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Une discussion de femmes [Melara - Eleanor]

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Message Mer 18 Juil 2012 - 16:26

Le temps passait tellement vite que Melara avait du mal à croire que cela faisait dix ans qu'elle avait rejoint la Maison Tully. Beaucoup de choses étaient arrivées depuis, comme la mort de Lord Tully et de la jeune Johanna, mais aussi l'éclosion de lady Eleanor et lady Arianne. D'un certain côté, la jeune septa se voyait un peu comme un membre à part entière de cette famille, vivant au rythme de leurs joies et de leurs peines, prenant soin d'être là lorsque sa présence était nécessaire pour soutenir l'édifice. Westeros n'était pas une terre de paix et de frivolité, les parents de la religieuse lui ayant clairement fait comprendre cela dès son plus jeune âge. Suivant les préceptes des Sept, elle était parvenue à rendre son existence bien plus importante que ce à quoi on la destinait depuis sa naissance. Sans pour autant chercher à créer le trouble ou la discorde dans la Maison Tully, elle avait toujours encouragé les deux filles à suivre leur voie sans trop se préoccuper de ce que les autres pouvaient penser. Après tout, elle l'avait fait aussi et sa vie était une réussite à ses yeux.

Malgré cela, il y avait une différence de taille entre sa situation et celle de lady Eleanor qu'il ne fallait pas oublier. En effet, Melara n'était que la cadette d'une petite famille de nobles, rien à voir avec l'aînée de la Maison dirigeant le Conflans. En plus, elle était partie de chez elle avant même qu'un mariage puisse être envisagé et on ne la destinait certainement pas à un beau chevalier comme pourrait l'être la jeune lady Tully. Leur situation était donc bien différente et c'est dans cet optique qu'elle accepta la demande de Lady Charissa. Celle-ci ne pouvait suivre la passion de sa fille pour la lecture et d'autres domaines, n'ayant connu qu'une éducation basée sur l'étiquette et sa future condition d'épouse d'une grande Maison. Les années passant, les prétendants devaient commencer à se bousculer à la porte de Vivesaigues, surtout que lady Eleanor avait hérité de la beauté de sa mère. Il n'était donc pas difficile pour la Septa de comprendre que le temps allait bientôt venir où la jeune fille allait devenir le ciment d'une alliance permettant de renforcer la position de son jeune frère.

Bien que sachant que cela était inévitable, Melara était un peu triste de savoir que la jeune lady allait ainsi être utilisée, bien que cela soit pour le bien de la Maison Tully. Ayant un profond respect pour elle et une tendresse identique à celle qu'elle aurait pour une petite soeur, la religieuse voulait juste son bonheur. Depuis des années, elles lisaient ensemble et parlaient des ouvrages se trouvant dans la grande bibliothèque du château. Leur passion commune pour ce genre d'écrit les avait beaucoup rapproché mais aujourd'hui, sa mère commençait à s'inquiéter et voulait donc que son aînée se comporte un peu plus comme une lady. Entre les banquets, les tournois et autres événements mondains, il y avait de quoi faire et bien que lady Eleanor semblait y participer, il fallait encore qu'elle parvienne à éviter de donner un sentiment d'infériorité intellectuel à ses prétendants. Les hommes étant plus habitués à manier l'épée que le mot, se retrouver devant une fille très instruite devait les rebuter un peu et sans vraiment savoir si c'était un fait ou juste un idée, Lady Charissa n'avait pas hésité à demander à la septa de prendre connaissance de la vérité et sans doute de la changer si cela s'avérait exacte.

Connaissant assez bien l'emploi du temps de la jeune lady Tully, Melara se rendit à la bibliothèque, habillée de sa longue robe blanche, ou plutôt beige clair. Aussi inélégant qu'inconfortable, cet ensemble de religieuse jouait parfaitement son rôle de repousse-mâle mais bon, vu son statut, la septa se devait de la porter de temps à autre. Portant toujours son bijou de tête représentant la Mère, incarnant la pitié, la miséricorde et la compassion, la jeune femme entra dans la bibliothèque et comme elle s'y attendait, lady Eleanor se trouvait bien là, occupée à lire des ouvrages aussi lourds que vieux. A la voir comme ça, la religieuse se revoyait à son age, adorant elle aussi tous les mystères et autres informations que contenaient ces écrits venus des temps anciens. Que cela soit l'histoire des Premiers Hommes ou même les grands événements qui ont construit Westeros, toute cette connaissance était à disposition dans ces livres, pour peu qu'on prenne la peine de les ouvrir. Connaître l'histoire était sans doute l'un des avantages parmi les plus utiles si l'on voulait ne pas reproduire les mêmes erreurs. Après tout, même si les temps changent, certaines situations restent invariablement les mêmes.

Quoiqu'il en soit, Melara se devait de respecter les instructions de Lady Charissa et parler avec la jeune fille de sa passion et de son statut. Elle s'approcha donc de cette dernière, un sourire calme et doux affiché sur le visage et très humblement, l'avertit de sa présence.

« Bonjour Lady Eleanor. Je vois que vous êtes toujours plongée dans votre lecture. Cela doit être un ouvrage des plus passionnants pour qu'il est attiré votre attention. »

Il n'était pas simple d'aborder un sujet aussi compliqué et par conséquent, elle se devait d'être prudente et diplomate. Il ne fallait pas créer de tension entre la mère et la fille non plus, afin de garder le calme dans la Maison. Le plus important restait bien évidemment le jeune lord Edwyn mais bon, la religieuse ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour les autres enfants de la famille Tully. Il faut dire qu'après dix ans à leur côté, il était difficile de garder une certaine distance avec eux.
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Message Jeu 19 Juil 2012 - 15:46

Eleanor était installée dans la bibliothèque, à sa place favorite, le nez plongé dans les livres, comme à son habitude. Vêtue comme à son habitude d'une robe qui avait su habilement mêler simplicité et qualité, elle était une fois de plus dénuée de toute parure ou bijou, n'ayant vraisemblablement aucune rencontre officielle à faire où elle se devrait d'être bien mise.
Sa longue chevelure lui retombait régulièrement devant les yeux et elle chassait les mèches d'un geste impatient, sans pour autant s'interrompre, visiblement passionnée par ce qu'elle était en train de lire. A dire vrai, il n'en était rien. Si elle trouvait la lecture de ces pages des plus intéressante, comme la plupart du temps où Mestre Emeric lui conseillait un ouvrage, elle n'arrivait guère à se concentrer dessus et elle finit par réaliser qu'elle avait passé bien dix bonnes minutes sur la même phrase, n'arrivant pas à passer à autre chose.

Son esprit était encombré par les souvenirs de sa dernière discussion avec sa mère. Si Lady Charissa avait passé beaucoup de temps hors de Vivesaigues pour accompagner Edwyn dans ses fonctions de nouveau Lord Tully, elle ne s'inquiétait pas moins du bien-être et de l'éducation de ses filles. Et à son retour, elle avait pu voir que, si Eleanor avait bien appris ses leçons et avait acquis de solide base pour être une parfait lady, elle n'en passait pas moins énormément de temps enfermée entre ces murs, le nez constamment plongé dans un livre ou griffonnant quelques notes sur des vélins déjà noircis par les notes. Le papier était précieux, les rats, plus que les savants et les intellectuels raffolaient des parchemins et elle avait souvent eu la désagréable surprise de retrouver ses écrits à moitié grignotés par des petites dents pointues. Pourtant, inlassablement elle continuait à écrire, à faire ses recherches et à apprendre, ne comptant pas les heures qu'elle pouvait passer en ces lieux.

Mais visiblement, elle passait beaucoup de temps à s'instruire et pas assez à peaufiner son rôle de lady et, si Lady Charissa ne le lui avait pas dit explicitement ce qui la tracassait, Eleanor avait bien senti qu'un profond malaise s'était instauré entre elles sans qu'elle arrive à dire quoi que ce soit à ce sujet. Leurs dernières discussions avaient été quelque peut tendues et sa mère avait passé de longues minutes à l'observer, la mine à la fois fière et inquiète sans que la jeune lady ne comprenne pourquoi.

La jeune femme laissa échapper un soupir, remettant une fois de plus un mèche folle de cheveux en place et, alors qu'elle relevait enfin les yeux de son livre, elle aperçut la silhouette de Septa Melara qui se dessinait dans l'encadrement de la porte et qui s'approchait d'elle de son pas tranquille. Un sourire vint spontanément illuminer le visage d'Eleanor en la voyant. Elle éprouvait une affection sincère et profonde envers celle qui avait veillé à son éducation pendant quelques années avant de se consacrer entièrement à Lord Edwyn.


"Oh bonjour Melara ! Je suis heureuse de vous voir. Comment vous portez-vous ? Cet ouvrage est effectivement des plus intéressants. Suite à ma demande, Mestre Emeric a eu la gentillesse de me prêter son exemplaire de l'Etoile à sept branches pour que je puisse commencer à me familiariser un peu plus avec la Foi."

Elle referma l'ouvrage avec un soin particulier, fixant Septa Melara avec une certaine curiosité. Cela faisait maintenant près de dix ans qu'elle était aux cotés de la famille Tully et, au fil du temps, elle avait fini par la considérer, en plus d'une enseignante de qualité, comme une amie voire comme un membre de la famille à part entière. Elle était l'une des rares personnes avec qui Eleanor pouvait discuter de ses lectures sans avoir l'air de l'ennuyer et en étant sure qu'elle comprendrait ce qu'elle lui disait. Leurs discussions étaient toujours intéressantes, même si elle ne lui enseignait plus rien à proprement parler, elle savait toujours la guider pour qu'elle trouve les mots juste, qu'elle sache argumenter ce qu'elle affirmait avec soin et, grâce à elle, Eleanor comprenait vraiment ce qu'elle lisait et ce qu'elle entendait.

Mais Septa Melara venait rarement ici à cette heure de la journée. Eleanor ne put s'empêcher l'espace d'un instant de repenser à sa mère et à leurs relations tendues avant de secouer la tête. Il fallait qu'elle arrive à penser à autre chose, cela ne servait à rien de ressasser sans cesse ces quelques paroles qui peut-être avaient nettement moins d'importance qu'elle le croyait.

Désignant la chaise qui lui faisait face et sans se départir de son sourire, elle continua à l'attention de la jeune femme.

"Mais asseyez-vous ! Ce serait un plaisir de discuter avec vous en cette belle journée. Enfin sauf si vous n'avez bien évidemment rien de plus important à faire."

Voir la préceptrice de son frère avait réussi à détendre quelque peut Eleanor qui pouvait enfin relever la tête de son livre et essayer d'occulter ce qui la tracassait.
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Message Ven 20 Juil 2012 - 9:11

Douce et souriante, Melara s'approcha de la jeune femme qui venait de remarquer son arrivée et qui la salua d'un sourire magnifique. La voir comme ça, plongée dans les livres et le sourire aux lèvres, la replongeait dans le passé où cette fillette si gentille avait découvert sa passion pour la lecture. Alors qu'elle lui demanda comment elle se portait, la septa eut une petite appréhension, surtout que la raison de sa visite n'était pas vraiment des plus simples à évoquer. Heureusement, Lady Eleanor enchaîna en lui parlant du livre qu'elle dévorait, ce dernier venant de la collection de Mestre Emeric et portant sur la Foi des Sept. Bien qu'elle s'était toujours montrée curieuse, c'est vrai que la Foi des Sept n'avait jamais été un grand sujet de conversation entre elles. Il faut dire que le monde était tellement vaste et qu'il y avait tellement à découvrir que cela n'avait pas semblé capital d'approfondir plus que de raison ce sujet. En plus, Melara ne voulait pas que l'adolescente suive la même voie qu'elle, son statut ne le permettant pas. Quoiqu'il en soit, toujours avec un sourire calme, elle posa un regard de grande soeur attentionnée sur la jeune lady.

« Je me porte à merveille, je vous remercie de votre intérêt. Il est vrai que Mestre Emeric a de nombreux ouvrages très intéressants. Si vous voulez, je peux vous en conseiller plusieurs concernant la Foi des Sept qui sont particulièrement intéressants. Personnellement, j'ai toujours beaucoup aimé Les manifestations des Sept du Septon Rodrik. Cela m'a toujours fait rêver étant petite. Cela raconte ses voyages à travers Westeros où il allait enquêter sur des rumeurs étranges qui lui parvenaient. J'avais vraiment l'impression d'être à ses côtés lorsque je lisais cet ouvrage. »

Il y avait de nombreux ouvrages qui avaient attiré la jeune femme sur le chemin de la religion et sans doute également le septon chargé de ses leçons en la matière, qui s'était révélé être un professeur des plus captivants. La Foi des Sept regorgeait encore de mystères et de coins sombres, mais une chose était sûre, les enseignements qu'elle avait reçu avait totalement capturé le coeur de Melara. D'un certain côté, c'est à eux que la jeune femme pensait devoir son statut dans la Maison Tully et aussi le privilège qui lui avait été fait d'être nommée tutrice du jeune Lord Edwyn. Tout cela ne pouvait être un hasard et elle voyait donc cela comme un véritable cadeau. Evidemment, elle devait oeuvrer maintenant dans l'intérêt de cette famille et pour cela, bien qu'elle souhaite l'épanouissement de la jolie lady Eleanor, elle devait se conformer aux instructions de sa mère. Cette situation était vraiment délicate et d'un côté, la religieuse ne voulait qu'encourager cette curiosité si enivrante, mais elle ne le pouvait pas. Lorsque Lady Eleanor lui proposa de s'asseoir, la septa s'inclina poliment pour la remercier et prit place à ses côtés, se voulant rassurante et compréhensive dans les épreuves qui s'annonçaient sur le chemin tortueux de son existence.

« Ce serait avec plaisir, Lady Eleanor. Vous savez très bien que nos discussions me ravissent à chaque fois. Je regrette juste de ne pas avoir plus de temps à passer en votre compagnie. Vous avez grandi si vite et vous êtes devenue une femme admirable. Lady Charissa et moi-même sommes très fières de vous. »

Même si cette dernière n'avait sans doute jamais dit cela à sa fille, il était clair que c'est ce qu'elle ressentait. Evidemment, elle ne pouvait le montrer de façon démonstrative vu le côté un peu rebelle de la jeune fille, histoire de ne pas encourager sa curiosité et sa soif de savoir. En tout cas, pour Melara, il ne faisait aucun doute que quiconque épouserait la fille aînée de la Maison Tully serait un privilégier. Bien sûr, il devait également être un homme de valeur pour l'apprécier mais bon, il ne fallait pas perdre espoir de voir de tels hommes se présenter à elle. Un peu rêveuse et sentimentale, la septa espérait encore que la jeune fille fasse un mariage d'amour comme les roturiers mais bon, les nobles avaient rarement ce genre de liberté. Tout ce qu'elle voulait, c'était qu'elle tombe sur un homme bien, cela serait déjà assez dur à trouver pour en demander plus. Quoiqu'il en soit, elle se devait maintenant d'aborder ce sujet délicat et son visage traduit bien vite ses préoccupations de savoir comment amener ce sujet. Intelligente comme l'était Lady Eleanor, elle devait se douter que vu son âge, le mariage devait être envisagé très sérieusement.

« Je suis désolée Lady Eleanor, mais ma visite n'est pas uniquement pour le plaisir de votre compagnie. Madame votre mère m'a demandé de vous parler un peu. Il ne faut surtout pas lui en vouloir, elle ne pense qu'à votre bien, je vous l'assure. Vous voir plongée dans la lecture à longueur de journée l'inquiète un peu, surtout que vos prétendants sont nombreux. »

L'aînée de la famille Tully était le moyen le plus efficace de sceller une alliance avec le Conflans et de nombreuses familles d'autres régions le savaient très bien. Entre ceux qui veulent juste le renforcement du statu quo actuel et ceux qui veulent utiliser la Maison Tully pour renforcer leur influence dans la région, sans doute dans un but peu recommandable, il y avait un choix à faire. Si la jeune lady ne se liait avec aucun jeune noble, il y avait fort à parier que sa mère n'agisse que dans l'intérêt de la Maison Tully et cherche le mariage le plus à même de renforcer leur position, sans trop prendre en considération le bonheur de sa fille. Melara ne souhaitait pas que cela se produise et pour se faire, il fallait que la jeune fille trouve elle-même un prétendant pouvant lui amener le bonheur qu'elle méritait. Peut-être qu'avec insistance et détermination, elles parviendraient à deux à faire pencher la décision de Lady Charissa en faveur de cet homme providentiel. Calmement et afin de lui apporter tout son soutien, la Septa prit les mains de Lady Eleanor dans les siennes, tout en la regardant dans les yeux.

« Peut-être que vous devriez prendre un peu plus part à la vie mondaine de Lord Edwyn, afin de rencontrer de nobles jeunes hommes digne de vous. Septon Desmond me dit toujours qu'il faut prendre le taureau par les cornes, afin qu'il ne nous charge pas. Dans ce cas-ci, une mouvement de votre part afin de trouver un prétendant qui vous siérait, permettrait d'éviter l'unique choix de Madame votre mère. »

Ce n'était certainement pas le genre de discours qu'aurait voulu entendre Lady Charissa de la bouche de la septa mais bon, elle se devait d'agir dans l'intérêt de cette jeune fille en qui elle s'identifiait beaucoup. Une telle soif de connaissance et une telle curiosité ne pouvaient être opprimées par un vieux lord grisonnant qui ne verrait en elle qu'un moyen de gravir les échelons de la noblesse. Elle ne voulait déjà pas de ça pour elle-même à l'époque, et elle ne le voudrait certainement pas pour Lady Eleanor. La Matriarche de la Maison Tully voulait simplement que le joyaux de sa Cour brille un peu plus en public, histoire d'en augmenter l'intérêt mais bon, si durant ces événements, la jeune femme parvenait à trouver un prétendant qui accepterait et aimerait les incroyables qualités qui faisaient d'elle une femme remarquable, cela couperait peut-être l'herbe sous le pied de Lady Charissa. Au final, Melara était tiraillée entre son devoir pour la Maison Tully et son envie de voir Lady Eleanor heureuse. Comme quoi, ces deux choses ne sont pas forcément en adéquation.
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Message Sam 21 Juil 2012 - 14:49

D'aussi loin qu'elle se souvienne, le calme et la douceur de Septa Melara avait toujours eu l'effet d'un baume apaisant sur l'esprit d'Eleanor. Lorsqu'elle était agitée, triste ou qu'elle n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'elle avait à faire, une parole, un geste ou un sourire de la jeune femme et les choses semblaient s'arranger d'elles-mêmes, comme s'il ne manquait que cette petite étincelle pour que tout suive de nouveau un chemin calme et sans problème.

Et puis il y avait cette façon dont elle parlait des livres, comme s'il s'agissait de véritables compagnons de chair et de sang prêts à partir à l'aventure avec elles, prêts à partager des secrets et des histoires à tout moment de la journée. Eleanor se demanda un instant si Melara n'avait pas été en grande partie responsable de son amour immodéré pour la lecture ou ce que ce serait devenu son engouement enfantin si elle n'avait pas été là pour l'encourager et l'aider à se développer.

Eleanor hocha doucement la tête, écoutant avec attention les propos de Melara concernant les Sept et les ouvrages qui l'avaient intéressée lorsqu'elle était enfant. Jusqu'alors Eleanor n'avait prêté qu'une attention toute relative à tout ce qui avait trait à la Foi. Elle en connaissait les préceptes de base, comme toute personne un tant soit peu instruite, mais elle n'avait guère montré de curiosité à ce sujet. Pourtant ces dernières semaines, elle avait commencé à vouloir en savoir un peu plus. Non pas qu'elle eut épuisé les autres sujets d'apprentissage, bien au contraire, mais elle ne faisait que se mettre à des recherches qu'elle avait repoussé depuis la mort de son père et de sa sœur. Car sa curiosité dans ce domaine datait de là si elle y réfléchissait bien, mais elle n'avait pas encore eu le cœur de s'y plonger avant, repoussant sans cesse ce moment, sans bien savoir pourquoi.


"Je suis heureuse de savoir que vous vous portez bien et je serais ravie que vous me conseillez à propos des lectures qui pourraient m'intéresser à propos des Sept. Mestre Emeric m'a proposé de partir sur de bonnes bases si je voulais réellement pousser mes connaissances à ce sujet."

Elle laissa s'écouler quelques secondes de silence, songeuse avant qu'un sourire ne réapparaisse sur son visage et qu'elle reprenne, toujours d'une voix tranquille.

"J'aime votre façon de parler des livres… Si je cherche à me familiariser avec la Foi c'est pour essayer de comprendre certaines choses, peut-être déjà la véritable signification des fêtes religieuses, pour ne pas me contenter tout simplement de faire ce qu'on me dit. Peut-être trouverez-vous le temps de m'en dire plus."

Eleanor cherchait ses mots, hésitante. Elle réfléchissait tout haut, la mine pensive alors qu'elle avait posé ses deux mains sur le livre qu'elle avait essayé de lire sans grand succès durant plusieurs heures. Elle n'avait pas songé à faire appel à Septa Melara, ne voulant pas la déranger dans ses études et dans les enseignements qu'elle prodiguait à Edwyn depuis son retour. Mais peut-être que l'entendre parler de vive voix serait plus intéressant que de lire les livres concernant la Foi et, dans tous les cas, ce serait un merveilleux complément d'informations. Melara connaitrait toujours des détails, des anecdotes qui rendrait l'histoire "vivante", comme elle l'avait déjà si bien fait bien des fois.

Mais pour l'heure, l'attitude de la Septa avait quelque chose de curieux et Eleanor la fixa intriguée par ses propos alors qu'elle s'asseyait à ses cotés. Même si elle était flattée par ce qu'elle entendait, elle ne put s'empêcher une fois de plus de faire le lien avec la tension qui émanait entre elle et sa mère. Melara était proche d'elles, elle ne pouvait pas avoir manqué de remarquer ce qui se passait et elle poussa un soupir à peine audible, ses mains se joignant dans un réflexe nerveux.

"Vous êtes fières de moi ? Vraiment ? Et bien tout ce que je suis devenue c'est uniquement grâce à vos enseignements. Le vôtre comme celui de Mère. Je n'ai pas la prétention de me qualifier d'admirable, loin de là, mais si j'arrive à être la jeune femme accomplie que vous me souhaitez voir devenir, j'en serais heureuse même si je pense avoir encore beaucoup à faire pour y parvenir."

Elle était sincère. Elle espérait réellement pouvoir rendre sa mère mais aussi toute la famille, Melara y compris, fières d'elle. Ainsi elle pourrait se rendre utile et aider à maintenir la renommée de la maison Tully dans la mesure de ses moyens même si elle n'avait encore qu'une vague idée sur la façon d'y parvenir, l'idée d'un mariage étant bien évidemment envisagée sans qu'elle en saisisse réellement toute la portée.

Et d'ailleurs les paroles qui suivirent ne firent que confirmer ce qu'elle pensait. Elle esquissa un pauvre sourire alors qu'elle continuait d'observer Melara sans détourner son regard.


"C'est vous qui avez été chargée de me parler alors. J'espère que vous ne trouverez pas la mission trop difficile. J'avais bien cru comprendre que quelque chose semblait troubler Mère à mon propos depuis son retour. Elle s'inquiète donc de me voir passer plus de temps qu'elle ne le juge nécessaire entre ces murs."

Elle jeta un bref regard aux alentours avant de reporter son attention sur Melara, pensive.

"Mes prétendants sont nombreux, vraiment ? Je, je sais quelle est ma place et quel est mon devoir mais j'avoue avoir encore du mal à savoir quoi faire exactement."

Elle réprima une grimace. Si elle se sentait parfaitement à son aise au sein d'une pièce pleine de livres ou sur un cheval en train de galoper dans la forêt, elle trouvait nettement plus difficile de prendre part aux réjouissances mondaines dont parlait Melara. Elle avait parfois l'impression de ne pas être à sa place, elle n'arrivait pas à avoir l'éloquence des autres jeunes femmes et ne savait guère comment entretenir une discussion avec des chevaliers ou des nobles inconnus ou presque qui venaient lui parler.

Si elle ne se connaissait pas un réel talent pour la danse, elle se serait trouvée particulièrement gauche et elle avait tout de même l'impression qu'à chaque compliment, elle devenait aussi rouge qu'une pivoine fraîchement éclose. Pourtant elle connaissait sur le bout des doigts ce qu'elle devait dire ou faire et à quel moment. Mais le pas entre la théorie et la pratique ressemblait à un gouffre pour elle et elle avait peur de ne pas réussir à le franchir, brisant les espoirs que sa famille avait visiblement placés en elle.


"Prendre le taureau par les cornes vous dites ? Vous voulez dire abandonner tout ce que j'aime pour m'immerger totalement dans l'univers mondain et trouver un prétendant qui me plairait tout autant qu'à ma mère ? Vous croyez la chose réellement possible ?"

Il n'y avait nulle ironie dans ses propos, Eleanor se posait réellement la question et semblait pleine de bonne volonté. Elle avait beau ne pas arriver à imaginer qui pourrait être son mari et encore moins quelles pourraient être les relations qu'ils finiraient tous deux par entretenir, elle savait que son union serait bénéfique à leur famille et que la date fatidique finirait tôt ou tard par se rapprocher, c'était inexorable. Alors autant se préparer au mieux et elle espérait que Melara saurait la guider sur la bonne voie.
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Message Dim 22 Juil 2012 - 17:54

Après les longues années au cours desquelles, Melara avait veillé sur la jeune lady, elle savait parfaitement que sa soif de connaissance n'avait presque aucune limite. Ne voulant en aucun cas l'influencer, elle avait volontairement mis entre parenthèses l'aspect religieux de son éducation, ne lui apprenant que ce qu'elle devait savoir. Evidemment, croyante et passionnée par sa foi, la jeune septa ne manquait pas de prier chaque soir pour la Maison Tully et tout particulièrement après la mort du père et de la soeur de cette enfant. Les questionnements de Eleanor étaient parfaitement légitimes et même si jusqu'à présent, elle n'avait pas voulu en savoir plus sur les Sept, la religieuse savait que ce jour viendrait. Vu la passion qu'elle pouvait lire dans les yeux de la jeune fille, Melara ne pouvait que l'aider dans sa recherche de questions. Elle avait aussi eu de nombreuses questions durant son apprentissage et elle en avait d'ailleurs encore énormément qui restaient jusqu'à présent sans réponse mais bon, Septon Desmond était dans ce domaine un guide éclairé auquel elle voulait ressembler pour cette jeune âme en quête de son identité.

« Je serai ravie de vous accompagner sur le sentier de la découverte de la Foi. Lord Edwyn devant bientôt s'entraîner au maniement des armes, je serai en mesure de passer plus de temps avec vous et nous pourrons parler de tout cela. »

Il y avait encore tellement de choses que la jeune femme voulait faire découvrir à Lady Eleanor, comme ses propres raisons d'être entrée au service des Sept ou encore les écrits mystérieux de certains septons qui avaient parcouru le monde connu pour propager les enseignements religieux de Westeros. Il y avait aussi certaines récits de septas durant les grandes guerres qui ont fait trembler le monde, écrits riches en enseignement sur la nature humaine. Tout cela était passionnant et rien que d'en parler lui rappelait le plaisir qu'elle avait pris lors de sa première lecture de ceux-ci. Quoiqu'il en soit, la septa n'était pas vraiment venue ici pour ça et la situation devint bien plus complexe lorsque qu'elle dut en avouer la raison à la jeune noble. Très humble, cette dernière sembla être étonnée d'être un sujet de fierté pour sa nourrice. Pourtant, tout au fil des années, la voir apprendre, évoluer et surtout, aimer sa famille, avaient fait de cette petite fillette de même pas dix ans, une jeune femme accomplie qui avait une personnalité forte et une très bonne conscience du monde qui l'entourait. Elle était bien loin des jeunes filles un peu folles qui ne voyaient rien du monde à part un terrain de jeu pour leur orgueil mal placé. Beaucoup de nobles n'hésitaient pas à humilier des roturiers simplement pour se distraire et Melara savait que ce n'était pas le cas des enfants de la Maison Tully. Ceux-ci, que cela soit lord Edwyn ou lady Eleanor, avaient un profond sens de l'honneur et donnaient de la fierté au mot « noblesse ».

« Je vous remercie pour ces paroles, Lady Eleanor, mais tout le mérite vous revient. Vous avez été une élève attentive et brillante, le rêve de toute septa. Vous êtes parvenue à vous forger une personnalité qui ne laissera jamais personne indifférent et Madame votre Mère ne peut qu'être fière de vous. Quoiqu'il advienne, restez toujours vous-même et ma fierté n'en sera que plus forte. »

Tant qu'elle suivrait sa propre route, sans se laisser influencer par des personnes souvent mal intentionnées, Melara ne pouvait être que fière de cette jeune fille pleine de promesses. Une fille aussi droite et volontaire ne pouvait que faire des bons choix, que cela soit pour elle ou pour sa famille. Tant qu'elle suivrait son coeur, la religieuse ne pouvait qu'être fière de cette personne formidable qu'elle avait aidé à construire. La gêne d'Eleanor put facilement se lire sur son visage lorsqu'elle commença à parler de l'aspect mondain de la noblesse. Il était clair que ce n'était pas un exercice très facile pour elle et d'ailleurs, la Septa comprenait parfaitement cela, ne sachant jamais trop où se mettre dans ce genre d'événement. Malgré qu'elle était la tutrice du jeune lord, elle n'était qu'une servante au service de la Maison Tully dans ce château et se devait de rester à sa place. Evidemment, en s'habillant de façon un peu trop propre, il n'était pas rare que l'un ou l'autre jeunes nobles fassent erreur sur sa personne, ce qui la mettait très mal à l'aise lorsque les explications devaient venir. Au final, elle n'était pas partie aux noces pour cette raison, ne voulant pas être embarrassée alors que Lord Edwyn n'avait pas besoin d'elle. Quoiqu'il en soit, la jeune femme semblait bien consciente des inquiétudes de sa mère et avoua même qu'elle connaissait parfaitement son rôle pour le futur de sa Maison. Une telle conscience des choses, mais également un sens du devoir fit battre le coeur de la religieuse, qui ne put s'empêcher de verser une larme face à cet esprit de sacrifice qui semblait émaner de la jeune lady.

Ayant sans doute le même problème qu'elle lors de ce genre de réception, Melara ne pouvait que compatir aux interrogations d'Eleanor. Savoir comment se comporter face à des prétendants ou avec des jeunes chevaliers, étaient souvent une chose qui venait naturellement au cours des banquets. En tout cas, c'est ce que supposait la septa un peu ignorante dans le domaine de la séduction. Tenant toujours ses mains pour la rassurer et lui assurer son soutien, la religieuse écouta d'une oreille attentionnée les doutes et les idées de la jolie brune qui semblait vouloir faire plaisir à sa mère. Le fait d'abandonner tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était, aurait certainement été de bonne augure pour Lady Charissa qui souhaitait voir sa fille bien plus présente dans les réceptions et plus conventionnelle sans doute, mais cela ne convenait pas à Melara. Sur ce point, on pouvait dire que leurs idées divergeaient et pour cause, l'une voulait une fille à marier et l'autre une fille qui trouverait l'homme qui lui convienne. La différence était de taille vu que la septa ne voulait pas que cela soit à Lady Eleanor de s'adapter à son mari, mais bien à l'époux de s'adapter à elle. Il fallait à tout prix que sa soif de connaissance et son esprit libre soient préservés et la jeune femme allait tout faire pour que cela arrive.

« Il ne faut jamais abandonner qui vous êtes et ce que vous aimez. C'est cela qui vous définit et qui vous pousse à avancer. Je pensais plutôt une approche agressive qui vous permettrait de trouver un époux qui vous laisserait rester vous-même. Vous êtes belle, intelligente, pleine d'humour et de gentillesse, malheureusement comme toutes les jeunes femmes qui ont les pieds sur terre, vous avez conscience de vous-même, de vos faiblesses et de vos forces. Il faut juste que vous parveniez à prendre conscience que les gens autour de vous, n'ont pas conscience de celles-ci. »

La timidité était sans doute le plus grand problème pour toutes les jeunes filles un peu instruite et non-nombriliste. En prenant conscience de ses propres faiblesses, elles pensent souvent à tort que tout le monde les remarque. C'est un peu comme un défaut physique qui peut paraître anodin pour les gens qui vous entourent et qui vous complexe pourtant tellement, que vous pensez que tout le monde le voit et le rejette comme vous. C'est de cette timidité qu'elle devait en partie débarrasser la jeune lady, avant même de songer à défiler dans les banquets et les tournois. Souriante, la Septa se voulait réconfortante, expliquant son idée pour parvenir à aller dans le sens de Lady Charissa, tout en gardant les choses que la jeune fille aimait plus que tout.

« Il est tout à fait possible de participer à des banquets, tout en conservant vos passions. Le plus important serait de parvenir à avoir une sorte de schéma d'approche, afin qu'aucun silence ne rende la situation gênante. Si vous le désirez, je peux vous aider à vous exercer. Je viendrai également avec vous lors des banquets afin de vous indiquer les Maisons des Nobles présent, ainsi que l'histoire de celles-ci. Cela vous permettra d'avoir un sujet de conversation de départ. Je suis certaine que vous trouverez l'homme qui vous permettra de rester vous-même et qui plaira à Madame votre Mère. »

Même si ce genre de banquet n'était vraiment pas une chose où elle était à l'aise, Melara voulait tellement aider la jeune Eleanor, qu'elle ferait volontiers l'effort de s'y rendre à chaque fois. Vu son statut, les chances qu'elle se marie avec un noble d'une autre région étaient très élevées et même si aucune allusion à cela n'avait été faite, il était clair qu'elle le savait également. D'ailleurs, les enseignements sur les coutumes et l'étiquette des autres contrées allaient très certainement lui être utiles à un moment donné. En tout cas, pour le moment, elles devaient se concentrer sur la timidité de la jeune fille et la vaincre. Une fois cet objectif atteint, même les hommes du Nord ou les Dorniens ne lui feraient plus peur. Confiante dans les capacités d'Eleanor à surmonter tout cela, la seule inquiétude de Melara restait d'être séparée de celle qu'elle considérait presque comme sa petite soeur. Dix ans à la voir grandir, il était impossible de ne pas avoir un pincement au coeur en imaginant qu'elle ne la reverrait plus après son mariage. D'un côté, elle espérait presque que ce moment n'arrive jamais mais bon, la vie d'une noble était obligatoirement ponctuée par un mariage et ça, rien ne le changera.
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Message Lun 23 Juil 2012 - 19:38

La jeune femme resta une fois de plus songeuse quelques instants alors que la Septa essayait de l'apaiser par des paroles douces et en lui tenant les mains. Si elle avait eu envie de parler de Foi avec elle, les échanges qui avaient suivi avaient, une fois n'est pas coutume, totalement aspiré sa soif d'apprentissage pour la laisser démunie face à ce qui l'attendait au dehors et dont les livres, d'une certaine façon, ne parviendraient jamais à la préparer.

L'espace d'un instant, des images lui revinrent en tête, sans qu'elle sache exactement pourquoi. Elle se rappela les heures apprises à faire la parfaite révérence adaptée à la personne face à elle, en fonction de son rang et son sexe, les leçons de maintien à table et les rares coups de baguette qu'elle avait pu recevoir sur le haut du crâne pour s'être tenue trop avachie pour une dame de son rang. Toutes ces heures passées à apprendre comment se tenir parfaitement en société n'avaient eu pour qu'elle qu'une valeur de jeu. Il ne s'agissait rien de plus qu'une leçon comme une autre et pour elle, qui aimait tant apprendre, c'était une occasion de plus de s'abreuver à la fontaine du savoir. Si elle avait trouvé les travaux d'aiguille particulièrement fastidieux, elle s'y était pliée de bonne grâce, sachant qu'à chaque fois elle était récompensée par des leçons de danse où elle avait réussi à se montrer particulièrement brillante.
Elle se rappelait encore du regard fier de son père lorsqu'il l'avait vu tournoyer pour la première fois, un sourire ravi sur les lèvres et les yeux pétillants de joie. Il avait même pris le temps d'esquisser quelques pas avec elle et elle se rappelait encore vivement la fillette de 8 ans à peine qu'elle était et qui avait gloussé de plaisir alors que sa mère les couvait d'un regard attendri.

Mais voilà, si elle arrivait parfaitement à faire le minimum de ce qu'on attendait d'elle, se tenir correctement et ne pas faire rougir la maison Tully par ses remarques ou ses mauvaises manières, elle n'arrivait en aucune façon à briller de façon à ce que sa mère soit satisfaite et qu'elle se sente à son aise dans cet univers.

Et pourtant Melara se disait fière d'elle, tout comme Lady Charissa. Sans bien savoir pourquoi, Eleanor sentit une légère honte la gagner, comme si elle ne méritait pas toute cette attention et, si elle ne laissa rien paraître, sa mâchoire se crispa légèrement tandis que son regard se perdait un peu dans le vide.


"Il est difficile de rester soi-même lorsque c'est justement l'une des sources du problème. Je suis heureuse d'avoir votre confiance. Si j'ai été une élève brillante c'est aussi que j'ai eu de bons professeurs, les meilleurs qu'on puisse rêver d'avoir. Et puis j'ai la chance d'aimer étudier, ce n'est pas donné à tout le monde non plus."

Elle réalisa soudain que Melara avait parlé d'Edwyn et du fait qu'il commencerait bientôt au maniement des armes. Réprimant une grimace, elle sentit une légère vague d'inquiétude l'envahir mais esquissa néanmoins un sourire.

"Edwyn sera ravi de pouvoir se dépenser un peu. Je suis persuadée qu'il sera un élève assidu et qu'il nous surprendra une fois de plus. Et je vous aurais un peu avec moi, tout le monde y gagnera dans cette histoire."

Alors qu'elle essayait tant bien que mal d'effacer de son esprit l'image d'un Edwyn plus âgé, qui ressemblait étrangement à leur père, en train de combattre, elle continua de réfléchir aux paroles de Melara. Il était difficile pour elle d'imaginer pouvoir rester elle-même en toutes circonstances. De par sa place au sein de la famille et son sexe, elle savait qu'elle devrait s'adapter aux humeurs versatiles des personnes qu'elle croiserait sur son chemin, que ce soit des personnes qui la courtiseraient, la chose finirait bien malheureusement par arriver, à dire vrai elle arrivait déjà mais Eleanor avait réussi à esquiver les situations qu'elle jugeait embarrassante, au grand dam de certains nobliaux particulièrement férus de ce genre d'exercice, ou plus tard, l'entourage de celui qui finirait fatalement par être son époux. En tant que fille de nobles, elle se devait de faire honneur à sa Maison et en tant qu'épouse, elle aurait en plus la charge de faire honneur à sa nouvelle famille.

Comment réussir à garder son intégrité au milieu de tout cela ?

Elle releva la tête, cilla et se focalisa enfin sur Melara qui l'observait avec douceur et tentait visiblement de trouver des compromis entre les envies maternelles et la personnalité d'Eleanor. Même si elle y passait le reste de son existence, jamais la jeune femme n'arriverait à trouver les mots qu'il faudrait pour la remercier de sa sollicitude. Elle serra ses mains plus fort, comme pour essayer de traduire les sentiments qu'elle n'arrivait pas à exprimer lorsqu'une pensée la frappa brusquement. Lorsqu'elle finirait par se marier, ce qui arriverait certainement plus rapidement qu'elle ne l'imaginait surtout au vu de la discussion qu'elles avaient actuellement et de la situation instable qui régnait sur le Royaume, elle quitterait cette maison qui avait été la sienne toute son existence. Si elle savait qu'elle serait forcément appelée à revoir Edwyn, sa mère et sa sœur de temps en temps à défaut d'être régulièrement, elle réalisa qu'il était fort peu probable qu'elle puisse revoir Melara, ou alors au court de visites qu'elle ferait à Vivesaigues.

Eleanor sentit une vague de tristesse et de nostalgie l'envahir alors qu'elle jetait de brefs regards alentours à l'idée de ne pas finir ses jours dans cet endroit. Si elle l'avait toujours su, encore une fois ce n'était que de la théorie et elle n'avait guère pensé à l'aspect pratique de la chose. Elle déglutit et prit alors une profonde inspiration. Chaque chose en son temps, elle n'avait pas à se précipiter et à s'attrister de quelque chose qui n'était pas du tout décidé.
Mais s'il fallait agir ainsi pour le bien des Tully et pour assurer à Edwyn un territoire sûr et où il pourrait exercer ses pouvoirs sans problème, elle le ferait.


"Vous croyez réellement qu'il serait possible pour moi de trouver un époux qui me permettrait de rester moi-même ? Connaissant Edwyn et Mère, je sais qu'ils ne me feront pas épouser qui que ce soit contre mon gré, mais de là à arriver à me laisser choisir. J'ai du mal à l'imaginer.
En tout cas, cette histoire est presque un détail face au reste à dire vrai. Si vous pouvez réellement m'aider à être plus à l'aise dans ce genre de réjouissances, je ne saurais vous dire à quel point je vous en serais gré. Il est paradoxal de voir que généralement je connais les histoires des nobles et de leur famille que je peux côtoyer lors de ces évènements mais, qu'une fois au pied du mur, je suis incapable de savoir quoi faire, où piocher pour être intéressante et ne pas donner l'impression d'ennuyer la personne avec qui je converse.
"

Si elle ignorait que Melara n'était réellement pas du tout friande des banquets, Eleanor se doutait que c'était loin d'être son activité favorite et une fois de plus, reconnaissait là l'esprit de sacrifice de la Septa qui était prête à l'aider malgré ses propres appréhensions. Laissant s'écouler quelques secondes de silence, elle fronça brusquement les sourcils avant de reprendre avec une moue pensive.

"Ma question va vous paraitre indiscrète et je comprendrais que vous ne vouliez pas y répondre mais… je ne vous ai jamais demandé… pourquoi avoir choisi la voie des Sept plutôt que le mariage ?"

Jusqu'à aujourd'hui Eleanor ne s'était jamais posé de question quant aux origines de Melara. Elle savait bien évidemment d'où elle venait et certains détails de sa propre enfance glanée au fil des années et des nombreuses discussions à bâtons rompus qu'elles avaient pu avoir, mais jamais encore elle ne s'était demandé pourquoi Melara avait choisi cette voie plutôt qu'une autre. Et aujourd'hui que le mariage devenait l'une de ses principales préoccupations, à défaut d'être devenu l'un de ses principaux intérêts à la différence de bien des jeunes filles de sa condition, elle n'arrivait pas à savoir pourquoi elle ne lui avait pas posé la question plus tôt.
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Message Mer 25 Juil 2012 - 15:51

L'angoisse était palpable dans le regard de la jeune lady et c'était bien compréhensible vu la cage aux fauves que représentait les banquets réunissant les nobles en quête de grandeur. Que cela soit par fait d'arme ou mariage, chacun d'entre eux rêvait à la même chose et un diamant comme la fille aînée de la Maison Tully ne pouvait être que très grandement convoitée. Depuis son plus jeune âge, elle avait eu à subir les leçons de protocoles, celles-ci parfois même données par Melara elle-même. Sa timidité ne venait donc pas de la peur de mal faire, mais sans doute plus de l'idée qui lui était personnelle de se sentir étrange par rapport aux autres nobles. La septa se rappelait parfaitement ce sentiment lorsqu'elle quitta sa famille pour entrer au service de la Foi des Sept. Evidemment, elle ne pouvait pas encourager Eleanor dans cette voie et se devait donc de rester discrète sur le sujet. Lui donner l'idée de révolte tout comme elle l'avait eue, aurait été comme une trahison envers la Maison Tully et Lord Edwyn, dont le mariage de la soeur ne pouvait que renforcer son autorité dans le Conflans.

Toujours très humble, la jeune fille retourna le compliment qui lui était fait en faveur de ses professeurs. Cette attitude ne manqua pas de faire esquisser un sourire à la septa qui se désespérait un peu de la voir si modeste. Elle était bien loin des nobles se vantant presque d'avoir su s'habiller tout seul. C'est vrai qu'il allait être compliqué de nager aux milieux des requins pour une fille aussi gentille et douce mais bon, elle devait s'endurcir un peu si elle ne voulait pas être totalement dominée par son futur époux. Quelqu'un de humble telle qu'Eleanor, vu sa lignée, était une chose rare dont les viles lords ne manqueraient pas d'abuser. Ayant eu de grands aperçus des banquets et de l'attitude de la noblesse, Melara savait très bien qu'elle allait se faire manger toute crue si Lady Charissa la laissait se débrouiller lors de rencontres mondaines. Il fallait à tout prix empêcher cela et permettre à cette douce enfant de vivre sa vie pleinement. Personne ne s'était battu pour la religieuse dans sa jeunesse et elle ne comptait pas faire la même chose pour celle qu'elle considérait comme sa soeur.

Le fait que Lord Edwyn commence le maniement des armes sembla l'inquiéter un instant. Il est vrai que cela inquiétait également énormément Melara et d'ailleurs, bien qu'elle vienne d'annoncer pouvoir passer plus de temps avec Eleanor, il y avait fort à parier que les nouveaux rendez-vous des deux jeunes femmes se passent non loin de la zone d'entraînement, histoire de pouvoir veiller sur le petit lord. Elle devait encore voir avec Mestre Emeric à qui confier cette tâche car il fallait une personne douée qui enseignerait à un enfant, tout en prenant en compte sa position. Habituellement douce et calme, la septa pourrait s'enflammer bien vite si on venait à faire du mal à Edwyn, tout comme à Eleanor d'ailleurs. Quoiqu'il en soit, la jeune fille sembla contrôler son inquiétude en esquissant un sourire et en témoignant de l'intérêt à cette nouvelle. Enfin bon, cet entraînement était indispensable à tout lord et surtout pour le chef de la Maison Tully. Bien qu'encore jeune, il n'était pas à l'abri de devoir s'illustrer lors de batailles avec ces sauvages de Fer-nés ou encore contre des bandes de brigands. Il fallait donc prévoir tout cela, tout comme l'entraînement aux stratégies militaires auxquels Melara assistaient de temps en temps. Il faut dire que niveau histoire, la jeune femme en connaissait un bout et cela permettait au jeune lord de bien cerner la situation géopolitique lors des guerres et des batailles.

Les paroles d'Eleanor reflétèrent exactement les craintes de la religieuse au sujet de ses prétendants. En effet, bien que sa mère et son frère ne la marieraient sans doute pas à une personne qu'elle déteste, ils ne la laisseraient pas non plus épouser un homme n'apportant rien à la Maison Tully. Il fallait donc trouver un prétendant valable dans ceux pouvant renforcer l'assise de lord Edwyn afin qu'ils ne s'y opposent pas. Evidemment, un tel homme rendait les choses bien plus compliquées car cela réduisait considérablement le champ des possibilités. Enfin bon, il valait mieux occulter tout cela pour la jeune fille qui avait déjà assez d'angoisses à combattre pour en plus se focaliser là-dessus. Il fallait prendre les problèmes l'un après l'autre.

« Lady Charissa et Lord Edwyn vous aiment profondément. En voyant les efforts que vous fournirez, ils ne pourront aller contre votre choix. De plus, nous nous assurerons de trouver un prétendant qui trouvera grâce à leurs yeux comme aux vôtres, soyez rassurée. »

Eleanor la remercia pour son aide, cette dernière ayant visiblement bien compris que Melara n'aimait pas trop ce genre de festivité. Il est sûr qu'à chaque banquet, la religieuse faisait de son mieux pour cacher sa gêne et restait bien souvent à effectuer des tâches secondaires pour éviter la foule. Visiblement, les deux jeunes femmes partageaient le même soucis de conversation et pourtant, la septa allait devoir vaincre sa propre hantise pour supporter lady Eleanor.

« Ne vous inquiétez pas pour cela, Lady Eleanor. Vous êtes une Tully et quoique vous disiez, les hommes vous écouteront et boiront vos paroles. Votre famille règne sur l'une des Terres des Sept Couronnes, vous serez donc toujours distrayante et amusante pour tous vos prétendants. La difficulté sera de voir lesquels sont véritablement intéressés par ce que vous avez à dire et ceux qui font semblant. Vous ne devez donc pas avoir peur. De plus, les quelques fois où j'ai assisté à ce genre d'événement, les nobles dames ne font souvent que répondre aux avances des lords et des chevaliers. Cela ne sera donc pas à vous de trouver un sujet de discussion, mais bien à eux. »

Tout l'inverse de sa situation car de son côté, une fois son statut dévoilé, un long silence gêné suivait généralement avant le départ précipité de son interlocuteur. De plus, vu son statut, elle ne pouvait pas non plus interpeller une personne de la noblesse aussi légèrement et donc, ces soirées étaient soit ennuyeuses à mourir, soit extrêmement gênantes. Cela ne l'encourageait pas vraiment à répéter régulièrement cette expérience mais bon, pour Eleanor, elle pouvait faire cet effort. Il était toujours plus simple de se retrouver dans ce genre d'endroit en sachant qu'on a une alliée chez qui se replier en cas de soucis.

« Le fait de connaître l'histoire des différentes Maisons vous sera très utile, car cela flattera sans aucun doute votre courtisan. Cela peut vous servir d'approche, comme par exemple en faisant croire que vous avez déjà entendu une histoire relative à l'un de ses ancêtres, et lui demander de vous la conter. Après, il suffira de parler un peu du tournoi, sauf si il a perdu lamentablement bien sûr. »

Un sourire s'afficha sur le visage de Melara qui se rendit compte du genre de situation cela provoquerait, si la jeune Eleanor complimentait un chevalier ayant chuté de cheval avant le premier échange. Il valait donc mieux préciser de faire attention aux joutes lors du tournoi, histoire de ne pas faire de gaffe de ce genre. Avec un peu de recule, la religieuse voyait maintenant bien plus clair et leurs situations étaient totalement différentes qu'à l'époque où elle était encore fille de noble. Dans son cas, étant d'une petite Maison sans grande importance, c'était à elle d'aller vers les chevaliers pour tenter des les séduire, comme le faisait sa grande soeur. Dans le cas d'Eleanor, les hommes viendraient à elle sans grande difficulté et tenteraient de la séduire. Elle devait donc juste être capable de résister à cela, ce qui demandait bien moins d'aisance en public.

C'est finalement une surprise qui attendit la jeune religieuse, ne s'attendant pas vraiment à la question que venait de lui poser Eleanor. Personne ne connaissait ses origines et elle avait tout fait pour que cela reste ainsi. Après tout, qu'une personne originaire du Bief soit tutrice du lord de la Maison Tully, cela pouvait être très mal considéré par les vassaux. Elle allait donc devoir expliquer son choix en omettant le fait que la vie n'allait pas être bien tendre, si elle avait emprunté la voie du mariage. Apparemment, la jeune fille était décidée à connaître la raison de ce choix, certainement pour se faire une idée et voir si leurs situations étaient similaires. Immédiatement, la religieuse comprit qu'elle devait se montrer assez critique sur sa propre vie, histoire d'éviter que l'aînée des Tully ne veuille suivre le même chemin. Elle inspira une grande bouffée d'air, posant sa tête contre le dossier de sa chaise, histoire de rassembler ses pensées et finalement, tout en regardant Eleanor dans les yeux, essaya de lui répondre assez simplement.

« Depuis toute petite, j'ai été captivée par la Foi des Sept. Le Septon nous racontait des histoires et cela me passionnait. Ensuite, j'ai rapidement compris qu'aux yeux de mon père, mes besoins et mes envies importaient peu. Voulant être bien plus qu'une simple marchandise, j'ai décidé de partir et d'entrer au service de la Foi des Sept. Je voulais que mon existence compte et aider les gens. Grâce aux Sept, je suis arrivée ici et je vous ai rencontrée. Je les remercie tous les soirs pour ce merveilleux cadeau. Mon mariage n'aurait rien changé pour personne, la voie des Sept était donc l'unique moyen de remplir le vide de ma vie. »

Tout en restant honnête, elle était parvenue à expliquer les raisons qui l'avaient poussées à devenir Septa. Elle n'avait jamais regretté ce choix et sa vie était certainement plus épanouissante, que si elle s'était mariée à un vieux noble. En tout cas, il fallait maintenant remonter le moral de la jeune lady, histoire de la préparer pour les petits exercices qu'elles allaient réaliser ensemble. Il y avait bien assez de servants appréciant la jeune fille pour l'aider dans cette tâche. En les habillant un peu proprement et en leur donnant quelques répliques à formuler, elle parviendrait certainement à vaincre la timidité d'Eleanor et lui redonner confiance en elle.

« Lady Eleanor, vous ne devez pas vous inquiéter, tout ira bien. Je vais vous préparer un petit entraînement pour vous mettre en situation. Lors des banquets, je serai à vos côtés pour intervenir au moindre problème. A aucun moment, vous n'aurez à vous en faire. Seriez-vous d'accord pour commencer cette petite répétition dans une semaine, le temps que je mette tout au point ? Vous verrez, tout se passera à merveille et vous trouverez un beau jeune homme qui sera digne de vous. Madame votre Mère sera très fière de vous. »

Melara espérait vraiment que tout se passe pour le mieux mais bon, il y avait toujours le problème de la séparation qui allait se poser tôt ou tard. Intelligente comme elle l'était, Lady Eleanor avait certainement aussi compris ce que le mariage impliquait, surtout son mariage. Fille de la Maison Suzeraine du Conflans, il était de sa responsabilité de forger des alliances avec de puissantes familles également suzeraines de leur Terre. Cela impliquait de quitter le château de Vivesaigues et même le Conflans, rendant les visites plus difficiles. Bien sûr, il y avait toujours la possibilité que cela reste à proximité comme en Terre de l'Ouest ou encore au Val d'Arryn, rendant les rencontres avec sa famille bien plus fréquents. Par contre, cela réduisait d'autant plus les possibilités de mariage mais soudain, une idée lui vint à l'esprit.

« Sans indiscrétion, pourriez-vous me dire si vous avez rencontré Lord Jasper Arryn ? Il est revenu à Vivesaigues avec Lord Edwyn et sont apparemment amis. Si mes souvenirs sont bons, il est plutôt bel homme et à votre age. Selon les rumeurs, il serait intelligent et posé, des qualités qui se marieraient parfaitement avec les vôtres. »

Un Lord Suzerain célibataire, à moins qu'il soit encore très jeune, il n'y en avait pas beaucoup. Bien entendu, il n'y avait aucune obligation dans tout cela, mais un tel mariage enchanterait certainement Lady Charissa. Une alliance durable entre le Val d'Arryn et le Conflans permettrait de renforcer la position de Lord Edwyn. En plus, il était assez intelligent pour être capable d'apprécier la conversation et les connaissances de la jeune fille, ce qui était un point non-négligeable dans la recherche d'un époux. Du côté de Castel Roc, les Lannister n'avait plus qu'un fils à marier et était un parti moins intéressant qu'un Lord Suzerain mais bon, cela valait sans doute la peine de se renseigner de ce côté-là. En tout cas, Melara ferait tout pour rendre cela le moins pénible possible pour la belle lady Eleanor.

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Message Ven 27 Juil 2012 - 18:17

La présence et les bons conseils de la Septa avaient réussi quelque peu à apaiser les craintes d'Eleanor, même si elle savait qu'elles ne s'évanouiraient pas en un clin d'œil. Mais l'idée d'avoir un "plan de bataille", quelque chose de clair qui lui permettrait de réussir à faire honneur à sa famille et plaisir à sa mère tout en ayant l'impression de ne pas être la dernière des godiches lors des réunions mondaines, l'avait profondément soulagée même si un fond d'angoisse subsistait.

Elle pouvait sentir la compassion de Melara et surtout l'envie de l'aider mais elle savait que le jeune âge d'Edwyn rendait la situation des Tully quelque peu précaire et qu'il serait peu probable qu'elle ait une réelle marge de manœuvre dans ses décisions. Eleanor n'était pas romantique. Elle n'avait pas été bercée par les contes et ne croyait pas à l'amour au premier regard. Peut-être intellectualisait-elle trop les choses mais elle ne pouvait pas comprendre qu'on puisse souhaiter passer le reste de son existence avec une personne dont on ne savait rien et dont peut-être les intérêts diffèreraient totalement des siens, tout ça pour une première impression qui après tout n'était que physique. Elle esquissa pourtant un sourire à la remarque de Melara, se redressant légèrement sur son siège, visiblement plus à l'aise.


"Je sais que Mère et Edwyn tiennent à mon bonheur et seraient heureux qu'il aille de pair avec le prétendant qu'ils penseront le mieux pour moi. J'avoue que je n'ai jamais vraiment songé à ce que je pouvais attendre d'un prétendant, quel qu'il soit."

Elle fronça les sourcils, songeuse quant à ses propres paroles. Si elle ne croyait donc pas au coup de foudre, elle espérait quand même arriver à s'entendre avec son futur mari et parvenir à cette complicité qu'elle avait pu voir entre ses parents lorsqu'elle était enfant. Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, son attention fut distraite quelques instants par un frottement sur ses jambes. Elle baissa les yeux et esquissa un sourire à la vision de la boule de poils qui semblait vouloir réclamer des caresses.
Le matou, qu'elle voyait tous les jours ou presque et qui avait été missionné d'éloigner les souris des ouvrages, était devenu énorme à force de passer son temps à fureter et à chaparder dans les cuisines et n'était plus bon à rien. Il avait fallu qu'elle plaide en sa faveur pour que les domestiques ne s'en débarrassent pas et elle ne manquait jamais de voir le regard mauvais qu'ils lui jetaient régulièrement. Mais c'était le petit protégé d'Eleanor et, comme venait de si bien le dire Melara, elle était une Tully et l'ainée des enfants qui plus est, tout ce qu'elle disait ou faisait avec un impact et elle est toujours écoutée même si elle disait les plus grosses inepties qui pourraient lui passer par la tête.

Attrapant le gros chat pour le caler sur ses genoux et lui offrant les caresses qu'il était venu quémander, elle reprit, d'un ton songeur.


"Il est surprenant de voir qu'être une personne de bonne naissance me donne, en plus de tous les privilèges auxquels nous avons le droit, celui d'être idiote et de pouvoir dire ce qui me passera par la tête puisque visiblement, je serais toujours écoutée et distrayante. Mais, d'une certaine façon, ce n'est pas la même chose pour les jeunes hommes que je pourrais rencontrer ? Après tout, eux aussi sont souvent issus de lignées importantes et ils doivent avoir du mal à déterminer si les demoiselles sont réellement intéressées par eux ou par leurs exploits ou encore leur place au sein de la noblesse."

Elle haussa un sourcil un rien perplexe devant le sourire de la Septa, se demandant vaguement ce qui pouvait l'avoir fait sourire, trouvant l'idée de se tromper à ce point quant au résultat d'une joute totalement malvenue et irrespectueuse. Même si elle n'était pas particulièrement enthousiaste face aux joutes et aux tournois, elle essayait pourtant de les suivre et de paraitre intéressée, ne serait-ce que pour éviter de froisser les chevaliers venus lui parler et avec qui elle arrivait parfois, dans un effort surhumain, à discuter un peu avant de sentir la gène la gagner et d'avoir l'impression de débiter des fadaises.

La question qu'elle posa à la Septa sur les origines de sa situation sembla la surprendre. Il est vrai que pour Eleanor comme pour ses frères et sœurs, la vie de Melara avant qu'elle ne vienne habituer avec eux n'avait pas réellement d'importance, comme si rien n'avait compté avant eux.
C'était une idée bien présomptueuse qu'ils avaient eu là, mais ils n'étaient encore que des enfants dont l'univers ne dépassait pas encore les portes de Vivesaigues. Elle garda le silence quelques secondes après les explications de Melara, ignorant les réclamations du matou qui ne semblait toujours pas rassasié par les attentions de la jeune femme.


"Je pense que nous pourrons aussi remercier les Sept ce soir pour nous avoir donné la chance de vous avoir parmi nous. Vous êtes un vrai cadeau pour nous aussi vous savez. Je comprends vos choix et je les respecte davantage maintenant que j'en sais un peu plus, même si je pense que ma route sera certainement différente de la vôtre."

Elle hocha vigoureusement la tête à la proposition de la Septa. Si elle avait l'occasion de s'exercer un peu sans avoir peur d'être totalement ridicule, elle arrivait peut-être enfin à être un peu plus à son aise lors de ce que tout le monde appelait des réjouissances et qu'elle regardait avec l'enthousiasme d'un mouton qu'on emmènerait au boucher. Là elle savait que Melara saurait lui trouver ses plus grosses lacunes sans la heurter et qu'elles trouveraient ensemble comment y remédier, même si elle avait du mal à imaginer en quoi pourraient consister les exercices. Etrangement, elle était presque gagnée par une certaine impatience, maintenant que la corvée s'était transformée en apprentissage.

"Tout ira bien alors. Il suffit que je m'entraîne et vous serez là pour me soutenir. Pas besoin de s'inquiéter alors. Je serais disponible quand vous le souhaiterez Melara. Ca veut donc dire qu'Edwyn commencera ses leçons la semaine prochaine ?"

Une nouvelle vague d'inquiétude qu'elle tenta de juguler et de dissimuler par un sourire. Après tout, il devrait forcément passer par là et peut-être qu'en assistant un peu à ses entrainements alors qu'elle effectuerait ses exercices avec Melara la rassurerait doublement sur leurs compétences à tous les deux. Mais la question de la Septa la fit tiquer.
Lord Jasper Arryn ? Elle se souvenait l'avoir croisé mais n'avait encore échangé aucune discussion avec lui et n'en avait pas réellement vu l'intérêt, même si elle avait une certaine curiosité sur la région dont il était originaire. Mais elle n'avait surtout pas pensé que les exercices de la Septa impliqueraient ce genre de questions et elle se sentit rougir alors qu'elle baissait la tête et se concentrait sur le chat qui avait fini par s'endormir sur ses genoux.


"Lord Arryn ? Euh… non… enfin je ne lui ai jamais parlé. Mais je ne pensais pas que… enfin… vous voyez quoi…hem…"

Elle laissa échapper un profond soupir et une moue penaude se dessina sur son visage. Décidément, ce n'était vraiment pas gagné.
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Message Sam 28 Juil 2012 - 8:46

Il était clair maintenant que la jeune lady n'avait jamais vraiment songé sérieusement à son mariage prochain, repoussant sans doute cette idée trop difficile à appréhender. Le mariage n'était pas une chose dont la plupart des jeunes femmes devaient attendre quelque chose car bien souvent, cela ne consistait qu'en une alliance ou encore un arrangement quelconque. Des mariages avaient déjà eu lieu pour permettre d'obtenir des vivres durant un hiver rigoureux ou pour des raisons bien moins nobles. Malgré tout, le Royaume étant actuellement en partie en paix, même si les Fer-nés se montraient toujours actifs, un membre de la Maison Suzeraine d'une des Sept Terres du Royaume pouvait espérer un époux choisit avec un peu de réflexion et cela ne pouvait que jouer en sa faveur. Observant toujours Eleanor avec la plus grande douceur, Melara fut surprise par une chose frôlant sa jambe. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant le gros chat sensé protéger les ouvrages de la bibliothèque. Ce dernier ne faisait que passer et se dirigea immédiatement vers sa protectrice, espérant sans doute des caresses comme à son habitude. Il était devenu assez peu dissuasif pour les souris mais bon, l'attachement de l'aînée de la famille Tully en avait fait un petit privilégier.

Alors qu'Eleanor prit le chat sur ses genoux, elle évoqua le fait que sa position lui offrait le droit d'être idiote, tout comme un tas d'autre chose. Cela pouvait sembler bizarre mais bon, cela n'en était pourtant pas moins vrai. D'ailleurs, il y avait certainement des nobles cherchant après des filles de haute lignée n'ayant pas la lumière jusqu'en haut, espérant sans doute de cette façon les manipuler pour augmenter leur pouvoir. Les gens sans scrupule existaient partout bien malheureusement. Par contre, la suite du raisonnement de la jeune lady n'était pas vraiment la réalité car elle devait bien comprendre que les nobles de Maisons secondaires n'avaient pas la même importance qu'elle et donc, ils seraient les plus tentés à conquérir son coeur afin d'agrandir le pouvoir de leur Maison en se liant à une Maison Suzeraine. Evidemment, il y avait aussi les jeunes hommes de condition équivalente à la sienne et c'est ceux-là qui méritaient son attention avant tout car ce sont eux qui seraient les plus à même de plaire à Lady Charissa. Evidemment, tous ces jeux auxquels se livraient la noblesse de Westeros étaient une chose un peu lointaine pour la Septa mais bon, elle parvenait tout de même à en comprendre les mécanismes, surtout après avoir assisté à quelques banquets et autres événements mondains.

« Comme vous le savez Lady Eleanor, chaque noble n'a pas la même importance. Votre famille est la plus importante du Conflans et par conséquent, tout noble issu de Maisons vassales à la vôtre et même issu d'une autre Terre que le Conflans, essayera de s'emparer de votre coeur et fera donc tout pour vous séduire. N'y voyez pas un doute concernant votre beauté mais bien souvent, ceux-ci n'auront que pour seul intérêt l'envie de renforcer le nom de leur Maison. En revanche, les nobles d'un statut équivalent au vôtre pourraient être plus sensibles à vos qualités et vos charmes. En plus, Madame votre Mère sera certainement plus favorable à ce genre d'union qu'avec un simple vassal qui ne rapporterait pas grand chose. Ce genre d'alliance ne peut se faire avec l'aînée d'une famille. Par contre, votre soeur pourrait avoir à consolider les alliances à l'intérieur du Conflans, en se mariant à une Maison secondaire importante vassale de la vôtre. »

Tout cela n'était bien sûr que théorique, surtout que dans la situation actuelle, le renforcement de la Maison Tully au sein du Conflans pourrait être une priorité pour Lady Charissa. Enfin, tout cela n'était pas vraiment dans ses compétences et il n'y avait rien de plus compétent qu'un noble pour planifier ce genre de chose. Quoiqu'il en soit, Lady Eleanor devait maintenant prendre conscience pleinement des avantages, mais aussi des inconvénients de sa situation. L'amour n'était certainement pas une chose qu'elle trouverait immédiatement dans un mariage, mais en choisissant bien et en bougeant ses pions avant Lady Charissa, il y avait peut-être une chance de trouver chaussure à son pied. Avec un peu de chance, elle pourrait trouver un mari envers lequel elle pourrait développer des sentiments et qui la laisserait poursuivre sa passion pour la lecture et la connaissance.

Aux compliments de la jeune femme faits à son égard, Melara ne put qu'incliner poliment la tête en guise de remerciement. Le fait qu'elle comprenne son choix, tout en comprenant la différence énorme qu'il y avait entre leurs deux situations, rassura la religieuse qui aurait eu bien du mal à expliquer une entrée au service des Sept à la mère de la jeune lady. Elle était vraiment une enfant intelligente et également un femme d'honneur mettant en avant sa famille. Leur devise n'était clairement pas une chose en l'air et cela rendait Lady Eleanor encore plus digne de son rang et de l'admiration que lui portait la septa.

Visiblement, l'idée de s'entraîner aux réceptions mondaines sembla enthousiasmer la jeune noble, ce qui enchanta Melara qui avait déjà plusieurs idées en tête pour parvenir à organiser un entraînement efficace. N'étant pas très coutumière des hommes, elle devrait certainement se renseigner un peu auprès du Septon Desmond et de Mestre Emeric, afin de ne pas faire d'erreur mais bon, dans l'ensemble, cela ne devait pas être bien compliqué, les hommes étant bien certainement des créatures bien simples à cerner lorsqu'il s'agissait de mariage. Même si Eleanor était très jolie, il fallait s'attendre à des approches intéressées de toutes parts et il fallait donc pouvoir faire le tri entre les vrais gentils et les vrais sournois. Bien sûr, il restait toujours l'avis éclairé de Lady Charissa qui devait bien comprendre et connaître les motivations cachées de chaque noble courtisant sa fille. Dans le pire des cas, une grosse erreur de choix pourrait donc toujours être évitée grâce à elle. Evidemment, attachée à la sécurité de son jeune frère, l'évocation des leçons prochaines au maniement des armes du petit lord inquiéta la jeune femme. Melara aussi n'était pas trop rassurée mais bon, elle faisait son possible pour le cacher, sachant pertinemment bien que c'était une étape obligatoire dans l'éducation d'un lord.

« Il ne faut pas vous inquiéter. Lord Edwyn apprendra avec le meilleur et nous pourrons toujours assister à ses entraînements afin d'intervenir le cas échéant. Je n'ai pas encore reçu de corbeau concernant l'arrivée du Maître d'Arme sensé lui enseigner. Cela pourrait être plus tard, mais je trouverai toujours du temps pour vous aider. »

Ce n'était pas la première fois que la jeune religieuse allait rogner sur son propre temps libre, afin de satisfaire au mieux les besoins de la famille Tully. A de nombreuses reprises, elle avait veillé la nuit lorsque l'un des enfants était malade et même lorsque la fièvre du printemps frappa durement la Maison, elle ne dormit pas pendant plusieurs jours, faisant son possible pour soutenir tout le monde. C'était devenu parfaitement naturel pour elle de supporter à chaque instant les membres de cette famille et d'ailleurs, elle pourrait aisément sacrifier sa propre vie pour l'un d'entre eux. D'un certain côté, elle était devenue bien plus proche d'eux, qu'elle ne l'avait jamais été avec sa propre famille. D'ailleurs, telle une amie, elle sourit à la vue de la confusion de Lady Eleanor à l'évocation de Lord Jasper. La voir rougir et baisser la tête comme une adolescente prise en flagrant délit, fit apparaître un sourire sur le visage de la religieuse qui pensa un instant avoir tapé dans le mille. Malheureusement, la timidité d'Eleanor semblait n'avoir permis aucun dialogue entre les deux jeunes gens et c'était bien regrettable, surtout que Lord Arryn allait sans doute repartir pour le Val d'Arryn après les festivités aux Murs-Blancs.

« Je vois. Il est pourtant le genre d'homme que Madame votre Mère accepterait sans mal. Si vous le voulez, nous essayerons de voir comment réagir face à des hommes de sa stature, cela vous permettra de lui parler la prochaine fois que vous le rencontrerez. En tout cas, il ne faut pas vous en faire, il est normal pour une jeune femme cultivée d'appréhender ce genre de rencontre. La compréhension de ses faiblesses et le premier pas vers la domination de celles-ci. Vous êtes un joyau dont tous les hommes seraient fiers d'obtenir un regard. »

Toujours douce et attentionnée pour la jeune Eleanor qui manquait clairement de confiance en elle, Melara se voulut rassurante et optimiste. Quand elle imaginait le nombre de jeunes filles nobles agissant comme si elles étaient la Reine des Sept Couronnes, elle était un peu peinée de voir que l'une des rares à pouvoir prétendre à ce titre. En effet, faisant partie d'une famille suzeraine, elle pourrait très bien épouser un membre de la famille royale et ainsi devenir princesse des Sept Couronnes mais bon, lui dire cela n'aurait aucun sens, surtout vu les risques que cela engendrait de se retrouver à Port-Réal. Pour avoir passé un peu de temps là-bas afin de devenir septa, elle savait très bien le danger qui régnait et les fourberies qui pouvaient avoir lieu dans les murs du palais. Chaque jour, il y avait plusieurs rumeurs de complot circulant dans les rues de la ville et presque autant de têtes qui tombaient par semaine. Ce n'était clairement pas le genre d'endroit propice à une jeune femme aussi honnête et douce qu'Eleanor.

Quoiqu'il en soit, la Septa se leva calmement et s'approcha de la bibliothèque. Elle chercha quelques instants un livre dont elle avait elle-même pu se ravir de la lecture. Finalement, elle prit un très bel ouvrage qui semblait aussi vieux qu'épais et le posa sur la table. Le titre très évocateur ne laissait aucun doute sur ce qu'envisageait la religieuse pour aider la jeune femme. Le livre, « Les Eyrié, la fondation d'un Royaume », était un recueil des histoires entourant le Val d'Arryn et plus particulièrement la forteresse perchée des Eyrié. Il comprenait aussi bien les combats s'y étant déroulés que les petites choses de tous les jours, ainsi que l'aspect de ce château qui selon les dires, était l'une des plus formidables place-fortes des Sept Couronnes. Un sourire attentionné et doux aux lèvres, Melara posa un regard tendre sur Lady Eleanor avant de s'incliner poliment en guise de révérence.

« Je vous conseille cet ouvrage qui vous permettra sans nul doute d'avoir de longues conversations avec Lord Arryn. Je vais commencer les préparatifs pour ce dont nous avons parlé et je vous ferrai par de l'avancement. Je peux vous assurer que tout se passera à merveille. N'hésitez pas à me demander si vous avez une question ou besoin d'aide, je suis toujours disponible pour vous. Sur ce, je vais vous laisser, Lady Eleanor. N'oubliez pas l'heure du repas, Madame votre Mère m'en voudrait si vous sautez un repas à cause de vos lectures. »
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Message Sam 28 Juil 2012 - 19:21

A bien y réfléchir, c'était la première fois qu'Eleanor confiait autant ses pensées à propos de tout ce qui pouvait avoir trait au mariage ou, tout du moins, ce qui le précèderait. L'idée du mariage en lui-même était encore bien trop abstraite pour qu'elle se penche sur le sujet, pour elle il ne s'agissait que de renforcer une alliance et quitter la maison pour en tenir une autre, ce pourquoi elle avait été formée depuis sa plus tendre enfance. Elle se savais suffisamment patiente et observatrice pour être en mesure de remplir ses devoirs, où qu'elle soit et elle savait en toutes circonstances garder cette humilité naturelle qui était la sienne et qui lui permettait bien souvent de s'attirer les bonnes grâces de la plupart des personnes qu'elle avait pu avoir sous ses ordres, qu'elle en ait conscience ou non.

Elle laissa échapper un léger sourire à la remarque de la Septa quant à sa beauté et à son statut. Il est vrai qu'ils étaient souvent dissociés et qu'une jeune femme de son rang n'avait pas besoin d'être un canon de beauté pour être sûre d'avoir des prétendants mais elle n'était pas insensible à la beauté et elle n'était certainement pas la seule, se doutant bien qu'il s'agirait d'une valeur ajoutée non négligeable. Elle laissa pourtant échapper un léger soupir aux propos de Melara quant à l'intérêt des autres Maisons.


"Il est difficile d'arriver à faire la part des choses. D'un coté nous parlons d'éloigner les prétendants qui ne seraient intéressés que par mon statut sans prendre en compte qui je suis réellement et de l'autre nous parlons aussi de ce qui pourrait être le plus intéressant pour la famille. J'ai l'impression d'être au centre d'un jeu aux règles bien précises et j'ai beau savoir que les unions sont l'une des bases de la politique du Royaume, j'avoue que tout cela est bien complexe et me donne parfois l'idée d'être une marchandise qu'il faudra vendre au plus offrant."

Melara semblait être particulièrement au fait de ce qui serait le mieux pour les alliances de la Maison et, l'espace d'un instant, Eleanor se promit de mieux étudier pour faire ce qu'elle devait pour faire honneur aux Tully et pour que les dites alliances auxquelles songeraient certainement sa Mère et Edwyn ne soient pas vouées à l'échec par sa trop grande timidité ou sa gaucherie.

Une fois cette décision arrêtée pour de bon couplée à l'engagement de Melara de l'aider avec ses exercices, Eleanor se sentit comme soulagée d'un poids supplémentaire et elle se contenta d'une moue à la remarque quant à son jeune frère. Elle avait toujours eu une affection toute maternelle à son égard et il lui faudrait bien plus que des paroles réconfortantes pour être sereine à ce propos.


"Je sais que je ne devrais pas m'inquiéter pour Edwyn et qu'il va nous éblouir comme à son habitude. Mais l'idée de le savoir avec une épée plus grande que lui n'est tout de même pas pour m'enchanter. Mais après tout, il est de coutume de dire qu'il faut être prêt à tout et même au pire."

La pensée des Fer-Nés ne pouvait pas ne pas effleurer l'esprit de la jeune femme et elle se surprit à espérer que les conflits seraient terminés bien avant qu'Edwyn soit en âge d'aller combattre et de diriger les hommes du Conflans. Heureusement, ou malheureusement selon le point de vue, Melara chassa vite cette pensée en parlant de Lord Arryn. Malgré sa gène, Eleanor l'écouta avec attention, tiquant sur quelques paroles en particulier.

"Le genre d'homme que ma Mère accepterait sans mal vous dites ? Il est vrai que nous n'avons pas vraiment abordé ce genre de discussions toutes les deux. Le sujet semble vraiment tabou et même si notre discussion m'a éclairée sur l'une des raisons, je continue tout de même de m'interroger."

Elle haussa brièvement les épaules, la mine pensive alors qu'elle ne pouvait s'empêcher une nouvelle fois de rougir aux compliments de Melara. Visiblement, il faudra également qu'elle travaille sur ce problème et qu'elle apprenne à accepter un compliment sans être paralysée mais sans sombrer dans l'excès inverse même s'il était peu probable que cela finisse par arriver un jour.

Alors que la Septa se relevait, le chat sursauta, visiblement réveillé et dérangé par les mouvements, laissant échapper un feulement peu aimable. La jeune femme lui asséna une petite tape sur le museau, faisant fuir l'animal et poussant un soupir de soulagement en étant délestée de son poids. Elle put tendre les bras et attraper l'ouvrage dont elle examina le titre avec curiosité, son visage se fendant du sourire qu'on pouvait lui voir habituellement lorsqu'elle était plongée dans un livre et dans son petit univers alors que Melara s'apprêtait à prendre congé.


"Oh merci pour l'ouvrage ! Et encore merci pour cette discussion et pour tout le reste. Je sais que je suis entre de bonnes mains avec vous et qu'ensemble nous arriverons bien à quelque chose. Tout du moins je l'espère…"

Elle haussa un sourcil, pensive, avant de reprendre, de sa voix tranquille, ses doigts dessinant sans qu'elle s'en rende compte le titre de l'ouvrage que venait de lui confier la Septa.

"Ne vous en faites pas, je n'oublierai pas de manger. Il y a toujours quelqu'un qui passe par un heureux hasard dans la bibliothèque juste avant les heures de repas pour me prévenir vu qu'il semblerait que j'ai tendance à ne pas voir le temps passer. Prenez soin de vous jusqu'à notre prochaine rencontre."

Elle inclina légèrement la tête en guise de salut et fixa la Septa jusqu'à ce qu'elle ait quitté la pièce. se tournant de nouveau vers les deux gros ouvrages qui trônaient maintenant face à elle, elle sembla réfléchir quelques instants et se releva brusquement. Après toutes ces discussions, elle avait envie de prendre l'air et l'idée d'une balade avec Carotte était des plus tentantes, le temps était radieux et il ne faisait pas trop chaud. Elle pourrait se vider un peu l'esprit et essayer de se remettre les idées en place avant l'heure du déjeuner. L'heure de l'apprentissage arriverait bien assez tôt, elle pouvait oublier tout ça pour encore une journée.
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