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Réfugié dans la gueule du Lion

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Message Mar 7 Aoû 2012 - 20:08

Le voyage touchait à sa fin à mesure qu’ils se rapprochaient de l’immense demeure de Castral-Roc. Une heure auparavant, alors que Qhorin et son escorte entrait dans Port-Lannis, la forteresse troglodyte n’excédait guère la taille de son poing. Mais désormais, l’héritier de la maison Fléaufort pouvait mesurer à quel point la réputation de ce monument des Terres de l’Ouest n’était pas surfaite. Castral-Roc était une vaste forteresse intimidante qui émergeait du sommet d’un roc à l’aplomb de la Mer d’Été. La stupéfaction laissa rapidement la place à un sentiment de gêne, presque de honte. Toutes ses années Qhorin et ses frères avaient considéré leur demeure familiale comme un château, une forteresse. A présent, il réalisait leur lieu de résidence n’était qu’un ensemble modeste constitué de deux tours, un donjon, quelques bâtisses de bois le tout entouré de fortifications. En toute honnêteté, comparer leur demeure de Fléaufort avec Castral Roc aurait été faire offense à l’antre des Lannister tant ce dernier la surpassait en terme d’immensité. Tout ce qui rappelait à Qhorin qu’il était issu d’une maison de moindre importance pouvait ruiner son humeur pour toute une journée, d’autant plus lorsqu’il n’avait pas anticipé la chose. Bien sûr n’ayant jamais quitté le fief familial auparavant, le jeune noble aurait pu s’accrocher à cette excuse pour justifier sa naïveté. Mais Qhorin avait cette particularité de rarement faire preuve d’indulgence, encore moins sur sa propre personne. Il lui fallu ainsi un peu plus de deux minutes avant de cesser de se mordiller la lèvre inférieure.

Lady Fléaufort avait puisé dans les ressources de la maison pour fournir à son héritier l’escorte apte assurer sa sécurité sur le trajet. Deux épées-liges, quatre hommes de la garde personnelle de son père et un garçon d’écurie qui resterait à son service une fois établi dans les terres de Lord Tybolt. Qhorin avait longtemps protesté contre la décision de l’envoyer sous la protection du Lion pour sa sécurité. Les côtes de l’ouest qui continuaient de subir les assauts des Fer-Nés étaient sous le coup d’une procédure d’évacuation. Les Fléaufort avait déjà perdu un hériter ainsi que la fille unique du seigneur. Pourtant, Qhorin vivait cette relocalisation forcée comme un nouvel affront, signe manifeste de la faiblesse de sa maison. Pire encore, ils avaient fait escale à trois reprises au cours de ce voyage de six jours, s’arrêtant dans les fiefs de Gerblance, Cendremarc et Sarschamp. A chaque fois, Qhorin avaient du supporter l’excès de compassion affichée par ses hôtes. La vérité, c’est qu’ils devaient le prendre en pitié. Entre les Gerblance qui n’avaient cessé de répéter que leur bon ser Walder dissuaderait les Fer-Nés de les attaquer ou la vieille Lady Marpheux de Cendremarc qui avait du lui présenter ses condoléances pour la mort de son frère pas moins de six fois en une soirée, c’en était trop. Au moment de quitter Sarschamp et de s’engouffrer dans la route de la rivière, Qhorin doutait de sa capacité à supporter davantage de faux-semblant de la part d’un autre Lord, fût-il son suzerain.

Ils avaient maintenant traversé la ville dans son entièreté et se dirigeaient vers le nord. Derrière lui, ses hommes échangeaient des balivernes à propos du fait que Port-Lannis ne portait pas vraiment les stigmates de l’attaque récente des Fer-Nés. Apparemment seuls les chantiers navals avaient été visés. Le jeune héritier ignorait encore si les Lannister lui assignerait résidence en ville ou dans leur forteresse. Les rues que Qhorin et son escorte avaient parcourues grouillaient d’activité et de commerçants. Tanneurs, forgerons mais surtout joailliers qui reste l’une des professions les plus rentables des Terres de l’Ouest riches en minerais. Qhorin repensa à aux rues désertes du bourg de Fléaufort et de ses artisans qui n’osaient même plus exposer leurs étalages à l’extérieur en raison de la menace des Îles de Fer..

« Halte ! »

L’ordre du garde à la tête de la patrouille qui veillait sur l’entrée de la forteresse arracha Qhorin à ses pensées sombres. L’homme portait une armure lourde, un casque à visière qui cachait son visage et arborait les couleurs rouge et or des Lannister. A la tête de son groupe, Qhorin tira sur les rênes de son palefroi pour s’arrêter. Il était parfaitement inutile de perdre son temps en paroles avec de simples gardes. Il tira d’une escarcelle de cuir la missive portant le sceau de son père qui prouvait son identité et la déroula pour que le garde puisse s’en enquérir… s’il savait lire.

Après quelques secondes, Qhorin décida de s’extirper de la selle de sa monture.
Au moment où ses pieds touchèrent le sol, l’adolescent discerna la surprise des autres gardes qui échangèrent des regards incrédules. L’adolescent toisait le Westerosi moyen du haut de son mètre soixante dix huit, même si son extrême minceur trahissait sa jeunesse. Ou bien était-ce le symbole de sa maison, l’homme encapuchonné, qu’il arborait par dessus sa côte de maille à anneaux plats rivetés ? Lady Fléaufort avait mis un point d’honneur à ce que son accoutrement soit digne de son rang au moment où il allait se présenter devant le suzerain de la maison la plus riche des Sept Couronnes. Une paire d’épaulettes et gorgerin en acier flambant neuf complétait son ensemble.

Trois des gardes joignirent enfin leurs efforts pour actionner le mécanisme d’ouverture des portes. Malgré le bruit assourdissant qui en résulta, Qhorin parvint à entendre les mots prononcés par l’homme au casque à visière : « Lord Lannister vous attend. »
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Gerold Lannister
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Message Ven 10 Aoû 2012 - 10:52

Gerold, appuyé au rebord de la fenêtre de ses appartements, s’ennuyait. Il avait longtemps ruminé l’échec des négociations entre son frère et Lord Arryn. La fierté des deux suzerains avait pris le pas sur l’intérêt de tous. L’union entre Lady Maura et Tybolt n’avait pas eu les effets escomptés, puisque Lord Jasper ne voulait plus entendre parler de sa sœur. Cependant, la grossesse de la nouvelle Dame de Castral Roc était un fruit bienvenu. Il restait maintenant à espérer que les Terres de l’Ouest n’aient pas à souffrir, aux yeux de la Main du Roi, de sanctions qui seraient injustifiées au vu de la situation instable qui frappait les littoraux occidentaux de Westeros. Car la menace des Fer-nés était toujours bien présente. La distance faible entre les côtes de l’Ouest et les Îles de Fer contribuait fortement au climat tendu qui régnait encore sur le continent. A l’approche de l’hiver, il fallait aussi prévoir de faire quelques réserves pour subsister durant la période où les champs ne pourraient plus être cultivés. Et certaines Maisons, et leurs populations proches, évacuaient. Parfois des familles entières, d’autres fois simplement leurs enfants. Il fallait se mettre à l’abri en prévision de tout ce qu’ils s’apprêtaient à subir.

Le regard du Jeune Lion balayait machinalement l’horizon, embrassant la mer, sur sa gauche, et les terres, qui s’étendaient vers le nord et l’est à perte de vue. Et alors qu’il pivotait, avec un soupir, son attention fut captée par une file de cavaliers qui s’approchait du Roc. Ils étaient huit. De cette distance, leurs armoiries étaient difficiles à distinguer, mais il était clair qu’ils avaient l’intention de se faire ouvrir les portes de la forteresse. Etaient-ils attendus ? Cherchant dans sa mémoire, Gerold ne put se souvenir d’aucun visiteur. Ces hommes devaient de toute manière n’avoir que peu d’importance, n’importe quelle grande famille serait arrivée bien plus entourée, et des bannières auraient flotté au vent, annonçant clairement l’identité des voyageurs. Les cavaliers avaient au moins eu le privilège de piquer sa curiosité. Aussi, il se détourna de la fenêtre et, après avoir avalé d’une traite le fond d’une coupe de vin, il prit la direction de la porte principale. Les quelques serviteurs qu’il croisa s’écartèrent en s’inclinant, mais il les ignora superbement. Non par volonté, mais il était plongé dans ses pensées.

Aussi, c’est machinalement que ses pas le menèrent à destination. Il arriva à l’instant où les soldats de faction aux portes en actionnaient le mécanisme d’ouverture. Lorsqu’elles laissèrent suffisamment d’espace pour passer, la file pénétra dans l’enceinte. L’un des cavaliers avait mis pied à terre. Un jeune homme, probablement d’environ seize ans, aux cheveux blonds et au visage doux, mais au regard dur. Le garde de la porte s’aperçut de la présence de Gerold et fit passer la missive, qu’un autre garde apporta au Jeune Lion. Ce dernier se tenait à une quinzaine de mètres de la porte, et ne prononça pas un mot jusqu’à ce qu’il ait parcouru le message. Fléaufort. C’était cette bourgade qui faisait face aux Îles de Fer. A présent, Gerold se souvenait. Le fils aîné avait péri lorsque sa sœur avait été enlevée. Et lui, Qhorin, devait être le gamin à protéger. Des efforts avaient été faits sur sa tenue. Mais face à la tunique pourpre relevée de broderies d’or, arborant le lion des Lannister, la silhouette encapuchonnée aux couleurs sobres faisait pâle figure. Le garde qui avait apporté la lettre se tourna vers les arrivants.

« Messire Gerold Lannister, Frère et Conseiller de Lord Tybolt Lannister. »

D’un signe de tête, le Jeune Lion remercia le garde de lui avoir épargné de se présenter lui-même. Pas moins de six hommes d’armes avaient accompagné l’héritier des Fléaufort, ainsi qu’un garçon d’écuries. L’ensemble était quelque peu marqué par le voyage, qui avait probablement duré, au bas mot, au moins cinq jours. Gerold ne s’était jamais aventuré autant au nord des terres de sa Maison. Quelle utilité ? Il n’y avait pas grand-chose à voir, et les cartes suffisaient amplement à donner les indications dont il pouvait avoir besoin.

« Bienvenue au Roc. Si vous souhaitez vous restaurer et vous reposez, je vous invite à suivre cet homme. »

Ledit homme, un serviteur un peu ramassé sur lui-même, s’était approché, arrivant par une porte qui menait vers des salles réservées aux gardes. Des garçons d’écuries étaient également là, pour prendre en charge les montures. Tout cela bien sûr, si l’escorte n’avait pas l’intention de repartir immédiatement. L’attention de Gerold se porta ensuite, toute entière, sur celui qui allait s’installer durablement à Castral Roc. Malgré le rang très bas de sa famille, il affichait une certaine fierté.

« Mon frère te rencontrera plus tard, Qhorin. Pour l’instant, c’est moi qui vais te montrer tout ce que tu dois voir et savoir. »

Sur ces mots, il pivota, reprenant le chemin qu’il avait emprunté pour venir en sens inverse. Parvenu au sommet des quelques marches descendant dans la cour, il se retourna pour voir s’il était bien suivi. Il faudrait encore parcourir quelques couloirs et monter quelques escaliers avant d’arriver à la chambre qu’on allait attribuer au Fléaufort. Plus petite bien sûre que celles des Maîtres des lieux, elle serait probablement plus grande et plus riche que ce que Qhorin avait connu jusqu’à présent. Décidant de jauger un peu plus le jeune homme, Gerold engagea banalement la conversation, simplement pour noter les réactions, la façon dont « l’invité » considérait ses hôtes. Parce que s’il le fallait, il pourrait bien apprendre l’humilité entre ses murs.

« Le voyage s’est-il bien déroulé ? Pas d’ennuis sur la route ? »

A la fin de sa question, sans cesser de marcher, il tourna la tête vers l’héritier, afin de saisir ses mimiques, les traits de son visage lorsqu’il répondrait. Gerold se vantait d’être un excellent juge de la nature humaine, et il aimait particulièrement les défis que lui offraient les personnalités comme la sienne. Clarence Hightower avait jusqu’à aujourd’hui été le plus indéchiffrable de ses interlocuteurs, et il lui tardait de pouvoir éventuellement s’entretenir de nouveau avec lui. Mais là, ce n’était pas Clarence. C’était un gamin de Fléaufort.


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Dernière édition par Gerold Lannister le Dim 19 Aoû 2012 - 21:14, édité 1 fois
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Message Sam 11 Aoû 2012 - 15:35

A l’instant où Gerold fut introduit officiellement par son serviteur, Qhorin posait pour la première fois ses yeux sur un membre de l’illustre maison Lannister. D’une taille moyenne, le jeune Lion affichait en revanche une prestance certaine. Outre le faste de sa tunique aux broderies d’or, Gerold affichait la sérénité et le charisme d’un homme important et de haut rang. Mais ce qui retint l’attention du jeune Fléaufort avait trait à tout autre chose. Comme la majorité des membres de sa maison, Gerold Lannister avait les yeux bleus et surtout les cheveux dorés comme le soleil de cet été qui avait asséché Westeros pendant près de deux ans. En cela, Qhorin fut décontenancé de voir qu’un membre éminent de cette famille qu’il avait appris à mépriser de loin lui ressemblait autant physiquement. Pourtant à sa connaissance, Lannister et Fléaufort ne partageait pas le même sang. Son père n’aurait jamais omis de mettre en avant le plus petit des liens entre leurs familles, si l’existence d’un tel lien avait été avérée.
Le jeune héritier eut du mal à dissimuler son trouble tandis qu’il s’inclinait dans une révérence et laissait pour la première fois entendre le son de sa voix d’adolescent en saluant Gerold d’un « Monseigneur » prononcé sur le ton du respect. Lady Fléaufort, mère de Qhorin, lui avait scrupuleusement fait retenir le rang et titre de ses futurs hôtes. Ainsi, s’il savait que Tybolt était le seigneur du Roc et gouverneur de l’ouest, il avait appris que Gerold avait lui aussi pris le titre de Lord en tant que conseiller de son aîné. Maura Lannister était quant à elle la nouvelle Dame de Castral Roc depuis son mariage avec Tybolt.

Qhorin n’avait pas pour habitude d’être tutoyé, mais n’avait aucune raison de s’offusquer de la manière dont Gerold s’adressait à lui. Après tout, les Lannister étaient sa maison suzeraine et lui même n’était pas encore le Lord de Fléaufort. Ce jour viendrait bien assez tôt, et l’éducation qu’il avait reçu ses dernières années l’y préparait. Il avait donc naturellement déjà repris toute sa contenance lorsque Gerold l’invita à le suivre à l’intérieur des murs de la demeure troglodyte. Castral-Roc était un nom mythique au sein des Sept Couronnes. Parvenus au sommet des marches, la première pièce qu’ils traversèrent était tout aussi intimidante que l’extérieur de la forteresse. Faste et opulence résumaient parfaitement l’intérieur de l’antre des Lannister. Des années durant, avant que sa détresse le fasse sombrer dans la léthargie, Lord Quellon Fléaufort avait narré à ses enfants la légende de Damon Lannister dit le Lion-Gris et de son imprenable forteresse. Qhorin se rappelait des salles que son père avait évoquées. La Galerie d’Or, la Bouche du Lion ou encore la salle des Héros où le Lion Gris devait aujourd’hui reposé aux côtés de ses ancêtres. Lord Fléaufort vouait une véritable dévotion à sa maison suzeraine. Harren, premier héritier Fléaufort qui avait péri l’an dernier, rêvait du jour où il entrerait à Port-Lannis et gravirait le Roc sur la selle de son destrier favori. Mais les Dieux n’ont que faire des rêves des jeunes enfants. C’était lui Qhorin qui serait le premier Fléaufort à résider à Castral-Roc. C’était lui qui entrait aujourd’hui à Castral-Roc pendant que le corps de son frère aîné dont tout le monde louait la supériorité, pourrissait dans un trou humide. Cependant quelque soit le degré d’affection qu’il ait pu porté à Harren de son vivant, Qhorin ne s’accorderait pas de répit tant que les Fer-Nés n’auraient pas péri en représailles du meurtre de son frère et de l’enlèvement de sa sœur. En cela, il lui était impossible de s’accorder la distraction d’admirer les trésors de l’intérieur de Castral-Roc comme un autre noble de son âge l’aurait sans doute fait, la bouche grande ouverte. C’était cette mine sereine et presque grave qu’il arborait lorsque Gerold se retourna vers lui pour s’enquérir des détails du voyage entre Fléaufort et Port-Lannis que Qhorin et ses hommes venaient d’achever. La question raviva le souvenir récent et déplaisant de ses hôtes précédents qui l’avaient accueilli lors des trois escales de leur itinéraire. Qhorin préférait ne plus y penser

« Parfaitement déroulé, merci de votre sollicitude Monseigneur. Nous nous sommes progressivement éloignés des cotes afin de nous assurer un trajet plus sûr mais plus long. »

La voix de l’héritier laissait poindre sur la fin un soupçon de frustration. Il ne s’agissait pas d’émotions savamment distillées et dosées pour mieux maîtriser une conversation. Non c’était là le ressenti sincère d’un futur Lord des Terres de l’Ouest acceptant mal le fait de devoir s’éloigner des cotes de son fief pour être en sécurité.

« Cet itinéraire nous a amené à traverser nos montagnes de l’Ouest et les domaines de Gerblance, Sandremarc et Sarschamp. »


A l’inverse des immenses champs du Conflan voisin, ces terres montagneuses de l’Ouest étaient peu adaptées au voyage à monture. Cependant Qhorin avait trop de fierté en tant qu’héritier d’une maison de l’Ouest pour le reconnaître et s’en plaindre, d'autant plus face à la maison suzeraine.

« Mais cela va sans dire que lorsque Lord Tybolt Lannister fera appel aux bannerets de l’Ouest pour frapper les Îles de Fer, j’emprunterai un trajet bien plus court pour rejoindre les cotes de la Baie du Fer-Né. »

Cette dernière phrase avait été prononcée avec simplicité et certitude comme s’il ne pouvait en être autrement dans son esprit. Qhorin n’avait même pas réfléchi un instant au fait qu’on pouvait aisément le juger jeune, naïf ou hors de propos dans ce cas précis. Son regard bleu glace reflétait une détermination et une fermeté toute juvénile.
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Gerold Lannister
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Message Dim 19 Aoû 2012 - 21:42

Du coin de l’œil, pendant qu’ils marchaient en silence dans les couloirs de pierre de Castral Roc, Gerold avait observé l’attitude du jeune Fléaufort. L’héritier du fief de sa famille tâchait d’arborer un air grave, à moins que ça ne soit ses pensées qui l’y contraignaient. Et tandis que leurs pas les menaient vers leur proche destination, le Jeune Lion s’était tourné vers l’invité. Ce dernier répondit de la plus courtoise des façons, un peu à la manière de quelqu’un qui aurait appris les formules et l’attitude à adopter très récemment. Quelque pas, il manquait un peu de naturel, mais peut-être était-ce dû aussi à l’effet de la première rencontre. Le naturel cependant fit son retour sur la fin de la phrase. Le détour effectué n’avait visiblement pas été du goût de Qhorin. La position peu stratégique de Fléaufort l’y avait poussé, avec son escorte, afin de garantir un minimum la sécurité du trajet. L’énumération des étapes confirma que le détour pouvait être frustrant… mais surtout très long. La côte avait été soigneusement évitée d’une distance peut-être exagérée.

« En ces temps incertains, la prudence est de mise. Il eut été dommage qu’il t’arrive malheur. Je suis désolé du malheur qui a frappé ta famille, et sois assuré que viendra le temps des représailles. A quand exactement, en revanche… »

Les derniers mots avaient été lâchés presque avec nonchalance. Il ne fallait pas non plus donner l’espoir que tout serait vite terminé. Les raids des Fer-nés avaient violemment atteint Port-Lannis et la flotte, il était donc impensable d’envisager rapidement une contre-attaque. D’abord, il fallait rebâtir, reconstruire, reprendre des bases solides. Tout était une question de temps. Car les moyens, Castral Roc les avait, bien sûr. Rebondissant sur ses propos, le jeune homme montra un certain enthousiasme à affirmer sa loyauté envers ses suzerains. Les paroles avaient été prononcées avec une telle détermination que Gerold s’arrêta dans sa marche. Mains jointes dans le dos, il détailla son interlocuteur. Même le regard trahissait la certitude qui l’habitait. Le Jeune Lion reprit sa marche, affichant un très léger sourire.

« Et bien, c’est un plaisir de voir une telle dévotion chez un vassal, qui n’est pas encore, qui plus est, maître de sa propre maison. Mais je veux bien croire que tu transmets là un message pour l’ensemble des tiens, ton père en tête. »

Finalement, il désigna une porte, avant de stopper juste devant. Du doigt, il montra un escalier qui montait à l’étage supérieur, un peu plus loin, au bout du couloir.

« Par ici, ce sont nos appartements. Ceux de Lord Tybolt, Lady Maura, les miens, ceux de notre famille, de nos proches. »

Puis il ouvrit la porte et le battant pivota, révélant une pièce relativement sobre en décoration, mais dont le mobilier et les linges de chambre étaient de valeur. Deux fenêtres éclairaient les lieux, et une autre porte menait à la pièce voisine.

« Tu logeras ici. Si tu souhaites un domestique attitré, il y a une autre chambre, plus petite, à côté, qui possède son propre accès. Et ici, tu as un cabinet de toilettes. »

Un paravent de bois sombre, posé dans le coin en rentrant, cachait la partie privée. Globalement, la chambre était bien moins riche et bien moins spacieuse que beaucoup d’autres à Castral Roc, mais il ne faisait aucun doute qu’elle l’était plus que ce que Qhorin avait dû connaître jusqu’à présent. Pénétrant plus avant dans la pièce, Gerold poursuivit la visite, conservant un ton tout à fait neutre.

« Près du lit, il y a des rangements. La clé se trouve sur la table près de la fenêtre. »

Après ce rapide tour, il retourna vers la porte. Arrivé dans l’encadrement, il se retourna.

« J’imagine que tu souhaites prendre tes aises après le voyage. Si tu désires te restaurer, j’attendrai dans le salon devant lequel nous sommes passés. »

En effet, sur le trajet pour arriver jusqu’ici, ils avaient passé de nombreuses pièces, grandes, petites, parfois closes, et l’une d’elle était une salon privé, où Gerold venait parfois déjeuner ou dîner seul, lorsqu’il était plongé dans ses réflexions. Les cuisines n’étaient pas loin, ce qui lui donnait un aspect stratégique non négligeable.

« Et même si tu n’as pas faim, tu peux m’y retrouver. »

L’intonation avait légèrement changé, donnant à cette suggestion une légère allure de proposition à ne pas refuser. De toute manière, Qhorin n’avait aucun intérêt à errer seul dans la forteresse. S’il ne risquait pas d’y faire de mauvaises rencontres, il pourrait s’égarer, et il était bien mieux d’avoir avec soi quelqu’un connaissant les lieux comme le dos de sa main. Tirant la porte derrière lui, Gerold s’en alla d’un pas nonchalant jusqu’au lieu dont il avait parlé. Là, il trouva deux domestiques prêts à le servir. L’indispensable ingrédient d’un bon moment lui fut d’abord apporté : du vin. Et puis, il réclama du pain, du fromage et quelques fruits, mais ne toucha à rien excepté le nectar que l’on versait dans sa coupe chaque fois qu’elle était de nouveau vide.

Il aurait pu se passer plusieurs minutes ou plusieurs heures, Gerold avait perdu la notion du temps. Le regard fixé sur les flammes qui dansaient dans le petit âtre de la pièce, il avait bu sans trop s’en rendre compte, et l’on introduisit Qhorin.

« Ah, te voici. Prends place et sers-toi ! »

Un peu de vin, et déjà, le ton neutre s’était un peu coloré, un peu réchauffé. Il se redressa cependant dans son fauteuil. Mieux valait, pour ce premier jour, conserver sa prestance. Il perdrait probablement, après plusieurs autres rencontres, conversations, le côté guindé de sa position, mais on en était encore loin. Les apparences ne valaient que dans des circonstances particulières, des conseils, des réunions politiques, diplomatiques ou stratégiques. Là, il ne s’agissait que d’accueillir un jeune homme destiné à diriger plus tard sa famille, mais écarté pour sa propre protection. De toute manière, l’attitude de Gerold ne dépendrait que d’une chose : le comportement de Qhorin lui-même.

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Message Mar 28 Aoû 2012 - 23:58

On ne refuse pas l’invitation d’un Lord. Cette règle essentielle de la haute société westerosienne n’avait pas échappé à Qhorin malgré la fatigue accumulée d’un voyage éreintant. Seul dans sa nouvelle chambre, il s’accorda quelques minutes avant de rejoindre le cadet de Lannister.
Qhorin prit d’abord le temps de balayer la pièce avec plus d’insistance qu’en la présence de Gerold, quelques secondes plus tôt. A côté du lit, il repéra une petite statuette de bronze en forme d’un lion, debout sur ses pattes et rugissant. L’espace dont il disposait à Fléaufort était plus petit que ce que ses nouveaux hôtes avaient consenti à lui accorder. Il n’était pas à plaindre et se plut à imaginer quelques secondes de quoi les appartements de Lord Tybolt pouvaient bien avoir l’air.

Puis, rapidement il entreprit de retirer épaulettes, gorgerin et mailles qu’il déposa sur le lit. Même s’il était désormais libéré de leurs poids, une quinzaine de kilos, l’adolescent ne se sentait pas pour autant plus à l’aise. Il portait toujours en lui la frustration qu’il avait ressentie lorsque Gerold avait affirmé que le temps de représailles contre les Fer-Nés n’était pas encore venu. Il la sentait, comme une boule de fer au creux de son estomac. Bien qu’impulsif et d’un tempérament fougueux, Qhorin Fléaufort n’était pas totalement dénué d’intelligence. Si son être tout entier avait brûlé du désir de crier à Gerold que sa soeur Alyce pourrissait sans doute dans une geôle pendant que lui et son frère devait décider du moment où l’assaut serait donné, sa raison l’en avait dissuadé et forcé à rester muet. Plus que son devoir de loyauté envers son suzerain, c’était avant tout son obsession pour la vengeance qui avait motivé les mots de Qhorin. Les lunes s’étaient succédées depuis les malheurs qui avaient frappé Fléaufort, et chaque jour Qhorin était un peu plus consumé par cette obsession. Lorsque Gerold avait évoqué son père, Qhorin avait été tenté de lui révéler la vérité au sujet du Seigneur de Fléaufort avant de se raviser. Son éducation l’avait toujours mis en garde contre le fait de révéler ses faiblesses à autrui, notamment aux ennemis. Pourtant les Lannister n’étaient pas des ennemis ? Le temps de se poser la question, Gerold avait poursuivi la visite guidée du château et Qhorin décidait que le moment n’était pas venu de divulguer l’information concernant son père.

Une fois sa tenue de voyage rangée et qu’il eut enfilé des vêtements de circonstance, Qhorin était prêt à répondre à l’invitation de Gerold. Avant de sortir de la pièce, il fit un dernier détour par le lit et déplaça la statue de bronze en forme de lion dans un petit coffre destiné au rangement qu’il referma soigneusement.

Gerold l’attendait dans un petit salon privé confortable où du vin et d’autres victuailles avaient déjà été disposés. Du vin ?! Le souvenir du soir où il s’était laissé aller à avaler plus de deux coupes lui revint brusquement en mémoire. Il ne devait pas…

« Ah, te voici. Prends place et sers-toi ! »

Malgré la présence de pain et de fromage, Qhorin se voyait mal s’empiffrer de nourriture tandis que son hôte s’était limité au vin. Il y voyait clairement le signe que Gerold l’invitait à boire avec lui. Tout adolescent qu’il était, le jeune Fléaufort ne pouvait consentir à rater l’opportunité qui lui était offerte de faire la démonstration qu’il pouvait agir en adulte. A ses risques et périls…
Cette réflexion achevée, un des deux domestiques lui demanda s’il désirait du vin ce à quoi il répondit par l’affirmative le plus naturellement du monde. Sa première gorgée avalée, il fut forcé d’admettre en son fort intérieur que le nectar qui se déversait dans son oesophage était à mille lieux de ce qu’il avait pu gouter à Fléaufort. Ses entrailles se réchauffaient et la retenu qui avait été sienne s’effrita légèrement. Alors que ses lèvres puisaient à nouveau dans la coupe, les effets ressentis plus tôt s’intensifièrent. C’était comme si ses défenses s’abaissaient peu à peu. On disait qu’un grand cru de Dorne pouvait délier la langue du plus fermé des Nordiens. Alors Qhorin à côté n’était pas encore de taille. Désormais il ne lui paraissait plus si important de cacher la vérité à propos de son père par exemple.

« Je dois reconnaître de ne pas avoir le souvenir d’avoir goûté un vin semblable à Fléaufort. » commença-t-il par déclarer en fixant le contenu de sa coupe agitée légèrement par un mouvement subtil du poignet.

« Mon père avait l’habitude de dire ‘le vin entre et la raison sort’. »

Un sourire nostalgique éclaira son visage paradoxalement si juvénile.

« Aujourd’hui nous prions l’Aïeule de rendre à Lord Fléaufort toute sa raison. Le chagrin l’a transformé en un homme que nous ne reconnaissons guère... Effacé et enfermé dans un mutisme qui l’ont rendu méconnaissables même auprès de ses plus vieux compagnons. »

Il s’agissait là de la pure vérité. Qhorin n’avait pas essayé d’aggraver la réalité du « mal » qui rongeait Lord Quellon dans le but de se faire passer pour le leader de sa maison aux yeux de Gerold. Ce rôle était d’ailleurs assumé officieusement par sa mère désormais. Ainsi, il n’essaya même pas de scruter du coin de l’oeil le visage de son interlocuteur pour essayer d’en discerner la réaction.

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Gerold Lannister
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Message Mer 10 Oct 2012 - 20:02

La coupe entre les mains, le regard scrutateur, Gerold observait dans les moindres détails les réactions de son invités, son attitude face à ce qui s’offrait à lui. Après le voyage qu’il venait de vivre, il était normal qu’il souhaite se restaurer. D’autant que les mets et le vin proposés là étaient de meilleure qualité que ce qu’il avait pu goûter jusqu’à ce jour. Le Jeune Lion ne put retenir un sourire à la réponse que Qhorin donna aux domestiques : on sentait dans son intonation qu’il ne désirait du vin que pour accompagner son hôte. A son âge, il paraissait compréhensible qu’il ait une certaine crainte vis-à-vis de l’alcool, surtout s’il n’était pas habitué à en boire en son fief. Une fois servi, le garçon se contenta d’une gorgée de son verre, sans toucher à la nourriture. Ainsi, il se privait tout comme Gerold. Le Lannister ne mangeait pas, donc il ne mangeait pas non plus. L’éducation avait été réussie, mais dans certains cas, on pouvait considérer qu’elle ne permettait pas les meilleurs comportements…

Alors que Gerold reportait sa coupe à ses lèvres, Qhorin fit de même. Et déjà, le jeune vassal prit quelques couleurs, son visage rosissant légèrement. Ce qui confirmait les pensées du Jeune Lion : il n’était pas dans ses habitudes de boire du vin. Et ce serait tant mieux si les effets étaient désinhibiteurs, il parlerait plus librement. D’ailleurs, ce fut l’adolescent qui rompit le silence, complimentant à sa manière la boisson aux reflets pourpres. Et il ajouta une petite référence à son père, Lord Quellon, en le citant. Une remarque avec laquelle Gerold n’était pas d’accord. Mais lui était probablement une exception : le vin avait chez peu d’hommes des effets « positifs ». Boire le détendait, lui permettait d’avoir les idées plus claires, jusqu’à un certain point bien sûr.

Sur sa lancée, le jeune Fléaufort enchaîna sur le sujet paternel. D’après lui, le seigneur était méconnaissable, le chagrin ayant fait de gros ravages sur son moral, et probablement son physique. Il était un homme diminué, et son seul héritier se trouvait là. Si jeune, et pourtant, il paraissait suffisamment déterminé. Contrairement à son père, Qhorin semblait puiser dans les épreuves qui lui imposaient la vie une force, une volonté d’agir. Gerold but une nouvelle gorgée, avant de poser sa coupe. Il poussa le plateau de fromage vers son invité.

« Ne te prive pas pour moi. J’apprécie le geste, mais contrairement à toi, j’imagine, je n’ai pas faim. Et si vraiment tu es gêné de te repaître alors que je me contente de vin, je prendrai un fruit. Mais vraiment, ne te prive pas. »

Gerold avait définitivement abandonné le ton neutre, pour se faire plus aimable, plus bienveillant. Il avait bien entendu les paroles de Qhorin, et ne les oubliait pas, mais il préférait avant tout clarifier ce point. D’ailleurs, il ajouta, toujours sur ce même sujet :

« Je ne sais combien de temps tu resteras, mais sache que lorsque tu seras seul avec moi, tu n’as pas besoin d’adopter les faux-semblants que l’on revêt en présence de nobles. J’en soupe suffisamment à longueur de journée… »

Cet aspect-là éclairci, le Jeune Lion reprit sa coupe, avant de la tendre, sans un mot, sur le côté de son fauteuil. Immédiatement, un domestique vint la remplir, avant de se retirer dans l’ombre. Le frère du Seigneur des lieux prit le temps de déguster une nouvelle gorgée avant de reprendre :

« Tâche de garder un peu de raison. Je n’ai point vu ton père et ne saurait me prononcer sur son état, mais sache que tu dois garder à l’esprit qu’un jour, tu lui succéderas. Ta présence à Castral Roc peut te permettre d’en apprendre un peu sur la manière de gouverner… »

Bien que prononcées sur un ton en rien agressif, les paroles de Gerold reflétaient une réalité qui pourrait être dure à avaler. Mais lui avait vu au cours de sa vie ce dont l’homme était capable, ce qu’il pouvait subir, et il savait qu’en toutes circonstances il fallait savoir affronter le pire. Bien qu’il s’emploie toujours, au nom de sa Maison, à l’éviter, le contourner, ou bien à réduire le choc. Port-Lannis avait été un échec cuisant et il lui tardait de se reprendre.

« La chambre est-elle à ta convenance ? Si tu désires occuper ton temps, je peux te procurer quelques livres. Il y a aussi une place où s’entraîner au maniement des armes. Si tu veux sortir, rejoindre la ville, mieux vaut être accompagné… mais on y trouve certains divertissements intéressants… »

Les pensées du Jeune Lion s’arrêtèrent sur un établissement particulier, où il allait parfois faire son marché. En toute discrétion, bien sûr. D’ailleurs, puisqu’il y songeait, il irait bien chercher une fille pour le soir-même. Dans un enchaînement d’idées, il se demanda si Qhorin avait déjà connu des filles… Oh, probablement pas. Trop jeune. Et Fléaufort ne devait pas offrir le meilleur des choix en la matière.


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Message Sam 20 Oct 2012 - 14:17

Ainsi Lord Gerold souhaitait moins de faux-semblant et davantage d’authenticité et de franchise dans ses tête à tête avec lui ? Qhorin esquissa un léger sourire, laissant à penser à son interlocuteur qu’il était parvenu à le mette plus à l’aise. Ce que son sourire signifiait réellement était d’un autre goût..
Si tu penses que je vais m’égarer et me comporter comme un vulgaire roturier, tu risques d’être déçu Lannister !
Trop jeune pour avoir été suffisamment longtemps exposé aux protocoles et autres faux semblant de la noblesse au point d’en être las, Qhorin n’avait manifestement pas le même recul que Gerold en la matière. Selon lui, le comportement était un de ces points essentiel qui différenciait un individu de haute naissance des gens du commun, ces gens dont l’existence et les décisions n’auraient jamais un véritable impact sur les choses d’importance. Il les avait toujours considéré avec la plus grande indifférence. Ne s’adressant à eux que lorsque cela était nécessaire avec au mieux le strict minimum de courtoisie.

Puisque son hôte l’invitait à se servir et à se restaurer, il n’y avait pas à hésiter. Il saisit un petit pain rond qui avait du sortir du four peu de temps auparavant à en juger par sa température et se rapprocha de l’assiette individuelle que les domestiques avaient déposé pour lui. Son attention se porta brièvement sur un fromage aussi bleu que le blason de la Maison Arryn puis sur un blanc à la patte ferme dépourvue de croûte. Pendant ce temps, Gerold poursuivait la conversation. La main droite de Qhorin se crispa très légèrement sur le pain, qu’il finit par rompre en deux. Il trouva injuste la subtile remontrance adressée par Lannister à propos de son père et du fait qu’il serait un jour amener à lui succéder. Lord Gerold ne l’avait peut-être pas compris. Qhorin savait pertinemment qu’il devrait un jour diriger sa maison. D’ailleurs, comme un réflexe qu’il avait acquis au cours de cette dernière année, il avait pris l’habitude d’imaginer ce qu’il aurait fait en lieu et place des décisions de son père. Quoique les appeler décisions serait faire preuve de bien trop de clémence, il s’agissait purement et simplement d’inaction terriblement frustrante et rageante pour quiconque avait encore une once de fierté et d’honneur dans sa Maison. Mais qu’importe, son séjour à Castral Roc serait effectivement l’opportunité pour Qhorin d’observer un autre type de gouvernance, qu’il espérait plus active et ferme que chez les Fléaufort…

Sa perception de Gerold Lannister commençait à s’affiner dans son esprit d’adolescent de quatorze ans. L’homme était plutôt loquace et avait tout d’un hôte accueillant et bienveillant pour le moment, offrant à Qhorin la possibilité de se livrer aux activités habituelles d’un jeune noble vivant au sein des Sept Couronnes.

« Il y a bien un livre que je cherche à me procurer depuis plusieurs mois. Selon le Mestre de Fléaufort, il a été copié en moins d’une dizaine d’exemplaires et on le trouve généralement dans les bibliothèques des fiefs les plus importants de Westeros. Dieux et Religions des Sept Couronnes. Aurait-il bonne place au sein de la bibliothèque de Castral Roc ? »

La demande était quelque peu abrupte, mais le vin aidant, Qhorin avait formulé sa demande en limitant le déroulement des platitudes et autres fausses manières si chères à Gerold. Et après tout ce livre, s’il parvenait à mettre la main dessus, lui apporterait peut-être certaines des réponses qu’il cherchait. Le fromage à patte blanche fondit dans son palais en délivrant une saveur délicate qui se mariait avec perfection avec le vin qui leur était servi.

« Je m’exerce chaque jour aux maniements des armes, je vais donc pouvoir conserver cette habitude. »

Converser de ses aptitudes martiales n’était pas forcément le genre de sujet qui menait Qhorin à d’incessants développements. Oh certes, beaucoup de jeunes nobles de son âge rêvaient de tournois, de mêlées là où Qhorin aspirait à avoir le maximum d’hommes d’armes à son service. Il en aurait besoin le jour où il débarquerait sur les côtés des Fer-Nés en quête de sa sœur. Hélas, seul l’or de Castral-Roc ou un mariage avec une jeune femme de plus haute naissance que lui serait en mesure de lui procurer assez d’épées pour une telle entreprise. Et l’un comme l’autre n’était pour le moment pas à portée de main, à l’inverse de la coupe qu’il porta une nouvelle fois à ses lèvres.

« En vérité, Port-Lannis a suscité mon intérêt durant la traversée vers Castral-Roc. »


Troisième ville du royaume, la cité portuaire pouvait logiquement avoir un certain attrait aux yeux d’un garçon de Fléaufort. Qhorin n’en rajouta pas davantage. Si Gerold consentait à lui parler de ces fameux divertissements ou même à l’y accompagner, l’initiative devait venir de lui et pas de Qhorin. En tout les cas, Port-Lannis était un sujet que l’héritier des Fléaufort voulait creuser.
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Gerold Lannister
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Message Jeu 8 Nov 2012 - 14:01

Qhorin, finalement, n’avait attendu qu’un petit encouragement pour toucher aux mets qui lui étaient présentés. Gerold l’observa alors qu’il saisissait un petit pain chaud, à peine sorti des fours du Roc, avant de s’intéresser aux différents fromages qui s’offraient à lui. On en trouvait de toutes sortes dans les Sept Couronnes, et les Lannister se permettaient depuis toujours de disposer d’une variété assez importante des différentes spécialités du royaume. Le Jeune Lion s’interrogeait également sur ce que la conversation et les premières découvertes de Qhorin à Castral Roc l’amenaient à penser. Comment un jeune homme appréhendait-il ce qu’il n’avait jusque-là pas connu, et dont il n’avait parfois qu’entendu parler ? Visiblement, l’héritier de Fléaufort réfléchissait à ce qu’il pourrait retirer de son séjour, et cela commença par une requête concernant un ouvrage. Le nom éveilla un vague souvenir chez Gerold. Dieux et Religions des Sept Couronnes. Le seul vrai livre auquel il fallait se référer était bien entendu L’étoile à sept branches, mais qu’est-ce qui empêchait de s’instruire par ailleurs ?

« Comment se nomme le Mestre de Fléaufort ? Il doit avoir de grandes connaissances s’il a appris qu’un tel ouvrage existait. »

Mestre Vyman, qui officiait au Roc, avait au fil du temps appris beaucoup sur de très nombreux sujets, sa position et son lieu de villégiature pouvant grandement l’expliquer. Se trouver au cœur de l’activité contribuait à l’augmentation du savoir. Or, ce mestre de Fléaufort semblait, malgré l’éloignement du fief, appris certaines choses que d’autres hommes de sa profession ne savaient probablement pas.

« Un tel homme à tes côtés est précieux. S’il a vu juste, ceux qui ont pu lire cette œuvre sont des privilégiés. Et en effet, tu la trouveras dans notre bibliothèque. D’ailleurs, je t’invite à te perdre dans les rayonnages, tu pourrais faire d’intéressantes découvertes. »

Gerold s’y rendait de temps à autre, pas forcément pour lire, mais le lieu était particulièrement reposant, et il se sentait plus calme, plus réfléchi lorsqu’il en sortait. L’ambiance de la bibliothèque suffisait en général à lui éclaircir les idées. Qhorin parla ensuite d’une autre activité, digne de son rang, et qu’il aurait tout le loisir de pratiquer au Roc. Le maître d’armes et de nombreux officiers faisaient d’excellents professeurs et ne manqueraient pas, en peu de temps, de corriger les défauts d’un jeune homme pour le mettre sur la voie de l’excellence. Tybolt les surpassait presque à ce jour, et il avait plusieurs fois poussé son frère à s’entraîner. Si Gerold n’était pas mauvais avec une épée à la main, il n’y trouvait aucun plaisir, et en arrivait souvent à y mettre de la mauvaise volonté. Il préférait manier une dague et se glisser discrètement derrière quelqu’un.

« N’hésite pas à aller voir le maître d’armes. Il aime avoir de nouveaux élèves. Montrer ce qu’il sait faire et le partager est sa plus grande passion. »

Gerold porta sa coupe à ses lèvres et vida la moitié de son contenu. Qhorin paraissait apprécier ce qu’il dégustait, ce qui lui donnait là un aperçu de ce qu’il allait connaître par la suite. Ce n’était vraiment qu’une mise en bouche avant les repas qu’il s’apprêtait à vivre. Port-Lannis devint ensuite le sujet de la conversation. Il était naturel que la cité ait pu susciter de l’intérêt. Troisième ville en termes d’importance après Port-Réal et Villevieille, c’était un port important, où l’on commerçait, et qui transitait de nombreux voyageurs et marchandises.

« C’est une cité vivante, on y trouve de tout. Des produits de la région aux denrées les plus exotiques. Nos joaillers sont célèbres dans tout le royaume. Nous avons aussi quelques artistes, la plupart animent nos rues et amusent les passants. »

Le panel présenté était assez général, mais Gerold savait que cela suffisait à augmenter l’envie du jeune homme d’aller en découvrir davantage. N’importe qui quittant les coins les plus reculés dans la campagne pour venir en ville brûlait d’explorer la ville.

« Port-Lannis est accessible à toutes les bourses, même si la qualité se paie, bien entendu. Mais je pourrais t’accompagner, t’y emmener, si tu le désires. Rien de tel qu’un Lannister pour servir de guide dans les rues de sa ville, ne crois-tu pas ? »

L’invitation était lancée. Rien ne pressait, bien entendu, Qhorin venait à peine d’arriver. Mais le Jeune Lion savait dégager du temps lorsqu’il le désirait, et conduire le jeune Fléaufort au cœur de l’activité était un moyen d’apprendre à le connaître un peu plus. En observant quelqu’un parmi ce qu’il ne connaissait pas, on en savait beaucoup sans vraiment le chercher.

« Et puis, il y a quelques rencontres à faire. Des commerçants qui ont prospéré, des voyageurs venus de Dorne, des Îles d’Eté, de Braavos… des filles. »

C’était glissé sans trop de subtilité, mais c’était aussi une façon, en toute franchise, de noter comment le jeune Fléaufort pouvait appréhender l’allusion.


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Message Dim 13 Jan 2013 - 16:23

Le visage de Qhorin s’éclaira en apprenant que l’ouvrage convoité se trouvait bien à Castral Roc. On pouvait même lire du soulagement dans l’expression du jeune homme. Le sujet semblait véritablement lui tenir à cœur, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute. Mestre Jothos était, il est vrai, un homme précieux pour sa famille. Jusque récemment, Qhorin ne lui avait jamais prêté grande attention en dehors des leçons d’histoire quotidiennes auxquelles les jeunes nobles de Westeros devaient se soumettre dans le cadre de leur apprentissage. En revanche, depuis les évènements tragiques de l’an passé, Qhorin avait sollicité plus d’une fois le mestre de la maison Fléaufort pour lui poser des questions sur les coutumes des Fer-Nés, leurs modes de vie, leur Dieu. Connaître son ennemi était un préalable indispensable à la victoire, et Qhorin souhaitait en savoir davantage sur le genre d’environnement dans lequel la jeune Alyce était désormais plongée. Chaque question semblait mettre le Mestre mal à l’aise. L’homme était rentré au service de leur maisonnée avant la naissance de Qhorin, et avait aujourd’hui une quarantaine d’années. Large d’épaules et de cou, dotée d’une mâchoire carrée habillée d’une barbe rousse striée de gris, Jothos donnait l’impression qu’il aurait pu se faire engager comme homme d’armes. Qhorin avait ses soupçons concernant les origines du Mestre qu’il ne se priva pas de partager avec Gerold, l’alcool aidant.

« Jothos. Mestre Jothos. L’homme est en effet bien informé, en particulier lorsqu’on l’interroge à propos des us et coutumes des Fer-Nés. Mais il rechigne à partager son savoir et préfère me rediriger vers des livres plus rare qu’une épée en acier Valyrien. »


Il n’aurait pas été surpris d’apprendre que ce Jothos avait été issu de l’union d’un homme des Îles de Fer et d’une continentale. Avoir deux parents Fer-Nés et se retrouver à prononcer ses vœux à la Citadelle semblait aussi improbable qu’un Crakehall et un Bracken festoyant à la même table. En reprenant une gorgée de vin, le Fléaufort réalisa qu’il avait divulgué la raison de son intérêt pour Dieux et religions des Sept Couronnes à Gerold. Il fit alors le vœu solennel, en reposant la coupe, qu’il ne porterait plus le breuvage à ses lèvres. Il lui faudrait s’entraîner à mieux maîtriser les effets du vin à l’avenir. En compagnie d’une femme? Le sujet avait été lancé par Gerold avec une transparence un brin désarçonnante.
Qhorin laissa ses yeux naviguer sur les mets disposés sur la table le temps de réfléchir à l’attitude à adopter face à cette allusion. L’héritier des Fléaufort aurait été bien plus à l’aise dans une discussion évoquant stratégies militaire et le conflit actuel qui déchirait l’Ouest. Les filles n’étaient pas sa première préoccupation. Plus jeunes, Harren l’avait entraîné dans une partie de « Viens dans ma château » avec les filles d’un tailleur local. Le jeu avait été un prétexte pour une partie d’embrassade. Bien que ce fût son premier baiser, Qhorin ne conservait pas un souvenir impérissable de l’haleine de sa partenaire ni de l’échange de salive avait suivi. Il était par ailleurs toujours convaincu qu’il ne devait pas s’adonner à ce genre de pratique avec des filles mal née ou d’un rang inférieur. Quand bien même son statut d’héritier aurait pu lui ouvrir bien des portes, des lèvres ou même des jambes…
Selon toute vraisemblance, Gerold devait sans doute faire référence à des filles … offrant leurs services contre des pièces frappées du Dragon. Qhorin n’était jamais allé jusqu’à ce niveau d’intimité. Il avait souvent entendu les hommes de son père se vanter du nombre de femmes dont ils avaient partagé la couche. Ce Lannister fréquentait-il aussi des filles de joie ? Après tout il n’était pas encore marié et semblait avoir une vingtaine d’années. Quel homme de cet âge est encore « pur » à l’exception d’un Septon ou d’un Eunuque ? A l’inverse de leurs homologues féminins, combien de jeunes hommes nobles vivent leur cérémonie du coucher sans jamais s’être entraîné auparavant ?

Sans doute moins que le nombre d’épées en acier Valyrien à Westeros..

Si en soi le sujet le gênait, Qhorin n’était pas pour autant intimidé par la gente féminine. Son cœur ne s’était jamais véritablement embrasé pour quelqu’un d’autre. Récemment il y avait bien eu la rencontre, bien que cocasse, avec Lady Eleanor. Elle n’avait pas éveillé la moindre esquisse de sentiment là où un an auparavant une jeune femme du rang et de la beauté de la Tully l’aurait sans doute laissé en proie à bien plus d’émois et de passion. En vérité, il était bien trop préoccupé par autre chose.

« La fille qui m’intéresse le plus est celle qui m’apporterait 1000 épées et leurs montures dans sa dote. Si elle se trouve à Port-Lannis, je vous y suivrai avec encore plus d’enthousiasme. »

Il ponctua le tout d’un petit rire contenu. Le vin avait donné un peu de couleur à sa voix si bien qu’il ne paraissait plus aussi sérieux qu’au premier abord bien qu’il pensait chacun des mots prononcés.
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Gerold Lannister
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Message Mer 30 Jan 2013 - 0:37

Jothos. Le nom du Mestre de Fléaufort était totalement inconnu de Gerold, mais il se promit d’en parler à Mestre Wyman. Peut-être que celui qui officiait à Castral Roc avait entendu parler de son homologue. Tous les Mestres ne se connaissaient pas, mais il était possible que certains soient plus renommés que d’autres, du moins dans leur propre cercle. Ainsi l’homme en savait long sur les Fer-nés. Au vu de la position de Fléaufort, il n’était pas impossible qu’il ait des origines des Îles de Fer, qui se dressaient au large du fief. Les informations qu’il détenait pouvaient être utiles, se dit Gerold, dans la situation qui préoccupait actuellement les Terres de l’Ouest. Quant à Qhorin, il était encore trop jeune, bien que concerné, pour s’en soucier. L’orienter vers certains ouvrages lui donnerait des enseignements précieux et rares. Bien que le jeune homme semblait avoir d’autres priorités. Comment l’en blâmer ? On l’avait éloigné du danger pour le cacher au sein de la plus imprenable forteresse de Westeros. Après les Eyriés, probablement.

La conversation avait dérivé sur Port-Lannis et ses richesses. Qhorin ne semblait pas s’y intéresser pourtant. Pourquoi tant de tourments dans un esprit encore si jeune ? La vie s’était montrée cruelle avec lui. Aucune blessure physique, mais la perte des siens et de ses repères. Un frère tué, une sœur enlevée, un père mourant. Autant de malheurs qui ne devaient pas arriver à un noble dans ses plus belles années, celles de son adolescence. Il en avait été brutalement tiré, devenant un homme de la pire des manières qui soient. Et pourtant, là, le vin avait libéré quelque chose en lui. Il parlait, peut-être plus qu’il ne l’aurait voulu, mais au moins faisait-il montre d’honnêteté. Un trait que pouvait mépriser Gerold dans les discussions politiques. L’homme honnête se fait dévorer par les requins dans les intrigues. Mais la conversation n’était pas politique. Ce n’était pas le conseiller de Lord Lannister qui faisait face à Qhorin, mais le jeune homme un peu plus âgé que lui, profitant des plaisirs que lui offrait la table devant lui.

Au rire contenu du garçon répondit un sourire amusé du lion. Ainsi rêvait-il d’avoir derrière lui, chevauchant à brides abattues vers le grand ennemi, pas moins de mille hommes en armes. Si Port-Lannis pouvait révéler bien des mystères, receler des trésors inattendus, la femme capable de lui offrir une armée n’y résidait pas. Mais quel homme se rendait en ville dans l’espoir d’en revenir chef d’un bataillon, hormis celui qui se languit d’une vengeance qui le consume ? Avant de prendre la parole, Gerold vida sa coupe. Ce n’est qu’après l’avoir reposée sur la table et avoir fait signe qu’on l’emplisse de nouveau qu’il parla :

« Que ferais-tu de mille chevaliers si tu ne peux les conduire vers la prison qui retient ta sœur ? A ta place, je souhaiterais rencontrer la femme qui me fournirait une flotte de guerre… »

Le Jeune Lion s’enfonça dans son siège et joignit les mains. Il avait devant lui la fougue incarnée. La fougue, qualité et défaut tout à la fois. Enthousiasme, courage, volonté d’agir, certes. Mais prise de risque, témérité, inconscience, aussi.

« Les Fer-nés paieront. Pas pour l’enlèvement de ta sœur. Pour tout ce qu’ils ont fait subir à nos gens, nos terres, nos côtes. Du Bief jusqu’au Nord. Ta petite vengeance personnelle ne peut mener qu’à une chose : la mort. Seul, tu ne peux rien faire. Il faut voir plus grand. Attaquer les Îles de Fer n’est pas une bagatelle, à prendre à la légère. Cela se prépare, longtemps à l’avance, précisément, pour ne laisser aucune place au hasard. »

Soudain, le conseiller, le stratège avait surgi. Gerold se redressa, saisit sa coupe, mais sans la porter à ses lèvres. Il se tempéra intérieurement, redevenant plus posé, retrouvant celui qu’il était avant de s’enflammer quelque peu.

« Tu es à Castral Roc. Port-Lannis est à tes pieds. Il n’est rien que tu puisses faire, alors profite de ce qui t’es offert. Si c’est sans enthousiasme que tu demeures ici, c’est une punition que tu t’infliges à toi-même. Le jour viendra où tu navigueras pour la sauver. Mais ce jour n’est pas arrivé. En attendant, tu as des découvertes, à portée de main, qui t’attendent. Mange, bois, discute avec les voyageurs, entraîne-toi. Va voir les filles, elles ont d’autres choses bien plus agréables à t’offrir que des épées. »

Après une gorgée de vin, bienvenue après ce discours, Gerold se laissa porter vers le bordel qu’il lui arrivait de fréquenter. S’il s’y rendait parfois, il préférait faire venir dans ses appartements ceux et celles qui le contentaient. Il y avait des rumeurs qui circulaient sur lui à ce sujet, il en était parfaitement conscient, mais il n’y prêtait pas attention, pour la simple raison que personne n’osait se servir de ce qui était pourtant la vérité.


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Message Dim 17 Fév 2013 - 13:37

Qhorin sentit le sang lui monter aux tempes. Le haut de son visage s’empourpra subitement mais le vin n’en était pas responsable. Gerold pouvait bien se faire sa propre opinion. Contrastant avec les braises sur lesquelles le Lannister venait de souffler, le regard de Qhorin devint glacial. Ces yeux bleus auxquels il pouvait insuffler tant de froideur en l’espace d’une seconde étaient bien connus de ses proches. Le Lannister lui avait paru sensé mais sur ce point précis, il ne comprenait pas. Sa vengeance n’avait rien de petite ni de personnelle. C’était l’image de sa maisonnée qui était en jeu. Qui redouterait encore Fléaufort sachant que son Lord ne réagissait pas alors même que ses enfants étaient saignés à blanc ? La passivité de son père pourrait bien les poursuivre pendant plusieurs générations. Il faudrait davantage que les filles d’un bordel pour que Qhorin parvienne à mettre tout ce contexte de côté afin de se changer les idées. Lui et ce Gerold Lannister étaient sans doute bien différents sur ce point.

« Les 1000 épées m’aideraient à dormir plus sereinement sachant qu’elles protègent le reste de ma maisonnée et que les rues de Fléaufort sont plus sures. »

Nul besoin de 1000 hommes pour me mener jusqu’à ceux qui ont enlevé Alyce, une seule personne suffira.

Il s’était efforcé de parler d’une voix neutre mais une petite pointe d’agacement avait malgré tout passé les mailles du filet. Augmenter les forces de Fléaufort de mille hommes dissuaderait peut être les pilleurs de s’attaquer à leurs côtes et les détournerait vers Falaise qui avait jusqu’ici été étrangement épargnée par les attaques de Fer-Nés. Le souvenir de sa dernière entrevue avec Lord Ouestrelin raviva une vieille rancœur qu’il balaya à l’aide d’une nouvelle gorgée de vin. Sa résolution de ne plus porter la coupe à ses lèvres fut balayée par la vague du breuvage qu’il déversa dans son oesophage.

« Pardonnez moi, j’imagine que ces sujets vous accaparent déjà suffisamment lors de vos discussions avec Lord Tybolt. »

La position de Castral Roc concernant ce qui le préoccupait était on ne peut plus claire. Hormis le risque de se laisser aller à s’énerver face à un membre éminent de sa maison suzeraine, Qhorin ne voyait pas l’intérêt de poursuivre sur ce terrain. D’ailleurs étant donné le statut de son interlocuteur, l’adolescent de Fléaufort ne se voyait guère rebondir de manière directe sur les allusions aux filles… Gerold n’avait sûrement pas fait référence aux Dames de compagnie de Lady Maura. L’espace d’un instant l’esprit de Qhorin quitta la pièce, il s’imagina se faire entraîner dans un bordel de Port Lannis par le Lannister, accueillie par des femmes à moitié nues entonnant un ‘ravies de vous revoir Lord Gerold !’
A nouveau le rouge lui monta au visage, pour différentes raisons cette fois là.

« Je n’ai guère eu l’occasion de m’accoutumer à la compagnie de jeunes filles de mon rang. Fléaufort n’est pas exactement un fief où les autres maisonnées font souvent escales. Mère n’a cesse de demander à notre père de faire venir des chanteurs plus reconnus.»

On lui avait appris la théorie bien sûr et il saurait se comporter face à des jeunes filles nobles, mais l’occasion s’était trop peu rarement présentée.

« Mais puisqu’à vous entendre Port-Lannis me donnera l’opportunité de parfaire mon apprentissage dans ce domaine et bien des autres, je serai ravi que vous m’y guidiez. »

Pendant qu’il se resservait un morceau de fromage avec davantage de décontraction que la première fois, le jeune Qhorin se demandait si Gerold aurait l’audace de surenchérir en évoquant le sujet féminin encore plus ouvertement cette fois-ci.
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Gerold Lannister
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۩ Intrigant ಋ Homme de l'ombre ۩

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♦ Arrivée à Westeros : 09/06/2012
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♦ Doublons : Ryman Frey & Podrick Stone
♦ Age du Personnage : 25 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Castral Roc, Terres de l'Ouest
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۩ Histoire d'un homme de l'ombre...
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Message Mar 28 Mai 2013 - 22:53

Mille hommes pour protéger. Mais Fléaufort avait-il encore besoin de protection ? Bien que très exposé aux volontés des Fer-nés, le fort avait déjà payé son dû. Les iliens visaient d’autres contrées, plus au nord, désormais. Qu’avaient-ils à trouver sur les terres de Lord Stark ? Un stratège pouvait se poser la question. La richesse des terres se trouvait au sud. Les landes septentrionales n’offraient pas tant de fertilité, ce n’était que vanité de s’y rendre pour piller. Ce devait être une simple partie du vaste plan de Lord Greyjoy, celui de dévaster Westeros sur toutes ses côtes occidentales. Gerold eut un geste vers Qhorin, pour lui indiquer qu’il ne pouvait lui tenir rigueur de la conversation. En effet, le conseiller en parlait avec son frère, mais cela ne le dérangeait pas de mettre le sujet sur la table en d’autres occasions, même avec d’autres. Mais il y avait un temps pour tout. Celui de la guerre venait tout juste de s’écouler, le dernier grain de sable ayant atteint la partie inférieure du sablier…

Le jeune homme expliqua ensuite que la situation de sa maison ne permettait à personne de s’offrir les mêmes plaisirs qui grouillaient par les rues et ruelles de Port-Lannis. Fléaufort était loin, n’avait pas de village, et peu de voyageurs y passaient. En toute logique, à moins d’avoir eu l’occasion de croiser une servante conciliante, Qhorin n’avait encore jamais connu les plaisirs de la chair. Bien sûr, il parlait de filles de son rang, mais celles-là étaient non seulement intouchables, mais il y avait bien trop de règles qui encadraient les relations entre jeunes gens nobles tant que le mariage n’était pas prononcé. Tout cela en aurait lassé plus d’un. Gerold se désintéressait totalement de la question. La plupart des demoiselles à marier étaient aussi creuses qu’un pichet de vin vide. Non, mieux valait aller à la rencontre de vraies femmes, celles qui connaissaient la vie. D’ailleurs, il n’y avait pas que les femmes…

Qhorin surprit presque Gerold en acceptant ouvertement l’invitation. Il joua quelque peu la prudence en ajoutant « et bien d’autres », mais c’était de bonne guerre, d’autant que Port-Lannis était un lieu vivant où les opportunités se bousculaient. On pouvait y apprendre à négocier, à reconnaître les bonnes marchandises, à juger les artistes et artisans… Et tout ce qui s’y passait n’échappait pas au jeune lion. Il disposait en effet de quelques agents, dont un en particulier, qui vint soudain occuper son esprit… Un furet… Il se ressaisit rapidement, refusant de s’abandonner à ses pensées en présence du jeune protégé des Lannister.

« Tu as été envoyé ici pour être gardé en sûreté, mais je vois autre chose, de bien plus intéressant pour toi. Tu pourras rentrer chez toi en étant un homme, un vrai. Rien de tel que la ville pour te faire découvrir tout ce qu’il est bon de connaître. »

Gerold vida sa coupe et la reposa, peut-être un peu brutalement. Le nectar pourpre insinuait en lui ses premiers effets. Il saisit un morceau de pain pour garder contenance. Avant de se lever, pour s’approcher de la cheminée. Sa silhouette se découpait, obscure, devant les flammes.

« Tu peux aller à Port-Lannis, bien sûr. Mais sais-tu aussi que Port-Lannis peut venir à toi ? Durant ton séjour à Castral Roc, tu auras quelques droits dus à ton rang. Inutile de se déplacer s’il est possible de convoquer ce dont on a besoin. Quelques denrées du marché… Un poète… Une fille… Ou même un garçon, qui sait ? »

Le visage de Vym lui apparut de nouveau, puis il eut l’impression que son furet dansait pour lui dans l’âtre. Il se détourna, présentant son dos au feu qui crépitait. Le vin n’allait pas tarder à lui rappeler ses faiblesses. Au moment où il tâchait de parler de ce qu’était qu’être un homme à Qhorin, mieux valait qu’il continue à garder la tête froide. Ne faisait-il pas soudain chaud, dans cette pièce aux dimensions finalement restreintes ? Gerold s’éloigna de la cheminée et reposa le pain qu’il avait pris, sans y avoir touché.

« Tu n’as qu’à demander. Les serviteurs savent qui tu es. Évidemment, si tes requêtes leur paraissent quelque peu… abusées, ils n’hésiteront pas à venir m’en parler, mais comment saurais-tu abuser ? »

De sa position, le jeune lion voyait Qhorin en pleine lumière. Le vin et l’ambiance avaient porté des couleurs à son beau visage angélique. Il s’admonesta intérieurement lorsqu’il se surprit à se demander s’il avait un corps finement sculpté… Il devait absolument voir Vym ce soir, son désir pour son amant augmentait à chaque instant. Oserait-il lui parler de Qhorin ? Mieux valait l’éviter. Le furet était jaloux… Mais cela le rendait si mignon…

« Ou si tu le désires, nous pourrons dès demain arpenter les rues de Port-Lannis. »

Ces derniers mots avaient été prononcés avec une assurance forcée. Il espérait seulement que ses divagations intérieures n’avaient pas été remarquées.

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