AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Je n’ai jamais rien appris d’une personne qui était d’accord avec moi ▬ Rennifer & Anissa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Prince de Dorne
avatar

Maron Martell
Prince de Dorne

Général
Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
368/500  (368/500)


Message Lun 30 Juil 2012 - 23:16

     Les préparatifs pour Port-Réal battaient leur plein, le départ du Prince de Dorne et des quelques gardes qui l'accompagnaient était presque imminent et d'ici quelques jours, ils vogueraient en direction de la capitale, lady Ismaëlle à leurs côtés. Le Conseil Restreint était plus important que toutes les réunions que Maron avait pu avoir à ce jour et il ne négligeait donc aucun point, même si au fond c'était totalement justifié puisque les guerres n'étaient heureusement pas fréquentes par les temps qui couraient. Depuis Herberouge Dorne était en paix et mis à part les quelques petits raids des brigands des montagnes qui semblaient échapper à tout contrôle, les voisins de la région du désert n'avaient plus eu à se plaindre de leurs anciens adversaires. Une quiétude qui pouvait permettre à Maron de s'éloigner quelques temps de Lancehélion, même si la perspective de laisser sa famille ici ne l'enchantait guère, surtout sur Sarya Sand, la capitaine de la garde princière, suivait son suzerain et ne serait donc pas là pour veiller sur eux. Il avait tout ce petit monde aux mains de Doran qui en plus d'être un Dornien pur sang, n'envisagerait jamais la possibilité de décevoir son frère aîné. Maron savait donc parfaitement que les siens étaient en sécurité avec son frère pour le protéger. Puis les risques restaient très minimes à Lancehélion, encore plus au palais, il était extrêmement rare de voir des ennemis s'aventurer aussi près de la famille royale, même si les Ferboys ne dormaient jamais.

     Le Prince était donc fort occupé et n'attendait aucune visite, les vassaux des Martell se montraient relativement calmes avec la venue de l'hiver et comme Dorne ne risquait rien de la part des Fer-nés, la plupart des habitants de la région ne se sentaient pas concernés par la guerre. Pire encore, certains se réjouissaient que les pirates des Iles de Fer puissent avoir razzié et pillé le Bief sans vergogne, anciennes rivalités qui avaient la dent dure. Qu'il eut été plus simple pour Maron de naître simple roturier ou fils cadet d'une famille sans influence, il aurait ainsi pu penser plus librement et de ses choix ne dépendrait pas l'avenir de tout un peuple. Mais à ce jour il était Prince de Dorne et par conséquent devait faire preuve d'une grande réflexion. Faire passer les intérêts de ses vassaux avant les siens et même s'ils ne se rendaient pas compte que la paix leur apportait bien plus que de perpétuels affrontements, Maron ne regrettait pas la décision de son père. L'accord scellé avec le Roi l'avait été par Olyvar Martell, le père de Maron qui avait « vendu » sa fille à ce prince Targaryen en l'échange d'une paix durable, Maron avait lui aussi hérité d'une fiancée avant même de savoir à quoi servait ces alliances, mais pourtant il n'en voulait pas à son géniteur. Même si cette alliance n'était pas de son fait au final, il assumait les choix de son père tout comme Trystan devrait assumer ceux de Maron et ainsi de suite. Les Martell restaient solidaires et c'était pour cette raison que les piètres tentatives des Ferboys ne resteraient que des coups d'épée dans l'eau.

     L'arrivée d'un domestique qui vint chercher Maron dans la salle où se trouvait toute sa petite famille, fut donc une surprise qui s'accentua lorsque l'homme fit savoir au Prince que deux Uller demandaient à le voir. Le roturier cita messire Rennifer et l'une de ses filles, ce qui ne manqua pas d'éveiller les souvenirs du Dornien qui connaissait bel et bien l'homme d'armes. Remerciant son domestique, le Prince lui demanda de les introduire dans la salle qu'il réservait normalement aux réunions avec son mestre pour discuter des entrevues à venir, puis déclara qu'il arrivait d'ici quelques minutes. Il n'était pas dans ses habitudes de faire patienter les personnes qui demandaient à le voir, la politique du suzerain étant qu'il était au service du peuple et non le contraire. Être Prince de Dorne n'octroyait pas le droit de traiter ses homologues comme des sous-hommes, mais lui imposait plutôt de lourdes restrictions qu'il avait assimilé depuis des années à présent. Lorsque le domestique se fut éloigné, Maron reporta son attention sur son épouse et leurs trois enfants qui se retrouvaient exceptionnellement réunis dans la même salle. Habituellement Trystan était occupé à ses leçons et Nymeria en train de faire tourner sa nourrice en bourrique en compagnie de Quentyn. Le départ de leur père ne semblait pas très clair dans leur esprit, excepté pour Trystan certainement, mais ce n'était guère étonnant. Après tout, depuis son mariage avec la belle Targaryen, le Prince n'avait quitté Lancehélion qu'à de rares reprises, si rares que ses enfants ne devaient pas s'en souvenir. Terminant la discussion – de manière accélérée bien évidemment – qu'il avait avec son épouse, le Dornien salua finalement tout ce petit monde en priant Daenerys de veiller à ce que les deux derniers n'aillent pas provoquer une catastrophe dans les couloirs du palais. Quelle drôle d'opinion donneraient-ils à leurs « invités » s'ils se mettaient à semer la zizanie dans les corridors de leur demeure. Peut-être aucune en réalité, c'était des Uller après tout.

     Quittant la pièce, le Prince se rendit donc rapidement dans l'aile où se situait la fameuse salle et il ne lui fallut pas plus de cinq minutes avant de pousser l'huis de la pièce pour y entrer. Les deux Uller avaient été invités à prendre place autour de la table qui trônait au centre de la salle et l'on s'était occupé de pourvoir à leurs besoins en attendant l'arrivée du Prince. Cette pièce était certainement celle que Maron préférait dans tout le palais, sobre et chaude, elle rappelait beaucoup la simplicité du désert autant par ses couleurs que par l'absence d'artifices. Seule pièce qui avait échappé aux changements – subtiles, mais présent – apportés par son épouse targaryenne. Les bruits de la rue leur parvenaient par des fenêtres ouvertes qui laissaient entrer un léger vent chaud chargé de sable. Approchant de deux invités, Maron salua tout d'abord son homologue masculin, non par machisme, mais simplement par respect pour son aînesse. Après quoi, son attention se porta sur la jeune femme qu'il identifia comme étant certainement la fille aîné de messire Rennifer. Le nom de la belle ne lui revenait pas ainsi se contenta-t-il d'un salut muet. Après cette entrée en matière, le seigneur de Lancehélion les invita à reprendre place à la table où ils avaient été installés, puis les imita pour finalement en arriver à la question la plus logique.

     ▬ Je ne vous cache pas ma surprise de vous voir à Lancehélion. J'imagine que l'aversion de votre neveu pour les corbeaux doit être toujours aussi vive pour que vous veniez me voir en personne ? »

     Maron mettait un point d'honneur à connaître ses vassaux et il savait donc que l'entente entre le lord Uller actuel et les mestres n'était une chose aisé. Au fond ce n'était pas si surprenant, la maison dont il était issu n'était pas une adoratrice du Bief – au contraire – et par conséquent envisager de prendre à son service un homme éduqué à la citadelle de Villevieille était plutôt contraire à leur manière d'être. Maron loua la Mère Rivière d'avoir eu la bonne idée de les faire venir à ce moment précis, sans quoi ils auraient trouvé un siège laissé vacant par leur seigneur suzerain. Le Prince respectant beaucoup les Uller autant pour leur fougue que pour leur caractère digne d'un Dornien, il s'en serait senti grandement contrarié. Comme ses yeux noirs passaient d'un visage à l'autre, il décida finalement de s'arrêter sur celui de Rennifer avant de se renseigner.

     ▬ En quoi puis-je vous aider ? »

     Il espérait sincèrement ne pas être mit face à un incident diplomatique avant son départ de Dorne, la diplomatie n'avait jamais été son fort, il préférait faire parler les armes plutôt que les mots et laissait généralement ce genre de « désagréments » à son épouse, mais étant donné la nature de ses visiteurs, il était mieux qu'il s'en occupe personnellement. Et même là, il n'était pas certain qu'il s'en sorte bien.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 31 Juil 2012 - 15:55

Ca n’avait jamais été un grand mystère, Rennifer n’aimait pas les environnements qui différaient de son milieu habituel composé de sable et de roche, et Lancehélion, avec ses côtes maritimes ne pouvait pas moins le déstabiliser et l’irriter à la fois. Il avait horreur des océans, pour lui il ne s’agissait que d’un tour de la nature encore plus cruel que les étendues arides, il y avait là assez d’eau pour épancher la soif de milliers d’hommes pour des générations entières et pourtant elle demeurait désespérément imbuvable. Et par-dessus tout, par la mer venaient marchands, voyageurs et autres étrangers qui insultaient le sol Dornien par le simple fait d’y poser le pied, sitôt qu’il avait aperçu le premier d’entre eux en franchissant les portes de la ville l’envie d’utiliser sa lance se fit affreusement pressante, mais son devoir passait avant tout, et il n’était pas sur son domaine, son autorité en était donc affreusement réduite. L’air plein d’iode lui chatouillait désagréablement les narines, il en était de même pour toutes les humeurs inconnues qui stagnaient dans les rues de la cité. Il talonna sa monture sans prêter attention aux passants qu’il bousculait au passage, le plus tôt il arriverait à la demeure des Martell, le plus tôt il pourrait s’en retourner chez lui avec, il en avait l’intime conviction, une bonne nouvelle à rapporter à son neveu. Le voyage avait été plus rapide que prévu, lui et Anissa avaient chevauché sans escorte pour ne pas être ralentis sans qu’aucune tempête de sables ne s’abatte sur eux ou qu’une bande de brigands ne tente de les prendre en chasse. Luan avait insisté pour que Rennifer se rende seul jusqu’à la capitale mais le vieil entêté avait refusé en bloc cette idée, il était temps que sa fille aînée voyage et découvre chaque facette de sa terre natale, et la possibilité de l’introduire devant le Prince était assez rare pour ne pas laisser passer cette opportunité. Les instructions qu’il avait donné à la chair de sa chair tandis que l’on occupait de leur monture avant de les guider dans les couloirs du palais furent simples et tranchées : « Incline la tête lorsqu’il te saluera, ne le touche pas, et sois fière. L’honneur de notre nom repose autant sur mes épaules que sur les tiennes. »

Le domestique, une créature veule et mièvre qui l’agaça par sa politesse exagérée, les fit entrer dans une petite pièce et leur apporta de l’eau fraîche et des fruits avant de s’excuser pour aller quémander la présence du Prince avec un impressionnant nombre de courbette qui suffit à lui faire appartenir à la non moins impressionnante quantité d’êtres humains que le vieux Dornien méprisait. La salle était dénuée d’apparats, plutôt étroite, et fonctionnelle, cela leur épargnerait d’avoir à demander un entretien privé une fois les salutations d’usage échangées, la vraie nature du message qu’il transportait se devait de ne pas être ébruitée au risque d’avoir des conséquences désastreuses. Rennifer en ressentait même une légère excitation à l’idée de pouvoir accomplir l’un des buts qu’il s’était fixé avant la fin de ses jours, les mots n’étaient pas son domaine de prédilection mais Maron Martell entendrait raison, il le devait. Il ne toucha pas à la nourriture et encore moins à l’eau qui lui était offerte dans une coupe couleur cuivrée, lui préférant celle de l’outre à son flanc pour une courte rasade. Désert ou pas, son code de vie lui imposait qu’une fois qu’il se trouvait hors de Denfert il se devait de survivre par ses propres moyens sans quémander ou accepter ce genre d’aumônes. De même il ne préféra pas s’asseoir pour l’instant, s’il devait se relever une fois le Prince en sa présence il préférait supprimer l’intermédiaire et patienter debout. Il regarda du côté d’Anissa et lui dit : « Une fois que ce sera fait nous repartirons immédiatement, je ferais avaler sa propre langue au premier intrus qui s’imposera à ma vue si je reste plus longtemps dans cette ville. »

Après un délai qui fut plus court que ce qu’il escomptait Maron Martell fit son entrée, un rien plus vieilli et usé que dans ses souvenirs, le temps n’était décidément tendre avec personne, sang royal ou non. Il salua en inclinant la tête, poing sur le cœur et prit la peine de faire brièvement les présentations : « Anissa, ma fille. » Il s’assied en même temps que le Prince, les articulations de ses jambes le remercièrent intérieurement tant le trajet les avait usées.

Denfert ne disposait en effet pas des mêmes outils de communication que les autres Maisons, comme son neveu il était fermement opposé à l’utilisation d’oiseaux voyageurs, particulièrement ceux dressés et envoyés par un parasite en robes éduqué dans le Bief. Les échanges se faisaient par messagers à cheval lorsque les Uller avaient à informer leurs voisins à propos d’un sujet ou d’un autre, les corbeaux qui leur étaient envoyés ne revenaient que rarement, aussi n’en recevaient ils presque plus, une isolation qui leur convenait parfaitement. « Ni les mestres ni les corbeaux n’ont leur place dans le désert, Prince, bien que l’expérience nous ait appris que les corbeaux volaient plus longtemps. C’est une opinion que nous partageons tous à Denfert. » Il passa une main sur les muscles endoloris de sa nuque, le souvenir de la lettre envoyée à son propre père par la Citadelle pour exiger des explications concernant la mort de leur dernier envoyé fut l’une des rares fois où il vit son patriarche rire aux éclats, depuis son jeune âge il en avait presque eu l’impression que les épais murs du grand hall en avaient tremblé jusque dans leurs fondations des minutes durant. Le Prince en vint immédiatement au fait, parfait, il leur faudrait agir vite une fois les détails réglés. Rennifer prit une courte inspiration avant de se lancer dans le vif du sujet.

« La raison officielle, celle que raconterons si nous sommes interrogés sur le pourquoi de notre venue est que mon neveu Luan vous transmet ses amitiés et vous assure de sa loyauté envers votre Maison. Cela c’est on ne peut plus vrai, mais le véritable pourquoi de notre présence est tout autre. Nous n’avons pas d’oiseaux pour porter nos mots au loin, c’est vrai, mais nous avons entendu que le conseil restreint des Targaryens se réunirait bientôt et attirerait vers Port-Réal l’attention de tous ceux qui ne participent pas à la guerre contre les Iles de fer. La Maison Uller pense que le moment ne serait pas meilleur pour rappeler au Bief que ses frontières ne seront jamais sures tant que Dorne existera. »

Il fit une pause pour que son interlocuteur se fasse à l’idée de ce qu’il suggérait, il ne prendrait pas un conflit avec une autre région à la légère, c’était chose sûre, mais cette cause valait la peine de combattre pour elle et Maron Martell partageait un héritage commun à tout Dornien après tout.

« Nous disposons d’une centaine de cavaliers prêts à franchir les montagnes pour piller et tuer ceux que nous rencontrerons, ensuite nous repartirons avant qu’ils ne puissent contre-attaquer, les Bieffois accuseront les brigands qui peuplent les Marches tandis que nous vous rapporterons des nouvelles de l’étendue de leurs défenses et de leurs forces. Ce sera un premier pas, un cadeau que Lord Uller et moi voulons faire à notre pays pour le jour où la guerre pure et dure viendra. »

L’essentiel était dit, le moment était à présent venu de tenir ses positions contre d’éventuelles protestations, il refusait tout simplement de quitter Lancehélion sans une bénédiction pour ce dont l’histoire se souviendrait comme la première étape d’un retour aux sources de sa civilisation, l’occasion était trop belle, parfaite, pour rester sans agir. Dos droit sur son siège, il serra légèrement les poings sans être ouvertement menaçant mais en affichant clairement la détermination dans ses propos. Puisse la Rivière-Mère rappeler à son Prince que les siens ne siégeaient pas à Port-Réal mais peuplaient toute la pointe Sud de Westeros.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 1 Aoû 2012 - 23:24

Anissa n'avait jamais encore percé les frontières de Denfert et ce voyage était une nouveauté à laquelle elle s'était, somme toute, peu préparée. Elle n'avait jamais ressenti le besoin de le faire, bien que dernièrement, une étrange pulsion soit montée de ses méditations au devant des dunes, sous le soleil cuisant. Quelque chose lui pesait, à mesure qu'elle prenait conscience de la frustration de son père, d'une partie des propos de son cousin, des rares échanges qu'elle avait pu saisir au propos de la politique en dehors de leurs terres. Denfert serait toujours cette même mère aride, impitoyable et sévère, aucun étranger ne pourrait venir de front y imposer sa loi sans s'exposer à abreuver les rivières de son sang et de celui de ses enfants, mais voilà : au loin, en dehors des lieux où l'astre du jour tannait les peaux et les âmes, il y avait un trône, et sur ce trône, il y avait quelqu'un qui estimait dominer ce territoire. Sa mère était injuriée, pas violée, mais considérée comme domptée, comme une concubine, comme une putain ; ce n'étaient que les propos et idées d'êtres veules dont Anissa n'avait que faire, mais dont le poids de l'existence pesait toujours davantage sur son échine. Ces gens vivaient et continuaient de vivre après avoir insulté sa mère de dunes. C'était intolérable. Il fallait qu'ils souffrent, il fallait qu'ils soient pressés entre deux pierres de Dorne jusqu'à en vomir leurs tripes comme les scarabées qu'elle avait serrés entre deux doigts, afin que plus jamais, plus personne n'ai le malheur ni l'envie de dire : « Dorne est soumise ». Aussi, quand Rennifer s'était présenté devant Luan et qu'il avait été décidé que son père partirait saluer le Prince, elle s'était tenue proche de lui. Il comprenait, il appréciait et il n'en aurait même jamais voulu autrement, les réprimandes de son Seigneur et cousin n'y purent pas grand chose. Elles n'étaient probablement énoncées que pour la forme : c'était un Uller, et Luan savait que deux Uller font un poids considérable en volontarisme borné. Deux chevaux avaient été saisis et aucune escorte n'avait été prise. Les besaces chargées d'eau et de ses dernières chasses, elle avait suivi Rennifer au travers du désert, fièrement, le cœur gonflé de bonheur de pouvoir enfin laver le visage de sa mère.

Sa fierté était intacte, mais son maintien largement écorné lorsqu'ils furent enfin arrivés. Anissa n'aimait pas les bêtes et ces dernières, instinctivement, étaient répugnées par la Vipère. Elle était cruelle, impatiente et peu soigneuse envers les créatures qui passaient entre ses mains et si son cheval était encore vif, c'était simplement parce qu'elle en avait besoin. Elle avait peu monté jusqu'alors, préférant largement user ses propres jambes en foulant le sable brûlant, apprenant l'étrange danse qui seule permettait de progresser sur le sol irradiant de chaleur ; les chevaux l'impatientaient. S'ils étaient nerveux, ils avaient tendance à ruer, ce qui la faisait rugir, s'ils étaient dociles, elle ne pouvait s'empêcher de les maltraiter un peu. Elle avait là du faire preuve d'une retenue exemplaire et, très pragmatiquement, son postérieur lui en faisait cuire. Elle se tenait penchée sur l'encolure de sa monture, tirant sur ses cuisses pour soulager son fessier, sans émettre la moindre plainte bien sûr, mais sans se forcer à afficher une détente qu'elle en ressentait pas. Elle se jura que, prochainement, elle boufferait du cheval, pour se venger. Le parfum de l'iode était singulier et tout à fait inconnu, aussi, si la vue de la ville ne lui tira pas grand émoi, les premiers vents qui leur parvinrent lui firent dilater pupilles comme narines. Étrange odeur qu'était celle-là, piquante et douce, vivifiante mais prenant la gorge, elle guetta distraitement son père, lequel semblait encore plus renfrogné que d'ordinaire. Elle s'en amusa et, s'efforçant de parvenir à s'asseoir sur sa selle, scruta la ville et sa population comme elle aurait découvert un terrier incongru. L'approche de la mer lui tira un émoi étrange qu'elle ne sut départager dans l'heure. Était-ce beau ? Était-ce méprisable ? Qu'était-ce que toute cette eau, qui scintillait et portait autant de bateaux ? Pourquoi donc existait-il des lieux à ce point abreuvés ? Au moins, le désert-mère prouvait là qu'il était possible de posséder de quoi engloutir ses propres terres sans en devenir aussi vert et aussi mièvre que les territoires plus au Nord, qu'elle n'avait jamais vus et qu'on lui avait parfois contés. Elle les imaginait moelleux au pas, empestant les fleurs et le miel, avec des arbres paresseux et stupides qui tendaient leurs fruits comme des catins offraient leurs bras, tout en sachant que cette image-là était sans doute fausse, mais elle lui convenait. Elle resta à fixer les brillances océaniques, respirant superficiellement, jusqu'à ce qu'ils soient entrés dans la cité en elle-même.

Son faciès changea du tout au tout. De l'expression crue d'un émerveillement dénué de niaiserie ou même d'admiration, pour se fermer, ne gardant qu'un pli de lèvres de mauvaise augure. Des étrangers, partout, tout autour d'eux, s'ébattaient et piaillaient comme des poules iniques, comme s'ils habitaient là, comme s'ils pouvaient respirer cet air, comme s'ils avaient le droit de vivre au devant d'eux – certains même osaient s'offusquer d'être bousculés par leurs montures. L'approche du palais lui sembla d'une lenteur abjecte, elle ne respirait plus qu'à peine, les mains crispées sur le cuir des rênes. Ces gens, tous ces gens mous comme du gibier trop faible pour être seulement mangé et plutôt donné aux bêtes, de crainte d'en être avilis, n'allaient-ils pas corrompre sa mère à se tenir sur elle, comme autant de verrues humaines et gloussantes ? Elle prit alors toute la mesure du dépit de son cousin et de la haine de son père – il fallait que ça cesse. Il fallait qu'ils les tuent. L'arc la démangeait et ce n'était que sa loyauté et sa raison qui la retenaient de bander son arc et de traverser le premier crâne venu d'une flèche salvatrice. Quand ils parvinrent à leur but ultime, descendant de monture, ses nerfs étaient en feu et son visage de marbre. Elle les détestait tous. Ses dents pesaient d'une lourde envie de chair broyée par une féroce morsure.

Frottant brièvement son derrière dans un réflexe animal et vain, pour tenter de le libérer de ses contractures, elle emboîta le pas de son père d'une démarche moins fluide que de coutume, hachée par la raideur du long voyage et, quand leur parvint un serviteur insipide, elle ne lui adressa qu'un regard noir et un grondement de piètre augure. Amenés à une pièce au travers de couloirs qu'elle ne put se retenir de scruter, tout en estimant les points desquels elle pourrait tirer, Anissa restait nerveuse, agacée, roulant des épaules et peinant à se fixer sur l'instant. Ils allaient se présenter au Prince, il ne fallait pas l'insulter davantage qu'il ne devait l'être à devoir supporter tous ces étrangers – il avait bien été contraint d'en féconder une. Quelle pensée abominable. Elle acquiesça ainsi à la remarque de son père, lui adressant une œillade aussi singulière qu'expressive, voulant lui imprimer le retour et la compréhension de tous ses enseignements donnés jusqu'alors. Elle le trouvait même remarquable de tempérance, à ne vouloir que faire avaler sa langue au prochain malheureux qui commettrait l'erreur de respirer non loin d'eux.
    « Ça gâcherait la viande. Mieux vaut les jeter à la vermine qui doit peupler leurs maisons. Au moins, les insectes servent à quelque chose dans le désert. »

La pièce laissait entrer le bruissement de la vie citadine qui, comparée à sa coutume du silence aussi pesant que le soleil à Denfert, lui parut un brouhaha insupportable. Ne pouvaient-ils pas avoir l'idée de se taire ? Est-ce qu'ils étaient si idiots qu'ils attiraient toutes les attentions sur eux en s'agitant pour que, même sans les voir, on les savait présents ? Elle se prit à fantasmer d'incendie, négligeant l'eau offerte dans les coupes déposées, toute soif ayant fui devant son dégoût prononcé.

Arriva le Prince, aussitôt, elle s'était redressée. Son visage anguleux lui plut moins que son allure martiale, malgré ses vêtements sobres qui ne pouvaient pas même feindre d'être une armure. Sa démarche était celle des combattants nés, sa stature celle des éprouvés ; elle inclina la tête. Si elle respectait Luan pour sa naissance, elle désapprouvait intérieurement sa mollesse de bras et ne se retenait de l'en incriminer que parce que la dureté de son âme la contrebalançait parfaitement. Il savait se faire obéir, d'autres pouvaient tuer pour lui, Denfert n'avait pas à rougir de son maître – Dorne n'avait pas, visiblement, à rougir de son Prince. Il salua d'abord son père, puis elle, elle ne se fendit pas d'un sourire, qui, chez elle, étaient toujours prédateurs ou cyniques, les tendres n'étaient réservés qu'à son frère, lorsqu'ils étaient cachés. Son visage s'était un peu ouvert, elle l'avait dégagé de sa chèche et gardait bouche fermée, yeux droits et regard franc ; quand son père la présenta, elle courba la nuque une nouvelle fois, chose qui n'était destinée qu'à ses seigneurs et ses géniteurs, ce qui se sentait dans l'articulation du geste. Maron fit signe de prendre place et les hommes s'assirent, Anissa, elle, dénuée de manières comme d'envie de maltraiter son derrière, s'appuya sur le dossier du siège de son père, abaissant les épaules et ploya l'échine pour affaiblir sa trop grande taille et ne pas obliger son souverain à trop lever la tête pour la voir. Les premiers propos échangés furent passablement protocolaires, l'évocation des corbeaux lui étira très vaguement les lèvres toutefois. Quelques uns étaient venus, en effet et elle se souvenait avec une légère affection de cette fois où, alors qu'elle était toute enfant, son père était venu la tirer de son sommeil pour lui dire d'abattre un volatile. Elle avait manqué sa cible, laquelle était repartie, effrayée ; s'il était déjà rare qu'on tente de leur envoyer des messages par les airs, le ciel de Denfert n'en voyait plus depuis quelques années. Hormis cette fois-là, elle n'en avait pas vus par elle-même et elle était assez curieuse de connaître le goût de ces bêtes-là.

Rennifer vint très rapidement au but et ce sans détour, ménageant tout juste ce qu'il fallait de présentation pour ne pas sembler donner un ordre à son Prince, bien que ses propos furent aussi rudes que directs. Elle les approuva du chef, retenant presque son souffle lorsque son père se tut, sachant déjà ce qui allait suivre et scrutant avec avidité le visage du monarque – non pas pour y excaver quelque substance d'intrigue, mais pour y déceler du déplaisir ou de l'approbation qui, souvent, transparaissait lorsqu'on osait être aussi francs. Le Prince devait s'y attendre, ils étaient des Uller, ils avaient leur – mauvaise – réputation. La tension dans les épaules de son père ne lui échappa en rien et lui fit rouler, en réflexe, les siennes à nouveau, tandis qu'elle gardait le reste de son corps immobile et son attention toujours aussi vive. Rennifer acheva ses propos et nul n'était mieux placée qu'elle pour savoir et comprendre les émois qui devaient traverser le fier Dornien. C'était son but vital, sa dernière guerre, son vœu le plus cher et, à présent, la quête et la croisade d'Anissa tout autant. Elle s'humecta les lèvres fugacement, s’apercevant au contact rugueux de sa langue qu'elle avait soif, mais, reléguant ce besoin à plus tard, parla.
    « Denfert ne vous sera jamais déloyale, mon Prince, et nous ne mènerons rien sans que vous n'ayez jugé bon qu'on le fasse. Si c'est trop tôt à vos yeux, si c'est mal avisé, vous qui êtes mieux informé sur... »

Elle buta sur le mot, lâcha une toux brève.
    « L'extérieur, vous saurez nous guider. Mais je tiens à ce que vous sachiez que Denfert est assez reculée et peu visitée pour abriter des préparatifs. Les étrangers n'y viennent pas. Nous n'avons pas de Mestres, donc pas de... Langue trop pendue ni d'yeux traîtres. Ils ne sauront rien des origines des assauts avant que nous ne voulions le leur faire savoir. Et ce jour-là, il sera trop tard pour eux. »

Elle découvrit les dents sur un rictus animal, qu'elle retint d'être trop grand dans un rare élan de conscience sociale. A ses yeux, il était évident que leur Prince était un Dornien véritable, qui ne pouvait que souffrir de voir autant de viande molle s'ébattre sous ses yeux, aussi attendait-elle ses commandements avec une impatience de feu et une foi de fer.


Dernière édition par Anissa Uller le Lun 6 Aoû 2012 - 0:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Prince de Dorne
avatar

Maron Martell
Prince de Dorne

Général
Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
368/500  (368/500)


Message Jeu 2 Aoû 2012 - 14:24

     Maron s'attendait à quelque chose d'animé et surtout de très compliqué lorsque les Uller s'étaient présentés, le fait de se trouver devant eux et d'écouter leur discours ne fit que le confirmer. Le Prince ne répliqua pas aux paroles de messire Rennifer concernant les mestres, même si lui-même était un combattant né et qu'il préférait les hommes d'action aux chevaliers de l'esprit, il respectait le savoir que ces individus possédaient. Inutile de se froisser sur des détails sans importance. Ayant glissé une question claire, Maron s'attendait à une réponse tout aussi austère. Si son interlocuteur et lui-même partageaient un point commun, c'était bien de ne pas goûter aux paroles pleines de fioritures. Rappeler une loyauté n'était jamais bon signe de l'avis du Martell qui avait appris avec le temps, que c'était le système utilisé par ceux qui souhaitaient lui demander quelque chose, même si en l'occurrence il s'agissait d'une couverture d'après ses dires. Et venant d'un Uller, il craignait de le deviner. Les paroles qui suivirent ne firent que confirmer cette crainte, ils voulaient bel et bien relancer les hostilités contre le Bief qui avait déjà subi les assauts des Fer-nés il y a plusieurs lunes de cela. Le visage du Prince se rembrunit légèrement tandis qu'il fixait son homologue dans un silence parfait alors que celui-ci lui exposait les forces dont ils disposaient et le plan qu'il avait en tête. Il était évident que c'était mûrement réfléchi et que leur idée pouvait aboutir, les brigands des montagnes étaient fréquents et difficilement identifiables qu'il n'y avait aucun survivant. Mais pourtant, il ne pouvait accepter. Même s'il comprenait la position de l'homme d'armes face à lui. Dorne avait toujours été l'ennemie du Bief et de l'Orage, il n'y avait rien de plus normal que de vouloir s'imposer à nouveau sachant que les Dorniens avaient toujours résisté, jusqu'à l'alliance décidée par le père de Maron. Mais désormais c'était à ce dernier de garder la paix dans sa région, Westeros avait suffisamment de problèmes à ce jour pour ne pas devoir faire face à une nouvelle guerre contre Dorne.

     Aux côtés de son père, la jeune lady Anissa semblait approuver tout ce qu'il disait et rien que la position qu'elle adoptait prouvait qu'elle n'était pas du type de femme à observer les affrontements sans y prendre part. Non, elle devait certainement y participer activement et Maron était persuadé que s'il donnait son aval, elle serait en première ligne. Se mettre à dos de tels Dorniens l'irritait au plus haut point, ils étaient de ceux qu'il apprécierait d'avoir à ses côtés, malheureusement la Mère Rivière semblait désireuse de les pousser vers d'autres horizons. Jamais le Prince ne donnerait son aval pour une telle action, au contraire, il lui faudrait même procéder à ses sanctions s'il apprenait que les Uller avaient tout de même tenté une telle chose malgré son interdiction. Cela ne ferait qu'augmenter l'animosité des pro-Ferboys, mais il s'en moquait. Il aurait pu essayer de les manipuler, de leur dire qu'il était en accord avec leurs idées, mais que le moment n'était pas le bon, pourtant ce n'était pas la solution qu'il sélectionna. Maron était un homme d'action, mais aussi un homme franc qui exécrait le mensonge. Ainsi donc, après les paroles de la jeune dame, le Prince observa un moment de silence puis répondit.

     ▬ Le fait que vous ne soyez pas au courant de ce qui se passe dans d'autres régions ne vous empêche certainement pas de savoir que la mère du Roi n'est nulle autre que Myriah Targaryen, ma sœur et votre suzeraine légitime si la situation avait été différente. Il faisait référence au fait que de part son rôle d'aînée, Myriah était destinée à devenir suzeraine de Dorne, sauf que son mariage avait fait de Maron le nouvel héritier. Qu'une attaque de Dorniens sur le Bief se passe et je ne donne pas cher de sa peau, même de brigands, les Bieffois savent faire la différence entre de simples paysans et de véritables combattants. Ce serait bien vous sous-estimer que de croire que des Uller puissent être confondus avec de simples pillards des montagnes. »

     Il ne cherchait guère à les flatter, c'était ce qu'il pensait, des hommes entraînés ne pourraient jamais être confondus avec de simples paysans. Mais ce n'était pas là la seule raison de son refus, en tant que Prince de Dorne il se devait de maintenir la paix dans sa région, quel piètre seigneur ferait-il si, à peine le dos tourné, ses vassaux se mettaient à attaquer le Bief ? Sans quitter les deux Uller des yeux, le Prince opta pour un nouveau silence histoire de réunir ses pensées, puis répliqua.

     ▬ Je vais prendre part à ce Conseil Restreint, avez-vous idée de ce que les autres régions vont penser d'un suzerain qui, à peine le dos tourné, voit son peuple attaquer les régions frontalières ? Bon nombre d'autres seigneurs nous prennent pour des barbares incapables de réfléchir, certains nous comparent même aux Fer-nés, est-ce vraiment là ce que vous pensez de notre peuple ? »

     Oh, ils se moquaient très certainement du fait que les autres habitants de Westeros considèrent que le Prince de Dorne n'était qu'un seigneur incapable de tenir ses vassaux. Pour être sincère, Maron se fichait pas mal de l'avis des autres peuples, c'était les Dorniens qui importaient à ses yeux, malheureusement ils étaient presque tous persuadés que ses actions n'étaient destinées qu'à bien installer la maison Martell au sein des familles de Westeros. C'était tout le contraire, mais allez le faire comprendre. Le Prince se redressa alors, rester assit avec une telle discussion n'était pas son fort. Il détourna brièvement son attention des deux Uller, cherchant dans son esprit les mots les plus adaptés pour répondre à cette requête, puis il décida de laisser de côté la diplomatie puisque de toute manière ce n'était pas son fort et parla comme un Dornien le faisait. Portant ses yeux sombres sur le visage de Rennifer, il enchaîna.

     ▬ Vous parlez de corbeaux et je vous parle de vautours. Le Bief a été pillé et affaibli par les assauts des Fer-nés, ils ont été incapables d'y faire face, croyez-vous sérieusement qu'il y aura la moindre fierté à tirer d'une victoire sur un adversaire à terre ? Je sais que l'honneur ne fait pas partie de notre mode de vie, mais je ne vois là qu'une piqûre de vipère après le passage d'un cobra. »

     Son discours pouvait évidemment laisser envisager qu'il n'était pas contre une attaque d'ici quelques lunes, mais ce n'était pas le cas. Olyvar Martell, le père de Maron, avait entamé un processus de paix et c'était désormais à son fils de le faire progresser, cela incluait de prouver aux Tyrell et aux Baratheon que leur ancien ennemi n'était plus un danger à ce jour. Terminé les guerres contre Westeros et Dorne, même si certains ne vivaient que pour se battre, il y avait toujours des adversaires à combattre sans avoir besoin de se plonger dans une nouvelle guerre. Secouant la tête après un bref instant de réflexion, le Martell ne cessait de fixer ses deux interlocuteurs.

     ▬ La franchise a toujours été mon fer de lance, je vais donc vous dire très simplement que je ne donnerais jamais mon aval pour une nouvelle guerre avec Westeros. Son ton était inflexible, peut-être que les Uller pouvaient impressionner par leur folie, mais cela ne ferait pas céder un Martell. Je respecte le fait que vous soyez venus me parler de vos projets avant de les mettre en œuvre et c'est ce qui vous différencie des maisons traîtres de Dorne, mais je n'accepterais aucune désobéissance. Le ton était ferme et laissait entendre que les choses risquaient de déraper s'il y avait la moindre trahison de leur côté. Si le fait de vous battre vous démange tant, je puis toujours me débrouiller pour que vous prouviez aux Bieffois qu'un Dornien peut les dominer. Mais il me faudra l'assurance que vous ne comptez pas me désobéir. Je peux me montrer très généreux avec les gens qui me sont fidèles, mais c'est tout aussi valable dans le sens contraire. »

     Il ne le menaçait pas non. Il disait simplement la vérité. Si les Uller envisageaient de pouvoir tenir ce que leur Prince leur demandait, il prévoyait de leur réserver une place d'honneur dans le plan qui venait d'émerger dans son esprit. Une manière de les récompenser, mais surtout de prouver qu'il était bel et bien un Dornien.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 5 Aoû 2012 - 13:30

Myriah Martell, non… Myriah Targaryen. Celle qui aurait dû régner, l’héritière que l’on avait vendue comme une simple bête d’élevage aux maudits qui peuplaient le nord, celle qui avait été condamnée à perpétuer la lignée des chevaucheurs de dragons et à abandonner son pays pour vivre dans ce tas de bouse séchée qu’était Port-Réal. Ce souvenir le rendait amer, certains auraient pu trouver un certain réconfort dans le fait que « leur » roi ait au moins une part de sang Martell dans les veines, dans le cas de Rennifer il n’en était rien, il s’agissait là d’une honte supplémentaire qui venait s’ajouter à l’infamie que représentait cette prétendue paix, et l’idée qu’une guerre puisse représenter un risque pour la vie de celle qui était à ses yeux perdue depuis longtemps déjà ne pesait en rien sur ses motivations. Par respect il garda cela pour lui, le sujet fut de toute façon bien vite balayé par l’impact qu’eurent les paroles suivantes du Prince. Ses hommes étaient effectivement bien mieux entrainés et organisés que les brigands des montagnes, que les Bieffois soient capables de faire la différence il s’en moquait bien, accuser ces caricatures de guerriers était une idée de Luan, pas la sienne. Il n’avait pas l’intention de laisser le moindre survivant témoigner de ce qu’il avait vu, de même qu’il ne laisserait nulle trace de leur passage, pour les mangeurs d’herbe tous les Dorniens se ressemblaient, jamais ils ne pourraient prouver quoi que ce soit. Ce plan fonctionnerait, il le savait.

La tension dans ses muscles s’accentua petit à petit alors qu’il entendait la réponse à sa demande, si n’importe quel autre homme au monde s’était trouvé en face de lui il aurait déjà laissé libre cours à sa colère et traité de lâche celui qui prenait en considération l’opinion de leurs ennemis héréditaires. Etre comparés aux Fer-nés ? Eh bien soit ! Les histoires sur les pirates des mers de l’Ouest rapportaient que tout comme les Dorniens ils refusaient la domination d’un autre, avec des idéaux basés sur le combat comme l’une des seules preuves de mérite, Rennifer préférait cette réputation à n’importe laquelle de ces seigneurs de l’orage ou des fleurs. La suite lui noua les tripes alors que sa mâchoire se crispait jusqu’à en faire crisser ses dents, il en devint presque aussi immobile qu’une statue lorsque que le Prince se releva. Il écouta, tendu comme une corde d’arc prête à se rompre sous la pression, mais il attendit, attendit jusqu’au bout, quand vint le refus définitif qui condamnait une génération entière à devoir attendre sans négociation possible ni alternative. Pire qu’un rejet provisoire, on essayait de tordre le cou à l’idée même de réclamer leur indépendance, c’était intolérable, non, tout simplement inimaginable.

Le vieux lancier pris une légère inspiration et quitta son siège à son tour, poings appuyés sur la table et épaules voutées à l’instar de la posture qu’il adoptait habituellement en combat, il n’en viendrait pas à poser la main sur son seigneur, la fierté de son nom en serait entachée, mais par la Mère-Rivière comme l’idée devenait de plus en plus tentante alors que la tension dans l’air augmentait davantage à chaque seconde. Il tourna la tête et jeta un regard lourd à Anissa, en quête de la même indignation qui l’habitait en cet instant dans les yeux de la chair de sa chair, avant d’en revenir au Martell. Il ne prit pas la peine de surveiller son ton ou le volume de sa voix, l’envie de hurler lui déchirait la gorge en même temps que des centaines de menaces et de malédictions bouillonnaient à l’intérieur de son crâne.

« Nos ancêtres sont les seuls à avoir su résister aux dragons, même la mort venue du ciel a été forcée d’admettre sa défaite face au désert. Il en a été de même pour l’enfant prince qui après s’être targué de nous avoir dominés est mort peu après en essayant de conserver ce qui n’était pas sien. Dorne n’a pas besoin de cette paix, Prince, elle n’en a jamais eu besoin. Ce qu’elle demande, ce que nous vous demandons, c’est de pouvoir lutter pour la seule cause qui importe ! »

Ses phalanges vinrent marteler en un coup bref le bois sous ses doigts, dans son état il ne songeait qu’à détruire et tuer tout ce qui l’entourait, et retrouver le fil de ses pensées s’avéra de plus en plus difficile alors que la douleur dans sa main ne réussissait qu’à faire croître son emportement. Il avait atteint là les limites de sa maigre patience.

« Le Bief n’est pas un adversaire à terre, c’est une gigantesque larve qui n’a jamais su combattre et qui nous inonde de sa condescendance ! J’aurais la plus grande fierté à égorger jusqu’au dernier enfant de ces terres vertes si cela permettait d’assurer à nos descendants un avenir juste ! S’ils sont affaiblis ils ne peuvent s’en prendre qu’à leur mollesse, pour moi il ne s’agit que d’une opportunité à saisir ! »

Sa vision commençait à légèrement se brouiller en dehors du centre de son attention : Maron Martell était à présent la seule silhouette distincte sur un fond flou et ondoyant déformé par sa rage. Dans ces moments-là, généralement lorsqu’il combattait, il en venait à oublier jusqu’au lieu où il se trouvait et son propre nom, toutes ses capacités se concentrait sur un seul point précis et occultaient tout le reste tant que sa colère demeurait.

« Vous avez le pouvoir requis pour nous mener vers la victoire ! Tous vos seigneurs le savent et n’attendent que cela, ils n’écoutent les Ferboys que parce que ces derniers leur promettent ce que vous leur refusez ! Mon Prince, la guerre viendra et nous la remporterons, retarder les choses ne nous sert à rien ! »

Il se mit à faire les cent pas sans jamais tourner le dos aux personnes présentes. Ils auraient dû lancer l’opération de guérilla frontalière sans en avertir personne, nul n’aurait pu rapporter le départ d’une troupe armée de Denfert, les probabilités que cela se produise étaient presque nulles, mais Luan lui avait affirmé que les seigneurs des montagnes finiraient par remarquer leur passage, et qu’entendre la nouvelle de leur assaut par la bouche d’autres Lords ne ferait qu’entrainer la colère de la Maison Martell. L’argument était logique, réfléchi même, mais à présent qu’il voyait où toutes ses précautions les menaient il se maudissait de ne pas avoir bataillé davantage dans le sens inverse de la diplomatie. Dégourdir ses jambes ne réussit pas à l’apaiser, et par la fenêtre le brouhaha des rues lui porta sur le système, s’il devait y avoir des conséquences à un refus il les assumerait avec joie, mais son neveu s’y refuserait, faire combattre pour son compte lui plaisait, mais dès qu’il y avait le moindre risque pour sa personne ou son titre il pliait aussi facilement qu’un satané brin d’herbe ! S’arrêtant au côté d’Anissa, il posa une main sur son épaule et la pressa fortement, les yeux toujours tournés vers son suzerain :

« Aujourd’hui c’est à moi que vous adressez votre refus, Prince, un jour, lorsque vous et moi serons retournés à la poussière, ma fille reviendra vers votre héritier avec la même requête, celle d’un conflit qu’il est de notre devoir de mener, et si à son tour votre sang s’y oppose ses propres descendants recommenceront, et ce indéfiniment autant de fois qu’il le faudra ! Nous n’avons rien à faire avec ces sept couronnes, rien ne nous lie à elles ! »

Les chances de faire changer d’avis Maron Martell étaient minces, voire inexistantes, mais puisque l’on dédaignait lui offrir le champ de bataille qu’il désirait il se contenterait pour l’heure de celui qui se tenait entre les différentes volontés à l’intérieur de cette salle. La proposition sous entendue dans les mots de son Prince ne trouva presque pas d’écho tant elle serait probablement dérisoire en comparaison, il voulait une guerre, une véritable guerre où tuer et mourir.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 6 Aoû 2012 - 1:52

Brièvement, les mains d'Anissa se crispèrent sur le bois qui leur servait de support. Le visage qu'elle scrutait s'assombrissait, comme un ciel se couvrait de nuages annonciateurs d'une tempête. Les lèvres de la Vipère s'étirèrent sans sourire, ses épaules se tendirent tandis que ses jambes se fléchissaient par réflexe ; on aurait pu croire qu'elle allait bondir sur son Prince et le mordre en plein visage. Elle resta presque immobile alors que son monarque, lui, recommençait à se mouvoir, d'abord par de faibles crispations, puis de plus amples, trahissant une colère montante. Il n'eut pas été son Seigneur, elle aurait raillé ses premiers propos sitôt les mots tombés. Sa sœur, Myriah, devait hériter et avait été échangée contre une paix dont ils n'avaient que faire, puisqu'ils étaient victorieux jusque là. Sorcellerie, traîtrise, faiblesse, manipulation, peu lui importait ! Elle avait été livrée à l'ennemi, elle avait pondu des rejetons là-haut, son ventre avait vomi des rognures de chair consanguine. Hé bien, oui, elle pouvait crever ! Qu'était-ce que sa méprisable vie si c'était le prix à payer pour voir leur Dorne, leur belle et digne Dorne, libérée ? Elle se serait jamais plus qu'un bubon creux, maintenant qu'elle avait accouché de son pus, autant racler les derniers fragments de sa chair qu'elle imaginait puante. Anissa déglutit une salive au goût âcre de haine et de soif mêlées, cillant alors que Maron poursuivait au propos des pillards qui auraient du être accusés. Ses arguments tombèrent à côté de l'esprit de la Vipère des sables. Elle refusait de croire que le peuple mou et indolent du Bief puisse savoir différencier un soldat entraîné d'un brigand brandissant par chance son arme par le bon côté, de la même façon que les ignares ne distinguaient que mal un loup d'un chien de berger. Et quand bien même ils s'indignaient ? Qu'ils viennent ! Qu'ils viennent donc leur réclamer justice, ah ! Qu'ils osent s'avancer sur les sables brûlants, ces tas de flan, elle serait amusée de voir combien d'entre eux ne se mettaient à pleurer et à implorer grâce après une seule journée de manœuvres ! Elle avala péniblement une seconde fois, happant à elle un peu de calme et de distance, comme elle le faisait par réflexe à chaque fois qu'une frustration qu'on lui imposait dépassait ce que son mépris amusé pouvait encaisser. D'ordinaire, elle tissait une toile et ourdissait en elle-même un biais sadique pour se venger de belle façon, là, devant son Prince, elle ne pouvait pas. Gênée, bloquée, éberluée en partie de ne pas avoir réponse positive devant de telles déclarations – et pire, qu'elles soient mal accueillies – Anissa ne savait comment réagir.

Le Prince se leva, elle se détacha de son appui, soudainement aussi droite et raide que sa lance. Son père se redressa également en retour et elle les scruta tous deux, fauves acrimonieux devant le reptile perplexe et heurté qu'elle était. Ils étaient tous trois de fiers dorniens ! Il ne pouvait avoir qu'une expression d'unité ! Ça n'était pas normal, ça n'était pas logique, pire, ça n'était pas digne de leur désert aimé ! Qu'est-ce qui n'allait pas ? Maron évoqua des vautours et l'expression tira à la jeune « lady » un sifflement aussi bref que moqueur, trahissant tout son jugement au propos du Bief d'un simple son étranglé. La faiblesse était la faiblesse, que ces Seigneurs empotés furent incapables de s'unir autrement qu'avec leur propre sœur et non sous des termes militaires, mais qu'importe ! Mais au contraire ! Qu'avaient-ils à gagner à s'adouber de cette coalition sans allure ? Qu'ils se révoltent, ces royaumes, si leur roitelet était incapable de tenir une poignée de marins en respect ! Elle cilla toutefois, se figea, le sang glacé, à l'un des mots tombés des lèvres serrées de son monarque. « Jamais ». Il avait dit, jamais. Toute sa fièvre tomba, toutes ses pensées cessèrent de bouillonner. Elle darda un regard à son père, lequel, justement, cherchait le sien. Là où elle trouva de l'indignation brûlante dans ses prunelles, il put puiser, lui, l'étoile d'une brisure profonde. Elle réalisait tout le poids de ces propos en ce seul instant : son père venait de se faire refuser de front, directement et sans la moindre légitimité – à ses yeux – devant leur désert-mère son désir le plus ardent et la quête de sa vie entière. Martell venait de saisir l'honneur de son père et de le jeter à terre. Une colère noire, profonde et froide remplaça son sang dans ses veines par une onde épaisse et glacée, comme un pétrole fait de haine. Alors que son père bougeait, frappait et éructait pour exprimer l'ire qui le saisissait, elle restait immobile, le venin lui montant aux lèvres avec une force singulière. Ce n'eut été qu'elle face à son Prince, elle aurait tempêté, mais n'aurait pas été si blessée. Mais il y avait son modèle, son maître d'armes, ses armoiries qui venaient d'être déchirées avec dédain et le calme qu'elle affichait – et, curieusement, ressentait – n'augurait rien de meilleur que des cris, bien au contraire. Elle était au delà de la rage. Son Prince avait blasphémé.

La main de Rennifer se posa à son épaule, elle ne remua pas, ne chercha pas à la prendre de la sienne, mais le mouvement léger de son menton qui se redressait suffisait à exprimer l'approbation ferme dont elle signait les propos du vieux guerrier. En digne enfant de son père, elle s'abstenait d'être démonstrative au delà de ce qu'il était nécessaire d'exprimer. Et si certains ne comprenaient pas, qu'importait – elle n'allait pas perdre son temps pour des décérébrés. Dans sa fixité, il lui semblait que seul son cœur s'agitait encore et qu'il avait pris place dans sa gorge, laquelle lui brûlait. Des éclats cendreux pétillaient devant ses yeux étrécis, aux pupilles dilatées comme une bête enragée, lorsqu'elle s'exprima. Sa voix, basse et rauque, était clamée sur son ton ordinaire, ce qui, entre les éclats de voix des hommes, devait paraître tenir du murmure posé.
    « Ils ne nous méritent pas, mon Prince. Ils ne méritent rien de nous, pas même la salive de nos crachats sur leurs cadavres. Ils ne valent rien. Ils sont affaiblis ? Ah, les pauvres minets, comme c'est mignon, je suis attendrie. Elle lâcha un ricanement bref, tenant du rire de hyène. Et ? Et après ? Vous pensez que si un de ces pourceaux tombait sur une de nos vieilles femmes ou un de nos gamins, ils le plaindraient ? Non ! Non, ils ne le feraient pas, et s'ils ne nous ont pas encore noyés sous leur fange, c'est parce qu'on se tient encore assez nombreux aux frontières pour flécher tous les culs puants qui s'y dandinent trop franchement ! »

Elle esquissa un mouvement de main, lent et raide d'être contenu, alors qu'elle reprenait d'un ton modulé.
    « J'ai juré, mon Prince, et je le jurerai encore. Jamais, jamais, jamais ! Laissa-t-elle échapper en un unique éclat de voix, avant de reprendre un souffle aigre. Jamais, disais-je, je n'irai à l'encontre de mon seigneur. Parce qu'il est le seigneur du désert. Mais aucun roi, mon Prince, aucun roi ne pourra un jour me dire ce que je dois faire. Qu'il vienne en personne s'il exige quoique ce soit. Mais, regardez. Regardez ce qu'ils font ! Ce qu'ils ont déjà fait ! »

Elle pointa son père, puis la fenêtre, sans la regarder.
    « Discorde ! Ignominie ! Mollesse ! Voilà ce qu'ils insufflent dans nos terres, voilà comment ils espèrent nous vaincre ! C'est de la gangrène, une maladie faite de toutes ces têtes d'étrangers qui vivent et marchent sur les lits de nos ancêtres. Regardez bien ! Regardez-nous ! C'est ça ce que nous devenons ? Des êtres incapables de s'entendre sans hurler alors qu'ils veulent la même chose ? Notre mère, notre désert, doit être guéri de cette... Saloperie qui s'étend et croit pouvoir croître ! Ils me répugnent, ces gens mous ! Leurs yeux sont mous, leurs esprits sont mous, leurs os sont mous, même, j'en suis certaine ! Et ils nous combattent, mon Prince, comme des gens mous. Lentement, en s'insinuant ! Ils sont écœurants et lâches. Et ce n'est pas Dorne, mon Seigneur ! Ce n'est pas Dorne ! Ça ne sera jamais Dorne ! »

Elle se tut, gardant un bref instant de silence, la vue brouillée au point d'en être presque aveugle et les tempes vrillées par une douleur née de l'orage qui tempêtait dans son crâne. Elle se massa brièvement les sinus, grogna vaguement, et ajouta derrière sa main, d'un ton rendu nasillard par son mouvement.
    « Jamais je ne vous trahirai. Mais jamais je ne cesserai de vouloir la seule chose que Westeros mérite de recevoir de notre part : la plus cinglante des défaites. »

Elle reprit un souffle plus lent, plus composé, le visage toujours beaucoup trop neutre pour ne pas projeter les émois trop contraires et trop déchirants qu'elle ressentait. Elle ne pouvait pas concevoir que leur dirigeant leur refuse cette guerre de façon si définitive, si péremptoire. Il ne pouvait pas avoir cédé, la guerre ne pouvait pas être à ce point... Perdue. Elle songea un instant à Otton, son petit frère que sa mère devait couver, alors que lui devait rêver de partir chasser, l'esprit clair, serein et fier. Elle ne voulait pas que des étrangers ne viennent lui dérober la pureté de sa pensée chasseresse, ou insuffler des désirs immondes et superficiels au milieu de ses rêves à propos des dunes et de la fierté. Elle darda un vif regard à son père : de toutes ses maigres notions de rétribution et de morale, elle jugeait ce jour profondément injuste. Rennifer s'était toujours battu sans retenue, sans s'épargner, pour leur mère de sable. Il mourrait en la sachant envahie, souillée alors qu'il serait entravé par sa propre loyauté. Confusément, elle se dit que son esprit n'en trouverait jamais le repos, et qu'il faudrait qu'elle tue beaucoup de ces étrangers au dessus de sa tombe, afin que son spectre s'abreuve de leur sang souillé et y trouve un semblant de satisfaction, à défaut de cette paix dont elle ne voulait plus jamais entendre parler.


Dernière édition par Anissa Uller le Ven 10 Aoû 2012 - 16:36, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Prince de Dorne
avatar

Maron Martell
Prince de Dorne

Général
Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
368/500  (368/500)


Message Lun 6 Aoû 2012 - 17:24

     Il pouvait comprendre, ou plutôt il comprenait parfaitement la colère qui habitait ses interlocuteurs. Quel Dornien n'aurait pas voulu voir son peuple « libre » et détaché, pouvoir dire qu'ils n'obéissaient à rien d'autre que leurs envies ? Certes, Maron aurait apprécié de pouvoir vivre en temps de guerre et défendre l'honneur de sa région pour prouver à tous que les habitants du désert étaient plus dangereux que ces pitoyables Fer-nés qui ne vivaient que de pillages. Mais il ne le pouvait. Son père avait implanté la paix à Dorne et désormais, il était du devoir de Maron de perpétuer cette paix et même l'étendre aux autres régions, comme le Bief par exemple. Pourtant le Prince savait parfaitement qu'une potentielle alliance avec cette région ne ferait que provoquer la colère, si ce n'est la haine, des vassaux encre habités par l'envie de piller cette région. Le temps de la guerre contre Westeros était révolu et désormais ils faisaient partie des sept couronnes. L'intonation et le volume des paroles de messire Rennifer ne contrarièrent pas Maron qui ne voyait là que le signe évident d'un homme passionné. Il regrettait amèrement de ne pouvoir lui permettre de rentrer avec ce qu'il désirait. Il était le type d'hommes qu'il était bon d'avoir à ses côtés, mais à présent il apparaissait évident aux yeux sombres du suzerain que ses relations avec la maison Uller risquaient de prendre du plomb dans l'aile.

     Posant son regard sur l'homme d'armes qui manifestait son hostilité au Bief d'une manière plus que nette, Maron resta silencieux. Il n'aimait guère parler pour rien dire et préférait attendre que son interlocuteur eut déversé toute sa bile avant de dire quoi que ce soit. Le sujet des Ferboys le fit légèrement grincer des dents et sa physionomie le manifesta assez clairement lorsque son regard s'assombrit au simple énoncé de ce nom. Lorsqu'il gagna à nouveau sa place aux côtés de sa fille, Rennifer lui laissa la parole et ce fut elle, qui restée immobile et silencieuse jusqu'à présent, reprit le flambeau des doléances. Ce qu'elle disait avait beau être très dur, c'était véridique sous certains angles, mais ils voyaient cela d'un regard de Dorniens hostiles à Westeros et non d'une personne désireuse d'étendre la paix. Son discours étaient tout aussi passionné que celui de son géniteur et face à de telles paroles, il était encore plus difficile de tenir tête et d'avancer des arguments pour contrer leurs tentatives. Après les derniers mots de la jeune femme, il lourd silence se fit, seulement troublé par le brouhaha des habitants qui circulaient sous les fenêtres. Il suffit que Maron reprenne la parole pour que l'atmosphère s'alourdisse une fois de plus.

     ▬ Si vous désirez réduire à néant l'influence de la royauté sur Dorne, je crains qu'il ne vous faille commencer par mon palais dans ce cas. Posant un regard dur sur le visage de la jeune dame puis de son père, le Prince enchaîna. Vous n'ignorez pas que mon épouse n'est nulle autre qu'une Targaryen, mes enfants sont donc souillés par leur sang si j'en crois vos paroles. Dois-je en conclure que dès que la Mère Rivière m'aura appelé à ses côtés, mon héritier se trouvera face à une rébellion menée par des ennemis de la couronne ? Le sujet changeait légèrement, mais aux yeux de Maron, c'était un point très important. Trystan, Nymeria et Quentyn portaient tous les trois les gènes des Dragons et vu la position des Uller, le Prince avait beaucoup de mal à envisager qu'ils puissent lui obéir. Tout n'est pas noir, tout n'est pas blanc non plus, même si vous veniez à chasser de Dorne toute trace des Targaryen, il restera toujours à Lancehélion des représentants de leur famille d'après vos dires. »

     Certes, Maron avait amèrement regretté cette alliance au début de son mariage avec la Targaryen. Il avait toujours désiré une épouse capable de démontrer le caractère des Dorniens et non une femme comme Daenerys qui rejetait en bloc le sable et la chaleur inhérents à Dorne. Les choses auraient été plus simples s'il avait épousé une fille d'une famille vassale, mais ce n'était pas le cas et désormais, les Martell étaient étroitement liés à la couronne, même si cela déplaisait fortement à bon nombre de Dorniens. Cette « faute » lui était assez souvent reprochée par les vassaux les moins fidèles, comme les Ferboys, mais peu lui chalait, il n'avait aucunement besoin de leur soutien. Il était évident que jamais le Prince n'accepterait que qui que ce soit touche à la chair de sa chair, ses enfants étaient son bien le plus précieux, après Dorne bien entendu. Est-ce que les Uller oseraient-ils répondre positivement à cette demande ? Il n'osait y croire, mais venant d'une famille réputée pour sa folie, rien n'était moins sûr. Ne quittant pas du regard ses interlocuteurs, le suzerain continua.

     ▬ Je comprends vos paroles et je comprends aussi votre sentiment, mais je ne peux donner cet ordre. Le Prince Olyvar a lancé un accord de paix à Westeros il y a plusieurs dizaines d'années de cela et nous avons beaucoup avancé depuis. Si je venais à changer de position et déclarer ouvertement la guerre à Westeros, ce serait comme si je crachais sur les actes et la mémoire de mon prédécesseur. Le temps de la guerre est révolu, il a pris fin lors de mariage de ma sœur et a été confirmé par la bataille du champ d'Herberouge. »

     Bataille qui lui avait fait comprendre que tous les habitants de Westeros n'étaient pas dénués d'intérêt. C'était aussi à partir de ce moment qu'il avait commencé à estimer Brynden Rivers, l'actuelle Main du Roi et certainement la personne la plus compétente qui soit. Mais il comprenait pourtant que les Uller ne saisissent pas ce qu'il percevait. Ils n'avaient pas de peuple à protéger, ils n'avaient qu'une envie à combler et certainement Maron aurait-il agi de la même manière si les places avaient été inversées. Son esprit de guerrier était titillé, mais même si cela le dérangeait, il devait faire appel à son côté diplomatique, comprendre où étaient les intérêts de son peuple. Marchant légèrement comme si ce simple mouvement lui permettait de remettre ses idées en place, il détourna son regard des deux individus pour regarder en direction des fenêtres.

     ▬ Je ne doute pas de votre fidélité. Je sais pertinemment que vous ne trahirez jamais Dorne et c'est pour cette raison que mon choix n'en est que plus difficile. Glissant son regard sur le visage de son homologue, il enchaîna. Dorne libérée serait celle que nos ancêtres avaient connus, mais elle serait aussi perpétuellement en guerre, même un peuple de guerriers a ses limites. Avec des hommes tels que vous, ou des femmes comme votre fille, je ne m'inquiéterais pas. Mais croyez-moi lorsque je vous dis que malheureusement, beaucoup de Dorniens ont oublié qu'ils étaient jadis de fiers guerriers. L'âge avait pris le pas sur la jeunesse et beaucoup de seigneurs s'étaient empâtés, leurs fils se reposaient sur leurs lauriers et ne seraient certainement plus capables de tenir tête même à des Bieffois. La guerre n'est pas la solution à tous les problèmes. »

     C'était un discours bien compliqué à tenir pour un homme comme Maron. Il ne se sentait vivant qu'une lance à la main et même les entraînements quotidiens lui apparaissaient fades. Rennifer voulait retrouver le plaisir de jadis, le Prince le comprenait, mais pour le bien de Dorne, la paix devait perdurer et persister. Détournant son regard pour ne pas laisser entrapercevoir la légère contrariété qui passait dans son regard, le Dornien serra les dents un moment avant de glisser sur un chemin plus difficile. Son ton se fit plus dur et plus sec.

     ▬ Quant aux Ferboys, ils promettent des choses qu'ils ne seront pas capables de tenir. Croyez-vous réellement que si ce sont les Martell qui possèdent la place des suzerains et non les Ferboys ce soit sans raison ? La Mère Rivière nous a prouvé qu'ils n'étaient pas capables de diriger, ils promettent monts et merveilles alors qu'ils ne sont même pas capables de choisir le bon camp. Ils l'ont prouvé une fois de plus à Herberouge et le feront certainement encore de nombreuses fois. Leurs échecs successifs devraient suffire à prouver aux autres seigneurs de Dorne qu'ils ne sont rien de plus que des trop vaniteux personnages qui convoitent une place qu'ils ne peuvent occuper. »

     Des paroles dures, mais prononcées d'une manière qui prouvait qu'il disait cela suite à une longue réflexion et non par simple désir de rabaisser les Ferboys. Cette famille désirait beaucoup, mais ils n'étaient pas capables d'assumer la moitié de ce qu'ils disaient. Ils avaient été humiliés à Herberouge en prenant le parti du traître, ils avaient raté la place de suzerains des siècles plus tôt en suivant la mauvaise personne. Ils étaient voués à l'échec et les suivre ne ferait qu'attirer les foudres de la couronne sur sa maison. Ses mains posées sur le dossier de la chaise où il était installé quelques instants auparavant, Maron inspira longuement pour essayer de calmer l'agacement net qui pointait le bout de son nez, puis il secoua la tête de dépit avant de planter son regard sombre comme l'ébène dans les yeux de messire Rennifer, passa à sa fille, puis en revint au point de départ.

     ▬ J'ai accepté de donner ma vie pour servir Dorne et je l'ai fait avec le plus grand plaisir, je ne regrette en rien ce choix et j'ai toujours tout fait pour que mon pays et son peuple soient au mieux. Contrairement à ce que nombre de Dorniens pensent, je n'ai pas perdu de vu les intérêts de Dorne, bien au contraire. En effet, nombreux étaient ceux qui pensaient que son amour pour Daenerys le rendait aveugle. Donnez-moi une seule action, une seule parole que j'ai pu faire ou dire qui est allé à l'encontre des intérêts de mon peuple et je réviserai mon jugement. Son regard ne déviait pas. Il est difficile de contenter tout le monde, en prenant une décision vous vous opposez forcément à protestations et bien souvent elles sont bien plus nombreuses que les cris de joie. Ce n'est que des années plus tard que l'on se rend compte du bien-fondé de cette décision. »

     Il ne cherchait pas à les convaincre qu'il faisait bien son travail, simplement à leur faire savoir qu'à ses yeux, seul l'intérêt de Dorne avait de l'importance. Et là, même son épouse pouvait témoigner puisque c'était à ses dépends et à deux de ses enfants.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 7 Aoû 2012 - 21:21

Cette journée n’avait été qu’une suite de déceptions et pourtant le soleil était encore loin de se coucher. Il y avait un certain temps que Rennifer n’était pas revenu à Lancehélion, ses devoirs envers sa Maison ne lui laissaient jamais assez de temps libre pour ce genre d’escapade décidée sur un coup de tête, sans compter la distance qui lui imposait de traverser la moitié du pays pour se rendre en un lieu qu’il détestait de toute façon. En tant que cité portuaire, la capitale était probablement le premier point d’ouverture sur le monde de la principauté aride, une ouverture qui offrait d’incroyables possibilités commerciales, ou culturelles pour les faiblards qui avaient le loisir de s’adonner à ce genre de passe-temps vain, mais qui se résumait dans la mentalité du vieux Dornien à une voie d’invasion bien plus insidieuse. Tous ces va-et-vient depuis les autres royaumes de Westeros lui donnaient envie de brûler jusqu’au dernier carré de terre pour effacer toute trace prouvant qu’il y avait jamais eu de la vie en ces lieux. Le siège de la Maison Martell en était devenu le symbole de ce qu’il honnissait tant dans son pays, une honte qui ne faisait qu’accentuer une colère déjà au plus haut. Durant les années qui s’étaient écoulées depuis sa dernière visite il avait vainement espéré que le nombre d’intrus s’était réduit, mais au contraire ils avaient proliféré comme de la vermine en se terrant dans les moindres recoins alors que le pouvoir trop souple leur permettait de poursuivre leurs pathétiques existences. À ce stade il ne s’étonnerait plus de voir sous peu des étendards du Bief recouvrir chaque mur du palais. En plus de tout cela son Prince, celui qui portait l’héritage de leur peuple dans sa chair et son âme, persistait à leur refuser tout ce pourquoi ils avaient quitté leur désert. La rage refusait de le quitter, elle en fut même exacerbée par les paroles de sa fille qui le confortèrent sur le bien-fondé de leur cause. C’était là la seule étincelle de fierté qu’il pouvait retirer de cette histoire, s’il n’en avait jamais douté depuis le premier jour où son ainée avait entamé un entrainement supervisé par ses soins, il détenait là la preuve que son œuvre et ses objectifs ne mourraient pas avec lui, Anissa combattrait jusqu’à son dernier souffle pour sa terre, et avec une telle mère ses futurs enfants en feraient de même. Maron Martell devenait en cet instant le Prince auquel il continuerait à jurer fidélité jusqu’à la fin de ses jours, mais non plus par estime martiale envers un dirigeant humble et efficace qui, malgré les manœuvres diplomatiques de son père, s’était acharné à préserver Dorne et ses possessions. Désormais il n’y aurait plus que le devoir d’un vassal envers son suzerain, les dernières traces de respect disparurent lorsqu’il fit mention de son épouse et de ses héritiers.

Aborder ce sujet suffit à lui faire serrer le poing jusqu’à ce que ses ongles entament le cuir de sa peau et rendent poisseuse de sang sa paume, ah il en avait aussi beaucoup à dire sur l’engeance de la princesse dragon ! Si seulement son seigneur avait abondé en son sens, il aurait pu faire abstraction de cet ignoble héritage. L’idée que la Maison Martell ait sa lignée entachée à jamais par ces parodies consanguines d’êtres humains suffisait d’ordinaire à le révulser, mais le nom restait celui de son dirigeant, et puisque leur éducation était tout aussi Dornienne que le lieu de leur naissance, l’espoir que ceux que Rennifer n’était pas loin d’appeler des bâtards arrivent à contrebalancer cet aspect honteux de leur ascendance avait survécu de justesse. Mais voilà, Maron venait de prouver que, tout comme son père qui s’était laissé séduire par les promesses du Trône de fer, lui aussi avait été corrompu, et par celle qui partageait sa couche ! Ah ! Dorne victorieuse contre dragons et armées, mais finalement domptée par une épouse ennemie et un matelas où l’engrosser ! Voilà une histoire qui ne manquerait pas de faire rire les nobles fleuris pour des générations. Pouvait-on parler de rébellion quand l’héritier n’était pas légitime ? C’était une question que d’autres trancheraient plus tard, son temps serait révolu d’ici à ce qu’une décision dans un sens ou dans l’autre ne doive être prise. Alors qu’il recommençait à marcher en tous sens, un effort vain pour évacuer la tension qui l’habitait, le sol lui de pierre lui sembla l’espace d’un battement de cœur aussi instable que le désert, les étendues de sable ne lui avaient jamais autant manqué qu’en cet instant, toutes mortelles et cruelles qu’elles étaient jamais elles ne le décevraient. Peut-être les choses auraient-elles été différentes si Dorne avait été dénuée de côtes pour n’être qu’un désert sans fin, et peut-être alors ne seraient-ils pas réduits à participer à cet affrontement de mots qu’il savait à présent perdu.

Son Prince continua à parler, chaque syllabe s’imprima au fer rouge dans son crâne, distincte et avec assez de poids pour qu’il s’en souvienne à jamais, y compris le passage sur les Ferboys qui étaient à des lieues de ses préoccupations actuelles. Evidemment que cette Maison des montagnes n’était qu’un ramassis de beaux parleurs et de rebelles potentiels, chaque interaction qu’il avait eu avec certains de ses représentants l’en avait assuré, ils promettraient une pluie de cent jours à tout Lord pourvu que celui-ci leur apporte son soutien, le dernier éleveur de boucs était au courant de cette vérité. Rennifer ne considèrerait jamais un de ces arrivistes comme prétendant légitime pour succéder aux Martell, si l’héritier de Maron se montrait aussi indigne de ses ancêtres Rhoynar que son père il serait bien possible de lui trouver un remplaçant dans une lignée secondaire de la famille, mais de là à opérer un tel revirement que celui des Ferboys, surement pas ! Le discours de son suzerain s’acheva sur un rappel de ses actes passés et des difficultés qui venaient avec le pouvoir. Un autre silence pesant s’installa alors, quelques gouttes d’un sang épais vinrent s’écraser sur le dallage depuis sa main sans même qu’il le remarque, les réponses possibles se bousculaient aux portes de ses lèvres, beaucoup d’entre elles suffisamment dures pour envenimer davantage la situation, certaines suffisamment piquantes pour pousser son interlocuteur à demander réparation par les armes. Malgré la tentation il se refusait à une telle éventualité, il ne serait pas celui qui tenterait d’achever la vie de celui à qui il avait juré fidélité, c’était un comportement digne des autres habitants de Westeros mais surement pas d’un Dornien envers un autre Dornien pur souche. Aussi il se refusa à répondre à la question sur le métissage des enfants Martell et poursuivit :

« Il n’y a qu’une raison pour laquelle nombre des nôtres, du moins ceux qui ne peuplent pas le désert, se sont ramollis de la sorte, Prince. Qu’on me demande qui, de celui qui est mort âgé de vingt années sur le champ de bataille ou de celui qui s’est éteint gras et avec les cheveux blanchis en souillant ses draps a eu une existence digne de notre terre, et mon approbation ira sans aucun doute au premier ! La paix nous tue plus lentement mais avec autant de certitude qu’une lance entre les deux yeux ! »

Il croyait en chacun de ces mots, l’idée que les siens s’affaiblissent jusqu’à devenir à l’image de leur ennemis jurés demeurait l’une de ses pires craintes, une fois ce cap franchi il n’y aurait plus de retour en arrière possible, les vrais guerriers s’éteindraient pour laisser la place aux amateurs de poésie et de festins trop copieux. Son Prince lui avait offert un sauf-conduit pour exprimer ses doutes, eh bien soit.

« Vous avez laissé votre peuple entamer le processus qui l’amènera à sa perte en poursuivant la volonté des morts, cela je le désapprouve sans pour autant y désobéir puisqu’il s’agit de vos ordres. La fierté guerrière qui dépérit ne sera jamais bénéfique quel que soit le nombre de siècles où vous attendrez de voir ses bienfaits supposés se produire. Vous finirez par le comprendre si la Mère-Rivière vous accorde cette vision depuis l’au-delà ! »

Il s’approcha de Maron jusqu’à n’être plus qu’à deux pas de celui-ci, il n’esquissa pas le moindre geste brusque qui aurait laissé croire à un assaut dicté par un coup de folie, au lieu de cela il parvint par on ne savait quel miracle à baisser d’un ton, et enchaina :

« Puisque vous refusez sa guerre à votre pays, Prince, je trouverai tout de même la mort selon les termes que j’aurai choisis, cela vous ne pouvez me l’enlever. Un jour je franchirai seul ces montagnes et je tuerai quiconque osera répondre à mon défi, soldat, brigand, Lord même, jusqu’à finalement m’effondrer à mon tour pour ne plus jamais me relever. Denfert ne saurait être tenue responsable des actes isolés de l’un des siens, ils pourront même prétendre qu’il s’agit là des dernières volontés d’un vieillard gâteux je m’en moque. Mais ma fin sera celle que tous devraient envier et rechercher, s’il est trop tard pour que vous le compreniez eh bien tant pis. »

Sa respiration s’était un rien apaisée en même temps que ses muscles, Dorne finirait par trouver un moyen de s’extraire des pattes molles des rois usurpateurs, nul ne pouvait retenir indéfiniment un serpent sans être mordu en retour, il devait à présent se faire à l’idée que jamais il ne verrait cela se produire et agir en conséquence. Il tourna la tête vers Anissa :

« Lorsque ton tour viendra souviens toi de ce jour et tire en les enseignements qui s’imposent. »

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 10 Aoû 2012 - 21:21

Au delà de la rage, Anissa découvrait l’écœurement. Ce dégoût n'était pas seulement celui de la saveur âcre qui stagnait sur sa langue, cette ire n'était pas celle venue de la simple contrariété de s'être vue refuser une guerre légitime, non, c'était bien au delà. Si la Vipère avait une spiritualité riche, son cœur étroit n'avait jamais encore trouvé de place pour les paradoxes et les désillusions. C'était l'apanage de la jeunesse que de refuser toute concession et, d'une certaine façon épargnée des errements de l'âme par la dureté permanente de son environnement qui n'autorisait qu'une attitude dominante, elle faisait face à un véritable désenchantement. Il n'y avait pas meilleur terme : la magie entourant la maison Martell avait disparue. Non, ils n'entendaient pas les chants du désert, non, ils n'étaient pas les souverains fantastiques qu'elle s'était figurée qu'ils étaient enfant et qu'elle croyait encore, avec une naïveté dépourvue d'innocence, qu'ils incarnaient encore malgré la paix. Les rires difformes venant de la rue, les parfums bizarres et étrangers qui flottaient dans la demeure, le souvenir des discrètes mais présentes marques d'une façon de vivre qui n'était pas la leur ornant le palais, tout lui revenait avec une acuité forte et harcelait ses sens comme si le jour lui paraissait après des années à vivre dans une cave sombre. Ils étaient partout, ces rois mous et gras, ils avaient corrompu l'impensable : la maison régnante. Anissa avait envie de l'agripper, d'enfoncer ses ongles dans la peau de ses épaules, de chercher l'os rude des clavicules princières de ses doigts pour lui hurler en plein visage : « Où est ton blason ? Qu'as-tu fait de ta devise ? » Mais, non. Mais rien, elle ne bougeait pas. Interdite durant un moment avant d'avoir parlé, maintenant qu'elle constatait l'effet creux et vain de ses paroles – pourtant si sincères et sacrées – la Vipère ne trouvait rien à dire. Pleine de cet émoi dont elle ne savait que faire, incapable d'ôter le manteau flasque et moite qui s'était abattu sur ses épaules, elle entendait, elle n'écoutait presque plus. Elle ne voyait, dans le brouillard accusateur de ses pensées lointaines, que la résignation du souverain, la crispation de ses lèvres à évoquer le tas de viande infâme qu'il avait épousé et les enfants que cette chose avait su rejeter avec une forme suffisante pour les nommer héritiers, que l'abandon de la lutte dans ces mains de guerrier qui n'iraient jamais percer la poitrine de l'avorton injurieux sur son trône de fer.

Elle ne pouvait pas partir, pas tant qu'il n'avait pas terminé, pour l'honneur de son père et de son nom, mais il n'y aurait pas eu ses armoiries et leur réputation qu'elle lui aurait sans doute craché au visage avant de partir très loin, et de ne plus jamais se présenter à lui – quand bien même ordre aurait été donné. Chaque mot qui parvenait à Anissa ajoutait une goutte de venin à son aversion pour tout ce qui était dit. Il admettait. Il admettait ! Mais que leur importaient une paix prononcée par son père, le Prince Olyvar ? Il était temps que ça cesse, temps que ça serve : qu'on dresse une armée céans et qu'ils marchent et embrasent Port-Réal et tous les fiefs qui se trouveraient sur leur route, quitte à profiter de la surprise effarée devant leur audace incroyable ! Martell en revenait au sujet de sa plus profonde révolte : le peuple devenait mou, les seigneurs eux-mêmes s’empâtaient comme des castrats veules et bouffis. Bientôt ils se poudreraient pour feindre d'être pâles et d'avoir la peau fine. Et que voulait-il en faire ? Rien ? Rien ! Était-ce la réponse d'un Prince, rien ? Il avait peur de la guerre ! Il osait affirmer que Dorne trouverait là sa fin dans la défaite ! Mais la Uller bouillait soudain : elle préférait crever au combat que de vivre sur une terre prostituée au bon vouloir d'un être si faible qu'il n'avait pas su y brandir une lame ! Elle tremblait presque. Elle avait envie de tuer, là, il fallait qu'elle tue, qu'elle broie, qu'elle brise quelque chose, vite ; une odeur singulière mais familière frôla ses narines dilatées par les monceaux de répugnance qu'elle ressentait. Une goutte à terre attira son œil : du sang frais. Fi des discours sur la diplomatie, sur les plaintes et les bénéfices d'une difficile décision, tout ceci n'étaient que fadaises princières destinées à couvrir sa propre lâcheté. Lâche, il l'était, de ne pas affronter le fantôme d'un père et le déplaisir d'une épouse blafarde pour accomplir son premier devoir ! Elle fixait l'ombre carmine à terre, plus tendue que la corde de son arc devant un Bieffois. Elle déglutit lentement, avec application, alors qu'elle sentait presque en sa gorge la saveur suave et doucereuse du fluide vital. Elle en remontant la trace, glissa les yeux sur le poing fermé de son père. Rennifer se contenait à en saigner.

Décrochant difficilement le regard de cette main estimée qui s'infligeait une souffrance certes faibles, mais une souffrance toute de même, elle posa dans ceux du souverain, qui vint ensuite à la regarder. Si Maron montrait du dépit, les iris d'Anissa luisaient de ce fanatisme outragé qu'on ne voyait briller que dans les yeux des prêtres les plus affirmés, des soldats les plus conditionnés ou des fous les plus instables. Son père parla. Exposant à nouveau ses propres pensées quant à l'amollissement coupable du peuple de son désert-mère, quant à la complicité du Prince dans le lent empoisonnement de leur terre, elle n'ajouta rien d'autre que son attitude limpide : elle refusait. Elle refusait tout, en bloc, que ce fut de trahir comme de concéder, de renier son monarque comme de ployer l'échine devant celui qu'il était censé révérer. C'était impossible, certes, mais elle était Uller, et les Uller ne s'encombraient que rarement de la réalité dans son entièreté. Elle ne verrait plus jamais la Maison Martell comme bénie et choyée, mais elle ne laisserait pas les paroles des étrangers que les lèvres de son Prince colportaient souiller son domaine ou Dorne en elle-même. S'il fallait attendre que Maron meure, elle attendrait. S'il fallait attendre de juger par elle-même la teneur de la moitié de Targaryen qui monterait sur le trône, elle le ferait. Non, elle n'estimait pas dès à présent qu'elle lui fendrait le flanc de sa lance sitôt qu'elle en aurait l'occasion, estimant que peut-être, par miracle, il entendrait le désert lui parler et renierait sa mauvaise part – s'il ne le faisait pas, elle ne trahirait pas la lignée Martell en assassinant ce souverain. Elle porterait la main sur un demi-dragon, pas sur son Prince.

Son père s'avança, mutique, elle en fit de même, sa main finissant enfin par se tendre pour serrer son poing sanglant et nouer ses doigts aux siens, s'imbibant de l'onde rouge qui, déjà, se faisait poisseuse. Peut-être était-ce le timbre plus bas de Rennifer, peut-être était-ce ce contact sanguin, toujours était-il que sa rage prit une tournure différente. Loin de s'apaiser, elle poursuivait sa métamorphose et si, d'indignation bouillante, elle s'était faite haine glacée, elle devenait là une détermination de fer mêlé de viscères. Elle se jura de venger son père dans l'affront qui lui avait été fait, de transmettre à son frère, à ses enfants à elle et à tous les descendants de sa lignée, tant qu'elle vivrait, le chant terrible et puissant de l'aversion envers tout ce qui n'était pas les dignes héritiers de leur Dorne pure. La déclaration de son géniteur, jurant sa mort solitaire et bafouée, pourtant tellement pleine d'honneur, l'émut bien au delà de ce qu'elle aurait pu exprimer et de ce qu'elle voulut montrer. Elle pinça les lèvres, se les mordit, mâcha brièvement sa langue pour avaler son émotion étranglée avec une salive pleine de sang. Rennifer tourna la tête vers elle, l'intimant de se souvenir, elle hocha très sèchement la tête.
    « Mes enfants en connaîtront les leçons. »

Serrant davantage la main de son père avant de la lâcher pour faire un pas en arrière, elle fit face à Maron, son regard dans le sien. Droite, elle énonça d'une voix froide et rauque qu'elle ne se connaissait pas, pour être sévère et détachée.
    « Si vous n'avez pas d'ordre, mon Prince, nous avons fini de parler. »

Jamais, avait-il dit. Jamais. L'écho résonnait encore dans ses oreilles, comme un glas sinistre : jamais, jamais son père ne verrait son rêve devenir réalité. Jamais, jamais il n'aurait la juste rétribution de ses sacrifices. Jamais, jamais il n'aurait sa goutte de bonheur au milieu de ces étrangers au mieux insipides. Jamais, très bien, soit, Anissa n'aurait donc plus jamais rien à annoncer à son Prince. Il était heureux que les Uller aient la loyauté rivée à l'esprit comme leurs mains au bois de leurs lances ; dans le cas contraire il y aurait eu une révolte dès le lendemain. A ses jeunes yeux, trop idéalistes et fermés pour seulement vouloir apercevoir les subtilités de la diplomatie et les nécessités accouchées par la réalité fade et cruelle, Maron Martell était coupable du pire et rien ne saurait couvrir son péché. Au jour de sa mort, se dit-elle, elle boirait beaucoup, rirait fort, et préparerait sa monture et son premier né pour revenir dans ce palais et parler au nouveau Seigneur de Dorne. Son enfant en tirera les enseignements qui s'imposeraient. En attendant, elle avait hâte de respirer l'air d'un dehors qui n'aurait pas brassé des milliers d'haleines de ces êtres trop faibles pour être des hommes, qui peuplaient le port. Portant sa main à ses lèvres, elle lapa le sang paternel qui rendait ses doigts collants. Le goût était âpre. Lui, au moins, n'avait pas de l'eau parfumée dans les veines.
Revenir en haut Aller en bas
Prince de Dorne
avatar

Maron Martell
Prince de Dorne

Général
Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
368/500  (368/500)


Message Sam 11 Aoû 2012 - 13:17

     Maron s'était parfaitement douté que cette rencontre avec les Uller ne serait pas une partie de plaisir et la suite de la « discussion » ne fit que le confirmer. Alors qu'il arpentait en long, en large et en travers la pièce, messire Rennifer répliqua aux paroles de son Prince par des mots qui montraient clairement ce qu'il pensait de tout ce baratin. Bien évidemment en tant de paix, les seigneurs se ramollissaient et perdaient leurs réflexes, mais ce n'était pas à cause de la paix, mais bien parce qu'ils le voulaient. La preuve ? Rennifer, Maron ou même les gardes de Lancehélion, personne n'était devenu empâté et épuisé à cause de l'âge et de la chaleur du désert, ils s'entretenaient et continuaient les exercices pour rester de véritables Dorniens. Si les autres seigneurs décidaient d'agir de la sorte et de devenir comme les nobles des autres régions, libre à eux, mais que l'on ne vienne pas accuser la paix. De nouvelles paroles lourdes de reproches alors que Rennifer exprimait au Martell le fait qu'il était seul responsable de tout ce qui arrivait, mais cela n'entamait pas pour autant la résolution de Maron à s'opposer à une nouvelle guerre contre le Bief. Il était dommage que l'homme d'armes ne puisse pas trouver son bonheur dans une paix qui permettrait pourtant d'explorer bien des horizons, mais cela ne changerait rien au fait qu'elle resterait installée à Dorne.

     La physionomie du Dornien montrait clairement que cet échange l'irritait, mais il restait muet, laissant son interlocuteur s'approcher pour déverser encore une fois sa bile, bien qu'à la grande surprise du Prince, son ton s'apaisa comme s'il avait compris que ses protestations étaient vaines. Il avouait clairement compter s'en prendre aux Bieffois lorsque l'heure de passer l'arme à gauche se ferait sentir. Ma foi, si c'était là sa dernière volonté, que vouliez-vous répondre à cela ? Bien évidemment, la maison Uller subirait l'hostilité des Bieffois et de ses voisins alliés aux Martell, mais ce n'était certainement pas le genre de choses qui avaient de l'importance pour l'homme d'armes. Après qu'il eut adressé quelques mots à sa fille, celle-ci répondit très brièvement de mots qui ne semblaient pas très importants, mais qui ne présageaient rien de bon pour les temps à venir. Bah, ce n'était guère surprenant au fond. Rien qu'à voir la manière dont la jeune femme se tenait ou arborait ce regard fanatique, il était aisé de comprendre qu'elle ne voyait même pas tout ce que pouvait engager de telles paroles face à d'autres nobles. Comme cela devait être bon de ne rien avoir à se reprocher, de pouvoir trancher la langue d'une personne qui nous manquait de respect et cela sans se soucier de ce que les autres pensaient. Le Prince restait impulsif et peu diplomate, mais il savait tout de même rester derrière le garde-fou. Ils souhaitaient donc partir. Soit. De toute manière la discussion touchait à sa fin et le Martell se contenta de le regarder dans les yeux avec intensité avant de répliquer.

     ▬ Il est en effet aisé de se voiler la face et de ne voir que ce qui nous arrange. J'aurais imaginé que vous étiez capables de voir plus loin que l'idée de pouvoir vous battre. Son regard se porta sur Rennifer. Si nos pairs se sont empâtés et ont cessé le combat, ce n'est pas en raison de la paix, c'est parce qu'ils le souhaitaient bien. Il n'y a qu'à voir vous et moi, nous serions tous deux capables de nous confronter au Bieffois à l'instant même si l'envie nous prenait et pourtant je n'envisage guère de relancer la guerre. Son ton était sec et emporté, bien que ses paroles restaient assez apaisées vu l'irritation qu'il ressentait. Ceux qui ont baissé les bras ne l'ont pas fait parce que je les empêche de se battre, ils l'ont fait parce qu'ils se complaisent dans la paix et dans le rôle du seigneur qui n'a que son domaine à gérer. »

     Son regard s'enflamma un bref instant avant qu'il ne détourne les yeux. Maron ne cherchait point à excuser ses actes, bien au contraire il estimait qu'il était du devoir du peuple de critiquer ses actions. Non, disons simplement qu'il souhaitait souligner à son interlocuteur – ou plutôt ses interlocuteurs – qu'ils ne pensaient pas comme la majorité des Dorniens. Si tous les seigneurs étaient venus le trouver en lui intimant l'ordre de déclarer la guerre à Westeros, là, le Prince aurait pesé le pour et le contre, quitte à bafouer le nom de son père s'il avait choisi cette solution. Mais il savait bel et bien que c'était un nombre réduit de seigneurs qui pensaient de la sorte et que même si bon nombre de Dorniens étaient encore hostiles aux habitants des régions voisines, nombreux étaient ceux qui désiraient faire un pas dans leur direction. Au fond, cela n'avait plus guère d'importance. Il apparaissait clair aux yeux sombres du Prince que les Uller ne seraient jamais en accord avec ce qu'il ferait puisque sa démarche était enclenchée sur le chemin de la paix et non de la guerre. Chassant ces pensées d'un geste impatient de la tête, il ajouta quelques mots.

     ▬ Vous êtes en âge de décider seul de votre mort me semble-t-il. Je regrette simplement qu'un homme tel que vous ne trouve son bonheur que dans les actes passés sans pouvoir aller vers l'avenir. J'espère que vous songerez à celui de votre famille en agissant de la sorte. »

     La guerre était dépassée, oubliée et le futur était fait de paix. Les temps à venir le prouveraient, mais Maron ne retournait pas les paroles de son interlocuteur contre lui. Il se contenta se soupirer comme s'il savait pertinemment que ce qu'il était en train de dire ne servirait à rien. Autant souffler dans un violon, les Uller ne verraient jamais les choses sous le même angle que lui. D'un geste de la main, il leur fit comprendre que la discussion était close, il n'y avait rien de plus à ajouter et il était fort probable que s'ils continuaient dans cette voie, les choses finiraient d'une manière plus brutale. Des Dorniens qui se parlaient n'étaient jamais très patients. Toutefois, malgré cet accrochage le Prince continuait à estimer les deux Uller, contrairement à eux qui semblaient avoir perdu toute estime pour leur suzerain. Ce n'était ni les premiers, ni les derniers malheureusement. Il les salua donc.

     ▬ Puisse la Mère Rivière veiller sur vous. »

     Des paroles bien étranges vu le discours qu'il venait de tenir en effet, mais les deux Dorniens n'étaient pas ses adversaires et par conséquent, Maron ne voyait aucune raison de leur souhaiter tous les malheurs du monde. Leur accordant un simple dernier regard, le Prince se détourna d'eux, sans pour autant quitter la pièce. Il n'avait jamais fuit d'un champ de bataille, il ne fuirait jamais de son palais, pas même devant deux individus qui semblaient lui en vouloir.

HP:
 



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
Revenir en haut Aller en bas
http://fallout-dog-city.forumactif.org
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 14 Aoû 2012 - 23:16

Et d’un simple geste de la main, aussi dérisoire que celui qui avait été suffisant pour faire disparaitre le but d’une vie, leur Prince lui fit comprendre que sa présence n’était plus souhaitée en ces lieux et que la conversation était donc terminée. A présent qu’il s’était fait à l’idée que jamais Maron Martell ne leur accorderait sa bénédiction, une partie de sa colère s’appliquait à passer en revue toutes les possibilités qu’il restait à essayer pour, à défaut de lancer par la force cette fameuse guerre tant débattue, tout mettre en place pour encourager les différents seigneurs à s’y engager. Ces derniers se complaisaient dans la paix ? Tsah ! Il ne pouvait s’agir que de ces quelques Lords le long de la Sang-Vert non loin de Lancehélion, il était plus que facile de se ramollir en étant éloignées des frontières de l’ennemi ou en évitant le grand désert, son suzerain ne pouvait avoir raison, cette majorité qu’il décrivait ne devait être qu’une minorité occupant le devant de la scène. Que faire pour les autres dans ce cas… Rennifer n’était pas un diplomate, il en incarnait même l’exact opposé comme venait de le démontrer cet échange plus que houleux avec un homme qui pouvait obtenir de voir sa tête au bout d’une pique d’un simple claquement de doigts, alors que pouvait il entreprendre pour faire se soulever chacun de ces nobles sableux et rocheux et leur faire crier haut et fort que ces temps de résolution honteuse étaient révolus ?

Luan, la réponse était simple, si lui, un simple second né vu comme un barbare primaire par beaucoup n’avait que peu de poids dans le domaine de la politique, son neveu pouvait largement user de son influence en ce sens, ils avaient été trop prudents en prenant la peine de demander une autorisation avant le pillage du Bief, ils devaient à présent faire preuve d’audace en déclenchant un contre-feu à la volonté de leur dirigeant. Il ne s’agissait pas de contester ouvertement l’autorité en place comme le faisaient depuis toujours les Ferboys, mais de cristalliser toute cette rancœur accumulée en un instrument de vengeance qui ne laisserait d’autre choix à Lancehélion que de convoquer l’ensemble de ses armées pour marcher de l’autre côté des montagnes. Les Forrest seraient probablement du même avis, leur Lord partageait leurs valeurs tout autant que son deuxième héritier potentiel, Daärim, la fille ainée serait un problème mais il restait possible de les rallier à cette cause. Oui, c’était la meilleure solution, ce qui venait se jouer dans cette pièce n’était qu’une première escarmouche dans cette guerre de volontés qui secouerait Dorne jusqu’à ce qu’elle entende raison ! Pour sa part il pouvait faire en sorte de faciliter ce processus, proposer son aide et celle de ses hommes contre les brigands, qui constituaient une épine dans le pied de presque tous les Maisons de Dorne ou presque, dans des opérations de purge précises qui attireraient aux Uller les bonnes grâces de leurs contemporains. Tenter d’amadouer ses pairs titillait la partie la plus farouche et indépendante de sa personnalité, cela revenait à admettre qu’il avait été incapable de réussir seul et qu’à présent il venait quémander de l’aide comme le dernier des traine-savates, cependant ils en étaient arrivés à un stade où la fierté d’un seul se devait de mourir pour que tous connaissent un avenir qui convenait à leur digne héritage, aussi il consentirait volontiers à ce sacrifice jusqu’au jour où il s’en irait rencontrer sa mort solitaire comme annoncée quelques instants plus tôt. Anissa était elle aussi suffisamment mûre pour partir de son côté à la tête de missions similaires à ce qu’il avait en tête , c’était même une bonne chose à son sens, elle parcourrait sa terre natale de long en large et apprendrait en voyant de ses yeux à quel point il est temps d’à nouveau brandir les lances et faire claquer les boucliers ronds de son peuple. Qu’elle finisse par se marier et quitter Denfert ou qu’elle devienne à son tour le bras armé de leur justice lui importait peu, dans un cas comme dans l’autre il était de son devoir d’être entièrement formée en tant que guerrière. Sans un dernier regard pour Maron Martell il quitta la salle d’un pas raide mais tout sauf précipité, il aurait préféré s’arracher les yeux à mains nues que de laisser croire qu’il détalait la queue entre les jambes, marmonnant au passage :

« Le Désert vous garde, Prince. »

Il attendit d’être suffisamment engagé dans ces maudits couloirs qui empestaient Port-Réal jusque dans le moindre détail de leurs décorations étrangères pour ouvrir à nouveau la bouche, les yeux rivés droit devant lui, avec ce ton sec qu’on lui connaissait dans les moments où son humeur était au plus mal.

« Si le jour où tu te présenteras devant le demi-dragon il t’est certain qu’il a hérité de la plus mauvaise part de son sang, cela voudra dire que cette branche des Martell est à jamais pourrie. Apprends leur généalogie et retiens qui serait à même de le remplacer alors, car il sera ton Prince ou ta Princesse légitime. Ne te laisse jamais aller à écouter les promesses de Ferboys, elles ne nourrissent pas mieux que le vent. »

Il se tut lorsque l’un de ces serviteurs du palais vint pour les intercepter, ou plutôt pour « reconduire ces nobles personnes jusqu’à leurs magnifiques montures », répondant d’un grognement tonitruant aux questions de l’insecte rampant jusqu’à ce que ce dernier se décide à faire taire les deux chenilles frémissantes qui lui tenaient lieu de lèvres. Rennifer commençait d’ailleurs à sérieusement envisager de lui encastrer le crâne dans le premier mur venu juste pour passer ses nerfs lorsqu’ils arrivèrent finalement aux écuries et à leur porte de sortie de ce lieu désormais maudit. Si la fidélité était un dû, ses différentes subtilités demandaient pour leur part qu’on les mérite, le statut de Maron le préservait d’une rébellion ouverte mais n’empêchait en rien que l’on discute avec d’autres des faiblesses de son règne, les seigneurs fleuris passaient leur temps à ça, eux trouveraient une manière digne de procéder.

Il monta en selle après avoir bu encore une fois de ses réserves, toute cette haine lui avait asséché la gorge aussi surement que les plus fortes tempêtes de sable, et même s’il ressentait toujours l’épuisement de l’aller, il refusait de passer une seconde de plus entre ces murs. Ils établiraient probablement leur campement près du fleuve, c’était un endroit tranquille, apparemment assez tranquille pour encourager les Dorniens à se gâter plus que de raison, cela conviendrait pour une nuit. Il attendit que sa fille soit elle aussi prête à partir et ne se fit pas prier pour quitter les lieux en trombe, lançant presque au galop son coursier des sables dans les rues pourtant fréquentées. Les cris de panique qui montèrent jusqu’à ses oreilles et la vue des badauds contraints de se jeter de côté pour éviter de finir piétinés par les redoutables sabots ferrés lui arrachèrent un demi-sourire, aujourd’hui deux simples chevaux suffisaient à faire trembler ces habitants usurpateurs, un jour ce serait la nouvelle que Dorne était revenue à ses anciennes valeurs et les condamnait de fait à disparaitre à jamais de son sol.

A ce rythme ils mirent bien entendu peu de temps à atteindre les portes, les gardes locaux réticents à l’idée de se mettre sur la route d’un homme apparemment issu de la noblesse, à en juger par son équipement et la force de sa monture, il s’assura qu’Anissa n’avait pas été ralentie et s’autorisa à revenir au pas une fois les grandes portes d’entrées franchies pour de bon.

« Il nous a interdit cette guerre, ma fille, mais tu verras que nous pouvons toujours agir sans désobéir à ses ordres de faible sans fierté, et nous vaincrons, c’est une promesse que je vous fais à toi et à tous ceux que tu enfanteras un jour. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mer 15 Aoû 2012 - 5:12

C'était fini. Ni les dernières paroles de son Prince, ni la colère sous-jacente de son ton, ni la dignité de son allure ne purent toucher la Vipère, qui s'était abritée derrière sa forteresse de certitudes érigée pierre par pierre depuis la naissance. Que le Martel se fende d'une remarque au propos de se voiler la face manqua de lui tirer un ultime éclat acerbe, dont elle se priva par égards pour son père, bien moins pour le trône. Aucun mot ne pourrait faire plier des Uller – ils n'étaient pas de la même trempe que ce Dornien face à eux. Ils étaient de pierre, il s'était fait d'eau et les racines putrides des consanguins aux cheveux clairs avaient percé à travers lui. Il ne savait plus ce qu'était Dorne, il ne mesurait plus ses dires – qu'importait, qu'importait. S'ils devaient être loyaux dans le meurtre et la mort, ils le seraient. Anissa adressa toutefois un dernier regard à Maron, lorsque ce dernier adressa à son père ses vœux quant à sa famille et à l'avenir de cette dernière. Pour la « lady », il était plus qu'évident que son géniteur se préoccupait d'abord et avant tout de l'avenir des siens, sans quoi il ne se soucierait ni de l'honneur de son nom, ni d'amoindrir l'effet politique de son propre décès, qu'il acceptait de couvrir d'opprobre ; l'insinuation du Prince lui fit serrer les dents jusqu'à ce que ses molaires en grincent. Aux salutations échangées, elle ne répliqua rien, se contentant de souffler un peu d'air par les naseaux et de ployer la nuque, de façon très raide et très sèche, se jurant que c'était la dernière fois qu'elle avait à baisser la tête devant un être qui avait si peu de respect pour ce qu'était réellement sa mère de sable. Refusant de laisser libre court à ses pensées tant qu'ils étaient dans les couloirs, au risque de se jeter à pleines dents sur la première gorge rencontrée, elle garda un regard vague et les poings aussi fermés que les mâchoires, suivant son père sans songer, sans parler, sans réfléchir aux conséquences immédiates. L’écœurement était une marée poisseuse qui baignait les récifs de sa colère, la laissant affleurer parfois, mais jamais en la laissant intacte et brillante comme elle l'éprouvait d'ordinaire. Ce pétrole pesant et moral ne voulait plus la quitter. Alors que l'entrée du palais approchait, Anissa se sentait pas après pas plus épuisée, suspendant sa marche en même temps que son père pour se sentir plus exténuée qu'après une semaine entière de course et de veille sans véritable sommeil dans son désert aimé. Elle était rompue à l'épuisement physique et le recherchait même parfois. Celui de l'âme était nouveau, douloureux au possible et empoisonnait ses entrailles ; elle s'ébroua comme une bête alors que Rennifer lui parlait. Ses propos confirmaient ce qu'elle s'était déjà promis de faire, au temps lointain de quelques minutes en arrière, lorsqu’elle était encore capable de penser. Le dents toujours serrées, elle acquiesça brièvement, les yeux toujours brumeux et les muscles tressaillants. Il lui fallait de l'air. Beaucoup d'air. Et du sang. Ses yeux dérivèrent sur la main ombré de vermeil de son père et, rivant sa conscience à ce liquide familier et rassurant, elle le suivit encore, évitant de seulement considérer le serviteur qui s'était approché comme existant – elle était à un cheveu de l'égorger, pour le simple crime de s'être adressée à elle avec des manières qui lui déplaisaient. Le malheureux employé eut tôt fait de les conduire à leurs destriers à peine reposés et de disparaître au plus vite – grand bien lui en fit. Le fier Uller monta en selle, sa progéniture après lui. Son corps s'éveilla soudain, lui rappelant par d'innombrables morsures qu'elle ne s'était pas reposée et que la chevauchée précédente l'avait copieusement mâchée déjà ; elle en grimaça un rictus des plus mauvais. La peine du corps épongeait un peu celle de son esprit et l'en distrayait. S'il fallait qu'elle repousse encore cent fois ses limites pour se sentir enfin lavée des miasmes que Lancehélion lui avait fait inspirer, elle contraindrait toute sa chair à se plier à cette discipline.

Son père ouvrit la voie et une brèche dans la foule qui, sous le soleil plus tendre, car décroissant, gonflait de plus en plus les rues de piaillements. Elle s'engouffra derrière lui, mains serrées à s'en griffer les paumes sur les rênes pour ne pas lâcher sa monture ni l'autoriser à dévier de sa direction. Elle qui n'avait jamais été bonne cavalière endurait férocement ses lacunes lapidaires quant à cette discipline pourtant commune aux nobles nés. Que ce fut de la rue, des bribes d'humains geignardes qui se jetaient sur les côtés pour éviter les sabots de leurs montures ou d'une réaction viscérale aux discours princiers, une nausée assez forte tourmentait ses entrailles et blêmissait le front de la jeune femme. Son cheval manqua de s’emballer, cambra à demi devant une charrette renversée par un marchand surpris par le passage de Rennifer ; là, la vipère desserra les dents et ce fut dans un cortège tonitruant d'injures outrancières que le pauvre homme s'enfuit et que le destrier d'Anissa reprit sa course effrénée. Elle crut voir l'arme d'un garde frémir à les voir passer, avant de renoncer, peut-être, éventuellement, elle n'y fut plus attention une fois les portes de la ville franchies – murs, marasme, bile, population, tout se mêla dans un salmigondis putride dont son esprit fit un amalgame et dont il se débarrassa une fois Lancehélion derrière eux. Tout l'endroit et tout ce qu'il portait était à présent marqué d'un sceau universel d'infamie. Il faudrait tout brûler, un jour prochain, porter le feu de Denfert jusqu'ici et redonner à Dorne son éclat, qui n'appartenait ni aux riches, ni aux langues drapées de miel, mais aux cendres et aux lames dressées. Au moins avaient-ils quitté les lieux et faisaient face au soleil mordant et à leur cher désert.

Ses mâchoires perdirent leur tension et ses lèvres s'entrouvrirent, alors que leurs montures se mettaient au pas, haletantes de leur course pénible dans des lieux très peu propices à ce genre d'exploits. Anissa, elle, inspirait longuement, espérant ainsi remplacer tout ce qu'elle avait pu respirer jusque là par l'atmosphère purifiée par les dards embrasés de l'astre soleil qui faisait pleuvoir ses rayons nus sur le sol, sans charmants petits voiles pour couvrir de ravissantes petites peaux pâles qu'elle fantasmait vaguement de revenir déchirer. Elle avait fermé les yeux, laissant ces images de violence se projeter sur ses paupières ; lorsque son père parla, elle posa le regard sur lui, sans remuer la tête qu'elle avait de renversée en arrière, gorge offerte aux vents sévères.
    « Je te fais le même serment, 'Pa. Le sang de nos ennemis, ce sera ça qui viendra pleuvoir sur ta tombe. Chaque fois que je pourrai le faire, tant qu'il y en aura à portée ou sur Dorne. Et j'apprendrai à mes enfants à le faire. »

Elle déglutit, reposant le regard sur l'horizon, avec l'impression vertigineuse et étrange de le découvrir pour la première fois. D'une voix trahissant son émotion, façonnée à même la rage la plus noire, elle clama.
    « Nous vaincrons. Nous vaincrons, 'Pa. Le désert nous regarde et il nous attend. »

Elle se redressa sur sa selle et, si elle avait été habile cavalière, aurait probablement ordonné à sa monture de chevaucher au loin, vers cette ligne bleue et or qui incarnait l'essence même de la séduction à ses yeux. Ses courbatures et le frémissement de la bête vainquirent sa morgue et elle la fit obliquer vers la rivière, consentant à cueillir le nectar d'un repos sauvage à fleur d'eau. Le dos droit, la nuque rigide, elle refusa de jeter le moindre coup d’œil en arrière, se jurant encore une fois qu'elle ne reposerait le pied dans la demeure Martell qu'au moment de porter le jugement des Uller sur le souverain qui monterait sur le trône de Dorne à la mort de Maron. Tout orgueilleux que ça puisse être, elle considérait alors que c'était son devoir le plus sacré, devant ses pairs comme devant sa terre.

Au lendemain, elle songerait à comment faire pour faire souffler le vent de la liberté sur le sable, au lendemain, elle se pencherait sur la stratégie à adopter pour attiser les braises de la haine et en fonder le brasier d'une guerre. Oui, au lendemain : là, elle voulait boire de l'eau ruisselante, s’effondrer contre le sol brûlant et laisser ses rêves la porter sur des dunes imaginaires, qui n'auraient jamais témoigné de la tutelle du plus grand des roitelets. Demain, bientôt, plus tard. Ce jour précis lui avait donné une leçon si amère que le goût lui en resterait à jamais.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Je n’ai jamais rien appris d’une personne qui était d’accord avec moi ▬ Rennifer & Anissa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Qui ne retente rien n'a jamais rien [12/01 -> Ebène]
» Explication au QG [Terroriste]
» anna × non, monsieur : l’homme n’a jamais rien inventé qui procure autant de bonheur qu’une bonne taverne ou une bonne auberge. (terminé)
» Jellal Fernandez, ne jamais rien regretter! [75%]
» Tu ne seras jamais rien [Regina]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-