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Rencontre fortuite [Edwyn Tully].

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Message Mer 11 Juil 2012 - 19:58

Eleanor Tully déambulait dans les couloirs de la demeure de Vivesaigues, les yeux plongés dans un énorme livre qu'elle tenait ouvert dans les mains et dont elle ne semblait pas pouvoir se détacher.

Vêtue d'une robe en velours d'un bleu sombre dont les ornements étaient d'une rare sobriété même pour une simple tenue d'intérieur, elle avait laissé sa longue chevelure brune flotter presque totalement librement, avec seulement quelques mèches de cheveux retenues par son petit peigne de bois dont elle ne se séparait guère.

Elle avait les joues rosies par le grand air, étant tout juste rentrée de sa promenade matinale sur les terres proches de leur maison. Levée à l'aube, comme bien souvent, elle avait passé près d'une heure à profiter des senteurs matinales avant de se rappeler ses obligations et se précipiter en hâte pour suivre sa première leçon du jour. Les années passant et sa maîtrise des talents qu'une dame devait posséder grandissant, les heures d'études qui leur étaient consacrées s'étaient faites plus courtes et elle avait désormais plus de temps pour apprendre de nouvelles choses, qui n'entraient pas toujours dans les talents classiques qu'elle se devait de posséder, ce qu'elle ne manquait pas de faire dès qu'elle avait un instant pour elle et quelle que soit l'heure de la journée.

Bien qu'elle garda une mine concentrée sur cet énorme livre qui devait peser bien lourd, elle jetait de brefs regards devant elle à intervalles réguliers pour être sûre de ne heurter personne. C'est pourquoi elle réprima un petit cri de surprise et sursauta lorsqu'elle se retrouva nez à nez devant un mur de pierre. Visiblement elle marchait moins droit qu'elle se l'imaginait et, même si elle ne manquait pas coordination, il allait falloir qu'elle prête plus d'attention aux possibles obstacles.

Optant pour une solution plus sûre, elle s'installa sur l'un des bancs de pierre recouvert d'un moelleux coussin de velours rouge et qui se dressait contre l'un des murs, juste sous une ouverture donnant sur la Ruffurque. Il n'y avait qu'un tel paysage pour parvenir à la détacher quelques instants de son livre et c'est avec un sourire rêveur qu'elle le referma à demi pour laisser son regard se perdre dans la contemplation des lieux.

Le soleil était déjà haut dans le ciel et elle ne se lassait jamais de voir ses reflets irisés miroiter sur les étendues d'eau qui ce jour-là étaient d'un calme plat. A chaque battement de cils elle avait l'impression de voir de nouvelles couleurs prendre vie sous ses yeux et c'était dans des moments pareils qu'elle regrettait de n'avoir aucun talent pour la peinture. Elle avait toujours rêvé de pouvoir immortaliser la beauté de leur demeure et de la nature qui s'étendait tout autour, même s'il lui arrivait de douter quant à la possibilité pour un artiste de retranscrire cette beauté et surtout les sentiments qui l'assaillaient à chaque fois que ses yeux se portaient sur ces merveilles.

Elle aurait incapable de dire combien de temps elle avait passé à admirer le paysage mais elle cilla lorsqu'elle remarqua que le soleil avait largement progressé dans le ciel et qu'elle était toute ankylosée. Elle se demanda l'espace d'un instant ce qui avait pu troubler son observation quand elle entendit un bruit de pas qui venait dans sa direction le long du couloir.

Elle se releva promptement, tanguant quelque peu à cause de l'afflux de sang circulant dans ses jambes engourdies et fixa avec attention la personne qui se dirigeait vers elle. Son visage s'illumina d'un franc sourire affectueux à la seconde où elle reconnut son jeune frère. Il n'était revenu que depuis peu à Vivesaigues et ils n'avaient guère eu l'occasion de passer du temps ensemble mais à chaque fois qu'elle l'apercevait, elle sentait un mélange de joie et de fierté toute fraternelle l'envahir, alors qu'elle couvait du regard avec tendresse.
Et cette fois-ci, chose rare pour ne pas dire unique, ils étaient tout les deux seuls dans ce long couloir. Elle l'observa quelques secondes en silence, réalisant à quel point il avait pu grandir au cours de son absence et qu'à mesure que le temps passait il ressemblait de plus à plus à leur père.

Avec un petit pincement au cœur, de la nostalgie ou une pointe de tristesse, elle s'approcha alors de lui d'un pas léger aussi discret et silencieux que possible, s'inclinant alors devant son jeune frère dans une élégante révérence, sans se départir de sa mine joyeuse.


"Bonjour à vous Lord Edwyn. C'est une belle journée n'est-ce pas ?"

Elle espérait qu'il aurait un peu de temps devant lui pour qu'ils profitent enfin de leurs retrouvailles grâce à cette rencontre inattendue pour discuter du présent et peut-être de leur avenir.
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Message Jeu 19 Juil 2012 - 14:35

     Il y avait bien longtemps qu'Edwyn n'avait pas pris le temps de se faufiler dans tous les coins et recoins de Vivesaigues, le château de ses ancêtres. Et quels ancêtres ! Il connaissait leur histoire sur le bout des doigts ou presque et à la seule évocation d'un prénom il était capable de retracer l'intégralité de son arbre généalogique. Les leçons conjuguées de mestre Emeric et de septa Melara avaient été plus que fructueuses et ils pouvaient s'enorgueillir d'avoir été les deux maîtres d'un élève plein de talent. Le minuscule garçon qu'il était revenait d'un très long voyage qui lui avait fait faire le tour du continent, et même s'il n'était pas arrivé à Vivesaigues au matin mais la veille, il était encore sous le coup de la grande émotion qu'avait fait naître en lui son retour. Revoir sa mère, revoir ses sœurs, revoir la maisonnée, tout cela l'avait bouleversé plus qu'il n'aurait osé l'avouer, car le jeune enfant qu'il était n'aurait pas souhaité exhiber son chagrin à quiconque. D'autant plus qu'il n'était pas venu seul à Vivesaigues, qu'il n'était pas rentré seul de son long parcours à travers tout le continent : il avait ramené dans son sillage les membes les plus illustres de la suite Arryn ; il y avait d'abord le seigneur suzerain du Val, et puis sa petite sœur si délicieusement belle, et puis les meilleurs chevaliers du Val... Ils les connaissaient tous, depuis le temps qu'il les suivait. Ils étaient devenus presque à ses yeux comme une famille de substitution, mais en tant que fils de la maison Tully, rien ne remplaçait bien sûr sa vraie famille, sa mère, ses sœurs. Il n'avait cessé de penser à eux sur les routes du Val, des terres de la Couronne, du Bief, et du Conflans. Lady Charissa, lady Eleanor, lady Arianne...

     Plusieurs fois dans la matinée, il avait pris le temps d'aller se promener dans le bois sacré pour y respirer le bon air frais qu'on y trouvait à coup sûr. Il y trouvait toujours le calme et la quiétude qui lui ravissait les sens et surtout lui mettait le meilleur des baumes au cœur. Ainsi ressourcé, il pouvait tout à loisir repartir pour de nouvelles aventures et celles-ci le conduisirent dans les couloirs du château où il retrouva sa grande sœur Eleanor qui s'avançait vers lui après avoir quitté la contemplation du paysage derrière une fenêtre crevant le lourd mur qui les bordait. Il ne put s'empêcher de sourire et de rire quand elle s'adressa à lui d'un ton qui lui était familier mais avec des mots qu'il estima bien trop formels et bien trop impersonnels pour convenir à la relation qu'ils entretenaient tous deux depuis toutes ces années. Plusieurs longues lunes d'absence avaient-elles suffi à creuser un fossé infranchissable entre eux ? Il décida donc de l'imiter en rigolant comme le petit garçon facétieux qu'il était depuis toujours et que rien ni personne ne changerait jamais.

      – Bonjour à toi, chère sœur ! C'est une journée magnifique en dépit des nuages, mais... oh, je n'y arriverai pas... nous n'avons pas besoin d'être si distants et si coincés, Eleanor... il n'y a pas si longtemps, tu m'aidais à prendre mon bain... tu te souviens ?

     En y repensant, un grand lot d'images revinrent danser sous ses yeux et il ne put s'empêcher de rire aux éclats. En effet, quand il était plus petit, ses sœurs s'étaient comportées à son égard comme l'auraient fait deux mères supplémentaires et bien sûr, il était né entre elles et lui des liens de fraternité plus forts que la normale. D'instinct, il s'approcha d'Eleanor pour lui prendre la main et la porter à son front de petit garçon dans un geste plein de tendresse et de fraternité. Ils avaient été si rares, ces dernières lunes, et la devise de leur famille plaçait celle-ci en priorité sur tout le reste. Ces petites affections comptaient beaucoup pour lui.

      – Je crois que j'ai de la fièvre, tu en dis quoi ? Septa Melara m'a dit que c'était possible, mais je ne veux pas être malade... pas alors que le mariage de lord Ambrose aura lieu dans quelques jours ! Il faut que je sois au mieux de ma forme pour y faire bonne figure sinon les gens vont se moquer de moi...

     C'eût été un comble qu'il s'y présente affligé d'une fièvre ou d'une éruption cutanée ! Il se devait de tenir son rôle de seigneur suzerain du Conflans durant les noces de son vassal, d'autant plus que ce dernier, il le savait, était riche et avait été autrefois Main du roi... Ce mariage et ce tournoi seraient sans doute l'événement de l'année, loin devant le procès de lord Kaeril Corbray et devant le mariage de ser Tristan Tyrell, nombreux seraient les grands noms qui s'y réuniraient pour célébrer les noces ou pour jouter... Nombreux également seraient les vassaux du Conflans venus à Murs-Blancs pour assister à la fête, et c'était bien la première fois depuis la mort de son père qu'Edwyn se trouverait en position d'assumer ses fonctions de lord suzerain. D'y penser, il en avait le vertige et son ventre bouillonnait comme assailli de mille et un tourbillons. Quelle impression il ferait s'il y allait le visage couvert de plaques rouges, ou les cheveux pleins de puces ! C'était hors de question, et même impensable ! Il n'était peut-être qu'un petit garçon rieur, mais il ne manquait pas de comprendre toute la profondeur des responsabilités qui pesaient sur ses épaules en tant que suzerain. Edwyn porta ensuite la main de sa sœur jusqu'à ses lèvres avant de déposer un délicat baiser sur le bout de ses doigts. Sa sœur avait la peau douce, malgré l'usure. Elle était toujours aussi belle dans les yeux de son petit frère.

      – Si je suis malade, il faudra vraiment que mestre Emeric me soigne rapidement car je dois assister à cet événement et être au mieux de ma forme devant tout ce monde qui viendra...tu imagines si je me couvrais de honte et de ridicule ! Je serai la risée du Conflans !
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Message Ven 20 Juil 2012 - 18:16

La jeune femme ne put s'empêcher de froncer les sourcils devant l'éclat de rire de son jeune frère. Elle n'avait vu nulle malice dans ses propres paroles, son frère était devenu le Lord de la Maison Tully et, s'ils ne s'étaient pas croisés depuis bien des lunes, elle n'avait eu cesse de se l'entendre répéter. Elle s'était résolue à agir comme l'étiquette le demandait, sans avoir saisi toutes les subtilités de ce que cela pouvait impliquer. Après tout, elle ne devait pas oublier qu'il restait son petit frère, lord ou non, l'affection qu'elle lui portait dépassait de loin toutes les formules de politesse et de courtoisie qu'ils pourraient bien utiliser et qui n'arriveraient jamais à traduire les liens profonds qu'il existait entre eux.

Elle haussa brièvement les épaules, réprima un petit soupir de soulagement à la réaction d'Edwyn et esquissa un doux sourire à l'attention de ce petit bonhomme qui avait tant grandi en l'espace de quelques mois.

"Et bien, je trouvais que c'était une bonne façon pour moi de me rappeler ce que tu es devenu et que tu n'es plus seulement mon petit frère. Mais visiblement j'ai encore beaucoup de travail de ce coté-là."

Elle arrangea une mèche de cheveux d'Edwyn du bout des doigts et son sourire se fit plus large. Comment aurait-elle pu oublier ces moments privilégiés ? Depuis la naissance de leur jeune frère Eleanor et sa sœur avaient passé des heures à s'occuper de lui, se découvrant alors des instincts tout maternels qu'elles avaient trouvé des plus amusants. Ces moments d'insouciance étaient fréquents et ce n'est que récemment, depuis la mort de leur père et de Joanna à bien y réfléchir, qu'elle avait compris à quels point ils avaient été précieux et qu'elle ne les avait peut-être pas appréciés à leur juste valeur.

Alors que ses pensées s'égaraient quelque peut dans les méandres de la nostalgie et du souvenir, le contact de la main d'Edwyn la fit légèrement sursauter, la ramenant au moment présent. Un bref regard à sa main avant qu'il ne porte la sienne sur son front lui rendit son sourire aussi rapidement qu'il avait disparu. Celle de son jeune frère était encore loin d'être celle d'un homme et, s'il avait de nouvelles et pesantes responsabilités, il restait encore un enfant par bien des aspects, elle ne devait pas l'oublier. Elle n'avait pas à être nostalgique des moments passés car ils pouvaient encore partager des instants privilégiés, comme c'était le cas en cet instant précis, alors qu'il semblait réellement inquiet et qu'il attendait son verdict avec impatience.

Prenant à cœur son rôle, comme à son habitude, elle pressa sa petite main contre le front d'Edwyn, oubliant, une fois n'est pas coutume, d'essayer de la cacher ou de grimacer à la vision de ces doigts qui semblaient si peu adéquat pour une lady. Après avoir remarqué que son front était frais et sec, elle laissa glisser son autre main sous le menton du petit lord, relevant son visage vers elle alors qu'elle examinait son regard, les yeux plissés, réprimant un sourire grandissant sous une moue pleine de sérieux alors qu'elle comprenait qu'il ne souffrait d'aucun mal.

Elle prit pourtant un ton sérieux pour lui répondre après lui avoir relâché le menton avec une petite tape affectueuse.


"Tu m'as l'air de te porter particulièrement bien. Peut-être te sens-tu fiévreux parce que tu es tout excité à l'idée d'assister au mariage non ? Ou alors, c'est parce que tu viens de traverser les couloirs à la vitesse d'un destrier au grand galop, comme tu l'as fait bien des fois. Mais Septa Melara a raison et il faut l'écouter avec attention. Tu pourrais tomber malade et tu ne pourrais plus assister à toutes ces réjouissances. Ce serait bien dommage non ?"

C'était tout à son honneur de vouloir être au mieux de sa forme et de son apparence pour assister aux évènements à venir. Edwyn prenait ses nouvelles fonctions avec un sérieux qui n'était pas sans déplaire à Eleanor, même si elle s'inquiétait à l'idée de le voir s'épuiser à la tâche et elle espérait trouver comment l'aider au mieux, même si elle savait qu'elle ne pourrait guère alléger son fardeau de quelque manière que ce soit.

"Tu ne te couvriras pas de honte ou de ridicule voyons. N'oublie pas qui tu es et, dans toutes circonstances, tu sauras nous rendre fiers. Que ce soit avec ou sans boutons. Même si j'avoue que ce serait tout de même que ce soit sans boutons…"

Elle plissa de nouveau les yeux en regardant le garçon avec attention, comme pour s'assurer qu'il n'avait effectivement aucune éruption cutanée à l'horizon. Hochant alors la tête, la mine approbatrice, elle porta un bref regard au petit banc où elle était assise un peu plus tôt et reprit sa place, tapotant à coté d'elle.

"Et si tu venais me raconter un peu tes aventures. Mais pas les histoires officielles non ! Comment tu as trouvé les lieux que tu as visités ? Est-ce vraiment différent de Vivesaigues ? Il y a des choses qui t'ont étonné ? Que tu as trouvé magnifiques ?"
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Message Mar 31 Juil 2012 - 16:29

      – Je suis lord, c'est vrai, mais tu es toujours ma sœur, et je t'aimerai toujours très fort ! Même si la vie nous sépare un jour...

     Ce n'est pas parce qu'il était seigneur suzerain du Conflans et qu'il revenait d'un long et riche voyage qu'il allait renoncer à la tendresse charmante qu'il partageait avec ses sœurs, bien au contraire. Il n'avait qu'une envie présentement, rester le plus longtemps auprès d'elles afin de pouvoir profiter de leur douce présence qui, à la manière d'une potion de mestre, savait le tranquilliser et le rasséréner. Quel dommage qu'il n'ait pu les emmener avec lui jusque dans le Val, puis jusqu'à Port-Réal, puis jusque dans le Bief ! Il aurait tant aimé partager avec elle les plaisirs et les charmes d'un si beau voyage ! D'un geste il se blottit contre elle et osa la serrer dans ses petits bras d'enfant. Il savait, il l'avait compris à son retour à Vivesaigues, que la vie, un jour prochain, qu'il espérait le plus tardif possible, viendrait enlever sa sœur à Vivesaigues pour la faire dame d'une autre maison noble du Conflans ou d'ailleurs. En vérité, leur mère avait convaincu le petit garçon de l'opportunité d'un mariage avec le seigneur de Winterfell pour Eleanor ou Arianne et avec l'aide des Sept, cette union se ferait, ce qui signifiait que l'une de ses deux sœurs quitteraient Vivesaigues pour se rendre aussi loin que Winterfell, ce qui lui semblait être le bout du monde... Mais comme l'avait dit sa mère, c'était pour le bien du Conflans, et même s'il saisissait la logique d'un tel raisonnement, il lui peinait de s'avouer qu'il condamnait sa sœur à vivre dans une région au climat difficile, loin de sa famille, alors même que la famille était tout dans le cœur d'un Tully.

      – Oui ce serait dommage... même très bête de rater ce grand retour dans le Conflans, comme a dit notre mère... D'ici quelques jours j'y serai de toute façon, alors mieux vaut faire attention tu as raison !

     Les paroles de sa sœur le rassurèrent un peu. Elle avait certainement raison, la proximité temporelle du grand événement que serait le mariage de lord Ambrose le chahutait certainement de l'intérieur et lui donnait cette fiévreuse impression d'être malade alors qu'il n'en était rien. Qu'y pouvait-il s'il appréhendait l'événement comme d'autres s'inquiètent de voir venir l'Étranger ? Il n'avait jamais eu à jouer vraiment au lord, sauf lorsqu'il avait reçu les Mallister pour les féliciter et les récompenser après la bataille de Salvemer qu'ils avaient remportée contre les Fer-nés et à quelques autres occasions diverses, mais là, c'était bien l'apothéose ! Un mariage, un tournoi ! Deux événements concentrés en un seul, quel drame, quelle merveille ! Sans doute en faisait-il trop, mais il ne voulait pas pêcher par vile négligence ou sotte étourderie... Jamais son père ne le lui aurait pardonné ! En une occasion pareille, Edwyn se demandait ce que son géniteur aurait fait à sa place ; comment aurait-il agi ? Quel comportement aurait-il adapté ? Il ne pouvait qu'essayer vainement de deviner les réponses à ces interrogations d'enfant orphelin... Heureusement, ces vilaines pensées disparurent quand sa sœur lui demanda un récit complet de ses aventures à travers le royaume depuis son départ de Vivesaigues et jusqu'à son retour. Inutile de le prier davantage ! C'était tout à fait le genre de choses que le petit garçon aimait faire.

      – Oh ! J'ai vu plein de choses merveilleuses ! Le Val d'Arryn, nous y étions déjà allés, t'en souviens-tu ? Les Eyrié sont une forteresse formidable... vertigineuse... aérée, très aérée ! Et la Porte Sanglante est si impressionnante ! J'ai bien vu pourquoi le Val a cette réputation d'invulnérabilité, la grand-route est si dangereuse ! Mère te l'a sûrement dit, nous avons été attaqués par des hommes des clans des montagnes de la Lune ! Des Faces Brûlées je crois, mais nous en sommes sortis vivants ! C'était très effrayant, mais après coup, je crois n'avoir jamais rien vécu d'aussi intense que cette escarmouche ! Et puis après il y a eu Port-Réal, la capitale... c'était si grand, si vaste, si... peuplé ! Et le Donjon Rouge était si... rouge ! Et la salle du Trône avec les crânes des dragons, c'était presque magique ! Il me tarde de voir l’œuf promis comme récompense au tournoi d'ailleurs... Et après, il y a eu Hautjardin, et là je dois m’asseoir car d'y repenser, j'en ai des fourmis dans les jambes ! Je n'ai jamais vu un château aussi grandiose ! Harrenhal est certes plus colossal, mais cela n'a rien à voir ! Le Bief et Hautjardin sont des lieux bénis par les Sept et je suis sûr que tu adorerais y vivre.

     Le petit garçon s'interrompit pour reprendre son soufle. Le voyage à l'Ouest avait été mystérieusement annulé mais il n'en demeurait pas moins que son voyage était déjà formidable et qu'il y avait maintes choses à raconter, maintes anecdotes à révéler.

      – Et tu ne devineras jamais qui j'ai eu la chance de rencontrer ! Leo Tyrell, le Long Dard en personne ! Te rends-tu compte ! Et j'ai même observé les étoiles avec sa mère qui est aussi vieille que le barral du bois sacré de Vivesaigues à mon avis... Et puis j'ai assisté au mariage de son fils aîné avec Aliénor Lannister... tu sais, la maison suzeraine de Castral Roc ? Tous blonds comme le soleil... et comme l'or de leurs mines... de drôles de personnes... je crois que je ne les aime pas beaucoup...

     D'abord parce qu'il avait longuement entendu lord Arryn se plaindre d'eux, ensuite parce qu'il avait découvert avec stupeur que la demoiselle qui avait refusé d'épouser son oncle Dezial était désormais l'épouse de lord Lannister. Tous les Tully se souvenaient sans doute de l'affront qui fut fait à leur famille par lady Maura Arryn devenue lady Maura Lannister. Pour avoir revu cette harpie dernièrement, Edwyn était bien content qu'elle ne soit pas devenue sa tante !
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Message Dim 5 Aoû 2012 - 17:18

Si elle avait eu du mal à réaliser que le petit bonhomme qui se tenait devant elle était devenu le Lord de leur famille, elle se rendait compte à mesure de leur discussion que, malgré son jeune âge et son enthousiasme, il prenait très au sérieux sa charge et il deviendrait bien vite un homme dont tous seraient fiers et qu'il représenterait leur Maison avec honneur.

Mais, en cet instant, elle était heureuse de l'entendre dire qu'il restait son frère avant tout et de l'entendre l'assurer de son amour pour elle. Elle ne se fit pas prier pour lui rendre son étreinte, le serrant dans ses bras comme elle l'avait maintes fois fait lorsqu'elle-même n'était encore qu'une enfant et elle sentit comme une répugnance à le relâcher, refusant d'y voir là une quelconque symbolique de leur séparation à venir.

Elle savait que le jour viendrait très rapidement, trop peut-être, où elle irait fonder sa propre famille, gérer sa propre maisonnée et mettre au monde les héritiers de sa nouvelle famille. Mais, alors qu'elle regardait ce petit bonhomme devenir un homme, elle se surprit à espérer que les Sept seraient cléments et lui permettraient d'avoir des enfants et de les aimer comme elle pouvait aimer son jeune frère. Du haut de ses 19 ans à peine fêtés, elle était persuadée de connaître ce qu'elle appelait l'amour maternel et ne doutait pas qu'il en serait autrement lorsqu'elle tiendrait ses propres enfants dans ses bras.


"Quelle que soit la distance qui nous sépare tu auras toujours une place privilégiée dans mon cœur mon cher petit Lord. Les liens qui nous unissent ne meurent jamais et le temps ne fera que les renforcer. Regarde, nous avons été séparés quelques mois et pour autant notre affection n'en a été que grandie tu ne trouves pas ?"

Malgré les responsabilités qui avaient échues à Edwyn, il avait encore su garder cette spontanéité enfantine qui ne durerait malheureusement pas. Eleanor se garda bien d'en parler, préférant profiter de ces moments avant qu'ils ne disparaissent fatalement, noyés sous le poids des soucis et du sérieux des tâches qui lui incomberaient. Elle gardait pourtant espoir qu'Edwyn, une fois devenu un homme fait, saurait garder cette malice et cette joie de vivre qui illuminait tout sur son passage. La vie n'avait pas été simple pour lui ces derniers temps, depuis la mort de Père mais il avait su faire face même si elle se demandait souvent comment Edwyn gérait tout cela. Il n'en parlait guère et balayait souvent les rares allusions d'un sourire, comme si rien de tout cela ne l'atteignait mais elle n'était pas dupe. L'ombre de leur Père pèserait constamment sur eux, et encore plus sur lui, quoi qu'ils fassent. Chacun devrait s'en accommoder à sa manière même s'il était toujours délicat d'en parler.

Lorsqu'elle lui demanda de parler de son voyage, elle se félicita intérieurement de voir le visage de son frère s'illuminer et de l'entendre parler à toute allure de ce qu'il avait fait. Elle laissa alors échapper un éclat de rire alors qu'elle levait les deux mains devant elle, comme pour le freiner.


"De grâce, parle moins vite ou tu vas me faire tourner la tête ! Mais oui, je me rappelle très bien de notre visite au Val d'Arryn, comment oublier un moment pareil ? C'était tellement différent de Vivesaigues que j'avais eu du mal à croire que nous étions dans le même Royaume. Et as-tu eu la réponse à ta question cette fois-ci ? A propos des restes dans les assiettes ?"

Si elle esquissa un sourire à ce que lui contait Edwyn, elle ne put retenir un frisson à l'évocation de leur attaque. Bien évidemment Mère lui avait fait un récit détaillé, essayant de minimiser les faits maintenant que tout était arrangé, mais elle n'avait pu s'empêcher d'être effrayée à l'idée même de perdre une fois de plus les membres tant chéris de sa famille. A voir Edwyn, il semblait avoir particulièrement bien vécu l'aventure et il ne valait mieux pas dramatiser les choses. Elle se contenta alors de continuer, de sa voix joyeuse et tranquille.

"Tu fais preuve de courage à parler comme ça, je suis vraiment impressionnée. J'aurais été à ta place, j'en tremblerais encore je pense ! Et les crânes de dragons, alors comment étaient-ils ? A quoi ressemblent-ils ? Tu les as touchés ? "

Le regard d'Eleanor s'était fait brillant. Elle partageait elle aussi la passion de son jeune frère à propos des bêtes majestueuses et elle rêvait secrètement de posséder un œuf de dragon, ce qu'elle savait hautement improbable.

"Et les jardins alors ? Les fleurs sont-elles aussi magnifiques qu'on le raconte dans le Bief ? "

A mesure qu'Edwyn parlait se dessinait dans son esprit la carte de Westeros et elle retraçait le voyage qu'il avait fait, se surprenant à rêver de pouvoir faire de même si un jour elle en avait l'occasion. Elle avait lu maintes et maintes fois tous ces noms dont il parlait et à force, elle arrivait presque à imaginer à quoi ils pouvaient bien ressembler en vrai sans pour autant y parvenir complètement.

Elle continuait d'écouter son frère avec une attention accrue alors qu'il se mettait maintenant à parler des personnes qu'il avait eu l'occasion de croiser lors de son voyage. Elle savait qu'ils avaient été nombreux, le jeune Lord ayant été bien évidemment reçu dans de nombreuses maisons avec l'honneur fait à son rang. Il avait du croiser un grand nombre de personnes mais bien évidemment, il ne rappelait que de celles qui l'avaient réellement marqué. La jeune femme retint un sourire quand il commença son énumération, se rappelant du récit de Mère qui avait quelque peu différé du sien.

Elle avait bien sûr entendu parler de Lord Tyrell, l'avait aperçu lors des différents tournois auxquels elle avait pu assister et connaissait l'origine de son surnom sans bien en avoir compris tout le sens.


"Alors comment est-il ? De quoi avez-vous discuté ? Et tu as regardé les étoiles alors ? Tu as appris quelque chose sur elles ? "

A l'évocation de sa mère, elle ne put s'empêcher de jeter par réflexe un regard aux alentours, comme pour s'assurer que personne ne l'entendait parler ainsi de la mère de Lord Tyrell. Elle fit les gros yeux à son frère, secouant légèrement la tête avant de reprendre, d'un ton un rien plus sérieux.

"Edwyn, on ne parle pas des gens comme ça voyons ! Comment veux-tu que quelqu'un soit aussi vieux que le barral du Bois Sacré ? C'est impossible. Imagine à quoi elle ressemblerait si c'était le cas ? Et ce mariage alors ? C'était impressionnant ? Il y avait beaucoup de monde ? "

A l'évocation du fait qu'il n'aimait guère les Lannister, elle se contenta d'un haussement d'épaules, préférant réserver son propre jugement de peur d'attiser les sentiments déjà vifs de son frère. Après ce qu'elle avait pu entendre à leur propos et la mésaventure avec leur oncle Dezial, elle ne les portait guère dans son cœur non plus mais elle préférait ne rien dire. Après tout, en tant que dame elle n'avait pas à colporter son point de vue à leur sujet ni à entretenir les ragots, quelle que soit son envie à ce propos.
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Message Jeu 23 Aoû 2012 - 22:26

     Grandie ? Sa sœur disait sans doute vrai. Il n'avait pas l'impression pourtant que quelque chose en lui ait véritablement changé. Il se sentait le même, toujours animé de la même tendresse, de la même affection pour chacun des membres de sa famille, mais... oui, à présent qu'elle le soulignait, il comprenait mieux pourquoi le soulagement qu'il éprouvait d'être rentré à la maison était si fort. L'affection qu'il avait pour sa mère, pour ses sœurs, pour tous ceux qui formaient sa maisonnée à Vivesaigues s'était fortifiée comme l'épée sur l'enclume à l'épreuve du marteau, à l'épreuve de ce long et périlleux voyage qui l'avait conduit jusqu'aussi loin que Hautjardin. Confirmé dans l'amour viscéral qu'il vouait à ses familiers, il n'en ressentait que plus de fierté à sa place et à son rang de lord Tully. Entouré qu'il était par autant de femmes, d'aucuns se moquaient de lui, il le savait. D'autres l'enviaient peut-être. Il s'en lavait les mains : ces femmes étaient sa famille, et elles l'aidaient à grandir. En un sens, il était béni des dieux. Dans l'autre... la malédiction pesait sur lui. Mais comment se positionnait-il, lui ? Il n'y songeait point. Il était trop jeune pour se creuser des ulcères dans le cerveau. Il valait mieux laisser cela aux grandes personnes et lui-même en serait bientôt une. D'ici moins de dix ans, il aurait l'âge d'être un homme, et alors ses choix seraient déterminants. Ils l'étaient déjà, mais il avait toujours le loisir de se retrancher derrière le paravent de son jeune âge pour se trouver des prétextes et des excuses... bientôt ce subterfuge deviendrait inopérant.

      – Tu as raison, je dis des sottises. Arianna, maman et toi resteraient pour toujours les femmes de ma vie et même si je regrette beaucoup l'absence de papa... je suis content que vous soyiez là toujours pour moi. Votre présence m'importe beaucoup et je pleure déjà le jour où vous partirez chacune dans la maison des époux que vous prendrez...

     C'était peu dire qu'il les aimaient. Pour elles, pour chacune d'elles, il aurait volontiers fait n'importe quoi, quand bien même il se savait pour le moment pauvre en moyens du fait de son si jeune âge. Mais i l y avait dans ce petit homme d'à peine moins d'une dizaine d'années plus de volonté et de courage que dans les puissantes corpulences de bien des guerriers de tous pays. De très bon cœur, il se rassura quand sa sœur lui confia garder un bon souvenir de leur premier voyage dans le Val d'Arryn.


      – Ah ça... je n'ai pas pensé à poser les bonnes questions, cela m'était complètement sorti de la tête ! Mais c'est trop bête ! Je poserai la question à lord Jasper la prochaine fois que je le verrai... nous pourrons peut-être la lui poser ensemble ? Je suis certain qu'il adorerait discuter avec toi, tu sais... tu aimerais aussi j'en suis sûr ! Il n'y a pas d'hommes plus honorables que lui au monde. Sauf peut-être oncle Dezial... et lord Mallister aussi... enfin, tu comprends... ces personnes sont fortes et je dois suivre leur exemple... j'ai eu très peur, tu sais... quand les Faces Brûlées ont attaqué mais... je crois qu'au fond de moi, une petite voix me disait : tu n'as pas le droit de paniquer, de fuir ou de mourir, Vivesaigues passe en priorité... je ne comprenais pas tout de suite, mais je pense... je pense que père veille sur moi depuis son repos parmi les étoiles... enfin...

     Edwyn n'était pas tout à fait sûr de savoir ce qu'il disait. Il employait des mots dont le véritable sens parfois lui échappait, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Si jeune, il n'avait ni la sagesse des anciens, ni l'érudition des mestres. Un jour, sans doute, il saurait tout le sens de ses propres paroles, et il n'aurait plus besoin d'user de tant de prudence dans ses discours... il était moins attentif en présence d'une parente, d'une sœur en l’occurrence, car la famille était ce lieu béni où toutes les erreurs sont permises, pardonnées et dépassées. Edwyn gratifia sa grande sœur d'un large sourire.

      – Les crânes sont très étranges en fait... on croirait qu'ils ont été conçus, fabriqués comme des meubles... par des artisans, tu vois ce que je veux dire ? Bien sûr c'est très impressionnant, les crânes, les orbites, on croirait presque voir la lueur d'un ancien regard méchant... enfin, si les dragons étaient méchants, car les mestres les décrivent comme des animaux méchants, aujourd'hui disparus et tout et tout mais qui était là à l'époque quand ils volaient encore dans le ciel pour savoir s'ils étaient méchants ou non ? Moi je pense qu'on ne sait pas, mais lord Jasper m'a dit que si ces créatures ont disparu, c'est parce que les Sept l'ont voulu et qu'il ne faut pas souhaiter alors qu'ils reviennent... mais je ne sais pas... ce serait formidable... chevaucher un dragon... non ?

     Il haletait. Loin d'avoir perdu le fil de ses pensées, il manquait simplement de souffle pour exprimer combien il aurait aimé avoir ce privilège merveilleux. Hélas, c'était là un vœu qui relevait plus du rêve que de l'espoir, et s'il pourrait ce soir s'endormir en espérant qu'un doux songe le ferait traverser les cieux du monde à dos de dragon, jamais il ne pourrait accomplir ce souhait formidable. Sans doute sa sœur se moquerait-elle d'un tel élan de fantaisie de sa part, mais c'était de bonne guerre. Il ne comprenait pas davantage le goût des demoiselles pour les belles toilettes, alors...

      – Les jardins... les jardins sont « époustouflants », pour reprendre le terme employé par septa Melara... la canicule en a détruit de grandes parties malheureusement, mais avec l'automne, ils ont repris quelques couleurs et c'est à croire que la rigueur du climat de ces dernières années ne suffit à rivaliser avec la richesse des terres du Bief... et Hautjardin ! Hautjardin ! Jamais château n'a mieux porté son nom, tu peux me croire ! Les murs de ce palais ne font qu'une avec la végétation et les jardins sont un véritable havre de paix qui séparent les intérieurs de l'extérieur mieux qu'aucun rempart ne le ferait jamais... Ils n'ont pas de bois sacré mais il y a de la verdure partout si l'on m'apprenait que lord Tyrell dort sur un lit herbeux... je crois que ça ne me surprendrait pas...

     Il avait ajouté ces dernières paroles en riant de bon cœur avant de reprendre aussitôt :

      – Mais c'est un homme incomparable... Je crois ne l'avoir jamais vu s'énerver ! Son sourire était aussi constant que l'eau des rivières qui bordent notre château. Vraiment, ça m'a impressionné ! J'aurais bien aimé lui demander le secret de son calme mais je n'ai pas osé... J'imagine que lui aussi regardait les étoiles avec lady Amelia autrefois, mais il a sans doute meilleure mémoire que moi... je n'ai pas trop retenu ce qu'elle m'a dit mais je demanderai à notre mestre de m'apprendre à regarder le ciel. Elle m'a récité un poème sur les étoiles qui m'a beaucoup ému, mais je ne suis pas sûr de pouvoir te le réciter à mon tour... Pour ce qui est du mariage, c'était très impressionnant ! Il y avait un bouffon, Tribouly, qui faisait des tours spectaculaires ! Et puis les danses, c'était drôle ! Il y avait beaucoup de monde, mais lord Tyrell a dit malgré tout que c'était un petit mariage... mais bon, un petit mariage chez eux, c'est un grand chez nous, si tu vois ce que je veux dire ! D'ailleurs j'ai revu l'oncle Gowen ! Tu te souviens de lui, n'est-ce pas ?
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Message Mer 29 Aoû 2012 - 19:48

S'il y avait quelque chose qu'Eleanor avait compris depuis bien longtemps c'était que le temps passait à une vitesse folle. Elle avait l'impression que c'était hier à peine que le Fléau de Printemps avait emporté son père et sa jeune sœur et pourtant, trois longues années s'étaient écoulées et avaient filé en un clin d'œil. Le malheur qui les avait touché avait certainement créé des liens plus forts qu'ils auraient pu l'être si tout s'était déroulé normalement. Elle aurait probablement déjà été mariée et Edwyn aurait eu une vie d'enfant bien plus normale, de jeune Lord en devenir et non pas de vrai Lord avec tout ce que cela impliquait.

Tellement de choses avaient changé et pourtant, elle n'arrivait pas à imaginer une réalité autre que celle-là. Elle laissa échapper un nouveau rire joyeux, presque cristallin à la remarque d'Edwyn.


"Oh je souhaite pour toi que nous ne serons pas toujours les seules femmes de ta vie voyons ! Même si nous sommes les premières à avoir fait battre ton cœur, ce qui est un privilège que je n'oublierai pas. Et toi non plus j'espère !"

Quand il évoqua à haute voix le jour où elle et Arianna partiraient pour se marier, elle resta un instant silencieuse, songeuse. Elle finit par reprendre, après quelques secondes.

"C'est drôle, j'ai du mal à imaginer que ce jour arrivera enfin. Cette maison est la mienne, l'idée de penser la même chose d'un lieu qui m'est pour l'heure totalement inconnu est quelque chose de vraiment étrange."

Sa voix s'était faite bien plus rêveuse, comme si elle réfléchissait à haute voix alors que son regard fixait un point invisible bien au-delà de Vivesaigues. Elle finit par secouer la tête et par retrouver son sourire alors qu'elle posait de nouveau un regard attendri sur Edwyn qui continuait à lui parler de son périple des plus intéressants. Le jeune lord arrivait à mettre en valeur des détails, il avait une vision des choses que bien des adultes n'avaient plus depuis longtemps et cette fraîcheur et cette joie de vivre qui faisaient pétiller les yeux de son frère étaient contagieuses.

"Il est vrai qu'il serait agréable et intéressant de pouvoir lui poser des questions de vive voix. D'autant plus que, vu la façon dont tu parles de lui, Lord Jasper semble être un interlocuteur de qualité. En tout cas, je suis contente que tu les considères comme des modèles à suivre. Tu es sur la bonne voie et si tu continues comme ça, tu deviendras toi aussi un exemple pour les jeunes Lords dans quelques années."

Elle écouta alors les paroles d'Edwyn avec attention, ne cherchant pas à l'interrompre. Il était parfois difficile de savoir trouver les mots exacts qui reflétaient une pensée, surtout à son âge et elle souhaitait plus que tout que son frère arrive à dire à haute voix ce qu'il pensait, à s'exprimer sans détours et à faire comprendre ce qu'il ressentait. Elle esquissa un doux sourire, effleurant une fois de plus la joue du garçon avec tendresse.

"Cette petite voix, promets moi de toujours l'écouter. Elle est ton courage, ta conscience et celle qui te permettra d'avancer avec honneur et dignité dans la vie. Peut-être était-ce cette part de Père qui demeurera toujours en toi, quoi que tu fasses. Il serait fier de toi en tout cas, ça, j'en suis sûre."

Il était temps de parler de choses plus légères, ce que fit Edwyn avec un enthousiasme que la jeune fille ne put que partager. Elle rêvait de voir ces crânes de dragons, comme pour avoir une preuve tangible que ces créatures merveilleuses avaient réellement existé. Ses mains flottaient dans le vide, comme si elle essayait de ressentir le contact des crânes à mesure que les décrivait Edwyn, avant qu'elle ne finisse par pousser un petit soupir.

"Oh, comme j'aimerais pouvoir les toucher. J'ai du mal à croire que de telles créatures étaient réellement méchantes. Peut-être que notre notion du bien et du mal différaient de la leur, tout simplement. Mais il n'y a plus personne pour en témoigner malheureusement. Même si les paroles de Lord Jasper semblent sages, j'ai du mal à me faire à cette idée. Peut-être reviendront-ils un jour, ce serait tellement extraordinaire ! Et oui, ce serait formidable de chevaucher un dragon… pouvoir s'envoler dans les airs, survoler le Conflans en un clin d'œil et découvrir des horizons lointains…"

Elle savait pertinemment qu'elle aurait du avoir une mine offusquée, choquée peut-être, mais elle partageait le rêve d'Edwyn à ce sujet. Elle qui adorait déjà chevaucher Carotte, elle n'osait même pas imaginer à quel point ce serait impressionnant de faire de même avec un dragon. Mais la mine de son frère la fit sourire de plus belle. Il semblait ne pas manquer d'idées et d'énergie sur le sujet même si, au bout de quelques minutes, il finit par passer à d'autres moments de son voyage.

"Ta façon de me parler de toute cette verdure me laisse rêveuse. J'arrive presque à m'imaginer au milieu des jardins, à déambuler et à sentir l'odeur des fleurs. Ce doit être vraiment enivrant non ? Même s'il en manque effectivement une grande partie, je n'avais guère songé aux ravages que la canicule a pu causer là-bas aussi. Et quelle impression cela t'a fait de te retrouver entouré par des murs de verdure ? Tu ne t'es pas senti oppressé ? Cela devait vraiment être étrange non ?"

Elle avait vraiment du mal à imaginer Vivesaigues tapissée de verdure mais elle était curieuse. Elle laissa échapper un sourire pensif à la remarque sur le lit de Lord Tyrell, même si elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Dormir sur un lit de verdure, mais quelle idée ? Ce ne devait pas être réellement confortable, pour le peu qu'elle avait pu essayer, dormir sur l'herbe n'avait jamais vraiment été agréable, même si cela faisait des années qu'elle ne s'y était pas essayée.

"Je suis sûre que tu aurais pu lui poser la question. Peut-être que sa réponse aurait pu te surprendre. En tout cas, dis-toi qu'il a eu bien plus d'années que toi pour s'exercer à être calme. Et si tu demandes à notre mestre comment regarder les étoiles, j'aimerais aussi bénéficier de son savoir. Tu es sûr de ne pas te rappeler assez bien le poème ? Je voudrais bien l'entendre, ça me ferait plaisir."

Elle l'écouta ensuite parler du mariage et tenta d'imaginer ce qu'il décrivait, non sans mal, n'ayant jamais assisté à un évènement d'une telle ampleur.


"Je t'avoue que j'ai du mal voir réellement ce que tu veux dire mais je te crois sur parole. Le bouffon t'a marqué il semblerait non ? Que faisait-il comme tours ?"

A sa question sur l'oncle Gowen, elle hocha la tête avec un bref sourire. Elle se rappelait de lui, bien évidemment, mais la dernière fois où elle l'avait croisé remontait maintenant à quelques années. Elle n'était pas sûre qu'il la reconnaitrait même si tous s'accordaient à dire qu'elle ressemblait de plus en plus à sa mère.


Dernière édition par Eleanor Tully le Mer 10 Oct 2012 - 18:16, édité 1 fois
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Message Dim 7 Oct 2012 - 22:06

     Les premières à avoir fait battre son cœur. Il y avait là plus que la vérité. Depuis toujours, Edwyn avait vécu parmi ces femmes, ses parentes, mère, sœurs, tantes, cousines et leurs demoiselles de compagnie. Plaisantant, un jour, le septon de Vivesaigues avait chuchoté qu'Edwyn était la petite « poupée de ces dames ». Cette plaisanterie, Edwyn ne l'avait pas comprise et aujourd'hui encore, elle demeurait floue dans sa tête. Plus tard, à Murs-Blancs, dans quelques jours, il saurait alors toute l'erreur, toute la compromission qu'avait été cette cour de femmes en surnombre, qui l'avait bercé d'amour et d'illusions. Mais pour l'heure, il goûtait fort les retrouvailles avec sa sœur, et buvait les paroles d'Eleanor avec un zèle d'enfant gourmand. Lui aussi concevait mal qu'un jour sa sœur dût partir pour un autre foyer, pour une autre maison, pour une autre famille. N'était-ce point la pire déchirure à vivre pour un Tully que de voir s'éloigner de Vivesaigues la chair et le sang de ses pères ? Sans doute le temps panserait la blessure, mais Edwyn le savait déjà, son cœur saignerait quand ses sœurs partiraient pour les châteaux des époux qu'il aura choisi pour elle. Cette tâche était ingrate et laide, il n'avait guère l'envie d'y souscrire et pourtant il le devait : sa mère et ses conseillers l'avait pressé, à son retour de voyage, de placer cette question en haut de la liste de ses priorités. Ne pouvait-on le laisser tranquille ? Si la voix de sa sœur était rêveuse, Edwyn s'inquiéta de ses sentiments... était-elle enthousiaste, au fond, à l'idée d'aller intégrer une autre famille ? Sa condition la prédisposait à un grand mariage, à l'enfantement et à la gestion d'une grande maison mais... oublierait-elle son petit frère, quand elle serait au loin ? Par les Sept, il espérait bien que non... au fond de lui, il nourrissait le secret espoir qu'en dépit de son mariage, elle demeurât la même pour lui, une sœur aimante, confiante et surtout présente. Ne pouvait-il lui trouver un époux dans le Conflans, à proximité de Vivesaigues ? Il y avait certainement à proximité un vassal qui serait enchanté d'unir sa maison à celle de la truite bondissante... mais hélas, ce vœu resterait lettre morte. Il avait déjà souscrit au projet proposé par sa mère et malheureusement, cela présageait d'un mariage bien lointain pour Eleanor... La conversation se poursuivait tranquillement, mais Edwyn était un peu gêné. Eleanor savait-elle ? Leur mère en avait-elle parlé ? Il l'espérait, il redoutait le moment où il aurait à lui-même annoncer à sa sœur qu'elle prendrait bientôt la route de Winterfell si tout allait comme prévu...

      - Ce n'était pas oppressant, c'était plutôt fascinant en fait ! Mais à la longue je crois que cela m'aurait étouffé... c'est si vaste et si long que de devoir faire le tour du château me fatiguerait ! Mais je ne me souviens plus du poème... je suis désolé... Le bouffon de son côté était formidable !

     Et le petit Edwyn lui conta les frasques de Tribouly, ses acrobaties, la fumée, la tourte, les éclairs de lumière et les éclats de rire. Mais cette conversation badine et heureuse contrastait avec le fond de sa pensée qui s'ombrageait des couleurs noires du doute et du chagrin. N'y tenant plus, il se sentit obligé d'interrompre leur conversation pour lui poser les questions qu'il avait sur le cœur. C'était là une chose difficile et les mots ne se pressèrent pas dans sa bouche pour en sortir. Son trouble était tel qu'il tremblait des extrémités et ses sourcils tiquaient par moment. En vain il cherchait une échappatoire, mais il était trop honnête pour demeurer plus longtemps dans le trouble et une certaine forme de mensonge qu'il ne goûtait pas. Il avait à cœur d'être un garçon honnête, car c'était ce que commandait la vraie foi. Et quel frère serait-il s'il cachait des choses à sa sœur ? Il se livra donc avec autant de maladresse que de franchise.

      - Eleanor, je dois te demander quelque chose... maman t'a-t-elle parlé de tes prochaines fiançailles ? Elle m'avait dit à mon départ de Vivesaigues qu'elle le ferait mais je n'ai pas eu l'occasion de lui demander si elle l'avait fait depuis que je suis rentré... or moi je ne veux pas te cacher ce qui se prépare car tu es ma sœur et car je t'aime et car je ne suis pas un menteur et car aussi je ne veux pas lancer un projet qui te concerne sans ton accord d'abord, tu comprends ?

     Edwyn espérait de tout cœur qu'elle comprendrait, même s'il redoutait plus encore qu'elle ne prenne ombrage de ce qu'un mariage se préparait pour elle dans son dos. La sinistre vérité, c'était qu'Edwyn aurait sans doute été plus avisé de la mettre devant le fait accompli ; mais ça, il n'avait pu s'y résoudre. Il était encore trop jeune pour laisser passer la politique avant la famille, et en tant que Tully, cette seule suggestion lui donnait la nausée.
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Message Mer 10 Oct 2012 - 19:41

Eleanor n'avait pas vraiment idée de l'image que leur famille pouvait donner aux regards extérieurs. Il est vrai qu'Edwyn était couvé avec amour, particulièrement plus depuis la mort de leur Père, tant par sa place de nouveau suzerain que par son jeune âge. Et elle l'aimait avec toute la naïveté que procuraient les années passées au cœur de Vivesaigues, préservée du monde extérieur et de tout ce qui pouvait s'apparenter de près ou de loin aux manipulations et autres intrigues de cour dont elle avait entendu parler sans vraiment en saisir toutes les subtilités.

Bien qu'elle ai souvent voyagé pour une demoiselle de son rang et rencontré des personnes de nombreux horizons différents, elle avait réussi à garder une certaine candeur et un regard toujours émerveillé sur le monde qui l'entourait. Et c'est sans concession qu'elle aimait ou qu'elle n'aimait pas certaines personnes, même si elle savait pertinemment qu'elle devait mettre de l'eau dans son vin et que sa position de demoiselle de la maison Tully lui conféraient l'obligation de faire honneur à sa famille et de passer outre la première impression qu'elle pourrait avoir des gens qu'elle croisait sur son chemin.

Mais pour l'heure, elle se contentait de savourer l'instant présent et d'écouter Edwyn lui narrer son voyage avec toute l'attention dont elle était capable. Elle s'enthousiasmait pour chaque mot, chaque anecdote, ayant presque l'impression de revivre la scène à ses cotés tant elle était portée par les récits du petit Lord. Elle laissa échapper un nouveau sourire rêveur alors qu'ils continuaient de parler des murs de feuilles, avant d'embrasser d'un geste de la main la vue sur les extérieurs de Vivesaigues.


"Je t'avoue que je préfère savoir la nature à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur. Même si je l'apprécie énormément je trouve ça… bizarre de ne plus savoir si on est dans un jardin ou dans une demeure. Chaque chose doit bien rester à sa place, sinon on ne saura plus où donner de la tête. Mais qui sait, peut-être qu'à la longue, on s'y habitude, enfin je l'espère pour eux ! Je suis heureuse que Vivesaigues soit plus modeste, au moins, on peut en faire le tour sans finir épuisé."

Nulle malice dans ses propos, elle préférait de loin un logement aux dimensions plus modestes qu'elle connaitrait du bout des doigts que le plus grand des châteaux où elle ne saurait pas où se rendre sans avoir peur de faire une gaffe.

Elle continua d'écouter son frère mais quelque chose la fit tiquer. Elle le connaissait par cœur ou presque et savait interpréter chaque inflexion de voix ou hésitation qui venait du jeune lord. Elle ne l'interrompit pas, fronçant imperceptiblement les sourcils à mesure qu'elle sentait la gène le gagner. Il lui cachait quelque chose mais quoi ? Etait-ce dû à son voyage ? Quelque chose s'était passé dont il ne devait pas parler ? Et si c'était le cas, pour quelle raison ? L'espace d'un instant, elle fut rongée par l'inquiétude à l'idée d'apprendre quelque chose et ce fut presque avec soulagement qu'elle entendit Edwyn lui dire ce qui le pesait.

Son mariage.

Bien évidemment à l'inquiétude succédèrent tout un tas d'autres sentiments. La compréhension tout d'abord, lorsqu'elle repensait à l'attitude de leur Mère ces derniers temps et à celle de la Septa. Cette inquiétude qu'elles avaient toutes les deux quant à sa conduite en société, tout particulièrement avec les personnes du sexe opposé, la façon dont Mère avait de la scruter longuement et visiblement pleine de sentiments contradictoires qu'elle n'arrivait toujours pas à définir même si elle commençait à se faire vaguement une idée maintenant qu'Edwyn avait lâché le morceau.

Et puis, tout aussi rapidement, un refus presque enfantin de quitter les lieux où elle avait grandi, où elle avait vu naitre et mourir certains des gens à qui elle tenait le plus. Mais ce sentiment disparut tout aussi fugacement qu'il était arrivé. Après tout, ce n'était pas comme si elle ignorait ce qui allait se passer et elle avait depuis longtemps pris la décision de tout faire pour aider sa famille et tout particulièrement ce jeune frère qui avait déjà tant de responsabilités sur ses épaules.

Elle laissa quelques secondes s'écouler, serrant un peu plus les mains d'Edwyn entre les siennes et esquissant un léger sourire qui se voulait rassurant.


"Elle a déjà abordé le sujet oui… enfin, elle a essayé mais je crois qu'elle n'a jamais trouvé le moment parfait pour le faire. Ne t'inquiète pas, je sais depuis longtemps quel est mon rôle dans toute cette histoire et l'importance que peuvent avoir les alliances pour notre Maison… et pour ton avenir."

Si elle le savait en théorie, la pratique était encore vraiment floue pour elle mais ça, elle se gardait bien de le dire à Edwyn. Elle préférait garder son inquiétude pour elle et improviser le moment venu, même si elle avait comme un doute sur ses capacités en la matière.
Elle préféra également passer sous silence les reproches dont semblait l'avoir accablée Mère, à savoir ses difficultés à être suffisamment "avenante" pour la gent masculine et à entretenir des discussions sans avoir l'impression d'être la dernière des godiches à ne pas savoir si elle n'était pas en train de fauter ou de mettre les pieds dans le plat, même si elle arrivait à se rassurer grâce à toutes ses connaissances théoriques dans la matière. Après tout, elle était incollable ou presque lorsqu'il s'agissait de deviner qui appartenait à quelle maison et elle savait aborder de nombreux sujets, lorsqu'elle se sentait à son aise.
Tout le hic était là à dire vrai, mais inutile d'encombrer les pensées d'Edwyn avec ce détail plutôt gênant.

Pour l'heure, elle était curieuse à l'idée de savoir si leur mère et lui avaient déjà commencé à élaborer des idées quant à son avenir matrimonial. Avaient-ils réellement trouvé les meilleurs partis qui sauraient renforcer l'influence du Conflans dans le royaume et assoir la légitimité du tout jeune Lord ? Elle savait qu'il était peu probable, voire impossible pour elle de rester aux alentours de Vivesaigues mais, à défaut d'être éperdument amoureuse de celui qu'elle épouserait, elle espérait ne pas s'éloigner plus que nécessaire de ce lieu qui l'avait vue grandir.


"Et… donc… tu as déjà des projets pour tout ça ?"

Elle avait pourtant du mal à prononcer le mot mariage, comme si l'éviter pouvait ne pas lui donner trop de substance et laisser tout ça comme de simples idées, de vagues projets qui se passeraient dans un avenir lointain. Mais, malgré tout, tout était bien plus près qu'elle ne se l'imaginait.
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