AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

[Terminé] « La dame, le fou et le cavalier. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 28 Avr 2011 - 23:42


« La dame, le fou et le cavalier. »

ou

Fièvres diplomatiques




Port-Lannis, aussi têtue et utile dans l'adversité que le lion qui orne son blason. Une ville magnifique, dangereuse, somptueuse, radieuse, semblable à une femme lascive dont les jambes nues plongeraient sans vergogne dans le vaste océan qui borde les côtes occidentales du continent. Edwyn n'était pourtant pas là pour profiter des plaisirs et des réjouissances que la troisième ville des Sept couronnes offrent au voyageur fortuné. Bien au contraire, il ne passa jamais que furtivement à Port-Lannis, sa suite et lui-même ne perdirent pas un instant pour gagner la forteresse du rocher où son suzerain l'attendait depuis la veille. Le voyage depuis la cité de Wyndhall n'avait guère pris plus de quelques heures, Edwyn connaissait suffisamment les montagnes de l'Ouest pour parcourir rapidement de longues distances avec un équipage réduit à une plus simple expression. Il avait laissé les rênes de Wyndhall entre les mains de ses fidèles Sylvan et Willem, et il avait bon espoir que leur autorité conjuguée serait la meilleure des combinaisons pour s'assurer de la docilité d'une aristocratie trop étouffée d'orgueil pour demeurer inactive durant son absence. Pour justifier son départ, Edwyn avait prétexté la réunion de tous les vassaux de son suzerain qui prévoyait une réponse coordonnée et décisive à la menace Fer-née. Cela avait suffi à soulever l'enthousiasme des plus sceptiques, car la seule idée que les seigneurs de Castral Roc daignassent jeter un coup d'œil du côté des terres invisibles de Wyndhall gonflait son peuple d'orgueil et de fierté.

Lord Edwyn avait quitté sa précieuse forteresse accompagné de se garde rapprochée, suivi de près par l'attelage emportant des présents, précaution dont il s'entourait à chaque fois, car il était toujours utile d'avoir sous la main quelque objet à manœuvrer pour la diplomatie. Quoi de plus fiable et polyvalent qu'un présent ? Sa prévoyance n'était pas le fruit du hasard, persuadé qu'il était que son suzerain l'avait appelé à lui pour une mission d'ordre diplomatique. La rumeur courait que lord Tybolt Lannister entendait marier sa sœur à quelque héritier d'une autre couronne de sorte à sceller une alliance visant à contrebalancer la menace des Fer-nés. Une tactique plutôt plutôt vieille, et plutôt efficace, car elle avait fait ses preuves, même si dans quelques cas, les mariages infortunés avaient dégénéré et empiré la situation qu'ils devaient solutionner. Mais, fallait-il donner foi à ce qui n'était somme toute qu'une rumeur destinée à caresser les petits esprits de courtisans trop gras pour s'inquiéter, trop petit pour s'en soucier ?

Une fois arrivé à Castral Roc, Edwyn ne perdit pas une seconde, et demanda à être présenté au plus tôt à son suzerain. Le seigneur de Wyndhall s'amusa d'être accueilli au château par un valet de seconde zone, mais il y vit un signe de la grande agitation qui régnait peut-être dans la forteresse des suzerains de l'Ouest. Il fut conduit jusqu'à ses appartements, qu'il jugea suffisants pour lui, et l'on libéra un corps de garde pour permettre à sa suite de s'installer et de prendre quelque repos. Edwyn ne garda avec lui que son garde le plus proche, un chevalier qui lui était tout entier dévoué et fidèle. Un messager se présenta alors, annonça que lord Tybolt Lannister serait prêt à le recevoir d'ici peu, et lui proposa de l'accompagner à l'endroit où une table avait été dressée pour lui. Ils y trouvèrent une large présentation de victuailles et de boissons, ce qui suffit à éveiller l'appétit d'Edwyn. Cailles rôties au beurre, civet de venaison, lapin broché, crabe en potée, truite aux amandes, pâté de poulet et d'esturgeon, tourte aux pigeons … L'embarras du choix était tel qu'Edwyn eut du mal à se décider. Il convoqua sa suite et partagea avec eux ce banquet digne des fêtes les plus fastes. Il défendit toutefois à ses gens de toucher aux vins, car Edwyn les voulait sobre s tout le temps de leur mission. Il s'agissait, d'une part, de ne pas embarrasser leur hôte et, d'autre part, de se méfier des vapeurs de l'alcool, car leurs arômes sont de ceux qui délient les langues et entrouvrent les cœurs. La garde grise ne serait pas la garde folle. Profitant du temps libre qui lui était imparti, Edwyn gagna ses appartements, quitta sa tenue froissée par le voyage et se glissa dans une tenue plus officielle, de sorte à être présentable. Un autre messager se manifesta, annonçant cette fois que lord Tybolt Lannister était prêt à le recevoir tout de suite, non pas dans la salle officielle prévue pour les pétitionnaires du seigneur du roc, mais dans un lieu plus discret, plus secret. Le domestique au front boursouflé et suant le conduisit à travers un dédale de couloirs troglodytiques conduisant à une salle de petite envergure, mais très luxueusement meublé, quelques tapisseries couvrant les murs taillés dans la pierre du roc. Tybolt n'était pas encore là, comme le voulait le protocole. Le valet disparut, laissant Edwyn seul avec son garde.



« Mon seigneur, ne craignez-vous pas ...

Ce surcroît de précautions ne doit pas inquiéter. J'apprécie ta prudence, cela dit, et je te sais gré de songer à ma sûreté. »


Quelques instants s'écoulèrent, sans qu'un seul bruit ne vînt trancher l'épais silence qui pesait sur la pièce. Puis, le seigneur du roc apparut devant eux. Edwyn s'inclina profondément devant, lui, suivi par le chevalier qui l'accompagnait. Comme il sied à un fils de la maison Lannister, le maître de l'Ouest était là devant eux, dans toute sa splendeur, sa blonde chevelure attestant, comme s'il était nécessaire, de sa noble filiation. Cela n'impressionnait guère Edwyn, mais il devait bien reconnaître que son suzerain avait la prestance d'un prince.

« Je vous salue, mon très noble suzerain. Je me tiens devant vous en tant que vassal de la très éminente maison Lannister, et seigneur de la fidèle maison Estren. J'apporte à mon seigneur des nouvelles, mon conseil, et toute l'aide qu'il m'accordera de lui prêter. »

La formule était rituelle, protocolaire, mais il ne pouvait se permettre de quitter les contour contraignants du protocole sans l'autorisation de celui qui était féodalement son supérieur. Les subtilités de l'hommage vassalique était un jeu d'enfant pour Edwyn le rusé, qui avait autant d'adresse politique qu'un marchand de Braavos a d'adresse commerciale. Il ignorait toutefois par quoi son suzerain daignerait poser les fondements d'une discussion dont l'importance n'était plus à préciser. Dans cette pièce se jouerait peut-être l'avenir des Terres de l'Ouest, Edwyn en était pleinement conscient, et n'était que peu impressionné. La loyauté du seigneur des Roches grises ne souffraient aucune discussion, mais il avait au moins autant à cœur l'intérêt de son peuple que l'intérêt de son suzerain. C'est peut-être pour cela qu'Edwyn attendait beaucoup d'une discussion portant sur la menace Fer-née, qu'il convenait d'enrayer au plus vite.



Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 29 Avr 2011 - 9:28

Les nuits devenaient de plus en plus courte pour le jeune Lord et cela commençait à se voir sur son visage. Le Seigneur du Roc avait perdu une bonne partie de son rayonnement physique, les cernes commençant à creuser ses yeux. Après avoir été informé par Gerold que le corbeau était bien partit pour Wyndhall, Lord Tybolt avait passé le reste de la journée à Port-Lannis sur le chantier naval, où les paysans rapatriés vers la ville en vue de les protéger donnaient la main aux ouvriers dans la construction des dromons et autres galères, que le Gouverneur de L'Ouest voulait voir le plus tôt possible mis à l'eau et équipés pour le combat contre les boutres Fers-nés. Sa présence avait donné du baume au cœur des travailleurs si bien qu'il pouvait apprécier l'avancée des travaux en temps réel. Le reste de la journée avait été consacré à la réception des doléances de ces même paysans se plaignant de la manière dont on les avait obligé à quitter leurs terres et fermes, le Seigneur du Roc avait assuré que chacun recevrait de quoi relancer sa production une fois de retour chez lui, mais les doléances s'étaient éternisées avec le défilé incessant des pères et frères réclamant vengeance pour l'enlèvement de leurs femmes, sœurs et filles.

Devant le nombre de plaignant, Lord Tybolt fit installer une table non loin, derrière laquelle vînt s'installer un recruteur pour la milice autorisée par la Main du Roi. Ainsi tout requérant souhaitant de nouveau soumettre une plainte du fait de l'enlèvement d'un proche était "invité" à se joindre à la milice et prendre les armes pour aller chercher vengeance lui même. Cette tactique se révéla payante et la liste des plaignants se réduisit rapidement lorsque le bruit courut qu'il n'était plus question de dédommagement en or mais d'aller chercher soi même rétribution, il fallait avouer que la garde Lannister savait se montrer persuasive lorsqu'il s'agissait de recrutement et de signature. Ce n'est qu'à la tombée de la nuit que Lord Tybolt pu enfin s'entretenir avec le commandant de la garnison de Port-Lannis. Les deux hommes palabrèrent jusque tard dans la nuit sur les mesures à prendre pour sécuriser la ville et sur la manière de former et d'armer la milice naissante. Le vieux commandant s'inquiétant de voir des reitres et autres mercenaires se joindre à la noble maison Lannister pour simplement pouvoir en tirer l'or promis par Port-Réal. Lord Tybolt se surprit à sourire plus d'une fois devant l'air offensé du commandant, alors qu'il savait pertinemment que ce dernier avait participé à plus d'un massacre de villageois et de nombreux viols à l'époque où il servait encore dans le corps d'armée. Le régiment auquel appartenait le vieil homme avait du reste été surnommé "viol, pille, tue" durant la rébellion Feunoyr.

Ce n'est que tard dans la nuit que le Seigneur du Roc retrouva enfin ses appartements. Mais la nuit n'en fut que plus courte puisque qu'aux petites heures son valet vînt le tirer du sommeil pour l'informer qu'un corbeau en provenance de Wyndhall était de retour et annonçait l'arrivée prochaine de Lord Estren. Les évènements se précipitaient un peu plus que ne l'avait imaginé le jeune Lion à l'origine mais cela ne pouvait qu'être positif. Il avait soigneusement évité Lady Maura depuis qu'il avait prit la décision de passer outre l'influence Arryn pour négocier avec le Bief et il donna donc des ordres en conséquence afin que l'on mène Lord Estren sans grand apparat à son arrivée. Mener la politique familiale à sa guise était une chose, se froisser avec les Arryn du Val une autre, il serait toujours temps pour eux de découvrir les manœuvres Lannister lorsqu'ils ne seraient plus en mesure de pouvoir y faire quoi que ce soit. Lord Tybolt prit une collation en compagnie de Gerold et de l'homme en charge du chantier naval de Port-Lannis. Le petit homme n'en revenait pas d'être ainsi mené au Roc pour s'y entretenir avec les Seigneurs, mais Tybolt tenait à en savoir le plus sur les besoins de cette entreprise qui devenait de jours en jours plus vitale à la survie des Terres de L'Ouest. L'homme expliqua qu'il ne rencontrait aucun problème concernant la fabrication des bateaux mais qu'il allait être difficile d'équiper ces derniers une fois à flots. Le nombre de marins de qualité n'étant pas extensible. Lord Tybolt prit donc la décision de faire former tout homme en âge de l'être parallèlement à la construction des navires. Ordre fut aussi donné de faire partir des messagers à cheval pour les quatre coins des Sept Couronnes afin de faire savoir que les Lannister recrutaient tout marin d'expérience contre du vrai bon or de Castral Roc.

Lorsque son valet vînt informer Lord Tybolt de l'arrivée de Lord Estren, ce dernier n'avait pas encore eu le temps d'autre chose que cet entretien avec le chef du chantier. Il ordonna donc que l'on fasse mener le Seigneur de Wyndhall dans l'antre du Lion Gris le temps qu'il puisse faire ses ablutions. Ces dernières effectuées, Lord Tybolt revêtit la livrée rouge et or Lannister et pénétra dans la pièce creusée à même la roche par un accès dérobé. Comme il s'en souvenait, les Estren était très porté sur les convenances et Lord Edwyn n'y fit pas exception en s'inclinant ostensiblement à son arrivée. Tybolt posa une main sur l'épaule de son vassal et l'invita à se relever.


Lord Edwyn, la rapidité dont vous avez fait preuve pour répondre à mon invitation démontre s'il en était encore besoin la pertinence de mon choix.

Pendant qu'il recevait le Seigneur de Wyndhall, un serviteur vînt placer une carte sur la table au centre de la pièce avant de disparaitre comme il était arrivé. Lord Tybolt prit place sur un siège en bout de table et fit signe à Lord Edwyn de s'assoir lui aussi. D'un geste il indiqua au chevalier de la maison Estren que sa présence n'était pas désirée plus longuement et deux gardes Lannister prirent place à l'extérieur pour empêcher toute entrée dans la pièce.


J'espère que votre voyage a été bon malgré la canicule dont nous accable les Sept. Je suis au regret de vous appeler loin de votre domaine en cette période, mais temps est venu pour les Terres de L'Ouest de mettre en branle ses forces les plus vives. Du reste je suis heureux que nous ayons enfin l'occasion de nous rencontrer depuis votre accession à la tête de votre famille.


Lord Tybolt fit silence un moment afin de mettre en ordre ses pensées, tant de choses en ce moment lui encombrait l'esprit, les Greyjoy bien entendu, mais aussi la présence de Lady Maura et les négociations pour s'allier au Val ainsi que celles visant à faire d'Aliénor la future première Dame du Bief.

Comment se porte votre domaine Lord Edwyn ? N'ayant moi même pas encore eu l'occasion de m'y rendre depuis que la charge des Terres de L'ouest me fut confié, je ne peux m'en remettre qu'aux informations parcellaires qui parviennent jusqu'ici. Autant dire qu'il m'est difficile de dénouer le vrai du faux.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 29 Avr 2011 - 15:07

La main posée sur son épaule, la place assise désignée sur un fauteuil, le congé donné à son garde, autant de signes qui témoignaient du besoin du seigneur du Roc de se passer d'un protocole peut-être trop contraignant pour leur affaire. Le garde du seigneur de Wyndhall vit d'un très mauvais œil d'être ainsi mis à la porte, mais il n'en laissa rien paraître. Lord Edwyn l'avait préparé à cette éventualité, il savait à quoi s'en tenir, et connaissait ses ordres. S'il arrivait quoi que ce fût à son maître, il ne chercherait pas à le venger, mais à faire parvenir l'affreuse nouvelle jusqu'à Wyndhall où Sylvan et Willem saurait quoi faire face à une telle trahison.

Une vaste carte avait été placée sur la table basse qui les séparait. Le continent y était représenté depuis les lointaines et froides contrées du nord jusqu'aux pointes merveilleuses du sud, et l'intuition d'Edwyn lui dictait que son suzerain n'avait pas pour intention de limiter leur entrevue au seul sort géographique des Terres de l'Ouest. Les mots de Tybolt étaient justes, la canicule accablait littéralement les Sept de ses méfaits, et Edwyn était bien content d'avoir quitté la chaleur étouffante de Port-Lannis pour la fraîcheur des cavernes de Castral Roc, où la pierre épaisse et millénaire offre un rempart incomparable contre les vicissitudes d'un climat capricieux.

Comme le soulignait son suzerain, les deux hommes n'avaient pas eu l'occasion d'une rencontre depuis que chacun d'entre eux avaient été introduit au pouvoir.


« Le devoir bien souvent éloigne du foyer pour le mieux protéger, mon seigneur. Je suis honoré de l'estime que vous m'accordez. »

Edwyn entreprit alors, avec autant, assez de précision et de concision pour ne pas ennuyer son seigneur de détails insignifiants, d'exposer la situation des terres du nord de son domaine. La situation géographique des terres de Wyndhall les comptaient parmi les premières exposées à la menace des raids fer-nés. Ils avaient été par conséquent les premiers touchés, mais aussi les premiers informés et les premiers à réagir. Edwyn entretenait depuis longtemps le réseau d'espions de ses pères, mais cela, il se garda bien de le dire à son suzerain. De fait, il avait pu ordonner l'évacuation des côtes et le repli de sa population dans les terres. Seul le commerce maritime, protégé par les flottes de guerre des seigneurs côtiers de la région, avait gagné le droit d'être maintenu sur les côtes.

« Je parle au nom de vos vassaux de Fléaufort, Doggett et Wyndhall en assurant votre seigneurie de la grande confiance que nous avons dans le soin et la diligence qu'elle aura de prêter le secours de sa flotte aux nôtres dans la lutte contre les attaques terribles qui ensanglantent et paralysent nos côtes. »

Edwyn n'était pas homme à se bercer d'illusions, et n'espérait rien d'un suzerain dont les forces navales ne s'intéresseraient jamais au sort de maisons mineures tout juste bonne à assurer l'apparence d'une bonne garde des côtes septentrionales de son royaume. Toutefois il avait observé que si son seigneur l'estimait assez pour lui confier une mission d'importance assez grande pour mériter le plus grand secret, il était lui-même en droit d'exposer le caractère très critique d'une situation que ses informateurs n'avaient, semblait-il, point relayé. Hélas, c'était là le sort des baronnie mineure que d'être invisible aux yeux des plus grands.

« J'avais d'ailleurs grand espoir de pouvoir discuter avec vous de la marche à suivre. Je crois comprendre que vous avez déjà un plan en tête, mon seigneur ? »

Les Roches Grises n'étaient point aveugles, et comme chacun sait, une armée sans espion est un archer aveugle. Lord Edwyn avait eu vent des projets de son suzerain de pourvoir sa flotte de navires supplémentaires armés spécialement pour la lutte contre les démons enragés qui jaillissent chaque semaine des îles de Fer à l'assaut des côtes de l'Ouest et du Bief. Mais cela suffirait-il à les repousser jusqu'à les contraindre à demeurer à l'abri des récifs aigus qui entouraient leurs maudites îles ? Par les Sept, rien n'était moins sûr. Son seigneur comptait-il faire appel au secours de sa Grâce le roi de Port-Réal ? Possible, mais vain, lord Tybolt ne pouvait l'ignorer. Pire encore que les pirates Fer-nés, la lenteur bureaucratique de Port-Réal contrariaient tout projet visant le dessein de quérir l'aide de la marine royale. Si Tybolt Lannister songeait à chercher de l'aide, il n'irait pas si loin, et chercherait auprès de ses plus proches voisins. Le Conflans ? La possibilité était intéressante, car après tout, Salvemer avait été construite justement dans le but de dissuader et de repousser les incursions continentales der Fer-nés. Le Bief ? La probabilité était plus que satisfaisante, car en plus de partager une amitié respectueuse, les deux royaumes avaient subi presque conjointement les affronts perpétrés par le seigneur de Fer. Toutefois une alliance, quelle que fût sa nature, ne se décidait pas sur le fondement de simples bonnes intentions.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 29 Avr 2011 - 16:14

Fléaufort et Doggett avaient donc fait du Seigneur de Wyndhall leur porte parole... si une telle décision avait été prise, les informations qui parvenaient jusqu'à Castral Roc devaient donc être vraies et le nord des Terres subissaient donc de plein fouet les incursions Greyjoy. Cela n'allait pas pour rendre le sommeil de Lord Lannister plus aisé. La situation devenait chaque jour plus urgente quant à une réponse efficace et irrépressible du Seigneur de L'Ouest. Seulement il n'avait pas encore les forces nécessaire pour que la réponse qu'il fomentait soit aussi percutante qu'il aurait voulu et le Trône de Fer qui ne lui offrait que la solution d'armer une milice... Il jeta un coup d'œil à la carte étendue sur la table. Comment les Targaryen avaient-ils pu permettre à Greyjoy de s'armer autant et ne régissaient pas maintenant qu'il leur crachait littéralement au visage ? Depuis la mort des dragons les Seigneurs de Westeros perdaient un peu plus, à chaque Roi assis sur le trône, de leur influence et du respect des grandes maisons, si cette tendance se confirmait ils finiraient détrônés à la prochaine rébellion. Tybolt semblait devoir se noyer sous toutes les attentes de son peuple et les problèmes qui surgissaient chaque jour un peu plus, que n'aurait-il pas donné pour avoir les conseils avisés du Lion Gris ou même un Roi digne de ce nom vers qui se tourner. Au lieu de ça, c'était vers lui que l'on se tournait pour avoir les réponses, de lui que ses vassaux attendaient une réponse adéquate. Il se surprit à sourire en pensant à la tête que tous feraient s'il leur annonçait sans ambages le contenu de ses pensées.

Mais Lord Edwyn n'était pas là pour subir ses états d'âmes eut-il simplement eu l'envie de les lui confier sans craindre de faire passer la maison Lannister pour moins préparer à ce qu'il leur arrivait que ce à quoi tout le royaume s'attendait. Lord Tybolt se concentra donc sur les choses qu'il pouvait maitriser, il verrait plus tard pour ce qui était des éléments incontrôlables ou sur lesquels il n'avait pas encore les moyens d'agir.


En effet et bien que moins exposés que vous ne l'êtes au nord du fief, Port-Lannis comme les régions plus au sud subissent elles aussi les rixes Fers-Nés. Il apparait que ces couards seraient descendus jusqu'à La Treille et Villevieille pour perpétrer leurs méfaits. J'ai d'ores et déjà réclamé l'assistance du Trône de Fer mais comme vous vous en doutez certainement, Port-Réal ne bougera pas pour nous aider, il semblerait que notre bon Roi se soit perdu dans les allés de sa bibliothèque... Tybolt se réinstalla plus à son aise pour pouvoir observer la carte et s'en servir de support avant de continuer. Le chantier naval de Port-Lannis travail en ce moment jours et nuits pour mettre à l'eau une flotte capable de tenir les boutres Fers-Nés en respect. Du moment que nous tenons nos gens à l'intérieur des cités fortifiées et ce même s'ils s'en plaignent nous ne subirons que très superficiellement les attaques Greyjoy. Nous allons les laisser brûler tout leur soûl, L'Ouest ne s'en relèvera que plus fort par la suite. Nous reconstruirons ce qui aura été détruit mais surtout nos gens ne doivent plus être les victimes faciles de ces fils de chien. Qu'ils tournent donc leurs regards avides vers le Conflan ou même le Nord pour ce que cela me dérange... Port-Réal de son coté fournira 300 dragons d'or à quiconque s'enrôlera dans les milices que nous sommes en droit de lever pour défendre nos terres. Bien sur cela ne suffira qu'un temps puisque les Greyjoy ne veulent pas nous affronter directement sur terre, mais d'ici là la flotte sera en ordre de marche et il sera temps de payer nos dettes envers Dagon et sa flotte de Fer.

Si cela ne tenait qu'à lui seul, Lord Tybolt aurait voulu voir sa flotte aller jusqu'aux îles de Fer et raser tout ce qui y était mais il savait par avance que jamais Port-réal ne lui laisserait les mains libres à ce point.

Indiquant la région sur la carte, Lord Tybolt reprit plus calmement.
Je suis à l'heure actuelle en pourparlers avec le Bief et Hautjardin plus particulièrement afin de fonder une alliance forte entre nos deux domaines. Ainsi et fort d'une flotte plus puissante que les Sept Couronnes n'en ont jamais connu nous serons capable de venir à bout des Greyjoy et s'il le faut les faire disparaitre de l'échiquier politique à jamais, même si le dragon à notre tête ne nous laissera sans doute jamais mettre cette sanction à exécution...

La main de Lord Tybolt se retira de la carte alors qu'il se reprenait.


Néanmoins et pour le moment, je ne suis pas en mesure de vous fournir un soutient de la flotte Lannister, nous sommes déjà juste assez nombreux pour protéger Port-Lannis et les routes maritimes vers le sud. Sans compter que les mines aurifères semblent exercer un attrait tout particulier sur ces lâches de Seiches, puisse l'Étranger les faire sombrer dans ses abysses. Vos gens devront tenir sur leur seule valeur pour le moment jusqu'à ce que la nouvelle flotte soit en mesure de repousser et traquer les fers-nés jusque dans le propre con de leur mère.

Lord Tybolt sembla un moment désolé pour ce fidèle vassal qui pensait certainement arriver à Castral Roc et recevoir les réponses qu'il avait imaginé, que son Seigneur allait pouvoir sauver son domaine des incursions pirates mais le Roc ne pouvait lui offrir ces réponses ou ces promesses et si Tybolt poussait le vice un peu plus loin il admettrait que le nord des Terres étaient un os à ronger qu'il voulait bien laisser à Dagon si cela pouvait lui permettre d'armer sa flotte durant ce temps. Mais de ça il n'était question d'en parler. Au lieu de cela il voulu connaitre le point de vue de Lord Edwyn.

Je sais que ce n'est sans doute pas la réponse que vous attendiez Lord Estren et j'en suis désolé, même si je n'ai jamais été sur vos terres je me doute qu'elles sont très belles et vos gens devront donc se battre pour elles. Cependant peut être aviez vous vos propres plans en tête pour ralentir les pillages ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 29 Avr 2011 - 22:27

Le dédain presque déclaré de Port-Réal pour la situation critique des Terres de l'Ouest et du Bief, confrontés à la terrible menace des boutres fer-nées, n'était pas une surprise, mais demeurait un problème. Quoiqu'il ne fût pas de ceux-là, Edwyn avait eu vent du mécontentement grandissant de petits vassaux laissé-pour-compte, que l'arrogance des plus grands contrariait. Edwyn comprenait leur agacement et leur colère. Sur le papier, pourtant, l'hommage vassalique entraînait des droits et devoirs réciproques de la part du vassal et du suzerain, et si l'un des deux hommes manquait à ses obligations, une sanction devait être prononcée à l'égard du félon. Quid du procès lorsque le félon n'était autre que le roi lui-même ? Quoique son suzerain posât un œil affairé sur la carte qui les séparait, Edwyn ne le quittait pas des yeux, confiant en cela qu'il connaissait la carte du continent sur le bout des doigts tant il avait passé de temps à l'étudier en compagnie de mestre Willem, depuis son plus jeune âge.

Il écouta son seigneur et maître évoquer le dur labeur des ouvriers de Port-Lannis travaillant nuit et jour dans la boue et la sciure du chantier naval où le bois y était taillé dans le but d'armer une flotte qui serait la réponse du Lion aux misérables seiches de Dagon Greyjoy. Ce nom n'inspirait jamais au jeune homme qu'un dégoût profond et un mépris tranchant. Certes, son suzerain exposait la meilleure des stratégies à tenir dans un premier temps, mais Edwyn, suivi en cela par les seigneurs de Fléaufort et de Doggett, n'avait pas attendu pour s'orienter sur ce chemin. Quant à la solution offerte par le Dragon de financer une milice pour répondre à ces pirates aussi puants qu'indéniablement supérieurs aux autres sur les mers, elle était tout bonnement risible, et n'encourageait guère Edwyn a chanté les louanges d'un roi généreux et sage. Elle témoignait davantage du peu d'intérêt dudit monarque. Comme l'avait suggéré Tybolt, celui-ci était sans doute trop occupé à dépoussiérer les manuscrits et les grimoires des vastes bibliothèques de sa citadelle, bien à l'abri de toutes les distractions futiles de l'extérieur. Futile distraction que le monde extérieur ! Quoiqu'il fût pénible de le penser, tant son attachement pour les livres était grand, Edwyn se surprit à souhaiter que la canicule déclenchât un incendie qui emportât la capitale des Sept couronnes dans un désastre de flammes et de cendres.

Comme il l'avait anticipé, une alliance avec la Rose était prévue. Edwyn ne put retenir un sourire. Il s'étonnait parfois de sa propre intelligence, et cédait à l'orgueil d'une caresse égoïste. Toutefois les desseins de son seigneur l'inquiétèrent un peu, car il y avait fort à parier que rien n'était encore décidé et qu'il demeurait encore nécessaire de convaincre le Bief de la nécessité et de l'opportunité d'une alliance entre les deux royaumes. Qu'entendait-il par alliance forte ? Songeait-il à un traité dans sa forme traditionnel, ou bien la rumeur avait-elle vu juste, et songeait-il à marier sa soeur Aliénor à l'héritier du Bief, ce jeune chevalier à fière allure et désireux de faire ses preuves comme un écuyer de recevoir l'adoubement ? Et la mission qu'il comptait confier à son fidèle vassal était-elle liée à cette grande alliance en perspective ? Allait-il être le diplomate de sa seigneurie, voire même l'entremetteur de celle-ci ? Cela eût été inédit, mais dans l'éventualité que sa vision fût claire et juste, Edwyn eût été tant honoré que surpris, car rares sont les seigneurs d'importance à confier de si importantes missions à leurs plus petits vassaux.

Hélas, et très désagréablement, ce ne fut pas une surprise, la maison Lannister était dans l'incapacité de prêter mains forte à ses vassaux du nord, pourtant les plus touchés par et les plus exposés à la menace oppressante des Fer-nés. Le temps donnerait sûrement raison à Tybolt qui espérait que le bon peuple de Wyndhall sût montrer à sa valeur en résistant aux agressions en provenance des îles. Ne craignait-il pas cependant qu'à trop se tenir éloigné du sort de ses vassaux les plus fragiles, ceux-ci n'en vinssent à faire de même à son égard ?


«Votre seigneurie me pardonnera d'avoir espéré sa situation meilleure que la nôtre. Les maîtres de Doggett étaient moins respectueux et compréhensifs que moi, mais également plus proches de la vérité. »

Edwyn avait encore en tête le corbeau très virulent qu'il avait reçu quelques jours auparavant, dans lequel le seigneur des terres côtières frontalières avec le Conflans tenait des propos très durs à l'égard de la maison Lannister, qu'il considérait décadente et pleutre.

«Mon seigneur sera heureux d'apprendre que nous avons su adapter la défense de nos terres à la nature de la menace. Nous n'avons certes ni les moyens ni la puissance des plus grands fiefs du continent, mais grâce au soin apporté à la fortification de nos côtes et à la diligence de notre peuple à se replier sur les hautes-terres montagneuses, nos pertes ont été grandement diminuées. Nous avons en quelque sorte sacrifier la scierie pour sauver la mine, si je puis m'exprimer ainsi. »

Edwyn s'interrompit et inspira avant de poursuivre.

«A la vérité, j'ai bien été contraint d'agir en plus de me défendre. J'aime mieux taire la méthode, car elle vous semblera indigne, mais elle nous a offert le temps nécessaire à la fortification de nos côtes qui a permis de limiter la portée terrestres des raids fer-nés. »

Edwyn joignit ses mains du bout des doigts. Nul doute que son seigneur souhaiterait en savoir davantage.

«Toutefois si vous m'ordonnez d'exposer la méthode employée, je ne me déroberais pas. Mais parlons davantage de l'alliance que vous projetez avec le Bief. Je gage que c'est là l'objet de la mission d'importance évoquée dans la missive qui m'a conduit jusqu'à vous. »



Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 30 Avr 2011 - 14:59

Lord Tybolt n'appréciait guère ce qu'il apprenait, comme cela les seigneurs de Doggett se sentaient l'âme de rebelles. Ils se montraient moins "compréhensifs", comme si la compréhension était quelque chose qu'il leur été demandée et non ordonnée. Le jeune Lion nota ce nom dans son esprit. Les petits Lord s'étaient ils passé le mot pour avoir leurs crises d'autorité alors même que la guerre sourdait dans le royaume, après les prétentions déraisonnables du Val, lui fallait-il désormais compter avec les égos froissés d'une poignée de propriétaires terriens ?

Les maitres de Doggett savent où va leur allégeance et où est leur place et nous saurons le leur rappeler s'ils venaient à l'oublier un tant soit peu. L'heure n'est pas à la prise en compte des égos de chacun malheureusement. Castral Roc agit pour le bien des gens des Terres de L'Ouest, lorsque les petits Lord du nord saisiront cela, ils auront de beaucoup amélioré leur image auprès du peuple. Je ne peux me permettre de devoir compter avec les peurs irraisonnées de dirigeants depuis trop longtemps au pouvoir et ne voyant plus là que leur simple confort et les pertes matérielles que leur trésor subit.


Lord Tybolt joua un instant avec l'anneau gravé au Lion qu'il portait à l'index, profitant de ce moment pour architecturer ses pensées. Il reprit alors avec un sérieux et un ton plus posé.


Nous sommes de la même génération Lord Edwyn, nous ne sommes pas encore pervertit par l'opulence que nos titres nous octroient. Ce n'est pas du fait de la grandeur toute relative de votre maison que je vous ai fait venir en ces lieux. Mais bien parce que je pense que vous êtes comme moi soucieux de l'intérêt de nos gens plus que de celui de nos possessions. Avec tout le respect que j'ai pour nos ainés, ceux ci ne saisissent pas la moitié des évènements qui se déroulent en ce moment de par le royaume de Westeros.
Lord Tybolt émit un léger sourire. Par les Sept, la plupart des seigneurs de l'Ouest ne serait même plus capable de se battre si leur propre vie et celle de leur famille en dépendaient. C'est pourquoi j'ai besoin d'hommes comme vous Lord Edwyn, nous sommes le future de ces terres et il nous revient de les défendre de notre mieux pour nos familles et pour nos gens. Le sourire du Lion se fit plus narquois. Si jamais vous jouez votre rôle de la meilleure des manières, je prédis d'ores et déjà que la maison Estren brillera plus fort qu'elle ne le fit jamais dans Westeros. C'est une nouvelle ère qui s'ouvre devant nous Lord Edwyn, je vous concède qu'il nous faudra endurer cette rébellion Greyjoy pour pouvoir en profiter mais cela n'empêche qu'elle s'offre à nous si nous savons nous en montrer digne.

Lord Tybolt se leva pour aller se servir une coupe d'eau d'une cruche déposée sur une table dans un coin de la pièce. Il fit signe à Lord Estren de se servir s'il le désirait avant de reprendre.


Mais effectivement comme vous l'avez souligné, ce n'est pas simplement pour converser avec vous du crépuscule de nos ainés que je vous ai fait venir jusqu'à Castral Roc.
Il but le contenu de sa coupe à petites gorgées se laissant le temps de réfléchir à la manière de présenter la chose, ses entretiens avec Lady Maura lui revenant par bribes. Il m'est apparu très récemment et de manière on ne peut plus évidente que les arcanes de la négociation politique, bien que je les connaisse en théorie, sont en les faits quelque chose qui ne me sied guère. Devoir tenir compte des désidérata de chacun mais plus encore devoir faire face à des requêtes et des comportements irrationnels sont plus que ma patience ne sait endurer. Je vais donc avoir besoin d'un homme de confiance pour agir en mon nom. Ma jeune sœur Aliénor semble avoir été remarqué par Lord Tyrell pour en faire l'épouse de son héritier. Cependant et bien que cette proposition me convienne il me rechigne d'offrir ma jeune sœur au Bief sans que cela ne soit profitable au peuple des Terres de L'Ouest. Tout comme il ne saurait être question d'épouser Lady Maura sans que les Terres de L'Ouest ne profitent du fait que les armées du Val furent épargnées par le Fléau de Printemps pensa-t-il.

J'ai eu vent que vous étiez vous même bercé dans l'art de savoir ménager les égos et c'est de ce talent dont j'ai le plus besoin aujourd'hui. Sans compter qu'il s'agit là du bien le plus précieux que mon père m'ait laissé. En effet c'est de la sécurité de Lady Aliénor dont il est question ici. Sécurité que je ne pourrai confier à quelqu'un en qui je n'ai pas confiance. Hors vos actions par le passé me portent à croire que vous êtes à l'heure actuelle un des seuls seigneurs de l'Ouest la méritant, vous êtes jeune et robuste et bien que nous ne nous soyons rencontré qu'aujourd'hui je suis depuis déjà quelques temps votre évolution à la tête de votre maison. Durant la période où vous serez dans le Bief pour accomplir votre tâche il va sans dire que votre maison et vos gens ne seront pas oublié, c'est pourquoi je me fais fort de négocier l'arrivée de plusieurs millier d'hommes du Val afin de protéger vos terres et celles des autres seigneurs du nord des Terres de L'Ouest.

Lord Tybolt avait en effet prit la décision de cesser le jeu de dupe engagé avec Lady Maura et de se mettre directement en relation avec son seigneur de frère pour négocier l'alliance du Roc et du Val. Il avait du reste bonne espoir qu'un jeune Lord comme Jasper Arryn saurait se montrer plus réaliste et raisonnable que ne pouvait l'être sa beauté de sœur. Ce dernier devait forcément avoir conscience que les Eyrié ne pouvaient rester neutre dans les Sept Couronnes et se retrancher indéfiniment derrière leurs forteresses montagneuses. Voir sa sœur devenir la seconde femme la plus puissante de Westeros après la reine elle même devait pouvoir exercer un attrait certain sur le seigneur du Val sans compter la promesse d'un soutien militaire indéfectible de la plus puissante armée du royaume, une fois les troupes reformées à la suite du Fléau cela va sans dire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 2 Mai 2011 - 20:40

Edwyn demeura impassible en écoutant son suzerain. Les turbulences des plus petits de ses vassaux n'étaient pas qu'une question d'orgueils froissés. En dépit de la notoriété de la maison Lannister et de l'amour du peuple de l'Ouest pour son suzerain, le souvenir de celui-ci s'était considérablement étiolé, notamment dans le nord, à la faveur de l'ombre qui s'étendait sur la côte en provenance des îles de Fer. Il préféra ne pas interrompre Tybolt, même s'il craignait que celui-ci ne se complût dans l'erreur de se croire assez populaire auprès des gens du nord pour suppléer dans leur imaginaire la figure de leur plus proche seigneur. Ce n'était pas les espions de Port-Lannis qui avait anticipé les mouvements de Dagon Greyjoy. Ce n'était pas le seigneur du Roc qui avait organisé les terres de Doggett, de Wyndhall ou de Fléaufort pour répondre à la menace des Fer-nés. Ce n'était pas non plus Tybolt qui avait accueilli les populations dans ses propres quartiers pour empêcher, au nord, que les fils de l'Ouest ne fussent tués et les filles vendues comme viande à plaisir.

Ce n'était donc pas tant l'opulence du pouvoir et les ronflements d'un titre qui avaient excité les rancœurs de certains de ses vassaux à l'égard de Tybolt, mais davantage le mépris déclaré ou inconscient qu'affichait l'aristocratie de Castral Roc pour ces petits seigneurs fieffés. Edwyn peina à contenir son émotion quand l'impétueux jeune homme à la blonde crinière manqua d'insulter sa maison et son nom, voilant l'injure d'une chape de compliments. Impassible, toujours impassible, car après tout Tybolt n'avait pas tout à fait tort en accablant les seigneurs de l'Ouest, tous gonflés par l'orgueil et l'or des mines qu'ils ne sauraient défendre eux-mêmes. Toutefois le jeune Lion s'avançait un peu trop, et ses promesses, si elles témoignaient de ses éventuelles bonnes intentions, resteraient à jamais lettre morte, Edwyn ne se faisait guère d'illusion à ce sujet. Et quand bien même Tybolt l'eût couvert sur le champ d'or et de présents, Edwyn n'était pas de ces petits seigneurs qui mendient chez les plus grands.

D'un signe de la tête, Edwyn accepta l'invitation, mais n'alla point boire ni se servir. N'étant pas tout à fait sûr des raisons précises de sa présence auprès de son suzerain, il préférait attendre avant de taire sa méfiance. Son seigneur procéda alors à une confession intéressante, et dans l'esprit du jeune seigneur de Wyndhall s'éveillèrent bien des pensées tout à la fois. Tybolt concédait ouvertement souffrir de peu de patience, et préférer l'action à la négociation. C'était une donnée nouvelle qu'Edwyn s'empressa d'intégrer à ses calculs politiques et stratégiques. Le lion confirma ensuite, sans qu'il fût possible de tergiverser davantage, qu'il entendait marier sa sœur à l'héritier fougueux du Bief. Pauvre petite chose, sacrifiée sur l'autel de la diplomatie. Evidemment, un mariage entre puissants, avant d'être l'union de deux cœurs qui s'aiment, était surtout un contrat dont chaque partie en présence espérait tirer un profit substantiel et conséquent.

Mais la proposition de Tybolt fut, de prime abord, loin d'enchanter Edwyn, qui voyait d'un très mauvais œil l'arrivée de troupes étrangères dans son fief pendant son absence, même s'il ne doutait pas de la capacité de sa maison à gérer la situation. Il était alors temps pour lui de reprendre la parole.


« Je suis honoré de la confiance que vous m'accordez, car elle indique que vous me comptez parmi vos alliés. Les alliés sont des amis, et les amis n'ont pas besoin d'être si formels. »

Jace s'interrompit un instant, portant ses yeux et ses mains sur la carte, désignant les terres les plus au nord du royaume de l'Ouest. Ses terres.

« Le Val est un choix intéressant... Épargné par les dernières calamités qui ont frappé Westeros, je ne doute pas que leur secours sera à la hauteur de vos attentes. Vous avez déjà, je suppose, une idée en tête de l'usage que vous allez faire des troupes envoyées par les seigneurs du Val ? Si je puis me permettre, votre seigneurie, j'aurais quelques conseils à donner à l'homme qui dirigera les contingents de troupes qui s'installeront provisoirement sur mes terres. »

Edwyn ne voulait ni contrarier son suzerain, ni contrarier son peuple, qu'il savait prompt à la colère contre les étrangers.

« Quant à cette mission diplomatique, vous pouvez compter sur moi, cela va sans dire, mais vous devez alors me préciser ce que vous attendez de moi et les outils que vous mettez à ma disposition pour convaincre nos voisins du Bief. Ils s'attendront certainement à bien plus que de bonnes intentions, et nous sommes nous-mêmes en droit d'attendre davantage.. »

Réfléchissant à toute vitesse, Edwyn comprit qu'il était sur le point de faire un pas avant vers des affaires plus importantes. Il était heureux de ne pas avoir été appelé au Roc pour le seul plaisir de divaguer autour des caprices de Dagon Greyjoy, et savait que le voyage qui s'annonçait lui en apprendrait beaucoup sur les seigneurs voisins de l'Ouest. Cela lui permettrait d'affiner son jugement autant que son art de la guerre, car si pour aujourd'hui il ne connaissait d'ennemis que les sèches, demain était une toute autre affaire. Un mariage n'est rien quand il en va d'intérêts supérieurs, et bien qu'une guerre, fût-elle lointaine, avec le Bief, le Conflans ou même le Nord n'était guère à envisager dans l'immédiat, qui sait ce que l'avenir réservait aux terres de l'Ouest ? Mais avant d'être à la stratégie, l'heure était à la diplomatie. Une toute autre forme de combat, non moins cruciale.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 5 Mai 2011 - 21:56

Lord Tybolt observait son jeune vassal exposer ses observations que ce soit à la fois de ce qui concernait l'utilisation des troupes tout nouvellement négociées avec Lord Arryn ou même quant à l'approche à avoir pour ce qui était des négociations avec le Bief. Il appréciait à sa juste valeur la volonté de bien faire de Lord Estren et le savait tout à la fois capable et motivé pour accomplir sa mission. Il ne se formalisa pas outre mesure donc de ce léger manque d'humilité ne serait-ce que feinte de son vassal. Il s'agissait là d'ailleurs d'une autre différence entre la nouvelle génération et celle plus traditionaliste qui était aujourd'hui en déclin. Les anciens savaient faire en sorte que leur Suzerain se sente en toute occasion supérieur à tout autre. Hors Lord Estren semblait plus enclin à exposer sa vision des choses qu'à gonfler l'égo de son Suzerain et Lord Tybolt lui en était du reste reconnaissant, il préférait cent fois avoir à ses cotés des conseillers capables de lui indiquer lorsqu'il faisait fausse route plutôt que de simples grabataires ne faisant qu'acquiescer en son sens pour s'attirer ses faveurs. Et bizarrement en se faisant cette réflexion il se fit la remarque personnelle que dans cet exercice Lady Maura avait elle aussi su se montrer on ne peut plus compétente.

Cependant et malgré toute l'estime qu'il avait pour Lord Edwyn le fait qu'il veuille s'informer de la manière dont les troupes du Val seraient déployées sur le domaine Lannister l'irritait quelque peu. Certes les Estren avait la suzeraineté de cette région mais il n'en demeurait pas moins que la seule autorité compétente au sommet de la hiérarchie restait celle de la maison Lannister et ces troupes du Val n'étaient en aucun cas susceptibles d'être soumise aux désidératas des petits seigneurs du Nord. Tybolt avait négocié en son nom propre ces 7000 hommes d'armes et bien qu'il désir les mettre en place pur défendre le nord des Terres de L'Ouest, cela n'avait rien à voir avec les désirs et les attentes des seigneurs de cette région. Sa seule préoccupation demeurait et serait toujours celle de la sécurité du peuple de l'Ouest, ces 7000 hommes d'armes seraient une dissuasion forte à l'intention des Greyjoy. Il prit donc un ton plus péremptoire que précédemment lorsqu'il prit la parole.


Je suis certain que vos suggestions seront fort utiles, Lord Estren, mais et je tiens à ce que cela soit très clairs entre nous pour éviter toute mésentente. Si j'envoie 7000 hommes d'armes dans votre région, ce n'est pas pour rassurer les seigneurs du coin ou sécuriser leurs possessions, mais bien pour protéger le peuple de l'Ouest. Ainsi ces troupes auront pour principale objectif de dissuader les Fers-Nés de venir de nouveau réaliser des incursions sur les terres dont vous avez la régence. Le confort ou les sentiments des seigneurs du cru ne sont absolument pas mes priorités ni même le moins du monde un soucis auquel je souhaite accorder du temps qui est par ailleurs limité tant les préparatifs pour la mise à l'eau de la flotte du Lion sont chronophages. Un déploiement de troupe comme celui-ci devra faire comprendre à notre très cher Damon Greyjoy que les Terres de L'Ouest ont des alliés qui sont désormais entrés en guerre contre lui et ses Fers-Nés. Alors oui pour répondre à votre question, vous pourrez laisser des instructions sur la manière dont vous estimez que ces troupes pourrez être utilisées au mieux mais que vous et moi soyons bien sur la même ligne de conduite, il s'agit bien ici de sécuriser le nord des Terres, je ne veux pas voir de propositions en rapport avec autre chose que ce simple but.

Lord Tybolt n'avait en effet aucune envie de devoir de nouveau compter avec des observations voulant convenir à chaque petit Lord qu'on avait eu le malheur d'élever à un titre de noblesse quelconque et qui aujourd'hui face à la véritable menace qu'était les Fers-Nés voyaient leurs misérable morceau de pouvoir leur échapper. Il se doutait bien que beaucoup devaient bougonner voir même fomenter de quelconques alliances visant à élever une voix forte contre la direction de Castral Roc mais il n'avait pas le temps de s'en occuper à l'heure actuelle. Il aurait tout le temps nécessaire pour gérer ces problèmes une fois la menace de Damon Greyjoy écartée. Alors il se rendrait lui même dans ces régions du nord pour s'entretenir directement avec les Lord concernés et là chacun pourra soumettre ses doléances même s'il avait du mal à croire qu'une fois face à leur Suzerain tous garderaient le courage que semblait leur octroyer l'anonymat de la distance par rapport à Castral Roc. Il avait cette intuition pour être lui même soumis à ce même phénomène, il ne se voyait que difficilement critiquer le comportement du Roi en sa propre présence alors qu'il le faisait allégrement depuis le Roc. Ainsi il visiterait chaque domaine du nord et écouterait chaque seigneur de la région. Quant au peuple et bien tout ce qu'il faisait depuis le début de la rébellion Greyjoy était fait pour lui, pour le protéger et il ne doutait pas qu'une fois cette rébellion écrasée le peuple saurait être reconnaissant face aux efforts investis par les Lannister durant cette période ainsi que par les alliances passées avec le Bief et le Val sécurisant ainsi les Terres de L'Ouest sur la plupart de ses frontières.

Mais le moment était désormais venu de s'entretenir du véritable but de cette visite de Lord Estren, à savoir l'escorte de Aliénor jusqu'au Bief et les négociations concernant cette alliance et le mariage qui la scellerait.


Les choses sont relativement simples Lord Estren, Lord Tyrell souhaite marier son fils et héritier tout en offrant à son peuple une alliance forte avec les Terres de L'Ouest, raison pour laquelle il nous a en partie envoyé Lady Maura, qui en plus d'être la sœur de Lord Arryn est aussi et surtout dans cette affaire, la nièce du maitre de Hautjardin. Seulement le Bief bien que véritable grenier à grain de Westeros n'en demeure pas moins une région plus pauvre qu'il n'y parait. Vous aurez donc une dote considérable à négocier avec Lord Tyrell. Bien sur aucune proposition ferme ne devra être fait durant votre visite, votre mission consiste avant tout à sonder les besoins de nos amis du Bief. Estimer à quelle niveau vous évaluez le montant qu'il serait prêt à accepter en guise de dote, nous pouvons nous montrer généreux mais point trop n'en faut et il est totalement hors de question de leur donner plus que ce que Lord Tyrell s'attend à recevoir ou espère que nous lui offrirons. Tybolt fit une pause avant de revenir s'assoir. Mais plus que sonder leur attentes sur l'or qui accompagnera Aliénor pour ces épousailles, j'attends de vous que vous appreniez jusqu'où les Tyrell sont prêt à aller dans le cadre d'une alliance militaire, quelle est l'étendu de leur forces maritimes puisque c'est très certainement sur ces bases que l'alliance se conclura. Lord Tybolt se pencha vers son invité. Les limites de ces négociations seront de 75.000 dragons pour la dote en elle même et un pacte de non agression ainsi qu'un second de soutient indéfectible sur les bases d'une attaque extérieur pour ce qui est de prendre l'initiative de l'agression, les deux parties devront être laissées libre de choisir entre soutien militaire direct ou simplement logistique. Bien entendu j'attends aussi de vous que vous me teniez informé de l'avancement des négociations chaque jour, ainsi que lors de votre voyage jusqu'à Crakehall où vous serez accueillit par le maitre de ces terres en attendant qu'une escorte Tyrell ne vienne vous rejoindre pour la fin du voyage jusqu'à Hautjardin. Comme vous l'avez certainement compris, vous prendrez la route du front de mer et serez donc escortés d'une suite importante, ma garde personnelle vous accompagnera il s'agit d'une centaine des meilleurs bretteurs de mes gens, la plupart d'entre eux sont des ascètes qui ne portent pas l'armure mais sont incomparables au combat et dans l'anticipation d'embuscades ne vous fiez dès lors pas à l'image de dénuement qu'ils peuvent renvoyer... Leur mission sera bien évidemment de s'assurer que Lady Aliénor arrive sans encombre jusqu'à Crakhall, il va de soit que vous êtes libre de prendre en plus le nombre d'homme que vous jugerez nécessaire dans la mesure où ce nombre ne vous ralentira pas et ne risquera pas de mettre en péril votre équipée.

Lord Tybolt tourna son regard bleu sur la carte, si tout se passait comme convenu les Terres de L'Ouest seraient sécurisées sur leur flanc Sud ainsi qu'à l'Est et au Nord une fois la menace Greyjoy vaincue, cette pensée lui arracha un sourire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Jeu 5 Mai 2011 - 23:26

Qu'il était décevant pour Edwyn de constater que son suzerain, en plus de toutes les qualités du glorieux animal de son blason, en avait également tous les défauts. Puissant, souverain, solaire et lumineux à l'extrême, le lion, ce roi des animaux, est l'incarnation même du pouvoir, mais les excès de son orgueil et de son assurance en font ce despote ébloui par sa propre puissance, aveuglé de sa propre lumière et qui devient tyran en se croyant protecteur. Un lion pouvait donc être admirable autant qu'insupportable. Les bonnes intentions de Tybolt étaient claires, mais ignorait-il les dégâts susceptibles de causer une armée en campagne, étrangère et loin de son foyer ? Sept mille hommes du Val loin de leurs épouses, de leurs bordels, de leurs précieuses montagnes... La fin justifie certes les moyens, mais enfin Edwyn anticipait déjà les conséquences d'une telle manœuvre. Certains établissements de faible réputation feraient fortune de leur passage, mais le commerce ne profite jamais de la prolifération des cafards. Était-il si inconcevable qu'il eût à cœur la sûreté de ses gens ? S'il souffrait d'une paranoïa excessive, Edwyn aurait pu y voir une manœuvre du Lion visant à l'éloigner de ses terres et d'user de la force envoyée par le Val pour saisir et confisquer son fief. L'arrogance de Tybolt était dès lors de propos, mais si le seigneur du Roc préférait ignorer les inquiétudes et les mécontentements de petits seigneurs que des droits séculaires attachaient à leur terre, alors qu'il en fût ainsi. Le Lion n'avait rien à craindre, militairement, de l'homme encapuchonné, de l'aigle ou de la licorne, et si de plus ses priorités ne lui faisaient pas craindre de perdre le soutien de quelques uns de ses bannerets...

On ne gagnait rien à faire une colère avec Edwyn, fût-elle dissimulée sous le plus courtois des visage. Il n'était qu'un seigneur mineur et savait de ce fait que son suzerain serait sourd au moindre de ses arguments. Il n'était là que pour servir, en effet, mais au fond de lui, il remerciait Tybolt d'être généreux dans les informations qu'il consentait à lui donner. Car si le seul objectif de ce déploiement de troupes étaient la sûreté du peuple du nord des terres de l'Ouest, il ne faisait aucun doute que ces soldats étrangers seraient positionnés sur la côte, et non sur les contreforts des montagnes, ce qui n'était pas la pire des choses, car ainsi pris entre la mer et la roche, ces manants du Val seraient plus aisément surveillés, et jugulés. Edwyn s'inquiétait tout de même de voir son seigneur si prompt à employer l'épée d'autrui sur ses propres terres. Il faut attaquer avec une épée empruntée, mais défendre ? C'était un choix stratégique discutable, car les hommes du Val n'ont pour seul maître que le seigneur des Eyriés. Mais était-ce vraiment une surprise ? Le seigneur du Roc devait conserver le gros de ses forces pour protéger les côtes les plus roches de Castral Roc, ce qui pouvait peut-être en dire long sur l'état de santé des armées de l'Ouest. Fallait-il deviner que les griffes du Lion étaient émoussées ? Quelle importance, en vérité ? Edwyn garda donc le silence, puisqu'il n'avait rien à dire des propos de son suzerain. Celui-ci, toutefois, ferait bien de ne pas oublier qu'il était son vassal, et non son domestique.

Les seigneurs de Fléaufort et de Doggett seraient ravis d'apprendre toute la considération et l'estime que leur suzerain avaient pour eux. Edwyn se garderait bien de leur exprimer le mépris du seigneur du Roc, mais il aurait à cœur de les prévenir qu'une armée en provenance du Val ferait son apparition bientôt, et qu'ils auraient tout intérêt à prendre leur disposition pour limiter les dégâts collatéraux du passage de la soldatesque étrangère. La confiance qu'entretenait Tybolt l'amour de son peuple était exagérée. S'était-il donc tenu si loin des plus petites gens pour ignorer à quel point l'affection du peuple est fragile, infidèle, aisément corruptible ? Du reste, s'il était tant aimé de son peuple, à quoi lui servait d'avoir tant de bannerets, tant de vassaux ? Ne pouvait-il tenter l'expérience d'un pouvoir charismatique sur l'ensemble du bon peuple des terres de l'Ouest ? C'eût été folie, et nul doute qu'au fond de lui, Tybolt n'était pas assez sot pour l'ignorer. Edwyn demeurait toujours silencieux quand Tybolt reprit la parole. Il avait concentré son regard sur ses mains, évitant soigneusement de suivre celui de son suzerain. Qu'eût-il appris en y jetant un œil, sinon que la détermination de Tybolt serait à la fois sa plus grande force, et sa plus évidente faiblesse ?

Négocier un mariage, quoi de plus simple ? D'autant plus qu'il ne serait jamais que le pantin d'un maître marionnettiste qui semblait avoir tout prévu. Edwyn aurait donc à discuter de la dot de l'épouse , et des cadeaux mariages de l'époux. Des hommes en armes, bien sûr, cela ne faisait aucun doute. Jauger de la puissance terrestre et navale du Bief serait chose facile, et très naturellement Edwyn ne devrait aucun problème pour s'en sortir. En vérité, Edwyn ne serait rien de plus qu'un pigeon coursier, puisqu'il n'avait aucune forme d'initiative à prendre, et cela le satisfaisait suffisamment pour ne pas l'ennuyer. Tybolt aurait bien pu marier sa sœur à n'importe qui qu'Edwyn eût exécuté sa mission avec le même enthousiasme contenu et feint. En revanche, il avait peut-être à redire du voyage qui projetait son suzerain pour l'escorte de sa propre sœur. La route du front de mer était peut-être la voie la plus rapide, mais c'était loin d'être la plus sûr. Sur la côte, elle était exposée à la menace Fer-née, et pour peu que des espions à la solde de Greyjoy eussent laissé traîner ici ou là leurs oreilles...


« Veuillez pardonner mon inquiétude, messire, mais n'y a-t-il pas quelque risque inconsidéré à prendre ce chemin, si proche de la mer ? Vous n'ignorez pas qu'il n'y a pas d'endroit moins sûr que les côtes pour toutes les gens de l'Ouest... Mais vu qu'il s'agit de votre sœur, je suppose que vous en avez mesuré tous les dangers. »

La naïveté n'était que feinte, et Tybolt devait bien comprendre qu'il peinerait à accepter d'être ainsi dans la gueule de la seiche, car alors qui blâmerait-on pour la capture ou la mort d'Aliénor, sinon Edwyn, en charge de l'escorte ? Edwyn aurait bien sûr préféré choisir lui-même, ou en concertation avec son suzerain le trajet, mais puisque le lion avait déjà tout décidé, l'aigle n'avait plus qu'à se taire et s'envoler.

« Qu'en est-il du retour ? Votre soeur rentrera-t-elle au Roc, ou demeurera-t-elle à Hautjardin ? Devrais-je l'escorter à nouveau moi-même jusqu'à vous, où bien serais-je libre de retourner à mes occupations ? Mon suzerain m'honorerait s'il me déliait de son service à Hautjardin, d'où je pourrais poursuivre certaines affaires très importantes pour mes gens. Il va de soi qu'un corbeau pourra toujours me rappeler à lui. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 6 Mai 2011 - 3:08

Le petit air de supériorité condescendante qui filtrait dans les paroles et les attitudes de son banneret commençait à joyeusement irriter Lord Tybolt. Il était ouvert au suggestions ainsi qu'à la remise en cause de ses décisions lorsque cela était fait avec manière et déférence mais les sous entendus qu'il déchiffrait dans les réflexions de Lord Estren depuis le début de leur entretien lui portaient de plus en plus sur les nerfs, comme d'innombrables dents de rongeurs grignotant un bout tenant un navire à quai. Petit à petit ce dernier s'effiloche si bien qu'à un moment il finit par rompre. En prévision d'une telle rupture, Tybolt se concentra un moment sur la carte pour apaiser son esprit. Mais lorsqu'il reprit la parole l'agacement percé néanmoins dans sa voix, chose qui le surprit lui même, il n'avait pas eu conscience au moment de s'exprimer que son ton avait prit cette résonance.

En effet Lord Estren, j'ai mesuré tous les dangers. Vous prendrez cette route car c'est ainsi que les Lannister se rendent depuis toujours à Crakehall et je refuse que la Seiche fasse le Lion se terrer dans les sous-bois. L'époque où les Fers-Nés pensaient pouvoir imposer leur terreur sur les Terres de L'Ouest est désormais en passe d'être révolue. Quelle image renverrais-je à nos futurs alliés si je venais à faire voyager ma sœur comme une réfugiée, préférant la faire se cacher sur les chemins de montagne plutôt que d'arpenter fièrement notre domaine comme il est de coutume depuis les premiers Rois du Roc ? De toute manière les derniers rapports font état que la flotte de fer est bien loin de cette région pour le moment si bien que vous ne devriez pas rencontrer de troubles particuliers. Et lorsque vous serez en route nul doute que les premiers dromons et autres galères de la flotte du Lion seront d'ores et déjà à l'eau interdisant tout accès à cette région pour les boutres Greyjoy. Il leur faudrait dès lors naviguer très au large pour pouvoir faire une incursion au Sud, autant dire que d'ici là vous serez rendus à Crakehall et à l'abri derrière ses fortifications. Lord Tybolt continua d'un ton plus calme. Maintenant si cet itinéraire ne vous convient pas ou vous parait induire un danger trop lourd à supporter Lord Estren libre à vous de refuser cette mission je ne voudrai pas vous faire courir un risque trop grand.

Lord Tybolt ne comptait pas particulièrement se mettre en colère ici même en compagnie de ce banneret un peu trop pédant à son gout de plus le fait qu'ils soient en si petit comité jouait en faveur de Lord Edwyn, nul doute que s'il y avait eu d'autres personnes présentes il aurait été attendu de Lord Lannister qu'il agisse autrement mais ce n'était pas le cas et l'exposé de leur voyage lui parut suffire à faire comprendre au maitre de Wyndhall que la discussion sur ce sujet était dorénavant close. Lord Estren semblait vouloir être démit de sa mission une fois celle-ci exécutée, après une courte réflexion Tybolt convînt en lui même que cela serait en effet une bonne solution. Il n'avait après tout pas besoin de Lord Edwyn pour plus que ce qu'ils venaient de prévoir.

Sur ce point au moins nous sommes d'accord Lord Estren, vous pourrez à l'instant où les négociations auront abouti vous en retourner à Wyndhall si vous le souhaitez ou vaquer à toute autre occupation qui vous semblera bonne. Il ne sera nul besoin de servir d'escorte à Lady Aliénor pour le retour. J'aviserai en temps voulu, ma garde personnelle restera bien entendu avec elle à Hautjardin cela devrait suffire pour assurer sa sécurité lors du retour à Crakehall. Je me rendrez très certainement là bas moi même pour son retour à Castral Roc.

Cela semblait de fait être une idée pertinente aux yeux de Lord Lannister, parcourir en grande pompe la route du front de mer toutes bannières au vent ne pourrait être une manière plus visible pour montrer au peuple de Port-Lannis que le Lion ne comptait pas rester caché alors que la Seiche était dehors. Agir sur l'esprit des gens étaient de fait aussi important que de combler leurs besoins primaires. Il parviendrait sans aucun doute à cette occasion à marquer l'imagination de son peuple, tout du moins dans cette région, il ne doutait pas qu'alors les rumeurs feraient leur travail et gonfleraient cet évènement si bien que lorsque son récit atteindrait les régions plus éloignées cela s'apparente à une marche conquérante du Lion Lannister contre l'envahisseur Fers-Nés. Et lorsqu'il aurait repoussé les Greyjoy une fois pour toute alors là la légende commencera et le peuple ne se souvenant que des derniers actes des grands seigneurs retiendra finalement que ce sera bien Tybolt Lannister qui les aura débarrassé de la menace Fers-Nés et aura conclut des alliances afin de les préserver par la suite d'une quelconque attaque. Les informations relatives à ces alliances seront par ailleurs véhiculées au travers tout le domaine dès lors qu'elles seront conclues de ce fait il était certain puisque ses propres gens auront pour mission de colporter la nouvelle dans chaque bordel et autre taverne des Terres de L'Ouest.

Le Seigneur du Roc se leva alors.


Et bien je pense que nous en avons finit pour aujourd'hui en ce qui concerne votre voyage, il va de soit que je vous tiendrez informé quand à la date de votre départ. Et désormais Lord Estren, à moins que vous n'ayez d'autres doléances à me faire part, je vais prendre congé. De nombreuses affaires réclament encore ma présence.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 6 Mai 2011 - 9:29

Dans la bouche de son suzerain, l'agacement déclaré qu'Edwyn n'avait pas à deviner mais à constater par lui-même sonnait comme une victoire, car il confirmait qu'en effet son seigneur, tout puissant fût-il, ne semblait être taillé pour les méandres et les subtilités de la diplomatie. Impassible toujours, Edwyn l'entendit présenter avec les précisions les précautions qui avaient été prises pour faciliter le voyage de lady Aliénor et de son escorte sans trop y prêter attention, relevant toutefois qu'il lui faudrait présenter ses respects au seigneur de Crakehall, dont on racontait qu'ils appartenaient à la race de ses hommes dont la carrure en impose sans trop d'efforts. Il aurait probablement à lustrer les sabots du sanglier, mais c'était là l'usage quand un banneret de moindre importance est accueilli par une famille de rang plus élevé. Edwyn était versé dans cet art, après tout. Pour que tout homme fasse ce que vous voulez, dîtes-lui ce qu'il veut entendre. En ce sens, son seigneur et maître devait le remercier, car n'était-ce pas grâce aux insinuations et aux remarques délibérément critiques du vassal qu'il avait appelé à lui que lord Tybolt avait eu le loisir de se découvrir lui-même avec plus de facilité que si son dévoué serviteur avait été ce flatteur grassouillet qui ne connaît d'autre posture que la soumission révérencieuse ? Bien sûr, Edwyn avait aussi manœuvré de telle sorte qu'il en savait davantage sur les mouvements de la flotte du Lion, informations que son suzerain n'aurait autrement pas daigné confier à un seigneur de si faible importance. Edwyn ne craignait donc pas d'agacer son suzerain, et ils étaient quitte, en quelque sorte.

Refuser la mission ? Perspective intéressante, qui maintint la tête d'Edwyn inclinée sur la carte un long moment, sa bouche figée dans un sourire indescriptible, quoiqu'on y pût lire très facilement toute la satisfaction du jeune homme d'entendre son seigneur ainsi douter de lui. Il eût été dangereux pour Edwyn de se présenter comme celui que la mission enchantait et qui la remplirait à triplant les résultats escomptés, car alors en cas l'échec promettrait d'en être d'autant plus cuisant. En revanche désormais qu'il semblait au lion que le seigneur de Wyndhall éprouvait quelques réticences à accepter au lion, la réussite d'Edwyn n'en serait que mieux perçue. Mieux récompensée ? Probablement pas, mais tout au moins Edwyn était-il en mesure de s'attendre à ce que son suzerain n'oubliât point son rôle dans l'alliance avec la Rose.


« Je vous remercie, mon seigneur, et salue votre générosité. Je tâcherai de ne pas vous décevoir et j'espère que la nouvelle d'une alliance fort avantageuse pour l'Ouest suffira à balayer les doutes que vous semblez nourrir à mon égard. Mes opinions n'ont jamais eu pour but d'être un obstacle aux décisions de mon seigneur. »

Edwyn se souviendrait toujours qu'en dépit de ce qu'il pouvait dire, son suzerain semblait préférer les contours définis d'un protocole formaliste au respect mutuel d'une libre expression. Il ne pouvait se targuer de n'accorder aucune importance à l'opinion de son suzerain à son sujet, mais il avait cru comprendre que son suzerain préférait un avis argumenté à une caresse flatteuse. Peut-être fut-ce là l'erreur d'Edwyn, d'avoir cru que son suzerain s'intéresserait à son conseil. Mais il semblait plus prompt à confondre condescendance et prévenance. La bienséance imposait à Edwyn d'adapter sa posture, et s'il était arrivé à Castral en vassal et conseiller, il repartirait bien volontiers en coursier et laquais. Quand Tybolt exprima les affaires qui l'appelaient et nécessitaient que les deux hommes se quittassent sans tarder, Edwyn se contenta d'incliner la tête avant de se lever.

« Je m'en remets à vous et à vos ordres. Que les Sept vous soient toujours favorables. »

Après une profonde révérence, qui lui parut tout à fait appropriée étant donné la circonstance et la résolution qu'il venait de prendre, Edwyn prit congé par le couloir qu'il avait emprunté pour arriver, et bientôt rejoint par son garde le plus dévoué, il regagna les lieux où sa garde l'attendait. Là, il instruisit ses hommes de la suite prochaine des événements, et la plupart accueillirent la nouvelle avec un enthousiasme mesuré : même s'ils auraient suivi leur seigneur jusque loin derrière le Mur, ils auraient préféré demeurer sur leurs terres pour protéger leur foyer en ces temps si troublés. Edwyn partageait leur sentiment, mais cette première était un tremplin à ne pas déconsidérer. Accompagné du chevalier qui ne le quittait pas d'une semelle et du maître fauconnier de la garde grise, Edwyn suivit un mestre qui le conduisit jusqu'à la volière où des corbeaux attendaient quelque message à transporter partout dans Westeros. Il s'empressa d'écrire une longue missive relayant le contenu de son entretien avec Tybolt Lannister ainsi que ses impressions personnelles sur son suzerain. Observant le faucon aux ailes déployés disparaître à l'horizon, Edwyn ne put se retenir de rire tant il lui semblait clair que la déception Tybolt serait durable. Il s'en félicita, car s'il avait réussi son calcul, deux voies s'offrait à lui. Ou bien son retour en grâce serait magistral et indéfectible, ou bien son suzerain l'oublierait et le laisserait tranquille. Avant de quitter les lieux, ils se tourna vers le maître fauconnier.

« Dès demain, fais venir le plus beau de nos rapaces à Castral Roc. Il sera offert à lord Tybolt Lannister en gage de la bonne volonté et de la fidélité de la maison Estren.

En gage de soumission serait plus juste, sire. »


Edwyn ne put s'empêcher de rire.

« Toujours l'aigle s'incline avant de s'envoler. »
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

[Terminé] « La dame, le fou et le cavalier. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Arrivée d'un Seigneur ébouriffé et d'une blonde Dame
» Ashelia D. Nargan, l'absinthe de l'homme [Terminée]
» Oscar et la dame Rose
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-