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Bienvenue à la porte des Brumes

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Message Ven 17 Aoû 2012 - 22:45


Goëville, Porte des Brumes.






"Cette brume de la mer me caressait, comme un bonheur."
Spoiler:
 

Une légère brise semblait comme danser avec la brume matinale qui couvrait les flots calmes du port. Pour qui avait déjà posé son regard sur Goëville au point du jour, il n'était pas difficile de comprendre pourquoi la Maison Grafton aimait à donner ce surnom à sa ville : La Porte des Brumes. Avec la Porte Sanglante et la Porte de la Lune parmi les plus connues d'entre elles, il semblait que ces sobriquets soient prisés par les habitants du Val qui voyaient dans leur Terres une sorte de donjon inviolable une fois ses "portes" fermées. Cela s'était d'ailleurs encore une fois révélé probant lors de la dernière fermeture de ces porte pour éviter la contamination de la fièvre de printemps qui toucha pourtant presque tout Westeros.

Dans moins d'une heure, la danse aurait cessé et Dame brume se serait à nouveau timidement cachée en son antre secrète jusqu'au point du jour suivant, farouche et fidèle, depuis des générations, et, semblait-il, pour jamais. Dans moins d'une heure si les Dieux le voulaient bien, la "Bise", Galéasse des Manderly en provenance de Blancport, allait fendre ces restes de brume, comme une robe diaphane, prélude au grand jour que se préparait à vivre son hôte, Lady Catelyn Manderly. Un corbeau en provenance de son fils Percy, depuis "l'Ecume", Dromon à la tête duquel Roy lui avait confié le soin d'aller escorter la Galéasse sur les derniers miles à parcourir, lui avait confirmé, quelques heures à peine avant, son arrivée imminente. Il avait dès lors fait mettre en place la cérémonie d'accueil de cette famille de haut lignage du Nord avec un certain empressement. Il tenait à ce que tout soit parfait et prêt bien avant l'apparition du navire à l'horizon du Val. Mais la venue de Dame Manderly étant prévue depuis plusieurs semaines, il avait eu tout le temps de préparer les choses en amont et après avoir tout vérifié maintes fois avec l'aide de son Mestre et de son fils Donal, il s'était accordé un instant de calme a observer sa ville, sortant des ténèbres de la nuit avec l'énergie de l'habitude.

Pourtant peu dans les habitudes des gens du Val, il y avait tout de même de quoi éprouver quelque fierté à la vue qui s'offrait à lui alors que le soleil pointait avec paresse au-dessus de son lit de brume. Faisant face à la mer au Sud, nichée quelle était au creux de cette immense baie, la ville était magnifique; dominée, à l'extrême pointe Est, par le château des Grafton qui, comme couvrant ses épaules d'un bras protecteur, l'entourait toute entière d'un mur crénelé de quinze pieds de haut et 8 de large que bordait une douve immergée d'eau de mer. De l'autre côté, à l'Ouest, se dressait fièrement la Tour Mouette dont le choix du nom par ses aïeux faisait encore aujourd'hui sourire Roy. Par ces deux grands brise-lames qui se jetaient de part et d'autres du port et se joignaient presque en leurs extrémités, elle semblait vouloir prendre soin des navires qui avaient trouvés refuge en son sein. Et de navires, il y en avait en abondance à tout moment, car Goëville était le principal port du Val, et par ses quais transitaient à toutes heures du jour ou de la nuit les milles et une denrées qui y entraient ou en sortaient, et parfois aussi, quelque voyageur distingué comme aujourd'hui. Et non, vraiment, Roy n'aurait pas à rougir d'offrir pareil spectacle à ses visiteurs de qualité. Au cœur de la ville, les toits de tuiles rouge sombre semblaient se prosterner avec respect autour du septuaire éclatant, renvoyant de ses ornements de cuivre et de verre, en milles feux colorés, la lumière du soleil, comme pour chanter son avènement. En deçà, dans ses ruelles labyrinthiques et sur les quais, l'activité menait bon train. Les pêcheurs déchargeaient leur butin que les chalants lorgnaient déjà alors qu'on les acheminaient vers la criée. Les manœuvres chargeaient et déchargeaient tonneaux, balles de tissus, billes de bois, caisses de viandes et poissons séchés, et produits manufacturés. Ici un bosco hélait son équipage quand là, un charretier tentait d'un ton plus que bourru de se frayer un passage. Ce capharnaüm organisé plaisait à Roy qui y voyait l'émergence matinale d'un commerce florissant. Au delà de son regard, au nord, la forêt profonde, les montagnes sauvages, le Val d'Arryn... couvrait l'ensemble de sa pelisse émeraude et achevait de rendre cet endroit douillet et rassurant aux yeux du vieil homme.


Château des Grafton,
Vu depuis l'intérieur du Port.



Il fut soustrait à ses contemplations par un cri familier qui passa pourtant inaperçu aux oreilles des hommes affairés qui l'entouraient. Lentement, un sourire au lèvres, il leva les yeux et chercha dans l'azur la silhouette fine de son vieil ami. Avec, certes, un peu moins de grâce que dans son jeune âge, Valyn vint se poser sur le bras tendu et rapidement, chercha, cou dressé, des caresses... Ou peut-être quelque friandise. Roy l'avait envoyé de bon matin surveiller l'arrivée de la Bise. Non que celui-ci comprenne toujours ce que son maître lui disait, mais ça ne coûtait rien d'essayer, et parfois il semblait à Roy que cela marchait. Hasard ou non, Valyn tourna ensuite son regard vers la mer et pris son envol, et lorsque Roy regarda à son tour, il vit sans en être tout d'abord certain, des ailes fantomatiques émerger des restes de brume. Un instant plus tard, la Bise, escorté de l’Écume, faisait son apparition en grande pompe, nimbée de lumière, au cœur du théâtre que lui offrait l'océan. Roy se tourna vers Mestre Galan, en grande conversation avec le Bourgmestre et le Maître du guet, et asséna :

"Plus une minute à perdre, je veux tout le monde en place lorsque la Bise entrera au port. Faites dégager les derniers bateaux qui encombrent la voie et les derniers badauds qui piétinent sur le quai! Ensuite rejoignez moi à l'estrade."

Puis il s'élança à grand pas vers l'édifice de bois installé sur le quai principal où la délégation serait accueillie.

De nombreux quais s'élançaient depuis la ville vers le port afin d'héberger les navires de toutes tailles et de toutes formes. Mais le quai central était taillé pour recevoir les plus gros bateaux comme les Dromons ou les grandes Caraques. Il était pour une fois vide de tout occupant, et en son centre avait été dressée une grande estrade de bois décorée simplement mais efficacement de draperies aux couleurs de la ville. Sur cette estrade vinrent se positionner la Mesnie de Grafton au grand complet ou presque : Au bras de Roy, lui-même vêtu sobrement d'un pourpoint et de chausses sable brocardé de gueule et coiffé d'un feutre des même, se tenait Lady Emily radieuse dans sa robe de soie écrue rehaussée d'un collier d'ambre pourpre et les cheveux joliment tressés en nattes entrelacées. A leurs côtés se tenaient bien droits Donal qui n'avait pas encore 20 ans et arborait un sérieux et une tenue sobre tout deux dignes de son père, Milya sa cadette qui rayonnait presque autant que sa mère dans une robe aux tons azur et blanc et Wilem, jeune écuyer en arme à fière allure. Se tenaient aussi sur l'estrade, un peu en retrait, Cerceï la récente épouse de Donal en belle tenue, Mestre Galan dans ses robes d'office et portant sa chaîne, Septa Lina-Offra dans des atours quelques peu austères, Ser de la Tour Mouette qui semblait avoir du mal à décrocher son regard de la jeune Mylia et le Bourgmestre Arnot qui, empêtré dans des vêtements trop grands et trop neufs ne semblait savoir comment se tenir et suait à grosses gouttes tant la situation l'intimidait. Le Capitaine Telion se tenait, lui, sur le seul escalier donnant accès à l'estrade et surveillait la vingtaine de gardes en tenue d’apparat qui formait un cordon de sécurité entre l'estrade et la populace qui commençait de s’agglutiner pour mieux apprécier le spectacle. Ils surveillaient aussi un grand carrosse de belle facture auquel était attelés deux grands palefrois isabelle de toute beauté et à la tenue aussi digne et droite qu'était celle de Lord Grafton en cet instant solennel. Le tout semblait bien calme, et seul s'entendait de loin en loin le cri perçant de Valyn sur les chuchotements de la foule.

Avec une lenteur qui n'avait d'égale que ça précision, les manœuvres de l’Écume et de la Bise les amenèrent de part et d'autre du grand Quai. A peine le Dromon de Percy arrivait-il au contact du bois que celui-ci sautait adroitement du bastingage pour arriver directement sur l'estrade, non sans avoir fait sursauter la pauvre Septa et provoqué l'hilarité de Milya et de Wilem. Donal et Roy eux, ne goûtaient pas la plaisanterie, et sur un regard sombre de son père, Percy perdit son sourire et alla se placer à côté de ses frères et sœur, non sans avoir discrètement haussé les yeux au ciel. Sa tenue de cuir était quelque peu débraillée, mais allez savoir pourquoi, elle lui donnait toujours un genre "aventurier romantique" qui faisait son effet sur la majorité des femmes.

La Bise finissait aussi d'être arrimée au Quai quand ses illustres passagers s'avancèrent vers la passerelle qui avait été jetée entre la Galéasse et l'estrade. Roy, sourire au lèvre et bras écartés en signe de bienvenue, fit un pas en avant et attendit que ses invités approchent.
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Message Sam 18 Aoû 2012 - 0:18

     Long et pénible fut le voyage, mais en fille des terres de l'Hiver, lady Catelyn endura sans mot dire ce périple qui devait les conduire depuis les berges calmes de Blancport jusqu'à celles non moins douces de Goëlville. Ce départ devait lui donner l'impression d'une renaissance, avait dit la septa qui s'occupait d'elle et de son éducation depuis aussi loin que sa mémoire pouvait aller, et pourtant lady Catelyn n'éprouvait rien de tel à voir les eaux froides de la Morsure dessiner des sillons tout autour de la Bise, ce navire insolent qui prétendait l'arracher à ses foyers pour la conduire vers son avenir. Une quinzaine d'années la séparait du temps de sa naissance et pourtant, la pauvre se sentait petite fille et s'il n'y avait pas eu non loin le regard de sa chère septa, affectée d'une sévérité fugace et compatissante, sans doute lady Catelyn eût-elle laissé libre cours à son chagrin, à son amertume et à sa peine. Sans doute eût-elle ajouté l'eau de ses larmes à l'écume des vagues qui ballottaient la coque du bateau. Son enfance lui semblait disparaître dans le sillage de la Bise, alors avec sa mère et sa sœur, lady Catelyn chantait et brodait, croyant peut-être qu'elle saurait piquer l'instant sur l'étoffe et le figer pour toujours entre quelques fils de couleurs. Elle piqua et brocha tout le temps que dura ce voyage, ce long voyage que les dieux anciens et nouveaux semblaient désapprouver, car par l'ombre d'un coup de vent ne vint faciliter la tâche des rameurs qui suaient sous le pont pour la guider jusqu'à Goëlville, jusqu'à ses noces. À mesure qu'ils approchaient de leur destination, passant les Trois sœurs, les Doigts, les Piz. Quels drôles de noms que ces noms-là ! Et quels paysages ! Les montagnes du Val d'Arryn qui faisaient sa renommée étaient visibles depuis la mer, comme endormies dans le lointain. Quel spectacle de loin, alors que serait-ce, de près ?

     Bientôt le navire vogua sur les eaux sûres de la baie des Crabes, et bientôt son père, lord Wyman Manderly, annonça qu'ils entreraient sous peu dans le port de Goëlville. La Bise avait été rejointe par un navire conduit par un jeune homme répondant au nom de Percy et qui se présenta comme le fils puîné de lord Roy Grafton. L'Écume était là pour escorter l'équipée Manderly et lord Wyman n'y vit nul inconvénient, approuvant même cette initiative et louant auprès des siens la prévoyance de ce lord Grafton qu'il ne connaissait guère. Sa septa lui fit part des dernières recommandations avant qu'ils n'entrent dans le port, mais lady Catelyn savait déjà ce qui était attendu d'elle. Naturellement, son jeune âge l'inquiétait beaucoup, car cette jouvence ne dissimulait guère la naïve fraîcheur de ses inclinations. Toute entière dévouée au sort que ses parents avaient choisi pour elle, elle craignait cependant que cette halte avant Roches-Aux-Runes, qui étaient la destination finale de son voyage puisqu'elle devait y épouser ser Allan Royce, ne lui cause du tort : un faux pas, une erreur, un impair lui coûterait peut-être ce mariage que son père estimait tant ! Son cœur cessa de battre quand la Bise fut à quai, mais il repartit de plus belle et férocement quand la passerelle lia le pont du navire à l'estrade d'apparat sur laquelle attendaient ceux qui seraient pour quelques heures leurs hôtes avant leur départ terrestres vers la citadelle où attendait son promis. Lord Wyman, richement vêtu d'un pourpoint d'azur pâle tenu au col par quelque trident d'or et d'argent, quitta le premier le navire et, de bon cœur, saisit l'occasion donnée par lord Grafton et lui donna l'accolade. - Le Père d'en haut m'en soit témoin, c'est un plaisir de vous rencontrer, lord Grafton. Lady Catelyn, terrorisée par la situation, œuvrait à n'en rien montrer, mais ce qui la terrifiait plus encore, c'était l'essaim de pensées parasites qui s'agitaient sous son crâne. Ainsi par exemple, elle ne pouvait détacher son regard de la passerelle en se demandant comment son père, homme d'une corpulence presque honteuse, avait pu passer sans la briser.

      Lady Bethany, sa mère, suivit l'exemple de son époux et alla le rejoindre sur l'estrade et lady Catelyn ne put s'empêcher de comparer sa maigre génitrice à une vieille chauve-souris vêtue d'une robe très simple et dont l'argent donnait l'impression d'avoir été arraché au luisant de la lune. Mais il n'était plus temps pour ces sornettes et d'un battement de paupières, la jeune fille tenta de chasser ces pensées vilaines, puis ce fut son tour de quitter le navire et d'être présentée à la famille qui régnait sur Goëlville depuis des lustres en tant que vassaux des Eyrié. Alors qu'elle avançait sur la passerelle, aidée par l'un des chevaliers au service de son père, pendant qu'en bas son père et sa mère échangeaient avec leurs hôtes quelques civilités polies, lady Catelyn luttait avec la gravité, et sa robe blanche comme les premières neiges lui sembla soudain bien lourde. Malgré tout, elle découvrit en elle assez de force pour gagner l'estrade sans trop de mal. Elle le devait à ses parents, car elle se savait ni très belle ni très intelligente : sa bonne éducation compenserait là où le charme et l'esprit lui faisaient défaut. Ainsi quand elle découvrit lord Grafton, son épouse et sa famille, lady Catelyn s'inclina dignement et à l'issue d'une révérence qu'elle aurait sans doute pu mieux accomplir, elle les salua à son tour. - Lord Grafton. Ces deux mots lui arrachèrent quelques frissons intérieurs qui s'efforcèrent en vain de franchir la barrière de ses lèvres. - Lady Grafton. Après la tempête vint le calme, et son père qui, plein d'une bienveillance propre à leurs origines, se porta d'une certaine façon à son secours. Il se planta près d'elle et posa un bras protecteur sur sa frêle épaule. - Et voici la future mariée ! N'est-elle pas magnifique ? Aussi pure et belle qu'un flocon de neige ! Lady Catelyn se sentit rougir. Son père n'était jamais avare de compliments pour elle, mais la jeune fille aurait souhaité qu'il y ait du vrai dans ses propos... Malheureusement, s'il était indéniable qu'elle avait la pureté de la neige, elle avait davantage la beauté d'une flaque après la fonte...
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Message Mar 11 Sep 2012 - 11:10

- Le Père d'en haut m'en soit témoin, c'est un plaisir de vous rencontrer, lord Grafton.

Roy rendit avec chaleur la vigoureuse accolade de Lord Manderly. Il était de ceux qui d'ordinaire, appréciaient plutôt ce genre de personne qui, pour accuser un certain embonpoint, n'en révélait que plus sûrement une joie de vivre bien naturelle et agréable à partager.

- Lord Manderly, c'est un honneur et un plaisir de recevoir votre illustre famille en notre modeste citée.

Quand lady Manderly s'avança à son tour, Roy lui effleura la main d'un baiser en la gratifiant d'un sourire aimable et d'un "Lady Wyman" sobre mais poli. Allez savoir pourquoi, cette femme mettait Roy un peu mal à l'aise. Peut-être parce qu'elle lui rappelait un peu, sans qu'il n'ose vraiment se l'admettre, la Septa sèche et sévère qui s'occupa de son éducation durant sa prime jeunesse. La pauvre avait finalement été remerciée suite aux plainte un poil exagérées du jeune homme qui souhaitait surtout échanger ses cours d'éducation contre de folles aventures dans la forêt... L'arrivée de la jeune Catelyn l'extirpa de ses pensées.

- Lord Grafton, Lady Grafton.
- Et voici la future mariée ! N'est-elle pas magnifique ? Aussi pure et belle qu'un flocon de neige !

Elle semblait presque terrorisée, ou bien était-ce la fatigue du voyage. A vrai dire, il pouvait bien y avoir mille raison à cette apparente raideur, héritage maternel ou gêne vis à vis de l'exubérance du père en étant deux plus que probables. Roy espérait néanmoins que ça n'était pas la perspective d'un mariage qui ne serait "que" arrangement entre famille. Même si c'était monnaie courante au sein des familles nobles, lui ayant eu la chance d'avoir un mariage d'amour était toujours un peu désolé de voir avec quelle mine déconfite certaines jeune personnes appréhendaient le leur. Cherchant simplement à rassurer la jeune femme si cela était possible, il lui prit les mains dans les siennes en un geste qui se voulait chaleureux et dit dans un sourire du même :

- Lady Catelyn. Ce long voyage n'aura pas eu raison de votre vigueur, vous rayonnez comme un soleil.

Se tournant ensuite vers sa propre famille, Roy entreprit de faire les présentations:


- Voici ma chère épouse Lady Emily.

Après une gracieuse révérence face au couple Manderly, Emily embrassa chaleureusement la futur épousée. Ayant elle-même probablement perçu son trouble, c'était sa manière, comme l'avait fait son maris, de réconforter quelque peu la jeune femme.

- Vous êtes ici chez vous ma chère, puisse les Sept bénir votre union à venir. Je suis sûre que vous serez vite conquise par la beauté des terres du Val d'Arryn.

Puis Lord Grafton reprit :

- Mes enfants, Percy, Donal et Cerceï Borell son épouse, Mylia et Ser de le Tour Mouette son époux, et Wilem.

A chacun de leur noms, ils inclinèrent respectueusement la tête en direction de la famille Manderly. Percy ne pouvant réprimer son naturel sourire charmeur, Donal, la sobriété incarnée, semblant presque austère aux côté de son épouse plus affable, Mylia rieuse et ravissante et Wilem, tellement fier d'avoir été récemment nommé écuyer qu'il avait briqué son épée toute la soirée en prévision de l'arrivée imminente de la famille Manderly et se tenait droit comme un i aussi tendu qu'une arbalète.

Roy présenta ensuite ses gens d'importance se tenant un peu en arrière et pendant se temps, Percy s'était discrètement penché vers ses puinés et ce qu'il eut à leur dire déclencha l'opprobre silencieuse de Donal mais l'hilarité de Mylia, qui ne passa guère inaperçu. Roy se retourna d'un jet et foudroya ses deux enfants du regard. Mylia se reprit sans attendre mais Percy ne se le tint pas pour dit s'il reprit la pose, il l'agrémenta aussi d'une légère grimace agacée.

- Chers hôtes, si vous voulez bien maintenant prendre place dans le carrosse, nous allons nous rendre au château. Je suis sûr que vous brulez de prendre toilette et repos bien mérités en attendant que le repas de midi se prépare. Capitaine? Termina-t-il en direction de Telion pour lui faire signe d'écarter la foule autour du Carosse.

Si la populace se consumait de curiosité pour lorgner ces grandes gens qui leur faisait l'honneur d'égayer leur quotidien, il fallait admettre qu'il restait relativement respectueux et calme malgré la cohue qui s'était peu à peu densifiée pendant les présentations. Et pendant que la famille Manderly était conduite au Carosse par un Telion poli bien qu'un peu gauche, et que quelques passants risquaient un audacieux "Vive les Manderly" ou "Vive la Mariée", Roy lui, s'attarda quelque peu pour tancer son fils Percy.

- Que les choses soient bien claires Percy. Tu es peut-être maître en ton Navire, mais a Terre tu es mon fils, et tu respectera les règles de savoir vivre qui font du Val sa réputation. Souhaites-tu que l'on dise dans le Nord combien les gens de Goëville sont mal élevés, uniquement par ta faute?

Percy, qui était un peu bravache, mais pas un mauvais bougre, avait saisit le message. Un peu contrit d'avoir provoqué la honte de son père, il baissa la tête et dit :

- Non père, bien entendu. Je saisirai la première occasion pour présenter mes excuses à nos hôtes. Veuillez vous-même accepter de me pardonner cette offense.

Roy avait beau garder une pointe de méfiance vis à vis du prompt retournement de son fils le plus espiègle, celui-ci n'en connaissait pas moins son père, et sa colère avait été désamorcée. Il gratifia son fils d'un demi-sourire et, lui redressant le col froissé de sa veste en cuir termina sur un "Bien mon fils, alors n'en parlons plus" avant de rejoindre les Manderly dans le Carosse.

Le Capitaine Telion, une fois assuré que Roy et la famille Manderly étaient bien installés - les autres gens de la maisonnée Grafton devant se rendre au château par d'autres moyens et plus directement pour préparer l'accueil des Manderly sur place - fit démarrer le cortège toujours encadré des vingt gardes en livrée et portant hallebarde à la main et épée au flanc. Celui-ci s'ébranla en douceur et fit son chemin lentement dans Goëville en prenant par la voie Grand Veneur qui, bien que faisant un large détour en traversant la cité d'un grand demi cercle, avait l'avantage d'être plus large, mieux entretenue, et permettait surtout à Roy de présenter quelques monuments intéressant de sa ville. On passa ainsi devant le Septuaire étincelant des mille feux reflétés du soleil, non loin de la Tour Mouette élancée, nimbée de son nuage d'oiseaux de mer et paraissant presque sur le point de tanguer, le long d'une portion des remparts millénaires dont les moellons colossaux dressés à près de quinze pied de haut rendaient le port aussi sûr que nombre de places fortes de Westeros, au loin de l'immense chantier naval où étaient en construction ou en réparation et entretient des navires commerce, de pêche et aussi un navire de guerre... Le plus cocasse fût surement le contournement de la criée, énorme bâtiment de bois sombre, ouvert de tous côtés et duquel surgissait les cris des vendeurs et acheteurs des nombreux produits de la pêche du jour. Des sachets de sauge et de pourpied odorants étaient à disposition dans le Carrosse dans la cas ou les odeurs de la rue incommodaient les convives de Lord Grafton qui se faisait un plaisir de décrire les attraits de sa ville tout en essayant de ne pas rendre la visite trop longue ou ennuyeuse. Mais l'activité foisonnante de cette matinée contribuait naturellement à montrer combien cette ville portuaire était prospère sans que Roy n'ait trop besoin d'insister sur ce point qui, malgré tout, en tant que gestionnaire pour le compte de la famille Arryn, avait pour lui une certaine importance.

Pour finir, le convoi remonta lentement la grande allée fleurie du jardin du château dont le calme et les odeurs sucrées des plantes en fleur contrastaient avec la ville. Elégant édifice de vieilles pierres bordant la côte intérieur de la baie, le château respirait l'aisance tout en restant d'aspect sobre et l'on pouvait voir par ses remparts, ses barbacanes, ses ponts levis, herses et meurtrières, qu'il était loin d'avoir perdu son caractère militaire.
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