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"Cela faisait des années..."

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Message Dim 29 Juil 2012 - 0:57

    Le vent agitait lentement ses cheveux, les repoussant en arrière, il sentait la bise glacée de cette tendre amante qu'il connaissait sous ses moindres détails, il la sentait glisser ses multiples mains à chaque endroit exposé, de là elle tentait de l'atteindre afin de caresser la moindre parcelle de peau qu'elle pouvait toucher. Curieuse à tel point que si elle l'avait pût, elle aurait balayée tout ses vêtements d'un souffle, afin que sa respiration glacée s'abatte sur le torse de Gris Coer.

    Le reître posa une main pataude sur le flanc de Grisaille, son cheval qui l'accompagnait maintenant depuis un bon moment, puis il resserra un peu plus son manteau et tenta d'enrouler la cape autour de lui, espérant pouvoir se réchauffer un peu, si le froid avait toujours été sa compagne, à chaque point du Nord qu'il parcourait, cette dernière chevauchée avait été trop exténuante pour qu'il la souffre. Ses yeux d'un bleu profond se posèrent sur les formes artificielles, en contrebas se tenait la forteresse des Stark, Winterfell, inébranlable sous un ciel dont le gris n'avait rien à envier à la livrée du Gris Coer. Un léger sourire troubla le visage qui était il y a encore quelques secondes inexpressif, puis il lança son cheval à l'assaut de la maigre distance qui le séparait encore de la capitale du Nord.

    Au moins une année le séparait de la dernière fois qu'il avait emprunté la route qui le menait à cette ville et c'était un plaisir d'y revenir. Son dernier travail l'ayant plutôt épuisé il n'espérait rien de mieux que de trouver une bonne auberge où l'on lui servirait bière et nourriture bien chaude qui pourrait chasser le souvenir de ce froid implacable qui mettait à rude épreuve chaque homme du Nord. Qui plus est une auberge serait l'occasion d'avoir quelques nouvelles et rumeurs sur les Stark, le Nord et le sud, cela faisait tellement de temps qu'il ne s'était tenu au courant des événements qui se passaient qu'il avait l'impression d'être un sauvageon derrière le Mur.

    Les herses étaient levées, et une cohue s'était formée entre ceux qui rentraient et ceux qui sortaient, si les gardes ne contrôlaient pas chaque entrée et venue il lançaient néanmoins des regards méfiants à chaque hère et Elvan dût subir les regards desdits gardes. Après quoi il pénétra enfin dans l'enceinte de l'immense forteresse qui était impressionnante, lui coupant le souffle à chaque fois qu'il passait sous la barbacane de Winterfell. Ce n'était pourtant pas sa première visite et rapidement il s'orienta en direction du bois sacrée, laissant son cheval à l'écurie et déboursant de quoi le nourrir. Il connaissait le palefrenier avec qui il avait souvent discuté lors de ses séjours passés, c'était un homme rustre et franc mais volontiers sympathique et terriblement efficace dans sa tâche. Gris Coer régla pour ce jour la somme qu'il devait à l'autre, puis entama son périple vers le bois sacré, s'il n'y paraissait être qu'un vulgaire reître, il n'en était pas moins pieux, du moins à sa façon, il aimait crier à la face du monde le ridicule de donner des prières a quelques puissances intangibles, mais n'en respectait pas moins les Anciens Dieux et souvent il se sentait ridicule de cette situation.

    Les rues étaient agitées, sans pour autant être bondées, ici une vieille à l'air aigri vantait les mérites de sa marchandise, là un jeune homme courrait prestement, poursuivi par deux gamins, on entendait aussi le bruit d'un marteau battant le fer et ce son eût un il-ne-savait-quoi de rassurant, puis enfin il passa un porche de pierre finement ouvragé et arriva dans le bois sacré. C'était étonnant comme le calme régnait ici, ce coin de naturel dans un ouvrage artificiel était une beauté de contradiction, il se passa une main dans les cheveux, puis s'avança à la rencontre du barral à la face sanglante, les yeux semblaient le suivre alors qu'il contournait le lagon pour s'approcher de lui, là il s'agenouilla, baissa la tête et ferma les yeux, ses longs cheveux rendus fillasse par la pluie tombant docilement, touchant presque l'herbe qui pointait à sa rencontre. Il inspira longuement pour expirer tout aussi longuement, là, d'une voix douce, il lâcha en un murmure :

      « Donnez moi la force pour vaincre mes ennemis, la vigueur pour supporter les difficultés des jours, accordez à mon bras célérité et adresse... »


    Il stoppa, croyant entendre la grille bouger derrière lui, mais, caché par la végétation, il ne pût être sur de lui, aussi il reprit, sur le même ton :

      « ...surveillez ma sœur, Eliza, procurez lui un mari bon ainsi que la force, gardez un œil sur ma mère Myriana et venez lui en aide pour qu'elle assiste mon frère dans la défense du domaine, rejetez les Fer-Nés loin de nos côtes et protégez la petite Lya Norroit, montrez lui son chemin, donnez lui la force à elle aussi... »


    Sa prière s'étendit en longueur, tellement de temps passé loin de ces arbres et il espérait se donner une raison de rester ici, pour penser, faire un point sur sa vie, ce qu'il était et où il allait, puis il ne savait pourquoi, mais la petite Lya s'était glissée dans ses prières, il avait jusqu'alors toujours eût une pensée pour elle, et glissait une prière pour elle dès que l'occasion se présentait, mais là l'image de la jeune fille courant les bois, ou s'entraînant avec lui s'était imposée d'elle-même. Il releva sa tête et fixa dans les yeux le barral, ses yeux vermeille donnait l'impression de vous examiner tels que vous étiez, comme s'il était impossible de cacher quoi que ce soit aux Anciens Dieux. Gris Coer soupira, puis se laissa aller à terre, étendit légèrement ses jambes tout en y posant ses coudes, enfin ses yeux se posèrent sur le sol, il se sentit plus que jamais maussade, s'il aimait cette vie de liberté, il n'en voyait pourtant pas l'intérêt, pas de sens, pas de but, n'être qu'une ombre, un inconnu, être seul.

    Il avala difficilement sa salive.

    Seul.

    Il crut percevoir les bruits de pas sur le sol, quelqu'un venait...


HRP/ Fourrage et Écurie = Retrait de 2 sols/jour.
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Message Lun 30 Juil 2012 - 14:31

Comme toujours, elle avait attendu que les lices soient pratiquement vides pour aller s'entraîner. Arrivée depuis plusieurs semaines, elle n'était certes plus vraiment une nouveauté à Winterfell, du moins pour la plupart des gens, et les murmures sur son passage avaient en grande partie cessé. Pourtant, elle continuait de rechercher la solitude, ce qui n'était finalement pas si difficile dans une aussi grande forteresse.
D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours préféré les grands espaces aux foules et la tranquillité au bruit. Dans un clan où plus de 50 personnes vivaient pratiquement les uns sur les autres dans une petite tour, la promiscuité était inévitable, et elle avait passé son enfance et son adolescence à chercher des moyens de s'éclipser. La vie à Winterfell était fort différente, et malgré le nombre incroyable de gens qui vivaient dans ces murs, il était bien plus aisé d'éviter les gros rassemblements. Ce n'était pas qu'elle détestât particulièrement les gens. Mais même après un certain temps, elle continuait à sentir les regards curieux sur sa nuque. Elle se demandait ce qu'on pouvait bien voir en la regardant. Une grande femme portant braies et lame d'acier, fuyant la compagnie des hommes. Une curiosité. Une demi-sauvageonne, débarquée un mois plus tôt avec une trentaine de guerriers hirsutes vêtus de peaux de bêtes. Peu lui important, au fond, tant qu'on la laissait tranquille.
Le corollaire de son attitude, évidemment, c'est qu'elle ne s'était pas fait un seul ami depuis son arrivée. Elle avait bien discuté quelque peu avec Ser Alexander, un chevalier du sud, mais le jeune homme était reparti le lendemain. Paria parmi les hommes, autant de par son comportement distant que par son statut de femme, elle n'avait pas non plus tissé de contacts avec la gent féminine de Winterfell. Le fait qu'elle n'ait pratiquement pas porté autre chose que ses tenues de chasse, son arc et sa lame depuis son arrivée y était probablement pour quelque chose. Ses robes restaient sagement remisées dans le coffre aux pieds de son lit, attendant l'occasion ou il faudrait faire bonne figure.

Il n'y avait plus que quelques soldats sur le terrain d’entraînement tandis qu'elle dégainait sa lame, répétant les mouvements enseignés il y a tant d'années par son oncle, puis pratiqués d'abord avec ses frères, puis avec Elvan, l'un des combattants de son père. Ses gestes étaient sûrs, vifs, avec la grâce et la fluidité de ce que l'on a mille fois répété. La pratique de ces mouvements était ce qu'elle connaissait de mieux pour apaiser son esprit, tandis que son corps travaillait et que sa lame frappait avec une assurance non feinte le poteau de bois prévu à cet effet. Parant les coups d'un ennemi imaginaire, elle enchaîna diverses bottes, parades et contre-attaques, l'acier brillant fendant l'air et heurtait son « adversaire » avec des bruits mats, jusqu'à ce que son front se couvre de sueur malgré la fraîcheur de l'air, qui portait déjà le présage de l'hiver à venir. La fatigue ne l'arrêtait pas, et elle ne mis fin à l'exercice que lorsque ses bras lui semblèrent si douloureux que chaque coup paraissait faire trembler la moelle de ses os. Alors elle rengaina, passa l'eau glacée d'un abreuvoir sur son visage pour le débarrasser de la sueur et de la crasse, puis, lorsqu'elle se considéra suffisamment propre pour ne pas offenser les dieux, dirigea ses pas vers le Bois Sacré.

La jeune femme passait souvent de longues heures dans le sanctuaire, que ce soit pour y prier ou simplement pour rester là, à savourer le calme et la sérénité austère qui se dégageaient de l'endroit. Lui aurait-on posé la question qu'elle ne se serait pas décrite comme particulièrement pieuse : Le respect aux dieux et les prières frustes des nordiens lui étaient juste aussi naturels que l'étaient à ses yeux toutes les coutumes du Nord et des Clans. Honorer les puissances supérieures était aussi normal que de manger ou de respirer, et tout aussi nécessaire. Cela faisait simplement partie des choses incontournables de la vie.

On était en plein cœur de l'automne, et chaque arbre semblait vouloir défier l'énorme barral qui trônait au centre du bois en rivalisant de couleurs chaudes et chatoyantes. Les rouges et les jaunes brillaient aussi bien dans les branches qu'éparpillés sur le sol, les roux et les bruns se confondaient avec la chevelure de feuilles mortes de Lya. Elle avait défait sa tresse, qui de toute manière n'avait pas bien survécu à l’entraînement, et les longues mèches tombaient sur ses épaules, la brise froide jouant avec elles comme avec les frondaisons, les faisant voler au gré de ses cabrioles. Malgré les efforts conjugués de toute la forêt, cependant, aucune livrée n'était aussi brillante et vive que celle de l'arbre-coeur à la couronne écarlate, qui trônait tel un Roi du Nord de jadis au milieu de ses sujets, majestueux et grave.

Tandis qu'elle contournait le petit lac, la jeune femme crut remarquer une forme agenouillée au pied du tronc d'albâtre, et ralentit le pas. Elle-même préférait rester seule avec ses propres prières, aussi ne souhait-elle pas le déranger si elle pouvait l'éviter. Elle resta en retrait quelques temps, tranquille, observant de temps à autres l'homme en train d'implorer les dieux. Il ne portait pas la livrée de Winterfell, mais pourtant, étrangement, il y avait quelque chose de familier dans sa posture, sa carrure, ce qu'elle discernait de son visage malgré la distance. La patience était a n'en pas douter l'un de ses traits les plus caractéristiques, pourtant, en constatant que l'autre n'avait vraisemblablement pas l'intention de s'en aller de sitôt, la curiosité finit par l'emporter, et elle décida se s'approcher.

« Navrée de vous déranger, je... »

Elle s'arrêta tandis qu'avec la distance qui se réduisait les traits de son interlocuteur lui apparaissaient plus clairement. Le visage dont elle se souvenait était plus jeune, moins soucieux, mais se pouvait-il...? Lorsqu'il leva les yeux et que leur regards se croisèrent, les siens s’écarquillèrent.de surprise. Impossible de confondre ces prunelles avec d'autres, même après toutes ces années.

« Elvan ? Par les dieux, c'est bien vous ? »

Elle le fixait, bouche bée. La reconnaîtrait-il ? Si lui gardait, malgré l'âge, un air qu'elle ne pouvait oublier, elle-même avait énormément changé durant le temps qui s'était écoulé depuis son départ du Clan. Elle n'avait jamais été vraiment petite, mais elle était aujourd'hui presque aussi haute que lui, et n'avait certes plus rien d'une gamine. Son visage avait perdu les rondeurs de l'enfance depuis déjà bien longtemps, et commençait discrètement à montrer les premiers signes que ses plus belles années de fraîcheur appartenaient déjà au passé. Elle avait vingt-cinq ans, et c'était une femme faite, bien loin de l'enfant d'une douzaine d'années qu'Elvan Slate avait laissée derrière lui treize ans auparavant.
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Message Mer 1 Aoû 2012 - 2:17

    Ses cheveux tombant comme la pluie avait coulée, il resta ainsi un long moment à observer l'arbre épais et blanc, moment troublé par quelques mots, qui le firent tourner la tête.

    Cette voix, il l'avait déjà entendu.

    A l'époque le timbre était plus enfantin, un brin plus velouté aussi, un son de miel se souvint-il et immédiatement des tas d'images, de fragments d'un passé aujourd'hui révolu lui revinrent en mémoire : il se revoyait, l'épée levée, prêt à donner un coup descendant, de taille, la jeune fille à crinière brune, légèrement ambrée, avait le visage reflétant la concentration, se mordant les lèvres, elle contra le coup et fondit sur lui, se mordant les lèvres, satisfaite de sa passe d'armes. Le Gris Coer tenta de contrer mais d'un coup elle balaya sa défense et sourit. C'était mieux, bien mieux que ce qu'elle avait montré auparavant, il la gratifia d'un sourire puis lui décocha une de ses répliques dont il avait le secret :

      « Si même les femmes peuvent apprendre à se battre, quelle va être notre place, à nous, les hommes ? »


    Puis ils reprirent leur entraînement. D'autres images revenaient à lui, la petite se tenait en face de lui, à la lueur d'une chandelle, elle l'observait, les yeux étincelants et lui étudiait son visage sous toutes les coutures, il était peu probable qu'elle lâche prise, elle ne s'en irait pas sans avoir les deux mots qu'elle était venue chercher et puis ce vin qu'on lui avait servit, chaque mot que déversait la petite était comme une invitation à abdiquer, depuis tant de semaines elle l'interrogeait, encore et encore, pas de la manière énervante que pourraient avoir certaines demoiselles, elle se stoppait quand elle essuyait un 'non' cinglant, mais elle revenait à la charge un ou deux jours après, avec cette même question... Et ce vin... Abdique ! Sa voix était bourrue quoique éraillée par l'alcool, il laissa finalement les mots s'échapper et la demoiselle eût sa victoire :

      « Slate, Elvan Slate. Mais ne répète ça à personne, je tiens à conserver l'anonymat. »


    La menacer ? Suicidaire autant qu'inutile, toutes ces longues heures d'entraînements les avaient rapprochés, elle était devenu une sœur autant qu'il était devenu un frère pour elle, doublé d'une sorte de modèle, jamais elle ne l'aurait trahit, il en était certain.

    Il avait peine à croire que la femme qui se tenait devant lui était la petiote qu'il avait jadis aidé à manier une épée, la petiote qui croisait volontiers le fer avec la hargne de celle qui tenait une épée depuis trop peu de temps, non, c'était impossible... Mais à croire que même sous les neiges les plus épaisses pouvait pousser une fleur parmi les chardons, car de cette petite menue qu'il avait aidé, avait poussé une femme bien faite, au joli minois et au forme bien présente, restait les éternelles braies que déjà elle portait par le passé. Seul ça et le fait qu'elle ait dit son nom lui permettait d'être à peu près sur de l'identité de la femme en face, le reste, il aurait été bien impossible pour lui de dire si effectivement c'était le résultat de ce qu'il avait connu. Il voulut se relever, mais, courbaturé par sa chevauchée, il ne parvint qu'à s'étaler contre terre, il se releva, légèrement gêné par la tournure que prenait cette rencontre, lui d'ordinaire si sur de lui, si capable, venait de faire preuve d'une maladresse troublante. Vient alors d'autres pensées à lui qui le firent déglutir avec difficultés :

      * Comment m'adresser à elle ? C'était bien plus simple quand elle était fillette, mais maintenant elle était une femme faite, impossible de l'appeler Lya ! *


    Visiblement cette rencontre fortuite tournait à son désavantage, outre le fait qu'il fût prit par surprise et qu'il se ridiculisait, il ne savait comment agir, il avait cette fâcheuse impression d'être une proie qu'on traque et qui se trouvait exposée aux bêtes, plus aucun espoir, bloquée, ne restait qu'à tenter d'affronter dignement la mort. Telle situation était d'ailleurs déjà arrivée lors de cette histoire de primes près de Karhold, mais il s'en était sortit cette fois...
    N'empêche qu'à l'heure actuelle le grand dadais ne faisait rien d'autre que rester silencieux, incapable de dégoiser un mot, la bouche entrouverte, alors que la jeune femme lui adressait la parole.
    Finalement il n'eût d'autre réaction que de se rapprocher pour se mettre à genoux et s'incliner, puis il ne pût sortir qu'un :

      « Dame Norroit, si je m'attendais à vous retrouver ici après tout ce temps, c'est un plaisir de voir que l'hiver ni les autres dangers du Nord n'auront eût raison de vous. Vous semblez bien vous porter depuis ces...quoi ? Treize années peut-être ? Vous m'avez surpris, je dois l'admettre, elle est loin l'époque où c'est moi qui parvenait à vous prendre à revers sans que vous vous en avisiez... »

      * Ouais, bien loin, avant elle était une gosse et tes pitreries pouvait l'amuser, maintenant tu es un vieux et elle une Dame, et tu ne parviendras qu'a la rendre méprisante par ce genre de ridicule. *


    Songea-t-il, amer. Peut-être que les Anciens Dieux le punissait pour l'irrespect chronique dont il avait jadis fait preuve, et qu'il s'évertuait à poursuivre chaque fois que l'occasion, trop belle, lui était donnée.
    Il reprit, d'une voix qu'il tentait de colorer d'un peu plus de contenance :

      « Même si Winterfell est le centre de toutes les attentions des gens du Nord, je dois vous avouer, encore une fois, que c'est une surprise totale de vous retrouver ici. Que faites vous donc là, Dame Norroit ? Que peux faire un humble reître pour vous servir, Dame ? »


    Il ne savait pas vraiment si elle était là pour lui ou si elle n'était venue que fortuitement pour prier les Anciens Dieux, comme lui, mais le Gris Coer avait du mal à ôter l'idée de son crâne que cette rencontre avait un quelque chose de...voulu ? Peut-être était-ce la le mot, impossible à dire... Les Anciens Dieux se jouait de lui, c'était ça la désagréable sensation dans sa nuque et il ne pût réprimer l'envie de lancer un regard noir au barral à face sanglante derrière lui.
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Message Sam 4 Aoû 2012 - 12:15

Les titres systématiques avaient mis la jeune femme mal à l'aise dès son arrivée à Winterfell. Ce n'était pas tant ceux qu'elle devait donner que ceux qu'elle recevait qui la faisaient tiquer. «Dame Norroit». Comme si elle eut été l'une de ces jolies ladys que l'on voyait parfois passer dans les couloirs de Winterfell, les chaussures juste assez hautes pour que l'ourlet de leur jolie robe ne traîne pas dans la boue et les mains blotties dans un joli manchon de fourrure. Elle ne serait jamais leur égale et ne cherchait pas à l'être, mais lorsqu'on l'appelait Dame, elle avait l'impression de leur être comparée et savait que la différence n'était pas vraiment à son avantage.
Et puis, être appelée ainsi par Elvan ! Son ton guindé l'avait surprise. En le reconnaissant sous l'arbre, elle s'était quelque part attendue à ce qu'il la reçoive avec la même familiarité dont il faisait preuve avec elle treize ans auparavant et ne s'était posée aucune question, parlant sous l'impulsion du moment.
Mais bien sûr, les choses ont changé, se morigéna-t-elle. C'était il y a bien longtemps, nous étions bien plus jeunes... oh, et toi surtout, Lya, ma fille, tu étais tellement jeune !
Ses roues rosirent légèrement. Le séjour d'Elvan Slate dans le Clan Norroit était une période peuplée de souvenirs tous plus embarrassants les uns que les autres, à ses yeux, et si Elvan se rappelait leurs entraînements communs et leur complicité d'alors, elle-même vit remonter dans sa mémoire des images bien moins flatteuse de sa propre personne. Elle était alors une grande bringue qui semblait hésiter entre être une petite fille, à cause de ses formes qui tardaient à venir, et une femme, car sa taille déjà haute la faisait regarder dans les yeux la plupart des hommes du Clan. Elle se souvenait avoir été gauche et maladroite et avait mené la vie dure à ce pauvre Gris Coer, le suivant partout, l'épiant parfois quand elle pensait qu'il ne pourrait pas la voir, le questionnant sans relâche pour connaître son nom...
Le portrait qu'elle dressait d'elle-même était sans doute bien trop sévère, mais le temps ne l'avait pas rendue indulgente envers l'enfant qu'elle avait été... ni envers la femme qu'elle était a présent, car elle eut immédiatement l'impression qu'elle avait commis un impair en l'interpellant d'un ton si familier. Nous ne sommes plus dans les Clans, se répéta-t-elle, nous ne sommes plus dans ton monde. C'est son monde, à présent, dans lequel tu vis toi aussi, alors plie-toi aux règles.
Elle s'inclina donc respectueusement pour rendre son salut à l'homme qui lui faisait face.

« Un plaisir partagé, messire Slate. J'espère que vous me pardonnerez de vous avoir ainsi surpris. Je ne m'attendais pas à vous voir ici moi non plus »

Sa voir était posée, et elle espérait y avoir gommé toute trace de l'embarras qu'elle ressentait. Chassant vigoureusement de sa mémoire tout souvenir susceptible de la faire rougir (et il y en avait un certain nombre...), elle sourit poliment et désigna la forteresse d'un geste du bras.

« Le Norroit m'a envoyée ici pour le représenter, avec un certain nombre de guerriers qui doivent apporter leur soutien en aidant à la lutte contre les fer-nés », répondit-elle en utilisant, comme à son habitude, le titre honorifique du chef du Clan pour parler de son géniteur. Avec lui, au moins, elle n'avait jamais fait preuve d'une trop grande familiarité. « Cela fait quelques semaines maintenant que je vis à Winterfell. »

Quelques semaines maintenant qu'elle s'ennuyait à Winterfell. Le Stark ne semblait pas avoir vraiment besoin d'elle, les patrouilles étaient le travail de la garde et les chasses étaient bien plus rares que dans les montagnes car on dépendait ici beaucoup moins du gibier pour assurer la subsistance de la maisonnée. Encore heureux, d'ailleurs. Tant de gens à nourrir finiraient par complètement vider le Bois-aux-loups. Mais cette idée ne rendait pas l'inactivité plus agréable. Sa patience proverbiale lui faisait supporter cette oisiveté forcée avec une apparence de quiétude, mais intérieurement, elle brûlait de retrouver une vie plus mouvementée. Elle poursuivit néanmoins en chassant tout ressentiment.

« Ma foi, messire, vous m'obligeriez bien assez en me racontant ce qui vous amène, vous aussi. »
Elle sourit doucement. Elle savait qui il était, et ne se laisserait en aucun cas abuser par l'appellation d'« humble reître » : Si dans les montagnes il n'avait été que l'un des guerriers de son père, à Winterfell le rang d'un fils de Seigneur des basses terres, même puîné, excédait largement celui d'une fille des Clans des montagnes. Mais puisqu'il avait lui-même proposer de la « servir », elle comptait en profiter, car les questions qui se bousculaient dans sa tête étaient nombreuses.

« Je dois bien admettre que j'avais cessé d'espérer vous revoir », enchaîna-t-elle, ce qui était presque vrai. « C'est donc une totale surprise de vous découvrir ici. Je ne doute pas qu'il vous soit arrivé nombre de choses depuis votre départ des montagnes... »
Son ton restait modeste ; elle n'était plus la gamine harceleuse qu'elle avait été treize ans plus tôt. Elle n'en espérait pas moins fini par obtenir des réponses, et la fin de sa phrase avait tout les atours d'une interrogation.
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Message Jeu 9 Aoû 2012 - 1:05

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      « Aucun mal n'a été fait, il n'y a donc rien à pardonner, bien au contraire, je me félicite de vous retrouver après tant de temps, Dame. »


    Il était difficile de se remettre de la surprise de cette rencontre pour Elvan, affronter n'importe quel bandit, il en était capable, mais voir cette apparition subite, ce souvenir d'un passé où les neiges tombaient sur sa longue chevelure brune et où ses yeux se perdaient au loin, examinant quelque chose que lui seul semblait voir et la petite Lya qui venait parfois le rejoindre...

    Du plus loin qu'il s'en souvienne, Elvan avait toujours été seul, pour quoi que ce soit qu'il dût accomplir, chaque instant de sa vie l'avait trouvé solitaire et nécessairement tourné vers l'introspection et seule la petite Lya de l'époque lui avait donné une certaine valeur, pas une valeur qui se comptait en liards, mais bien quelque chose d'autre, de plus profond. Il se souvenait de quelques temps passés ensemble, sous la neige tombante qui fondait au contact de sa peau, tout deux silencieux, appréciant le calme des montagnes, car même si parfois le vent mugissait toute sa fureur, il y avait bien un calme environnant que seuls pouvaient percevoir les êtres illuminés par une certaine candeur, une soif d'innocence dans ce monde brutale. Ils restaient alors là, tout deux, assis contre un pins, entourés par un océan de blancheurs, expirant parfois un peu de buée, montant la garde. Rien ne forçait alors la petit Norroit à le rejoindre, à s'imposer le silence avec lui, mais elle le faisait. Une fille bien.

    Une femme à présent.

    Il n'y avait aucune raison pour que tout ces souvenirs reviennent le hanter, ou plutôt, tout tendait à désigner que la voir à nouveau, devant ses yeux l'obligeait à revivre tout ces bons moments qu'il avait enfermé loin de lui.

    Le Gris Coer qu'on l'appelait et ce n'était pas pour rien.

    Et elle était ici sur ordre expresse du Norroit, le vieux chef de clan l'avait envoyé aux Stark pour prouver de la loyauté de ses bannerets, sûrement, il était fort probable qu'il ne fût pas les seuls des bannerets à envoyer quelques forces à Winterfell et cette idée le fit frissonner, si d'autres vassaux étaient là, il y avait fort à parier que les Slate en étaient. Et rien ne le faisait plus crever de trouilles que de tomber sur d'autres Slate, la peur d'être reconnu... Il n'avait jamais ne serait-ce qu'approché les limites du domaine Slate depuis son départ du château, il ne voulait pas... Et...

    Ses yeux se posèrent brusquement sur Lya, douce Lya qui l'observait, en attente de réponses alors que lui-même passait son temps qu'à ne désespérer... L'océan glacé des yeux d'Elvan semblait vouloir en dire plus qu'il ne pensait en révéler à la jeune femme, il avait cette étrange lueur dedans, comme si un iceberg emprisonné dans cette mer bleutée vous gelait de l'intérieur pour mieux vous saisir, s'approprier ce que vous êtes.

      « Winterfell... Hmm... Je vois... Et vous ne vous y sentez pas trop prisonnière, ma Dame ? La liberté des montagnes, je ne la ressens pas ici, vous devez vous y sentir gênée, d'autant que... Cette tenue doit en faire jaser plus d'un, au Nord il n'y a guère que les Mormont pour permettre ce genre d'accoutrements aux femmes, et certains les considèrent comme des arriérés. »

      * Mais pas moi, ma Dame, vous le savez. *


    Elvan n'avait jamais tenté de dissuader la jeune fille de son projet, bien au contraire, loin de faire d'elle une sauvage, il la trouvait respectable, elle était fidèle à elle-même, à sa nature profonde, bien qu'il eût probablement quelques problèmes à admettre telle chose au début, il s'en était accommodé, comme tout un chacun, si le Norroit ne l'empêchait pas, qui était-il pour pouvoir le faire ? Mais la question ne se posait même pas, le reître avait été l'un des premiers à l'entraîner aux armes, alors porter des braies...

      « Je le devine, cela se lit dans vos yeux même que cet endroit n'est pas fait pour vous. Vous vous y morfondez et pas besoin de vous avoir bien connu par le passé pour le comprendre. »


    Il lui sourit, ses yeux autant que son visage entier exprimait une joie profonde de la retrouver ainsi

      « Ce qui m'amène, ah... Ça.... La vérité ma Dame c'est qu'être un humble reître me permet d'être libre et d'avoir des objectifs aussi changeants que la direction du vent, de pouvoir fouler la terre que je veux quand je le veux, tant que je respecte mon entourage, les gens du Nord sont braves, mais une bonne épée est toujours la bienvenue et il en est qui disent que le Gris Coer en est une, alors je vais là où mes pas me portent et où l'on peut me payer à hauteur des exploits que l'on me prête. »


    Un sourire, plus fin, prends naissance, un brin plus incisif et moqueur, il a idée de ce que la petite rêve, elle aussi aimerait être à sa place, il le savait, s'était-elle résolue à poursuivre ce but où s'était-il éteint ? A la voir ainsi, dans cet accoutrement et avec cet attirail, il semblait évident qu'elle aurait aimé être comme lui était et Elvan était persuadé que s'il lui proposait de le rejoindre, elle brûlerait de dire oui, mais à la vérité la liberté n'avait pas que ses bons côtés, parfois on ne trouvait pas travail et c'était une maigre pitance auquel on avait droit.

    Quand on en avait une.

      « Dame Norroit, sachez que vous voir à cet instant remplit mon cœur de joie, le Gris Coer était bien maussade et vous voir à nouveau éclaire sa journée... »


    Un sourire chaleureux, cette fois, et les yeux se perdent dans ceux de la jeune femme pendant un temps indéfini, et il pensait combien il aurait aimé pouvoir l'avoir à ses côtés pour parcourir les routes, de n'avoir que pour surnom Gris Coer, et pas non plus comme habit. Mais c'était une chose qu'il ne pouvait se résoudre à faire, il n'aimerait pas s'attirer l'inimité du Norroit.

    Il reprit donc brièvement, sur le ton de la conversation :

      « Oh, du temps à passé depuis les montagnes, en ce temps là je pouvais vous battre presque haut là main alors qu'aujourd'hui il est probable que vous me mettiez une belle correction, à cette époque j'étais Elvan pour vous et vous étiez Lya pour moi, nous chassions ensemble, nous mangions ensemble et vous me harceliez avec toutes vos questions ! Depuis mes voyages se sont fait plus froid, les vents du Nord et les présences étaient grises, tout comme ma livrée. Rien qui ne dénote un intérêt certain hormis le chant de l'acier et le vermeille du sang sur ma lame. Et pour être plus sérieux, ma présence à Winterfell s'avère nécessaire pour une halte bien méritée, après quoi je retournerais encore et toujours à la recherche d'un seigneur qui se payera ma lame pour exécuter justice ou tout autre chose qui s'accorde avec mon sens de l'honneur, car je ne suis pas non plus un bandit sans foi ni loi. Mais vous, ma Dame, qu'en est-il de vous ? Qu'avez-vous vécue depuis notre dernière rencontre ? Avez-vous réussit à dérider le vieux Norroit ? Hmmm ? J'imagine qu'il doit vous porter une plus grande considération qu'à mon départ, sinon ce n'est pas vous qu'il aurait envoyé pour le représenter, c'est un grand honneur... »


    Et toujours, il lui souriait, malicieux, et ce sourire agrémenté de ses yeux d'un bleu si profond avait quelque chose d'une moquerie et d'une tristesse en même temps, c'était difficile à concevoir, mais pourtant vrai, dur. Pourtant son air passa d'un extrême à l'autre et une question qu'il lui brûlait de poser finit par franchir le mur d'ivoire de ses dents, mur qu'elle n'aurait jamais dû franchir, probablement, tout devint plus sérieux, c'était une question qu'un combattant pouvait poser à un autre combattant, mais il n'était pas sûr d'avoir bien fait de la poser à Lya :

      « Ma Dame, votre épée a-t-elle déjà prit la vie d'un homme ? »


    Chose qu'elle n'avait faite jusqu'à son départ, mais tant de choses pouvaient se passer, la petiote avait-elle fait 'sauter son dépucelage' de combattante?
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