au loin, attaché à un piquet sur le sable blanc, non loin des pontons. Elle le remercia en lui donnant un peu d’argent. Comment avait-elle fait ? Elle envoya un domestique éphémère lui réserver la barque, comme elle lui avait demandé de lui préparer un petit repas à manger dessus, le tout envelopper dans le baluchon que portait Torben.

Elle s’avança et quitta les sommaires morceaux de tissus épais qui protégeaient ses pieds. Elle les lança dans la barque et laissa le sable se glisser entre ses doigts de pied un court instant. Elle s’avança vers le véhicule marin, détachant la corde du piquet. Le morceau de bois tanguait, de-ci de là, sous le soleil découvert, bercé par de douce vague. Il y avait pas mal de vent qui transformait vos vêtements en voile. Elle releva un peu sa jupe, la froissant dans ses bras et d’un pas presque hésitant, plongea ses pieds dans l’eau pour gagner la barque. Elle la poussa plus loin et quand elle ne devint tout sauf stable, elle y monta et fit signe à Torben de venir. S’il ne se dépêchait pas, elle n’hésiterait pas à insister, même à lui donner un ordre.

Tout deux prisonnier dans ce petit bâteau de fortune, elle lui offrit un grand sourire.

_Je vais vous faire quitter un peu la terre. Je vais ramer au début, le temps que vous aillez le pied marin.

Elle prit les rames et tira de toutes ses forces pour les éloigner un peu de la plage. Elle se dirigeait doucement vers une jetée, au pied d’une falaise. Elle resta non loin et le regarda. Elle lui demanda son avis sur la sensation d’être sur l’eau, dépendant d’un grand morceau de bois et que vos pieds étaient fort inutiles sauf pour garder l’équilibre. Au pied de cette falaise se trouvait un tout petit banc de sable. Elle s’y dirigea ensuite après avoir profiter de la douce berceuse que procuraient les vagues contre la coque. Elle n’aimait pas la pêche et préférait de loin se balader en forêt, mais le bruit de l’eau qui vivait et respirait l’imprévisibilité la réconfortait et la détendait.

Elle se mit debout à un moment, la barque se balançant violemment. Elle avait l’habitude et ne marqua aucune crainte à cette chose qui étaient à deux doigts de se renverser à chacun de ses souffles. Elle voulut descendre pour tirer la barque vers la terre ferme, mais voilà qu’elle surprise. Elle avait soulevé sa jupe et comptait mettre un pied dans l’eau peu profonde. Qu’elle surprise d’y trouver un simple trou sous son pied. Elle se retrouva aspirer et remonté, trempé de la tête aux pieds, les cheveux qui lui collaient au visage. Là, un peu paniquée, sa main essayait de trouver refuge sur le bord de la chaloupe. Elle retrouva pied quelques centimètre à côté, mais toussait fortement, ayant but la tasse.
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Message Mer 15 Juin 2011 - 14:14

    Cette femme était un véritable mystère pour moi. Je ne savais plus quoi en penser. Déjà, je ne me rendis compte de mon outrecuidance qu’en la touchant. Je franchissais là l’un des plus importants interdits des castes de notre royaume. Je n’avais pas à toucher la peau d’une noble, pas avec la mienne, et pas consciemment. Je pourrais sans doute être fouetté pour pareil geste, pourtant elle ne me repoussa pas, et je n’entendis nul cri d’alarme aux alentours. Nous étions seuls, et braver cet interdit me procura un certain bien que je ne saurais cacher. La jeune femme se laissa totalement faire, si bien que j’eus bien vite terminé de l’aider à soigner sa blessure. Ce n’était rien, mais autant éviter qu’elle ne soit marquée par pareille broutille. Je savais à quel point les nobles étaient très à cheval sur leur physique. Je me sentais bien négligé quant à moi. Cicatrices dont des très vilaines. Cheveux hirsutes. Barbe qui l’était tout autant. Je n’avais pas de maladie ni de vermine dans mes vêtements, c’était sans doute déjà ça. Et avoir fini dans la rivière il y a quelques jours m’avait lavé de fond en comble. Je n’étais pas au comble de la grandeur que l’on attendrait d’un noble. Et ce n’était de toute façon pas ce qu’on attendait de moi. Aucun souci à me faire, donc. Rieuse, Dame Lonbec me dit quelque chose à propos de la façon dont on pouvait la percevoir. Je n’étais pas tout à fait certain de la suivre. Bien parler, j’étais capable. Mais je ne pouvais prétendre tout comprendre du langage très châtié des nobles, et j’en étais fort désolé. Encore plus quand j’accompagnais une jeune damoiselle particulièrement avenante.


    Celle-ci finit par me répondre sans détour. Elle voulait me voir. Me voir, moi. C’était bien rare que l’on veuille me voir sans arrière pensée ou sans motif. On ne requérait jamais ma présence pour ma personnalité ou pour ma conversation. On me mandait pour mes peaux, pour ma viande, ou pour mes armes. Jamais pour autre chose que mes services. Du même coup, j’avais peine à croire sans fondement cette entrevue. Non pas que je traitais Deirdre Lonbec de menteuse ou de persifleuse, j’attendais juste de voir ce que cette conversation allait bien pouvoir donner. Elle m’expliqua ensuite sa situation vis-à-vis de son frère. Je me doutais qu’il y avait anguille sous roche. Et je me demandais aussi quelle était réellement leur relation. Etait il seulement son frère ? Sa colère avait été particulièrement possessive, et j’avais cru devoir tirer l’acier pour me dépétrer de cette situation. Je jouais avec le feu, et jetais ma prudence durement apprise aux orties. Mon père serait sans doute fier de moi de me voir côtoyer (qui dit courtiser ?) une jeune aristocrate au nez et à la barbe de sa famille très protectrice. Sans doute cela l’aurait il bien fait rire, le vieux bougre. Je courbais l’échine en signe de remerciement tout autant que de politesse.



    | J’en suis fort aise, ma Dame, que votre frère m’accorde cette confiance que de placer votre sécurité entre mes mains. Je ne saurais le défier, aussi pouvez vous compter sur moi au moindre problème. Je ne suis plus de prime jeunesse sans doute, mais je sais me battre. Et plutôt deux fois qu’une. |


    j’étais sans doute un peu rouillé à l’épée. Il me faudrait m’entraîner sur la route de Salvemer. Ou de Vivesaigues, je n’avais pas encore arrêté de destination. Le Conflans cependant, cela ne faisait pas de doutes. La jeune femme s’approcha alors de moi pour me murmurer quelques mises en garde. Pas de dame, pas de noble. Juste elle. Et moi. Pour le coup, ma libido s’enflamma littéralement. Cela faisait bien longtemps que je n’avais plus été si proche d’une femme, d’une femme que je n’avais pas eu à monnayer d’abord avec mon propre et restreint pécule. Je comprenais sa position. Je ne m’en estimais nullement lésé. Si elle ne voulait pas me voir, elle ne m’aurait pas appelé ici auprès d’elle. Mais les limites de notre relation étaient fixées par ces mêmes paroles. Nous n’échangerions jamais plus que quelques mots, de manant à manant, et jamais sa hauteur ne se verrait corrompue par quelqu’un d’aussi basse extraction que moi. Cela me remit gentiment à la place sordide qui était la mienne, et je n’en prenais pourtant nul ombrage. L’ordre de la société était ainsi, immuable et figé dans le temps. Voulu par les dieux. Deirdre donc, et une journée spéciale de prévue ? Je me laissais guider par la curiosité, intrigué par la nouveauté que je n’avais jamais touché que du bout des doigts. Je la toisais donc d’un air entendu, abaissant presque imperceptiblement la tête cette fois ci, en une dernière marque de révérence pour son rang si haut comparé au mien.


    | D’accord, Deirdre. Vos desirs sont des ordres, et je serais vôtre pour cette journée. Après cependant, je devrais partir pour le Conflans, là où m’attend un destin trop longtemps repoussé. Je m’efforcerais cependant de vous laisser bon souvenir de notre rencontre tout comme de cette journée. Et je pries déjà les Anciens Dieux de m’accorder l’honneur et le privilège de vous revoir sitôt ma tâche accomplie. |


    J’allais un peu loin, et cela me destabilisa. Je n’avais plus l’habitude de parler sans réfléchir avant. Cependant, je la vis rosir. Son ton délicat parsemé de petites tâches roses. Je la touchais, aurait on dit. Cela me faisait me sentir plus jeune que je ne l’étais, quand je fréquentais encore, à l’époque. Tout cela me semblait si loin derrière moi, parfois… Sans un mot, elle m’avança un baluchon que je portais alors que je la laissais nous guider vers le port. Mon nez, entraîné par des années de chasse en forêt, me dit qu’il y avait de la nourriture dans le contenant que je portais. Quoi exactement, je n’en savais rien, mais l’odeur de la nourriture me venait clairement aux narines. Je laissais toujours Deirdre passer devant nous, alors qu’elle nous menait à une petite barque. De plus en plus dans l’expectative, je devais avouer que je n’avais pas la moindre idée de ce que nous allions faire. Traverser la Néra, peut être ? Je la rejoignais finalement à l’intérieur du frêle esquif, ne sachant trop à quoi m’attendre. Elle eut la bonté de ramer au départ, même si j’étais à deux doigts d’insister pour le faire. Je ne me sentais jamais très à l’aise sur une aussi vaste et profonde étendue d’eau. Si j’avais eu quelque chose dans le ventre, sans doute aurais je rendu mon repas, mais ce n’était pas le cas. Respirant aussi calmement que possible, je lui jetais un regard gêné.


    | Je ne vous cache pas que je suis plus guerrier que marin. Et forestier avant tout. | dis je d’un ton mal assuré.


    Une fois presque arrivés à destination, la jeune femme eut le malheur de vouloir sauter la première. Tombant dans l’eau, je m’élançais, lui aggripant la main alors qu’elle toussait et crachait l’eau qu’elle avait ingurgité. Je sautais à ses côtés, me réceptionnant tant bien que mal, éclaboussant Deirdre. Je passais un bras derrière son bassin pour la soutenir, tout en tirant la barque de mon autre main. Je les amenais toutes deux sur le sable, lâchant finalement la jeune noble pour tirer la barque hors de portée de l’eau. Je me sentais fatigué et mes bras me tiraient, mais le départ serait plus aisé. Me tournant vers la jeune femme, je pris un sourire gêné.


    | Je vous aurais bien donné ma veste, mais celle-ci n’est pas de première fraîcheur, je ne voudrais pas vous indisposer. Je vais vous faire du feu, et ensuite, une fois réchauffée, vous me direz ce que nous sommes venus faire là, Deirdre. |


    Je me mis donc en quête de bois rejeté par les vagues. J’en eus juste assez pour faire, au bout de quelques minutes, s’élever quelques flammes tremblotantes.

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Message Dim 19 Juin 2011 - 14:48

Deidre avait senti une main l’attraper fermement quand elle perdit pied dans l’eau. Toute ruisselante, elle se laissait faire, sa robe inondée qui pesait si lourd désormais. Elle se remit quelques mèches de cheveux en place. Elle se sentit guider jusqu’au sable chaud et doux. Elle sourit, un peu gênée. Il lui proposa sa veste, du moins symboliquement. Le feu irait très bien pensa t-elle, même si ses vêtement ne la rebutait pas, au contraire. L’échange de tissus était presque aussi intime qu’une main posée dans son dos où sur n’importe quelle partie de son corps, même sa main. Le gage d’une femme n’était pas un simple mouchoir qu’elle cachait souvent contre sa poitrine ?

Quelques minutes après, alors que le soleil était légèrement cachée par quelques nuages, disons plutôt zebré, elle regardait les flammes qui dansaient devant elle. Torben était un homme plein de ressource. Elle sourit rien que de repenser à la belle scène qu’elle venait de lui offrir. Elle avait un peu honte. Il était vrai que les fois où elle prenait de temps en temps les barques, il y avait des hommes pour venir la porter, sans que jamais, ni même un pan de sa robe ne touche l’eau. Là, elle voulait jouer les grandes filles débrouillardes, mais c’était raté. Elle s’était seulement ridiculisée, tellement butée à vouloir montrer qu’elle n’était pas forcément ce qu’elle détestait être : une noble capricieuse, peureuse et oisive. Assise à même le sable, elle avait relevé ses genoux sous son menton et apprécier le paysage qui s’offrait à eux. On ne voyait que de l’eau et comme estompé au loin, l’autre partie du large, la terre de la Couronne qui englobait la plage. Ils étaient tranquille. Le port n’était pas loin, mais au tournant de la jetée.

Elle sentait les doux rayons, inoffensifs lui réchauffer une peau couverte de chair de poule, accentué par la chaleur des petites flammes devant elle. Ses boucles commençaient à se tendre à nouveau, plus tiré par le poids de l’eau. Elle avait laissé la question de Torben en suspens, appréciant seulement le moment. Elle finit par sourire et prit le baluchon en main et commença à défaire le nœud. Elle déballa les mets sommaires, mais gouteux sur le torchon.

_Oh, je n’avais pas réellement d’idée en tête vous savez. Juste profiter de cette journée, vous faire perdre pied et vous faire découvrir de nouvelle sensation, autrement qu’avoir un pied sur terre. J’ai cru comprendre que vous n’étiez jamais aller sur l’eau, cela m’a titillé. Puis, un petit repas, sans prise de tête, sans bonne tenue, rien. Je suis de ceux qui pensent qu’il ne faut pas forcément un banquet, des musiciens, pleins de noble, de belle parure pour profiter pleinement des petits plaisirs de la vie. Alors mon cher Loooord, j’ai ramené pour notre fabuleux festins des mets de premier choix.

Elle lui sortit un bon gros morceau de pain qui sortait du four le matin même. Elle se rappelait encore la douce odeur qu’elle envoyait à ses narines et la craquant de sa croute sous la main. Il y avait des pommes, une petite bouteille de vin et un morceau de jambon premier choix. Il était désossé, et elle n’avait pris que la partie tendre et d’un rose fumée. Puis alors, dans un tissus qui ressemblait plus à un mouhcoir qu’un torchon, une petite poignée de cerise, fraîchement cueillies la veille. La saison débutait tout juste et elles étaient d’un rouge sang, l’éclat parfait, la chair ferme et juteuse à la fois.

_Il y a du bon à avoir de l’argent et un peu d’influence.

Elle les avait déballée avec délicatesse, comme si elle offrait à sa vue, la présence d’une pierre précieuse. Elle ne savait ce que l’homme pouvait penser de la chance qu’elle lui offrait, mais elle, friande de fruit, elle était toute excitée à pouvoir en manger quelques unes et savait qu’il n’était pas si facile d’en avoir, comme le raisin. Elle n’allait pas faire attendre plus longtemps le jeune homme et lui donna la droit de débuter le repas. Elle ne fit aucune manière et avait sortit son propre poignard qu’elle essuya sur ses vêtements pour découper un peu de jambon et de pain. Pour sa part, elle se régala, mais sûrement la nourriture était meilleure quand la journée commençait bien en si bonne compagnie. Elle s’attaqua enfin aux cerises qui lui souriaient depuis qu’elle en avait quémandé auprès d’un domestique.

Elle en mit une en bouche. Le jus venait doucement faire frémir son palais. Elle se retint de soupirer de plaisir. Bizarrement, la sensation que lui procurait ce fruit rouge en bouche, elle le compara à l’impressionnante et incontrôlable sensation qu’elle eut quand Torben eut le malheur de soigner sa main, ou même de la maintenir contre lui dans l’eau. Rien que d’y repenser, elle en avait les pommettes roses et la douceur de la cerise ne fit qu’empirer les choses.

Le soleil avait changé de place et la nourriture commençait à disparaitre progressivement. Deirdre regarda Torben se pencher pour ranimer le feu en gigotant le foyer à l’aide d’un autre bâton. Il était appuyé sur le sable, bandant les muscles de son bras. Elle se mordit à lèvre et mordit vivement dans la chair de sa pomme pour penser à autre chose. Non ! Elle n’était pas une femme de petite vertu ! Elle était juste curieuse et jeune et avait déjà amplement gouter au plaisir que deux corps l’un contre l’autre pouvait provoquer en elle. Elle avait les yeux qui soulignait une moue frustrée et de jeune femme bonne vivante. Elle se fit plus de mal en se disant que quand ils retourneraient au port, il y avait de grand risque qu’elle ne le verrait plus. Elle aurait aimé, encore une fois se faire mal pour qu’il s’occupe un peu d’elle, même si ce fut en toute innocence.

Le vent soufflait sur ses idées impures et puériles, puis elle bondit du tas de sable où elle était assise. Elle s’approcha de l’eau et sortit son mouchoir personnel, blanc, avec un peu de broderie faite main tout autour. Elle le plongea dans l’eau et à l’aide d’une pierre qu’elle trouva non loin, frotta, encore et encore jusqu’à ce que les jointures de ses mains en deviennent blanche tant elle y mettait de la vigueur. Le sang qui quelques heures plutôt avait séché se mit à disparaitre. Elle l’essora et le mit non loin du feu pour qu’il se libère de l’iode de la mer. Elle reprit place près de Torben, s’installant un peu plus près de lui que tantôt. Elle lui montra la tissus qui dansait au vent, près de la source de chaleur, accroché à une vieille branche planté dans le sable.

_Je ne vous le donnerai pas, je vous le prêterai. Ainsi, vous serez obligé de me le rendre. Vous avez dit que vous auriez aimé me revoir une fois vos tâches accomplies, ainsi que je vous y oblige… Vous devrez me le rendre…

Elle tourna la tête vers lui, ne sachant réellement ce qu’elle cherchait dans son regard.

_Je vous accueillerai même des années plus tard, quoi qu’il arrivera de ma situation, je ne vous oublierai pas et vous traiterai de la même façon. J’espère bien que vous n’êtes pas qu’un beau parleur, un simple troubadour et que vous tenterez au moins de me revoir…
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Message Mar 28 Juin 2011 - 20:16

    Cela me semblait tellement irréel de me retrouver ici. J’avais l’impression de ne pas y avoir ma place. Comme si à la place de cet horrible soudard de Torben aurait dû s’asseoir dans le sable un grand chevalier, beau, aux dents bien alignées et au savoir plus développé que celui du cuistre que j’étais. Comme ci je n’aurais jamais dû compter fleurette à cette femme plus distinguée que toutes celles que j’avais pu côtoyer jusque là. Même Dame Mormont qui m’avait pris avec elle quelques temps, n’avait pas la sophistication somme toute superficielle mais luxueuse de ces gens du sud. Je trouvais cela étrangement dérangeant. Pourtant, je ne pouvais pas dire que je ne savourais pas ces instants ni cette présence, c’était même tout le contraire… Pourquoi, alors ? Peut être parce que j’étais le fruit d’une socialisation totalement axée vers le respect des castes et des hiérarchies qui en découlaient. Que j’avais été imprégné depuis l’enfance du caractère intouchable et innaccessible des classes les plus aisées et fortunées de notre société. Malgré tout, je restais homme, avec des instincts d’homme. J’avais fait preuve d’autant de courtoisie dont j’étais capable, et j’essayais de meubler le plus intelligemment possible la conversation. Autant que je n’étais pas indifférent à la jeunesse, la candeur et la beauté de la donzelle qui m’avait embarqué dans cette aventure. N’aurais je pas été le même homme, j’aurais pu abuser de la jeune femme en même temps que la situation. Mais mon père m’avait appris ce qu’était l’honneur, et si tuer qui que ce soit pourvu que cela soit vital ne me faisait pas peur, prendre de force une jeune aristocrate me paraissait aussi insensé que mortel. Je n’étais pas de ce genre d’homme là. Et je ne mangeais pas non plus de ce pain. J’étais Torben, et je venais du Nord. Mon père vivait encore en moins, et lui aussi aurait préféré passer sa frustration sur une femme payée sur ça plutôt que sur une fille trop bien née pour lui.


    La jeune femme ne me répondit pas instantanément d’ailleurs. Elle laissa ma question en suspend, comme si elle n’en avait pas grand-chose à faire pour le moment, comme s’il s’agissait d’une futilité. Je ne m’en offusquais pas. Ce qui me semblait intriguant devait paraître bien futile aux yeux d’une personne dont le rôle était de régir le monde et les gens qui y vivaient. Enfin, elle reprit la parole, en avançant le fait qu’elle avait des goûts simples. Sa seule présence avec ma propre personne était déjà un fait établi, et cela dénotait un goût certain pour la populace plus que pour les fastes d’une vie de cour. Je ne savais pas trop quoi en penser pour le coup.



    | je ne vous cache pas que si les sensations n’étaient guère plaisantes, votre compagnie me ravit au plus haut point. Sans compter qu’ainsi au moins, je connais un peu la mer. |


    Ensuite, elle déballa ce qui me semblait être le premier festin qui me tombait sous les yeux depuis… toujours. Du pain blanc, sans résidus de grain. Cuit récemment, donc encore frais. Du jambon odorant, de premier choix. Un flacon qui me semblait être du vin rouge de qualité lui aussi, sans compter quelques pommes bien rondes et bien rouges. J’en salivais déjà, alors que j’avais l’habitude de ne manger qu’un minimum de fois et de quantité. Les cerises qui arrivaient à la suite m’amenèrent au comble de l’allégresse. Cependant, la gêne occasionnée par le fait des dépenses que la noble avait dû effectuer pour nous préparer pareille collation dépassaient mon entendement. Pour avoir de la nourriture de cette qualité… N’aurais je dû dépensé plusieurs semaines, voire des mois, de dur labeur ? Les fruits encore, j’aurais pu en trouver dans la nature. Mais un jambon pareil ou du pain… J’en pleurerais presque. Je ne pus m’empêcher de me lever pour me rapprocher de la jeune femme. Posant un genou à terre, je me mettais à son niveau, lui prenant sa main dans les miennes. De la douceur dans mes grandes mains calleuses et rugueuses. Je la regardais un instant, confondu de gêne.


    | Ma Dame, c’est trop… je ne vaux pas tout ceci. Je vais en manger pour faire honneur à votre bonté, mais les Dieux m’en sont témoins, je vous suis redevable. |


    Je n’avais même pas pu lui dire non malgré ma fierté. J’avais trop faim. Je me jetais avec un maximum de contenance sur les plats. Je découpais du pain et du jambon, je dégustais tout cela avec toute la retenue dont j’étais capable. Je ne savais quoi dire. Je n’étais pas intelligent. Débrouillard et loyal, certes, mais je n’avais jamais su trop comment y faire avec les femmes. Aussi un silence certain s’était installé entre nous, silence que nous ne brisions pas, hormis pour manger, couper nos victuailles. Je ranimais le feu avec un baton de bois, ranimant doucement les flammes en leur donnant un peu de quoi se sustenter. Finalement, la jeune Lonbec se leva et alla laver son mouchoir de tissu ensanglanté de ce matin. Elle l’essora et revint s’asseoir, mais plus près de moi qu’auparavant, détruisant un peu plus les frontières sociales qui étaient sensées nous opposer. Elle m’expliqua alors qu’elle me prêter ce mouchoir, et qu’elle espérait que je ne sois pas qu’un menteur, et revienne vers elle. Je restais coi. Que devais je dire à semblable preuve d’affection ? Je ne su trop quoi dire. Je ne savais pas quoi faire. Tout mon être me hurlait de me rapprocher d’elle, alors que ma conscience me poussait à m’en séparer. Cette petite escapade devenait bien dangereuse… A tel point qu’avant même de pouvoir réfléchir correctement à ce que j’allais faire, je me retrouvais à passer mes mains de chaque côté de son bassin, à pencher mon visage vers elle, et à lui déposer quelques baisers sur les lèvres, me retenant de lui sauter dessus de la façon la plus cavalière qui soit. Je me dégageais finalement, tant pis, je m’étais lancé.


    | les Autres m’en soient témoins. Je marcherais vers le Conflans, et j’y combattrais les Fers-Nés. Sitôt que la menace sera écartée, je reviendrais à Port Réal. Et si je ne vous y trouve point, je vous retrouverais, et vous ramènerais ce présent, le plus précieux que jai jamais reçu. Vôtre, ma Dame. Vous m’honorez de votre affection, je vous honore de mon épée, si vous en voulez. |

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Message Ven 1 Juil 2011 - 14:47

Deirdre était aux anges. Elle avait tout ce qu’il lui fallait de simplicité. Elle dévorait son festin avec presque autant de retenue que Torben. Des fois, elle se disait qu’elle aurait aimé être un homme pour ne pas être damnée de manger tel un rustre, les mains dans la nourriture, des miettes partout sur sa poitrine, autour de sa bouche. Bon, déjà, elle ne connaissait pas le désarroi des couverts. Elle était encore toute émue du genoux que le jeune homme avait posé à terre devant tant de nourriture de choix. Etait-ce si rare pour lui d’en manger. Il fallait savoir qu’elle a toujours mangé à sa faim ou quelques plats de choix, pas les meilleurs, mais elle n’avait pas à se plaindre. Cela l’étonnait de voir tant d’émoi de la part du chasseur. Elle avait trouvé cela touchant et il lui offrait presque une nouvelle valeur aux choses. Elle se cachait un peu derrière le rouge des cerises. Trop de sensation, trop d’émotion. Elle n’osait plus vraiment parlé et finissait le dessert.

Elle s’était donc occupée de son mouchoir. Il était resté silencieux, pas un mot. Elle se demandait si elle n’allait pas un peu vite. Puis alors qu’elle l’avait longuement regardé, se perdant dans ses yeux sauvages, mystérieux, ceux des hommes qu’elle adorait plus que tout, ceux qui sortaient de l’ordinaire, qui avaient autre chose à penser que leur réputation et leur influence. Si elle pouvait choisir, ce serait un homme comme Torben qu’elle aimerait à ses côtés, ou alors un chevalier comme Pryam. Ils avaient vu du paysage, ils avaient de l’expérience, ils savaient se servir d’un outil, comprendre le monde.

Elle avait baissé la tête pour regarder cette main qu’il avait pris soin de bandé et soudain, ce sont celles du chasseur qui vinrent se trouver une place sur ses hanches. Elles épousaient parfaitement ses formes. Son cœur battait la chamade. Elle sentait son sang traverser ses veines à une vitesse folle, si bien que sa tête tournait presque. Cette dernière qu’elle releva rencontra les lèvres du jeune homme qui lui quémandaient presque des baisers. Elle s’était reculée un peu avant de lui offrir le plaisir de gouter à sa bouche, car elle était presque aussi honorée que lui. On n’avait pas besoin de la supplier, même si sa timidité et la difficulté à calmer ses ardeurs l’obligeait à l’embrasser que du bout des lèvres. Sa fine main blanche s’était perdue sur son torse dont elle sentait quelques muscles. Elle aurait aimé les sentir contre sa peau, mais là ce serait irréparable. Malgré les barrières qu’elle aimait escalader, il y en avait qu’il fallait mieux éviter, ou encore quelques temps. La faute dans l’échange qu’ils faisaient à cet instant ne fit que faire grimper toute l’excitation de ce moment magique.

Doucement, les larmes commençaient à lui monter aux yeux alors que ses lèvres brûlaient, tremblant encore du palpitant qui faisait rage en elle. Même si sa fleur avait déjà été cueillit, elle restait quelque peu innocente et si sensible. Un baiser était un présent si rare, si précieux. Elle ne savait que faire, perdue, touchée. Il n’y avait rien à dire, c’était parfait. Elle retenait son âme d’aventurière et cette envie capricieuse de le suivre jusque-là où la guerre régnait, ainsi que le froid et la cruauté des fer-nés. Elle ne trouva que comme seul bouclier de baisser la tête pour ne pas croiser son regard.

_Ne m’honorez tant. Je ne le mérite pas vraiment, mais sachez qu’au plus profond de moi, je pense que vous êtes une des rares personnes qui resteront gravé dans mon cœur et ma mémoire. Si je sais qu’à votre retour vous m’avez chercher pour me rendre un simple mouchoir que je peux avoir par millier, sachez que je saurai vous montrer ma gratitude, surtout que je serai sûrement mariée à ce jour. Alors, pensez à votre vie, conserver là, revenez moi, ne serai-ce qu’une dernière fois… Là, il serait temps de partir avant, s’arrêta t-elle pour un souffle, approchant son visage du sien, avant de, une nouvelle fois pour effleurer ses lèvres aux siennes. D’arriver à la pendaison haut et court…

Connaissant sa caste qui devait sûrement freiner tous les gestes, toutes les paroles du chasseur, c’est elle qui l’invita à un autre baiser, un dernier, plus long, plus passionné. Sa bouche, elle le savait pouvait se faire mutine, sans même rencontrer celle d’un autre. Elle savait jouer de ses charmes malgré le naturelle et une certaine innocence en elle, là elle restait vraie et tendre avec Torben. Elle restait timide, réservée, curieuse. Elle avait une distance adorable, celle qui montrait sa vulnérabilité et l’émoi qui l’habitait. Une main, tout aussi timide se perdit sur le torse du jeune homme pour remonter jusqu’à sa nuque. Elle coupa cet échange avant d’y entre entièrement happer. Elle baissa à nouveau la tête et se leva pour éteindre le feu dont le bois craquait dans un murmure. Elle sentait ses pieds disparaitre dans le sable, ou plutôt comme si le sol se dérobait sous elle. Tanguant un peu, d’un pied à l’autre, elle cachait derrière ses longs cheveux, ses pommettes trop roses à son goût.

Elle errait d’un endroit à l’autre de cette minuscule plage qui pouvait à peine les tenir tous les deux. Elle était complètement perdue, ne sachant plus réellement pourquoi elle avait quitté le sable chaud. Bercé par une douce brise, le mouchoir en tissu dansait avec sensualité. Elle le regarda un instant, souhaitant être aussi libre et léger que ce présent à la signification si grande. Elle l’attrapa, le décrochant de la branche qui lui servait de perchoir et quand elle se retourna pour le donner à Torben, voilà qu’elle se retrouvait tout contre lui, tel un pauvre lapin dans un piège. Le mouchoir froissé entre ses mains fines, le regard qui ne demandait qu’un peu moins de coutume, de politesse et de règle. Avant de ne se perdre elle-même, elle glissa le présent dans la main rugueuse et immense du chasseur avant de se dérober jusqu’à la barque.

Elle se moquait de l’eau qui grimpait sur sa jupe de petite naissance, elle se tira sur le véhicule et s’y cacha, regardant l’océan qui recouvrait une grande partie de l’horizon. Encore une fois, son cœur battait à en tordre tout son corps, mais la simple vision de ce paysage bleu et presque infini finir par la calmer. Elle laissa à Torben tout le plaisir de ramer. Puis alors qu’il arrivait vers le port, elle détourna son regard encore une fois vers la liberté qu’offrait l’eau, les vagues indomptables… C’est de ses yeux qu’une tempête arriva. Ils se gonflèrent de larme. Non, elle n’y arriverait jamais, être une de ses veuves noires, juste à l’appât du gain, feindre un amour contre plus d’importance. Il partirait et elle resterait sûrement là, avec un homme oisif dont seule la réputation et ce qu’il pouvait voler aux pauvres l’intéressait. Triste et ennuyeux quotidien. Des hommes comme Torben ou Pryam l’obligerait à profiter pleinement de la vie.

Elle secoua la tête pour oublier toute idée de s’enfuir pour connaitre vie meilleur. Elle savait que dans le monde dans lequel elle vivait, on ne pouvait pas réellement vivre d’amour et d’eau fraîche. Tout se paie, tout se vante. De plus, il y avait bien plus considérable que l’excitation de l’aventure et d’une liberté sociale. Son père, elle lui devait la vie, elle ne pouvait le décevoir.

Le perron du port butait contre la barque. Elle quitta la bateau à contre cœur. Elle n’avait plus dit un mot jusqu’à la Tavernes où elle allait passer ses dernières nuits avant de trouver un logement chez quelqu’un d’aisé, un contact de la famille. Elle était devant la porte de l’établissement et elle daigna enfin regarder Torben, mais encore une fois, sa voix restait bloquée au fond de sa gorge. Comment lui dire adieu sans s’humilier de larme ?
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Message Dim 3 Juil 2011 - 16:58

    L’étreinte fut distante, chaste, sereine. Ni l’un ni l’autre ne nous laissions emballer par les pulsions qui habitaient hommes comme femmes en ce genre d’occasion. Je m’étais comporté de façon nettement plus humble que d’habitude, cela allait sans dire. Je n’avais de toute façon pas l’habitude de ce genre de chose, alors j’y étais allé à tâtons. Autant que la jeune femme ne semblait pas décliner cette invitation à une certaine forme de tendresse, autant avait elle d’abord reculer un peu, comme pour remettre un minimum de distance entre nous deux. Elle n’avait de toute évidence aucune intention de perdre le contrôle de la situation. Pourtant, ses lèvres vinrent très vite à la rescousse des miennes. J’espérais de ne pas décevoir ma Dame, alors que celle-ci me rendait l’affection que je commençais déjà à lui porter. Je me serais bien laissé emballer, mais toute cette retenue n’était finalement pas plus mal, et si je dû me battre avec moi-même pour ne pas commencer à faire n’importe quoi, j’étais tout de même resté suffisamment sain d’esprit pour ne pas devenir fou. Fou au point de commettre l’irréparable, et de nous condamner, elle tout autant que moi. Je savais à quel point Deirdre Lonbec, aussi belle soit elle, pouvait incarner le fruit défendu. Et la sanction pour passer outre tant de prévenance serait sans nul doute des plus fatales. Cependant, je ne m’arrêtais pas pour autant. La jeune noble en faisait tout autant, diminuant un peu plus les barrières qui nous opposaient alors que je sentais l’une de ses mains délicates se poser contre mon torse. L’étreinte dura ce qui me semblait être une douce éternité, alors que finalement, elle se détachait de moi. Je pouvais sentir jusque là où je me trouvais la confusion qui était sienne, alors qu’elle évitait mon regard en baissant la tête. Je fus un instant tenté de lui relever le visage du bout des doigts, mais je m’en retins pendant un instant, de peur de commettre une faute de plus.


    Elle m’intima de ne pas plus l’accabler d’honneurs, alors qu’elle m’assurait de son affection et de son respect. Mon cœur papillonna comme il ne l’avait plu fait depuis ce qu’il me semblait être une véritable éternité. Nul doute que je n’oublierais pas de sitôt ni la jeune femme, ni notre entrevue de ce jour ci. Et moi qui avait soumis quelques réserves à ce qui allait suivre cette matinée… Je ne regrettais rien, hormis le fait de ne pas savoir mieux m’y prendre avec les femmes. Le fait qu’elle évoque son mariage gâta ma bonne humeur. J’avais toujours su que quoique je fasse, je ne pourrais jamais retenir pareille beauté et douceur de cet acabit près de moi. Pas que j’en étais naturellement incapable, je m’étais toujours dit qu’en faisant des efforts, sans doute aurais je vraiment pu plaire à une charmante donzelle… Mais tout simplement, nous n’étions pas du même monde elle et moi. Toute femme se devait d’avoir un mari, et une Lonbec pouvait encore moins se permettre le célibat qu’une autre. Elle m’embrassa de nouveau, disant qu’il fallait que l’on parte même si elle voulait me voir lui revenir. Le nouveau contact de ses lèvres poussa un peu plus ma virilité à s’enflammer. Depuis combien de temps n’avais je pas connu les caresses d’une femme ? Je ne m’en rappelais même plus. Je la retenais un instant par la main alors qu’elle se détachait de moi, pour poser mes mains sur ses doigts fins et graciles.



    | Je ferais de mon mieux pour ma Dame, et porterais ce mouchoir jusque dans l’enfer du cœur des Fers nés s’il le faut, pourvu que je puisse vous retourner ce présent. |


    Elle m’embrassa alors de façon nettement plus passionnée que précédemment. Elle était visiblement plus qu’attirée par moi, alors que je nourrissais tout autant d’appétits envers elle. Elle prolongea le baiser alors que sa main laissait comme une traînée ardente sur la peau sous mes vêtements. J’avais envie d’elle, tout autant que je n’avais aucun désir de retourner à terre. Je lui rendais donc ses attentions, jusqu’à ce qu’elle rompe de nouveau le contact entre nos deux corps, et qu’elle ne finisse par éteindre le feu. Je savais ce que cela voulait dire. Etait venu le temps des adieux, ne nous restait plus qu’à prendre chacun la route que nous réservait l’existence. Sans un mot, elle me glissa son doux présent entre les doigts de ma main droite, et s’en détourna pour retourner à la barque. Sans un mot, ne sachant que dire et ayant plus peur que tout de dire une bouffonnerie, je la suivais, poussais la barque et commençais à ramer pour rentrer au Port de la capitale des sept royaumes. Je ramais silencieusement, bandant des muscles tout raides de la journée d’oisiveté que j’avais passé loin de tout, avec pour seule compagnie une des plus belles femmes que j’eus jamais vu, et qui ne m’avait jamais aussi bien considéré qu’elle ne l’avait fait maintenant. Tout le reste du trajet ne se fit sans un bruit, aucun de nous deux n’osait parler à l’autre. Je savais que je ne pourrais me laisser aller à plus de familiarités avec elle une fois parvenu devant l’auberge luxueuse qui lui servait de domicile à Port Réal. Une fois arrivés à destination, je me tournais cependant vers elle. Je pris ses mains dans les miennes en un signe extérieur d’amitié et de loyauté, alors que je serrais et caressais doucement ses paumes avec mes doigts, ce qui révélait bien plus d’intérêt qu’une amitié toute simple. Je finis par lui dire.


    | Jamais personne ne m’avait traité de la sorte auparavant, ma Dame. Le devoir m’appelle dans le Conflans. J’y combattrais les Fers Nés non plus pour l’or, mais pour l’honneur. L’honneur de vous revoir à nouveau. Et qui sait, de revenir vous voir en ces lieux ou en d’autres, sous de bien meilleurs auspices que ce ne fut le cas hier et aujourd’hui. Je ne peux vous empêcher de connaître et d’aimer d’autres hommes, mais je souhaiterais que vous ne m’oubliez point. Car mon aventure vous est désormais dédiée. Au revoir, ma Dame. Puissent les Anciens Dieux veiller sur vous le temps de mon absence. Adieu. |


    Je m’en détournais maintenant, confus du nouveau but qu’était le mien. Que me réserverait l’avenir ? Je n’en savais fichtre rien…

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Message Ven 8 Juil 2011 - 18:55

Deirdre sentait son cœur si lourd. C’était tout simplement horrible et là le monde les entourait, comment pouvait-elle réclamer encore un peu, juste un tout petit peu de douceur à Torben. Elle frémit lorsqu’il prit délicatement ses mains et que discrètement, lui montrait tout l’intérêt qu’il avait pour elle en effleurant ses paumes. Entre nous, elle n’avait qu’une envie, lui sauter au cou. Elle n’imaginait pas que cette simple rencontre la toucherait à ce point. Même Pryam lui avait laissé un gout d’aventure et de nouvelle expérience, mais, c’était différent et elle n’aurait su dire pourquoi. Etait-ce déjà sincère ou simplement la sublimation de son esprit qui ne souhaitait pas du tout se retrouver avec l’un des siens ? Puis alors, elle comprit. Elle croisa ses yeux, juste avant qu’il ne parle. C’était le miroir de son âme et elle voyait ce qu’elle adorait en lui. Ils reflétaient son caractère : mystérieux, froid, un peu rustre, sauvage. Mais alors, dans ce regard, il y avait une pointe de douceur et de sincérité, une tendresse si rare qu’on savait qu’il ne donnait guère à quiconque.

Soudain, il réussit à poignarder son cœur d’une lance porté par de puissants transports. On ne lui avait jamais fait si belle déclaration que ce soit d’amitié ou plus. Elle était totalement désarmée, comme perdue dans des sentiments nébuleux. Elle se sentait porter par un nuage instable qui d’un moment à l’autre risquait de la laisser s’écraser au sol comme les larmes du ciel. Elle tenta de paraitre maître d’elle-même, aussi imperturbable que le marbre après des années de mauvais traitement. Ce fut dur. Sa bouche se tordit de douleur rien qu’à la mention qu’il partait et risquait de ne pas revenir avant un long moment. Elle ne l’interrompit pas une seconde. Ses doigts se resserrèrent sur les siens quand elle sentit qu’il avait fini de parler et qu’il allait s’en aller d’ici sous peu. Elle baissa un moment la tête, toujours aussi pudique et surtout pour cacher des larmes qui lui gonflaient les yeux. Sincèrement, aujourd’hui, elle ne cessait pas d’être si faible.

_Je vous demande la même chose, aimez d’autre femme, mais ne m’oubliez pas. Enfin, je ne pense pas que vous m’oublierez de si tôt, mais j’ai quand même la crainte qui me ronge. Je vous laisse donc partir et je vous souhaite tout le bien du monde et surtout de réussir votre quête. Prenez soin de vous et revenez me voir vite… Je n’aime vraiment pas les adieux. Partez au plus vite avant que mon visage ne se transforme en celui d’une sirène en colère. Merci pour tout.

Elle retira lentement ses mains et lui fit une petite révérence avant de lui tourner le dos et le laisser s’éloigner d’elle et de son cœur. Sa poitrine était serrée. Elle attendit un petit moment avant de se retourner, mais pas trop, si bien que quand elle regarda derrière elle, elle pouvait encore voir au loin, parmi les autres villageois, Torben qui se frayait un chemin. Non, c’était vraiment trop dur.

Elle remonta un pan de sa jupe pour laisser tout le loisir à ses jambes de faire de grands pas et avoir l’espoir qui puisse la porter jusqu’à lui. La foule s’entassait et l’empêchait d’avancer alors qu’elle ne trottinait plus, mais se risquait de courir, pied nu. Elle bifurqua sur la gauche derrière un grand bâtiment, une autre habitation. Entre d’autre maison ou établissement, quelques arbres qui la protégeait du soleil, elle courrait, s’enfonçant dans un dédale. Un coup à gauche, à droite, mais toujours avancer tout droit, remonter encore et encore la rue. Non ! Une impasse. Elle sentait le souffle lui manquer, la jupe en boule contre son bas ventre. Les larmes coulaient encore et encore. Elle ne pouvait plus les retenir. La fortune se moquait d’elle et tentait désespérement l’éloigner de lui. Elle fit demi-tour, puis comme porté par des ailes, elle courut bien plus vite. Bientôt elle retrouva une ruelle qui donnait sur la plus grosse rue que remontait Torben. Elle regarda à gauche. Elle ne le vit pas, pourtant ses yeux cherchaient avec ardeur. Puis, elle posa son regard à droite, comme pour se reposer et elle vit sa silhouette voutée, fermée à son prochain. Elle eut un petit sourire, fière d’elle. Elle poussa un homme qui tenait un pain boule sous le bras et attrapa le chasseur par la manche. Elle le tira dans l’étroit passage où elle se trouvait.

Elle recula lentement, ne quittant pas ses yeux des siens. Puis alors, elle posa son pied sur une marche, dans le renfoncement d’une bâtisse, là où se trouvait une porte. Elle s’y adossa et l’attira contre lui. Les mains remontèrent doucement sur son visage et elle réclama sans aucune pudeur, sûrement, un dernier baiser. Elle ne voulait pas se faire d’illusion. Il n’allait pas revenir… Ou les chances étaient minimes. Elle ne se lassait pas de sentir sa chaleur contre lui. Elle s’osa à s’approcher plus de lui, passant ses bras autour de son cou et collant tout son corps contre le sien. Quand enfin le souffle lui manqua réellement, elle le repoussa un peu brusquement. Il n’y avait rien d’autre pour calmer un moment si intense. Son cœur battait encore si fort. Elle ne le quitta pas des yeux jusqu’à ce qu’il regagne la grande trachée et la quitte pour de bon. Elle se laissa glisser le long du chambranle, assise sur la marche et attendit que son chagrin s’évanouisse.

Quelques jours plus tard, elle reverrait Pryam et lui aussi, elle n’allait pas le revoir avant un moment. Si elle avait su, elle serait restée jusqu’à la nuit, là, seule, à pleurer… Elle devait se reprendre, ce n’était qu’un petit sacrifice à côté de la vie qu’on lui offrait, surtout elle, d’une nature fragile. Sans tout ce confort d’être noble, elle serait déjà morte de faim ou de maladie. Puis elle se disait que peut-être que si elle faisait des efforts pour rendre son père heureux, les dieux la remercierait en lui ramenant Torben.

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