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La Fougue et le Chevalier

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Message Ven 17 Aoû 2012 - 0:51

Conflans, Deuxième Lune de l'An 207

Sur un large chemin de terre, entourait d'arbrisseaux et de bosquets luxuriants, la lumière blafarde du matin luisait paresseusement sur les feuilles et les écorces, donnant au tableau des teintes sinoples, brunes et dorées. Non loin de la route, un bras de rivière s'apercevait – d'un bleu sombre et profond – d'où retentissait l'agréable gargouillis et ruissellement si caractéristique. La topographie aidant, quelques roches faisaient cascader la rivière, d'où se dégageait une faible chape d'écume qui maculait les berges et les bas-côtés de l'affluent.

Cette douce quiétude fut soudain perturbée par le bruit étouffé de sabots, ainsi que par le cliquètement retentissant d'armures et de lames. Au détour de la route en terre, deux cavaliers apparurent – montés sur deux destriers à la robe cuivrée – et trottaient doucement. Malgré leurs tuniques en toiles et en cuir et au vue de leur équipement, il était plutôt facile de remarquer deux chevaliers, peut-être errants, en vadrouille ou en quête de... De quoi d'ailleurs ?

L'un deux – qui arborait un large baudrier de cuir, auquel pendait deux lames et une multitudes de sacoches – tenait entre ses mains une large carte, ainsi qu'un petit recueil à la couverture marron. Les yeux plissés et les sourcils froncés, il gratta machinalement sa barbe de plusieurs jours avec le coin du bouquin, avant de regarder les lieux alentours. Le second, les cheveux plus longs et bouclés, et à l'allure légèrement plus dépareillée, arborait une expression moqueuse. Il s'esclaffa soudain bruyamment.

    « Aha sacré Lothar ! Toi qui m'avais dit que tu étais un fin cartographe et un expert en repérage, je me permet désormais d'en douter fortement ! Ah ah ! »

    « Hey oh, j'ai rajouté tantôt que la région du Conflans m'est plus inconnu. J'y suis passé seulement quelques fois, et c'était le plus souvent en tant que raccourci pour telle ou telle région. Alors viens pas me titiller là-dessus Mathis ! » bougonna le dénommé Lothar, qui affichait une mine renfrognée.

    « Eh bien. Ser Lothar est de bien méchante humeur ce matin, dis-moi. Essayes de ne pas nous envoyer jusqu'au Neck quand même... » ricana ser Mathis, en attrapant sa gourde.

Sans répondre à la boutade cynique de son compagnon, ser Lothar examina de plus belle le livre qu'il tenait entre ses mains. Sur ses pages, des dessins de blasons colorés s'étalaient devant les yeux scrutateurs du Chevalier-aux-Crabes. Il cherchait à localiser la cité de Pierremoûtier dont la maison régnante, d'après ce qu'il avait entendu dire, semblait avoir besoin de bras. Mais Lothar avait un doute qu'il voulait éclaircir, car il lui semblait que cette maison était mineure et vassale d'une autre maison plus importante. Tournant furieusement les pages et pestant contre cette édition succincte, son regard se figea brusquement sur un blason : un écartelé au premier et quatrième d'un dragon sinople sur champ d'argent, et au deuxième et au troisième d'une tour d'argent sur champ de sable. Maison Vance d'Atranta. Oui, c'était cette famille qui possédait les terres dans lequel ils se trouvaient.

Relevant la tête vers sa carte, il repéra Atranta, gribouillé en petits caractères dans le coin sud-ouest du Conflans. Leur direction était toute trouvée. Les Vance d'Atranta auraient peut-être besoin de deux nouvelles lames à leur service, et dans tous les cas, Lothar et Mathis voyaient du pays. Que demande le peuple ? De plus, le nom Vance lui disait quelque chose, mais il ne savait plus où il l'avait entendu. Il fallait dire que la route et les rencontres nombreuses n'étaient pas forcément bonnes pour la mémoire... Sans un mot, le Chevalier-aux-Crabes fourra la paperasse dans une des sacoches de sa monture et, adressant un clin d’œil et un sourire à son compagnon de route, dépassa ce dernier et prit les devants. Conflans, nous voilà !


* * *

Quelques heures plus tard, les deux chevaliers arrivèrent en vue de la forteresse d'Atranta, domaine des Vance. Passé l'enceinte, les deux errants démontèrent de leurs destriers, et s'approchèrent des écuries. Un homme bien bâti, dans la force de l'âge, et doté d'une moustache plutôt impressionnante les accueillit chaleureusement. Installant leurs montures dans un box, Lothar en profita pour entamer le dialogue.

    « Dites-moi l'ami, que pouvez-vous me dire sur les Vance qui résident ici ? »

    « Ah ça m'sser, ce sont des nobles gens pour sûr ! Ah ça ouais ! Lord Cliff est un sacré bon seigneur, et on a pas à s'plaindre ! Ah ça non ! Et ses enfants, ce sont de sacrés lurons ! Tenez, pas plus tard qu'hier matin, le jeune benjamin d'la famille, Kerwan, m'a fait courir une bonne partie d'la journée après trois bourrins qu'il avait détaché ! Aha, sacré salopiot va ! Et encore, la jeune Velanna et la peste Kiara m'en on fait voir d'belles aussi tiens ! Parbleu... »

    « Merci l'ami, nous allons leur rendre une petite visite et nous en rendre compte par nous-même ! Gardez nos chevaux jusqu'à notre retour et veillait à ce qu'ils soient nourris convenablement. »

    « Pour sûr m'sser ! Bonne visite dans Atranta m'ssers ! »

Le Chevalier-aux-Crabes, accompagné de Mathis, se dirigea tranquillement vers la forteresse de pierres des Vance qui rayonnait au soleil de midi. Après avoir fait remarquer à Mathis l'état de sa tenu – que ce dernier s'empressa de rendre plus présentable – Lothar les annoncèrent auprès des hommes d'armes gardant l'entrée. Quelques minutes plus tard, ils furent admis dans l'enceinte même du castel et introduit auprès de ser Clive, qui était apparemment le frère du lord régnant. Ce dernier les accueillit à l'extérieur et, s'excusa au nom de son frère et lui.

    « Messers, bienvenue à Atranta, domaine de la famille Vance. Je suis ser Clive, capitaine des gardes et maître d'armes d'Atranta. Je suis désolé de vous recevoir de façon aussi cavalière, mais je vous manderai de bien vouloir patienter un peu dans l'enceinte du domaine. Une petite... affaire d'ordre familiale nous retient actuellement. Je vous prie de nous excuser, nos serviteurs prendront soin de vous. Si vous le voulez, vous pouvez faire un tour du domaine. »

Ponctuant sa tirade par un signe de tête, auquel répondirent les deux chevaliers, ser Clive les laissa en plan. Avant qu'un seul serviteur débarque, Mathis ne put s'empêcher de faire une remarque.

    « Plutôt abrupt et sec l'accueil. Et ce ser Clive m'a l'air d'un sacré chevalier bourru et... »

    « Arrête de râler Mathis. Nous venons à l'improviste, sans prévenir. Il est normal qu'ils s'occupent en priorité de leurs affaires familiales. Et puis regarde-moi ce beau temps et cette propriété. Ça ne me déplairait pas de faire un tour hein ? Qu'est-ce que t'en penses ? »

    « Ouais, ça me va. En plus, il faut que je me dégourdisse les arpions. Et, au passage, je ne râlais pas ! »

Avec un sourire complice, les deux compagnons commencèrent leur tour de la propriété, acceptant bon gré mal gré quelques fruits proposés par les serviteurs de la maison. Leurs pas les menèrent vers le chenil devant lequel se tenaient deux silhouettes. Celle d'un homme ayant un peu moins de la trentaine, à l'expression tranquille, qui semblait être un maître-piqueux, et une jeune fille, sûrement entre seize et dix-sept ans, à la belle chevelure blonde. Les deux silhouettes se retournèrent lorsque les pas des chevaliers crissèrent sur le gravier. Le regard de Lothar s'illumina soudain.

La jeune fille, qui venait de se retourner, affichait un visage et une expression que le Chevalier-aux-Crabes avait déjà vu. Une jeune fille qu'il avait déjà rencontré deux années auparavant, lors du Tournoi de Port-Réal. Une jeune fille qui avait capté son regard et qui avait applaudit ses exploits. Velanna. Velanna Vance. Voilà pourquoi ce nom ne lui semblait pas totalement inconnu. Affichant un large sourire, Lothar s'approcha de la jeune Velanna. Se baissant et inclinant la tête de façon respectueuse, il lui prit délicatement la main et effleura des lèvres la douce peau en un délicat baise-main.

    « Lady Velanna, c'est une agréable surprise et un plaisir de vous revoir. » dit le Celtigar en se relevant doucement. Se retournant, il indiqua Mathis du bras. « Je me permet de vous présenter ser Mathis, mon fidèle compagnon et frère d'arme, qui m'accompagne sur les routes. »

Ce dernier s'approcha et fit la révérence à la jeune femme, en le ponctuant d'un « Milady. ». Lothar sourit au maître-piqueux tout en se présentant à son tour. Puis, se retournant vers la jeune Velanna, prit de nouveau la parole.

    « Comment vous portez-vous depuis la dernière fois ma dame ? »
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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
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Message Mar 21 Aoû 2012 - 21:33

Les jours s’écoulaient paisiblement à Atranta depuis que Velanna était rentrée de Port-Réal et reprenait aux yeux de tous son naturel rieur et sa générosité innée. Soutenue par ses proches et les prières de leur septa, elle surmonta des épreuves qu’elle ne se serait jamais cru capable d’affronter et en sortit terriblement grandie, prête à reprendre le cours normal de sa vie qu’elle avait brutalement interrompu à la mort de Violet, une fin injuste et violente. Au vu de la tempétueuse fin de ses fiançailles, lord Cliff et mestre Irwin avaient jugé bon d’épargner la donzelle avec d’autres projets de mariage. Elle n’avait encore que dix-sept ans, ils pouvaient lui accorder un peu de temps et l’occasion de se reconstruire avant d’envisager de lui faire fonder une famille. La principale concernée jouissait à chaque seconde de cette liberté retrouvée et retrouva nombre de loisirs qu’elle avait délaissé pour plaire et concorder aux envies de son fiancé. Elle reprit notamment le chemin de l’archerie et du chenil, passant ainsi énormément de temps aux côtés de Mors dont elle appréciait et savourait chaque jour davantage la muette mais attentionnée compagnie. En cette belle journée de la deuxième lune de l’An 207 elle se trouvait justement à ses côtés et écoutait les conseils qu’il lui donnait à propos de Noiraude, la chienne au long museau et aux épais poils de jais qu’il lui avait offert à son retour de la capitale. Leur passionnant et instructif échange fut interrompue par le crissement du gravier, ils se retournèrent ensemble pour discerner deux quidams qui approchaient. S’ils étaient tout deux de parfaits inconnus pour le maître-piqueux, ce n’était visiblement pas le cas de Velanna qui se joignit à eux sans attendre.

    « Ser Lothar, vous ici ! Une large risette illumina le visage de la jeune fille qui prise dans son élan écourta le respectueux baisemain pour trouver refuge entre les bras du chevalier, dans une chaleureuse étreinte. Quelle délicieuse surprise ! Elle s’en écarta pour glisser son regard facétieux vers le jeune homme accompagnant le Celtigar puis, avec aisance et souplesse, elle lui adressa une humble et courtoise révérence. Le pied droit glissé à l’arrière de son partenaire, ses genoux fléchirent succinctement dans une gestuelle parfaite selon la bienséance, ce qui aurait fait rougir de plaisir septa Isabel si seulement elle avait été présente pour en attester. Enchantée ser Mathis. Soyez tous les deux les bienvenus à Atranta. »

Redressée elle gratifia les deux hommes d’un irradiant sourire. C’est instantanément et sans mal qu’elle avait reconnu le Chevalier-aux-Crabes, un homme au grand cœur dont les exploits en tournois l’avaient embrasé. La première fois qu’elle avait posé ses yeux azurs sur lui, elle n’était qu’une gamine haute de neuf années qui rêvait des princes et de leurs exploits, prompte à s’émerveiller devant les parades des gentilshommes sur leurs nobles montures. Les prouesses à l’épée de Lothar et son charisme palpable avaient eu raison de son petit cœur de jouvencelle et bien qu’il n’avait pas trouvé la victoire aux joutes cette fois-ci, elle ne l’avait pas quitté des yeux et l’avait acclamé comme s’il était le lauréat d’Accalmie. A l’époque son aîné avait moqué son émotivité, valsant entre la jalousie et le tendre amusement, « Tu ne t’intéresses pas aux passes d’armes, tu es juste amoureuse ! C’est les joues empourprées que la petite terreur avait répliqué. C’est un chevalier courageux et patient, tu devrais le prendre pour exemple si tu ne veux pas rester écuyer toute ta vie. La pique fit mouche et c’est courroucé que Van s’était éloigné de sa sœur. Et il a de beaux yeux bleus » acheva-t-elle pour elle-même, en se penchant dans les tribunes pour mieux l’apercevoir. Malheureusement elle n’avait pas eu l’occasion de le rencontrer puisque son père n’était pas disposé à se préoccuper de ce qu’il considérait être une lubie passagère, il préféra admirer le spectacle offert par le Tournoi et applaudit frénétiquement les exploits du prince Baelor Targaryen face à Arlan de Pennytree.

L’histoire parut se répéter au second Tournoi auquel la jeune femme assista, celui de Port-Réal en l’an 205. Elle l’avait immédiatement repéré parmi les concurrents au titre, il était si grand par rapport aux autres, au moins six pieds de haut, voire même plus ! Plus expérimenté et probablement mieux préparé à l’épreuve, le chevalier fit la preuve de ses indéniables talents en renversant nul autre que Corwin Rogers, un chevalier dont la réputation ne lui était pas inconnue. Combat mémorable à la fin duquel l’orageux quitta la piste, furieux d’avoir perdu ce duel. Si Lothar ne fut pas l’heureux vainqueur du Tournoi – cet honneur allait à Otho Bracken, justement surnommée la Brute – il avait largement fait ses preuves et s’était attiré de nombreux compliments, dont ceux de Velanna. Elle avait taraudé longuement son père et celui-ci avait finalement cédé, usant de son titre et de ses relations pour que sa fille puisse rencontrer le Celtigar. Il n’ignorait pas alors l’antipathie partagée qu’elle nourrissait envers son fiancé mais se montra conciliant, soucieux de vivre paisiblement les derniers jours qu’il passerait avec son enfant avant de la confier aux mains de son mari. Une fois non loin de Lothar, la fougueuse lui avait échappé pour se précipiter devant celui qui se préparait, sans doute, à reprendre la route. « Vous avez été formidable messire ! Elle s’était inclinée profondément, les joues rougies par l’émotion et ses yeux clairs pétillant d’une incroyable malice. Je m’appelle Velanna, Velanna Vance. Je vous ai vu jouter au Tournoi d’Accalmie, vous étiez déjà si remarquable mais aujourd’hui… Oh, cela n’a plus rien à voir ! Contre ser Corwin vous avez été spectaculaire, c’était un combat si ardu mais vous, vous avez fait comme ça, elle mima avec ses bras l’inclinaison de la lance et l’impact, toute à son récit, et boum ! Il n’avait aucune chance ! Elle reprit son souffle, un large sourire accolé à ses lippes. Félicitations messire, vous êtes un vrai chevalier. Cliff racla sa gorge, signalant à la tumultueuse sans prononcer un mot qu’il était tant de partir. Ce n’est pas grand-chose, mais acceptez ceci. Elle releva en douceur sa longue chevelure dorée pour détacher un pendentif en argent [ici], qu’elle glissa délicatement dans la main du chevalier. L’étoile protège ma maison. Si un jour vos pas vous mènent dans le Conflans, peut-être vous conduira-t-elle jusqu’à Atranta. » Elle s’inclina alors avec une grâce encore maladroite puis elle prit congé de Lothar, le sourire aux lèvres.

    « Serait-ce l’étoile qui vous a mené jusqu’ici ? Interrogea-t-elle avec malice. Il était probable que le Chevalier-aux-Crabes ait oublié cette histoire et elle n’en ferait pas cas, cela dit elle espérait secrètement qu’il s’en souvienne. Noiraude renifla paisiblement les chausses de leurs hôtes puis fut sifflée par le maître-piqueux, qui s’éloigna de la petite troupe après une courte salutation. Mors préfère bien souvent la compagnie de nos animaux, il ne faut pas lui en vouloir, souffla-t-elle avec douceur avant de reporter son attention sur les deux hommes. Elle n’avait pas oublié la question de Lothar et s’empressa donc d’y apporter réponses. Cela fait déjà deux années depuis le Tournoi, et elles furent… Chaotiques, je dois dire. Un murmure à peine soupiré, qu’elle explicita comme l’on raconte une histoire. Il y a eu un accident tragique, un incendie dans le château qui a pris la vie de ma sœur la plus jeune, Violet. Un voile tomba l’espace d’un instant sur les prunelles de la jeune femme, puis se dissipa aussi vite qu’il était apparu. Mes fiançailles ont également été rompues, mais voyez-vous ce n’est pas exactement ce que l’on peut appeler un mal, sourit-elle. Velanna n’était pas femme à s’apitoyer sur son sort ni même à mirer longuement le passé, son dynamisme et sa chaleur reprenaient bien vite le dessus. Mais loué soient les Sept, la vie reprend ses droits et le ciel s’éclaircit pour moi et ma famille. Ne serait-ce que grâce à votre venue. Me ferez-vous le plaisir de rester quelques jours à Atranta ? »

Elle ne connaissait pas encore les motifs de leur présence dans le fief de sa maison mais ne tarderait pas à le découvrir. A vrai dire elle s’apprêtait même à leur poser la question lorsqu’un bruissement de feuilles, dans un imposant chêne dont quelques branches passaient au-dessus de leurs têtes, attira son attention. Devinant quel malheur les guettait, elle n’eut toutefois pas le temps de réagir… Il y avait un diablotin vivace en ces lieux, et qui comptait bien accueillir les deux chevaliers à sa manière. C’est ainsi que le pauvre Mathis reçut une pierre plate à l’arrière du crâne, envoyé par le plus jeune fils de la maison et sa précieuse et toute nouvelle fronde. « Touché ! Kerwan ! Descends et viens t’excuser tout de suite ! Un sourire coquin se dessina sur les lèvres fines du jeune blond, qui s’assit sur sa branche tel un félin satisfait. Allez-vous me trancher la main pour me punir, messire ? » Velanna soupira et se désintéressa momentanément de son cadet pour s’enquérir de l’état du compagnon de Lothar. « Je suis vraiment désolée… Avez-vous mal ? » Elle déposa prudemment et avec délicatesse ses doigts sur l’impact pour s’assurer qu’il n’était pas injurié. « C’est un chevalier Lanny, pas une jouvencelle. C’est pour ça que je ne te vise pas ! La jouvencelle t’a encore battu à l’arc la semaine dernière. Viens t’excuser tout de suite, cela lénifiera peut-être la punition de père. » Le tout jeune garçon haussa les épaules et se laissa glisser pour rejoindre le sol, approchant tout naturellement de leurs deux invités. « Kerwan, enchanté messires ! Sale gamin, te voilà enfin ! » Vociféra Clive en approchant d’eux en de longues et lourdes enjambées. Parvenu à leurs côtés, il posa son imposante paluche sur l’épaule de l’enfant qui vacilla sous le choc. « Messers, j’espère qu’il ne vous a pas importuné, même si j’en doute. Vous avez devant vous la « petite affaire d’ordre familiale » dont je vous parlais… Il guigna d’un œil noir Kerwan, qui paraissait soudainement bien moins fier. Lord Cliff peut vous recevoir à présent. J’emmène celui-ci et vous laisse entre les mains de Velanna. » Un vigoureux signe de tête plus tard et il s’exécutait, ignorant les geignements de son neveu. « Le petit démon ne s’est pas excusé mais il ne risque pas de recommencer, murmura la jeune femme tout en se plaçant à leurs côtés pour les guider vers le château, et le hall lumineux aux couleurs de la maison où recevait son père et où il patientait présentement, mestre Irwin à son côté. Nous y sommes messires. »




Dernière édition par Velanna Vance le Sam 27 Oct 2012 - 1:24, édité 1 fois
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Message Dim 23 Sep 2012 - 13:26

Le Chevalier-aux-Crabes ne put s'empêcher d'esquisser un large sourire, ponctué par un rire chaleureux, quand la jeune femme s'élança vers lui, plongeant littéralement dans ses bras. Lothar se souvenait à présent de la fougue et de la passion de la demoiselle. Velanna avait ce petit quelque chose de rafraîchissant, de vivifiant, qui tranchait avec nombre de jouvencelles nobles qu'il avait pu rencontrer, et qui était un véritable régal à contempler. Cet optimisme et cette joie, qui semblaient à toute épreuve, lui faisait légèrement penser à lui et à son bon Mathis lors de leurs chamailleries quotidiennes.

La jeune femme s'écarta et fit une présentation plus formelle et conventionnelle à Mathis, qui répondit de même, comme il était d'usage. Du coin de l’œil, Lothar aperçu le maître-piqueux s'éloigner doucement, et lui fit de nouveau un signe de tête et un sourire bienveillant. L'homme, qui apparaissait plutôt bourru au premier abord, avait un regard des plus doux, et le Celtigar se plut à croire en la bienveillance du dénommé Mors. La douce voix de Velanna le ramena dans la moment présent.

    « Serait-ce l’étoile qui vous a mené jusqu’ici ? »

Machinalement, Lothar porta la main sur sa poitrine, sur laquelle reposait un pendentif finement ciselée en forme d'étoile stylisée. Plongeant ses yeux sur le magnifique bijou, puis dans les yeux bleus irisés de la belle Vance, le Chevalier-aux-Crabes se remémora cet instant si particulier, le jour de leur rencontre, près de deux ans auparavant.

    Le tournoi de Port-Réal avait été une source d'amusements, d'expériences et de rencontres pour le jeune chevalier. Il avait jouté durement contre le jeune ser Ervin Cirley, avec lequel il avait sympathisé autour de quelques chopines, fait ci-et-là des rencontres fort intéressantes – notamment avec quelques troubadours et roturiers de passage – mais aussi quelques face-à-face plus hasardeux. Un de ces affrontements notables fut sa joute contre ser Corwin Rogers de l'Orage. Après quelques échanges de lances, le Chevalier-aux-Crabes l'avait percuté avec une violence qui avait fait voler le triste sire sur plusieurs mètres. Ce dernier, rageant, l'avait invectivé devant toute la foule, se ridiculisant et faisant rentrer Lothar dans une rage froide. Le Celtigar ne supportait pas les gens sans honneur et les hommes méprisables, et le ser Corwin en question semblait appartenir aux deux. Et comme pour donner à tous la preuve de son déshonneur, le chevalier de l’Orage quitta la lice furieux, laissant Lothar ébahit devant sa réaction. Mais heureusement qu’il y ait eut cette rencontre. La rencontre d’une délicieuse jeune fille, qui lui fit oublier ses soucis et le fit de nouveau plonger dans l’innocence de la jeunesse.

    Cette rencontre survint à la fin du tournoi. Lothar finissait de sangler son bric-à-brac d’affaires – comprenant entre-autres le barda d’armures et les lances de cavalerie, pour ne citer qu’eux – sur son cheval de bât. Son fidèle Mathis, qui l’accompagnait régulièrement – pour ne pas dire tout le temps – n’était pas présent. Ce dernier était resté à la capitale et profitait sûrement des plaisirs que lui offraient les courtisanes de Port-Réal. Sacré Mathis. Le Chevalier-aux-Crabes, plongé dans ses pensées, esquissa un léger sourire, tout en donnant un coup sec sur une dernière sangle rebelle. Soudain, une voix douce, mais fébrile, retentit.

    « Vous avez été formidable messire ! » Quand Lothar se retourna, il vit cette adorable jeune fille d’une quinzaine d’années, aux yeux pétillants et au souffle court, comme si elle venait de courir. Une belle chevelure blonde encadrait un visage des plus charmants, et elle était vêtue d’une belle robe bleue qui lui donnait une allure gracieuse. Elle affichait une expression curieuse auquel se mêlaient l’admiration et l’excitation. « Je m’appelle Velanna, Velanna Vance. Je vous ai vu jouter au Tournoi d’Accalmie, vous étiez déjà si remarquable mais aujourd’hui… Oh, cela n’a plus rien à voir ! Contre ser Corwin vous avez été spectaculaire, c’était un combat si ardu mais vous, vous avez fait comme ça… et boum ! Il n’avait aucune chance ! Félicitations messire, vous êtes un vrai chevalier. » Lothar, surprit par le débit de paroles de la jeune Velanna, mais tout autant par ses louanges, s’esclaffa doucement. Cette fraîcheur et cette sincérité le toucha énormément, le faisant oublier même les moments les plus détestables du tournoi. Affichant désormais un large sourire et des yeux brillants, il s’approcha d’elle, se pencha pour être à sa hauteur puis mit une main sur la délicate épaule de Velanna. «  Je suis véritablement honoré de vos compliments chère lady Velanna. Cela est vraiment très touchant de votre part de vous être déplacé personnellement pour me rencontrer. » Alors qu’il allait se relever, Velanna mit ses mains sur sa nuque et en retira un magnifique collier en argent arborant une fine étoile ouvragée. Quand elle le tendit au Celtigar, ce dernier ouvrit la bouche, surprit, pour protester et refuser poliment le présent. Mais la jeune lady ne l’en lui laissa pas le temps. « Ce n’est pas grand-chose, mais acceptez ceci. L’étoile protège ma maison. Si un jour vos pas vous mènent dans le Conflans, peut-être vous conduira-t-elle jusqu’à Atranta. » Elle s’inclina gauchement, puis prit rapidement congé du chevalier, rejoignant à petites enjambées celui qui semblait être son père et qui était resté en retrait jusque-là. Plongeant son regard sur la petite silhouette qui s’éloignait, ses doigts couraient doucement sur le magnifique pendentif. Ce dernier portait encore la douce chaleur de la jeune Velanna, une tiédeur agréable. Souriant à l’étoile, le Chevalier-aux-Crabes reporta une dernière fois le regard sur la silhouette de la Vance qui était désormais loin. « Je ne t’oublierai pas jeune fille. Jamais…  »

Et c’était vrai. A chaque fois qu’il posait le regard sur le délicat bijou, le Celtigar repensait à cette jeune damoiselle si adorable, qui lui faisait l’effet d’une chape de rosée matinale revigorante. Le seul bémol est qu’au fil des années, il en était venu à oublier son nom. Plusieurs fois Mathis le surprit à devenir soudainement très froid et distant, sans comprendre l’origine du mal-être. Ces moments-là, Lothar fouillait au fond de sa mémoire pour retrouver le doux prénom de la jeune femme. Sans succès. Ce qui avait le don de l’énerver au plus haut point quand il savait qu’il retenait des éléments d’histoire ancienne avec une facilité déconcertante.

Mais l’heure n’était plus à la frustration. Velanna et Lothar était de nouveau réunis, et le chevalier trentenaire était bien décidé à rester dans le coin autant de temps qu’il se le permettra. Il voulait découvrir la vie de la jeune Vance, ses habitudes et ses inquiétudes, ses passions et ses bêtes noires. A ce moment précis, sans véritablement savoir pourquoi, Lothar voyait Velanna comme la jeune fille qu’il n’avait pas, ou comme une très jeune sœur. Esquissant de nouveau un sourire à la question de la vive Vance, il passa de nouveau la main sur le pendentif étoilée.

    « Pour tout vous dire ma dame, je ne vous ai jamais oublié. Continuellement, ce bijou me rappelait votre façon cavalière, mais tellement rafraichissante, que vous aviez eu pour m’aborder et m’inonder de compliments. J’en suis toujours profondément honoré et c’est un réel plaisir de vous rencontrer de nouveau. » Le chevalier, tout sourire, passa délicatement sa main sur une mèche blonde rebelle de Velanna. « Mais cela serait vous mentir de dire que l’Étoile m’a conduit en votre fief. Errant sur les routes avec mon ami Mathis, nous étions à la recherche d’un seigneur auprès de qui nous aurions pu nous rendre utile. Et comme vous le voyez, nos pas nous ont conduit à Atranta et auprès de vous ma dame, pour mon plus grand plaisir. »

Quelques rides de joie se formèrent dans le coin des yeux du Chevalier-aux-Crabes, rides plutôt bien ancrées vu le caractère jovial et continuellement enjoué de Lothar. Pendant même un instant, il joua avec la chienne noire curieuse et renifleuse en lui tapotant les flancs et en lui gratouillant la tête. Mathis renifla de dédain vis-à-vis de la chienne, mais ne dit mot – en effet, ser Mathis n’était pas un inconditionnel de la gent canine, mais passons. Velanna reprit la parole et raconta brièvement les derniers évènements de sa vie, plutôt sombres. La jeune femme semblait durement touchée par le décès prématuré de sa jeune sœur, mais son caractère fort et optimiste avait pris le dessus.

    « Mais loué soient les Sept, la vie reprend ses droits et le ciel s’éclaircit pour moi et ma famille. Ne serait-ce que grâce à votre venue. Me ferez-vous le plaisir de rester quelques jours à Atranta ? » Lothar lui accorda un sourire franc et, après un coup d’œil à Mathis, lui répondit d’une voix douce. « Nous avons le temps et ce sera un véritable plaisir de séjourner quelques temps ici, si votre père nous le permet. Mais sachez que nous n’y resterions pas longtemps, notre devoir de chevalier nous appellera à reprendre la route pour aider les âmes en détresse. A moins que l’on est besoin de nous en ce lieu. » ajouta Lothar, réalisant un clin d’œil complice à la jeune femme.

Soudain, un craquement de bois, accompagné d’un bruissement de feuilles, se fit entendre au-dessus de leurs têtes. Alors que Lothar jetait un œil rapide sur le majestueux chêne sous lesquels ils conversaient depuis plusieurs minutes, il vit une pierre voletait à grande vitesse vers eux, suivit d’un grognement de douleur. Quand le Chevalier-aux-Crabes se retourna vers Mathis, ce dernier se frottait l’arrière du crâne et venait de dégainer son épée. Un second coup d’œil au chêne et la source de l’interruption pointa le bout de son nez : c’était un jeune garçonnet blond qui affichait une expression maligne et goguenarde sur le visage. Quand il vit la fronde à sa main, le Celtigar comprit tout et éclata de rire. Mathis le fusilla du regard.

    « Ah ça t’fait marrer toi ! » Il se tourna vers le garçonnet et l’invectiva avec sa gentillesse et son tact naturel. « Hé toi ! Descend immédiatement que j’te botte les fesses ! » A ses côtés, la douce Velanna, paniquée mais furieuse elle-aussi, intimée au garçonnet de descendre et de s’excuser. Ce dernier prit un malin plaisir à se moquer gentiment du trio, avant de descendre de mauvaise grâce. Avant qu’il n’atteigne les racines de l’arbre, Lothar posa sa main sur l’épaule du Brune irrité. « Hé. On s’calme mon ami, et rengaine-moi tout d’suite ton épée. Ca n’va pas non ? C’est juste un gamin et, qui plus est, l’un des fils du seigneur des lieux. Calme-toi mon frère. » En lui décochant un sourire, Lothar ajouta avec un clin d’œil. « Et puis, tu ne vas pas me dire que tu n’étais pas comme ça étant jeune ? N’est-ce pas ? » La dernière remarque fit mouche et Mathis rengaina sa lame avec le semblant d’un sourire. Il s’excusa auprès de Velanna, et lui affirma que ce n’était rien.

Soudain une voix retentissante claqua dans l’air, sèche et dure, et ser Clive débarqua à grandes enjambées. Son visage rouge et son expression furieuse en disait long sur son état d’esprit du moment. S’arrêtant aux côtés du jeune Kerwan – le fameux garnement dont les deux chevaliers avaient eu vent grâce au palefrenier – ser Clive lui intima le silence par le simple fait de sa présence, mais aussi par sa formidable paluche qu’il venait de poser sur l’épaule du garçonnet.

    « Messers, j’espère qu’il ne vous a pas importuné, même si j’en doute. Vous avez devant vous la « petite affaire d’ordre familiale » dont je vous parlais… » Lothar jeta un œil amusé à Mathis qui serrait malgré tous les dents, et se tourna vers ser Clive. « Nous venons, en effet, de faire connaissance et avons apprécié son caractère enjoué. Mais bon, que voulez-vous, nous sommes presque tous passé par cet âge fou et cette attitude frivole. » Esquissant un sourire destiné à Velanna, il avisa le jeune Kerwan qui avait les yeux baissés et lui tapota affectueusement sa tignasse blonde. Clive reprit la parole à sa façon, c’est-à-dire de manière plutôt bourrue. « Lord Cliff peut vous recevoir à présent. J’emmène celui-ci et vous laisse entre les mains de Velanna. » Lothar et Mathis saluèrent le chevalier d’un signe de tête et le regardèrent s’éloigner avec le garnement.

La douce Velanna leur fit signe de la suivre, et le petit groupe se dirigea vers la forteresse, siège des Vance. La compagnie de la jeune femme était un ravissement, et même Mathis en oublia l’incident avec Kerwan devant la vivacité d’esprit de Velanna. Lothar appréciait réellement ses retrouvailles avec la douce jeune femme de dix-sept années, malgré que leur seule et unique rencontre fût aussi brève que mémorable. Si les deux chevaliers errants pouvaient rester dans les alentours pendant plusieurs semaines, le Celtigar en serait fort aise. Mais il n’était plus l’heure des spéculations infructueuses. Ils venaient d’arriver dans un somptueux hall lumineux, dans lequel était présent deux hommes. L’un, assis, ne pouvait être que le seigneur régnant, lord Cliff, Lothar reconnaissant l’homme qui accompagnait la jeune Velanna deux ans auparavant. Habillé d’un complet de belle facture, ce dernier était doté d’un visage aux traits fins et d’une barbe avantageuse, rehaussé par un regard doux d’un bleu profond. A ses côtés, un homme d’âge avancé se tenait bien droit, et affichait un visage sérieux. Possédant une moustache grisonnante plutôt fournit, sa chaîne composée de maillons de métaux divers affirmait sa fonction de mestre de la famille. Les deux hommes reçurent les deux chevaliers selon les usages. Lord Cliff prit la parole.

    « Soyez les bienvenues messers. Ser Clive m’a prévenu de votre arrivée sur notre domaine, et je vous demande de nous excuser du petit contretemps que nous avons eu. Mon fils Kerwan est connu pour ses facéties et autres pantalonnades… A mon plus grand regret d’ailleurs. » Lord Cliff eut un sourire sincère, auquel Mathis et Lothar répondirent. « Mais dites-moi messers, que nous vaut l’honneur de votre venue en nos terres ? » Après avoir jeté un coup à Velanna qui avait rejoint son père, Lothar prit la parole. « « Merci de votre accueil lord Cliff, et vous n’avez point besoin de vous excuser pour le comportement de votre jeune fils. » Lothar avisa discrètement Mathis qui venait, machinalement, de se frotter le crâne à l’endroit de l’impact de la pierre, en affichant un léger rictus. « Nous sommes ser Lothar Celtigar et ser Mathis Brune, pour vous servir. Concernant notre venue, nous étions dans la région pour proposer nos services aux seigneurs qui en auraient besoin. Nous ne demandons pas forcément un salaire tant que nous avons le gîte et le couvert, et quelques temps libre pour nous entrainer ou nous reposer. Si vous n'avez rien à nous proposer, nous nous permettons de vous demander la permission de rester quelques temps sur vos terres afin de reposer nos montures et profiter de votre charmant domaine. »

Lothar se tut et attendit la réponse du lord. Ce dernier se tourna vers son mestre pour savoir si des tâches pouvaient être confiées aux deux chevaliers errants. En patientant, Le Chevalier-aux-Crabes avisa la belle Velanna qui les regardait avec des regards brillants. Lothar savait que la jeune femme était tout autant que lui heureuse de leurs retrouvailles, et espérait que son père leur permette de rester. En effet, le Celtigar ne se voyait pas repartir sur les routes tout de suite…


Dernière édition par Lothar Celtigar le Sam 12 Jan 2013 - 14:01, édité 1 fois
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Velanna Vance
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Message Sam 27 Oct 2012 - 17:08

Velanna fut tout bonnement enchantée et emplie d’une profonde allégresse en apprenant que malgré les années et la furtivité de leur rencontre passée, ser Lothar ne l’avait point oublié. Peu lui importait alors que ses pas ne l’aient pas volontairement conduit sur les terres des Vance puisque la providence et le hasard s’étaient généreusement chargés de bien faire les choses pour eux. Toutefois il lui spécifia plus précisément leurs motifs : c’était les affaires qui avaient conduit le duo de chevaliers errants dans la centrale région du Conflans. En effet les deux hommes recherchaient à offrir leurs services à un lord, les seigneurs requérant parfois l’aide de quelques épées supplémentaires contre une poignée d’or. Curieux… Lothar Celtigar, à la connaissance de la jeune lady il avait un nom et non des moindres au sein des Terres de la Couronne, elle n’en savait rien mais il n’était pas exclu qu’il soit l’héritier de sa famille, alors, par les sept… Pourquoi errer sur les routes ? Velanna était loin de tout connaître sur ces chevaliers, mais on disait souvent d’eux qu’ils étaient de basse naissance et avaient obtenu leurs titres après avoir guerroyé et s’être illustrés sur un champ de bataille. Ils étaient souvent terriblement pauvres, démunis, et ne participaient guère aux tournois de peur de perdre leurs précieux équipements lors des joutes, ou pire encore leurs montures, les uniques symboles hormis l’adoubement qui les distinguaient de la masse de francs-coureurs ! Aux yeux de septa Isabel ils ne connaissaient guère de grâce aussi reprenait-elle l’adage populaire « chevalier errant, chevalier brigand sont les deux flancs de la même lame » lorsqu’elle les évoquait, de manière sporadique toutefois. Influencée et jeunette Velanna n’avait guère protesté contre cette généralisation jusqu’au jour où, au cours d’une de leurs leçons, mestre Irwin s’était penché au-dessus d’elle pour lui expliquer que parfois « il n’y a pas plus chevaleresque chevalier qu’un chevalier errant choisissant à quelle cause dévouer sa lame ». Qui avait raison ? Elle l’ignorait… Sans doute y avait-il de nombreux chevaliers errants vénaux et lâches, mais elle gageait qu’il y en avait d’autres, tout aussi nombreux, qui suivaient leurs vœux avec dévotion. C’est avec une confiance aveugle qu’elle plaçait ses deux interlocuteurs dans cette catégorie, ce qui ne l’empêcha pas de les interroger, taraudée qu’elle était par sa naturelle curiosité.

    « Vous êtes donc des errants chevaliers, messires ? Pourquoi donc ce choix qui est loin d’être des plus aisés, si vous me permettez de poser cette question. Atranta possédait son lot de chevaliers loyaux et zélés mais il était évident que certaines missions requéraient un apport extérieur. Notamment les plus périlleuses et dangereuses, ou à l’inverse, celles ennuyeuses et rébarbatives que tout le monde souhaitait éviter. La jouvencelle ignorait pour l’heure la position de son fief à ce sujet et ne s’égarerait donc pas en conjectures éparses, ce qui ne l’empêcha pas pour autant d’émettre son desideratum. Seul le seigneur Cliff mon père sera en mesure de vous donner une indication concrète, cependant je ne crois pas me tromper en disant que deux pairs de bras solides comme les vôtres ne sont jamais de trop. En dehors de toute ces considérations, je souhaite de tout cœur que vous puissiez rester aussi longtemps qu’il vous plaira. »

Le cortège de sourires et paroles panégyriques aurait ainsi pu s’étendre encore de longues minutes si le facétieux lutin des Vance n’avait pas jugé bon d’élégamment signaler sa farceuse présence. Elle se concrétisa en une pierre envoyée directement à l’arrière du crâne du bon Mathis qui ne trouva son apaisement qu’au discours miséricordieux du Chevalier-aux-Crabes. Quelque peu confuse par la tournure des évènements, l’aînée glissa un regard réprobateur sur son petit frère qui ne daigna rentrer les épaules qu’à la venue de son oncle, promesse d’une punition qu’elle imaginait fort peu ragoutante. Peu adepte des pincettes et autres tournures de bonimenteur, il était à parier que Clive enverrait la petite tête blonde entêtée et malicieuse qui lui servait de neveu récurer les sols de l’écurie jusqu’à ce qu’il soit assez fétide et crotté pour se souvenir – au moins pour la journée ! – de la leçon. Kerwan emmené au loin, le trio se dirigea séance tenante vers la haute demeure du fief où patientaient le seigneur et son mestre, sans doute curieux quant à la présence des sers Celtigar et Brune sur ces terres fluviales. La donzelle ne tarda pas à rejoindre les abords de son père, un sourire doux et confiant accolé à ses roses lippes. Présentations et politesses de rigueur furent échangées entre les parties puis Lothar en vint finalement à faire la démonstration de sa proposition, généreuse s’il en était. Offrir gîte et couvert était monnaie courante, mais s’accompagnait le plus souvent d’un prix supplémentaire d’un versant pécuniaire. Le lord se fit un temps pensif tandis qu’Irwin abaissa son illustre carcasse pour murmurer quelques paroles inaudibles au creux de l’oreille du maître des lieux. Ce dernier passa ses doigts dans son épaisse barbe blonde tout en mirant les deux hommes non sans intérêt. Finalement et après une kyrielle de minutes sa voix grave s’éleva pour se répercuter en écho contre la pierre tiédie de l’enceinte.

« Messers, votre proposition vous honore et de plus, nous parvient à point nommé. Vous savez que malgré la punition que les fautifs encourent, des cas de braconnage isolés se recensent dans tous les fiefs. C’était un fait, la répression n’empêchait pas les plus affamés de se repaître impunément de quelques lapins et le lord, bien que soucieux de voir les coupables attrapés, savait faire preuve d’une certaine clémence en rendant la justice. Toutefois depuis plusieurs jours déjà nos terres subissent des assauts méthodiques de chasseurs suffisamment organisés pour ne pas tomber dans nos filets. L’intendant a d’ors et déjà pris l’affaire en mains, mais nos soldats ne font pas toujours d’expérimentés limiers… Pour ne pas dire que certains étaient franchement gauches et entraînaient l’exaspération de Clive, le capitaine de la Garde. Toutefois ce dernier ne brillait pas non plus par sa patience et rechignait à passer au peigne fin les bois du fief. Je suppose que des chevaliers habitués aux routes tels que vous seront plus habiles à régler ce genre de problème. Bien que vous n’ayez requis aucun paiement, sachez qu’il y aura malgré tout récompense pour le travail accompli. Tout près de lui, il sentit sa fille s’agitait, valsant d’un pied à l’autre pour attirer son attention. Il tourna son faciès vers elle en arquant un sourcil interrogateur, même s’il était déjà conscient qu’elle n’allait pas se faire prier pour lui demander une faveur. Si ser Lothar et ser Mathis acceptent, j’aimerais les accompagner. Pardon ? Je connais les bois aussi bien que Mors, et Noiraude nous serait utile pour débusquer les coupables. Je comptais justement réclamer le soutien de Mors dans cette histoire. Mais Père, Mors est de bien moins bonne compagnie que moi. Le tout fut ponctué d’un tel sourire taquin que le lord n’eut d’autres choix que de baisser les armes. Pour retenir Velanna de se joindre au cortège il faudrait la faire enfermer à double-tour dans sa chambre avec un garde posté devant sa porte, et encore ! Il n’était pas dit que la belle ne s’échappe pas par sa fenêtre. Cliff n’entendait pas engager un bras de fer avec sa première fille et espérait par là-même que cette petite aventure ne lui change les idées. Bien… Messers, si vous acceptez cette tâche vous aurez également à supporter ma fille si présente, si bien que je vais être obligé d’augmenter la récompense… Il soupira, amusé face à la moue faussement outrée de son enfant. Et s’il vous plaît de séjourner à Atranta, il y aura sans doute bien d’autres missions pour vous dont mon frère sera ravi de vous accabler. Qu’en dîtes-vous, messers ? Parée d’une large risette Velanna se tourna complètement vers les deux hommes et les yeux pétillants de malice, dégringola les marches pour les rejoindre. Evidemment qu’ils sont d’accords ! Je m’en vais vous montrer vos quartiers, ensuite nous irons aux cuisines, vous devez être affamés, grands comme vous êtes ! Si Mathis n’était pas en reste, les plus de six pieds de haut desquels culminait Lothar étaient impressionnants. Puis il faudra que je vous montre les… Velanna, n’oubliez donc pas de respirer un tant soit peu. Gronda gentiment le mestre de maison avant de porter ses yeux clairs et limpides sur les deux quidams. Cliff se racla la gorge et dans un rire grave, reprit sa question. Je disais donc… Qu’en dîtes-vous, messers ? »

Velanna dût cette fois prendre son mal en patience pour que les deux chevaliers errants prodiguent leurs réponses et leurs éventuelles conditions. Ce n’est que d’une oreille discrète qu’elle écouta ces formalités, persuadée qu’elle était qu’ils ne sauraient refuser l’offre : traquer des braconniers ne paraissait pas insurmontable pour un homme participant aux joutes ! Du moins était-ce le raisonnement candide de la jeune fille qui était on ne peut plus emballée par la perspective de « musarder » en leurs compagnies dans la forêt bordant le fief d’Atranta. Une fois qu’ils eurent fini de disserter, elle s’empressa de refermer ses doigts sur la manche du Celtigar et comme promis, l’entraina en trottinant vers les marches menant aux étages. Si le premier était réservé à la famille et aux invités les plus prestigieux, le second renfermait les appartements à la disposition de la garnison et du personnel le plus proche, et c’est là que séjournerait les chevaliers. Ainsi les mena-t-elle jusqu’à une grande porte en bois d’if massif gardant l’entrée d’un appartement à deux chambres, une salle d’eau, et vue sur les jardins et le pont-levis.

    « Vous allez vous y plaire j’en suis certaine ! Je vous laisse entrer et déposer vos affaires, j’attendrai ici pour vous conduire jusqu’en cuisine. »

L’heure du repas était passé mais un bon fumet se dégageait encore de la Grande Salle, nul doute qu’il restait largement de quoi emplir la panse de deux chevaliers, même bien bâtis !


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Message Sam 12 Jan 2013 - 17:17

La question que posa Velanna fit sourire Lothar, creusant son visage de petites rides frivoles. La jeune femme, curieuse et innocente, avait soulevé un point que nombre de rencontres avait abordé antérieurement : pourquoi l’errance, pourquoi ce mode de vie ?

    « Les raisons poussant un chevalier à errer sur les routes sont fort nombreuses. Pourtant, sous toutes ses raisons se cachent un but unique : vivre dans l’honneur. Pour ser Mathis et moi-même, l’errance est un moyen de parcourir ce monde et apporter – dans la limite de nos possibilités – un semblant d’espoir et de fraîcheur dans cette terre et cette société si rude. Notre honneur de chevalier nous commande d’aller là où le besoin se fait sentir, et d’offrir nos services – contre une compensation ou non, l’argent n’étant pas un problème, et surtout pas ma principale préoccupation. » Lothar afficha un rictus, qui éclaira son visage d’une légère aura de cynisme. « D’aucuns vous diront que nous ne valons pas plus que de vulgaires reitres, ou pire, que de vulgaires pillards. Mais voyez-vous, nous avons appris à passer outre ces discours acides, et même à en rire. Ce que nous faisons, nous le faisons parce que nous considérons cela comme juste et honorable, et qu’il est de notre devoir d’aider ceux dans le besoin. »

Le Chevalier-aux-Crabes failli se lancer dans un pamphlet envers l’autre caste des chevaliers, ceux agissant par égoïsme, ne cherchant que la richesse et n’hésitant pas à affirmer leur sang-noble pour écraser le petit peuple. Ces chevaliers, Lothar les portaient en horreur, et l’injustice qu’ils créaient était l’une des rares choses qui faisait sortir de ses gonds le Celtigar. Mais il cacha son ressenti à la douce Velanna ; aujourd’hui était une belle journée, commençant sous de beaux hospices par les singulières retrouvailles avec la lady Vance, et Lothar ne comptait pas gâcher ce moment.

Ce doux instant fut d’ailleurs interrompu par l’apparition du jeune garçonnet, qui se révéla être le petit frère de la jeune lady. Plutôt amusé de l’intermède que provoqua le mouflet – et que Mathis considéra comme une « agression caractérisée » – le trio reprit la route après que ser Clive ait emmené le jeune chenapan vers une punition plus que probable. La compagnie de Velanna était vraiment agréable, et lui parler était un enchantement.

    « Je suis conscient de me répéter, mais nous serions véritablement ravis de rester en votre compagnie et aider votre père s’il en formule le souhait. » Lothar jeta un regard doux et sincère à la jeune femme, avant qu’une lueur brillante de malice y apparaisse. « Et, pour tout vous dire, nous ne serions pas fâchés de nous reposer – ne serait-ce que quelques jours – dans une bonne petite chambrée, surtout entouré par un cadre aussi charmant que votre domaine ! »

Tout sourire, la petite troupe débarqua finalement dans le hall où le lord régnant et son mestre y siégeaient. Après les présentations d’usages, les deux chevaliers attendirent la réponse de lord Cliff qui demandait conseil à son mestre. Lothar eut à loisir l’occasion d’observer les deux hommes, non sans échanger de régulières œillades vers la jeune Velanna qui semblait presque trépigner d’impatience. Affichant un léger sourire, le Chevalier-aux-Crabes reporta son regard vers le père de la jeune femme. L’homme semblait avoir quasiment le même âge que les deux compères chevaliers, et son visage traduisait une honnêteté certaine et une sympathie presque palpable. D’ailleurs, son visage ne lui était pas totalement inconnu. Herberouge peut-être ? Et encore… Lothar fronça de manière presque imperceptible les sourcils, pestant une fois de plus sur sa mémoire des visages défaillante. Le mestre, grand gaillard malgré son âge avancé, possédait un visage plus sec, plus anguleux que lord Cliff, et semblait être quelqu’un de doux, sage et patient. Lord Cliff reprit soudain la parole, arrachant le chevalier à ses pensées.

    Lothar sourit intérieurement devant la proposition du lord de la maison Vance. Ce dernier accepta avec joie leur aide, et leur déclara qu’une troupe de chasseurs expérimentés sillonnait depuis trop longtemps les terres de son domaine, faisant des razzias dont il était plus que temps d’y mettre un terme. Le chevalier observa avec amusement le dialogue qu’entreprit Velanna envers son paternel, et Lothar haussa les sourcils de surprise – et de ravissement – quand la faveur de la douce dame était d’accompagner les deux chevaliers, afin de les guider dans les bois du domaine. Après moult hésitations, lord Cliff dû céder face à la volonté de sa fille. « Bien… Messers, si vous acceptez cette tâche vous aurez également à supporter ma fille si présente, si bien que je vais être obligé d’augmenter la récompense… » Lothar et Mathis échangèrent une œillade complice avant de sourire au lord Cliff. « Et s’il vous plaît de séjourner à Atranta, il y aura sans doute bien d’autres missions pour vous dont mon frère sera ravi de vous accabler. Qu’en dîtes-vous, messers ? » « Evidemment qu’ils sont d’accords ! Je m’en vais vous montrer vos quartiers, ensuite nous irons aux cuisines, vous devez être affamés, grands comme vous êtes ! Puis il faudra que je vous montre les… » Quand Velanna s’élança dans son monologue rapide, d’où se percevait clairement une certaine frénésie et excitation, tout le petit monde éclata de rire, excepté le mestre qui dû stopper la jeune femme dans son élan. Cette dernière avait même dévalé les marches pour rejoindre les deux sers, et était déjà prête à embarquer ces deux derniers dans l’aventure. Lord Cliff, reprenant son sérieux, se tourna de nouveau vers les chevaliers. « Je disais donc… Qu’en dîtes-vous, messers ? » Lothar et Mathis se regardèrent, avant que Lothar prenne la parole. « Ce sera avec grand plaisir que nous nous acquitterons de cette tâche, ser Mathis et moi, monseigneur. Merci encore pour votre accueil et votre hospitalité, et comptez sur nous pour vous amener et châtier les coupables comme il se doit. » Lothar échangea un regard complice avec Velanna, avant de reprendre la parole. « Et bien-entendu, la compagnie de lady Velanna ne nous gêne aucunement. Ce sera un véritable honneur non dénué de plaisir d’être guidé par votre adorable fille. »

Les deux chevaliers saluèrent le dirigeant d’Atranta et le mestre Irwin, avant de s’éclipser de la salle, guidée par la jeune lady. Lothar s’amusa de la façon dont Velanna agrippa sa manche pour le mener dans les étages, où un appartement à deux chambres les attendait. Lothar afficha une risette sincère, en prenant la main de la jeune fille.

    « Un grand merci douce dame. Nous allons nous rafraîchir quelques peu avant de vous rejoindre. Nous faisons tout pour nous hâter pour ne point vous faire attendre. »

    Lothar et Mathis débarquèrent dans la chambrée, à la vue plongeante sur les jardins luxuriants et le lourd pont-levis. Les deux hommes se rafraîchirent rapidement, et enfilèrent une tenue plus seyante, abandonnant leurs frusques de voyages – moins adaptées et flapies de tâches et de poussières. Ajustant son baudrier de cuir, d’où pendaient ses lames, Lothar sortit et rejoignit la jeune lady qui les avaient attendus. « Nous sommes prêts à vous suivre ma dame. » La jeune femme, affichant toujours le même sourire et visage éclairé, les intima de la suivre. Lothar vint à penser qu’il avait oublié de remercier la douce Velanna. « Votre père est un homme charmant et emplit de sympathie ma dame. C’est très aimable de sa part de vous avoir permis de nous guider dans votre domaine qui me paraît si charmant. Malgré que le dénommé Mors me semble être un bon gaillard, je vous avouerai préférer de loin votre compagnie disons plus... Agréable. » Lothar laissa échapper un rire grave, en affichant un visage des plus radieux. Il fallait avouer que la présence de la jeune femme avait vraiment ce petit quelque chose de revigorant qui lui avait véritablement manqué.

La proximité avec les cuisines se fit soudainement sentir avec encore plus d’intensité qu’auparavant. Le fumet de viandes grillées, qui flottait encore dans l’air, emplissait le couloir d’une senteur enivrante, véritable appel à la boustifaille et à la bonne chère, ainsi qu’aux spiritueux les accompagnant. Le petit groupe débarqua au sein même de l’office, et telle l’habitué de la maison qu’elle était, Velanna distribua les ordres aux quelques serviteurs présents. En deux-temps-trois-mouvements, Mathis et Lothar se retrouvèrent avec chacun une gamelle remplie à ras-bords, et un pichet de vin frais.

    « De nouveau, merci pour votre hospitalité ma dame. Il faut avouer que ce petit encas me fait un bien fou ! » « Ah ça, je ne peux que confirmer lady Velanna ! Merci pour tout. » rajouta Mathis, avant de planter ses dents dans un morceau de poularde rôtie. Après une lampée de vin, Lothar planta son regard dans celui de Velanna. « Pouvez-nous vous parler un peu de votre vie en ces terres, ma dame ? N’est-ce point trop ennuyeux de rester cloîtrée dans ce domaine, sans énormément de loisirs, à longueur de temps ? » Lothar trempa un morceau de viande dans sa sauce, avant de reprendre la parole. « Ah, je voulais vous demander aussi autre chose. Je n’ai pu m’empêcher de relever ce que vous avez dit tantôt à votre petit diablotin de frère. Ainsi, vous êtes douée au tir-à-l’arc ? Si c’est le cas, je vous admire. Personnellement, je n’ai jamais réussis à tirer une flèche droite, et je dépassais très rarement les cinq mètres... Ridicule, n’est-ce pas ? » conclu le Crabe avec son large sourire habituel.

La journée était déjà bien avancée, mais Lothar profitait de ce repos agréable et, de surcroît, en délicieuse compagnie. L’idée de passer quelques jours, voire quelques semaines, dans le domaine de lord Cliff contentait le Chevalier-aux-Crabes – notamment par la présence de la jeune Velanna. C’était peut-être le destin qui s’était amusé à réunir de nouveau la Jouvencelle et le Chevalier, qui sait…
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Message Mar 9 Avr 2013 - 8:41

Velanna fut absolument enchantée d’entendre que les deux chevaliers allaient non seulement restés pour aider les soldats d’Atranta à attraper les chasseurs qui maraudaient sur leurs terres et les piller mais qu’en plus ils n’étaient pas impossible qu’ils demeurent davantage parmi eux, afin d’exécuter d’autres taches d’un similaire acabit – et ces dernières ne manquaient pas au fief, la jeune fille en avait connaissance en entendant chaque jour les plaintes de son oncle à ce sujet ! C’est donc toute guillerette qu’elle les guida à travers la forteresse, planifiant d’ors et déjà mentalement la folle escapade à laquelle ils se livreraient bientôt. Toutefois il fallait d’abord permettre à ces deux grands gaillards de se débarbouiller un peu et copieusement se sustenter car ils ne savaient pas exactement pour combien de temps ils en auraient une fois la traque initiée – malgré le fait que la journée était avancée, elle connaissait Clive et ne doutait pas qu’il ne veuille pas perdre de temps. Quadriller les bois et les sous-bois ne serait pas une mince tâche, il en aurait sans doute pour toute la journée et ce, sans garanties de succès. Appuyée contre le mur et à côté de la porte des chambres la donzelle passait le temps en songeant aux paroles prononcées par Lothar quelques minutes auparavant, quand il lui avait expliqué les motifs de leur errance de chevaliers. Honneur, espoir, juste, honorable… D’élogieux termes s’étaient côtoyés et Velanna croyait sincèrement à ce discours, cependant elle croyait avoir aperçue une autre raison, peut-être moins avouable mais justifiait à certains égards : le désir et le besoin de liberté. Quand un chevalier restait le plus souvent à son fief, l’errant avait « un moyen de parcourir le monde »… Velanna s’interrogea dans toute sa candeur : Lothar était né Celtigar, qui laissait-il alors derrière lui ? Avait-il une femme, des enfants, un père qui l’attendaient ? Etait-il héritier de son fief ? Que faisaient ses gens sans lui ? La liberté ne devenait-elle pas alors égoïste, pourfendant alors allègrement les préceptes de chevalier ? Elle se questionnait pour l’heure en silence à défaut de le demander aux concernés, ce serait trop abrupt et insultant… Il faudrait attendre le moment propice si elle tenait à satisfaire sa curiosité. Pour l’heure, elle les accueillit de son plus radieux sourire et opina du chef au sujet du maître-piqueux. « Mors ne parle pas beaucoup, ou seulement à ses chiens… Maintenant que vous vous êtes rafraichis, vous ne pourrez plus le tromper par l’odorat. » Elle ourla sa boutade d’un rire innocent puis les conduisit tout aussi gaiement aux cuisines où ils purent tarir leur faim à leur guise.

Une fois les consignes données les serviteurs dévolus aux cuisines se pressèrent d’apporter de quoi se nourrir et boire aux chevaliers puis ils repartirent à leurs affaires tout aussi promptement, il ne fallait jamais traîner avec autant de bouches à complaire ! Elle accueillit ensuite leurs remerciements d’une petite révérence et d’une risette enchantée puis s’attablant tout près d’eux elle écouta Lothar, ses grandes prunelles d’azur fixées sur lui, contemplant le guerrier dans une admiration coite. Elle pencha légèrement la tête dans une mimique surprise lorsqu’il s’intéressa à elle et à ses occupations de petite noble, flattée mais aussi gênée de n’avoir rien de fantastique à lui raconter, quand lui et son comparse devaient avoir mille merveilles à soupirer. Néanmoins elle ne se dégonfla pas et après une courte réflexion, elle se lança dans de laborieuses mais authentiques explications.

« Et bien… Comme vous le dîtes il n’y a pas énormément de choses différentes à faire, mais les journées sont quand même bien occupées. Il faut étudier, tâche souvent longue et fastidieuse, prier souvent, coudre malheureusement, et apprendre à faire tout un tas de choses de dame pour le plaisir de ces messieurs. Son sourire en coin se fit de nouveau espiègle, c’est avec humilité et un doux sarcasme qu’elle jugeait son existence, qui malgré ses malheurs n’avait rien à envier, elle le savait. Ou en tout cas ce qu’elle voulait le plus avait été perdu, aucune richesse ni aucun domaine ne pourraient lui rendre sa mère et sa petite sœur. Enfin, je ne voudrais pas paraître irrespectueuse. C’est une vie simple et je ne manque de rien. Et il faudra bien que je serve ma famille, c’est important, alors je dois m’acquitter de tous ces devoirs. L’occasion était là, perceptible, aussi la saisit-elle en plein vol. Et vous, messers, de quelles manières servez-vous vos familles ? »

Elle jeta subitement son dévolu sur une miche de pain noir puis se prêta à rire aux performances que déployait Lothar en archerie, un score de cinq mètres dont il avait le bon ton de se moquer lui-même. Elle s’empressa de souffler une fois sa respiration recouverte. « Je ne l’aurais jamais cru ! Vous avez une telle précision à la lance ! Mais comment faîtes-vous lorsque un adversaire se trouve à distance ? C’est vous qui vous en chargez ser Mathis ? Elle découpa puis avala un morceau de pain, visiblement intéressée, avant de se souvenir que la question lui était à l’origine destinée. Oui j’aime beaucoup le tir à l’arc ! J’aurais aimé apprendre à manier une épée, mais c’est davantage destiné aux garçons. C’est déjà une chance qu’on m’ait appris à tirer ! Cela m’aide à canaliser et focaliser mon attention… Ce n’est pas facile mais c’est distrayant, et je peux ainsi passer plus de temps avec mes frères. » D’autres questions et badineries lui vinrent très rapidement à l’esprit mais avant qu’elle ait eu le temps d’en souffler une seule, Clive fit une nouvelle apparition, cliquant dans son armure et l’air déterminé. « Messers, mon lord m’a informé de la situation. Quand vous serez prêts rejoignez-nous à l’orée du bois, la nuit ne tombera pas avant quelques heures et j’ai de bonnes raisons de croire que nos gredins sont dans les parages en ce moment-même. Je viens aussi mon oncle ! Je suis aussi au courant de ça… Tu les conduiras au point de rendez-vous. » D’une main bourrue il lui ébouriffa sa crinière brune et s’en alla promptement, après avoir répondu aux éventuelles questions des deux chevaliers. Les assiettes et les choppes une fois vides, Velanna sauta sur ses pieds et arbora un large sourire conquérant. « Nous sommes prêts ! »

Prêts ou pas en tout cas, c’est au trot qu’elle les mena à l’extérieur de la demeure et siffla deux fois pour appeler Noiraude qui s’ébrouait un peu plus loin. La chienne aux longs poils noirs se précipita vers eux et après avoir salué sa maîtresse en tapissant abondamment le pas de sa robe de boue, elle s’entortilla dans les jambes des chevaliers pour manifester plus amplement sa joie. « Allez Noiraude, suffit ! On y va ! » Comprenant peut-être – sans doute – de quoi il en retournait, elle partit en éclaireur aux abords de la forêt où patientaient Clive à la tête de cinq soldats de la maison Vance. Sa large paluche sur le pommeau de son arme, il attendit que tous soient assez près de lui pour expliquer la situation avec plus de détails. « D’après ce que nous savons, ces pillards sont un minimum de quatre, pas nécessairement armés dangereusement, ils ont jusqu’alors fui avec habilité… Toutefois vu le nombre de battues que nous avons d’ors et déjà dénombrées, je doute qu’ils ne fassent que sustenter leurs faims. Ne les prenons donc pas en pitié, ce sont des voleurs qui revendent sans doute nos biens et affament les sujets de notre fief. Son discours énuméré, il guigna un par un chacun des hommes présents puis déclara. Vu notre nombre, nous allons nous séparer en deux groupes. Caleb, tu t’associeras avec messers Lothar et Mathis. Velanna ? Je reste avec eux, et avec Noiraude ! Bien. Du coup, prends ceci, ça pourrait servir. Il glissa entre ses blanches phalanges quelque chose de dégoûtant ressemblant plus ou moins à un mouchoir usagé. Gneuuh… Ça leur aurait appartenu. Ne geint pas et essaie de le faire sentir à ta chienne ! Bien… Bonne chance à tous, nous nous retrouvons ici même avant la tombée du jour ! » Couplé par ses quatre hommes il vira vers l’Est, laissant l’Ouest au groupe nouvellement constitué. Caleb était un homme relativement petit mais trapu, aux grands yeux verts et à l’air renfrogné, bien qu’amical et doux dans ses propos. « Enchanté de vous connaître messers. Bon… Et bien allons-y ! » Il leur offrit un sourire et se mit en marche, contournant Velanna qui s’était accroupie pour faire sentir son butin à Noiraude. La chienne renifla, couina et sembla vouloir se couvrir le nez avec sa patte. « Oui je sais… Mais aide-nous un peu s’il te plaît ! » Elle appuya le mouchoir contre la truffe de l’animal qui renifla longuement, puis baissa la tête au sol comme pour flairer une piste. Pas d’aboiement ni rien de concluant pour l’heure, Velanna soupira donc simplement puis talonna les trois chevaliers.

Ils marchèrent ainsi longtemps, tendant l’oreille et guettant le moindre mouvement, mais il n’y avait indubitablement rien à signaler… Velanna posa sa main devant sa bouche pour bailler copieusement puis frotta ses mirettes, déçue de cette pérégrination moins épique qu’elle ne l’aurait cru ! Elle avait sans doute pensé trop fort… Sans que personne ne puisse rien y faire, son pied s’enfonça soudainement dans le sol et elle tomba dans un cri aigu, tombant sur plusieurs mètres pour atterrir au fond d’un trou au sol heureusement boueux et humide, qui avait eu le don d’amortir sa chute pour le moins vertigineuse ! « Par les Sept ! Lady Velanna ! Est-ce que vous allez bien ? La donzelle crachota une boule de boue avalée au passage et se laissa tomber sur les fesses, guignant les trois silhouettes avec une pointe de honte. Oui… Ouf ! Bon sang… C’est un sacré trou, ces brigands n’ont donc que ça à faire ?! On pourrait au moins piéger un sanglier là-dedans… Hé !! » S’indigna Velanna, tandis que Noiraude glissait le long de la paroi pour venir rejoindre et réconforter sa maîtresse. Et à présent, il fallait la sortir d’ici… Mais des bruits de feuilles écrasées et d’arcs qu’on bande alertèrent la chienne qui se mit à aboyer avec insistance, ils auraient sans doute tôt fait d’attirer l’attention des chevaliers sur un autre problème bien plus inquiétant…


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Message Mar 30 Avr 2013 - 21:39

La compagnie de la douce Velanna était plus qu’agréable, presque autant que celle de la poularde rôtie que Lothar avait dans son assiette. Il fallait l’avouer, la route avait été harassante et la faim les guettait depuis ce matin où les deux compères n’avaient avalé qu’un frugal déjeuner. Toujours est-il que les deux chevaliers se rassasiaient agréablement, avec une Velanna avide de questions. Cette dernière les questionna d’ailleurs sur leur façon de servir leur famille.

    « Là encore, nous avons tous une manière différente de servir notre famille. Pour ma part, j’essaye du mieux que je peux de faire honneur au nom des Celtigar par mes actes et mes pérégrinations de par le monde. Il est difficile d’évaluer réellement la portée de ses actes pour sa famille, sa maison, quand on est chevalier errant, mais c’est aussi un choix de vie. » Lothar pensa à une autre facette de sa vie, sa quête de reliques et de manuscrits anciens. Une façon bien étrange d’occuper sa vie et de faire honneur à sa famille… Il décida de garder cela pour lui. « Toujours est-il que nous avons chacun notre propre façon de servir notre famille douce Velanna. » Le chevalier posa un regard tendre, mais signifiant le sujet clos, à la jeune femme aux iris azurés.

    Cette dernière se mit à rire quand le Chevalier-aux-Crabes raconta ses misères au tir-à-l’arc. Elle s’empressa d’ailleurs de questionner Mathis sur l’utilisation d’arme à distance. Le Brune bourru se désintéressa de sa chope de vin pour répondre avec un sourire qui en disait long. « Oula lady Velanna, vous me surestimai ! Même si je manie avec plus de dextérité l’arc que mon compère ici présent – et pas besoin de faire la moue Lothar, tu le sais pertinemment – je suis bien plus doué à l’épée longue. » « En effet ma dame, nous sommes plus entraînés à être au contact de l’ennemi que l’engager à distance. Cependant, j’avoue qu’il nous arrive d’utiliser quelques subterfuges afin de faire diversion, ou tout simplement réduire plus rapidement une menace. Mais tel que vous nous voyaient, nous sommes des novices du combat à distance. » Lothar croqua une pomme, tandis que Mathis finissait son godet d’un seul trait.

Bien leur en prit d’avoir mangé rapidement, ser Clive venait de débarquait à la hâte. Apparemment, les gredins dont ils en avaient eu connaissance tantôt avaient été vu dans les parages. Le temps était leur meilleur allié, et il ne fallait pas tarder. En deux-temps-trois-mouvements, les deux chevaliers terminèrent les miettes de leur repas et trottèrent à la suite de la jeune Velanna, tout sourire et impatiente de les mener au point de rendez-vous. Lothar réajusta son baudrier de cuir, faisant cliqueter ses deux lames à la ceinture. Mathis retroussa les manches de sa tunique, une habitude avant chaque aventure qui présentait la moindre chance de combat.

Sur le chemin du lieu de rendez-vous, la chienne de la jeune Vance vint les rejoindre. La dénommée Noiraude leur fit la fête, et Lothar se prit à rire avec la jeune canidé qui sautait partout. Le Celtigar capta les prunelles intelligentes de la bête, et il était facile de remarquer son profond attachement envers sa maîtresse. Un animal précieux, sans aucun doute. En quelques instants, le trio accompagné de Noiraude arriva auprès de ser Clive et de ses hommes. Ce dernier prit la parole d’un air grave et leur résuma la situation. Lothar intervint cependant.

    « Je suppose que vous vous voulez ces malandrins vivants pour les juger conformément aux lois ? » « En effet, du moins si cela est possible. Comme je vous l’ai dit, ils nous échappent depuis un bon moment et je pense qu’ils n’hésiteront pas à attaquer s’ils se sentent acculés. Essayez d’en ramener au moins un en état de parler. » Lothar acquiesça et laissa Clive reprendre la parole.

    Ce dernier fit la répartition des groupes, et les deux chevaliers saluèrent le soldat dépêché par Clive, un certain Caleb. Pendant un court instant, Lothar se prit à penser à son jeune fils illégitime, Caleb Storm, qu’il avait rencontré voilà deux ans. La complicité qui avait naquit entre le père et le fils avait été toute naturelle, et le Chevalier-aux-Crabes se prit à regretter de ne pas être auprès du jeune ébéniste. « Bien… Bonne chance à tous, nous nous retrouvons ici même avant la tombée du jour ! » La voix puissante de ser Clive le sortit de ses pensées, et le Celtigar fit un signe de tête grave à ce dernier. « Bonne chance à vous aussi messer. Nous retrouverons vos gaillards, je n’en doute pas ! » Clive lui rendit son signe de tête et tourna les talons vers l’Est. Il était donc temps pour le petit groupe hétéroclite de se mettre en chemin vers l’Ouest, leur terrain de recherche assigné. Après une salutation moins formelle avec le soldat de la maison Vance, Lothar et Mathis emboîtèrent le pas à ce dernier, suivit par une Velanna et une Noiraude silencieuses.


La forêt jouxtant le domaine d’Atranta n’était pas très épaisse, mais comportait un nombre d’arbres et de buissons suffisant pour rendre leur marche peu aisée. Pendant près de trois heures, la troupe farfouilla dans les feuilles et les herbes en guettant le moindre indice, la moindre trace pouvant les mettre sur la piste des braconniers… Sans succès. Même Noiraude et son odorat développé ne réussit pas à les mettre sur la voie des malandrins. Habitué de ce type d’aventure, les deux chevaliers ne ressentait que peu la fatigue, ni la lassitude, à l’instar du soldat des Vance. Velanna quant à elle s’essouffla plus rapidement, et la fatigue se lisait sur son visage. Il fallait dire que la traque n’avait rien de passionnant, d’autant plus qu’elle restait infructueuse.

Mais comme un malin caprice du Destin, la situation changea du tout au tout en l’espace de quelques instants. Tout se déclencha au moment où la jeune femme de dix-sept ans dégringola dans un trou camouflé. Le hurlement suraigu qu’elle poussa fit sursauter les trois hommes qui se retournèrent brusquement pour apercevoir une mèche blonde disparaître dans le sol. Les deux chevaliers et le soldat de la maison Vance s’élancèrent comme un seul homme dans le gouffre qu’avait provoqué la chute de la jeune femme. Par bonheur, la douce Velanna s’en était sorti indemne – si l’on exclut les vêtements couverts de boue et la mauvaise surprise. Lothar jura du coin des lèvres, rejoignant Caleb.

    « P’tain… Il faut croire que ces satanés bandits n’y vont pas de main morte pour chasser… » Le Chevalier-aux-Crabes cracha par dépit sur le sol avant de se tourner vers Velanna qui accueillait avec un léger cri sa chienne qui venait de la rejoindre. « Lady Velanna, ne vous inquiétez pas, nous allons vous sortir de là au plus vite ! Caleb, vous auriez une corde en votre possession ? Nan ? Mathis ? » Le dénommé Caleb secoua la tête négativement, ainsi que Mathis, qui pestait en observant les alentours. « Merde, merde… » Comme si cela ne suffisait pas, Noiraude se mit soudain à aboyer violemment, s’agitant autour de Velanna, l’éclaboussant de boue par la même occasion. « Velanna ? Que se passe-t-il ? Tout va bien ? Qu’est-ce qui… ? » Un bruissement de feuilles et un craquement sec le fit se redresser vivement… Juste à temps pour éviter une flèche qui frôla de peu son aine. « A COUVERT ! » Lothar se jeta sur le sol, imité aussitôt par Caleb et Mathis. Un piège… Un foutu piège, voilà ce que c’était !

Accompagné par les aboiements toujours frénétiques de Noiraude, les trois hommes rampèrent sur le sol afin de trouver un abri pour se ressaisir. Lothar roula sur le sol auprès d’une souche abandonnée recouverte de lierres, et dégaina son épée courte, plus efficace pour les combats dans les bois. Se relevant brusquement, il sprinta vers un buisson proche, en essuyant deux tirs de flèches. Pour le moment, impossible de localiser leurs agresseurs. Caleb rampa tant bien que mal vers un fourré de prunellier, dégainant vivement sa lame, et décrochant le bouclier accroché à son dos. Se relevant vivement pour observer les alentours – ainsi que pour jeter un œil à la fosse dans laquelle croupissait la douce Velanna – il intercepta une flèche qui se ficha dans le bois épais de son égide. Quant à Mathis, il réussit à se mettre accroupi à côté d’un arbre au tronc suffisamment épais, et dégaina son épée longue. Le sale rictus qu’il affichait en disait long sur son état d’esprit : il détestait les embuscades, surtout par de petits traîne-savates comme leurs agresseurs. C’est d’ailleurs son impulsivité qui le fit sortir brusquement de sa cachette et foncer droit devant, l’épée levée.

    « Merde ! Mathis, reste à couvert bordel ! Mathis ! » « V’nez par-là bande d’empafés ! Allez les bouseux ! VENEZ VOUS BATTRE ! » Lothar pesta et se releva promptement. Il essuya encore plusieurs tirs de flèches qu’il évita en roulant sur le sol ou en plongeant sur le côté. Trois ou quatre qu’avait dit Clive… Il semblait que la petite bande avait grossit ses rangs, car l’œil aguerri du chevalier de Pince-Isle lui disait qu’il y avait presque une petite dizaine d’hommes, si ce n’est plus. D’ailleurs, Lothar venait de repérer les deux archers qui le pilonnaient depuis tantôt. Ces derniers, voyant le danger, accentuèrent le tir. Lothar du se mettre de nouveau à couvert. « Caleb ! Avec moi ! » Lothar jeta un coup d’œil aux deux archers qui semblaient hésiter. « MAINTENANT ! » Les deux hommes bondirent, ce qui eut pour effet de faire paniquer les deux belligérants vêtus de tuniques brunes. Esquivant une dernière flèche, Lothar effectua une rotation du buste et propulsa sa lame vers le buste de l’archer. Ce dernier n’eut pas le temps d’esquiver et son plexus solaire amortit lourdement le choc, le tuant sur le coup. L’autre archer eut droit au même sort, se prenant le bouclier de Caleb dans le crâne avant de voir la lame de ce dernier s’enfonçait dans sa gorge. De son côté, Mathis eut moins de chance. Lors de sa charge insensée, il reçut une flèche dans la cuisse gauche, le faisant chuter lourdement, produisant son lot de jurons habituel. Pourtant, sa réactivité et son expérience le poussa à continuer et deux autres archers rejoignirent le sol avant de pouvoir dégainer.

Les trois hommes se tinrent de nouveau aux aguets, redoutant une autre vague de flèches. Pourtant, seul des bruits de courses, de feuilles piétinées et de branches écrasées se firent entendre dans le bruit tamisé de la forêt. Ils fuyaient.

    Mathis cracha sur le sol, un rictus accroché sur ses lèvres, feignant de ne ressentir aucunes douleurs. Lothar le rejoignit. « Pauvre fou, combien de fois je t’ai dit de calmer tes ardeurs ? Hein ? » « Épargne-moi ta morale Lot’, et va voir si la fille va bien. » Lothar esquissa un sourire, lui claqua le dos et se tourna vers Caleb. « Caleb, occupe-toi de cette tête de mule et fais-lui un garrot. Je parie que tu sais en faire n’est-ce pas ? » Le soldat acquiesça. « Bien. Je vais m’occuper de dame Velanna. Mais il va falloir se dépêcher. La nuit va bientôt tomber, et j’ai l’impression que nous avons sous-estimés cette bande. Elle paraît bien mieux organisée, plus nombreuse et plus à l’aise dans les bois. »

    Lothar couru rejoindre la fosse où la pauvre jeune femme baignait dans la boue, le regard paniquée. « Je suis là dame Velanna, tout va bien ! Je vais vous sortir de là ! » « Mais ser Lothar que s’est… » « Plus tard ma dame, nous ne devons pas rester là, ma priorité est de vous sortir de ce trou immonde. Attendez un instant. » Le Chevalier-aux-Crabes repéra deux morceaux de bois solides et les ajusta rapidement dans son baudrier. Il revint auprès de la fosse. « Attention dame Velanna, je vais descendre pour vous faire la courte-échelle. » Le chevalier se laissa glisser auprès de la jeune lady et avant même qu’elle ne dise quoique ce soit, il l’exhorta à grimper sur ses mains. « Allez-y. Oui, comme ça ! Vous vous en sortez ? Oui… parfait ! Maintenant c’est le tour de la chienne ! Allez viens Noiraude ! Noiraude, n’aie pas peur… Calme-toi, allez… Voilààà… » En quelques instants, la lady avait pu remonter du trou et tenait à bout de bras la grande Noiraude. Maintenant, c’était à son tour. La profondeur de la fosse était comprise entre deux et trois mètres, le grand chevalier n’aurait besoin que de deux points d’appui. Enfonçant ses mains dans les parois boueuses du trou, le Celtigar planta son premier bout de bois qui lui servit d’appui pour se propulser plus haut. Le deuxième vint compléter son escalade, et bientôt, les bras musclé de Caleb vinrent l’aider à finir son ascension. « Merci Caleb… Maintenant, on retourne à Atranta. Nous devons avertir Clive qu’il a affaire à une plus grande menace et à une bande de malandrins efficaces. »

Clopin-clopant, couvert de boue et de sang, le petit groupe se remit en marche, alors que le soleil disparaissait derrière les cimes des arbres…
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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
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Message Sam 22 Juin 2013 - 9:35

Maculée de boue des pieds à la tête, grelottante à cause de l’humidité ambiance, Velanna put néanmoins compter sur le réconfort de sa chienne qui l’avait très vite rejoint. En élevant la tête elle aperçut bientôt les trois silhouettes des hommes qui l’accompagnaient, ser Lothar en tête qui cherchait déjà comment l’extirper de son piège exigu et moite. Caleb avait l’esprit plus troublé et se torturait  en songeant dès lors aux remontrances qui récompenseraient son retour si jamais la lady s’était foulée quelque chose pendant sa chute. Fort heureusement la donzelle semblait indemne et plutôt amusée par ce contretemps : naïveté de jeunesse, elle ne voyait là qu’une anicroche plus palpitante que la longue et morose traversée qu’ils avaient subi, aveugle aux dangers qui les guettaient et à ce que ce trou pouvait représenter. Bien qu’elle n’y songeait que distraitement, il y avait fort à parier que leurs cibles rôdaient pas loin… Restait maintenant à déterminer comment ils allaient la faire remonter : le trou était profond, ses parois glissantes et friables, la coulée de boue était une menace perceptible qu’ils devaient endiguer avant que le soleil ne se couche car dès lors, les jolis bois d’Atranta prendraient des augures nordiens, inhospitaliers pour ceux qui comme la jeune fille empestaient l’insouciance de l’été et se trouvaient fragiles face aux mortelles morsures du froid. Toutefois la jeune fille ne s’inquiétait et plaçait toute sa confiance en ses protecteurs, elle ne doutait pas une seule seconde que le Chevalier aux Crabes trouverait promptement une solution à leur déconvenue. Ainsi replaçait-elle tranquillement son jupon lorsque soudain, Noiraude parut prise d’une soudaine crise de panique avant de grogner d’un ton menaçant dans une direction que sa maîtresse ne pouvait voir. Elle n’avait pas de réponses à offrir pour expliquer le phénomène et n’eut de toute manière pas le temps d’en esquisser aucune : subitement les évènements se précipitèrent et la situation prit un tournant aussi épique qu’inquiétant.

Par réflexe et instinct de survie Velanna se tassa au fond de son trou, l’échine accolée au mur de boue qu’elle pensait le plus éloigné de la menace mais elle n’avait aucune certitude : les sons, les cris et le bruit caractéristique d’une flèche fendant l’air se mêlèrent dans un brouhaha incompréhensible pour la prisonnière qui n’avait aucun visu sur l’attaque. « Caleb ! Messire Lothar… ! Mathis… ! Répondez ! » Il était fort peu probable qu’aucun d’eux entende les suppliques de la donzelle qui elle-même, ne percevait que des inflexions et des intonations étouffées. Combien était-il ? Qui menait le combat ? Et ces glapissements, ces gargouillements morbides qui lui parvenaient par vagues lointaines… Cela pouvait-il être… ? Inquiète, apeurée et bientôt paniquée la petite lady tenta vaille-que-vaille de se sortir de là, craignant pour sa vie autant que pour la leur, les malheureux défendaient peut-être la brèche dans laquelle elle s’était coincée ? De plus si jamais l’un des félons approchait de l’ouverture, il serait bien trop aisé pour lui de la capturer ou de l’abattre ! Ce trou ne pouvait devenir son tombeau. Elle ne pouvait rester ainsi coincée, bien qu’une sortie à découvert serait également particulièrement dangereuse avec des archers embusqués… Il fallait pourtant bien essayer quelque chose ! C’est ainsi que l’aînée des filles Vance se retrouva à escalader une paroi glissante ou les prises étaient rares, si ce n’est inexistantes : une racine de chêne depuis longtemps desséchée, une pousse d’herbe à l’apparence solide, une roche qui tenait encore accrochée dans l’humidité ambiante… Tout était possiblement un accès vers la liberté et fut utilisé comme tel. Déterminée, valeureuse, elle se hissa tant bien que mal et ses phalanges parvinrent même à effleurer l’herbe verte du sommet mais brutalement la roche qui soutenait son pied droit céda et lui fit perdre l’équilibre. Elle retomba sur les fesses, vide de forces et pessimiste quant à ses chances de succès…

Elle ne pouvait compter que sur eux à présent, mais… Comment allaient-ils là-haut ? Elle n’entendait presque plus rien… Un frisson parcourut toute son échine et elle s’entoura de ses bras, alors que sa chienne léchait doucement son biceps écorché dans sa tentative d’échappée. « Puissent les Sept nous venir en aide… » La prière à peine chuchotée et déjà exaucée ! Le visage inquiet de Velanna se zébra d’un sourire rayonnant – et boueux – lorsqu’elle reconnut à contrejour le faciès du chevalier Celtigar, qui assurait que tout allait bien de son côté et coupa court à son questionnement. Il n’avait pas tord, la priorité était de quitter cet endroit devenu guet-apens ! Et pour cela, la courte-échelle fut proposée, mais comment allait-il sortir à son tour ? Pleine de doutes et de questions elle le mira avec circonspection, bien que très  attentive au demeurant. « Vous êtes sûre… ? » Mais le ser ne voulait souffrir d’aucune hésitation et il la pressa de grimper sur ses mains reliées. Penaude, la jeune lady jeta un regard douloureux au bas de sa robe marronnasse et criblée d’écorchures, en dessous de laquelle se cachaient des souliers particulièrement tâchés et imbibés de terre mouillée. « Désolée… » Susurra-t-elle sur le ton de la complainte avant de se hisser sur ce monte-marche improvisé, tout en se maintenant aux musculeuses épaules du guerrier. Un simple petit élan fut nécessaire pour grimper grâce à l’aide de Lothar, bien qu’elle ait dû pour l’occasion faire abstraction de toute ses bonnes manières de lady  et pour cause, pas bien haute ni musclée, elle avait dû passer sa jambe par-dessus le rebord pour pouvoir s’y hisser, et rouler sur le côté afin de se dresser sur ses genoux. Tant pis pour l’élégance, elle était en vie ! « Je suis sortie ! » S’exclama-t-elle gaiement, sans doute un peu trop au vu de « l’exploit » réalisé. Qu’importe, il fallait bien débuter le journal de ses aventures d’une manière ou d’une autre… ! Cependant Velanna ne se reposa pas sur ses lauriers et s’empressa de se pencher pour réceptionner la chienne et la tirer par les pattes avant, susurrant des paroles réconfortantes pour qu’elle se tienne tranquille durant la montée. Noiraude secourue à son tour, ne restait plus que le chevalier qui fit preuve d’astuce en utilisant des morceaux de bois en guise d’appuis, s’attirant ainsi une lorgnade et un « Ohh » admiratifs pour l’occasion. Caleb se précipita à l’encontre du grimpeur pour parfaire sa sortie puis lui tapota l’épaule, soulagé. « Merci messer. » Il se tourna ensuite vers la petite protégée pour s’assurer qu’elle n’avait rien, mais ce fut cette dernière qui tiqua la première et le plus vivement. « Messer… !! Vos mains ! Elles sont pleine de sang… » Le bougre ne présentait pourtant pas de blessure grave, mais il manquait bien un homme à l’appel… « Mathis ! » Le cri était sorti tout seul, elle fit un tour vif sur elle-même avant de l’apercevoir, un peu à l’écart et la jambe serrée dans un garrot de fortune confectionné par Caleb. Rapidement elle le rejoignit et s’agenouilla pour examiner de plus près la flèche qui transperçait la cuisse du malheureux. « Oh messer, vous allez pouvoir marcher ? Notre mestre s’occupera très bien de vous à Atranta, mais il ne faudrait pas appuyer votre pied, je pense… » Au risque que la plaie ne s’agrandisse, ce qui serait douloureux et possiblement dangereux, un chevalier avait plus que quiconque besoin de ses deux jambes valides ! « Je vais vous aider, là, passez votre bras autour de mes épaules. » Se sentant sans doute un peu responsable de cette mission – et du fiasco relatif qui en découlait pour l’heure – Caleb insista pour soutenir Mathis durant le chemin de retour, laissant le soin à Lothar, Velanna et Noiraude de prendre les devants et prévenir de tout danger. « Ser Lothar… ? Ce n’était pas de simples brigands n’est-ce pas ? Cela faisait beaucoup de bruit, on aurait dit qu’ils étaient nombreux… Plus de trois ou quatre en tout cas… Père et Clive ne seront vraiment pas ravis. » Du dos de ses mains la naïade tentait de se débarbouiller le minois sans grand succès, réussissant simplement à se faire un masque de beauté terreux. Quelques feuilles parsemées sa longue chevelure et s’étaient également accrochées dans sa robe, ou plutôt, ce qu’il en restait ! Mais derrière la crasse il y avait un beau sourire et de grands yeux bleus plein de gratitude. « Vous n’allez vraiment pas être de trop vous et ser Mathis ! » Puisque, évidemment, ils allaient rester pour les aider jusqu’au bout, cela ne faisait aucun doute dans son esprit.

Par chance le chemin du retour se déroula sans encombre et c’est seulement quelques minutes après les autres qu’ils parvinrent au point de rendez-vous, en plus piteux état que leurs homonymes malgré tout. En les voyant venir ainsi fagotés, Clive ouvrit de grands yeux surpris et souleva légèrement son heaume pour se gratter le crâne, perplexe. « Vous avez rencontrés un troupeau de sangliers messers ?! » Quelques rires résonnèrent mais s’évanouir promptement à la vue de Caleb et surtout, de Mathis. « Ah, l’un de vous est blessé… Vous deux, emmenez-le directement chez mestre Irwin qu’il examine cette plaie. » Les soldats désignés prirent la relève du chevalier pour conduire le blessé entre des mains expertes et disparurent promptement vers la demeure des Vance. La mine grave et soucieuse, Clive se rapprocha des trois restants, s’adressant plus particulièrement aux hommes de prime abord. « Qu’est-ce qui s’est passé ? Nous autres avons pisté l’un de ces manants, mais le bougre devait se savoir suivi, il a fini par effacer ses traces et nous l’avons perdu… Mais on a trouvé un campement tout fraîchement abandonné, plutôt garni, et étonnamment grand… Ce petit groupe est peut-être plus organisé que ce qu’on croyait. » Enfin son regard tomba sur le minois de sa nièce et il ne l’épargna pas d’un profond soupir. « Regarde-toi, tu es plus crottée qu’un cochon ! » Un peu vexée, elle fit une légère moue en se rangeant derrière la haute et large charpente du Celtigar. Bouderie oui, mais rater une miette de la conversation ? Certainement pas ! Clive écouta très attentivement le descriptif de tous les évènements que lui fit Lothar et s’il demeura circonspect durant le discours, à l’échéance son front se barra d’une profonde ride de soucis. « C’est pas bon, ça… Ils prennent de l’avance sur nous, on doit agir, et agir vite. Nous allons réunir une équipe plus conséquente pour les mater une bonne fois pour toute, et j’aimerais que vous soyez des nôtres messer. Pendant l’attaque, mais également lorsque nous établirons une stratégie… Ce soir même. Vous m’êtes digne de confiance, mon seigneur et frère rejoindra mon avis quand nous lui aurons fait un rapport de la situation, je n’en doute pas. Serez-vous des nôtres ? » Velanna éleva son visage vers le chevalier errant, un fin sourire gravé au coin de ses lippes. Elle savait que son rôle serait désormais limité, si ce n’est inexistant, mais elle se réjouissait de la présence dans leur fief du jouteur qu’elle avait tant admiré.


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La Fougue et le Chevalier

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