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Relations de bon voisinage [Velanna Vance].

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Message Mer 15 Aoû 2012 - 19:37

L'après midi était bien avancée, tandis que le soleil déclinait doucement à l'horizon, et Eleanor, perchée sur Carotte depuis maintenant plusieurs heures, ne put s'empêcher d'esquisser un sourire satisfait lorsque son regard se posa sur les remparts d'Artranta qui se dessinaient enfin à quelques miles à peine.

La route avait été longue et elle avait hâte de revoir enfin Velanna. Cela faisait des mois qu'elles n'avaient communiqué que par corbeau interposé, chacune devant répondre à ses obligations familiales, avec plus ou moins d'enthousiasme. Mais, après une discussion avec Mère, elle avait réussi à la convaincre que quelques jours auprès de son amie lui seraient bénéfique et lui permettraient de reprendre son apprentissage de la lady bonne à marier dans les meilleures conditions une fois rentrée à Vivesaigues.

C'est ainsi qu'elle avait pris la route sur le dos de son cher Carotte et accompagnée d'Emilia, sa demoiselle de compagnie depuis près de trois ans maintenant, de deux servantes et d'une flopée de gardes. Mère avait été intransigeante à ce sujet et Eleanor avait beau avoir fait la grimace, elle savait pertinemment que la route était peu sûre, encore moins ces derniers temps, et que la présence des gardes, en plus d'être rassurante, lui permettait de circuler sans craindre les mauvaises rencontres.
Elle s'était rappelée dans un frisson ses discussions avec Edwyn et Mère, lorsqu'ils lui avaient parlé des brigands qu'ils avaient croisé et de la rixe qui avait suivi et, à bien y réfléchir, elle n'avait pas la moindre envie d'être en mesure de raconter ce genre d'anecdote le soir au coin du feu.

Autre source de discussion sur laquelle elle avait eu de nombreuses difficultés mais n'avait pas flanché c'était de faire le chemin par les terres intérieures sans faire une partie de la route via la rivière. Personne n'avait compris son entêtement, après tout, les Tully aimaient naviguer bien plus que de passer des heures à cheval et passer deux jours en bateau était une balade des plus agréables, surtout avec ce temps si doux. Mais, si Eleanor avait réussi à garder secret le malaise constant qu'elle ressentait lorsqu'elle était sur toute forme d'embarcation, elle ne tenait vraiment pas à subir deux journées pleines à souffrir sans pour autant vouloir dévoiler ce qui, pour une lady de la maison Tully était une source de honte aisément imaginable.

Elle avait alors prétexté l'envie de faire le trajet avec Carotte et son affection tout particulière pour sa monture avait réussi à attendrir tout le monde, même si l'idée d'un trajet à zigzaguer à travers les fermes et les cultures n'avait bien évidemment enthousiasmé personne. Mais Eleanor ne faisait jamais de caprices et n'avait que peu de demandes, tous se faisaient alors un plaisir de lui accorder ce qu'elle voulait lorsque c'était le cas.

C'est ainsi que, précédée par des corbeaux annonçant leur venue, la petite équipée était partie sur les petites routes du Conflans, bien loin de la large route royale, les gardes toujours sur le qui vive et dont la tension était des plus palpable alors que les jeunes femmes discutaient gaiement, profitant du temps radieux qui leur était offert. Les routes étaient à peine boueuses et les chevaux allèrent bon train jusqu'à leur première étape dans une petit auberge à mi-chemin entre Vivesaigues et La Glandée.

Les lieux, le repas et le couchage avaient été sommes toutes des plus classiques mais pour la jeune femme c'était comme une véritable aventure. Après tout, c'était la première fois qu'elle voyageait "seule", sans aucun autre membre de la famille et, même si elle avait fait cette route un grand nombre de fois, ce petit changement donnait une toute autre dimension à ces quelques jours loin de Vivesaigues.
Elle avait dormi dans une petite chambre, partageant sa couche avec Emilia, qui avait avoué à voix haute la même peur qui la hantait sans qu'elle ose le dire et qui avait refusé de dormir seule. Les deux jeunes femmes avaient discuté pendant des heures, Eleanor essayant de graver dans son esprit tout ce qu'elle avait pu voir ou entendre lorsqu'ils avaient traversé le petit village où ils s'étaient arrêtés pour y passer la nuit.

Le voyage avait continué sans le moindre incident, le petit groupe se retrouvant accueilli avec tous les honneurs par les Petitbois de la Glandée. Recevoir un membre de la famille Tully était exceptionnel et un véritable évènement que tous tinrent à fêter deux jours durant. Si elle n'était guère adepte des banquets et autres réjouissances en temps normal, elle les acceptait pour une fois avec plaisir, comme partie intégrante de leur petite aventure, et faisait preuve d'une rare sociabilité, bien décidée à faire honneur à sa famille.

Sans grande surprise, l'accueil avait été tout aussi chaleureux chez les Blanetree, qui mirent aussi les petits plats dans les grands pour accueillir lady Tully et sa suite. Loin de la pression qu'exerçait d'un simple regard la mère de la jeune femme, Eleanor avait même réussi à discuter sereinement avec les garçons de la Maison, se rappelant avec un sourire de ses discussions avec sa Septa à ce propos. Peut-être tout simplement devait-elle prendre les choses avec plus de philosophie et se détendre un peu, les choses seraient bien plus faciles et elle serait elle-même plus naturelle, même si elle avait encore et toujours du mal à saisir quand ils plaisantaient de quand ils lui parlaient sérieusement. Elle avait l'impression d'avoir une sérieuse lacune à ce niveau-là mais n'avait pas la moindre idée de la façon d'y remédier sans passer pour la dernière des stupides.

Préférant réfléchir à ces questions plus tard, elle les avait mises de coté, profitant du temps passé à cheval lors de la dernière partie de leur parcours. Cela faisait maintenant une semaine qu'ils étaient en route et Emilia commençait à se plaindre à haute voix, ce qui n'avait manqué de faire sourire Eleanor. Après tout, si elle était férue des promenades à cheval ce n'était pas le cas de sa demoiselle de compagnie qui ne manquait pas de le faire remarquer dès qu'elle en avait l'occasion. Mais la jeune lady n'en avait cure et, une fois n'est pas coutume, profitait pleinement de son voyage sans se poser de question ou sans chercher à contenter tout le monde. Chaque soir Carotte et les autres chevaux avaient été pansés et étrillés mais, ils commençaient aussi à manquer de fraicheur et leur hâte d'arriver à destination était presque aussi palpable que celle de leurs cavaliers, quel que soit leur plaisir à voyager à travers les terres verdoyantes du Conflans.

Eleanor était d'ailleurs tout simplement ravie de profiter de ces paysages, même s'ils ne différaient guère de ce qu'elle voyait autour de sa propre demeure. Mais ce n'était pas la maison et, rien que pour ça, ils avaient une saveur toute nouvelle. dont se délectait la jeune femme à chaque instant de la journée.

Mais voilà, le voyage touchait à sa fin et elle pouvait enfin admettre qu'elle aussi commençait à se sentir un rien courbaturée par les journées passées à cheval et qu'elle serait ravie de passer quelques jours à marcher tranquillement, profitant de la compagnie des hôtes qu'elle anticipait avec plaisir. Elle avait pris un trot plus rapide, distançant un peu son petit groupe, faisant la sourde oreille aux jurons étouffés du chef de son escorte qui l'avait suivie, la mine renfrognée. Réprimant une grimace, elle avait ralenti, faisant mine d'avoir compris le message silencieux de son escorte qui s'était bien évidemment bien gardée de lui dire quoi que ce soit.

Après lui avoir adressé un large sourire, elle avait continué sa route jusqu'à se retrouver au milieu de la cour de la demeure des Vance, cherchant ses hôtes et tout particulièrement son amie du regard, les yeux pétillants de joie à l'idée de la retrouver.

Presque toute la famille l'attendait, Eleanor réalisant seulement que l'un des gardes les avaient devancés pour annoncer leur arrivée. Descendant avec aisance de sa monture, elle flatta un instant l'encolure de Carotte avant de se diriger d'un bon pas en direction de lord Vance, s'inclinant devant lui dans une révérence savamment travaillée et le visage rayonnant de bonne humeur.


"Lord Vance, c'est un véritable plaisir de vous revoir. Vous m'avez l'air de vous bien vous porter, vous m'en voyez ravie."

Elle se tourna alors en direction des frères et sœurs cadets de Velanna, leur adressant un large sourire alors qu'elle les nommait, chacun leur tour.

"Kiara, tu es vraiment ravissante dans cette tenue. Kerwan, tu comptes arrêter de grandir un jour ? Tu es déjà tellement grand ! Il va bientôt me falloir des échasses pour pouvoir te voir dans les yeux à force !"

Elle s'arrêta alors devant son amie, son sourire se faisant plus doux alors qu'elle tendait les mains pour attraper celles de la jeune femme dans un élan d'affection qu'elle réservait d'ordinaire aux membres proches de sa famille.

"Velanna, c'est une vraie joie de te revoir. Cela faisait vraiment trop longtemps je trouve. Il ne faudra plus laisser autant de temps s'écouler entre nos visites."

Van semblait manquer à l'appel. Elle ne l'avait pas vu depuis longtemps et espérait ne pas être passée près de lui sans même s'en rendre compte. C'eût été particulièrement maladroit mais elle en était capable malheureusement.

Elle entendit alors le reste de son équipage mettre pied au sol et saluer à leur tour les hôtes de la Maison tandis que l'on commençait déjà à s'occuper des chevaux et à les mener à l'écurie. Les Vance prenaient toujours grand soin de leurs invités, ça, elle ne risquait pas de l'oublier et elle ne les en appréciait que plus alors qu'elle jetait un regard totalement dénué d'inquiétude à Carotte qui se laissait tranquillement mener sans renâcler, fait assez rare pour être remarqué.


Dernière édition par Eleanor Tully le Mer 14 Nov 2012 - 21:47, édité 1 fois
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Velanna Vance
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Message Mar 21 Aoû 2012 - 0:54

Il était particulièrement difficile voire clairement impossible d’ignorer au sein du fief d’Atranta qu’Eleanor Tully venait rendre visite à la famille Vance dans les jours à venir. Non seulement parce que lord Cliff avait fait savoir à ses vassaux qu’il fallait l’accueillir elle et sa suite comme il se doit mais aussi, et surtout, car une certaine frénésie s’était emparée de Velanna. Sans pour autant bondir dans chaque coin de la demeure elle se montrait d’une humeur plus enjouée et vive, prompte à rire et plaisanter de tout. L’oncle Clive se plaisait à dire et raconter à qui voulait l’entendre que sa nièce retrouvait l’espièglerie et la juvénilité de ses dix ans, époque où elle faisait courir et hurler sa septa à tout va. La famille toute entière attendait avec impatience l’arrivée de la fille aînée de Medgar Tully et tout avait été mis en place pour que son séjour se déroule dans les meilleures conditions. Une place avait été faite aux écuries pour les montures de leurs hôtes de marque et les cuisines avaient tourné à plein régime pour concocter de succulents plats dès lors qu’elles avaient été prévenues de l’arrivée imminente de la petite troupe. En effet, mestre Irwin échangeait des corbeaux avec eux pour se tenir au courant de leur avancée et de leur éventuel retard, ou des ennuis qu’ils pouvaient rencontrer. Fort heureusement il n’y eut rien de ce genre et bientôt un garde portant les symboles de la maison pénétra dans la cour pour annoncer leur arrivée. Relevant ses jupons pour progresser plus rapidement, Velanna courut et rejoignit l’extérieur où se tenait déjà le reste des siens. Elle se posta donc en bout de ligne, lissant du plat de la main sa robe simple mais élégante, et guetta la silhouette de son amie en se retenant de trépigner sur place. Eleanor et sa suite déboulèrent dans la cour et très rapidement, des serviteurs vinrent à leur rencontre pour s’occuper de leurs chevaux. Le grand écuyer en personne, qui avait en charge les écuries et les montures, s’occupa de Carotte qu’il connaissait déjà pour s’en être occupé aux dernières venues d’Eleanor. Celle-ci approcha du lord qui, avec un large et franc sourire accolé aux lippes, s’inclina profondément.

    « Et c’est toujours un immense plaisir que de vous recevoir à Atranta Eleanor. Vous ressemblez de plus en plus à votre mère Charissa. Se porte-t-elle bien ? Edwyn et Arianne également ? Le lord eut une douce risette. Il avait eu l’occasion de rencontrer sa suzeraine et respectait sa force et son courage exemplaires après les deuils qui avaient frappé les siens. Tout comme il avait perdu son aimée et une fille, le Fléau du Printemps avait arraché à la Tully son époux et Joanna, sa dernière fille. Nous avons prié les Sept pour que votre voyage se passe sans heurts. Le destin ne manquait pas d’infliger de cruelles blessures, le tout était de garder la tête haute et froide dans l’épreuve et de ne pas se détourner de sa foi, ainsi était la vision des choses de Cliff Vance. Puisse votre séjour parmi nous être jalonné de rires. »

A nouveau le père inclina la tête en signe de respect et d’affection polie puis se tourna vers la suite de l’escorte de la jeune femme pour l’accueillir comme il se devait de le faire, avec son amabilité et sa bienveillance naturelles. A ses côtés se tenait sa demoiselle la plus jeune, la facétieuse Kiara qui revêtait pour l’occasion l’une des plus belles pièces qu’elle possédait et que sa famille lui avait offert pour ses quinze ans. C’était une robe couleur quartz, d’un tissu fin et aussi fluide que de l’eau qui épousait avec pudeur ses formes naissantes mais encore discrètes. Elle avait rehaussé le tout d’une ceinture d’argent et d’une parure simple qui se résumait à un collier en perles près du cou et une broche en forme de lys dans ses cheveux flavescents. Se sentant tout à son avantage, elle eut un rire cristallin et flatté au commentaire d’Eleanor auquel elle répondit sans tarder. « Tu ne l’es pas moins, et pourtant tu chevauches depuis des jours ! » L’espiègle Kerwan leva les yeux au ciel pour signifier son amusement face à ces flatteries qui restaient pour lui typiquement féminines puis il leva le menton avec fierté quand la jeune femme fit référence à sa taille. « Je mesure quatre pieds et dix pouces, annonça-t-il orgueilleusement, mais son élan fut vivement coupé. Pas de quoi être fier, moi je fais un pouce de plus ! Mais moi je vais encore grandir » répliqua-t-il, légèrement blessé d’être remis à sa place devant leurs invités.

Toute près d’eux Velanna soupira le sourire aux lèvres, habituée aux régulières chamailleries de ses cadets elle ne s’en offusquait plus mais s’amusait de leur entente taquine avec une tendresse non feinte. Elle fit un pas en avant pour approcher de son amie et eut un doux rire lorsque leurs mains furent jointes. Elle savait ce geste affectueux de la part de la jeune femme, c’était là encore une de leurs différences : Eleanor était d’un naturel discret et timorée lorsque Velanna était spontanée et facilement câline. Pour autant elle respectait et respecta la réserve de la jolie truite en retenant l’envie de lui bondir dans les bras et de l’enlacer sur le champ. Au lieu de cela elle dispensa son amitié et son estime dans ses paroles, qui se firent chaleureuses.

    « Tu m’as énormément manqué Eleanor. Père a dû m’empêcher de prendre une monture pour courir te rejoindre chez les Blanetree quand j’ai su que tu t’y trouvais, tant j’étais impatiente de te revoir ! Comme pour appuyer ses dires la chienne au long museau et aux épais poils de jais, bien-nommée Noiraude par sa propriétaire, se hissa sur ses pattes arrière pour poser celle de devants sur les mains des jeunes femmes. Elle aboya de contentement puis frotta son museau contre leur invitée, réclamant manifestement une caresse. Velanna ponctua le tout d’un rire tout en élevant l’index, ce qui fit instantanément s’asseoir l’animal. Dans le Conflans et peut-être même au-delà, les Vance étaient connus pour leurs incroyables maîtres-piqueux, c’en était là une parfaite illustration. Tout le monde est heureux de ta visite ici, tu vois. »

A ces mots une haute silhouette aux cheveux dorés qui lui allaient presque jusqu’aux épaules approcha du duo féminin, une mine faussement vexée établie sur son faciès. Il s’agissait de nul autre que Van, chevalier et aîné de la fratrie qui s’était trouvé aux côtés de son père, un peu en retrait, lorsqu’Eleanor et toute son escorte étaient entrées dans la cour de la demeure. Ainsi il avait été oublié par la donzelle lorsque cette dernière avait salué chaque membre de la famille, et il comptait bien rectifier cette terrible erreur ! Parvenu dans le dos de sa sœur, il posa ses mains immenses sur ses épaules et son menton sur le sommet de son crâne.

    « Et bien, Eleanor, je ne peux croire que tu m’ais oublié ! Dois-je conclure que tu conserves le meilleur pour la fin ? Cette délicate attention me bouleverse. C’est ta modestie qui est bouleversante Van. Sourit Velanna qui se dégagea dans une délicate mouvance de la prise de son aîné pour venir aux côtés de son amie, et doucement glisser son bras autour du sien. Eleanor est fatiguée par son voyage, je vais la conduire à sa chambre. De ton côté tu devrais prendre soin d’Emilia, la chevauchée a l’air de l’avoir contrarié. »

Ce n’est pas sans amusement que Velanna avait évoqué la demoiselle de compagnie et c’est tout innocemment que Van arriva aux abords de la jeune femme pour lui proposer son aide et son bras. Les deux servantes ainsi que les gardes d’Eleanor furent également pris en charge et menés à l’intérieur, où ils trouvèrent un riche banquet dressé à leur attention ainsi que diverses chambres pour trouver un repos bien mérité. Bien qu’obligée de partager son amie, Velanna tenait à garder un petit moment pour elles. Tandis que toute le monde avait quitté la cour elle enlaça franchement Eleanor contre elle et nicha doucement son visage dans sa nuque, dans une étreinte pleine de douceur et d’affection. Se décalant après cet instant de douceur elle lui adressa un immense sourire.

    « Je te mène dans tes appartements, tes affaires doivent déjà s’y trouver si tu souhaites te rafraichir un peu. Si tu le veux nous rejoindrons ensuite les autres au banquet. Tu dois être affamée ! Elle marqua une courte pause durant laquelle elle entraîna à pas mesurés Eleanor à sa suite. C’est la première fois que tu viens ici seule n’est-ce pas ? Je veux dire, sans autre membre de ta famille… »

Les confidences n’étaient pas rares entre les jeunes femmes. De son côté Velanna ne s’était quasiment confiée qu’à elle sur ses états d’âmes à la mort de sa petite sœur Violet, alors qu’elle était seule et recluse à Port-Réal. Eleanor avait également été sa confidente lorsqu’il s’agissait de son ancien fiancé, de sa mauvaise entente avec lui, de son envie de rompre toute union puis enfin… De la rupture effective. Si elle conservait évidemment quelques secrets, nombreux étaient ceux qui étaient tombés dans l’oreille de la Tully. Les deux jeunes femmes progressèrent ensemble dans le château d’Atranta, une demeure lumineuse et colorée aux teintes de la maison, et atteignirent un couloir du premier étage au bout duquel se trouvait la chambre la plus spacieuse et la plus belle, celle attribuée à Eleanor. L’autre aile du premier étage abritait les appartements familiaux tandis que le second étage était alloué aux proches serviteurs de la maison et à leurs invités. Elles pénétrèrent dans l’huis ornementée avec goût et avec quelques petites attentions visibles, telle qu’une broderie arborant la truite des Tully étendue sur la commode ou les draps qui affichaient le champ bleu et rouge du blason de la maison suzeraine du Conflans.

    « J’espère que tu t’y sentiras bien, débuta timidement la jeune femme qui était l’initiatrice de ces subtiles changements, Si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas à le faire savoir. »


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Message Dim 26 Aoû 2012 - 18:20

Comme à chaque fois qu'elle mettait les pieds à Atranta, Eleanor pouvait ressentir la chaleur de l'accueil et se sentait presque chez elle, ne serait-ce que par la bonne humeur qui semblait l'entourer de toute part mais aussi par l'affection qu'elle portait à chacun des membres de cette famille. Le sourire de Lord Vance résumait parfaitement la situation et, lorsqu'il prit des nouvelles des siens, elle sut sans la moindre once d'hésitation qu'il était sincère et qu'il ne s'agissait pas là de formules de politesses toutes faites.

Elle ne put pourtant s'empêcher de rougir lorsqu'il fit remarquer qu'elle ressemblait de plus en plus à sa mère, ne sachant guère si elle devait apprécier la chose ou pas. Après tout, Charissa Tully avait toujours été réputée pour sa beauté mais les quelques tensions qu'elles avaient pu avoir toutes les deux ces derniers temps ne lui donnaient guère envie d'être comme elle au niveau de son caractère. Malheureusement, elle ne pouvait pas réellement choisir ce genre de choses mais plutôt s'en accommoder. Elle laissa néanmoins échapper, avec son plus beau sourire.


"C'est une véritable joie de venir passer quelques jours auprès de vous. Atranta semble toujours aussi accueillante et chaleureuse. Mère, Edwyn et Arianne se portent bien, loués soient les Sept. Si vous pouviez voir Edwyn, il grandit à vue d'œil et gagne en sérieux chaque jour."

Elle avait toujours du mal à parler de lui ou à l'envisager comme le Seigneur du Conflans et, par là-même, le Seigneur suzerain à qui les Vance avaient prêté serment. Pour elle, il restait son petit frère, celui qu'elle avait baigné et soigné depuis sa plus tendre enfance, mais il allait falloir qu'elle fasse attention et qu'elle parle de lui comme le Lord de Vivesaigues qu'il était devenu. Edwyn aurait été trop mortifié qu'elle laisse échapper qu'il s'était écorché un genou en courant dans les couloirs ou qu'il avait peur d'une éruption de boutons. Et elle savait à quel point il lui importait de faire honneur à leur famille.

Elle reprit, du même ton joyeux, après avoir hoché la tête en signe de remerciement et jeté un bref regard à Velanna.


"Mon voyage s'est déroulé sans encombres, heureusement. Le temps a été d'une rare clémence, nous n'avons même pas eu une petite pluie pour avoir de quoi nous plaindre de notre périple, c'est dire. Et je suis persuadée que mon séjour ici se déroulera sous les meilleures auspices. Avec des hôtes tels que vous, il ne pourra en être autrement. "

Se tournant vers les deux cadets, elle les écouta, médusée se quereller joyeusement. Elle n'avait guère l'habitude de ce genre de relations, Arianne et elle ayant été trop accaparées par leur éducation puis par la mort de Père et de leur sœur pour avoir ne serait-ce que songé à se quereller ainsi. Et la différence d'âge avec Edwyn n'aurait jamais permis ce genre de familiarité. Elle se contenta d'esquisser un sourire légèrement incertain avant de répondre, d'une voix douce.

"Et bien, merci Kiara mais je dois quand même avoir une mine nettement moins avenante que la tienne. Il est difficile de rester à son avantage lorsque l'on chevauche toute la journée. Mais ce n'était pas pour me déplaire."

Elle se tourna ensuite vers son frère, qu'elle jaugea une nouvelle fois du regard avec cette mine faussement sérieuse qu'elle prenait lorsqu'Edwyn abordait des sujets d'une importance primordiales pour lui mais qui n'en étaient pas moins futiles au regard des autres.

"C'est un fait, tu vas continuer de grandir et tu seras bientôt un vrai géant, j'en suis persuadée ! Tu pourras tous nous toiser et tu pourras nous avertir des dangers que tu verras avant tout le monde."

Enfin, elle était devant Velanna, lui tenant les mains avec une force peu habituelle, comme si elle essayait de lui transmettre toute son affection dans ce simple geste, anodin pour beaucoup. Elle savait que son amie comprendrait et elle laissa échapper un rire lorsque Noiraude vint elle aussi signifier sa joie de la revoir. Détachant une main de celles de son amie, elle gratouilla affectueusement le museau de la chienne alors que Velanna la faisait s'assoir d'un simple geste.

"Je vois effectivement que vous débordez toutes les deux d'enthousiasme à l'idée de me voir ! Tu aurais du venir, la dernière partie de la chevauchée aurait été encore plus amusante avec toi à mes cotés et puis…"

Elle ne put terminer sa phrase, laissant échapper un petit hoquet de surprise à l'arrivée impromptue du dernier membre de la fratrie et non des moindres à ses propres yeux. Rougissant comme une pivoine aux propos de Van, elle balbutia quelques mots incompréhensibles, à la fois gênée de l'avoir oubliée et ne sachant absolument pas quoi répondre à ses propos qui se voulaient certainement amusants. Elle laissa échapper une espèce de couinement qui se voulait être un rire, jetant un regard presque désespéré à Velanna qui se chargea bien vite de l'emmener au loin, contrôlant la situation avec une aisance qu'elle lui envia sur le coup.

Alors que Van entrainait la demoiselle vers l'intérieur, elle entendit Emilia entamer une discussion avec son nouveau chevalier servant, visiblement très à son aise et, à peine avaient-ils fait quelques pas que le rire de sa demoiselle de compagnie résonnait déjà dans la cour.

Encore une fois, Eleanor ne sut pas quoi penser et surtout elle était incapable de deviner comment elle aurait réagi à sa place. Aurait-elle ri ? Se serait-elle contentée de fixer Van, qu'elle connaissait depuis des années, d'un air vaguement gêné, attendant qu'il passe à autre chose ?

La cour s'étant peu à peu désertée, Velanna profita de ce bref moment de tranquillité pour une véritable étreinte affectueuse que lui rendit Eleanor après un bref instant de surprise. Même si elle n'était guère coutumière de ce genre de preuve d'affection, la présence de Velanna agissait à la fois comme un baume et un stimulant. En sa présence, elle se sentait plus sereine, plus joyeuse et capable de faire des choses qu'elle n'osait guère à Vivesaigues. Elle découvrait des aspects de sa personnalité qu'elle ignorait totalement lorsqu'elle était loin de son amie et, si elle en était souvent surprise, elle n'en était pas moins heureuse.

Se laissant guider à l'intérieur de la demeure, la jeune femme hocha la tête à la question de Velanna.


"Oui me rafraichir sera une bonne idée. Sur le coup je ne m'en étais pas rendue compte mais les heures passées à cheval sont tout de même épuisantes. Et j'aimerais vous faire honneur ce soir !"

Elle garda quelques instants le silence, songeuse aux propos de son amie.

"Je t'avoue que ça fait bizarre de venir ici seule… enfin sans un autre membre de la famille. C'est comme si on m'accordait enfin le privilège de pouvoir voyager à ma guise. Je sais que Mère n'était pas très enjouée à l'idée de me voir sur les routes, ce que je comprends avec ce qui s'est passé ces derniers mois, mais sans cela elle était heureuse de me voir partir et rendre visite à une amie.
C'est comme si j'avais franchi une étape… je ne sais pas si je suis bien claire, je dois avoir un peu l'esprit embrouillé par la route je crois.
"

Elle esquissa un sourire penaud tout en songeant que Velanna était tout de même l'une des rares personnes, pour ne pas dire la seule, à qui elle pouvait se confier de cette façon. Elle pouvait dire ce qui lui passait par la tête sans avoir besoin de le retourner dans tous les sens pour être sûre que sa formulation serait appropriée à son interlocuteur et à son statut. Jetant un regard à la chambre et touchée par les attentions prodiguées à son égard, elle se tourna vers Velanna, un sourire radieux sur le visage.

"Oh tu n'aurais pas dû en faire tant voyons !" Il n'y avait que son amie pour avoir pensé à la mettre autant à son aise et pour connaître aussi bien ce qui lui plairait. "Je vais me plaire ici, j'en suis persuadée. Et puis je sais que tu n'es pas loin, c'est encore mieux !"

Elle hésitait à se débarbouiller ou à entrainer son amie sur ces fauteuils moelleux qui semblaient appeler à la discussion. Mais c'est à son moment là que son estomac se rappela à elle dans un gargouillis qui manquait singulièrement d'élégance, faisant soupirer la jeune femme.

"Et bien, moi qui pensait entamer une grande discussion pour savoir comment tu te portais, je crois qu'il y en a un qui ne semble guère partager mes projets…"

Tout en parlant, elle avait versé de l'eau dans la petite vasque prévue à cet effet et avait commencé à se rafraichir, laissant échapper un petit soupir de soulagement cette fois-ci.

"J'avoue, ça fait un bien fou. J'avais oublié que la route pouvait être poussiéreuse. Quand on voit la verdure, on en oublie le reste et on arrive persuadées d'être propre et pimpante…"

Un regard critique à l'eau stagnante dont la limpidité laissait maintenant à désirer et elle continua avec une moue.

"Visiblement, ce n'est pas le cas…"

Reposant la serviette délicatement sur le coté, elle se tourna alors vers son amie, le visage rosi par l'eau fraiche et la mine bien plus alerte. Elle attrapa alors le bras de son amie, glissa le sien dessous et commença à marcher en direction de la porte.

"Je crois qu'on nous attend pour festoyer non ? Après on aura tout le temps pour discuter et se raconter face à face ce qui nous arrive. C'est tellement mieux que par corbeau. J'ai toujours l'impression qu'il manque quelque chose même si c'est toujours un plaisir de voir ton écriture quand je déplie un message."

Après tout, rien ne valait la présence de son amie, pouvoir entendre le son de sa voix, pouvoir lire dans ses yeux ce qu'elle n'osait pas dire à voix haute. Elle avait besoin de se confier, de lui parler et, si elle savait qu'elles auraient tous les jours suivants pour cela, elle avait hâte de passer des moments en paix avec elle.
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Velanna Vance
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Message Sam 27 Oct 2012 - 1:14

L’interruption inopinée de son frère aîné eut le don de remémorer à Velanna une attitude des plus touchantes que présentait parfois son amie lorsqu’elle se trouvait dans une situation passablement délicate, gênante, ou du moins qu’elle jugeait comme telle. Ainsi si Van n’avait qu’essayé d’user d’une taquinerie qu’il considérait fort à propos – à son idée toutes proportions gardées, le charme du jeune homme était évident mais son application demeurait pour le moins personnelle – il fut fort surpris d’être confronté au silence de la jolie truite, qu’il connaissait pourtant bien pour l’avoir côtoyé durant de nombreuses années. Ils auraient même pu se trouver tout deux fort désemparés, deux carpes se mirant d’un œil terne jusqu’à ce que dessèchement s’en suive, si Velanna n’avait pas agi promptement pour occuper les deux âmes en peine. Le chevalier fut donc accaparé avec Emilia, la dame de compagnie de la Tully tandis que cette dernière était entrainée dans la vaste demeure et jusqu’aux appartements qu’elle occuperait durant son séjour d’invitée de marque. La jeune lady prit soin de refermer l’huis pour leur offrir une once d’intimité le temps que son amie prenne le temps de se rafraichir un peu après son long – et elle le devinait aisément épuisant – voyage. Aussi elle s’enquit de rassurer son amie lorsque cette dernière parut s’inquiéter de la poussière du voyage. « Le simple fait que tu sois présente est déjà un honneur, ne t’ombrage pas pour cela » souffla la jouvencelle dans une risette attendrie. Elle écouta ensuite avec attention les propos d’Eleanor qui lui comptait cette nouvelle aventure, ce premier départ seule ! Ou en tout cas, sans autre membre de sa famille, ce qui était l’air de rien une avancée majeure dans la vie d’une jeune lady. Elle se souvint de sa propre expérience sur le sujet, de son impatience mais aussi de son angoisse, de cette grisante impression de liberté conquérante et difficilement explicable… Oh oui, elle comprenait sans mal ce qu’avait ressenti son amie !

    « Je vois tout à fait ce que tu veux dire, pour avoir connu il n’y a pas si longtemps ces mêmes sensations ! Tu as peut-être l’impression que ce n’est pas grand-chose… Mais c’est une avancée dont tu peux être fière. Elle adressa un sourire des plus confiants à sa vis-à-vis puis, d’une voix malicieuse, reprit sur un ton badin. Et quel honneur pour moi d’être votre première destination, ma lady. Me voilà qui rougit rien que d’y songer ! »

La plaisanterie pouvait être mal prise ou comprise, la jeune femme n’ignorait évidemment pas qu’Eleanor n’était pas toujours prompte à démêler la gouaillerie parsemée dans les discours mais… Elles se connaissaient si bien, depuis tant d’années, sans compter que la moue qu’affichait Velanna ne pouvait tromper son amie sur ses intentions. Elle avait tout fait pour la mettre à l’aise et cela semblait porter ses fruits puisque la Tully parut sensible à la décoration installée. Malheureusement Velanna n’était point l’auteur des broderies présentes, elle manquait de patience pour l’exercice et même lorsqu’elle se forçait à s’y prêter, elle ne produisait rien de valable. Sa réflexion fut perturbée par un gargouillement soudain venu de tréfonds intestinaux… La lady eut beau se pincer les lèvres, elle ne put bientôt plu contenir son rire franc et cristallin, aussi clair que ne l’était le fond de ses prunelles azur. « Ma pauvre Eleanor, a-t-on omis de te nourrir durant ton épopée ? Ne crains rien, c’est une erreur qui sera promptement corrigée. » Le festin qui attendait les deux donzelles était effectivement des plus impressionnant, les cuisines avaient été en ébullition des heures durant dès lors qu’elles avaient été prévenus de l’arrivée imminente de la dame et de ses gens. D’ailleurs si on y prêtait le nez, le fumet délicieux s’échappait en volutes aux milles promesses gustatives…

Le regard lumineux de Velanna se détacha de la vasque pour remonter sur le frais minois de la belle et elle lui adressa un large sourire. « Te voilà toute pimpante à nouveau ma chère truite ! » Nul doute que la naturelle vénusté d’Eleanor éveillerait d’appréciateurs regards… Peut-être bien celui de son cher aîné en premier lieu, même s’il était bien incapable de le signifier de manière distinguée. Tout en resserrant ses fines phalanges autour du bras de son amie, elle songea qu’il s’agissait du moment opportun pour lui toucher un mot sur le sujet.

    « Tu sais, Eleanor, à propos de Van… Il n’est pas méchant. Si seulement il s’entrainait à la délicatesse avec le même acharnement que dans les arts de la chevalerie, il saurait surement t’adresser la parole sans te couvrir de rougeurs. Cela dit… Il décuple ses talents de maladroit à ton égard, je gage que mon frère n’est pas indifférent à ton charme pudibond ma chère Eleanor. »

Cette information, elle pouvait bien en faire ce qu’elle voulait, et elle n’en ferait sans doute pas grand-chose, que ce soit par timidité ou parce que son rang le lui interdisait. Velanna entendait juste clarifier légèrement la situation, même si elle n’était pas certaine d’y être parvenu en évoquant le coup au cœur plus que probable de l’héritier Vance… Le temps le leur dirait, peut-être. Les deux jouvencelles se dirigèrent d’un pas commun vers les portes des appartements pour rejoindre la Grande Salle où le garni banquet était d’ors et déjà dressé. Durant le trajet, Eleanor réaffirma leur lien d’amitié, cette relation sincère qu’elles avaient su conserver, entretenir et développer depuis l’enfance et qui trouvait toute son essence lorsqu’enfin elles se retrouvaient l’une en face de l’autre. Il était doux de lire des missives, mais aussi tellement cruel de ne pouvoir observer l’autre, ses mimiques, ses sourires, et percer à jour les confidences que distille bien mieux la parole que l’écriture, toujours plus mystérieuse et voilée de non-dits. Velanna était elle-même coupable de cette pruderie : couchés sur ses derniers vélins pour Eleanor, une kyrielle de mots faisaient référence à d’hypothétiques nouvelles fiançailles mais cela sans jamais évoquer que les négociations avaient déjà eu le temps de poindre et de croître en vérisme, et que le nom du promis lui était connu. Ne manquait alors que la rencontre, qui ne tarderait pas… De même elle se doutait qu’Eleanor gardait quelques secrets que sa plume n’avait su dire et qu’à partir d’aujourd’hui, elles finiraient toutes deux par se glisser leurs confessions à l’oreille.

    « Allons festoyer, je gage que ma panse ne va tarder à se joindre à ton récital. Après cela je te kidnapperai, nous avons tellement de choses à nous dire, j’en suis persuadée ! »

Une risette heureuse accolée aux lippes Velanna accompagna son amie dans la Grande Salle illuminée par des centaines de bougies et réchauffée par les imposantes cheminées qui la bordaient. La famille de Velanna, leurs proches, Eleanor ainsi que sa suite, tout ce beau monde fut convié à prendre place dans un esprit bienveillant et allègre. En tête de table siégeait Cliff Vance, homme blond vénitien à l’épaisse barbe et au large sourire, il accueillait à sa gauche Irwin, le mestre de la maison, ainsi que Clive son frère et maître d’armes, accompagné de son épouse et de leurs enfants. Suivaient septon et septa qui gardaient un œil sur les bambins les plus jeunes, puis les gens de la lady Tully. A sa droite se trouvait en premier lieu Van puis la belle invitée du jour, ensuite étaient assis Velanna, Kiara, Kerwan et enfin d’autres soldats de la dame. Après les mots de convenance du Lord de maison le repas débuta avec sa pléthore de plats appétissants, mêlant viandes, poissons, légumes et féculents dans un concert de couleurs et de saveurs étonnantes. A cela s’ajoutait le traitement d’honneurs qui était fait à Eleanor, cible de toutes les attentions, de multiples questions et curiosités, psalmodiées avec alacrité et sincérité.

Conscient de sa précédente bévue Van parut de prime abord mal-à-l’aise d’entourer Eleanor avec sa cadette et n’osa pas lui adresser la parole, ce que remarqua vivement son oncle assis juste en face, qui tonna de sa voix bourrue. « Et alors, on a perdu sa langue ? On ne laisse pas une dame sans lui faire la conversation. » La remarque s’attira le rire de Velanna qui échangea un regard complice avec son amie. « Ne l’incite pas oncle Clive, c’est reposant de ne pas entendre ses bêtises. Pah ! Taisez-vous donc, j’ai juste la courtoisie moi de ne pas assommer Eleanor de verbiages après un si long voyage. » La bonne humeur était au rendez-vous au cours de ce festin qui vit les ventres se remplirent si bien qu’il n’était pas exclu que l’un d’eux craque avant la fin ! Les derniers desserts n’étant plus de ce monde, Cliff donna une légère tape appréciative sur ses cottes puis se pencha légèrement en direction de la jeune dame. « Vous devez avoir hâte de retrouver un peu de calme jeune fille, sentez-libre de rejoindre vos appartements quand il vous plaira. » Bien que le mot fut adressé à sa voisine, Velanna fut vive et s’empara de la main d’Eleanor qu’elle entraina à sa suite avec une attendrissante impatience. Elle ne laissa qu’à peine le temps à son amie de faire ses souhaits de bonne nuit à l’attablée avant de l’entrainer en toute hâte dans les escaliers empruntés plusieurs heures plus tôt. « Ces repas ! Toujours agréables mais si longs n’est-ce pas ? Un gloussement amusé perça ses lèvres et elle continua sur sa lancée, gravissant les marches. J’ai presque du mal à grimper après tous ces plats… ! » Ce qui ne les empêchèrent pas d’atteindre leur but et de trouver refuge dans la chambre d’Eleanor, où un feu de bon ton avait été allumé. Tout en invitant son amie à faire de même Velanna s’engouffra dans l’un des fauteuils profonds et moelleux tout proche de la cheminée et soupira d’aise. « Mh… Raconte moi donc tout ce qu’il t’est arrivé dernièrement ! Et pas le droit de dire “toi d’abord”, j’ai commencé et je n’en démordrai pas ! » Un doux rire lui échappa et, comble de la gourmandise, ses doigts se promenèrent sur un guéridon tout près pour saisir des gâteaux et autres gourmandises entreposés là, sortant tout juste du four et encore tièdes. Elle en proposa à Eleanor et d’une œillade espiègle, l’invita à démarrer le ballet des confidences et épanchements.




Dernière édition par Velanna Vance le Dim 25 Nov 2012 - 2:05, édité 4 fois
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Message Jeu 1 Nov 2012 - 20:49

Il ne fallut que quelques minutes à Velanna pour réussir à dénouer une situation qui se serait avérée fort épineuse pour Eleanor et, tandis qu'elles s'engouffraient dans les méandres du château, abandonnant une Emilia visiblement ravie entre les mains de Van, la jeune femme laissa échapper un soupir de soulagement qu'elle ne chercha pas le moins du monde à cacher, Velanna connaissant bien les difficultés de son amie à ce propos.

A ses propos rassurants et flatteurs, elle sentit le rouge lui monter aux joues et se contenta d'acquiescer avant de répondre, d'une petite voix.


"C'est plutôt un honneur pour moi d'être ici… mais si nous continuons comme ça, nous allons nous renvoyer la balle indéfiniment, n'est ce pas ?"

Elle laissa échapper un petit sourire avant d'écouter avec attention les paroles de son amie, avec une petite moue pensive. Il est vrai que si elle avait trouvé l'expérience à la fois enivrante et effrayante, elle n'avait guère songé à ce que Velanna ait vécu la même. Après tout, c'était tout à fait normal, son amie n'allait pas passer sa vie enfermée entre ces murs.

"Tu as connu cette sensation il n'y a pas longtemps ? Et dans quelles circonstances? Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu parler d'un tel voyage si c'était récemment. Il va absolument falloir que tu m'en dises plus ! Et en ce qui me concerne…"

Elle laissa couler quelques secondes de silence, comme si elle cherchait soigneusement ses mots et ne relevant pas vraiment la malice dans les propos de son amie, malgré l'habitude qu'elle avait de la savoir plaisanter avec une habileté qui lui était totalement inconnue.

"… je n'aurais pas vu de meilleure destination pour commencer à voyager seule."

Lorsque son estomac gronda, elle n'eut même pas le temps de ressentir une once de gêne ou de se sentir mal à l'aise que déjà résonnait le rire de Velanna, donnant encore plus de chaleur dans cette pièce qu'aurait pu le faire la plus belle tenture ou le plus beau couvre-lit du monde. Elle ne put s'empêcher de sourire, la mine un rien penaude tout de même, se frottant le ventre du revers de la main.

"J'avoue que manger n'a pas été dans mes priorités pendant mon voyage. J'étais bien trop intéressée par tout ce que j'ai pu voir ou entendre. Un soir, lorsque nous avons dormi dans une auberge, il y a même eu un chanteur qui nous a conté les dernières nouvelles de Port Real de façon fort imagée et poétique. C'était tellement amusant que j'en ai oublié de manger, c'est dire ! Et la nuit venue, j'ai entendu mon ventre gargouiller pendant des heures, Emilia a d'ailleurs trouvé la scène fort drôle et moi j'ai attendu le petit déjeuner avec une rare impatience."

Une nouvelle moue apparut fugacement sur son visage alors qu'elle plissa le nez, louchant à moitié pour être sûre de bien être débarrassée de toute trace de crasse liée à son voyage. Il est vrai qu'un peu d'eau fraiche avait toujours un effet bénéfique, dissipant aussi bien la poussière que la fatigue, comme par magie.

Les propos de Velanna concernant son frère laissèrent la jeune Tully à la fois confuse et intriguée. Son charme pudibond ? Voilà qui était nouveau pour elle qui avait du mal à se voir comme une personne dont le charme pourrait avoir des effets aussi surprenants, surtout auprès de jeunes hommes comme Van qui la connaissait depuis toujours.

Elle laissa s'écouler quelques instants de silence, méditant visiblement sur les propos de son amie avant de lâcher, la mine pensive.


"Et bien, tu ne me l'aurais pas dit, je n'aurais jamais vu les choses sous cet angle. J'ai toujours vu Van comme quelqu'un de taquin, un peu comme pourrait l'être Edwyn s'il pouvait grandir sans toutes ces charges qui pèsent maintenant sur ses petites épaules. Mais l'imaginer agir comme ça parce qu'il est sensible à mon… charme…"

Elle haussa un sourcil dans une grimace involontairement comique alors qu'elle essayait tant bien que mal de visualiser la scène. Non, décidément, elle n'arrivait pas à intégrer cette idée, mais cela ne faisait que confirmer les discussions qu'elle avait pu avoir avec Mère ou sa Septa. Haussant les épaules et gardant tout de même une mine un rien perplexe, elle suivit son amie, se laissant guider à travers ces couloirs qu'elle n'avait pas vu depuis bien longtemps, trop peut-être à bien y réfléchir mais dont elle se rappelait avec une rare acuité.

Le dîner se passa comme elle l'avait imaginé lorsqu'elle s'était remémoré les soirées passées à Artranta avant son retour dans ces murs. Ponctué de rires, de tant de douces attentions qu'elle ne savait pas où donner de la tête et n'avait même pas le temps de se sentir mal à l'aise, elle ne vit pas le temps passer. Elle dut répondre à de nombreuses questions sur sa vie et les évènements récents arrivés à Vivesaigues et n'eut qu'un vague moment de gêne lorsque l'oncle de Velanna lança une petite pique à Van dont la réaction ne fit que conforter ce que lui avait dit son amie avant d'entrer dans la salle.

Piquant du nez sur son assiette pour ne pas monter le rouge qui lui montait aux joues une fois de plus, surtout après le regard complice de son amie, elle s'était contentée de glisser quelques mots un peu fouillis pour remercier Van de sa prévenance, rebondissant tant bien que mal à une question posée par elle n'arrivait plus à se rappeler qui, lui demandant si le récent voyage du petit lord s'était bien déroulé.

Son estomac avait cessé de crier famine depuis bien longtemps mais elle n'avait pas pu s'empêcher de reprendre plusieurs fois du dessert, laissant libre court à sa gourmandise avec un rare entrain, oubliant tout ce qu'elle avait pu entendre sur la tenue à avoir pour une jeune lady au cours d'un banquet. Ne pas trop manger pour ne pas passer pour un glouton et ne pas laisser croire qu'elle était mal nourrie en temps normal. Peu lui importait, elle était d'une humeur excellente et se sentait presque à la maison et tout aussi à l'aise maintenant que les questions avaient cessé de fuser de toute part et que Van semblait se comporter un rien plus normalement.

Elle prit le temps de hocher la tête aux propos de lord Cliff, laissant échapper un large sourire sans le moindre artifice.
"Ce repas a été un vrai délice et je ne saurais dire à quel point j'ai apprécié votre compagnie à tous. Il me tarde de renouveler tout ça même si je pense que pour l'heure, mon estomac risquerait de ne pas apprécier de retenter l'expérience."

Elle se tapota elle aussi le ventre, oubliant une fois de plus ses bonnes manières de lady et se laissa entrainer sans même s'en rendre compte par Velanna, soufflant tout de même à plusieurs reprises pour lui faire comprendre qu'il valait mieux ralentir le rythme au vu de tout ce qu'elle avait englouti pendant la soirée sinon elle n'arriverait jamais au bout. Elle avait rarement été aussi essoufflée après un trajet aussi court et elle laissa échapper un soupir de plaisir lorsqu'elle se laissa tomber à son tour dans l'un des fauteuils, profitant du feu et admirant rêveusement pendant quelques instants les bûches qui crépitaient joyeusement. Elle ne le lassait jamais d'observer un feu de cheminée dont les couleurs flamboyantes et sans cesse changeantes la charmaient depuis toujours.

"Mince, tu as vu clair dans mon projet de te laisser parler la première, me voilà au pied du mur."

Elle avait le regard malicieux tandis qu'elle fixait le plateau de gâteaux, se demandant si son estomac survivrait à pareil traitement et il était difficile de savoir si elle avait fait un trait d'humour, une première ou presque chez elle, ou si elle était sérieuse dans ses propos. Elle attrapa tout de même une des pâtisseries qu'elle fixa d'un air rêveur.

"Comment résister à une odeur si alléchante, j'en viens presque à regretter d'avoir tant mangé lors du banquet, j'aurais du savoir que nous aurions droit à des sucreries une fois revenues ici."

Raconter tout ce qui lui était arrivé dernièrement ? Voilà qui était quelque peu difficile. Paradoxalement il y avait beaucoup et peu de choses à raconter, tout dépendait du point de vue duquel on se plaçait. Il n'y avait pas de grandes nouvelles, d'évènements marquants à proprement parler mais sa vie avait pris un tournant bien différent depuis les quelques discussions qu'elle avait pu avoir avec ses proches quant à son avenir et à tout ce qu'elle devait faire pour faire honneur à sa famille et aider au mieux Edwyn à assoir sa position de tout jeune Lord. Elle savait sa situation délicate et son autorité risquerait d'être contestée un jour ou l'autre malheureusement.

"Mmmmh… par où commencer ? Comme je te l'ai évoqué dans mes messages, j'avais ressenti une certaine tension du coté de Mère ces derniers temps. J'ai compris le pourquoi après une discussion avec Septa Melara mais aussi Edwyn… visiblement mon mariage à venir est devenu un sujet important, sinon central dans les affaires familiales. Edwyn a besoin d'une alliance solide pour le Conflans et bien sûr une union maritale est essentielle."

Elle avait terminé sa pâtisserie sans même s'en rendre compte et commençait se tortiller un peu nerveusement les mains.

"Mais tu connais mes… capacités lorsqu'il s'agit d'entretenir une discussion avec un jeune homme qui pourrait potentiellement être un parti intéressant pour la Maison. J'ai bien souvent discuté avec Van avant tout ça et tu m'as vue ce soir.
Il aurait été un parfait inconnu que la chose n'aurait pas été plus compliquée. J'ai beau savoir ce que je dois faire, quelles sont les choses à dire ou à ne pas dire pour… comment dire ça ? Pour me mettre en avant ? Oui, c'est un peu le terme. Je ne sais pas faire. C'est comme si j'avais l'impression d'être ridicule. Je ne sais pas quoi faire de mes mains, j'ai peur d'être intrusive, maladroite ou je ne sais pas.
"

Elle laissa échapper un soupir attristé avant de tenter un vague sourire nullement convaincu. Rien n'avait été encore concrètement décidé pour son avenir mais elle savait qu'à son retour de voyage, les choses iraient forcément en s'accélérant. Elle continua tout de même, d'une voix qu'elle tenta de rendre légère malgré tout.

"Et depuis tout ça, j'ai l'impression que Mère utilise des pincettes à chaque fois qu'elle essaie de me parler, je suis un peu triste à l'idée de quitter Vivesaigues car je me doute que ce ne sera pas pour rester dans les environs… Enfin… je pense que tu imagines bien le tableau. Sinon, j'ai rencontré un chevalier qui m'a joué une chanson lorsque je me promenais dans les bois. C'était une aventure amusante même si depuis cette histoire je n'ai plus le droit de me promener seule même dans les proches parages de la Maison."

Elle se rappelait encore la mine horrifiée de Lady Charissa Tully lorsqu'elle avait innocemment raconté sa rencontre et les quelques instants un rien irréels qu'elle avait vécus lors de sa rencontre avec Ser Garner. Elle qui avait toujours eu la possibilité de promener Carotte seule tant qu'elle restait à portée de voix ou presque de Vivesaigues s'était vue abolir tous ses privilèges alors que Mère avait laissé échapper les mots agression, enlèvement et d'autres termes qu'Eleanor n'avait pas compris tant elle avait baissé le ton et s'était mise à marmonner de manière inintelligible. Pourtant la jeune femme n'y avait pas vu le moindre mal mais elle avait préféré acquiescer sans chercher plus loin, l'état de sa mère étant assez exceptionnel pour qu'elle s'en rappelle longtemps encore après l'incident.

"Bon… et toi alors ! Je crois que tu as beaucoup de choses à me raconter si je me rappelle bien nos derniers échanges ! Qu'en est-il de ta vie ? De tes futures fiançailles ? Et ce que tu tires toujours aussi souvent à l'arc ou as-tu de nouvelles occupations maintenant ?"

Pour occuper ses mains plus que par gourmandise, elle avait attrapé un deuxième gâteau qu'elle grignotait à mesure qu'elle parlait, par réflexe. Elle commençait à avoir la gorge sèche à tant parler et se doutait que la soirée était loin d'être terminée, c'est pourquoi elle se mit à loucher sur le plateau pour voir si elle aurait de quoi étancher sa soif au mieux.
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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
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Message Lun 26 Nov 2012 - 3:45

Les discussions allaient bon train et les langues se déliaient toujours lorsque les deux amies se prêtaient à l’échange, de nouvelles comme d’évènements majeurs, le secret ne perdurait jamais longtemps entre deux personnes s’appréciant autant. Velanna se prêta à rire volontiers aux mots de son ami, haussant les sourcils mystérieusement lorsqu’elle l’interrogea sur ses voyages en solitaire – ou presque ! –, pouffant doucement à ses aventures gargantuesques au sein de l’auberge et s’attendrissant face à sa candide ignorance de l’attirance pudibonde mais manifeste de Van, sa grande perche de frère aîné. Lord Cliff fut comme toujours enchanté des manières de la belle jeune fille, lui qui admirait tant Charissa Tully il voyait dans les traits de son enfant toute la prestance et la beauté de la première lady du Conflans. C’est de bon cœur qu’il leur permit de quitter la table, levant son verre dans un rire guttural lorsque la jouvencelle tapota sa panse repue. Si le respect ne s’effacerait jamais à Atranta, le protocole pouvait souffrir et s’effilocher sans que le seigneur des lieux ne s’en ombrage : il appréciait à sa juste valeur la franchise et le naturel. Et puis, elles étaient si jeunes ! Une fois mariées, les occasions de se détendre se raréfieraient, autant leur permettre d’en profiter tant qu’elles le pouvaient encore. Les marches furent ensuite promptement grimpées et l’huis chauffé rallié en quelques instants, offrant intimité et confort à Eleanor et Velanna. Ainsi s’échangèrent-elles douceurs et impressions avant, pendant et surtout après le repas qui avait été des plus copieux et animés, à l’image des deux donzelles rassasiées et prompts à bavarder à peine le séant enfoncé au milieu des confortables coussins.

La Vance avait été plus vive pour lancer l’amicale entrevue et demander plus posément à la jeune truite quels avaient été les grands tournants de sa vie, bien qu’elle en connaissait des bribes grâce à ses lettres. L’humour et la répartie usées par Eleanor la laissa premièrement coite de surprise, avant qu’un rire clair ne s’échappe de ses lippes ourlées. « C’est que je te connais depuis le temps, tu ne m’auras pas avec une ruse aussi simple ! renchérit-elle, puis elle croqua dans la pâtisserie sucrée et parfumée à l’orange. Au commentaire de son amie elle posa sa main libre sur sa hanche généreuse, qu’elle tâtonna de l’index en ajoutant, Tu sais bien que ce n’est pas avec moi que tu mourras de faim… ! » Ce n’est clairement pas la pitié que la silhouette de Velanna inspirait, même si parfois elle enviait l’aspect plus gracieux et élancé d’Eleanor… Mais il fallait bien faire avec sa physionomie, et il était inenvisageable de se priver de la bonne chair ! La jeune femme se laissa aller en arrière contre le montant du fauteuil et mira sa voisine avec attention, se concentrant sur ses dires.

Comme elle l’avait soupçonné à travers leurs échanges écrits, les Tully cherchaient désormais à marier leur fille aînée. Rien de bien étonnant, elle était en âge et cela aurait même pu être plus rapide si le drame et le deuil n’avaient pas secoué sa maison par deux fois. Maintenant qu’Edwyn prenait sans doute ses marques en tant que suzerain, il était temps qu’il s’occupe des affaires d’alliance… Et comme nombre d’accords politiques, ils se scellaient par l’union. Mais avec qui ? Eleanor ne semblait pas encore le savoir – ou jugeait cela secondaire ? Il faudrait qu’elle l’interroge à ce sujet – et préféra lui faire part d’une angoisse toute autre, celle du comment paraître. Une préoccupation qui faisait trembler toutes les jeunes filles sans exception à n’en pas douter, mais qui prenait de grandes proportions chez Eleanor, d’un naturel réservé et peu à l’aise avec la parade amoureuse. « Je me doutais que tout cela te pendait au nez… Même si je sais pertinemment que tu vis comme un honneur le fait de servir les tiens, c’était un point où elles étaient parfaitement semblables, c’est un moment constellé d’ombres et de non-dits, qui peut vite devenir angoissant. As-tu une idée des pensées de ton frère, de ta mère ? Quelques noms sont-ils parvenus jusqu’à tes oreilles ? Si quelques-uns lui venaient spontanément en tête, elle n’était plus trop au fait des ‘partis libres’ depuis qu’elle était elle-même quasiment engagée. En tout cas, je comprends tes inquiétudes. Sans évoquer la séduction en elle-même, c’est une posture difficile que d’être naturelle en connaissant les enjeux, et les desseins de celui qui nous observe. Elle esquissa une risette, qui se voulait encourageante. Laisse-moi me remettre un peu de ce gâteau de trop, et je vais te montrer… ! » Une promesse pleine de mystères et qui avait de quoi interloquer Eleanor, mais elle aurait tôt fait de comprendre les intentions de la plus âgée.

Il y avait aussi cette histoire, avec une chanson et un chevalier et qui s’était soldée par une interdiction de sortie, qui intrigua la donzelle. Eleanor n’était pas du genre à prendre des risques inconsidérés – du moins, le croyait-elle ? – et était quelqu’un de raisonnable et réfléchi, surtout pour son âge, la réaction de sa mère paraissait alors cruellement disproportionnée. « Et bien dis-moi… ! C’est un peu sévère comme ‘punition’, qu’est-ce qu’ils ont cru pour poser une telle interdiction ? » De son côté Velanna n’avait jamais eu à faire face à ce genre de soucis, fort heureusement ! Elle n’aurait guère supportée longtemps d’être astreinte à rester enfermée dans ses appartements. Evidemment elle ne pouvait s’éloigner seule de la demeure, mais l’accès aux jardins lui était entièrement libre et c’était là le plus important à ses yeux. Le tour de dévoilement lui revint alors et les questions fluèrent rapidement des lippes de son amie, visiblement curieuse ! Un sourire enchanté prit place sur le visage de Velanna qui tendit le bras vers une carafe de vin chaud et sucrée pour en proposer à celle qui devait être assoiffée, puis se servir également un verre. « Tout redevient normal à Atranta, fort heureusement. Tu as dû le sentir, les mauvais jours sont passés et le quotidien a repris ses droits : Père dirige le fief, Van s’entraîne, Kiara devient belle et Kerwan, joue à être Kerwan. Elle soupira, de ces soupirs bien plus attendris que troublés. Quant à moi j’ai repris mes quelques sessions de tir à l’arc, quand mon oncle, Van ou même mon père ont du temps à me consacrer. Autrement je tente d’être meilleure à la harpe, mais ai définitivement abandonné la broderie. Elle grimaça, son manque de doigté pour les travaux manuels n’était point un secret ! Tu peux t’estimer heureuse, tu ne recevras plus mes immondes travaux comme cadeaux ! Cela dit, comme tu dois le deviner… Beaucoup de mes pensées convergent vers le mariage. Je savais bien que le deuil ne durerait pas éternellement, et qu’il faudrait me repencher sur ce sujet. Je ne crois pas avoir été… Hostile, à vrai dire, mais j’en étais particulièrement détachée. C'était un devoir à accomplir, sans mauvaise volonté ni emballement. Elle haussa les épaules. Ah, si tu savais comme les choses ont changé ! J’ai un peu honte de dire que mes émois n’ont rien à envier des papillonnements des jouvencelles… ! J’ai su son nom, Alrik Mallery, un frère d’armes de mon grand-père et mon père durant la bataille d’Herberouge… Un roturier anobli que tu connais sûrement, au moins de nom. Elle savait que ce point était prompt à faire grincer bien des dents, mais espérait qu’Eleanor ne ferait pas parti de ces gens-là. Il est devenu le Commandant des Dents de Freux, et va être retenu au Conseil Restreint. Je ne l’ai donc pas encore rencontré… Comme je te l’ai dit, j’étais neutre, j’attendais. Et je pensais attendre longtemps, mais un matin une missive du Donjon Rouge est arrivée à la maison… Ecrite de sa main, il s’excusait de ce délai et s’enquérait de mon état d’esprit, assurant que si mon père lui donnait ma main mais que nous ne partagions pas d’accointances, il ne me forcerait jamais à être son épouse. Elle humidifia doucement ses lippes et osa enfin relever la tête pour plonger ses prunelles dans le regard azur d’Eleanor. J’ai été surprise, déstabilisée par cette initiative et aussi, je dois bien l’avouer, enchantée par tant d’égards. Il a l’air d’être un homme humble et valeureux, de ceux en qui on peut offrir toute sa confiance les yeux fermés. Nous verrons bien ce qu’il en est mais désormais… J’ai vraiment hâte de le rencontrer. Evasivement elle frotta l’une de ses joues, rosies par sa confession. Mh… Voilà ce qu’il en est, mais avant que je ne fonde sur place, je t’ai fait une promesse il me semble ? Debout ma chère ! »

En un bond la Vance se mit souplement sur ses pieds, arborant une large et généreuse risette. Elle entraina Eleanor à ses côtés au milieu de la pièce, là où elles avaient suffisamment d’espace pour se mouvoir librement et se positionna face à elle. « Bien ! La théorie est une chose importante mais rien ne vaut la pratique, n’est-ce pas ? Et je pense que tu n’as pas souvent l’occasion de t’entraîner à compter fleurette, ou à répondre aux minauderies de tes nombreux prétendants, aussi… J’ai décidé, par la présente, d’être ton entraîneur et ton maître dans l’art de « se mettre en avant », comme tu l’as si bien dit. Le tout était évidemment surjoué dans le but de mettre à l’aise son amie, même si cette dernière risquait d’être légèrement… Surprise. Cela te donnera surement un peu d’aplomb une fois confrontée à la vraie situation, ou en tout cas, cela te prêtera à sourire plutôt qu’à subir une bouffée d’angoisse. » Sur ces belles paroles Velanna tourna les talons et farfouilla dans une épaisse male, dont elle tira une cape noire et un couvre-chef de la même teinte, orné d’une superbe plume de paon. Elle se para de tout son attirail, prenant soin au préalable de nouer sa longue chevelure brune pour la rendre plus discrète. « Ne suis-je pas parfait ? On me confondrait avec un Lannister. » Premier nom qui lui était venu en pensant à la beauté au sein de la noblesse, bien qu’elle manquait quelque peu de blondeur pour s’affilier à cette famille. Sans plus de transitions, l’actrice en chef se redressa, bien droite, le ‘torse’ en avant et les jambes écartes pour s’approcher – péniblement – d’une posture d’aucun jugerait virile. « Ma mie ! Nous nous rencontrons enfin… ! Une main sur son chapeau elle se fendit d’une profonde révérence devant la jolie jeune femme et se redressa avec une mince risette en coin, qui se retenait encore de s’esclaffer avec habileté. Si sa voix restait semblable, elle était parvenue à la teinter d’une consonance rauque si bien que l’illusion pouvait fonctionner avec un léger effort d’imagination. Malgré la cocasserie évidente, elle faisait réellement ça pour être utile à son amie après tout. Le voyage jusqu’à vous m’a paru terriblement long, quelle souffrance que Vivesaigues soit si loin de Castral Roc ! Mais assez parlé de mes futiles préoccupations, dîtes-moi plutôt comment vous allez. »

Le comble aurait été que quelqu’un entre dans la chambre à l’improviste ou en ne s’annonçant que par un furtif toque à la porte, Velanna n’aurait guère le temps de se changer aussi promptement ! Cela dit elle n’avait pas honte de tout ce manège et y trouvait même un réel amusement au fait de jouer cette comédie et de, pour une fois, se mettre à la place d’un homme se mettant « à nu » – ou donnant l’impression de le faire – face à une potentielle future fiancée. De même il n’était pas bien difficile de jouer les énamourés aux pieds d’Eleanor, dont le minois était tout à fait attrayant et qui, quoiqu’elle en dise, avait du charme. A voir à présent si elle allait entrer dans cette représentation et s’y insérer avec ardeur ou vivement tourner le rideau sur cet épisode, qui tomberait alors dans les limbes de leur mémoire.


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Message Sam 8 Déc 2012 - 18:50

Avec le recul, Eleanor se disait que c'était peut-être ce qui leur manquait le plus à Vivesaigues. Cette tablée joyeuse et nombreuse, dominée par le maitre des lieux. L'amour et la joie ne manquaient pas chez elle, bien au contraire, même si la plupart de leurs actes restaient endeuillés par l'ombre de leur Père et le rire de leur jeune sœur, mais elle avait toujours cette impression qu'il leur manquait quelque chose. Edwyn essayait de bien faire, trop peut-être et endosser à la fois le rôle de petit frère plein de facéties et celui de lord était difficile. Ils manquaient encore tous d'expérience dans la nouvelle existence qui était la leur mais aucun des membres de la famille Tully ne manquait de volonté, surtout pour rendre fiers les leurs.

Et surtout, lord Vance était nettement moins porté sur le protocole que lady Tully. Si elle n'avait pas oublié ses bonnes manières, Eleanor pouvait se monter nettement plus détendue lors d'un dîner important que lorsqu'elle était chez elle, sous les yeux de Mère qui semblait inquiète au moindre faux pas qu'elle pourrait faire.

La soirée s'était déroulée comme dans un rêve, sans le moindre accroc ni le moindre faux-pas et c'est en un clin d'œil qu'elle s'était retrouvée confortablement installée dans un fauteuil moelleux à raconter à Velanna tout ce qui la tracassait, tout ce qu'elle avait sur le cœur sans la moindre retenue ni la moindre peur de se sentir jugée ou rejetée à cause des pensées incongrues qui pouvaient lui traverser l'esprit. Non pas qu'elle eut des envies de ne pas remplir la destinée à laquelle elle était vouée, bien au contraire, elle espérait de tout cœur être en mesure de rendre fière la Maison Tully, mais, comme elle l'avait expliqué tant bien que mal à son amie, elle n'arrivait pas à savoir par quel bout prendre le paquet qu'elle se devait de porter bravement pour faire honneur aux siens.

Le sujet qui la tracassait le plus avait été bien évidemment abordé dès le départ et Velanna avait écouté ses petits soucis avec une grande attention, soulageant la jeune femme qui se trouvait quelque peu ridicule de penser ainsi.


"Je savais moi aussi que tout cela me pendait au nez comme tu le dis si bien. Mais entre le savoir et réaliser que les choses vont arriver alors que j'ai l'impression de ne pas être prête quitter les miens. Mère semble avoir beaucoup de mal à aborder le sujet avec moi, comme si elle avait peur de ma réaction ou je ne sais quoi. Edwyn a été bien plus franc. Nous avons un peu discuté de tout ça, il ne veut pas prendre de décision sans mon accord, pour ça je lui en suis vraiment reconnaissante mais il a l'air tout aussi réticent que moi à l'idée de me voir quitter Vivesaigues."

Elle poussa un léger soupir, attrapant un autre biscuit pas réflexe et commença à le grignoter tranquillement. Hésitant quelques instants avant de reprendre, elle esquissa une moue pensive.

"Et bien… il semblerait qu'il soit judicieux et approprié de renouer des liens forts avec nos voisins du Nord. Avec Winterfell plus précisément. Rien n'est encore décidé, il semblerait que nous ayons peut-être une visite dans un avenir plus ou moins proche du suzerain du Nord. Cet endroit me parait tellement loin que c'en est presque irréel je t'avouerais…"

A la réponse de Velanna, elle se contenta de hausser un sourcil, masquant sa perplexité en croquant un autre morceau de gâteau, la mine songeuse. Abordant l'interdiction de sortir seule, elle eut une moue indéfinissable mais répondit tout de même, d'une voix tranquille, comme si la punition ne la dérangeait que peu.

"A vrai dire, Edwyn et Mère ont été attaqués par des brigands pendant leur voyage et j'ai entendu dire que les Fer-nés font des raids de plus en plus à l'intérieur des terres. Visiblement, il aurait pu m'arriver n'importe quoi alors depuis, j'ai une liberté de mouvement des plus réduites. Mais Ser Norbert veille toujours sur moi, heureusement. Et puis, entre lui et Emilia, je ne m'ennuie guère et je me sais particulièrement bien entourée où que j'aille."

A la pensée de sa dame de compagnie, un tendre sourire vint spontanément orner son visage tandis qu'elle se demandait quelles pouvaient être ses occupations à l'heure actuelle. Connaissant la jeune femme et sa verve habituelle, elle l'imaginait bien en train d'assaillir Van de questions au point de lui faire tourner la tête, tout ça pour venger le moment où il avait fait rougir sa pauvre lady si timide. Malgré leur différence d'âge elle savait Emilia bien plus assurée qu'elle lorsqu'il s'agissait de s'adresser à la gent masculine et il lui arrivait souvent de la regarder d'un œil admiratif, se demandant si un jour elle serait capable ne serait-ce que du tiers. Reportant son attention sur Velanna, elle se saisit de la coupe avec un hochement de tête pour lui montrer son attitude et trempa ses lèvres dans le breuvage sucré avec délectation.

C'était au tour de son amie de s'épancher sur ce qui lui était récemment arrivé. Les trouble qu'avaient connus la Maison Vance semblaient s'éloigner doucement et tout revenait à sa place, la Tully ne pouvait que s'en réjouir au vu de l'attachement profond qu'elle éprouvait pour cette famille.

Elle esquissa spontanément un sourire indulgent à l'évocation des broderies que lui envoyait son amie. Il est vrai que dans ce domaine, elle avait quelques difficultés mais Eleanor n'était pas du genre à pointer du doigt les faiblesses des autres, bien au contraire.

"Tes broderies venaient du cœur et, rien que pour ça, elles mériteraient d'orner les murs des appartements de la Reine. J'aimerais beaucoup te voir tirer à l'arc en tout cas, en ce qui me concerne j'aurais surtout peur de m'éborgner avec une flèche avant même avoir eu l'occasion d'essayer de viser une quelconque cibles. Mais je suis heureuse de voir que tous dans ta famille semblent avoir repris le cours de leur existence."

Elle laissa alors échapper des petites exclamations de surprises aux révélations de Velanna, la jeune femme étant toujours un excellent public lorsqu'il s'agissait de telles confidences. Ainsi donc, un mariage se profilait de nouveau à l'horizon et bien plus rapidement qu'elle ne l'avait imaginé. Elle était heureuse de voir son amie rougir et se comporter en vraie femme amoureuse, même si une part d'elle se demandait si un jour elle connaîtrait de tels émois.

"Et bien, en voilà de grandes nouvelles. J'ai entendu parler de lui, un peu en tout cas. Mais ce doit être un homme de bien pour qu'il t'enchante à ce point et ses manières n'ont visiblement rien à envier aux nobles de naissance, il pourrait peut-être même donner des leçons à certains d'entre eux, tu ne crois pas ? Et donc, quand devez-vous vous rencontrer ? Et tu irais donc vivre à Port Real ?"

Avant même qu'elle n'ait eu le temps de continuer à l'abreuver de questions, Velanna la surprit en se levant d'un bond et en l'entrainant à sa suite en un clin d'œil. Aux propos de son amie, elle se contenta dans un premier temps d'un regard de poisson mort pour lequel elle pouvait être particulièrement douée lorsqu'elle était mal à l'aise.

Se dandinant d'un pied sur l'autre alors que la jeune femme achevait ses "préparatifs", elle resta quelques instants interdite, ne sachant comment réagir puis finit par partir dans un éclat de rire des plus joyeux, s'appuyant même sur le dossier du fauteuil pour reprendre son souffle tant son fou rire l'empêchait de respirer convenablement. Au bout de quelques instants, Velanna n'ayant toujours pas bougé et visiblement bien décidée à tenir son rôle, elle finit par réussir à reprendre sa respiration et se rapprocha d'elle, les yeux pétillants des larmes que son rire avait engendré. Elle lui rendit sa révérence dans un mouvement particulièrement gracieux, fruit de longues heures passées à danser et se racla la gorge plusieurs fois avant de répondre, du ton le plus digne que lui permettait la cocasserie de la scène.


"Et bien messire, je suis enchantée de vous rencontr…"

De nouveau, le fou rire recommençait à la gagner alors qu'elle venait à peine de réaliser la posture de son amie. La leçon risquait d'être difficile avec une élève aussi dissipée mais son rire et son regard brillant ne pouvaient guère laisser qui que ce soit indifférent.
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Relations de bon voisinage [Velanna Vance].

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