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Les rencontres d'hier font les alliances de demain

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Message Mer 15 Aoû 2012 - 19:43

- En l'an 206 -


    « C’est bon, qu’est-ce qui te dérange ? »
    Oteh leva les yeux de son ouvrage, arrêtant le chiffon sur la pointe d’Alicia. « De quoi tu parles ? » L’interrogea-t-il d’un air suspicieux.
    « Ca fait une heure que tu astiques la pointe de ta femme avec ce chiffon, et à chaque fois que tu t’acharnes sur un détail de cet arme, c’est parce que quelque chose t’embrouilles l’esprit. »

    Sur ce coup là, Oteh ne pouvait qu’admettre que Mewan avait raison, en même temps, depuis combien de temps partageaient-ils tout ? Route, pain, auberges, chambres, catins … Il n’était donc pas étonnant qu’il sache comment réagissait son garde du corps. Oteh Byris se redressa contre le dossier de sa chaise et passa une main attentive dans le fil de sa longue barbe décorée de clochettes dothrak.

    « Et bien si tu sais cela, tu dois connaître la réponse. Tout comme je connais la raison qui t’as poussé faire cela. »

    « Et qui est selon toi ? » Demanda-t-il en rompant un quignon de pain et l’engouffrant dans sa bouche, confortablement allongé dans le lit.

    « Ton profit bien sur ! Louer gracieusement mes services à la maison Ferboys va leur susciter de la sympathie et de la confiance, ils seront donc plus enclins à acheter ta marchandise. »

    « Exact ! Et toi ça te dérange que j’utilise tes capacités comme ça. »
    « Nan, ça me dérange parce que c’est TA vie que j’ai juré de protéger. Pas la sienne. »
    « Oui et bien pendant que tu feras des ronds de jambe avec la fille Ferboys moi je ferais fructifier mes affaires avec son seigneur de père. »

    Oteh soupira et fit jouer son pouce avec la pointe de la lame en ruminant.

    « Je n’ai pas confiance en ces gens … »
    « Tu n’as confiance en personne ! » Ria-t-il en balayant d’un revers de main négligeant les miettes qui tombaient sur son surcot de laine.
    « Et surtout pas en toi ! Vieux fou ! » Réagit-il en souriant, reprenant le morceau de chiffons et recommençant à polir sa lame, si lisse qu’elle en était douce, si affutée que seul des mains expertes pouvait la manipuler sans se couper. Oteh avait tranché bien des vies au fil de cette lame. Au nom de son devoir sacré, au nom des dieux, et au nom des peuples qui en avaient besoin. Oteh repassait le flot de ses souvenirs, il les laissait se déverser devant ses yeux.

    « La dernière fois, tu avais loué mes services pour une bataille… » Dit-il d’une tonalité presque musicale.
    « Ouais… Ils avaient promis de me tuer s’ils ne gagnaient pas… »
    « Et au final tu y as gagné un supplément lorsque j’ai dut procéder aux funérailles de certaines victimes. »
    « Ca c’était une affaire rondement mené ! » s’esclaffât-il en se rappelant ces souvenirs mémorables. Attrapant sa chope, il s’en délecta d’une belle gorgée.
    « Tout cela me met en appétit ! Je me laisserais bien tenté à quelques putains. Et toi ? »
    « Nan merci, pas ce soir. » Répondit il calmement.

    Mewan le scruta d’un œil suspicieux.

    « Penserais tu encore à cette fille que tu as quitté sur les quais à Braavos ? »
    Oteh releva la tête, sourcil froncé, il mit un temps à se rappeler puis revit l’image de la dernière femme à lui avoir accordé un baiser. « Ha ! Tu parles, elle m’a embrassé, et j’ai dégobillé sur le paletot cinq minutes après ! Je crois qu’elle ne voudrait plus jamais me parler ! » Dit il en riant à son tour. « Oui ! Cinq minutes, le temps de monter sur le bateau et de ressentir la houle ! » Renchérit Mewan. « A moins que ce ne soit vraiment à cause de son haleine ! »

    Les deux hommes rirent aux éclats, puis goutant une fois de plus à l’amertume de la bière brune, il reprit :
    « Existe-t-il au moins une seule femme qui te donnera l’envie de rester près d’elle ? Je me pose bien souvent la question… »

    « Question inutile quand la réponse est sous tes yeux. » Répondit Oteh en faisant miroiter sa hallebarde sous les yeux du marchand. Celui-ci esquissa un geste pour la repousser comme si elle était une vilaine maladie.
    « Tu sais très bien de quoi je veux parler ! Des jambes longues, des yeux de biche, une paire de cuisse prête à s’ouvrir pour toi tous les soirs, une paire de sein suffisamment fourni pour nourrir mari et enfant ! Et avec un peu de chance… muette si ce n’est que pour pousser gémissement et cris gutturaux. N’as-tu jamais pensé à une autre vie ? »

    « Jamais, je suis prêtre de Norvos et … »
    « Et votre caste n’empêche pas de vivre une vie voué à la famille. Combien de dieux sont assouvis par la satisfaction de voir une famille bien mené ? »
    « … et même s’il en est ainsi, nous sommes éduqués pour nous battre, nous sommes élevé dans des récits de bataille, nous sommes instruit pour la stratégie, nous apprenons dans la douleur le gout de la poussière et du sang. Nous servons les dieux, nous protégeons les hommes. C’est ainsi. »

    Mewan le regarda, fixant ses yeux sombres contre le mur d’acier bleuté du regard de son garde du corps ?

    « Je t’ai donné une piètre vie alors, tu n’utilises pas la moitié de tes talents à mon service. Tu aurais pus servir le Seigneur des Mer de Braavos. Tu aurais pu régner même. Et ne ment pas, je t’ai vu, tu es un excellent général. Qarth, Lys, Volantis… Même Asshai.»

    Oteh ne cilla pas un instant, soutenant le regard presque empli de regret de son ami. La bière devait l’attaquer sérieusement car il était rare que son ami se laisse aller à tant de paroles inutiles. Il se leva, Alicia debout à son côté.

    « Les dieux m’ont destiné à te servir. Et je les en remercie chaque jour. En te suivant, j’ai vu plus de choses que n’importe quel autre prêtre, j’ai voyagé à travers Essos, Westeros, nous avons foulé le sable brulant des Îles d’été, goutant ce qu’ils avaient de meilleurs. J’ai combattu des dothraki, des braavosi, mercenaires, voleurs, soldats. Les dothraks, m’ont offert des clochettes en symbole de respect alors que je suis incapable de tenir sur un cheval, j’ai rencontré des danseurs d’eau et de velour, j’ai philosophé avec des hommes de grande foi… Et ensemble mon ami, nous avons baisé des femmes de tous les royaumes où nous avons été, parfois c’était même gratuit ! Nan mon ami, tu n’as pas de remords à avoir, je n’en ai aucun. »

    Il sorti de la chambre de l’auberge et traversa la mezzanine donnant sur la cour de l’auberge d’où l’assaillirent des odeurs de porcs grillé, de lard fumé, de ragout de chèvre et d’autres viandes propres au territoire de Dorne. La soirée était encore chaude et nombre de gens s’amusaient aux sons de quelques chants accompagnés d’instruments à cordes et à vent. Oteh les avisa tous de son regard affuté puis brandit sa hallebarde dans l’air, pointant vers une femme sur les genoux d’un gros rustre obséquieux.

    « Toi ! Là, vient et prend un pichet de vin. »
    « Hey là l’ami, c’est sur ma bite qu’elle est déjà logé ! » Lança le gros client.
    « Faudra-t-il donc que je te la coupe pour qu’elle vienne ou bien en choisiras tu une autre ? Regarde bien la taille de mon arme avant de décider. »

    La foule observa l’échange avec intérêt, puis l’inconnue repoussa sèchement la plantureuse brune au teint hâlé qui prit alors un pichet et monta les escalier avec prudence dans sa robe trop encombrante. Arrivant dans la direction d’Oteh, celui-ci la stoppa net en la menaçant de la lame de son épouse. Il la fit tourner sur elle-même, puis se rapprocha d’elle pour une fouille au corps.

    « Hey gars, ya p’us agréab’ pour fair’ça. »

    Restant muet, Oteh trempa aussi un doigt dans le pichet de vin pour en gouter le contenu. Puis finalement il lui désigna la chambre.

    « Satisfait le et il te paiera grassement. »
    « Compt’ su’ moi m’sire, après il f’ra un ‘ros dodo. »
    « Par contre si je vois que tu l’as volé, je prends ta tête. »

    L’avertissement compris, il la laissa alors allez dans la chambre. Il se dirigea ensuite vers le bord de la mezzanine et s’y assit, s’appuyant sur une des colonnes de bois et laissant son regard trainé sur la foule qui s’amusait. Rapidement des gloussements, des rires, puis des bruits plus obscènes traversèrent les murs. Oteh regarda toute ces vies qu’il surplombait, repensant à la discussion qu’il venait d’avoir.

    « Suis-je vraiment au-dessus d’eux ? » S’interrogea-t-il. « Je vis parmi eux, je respire le même air, bois le même vin, baise les même femmes qu’eux. Les dieux veulent-ils vraiment que je me sente supérieur à eux ? Il n’en est rien. Je lui ai bien dit, je sers les dieux, je protège les hommes. Puisse-t-il un jour y avoir quelqu’un qui me comprenne… »

    Posant le plat de la lame sur son épaule, il la serra contre lui comme s’il s’agissait véritablement du seul être qui comptait pour lui…

    Au petit matin, Oteh alla réveiller Mewan, la pute avait filé dès la fin des festivités sans attendre le premier ronflement, néanmoins, et Oteh l’avait vérifié, elle n’avait rien volé.

    Une fois qu’ils furent prêt, ils se dirigèrent vers le palais des Ferboys, l’homme d’arme ayant pour l’occasion, revêtit ses plus beaux atours, troquant ses guenilles discrètes pour un surcot de lin teint en blanc, frappé des armes de la caste de Norvos, avec un capuchon qu’il avait rabattu sur ses cheveux brun, ne laissant que deux longues mèche encadrer son visage et ressortir. Sa longue barbe tressé et entretenu, décorée des clochettes dothrak, les manches longues et bouffantes de sa chemise en coton ceints aux poignets par des brassards de cuir couvrant les avant-bras et à la taille, un large ceinturon clouté équipé de ses poignards. Puis sous la chemine, Oteh portait une tunique de protection en cuir. Une cape rouge, un pantalon de cuir bouilli et des bottes remontant aux genoux complétaient sa parure. Certes, sous le soleil dornien, il allait souffrir du soleil, mais le garde du corps avait passé des journées plus chaudes sur les mers et saurait s’accoutumer.

    Ils pénétrèrent, son maitre et lui dans la place forte de la ville et se dirigèrent vers la salle du trône, les couloirs étaient richement décorés en tapisserie et statue, pourtant Oteh n’y montra que peu d’intérêt. Les gardes qu’ils croisèrent lui lançaient des regards peu accueillants.

    « Tu as baisé qui pour qu’ils te regardent comme ça ? Leur femme ou leur mère ? Et tout ça en une nuit coquin ? » Lança Mewan d’une voix basse.
    « Ces hommes sont censé vouer leur vie à protéger leur seigneur, et je viens ici faire leur devoir. Ils prennent ça comme une insulte. » Expliqua alors Oteh.
    « Hmmm … Tiens pendant qu’on y est, pas de paroles déplacés, tu tiens ta langue grande gueule. Je ne veux pas de scandales, si elle te pose une question, tu réponds, mais ne joue ni au philosophe, ni au révolutionnaire, tu ne changeras pas ce monde. » Le ton de Mewan était plus autoritaire que la veille, mais il connaissait la langue bien pendu de son vieil ami.

    Ils arrivèrent enfin devant la porte de la salle du trône et se présenta aux gardes qui la surveillaient, ceux-ci le firent entrer en l’annonçant.

    Oteh se dirigea alors seul vers le fond de la salle où on l’attendait alors que Mewan resta près de la porte. Cela par contre perturbait quelque peu Oteh, il n’avait pas l’habitude de laisser son maître derrière, mais un marché était conclu, il devait mener et protéger Lady Edarra Ferboys à travers la ville et il comptait bien assurer son rôle.

    Arrivant face au seigneur des lieux, il s’inclina poliment, un prêtre à barbe ne se prosternant que devant les dieux, pourquoi devrait il en faire de même pour les hommes ? Il se redressa ensuite et dit :

    « Seigneur Ferboys, je suis prêt à servir votre fille et à la protéger par ma vie. »
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Message Jeu 16 Aoû 2012 - 17:03

Deux semaines, si longtemps que l'anniversaire des dix-neuf ans d'Edarra avait eu lieu et pourtant, la jeune fille n'avait pas encore reçu l'autorisation de sortir de palais des Ferboys à cause des menaces qui pesaient sur les membres de la famille. Evidemment, avec une lourde escorte, elle aurait pu déambuler dans les rues sans que cela n'inquiète sa mère et son oncle mais bon, à quoi bon sortir si c'est pour ne voir que des soldats qui empêchent quiconque de l'approcher à moins de quinze mètres. Ce n'est pas qu'elle veuille se retrouver proche des roturiers mais bon, elle voulait ressentir tout de même un certain sentiment de liberté. De son point de vue, assez confiante en ses capacités, voire trop confiante, une escorte était superflue mais bon, Lord Ferboys était intransigeant sur la question, sachant très bien ce qu'il pourrait perdre si jamais sa nièce venait à être capturée ou tuée. Sa soeur Shyra, la mère de la jeune fille, aurait vite fait de mettre la région à feu et à sang pour venger sa fille ou la retrouver. Il avait donc tout intérêt à ce que cela ne se produise pas. De plus, il savait également que son mariage allait grandement renforcer la Maison Ferboys et pour cela, elle se devait de rester en bonne santé jusqu'à ce jour.

Malheureusement pour Lord Ferboys, la fille était comme la mère et au final, aucun refus ne parvenait à la faire plier. Cela faisait maintenant bien longtemps qu'il avait commencé à sentir son impuissance face à Shyra et sa fille, leur caractère étant une chose avec laquelle il était difficile de composer. C'est donc afin de répondre aux exigences de sa nièce, tout en rassurant sa soeur, que Lord Ferboys se renseigna sur les différentes possibilités qui pouvaient s'offrir à lui. C'est finalement l'offre d'un marchand qui attira son attention, ce dernier lui proposant la protection d'un prêtre de Norvos dont la réputation n'était plus à faire. C'est ainsi qu'il fut convoqué au palais des Ferboys pour servir d'escorte à la jeune Lady Edarra.

Lorsque la suivante vint annoncer la nouvelle à sa dame, celle-ci bien que contente, resta impassible, se demandant si un prêtre de Novros était aussi puissant que plusieurs soldats dorniens. Cela ne lui sembla pas concevable et la première chose qui lui vint à l'esprit, était que son oncle se moquait d'elle et qu'il ne la laisserait finalement sortir que sous l'escorte du prêtre, ainsi que de plusieurs soldats. A ses yeux, ce nouveau garde du corps allait remplacer au mieux la présence de deux hommes, ce qui en laissait encore pas mal sur ses talons. Quoiqu'il en soit, si elle voulait aller voir la voyante pour savoir ce que lui réservait cette nouvelle année de vie, elle ne devait pas avoir trop de garde. Déjà l'année passée, la vieille femme s'était enfuie à la vue de la milice, chose peu surprenante lorsque quelqu'un est soupçonné de sorcellerie. Par conséquent, le groupe devait être particulièrement réduit et c'est d'ailleurs ce qui posait le plus de problème à son oncle. Bien sûr, ce n'était pas le seul objectif de cette sortie, qui était indispensable pour obtenir certains renseignements, sans que des oreilles indiscrètes de les obtiennent également.

Après une bonne nuit de sommeil, la jeune lady se leva avec un peu d'impatience, ayant hâte de voir ce fameux prêtre sensé être aussi fort que plusieurs hommes. La préparation à cette sortie au milieu des sujets de la Maison Ferboys ne manqua pas de nécessiter un certain temps, même si la plus jeune de ses suivantes ne manquait pas de la complimenter toutes les dix minutes. Edarra se devait d'avoir une élégance et une grâce qui montreraient aux roturiers le ravin qui les séparait d'une personne de sa stature. Après deux bonnes heures passées à se coiffer, se rafraîchir et s'habiller, la jeune femme était enfin prête et cela tomba plutôt bien car elle ne dut pas attendre bien longtemps avant qu'on ne la prévienne de l'arrivée de son escorte. Habillée d'une magnifique robe d'un blanc éclatant recouvert de broderies, elle semblait presque irréelle. Ses longs cheveux noirs comme le charbon parfaitement coiffés étaient recouvert par un voile également blanc aux bords brodés de dentelles et était attaché à une sorte de cap blanche assez légère. Evidemment, cet ensemble était pratiquement fait que de soie, à part les broderies, ce qui le rendait aussi étincelant que les étoiles à la lueur du jour. Avec une élégance digne d'une reine, Edarra descendit les marches vers la grande salle où siégeait son oncle, suivie par ses deux servantes qui la laissèrent au moment où elle franchit la porte.

Pendant ce temps, le prêtre de Novros venait de pénétrer dans la grande salle et s'inclina devant Lord Ferboys qui attendait son arrivée. Ce dernier jeta un coup d'oeil à la porte et vit le marchand lui ayant proposé les services de son garde du corps. Vu l'antipathie qu'il semblait savoir attiser, ce marchand devait en effet avoir un excellent protecteur sous ses ordres et si ce dernier ne faillait pas, il aurait droit aux avantages promis pour son commerce. En revanche, en cas d'échec, sa tête serait bien évidemment la première à tomber, avant même ceux ayant osé s'attaquer à sa nièce. Le regard du chef de la Maison Ferboys ne laissa aucun doute sur cette partie du contrat et d'ailleurs, vu la réputation de ce dernier, les chances pour que la tête touche rapidement le sol étaient minces. Cela serait dès lors une longue agonie qui les attendrait. Quoiqu'il en soit, confortablement assis sur ce qui lui servait de trône, Lord Ferboys salua le prêtre et se montra assez septique quant à la force de ce dernier.

« Bonjour Prêtre. Votre maître m'a vanté vos louanges avec grandes éloquences aussi, j'espère que vous serez à la hauteur de la tâche qui vous est confiée. Sachez que si vous échouez, les Ferboys n'auront de répit avant d'avoir éviscéré toute personne ayant croisé votre route. J'espère avoir été assez clair sur l'importance qu'il n'arrive rien à ma nièce ? »

Ces mots bien que semblant destinés à la crainte, sonnaient comme bien réels et d'ailleurs l'attitude du Lord ne manqua pas de le confirmer. Bien qu'ils gardent la voie, les Ferboys n'avaient jamais rechigné à nettoyer celle-ci et cette fois, la voie aurait juste été un peu plus longue. A peine quelques instants plus tard, Edarra fit son apparition par la porte située à la droite de Lord Ferboys. En entrant dans la pièce, elle jeta un rapide coup d'oeil au fameux prêtre et elle dût admettre qu'une certaine aura l'entourait, comme si il était bien différent des simples gardes qui étaient positionnés à chacune des portes et au côté de son oncle. D'une démarche assurée et avec une expression d'intense noblesse par son aspect hautaine, elle s'approcha du trône pour y saluer Lord Ferboys. De ce simple échange, tout le monde put voir à quel point Edarra avait de l'influence au sein de la Maison Ferboys et surtout, l'importance que lui prêtait son oncle. Niant presque la présence du prêtre, elle posa alors une simple question, faussement innocente bien sûr.

« Mon cher Oncle, où est donc cette escorte réduite que vous m'aviez promis ? Je suppose qu'il ne s'agit pas simplement de cet homme ? »

Gardant son masque d'indifférence, elle lança un second regard vers l'homme qui se tenait devant eux, ayant un doute sur les capacités de cet homme à assurer sa protection. Histoire de rassurer sa nièce, Lord Ferboys commença à chanter les louages de sa trouvaille, louanges qu'il avait entendu précédemment de la part du maître du prêtre.

« Ne t'en fais guère ma charmante nièce. Cet homme est habitué au combat et peu aisément se défaire de toute menace se présentant devant lui et la personne qu'il sert. Maintenant, je peux toujours lui adjoindre quelques gardes si tu ne te sens pas à l'aise. »

D'un regard, Edarra ne laissa planer aucun doute sur son refus de se voir accompagner d'une troupe de soldats comme à l'habitude. Cependant, vu les compliments adressés à cet homme, la jeune fille voulait se faire une idée précise de sa force et pour se faire, elle n'hésita pas un instant à prononcer des mots qui venant d'un autre, aurait pu être pris pour une plaisanterie.

« Voyons cela alors. Prêtre, si tu penses pouvoir garantir ma sécurité, ce petit test ne devrait pas te poser de problème. Gardes !!! Tuez cet homme sur-le-champ !!!! »

Les quatre gardes qui se tenaient devant les portes répondirent immédiatement à l'appel de leur maîtresse et brandirent leur lance en direction du prêtre. Prenant toutefois garde de ne pas sous-estimer leur opposant, ils l'encerclèrent avec précaution, espérant bien le vaincre pour démontrer leur valeur. De son côté, malgré un mouvement désapprobateur, Lord Ferboys se ravisa en comprenant qu'il ne pourrait s'opposer à sa nièce si facilement et qu'avoir un nouveau caprice de sa part sur les bras, aurait été bien plus difficile à gérer qu'un prêtre de Novros mort dans son palais. Au final, tout reposait sur les épaules de l'homme venu se mettre au service des Ferboys, aussi bien sa vie que celle de son Maître car si il venait à mourir, et cela afin d'éviter toutes représailles stupides de sa part après la perte de son garde du corps. Garder la voie nécessitait de savoir avancer sans devoir constamment se retourner.

« Fais donc comme tu le souhaites ma chère. Mais si il vient à mourir, tu ne pourras pas sortir d'ici sans une bonne escorte, j'ose espérer que tu en es bien consciente. »
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Message Jeu 16 Aoû 2012 - 21:47

    « Très clair monseigneur, si cela peut vous rassurer, votre chasse aurait des chances d’être courtes… »

    « J’ai entendu ! » S’exclama Mewan depuis les portes, attirant un sourire discret sur le visage tanné du prêtre qui continua :

    « Néanmoins je n’ai pas pour habitude de faillir. » Sa voix était celle d’un homme d’expérience et dont la détermination résonnait jusque dans son regard.

    Finalement le bruit de portes grinçantes qui pivotaient sur leurs gonds se fit entendre sur la gauche du prêtre. Restant quasiment immobile, son regard glissa néanmoins vers la personne qui venait d’entrer, une silhouette baignant dans une blancheur immaculée et mettant en valeur son teint et ses cheveux. D’une grande beauté, il n’en restait pas moins que les bruits, timides, courant sur sa personne la décrivait comme quelqu’un de farouche et de cruel, une rose des sables dont les épines arrachaient facilement des têtes. Bien que vu sa grâce et sa la délicatesse de ses traits, elle devait facilement les faire tourner aussi. Rien d’étonnant à ce que Lord Ferboys y tienne comme à la prunelle de ses yeux. Ses premières paroles tintées de mépris enorgueillissait malgré tout le guerrier. « Et pourtant si enfant, c’est bien moi. » Se disait-il en cachant la fierté qu’il ressentait, il ne doutait cependant pas que Mewan de là où il était souriait d’une oreille à l’autre. Toujours si fier de pouvoir arborer son garde du corps qu’il avait obtenu en échange de matériaux brut pour les hallebardes.

    L’oncle tenta de la rassurer, vantant les mérites du prêtre selon les termes qu’avait employé son maître, mais si le client avait l’air confiant et satisfait, sa nièce elle restait encore un convaincre. Lorsqu’Oteh croisa son regard, il cru un instant qu’il se trouvait dans le nord, face à une de ces femmes qui n’ont que pour seul chaleur dans le cœur, celle de leur vie. Cette dornienne était un iceberg dans un désert. Son regard clair ne pouvait trahir une indifférence qu’elle affichait ouvertement. Peu convaincu de ses capacités, la dornienne le toisa de son regard glacial avant de demander ouvertement à ses gardes de le tuer. Si cette annonce fut une surprise, elle n’était pas si étonnante que ça. Les rumeurs et les bruits coureurs avaient laissé présager une telle attitude même si Oteh ne s’était pas attardé sur les quolibets. Restant de marbre, il respira profondément et laissa les hommes se placer autour de lui pendant qu’il rabattait son capuchon en arrière, laissant sa longue coiffure tombé dans son dos, descendant en cascade jusqu’à ses homoplates. Sûr que Mewan n’allait pas intervenir, il y voyait lui aussi un nouveau test de fiabilité de sa marchandise. Ha ! Maudit soient-ils tous.

    Les hommes restèrent d’abord à bonne distance, Oteh les jaugea tous d’un regard méticuleux. Quatre contre un n’allait pas être une mince affaire, néanmoins il avait l’avantage de l’espace disponible, un combat peu fidèle à ce qui pouvait arriver au cœur d’un marché. Oteh était plus susceptible de devoir arrêter un homme avec un poignard, éviter les empoisonnements, et vraiment éventuellement, parer à l’éventualité d’un archer ou d’un arbalétrier. Mais bon, il allait pouvoir se battre avec une certaine liberté ici... Il laissa sa lame pointé vers le sol, la tenant d’une main douce, ses bras ne quittèrent pas le long de son corps. Il fit quelques pas sur le côté pour observer leur réaction, ils le suivaient avec méfiance, le menaçant toujours de leurs piques acérés. Après quelques allez et venu, Oteh se redressa vers Edarra l’air satisfait, et lui dit dans une courbette exagérée :

    « Alors pour votre plaisir ma Dame… Dansons ! »

    La seconde d’après, il était sur ses appuis, jambes légèrement fléchis, la hampe de sa hallebarde plaquée contre son dos, sa lame pointant vers le sol sur sa droite, sa main gauche dressée vers son adversaire de gauche, ne quittant pas celui qui lui faisait face, et en étant tout ouïe au dernier dans son dos. Il recommença à se déplacer mais de manière plus rapide et il les feinta plusieurs fois, les menaçant de sa lame, ils réagissaient en tendant leur corps pour transpercer celui de l’éprouvé, qui usait de toute sa vivacité et de son agilité pour esquiver les pointes de fer. Les pas devinrent rapide, les changements de direction plus sec, Oteh voyait peu à peu la sueur perler sur le front des gardes qui sous leur chapel de fer devait bien avoir chaud. Finalement Oteh décida d’en finir.

    Commençant un pas rapide vers la droite, il surprit ses adversaire en bondissant à gauche, saisissant la pique de son adversaire direct par la hampe et le frappant à l’oreille du plat de sa lame, tenant fermement prise, il reprit un pas sur la droite et propulsa le pied de sa hallebarde dans la direction opposé à la lame, le bois glissa rapidement mais non sans une certaine tendresse dans la main desserré du prêtre avant de frapper le garde d’un coup sec entre les deux yeux, la main s’était resserrée autour du col de sa femme, à la base de la lame. Puis anticipant les frappes des deux guerriers restant, il fit des pas de danse, roulant de son corps, dans un ballet de lin, de soie blanche, de barbe et de cheveux, contre la hampe qu’il avait tenue jusque-là. Se rapprochant ainsi du garde, il réajusta la prise de sa hallebarde en la faisant danser autour de son corps pendant qu’il tournoyait et termina en envoyant un revers de son poing gauche dans la tempe de celui qui fut finalement sa première victime. La vitesse, l’élan et la force du poing eurent tôt fait d’envoyer l’homme à terre, son arme ayant été rapidement rattrapé par le prêtre-guerrier.

    Ne lui en restait plus que deux à mettre rapidement au tapis avant que celui qu’il avait frappé au front ne se relève. Le bon point était que leur formation était brisé, ils ne l’encerclaient plus, ils étaient tout deux épaule contre épaule face à lui. Oteh prit sa hallebarde ainsi que la pique, plus courte, ensemble de ses deux mains et lança l’offensive. Dans de grand cris, il frappa d’estoc et balayait l’espace entre lui et ses adversaires, lorsqu’il en vit un voulant se décaler d’un côté, il le suivit et finit par l’isoler, usant cette fois des deux armes indépendamment, il accula l’homme seul tout en maintenant les autres, le troisième s’étant finalement relevé et ramené dans la mêlé, à distance en usant de pirouette et de pas de danse lui donnant véritablement l’air d’une tornade. Le garde isolé fut rapidement vaincu, un coup de poing en pleine face ayant fini de l’envoyer s’assommer contre une des colonnes. Mettant les deux piques obtenus de côté, il reprit fermement la garde d’Alicia et fit face aux deux adversaires restant que 10 pas séparèrent de lui. Oteh se redressa et lança son arme dans des moulinets frénétiques autour de lui, la faisant glisser d’une main à l’autre, autour de sa taille, autour de son cou… Une démonstration de dextérité et d’expérience qui s’achevant dans l’adoption soudaine d’une nouvelle posture plus menaçante, son arme tournée de sorte que la lune tranchante de sa lame soit tournée vers eux. Quelque part dans la salle, une voix familière lâcha un « Hoho » masquant à peine son amusement.

    Oteh lança une nouvelle fois l’assaut, brandissant Alicia vers le plafond, il frappa comme la foudre sur l’un des gardes qui, faisant preuve d’un courage certain et d’un bon niveau de combat, bloqua le coup avec sa pique, se repliant sur ses appuis pour encaisser le choc. Son ami ne tardant pas à vouloir frapper, Oteh ne resta pas immobile et usa de sa posture pour passer par-dessus le soldat qui le bloquant, roulant sur son dos et reprenant position derrière lui. Frappant l’un à la nuque, l’autre au bras, le tout se termina en un duel qui s’acheva rapidement et avec pour seul trainée de sang, celle du nez brisé du dernier garde qui gémissait au sol. Respirant rapidement pour soutenir l’effort physique, le prêtre fit le tour de ses victimes, ramassant à chacun leur arme et évaluant d’un rapide coup d’œil s’ils n’étaient pas trop salement amochés.

    Armé ainsi d’une hallebarde et de quatre piques, il vint offrir ces dernières aux pieds de celle qui avait lancé le défi. Son regard cette fois flamboyant faisant face à la froideur de son interlocutrice. Lorsque le chant des bois s’entrechoquant au sol se tut, il dit alors :

    « Un bon soldat est capable de prendre les armes de ses victimes mortes, moi je vous les offres après les avoir arrachés à leur propriétaire vivant ! » Rabattant à nouveau son capuchon sur son front, Oteh baissa finalement le regard.
    « Cela vous convient-il ma Dame ? »

    Au fond de la salle, Oteh savait que son vieil ami devait être aussi fier qu’un coq faisant ses premiers pas dans une basse-cour de poules dodues.
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Message Lun 20 Aoû 2012 - 12:02

A première vue, le prêtre de Novros ne semblait pas décontenancer par l'arrivée de la jeune lady et encore moins par son attitude qui selon elle, sied à son rang. Son ordre aux soldats de tuer l'homme sensé la protéger ne sembla déranger personne, ni les gardes qui semblaient vouloir s'occuper eux-même de sa protection, ni au prêtre qui semblait vouloir démontrer sa valeur, ni même au marchand ayant amené le spécimen des contrées exotiques. En fait, seul son oncle semblait y voir un léger problème, mais rien qui ne justifia son intervention en faveur du champion à la hallebarde. C'est donc sous le regard amusé d'Edarra que les gardes se mirent en position, espérant bien démontrer à la jeune femme leurs capacités. Il faut dire que servir d’escorte à un membre de la Maison Ferboys était en honneur immense pour tout soldat et par conséquent, laisser cette tâche à un étranger était plus qu’inacceptable pour ceux-ci.

Pour Edarra, il ne faisait aucun doute que le prêtre allait mordre la poussière et que sa tête finirait sur une pique à l’entrée du palais mais bon, au moins ce petit spectacle lui permettrait de se divertir. La confiance excessive de l’homme ne manqua pas de faire sourire la dornienne qui n’y voyait que folie. Lorsque le combat commença, le désavantage de l’étranger semblait impossible à combler mais au final, les premiers échanges surprirent la jeune femme. Il ne lui fallut guère de temps pour repousser les attaques de ses opposants et même les attaquer à son tour. Assez confiante habituellement dans la force des soldats de la Maison Ferboys, Edarra commença à s’énerver en les voyant patauger et se faire ridiculiser par ce prêtre. Bien qu’elle lui reconnaisse un certain talent, voir ses hommes se faire battre aussi facilement ne lui plaisait absolument pas et son visage l’exprimait très clairement. Fronçant les sourcils après la mise hors combat de deux des hommes, la jeune femme lança un regard en direction de son oncle qui visiblement, appréciait le spectacle et la façon dont ce guerrier s’en sortait malgré la situation dans laquelle l’avait mise sa nièce.

Le combat continua et bien qu’impressionnant par sa façon de se battre, le prêtre n’avait nullement conquis les faveurs de la jeune lady, voyant dans ce spectacle une insulte à la Maison Ferboys. Les bras croisées et laissant échapper un long soupire de mécontentement, elle lança un regard froid et meurtrier en direction des deux derniers soldats encore debout, presque comme si elle leur intimait l’ordre de gagner à tout prix. Légèrement galvanisés par la pression que faisait porter sur eux Lady Ferboys, les deux soldats redoublèrent d’effort pour prendre l’avantage, mais sans grande réussite. Finalement, l’un après l’autre, ils furent vaincus par le prêtre de Novros qui s’empara de leurs armes pour les déposer aux pieds de celle qu’il devait maintenant protéger. Son visage hautain affichait à présent un certain mépris, non pas pour le vainqueur, mais bien pour les quatre soldats qui venaient de perdre la face sous ses yeux. Evidemment, les mots du prêtre ne fit que rappeler un peu plus cet échec cuisant et surtout, le fait qu’ils n’avaient même pas donner leurs vies pour remporter la victoire. Aux yeux d’Edarra, cela était inacceptable et méritait un châtiment exemplaire, mais avant cela, elle regarda l’homme qui venait de remporter une écrasante victoire et le félicita à sa façon.

« Et bien il semblerait que l’estime de mon oncle à ton égard n’était pas surfait. Espérons seulement que si l’on s’en prend à moi, je n’aurai pas à terminer le travail moi-même. »

D’un simple geste de la main, les deux gardes postés de part et d’autre du trône se mirent en mouvement. Lançant un léger regard en direction du prêtre en passant à côté de lui, ils poursuivirent leur chemin vers les quatre hommes encore sonnés de leur récent combat. Sans la moindre hésitation dans leurs gestes, ils les décapitèrent d’un coup de cimeterre, ne leur laissant aucune chance de racheter leur affront. L’intolérable faiblesse de ces hommes ne pouvait être acceptée par la Maison Ferboys et d’ailleurs, même Lord Ferboys sembla approuver totalement la sentence ordonnée par sa nièce. Les deux gardes reprirent leur place sans un mot, laissant les corps joncher le sol et le sang se répandre. Ce petit test ayant été concluant, la jeune femme s’inclina devant son oncle et lui annonça son départ imminent.

« Cet homme à l’air de savoir se battre mon oncle, vous avez trouvé là un soldat de talent. Il ne nous reste plus qu’à nous mettre en route tant que le soleil n’est pas trop haut dans le ciel. Je serai de retour demain dans la matinée donc d’ici là, ne vous inquiétez pas. Prêtre, suis-moi ! »

Autoritaire comme toujours, la jeune femme se retira de la grande salle par la porte d’où elle était venue, récupérant ses deux suivantes qui furent assez surprise de voir l’homme habillé de noir avec elle. La plus jeune des deux laissa échapper un petit cri de stupeur en voyant le bain de sang par l’ouverture de la porte, étouffant bien vite celui-ci de ses mains, alors que ses yeux criaient de détresse devant un tel carnage. Son regard apeuré se posa sur le prêtre, le supposant responsable de tout cela, mais consciente de son devoir, elle tourna les talons et emboita le pas à sa Dame. Bien loin de la garde imposante de l’accès principale empruntée par les roturiers et les nobles demandant audience, le chemin prit par Edarra et son nouveau garde du corps était bien moins gardé et bien plus rapide pour se rendre aux écuries. Restant à l’entrée, la jeune femme laissa ses suivantes discuter avec le palefrenier pour qu’il leur prépare deux montures. En attendant, elle détailla le prêtre de Novros des pieds à la tête, se demandant encore si un seul homme pourrait garantir sa sécurité. Bien que le spectacle lui ayant été offert démontrait un certain talent, la dornienne restait sur ses gardes, surtout que la situation n’était pas habituelle.

« Prêtre, donne-moi ton nom. Cela sera sans doute plus simple pour converser. J’ai entendu dire que tu venais des Contrées exotiques, n’est-ce pas un repère de criminels et de sauvages ? Tout cela m’intrigue. En plus que fais-tu à Dorne ? »

Curieuse, Edarra se demandait bien comment un homme comme lui avait pu se retrouver devant elle, ce n’était pas chose courante de voir à Dorne ce genre de personnages originaires de l’autre côté de la mer. Quoiqu’il en soit, les chevaux ne tardèrent pas à arriver, conduit par le palefrenier qui baissait la tête en présence d’une Dame aussi importante. Deux coursiers des sables étaient sellés et prêts à parcourir n’importe quelle distance. La beauté des bêtes démontraient le grand soin qu’on leur accordait et particulièrement celui de Lady Ferboys dont la robe était aussi noire que les cheveux de la jeune femme. Bien que ses suivantes se mirent en position pour l’aider à s’installer sur la selle, c’est avec une grande agilité que la noble y arriva toute seule, gardant sa grâce et son air hautain, même à cheval. Le coursier des sables confié au garde du corps était quand à lui de la même couleur que le sable et possédait une crinière toute blanche. Bien évidemment, chacun de ces chevaux valait bien plus que la misérable vie du prêtre et par conséquent, il avait tout intérêt à le ramener vivant et en bonne santé.

« Et bien allons-y. Je dois d’abord rencontrer quelqu’un dans le petit village à l’Est du palais. Ensuite, j’ai une autre personne à aller voir un peu plus loin. J’ose espérer que tu n’as pas de problème pour monter un cheval aussi rapide que celui-là. Cela serait dommage qu’après un tel spectacle, tu te ridiculises en tombant de cheval. »
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Message Ven 24 Aoû 2012 - 16:13

    Oteh crut reconnaitre dans les félicitations de la Dame, une certaine touche de frustration, aurait-elle à ce point voulu le voir mourir ? L’avait-il insulté ? Elle ou son oncle ? A quelle tordue venait-il de se lier ? Maudit Mewan, que t’a-t-il prit d’offrir pareil service…
    Pourtant cette colère contenue dans le regard, ces traits quelques peu hostiles … lui donnaient un certain charme. Elle était jeune et belle ça c’était sur, mais des belles femmes, Oteh en avait vu et eut, dans son lit, plus que son content. Celle-ci avait quelque chose d’attirant malgré le fait qu’elle semblait belle et bien vénéneuse. Etait-ce ses yeux ? Des joyaux pâles et clairs qui contrastait fortement avec son teint bruni et ses cheveux aussi sombre que son cœur, la plupart des dorniennes avaient des yeux foncés, des ambres aux couleurs profondes qui nous renvoyaient à notre propre reflet. Finalement Oteh ressentait un certain amusement face à cette colère, se demandant quel caprice de noble dame pouvait bien justifier un tel comportement.

    L’amusement laissa la place à la méfiance lorsque la "gente" dame fit un geste et que deux nouveaux gardes s’approchèrent, passant près de lui, Oteh ne leur consenti aucune attention, pas un regard, tournant celui-ci uniquement sur la figure froide qui lui faisait face, dans l’ombre de son capuchon, Oteh espérait que ces gardes supplémentaires allaient aider leurs amis à se relever. Mais le son de l’acier glissant, pénétrant la chaire, l’a tranchant aussi facilement que du beurre, alors que sous la pression, le sang se mettait à gicler abondamment sur le sol dans un clapotis aux résonnances plus funèbre que lorsque la pluie arrose un champ de blé, le tout attirant des râles macabres témoignant de la vie qui s’échappait de ces corps.

    Oteh les avais épargné, il avait dit qu’il ne les avait pas tué parce que c’était un défi plus dur, c’était vrai, mais au-delà de ce fait, il ne les avait pas tué par respect ! Ces hommes qui avaient jurés de confier leur vie pour protéger cette famille, pour l’honneur et la gloire, ces hommes étaient bons ! Bien sur ils avaient perdu contre lui mais c’était tout à fait logique ! Oteh avait appris à se battre depuis ses six ans et il avait passé les vingt dernières années de sa vie à parcourir les routes, rencontrant d’autres hommes d’armes, d’autres maîtres de combat, qui danseur d’eau, qui dothrak, qui épéiste émérite et qui l’avait aidé à se dépasser et a excellé dans son art. Oui ces hommes avaient perdu, mais on ne s’améliore pas dans la réussite, seulement dans l’échec ! Peut être que ces hommes seraient devenus meilleurs ensuite, Oteh aurait même put leur donner des conseils ! Mais non, la vanité de cette créature venait de réduire à néant quatre vies, elle devrait prier les dieux que ces vies perdu ne soient pas la raison de sa perte ! Sa poigne se resserra sur Alicia, prêt à vociférer toutes les malédictions qu’il connaissait, tuant ces deux gardes qui n’avaient même pas hésité dans l’exécution de leurs frères, leurs amis ! N’avaient ils rien partagé ? Ne s’étaient ils pas entrainés ensemble ? Jamais il ne viendrait à l’esprit du prêtre de ne serait-ce que menacer un de ses frères. Pourtant Oteh resta stoique. Il connaissait les réponses à ses questions, il avait largement eut le temps d’être choqué dans son passé par ces pratiques. C’était à peine si ces gardes devaient se connaître, non il n’avait dut rien partager entre eux, si ce n’est des tours de gardes. La notion de devoir chez ce genre de soldat était largement surfaite, la plupart ne cherchait qu’un travail qui leur permettrait d’avoir une paye régulière, un ramassis de raté sans honneur qui pouvait très bien vous sauver ou vous planter eux même le couteau dans le dos selon qui les payais le mieux. Rien donc d’étonnant à cette attitude. Pourtant, ne connaissant pas ceux qu’il avait battu, Oteh se plaisait à penser qu’ils avait été des hommes bons, de devoir, et que leur mort était ridicule.

    Il sentait le regard de Mewan dans son dos, il l’imaginait bien tendu, se demandant si son garde du corps allait encore céder à ses maudits principes, si c’était le cas, le prêtre arriverait à couper quelques têtes avant de s’enfuir, mais lui le commerçant, avec le garde à ses côtés, il était sur de trépasser.

    Finalement, Oteh respira profondément et ne laissa rien voir de son mécontentement. Il desserra même la mâchoire lorsqu’elle lui donna l’ordre de la suivre. Il s’inclina respectueusement face à son oncle et la suivit. Les vêtements blancs de la jeune femme s’assortissaient bien avec la tenue immaculée du guerrier, ce dernier ne cherchant pas à croiser le regard des suivantes dont la réaction face à la scène offerte par la salle du trone fut vive. Cependant la tenue et la lame du prêtre étaient irréprochable, tout comme sa conscience.

    Ils parcourent un dédale de couloir plus discrets, plus sobre que ce que les roturier devaient parcourir pour aller jusqu’à la salle du trône. Oteh ne pouvait cependant qu’admettre que les Ferboys aimaient mettre leurs visiteurs… à l’aise. Les couloirs principaux étaient décorés de tapisseries somptueuses, de tableaux démesurés, de colonnes imposantes, et de statues impressionnante, devant une telle démonstration de richesse et d’aisance, le visiteur lambda ne pouvait que se sentir écrasé, les tapisseries étaient constitués de broderies orange ou de diverses couleurs chaudes avec les armoiries Ferboys cousu finement, les tableaux décrivaient des scènes guerrières, des monstres du désert, des représentations de batailles épiques, et les statues étaient celles des grands seigneurs qui avaient assis leur domination sur la maison Ferboys et donc sur les Osseux.

    Mais ce couloir là était une artère principale, traversant le palais, le couloir que prenaient à présent le petit groupe longeait les murs extérieurs qui étaient parcourus de grandes baies aux vitres coloré qui diffusaient des lueurs chaude sur les pierres, les égayant presque. Tant de couleur chaude… Oteh en venait à se demander si les habitants de cette région avaient vraiment connus autre chose que la caresse du soleil. Avaient-ils déjà été mordus par les vents glacés venant du nord ? Avaient-ils jamais vu ces épaisses poussières blanches et froides que l’on nommait neige ? L’étranger serait bien tenté d’interroger la noble dame à ce sujet, mais il préférait attendre le moment opportun.

    Tout ce chemin les menèrent à une entré donnant sur la cour où un soleil cruel martyrisait les gardes, certains s’entrainant, d’autre parcourant leur chemin de ronde, les cuisiniers qui charriaient la nourriture en direction des cuisines, et d’autres serviteurs de la famille, s’affairant dans leurs affaires. Les suivantes de la nièce du seigneur de ces lieux se dirigèrent en direction d’un palefrenier, pendant ce temps, il surprit du coin de l’œil le regard d’Edarra qui le détaillait et s’en défia en continuant d’observer l’activité dans la cour. Puis elle prit la parole de son même ton autoritaire :

    « Prêtre, donne-moi ton nom. Cela sera sans doute plus simple pour converser. J’ai entendu dire que tu venais des Contrées exotiques, n’est-ce pas un repère de criminels et de sauvages ? Tout cela m’intrigue. En plus que fais-tu à Dorne ? »

    Il posa Alicia sur son épaule de façon à ce que le poids de la lame en arrière soit compensé par son bras posé sur le bout de la hampe, le pouce de son autre main allant s’accrocher dans son ceinturon.

    « Oteh Byris est mon nom. Je viens en effet de ces contrés que l’on appel aussi Essos, et en dehors de ces malheureux représentant de mon pays, nous comptons bon nombre de spécialistes des combats, des érudits, pas mal de magiciens dans la région d’Asshai, et beaucoup de commerçant, des hommes comme mon maître que je sers en le protégeant depuis moins d’une vingtaine d’année. Nous avons traversé plusieurs fois le détroit ensemble… »

    Il s’arrêta alors lorsque le palefrenier s’avança vers eux, non pas avec un … mais deux de ces bêtes maudites !

    Quel dieu avait put être assez cruel pour créer ces bêtes ? Et quel homme avait assez stupide et imbécile pour vouloir les domestiquer et les monter !? En fait, Oteh n’avait jamais put supporter d’être transporté par autre choses que ses jambes, dès qu’il mettait le pied sur un bateau, qu’il montait un de ces démons, ou qu’il posait son derrière dans une charrette, il était prit de troubles perturbants, son estomac se tordait dans tous les sens et il finissait généralement par rendre ce qu’il avait ingurgité. Encore qu’il s’était accoutumé au fait de naviguer sur un bateau, il n’était jamais bien, mais au moins il pouvait parfois tenir debout. Lorsque Mewan se déplaçait avec sa charrette, Oteh le suivait toujours en marchant à côté, ou alors il fallait qu’il soit saoul pour supporter le repas dans la charrette. Du coup lorsqu’il vit arriver les deux monstres, comprenant que sa Dame pensait qu’il allait monter, il eut une légère crispation de mâchoire avant de déglutir.

    « Et bien allons-y. Je dois d’abord rencontrer quelqu’un dans le petit village à l’Est du palais. Ensuite, j’ai une autre personne à aller voir un peu plus loin. J’ose espérer que tu n’as pas de problème pour monter un cheval aussi rapide que celui-là. Cela serait dommage qu’après un tel spectacle, tu te ridiculises en tombant de cheval. »

    De la provocation, ni plus ni moins, Oteh n’avait pas honte en général de parler de sa hantise pour ces bêtes, justifiant cela par le fait qu’il était né avec les dons que les dieux lui avaient donné, nombreux soit dit en passant, mais pas avec celui d’être apprécié par ces créatures. Cependant, vue l’attitude de la jeune femme, Oteh ne comptait pas lui faire le plaisir de pouvoir le dévaloriser plus.

    « Là d’où je viens, on respecte les dieux et leurs cadeaux, nous respectons les corps qu’ils nous ont offert en les utilisant et en en prenant soin. Libre à vous de monter. Je marcherais à vos côtés. De toute façons je serais plus efficace à pied.»

    Il était prêt à la mordre de paroles acerbes aussi tels que « Je suis cependant persuadé que les quatre morts devaient au moins savoir monter. Au moins pour ça il devait être bons. » Cependant il aimait plutôt bien sa langue et n’avait pas envie de la perdre sottement, il laissa donc la jeune femme mettre le pied à l’étrier et commença à marcher à ses côtés. Il préférait ne dire qu’un minimum de chose et donc se contenta de répondre à ses questions …
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Message Mar 28 Aoû 2012 - 7:07

Bien que victorieux, le prêtre de Novros avait humilié la Maison Ferboys en vainquant aussi aisément les gardes à son service. Parmi Dorne, les Osseux regroupaient bon nombre de soldats plus talentueux les uns que les autres, et même si la couardise des Martell signifiait une diminution drastique des combats à la frontière avec les Terres de l’Orage et du Bief, il n’en restait pas moins que les soldats sous les ordres d’une Maison comme celle d’Edarra, se devaient d’être les meilleurs. L’échec n’était pas pardonné, et même si une défaite ne méritait pas forcément la mort, une humiliante défaite la méritait amplement. L’espace d’un instant, la jeune lady avait même envisagé en faire des exemples pour que les autres soldats se motivent encore plus mais bon, elle n’avait pas que cela à faire. Un jour ou l’autre, la Maison Ferboys partira à la conquête de Dorne et écraserait les Martell dont la seule force était les alliances tissées au fil des temps. Si elle pouvait ébranler celles-ci, la victoire serait presque assurée. Evidemment, elle devait également choisir son futur époux avec sagesse et stratégie car il jouera un rôle important dans la suite de son plan. De tous ses prétendants, plusieurs avaient un profil permettant de poursuivre son plan et celui qui semblait le plus correspondre, était le fils de Lord Dayne, Oberyn.

D’ailleurs, la première personne que la jeune femme comptait aller voir, accompagnée de son nouveau garde du corps, détenait des informations sur la situation aux Météores, et sur Oberyn et Lord Dayne. Le passif des Ferboys aurait pu jouer des tours dans la stratégie d’Edarra et pour contrer cela, elle se devait d’être au courant de tout. Arrivé à l’écurie, elle discuta un instant avec l’homme en noir qui lui donna son nom, tout en répondant à ses autres interrogations. Comme elle s’y attendait, Essos, vu que c’est comme ça qu’il appelait ces terres sauvages, était une source incroyable de puissance pouvant faire trembler Westeros si bien maîtrisée. Elle avait déjà vu à l’œuvre un danseur d’eau à l’œuvre lors d’un tournoi, ce dernier étant une lame très efficace. Aujourd’hui, elle avait pu voir l’adresse d’un prêtre de Novros et tout le monde connaissait la réputation des Assassins sans visage. Les dothrakis quant à eux étaient bien souvent considérés comme des sauvages, mais les rumeurs concernant leur maîtrise des cheveux et leur sauvagerie au combat, en faisaient des hommes craints de nombreux chevaliers expérimentés. Pour ce qui est des mages et autre sorcier, ceux-ci étant incontrôlables, il était préférable de ne pas s’en approcher.

« Tu as l’air très fier de ta région, taches de ne pas la déshonorer dans ce cas. Vingt années à servir un simple marchand, tes talents seraient certainement bien plus utiles à quelqu’un sachant les utiliser pour de plus grands projets. »

Le visage sérieux et toujours aussi froid de la jeune noble exprimait malgré tout un certain intérêt pour le prêtre. Dans ses combats futurs, un soldat de ce calibre lui serait des plus utiles. Bien entendu, si il était fidèle à ce marchand depuis vingt ans, le recruter ne serait sans doute pas une mince à faire. Bien que l’idée de tout simplement éliminer le marchand pour ensuite engager Oteh lui était venue à l’esprit, il y avait fort à parier que ce genre de chose pourrait provoquer l’animosité du garde du corps à son égard, ce qui n’aurait été profitable à personne, et surtout pas à elle. Edarra allait donc devoir composer avec ce roturier sans valeur, et pour cela, un petit mot à son oncle serait bien suffisant. En lui accordant certains monopoles aux Osseux, les Ferboys pourraient très certainement acquérir l’aide du prêtre de Novros à chaque requête de leur part, et surtout venant de la jeune femme. Quoiqu’il en soit, les chevaux étant prêts, Edarra monta le sien, habituée à l’exercice et chevauchant comme une véritable dornienne, tandis que son garde du corps semblait ne pas trop apprécier la présence de la monture.

A la plus grande surprise de Lady Ferboys, Oteh commença à expliquer dans sa contrée, il était de coutume d’entretenir son corps par la marche afin d’honorer ce cadeau offert par les dieux. Levant un sourcil par suspicion, la jeune femme trouvait cette explication assez peu convaincante, surtout que les dothrakis venaient de la même région et montaient à cheval sans peine. D’ailleurs, la seule chose qui les empêchait de débarquer à Westeros était l’étendue d’eau qui séparait les deux régions. Enfin bon, il était inutile de le convaincre de monter ce coursier des sables magnifique qui valait bien plus que sa misérable vie. Elle laissa donc faire le prêtre comme il le voulait, et commença à avancer en direction de la porte du palais. A le voir comme ça, du haut de son coursier, cet homme semblait quelconque, bien loin de celui qui était parvenu à vaincre quatre soldats de la Maison Ferboys, sans la moindre égratignure. Fière et aussi noble qu’une princesse par sa tenue sur sa monture, Edarra franchit l’enceinte du palais avec son garde du corps à ses côtés. C’était la première fois qu’elle quittait cette demeure avec aussi peu de garde du corps et d’un côté, cela lui donnait l’impression d’une liberté nouvelle qui brièvement, la fit sourire.

Leur première destination était le petit village au sud du palais, où elle devait rencontrer une espionne à sa solde. Les informations comme les corbeaux pouvant facilement être interceptés, il valait mieux voir cela en personne. L’unique présence du prêtre lui permettait de contrôler les oreilles qui entendraient les informations lui étant destinées, ce qui était l’objectif de cette garde réduite. Histoire de passer le temps, vu la durée du trajet à cause de l’envie de marcher de son garde du corps, elle commença à lui poser quelques questions, dont l’objectif final était assez flou.

« Dis-moi Oteh. Les habitants d’Essos vénèrent-ils les Sept également, car un prêtre doit bien vénérer des Dieux non ? Je voudrais savoir aussi pourquoi tu t’es mis au service d’un simple marchand. Avec tes talents, tu aurais eu vite fait de te faire un nom sous l’autorité d’un noble. Je ne comprends décidément pas cette envie des petites gens à ne pas vouloir élever leur condition lorsqu’ils en ont les moyens. Penses-tu que l’on doit se contenter du médiocre lorsqu’on peut avoir la perfection avec juste un peu d’effort et de volonté ? »

Bien que ses mots semblaient vouloir exposer la situation du prêtre, le sérieux prit à ce moment sembla indiquer qu’une pensée bien plus profonde l’animait. En effet, Edarra voyait la trahison des Martell envers Dorne comme de la médiocrité, et comme beaucoup de Ferboys, elle se voyait comme la solution à cette médiocrité imposée par le Prince de Dorne. Comment ce prêtre de Novros pouvait-il se contenter d’être un simple garde du corps pour un marchand minable, c’était presque comme si la jeune femme devait se contenter d’être une parfaite épouse en abandonnant toutes ses ambitions, un peu comme les femmes du Conflans ou du Bief. Elle n’était pas de ce genre et son mariage ne serait qu’une étape de plus vers son objectif et la libération de Dorne. Il n’y avait rien d’autre qui comptait pour elle et même si elle devait sacrifier l’un ou l’autre membre de sa famille pour y parvenir, elle n’hésiterait pas le moins du monde. Ne daignant même pas regarder l’homme qui l’accompagnait lorsqu’elle lui posait une question ou lui parlait, elle continua sa route dans les steppes arides de Dorne.

« Au fait, pourquoi ne pas avoir accordé une mort digne aux soldats que tu as vaincu ? Les déshonorer fait partie des coutumes des prêtres de Novros ? Tu devrais savoir que Dorne est une région de guerriers. Montrer de la pitié envers un homme tentant de prendre ta vie est un signe de faiblesse. Tâches que cela ne se produise pas si jamais quelqu’un venait à s’en prendre à moi. »

Pour un guerrier, mourir au combat était bien plus glorieux qu’une simple exécution après une défaite. Bien que la compassion d’Oteh pouvait être comprise par bien des nobles, Edarra n’en faisait pas partie. La pitié ou la compassion étaient des sentiments qu’on lui avait appris à rejeter et il fallait admettre que la leçon avait été parfaitement assimilée. Que cela soit ses soldats ou les roturiers dépendant des Ferboys, aucun d’eux n’avait d’importance aux yeux de la jeune fille. Tout ce qu’elle devait prendre en compte, c’était le moyen de gagner et de se hisser jusqu’au sommet. Après tout, toute gloire qui se déverse sur la Maison Ferboys, éclabousse également les petites gens y étant rattachées. Ils n’étaient finalement que des pions aux yeux de la dornienne, ni plus, ni moins.

Quoiqu’il en soit, le duo assez spécial approcha bientôt du petit village, attirant immédiatement le regard des enfants et des personnes travaillant dans les cultures à l’extérieur. Rien que le coursier et l’allure de la jeune femme furent suffisant pour que l’annonce de l’arrivée de Lady Ferboys dans ce lieu fut lancée, ce qui provoqua quelques mouvements de foule pour apercevoir le joyaux de la Maison Ferboys. Les rumeurs sur sa beauté avaient bien sûr fait le tour de Dorne, mais dans sa tenue d’un blanc éclatant, presque à en faire mal aux yeux, elle semblait presque comme une apparition divine aux yeux de quelques gamins qui n’avaient sans doute pas encore entendu les autres rumeurs, bien moins sympathiques à son sujet, comme sa froideur et sa cruauté. Malgré tout, beaucoup de villageois pensaient encore pouvoir compter sur elle pour assurer leur protection et pour cause, les derniers bandits à s’en être pris aux terres des Ferboys avaient fini lapidés, juste après que leurs pieds et leurs mains furent coupés. Cet exemple encore frais dans les mémoires des habitants des Osseux leur permettait de vivre depuis plus d’un an, sans la moindre attaque de bandits.

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Message Lun 3 Sep 2012 - 19:23

« Tu as l’air très fier de ta région, taches de ne pas la déshonorer dans ce cas. Vingt années à servir un simple marchand, tes talents seraient certainement bien plus utiles à quelqu’un sachant les utiliser pour de plus grands projets. »

Oteh préféra ne rien répondre à cela, ces propos lui rappelant la discussion trop fraiche encore de la veille. Voilà bien longtemps que le garde du corps avait enterré ses ambitions, et même si ses aventures faisait sa renommée dans sa caste… il se demandait parfois s’il n’y avait pas une part de lui qui restait toujours insatisfaite de sa situation. Elle le surprit en tout cas en ne rétorquant rien sur le fait qu’il refuse de monter ce cheval qui valait plus que sa propre vie, par contre qu’elle ne le croit pas, il s’en fichait éperdument, il lui avait suffisamment prouvé sur sa valeur pour l’instant. Et puis quelque part, ça devait lui faire plaisir de pouvoir le toiser du haut de sa monture. Finalement ils se dirigèrent vers le portail de la demeure familial et le passèrent sous les regards méfiants des soldats qui ne devaient guère apprécier voir leur dame sortir ainsi.

Le paysage des montagnes rouges se dévoila sous toute leur beauté, le soleil en caressant les flancs acérés de ces montagnes aux arrêtes coupantes comme des lames de rasoir. Fou était celui qui voulait s’aventurer hors des sentiers aplanis et qui tentaient la grimpé des falaises, la plupart finissant par faire rougir encore plus les pieds de la montagne. Au cours de ses voyages, Mewan et Oteh avaient eus le luxe de passer par chaque passage qui séparaient Dorne du reste de Westeros et la beauté des lieux émerveillait toujours l’homme des contrées exotiques. Marchant d’un pas soutenu pour ne pas non plus handicapé trop sa protégé, il écouta avec attention ce qu’elle lui demandait.

« Dis-moi Oteh. Les habitants d’Essos vénèrent-ils les Sept également, car un prêtre doit bien vénérer des Dieux non ? Je voudrais savoir aussi pourquoi tu t’es mis au service d’un simple marchand. Avec tes talents, tu aurais eu vite fait de te faire un nom sous l’autorité d’un noble. Je ne comprends décidément pas cette envie des petites gens à ne pas vouloir élever leur condition lorsqu’ils en ont les moyens. Penses-tu que l’on doit se contenter du médiocre lorsqu’on peut avoir la perfection avec juste un peu d’effort et de volonté ? »

« Les religions sont nombreuses à Essos, c’est une contrée trop grande pour une seule religion, tout comme Westeros. Ceux du nord, près du Mur adorent les anciens Dieux, les Dorniens vouent leur culte à la Mère Rivière … Il en va de même à Essos, il y a le Dieu de Lumière, les dieux dothrak, les dieux d’asshai, ceux des Îles d’été… Je me fais un devoir de servir tous les dieux, vu mon devoir, je ne peux me permettre de choisir une seule divinité. »

En effet, il ne pouvait se permettre de voyager à travers les pays en reniant les dieux qui y régnaient, chaque temple méritait selon lui d’être visité et chaque Dieux devaient être célébré. Concernant le reste de la demande, Oteh était plus réticent à y répondre, mais il ne pouvait se permettre d’insulter Edarra par son silence, aussi il choisit prudemment ses mots et lui répondit :

« J’ai connu mon maître il y a 18 ans, je terminais juste ma formation de Prêtre à Barbe et j’étais prêt à recevoir ma hallebarde, le prêtre en charge de les faire fabriquer est revenu avec ce marchand qui a avancé de l’argent pour payer les frais, aidant ainsi toute ma caste. En contrepartie, il ne demandait que les services du meilleur des nouveaux prêtres pour qui il avait payé ses hallebardes. »

Il eut un sourire en se rappelant ces souvenirs, un sourire qu’Edarra ne put voir à cause du capuchon qui cachait son visage et le protégeait du soleil. Il se rappelait de sa fougue d’antan, de la révolte que lui avait provoqué l’annonce de ce nouveau maître.

« Voyez vous ma Dame, il est des choses pour lesquels il est nécessaire de sacrifier ses ambitions… » Il s’arrêta soudain, se rendant compte que ces paroles le trahissait, puis tentât de se reprendre. « Je ne regrette rien de ma vie, j’ai vu des merveilles qu’aucun autre prêtres n’à jamais vu, j’ai rencontré plus de peuples que je ne saurais m’en rappeler, loin à l’Est il est des cultures dont vous ne soupçonnez pas l’existence. J’ai combattu avec, et contre, les dothrakis, je suis quelqu’un de reconnu en Essos et on raconte mes aventures aux enfants dans ma caste. Peut d’hommes ont été autant bénis des dieux. »

Cherchait-il encore à la convaincre elle ? Ou à se convaincre lui-même ? Accélérant légèrement le pas, il chercha ensuite un moyen de détourner la dernière question, ne voulant pas donner plus d’armes à la dame de Ferboys.

« J’ai vu des gens se plaire dans la médiocrité, d’autre se perdre dans la recherche de la perfection. Ce sont les dieux qui au final décident de notre place en ce monde, peu importe nos efforts. »

Pirouette subtile il en convenait, mais cela suffirait-il pour assouvir la soif de la Dornienne ? Oteh sentait en elle des désirs et des ambitions qu’elle n’osait évoquer de vive voix, ses propres paroles trahissaient l’image qu’elle avait de son propre peuple, le pensait elle baignant dans la médiocrité alors qu’il pouvait espérer mieux ? Cherchait-elle la perfection pour son peuple ? Ou pour elle-même ? Bien sur, il était inutile d’essayer de l’interroger là-dessus, il était persuadé qu’elle n’apprécierait pas cette simple question, et la vie de Mewan en dépendait d’une certaine manière. Il marchait sur des œufs en sa présence. Peut être que le prêtre serait avisé de plaire à cette Dame, quitte à mentir pour y arriver. Ils entamèrent la descente d’un chemin escarpé à la vue des tours de guet qui permettaient de surveiller la route entre la forteresse et le premier village. Le sol était dur et désagréable pour les pieds fragiles, l’herbe sèche, déjà rare, n’apparaissait de surcroit jamais en touffe assez suffisante pour offrir un tapis de marche, pourtant celui qui ne supportait pas les transports ne semblait s’en soucier, sa malédiction l’ayant poussé à s’adapter, la plante de ses pieds était devenu au fil du temps aussi résistant que du cuir tanné. Le silence de ce paysage imposant ne résista pas longtemps avant que la jeune femme Ferboys n’ajoute une nouvelle question :

« Au fait, pourquoi ne pas avoir accordé une mort digne aux soldats que tu as vaincu ? Les déshonorer fait partie des coutumes des prêtres de Novros ? Tu devrais savoir que Dorne est une région de guerriers. Montrer de la pitié envers un homme tentant de prendre ta vie est un signe de faiblesse. Tâches que cela ne se produise pas si jamais quelqu’un venait à s’en prendre à moi. »

Une nouvelle question qui l’obligeait à peser ses mots avec une infinie précaution, sa raison profonde était qu’il n’avait aucun intérêt à les tuer, surtout si c’était à cause de quelques caprices de petite seigneurie.

« L’honneur se forge en remplissant son devoir, certes vous obéir en fait partie, mais le plus grand honneur leur aurait échoit s’ils avaient sauvé votre vie. Ces soldats étaient bons en effet, mais j’ai pour moi ma technique et mon expérience, la première s’apprend au regard la deuxième dans la souffrance, mais aucune des deux ne s’apprend dans la mort. Vaincre vos hommes les avais rendu meilleurs puisque je n’avais fait que blesser leur orgueil. Ils auraient appris de mes coups et auraient donc été plus prompt à vous protéger. Les dieux seuls savent si l’un d’eux n’aurait pas eu à vous sauver un jour ou l’autre. A la place, d’autres les remplaceront, tous aussi entrainer, tous aussi fort, peut-être, mais tous aussi jeune et aussi inexpérimenté. Votre respectable rigueur à vouloir les punir de leurs échec ne vous a fait gagner que de la bleusaille que je n’aurais pas plus de mal à battre. Que mes paroles ne blessent point ma Dame, c’est mots ne sont que du vent fait pour glisser sur vous sans laisser de traces, la seul chose tranchante qui m’appartient est la Hallebarde que je mets aujourd’hui à votre service. Je m’excuse sincèrement si vous avez pensé que mon attitude voulait déshonorer vos hommes, je n’avais à l’esprit que votre propre bien, et votre propre plaisir. »

Une tirade aussi longue que sa barbe ! Il avait hésité sur certaines tournures de phrases avant de finalement se décider a essayer d’équilibrer et de finir par des propos plus respectueux. C’était bien évidemment très lèche cul, mais elle devait se douter que c’était par respect pour son rang qu’il faisait cela. Il continua de marcher au côté du canasson puant, cher, mais puant. Et oui même les canassons d’or chient.

« Penser qu’il est glorieux de mourir est si répandu… L’honneur n’est pas dans la mort, nos corps pourrissent, nourrissent vermines et insectes et nous ne servons plus à rien. Ne pas avoir peur de la mort c’est être déjà mort. Que préférez vous ? Un garde qui acceptera de mourir pour la gloire de votre nom mais qui vous laissera sans protection ? Ou un homme dont la volonté de vivre est telle qu’il détruirait chaque pierre de ces montagnes si cela lui évitait l’ultime baiser froid de la mort, et qui par cette même volonté, vous permet de rester en vie ? Ou est mon honneur si je faillis à mon devoir ? Ma gloire d’aujourd’hui je la gagnerai en coupant les têtes de ceux qui vous veulent du mal. Pour vous servir ma Dame. »


Terminant par la formule habituelle des serviteurs, Oteh laissa enfin la montagne se faire entendre, son silence plus éloquent que mille paroles, il suffisait de prendre le temps de l’admirer pour en avoir le souffle coupé. Le regard du garde du corps glissa sur chaque face pierreuse, sur chaque rocher, sur chaque coin d’ombre, s’assurant ainsi que personne ne les épiait. Le gré d’un blanc cassé sur lequel ils se déplaçaient était sans aucun doute l’explication première de la dénomination de ce passage, " les osseux", une rivière d’os fracassés et blancs dans une mer rougeâtre d’argile et de roche. S’il y avait quelques raisons historique à l’appellation de ce passage, Oteh ne les connaissaient pas.

Leur conversation s’éclipsa le temps d’arriver aux portes du village, des enfants les avaient identifiés et avaient fait courir l’annonce de leur arrivé. Aux portes du village, Oteh saisit les rennes du cheval et l’obligea à s’arrêter.

« Veuillez descendre ma Dame, si ce village est notre première destination, nous y entrerons à pied, vous ne serez ainsi plus une cible facile pour les arbalétriers et autre tireur à l’arc, quant à ceux qui voudront vous toucher, je leur briserais la main avant qu’il ne puisse tacher votre robe. »

Le ton qu’il adopta soudain se voulait aussi autoritaire que celui d’Edarra elle-même avec ses gardes. Oteh devenait sérieux et dans ces cas là, peu importe les fautes de protocole, il n’allait pas démordre.
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Message Lun 10 Sep 2012 - 17:44

Le fait que le prêtre de Novros ne monte pas à cheval était assez étrange mais bon, si il pensait pouvoir supporter le trajet à pied sous la chaleur accablante, ce n'était certainement pas Edarra qui allait lui enlever ce petit plaisir. D'ailleurs, l'homme ne répondit nullement à sa petite pique, préférant écourter l'étalage de sa faiblesse sur un cheval sans doute. La première chose qui vint à l'esprit de la jeune femme fut qu'il ne maniait pas aussi bien la hallebarde à pied qu'à cheval. C'était peut-être cela son point faible qui sait. Quoiqu'il en soit, le temps n'était pas à l'interrogation sur les hantises de ce sauvage d'Essos, mais bien au besoin qu'elle avait de récupérer les informations qu'elle avait demandé sur les Martell. N'étant pas vraiment dans les petits papiers du Prince de Dorne, il était indispensable de réunir des informations sur lui et surtout, de faire le point sur les forces en présence qui pourraient s'opposer à la Maison Ferboys. Bien qu'encore assez jeune, elle était apte à mettre en danger le trône de Dorne et pour y parvenir, elle ne reculerait devant rien. Elle avait pensé à un moment séduire le fils du Prince mais bon, vu son âge, il y avait peu de chance que cela soit possible, surtout sans avoir l'appui des parents. Le plan B consistant à réduire l'influence de la Maison Martell était donc le meilleur choix. Doucement, elle allait briser la confiance que les vassaux du Prince avait en lui, et pour cela, il lui suffisait de montrer qu'il était incapable de les protéger du Bief ou des Terres de l'Orage.

En tout cas, avant de penser à tout cela, il lui restait un long voyage à faire. Lors de sa conversation avec Oteh, elle se rendit compte qu'Essos avait un peu la même particularité que Westeros, à savoir plusieurs religions. N'étant pas vraiment très pieuse, Edarra se moquait pas mal de tout cela mais bon, la religion et l'honneur étaient souvent les deux choses les plus efficaces pour manipuler le coeur des gens et d'ailleurs, elle s'en servait régulièrement dans ses manigances. Cela l'intrigua un peu lorsqu'il lui annonça que lui-même se faisait un devoir de servir tous les dieux. De nombreuses guerres visant à détruire les croyances des autres avaient déjà eu lieu et il semblait bizarre qu'un homme puisse prétendre servir des divinités aussi différentes les unes des autres. Enfin bon, il ne s'agissait que d'un mercenaire et par conséquent, un peu d'argent suffirait à lui adjoindre sa fidélité. Par contre, d'autres guerriers d'Essos auraient pu être utile à la comploteuse, dont l'objectif semblait totalement hors d'atteinte. Lady Ferboys ne se gêna d'ailleurs pas pour émettre quelques doutes sur les paroles de l'homme l'accompagnant.

« Tu arrives donc à t'identifier à des multiples croyances, même les plus antagonistes ? Si tu veux mon avis, il s'agit plus d'agir comme une brindille, se pliant au grès du vent, dans le sens où il souffle. Tu m'as l'air d'un homme indécis. »

Elle le laissa tout de même continuer son explication sur sa rencontre avec son Maître. Passer presque une vingtaine d'années au service d'un simple marchand, c'était presque comme gâcher sa vie du point de vue d'Edarra. Quelque soit la raison, Oteh ne semblait pas être du genre à élever sa condition. Il le lui annonça d'ailleurs en signalant que la dette qu'il semblait devoir à ce simple marchand était bien plus important que ses ambitions, paroles totalement incompréhensible pour la jeune femme, dont l'ambition pourrait même pousser à éliminer un membre de sa famille. Rien ne pouvait parvenir à ébranler la volonté d'ascension de la brune et voir un homme avec son talent le gâcher de la sorte, était une aberration pour elle. Très peu convainquant, il expliqua ensuite les voyages qu'il avait fait et les choses que le marchand avait pu lui montrer tout au long de ses années, prenant sans doute de simples paysages de roche et d'herbe comme une récompense à sa vie de servitude ridicule. Tout cela n'avait aucun sens pour la dornienne et d'ailleurs, elle ne manqua pas de soupirer devant autant de misère. Sans doute pour justifier sa propre faiblesse, il reporta la faute de sa mollesse sur les épaules des dieux mais bon, elle comptait bien lui ouvrir un peu les yeux, ou plutôt simplement tourner en ridicule sa façon de penser. Pas qu'elle veuille qu'il adopte son point de vue, mais juste qu'elle voulait briser ses convictions.

« Se plaire dans la médiocrité, je crois que c'est le lot des lâches. C'est un peu comme si tu choisissais un aveugle contre qui te battre, il n'y a aucun honneur et aucun dieu derrière cela, juste la volonté des hommes d'en faire le moins possible. Dix-huit ans au côté d'un marchand, je suppose que tu as rodé ton discours en te le répétant chaque nuit, pour te rassurer sur l'utilité de ton existence. La vie d'un homme se résume par l'histoire qu'il laisse derrière lui. Ton nom ne sera que celui d'un simple servant de marchand qui n'aura finalement que défendu des légumes ou encore des babioles en bois. »

Le tact n'était pas vraiment dans le caractère d'Edarra et d'ailleurs, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait se montrer tendre avec un serviteur. Il avait voué sa vie à un simple marchand malgré son talent et visiblement, il se complaisait dans sa médiocrité, un peu comme de nombreux nobles se disant opposés à la conquête de Dorne par les Targaryen, mais qui ne faisaient finalement rien pour que cela change. Les gens de ce genre étaient ceux que la jeune femme détestait le plus. Le voyage se poursuivit à allure réduite à cause de l'incapacité de l'homme à monter sur un cheval, tout cela rendant Edarra un peu plus à cran au fur et à mesure que le soleil frappait. La suite de la discussion sur la mort des soldats fut encore une belle preuve de la différence de pensée entre les deux voyageurs. Elle le laissa toutefois terminer son laïus sans l'interrompre, souriant à l'écoute de sa vision de l'honneur. Alors qu'elle allait lui répondre aussi cruellement et sèchement que d'habitude, il continua sa tirade sur l'honneur et finalement, à la fin de celle-ci, elle se mit à rire comme une enfant. La mort de ses hommes ne représentait strictement rien et l'entendre parler de garde du corps incapable de sacrifier sa vie pour protéger leur maître était tout simplement ridicule.

« Tu me fais rire Oteh et je t'assure que cela n'est pas donné à tout le monde. La mort de ces hommes était une nécessité pour renforcer le désir de combattre et de vaincre de tous les autres. Dans bien des cas, la peur est un moteur efficace lorsque du relâchement est constaté au sein de son armée. Combattre des hommes que la mort ne terrifie pas est la chose la plus dure pour un combattant. Ces hommes continueront à se battre, même blessés et cela réduira à néant le moral de leurs opposants. En tant que combattant, tu devrais le savoir non ? Si ton ennemi se relève et sans cesse, cela réduira ta confiance et te rendra vulnérable. A Dorne, nous avons une longue tradition de guerrier et comme ton combat a été observé par deux gardes vétérans de Ferboys, la technique sera transmise aux autres sans pour autant avoir à garder ceux qui ont perdu. Il faut voir cela comme un test et ils ont échoué. »

Durant la dernière guerre, l'armée Ferboys avait combattu avec panache pour repousser les envahisseurs. Sans la capitulation des Martell, il était clair que Dorne aurait gagné la guerre et aurait repoussé l'envahisseur sans problème. Pour Edarra, les choses n'étaient que suspendues et reprendraient bientôt. Il était donc important que les soldats restent à leur meilleur niveau, voire même s'améliorent.

« Sinon, tu penses qu'un homme prêt à sacrifier sa vie pour son maître est moins fort qu'un autre mais au final, si mon garde du corps à plus à coeur sa vie que la mienne, il me semble bien inutile. Le temps gagné par sa mort peut me permettre de tuer mon agresseur, tandis que l'inverse ne fera finalement que réduire les chances de succès de cette situation. Bloquer la lame de l'agresseur avec son corps ouvre bien plus de possibilité de riposte. Evidemment, cela dépend également des compétences du garde en question. Si ce dernier ne peut offrir que sa vie pour préserver la mienne, ne pense-tu pas qu'il se doit de le faire ? »

Un garde du corps qui a plus à coeur sa vie que celle de la personne qu'il doit protéger, était une chose assez rare dans ce domaine. La plupart de ses hommes se trancheraient la gorge si cela pouvait lui garantir la vie et elle attendait ce genre de dévouement aveugle de tous ceux-ci, même de ceux temporairement à son service comme Oteh. Finalement, après une bien trop longue ballade, ils arrivèrent à l'entrée du village. Il était clair que tout le monde au village connaissait maintenant l'identité des visiteurs et d'ailleurs, les roturiers semblaient attendre le passage de la lady avec appréhension. De son côté, le prêtre se fit plus autoritaire, chose qui fit tiquer l'espace d'un instant la jeune femme. Elle n'était pas vraiment très emballée à l'idée de fouler le sol de ces pauvres mais bon, il semblait avoir de bons arguments pour la convaincre à s'exécuter. Edarra descendit de cheval, faisant signe à un jeune garçon d'une dizaine d'année de venir près d'elle. Sans qu'il ait son mot à dire, elle lui confia les rênes en lui indiquant ce qu'elle attendait de lui. Les yeux brillants d'un tel honneur, le jeune garçon s'inclina devant la lady, émerveillé par l'occasion qu'il avait d'approcher Lady Ferboys, mais aussi un coursier des sables aussi magnifique.

« Suis nous avec ma monture et tu auras une récompense. »

En tant que noble, elle n'était pas du genre à s'occuper de sa monture si elle n'était pas dessus. Sachant parfaitement où elle devait aller, la jeune femme ne s'attarda pas énormément face aux villageois s'inclinant poliment sur son passage. Plusieurs minutes passèrent avant que l'effervescence de cette visite ne retombe un peu et la diminution de regards sur les deux visiteurs aux habits blancs éclatants. C'est finalement devant une petite maison assez sale que Edarra s'arrêta, provoquant un mouvement à la fenêtre qui suivit l'ouverture de la porte. Une jeune fille un peu plus âgée que la jeune lady apparût, inspectant les alentours avant de la faire entrée, ainsi que le garde du corps. L'intérieur de la maison était bien plus propre que l'extérieur et aussi ridiculement petite.

« Lady Edarra, je vous attendais un peu plus tôt. J'ai les informations que vous m'avez demandé sur les déplacements des caravanes aux abords de Lancehélion. J'ai aussi les informations sur ... enfin vous savez. »

La jeune femme lança un regard en direction de l'homme aux côtés de sa Maîtresse, se demandant si elle pouvait parler ouvertement devant lui. Il était clair que les informations recueillies n'étaient pas des choses à mettre entre toutes les mains, en particulier le fait que la Maison Ferboys avait cette information. Histoire de rassurer son informatrice, elle se montra très claire.

« Tu peux parler devant lui, Rivala. Cette conversation restera secrète, n'est-ce pas Oteh ? »

Après un regard insistant envers son garde du corps, elle retourna son attention sur la jeune femme pour qu'elle lui parle de ses informations, ce qu'elle fit sans attendre.

« Très bien. Voici les prochains déplacements des membres de la Maison Martell dans les mois à venir. J'ai du un peu rusée pour obtenir certaines de ces informations, mais cela me semble assez proche de la réalité. »

Les déplacements des Martell ne prêtaient pas à énormément d'hypothèses, surtout dans les mains d'Edarra. D'ailleurs, son regard indiquait clairement qu'elle préparait quelque chose de pas très noble. En effet, la possibilité d'organiser un piège visant à éliminer ou à affaiblir Maron Martell était envisagé par la jeune femme. Envoyer quelques bandits pour attaquer la délégation, tout en préparant quelques archers pour tirer dans le tas, était un plan qui avait des chances de fonctionner parfaitement.

« C'est parfait. Retourne à Lancehélion et ouvre tes oreilles aux rumeurs qui y circulent. On verra comment ils réagiront après la petite surprise et si ils ont des doutes sur ma responsabilité dans tout ça. Il est temps de piquer les Martell et de commencer le long chemin vers le sommet. Je m'assurerai que ta famille ne manque de rien tant que tu feras ton travail, ne l'oublie pas. »

« Oui, Lady Edarra. Je ferai de mon mieux. »

Edarra se leva sans prendre plus de temps et se dirigea vers la porte, attendant que son garde du corps l'ouvre pour qu'ils puissent poursuivre leur voyage.

« C'est bon Oteh, on en a fini ici. Tes envies de marcher nous ont déjà fait perdre assez de temps. »
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Message Mar 18 Sep 2012 - 9:57

Physiquement proches, spirituellement opposés. Telle était la désignation de ce duo particulier qui parcourait les rues poussiéreuses du village maintenant. Certaines des paroles touchèrent Oteh en plein cœur même s’il préférait se battre contre une armée de dothrakis plutôt que de l’admettre. Il calqua ses pas sur ceux de la jeune femme, la suivant comme une ombre, une ombre dans un habit clair, plus grande qu’elle, et qui se servait d’une hallebarde pour fendre la foule. En effet, Alicia pointée à l’avant poussait tout passant à s’écarter sans quoi, son tranchant menaçait de lacéré toute chaire à proximité. Rien qu’ainsi, Oteh couvrait l’avant et les côtés de la dame, quant à ses arrières, son autre main était prête à dégainer sa dague pour la planter dans tout imbécile qui s’aventurerait trop près. Les gens s’écartèrent sur leur passage et sur celui de son cheval qui suivait. Et tout en les fixant tous les uns après les autres, Oteh ne cessait de repenser aux paroles qui l’avaient le plus marqué…

« […] C'est un peu comme si tu choisissais un aveugle contre qui te battre […] »

« J’ai combattu les guerriers issu de tous les peuples, ce n’est pas pour entendre une gosse me traiter de lache… »

« […] La vie d'un homme se résume par l'histoire qu'il laisse derrière lui. Ton nom ne sera que celui d'un simple servant de marchand qui n'aura finalement que défendu des légumes ou encore des babioles en bois. […] »

« Mon nom est d’ores et déjà inscrit dans les livres de ma caste, mais que retiendra-t-on de toi jeune péronnelle ? »

« […] La mort de ces hommes était une nécessité pour renforcer le désir de combattre et de vaincre de tous les autres. […] »

« Ou plutôt leur désir de vous trahir … »

« […] Si ton ennemi se relève et sans cesse, cela réduira ta confiance et te rendra vulnérable. […] »

« Si mon ennemi se relève, je lui coupe les jambes… »

« […] la technique sera transmise aux autres sans pour autant avoir à garder ceux qui ont perdu. […] »

« Dois-je leur apprendre à tuer aussi ? Si c’est ainsi qu’ils apprennent, ils sont encore plus incapable que je ne le pensais … »

« Sinon, tu penses qu'un homme prêt à sacrifier sa vie pour son maître est moins fort qu'un autre mais au final, si mon garde du corps à plus à coeur sa vie que la mienne, il me semble bien inutile. Le temps gagné par sa mort peut me permettre de tuer mon agresseur, tandis que l'inverse ne fera finalement que réduire les chances de succès de cette situation. Bloquer la lame de l'agresseur avec son corps ouvre bien plus de possibilité de riposte. Evidemment, cela dépend également des compétences du garde en question. Si ce dernier ne peut offrir que sa vie pour préserver la mienne, ne pense-tu pas qu'il se doit de le faire ? »


Ces paroles-là l’auraient bien fait rire s’il avait pu se le permettre, à la place il se força à garder la même expression neutre qui avait été sienne jusque là. C’était sur que si ses gardes étaient plus efficace en servant de bouclier plutôt que d’épée, il valait mieux leur apprendre à bien encaisser les lames. D’un autre côté, la dame des Osseux pouvait se targuer de pouvoir se fier à un aspect plus quantitatif que qualitatif de sa garde. Les soldats de Westeros devaient sans doute être éduqués dans l’idée que leur vie ne valaient rien.

« Se laisser mourir, plutôt que de tuer sois même son agresseur … Par les sept enfers voici donc tout le courage des hommes de l’Ouest ? »

Cent fois il aurait put la rabroué, cent fois il aurait put l’humilier. Elle qui n’avait de cesse de le rabaisser, n’était-ce pas ses hommes qui avaient perdu contre lui ? De quoi pouvait elle se vanter ? De posséder une bande de chiots capable seulement de grogner sans savoir comment mordre ? Ho bien sur, il était inutile d’espérer lui dire tout cela et espérer garder sa tête. Quoique du coup il se demandait si ces gens étaient vraiment une menace. Il pourrait sans doute tuer chacun des hommes de cette garde pitoyable, mais c’était mauvais pour les affaires de Mewan.

Les gens les regardèrent passé, il y avait des sourires, des courbettes, mais Oteh voyait aussi dans l’ombre des murs, des regards suspicieux, plus sombres, ses yeux le guidaient vers l’avant, son ouie lui indiquait ce qu’il se passait à l’arrière. Edarra Ferboys ne risquait rien, alors pourquoi se sentait il si mal ? Quelque chose le tracassait.

Ils finirent par s’arrêter devant une maison à l’aspect pauvre, quelconque, semblable aux autres, parfait pour un rendez vous secret. Oteh jaugea rapidement la personne qui leur ouvrit, une femme frêle, mal nourri, jeune, et sans la moindre arme sur elle. Les deux personnes vêtu de blanc pénétrèrent dans la menue maison. Oteh en fit le tour rapidement, repérant les entrées, les fenêtres, les escaliers… Pendant ce temps les deux femmes commencèrent à discuter, il lui sembla d’ailleurs entendre une remarque sur leur retard, mais Edarra n’y répondit pas. Assurant seulement que son accompagnateur était digne de confiance. Il répondit simplement par un bref hochement de tête et alla se poster à une fenêtre, laissant sa maitresse du jour discuter de choses qui ne le regardait pas. A la place, il appela par la fenêtre l’enfant qu’Edarra avait choisi pour tenir son cheval. Il l’attrapa par le col et le souleva à sa hauteur.

« Du calme gamin ! » trancha rapidement Oteh. « Dit moi… as-tu remarqué quelque chose d’étrange en ville récemment ? »
« Nan m’sire ! ‘vez m’croire ! » répondit de manière peu convaincante le vermisseau qui s’agitait sous sa poigne, battant de l’air avec ses jambes. Oteh le reposa sur le rebord de la fenêtre pour l’avoir à la bonne hauteur.
« En es-tu sur gamin ? Rien d’inhabituel ? Ne ment pas au serviteur de Lady Ferboys… »

L’enfant le regarda un instant, fit mine de réfléchir, puis reprit finalement.
« pt’et bin en fait. Un étranger est en ville depuis plusieurs jours. »
« Et que fait il cet homme ? » demanda Oteh de manière suspicieuse.
« Rien m’sir, rest’ à l’auberge ! Tout l’temps. Mange, bois, monte avec les putes de l’aubergiste. Pis qu’il parle beaucoup. »
« Il dit quoi ? »

Cette fois l’enfant se mordit la lèvre, osant à peine regarder l’homme et encore moins la femme tout vêtu de blanc à l’intérieur. Sentant son hésitation, Oteh le pressa un peu plus.

« De quoi parlait il ? »
« Il dit des trucs… Sur la dame… »
« Lady Ferboys ? »
« Sa famille. Qu’y dit que c’est leur faute, qu’on est pauvre à cause d’eux et qu’y s’gaussent d’nous. »

Les yeux d’Oteh s’obscurcirent.
« Y’en a qui l’écoute ? »
« Plein ! Hier il payait des verres à tout c’monde dans la taverne et ils leur disaient tout ça ! »

Cela suffisait au garde du corps. Quelqu’un voulait du mal aux Ferboys, une révolte, l’argent et l’alcool auraient tôt fait de faire tourner les têtes. Oteh reposa l’enfant près du cheval et lui glissa un sol dans la main.
« Prend le cheval et attend nous à la sortie de la ville, tu auras une autre pièce. »

Le gamin détala et il retourna près d’Edarra lorsque celle-ci eut elle-même fini avec son interlocutrice.

« Quelqu’un vous veut du mal. Il a peut être réussi à retourner vos sujets contre vous. Alcool et argent si vous voulez savoir. J’espère que vous n’avez plus rien à faire ici. » Oteh entrouvrit la porte pour regarder à l’extérieur puis la referma. « Il n’a pas fait trop de mal encore, je suppose qu’il voulait pouvoir faire face à votre escorte habituel. Ma seule présence l’encouragera peut être à tenter quelque chose. Et cette fois croyez moi, je vous offrirais sa tête. »

Son visage était rapproché de celui de la Dame des Osseux, une lueur féroce éclairait son regard sous les quelques cheveux sombres qui s’étaient détachés du reste. Il était calme, il savait gérer cela et ne tarderait sans doute pas à le lui prouver.

« Si vous êtes prête ma dame … »

Il ouvrit la porte et ils ressortirent de la même manière qu’ils avaient parcouru la ville jusque là.

« L’enfant nous attends aux portes de la ville. » la renseigna-t-il et ils avancèrent d’un pas preste rythmé par celui du garde du corps. Leur accélération ne passa pas inaperçu, mais personne ne dit rien, ce qui ne fit qu’inquiéter plus Oteh.

Puis dans la grande rue, il vit une foule de gens immobile leur bloquer le passage.

« Quoiqu’il se passe, vous ne bougez pas d’un pouce. » lui murmura-t-il à l’oreille avant de déclarer d’une voix forte à la cohue : « Faites place pour Lady Edarra de la maison Ferboys ! »
« Sinon quoi étranger ? Seul qu’t’es avec la donzelle. Laisse nous en prendre soin. » Répondit un balourd chauve, au ventre débordant de ses guêtres et au gilet de cuir bouilli sans manche ouvert sur son gras et sa laideur.
« Viens la chercher ! » Le défia Oteh qui n’avait pas bougé, toujours près de la jeune femme. « Rappelez vous, fixe comme une statue. » lui rappela-t-il.

L’homme envoya deux hommes plus petit et malingre d’un signe de tête. Mais ils furent arrêté à trois mètres de distance par la caresse d’Alicia qui leur effleura la gorge. Oteh les menaça en la brandissant dans leur direction. « Un pas de plus et vos têtes volent ! »

D’abord immobile, les deux hommes se regardèrent puis dégainèrent leurs dagues et leurs couteaux mal aiguisés. Ils s’élancèrent alors en hurlant sur Oteh ainsi que la blanche dame.

D’un pas leste, rapide et agile, Oteh sembla glisser sur le sable, rompant la distance avec ses ennemis, les dépassant en faisant tournoyer alicia dans les airs, traçant des trajectoires courbes autour de lui. Dans leur précipitation, les deux hommes tombèrent dans la terre, le visage en pièce, les bras écorchés, la gorge aussi ouverte que le ventre, les bras ne tenant plus que par quelques minces filets de chair. Et cela avait été si rapide que le sang n’avait même pas taché l’Hallebarde alors qu’une marre de sang maculait maintenant le sol. Cela ne suffit malheureusement pas, dans la direction opposé, un autre roturier se prépara à frapper. Oteh vola de nouveau près d’Edarra et finalement d’autres assassins sortirent de la foule. Voici donc ceux qui s’étaient fait convaincre par le vin et l’argent. Un cercle d’homme menaçait maintenant la noble dame mais Oteh s’occupa e les tenir à l’écart, il imprimait de vrais pas de danses dans la poussière. Frappant, tranchant, découpant. L’immobilité de la lady permettant à son garde du corps d’exprimer tout son art de tuer. Force était d’admettre qu’il était vif et qu’aucune goutte de sang ne gachait la belle robe la lady. Pourtant dans la foule, il perçut un mouvement rapidement, différent.

Il s’interposa juste à temps pour empêcher un homme à l’aspect différent de tous ces va-nu-pieds de planter un poignard dans le cœur de sa protégée, il repoussa l’homme d’un coup de poing qui le fit reculer de plusieurs pas.

« C’est toi qui les as payé je suppose ? »
« Tes suppositions ne me sont d’aucun intérêt étranger, je ne veux que sa vie. »
« Alors essaye. »

Le reste de la bande était mort et cet assassin sorti une épée de son côté, tournant autour d’Oteh et d’Edarra, Oteh qui fit toujours en sorte d’être entre lui et elle. Il lui sembla plus dangereux, définitivement pas de la même trempe que les autres improvisations d’assassins.

L’acier rencontra finalement l’acier et les deux combattants échangèrent plusieurs coups sans céder un pouce de terrain. Lorsque les deux armes se bloquèrent juste un instant, ils en profitaient pour s’asséner coups de pieds et de poings. Le combat fut intense et Oteh évita par la grace des dieux plusieurs coups qui auraient pus gravement le blesser. Cet homme était un combattant émérite, pas une vulgaire lame quelconque. Il devait donc sans doute posséder des informations importante.

L’issue du combat fut pourtant rapidement évident, tenant sa hallebarde par le milieux, Oteh semblait posséder deux armes alors que son adversaire n’en avait qu’une. Finalement à la suite d’une mauvaise passe, Oteh passa derrière lui et trancha dans l’air, balayant ses jambes, les ayant fauché aussi aisément que si cela avait été du blé. L’inconnue tomba à terre en hurlant de douleur, et lâcha son épée, d’un coup de pied, Oteh l’écarta et après avoir planté alicia dans le sol, releva la tête de l’assassin pour lui glisser sa dague sur le cou.

« Maintenant tu réponds à Lady Ferboys ! » Lui intima-t-il, laissant ainsi tout le loisir à Edarra de l’interroger.
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Message Dim 23 Sep 2012 - 10:58

Bien que contredisant ses théories, Oteh ne sembla pas vouloir répondre à la noble dornienne qui ne s'en offusqua point vu qu'elle savait que la vérité sortait de sa bouche. Une simple soldat au service d'un vulgaire marchand, aussi doué soit-il, ne pouvait détenir une connaissance permettant de reconnaître la valeur d'un sacrifice. En revanche, pour une noble, cela s'acquérait très tôt et avec cela, le prix réduit qu'ils pouvaient accorder à la vie de leurs soldats. Bien entendu, elle savait reconnaître la valeur d'un homme et c'est d'ailleurs ce qui causait cette incompréhension face à la voie choisie par le prêtre de Novros. Avec son talent, il pouvait viser bien plus haut et pourtant, il se contentait de suivre un marchand aussi douteux que laid. Enfin bon, il comprendra bien un jour ou l'autre que le temps passé à ses côtés étaient le défi qu'il attendait et même si ce n'était pas demain, Edarra avait bien l'intention de planter la graine qui le ferait revenir à ses côtés un jour prochain. Alors qu'ils entrèrent dans la maison de Rivala, Oteh se montra protecteur en inspectant les lieux avant de laisser les deux femmes converser tranquillement. Il fut si discret que la jeune femme ne se rendit même pas compte qu'il n'écoutait pas la conversation.

Ce n'est que lorsque l'entretien fut terminé que l'homme vint l'avertir des choses qu'il avait découverte. Visiblement, un complot était à l'oeuvre dans ce village et sa sécurité s'en trouvait menacée. En soi, cela n'avait rien de très surprenant et c'est d'ailleurs ce qui avait poussé Edarra et son oncle à s'opposer sur la garde qui lui serait assignée. Les roturiers étaient si prévisibles que cela en devenait risible. Simplement par quelques verres et des propos attribuant tous leurs malheurs à leur Seigneur, et les voilà prêt à se révolter. Si tel était le cas, il ne faisait aucun doute dans l'esprit de Lady Ferboys que des têtes tomberont en guise d'exemple. Ces manants devaient s'estimer heureux que la Maison Ferboys les accueillent sur ses terres et leur fournisse travail et sécurité. Ceux qui n'étaient pas aptes à le comprendre ne méritaient plus cette protection, ni même la vie que les Ferboys leur avaient donnés. Edarra ne put s'empêcher de sourire aux paroles d'Oteh, l'homme prenant visiblement goût à ce petit challenge qui devait changer des vulgaires bandits qu'il repoussait avec son marchand.

« Et bien voyons si tu mérites la confiance que je t'accorde, Oteh. N'hésite pas à trancher dans le vif ceux qui se sont rebellés contre la Maison Ferboys. »

Après ces paroles, ils sortirent tout deux de la petite maison et commencèrent à avancer tranquillement dans la rue. Le garde du corps lui signifia que l'enfant les attendait avec son cheval aux portes du village, ce qui agaça un peu la lady. En effet, ne pas avoir son cheval sous la main n'était pas à son goût, surtout vu la valeur sentimentale qu'elle accordait à l'animal. Il ne fallut pas longtemps avant que le piège se referme sur eux, une foule de gens leur bloquant le passage. La plupart n'étaient que des ivrognes et des paysans sans le sous, qu'une poignée de pièces ou un verre de bière suffiraient à convaincre. Quoiqu'il en soit, quelque soit leur raison, ils avaient commis un acte impardonnable qui ne méritait que la mort. Oteh lui demanda de rester immobile afin qu'il puisse faire son travail avec aisance. Si il ne lui fallait que cela, la jeune femme n'aurait aucun soucis à s'y contraindre. Un dialogue de sourds s'installa bien vite entre la foule voulant la tête de la dornienne et le garde du corps, chacun relançant une provocation après chaque réponse de l'autre. Impassible et d'une dignité sans faille, Edarra toisait du regard les manants ayant osé s'opposer aux Ferboys et surtout, à elle.

« Oteh, accorde leur une mort digne de leur folie ! »

Imperturbable, le regard aussi froid que les glaces du Nord, Edarra resta immobile alors que son garde du corps commençait son ravage dans les rangs ennemis. Il fallait admettre qu'il était doué le bougre et chaque coup semblait parfaitement maîtrisé pour apporter la mort. Immobile, la jeune noble pouvait sentir le souffle de la lame qui passait non loin d'elle, avant de fendre la chair de ses agresseurs. Il était clair que si ses propres gardes n'avaient pas fait le poids face au prêtre à barbe, de simples paysans n'avaient aucun chance. Comme totalement déconnectée de ce qu'il se passait autour d'elle, Edarra posa son regard sur la foule qui avait un peu diminué au fur et à mesure que les agresseurs tombaient comme des mouches. Ces fous allaient comprendre l'erreur qu'ils venaient de faire en s'attaquant à elle et pas qu'un peu. Si il y avait bien une chose d'intolérable, c'était d'oser s'en prendre à un membre de la Maison Ferboys sur ses propres terres. Finalement, après la chute du dernier courage s'étant lancé à l'assaut des deux voyageurs, un homme sortit de la foule. Le cerveau derrière cette petite attaque semblait plus fort que les simples paysans et après un échange de courtoisie avec Oteh, ils débutèrent leur affrontement. Bien qu'il avait essayé de s'en prendre directement à la jeune femme, celle-ci ne bougea pas d'un pouce, laissant faire son garde du corps qui fut heureusement efficace à la défendre.

Malheureusement pour le fou, le Prêtre de Novros se montra bien plus performant que lui et surtout, il parvint à la vaincre sans lui donner un coup fatal. Si il avait fait son enquête sur Lady Ferboys, il devait savoir que rester en vie après une confrontation avec elle ou sa garde, était la pire chose qui pouvait arriver. Les derniers à avoir eu ce privilège ont d'ailleurs souffert durant des jours avant que la Mère Rivière ne les rappelle à elle. Soumis à la force du garde du corps, l'homme ne pouvait plus bouger et devait maintenant faire face à la Lady des Osseux dont la cruauté envers les criminels était connue dans le village. Bien des paysans se souvenaient encore des brigands qui furent torturés plusieurs jours sur la place, au point que malgré ce que ceux-ci leur avaient fait, certains eurent pitié d'eux. Le combat étant terminé, Edarra se mit à bouger, ne se préoccupant pas immédiatement de l'homme à terre. Elle se tourna face à la foule et prit la parole avec une noblesse rarement égalée.

« Il semblerait que vous n'ayez pas compris qui je suis. La Maison Ferboys vous a accepté sur ses terres, vous a offert un travail et un toit. Elle vous protège également des attaques et aujourd'hui, vous vous dressé au côté d'un étranger pour vous en prendre à ma vie. Mais quelle folie est-ce donc que cela ? Vous souhaitez réellement que ce village soit réduit en cendres ? »

Lentement, elle observa la foule et remarqua une gamine qui sans doute attirée par le bruit, c'était faufilée à travers les adultes pour assister au spectacle. D'un geste autoritaire, la noble jeune femme lui indiqua d'approcher et évidemment, malgré l'hésitation due à la situation et aux morts étendus par terre, la petite s'exécuta timidement, les larmes coulant déjà le long de ses joues. Cet événement allait très certainement lui faire perdre tout désir de curiosité et pas qu'un peu. Une fois qu'elle fut assez proche de la jeune lady, celle-ci lui murmura quelques mots à l'oreille qui semblèrent choquer la fillette.

« Désigne cinq personnes méchantes dans cette foule et montre-les à l'homme qui m'accompagne, tu as cinq minutes pour y réfléchir. »

Pas complètement stupide, la gamine de dix ans savait très bien ce qui risquait d'arriver aux personnes qu'elle désignerait et son sang se glaça à cette idée. Forcer une fillette à condamner à mort cinq personnes était une façon efficace d'éliminer les fous pensant pouvoir faire ce qu'ils veulent à qui ils veulent. La vérité venant bien souvent de la bouche des enfants, cette décision de mise à mort ne pourrait être que juste. Laissant la gamine réfléchir, elle s'approcha doucement de l'homme à terre et tenu en respect par Oteh. Avant même de lui poser la moindre question, elle dégaina sa dague et lui coupa les doigts de la main droite, un à un, d'un coup net et précis, provoquant les cris de douleur de son agresseur. Tel un monstre sans sentiment, son visage ne changea pas le moins du monde d'expression, un peu comme un lion regardant un souris se débattre pour survivre.

« Je suppose que celui qui t'envoie, veut ma mort pour empêcher Dorne de retrouver son éclat. Il est clair que le danger ne vient pas de mon Oncle et ton employeur le sait. En plus, tu as impliqué des ivrognes et des sans-le-sous dans ta basse besogne, les condamnant à une mort certaine. Malheureusement pour toi, malgré leurs insipides existences, ils restaient des sujets de la Maison Ferboys. Il faut donc t'accorder le châtiment qui s'impose pour ce crime. »

Edarra posa à nouveau son regard sur la foule qui semblait craindre sa décision et pour cause, elle n'était pas du genre à faire les choses à moitié lorsqu'il s'agissait de châtiment. Elle comptait bien faire de lui un exemple qui obligerait tous les villageois à oublier toute idée de révolte et pour se faire, elle utilisa à nouveau sa dague pour trancher les deux oreilles de l'inconnu. Celles-ci tombèrent au sol sous les yeux des spectateurs qui retenaient leur souffle.

« Ne prêtez plus votre oreille à ceux qui veulent vous convaincre que la Maison Ferboys ne fait rien pour vous. Si vous devez votre vie à quelqu'un, c'est bien la Maison Ferboys. Alors ne recommencez plus cette folie si vous souhaitez la conserver. »

L'atmosphère se dégageant de la noble demoiselle força le respect des spectateurs, comme si ils comprenaient que leurs vies pourraient s'arrêter sur le champ à la moindre contrariété de la belle. Edarra se baissa à nouveau devant le comploteur pour qu'il puisse voir son visage, et lui taillada les joues avec sa dague pour lui arracher encore quelques cris. Etrangement, la jeune femme semblait bien plus concernée par le fait de faire souffrir l'homme que de lui arracher la vérité sur son employeur. Il faut dire que vu le nombre d'ennemis que les Ferboys possédait, le nom qu'il pouvait communiquer devait déjà lui être connu et de plus, elle comptait bien utiliser cet homme pour servir son ambition d'une façon ou d'une autre. Les cinq minutes étant passées, Lady Ferboys quitta la proximité de l'homme, le laissant à Oteh quelques minutes, et retourna vers la gamine qui devait maintenant avoir fait son choix. A l'approche de la noble dame, la fillette trembla un instant, baissant les yeux de peur de subir la colère de la dornienne de grand lignage.

« Alors fillette, il est temps. Montre-les du doigt. »

Tremblante et n'osant regarder personne, la gamine montra cinq hommes dans la foule dont le sang se glaça. Personne ne savait encore ce qui attendait ces personnes et pourtant, ils connaissaient tous la possibilité funeste qui semblait privilégiée. D'un geste autoritaire, Edarra leur fit signe de sortir du rang et posant son regard froid sur eux, leur adressa des paroles pouvant les sauver d'une mort certaine.

« Il est temps pour vous de montrer votre allégeance à la Maison Ferboys. Cet homme a réussi à vous convaincre, il vous revient aujourd'hui de lui faire payer votre bêtise. Je vais vous laisser cinq minutes pour arracher la tête de cet homme. Si vous n'y parvenez pas, l'homme que voici s'occupera de vous. »

Désignant son garde du corps comme l'instrument de son jugement, la jeune femme s'écarta pour laisser les cinq hommes s'approcher de l'étranger ayant provoqué ce tumulte. Elle fit signe à Oteh de libérer l'inconnu afin de le laisser entre leurs mains désireuses de sauver leur vie. Bien entendu, au moindre geste de fuite, elle comptait sur le prêtre à barbe pour éliminer cet homme, ainsi que les cinq autres. L'incompétence n'était pas une option pour Lady Ferboys et si ils ne parvenaient pas à arracher le tête de cet imbécile, son garde du corps n'aurait plus qu'à se saisir des leurs.
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Message Mar 2 Oct 2012 - 21:08

Pendant que le garde du corps maintenait d’une main le front poisseux de sueur du terroriste en arrière, l’agrippant par les cheveux, et pressant l’acier froid contre la veine gonflé du cou de ma victime avec l’autre, Oteh le maintenait avec fermeté alors que la douleur de la perte de ses jambes donnait des convulsions à la victime. Il attendait les ordres alors que dans son regard ne se lisait plus la compassion et l’humanité dont il avait fait preuve jusque là. Un regard de prédateur qu’il n’avait pas eu lorsqu’il avait du affronter les quatre gardes, mais là c’était différent. On avait attaqué la personne dont il avait la garde. Blasphème, crime sacré, par sa main maintenant allait parler les dieux qui soutenaient Oteh. Et ils étaient nombreux !

Le garde ne lut dans le regard de la noble aucun sentiments de gratitude, de soulagement ou ne serait-ce que le moindre choc. Elle était resté droite, stoïque, parfaitement comme il l’avait demandé et même plus. Une force de caractère appréciable selon lui. Elle se détourna pour s’adresser à la foule.

« Elle vient de se faire attaquer et elle ne pense qu’à déclarer un discours ? Mes yeux m’auraient ils joués des tours, où a-t-elle caché son membre viril ? » Se disait il pendant la litanie d’Edarra qui alla jusqu’à l’invocation d’une enfant prêt d’elle. Elle alla jusqu’à demander à cette petite de désigner les prochaines victimes à passer sous le tranchant d’alicia ? Donner ainsi un pouvoir de vie et de mort à un enfant avait quelque chose de désagréable et de malsain. Oteh commençait à se demander ce qu’avait vécu la dame des Osseux pour devenir ainsi. Mais son esprit revint rapidement à la situation présente lorsqu’elle se tourna vers eux en sortant une dague cachée dans les replis de sa robe d’ivoire. Elle attrapa d’une main ferme celle de l’assassin qui ne put se plaindre sans que l’acier que tenait Oteh lui pénètre la chaire, elle l’immobilisa sur le sol avec sa chaussure et trancha un à un les doigts qui répandirent directement sur le sol un mince filet de liquide sombre et Oteh dut raffermir sa prise pour qu’il ne se tranche pas la gorge de lui-même dans sa gesticulation brutale.

« Je suppose que celui qui t'envoie, veut ma mort pour empêcher Dorne de retrouver son éclat. Il est clair que le danger ne vient pas de mon Oncle et ton employeur le sait. En plus, tu as impliqué des ivrognes et des sans-le-sous dans ta basse besogne, les condamnant à une mort certaine. Malheureusement pour toi, malgré leurs insipides existences, ils restaient des sujets de la Maison Ferboys. Il faut donc t'accorder le châtiment qui s'impose pour ce crime. »

Elle vint alors cueillir comme des fruits murs, les oreilles de l’assassin, répandant le sang sur la tenue d’Oteh alors qu’elle faisait en sorte que sa propre robe ne soit pas entachée. Non que le prêtre à barbe s’en formalisai, mais il savait ces tâches impossible à enlever !

« Ne prêtez plus votre oreille à ceux qui veulent vous convaincre que la Maison Ferboys ne fait rien pour vous. Si vous devez votre vie à quelqu'un, c'est bien la Maison Ferboys. Alors ne recommencez plus cette folie si vous souhaitez la conserver. »

Reprit-elle à la vue et au su de tous, le soleil ardent pour témoin.

« Combien de soldats sont déjà tombés en te protégeant fillette pour que tu sois si ardente et insensible ? » se demanda encore une fois Oteh alors qu’elle était revenu près d’eux pour lacérer de sa dague le visage déjà bien laid de son ennemi. Les cris de ce dernier se répercutèrent en écho sur les murs sablonneux du village. Cette torture dura jusqu’à ce que la noble dame aux cheveux plus sombres que les corbeaux annonçant les mauvaises nouvelles se relève pour tourner son regard dédaigneux sur la jeune fille qu’elle avait choisi. Oteh lâcha alors prise et l’homme plus mort que vif tomba pitoyablement sur le sol. Rengainant sa dague, il reprit Alicia en main et regarda avec une froideur d’acier valyrien les cinq hommes désignés par la fillette et qui s’avancèrent vers Edarra.

« Il est temps pour vous de montrer votre allégeance à la Maison Ferboys. Cet homme a réussi à vous convaincre, il vous revient aujourd'hui de lui faire payer votre bêtise. Je vais vous laisser cinq minutes pour arracher la tête de cet homme. Si vous n'y parvenez pas, l'homme que voici s'occupera de vous. »

L’air menaçant, il leur inspira une peur que jamais Edarra, malgré son côté froid, austère et autoritaire, ne pourrait égaler, il avait un tel regard, une telle attitude envers eux. Il n’était plus le prêtre aimable et respectueux, il était le garde du corps loyal, sauvage, dont le regard acéré et la vitesse affutée en faisait un prédateur redoutable. Du premier regard, il sonda l’âme de ces hommes, devina qui serait assez terrorisé pour aller jusqu’au bout, et qui serait assez opportuniste pour tenter sa chance dans la fuite. Sur les cinq, il y avait une espèce de fouineur, un ver de terre avec la peau sur les os dont le regard fuyant cherchait, avec peu de discrétion, un moyen de fuir. Trois autres étaient d’une stature normale, des paysans qui n’avait sans doute fait que rêver d’une vie meilleurs, chacun des trois étant âgés d’une vingtaine d’année, ils étaient hommes faits et pourtant avaient trahi, une faute que même un enfant n’aurait pas fait. Le dernier quand à lui était un balourd gras au double menton cicatrisé, au nez mangé par ce qui semblait être selon les traces, des rats, et à l’œil droit baveux et blanc. Un voleur, trois idiots, et un brigand, voici donc l’armée censée renverser les osseux. Oteh s’éloigna de la proie pour se rapprocher de la dame blanche, le sang coulant encore de ses manches, il se garda bien néanmoins de trop l’approcher.

« Je peux d’ores et déjà vous dire que seul trois ont une chance de survivre. » Annonça-t-il de but en blanc alors que les cinq hommes se jetèrent comme des animaux sur les restes de l’assassin, rapidement un crac lugubre signifia que les os du cou avaient rompus, emportant ainsi la vie de l’inconnu et le mystère de son employeur. Mais la peau, les ligaments ne comptèrent pas lacher trop facilement face à leur doigts ensanglantés et glissant. L’un des paysans regarda Oteh avec convoitise, ou en tout cas, sa dague. Il se précipita alors vers lui dans l’espoir demeuré de pouvoir le lui arracher. La lame glissa hors du fourreau dans son chant de sifflement aigu, la chanson de l’acier sur le cuir, et la lame alla se planter profondément sous la mâchoire carrée de l’idiot. Oteh n’en était pas moins aveugle de l’opiniâtreté dont fit preuve, comme il s’y attendait, le voleur. Mais à peine eut il commencé à fendre la foule que celle-ci reçut son cadavre dans son élan avec un poignard planté à l’arrière du crane. Le temps d’aller récupérer son arme et le gros balèze commençait à bousculer ses deux complices pour s’accaparer le cadavre, jugeant avec un excès de zèle que cette attitude n’était pas digne, la lame d’acier s’abattit sur son crâne et le fendit en deux jusqu’aux épaules. Il rejeta le cadavre sur le côté et intima aux survivants de continuer d’un simple regard. Pourtant au bout de quelques secondes, l’un d’eux craqua et mêlant ses cris à ses pleurs, commença à ramper vers Edarra, la suppliant de lui laisser la vie. La réaction d’Oteh fut tout aussi vive que les fois précédentes, avant que l’importun ne corrompe de son toucher sale la robe immaculé de la noble dame, il donna un vive coup de pied dans les cotes de celui-ci qui le courba sur le sol. D’un autre coup de pied, il le força à se mettre sur le dos et lui planta sans ménagement la hallebarde dans le ventre, remuant la lame pour créer une plaie béante qui aurait tôt fait d’attirer les mouches. Lorsque le dernier survivant vit ce spectacle, il s’échina bec et ongle pour arracher peau chair et muscle morceaux par morceaux, mais les tendons était solides et glissaient entre les dents qui lui manquait. Au bout d’un moment passablement long, il ne resta plus à Oteh qu’à estimer que les cinq minutes s’étaient écoulés, son pas funeste se dirigea donc vers le dernier paysan. Celui-ci sanglotait en entendant les pas derrière lui. Néanmoins Oteh fut plus clément pour lui, étant donné qu’il avait obéit sans essayer de se dérober, il lui accorda une mort rapide, la lame ne fit aucun bruit en glissant dans l’air, la tête sauta hors des épaules et atterri aux pieds de la foule. Il se retourna alors vers Edarra et s’inclina un genou à terre devant elle.

« Votre serviteur ma dame. »

Il entendit alors dans le son dos les roturier s’incliner de la même manière et entonner : « Gloire aux Ferboys » presque religieux. Oteh se releva et invita finalement la dame à reprendre son chemin, laissant le soin aux roturiers de piller les effets des trépassés.

« Êtes-vous satisfaites ma Dame ? » demanda-t-il dans un souffle en reprenant la marche avec elle. Ils arrivèrent finalement au cheval sans encombre et Oteh paya l’enfant ce qu’il lui devait. Il resta un instant là, analysant la situation, ce qu’il s’était passé, il n’avait pas été si cruel depuis longtemps, du moins il n’avait pas l’habitude de l’être face à des ratés pareils. Cette femme … Elle attisait quelque chose en lui. Chez d’autres hommes elle devait attiser bien des désirs, mais pour lui, c’était autre chose. Quelque chose de plus sombre, comme si un animal en lui se réveillait après avoir été endormi de force. Il se souvint dès lors de la dernière fois qu’il avait été comme ça. Dans une bataille qui avait opposé la communauté de Norvos contre les Dothrakis. Un kalhasar entier s’était brisé contre les défenses de la cité, les sauvages montés ne pouvant rien contre la porté des armes de ces guerriers, Oteh avait foncé dans le tas, contrant les arakhs, tranchant la chair du cheval comme celle de l’homme. Le kalhasar était petit, quelques centaines d’hommes tout au plus. Oteh n’en avait pas moins fait un carnage. Mais tout ça c’était déroulé voila des années, est-ce que sa légende s’achevait déjà ? Que lui restait il à voir ? Qu’est-ce que de nouveaux voyages avec Mewan allaient bien pouvoir lui révéler qu’il ne connaissait pas déjà ? Oteh n’avait pas envie de s’encrouter à toujours se battre contre de vulgaires brigands ou des paysans. Il n’avait pas eu de vrais combats depuis bien trop longtemps…

« Je ne saurais que trop conseiller à ma Dame de faire demi tour afin d’informer votre Oncle de ce qu’il s’est passé. »

La marche reprit, les paroles d’Edarra lui revinrent en écho. Pourquoi s’encrouter quand il pouvait mener des batailles de légendes, affronter des hommes valeureux, trouver la gloire et la mort dans des combats épiques. Il avait honte de l’avouer, mais elle avait raison, Oteh serait plus heureux au service d’un lord ou à la tête d’une armée plutôt que de devoir vaincre les ampoules et son foutu mal des transport avec Mewan. Ce constat était rude et amer. Mewan avait beau être son maitre, il l’aimait comme un frère…

« J’ai une question à vous poser ma Dame. » Commença t’il sur un ton neutre. « Quel serait la place d’un homme comme moi s’il se retrouvait à votre service ? »

La question était tout à fait hypothétique et ne l’engageait en rien. Mais il se doutait que la réponse serait tournée de manière à le séduire. Mais pourquoi tenait-il tellement à entendre sa réponse, ce n’était pas comme s’il allait pouvoir quitter le service de Mewan de toute manière. Un prêtre à barbe est lié à deux choses pour toute sa vie, à sa femme, et à son maître. Et il n’était prêt à perdre ni l’un ni l’autre. Il portait déjà le nom d’un traitre qui avait faillit détruire l’ordre après la destruction de son épouse, et il avait finalement réussi à laver ce nom. On ne retenait plus que lui avec ce nom. Mais finalement, cette question le taraudait, et s’il était destiné à plus que ça ? Sous le capuchon blanc qui cachait son visage à la noble dame, Oteh ne laissait rien voir des tourments de son esprit.
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Message Dim 7 Oct 2012 - 18:22

Les paroles d'Edarra semblèrent raisonner dans l'esprit des villageois paniqués, et l'imposante présence de son garde du corps dont la force semblait égaler celle de cent hommes, garantissait à la jeune femme la sécurité de toute révolte. Les cinq hommes désignés par la fillette tremblèrent aux propos de la noble lady, comme si elle venait de leur annoncer une mort imminente. En réalité, c'était effectivement le cas, car il était assez difficile d'arracher la tête de quelqu'un à main nue. Chaque spectateur connaissait le sort qu'elle réservait aux désignés, mais aucun d'eux ne semblait s'en émouvoir, sans doute car ils étaient soulagés que cela ne soit pas tombé sur eux. Les cinq condamnés se lancèrent sur l'instigateur de la révolte comme une horde de hyènes, se battant avec la force du désespoir, espérant parvenir à l'objectif imposé par la Maîtresse de ces Terres. Imperturbable devant ce spectacle horrible, Edarra écouta avec attention les mots de Oteh, qui lui annonça que deux de ces hommes ne survivraient pas à cette épreuve. D'un côté, elle n'en avait strictement rien à faire vu que l'objectif était de montrer que son autorité ne devait subir aucune rébellion à tout le village.

La scène ne manqua pas de provoquer des hauts-le-coeur aux femmes et aux enfants présents dans la rue, alors que les hommes peinaient à observer des gens qu'ils connaissaient depuis des années essayés d'arracher la tête d'un homme, tels des animaux. Désespéré, l'un d'entre eux courut vers le prêtre à barbe, tentant de lui dérober son poignard pour se faciliter la tâche. Il ne fallut que quelques secondes pour que son corps touche le sol et que la terre soit nourrie de son sang. La scène ne fit même pas sourciller la noble jeune femme qui était imperturbable, même devant une scène aussi horrible. Il faut dire que depuis sa plus tendre enfance, sa mère et son oncle l'avaient endurci pour qu'elle se montre digne de représenter la Maison Ferboys. Entre les exécutions, les duels et les interrogatoires musclés, la petite brune avait assisté à l'écoulement de tellement de sang qu'elle n'en distinguait peut-être même plus la couleur. Il ne fallut que quelques secondes pour que les choses évoluent encore, et bien que la nuque de l'étranger venait de se briser sous l'effort, la tête était encore loin d'être détachée du corps comme le désirait la lady. Le garde du corps élimina également le gros moche qui ne montra pas assez de gentillesse à l'égard des autres condamnés, ainsi qu'une petite fouine qui tenta de s'enfuir en profitant de la diversion. Il n'eut pas vraiment le loisir d'aller bien loin, qu'un couteau était déjà planté à l'arrière de sa tête. Une fois de plus, Oteh montrait son efficacité qui faisait plaisir à la jeune femme.

Un autre homme eut une idée stupide et se mit à ramper vers son juge, espérant une clémence dont elle était dépourvue. Efficace, Oteh n'attendit même pas un ordre de sa Maîtresse et tua le pauvre homme sans le moindre sentiment avant qu'il ne puisse attendre la femme qui ne lui accorda même pas un regard. Il n'en restait plus qu'un à tenter de sauver sa vie, arrachant les bouts de chair avec ses ongles et ses dents pour atteindre son objectif. Malheureusement pour lui, le temps s'était écoulé et un bourreau efficace, le prêtre s'avança vers le pauvre homme qui ne tarda pas à comprendre ce qui allait lui arriver. D'un coup de hallebarde, il trancha la tête du dernier condamné, sous les yeux bouleversés de la foule silencieuse. Très solennellement, Oteh posa le genou à terre devant Edarra, lui signifiant qu'il était à ses ordres. Devant une telle démonstration, tous les villageois présents firent de même, posant presque la tête contre le sol afin de montrer à quel point ils s'en voulaient. Alors que le prêtre de Novros lui demanda si elle était satisfaite, la noble dame se remit en route tranquillement, comme si rien ne s'était passé.

« Très satisfaite, cela ne se voit pas ? Ces paysans auront maintenant compris ce qu'il en coûte de se rebeller contre la Maison Ferboys. Tu as fait du bon travail. »

Il valait mieux pour lui qu'il ne soit pas accro aux compliments car ce n'était pas vraiment le genre de la belle. D'ailleurs, cette marque de satisfaction n'était due qu'à la possibilité de le recruter pour son plan. Un homme de cette qualité se devait d'avoir des défis bien plus importants et difficiles à relever que de simplement protéger quelques chiffons dans un carton. Elle comptait bien le lui faire comprendre, qu'il le veule ou non. Ils continuèrent leur route jusqu'à l'extérieur du village où les attendait le jeune garçon chargé de surveiller son cheval. Edarra remonta immédiatement en selle, redevenant la noble dame trônant au dessus des autres. Ils se remirent en route vers leur deuxième destination, une petite demeure perdue au milieu du désert qui abritait une vieille voyante. Ses talents étaient reconnues dans la région et il était dit que ses prédictions se réalisaient presque à chaque fois. Oteh lui conseilla toutefois de faire demi-tour pour informer son oncle de cette altercation dans le village mais bon, ce n'est pas comme si la jeune femme ne savait pas gérer ce genre de problème. En plus, si elle venait à dire cela à son oncle, ses sorties seraient bien moins fréquentes et bien plus gardées quelles ne le sont aujourd'hui.

« Il n'est pas nécessaire d'informer mon oncle pour ce genre de détail. A moins que tu ais craint ne pas parvenir à me protéger ? Ces prouesses étaient-elles un coup de chance ? »

La jeune femme ne comptait pas perdre son temps en trajet inutile et elle visait également de corrompre le coeur pur du prêtre pour faire ressortir la soif de grandeur présente dans chaque être humain. Elle était persuadée que sous son air d'honorable guerrier, il y avait une bête sanguinaire qui ne demandait qu'à sortir plus souvent, chose qu'elle comptait bien lui accorder. Alors qu'ils poursuivaient leur route, il lui posa une question qui la fit sourire. Elle sentait que ses petites manigances commençaient à prendre dans son esprit et c'était une très bonne chose. Lady Ferboys mit quelques secondes avant de répondre, jugeant en vitesse de la meilleure réponse à donner à cette question.

« Dans un premier temps, tu aurais à ta charge ma garde personnelle. Tu comprendras aisément qu'il serait mal venu de te mettre à la tête d'un régiment de soldats, si tu n'as aucun sens de commandement. Ton encroûtement au service d'un simple marchand se doit d'être effacé pour te ramener à ton meilleur niveau. Il n'y a que comme ça que tu pourrais m'être utile, voire indispensable dans mes projets. Si tu restes à ce niveau, tu resteras un simple garde du corps. Je désire les meilleurs, et non pas ceux qui se contentent de la seconde place. »

La réponse était très franche et ce n'était pas le genre d'Edarra de tourner autour du pot. Il devait savoir que si il voulait changer de vie, il allait devoir viser bien plus haut. Bien sûr, cela coulait de source que si il se mettait à son service, il devait abandonner sa vie misérable aux côtés de son minable marchand. Il devra faire son choix un jour ou l'autre et il le savait certainement. En tout cas, ce n'était pas à elle de le faire à sa place. Elle voulait un homme dévoué et non pas un homme obligé. Ils continuèrent leur route, avançant au rythme des pas du garde du corps. Le trajet allait encore être long et ils allaient bientôt devoir s'arrêter pour dormir vu que le soleil commençait à se coucher. La journée était passée bien vite et à cause de la peur des chevaux d'Oteh, ils allaient devoir coucher à la belle étoile, chose que ne supportait absolument pas la jeune femme habituée à son confort. Non loin d'un point d'eau, Edarra se dirigea vers celui-ci, histoire de trouver à manger et à boire. Une petite oasis au milieu des terres des Ferboys comme ils en existaient énormément. Une fois arrivé, elle descendit de cheval et dicta ses ordres à son serviteur.

« On va se reposer ici et on repartira à l'aube. Je suppose qu'un homme ayant fait la route si souvent sait comment trouver quelque chose à manger. Fais donc un feu et va nous chercher à manger. Je m'occupe de remplir nos gourdes. »
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Message Dim 14 Oct 2012 - 10:13

« Le coup de chance était plutôt qu’il n’y ait eut qu’un seul assassin ! » se retint-il de dire. Alors qu’il marchait à un pas soutenu pour permettre à l’étalon des sables d’aller plus vite que pour une simple marche, il détourna son attention de la dornienne pour apprécier un peu plus les paysages. Il aurait été dommage de ne pas en profiter, ces reliefs arides aux couleurs chaudes, ces montagne formant comme un serpent aux épines dorsales acérés, un dragon, Oteh imaginait la taille du dragon dont les épines pouvaient aujourd’hui être montagne, si cette pensée pouvait être risible puisque les montagnes ne sont que pierre et terre, Oteh ne pouvait manquer de se dire que de toutes façon nous retournons tous à la terre et à la pierre. Quand s’envole nos corps en flamme alors que nos âmes rejoignent les prairies céleste, c’est en poussière que se transforme la chaire, l’os devient charbon, n’est-ce pas comme la pierre ? Peut être bien qu’il y a fort longtemps, il y a vraiment un dragon fabuleux qui est mort ici.

Lorsqu’il eut posé la question de sa place auprès de Dame Edarra, sa réponse était si… amusante, qu’il ne put cacher son hilarité.

« Encroutement ? Alors vous avez vraiment la pire garde des Septs couronnes pour que quatre de vos hommes aient perdu contre un homme encrouté. Et vous dite vous entourer des meilleurs ? » Son ton était certes plein de défis et il était dangereux de parler ainsi à Edarra Ferboys, mais il était tout aussi dangereux de provoquer Oteh Byris sur ses qualités. « Je n’ais jamais été un numéro deux, je pourrais tuer toute votre cour si cela était nécessaire. »

Et par cela il espérait bien qu’elle comprenne que si elle menaçait de faire quelque chose envers Mewan, elle le paierait de sa vie et de celle de tous les Ferboys. Il est plus dur d’attraper une souris qui court seul entre les murs qu’une garnison de rat bien visible et puant. Oteh commençait à fatiguer du petit numéro de cette femme qui se vantait à tort de la valeur d’hommes qui n’étaient pas les siens, sans son oncle, cette gamine n’était qu’une pucelle au regard de braise.

« Alors peut être que j’assurerais votre garde dans une autre vie. Dans celle-ci, mon maître est Mewan, il n’est ni noble ni riche, mais j’ai vu des choses grâce à lui que je n’aurais jamais vu au service de quelqu’un… » comme vous, se retint-il de dire. « …d’autre. J’ai été témoin de la puissance des dieux, j’ai connu mon lot de bataille et de guerre n’en doutez pas. »

Oteh se remémora la bataille de Norvos, lorsque les Prêtres à Barbes eurent à défendre leur cité contre un kalhasar dothrak. Trois cents cavaliers, moitié moins de prêtres, c’était six ans après qu’il soit rentré au service de Mewan, ils étaient de passage dans la cité lorsqu’on les prévint de l’arrivé de la horde sauvage. Cent cinquante prêtre firent front en première ligne alors que les menaçais la charge de sang-coureurs avide de sang. Dès la première charge, la ligne des coursiers fut balayé par la discipline des prêtres, qui comme une seule vague avaient tranché la gorge des chevaux avant de s’abattre sur le cavalier. Cette mécanique leur permis de défaire la première charge, ainsi que la suivante jusqu’à ce que tout le kalhasar tente une percée de force, mais ce fut à nouveau un échec, les prêtres s’étant formé à la va vite en triangle, barbe d’or en pointe, Oteh sur le flanc droit. De cette bataille, il ne reste que les habitants de Norvos et les prêtres pour la raconter. Tous les dothrakis sont morts.

Le reste de la journée fut une longue marche sous le soleil accablant Oteh parti dans les méandres profond de son esprit, comme à chaque fois qu’il devait marcher une longue distance et qu’il n’avait rien à dire à Mewan. Mais lorsqu’il s’aperçut de la descente du soleil, il devint évident qu’ils ne seraient pas rentrer avant la nuit, cela agaçait Oteh. Elle ne lui avait rien dit sur le fait que son voyage pourrait les amener aussi loin. Il se garda pourtant de tout reproche, sachant qu’il était déjà sans doute allé assez loin avec ses derniers propos. Lorsqu’elle arrêta sa monture, ce fut pour établir le campement de la nuit à venir, elle lui donna alors l’ordre de faire du feu et de trouver à manger. Une nouvelle fois il fut pris d’un soubresaut de rire et répondit d’un ton sec :

« Non. »

Lorsqu’elle se retourna pour le dévisager, on aurait dit dans son regard qu’il venait de l’insulter. Bien camper sur ses jambes, et tenant fermement Alicia, il ajouta :

« Je ne suis ni chasseur ni bucheron, si vous m’aviez dit dès le départ ou nous allions nous aurions put prévoir de quoi passer la nuit. Vous croyez quoi ? Nous ne chassons pas, nous avons des réserves de nourriture et nous faisons toujours en sorte de dormir dans une auberge. De plus je ne vais pas vous laisser seul, mon devoir est de vous protéger. »

Il soutint son regard acéré de manière imperturbable, puis prêta l’oreille à un écho lointain, un écho qu’il senti jusque dans ses pieds.

« De toutes façons ça n’a plus grande importance. Votre garde exceptionnelle est là. »

En effet, quelque minutes suffirent aux cavaliers pour les rejoindre. Des soldats aux couleurs ferboys, ils portaient une maille tapissé de disque de cuivre se superposant les uns sur les autres, le soleil rougissant à leur venu les inondais d’une lueur chaude et fit resplendir une certaine beauté dut à leur tenue sur leurs chevaux. Oteh en dénombra rapidement une quinzaine, armés de long sabres courbés rappelant à l’essossien les araks dothrak, parfait pour une utilisation à cheval. Le capitaine de la garde lança un regard plein de dédains à Oteh avant de descendre de sa monture.

« Je gage qu’il n’a pas aimé la mort de quatre de ses hommes. » Se dit-il alors que se plantant devant Edarra, le soldat lui dit :

« Sur ordre de votre oncle, nous devons vous ramener au palais ma Dame, une litière arrive pour votre confort et nous sommes là pour vous escorter. »

« Je gage que cela signifie que notre marché est terminé. » Lança le garde du corps. « Où est mon maître ? »

« Il ne saurait tardé, il peinait à nous suivre avec sa charrette. Nous avions ordre de le tuer si nous ne vous trouvions pas avant la nuit. »

« Je vous sais gré de ne point l’avoir attendu en route alors. » Puis se tournant vers Edarra, il effectua une courbette polie :

« Madame, vous escorter fut un grand honneur et très enrichissant je vous en remercie. »

Il lui laissa voir un sourire élégant qui ne reflétait pas ses pensées. Certes elle avait raison sur nombre de points, Oteh voulait plus de gloire, Oteh était avide qu’on le reconnaisse à sa juste valeur. Elle avait eu l’occasion de voir le fauve qui sommeillait en lui et avait sans doute rêvé d’une garde composé d’homme de sa trempe. Mais grandeur et cruauté sont deux choses dissociables et Oteh n’était pas encore prêt à vendre son âme pour obtenir ce qu’il voulait. Cette jeune demoiselle avait beaucoup de choses à apprendre et un tempérament à faire évoluer. A agir ainsi, elle s’attirerait beaucoup trop d’ennemi pour pouvoir escompter soulever Dorne. Néanmoins il la trouvait plutôt plaisante et elle était jeune, elle aurait tout le temps de changer. Maintenant il restait à connaitre les impressions de la dornienne sur cette journée qui ne fut pas de tout repos.

HJ : j'espère que cette fin soudaine ne te dérange pas, mais je ne voyais absolument pas cette nuit se passer ainsi XD
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Message Sam 20 Oct 2012 - 7:17

Edarra et son garde du corps continuèrent leur route en direction d'une petite zone bien moins peuplée, reculée au milieu du désert et sans doute où peu de personne aurait l'idée d'aller. Cependant, il s'agissait de la demeure d'une vieille femme étonnante et dans la région, bien que peu s'y risque, ses prédictions étaient toujours reconnues comme très proche de la réalité. Evidemment, la discussion avec Oteh fit passer le temps du voyage plus vite, même si à la base, c'était lui qui ralentissait l'allure avec sa phobie des chevaux. Bien qu'il tente de presser le pas pour suivre la cadence du cheval, c'était lui de la vitesse que pouvait atteindre un coursier des sables. Quoiqu'il en soit, les propos de la noble dame ne semblèrent pas être apprécié du prêtre à barbe, ce dernier essayant d'évaluer sa force par rapport aux quatre gardes qu'il avait vaincu. Sa remarque bien que ressemblant à une provocation fit rire Edarra. Sa méconnaissance des pratiques chez les nobles était si innocente que cela en était drôle. Un peu présomptueux, il alla même jusqu'à se vanter d'être le meilleur et de pouvoir anéantir toute la cour des Ferboys, comme si ils n'étaient que de vulgaires paysans. Un sourire aux lèvres, la jeune femme se tourna vers lui afin de calmer ses ardeurs.

« Penses-tu sincèrement que nos meilleurs soldats sont chargés de surveiller des portes ? Les quatre hommes que tu as affronté ne sont que de la piétaille. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils s'y sont mis à quatre. Les deux hommes au côté de mon Oncle t'auraient sans doute tué. Il ne faut pas juger une armée sur ses plus mauvais éléments car on risque bien souvent de la sous-estimer. Penses-tu sincèrement que les Ferboys ont repoussé les armées du Trône de Fer sans une puissante armée ? Ne sois pas ridicule. Un homme seul, aussi bon soit-il, ne pourra jamais vaincre une Maison Noble de Dorne. »

En disant cela, Edarra pensait également à son désir de voir les Martell tomber, sachant que toute seule, cette entreprise était vouée à l'échec. Pour y parvenir, elle allait devoir s'entourer d'alliés puissants et de soldats l'étant tout autant. Cela n'allait pas se faire du jour au lendemain et elle en était bien consciente mais bon, que cela soit dans dix ans ou même vingt, elle savait que son heure viendrait et qu'à ce moment-la, le faux prince de Dorne devrait plier le genou devant elle, juste avant d'abandonner sa vie. En attendant ce jour béni par la Mère Rivière, elle se devait de poursuivre son ascension vers le sommet, aidé par sa Mère. Tout ce qu'il fallait, c'était que son oncle ne fasse pas plus de bêtise et que le nom des Ferboys soit préservé le temps que le moment crucial arrive. En tout cas, si Oteh avait espéré faire peur à la dornienne, il était assez mal tombé. En effet, elle connaissait parfaitement les capacités de ses gardes les plus vaillants et également celles du prêtre après l'avoir vu combattre à deux reprises, et elle n'avait aucune crainte à avoir car bien que faisant partie des hommes les plus forts qu'elle connaisse, son garde du corps n'était pas le meilleur. Par conséquent, si il lui venait à l'idée de se rebeller contre la Maison Ferboys, il y perdrait sans aucun doute la vie, sans pour autant qu'Edarra doive y mettre beaucoup d'hommes.

Comme toujours, Oteh remit en avant sa fidélité envers son marchand, espérant sans doute convaincre Edarra que c'était la vie qui lui était destinée. Bien qu'il aurait été un atout de choix pour les projets de la jeune femme, il ne semblait pas vraiment décidé à la rejoindre le moment venu. Peut-être devrait-elle organiser la fin de cette union entre le fameux Mewan et le prêtre de Novros, même si il semblait insinuer que si ce dernier venait à mourir à cause d'elle, il s'en prendrait automatiquement aux Ferboys. Il fallait donc peser le pour et le contre dans cette initiative, avant de se lancer dans la moindre entreprise visant à rompre ce contrat. Enfin bon, cela n'en valait sans doute pas la peine. Un jour ou l'autre, son marchand perdrait la vie au détour d'une ruelle de Port-Réal, rattrapé par des clients mécontents, c'était d'ailleurs bien souvent la fin qui attendait ce genre d'homme prêt à tout pour une vente. Ce jour-là, peut-être que ce borné de prêtre reviendrait la voir pour lui offrir ses services. D'ici-là, il n'y avait aucun besoin pour Edarra de précipiter la mort du marchand, surtout que son plan était encore loin d'être assez avancé pour qu'Oteh lui soit utile.

« Soit, si tel est ton choix, qu'il en soit ainsi. Tu aurais pu connaître la gloire d'une victoire à tout jamais historique, mais peut-être la connaîtras-tu, après tout, l'avenir est incertain pour tout le monde. »

La route continua en silence, le soleil brûlant chauffant le sable jusqu'à le rendre fumant. Habituée à cette chaleur, cela ne dérangea pas la jeune Ferboys qui continua sa route jusqu'au point d'eau qui se trouvait non loin. Le soleil se couchant, il était temps de camper et lorsqu'elle descendit de cheval pour commencer à se préparer pour la nuit, une surprise de taille l'attendit. En effet, son garde du corps refusa son ordre et commença à expliquer son attitude de défi en lui racontant son expérience avec son Maître. Cette attitude n'était pas pour plaire à Edarra qui sembla le fusiller du regard.

« Si tu étais monté à cheval comme prévu, nous serions déjà rentrés. Peur des chevaux, incapable de camper, j'espère que tu n'as pas d'autres tares. »

Pour une surprise, s'en était une de taille. Comment pouvait-il s'opposer à ses ordres de cette façon, il semblerait qu'au final, son jugement à son égard n'était pas tout à fait juste. Alors qu'elle bouillonnait de rage, la jeune femme eut une autre surprise, celle de voir des cavaliers de la Maison Ferboys débarquer. Le Capitaine descendit de monture pour saluer sa Maîtresse et lui expliqua les raisons de sa présence. Visiblement, son oncle ne semblait pas vouloir voir sa nièce dormir à la belle étoile. Ceux-ci étaient venus pour la ramener au Palais et cela ne l'enchantait guère. Oteh marqua ma fin du contrat temporaire qui l'unissait aux Ferboys, et s'inquiéta ensuite pour Mewan, espérant sans doute que sa tête ne roule pas au sol. Visiblement, les choses s'étaient assez bien terminées pour le Maître du prêtre à barbe, sans doute grâce à la lenteur de sa charrette. Quoiqu'il en soit, cela ne faisait nullement plaisir à la jeune lady qui ne réagit pas à la politesse d'Oteh, encore mécontente de sa désobéissance. Il était clair que si un jour, elle voudrait obtenir Dorne, elle allait devoir apprendre à se faire respecter et obéir de gens comme lui. Il lui restait encore du temps mais un jour, tous se prosterneront devant elle, Edarra en était sûre. En attendant, elle allait se contenter de sa garde, ne comptant pas reculer alors qu'elle était si proche de son objectif.

« Silence Capitaine. Préparez le camp, je ne compte pas rentrer avant d'avoir eu ce que je veux. Mon Oncle se veut bien trop protecteur. »

« Mais Lady Edarra ... Votre Oncle nous a ordonné de vous ramener. »

La révolte envers ses ordres était donc une chose courante dernièrement, mais la jeune femme ne comptait pas se laisser faire aussi simplement. D'un mouvement extrêmement rapide et précis, la dornienne parvint à se retrouver dans le dos du Capitaine et porta un coup à l'arrière de la jambe pour le faire tomber à genou. En quelques secondes à peine, l'homme qui venait d'oser s'opposer à elle se retrouva à genoux, une dague sous la gorge comme lors d'une exécution sommaire. Tout cela s'était déroulé en une fraction de seconde et n'avait laissé à personne le temps de réagir. Bien que magnifique et gracieuse, la jeune femme n'en restait pas moins une combattante émérite avec ses dagues et sa rapidité de mouvement. De plus, si il y avait bien une chose qui la mettait hors d'elle, s'était le fait qu'on ne lui obéisse pas, particulièrement les êtres inférieurs.

« Nous allons continuer notre route, que cela vous plaise ou non. Surtout, que mes ordres ne soient plus jamais discutés ! »

Bien que surpris face à ce qu'il venait d'arriver, le Capitaine de la troupe ne put que se soumettre à la volonté de Lady Edarra, sachant très bien qu'elle n'aurait pas hésité une seconde à lui trancher la gorge dans le cas contraire. Laissant Oteh partir à la rencontre de son Maître, la dornienne commença à dicter ses ordres aux soldats qui s'exécutèrent immédiatement. Le campement fut assez rapidement mis en place et telle une princesse, la jeune femme les dirigeait avec une poigne ferme qui ne laissait aucune place à la discussion. A la voir comme ça, on pouvait en venir à se demander quelle branche de la famille Ferboys dirigeait réellement la Maison, celle du Lord actuel ou bien celle de sa soeur, Lady Shira.
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