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[Terminé] Herpivoie, centre cosmique du monde ? (Oberyn Dayne)

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Message Lun 16 Mai 2011 - 12:32

Depuis que l'on avait passé la Dent d'Or, le convoi protégeant l'unique sœur de Lord Arryn avançait par petites étapes dans un périple s'apparentant de plus en plus à une longue promenade le long de la Ruffurque. Désormais, et jusqu'à ce qu'ils atteignent les montagnes de la Lune, ils n'avançaient plus qu'à la fraîche, c'est à dire tôt le matin ou dans la soirée, pour éviter les chaleurs et les vapeurs de la canicule qui sévissait partout et jusque dans le Trident. Cette tactique de voyage, même si plus lente, permettait aux hommes et aux bêtes de ne pas souffrir trop les affres de la chaleur et de la déshydratation, permettait aux belles de ne pas voir la douce pâleur de leurs traits agressés par les rayons du soleil et évitait au convoi de s'étouffer dans des relents de sueur nauséabonde.

La veille, le petit convoi avait été accueilli par Lord Racin, le seigneur de Herpivoie, avec tous les honneurs et toute la courtoisie voulue. Ayant plusieurs fils à marier, il avait été plus que charmé d'accueillir une jeune femme de grande famille encore célibataire. Forcément, elle avait dû se prêter au jeu et accepter les conversations et autres hommages à sa personne mais, tout bien pesé, cela n'avait rien de désagréable. Elle ne pouvait se laisser blanchir sous le harnais des affaires. Elle était jeune, belle, riche et puissante. Finalement, elle n'avait qu'à tendre la main pour trouver soupirants, maris et bonne fortune. A quoi bon s'aplatir devant un Lannister alors qu'un Stark aurait été trop heureux de l'épouser et qu'elle aurait fait le bonheur de n'importe quel seigneur du Bief, du Trident ou du Val...Sous les frondaisons des arbres bordant les berges des cours d'eau si nombreux dans ce Conflans qui semblait être le terreau des Sept Couronnes, elle pouvait se laisser à apprécier la douceur et le plaisir d'être une noble dame. Les journées passées à l'ombre des grands saules où quelques chevaliers s'essayaient à la profession de ménestrel pour distraire leur dame déchaînant bien souvent les rires ou les rougeurs suivant la licence de la chanson. Mais, l'on ne pouvait décemment demandé aux braves guerriers du Val de connaître toutes les romances possibles et d'oublier leurs chants à la mode dans les tavernes.

Ce fut très tôt le matin alors que les étoiles étaient encore hautes dans la nuit déjà pâlissante que le convoi s'élança sur le bac d'Herpivoie à grands rires devant les mines des chevaliers aux lourdes armures. Décidément, l'atmosphère s'était considérablement détendue depuis que l'on avait quitté les terres soumises aux incursions Fer-nées. Toutefois, ces rires seraient de courtes durées dès qu'ils aborderaient les contreforts des montagnes de la Lune où il faudrait, dès lors, se remparer et se camoufler des mille yeux des sauvageons de la montagne. Malgré tout, les sourires étaient encore au rendez-vous alors que l'on déployait la grande bannière au faucon azur brochant l'azur à la lune argentée, les anciennes armes des rois de la Montagne et du Val, descendants des Andals, désormais suzerains du Val d'Arryn et Gardiens de l'Est. Il allait sans dire que la petite châtelaine des Eyrié en appréciait la vue et, même si certains de ses chevaliers maugréaient que l'étendard serait plus à sa place déployé sur un champ de bataille, elle tenait à ce que son cortège soit annoncé. Point n'était encore besoin de se cacher à la vue du moindre buisson mu par le vent.

Suivant encore, pour quelques lieux, le cours du fleuve, l'imposant cortège parvint en vue d'un emplacement adéquat pour y passer les heures les plus chaudes de la journée à l'ombre et à proximité de la fraîcheur de l'eau. Alors que les suivantes aidaient la jeune dame des Eyrié à descendre de selle, les chevaliers faisaient le tour du petit bosquet pour s'assurer qu'aucun souci ou problème ne surgirait à l'horizon. Tandis que Maura ôtait ses voiles pour se préparer à aller s'étendre sous la canopée, une voix s'éleva :


"Ma Dame, nous ne sommes pas seuls, un étranger se repose également."

Sans vraiment marquer d'agacement - après tout cet emplacement était le sien, elle était une Arryn - elle s'avança affable et fit un signe pour montrer que ce n'était pas grave. Elle s'approcha du blondinet - encore un ?! - qui semblait lui aussi éviter les rayons trop lourds du soleil caniculaire.

"Ser ? J'espère que nous ne vous dérangeons point. Si jamais l'envie vous prend d'un peu de compagnie, mes chevaliers se laissent à pousser la chansonnette pour nous distraire mes femmes et moi. Il y a de quoi rire parfois..."


Dernière édition par Maura Arryn le Lun 16 Mai 2011 - 14:00, édité 1 fois
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Message Lun 16 Mai 2011 - 13:56

La route avait été longue depuis Dorne lorsque Oberyn parvînt enfin en vu du Conflans. Météore avait en partie souffert de la chaleur et les brigands bien que peu nombreux avaient retardé un temps son avancée mais rien dont Aube n'avait su se défaire sans grand soucis. Du reste les réserves du jeune chevalier commençaient à s’amoindrir et la promesse d'un ravitaillement prochain à Herpivoie était en tout point bienvenue, tant pour Ser Oberyn que pour sa monture. Il avait déjà par deux fois envoyé un corbeau aux Météores afin de tenir informé son père de l'avancée de son voyage et cette place forte serait l'occasion d'un dernier message avant d'atteindre enfin Salvemer et la raison pour laquelle il avait entreprit ce périple. Voyageant sans marques ni symboles de son identité, à l'exception notable de Aube mais cela ne pouvait être autrement, Ser Oberyn avait bénéficié d'un certain anonymat, situation dans laquelle il était entré avec bonheur tant la manière dont les siens le portaient aux nues avait une fâcheuse tendance à le mettre mal à l'aise. L’Épée du Matin ne s'attendait donc pas véritablement à ce que les choses soient différentes dans le Conflans, il passerait par Herpivoie, y ferait valoir, si besoin était, son statut de chevalier et d'héritier des Météores mais au delà de ce court intermède la route devrait continuer comme elle l'avait fait jusqu'à lors. Il appréciait particulièrement ces moments de solitude durant lesquels il pouvait à sa guise réfléchir à sa charge et peut être de temps en temps lorsque le lieu le permettait de pouvoir se recueillir et s'ouvrir au Guerrier comme il était impossible de le faire au milieu de ses frères d'armes. Les soldats avaient la désagréable tendance à laisser l'ennui les effrayer et de fait ils faisaient bien souvent preuve de manque de contrôle et d'une certaine sauvagerie lorsque la guerre ne les tenait pas occupés.

Le soleil atteignit rapidement son zénith en ce nouveau jour de canicule et bien que ne portant pas d'armure Oberyn ressentit très vite le poids de cet astre si vital et pourtant si prompt à tourmenter les hommes. Il guida donc Météore vers un endroit ombragé sur la rive. Il permit au destrier de marcher un moment sur les berges afin d'y rafraichir ses jambes puis il le mit à l'attache sous les branches épaisses d'un arbre non loin. S'occuper de sa monture lui prit un peu plus de temps qu'il ne l'avait escompté mais une fois Météore débarrassé de son harnachement, le chevalier put enfin se laisser aller à son propre repos. Herpivoie n'était qu'à quelques heures de marche, il aurait rejoint cette nouvelle étape le soir venu se dit-il en s'installant contre le tronc du même arbre. La contemplation de la Ruffurque occupa son esprit durant de longues minutes avant qu'Aube ne se rappel à son bon souvenir et qu'il entreprisse de l'aiguiser. Le lieu était propice et sa position lui offrait une vue dégagée vers l'amont comme vers l'aval. Il entendit avant qu'il ne vit le cortège qui avançait depuis L'Ouest. Les nouveaux venus semblaient venir de l'endroit même qu'il comptait rejoindre par la suite. Mais s'il y avait bien un étendard que Ser Oberyn ne s'attendait pas à voir venir de cette direction c'était bien celui du Faucon des Eyrié. Le nombre d'homme induisait la présence d'un personnage important dans cette compagnie et Oberyn en fut très vite certain lorsqu'une jeune femme sembla donner ordres et être le référant des soldats alentours. Le jeune chevalier n'avait pas particulièrement bougé, l'avantage de voyager seul, était votre capacité à voir venir ce type de convoie de loin et n'être ainsi pas surprit lorsqu'il parvenait jusqu'à vous. Ainsi et face à l'étendard au faucon l’Épée du Matin n'avait pas trouvé nécessaire de contraindre de nouveau Météore, Aube à son coté aurait de toute manière été bien suffisante pour se défaire du peu d'hommes présent, ils n'étaient pas plus d'une dizaine et convoyaient des femmes ce qui lui aurait offert un avantage indéniable.

Les hommes avaient l'air plus tendus que la dite jeune femme en découvrant sa présence. Cette dernière se dirigea même à son encontre. Ne savant pas encore à qui il avait à faire mais s'en doutant tout de même Ser Oberyn opta pour une brève inclination de la tête en guise de salut. Il ne pouvait pas risquer le moindre manque de respect mais sans une présentation appropriée il n'était pas non plus question d'une marque de déférence plus marquée. La proposition de la jeune femme lui parut par contre relativement incongru. Il avait bien évidemment plus souvent qu'à son tour vu des chevaliers chanter mais cela n'avait jamais été que pour se distraire au camp, jamais il n'avait vu ces fiers guerriers faire usage de leurs "talents" pour distraire des Dames, ou bien à la limite lorsque l'alcool était trop présent dans un bordel mais pouvait-on dès lors parler de Dames... Cependant et devant la bonhommie de cette proposition Ser Oberyn ne chercha pas plus loin une quelconque signification.


Vous ne me dérangez absolument pas ma Dame, je ne faisais que m'abriter avec ma monture de la chaleur du zénith tout comme vous semblez sur le point de le faire. Ser Oberyn parlait avec un sourire dans la voix comme sur le visage. Le seul a pouvoir un tant soit peu s'offenser de notre présence respective en ces lieux serait notre Roi, seul et unique maître de tout Westeros, mais je n'entends pas le bruit de son escorte, nous sommes donc semble-t-il à l'abri pour le moment... Jetant un regard vers son petit coin de calme désormais disparut Ser Oberyn se dit que quitte à partager les lieux avec une troupe aussi conséquente et en souffrir le bruit et les mouvements autant se joindre à eux et profiter d'un peu de distraction. Il n'avait pas souvent l'occasion de voir des chevaliers servir de barde après tout. Tournant de nouveau son regard vers la jeune inconnue, il prit sur lui de se soumettre au protocole, si comme il l'imaginait il s'agissait là de la Dame des Eyrié, mieux valait être trop précautionneux que pas assez.
Ce serait un grand honneur pour moi que de me joindre à votre compagnie ma Dame, Ser Oberyn Dayne pour vous servir. Bien que je puisse rester à l'écart si tel est votre bon vouloir. Joignant le geste à la parole, L’Épée du Matin mit genoux à terre. Il fallait toujours laisser aux grands de ce monde une porte de sortie quand bien même c'était eux qui mues par une volonté passagère vous avaient offert de les rejoindre.
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Message Lun 16 Mai 2011 - 18:13

Attendant que le chevalier se présente, la jeune femme donna l'ordre aux valets de préparer quelques toiles où elle pourrait s'étendre et manger quelques fruits qu'ils avaient emmené d'Herpivoie. En tous cas, l'étranger qu'ils avaient dérangé ne semblait pas excessivement chagrin de leur présence. Sans doute lorsqu'on prenait la route seul était-il bon d'avoir quelque compagnie de temps à autre. A vrai dire, elle ne se posait pas vraiment la question. Voyager seule était exclu pour elle. D'ailleurs, existait-il un seul moment où elle avait pu être seule à part dans sa chambre aux heures les plus sombres de la nuit ? Et encore, il y avait toujours quelques servantes de ci de là pour s'enquérir des besoins de leur maîtresse. Pour un peu, elle aurait envié le chevalier itinérant.

Enfin, même entourée comme l'étaient les seigneurs des Sept Couronnes, il existait encore le moyen d'être seule. N'était-on d'ailleurs jamais aussi seul qu'au milieu d'une foule...La question pouvait se poser. Elle se demandait d'ailleurs si c'était ce que ressentait parfois Tybolt Lannister comme elle l'avait elle-même ressenti avant de remettre les rênes du Val à son frère cadet. Sans doute était-ce ce que ressentait Jasper également...Sans doute le ressentirait-il d'autant plus quand elle lui ramènerait les nouvelles du Roc ? Pour la première fois de sa vie, elle n'avait pas la réelle envie de retourner aux Eyrié. Après tout, il s'agissait désormais de la demeure de son frère, et, si ses ordres y étaient encore exécutés à la lettre, son pouvoir là-haut ne procédait plus que de sa parenté. Elle n'y était pas réellement attachée mais devait s'avouer qu'il y avait là quelque chose de déprimant. Peut-être aurait-elle dû tourner la bride vers le Nord pour en goûter la fraîcheur ?

Enfin, loin de ces préoccupations aventureuses, il lui fallait accueillir le ser Dayne avec l'affabilité attendue de la châtelaine des Eyrié. Moins aurait été déchoir. Sa famille avait une réputation qu'elle entendait bien garder intact. Sur le coup, le nom la laissa quelque peu songeuse et elle dut mobiliser toutes les vieilles leçons de Mestre Wydman pour trouver un siège à cette maison. Dayne...Dayne...Dorne ? Les Météores ! Son regard dut s'éclairer de soulagement quand elle parvînt à retrouver le nom mais aussi de quelque étonnement. Cela semblait bien lointain pour un chevalier seul sur les routes.


"Je doute que le roi Targaryen trouve à redire à ma présence dans un bosquet et, quand bien même cela serait, nous sommes ici avec la bénédiction de Lady Tully." répondit-elle avec d'une voix rendue chantante par le rire. Elle n'allait pas laisser planer l'ombre du Dragon sur ce moment qui se voulait léger après tout. Il était loin et, d'après ce qu'elle savait, entendait y rester malgré les troubles qui agitaient les côtes de l'Ouest de Westeros. "Au contraire, joignez-vous à nous, nous pourrons échanger des nouvelles des terres que nous avons chacun traversé. Vous venez de loin si je ne m'abuse et j'arrive moi-même de la direction opposée. Non vraiment ne vous inquiétez pas, je serai ravie de vous avoir à mes côtés le temps que le soleil baisse, Ser Oberyn. Vous pourrez répandre les bonnes manières des Eyrié là où vous irez par la suite." termina-t-elle toujours rieuse et de bonne humeur ce qui, manifestement, soulageait sa suite. Il fallait bien avouer que depuis le camouflet qui leur avait été donné chez les Lannister la jeune femme s'était laissée aller à passer sa colère sur quelques-uns de sa suite."Je suis Maura Arryn, Dame de la Montagne et du Val, Ser, et, accessoirement, ravie de vous rencontrer."

D'un geste courtois, elle l'invita à prendre place sur les quelques coussins et, tranquillement, lui versa une coupe de vin qu'elle lui tendit tandis qu'une de ses dames prenait une harpe pour commencer à chanter une romance. La plupart des chevaliers se détendirent visiblement tandis que le seul qui se permit de ronchonner sur la sécurité de la dame s'attira un tel regard de l'ancienne régente de facto du Val qu'il en demeura coi. Non pas qu'elle lui inspira une grande crainte mais la donzelle avait le caractère suffisamment inflammable pour être écoutée et servie avec diligence par les autres membres de l'escorte si jamais un problème survenait.

La jeune femme, elle, avait immédiatement reporté son attention sur le chevalier du Sud intéressée par le parcours du jeune homme et surtout par des régions qu'elle n'avait jamais eu la chance de contempler. Même Hautjardin lui semblait loin dans ses souvenirs. Et Port-Réal presque autant, surtout depuis la disparition de son père. Alors s'imaginer Dorne...Cela tenait presque de l'impossible.


"Vous devez avoir faire une longue route pour arriver jusque dans le Trident ? Vous venez prendre part aux préparatifs contre les Fer-nés ou à un quelconque tournoi peut-être ?"
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Message Lun 16 Mai 2011 - 19:26

Pas peu fier de ses déductions quant à l'identité de la nouvelle venue Ser Oberyn ne vit plus cette arrivée comme une nuisance finalement mais comme l'occasion de, comme le disait la noble Dame, s'enquérir des nouvelles de L'Ouest et accessoirement en donner d'autres venant du Sud et de Dorne, encore qu'il n'eut pas mis les pieds à Lancehélion depuis plusieurs années. Et même s'il aurait préféré, il devait bien l'admettre se perdre dans la contemplation des eaux ou encore se recueillir et méditer, il n'était de toute manière pas question de refuser quoi que ce soit à la Dame des Eyrié, cela aurait tout d'abord mis le Seigneur son père en fâcheuse position face à Lord Arryn et de plus il ne pouvait se permettre d'avoir une telle femme parmi ceux qui diraient du mal de sa personne au travers le Conflans, d'autant que la jeune Dame semblait friande de nouvelles, rien ne lui permettait dès lors de penser qu'elle ne ferait pas de même en ce qui le concernait et n'irait faire un mauvais échos de sa personne. Si loin dans le Nord le surnom d’Épée du Matin ne vous ouvrait de fait pas toutes les portes ni même ne vous mettait à l'abri des médisances. Météore quant à lui continuait, aussi imperturbable que le cour du fleuve sur la rive duquel ils étaient tous réunis, à paitre à peine avait-il levé la tête à l'arrivée des autres destriers. Cela n'avait du reste pas véritablement d'importance, le destrier savait lorsque le danger était présent faire en sorte de se mouvoir en harmonie avec son cavalier si bien que plus d'une fois Oberyn avait été surprit de voir que Météore semblait animé d'une toute autre présence au cœur même de la mêlée, voltant et ruant alors même que son chevalier de maître fendait cuirasses et os avec Aube. Météore ou la force tranquille, sûr d'elle et peu encline à se laisser impressionner par un cortège venu de l'Ouest.

Son attention de nouveau tout à... son hôte, il ne voyait pas vraiment comment qualifier Lady Maura autrement tant elle se comportait à la manière des grands Seigneurs semblant posséder chaque endroit qu'ils traversaient. Il la suivit donc vers ce qui se rapprochait d'une tente de campagne. Le jeune chevalier prit place comme invité par Lady Maura sur des coussins, son fondement n'avait pas connu pareil confort depuis près de deux mois et c'est avec un certain bonheur qu'il prit donc place. Il déposa Aube dans son fourreau à coté de lui et saisit la coupe de vin qui lui était offerte. L’Épée du Matin trempa ses lèvres dans la boisson ne permit pas son gosier de connaitre le goût de ce breuvage certainement très bon. Sa journée n'était pas encore terminée et il ne comptait émousser ses sens avec une boisson fut-elle la plus douce et agréable des Sept Couronnes. Cependant il ne pouvait décemment pas refuser la coupe alors il feignit de boire, il ne poussa cependant pas la tromperie jusqu'à commenter la qualité du vin. Il goûta plus aisément la voix sauve de la suivante qui avait entreprit de leur conter l'histoire tragique d'une princesse recluse et de son promis retenu au loin par la guerre. L'histoire en elle même n'avait rien de particulier mais l'interprétation restait quant à elle très empreinte de vérité. Lorsque la Dame des Eyrié tourna de nouveau vers lui son attention afin de le questionner, Ser Oberyn déposa la coupe dont le niveau n'avait pas baissé, un peu plus loin, avec un peu de chance elle sortirait de l'esprit de quiconque pensait qu'il boirait et il n'aurait plus à la reprendre par la suite. C'est alors qu'il allait répondre à la noble Dame qu'il se rendit compte qu'il n'avait pas passé une nuit dans une ville ou même une auberge depuis près de trois jours et qu'il devait dès lors sentir affreusement mauvais, quand bien même il avait prit un bain la veille dans le lit de la rivière. Il esquissa néanmoins un sourire avant de répondre à la jeune femme, sourire plus contrit qu’enjôleur mais chacun devait savoir tenir sa place en ce monde.


Ci fait ma Dame je viens des montagnes de Dorne jusqu'ici car c'est là ce qu'il est attendu de L’Épée du Matin. Aller là où les petites gens ont besoin de lui et non pas se tenir à l'abri dans sa forteresse. Je compte bien rejoindre Salvemer pour apporter mon bars au combat contre les pirates comme vous l'avez pressenti. Quant à l'astre solaire je crains ma Dame qu'il ne soit encore bien haut quelques heures, Météore le destrier que vous pouvez voir paitre un peu plus loin à l'ombre commencera à piaffer lorsque le temps sera venu de reprendre la route à la condition ben entendu que vous me permettiez de demeurer en votre compagnie ou tout du moins à l'ombre le temps que cela arrive. Tout en parlant le chevalier avait porté une main sur le fourreau d'Aube son père lui avait une fois fait la réflexion qu'il maniait son épée comme un amant le ferait d'une femme et le regard qu'il portait à la lame cachée en ce moment pouvait en effet faire penser qu'il éprouvait plus qu'un simple honneur à porter la légendaire épée. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à croiser la route d'une Dame comme celle du Val en prenant ce chemin, je vous aurai plutôt attendu venant de l'Est du reste. De cette manière implicite le chevalier questionnait la noble Dame sur sa venue tout en lui permettant si l'envie était sienne d'éluder la question. Ser Oberyn avait beau appartenir à une maison influente de Dorne il n'en connaissait pas moins la petitesse de son statut au cœur même des Sept Couronnes, qui plus est en la présence de la sœur du Seigneur du Val, chacune de ses interventions étaient dès lors ponctuée d'ouvertures ou de possibilités de repli pour son interlocutrice. Si les Sept sont cléments je serai rendu à Herpivoie avant la nuit noir, je me ferai dès alors fort de clamer les vertus de l'hospitalité de la maison Arryn quand bien même celle-ci serait prise au dépourvu par un chevalier loin de ses terres.
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Message Mer 18 Mai 2011 - 19:59

Toute à l'appréciation de la voix de sa suivante, Maura ne s'intéressait pas vraiment de savoir si le chevalier des Météores vidait ou non le gobelet qu'elle lui avait tendu. Par la Jouvencelle, comme elle aimait ses instants volés au voyage où chacun s'étendait à l'ombre des frondaisons pour se repaître de fraîcheur et de chanson. Cela lui rappelait ses premiers émois d'enfant à Hautjardin et le plaisir qu'elle avait pris à profiter de l'été sous les ombrages au bord de la Mander. On pouvait lui dire ce que l'on voulait sur le Trident, l'Ouest ou même le Val, rien n'égalait la douceur de vivre qui avait cours dans le Sud.
Sa famille maternelle, les Tyrell, entretenaient constamment baladins, troubadours et autres chanteurs pour le plus grand plaisir des oreilles de la cour assemblée à Hautjardin et c'était un peu de cette atmosphère agréable qui revenait à chacune des haltes de la petite troupe au bord des rivières du Conflans. Elle se rappelait au fil de la chanson ses jeux avec sa cousine Emilia, à peine plus jeune qu'elle, les courses dans les immenses jardins, les cadeaux des jardiniers tous les matins qui venaient fleurir et parfumer sa chambre. Elle en avait même gardé une certaine affection pour le parfum à l'eau de rose dont elle usait pour certaines occasions. Le voyage en était parce que, malgré le bain de la veille, passer son temps à dos de haridelle ne rendait pas à son parfum suave ses mérites habituels.
Le surnom d'Épée du Matin lui disait quelque chose mais elle vivait sans doute trop loin des marches de Dorne pour réussir à apposer une référence sur une expression qui, pourtant, titillait certains de ses souvenirs. Étaient-ce les longs monologues de son frère sur tel ou tel chevalier capable d'exploits à chaque tournoi ? Autant avouer qu'elle n'y accordait pas une grande importance et voyait assez mal l'intérêt que portaient les chevaliers aux joutes. Franchement, s'amuser à s'affronter ? Quel plaisir en retirer si ce n'était celui du sang. Enfin, elle y assistait souvent dans le Val pour remettre la palme au vainqueur mais sans y accorder autant d'importance que ne le faisait Jasper.
Évidemment, en donnant comme motif de la présence du jeune homme les combats contre Greyjoy et consorts, elle n'était pas tombée loin. Cela ne l'étonnait pas plus que cela, nombreux seraient ceux en quête de gloire à vouloir se ruer sus aux Fer-nés, c'était, après tout, l'occasion de se faire un nom digne des légendes de la chevalerie. Elle lui répondit en souriant à nouveau, les yeux plongés dans le vague, se remémorant sans doute une certaine chevelure d'or qu'elle préférait oublier.


"Je suis certaine que Salvemer n'aura qu'à se féliciter de vous avoir aux côtés de ses hommes, Ser Oberyn. Malgré vos vœux, c'est un choix très brave de votre part, ils sont peu nombreux à se ruer à la défense de l'Ouest, du Bief et du Conflans à l'heure actuelle. Je crois que si j'étais née homme, j'aurai fait le même choix que vous à l'heure actuelle." Ou pas d'ailleurs. Si elle était née homme sans doute aurait-elle obligé son frère, Jasper, à se conduire en homme et à apporter son soutien à la dame de Vivesaigues. Quoiqu'une telle supposition resta encore d'actualités. Porter une aide à l'Ouest ainsi qu'au Conflans, ne serait-ce pas là le moyen de s'assurer qu'une alliance serait intéressante ? "Il est bien entendu que vous pourrez rester avec nous jusqu'à ce qu'il soit l'heure de partir chacun de notre côté, Ser. Vous pourrez même dire à Lord Racin que vous êtes venu demander hospitalité de ma part, il sera peut-être plus enclin à vous accorder un gite de qualité." Sa question, qui sans en être réellement une, portait sur la nature de ses déplacements la fit sourire avec un plus d'ironie cette fois. Pendant une seconde, elle fut tentée de lui dire que les affaires de la maison Arryn ne regardaient que ses membres mais, après tout, pourquoi faire tout un fromage d'une visite infructueuse au Roc. "Pour tout vous avouer, je rentre dans l'Est pour retrouver les Eyrié, si nous passons la route jusqu'à la Porte Sanglante sans encombres et retrouver mon frère. Je viens de l'Ouest où j'ai rencontré Lord Lannister pour discuter de la menace Fer-née et j'ai pu également échanger quelques observations là-dessus avec Lady Tully. Il m'a semblé que la situation est de plus en plus difficile et que tous ont bien besoin de bras supplémentaires. Je crois qu'ils s'attendent à un assaut plus massif que les razzias habituelles à vrai dire, c'est du moins ce que m'ont donné à penser ce que j'ai pu apercevoir des préparatifs de Lord Tybolt. Enfin tout cela était très bref et, si je sais compter les soldats, je ne pourrais vous dire quelle était l'utilité de tout ce qu'ils faisaient. D'ailleurs, j'y pense, quelles sont les nouvelles du Sud ?"

Pour le coup, elle s'était montrée assez franche sur les raisons de son voyage mais elle ne voyait pas vraiment ce qu'elle aurait pu cacher. Après tout, que la nouvelle se répande que le Val d'Arryn s'intéressait de près aux exactions des Fer-nés et ce serait peut-être là quelque chose qui les ferait suffisamment hésiter le temps que tous les préparatifs soient au point. Sortant de ses pensées politiques qui la ramenait encore trop à son goût au souvenir doux-amer de Lord Tybolt, elle tapa dans ses mains pour réclamer la chanson de Florian le Fol et de sa Jonquil, les Six Belles au Bain. Non pas, qu'à l'instar de certaines pimprenelles, elle soit folle de ce thème mais elle en appréciait néanmoins la partition. Et tant pis après tout, si cela la ramenait à la vacuité de son existence, car, même si elle n'était mariée et mère à vingt ans, sa vie avait été bien remplie jusque là à aider à la gestion du Val et à goûter aux jeux de pouvoir. Chaque chose viendrait en son temps de la même façon que l'hiver.
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Message Mer 18 Mai 2011 - 21:45

Ser Oberyn esquissa un sourire lorsque Lady Maura qualifia son acte de "brave", le jeune homme n'avait pas vraiment la même vision des choses, il lui apparaissait de fait comme quelque chose de tout à fait normal que de rejoindre le lieu où le peuple de Westeros subissait les assauts répétés des pirates mais peut être cela venait-il de l'éducation qu'il avait reçut du Seigneur son père ou encore de l'instruction que Ser Intregar, le chevalier qui lui avait pour ainsi dire tout enseigné. Il accueillit l'autorisation qui lui était faite de pouvoir demeurer en compagnie de la noble Dame avec la déférence d'une inclination de la tête. Il savait pertinemment que si l'humeur de Lady Arryn avait été de le voir partir il n'aurait pu dès lors faire autrement que de s'exécuter. Tout chevalier qu'il était et héritier de son fief, elle était la Dame du Val et de loin plus noble qu'il ne le serait jamais. Elle faisait partie de ces grandes maisons qui régissent la vie de Westeros tandis qu'il n'était que le premier né d'une famille secondaire de Dorne. Certains auraient pu voir dans cet état de fait une injustice car pour beaucoup d'esprits bercés de romances, la noblesse s'acquiert plus que l'on ne né avec mais ceux là ne vivent pas dans la réalité du monde tel qu'il est, ce ne sont que de dangereux rêveurs qui menacent sans même le savoir la stabilité d'un système féodale éprouvé et nécessaire. Les Seigneurs étaient là pour diriger et permettre à chacun de vivre du mieux possible, du petit Lord au fermier. Les chevaliers devaient prendre soin des petites gens et de ceux dans le besoin, les Sept quant à eux s'occuper de tout à la fois.

Ma Dame est trop bonne avec un simple chevalier, mais ayez la certitude que votre geste ne sera pas oublié et si jamais le besoin s'en faisait sentir soyez assurée que vous aurez toujours en Ser Oberyn Dayne l’Épée du Matin un allié sur qui compter. Cette fois-ci même à ses propres oreilles les formules de politesse et de soumissions parurent un peu trop appuyées mais le jeune chevalier se dit qu'il valait mieux en faire trop que pas assez avec ces Seigneurs de l'intérieur des terres. Il écouta avec attention le résumé du voyage de la Dame du Val ainsi que plus particulièrement ces observations sur la situation militaire dans l'Ouest, bien qu'elle admette elle même ne pas y comprendre grand chose le fait que le Seigneur du Roc semble fourbir ses armes révélait à Ser Oberyn que les exactions Fers-Nées devaient véritablement avoir atteint un niveau proche de la rébellion ouverte contre le Trône de Fer. Son visage avait d'ailleurs durant un court instant reprit la physionomie de celle que l'on peut attendre d'un soldat. Il en était toujours de même lorsque qu'Oberyn réfléchissait en terme de stratégie militaire, alors qu'une fois le combat engagé sa bonne humeur et sa confiance en lui faisait qu'il paraissait participer à une escarmouche sans gravité à la limite de l'amusement, impression renforcée par le fait qu'il combattait sans bouclier ni armure lourde.

Vous savez ma Dame, il n'est pas difficile d'être brave lorsque c'est en réalité un acte qui vous parait être le seul qui soit attendu de vous. Les vrais braves sont ces hommes et femmes du commun qui se battent pour survivre alors que leurs terres sont en proie aux incursions de sauvages venus de la mer. Je ne fais pour ma part que ce pour quoi j'ai passé toute ma vie à m'entrainer. La requête sur des nouvelles du Sud fut plus compliquée à aborder pour Oberyn, il savait être en la compagnie d'une femme qui fréquenterai certainement un jour son Suzerain mais la douceur du moment et la bonhommie de son hôte lui firent s'ouvrir peut être plus qu'il ne l'aurait imaginé de prime abord.
Le Sud, ma Dame se porte comme il le fait depuis ces dernières années, Dorne est toujours soumise au Roi Targaryen pour le prix d'épousailles et nos gens doivent payer des impôts là où ils avaient pour habitude de faire prospérer leurs familles. Rien de bien nouveau en somme, cela dit nous sommes épargnés par les rixes pirates et la canicule nous étant connue elle ne nous gêne pas plus qu'à l'accoutumé. Oberyn parlait des gens du désert comme s'ils étaient ses propres gens alors qu'en réalité les Dorniens rocheux et les sableux n'avaient de fait quasiment rien en commun, ils n'adoraient pas les même Dieux et leurs coutumes différaient tout autant que celles des Nordiens pouvaient différer de celles des Ouestriens. Mais néanmoins face à la manière dont la maison Martell avait vendu l'indépendance et le libre arbitre de Dorne il ne pouvait s'empêcher de ressentir pour les habitants du désert la fraternité qu'il éprouvait à l'encontre de ses propres gens. Je vous remercie de m'offrir l'appuie de votre recommandation pour ma rencontre avec Lord Racin, je suis certain que cela me facilitera grandement la tâche encore qu'il me soit tout aussi possible de bivouaquer à l'extérieur de la ville, loin de moi la volonté d'imposer ma personne. Ser Oberyn parlait encore une fois pour satisfaire l'égo de la Dame du Val même s'il ne pensait pas que Lord Racin lui aurait fermé ses portes, son Seigneur de père ayant déjà fait parvenir à Herpivoie un corbeau annonçant son arrivée prochaine et renouvelant si besoin était l'amitié des Météores envers la maison Racin.

La jeune femme qui avait une si belle voix entama une nouvelle sérénade sur la demande de Lady Arryn et Ser Oberyn se laissa un moment séduire par le phrasé si différent de celui de Dorne avant de revenir à son hôte.
Il ne fait aucun doute que les hommes qui vous accompagne semblent de fiers soldats et je ne fais aucun soucis quand à votre arrivée saine et sauve dans votre domaine, ma Dame. Peut être un jour si votre personne me le permet et, si cela va sans dire, je reviens de Salvemer, pourrais-je en visiter les beautés dont mon père, Lord Dayne, ne cesse de faire l'éloge. Il y a à une époque rencontré votre père et en garde un souvenir impérissable. Qui sait peut être une fois cette affaire terminée votre frère donnera un tournoi pour célébrer notre victoire et chance me serait alors offerte de vous montrer mes bien misérables talents de bretteur.
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Message Lun 23 Mai 2011 - 18:26

Les fossettes du sourire de la jeune femme se tintèrent d'une certaine ironie en écoutant les promesses un peu rapides faites par Oberyn Dayne. Il n'aurait plus manqué qu'elle le prenne au pied de la lettre et l'engage à l'accompagner dans le Val. En tous cas, ce n'était pas très malin de faire ce genre de promesses à la dame des Eyrié tout à fait capable, le cas échéant, de prendre ces quelques mots au pied de la lettre et de réclamer la récompense du service rendu ou du moins considéré comme tel. Au fur et à mesure de leur conversation, elle était de plus en plus amusée par la déférence un peu outrée que lui témoignait le chevalier des Météores. Non qu'elle s'en plaigne, il était toujours agréable de se faire traiter en reine, mais, après un séjour auprès de Tybolt Lannister, il lui semblait revenir, finalement, d'un passage chez ces fameux sauvages Dothrakis, l'odeur du crottin de cheval en moins. Du reste, elle n'était pas certaine de vouloir d'un Dornien comme allié, celui-ci avait bien l'air à peu près aimable mais elle se souvenait encore de ce que sa mère lui avait raconté des guerres qui avaient opposé le Bief aux sauvages du Sud et savaient que les Tyrell gardaient encore une fort mauvaise dent aux Martell. Enfin, le pauvre chevalier n'était pour rien dans ces vieilles histoires où il n'avait guère eu son mot à dire.

"Comme le ferait tout bon chevalier, Ser Oberyn. Je m'en souviendrai en tous cas."

Que pouvait-elle dire de plus sans le froisser ou lui faire croire qu'elle prenait ses promesses en l'air au sérieux. Quel ennui finalement qu'une dame se doive toujours de rester aimable, douce et compréhensive ! Aurait-elle été un homme qu'elle aurait pu lui donner une grande claque dans le dos en gloussant et en lui hurlant de boire une autre bière au lieu de l'ennuyer avec ses conneries de chevalier à fleurs. Peut-être également l'appeler pucelle ? Enfin, malheureusement pour son envie de rire, elle était Maura Arryn du Val et ne pouvait se comporter autrement que l'on en attendait de sa part. De ne parler que pour commander ou entretenir une conversation de bon ton. Et pourtant, finalement, qu'avait-elle à faire d'un petit chevalier de l'autre bout du continent qui l'abreuvait de paroles insipides sur le courage des pauvres gens. Elle avait été trop nourrie de littérature chevaleresque pour n'en rien croire.

"Je crois qu'il s'agit plutôt d'une question de logique. Quand vous avez passé toute une vie à construire, il y va de votre futur de faire en sorte qu'il ne soit pas détruit. La bravoure vient du fait que l'on a rien à gagner à se défendre ou à défendre.

Rien, pour sa part, ne la prédisposait à écouter les malheurs des petites gens d'une oreille attentive et miséricordieuse. D'autant plus que les gens de l'Ouest et du Conflans n'étaient pas siens. Sans doute en aurait-il été autrement au sujet du Val mais là encore elle n'en aurait même pas mis sa main à couper. Ceux du commun étaient nés pour servir et non pour être décorés du titre de braves...Sinon, où aurait donc été le monde ? En plus, ils sentaient généralement mauvais, étaient sales et n'étaient pas très intéressants. Pour sa part, elle préférait les éviter. Et puis, quelques centaines de plus ou de moins ne l'empêcherait guère de dormir du sommeil du juste. Ainsi allait le monde et qui était-elle pour vouloir changer l'ordre immémorial qui gouvernait Westeros depuis toujours.

Du peu qu'elle en savait d'Oberyn Dayne, elle n'aurait pas pensé qu'il se fut permis une critique des Targaryen devant une personne de la maison Arryn dont la fidélité au Dragon avait été mille fois prouvées. Toutefois, il en était du Val comme de Dorne et il subsistait parfois un certain sentiment autonome que les seigneurs des Eyrié n'avaient jamais rien fait pour supprimer. Mieux valait que les habitants soient fidèles aux Arryn qu'au lointain roi de Port-Réal de toutes façons.


"Il me semble qu'ils en payaient avant également...Mais je comprends ce que vous dîtes. Dorne n'est finalement pas si différent du Val. Généralement, nous considérons que les affaires des autres parties de Westeros ne nous concernent pas et restons dans nos montagnes à gérer nos propres affaires...Puis les Targaryen ne chevauchent plus les dragons. Pour beaucoup de nos gens, le véritable roi reste celui qui s'assoit sur le trône installé dans la chambre du Croissant. Je ne suis jamais descendue plus au sud que Hautjardin mais peut-être qu'un jour Lord Maron me fera-t-il l'honneur de son hospitalité."

La fin de son propos était plus polie que véritablement intéressée quoique voir Dorne put être une sacrée aventure. A vrai dire, elle ressassait plutôt ce qu'elle venait de dire au chevalier. Pour sa part, elle se fichait bien de ce qui pourrait être répété de ses propos vu qu'elle ne régentait plus réellement la vie du Val et qu'elle ne faisait que dire la vérité. Cependant, elle se demandait ce qu'aurait pu être sa vie si elle était née comme fille du Roi de la Montagne et du Val et non, plus simplement, comme première née de lord Arryn. Sans doute, n'aurait-ce pas été plus différent de ce qu'ils connaissaient aujourd'hui mais quel bonheur de pouvoir rendre justice au nom du roi Jasper et non d'Aerys, premier du nom.

Elle haussa les épaules à la suite du propos du Dornien. Elle voyait mal Racin refuser l'hospitalité à un chevalier de la maison des Météores. Même si le Conflans avait peut à voir avec les gens du Sud, cela ne se faisait tout simplement pas. Il n'y avait que Tybolt Lannister pour être aussi désagréable. Mais il avait été prouvé que le nom d'Arryn faisait généralement plus pour les honneurs que le simple nom de Dayne. Aussi trouvait-elle aimable de sa part de permettre au chevalier de la mentionner dans l'espérance que Lord Racin lui offre son meilleur lit comme il l'avait fait avec elle. La suite, par contre, la prit un peu au dépourvu quand Oberyn décida qu'il était de bon ton de s'inviter jusqu'aux Eyrié. Pour sa part, Maura ne voyait pas ce que la compagnie d'un autre blondinet pourrait bien lui apporter, surtout que celui-là ne semblait avoir que les mots guerre et épée à la bouche mais Jasper serait sans doute content si elle lui ramenait un fameux chevalier de son voyage. Elle savait bien qu'il s'ennuyait des tournois depuis qu'ils avaient fait fermer la porte sanglante pendant l'épidémie.


"Vous avez l'habitude de participer aux tournois ? Si c'est le cas, votre visite fera énormément plaisir à mon frère. L'isolement du Val finit par lui peser et si vous le régalez de récits de joutes, vous serez toujours le bienvenu aux Eyrié. Je ne savais pas que mon père connaissait Lord Dayne, ni que votre père était venu chez nous. A l'occasion, peut-être rendrons-nous la pareille aux Météores."
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Message Lun 23 Mai 2011 - 21:17

Ser Oberyn Dayne ne s'était pas particulièrement attendu à ce que la Dame du Val comprenne quoi que ce soit à la bravoure ou même aux souffrances que peuvent rencontrer les gens du commun lorsque les puissants jouent leur jeu d'influences mais il ne pensait cependant pas qu'elle paraisse si détachée de la réalité des difficultés du peuple fusse-t-il celui d'un autre fief que le sien propre. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas partagé la compagnie de membres de très grande famille de Westeros et ce retour à la réalité des choses le touchait plus qu'il ne l'aurait cru. Le jeune chevalier savait pertinemment que le système féodale devait garder une stabilité indéfectible, que les paysans étant la base du royaume ils avaient leur importance mais devait rester à la base justement et ne pas vouloir s'élever au dessus de leur situation de naissance, mais il aurait cru que pour certains puissants et plus particulièrement les femmes de hautes naissances, celles qui se font appeler princesses ou duchesses, la noblesse d'âme serait une chose répandue mais il n'en trouvait aucune trace chez cette Maura Arryn. L'entrain qu'il avait ressentit à s'entretenir avec la Dame des Eyrié s'évanouit de fait bien vite. Il y avait tant de choses qu'il aurait voulu pouvoir se permettre de lui dire mais qu'il ne pouvait. L'instruire sur ce qu'était véritablement de devoir faire face à l'ennemi, de craindre pour sa vie et celle des siens, non pas parce que votre père part à la tête de plusieurs milliers d'hommes pour affronter un autre Seigneur mais bel et bien lorsque vous êtes le dernier rempart entre vos filles et femme et une horde de sauvage n'ayant pour seul but que le pillage et le viol. Il se contenta simplement de serrer les dents en silence même s'il ne put s'empêcher de poser une simple question lorsqu'il cru sentir ses gencives saigner et ses dents se fendre.

C'est un point de vue tout à fait particulier que vous avez là ma Dame. Me serait-il permis dès lors de vous demander quel acte vous considéreriez comme brave s'il s'agit de ne rien en attendre ? Je veux dire que le chevalier se bat soit pour défendre une cause ou même pour l'honneur, le Seigneur envoie ses troupes guerroyer pour le pouvoir ou les terres.
Je serai curieux de connaitre ce qui du haut de votre inestimable et incomparable expérience de la guerre vous permet de prononcer de telles ignominies fut-il sur le point d'ajouter mais ses lèvres restèrent scellées. L’Épée du Matin était conscient de ne pas partager la vision pragmatique et cynique du monde des grands seigneurs et cela ne le dérangeait pas outre mesure mais cette femme sans aucune connaissance du monde puisse prononcer de telles sentences alors qu'elle paisse à l'abri de ses montagnes lui paraissait défier l'entendement et le bon sens le plus commun. Le jeune chevalier n'avait d'ores et déjà plus très envie de partager son coin de calme avec cette compagnie mais il ne pouvait se permettre de faire l'affront à la Dame du Val de quitter son entourage sans une bonne excuse.

Il tourna de nouveau la tête vers Météore qui profitait de l'ombre bienvenue, dire que quelques heures plus tôt il était tout à fait à son aise. Installé lui aussi à l'abri du même arbre sans subir les discours de la très haute noblesse. La nostalgie de ce moment grandissait à mesure que son aversion pour son hôte prenait de l'ampleur. Toutes les phrases vides de sens n'ayant pour simple but que de satisfaire Lady Arryn lui parurent dès lors avoir été prononcé à l'emporte pièce, il avait cru avoir à faire à une noble Dame et non pas à une Dame de la noblesse. Il ne fut du reste pas étonné de l'aveu selon lequel la jeune femme n'avait jamais voyagé plus loin qu'Hautjardin et quand bien même eut-elle été si au Sud, Ser Oberyn restait persuadé qu'elle n'avait rien du voir des gens vivant sur les terres qu'elle avait ainsi traversé.


Je suis certain que Maron Martell serait votre obligé et vous accueillerait avec déférence à Dorne. C'est un trait particulièrement fort chez notre cher Lord l'accueil chaleureux des puissants de Westeros, il nous a bien offert une Targaryen comme Princesse en échange de Dorne... se dit-il en lui même. Peut être même aurez vous l'occasion de vous rendre compte de la manière dont le commun vit les incursions Fer-Nés lors de votre voyage d’agrément aurait été la suite de sa phrase. La voix de la servante lui paraissait ne plus remplir son office et même si il ne pouvait pas dire qu'elle était désormais désagréable le moment ne s'y prêtait décidément plus s'il s'y fut jamais prêté du reste. Il espérait en son for intérieur qu'il ne trouverait pas le même détachement et un dédain similaire chez les Mallister car dès lors il ne saurait comment pouvoir se battre sous leur bannière même s'il gardait toujours le simple fait que les seigneurs ne sont que les représentant des masses, ce serait tout de même sous l'oriflamme Mallister qu'il guerroierait et à leur maison qu'il apporterait honneur et gloire. Une chose était cependant certaine et ce malgré ce qu'il avait pu dire plus tôt, jamais il ne mettrait Aube au service de la maison au Faucon.

L'ignorance de la jeune femme sur les tournois lui parut beaucoup moins séduisante désormais. S'il avait l'habitude de participer à des tournois ? ! Les Arryn avaient donc véritablement passé les dernières années à l'écart du monde. Il n'était certes pas le bretteur le plus connu du royaume mais ne serait-ce que de nom le moindre petit Lord avait entendu parler de l’Épée du Matin et de son talent en tournois. Il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui même puisqu'il avait fait de son propre chef allusion au fait qu'il pourrait rendre visite à la Dame une fois la guerre terminée. Ceci dit ce projet lui paraissait tout à fait moins pertinente désormais. Il ne s'attendait cependant pas à ce que la jeune femme fasse valoir le fait qu'il fallait désormais rendre l'invitation faite à son père aux Météores. Il lui semblait pourtant que l'invitation faite au père n'engageait en rien ses descendants mais on ne pouvait être sûr de rien avec ces grands Seigneurs.


J'imagine très aisément que Lord Dayne serait ravi de recevoir de vos nouvelles et à ce moment de prévoir avec votre frère une rencontre, voir une invitation.
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Message Mar 24 Mai 2011 - 7:51

Un point de vue très particulier ? Mais qu'est-ce qu'il voulait dire le hobereau du Sud ? Qu'elle se trompait ? Sans doute, si il y avait bien une chose pour laquelle Maura ne s'était jamais prise, c'était bien pour un Mestre de Vieilleville. Heureusement, on ne lui avait pas farci la tête de connaissances livresques toutes plus inutiles les unes que les autres, elle savait les bases - les mêmes que son frère - et c'était on ne peut plus suffisant pour elle. Ce qu'elle avait appris, elle avait dû l'apprendre sur le tas surtout après la mort de sa mère qui avait fait d'elle la châtelaine, et par la même gestionnaire, des Eyrié. Alors faire la différence entre ce qui faisait ou non la bravoure, très peu pour elle, cela ne l'intéressait d'ailleurs assez peu. Le petit chevalier s'était fait plus distant maintenant qu'il sentait qu'il ne parlait plus à une jeune femme capable de se pâmer à l'idée d'écouter Six belles au bain ou quelques récits de joutes bien troussés. Enfin, qu'y pouvait-elle si elle n'était pas une jolie et simple évaporée priant pour voir l'arrivée de son Florian ? Elle était ce qu'elle était. Une montagnarde, une femme pragmatique, une Arryn...C'était bien suffisant pour ne pas y rajouter quelques autres épithètes comme aimable, compréhensive ou passionnément amoureuse des romans de chevalerie. Certes, elle était loin du garçon manqué mais elle n'avait jamais été non plus une jeune fille accomplie jusqu'au bout des ongles. Elle ne se gargarisait pas de son sexe comme tant d'hommes et se contentait d'apprécier ce qu'elle était : une femme. Et dans toute sa complexité.

Toutefois, la question la fit réfléchir. Que considérait-elle comme brave finalement ? Sans doute peu de choses. Pas assez apparemment pour avoir l'heur de plaire à ce joli cœur de chevalier qui s'en allait défendre la veuve ou l'orphelin. Ou plus prosaïquement, du moins selon elle, les intérêts de la maison Mallister. Ce qui était après tout fort honorable selon les standards de la petite noblesse. Servir une grande maison dans le besoin...Cependant, Maura n'était pas de ce bois-là, elle n'était pas allée jusqu'à Castral Roc offrir l'aide du Val par pure générosité, pas plus que Tybolt Lannister avait souhaité l'obtenir sans y gagner des tas d'avantages hors de sa portée. De toutes façons, personne n'attendait des grandes familles qu'elles donnent sans rien attendre en retour. Quelques mots de sa vieille grand-mère lui revinrent en mémoire. Simples inflexions de langage profondément enfouies dans sa mémoire. Elle fit remplir son verre à nouveau mais cette fois sans y toucher tout en se disant qu'elle, pour sa part, ne quêtait finalement l'approbation de personne. Elle regarda le liquide vermeil quelques secondes avant de répondre.


"Il ne vous semble particulier que parce qu'il est différent du vôtre, Ser. La bravoure n'a pas forcément à voir avec la guerre. Je dirai qu'entrer dans la garde de la Nuit par choix est brave. Mais je ne crois pas qu'il y ait encore beaucoup de braves en Westeros..." se contenta-t-elle de répondre avec une certaine gravité, consciente que de tels propos pouvaient facilement choquer un brave jeune homme adoubé pour défendre la veuve et l'orphelin dans l'espoir d'en tirer quelque gloire posthume. Elle n'allait pas non plus ajouter qu'elle ne l'avait qualifié de brave que par confort de conversation, cela aurait pu être un tantinet vexant. "Et dans le cas de ces pauvres gens, je ne vois pas en quoi une supposée bravoure posthume leur servirait. Autant être un pleutre et continuer à jouir de la vie même si cela veut dire s'aplatir ou se sauver devant les Fer-nés. L'honneur n'est bon qu'à nous autres, nobles, il nous faut bien cela pour combler la vacuité de nos existences vu que nous sommes les seuls à posséder les moyens de rester en vie. La bravoure ne fait que rarement la différence." termina-t-elle en haussant les épaules avec une indifférence certaine mais sans désir apparent de choquer.

Elle n'avait pas besoin d'une cause pour savoir quand il fallait envoyer des milliers de soldats à la mort. Après tout, c'était bien ce que Jasper lui avait demandé en l'envoyant parler d'une aide militaire avec l'Ouest dans l'espoir d'en obtenir tout autant en retour. Et aussi parce que si les Fer-nés perçaient dans le Trident, ils seraient à leurs portes, ce qui ne gênait absolument pas les Arryn - celui qui passerait la porte sans dragons n'était pas encore arrivé - mais mettrait à mal les échanges avec le reste de Westeros. La jeune femme demanda une autre chansonnette tout en commençant à contempler ses ongles vu que le chevalier ne faisait visiblement plus aucun effort pour soutenir la conversation ou du moins se contentait simplement de répondre à ses interrogations. Elle poussa un léger soupir, inspecta une dernière fois l'ongle de son annulaire droit puis se tourna à nouveau vers le chevalier.


"Enfin, je ne veux pas vous attrister avec mon pessimisme. Vos choix et vos idées sont tout à fait honorables et propres à la chevalerie, je suppose." ajouta-t-elle avec un mince sourire pour satisfaire l'ego du si brave pourfendeur de la pauvreté et de l'injustice.

Pour sa part, elle considérait simplement que commisération et compassion hypocrites et lointaines n'avaient guère leur utilité, elle n'allait pas prendre sa dague et courir en jupons sus aux Fer-nés. Et pour ce que les Sept en avaient à faire de leurs prières pour le bien des peuples...De toutes façons, ce dont avait besoin l'Ouest, le Bief et les côtes du Conflans n'était pas la bravoure, ni l'exploit individuel. Et leurs seigneurs et dames respectifs le savaient bien. Lutter demandait de l'or, des armées, des fortifications, des bâteaux, des alliances...Voilà pourquoi Lord Lannister voulait donner sa sœur à son cousin ou avait suggéré des épousailles entre eux, pourquoi le Bief lui avait demandé d'évaluer rapidement la jolie Aliénor ou que la régente Tully lui avait présenté sa fille aînée comme si de rien n'était. Ce n'étaient ni les paysans, ni les chevaliers isolés qui faisaient la victoire mais sans doute leur fallait-il croire en la gloire pour oublier qu'ils n'étaient pas vraiment les maîtres de leurs destinées.

Et pour sa part, elle se fichait bien de ce que pourrait penser le prince de Dorne en l'accueillant ou si Lord Dayne serait ravi d'avoir des nouvelles des Eyrié vu que cela n'avait pas semblé beaucoup le troubler ces dernières années. Au fur et à mesure que la chaleur tombait, abrutissante, elle pensait surtout à leur périple dans les montagnes de la Lune avant d'atteindre la Porte Sanglante. Certes, son convoi était puissamment armé mais les sauvages des clans étaient tous fous et téméraires quand il s'agissait d'aller guerroyer un petit peu pour se faire mousser ou récolter quelques oreilles. Avec un peu de chance, ils n'oseraient pas s'attaquer à la bannière du faucon à la lune de peur de s'attirer les foudres du seigneur du Val. Toutefois, elle sourit à nouveau pour répondre tranquillement aux affirmations polies mais peut-être toujours un peu outrées du chevalier.


"Nous verrons cela alors. Je ne doute pas que mon frère sera enthousiasmé à l'idée de découvrir votre belle région."

Poli, concis mais que pouvait-elle réellement ajouter de plus. Elle n'allait pas se mettre à sauter partout à l'idée d'envoyer le gouverneur de l'Est en pèlerinage jusqu'aux Météores. Enfin, elle verrait tout cela avec Jasper qui ne cessait d'affirmer qu'il était de plus en plus lassé de rester à l'abri du Val quand sa sœur se permettait, elle, d'en sortir. Dommage finalement que les Tyrell aient mis la main en premier sur Aliénor, peut-être qu'en se servant chez les Lannister en premier, ils auraient pu avoir un petit héritier Arryn pour l'année suivante permettant enfin à son seigneur de frère de pouvoir s'élancer à l'assaut de ces horizons qu'il regrettait tant de ne pouvoir parcourir à l'envie.
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Message Mar 24 Mai 2011 - 14:34

En écoutant le discours de Lady Maura, la voix de Ser Intregar son maitre en toute chose en chevalerie lui revint à l'esprit. Ce dernier lui avait un jour alors qu'ils étaient éconduit par les gardes d'un petit noble des terres de l'Orage, qu'il ne fallait au grand jamais se laisser berner par l'étiquette et confondre une noble personne avec une personne de la noblesse. Lady Maura démontrait si besoin était qu'elle était de noble naissance mais bien loin d'être une noble Dame. L'exemple qu'elle donna sur les entrées volontaires dans la Garde de Nuit finit de le convaincre, la jeune femme ne voyait-elle pas plus loin que les apparences. S'enrôler volontairement dans la Garde de Nuit pouvait vouloir dire tout l'inverse de la bravoure. Il pouvait s'agir de fuir des responsabilités, de se cacher d'un usurier ou encore de vouloir se retirer du monde. Rien ne pouvait être simplement ce qu'il passait pour vouloir être cru. Cependant si vous n'alliez pas voir plus loin que ce que votre position surélevée vous révélait le monde pouvait paraitre simple. L'utilisation qu'elle avait fait de ses propres termes le fit sourire, ainsi pensait-elle qu'il trouvait son raisonnement particulier car il ne convenait pas avec sa vision des choses...?

Non pas ma Dame, particulier en ce sens que votre avis ne se fonde sur aucune expérience personnelle. Le jeune chevalier en avait terminé de la déférence feinte et de l'hypocrisie bienséante. Météore commençait à piaffer et tirer sur son attache. Le temps d'honorer cette "noble Dame" arrivait à échéance. Avez vous déjà vu ma Dame une jeune mère, éventrée dans le giron de laquelle on aurait replacé son nouveau né égorgé ? Avez vous jamais prit le temps de vous joindre à ces soldats qui vous défendent lorsque le soir à la lueur du feu ils craignent pour la vie des leurs restés au loin alors qu'ils allaient se battre pour des causes qu'ils ne comprennent que partiellement ? Ou simplement imaginez vous seulement ce que ressent un père qui voit sa fille violée encore et encore par toute une garnison alors qu'il ne peut détourner le regard car ses agresseurs lui ont arraché les paupières ? Il est des choses ma Dame en ce bas monde qui valent que l'on se batte pour les empêcher et il est naïf de penser que la mort serait la pire chose qui puisse vous arriver lorsque pirates ou sauvageons encerclent votre maison et menacent les vôtres. Le regard de l’Épée du Matin s'était fait plus dur, il jouait certainement là son avenir à l'intérieur des terres, cet envolée lyrique de sa part vaudrait certainement de longues années durant lesquelles la maison Dayne ne serait pas la bienvenue hors de Dorne mais il n'en avait que faire pour le moment. Le pouvoir que notre naissance nous octroie ma Dame n'a de sens que grâce au peuple qui nous l'accorde. Nos privilèges nous viennent en même temps que de lourdes responsabilités, au premier rang desquelles vient celle de comprendre et défendre les gens du commun. Nous pouvons bien nous abriter derrière nos murs et forteresses mais sans soldats pour les défendre ou paysans pour nous sustenter nous ne tiendrions pas plus longtemps que ce même fermier face à l'envahisseur Fer-Nés. Le jeune chevalier marqua un temps d'arrêt et commença à nouer le fourreau d'Aube à sa hanche. Je souhaite véritablement que le Val ne connaisse jamais les affres de la guerre d'occupation ma Dame, et que vos gens n'auront jamais à devoir compter sur leurs Seigneurs pour leur venir en aide. Car alors et si vous ne vous ouvrez pas à la réalité du monde avant cela, que les Sept leur viennent en aide... Car si comme vous le dites l'honneur n'a de raison d'être que pour occuper la vacuité de nos existences à nous autres nobles, la votre doit être affreusement vide ma Dame. Mais je m'égare et dépasse les bornes, certainement la chaleur aura joué un de ses vilains tours et le dénie que vous faite de la vie du commun n'aura été qu'un effet de cette chaleur.

Ser Oberyn était désormais sur pieds, Aube à la hanche. La chaleur était encore haute mais après un tel discours il ne pouvait abuser plus longtemps de l'hospitalité qui allait certainement s'évanouir très vite de la Dame des Eyrié. Il s'inclina profondément devant Lady Maura avant de se redresser, il n'aimait pas cette femme ni sa façon de penser mais l'apparat devait tout de même tenir ne serait-ce qu'aux vues des soldats présents.

Je n'abuserai pas plus longtemps de votre hospitalité ma Dame. Je vous souhaite un bon retour dans vos terres et espère que vos hommes d'armes ne manqueront pas de bravoure le moment venu s'il faut vous protéger contre les sauvageons. Il serait désastreux qu'ils préfèrent fuir et s’aplatir devant l'ennemi pour sauver leur vie plutôt que de l'offrir en sacrifice pour sauver la votre. Oberyn fit courir son regard sur les soldats et chevaliers qui formaient l'escorte de la jeune femme. Elle n'aurait certainement aucun soucis pour rejoindre son domaine. Les chevaliers étaient plus nombreux qu'il ne l'aurait pensé de prime abord mais leurs armures les ralentiraient si jamais il prenait à la Dame du Val de vouloir le faire saisir. De plus ils n'avaient pas son habilité ni même son expérience de la mêlée. Il avait été formé et entrainé à se battre contre plusieurs adversaires en même temps. Seuls les archers lui causaient un soucis particulier, il n'était jamais à l'abri d'une flèche heureuse qui le frapperait alors qu'il affronte des adversaires au corps à corps. Sa main ne quittait donc pas le pommeau d'Aube alors qu'il rejoignait Météore pour remettre selle et harnachement son regard revenant systématiquement sur les hommes les plus proches de lui simplement au cas où... Il sourit en pensant qu'il serait mal venu de demander s'il lui était toujours permis de se réclamer de la part de Lady Maura Arryn en parvenant à Herpivoie. Il bénéficierait de l'accueil classique et si cela ne pouvait se faire il dormirait à l'extérieur de la ville, cela n'avait finalement pas beaucoup d'importance. Sa noblesse avait au moins cela de bon qu'elle lui offrait le loisir de pouvoir dire ce qu'il voulait à quiconque du moment qu'il ne portait pas atteinte à l'honneur d'un Seigneur de trop haut rang en public. Il ne recroiserait certainement jamais le chemin de cette Dame du Val et la laisser sur une impression d'arrogance voir d'irrespect ne le dérangeait finalement pas autant que cela. Il n'éprouvait du reste aucun respect pour cette personne et qu'elle le sache n'avait dès lors rien de mal à son sens.
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Message Sam 28 Mai 2011 - 23:48

Comme toutes les jeunes filles de son temps, elle avait été préparée à tenir une maison, élever des enfants, savoir danser ou chanter, rester polie en toutes circonstances...Cette dernière compétence lui serait en l'occurrence utile pour ne pas agonir d'insultes l'insolent qui se dressait devant elle. Que lui disait sa vieille septa déjà ? "Le chevalier a son épée mais les bonnes manières sont les plus sûres boucliers d'une Dame." Elle avait souvent regretté de ne pas être née homme afin de pouvoir légitimement gouverner le Val mais, en cet instant, elle rageait plus à l'idée de ne pas savoir suffisamment tenir une épée pour en crever la panse du sinistre individu qui déversait son mépris sur elle. Si ses mains se crispèrent sur les pans de sa robe, son sourire s'élargit encore si cela était possible. Opposer l'ignorance crasse à son sourire, c'était peu de choses. Mais, en l'état des choses, cela demeurait préférable.

Toutefois, sous la couche de politesse et d'onctuosité, demeurait le caractère chatouilleux de la lignée des Seigneurs du Val, caractère dont Maura avait pris plus que sa part. Aussi haut que l'honneur était leur devise. Honneur d'être une Arryn mais surtout honneur de descendre des anciens rois du Val et de la Montagne. Mais l'honneur n'était qu'une chose vaine, un dernier rempart, une boussole pour se diriger et il y avait toujours eu quelque chose de plus profondément enterré chez la jeune femme, de plus dangereux également. Sans la mort de sa mère, elle serait sans doute restée une petite jeune fille effarouchée par son ombre et ses responsabilités comme tant d'autres, sans celle de son père, elle n'aurait jamais goûté l'enivrement propre à l'exercice du pouvoir. Mais ce fut la mention de son manque d'expérience qui la fit réagir brusquement. Comme si elle allait s'aplatir devant un petit chevalier crotté, toute Épée du Matin qu'il fut.


"Dorne est sans doute bien loin ou les Météores coupées de tout pour que vous ne sachiez même pas comment est mort le Seigneur mon père, Ser. Quant au reste, ouvrez simplement les yeux, défendre la veuve et l'orphelin est bien beau mais qu'en sera-t-il une fois Salvemer sauvée et que des galères cingleront vers Pyke ? Votre précieuse cause ne consistera-t-elle pas à violer les femmes et surtout les fillettes ? Autant pour votre précieux honneur quoique tout cela se rachète d'une ou deux blessures. Enfin, je ne vous enlève pas qu'au moment des tournoirs, vous dussiez être chevaleresque et digne d'un Florian, Ser..." termina-t-elle d'une voix chargée d'ironie où le dernier titre avait presque claqué comme une insulte.

Elle était belle la fine fleur de la chevalerie quand il s'agissait d'aller écumer les bordels ou les tournois. Mais quand il fallait se comporter en homme et aller faire ce pourquoi ils portaient une épée, il y en avait toujours un pour s'outrer de la cruauté de la guerre. Si l'on avait pu la faire propre et sans effusions de sang, sans doute s'y serait-on davantage adonné. Et en plus, il s'enfuyait le peureux, avait-il peur que tout soudain elle accouche d'une épée et l'envoie lui et ses stupides principes à la découpe ? L'image du chevalier empressé à s'enfuir la fit rire brusquement. Elle secoua la tête en levant les yeux au ciel, plus amusée que véritablement fâchée. N'était-elle pas trop haute pour que les paroles d'un si petit personnage vienne la blesser, elle, la dame des Eyrié. Elle leva une main pour arrêter les chevaliers du Val qui, déjà, se levaient pour aller trancher la gorge à l'impudent. Du reste, elle doutait un peu de la chaleur de l'accueil de Jasper si elle lui ramenait une tête de chevalier de Dorne plantée sur l'étendard des Arryn.


"Allons mes braves, c'est querelle de rien que de répondre à un individu de rien. Il finira par apprendre que le bien commun nécessite quelques sacrifices."

Elle tapa dans ses mains, signifiant que l'incident était terminé. Elle n'avait ni le temps ni l'énergie de débattre de ce qui échappait manifestement au preux des Météores. Il existait un monde entre les grands seigneurs et leurs vassaux...Les Arryn, les Lannister, les Stark étaient des dirigeants, quasiment des vice-rois, leurs vassaux n'étaient faits que de boue vulgaire et bien plus proches du petit peuple. Peuple qui, quand il s'agissait du jeu des Trônes, n'existait guère que comme un tas de cailloux que l'on se divisait. Et si il fallait envoyer piller et brûler...Hé bien, il le fallait. Le monde était injuste mais, du côté des puissants, cela n'était finalement que l'ordre des choses. Un pion pouvait être sacrifié, un roi ou une reine étaient trop précieux sur l'échiquier. Et le pouvoir, décidément, n'était pas une chose à mettre entre toutes les mains et, en tous cas, pas entre celles d'un Oberyn Dayne. Une semaine à la tête d'un quelconque domaine et celui-ci aurait été livré à la plus stricte anarchie. Les paysans n'entendaient qu'une seule chose : la peur. Non pas de leurs propres seigneurs, mais de l'absence de ceux-ci. Et sans les dames de la noblesse, et leurs vaillants époux, chacun aurait vécu dans la peur d'être livré à lui-même.

Elle en revînt aux aventures de Florian le Fol et sa Jonquil...Charmant conte. Mais qui, décidément, ne préparait pas celles qui l'écoutait à la dure réalité du monde dans lequel elles évoluaient. Finalement, en tant que régente, Maura l'avait appris, il ne s'agissait que de tuer ou de l'être. Alors l'honneur dans tous ça n'était bon qu'à garnir la panse bien remplie de quelques lords bien pensants. Et le pouvoir d'une femme, mis à part ses enfants et le peu de lâche que lui laissait ses pères, frères ou mari, ne résidait qu'entre ses cuisses. Laissant le chevalier des Météores s'envoler pour Herpivoie, elle se prit à rire follement, tant et si bien que son escorte se demanda d'ailleurs si le soleil n'avait pas, finalement, eu trop tendance à taper sur l'auguste casque de sa glorieuse propriétaire. Pour sa part, Maura se contentait d'oublier dans un second verre cette mauvaise rencontre, philosophant sur le fait que ce ne serait ni la première, ni sans doute - et à son grand dam - la dernière. En attendant, Lord Dayne serait sans doute édifié de la manière que son fils avait eu de traiter une noble Dame dont la lettre lui rappellerait sans doute l'hospitalité et la courtoisie que lui avait un jour témoigné feu Lord Jon Arryn.
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