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Missive de lady Virginia à lady Ismaëlle Forrest

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Message Lun 6 Aoû 2012 - 13:02

     Comme à son habitude, après quelques évènements assez importants qui venaient de chambouler sa vie, Virginia songea à envoyer une missive à son amie Ismaëlle. Elle aimait beaucoup parler avec elle – même par le biais de courriers à défaut d'avoir mieux – pouvoir échanger des points de vue, avoir son avis sur divers sujets... En somme avoir une oreille et des conseils d'une personne qui ne vivait pas quotidiennement avec elle. Peu à peu, au fil du temps, la relation d'abord teintée d'une distance liée à l'absence d'amitié, s'était transformée et le contenu des lettres qu'elles s'échangeaient en était témoin. À ce jour, lorsque quelqu'un parlait des Forrest, la Bieffoise pouvait dire sans hésiter qu'elle avait une amie originaire de cette maisonnée. Était-ce réciproque ? Virginia l'espérait, n'étant pas une femme forcément très démonstrative la Hightower se savait difficile à lier. Elle n'était pas le type de personnes qui étaient capables de devenir amis avec un individu lambda rien qu'en lançant une conversation banale. Non, la demoiselle était bien plus compliquée, elle préférait amplement se contenter de peu de personnes autour d'elle, mais que celles-ci soient de qualité. C'était le cas de lady Ismaëlle et la Bieffoise ressentait donc une sincère amitié pour cette jeune femme qu'elle estimait comme une personne de grande qualité.

     Après avoir rencontré lord Jace de manière officielle, eu la proposition de Clarence pour l'accompagner à Port-Réal et enfin proposé à Valencia de se joindre à elle pour ce voyage, Virginia s'était retirée dans sa chambre pour aller y rédiger une missive destinée à son amie. Déjà parce qu'elle devait lui signaler qu'il lui serait impossible de répondre à ses éventuels courriers pendant quelques temps, mais ensuite parce qu'elle tenait tout simplement à l'informer des changements survenus chez elle et avoir son avis sur la question. C'était une chose qu'elle considérait comme inhérente à la position « d'amie » et elle-même espérait que lady Ismaëlle aussi lui confierait les pensées qu'elle pourrait avoir si la situation était inversée. De toute manière, la Bieffoise partait de l'idée que si elle ennuyait son amie, celle-ci ne se serait pas gênée pour le lui faire savoir. C'est donc sans aucun doute à l'esprit que la demoiselle s'était installée à sa table pour rédiger sa missive.

     Ma chère amie,

     J'espère que vous vous portez bien ! Cela ne fait pas si longtemps que je vous ai envoyé une missive, mais je vous dérange à nouveau en raison de changements assez importants dans ma vie. Je crains malheureusement de ne pouvoir répondre à vos missives pendant quelques temps. En effet, comme vous le savez sans aucun doute, mon frère Clarence siège au Conseil Restreint et a été convoqué à Port-Réal pour discuter de divers problèmes concernant la guerre qui nous oppose aux Fer-nés. Il m'a proposé de l'y accompagner et j'ai bien évidemment accepté, en compagnie de ma sœur Valencia et d'un ami de mon frère, lui aussi membre du Conseil Restreint, nous partirons donc très prochainement pour Port-Réal pour une durée encore non déterminée.


     La plume s'immobilisa un instant alors que la jeune femme levait les yeux vers sa fenêtre pour réfléchir quelques secondes. En effet, même si le Conseil n'allait pas durer des lustres il était toutefois possible que Clarence doive s'attarder là-bas quelques temps pour discuter de choses diverses. Elle ne pouvait donc exactement prévoir la date de son retour, sans compter que les surprises sur la route étaient aussi souvent de mise. Bien que Virginia espérait que tout se déroulerait parfaitement, il ne fallait pas exclure la possibilité d'un imprévu qui pourrait grandement leur compliquer la vie. Ils étaient en guerre après tout et même si les Fer-nés ne passaient pas par les chemins qu'ils emprunteraient, des habitants de Westeros profitaient du malheur de leur continent pour tirer profit de la situation. Soupirant légèrement, Virginia secoua la tête pour chasser ses pensées avant de reporter ses yeux verts sur le parchemin où elle posa à nouveau sa plume pour continuer sa rédaction.

     Les temps actuels ne sont pas vraiment adaptés pour ce que je prévoyais, mais une fois que la guerre sera terminée – et je ne doute pas qu'elle le sera bientôt – il faudra que nous songions à ce que vous puissiez me rendre visite à Villevieille. Si l'envie est présente chez vous bien entendu, je ne voudrais pas vous obliger à quitter votre demeure si votre devoir vous y retient. Il y a beaucoup de personnes que j'aimerais vous faire rencontrer et puisque vous êtes la future dirigeante de votre famille, il va de soi que plus votre influence sera étendue, plus vous serez respectée. Même si je ne doute pas une seule seconde que vous soyez plus que capable de vous lier seule à d'autres familles du Bief.


     Même si les missives offraient beaucoup, il était vrai que pouvoir à nouveau discuter face-à-face avec son amie l'intéressait grandement. Ce n'était pas une chose négligeable que de voyager, mais une chose était certaine : si lady Ismaëlle acceptait l'invitation, elle serait traitée comme il le fallait et profiterait bien de son séjour à Grand-Tour ! L'idée de voir la jeune Dornienne à la tête de sa maison enjouait Virginia, même si elle n'avait jamais désiré elle-même pouvoir posséder un tel pouvoir, il était plaisant de voir qu'une femme de caractère et surtout très intelligente comme l'héritière des Forrest, puisse hériter. Même si Virginia ne connaissait rien du jumeau de la jeune femme, il était toutefois plus qu'évident qu'un homme qui cherchait à se débarrasser de sa sœur comme lui ne présageait rien de bon pour sa maisonnée. Après avoir relu ce qu'elle venait d'écrire, Virginia y ajouta un dernier paragraphe.

     Je conclurais en espérant une fois de plus, que tout va bien chez vous et que votre frère s'est apaisé avec le temps. L'hiver se fait-il déjà sentir dans vos chaudes contrées ? Transmettez bien mes amitié à votre famille et surtout prenez soin de vous. Il me tarde d'avoir de vos nouvelles. À très bientôt.

     Virginia Hightower


     Scellant sa missive et la cachetant, la demoiselle quitta sa chaise pour sortir de sa chambre et partir à la recherche du mestre de Villevieille de manière à ce qu'il puisse expédier sa lettre à La-Tombe-du-Roy, après quoi elle vaqua à nouveau à ses occupations en attendant une éventuelle réponse qui surviendrait avant son départ de Grand-Tour.


Dernière édition par Virginia Hightower le Mer 8 Aoû 2012 - 15:50, édité 1 fois
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Message Mer 8 Aoû 2012 - 11:00


L'astre Diurne accablait l'héritière Forrest, retranchée en ces prémisses de journée dans ses appartements en plein coeur de Lancéhelion. Une kyrielle d'aurore depuis qu'elle avait posé pied à la capitale de ses terres originelles, sans avoir eu l'occasion de s'entretenir derechef avec le suzerain Martell qui, elle le savait pertinemment, se trouvait fort occupé aux innombrables besognes de son rang. Les préparatifs pour le voyage à destination de Port-Réal n'allégeaient en rien son fardeau usuel, alors, Ismaëlle ne l'importunait sous aucun prétexte, sachant qu'elle aurait tout loisir de converser en sa glorieuse compagnie au fil de leur pérégrination. Ainsi, en guise de délassements, la sylphide avait retrouvé la connivence de l'indocile Sarya qui l'avait accompagnée à la médina, s'était accoquinée à l'adorable princesse Nymeria et avait même pu discuter avec la dragonne que l'on retenait dans son royaume de sable chaud. Du repos, également, sacro-sainte oisiveté après la route prestement tracée depuis les Montagnes Rouges à travers l'entier et impitoyable désert. La-Tombe-du-Roy, par ailleurs, elle y avait envoyé un courrier pour prévenir de son absence prolongée, et à sa plus grande stupéfaction, un paquet de quelques lettres en provenance du domaine familial lui était déjà parvenue. Lord Dagnar avait jugé bon de lui faire suivre sa correspondance, car à peine avait-elle quitté le fief que ses épîtres à son attention s'étaient empilées. Une pensée d'amour pour son père, avant de s'isoler pour consulter ses documents.

Parmi les feuilles dont l'opalescence avait pu être conservée, la plume d'une incontournable personnalité qui eut tôt fait de lui ourler le coeur d'attendrissement. Virginia avait pris le temps de lui écrire à nouveau, alors même qu'elle n'avait guère eu le temps de répondre à son dernier envoi. Maudite qu'elle soit, bien que rassurée de constater que la bieffoise ne s'en était nullement ombragée, elle culpabilisait de l'avoir ainsi négligée. Ses lignes englouties, la jeune femme fut comblée de tant d'égard désintéressé et littéralement enchantée de prendre conscience d'une confluence à venir. Elle n'aurait jamais songé voir d'autres représentants Hightower dans l'enceinte du Donjon Rouge si ce n'était le lord Clarence, en tout truisme, puisque détenteur d'un des plus insignes titres de la confédération ouestrienne. La surprise tant ineffable qu'agréable de savoir son amie présente pour le Conseil Restreint fut source de jubilation, et d'une palpable impatience de le lui confesser dans une immédiate épître. L'affabilité de son homonyme lady ne serait point un luxe alors qu'une ribambelle d'interrogations erraient dans l'esprit de la dornienne, notamment suite à son entretien d'accueil avec son prince. Sa réflexion s'était façonnée d'incertitudes, rares étaient les individus à la considération suffisamment octroyée pour partager ces doutes, mais Virginia en faisait partie. Cependant, la hâte de lui faire parvenir les récents évènements qui avaient bigarré son quotidien ne devait pas la priver d'une bonne structuration. Ainsi, elle songea d'une oeillade quelque peu songe-creuse, se mit à la rédaction, releva le turquoise de ses mirettes, puis les reposa sur le vélin qu'elle travaillait avec assiduité. Elle hésita sur la formule de début, loin d'elle la thèse de formaliser son texte, aussi préféra t-elle la plus ingénue simplicité, la plus virginale authenticité.






Ma tendre amie,


C'est toujours un indicible bonheur d'avoir de vos nouvelles, je ne me lasse jamais de la lecture de vos épîtres et je vous prie de bien vouloir pardonner le retard de celle-ci. Votre missive a été renvoyée de La-Tombe-du-Roy à Lancéhelion, là où je me trouve actuellement, par les soins de mon père. Je suis affreusement navrée de n'avoir pu donner suite à votre dernière lettre, mais le prince Maron m'a expressément mandée et il m'a fallu rallier la capitale dès l'abord. J'ai tant de choses à vous conter !

Mais avant tout, quelle bonne surprise d'apprendre que vous vous rendez à Port-Réal en compagnie de votre famille ! La Providence nous fait risette, ma chère, à mon tour de vous ployer avec joie l'information : notre affectionné suzerain m'a conviée à l'accompagner pour assister à l'extraordinaire convergence de seigneurs en vue du Conseil Restreint. Je m'exaltais par ailleurs d'y rencontrer votre frère, n'eusse-été que pour échanger un couplet de verbes avant de le laisser à ses importantes délégations, mais voilà que je vous aurai Valencia et vous-même au sein du plus illustre bastion de Westeros ! Je ne craindrai guère plus la badauderie en étant à votre bras, je vous avoue l'appréhension croissante avec l'approche du départ, j'ignore avec quelle prunelle les beaux sieurs percevront la présence et l'opinion de Dorne dans une affaire qui, comme le souligne si justement notre prince, ne nous concerne que bien peu. J'aimais à affirmer le contraire, mais me voilà en proie au doute... Les Sept Royaumes ne devraient-ils pas être tous impliqués par une menace qui rapine notre continent ? Chaque région a un poids suffisant à porter avant de se pencher vers le désarroi d'autrui, je présume, une fois encore, l'identité locale semble omnipotente. Suis-je tant alouvie d'intrigues, dites-moi ?

Pardonnez-moi, mes sujets sont redondants, et croyez bien que si je serai infiniment ravie de m'entretenir avec les personnes dont vous me parlez, vous m'êtes prioritaire lors de mes venues à Grand-Tour. Le Bief ne peut être d'avantage appréciable qu'à vos côtés, je me languis de vous entendre narrer les histoires et la vénusté des astres, oh, si vous saviez comme je me surprends à rêver comme lorsque Mère me relate les légendes de nos aïeux. Quand bien même, j'ai grande hâte de vous revoir, et ne doutez pas qu'il vous suffira de m'indiquer une période pour que je prenne la route. Que j'aimerais pouvoir vous faire visiter notre demeure patriarcale, La-Tombe-du-Roy est un merveilleux patrimoine, je ne vous le dirai jamais assez, je regrette que notre amitié ne puisse luire comme elle le devrait. Je m'excuse, mille fois, pour ce chauvinisme pugnace dont font preuve les miens. Toutefois, je n'aurais l'esprit quiet de vous savoir dans le même domaine que mon frère... L'apaisement n'est qu'une mystification itérative chez Daärim, il tente, à chaque conciliabule, de me faire abandonner ma foi. Mais il m'en faut plus, je vous le certifie, plus, pour que je renonce à mon droit d'aînesse.

Ici, le soleil scintille tel un éternel brasier céleste, il est parfois délicat de s'y exposer en journée, même pour les gens de notre peuple. Je crains qu'il me faille emporter des étoffes supplémentaires avant de prendre les flots, sensible comme je le suis aux différences de température. Cela me fait penser, avez-vous trouvé de quoi faire avec le textile que je vous avais apporté ? Vous reste t-il encore des huiles essentielles ?
Ne soufflez mot à votre soeur, mais l'une de mes accointances de notre cité mère m'a fait connaître une fragrance aux quelques ingrédients myriens, je songe à lui en apporter à ma prochaine venue. Quant au Grand Argentier, avez-vous idée d'un présent qu'il apprécierait ?

Nous aurons encore l'occasion d'entretenir cette correspondance avant votre départ ou le mien, je vous saurai grée d'adresser votre prochaine missive directement à Lancéhelion. Pour l'heure, prenez soin de vous et transmettez mes amitiés aux vôtres.

Que la Mère Rivière veille sur vous, Virginia.


Lady Ismaëlle Forrest

La naïade espérait qu'en effet, les missives seraient promptement envoyées pour qu'elles se lèguent nombre de détails nonobstant leurs futures retrouvailles. En l'occurrence, l'opinion de sa complice quant à la toile qu'elle se peignait de l'implication dornienne dans le litige fer-né. Virginia la connaissait, peut-être plus sincèrement que nombre d'autochtones qu'Ismaëlle coudoyait à longueur de temps, et en dépit de son jeune âge, sa voix portait haut dans son estime. Avant même de poursuivre dans ses autres écrits, alors devenus subsidiaires, elle fit porter sa lettre cachetée à qui serait en mesure d'en faire le meilleur usage plausible. Le départ pour les Terres de la Couronne approchait graduellement, avec lui, la perspective d'exprimer toutes ses facultés diplomatiques.
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Message Mer 8 Aoû 2012 - 15:51

     La missive expédiée par Virginia avait été plus longue à obtenir une réponse que les fois précédentes et loin d'imaginer que son amie la boudait, la jeune femme avait plutôt craint que quelques malheurs ne se soient abattus sur la demoiselle. L'idée qu'Ismaëlle puisse être en mauvaise forme, voire même à l'article de la mort avait inquiété la Bieffoise pendant un long moment et elle avait songé à demander de l'aide aux marchands qui voyageaient entre Villevieille de La-Tombe-du-Roy, mais avant qu'elle ne puisse en prendre la décision, une réponse était arrivée. Quel ne fut pas le soulagement de voir que son amie avait simplement été rendre visite à son suzerain – qui était aussi un membre de sa famille de ce que Virginia savait – ses inquiétudes avaient été vaines et elle en fut presque amusée. La Bieffoise n'était pourtant pas le type de femmes qui se faisaient une montagne d'un tout petit rien, mais il était vrai que lorsque cela touchait quelqu'un qu'elle appréciait ou aimait, les faits n'obéissaient plus à des réactions « normales ». Après avoir pris connaissance du contenu de la lettre, Virginia s'empressa donc d'y répondre en espérant que la missive parvienne avant le départ de la demoiselle et son suzerain pour Port-Réal. Au mois savait-elle qu'elle devait directement demander au mestre de l'envoyer à Lancehélion et non dans le berceau des Forrest.

     Ma chère Ismaëlle,

     C'est avec un soulagement non feint que je lis votre missive, mon esprit pourtant peu porté sur l'imagination me faisait imaginer des scènes bien inquiétantes et pendant un instant, face à votre silence j'avais crains que votre santé ne soit plus un beau fixe. Que les Sept soient loués de constater que ce n'était là qu'une imagination trop débordante et non une inquiétude confirmée !

     Je me réjouis de savoir que vous vous trouverez aussi à Port-Réal lors du Conseil Restreint, j'étais bien évidemment au fait de la présence de votre suzerain, mais je n'avais osé espérer qu'il vous propose de vous joindre à lui. Quelle excellente nouvelle ! Même si nos lettres comblent la distance, elles sont loin d'être aussi agréables que des discussions entre quatre yeux ! Vous n'avez pas à craindre le regard des autres ma bonne amie, bien malheureux seraient ceux qui darderaient d'un air hostile la délégation de Dorne, vous avez autant, si ce n'est plus, votre place à ce Conseil que les autres régions ! La Reine mère n'est-elle d'ailleurs pas native de vos contrées ? Elle est même en famille avec vous si je ne m'abuse, votre présence est bien plus justifiée que la mienne croyez-moi et si quiconque ose dire le contraire, soyez certaine que vous aurez mon appui et je n'en doute pas, celui de mon frère. L'ami dont je vous parlais nourrit lui aussi un lien pacifiste avec Dorne et je lui ai d'ailleurs parlé de vous, je suis persuadée que si le moindre mot déplacé est prononcé à votre encontre, vous aurez une infinité de chevaliers servants pour vous défendre ! Seuls les jaloux oseront vous regarder d'un mauvais œil, mais croyez-moi, ces individus ne valent pas la peine que l'on s'attarde sur eux.


     Virginia n'imaginait pas une seule seconde que qui que ce soit puisse manquer de respect aux Dorniens, mais dans le cas de figure où cela arriverait, la demoiselle était persuadée qu'un tel affront ne serait pas laissé impuni. Sans compter que les Martell étaient réputés pour leur sang chaud – peut-être le Prince Maekar en avait-il beaucoup hérité par ailleurs – et la Bieffoise parlait avec assurance et sincérité.

     Je vous assure que je lis avec plaisir chacun de vos mots et le simple fait que vous répondiez à mes missives avec autant d'entrain me suffit amplement. Peut-être qu'un jour les Sept et votre Mère Rivière s'allieront pour nous permettre de nous voir de manière plus régulière ? Mais en attendant ces échanges me comblent déjà de joie et vous n'êtes aucunement responsable des méfaits de votre frère ! Si cela ne tenait qu'à moi j'implorerais mon frère de vous faire une place à Grand-Tour pour que vous soyez hors de portée de ses mauvaises intentions, mais ce serait laisser la porte ouverte à ses projets. Nous pourrons nous entretenir de votre venue chez nous lors de notre séjour à Port-Réal si cela vous sied, je suis certaine que mon frère se fera une joie de pouvoir vous parler et nous pourrons lui demander son avis sur la question. Je me réjouis déjà de me rendre à ce Conseil maintenant que je sais que nous aurons l'occasion de nous y voir, il me tarde de pouvoir vous reparler en personne.


     En effet, même si Virginia désirait la sécurité de son amie, elle savait parfaitement que « fuir » son frère serait le signe d'une faiblesse et pourrait bien décider leur père à dépouiller son aînée au profit du cadet des jumeaux. Si les Sept – ou plutôt la Mère Rivière – avaient décidé de faire naître la femme en premier, ce n'était pas sans raison et il était tout bonnement impensable qu'un peuple aussi croyant que les Dorniens puisse en doute. Mais peut-être que Daärim était très différent de ses homologues ? Virginia ne le connaissait guère et pour être sincère, elle n'en avait pas franchement envie.

     Les tissus que vous aviez apporté ont trouvé une excellente utilisation ! Voyez-vous, nous avons un tailleur Dornien qui s'est installé en ville et j'ai requis son aide pour savoir comment tirer partie d'une telle étoffe, le résultat est à la hauteur et je ne saurais comment vous en remercier. Il me reste encore un bon nombre de vos précieuses huiles que j'utilise avec parcimonie tant elles me semblent rares, je suis chaque fois émerveillée par leurs propriétés. Si jamais vos robes ne sont pas assez chaudes pour le climat de la capitale, n'hésitez pas à me le faire savoir, dans le Bief nous sommes plus parés à ces situations que dans votre chaude région.
     Pour répondre à votre question, mon frère affectionne le savoir et tout ce qui nécessite de la connaissance, un bel ouvrage ou une plume de bonne qualité sauront lui faire aussi plaisir qu'une épée décorée de joyaux offerte à un chevalier ! Quant à ma jeune sœur, je suis persuadée qu'elle sera aux anges devant une telle attention de votre part, elle nourrit une telle passion pour les parfums et tout ce qui s'en approche que je ne la reconnais pas dans de tels moments. C'est très délicat de votre part de songer ainsi à mes proches et je suis certaine qu'ils en seront sincèrement touchés.

     J'espère que cette missive vous parviendra bien avant votre départ et que ce dernier n'aura pas été avancé. Prenez grand soin de vous, il me tarde de pouvoir profiter de votre présence à Port-Réal, transmettez mes amitiés à vos proches et à très bientôt.

     Que les Sept veillent sur vous.

     Virginia Hightower


     Après quoi, la Bieffoise s'empressa de cacheter et sceller la missive, puis chercha une fois de plus le mestre afin de lui transmettre le document avec pour consigne de l'envoyer directement à Lancehélion.
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Message Ven 10 Aoû 2012 - 18:43


Les deux nymphes s'amusaient non sans passion à une course contre le temps, comme effrayées d'omettre un important détail alors même qu'elles allaient pérégriner vers le même point cardinal. La hâte autant que l'excitation avec laquelle elles succédaient leurs épîtres amusait grandement Ismaëlle, enjouée lorsqu'un nouveau vélin imprimé du sceau qu'elle connaissait parfaitement lui fut apporté. Les propos de Virginia soulevèrent nombre de sentiments, parmi lesquels l'agrément de se sentir importante, ou une notion mitoyenne, aux prunelles d'une dame que l'histoire aurait naturellement qualifié de rivale. Elle n'avait jamais eu la prétention d'être apte à se lier à un tel patronyme de prestige, les Hightower et leur influence patriarcale, mais la providence en avait décidé autrement le jour où elles s'étaient inopinément rencontrées à Villevieille. Depuis, leur relation n'avait cessé de croître tant en authenticité qu'en profondeur, et de personnes estimées, elles étaient devenues amies, quand bien même tout ou presque les opposait. Rarissimes, étaient les liens de réelle amitié pour la donzelle des Montagnes Rouges, aussi en appréciait-elle la sapidité aussi souvent que faire se pouvait. La frustration de ne pouvoir la convier à La-Tombe-du-Roy l'étreignait souvent, un manque de rendu qu'elle certifiait injuste, mais tous les Forrest n'étaient pas de cette même bénignité qui guidait la jeune femme dans les terres limitrophes et elle n'osait imaginer l'amertume – voire la fureur – de son paternel si un autochtone bieffois foulait un jour le bastion de ses ancêtres. Et si, par un fortuné miracle, Virginia venait à pénétrer la demeure familiale, elle illustrait déjà le petit dernier de la fratrie, Harakan, jouait de toutes ses galéjades pour l'importuner et la chasser. L'enjeu était d'une trop grande et précieuse ampleur pour que le risque soit pris, mais l'utopique espoir demeurait toujours. Succincte réflexion avant que sa plume n'esquisse les premières lettres pour lui répondre le plus tôt possible, un rictus attendrie au bord des lippes.






Chère amie,



Je suis flattée de tant d'égard de votre part, mais je vous l'assure, si ce n'est à la fois l'impatience et l'appréhension du long cours qui se prépare ainsi que les contrariétés usuelles à tout un chacun, je me porte à merveille. Lancehélion a ce don de me subjuguer à chaque venue, comme si j'en voyais les remparts pour la première fois, et j'ai en plus la chance d'être une hôte privilégiée au sein du Palais Vieux, qui me garde de tout danger, y compris de mon propre sang. La prochaine fois que je vous rendrai visite à Villevieille, je tâcherai de vous apporter quelques toiles, esquisses ou broderies qui représentent la Ville Ombreuse que, si la Mère Rivière le veut et je vous le souhaite de tout coeur, vous aurez un jour le loisir de contempler de vos propres yeux.

Je vous remercie pour le réconfort que me prodiguent vos mots, je ne peux être que forte de vous savoir présente pour me soutenir et de jouir du vraisemblable soutient de votre frère et celui de votre ami. Un ami dont, décidément, vous me parlez avec insistance tout en maintenant un opaque voile de mystère ! L'ai-je déjà aperçu dans l'enceinte de Grand-Tour ? Qui qu'il puisse être, s'il nourrit un esprit encore immaculé des poncifs anti-dorniens, ce noble sieur a d'ores et déjà toute ma sympathie. Cependant, je crains que le fait que des Hightower ou encore que la Reine Mère soit d'une origine similaire à la mienne ne suffise à lénifier les grands récalcitrants. Vous et moi nous efforçons de faire évoluer les mentalités, nous savons les largesses de vues bien trop étriquées que ce soit dans votre contrée ou dans la mienne... Nous pouvons être fières des quelques progrès accomplis ensemble, les oeillades m'oppressent moins lorsque je musarde à Villevieille, et certaines de mes accointances commencent à m'interroger sur la verdoyante région et ses gens. Du progrès, même pusillanime, mais du progrès, je vous le dis.

Une fois n'est pas coutume, je ne saurais vous exprimer toute ma gratitude pour votre obligeance, siéger en votre demeure serait un ineffable honneur, je suis comblée que vous ne fassiez même qu'évoquer cette plausibilité. Cependant, le Grand Argentier a d'avantage à penser, il serait vain de l'incommoder avec mes différends fraternels et quitter La-Tombe-du-Roy serait effectivement une opportunité sertie d'or pour Daärim, qui ne la manquerait pour rien au monde. Un conflit d'intérêts est pire qu'un pugilat, mon pauvre père passerait l'arme à gauche de nous savoir à un tel degré d'antagonisme. Que la Mère Rivière l'en préserve...

J'ignorais qu'un tailleur de notre région s'était installé dans le Bief, voilà une initiative particulièrement audacieuse. Je tâcherai de lui rendre visite lors de ma prochaine venue, je suis certaine que ses impressions quant à une vie d'émigré seraient intéressantes à recueillir. Au moins suis-je sûre qu'il a fait bon usage du textile dont il est question. Et ma foi, s'il se trouve que le froid a raison de moi, je serais enchantée de me prendre pour lady Virginia en passant l'une de vos somptueuses tenues, ce serait là une expérience amusante !
Je pourrai vous apporter d'autres huiles si vous le désirez, nous en reparlerons lorsque nous serons l'une en face de l'autre, mais je peux tout de même vous susurrer que je vous réserverai une petite surprise lorsque je rallierai Grand-Tour. Voyez-vous, je tiens mon amour pour les cosmétiques de ma chère mère, contrairement aux croyances populaires qui classifient les dorniennes d'« Amazones », nombre de nos plus nobles dames en font leur première occupation. Si le coeur vous en dit, je vous initierai à quelques-uns de nos soins, bien que vous n'en connaitrez la nature qu'au dernier instant. Tout pour sublimer votre minois et votre corps, très chère.

Il est vrai que lord Clarence est un amateur de philologie si je ne m'abuse, tout comme je le suis également, il me sera donc aisé de lui servir quelques oeuvres que j'ai moi-même grandement appréciées, et qui vous intéresseront tout autant j'en suis persuadée.

Nous prendrons bientôt la mer pour rejoindre Port-Réal, il nous faudra plus une semaine de voyage selon le prince Maron, qu'en est-il de votre côté ? Prenez soin de vous et demeurez prudente sur les routes.

Mes prières convergent vers vous mon amie.


Lady Ismaëlle Forrest


Elle signa affectueusement, intimement convaincue que tous les sujets abordés dans leur correspondance seraient quoi qu'il arrive à nouveau abordés une fois qu'elles se retrouveraient à la capitale du continent. Elle s'en alla ensuite confier la précieuse missive, puis s'en retourna à ses délassements.
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Message Sam 11 Aoû 2012 - 12:27

     La réception de la nouvelle missive de lady Ismaëlle fut une agréable surprise. Virginia ne savait pas vraiment combien de temps est-ce qu'il fallait pour rallier la capitale à partir de Lancehélion et même si la logique voulait qu'ils empruntent la mer qui était le chemin le plus court, la peur des Fer-nés pousserait peut-être les Dorniens à passer par la terre. Ainsi donc il était fort probable que leur départ soit avancé par rapport à celui de la Bieffoise et ses compagnons. Ouvrant rapidement la missive pour en lire le contenu, la jeune femme s'installa à sa table pour tirer sa plume et son encrier avant d'y répondre.

     Ma tendre amie,

     Je ne peux que souhaiter moi aussi pouvoir un jour apercevoir et contempler les paysages que vous me décrivez. Il me tarde que la fin de cette guerre arrive pour que nous puissions nous concentrer sur des activités plus paisibles et pacifistes, en espérant que rien d'autre ne vienne troubler cette quiétude d'ici-là. Prions pour qu'un jour nous puissions toutes les deux nous rendre jusqu'à Lancehélion et peut-être même pouvoir visiter les Jardins Aquatiques dont j'entends si souvent parler. Quelle drôle d'idée en fond de traverser le désert pour observer un jardin alors que le Bief est réputé pour sa verdure ! Preuve est faite que nos régions trouvent l'inspiration l'une chez l'autre, espérons qu'il en sera autant de ses habitants.


     En traçant ces lignes, elle songeait aux paroles de lord Redwyne qui lui avait laissé entendre qu'ils pourraient bien être amenés à visiter un jour Dorne. L'idée la charmait de plus en plus, même si jusqu'à ce jour son intérêt pour Dorne avait été présent, ce n'était que depuis que son amitié avec l'héritière Forrest s'était forgée, qu'elle s'intéressait de près à ses us et coutumes ainsi qu'à son environnement. Voisins et pourtant si différents, il serait bon qu'elle élargisse ses connaissances et apprenne à s'intéresser aux autres régions de Westeros. Pas seulement celles qui éveillaient habituellement l'intérêt comme le Bief avec ses verts pâturages ou encore l'Ouest et ses richesses débordantes. Malheureusement cela ne serait envisageable qu'une fois la guerre terminée et ce n'était pas encore le cas. Loin de là même sauf si le Conseil portait ses fruits. Soupirant légèrement, elle détourna ses yeux de la fenêtre qu'elle contemplait en réfléchissant, puis continua.

     Concernant l'ami de mon frère, il me semble que vous n'ayez pas encore été en contact avec lui, il s'agit du seigneur de La Treille pour tout vous dire, un homme cultivé s'il en est et qui m'a récemment parlé du fait qu'il avait plusieurs natifs de vos contrées à son service. Son discours n'est pas celui d'un homme méfiant vis-à-vis de Dorne, je lui ai d'ailleurs parlé de vous et il m'a fait savoir qu'il serait heureux de pouvoir faire un jour votre connaissance. Quoi qu'il en soit, vous n'avez pas à vous inquiéter ma belle amie, les mauvaises langues ne feront pas long feu et dans le pire des cas j'ose espérer que la réputation sanguine de votre peuple poussera les audacieux à se taire.


     Il était évident que si certains pensaient que les Dorniens réagissaient aussitôt l'affront fait – et surtout de manière radicale – les mauvaises langues hésiteraient à deux fois avant de se lancer. C'était sans importance de toute manière, Virginia savait aussi se servir de sa verve pour fermer la bouche d'un mal-élevé et elle ne laissait pas les gens qu'elle aimait se faire humilier.
     Elle n'avait pas trop abordé le sujet du seigneur de La Treille, car elle préférait être tranquillement avec son amie pour envisager de parler de cela. Il n'y avait plus vraiment de secret puisque visiblement le mariage avait bel et bien été décidé, mais la prudente Virginia savait que personne, même les plus riches, n'étaient à l'abri d'un changement de dernière minute.

     Je vais prier les Sept pour qu'eux et votre Mère Rivière veillent à ce que votre frère comprendre où est réellement sa place, même si je crains que cela ne soit plus difficile. En tous les cas, sachez que lorsque vous viendrez me rendre visite à Grand-Tour, nous aurons un programme chargé ! Les idées se bousculent dans mon esprit et je dois me faire force pour ne pas trop m'avancer. Décidément, moi qui me targuais toujours d'être une femme patiente, je me surprends à attendre avec impatience votre venue. Déjà l'occasion de nous voir à Port-Réal sera une excellente chose, j'ai tant de sujets à aborder avec vous, mais par missives c'est chose impossible malheureusement !
     Et à vous connaître mon amie, je ne doute pas une seule seconde que vous puissiez être aussi qualifiée qu'une Bieffoise au sujet de l'entretien de votre beauté, rien qu'à vous voir les doutes ne sont pas permis ! J'ai d'ailleurs trouvé quelques plantes intéressantes originaires de Lys, qui pourraient grandement vous intéresser, nous en parlerons de manière plus détaillée lorsque nous serons tranquillement installées autour d'une table.


     Virginia aussi avait prévu un cadeau qu'elle gardait depuis longtemps dans sa chambre, attendant de pouvoir voir lady Ismaëlle pour le lui offrir. Initialement la demoiselle avait songé à le laisser à Grand-Tour en attendant la visite de son amie, mais puisqu'elles se verraient à Port-Réal, autant le prendre avec et faire d'une pierre deux coups.

     Pour notre arrivée, je ne sais exactement quel jour nous partirons, mais de ce que Clarence a laissé entendre nous voyagerons par la mer avec le Grand Amiral, j'imagine qu'il nous faudra certainement le double de votre temps en espérant que les vents nous soient favorables, mais je ne saurais dire avec exactitude. Je laisse à mon frère le soin d'organiser ce voyage puisqu'il possède plus d'expérience que moi dans ce domaine !

     Votre préparation au voyage doit être ardue, je vous souhaite donc bonne chance pour vous organiser et je vais attendre impatiemment que nous nous voyions à Port-Réal pour parler plus amplement de tous les sujets que je viens d'aborder avec vous. Nous aurons tant de choses à nous dire, espérons que le séjour là-bas soit suffisant !

     J'espère que ma missive vous trouvera encore une fois en bonne forme, prenez soin de vous et que les Sept veillent sur vous-même et votre famille, à très bientôt mon amie.

     Virginia Hightower


La lettre fut une fois de plus scellée avant d'être portée au mestre qui avait désormais pris l'habitude de ce qu'il fallait faire. Vu le temps qui passait ce serait sûrement la dernière réponse qu'elle pourrait fournir, désormais il fallait tout préparer pour ne rien oublier !
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Missive de lady Virginia à lady Ismaëlle Forrest

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