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Discussion familiale [Roy]

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Message Mer 25 Juil 2012 - 13:59

Donal Graftonavait des journées bien remplies. Le matin il se levait de bonne heure, parce que les tâches qui l'attendaient dans la journée étaient multiples et variées, et qu'il n'avait pas le temps de tout faire s'il ne commençait pas aux aurores. De toutes façons, pour certaines tâches, il n'avait pas vraiment le choix. Pour les bateaux qui arrivaient à Goëville, il fallait se dêpecher de faire l'inventaire, de noter le trajet, et avec quoi ils venaient et repartaient. C'était essentiellement utile pour les taxes. Il y avait plusieurs droits de douanes à payer (un pour le droit de s'amarrer au port qui allait aux Grafton un à payer pour le Val qui allait à la famille Arryn et un pour le Royaume, qui était demandé par le Grand Argentier), et ils se payaient en fonction du chargement, à savoir des produits que les vaisseaux amenaient, et de la quantité transportée. C'était au gérant du centre de commerce de noter cela, et de récolter les droits de douanes. Il fallait être particulièrement méticuleux, et les dieux savaient que Donal l'était particulièrement. Il considérait qu'il en allait de son devoir.

Ce matin là, donc il était aux aurores sur les quais, à noter ce qui se déchargeait. Il interpella un capitaine d'une cinquantaine d'année qui débarquait de son navire d'un pas sur malgré le rouli de l'eau du port, regardant les matelots décharger de grands sacs de toile de jute :

« C'est du blé, ça, capitaine Jon ?
-Yep, m'ssire Donal. Vient du Bief.
-Vous êtes parti de Villevieille ? Demanda encore Donal, à peine offusqué par la déformation du messire dans la bouche pleine de chicots noirâtres du vieux marin, tout en consultant tranquillement l'itinéraire que le bateau était sensé avoir suivi.
-De Villevieille, puis d'là Port-Réal pour livrer du vin d'La treille, m'ssire. Là qu'on a embarqué le blé.
-Très bien... Vous verrez au centre de commerce pour la taxe. Ça devrait être le même prix que la dernière fois.
-Bien m'ssire. Bonne journée, m'ssire. »

Donal reprit son inspection des navires, et en ce matin là ils étaient nombreux, comme d'habitude. Le noble connaissait au moins de vue la plupart d'entre eux, et quelqu’un assez bien, puis qu'il s'agissait de ceux qui faisait le plus régulièrement des arrêts à Goëville. Certains faisaient carrément le tour des Sept Couronnes, puis qu'ils commençaient leur odyssée à Port-Lannis, s'arrêtaient à Villevieille, repartaient à Lancehélion passaient par Port-Réal, puis faisait un arrêt à Goëville et terminaient leur course à Blancport, dans le Nord. Le capitaine Jon faisait, de temps en temps, en vieux loup de mer qu'il était, le trajet. Donal ne connaissait pour sa part que Villevieille, où il n'était pas allé depuis fort longtemps, et Goëville, où il résidait, et n'avait guère envie de voir le reste. C'était trop grand, trop pris dans les jeux de pouvoirs et de politiques. Ca ne l'intéressait pas du tout. Homme honnête et simple, Donal aspirait uniquement à vivre paisiblement dans son futur fief (et priait pour que ledit fief soit sous sa coupe le plus tardivement possible, parce que devenir lord signifiait perdre son père, ce qui ne le tentait pas) et à le gérer de manière honorable, en restant fidèle au roi et aux Arryn.

Il discuta avec deux autres capitaines, puis remonta vers le centre de commerce en lui-même. Là, il aida quelques marchants qui cherchaient un bateau pour leur marchandises. Homme serviable et tranquille, Donal était apprécié par tous tout en sachant se faire respecter. Il essayait toujours de trouver une solution évitant d'en venir aux mains, mais il savait taper du point sur la table, parfois même un peu trop fort. C'était un homme calme, et comme tous les hommes calmes, ses colères étaient aussi violentes qu’inattendues et soudaines. Mais rares. Il essayait de ne pas se mettre en colère pour rien, considérant que c'était inutile.

Chaque cas avait besoin d'être traité de manière particulière. Un banquier exigeait une protection pour transporter ses fonds, tandis qu'un vaisseau transportant du bois en demandant un peu moins. Conciliant, Donal écoutait les demandes de chacun, et renvoyait les marchands vers les armateurs appropriés, ou concluait des accords entre le marchand et la famille Grafton. La plupart du temps, c'était Percy qui accompagnait les bateaux marchands à bord de l'Ecume, la caraque de guerre des Grafton, ou si ce n'était pas lui, c'était au moins des marins expérimentés. Donal lui même ne participait guère à ce genre d'expédition. Il aimait la mer, il aimait les bateaux, mais il était meilleur cartographe, navigateur, ou constructeur que marin. Et puis il aimait être chez lui. A sa manière, il avait un coté très casanier. Donal aimait vivre chez lui, avec sa femme, et ses enfants. Il n'aimait pas être loin de sa famille. C'était la chose la plus précieuse qu'il avait, qui passait avant ses livres, la mer, et ses plantes. La chose qu'il voulait le moins perdre au monde. Il priait tous les jours les Sept pour lui et surtout pour eux. Très croyant, Donal priait régulièrement.

D'ailleurs il fit un tour d'une demie heure dans le bois sacré du château, avant d'aller déjeuner. Les grands vigiers étaient apaisants. C'était un endroit inébranlable de calme et de sérénité, que rien ne pouvait atteindre. On aurait dit que le temps n'avait pas de prise ici. Tout était bien. Il n'y avait pas de problème qui ne lui semblait insolubles dans cet endroit. Finalement, il se décida à quitter le septuaire vers l'heure du déjeuner. En arrivant, sa mère lui apprit que Cersei avait emmené les enfants voir les bateaux et que son père était parti faire un tour à cheval. Donal déjeuna donc rapidement, puis se décida à occuper les quelques heures qu'il avait de libre à aller s'occuper de ses plantes.

Passionné de botanique depuis l'enfance, Donal consacrait beaucoup de temps à s'occuper de sa propre serre, qu'il avait fait construire dans la cour de la forteresse des Grafton. Ainsi, il pouvait reproduire plusieurs types de climats. En ce moment, il travaillait à faire pousser des fruits des Iles d'été pour voir s'ils parvenaient à s'implanter. Il avait aussi une bouture de barral, qu'il essayait de faire pousser, quelques vignes...mais essentiellement des arbres tropicaux, mélanges de plantes qu'on trouvait à Westeros et ailleurs. La serre était relativement grande. Construite de bois, d'acier et de verre, elle avait été construite par les meilleurs artisans de la ville. A l'origine, il y avait plusieurs parterres séparés par des allées permettant d'accéder au milieu de la pièce où se trouvait un grand établi de bois, toujours rempli de papiers, de plumes, de livres, de boutures et de pousses. Mais la plupart des plantes avaient si bien poussées qu'on ne distinguait même plus le sol des allées. Il fallait se frayer, pour arriver à l'espace de l'établi, à peu près dégagé, un véritable chemin à travers les plantes dont les branches empêchaient de voir à plus d'un mètre devant soit.

Alors qu'il travaillait justement sur les fruits des Îles d’Été, Donal entendit la porte s'ouvrir. Il ne savait pas de qu'il s'agissait. La plupart du temps, seuls ses enfants s'aventuraient dans ce dédale végétale pour venir jouer et ennuyer leur père.

« Roy ? Tyana ? C'est vous ? »

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Message Jeu 26 Juil 2012 - 10:28

Roy avait les yeux ouverts depuis presque une heure quand le soleil se leva. Restant au lit sans bouger pour ne pas réveiller sa femme qui avait la chance d'avoir encore un sommeil profond et paisible, il pensait à toutes les tâches de la journée. A dire vrai, ces dernières années il déléguait de plus en plus de responsabilités à ses enfants ce qui le déchargeait agréablement et lui laissait plus de temps libre. Mais il ne pouvait s'empêcher de craindre pour eux, et aussi un peu pour le domaine... Seraient-il à la hauteur de la tâche? Surtout Dalon? Serait-ils heureux comme lui l'avait été avant de... avant de...

"Bon sang il faut que je me lève!..."

Doucement pour ne pas réveiller sa douce sur l'épaule nue de laquelle il déposa un baiser devenu rituel avant de la contempler encore un instant, laissant un sourire fleurir son visage, puis il se leva et alla faire ses ablutions. Emily se lèverait un peu plus tard avec la lumière du jour, prendrait un temps que Roy considérait "infini" pour sa toilette, à papoter avec Lyné sa suivante, et ils se retrouveraient pour le repas en famille comme d'habitude. Mais pour le moment, Roy avait des affaires à régler.

Un battement d'aile familier l'attira près de la fenêtre, un nouveau sourire aux lèvres. Devant le volet de bois entrebâillé était placé un perchoir ouvragé sur lequel venait de se poser l'épervier, ces serres avaient lacéré le bois rapiécé de cuir à maintes reprises que ces pattes serraient et desserraient en se dandinant, lui donnant l'impression de danser, ou d'apprécier comme "un vieux lit douillet".

"Alors Valyn mon vieil ami, que m'as-tu rapporté aujourd'hui?"

Il tendit la main et le rapace y déposa en offrande une moitié de rat musqué, puis entreprit de remettre en place son plumage ébouriffé comme si de rien n'était. Avec une moue mi-amusée mi-dégoûtée, Roy alla déposer l'offrande dans une corbeille qui serait vidée plus tard - il ne voulait pas vexer Valyn en jetant directement son offrande.

*Fut un temps tu m'aurait ramené une perdrix pour le moins. Mais je suppose que l'âge nous rattrape tout les deux mon pauvre Valyn*


Puis il se lava les mains, enfila une capeline fourrée par dessus sa robe de nuit, des chaussons douillets - c'est qu'il faisait froid ces matins depuis l'arrivée de l'automne - et rejoignit son cabinet où son page l'attendait déjà, l'œil encore endormi.

Après s'être habillé de vêtements de qualité quoi que forts simples, dans les tons verts foncé pour cette journée - allez savoir pourquoi il s'était décidé pour cette couleur - il se réfugia dans son bureau et y fît mander tout de go son repas du matin et son Capitaine de la garde Télion le Bougre. Une affaire de meurs à régler; Un de ses gardes aurait molesté une jeune femme un soir de relâche en ville. Rien de bien grave mais il fallait tout de même y faire quelque chose. *Pas de ça chez les Grafton!*

A vrai dire... toute sa matinée fût emplie de petites tracasseries à régler du même acabit. Des plaintes relayées mielleusement par le bourgmestres, des comptes à contresigner, des autorisation de transport à vérifier, des dépenses à valider... Rien que de très ennuyeux. Si bien que rapidement, Roy fit mander le Mestre Galan pour terminer ces affaires - lequel l'en déchargeait de bonne grâce - et se réfugia pour le reste de la matinée dans son Haras à s'occuper avec amour de ses chevaux auprès desquels œuvraient déjà quelques palefreniers. Comme à son accoutumée, Roy ne résista pas longtemps à l'envie de monter "Bones" son Palefroi le plus avenant, et comme la matinée était déjà bien avancée, il prit avec lui de quoi grignotter en route et fit prévenir Emily qu'il ne serait pas présent au déjeuner cette fois-ci...

*Comme tant d'autres à vrai dire, mais Emily me pardonnera bien. L'amour de ma vie me connaît si bien qu'elle n'en prendra pas ombrage.*

Cette petite virée l'ayant conduit jusqu'aux mur de Souvert lui remonta un peu le moral. Mais surtout, il réfléchit à sa situation des derniers mois et prit là une décision importante. Il rentra au triple galop, remonté comme un jeune lièvre, et se dirigea tout droit en rentrant vers le seul endroit où Donal passait son temps libre en début d'après midi : sa serre. Un lieu mystérieux et improbable où Roy ne s'aventurait que rarement depuis qu'il avait maladroitement cassé tiges et renversé pots et subit le mécontentement de son fils à qui ces végétaux semblaient tenir plus à cœur que la gestion du domaine. L'affaire le concernait en premier lieu et il devait donc lui en parler avant tout autre.

Arrivé devant la porte de la serre, Roy eut une courte hésitation. Rien à voir avec sa "décision" mais il semblait que, depuis sa dernière visite en ce lieu, les plantes soient devenues folles et sauvages et aient décidé d'occuper le moindre espace libre à l'intérieur. Il se lança néanmoins et ouvrit la porte.

" Roy ? Tyana ? C'est vous ? "

"Roy, oui, mais pas celui que tu crois. Donal, j'ai deux mots à te dire. Si tu ne veux pas que je casse encore tout dans ton antre, tu voudras bien me rejoindre dans mon bureau quand tu aura finit."

Sans qu'il sache bien pourquoi, la mémoire de cette altercation qu'il eût jadis avec son fils à propos de ses "précieuses plantes" lui chauffa le sang. Et dans cette requête polie pouvait se sentir que le sujet ne souffrirait pas de longue attente. Vexé de n'avoir pu contenir ce saut d'humeur, Roy ressorti immédiatement et pris le chemin de son bureau, au long duquel il se morigéna sur son comportement et se demanda quoi, dans sa décision, pouvait provoquer chez lui une telle tension. Il comprit rapidement.

*Nous verrons bien comment Donal réagira...*
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Message Mer 1 Aoû 2012 - 15:30

Donal n'était pas un premier fils. Il était le second. En tant que tel, il ne s'était jamais glorifié d'un jour obtenir le titre de lord. Il avait vécu toute sa vie avec quelqu'un d'autre que lui à la tête de la famille et n'imaginait pas qu'un jour ce serait lui qui en deviendrait le patriarche. On avait donné du lord à Oncle Robart, du lord à père. Lord Robart et lord Roy passaient bien. Lord Donal tenait pour le porteur de ce patronyme de la plaisanterie pure et simple. Oh bien sur, il était prêt à devenir lord, si le destin lui imposait ce fardeau. Mais cela aurait signifié que son père était mort, et ça, il ne pouvait même pas l'envisager. Roy Grafton ne pouvait pas mourir. Le père de Donal était un roc, le roc qui faisait que toute la famille tenait debout. Voilà pourquoi son fils, et en fait tous ses enfants, ne pouvaient envisager sa mort.

Le titre de Lord Grafton aurait du aller à Raymun. C'était comme ça que ça aurait du se passer. Sans fard, sans ambiguïté. Donal aurait du devenir mestre, pas héritier de Goeville. Raymun...pourquoi avait-il fallu qu'il trahisse ? Donal n'avait jamais compris. C'était hors de la portée du cerveau de l'ancien apprenti mestre. Lui, le raisonnable, le calme, le prudent Donal, n'avait jamais pu comprendre le caractère emporté, violent, entier de son frère. Il n'avait jamais prétendu le comprendre, d'ailleurs. Donal aimait son frère comme un frère aime un frère, en lui pardonnant ses erreurs de parcours et son caractère infernal. Mais par les Sept, qui aurait pensé que Raymun avait aussi peu d'honneur ? Donal était persuadé, tout du moins à l'époque, que son frère se battrait pour sa famille, que jamais il ne trahirait, qu'il respecterait la devise de la maison Grafton. Mais non. Et ça, Donal ne pouvait le lui pardonner. Il avait toujours tout passé à son ainé. Ses colères, ses refus, son sale caractère, tout. Raymun était impulsif, mais Donal était persuadé qu'il aurait fait un grand lord. Rien que par le prénom. Lord Raymun, ça avait tout de même plus de gueule que lord Donal, non ? Et Donal avait été profondément déçu. Il était rancunier, et il n'admettait pas qu'on puisse trahir de cette manière éhontée et effrontée le roi, sa famille et son suzerain. Il n'avait pas voulu pleurer. Il avait refusé de le faire. Raymun ne le méritait pas. Pas avec toute la peine qu'il avait fait à tout le monde. Il avait abandonné sa femme et son fils. Voilà quelque chose que Donal ne comprenait pas, ne pourrait jamais comprendre, lui qui vivait pour sa famille, pour son père, sa mère, ses frères et ses soeurs, sa femme et ses enfants. Il vivait pour eux, prenait le rôle de Donal, roc raisonnable et sur sur qui on pouvait compter pour eux.

Ce n'était pas la vie que Donal Grafton aurait voulu mener. Aurait du mener, aussi. Il aurait du devenir Mestre, passer sa vie dans les bouquins, puis devenir le conseiller d'un lord quelconque choisi pour lui par les archimestres de la citadelle. Il aurait du avoir une imposante chaine autour du cou, et proférer des conseils sur la meilleure manière de construire une caraque de guerre. Il n'aurait pas du finir marié, ni avoir des enfants, ni passer pour l'héritier un peu excentrique, vivant quasiment dans la serre qui lui servait d'antre, de lord Roy Grafton. Oh bien sur, Donal était heureux de cette vie là. Il adorait sa femme et ses enfants, et n'aurait jamais échangé son existence contre celle du plus heureux des mestres. Bien entendu, il ne regrettait rien du tout, et assumait sa tâche d'héritier dignement, parce qu'il l'était et qu'il devait faire honneur à son père.

Il était d'ailleurs rare que lord Roy s'aventure dans la serre de son fils. Il fallait dire que toute cette verdure constituait plutôt un environnement hostile pour le vieil homme. La dernière fois, il avait détruit sur son chemin plusieurs plantes et boutures, et c'était resté comme une querelle peu habituelle entre le père et le fils, ce dernier ayant chassé le patriarche Grafton de son antre. Peut-être était-ce pour ça que Roy fut cordial, mais que Donal sentit une indicible impatience derrière son ton poli. Il était habitué à ce que parfois, son père soit un peu bourru, mais d'ordinaire, Roy savait controler cela. S'attardant sur la serre, Donal jugea quand elle même elle était un motif d'énervement. Les plantes semblaient devenues folles. Il y en avait vraiment partout. Il venait très souvent ici, et lui ne s'en rendait pas forcément compte, mais pour quelqu'un de l'extérieur, évidement, ça pouvait surprendre. Examinant d'un air circonspect la serre, maintenant qu'il était seul, il admit à haute voix :

"Il va falloir vous refaire une beauté, qu'en pensez vous, mes jolies ?"

Comme si une bouture de barral pouvait lui répondre. Souriant, Donal rangea ses outils, décidant qu'il valait mieux ne pas faire attendre trop longtemps son seigneur de père. Roy Grafton avait une petite tendance à ne pas être très patient, surtout lorsqu'il s'agissait de quelque chose d'urgent. Enfin, urgent, Donal n'en savait fichtrement rien, puisqu'il était parti avant qu'il n'ait eu le temps de lui demander quoique ce soit. Mais bon, s'il l'avait convoqué dans son bureau, c'est qu'il s'agissait d'une affaire d'importance. Il ne savait pas trop de quoi père voulait lui parler, mais ce n'était pas une raison pour ne pas y aller. Il traversa à grands pas sa serre, remettant donc définitivement à plus tard le fait de tailler ses plantes (voir même à jamais, Donal étant rarement motivé dés qu'il s'agissait d'amputer ne serait-ce que d'une feuille ses précieux végétaux), l'héritier des Grafton sortit dans le jardin, verrouilla la porte, entra dans le chateau et traversa quelques couloirs avant d'arriver devant la porte du bureau de son père. Il frappa à celle ci, et une fois qu'il eut obtenu l'autorisation d'entrer, pénétra dans la pièce. Pièce qu'il connaissait bien, qu'il connaissait depuis l'enfance, bureau solennel et paisible. Il demanda, toujours debout puisque son père ne l'avait pas invité à s'asseoir :

"Vous vouliez me voir, père ?"
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Message Sam 11 Aoû 2012 - 14:29

Roy s'en voulait d'avoir été sec et, une fois bien installé sur son siège dans son bureau, il se morigéna un peu. A quoi cela rimait-il de se mettre dans des états à chaque fois qu'il approchait de l'antre végétale de son fils?

Mais à bien y réfléchir, il avait bien d'autres raison d'être d'humeur taciturne.

Tout d'abord on approchait de la date anniversaire de son premier fils, ce qui avait toujours pour résultat de lui retourner les sangs. Probablement que l'amour tout particulier qu'il portait autrefois à son premier né, au détriment il faut bien l'admettre, de ses autres fils, le rendait maintenant un peu aigrit et coupable vis à vis de ses autres enfants qui, eux, ne l'avaient pas trahi. Donal lui-même, qui pourtant ressemblait bien plus à Roy lorsqu'il était jeune que son frère Raymun, en faisant encore parfois les frais. Et Roy s'en sentait un peu coupable.

L'âge aussi tourmentait Roy depuis quelques années. Il n'était plus physiquement en mesure de faire tout ce qu'il faisait avant et, si une nouvelle guerre devait advenir, il n'était pas sûr de pouvoir si vaillamment porter armure et épée sur le champs de bataille. Cela le désolait, et son rapprochement du Septuaire pour y soulager son âme ne l'avait guère rassuré sur ces sujets qui l'angoissaient, il fallait bien l'admettre, de plus en plus.

Jusqu'à son passe temps favori qui lui posait aussi des problèmes ces temps-ci : Il cherchait en vain depuis des mois à entrer en contact avec un éleveur de chevaux de Dorne après avoir apprit de quelles qualités ces bêtes pouvaient se doter: agilité, endurance, ... sans parler de la beauté de certaines de leurs robes... Haaa quelles magnifiques mariages il pourrait tirer d'un étalon de Dorne si seulement... Si seulement il arrivait à communiquer avec ces gens bourrus... Mais aucun bateau de Dorne ne débarquait jamais à Goëville, et toutes les missives qu'il avait confiées à des marchands sensés y passer semblaient s'être perdues en route.

Il n'y avait guère qu'avec sa chère femme qu'il parvenait encore complètement à s'apaiser ces dernières semaines.

Mais au-delà de toutes ces tracasseries de la vie courante, c'est surtout l'ombre menaçante de la guerre planant sur le Val d'Arryn qui inquiétait vraiment Roy... Depuis quelques temps, les Fer-nés, -- le Malheur les emporte! --, avaient repris leurs raids dévastateurs sur le continent. Rien qui ne concerne directement le Val bien entendu, mais le mariage de Lady Maura Arryn, sœur de Jasper, le Seigneur du Val, à tout changé. En soutien à la belle famille de Maura, Jasper fit tout d'abord envoyer une petit Ost de 7000 hommes auquel se joignit, bien entendu, Wilem, sautant sur l'occasion lorsque le Seigneur de la Porte Sanglante demanda des volontaires pour rejoindre cette armée. Malgré les craintes qui habitaient Roy et sa femme, ils ne l'en empêchèrent pas car tel était sa voie, et il était entre de bonnes mains avec Ser Archter comme mentor. Mais d'autres nouvelles étaient arrivées au matin par corbeau de la part du Seigneur Arryn, qui faisaient craindre pis à Roy.

C'est à ce point de l'état des lieux qu'il se faisait mentalement qu'il entendit arriver son fils.

"Entre Donal." Dit-il après que celui-ci ai frappé à sa porte. Et le voyant presque penaud a n'oser s'avancer quand il lui demanda ce qu'il voulait, Roy se senti encore un peu plus honteux de son comportement de naguère. Son visage offrit une moue contrite avant d'afficher un sourire sincère à son fils et désormais, héritier.

"Installe-toi mon fils, j'ai de nombreuses choses à t'entretenir."

Et, tout en sortant d'un de ses tiroirs une missive au cachet de la famille Arryn, il ajouta:

"Laisse-moi t'exposer tout ceci et tu me posera tes questions ensuite. Du moins si tu en as."

Prenant une pause comme pour annoncer quelque chose de grave alors qu'il tentait simplement de purger son esprit des divagations qui l'avaient prit quelques minutes auparavant, Roy enchaîna ensuite de la voix solide et sûre de celui qui a beaucoup réfléchit au sujet qu'il allait aborder.

"Nous avons reçu une missive de Lord Arryn nous enjoignant à ramener la flotte de guerre au port et à procéder au plus preste au radoub, calfatage et carénage de nos vaisseaux. Inutile de te dire que ce n'est pas une bonne nouvelle. La situation à Hautjardins semble s'être un peu compliquée et les Lanisters bloquent le retour de l'Ost Arryn. La Main du Roi va arbitrer ce litige, mais, s'il est toujours question pour cet Ost de rentrer au Val, on ne sait pas quand cela sera possible exactement. Ce qu'on sait par contre c'est qu'une autre Ost, plus imposante, va être levée par Lord Arryn pour s'opposer aux incursions de plus en plus téméraires des Fer-nés. Et cette fois nous serons tenus de faire plus que d'envoyer un chevalier, si valeureux soit-il.

Mais pendant que Telion lèvera le ban, nous aurons fort à faire au port pour appliquer au mieux les volontés de Lord Arryn.
Il faut non seulement rappeler à Goëville tous nos navires au plus vite, mais aussi redoubler d'activité aux chantiers navals où je voudrais lancer la fabrication d'une galère et d'une Galéasse supplémentaire. Nous utiliserons les mêmes plans que précédemment, mais aurons besoin d'autant de maîtres charpentiers que possible pour gagner du temps. Pour la main d’œuvre supplémentaire, les primes que nous proposerons devraient nous en assurer un nombre suffisant.
Nous risquons aussi d'avoir à accueillir les flottes des Sunderland de Soeurbourg, des Elesham des Piz et des Pryor de Galet d'où partira très probablement la marine du Val. Il faut donc libérer des docs et réduire au minimum l'activité commerciale. Nous verrons avec Ser de la Tour-Mouette pour utiliser à cette fin les quais qui sont sous sa responsabilité. "


Sans vraiment inviter son Fils à prendre la parole, comme s'il lui restait quelque chose à dire, mais qu'il ne désirait pas encore l'amener sur le tapis, Roy toisa ensuite son fils de son regard clair et hypnotique sans plus rien ajouter.
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