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« Les corbeaux entre eux ne se crèvent pas les yeux. »

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Main du Roi
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Brynden Rivers
Main du Roi

Général
Freuxsanglant

- Combien c'est-y que lord Freuxsanglant il en a, de zyeux ?
- Mille, et rien qu'un.

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Message Mer 11 Juil 2012 - 14:58



C’était une journée comme une autre au Donjon Rouge et Brynden venait enfin de quitter la salle du trône. S’asseoir sur le Trône de Fer avait toujours été quelque chose de pénible autant en raison de l’inconfort provoqué par ce siège si dangereux que par la difficulté que l’on avait parfois à ne pas s’énerver devant les réclamations et les plaintes de certains pétitionnaires. Pensaient-ils réellement qu’il était capable de leur rendre les récoltes que le soleil avait brûlées ? Que pouvait-il faire contre l’absence de poissons dans les eaux côtières ? A ce niveau, les paysans, les artisans et autres pêcheurs ne valaient guère mieux que certains seigneurs de la Couronne qui n’hésitaient pas à venir à Port-Réal au moindre petit souci afin de recevoir les conseils de la Main. Comme s’il n’avait pas des problèmes bien plus sérieux à régler avec les Fer-nés qui menaçaient maintenant le Nord et les Feunoyr qui semblaient créer bien des remous dans les Cités Libres. Brynden ne cessait de recevoir des rapports en provenance de partout dans le royaume et il se demandait bien ce que tout cela pouvait cacher. Certaines de ces nouvelles ne lui étaient guère plaisantes, mais il ne pouvait rien faire contre cela et il espérait simplement qu’elles ne briseraient pas la stabilité du royaume. Tant de problèmes et si peu de temps et de moyens pour les régler… Du moins, jusqu’au prochain Conseil Restreint qui devait se tenir sous peu.

Traversant la cour extérieure et la cour intérieure du Donjon Rouge, Brynden se dirigea vers la Tour de la Main où se trouvaient ses appartements, les appartements des gens de sa maisonnée et bien entendu sa logia et salle de travail. Si l’on écoutait les racontars du peuple, c’était aussi là que se cachait son laboratoire de sorcellerie et les Sept seulement pouvaient savoir quoi d’autre encore… Bien entendu, tout cela était faux mais ça n’empêchait pas de stimuler les esprits les plus simples. Entrant dans la grande bâtisse, Brynden s’enquit d’éventuelles nouvelles auprès de son intendant, apprenant ainsi que le Grand Mestre avait demandé à le voir lorsqu’il en aurait le temps mais aussi que ser Alrik Mallery, le capitaine de la Garde du Donjon Rouge et ancien ami de Brynden l’attendait dans sa logia pour son rapport de la semaine. Attendait-il depuis longtemps ? Difficile à savoir mais mieux valait ne pas tarder davantage. Montant l’escalier qui permettait de gravir la Tour de la Main jusque dans ses étages supérieurs, Brynden parvint finalement à celui de ses propres appartements, se dirigeant immédiatement vers sa logia où il était attendu.

Entrant dans la grande pièce où s’entassaient des livres, des documents scellés, des parchemins vierges ou d’autres couverts de notes diverses et variées, la Main aperçut finalement celui qui l’attendait, sans doute son plus grand, plus ancien et plus fidèle ami.
« Mon cher Alrik ! Puisses les Sept t’envoyer m’apporter de bonnes nouvelles. Cette mascarade dans la salle du trône m’a une fois de plus fait me demander si nos nobles étaient vraiment méritants de leur statut… » Remettant en ordre quelques documents, Brynden se dirigea soudain vers la porte, hélant un serviteur qui passait par là. « Qu’on nous apporte une carafe de vin et deux coupes ainsi que de quoi manger. » Refermant la porte et revenant vers Alrik, il reprit la parole. « J’ai cru comprendre que lord Redwyne était arrivé depuis peu à la capitale accompagné de deux dames Hightower. Cela veut donc dire que l’Argentier ne tardera pas non plus et j’ai cru comprendre que le Prince Maron arriverait par navire accompagné d’une suite d’importance. Penses-tu que nous ayons suffisamment de monde pour éviter les ennuis ? Je ne souhaiterais pas que Maekar profite de la situation… J’ai de plus entendu parler du retour de certains fantômes du passé… Parviendras-tu à maintenir l’ordre ? » S’il était un fait, c’était qu’on ne pouvait rien dissimuler à Brynden. Néanmoins, il n’avait encore pu s’entretenir de tout cela avec Alrik et il se demandait bien ce que son frère d’armes pourrait lui raconter au sujet de ces rumeurs récentes…


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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

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Message Ven 13 Juil 2012 - 17:10

S'il existait une notion à sanctifier en ce bas monde, c'était bien celle de l'organisation. Au respect de cette dernière, Alrik était d'ores et déjà à la place qui l'appelait au rapport usuel et à l'éclat de sa loyauté qui n'avait point chanci depuis plus de deux décades. Préférant même la prévoyance, il avait délaissé ses hommes à la Barbacane après une succincte conversation et rappel de quelques délégations pourtant de coutume – A force de seriner ses directives à ses pauvres factionnaires, ceux-ci n'auraient bientôt plus besoin de supérieur hiérarchique pour remplir leur besogne ! - il avait rallié la Tour de la Main avec une avance digne de ce nom. Quand bien même son lord s'affairait encore à la gérance du royaume, au coeur de laquelle s'unifiaient lubies et doléances tant de la noblesse que de la roture, il lui parut des plus naturels de patienter que son tour vienne plutôt que se faire expressément mander une fois que la place serait vacante. Conduit à la loge et théâtre habituel de leurs conciliabules hebdomadaires, la réflexion du commandant erra par les tertres de documents officiels, de vélins marqués de divers sceaux seigneuriaux dont il reconnut ceux qu'il était en mesure de distinguer, des opuscules et autres annales – un véritable bataclan littéraire pour quiconque si ce n'était le propriétaire des lieux. Pour autant, la visite de cette pièce était futile à la conclusion que Brynden était, plus qu'ordinairement, assailli par toutes les déveines de Westeros qui réclamaient son attention, son aide, ses actions. Pour le chevalier qui talonnait toujours son ami, dans la pénombre ou à pleine lumière, ces temps d'orage étaient sources d'une sempiternelle effervescence qui ne connaissait que bien peu d'accalmies. Pouvant se targuer être d'un substantiel soutien aux affaires de la Main, il lui fallait être digne de la confiance qui lui était conférée et veiller à ce qu'aucune contrariété subsidiaire ne vienne s'additionner au monticule de tracas déjà présent. Reléguer sa propre existence au second plan en vertu de l'honneur de ses voeux et responsabilités était une bien trop frêle ombre au tableau pour qu'il ne s'en préoccupe, la bonne vie du Donjon Rouge et de ses habitants étant et demeurant toujours à l'apogée de ses priorités. Le trône de fer était un siège de lames effilées, l'on s'y dilacérait l'esprit aussi bien que la chair au moindre spasme, une mouvance physique et intellectuelle particulièrement délicate et létale dans la pire des chutes.

L'huis s'ouvrit alors, rappelant le sieur Mallery à ses devoirs alors que son frère d'armes le gratifiait enfin d'un moment. Heureux de le voir plus que l'apercevoir entre deux audiences ou corridors, il lui adressa une visible salutation de la tête, humble et sincère, avant de tirer une risette à ses propos. Ces kyrielles de nobliaux se pressant aux portes du bastion étaient certainement la pire des gangrènes pour le Gérant, déploiement de solennité et simagrées en tout genre dont nombre supputées de complots ou quête de satisfaction personnelle. Plus à l'estoc qu'à la politique et bien que n'ignorant pas la diplomatie, Alrik admirait freuxsanglant pour la robustesse de ses épaules et l'extrême quant-à-soi dont il faisait preuve, s'estimant incapable de pouvoir en faire autant s'il avait été à sa place. Pour autant, cela ne les empêchait pas de converser d'importants sujets qui demandaient plus qu'une vue d'ensemble, mais une réelle trituration de méninges pour que jamais le noir corbeau ne soit pris au dépourvu. Une perspective qui semblait bien ardue de réalisation tant Brynden était au fait du moindre insecte rampant se pavanant sur l'enceinte, ce qui n'étonnait plus son fidèle capitaine depuis bien longtemps maintenant. Si bien qu'à la suite de sa pléthore de constatations et interrogations il ne put réprimer un innocent et frivole commentaire.


« Pense à respirer entre chaque phrase, que je puisse moi-même considérer chacune d'entre elles. »

Un ricanement presque soupiré ponctua sa réplique, amusé de la faconde empressée de son lord désireux d'enquêter auprès de lui. Inutile de préciser qu'il avait besoin d'être rassuré en nombreux points, même impatient d'ouïr la parole de son factotum attitré qui , pour l'heure, exhalait une éloquente placidité bien que saupoudrée d'un trait d'esprit. Il aurait été vain de se parer de grands airs graves ou de trop de formalité alors qu'ils avaient là l'opportunité de se décrisper tout en restant un tant soit peu sérieux. L'attitude du commandant n'eut que ce but, détendre son vis-à-vis avant de pénétrer les inextricables méandres des intrigues actuelles. Cependant, sens commun rappelé à l'ordre, il jugea bon de ne pas d'avantage atermoyer la discussion qui s'imposait d'elle-même. L'agitation croissante était telle que la charge de travail doublait de sa pesanteur traditionnelle, de quoi bousculer les oisifs qui se complaisaient trop dans leur condition et de leur remémorer que la vie était jaspée d'épreuves.

« J'ai moi-même accueilli le Grand Amiral et les ladies qui faisaient sa parure, tous trois ont corroboré l'imminence de l'arrivée du Grand Argentier, je m'attends à ce que lord Hightower nous arrive dans les prochains jours. Quant au prince Maron, il a effectivement préféré la voie maritime pour rallier Port-Réal, et s'il ne nous gratifie d'aucun autre représentant du nom Martell, il sera suivi d'une importante procession que la forteresse est déjà prête à accueillir. Pour ce qui est du seigneur Maekar... » Bien que, dans le présent contexte, personnalité moins notable que le florilège qui convergeait vers la capitale du pays, le prince de Lestival était toujours une macule sur l'opaline toile. Toutes les occasions étaient bonne à saisir s'il était question de mettre les dirigeants à mal, une vérité que le ser connaissait pour avoir par plus d'une fois été le martyr de ses farces. « Il ne trouve pas réellement d'alliés en ceux qui nous parviennent, mais il se fourvoie s'il pense profiter de l'affairement général pour ourdir une quelconque exaction. En logeant au Donjon Rouge, il sait que je le garde à l'oeil plus que quiconque. Il ne peut passer d'un pan à un autre sans que je ne le sache. »

L'expérience et le bon sens lui avaient permis d'apprendre de cet antagoniste en deçà de l'ineptie, mais qui n'en était pas moins dangereux – et sur un avis plus subjectif, complètement psychotique. Une méfiance considérablement amplifiée depuis que le fou dragon l'avait condamné à une nuitée dans les donjons de sa demeure dans le fief des Baratheon. Une tentative d'assassinat, ce fameux soir, sur une simple mésentente et que le chevalier n'avait toujours pas digérée malgré l'office du temps passé. Une rancune aussi sourde qu'aphone qui ne manquait pourtant pas d'attiser le feu sacré qui brûlait en Alrik lorsqu'il se trouvait aux abords de leur ennemi. Qu'importait, il restait persuadé que le Conseil Restreint ne ploierait aucune plausibilité d'agir contre la couronne et ses intérêts pour la simple et bonne que toute la cité veillait, lui le premier. Cela faisait de nombreuses lunes que l'évènement se préparait sous tous les angles imaginables, qui plus est, ce n'était guère la première réunion de sommités à laquelle il assistait, même de façon indirecte. Cependant, il comprenait les craintes ou le simple besoin de s'entendre dire que tout allait pour le mieux de la Main, laquelle il laissa se repaître de sa réponse avant de lui en apporter une seconde, pour un apport d'informations susceptibles de le lénifier si tant est que cela soit possible.

« Je suis en étroite collaboration avec le Lord Commandant de la Garde Royale, les Frères Jurés nous apportent leur soutien ce qui, malgré leur effectif, n'est en tout point pas négligeable. J'ai également sollicité l'obligeance des Manteaux d'Or qui ne manqueront pas d'étendre leur vigilance au-delà des geôles pour l'occasion, leur capitaine m'a octroyé un bien-fondé sur certaines de ses troupes si le besoin se faisait sentir. Avec cela, l'ensemble des Dents de Freux est sur le front, tous mes hommes sont prompts au devoir et savent ce qu'ils ont à faire. » Rigorisme armé, rien n'avait été laissé à la providence pour la sûreté des lieux, mais le quidam ne put s'empêcher de souligner l'essence de son implication. Mains nouées dans l'échine, il eut un sensible redressement de menton, le ton assuré. « De plus, sois certain que je ne fermerai pas l'oeil ni du jour, ni de la nuit. » Si la tirade était, originellement, à prendre sous le sens figuré, il n'était pas faux que le commandant avait développé une certaine forme d'insomnie à laquelle il s'était accoutumé, fâcheuse conséquence d'une tendance noctambule. « Imagine-moi comme un roquet qui arpente son territoire... Avec la laisse et le collier en moins. »

Son cou était pourtant serti du freux en chasse, nul n'ignorait désormais qui il était et qui il servait avec une indicible déférence depuis tant d'années. Homme de la Main mais maître de bien d'autres prêts à attaquer à la moindre de ses sommations. L'Ordre duquel il était le prépondérant ne s'était pas forgé en un jour, il se souvenait encore de naguère où les Dents n'avaient que leur freuxsanglant à protéger, des réminiscences d'autant plus insistantes depuis que d'étranges ouï-dires pullulaient d'une oreille à une autre. Alrik s'était même ébaubi à l'entente du nom d'Aigracier des lèvres de quelques maldisants qu'il surveillait. Herberouge, et tant d'autres instants lui revenaient en mémoire alors qu'il conjecturait au même titre que son lord sur un probable retour de flammes. Sujet à la réflexion, le ser frotta le poil de sa barbe en hasardant son regard sur un quelconque élément du décors.

« Je ne crois pas aux fantômes, les esprits n'ont nul raison de se montrer, contrairement aux cinoques qui ne ressortent pas forts de leurs défaites. L'ineptie alliée à l'ambition forment une redoutable combinaison... De là à dire qu'ils seraient assez sots pour reformer une rébellion... » Il tourna ses prunelles azurées sur son interlocuteur. « Le Dragon Noir préparerait-il vraiment un nouvel essor ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Brynden Rivers
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Message Mer 3 Oct 2012 - 17:43

Après avoir quitté les audiences bien ennuyeuses de la salle du trône, Brynden était retourné dans ses appartements de la Tour de la Main où il avait rendez-vous avec son bras droit, ser Alrik Mallery. Entrant dans la logia, la Main du Roi avait donc salué son ami et compagnon avant de faire mander un serviteur dans le but de l’envoyer chercher de quoi se restaurer. Revenant ensuite vers son compagnon et sans même chercher à le laisser placer un mot, Brynden mentionna divers événements survenus de manière récente. Lord Redwyne, Grand Amiral, était en effet arrivé à la capitale quelques temps plus tôt en prévision de la session du Conseil Restreint qui ne tarderait plus. Mais s’il l’avait fait, ça avait été en compagnie de deux dames de la maison Hightower, ce qui voulait donc dire qu’on pouvait attendre sous peu l’arrivée du Grand Argentier. Dans le même temps, le prince Maron Martell, Grand Législateur, était lui aussi arrivé à la capitale, ce qui n’avait plus eu lieu depuis bien longtemps ! Sa délégation ne passait d’ailleurs pas inaperçue dans l’enceinte du Donjon Rouge puisque rares étaient les hommes de la Couronne à avoir déjà rencontré des Dorniens. On racontait même que les coutumes de ses derniers faisaient déjà parler d’elles… Mais comme si cela ne suffisait pas, il fallait aussi se préparer à l’arrivée prochaine du plus sérieux de leurs problèmes, ni plus ni moins que le prince Maekar Targaryen. Tout cela provoquerait bien des émois et il faudrait réussir à maintenir l’ordre coûte que coûte.

Sa longue diatribe terminée, Brynden porta le regard sur Alrik, attendant de voir les réactions de ce dernier. Il ne put s’empêcher de sourire à sa première phrase. Il était vrai qu’il avait beaucoup parlé sans lui laisser l’opportunité d’intervenir, mais c’était là la faute à la session des audiences. Il ne fallait laisser aucun temps mort aux nobliaux qui venaient quérir de l’aide parce que malgré le respect et la peur qu’ils éprouvaient à l’égard du Trône, certains n’hésitaient pas à insister de bien des façons pour obtenir le meilleur et le maximum pour eux. Il fallait donc éviter de leur en donner l’occasion en prononçant ses sentences de manière rapide et immuable. Finalement, Alrik commenta les propos tenus par Brynden en confirmant les arrivées récentes de lord Redwyne et du prince Maron et la prochaine venue de lord Hightower. Quant au prince Maekar, tout semblait déjà être en place pour éviter qu’il ne crée des problèmes. Le plus gros souci restait que bien souvent, le prince lui-même n’en avait que faire et on ne pouvait évidemment pas mettre le frère du roi dans les geôles du palais. D’un autre côté, s’il venait ici, c’était pour donner corps à sa fonction et il aurait réellement tort de jouer les trouble-fêtes au risque de se voir refuser cela. « Puisse le prince le comprendre et éviter de causer du tort. »

Comme pour expliquer que ce serait réellement le cas, Alrik poursuivit son exposé en informant Brynden de sa collaboration avec les Blancs Manteaux, ce qui n’était pas rien. De ce fait, le château serait clairement bien protégé et le roi ne risquerait rien, mais les Gardes Royaux étant au service des Targaryen, ils ne seraient d’aucune aide si le prince Maekar venait à exploser de rage, ce qui était malheureusement chose courante… Par contre, le fait que le capitaine des Freux soit aussi en rapport avec le Guet de Port-Réal était une excellente information puisque cela voudrait dire que la ville était en grande partie sous leur contrôle et qu’ils sauraient tout ce qui s’y déroule. Au moins, Alrik prenait son rôle très à cœur et il s’en montrait plus que digne. C’était rassurant et cela permettait de se concentrer sur bien d’autres difficultés. La dernière tirade ne manqua néanmoins pas de tirer un nouveau sourire à Brynden. « J’aurais trouvé plus d’utilité à un molosse, mais j’ai cru comprendre que tu aboyais souvent après tes hommes. Le roquet te sied donc peut-être mieux, mon ami. »

Faisant ensuite référence aux derniers propos du Freux, Alrik répondit en laissant entendre que selon lui, il semblait peu probable de revoir apparaitre certains de leurs ennemis de jadis. Devait-on en être si sûr ? Ce n’était pas dit… S’apprêtant à répondre à la question posée, Brynden laissa finalement planer le silence alors qu’on frappait à la porte. Le serviteur précédemment mandé entra en déposant un plateau garni de fruits et de fromages divers sur la table centrale, servant au passage deux coupes d’un vin rouge de la Treille avant de sortir aussi silencieusement. Ne reprenant pas directement la parole, Brynden s’approcha de la table pour attraper l’une des coupes en invitant son frère d’armes à faire de même. Il huma un instant le parfum de ce nectar, cueillant et croquant un raisin vert bien mûr avant de boire une gorgée de vin. S’installant à son aise sur une chaise libre, la Main finit enfin par répondre. « Je ne sais trop que penser, pour le moment. Selon les rapports que je reçois, Aigracier semble rester dans les Cités Libres et même si sa compagnie de mercenaires peut représenter un sérieux danger pour nous, il n’a pas l’air de préparer quoi que ce soit contre le royaume. Rien ne dit qu’il ne le fait pas en secret, mais pour le moment, je crois que nous n’avons rien à craindre de lui. Je ne sais toutefois pas ce qu’il faudra en attendre lorsque notre flotte aura appareillé… Sans ces navires, Port-Réal deviendrait une cible idéale pour un assaut et il parviendrait sans nul doute à s’emparer du trône avant que l’on ne puisse faire revenir nos troupes. Ce serait là un grand désastre. Mais comme je te le dis, ce ne sont que des hypothèses et absolument rien ne vient le confirmer pour le moment. »

Il ne fallait toutefois pas ignorer ces choses-là et même si ça ne restait que des hypothèses qui ne verraient jamais le jour, avoir un plan tout prêt pour les contrer pouvait être une bonne chose. Pourtant, il semblait y avoir d’autres forces en jeu… Des choses que Brynden pouvaient comprendre, même s’il n’en voyait pas encore toute l’ampleur. Il resta donc un moment à réfléchir avant d’essayer de formuler ses propos de la façon la plus claire possible. « Cela dit, le Dragon Noir prépare quelque chose, oui. Je crois néanmoins que mon frère n’y est pour rien dans cette affaire. Ce doit davantage être là le fait de l’héritier de Daemon. Il doit avoir l’âge de Daeron aujourd’hui et je ne doute pas que les récits de son oncle auront réveillé en lui des envies de gloire. Cela dit, ce qu’il peut préparer, je n’en sais encore rien. Mes rêves semblent montrer que cela aura lieu non loin d’ici. Je rassemble encore les informations, mais je crois en avoir saisi l’essentiel. » Toute cette affaire était bien compliquée mais Brynden pensait avoir compris tout ce que cela impliquait. Ses rêves n’étaient pas des plus précis, loin de là, mais ils contenaient des éléments qu’on ne pouvait pas nier.

« Dans mes rêves, je vois un Dragon Noir surgir d’un œuf, ce qui semble bien vouloir dire que ça concerne un des fils de Daemon. Cela dit, l’œuf est important, lui-aussi. Je l’ai souvent vu, ces derniers temps et il me rappelait étrangement quelque chose. J’ai donc fouillé dans les archives et j’ai trouvé ça. » Se levant, Brynden tendit un ouvrage à Alrik. La page ouverte montrait des dessins représentant des œufs de dragons colorés et brillants, comme s’il s’était agit de sculptures de pierres précieuses. « Selon le Grand Mestre, cet ouvrage est un traité sur l’étude des dragons écrit à partir des observations tenues sur les dragons des Targaryen. Les œufs présentés sont tous ceux que la maison possédait. La plupart sont aujourd’hui à Lestival, entre les mains des enfants de Maekar. D’autres sont encore conservés ici. Mais l’œuf dont je rêve n’est aucun de ceux-là. Par contre, il ressemble à celui-ci. » Brynden désigna alors l’un des dessins de l’ouvrage. « Le fait est que selon le mestre, cet œuf est celui que mon père avait offert à l’un de ses conseillers, lord Ambrose Beurpuits. Je suppose que tu te souviens de lui… » Lord Beurpuits n’était autre que la Main du Roi en place au début de la rébellion Feunoyr. Ses manigances avaient été telles qu’il avait perdu sa place et ses fils dans la guerre. Aujourd’hui, il vivait reclus dans son château et sa maison n’était pas dans la plus grande des formes. Il n’y avait donc rien de surprenant à l’imaginer aider et soutenir les Feunoyr survivants pour regagner son prestige passé, même si rien ne pouvait l’affirmer. « Figure toi qu’il semblerait que lord Ambrose prévoit bientôt de se remarier. Il compte organiser un tournoi donc la récompense sera, dit-on, un œuf de dragon… N’est-ce pas surprenant ? »


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Alrik Mallery
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Message Mar 9 Oct 2012 - 16:16

Les risettes de la Main étaient devenues fort rares depuis qu'il exerçait sa fonction avec le zèle que tous lui connaissaient. Brynden avait toujours été un protagoniste emprunt de secret, d'une présence parfaitement dosée de discrétion lorsqu'il le fallait, et souvent, ses pensées demeuraient impénétrables. L'ironie marquée dans cette constatation était sans nul doute qu'Alrik était devenu un homme similaire en bien des points, les méninges en sempiternelle activité, observateur et prudent, sans cesse à reconsidérer les circonstances sous la moindre de leurs coutures. Etait-ce son ami qui, inconsciemment, avait déteint de ses défauts et acabits sur lui ? Il le subodorait, mais l'admiration qu'il vouait à son lord lui permettait de ne pas être importuné par ce truisme que l'on pouvait aisément lui imputer. Par-delà ces apparences de séide à la couronne, le roturier d'antan tentait malgré tout de préserver quelques traits de caractère substantiels, un soupçon d'humour, dont il pouvait commodément faire preuve lorsqu'il décidait d'abaisser son masque d'austérité. Il ne perdait ainsi jamais espoir de délasser un tant soit peu la première figure de Westeros, qu'il comprenait las et excédé des futilités seigneuriales. Lui-même s'en trouvait parfois éreinté, de tous ces déploiements ostentatoires et autres palabres dithyrambiques qu'il trouvait parfois ridicules, rejoindre la quiétude de son fief était aujourd'hui synonyme de véritable convalescence. Des retours trop peu fréquents, des accusations invariablement portées par une fille qui sortait difficilement de sa période de rébellion. Les choses étaient ainsi faites, il préférait vraisemblablement clabauder sur ses recrues qui avaient le malheur de faillir dans leur tâche, ses directives ne supportaient guère de bévues car les conséquences pouvaient être dramatiques. Lord Rivers le reconnaissait lui-même, son plus fidèle factotum tonnait souvent de son phonème, peut-être pour rien, lorsque les consignes étaient malmenées. Cette réalité fit sourire le concerné, qui revint bien furtivement au sérieux alors que la conversation prenait une orientation plus impérieuse. La symphonie usuelle à l'huis fit cependant taire l'échange, dans l'intention de préserver leur interlocution de quelque oreille indiscrète, le binôme fit silence, bientôt chacun accompagné d'une coupe de breuvage aviné que le commandant huma également. Succulente fragrance qui réveilla en lui le goût du raffinement, de sa propension à apprécier l'élégante nourriture dans, il l'admettait, un peu de condescendance. Toutefois, il n'osa immédiatement céder à la sapidité du vin et des quelques denrées apportées, jugeant préférable de vouer son intègre attention aux propos qui lui étaient alors tenus. Debout auprès de la table garnie, il écoutait, opinant positivement du chef une fois les tirades terminées.

« Des hypothèses naissent les précautions, et nous savons tous deux que la prudence n'est pas de trop, surtout lorsqu'il est question du trône de fer. »

Les nobles gens pouvaient faire preuve d'une imagination des plus fécondes en matière de rumeurs, ce n'était guère la première fois que le titre d'Aigracier était prononcé depuis l'expatriation de ce dernier, et certains avaient longtemps fantasmé une casuelle renaissance du noir tricéphale. Cependant, cette éventualité prenait des atours plus opiniâtres depuis quelques temps, le simple fait que Brynden la considère avec un semblant de contention en faisait foi. A l'instar de la Main, Alrik fit une mimique réflective en observant, évasivement, les raisins non loin de lui. Ses calots reprirent de leur vivant conjointement à la reprise des mots, et quels étaient-ils ! Voilà que le retour du Dragon Noir était corroboré des lèvres même de son lord, qu'il mira avec un air inquisiteur. Le don de vervue du freuxsanglant désirait donc le mettre en garde, des complots se ourdissaient dans des ombres insoupçonnées et la méfiance était de mise. Mais les manifestations oniriques étaient une pléthore d'indices qu'il fallait être enclin à dissocier des uns des autres, l'analogie à des faits réels était un exercice de grande méditation qui ne portait pas toujours ses fruits. Pour autant, le syllogisme de son ami semblait avoir déjà été vertement mené, et ce fut avec un intérêt non feint que le chevalier en examina toute l'étendue alors que les songes lui étaient relatées. Il déposa ensuite sa coupe dont il n'avait point encore profité du nectar pour prendre l'ouvrage tendu et minutieusement observer les pages présentées, pris aux viscères face à l'ésotérisme et le symbolisme des oeufs d'auguste reptile. Sa contemplation des esquisses était amplement rehaussée par la foudre d'éloquence qu'il percevait à travers l'argumentation de son lord, les déductions eurent tôt fait de niveler son esprit alors que les différents éléments de l'intrigue lui étaient dévoilés. Son regard azuré se leva lentement vers son vis-à-vis, fort de compréhension.

« Cet oeuf prouverait donc la culpabilité de lord Ambrose... » Il se pencha à nouveau sur l'opuscule. « J'ai effectivement ouï-dire qu'une union se préparait, avec une lady Frey si je ne m'abuse. Cela signifierait que le seigneur des Deux Jumeaux serait également un partisan de la cause d'Aigracier ? Les mariages sont souvent des reflets parfois tacites d'opinions politiques, il est certainement trop tôt pour se confondre en conclusions hâtives, mais... »

La pléiade de renseignements donnée martelait en déferlante dans le crâne d'Alrik qui tentait, du mieux possible, d'y mettre de l'ordre avant d'y succomber. Il n'avait jamais été question d'omettre l'existence de la postérité Feunoyr, dont Aegor avait pu lui-même attiser le brasier de vendetta, mais l'instant possédait une étrange sapidité plus de quinze années après la bataille du champs d'Herberouge, à l'instar d'un mirage qui prenait alors vie. A l'idée de reprendre les armes pour une cause antérieurement défendue, le chevalier eut la désagréable sensation d'un tiraillement le long de sa couture dorsale, vestige d'une lutte ardemment menée pour que la victoire soit décrochée, l'eut-elle été d'une flèche décochée par Brynden Rivers en personne sur son frère aîné. Le spasme musculaire lui fit mouvoir alternativement les épaules pour lénifier l'impression de douleur, puis il referma le livre qu'il déposa en même temps qu'il entama son déplacement. Sa mouvance le conduisit jusqu'à une bibliothèque dont un parchemin dépassait et qu'il récupéré, pour mieux revenir auprès de son ami et dérouler le vélin sur le mobilier devant eux. Depuis le temps qu'ils s'entretenaient ensemble dans cette loge, le ser en connaissait quelques recoins et le fatras qui s'y amoncelait n'en était plus réellement un, ainsi, ce fut naturellement qu'il s'était permis de saisir la carte de Westeros des affaires mêmes de la Main sans l'interroger plus avant et sans que, jamais, il ne s'octroie de plus amplement y fureter. Le plan sous les yeux, la phalange du sieur Mallery chemina jusqu'à l'endroit où se situait le fief Beurpuits, comme si le fait de s'appuyer sur quelque chose de concret l'aidait à affiler sa réflexion.

« La Laiterie, n'est-ce pas ? » Son doigt tapota sur le point exact. « Murs-Blancs, c'est inexorablement là-bas qu'aura lieu le mariage, le tournoi, et donc, c'est là-bas que l'oeuf sera. Si je suis ton raisonnement, c'est également l'endroit où nous trouverons Daemon Feunoyr, si tant est que le dragon sort de sa coquille par l'oeuf qui fut offert à lord Ambrose, cela ne peut vouloir dire qu'une seule chose... » Il regarda son interlocuteur. « Cela ne fait pas le moindre doute, lord Ambrose est un opportuniste né, il a payé sa traîtrise après Herberouge mais donnerait certainement tout pour retrouver sa gloire d'antan. Si rébellion il y a, nous en avons trouvé le nid. » Il se redressa et croisa les bras. « Cela fait beaucoup de si, la conjecture est une notion à double tranchant, mais le risque est trop important pour que nous ignorions la possible menace... Nous pouvons rallier Murs-Blancs en... Cinq ? Six jours ? Par la route Royale. Sans compter les seigneurs du Conflans qui ont guerroyé pour les loyalistes et qui trouveront là une bonne opportunité de clamer leur loyauté à la couronne, que ce soit par intérêt personnel ou vraie fidélité... »

Le noeud commençait doucement à se défaire de ses pires ficelles, mais nul doute que l'organisation demanderait de nombreuses sorgues de conciliabule, dans l'optique où ils se décideraient à agir. Toutefois, si Brynden avait entamé ce sujet et l'avait même scrupuleusement étudié avant de ce faire, ce n'était pas dans l'unique dessein de soulever des probabilités dont ils ne feraient rien. Alrik sentait déjà la flamme de la résolution lui altérer les veinures, l'ancienne Main du Roi aurait dû être châtiée avec plus d'âpreté, une erreur qui ne se reproduirait sûrement point s'il s'avérait qu'il était le responsable d'une future insurrection. Cependant, les fluviales terres de la famille Tully ne lui inspiraient, pour l'heure, pas seulement de l'aigreur. Il se perdit un moment sur le point géographique d'Atranta, la demeure des Vance vers laquelle ses pensées convergeaient beaucoup ces derniers temps. Convié par lord Cliff à les visiter au vu de converser affaire et , surtout, de faire connaissance avec lady Velanna, le commandant avait été contraint de retarder sa venue à cause des préparatifs pour le Conseil Restreint et, plus généralement, du poids de ses obligations. Arpenter la région jusqu'à Murs-Blancs lui léguerait peut-être l'occasion de succinctement se détourner de ses devoirs pour la psaume du coeur.

« Le hasard fait bien les choses, je nourrissais justement l'espoir de me rendre dans le Conflans pour rencontrer une dame à qui j'ai promis de venir. Je pourrai sûrement en profiter pour la respecter, cette promesse. » Songeur quant à cette perspective, il ne se rendit que trop tard compte de l'égoïsme de ses paroles, et ce fut embarrassé qu'il se tourna vers son ami. « Non, enfin... Pas que je me réjouisse d'une nouvelle rébellion, bien sûr, c'est seulement que l'éventualité se faisant... Je... M'égare, là, je crois... » Il ne put empêcher un sourire de naître aux commissures de ses lèvres, indubitable preuve qu'il cachait quelque chose et parfaitement conscient qu'il devrait s'en expliquer une fois la discussion plus légère. Il secoua finalement la tête et se pencha derechef sur la carte pour feindre de l'examiner. « Plusieurs questions se posent désormais, même si je gage que tu ne resteras pas dans l'inertie ne serait-ce qu'à cause de tes rêves. Qu'ont donc l'intention de faire lord Ambrose et l'héritier Feunoyr s'ils se joignent réellement à Murs-Blancs ? Je veux dire, Daemon a plus d'intérêt à nous attaquer par surprise qu'à user d'une couverture de mariage, où tous les invités ne seront peut-être pas de ses partisans, et les Sept seuls savent ce qu'il serait capable de faire à ceux qui défendent la couronne dans pareil cas. J'ai comme l'impression que nous allons devoir surveiller nombre des anciennes familles rebelles, la besogne ne manquera pas. »

Les possibilités étaient telles qu'il ne fallait en ignorer aucun trait, si prendre l'estoc pour réitérer les exploits d'Herberouge n'incommodait en rien Alrik, il serait toujours préférable d'étouffer bébé dragon dans son oeuf, avant que des ravages ne soient faits n'était-ce qu'en vies d'hommes.


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Message Sam 13 Oct 2012 - 16:03

Lorsque le jeune page avait apporté de quoi se restaurer, Brynden avait cédé à l’envie de croquer un raisin avant de se saisir d’une coupe de vin. Installé sur l’une des chaises de la logia, il se lança ensuite dans un exposé détaillé à l’attention d’Alrik, lui expliquant par le menu d’où venaient ses craintes à l’égard des traitres et des rebelles Feunoyr. Les Feunoyr… Ils les connaissaient tous les deux, que ce soit à l’époque de leur jeunesse au Donjon Rouge, ou plus tard, lorsqu’ils les avaient affrontés à Herberouge. Et que dire d’Aigracier, de son vrai nom Aegor Rivers ? Ce dernier avait toujours haï Brynden et la réciproque était tout aussi vraie… Il aurait presque été amusant de constater qu’aujourd’hui encore, ils luttaient l’un contre l’autre, Brynden comme Main du Roi au service d’Aerys, Aegor comme fondateur de la Compagnie Dorée. Néanmoins, cette lutte n’avait pas encore pris corps, au contraire de la menace imminente d’un Dragon Noir dans le Conflans. Ouvrage à l’appui, Brynden poursuivit ses explications sur le sujet et sur les œufs de dragon, ne sachant pas trop ce qu’Alrik pourrait bien penser de tout ça.

Le capitaine des Dents de Freux observa un moment l’ouvrage, avant d’enfin réagir, mettant des mots sur les insinuations silencieuses de Brynden. « Je pense en effet que lord Ambrose est coupable. » Toutefois, s’il y avait bien un mariage de prévu, la Main ne pensait pas que lord Frey ait pu être impliqué dans ce complot. Sans doute était-ce plutôt là une manigance supplémentaire des conspirateurs au titre duquel devait se trouver lord Beurpuits. Refermant le livre, Alrik se dirigea alors vers une bibliothèque de laquelle il tira un parchemin qu’il vint dérouler sur la table, présentant par la même occasion une carte du royaume. S’approchant à son tour, Brynden suivit le tracé effectué par l’index de son compagnon, attendant de voir ce que le chevalier dirait de cela. « Ce sont les conclusions auxquelles je suis aussi arrivé. Murs-Blancs sera certainement le lieu de cette nouvelle révolte et si nous souhaitons y arriver dans les temps, il nous faudra bien six jours, en marchant rapidement. Les seigneurs du Conflans pourront aussi nous apporter leur soutien, mais je crains aussi que lord Ambrose ne cherche à gagner la confiance du jeune lord Tully. Il n’est qu’un enfant, nous ne savons pas vraiment ce qu’il pourrait tenter à son égard. »

C’est ensuite avec un regard perplexe que Brynden observa son ami, cherchant à comprendre le sens de ses paroles. Comme s’il dissimulait quelque information sensible, Alrik reporta son attention à la carte, non sans que la Main prenne bonne note de revenir sur ce sujet un peu plus tard. « Lord Ambrose le sait, la menace des Feunoyr fait que nous nous protégeons actuellement pour éviter toute attaque. Daemon n’aurait aucune chance de s’emparer du trône de cette manière. Néanmoins… » Le doigt de Brynden vint à son tour glisser sur la carte, désignant Port-Lannis et les Terres de l’Ouest. « La menace des Fer-nés est toujours présente et il nous faudra bien finir par intervenir. Des troupes devront rejoindre l’Ouest et ses montagnes, mais elles se trouveront alors éloignées de la Couronne. Comme tu l’as dit, Murs-Blancs est à six jours d’ici et il leur serait facile d’arriver sur la ville bien avant que nos propres troupes ne puissent revenir nous secourir. » Il glissa ensuite vers les Jumeaux. « De plus, comme tu l’as dit, le mariage concerne une lady Frey. Je doute toutefois que lord Frey ait eu le choix puisque j’ai cru comprendre que la lady a été souillée par un garçon de cuisine. Ce doit être une bonne opportunité pour lui de la marier malgré tout, ce qu’il n’avait sans doute plus espéré… » Et ça, on pouvait aisément le comprendre. Une telle situation n’aurait pu aboutir qu’à faire de la dame une septa alors un tel mariage avec une telle famille, c’était réellement bienvenu. « Toutefois, de par cela, lord Beurpuits aurait un contrôle relatif sur les Jumeaux et il pourrait fermer l’accès au Nord. S’il parvenait en plus à se rallier l’enfant-lord de Vivesaigues, le Conflans deviendrait un nid à rebelles. N’oublie pas qu’Aegor était un Bracken et qu’aujourd’hui, c’est la Brute qui est à la tête de cette maison. Je ne doute pas qu’ils suivront la révolte sans même ciller. »

Marquant une pause, Brynden leva les yeux vers Alrik, calme malgré les événements rapportés. « Je crois réellement que c’est là le meilleur moyen pour eux de lancer leur révolte. Nous avons été affaibli par le Fléau et la sécheresse, le Bief et l’Ouest sont menacés par les Fer-nés, même le Conflans a eu ses histoires avec eux à Salvemer ! » Pointant à nouveau la carte, Brynden désigna alors Dorne. « Et n’oublie pas que les Ferboys ont soutenu Daemon et que leur forteresse permettrait de bloquer totalement le passage entre Dorne et l’Orage, nous privant du soutien du prince Maron. Si lord Ambrose joue son jeu correctement en renouant ses alliances passées, il pourrait réussir. » Certes, tout cela était soumis à de nombreuses conditions et elles devaient toutes être réunies pour que cela fonctionne, mais la menace restait présente et le royaume étant très affaibli, il fallait bien y prendre garde. « Si nous n’agissons pas rapidement, cela risquerait de plonger le royaume encore plus profondément dans les ténèbres. Il me semble me souvenir que Daemon faisait des rêves, enfant… Qui sait ce qu’il a pu voir. »


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Alrik Mallery
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Message Lun 15 Oct 2012 - 15:47

La conversation était des plus sérieuses, conciliabule de stratèges comme ils en avaient souvent l'habitude, bien que la menace était plus considérable qu'à l'usuel. Il remerciait les Sept d'être de leur côté et surtout, admirait une fois encore avec quelle virtuosité son lord menait le jeu. Même après tant d'années de côtoiement, il parvenait toujours à le surprendre et c'était bien parce que freuxsanglant était partout qu'il estimait le royaume entre de bonnes mains. L'on déplorait l'inertie du roi Aerys, trois années déjà que celui-ci était couronné, et jamais il n'avait pris part aux affaires de son trône. Avait-il de l'aversion pour toutes ces intrigues politiques qui ne demandaient qu'à occire à tour de bras ? Au moins avait-il pris une excellente décision en nommant son oncle en tant que sa Main, l'efficacité de Brynden n'était plus à démontrer même s'il demeurait un protagoniste controversé par beaucoup. Il savait ce qu'il désirait et comment l'obtenir, des méninges qui semblaient être en sempiternelle effervescence – et après l'on s'étonnait qu'Alrik soit de ce même bois ! Ce n'était pas en faisant de saillantes courbettes qu'il avait gagné ses galons, mais bien en faisant preuve de sa loyauté et de l'efficience de ses initiatives. Et c'était une fois encore particulièrement concerné et concentré qu'il se penchait sur cette tare nocive qu'étaient les Feunoyr. Il prêta l'oreille, son index agglutiné à ses lèvres et les traits froncés pour preuve de sa contention mentale. Les faits et hypothèses ainsi rapportés jetèrent un voile inquiétant sur la situation, les perspectives pouvaient être bien sombres et le chaos aurait tôt fait de se propager à travers toutes les Sept Couronnes s'ils n'agissaient avec justesse et célérité. Le regard du chevalier biaisa sur son seigneur lorsqu'il finit ses propos par l'éventuel don de Daemon, subodoré verveux, mais alors les plausibilités ne faisaient qu'empirer. Que se produirait-il si, par malheur, le dragonnet avait de ces songes révélateurs ? Un probable écueil, mais au vue de la façon dont la Main pouvait interpréter ses propres rêves, l'angoisse de son commandant était mesurée, et surtout, relativisée.

« Daemon est encore jeune, même s'il peut posséder un don de vervue, rien n'assure qu'il puisse réellement comprendre ce qu'il voit. A te voir lutter pour ton syllogisme, il est évident que ce n'est pas chose facile que de trouver une définition à chaque détail. Nous pouvons espérer à ce qu'il fasse des erreurs de jugement. »

Supposer à ce sujet serait chose vaine, aussi avaient-ils d'avantage à penser et le ser reporta toute son attention sur la carte qui leur offrait une vue d'ensemble. Il s'échina à décortiquer les précédents dires de Brynden, à savoir ce que l'ennemi serait à même d'entreprendre avec les Jumeaux et Ferboys. Si plusieurs régions étaient ainsi paralysées, la victoire serait alors à portée de main pour les félons qui prendraient route pour la capitale et le Donjon Rouge. Dans un jeu où les pertes pouvaient être incommensurables, le fourvoiement n'était pas autorisé, et quitte à conjecturer, autant poursuivre dans l'élan bien entamé.

« Ils chercheraient donc à nous isoler, nous nous retrouverions totalement privés de défenses, et à en voir un tel retournement de situation, d'autres seigneurs n'hésiteraient pas à renier leur loyauté pour prendre le parti du mieux engagé. En plus, même en admettant que nous nous hâtions à rallier Port-Réal après nous être occupés des fer-nés, il n'est pas dit que nous ne trouverons aucune opposition sur la route. » De son index, il entoura grossièrement et par plusieurs fois le Bief et les Terres de l'Ouest. « Nous ne pourrions passer par le Conflans, ce qui nous ferait descendre vers le Bief pour rejoindre les Terres de la Couronne. Dans les Terres de l'Ouest, seule la maison Reyne s'était alliée à l'ost d'Aigracier durant la première rébellion, mais dans le Bief... Les Costayne, les Cockshaw, les Boule, les Peake et j'en passe... La région fourmille de dévoyés qui seraient susceptibles d'allier leurs forces, sans parler des Hightower. » Il frotta son menton tout en guignant Villevieille. « Leur neutralité pourrait vite ne plus être si impartiale si cela en va de leur intérêt. Nous serions de toute façon pris en étau entre le Bief et le Conflans, Port-Réal serait difficilement accessible. »

Le plus corrosif des scénarios venait d'être soulevé et Brynden avait raison, si lord Ambrose Beurpuits jouait correctement son jeu, ils perdraient rapidement le contrôle et seraient alors condamnés. Les suzerains n'auraient alors d'autre choix que courber l'échine face au Dragon Noir et il n'osait imaginer ce que deviendrait le royaume. Il repensa alors au jeune Tully passablement influençable au vue de son âge et susceptible d'épouser le discours habilement ficelé des détracteurs, secoua la tête en se massant l'arcade sourcilière.

« Il ne faudrait effectivement pas qu'Edwyn Tully se laisse encenser et manipuler à de bien mauvaises fins, mais nous ne pouvons lui faire part de tout ceci. Comprendrait-il seulement les enjeux et ce qu'il serait bon de faire ? Non pas que je l'estime idiot, mais il est si jeune. » Il effectua un battement de la main comme pour ne plus y penser, puis désigna Dorne. « Dans tous les cas, je pense qu'il serait bon d'en aviser le prince Maron. Il serait enclin à nous prévenir s'il apprend que les Ferboys ont prévu de se déplacer plus au nord, et ce serait une preuve supplémentaire pour corroborer nos soupçons. Il pourrait se tenir sur le qui-vive si la situation nous échappait, on est jamais trop prudent. »

Les forces dorniennes ne pourraient présentement rien faire, mais les Martell avait joint leur bannière à celles des loyaliste durant la bataille du champ d'Herberouge et l'un de leurs plus importants bannerets était irréfutablement concerné. La contre-attaque allait devoir être consciencieusement préparée, les choses à faire se bousculaient dans l'esprit d'Alrik qui avait l'intention d'apporter toute son aide à son ami, même si pour cela, il devait lui-même se déplacer à travers les régions pour porter les épîtres en main propre.

« J'en parlerai au prince si tu le souhaites, je tâcherai de l'en entretenir dès que possible, en lui laissant le temps de se remettre du voyage tout de même. Je vais également m'atteler au recrutement de Dents de Freux, gonfler nos rangs ne sera pas superficiel, en particulier alors qu'une partie des troupes devra rester au Donjon Rouge. Quoi que, je pourrais en parler avec le capitaine du Guet, cela me permettrait de réduire d'un peu l'effectif qui resterait. » Une moue réflective apparue à ses lippes, puis il se redressa en croisant les bras. « J'aviserai. En premier lieu, nous devrions déployer nos espions... Enfin, je suppose que c'est déjà fait... » Il sourit à son lord. « Mille, et rien qu'un, n'est-ce pas ? Il nous faut savoir quels seigneurs se rassembleront sous notre bannière, cela nous permettrait déjà de juger de quelles forces nous disposons. » Il marqua une pause après cette longue prise de parole qui, il l'espérait, n'avait pas assommé la Main du Roi. Le crâne du chevalier s'inclina sensiblement sur le côté, l'air songeur. « Mh... Ca me transporte plus de quinze ans en arrière, pas toi ? Nous étions encore jeunes, à l'époque. » Il se prêta à rire. « Enfin, j'étais jeune, et plus pugnace, pour sûr. Je me demande encore ce qui m'est passé par la tête à distribuer ordre sur ordre lorsque le commandant des Dents de Freux de l'époque s'est fait tuer... Sans doute l'envie de me pavaner devant toi ensuite. Même si... Pour ce qui est de faire le fanfaron, cela n'a pas été un franc succès... »

Par là, Alrik faisait référence au fait que, blessé durant le combat, il avait été contraint au repos forcé durant une trop longue période à son goût et n'avait donc pas eu loisir à se vanter de ses exploits auprès de Brynden de la meilleure façon qui fut. Trait d'esprit, il n'avait jamais été homme à parader et à attendre une récompense, les souvenirs de cette époque le rendaient simplement frivole.


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Message Jeu 2 Mai 2013 - 18:14

La discussion qu'entretenaient Brynden et son loyal commandant avait abordé de très nombreux points liés à la potentielle menace d'une révolte au cœur du Conflans et les suppositions lancées sonnaient étrangement réelles à leurs oreilles, même si elles n'étaient bien que des suppositions. Il était vrai que les rêves verts aidaient grandement à justifier certains faits mais qui donc pourrait croire sur parole les rêves d'un homme détesté de tous ? En dehors d'Alrik et de Shaïra, la réponse était des plus complexes à apporter... Et à propos de rêves verts, Brynden se rappelait de ces histoires au sujet des rêves du jeune Daemon II, son neveu. Cela n'avait rien d'improbable lorsque l'on étudiait la lignée des Targaryen mais il était aussi très difficile de savoir à quel point ces rêves pouvaient l'aider. Aigracier y connaissait-il quoi que ce soit ? Cela ne semblait pas très probable et de ce fait, Daemon devrait certainement apprendre à comprendre ses rêves de lui-même. Or quand on voyait le résultat avec le prince Daeron, on était en droit de prendre cette menace à la légère. « Tu as raison, cette supposition est la plus hasardeuse de toutes. Rien ne nous dit qu'il puisse trouver un érudit capable de comprendre ce don, dans les Cités Libres. Or sans compréhension, ses rêves pourraient bien le conduire à sa perte. »

Alrik poursuivit alors le raisonnement à haute voix, réfléchissant sur les conséquences de ce qu'avait dit Brynden. Si révolte il devait y avoir, Port-Réal serait bien vite menacée et lorsque l'armée pourrait enfin rentrer des îles de Fer, elle risquait de voir plusieurs routes bloquées. Le Conflans pourrait être clos par les rebelles et le passage par le col de la Dent d'Or fermé, il leur faudrait alors traverser le Bief, une région fertile et populeuse dans laquelle se trouvaient de nombreuses maisons rebelles... Sans compter certaines maisons à l'histoire douteuse, tels les Hightower de Villevieille. Si lord Clarence était aujourd'hui au service de la Couronne, ses ancêtres n'avaient-ils pas soutenu les deux camps lors de la bataille du champ d'Herberouge ? Qui pourrait dire ce qu'ils feraient si la Couronne et Port-Réal venaient à être en fâcheuse posture ? Et le fait que lord Hightower soit le Grand Argentier n'était pas une assurance en soi, lord Ambrose Beurpuits ayant lui-même occupé ce poste bien avant... Ce qui ne l'avait pas empêché de trahir par la suite. Tout cela était effectivement et malheureusement bien trop incertain, surtout que lord Hightower se trouverait bientôt au Donjon Rouge. Un ennemi en leur sein ou un malheureux hasard ?

Quant à l'implication de Dorne et le fait de prévenir le prince Maron, cela pourrait effectivement être d'une grande utilité pour eux mais il faudrait aussi éviter d'éveiller les soupçons de potentiels traîtres... « Cela pourrait être moins risqué que ce soit toi qui informe le prince Maron, en effet. Je te laisse donc te charger de cela. Quant au Guet, il pourrait être intéressant de les mettre sur le qui-vive sans pour autant leur faire croire à une menace réelle. Mais avoir des hommes prêts à réagir ne sera pas du luxe si nous échouons dans la contre-attaque. » Cette idée n'était pas engageante et Brynden préféra donc éviter d'y songer, repensant aux espions et aux maisons citées par son ami et compagnon de bataille. « Mes yeux sont déjà grands ouverts, je te rassure. Quant aux maisons prêtes à nous suivre, certains de nos proches voisins sont déjà plus ou moins sur le départ depuis bien longtemps. Il serait temps de les inviter à prendre la route sous la bannière du roi. » Certes, ils s'attendaient tous à combattre les Fer-nés mais mâter un ennemi sur le retour devrait déjà grandement calmer leurs ardeurs et surtout, redonner un peu d'espoir dans le royaume.

Lorsque le commandant rappela à l'esprit les souvenirs du passé, Brynden laissa apparaître un bref sourire sur ses lèvres. « Je t'avouerais que j'aurais préféré que cela n'appartienne qu'au passé et que l'on n'ait plus de tels problèmes sur les bras. Nous sommes certainement plus sages et mieux préparés qu'alors, du moins je l'espère. » En effet, si Alrik avait subi des blessures plutôt importantes à l'époque, Brynden lui-même avait perdu l'un de ses yeux en affrontant son demi-frère. Ils avaient remporté la victoire, mais à quel prix ? Les morts avaient été nombreux et les survivants n'étaient pas toujours dans un meilleur état. Une difficile victoire. Il ne restait qu'à espérer que la présente victoire serait plus glorieuse et moins sanglante ! Laissant ces souvenirs et ces pensées en arrière, Brynden revint toutefois à l'un des propos précédents de son ami. Il ne s'était pas attardé dessus et n'avait pas émis la moindre remarque, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne l'avait pas entendu. S'emparant d'un nouveau raisin qu'il croqua, il fixa son regard sur Alrik. « Ainsi donc, tu souhaitais te rendre dans le Conflans ? Je ne me souviens pas d'une mission qui t'aurait fait partir dans cette direction... » Pour sûr, cela n'avait rien d'officiel et Brynden trouvait la situation plutôt... amusante ? Possible. Maintenant que les affaires militaires avaient plus ou moins été décidées, il ne leur restait plus qu'à deviser d'autres choses. « Qui donc est cette dame dont tu m'as jusqu'à présent caché l'identité? » Il était probable que cela surprendrait Alrik ou qu'il n'apprécierait pas trop de s'étendre sur le sujet, mais il en avait trop dit pour revenir en arrière. Et de toute façon, pourrait-il en cacher plus à Brynden, maintenant qu'il lui avait donné des pistes non négligeables ?


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Message Ven 3 Mai 2013 - 10:39

Les réminiscences d'une bataille étaient toujours douloureuses, fortes à déprécier. Herberouge, époque de pourpre, un tragique événement qui avait pourtant été une pierre angulaire dans leurs vies à tous deux. Le sujet ainsi abordé le ramenait presque deux décennies plus avant, et il la revoyait, cette pléthore d'étendards venue affilier les couleurs des beaux loyalistes, avec en amont, un auguste tricéphale de gueules à la superbe opaline. Dans les rangs, à l'orée de l'action, il se souvenait de cette foi mêlée à une crainte qui l'avait excorié, ainsi qu'à une résolution qui l'avait encouragé à tirer l'estoc sans guère d'hésitation. La guerre... Une affligeante conséquence de l'existence sur terre, l'intelligence était tout comme la matoiserie, un fléau de l'Homme. Leur passage en ce bas monde n'était peut-être qu'éphémère, mais il était teint d'iniquité, de péril et de tribulations. Par quelques fois, et quand bien même n'avait-il aucune inclinaison pour la rétrospection, Alrik s'interrogeait sur ce qu'auraient été toutes ces années, s'il n'avait point croisé la route de Brynden. Aurait-il été l'un de ces sigisbées anonymes, encore et toujours sur leur chemin de croix, dans le simple dessein de ne pas vivre dans l'indolence ? Ou peut-être, aurait-il préféré se mettre au service d'une quelconque maisonnée, tel le chevalier qui avait accepté de faire de lui son page, à l'époque ? A moins... Qu'il n'aurait finalement que tout abandonné, pour reprendre l'échoppe paternelle, dans l'espoir de pouvoir entretenir sa sœur et sa fille de façon suffisante ? Ces conjectures le faisaient toujours doucement rire, et il pouvait se le permettre, car, et de loin, il aimait cette suave Providence qui l'avait mené là où il se trouvait aujourd'hui. Les coercitions n'étaient pas toujours des plus aisées, mais l'on n'atteignait pas les cimes de la hiérarchie sans sacrifices ! La Main du Roi avait elle-même placé sa confiance entre ses mains, feu sacré avec lequel il ne pouvait s'amuser et dont il pouvait encore moins mésestimer les hypothétiques brûlures si, par malheur, il échouait dans son rôle. Ils étaient tel un tandem de frères, l'affection était sous-jacente au respect, c'était là une évidence criarde, mais le fardeau du Rivers était tel qu'il lui était impossible d'entretenir un entourage apprécié mais inutile. Le royaume tout entier ne dépendait que de ses opinions, de ses décisions et de sa sagacité. Un poids dont son fidèle factotum jugeait chaque jour de la pesanteur, et qu'il avait le fol espoir d'être enclin à alléger, même un tant soit peu.

Ainsi donc, il ne fut de loin guère mécontent de constater que ce conciliabule serait estimé fructueux, ils semblaient prêts au prochain assaut que la couronne devrait endurer et inexorablement contrer. Jouir d'une longueur d'avance avait quelque chose de rassurant, du moins l'espérait-il. En avaient-ils désormais terminé avec ces mesures diplomatiques ? Il le subodora alors que freuxsanglant s'intéressa à un tout autre sujet qui n'avait diantrement aucun rapport avec le précédent. Encore concentré dans l'élaboration de leurs futures manœuvres, le Mallery se fit pantois, et même, désarçonné. Même si cette nouvelle discussion n'était que le fruit de la logique, après qu'il ait alors lui-même semé les indices, il ne s'y était point préparé. Et comme irrécusable preuve de sa culpabilité entichée, un sourire qu'il tenta vainement de réprimer vint marquer son faciès. Ses prunelles azurées se baissèrent sur la carte des Sept Couronnes, comme s'il cherchait en ces complexités géographiques un moyen d'expression. Son ami le connaissait bien suffisamment pour savoir que l'affaire n'était pas anodine, car auquel cas, il n'aurait pas pris la peine de lui en souffler mot. Quelque peu nerveux, ou plutôt, encore incertain, en faisant converger ses pensées vers une belle dont le délicat souvenir ne le quittait plus, sa main chemina de sa nuque à sa gorge, pour finir sur sa joue et son menton, sans que son regard n'ose se redresser tout de go.


« Point de ces missions que j'exécute selon ton bon vouloir, mon ami... » L'aveu n'aurait pas eu besoin d'être, mais il conforterait au moins le mi-targaryen dans son syllogisme. Ses calots fluèrent alors jusqu'à la contrée tracée du Conflans où il visualisa le fief qui avait, depuis quelques temps, tout son intérêt. « C'est en réalité à un appel bien différent auquel je réponds, mais c'est... C'est délicat... » Délicat, car il s'agissait d'un sentiment qu'il ne pensait pas susceptible de le frapper tel un éclair tout à fait impromptu. Et puis, n'avait-il pas passé l'âge, de s'énamourer comme jouvenceau l'aurait fait ? Son œil alerte avait, tout naturellement, déjà été enjôlé par la vénusté d'une dame... Mais son cœur, lui n'avait pas connu pareil émoi depuis très longtemps. Tant de facteurs physiques que ces palpitations, son eurythmie dépassée, la moiteur de ses mains, et la perte de toute contenance... Un sacré coup de jeune s'il en était ! « Je ne voulais rien te cacher, j'avais bien l'intention de t'en parler, mais peut-être pas... Avant de l'avoir revue... Et de m'être assuré de certaines choses... » La sensation d'être un damoiseau pris en flagrant délit d'idylle par son père était aussi amusante qu'étrange, et à cela, il ricana, avant d'abdiquer. « Il s'agit de lady Velanna Vance, fille cadette de lord Cliff Vance d'Atranta. »

Les Vance avait uni leur bannière à celles des loyalistes à l'occasion de la bataille du champ d'Herberouge, dans laquelle feu le père de lord Cliff avait perdu la vie, fait qui ne manquerait certainement pas de revenir en mémoire de Brynden. Toutefois, si celui-ci ne pouvait connaître la généalogie de toutes les maisons du royaume, il aurait tôt fait de se douter, fort de déductions, que la damoiselle dont il était question était bien plus jeune qu'eux – qu'Alrik. Un détail qui pouvait surprendre, lorsque l'on coudoyait ce dernier, qui n'avait jusqu'alors manifesté aucun intérêt autrement moins paternel pour les jouvencelles – en particulier alors que Yevana avait fêté ses dix huit années. Cependant, il ne s'agissait pas d'une toquade, ce n'était pas là le genre du commandant qui, subitement, abandonna ses allures de bon soldat pour s'intéresser de plus près à la coupe de vin qui lui avait été servie et qu'il n'avait pas encore touchée. Le simple fait qu'il s'octroie la saveur du nectar aviné prouvait qu'il s'ouvrait à un pan plus intime, moins déontologique. Il leva son verre en direction de la Main, puis fit rouler la boisson sur ses papilles, l'air songeur, avant de finalement reprendre la parole.

« Lord Cliff et moi sommes amis de longue date... C'est idiot, je savais qu'il avait plusieurs enfants, j'ai par quelques fois croisé son aîné, ser Van, mais... Je n'avais jamais remarqué lady Velanna avant ce fameux jour où nous nous sommes aperçus ici, au Donjon Rouge. Etait-ce la première fois qu'elle venait ? Ou étais-je autrefois trop aveugle et nombriliste pour voir plus loin que le bout de mon nez ?... Je l'ignore... Je me sens un peu stupide... Un peu dépassé. » Il releva enfin les yeux sur freuxsanglant, comme à la recherche d'un quelconque soutient, même silencieux. « Il est sans doute encore beaucoup trop tôt pour m'avancer, mais j'ai... Cette même sensation que lorsque j'ai rencontré Kaithlin. Tu sais, cette indicible impression... D'attractivité, mais c'est plus que cela. Comme si j'avais pu sentir toute sa quintessence lorsque nos regards se sont croisés. » Il humecta ses lèvres avec une once d'embarras et beaucoup d'amusement, voilà qu'il se faisait poète féru d'une nouvelle muse, cela ne lui ressemblait pas, et Brynden aurait tout loisir de railler qu'il ne lui en tiendrait pas rigueur. « Avoue-le, j'ai l'air ridicule... » Souffla t-il dans un rire, sans peur aucune de pleinement se confier à son frère de cœur dont il ne craignait pas le jugement. « Dans tous les cas, j'ai fini par lui écrire, avec la bénédiction de son père. Je dois dire que j'ai été surpris par ses réponses, je les redoutais un peu... Mais elle a semblé ravi de mon initiative, et m'a laissé entendre qu'elle se languissait d'une potentielle rencontre. J'avais donc dans l'idée de faire route vers Atranta, du moins, j'espérais en avoir le temps avec tout ce qui se prépare en ce moment, je n'en étais pas sûr... Tu comprends maintenant pourquoi la Laiterie est une bonne opportunité en ce sens. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Ven 3 Mai 2013 - 18:02

Brynden trouvait la situation quelque peu originale et amusante. S'il était vrai que par le passé il avait été très proche d'Alrik et que leur relation était née de cela, avec le temps et les obligations qui leur avaient échu à chacun, leurs rapports étaient souvent devenus plus protocolaires qu'amicaux. Bien entendu, la Main du Roi veillait à sa manière sur la jeune fille d'Alrik, Yevana, et le commandant des Dents de Freux prenait à son tour soin de garder un œil sur les gens qui importaient à son ami. Mais en dehors de cela ils se retrouvaient à chaque fois pour parler des affaires du royaume, comme en ce jour, et s'il pouvait leur arriver à l'occasion de dîner ensemble, ces soucis n'étaient jamais très loin. La tournure que prenait leur entretien était donc plutôt surprenante et on pouvait de ce fait mieux comprendre qu'Alrik en soin un peu mal à l'aise. C'était d'autant plus vrai que cela devait être très important pour lui et qu'il avait donc sans doute prévu d'aborder le sujet en d'autres circonstances. Mais c'était ainsi qu'allaient les choses...

Restant concentré sur la carte qui avait été étalée sous leurs yeux, Alrik commença par indiquer que sa mission était très différente que ce qu'il avait l'habitude d'entreprendre. Ce n'était d'ailleurs pas une mission en tant que telle mais plutôt un appel du cœur. Et voilà pourquoi le commandant devait être troublé puisque depuis le départ définitif de son épouse, il ne s'était plus laissé aller à de tels élans. Et voilà que les choses changeaient... Que l'avenir pouvait être changeant ! Lui-même n'avait rien envisagé de tel et ce n'était pas par manque d'inattention. Alrik poursuivit alors en indiquant qu'il n'avait rien voulu lui cacher mais qu'il avait souhaité attendre le moment propice, lorsque des choses auraient été révélées... Ou non. Cela était normal, il valait mieux parler de certitudes que de possibilités, quelles que soient les affaires traitées. Et en l'occurrence, la jouvencelle dont il était question, puisque c'était bien d'une dame qu'il s'agissait, avait pour elle une jeunesse qui aurait pu limiter certains développements. Des souvenirs de Brynden, lord Vance était un homme qui devait avoir leur âge et qui avait pris part à la bataille du champ d'Herberouge aux côtés de son père. Ainsi donc, sa fille devait au mieux avoir l'âge de Yevana... De quoi troubler le commandant, c'était un fait.

Alors qu'Alrik touchait enfin au vin qui lui avait été servi, Brynden conserva le silence, immobile, attendant la suite des propos qui allaient lui être donnés. Puis vint l'explication, une rencontre au Donjon Rouge qui avait tout changé alors qu'il n'y avait jamais rien eu avant, ce qui semblait des plus logiques du fait de l'âge de la jeune dame. Alrik poursuivit ensuite en comparant la situation présente avec celle qu'il avait connu quelques années plus tôt et Brynden en convint qu'à la manière dont il évoquait le sujet, on sentait qu'il y avait cette étincelle qui manquait à certains mariages. Une étincelle qu'il avait lui-même connu et qu'il connaissait encore, même si la dame se jouait souvent de lui au point qu'il en soit la risée du royaume. On avait beau exceller à la gestion des affaires militaires ou politiques, celles qui concernaient les dames étaient autrement plus complexes. « Mon ami, comment pourrais-je te trouver ridicule alors que je ne suis guère mieux ? » Alrik connaissait bien la relation qui unissait Brynden à Shaïra et il saurait donc bien à quoi il faisait allusion. Si l'un d'eux devait être ridicule, il s'agirait d'abord de la Main du Roi !

« S'il est une chose qui est vrai, c'est que les affaires de ce genre ne sont jamais simples à mener. Si la politique et la guerre peuvent être menées la tête froide, le cœur trouble notre jugement au point que même le meilleur des politiciens pourra s'en trouver dépassés. » Et cela était un fait. Ne disait-on pas que la cause véritable de la rébellion Feunoyr n'était pas la politique mais tout simplement une femme ? « Sache toutefois que je suis ravi pour toi, mon ami. Ces nouvelles sont plutôt agréables à entendre et s'il n'y avait cette affaire avec lord Beurpuits, je t'aurais donné la possibilité de partir. Ororya aurait sans doute pu assumer ta charge quelques jours... » Beaucoup pensaient que la jeune Dornienne ne devait sa place qu'à sa naissance et à ses liens familiaux, mais Brynden avait confiance en elle et il la savait capable. Peut-être aurait-elle été surprise et mal à l'aise à l'idée de devoir assumer le commandement, mais elle aurait sans aucun doute pu mener cette mission à bien. « Néanmoins, face à la menace, j'aurais besoin de toi à mes côtés. Mais c'est là une raison de mener cette affaire avec rapidité dans le but d'éviter tout débordement. Peut-être auras-tu ainsi le loisir de te rendre à Atranta lors de notre voyage de retour. Un cavalier seul chevauche bien mieux qu'une armée sur les routes... »

Cela était l'évidence même et s'ils parvenaient à mettre un terme aux manigances de lord Beurpuits avant même qu'elles ne commencent réellement, Alrik aurait tout loisir de prendre un peu de temps pour lui. Non seulement cela le récompenserait pour sa loyauté mais dans le même temps il trouverait une raison véritable de mettre un terme à la révolte des Fer-nés, non pas qu'il n'en ai pas eu jusque là. Il y avait toutefois une autre question que se posait Brynden et qui n'avait pas encore été abordée. « Qu'en pense Yevana ? Si du moins tu as osé lui parler de cela. » Les affaires de cœur n'étaient pas le meilleur sujet qu'un chevalier pouvait aborder avec sa fille aussi Alrik attendait-il sans doute l'intervention d'une autre... A moins que Yevana n'espère que l'état d'esprit de son père ne le détourne de l'idée de la marier elle, ce qui n'était pas impossible. La jeune femme avait un caractère tel qu'on n'aurait pu prévoir ses pensées, surtout alors qu'on racontait qu'une ombre du passé de son père rôdait autour d'elle...


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Alrik Mallery
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Message Sam 4 Mai 2013 - 15:40

Le fief d'Atranta était devenu un nid d'espérance qui l'incantait un peu plus chaque jour, la passion se faisait chantre et l'appelait d'une voix qui semblait encore plus puissante depuis l'échange de quelques missives. Il n'aurait jamais osé concevoir que l'engouement puisse être réciproque – et l'était-il véritablement ? Par les quelques proses calligraphiées de la main même de la jouvencelle, il avait bon et fol espoir de ne point se fourvoyer sur l'affaire. Mais s'il y avait un enthousiasme dont l'on ne pouvait douter, c'était bien celui du lord Cliff, aussi abasourdi qu'ébaudi lorsque son vieux frère d'armes lui avait manifesté son intérêt pour sa cadette. Chose qui n'aurait pas même pu être conjecture si la Main du Roi ne lui avait pas fait présent d'une noblesse pour laquelle il avait toujours oeuvré, sans jamais avoir véritablement pensé pouvoir l'effleurer un jour. Mallery, ces quelques lettres ourlées ensemble, ce patronyme tant chéri lui avait ouvert des huis qu'il n'aurait jamais soupçonné pouvoir traverser, et aujourd'hui... Etait-ce celle d'un potentiel amour qu'il s'apprêtait à franchir ? Il ne demandait qu'à y croire de toute sa foi, mais le destin était versatile et jouait bien trop souvent de lubies, aussi, tant que la main de Velanna ne lui serait guère promise, il ne ferait de leur éventuelle idylle rien d'officiel, rien de concret... Rien de plausible. L'amour était parmi les plus grands mystères de cet univers, inextricable émoi pour lequel les Hommes étaient susceptibles de perdre tout sens commun., preuve en était pour freuxsanglant lui-même, dont la ferveur sentimentale alimentait les conversations des plus sardoniques critiques que le royaume ait pu porter. Shaïra... La belle était cruelle, sans commisération ou presque pour ceux qui avaient le malheur de s'enticher d'elle, jusqu'alors, il n'avait jamais connu quidam n'ayant pas souffert d'une foucade avec le bel astre des mers. Une marotte qu'il n'avait jamais pu comprendre en dépit de ses efforts, et dont il imputait la cause à la solitude et au besoin de reconnaissance d'une vénus reconnue dans toutes les Sept Couronnes. Mais n'était-ce pas là une allégation qu'il lui offrait, dans le but de volontairement fermer les yeux sur son irréfutable culpabilité ? Il se sentait navré pour son lord, et tout autant admiratif d'une telle opiniâtreté à ne jamais abandonner pour autant. Il n'était point ridicule à ses yeux, seulement amoureux, une bénédiction tant qu'un fléau du genre humain.

Le commandant avait donc préféré faire silence sur ce point, jugeant toute réponse inopportune, lui qui connaissait parfaitement la situation entre la dragonne et lui. Puis, il opina positivement du chef aux propos qui suivirent, bien qu'il fut dubitatif quant au fait de délaisser ses charges à la toute jeune Ororya. La dornienne avait toute sa considération et les Sept savaient qu'il l'appréciait, elle n'était par ailleurs pas sans lui rappeler Yevana, sous certains angles, mais jouissait-elle de suffisamment d'expérience et de maturité pour assumer le poids de son titre, à lui ? Contrairement à Brynden, il subodorait un tel relais prématuré, la furtive moue qui apparut sur son faciès en témoigna bien largement. Peu importait toutefois, les prévoyances contextuelles le retenaient à son poste et la question n'avait donc pas lieu d'être, Alrik lui-même aurait refusé de visiter les Vance si son ami lui avait malgré tout offert son aval, car prudence était mère de sûreté. Les Feunoyr constituaient des antagonistes dont il fallait grandement se méfier, ils ne pouvaient se permettre de réitérer la tragédie d'Herberouge, même si elle leur avait été bénéfique en bien des aspects.


« Je serai là. » Acquiesça le sigisbée avec un signe de tête qui se voulut résolu. « Tu peux compter sur moi, et Atranta peut attendre un peu de son côté. Je resterai même à Murs-Blancs s'il t'y faut quelqu'un pour superviser l'après intervention, là n'est point un problème. »

Son devoir était prioritaire sur le reste, n'était-ce pas ainsi qu'il était devenu et surtout resté le factotum de freuxsanglant ? Ce dernier n'avait assurément pas besoin de plus de preuves concernant la loyauté de son commandant, mais il n'était jamais superflu de lui remémorer qu'il se tenait entièrement à son service. Le chevalier se délecta d'une nouvelle gorgée de breuvage aviné, avant de se statufier à l'interrogation au sujet de son enfant. Lippes sensiblement pincées alors que le vin roulait encore sur ses papilles, il se hâta de libérer sa cavité buccale pour souffler avec un certain embarras.

« Elle ne sait rien... » Et il en avait un peu honte, car il n'avait aucune excuse pour se justifier. Son intérêt pour la sylphide du Conflans était récent, mais par-delà ce fait, jamais n'avait-il osé aborder l'hypothèse d'un remariage avec sa chère pouponne. La trahissait-il en préférant le silence à la confession ? Il fuyait cette réflexion, à laquelle il était désormais confronté par la curiosité de son lord. Il se mordilla la lèvre, en quête d'un vocable adéquat pour exprimer son ressenti quant à cette délicate situation. « Nous ne nous voyons pas aussi souvent que je le souhaiterais, ce qu'elle me fait payer en tentant de me donner des cheveux blancs avant l'âge... Je ne comprends pas pourquoi elle se complait en bêtises dès que j'ai l'échine tournée... Je désespère de constater que je peine autant à discipliner ma propre fille, alors que j'ai une pléthore d'hommes à diriger sous la main. C'est lamentablement ironique... » Il soupira en passant ses phalanges sur sa physionomie qu'il massa succinctement, éreinté par ces pensées. « J'ai déjà tant de mal à lui faire accepter l'idée de fiançailles pour elle, alors, lui faire savoir que je songe à reprendre épouse... Je doute qu'elle le comprenne, et encore moins qu'elle puisse docilement le tolérer. Je ne veux pas que nos rapports se dégradent, mais... Je sais qu'il faudra que je me résigne à lui en toucher mot, autant qu'elle-même devra abdiquer à mon vouloir de lui trouver un parti. »

La communication n'était point des plus aisées entre père et fille, ils semblaient avoir bien du mal à faire preuve de compréhension et ne nourrissaient pas les mêmes perspectives d'avenir. Si Alrik se garda de le dire, il était indéniable que Shaïra ainsi que sa propre soeur, Aaliyah, influençaient – peut-être inconsciemment. - la donzelle par leur célibat, qui se retrouvait confortée dans l'idée qu'une femme pouvait naturellement restée libre de toute alliance maritale. Toutefois, et il avait beau s'épancher en argumentation lorsqu'ils en conversaient, elle refusait de comprendre que son cas était différent de celui de ses exemples féminins. La targaryenne était juchée sur un promontoire unique en Westeros, quant à la lady Mallery, elle avait eu le loisir de prendre de l'âge avant de pouvoir se faire nommer ainsi et d'intriguer les nobles sieurs, puis elle n'avait tout simplement point rencontré l'amour parmi la roture. Yevana était d'une obstination sans lisières, c'était à peine croyable... Mais il y avait bien pis encore. Le sigisbée parut subitement préoccupé, ses sourcils s'étaient froncés et il fixait le sol avec une contrariété sans équivoque.

« Il y a autre chose, aussi... » Entama t-il d'un phonème qui vint corroborer son apparent déplaisir, prompt à s'égarer dans une toute nouvelle confidence. « Te souviens-tu de mon frère ? » Aux prémisses de leur relation, il lui en avait par quelques fois parlé, de cet énergumène qui s'en était allé sans la moindre estime envers sa famille, ce dont Alrik avait autrefois souffert. Pour autant, cela faisait d'innombrables années que ce sujet n'avait pas été inhumé, il n'y faisait ordinairement plus aucune référence, jusqu'alors intimement persuadé que son aîné n'était plus de ce monde. Une certitude morcelée et devenue poussière depuis quelques temps... « Il est revenu. Aslak est réapparu de nulle part, à Empyrée. » Et vraisemblablement, cette résurrection somme toute inopinée lui laissait une sapidité suffisamment âcre pour lui ébaucher des rides inquiètes. « Après vingt trois ans sans aucun signe de vie... Arrives-tu à y croire ? Il revient comme il est parti, avec un égoïsme aussi hilarant qu'indicible, sourire aux lèvres et joie au coeur. Et je lui ai ouvert les portes de mon logis... » D'une main, il frotta ses yeux avec la désagréable sensation d'être le dernier des idiots, un inepte trop généreux. Et pourtant, de la rancune, il en dégorgeait. « J'ignore quoi faire, il mériterait que je le chasse séance tenante pour le faire retourner à son quotidien de bohème, mais... Je crois qu'il n'a pas même conscience du mal qu'il a fait. Mais ce n'est pas là mon plus gros tracas, je crains qu'il ne fasse des siennes, il n'a jamais été un parangon de civilité... Et j'ai peur qu'il n'ait que mauvaise influence sur Yevana, du peu que j'ai pu en voir, elle semble particulièrement intriguée par son... Oncle. »


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Message Mer 10 Juil 2013 - 13:54

Bien que Brynden lui aurait volontiers laissé la possibilité de rendre visite à la douce dame qui faisait battre son cœur, il avait besoin d'Alrik à ses côtés. Aussi, lorsque son ami confirma qu'il serait présent quoi qu'il en soit, la Main du Roi en fut rassurée, même si en vérité elle n'avait jamais douté de lui un seul instant. Le Chevalier de Mallery poursuivit ensuite en mentionnant que sa fille ne savait encore rien de ses vues sur la dame du Conflans et Brynden n'était pas sans savoir que cela pourrait poser maints problèmes. Le caractère de Yevana ne lui était pas inconnu et il eut été difficile de dire ce qu'elle pourrait bien penser d'une dame aussi jeune aux côtés de son père. Et pourtant, elle n'aurait d'autres choix que de l'accepter. Mais aux dires d'Alrik, cela n'allait pas être simple tant il semblait avoir du mal à la discipliner. D'un autre côté, il n'avait pas tort et ses fonctions le maintenaient bien trop loin d'elle pour qu'il puisse être réellement présent en tant que père. S'il y avait eu davantage de femmes au Donjon Rouge, il aurait toujours été possible de trouver à Yevana une place de dame de compagnie auprès de l'une d'elles mais il fallait bien avouer que la fréquentation de dame Shaïra n'arrangerait sans doute rien à son caractère... Il fallait donc chercher une autre solution.

« Je ne suis guère bien placé pour donner des conseils de père... » En effet, il ne parvenait même pas à séduire dame Shaïra, alors de là à l'imaginer père... C'était d'autant plus vrai qu'avec le modèle que lui-même avait eu, il n'était certainement pas la meilleure personne à consulter pour obtenir ce genre de conseils ! « Peut-être cherche-t-elle simplement à attirer ton attention? » Remarque sans intérêt ? Peut-être bien... Mais si Alrik n'était pas présent, c'était peut-être là l'explication à ses frasques, parce qu'ainsi, elle obligeait son père à revenir vers elle. Cela aurait néanmoins été bien plus compréhensible de la part d'un jeune enfant, c'était vrai... Le mieux restait encore de lui trouver enfin un époux mais ce n'était pas aussi simple, surtout si Alrik ne voulait pas voir leurs rapports se dégrader. Quoi de mieux pour braquer la jeune femme que de lui parler de prétendants ? Brynden ne put toutefois s'empêcher de sourire. Comme le disait Alrik, il commandant à des centaines d'hommes sans le moindre mal mais il n'arrivait pas à discipliner sa propre fille. Pire ! Ils allaient affronter un conclave de rebelles retranchés dans leur forteresse et malgré cela, il craignait d'évoquer un éventuel remariage avec sa propre progéniture. La vie était des plus ironiques, un peu comme celle de Brynden face à Shaïra...

La suite des propos fut pour le moins surprenante... Alrik évoqua en effet... son frère ? Brynden se rappelait brièvement de lui, même s'il ne l'avait pas connu personnellement. Cela remontait à loin en arrière, du temps de leur jeunesse. L'homme avait disparu subitement et voilà qu'il réapparaissait ? Comptait-il profiter du statut d'Alrik ? « Je m'en souviens vaguement, oui. » Quant à ce qui suivit, cela ne surprit guère Brynden. On ne pouvait décemment mettre un frère à la porte, quoi qu'il ait pu faire... Et si lui-même avait abattu son propre frère, il ne l'avait fait que contraint et forcé et non sans amertume. Son devoir lui importait avant toute autre chose. Son devoir et le royaume. Daemon avait commis des erreurs, sûr de son bon droit. Mais ce n'en était pas moins des erreurs. « Toi seul peut décider ce qu'il convient de faire. Qu'il n'ait pas conscience de ce qu'il a commis n'excuse en rien ses fautes. Tu le sais mieux que quiconque, Daemon lui-même pensait avoir une vision juste de ce qu'il convenait de faire, cela ne l'a pas moins conduit à l'échec. Si ton frère revient tel qu'il est parti, tu n'es plus le même, toi. La famille est une chose, mais elle n'excuse pas tout. Le devoir et le royaume importent bien plus. » Se rapprochant de celui qui était par la force des choses devenu son frère de cœur, Brynden marqua un instant de silence avant de reprendre. « Tu es le Chevalier de Mallery et le Commandant des Dents de Freux. Tu es ser. Tu n'es plus ce jeune garçon qu'il a connu. Il est ton frère, soit. Cela ne le dispense pas de respecter ce que tu es et ce que tu représentes. Tu lui ouvres les portes, c'est ton droit. Mais cela ne te dispense pas de t'expliquer avec lui. Quant à tes craintes, je pense qu'elles ne sont pas infondées. Nous connaissons tous les deux Yevana et je ne doute pas que l'appel de l'aventure que doit représenter ton frère l'intéressera grandement. Elle pourrait se mettre bien des idées en tête et ce ne serait ni bon pour toi, ni pour elle. Peut-être devrais-tu les séparer l'un de l'autre ? Quant à ton frère, s'il croit pouvoir obtenir ce qu'il désire de toi, peut-être devrais-tu prendre tes responsabilités en main. Tu es un seigneur, maintenant, ces terres t'appartiennent. Tu te dois d'y faire respecter la loi et s'il venait à la transgresser... Il n'est jamais facile de punir un frère mais parfois, il ne nous en laisse pas le choix. » Et cela, Alrik ne le savait que trop bien.


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Alrik Mallery
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Message Lun 15 Juil 2013 - 8:31

Yevana ne cherchait qu'à attirer son attention, une évidence, mais il regrettait que cela ne soit que par des bêtises dans lesquelles elle se complaisait volontiers. A quoi bon se distinguer à son regard si celui-ci devait être critique et courroucé ? Leurs rapports ne s'en trouvaient que détériorés, même si, et i le savait, l'amour qu'ils se portaient triompherait toujours de leurs chicanes. Du moins, ce serait une certitude qui se vérifierait avec l'annonce de ses hypothétiques fiançailles, et d'un mariage qui ne tarderait guère à arriver derrière. La donzelle risquait plus que probablement de très mal considérer une telle situation, mais ce n'était point à elle de décider de l'avenir de son paternel – l'inverse était de bien meilleur ton. Le commandant avait sincèrement espéré que l'âge parviendrait à lénifier son espièglerie, mais rien n'y avait fait, la jouvencelle semblait se harper à sa désinvolture comme si sa vie en dépendait, une attitude qu'Alrik jugeait amèrement ingrate, mais que faire ?... Et désormais que son oncle était réapparu d'entre les défunts, le problème pourrait bien croître en envergure s'il ne se faisait pas vigilant. Sans doute était-ce plus sûr qu'il garde sa fille à Empyrée, ou sous bonne escorte lorsqu'elle venait se faire badaud dans Port-Réal, même si, matois comme ils l'étaient, quelques gardes ne suffiraient assurément pas. Mais alors, que devait-il penser du retour de ce frère qu'il avait toujours cru perdu à jamais ? Son cœur oscillait douloureusement entre le contentement de le retrouver, la rancune ainsi que la crainte qu'il ne sème la pagaille sur son chemin. Aslak possédait certes une bonhomie à toute épreuve, trop de légèreté pouvait rapidement devenir dangereux et surtout nocive pour la notoriété des Mallery si l'on venait à apprendre leur filiation. Maculer son patronyme, c'était une chose qu'il ne pouvait se permettre, les efforts et sacrifices avaient été trop nombreux pour l'obtenir, dans la sueur et dans le sang, il avait oeuvré. Il était redevable à son lord en une pléiade de points, et même si celui-ci n'était effectivement pas la meilleure personne pour lui dispenser de véritables conseils, il restait celui dont l'opinion comptait le plus, et une fois n'étant pas coutume, le chevalier ne regretta pas l'incartade de s'être penché sur du privé plutôt que sur la sédition qui semblait se préparer.Cela, bien qu'ils y reviendraient incessamment sous peu.

Les paroles de Brynden résonnèrent avec une sapience aussi véridique que cruelle, car effectivement, si le lien fraternel demeurait et si son aîné semblait être resté fidèle à lui-même, Alrik lui, avait changé. Plus rien n'était comparable à vingt ans auparavant, et cela, il allait devoir le faire comprendre au coquin qu'il hébergeait désormais. A cela, il ne répondit qu'un petit et vif hochement de tête, prouvant malgré son agrément que la chose allait s'avérer difficile à mettre en pratique. Mais la Main du Roi n'avait pas son pareil pour se faire persuasive, les prunelles de son interlocuteur mirèrent son rapprochement et il l'écouta avec un mutisme et une attention toute religieuse, non sans la sensation d'être un enfant à qui l'on apprenait la vie. Une leçon dont il avait malgré tout besoin, sinon, il n'aurait guère eu besoin de se faire guider dans sa réflexion. Le quasi quarantenaire n'était pas un quidam influençable, mais il avait toujours trouvé une grande part d'écho dans les discours de son seigneur et ami qui parvenait toujours à le surprendre. Il le savait, ce n'était pas le fruit du hasard s'il était celui qui gérait le trône de fer, tout le monde ne pouvait se targuer d'en être capable, lui le premier. Ses yeux se baissèrent pour mieux scruter le sol et leurs chausses, un peu honteux qu'il fut d'admettre que les choses n'étaient malheureusement pas aussi simples qu'il ne les présentait.

« M'expliquer avec Aslak... Autant faire la conversation à un cheval, et encore, le cheval serait sûrement plus compréhensif. C'est un imbécile heureux, et il est particulièrement rude de lutter contre cela... » C'était là l'adjectif parfait pour qualifier son frère, il n'était qu'un idiot en joie qui profitait de la vie, sans aucun sens des responsabilités et conscience des conséquences de ses actes. Toutefois, freuxsanglant avait visé juste : aujourd'hui, il n'était plus ce simple indigent extirpé de Culpucier, il possédait un fief qui était sous sa juridiction, un domaine, un nom dont il lui fallait préserver l'honneur. Tout ceci avait bien trop d'importance pour qui ne se laisse dépasser par les circonstances, même fraternelles. Une fois encore, il opina positivement du chef avec plus de vigueur que précédemment, et un nouvel éclat de résolution installé dans les abysses de ses calots. « Tu as entièrement raison, les choses ne sont plus ce qu'elles étaient et ne le seront jamais plus, je dois le lui faire comprendre d'une façon ou d'une autre. S'il veut vivre sous mon toit, il aura des règles à respecter, et je vais veiller à ce qu'il puisse profiter de sa nièce sans trop l'influencer. Je vais essayer, tout du moins... Je tâcherai également de le garder à l'oeil, tant qu'il ne fait rien de mal ou d'absurde, je n'ai pas de raison de l'admonester ou de le chasser d'Empyrée. Pour le moment, je n'ai rien constaté d'alarmant, espérons que cela dure. » Un soupir passa la barricade de ses lippes, les prochaines lunes auraient valeur de test pour le reître fraîchement rentré de pérégrination, seuls ses agissements décideraient de leur avenir commun. La famille, voilà qui représentait un terrain pentu et périlleux si l'on ne prenait pas garde à où poser les pieds. Le commandant posa sa coupe de vin et se rehaussa légèrement, l'heure n'était plus aux lamentations, ils avaient d'autres priorités. « Navré de t'avoir importuné avec de telles fioritures, il serait bon que je me concentre sur les Feunoyr et ce qu'ils semblent préparer. Je vais prendre les premières dispositions, avec le Conseil Restreint et tout ce qui gravite autour, autant redouble de prudence. Je reviendrai te faire un rapport plus tôt qu'à l'accoutumée, les prochains événements vont demander de l'organisation. Je te laisse à présent, tu sais où me trouver en cas de besoin... Et merci, mylord. » Il lui adressa un sourire puis fit une courbette de circonstance, avant  de faire volte-face pour sortir de l'office de la Main et retourner à son zèle, l'esprit encombré de bien des sujets auxquels songer pour ses prochaines nuits sans sommeil.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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