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Velanna Vance

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Noble
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Velanna Vance
Noble

Général
Du Chaos naît l'Étoile

♦ Missives : 649
♦ Missives Aventure : 17
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 31/07/2012
♦ Célébrité : Laetitia Casta
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Shaïra Seastar, Maël, Gabriel
♦ Age du Personnage : 22 ans
♦ Mariage : Fiancée à Alrik Mallery
♦ Lieu : Fief d'Atranta, Conflans
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
210/500  (210/500)


Message Sam 4 Aoû 2012 - 3:25


● Nom : Vance. Sa famille a pour fief Atranta, c'est une maison importante de la centrale région du Conflans, vassale des Tully et suzeraine des maisons Blanetree, Keath de Pierremoûtier et Petitbois de La Glandée.
● Prénom : Velanna. Il a été choisi par sa mère, une Velaryon de Lamarck fière de ses origines et qui souhaitait insuffler une consonance valyrienne aux prénoms de ses enfants.

● Sexe : Femme
● Âge : 22 ans. Après l'échec de ses premières fiançailles son père lui a laissé du répit, mais à présent il lui recherche activement un époux. Le deuil a assez duré.

● Origine : Conflans, fief d'Atranta.
● Métier : Noble de la maison Vance.



● Physique : Fruit de l’union d’un Vance et d’une Velaryon, héritière des vives couleurs du Conflans et de la grâce de Valyria, Velanna arborait une physionomie mâtinée et harmonieuse au demeurant. Petite et généreuse silhouette, de longs cheveux blonds aux chatoyants reflets ondulaient le long de son échine pour achever leur course sur ses hanches, dessinées et charnues. La jeune femme respirait la bonté et une certaine candeur se lisait sur son visage ovale, en accord avec la malice de son regard d’un enveloppant et clair azur.

Sa peau diaphane était souple et clairsemée de nombreux grains de beauté, zébrée également par endroits en raison des mystères de la féminité et de quelques estocades échangées avec ses frères. Cependant ces discrètes cicatrices n’étaient rien en comparaison du stigmate d’une morsure sur son mollet gauche – voilà ce qu’il en coûtait lorsque l’on rendait une tempétueuse visite au chenil sans prévenir un maître-piqueux au préalable ! –. Autre marque, infime celle-ci mais lourde de souvenirs et de symboliques, le poignet droit de la demoiselle avait été légèrement brûlé lors de la nuit terrible qui vit mourir Violet. Le plus souvent elle parait cette réminiscence intime d’un large bracelet d’or surmonté d’une fine pierre de lune, elle-même taillée sous la forme d’une étoile.

Avant tout Velanna incarnait un déstabilisant naturel, une innée fraicheur et évoquait le grand air, ainsi il n’était pas rare de la voir flâner dans la demeure, sa cour ou ses bois la chevelure lâchée et emmêlée, quelques feuilles s’y nichant. Bien que pulpeuse dès les premiers saignements, elle n’en jouait pas et se plaisait davantage dans des robes de lin légères et pratiques plutôt que dans de somptueuses parures richement brodées où elle se sentait à l’étroite, privée de ses mouvements. Une frêle saillie sur le nez et des dents rebelles faisaient partis de ses défauts mais elle ne les cachait pas, au contraire elle les portait avec une charmante insouciance, moue mutine sur ses lippes velouteuses.


● Personnalité : Plus que la naissance et l’éducation, les épreuves affrontées et les choix accomplis façonnent l’être. Velanna en était la somme, avec sa force et ses failles, être entier qui se mouvait dans un monde parfois trop vaste et sombre pour un petit astre scintillant.

Le naturel, la spontanéité, la franchise étaient des traits majeurs de sa personnalité. En effet la jeune femme a toujours été espiègle, doucement facétieuse et prompte à sourire, en somme d’une bonne composition et compagnie. Particulièrement imaginative et douce, elle ravit les plus jeunes en les nichant dans son étreinte tout en leur contant des histoires inventées de toutes pièces et pourtant empruntes d’une profonde mythologie. Si elle eut été une indocile et turbulente enfant elle canalisait désormais cette énergie dans la pratique de l’archerie ou de la musique. Faute de temps, de pratique et peut-être de don, elle n’y excellait pas mais demeurait capable de tirer et de ravir les tympans ce qui était de loin le principal. De même après avoir subit les frais de sa naïveté, elle avait appris à lire entre les lignes et les discours et se révélait plus stratège qu’il n’y paraissait, bien qu’il lui restait énormément de choses à apprendre pour prétendre représenter sa propre maison.

Plus que tout Velanna vivait pour, et parfois même au travers sa famille. Chacun de ses membres était unique à ses yeux et à ce titre se voyait offrir toute sa tendresse et sa protection, même dans les instants les plus ténébreux. Ses élans la conduisaient parfois à des excès, à des cris et sanglots incontrôlables et d’une aveugle sincérité tant elle chérissait les siens. La fierté, l’honneur des Vance lui tenait à cœur et elle prouva à de nombreuses reprises qu’elle pouvait montrer les crocs pour préserver et fortifier leur précieuse dignité. Semblable à une louve défendant ses petits la jeune femme veillait farouchement ses frères et sœurs, ainsi la perte de Violet fut une indicible souffrance qui la conduisit à de dangereuses incriminations. Depuis ce tragique évènement son instinct de gardienne devint fatalement plus excessif et possessif.


● Famille :

Cliff Vance [170, 42 ans], seigneur de la maison : Âgé de vingt-six il prit la succession de son père lorsque celui-ci tomba à Herberouge, tout près de lui et l’épée brandie au creux de la main. C’était un homme emprunt de justice et de mélancolie, un preux chevalier, un veuf soucieux et un père aimant, qui ne souhaitait que la prospérité de son fief et de sa lignée.
Evannah Vance née Velaryon [174-200], dame de la maison : Elle était une femme courageuse, quelque fois excentrique et lunatique, profondément amoureuse de l’homme qu’elle épousa à ses quinze ans. Elle prodiguait conseils aux siens et était particulièrement pieuse, ce qui ne l’empêcha pas d’être réclamée par les Sept après avoir donné la vie à Violet.

Van Vance [189, 23 ans], fils héritier : Fougueux par nature mais soucieux de plaire, Van embrassa la vie d’écuyer et devint celui de son oncle lorsqu’il fut âgé de dix ans. Bien que doué avec une épée courte entre ses doigts, sa large carrure incita Clive à lui offrir une espadon longue de cinq pieds et quatre pouces lorsqu’il l’adouba à l’aube de ses dix-sept ans. Fier de son titre, l’aîné entend défendre l’honneur des siens.
Velanna Vance [190, 22 ans] : Première fille et malgré son pétillant tempérament, elle fit rapidement office de figure maternelle pour son jeune frère et ses sœurs. Douée à l’arc, elle avait également eu l’occasion d’escrimer mais avait choisi de mettre de côté ces préoccupations secondaires pour se consacrer à sa famille. Le décès de Violet l’avait profondément marqué, de même qu’elle se remettait difficilement de l’échec de ses fiançailles. Elle pouvait toutefois compter sur le soutien des siens et resta confiante sur l’avenir.
Kiara Vance [197, 15 ans] : Très facétieuse, maligne et roublarde, Kiara était une jeune fille éperdument romantique, capable de tomber sous le charme d’un homme en un regard. Plus détachée de sa famille que les autres membres du clan, elle n’en restait pas moins impatiente de trouver un mari et de rendre fier son père et ses aînés.
Kerwan Vance [198, 14 ans] : Particulièrement adroit et malin, Kerwan était un frêle jeune homme débordant d’imagination et de ruse. Prompt à échafauder des farces et à échapper à la surveillance des adultes, il échoua – volontairement – à être l’écuyer de son oncle et se montra également incapable de suivre une formation religieuse. Cliff songeait à son avenir avec de plus en plus de trouble…
Violet Vance [200-205] : Adorable benjamine, Violet était férue de bonnes histoires et de magie. Elle et Velanna partageaient une relation particulièrement fusionnelle, si bien que le décès mystérieux de la petite dévasta l’aînée.

Ser Clive Vance [173, 39 ans], capitaine des gardes et maître d'armes : Frère cadet de Cliff, Clive était un chevalier bourru et légèrement porté sur la boisson, c’était toutefois un grand guerrier et un homme d’honneur. Il appréciait beaucoup ses neveux et nièces mais ne démontrait son affection que maladroitement.
Mors [179, 33 ans], chef des maîtres-piqueux : La maison Vance était experte dans l’élevage des chiens, et c’était l’exotique, abrupt et pourtant compréhensif Mors qui se chargeait en premier lieu du chenil. Lui et Velanna sont proches, il lui avait d’ailleurs offert une grande chienne au long museau et au pelage noir affectueusement surnommé Noiraude.
Mestre Irwin [144, 68 ans] : Sage et plein de savoirs, il avait participé à l’éducation des enfants de son lord en leur transmettant d’importantes notions. Il était toujours de bons conseils avec son seigneur, et son père avant lui.
Septa Isabel [181, 31 ans] : Elle était arrivée très jeune au service de la famillemais se montra largement à la hauteur des attentes de lord et lady Vance. Sous ses airs austères, elle nourrissait une profonde affection pour ses membres.



● Résumé :

Fille aînée de Cliff Vance et d’Evannah Velaryon, Velanna est une jeune femme particulièrement attachée à sa nombreuse famille qu’elle entend défendre par tous les moyens. A la suite du tragique décès de sa plus jeune sœur pour qui elle nourrissait une affection sans bornes et de l’échec de ses fiançailles avec un noble jeune homme des Terres de la Couronne, Velanna a mis plusieurs lunes à se remettre de ces épreuves. La pratique de l’archerie affina sa concentration de même que celle de la harpe lénifia les chamboulements de son âme, toutefois c’est surtout grâce au soutien sans failles des siens qu’elle retrouva son large et généreux sourire.

Plus mature, ouverte sur le monde et forte d’expériences enrichissantes, c’est talonnée par sa chienne Noiraude que Velanna est fin prête à apporter les honneurs et offrir une alliance fructueuse aux Vance d’Atranta.

● Histoire :

Incipit
   An 205

Dans la demeure tranquille et heureuse du Lord Cliff Vance d’Atranta, une ambiance sereine s’était installée avec la venue de la nuit. Tous ses membres s’endormirent bien vite, paisibles et le cœur plein de rêves et d’espoirs, sous l’œil hargneux mais protecteur du dragon de sinople estampillé sur leurs armoiries. Si le lit du seigneur restait désespérément froid depuis le trépas de sa très chère et regrettée Evannah, il pouvait compter sur la présence chaleureuse et caressante de ses enfants. En premier il y avait son digne et impétueux héritier, le beau et solide Van. Un garçon qui ressemblait tant à sa mère ! Il avait cette finesse de traits, ses yeux perçants, ce menton fier… A la tête de quatre frères et sœurs, il prenait à cœur son rôle de guide et assumait la responsabilité de toutes leurs bêtises. En voilà un qui ferait la fierté de sa maison, il avait en tout cas déjà acquis toute l’admiration de sa cadette Velanna. Quant à elle, il se l’avouait non sans un sourire, elle lui ressemblait davantage avec son regard clair et son visage rond, généreux. Tout en sa fille aînée lui paraissait bienveillant, naturel et souriant, si bien qu’il craignait de la voir faner chez quelques seigneurs trop rigides pour son tempérament. Pour autant elle était en âge et il lui cherchait donc un mari, il ne doutait pas en trouver au vu de la promesse de sa dot et des formes que sa fille arborait déjà, aucun homme n’aurait du mal à l’imaginer mère. Venait ensuite Kiara, l’espiègle demoiselle n’ayant que trop peu profitait de la présence maternelle mais suffisamment pour se souvenir, et souffrir de son absence. En résultait une vivacité sans pareille, un manque qu’elle compensait en faisant toujours « trop », trop vite et souvent de façon maladroite. Pour cela elle pouvait également compter sur le terrible Kerwan ! Farceur et un rien belliqueux, il recherchait l’attention à tout prix et choisissait le plus souvent à cette fin la voie de la pantalonnade. Toutefois Cliff espérait qu’un jour sa fougue se calmerait et qu’il deviendrait un homme respectable – sa comédie lui avait déjà fait perdre un chevalier, refusant un écuyer si capricieux. Si malgré tout il s’entêtait avec l’âge à suivre un chemin fâcheux, il prendrait les mesures adéquates. Il se pensait bon père avec ce qu’il faut d’indulgence pour laisser la graine s’épanouir, mais il savait se montrer dur. Cette fratrie se terminait avec la jolie et douce Violet, un tel trésor. Qui aurait cru que ce serait avec son tout premier cri, celui de la délivrance, que s’achèverait l’ultime souffle d’Evannah ? Une perte certes douloureuse et injuste cependant, le seigneur eut la force de chérir sa dernière fille comme les autres si ce n’est plus, lui allouant une attention et une protection sans failles. C’était une belle famille, unie, qui connaissait bien sûr des accrocs et des secrets mais apparaissait aux yeux de tous comme une maison auguste et resplendissante du Conflans. Jusqu’à ce qu’un cri déchirant ne fende l’air et transperce la nuit.


Réminiscences et souvenirs
   An 199

« Cette enfant est bien trop dissipée ! » Cette exclamation indignée, elle résonnait bien souvent dans le château des Vance d’Atranta. C’était Isabel la septa de la famille qui, malgré son éminente sévérité, ne parvenait pas toujours à lénifier les ardeurs des deux enfants dont elle avait la charge. Et en plus il allait bientôt s’adjoindre à la fratrie un troisième démon, une donzelle du nom de Kiara qui serait aussi espiègle que son frère et sa sœur et ce dès qu’elle tiendrait sur ses jambes, la religieuse en était persuadée. Pour l’heure son attention se concentrait sur la fille aînée à l’aube de sa première décennie, qui se montrait incapable d’être tranquille et appliquée sur les travaux imposés et leur préférait course dans les couloirs, filouteries et chapardages dans les cuisines et jeux parmi les bêtes dressées du chenil. L’impitoyable sermon fut proféré devant le seigneur et sa dame mais avant que ces derniers ne prennent les mesures adéquates, l’épaisse paluche de ser Clive se posa sur l’épaule de la jeune fille incriminée.

« La pétulante a besoin d’exercices. M’en vais te calmer tout ça ! » Lord Cliff avisa son frère d’un œil critique puis adressa une courte œillade songeuse à son enfant. Il se doutait que les méthodes du chevalier seraient moins délicates que celles d’Isabel, seraient-elles pour autant plus efficaces ? Il n’en était pas certain. Toutefois il répugnait à corriger sa fille et préféra donc allouer sa confiance à son cadet. « Fais donc. » La sentence prononcée, Velanna guigna sa mère dans l’espoir d’un peu de clémence mais ne reçut qu’une risette passablement amusée. Plongé dans un lourd silence son oncle l’entraina ensuite dans la cour intérieure de la demeure et pila devant le champ de tir, provoquant une vague d’incompréhension. Il bourlingua à l’abri de sa vision dans la baraque qui servait d’entrepôt et en extirpa un arc court principalement utilisé lors des battues, qu’il jeta sans ménagement dans ses frêles petits bras.

    « Allez, vise moi ça. Expira-t-il en désignant d’un geste une cible qui lui paraissait terriblement lointaine et inaccessible. Elle lâcha l’arme qui chuta à ses pieds et souffla d’un ton offusqué. Ce n’est pas pour une fille, pour une lady ! Un grave ricanement coupa son indignation et lui monta le feu aux joues. Je vois pas de seins ni de fessiers, qu’est-ce qui te fait penser que t’es une fille ? Mais… ! Je suis ton oncle, et maître d’armes, tu me truanderas pas comme avec ta septa. Prends cet arc, pour une fois concentre-toi et vise. »

L’ordre était sans appels et Velanna craignait bien trop son oncle pour le défier ouvertement. Elle l’avait vu corriger et talocher maintes fois son écuyer, et savait que ni le lien du sang ni son sexe ne lui épargneraient ce sort. Elle n’avait pas non plus la maturité pour comprendre l’injonction, qu’est-ce que cet entrainement allait bien pouvoir lui apporter ? D’une main tremblante elle ramassa l’arc et tenta difficultueusement de reproduire la gestuelle de Van, plus habile et aguerri qu’elle ne l’était. La flèche fut armée et la corde tendue, un œil fermé elle essaya de diriger la pointe sur le centre de la mire de chaume puis elle lâcha le tout dans un petit geignement. La flèche se ficha à quelques mètres de son objectif dans un tas de foin, mais elle était allée si loin, si vite ! La jouvencelle tourna sur elle-même dans une ébauche de danse victorieuse lorsque le phonème rocailleux du chevalier tomba tel un couperet. « C’était à chier. Tu respires trop fort, tu te concentres pas. Recommence. » L’exercice se répéta une heure durant mais Velanna eut l’impression d’y dépenser toute sa journée sans que jamais Clive ne donne l’impression de céder face à ses piètres performances. Et la punition se répéta jusqu’à devenir un rituel, un entrainement régulier et intense qui tempérait l’émotivité de la jeune fille qui y trouvait un exutoire digne. Le seigneur d’Atranta n’y trouva rien à redire et entraina dans son jugement son épousée : plus qu’une lubie l’archerie faisait mûrir leur tempétueux bourgeon en une fleur plus délicate, il aurait été malheureux d’interrompre cette éclosion.

    « Je serai le plus grand archer de tous les temps ! Sa réplique provoqua les rires communs du frère et de l’oncle qui s’entrainaient à l’épée, tandis qu’elle lissait méticuleusement les plumes de sa flèche. Contente-toi de jouer gamine ! Courroucée elle se redressa vivement sur ses gambettes et leur jeta une noire œillade. Vous verrez ! C’est ça. Jusqu’au jour où tu s’ras une vraie femelle, là tes rêves de grandeur te passeront. »

   An 202

Si ser Clive n’avait aucun don pour la divination il demeurait en revanche un être plein de bon sens, ainsi sa morne prédiction se réalisa dans les années qui suivirent et Velanna rejoignit de plus en plus rarement la cour d’entrainement où son ainé, en revanche, passait le plus clair de son temps et s’améliorait sans cesse. De son côté la petite fille gagna en maturité, la mort prématurée de sa mère l’avait poussé à endosser une plus grande assurance pour le bien-être de ses cadets et en particulier de Violet, fragile petite qui réclamait énormément d’attention. Bien qu’elle ne se résolut pas à abandonner l’arc, la passion céda face aux obligations et devint une distraction bien moins prégnante. Toutefois elle se plaisait de temps à autre à arpenter les bois familiaux en compagnie du maître piqueux en chef et de ses bêtes, carquois harnaché dans le dos les flèches se plantaient dans les troncs, les mottes de mousse et autres aspérités de la nature. Elles étaient ensuite docilement ramenées dans la gueule des chiens en échange d’une flatterie sur le sommet du crâne ou d’une friandise brune et visqueuse concoctée par Mors, et dont la jeune fille préférait prudemment ignorer la composition. Quelle ne fut pas la surprise de l’hétéroclite petite troupe lorsqu’au premier couchant de l’an 202, elle rencontra sur le chemin du retour un homme blessé sur ses terres. Et quel bel homme ! Mors était d’un naturel méfiant et contrairement à la jeune lady il ne se laissait pas abuser aisément, il mena donc un interrogatoire cauteleux avant de prendre une décision. Un Braavosi, et danseur d’eau qui plus est ! Un personnage tout droit sorti des livres enchanteurs sur les cités libres, la demoiselle n’en crut pas ses prunelles et voulut à son tour le harponner de questions, et ce sans attendre. Elle tira la manche de l’étranger sans se soucier du sang qui la maculait et arbora sa bouille la plus curieuse. « Messire ! Êtes-vous la Première épée ? On dit que les spadassins comme vous êtes des chats, vous vivez la nuit et aimez bien vous prélasser comme des rois. Suffit Velanna, tu vois bien que le malheureux perd son sang. Porte plutôt ses affaires. Nous vous amenons auprès du mestre d’Atranta, tenez bon l’ami. » Le scepticisme du dresseur s’arrêtait aux frontières de l’honneur, et qui avait-il de plus digne et admirable qu’un danseur d’eau ? Certes c’était un étranger, et son lord finirait seul juge, mais les qualités d’épée du blessé lui assurait au moins d’être mené jusqu’au seigneur. Après… Ce n’était plus du ressort de Mors, et même le plus beau sourire de Velanna n’influencerait pas le jugement de Cliff Vance.

Transporté au fief et confié aux mains de mestre Irwin, les mots du spadassin eurent raison des dernières suspicions et la bonhomie du lord se manifesta à son encontre. Rapidement hors de danger Lotho fut invité à se recouvrir ses forces à Atranta en tant qu’hôte de la maison, et à ce titre il attira nombre d’indiscrétions venant autant de la part des servantes et domestiques que des cinq enfants Vance. Parmi ses poursuivants Van et Velanna furent les plus opiniâtres, désireux de tout savoir et de contempler la danse d’une rapière. Leur commensal eut la bonté de leur conter divers axiomes et de les illustrer par plusieurs passes et souples mouvements qui les émerveillèrent et, en toute logique, les tentèrent. Armés d’épées de bois ils suivirent quelques leçons du spadassin durant une kyrielle de jours, avec une interprétation et une approximation parfois… Cocasses.

    « Vite comme un aigle ! Comme un daim, tu ne retiens rien ! Et moi je suis fort comme un loup ! Mh. C’est intrépide, et c’est une louve ! C’est pas vrai… ! Et puis tu es une fille, je vais dire à septa Isabel que tu utilises une épée ! Je suis peut-être une fille, mais je l’utilise mieux que toi, mon épée. »

La bravade lui valut une brusque estocade qui marbra sa ronde joue d’une violette ecchymose et borda ses yeux de perles. Par défilement ou grâce à l’intervention de Lotho elle n’en savait trop rien, Van prit ses jambes à son coup et la laissa seule avec son orgueil blessé. Fière malgré tout, elle ravala ses larmes et détourna le visage lorsque le braavosi approcha. D’un doux geste le danseur d’eau prit son menton entre ses doigts afin que leurs regards se croisent, s’étudient, se comprennent peut-être. Vinrent alors plusieurs de ces subtiles phrases à peine susurrées et qui pourtant vous percent et vous transcendent à jamais, éternel aphorisme que l’on se remémore toute sa vie.

    « Velanna, chère Velanna, élève de mes élèves, lame de ma lame… Ne t'inquiète point de cette chaude balafre, elle disparaitra bien vite, j'en suis certain… Dans une légère mouvance il se redressa et rangea son épée, l'air plus pensif, puis s’assit sur un banc bordant la cour en faisant mine à la jeune fille de l'y rejoindre. Ce qu’elle fit, un succinct silence les enveloppa puis le spadassin reprit. Lorsque, avec mon père, nous transcrivions ses manuscrits, il nous disait qu'il y avait toujours un temps pour chaque chose et une place pour chaque attente... La digression peut te paraître quelque peu... Cocasse, mais je la pense pour toi. Face à tes brutes d'entrainement, tout en force et dotée de l'esquive propre à une écluse en période de crue, tu dois jouer d'autres atouts. Car, comme je te vois, jeune bretteuse, tu n'es ni un chêne ni un talus, encore moins une montagne. Tu es un roseau qui ploie, toujours, mais qui jamais ne casse. Ravale tes larmes ma belle et maintenant, escrimons ensemble, que je t'apprenne à être un roseau le plus souple possible ! »

La jouvencelle ne comprit pas encore tout, mais elle n’oublia jamais.


   An 204

Il n’était pas rare que la petite Violet ait le sommeil agité, elle faisait régulièrement de terribles cauchemars qui réveillait en sursaut toute la maisonnée. A défaut d’une chaleureuse étreinte maternelle elle pouvait compter sur l’indéfectible tendresse de Velanna qui ne manquait pas de caresses et d’histoires pour raviver son sourire. Lorsqu’elle se lançait dans l’invention ou la récitation d’un mythe pour sa petite sœur – la jeune femme lisait énormément et se plaisait à écouter les fabulations de lady Elyana, sa grand-mère paternelle – Kerwan, Kiara et de rares fois Van rejoignaient le moelleux de la couche et écoutaient religieusement la légende. La benjamine aimait ces instants où ils étaient tous réunis et suspendus au fil d’un conte qui n’était jamais le même, fruit de l’imagination infinie de Velanna.

       « Il était une fois un jeune prince qui vivait dans un somptueux château. Bien que la vie l’ait comblé de tous ses bienfaits, le prince était un homme capricieux, égoïste et insensible. Un soir d’hiver, une vieille mendiante se présenta au château et lui offrit de lire son avenir en échange d’un abri contre le froid qui faisait rage. Saisi de répulsion devant sa misérable apparence, le prince se moqua de sa superstition et chassa la vieille femme. Elle tenta de lui faire entendre qu’il ne fallait jamais se fier aux apparences, et que la vraie beauté venait du cœur. Lorsqu’il la repoussa pour la seconde fois, la hideuse apparition se métamorphosa sous ses yeux en un immense dragon de sinople, aveugle et malade.
       La bête gronda alors de son phonème guttural :
    « Tu n’es pas digne de vivre ici et de profiter de mes services, ma force ira à un être pur que l’étoile aura choisi ». Le prince, remarquant les blessures et le voile opaque qui recouvrait les yeux du dragon, se gouailla de l’animal : « Tu ne me seras d’aucune utilité lézard, tu es faible. Chevaliers, emparez-vous de lui ! ». L’infortuné dragon fut enchainé dans la cour du château tel un trophée et n’opposa aucune résistance, il demeurait calme, tranquille, il n’avait pas peur.
       Comme chaque jour, un humble palefrenier au service du terrible prince s’occupait des écuries. C’était sa besogne, elle n’avait rien de noble mais il s’en chargeait avec courage et résolution. Raclant le sol boueux et crotté il ne vit que tardivement le souffle rare et chaud du dragon, qui l’observait de ses yeux aveugles.
    « Par les Sept, un dragon ! S’exclama-il pris d’effroi. Il remarqua ensuite les chaînes à ses pattes, rassuré il se lénifia, puis son regard tomba sur les injures qui ensanglantaient les vertes écailles. Pauvre animal, tu dois souffrir. J’ai l’habitude de m’occuper des plaies des chevaux, je peux te soulager. Mais tu ne dois pas me manger d’accord ? ». Le dragon resta silencieux. « Bon, j’approche, reste tranquille ». Munis d’un chiffon humide et du baume guérisseur, le palefrenier nettoya les écorchures du dragon. Celui-ci demeura immobile comme une statue. Ce n’est que lorsque le palefrenier eut terminé qu’il souffla : « Merci seigneur. Oh je ne suis pas un seigneur dragon, je ne suis qu’un humble et pauvre palefrenier. Si tu avais tes yeux, tu le verrais par toi-même. Je peux voir au-delà des choses seigneur, et chacun le verra si tu allumes la lumière de la tour blanche. La tour dis-tu ? Mais dragon, mon prince a interdit d’y toucher ». Le dragon s’enroula et clôt ses paupières sans répondre, le palefrenier s’éloigna alors tristement.
       Toute la nuit le palefrenier tourna sur lui-même dans son lit de paille en se remémorant les paroles du dragon. Devait-il rejoindre la tour blanche au risque d’être puni ? Et qu’arriverait-il si le feu embrasait de nouveau l’édifice ? Il doutait, il avait peur, mais ne put s’ôter l’idée de la tête. Alors que la lune était haute, il s’extirpa du sac en toile qui lui servait de drap et muni d’une torche il gravit la colline sur laquelle, majestueuse, se dressait la tour opaline. Malgré l’épaisse noirceur, il sentit au plus profond de lui que les billes inertes du dragon le jaugeaient. Gonflé par le courage il monta en haut de la tour et jeta sa torche au milieu des brindilles et des buches qui servaient de signal. Il ne fallut que quelques secondes avant qu’un brasier ne s’allume et ne pare le visage du palefrenier d’une intense lumière. Furieux le prince sortit de son château en hurlant à ses archers d’abattre l’étincelant palefrenier mais, brusquement, le dragon se libéra et poussa un hurlement terrible qui fit fuir bon nombre des soldats du méchant prince. Malgré les flammes il était d’une intense noirceur et aucune étoile ne se reflétait sur sa tête tordue de grimaces. Dans un rugissement la gueule du dragon s’abattit sur lui et il le dévora.
       Le seigneur mort, le dragon rejoignit le palefrenier son sauveur et lui dit :
    « Ce fief souffre mon bon seigneur, il a besoin d’un homme comme toi à sa tête. Je t’aiderai à rétablir la justice ici, tes hommes te respecteront et le peuple t’aimera parce que tu es un être pur, la lumière t’a choisi. Du chaos, est née l’étoile ». Et c’est ainsi que débuta la longue lignée des Vance d’Atranta dont l’armoirie écartelée arbore un dragon vert sur champ blanc et une tour blanche sur fond noir. »

Comme à chaque fois, les réactions se firent vives à la fin du récit imaginaire racontant les origines de leur famille. Kerwan toujours prompt à commenter le premier lâcha d’une voix dédaigneuse : « Le prince est un idiot, il aurait dû tuer le dragon ! Et le palefrenier est pire ! Tu ne comprends rien à la symbolique Kerwan… » Murmura Kiara en levant ses prunelles au plafond. « Moi j’aime beaucoup cette histoire. » Chuchota ensuite Violet en se blottissant contre Velanna. L’aîné de la fratrie racla sa gorge. « Tu devrais éviter de raconter cela à Isabel Velanna, elle va te prendre pour une impie, une adepte de R’hllor avec tes histoires de lumière et de flammes… Une risette orna ses lippes. Allons tous nous coucher maintenant, il est fort tard. »


Plus de place - Suite dans le prochain post !



● Inventaire : Les possessions coutumières d'une noble dame telles que quelques robes plus ou moins sophistiquées, mais sa garde-robe est majoritairement fournie par des tenues en matières plus brutes et pratiques, dans lesquelles elle est plus à l'aise. La seule parure dont elle ne se sépare pratiquement jamais est un large bracelet en or surmonté par une pierre de lune sous forme d'étoile.

Son oncle lui a offert un arc long ainsi qu'un carquois élégant, tout deux façonnés dans l'érable. Quant à son père il lui a fait cadeau d'une somptueuse harpe. La dualité des personnalités des deux frères est ici des plus probantes.

Velanna est constamment accompagnée par Noiraude, une chienne au museau long et aux épais poils noirs, que Mors a élevé spécialement pour la jeune femme.



● Pseudo : Cami-Ali
● Âge : 20 ans
● Divers : Toujours pareil ^^ Les éléments concernant Lotho (notre poète et bretteur préféré a d'ailleurs réalisé lui-même sa tirade ), Daärim et enfin Alrik ont été validés par ces derniers Et oui pour les connaisseurs, j'avoue ma faute, j'ai repris quelques phrases de l'introduction du Disney La Belle et la Bête dans la fable de Velanna
● Avatar : Laetitia Casta
● Connaissez-vous le Roman ? Oui, j'en suis au deuxième tome. J'ai dévoré a saison 1 de la série et englouti le jeu produit par Cyanide. Je conseille vivement ce dernier à ceux et celles qui aiment les jeux à la Dragon Origins ou Kotor ^^
● Comment avez-vous connu le forum ? Quatrième compte après Shaïra, Maël et Gabriel, autorisé par Brynden et Maron
● Comment trouvez-vous le forum ? Toujours aussi parfait.
● De quelconques suggestions ? Rien du tout !





Dernière édition par Velanna Vance le Lun 13 Aoû 2012 - 0:01, édité 3 fois
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Velanna Vance
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Du Chaos naît l'Étoile

♦ Missives : 649
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♦ Date de Naissance : 25/02/1992
♦ Arrivée à Westeros : 31/07/2012
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Message Sam 4 Aoû 2012 - 3:35

● Suite de l'histoire :

   An 205

« C’était une belle famille, unie, qui connaissait bien sûr des accrocs et des secrets mais apparaissait aux yeux de tous comme une maison auguste et resplendissante du Conflans. Jusqu’à ce qu’un cri déchirant ne fende l’air et transperce la nuit. »

Velanna était à présent fiancée à un jeune seigneur des Terres de la Couronne, proche de Port-Réal. Il n’y avait pas d’idylle entre eux, ni même de véritable affection mais la jeune femme s’en accommodait car il lui restait sa famille. Du moins c’est ce qu’elle espérait malgré les sifflements sinistres de son fiancé « Quand nous serons mariés et que tu demeureras à mes côtés, je ne serai plus obligé de supporter les jérémiades de tes sœurs » se plaisait-il à répéter lorsqu’ils se trouvaient seuls. En revanche la petite Violet en souffrait davantage, elle lui répétait sans cesse qu’elle n’aimait pas cet homme et ses cauchemars s’intensifiaient, en plus de devenir plus réguliers. Presque chaque nuit elle criait « Lanny ! Lanny ! Il y a un monstre dans ma chambre !! », Velanna rejoignait alors sa petite sœur et la dorlotait jusqu’au petit matin quand enfin Violet cédait face à la fatigue… Ce monstre, c’était toujours le même. Mestre Irwin mettait ces scènes sur le compte de la crainte du changement, la petite n’était tout simplement pas encore prête à laisser partir sa mère de substitution. Velanna aurait été tentée de le croire, mais Violet décrivait la créature avec tant de précision… « Tout en noir, avec de longs doigts crochus, et le visage tout rouge comme le sang ». De telles choses n’existaient pas, mais il était complexe de faire entendre raison à une enfant si jeune. « Il va revenir Lanny, il revient tout le temps. Je le vois, je ne suis pas folle… ».
D’où ces visions pouvaient tenir leur origine ? « A force de lui raconter des histoires de dragons… » Avait un matin soupiré Van. Peut-être avait-il raison. En attendant Velanna ignorait comment apaiser durablement sa cadette et tenta de trouver une solution à ses angoisses : « Cette nuit je vais rester avec toi Violet, mais ne le dis à personne, c’est un secret. Si le monstre ose approcher, nous lui ferons peur ». Visiblement rassurée Violet accepta et le soir même, Velanna la rejoignit donc discrètement dans son lit. Elles s’endormirent toute les deux, et ce n’est qu’au plus noir de la nuit que la porte grinça doucement… « Lanny !! Lanny c’est lui !! » Velanna ouvrit brusquement les yeux et darda son regard sur la silhouette longiligne qui se tenait face à la couche puis qui, à sa vision, détala à toutes jambes. La jeune femme sauta hors du lit et poursuivit l’apparition dans le château : « Reviens ici !! Montre-toi ! Lanny ne me laisse pas toute seule ! ». De dédales en dédales il lui échappait il était particulièrement vif et connaissait la demeure comme sa poche si bien qu’elle fut finalement semée, essoufflée et en nage, mais elle l’avait vu… Tout de noir, le visage rouge sang. Comment était-ce possible… ?

Personne ne crût véritablement les deux filles mais pour les apaiser, lord Cliff demanda à l’un des gardes du château de patrouiller dans le couloir des chambres de ses enfants. Violet assura que ce ne serait jamais suffisant pour retenir le monstre et à l’oreille de sa sœur qui l’aimait tant, elle susurra « Lanny… Il est temps de rallumer les étoiles ». Mystérieuses paroles qui la firent sourire et embrasser sa joue, elle jura qu’elle la protégerait et qu’il ne lui arriverait rien. Cependant cela ne fut malheureusement pas suffisant pour prévenir l’effroyable tragédie. Il fallut moins d’une paire de jours pour que l’Etranger se présente aux portes de la demeure et cette fois-ci, conduise une âme auprès du Père. Des années plus tard Velanna ne pouvait et ne voulait toujours pas comprendre ce qui s’était passé cette terrible nuit.

La demeure était si calme, si paisible. Pas un cauchemar, pas un cri ne venait troubler le sommeil de la maisonnée et seules crépitaient doucement les flammes au cœur de l’âtre des imposantes cheminées. Nichée dans de délicates étoffes Velanna fut subitement prise d’une sèche et étouffante quinte de toux qui l’éveilla et lui fit prendre conscience que les crépitements s’étaient transformés en sourds grondements. Prise de panique elle sortit du lit et se précipita dans le couloir, au milieu duquel le garde s’était endormi, une chopine entre les jambes. Toutefois là n’était pas le plus préoccupant… Une noire et épaisse fumée entachait l’atmosphère, si bien que la jeune femme ne parvenait même plus à discerner le plafond. Elle fut bientôt rejointe par ses frères et sœurs, manquait juste la frêle benjamine. « Violet… ! » Une servante hurla à quelques pas de là après avoir ouvert la porte au bout du couloir, celle qui abritait l’enfant. Les domestiques s’amoncelaient avec des seaux d’eau, des serviettes et du sable prélevait dans la cour et obstruaient l’entrée étroite. Velanna joua des coudes et aucun ne put la retenir dans sa traversée et ainsi lui éviter le choc… Nimbée de flammes rougeoyantes la pièce était devenue une intense fournaise quasiment irrespirable et en son cœur, la couche trônait avec Violet, inerte. Prise de désespoir elle hurla et se précipita vers le torrent enflammé pour la sauver mais Van la ceintura de ses bras solides puis la traîna en arrière, en sureté. Avec la plus grande difficulté. « Tu ne peux pas la sauver Velanna ! » Sa sœur criait, gémissait, les larmes dévalaient puis séchaient sur son visage défiguré par la détresse, il lui sembla même la perdre lorsque ses sanglots et ses hurlements l’asphyxièrent. L’air devenait rare… Il n’avait pas le choix. « Pardon… » Il abattit violemment sa main sur elle et elle tomba dans l’inconscience.

Il fallut plusieurs heures pour que l’incendie soit maîtrisé, et bien moins pour que Velanna reprenne connaissance. A son chevet son père, encore plus dévasté que le jour où il avait perdu sa chère Evannah… Alors les derniers espoirs se fissurèrent et elle comprit dans un larmoiement qu’il était trop tard. « Elle n’a pas dû souffrir, la fumée l’a surement privé d’air bien avant que les flammes n’embrasent la couche » Murmura la douce voix de mestre Irwin qui se tenait lui aussi tout près. Comment ? C’était la seule question qui lui venait et qui résonnait dans son esprit, obsédante et douloureuse, mais elle n’eut pas la force de la prononcer. Comme s’il comprenait, le vieil poursuivit : « Nous ne savons pas encore quelle est l’origine exacte du feu… Mais il semblerait que ce soit Violet qui l’ait déclenché. Nous aurons l’occasion d’en reparler… Il faut vous reposer Velanna ». Comment pouvait-elle fermer les yeux maintenant ? Elle mordit ses lèvres pour retenir ses sanglots et hocha simplement la tête. Le mestre quitta la pièce mais Cliff demeura et posa une main sur les siennes, jointes et crispées sur les draps.

Les jours qui suivirent furent pour chacun d’une tristesse sans nom mais la détresse était peut-être plus visible chez Velanna, elle qui avait l’habitude de toujours sourire. Tous cherchèrent à apaiser les âmes de la famille meurtrie, Clive offrit de nouvelles épées aux garçons et redoubla l’entrainement pour les détourner de leur ataraxie tandis qu’Isabel chercha des mots rassurants dans la foi pour soulager le cœur des jeunes filles. Le vieux mestre offrit aux quatre enfants et à leur père de précieux livres venus de Villevieille, mais parmi tous Velanna préférait la compagnie de Mors. Ce dernier l’emmena de nombreuses fois en forêt accompagnés de quelques chiens, il ne parlait que très peu et le plus souvent pour lui expliquer les usages de telle ou telle plante. Elle trouvait du réconfort auprès de cet homme calme, de la nature et des bêtes. C’est ainsi que lentement, le noir s’estompa et bien que la vie ne fût plus jamais pareille elle reprit progressivement son long écoulement chez les Vance.

Penchée au-dessus de la commode Velanna retournait tous ses tiroirs sans trouver l’objet de sa convoitise, elle interpella alors la jeune servante qui se tenait non loin d’elle et repliait le linge. « Tu n’aurais pas vu mon étoffe noire ? Tu sais, celle qui est si fluide. Il fait un peu frais ces temps-ci… Non je regrette, cela dit cela ne m’étonnerait pas qu’elle soit chez votre frère Kerwan, avec tous ses déguisements qu’il se fait… » Un soupir perça les lèvres de Velanna qui se résolut à rejoindre la chambre de son cadet. Il ne s’y trouvait pas mais elle ne s’en formalisa pas pour autant et pénétra dans l’huis, bien décidée à recouvrir son bien. Elle farfouilla à l’aveugle dans les tiroirs et toucha du bout des doigts la texture si particulière qu’elle recherchait. Le tout fut tiré et à ses pieds chuta alors un étrange pot, qui était emmailloté dans le tissu. C’est avec curiosité qu’elle le saisit et tourna le couvercle. A l’intérieur, une texture légèrement visqueuse dans laquelle elle plongea l’index qui en ressortit intensément rouge, rouge sang. « A quoi est-ce que cela peut bien lui servir ? » Par commodité elle essuya son doigt dans la sombre étoffe puis, subitement… Elle se souvint. « Tout en noir, et le visage tout rouge comme le sang ». Prise d’un élan de panique elle renversa en entier le contenu du tiroir, les vêtements de Kerwan s’étalèrent sur le fol et elle fouilla parmi eux. Il ne lui fallut que quelques misérables secondes pour découvrir des braies toutes aussi noires, et elles empestaient l’huile et la cendre… « KERWAN ! » Les objets du crime agglutinés dans ses bras elle courut à travers la demeure et aperçut par la fenêtre ses frères s’entrainer dans la cour extérieure, elle les rejoignit en de saccadées et précipitées foulées sous les regards soucieux de son père et son oncle en pleine discussion. « Qu’est-ce que tu as fait ?!! Elle jeta la tenue au sol mais conserva le pot entre ses doigts serrés. Ce sont mes affaires ! Qu’est-ce que tu as fait à Violet ?! Comment ? Velanna qu’est-ce qui te prend… Violet était terrifiée par un monstre habillé en noir et avec le visage rouge, je l’ai vu moi aussi… ! Encore cette histoire… Cliff s’approcha vivement de la scène. C’était TOI ! C’était toi qui terrifiait Violet tous les soirs ! Velanna, reprends tes esprits… Il posa ses mains sur ses épaules mais elle se dégagea brutalement. Je n’ai rien fait ! Menteur ! Tu te moquais de sa naïveté et tu lui faisais toujours d’horribles farces pour l’effrayer mais cette fois tu as dépassé les bornes ! Arrête ça, tu dis n’importe quoi ! Père dîtes-lui de se taire ! C’est TA faute… Violet a mis le feu à sa chambre pour échapper au monstre, pour t’échapper ! Velanna ça suffit maintenant ! Je n’ai rien fait à Violet comment tu oses me dire ça, j’ai autant souffert que toi de ce qui s’est passé… Et si Violet était obsédée par le feu c’est bien à cause de toi et de tes histoires d’être pur, de lumière et je ne sais quoi ! TAIS-TOI !! » La jeune femme bondit sur son frère toutes griffes dehors et celui-ci bascula brutalement au sol, répondant à coups de pieds et de poings sans vergogne. Cliff entoura sa fille pour la bloquer contre son torse tandis qu’il ne fallut pas moins que la poigne de Clive et Van réunis pour immobiliser le tempétueux jeune homme.

Silencieux et choqué observateur de la scène d’hystérie le mestre était resté en retrait pour ensuite aider son seigneur à raccompagner Velanna dans sa chambre, à qui il administra une fiole de vinsonge afin de l’apaiser. Epuisée elle s’endormit rapidement sous l’œil des deux hommes. « Monseigneur je suis vraiment navré par tous ces malheurs qui frappent votre famille. Ils sont tous… A bout de nerfs. Vous également si je puis me permettre cette remarque, il faut aussi vous reposer. Cliff secoua négligemment la main. Je me sentirais bien mieux si mes enfants suivaient la bonne direction… Et cette histoire de monstre avec Kerwan… Je ne peux le croire… Monseigneur il est certain que la main de Kerwan n’a pas allumé le feu, et c’est là le plus important. Ne vous torturez pas. Bien que peu convaincu, il humecta ses lèvres et se fit pensif, couvant son enfant endormi du regard. Que me conseillez-vous pour elle ? Vous pourriez l’envoyer dans votre demeure sur Port-Réal messire, la capitale l’a toujours tant passionné. Faire son deuil loin d’Atranta sera bénéfique pour Velanna, elle se remet moins bien du choc que je ne l’escomptais… De plus, elle aura l’occasion de faire plus amples connaissances avec son futur époux. Bien. Oui, cela devrait l’aider… Envoyez-lui un corbeau, ainsi qu’à nos serviteurs sur Port-Réal. Que tout soit parfait et qu’elle n’ait à s’occuper de rien une fois sur place. Ce sera fait ».


   An 206

S’alanguissaient les jours dans la demeure des Vance à Port-Réal et Velanna ne put trouver aucune consolation dans cette retraite forcée. Malgré les épreuves les siens lui manquaient et elle se sentait perdue, ainsi esseulée. Ce sentiment était renforcé par l’inimitié que nourrissait à son égard le futur père de ses enfants, ce jeune lord à la fière allure qu’elle avait tenté d’apprécier. Rien ne sied plus à son cœur de jouvencelle que l’idée d’un heureux mariage mais avec l’âge, les épreuves et la rencontre de son futur, ses rêves s’étaient effilochés pour finalement être cruellement jetés aux loups. Pour se donner un semblant de courage quand la jeune femme s’isolait dans son boudoir elle se remémorait les mots qu’avaient-eu son père avant son départ, alors qu’elle le suppliait de ne pas l’abandonner : « Tu ne seras jamais seule mon enfant, je ne fais cela que pour ton bien. Il te faut reprendre des forces et demeurer fière, tu seras toujours la bienvenue en ces murs mais ta place n’est pas ici. Elle est à ses côtés… Tu auras beau adresser tes prières à la Mère miséricordieuse le soir venu, rien ne te rendra jamais Violet. Seul le jour où tu deviendras mère à ton tour t’apportera une certaine sérénité. En attendant ces jours de joie tache de consacrer ton attention à ton fiancé, le futur n’en sera que plus clément et généreux ». Son père avait toujours les sages paroles pour consoler et galvaniser, seulement cela ne suffisait plus.

Son promis l’avait invité à un banquet donné en l’honneur d’un évènement dont elle ne se rappelait plus la teneur tant la sollicitation s’était rapidement mue en sommation. Un goût amer en bouche elle s’était présentée à son bras et avait subi l’hypocrisie ambiante, les félicitations et les conseils, parée de son sourire le plus affable. La petite fille était devenue femme et cela avait sonné la fin de ses « rêves de grandeur » comme les appelait Clive… Comme le bougre de chevalier avait eu raison ! Plongée et jetée nue dans le nid de serpents, Velanna n’avait pas un allié dans l’assemblée, pas même une accointance à laquelle elle aurait pu se raccrocher. Oh, il y avait bien certains hommes qui approchaient et lui contaient qu’ils avaient combattu aux côtés de son père et de son grand-père à Herberouge, vantant leurs exploits et adressant leurs hommages au second, tombé en l’honneur des Loyalistes. Ils étaient là oui, parfois même ils disaient l’avoir connu et fait sauter sur leurs genoux alors qu’elle n’était qu’une rieuse enfant mais elle ne parvenait à reconnaître aucun de leur visage… Elle saisissait les noms, essayait de les imprimer, ne manquait jamais de politesse, de sourires et de regards, était-ce cette aisance de façade qui achala le jeune homme près duquel elle demeurerait ? Armé d’un fallacieux prétexte il l’entraina hors de la salle et ils rejoignirent les jardins à pas tranquilles, un calme et des risettes qui ne présageaient de bon.

    « Pour qui te prends-tu ? Tu dois rester en retrait, c’est là qu’est ta place. Mes excuses, je ne voulais pas voler la lumière de mon seigneur et maître… Persifleuse… Je n’aime pas ce ton Velanna ! Tant que tu n’es qu’une paysanne du Conflans réfugiée dans les guenilles de ton père, tu garderas ta langue derrière tes dents. Vous me préférez discourtoise ? Economise ta salive, tu en auras besoin après notre mariage. Je ne tolèrerai pas tes caprices. Déjà que le suicide de ta sœur me met terriblement mal à l’aise devant mes seigneurs voisins… Violet ne s’est pas suicidée ! Silence ! Il éleva vivement la main et cette simple menace, bien qu’elle ne le crût pas assez téméraire pour oser la mettre en exécution, la fit taire. Nul besoin de scandale… Je ferai ce que vous me dictez… Je n’en attends pas moins. »

Sur ces entrefaites il la quitta d’un pas vif et rejoignit les festivités, sans même se soucier de son absence. Foutu petit homme qui cherchait à marquer son territoire, la voilà qui devait à présent courber l’échine pour ne pas décevoir sa famille… Cependant, que dirait son père s’il la voyait ainsi rabaissée, et son nom humilié sans qu’elle ne s’y oppose ? Elle sentit progressivement ses yeux se perler mais une démarche étouffée par la grasse végétation la fit reprendre contenance. Inspirant profondément, elle présenta son visage à l’intrus qui, sans qu’elle ne s’en doute encore, avait tout entendu de la charmante discussion. « Est-ce l’apanage des femmes de vos régions de se laisser écraser de la sorte ? » Un jeune homme à la peau hâlé et qui se permettait ce genre de familiarités devait être au moins issu du Sud… « Est-ce celui des Dorniens d’épier les conversations ? » Elle ne sut discerner s’il lui souriait ou s’il se moquait, toujours est-il qu’il partit sans demander son reste… Courroucée, et sans doute échauffée par l’affront de son fiancé, elle poursuivit le roussin dans le couloir pour lui soutirer des excuses mais il ne lui servit que la blessante vérité, exposée sur un plateau. Devait-elle permettre que celui qui allait l’épouser lui manque de respect ? Quelle image allait-elle donner de sa famille, de son père si digne, et même, que diraient d’elle les fruits de sa chair s’il la voyait céder tel un obéissant cabot ? Elle était un roseau… Un roseau qui ploie, mais qui jamais ne casse.

Ragaillardie par la conversation qu’elle venait d’avoir avec le Dornien Velanna patienta sagement et participa à la fin de la soirée avec des airs de fantôme, comme l’avait désiré son futur époux. Quand il la raccompagna jusqu’au portail de sa demeure et tourna les talons sans plus de cérémonie, elle le retint avec insistance, une main harponnée à son bras. « Nous devons parler messire. Je ne compte plus subir à l’avenir le traitement que vous m’avez infligé, et je vous demanderais de retirer les insultes que vous avez proférées envers ma famille et moi-même. Interloqué, et pour le moment plus porté sur la surprise que sur la colère il souffla. Des insultes ? Faîtes un effort de mémoire. Tu empruntes une pente dangereuse Velanna… Vous avez déjà dévalé celle-ci. Nul ne me traite de paysanne, pas même mon fiancé, tenez-le pour dit. Je ne tolérerai pas non plus que vous manquiez de respect à mon père et vous prierai de respecter le deuil des miens… Ce n’est pas moi mais les Sept eux-mêmes qui se gaussent ! L’enfant qui a tué votre mère était une idiote. Vous auriez dû la noyer quand il en était encore temps… Même les chiennes mangent les petits qui sont ratés, vous devriez le savoir, votre famille élève des corniauds non ? Il ne vit pas la gifle venir et pourtant, elle empourpra rapidement sa joue. Bien que vous méprisiez tant les Vance, les Vance vous font une fleur. Le mariage est annulé. Il effleura sa joue brûlante. Deviendriez-vous folle ?! Courage et folie sont cousins, du moins le prétend-on. Au revoir, l’ami. » Elle referma le portail et s’évanouit à l’intérieur de sa demeure. Les répercussions de la scène étaient à craindre, mais c’est surtout le sentiment de libération qui envahit l’euphorique jeune femme. *Calme comme l’eau qui dort et vive comme l’ai…le daim.* Elle avait gagné une difficile bataille ce soir-là.

Le retour fut rapidement programmé par lord Cliff qui avait eu vent de l’histoire et contrairement à ce qu’elle avait d’abord cru, la jeune femme fut accueillie à bras ouverts. Sermonnée certes, mais également comprise et félicitée lorsqu’elle avait tout raconté. Le seigneur ne pouvait tolérer que l’on insulte impunément les siens et la mémoire de ses défuntes épouse et fille. De plus son père n’avait jamais vraiment aimé l’homme à qui il la destinait, c’était une alliance qu’il n’était pas si mécontent de voir brisée. Bien qu’il se doutât qu’il allait être difficile de retrouver un mari dans l’heure pour son aînée, celle-ci n’avait pas eu l’impertinence de briser les vœux en public avant de s’enfuir. Le déshonneur ne l’entacherait pas, tout au plus les taxeraient quelques temps de faillir à leur parole, l’affaire finirait par se diluer… Velanna retrouva les siens, et il vit dans ses claires prunelles qu’elle en avait eu besoin. « Laissons-lui le temps… Que l’Etoile naisse du chaos est une chose, mais il faut qu’elle s’épanouisse et resplendisse avant de la dévoiler aux yeux de tous. »


Un avenir, cela se façonne, un avenir cela se veut.
La vie reprit et suivit son cours avec calme, entremêlant chagrins et félicité avec une délicate parcimonie qu’Isabel la septa louait jour après jour. La paix était revenue à Atranta et les mauvais souvenirs, s’ils n’étaient pas balayés, demeuraient loin des cœurs. Seule importait l’unité d’un seigneur entouré de ses quatre enfants, vigoureux et plein de promesses. Certes plus mature Velanna restait cette donzelle vive, facétieuse, à la répartie aiguisée telle la pointe du flèche et pourtant immensément douce. Les mauvais songes avaient quitté son regard et elle resplendissait comme jamais, une joie de vivre qui embrasait la maisonnée et convainquit son père de reprendre ses recherches là où il les avait laissées. Il avait volontairement offert d’évasives réponses aux prétendants qui s’étaient jusque là présentés afin que le temps fasse son office et panse les plaies de sa fille. C’était chose faite, il devait à présent faire considérer son âge avancé pour des premières noces comme un atout et non comme un indice défavorable. Périlleux à ses débuts l’exercice devint finalement aisé, nombre de seigneurs dans la force de l’âge ne crachaient pas sur une juteuse alliance et Cliff se fit un devoir de les rencontrer pour affuter son choix. Quelle fut alors sa surprise quand mestre Irwin lui présenta la requête d’un vieux compagnon… « Par les Sept… Irwin, prends de quoi noter. Un frère d’armes mérite qu’on ne le fasse pas attendre pour lui répondre. Ecris-lui que les portes d’Atranta lui sont ouvertes et que je me réjouis de revoir un vieil ami. Nous aurons alors tout le loisir de discuter de… L’affaire qui nous occupe. Termine par un « Puisses-tu prendre soin de toi jusqu’à ce jour. » Mh. Non, il pourrait mal percevoir cette familiarité, cela fait si longtemps… Adjoins-y les formules d’usage. Que les Sept te gardent, et cetera. Tu as tout noté ? Oui messire, mais puis-je me permettre de vous interroger sur cette affaire ? Il semblerait que Velanna ait attiré un regard à Port-Réal... »

Il n’était pas rare que les enfants Vance se rendent à Port-Réal, la capitale n’était pas si loin et leur père les encourageait à s’intéresser à la politique. Même pour ses filles, il jugeait qu’elles devaient être aptes à entendre et comprendre les décisions de leurs maris et d’être capables, au besoin, de leur prodiguer d’avisés conseils. Ces dernières progressaient donc vers le Donjon Rouge avec à leurs côtés le bailli, qui comptait demander audience au roi – ou plutôt à sa Main – à propos d’une nébuleuse affaire autour de la Néra, ainsi que quelques gardes de confiance à qui elles confiaient leur émerveillement à la vue de l’auguste et puissante enceinte royale. Seul Van avait eu l’honneur d’un jour entrer à l’intérieur en compagnie de leur père, et c’était aujourd’hui leur tour ! Particulièrement excitée Kiara trépignait près d’elle et son regard furetait dans tous les coins de la cour extérieure. Ils la traversèrent pour rejoindre les portes d’un large bâtiment, devant lequel ils montrèrent patte blanche. « Je n’arrive pas à croire que nous sommes entrées au Donjon Rouge ! Piailla sa cadette en frétillant de plaisir. Par les Sept ! Regarde ! Mais regarde je te dis ! Des Manteaux d’Or !! Qu’ils sont beaux et brillants… Velanna afficha une risette légèrement amusée et jeta une œillade vers les disciplinés soldats. Tu crois qu’on peut leur parler ? Le meilleur moyen de le savoir… Kiara dansa d’un pied sur l’autre, hésitante et rougissante. Je n’oserai jamais… Ce sera pour la prochaine fois, de plus ils sont occupés. » La jeune fille lâcha un soupir puis prit le bras de son aînée entre ses mains tandis que la petite troupe montait dans les niveaux supérieurs pour approcher de l’immense salle du Trône… Le bailli se retourna alors vers elles et leur intima de rester dans le couloir pour le moment. Kiara eut beau pester, il les abandonna ici avec deux gardes, ce qui provoqua ses gémissements. « Pourquoi ne pouvons-nous pas entrer ? On aurait pu voir le Roi ! Je doute qu’il se présente pour ce genre d’affaires, c’est sa Main qui risque de tenir l’audience. La Main ? Il paraît qu’il est terrifiant ! Père le respecte beaucoup. Gronda gentiment Velanna en se penchant délicatement contre l’une des balustrades donnant sur l’extérieur qu’elles venaient de quitter. Sa sœur la rejoignit et conserva un temps un silence observateur quand subitement, elle lui secoua la main. « Il y a un chevalier qui te regarde ! Là-bas ! De vifs petits signes de tête lui désignèrent la direction et effectivement, ses prunelles plongèrent bientôt dans un sublime azur. Oui… Il a l’air grand et fort, encore plus que ceux d’avant ! C’est un membre des Dents de Freux, ils protègent la Main du Roi. Et vu son armure, je dirai même qu’il en ait le Capitaine. Tu en sais des choses… Murmura la jeune fille avec un sourire espiègle et ô combien porteur de sous-entendus. Père m’en a déjà parlé, je crois qu’il a été anobli récemment… Elle mordilla ses lèvres en réfléchissant. Mallery, c’est son nom. Sa défense ne convainquit visiblement pas Kiara qui réattaqua derechef en roulant ses calots dans leurs orbites. Commandant, Mallery, Dents de Freux… Moi, ce que je vois, c’est qu’il a l’air aussi noble et magnifique que Baelor Briselance… Les Vance avaient assisté au Tournoi de Cendregué et malgré son tragique dénouement, Kiara avait été ensorcelée par le physique particulier du prince Targaryen. Elle soupira longuement. Allons-lui parler ! C’est vrai qu’il est très beau… Ah ! Mais nous resterons ici. Parce que le gros bailli l’a ordonné ? Non. Que dirais-tu une fois devant le Capitaine des Dents de Freux ? Et bien… Tu le priverais de son précieux temps. Il doit avoir énormément de tâches à accomplir et une famille qui l’attend, il n’a pas besoin qu’une malicieuse jeune fille vienne délicatement s’épancher sur son épaule. Je ne m’épancherai pas ! Tu baverais ? » La badine chamaillerie se poursuivit encore un instant mais lorsque Velanna ne put résister à égarer une dernière œillade vers le chevalier, celui-ci n’était déjà plus là.


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Maron Martell
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Message Sam 4 Aoû 2012 - 13:54

Et bien à nouveau bienvenue sur le forum !

Après lecture de ta fiche - très complète - je ne vois strictement rien à redire ! Tu sais déjà ce que je pense de ton style d'écriture, ça a donc été très plaisant de lire tout ce que tu avais rédigé ! J'ai hâte de voir ce que va donner cette demoiselle avec les liens que tu lui as prévu !

En tant que dame de la maison Vance, tu bénéficies évidemment des ressources de ta famille. Toutefois, d'un point de vue RP, tu disposes surtout de tes possessions de départ, sans oublier que tu débutes le jeu avec 30 dragons d'or. Tu pourras te servir de cette somme pour acheter des biens aux marchands ou tout autre chose. Même si ça n'en a pas l'air, il s'agit quand même d'une petite fortune ! N'oublie pas de les ajouter à ton inventaire, dans ta fiche de personnage (accessible dans ton profil) !

Bref, si cela ne semblait pas encore clair, je te valide ! Tu vas donc pouvoir te lancer dans le jeu ! N'oublie pas de remplir ton profil, ta fiche de personnage et de poster les fiches relatives à ton personnage. Tu peux aussi aller signaler ta position sur le continent à cet endroit. N'oublie pas de consulter les autres sujets du bureau du Grand Mestre pour t'intégrer dans le contexte ou pour découvrir lady Coeurdepierre ! Tu pourras ensuite débuter le jeu en consultant les demandes, en postant la tienne ou en demandant directement à un joueur. En cas de questions, n'hésite pas à poster dans la Tour de la Main ou à m'envoyer un MP. Enfin, n'hésite pas à passer par le flood et la CB pour te faire connaitre et t'intégrer plus facilement sur le forum !

Puisses-tu réussir à trouver ce dont tu as besoin !



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
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Velanna Vance

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