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La connaissance commence par les sentiments. [Heward]

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Message Sam 14 Juil 2012 - 22:19

    Le parchemin plié reposait dans sa gangue de cuir, protégé de la bruine humide par un revêtement étanche. Lady Catelyn y porta une main nerveuse, s’assurant du bout des doigts que la missive était toujours à sa place, et ce n’est qu’au contact de la rainure laminée que la jeune femme cessa de fouiller fébrilement sa besace et, astreignant l’excitation à la rencontre imminente, poussa un soupir rasséréné. L’encre en était passée, ternie de soleil, de sueur et de sel, le papier était profondément usé, rongé, émaillé, mais les mots la frappaient avec toujours plus d’intensité, et faisaient naître en son cœur l’angoisse légitime et séduisante de l’inconnu. Tout irait bien, se répétait-elle. Quelle raison que ça aille mal ? Mais sa litanie lénitive laissait presque toujours place à la petite voix malsaine du Doute, qui susurrait tout au fond d’elle : Mille raison que ça aille mal. À commencer par ma foutue langue, que je suis incapable de tenir, pensa-t-elle en passant ses gants. Sourcils froncés, elle serra fermement les poings sur les rênes et, d’un coup d’étrier, reprit son galop.

    La ligne d’horizon s’approchait, s’arrachant le ciel et la mer dans des éclats d’or et de sang. Elle voyait le jour naissant se mirer dans le creux des vagues miroitantes, et le soleil se lovait dans leurs seins, comme un enfant dans le sein de sa mère. L’aube rouge, pensa-t-elle, embrassait tout. Des bouffées cotonneuses s’échappaient du creux de ses lèvres, entrouvertes d’extase. C’était là, sur cette toile vivace, que se dessinait, superbe et terrible, la silhouette capiteuse de Port-Réal. Si elle avait jamais mis les pieds dans la capitale, c’était bien avant de pouvoir s’en rappeler, et les réticences de son père à la laisser s’y aventurer, seule ou « accompagnée » comme elle l’était, avaient laissé supposer de façon équivoque que la ville – Fut-elle siège du Trône – n’avait parfois rien à envier aux bourgs miteux des terres de l’Ouest. Il craignait pour sa fille ; Rien de plus légitime, en somme. Mais l’ombre évocatrice de Port-Réal signait la fin de son voyage, commencé plus d’une semaine auparavant, et qu’importe ce qui l’attendait au bout de la route de l’or, elle connaîtrait le bonheur indicible de retrouver un semblant de civilisation, et de délasser ses jambes engourdies. La chevauchée lui avait, à raison de quelques heures pas jour, tassé la colonne vertébrale et meurtri les fesses. Si sa tête ne reposait pas au sommet de sa nuque, elle aurait juré l’avoir laissée tomber à mi-chemin entre Castral Roc et Cressey, ballotée qu’elle était par le trot irrégulier de la jument. Son père lui avait suggéré – avec insistance – le confort d’une diligence, mais la jeune obstinée s’était fait fort de s’en passer. Et force lui fut d’avouer que Lord Reyne avait vu juste. La belle eut un élan de compassion soudain pour ces hommes qui, du matin au soir, n’avaient pour compagnie que le clopinement des chevaux, et comme caresse l’échauffement du cuir entre les mains.


    « Nous sommes presque arrivés, Lady Catelyn. » À l’acquiescement grave du jeune homme, la Reyne réprima un éclat de rire. Évidemment qu’ils étaient presque arrivés. Elle leva les yeux au ciel, dans une esquisse d’amusement dépité, mais c’est avec un sourire immensément charmeur qu’elle le remercia de sa finesse. Il ne perçut pas même son ton sarcastique, baissant les yeux pour rougir de plaisir. C’était ridicule… Elle aurait tout aussi bien fait de partir seule ; Où son père avait-il dégotté ces hommes ? L’un était à moitié estropié et la regardait d’un œil torve, l’autre avait l’intelligence d’un seau. Peut-être moins. Catelyn poussa un soupir, long comme une nuit ; Encore quelques heures, et ils atteindraient la porte des Dieux. Quelques heures et elle délaisserait les champs et les prés pour la chaleur rustiques des bicoques port-réalaises, pour l’odeur du purin et des huiles, pour le vrombissement interminable des boyaux vivants de la capitale. Elle mourait d’impatience. Catelyn porta, une nouvelle fois, la main à la missive, mais la tira cette fois de son enveloppe de cuir tanné, la déplia, la parcourut d’un bout à l’autre. Un autre fragment du sceau à l’étoile lui resta dans les mains. Elle connaissait le message presque par cœur – Elle devait l’avoir lu dès son arrivée, et chaque jour depuis son départ – et si chaque terme lui était connu, c’est avec un plaisir certain, non dissimulé, qu’elle y revenait incessamment, et redécouvrait l’invitation avec toujours plus d’enthousiasme. En vérité, elle ne lisait même plus, elle survolait. Et les mots s’insinuaient tout seuls, plus marquants, plus présents, plus réels et vrais à chaque instant qui achevait son voyage. « Astronomie », « bibliothèque », « rare », « sanctuaire ». Motivée par la seule appétence de savoir – Et en termes de savoir, la maison Solverre était réputée –, elle s’était précipitée dans les bras grands ouverts des terres de la couronne, en dépit de son appréhension. Le fils aîné de Lord Solverre en personne serait à Port-Réal pour l’accueillir et la conduire en son fief, Dulceport-le-Pas. Il l’attendrait aux quais. Sur les quais. Elle le reconnaîtrait, disait-il. Elle le reconnaîtrait… Un fin sourire étiolait ses lèvres quand, alors que le soleil se juchait au zénith, elle pénétra Port-Réal.

    La ville valait bien les dires qui couraient sur elle.
    C’est, non sans contentement, que Catelyn tira sec sur les rênes, contraignant sa monture à accélérer le trot. La porte de la Rivière s’ouvrait devant elle, comme une gueule béante, mais la foule qu’elle dégueulait incessamment l’empêcher de distinguer quoi que ce soit des quais et des embarcations. Ce n’est que lorsqu’elle émergea, talonnée de ses gardes, qu’elle se surprit à apprécier à sa juste valeur le port de Port-Réal. Immense, il semblait s’étirer infiniment, bordé des remparts et de la Néra, foisonnant d’odeurs, de bruits, de couleurs. Des bicoques s’étendaient au pied des murs, comme des champignons en quête d’humidité, et poussaient toujours plus loin contre les murailles. Les quais étaient envahis de caisses et de cris. L’iode lui brûlait les poumons. Elle respirait la mer.

    Si le manteau jaune d’or n’avait pas attiré son regard, sans doute ne l’aurait-elle jamais remarqué. L’étoile à sept branches qui reposait sur sa poitrine ne laissait cependant aucun doute sur l’identité de l’individu. Un coup de chance, que de d’avoir croisé sa route si rapidement, pensa-t-elle, satisfaite. D’un signe de main, Catelyn demanda aux hommes qui l’accompagnaient de rester en retrait et démonta, s’approchant résolument de l’étranger. Enfin, bien que sûre d’elle, c’est avec une chaste prudence qu’elle s’adressa à lui :


      « Messire Heward ? La Reyne inclina la tête respectueusement, un léger sourire aux lèvres. Je suis Catelyn Reyne, enchantée de faire votre connaissance. »
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Message Lun 16 Juil 2012 - 21:27

Du haut du donjon de Sept-Tours, accoudé au muret qui séparait la pierre du vide, le monde semblait sans fin, voire plus vaste encore qu'il ne laissait le présager, une immensité bleue perdue dans la ligne d'horizon où se mélangeait des nuances de blanc et de couleurs marines. Une teinte océanique que l'on retrouvait dans les prunelles de leur observateur, avachi sur les roches grises et taillées de la tour principale du château. Il n'en était autre qu'Heward, encore une fois, pour ne pas changer ses habitudes, contemplatif devant la seule chose qui lui paraissait, depuis tant d'années déjà, une source inépuisable de rêveries et de béatitude, son regard roulait au rythme des vagues, ses cheveux noirs bouclés se battaient face aux vents, seul ce sourire nonchalant restait intact et invaincu par les éléments qu'il adorait tant.
Voilà bien une heure qu'il était emmitouflé dans ses fourrures dorées qu'il reluquait de temps à autres, fier de sa trouvaille si décriée par son père pour son manque de sobriété, voilà en effet qui n'était pas digne d'un Solverre, mais elle protégeait du froid et un peu de couleur marquante dans cette ambiance morne s'était apparue indispensable pour l'héritier, qu'importait la réaction de son géniteur ou même de ses frères.
Ce fut d'ailleurs les yeux perdus dans les détails toujours plus nombreux du lourd manteau qu'Heward fut coupé dans son moment traditionnelle de pensée et de réflexion.


Mssire Heward, on vous cherch' dpuis une bonne heure. Vot' Pere vous fait mander à la salle des doléances.


A peine la trappe des escaliers s'était ouverte dans un grand fracas qu'elle se refermait sur le soldat qui l'avait ouverte. Non sans soupirer, Heward avait écouté l'explication de se dérangement sans sourciller, il était noble, il était l'héritier, il devait agir comme tel. Son visage sur tourna lentement et d'un dernier coup d’œil mélancolique sur flots, il entreprit à son tour de descendre les marches en colimaçons du donjon. Les étages toujours plein de vie et pourtant si routinier passèrent face à lui, la garde, le septuaire familiale, les appartements, les chambres d'amis, les chambres des suivantes. Des pièces qu'il croisait sans cesse, où tous lui faisait un sourire, des signes de respect ou autres facéties de politesses dont il cherchait toujours à comprendre le fondement bien qu'il les respectait lui même.
Enfin arriva la salle des doléances, unique espace du rez-de-chaussé, la pièce semblait elle même avoir été créée à coup de burin dans la falaise qu'elle surplombait, ses colonnes et ses arches grise millénaires d'une nuance coloré monotone se battaient en duel face aux tapisseries blanches étoilées et aux lueurs solaire qui suffisaient par de simple ouvertures dans les murs à éclairer l'ensemble de la salle.
Encadrer par deux de ces puits de lumière , accolée contre le mur du fond, une immense table de bois tenait place, elle était alors partagée par le Lord Aaron Solverre et ses conseillers proches.
Heward s'arracha un nouveau soupir silencieux et discret à voire l'assemblée les yeux fixés sur lui, il connaissait la suite des événements et commença à marcher la tête basse vers eux. Il connaissait chacun des membres présents depuis sa naissance, mestre, septon, capitaines de navires ou chevaliers et bien sur son propre père, tous connaissaient l'héritier et son désamour pour ce genre de situation.


HEWARD ! Depuis le temps que nous te cherchions que faisais tu ? Roh et qu'importe tes occupations, nous avons une nouvelle pour toi. Tu pars pour Port-Real demain le Sacre sera sous ton capitanat. Tu nous représenteras pour nos affaires sur le continent.


A chaque coups c'était pareil, il avait beau être habitué à entendre son père hurler son prénom de cette sorte, il finissait toujours par sursauter sous le son de cette voix rauque et autoritaire qui avait marqué son enfance. Les yeux fermés et l'air impatient, il n'avait plus qu'à attendre la fin de cet énième sermon ... Mais non pas cette fois. La suite des paroles lui fit relever la tête et une étincelle de joie apparu au creux de sa rétine. Jamais encore on ne lui avait laisser prendre une telle responsabilité, les Solverre, s'il ne voulait pas l'avouer, n'était rien sans la capitale. Les actions qui s'y faisaient en leur nom étaient d'une importance et de conséquences démesurées pour l'île. D'habitude seul le Lord, seul son père s'en chargeait et ce dernier, face à l'air ahuris de son fils éclata dans un ricanement.

Tu as vingt-sept ans Heward et bien que tu ne l'ais pas forcément fais à ma manière ou à celle de nos ancêtres, tu m'as finalement bien secondé et que je le veuille ou non tu es mon héritier. Il est temps que tu prennes conscience du travail qui incombera à ta tâche. Il y a bien des voies pour servir les Sept ou les Solverres.

Tu pars pour une semaine voire plus, rien de bien extraordinaire à l'ordre du jours, passe aux chantiers navals de Port Real et vois avec les représentant de Sombreval s'ils sont présent pour d'éventuelles négociations. Passe au Grand Septuaire et va donc voire ton frère à l'occasion et pour finir le plus important l'éperon du Ferrant est endommagé voire irréparable après avoir heurté des récifs en manœuvre, trouve moi un artisan capable de prendre commande pour nous en faire un nouveau.
Je m'occuperais des détails.

Heureux, soulagé, empressé, peu de mots auraient été capable de décrire l'état du jeune homme sur le moment et il se contenta de fixer son père d'un sourire de fierté avant d'incliner la tête en signe de remerciement, sans un mot il se retourna calmement avant de retourner son regard vers le fond de la salle lorsque de nouveau la parole de son père se laissa entendre.

Ah si autre chose. Connais tu le Traité du Mestre Erdwyn sur le mouvement astral ? C'est un de nos plus anciens manuscrit gardé à la Bibliothèque, un traité d'astronomie oublié et pourtant révélateur. Un exemplaire unique datant des Andals eux même. Une Reyne fait le chemin depuis Castamere pour le voire, tu l'attendras et tu l'accompagneras jusqu'ici, compris ?


Heward hocha tranquillement la tête, laissant l'inquiétude provoquée par la réaction tardive de son père s'évaporer. Bien sur qu'il connaissait cet écrit, un ouvrage qu'il jugeait indispensable pour ton bon navigateur et il l'avait lu et relu maintes fois, cette Reyne se devait sûrement d'être des plus intéressante pour réaliser ce voyage dans cet unique but. Voilà une rencontre qu'il attendait avec impatience, les esprits capables de suivre une telle discussion étaient rare.

Et ne nous déçois pas.

La dernière phrase le coupa dans son élan d’enthousiasme, son visage si décontracté se referma dans son air blasé habituel et sans dire un mot il reprit son chemin.
Pas cette fois père, pas cette fois... Pensa t il une fois sortie en levant les yeux au ciel alors que tout restait à faire.


******

Sept jours, Heward était à Port Real depuis exactement une semaine et malgré les difficultés rencontrées, il pensait avoir allègrement rempli sa mission, il pensait enfin avoir trouvé le bon forgeron pour l'éperon, un travail colossale mais si bien rémunéré que le choix et la négoce se devait d'être bien faite, Sombreval continuait à faire faux bond, prétextant que si les Solverre voulait utiliser leur chantier, ils n'avaient qu'à payer le prix fort, celui du premier marchand venu, les administrations, le Grand Setpuaire, les finances, tout avait été réglé et seule manquait cette Lady Catelyn Reyne, si son aller s'était correctement passé, elle se devait d'arriver aujourd'hui et l'héritier se devait quant à lui de l'attendre sur ces quais bondés, avec comme première crainte de se demander s'il ne l'avait pas croisé sans s'en rendre compte.
Préférant ne pas perdre son temps à observer la foule, il resta à terre à quelques mètres seulement du ponton ou était amarré le puissant navire qu'était Le Sacre, un fier dromon à trois mâts drapés de voiles blanches, d'une quarantaine de mètre de long et mu par un équipage de cent-trente hommes.
De sa place il ne voyait pas grand chose, mais il entendait tout de même son second hurler ses ordres à un groupe de marin qui avait maintenant largement assez profité des plaisirs du contient.
Son attention d'excellent navigateur mais de jeune capitaine suivait chaque indication, la moindre erreur pouvait leur faire perdre un temps précieux voire pire encore et jamais il ne laisserait le moindre problème arrivé sous son mandat de capitaine.
Capeler, déborder, déferler, les mots s’enchaînaient et tous semblaient avoir leur place dans la préparation du navire. Rassuré et sans vraiment savoir pourquoi il dégagea son regard de la haute coque de bois pour se retourner vers le quai où il put apercevoir une femme avancer vers lui. Et quelle femme, blonde, gracieuse à la démarche souple et légère, la noblesse personnifiée se dressait face à lui, éclairant à elle seule ce port misérable, tranchant au milieu d'une foule de marin sans foi ou prestance. Elle s'approcha de lui et d'une voix calme, elle dénomma l'héritier de son nom et se présenta dans un humble signe de tête.
L'esprit d'Heward s’arrêta quelques secondes pétrifié par la présence à la fois prenante et attractive de la noble de l'Ouest et il se maudit de la piètre présentation qu'il offrait de sa famille face à elle. Un teint halé par la mer, des cheveux ébouriffés et un air de marin fatigué ornaient en effet son visage le laissant passer pour un noble de peu de gloire. Un bien mauvais affichage face cette présence dont son regard ne pouvait délaissé.
Rattraper par la peur maladroite de paraître désinvolte, il courba lui même le dos face à la Reyne dans un signe qui se voulait aussi polie que respectueux de ce tempérament noble qu'elle imposait.


Lui même, à votre service Lady Catelyn. Nous vous attendions justement afin de lever l'ancre.

Tout en disant ses paroles il se releva simplement avant de présenter d'un bras tendu l'imposant navire qui lui faisait dos.

Le Sacre, son équipage et moi même sommes à votre disposition, vous êtes notre invité et serez traitée comme il se le doit. Si vous le voulez bien nous allons partir dès maintenant, vous pourrez vous restaurer et vous reposer dans les appartements du capitaine qui seront bien sur votre pour la durée du voyage. Nous devrions arrivé à Dulceport tard dans la nuit si le vent nous est favorable.

D'un tour sur lui même il partit en direction de la passerelle qu'il monta humblement, profitant qu'elle ne voit pas son visage pour libérer les expressions les plus sordides concernant le mal à l'aise qu'elle lui provoquait. Le pont du navire était un chaos encore infernal où seul un homme de la mer pouvait trouvé une logique dans les actions répétés des marins et dans l’amas de corde et de chaînes qui envahissait le bois. Heward s'accouda au bastingage et se retourna vers son invité. Si elle l'intimidait, elle attisait tout autant sa curiosité et il espérait au fond de lui que la fatigue et surtout que sa personnalité qui semblait si … supérieur, ne l’empêcherait pas de nouer une conversation.

N'ayez crainte pour vos bagages et vos chevaux mes hommes les monteront dans votre cabine et en cale. Comme ça vous vous intéressez a l'astronomie au point de traverser le continent pour un simple traité, que j'ai lu d'ailleurs et plus d'une fois. Peu d'homme le ferait s'en est que plus impressionnant de la part d'une femme.

Impressionnante voilà le mot qu'il cherchait, en a peine quelques regard et paroles, les yeux bleues nuit de la Reyne lui avait imposé un profond respect. Restait à voire si la suite lui donnerait raison.
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Message Dim 22 Juil 2012 - 0:14

    Catelyn avait laissé son regard couler le long de ce bras tendu, interdite d’abord, puis béate d’admiration. Elle était restée un moment à scruter le reflet mourant, terni, du soleil sur la coque de bois, écouter et ressentir le clapotis des vaguelettes qui s’écrasaient sur la ligne de flottaison, les éclats soumis des gouttes d’eau dans un rayon de lumière, et si l’étiquette ne l’avait faite s’échapper à sa fervente contemplation, sans doute aurait-elle pu rester là des heures durant. Le Sacre, il fallait en convenir, était une remarquable galéasse ; Longue et massive, ses trois mats – Aux voiles impeccablement blanches où le vent s’engouffrait, gonflaient et palpitaient, battants comme le cœur d’un animal gigantesque – pointaient vers le ciel comme des doigts inquisiteurs. Et c’était presque mu par sa volonté propre, qu’amarré, le navire roulait et tanguait avec l’impatience d’un enfant contraint de rester dans les jupons de sa mère. L’éperon, majestueusement ciselé, nota-t-elle, ne devait jamais avoir servi, et elle doutait même que le bâtiment ait, un jour, été utilisé pour la guerre. Il était en outre, remarqua-t-elle, dépourvu de blindage.

      « Je n’aurais pu espérer meilleur accueil, messire, s’était-elle entendue lui répondre. Un sourire, léger comme une brise, avait caressé ses lèvres rosées. Sa voix cristalline s’était volontairement empreinte d’une prude réserve, mais avait justifié d’un intérêt sincère pour l’homme. Il me tardait de faire votre rencontre, j’ai beaucoup entendu parler de vous… Son sourire s’était élargi un peu plus. C’était en partie vrai seulement. Son bref échange de lettres avec Lord Solverre faisait état d’un héritier absent, non point physiquement mais d’un tempérament rêveur et trop calme. Détaché. Et elle s’était surprise, plus d’une fois pendant sa route, à l’envisager corps et âme. La réalité, au fond, n’avait pas dépassé de loin ses attentes, si ce n’est que l’homme semblait manquer cruellement de confiance en lui. Si il vous plaît, nous pouvons partir, je pense n’avoir rien laissé derrière moi qui exige de rester à quai. » Elle avait appuyé ses propos d’une œillade avenante qui, elle l’espérait, mettrait son interlocuteur plus en confiance. Il ne lui avait pas semblé très à son aise à ses côtés, ce que la jeune femme avait amèrement déploré.


    Lorsqu’Heward avait fait mention du repos, l’attention de la Reyne s’était faite plus pressante ; Rompue des pieds à la tête, elle n’avait aspiré depuis son entrée à Port-Réal qu’à de se délasser, se sustenter, et cette idée seule l’enchantait au plus haut point. Mais la curiosité – Car elle n’avait, après tout, jamais navigué – et un soupçon de courtoisie, lui commandait de rester avec son hôte, faisant fi de ses envies propres. L’homme, d’une pirouette, lui avait tourné le dos et humblement gravi la passerelle branalante qui reliait pont et ponton. La docile lady l’avait silencieusement suivi, talonnée de près par ses propres gardes. Les montures récalcitrantes, qu’ils tenaient fermement par la bribe, furent aussitôt prises en charge par quelques hommes du Sacre et eurent tôt fait de rejoindre la cale. Par souci de s’épargner la présence constante de ses escortes – dont elle avait malencontreusement oublié les noms et qu’elle dénommait mentalement « éclopé » et « écervelé » –, elle leur recommanda de se rendre utile sur le pont, où déjà, sans leur présence, fourmillait une bonne centaine d’hommes. C’est avec un plaisir non dissimulé, mais avec une crainte franche, qu’elle les avait regardés s’éloigner et se fondre dans le tumulte humain du Sacre.

    Les doigts, longs et effilés, de la lady se prirent à courir sur le bastingage sculpté, graciles, s’imprégnant des pleins et des déliés, superbes de finesse et d’élégance, mais ses yeux, insondables abysses, se noyaient dans les remous houleux Néra. Jamais la mer n’avait eu sur elle si forte attirance. Jamais rien que le ciel n’avait exprimé en elle le désir d’un ailleurs. Et si cet ailleurs se trouvait par-delà le bras de la Néra, c’était par-delà qu’elle irait, et qu’elle irait toujours. Elle aurait pu prétendre que nul plaisir, autre que la soif de connaissance, ne guidait ses pas, mais ce n’était pas absolument vrai. Elle laissa son regard chavirer sur son hôte, plongea les yeux dans les siens et harponna opiniâtrement le regard sombre qui lui renvoyait le sien. La conversation qu’il tentait de lui faire ne cachait en rien le malaise perceptible sur son visage. Taquine, elle décida de le titiller un peu.

      « Femme n’aurait-elle pas de droit de jouir des mêmes passions que l’homme ? Sourit-elle. Son ton était résolument doux, et ne se voulait ni agressif, ni outré. Elle aima simplement à relever l’abus de langage, à arracher un sous-entendu inexistant à un propos de politesse pure. À l’éclat vraisemblablement paniqué de ses yeux, elle conclut avoir vu juste et ne put réprimer un rire léger, qui vint cajoler l’oreille de l’homme. Du bout des doigts, elle effleura la main qui reposait près de la sienne sur le bastingage, sous lesquels il lui sembla discerner un léger tressaillement. L’astronomie seule ne déchaîne pas la fureur de mon idolâtrie. Il s’agit là de l’amour de la Connaissance, de la médecine surtout. Mais quand les enseignements de Castamere ne suffirent plus à étancher ma soif, c’est dans l’ailleurs qu’il me fallut trouver l’érudition. Aussi n’ai-je pas hésité lorsqu’ayant entendu parler de la bibliothèque du Septistère de Dulceport-le-Pas. D’ailleurs… Comment est-ce, là-bas ? Oh ! Elle fronça les sourcils. Mais je dois vous importuner, et vous devez avoir à faire, en vérité... »


    Son air contrit était tout à fait charmant, d’autant qu’il n’y avait là aucune fausse repentance. La manœuvre d’un tel monstre devait nécessiter la supervision de son capitaine et la noble craignait de n’être que de trop en la compagnie masculine de l’équipage du dromon. Le devoir de l’invité était aussi de se plier aux désirs de l’invitant. S’il était plus agréable à Heward qu’elle gagne sagement la cabine, alors elle s’y plierait avec joie.
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Message Mar 24 Juil 2012 - 0:49

Les choses pour l'instant semblaient bien se passer. Les relations humaines n'avaient jamais été le fort du jeune héritier, là où certain aimaient à se pavaner, que ce soit dans de simples tavernes pour les roturiers ou dans les cours pavées des castels pour les nobles et ce, toujours au milieu d'une foule aussi dense qu'une foret de l'Orage. Là où ils aimaient faire d'eux même le centre de l'attention, là où les regards envieux et admiratifs des hommes restaient braqués sur eux. Heward lui se plaisait dans la solitude et la discrétion. La mer était et resterait sa meilleure compagnie, elle était de bonne entente, ne saccadait jamais le jeune héritier de sermons et de complaintes comme il en entendait chaque jours de son père et des conseillers de ce dernier, quitte à se morfondre dans le silence totale. Aucune parole valait sûrement mieux que trop et pourtant la Baie n'en était pas ennuyeuse. De son propre caractère elle se montrait calme ou capricieuse et offrait à l'esprit d'un homme liberté d'imaginer et de se morfondre en réflexions et philosophies.
Les Sept l'ont créé pour la contempler. Se disait il si souvent le regard perdu à l'horizon.

Pourtant n'allez pas croire qu'il n'était qu'un ermite, il aimait les autres et leurs présences mais il était simplement de fait que sa famille ne l'avait pas habitué au plaisir du contact et surtout à la façon de réagir correctement, même dans la plus simple des conversations.
Alors que dire face à cette si présente représentation de la noblesse qui gracieusement s'approchait de lui caressant du bout des doigts les striures du bois. Catelyn était attractive, il ne se le cachait aucunement, elle inspirait ce mélange d'intimidation et de fascination et il espérait au fond de lui, dans un délire opiniâtre que cette fois serait différente. Il frôlait l'idée de discuter avec elle côte à côte accoudés au bastingage tout au long du voyage avec pour seul compagnie cette eau silencieuse, qui heureusement n'était pas jalouse.
Son ego, sa fierté et sa confiance, bien qu'enfouis au plus profond de sa personnalité parvenaient tout de même à lui crier à l'unisson de le faire. De prouver qu'il pouvait dompter l'attention d'une femme sûrement plus habituée aux chevaliers étincelants d'intellect et de force.
Hélas pour ces trois exclus, si leurs demandes se faisaient un place grâce à l’optimisme et l'envie, la peur et le rabaissement de soi même contrôlaient la raison d'Heward.

C'est donc en toute logique qu'il s'insulta de toute sorte lorsqu'il capta de but en blanc la première réponse de la lady. Quel idiot avait il été de se croire capable de susciter un intérêt quelconque chez elle et que dire de ce léger contact qui laissa un soubresaut parcourir son bras, lorsque les doigts de la Reyne frôlèrent sa main, sans ce rire léger qui adoucit sa pensée, sûrement aurait il fini par la retirer d'un geste vif, de peur de plus encore vexer Catelyn.
La suite finit de réanimer ses espoirs, le second degré restait l'un de ses pires ennemis et il était rare qu'il arrive à le discerner, surtout lorsqu'il ne connaissait en rien son interlocuteur. Enfin rien n'était don perdu et il afficha même un sourire naturel face à la passion dévorante de la noble qui, à priori, menait sa vie.


Il n'y a rien d’extraordinaire à y voire et je pense que vous serez bien déçus face à ce que doivent être vos terre de l'Ouest, mais croyez moi les rayonnages de la Bilbliotheque valent à eux seuls votre chemins. Imaginez donc des hommes dont la vie ne se voue qu'aux prières et à l’écriture, délaissant toute autres occupations dans le seul but de conserver les écritures de piétés ou de savoirs. Des manuscrit par centaines parfois oubliés, parfois même sûrement non parcourus depuis des générations.

Il s’arrêta et reprit son souffle toujours le sourire aux lèvres, il y avait peu de sujet qu'il aimait assez pour pouvoir en discuter naturellement et sans craintes, les recueils du septistere en faisaient partis et bien qu'il ne partageait pas cette dévotion aux connaissances dans leur sens large, il avait aimé plus d'une fois découvrir de vieilles pages manuscrite recelant des idées oubliées.
Un autre propos, tout aussi rationnel, ou il était intarissable était la navigation et tout ce qui s'en approchait et sur ce point il était même presque susceptible et capable d'une réaction d'orgueil, persuadé en lui même qu'il s'agissait là d'une science réelle et complète.
De ce point de vu et par un réflexe inconscient, il vint à penser que c'était peut être le meilleur moyen de pouvoir obtenir de la Lady une discussion plus prenante que les simples politesses.


Je les ai moi même parcouru à beaucoup d'occasions, mais, en espérant ne pas vous décevoir, le plus souvent pour apprendre des anciens savoirs de la mer. Si vous ne voyez ici qu'une bande de rustres simplement bon à tirer sur cordes et rames pour faire avancer un navire, détrompez vous. Il en va d'astronomie, de courant marin et de marées, d'un monde complexe encore bien inconnu.

Mais je m'attarde et vous retiens alors que vous ne devez qu’espérer reprendre votre souffle au calme. De plus je me dois en effet de réagir à mon devoir.
Si l'envie vous en dit vous me trouverez sur le pont et j'ose même vous proposer que puisque notre arrivée à Dulceport se fait dans la nuit de m'y rejoindre, si les astres vous passionne je me ferais un plaisir de vous montrer quelques bases de la navigation astronomique.


A peine eut il fini sa phrase qu'il se mordit les doigts de l'avoir prononcé, une telle audace était risquée et, toujours pris d'une certaine anxiété, il voyait déjà la Reyne lui rire au nez, sa passion était en effet bien peu commune et certain marins eux même la dénigraient. Alors qu'est ce qu'une dame de l'Ouest pouvait bien y trouver ? D'autant plus que si par tout les miracles le sujet l’intéressait, il ne doutait pas qu'elle le connaisse déjà, voire mieux que lui.
Alors que le pire, les premiers mots, était franchi, voilà qu'il recommençait de pourtant si visibles erreurs.

Ses yeux se baissèrent et s'en ajouter il se retourna mimant d'un signe à l'un de ses hommes de se rapprocher, d'une traite il lui expliqua de mener la noble invitée aux quartiers du capitaine qui serait sien pour le voyage et d'un pas peu décidé il se dirigea vers les cotés de son second qui continuait à hurler ses ordres. D'un signe de tête il lui indiqua que le moment était venu. Gregor, car c'était son nom, sourit heureux de rentrer sur l’îlot de falaise qui était à ses dires sa seule et unique demeure. De puissants Larguez les amarres, Parez les avirons et Affalez les voiles retentirent de la gorge de la seconde autorité du navire, stoppant net la centaine de marins dans leurs actions.
Aussitôt le chaos du pont s'estompa, les rameurs se cachèrent aux cales comme des rats fuyant la tempêtes, les cordes rattachant la grande galère lâchèrent d'un coup le ponton, entraînant de par la tension relâchée, un léger roulement sur le navire qui fit perdre l'équilibre à plus d'une personne notamment aux deux nigauds de l'Ouest qui semblaient perdu au centre de cette pagaille organisée et ce sous les rires des marins habitués aux roulis.
Lentement, la grande coque creusa l'écart avec le ponton de pierre, le voyage était lancé et Heward pouvait ressentir les premiers heurts du ressac, les premiers roulement d'avirons, le souffle du vent qui frappaient les voiles maintenant totalement libérées et pourtant ses pensées ne semblait pas présente, préférant ce tourner vers cette intrigante Catelyn.
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Message Sam 4 Aoû 2012 - 11:25

      « J’ai à cœur de connaître la valeur de ces manuscrits, et sais l’immense honneur qu’il m’est fait de pouvoir les parcourir. Aussi me tarde-t-il d’arriver à Dulceport-le-Pas, et ose espérer que c’est en personne que vous me ferez découvrir ce qu’il y a à découvrir. » Elle laissa le reste de sa phrase en suspens, inclinant délicatement la tête pour bercer le sous-entendu d’un regard doux comme du miel.


    D’un geste, la belle replaça sciemment une mèche folle, agitée comme une flamme d’or, derrière son oreille. Puis, elle avait plongé ses yeux dans les prunelles d’océan d’Heward, et vu combien ils se ressemblaient. Il lui semblait même distinguer, dans un battement de cil précipité, l’éclat d’une impatience contenue qui se retrouvait dans le propre fond de ses yeux. Ils avaient à cœur la même passion, la même délicieuse façon de s’emballer, le même amour de la science, bien que leurs domaines de prédilection soient à des mille l’un de l’autre. Il était rare que la belle trouve quelqu’un qui la comprenne, et elle regrettait presque que le devoir, et une fatigue de plus en plus cuisante, ne l’arrache à la promesse d’un entretien si séduisant. Lorsqu’il lui proposa de le rejoindre sitôt le jour tombé, de lui apprendre de quoi retournait la navigation astronomique, le cœur de la lady se serra. Catelyn ouvrit la bouche, mais l’homme ne lui avait pas laissé le temps de partager son enthousiasme, et aussitôt son attrayante proposition faite, lui avait tourné le dos et s’en était allé vaquer à ses occupations. Dérobé à son regard, il l’avait laissée aux soins de l’un de ses hommes, une montagne bourrue aux insondables yeux noirs. Intérieurement, alors qu’elle observait la façon dont la cape jaune d’or volait et claquait ses cuisses, un vent ébranlant fouettait les boucles de jais de ses cheveux, son second qui beuglait des ordres à sa masse d’hommes, synchronisée comme un seul, elle se promettait de le rejoindre dès le point du crépuscule. À une heure où elle savait les étoiles piqueter le manteau ténébreux de la nuit comme un millier de phares éclairés d’une seule flamme. Mais c’était le plein après-midi qui lui tendait les bras, et la belle, finalement livrée à elle-même, avait décidé de mettre à profit le temps libre qui lui était donné.

    L’homme de main la laissa devant la cabine du capitaine lui souhaitant un agréable voyage, et elle le remercia d’un chaleureux hochement de tête, doublé d’un léger sourire. Une magnifique porte de bois brut, à la poignée ciselée, lui faisait face, qui, à l’image du reste du bâtiment, était paré comme aucune autre. Des gravures sophistiquées partaient de sa base, s’entrelaçaient, s’entrecoupaient dans un superbe tracé de bois. Si l’intérieur de la cabine était plus sobre, elle restait superbement décorée et jonchée çà et là de cuivres, d’outils de mesure compliqués sur lesquels elle pouvait mettre des noms sans en connaître le fonctionnement, mais qu’elle ne se lassait pas d’observer. Un secrétaire, du même bois sombre, prenait un coin de la minuscule pièce, devant lequel un fauteuil savamment fixé au plancher l’invitait à délasser ses jambes fuselées. Ainsi préservée du ressac et des roulements, la lady extirpa de la besace de cuir qui pendait à sa hanche un parchemin vierge, un flacon d’encre et une plume émaciée. Elle avait promis à sa famille des nouvelles dès son arrivée de l’autre côté de la baie de la Néra, calmer les craintes de son père, à l’envie déjà revêche de voir sa fille partir loin du domaine protecteur, loin du regard paternel. Monterys aussi, jusqu’au dernier instant, l’avait suppliée de rester, mais avait vu à ses prières une réponse sourde, et la promesse d’un retour prompt. Les affaires qui le maintenaient à Castamere l’empêchaient de suivre sa presque-jumelle, bien que l’envie – elle le savait – ne s’en fasse que plus cruellement ressentir. Catelyn ôta le bouchon de liège et trempa le bout du calamus dans la fiole, laissant l’encre l’imbiber jusqu’au rachis. Enfin, elle draina une goutte perlant sur un mouchoir usagé, et posa la pointe écorchée de la plume sur le papier, dans un insupportable grattement. « Père,… »

    Lorsqu’elle regagna l’extérieur, des heures plus tard et désireuse de le retrouver, l’air frisquet du large la secoua d’un frisson glacé, qui mordit son échine de sa nuque à ses reins, et c’est maigrement qu’elle resserra la cape passée sur ses épaules, espérant chasser le froid mordant qui l’avait enveloppée. Une légère buée transparaissait dans le crépuscule, d’entre ses lèvres entrouvertes, son souffle chaud venait se perdre dans l’immensité d’un pont plongé dans un noir presque total. Seuls les heurts du ressac et le choc harmonieux des pagaies rompaient le silence cérémonieux de la nuit, et c’est en tapinois que la belle s’extirpa de la cabine. La crête haute d’une vague la fit flancher, et c’est par chance que sa main tâtonnante trouva, dans sa chute, les moulures du bastingage, sur lequel elle s’accrocha, rétablissant son équilibre, et la préservant d’une chute fatale dans les remous sans fond de la baie. Ses yeux pâles levés vers l’immensité obscure, elle voyait les derniers rayons du soleil, mourant, engloutis par les escarpements bruts des collines de Port-Réal, qui jetaient ses derniers feux roux sur la capitale endormie, et se prêtait à penser que le jour devait aussi mourir par-dessus les murailles de Castamere. Au loin, là où le brise-lame fendait les eaux, elle distinguait les lueurs ponctuelles de Dulceport-le-Pas. Tout autour d’elle, le monde n’était qu’ombre et lumière. Précautionneusement, la lady quitta la sûreté stable du bastingage pour s’aventurer sur le pont.

    La silhouette d’Heward se dessinait ombre sur clair-obscur, accoudée de l’autre côté de la galéasse, imposante et étonnante de fragilité. Arrangeant ses cheveux que le vent nocturne rabattait sur son visage, Catelyn s’approcha du jeune homme à pas de loup, désireuse de se faire discrètement remarquer, et serra un peu plus la cape autour de son corps frêle et souple. Elle s’accouda près de lui, silencieusement, mais n’osa pas tout de suite rompre le silence, ni même le regarder. Il y avait dans les mots qu’ils ne prononçaient pas un quelque chose d’intime, de reposant, mais qu’elle voulait lâcher à la vénusté de la parole, et gardait jalousement dans son cœur. Elle aimait le silence quand il était désiré, mais les mots brûlaient ses lèvres délicieusement mordues ; elle se redécouvrait timide et effarouchée devant l’immense majesté d’un mutisme écrasant.

      Quand elle prit la parole, sa voix était presque un murmure, aussitôt envolé dans un éclat de vent impétueux : « Il ne me semblait pas que toutes les nuits soient aussi douces. »


    Elle n’était pas sûre, mais dans le creux de la nuit, il lui sembla que l’homme souriait.
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Message Jeu 16 Aoû 2012 - 21:12

Le Sacre était et resterait, malgré la présence du Père, la fierté de la maison Solverre. Au bois taillé et gravé avec assiduité, paré de bronze et d'une beauté surprenante, le navire affichait à son entrée dans n'importe quel port, la force de rivaliser avec les grandes galères des plus grandes puissances maritimes marchandes et nobles. Heward accoudé du haut du château du bateau, hauteur surplombant depuis la poupe le reste du pont, disposait d'une vue élargie sur l'ensemble du géant des mers et pourtant, lui qui ne se lassait jamais d'observer le travail d'artiste que les artisans avaient réalisé, se surprit lui même à voire son regard se planter vers tout autre chose. Ses yeux bleus suivirent en effet la belle Catelyn se faire guider à travers l’amas de cordes, de chaînes et d'hommes vers sa cabine. Son regard vide de toute expression distincte, accompagné d'un sourire béat, accompagnait ce corps gracile, ses cheveux dorés, ce visage à la fois serein et si attractif, se mouver à travers le dédale d'un navire au départ.
Un soupir d'origine inconnu lui échappa même lorsque la lady, entra dans les méandres du navires par une porte située quelques mètres en dessous de son visage. Sans qu'il ne s'en rende compte son sourire béat ne disparut pas en même temps que la dame de l'Ouest et au contraire se figea sur l'instant, laissant son regard toujours piqué dans le bois marqué par les ouvertures incessantes de la porte.
Une main posé fermement sur son épaule le tira pour autant de sa rêverie, surpris l'héritier retourna d'un trait la tête, voyant apparaître au passage celle de son second face à lui. Un visage dévoré par une barbe de plusieurs jours, un regard noir malicieux, des cheveux tout aussi ébouriffés que ceux de son supérieur et surtout un sourire narquois qu'il affichait sans peine se présentaient au yeux d'Heward qui comprit bien vite que le reste du voyage ne serait pas des plus cléments avec lui.


Les seules fois ou je vous ai vu ainsi rêveur c'était face à la mer. Je ne savais pas que l'océan s'était teint de blond.

Face au sourire moqueur et aux ricanements qui suivirent sa phrase, Heward ne dit rien, pas un mot ne sortit ne traversa ses lèvres et il se contenta de monter les yeux au ciel face a la désinvolture de son second. Passade bien évidemment relativement inefficace, tout homme avec un peu de raison aurait rapidement identifié dans les prunelles du jeune héritier cette accroche envers une personne si significative et qui marquait ses pupilles, comme si le fait que la Reyne possédait maintenant son esprit avait été marqué au fer rouge sur son front. Une fois son regard retombé sur le marin, il put d'ailleurs constaté que tous n'était pas aussi facile à avoir que lui, comme si sa réaction avait assuré un peu plus l'idée de Gregor ce dernier affichait maintenant un sourire de fierté et ses yeux pétillaient d'avoir découvert si rapidement la faiblesse du noble. Par un sursaut de son orgueil de sa nouvelle autorité blessée, il se décida d'une moue boudeuse et sérieuse a envoyer paître l'homme en question.

Tu n'as pas un navire a diriger, plutôt que de dire le peu qui te passe par l'esprit ?

Le second ne tiqua pas, simplement amusé par les humeurs peu impressionnantes d'Heward et d'un pas léger, toujours souriant, il détala vers le timonier afin d'ajuster le cap.

Techniquement ce n'est pas a moi de le diriger, capitaine … Mais si ce sont les ordres ... et puis vous avez autre chose a penser.

Les heures passèrent une par une, laissant le soleil chuter derrière l'horizon dessiné du continent qui se faisait maintenant loin, Dulceport n'était pas loin quelques heures tout au plus, le temps passait heureusement rapidement pour le jeune héritier pour qui le voyage se voyait rythmé depuis le début par les coups de rames écrasant la surfaces de la baie, rythmé par les expirations des rameurs qui d'un seul chœur faisaient entendre leur envie de relâcher enfin leurs muscles. Dés le début de la soirée il avait délaissé la barre et les ordres, préférant se pencher, au sens propre comme au figuré, par delà le bastingage pour plonger son regard vers le ciel seulement semi obscurci. Pourtant contrairement à son habitude, il ne parvint a rien, armé de son sextant et de son carnet d'éphéméride, comme seul au monde avec pour seul compagne l'océan, il n'arrivait a rien, sans savoir pourquoi. Lui qui adorait ça, qui aimait cette solitude et ces petits plaisirs de la vie, n'arrivait pas à fixer son regard sur le moindre astre. Les calculs pourtant assez habituels se mélangeaient dans son esprit. Rien a faire il ne parvenait pas a se concentrer. Décidé à abandonné une lutte à sens unique, il délaissa son matériel et s'accouda au rebord sculpté afin de voire ce que son esprit désirait tant lui montrer. C'est avec un sourire béat et des yeux tristes que le visage de Catelyn lui apparut dans les ondulations de l'eau, un rire nerveux racla sa gorge. Il se moquait de lui même, fou qu'il était de s'attarder sur une femme qui lui était inaccessible. Il était trop … trop lui, pour lui plaire et le savait et quand bien même il aurait une chance, son père aurait vite fait de le recadrer et de lui rappeler qu'il n'était pas assez Solverre pour tenir un mariage en ce jour.

Soudain une douce voix qu'il reconnut brisa le silence et il en fut d'ailleurs heureux. Lentement il se décolla du bois et se releva, avant de, dans un vent de panique, se rendre compte qu'il affichait toujours ce sourire idiot si traître sur son visage. Plutôt pris de court il se contenta de le briser dans un grimace étrange qui le blasa tout autant dans son attitude stupide.
Heward réussit tout de même à reprendre ses esprits et à articuler quelques mots.


Elles ne le sont pas toutes, cela dépend surtout de la compagnie que vous avez. Vous êtes finalement venu et bien je dois avouer que j'avais un peu oublier votre venu mais tenez je vais vous montrer.

Oublier sa venue .. Mais qu'est ce qu'il racontait, lui qui ne pensait qu'à ça depuis plusieurs heures, le voilà qui médisait sur sa présence. Enfin une chose dite était dite et il ne fallait pas qu'il se morfonde en excuse non, il serait passé pour un faible. Catelyn devait être habitué a mieux que ça.
Sans un mot de plus il rattrapa son sextant de bronze et le posa dans le creux des mains de la Reyne. Au contact de sa peau, il frissonna, autant que ça soit par le toucher de cette peau d’albâtre que de par le froid qui y régnait. Sans réfléchir et par un réflexe protecteur et instinctif il détacha l'attache de bronze qui fermait le haut de son manteau, le retira et le posa délicatement sur les épaule de la lady avant de l’amener du bout des doigts aux abords de la rambarde.


Les nuits de la Baie sont bien plus tranchantes que celle de vos terres je le crains. Je prendrais à mal et mon père d'autant plus que vous attrapiez le froid mordant de nos régions.

Enfin, vous êtes avant tout la pour les cieux non. Donc prenez le sextant et observer les astres de par le jeu de miroir. Vous qui connaissez si bien le ciel, prenez donc un astre connu de tous et de par les éphémérides nous calculerons son angle par rapport a notre position actuelle et ainsi ..


Sans savoir pourquoi il ne finit pas sa phrase, le regard de la Reyne le bloqua d'un coup et il se contenta simplement de secouer négligemment la tête et de sortir son carnet d'éphéméride de sa tunique.


Tenez si vous avez la moindre question n'hésitez pas.


Sur ces mots dis d'un ton relativement fataliste, il se retourna et s'accouda à nouveau contre le bois dur.
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Message Dim 26 Aoû 2012 - 14:38

    Son regard s’était accroché à l’horizon, scrutant les formes qui se détachait péniblement des ténèbres. Dulceport-le-pas. De faibles lumières, ténues comme le souffle d’une vie, frémissaient au loin, par-delà la baie. Elle aussi, elle frémissait.

    Oublier sa venue. Elle gardait le silence, ses yeux d’azur sombre caressèrent le bois ouvragé du bastingage. C’était étrangement douloureux, piquant, âpre. Elle s’était fait une joie de voir le jour mourir pour s’adonner au plaisir des étoiles, à la compagnie de quelqu’un qui pouvait comprendre, et voilà que son exaltation se retournait contre elle avec une cruelle amertume. La gorge serrée, la jeune femme se mordilla les lèvres doucement, réprimant par-là l’envie de se retirer sur le champ. Elle se sentait de trop, gênante, importune, sur le pont de ce navire qui voguait à flots et à lames, fendait impitoyablement les eaux passives de la baie. De trop aussi aux côtés du Capitaine qui semblait négliger sa venue et préférer la solitude de la nuit à sa compagnie. Compagnie qu’elle pensait qu’il appréciait, jusque-là. Prétendre être venue pour décliner poliment l’invitation, dans une courbette généreuse, et se terrer dans ses appartements jusqu’à ce qu’ils accostent ; Ç’eut été simple, indiscutable, l’on y aurait vu que du feu – Si peu ‘elle’, pourtant – mais lorsque ses lèvres s’ouvrirent, comme la chair d’un fruit mûr, déterminée à ne laisser derrière elle que du vent, le Solverre avait déposé dans le creux de ses mains un lourd sextant de bronze, et ce avant même que la belle n’ait le temps de prononcer un seul mot. Le bronze, métal de l’astronomie, dont elle avait vu pour la première fois le mordoré sombre orner la chaîne cliquetante du mestre de Castamere. Catelyn considéra doucement l’objet, amère constat de sa sortie nocturne ; Les arêtes métalliques pesaient lourdement sur ses bras lâches, elle sentait sous la pulpe de ses doigts la morsure glaciale et les aspérités singulière qui écorchaient sa peau. Ce qu’elle pouvait se sentir faible, parfois… Elle le remercia à demi-mot, se contraignant à rester malgré son envie de fuir. Contre sa peau, les doigts épais d’Heward étaient chauds, et lui firent prendre conscience du point auquel sa propre chair était glacée. L’homme dut d’ailleurs rapidement s’en rendre compte puisque, mortifiée de gêne, Catelyn l’entendit détacher son lourd manteau doré qui glissa de son l’épaule carrée pour, l’instant d’après, venir épouser la forme de son propre corps, l’enveloppant dans une chaleur délicate au sein de laquelle elle cessa sitôt de frissonner. La fourrure miellée conservait encore trace de son odeur dans les replis de la peau, que la Reyne trouva, à son grand étonnement, d’une agréable douceur.


      _ Ma méconnaissance dut me précéder, rit-elle doucement, pour que je néglige la plus rudimentaire des précautions. »


    La jeune femme se laissa docilement conduire jusqu’à la rambarde d’où elle avait une vue imprenable sur le large, et le ciel dégagé lui permit une reconnaissance simple et rapide des astres aux myriades de lumières qui parsemaient la voûte céleste de Westeros. Elle reconnut, loin au-dessus d’elle, l’aspect si caractéristique de la constellation de l’Aïeule, La Lanterne de l’Aïeule, sur laquelle elle jeta son dévolu tant par sa symbolique – La lanterne de la sagesse – que par la facilité avec laquelle elle la reconnaîtrait. Les quatre étoiles formaient un carré presque parfait, éclairant les cieux comme une flamme dans l’obscurité. Leur halo doré brûlait dans les yeux de Catelyn, rivés sur le Solverre, jetant dans le fond de prunelles, des paillettes de feu. Il lui tendit un carnet, dont elle s’empressa de défaire le lacet de cuir pour voir apparaître les éphémérides des objets célestes qui valsaient dans l’empyrée. Le travail était net, consciencieux. Il ne lui fallut pas plus de quelques minutes pour trouver les tables astronomiques de la constellation d’or, ses déclinaisons et angles horaires.

      _ C’est un ouvrage d’une remarquable qualité… » Elle feuilletait du bout des doigts, s’attardant quelques fois sur des notes mises en marge des tables, qui dénotaient anomalies, précisions, erreurs courantes.


    Au bout de quelques minutes, Catelyn entreprit de relever la distance angulaire entre l’horizon et l’astre. Elle plaqua le creux de son œil à la lunette, qu’elle pointa à la constellation. Comme le mestre de Castamere le lui avait conseillé, elle avait pris le sextant à l’envers et, plutôt que de « faire descendre » l’image réfléchie de l’astre sur l’horizon, elle avait fait monter l’horizon au voisinage de l’astre. L’alignement était parfait. Elle s’apprêtait à partager son excitation avec le réservé Heward quand un violent ressac la précipita sur le bastingage, lui écrasant les côtés au revers dur du bois. Dans une exclamation surprise, c’est avec horreur qu’elle vit l’instrument basculer du bout de ses doigts et chuter irrémédiablement dans l’eau. Geste stupide, et vain, ils se penchèrent tous deux en hurlant pour l’attraper au vol, mais leurs doigts se refermèrent sur du vide et, les yeux écarquillés d’effroi, la lady vit le sextant englouti par les eaux noires de la baie de la Néra. Catelyn verdit. Littéralement. Les doigts crispés au bastingage, la Reyne se tourna à demi vers son hôte, les lèvres mordues. Penaude, elle l’était. L’éclat désolé de ses yeux imprégnait tout son visage d’un air affligé. Son regard ne cessait d’aller et venir entre les flots et le Capitaine, dont l’impassibilité feinte cachait très mal ses véritables émotions. Il lâcha un soupir las, dans un simulacre de sourire et murmura avec douceur que « C’était le genre de choses qui arrivaient ». Mais le malaise était évident, et au lieu de l'apaiser, l'homme l'accablait du poids de la culpabilité. Catelyn riva honteusement les yeux au sol, et lorsqu’elle ouvrit la bouche, ce fut pour bredouiller des « Je suis désolée, vraiment, je… » contrits. Lorsque les mots lui manquèrent, elle se confondait d’excuses en excuses, s’épanchant en regrets futiles. Et lorsque les excuses se tarirent, elle se mura dans un silence désolé.

    En fin de compte, elle aurait mieux fait de s’éclipser dès le départ.
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Message Dim 2 Sep 2012 - 16:31

Bizarrement le simple fait d’être avec une personne qui pourtant ne se différencie réellement en rien des autres peut tout de même voire apparaître un sentiment étrange, une paix et calme qu'Heward n'avait pour l'instant ressentit que seul face à l'océan, alors que sa petite crise de panique qui avait involontairement suivit sa peur de trop parler pour peu dire, comme lui faisait si souvent remarquer son père, était passée, le jeune héritier, toujours accoudé au bastingage se laissa tenter un regard discret sur la dame afin de voire si ces brusques et plutôt inexpliqué changement d'humeur ne l'avait pas effrayé. A sa grande surprise il n'en fut aucunement le cas, continuellement a la recherche de la réponse a ses questionnements, il ne tarda pas en déduire que c'était la passion pour la science de Catelyn qui l'avait sauvé de l'embarras. La noble de l'Ouest avait en effet préférée se jeter corps et âme sur ses gribouillages astronomiques et surtout sur le sextant de bronze. A la voire se démener avec un objet dont il connaissait maintenant la moindre rayure, il sourit sans la moindre raison apparente. Lourd pour sa taille l'outil de bronze, offert à Heward toujours par se même père qui finalement avait pu trouver avec son fils aîné une passion commune, se trouvait d'ailleurs être une pièce magnifique. Ouvrage d'un artisan des cités libres, il se composait d'une multitudes de légers et minuscules rouages, de balanciers équilibrant les lentilles, et bien sur les fines indications angulaires gravées au moment même du travail du métal.

Un bien belle objet. Sûrement jalousé par plus d'un et pour lequel Heward avait un attachement plus qu'important, ne serait ce que pour les heures qu'il avait passé sur le donjon de Sept-Tours armé de son cadeau et avec comme maître d'arme, son père lui apprenant les nuances et les liens pourtant méconnus, entre le ciel et la mer. Une valeur inestimable à ses yeux.
Et pourtant si lorsque il vit en une demie seconde le métal froid glisser des mains de la Reyne, il eu bien sur la réaction des plus instinctives, celle de se jeter autant que possible par delà le bord, la main tendue vers les vagues s'écrasant sur la coque jusqu'à s'en démettre l'épaule, il ne parvint pas à s’énerver lorsqu'impuissant il observa l'instrument de mesure éclater la surface de l'eau dans de grandes gerbes. A peine avait il perdu le léger reflet de bronze dans la nasse noir de la Baie qu'il s'était relevé de sa position peu confortable, lui n'avait pas perdu son sourire, aussi étrange que cela pouvait paraître Heward ne ressentait aucun mécontentement réel, comme si plus rien ne comptait vraiment en cet instant et au final la seule chose qui lui fit faire la moue fut la réaction de son invitée. Plongée dans le désarroi et la gêne, Catelyn avait perdu d'un seul coup toute sa splendeur éclatante, tout ce qui faisait d'elle la femme qu'elle était, de sa prestance à sa noblesse venait de s'éteindre, pour la deuxième fois de la journée un soleil s'était couché, refusant une nouvelle fois à la Baie d'une douce lumière.
Voire ainsi ses yeux se baisser et sa bouche se perdre dans ses mots, étonna Heward, la force de la dame l'avait marqué dés le début et face à elle il ne s'était pour l'instant senti qu'homme avec peu de présence. Jamais même si une armée lui avait clamé, il n'aurait pus croire qu'elle puisse réagir comme cela, à la limite il aurait pensé à une réaction de mauvaise foi, dédaignant la faute à autrui. Une remarque telle que " En même temps quelle idée de faire peser ce poids a cet objet " , aurait pour lui sembler bien plus plausible, afin de sauver l'honneur en quelques sortes.

Et pourtant voilà qu'elle se confondait en excuses, assumant au plus profond de son être sa faute. Une double face qu'elle se devait sûrement de montrer rarement, mais qui impressionna d'autant plus l'héritier. Un sourire en coin apparut au bord de ses lèvres, poussé par la sensation que finalement, tous avait ses faiblesses. Instinctivement il porta ses mains aux épaules de la demoiselle et réitéra ses propos.


Ce n'est vraiment, aucunement grave. Ce n'était qu'un objet, il vaut qu'il soit tombé plutôt que vous.

Un silence s'apposa à nouveau sur eux, silence gênant ou l'héritier se mordillait les lèvres a ne pas savoir quoi dire. Silence percé finalement et heureusement par le cris d'une vigie annonçant Dulceport a une heure de navire. Une idée braqua soudain son esprit de capitaine face a la nouvelle et ce afin de changer les idées a son invitée. Lâchant simplement un Suivez moi. Il traversa tranquillement le pont pour grimper au château du navire ou restait son second et quelques hommes. Tranquillement il s'approcha du premier et donna ses quelques indications.

Faites donnez l'ordre au rameur de se stopper qu'ils prennent un peu de repos, le vent est suffisant pour finir et nous éviterons de prendre trop de vitesse aux abords des falaises.


Approuvant l'ordre d'un geste de la tête l'officier s'en alla en quelques pas vers les soutes hurlant au grand soulagement des hommes l’arrêt du rythme infernal des avirons. Les coups de pagaies incessants s’arrêtèrent net et dans un fracas de bois contre le bois désordonné les rames rentrèrent dans l'antre du navire. Plongeant réellement la nuit dans un silence profond.

Heward adressa un nouveau sourire a Catelyn et il était, bien que cela ne se fasse absolument pas, sur le point de lui offrir l'une des plus belle chose que la navigation pouvait offrir. Il s'approcha de la barre et observa les timoniers, qui au nombres de deux idiots, ne comprirent pas exactement l'envie de leur supérieur.


Il est l'heure de votre quart. Allez y.

Sans sourciller, sans chercher à comprendre et trop heureux d'avoir une pause les deux hommes partirent en hâte descendant les escaliers quatre à quatre et lâchant le timon de bois au noble qui s'empressa de le reprendre avant qu'il ne dérive.

Ce navire est immense, prés de quarante mètre une centaine d'homme y vivent et le font vivre. Et pourtant en cette instant il n'y a pas plus que ce simple morceau de bois et les voiles pour le faire avancer au grès de nos envies. Allez y tenez la barre, n'ayez crainte je garde un œil, mais vous devez connaître cette sensation sentir le navire rouler au moindre petit coup de main. L'eau et les courants qui force sur le gouvernail. Allez y essayer. N'ayez crainte.
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Message Sam 29 Sep 2012 - 11:37

    Une dernière fois, elle porta ses yeux aux flots bâtards de la baie, mais d’entre ses lèvres ne s’arrachait plus la vanité des excuses, mais la lassitude d’un soupir. Une erreur était une erreur. Mais une erreur était passée, enterrée, lointaine, engloutie par l’eau noire qui ne reflétait rien. Le ressac malheureux de son corps malingre sur le pont instable du navire avait fait chuter l’objet et, si sa maladresse devait y avoir joué un rôle certain, elle n’imprimerait ni ne porterait jamais ce dû dans son cœur. Comme l’avait dit le Capitaine du bâtiment, mieux valait le sextant qu’elle au fond des eaux. Et elle était on ne peut plus d’accord. Les mains d’Heward se détachèrent doucement de ses épaules, sur lesquelles elles semblaient avoir imprimées une marque brûlante, et lorsqu’elle porta ses prunelles aux siennes, il semblait que la gêne qui l’avait un peu plus tôt submergée ait dans le même temps abîmé son hôte, dont les lèvres mordues trahissaient la confusion. Avec gravité, elle nota qu’il y avait quelque chose d’infiniment beau en lui, et quelque chose d’infiniment dérangeant. Cette première s’entrevoyait dans ses gestes, une douceur calme qui ne pouvait la laisser indifférente, par sa rareté. Mais il y avait cette autre, ce semblant désireux de se montrer à la hauteur, de se refouler, d’assumer dignement le rôle qui lui était échu. Lorsqu’elle l’observait se mordre les lèvres, comme pris entre deux feux dévorants, l’hésitation et le doute, elle découvrait un aspect de sa personnalité qu’il lui aurait sans doute valu mieux ignorer. Qu’il aurait sans doute voulu qu’elle ignore. Elle choisit de l’ignorer.

    Docilement, Catelyn suivit le Solverre jusqu’à la dunette, observant tout à la fois la dualité qui s’ébattait en lui, comme l’alliance du charisme et de la discrétion, perdue dans un flot sensiblement contemplatif. Elle s’étonna de l’assurance qu’il prenait à être le maître de son bâtiment, et de la pourtant si paradoxale façon qu’il avait d’agir avec elle. Du détachement ? De l’ennui ? Peut-être l’ennuyait-elle simplement après tout… Ce serait dommage, songea-t-elle distraitement. Sitôt qu’il donna l’ordre de cesser le mouvement des rameurs, un calme plat, étonnant, intense, tomba sur la baie, lourd comme une chape de plomb. Son propre souffle dans le noir de la nuit semblait donner corps à une machinerie bruyante et saccadée. Son propre cœur battait à tout rompre sa cage thoracique, si fort qu’elle pensa un instant qu’il pouvait l’entendre. Un courant d’air glacial s’infiltra dans le col dénudé du manteau d’Heward, qu’elle resserra autour de ses épaules dans un léger frisson, secouant les filaments d’or de ses cheveux désordonnés d’une caresse exquise. Replaçant quelques mèches qui aussitôt revenaient taquiner son visage, la Reyne observait l’homme congédier les timoniers, se demandant vaguement pourquoi il l’avait amenée ici et quel était le but de ce manège. Lorsqu’il lui proposa, à elle, de tenir la barre, seule, les jolis yeux de Catelyn s’écarquillèrent de stupeur et, faisant fi des règles les plus élémentaires de la bienséance, un « Vous n’êtes pas sérieux ! » outré franchit ses lèvres. Comment pouvait-il lui laisser la barre du bâtiment après démonstration de sa fabuleuse gaucherie ?

    Au sourire de l’homme, Catelyn s’approcha craintivement du timon de bois noble et posa délicatement les mains dessus, glissant ses doigts autour des barres, qu’elle serra avec fermeté. Mais sommer de n’avoir crainte était plus simple qu’étouffer en elle l’angoisse et l’appréhension. Des mains qui s’accrochaient au gouvernail, aux phalanges blanchies par l’effort, à la courbe de ses mollets, son corps n’était que tension de bout en bout. La situation n’était pas plaisante outre-mesure, et au sentir du regard d’Heward dans son dos, un feu vif monta à ses joues rosies déjà éprouvées par le fouet iodé, impétueux, d’un vent du large. Un mouvement dans son dos, elle sentit sa voix tout près du creux de son oreille : « Ne vous crispez pas. Vous devez sentir les courants. » La lady inclina la tête, d’un léger acquiescement, et décrispa ses poings qui s’agrippaient à la barre comme une désespérée s’agripperait à la vie, assouplit ses épaules raidies, jusque-là douloureusement contractées. Aussitôt tout changea, puisque, ainsi, elle pouvait sentir. Tout. Tout du courant, du ressac, des à-coups contre la coque. Tout, de l’extrémité de ses doigts à celui de ses sens. Elle en aurait presque fermé les yeux, pour mieux percevoir.


    _ C’est incroyable, murmura-t-elle du bout des lèvres. Les yeux rivés dans le noir absolu de l’horizon que dessinaient les lucioles de Dulceport au loin, elle respirait le calme et vivait l’esquif. Rien, rien qu’elle pour le faire avancer. Rien qu’elle et le vent. Et la présence calme du Capitaine derrière elle. Doucement, à demi tournée vers lui, Catelyn braqua ses yeux pétillants d’excitation vers ceux de l’homme, qu’elle gratifia d’un sourire profondément chaleureux avant de se tourner de nouveau vers la proue. Vous avez de la chance, lui dit-elle simplement. Que n’ai-je le temps d’en apprendre plus ! »

    Car le temps lui manquait et filait comme le bâtiment fendait les eaux. D’un regard, elle estima qu’ils seraient arrivés au fief Solverre dans bien moins d’une heure, ce qui n’était pas sans rendre son humeur morose. Elle jugea le moment opportun pour rendre les commandes du navire à son juste propriétaire.

    _ Peut-être devriez-vous..., lança-t-elle doucement en se tournant vers lui. Un sourire délicat étiola ses lèvres, éclaira ses traits où ne subsistaient désormais plus aucune trace de gêne, ni de crainte. Je m’en voudrais de couler votre merveilleux bijou en l’envoyant malencontreusement embrasser des récifs à fleur d’eau qui me seraient méconnus. Elle riait. Riait à moitié, sérieuse par-delà. Son rire se mua bientôt en sourire, qu’elle lui offrit d’un regard obscurci par l’ombre de ses cils. Elle ajouta doucement : Je voulais vous remercier Heward. Ce fut une expérience forte enrichissante. J’en garderais un excellent souvenir. »

    Seulement de l’expérience, Catelyn ?

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Message Mar 9 Oct 2012 - 20:25

Il pouvait la voire hésiter, osciller entre la curiosité et la crainte, ses doigts qui semblaient au premier regard si fragiles entouraient et serraient le timon de bois dans une fermeté crispée et que l'on voyait forcée. On aurait demandé à l'héritier Solverre ce qu'il en pensait sur le coup qu'il aurait sûrement dit avoir peur que les os ne craquent avant le bois. Il l'observait calmement, ses cheveux blonds obscurcis par la nuit et battus par les vents marins, ce corps qui quelques temps avant encore représentait à lui seule la grâce et la noblesse dans le monticule de barbarie que pouvait représenter un navire se tendait d'un seul homme comme si chaque muscles, chaque tendons avaient d'un coup d'un seul reçu l'ordre brutal de se raidir et qu'ils s'y étaient retrouvés pétrifiés.
Heward esquissa un sourire, un sourire unique et qu'il ne donnait que trop peu souvent car ce que ce petit pincement de lèvre désignait n'était autre qu'une légère moquerie, rien de méchant là dessous, mais voire une lady de l'Ouest, une dame de l'or et des terres, tenir un navire dans la Baie était comparable à un Nordien qui se baladait dans les Marches de Dorne … ou tout du moins aussi ridiculement drôle.

Comme si le fait de rendre son corps aussi dur que le bois qu'elle tenait pouvait lui permettre de mieux contrôler la marche lente du vaisseau, comme si le stress et la force pouvaient vous permettre de contrôler ce qu'il ne fallait même pas chercher à comprendre. La mer possède sa raison que l'homme ignore et il fallait faire avec, être à part et simplement vivre avec sans brusqueries, c'était d'ailleurs de là qu'elle tirait toute sa beauté. Peut être était ce de là que Catelyn tirait d'ailleurs sa propre magnificence aux yeux du Solverre, elle aussi après tout possédait cette aura propre, cette sensation qui, lorsque vous la voyez, vous dicte que rien ne peut jamais totalement amadouer cette femme.
Le temps filait au rythme de la houle et il ne savait pas trop quoi faire, une question occupait son esprit, il savait bien où se tenait le problème, mais est ce qu'elle était prête à écouter des conseils même d'un navigateur expérimenté ou le capitaine allait il se faire jeter de la plus belle des manières sur son propre bateau alors que têtue et obstinée dans l'idée de découvrir d'elle même son erreur son invitée allait garder emprisonner la navigation entre ses mains.
Conscient que qui ne tente rien n'a rien, il s'approcha tranquillement avant de laisser sa bouche proche de l'oreille de Catelyn afin de, sans la déconcentrer, lui donner un petit conseil.

Le reste se passa seul et il fut heureux de découvrir que la chose lui plaisait même si d'elle même et encore le coup d'une légère peur … ou peut être de l’ennuie, après tout qu'est ce qui l’empêchait de vouloir simplement être polie, comme l'usage et l'éducation l'apprenaient ? Encore une question à laquelle Heward n'aurait pas forcément de réponse. Enfin bref, d'elle même elle rendit donc les commandes à l'héritier qui prit un grand plaisir à retrouver son occupation de toujours. D'un tour de bras il bloqua le timon dans l’intérieur de ses coudes et plaqua le bois à son dos afin de garder face à lui le visage de son invitée tout en tenant le cap.
Ainsi parés et pour l'heure qui suivit ils discutèrent de tout et de rien, l'ambiance se détendait, les minutes s'écoulaient, même quelques rires se firent entendre et quand ce n'était pas les leurs, c'était ceux des hommes du pont occupés à s'échanger quelques blagues salaces quant à l'accroche si visible de leur supérieur pour une donzelle des terres.

Le cœur de la nuit finit au final par rencontrer les torches du port et l'agitation reprit place, refaisant battre le cœur du navire. Du haut du château Heward avait finalement lâché la barre pour donner les divers directives routinières de l'amarrage d'un navire, tout en s'excusant auprès de son invitée qu'il avait à son grand regret dû délaisser pour son poste.
Rapidement les flancs du Sacre s’accrochèrent à l'aides de corde et à la lueur du feu et contre la pierre de Quatorze Quais . Sans attendre la fin des ordres qu'il avait à donner, l'héritier quitta son titre de capitaine pour ne redevenir qu'un noble, pour ne redevenir que l'aîné de sa famille.


Lady Catelyn. Bienvenue à Dulceport, je vous propose de rejoindre votre chambre dès maintenant vous aurez tout le temps de voire les parchemins qui vous attendent demain.


Pour une fois il remercia son éducation qui le força à lui tendre la main afin de l'accompagner dans sa descente du ponton, ce simple contact laissa un frisson remonter son corps et une ivresse l'envahir. Bonheur rapidement éteins lorsqu'à la moitié de la passerelle il aperçut au milieu des cris et de l'agitation son père et quelques-uns de ses chevaliers patienter aux cotés de leur montures sur la roche grise du quai. Plutôt déçus de ne pas pouvoir finir se voyage en seul maître avec Catelyn, il tourna rapidement son visage à peine éclairé, à l'encontre de la Lady et à l'image de des lumières vacillantes face au vent, sa voix commença à s'éteindre.


Mon père, votre hôte pour votre séjour. Il peut avoir l'air dur de vue, mais nos invités repartent toujours heureux de leur séjour. Les Solverre sont au moins reconnu pour leur hospitalité.

Sur ses mots il finit de descendre à terre, alors que déjà Aaron Solverre s’avançait vers eux et notamment vers la dame de l'Ouest à qui il offrit un baise main digne de l'ancienne école de Westeros.

Lady Reyne, votre visite m'enchante, savoir qu'une dame de l'Ouest consent à traverser les régions du monde pour nos simples ouvrages m'enchante. J’espère qu'Heward s'est montré au moins plaisant avec vous. Vous savez il n'est pas forcément des nobles que l'on croise les plus souvent.

L'héritier de pourtant vingt-sept ans ferma directement les yeux dans un soupir silencieux à la petite remarque de son père et aux légers ricanements de ses hommes alors que son père dans un grand sourire lui donna une légère tape sur l'épaule.


Allez Heward tu nous feras le récit de tes exploits demain, j’espère que tu as bien comblé ton devoir, pour l'instant rentrons, notre invitée doit être fatiguée. Vos chevaux sont ici.


Ne vous inquiétez pas Lady vos affaires et hommes nous suivrons sous peu.
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Message Mer 24 Oct 2012 - 23:27

    Lorsque son pied épousa la stabilité du ponton, Catelyn poussa un soupir long et rassuré. La traversée, commencée au zénith solaire, venait tout juste de prendre fin, à l'ombre d'un crépuscule naissant et voyait les derniers rayons de l'astre diurne s'éclipser à l'ouest, son ouest, engloutis par les terres escarpées de l'autre côté de la baie, dans une explosion de feu. Non sans amusement, elle souhaita silencieusement bonne nuit à sa famille et saisit la main qu'Heward lui tendait galamment afin de mettre pied à terre. Un sourire fin ourla ses lèvres framboisées quand le Solverre saisit délicatement le bout de ses doigts et, d'une œillade appuyée, que faisait reluire les flammes dansantes des torches, elle le remercia en silence. Avec une joie toute relative, elle retrouva la compagnie peu attrayante de ses gardes et le revers dur de sa selle de cuir, bien que, flattant l’encolure de sa monture, elle soit contente de trouver dans les atours de l’animal, certains des détours de Castamere. Le trajet jusqu'aux Sept-Tours se fit dans un silence vivifiant; Nul autre bruit que le hennissement des chevaux, que le raclement régulier du trot contre les rocailles, le cliquetis des armes et, quelques fois, un soupir effacé, porteur du désir de retrouver la douceur d’une couche. Bien sûr, du large, le susurrement du vent portait des embruns marin le murmure du ressac, venu cajoler son esprit avec la douceur d’un sanglot…

    Au fond de la chaleur bienvenue de ses draps de coton, Catelyn scrutait l’amoncellement de nuages gris au creux de sa fenêtre. La lueur d’un jour naissant perçait au travers du voilage opaque d’une matinée qui s’annonçait cotonneuse, et elle entrevoyait déjà son voyage le longs des chemins escarpés de Dulceport, aux saillis déchirantes des rocs bruts taillés par le sel et le vent. Le vent, elle l’entendait mugir dans les pleins et les déliés de la pierre des murs, et dans les espaces infimes que recelaient les jointures de bois des lucarnes. Elle se laissait osciller exquisément entre le délice de ne pas quitter la douceur chaleureuse de son lit, et le besoin inextinguible qui enserrait son âme de succomber à l’appel de la connaissance ; L’espoir que tout de la veille n’était pas qu’un rêve, peut-être le plaisir qu’elle aurait à retrouver Heward, à pouvoir lui parler, si ce n’est en apprendre plus sur lui. L’espoir aussi, que l’envie soit réciproque. La discussion qu’elle avait eue avec sa sœur, peu avant qu’elle ne retrouve la gratitude du sommeil, avait convaincu la Reyne qu’il pouvait y avoir, avec la fratrie Solverre, un échange qu’elle espérait durable et complet.

    Catelyn porta doucement les mains à son visage, passa le bout des doigts sur le renflement de ses paupières, encore empreintes de l’engourdissement du sommeil. Elle se dressa doucement tenant serrés contre son buste les replis grisonnants des couvertures, toujours chaudes et parfumées des souvenirs de sa nuit et jeta un regard dans la pièce, autour d’elle. L’on avait, comme Annabelle le lui avait promis, déposé sa robe de la veille, nettoyée et pliée, sur l’un des fauteuils de sa chambre. En outre, une bassine d’eau fumante crépitait près de son boudoir, et il lui semblait sentir arriver, depuis l’âtre dont des flammes nouvelles s’élevaient, un relent sucré de thé et de pains à la confiture. Un sourire léger, attendri, étira les lèvres de la belle ; Annabelle n’avait pas menti, les Solverre n’étaient pas réputés pour leur hospitalité pour rien. Et il lui fallait constater que l’on s’affairait maintenant à rendre son séjour plus qu’exquis. Ainsi choyée, il lui semblait presque qu’elle ne pouvait regretter Castamere. La lady se leva, frissonnant au contact de la pierre glacée contre la plante nue de ses pieds, et d’un pas hésitant, s’approcha de la bassine de cuivre dont s’échappait un délicieux effluve d’huile florale. Elle y plongea le bout de ses doigts gelés, se délectant de la sensation de la morsure brûlante de l’eau contre sa peau écorchée par le froid, les minuscules picotements qui, comme des vestiges, les dernières lignes d’un poème, témoignaient d’écorchures récentes et pas tout à fait refermées. Une toilette rapide paracheva de la réveiller, et c’est avec un esprit éclairé qu’elle risqua un œil par la fenêtre, en dessous de laquelle les flots battaient les récifs dans de violentes gerbes mousseuses. Le temps ne prêtait guère à la sortie, et elle serait bien volontiers restée auprès de l’âtre bienfaiteur qui échauffait ce temps maussade, si l’on avait pas tapé à la porte, la sortant de ses songeuses rêveries. Prestement, elle attrapa et passa son chainse de coton, arrachant son corps à la vue d’un inconnu.


      _ Ma Dame ? Vous êtes réveillée ? Puis-je ? Catelyn tourna son regard d’azur vers la porte, derrière laquelle elle savait se tenir une servante, sans doute venue l’aider à s’apprêter. D’ordinaire, et quoique cela déplaise à sa septa, la jeune femme préférait s’habiller seule, mais l’hôte qu’elle était en ce jour ne pouvait se permettre telle extravagance. Faites. La poignée se tourna, laissant se faufiler par l’entrebâillement, la silhouette replète d’une femme dans la force de l’âge, qu’elle accueillit dans un sourire douceureux. Les yeux sombres de la servante se posèrent sur le plateau que la lady n’avait pas encore touché, et tandis qu’elle invitait Catelyn à s’asseoir au boudoir qui lui était échu, elle s’empara des mets et vint les poser près d’elle. Messire Heward vous attend,… Il vous a demandé de prendre votre temps, mais nous ne voudrions pas le faire attendre, n’est-ce pas ? Touché. La Reyne piqua un fard, qu’elle ne se plut pas même à cacher, et dans un sourire conquis baissa les yeux au sol. Vous devriez manger ma Dame, votre route vous sera longue et éprouvante jusqu’à la Bibliothèque. » Il lui semblait entendre par sa bouche les paroles d’Anna, et par-delà même la bienfaisance d’Alys. D’un regard à son reflet dans le miroir, elle acquiesça timidement et croqua dans l’un des petits pains.


    Une fois nattée sa longue chevelure blonde qui allait battre ses reins au rythme de ses pas, serré le corset qui, à l’en étouffer, comprimerait sa taille en un dénivelé gracile, passée, la robe aux manches amples, et à la doublure précieuse, la Reyne guigna son reflet dans le miroir terni de sa chambre d’invité. Elle avait choisi, pour la route, une étoffe simple, de couleur claire, crème, au revers et brodée d’or qu’elle jugea acceptable, et pratique à bien des égards. À commencer par la sobriété. Délicatement, elle se tourna vers la domestique de laquelle elle comptait prendre congé pour rejoindre la grande salle, la remerciant machinalement. Acte irréfléchi qu’elle savait relevé et compris. D’un regard attendri, la vieille femme, du nom de Maryse, lui proposa de l’accompagner dans le dédale, ce qu’elle ne refusa pas. Catelyn passa son manteau de laine épaisse doublé de fourrure craignant, comme à la veille, le tempérament mordant du large. Ses pas, à la suite de ceux de la servante, l’entrainèrent sereinement dans les couloirs des Sept-tours, pour aboutir dans une large place où régnait encore une vague odeur de viande et de miel. Là, son regard fut irrémédiablement attiré par l’or éclatant du manteau d’Heward, sur le dos duquel elle attarda les yeux, alors que lui-même était en pleine discussion et ne semblait pas l’avoir remarquée. De sa démarche délicate, elle s’approcha de l’homme mue cette crainte mêlée d’envie qui pulsait dans ses veines. Maryse, au détour d’un sourire silencieux, l’avait laissée seule avec le Solverre, qui l’instant suivant, avait vu son interlocuteur prendre congé de lui. Spontanément, comme à chaque fois que l’angoisse étreignait ses entrailles, Catelyn glissa une mèche folle derrière son oreille.

      _ Messire, je me plais à croire que le sommeil vous aura arraché le souvenir de mes maladresses passées. Était-elle bonne ? Nulle moquerie dans sa voix, pas plus que d’apitoiement. Elle espérait au contraire passer outre la vaine formalité qui s’était immiscée entre eux, alors qu’elle rêvait d’échanger avec lui, comme elle avait, la veille, échangé avec sa sœur. Il me tardait de vous retrouver. »


    On aurait osé parole plus osée. Pourtant Catelyn ne voulait en rien vexer ou brusquer son hôte, pas plus qu’elle ne voulait lui faire comprendre ce qui n’avait pas été dit. Ou peut-être se fourvoyait-elle-même sur la nature de sa hâte. Qu’importait, au fond, puisque le jour était enfin là et apporterait avec lui son lot de délicieuses surprises.

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Message Dim 11 Nov 2012 - 22:43

Se séparer de Catelyn avait déjà été une chose complexe et qui avait entraîné bien des questionnements pour le jeune Solverre. Sans exactement savoir pourquoi, la voir passer de ses mains à celles de sa sœur lui apparut comme une injustice, un manque de convenance venant de sa famille. Réflexion idiote qui plus est qu'il comprit quand il sentit la main de son père se poser sur son épaule rappelant au jeune homme son devoir. Dans le cœur de Sept Tours et dans l'obscurité de la nuit, seules les torches éclairaient la silhouette de la jeune invitée qui disparaissait sous un dernier regard intrigué de l'héritier.
Sans même remarquer l’intérêt de son fils pour la jeune fille le Lord usa de sa poigne pour le tirer dans sa direction. La lune pouvait être aussi présente que la fatigue, le rapport n'attendrait pas.

Assis à la grande table de la salle des doléances, il pensait et repensait à ce que pouvait bien se dire les deux femmes à arpenter ainsi des pierres froides et obscures à une heure pareille. L'hospitalité des Solverre était reconnu lui disait on. Lui personnellement aurait bien mal pris qu'on le retienne ainsi éloigné de son lit. Enfin n'était ce pas ce que son père faisait en ce moment même. Ils parlaient et ils parlaient encore alors que l'air peu intéressé de son fils se traduisait facilement par des paupières qui se fermaient petit à petit. Le temps passait et au final ce ne fut qu’après un résumé détaillé - Forgeron, taxes et Sombrelyn y étant passés -. que le fier Aaron Solverre martela son fils d'un claque à l'épaule et que dans un rire sonore il lui indiqua qu'il avait toujours su qu'il finirait par faire quelque chose de lui. Le compliment si s'en était un ne fit même pas tilter son garçon qui ne pensait plus qu'à une chose la chaleur de son lit et ses lourdes couvertures qui le protégerait du froid ambiant à la Baie, remarque … il ne pensait plus qu'à ça ET à la jeune Lady, qui, il devait bien l'avouer lui taraudait encore l'esprit. Grimpant un escalier en colimaçon qui traversait les étage du château il s’arrêta même à une lucarne qui laissait entrevoir la lueur blanchâtre d'une nuit non nuageuse pour souhaiter à la Reyne une bonne nuit avec un sourire béat. D'abord logique cette action mit quelques secondes à être décortiquée par le jeune homme qui finit par découvrir la stupidité de son geste. Souhaiter quelque chose à quelqu'un qui ne l'entendrait pas. Parler seul ou parler au vent des côtes comme disaient les vieux ; Son père en avait fait repentir plus d'un pour des gestes moins fou.

Enfin couché et les pieds froids – forcément – il se surprit à voir sa fatigue disparaître pour être remplacé par le fil de cette traversée. Les bras croisés derrière la tête il pensait et repensait à l'ensemble de ses gestes. A tout repenser, une idée le heurta, serait il possible même rien que légèrement que cette demoiselle ait été touché par ce rêveur des froides îles de la Baie ? Et lui même pouvait il dire sentir une légère accroche envers cette demoiselle à la chevelure d'or ? Ceci expliquant cela il se résout finalement à l'idée que peut être un peu plus qu'une intrigue sortait de cette rencontre. Heward étant ce qu'il est, cette vérité, cette réponse apportée amena avec elle une centaine d'autres questions qu'il démêlait aussi bien qu'il pouvait ainsi affalé sur son oreiller. C'est finalement sur la vague idée que demain il devait être le fier noble qu'il n'avait jamais été qu'un épuisement trop grand l'embarqua dans un léger ronflement.

Le lendemain le réveil fut plus que brusque, un des capitaine de son père - autant dire la délicatesse même – vint lui même tirer le jeune garçon de ses draps et ça alors que le soleil n'était pas levé. Courte et nuit et pas vraiment matinal, l'héritier dû se contenter d'un peu d'eau fraîche sur le visage en guise de réveil. Des vêtements vites mis, les cheveux bouclé sentant encore le sel de la veille et un son manteau sur le dos. Il s'enfonça de nouveau dans le dédale de sa demeure natale alors que son désagréable compagnon lui citait les ordres de la journée. Paperasse, paperasse, ah et un peu de parlote allaient rythmé ce début de matinée et ce n'est que lorsqu'enfin il mentionna que le reste de son temps serait employé à guider Lady Catelyn qu'enfin un sourire apparut sur son visage.
Ce ne fut finalement qu'au bout de longue heure de travail bâclé qu'il put se libéré et tranquillement, discutant avec toujours ce même capitaine qui décidément s'était décidé à ne pas le lâcher, attendre la belle demoiselle. Elle ne se fut d'ailleurs pas prier puisque d'un regard regard appuyé de sous entendu le vieil homme partis laissant à Heward le plaisir de découvrir dans un face à face une Lady dont la beauté lui semblait toujours plus prenante. A peine eu t-il sentit son regard sur lui que d'un coup son plan de la veille reprit ses droits. D'une pensée il imaginait ce que par exemple un homme comme Brynden Rivers aurait fait ou dit.


Elle fut excellente, mais d'un coup la matinée me paraît bien meilleure.
Rah mais imbécile pourquoi avait il dit ça, cette phrase n'avait aucun sens. Bon allez il n'avait pas à s'en démordre le reste viendrait seul. Je suis moi de même heureux de vous retrouver et si vous le voulez bien une longue route nous attend.

L'invitant de son bras tendu, le Solverre guida sa délicieuse invitée vers l’extérieur. Matinée froide elle n'en était pas moins ensoleillée et permettait aux deux nobles de pouvoir observer les minces traits de buées qui s'échappaient de leurs montures déjà prêtes à les recevoir. La traversée des terre de l'île fut rapide et ainsi les deux nobles longèrent dans sa longueur les Falaises Face-Aux-Vents qui définitivement portaient bien leur nom. Entre deux bourrasques, à la limite de ces grand murs de pierre brisant les lames de fonds, là se faisait une discussion que le Solverre aurait sûrement voulu un peu plus développée. De banalités en banalités, il s'enfonçait dans des récits aventureux aux creux des mers s'inspirant et parfois citant à son propre compte ceux de son oncle et de son père. Bien sûr et pour le coup le ridicule battait autant le jeune homme que le zéphyr et il était facile de sentir qu'il tentait d’impressionner un peu la belle. L'important n'était pas là et quoi qu'il arrive il savait que l'important aller se jouer à la Bibliothèque. Sûrement les choses auraient elles été bien faites si le naturel ne revenait pas toujours au galop.

Du haut d'une colline, Heward finit par stopper son cheval alors que face à eux la Bibliothèque s'étendait dans toute sa splendeur. Construit par d'imposantes pierres grises entassée, il se constituait de cloîtres assemblés les uns aux autres comme une imparable muraille dominant la mer depuis sa grande falaise. D'un sourire il indiqua à sa compagne de voyage la proximité des parchemins tant attendus. La cavalcade jusqu'au monastère ne leur prit que quelques minutes et rapidement le jeune garçon foulait les pavés de l'entrée en donnant une accolade à ce doyen qui l'avait vu grandir. Le vieux sage heureux de l’intérêt que portait le monde à ses modestes trésors accueillit Catelyn comme on aurait dit un père et sa fille. Puis se renfermant sur lui même à l'idée que bien des choses lui restait à faire il lâcha ce qui n'était pour lui que deux enfants entre les grands rayonnages. Ici dans son éléments Heward se libéra dans ses explications tout en marchant aux cotés de la belle Lady.


Des siècles et des siècles de savoir. Organisés, triés et protégés par notre famille et les septons au fil des générations dans le seul but de les garder du monde extérieur, pour protéger ce que les Sept ont fait de meilleur et que nous avons eu tant de mal à comprendre. Voyez vous chaque domaine est abordé et séparé des autres par des murs de pierres résistant, pour le cas d'incendie afin d'éviter les pertes. C'est pourquoi le septistère est sans arrêt en cour d'agrandissement. Chaque pièce doit contenir facilement une centaine d'écrits, certains viennent même d'Essos.

Parlant et parlant dans de grand geste il arriva finalement à l'entrée d'une alcôve de roche remplit par quatre étagères pleines à craquer qu'il définit comme étant l'espace des études géologiques. Bien que la science soit peu passionnante il voulait faire passer Catelyn par ici car d’après ce qu'il avait entendu dire, ce cacherait parmi les tas de reliures de cuirs l'écrit le plus vieux de la Bibliothèque. Une étude des sables d'Essos datant d'un envahisseur Andal. Désireux de partager cette anecdote il fit volte face dans un geste plein de classe.

Hélas comme je l'ai dis précédemment la nature reprend toujours ses droits et au centuple parfois et pour le coup Heward n'eut pas le temps de dire un mot qu'un bruit métallique résonna derrière lui. Me croiriez vous si je vous disais que dans son geste plein de confiance son manteau se souleva et que sous le poids de la fourrure aux teintes dorées, un brasero pourtant et logiquement placé à l’extérieur se prit au jeu de l'équilibre instable pour finir par s'écrouler dans la pièce, allumant un feu de joie parmi les papiers si précieux. La réflexion fut plutôt longue finalement et lorsque l'héritier se décida enfin à réagir ce ne fut qu'en lançant un regard désespéré à Catelyn alors que les flammes commençaient déjà noircir le plafond de pierre et enfumer l'espace.

Sortez Lady Catelyn ! Sortez !

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Message Mer 14 Nov 2012 - 13:22

    Au fond de ses yeux de nuit, les étoiles de ses paillettes d’or brûlaient. L’on avait déjà vanté la rare subtilité de ses yeux ; D’aucuns disaient qu’on pouvait y lire chacune de ses pensées. Et si l’on plongeait à l’instant son regard dans celui de la Reyne, qu’y verrait-on ? Impatience. Battement de cil. Timidité. Soupir. Envie. D’entre ses lèvres, un rire cristallin résonna dans la froide salle aux pierres saillantes, qui semblait sortir du fracas tumultueux d’une pluie de spath sur du verre, ou d’un été chantant, du vent entre des feuilles. Sa tête doucement inclinée laissait pleuvoir sur son épaule les flammes blondes de sa chevelure, tandis qu’au cœur de son visage apaisé, un doux sourire murmurait à son interlocuteur des mots couverts, inavouables, d’un sentiment de délice partagé. Si elle avait jamais ressenti l’admiration dans le regard d’un homme, ce devait être dans celui d’Heward Solverre. Ses prunelles tournées vers elle à l’instant, l’imperceptible souffle retenu. L’infime battement pendant lequel il ne semblait y avoir qu’eux et eux-seuls. Puis ses paupières clignèrent, ses lèvres s’entrouvrirent pour lui glisser à demi-mots le bonheur partagé de la retrouver au matin. Une chaleur irradiante noya ses pommettes rosées par la torpeur, vestige d’un sommeil dont l’ombre flottait encore sur les traits de la lady. Le froufrou de sa robe léchait les dalles de pierre lorsque, d’un pas souple, elle vint se tenir aux côtés du Solverre qui lui offrait son bras pour rejoindre la cour, où leurs montures les attendaient, déjà attelées. Elle glissa son bras sous celui de l’homme, un remerciement soufflé à son oreille. Puis ils sortirent. Au dehors, le froid semblait avoir givré le ciel, délavé d’un bleu pâle, vespéral. Elle avait l’habitude de ce genre de temps, dans l’Ouest. Un froid sec, perçant. Mordant. Mais porté par des effluves salés, le vent des îles de la Baie sentait quelque chose de plus pur, de plus dénudé. En une bouffée d’air, ses poumons brûlaient de l’iode et du sel mêlés de la fraîcheur d’une matinée d’automne, elle sentait les bourrasques malmener les mèches libres qui encadraient son visage blême. Il y avait quelque chose de plus, ici, à respirer. Mais le temps d’un soupir, elle n’y pensait déjà plus.

    Catelyn avait toujours été femme à s’émerveiller. Sa curiosité mêlée d’un candide ébahissement l’amenait à s’étonner de tout. Lorsqu’elle posait ses yeux sur les escarpements abrupts de la Falaise Face-aux-vents, elle se surprenait à en scruter les moindres détails ; Le minuscule crissement des roches sous les sabots de sa monture, le reflet monochrome des caillasses d’entre lesquelles poussaient des plantes aromatiques sèches et piquantes, au parfum entêtant. Des plantes uniques, qu’on ne trouvait pas sur continent, élevées du sel et du fer. Elle observait la vie sur cette terre aride, nue de broussailles luxuriantes. Elle l’observait au travers des imperceptibles silhouettes qui se muaient entre les pierrailles. Elle l’observait aux ombres fantomatiques des rapaces au-dessus de leurs têtes. Par intermittence, la voix d’Heward fracturait l’assourdissant silence pour l’abreuver de fantastiques récits maritimes dont il était le héros. Catelyn l’admirait, se prêtait à l’écouter avec attention rêveuse, désirant même parfois d’avoir vécu semblables aventures. Un trot énergique et un esprit rempli de rêveries plus tard, ils virent se dessiner au loin l’imposante silhouette de la Bibliothèque, qui bordait les falaises comme une frise d’écume grisonnante accolée aux remous. Elle jetait sur l’eau un regard profond de silence et de contemplation, ses pierres frappées par l’iode, blanchies par le sel, verdies par les algues rendait à la baie, ce que la baie leur prenait. Elle resta un instant muette, dans l’admiration de cette œuvre de vénusté et de respect, et ce n’est que lorsque Heward tendit la main en signe d’invitation qu’elle détacha son regard du septistère pour plonger profondément dans celui du noble. Battement de cœur. Battement de cil. Soupir. Un sourire étira ses lèvres, rendues pâles par le froid et le sel. Ils partirent au galop, dévalant la colline comme une vague de poussière sur les flots. En moins de quelques minutes, ils foulaient du pied le parvis béni de la Bibliothèque.

    Le doyen était un homme fort pour son âge. Une barbe grisonnante flattait son torse comme une mousseline de neige flattait les branches noueuses des arbres, et sous d’épais sourcils, un regard gris d’acier les guignait avec gravité. Il porta sur la jeune lady un intérêt sincère et, les lèvres baisant son front, lui souhaita de trouver son bonheur entre les rayonnages de sa thébaïde, ce dont elle ne doutait pas un instant. Un délicat sourire aux lèvres, Catelyn inclina respectueusement la tête en direction de l’homme qui s’apprêtait à retourner s’affairer d’occupations plus importantes. Dès lors qu’il prit congé d’eux, les deux jeunes gens s’en retournèrent à leur objectif premier, et c’est avec un entrain visible que la Reyne suivit son guide dans l’immense dédale d’étagères surchargées de manuscrit. Le souffle court, elle regarda autour d’elle s’entasser des centaines d’années de connaissances, amassées par la famille d’Heward et placées ici comme des reliques au sein d’un écrin. Elle en était ébahie. Une vie ne lui aurait pas suffi à tous les consulter. Le voix du noble lui parvint, comme au sortir d’un rêve, et il lui fallut plusieurs fois cligner des yeux pour se rappeler qu’elle n’était pas seule, et ne pouvait se permettre l’abandon de la fascination. Sa voix en revanche, exprimait clairement tout ce qu’il y avait de plus admiratif chez elle.


      _ Heward, c’est tout bonnement incroyable. Dans son étonnement, elle avait laissé tomber le messire. Mais si elle le regretta, elle n’en laissa rien paraître, et son regard pétillant qui faisait des allers et venues entre les rayonnages et le visage doux d’Heward ne remarqua pas chez lui signe de mécontentement. Je crois que je pourrais passer ma vie ici ! S’exclama-t-elle en riant. Ses mains se portèrent sur la pierre épaisse qui soutenait le poids de la connaissance. Essos, vous dites ? Ses yeux s’écarquillèrent au nom de l’antique continent. Ses ouvrages n’en sont plus rares, ils en sont uniques. » Et l’honneur qui lui était fait de les consulter l’était aussi. À cette pensée, sa mine se fit triste.


    Mais à peine l’idée de son départ prochain l’avait effleuré qu’ils étaient parvenus à la section d’études terrestres, où l’on disait se trouver un document unique en son genre, l’un des plus vieux qui soit, datant de l’invasion Andale. Elle s’apprêtait à demander la véracité de cette information à Heward quand un bruit cinglant la figea sur place. Pour une raison qu’elle ignorait, son regard s’était alors perdu dans la contemplation des ouvrages, un des braseros qui bordait l’entrée de la section s’était écroulé dans le tas de parchemins, et ses flammes voraces avait commencé à ronger les précieuses œuvres qui parsemaient le sol. Elle étouffa un cri d’horreur. Alors que du fond d’un opaque nuage de fumée noire lui parvenait la voix du Solverre, lui intimant la fuite, Catelyn avait déjà commencé à détacher sa cape, et à frapper frénétiquement les brasiers naissants. Si bien qu’en quelques minutes, l’incendie était éteint, et les pertes minimes. Assurée que les parchemins n’étaient plus menacés, elle appela le noble entre deux quintes de toux, sentit aussitôt deux bras l’entourer et la guider vers la sortie, où elle put prendre une grande goulée d’air frais. Un regard sur sa cape lui apprit qu’elle ne lui serait plus bonne à rien, mais le bonheur d’avoir évité plus grand dégât compensait largement le sacrifice d’un carré de fourrure. Elle tourna ses prunelles fiévreuses vers Heward.

      _ Dieux… Elle s’approcha de lui. Je me demande ce qui a pu se passer… Au fond ça n’avait pas grande importance. La lady soupira de soulagement. Enfin, peu importe. Vous allez bien ? »
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Message Sam 17 Nov 2012 - 15:13

Un laps de temps à peine perceptible avait suffit aux flammes pour engranger la destruction des précieux parchemins. En quelques minutes voir secondes l’alcôve se remplit d'un nuage noir à l'odeur acre du cuir et du papier brûlé provoquant une toux féroce chez le Solverre. Une main sur la bouche, les yeux rougis il tentait de comprendre ce qui venait de se dérouler alors que son regard tentait de trouver la silhouette de Catelyn à travers la fumée. Il fut heureux pour les connaissances que la Lady possède une réactivité plus efficace que celle du jeune homme car, à peine avait il enfin réussi à voir l'ombre mouvante de la jeune femme qu'un bruit de tissu battu remua l'air ambiant qui s'emballa dans un tourbillon de cendres. Ses mains cherchèrent le contact des grandes étagères de bois et une fois sa prise atteinte il se laissa guider vers la voix de la jeune femme qui semblait l’appeler.
Le dos courbé devant le foyer, elle s'évertuait à fracasser sa cape sur le brasier. Réaction efficace puisque le feu avait fini par mourir aussi rapidement qu'il était venu. Une seule chose vint à l'esprit d'Heward, la sortir d'ici. De ses deux mains il attrapa ses épaules maintenant seulement couvertes d'une robe crème et l'aida à se relever. Ses bras encerclant la jeune femme il la tenue au plus proche de lui espérant dans un réflexe de protection que la proximité la sauverait de la fumée omniprésente alors que la sortie se montrait enfin. Quelques pas de plus et ils se retrouvèrent dans le parc verdoyant d'un des cloîtres. Ainsi placé Heward put enfin réaliser son œuvre. De la porte qu'il venait de quitter s'échappait encore une longue traînée fumante alors qu'y accouraient déjà plusieurs septon affolés. Les preuves que tout cela venait bien se passer étaient accablante et le Solverre sentait déjà une tension monter en lui. Un mordillement incontrôlé commença à déchiqueter ses lèvres à la seule pensée des écrits qui par sa faute, par son orgueil, avait été détruis et déjà son imagination s'emportait sur les conséquences de ses actes.

La voix de Catelyn le sortie enfin de sa torpeur et sans s'en rendre compte il remarqua avoir gardé son bras autour de l'épaule de la jeune femme. Penaud, il le retira maladroitement, ses yeux bleus fuyaient désormais le regard de la Reyne alors que les premières excuses, créées par sa mauvaise foi, lui venaient à l'esprit.


Je vais bien merci mais …
Sa voix hésitante se coupa instantanément alors qu'une bien plus puissante et sûr faisait résonner son nom à travers le carré de verdure. Directement ses yeux se fermèrent à cette intonation qu'il connaissait si bien, sûrement aussi bien que celle de son père et il savait que l'heure des explications était venue. Honteux de la situation, il n'osa même pas se retourner alors qu'une main lui saisissait l'épaule et que le regard assombri du doyen apparaissait face à lui.

Heward ! Que s'est il passé ? On m'a prévenu d'un feu ? Désolé de la situation, l'héritier sentit que le moment n'était finalement pas à de fausses excuses qu'un homme le connaissant depuis son enfance aurait compris sans mal. Écoutez, tout cela est ma faute, j'ai renversé, je crois, un brasero et sans l'intervention efficace de notre invitée – Qu'il désigna d'une main tendue – sûrement tout cela aurait pu prendre des conséquences bien plus importantes. Excusez moi Doyen j'en informerais mon père à notre retour. Une grimace et un hochement de tête du vieil homme accompagnèrent la fin des paroles d'Heward puis finalement son regard toujours planté dans le sien il relâcha sa colère dans un simple soupir. Tu es un intelligents Heward je n'en ai jamais douté. Mais ta maladresse nous perdra. Lady Catelyn, mes hommages et mes remerciements, notre communauté vous sera reconnaissante et j’espère pouvoir vous le prouver avant votre départ. Sur ce, veuillez m'excuser je vais regarder les dégâts.

Une courbette grossière réalisée envers la Lady plus tard et le vieil homme tournait déjà les talons en triturant sa barbe, laissant les deux jeunes nobles l'un avec l'autre. Calmement, Heward retourna sa tête vers celle qui avait motivé sa façon d'être, ses paroles de la journée. Et là où il s'attendait à trouver un regard accusateur, ce fut deux prunelles bleues nuits indéchiffrables qui l'accrochèrent. Un sentiment qu'il ne parvenait pas à définir en ressortait. Lui qui avait toujours vécut sous un œil froid et dur voir de déception, se sentit pour le coup mis en confiance. Lentement il se retourna face à la jeune femme qui semblait frissonner. Nouvelle erreur de sa part il n'avait pas pensé à la cape brûlée et au froid marin de ses côtes natales. Sans attendre il retira une nouvelle fois son lourd manteau de fourrure pour en envelopper la jeune femme. Et bizarrement vu la situation, il sourit.

Je crois qu'à force de vous voir mordue par le froid, je ne vais devoir vous l'offrir une bonne fois pour toute.
Un sourire pincé certes mais un sourire quand même. Un qu'il continuait à garder alors qu'il sentait le moment de la dure réalité venir. Je crois que je ne pouvais pas mieux me présenter qu'ainsi. Dit il en lançant un regard vers le seuil de la pièce incendiée où s'agitaient encore les hommes en robes brunes. Je n'ai pas grand chose à offrir si ce n'est ma maladresse car, au final c'est toujours elle qui reprend ses droits. J'avais voulu être un hôte à la hauteur de ce que vous attendiez. J'avais oublié que les Sept aimaient à rappeler aux hommes ce qu'ils sont vraiment. Fataliste et triste de s'être encore comporté comme un boulet devant un telle personne, Heward se laissa aller à un soupir et il glissa sa main dans son épaisse chevelure noir bouclée à la recherche d'une inspiration qui ne venait pas. Une idée de ce que vous voulez faire ? A moins que vous ne désiriez rentrer, je crains être votre guide pour la journée et la Bibliothèque recèle encore bien des secrets si le cœur vous en dis. Je tenterais de pas tout refaire brûler une nouvelle fois.
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Message Sam 24 Nov 2012 - 23:21

    L’air souffrait. Et de la poussière mêlée de fumée s’exultait l’exhalaison agressive du brûlé des manuscrits. Ses poumons brûlaient, sa gorge brûlait. Dans le ciel, c’est en volutes noirâtres et en circonvolutions poussiéreuses que se dissipait le savoir, et son intérêt avec s’émiettait comme la brise parsemait le ciel de fibres nuageuses. Les émanations qui valsaient sur le bleu givré de la nuée lui apparurent étranges, comme le ressac sombre de l’Onde sur les récifs, mais sitôt l’homme parla, sitôt sa voix la rappela à la présente oppression de leur entretien. Doucement, Catelyn laissa glisser ses yeux sur la réalité. Sur cet homme qui, dans un geste d’infinie tendresse, réajustait sur ses frêles épaules le revers doré de son manteau. Cet homme dont le visage fermé peignait la douceur et la noblesse d’âme, mais dont le cœur souffrait de n’être, finalement, que lui. Avec impavidité, la jeune femme retint son souffle, tandis que les mains rêches du marin, qui folâtraient à la boucle d’or, effleuraient aussi la courbe chaude de son cou. L’océan de ses prunelles voulut s’arrimer au creux fuyant des siennes, car son regard grave ne désemplissait pas de l’affection toute naissante qu’elle portait au Solverre. Et elle aurait tout donné pour qu’il le remarque. « Je vous remercie, murmura-t-elle, extatique. Mais je m’en voudrais de vous arracher la chaleur d’un si beau vêtement.» Catelyn n’en resserra pas moins la cape autour de son corps, se blottissant dans le creux de la fourrure encore délicieusement empreinte de son odeur. Un rire léger, fade et effacé, saillit subtilement la frontière mince de ses lèvres entrouvertes et, bien que son regard ne quitte pas le visage d’Heward, elle savait que là où la fumée ne cachait pas la bâtisse, les septons s’évertuaient à sortir les parchemins noircis où de minuscules brésilles laissaient encore le papier crépiter et se consumer. Avalant mot après mot. Phrase après phrase. Engloutissant en quelques secondes ce que les années n’avaient pas suffis à parachever. Et pour ça, il s’en voulait.

    Il y avait de la tristesse dans le sourire à peine esquissé du Solverre, de la résignation dans ses yeux éperdus. Et elle trouvait ça indu. Catelyn tendit la main vers lui, les lèvres pincées dans une moue attristée, posa le creux de sa paume chaude sur sa joue dardée de repousses rudes. « Saviez-vous seulement ce que j’attendais ? Rit-elle doucement. Vous vous méprenez sur moi, et sur vous... Je suis persuadée que vous avez beaucoup à offrir. Une risette frémissante ourla les lèvres givrées de la Reyne qui, en dépit de la verve dont elle faisait preuve, n’osait pas croiser son regard. Heward… » Son nom soufflé. Cette main portée pudiquement glissa délicatement le long de sa mâchoire, s’arracha au toucher de sa peau non dans une once de regrets, vint retrouver le chaste abri du manteau d’or pour ne laisser du contact qu’un souvenir doucereux. « Il me semble bien dangereux de déambuler à vos côtés entre les rayonnages de cette immense bibliothèque. Il y a tant à brûler ! Une œillade taquine vint ourler son plus beau sourire de pattes d’oie creusées. Sous ses sourcils haussés d’un faux pyrrhonisme, son regard pétillait. Pourquoi n’irions-nous pas plutôt nous isoler sur les côtes, trouver un endroit calme et… Sa voix s’effaça dans un murmure, laissant son ton enjoué se fondre dans la gravité d’une confidence. J’ai à cœur de croire qu’il y a ici bien plus à apprendre que ce que des manuscrits ne pourront jamais m’enseigner. » Du bout des doigts, elle effleura son épaule. À vrai dire, Catelyn ne voyait pas de meilleur repos que celui où Heward lui-même prenait plaisir à se réfugier lorsqu’il laissait la fatigue du devoir céder à l’abandon du repos. C’était, lui expliqua-t-il, une minuscule crique à peine plus au nord de l’endroit où ils se trouvaient, abritée des vents par un pan rocheux au travers duquel il fallait faufiler.

    Délaissant sa monture sur le renflement brodé de mousse d’un pic rocailleux saillant, Catelyn, de peu précédée de son hôte, se traça péniblement un chemin entre les bruyères rases qui, péniblement, fusaient d’entre les roches. D’aucunes s’accrochaient au revers mordoré de sa robe, quand d’autres venaient frotter le cuir de ses chaussures pour érafler la chair de ses mollets dénudés. Elle faillit même, à plusieurs reprises, déraper sur les roulements des gravillons sous ses pas, se raccrochant in extremis au rebord escarpé d’une falaise abrupt, s’écorchant les doigts sur le calcaire effrité par le sel. Quelques fois, en revanche, c’est à la poigne sûre d’Heward qu’elle se rattrapait, et sa main délicate au creux de la sienne, descendait avec elle l’escarpement hasardeux. Au bout de ce qui lui sembla une éternité, la Reyne posa enfin pied sur le sable humide de la crique, et se laissa aller à un léger soupir de contentement. Comme le lui avait promis le bel héritier, la crique était d’une petitesse négligeable en comparaison aux hautes statures des remparts naturels qui l’enveloppaient. Mais sa taille n’avaient rien à envier à sa beauté, dont elle resta pantoise sitôt ses yeux de nuit posés dessus. La large bande de grève froide s’étendait sombrement au pied des massifs, dessinant comme un sourire à cette baie miniature. Une mer avide venait lécher cette portion de terre incurvée, incluse, fragile, laissant derrière elle des sillons algueux mêlés de la nacre émiettées des coquillages fracassés par le ressac. Ce même ressac qui, craché dans l’air en giclées mousseuses, reste de l’explosion des vagues sur les récifs, venaient se perdre dans le creux de leurs boucles, s’accrocher à la laine de leurs vêtements, ou au coin de leurs lèvres. Leurs pas côte à côte laissaient des traces fraîches dans le sable mouillé, après qu’elle ait passé sa main autour du bras galamment tendu du Solverre, et c’est perdue dans cette contemplation lénitive que Catelyn se laissait aller à sa suite. Elle inspira profondément, les yeux fermés. L’air piquait.


    « Alors c’est ici que vous venez…, souffla-t-elle enfin, touchée. C’est absolument magnifique. Un vent sec faisait folâtrer autour de son visage de longues boucles d’or, ses yeux se rivèrent sur le visage doux du noble. Me croiriez-vous si je vous disais n’avoir jamais rien vu de tel auparavant ? De sa main libre, elle désigna les flots qui semblaient s’étendre à perte de vue, qui mugissaient sur les rocs et s’affaissaient en lames compacts dans les trous d’eau. Pour quelqu’un qui a grandi avec, en être séparé doit être inconcevable… Elle sourit doucement, les yeux dans les vagues. Je regrette moi-même de devoir déjà la quitter. Car la journée déclinait inlassablement, et elle savait avec elle son départ approchant. Catelyn n’avait pas encore risqué de décider combien de temps elle s’accorderait sur l’île, mais le simple fait d’en devoir partir un jour lui vrillait le cœur. Aaaaah, soupira-t-elle, je crois en être tombée amoureuse… »
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Message Dim 25 Nov 2012 - 21:09

Que ça soit ses douces mains se baladant sur ses joues bardées d'une barbe hirsute et naissante ou la voix si calme et posée de la Reyne. Tout chez Catelyn laissait calmement Heward retomber sur terre, loin de ses angoisses et de ses peurs. Au fond de lui comme un baume au cœur les paroles de la Reyne le faisait se sentir mieux. Si seulement il les croyait ça aurait été à n'en pas douter efficace. Mais non il restait la de marbre à l'écouter. A se demander ce qu'elle pouvait encore faire ici alors que quelques secondes avant il commençait à faire brûler un amas considérable et d'une valeur infinie de connaissances – Bien qu'avec le temps sa défense se contentera de rappeler que ces textes ne parlaient que de cailloux. Mais pour le moment il s'était rarement sentit aussi mal et il maudissait les 7 de se montrer aussi joueurs à sa chance. Poisseux et maladroit un noble bien à part qui aimerait rentrer dans les rangs. La petite pique de la lady lui rappelant son acte n'améliora d'ailleurs aucunement cette idée et sûrement se serait il désespéré lui même si un chaleureux sourire n'avait pas accompagnée ces paroles. Allez Heward soit un Solverre jusqu'au bout. Tente au moins d'être un hôte convenable. Décidé à au moins faire en sorte que la journée de sa précieuse invitée ne se finisse bien, il n'en fut pas moins surpris par sa demande. Quand on était constamment poursuivi par un père qui en attendait un peu trop et par des devoirs sans queue ni tête. L'isolement était un élément de survis important voir indispensable. Le toit du donjon de Sept-Tours avait d'ailleurs plus d'une fois servit de septuaire improvisé et de planque à l'héritier lorsque celui si voulait fuir ce qu'on lui demandait. Hélas parfois ce lieux déserté et seulement frappé par les vents avait fini par dévoiler son secret aux habitants de la forteresse Solverre et plus d'une fois Heward avait vu son recueillement troublé par des visiteurs dérangeants.

Ces intrusions devenues un grand classique de sa vie finirent par le lasser et le poussèrent à l'exil. La chance est parfois troublante. Elle peut vous haïr sur plusieurs plans importants de votre vie et vous offrir de temps en temps un petit réconfort histoire de dire ''  Tiens je te lâche dans une cage de lion affamés mais au moins tu as une épée en bois '' Une sorte de manière de ne pas totalement se morfondre en quelques sortes. C'est comme ça qu'il trouva sa nouvelle cache, une crique enserrée dans les falaises Face-aux-Vents. Un lieux isolé de tout, seulement accessible par un chemin escarpé et dangereux que le hasard avait mis sur sa route. Voilà où il la mena, tenant sa main de peur qu'elle tombe, rattrapant cette dame de l'ouest lorsque son équilibre défaillant face à un manque d'habitude. Il était ici chez lui, face à la mer et comme à chaque fois qu'il y venait son esprit se libéra de tout parasitage. Il ne restait plus que lui … Lui et la dame de l'Ouest. Pensée d'ailleurs étrange qui lui vint à l'esprit à peine avait elle passé son bras autour du sien : Voilà pour la première fois qu'il amenait quelqu'un sur ce lopin de sable et cela ne le dérangeait même pas. Sans rien dire, juste comme à son habitude. Comme par un réflexe. Il laissa son regard plonger dans les vagues et les rouleaux aux pointes d'écumes blanches. La mer était vraiment de toute beauté mais rien n'égalait à son avis celle qui se trouvait accroché à son bras. Il faut croire qu'elle même ne l'aurait pas cru si il lui avait dit cela. Puisqu’apparemment elle semblait tout autant s’émerveiller devant cette puissance indomptable. Il ne put d'ailleurs aucunement retenir un léger sourire lorsqu'il entendit le mot amoureuse prononcé à travers les lèvres palotes de la jeune femme. Serrant un peu plus le contact contre le manteau doré toujours sur ses épaule il la regarda et se laissa aller d'une voix calme et sincère.
La mer est bien la seule qui tienne mon attention. Enfin je le croyais jusqu'à maintenant.
Ses paroles étaient sorties sans qu'il ne le fasse exprès. En d'autres temps il aurait sûrement d'ailleurs bafouillé et aurait donné une fausse excuse de cet emportement. Mais pas ce coups si. Il se sentait bien. Sa vie lui revint à l'esprit. Son père, ses frères, son devoir grandissant, ce temps qu'il n'avait pas pu utiliser à ses fins et son quotidien bridé par des règles dont il n'avait rien à faire. Finalement aurait il payé cher pour être Septon. Une vie qui lui aurait sûrement bien plus convenue.
Et c'est au moment de cette pensée que son regard recroisa celui de Catelyn. Des yeux qui l'embaumaient de bien être à chaque fois qu'il les croisait. Et d'un coup la motivation lui vint. Il se décida à prendre sa chance, à tenter le tout pour le tout pour au moins avoir quelque chose de valable dans cette vie et de balayer le reste. Son visage se tourna face à celui de Catelyn plus proche qu'il ne l'avait jamais été et les paroles vinrent d'elle même – Enfin à la façon d'Heward.


Et si vous ne partiez jamais ? Enfin si bien sûr que vous partirez Je ne vais pas vous enfermer enfin … Il soupira. Mais et si vous reveniez un jour. Je ne sais pas comment vous le dire mais … Je crois avoir trouver quelque chose de plus intéressant dans vos yeux de nuits que dans les flots qui pourtant sont les seuls à pouvoir me porter depuis toujours. Vous êtes pour moi comparable à la mer. Il resta comme ça sans rien dire de plus. A vrais dire il ne savait même pas si ce qu'il disait avait un sens pour la Reyne. Et le silence commença à le faire paniquer avant qu'elle n'est même pu répondre. Enfin quand je vous compare à la mer. Ce n'est pas comme si je disais que votre voix ressemblait aux cris des mouettes ou que vous sentiez l'iode. Non c'est que simplement … Bien sûr il s’emmêlait et s'enfonçait toujours un peu plus. Lui même s'en rendait compte. En temps normal il se serait sûrement recroquevillé sur lui même. Mais non pas ce coup ci. Pas pour elle. Il l'avait pensé quelques minutes plus tôt et ce coup ci il tiendrait le cap. Le tout pour le tout.
Le ventre révulsé, une boule au travers de la gorge, des frissons le long du dos. Il colla sa bouche aux douce lèvres de Catelyn sans même savoir pourquoi il faisait cela. Se moquant totalement des conséquences. Il essayait pour la première fois depuis longtemps quelque chose qu'il voulait vraiment faire de lui même.
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Message Mer 12 Déc 2012 - 1:08

    Sous ses paupières délicatement fermées, Catelyn goûtait aux étoiles. La sensation lui tournait la tête, l’enivrait comme un alcool aussi sucré que traître. C’était si soudain, inattendu. Éphémère. Si près de lui, elle pouvait sentir l’odeur de sa peau, ce mélange piquant ferreux qui lui plaisait tant, et de la chaleur de sa chair l’irradiait un rougeoiement fébrile. Elle pouvait sentir sous les doigts qu’elle avait portés à la courbe de son visage le grain dru de sa barbe naissante, tandis que ceux qu’elle avait portés à sa chevelure sombre s’enroulaient de ses boucles sauvages comme des serpents de jais. Puis il y avait ce contact. Le contact irréel des lèvres du noble aux siennes. Ce contact chaud et doux, sirupeux, qui avait su en dire plus en quelques instants, que de vaines paroles en toute une journée. Elle aurait pu s’offusquer que cet homme à peine connu ose poser ses lèvres sur les siennes, mais étrangement agréable, la sensation n’en était que plus bienvenue, comme l’aboutissement d’un non-dit. Le plus parfait des apologues. Car finalement, elle l’avait voulu. Si ça n’avait pas été le cas, sans doute ne se serait-elle pas blotti dans ces bras qui n’osaient l’enlacer, ou répondu à ce baiser aussi impromptu qu’indécent. C’eut été un autre, sûrement n’aurait-elle pas réagi de la même façon. Peut-être l’aurait-elle même giflé, faisant fi des conséquences et aurait tourné les talons jetant l’opprobre sur l’ignominieux. Mais c’était lui, c’était Heward.

    Lentement, dans un souffle trop court, Catelyn détacha ses lèvres des siennes, laissant dans le creux de ses lippes un goût de sel. Comme au sortir d’un rêve, la lady entrouvrit les yeux, laissant choir ses prunelles dans celles de son hôte, et son regard sur ce visage qu’il lui semblait redécouvrir pour la première fois.
    « Dois-je comprendre que je retiens désormais votre attention ? » Murmura-t-elle. Une charmante rougeur avait ourlé ses traits d’un liseré de feu, et si ses paroles semblaient assurées, il y avait fort à parier que la belle ne croisait son regard qu’à grand peine. Ses pupilles, d’ailleurs, s’étaient chastement laissées glisser au sable, par crainte de trahir le délicat bouleversement qui l’agitait toute entière. Enragée contre elle-même, elle se plaisait à scruter les traces de ses pas hésitants dans le sable noir, qui buvait l’eau comme une éponge.

    Mais Catelyn n’était pas dupe, et de là venait sa colère. Elle savait qu’il n’y avait désormais plus de place pour le doute et n’avait plus le droit de jouer les timorées, ne serait-ce que par respect pour cet homme qui devait s’être fait violence pour prendre les… devants ? Des questions lui venaient, à flot, lécher les rebords de son esprit, qu’elle repoussait sans ménagement, pour laisser parler à plaisir l’insouciance et l’envie. La jeune femme cueillit dans ses petites mains la poigne du noble, pressa doucement cette paume chaude et rugueuse entre ses doigts exsangues.
    « J’ai toujours cru qu’il n’y avait pas de plus bel endroit que celui qui m’a vu naître,... Son sourire transparaissait au va-et-vient d’une mèche folle, comme une braise blanche au sein d’une flamme. Et pourtant… Pourtant lorsque, pas plus tard qu’hier, votre sœur me demandait s’il m’était possible d’imaginer une vie loin de Castamere, j’ai songé qu’un endroit comme celui-là suffirait à mon bonheur. » Son regard s’attarda une fraction d’instant sur l’océan qui s’étendait toujours plus loin, à perte de vue, où désormais la lueur rougeoyante du crépuscule venait licher les vagues et moirer leur éclat d’une lumière sanglante.

    Oh non, un endroit comme celui-ci ne suffirait pas à son bonheur. Comme Castamere semblerait froide et cruelle si les rires de sa sœur ne jouaient pas des boutades de son frère, ou ce semblant d’ordre que faisait régner son père dans la fratrie, avec amour et tendresse, nulle pierre ne saurait jamais remplacer l’affection d’un proche à ses yeux. Dulceport n’en était pas bien différente. Ce qu’elle y avait tant aimé, c’était sa compagnie à lui. C'était lui.
    « J’aimerais ne jamais avoir à partir, Heward. Elle planta ses yeux dans les siens. Et j’aimerais pouvoir y revenir, un jour. Peut-être le ferais-je, avant que le devoir ne me rattrape, et ne m’oblige, et ne m’attache à un ailleurs, à un autre. » Soupira-t-elle enfin. Catelyn s’était depuis longtemps fait à l’idée que son avenir ne se résumerait qu’à honorer et soutenir un époux qu’elle ne connaîtrait vraiment jamais, et à lui donner des enfants. À glorifier sa famille par le fruit d’une alliance forte. Elle y était préparée, et l’acceptait d’ordinaire avec une abnégation silencieuse. Mais en cet instant précis, elle trouvait son sort amer et immérité. « Mais je passe un moment merveilleux à vos côtés… Un sourire tendre borda ses lèvres blanchie de froid, comme l’ourlet délicat d’un coquillage. Ne trouveriez-vous pas dommage de gâcher le temps qui nous est échu en palabres inutiles ? Profitons, avant de n'en avoir plus le temps. »
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Message Jeu 13 Déc 2012 - 21:44

C'était fou, enivrant. Heward n'aurait su dire combien de temps se baiser avait duré tant il s'était laissé prendre à ce jeu, à cette envie qui le laissait frémir. Il en rêvait depuis la première fois qu'il avait croisé son regard. Non en fait il en rêvait depuis toujours. Car il n'en doutait pas, c'était bien elle qui venait hanté ses rêves et ses espoirs endoloris par une réalité de tout les jours. Une passe du monde venait de se stopper et alors qu'enfin le moment tendre s'achevait, Heward ne put s’empêcher de laisser des années de doutes revenir l'envahir. La lady l'avait accepté. Elle lui avait répondu. Mais dans ce moment unique, il ne vit alors qu'un moment de folie. Un béguin qui reviendrait lui faire affront à peine serait elle retourner dans ses terres natales. A sa question il ne laissa qu'un triste sourire et un hochement de tête lui répondre. L'instant était magnifique, le moment présent plaisait à Heward plus qu'il n'avait pu le rêver. Mais en contrepartie de ce bonheur qui ne serait que temporaire. L'avenir s'assombrissait dans le long terme. Trop de questions, trop de doute, une instabilité qui ne lui plaisait pas et une voix qui lui soufflait à l'oreille gauche de fuir de faire machine arrière quand une autre venait rappeler à son oreille droite que rien n'était perdu.
Il ne savait pas quoi faire, il ne savait pas comment réagir et alors que Catelyn lui enserrait le poing de ses mains si fines, si nobles, si délicates. Ses mains qui lui ressemblaient tant. Lui ne savait pas si c'était pour un bien ou pour un mal qu'elle ne lui souffle des paroles qui lui firent choisir la petite voix assurant son espoir.

Elle aimerait ne jamais avoir à partir. Mais elle partirait et lui ne pourrait la suivre. Et quand bien même il l'aurait accompagné, continuerait elle à trouver chez lui ce petit rien qui faisait cet instant ? D'ailleurs qu'avait elle pu voir chez lui ? Il n'avait jamais été en paix avec lui même ou avec les autres et sans cesse on lui répétait ses défauts, on lui redonnait sa place. Que ça soit par parole, par silence ou par regard. La plus part serait aveugle là où elle aurait ouvert les yeux. Il n'y croyait pas et c'est sans doutes qu'elle finirait par se joindre à la voix de la raison. Il le pensait, mais la petite voix continuait son œuvre, elle inséminait dans son esprit ce qui le laissait rêveur et elle lui rappelait qu'il était aussi de son devoir de faire tout pour que ce futur effrayant ne vienne pas s'éclater face à lui. Pourtant pour qu'un telle chose se fasse ne faudrait il pas au moins qu'il l'attache à une chaise dans une tour sans fenêtre ou porte ? Radicale, mais efficace.
Elle même finalement, se reprit dans le réalisme. Ils pouvaient bien continuer main dans la main, il n'en restait pas un Solverre. Une petite famille sur un rocher au milieu de la Baie. Elle demeurait une Reyne, une famille au lion de l'Ouest ardent battant les mines de Castral Roc par sa puissance. Deux opposés que rien ne reliaient et comme elle le disait si bien. Sa famille n'y trouverait jamais grand intérêt. Elle avait raison. Bien sûr qu'elle avait raison, elle n'était pas merveilleuse pour rien.
Ne pensons pas à l'avenir, il arriverait bien assez vite. Aussi délicatement qu'il pouvait, il reprit son manteau des épaules de la lady et le posa simplement sur les siennes puis il se posa derrière elle. Entourant sa silhouette de ses bras, sa tête sur son épaule. Blottis l'un contre l'autre, il referma les fourrures aux couleurs d'or sur elle comme sur lui. Ainsi seul face à la mer, cette amante secrète de l'héritier qui les observait depuis leur rencontre. Il se décida à stopper le temps par un simple murmure aux oreille de sa belle Lady de l'Ouest.

Oui profitons en. Profitons en tant que nous le pouvons. '' Car l'avenir me semble bien sombre.'' Ajouta t-il dans ses pensées les plus torturées.

****


Le temps passa, et le dit avenir fut plus radieux qu'il n'avait été prévu par le jeune homme. Catelyn repartit une semaine après cette petite histoire. Le cœur sûrement lourd mais au moins les bras chargés d'un document précieux, celui même qu'elle était venue consulter. En réparation des erreurs de son fils, d’après Aaron. Le Lord n'entendit d'ailleurs jamais parler de cette relation. Heward réclama en effet la silence absolue concernant cette affaire au moins dans la couronne. Il n'imaginait même pas la réaction de son père, lui qui ne considérait pas son fils apte à se marier à une noble des mers sans discréditer sa famille et nécessiter des réparations, si il lui annonçait qu'il projetait de se marier à une famille si distante pour de simples sentiments. Car oui ils se projetaient ainsi. Jamais ils ne rompirent le contact et les corbeaux traversaient sans cesse Westeros portant les nouvelles de l'un et de l'autre, permettant à une flamme de vivre. Elle qui dans l'esprit de l'héritier aurait dû s'éteindre depuis longtemps. Et finalement, au bout d'un an, leur histoire réussir à tenir contre vents et marrées - Sûrement par un enchaînement de coïncidences et de chances d’après lui - Aaron finit par mourir, Heward prit sa place et ainsi revêtu de ses pouvoirs, il annonça la nouvelle à son entourage, déclenchant foudres et esclandres. Il n'en avait cure et le moment fatidiques vint alors que pour la première fois il contactait le Lord Reyne. Lui par contre avait maintes fois entendu parler de lui et à vrai dire, à la grande surprise du nouveau seigneur, il s'attendait à cette demande. Il accepta facilement que sa fille vive sous le nom de Solverre et à Dulceport. Lui qui ne voulait que le bonheur de sa fille.
A lire son message, Heward s'imaginait même l'homme entrain de lui donner un tape dans le dos en lui disant qu'il n'y perdait pas si peu. Être vu et lié aux fervents et aux proches du grand septuaire n'était pas une chose à négliger quand toute autre puissance était déjà accessible. Aujourd'hui, ils attendent ces retrouvailles, ce grand moment qui devrait venir après une guerre qui se voudrait terrifiante. La mort, les combats, le chaos. Ce n'était pas la plus grande crainte du fiancé. Sa peur était plus profonde, plus fourbe et elle le rongeait un peu plus chaque jour, continuant de l'enfoncer dans une déprime semi-constante. Il était effrayé car, il ne comprenait toujours pas l'attachement de Catelyn et de son point de vue, seule l'éclatement de l'idéalisme qu'elle se faisait de lui pouvait suivre. Mais il se devait de se tenter se torturer longtemps, risquer grandement contre une petite chance de réussite. Mais qui sait, la vie était pleine de surprise.
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