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La persévérance fera toujours ses preuves [PV Fedric]

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Message Mer 11 Juil 2012 - 21:43

Connaissez-vous Gawain ? Ou plutôt devrais-je dire « Ser Gawain » bien qu'il n'a rien d'un chevalier, ce jeune homme en est bel et bien un. Non, cela ne vous dit rien ? « Chevalier bavard » peut-être ? Non plus ? Cela est bien dommage, c'est un personnage des plus intéressant, bien que l'on pourrait penser que « Tais-toi » ou encore « Ferme-la » font parti de ses surnoms.

Vous l'aurez compris, ce chevalier possède un débit de parole inébranlable, c'est simple, il a toujours quelque chose à dire, et, en général, il en fait profiter son entourage. Malheureusement, cela n'est pas au goût de tout le monde, même si, en général, il est apprécié par bon nombre de personnes. Étant quelqu'un de souriant, d'agréable et généreux, il compte bien plus d'amis que d'ennemis. La timidité ? La gêne ? Il ne connaît pas. Si un groupe discute, et qu'il n'est pas invité, soyez-sûr qu'il s'invitera tout seul. Une nouvelle personne débarque au château ? Il fera sans doutes parti des premiers à l'accueillir.

Il est aussi quelqu'un de très gentil, pensant bien souvent aux autres avant lui, mettant au premier plan les préceptes de la chevalerie qu'on lui a enseigné. Il fait vivre ses deux sœurs sur sa solde depuis la mort de leur mère, et s'occupe d'elles du mieux qu'il peut. Enfin, il est très proche de son seigneur, le lord Fedric Prestre, et, depuis le tragique incident qui lui a ôté sa femme ainsi que son frère, ser Gawain s'est donné pour mission de faire retrouver le sourire au seul homme qui lui a laissé une chance de montrer sa valeur. Ce jeune homme est sans aucun doutes possible, l'un des plus fidèles hommes du seigneur, et le servira jusqu'à la mort.

Je vois que, quelques uns parmi vous commencent à être intéressés par ce personnage, oui, vous là-bas au fond, je vois votre œil briller, attendant bien plus de chose sur cet homme. Je suppose qu'un petit récit sur lui vous plairait ? Cela tombe bien, je suis payé pour cela après tout. Une petite histoire avec laquelle vous pourrez peut-être comprendre l'attachement de ce chevalier à son seigneur, et la relation qu'il entretient avec lui.

Cela faisait un peu plus de quatre ans qu'il était officiellement membre de la garnison de Feux-de-Joie, et, un an que le tragique incident était arrivé. Un an que, lord Fedric était enfermé dans son silence, et son malheur. Le personnage joyeux avait laissé place à quelqu'un de dépressif, plus jamais on ne lui avait vu un sourire, même le caractère du chevalier bavard n'y pouvait rien, alors que ce dernier redoublait d’ingéniosité pour essayer de lui faire afficher ne serait-ce qu'un brin de joie sur son visage, mais rien n'y faisait. La plupart du temps, le Boeuf écarlate avait les yeux rivés sur la mer, rongés par la haine et son envie de vengeance.

C'était à peu près la même scène qui se déroulait ce soir-là, lord Fedric était à la fenêtre, tandis que ser Gawain était près du feu, soucieux de l'état de son seigneur, calme et silencieux, songeant à ce qu'il pourrait faire pour changer cela, espérant encore pouvoir faire un petit quelque chose. Ser Malkior, un autre chevalier roturier de la garnison de Feux-de-Joie, s'approcha en rigolant, pour venir s'asseoir à ses côtés.

« Hé bien, le chevalier bavard est bien silencieux ce soir, aurais-tu perdu ta langue ? »

Tout deux se connaissaient bien, et étaient assez proche, en effet, lorsque Gawain rentra au service des Prestre, ser Malkior fut désigné pour être son « grand frère », l'aider à s'intégrer, et à lui expliquer les règles. Pour l'intégration, il n'y eut pas de problèmes, pour les règles aussi, car le jeune homme fut toujours très à cheval sur cela, cependant, il n'était jamais le dernier pour faire une bêtise, et, son grand-frère se sentait en parti responsable de cela, courant bien souvent derrière lui pour l'empêcher de continuer.

Mais, passons, là n'est pas le sujet.

Gawain ne répondit pas, pas même par un sourire, alors que ses yeux indiquaient leur seigneur. Ser Malkior regarda dans la direction donné, et comprit alors ce qu'il se passait. Il se releva alors pour lui donner une petite tape sur l'épaule, lui glissant dans l'oreille qu'il devait essayer de faire quelque chose. Cette fois, il eut droit à un sourire.

Le rouquin se replongea dans ses pensées, jusqu'à trouver une idée, qui, pour une fois, ne semblait pas des plus débiles, parler avec son seigneur de son blason personnel. Pour ne pas rentrer dans les détails, le jeune chevalier, conscient de sa capacité à commettre des erreurs, voulait se créer son propre blason afin que, s'il venait à faire une boulette, l'erreur entacherait son nom, et non celui de la famille qui l'avait recueilli.

Son idée en tête, le jeune homme se releva d'un bond et couru jusqu'à ses quartiers, évitant de peu les gens de la maisonnée. A sa porte, il reprit son souffle afin de ne pas effrayer ses deux sœurs. Bientôt la porte s'ouvrit, et un large sourire s'afficha sur son visage. La plus jeune de la fratrie s'apprêtait à se mettre au lit, tandis que l'autre lisait à la lumière d'une bougie. Le chevalier alla embrasser la plus jeune, lui souhaitant une bonne nuit, avant de s'intéresser à la lecture de l'aînée. Quelques minutes plus tard, il repartait, un parchemin à la main, pour reprendre sa course effrénée, afin de rejoindre la grand-salle où, lord Fedric devait encore être présent, et c'était bel et bien le cas.

Ser Gawain rentra dans la salle telle une furie, continuant à courir, tout en criant.

« Messire ! Messire ! Messire ! »

Il continua à courir jusqu'à s'embroncher dans le pied d'un fauteuil avant de s’étaler de tout son long sur le sol, laissant rouler le parchemin au sol, sous les rires amusés de ser Malkior.
Gawain se releva l'air de rien, s'époussetant le bas-ventre et les genoux, avant de récupérer le papier et continuer son chemin vers son seigneur, une fois devant lui, il déplia le rouleau, pour lui montrer ce qu'il contenait : un blason. C'était un arbre mort de couleur sang sur fond blanc. Une phrase écrite : « Honneur, Devoir & Loyauté aux Prestre ». Gawain finit par prendre la parole.
« Messire, je voulais votre avis sur cela. J'ai eu l'envie … Je devrais plutôt dire ressenti le besoin de me créer mon propre blason. Non pas que le votre ne me plaise pas, loin de là. Les Sept savent à quel point j'aime votre famille, votre blason, et les gens à Feux-de-Joie. Cependant … Je sais que je suis prompt à faire des bêtises, et, j'ai bien peur que … Que mes erreurs rejaillissent sur vous. Tout ce que je souhaite c'est votre honneur, moi dans vos rangs … Je ne sais pas si c'est tellement une bonne idée, surtout si je porte vos couleurs. »

Il s'arrêta un bref moment, avant de reprendre tout aussi vite.

« De fait, voilà ce que j'ai moi-même dessiné. Ce n'est peut-être pas au top, cela peut sembler idiot, voire débile, mais, l'arbre a une signification. Vous vous rappelez sans doutes que je suis né sur les terres des Rowan, et, quand je suis devenu chevalier, je rêvais d'entrer dans la garnison de Bois-Doré, afin de vivre près de ma famille, malheureusement, ils n'ont pas voulu m'entendre. Un roturier, sans faits d'armes, sans blason ni rien, on aurait dit qu'ils allaient me rire au nez. L'arbre désigne en quelque sorte leur … Symbole je pense ? Enfin, c'est une image pour dire que, j'ai tiré un trait sur mon passé, sans pour autant renier mes racines. »


Il sourit, un brin de nostalgie dans le regard.

« Alors, qu'en pensez-vous ? Est-ce vraiment débile ? Pensez-vous que j'ai droit à posséder mon propre blason ? Ne rira-t'on pas de moi en me voyant arriver avec cela ? Ne risqué-je pas de m'attirer les foudre de la Maison des Rowan en faisant cela ? »
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Message Lun 16 Juil 2012 - 21:24

Debout devant la fenêtre, sa grande main sur la garde de Corne-de-Boeuf, Fedric regardait l'horizon de la mer tout en la maudissant. Comment une si belle chose pouvait-elle amener à son flot autant de souffrances ? C'était une grande injustice de la nature de toujours devoir la surveiller avec les sourcils froncés, pour l'accuser des plus grands maux. Le seigneur de Feux-de-Joie avait passé la matinée ici, dans cette même position, triste et muet comme la statue de pierre dans la cour représentant feue son épouse. Il était fatigué et las mais ne parvenait pas à s'endormir. Ses paupières tombaient à peine qu'il sursautait, de nouveau en alerte. Les voiles fer-nées ne s'étaient plus pointées au large depuis bien longtemps maintenant mais il avait toujours cette sensation insensée qu'elles le feraient s'il détournait la tête. L'attaque de Port-Lannis en était d'ailleurs la meilleure preuve.
Sans prêter attention aux discussions, il entendait quelques uns de ses chevaliers parler dans son dos. Toujours installés à la table de pierre autour de laquelle ils avaient tenu une réunion il y a tout juste une heure, ils dissertaient à présent sur des sujets bien moins sérieux que la sécurité du fief. Fedric ne se joignait pas à eux mais il aimait les savoir là, à ses cotés. Parfois, ils riaient trop fort ou ils faisaient preuve d'un humour étrange mais jamais le seigneur ne les arrêtait ou ne les chassait. Entendre leurs voix, c'était éloigner la solitude qui menaçait de l'envahir. Éloigner ses pensées sombres et dévastatrices. En cinq mots comme en cent : se raccrocher à la vie.

Aujourd'hui toutefois, le bruit de fond des discussions était différent de d'habitude. Il manquait une cloche à la symphonie pour qu'elle sonne de manière familière aux oreilles du bœuf. Au moment il y pensait sérieusement pour essayer de démêler le mystère, ser Malkior le résolut dans son dos en faisant remarquer à l'un de ses collègues qu'il était étrangement silencieux. La lumière se fit dans l'esprit de Fedric. C'était la voix de Gawain qui manquait à la rumeur générale. Effectivement, c'était inédit. Il lutta contre l'envie de se retourner pour voir ce qu'il en était mais s'abstint finalement, préférant faire comme s'il n'écoutait pas. Il y eut un grincement brusque de chaise sur le sol et quelqu'un quitta la salle en courant. Le seigneur fronça les sourcils avant de se désintéresser rapidement de l'affaire pour reprendre sa contemplation soupçonneuse de la mer qui allait et venait d'un mouvement parfaitement innocent. Parfois, un nuage se couchait sur l'horizon et, croyant une seconde apercevoir une voile, le cœur de Fedric s'affolait. Il se maudissait toujours en réalisant son erreur et s'enjoignait mentalement à aller se coucher. Mais sa conscience s'y opposait avec un « encore 5 minutes » et, des heures plus tard, il était toujours debout près de la fenêtre. Quand la fatigue physique se mêlait à la fatigue mentale, il avait parfois l'impression de voir Alberic, adossé à coté de lui, le sourire aux lèvres avec cette phrase : « Assied-toi, tu es suffisamment grand comme ça ». Tirer une chaise à lui n'aurait rien coûté mais il craignait trop de réussir à s'endormir si sa position devenait confortablement. S'endormir, comme ses hommes dans la tour de guet le jour où sa femme et son frère étaient morts. Comme ses hommes qu'il avait occis en juste punition. Il se souvenait de leurs noms. Il se souvenait de leurs visages. Et il ne craignait pas de ne jamais parvenir à les effacer de sa mémoire.
La cloche disparue se remit bientôt à résonner sur les murs comme son sonneur venait de réapparaître dans la salle du conseil.

_ Personne n'est sourd, Gawain, maugréa-t-il de sa voix rauque en fermant les yeux et en se pinçant l'arête du nez.

Le seigneur se retourna juste à temps pour voir son serviteur se prendre par mégarde un fauteuil qui l'envoya au sol avec fracas. Il était si habitué à ce genre de frasques qu'il ne songea même pas à en rire, contrairement à ser Malkior qui ne put se retenir. Lui leva plutôt les yeux au ciel avec un demi-sourire compatissant et navré. Il prit un air totalement blasé quand Gawain lui déroula un parchemin quasiment sous le nez pour lui montrer ce qu'il contenait. Un dessin, manifestement.
Maintenant, il fallait s'accrocher. Parce que le chevalier bavard n'avait pas hérité de ce surnom pour rien. Fedric fronça les sourcils tout le temps de l'explication – plus encore en entendant les compliments baveux – et resta imperturbable. Finalement, assourdi par le nombre de questions, il plaqua rapidement une de ses grandes mains sur la bouche de son chevalier pour l'empêcher de continuer. Avant de lui dire quoi que ce soit, il se tourna vers Malkior pour demander :

_ Par les Sept, comment fait-il donc pour respirer en même temps qu'il parle ?

Le mentor du bavard finit de rire et haussa les épaules pour signifier que le mystère demeurait entier pour lui aussi. Le seigneur ôta prudemment sa main pour prendre le parchemin et l'examiner de plus près.

_ Feux-de-Joie te remercie de songer à lui rendre son crédit en prenant un autre blason, dit-il d'abord, légèrement amusé. Nul doute que le fief n'en sera que plus apprécié lors des rassemblements au Roc.

Bien sûr, il disait cela pour l'asticoter. Gawain était peut-être physiquement incapable de garder la bouche fermée plus d'une minute mais cela ne l'empêchait pas d'être un combattant émérite. De plus, il avait l'âme chevaleresque, bien plus que la plupart de ceux qui se targuaient de la même distinction. Même s'il aurait préféré se pendre plutôt que de lui dire, Fedric appréciait grandement la présence d'un homme de sa qualité dans sa garnison.
Se faisant plus sérieux, il examina encore le parchemin.

_ Quant à l'arbre de gueules, ma foi, je ne lui trouve rien de mal. Les Rowan ne sont pas obligés de deviner qu'il est là en souvenir du rejet dont ils t'ont puni. Les figures héraldiques ne sont pas exclusives et il arrive que l'on retrouve un même élément dans plusieurs blasons.

Le seigneur s'arracha de la fenêtre pour aller s'asseoir à sa table et posa le parchemin à plat dessus en l'empêchant de s'enrouler de nouveau. Il fixa de longues secondes la devise écrite en dessous en silence et poussa un profond soupir avant d'indiquer du doigt le mot « aux » et de lâcher :

_ Il y a un X en trop.

Bien sûr, il savait que Gawain n'avait pas commis de faute. C'était plus une contestation bougonne. Voilà un an qu'il était le dernier membre de la Maison Prestre. Son ami Tybolt ne cessait de le lui rappeler quand il essayait d'évoquer vaguement des projets de remariage. Même chose pour Lord Kenning du fief voisin. S'il mourrait, le blason du bœuf de gueules sur champ d'hermines disparaîtrait à jamais. L'Histoire finirait par l'engloutir et on oublierait jusqu'au nom de ceux qui l'avaient porté fièrement.
Préférant retourner sur le terrain de la plaisanterie, Fedric ajouta :

_ Et rassure-toi, si les gens continuent à rire de toi, ce ne sera toujours pas à cause de ton blason.
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Message Mar 17 Juil 2012 - 18:23

Enfin. Enfin le seigneur de ses terres détourna le regard de la mer qu'il regardait tant, inlassablement chaque jours. Certes, c'était, plus ou moins pour réprimander l'un de ses hommes qui essayait d'attirer son attention en criant son nom. Lui de son côté, lui rétorqua tout simplement que personne n'était sourd en ses lieux. Il était vrai, mais, ser Gawain était toujours d'humeur joyeuse, et, lorsqu'il avait une idée, en général, à peu près tout le château était au courant. Lorsque lord Fedric détourna les yeux pour regarder le chevalier courir vers lui, ce dernier afficha un large sourire, lui faisant perdre toute son attention, c'est ainsi qu'il s'embroncha nonchalamment dans le fauteuil et vint percuter le sol, sous les rires amusés de ser Malkior. Le Bœuf Écarlate lui, se contenta d'un regard las vers le plafond, un sourire à moitié compatissant, à moitié navré. Avec le temps, le jeune roux s'était souvent demandé pourquoi cet homme le gardait à son service avec ses bourdes, c'est d'ailleurs en partie pour cela que l'idée du nouveau blason lui était venu.

Une fois relevé, et le dessin mis devant les yeux de la montagne de muscle, ce dernier semblait complètement blasé de ce qu'il se passait. Il écouta patiemment ce qu'il se disait, malgré le débit impressionnant du jeune homme, je gage que, sans doutes, beaucoup auraient abandonnés en cours de route. Ce fut cependant l'enchaînement de questions qui eut raison de la patience du seigneur de Feux-de-Joie, qui plaqua ses deux immenses mains sur la petite bouche infernale du rouquin, avant de demandant en clamant le nom des Sept, comment son homme pouvait respirer en même temps qu'il parlait, avant de rigoler légèrement tout en haussant les épaules, ce qui fit grandement sourire ser Gawain. Rares étaient les sourires du seigneur, et chacun étaient un présent des plus précieux pour ses hommes qui s'inquiétaient de plus en plus pour lui. Après un court instant, lord Fedric retira doucement ses deux mains du visage du roturier, qui, dans la foulée ne put s'empêcher de répondre à la question posée aux Dieux.

« C'est très simple messire, 'suffit de respirer par le nez, et tout va bien. »

Il se mit à rigoler de bon cœur, redoutant tout de même légèrement une quelconque réponse du Bœuf Écarlate, qui se mit à regarder le fameux parchemin, avant de reprendre la parole d'un ton amusé, pour dire que Feux-de-Joie le remerciait de son initiative de tenter de lui rendre son crédit en prenant un autre blason, rajoutant que le fief serait sans doutes bien plus apprécié lors des rassemblements au Roc. Le jeune chevalier se mit à rire de bon cœur, avant de répondre, et pour une fois, cela était bien court.

« J'espère bien, sinon, j'aurais fait tout cela pour rien, ce serait bien bête. »


Ser Gawain rigola encore un petit instant, heureux comme tout, prenant conscience de sa chance inouïe. Après tout, qui pouvait se targuer d'être né dans une famille pauvre, s'être élevé au rang de chevalier, pour enfin plaisanter avec un seigneur ? Peu de monde il me semble, ce qui ne le rendait que plus heureux. Après tout, longtemps il avait pensé être un bon à rien, cette révélation ne le rassurait que plus. Son seigneur reprit alors son sérieux afin de se replonger dans le parchemin , pour lui faire un très léger cours sur l'héraldique, précisant que l'arbre des gueules ne signifiait pas forcément l'arbre des Rowan, que de nombreux symboles revenaient assez souvent sur des blasons, et surtout, qu'elles n'étaient pas exclusives. Chose qui rassura le jeune homme incompétent dans ce domaine. Suite à quoi, Lord Fedric finit par aller s'asseoir à la table afin de mieux regarder le parchemin. Il y avait donc deux réussites dans ce qu'avait fait le rouquin ce soir, afficher un sourire sur le visage de son seigneur, ainsi que lui faire lâcher sa fenêtre.

Attablé, l'homme tout en muscle aplatit le rouleau en faisant gaffe qu'il ne replie pas, il passa de longues secondes à contempler tout cela, il finit par pointant du doigt le « X » appartenant au mot « Aux » désignant les Prestre, et non pas le Prestre. Un long soupir s'échappa du seigneur qui le lui fit remarquer oralement. Ser Gawain se sentit des plus gêné, il tenta alors de répondre quelque chose.

« Je … Je suis désolé, je … Je voulais pas remuer le couteau dans la plaie, mais vous savez, quand je parle des Prestre, il n'y a pas que vous, je … J'ai trouvé entre ses murs une nouvelle famille, vous m'avez accueilli, grâce à vous mes sœurs ont un toit. Je suis entouré de frères en ces lieux, je pense avoir la confiance de beaucoup, moi qui était un rebut, ici j'ai été accepté tel que je suis, on m'a donné ma chance, et je pense être apprécié, même si l'on me fait souvent la remarque que je parle trop. Après tout, serai-je comme ça si j'étais triste ? Non. Tout ça pour dire que, je parle bien de la maisonnée des Prestre, pas de seulement vous »


Le chevalier s'arrêta quelques instants pour se gratter le coude nerveusement, hésitant à dire ce qui suivait, mais, cela devait être dit.

« Au risque de me faire réprimander … Certains d'entre nous, ont l'espoir secret qu'un jour une autre femme réussisse à réchauffer votre cœur, et vous fasse perpétrer votre lignée. Je … Enfin voilà, peut-être qu'un jour ce fameux « x » prendra tout son sens, ainsi, si vous n'y voyez pas d’inconvénient, j'aimerais le garder, en signe d'espoir. »


Le rouquin ferma les yeux, respirant lentement, l'idée de prendre un coup après avoir éveillé la fureur de son maître lui traversa l'esprit, après tout, il y avait de quoi …

Quelques instants passèrent, et, Lord Fedric lança une petite pique en rapport à ce qu'avait dit son chevalier au sujet des moqueries possibles sur son blason. Il lui fut rétorqué que si l'on se moquait de lui, ce ne serait sans doutes pas toujours à cause de son blason. L'intéressé se mit à rire de bons cœur.

« Héhé, je sais bien. C'est bien pour cela que je ne veux pas apporter ces moqueries sur votre nom. Si au Roc je venais à refaire une telle entrée avec vos couleurs, de vilaines choses pourraient être dites, ou si l'idée d'attraper une oie, et courir derrière un bon quart d'heure me revenait, je préférerai que ce soit moi qui soit la risée, et que cela ne porte préjudice à personne. En revanche, si mon blason me rend directement ridicule, ce n'est pas tellement une bonne idée. Enfin, passons. Si jamais, messire, vous aviez des idées de changement, je vous avouerai être preneur, je n'ai jamais eu la fibre artistique. »
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Message Dim 5 Aoû 2012 - 11:57

Si Fedric avait été du genre émotif, nul doute que le monologue de son chevalier sur le fait qu'il ait trouvé une nouvelle famille en arrivant à Feux-de-Joie lui aurait tiré quelques reniflements. Comme il ne l'était pas, il contenta de hausser un sourcil et de contenir un sourire. Gawain avait de la chance d'être une personne si simple. Un rien lui faisait plaisir. Quelque part, le seigneur enviait cela. Il retint un ricanement quand son homme révéla qu'il se pensait apprécié de la garnison même si tous ses collègues ne cessaient de lui dire de la boucler. C'était tellement peu dire. Gawain avait la faculté absolument exceptionnelle de taper sur le système de n'importe qui en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire mais, effectivement, on ne pouvait pas nier que dans le même temps, il se pouvait se faire aimer de n'importe qui. C'était un phénomène auquel nulle personne présente dans la forteresse n'avait pu échapper. Une vérité constante. Jetant un coup d'oeil discret à son chevalier en train de se gratter le coude, Fedric songea également que, s'il pouvait apparaître totalement simplet aux yeux d'un observateur extérieur, il cachait en réalité une malice rare et précieuse. En somme, c'était l'arme parfaite : en apparence inoffensive mais diablement efficace.

Ce fut les signes de Malkior au fond de la salle qui obligèrent le seigneur à se reconcentrer sur les paroles de Gawain. Apparemment, le mentor essayait de dire discrètement à son élève de se taire, ce que, bien sûr, il ne faisait pas du tout. Le chevalier bavard s'était lancé sur une pente sablonneuse : le remariage de son maître. Fedric n'en croyait pas ses oreilles. La mâchoire serrée, il ferma les yeux pour s'intimer au calme et enfonça son poing dans sa cuisse. Contre toutes attentes, ce qui l'énervait le plus à ce moment précis était moins l'évocation du sujet tacitement interdit que le fait que ce soit Gawain qui commette la faute. Parce que ce dernier le faisait avec une telle fraîcheur et candeur, qu'il était impossible pour le Bœuf Écarlate de le punir. Il mettait trop de cœur dans ce qu'il disait, dans ses inquiétudes, et le mettre aux fers quelques heures ne l'auraient pas découragé de recommencer de toutes manières. En l'écoutant partir dans son envolée lyrique, Fedric se demanda s'il avait engagé un chevalier ou un ménestrel.
La suite fut encore plus délirante quand il rappela les drôleries qu'il était capable de commettre – à croire qu'il n'avait pas la lumière à tous les étages parfois – et qu'il conclut qu'en l'absence de fibre artistique, il s'en remettait aux conseils de son seigneur. Ce dernier manqua encore de pouffer. Il n'était pas totalement certain que planter les têtes de ses ennemis sur des piques puis les exposer sur ses plages pouvait être considéré comme de l'art.

_ Soit. Garde donc ce X puisque tu le veux, lâcha-t-il avec un désintérêt feint avant d'ajouter, plus menaçant et sombre : Mais si je te reprends à philosopher sur mon cœur et ma descendance, sache que je n'hésiterai pas une seconde à te faire pendre sur les pieds du haut de la falaise là dehors jusqu'à ce que tout ton bagout soit gerbé dans la mer et englouti par elle.

Dans le dos de Gawain, Ser Malkior esquissa un sourire en s'imaginant la scène. Il connaissait son seigneur depuis plus longtemps que le jeune biefois et il l'imaginait mal faire subir une telle épreuve à un de ses hommes mais l'idée était tout de même hilarante. Tout comme Fedric, il ne s'attendait absolument pas à ce que le bavard prenne note de la menace et ne reparle plus jamais de la perpétration de la Maison Prestre. Dans quelques heures (voire minutes), il aurait probablement oublié. Paradoxalement, c'était la raison pour laquelle ce jeune homme était si attachant.
Le seigneur jeta un nouveau coup d'oeil attentif au parchemin déroulé devant lui et arrêta ses yeux sur le fond blanc qui lui semblait trop triste et simple. Sachant pertinemment qu'il regrettait la gentillesse qu'il allait lui faire, il desserra la mâchoire pour ajouter :

_ Si tu veux un blason qui raconte ton histoire, tu devrais remplacer ce blanc par un champ d'hermines...

Le même champ d'hermines qui se trouvait sur le blason de Feux-de-Joie. L'hermine était une fourrure précieuse car les petites bêtes qui la portait étaient dites très pures et qu'elles étaient difficiles à attraper sans abîmer leurs poils. Aussi, on racontait une fort jolie histoire sur elles que les petits Prestre entendaient tous afin qu'ils soient fiers d'en porter sur leur blason. Elle allait comme suit : une blanche hermine au pelage immaculé fuyait un renard qui la traquait. Acculée contre un marais de boue où elle aurait pu le semer sans peine grâce à son poids léger, elle s'arrêta et se laissa manger par son poursuivant. Plus que de se déshonorer en se salissant, la petite bête avait préféré la mort. Bien sûr, cette histoire était à prendre au sens figuré mais telle devait être la devise des hommes bons et justes. Tels étaient élevés les Prestre, de génération en génération.
Chassant ce doux souvenir de son esprit, Fedric demanda :

_ Sais-tu les démarches à entreprendre pour se faire attribuer un blason qui soit reconnu par les hérauts du Royaume ?

S'il l'ignorait, sans doute le mestre de Feux-de-Joie saurait le lui dire. On ne faisait presque plus appel au vieil homme depuis qu'il ne restait plus que le Bœuf Écarlate. Dans tous les cas, il faudrait sûrement payer. On obtenait bien peu de choses aujourd'hui sans avoir à débourser quelques pièces.
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