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Nul trouble sur mon domaine - Mycah

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Message Lun 23 Juil 2012 - 15:02

Dans une étroite rue typique de l’architecture de Dorne se trouvait une fontaine, simple cuve que l’on remplissait chaque matin pour abreuver chevaux et bétail, et sur un rebord de cette fontaine était assis Rennifer. Cela faisait bientôt une longue heure que le Uller se trouvait là, presque parfaitement immobile, ses yeux allant d’une cible à l’autre : gens, bâtisses, et surtout la forteresse de Denfert au loin. La place forte, si elle méritait un tel terme, avait été construite sur une colline que l’on avait à l’époque entièrement creusée pour qu’une seule pente permette l’accès au sommet, les autres côtés se résumant à des parois abruptes hautes de près de neuf mètres qui avaient necessité des années de labeur. L’enceinte, de simples murs de pierre agencés grossièrement et dénués de chemin de ronde, en faisait tout le tour et il n’en dépassait qu’une unique tour de guet plantée du côté Sud, non loin des grandes portes. De l’autre côté l’architecture était tout aussi simpliste, seulement quatre bâtiments, un pour stocker la nourriture, des écuries, une garnison pour les soldats, et le grand Hall où vivait la Maison Uller. L’endroit n’avait jamais été conçu pour tenir un siège, sa principale fonction consistait à offrir une position surélevée d’où il était possible de surveiller la rivière Soufre sur des lieues aussi bien en amont qu’en aval. Si des envahisseurs étaient un jour assez fous pour tenter un assaut ils seraient contraints de suivre le cours d’eau pour épancher la soif de leurs bêtes et de leurs hommes, et ainsi il serait possible aux propriétaires des lieux de venir à leur rencontre et de les récompenser pour leur audace comme il se devait.

Rennifer se trouvait pour l’heure dans le village annexe, celui accolé à la rivière et où vivait le gros de la population qui avait l’interdiction formelle de venir chercher refuge au château en cas d’attaque. Si Luan, son Lord de neveu, aimait appeler les habitants des environs « ses gens », le vieux lancier était parfaitement au fait du véritable accord qui les liait au reste du peuple. Les Uller n’offraient en rien la protection aux faibles, s’ils tenaient tant à être à l’abri ils prendraient eux-mêmes les armes et iraient combattre pour sauver leurs vies, mais en échange de la nourriture, des taxes, et d’une obéissance aveugle, ils offraient la promesse que tous ceux qui viendraient s’en prendre à eux connaitraient une mort aussi expéditive que douloureuse. La vengeance et la mort, les seuls cadeaux que sa famille savait concéder.

Basculant légèrement la tête en arrière pour la laisser reposer contre le mur derrière lui, Rennifer réfléchit au pourquoi de sa présence ici à cette heure. Le crépuscule venait de tomber et la populace sortait de chez elle, un agglomérat de bâtisses sans guère de fenêtres à cause du vent qui charriait d’impressionnantes quantités de sable à l’intérieur, pour faire son marché ou tout simplement se mêler aux autres. Durant la journée le soleil tapait si fort que ne sortaient que ceux qui n’avaient pas d’autre choix et sitôt le dernier rayon disparu, les rues se remplissaient en quelques minutes de passants, de marchands, et de leurs clients potentiels. On y comptait beaucoup de Dorniens sableux, bien entendu, mais aussi quelques-uns au teint olivâtre typique de ceux vivant sur les côtes. Parfois des pêcheurs de ce type remontaient la rivière pour vendre leur marchandise, et certains s’étaient établis définitivement dans la cité du désert, laissant leur descendance se mêler au reste. Pour le reste Denfert n’avait pas une très grande diversité de populations, les étrangers étaient tout simplement interdits de séjour, bien qu’aucun de ces derniers n’auraient envie d’y vivre.

Tout autour de lui les gens restaient à une certaine distance et baissaient d’un ton lorsqu’ils l’apercevaient. Il leur rendait chacun de leurs regards furtifs, façon à lui d’inviter quiconque l’oserait à le défier, mais pas un candidat ne se présentait. Forte de cinq mille âmes, la ville n’était pas exempte de criminels et fauteurs de trouble malgré la discipline de fer qui lui était imposée, aussi des patrouilles fréquentes en faisait le tour pour les dissuader de se faire remarquer. Accomplir la même tâche en personne lui plaisait, l’idée que sa simple présence sans escorte suffise à assurer la paix le confortait dans son idée que ces années d’effort n’avaient pas été en vain.

En ce moment le repas du soir devait être servi dans le grand hall, la Truie se plaindrait sans doute que la nourriture était trop épicée, qu’elle lui arrachait son palais fragile et inutile de parasite infécond. Son neveu, lui, ne parlerait que de l’or, de cet or qui lui manquait tant et dont il ne manquerait pas d'en reprocher l’absence à Rennifer qui engloutissait la plupart des fonds en armes et montures. Ce dernier était rentré de sa dernière expédition dans le désert depuis presque dix jours et était de ce fait à cran, une remarque de plus et il savait qu’il finirait par envoyer le mobilier voler en tous sens le temps que sa colère ne passe. Aussi profitait-il de la tiédeur ambiante pour réfléchir à tout et rien. Par exemple à ce Prince qui, plutôt que d’affronter les Dragons, en avait mis un dans son lit, aux vantards chevaliers des terres de l’orage, et aux faibles cultivateurs du Bief. Pour le premier il n’avait que du respect teinté de frustration, pour les autres du mépris et une envie bouillonnante de les saigner jusqu’au dernier. La guerre l’appelait, il pouvait la sentir battre à ses tempes en même temps que son cœur, Dorne devait se soulever une fois de plus et réclamer son indépendance, c’était son intime conviction, sa raison d'être.

Un groupe d’enfants passa à toute allure devant lui sans le remarquer, ils criaient, riaient, jouaient à se battre avec des bâtons en singeant leurs pères et mères avec leurs lances. Si le destin était cruel avec sa chair vieillissante et qu’il venait à rendre son dernier souffle avant de pouvoir guerroyer de l’autre côté des montagnes ce serait à eux d’aller enseigner aux faibles ce qu’était la fierté de son pays. La terre y était dure, impitoyable, cruelle même, mais elle voyait naitre et mourir les plus grands guerriers de ce monde, et les forts ne commerçaient pas avec les autres, ils prenaient, voilà tout.

Il crut entendre le bruit lointain d’une bagarre où se mêlaient insultes criées à s’en déchirer la gorge et fracas des étals renversés. Probablement un conflit d’ivrognes ou un voleur pris la main dans le sac par sa victime. Quoi que cela puisait être, un jugement devait être rendu. Sans se presser il se releva et partit d’un pas tranquille dans cette direction. Avec un chuintement métallique il dégaina son cimeterre, l’endroit était bien trop étriqué pour qu’il puisse utiliser sa lance à son plein potentiel et de toute façon il ne la réservait que pour les vrais combats, les porcs qui s’agitaient dans son domaine n’avaient droit qu’au tranchant de l’épée le temps que leur tête ne quitte leur épaules. L’on commençait déjà à rentrer chez soi à toute vitesse en voyant l’acier dégainé ou, à défaut, l’on s’écartait de son mieux en faisant mine d’être affairé. La clameur s’intensifiait, sa source se faisait plus proche, elle se trouvait probablement au prochain tournant…
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Message Mer 25 Juil 2012 - 22:08

Denfert, ville des déserts et des canicules, seule terre qui parut domesticable au hommes des sables de par la présence de la rivière Souffre, s'étendait face au regard à demi fermé de Mycah, la bouche ouverte et haletante il tourna rapidement son visage vers ses compagnons de route il n'en restait plus que deux, montés sur deux pauvres canassons dans un aussi piètre état que leurs cavaliers.
La passe du Prince est sans danger, ma caravane la traverse souvent, vient donc avec nous tu seras à Lancehélion avant même de t'en rendre compte ! Le chasseur en riait encore, tellement les paroles,finalement totalement absurdes, de ce marchand qu'il avait rencontré à Sèrèna, s'étaient montrées fausses. Une caravane marchande dornienne qui voyageait entre le Bief et la capitale des terres méridionales, une caravane d'une quarantaine de chevaux portant sur leurs flancs des sacs remplis de babioles biefoises de valeurs, le tout seulement composé d'une dizaine d'hommes sans la moindre expérience et sans escorte armée. Cherchez donc l'erreur.
Certes dit ainsi, on se doute bien de la finalité de la chose, ils s'étaient fait attaquer, dépouiller puis abandonner en plein désert sans eau ou nourriture, mais pour le tout jeune homme de vingt ans qu'était Mycah, heureux et à la fois impatient de retourner sur une terre qu'il avait quitté il y a dix ans de cela, l'excitation et le grand sourire si marchand du commerçant avaient suffi à endormir sa méfiance et à prendre part à cette grande aventure à travers les Marches.

Oui il en riait encore, car en plus d'avoir été abandonné à un décès quasi certain, la seule échappatoire qu'il avait trouvé avec les autres survivants, semblaient dans leurs esprits et leurs paroles pire que la mort elle même. Mycah le savait, si à Denfert il trouverait eau et nourriture, à sa manière, il y trouverait tout autant les Uller, famille seigneuriale du coin dont les histoires effrayantes avaient assez gagné en notoriété pour faire trembler l'orphelin des rues qu'il avait été et ce malgré le fait qu'il soit à l'autre bout du pays. Il s'y revoyait encore, les yeux grands ouverts du haut de ses six ans, face à un gamin qui devait bien en avoir douze et qui se vantait d'avoir survécu à l'enfer de Denfert. Des histoires de cris, de tortures, de membres arrachés et de sang pour un regard mal placé. Si cette partie lui laissait un doute sur la réalité de l'ambiance qui régnait en ces terres, il ne croyait par contre plus vraiment en la partie ou ce gamin si arrogant se disait avoir mis au pas un des membres de cette famille quelque peu marginale avant de fuir.

Le reste de la chevauché, si l'on pouvait appeler ces trois pauvres hères avançant moins vite que les scorpions qui les dépassaient à une vitesse folle, une chevauchée, ne dura à son regard quelques minutes, avachi de ton son long sur sa pauvre monture, la tête noyée dans sa crinière, Mycah se répétait seulement de ne pas s'endormir de peur de ne jamais se réveiller. Voire un de ses compagnons de voyage s'écrouler de sa bête et s'étaler de tout son être sur le sable fut d'ailleurs, bien qu'aucun des deux survivants ne réagissent, l'élément qui parvint sûrement à le faire tenir.

A demi conscient, Mycah ne bougea pas plus lorsque des murs blancs apparurent et que des regards interloqués se posèrent sur les deux chevaux avançant au pas sans réel maître. Il tenta de bafouiller quelques mots lorsqu'il se sentit tirer de sa pourtant si confortable position et lâcha simplement un soupir de surprise lorsqu'il s'écrasa au sol. Les yeux rivés vers le ciel, il vit apparaître dans la lueur du crépuscule une forme noire qui semblait l'observer. Une avalanche d'eau s'écrasa alors sur son visage et remplit sa bouche béante, d'un réflexe, il l’avala d'une traite en toussant et en se roulant à terre. L'inondation subite lui fit reprendre ses esprits et encore sous le choc douloureux de sa réhydratation subite, il parvint a se mettre a genoux et à enfin observer les alentours.
Il était pile à l'entrée de la ville et une foule de gens commençait à s’agglutiner autours de lui. Son regard s'échappa et il put observer son sauveur qui n'était autre qu'une sauveuse souriante, une amphore de terre cuite vide à la main. Entre deux souffles, il parvint à donner un simple merci et soudainement pris d'une certaine peur, il chercha du regard son acolyte, entre deux jambes il put le reconnaitre à quelques mètre de lui, a peu près dans le même état et les cheveux mouillés.
C'était un Biefois, un vrais, à la peau blanche, au yeux bleus et a la chevelure clair et si le dornien bien que venant de Lancehélion ne faisait pas trop tâche, il n'en était pas de même pour cet homme du nord.

Encore un peu dans la brume le chasseur tentait de fixer son esprit et son regard sur lui et de l’appeler, lui semblait capable de parler et apparemment s'en donnait a cœur joie, puisque même a genoux ses lèvres bougeaient sans cesse. Mycah se demandait bien quelle tirade il était entrain de leur servir, sûrement un début de ce récit extraordinaire …. Les biefois, toujours ce besoin d'être dans la lumière quelque que soit la situation … Ou finalement peut être pas, car d'un coup le dornien put apercevoir un coup de pied se flanquer sur l'épaule de son compagnon le remettant à terre alors qu'un homme le rouait maintenant de coups.
Sans trop réfléchir et en s'appuyant sur sa sauveuse toujours présente mais silencieuse, Mycah se releva difficilement et une fois son équilibre retrouvé, il entreprit de rapidement traverser la foule et commença à entendre les raisons de ce tabassage.


T'aurais mieux fais de crever dans le désert, enfoiré de Bieffois. Retourne donc dans tes champs fils de putain.

Sans élan et sans trop de manière, Mycah arriva au centre du cercle formé par la populace attirée par ce spectacle et se jeta à corps perdu sur l'un des tes deux agresseurs qui s'écroula à terre avec lui. Bien que ce soit d'un geste désordonné le chasseur arriva à discerner la tête du reste du corps et y plaça une droite, du choc vint un bruit de craquement sourd et alors qu'il ne put dire si c'était la mâchoire de son adversaire ou son poing qui s'était brisé il se fit envoyer voler sur un étal de marché, qui s'écroula d'ailleurs en même temps que lui, par l'ami de sa cible.

Alors t'es ami avec la petite fleur, tu vas subir la même chose.

Encore trop pris par la fatigue et par la violente rencontre avec des fruits et légumes, le chasseur ne parvint pas à se relever et c'est essoufflé qu'il observait la menace grandissante qui s'approchait vers lui. Surmeent aurait il passer un très sale moment, si d'un coup la foule ne s'était pas disperser comme une fumée sur laquelle s’abattait un vent puissant et le public de cette violente mascarade comme son adversaire disparurent à travers les ruelles, laissant à terre le Biefois, le dornien hargneux qui s'était pris le poing de Mycah et ce dernier affaler sans la force de bouger dans une multitude d'agrumes, de morceaux de bois et de tissus.

Sans trop comprendre il tourna la tête vers ce qui semblait être la raison de cette fuite générale et alors qu'il s'attendait à tomber né à né avec au moins une cohorte de gardes ou une tempête de sable, seul un homme armé d'un simple cimeterre apparut au coin d'une maisonnée, rassemblant toute ses forces et ne cherchant plus la logique en cette contrée de fous, Mycah haussa légèrement la main pointant du doigt l'agresseur du biefois, toujours a terre. Sa tête se retourna vers ce qui n'était encore pour lui qu'une tache noire grandissante et ils parvint au moins à se défendre.


C'est lui là, c'est lui. J'y suis pour rien, nous y somme pour rien.

Son corps commençait à se réhabiliter, son esprit retrouvait sa forme initial, la fatigue et la faim quant à elle disparaissaient, domptés par l'adrénaline.
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Message Ven 27 Juil 2012 - 14:45

Rennifer foula du pied une figue une fois arrivé au tournant, le petit bruit qui en résulta fut le temps d’une seconde le seul à troubler le silence de la rue qui s’offrait devant lui telle un champ de bataille récent où fruits et morceaux de bois jonchaient un sol à la poussière en train de retomber. Il y voyait aussi divers effets que les badauds avaient abandonnés derrière eux lorsque la rumeur de sa présence était parvenue jusqu’à leurs oreilles, ils avaient détalé sans demander leur reste comme des années de rumeurs et de châtiments en place publique le leur avaient enseigné. Chose plus rare mais qui lui économiserait probablement des heures de traque et de fouille minutieuse dans les recoins propices à servir de cachette, certains, si ce n’était la totalité, des participants de cette guerre plus que circonscrite se trouvaient encore sur les lieux de leur coup d’éclat, à terre, certains légèrement blessés d’après un premier coup d’œil. La colère lui tordit soudainement les tripes, une rage acide qui ne demandait qu’à émerger violemment pour tailler en pièces les vermines qui rampaient sur cette terre, sa terre, celle où il avait grandi et qui ce soir voyait sa gloire et sa loi être bafouées sans la moindre considération. A présent il ressentait ce qu’au fil des années il en était venu à nommer « l’appel », ce court instant où sa chair et son âme lui hurlaient de passer à l’attaque, de répandre membres et boyaux sans distinction pour laver cet affront, le goût ferreux du sang et l’acidité de sa bile lui brulaient la gorge, sa respiration s’accélérait, sa main d’épée en serra davantage la garde jusqu’à faire craquer ses jointures.

A grande peine et en mobilisant toute la retenue dont il était capable, il ravala tout cela pour un temps seulement, presque rien au monde n’aurait pu le dissuader d’appliquer une sentence aussi dure que justifiée en cette nuit. Mais avant de céder, avant de satisfaire l’appel une fois encore, il avait d’abord besoin de savoir, de comprendre ce qu’il s’était passé, si ces criminels ne daignaient pas le respecter avec leur comportement de bêtes sauvages il prendrait pour sa part la peine d’entendre leurs derniers mots, leur dernière vaine tentative emplie de crainte pour qu’il épargne leurs vies. Tout comme lui ils étaient Dorniens, partageaient l’héritage Rhoynar dans leurs veines, leur ascendance leur garantissait cette unique preuve de magnanimité, et…

Son esprit mit un temps à réaliser l’énormité de la situation, de tout ce qu’il s’était attendu à découvrir en se dirigeant vers une simple bagarre de rue, la présence d’un étranger l’étonnait presque autant que celle d’un dragon comme ceux décrits dans les légendes de l’ancien temps. Pourtant les preuves ne mentaient pas, dans le trio figurait un intrus indésirable, il en était même impossible de le confondre avec ses cousins des montagnes tant les détails révélateurs s’accumulaient au fur et à mesure qu’il l’observait. Ce teint pâle, roussi là où sa peau restait à nue témoignait d’une existence, courte à en juger par l’âge apparent du concerné, à arpenter des espaces verdoyants où dominait un soleil bien plus tendre que celui de la région. Une chair flasque recouvrait ses os, avec le ventre bedonnant de celui qui n’avait probablement jamais connu la faim et la nécessité d’arracher sa nourriture à un sol ingrat, même ses cheveux venaient trahir son exécrable nature. L’étranger n’avait pas bonne mine, il haletait misérablement à plat ventre, saignant abondamment par son nez cassé, sa respiration se faisait difficile, sifflante, et ses lèvres recouvertes de croutes et gercées lui apprirent de même qu’il était assoiffé. Pour celui-là il n’avait pas besoin d’en connaitre davantage, son sort avait été scellé dès lors qu’il avait posé le pied sur le domaine de la Maison Uller. Jamais sa famille n’accepterait qu’on salisse la mémoire de ses ancêtres en rompant une tradition de haine envers ceux qui prétendaient dominer le continent entier et leurs serviteurs, ceux qui venaient à Denfert sans y être invités n’en repartaient jamais, une pratique qu’il approuvait et faisait figurer parmi les piliers de ses principes.

Un autre des belligérants faisait partie des habitants de la ville, aucun doute n’était permis quant à cette vérité plus qu’évidente, il portait des habits typiques des environs, longs jusqu’aux chevilles et suffisamment larges pour ne pas faire étouffer de chaleur leur porteur, Rennifer se demanda même s’il ne l’avait pas déjà croisé une ou deux fois avant cette nuit, à moins que ça n’ait été son père ? Bah, il s’en moquait, les gens vivaient et mourraient avant de laisser la place à leur progéniture après tout, l’homme avait de toute évidence reçu un coup en plein visage, preuve irréfutable qu’il avait joué un rôle dans cette mêlée et qu’il était donc coupable. La clémence n’était pas du nombre des quelques vertus du Uller, encore moins lorsqu’il s’agissait d’une des personnes placées sous sa responsabilité, il l’exécuterait une fois le sort des deux autres décidé.

Il n’eut pas le temps de s’attarder sur le cas du suivant que ce dernier ouvrit la bouche. Il niait et reportait la faute sur un autre, comme un enfant pris sur le fait et qui avait pleine conscience de sa culpabilité. Ce manque de fierté l’écœura, quitte à être condamné et mourir autant le faire la tête haute, les yeux rivés à ceux de son bourreau, il aurait même été satisfait qu’on essaye de le tuer plutôt que cela. Il secoua légèrement la tête et continua à avancer.

« Je m’occuperai de ton cas bientôt, tais-toi jusque-là et ne t’avise pas d’envisager la fuite. »

La pointe recourbée de son épée vint piquer sous le menton du Bieffois pour lui faire relever la tête. Le pauvre bougre était à peine conscient, son visage commençait à enfler et à prendre une teinte violacée là où les coups les plus violents l’avaient atteint. Rien de mortel pour autant que Rennifer pouvait en juger, ce qui le plongea dans un dilemme dont il n’avait pas l’habitude. Luan voudrait probablement s’amuser un moment avec lui, friand qu’il était de nouveaux et originaux participants pour des punitions où il faisait preuve d’une imagination sans cesse renouvelée. D’un autre côté, en tant que premier arrivé cette proie revenait de fait au vieux lancier, ce qui lui donnait le droit d’en disposer selon sa volonté qui à l’heure actuelle continuait à lui conseiller une décapitation en règle. En temps normal il ne se serait pas posé la question et aurait frappé avec précision avant de laisser la dépouille aux bons soins de qui aurait envie de l’enterrer ou de la jeter dans la rivière, mais il n’y avait même pas eu de combat, comment son honneur pourrait-il rester sauf s’il s’abaissait à achever quelqu’un dont la mise hors d’état de nuire n’était même pas de son fait ?

Il grogna, empli de frustration et en revint à celui qui s’était montré si prompt à dénoncer les autres. Celui-là était au moins originaire de son pays, encore un jeunot à la langue bien pendue comme il en existait tant. Lui aussi semblait épuisé, quoique plus alerte à en croire l’énergie qu’il déployait pour reprendre ses esprits. D’un ton sec il lui dit :

« Tu as prononcé le mot "nous" en vous désignant toi et ce mangeur d’herbe, c’est ainsi qu’on éduque les enfants là d’où tu viens ? A agir en frère avec les vantards et piètres combattants d’au-delà des Marches ? C’est sur mon domaine que tu trahis tes semblables, mon garçon, et cela je ne le tolèrerai pas. »

Il planta son regard dans le sien, puis poussa vivement du bout de sa sandale un morceau de planche qui glissa sur le sol jusqu’à son destinataire, puis désigna d’un mouvement de la tête le Bieffois toujours groggy.

« Prouve moi que tu es un vrai Dornien et j’envisagerai une alternative au spectacle de tes tripes accrochées au dessus de ma porte. »


Dernière édition par Rennifer Uller le Mar 14 Aoû 2012 - 15:01, édité 1 fois
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Message Sam 11 Aoû 2012 - 12:13

Encore l'esprit légèrement brumeux, Mycah sentait dans un léger frissonnement le jus des fruits éclatés lui couler le long du dos, glissant comme une caresse sur sa nuque puis serpentant le long de sa colonne vertébrale. Voilà un doux contact qui réveilla ses sens, rappelant à nouveau à son corps qu'il n'était plus en proie au seul sable et au soleil. Quoique … Peut être ces menaces valaient mieux que celle qui semblait s'approcher de lui. Légèrement remis de ces émotions il tenta de se mouvoir dans l’enchevêtrement d'orange, de figue et autres marchandises maintenant écrasées, jusqu'à ce que son coude droit réussisse finalement à prendre appui sur une pastèque proche et encore intact, d'un appui sur et longuement préparé il parvint a se redresser, bougeant enfin son dos du tas de nourriture. Ses yeux remis à découvert hors de la douce ombre offerte par le tissus déchiqueté qui couvrait l’étal, se plissèrent d'un coup sec face aux rayons du soleil, et les détails du monde qui l'entourait lui apparurent enfin, une longue allée de sable et de poussières, bordée de chaque cotés par des maisonnées blanches à peine plus haute qu'un homme, chacune entrecoupée des autres par des ruelles ou l'on pouvait maintenant apercevoir quelques curieux qui après avoir pris la fuite, revinrent tout de même observer, cachés et à l'abri des entre-mur, cette scène qui leur semblait être un spectacle. Et bien sur comment ne pas citer celui qui finalement, sans s'en rendre compte lui avait sauver la vie … Avant de peut être vouloir lui reprendre. Un Dornien sableux, un vrais a la peau aussi foncée que les cheveux du chasseur, au corps alerte et aux gestes vifs qui n'avaient pourtant pas été totalement épargnés par le temps.

L'homme était enfin arrivé sur les lieux de l'altercation, et l'air, aussi sévère et dur que la roche, qu'il laissait apparaître, autant aux trois hommes étalés dans la rue, qu'aux discrets spectateurs, ne disparu que quelques secondes lorsqu'il découvrit l'identité marquée par son physique du compagnon de survie du chasseur. Son esprit, peut être choqué par cette arrivée n'en oublia pas pour autant les deux autres et Mycah alla jusqu'à lâcher un léger rictus lorsqu'il lui parla de fuite.
Il suffisait de le voire pour savoir qu'il n'irait pas bien loin/ La peau craquelée, des cernes marquant une différence profonde face a son teint basané par le désert, les cheveux et la barbe en bataille, remplis de sable, des coupures,des marques sur ses muscles endoloris par le manque d'eau et la fatigue, suffisait à révéler la faiblesse physique du jeune homme qui ne tenait debout que de par sa propre volonté.

Sans un mot et toujours accoudé à son melon d'eau, Mycah put observer celui qui inspirait tant la crainte en ces lieux, se retourner de nouveau s'approcher du fou qui avait osez fouler ses terres et lui relever d'un geste précis et de la pointe de sa lame, le visage vers le ciel. L'instinct du chasseur stoppa net sa respiration tant le regard de toute puissance qui s'étalait sur le pauvre Bieffois tendait la situation. Les contes et légendes de Lancehélion lui revinrent une fois de plus à l'esprit, bien que ce coup si, elles prenaient forme devant lui, les habitants de ces terres étaient bien de grands fous, des adorateurs du sable et de ses habitants, niant que toutes choses respectables puissent se trouver en dehors des terres foulées du pied par les Uller.
Se basant sur ces récits son imagination s'emballa, et il s'attendait à la moindre seconde passée a voire l'homme d'arme lever d'un geste lent son cimeterre au dessus de son épaule pour le rabattre d'un coup sec à la nuque du pauvre hère qui s'étendait à ses pieds.
Tout naturellement, ses craintes s'élargir jusqu'à se transformer en terreur, lorsque sans même toucher un cheveux de sa, sûrement, futur victime, il braqua ses paroles et son regard sur le dornien, qui se voyait déjà être la cible du courroux refoulé de ce sabre menaçant.

Mangeur d'herbe ? Frère ? Mon domaine ? Des paroles prononcées d'un ton sec et d'un débit intenable pour l'épuisé qu'il était, des paroles qui se bousculaient et se mélangeaient rendant difficile toute compréhension, il savait qu'il y avait quelque chose a comprendre la dessous mais quoi ? Les méandres encore éveillées de sa réflexion tentaient tant bien que mal de démembrer la phrase et ce n'est que lorsqu'un bout de bois heurta sa jambe qu'il comprit.
Si cet homme, cette apparente autorité en cette région, lui demandait de faire ce qu'il voulait qu'il fasse, il n'en pouvait être autre qu'un homme ne craignant pas la loi, un qui faisait la loi … Un Uller en personne. Un nouveau frisson lui parcouru la colonne à l'idée de se retrouver face à un mythe vivant, la terreur des enfants de Dorne qui n'écoutaient pas leurs parents, un monstre de contes réels. Cette révélation et l'image de ses tripes accrochées en guirlande, lui ôta un haut le cœur qui manqua de peu de faire sortir le peu d'eau que son corps avait réussi a ingérer. Face a une menace et a des peurs que certain qualifieraient d'infondées et d'enfantines, il saisit la planche tout en fixant d'un regard inquisiteur son surveillant, craignant que comme une bête sauvage, le moindre mouvement brusque ne le mène à sa fin. Difficilement il se releva et s'est en boitant qu'il s’avança le regard terrifie parce qu'il s’apprêtait à faire. Repasser au centre de la rue, sous un soleil encore plus puissant, l'obligea à nouveau à plisser les yeux jusqu'à l'aveuglement et s'en fut peut être encore heureux, les rayons du soleil masquèrent a sa vue les yeux bleus qui le fixait difficilement, un regard lourd de haine et de questions, qui l'aurait sûrement poursuivis pendant bien année. Un regard qu'aujourd'hui il ne peut s’empêcher d'encore imaginer.

D'un élan conduis par un mélange de lâcheté et de fatalité, il souleva le morceau de bois et l'écrasa sur le visage de son compagnon qui s'écroula inanimé sur le sol. Dégoutté de lui même et peu enclin à s'auto flageller, il reconduisit sa colère sur celui qu'il considérait comme étant la première source de ce geste de trahison. Emporté par sa fureur il réussit a se retourner pour asséner cette fois plusieurs coup violent sur le visage et le torse de leur agresseur encore au sol. Une fois sa rage passée, il se retourna et vers l'homme de garde qu'il imaginait déjà fier et heureux du spectacle de bassesse humaine qu'il s'était vu offrir.


Alors c'est ca un vrais Dornien ? Ça sera suffisant pour un Uller j'espere ? Bande de mala...


Un mal de tête, puissant le bloqua dans sa parole, une migraine comparable à une tempête s'écrasait contre les parois de son crâne, son regard se troubla, ses muscles se relâchèrent seules et sans contrôle, sans un mot de plus Mycah s'écroula sans peine et sans conscience, la face contre le sable brulant.
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Message Mar 14 Aoû 2012 - 15:00

Force était de reconnaitre que le traître à son pays avait au moins une envie de survivre plus grande que son épuisement ou la résignation qui survenait lorsque l’on se savait condamné, cet homme venait de frapper l’intrus sitôt que l’ordre avait trouvé un écho dans son esprit apparemment embrumé, pour ensuite passer ses nerfs sur le troisième belligérant qui, à voir le nombre de coups portés et les craquements qui se firent entendre à chaque fois, était à présent bel et bien mort. L’infortuné bourreau tenta de prononcer une dernière bravade, hagard, et finit par se laisser aller à un évanouissement tant il n’en pouvait plus. Même un étranger complètement à bout avait su reconnaître un Uller lorsque celui-ci s’était trouvé face à lui, Rennifer aurait presque retiré de la fierté en sachant que leur nom était craint dans tout Dorne, mais sa colère n’était toujours pas apaisée et par conséquent le cas cet impudent non plus. La réputation était une chose, l’entretenir en était une autre, rengainant finalement son cimeterre et laissant les deux autres corps là où ils étaient, le Bieffois ne se réveillerait plus avant un moment pour peu qu’il soit encore vivant, il saisit sans ménagement le dernier pour le trainer par les chevilles jusqu’à la fontaine où le vieux lancier se trouvait encore assis quelques instants auparavant. L’endroit était toujours aussi désert, la prudence locale impliquait tout autant de fuir les ennuis lorsqu’ils apparaissaient que de soigneusement prendre son temps avant de retourner sur les lieux, pour peu que la garnison se sente d’humeur à faire un exemple. Son fardeau humain empestait la sueur mélangée aux différents fruits qu’il avait broyés au cours de son pugilat improvisé, le tout lui donnant une peau poisseuse qui accrochait sans peine la poussière sur laquelle il était balloté. Une fois au pied du minuscule bassin, Rennifer souleva le garçon, sous sa crasse il semblait encore relativement peu âgé au premier coup d’œil, et le fit basculer tête la première dans l’eau stagnante jusqu’à complètement l’immerger. Elle n’était pas bien fraiche mais elle saurait le réveiller suffisamment longtemps pour que l’homme d’armes lui soutire les réponses qu’il désirait entendre, ou dans le pire des cas elle finirait le travail à sa place, ce n’était pas là une perte qu’il pleurerait bien longtemps.

La nuit était à présent tout à fait tombée, pour preuve la forteresse de Denfert n’était plus visible que grâce aux torches allumées au sommet de sa tour de guet, l’ensemble donnait l’impression d’une boule de feu flottant dans le ciel nocturne dans l’attente de s’écraser sur les malheureux en dessous. Cela lui rappela brièvement une légende qu’il avait entendu il y a longtemps sur la Maison Dayne, de quoi s’agissait-il déjà ? De quelque chose tombé du ciel et dont ils s’étaient servis ensuite ? Bah, il n’avait jamais rencontré de membres de cette Maison et ceux-ci étaient de toute façon trop loin de son désert pour qu’il s’y intéresse trop longtemps. Il avait repris place sur le rebord de l’abreuvoir de pierre, dans la même position où il se trouvait auparavant à la différence près que sa lame était revenue dans sa main sitôt son chargement déposé, les hommes désespérés avaient tendance à se livrer à des actes du même métal et il n’était pas assez stupide pour se laisser prendre dans une lutte à mains nues qu’il gagnerait de toute façon. Enola était déjà assez préoccupée par toute l’attention que demandait son fils encore nourrisson pour qu’il l’inquiète davantage en rentrant trempé ou avec quelques traces de coups. Sitôt que le garçon se décida à émerger Rennifer planta ses yeux dans les siens, aussi confus que son « prisonnier » devait l’être il y avait donc toujours matière à lui arracher quelques mots d’une façon ou d’une autre.

« Le sort d’un criminel est satisfaisant pour un Uller lorsque la vie le quitte enfin après une agonie si douloureuse qu’il en regrette d’avoir jamais vu le jour. Tu as tué deux de tes semblables rampants simplement pour sauver ta peau, ce n’est pas suffisant. »

Qu’allait-il faire pour se défendre à présent, c’était la seule chose qui intéressait encore Rennifer, l’ordre avait été rétabli et les habitants du village avaient encore une fois eu la preuve que la loi était strictement appliquée, son devoir et son honneur s’en tiraient à merveille. Il ne restait plus qu’une vague curiosité pour cet animal détrempé qu’il observait dans l’attente de son prochain mouvement. Le vieux lancier ne s’était jamais senti un grand instinct de prédateur, lui qui devait déjà réfréner ses ardeurs les plus sauvages pour conserver un semblant de nature humaine ne retirait guère de plaisir à chasser ou à s’assimiler à sa proie. Les bêtes étaient par nature prévisibles, et au fur et à mesure que l’on apprenait à les connaitre les hommes ne se montraient guère différents une fois traqués, sa mission consistait bien sûr à passer le plus clair de son temps sur la piste de brigands et il se devait donc de connaitre les subtilités de cet art qui n’avait au final d’autre but que de l’amener à ce qui comptait réellement à ses yeux : le combat. Un véritable affrontement, mortel, au plus proche d’un adversaire qui était lui aussi conscient qu’un seul verrait le jour suivant se lever, voilà ce qui le motivait à chevaucher pendant des lieues et des lieues malgré la routine à présent plus que rôdée de l’exercice, c’était pour revivre ces courts instants où il tentait de deviner dans le regard d’un autre quel serait son prochain mouvement. Dans le cas présent il ne s’agissait pas d’un combat en bonne et due forme, sa propre vie n’était pas menacée le moins du monde, ni vraiment d’un jeu où il prenait du plaisir à voir sa victime se débattre, mais plutôt d’un genre de curiosité pour ce que serait la suite des évènements s’il retardait la mise à mort envisagée. Il parla de nouveau :

« Tu vas d’abord me donner ton nom, ensuite m’expliquer comment un Bieffois a pu entrer sur mes terres grâce à ton aide, et selon ce que tu diras ma prochaine décision sera plus ou moins plaisante qu’une baignade imprévue. »
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Message Jeu 23 Aoû 2012 - 13:59

Un monde trouble emplis d'un noir tombé sur ses yeux par ses paupières refermés, assommé Mycah l'était et si sa conscience était partie en fumée au point de l’empêcher totalement de réaliser le moindre geste, son corps ressentait tout de même les stimulis extérieurs, il sentit sans s'en rendre compte une poigne attraper ses chevilles, il sentit son corps se faire traîner à travers des virages et des escarpements, il sentit le sable et la poussière glisser du bas de son dos, rentrer dans sa chemise débraillée, glisser le long de sa colonne dans des picotis dérangeants pour que finalement quelques morceaux qui ne s’étaient pas accrochés au sucre fruité maintenant répandu à la moindre parcelle de sa peau, finissent par se mélanger a la sueur des cheveux noir qui balayaient le sol laissant derrière eux un long sillon.

Il sentit tout autant des mains l’agripper, son corps se soulever d'une traite pour finalement vivre un choc que l'on ne saurait pas vraiment qualifier aux vues des nombreux sens qui se réveillèrent chez le garçon. Commençons par le commencement, pour un être venu des sables un homme qui a passé sa vie loin de l'eau si ce n'était pour la boire, et encore quand elle n'était pas rendue à l'état d'alcool, se retrouver d'un coup d'un seul avec la partie la plus important de son corps, celle d’où la vie survenait , totalement immergée et surtout retenue sous l'eau suffit à assez bouger son inconscient pour qu'il daigne réveiller l'ensemble de son corps et de son esprit, faisant ouvrir les yeux au chasseur dans un amas de bulles qui s'échappaient dans une longue enfilade depuis sa bouche à demi ouverte. Venait ensuite le choc du réveil, à parler de souvenir, le chasseur ne se rappelait que vaguement avoir tabassé un ou deux hommes face à une brut de Uller et ce dans une rue déserte. Se retrouver ainsi plongé dans un bassin jusqu'alors inconnu sans savoir ou il était et avec qui, depuis combien de temps, suffisait à son tour à affoler son esprit et que dire de cette passation entre l'air, bien que la nuit était tombé, lourd et chaud et une eau plus tempérée, la pression soudaine du liquide s'écrasant sur ses tympans etc …

Une suite logique qui donna non sans peine le réflexe humain le plus prévisible qui soit, sa nuque se contracta et dans une inspiration impressionnante couverte de gerbe d'eau volante, sa tète se retira de la flaque. Aussitôt ses mains cherchèrent à s'accrocher a la moindre chose et trouvèrent finalement les rebords sur bassin, alors qu'il toussotait et expulsait le peu d'eau qu'il avait dans la gorge. Mycah se réveilla ainsi dégoulinant et cherchant d'un regard paniqué a comprendre ce qui lui arrivait.. La solution à ce problème épineux lui arriva rapidement lorsque le Uller posa sa question sans même lui laisser le temps de reprendre totalement son souffle. A bout de nerf de se sentir comme un petit jouer entre les pattes d'un animal, il se retourna d'un coup et laissa son dos glisser le long de la paroi de pierre, une fois assis au sol il se retourna et écouta les dernières paroles de la grande menace qui apparaissait face à lui.

A l'entendre il ricana nerveusement, ça y'est il était à bout, au fond de l'abysse et dans son esprit un déclic venait d'immerger, il venait de se faire à l'idée qu'il allait mourir, quelque soit sa futur réponse il allait mourir. Alors quitte à quitter ces terres de par les mains d'un fou autant en profiter non ? Armé d'un grand sourire il tourna son regard sur l'homme d'arme et se ria ouvertement de lui.


C'est un peu contradictoire non ? Pour prouver que je ne suis pas un criminel je dois réaliser ce qui est en lui même considéré comme un crime, tuer des gens dans la rue comme cela n'est pas des plus recommandé non ? Et puis je ne suis que le bras armé de la justice de ses terres pour le coup, puisque vous êtes mon commanditaire. Si on m'avait dis un jour que je ferais parti de la milice de Denfert.

Calmement il détourna pour la première fois ses yeux de l'homme, maintenant il pouvait bien lui planter son cimeterre a travers la gorge, peu lui en importait, il plongea tranquillement sa main dans le bassin et d'un mouvement de va et vient il provoqua de léger de remous qui se transformèrent à la suite en vaguelettes qui passèrent le rebord pour venir s'écraser sur la nuque du jeune homme. Qui jubilait même encore trempé de sentir de l'eau proche de lui après tant de jours de sécheresse.

Et sinon je me prénomme Mycah, simplement Mycah

Finissant sa phrase il s'appuya de toute sa force contre le bassin et poussa l'audace jusqu'à se relever sans qu'on lui ai demandé, ça peut paraître peu de choses mais aller savoir pour un Uller ce qui est provoquant et ce qui ne l'est pas.


Et pour la présence du Bieffois et bien c'est simple, vous apprendrez que lorsqu'on installe ses terres face à la sortie de la Passe du prince, il est facile de se retrouver avec des voyageurs égarés surtout depuis que Dorne et la couronne enfin vous savez … Bref et oui il est venu avec moi simplement pour la bonne raison que lorsque l'on survie au milieu d'un désert il vous vient rarement a l'esprit de tuer vos compagnons du moment.

Il s'étira une bonne fois, l'air hagard et vide, n'ayant plus d’intérêt pour la moindre chose même pas lui.


Enfin allons finissons en . Quoi que attendez vous pouvez bien réaliser quelque chose pour moi, ne serait ce que pour le petit amusement que je vous ai offert, je meurs de faim a proprement parler donc quitte a mourir d'une lame j'aimerais avoir l'estomac plein. Vous me faites visiter et m'accompagner pour mon dernier repas ?
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Message Dim 26 Aoû 2012 - 20:47

Il avait été prompt à reprendre ses esprits et ne se laissait pas aller à une litanie de supplications misérables que seuls les condamnés en route vers la potence savaient entonner, Rennifer concéda au moins cela à son homologue détrempé alors qu’il l’observait s’extraire du bassin. Les muscles de ses épaules s’étaient tendus d’eux-mêmes à cet instant, habitués à réagir promptement en réponse à une possible attaque en traître, ce que l’étranger n’essaya pas, peut-être par résignation ou vague espoir. Qu’il abandonne l’idée même de survivre comme sa gestuelle le laissait à penser et c’en serait fini de lui, sans volonté de vivre un homme ne méritait que la miséricorde d’un décès plus ou moins rapide selon son bourreau, et le Uller comptait parmi ceux qui méprisaient le plus ce genre de mélancolie morbide. A sa place il se serait déjà jeté poings en avant sur celui qui prétendait lui imposer sa loi, à sa place il aurait tenté tout et n’importe quoi pour laisser de profondes cicatrices à la cible de sa colère, à sa place il serait donc déjà mort. Peut-être celui-là savait-il garder la tête froide et réfléchissait déjà à un plan pour fuir, endormant son interlocuteur avec quelques bons mots et vagues plaisanteries, ce garçon qui se nommait Mycah était donc un esprit calculateur et habile ou bien le dernier des suicidaires. Toujours assis sur le rebord du bassin alors que le seul autre individu présent à des rues à la ronde se relevait avec toute l’énergie qui devait lui rester, le vieux lancier grogna sèchement une fois le silence retombé, il ne goutait guère à l’humour –passe-temps de cueilleur- et ne riait jamais tout comme ses sourires se faisaient aussi rares qu’une pluie dans le désert, ce qui devait n’être qu’une simple bravade ne réussit qu’à l’agacer et raviver un semblant de cette colère qui l’avait pris quelques minutes auparavant en découvrant la scène. L’impudent voulait jouer sa vie avec des mots plutôt que de la réclamer à pleines mains ? Très bien, Rennifer pouvait bien perdre encore un peu de son temps avant d’aller retrouver les siens.

« Les soldats de Denfert sont tous nés ici, ils ont grandi sur ces terres et m’ont prouvé leur valeur bon nombre de fois, autrement je les aurais tués moi-même car je ne tolère pas l’échec. Affirmer que tu arrives ne serait-ce qu’à la cheville d’hommes et de femmes que j’ai éprouvés des années durant est invraisemblable, soit tu es un idiot qui confond ma Maison avec celles du Bief, soit tu es un vantard. C’est cela que mon pays est en train de devenir là d’où tu viens ? Un ramassis de beaux-parleurs dans le plus pur style des Sept Couronnes ? »

Il se redressa finalement, tout en menace, compensant sa taille modeste par une dureté dans le regard qui restait sans appel quant à la facilité qu’il aurait à se débarrasser de son vis-à-vis. Sa hargne s’attisait d’elle-même et comme à son habitude il dut la contenir au prix d’un effort intense, encore un rien de patience, que l’histoire ne s’achève pas avant d’avoir atteint l’épilogue.

« Compagnon du moment, tu dis ? L’égorger pour doubler tes propres réserves de vivre et augmenter tes chances de survie tout en faisant ce que ton sang et ton héritage te commandaient ne représentait pas une option envisageable ? »

Le ton montait, saccadé en changeant chaque phrase en un nouvel assaut métallique contre ces arguments énoncés, la volonté de lui faire reconnaitre sa faute poussait le Uller à s’acharner davantage.

« Le dernier repas que moi les miens serions prêts à t’offrir serait une fourmilière enfoncée dans ta gorge ! Tu penses que plaisanter te permettra de t’en sortir ? Il faudra faire mieux que cela, bien mieux ! »

Que cet étrange duo soit le fruit d’une rencontre hasardeuse entre deux voyageurs égarés, Rennifer n’en croyait pas un traître mot, il connaissait le désert de sa région, croiser par mégarde d’autres personnes de passage alors qu’aucune route ne permettait de s’orienter et que les tempêtes de sable faisaient perdre jusqu’à la notion de Nord et de Sud, cela frisait l’impossible. Quelque chose d’encore plus répugnant que des liens tissés lors d’une mésaventure partagée avec un ennemi naturel se cachait là-dessous, à présent l’ancien voulait lui arracher cette confession quitte à aller la chercher jusqu’aux fonds de ses tripes. Il s’avança à toute vitesse, presque en bondissant, vers Mycah et empoigna à une main sa chemise tout en levant son cimeterre au-dessus de sa tête, et dans un cri riche en haine et en postillons, demanda :

« Je veux la vérité, larve, ne va pas me croire suffisamment vieux pour avaler ce baratin que tu me sers ! Pourquoi voyageais-tu depuis ces montagnes et qui était ce Bieffois dont tu affirmes ne pas être un proche ?! »

Il relâcha sa prise, rejetant l’homme avec davantage d’humeur que de force. Il pouvait déjà s’imaginer frapper avec sa lame pour séparer cette tête présomptueuse de ses épaules ou entamer profondément sa cage thoracique avec un coup bien placé, ses nerfs voulaient évacuer cette frustration accumulée par le biais le plus efficace à leur connaissance : le meurtre. Sa main fit décrire un moulinet à son arme, non pas pour s’échauffer –le bouillonnement qu’il expérimentait actuellement suffisait- mais pour évacuer un rien de cette tension.

« Je veux des réponses, une explication claire en n’omettant pas la destination que vous vouliez atteindre, car je doute qu’il s’agissait de Denfert ! Si tu te moquais vraiment de périr comme tu l’affirmes à présent, tu n’aurais pas mis à mort les deux autres, cesse de jouer et livre moi cette vérité que tu dissimules avec tant d’ardeur. »

Les premières torches étaient allumées depuis peu aux quatre coins du village, venant s’ajouter à la lueur de sa forteresse en retrait où les siens devaient l’attendre, son fils devait déjà être couché tandis qu’Anissa devait encore crapahuter là où l’envie lui en prenait. Son Lord de neveu quant lui était probablement déjà couché, il tenait son amour du sommeil de sa mère, peut-être avec l’aube gagnerait-il un nouveau trophée d’os à ajouter à sa collection.
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Message Mer 29 Aoû 2012 - 13:21

La vérité, alors comme ça ce cher Uller se voulait d'obtenir la vérité à tout prix, était ce peut être cela qui avait finalement maintenu Mycah en vie, une curiosité morbide qui trahissait les volontés guerrières de l'homme d'arme. Un maigre vice, sûrement le plus humain de tous, qui parvenait à contrôler cette folie meurtrière qui coulait dans les veines de ces Dorniens des sables. Le cimeterre pointait maintenant vers un ciel noir, et alors que parvenaient des torches allumées a proximité, une lumiere vacillante, elle permettait au moins au chasseur d'observer de ses propres yeux la partie tranchante du cimeterre qui le menaçait à quelque centimètre de son visage, réaction instinctive à la poigne qui l'avait maintenant agrippé par le col et au danger qu'elle représentait, son cœur et son souffle s’accélèrent. Non il n'était pas mort, il lui restait même encore assez d'adrénaline pour tenir debout en pareille situation et oui le Uller n'était finalement qu'un homme et bien qu'il reste un tueur insatiable, prouvant au passage la réputation de sa famille de belle manière, le fatalisme de Mycah renoua finalement d'un coup avec l'envie de vivre. Ce n'était bien qu'un homme, tout comme lui et il pouvait sortir d'ici sans sentir le fil de la lame sur sa peau. Certes le terrain était dangereux et le mot de trop n'avait pas à être prononcé, mais parler était bien le meilleur de ses talents.

Lorsque d'un coup il se sentit projeté en arrière, il parvint même a se tenir debout, ses yeux devaient pétiller, bizarrement il ne s'était pas senti aussi vivant depuis bien des semaines. Comme si être aux affres de la mort représentait enfin un challenge plus ou moins intéressant. Une fois son équilibre précaire totalement retrouvé, il s'assit de nouveau sur les bords du bassin joignant calmement les mains et fixant son interlocuteur qui jouait face à lui de son pommeau.


C'est étrange non, provoquer et offrir sans la moindre réaction sa vie à un Uller, pour qu'il ne la prenne pas sur le coup. Il en est pourtant là l'essence même de votre nom si j'en crois les histoires de mon enfance.

Alors juste comme cela que serait le plus frustrant pour vous ? Me tuer serait si libérateur et pourtant si vous le faites sans m'avoir laissé le temps de vous donnez les réponses que vous attendez, apparemment impatiemment, seriez vous vraiment totalement satisfait ?

Si ce n'est pas le cas j'ai une offre, je vous dis tout ce que vous voulez savoir, sur mon histoire autant que sur le monde qui nous entoure. J'ai vu beaucoup et pour peu je vous assure qu'aucun être vivant n'est proche de moi et ceux quelque soit son origine. Je prend simplement là ou l'on m'offre.

En échange vous me laissez la vie sauve. Vous aurez bien des occasions de vous défoulez à grand coups de lance et de projections de sang, mais peu d'entendre parler.


Il fixait consciemment l'homme d'arme, s'attendant au moindre moment à le voire lever son arme dans un geste vengeur pour l’asséner sur son corps. Il se demanda d'ailleurs sur le coup quelle réaction aurait il sur le moment. Est ce que d'un geste vif il se jetterait sur le coté pour éviter le coup avant de se relever en titubant, chacun de ses gestes remplis de précipitation, pour fuir. Ou au contraire regarderait il, la lame fondre sur lui sans réaction, assommé par la fatigue et la lassitude.


Finalement c'est fou, mais vous portez même plus d'attention aux hommes du nord que moi. Qu'ils vivent ou qu'ils meurent ne m'importe en rien.

Mycah se rappela alors d'une remarque que le sableux lui avait donné juste avant que ce dernier ne l’attrape comme l'on prend un vulgaire alcoolique dans une taverne bonne aux rixes du soir.
Il imaginait bien l'esprit du dornien sur le moment, torturé d'idées, à se demander comment ceux qui n'étaient pour lui que cloportes, s'étaient retrouvés en ses terres. Il devait se faire, en ce moment même, les plus grands scénarios possibles, là ou la vérité n'était en fait qu'une simple prise d'opportunité hasardeuse, dans le but de revenir vers Lancehélion rapidement et avec quelques moyens plus importants. Peut être que lâchez un début d'explication le détendrait quelque peu.


Je ne l'ai pas tué pour les vivres pour la simple et bonne raison que nous n'en avions pas. Seulement des chevaux qui nous aurons trainé jusqu'ici avant qu'eux même n'y passe. Si je l'avais tué ça n'aurait été que pour le simple plaisir de le faire. Hors je n'y trouve aucune satisfaction.

Alors que comptez vous faire ? Et oubliez ma faim les fourmilles ne sont pas à mon goût.
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Message Sam 1 Sep 2012 - 13:55

A sa façon Rennifer ramenait tout aux arts de la guerre et du combat en général, il n’existait pas une situation qu’il n’arrivait pas à comparer à quelque chose de pourtant si primitif que la façon de blesser ou tuer son prochain, dans le cas de Mycah, il pouvait sans peine l’assimiler à un archer en haut d’un rempart. Que la forteresse dans laquelle il s’abritait soit cernée par des milliers d’hommes dans une situation apparemment aussi désespérée que celle du moment, cet archer-là persistait à croire en ses chances et s’offrait même le luxe de croire en sa survie au point de décocher mots et traits d’esprit sans discernement, gâchant ses précieuses et limitées munitions sur des cibles qui n’en valaient pas la peine. Lorsque le moment viendrait de se défendre efficacement il se trouverait dépourvu de ressources et trouverait la mort face à un adversaire courroucé, ce qui ne saurait tarder à voir l’agacement toujours croissant du Uller devant tant de présomption.

Aussi étonnant que cela pouvait paraître, le criminel reconnu et dont la vie ne tenait plus qu’à un fil tentait bel et bien de négocier sa vie, de marchander sans avoir rien d’autre à offrir qu’une information que le vieil homme d’armes pouvait lui arracher par d’autres moyens bien plus salissants que quelques menaces.

« Je pourrais trouver satisfaction en te prenant d’abord l’une de tes mains, ou peut-être un pied. Avec quelques cordes ce serait aisé de t’empêcher de saigner à en mourir et de faire durer les choses, qu’en penses-tu ? »

Son visage affichait à présent cet air fermé où seuls ses yeux laissaient paraître l’étendue de son emportement, une expression que beaucoup de ses soldats avaient appris à reconnaitre par instinct de survie, s’éloignant avec précaution pour éviter que cette ire qui ne tarderait à se déverser ne les emporte au passage. Le voile rouge était sur le point de recouvrir sa vue, et alors il ne serait plus en mesure de retenir son bras, curiosité ou pas.

« Tu n’as pas beaucoup de viande sur les os après un voyage pareil, ça ne devrait pas être trop long à découper aux articulations, en un coup bien placé je devrais en être capable malgré mon âge de vieillard. »

Il désigna le visage de son homologue avec la pointe de son cimeterre.

« Ou alors cette langue qui s’agite tant et s’évertue à me vriller les oreilles avec des paroles dont je n’ai que faire, mais alors tu serais incapable de répondre à ce que je t’ai demandé, et je doute que tu saches lire et écrire. Je dispose de beaucoup d’options pour obtenir ce que je veux, réfléchis y pendant les quelques secondes qu’il te reste avant que je ne me lasse de tes pitreries. »

Que l’on masque la peur que sa personne pouvait inspirer sans pour autant chercher à l’affronter ouvertement déroutait Rennifer, une telle façon de faire était à des lieues de sa mentalité, une voie dont il ne comprendrait jamais l’intérêt et encore moins ceux désirant l’emprunter. Dans une civilisation comme en pleine nature, les forts dominaient les faibles, c’était un des piliers de ses valeurs et une vérité évidente à en juger par le principe même des seigneurs et rois, le pouvoir restait leur par la force qu’ils étaient capables de déployer pour écraser leurs opposants, qu’un faible prétende parler d’égal à égal avec un fort lui faisait le même effet que de voir un scarabée danser sur la tête d’un serpent, cela n’avait ni logique ni lieu d’être.

« Je te le demande une dernière fois : qu’était ce Bieffois pour toi et où voulais tu te rendre avec ton compagnon d’infamie ? Vous comptiez rejoindre le Fléau et suivre son cours jusqu’à Lancehélion pour quelque raison, obliquer vers le Nord jusqu’au Tor, ou plutôt au Sud jusqu’à Salrivage ? Tes chances de quitter vivant mes terres sont presque nulles à présent, il ne te reste que le choix d’une mort rapide ou douloureuse, alors décide plus sagement que tu ne l’as fait avec tes camarades de voyage. »

L’espace d’un instant il songea à l’emmener avec lui jusqu’à la forteresse et l’utiliser pour faire s’entrainer les recrues ou même sa fille si elle le lui demandait, donner une dernière chance à une vermine de quitter dignement ce monde avec une lance à la main. L’énergie du désespoir le pousserait à combattre de toutes ses forces et offrirait un entrainement réel qui ferait comprendre aux hommes d’armes en devenir à quel point la volonté de vivre était capable de rendre redoutable un adversaire. L’idée lui sembla bonne et parvint presque à l’apaiser quelques instants, oui, il allait faire cela : l’assommer et le faire transporter le long du sentier sinueux jusqu’au sommet du promontoire rocheux où sa Maison avait établi sa demeure.

Quelques têtes curieuses firent leur apparition à un tournant éloigné, à leurs petites silhouettes indistinctes dans la semi-pénombre il devait s’agir d’enfants dont la curiosité l’avait emporté sur l’enseignement parental quant à la dangerosité de leur famille régnante. Le faible éclat des torches se reflétait sur leurs yeux et leur donnait de faux airs de rongeurs à l’affut, ils ne devaient pas manquer une miette du spectacle de rue improvisé et s’amusaient sans doute à se faire peur en observant l’un des monstres du haut de la colline s’en prendre à quelqu’un –pourvu qu’il ne s’agisse pas de l’un de leurs proches. Ils finiraient par apprendre eux aussi, l’insouciance ne durait jamais plus de quelques années sur ces terres avant de laisser place à une maturité obéissante et craintive, d’Hastemont à Faluns tous reconnaissaient l’autorité et la craignait à juste titre pour ne pas connaitre un sort similaire à… eh bien à celui que Mycah risquait de connaitre sous peu. Distrait l’espace de quelques secondes par cette semi intrusion qui avait accroché son regard, il commença à tourner la tête pour en revenir à ses préoccupations actuelles et à l’individu qui en était à la source.
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Message Jeu 6 Sep 2012 - 15:38

La torture, voilà donc ou nous en étions dans ce petit tête a tête des plus plaisants, une rencontre ou Mycah avait plus entendu de menaces, qu'elle soit de mutilations ou de découpages de son corps en divers morceaux plus ou moins réguliers, que dans toute sa vie. Aux douces paroles qui résonnaient aux creux de ses oreilles, aux histoires d'articulations tranchées, d'os craqués, de souffrances durables et longues et ce dans le simple et unique but d'obtenir de lui quelques aveux sans finalement grande importance. Car oui il fallait finalement le dire, qui se souciait de savoir qu'il était arrivé ici par hasard après avoir voulu accompagner une caravane Bieffoise afin de rejoindre Lanchélion dans un minimum de confort. Personne, absolument personne si ce n'était ce Uller.
Enfin, quelque soit la raison de cette curiosité poussive, l'homme d'arme lui rappela de vieux démons, c'était à croire que tout les hommes qui portait avec la plus grande fierté possible un bout de métal tranchant dans leurs mains, étaient bien tous les même. Vous n'avez pas ce que vous désirez, la force vous le donnera, il est toujours plus aisé, surtout lorsqu'un titre fait de vous l'autorité de la région, de prendre la solution de facilité sans la moindre vergogne, celle qui se terre au plus profond de vos entrailles et qui ne devrait sortir que dans des situations où disons votre vie est en jeu. Cela Mycah l'avait compris il y'a bien longtemps et il se rappela tendrement de la belle époque de sa jeunesse quand ses cris de gamins se mêlaient aux claquements des fouets et aux questions des patrouilleurs cherchant l’aveu d'un vol commis par un gamin de rues. Seul une différence trancha net avec son souvenir, une différence qu'il ne savait pas réellement comprendre, il n'y avait pas là de sourire et de rires sadiques d'homme heureux de pouvoir compenser leurs vies misérables et les rabrouements de leurs capitaines sur une cible facile. Il n'y avait pas cette petite flamme que ses bourreaux avaient à pouvoir exprimer leur pleine puissance sans obstacle.
Non il n'y avait qu'un regard froid impassible, un homme qui voulait simplement savoir la vérité et non l'utiliser pour satisfaire une soif plus arrogante et refoulée.

Cependant, alors que les menaces s'intensifiaient, Mycah reprenait doucement un léger espoir, alors qu'il flirtait avec le sarcasme, la mauvaise foi et l'ironie et ce de manière plus ou moins ouverte depuis le début de la conversation, sa tête était toujours fixée à ses épaules et ce n'était pas pour lui en déplaire. Le Uller, apparemment, tenait réellement à obtenir sa réponse et rien n'était encore perdu tant qu'il ne lâchait pas le morceau.


Me découper ainsi, franchement je viens de passer quelques jours, combien je ne sais même plus, à traverser un désert, pour ensuite me faire molester, avant de m'évanouir pour finalement me faire réveiller par une semi noyade.
Au premier membre arraché ce qui est sur c'est que si vous savez faire tenir le choc au corps, mon esprit lui finira de s'écrouler comme un larve. Je me vois bien m'étaler, comateux à vos pieds, simplement parce que la douleur, mêlée aux odeurs, à la vu de ma chair sans compter le léger bruit du craquement de mes os qui rompent sous le coup, suffiraient à me mettre à terre.

Et je pense que ce coup si, si vous me plongez le bec dans l'eau, je pense que cette fois je me noierais une bonne foi pour toute et sans même m'en rendre compte ou en souffrir.


Oui Mycah était bien un archer dans une forteresse, métaphore plus que bien trouvée au passage, même si elle se diversifiait vu par le jeune homme. En effet lui se serait bien vu comme l'un de ces derniers remparts humains, décochant ses traits rapidement et justement, mais contrairement à la foule d'imbéciles heureux qui l'entoure sur ces dites murailles, lui ne tire pas flèche sur flèche dans la masse sombre des assaillants qui se refoule sur les murs de pierres. Lui choisit tranquillement sa cible, lui prend les hommes sur les échelles, les pousseurs de béliers, il cible justement prend son temps et tente de faire mouche. Certes il gaspille ses munitions, mais au moins il gagne du temps et peut être qui sait, une armée alliée peut survenir sans qu'on le sache, d'autant plus que soyons réalistes, les flèches comme les mots n'ont au corps à corps pas la moindre utilité.

Bon, j'ai peux être trop demandé à un Uller en espérant gagner ma survie contre quelques mots. Mais en échange de ma réponse je veux tout même une chance de m'en sortir en un seul morceau et en vie. Car depuis notre arrivé vous ne faites que me réclamez un dû pour ma vie, hors je commence a douter sérieusement que vous sachiez vous même ce que vous voulez. Sinon il serait bon de m'éclairer. Il n'y a qu'un Uller pour penser comme un Uller d’après ce que j'ai entendu dire.
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Message Jeu 20 Sep 2012 - 20:36

Sa curiosité cédait petit à petit du terrain face à la volonté de mettre un terme à cet échange, avec du recul, quelle importance pouvait bien avoir la vie d’un bagarreur égaré sur les affaires du domaine ? Bien peu au premier abord, à ce détail près qu’un représentant de ce peuple qu’il haïssait tant était impliqué et qu’à présent Rennifer ressentait presque une pointe d’inquiétude tandis qu’il réfléchissait. Avec la paix les frontières s’étaient ouvertes aux voyageurs et aux commerçants venus des quatre coins du Royaume ou du grand continent de l’Est, sur les côtes leurs échoppes s’y multipliaient à une vitesse alarmante en se riant de ces Dorniens qui avaient finalement rendus les armes. Malgré cela bien peu d’entre eux se risquaient à emprunter la voie terrestre pour traverser les montagnes remplis de brigands et de seigneurs encore pleins de ressentiment après toutes ces guerres, sans compter le désert qui les attendait de l’autre côté. Alors pourquoi avait-il amené ce Bieffois ? Etaient-ce vraiment de vulgaires hères égarés comme ils le prétendaient ou des espions à la solde du Bief venus récupérer des renseignements sur leurs forces ? Sa méfiance innée le fit se maudire pour avoir si promptement réagi et fait exécuter la source d’informations la plus sûre, il ne lui restait plus qu’un ancien compatriote apparemment aussi brisé que ses belles paroles le suggéraient.

« Tu aurais dû te faire marchand de fruits plutôt que traitre, persister à négocier malgré ta situation est une preuve d’un sens du commerce acharné mais peu raisonnable. Une chance, c’est cela que tu veux ? Rien ne m’oblige à te l’offrir, et brisé ou pas j’arriverai bien à extirper un semblant de réponse cohérente parmi tes cris, crois-moi. »

Cet homme ne mourrait pas ce soir, cette décision était déjà prise et justifiée tant par la volonté de connaitre le fin mot de cette histoire que de profiter de la situation pour améliorer les compétences martiales des siens. Le fait de mettre ses menaces à exécution le fit cependant hésiter, la torture n’était pas dans sa nature, non pas par dégout ou par pitié, celui qui avait mérité un tel châtiment ne pouvait en aucun cas être plaint, mais plutôt car il préférait une punition rapide dénuée de fioritures sadiques dont Luan était si friand, concession qu’il faisait à son tempérament emporté et impatient.

« Tout comme je ne te dois rien, tu ne peux miser que sur ta chance pour ce qui est de ton sort, avoue moi cette vérité que tu veux me cacher et tu pourras peut-être conserver tes membres un jour de plus. »

Avec un dernier pouffement suivi de cris ravis et apeurés à la fois, les gamins au coin de la rue détalèrent après en avoir assez vu pour nourrir des années et des années de commérages à raconter autour d’eux. Qu’on leur en laisse le temps et Rennifer cracherait des flammes avant de faire naitre au creux de sa main une nuée de démons monstrueux avant d’arracher la tête de Mycah, ainsi la légende courrait-elle quelques temps avant de céder la place à une encore plus grotesque.

« Oh et puis non, tu as abusé de ma patience. J’aurai ma réponse un jour ou l’autre et ce sera bien plus pénible pour toi. »

Aussitôt il siffla longuement selon une mélodie hachée et dénuée de la moindre harmonie, un air que lui et ses hommes utilisaient pour se repérer entre eux lors des chevauchées nocturnes dans les dunes, une patrouille ne manquerait surement pas de l’entendre et de finir par les rejoindre, entrainés qu’ils étaient à ce genre de procédé.

« Soldats, armes, ou prisonniers, ce qui est à moi je l’éprouve constamment, jusqu’à qu’il durcisse suffisamment pour me satisfaire ou qu’il ne rompe. Dorénavant tu m’appartiens pour le temps qu’il me plaira, et puisque tu es venu à Denfert sans y être le bienvenu, tu n’en repartiras que mort ou lorsque je l’aurai décidé. Mes recrues sauront profiter d’un mannequin d’entrainement fait de chair et d’os le temps de te sortir de la cellule où tu croupiras entre temps. Tu as bafoué ton héritage Dornien par ton attitude et perdu le droit d’être considéré comme appartenant au sang de notre pays, lorsque tu auras confessé tes fautes et que tu auras subi l’enfer que nous comptons te faire vivre, alors tu auras ma permission de partir ou mourir. »

Un vent frais souleva faiblement le sable qui recouvrait la rue en remuant le tissu des toits de fortune au-dessus des boutiques, ce serait une nuit froide comme il les aimait tant en dépit des articulations que ces températures rendaient douloureuses. Au moins cela laisserait une excuse valable à son homologue détrempé pour dissimuler un tremblement d’angoisse. A présent satisfait, il s’assied pour la énième et dernière fois sur le rebord de la fontaine.

« Tu peux aussi tenter de fuir, la rivière n’est pas si éloignée et en la suivant il te serait possible d’embarquer sur un navire jusqu’à un lieu où mon autorité n’a plus lieu d’être. A toi de voir si tu te penses capable de me semer, car si tu te laisses aller à un tel choix maintenant que tu as compris que tu ne gagnerais ta liberté que dans la douleur, je te traquerais avec toute la force dont je dispose. »

Rennifer le dévisagea longuement, considérant au final qu’il se montrait généreux et accordait bel et bien une chance à ce jeunot fort en gueule, aussi mince soit-elle, pour mériter sa survie en se montrant assez endurant ou habile. Dans le cas du Uller, il gagnerait une bonne traque nocturne en solitaire –il n’envisageait pas un instant de mêler ses propres soldats à l’affaire si Mycah envisageait la fuite- ou un outil d’enseignement qui saurait lui profiter quelques temps. L’un comme l’autre lui allait, aussi il se tint prêt à réagir, la lassitude et l’envie de retrouver sa famille oubliées quelques secondes.

« Dépêche-toi de choisir, lorsque la patrouille sera là tu n’en auras plus le luxe. »

Spoiler:
 
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Message Sam 29 Sep 2012 - 20:08

Et bien apparemment voilà que Mycah avait fini par faire céder le Uller, curiosité ou pas, il avait finalement, sûrement, trop tirer sur la corde sensible qu'était le droit de vie et de mort que possédait le noble homme d'arme sur sa misérable âme en ce moment. Et dire que quelques phrases au par avant il était à si peu de chose de partir plus ou moins tranquillement pour un mensonge tissé à la va vite afin tout de même d'éviter d'apprendre à ce fou, qu'il avait un temps travailler avec des Bieffois et que c'était d'ailleurs pour cette raison qu'il s'était retrouvé ici.

Comme le sableux le disait si bien, il aurait sa réponse, réponse que maintenant de ce point de vue il donnerait sans le moindre mal. Dans la perspective ou elle ne lui servait plus à grand chose pour le moment autant la relâcher, il y'aurait au moins un des deux hommes qui en seraient heureux.
Restait maintenant à faire en sorte que lui aussi s'en sorte et le plus indemne possible, si ces aptitudes de langage, si sa langue bien pendu et son éloquence n'avaient finalement servi finalement qu'à lui faire gagner quelques précieuses minutes, leur efficacité était tarie ne restait plus que son physique, bien malmené pendant son léger séjour dans le désert et par les derniers événements, ce dernier heureusement pour lui se trouvait légèrement remis, les courbatures s'étaient effacé pour laisser place à ce qui se présentait comme de simples douleurs régulière, sa peau et son organisme desséché avait su profiter des contacts plus ou moins forcé qu'il avait eu avec l'eau pour se remettre du pire manque que le dornien avait du subir, ses muscles se tendaient et se détendaient facilement et même son estomac avait fini par céder sa faim poussive, comprenant que le moment n'était finalement pas venu de festoyer. Ajouter à ca un peu d'adrénaline et d'envie de vivre et voilà que Mycah était presque à la totalité de ses capacités.

Pourtant, Mycah était réaliste, en bonne condition il savait qu'il l'était, il y avait toujours fais attention, sa vie en était bien souvent l'enjeu, mais ca taille plutôt petite il fallait l'avouer, et ça carrure plus que chétive, l'avait poussé à avant tout se montrer capable d’exploits acrobatiques plutôt que de savoir se battre tel un lion au corps à corps. Son terrain lui se composait de ruelle étroite, de pavés et de murs, qui rendraient le combat si peut praticable pour ces hommes si dur d'eux. Helas pour lui il n'était pas ici dans les ruelles de Port Real mais bien dans le cœur du désert, dans les grands espaces de Denfert, illuminés par leurs torches brûlantes.

Et si maintenant il se lançait a combattre l'homme d'arme qui le menaçait autant du regard que de par la parole, il ne survivrait pas longtemps. Il en serait autant lorsqu'il se retrouverait face à sa horde de soldats armés, sûrement aussi dingues que lui.
Peu d'issues se présentaient au chasseur et alors que son esprit se torturait à vouloir trouver LA solution qui le sortirait de là, celle qu'il finissait toujours par trouver. Ce fut le Uller qui le devança arguant qu'il pourrait toujours tenter de fuir.

Un sourire se dessina sur son visage, l'idée n'était pas sotte. En tout cas pas proposer par son futur bourreau. Si il le disait c'est qu'il envisageait largement cette idée, voire même qu'il l’espérait. Il voulait que ça se finisse et espérait que ça finirait par lui. Bien sans problème.

Ce ne serait pas la première course du chasseur, enfin chasseur … Plutôt proie pour l'occasion.
Et comme dans toute chasse digne de ce nom il savait que tout ce jouerait dans le départ. Si ca décision était prise il devait le préparer soigneusement. Mais, car dans tout bon plan il y'a un mais, le temps le pressait et comme l'avait dis l'homme d'arme la patrouille ne tarderait pas.
Légèrement tendu Mycah sentait déjà le claquement des bottes sur le sol et le bruit des lances cognant contre les armures dans des gestes peu maîtrisés et las de leur ronde … Ne demandant qu'un peu d'action.

Finalement son regard se posa sur l'homme assis au bord de l'eau, là ou quelques minutes au par avant il manquait de se noyer. Une idée traversa son idée et finalement il avisa que les solutions les plus simple et était parfois les meilleures.
Prenant un air détaché il relâcha enfin la scellé de ses lèvres.


Les réponses courtes sont les meilleures, je viens du Bief, je suis partis avec une caravane marchande pour Lancehélion pour le confort, la rapidité du voyage et l'argent. Nous nous sommes fais attaquer à la passe du Prince et c'est ainsi que nous avons atterri ici dans ce piteux état.


Espérant que sa petite annonce donné d'une traite face un petit effet, il lança son pied droit vers le torse de l'homme d'arme et se retourna pour se lancer dans une course dans les ruelles de Denfert. Le stress montait, il tournait à droite, à gauche sans savoir ou il allait, il grimpait murs et obstacles sans se retourner. N’espérant qu'une chose que le Uller ait perdu son équilibre et qu'il se soit écrasé dans l'eau rendant ses amples vêtements lourds et lui assurant une bonne avance.

Il s'adossa lourdement à court de souffle et les muscles douloureux. Il était temps de se demander ou pouvait bien se trouver cette fichue rivière.
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Message Lun 8 Oct 2012 - 19:32

Sitôt que la solution de facilité, la fuite pure et simple, s’était présentée face à lui le traitre avait laissé filé ses derniers secrets. Ainsi aucun complot ne se cachait derrière la présence du duo, il n’y avait là qu’une traitrise qu’un homme plus modéré qu’un Uller pourrait juger moindre, voire négligeable. La guerre était terminée depuis presque dix ans, quel mal pourrait-il y avoir à commercer ou à offrir ses services au plus offrant ? La main qui se referme sur une pièce d’or se moque bien de la bourse d’où elle provient après tout. Ce point de vue révulsait profondément Rennifer car il le savait partagé par beaucoup dans la désormais principauté des sept Couronnes, se laisser aller à de tels actes ne signifiait pas seulement que l’on baissait les bras en acceptant d’être dominé mais aussi que l’on crachait sur l’œuvre de leurs ancêtres, sur le sang versé, sur leur héritage tout entier. Méprisable.

Seul un fou aurait divulgué pareille vérité sans y mettre les formes ou en essayant au moins de paraitre désolé si au final il acceptait son destin et se laissait emmener par la garde sans opposer de résistance. Chose surprenante, le jeune homme semblait au contraire serein, presque détaché face au péril qui le guettait tandis que la patrouille n’était surement plus qu’à une ou deux rues d’ici. Le vieux guerrier contracta aussitôt ses muscles en réponse à cette confiance affichée chez l’autre, les doigts fermement cramponnés à la garde de son épée. Il allait détaler malgré tous les risques que cela impliquait et tous les obstacles qui le ralentiraient dans sa quête éperdue de liberté impunie, Rennifer en avait à présent l’intime conviction et ne fut qu’à demi-surpris lorsque le traitre tenta de le frapper avec le talon. Se décalant de côté pour éviter que le coup ne le touche en plein abdomen, son épaule reçut le gros du coup de pied et lui permit de maintenir suffisamment son équilibre pour éviter une chute malheureuse dans l’eau derrière lui. Le temps de se redresser suffisamment et Mycah avait disparu de son champ de vision, la chasse s’ouvrait sur une tentative rusée de la part du gibier, ruse que le Uller se sentait redevable et à laquelle il répondrait de toute la sienne.

Il s’élança finalement dans une ruelle adjacente peu fréquentée, laissant ses pieds le guider tandis qu’il réfléchissait à toute allure. Depuis son point de départ le fuyard devrait parcourir presque la moitié du village avant d’apercevoir la rivière, en partant du principe qu’il ne s’égare pas ou ne se fasse pas prendre par d’autres. Il pouvait aussi tenter de quitter la bourgade par une autre sortie et ensuite tâcher de rejoindre la rivière, mais pour avoir lui-même assigné les tours de garde Rennifer savait que peu d’accès n’étaient pas surveillés ou même tout simplement trop fréquentés pour qu’un homme éreinté et courant à toute vitesse ne se fasse pas remarquer. Le mieux restait donc d’atteindre le cours d’eau le premier en coupant à plusieurs reprises par le dédale que le traitre emprunterait probablement, de là il pourrait le forcer à revenir sur ses pas pour finalement l’acculer au détour d’une impasse.

Après avoir rangé son arme au fourreau pour ne pas gêner ses mouvements, le vieux lancier obliqua vers le Sud-Est pour ne pas avoir à passer par le marché qui s’ouvrait chaque fois avec le coucher du soleil dans la petite cité, et s’éviter ainsi une perte de temps inutile. Mieux que nul autre il connaissait cet endroit, chaque mur, chaque allée il les avais vus des centaines de fois et était presque capable d’en tracer une carte précise à l’aide de ses souvenirs. Rennifer se refusait à perdre sur son propre domaine, le seul désavantage dont il souffrait restait comme toujours son âge plus avancé qui le forçait à progresser moins rapidement que dans la passé.
Au moins savait-il exactement où il se rendait, ce dont l’autre ne pouvait se vanter. Si ce dernier commençait à paniquer comme beaucoup le ferait en pareille situation alors il finirait bêtement par tomber sur un petit groupe de soldats ou par s’attirer la colère d’un habitant d’une façon ou d’une autre. A sa place le Uller aurait probablement cherché une cachette suffisamment sure pour se cacher tout au long de la journée suivante, et ensuite seulement il profiterait du couvert de la nuit pour se faufiler jusqu’à la rivière. Si cette tactique accordait sans aucun doute le plus de probabilités de réussite, elle n’était pas non plus sans risques. Il fallait tout d’abord trouver l’endroit en question, et dans une ville de sable où la populace vivait littéralement agglutinée sur elle-même la tâche se révélait ardue au possible, puis endurer ensuite le stress d’une journée complète sans boire ni manger tandis que des fouilles minutieuses seraient menées. Plus que la force ou la rapidité, le jeune homme ne devrait sa vie qu’à la solidité de ses nerfs et à sa vitesse d’adaptation tandis que Rennifer ferait tout pour le pousser à la faute.

Il continua à un bon rythme, bousculant les badauds sur son chemin quand ceux-ci se montraient trop lents à s’écarter, la journée avait été peu active aussi ne manquait-il pas d’énergie pour parcourir les rues. Davantage qu’à ses yeux il se fiait pour l’heure à ses oreilles : un fracas, un cri qui n’avait pas lieu d’être, tout pouvait lui apporter de précieuses informations sur la localisation de celui qu’il traquait. Personne en dehors du Uller et de quelques témoins à présent derrière eux ne connaissait le visage ou n’avait même connaissance de l’existence du criminel, Rennifer ne pouvait profiter de l’aide d’aucun autre à cet instant et de toute façon ne voulait pas de cette dernière. Ce trophée serait le sien et la tête du perdant trônerait comme promis sur la grande porte de la forteresse jusqu’à qu’il ne reste plus qu’un crâne ébréché. Il raconterait ensuite cette histoire à ses enfants à titre d’exemple sur ce dont les mauvais hommes étaient capables pour respirer quelques secondes de plus, avec comme morale que la seule chose à leur offrir en retour ne pouvait prendre la forme que d’une lance au travers du cœur.
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Message Sam 13 Oct 2012 - 23:58

Voila bien dix minutes que Mycah, appuyé de tout son poids contre le mur qui lui avait servi de point de chute après sa fuite, tentait de reprendre possession de son corps et de ses moyens. Un laps de temps qui si dis aussi simplement paraît court et rapide, laissa une bouffée de stress emporter le chasseur et ses sens. Plié en deux sur lui même, les mains accrochés à ses genoux, il relevait difficilement sa tête martelée par un souffle haletant, afin de surveiller les deux embouts de la sombre ruelle qui l'avait accueilli. Une chose sonnait notamment faux dans les différents coups d’œil qu'il avait jeté à la vie naissante que prenait les artères principales de la ville. Déjà à deux reprises le rythme de marche si marqué par la rigueur d'une patrouille l'avait obligé à se recroqueviller dans l'ombre. Pourtant sur ses deux passages les soldats avançaient l'air plus lassé que préoccupé. Les marchés s'ouvraient sans crainte, les marchands hélaient, la population discutait de tout et de rien. Il n'y avait même pas dans les différentes bribes de conversations, le moindre mot sur le survivant du désert dont la moitié de la garnison aurait dû être à la recherche.

Mycah en fut même plutôt déçus, son esprit même fatigué restait tout de même assez orgueilleux et au fond de lui, il se voyait déjà à courir à travers les rues jusqu'à plus de souffle, poursuivi comme une proie chassée par une meute de loups. A croire le moment présent, le Uller avait finalement doté cette petite rencontre d'une vision personnelle. Mycah avait au moins cet honneur, et chance au passage, celui de devoir mourir de la main d'un seul homme. Sahcant bien sûr que cette condition ne tenait que s'il arrivait à lui même se faire discret, là où son teint salé faisait plus tâche qu'autre chose.

Restait donc a deviner la suite des événements La Soufre semblait être la seule issue possible, mais le chasseur se trouvait bien incapable de définir ne serait ce que sa position dans la ville alors que dire de sa position par rapport au cour d'eau tant recherché.
Deuxième problèmes, si dans toute régions qui se respectait la nuit et son obscurité tombée fait faveur aux fuyards, aux assassins et aux voleurs … Et bien Denfert n'avait rien d'une région respectable et comme dans le monde à l'envers que cette bourgade semblait être, c'est à la fraîcheur de la nuit et à la lumière de la lune que les rues prenaient vie.
Enfin et pour finir les choses en beauté venait le plus inquiétant et le plus étrange. Il avait cavalé de tout son être, mais il avait mal couru, il s'était épuisé, avait bousculé sans faire attention à qui de quoi. Comme un animal blessé, il avait laissé derrière une piste que n'importe quel prédateur suivrait sans le moindre problème. Et le Uller était prédateur plus dangereux qu'aucun autre. Lui chassait non pas pour ses besoins, non pas par plaisir, mais par conviction. Rien ne l’arrêterait et sûr de la raison de son geste aucun doute ou scrupule ne se laisserait sentir.
Mais le vieux fauve chasse non pas par précipitation mais avec son esprit. Le mentor de Mycah lui avait répéter cette phrase plus d'une fois tentant de maintenir la fougue brutale de son élève. Il se souvenait encore de la voix rocailleuse et des coups de lance aux genoux qui le maintenait loin de faire fuir les cerfs et autres cibles qu'il apprenait calmement à traquer.
Le chasseur choisit son terrain. Il pousse sa proie là ou il l'aura. Disait il.
De toute évidence, il ne l'avait pas suivi, sinon il serait déjà, même à lente allure, arrivé au bout de la ruelle lance à la main. On ne pouvait donc en déduire qu'une chose, même si Mycah parvenait à traverser la ville de par en par sans s'apporter le moindre problème. L'autre fou furieux l'attendrait tranquillement au bord des flots.

La réflexion étant un luxe plus que chronophage, la décision était à prendre et fut prise. Il ne resterait pas une minute de trop dans ce pays maudits par les dieux ou le sain d'esprit passait pour le fou. Il se planqua dans l'ombre de sa ruelle, attendit patiemment que les foulées militaires de la ronde ne passent avant de sortir de sa cachette et de se mêler calmement à la foule.
Rapidement, ses réflexes de voleur et de gredins se réveillèrent. Une écharpe rouge sur un étale à droite, une chemise chipée à gauche, quelques morceaux de tissus colorés autours de la taille et voilà un dornien qui ne semblait plus être ce qu'il était. D'un seul coup il se sentait comme libéré, la foule les discussions, les rires. Il était dans son éléments et sa faiblesse pourtant apparente se laissait cacher par la bonne humeur remise à neuf du dornien qui avait repris sa place d'amuseur public. Il parvint même à convaincre un barbier de rue installé dans une énième voie commerçante cloîtrée de monde de s'occuper gratuitement de cette barbe qui lui dévorait le visage. Plus présentable, il continua sa prospection et parvint finalement par bien des conversations à obtenir de manière discrète la position de la Soufre. A seulement quelques ruelles de là, une barque mal attachée et peu surveillée l'attendait calmement et servirait sa fuite pour son plus grand bonheur. De plus, vu depuis le temps qu'il marchait il avait dû remonter bien haut dans l'aval du fleuve et donc diminuer les chances de tomber sur l'homme d'arme. Ainsi malgré chacun de ses muscles qui hurlait au viol et la fâcheuse tendance que son esprit avait à penser uniquement et fortement à un lit. Mycah parvenait à reprendre espoir et à garder le rire sous lequel on ne chercherait pas un fugitif.
Hélas, vous apprenez tôt ou tard que ne pas se faire avoir sur le coup ne veut pas dire ne pas se faire avoir du tout. Mycah qui finalement au lieu de se faire petit et de foncer vers la direction indiquée s'amusait encore à flâner lorsqu'une voix de stentor traversa la foule.

LA C EST LUI LE VOLEUR DU MARCHE ! ATTRAPPEZ LE !

La mention de voleur dans laquelle il se reconnut largement mêlée à la charge féroce que menait une demi douzaine d'hommes en armures et surtout armés eu rapidement raison de la bonne humeur du dornien qui d'un coup d'un seul salua d'un signe de tête ses interlocuteurs du moment avant de trancher net dans la foule. A coup d'épaule et d'excuses plus ou moins dites à la va vite il parvint à se frayer un chemin à travers la population du marché et à accéder à une ruelle plus calme.
Enfin calme, calme jusqu'à ce que Mycah, à peine a mi chemin de sa nouvelle course, n'entende sortir de la foule dans des jurons ses poursuivants qui, apparemment, avaient réussi à garder sa trace.
Sans attendre le chasseur se brutalisa une nouvelle fois et en quelques crapahutes dont il avait le secret, il grimpa sur le toit de la maisonnée proche. Peu discret mais efficace, de là il gagnait un temps précieux et surtout depuis sa hauteur il parvenait à voire à quelques centaine de mètres à peine, une dizaine de maisons tout au plus, le fleuve qui serpentait. D'un bond bien placé et calculé il sauta de sa position et roula devant le regard ébahis des passants face à cet inconnu qui débarquait des toits. Quelque peu chancelant il se releva pourtant et continua sa route profitant des précieuses minutes gagnées sur la patrouille. Trois virages plus tard il atterrissait enfin au niveau des pontons de bois.

Quelques personnes étaient présentes mais rien de bien inquiétant, au contraire vision de bonheur, là face à lui comme préparé ici par sa bonne étoile, ballottait gentiment et patiemment la coque de noix qui serait son salut. Pressé par le temps, il sauta à l’intérieur et démarra frénétiquement le détachement d'un nœud chaotique, un nœud si bien fait, si serré, qu'on aurait pu croire que son propriétaire avait eu l'idée saugrenue que quelqu'un pourrait lui voler.
Alors que le crissement du chanvre contre le chanvre représentait son seul intérêt, ce n'est ni le bruit de fond des conversations ou le clapotis de l'eau qui lui firent relever la tête mais bien un simple pressentiment, un silence qui venait de tomber. A la lueur d'une torche finalement peu éloignée il crut reconnaître le Uller. D'un coup ses mains s’affairèrent d'autant plus, c'était maintenant ou jamais.
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Message Mer 17 Oct 2012 - 14:08

Même au beau milieu d’un exemple de civilisation tel qu’un village, le désert dornien ne manquait jamais une occasion de se rappeler au bon souvenir de la population locale. En cette nuit, comme lors des milliers d’autres qui l’avaient précédée, l’air était sec et chargé de poussière, à Denfert l’on ne se contentait pas d’arpenter les sables, l’on vivait au travers d’eux ! Bien que rompu à un tel environnement et prudent dans sa façon de dépenser son énergie alors qu’il serpentait dans les rues, Rennifer dut composer avec une respiration sifflante qui ne tarderait pas à se changer en essoufflement s’il continuait à ce rythme trop longtemps. Déchiré entre l’envie primale d’accélérer la cadence pour se saisir plus rapidement de sa proie et son pragmatisme de traqueur, il passait ses nerfs en se montrant toujours plus brutal avec les malheureux croisant sa route sans l’avoir vu arriver. Un boucher qui par mégarde ne l’avait pas reconnu eut même la désagréable surprise de se retrouver recroquevillé au sol, le nez en sang.
Un certain temps s’était écoulé depuis le début de la chasse et pour l’instant rien n’avait laissé à penser que le fuyard s’était trahi, preuve que son gibier s’avérait finalement plus malin que leur première rencontre ne le lui avait fait croire. Peut-être se cachait-il comme le vieux guerrier l’avait supposé plus tôt ? Si tel était le cas Rennifer ne manquerait pas de mobiliser l’intégralité de ses troupes pour fouiller derrière sous le moindre brin de paille dès le lever du soleil, l’accord tacite de leur traque et par extension la générosité de traitement dont le Uller avait fait preuve ne valait au mieux que jusqu’à l’aube, après cela son cas ne constituerait plus qu’une perte de temps en comparaison d’affaires plus pressantes. Bah ! Il aviserait bien plus tard !

Continuant d’un pas décidé sa progression au travers du domaine familial il déboucha finalement sur la Soufre, cours d’eau qui a lui seul constituait à la fois la seule source de vie à des dizaines de lieues à la ronde et un tombeau pour les navigateurs imprudents. Les seuls capables d’emprunter ses méandres vicieux sans se laisser piéger par la profondeur changeante et les variations du courant restaient les quelques Dorniens salés originaires de la Grève verte, l’un des villages secondaires placé sous l’autorité de Denfert. Leurs embarcations étaient légères, uniquement dirigées par de longues perches, et de taille modeste pour assurer une meilleure manœuvrabilité. Le vieil acariâtre continua son chemin en longeant la rive, parfaitement conscient de ce qui pourrait être une alléchante chance de salut pour le criminel désespéré, et finit par trouver cela après de longues minutes. Finissant de décharger sa barque de sa maigre pêche du jour, un jeune garçon –par le désert, ce monde n’était-il plus peuplé que par des enfants désormais- pour l’acheminer jusqu’à ce que Rennifer supposait être sa demeure ou celle de ses parents, à à peine quelques pas de l’eau. Preuve que son peuple ne se ramollissait pas en ces temps de paix imposée, le mouflet se dépêtrait de son mieux avec une vieille lance maintenue dans son dos avec une corde usée. Bien trop grande pour lui, quelqu’un la lui avait probablement confiée au cas où quelques brigands ou concurrents peu attentionnés s’approcheraient d’un peu trop près durant les heures de labeur.

Le noble attendit tranquillement que l’unique acteur de cette pièce qui se jouait sous ses yeux ait fini de décharger le dernier panier frétillant d’écailles pour faire remarquer sa présence. Ecarquillant des yeux comme des soucoupes, l’enfant resta figé jusqu’à ce que Rennifer dise simplement :
« Laisse-moi ton arme et rentre chez toi. »

Son vis-à-vis ne chercha ni logique ni justification à la requête, bien trop impressionné et d’une certaine façon encore reconnaissant de respirer encore pour demander son reste. Il posa vivement l’arme au sol et détala avec son panier serré de toutes ses forces dans ses bras puis disparut derrière une modeste porte en ne laissant derrière lui que le faible écho de ses petits pas humides. Le Uller se pencha et ramassa ce qui à ses yeux représentait le meilleur symbole de leur pays, le bois était effectivement vieux, presque au point de pouvoir se briser d’un simple coup de genou supposait-il, quand à la pointe elle était émoussée et rouillée. Cela suffirait bien pour ce qu’il comptait en faire. Il alla ensuite se placer dans l’obscurité qu’offrait l’espace entre deux baraques, une torche non loin attirait l’attention des yeux de passage et la détournait par la même occasion de sa personne en lui offrant une assez bonne visibilité sur l’ensemble de la rive à présent déserte en dehors de quelques rares badauds. Rennifer faisait tant jouer son expérience que sa chance en cet instant, pour peu que sa proie ait opté pour un comportement différent de ce qu’il avait escompté, son attente se muerait en pure perte. Presque immobile alors que ses ongles crissaient distraitement sur la hampe d’une arme qui n’était pas la sienne, il esquissa un sourire féroce en entendant les premiers cris, puis sourit tout à fait en réalisant que le tohu-bohu se rapprochait.

Après encore quelques instants il vit avec joie une silhouette résolument pressée –et à juste titre- arriver depuis le reste de la petite agglomération. Ses vêtements avaient changé, de même que sa barbe à présent manquante, mais le guerrier reconnut sans grande peine ce visage dont Rennifer avait gravé les traits dans sa mémoire en attendant de pouvoir les faire trôner sur le pas de sa porte. Sa gestuelle trahissait une certaine nervosité alors qu’il sautillait presque sur un ponton jusqu’à ce qu’il supposait être un formidable coup de chance pour au final ne constituer qu’un appât de choix.

Nulle mort digne pour ceux qui trahissaient leur sang et refusaient d’en assumer les conséquences, pas de dernier carré qui pourrait accorder quelque pérennité à leur souvenir tandis que leurs os blanchiraient, Rennifer ne comptait accorder qu’une fin brève réservée aux animaux abattus sans remords. Il saisit fermement la lance en son centre et la porta au-dessus de son épaule, pointe en avant tandis que sa cible s’escrimait à défaire les cordages retenant la coquille de noix au rivage. La distance n’était pas insurmontable, aussi attendit-il le moment propice pour tirer, celui où…

Voilà ! Mycah venait à cet instant précis de relever les yeux vers lui et de remarquer sa présence, la surprise le ferait rester immobile au moins une précieuse seconde alors que le vieux dornien armait son bras et projetait la pique de toutes ses forces dans sa direction. Il escomptait une touche propre en plein buste, voyons quelle bonne étoile veille sur le jeune salé.
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Message Sam 20 Oct 2012 - 0:24

Il y a toujours certain moment de votre vie qui paraissent durer des heures là ou d'un œil observateur il ne sont que quelques secondes. Des actes et des passages marquants de votre vie dont un souvenir immuable restera à jamais gravé dans votre mémoire. Ce léger instant où Mycah releva les yeux vers le Uller qui avait finalement trouver sa proie en faisait parti.
Les mains encore affairées à dénouer les cordes de son salut de fortune, il ne regardait même plus ses gestes. Ses yeux étaient simplement fixés sur une seul chose, l'homme d'arme. Un face à face qu'il avait cherché à éviter depuis sa rencontre plus ou moins musclée avec ce noble dont la ténacité en aurait fait pâlir plus d'un. Et que dire de toutes ses tentatives, de sa discrétion, de son déguisement, de son éloignement forcé. Tout cela n'avait servi strictement à rien.
Il était là, à quelques dizaines de pas de lui et alors que la surprise et la frayeur l'immobilisaient, le Uller lançait en sa direction propre une lance pointée sur son torse.

Le tir était parfait, marqué par des années d'une pratique forcenée de l'art de la guerre dornien. Sûrement que la lance fendait l'air à une allure impressionnante. Mais en seulement quelques secondes Mycah crut comprendre l'ensemble du monde qui l'entourait. Tout devenait simple rien ne lui échappait. Les cris barbares de la horde de soldats qui continuaient d'accourir vers lui se mélangeaient aux légers bruits à peine audibles du désert et du village. Le clapotis de l'eau semblait s'être adapté calmement aux rythme du cœur du chasseur. Les torches brûlait plus intensément. Son souffle s'accélérait et la pointe s'approchait petit à petit de lui. Et pourtant il ne bougeait pas et fixait la mort qui venait à lui.

Sûrement serait il mort aujourd'hui si sa chance ne s'était pas mêlées de ce petit moment. Le hasard était une drôle de chose. Il vous mettait à terre, plus bas que terre même et il continuera de vous passer à tabac jusqu'à ce que vous n'ayez plus la moindre force de vous battre jusqu'à ce que vous soyez décidé à vous laissez mourir calmement et ce n'est que dans ce petit moment ou la fatalité prend le dessus que comme un maître à vivre sadique le hasard vous relève et vous redonne espoir. Répétant ainsi sans fin ce petit jeu.
La bonne étoile de Mycah si l'on pouvait l’appeler comme cela se présenta ce coup la sous la forme d'un flèche. Tirée depuis la petite troupe qui l'avait pris en charge dans le marché et qui cavalait toujours à sa poursuite, elle alla directement se ficher dans le mollet du jeune homme qui se retrouva à genoux sous le coup de la douleur. Heureux hasard puisqu'une fois à terre la lance du Uller ne déchiqueta que le haut de son épaule avant de ficher dans le bois du ponton.

Blessé à vif et hurlant de douleur, Mycah, épuisé, s'écroula comme un seul homme dans la barque qui était il y a quelques minutes encore son seul intérêt. Allez savoir comment, mais d'une main vigoureuse et surtout du bras non touché il parvint à légèrement se hisser au dessus du ponton et à récupérer rapidement la lance dans un état aussi lamentable que lui. Au passage il prit même le temps d'observer les différents agresseurs qui lui semblaient arriver de toutes parts alors que quelques flèches recommençaient déjà à tomber un peu trop près de son visage à son goût.
Sans demander son reste il replongea dans son abri flottant de fortune avec son trophée qu'il brisa au niveau de la lame d'un simple mouvement de levier. La pointe détachée de son manche, il s'approcha en gémissant de douleur vers l'accroche de corde. Même rouillé et émoussé le fer suffit à couper le chanvre qui brisa dans un coup de fouet à travers la nuit. Semblable à un lion que l'on déchaînait la barque s'éloigna rapidement du bord emportant au passage son clandestin loin de Denfert et des Uller. Le courant était fort, la nuit masquait fébrilement l'embarcation et même si il avait une flèche plantée dans son mollet et que d'autres tombaient encore autour de lui, même si il savait que l'homme d'arme ne l'oublierait jamais, même si il savait qu'il lui restait encore bien du temps à dériver fatigué et blessé avant de pouvoir s'en sortir, il se savait au moins en vie.

Son souffle reprit et un certain calme retrouvé, il s'accrocha d'une main ensanglantée au rebord afin de légèrement faire dépasser son visage afin une dernière fois de voire cette terre où il n’espérait jamais remettre les pieds.
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Message Lun 22 Oct 2012 - 19:58

La satisfaction découlait de bien des choses, dans le cas de Rennifer elle naissait soit des victoires qu’il obtenait au nom de sa Maison contre des brigands, soit d’actes guerriers parfaitement exécutés qui venaient attester de son expérience et de sa maîtrise des armes. A peine son mortel projectile lancé, le vieil homme sut qu’il toucherait droit au but alors que sa cible demeurait figée sur place en contemplant sa mort prochaine, il suffirait de moins d’un battement de cœur pour que cette traque nocturne touche à sa fin et que justice soit rendue. Le corps serait probablement exposé à la vue de tous comme il l’avait promis à son gibier, même s’il aurait été plus simple de laisser la Soufre prendre soin de la dépouille le Uller se sentait obligé d’honorer sa promesse, aussi morbide fusse-t-elle. Voir ses restes réduits à un simple trophée tandis que son âme s’en irait croupir dans quelque enfer avec comme dernière vision de ce monde le regard brûlant de son exécuteur devait être une idée terrifiante pour de nombreux hommes, pour sa part Rennifer comptait bien peupler l’au-delà de ces mécréants l’ayant défié jusqu’à ce que son dernier souffle ne vienne.

Malheureusement, à l’instar des mirages que le désert employait pour tromper les malheureux voyageurs et leur redonner de faux espoirs pour mieux briser leur volonté et réclamer leurs os, le destin décida que le moment n’était pas venu de mourir pour cette grossière caricature de Dornien. Une flèche tirée par l’un de ses propres soldats à présent non loin alla se ficher dans la jambe de leur ennemi commun, obligeant ce dernier à s’affaisser au même moment que la pique qui fendait les airs allait le percuter. Même si le cri de douleur qui se fit entendre lorsque la pointe rouillée passa en lacérant l’épaule de sa cible aurait pu apporter au moins un certain réconfort au lancier, sa réaction ne fut qu’une colère primaire qui prit bientôt la forme d’un puissant grognement de rage. Le coup avait été bien loin de suffire pour saigner à mort qui que ce soit ou même le meurtrir assez pour le faire rester en place, voilà qui était des plus frustrant.

Bondissant tel un démon des ténèbres qui avaient constitué sa cachette et son poste de tir ces dernières minutes, Rennifer courut droit vers le ponton tandis que sa main filait sortir son cimeterre hors de son fourreau. La partie ne se finirait pas sur un échec de sa part, surement pas, il irait lui-même achever cette vermine dans sa coquille de noix. Derrière lui des cris, des bruits de pas lourds et le cliquetis d’armures d’écailles l’informèrent que le gros la patrouille se lançait derrière lui pour l’assister, tandis que du coin de l’œil il en vit d’autres sur la rive décochant trait après trait pour tenter de mettre fin à cette tentative de fuite. Leurs compétences à l’arc ne souffraient pas d’une réelle incompétence, loin de là, beaucoup d’entre eux avaient même l’habitude de tirer tout en étant montés sur leurs coursiers des sables alors que le vent chargé de sable se chargeait de leur rendre la tâche plus difficile. Mais voilà, la visibilité, plus que mauvaise s’ajoutait à la crainte de toucher involontairement leur chef qui pour sa part ne cessait de raccourcir la distance le séparant de la zone visée. Aucun n’eut la chance de toucher, et c’est avec une haine cristallisée autour de son ressentiment que le Uller vit la pointe même de cette lance qui aurait dû prendre une vie être utilisée pour couper la corde retenant l’embarcation à la rive. Il n’était plus qu’à trois pas de son objectif, suffisamment près pour sentir l’odeur du sang s’échappant des plaies de Mycah, lorsqu’il vit ce dernier lui échapper pour de bon, emporté par un courant nocturne vigoureux. Il n’y eut pas de hurlement, encore moins de malédictions promettant mille tortures plus horribles que les autres au fugitif amoché, rien qu’un long regard glacial tandis que le vieux guerrier demeurait immobile au bout du ponton. Il n’esquissa plus le moindre geste jusqu’à ce que la barque et son unique passager n’aient disparu dans les ténèbres nocturnes, tout autour de lui l’on criait d’amener des chevaux, de le poursuivre. C’était là chose impossible, même le coursier le plus endurant et vigoureux ne pouvait rivaliser avec la rivière lorsque, nouveau tour du destin, elle se faisait aussi vive après les rares pluies annuelles. Un échec venait entacher sa réputation et Rennifer s’en trouva courroucé au point de ne plus distinguer que quelques formes en guise de visage venant quémander des ordres à sa personne, au même moment quelques curieux passaient fugitivement leur nez à leur fenêtre pour comprendre de quoi il retournait. Le guerrier ne répondit pas, il parcourut à nouveau le ponton, vers le village cette fois, et s’en vint à la rencontre du petit groupe d’archers toujours planté au bord du cours d’eau. Là encore il ne dit rien, envoyant de toutes ses forces ses phalanges en plein visage du plus proche. Rien ne pouvait lui confirmer que le malheureux avait bel et bien tiré le trait responsable de l’évasion, mais la logique avait déserté l’esprit du Uller comme l’eau une oasis après des décennies de sécheresse. Il frappa, encore et encore, jusqu’à entendre les os de sa main craquer sous les chocs répétés et sans retenue, chaque impact perçait le silence de mort qui les entourait d’un bruit sourd et humide auquel se mêlait les grognements de Rennifer, tous restaient interdits devant la violence et la folie de la chose. Alors que le soldat gargouillait, hébété au possible, il fut trainé sans ménagement par son bourreau jusqu’à l’eau trouble et entièrement immergé de force. Il se débâtit, d’abord mollement, puis avec beaucoup plus de vigueur tandis que les bulles à percer l’écume se faisaient plus rares. Ses mains s’accrochèrent avec l’énergie du désespoir aux bras noueux qui voulaient leur mort, mais rien n’y fit, et bientôt un corps inerte revint flotter à la surface tandis qu’un Rennifer dégoulinant se relevait et repartait en direction de la forteresse.


« Préparez les recrues, je repars dans le désert demain. »
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