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Du rififi chez les Tarly {Lyra}

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Message Mer 15 Aoû 2012 - 19:55

    Lord Tarly prit une grande inspiration avant d'expirer lentement, savourant l'air frais et pur des matins d'été aux pieds des montagnes. Il offrit un de ses plus beaux - et rares - sourires à sa compagne qui l'attendait sur le seuil de la chambre conjugale. L'endroit était rustre mais confortable, Leslyn n'aimant guère l'étalement du luxe et de toute façon, il ne figurait pas parmi les familles les plus riches malgré une aisance certaine. Il préférait investir dans d'autres sujets que le luxe de ses appartements ou que de gaver ses chevaliers et sa famille de nourriture couteuse. Tout était de bonne qualité, mais toujours au moins cher qu'ils pouvaient trouver. Il ne faisait d'écart qu'aux grandes occasions ou pour recevoir. Il gardait toujours beaucoup de vin dans sa cave. Il n'en buvait que rarement mais ouvrait parfois quelques bouteilles, le soir, pour le diner.

    Il attacha sa cape avec une broche en fer noir et se présenta d'un air théâtral, se permettant quelques fantaisies en privé :


    - Alors, prête pour te balader aux bras de ton amant ? dit-il.
    - Avoir son amant pour mari, quel délice...

    Il ne répondit pas, se contentant de sourire. Sa femme était une dame discrète qui n'aimait guère les apparitions sauf exceptionnelles, mais elle aimait aussi se balader et profiter de la beauté des paysages qu'offrait Corcolline, compromis entre les pays montagneux et les plaines du Bief. Leslyn avait décidé de l'accompagner aujourd'hui. D'ordinaire il préférait s'entretenir la matinée avec quelques conseillers et ses frères, surtout au vue du ban levé contre les Fer-Nés. Mais aujourd'hui, et pour la première fois de sa vie, il ressentait un sentiment inexprimé chez lui jusqu'alors, et que l'on nomme la flemme chez les petites gens. Il n'avait pas vraiment envie de se rendre dans un conseil interminable et de toute façon, ils répétaient les mêmes choses tout les jours. Assister à l'entrainement de ses chevaliers et soldats étaient devenu lassant et la seule chose qui l'égayait et l'impatientait au plus haut point était la promesse de mariage qu'il avait reçu des Hightower.

    C'est d'un pas enjoué qu'il quitta donc ses appartements avec sa femme au bras. Ils furent rapidement rejoins par une petite escorte, deux chevaliers, dont son fils, Danzel. Celui-ci, si Leslyn arrivait à mener ses projets à bien, devrait se marier à Lady Graceford. Lord Tarly venait d'entamer les discussions, mais il était nécessaire pour cette dernière d'avoir un mari rapidement afin de préserver ses terres, et Leslyn était prêt à laisser partir son fils pour le domaine des Graceford.

    Enfin ! Il n'était pas là pour penser affaires, au contraire, il désirait déstresser un peu et se vider la tête. Il fallait dire que le bougre avait tendance à s'énerver et s'égosiller, et ses nerfs avaient été mis à rude épreuve ces derniers temps. Cette journée allait être parfaite. Elle se devait d'être parfaite.

    Ils quittèrent donc la forteresse tranquillement, saluant les quelques personnes qui affluaient déjà. Leslyn désigna le village le plus proche des murs de Corcolline du doigt.


    - Passons par ce hameau.

    Meery ne fit pas d'objections et ils se dirigèrent donc sur le chemin vers le petit village. Celui-ci n'avait commencé à se construire que récemment, les premiers habitants étaient des fermiers souhaitant un peu de tranquillité. Mais ils furent rapidement rejoins par d'autres et une petite communauté se forma jusqu'à devenir un nouveau village, et quelques artisans, attirés vinrent y mettre leurs échoppes. Il n'y avait encore que peu de commerce mais on trouvait déjà une petite taverne qui faisait office d'auberge, et Corcolline, légèrement en retrait du grand axe d'Hautjardin permettait une bonne halte avant de gagner le fief des Tyrell, de ce fait, les villages autour de Corcolline et la forteresse en elle même recevait souvent des voyageurs. Cela dit, depuis quelques temps, l'on voyait souvent des Bieffois qui traversait le pays, mais rarement d'étrangers.

    Mais ils gagnaient déjà les premières maisons du village et Leslyn, perdu dans ses pensées n'avait que peu parlé, pour le plus grand désarroi de sa femme qui voulait désespérément lui faire la conversation.

    - Alors... Ces fer-nés ? Allons-nous leur faire la guerre ?

    Leslyn tiqua légèrement, fronçant un peu les sourcils sur le coup avant de saluer quelqu'un qui lui présentait ses respects.

    - Meerya... Tu sais très bien que je n'aime pas parler de la guerre avec toi.
    - Tu penses que les femmes ne sont pas capables de comprendre la guerre.
    - Au moins, vous êtes capable de comprendre mon opinion.. dit-il, lui adressant un faible sourire qui ne fit qu’aggraver la mine de sa femme.

    Décidément, la journée s'annonçait moins idyllique qu'il n'y paraissait il y a quelques heures. Il soupira légèrement et commença à observer les alentours, souriant aux quelques badauds tandis que les villageois commençait à s'affairer, la fourmilière reprenant vie.

    Alors qu'il observait les toits de chaume d'une maison en piteuse état, un grand splash le fit sursauter, quelques gouttes tombant sur son visage et qu'il sentait de l'eau sur ses pieds. Sa femme s'était stoppé et il tourna la tête vers elle avant d'écarquiller les yeux. Le bas de sa robe était trempé, tout comme ses bottes. Elle poussa un petit cri et Leslyn grogna, tandis que l'un de ses chevaliers se ruait vers le côté de la rue. Leslyn s'assura que Danzel prenait sa suite auprès de sa mère qui s'inquiétait déjà que son mari ne s'énerve. Lord Tarly rejoignit son homme qui tenait fermement le poignet d'une jeune femme.

    C'était une jeune femme, plutôt petite, et Leslyn grogna, faisant signe à son chevalier de la lâcher, voyant qu'il lui faisait mal. Elle avait les cheveux sombres, et des yeux assortis, avec une peau légèrement mate qui lui donnait cet air des femmes du peuple de Dorne, ce qui fit légèrement froncé les sourcils de Leslyn qui ne savait pas encore trop quoi dire. Il posa sa main sur la garde de son épée et poussa un long soupire. A quoi bon un excès de rage devant ses gens ? Mais d'une autre manière, cette femme venait de commettre un immense manque de respect. Un odieux outrage...


    - J'espère pour votre minois que vous avez une bonne excuse, finit-il par dire sèchement tandis que sa femme s'approchait doucement, restant derrière Leslyn par précaution, connaissant bien ses sautes d'humeur.


[HJ : Désolé de la médiocrité du post, j'ai du rechercher l'inspi au plus profond de mon âme Face ]
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Message Jeu 16 Aoû 2012 - 13:08

     La suite de la dame que Lyra servait avait fait une halte dans un petit village du Bief. La noble de Dorne avait prévenu ses domestiques et ses dames de parage : les Bieffois n'aimaient guère les Dorniens pour la plupart et mieux valait donc éviter d'attirer l'attention sur soi. Pour Lyra, elle précisa que cela incluait le fait d'assaillir les gens de questions pour leur demander des choses sans grand intérêt. Loin de se vexer ou de se décourager, la roturière avait été amusée par cette petite remarque personnalisée, même si le conseil – ou l'ordre – était sorti de son esprit aussitôt après y être entré. Ne pas parler aux personnes de ce village, c'était impensable ! Lyra ne rêvait que de voyager depuis qu'elle était entrée au service de la noble dame qu'elle servait à ce jour, ce n'était donc pas pour se contenter de rester assise sur un siège aux côtés de sa dame en espérant qu'elles reprendraient bientôt la route. Non, c'était pour découvrir de nouveaux horizons, parler avec des personnes qu'elle ne connaissait pas, apprendre les us et coutumes d'autres régions... en bref : s'intéresser aux autres !

     Elle avait donc passé une bonne partie de la journée de la veille à visiter le village, la dame qui l'employait possédant plusieurs suivantes, il était aisé pour Lyra de pouvoir obtenir quelques heures de libre. D'autant plus que sa dame connaissait parfaitement le goût qu'avait la jeune femme pour les découvertes et pour tout ce qui était nouveau pour elle ! Il était normalement prévu que le groupe reprenne la route à l'aube le lendemain, mais malheureusement un petit imprévu les empêcha d'effectuer ce fameux départ. La noble de Dorne avait déjà dépassé la soixantaine et son corps ne se montrait pas toujours très réceptif à la fraîcheur inhabituelle de cette région qui, même si elle était encore relativement chaude, ne pouvait rivaliser avec le soleil brûlant du désert. La vieille dame avait donc fait savoir à sa suite qu'elle préférait rester allongée quelques temps encore et qu'ils ne reprendraient finalement la route que le lendemain. Puisqu'ils n'étaient pas pressés d'arriver dans le Conflans, la Dornienne pouvait prendre tout le temps qu'elle voulait et cela permettait à Lyra d'avoir quelques heures de plus dans cette petite bourgade, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Ce qu'elle préférait dans les voyages, c'était les haltes qu'ils faisaient dans les villages situés sur le chemin, plus intéressant que la route elle-même, la roturière adorait bavarder avec les commerçants et artisans, même si certains se montraient peu réceptifs malheureusement.

     Après avoir passé une heure à s'occuper de sa dame, la jeune femme avait finalement proposé son aide au gérant de l'auberge. Étant elle-même fille d'aubergiste, elle connaissait parfaitement le travail inhérent à ce travail et l'homme fut donc heureux d'avoir un coup de pouce efficace ! Il lui confia un seau d'eau et un balais pour nettoyer correctement la salle principale qui avait été salie par un groupe de reîtres arrivé la veille, la roturière et sa bonne humeur s'occupèrent donc de se débarrasser de cette saleté tout en profitant de l'occasion pour bavarder avec l'aubergiste. Après un petit moment, celui-ci dû se retirer et pour terminer son ménage, Lyra décida de vider son seau histoire de remettre de l'eau propre dedans. Comme elle se dirigeait vers l'entrée de l'auberge et vérifia que personne n'arrivait, la Dornienne s'apprêta à jeter l'eau sale lorsqu'une domestique l'interpella derrière. Elles discutèrent seulement quelques secondes avant que la roturière ne puisse retourner à sa tâche, mais cela fut suffisant pour qu'un couple de nobles arrive. Malheureusement pour elle, la demoiselle ne vérifia pas à nouveau que la rue était libre et jeta l'eau sale qui atterrit en plein sur la robe et les chaussures d'une femme qui passait par là.

     Se glissant à l'extérieur de l'auberge, ne désirant pas se cacher, mais bien au contraire s'excuser, Lyra fut prise de court lorsqu'un homme s'approcha pour lui attraper le poignet d'une poigne ferme qui lui fit lâcher un cri de surprise. Même si la noble était visiblement fort contrariée, ce n'était pas volontaire et la roturière était prête à s'excuser si on lui en laissait le temps ! L'homme qui devait être l'époux de la noble s'approcha du chevalier et demanda à son homme de la lâcher ce qui soulagea grandement la Dornienne qui massa son poignet pour en chasser la légère douleur qu'avait fait naître cette poigne. Les yeux sombres de la demoiselle se levèrent sur le visage du noble qui était bien plus grand qu'elle – ce qui n'était pas étonnant vu qu'elle était très petite – et la manière dont il la regarda ne lui dit rien de bon. Était-ce un noble hostile aux Dorniens ? C'était une possibilité, même si Lyra espérait que non bien entendu ! L'attention de la jeune femme fut alors attirée par le geste du noble vers la poignée de son épée : comptait-il s'en servir contre elle ? Oh, la demoiselle savait se défendre, elle avait plusieurs fois cassé le nez de rustres qui essayaient de profiter de ses charmes, mais ce n'était pas vraiment la même chose avec un noble, armé qui plus est ! Les Bieffois détestaient-ils les Dorniens au point qu'un noble puisse tuer une roturière sans rien risquer en retour ? Les prunelles de la demoiselle brillaient d'inquiétude alors qu'elle humecta ses lèvres en répondant d'un ton où l'inquiétude filtrait.

     ▬ Je m'excuse mon seigneur ! Je ne vous avais pas vu, ni votre dame, je voulais juste changer l'eau de mon seau rien de plus ! »

     Est-ce que c'était une « bonne » excuse ? Peut-être pas, mais Lyra ne voyait pas franchement quoi dire de plus. Ses yeux se glissèrent sur le visage de la dame alors qu'elle espérait que celle-ci allait prendre s défense, mais c'était fort peu probable vu que les nobles semblaient toutes soumises à leurs époux. Tentant une autre chose, elle s'adressa à la femme.

     ▬ Excusez-moi ma dame, si vous le souhaitez je peux laver votre robe et vos chaussures pour réparer mon erreur ! Je suis suivante d'une noble dame, je sais comment m'y prendre. Et sa dame ne s'était jamais plainte de sa manière de faire. Reportant ses yeux sur l'homme, elle conclut. Est-ce que vous allez vous servir de votre épée contre une simple roturière ? Je ne vous fais rien, vous ne pouvez pas ! »

     Ce n'était pas un ordre, simplement une inquiétude qui parlait à la place de sa tranquillité. La jeune femme n'était pas vraiment quelqu'un de très calme et elle s'emportait rapidement, comme tous les Dorniens d'ailleurs.
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Message Jeu 16 Aoû 2012 - 18:52

    Les yeux de la jeune femme trahissait une panique naissante et cela n'attendrit pas Leslyn, qui s'agaça légèrement. Il semblait qu'elle n'avait pas fait exprès, ou du moins elle n'allait pas le revendiquer ainsi. Qui serait assez fou pour le faire ? Elle s'humecta légèrement les lèvres tandis que Leslyn et son chevalier demeurait droits comme des i, encerclant presque la jeune femme qui semblait si inoffensive à leurs côtés. Quelques habitants avaient stoppés leurs activités mais furent rapidement pester par Danzel qui leur recommandait de ne pas faire attention à la scène. Ils obéirent et firent mine de reprendre le travail, bien qu'ils observaient la scène de coups d’œil plus ou moins discrets.

    Elle prit enfin la parole et s'excusa. C'était un bon point, mais était-ce réellement suffisant ? Pour le moment elle avait l'air plutôt bien éduquée et respectueuse mais son excuse paraissait un peu trop facile aux yeux de Leslyn. Même entre villageois, on ne se balançait pas allègrement des sceaux d'eau à la figure, et tout le monde, à sa connaissance, veillait à jeter ce qu'il avait à jeter de façon à ce que personne ne se le reçoive dessus, surtout pas le maître du fief. Leslyn, qui fixait toujours la jeune femme d'un air sévère suivit son regard qui se posait sur sa femme, restée en retrait. Celle-ci s'avança instinctivement tandis que la femme commençait à lui parler, espérant visiblement réparer son erreur en gagnant les faveurs de Meerya. Leslyn connaissait la nature douce de sa femme, naïve et prompte à pardonner, mais Lord Tarly ne lui avait en aucun cas demander son avis. Cependant, elle se permis tout de même de prendre la parole, posant sa main fine sur le bras de son mari :

    - Leslyn... ce n'est rien, ma robe était déjà salie par notre marche, laisse donc cette j-...

    Le seigneur de Corcolline fit claquer sa langue et posa sa main sur celle de sa femme avant de l'enlever calmement de son bras.

    - Meerya, dit-il simplement, lui lançant un regard qu'elle comprit sur le champ.

    Sa femme soupira, jetant un regard à la fois attristé et désolé à la jeune femme avant de reculer, gênée. Ce qui avait en fait le plus irrité Leslyn avait été la dernière phrase prononcée par la roturière, comme elle se désignait elle-même. De quel droit osait-elle remettre ainsi en doute à la fois l'intégrité et l'autorité du seigneur des lieux, cette simple suivante, étrangère qui plus est !

    - Je ne compte pas me servir de mon épée si c'est ce que vous craignez. Vous devriez aussi apprendre à tenir votre langue, surtout quand vous êtes sur des terres autre que les vôtres. C'est à moi que vous vous adressez, non pas à ma femme. Elle ne vous en veut pas, vous avez de la chance. Mais le fait est que votre geste est grave.

    Il se tourna vers Danzel et lui fit signe d'approcher.

    - Finis la ballade avec ta mère et raccompagne-là à Corcolline.

    Il acquiesça et s’exécuta sans poser de questions, s'éloignant avec dame Meerya. Leslyn s'humecta les lèvres lentement et se retourna vers la jeune femme que son chevalier surveillait toujours de près.

    - Laisse-la donc un peu respirer, dit Leslyn l'écartant légèrement.

    Sa colère s'était légèrement estompée, et bien qu'il demeurait légèrement irrité il retrouvait son sens du respect et des bonnes manières, même vis-à-vis d'une simple femme du peuple.

    - Bon... Vous avez dit servir une dame. Je pourrais peut-être la rencontrer ?dit-il, fixant de nouveau la jeune femme.
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Message Ven 17 Aoû 2012 - 11:29

     Lorsque Lyra s'était adressée à la noble, elle n'avait pas réellement cherché à manquer de respect à l'homme, disons simplement qu'elle se sentait beaucoup plus à l'aise avec les personnes de son sexe, certainement parce qu'elle avait une majorité de femmes dans sa vie depuis son enfance ? Sa mère, sa sœur, sa dame, même si son père équilibrait un peu le tout, c'était donc instinctif pour elle de chercher à discuter avec la dame du noble plutôt que ce dernier. Mais elle avait malheureusement oublié qu'elle ne se retrouvait plus à Dorne et qu'elle parlait avec un noble qui n'acceptait certainement pas que son épouse puisse ouvrir la bouche. Lyra ressentit un certain soulagement lorsque la noble approcha de son époux, dévoilant en même temps le prénom du seigneur, puis lui expliqua que sa robe était déjà salie. Vraiment ? Un léger sourire se peignit sur les lèvres pleines de la roturière qui éprouvait beaucoup de difficultés à camoufler ses émotions. Mais apparemment, le noble ne souhaitait pas faciliter la vie de la Dornienne puisqu'il imposa le silence à son épouse d'un simple claquement de langue, accompagné de son prénom.
     Le regard que la dame lui lança ne rassura aucunement la jeune femme qui déglutit avec difficulté jusqu'à ce que le seigneur reprenne la parole pour lui faire savoir qu'il ne comptait pas se servir de son armure, ce qui était déjà un bon point de départ, mais la remit à sa place. En quoi lui avait-elle manqué de respect ? Lyra avait du mal à le savoir, elle était totalement perdue et se contenta de mordre légèrement sa lèvre pour s'imposer le silence, avant de glisser sa main jusqu'à sa bouche pour dissimuler son inquiétude dans un geste vain.

     La Dornienne laissa le noble interpeller un jeune garçon qu'elle identifia comme étant son fils vu le discours qu'il tint, puis le reste de la famille s'éloigna avant que l'homme ne reporte son attention sur la jeune suivante qui sentait l'anxiété monter au fur et à mesure de la discussion. Apparemment vu ce qu'il venait de dire, Lyra considérait qu'elle devait se trouver face au seigneur de cette ville, il avait parlé de reconduire la dame au château qui se situait non loi de là, l'explication coulait donc de source. C'était bien sa veine ! Se mettre à dos l'homme qui dirigeait le fief qu'elle foulait avec sa dame, cette dernière allait être fortement contrariée à n'en pas douter. Essayant de masquer son anxiété, la roturière fut cependant soulagée que le chevalier s'éloigne un peu d'elle, le sentiment d'être une délinquante à mener au gibet s'estompait légèrement. Comme le seigneur du fief reprenait la parole, Lyra resta quelques instants silencieuse, réfléchissant à ce qu'elle pourrait bien lui répondre. Après un bref instant, elle reprit donc la parole d'un ton plus inquiet qu'auparavant.

     ▬ Ma dame n'est pas en très bonne forme pour le moment... En réalité nous devions repartir ce matin, mais sa santé lui a fait défaut et nous avons donc prolongé notre séjour chez vous mon seigneur. »

     Essayant de camoufler sa gêne et le fait qu'elle était totalement perdue, la jeune roturière détourna brièvement son attention du seigneur pour regarder autour d'elle. Apparemment il n'avait pas du tout apprécié qu'une simple suivante se permette de parler directement à son épouse, mais c'était uniquement dans le but de lui demander son avis, non de zapper l'influence de son époux ! Inspirant longuement, elle baissa sa main et la laissa rejoindre l'autre qui triturait déjà sa robe avec une profonde gêne mêlée d'anxiété. Est-ce qu'il détestait à ce point les étrangers ? Vu le discours tenu, cela semblait en effet être le cas. Espérant atténuer sa colère, la demoiselle se lança dans une réplique qui pourrait peut-être lui sauver la mise.

     ▬ Écoutez mon seigneur, je suis vraiment navrée, je n'ai pas cherché à vous rabaisser en parlant à votre dame, c'est simplement que j'ai pris l'habitude de m'adresser aux dames que je sers. J'ignorais que vous prendriez cela comme un outrage, je ne savais pas que les femmes n'avaient pas les mêmes droits chez vous.... »

     Elle trouvait cela clairement humiliant pour être sincère, qu'une femme puisse accepter d'être traitée comme une simple poule pondeuse qui n'avait pas son mot à dire.... C'était inimaginable ! Certes Dorne n'était pas une terre où les femmes étaient reines, mais disons simplement que dans les régions désertiques, le sexe dit faible, avait certains droits basiques qui semblaient refusés aux femmes du reste de Westeros. Rien qu'à voir la manière dont l'homme avait intimé le silence à son épouse.... Décrochant un regard quelque peu contrarié à l'homme, Lyra essaya de chasser cette expression avec rapidité. Il n'était pas question d'aggraver encore son cas, mieux valait détourner l'attention du seigneur de ce point. Humectant ses lèvres pour essayer de reprendre contenance, la Dornienne se redressa comme elle put avant de poser ses yeux dans ceux de l'homme.

     ▬ Si vous souhaitez rencontrer ma dame, il n'y a pas de problème mon seigneur ! Mais il faudrait que je la prévienne de votre venue pour qu'elle puisse être présentable, vous comprenez, elle est assez âgée alors lorsqu'elle n'est pas bien, l'envie de recevoir du monde n'est pas très présente. »

     Mordillant sa lèvre d'un air gêné, la roturière se rendit compte qu'elle risquait de se faire mal comprendre en parlant de la sorte. N'allait-il pas imaginer qu'elle était en train de lui dire qu'il n'était pas assez important pour qu'elle daigne le recevoir ? Ce n'était aucunement le cas, elle souhaitait simplement lui faire savoir que sa dame était très âgée et que sa santé déclinait, ce qui faisait qu'elle pouvait parfois se montrer peu désireuse de voir des étrangers venir lui parler. Surtout pour lui faire savoir qu'une de ses suivantes venait de se mettre à dos le seigneur de la ville où ils se trouvaient. Repoussant une mèche de cheveux d'un air gêné, la jeune femme inspira longuement en parvenant enfin à trouver un semblant de calme, puis conclut.

     ▬ N'y a-t-il pas moyen de régler tout cela sans devoir passer par ma dame mon seigneur ? »
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Message Mer 29 Aoû 2012 - 17:01

L'étrangère entreprit de lui expliquer que sa maîtresse n'était pas en très bonne santé, à cause de son âge avancé. Leslyn pouvait comprendre cela, mais fallait-il encore que ces paroles ne fussent pas des mensonges. Rien ne garantissait au seigneur de Corcolline qu'elle n'essayait pas de trouver une échappatoire en s'inventant une maîtresse imaginaire et donc impossible à rencontrer. D'un autre côté, le regard inquiet et les gestes de la jeune femme lui intimaient qu'elle disait vrai.

Il aurait apprécié que la présence d'une Dame, même dornienne, dans ses terres, lui soit révélée. Elle avait préférée loger dans ce hameau sale que de demander l'hospitalité des Tarly à Corcolline. Même s'il voyait d'un mauvais oeil les gens qui venaient du désert si proche, il aurait accepter avec joie des invités, ne serait-ce que pour faire bonne impression.

Il fut tiré de ses songes et d'une vexation naissante par une nouvelle flopée d'excuse de la part de la jeune femme, qui insinuaient maintenant que les femmes d'ici étaient soumises à leurs maris. Le fait que des étrangers aient une image négative des relations des bieffois avec leurs femmes lui fit froncer les sourcils, mais il devait avouer ne pas être un très bon exemple. Il était légèrement machiste... voir beaucoup ? Il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille et poussa un soupir. Lui qui voulait se détendre, voila qu'il gaspillait sa salive en tentant d'inculquer quelques leçons de respect à une étrangère visiblement bien maladroite.

Néanmoins, visiblement songeuse et affectée par l'échange avec Leslyn, elle lui annonça qu'il était finalement possible de rencontrer sa fameuse maîtresse. Néanmoins, elle devait la prévenir pour qu'elle soit présentable, cela allait de soit. Il ne comptait pas aller sortir une vieille dame de son lit pour qu'elle le reçoive en robe de chambre et la mine aussi fade que la nourriture qu'on devait servir dans l'auberge où elle avait élue domicile provisoirement.

La jeune femme exprima cependant son souhait de ne pas passer par l'autorité de sa dame pour résoudre cette affaire, et Leslyn pouvait la comprendre. Il n'était pas question d'en faire tout un plat, néanmoins sa curiosité avait été plus que touchée. Une idée lui vint à l'esprit et il esquissa un léger sourire.

- Bien. Je ne vais pas déranger votre maîtresse pour le moment. Mais je tiens à l'inviter à ma demeure partager mon dîner, ce soir. Il va de soit que j'aimerais aussi que vous l'assistiez personnellement pour ce repas. Il serait fâcheux qu'elle vienne à refuser mon invitation, m'envoyant vexé... Si se déplacer est pour elle un problème, je vous enverrais un carrosse et des hommes pour l'aider. Si elle ne peut vraiment pas se mouvoir eh bien, nous prendrons la salle de l'auberge pour nous et je ferais venir mes cuisiniers. Je dois aller voir le forgeron du village pour voir où en sont mes commandes, allez lui faire part de ma demande et dites-moi sa réponse, dit-il doucement. Ah, et quelle est votre nom ? Dites-lui bien que c'est Lord Tarly qui réclame l'honneur de l'avoir à sa table.

Sur ces mots, il la salua et lui tournis le dos, avant de rejoindre la forge une dizaine de mètre plus loin où il salua le forgeron avant de s'entretenir avec lui. Il lui avais fais commande d'une vingtaine d'épée et la moitié de lances, en prévision d'escarmouches contre les Fer-Nés. Une fois que cette commande serait effectuée, il comptait lui commander des flèches en très grand nombre pour les archers des forces levées pour le ban. La guerre et les masses d'or levées partout dans le Bief permettaient de faire vivre le commerce un peu partout. Si l'or était le nerf de la guerre, celle-ci permettait aussi d'en générer et faire vivre l'économie locale, pour le plus grand plaisir de Leslyn qui mettait à l'ouvrage les artisans locaux aussi souvent que possible, rien que pour équiper les hommes de Corcolline, habiller sa famille et nourrir tout ce beau monde ainsi que sa caserne. Il n'aimait guère l'idée d'importer d'autres contrées, et le faisait le moins souvent possible, seulement pour les denrées et matériaux qu'il ne pouvait avoir dans le Bief. Il avait toujours favorisé l'économie bieffoise et ses repas mettaient en avant les produits locaux, qu'il n'allait pas manquer de faire goûter à la dame dornienne si elle venait à accepter son invitation. Sinon... il ne savait pas encore comment il réagirait, persuadé qu'elle allait accepter d'une manière ou d'une autre, mais il s'en verrait offensé. Il profiterait du repas pour glisser quelques mots à la vieille noble sur sa jeune servante, histoire qu'elle lui donne un léger sermon, rien de bien méchant. Ainsi, son orgueil serait satisfait et Meerya ne lui en voudrait pas trop.
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Message Jeu 30 Aoû 2012 - 15:18

     Lyra observait l'homme en silence, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir lui réserver sachant qu'il avait l'air de ne pas apprécier son comportement. À moins qu'il ne s'agisse de sa personnalité ? La Dornienne était consciente que son mode de fonctionnement n'était pas réellement celui que tout le monde appréciait : exubérante, prompt à être gênée et la langue trop pendue qui la poussait à poser des questions gênantes. Ce n'était certainement pas le type de comportement qu'un homme aussi macho que l'individu face à elle semblait être, pouvait apprécier. Mais peu importait, elle allait subir les conséquences de ses actes et s'en mordrait les doigts en y songeant à deux fois la prochaine fois qu'elle jetait de l'eau sale à la rue. Du moins s'il pouvait y avoir une autre fois, rien n'était moins sûr !
     Lorsqu'un sourire se plaqua sur les lèvres du noble debout face à elle, la roturière ne sut si elle devait s'en réjouir ou s'en désoler. Ses yeux sombres scrutèrent le visage de l'homme avant qu'il ne lui explique qu'il ne souhaitait pas déranger sa dame pour le moment, mais qu'il souhaitait l'inviter à dîner chez lui le soir. La surprise qui passa dans les yeux de la Dornienne se remplaça rapidement par de l'inquiétude, est-ce qu'il allait tout expliquer à sa dame et lui faire savoir à quel point sa suivante était maladroite ? Il devait sans aucun doute avoir d'autres choses à faire que d'importuner des jeunes femmes de la roture, mais un doute subsistait tout de même dans son esprit alors qu'elle inspirait en hochant la tête d'un air docile. Aller prévenir sa dame et lui demander si elle pouvait se déplacer, même si la suivante pensait déjà connaître la réponse de la noble, elle agirait comme le seigneur des lieux lui demandait.

     ▬ J'y cours messire. Et je m'appelle Lyra. »

     Juste un prénom, même s'il était aisé de comprendre qu'elle était roturière à d'autres points de sa personne que son prénom. Alors qu'il s'éloignait pour se rendre vers le forgeron qu'elle avait déjà localisé lors de sa première sortie, Lyra pivota sur elle-même avant de retourner dans l'auberge, constatant que le propriétaire des lieux était présent dans la salle et semblait avoir regardé ce qui se passait. La roturière esquissa un sourire qu'elle lui offrit afin de le rassurer, avant de se diriger vers la chambre où sa dame était installée. Ses os étant abîmés par l'âge, elle avait demandé une chambre qui soit au rez-de-chaussée et la demoiselle y pénétra après avoir frappé à la porte. La noble était allongée sur son lit, entourée de deux autres suivantes portant une tenue identique à Lyra, ainsi qu'une peau aussi tannée. Une légère surprise passa dans le regard de la femme comme la suivante s'approchait d'elle, avant de prendre la parole pour l'informer de l'invitation.

     ▬ Ma dame, je viens de faire la connaissance de lord Tarly, il m'a fait savoir qu'il souhaitait vous avoir pour dîner à sa demeure ce soir. Il a ajouté que si vous n'étiez pas en état de bouger, il ferait venir ce qu'il faut ici pour vous épargner le trajet. Il souhaite avoir une réponse de votre part. » Un léger froncement de sourcils marqua la surprise de la noble.
     ▬ Lord Tarly ? Il est réputé pour ne pas aimer les étrangers, qu'as-tu donc fait pour m'obtenir cet honneur. À moins que ce ne soit une punition ? Avec une gêne palpable, la jeune femme conta l'incident à sa dame qui rit légèrement en l'entendant, faisait fi de la gêne de sa suivante. Ah, Lyra, Lyra ! Il n'y a que toi pour m'inventer de pareilles choses ! Mais va faire savoir à lord Tarly que j'accepte avec grand plaisir, je saurai me déplacer, qu'il te dise simplement à quel moment je dois arriver. Elle inspira doucement avant de tourner sa tête vers une autre suivante. Va voir si nous avons un cadeau à la hauteur de notre hôte dans nos bagages, même si je sais qu'une cadeau de Dorne ne lui fera pas extrêmement plaisir. »

     Au pire des cas, Lyra pourrait toujours aller faire un tour au marché en priant la Mère Rivière pour qu'un présent hors du commun soit en vente juste à ce moment. Remerciant sa dame, la jeune femme pivota sur elle-même pour quitter la pièce avec rapidité, manquant de claquer la porte au point d'en faire trembler les murs tant son anxiété était palpable. Ah ! Il avait au moins l'honneur de pouvoir dire qu'il était le premier homme à la déstabiliser à ce point ! Dire qu'elle avait côtoyé bon nombre de nobles, il fallait qu'elle bavarde avec un Bieffois pour perdre tous ses moyens ! Essayant d'adopter pour une attitude plus posée, la jeune femme inspira pour retrouver son calme le temps de sortir à nouveau de l'auberge pour trottiner jusqu'à l'atelier du forgeron. Le seigneur se trouvait toujours là et la Dornienne se glissa à ses côtés en essayant d'attirer son attention pour lui faire savoir quelle était la réponse de sa dame.

     ▬ Mon seigneur. Ma dame me fait savoir qu'elle reçoit votre invitation avec un réel plaisir et qu'elle sera présente ce soir. Elle me demande simplement à quel moment est-ce que vous souhaitez la voir apparaître. Elle saura se déplacer jusqu'à votre demeure, le soir apaise la douleur apparemment. »

     Ses prunelles scrutaient l'homme avec une certaine appréhension, elle qui n'avait normalement aucune difficulté à fixer les gens dans les yeux se trouvait totalement déstabilisée. Elle tripotait sa robe au point d'en avoir les mains moites alors que l'air était on ne peut plus sec ! Si elle continuait de la sorte, il allait finir par croire qu'elle était diminuée mentalement parlant. Au final, ce n'était pas plus mal, elle aurait une raison d'expliquer pourquoi est-ce qu'elle s'amusait à balancer de l'eau sale sur les pieds des nobles dames au bras de leur époux.
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Message Ven 31 Aoû 2012 - 12:38

    Leslyn régla les derniers détails avec le forgeron et discuta un peu avec lui. Les affaires étaient florissantes et tout allait bien, pour le moment. Entendant quelqu'un s'approcher, Leslyn se tourna pour regarder le nouvel arrivant et vit que c'était la dénommée Lyra qui revenait. Il se retourna vers le forgeron pour le remercier et le saluer une dernière fois avant de porter son attention sur la jeune femme. Elle lui annonça que sa dame acceptait son invitation et cela lui arracha un sourire de satisfaction qu'il dissimula rapidement, regagnant un visage neutre.

    - Qu'elle vienne à l'heure habituel du souper dans votre contrée. Nous serons prêt à la recevoir à toute heure ! Et... quelle est son nom ? J'en oublie mes bonnes manières. Je vous ai demandé le votre, mais pas celui de celle que vous servez...


    Tout en parlant, il observait les mains de la jeune femme qui triturait sa robe. Visiblement, il l'avait carrément traumatisé ou bien effrayé en tout cas. Il eut quelques remords soudainement en le voyant ainsi et lui adressa un faible sourire, le mieux qu'il avait offrir pour le moment.

    - Vous n'êtes peut-être pas si inutile que vous en avez l'air, dit-il, se voulant amical sans vraiment trop savoir s'il parviendrait à le paraître. Savez-vous cuisiner ? lui demanda-t-il aussi poliment qu'il le pouvait tandis qu'il se dirigeait vers la rue tranquillement, quittant l'atelier. J'aimerais qu'il y ait quelques plats dorniens durant le repas. Les gens me prennent pour un rustre. Je le suis certainement, mais ma femme adore l'exotisme... j'espère que nous aurons l'honneur de goûter à quelques uns de vos plats, et mes cuisines vous seront ouvertes.

    Il se retourna une dernière fois vers la simple roturière et lui adressa un signe de tête, qui pouvait être aussi inquiétant que rassurant, car son visage était désormais dénué de toute expression.

    - Nous nous verrons donc ce soir.

    Puis, faisant volte-face, il gagna la rue et hâta le pas, pressé de retourner au chateau. Il devait dire aux employés du château de s'affairer. On égayerait la forteresse des bannières des Tarly et on préparerait la salle du dîner. Leslyn n'aimait toujours pas les dorniens, mais il aimait toujours autant recevoir et faire bonne impression. Accompagné de son chevalier, il regagna les murs de Corcolline et retrouva sa femme qui ne tarda pas à lui tomber dessus.

    - Tu n'as rien à me dire ?
    dit-elle, étant visiblement passé de la tristesse à l'énervement durant sa promenade. Leslyn ne pu contenir un long soupire et il tenta de continuer son chemin, mais il du s'avouer vaincu tant sa femme lui restait dans les pattes.

    - Bon ! Je ne lui ai rien fais à cette petite. J'ai même invité la noble qu'elle sert à dîner avec nous. Et tu sais quoi ? Elle est dornienne. Ne me dis pas que je ne fais pas d'effort,
    dit-il en se forçant à sourire, cachant une légère pointe d'agacement derrière une mine enjouée.

    - Je suis sûr qu'au fond de toi, tu aurais préféré une noble du Conflans, des Terres de l'Orage ou de n'importe où ailleurs, répliqua-t-elle.

    - Qui ne l'aurait pas préféré ? dit-il simplement avant d'aller donner ses ordres et requêtes aux gens qui commençaient à s'affairer.

[Désolé, pas beaucoup d'inspiration aujourd'hui...]
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Message Sam 1 Sep 2012 - 13:02

     Lyra acquiesça de la tête lorsque l'homme lui déclara qu'il faudrait venir à l'heure habituelle du repas. Elle espérait simplement que ce serait la même que celle des Bieffois, car leurs traditions semblaient bien différentes et que la jeune femme ne tenait pas à aggraver son cas en faisant arriver sa dame en retard. Cela dit, est-ce que l'on pouvait réellement parler de « retard » lorsque vous n'aviez pas d'heure d'arrivée précise ? Certainement pas. La Dornienne était assez surprise il fallait l'avouer, le seigneur lui apparaissait comme un homme machiste, plutôt froid et soyons honnêtes, pas franchement aimable. Pourtant, cette invitation et cette liberté quant à l'heure d'arrivée lui semblait être quelque chose d'aimable, ce qui tranchait donc étrangement avec sa vision du personnage. Bah ! Au fond c'était sans importance, le temps lui dirait bien si elle s'était trompée sur son compte, c'était fort possible, peut-être que l'homme n'aimait pas se dévoiler à des inconnues. Et surtout des Dorniennes ? Après la question de l'homme, la demoiselle lui répondit aussitôt.

     ▬ Elle s'appelle lady Elasha, une Dornienne sableuse messire. »

     Ce qui signifiait qu'elle possédait le teint noir comparable aux habitants des Iles d'Été notamment. Est-ce que cela changeait quelque chose ? Allez savoir, avec les hommes elle s'attendait à tout. La jeune femme inspira légèrement, essayant d'apaiser ses signes de crainte alors que le seigneur reprenait la parole pour la « complimenter » à sa manière. Loin de se vexer de la manière dont le Bieffois prononçait ces paroles, la demoiselle se sentit même ravie par cette déclaration. Elle savait que les compliments étaient rares, que ce soit de la part de roturiers ou de nobles et décidait donc de prendre tout ce que l'on pouvait bien lui donner.
     Lorsqu'il lui demanda si elle savait cuisiner, la jeune femme s'empressa de confirmer que c'était le cas en hochant la tête avec vigueur. C'était même une chose qu'elle savait parfaitement faire puisque lorsqu'elle travaillait dans l'auberge de ses parents, la Dornienne était souvent aux côtés de sa mère dans les cuisines. Le fait que le seigneur du village désirait voir des plats Dorniens à son repas ne manqua pas de l'étonner, il ne lui semblait pas du type à pouvoir les apprécier, mais soit ! Jamais elle ne refuserait de faire découvrir ses origines à d'autres personnes et elle espérait réellement que le noble appréciait ses plats.

     ▬ Je vais m'appliquer à ce que ces plats vous plaisent dans ce cas. »

     Puis, avec un soulagement palpable, elle vit l'homme s'éloigner pour regagner sa demeure. Ni une, ni deux, la demoiselle quitta la ruelle à son tour pour se diriger vers la chambre de sa dame et l'informer de l'heure à laquelle elles devraient partir, puis lui signala au passage que le noble avait demandé à manger des plats Dorniens. La noble dame envoya donc Lyra et une autre suivante en direction du château de lord Leslyn, portant sous le bras quelques provisions et épices qui ne devaient certainement pas exister dans des cuisines Bieffoises !
     Arrivées sur place, elles aidèrent les personnes présentes ici tout en s'appliquant à confectionner quelques petits plats typiquement Dorniens à côté. Ils étaient pimentés, épicés et surtout très fruités. L'on y trouvait des agrumes qui donnaient un léger goût acide, atténué par les épices qui dégageaient une odeur qui faisait crier n'importe quel estomac. Ce ne fut pas très long de tout préparer et pour la première fois depuis longtemps, la jeune femme eut le plaisir de se sentir réellement utile. En effet, même s'il n'était pas rare qu'elle doive aider sa dame – bien au contraire – Lyra n'avait pas souvent l'occasion de faire de tels travaux ménagers. Lorsque tout fut terminé, les Dorniennes quittèrent les cuisines pour regagner la chambre de leur dame qui terminait de se préparer et n'attendait plus qu'elles pour se diriger vers le château.

     Comme la dame avait tout de même du mal à marcher, elle se déplaça à l'aide de sa monture – un coursier Dornien – alors que Lyra et le garde qui ne la quittait jamais et qui garderait le cheval, marchaient à ses côtés. Il ne fallut pas longtemps avant qu'ils n'arrivent tous devant la demeure du seigneur et que les deux femmes y pénètrent. La maîtresse de Lyra était âgée et ses cheveux blanchis par les ans tranchaient étrangement avec sa peau d'ébène. Cela dit, son visage laissait voir qu'elle avait dû être d'une grande beauté durant sa jeunesse, même si les années avaient affaissé ses traits. Lorsqu'elles virent enfin lord Tarly, la noble le salua d'une révérence moins prononcée que d'habitude en raison de ses os douloureux, puis fit signe à Lyra qui s'avança vers lui pour lui offrir le présent de son invitée : des tissus aux couleurs de Dorne, ils étaient très précieux et légers, peu adaptés au climat du Bief certes, mais restaient un beau présent. Du moins elle l'espérait.

     ▬ Je vous remercie de votre invitation, elle n'était vraiment pas nécessaire, mais je suis ravie de constater que vous êtes ouvert à de nouvelles découvertes. »
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Message Dim 2 Sep 2012 - 15:24

    Il recevrait donc lady Elasha parmi les siens. Leslyn ne releva pas le terme "sableuse", n'y prêtant guère attention tant il était pressé de rentrer chez lui. La surprise n'en serait que plus grande pour lui. Lyra savait donc cuisinier, tant mieux. Cela épaterait sans doute son épouse qu'il ait fait préparer des plats dorniens. Il n'était pas encore question d'y goûter lui-même bien sûr, mais qui sait ? L'on disait des cuisines de Lancehelion qu'elles faisaient palpiter la bouche de nouvelles saveurs, piquantes et savoureuses. Non pas que Leslyn était très porté sur la nourriture, mais cela l'intriguait. L'on disait que certains plats pouvaient vous enflammer en une bouchée. Quels arômes en étaient donc capables ?

    Il regagna bientôt Corcolline qui s'égayait déjà de recevoir des invités. Meerya s'était enfermée dans la jambe, toute excitée à l'idée de recevoir des étrangers, et voulant se préparer à faire la meilleure impression possible. Elle n'était pas dotée des plus belles robes mais Leslyn avait toujours veillé à ce qu'elle soit satisfaite, sans se répandre dans l'achat de vêtements luxueux aux prix exorbitants et à l'utilité douteuse à ses yeux. Il lui permettait tout de même quelques folies de temps en temps, et elle avait dotée sa petite garde de robe de deux ou trois robes digne des dames de Hautjardin. Leslyn ne doutait pas un instant qu'elle profiterait de l'occasion pour en revêtir une.

    Lord Tarly veilla à ce que la salle du repas soit décorée des bannières du Bief et de sa maison, et, sur les conseils de son épouse, fit disposé quelques étoffes aux couleurs de Dorne, mais bien moins nombreuses et plus discrètes. L'intention était là, souligna-t-il auprès de Meerya. On avait dressé une assez grande table, mais tout de même raisonnable : il désirait être proche de lady Elasha pour parler, et exécrait de voir d'immenses tables vides. Dînerait avec eux sa femme et ses enfants, ainsi que son frère Derreck, Kervan ayant décliné l'invitation, prétextant avoir à faire en dehors des murs de la forteresse.

    Tandis que Leslyn vérifiait que tout était en ordre dans la salle, et qu'on avait bien doté le siège de lady Elasha d'un coussin pour le confort de la vieille femme, un des hommes de sa garde vint l'interrompre.


    - Mon seigneur... dit-il, restant à quelques pas de Leslyn.
    - Hm ? dit-il, surpris de voir un homme en arme venir ici, tout en se redressant pour témoigner de son attention.
    - Il y a des étrangères dans nos cuisines... elles...
    - Elles ? dit-il, commençant à sourire.
    - ... cuisinent, mon seigneur.
    - Où est le mal ? répondit-il en s'esclaffant. Ne t'inquiète pas, leur présence est exceptionnellement tolérée. Veillez juste à ce qu'elles ne volent rien.
    - Bien, lord Tarly.

    Leslyn observa le garde s'éloigner d'un pas pressé avant de se reporter vers sa tâche minutieuse. Il n'aimait pas plus les dorniens qu'avant, mais avait toujours tenu à être un hôte minutieux et bienveillant. Il pourrait même devoir donner le gîte à des Fers-Nés qu'il les doterait de sa meilleure chambre, la sienne s'il le fallait. C'était maladif et presque regrettable pour son ego, mais il veillait toujours au grin et ce pour la moindre occasion. Tout devait être parfait. Pas grandiose, juste... parfait.

    Quant à lui, il partit mettre des vêtements propres, ceux-ci ayant été salis par sa balade. Il revêtit une tunique sobre, qui n'avait rien de spéciale.


    Il n'y avait plus qu'à attendre l'arrivée des invités... qui ne tarda pas. L'après-midi était passé à une vitesse ahurissante. On annonça bientôt à Leslyn l'arriver d'une dame dornienne montant une monture de la même origine, qui se présentait aux portes de Corcolline. Elles n'eurent pas à y demander l'entrée bien évidemment, et Leslyn et sa femme les accueillirent dans la cour. Lady Elasha avait la peau plus que mate. Elle était sombre, presque autant que l'obscurité. Une dornienne sableuse, comme l'avait indiqué Lyra. Ses traits étaient fatigués et marqués par le temps, mais le seigneur bieffois devina qu'elle avait été une très belle femme par le passé. Malheureusement, le temps avait fait son travail tout comme il commençait à le faire avec lui. Leslyn lui adressa un sourire poli et eut un pincement au coeur de la laisser faire plier ses articulations abimées pour lui donner une révérence. Leslyn la salua avec tout autant de politesse et il observa Lyra qui s'avançait pour lui apporter un présent. C'était des tissus, légers et doux, que Leslyn prit en souriant.

    - C'est un honneur de vous recevoir parmi nous, mais un présent n'était pas nécessaire, bien qu'il égaye mon coeur.

    Meerya elle s'émerveilla, tâtant le tissus, les yeux brillants. Elle fit une révérence à lady Elasha.

    - Bienvenue dans le Bief, le voyage a du être éprouvant ! Venez donc à l'intérieur, dit-elle en souriant.

    Leslyn confia les étoffes à l'une des suivantes de sa femme, qui s'empressa d'aller les mettre à l'abri. Aux cotés de la vieille dornienne, ils se dirigèrent donc vers leur demeure.


    - Je ne pouvais pas laisser une dame traverser mes terres sans l'avoir à ma table ! lança Leslyn pour répondre à lady Elasha, tandis qu'ils pénétraient à l'intérieur.
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Message Mar 11 Sep 2012 - 13:46

     Lady Elasha fut agréablement surprise de constater que le seigneur de cette demeure était un homme poli qui savait passer outre ses convictions personnelles. Du moins c'était ce qu'il dégageait comme impression, mais la vieille femme n'était pas arrivée jusqu'à cet âge avancé en se faisant une idée fixe dès la première impression. Elle patienterait donc pour voir tout au long de la soirée comment lord Tarly réagirait face à ses paroles, ou même son apparence. La vieille Dornienne était consciente que le physique des gens de sa région, pouvait rebuter certains, mais au fond c'était sans importance. S'il l'avait invitée, il allait devoir assumer, elle était comme cela : profitant de chaque occasion qui lui était donnée.
     Après le sourire du seigneur, la vieille dame l'observa en silence le temps qu'il prenne le tissu qui lui était offert. Vu l'expression qu'il arborait, il semblait qu'il appréciait l'attention, ce qui ne manqua pas de surprendre – une fois de plus – la Dornienne qui s'était presque attendue à ce qu'il soit vexé d'une telle offrande. Le tissu était de bonne qualité et très agréable à porter, mais il venait de Dorne et certains Bieffois pouvaient se montrer très à cheval sur le refus de tels présents. Au moins l'incident diplomatique s'éloignait-il ! Aux paroles des deux époux, la vieille veuve laissa apparaître un sourire amical sur ses lèvres. Inutile de se montrer méfiante si les hôtes de ces lieux faisaient preuve d'autant de gentillesse à son égard après tout !

     ▬ Un présent est bien peu en échange d'un repas chez vous, c'est la moindre des choses. »

     Il était vrai que le tissu était coûteux, mais c'était aussi une manière de faire partager sa culture et puis, il y avait une sorte de malice dans ce cadeau, un peu de Dorne séjournerait toujours au sein de cette forteresse désormais. À moins que lord Tarly ne s'en débarrasse évidemment. Quoi qu'il en soit, la vieille dame et sa suivante emboîtèrent le pas au couple tandis que le garde s'occupait de contrôler que le cheval était bien traité. Une telle bête demandait beaucoup d'attention et valait au moins une année de paie d'un simple garde, si ce n'était pas plus si les Bieffois étaient plus radins avec leurs serviteurs.
     Ils pénétrèrent donc dans la demeure et la Dornienne leva les yeux vers le plafond, imitée par sa suivante qui n'avait jamais vu un tel endroit. La structure était très différente de celle des maisons de Dorne, mais ce n'était pas une mauvaise chose, au contraire. Étrange que deux régions voisines puissent être aussi différentes l'une de l'autre. Alors qu'ils progressaient dans la demeure, la noble reprit la parole à l'attention des deux époux.

     ▬ Je dirais que votre région est très clémente, la traversée des déserts de Dorne est bien plus éprouvante, il est plaisant de pouvoir se promener sans craindre la chaleur ou le sable. Vivre à Dorne s'apprenait, tout le monde ne pouvait pas espérer supporte un tel climat, même des personnes qui y étaient nées ! Mais là c'était plus l'âge que l'habitude qui était en jeu. C'est tout à votre honneur de penser à une vieille femme mon seigneur, je ne vous cache pas que votre nom m'a grandement étonnée lorsque j'ai appris que vous m'aviez invitée. Inutile de mentir ou de jouer les langues de bois après tout, lord Tarly devait s'en douter. Vous avez une réputation qui vous suit de près. »

     Ce n'était un secret pour personne ! Le ton n'était pas agressif ou hostile, au contraire même. Elle ne cherchait pas la bagarre, mais souhaitait simplement éviter les faux-semblants. Ils progressèrent jusqu'à atteindre la salle qui semblait avoir été réservée à leur « soirée ». Lyra ne manqua pas de regarder avec attention partout autour d'elle et sa dame la rappela à l'ordre d'un léger raclement de gorge. La Dornienne avait la mauvaise habitude de vouloir trop observer ce qu'elle voyait, à force certains nobles pouvaient se sentir espionnés. Attendant que le seigneur des lieux prenne les choses en main, la vieille Dornienne relaça une conversation histoire de ne pas rester muette et donner l'impression qu'elle était ici par obligation. Ce n'était pas du tout le cas, bien au contraire, lady Elasha était une femme très sociable.

     ▬ J'espère que ma suivante ne vous a pas posé trop de problèmes ? Si vous le souhaitez, je peux lui demander de rentrer à l'auberge. »

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Message Ven 21 Sep 2012 - 20:30

    Les échanges de politesses et de compliments allaient bon train et la soirée s'annonçait meilleure que n'avait été la journée qui l'avait précédée. Leslyn en pardonnerait presque à cette jeune servante sa maladresse et son manque de tact. Néanmoins, l'idée de faire part à dame Elasha d'un léger reproche compte tenu de sa suivante restait bien ancrée en lui, pour le plus grand damne de lady Tarly qui surveillait de près son mari. Elle savait qu'adorant recevoir, il n'hésitait pas à mettre de côté nombre de ses défauts et préjugés pour paraître le plus aimable possible. Cela ne lui avait pas donné meilleure réputation pour autant : il avait peu souvent l'occasion de recevoir, et même s'il faisait bonne impression chez lui, ses déclarations plus que houleuses lui avaient toujours fais du tord. Il n'avait jamais su se taire, et son caractère de cochon lié à des opinions bien trop ancrés l'avaient souvent fais remarqués, si bien que le nom des Tarly décourageait souvent les voyageurs de demander le couvert à Corcolline, comme le montrait si bien dame Elasha.

    - J'espère que nos mets vous plairont, dit Leslyn, souriant faiblement.

    Pour l'occasion, Meerya se faisait moins discrète, visiblement excitée par la venue de l'exotisme jusque chez elle, et Leslyn, détendu, n'avait guère envie de rompre la bonne humeur de sa compagne en l'ennuyant de son machisme. Cette soirée ne serait que bonne résolutions. Temporaires, il allait de soit... le temps de partager un repas chaleureux en compagnie d'étranger bien éduqués et respectueux.

    Leslyn avait demandé à Samwyle, son fils aîné, de veiller à ce qu'on s'occupe bien de la monture de lady Elasha. Une très belle bête. Le jeune héritier des Tarly veilla à ce que le garde qui s'occupait du cheval l'emmena dans la même écurie où se trouvaient les montures de Leslyn et ses fils. Elle y serait traitée du mieux possible.
    Ils pénétrèrent dans la demeure des Tarly ou quelques domestiques s'affairaient encore, s'arrêtant pour saluer les nobles sur leur passage, faisant une révérence tandis que le petit groupe gagnait la salle du dîner. Lady Elasha leur expliquait la difficulté de la traversée des déserts dorniens. Leslyn n'avait jamais voyagé en Dorne, si ce n'est dans les montagnes frontalières, mais n'avait jamais gagné les déserts. Il se demandait bien quels genres de paysages l'on pouvait y admirer. Une mer de sable devait être impressionnante.


    - Je n'ai jamais été en Dorne. Si les affaires s'y prêtent un jour, je ne m'y refuserais pas.

    Meerya sourit, appréciant les efforts de son mari. Il pouvait même être sincère. Il n'aimait pas une bonne part des dorniens, mais leur pays ? Elle s'imaginait déjà entourée de produits exotiques, de tissus soyeux et de senteurs orientales...

    Mais les dernières paroles de la dornienne la sortit de ses songes. Elle s'attaquait à la réputation de Leslyn. La femme, âgée, était sage et avait du vivre beaucoup de choses. Son expérience l'avait certainement rendu audacieuse au regard de certaines personnes. Une personne comme elle ne devait pas se limiter aux protocoles de la noblesse, aux rumeurs et devait faire preuve de franchise. L'usage de la langue de bois n'était certainement pas dans ses coutumes. Ou était-ce un très de caractère dornien ? Leslyn pensait les hommes dorniens audacieux, peu respectueux et belliqueux à l'image de la réputation des Uller qui était venue à ses oreilles, mais, sa rencontre avec Lyra lui avait montré les femmes dorniennes comme plus tempérées. Il s'était fait des idées trop hâtivement, comme à l'accoutumée.

    Néanmoins, bien qu'il fronça un très court instant les sourcils, il ne fut pas interpelé par la remarque de la dornienne. Il était conscient de sa réputation. Il sourit même, même si cela n'était que très faiblement.

    - Aah... Si tous les bruits qui courent en Westeros étaient fondés, nous compterions des dragons dans les rangs de l'armée targaryenne.

    Près de la table attendaient les deux plus jeunes fils de Leslyn, Danzel, et le petit Garlon. Ils saluèrent avec politesse lady Elasha.

    - Où est Samwyle ? demanda Meerya, cherchant son fils ainé du regard.
    - Il était aux écuries, il ne devrait pas tarder, répondit Leslyn.

    Il invita lady Elasha à s'asseoir et ils prirent place avant que Samwyle ne les rejoigne, arrivant d'un pas pressé. Il salua d'une révérence la dornienne et lui offrant un grand sourire se présenta avant d'aller s'asseoir près de ses frères. Bien évidemment, les trois garçons, durement éduqués par leur père allaient se tenir le plus parfaitement qu'il leur était possible, faisant la fierté de leur paternel. Son invité abordait d'ailleurs déjà le sujet de Lyra tandis que des domestiques apportaient les amuses-bouches et du vin, léger et légèrement fruité, rond, que Leslyn appréciait avec ses entrées. Il espérait que ses invités seraient du même avis.

    - Oh. Lyra ? Il esquissa un léger sourire et croisa le regard de sa femme. Se raclant la gorge, il reprit, Nous avons eu un léger incident à vrai dire. Mais sans cette rencontre fortuite et non sans piment, je dois l'avouer... vous ne partageriez pas ma table à l'heure actuelle. Je dois avouer avoir été légèrement froissé de son manque de... tact ? Sur le moment, mais... après tout, vous êtes mes hôtes. Je lui ai demandé de préparer des plats dorniens, et j'aimerais que cela soit elle qui nous les ammène et nous les présente... ma femme adore l'exotisme à vrai dire. Je suis sûr que cela l'enchanterait.


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Message Sam 22 Sep 2012 - 11:03

     Lady Elasha observait son interlocuteur avec un calme non feint. Même si le sang chaud des Dorniens, coulait dans ses veines, la vieille femme avait aussi l'avantage de l'âge et elle savait parfaitement qu'il ne servait à rien de s'énerver pour des choses sans intérêt. Surtout lorsque vous vous trouviez dans la demeure d'un homme réputé comme étant plutôt hostile aux personnes de votre origine. Ce n'était effectivement que des rumeurs, mais cela dit, qui pouvait prouver qu'elles n'avaient pas un fond de vérité ? Il n'y a jamais de fumée sans feu et la Dornienne préférait donc prêter foi à ce genre de discours plutôt que de se voir remettre brutalement à sa place, ou même jetée hors de la demeure du seigneur des lieux. Ce n'était normalement pas le type de comportements adaptés à un noble, mais lady Elasha savait bien que certains individus laissaient passer leurs envies avant leurs intérêts, il était donc fort probable que l'idée d'humilier une Dornienne soit plus intéressante que celle d'être un bon hôte. La vieille dame ne connaissait pas assez son interlocuteur pour se faire une idée à son propos et décida donc de jouer la carte de la prudence afin de s'en tirer le mieux possible. Mais bon, ils n'étaient pas en guerre, simplement attablés autour de ce qui promettait être un bon repas. En entendant que lord Leslyn envisageait éventuellement de se rendre un jour à Dorne si les affaires le demandaient, la vieille femme et sa suivante esquissèrent un sourire comme si l'idée les amusait. Il n'y avait pourtant rien d'hostile ou de moqueur dans leur expression.

     ▬ Cela me semble une bonne idée, après tout nous sommes voisins et comme le dit l'adage, lorsque l'on se méfie de quelqu'un ou de quelque chose, mieux vaut le connaître correctement. »

     Ce n'était pas les mots précis, mais c'était sans importance. L'idée était là et lady Elasha se voyait plutôt mal lui raconter que le véritable adage était de surveiller son ennemi pour mieux le connaître. La discussion s'enchaîna alors tandis que le Bieffois déclarait que si toutes les rumeurs étaient justifiées, il y aurait beaucoup de choses étranges en Westeros. C'était certain, les dragons des Targaryen étaient de bons exemples par ailleurs. Seulement entre rumeur et réputation il y avait une certaine différence, cela dit la Dornienne ne pipa pas mot, ne désirant pas vexer ou provoquer inutilement son vis-à-vis. Après tout, elle n'était pas ici pour se le mettre à dos, mais simplement pour déguster un bon repas.
     Après quoi, la vieille femme put faire la connaissance des trois fils de la maison, ils étaient relativement bien éduqués, même si lady Elasha n'ayant jamais eu d'enfant ne pouvait pas réellement parler en connaissance de cause. Elle les salua tous trois, imitée par sa suivante qui s'empressa de faire preuve de politesse, puis le repas débuta et la Dornienne apprécia ce qui lui fut présenté. Elle ne se priva d'ailleurs pas de le faire savoir à ses hôtes, après tout, il n'y avait rien de mal à dire la vérité, non ? Après un petit moment, le seigneur des lieux reprit la parole pour répondre à son invitée en lui faisant savoir que lui-même et son épouse avaient eu un léger démêlé avec la roturière qui tenait lieu de suivante à la noble étrangère. Celle-ci glissa son regard noir sur la silhouette de la jeune femme avant de reporter son attention sur lord Leslyn pour hocher la tête tout en répondant à sa demande.

     ▬ Et bien dans ce cas, elle les apportera. Tournant la tête vers la jeune femme, elle réitéra ses paroles. Lyra, occupe-toi de cela. Puis reportant son attention sur ses interlocuteurs. Je m'excuse si ses paroles vous ont froissés, elle n'est pas suivante depuis bien longtemps et a toujours vécu dans une auberge, cela n'aide pas à apprendre les bonnes manières. Puis je vous avoue que les femmes de notre région ont naturellement la langue bien pendue, je trouve cela charmant à ses yeux, mais je comprends que sans y être habitué, cela peut devenir frustrant. »

     Tandis qu'ils parlaient, la suivante laissa les nobles entre eux et suivit une domestique qui l'aida à se repérer dans l'immense demeure, puis débarqua dans les cuisines où elle reconnut pas mal de monde croisé l'après-midi même. La jeune femme s'empressa de charger les plats sur ses bras – elle en avait l'habitude après avoir joué la serveuse dans l'auberge de ses parents pendant des années – puis rebroussa chemin de manière à rejoindre à nouveau la salle où discutaient les nobles. Avec application, plus que dans l'auberge familiale donc, Lyra présenta les plats aux Bieffois avant de les agrémenter de quelques paroles destinées à leur faire savoir ce qu'ils contenaient. Elle avait été douce sur les piments et les épices, ne sachant guère si les habitants de cette région y étaient habitués ou non.

     ▬ Il s'agit de mangues rôties avec des épices de manière à leur donner plus de goût, agrémentés de citrons et quelques autres agrumes acides pour relever le tout. C'est une sauce destinées à accompagner la volaille cuite à l'étouffée de manière à conserver son goût naturel. Habituellement c'est proposé avec de la viande plus exotique et plus de piments, mais j'ai préféré rester plus.... légère à ce niveau. »

     Ce n'était pas pour se moquer d'eux ou les considérer comme moins tolérants à ce niveau, s'ils voulaient du piment, elle pouvait toujours en chercher ! Le repas continua donc, lady Elasha discutant avec ses hôtes sur des sujets divers et variés, mais sans aborder celui qui fâche. Elle fit preuve de sa noblesse et montra clairement que même les Dorniens pouvaient se comporter avec calme et intelligence. Les plats aussi étaient très variés, mais surtout délicieux, même si la cuisine de Dorne pouvait troubler les papilles des hôtes cela dit. Le repas tira alors à sa fin, Lyra se montra plus qu'heureuse d'avoir pu assister à quelques chose de semblable – surtout sachant qu'elle était coupable d'une boulette – et remercia presque la Mère Rivière de lui avoir donné cette maladresse ! Au final, la vieille dame remercia le seigneur des lieux.

     ▬ Et bien mon seigneur, je vous remercie de m'avoir prouvé que votre réputation n'était qu'une rumeur et que vous savez bien recevoir. J'espère un jour pouvoir vous retourner la pareille. »

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Message Ven 12 Oct 2012 - 19:55

    Le repas s'annonçait jusqu'ici plutôt serein. Même si la dornienne avait vaguement évoqué quelques sujets sensibles chez Leslyn, ce dernier était disposé à passer un bon moment et ne s'offusquer de rien.

    Lyra s'occuperait donc du service tandis que les Tarly continuaient de converser tranquillement avec sa dame, qui s'excusait de la conduite de sa suivante. Ainsi l'ego et l'honneur de Leslyn se voyait consolé et Meerya se vit rassuré quant à un probable coup de colère de son mari. D'après lady Elasha, les dorniennes avaient toutes plus ou moins la langue bien pendue. Les domestiques de la maison servirent du vin à tous ceux qui avaient vidés leurs verres et Leslyn se rafraichit le gosier joyeusement. Verres sur verres, l'alcool commençait à égayer son coeur et chasser ses tabous, si bien que qu'il en oublia presque ses à priori et quand Lyra amena sur la table les plats de son pays, il se mit à goûter à tout sans retenu, se délectant de tous les mets, encouragé par les vapeurs de l'alcool.

    Il ne se préoccupait guère des explications gastronomiques de la dornienne, se contentant de mâcher et d'avaler, tandis que sa femme semblait boire les paroles de la suivante.
    Le reste du repas se tint dans une ambiance détendue et plutôt agréable, sans aucun incident remarquable si ce n'est la disparition des enfants Tarly en pleins milieu du repas, rapidement excusés par leur père. L'impatience était un trait partagé par beaucoup de jeunes, après tout. Le repas s'éternisant, et Leslyn étant particulièrement gai pour une fois, il passa sur ce léger manquement à l'éducation dont il les avait doté.

    Vint alors l'heure de se séparer de leurs invités, et Leslyn et sa femme accompagnèrent lady Elasha comme il se devait.

    - Un jour peut-être... dit Leslyn en souriant légèrement.

    A vrai dire, maintenant qu'il y pensait plus sérieusement... Il ne mettrait surement jamais les pieds en Dorne. Lady Elasha lui avait prouvé que cette contrée était bâtie de gens de bien. Mais il n'en perdait tout de même pas ses méfiances. C'était une vieille femme, assagie par les décennies. Qu'en était-il des jeunes guerriers impétueux, plus belliqueux que les loups du Nord ? Qu'en était-il des Uller et ces autres lignées de fous ?

    - Je vous souhaite beaucoup de bien, dame Elasha. Cela faisait longtemps que je n'avais pas partagé un repas avec un invité aussi agréable. Que le vent vous porte partout où vous le désirez... Que les Sept vous protège.

    Après avoir échangé quelques paroles d'adieu, il regarda la dame et ses suivants quitter Corcolline pour rejoindre lentement le village où dormirait la vieille dame cette nuit. Alors qu'il s'apprêtait à regagner sa demeure pour se coucher auprès de sa femme, il distingua une silhouette quitter les écuries toute proche et venir droit sur lui. Il s'arrêta, fronçant les sourcils. Les effets du vin s'étaient estompés, et il eut la conscience d'esprit de décroiser instinctivement ses bras, sans savoir s'il devait craindre l'inconnu. Alors que ce dernier approchait à la lueur des torches qui éclairaient le chemin vers la demeure des Tarly, Leslyn reconnu immédiatement son frère.

    - Kervan... Je te croyais partis ?

    Ce dernier s'arrêta à la hauteur de lord Tarly, lui faisant face de tout son être. Il était plus imposant que son frère ainé, et avait les épaules larges. Légèrement plus grand, son visage inspirait à la fois la crainte et la sympathie. Malgré les apparences, il avait toujours été aigri avec son frère ainé. Depuis tout petit, Kervan avait toujours été un homme audacieux, orgueilleux et attiré par le pouvoir. S'il n'était pas né après Leslyn, il aurait été l'héritier. Il avait les épaules pour. Il était tellement meilleur... Son ego avait toujours vu d'un mauvais oeil la réussite de Leslyn... seulement du au fait qu'il était l'aîné, selon lui. Se plantant en face de lui, et le dévisageant avec le même mépris qu'à l'accoutumée, il s'humecta les lèvres. Il détailla son frère et renifla bruyamment.

    - Et je croyais notre maison entre de bonnes mains. Des dorniens chez nous ?
    - Une dornienne. Une femme sage. Depuis quand dois-je me justifier auprès de mon frère ?


    N'en rajoutant pas plus, Kervan soupira et fit volte-face, disparaissant dans la pénombre des bâtiments de la forteresse. Leslyn resta un instant figé là. Pourquoi fallait-il qu'une fratrie soit ainsi déchirée par la jalousie ? Quoiqu'il fasse, Kervan trouverait toujours le moyen d'essayer de le détruire. Leslyn craignait de mourir trop tôt, et de laisser ses fils aux mains de ce vautour. Heureusement, Samwyle était maintenant adulte et les deux autres le seraient bientôt. Sur ces quelques songes, il gagna sa couche, s'endormant aux côtés de sa femme...


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