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[TERMINE] Règlement de comptes à Port-Réal [Aslak, Corwin Rogers]

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Message Mar 10 Juil 2012 - 20:35


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Jig by Celtic Legend on Grooveshark


Pour la première fois depuis longtemps, Barra avait l’impression de vivre et plus seulement de survivre.

La fraîcheur de la chope entre ses doigts faisait écho à la fraîcheur de l’air, et la petite mélodie dans son cœur à la mélodie enlevée du violoneux. Lequel était le frère de la mariée, si elle avait bien compris, ce joli brin de fille aux cheveux roux tressés en couronne et ornés de marguerites, un sourire ensoleillant son visage banal mais plein de joie insouciante. Une vingtaine de parents, d’amis et de badauds invités par hasard se pressaient dans et en-dehors de la taverne, à la terrasse, adressant ses rires et ses provocations grivoises au petit couple rougissant, qu’un jeune septon venait tout juste de lier selon les rites du mariage. Dans la rue, les passants tournaient la tête vers la fête et souriaient ou lançaient des félicitations à la volée. L'après-midi était bien avancée et un soleil timide perçait entre les nuages d'automne, dorant les murs blancs de La Tanière d'Alvin dont l'enseigne en bois foncé oscillait légèrement sous le vent.

Un petit garçon joignit le son de son pipeau à celui du violon sous les cris ravis des invités tandis que sa mère battait des mains pour l’encourager. Au même moment, un jeune homme à la carrure de portefaix entraîna une des nombreuses sœurs de la mariée, reconnaissables à leurs tâches de rousseur, dans une gigue vigoureuse qui les fit tomber à deux pas de Barra, renversant une table avec tout ce qu’elle portait de victuailles et de boissons – pas grand-chose en vérité en ces temps de disette, mais déjà un festin pour les pauvres gens réunis là. L’alcool ayant déjà embrumé la cervelle de plus d’un invité, à commencer par ces deux-là, l’incident ne provoqua rien de plus qu’un éclat de rire général tandis que les coupables se relevaient en titubant et en gloussant. Un peu plus loin, un vieillard hochait la tête d’un air espiègle et marquait le rythme avec sa jambe de bois tout en lampant une pinte de bière dont il avait déjà renversé une bonne partie dans son enthousiasme à suivre la musique. Tout ce désordre ne gênait pas le moins du monde Alvin le tavernier, bon client de Barra, un grand brun à l’air béat qui n’était autre que le père du marié, pour l'heure occupé à dévorer une tourte chaude dont la garniture avait été offerte par la braconnière...

Une fillette au nez épaté tira tout à coup la manche de sa vieille robe rouge, rapiécée et défroissée pour l’occasion. C’était la plus jeune fille de la maisonnée. « Viens danzer, Barra ! » zézaya-t-elle avec un charmant cheveu sur la langue. Barra laissa là sa chope par la force des choses et suivit la gamine dans la ronde qui se formait là où les tables avaient été mises de côté. Les danses populaires de Port-Réal n’étaient pas très différentes de celles de sa région natale : simples, énergiques et rapides. Elle tricota des jambes pour suivre le rythme affolant du violon et du pipeau et comme de juste, la plupart des danseurs ayant un coup dans l’aile, elle se retrouva finalement par terre dans une mêlée invraisemblable de corps, dont elle s’extirpa en rigolant, avant de remettre de l’ordre dans la pagaille de ses cheveux. Elle avait chaud maintenant, et une bière encore fraîche de la cave attendait à sa place, en terrasse ; elle y trempa ses lèvres, prit une longue gorgée et s’affala sur un tabouret tandis qu’une nouvelle ronde se formait. Vivre. Voilà ce qui lui avait manqué pendant tant de saisons. Ce qu’elle avait seulement connu dans son enfance. Après, tout n’avait été qu’épreuves, traque et survie, défis, lutte, effort et oubli. Trois ans après s’être installée à Port-Réal, elle avait enfin atteint le havre des joies ordinaires et cela n’avait pas de prix. Elle avait des liens ici à présent. Peut-être allait-elle rester dans cette ville pour de bon, en définitive. De l'autre côté de la table, le cuisinier ventripotent d'Alvin leva sa chope pour trinquer avec elle avec une œillade charmeuse. Elle se redressa légèrement, leva sa propre chope, posa son regard sur compagnon de table...

…et par-dessus son épaule, elle le vit, LUI, et son monde une fois de plus vola en éclats.


* * *

Massacre/Canoes by The Last Of The Mohicans on Grooveshark


C
ela s’était déjà produit. Et se reproduirait sans fin. Comme si leurs destins avaient été entretissés dès leur naissance. Quatre ans plus tôt, déjà. Elle revoyait une autre petite fille rousse, mais celle-ci ne riait pas. Son visage était tout pâle. Lila, qu’elle s’appelait, la fille du maréchal-ferrant d’Amberly. Haletante, mais pas d’avoir dansé. Elle avait couru sous une averse battante jusqu’à la hutte de branches de la Piqueuse. « Une battue ! Ils organisent une battue avec des chiens pour te trouver ! » Ce n’était pas nouveau. Mais elle leur avait toujours échappé. « Corwin Rogers a recruté toute une troupe de reîtres ! Ils ont juré de retourner chaque pierre et de fouiller chaque buisson du Bois-la-Pluie pour te débusquer ! Papa m’a dit de te prévenir, cette fois tu n’as aucune chance, ils sont trop nombreux et Corwin te laissera jamais t'en tirer ! » Ça, en revanche, c’était nouveau.

Elle n’eut pas besoin de réfléchir. Elle agit d’instinct, comme la créature sauvage et rusée qu’elle était devenue par leur faute. Après avoir ébouriffé les cheveux de l’enfant et lui avoir donné une de ses figurines en bois pour la remercier, elle ramassa son outre, sa pique et son arc, jeta des rations de viande séchée dans sa besace, et commença à courir dans les bois martelés par la pluie.

Pas dans n’importe quelle direction. Ce n’était pas la première fois qu’elle était confrontée à une telle situation et elle avait appris quelques tours utiles pour s’en sortir. Cette fois, simplement ce serait plus difficile, plus long, et elle ne pourrait pas rester derrière ses pièges pour surprendre ses assaillants et les mettre en fuite. Elle choisit ses pistes, dispersa un peu ses traces pour leur donner ce à quoi ils s’attendaient, ne pas attiser leur méfiance, tout en les dirigeant droit vers ses pièges les plus dangereux. Ici une fosse, ici un piège à mâchoires, elle s’arrangeait pour que sa trace les mène droit dedans avec de faux indices, des herbes piétinées, des fibres de tissu et des brins de cheveux pris dans les ronces ou l’écorce des arbre, des empreintes laissées dans la terre meuble. Vite. Elle avait ça dans le sang, elle semait les illusions la confusion sans même y penser, traçant sa fuite comme une biche bondissante d’un point à un autre, toujours s’éloignant vers le nord. A l'entrée d'une grotte, elle jeta des cailloux sur un ours endormi, et s'échappa par les arbres pour attiser sa vindicte grondante – voilà qui ferait un joli comité d'accueil pour ses poursuivants. Elle pouvait retarder la mort, peut-être pas lui échapper, mais au moins la retarder, et elle la retarderait tant qu'elle aurait assez de souffle pour cela.

Trois jours passèrent ainsi.

Trois jours qu’ils la traquaient, les chiens à quatre et à deux pattes. Ils ne plaisantaient pas. Elle avait écumé ses cachettes, multiplié les traquenards, brouillé les cartes un nombre incalculable de fois. Mais ils étaient déterminés et nombreux, ils pouvaient se relayer, et elle était seule. Avec la forêt... Sans sa plus précieuse alliée, elle eût déjà été capturée cent fois… mais le Bois-la-Pluie se jouait encore de ses ennemis, lui offrait des refuges, des provisions, des défenses et des labyrinthes où les perdre.

La forêt ne pouvait pas la rendre surhumaine, toutefois. Ses muscles poussés à bout lui faisaient mal, sa gorge la brûlait, son ventre se creusait de faim. Pas le temps de chasser, pas le temps de dormir. Quelques bouts de sommeil volés ici et là ne pouvaient suffire à renouveler ses forces. Et aucune cachette n’était assez sûre... Elle devait aller de l’avant, courir jusqu’à ce qu’ils renoncent, comme ils l’avaient toujours fait.

Pas cette fois. Elle le savait, le sentait au creux de ses os. Ce salaud de Corwin voulait sa peau. Sans doute s’en ferait-il un manteau. Il allait l’écorcher vive et exposer son trophée sur la place du village, cette même place où les corbeaux, il y a quelques années de cela, dévoraient les yeux de son père et déféquaient sur l’écriteau d’infâmie pendu à son cou. Ainsi tout le monde saurait ce qu’il en coûtait de défier les Rogers. Et les ménestrels ne chanteraient plus les exploits de la Piqueuse, mais sa fin ignominieuse, une bonne leçon, une fable à inculquer aux enfants qui auraient la mauvaise idée de désobéir à leur seigneur et maître. Lord Rogers féliciterait son fils et l’esprit de rébellion qui soufflait sur Amberly s’éteindrait vite.

Se soumettre est souvent le meilleur choix. Le plus raisonnable. Mais Barra n’était pas raisonnable. Elle était pleine de feu et parfois ce feu menaçait de la dévorer. En attendant, c'était tout ce qui la tenait debout, et ses jambes continuaient de la porter.

* * *

Cela s'était déjà produit. Et se reproduirait sans fin. Son regard était plongé dans le sien, ses yeux écarquillés de surprise... l'instinct, une fois de plus prit le dessus. Le tabouret râcla frénétiquement le sol alors qu'elle s'écartait de la table d'une brusque poussée des jambes, et la lourde chope vola droit vers le visage qui hantait ses cauchemars. Elle avait mis toutes ses forces dans le jet, et elle visait bien, mais elle ne s'attarda pas pour vérifier si elle avait réussi à lui casser le nez ou l'assommer. Déjà elle avait glissé entre des invités effarouchés, et frayé son chemin vers la rue, sa robe retroussée entre ses mains moites. Pas de pique. Pas d'arc. Juste son couteau de chasse. Il n'était pas seul, et il la poursuivrait, ou la ferait poursuivre. A nouveau, elle tenait le rôle de la bête traquée, et cette fois elle n'avait pas la forêt pour alliée. Ici, les gardes écouteraient un seigneur, les pauvres prendraient son or, les nobles s'allieraient à leur pair pour la mettre en cage ou l'abattre. Pas d'arbres, pas de crevasse, pas d'ours, pas de pièges. Que lui restait-il ? Sa connaissance de Port-Réal ? Ou ses connaissances à Port-Réal.

La rage au ventre, ses bottes martelant les pavés, elle bifurqua à toute allure vers Culpucier.

Spoiler:
 


Dernière édition par Barra la Piqueuse le Ven 23 Nov 2012 - 12:26, édité 2 fois
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Corwin Rogers
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"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

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Message Ven 13 Juil 2012 - 14:39

Corwin s'était une fois de plus rendu dans la capitale des Sept Couronnes pour satisfaire ses envies personnelles. Il aimait y fréquenter les bordels, faire le tour des armuriers et des marchands, ainsi que des tavernes. Il avait fait dans la ville quantité de rencontres intéressantes au cours de sa vie, et c'était donc une habitude de voyage qu'il avait prise et dont il ne comptait pas se défaire de si tôt. Son frère Allan en profitait souvent pour l'envoyer lui rendre quelques services, comme porter des lettres ou effectuer des achats. Du moment qu'il avait la bride sur le cou, son cadet s'en acquittait sans protester, alors qu'il aurait envoyé n'importe qui d'autre se faire voir.
Il avait donc passé d'agréables moments durant cette journée, d'abord à faire quelques emplettes personnelles et à passer commande pour son frère d'un certain nombre de cottes de mailles pour la garde d'Amberly auprès d'un bon armurier, puis à prendre un peu de bon temps dans une maison de passe. Il avait ensuite retrouvé ses hommes dans une taverne pour boire un peu. Il n'était pas venu seul, comme de coutume. Il avait avec lui une dizaine de ses hommes d'armes, et son fidèle Cain. Son fils et écuyer Darren était absent, cette fois, mais il était en revanche accompagné de son fils aîné, Alban, et de son bâtard Raven Storm. Ce dernier s'était montré plutôt calme et timoré, restant en compagnie de Cain et de la plupart des hommes en attendant le retour de son père, au contraire de son demi-frère qui était lui allé courir la gueuse en compagnie du reste des hommes. Le digne fils de son père... Alban s'enorgueillissait déjà d'avoir procréé quelques bâtards, notamment à Amberly, ce qui ne cessait d'embarrasser leur oncle. Les servantes, quant à elles, n'avaient pas vraiment le temps de s'ennuyer entre les assiduités de Corwin et celles de son aîné... Le chevalier bâtard, lui, préférait éviter de procréer à tout va. Un enfant illégitime ne vivait pas très bien, de manière générale, même si lui avait eu relativement de la chance : on ne se privait toutefois pas de lui faire sentir qu'il était né du mauvais côté des draps.

Après avoir passé un moment à boire, Corwin avait décidé d'aller faire le tour de ses informateurs. Il payait des gens du commun et des voyous dans les Terres de l'Orage et celles de la Couronne pour qu'ils l'informent au cas où cette maudite braconnière de Barra ferait son apparition. Les années avaient beau avoir passé, il ne lui avait jamais pardonné l'humiliation qu'elle lui avait fait subir alors qu'il la tenait dans ses filets, et il comptait bien se venger, tôt ou tard. Pour l'heure, il n'avait pas encore eu de francs résultats, mais après tout il ne les payait qu'une misère, ce qui représentait une fortune pour ces traîne-savates.
La chance sembla toutefois lui sourire cette soirée-là. Alors qu'il interrogeait un de ses informateurs dans un recoin de ruelle sombre à quelques pas de Culpucier, campé bien droit à côté de Cain pour en imposer au gueux, ce qui semblait bien marcher, le misérable lui dit qu'il avait sans doute une piste. A moins que ce ne soit le Cerf d'argent que l'homme faisait tourner entre ses doigts crasseux qui lui délie la langue. Il l'avait pâteuse, comme s'il venait de sortir d'une cuite, et l'odeur d'alcool qui imprégnait ses vêtements tendait à confirmer cette hypothèse. Au moins l'odeur de mauvaise bière était-elle plus forte que celle du vomi et d'autres déchets innommables qui imprégnaient d'habitude le miséreux.


« S 'pourrait ben que j'l'ai vue la gueuse que v'cherchez, m'ser... S'pourrait ben qu'ce soit elle.

- Tu es sûr de ce que tu avances ?

Le ton glacial du chevalier et son regard de glace planté sur son informateur firent déglutir ce dernier. Ce n'était pas un mauvais bougre, juste un miséreux de plus, pas très intelligent mais à l'oeil vif... quand il n'était pas imprégné de bière. Il était du moins assez fidèle et loyal, sachant où aillaient ses intérêts. Ils allaient à des pièces de bon argent brillant que l'homme qui lui faisait face lui donnait s'il avait de bonnes informations à lui donner. Malgré tout, Corwin se souciait de lui autant que de la vie d'une mouche, et s'il s'était avéré qu'il s'amuse à le duper rien qu'une fois pour obtenir de l'argent avec de fausses informations, eh bien... il n'aurait pas hésité l'ombre d'un instant à lui trancher la gorge d'une oreille à l'autre. Des informateurs potentiels, la ville en grouillait, dans les bas quartiers.
D'habitude, le traîne-savate avait droit à quelques Etoiles de bronze, mais cette fois, ses yeux injectés de sang s'étaient agrandis quand la pièce d'argent avait fait son apparition lorsqu'il avait avoué avoir peut-être trouvé la femme. Le gueux se tortilla un peu sur place, comme mal à l'aise, son regard s'attardant malgré lui aux épées dans leurs fourreaux que portaient les deux hommes qui l'interrogeaient. Il mâchouilla sa langue pâteuse avant de répondre.

- C'est que j'ai ben eu l'temps d'voir, couché sur le pavé qu'j'étais, m'ser. M'suis fait j'ter d'la taverne où qu'j'avais bu, 'voyez... Elle r'ssemblait ben à la femme qu'vous m'avez dit d'chercher. Tout pareil qu'il était, son visage, comme vous m'l'aviez dit, m'ser... Un beau brin de fille à fourrer, si j'peux m'permettre, m'ser... L'avait d'longs ch'veux et un beau visage, pis elle avait cet air d'être trop prudente... S'doit être elle m'ser, chui presque sûr, parole de c'vieux Walder. Chui qu'un miséreux, m'ser, mais chui loyal à vot' seigneurie, pis j'ai d'bons yeux !

- Et où se trouve-t-elle à présent, si ce n'est pas trop te demander ?

Walder se tortilla à nouveau, impressionné et un peu plus mal à l'aise. D'instinct, ses doigts se serraient sur la pièce qu'il tenait à la main, craignant que ses interlocuteurs ne la lui reprennent s'ils n'étaient pas satisfaits. Il s'était déjà imaginé, l'espace d'un instant dans son cerveau embrumé, ce qu'il pourrait faire de ce qui était pour lui une petite fortune. S'il avait su compter plus loin que jusqu'à dix, ou calculer, il aurait sans doute tenté d'estimer le nombre de pintes qu'il pourrait s'envoyer avec ça. Et peut-être même qu'il pourrait se payer une fille de joie de bas étage avec ce qui lui resterait. Il releva les yeux vers le chevalier d'Amberly, sans parvenir à soutenir son regard, puis il se lança.

- J'l'ai vue rentrer dans une taverne... La Tanière d'Alvin, qu'c'est... 'Fin moi chais pas lire, m'ser, mais j'connais de nom. S'pas loin d'ici, pis s'pas non plus un endroit pour les trop grandes gens, mais s'mieux que s'qu'on a à Culpucier, 'toucas. M'ont pas laissé rentrer moi, m'ser, donc j'pas pu vérifier si elle était bien encore là, mais j'l'ai pas vue sortir, parole ! Y a du monde là-bas, y en a qui disent qu'c'est un mariage, m'ser, donc p'têt que vot' gueuse elle y est encore.

Corwin échangea un regard avec Cain, comme pour tenter de connaître son avis. Il connaissait l'endroit, c'était un établissement correct, ni misérable ni luxueux, quelque chose à la portée des gens du commun qui ne traînaient pas dans la fange... Ce n'était en effet pas très loin, et ils pourraient toujours s'y rendre et se mêler à la foule pour faire mine de boire un verre et en profiter pour débusquer la braconnière... Ils ne perdaient rien à essayer, après tout. Il se détourna de son informateur en jetant un vague regard derrière lui.

- Tu as fait du bon travail, Walder. Tâche de continuer à ouvrir l'oeil, et profite bien de ton Cerf. Moi, j'ai une biche à aller capturer...

- Merci beaucoup à vous, m'ser ! Les Sept vous gardent, m'ser !

Le soulagement du gueux n'était que trop palpable, mais le chevalier n'en avait déjà plus cure. Il aimait bien en imposer, et sentir que les autres avaient peur de lui et le respectaient pour ce qu'il était. Ce bétail infâme qui infestait les bas-fonds de la ville n'avait pas mieux à faire de toute façon. Au moins se montraient-ils utiles...
Cain sur ses talons, il alla rejoindre ses hommes. Ils avaient tous laissé leurs montures aux écuries de l'auberge dans laquelle ils logeaient : même pour une poursuite, les chevaux se montreraient trop encombrants à cause de la foule et de l'étroitesse de certaines rues ou ruelles. Son regard glacé brillait d'un éclat mauvais et avide, et tous firent silence lorsqu'il s'arrêta devant eux.


- Messieurs, il se pourrait que notre gibier soit à portée de main ce soir. Nous allons donc agir. Will, tu vas aller chercher cette bande de voleurs que je paie. Ils peuvent nous servir dans les rues, sur les toits, car il y aura sans doute besoin de lui courir après. Je ne l'ai jamais vue se rendre. Tom, tu resteras embusqué pas trop loin de la sortie au cas où, avec quatre des autres. Ceux qui restent, vous venez avec moi dans cette taverne. Quand on l'aura eue, je vous promets que vous pourrez tous lui passer dessus à loisir avant que je m'occupe personnellement de son cas. Allez, plus vite que ça !

Corwin fit mine de ne pas voir l'air peu emballé de son fils bâtard, sachant pertinemment qu'il ne goûtait pas à tout cela, mais qu'il lui obéirait malgré tout. Alban, en revanche, avait les yeux qui pétillaient d'enthousiasme. Il considérait l'affront qui avait été fait à son père par la braconnière comme un affront personnel. Ceux qui avaient eu des directives spéciales se hâtèrent de faire ce qu'on leur avait commandé, les autres se rendant avec leur chef jusqu'à La Tanière d'Alvin.
Effectivement, il y avait beaucoup d'animation. Des rires, de la musique, des gens qui dansaient... De la joie partout. Les informations de Walder s'étaient avérées exactes : il s'agissait bien d'un mariage. Le petit groupe qu'ils formaient entra sans faire de vague, l'air presque aimable, ce qui leur permit de se trouver une table et de se faire servir de la bière. Pour le coup, une fois assis sur un tabouret, le chevalier ne but le contenu de sa chope que du bout des lèvres, son regard scrutant la cohue, tant les gens assis que ceux qui dansaient. Il aurait pu reconnaître le visage de celle qui l'avait humilié au milieu d'une foule de milliers de personnes. Mais avec ce qu'il avait prévu de lui faire subir lorsqu'elle serait tombée entre ses mains, il était certain qu'elle serait méconnaissable aux yeux de tous quand il en aurait fini avec elle. Il avait ruminé sa vengeance pendant si longtemps qu'elle était parfaite, peaufinée dans les moindres détails.
Près de lui, Cain et Alban scrutaient les clients de la taverne avec autant d'attention que lui. Raven semblait le faire avec moins de foi, quant aux quatre hommes d'armes qui restaient avec eux, ils attendaient plutôt les ordres en faisant honneur à la chope de bière qu'ils buvaient. Corwin avait à peu près le même comportement qu'un lynx-de-fumée aux aguets, prêt à tomber sur sa proie. Néanmoins, le temps passant, il commença à se dire que son informateur avait rêvé, ou qu'il avait encore trop abusé de la bière. A moins que Barra ne soit déjà partie des lieux, si toutefois elle y avait bien mis les pieds à un moment ou à un autre. A peine venait-il de songer à ce genre de possibilité que son regard tomba sur elle. En voyant l'expression de son visage, il devina qu'elle l'avait déjà reconnu. L'espace d'un instant, un sourire mauvais et triomphal vint étirer ses lèvres, alors que l'air qu'elle avait lui faisait terriblement penser à la mine apeurée du lapin tombé entre les pattes de son prédateur. Cependant, elle ne perdit pas de temps, se relevant brusquement en rejetant son tabouret et en balançant sa chope vers lui de toutes ses forces. Il ne l'esquiva que de justesse en bondissant lui aussi sur ses pieds.


- Attrapez la, ne la laissez pas filer ! »

Il se rua sur ses traces alors qu'elle détalait hors de la taverne, totalement indifférent aux gens qu'il bousculait ou jetait carrément à terre pour qu'ils s'ôtent de son chemin. Cain et les autres n'avaient pas traîné pour lui emboîter le pas, sitôt qu'ils l'avaient vu se relever d'un bond. Le groupe que le chevalier avait laissé dehors s'était lui aussi jeté à la suite de la braconnière, et ils les devançaient d'une petite distance, plus proches de leur proie. Corwin regretta de ne pas avoir de chiens avec lui cette fois, mais si Will avait bien fait son travail, il aurait mieux qu'une bande de corniauds à quatre pattes pour attraper sa victime. Poussé par une volonté farouche, il se força à accélérer l'allure sans la perdre des yeux.


Nulles ténèbres pour le cœur valeureux.

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Aslak
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Message Lun 16 Juil 2012 - 19:03

Ah Culpucier. Bas-fonds de sa naissance. Il en avait passé du temps là bas. Du temps ? Des années même ! De son enfance jusqu'à ses 18 ans... Cela en faisait pas mal des années. Oh bien sûr il ne se contenta que de cette région qu'au moment de l'enfance, après il allait errer dans d'autres lieux plus fleurissant des terres de la Couronne. Mais néanmoins, cet endroit revêtait bien des souvenirs et une nostalgie sans fin ne cessait de l'envahir quand il repensait à ce lieu si particulier. En quoi était-il particulier ? Et bien par sa misère mais surtout par son charme. Enfant il ne l'avait guère compris et de toute façon, cela n'aurait rien changé, il serait quand même parti. Mais maintenant qu'il avait vieilli - il n'aimait guère se terme, il préférait se dire simplement avec quelques années en plus - ce lieu lui apportait une nostalgie charmeuse qu'il ne pouvait nier. Et puis il faisait toujours agréable à Culpucier. Il y avait toujours des évènements pour faire oublier la vie bien loin des nobles que ce lieu pouvait apporter. Sans compter que des coups foireux il en avait fait dans ce lieu ! Oh oui... Et même avec son frère à une époque qu'il entraînait partout ! Oh oui il aimait aller voler de quoi manger, tenter de choper les animaux des autres pour se l'approprier, voler les bourses, tenter d'observer les filles dans leur plus simple apparat... Ah il était tellement jeune et peu doué à l'époque. Mais il apprenait ! Il fallait un début à tout... et parce qu'il était enfin il s'échappait plus facilement par des recoins inégalés et cependant, il en avait pris des roustes sur son fessier ! Combien de fois avait-il donc pu être puni ? Il ne le comptait guère car au fond ça ne l'avait jamais empêché de continuer. Et même pire encore, ça le poussait à faire davantage. Et oui, un vrai garnement, rien pour rendre fier ses parents. Il le savait et s'en foutait. Lui s'amusait, profitait et surtout il avait appris à connaître ainsi par coeur les dédales de rue et les endroits cachés de Culpucier. C'était un peu un terrain de jeu qu'il avait exploité des années durant. Peut-être que quelques trucs avaient changé, mais sûrement pas énormément, c'était tout bonnement impossible. Des choses pouvaient disparaître dans cette contrée mais rien vraiment ne réapparaissait... Le manque d'argent faisait que pour peu que quelque chose s'écroule, on ne pouvait rien y faire... à part contempler le désastre et souhaiter que le reste tienne. Un vrai art de vivre....

Mais pourquoi était-il là ? Ca c'était une autre question. Au fond, il était déjà revenu à Culpucier quand il avait décidé de débarquer à nouveau dans les terres de la Couronne. il y avait déjà fait son petit tour et l'avait quitté pour rejoindre le fief de son frère qui offrait le luxe de ne plus se soucier de ce lieu dont il était natif. Mais cependant, une information l'avait amené jusqu'ici. En réalité, il y a plusieurs années sur les Terres de l'Orage, il avait rencontré une jeune demoiselle ainsi que ses parents qui a l'époque l'avaient recueilli et soigné quand il avait été abandonné pratiquement mort par un espèce de personnage bon à encastrer dans le mur à la suite de son côté hautain et de son caractère noble qui lui permettait de faire ce que bon lui entendait. Cette petite demoiselle, bien plus jeune que lui avait aidé ses parents et lui avaient permis, une fois dans un état qui lui permettait de le faire, de vagabonder dans les Terres de l'Orage pour en découvrir davantage tout en ne se laissant plus attraper. Bien que la note avait été salée, il n'avait jamais oublié cet acte brutale et meurtrier qu'il avait subi et il avait toujours dit qu'il se vengerait d'une façon ou d'une autre. Mais en attendant, et bien qu'il n'avait pas encore trouvé comment le faire vraiment et qu'il avait surtout envie d'humilier cet homme plus qu'autre chose, il n'était pas là pour ça... Récemment, il avait appris que la jeune petite fille de l'époque se trouvait en réalité sur les Terres de la Couronne et qu'on l'avait même vue il y a peu à Port-Réal et qu'au lieu du petit nom Barra, qui lui allait très bien à la demoiselle, elle se faisait appeler Barra la Piqueuse. Décidément, les années avaient quand même changée plusieurs choses mais cela l'amusa beaucoup et du coup, il avait clairement envie de la revoir et voir ce qu'elle était devenue. Elle avait sûrement bien grandi et devait être devenue une femme maintenant. Cela allait lui paraître bien étrange de passer de la gamine à cette femme qu'il n'était même pas sûre de reconnaître. Mais bon... S'il n'essayait pas de la retrouver, c'était certain qu'elle ne tomberait pas du ciel. Et lui les femmes... il ne disait jamais non pour en voir une même si ici c'était par pure nostalgie ! Bien qu'il fallait aussi avouer qu'il avait bien envie de voir comment elle avait grandi et qu'elle type de femme elle était devenue... Enfin ce qu'on lui avait dit laissait envisager qu'ils risquaient de s'entendre encore à merveille tous les deux car déjà petite, elle se montrait assez filoute pour lui plaire !

Il arriva donc avec sa propre monture cette fois - du moins celle que son frère avait accepté de lui prêter mais qu'il considérait comme sienne désormais - jusqu'à Port-Réal. Bon alors... retrouver la petite Barra.... Par où commencer ? Se renseigner... Ca c'était mieux. Après quelques petites investigations qui lui prirent bien ça comme temps - et qui lui coûtèrent quelques piécettes malheureusement - il apprit qu'on l'avait aperçu aller vers Culpucier. Quel hasard qu'elle se soit rendue vers sa région de naissance. Par contre, c'était la seule information qu'il avait réussi à obtenir malgré qu'elle était très fraîche, elle était passée il y a peu. Il décida donc de s'y rendre plus rapidement mais se balader à cheval à Culpucier n'était pas chose aisée au vu des rues étroites. Et de toute façon, il le connaissait bien mieux à pieds qu'à cheval. Il abandonna donc sa monture dans un lieu sûr histoire de ne pas se la faire chourer... après tout pour une fois qu'il avait une monture qu'il faisait sienne, il n'avait pas tellement envie de la perdre trop rapidement. Toujours est-il qu'une fois fait, il s'aventura dans ce dédale de souvenirs enfantins. Après un petit moment à marcher dans les rues, une agitation bizarre lui parvint aux oreilles. Il se fit même bousculer par deux trois hommes qui semblaient s'évertuer à trouver quelque chose... ou quelqu'un ? "Attrapez là!" résonnèrent dans ses oreilles indiquant que c'était une sorte de courses poursuites qui s'évertuait à prendre forme dans les rues. Il n'avait guère envie de s'aventurer sur ce terrain là et d'être mené vers une histoire qui allait lui apporter plus d'ennuis qu'autre chose mais le nom de Barra l'interpella et il s'approcha de deux personnes en train de converser pour comprendre rapidement la situation... et puis un autre nom, un nom qu'il n'avait pas oublié et qui lui rappelait rancoeur et humiliation... Deux choses qui l'obligèrent à se mêler à cette histoire. Se faufilant dans les dédales pour retrouver la poursuivie, il couru - se remerciant de connaître Culpucier par coeur - et par inadvertance se retrouver à se cogner contre une belle demoiselle, aux longs cheveux qui semblaient quelque peu pressée. Des cris derrière et du bruit lui fit comprendre quelque chose de fondamental...

"Barra ?!"

La surprise était grande de voir une telle jeune femme après l'image de la petite fille qu'il avait. Il n'était pas persuadé qu'il aurait pu la reconnaître quoi que son regard et ses yeux lui rappelaient fortement cette petite demoiselle. Mais concrètement, ils n'avaient pas le temps de s'attarder et de s’appesantir avec un regard observateur et surpris, il attrapa sa main et se mit à courir de là où il venait. Il ne lui fallut que quelques secondes pour se rendre compte qu'elle était suivie non pas par Corwin seul mais par une ribambelle de personnes également qui l'accompagnait. En un instant, sa vie paisible de petite touriste à Culpucier s'était transformée en course poursuite où n'avait cesse de se mêler sa vie passée. Deux souvenirs en un... ceux qu'il avait sur les Terres de l'Orage et ceux qu'il avait à Culpucier même. Etrange emmêlement mais la situation ne lui laissait guère l'opportunité de se remémorer tout cela à son aide. Et concrètement il devait surtout retrouver ses souvenirs d'enfants pour pouvoir se faufiler dans Culpucier. Il connaissait un endroit où il pourrait la faire se cacher pendant que lui-même trouverait un autre lieu pour réduire les chances de Corwin Rogers - nom inoubliable. S'il se souvenait bien de ce qu'il avait subit, Barra aussi pour l'avoir soigné, et il ne voulait guère qui lui arrive là même chose. Tout en courant il lui expliqua néanmoins rapidement qui il était pour se permettre de l'emmener ainsi.

"C'est moi Aslak ! Je ne sais pas si tu te souviens mais.... peu importe... on a pas le temps... Culpucier c'est mon domaine ! Je vais t'aider, fais moi confiance !"

Il y avait un endroit où il se cachait sans cesse quand il était petit. Un trou dans un mur, pas bien grand, mais assez pour qu'elle puisse passer. Il n'était pas connu mais encore fallait-il qu'ils y arrivent... car sincèrement, d'après ses souvenirs, il n'était pas juste à côté...et il savait très bien que si Corwin avait décidé de lui faire payer quelque chose à Barra, il n'allait pas la lâcher comme ça. Il jeta des coups d'oeil derrière lui pour voir où ils en étaient mais cela lui fit en même temps voir la demoiselle dont il tenait la main et qu'il entraînait à ses côtés. Il ne put s'empêcher de sourire.

"Je sais que ce n'est pas le moment, mais tu as bien changé..." étant haletant par cette course folle, il dut marquer une pause avant de continuer "Tu es devenue une belle jeune femme..." nouvelle pause avant d'ajouter "Avec des ennuis..." Il sourit amusé.

Aslak sans son humour, ce n'était plus Aslak... Après tout, n'importe quelle situation pouvait s'accorder les quelques secondes réglementaires pour une touche d'humour. Bon certes, elle ne durait pas, non seulement parce que la course s'annonçait importante... mais parce qu'en plus, se cacher dans Culpucier était une idée, mais il faudrait en sortir... Enfin une chose à la fois... Si seulement il ne s'était pas encore fourré dans une histoire compliquée.... enfin bon là c'était sa faute. Après tout il aurait très bien pu simplement partir et se dire que ça ne le regardait pas... Mais Barra avait trop fait pour lui avec sa famille, il avait une dette envers elle. Et concrètement, Corwin était un homme qu'il haïssait. C'était une deuxième bonne raison pour ne pas laisser Barra entre ses mains. De toute façon, maintenant, il était trop tard pour faire marche arrière. La seule chose qu'il pouvait faire c'était trouver une solution. Et vite.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Message Mer 18 Juil 2012 - 20:40

Bois-la-Pluie, année 208


See What I've Become by Zack Hemsey on Grooveshark

Un cor sonnait dans le lointain. Il se moquait d'elle. Lui, ce ne pouvait être que lui, qui d'autre aurait sonné du cor dans le Bois-la-Pluie ? Le manque de sommeil, la faim, la fatigue et la peur troublaient les sens de la braconnière en fuite. Le cor semblait retentir jusque dans ses rêves, ses bouts de rêves éveillés. Tu veux que je sache que tu es là, crevure. Je sais que c'est toi. Elle ne savait même plus qui elle était, mais ça n'avait pas d'importance. Son heure était venue. Un animal traqué sait quand il est acculé – quand il doit se retourner et consumer ses dernières forces dans une ultime flambée de rage pour défendre son droit à la vie. Avec sa lance, son poignard, son arc, elle venait pour eux. Avec ses poings, ses ongles, ses dents, elle venait pour eux. Le sourire de l’Étranger sur son visage. Comme ils venaient pour elle, avec la morgue et la cruelle indifférence des chasseurs d'hommes. Chasseurs de femmes. Pires que des bêtes. Un grondement de colère enfla dans sa gorge ravinée par la soif. Et comme des bêtes, je les abattrai. Avec l'odeur de la forêt, elle sentait l'ombre de son père derrière elle, plus qu'un souvenir fugace, une présence obsédante, une ombre aux yeux sanglants qui réclamait vengeance.

Le combat était perdu d'avance, mais pas sa dignité. Ces bois étaient sa forteresse, et ils voulaient franchir ses murailles. Elle les accueillerait comme les raclures qu'ils étaient, avec la poix brûlante de sa haine. Mais pour cela, il lui fallait dormir, boire et manger, et les laisser la rattraper. Alors elle cessa de fuir dès qu'elle trouva un ruisseau. Agenouillée dans la boue de la rive, elle but, puis elle attrapa un poisson qu'elle dévora crû. Enfin, elle se coucha sous un buisson et s'abandonna à la pression d'un sommeil écrasant.

Quelques heures de repos rendirent à son corps jeune et robuste les forces dont elle avait besoin pour redevenir la dangereuse créature que les hommes des Rogers avaient appris à redouter. Elle observa les arbres dont les ramures formaient une voûte opaque au-dessus d'elle. C'était un bon endroit pour une embuscade, avec ces troncs puissants, ces ombres profondes entrecoupées de fragiles rais de lumières, et ces grandes branches entretissées dans un motif chaotique. Pas trop d'espace pour une escouade cherchant à manœuvrer, pas trop de lumière mais juste assez. Ici sa trace s'évanouirait en fumée...


* * *

Ici sa trace s'évanouissait en fumée. Ils l'avaient suivie, ils n'auraient pas pu la manquer. En ces bois fangeux, les empreintes étaient nettes, éloquentes. Quand ils arrivèrent au bout de la piste, l'averse grêlait à travers les frondaisons meurtries et bruissantes comme si la forêt elle-même ruminait une sourde colère, gonflant le ruisseau au bord duquel s'arrêtait la trace de la fugitive. Ils cherchèrent d'autres empreintes, furetèrent, lancèrent leurs limiers à l'assaut des bordures boueuses qu'elle n'avait jamais franchies. Et alors que leurs yeux étaient rivés au sol, la réponse tomba d'en haut. Un mince pieu qui resta planté dans le crâne d'un des leurs comme un grotesque ornement de carnaval. Suivi d'un autre. Et d'un autre. La vitesse de jet et la gravité transformaient ces simples branches élaguées et taillées en pointe en véritables armes, rudimentaires mais efficaces, capables de blesser salement, sinon de tuer. Le silence se fit, puis les ramures s'agitèrent comme un animal furieux et alors qu'un désordre braillard s'installait dans l'escouade des traqueurs, de vraies flèches fusèrent, une tempête de flèches, pluie de mort dans la pluie de vie, et tout à coup elle fut sur eux.

Elle aurait voulu que ce soit Corwin, mais ce n'était pas lui. Pas assez de visibilité pour identifier facilement un homme depuis son aire parmi les feuillages. Elle tomba néanmoins sur le dos d'un cavalier, s'agrippa à lui alors qu'ils chutaient ensemble de la monture paniquée, et lui trancha la gorge juste avant qu'ils ne percutent le sol. Absorbant le choc, elle roula maladroitement dans l'humus, entravée par ses armes, et tout en se relevant rangea son couteau de chasse. L'instant d'après elle était sur pieds et dégageait son arc de ses épaules d'un seul mouvement coulé. Une flèche troua le front d'un réître au nez cassé qui se ruait sur elle à bout portant. Elle repoussa d'un grand coup de pied le cadavre au regard surpris qui s'effondrait dans sa course, et pivota d'un bloc pour assurer ses arrières.

« Corwin ! » hurla-t-elle. Cette fois, c'était lui, là-bas ; ses doigts relâchèrent la corde tendue dans un claquement sec qui alluma dans son cœur un feu de joie. Mais elle avait péché par haine – un chasseur ne prévient jamais avant d'attaquer. Corwin se décala, et la flèche ne fit qu'effleurer sa pommette, l'érafler espéra-t-elle alors qu'une main de fer empoignait son épaule. Elle se retourna en frappant l'homme de son arc désormais inutile et lui jeta celui-ci à la face. Tandis qu'il s'en dépếtrait, elle dégagea la lance coincée dans son dos en bandoulière, recula et frappa son adversaire à la gorge comme un serpent dornien. La pique de chasse bascula aussitôt à droite puis à gauche, repoussant deux autres guerriers – elle avait l'avantage de la portée – avant de transpercer la gueule d'un chien de chasse excité par la bataille et l'odeur du sang. Virevoltant comme une belette, sa crinière trempée ruisselant sur ses épaules, Barra était encerclée mais ne reculait pas, elle poussait son avantage et vidait ses dernières réserves dans une charge vaine confinant à la folie. Elle n'était plus qu'à moitié Barra, elle était la Piqueuse dont on se murmurait les coups d'éclat à la veillée, une furie déchaînée, une traqueuse traquée qui n'avait plus rien à perdre.

Voilà ce qu'ils avaient fait d'elle. A eux de maîtriser ce brasier qu'ils avaient allumé. Ils réussiraient, cela était écrit, elle n'était qu'une femme, même dans toute sa hargne, même avec son talent pour la survie, peut-être le seul talent qu'elle ait jamais eu. Déjà le sang fleurissait sur ses bras crottés de boue, des bouches écarlates s'ouvraient dans sa chair. Mais ils en paieraient le prix...


* * *

Port-Réal, année 212


Fighting In The Market by Rob Lane on Grooveshark


« Attrappez-la ! »

Comme autrefois, la colère enflait en elle au son de cette voix. Elle avait envie de se retourner contre lui et d'en finir, une bonne fois pour toutes, mais le bon sens et l'instinct la poussaient vers l'avant ventre à terre. C'était l'heure de la biche et non du loup. Fuir était sa seule option. Mais un homme lui coupa la route, un homme aux cheveux blonds qui cria son nom. Elle aurait dû avoir peur, mais son corps se rappelait ce visage, même si le nom échappait à sa conscience. La ligne de sa mâchoire, le pli de sa bouche, la lueur dans ses yeux bleus... il y avait si longtemps... si longtemps...

«C'est moi Aslak ! Je ne sais pas si tu te souviens mais.... peu importe... on a pas le temps... Culpucier c'est mon domaine ! Je vais t'aider, fais moi confiance !»


Aslak ! Tout lui revenait à présent. Elle ne chercha même pas à discuter. S'il avait été là pour la capturer, il ne l'aurait pas aidée. Avec une confiance totale et aveugle, elle lui abandonna sa main et le suivit à longues foulées.

Aslak... il y avait de la chaleur dans le souvenir qu'elle gardait de lui, chaleur du feu de cheminée, chaleur des rires et de l'amitié. Son père Gavin plaisantant avec cet invité inattendu, sa mère lui offrant un bol de soupe après avoir pansé ses blessures... il lui paraissait absurdement plus petit qu'autrefois, mais c'était elle qui avait grandi. Elle le reconnaissait, mais c'était comme si elle ne l'avait jamais vu : la femme qu'elle était portait sur lui un regard différent de l'enfant qu'elle avait été. Culpucier est son domaine. L'avait-elle su autrefois ? Elle ne s'en rappelait pas. Elle ne répondit pas, préférant économiser son souffle alors que la foule se fendait dans des cris effarés ou des insultes à leur passage. Quand il lui lança en haletant qu'elle était devenue une belle jeune femme avec des ennuis, le contraste entre sa situation et ce compliment inepte lui donna soudain envie de rire, en dépit du danger sur leurs talons. Il souriait ! Quel genre d'homme sourit dans l'adversité ? Le genre d'homme qu'elle avait toujours aimé.

« Des ennuis... ça ? T'y connais rien, mon beau, c'est juste une mise en bouche... » plaça-t-elle entre deux respirations, souriant d'un air finaud. « T'as une planque... d'où on pourrait leur tendre un piège ? » Je suis une chasseresse, pas une proie, rumina-t-elle. Ça lui avait plutôt bien réussi par le passé. Peut-être que cette fois serait la bonne. Peut-être qu'elle réussirait à le planter, cet enfoiré, cette vomissure de chevalier. « J'connais une bande de voleurs... des gosses... connaissent toutes les cachettes de Culpucier... » Et ils peuvent alerter du monde. Pas du beau monde, plutôt la dernière couche de crasse au fin fond des égoûts de cette foutue ville de riches. Elle avait suffisamment aidé de nécessiteux, avec ses prises, pour s'être fait quelques alliés dans les parages. Pas le genre à lécher des mains gantées de soie. Si elle pouvait rameuter quelques accointances dans un coupe-gorge... et y attirer Corwin et ses chiens de laquais... J'aurais dû retourner là-bas et le buter. J'aurais dû en finir. Elle serra les dents et esquiva une charrette qui dévalait la rue d'un mouvement brusque avant de reprendre sa course, ses doigts étroitement noués à ceux d'Aslak comme si elle ne voulait plus jamais les lâcher.

Les taudis sur leur chemin étaient de plus en plus sales et délabrés, les façades de plus en plus proches, les rues de plus en plus étroites. Culpucier. Comme une pustule sur la face de la cité. Mais pas pour autant l'endroit le plus dangereux, contrairement à la rumeur. Les visiteurs amenaient avec eux leur propre danger. Des bourges en virée pour fracasser quelques dos maigrelets, qu'on retrouvait flottant parmi les navires à quai. Des petites frappes en mal de bagarre, trop bien servies. Des âmes charitables pas assez prudentes pour se tenir à distances des malades. Ou des fuyards en quête d'une planque, poursuivis par des ennemis tenaces... Quoi qu'il en soit, ici un aristo vindicatif et ses toutous ne seraient pas les bienvenus...
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Corwin Rogers
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Chevalier de la maison Rogers.



"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

♦ Missives : 506
♦ Missives Aventure : 95
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 24/07/1991
♦ Arrivée à Westeros : 15/05/2012
♦ Célébrité : Richard Armitage
♦ Copyright : Lapy
♦ Doublons : Even Corbray, Morgan Kenning, Kealan du Rouvre
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Elen Rogers, née Horpe
♦ Liens Utiles :
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453/500  (453/500)


Message Mar 24 Juil 2012 - 16:27

Bois-la-Pluie, 208.

Cette fois, Corwin n'entendait pas faillir. Cela faisait trop longtemps que cette gueuse le narguait, trop longtemps que ses hommes comme ses chiens étaient tenus en échec par ses ruses. Mais cette fois, c'était différent.
Il avait réussi à obtenir le soutien total de son frère, lord Allan Rogers, qui à défaut de se montrer versé dans les actions de force et la cruauté, était quelqu'un de juste mais ferme. Et cela faisait trop longtemps que la braconnière défiait les lois de la chatellerie et restait impunie. Une fois l'appui de son frère acquis, le chevalier s'était chargé de recruter des reîtres, des hommes déterminés qui viendraient épauler les hommes d'Amberly. Au moment de préparer la battue, c'était une jolie foule qui se tenait dans la cour du château : hommes d'armes, mercenaires, maître piqueux avec sa meute, cavaliers... Toutes sortes de chiens aboyaient dans la plus grande cacophonie, semblant aussi avides de partir en chasse que ne l'était Corwin lui-même. Il y avait là des chiens courants, au nez fin et capables de débrouiller une piste même par temps de pluie, de puissants mâtins, massifs et râblés dont la puissante mâchoire ne lâchait jamais la proie une fois mordue, et qui pouvaient s'attaquer à des sangliers... Et puis il y avait autre chose, des animaux que le chevalier avait spécialement sélectionnés et entraînés pour cette seule capture, qu'il gardait avec soin et qui seraient sa carte maîtresse... Au total, plus de cinquante personnes s'élancèrent derrière lui lorsqu'il donna le signal du départ.

Au début, ils se contentèrent de traquer la braconnière lorsque les chiens eurent trouvé sa piste. Il ne se pressaient pas outre mesure, ayant appris de leurs échecs passés. Mieux valait la laisser se fatiguer, et repérer les ruses qu'elle avait utilisées pour leur échapper. Un autre avantage que conférait l'habitude : on apprenait à anticiper ses coups...
La traque dura longtemps. Plusieurs jours passèrent, pendant lesquels Corwin fit se relayer les hommes pour dormir, conservant ses troupes intactes pour le moment de la capture. Il ne comptait pas renoncer cette fois, dusse-t-il la poursuivre jusqu'au Mur. Aussi tenace qu'un chien de sang, il grignotait chaque centimètre de terrain qui le séparait d'elle, porté en avant par l'impatience et un avant-goût de victoire. Il chevauchait près de Cain, son bras droit, et de son fils bâtard, Raven, âgé de dix-huit ans, chevalier fraîchement adoubé par son géniteur. Il ne s'était pas montré particulièrement ravi de participer à cette chasse, mais se conformant aux ordres paternels, il avait obéi. En revanche, Alban, le fils légitime le plus âgé du chevalier, avait lourdement insisté pour venir, sans succès. Il n'avait que quinze ans, et d'aucuns diraient qu'il était déjà un homme capable de prendre part à l'évènement, mais Corwin n'avait pas voulu risquer son précieux héritier. Il savait Barra assez retorse pour s'en prendre au garçon.

Après trois jours de traque, sous une averse torrentielle qui démontrait que le Bois-la-Pluie portait très bien son nom, leur chasse toucha finalement au but. Le chevalier chevauchait toujours entre Cain, imposant homme d'armes tout de muscles montant un grand cheval bai, et Raven Storm sur son cheval gris, laissant les reîtres les plus avides de toucher la prime promise pour la capture prendre de l'avance. Ils étaient devancés par quelques chiens qui suivaient la piste qui se réchauffait à chaque mètre. Quand des cris finirent par se faire entendre au devant de la colonne, Corwin resta impassible, un rictus venant même se peindre sur ses lèvres. Elle était là. Son fils bâtard lui lança un regard en coin, comme pour savoir que faire.


« Père... Il semblerait que les hommes soient en train de se faire tuer.

- Des mercenaires incapables de tenir tête à une simple femme n'ont pas beaucoup de mérite, tu ne crois pas ? Et cela fera autant d'hommes que nous n'aurons pas besoin de payer.

Le chevalier ricana et donna un petit coup de talons dans les flancs de sa monture. Il avait disposé ses hommes en toute connaissance de cause, prenant soin d'envoyer les mercenaires en premier, là où il y avait le plus de risques de se faire tuer. Les soldats d'Amberly, eux, venaient ensuite. Et encore derrière lui, il avait gardé sa petite surprise...
A mesure que la végétation s'écartait de son chemin, il voyait mieux, jusqu'au moment où la scène lui apparut clairement. On se battait, et malgré la pluie, il n'eut pas de mal à discerner la silhouette trop familière et la tignasse de la braconnière qui l'avait défié tant de fois. De toute évidence, celle-ci l'avait elle aussi reconnu, car elle hurla son nom avant de décocher une flèche. Corwin n'eut qu'à se décaler légèrement sur le côté, et la flèche passa en sifflant, assez près pour lui trancher quelques mèches de cheveux, et alla se planter dans le tronc d'un arbre derrière lui. L'homme se contenta d'adresser un sourire goguenard à sa victime, s'amusant presque du spectacle qu'elle lui offrait à se battre ainsi contre les reîtres. Il leva la main droite, paume ouverte, pour stopper tout le monde. Le gros des troupes était derrière lui, il n'avait donc plus qu'à lancer l'assaut. Raven se tenait silencieusement en selle, de l'eau dégoulinant le long de sa tignasse détrempée, les mains posées sur le pommeau de sa selle, à regarder ce qui se déroulait sous ses yeux. Au moins la gueuse se défendait-elle bien, il fallait le lui accorder.


- Allez, assez joué. Si on lui montrait ce qu'il en coûte de défier un seigneur ?

Avec un sourire en coin, la main toujours levée, il abaissa le pouce, l'annulaire et le petit doigt, laissant l'index et le majeur levés, avant de faire un petit geste d'avant en arrière avec ces derniers pour appeler quelqu'un. Trois hommes de chenil arrivèrent, tenant chacun en laisse deux loups domestiqués, si l'on pouvait dire. Chaque animal était protégé sur la tête par un capuchon de cuir foncé, qui lui laissait des ouvertures pour voir, respirer et mordre, et sur le cou par un large collier à pointes. Ces animaux avaient été capturés petits dans les bois, et élevés et dressés au combat par les hommes qui se chargeaient du chenil. On avait pris soin de leur laisser leur côté sauvage, tout en leur apprenant à obéir comme des mâtins. Il en résultait des animaux forts, imposants et surtout meurtriers, dont l'utilisation pourrait peut-être un jour servir pour la guerre. C'était une très bonne occasion de voir ce qu'ils valaient, car au contraire des chiens, les loups même domestiqués étaient restés méfiants, et ils n'attaqueraient pas de façon inconsidérée. Et pour plus de sûreté, on avait pris le soin de ne pas les nourrir durant plusieurs jours, au contraire des chiens... Il se tourna vers Cain, l'espace d'un instant.

- Cain...

L'homme d'armes saisit un arc dans un étui étanche pendu à sa selle, et il en banda la corde pour tirer une flèche. Cette dernière vrombit, et alla se planter droit dans l'épaule de la jeune femme. Corwin sourit en l'entendant pousser une exclamation de douleur, et il fit signe à son compagnon de ranger son arc, après quoi il s'adressa aux hommes de chenil.

- Envoyez nos petits amis faire connaissance avec notre proie. Que nous puissions voir si leur dressage les a rendus efficaces.

Un simple ordre, et les loups furent lâchés. Ils se précipitèrent vers la jeune femme sans dévier de leur trajectoire. Le plus gros, qui était le chef de la meute, la percuta pour la déséquilibrer, ce qui, avec son poids et la vitesse de sa course, fut une chose aisée. Corwin suivait les évènements avec intérêt, ne perdant pas une miette du spectacle alors que la meute tournait autour de sa proie désignée. Il ne voulait toutefois pas que les bêtes la tuent. Il allait la ramener à Amberly devant la justice de son frère, ce qui ne l'empêcherait pas de s'amuser avec elle durant le trajet de retour. Il attendit que les loups de combat l'aient mise à terre, et qu'elle aie pu savourer une ou deux cuisantes morsures avant de se tourner vers les hommes de chenil.

- Allez récupérer vos bêtes, je la veux vivante. Et vous, allez me la chercher !

Des hommes d'Amberly s'empressèrent d'aller mettre la main sur la braconnière. Tandis que les dresseurs de loups récupéraient tant bien que mal les animaux excités par l'odeur du sang, ils s'emparèrent de leur victime sans lui épargner quelques coups au passage. Une fois qu'ils l'eurent désarmée et que des fers lui furent passés aux mains, ils la traînèrent sans ménagement devant Corwin, qui la dominait triomphalement du haut de son cheval noir.

- La rencontre avec mes petits chiens t'a plu ? J'espère que cela aura enfoncé dans ton crâne étroit que l'on ne défie pas les Rogers impunément.

Il mit pied à terre, la boue giclant du sol détrempé quand ses bottes prirent durement contact avec le sol. Il s'avança alors vers la jeune femme enchaînée et encadrée par deux hommes, puis après l'avoir toisée encore une fois, il lui attrapa le menton entre le pouce et l'index, sans douceur pour sa peau de femme. Il serrait même assez fort, de manière totalement voulue. Il haussa les sourcils en l'examinant, notant les cernes sous ses yeux. Le harcèlement qu'ils avaient opéré, ainsi que les coups de cor répétés avaient fait leur effet, de toute évidence.

- Tu vas être jugée pour ce que tu as fait, et pendue, je pense. Mon frère est quelqu'un de clément... Dommage pour toi, il n'est pas là, et la route jusqu'à Amberly va être longue, très longue...

Il lui offrit un sourire narquois et triomphant, avant de relâcher sa prise. Il se détourna d'elle, comme pour retourner à son cheval, mais au lieu de ça, il se retourna à nouveau brutalement vers elle, en lui assénant une violente gifle qui la fit vaciller et qui lui fendit la lèvre. Le silence qui planait à présent n'était plus troublé que par la pluie qui tombait encore, sans relâche. Le chevalier sentait peser sur son dos le regard de son bâtard, qui n'avait jamais été versé dans la violence. Parfois, il se demandait même s'il était bien de lui, en fin de compte...

- Ca, c'est pour les fois où tu t'es échappée en continuant à te moquer de nous, garce. On rentre à Amberly, lança-t-il aux hommes. Occupez-vous des morts, et gardez-moi celle là à l'oeil, à toute heure du jour ou de la nuit. Celui qui la laissera s'enfuir, je lui ferai bouffer ses couilles par le fondement ! Pour tous les autres, une coquette somme vous attend au château si l'on arrive avec elle dans les plus brefs délais.

Il se détourna pour de bon cette fois, et il se hissa à nouveau en selle. Il sembla réfléchir pendant un bon moment, s'amusant de l'air haineux de Barra. Puis, son regard se posa sur un des hommes qui encadraient la prisonnière.

- Elle marche, cela va de soi. Si possible derrière un cheval... Elle m'a l'air d'avoir encore trop d'énergie. »

Lorsqu'ils reprirent la route, Corwin chevaucha en tête, la prisonnière marchant non loin derrière lui, bien encadrée. Les hommes étaient vigilants, mais malgré la pluie, il chantaient, plaisantaient et lançaient à la prisonnière des commentaires grivois. Raven chevauchait près de son père, silencieux, ayant au moins l'intelligence de ne pas protester face à ce comportement qu'il n'aimait guère.


*********

Il était rare que Corwin aie à courir derrière la braconnière à pied, étant le plus souvent juché sur un cheval durant une traque. Néanmoins, le dernier des idiots se serait vite rendu compte que cela n'aurait servi à rien de posséder des montures dans un tel dédale de rues étroites. Alors, ils se contentaient de cavaler derrière elle, tous, repoussant ceux qui se trouvaient sur leur chemin et qui n'avaient pas le bon sens de s'écarter à temps.
Tout en courant, le chevalier songea que lorsqu'il lui aurait mis la main dessus cette fois, il lui couperait les jambes ou à tout le moins les pieds, pour s'assurer qu'elle ne lui fasse pas faux bond une fois de plus. Il aperçut un homme qui courait à présent avec elle, mais de dos, il aurait été bien incapable de dire de qui il s'agissait. Pourtant, la haute stature et les cheveux blonds de l'inconnu lui semblaient vaguement familiers...
Tandis qu'il ne lâchait pas une portion de terrain, il jura tout bas, car il aurait bien aimé avoir quelques chiens sous la main en cet instant. Pour l'heure, ils ne devaient pas la lâcher ni la perdre de vue. Quand les renforts de bas étage arriveraient, avec leurs sales combines et leur connaissance du terrain, ils pourraient lui mettre la main dessus. Et ce ne serait sans doute pas doux pour elle, loin de là...


Nulles ténèbres pour le cœur valeureux.



Dernière édition par Corwin Rogers le Sam 1 Juin 2013 - 15:35, édité 3 fois
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Aslak
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Message Lun 30 Juil 2012 - 7:05

Aslak ne put s'empêcher de sourire également aux remarques que faisaient Barra. Une mise en bouche ? Intéressant. Alors elle aussi avait l'habitude de se fourrer dans les pires emmerdes ? Cela ne l'étonnerait pas forcément mais en attendant, cette emmerde-ci n'était pas encore tout à fait prête à être finie. Ils n'arrêtaient pas de se faufiler dans les rues sales et étroites de Culpucier. Et malheureusement, il s'y enfonçait bien plus qu'ils n'étaient en train d'en sortir. Il le savait pertinemment mais il n'aurait su faire autrement. Toutes ces rues lui rappelaient beaucoup de souvenirs et surtout elles lui rappelaient combien de fois il avait pu les emprunter sans cesse. Même si certaines choses avaient changées, il les connaissait par coeur. Il en avait des anecdotes à narrer sur ce lieu. DEs choses qu'il avait apprises à l'insu des concernées, les galères dans lesquelles il avait emmené son frère, des engueulades qu'il s'était tapées tant par les habitants que par son père. Il avait fait les 400 coups dans cette région, il avait appris à voler, il avait appris à être agile, à se faufiler partout et à fuir. Oh oui il avait beaucoup fui. Très souvent. Au début il se faisait beaucoup attraper car il n'était pas assez vif et rapide mais après, à force, il était devenu pire qu'un serpent à attraper puis filer comme en se tortillant ainsi dans la foule, les trous, les passages secrets qu'il trouvait au hasard puis qu'il retenait pour la prochaine fois. Oui Culpucier était son domaine. Mais il avait maintenant grandi, les passages n'avaient plus sa taille, les cachettes surtout trop petites. Pour peu qu'ils étaient deux il fallait trouver le bon point de chute, ou au moins en temporaire mais qui serait assez bon pour les dissimuler à Corwin. Il écouta la demande de Barra... piéger Corwin ? Hm... Sa priorité était surtout qu'ils s'en sortent mais s'ils arrivaient à faire d'une pierre deux coups. Il réfléchit... Corwin était dangereux, d'une impulsivité violente et sans aucune retenue, il s'en souvenait parfaitement. Les meurtrissures qu'il avait subies à cause de lui avaient failli lui coûter la vie alors il ne pouvait pas vraiment l'oublier. Néanmoins, il savait aussi qu'il était un noble et que dans un petit coin plus sombre de Culpucier, il y avait une sorte de petit gang qui a l'époque détestait les nobles mais adorait qu'ils viennent se perdre de leur côté du quartier. Pourquoi ? Parce qu'il les détroussait, les humiliait, les tabassait, bref ce n'était pas tellement conseillé de s'y rendre. Cependant, c'était il y a 22 ans maintenant. Est ce que ça marchait encore ainsi ? il n'en savait rien mais au moins il pouvait être sûre qu'en toute logique Corwin aurait des ennuis. Le seul bémol, c'est qu'ils ne pouvaient pas se planquer là... Certes ce gang, du moins ce qu'il en savait de l'époque, aidait volontiers les habitants de Culpucier s'ils étaient dans l'embarras, mais alors ça coûtait par la suite très cher...et le remboursement pouvait durer longtemps; avec des intérêts élevés. Donc il fallait trouver un moyen de faire se rendre leur bourreau là-bas, sans qu'eux-même y soient.

C'est là que lui vint l'idée de faire intervenir les enfants. Un enfant de Culpucier ne rechignait jamais à un peu d'argent. Et contre de l'argent, ils pouvaient être très efficace. Il en avait justement sur lui, volé il y a quelques jours, pas encore utilisé parce qu'il avait volé d'autres bourses entre temps, elles épuisées. Et Barra marquait un point, les enfants connaissaient toutes les cachettes, mais surtout ils pouvaient mentir. Pour peu que c'était des enfants comme lui à l'époque, le mensonge contre de l'argent était totalement toléré et même c'était une bonne manière de gagner des sous sans recevoir de représailles. De toute façon, ils n'avaient pas trop le choix, il fallait qu'ils se cachent car à force de courir ainsi, ils allaient bientôt manquer d'endurance. L'adrénaline qu'ils ressentaient les aidait bien pour l'instant, mais ils n'étaient que des humains et on ne pouvait courir indéfiniment. Enfin pour sa part il avait encore de la marge, mais néanmoins, il serait quand même intéressant de se poser. Aucun des deux ne refuseraient sûrement cette possibilité. Il réfléchit donc encore quelques instants à un plan avant de prendre la parole.

"Ta bande de gosse, on va en avoir besoin. Du moins quelqu's un. " il marqua une pause haletant avant de continuer "Ecoute bien, j'ai une idée. Je sais pas si tu connais le quartier des rois dans Culpucier ? A l'époque où je vivais encore ici, c'tait un quartier dangereux, fallait pas y traîner mais encore moins si t'es un noble. " nouvelle pause " Le but... se cacher pas loin, faire mentir les gosses pour que Corwin lui continue vers c'quartier. J'suis quasi sûr qu'il aura des problèmes une fois là bas. C't un quartier cul-d'sac. "

Il était étrange de noter la différence de langage. Sans même s'en rendre compte, il adoptait de plus en plus la façon de parler de l'époque, quand il vivait ici et qu'il était plus jeune. le langage haché, rapide, pour parler plus rapidement mais aussi qui montrait clairement un manque d'éducation et un langage de rue. Il parlait comme quand il entraînait son frère dans les embrouilles. Oh bien sûr, le fait d'être haletant et de courir entraînait forcément l'envie de parler rapidement et de ne pas s'embarrasser de mots voire syllabes inutiles. Mais un noble même haletant ne régresserait pas de la sorte. Lui avait parlé ainsi pendant presque dix huit ans. Même après vingt deux ans et nombreuses prouesses langagières depuis, il ne pouvait pas oublier d'où il venait et apparemment, il ne pouvait pas s'empêcher de reprendre de très anciennes habitudes. Mais le contexte devait sûrement faciliter. Il reprit la parole alors n'ayant pas fini d'expliciter son plan.

"T'as un moyen de les retrouver ces mouflets ? On va en avoir besoin dans pas longtemps. On est pas très loin du quartier en question. Nous il nous faut une planque avant. Faut pas qu'on entre dans l'quartier, sinon on va galérer à en sortir ensuite."

Il espérait sincèrement qu'elle sache comment faire, ils ne pouvaient pas se permettre de s'arrêter et de tenter de recruter des gosses dont il n'avait aucune idée s'ils étaient capable de les aider ou non. Des gosses y en avait une blinde à Culpucier mais de là à dire qu'ils étaient tous des gamins de merde, loin de là. Il était bien placé pour le savoir. Les parents veillaient toujours autant que possible à ce que leurs enfants restent une sorte de fierté malgré la pauvreté et la saleté dont les rues et cette partie de Port Réal pouvaient laisser entrevoir. Mais de toute façon, il ne suffisait pas de grand monde comme il l'avait dit pour exécuter le plan. Des gosses, un mensonge comme quoi ils étaient partis dans une certaine direction, eux se cachaient puis espéraient simplement que Corwin se fasse dérouiller. Rien de plus jouissif en somme et même cela avait presque l'air facile. Il fallait juste que ça marche... Et sans les gosses, il n'arriverait pas à grand chose. Que Barra les connaisse et les fasse intervenir serait plus rapide et plus facile. Ils gagneraient un temps considérable et ça devenait urgent car ils se rapprochaient dangereusement du quartier des rois et ils ne devaient surtout pas y entrer.



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You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
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Message Mer 1 Aoû 2012 - 13:14

Bois-la-Pluie, 208


La flèche la cueillit à l'épaule. Le cri de douleur jaillit en réflexe, pour expulser. Elle planta sa pique dans la cuisse d'un homme au visage indistinct. Ils n'avaient plus de visage pour elle dans le brouillard de sa rage. Le coup décisif ne vint pas de ces insipides créatures à deux pattes rendues trop lentes et lourdes par leurs armures, mais d'animaux plus vifs et féroces, enfants de la forêt sauvage. En roulant à terre sous le poids de l'impact, elle discerna leurs têtes encagées de cuir, leurs crocs luisants. Leur soif de sang n'était pas naturelle, pas plus que la sienne. Dans un étrange îlot de lucidité au milieu de la tourmente, une pensée se forma en elle. Ce serpent empoisonne tout ce qu'il touche. Qu'a-t-il fait de vous, petits frères ? Elle avait toujours su y faire avec les bêtes, mais celles-ci n'étaient plus libres de suivre leur nature, on les avait transformés en monstres, comme elle à cet instant, et ce reflet de sa folie lui ôta tout à coup l'envie de se battre. Pas contre eux. Pas comme lui. Elle se laissa mordre et se coucha comme un loup qui se soumet, présentant sa gorge et son ventre. Ils étaient surexcités mais les chaînes de l'instinct sont puissantes ; leur ardeur retomba en partie : à quoi bon s'acharner sur un rival vaincu, sur une proie terrassée ? Les loups n'avaient pas cette perversité. Et elle savait que leur geôlier n'allait pas attendre qu'ils la dévorent pour les remettre en cage. Il se la réservait, cette proie, elle le connaissait assez pour savoir qu'il lui réservait un sort moins doux qu'une mort digne et rapide sous les crocs de ses frères de la forêt.

Il les rappela.

Elle reçut alors une volée de coups tandis qu'on la redressait et l'enchaînait. De solides fers, ils faisaient les choses bien. Elle sourit dans une brume confuse. Bien. De simples liens auraient ôté à sa dignité de vaincue. Ces fers clamaient à la face du monde qu'ils avaient peur qu'elle ne s'enfuie ou ne se dresse contre eux, toute blessée qu'elle était. Ils s'humiliaient eux-mêmes, comme de juste. Elle était le dragon d'Amberly, mais pour une fois le dragon était le héros et le chevalier le méchant du conte, et l'histoire se terminait mal. Qu'importe. A sa façon elle avait gagné la partie. On la traîna devant la chose qui se prétendait chevalier, perchée là-haut sur un cheval noir, mais moins noir que son âme. Le putois savourait sa médiocre victoire avec un stupide triomphalisme. Il descendit de cheval, lui accordant l'attention qu'elle méritait. Bien. Là encore, il s'humiliait lui-même. Un homme sûr de lui n'accorde aucune attention à une simple gueuse que ses hommes viennent de capturer pour une vieille affaire de larcins. Il se détourne et s'en va, déjà oublieux de ce grain de poussière sous sa botte. Elle n'était pas un grain de poussière.

Il s'abaissa même à la toucher, à la faire souffrir. Elle ne le laissait pas indifférent. Bien. Son ressentiment était l'étendard de ses propres échecs, de sa propre faiblesse. Que tous ses hommes le voient et en répandent la rumeur. Que les gens d'Amberly sachent qu'elle avait été pour lui un adversaire, son égal. Elle souffrit sous sa poigne, dans un brouillard de sang. Un coup à la tête ? Une entaille au front ? Elle ne sentait plus où étaient ses bleus et ses plaies, trop nombreux pour être comptés, et ses sens engourdis ne lui fournissaient aucun indice. Il ne lui restait même pas assez d'énergie pour cracher à la gueule de cette enfant de s ?lope.

La bouche tout près de son visage prononça des menaces qu'elle comprit à moitié, encore étourdie par les coups. Pendue ? C'était trop drôle. Il n'était même pas fichu d'imposer à son frère une condamnation à l'écartèlement. Pauvre Corwin, sans influence dans son propre fief. Elle n'avait pas la force de ricaner alors elle ne fit rien, mais il la frappa tout de même. La pluie froide apaisa la douleur qui pulsait dans sa joue. Les autres regardaient. Pas un pour protester. Elle n'en attendait pas moins de ces chiens. Les chiens, ça obéit, un point c'est tout. Peut-être que ce type là-bas derrière avait l'air contrit. Contrit. Il n'y a pas un seul homme ici, songea-t-elle sans même s'en étonner.

Le démon à face humaine ordonna qu'on la surveille de près. Même avec des fers, même dans son état, il avait encore peur qu'elle ne lui joue un mauvais tour. C'était bon à entendre. Elle s'affaissa, à la limite de perdre connaissance, mais la pluie qui s'infiltrait dans ses vêtements lui rendit une once de vigilance et elle réussit à se tenir debout alors qu'il ordonnait de la faire marcher. Marcher vers sa prison ? Qu'est-ce qu'il croyait ? Que ces fers feraient d'elle une chienne, comme les autres ? Qu'elle suivrait gentiment ? Taré. Ils n'avaient pas fait cent mètres qu'elle s'effondra. Elle se laissa traîner par le cheval auquel elle était lié. Elle avait passé le seuil où la douleur s'endort, quand le corps sait qu'il ne lui sert plus à rien de savoir s'il a mal, quand il vaut mieux se noyer.

Plus tard, on la jeta sur le dos d'un animal, peut-être. Elle avait perdu connaissance et ne se rappelait rien. Personne n'était venu soigner ses blessures. Donc, ça n'était pas trop grave. Ils voulaient la ramener en vie. Elle puait le sang, la sueur et l'urine, ses propres sécrétions. Ils n'avaient pas vraiment pris la peine de lui rendre le trajet confortable. Elle avait repris conscience dans une semi-obscurité. On la faisait boire. On la faisait manger. Quoi ? Quelque chose de répugnant sans doute, mais elle n'était pas en état de s'en rendre compte. Ses pensées s'étaient mises en sommeil. La nature dans son corps, puissante, faisait son œuvre, et elle lui donnait la moindre parcelle de ses forces, la laissait travailler. Alors elle retomba dans le néant après la visite de ses geôliers.

Un matin vint. Combien de matins avaient passé ? Est-ce qu'on lui avait fait subir quelque torture ? Sans doute pas. C'était tellement moins drôle si elle n'était pas capable de s'en rendre compte. La bête en armure devait ronger son frein, la bave aux lèvres. On la releva. Un homme se tenait derrière elle et la portait à moitié. Elle avait repris de la vigueur mais elle préférait le laisser faire, ne pas montrer qu'elle allait mieux, que le peu de soins qu'ils avaient pu lui prodiguer avaient suffi. Parce qu'il était là, et qu'elle allait essayer de le tuer, évidemment.

Évidemment. Elle n'avait pas encore retrouvé toute sa raison. Ou peut-être que si. Assez pour tenter de le buter. Avec un peu de chance ça lui vaudrait une mort propre, dans la panique du moment. Il ne la regardait pas, il était encore à quelques pas avec un de ses hommes, pas un laquais, mais un parent dont elle ne se rappelait pas le nom, celui qui avait eu cet air confit. Contrit. Peu importe.

« Bien l'bonjour, m'sser Corwin » jeta-t-elle d'un air rigolard, peut-être un peu dément. « J't'ai pas encore félicité... Mazette ! » siffla-t-elle dans une parodie de louange plus qu'acide. « T'as réussi à prouver qu't'étais capable en moins d'quinze ans d' serrer une pauv' donzelle avec une armée d'réîtres, une meute de chiens, des loups, et tout ça sans trop d'pertes, enfin, juste quelques morts, on va pas mégoter pour ça, hein. Ta famille va être rud'ment impressionnée. Sûr que l'Baratheon va s'compisser de rire quand il entendra l'récit de tes exploits. M'est avis qu'on l'entendra s' marrer jusqu'à Amberly. »

Elle souriait de toutes ses dents pour bien appuyer son propos. Le conchier devant ses hommes, avec des mots et des grimaces. Il allait pas tolérer ça. Il s'approcha, sans doute avec de mauvaises intentions, verbales ou martiales il n'eut de toute façon pas le temps de les mettre en application. Elle râcla sa gorge, se cambra violemment et lui cracha à la gueule de toutes ses forces. Le glaviot eut plus de chance que sa flèche de l'autre jour – cette fois, elle n'avait pas prévenu. Aussitôt, il la frappa, et cette riposte lui imprima un choc qui fit vaciller l'homme derrière elle. La prise sur ses épaules se relâcha, un instant, juste un instant mais c'était amplement suffisant pour lui laisser une brèche. Merci, charognard.

Le nez du garde déstabilisé émit un craquement sinistre sous l'effet d'un coude efficacement projeté en arrière. A peine dégagée de son emprise, la braconnière se détendit comme un furet pour bondir. Une fraction de seconde, elle eut le plaisir de lire l'étonnement et le doute dans le regard bouffi d'orgueil de Corwin, au moment où son poids le renversait. Ses deux genoux s'enfoncèrent dans le ventre du chevalier sans honneur tandis que les chaînes qui liaient ses poignets s'enroulaient autour du cou offert. Elle serra avec violence, regarda le sang quitter ce visage haï. « Puisse l’Étranger dévorer ton cœur » gronda-t-elle à son oreille. Son propre visage semblait comme possédé et rien ne semblait pouvoir la dissuader d'étrangler cette vermine qui se tordait sous elle. On ne lui fit pas grâce de la tuer, ou de lui laisser le temps de le tuer, hélas. Le plat d'une lame se fracassa contre son épaule et l'envoya bouler dans la terre meuble où ses doigts crochèrent une pierre. Les chasseurs auraient toujours cet avantage-là. Ôtez à un chevalier son armure et son cheval, ce n'est qu'un homme. Ôtez à un chasseur son arc et sa lance, il lui reste son instinct. Son corps possède un savoir plus ancien que tous les sacrements des septons et toute la science des forgerons, un savoir puisé à la source même de toute connaissance. Barra lança sa pierre en plein front du garde qui fondait sur elle et le regarda un instant tituber, un flot de sang entre ses yeux, avant de lui sauter à la gorge. Comme il se débattait maladroitement, à demi assommé, elle tourna son visage vers les hommes qui l'encerclaient déjà. « Vous croyez que vous m'faites peur, tous autant que vous êtes ? Faîtes voir vos lances, j'suis sûre qu'elles sont plus courtes que la mienne » argua-t-elle d'un ton moqueur. Mais elle n'avait pas sa lance, et ses mains étaient liées par de lourdes chaînes. Ils tombèrent sur elle et elle ne put rien contre eux à part les accabler de railleries et de coups jusqu'à ce que le goût du sang dans sa bouche étouffe toute parole cohérente. Torturez-moi si vous voulez, bande d'ordures, vous changerez rien à ce que je suis. Je vais pas laisser la peur me bouffer comme vous autres. Vous vendez tout ce que vous êtes et il reste rien, rien dans les tripes, rien dans le cœur, rien dans la tête. Mon père valait cent hommes comme vous.

Elle ne ferma même pas les yeux. Elle subirait ce qu'elle subirait... elle n'avait pas de regrets... juste celui d'avoir échoué à le tuer...

* * *

Port-Réal, 212


Tout en continuant à se faufiler dans les ruelles, Barra et Aslak tentaient de bricoler un plan. Les circonstances ne s'y prêtaient guère, mais tous deux avaient en fin de compte l'habitude de bricoler des plans de fortune pour se tirer de guêpiers improbables. « Le quartier des rois ! Bien sûr ! Je ne suis pas sûre d'en trouver le chemin, je n'y ai jamais mis les pieds, mais si tu sais où c'est... » Restait le problème des gamins, qui n'en était pas un. « J'sais toujours où en trouver, suffit de se pointer aux bons endroits et c'est eux qui nous trouveront. J'viens jamais là par hasard, quand je rapplique dans l'coin c'est pour... pour affaire. Quand j'ai débarqué en ville j'ai vite compris que les va-nu-pieds de Culpucier étaient les meilleurs associés pour écouler certaines... euh.. marchandises, si tu m'suis. Disons que pour m'en sortir j'ai souvent dû prendre des chemins de traverse, et par ces chemins j'ai fait de drôles de rencontres. » Rey Mains-lestes, ce serait parfait, ou alors un de ses p'tits camarades, ils m'aiment bien ces gosses, je les ai aidés plus d'une fois après tout...

Elle serra un peu plus fort la main d'Aslak comme pour lui donner espoir, son autre main tenant toujours sa robe retroussée pour courir. Ce satané Corwin n'avait même pas eu la courtoisie de la surprendre dans la forêt, en tenue de chasse. Elle aurait donné n'importe quoi pour se changer...

« Par ici ! » Elle entraîna Aslak dans une venelle si étroite que des cordes à linge avaient été tendues entre les fenêtres des habitations. Ici et là un regard les épiait depuis une porte entrebâillée, un porche ou un coin sombre. Ils zigzaguèrent de ruelle en ruelle avant de déboucher dans une cour encombrée de tonneaux, de vieux objets bons à mettre au rebut et d'une charrette à bras. Barra s'arrêta un instant, fit un nœud aux pans de sa robe pour la transformer en tunique, et s'avança précautionneusement parmi ce débarras. Elle siffla alors un petit air connu à Culpucier. Un air interdit qui parlait de têtes couronnées séparées de leurs corps, quand on osait en prononcer les paroles subversives.

Des ombres d'un bâtiment partiellement en ruines, des espaces derrière les tonneaux, de sous la charrette même, ils émergèrent comme des rats, ou comme des fantômes, les yeux caves et les bras maigres. Des gosses de toute taille et de tous âges, pâlichons et pas très propres sur eux. Rey n'était pas là, à cette heure il devait faire les poches des clients du marché de la Place Poissarde... en revanche, il y avait ses petits et ses grands potes, six ou sept chiots de rue plus coriaces qu'ils n'en avaient l'air.

« Qu'esse tu fous là Barra ? » jeta le plus vieux, Rokk, qui devait avoir une douzaine d'année à tout casser. « T'as trouvé un noble bien gras à plumer ? J'croyais qu'tu faisais plus ce genre de trucs, depuis qu'Mallery t'a à l’œil ? »

« Il l'a pas à l’œil, il l'a à la bonne » rigola une gamine dont la chevelure était une forêt de ronces, et qui avait perdu une de ses chaussures – ou plus vraisemblablement, qui en avait trouvé une. « Sinon pourquoi il l'aurait laissé filer hein ? C'est pas l'genre qui prend des pots-de-vin et t'façon Barra a pas un sou vaillant, pas vrai ? Allez avoue, Barra, t'es cul et chemise avec un sale Freux ! »La plaisanterie sonnait un peu comme une accusation. On ne savait jamais avec cette chipie de Shelly, elle était toujours un peu mauvaise. 

« La ferme, les gosses » jeta Barra d'un ton gentil mais impérieux. « Vous connaissez pt'êt la vie de tout l'monde à Port-Réal, j'suis sûre que même Freuxsanglant n'en sait pas autant que vous, mais j'ai pas le temps d'causer. J'ai un service à vous d'mander.»

Un petit boutonneux tomba de nulle part juste sous son nez, la faisant sursauter. Il avait le nez cassé et une cicatrice en travers du visage. Battu ou trop bagarreur, elle n'avait jamais su, un peu des deux sans doute. Lui, c'était Gray. « Un service ? Mouais... parce que c'est toi, peut-être. Faut voir. T'as des ennuis ? Et ton pote là, c'est qui ? J'l'ai jamais vu par ici.»

« C'est un ami, il est là pour m'aider.  J'aimerais dire que c'est toi dans quelques années, mais j'suis pas sûre que tu d'viennes moitié aussi mignon » rétorqua-t-elle sur le même ton. Il fallait les traiter comme des grands, c'était déjà des adultes d'une certaine façon et ils ne voulaient pas être ménagés comme des gamins. Les vanner, c'était les traiter comme des égaux. Ils aimaient ça, elle l'avait constaté. Les autres éclatèrent de rire. Gray avait l'air content aussi. « J'espère bien que j'ressemblerai pas à ça plus tard. J'srai riche et j'me pavanerai habillé de soie dans les beaux quartiers ! » Il regarda Aslak par en-dessous. « Y vient d'ici alors ? Bon... si tu l'dis... on peut lui faire confiance, j'suppose. »

« Barra n'amènerait pas ici un foutu noble, sauf pour qu'on l'dépouille » renchérit Shelly. « Pis l'est mignon, elle a raison. J'veux bien qu'on l'aide si il m'épouse.»

Cette fois Barra se mit à rire franchement. « T'es pas un peu jeune pour penser au mariage ? Bon, assez bavassé. Un noble veut ma peau. Et celui-là je vous garantis que c'est une enflure de première. Il a des hommes avec lui. Il me faut un comité d'accueil à la hauteur. On va se planquer dans le quartier des rois. Tout ce que vous avez à faire, c'est vous débrouiller pour qu'il nous trouve là-bas, mais pas trop vite. Faîtes ça subtilement, demandez-lui des sous. Il sera là dans les parages d'un instant à l'autre, on n'a pas beaucoup d'avance sur lui. Vous ne pourrez pas le rater... Soyez sur son chemin, paumez-le un moment avec de fausses indications, pas trop sinon il se doutera de quelque chose. Et t'nez-vous bien à distance de lui et ses gars, toujours prêts à fuir ou vous planquer, il aura pas plus de pitié avec vous qu'avec moi si vous lui plaisez pas. J'vous revaudrai ça, c'est juré. »

Rokk sauta de la charrette où il s'était perché. « On va rameuter du monde aussi. Si tu sais pas combien d'hommes il a, vaut mieux qu'il y ait du monde à l'arrivée. On vous les envoie en renfort. »

Elle le remercia solennellement. « T'es un homme d'honneur, Rokk. J'oublierai pas ça. » Le gamin haussa les épaules. « T'as jamais rien d'mandé en échangé de ton aide à toi. Quand t'as donné à manger à Rey. Quand t'as filé des herbes à ma mère pour la fièvre de ma p'tite sœur. Quand t'as corrigé le vieux porc qui en avait après Shelly. On avait pas l'habitude de ça par ici. Là d'où tu viens les gens s'entraident, et c'est bien. On devrait faire pareil. Alors autant commencer comme ça.»

Elle hocha la tête et se tourna vers Aslak tandis que les gosses s'éparpillaient comme une volée de moineaux. « Bon ! Direction le quartier des rois. On va lui préparer une jolie fête, à notre invité d'honneur. » La haine qui sourdait de sa voix laissait entendre qu'il y avait entre eux plus qu'une simple histoire de fugitive poursuivie. Tout comme Aslak, elle avait d'excellentes raisons de vouloir en finir avec Corwin Rogers... de toute façon, si elle ne pouvait se cacher de lui, même ici, alors elle devait se libérer de lui par la force, elle n'avait pas d'autre choix. « Et pour ce que ça vaut, avant que j'oublie... » Ou avant qu'on se fasse prendre, morts ou vifs... « Je suis heureuse de te revoir. » dit-elle avec un franc sourire. Elle aurait préféré le retrouver dans des circonstances plus propices à la discussion, mais son apparition providentielle n'en était pas moins pour elle une source de joie. Elle avait toujours espéré le revoir, d'une manière ou d'une autre, sans bien savoir ce qu'elle pourrait lui dire. Ce qu'elle était devenue ne lui plairait peut-être pas, et cela l'inquiétait un peu, au fond. Elle se contrefichait de l'opinion de la plupart des gens, mais Aslak l'avait connue avant qu'elle ne soit la Piqueuse. Son regard avait de l'importance. Il avait connu... Barra, juste Barra, celle qu'elle voulait encore être, qu'elle était peut-être encore, ou qu'elle était redevenue ici à Port-Réal, au moins un peu... grâce à Lotho, Aaron et les autres... est-ce qu'Aslak ferait partie de son univers, si tout rentrait de l'ordre ? Ou bien se détournerait-il de cette femme hors-la-loi, au tempérament farouche, qui avait le don de se fourrer dans le pétrin ?

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Corwin Rogers
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Message Lun 20 Aoû 2012 - 14:23

Bois-la-Pluie, 208.

Le voyage de retour vers Amberly se déroula dans une bonne humeur euphorique, en dépit de la pluie qui ne cessait de les harceler. La boue et le froid pouvaient bien les engourdir, la joie triomphante des hommes ne se laisserait pas endormir pour si peu. Si les soldats du fief se sentaient surtout ravis d'avoir enfin mis la main sur cette garce qui les ridiculisait depuis trop longtemps, les reîtres restants étaient surtout en pleine jubilation vénale. Seul le pécule promis les intéressait. Corwin, lui, en était même arrivé à plaisanter avec Caïn et ses hommes les plus proches, le sourire aux lèvres, ignorant superbement l'air de marbre de son bâtard qui s'était muré dans un silence parfait. C'était sans doute ce qu'il avait de mieux à faire pour ne pas contrarier son géniteur, car il était loin de partager l'euphorie générale.
Au bout d'un moment néanmoins, Raven stoppa son cheval en jetant un long regard à la prisonnière. Elle semblait avoir perdu connaissance, et se laissait traîner derrière le cheval d'un soldat, comme un sac de pommes de terre. On fit remarquer qu'il ne serait pas très judicieux qu'elle se noie dans la boue, et le bâtard mit pied à terre pour la ramasser. Il la jeta sur la croupe de sa monture comme si elle ne pesait rien, mais en relevant les yeux, il croisa le regard de glace de son père. Ce dernier le toisa de haut avant de lâcher :

« Si tu tiens à avoir cette garce sur ton cheval, chevauche loin de moi parmi les hommes. Elle ne mérite pas de m'approcher, et elle ne mériterait même pas cette attention que tu lui portes. Ton cœur est trop tendre.

Sur ce reproche visible, le chevalier d'Amberly talonna son destrier pour reprendre la route comme si de rien n'était, alors que son fils illégitime remettait le pied à l'étrier pour se hisser sur son cheval. Il prit le soin de bien l'attacher à sa selle au cas où elle voudrait fuir, mais au vu de son état, il n'y croyait pas trop. Il remit sa monture au pas à distance de son père, toujours perdu dans ses pensées.
Durant les haltes qu'ils firent, personne ne prit soin des blessures de la braconnière, mais on lui donna tout de même un peu de pain rassis et d'eau pour la maintenir en vie jusqu'au château.

Au matin du jour où ils devaient rejoindre Amberly, Corwin tint à s'assurer de l'état de sa prisonnière. Il voulait qu'elle soit consciente lorsqu'on la porterait devant le lord son frère, et il se la fit amener. Il venait d'avoir une petite discussion avec son fils bâtard pour être certain qu'il avait bien conscience de la place qui était la sienne dans cette affaire, quand un soldat arriva avec la braconnière, la portant à demi. Le chevalier s'autorisa un fin sourire prédateur. Il fallait qu'elle vive et qu'elle soit consciente. Qu'elle soit à bout de forces ou même pas entière importait peu. Il se campa face à elle quand le garde stoppa, mais elle avait visiblement encore assez de force pour l'insulter. Corwin écouta ses propos apparemment sans broncher, mais le coin de son œil se plissa légèrement, et un éclair de rage meurtrière s'afficha dans son regard. Il s'approcha, menaçant, pour lui faire ravaler ses dents. Il n'en eut néanmoins pas le temps, car il eut droit à un glaviot en plein visage. Il l'essuya du revers de la main, laissant la rage déborder en un coup de poing qu'il lui asséna en plein estomac. Toutefois, au lieu de s'effondrer comme il l'avait attendu, Barra en profita pour briser le nez du soldat qui la maintenait et pour se libérer de son étreinte. Le temps de réagir, et elle lui avait bondi dessus, le plaquant au sol de la force de son élan et grâce à l'effet de surprise. Lui enfonçant les genoux dans le ventre, elle s'appliqua alors à l'étrangler avec ses chaînes. Pour le coup impuissant, le chevalier sentait l'air s'échapper de ses poumons et lui manquer de plus en plus alors que sa gorge était douloureusement compressée. Il tenta bien de ruer pour s'en défaire, ou de la repousser de ses mains, mais la tête commençait à lui tourner alors qu'il avait l'impression que son crâne allait exploser. Sa vision se dédoubla et il crut que c'en était fini, ce qui lui laissa un puissant sentiment de rage folle dans le cœur.

Le salut arriva toutefois, car un soldat abattit le plat de son épée sur une zone sensible du creux du cou de la jeune femme, lui ôtant toutes ses forces pour un instant, ce qui laissa le temps à l'homme de la cueillir d'un coup de pied au creux du ventre et l'envoyer valser loin de Corwin. Ce dernier aspira goulûment une grande bolée d'air, qui produisit un râle rauque en se précipitant dans ses poumons. Il crachota un instant en se redressant en position assise, se massant la gorge d'une main. Les choses commençaient à reprendre leur place à mesure que sa respiration reprenait. Caïn se pencha sur lui pour vérifier que tout allait bien, avant de s'avancer vers la braconnière, l'épée au clair, afin de prêter main forte aux hommes qui tentaient de la maîtriser. Raven vint l'aider à se relever, et malgré l'envie qu'il avait, le chevalier ne trouva pas la force de le rabrouer. Une fois debout, sa rage flamba comme un bûcher dans le noir, l'aveuglant presque, tandis qu'il regardait les soldats tomber sur Barra et parvenir à la remettre sous contrôle. Le colosse, bras droit de Corwin, lui avait asséné un méchant coup de genou, et du sang coulait légèrement au coin de ses lèvres quand le chevalier approcha. Elle avait la respiration légèrement sifflante. Côte cassée, peut-être ? Il n'en avait cure. Ivre de rage, sa main se referma sur sa gorge délicate de femme, et il se mit à serrer, serrer comme s'il tentait de broyer une pomme dans sa main. Ses doigts s'enfonçaient dans la peau, et il avait ses yeux plantés dans celle de sa victime, se délectant de les voir s'exorbiter alors qu'il l'étranglait encore plus sûrement qu'elle ne l'avait fait auparavant. Il finit cependant par la relâcher, la marque de ses doigts imprimée dans son cou. Il recula d'un pas en la regardant comme on le faisait pour un cafard, puis il jeta un regard venimeux à ses hommes.


- Emportez-la hors de ma vue, sous bonne garde. Amusez-vous avec elle autant qu'il vous plaira, mais veillez toujours à bien la maintenir à moins de vouloir prendre le risque d'une mort imprévue. Je la veux vivante et pas trop abîmée, mais vous pouvez profiter de son con comme il vous plaît.

Il se détourna en crachant par terre, entendant dans son dos quelques ricanements gras et concupiscents. Même ainsi, la braconnière était un beau brin de femme, et c'était bien parce que Corwin avait interdit qu'on la touche jusque là qu'elle avait été préservée du viol. Il fut un temps, il avait bien pensé à la posséder de la sorte lui-même. Néanmoins, il rêvait surtout de la tuer à petit feu, et ne pensait pas qu'une gueuse pareille méritait sa queue, même pour un rapport non consenti. Il renifla avec mépris sans même se retourner, Caïn lui emboîtant le pas. Raven fixait les gardes qui emmenaient la prisonnière vers un bien mauvais moment, une expression indéchiffrable sur les traits. Son père lui asséna une taloche derrière le crâne comme à un gamin en passant près de lui, et lui lança dans un grognement :

- Y a rien à voir, à moins que tu aies envie de te détendre les bourses. N'oublie pas où va ton devoir.

Le bâtard obéit une fois de plus sans mot dire, mais l'expression assez fermée pour montrer qu'il désapprouvait vivement. Il suivit son géniteur sans plus un regard en arrière.

Peu avant le crépuscule, leur groupe au complet parvint à Amberly, avec une captive plus calme. La pluie avait enfin cessé.


***

Dans leur course, Corwin et ses hommes finirent par être rejoints par Will. Ce dernier était légèrement essoufflé, mais avait un sourire triomphant sur les lèvres. Le groupe stoppa, hormis trois ou quatre hommes rapides qui furent chargés de ne pas perdre la trace de Barra. Le chevalier avait la poitrine en feu, et il se sentait un peu à bout de souffle, mais il ne perdit pas de temps. Posant son regard d'acier sur son soldat, il le questionna sans attendre.


- Alors ?

- Ils viendront, messer, et même mieux que ça. Quelques pièces, dont un ou deux Dragons, les ont même décidés à appeler du renfort... On va avoir pas mal d'hommes, et ils sont prêts à intervenir quand ils faut. Ils ont déjà repéré la fille, ils savent où elle est et ils ne la perdent pas de vue. Ils agiront... quand vous savez.

Corwin hocha la tête, satisfait. Peu lui importait de débourser quelques pièces si cela lui permettait de mettre la main sur cette garce de braconnière. Cette fois, nulle justice seigneuriale pour elle. Juste lui, de longues heures de torture et son épée pour finir. Caïn toussota légèrement près de lui, pour attirer son attention et signifier qu'il avait quelque chose à dire.

- Messer... Elle va sans doute nous tendre un piège si elle voit qu'elle ne peut pas fuir. Ca ne sert à rien de foncer tête baissée. On peut lui faire croire qu'on ne s'attend à rien... et la prendre par la ruse.

- Je sais comment elle fonctionne, Caïn. Mais c'est une bonne idée. Alban, tu vas avec Will et deux hommes rejoindre les voleurs et autres cancrelats qu'on paie. Vous les prendrez à revers. Les autres, vous restez avec Caïn, Raven et moi. On va leur faire croire, à elle et à son inconnu de chevalier servant, qu'on se laisse berner et qu'on se jette dans la gueule du loup.

Alban se renfrogna en jetant un regard venimeux à son demi-frère bâtard, qui ne lui accorda pas la moindre attention. Il considérait une fois de plus que le fils illégitime de son géniteur lui damait le pion en ayant l'honneur de l'accompagner, honneur qui aurait largement dû lui échoir. N'était-il pas lui son héritier, celui destiné à lui succéder, alors que Raven n'était qu'une tache, un accident, une erreur assumée de force qu'on traitait bien au-dessus de sa condition et qui pouvait déjà se réjouir de toute l'attention qu'on lui avait portée? Ce n'était pas la première fois qu'il était écarté d'une belle occasion, alors que son demi-frère avait la chance d'accompagner leur père. Il avait encore en mémoire la traque de la braconnière à laquelle il n'avait pu participer, ce qui l'avait mis dans une rogne tenace. L'aîné de Corwin se tourna alors vers son père pour manifester son mécontentement.

- Je peux moi aussi venir l'affronter directement, père. J'ai fait mes preuves ! Je peux vous seconder, c'est là qu'est ma place et mon rôle. A vos côtés!

- Tu es mon héritier, Alban, je ne veux pas prendre le risque qu'elle s'en prenne à toi. De plus, qui peut mieux que toi me représenter à la tête des hommes qui les prendront à revers ?


Le jeune homme sembla satisfait de ces paroles, après les avoir soupesées et vu les choses sous cet angle. Bombant le torse, il ordonna d'un ton pompeux qu'on le suive, alors que dans les faits, c'est Will qui conduisit son petit groupe jusqu'aux roturiers qui allaient lui prêter main forte. Le chevalier se tourna vers ceux qui étaient encore avec lui.

- Allez, ne perdons pas de temps. Allons enculer cette gueuse une bonne fois pour toutes ! »

Il émit un léger ricanement avant de reprendre la poursuite comme s'il avait été retardé par quelque chose. Il ne tarda pas à retrouver ses quatre hommes qui les avaient devancés, et qui lui signalèrent que leur proie n'était plus très loin, désormais à portée de griffes.


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Aslak
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Message Sam 25 Aoû 2012 - 12:38

Aslak fut ravi que son plan soit accepté sans encombres cognitives. Il fallait dire que c'était le meilleur qu'il avait trouvé... Car là tout de suite, il ne voyait pas d'autres moyen de s'en sortir. Concrètement, ils ne pouvaient pas faire demi tour pour l'instant, ils ne pouvait pas non plus attaquer de front - ils étaient deux contre d'office plus d'hommes, tous armés -, donc la dernière solution demandait de la ruse et lui était plutôt doué dans tout ce qui agissait dans ce domaine. Le hic c'est que souvent c'était question de chance aussi....Il espérait que ce serait encore le cas maintenant. De toute façon la donne était différente de d'habitude : il avait une demoiselle à protéger. Bien sûr vu la réputation qui l'entourait, il était persuadé qu'elle savait se défendre, mais de là à s'avoir réchapper à des mecs en colère et violent comme l'était Corwin.... Car il s'en souvenait très bien de sa violence.... Il valait mieux éviter. Le choix avait été vite fait : le piéger et se camoufler avant de décamper rapidement. Cela paraissait facile dit comme ça mais il n'était pas sûr que ça le serait. De toute façon, le fait de les attirer dans le quartier des rois était un magnifique plan car même s'il réchappait de ce lieu, ce ne serait pas dans les quelques minutes qui suivraient leur entrée, donc ça leur laisserait de la marge pour disparaître. En attendant, il sentit la pression sur sa main et fut emmené par Barra. Apparemment c'était parti pour l'opération mioches chieurs en action. Il la suivit dans des dédales de rue qu'il reconnaissait mais il ne savait par contre pas exactement où elle se rendait. Ca n'avait pas tellement d'importance, il lui faisait confiance. Ele avait l'air d'en connaître un rayon sur Culpucier. Peut-être autant que lui finalement. Donc sans émettre d'objections, il la suivit toujours sa main dans la sienne. Il avait hâte de voir les gamins et voir si ça avait changé de son époque la manière de fonctionner. Il ne pensait pas... C'était un peu inhérent à ce quartier le fonctionnement par bande de gosses. Lui n'avait jamais beaucoup aimé. Enfin il avait eu un petit groupe à un moment mais il aimait les opérations en solitaire ainsi ce n'était pas sa manière principale de faire. Mais après ça avait beaucoup de succès. Les enfants se sentaient plus sûr avec un bosse et des personnes de même envergure qu'eux. Ils se sentaient moins seuls dans cette partie pauvre et avec sa propre loi de Port-Réal.

En attendant, après encore quelques minutes, ils finirent par s'arrêter avant qu'une mélodie ne vienne s'échapper des lèvres de Barra. Façon efficace de rameuter le petite monde, petit monde qui débarqua un à un de l'ombre pour venir s'amasser autour de la jeune femme. Il ne put que sourire en voyant l'air de ses chenapans. Ca lui rappelait tellement son enfance qu'il en serait presque nostalgique malgré qu'il savait la difficulté que c'était de vivre dans ce quartier. Mais lui ça l'avait bien consruit pour la suite de sa vie. Il était sûr qu'Arlik n'aurait peut-être pas la même nostalgie que lui, lui qui avait toujours voulu s'élever au sommet comme les trois quart des enfants de Culpucier. Etre pauvre donnait toujours l'impression qu'il fallait être riche pour être heureux. Mais il était la preuve que non. Cependant, ces enfants seraient trop jeunes pour le comprendre et il fallait d'abord qu'ils arrivent à sortir de Culpucier. Ce n'était pas forcément possible pour tous et il le savait. Mais bon il n'était pas là pour les sauver et concrètement, il n'avait rien à faire à part attendre que Barra leur quémande leur aide. Du coup il écouta. Apparemment les gosses semblaient effectivement bien connaître la demoiselle. c'était marrant comme les choses pouvaient évoluer. Il avait rencontré la jeune femme quand elle n'était qu'une enfant sur les Terres de l'Orage il y a maintenant des années et voilà qu'il la retrouvait dans son quartier natal...De plus le contexte était inversé. Elle l'avait aidé sur ses terres, et maintenant c'était lui qui l'aidait sur sa propre terre. Coïncidence ? il n'en était pas sûr...peut-être devaient-ils tous les deux se revoir finalement. Il n'allait pas s'en plaindre. Ca lui faisait plaisir de la voir même si la situation était un brin... inadéquate. Pendant son écoute, la première surprise fut d'apprendre que Barra connaissait Alrik... Décidémment. Toutes les femmes qu'il rencontrait devait absolument connaître son frère ? Il le savait monté de grade mais de là à être aussi célèbre il ne s'en doutait guère... enfin après ça n'avait pas d'importance. Il ne le criait nullement sur tous les toits qu'il était le frère d'Alrik et il se disait de plus en plus que c'était très bien comme ça. La deuxième surprise fut le caractère mignon de son apparence selon Barra qui fut renchérie par une petite demoiselle à qui il fit un merveilleux sourire charmeur en lui ébouriffant les cheveux. Elle était trop mignonne la petite et il glissa discrètement à son oreille.

"Grandis encore un peu et alors on verra."

Il sourit à nouveau avant de la laisser. Il savait qu'il ne se marierait jamais avec elle. La différence d'âge était trop grande et de toute façon, lui le mariage, ce n'était vraiment pas pour lui. Mais qui sait... les espoirs de la demoiselle pourrait l'aider à avancer. Mais bon, ce n'était qu'un détail, BArra abordait le sérieux de l'affaire et il l'écouta. La proposition fut acceptée et en peu de temps les gosses se mirent en action. Il la regarda alors en se disant que c'était pas plus mal et qu'ils devraient recommencer à se bouger car sinon ils allaient finir par être rattrapé. Il ne put s'empêcher de rire avant d'avoir un sourire charmeur à la suite. Elle était contente de le voir et il devait reconnaître que lui aussi. Seulement c'était particulièrement amusant vu le contexte.

"Quand on se sera sorti de cette merde, toi et moi on aura des choses à se raconter je le sens bien. Allez on y retourne. Faut faire la fête à ce fumier puis se casser direct."

Il ne tarda pas à reprendre sa main et se remettre en route. Il n'attendit pas pour se remettre en pas de courses. Il devait rattraper le retard qu'ils avaient pris en mettant en place leur plan. Bien sûr, il ne savait pas que du côté de Corwin, un plan était également mis en place qui perturberait leur sortie de la ville. Mais une chose à la fois. Il n'était pas calculateur du moins pas aussi loin en avant. Il tapait beaucoup sur l'improvisation donc il se devait d'attendre déjà si cette partie de leur plan marcherait. Mais ça ils n'allaient pas tarder à le savoir, le quartier de rois n'était pas très loin, à quelques rues ils y seraient et là il connaissait une planque où ils pourraient se cacher un temps avant d'en sortir une fois Corwin dans la merde. Courant le long de plusieurs rues il savait que les enfants étaient déjà en train d'embrouiller Corwin. Tant qu'ils le faisaient se rendre dans le quartier des rois, c'était le principal. Après quelques minutes de course effrénée qui s'apparentait à la précédente, il vit le quartier des rois. Il savait bien qui entrer comme ça n'était pas tellement permis. Mais ils n'avaient guère le choix. Il pénétra dans le quartier et directement une voix les héla.

"Hey...qu'est c'vous foutez à entrer comme ça chez nous?"

"On est des habitants de Culpucier. On se fait courser par un putain de noble qui veut nous faire chier."

"En quoi ç'nous r'garde ta merde ?"

D'autres mecs avaient commencé à débarquer un peu. C'était un quartier où ce n'était pas tellement les enfants qui était massivement en nombre, bien au contraire, c'était davantage des mecs d'une vingtaine d'années mais c'était pour ça que le quartier portait ce nom. Ils étaient forcément plus violents du à leur âge. Ca ressemblait davantage à un gang qu'autre chose. Ils s'en prenaient peu aux gens de Culpucier mais il y avait quand même toujours un risque à se rendre dans cette partie de la ville. Toujours est-il qu'il savait quand même ce qui pourrait leurs plaire et ne lâchant pas la main de BArra qui était largement reluquée par les mecs simplement parce que c'était une femme - et qu'elle était loin d'être laide évidemment - il sortit de de sa poche une bourse remplie se flattant d'avoir eu envie de se faire la main en passant et il le lança au mec qui leur avait adressé la parole.

"Tiens... Un avant goût de ce qui t'attend si tu nous laisses passer et se cacher un temps. Et encore c'est qu'une broutille comparé à tout c'qu'tu pourras tirer en faisant chier ce noble et ses mecs. "

Il lui adressa un sourire en coin entendu laissant bien faire comprendre qu'ils allaient tirer le pactole. Bien sûr il n'en était pas persuadé mais il savait faire preuve d'assurance même quand il n'était pas sûr de lui. Il savait que la bourse n'était pas des plus fournies mais pour quelqu'un qui vivait à Culpucier, c'était clairement une fortune. Alors savoir qu'ils pouvaient en tirer plus... C'était forcément typiquement tentant. Après quelques minutes qui lui parut une éternité et pendant lesquelles il se retourna pour voir si Corwin était déjà là ou non, il patienta sachant qu'il ne faut pas brusquer du tout leur réflexion. Cela l'amusait quelque part de se rendre compte que lui mec ayant le double de l'âge de ces gamins devait attendre leur aval pour bouger. Mais il n'était pas sûr de vouloir se mesurer à ce petit groupe alors il préférait se plier à leurs règles. Finalement, l'accord fut donné et Aslak n'attendit pas pour entrer davantage dans le quartier et entraîner Barra à sa suite. Il fut fortement soulagé que ce soit passé de cette façon, maintenant il fallait aller à la planque et attendre Corwin. Ils pourraient observer ce que ça donnerait quand il débarquerait et si ça tournait assez mal en profiter pour se tirer justement. Il les fit prendre une rue et se dirigea vers un petit étalage derrière lequel il passa accroupi...en dessous se trouvait une trappe camouflée qu'il ouvrit avant de regarder BArra.

"Voilà. On va entrer et puis là ça mène dans une cave où il y a une vue sur l'entrée du quartier. Ca va permettre qu'on guette un peu l'arrivée de ce salaud puis on avisera comment se tirer quand il sera dans la merde. Allez entre."

Il la fera entrer avant de faire de même.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
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Message Dim 26 Aoû 2012 - 18:15

Bois-la-Pluie, 208


Pour ces moitiés d'hommes, les réjouissances allaient commencer, elle le savait. Toute sa vie elle avait su que ce risque-là la guettait presque aussi sûrement que la mort. Sa mère le lui avait expliqué bien assez tôt. Qu'un noble ou l'un de ses chiens préférés s'en prenne à elle et elle n'y pourrait rien – se défendre, c'était se condamner. Et ses multiples délits, ses multiples moqueries, n'avaient fait qu'empirer le danger auquel elle s'exposait. Mais ça ne serait rien, se disait-elle, car ils n'étaient rien. Une épreuve passagère, plus éphémère que l'hiver. Elle revoyait l'expression dure de sa mère, ses mains qui soignaient les filles abîmées par les laquais des Rogers, ou par Corwin lui-même. « Tu panseras tes blessures, tu te laveras dans un bain d'eau brûlante, et tu en ressortiras exactement comme avant ». Elle n'était pas une pucelle au cœur de cristal qu'un homme pouvait briser. Elle était une fille de la forêt dont la sève puissante réparait les entailles. Son écorce était plus solide qu'aucune de leurs armures. Ils ne pouvaient l'atteindre - car ils n'étaient rien.

Spoiler:
 


Combien de temps cela dura, elle ne le sut jamais, ne voulut jamais le savoir. Leur amusement ne fut sans doute pas si amusant, en fin de compte. Elle avait ébréché le sentiment de domination dont ils espéraient jouir enfin, sans pourtant leur donner le prétexte de déchaîner leur violence. Non, décidément, ils n'étaient rien, et la souillure de son corps serait bientôt lavée, dans la vie ou dans la mort. Ils avaient été au bout de leur propre déchéance, et elle demeurait intacte avec sa fierté et sa rage, malgré le feu de douleur qui déchirait son ventre, malgré le sang qui séchait sur ses cuisses. Dans les campagnes on racontait aux enfants, pour leur faire peur, que certaines âmes ne rejoignaient jamais les Sept, qu’elles restaient parmi les vivants pour les hanter, attachés à ce monde par leur colère. Parfois un septon errant réprouvait ces « superstitions d’ignorants », mais Barra espérait farouchement qu'elles contenaient plus qu'un fond de vérité. Sa fin était proche, et elle aspirait à revenir accabler Corwin de sa haine par-delà la mort. Selon d’autres contes les âmes errantes avaient le pouvoir de posséder des créatures vivantes. Comme il aurait été jouissif de se changer en furet et de se faufiler au château pour l'égorger dans son sommeil… Vaines pensées que celles-ci, mais après tout que lui restait-il dans l’attente de la fin, si ce n’est le désir, l'espoir ardent d'une vengeance ? Justice. Pas vengeance. Tout ce que je pourrais lui infliger ne serait que justice.

Elle finit par sombrer dans une demi-inconscience, épuisée, et ne se réveilla que pour constater, un goût amer en bouche, qu'ils atteignaient Amberly.

* * *


Port-Réal, 212


Au moment d'entrer dans la cave, Barra eut une hésitation. « Il faut que je leur parle. Aux gens d'ici. » Des regards aux fenêtres, des portes entrebâillées, la ville n'avait pas cessé de vivre à leur passage. On anticipait le grabuge, on se barricadait et on se choisissait un coin confortable d'où regarder. Est-ce qu'ils se rendaient compte, ces gens, qu'il aurait pu s'agir de l'un d'entre eux, qu'il n'était pas question d'un noble à piller, mais d'une liberté à défendre ? Non. Et ça, ça lui retournait les tripes. Ces gars qui allaient les aider, payés, comme des mercenaires, ne valaient pas mieux. Cet acte les rabaissait au niveau où les nobles voulaient les enfouir. Et si ça tournait mal, ils se coucheraient comme des roquets, ou même se retourneraient contre elle. Elle ne pouvait pas juste remettre leur sort entre leurs mains, pas comme ça. Sans réfléchir, elle fit quelques pas dans la ruelle. Il y avait des oreilles pour écouter, des yeux pour voir, même si elle ne les voyait pas, eux. Elle grimpa sur un tonneau. Dans les ombres, des silhouettes. Elle n'avait jamais parlé aux gens de cette manière, elle n'était pas une parleuse, une prêcheuse. Mais fallait que ça sorte. Assez fort pour que tout le monde ici l'entende.

« Ici, c'est chacun sa merde, hein ? Et ma merde vous intéresse que si elle peut renfler vos poches ? J'en connais qui doivent se bidonner en y pensant, là-bas, dans leur château... Vous croyez quoi, qu'c'est une vie d'homme, se terrer dans un trou puant en piquant des miettes aux riches ? Moi j'dis qu'c'est une vie d'cafard ! » Elle avait pas le temps de se demander si elle était barge de leur parler comme ça, ça sortait tout droit du cœur et des tripes. « Le noble qui arrive, il me hait parce que j'ai refusé d'être un cafard, une bête de somme ou un chien sous prétexte que j'suis pas sortie du con d'une richarde – il me hait parce que je suis une femme libre ! Vous savez pas qui j'suis. Vous avez p'têtre entendu le nom d'Barra la Piqueuse. Ce fumier qui terrorise les gens de mon village, Corwin, j'l'ai humilié pendant des années, je lui ai craché à la gueule, qu'même son suzerain s'en fend la gueule. Pour ça il m'a traquée, il m'a fait violer et torturer, mais j'l'ai encore baisé, j'suis libre, et ça, il s'en remet pas. J'suis qu'une gueuse mais il est venu pour moi depuis les Terres de l'Orage ! Vous devriez pas avoir peur des nobles ! Les nobles devraient avoir peur de vous ! »

Elle prit une grande goulée d'air, cherchant les yeux qui se dérobaient aux fenêtres et dans les recoins sombres – ça murmurait, ça grognait, au moins ça vivait, peut-être qu'elle les avait réveillés un peu ? Elle les aurait tous secoués un par un si elle avait pu, comme elle avait si longtemps eu envie de le faire à Amberly. Mais elle l'avait jamais fait parce qu'elle n'y croyait pas, parce qu'elle pensait que les gens étaient foutus d'avance, qu'ils étaient contents de rester des cafards, et elle avait peut-être raison, le changement leur faisait plus peur que toute autre chose. Seulement là, elle n'avait plus le choix, elle savait que si elle la fermait encore, les jeunes allaient se faire serrer comme des lièvres et elle avec, Corwin était plus malin que ça. Alors que si les gens d'ici se réveillaient, il ne pourrait rien contre eux ni contre elle, ils étaient nombreux comme les rats et les rats peuvent tout dévaster lorsqu'ils sont une marée...

« Vous croyez qu'ils ont peur parce que vous pouvez leur faire la peau quand ils sont assez cons pour se fourrer dans un coupe-gorge ? Ils se marrent, ouais, là-haut dans leurs châteaux à se faire péter la panse pendant que vous crevez joyeusement sous leur porche. Et celui-là, croyez-moi, il est pas con, et vous lui f'rez pas la peau facilement. Mais il vient vous défier, et s'il me prend, s'il vous humilie jusque dans votre bastion, ça sera comme si tout l'monde ici se prenait un coup de botte dans la gueule, face dans la boue. La preuve que vous êtes vraiment rien. » Elle cracha par terre. « Vous battez pas pour lui prendre son or. Battez-vous pour lui montrer qui vous êtes. Tout le monde, pas juste ceux qui veulent grapiller trois pièces. Tout le monde ici devrait lever son cul, pas pour m'aider moi, mais pour gueuler aux nobles comme lui, qui festoient sur votre sueur et votre sang, que vous existez et qu'vous acceptez pas qu'on vous traite pire que des bêtes ! »

Elle sauta de son tonneau, elle avait dit ce qu'elle avait à dire. Dans les ombres ça chuintait, ça hululait, bon ou mauvais allez savoir, en tout cas elle avait tiré toutes ses flèches, des flèches enflammées par les souvenirs qui surgissaient en rugissant dans sa tête comme une nuée de frelons. Ce faisant, elle avait pris le risque que Corwin se radine en plein discours mais elle s'en balançait, de toute façon on entendrait du grabuge bien avant qu'il arrive jusqu'ici. Elle passa devant Aslak sans regarder la tête qu'il faisait, dévala les escaliers de la cave avec lui et se mit à chercher une arme. « Tu sais, je suis pas sûre que ça soit une bonne idée de se tirer quand la fête va commencer. Pour moi, j'veux dire. Tu as intérêt à filer, toi, il t'a peut-être pas reconnu. Moi... s'il s'en sort, il me pourchassera toujours. Toujours. J'en peux plus de fuir. Il m'a retrouvée jusqu'ici, il me retrouvera n'importe où, je l'aurai sur mes talons jusqu'au-là du Mur, je le trouverai sous ma paillasse ou dans ma besace comme un serpent, et il finira par m'avoir. J'sais pas ce qu'il me f'ra subir cette fois-ci s'il me capture mais j'préfère pas l'savoir, et de toute façon j'en sortirai pas vivante. Faut en finir. Faut en finir. » Elle dégota une fourche à foin et la soupesa, puis secoua la tête avec l'énergie du désespoir avant de planter son regard dans celui d'Aslak. Elle avait pas voulu ça. Juste voulu être une femme libre. Vivante. Pas un engrenage dans l'horloge bien huilée de l'ordre établi, qui tourne, qui tourne jusqu'à se rompre. « C'est lui ou moi. Mais toi, tu peux encore t'en aller. »
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Corwin Rogers
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"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

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Message Sam 1 Sep 2012 - 11:29

Amberly, 208.

Le temps était encore humide, mais au moins la pluie s'était-elle arrêtée lorsque le convoi parvint à Amberly. La cavalcade des sabots sur le sol pavé accompagna leur retour triomphant, Corwin chevauchant en tête. Tout ce monde dans la cour attira bien évidemment l'attention, et avant même de mettre pied à terre, le chevalier héla un garde pour l'envoyer chercher le seigneur son frère. Il mit pied à terre, d'une excellente humeur, laissant un garçon d'écurie se saisir prudemment des rênes de Kaesar. L'étalon noir se contenta pour cette fois de coucher les oreilles d'un air mauvais sans tenter de mordre : les bonnes dispositions de son maître semblaient déteindre sur lui. Tandis que maître piqueux et garçons de chenil conduisaient les chiens dans leurs quartiers afin de leur donner à manger, les hommes attendaient qu'on leur donne leurs ordres, ou leur solde pour ce qui était des mercenaires. La prisonnière était bien encadrée, et n'avait cette fois plus la moindre chance de s'enfuir.

Lord Allan finit par paraître, flanqué d'Alban, son neveu et fils aîné de Corwin. Un peu en retrait marchait l'intendant du château, qui serait en charge de payer les reîtres. Le chevalier attendit avec un petit sourire aux lèvres qu'ils s'approchent pour leur faire part de son succès. Il lui tardait de voir cette garce se balancer au bout d'une corde depuis un gibet, et d'exposer sa jolie tête sur une pique. Si cela n'avait tenu qu'à lui, elle aurait eu droit à une mort encore plus lente et douloureuse, mais son frère était quelqu'un de clément... Ils se compensaient, en quelque sorte. Le seigneur d'Amberly étreignit le bras de son frère pour le saluer, après tant de jours d'absence. La traque avait été longue mais fructueuse...

« Bon retour parmi nous, mon frère. L'expédition a-t-elle été couronnée de succès ?

- Je ne te le fais pas dire. Voilà la criminelle qui nous narguait depuis trop longtemps... Elle est un peu abîmée... mais pas trop.

Un sourire de prédateur, aussi amusé que sadique, accompagna ces derniers mots. Il se tourna pour désigner de la main la prisonnière, qui était entravée et encadrée. Il espérait qu'elle avait bien profité de ces instants d'intimité avec les hommes de la troupe, et que chaque pas la faisait souffrir. Il était un peu dommage qu'elle ne vive pas assez longtemps pour qu'on puisse espérer que son viol multiple lui avait laissé un bâtard dans le ventre en souvenir. Lord Allan examina Barra de loin, sans éprouver le besoin de s'approcher outre mesure. Il hocha la tête puis donna ses instructions.

- Qu'on la mette au cachot. Elle sera pendue demain, il est trop tard pour s'y prendre maintenant. Mon intendant va payer les reîtres. Quant à nos hommes, un repas chaud les attend dans leurs quartiers.

Sans rien ajouter de plus, il tourna les talons, ce qui fut le signal pour qu'on lui obéisse. On se saisit de la prisonnière pour la mettre aux fers, alors que la plupart des soldats rejoignaient leurs quartiers, impatients de goûter à un bon repas et de savourer la chaleur du feu. L'intendant se mit sur le côté avec quelques serviteurs pour payer les mercenaires. Alban, qui n'avait pas détaché son regard de la braconnière qui avait si longtemps tourmenté son père, s'attachait maintenant à féliciter ce dernier pour son succès, non sans lancer quelques regards venimeux et lourds de jalousie à l'attention de Raven, qui n'avait pas desserré les dents. Corwin suivit son frère à l'intérieur, accompagné de ses fils, désirant savourer le triomphe en se mettant à l'aise. Un bon bain, un bon repas, du bon vin au coin du feu, et pourquoi pas une servante à culbuter dans un coin, et il serait totalement comblé.



Durant la nuit, alors que le château s'était peu à peu assoupi, une ombre progressait dans les couloirs éclairés par la lueur des torches. Le jeune homme descendit jusqu'aux geôles, où il trouva les gardiens en train de jouer aux dés en se racontant des anecdotes grivoises. Il soupçonnait la plupart de ces racontars d'être totalement inventés, mais peu importait. Il n'avait jamais apprécié ces hommes, qui étaient le sommet de la perversion qui puisse exister. Bouffis, pervers, méchants, idiots, tels étaient Raff et Oren. Ils étaient seuls cette fois, aucun garde n'étant venu les aider à garder les prisonniers. Quoi de plus normal, Barra étant la seule captive à l'heure actuelle... Quand ils l'aperçurent, les deux hommes l'apostrophèrent.

- Eh ben, qu'est-ce que fout l'Corbeau d'Amberly dans les geôles à c't'heure ?

- Je ramène de quoi boire et manger pour la prisonnière. Lord Allan veut qu'elle aie assez de force demain pour tenir debout quand on lui passera la corde au cou.

- Ouais, et pour profiter des sensations qu'ça donne, la pendaison...

Les deux hommes éclatèrent d'un rire gras. Raven resta sans broncher, puis il leur déposa une cruche de vin sur la table crasseuse à laquelle ils étaient assis. Leur réaction se mua instantanément en remerciements et expressions de satisfaction. Tandis qu'Oren les servait avec empressement, Raff lâcha un rot en grattant sa joue mal rasée. Puis, il désigna d'un geste les dernières cellules au fond du cachot, celles qui étaient les plus éloignées d'eux et de la sortie, en partie cachées dans l'ombre.

- L'est là bas, la donzelle, m'sire Corbeau. Va lui donner c'que t'as à lui donner. Pis même si t'as envie de lui tâter un peu les nichons et d'lui réchauffer l'con, on dira rien, nous autres. On n'a pas eu l'droit mais vu qu't'es l'fils à m'ser Corwin bah... t'fais c'que tu veux hein, ce s'rait bête de te priver...

Il s'intéressa finalement à son gobelet de vin qu'il vida d'un trait, et toute son attention se porta sur le jeu et son comparse. Raven put s'éloigner en direction de la cellule, certain qu'ils avaient bien mieux à faire à présent que de s'inquiéter de lui. Il trouva Barra recroquevillée dans un coin sombre de sa prison, entravée par des cordes malgré les barreaux de fer qui l'entouraient, et laissée pratiquement nue. Il ignorait quelle serait sa réaction à son égard, mais il doutait sérieusement qu'elle le prendrait pour autre chose qu'un des responsables de sa souffrance.
Il attira donc son attention par quelques petits coups sur les barreaux, puis il se pencha pour être à sa hauteur et lui parler à voix basse, dans un souffle, afin de ne pas être entendu. Il risquait énormément, en faisant cela... Il passa doucement à travers les barreaux une petite miche de pain encore chaud, dérobé en cuisine, ainsi qu'une cruche de grès remplie d'eau fraîche et un morceau de lard fumé. Si on lui avait servi quelque chose, ce n'était sans doute rien de plus que du pain rassis, du vieux fromage durci et un broc d'eau. Ce qu'il lui avait amené pouvait passer pour un véritable festin. Prudemment, il s'humecta les lèvres avant de prendre la parole.


- Je sais que c'est dur à croire, mais je ne suis pas ton ennemi... Je veux t'aider à sortir d'ici.

Il se recula très légèrement en la regardant, sachant qu'il avait capté son attention. Il sentait plus qu'il ne voyait son regard posé sur lui. Même si elle se méfiait, il se doutait qu'elle ne résisterait pas longtemps, l'estomac vide, à la délicieuse odeur du pain frais. La nourriture n'était toutefois pas la seule chose qu'il lui avait apportée... Il secoua la tête avant de reprendre.

- Personne ne devrait être condamné par ce qu'il agit pour survivre. Tu braconnes mais...

Il se tut, tendant l'oreille. Il entendait les rires de plus en plus avinés des deux geôliers. Il n'avait pas pris la peine de couper le vin à l'eau, et c'était pour une très bonne raison. Il détestait ces deux hommes, bovins et brutaux, et ils avaient leur rôle à jouer dans son plan... Il tira délicatement quelque chose de caché dans ses vêtements. Quelque chose dont la lame brilla furtivement, un instant, quand la lointaine lumière vacillante des torches tomba dessus. Il lui glissa le poignard à travers les barreaux, puis il lui donna les détails de son plan.

- Tu ne sortiras jamais seule d'ici, alors il faut que tu me fasses confiance. Je me doute que c'est difficile pour toi mais... Ecoute, je vais attirer les deux geôliers ici. Je vais leur dire qu'ils peuvent s'amuser avec toi, et que je fermerai les yeux. Ils n'attendent que ça... Avinés comme ils le sont, tu ne devrais pas avoir de mal à leur trancher la gorge et à sortir de ta prison. J'attendrai à l'entrée des geôles pour faire le guet, rejoins-moi quand tu seras sortie et je te guiderai en sécurité vers la liberté.

Il savait qu'elle pouvait tout aussi bien décider de lui trancher la gorge à lui aussi une fois libre, mais il prenait le risque. Il la quitta pour retourner auprès de Raff et Oren. Leur puanteur naturelle, déjà forte, ne s'était pas améliorée avec les relents d'alcool qu'ils dégageaient à présent. Il se fit néanmoins violence pour se pencher sur eux, avec des airs de conspirateur. Il vit leurs yeux porcins se tourner vers lui, alors qu'ils semblaient se demander ce qu'il leur voulait encore. La cruche de vin qu'il leur avait apportée était déjà vide...

- Ecoutez, je crois qu'il n'est pas juste que vous soyez là à la garder sans avoir une petite compensation... Elle va mourir demain, de toute façon, et il n'y a que vous et elle dans cette prison... C'est un joli brin de femme, elle doit être délicieuse à monter, vous ne croyez pas ? Allez, tentez donc votre chance, elle ne pourra même pas se défendre si elle essaie de résister. Je vais faire le guet pour vous, comme ça vous ne serez pas dérangés. Je ne dirai rien à personne, vous avez ma parole.

Les deux hommes se considérèrent mutuellement, comme s'ils tâchaient de savoir s'il se moquait d'eux ou s'ils avaient bien entendu. Raff lança un regard suspicieux à la porte de la prison, comme s'il la soupçonnait de les espionner, ou comme si quelqu'un était caché derrière pour écouter ce qui se disait. Il savait, même ivre, ce qu'il risquait à désobéir de la sorte. Mais c'était beaucoup trop tentant pour lui... Il posa son regard injecté de sang sur le bâtard, et annonça d'une voix pâteuse :

- T'es quelqu'un d'bien, l'Corbeau. Pis s'vrai, elle pourrait tâter de vrais hommes entre ses cuisses avant d'mourir. C't'un service qu'on lui rend. T'jures que tu diras rien à personne ?

- Parole d'honneur.

- Bah dans c'cas... J'vois pas pourquoi on f'rait attendre la drôlesse, pas vrai Oren ?

- Sûr, d'autant que j'ai la queue qui m'démange depuis que j'l'ai vue... Une fille comme ça, j'ai envie de la fourrer jusqu'à m'écrouler.

- T'vas t'écrouler sur elle bien avant moi, c'est sûr !

- C'est c'que tu crois, p'tit joueur !

Ils continuèrent à s'apostropher de la sorte tout en se levant et en se dirigeant vers la cellule. Raff avait déjà les clés en main, tout empressé et excité qu'il était. Comme promis, Raven alla se poster discrètement à l'entrée pour faire le guet, mais pas pour leur assurer un moment d'intimité... Plutôt pour s'assurer que personne ne serait un témoin inopiné de sa trahison. Il formula une prière muette aux Sept pour qu'ils lui pardonnent de manquer à ses obligations familiales, et il tendit l'oreille pour écouter ce qui se passerait dans la cellule.

***

Port-Réal, 212.

Corwin et ses hommes parvinrent dans le quartier dit des rois, un endroit miteux que le chevalier aurait volontiers passé par le feu avec tous ses habitants. Il n'aimait pas la façon qu'avaient les gueux de les regarder, un air trop insolent qui leur aurait valu en toute légitimité de se faire crever les yeux. Au moins, cela lui indiquait une chose : quelqu'un les avait prévenus de leur arrivée, et pas l'un de ses hommes... Il devait s'attendre à un comité d'accueil de la part de sa charmante braconnière. Il n'avait à aucun moment pensé que la partie serait facile, il la connaissait trop bien pour cela. C'était cependant ce qui donnait du piment à la poursuite, ce qui était grisant dans le fait de lui courir après... Il n'en avait pas moins envie de la tuer à petit feu, mais c'était déjà plus agréable que si elle s'était rendue sans combattre.
Pour le moment, les habitants semblaient hésiter, mais ils les suivaient du regard alors qu'ils progressaient dans la rue. Corwin et ses hommes étaient sur leurs gardes, mais rien que la présence de Caïn suffisait à rendre dubitatif et prudent. Le colosse était capable de fendre un crâne d'un seul coup d'épée. Un jeune homme finit par s'avancer, un simple bâton en main, flanqué de quelques comparses décharnés. Ils se mirent nettement en travers de la route des soldats, qui durent stopper.


- V's'êtes pas chez vous ici. R'partez d'où qu'vous v'nez.

Le chevalier le reconnut, même sous la crasse qui lui couvrait le visage encore plus que d'ordinaire. Néanmoins, il fallait donner le change. Simuler la colère, voilà une chose qui lui était d'une extrême facilité. Il sembla littéralement grandir alors que son visage prenait une expression dure, menaçante, et que ses yeux clairs lançaient des éclats de glace de très mauvais augure.

- Je suis chez moi où il me plaît. J'ai à faire ici, et ce n'est pas une bande de chiens galeux qui va m'en empêcher. Ecartez-vous de mon chemin si vous ne voulez pas tâter de la morsure de l'acier.

- Les chiens, même galeux, ça sait mordre... Vous faites pas l'poids, si peu qu'vous êtes, face à nous tous. Pas'que v's'êtes des chiens galeux, vous tous ?

Il avait haussé le ton pour crier ces mots à ceux qui les entouraient et regardaient la scène. Il y eut comme une sorte de frisson de colère qui sembla parcourir la foule. Un sentiment exacerbé par les vêtements de qualité des hommes d'Amberly, leur air soigné et bien nourri, les éclats d'argent et d'acier sur leurs tenues ou leurs armes... Sans oublier le blason aux licornes qui ornait leurs vêtements. Peu à peu, de plus en plus de pauvres hères s'approchaient avec des murmures de colères. Certains laissaient échapper des éclats de voix.
Un léger chuintement se fit entendre. Celui de l'acier qu'on tirait du fourreau. Devant l'éclat des épées, la foule qui s'amassait eut un instant d'hésitation. Ils étaient armés de simples bâtons, d'outils, voire de rien du tout. Face à eux, des combattants entraînés, qui maniaient des armes tranchantes et qui ôtaient la vie quotidiennement sans le moindre remord, surtout pas pour des moins que rien comme eux... Cependant, ils avaient déjà été trop stimulés par ce qui s'était dit précédemment. L'hésitation ne fut que de courte durée, et la foule reprit sa progression menaçante vers les intrus.
Le jeune homme qui semblait mener se tourna vers Corwin pour lui montrer le sourire triomphant qui ornait ses lèvres. La gifle magistrale que le chevalier lui administra en réponse l'envoya valdinguer dans les bras de ses compagnons, et ce fut comme le signal de départ de l'émeute. La foule se rua en avant avec un rugissement de rage, comme une bête fauve, une bête aux têtes innombrables, dix, vingt, peut-être cent fois plus nombreuses que les hommes d'Amberly.

Le sol commença à se teinter de rouge quand le contact se fit, mais l’exiguïté de la rue jouait en faveur des poursuivants de Barra. Tous leurs adversaires ne pouvaient pas leur faire face en même temps, et c'était donc plus facile pour eux de se défendre. Le nombre était l'avantage des gueux, mais ils manquaient de force en raison de leur malnutrition, et de pratique du combat. Néanmoins, la rage donnait de la force à leurs bras.
Certains eurent l'idée de grimper sur les toits pour balancer des pierres sur les intrus. Une idée qui leur était bien mal venue, car les quelques deux ou trois hommes qui s'y étaient risqués dégringolèrent depuis les toits seulement quelques instants plus tard. La foule leva un instant les yeux, pour se rendre compte que des hommes d'un autre quartier venaient de prendre place. Légèrement mieux nourris et entraînés qu'eux, il s'agissait de voleurs aguerris, qui pratiquaient occasionnellement l'assassinat lorsqu'ils voulaient s'emparer de quelque chose sur une proie isolée ou juteuse. Des hommes achetés avec l'argent d'Amberly.
Alors que tout semblait auparavant bien parti pour tourner en la faveur des habitants du quartier des rois, la chance sembla tourner subitement. Le jeune homme qui avait harangué la foule et qui s'était fait gifler se retourna vers ses comparses vers les autres habitants. La situation sembla se figer un instant, alors que l'incompréhension faisait son œuvre dans les rangs des pauvres hères. Comprenant que certains des leurs avaient tourné casaque, des voix demandèrent des explications.

- Et nous défendre et montrer qu'on vaut que'que chose ? On peut pas s'faire écraser toujours, comme la femme l'a dit !

Le meneur des émeutiers qui avait tourné casaque cracha sur le sol avec mépris, avant de clamer haut et fort à l'attention de tous, tandis que les voleurs descendaient de leurs toits pour prêter main forte à celui qui les avait achetés :

- J'pisse sur tout ça. S'pas ça qui va nous faire manger. Son argent oui. Alors si vous voulez pas crever d'faim comme des rats, ou au bout d'leurs épées, f'riez mieux d'les laisser passer. Savent s'montrer généreux, y a d'quoi bouffer pour des semaines.

Si certains se montrèrent sensibles à ce discours, d'autres au contrèrent ne sentirent que leur colère monter encore d'avoir été ainsi trahis. L'émeute se transforma peu à peu en combat frère contre frère, alors que tous semblaient avoir perdu tout réel intérêt pour Corwin et ses hommes. C'était désormais un combat à achetés contre rebelles. Le jeune homme se retourna vers le chevalier, un sourire un peu plus timide sur les lèvres.

- Z'y allez pas d'main morte quand vous frappez, m'ser... V'nez, on va vous faire un passage, la fille qu'vous cherchez elle est par là-bas...

Il indiqua l'endroit, avant de s'employer à leur frayer un chemin à travers la foule qui se battait. Un voleur se glissa comme une ombre au côté de Corwin pour lui souffler quelques mots.

- Les gars sont encore avec vos hommes, m'ser. Sont prêts pour choper la fille à revers dès qu'elle va essayer d's'enfuir. Elle peut pas s'échapper.

- Parfait. Je l'espère bien, surtout si vous voulez quelques pièces supplémentaires pour la peine. »

Ils emboîtèrent le pas au petit groupe de mutins qu'ils avaient achetés, se frayant un passage dans la masse à coups de poing ou d'épée si c'était nécessaire. Le plus important, c'était d'arriver à mettre une bonne fois pour toutes la main sur cette braconnière, et de mettre fin à son existence qui n'avait que trop duré.


Nulles ténèbres pour le cœur valeureux.

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Aslak
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Message Mer 26 Sep 2012 - 14:30

Aslak haïssait Corwin. Il devait bien le reconnaître, cet homme l'avait laissé pour mort dans un terrain abandonné. Si Barra et ses parents ne l'avaient pas aidé, il serait mort à l'heure actuelle. Il avait souffert de cette rencontre, ça avait été trop long et douloureux à son goût. Et se rétablir de ces blessures avait mis beaucoup de temps. Il avait toujours imaginé qu'un jour il se vengerait d'une façon ou d'une autre. Mais la situation actuelle lui faisait davantage penser aux situations dans lesquelles il se retrouvait embarqués sans jamais avoir vu venir les conséquences. Toujours fortuitement, à son insu. Il pensait pourtant que la situation actuelle avait une issue. Il allait se cacher avec Barra, attendre que tout parte en couille, et se tirer discrètement quand ça aurait fini mal pour les trois quart des gens dont Corwin. Après tout le quartier des Rois étaient réputés pour foutre la merde quand il fallait et entraîner des situations difficiles. Mais tout était parti de travers quand Barra avait décidé d'y mettre son grain de sable. Il pouvait la comprendre - même si au fond il ne savait pas la moitié du quart de ce qui c'était passé et qu'il venait de l'apprendre qu'elle avait été violée et torturée par Corwin - car c'était un connard fini et vu tout ce qu'elle avait vécu, il ne pouvait qu'imaginer ce besoin de vengeance que la jeune femme ressentait. Mais imaginer qu'elle réagirait comme ça lui faisait vraiment se dire qu'il avait l'art de se mêler de situations qui un jour le ferait clairement perdre sa vie. Surtout pour une femme. Il devait reconnaître qu'elle avait néanmoins bien grandi mais que son caractère était toujours le même. Elle avait toujours été aussi vive, aussi indépendante, même petite. C'était quelque chose qui l'avait marqué et qu'il n'avait jamais oublié. Il s'était toujours dit qu'il repasserait par les Terres de l'Orage pour les remercier de tout ce qu'ils avaient fait pour lui, mais finalement les choses avaient été autrement et il se retrouvait sur les Terres de la Couronne à être poursuivi par un tortionnaire, avec Barra qu'il voulait aider autant que possible mais qu'il n'était pas vraiment sûr de pouvoir faire en voyant comment les choses tournaient. Entraîner ainsi la révolte dans tout le quartier était quelque chose auquel il n'aurait jamais pensé. Il n'était pas vraiment dans le genre à lever les troupes. Il s'en était toujours sorti de lui-même, bien qu'avec beaucoup de chance, mais il n'avait jamais quémandé de l'aide dans un but patriotique. Mais Barra était comme ça et ce côté là chez elle ne pouvait pas l'empêcher de sourire légèrement en la regardant faire alors qu'il s'appuyait contre un mur en croisant les doigts. Elle était quand même une femme originale et il ne pouvait nier que la connaître avait son charme même s'il ne voyait pas du tout comment ils allaient s'en sortir. Mais une chose à la fois.

La laissant descendre de son petit piédestal, il la regarda et après ses quelques propos il ne put s'empêcher de sourire. Elle ne le connaissait pas. Ce n'était pas étonnant au final, elle était très jeune quand ils s'étaient connus et il était dans un état tel qu'il lui avait fallu beaucoup de temps avant de pouvoir reprendre ses habitudes. Et quand ça avait été le cas il avait repris la route. Donc finalement elle ne connaissait pas son penchant poussé pour les femmes et pour les femmes en détresse. Laisser Barra et partir ? C'était presque impensable. Surtout si elle disait qu'elle avait toutes les chances de mourir. Concrètement il sentait bien que ce serait pareil pour lui. Enfin qui sait...peut-être la chance serait elle encore de son côté et serait à partager avec Barra, mais la voyant attraper la fourche, il savait surtout qu'il allait devoir user de ses capacités. Détachant une de ses lames qui siégeaient dans son dos, il la prit en main signifiant du coup par son acte qu'il ne comptait guère la laisser seule et amusé, parce que oui plus la situation était périlleuse plus il la prenait avec amusement. Faire une gueule jusque par terre ne servait à rien, ça n'aidait pas à gagner un quelconque combat. Donc autant sourire.

"Je suis pas de ceux qui abandonnent une femme en détresse."

Il lui fit son habituel sourire charmeur mais avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit des voix s'entendirent laissant suggérer l'arrivée de leur proie. Attirant Barra et la fourrant derrière lui dans un réflexe protecteur, il s'avança un peu pour passer la tête discrètement et observer ce qu'il se passait. Malheureusement c'était trop loin pour qu'il entende distinctement ce qu'il se disait mais il voyait bien qu'on retenait Corwin à l'entrée du quartier. Il observa un peu longuement pendant qu'ils semblaient discuter.

"Apparemment ils laissent pas passer Corwin. Ton truc à l'air de faire effet."

Continuant d'observer, il vit tout doucement que les armes étaient en train d'être prises et avant qu'ils aient eu le temps de faire quoi que ce soit, ce fut la bastonnade générale. Néanmoins, envie ou non de se battre, il retint Barra pour être sûre qu'elle ne se jette pas dans la masse sans réfléchir. Des raisons de se battre elle en aurait par la suite, mais si elle avait créé une révolte, ce n'était pas pour foncer tête baissée dans le tas. Donc il comptait bien la maintenir tranquille, surtout que le quartier commençait à prendre le dessus sur les hommes de Corwin. Autant les laisser faire. Ca ne servait à rien qu'elle s'y mêle et se fasse prendre simplement pour un besoin de participer à ce genre d'évènement. Mais alors que le combat commençait à donner clairement le nom du vainqueur, un revirement de situation fut annoncé par une pluie de combattants provenant des toits.

"Oh merde ! Il a rameuté d'autres mecs !"

Et puis les choses se trouvèrent totalement bouleversées et le combat ne sembla plus être entre les habitants de Culpucier et les hommes de Corwin mais entre les membres du même quartier, laissant Corwin quasiment se frayer un chemin parmi la foule. En gros ils étaient clairement dans la merde. Corwin avait réussi en fait à foutre clairement le bordel dans l'assemblée par des tactiques typiques de ce genre de personnage. Il avait l'art de foutre la merde et en attendant eux étaient totalement coincé. C'était ça le quartier des rois : là où tu entrais se trouvait également la sortie. Donc en gros ils étaient clairement piégés dans le quartier. Il ne savait pas du tout comment ils allaient faire pour arriver à faire demi tour. Surtout que connaissant BArra et surtout l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait, elle voulait tuer cet homme donc cela signifiait qu'elle ne voulait pas fuir mais l'affronter directement. Or que lui la seule chose qu'il voyait capable de le sortir de là c'était se faufiler parmi la foule sauvage en train de s’entre-tuer et de tenter d'arriver à la sortie. Il se tourna vers la jeune femme et la regarda.

"Tu veux vraiment te battre avec ce gars et ces hommes ? On est deux, ils sont je sais pas combien. TEs mecs là ils servent plus à rien, ils sont en train de se combattre l'un l'autre. Et les toits sont pas praticables, t'as des mecs à Corwin.... Je te le redis, la meilleure tactique est de se cacher maintenant là où je voulais et d'attendre. Mais bon... J'imagine que tu vas refuser alors je vois plus qu'une chose à faire...tenter de s'en sortir dans toute cette merde..."

Déjà Corwin approchait dangereusement dans leur direction. L'arme au poing il réfléchissait aussi rapidement que possible, mais il ne voyait pas vraiment comment faire... C'est alors qu'il aperçut un tonneau et vu l'aspect, et il était connaisseur, il était persuadé que c'était de l'alcool dedans. Il ne réfléchit pas deux secondes de plus et il le perça avec sa lame plusieurs fois jusqu'à ce que l'alcool s'écoule le long du sol entre eux et Corwin qui approchait. Le but de cette manoeuvre ? Enflammer l'alcool quand Corwin serait assez prêt. Il ne voyait que ça pour se défendre dans un premier temps. La surprise permettrait ensuite qu'ils foncent dans le tas. C'était tout ce qu'il avait trouvé pour fuir parce que oui lui...attaquer, d'accord, mais il fallait toujours une porte de sortie.

"Vas y aide moi, trouve un truc qui pourra nous permettre d'enflammer cet aclool !"

Il était en train de fouiller ses poches mais il ne serait pas trop de deux pour tenter de trouver le moyen de faire entrer en combustion cet alcool.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Message Sam 29 Sep 2012 - 12:14

Amberly, 208


Creatures by Marc Streitenfeld on Grooveshark

L'obscurité l'avait happée.

Une obscurité intérieure, l'aube noire d'un sommeil sans fin.

Elle avait contemplé sans les voir les vieilles pierres, les flambeaux, les visages, et maintenant les barreaux de sa cage. Ce château était comme un autre monde pour une femme qui avait grandi à l'air libre et n'avait connu d'autres toits que ceux de feuilles ou de chaume. C'était une caverne, la plus sombre et la plus profonde de toutes, la bouche même de l'enfer. Affaiblie, perdue, elle avait fléchi, et maintenant elle végétait sur le sol froid.

Avec le calme, libérée des mains de fer qui l'avaient traînée ici, ses sens retrouvaient peu à peu leur acuité. Et tout à coup, comme si on lui enfonçait dans l’œil une aiguille chauffée à blanc, tout son corps se convulsa. Une cage. Elle se mit à claquer des dents. Une cage, une cage, une cage ! C'était la mort, la mort, la mort. Comme toute proie Barra savait cela : lorsque les mâchoires d'un prédateur se referment sur vous il est trop tard, trop tard, trop tard.

Mais Barra n'était pas seulement la proie de son ennemi. Elle était aussi un chasseur. Il lui avait peut-être enlevé ses griffes, mais il ne lui avait pas enlevé cela. Elle examina sa geôle de fond en comble, son regard acéré traquant la moindre faille. Elle testa la résistance de ses entraves. Elle écouta les deux roquets bavasser, nota le roulement des dés. Comment les forcer à ouvrir et à défaire ses liens ? C'étaient de bons roquets obéissants et ils feraient ce que leur maître avait ordonné : la garder là comme une bête bonne pour l'abattoir. D'accord. Que se passe-t-il si la bête ne peut plus être conduite à l'abattoir ? Les roquets seront châtiés. Elle se colla au mur, étudia le jeu des cordes qui la liaient. Est-ce qu'elle pouvait entortiller son cou dans ces entraves au point de s'étrangler ? Oui. Ce serait sa fin si les gardes ne la délivraient pas assez vite de cette nasse mortelle, mais l'ombre de l’Étranger était déjà sur elle. Qu'elle l'embrasse donc dans une dernière bravade. Son cœur n'était plus que ténèbres, qu'avait-elle encore à craindre de l'obscurité ?

Alors qu'elle fomentait ce plan désespéré, le son d'une troisième voix détourna son attention. Quelqu'un d'autre était là. Un instant elle éprouva l'espoir violent que ce serait lui, qu'il aurait la folie de venir la narguer dans sa cellule et qu'elle aurait une dernière chance de lui arracher la vie. Mais ça n'était qu'un roquet de plus. Ou plutôt, sa progéniture, comprit-elle en écoutant plus attentivement. Un démon a-t-il quelque affection pour ses rejetons ? Corwin pleurerait-il si la chair de sa chair souffrait entre ses mains ? Elle secoua la tête et ferma les yeux, horrifiée par ses propres pensées. Pas ça. Pas toi. Une unique larme roula sur sa joue et déposa un goût de sel sur ses lèvres craquelées par la soif. Toute cette haine la rongeait comme un poison lent et brûlant. C'était trop, trop de haine pour un seul cœur. Surtout un cœur façonné par un homme et une femme qui avaient toujours tout donné aux autres. Non, il avait pas changé ça, songea-t-elle en grondant tout bas. Qu'elle crève comme elle avait vécu : meilleure que lui, meilleure que tous ces chiens.

Le fils de son ennemi vint avec un appât. Elle resta recroquevillée là où elle était, le regardant sans ciller, encore une fois plus chasseur que proie. Il parla, mais elle avait du mal à se concentrer sur ses paroles car le fumet de la nourriture, supplice pour ses sens, accaparait son attention. Lentement, elle rampa vers le morceau de lard et le porta près de son visage comme si elle redoutait un piège. Bah ! Qu'avait-elle à perdre, alors que la douleur et la mort lui étaient déjà servies sur un plateau ? Elle happa ce butin entre ses dents et le mâcha lentement, avec application. Après des jours de privation, le goût explosa dans sa bouche, le goût même de la vie, comme le soleil sur ses épaules lorsqu'elle nageait dans un étang du Bois-la-Pluie. Elle écouta le fils de Corwin, incrédule. Y avait-il donc une once de véritable humanité dans le sang pourri de cette famille ? Il prétendait vouloir l'aider, mais elle avait toutes les chances de mourir en s'attaquant seule à deux hommes robustes et armés, dans l'état qui était le sien. C'était peut-être ce qu'il voulait, même si elle ne comprenait pas pourquoi il aurait pu désirer une telle chose. Mais ça ne changeait rien. Elle allait le faire. Parce qu'elle s'en foutait. Elle ferait n'importe quoi pour voler son triomphe à Corwin. Pour mourir en résistant, et pas en devenant l'étendard du joug des Rogers sur Amberly.

Sans un mot, elle s'empara du poignard, trancha ses liens et glissa l'arme dans ce qui restait de la manche de sa robe tunique, la retenant du bout des doigts. De sa main libre elle saisit la cruche et but, laissant l'eau dégouliner sur son menton et laver un peu la poussière et la crasse qui la maculaient. Pendant que le fils de Corwin s'en retournait vers les geôliers, elle mordit dans la miche de pain chaud avec voracité. Elle avait presque entièrement dévoré sa pitance quand ils vinrent à elle, affaiblis par ce que l'autre leur avait donné à boire. Peut-être son allié les avait-il drogués ? Ils empestaient le vin à une toise. La porte s'ouvrit en grinçant sur leurs faces molles et rubicondes. Elle les laissa entrer et repousser la porte derrière eux, scellant leur propre tombe. Vous ne ressortirez pas d'ici, songea-t-elle en jouant du bout des doigts avec la poignée de son arme, toujours dissimulée.

Ils se poussaient du coude en galéjant sur son compte. Elle n'écoutait pas vraiment ce qu'ils disaient. Elle observait leurs mouvements, comme un serpent tapi là au fond dans les ombres, où ils ne pouvaient distinguer ses liens brisés. Elle savait ce qu'ils mijotaient. Leurs petites cochonneries de mâle, elle allait leur faire ravaler. Il ne servait à rien de se jeter sur eux, alors elle attendait. Il fallait qu'ils l'aident, à leur manière. Qu'ils dépensent une énergie qu'elle pourrait retourner contre eux. On ne chasse pas un ours comme on chasse un lièvre.

« Visez-moi ces p'tites frappes. Même à deux vous feriez pas un homme. Et vous croyez pouvoir toucher une femme comme moi ? »


Elle racla sa gorge et cracha à la gueule du plus grand. Celui-ci passa une main sur son front, écarquillant les yeux d'un air rageur. « Sale petite garce, tu vas me payer ça » grogna-t-il en se ruant sur elle. Mais elle était déjà hors de sa trajectoire et d'une bourrade dans le dos elle l'aida à se fracasser contre le mur. Le temps qu'il titube et retrouve un semblant d'équilibre, dans la confusion de l'ivresse, elle tira son poignard de sa manche et le jeta droit sur l'autre garde qui tentait de dépêtrer sa dague de son fourreau. La lame s'enfonça dans sa gorge et il recula contre les barreaux tout en cherchant à s'en délivrer, ses yeux agrandis d'horreur. Lorsqu'il réussit à l'extraire, un jet de sang gicla, torrent d'un rouge obscène qui les éclaboussa tous. Il s'écroula sur lui-même en râlant tandis qu'une mare se formait sous lui, mélange de sang et de la pisse qu'il relâchait dans ses chausses, alors qu'il plaquait sa main contre sa gorge dans l'espoir stupide de contenir en lui cette vie qui s'échappait à flots. Barra ne perdit pas de temps à savourer le spectacle de son agonie. Elle ramassa le couteau et fit face au second geôlier qui retrouvait difficilement son aplomb. Dans la pénombre et le brouillard de l'alcool il ne pouvait suivre assez vite ses mouvements : elle frappa son bras pour l'empêcher de dégainer son arme et encaissa dans la foulée un coup de poing au visage. Comme il la saisissait par les cheveux de son bras valide, elle lui balança son genou dans les bourses, une fois puis une autre, plus fort, et alors qu'il relâchait sa prise en couinant comme un goret elle trouva le moyen de lui coller son poignard dans la bouche, enfonçant l'acier jusqu'à ce que seule la garde dépasse de se lèvres écumant de bave et de sang.

Elle aurait dû s'effondrer sur place après un tel effort, mais le feu du danger la tenait à peu près debout et atténuait les multiples douleurs de son corps rudoyé. Ça n'avait pas de quoi l'étonner. Elle avait déjà vu ses proies décupler de forces pour sauver leur peau dans une dernière attaque ou une fuite éperdue. Et s'il y avait bien une chose pour quoi elle était douée, c'était... survivre. Elle prit la dague du premier garde et la glissa sous sa ceinture qui ne serrait plus grand-chose, que sa peau à vif entre les lambeaux sales de sa tunique. Elle n'avait presque plus rien pour se couvrir, tel un animal, mais cet animal-là était sauvage et plus fier et féroce dans sa nudité qu'aucune femme civilisée ne le serait jamais. Elle serra les dents, sortit de la cage en tremblant et s'avança dans l'allée en rasant les murs. Le fils de Corwin l'attendait. Il ne lui vint pas à l'esprit de le remercier. Elle n'était pas encore libre et tout ceci pouvait n'être qu'une sinistre mise en scène destinée à lui faire subir la pire des tortures : celle de l'espoir.

« Ils sont morts. C'est quoi la suite du plan ? » s'enquit-elle avec méfiance.

* * *

Port-Réal, 212


Fate Has Smiled Upon Us by Marc Streitenfeld on Grooveshark


Elle avait du mal à y croire. Les gens... les gens d'ici l'avaient écoutée, vraiment écoutée. Elle avait toujours cru qu'essayer de secouer le peuple, c'était comme jeter un galet dans l'eau d'un étang : ça fait quelques remous sur le coup, et puis tout redevient lisse et bourbeux en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. P't'être que j'aurais dû faire ça plus tôt. P't'être que j'aurais dû soulever Amberly. Mais on aurait tous fini par en crever. Et puis... les gars d'la cambrousse, ça n'a pas des cortèges d'aristo sous le nez en permanence. Ils ont moins la rage que les rats des villes.

En tout cas, elle n'avait pas l'intention d'abandonner à leur sort ces gueux qui se tenaient là avec leurs armes de bric et de broc, prêts à envoyer ce petit tyran encapé se faire foutre, même s'ils savaient tout juste par quel bout tenir un couteau. Elle était trop fière de les voir revêtir par-dessus leurs haillons la même dignité qu'avait eu son père, de vrais hommes enfin, de vraies femmes, debout, pas des loufiats agenouillés dans la merde. Elle allait en découdre avec Corwin et cette fois, la partie ne serait pas si facile pour lui. Elle n'était plus seule, elle n'était pas harassée par trois jours de traque, elle avait appris quelques nouveaux tours et même si elle n'avait pas sa pique et son arc, elle avait une arme capable de transpercer son cœur noir.

« J'suis désolée, Aslak. T'as raison, cent fois raison et même au-delà de c'que j'peux compter. Mais j'peux pas planter tous ces gens après leur avoir demandé de m'aider. Et de toute façon j'suis sûre que cet enfoiré a tout prévu pour qu'on sorte pas vivants de cette souricière. L'est temps de régler nos comptes. » Touchée par ses airs protecteurs, elle prit sa main et la serra un instant en souriant avec chaleur. « Ne te fais pas de souci pour moi. J'suis plus coriace que j'en ai l'air. Si tu m'surveilles de trop c'est toi qui vas te faire surprendre, alors fais-moi plaisir, fais gaffe à ta peau. »

Quand ils sortirent de leur cachette, elle le vit, son cauchemar à visage d'homme, en même temps qu'Aslak. Elle se rappela les conseils de Lotho. Rien ne servait de foncer dans le tas comme un taureau enragé. Elle pouvait prendre l'avantage sur un épéiste si elle était assez agile, rapide et astucieuse. Sa fourche lui donnait l'avantage de la portée et elle n'était pas alourdie par une armure, ce qui était un avantage sur ce champ de bataille étriqué et encombré. Comme si Aslak avait lui aussi pris quelques leçons auprès du danseur d'eau, il prit l'initiative de percer un tonneau d'alcool. Le feu ! Toute créature vivante redoute le feu, hormis les dragons. Elle sourit.

« Je vis dans la forêt. J'ai toujours de quoi faire du feu. » Elle sortit deux silex d'une de ses escarcelles et accomplit en un clin d’œil les gestes mille fois répétés. Les flammes chuintèrent comme une créature furieuse en bondissant devant elle. Ce n'était pas un rempart bien haut mais assez pour faire hésiter n'importe qui. D'un coup de fourche dans le tonneau elle trempa les pointes de son arme qu'elle plongea ensuite dans le feu. Une fourche enflammée, voilà qui était digne d'un démon de conte. L'outil serait ruiné avant une heure, mais il aurait plus que fait son usage. Elle se planta derrière les flammes et regarda Corwin approcher avec toute l'arrogance que lui conférait ce stupide blason sur ses frusques. Elle haïssait cette farandole de licornes. Elle avait eu tout le temps de la contempler pendant qu'on la violait...

« Encore toi, le bourricot magique ? J't'ai déjà dit que t'étais trop mal monté pour me plaire, mais on dirait qu't'arrives pas à t'rentrer ça dans l'crâne » cracha-t-elle à Corwin. Ses sens en alerte captèrent un bruit de bottes à temps. Quelqu'un arrivait par-derrière pour les prendre à revers. « Aslak, derrière nous ! » Elle se laissa tomber en roulant sur le côté comme Lotho le lui avait appris, dégageant le passage au dernier moment. Le type qui chargeait freina trop tard et elle n'eut qu'à se redresser en poussant sur ses jambes pour lui flanquer un coup du plat de la fourche à l'arrière du crâne, de sorte qu'il tituba à travers les flammes et s'effondra inanimé sur un membre de l'escouade de l'autre côté. Pendant qu'Aslak se chargeait d'un autre assaillant, elle tourna à nouveau son visage vers Corwin. Il avait tout prévu, ouais... ou presque.

« J'vois qu't'as pas changé, en tout cas. Toujours à laisser les clampins faire le sale boulot. Quand t'auras fini de t'pavaner comme un faisan, viens donc ici te roussir un peu les plumes. Sûr que ça te changera, p't'être même que tu passeras pour un homme devant tous ces nabots qui te sucent la queue soir et matin contre trois ronds-de-lune. »

Elle frappa un autre de ces brigands à la petite semaine qu'il avait recrutés et qui rappliquaient par-derrière. Le feu de la fourche lui crama les yeux et il recula en hurlant. Mais il y en avait d'autres. Elle crocha de son arme la nuque d'un grand rouquin qui essayait de choper Aslak déjà aux prises avec un adversaire, et le renversa ventre à terre sur le sol où elle put l'achever sans peine. Un coup de couteau au bras lui fit prendre conscience qu'on l'attaquait de côté, mais le coupable tomba à ses pieds : Rokk se tenait derrière lui avec une vieille lame rouillée toute maculée de sang.

« Bon sang, Rokk, qu'est-ce que tu fous là ? Me dis pas que toi et les autres gamins... »

« On a le droit de se battre aussi, Barra. Nous enlève pas ça ! » gronda le garçon. Elle secoua la tête, mais elle n'avait pas le temps de lui coller une baffe et de le ramener chez lui par la peau du cou, quoi qu'elle en pense. Les flammes n'étaient déjà plus si hautes et l'heure de vérité se rapprochait...

« Dégagez les gosses, vous allez vous faire suriner ! » Elle poussa le garçon de côté et regarda du côté d'Aslak. La situation de ce côté semblait sous contrôle et des gens étaient arrivés pour les aider, en plus des mioches qui semblaient heureusement doués pour esquiver, petits et vifs comme ils étaient. Mais l'escouade des licornes allait pas tarder à traverser ce qui restait de la ligne de feu, et voilà que cette idiote de Shelly essayait de se foutre entre elle et eux comme si elle se prenait pour la grande Nymeria, sauf qu'elle n'avait rien de Nymeria et que ces salauds étaient sûrement capables de buter une gamine. Barra fit tomber la fillette d'un croche-pied et se campa au-dessus d'elle pour la protéger, jambes écartées pour accueillir solidement toute attaque, son arme en position de défense. « Casse-toi ! » aboya-t-elle à Shelly en surveillant les mouvements de Corwin et ses sbires qu'elle s'attendait à voir attaquer d'un instant à l'autre... elle ne comptait plus sur une hypothétique occasion de fuite...
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Corwin Rogers
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Chevalier de la maison Rogers.



"Tel le vent, semer la graine aux quatre coins de Westeros"

♦ Missives : 506
♦ Missives Aventure : 95
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 24/07/1991
♦ Arrivée à Westeros : 15/05/2012
♦ Célébrité : Richard Armitage
♦ Copyright : Lapy
♦ Doublons : Even Corbray, Morgan Kenning, Kealan du Rouvre
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Elen Rogers, née Horpe
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Message Dim 14 Oct 2012 - 21:04

Amberly, 208.

Raven était toujours occupé à faire le guet, attentif au moindre bruit de pas dans les escaliers qui conduisaient aux cachots. Une chance pour lui, personne ne montait la garde en haut des marches, la sécurité étant normalement suffisante avec les gardes présents devant les cellules et les lourdes portes qui les fermaient. Nul doute qu'après cette nuit, il y avait de fortes chances qu'on change d'avis...
Il prenait des risques inconsidérés en aidant Barra. Si son père apprenait qu'il avait trempé dans l'évasion de la prisonnière, il ne savait pas si son rôle de fils le sauverait. D'autant plus qu'il n'était qu'un bâtard, après tout... Son demi-frère Alban se ferait un violent plaisir d'accentuer sa chute autant que faire se pourrait. Quant à son oncle, bien que clément, il doutait qu'il pardonne aisément la trahison... Toutefois, après les jours de traque et le retour à Amberly, il n'avait pas pu rester oisif à attendre que la tête de la malheureuse orne les murailles du château. Il s'était senti forcé d'agir, dans son honneur de chevalier. Il avait prononcé des vœux... Il n'avait nullement l'intention de trahir les siens, car même en étant un fils illégitime, il avait malgré tout été bien traité, mais il n'avait pas pu cautionner cette injustice. Il avait tout fait pour que ces larves de gardes portent le chapeau, et leur réputation suffirait sans doute à ce qu'on les croie responsables de l'évasion : deux soûlards rentrés par effraction pour violer la prisonnière, qui avait réussi à se défendre en se saisissant du poignard de l'un d'eux... Quant à ses capacités de furtivité, elles étaient assez connues pour qu'on la pense capable de filer en douce, même dans son état...

Il entendit soudain le bruit de la lutte derrière lui, et le son caractéristique d'hommes en train de mourir. Il se força à ne pas relâcher son attention, mais il ressentit néanmoins une pointe de culpabilité devant le destin des deux gardes, malgré la vive antipathie qu'il leur vouait. Mais ils étaient vraiment des ordures qui ne méritaient que ça, et ils ne laissaient derrière eux personne. A part peut-être des femmes qui seraient ravies de cracher sur leurs cadavres...
Le silence se fit à nouveau derrière lui, et bientôt il entendit un bruit de pas légers sur le sol. Il sentit une présence, puis la voix ténue de la braconnière lui souffla tout bas une question, afin de savoir quelle était la suite des évènements. Le jeune homme se tourna vers elle, sachant qu'elle pourrait aussi bien se décider à se venger sur lui de ce que son père lui avait fait subir, pour peu qu'elle sache qui il était. Mais il avait décidé de prendre le risque...


« Tu n'es pas encore sortie, et par conséquent, pas encore libre. Il va falloir se faire discrets si tu veux revoir l'extérieur. Par ailleurs, je ne tiens pas à être pendu comme traître... Suis-moi en silence, je ne doute pas que tu en sois capable.

Il se glissa sans un mot de plus dans les escaliers qui menaient à l'étage principal, certain qu'elle le suivrait. Si jamais elle lui faussait compagnie, il était certain qu'elle se ferait prendre. Il n'y avait pas que les deux geôliers qui étaient éveillés à cette heure...
Tandis qu'il grimpait les marches en silence, il avait l'impression que ses bottes résonnaient comme des tambours sur la pierre. Il avait beau être presque aussi silencieux qu'une ombre, la tension lui donnait l'impression qu'il allait faire savoir à tout Amberly qu'il était en train d'aider la prisonnière à s'évader. Lorsqu'il ouvrit la porte qui débouchait sur l'étage principal, il s'arrêta, l'oreille tendue. Tout était désert, pour autant qu'il puisse en juger à la lumière chiche et tremblotante que diffusaient les torches. Pas un souffle ni un bruit de pas ne venait troubler le calme. Il se tourna vers Barra et posa furtivement son index sur ses lèvres, pour lui préciser si vraiment besoin était qu'elle devait se montrer silencieuse. Puis, il s'avança dans les couloirs, en comptant sur elle pour qu'elle lui colle au train.

Il s'arrangea pour se déplacer dans les ombres les plus épaisses, le long des murs, toujours tendu et aux aguets. Il connaissait assez bien le château pour savoir où se trouvaient les sentinelles et les gardes, mais on n'était jamais à l'abri d'un rôdeur nocturne : son oncle qui allait passer du temps à la bibliothèque pour tromper une insomnie, son père ou son frère Alban qui allaient se dénicher une servante pour réchauffer leur couche, un serviteur répondant à l'appel d'un des Rogers pris d'une fringale nocturne... Les raisons étaient multiples.
Ils enfilèrent ainsi les couloirs sans rencontrer âme qui vive, à pas de loup, Raven gardant le bout des doigts contre les murs, en effleurant la surface tandis qu'il se déplaçait. Il finit par s'arrêter, juste à côté d'un escalier qui menait à l'étage supérieur. De prime abord, il n'y avait là rien de plus que cette volée de marches, et la statue de pierre d'une licorne cabrée, élégante et majestueuse, surgissant des reliefs d'un labyrinthe. Le jeune homme tâtonna dans le noir derrière la croupe de l'animal légendaire, tripotant les briques jusqu'à ce qu'il sente une surface légèrement friable sous ses doigts. Il exerça une légère pression sur la brique, qui s'enfonça aisément dans le mur après avoir résisté quelques menus instants. Un pan de mur s'écarta avec un léger raclement, mais bien plus silencieusement qu'on aurait pu s'y attendre, dévoilant la gueule béante et noire d'un passage secret qui s'enfonçait dans les entrailles de la terre.
Le chevalier se saisit d'une torche éteinte, fichée au mur à l'intérieur du passage, puis il l'approcha d'une torche allumée dans le couloir. Elle s'embrasa aussitôt, et il s'engouffra dans les escaliers dévoilés. Jetant un regard à droite puis à gauche en se retournant, il fit signe à Barra de se dépêcher de le suivre.


- Entre vite ! N'importe qui pourrait passer et nous surprendre, et ce serait la fin. Fais attention aux toiles d'araignée.

Il attendit qu'elle l'ait rejoint pour refermer sur eux le pan de mur à l'aide d'un levier présent à l'intérieur du passage. Comme il l'avait dit, le boyau était envahi de toiles d'araignée qui pendaient du plafond assez bas, et qui s'accrochaient d'un mur sur l'autre. Il y faisait froid, et un léger courant d'air agitait les voiles blancs des toiles. C'était un endroit sinistre et oppressant, un des passages secrets destinés à permettre aux Rogers de s'enfuir si jamais le château était pris. Pour l'heure, ils ne risquaient plus grand chose, mais ils devaient néanmoins se hâter. Si quelqu'un était tenté d'aller jeter un œil aux cachots, et qu'on découvrait l'évasion et par la même occasion, sa propre absence... Par ailleurs, Raven ignorait combien étaient ceux à connaître l'existence de ce passage. Son oncle et son père le connaissaient de manière certaine, mais les autres... Il y avait fort à parier qu'Alban était au fait, lui aussi, mais connaissant son caractère il était peu probable qu'il ait fait partager l'information à ses frères et sœurs, rien que pour garder sur eux une certaine supériorité, à moins que Corwin n'aie averti toute sa famille de l'existence de cette issue comme des autres.
Ils marchèrent un bon moment dans l'obscurité, éclairés par la lumière de la torche du chevalier, avec pour seule compagnie les araignées, les insectes et quelques rats. Par moments le passage marquait des tournants prononcés, parfois il montait légèrement, ou d'autres il descendait dans une légère pente traîtresse. Lorsque finalement on commença nettement à sentir qu'une montée s'amorçait, le bâtard s'arrêta et se retourna vers la braconnière. Il eut un sourire d'excuse en sortant un bandeau noir de sa poche.


- Je suis désolé, mais je vais devoir te bander les yeux. L'issue de ce passage ne doit pas être connu, tu comprends...

Il le lui fixa avec douceur sur les yeux et autour de la tête, avant de lui poser une main sur l'épaule, la prenant à côté de lui pour la diriger. Durant les derniers mètres qui les séparaient de la sortie du tunnel, il prit bien garde à ce qu'elle ne triche pas et garde le bandeau sur les yeux. Après quoi, il actionna une chaîne qui ouvrit une porte dissimulée dans le sol. L'air frais de la nuit leur gifla le visage, tandis qu'une violente odeur de nature détrempée leur sautait aux narines. Le temps de sortir et de refermer le passage derrière eux, et Raven ôtait le bandeau des yeux de la jeune femme. Ils se trouvaient à présent dans le Bois-la-Pluie, à une certaine distance d'Amberly dont on distinguait la silhouette massive au loin. Le passage secret était suffisamment long pour permettre aux habitants du château de fuir en mettant une bonne distance entre eux et les assiégeants, en évitant normalement de tomber entre leurs griffes au sortir du tunnel.
Le jeune homme conduisit Barra sur quelques pas encore, jusqu'à un cheval bai harnaché qui était attaché à un arbre non loin de là. Ce n'était sans doute pas le meilleur coursier d'Amberly, mais c'était un animal robuste et rapide, dont on remarquerait sans doute moins l'absence aux écuries qu'un sublime cheval de première qualité. Nul doute que les palefreniers signaleraient son absence dès le lendemain, mais assez de temps s'écoulerait d'ici là pour permettre à la fugitive de mettre le plus de distance possible entre elle et ceux qui ne manqueraient pas de la poursuivre. Raven détacha l'animal et lui flatta l'encolure, puis il mit ses rênes dans les mains de la braconnière. Approchant sa torche de la selle du cheval, il désigna à la braconnière ce qui y était attaché.

- Je n'ai pas pu récupérer tes affaires, car cela aurait paru trop suspect pour une évasion que tu aurais toi-même commise. Mais je t'ai quand même fourni un arc et un carquois de flèches des réserves de nos soldats : un de plus ou de moins ne se remarquera pas. Il y a aussi quelques provisions dans les sacoches de selle : du lard, du poisson séché, du pain noir et une outre d'eau. J'espère que tu sais monter à cheval, ou au moins tenir dessus : tu n'irais pas bien loin, à pied. Je te conseille d'aller le plus loin qu'il t'est possible, ou encore mieux, de quitter le fief d'Amberly pour le moment. On va sans doute envoyer des gens à ta poursuite, et il y a fort à parier qu'après ça ils pousseront jusqu'aux frontières du domaine...

Il s'était déjà chargé de fabriquer de fausses preuves de l'itinéraire qu'elle aurait emprunté, et il se ferait un plaisir le lendemain d'influencer la traque sur une fausse piste s'il le pouvait afin de lui donner plus de temps. Son cœur balançait entre le sentiment de trahison et celui de devoir accompli. Il devait tout aux Rogers : la vie, son éducation, le fait de n'avoir manqué de rien, même son rôle de chevalier... Et il ne devait rien à Barra. Sans parler que son devoir de fils aurait été d'épauler son père... Dans ces conditions, n'avait-il pas fait le mauvais choix ? Mais quelque chose en lui avait réagi à l'injustice, qu'il se devait de combattre en tant que chevalier. La braconnière avait défié la loi et l'autorité des suzerains d'Amberly plus d'une fois, cependant il pensait cela juste, car c'était motivé par le seul désir de survivre. Et en conséquence, il se voyait mal sanctionner cela...
Une fois qu'elle fut en selle, il leva les yeux vers elle, la mine impénétrable. Il ne savait pas ce qui se passerait le lendemain, mais il avait au moins le sentiment du devoir accompli, et il pria les Sept de lui pardonner sa trahison envers sa famille. Avant de la quitter, il se sentit le devoir de l'informer de qui il était.


- Je ne pense pas avoir de conseils à te donner pour te diriger dans les bois... Mais peut-être que tu veux savoir qui t'a aidé, ou peut-être que tu t'en fiches. Je suis Raven, Raven Storm. Ser Corwin est mon père. Que les Sept te gardent.

Il la laissa partir, et il attendit qu'elle ait disparu et que le bruit du galop de sa monture se soit éteint entre les arbres pour faire demi-tour, et emprunter le passage en sens inverse. C'était bien moins aisé que de sortir, car à moins de posséder un certain objet pour en déverrouiller l'entrée, il était impossible d'y pénétrer. Après tout, le but était de permettre de s'enfuir, et pas d'entrer dans le château par effraction. La pluie se remit à tomber, et il s'en félicita, tandis qu'il refermait soigneusement le passage derrière lui. Le mauvais temps se chargerait d'effacer toute trace de leur escapade nocturne. Il n'avait plus qu'à rentrer en toute discrétion jusqu'à ses appartements pour se glisser dans son lit... et prier les Sept que tout se passe bien le lendemain.



Au matin, l'évasion fut découverte en même temps que les cadavres malodorants des deux geôliers. Une bien mauvaise surprise pour Corwin qui avait espéré se délecter du spectacle de la pendaison de celle qui l'avait trop longtemps défié. Autant dire qu'il écumait de rage, et qu'il fut prêt à prendre la tête de la traque bien avant que son frère n'en donne l'ordre. Lord Allan était quelque peu désabusé par les évènements, malgré sa colère. Il sentait au fond de lui que Barra leur glisserait entre les doigts comme une anguille, mais il devait néanmoins ordonner qu'on se lance à sa poursuite, pour crime contre la seigneurie. Il n'avait toutefois pas prévu d'équipages assez conséquents du point de vue de son cadet, mais le but était de remettre la braconnière à sa juste place : une simple roturière qui défiait l'ordre, et non pas un grand criminel de premier rang, en dépit de tout ce qu'elle avait pu faire subir à Corwin.
Ce dernier avait cherché un responsable à étriper pour ce qui s'était passé, mais il avait bien vite déchanté. Les seuls coupables désignés étaient en train de pourrir dans la cellule d'où la prisonnière s'était évadée. Il n'y avait pas besoin de connaître bien en détail les deux raclures pour savoir qu'ils s'étaient saoulés jusqu'à n'en plus pouvoir, puis qu'ils avaient décidé de profiter de Barra avant son exécution. Pourtant, on le leur avait formellement interdit... Et par leur désobéissance, ils avaient scellé leur sort et réduit à néant les efforts fournis par toute une troupe pour la capture de la braconnière. Selon les apparences, il y avait eu lutte, et elle s'était emparée du poignard d'un des hommes pour les tuer tous les deux. Après quoi, elle avait réussi les Sept seuls savent comment à trouver son chemin dans les couloirs, à moins qu'elle n'aie tout mémorisé même dans son état pendant qu'on l'emmenait aux cachots. De là, ses traces conduisaient à la cour, jusqu'aux écuries où elle était parvenue à voler un cheval de moindre qualité, plus facile à atteindre et moins surveillé que les autres, puis elle était sortie par une porte secondaire, direction la liberté. Malheureusement, les traces s'arrêtaient là : le déluge qui s'était abattu sur la région durant la seconde partie de la nuit, et ce jusqu'en milieu de matinée avait totalement délavé le sol. Le chevalier ne se jeta pas moins sur une éventuelle piste de son ennemie, à la tête de ses hommes. D'autres troupes étaient envoyées pour la trouver dans d'autres directions, mais il y avait fort à parier qu'elle était déjà loin...


***

Port-Réal, 212.

Tandis que Corwin voyait déjà une occasion de s'emparer de Barra pour lui faire payer une bonne fois pour toutes ses nombreux affronts, celui qui l'accompagnait eut l'idée d'utiliser du combustible pour créer une ligne de feu entre eux et les hommes des Rogers. La braconnière se chargea de mettre le feu aux poudres, et elle se retrouva intouchable ou presque... pour le moment. Mais chaque nouvelle contrariété ne faisait qu'attiser la hargne du chevalier aux licornes, et les insultes que son ennemie lui lançait par-delà sa protection de flammes ne faisait qu'empirer les choses. Il n'avait pas peur de franchir l'obstacle d'un bond : il avait déjà vu pire, et le feu n'était pas assez intense pour lui causer des dégâts. Toutefois, ce serait s'exposer aux coups des deux malfrats, et il tenait trop à sa vengeance pour se faire vaincre bêtement.
Les hommes qu'il avait payés vinrent les prendre à revers, mais les deux insolents se débrouillaient assez bien pour ne pas capituler tout de suite. Tandis que Corwin trépignait en attendant de pouvoir passer la barrière de flammes, une bande de gamins se joignit à la confusion en aidant Barra. Dans le fond, peu lui importait qu'il s'agisse de gosses, en l'occurrence. Un garçon assez âgé pour brandir une arme face à lui et oublier quelle était sa place était une fourmi bonne à écraser. Les autres gamins... il saurait les écarter pour parvenir à mettre la main sur sa proie. Tandis qu'il amorçait un mouvement pour se jeter en avant, le feu mourant devant lui, Caïn le retint par le bras.


- Messer, lui souffla-t-il dans le chaos des affrontements, les Manteaux d'Or ne vont pas tarder à venir voir ce qui se trame avec cette émeute...

Le chevalier d'Amberly se dégagea d'une saccade, posant à nouveau son regard de glace sur la braconnière. Mais il dévia un instant sur celui qui l'accompagnait... il lui semblait familier. Après quelques secondes d'observation, cela finit par lui revenir. C'était un gueux qui s'était hasardé au banditisme sur les terres d'Amberly, des années auparavant, et qu'il avait rossé avec l'aide de ses hommes. Il l'avait laissé pour mort, mais à présent il sut qu'il aurait dû simplement le pendre proprement et sans attendre. Encore quelqu'un qui ne méritait que de passer au fil de son épée, ce qu'il se ferait un plaisir de faire. Deux rebelles pour le prix d'un, la journée n'était au final pas si mauvaise que ça.

- On a encore du temps pour ça, la diversion est suffisante. Je veux qu'on les attrape, morts ou vifs, et plus vite que ça ! Pour Barra, laissez-la vivre, de préférence : elle est à moi. »

Au moment où le passage se libéra, ce fut toute la troupe qui se porta en avant pour le combat. Corwin porta un coup violent à Barra, rendu encore plus puissant par toute la rage contenue et l'exaltation de la tenir enfin, après toutes ces années. Elle para dans un premier temps, mais il dégagea sans peine sa lame de son arme rudimentaire pour lui porter un nouveau coup. La pointe de sa lame dessina une entaille sanglante sur la joue de la braconnière, et il était loin de se contenter de cela. Tandis qu'ils se battaient comme des fauves, le hasard du combat les amena sans qu'ils s'en rendent compte à ménager un angle de fuite pour les deux ennemis du Rogers. Pris à revers par les bandits que ce dernier avait payé, c'était sans doute ce qu'ils avaient de mieux à faire...


Nulles ténèbres pour le cœur valeureux.



Dernière édition par Corwin Rogers le Sam 1 Juin 2013 - 16:02, édité 2 fois
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Message Lun 22 Oct 2012 - 13:17

La situation ? Catastrophique. Les assaillants ? Infinis, du moins c'était l'impression que ça lui donnait. Oui, pour être sincère, la situation était merdique. Il avait réussi à faire un barrage de feu mais qui n'était pas fameux et qui empêchait simplement le plus violent de leur assaillant de venir à eux. Il était dans les situations types qu'il considérait comme merdique et qui avait été régulières et récurrentes dans sa vie. Mais s'il y avait bien quelque chose qu'il faisait, peu importe réellement s'il voyait une issue ou pas, c'était de ne pas abandonner. Ce n'était pas du tout la même chose que Barra. Barra avait sa fierté, il le sentait et elle avait également une vengeance farouche à accomplir contre Corwin. Lui aussi finalement mais ce n'était sûrement pas de la même intensité. Lui, il était mu par son instinct de survie, et celui-ci était clairement en ébullition à ce moment. il n'avait plus combattu de la sorte depuis un petit moment. Mais en tout cas, il avait cette tendance farouche à vouloir s'en sortir. La seule différence, c'était qu'il n'était pas seul. Il est vrai qu'il était plutôt quelqu'un qui ne s'occupait de lui et qu'il avait tendance à sauver sa peau avant celle des autres. Mais Barra n'était pas n'importe qui dans son parcours de vie. Elle avait partagé un petit bout de chemin avec lui et surtout lui avait rendu la vie en quelque sorte en le soignant comme elle l'avait fait. Il lui était redevable pour le reste de son existence, non pas par contrainte, mais parce qu'il trouvait ça tout à fait normal. Donc la laisser derrière et fuir était hors de question. C'était bien pour ça qu'il était en train de combattre à ses côtés et qu'il parait les coups avec agilité grâce à une de ses deux lances qui permettaient de laisser une certaine distance entre lui et son agresseur. Ca facilitait un peu la donne. Surtout que les personnes des Terres de la Couronne n'avaient pas du tout l'habitude de gérer un combat à l'arme à distance, à part l'arc à flèche qui n'était pas usité ici. Alors devoir tenter de toucher quelqu'un qui maniait parfaitement sa lance avait quelque chose de frustrant et de déstabilisant si on avait pas l'habitude. Et il profitait de ça pour défaire ses attaquants un à un. Il n'en sortait pas forcément indemne mais entre la distance qu'il imposait et son agilité bien importante depuis le temps, il arrivait à gérer plutôt pas malles combats. Heureusement, Barra regardait aussi à ses arrières malgré qu'elle était elle aussi assaillie. Il ne la perdait jamais vraiment de vue non plus, il ne voulait pas la voir s'écrouler sans pouvoir faire quoi que ce soit pour elle.

La surprise fut quand même majeure quand les gamins qu'ils avaient croisés plutôt furent de la partie aussi. Ca aurait pu être mignon s'ils ne risquaient pas de mourir rapidement en restant là. Et ça Barra l'avait compris autant que lui. Surtout que malgré l'aide qu'on venait de leur apporter par d'autres personnes du quartier, lui permettant d'être tranquille un instant, la barrière de feu diminuait de plus en plus et ils n'allaient pas tarder à avoir de nouveau de la compagnie. Et là encore une gamine montrait que les enfants étaient particulièrement naïf et estimait toujours que les contes ou légendes qu'on pouvait leur raconter pourraient leur arriver un jour. Lui n'avait jamais eu ce genre de croyance... Alrik bien. Maintenant, il avait finalement réussi et avait accéder à ce stade qui lui correspondait si bien et qui faisait de lui quelqu'un d'honorable. Une vie que lui-même n'aurait réellement jamais souhaité et qu'il lui laissait aisément. Même si cette situation semblait désespérée, il préférait de loin vivre ça que d'être à la place de son frère. Enfin toujours est-il que pour revenir aux gamins, une des leurs s'était octroyé le rôle de nouvelle barrière pour protéger Barra, la maintenant forcément dans la merde puisque la connaissant, forcément, elle allait la protéger. Ce qu'elle fit peu de temps après alors que Corwin et ses hommes avançaient avidement. Il aurait voulu protéger BArra tout de suite mais ce fut impossible car des hommes arrivaient sur lui et il avait bien besoin de sa concentration et de toutes ses capacités pour gérer plusieurs attaquants en même temps. Il aurait bien utilisé ses deux lances mais il avait besoin d'une main de libre... Car il avait bien l'intention de sortir Barra de là et pour ça, la connaissant, il fallait d'abord qu'il la contraigne à le suivre. Ses mouvements se succédaient sans cesse tandis qu'il défaisait ses adversaires, avec difficultés parfois se faisait blesser aussi, ou plus facilement pour les moins doués. Il jeta un moment un regard à Barra et il vit alors que Corwin venait de lui infliger une blessure violente à la joue... C'était assez mal parti pour elle et il fallait absolument qu'il intervienne. Ce moment de déconcentration lui valu une magnifique entaille à son tour à son bras et un coup à la jambe qui l'obligea à mettre genou à terre. Il eut tout juste le temps de parer un autre coup avec sa lance pour éviter la décapitation. Il n'attendit pas longtemps pour répliquer vivement. il n'avait plus le temps de chipoter, ils allaient mourir tous les deux. En plus, et il le savait assez pour avoir vécu là, les Manteaux d'Or arrivaient pour bien moins que ça... Mais vu le tapage et tout le remue ménage que ce combat d'envergure, pour ce quartier, qu'ils faisaient, ils n'allaient sûrement pas tarder à arriver. Et sincèrement, il ne voulait pas du tout être pris là dedans et se retrouver en geôle, obligé de demander son frère pour le sortir de ce pétrin. Après tout, le petit souci des Terres de l'Orage et son lien avec Barra, il n'en avait pas vraiment parlé à son frère... Et il estimait que ce n'était pas tellement utile comme information....

N'ayant pas le temps de tergiverser, il frappa violemment son assaillant avant d'échapper avec agilité à un autre et de se concentrer uniquement sur Corwin qui semblait vraiment obnubilé par Barra ne le voyant pas arriver. Il lui mit rapidement un cou de manche de sa lance dans le dos de son genou pour le faire mettre celui-ci à terre puis il le frappa à la tête de la même façon juste histoire de pouvoir gagner quelques minutes. Il n'avait pas oublié comment il se battait et il n'avait du tout envie d'entamer un tel combat là tout de suite avec lui. Donc profitant de cette diversion, qui serait certes minime connaissant l'homme, il prit la main de Barra et l'obligea à courir avec lui en fonçant dans la masse pour sortir de là. Il avait vérifié que la gamine ni aucun autre n'était dans le chemin des attaques, il savait que c'était important pour Barra.

"Je t'interdis de tenter de m'échapper ! T'es fière ok mais fière et morte ça sert à que dalle ! Donc on se tire de là vivant ! Que tu l'veuilles ou non ! En plus, il t'a déjà amochée et je crois pas que t'as vraiment envie de revivre ce que t'as déjà vécu avec lui. Sans compter que les Manteaux d'Or vont débarquer j'en suis certain ! "

L'issue était en face d'eux et malheureusement pas derrière. Donc en somme il devait foncer dans le tas. Mais tant que Corwin restait derrière, ça permettait d'avoir une chance. Donc jouant de la lance, de coup autres et voire même de coup de tête, il courut avec Barra l'obligeant à la suivre. Il tenait fermement son poignet et heureusement qu'il avait de la force assez pour user de sa lance à un bras - en même temps il avait appris en utiliser deux en même temps donc forcément - car il y avait des attaques de tout côté et il savait que s'il défaisait son étreinte, elle ne profiterait pour retourner au combat. Il s'en foutait royalement qu'elle lui en veuille par après. Au moins ils seraient vivant. Et là dans l'immédiat, ils devaient absolument arriver à l'entrée de Culpucier. Son destrier était à, sagement, et il leur permettrait de se tirer rapidement de tout ce bazar et de trouver un endroit en sécurité. Il avait déjà une idée même s'il risquait gros à s'y rendre. Mais bon, c'était le meilleur moyen... Mais pour ça il fallait au moins qu'il arrive à atteindre ce bestiau ! Et ils n'étaient pas encore sorti de l'auberge. Il jetait des coups d'oeil en arrière pour être sûr que Corwin ne les rattrapait pas... Ce qui était malheureusement le cas. Il ne l'avait déstabilisé qu'un peu après tout, juste assez pour fuir... Car lui n'avait pas de fierté. ET il espérait que BArra ne ferait pas de misère... Sinon ils étaient morts.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

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Message Lun 29 Oct 2012 - 18:08


Amberly, 208


Comme une araignée rampant patte après patte le long de sa toile avec prudence et délicatesse, Barra suivait le passeur qui la ramenait de l’autre côté de ce fleuve qu’on ne traverse qu’une fois. Sauf qu’en fait de fleuve, c’était un tunnel qu’ils arpentaient, un passage secret la menant hors de l’enfer.

Elle ne pensait pas. Plus. Cramponnée à son poignard et aux murs, elle lui collait aux basques et respirait dans sa nuque de peur de se perdre, de peur qu’un garde surgisse derrière elle… elle ne pourrait pas croire qu’elle était tirée d’affaire tant qu’elle ne serait pas loin d’ici. On ne lui avait pas appris à se nourrir d’espoir. Le chemin était sombre et sale, mais Barra avait passé l’âge d’avoir peur des insectes et des rats et quand on vit dans les bois, on s’habitue à bien pire que ces choses-là. Au bout d’un moment, le fils de Corwin banda les yeux de Barra pour préserver le secret du labyrinthe. Bien lui en prit car sans cela, la fugitive serait sans nul doute revenue un jour pour assassiner son père à la faveur de la nuit...

Avant même d’avoir mis le pied à l’extérieur, la braconnière reconnut les odeurs familières et rassurantes du Bois-la-Pluie. C’était comme si on lui rendait la vie, une gifle de vent qui la secouait et lui criait : « Tu es revenue. Tu es morte et re-née. Respire. »

Elle respira.

Le bâtard lui ôta son bandeau et la conduisit un peu plus loin avec prévenance. Il avait tout organisé. Une monture et des vivres. De quoi s'échapper pour de bon, à condition de partir assez loin, assez vite. Elle perdrait tout ce qu'elle avait, sauf la vie et la liberté, mais qu'avait-elle ici au juste, à part des souvenirs fanés et vénéneux qui empoisonnaient son esprit, et une renommée qui finirait par la tuer ? Elle n'avait jamais quitté le Bois-la-Pluie mais en partant elle s'offrait la promesse d'un nouveau départ lavé des tourments du passé, et son évasion serait un camouflet que Corwin porterait sur sa face arrogante comme la marque d'une gifle . Barra savait tout juste tenir à cheval, mais avec l’énergie du désespoir on s’accroche à n'importe quoi et elle savait qu'elle y arriverait. Elle s'approcha à pas lents de l'animal et prit les rênes que son sauveur lui tendait. Comme tous les canassons, celui-là n’aimait pas l’odeur du sang ; il encensa et broncha mais elle sut l’apaiser en lui flattant doucement l’encolure et en se frottant avec des herbes là où elle était éclaboussée. Puis elle se hissa en selle avec le peu de forces qui lui restaient et se cala comme elle pouvait.

C’est alors que son libérateur lui avoua qui il était. Elle le savait déjà, mais elle était contente de connaître son nom. Elle n'oublierait pas ce nom, ni ce visage. Elle hocha la tête.

« Merci... Raven. J’ai rien à t’offrir qui vaille une vie. Que mes prières et mon respect. T’es du bois dont on fait les vrais chevaliers. J’oublierai pas c’que t’as fait pour moi. On se reverra sans doute jamais, mais pour ce que ça vaut, sache que la Piqueuse, comme le lion, paie toujours ses dettes. » Elle fit faire volte-face à son cheval, tant bien que mal, et serra les jambes pour assurer son assiette. Son corps lui faisait mal, mais elle pouvait tenir encore un peu. Un peu plus loin. Juste un peu plus loin. Elle ne savait pas où elle allait mais la seule chose qui comptait pour l'instant était de prendre de l'avance. Ses chances étaient minces. Sans aide, il était même probable qu'elle mourrait en chemin, affaiblie comme elle l'était. Mais au moins, elle mourrait libre.

« Que la Mère te bénisse. » dit-elle. Et au fond d'elle elle songea que c'était une étrange mais plaisante ironie qu'elle eût pensé spontanément à la Mère, plutôt qu'au Père, pour bénir ce bâtard-là...

Au matin, elle était loin. Une route semée d'embûches se déroulait sous les sabots de son cheval mais elle avait tenu bon, et le soleil se leva sur elle un jour de plus. Un jour de plus, c'était tout ce qu'elle avait jamais demandé. Elle était fiévreuse, et fatiguée, mais elle ne lâcha rien. Le soir venu, elle trouva un feu. Un homme se tenait là, un visage familier. Un autre braconnier. Et en voyant sa main se tendre pour l'aider à se relever alors qu'elle tombait de cheval, écrasé d'épuisement, elle sut qu'elle était vraiment sauvée.

Ainsi commençait l'errance de la Piqueuse, qui pour la première fois de sa vie quittait le Bois-la-Pluie où elle avait grandi, perdu les siens, défié les nobles, chassé et tué, et affronté la sauvagerie des bêtes humaines.

* * *

Port-Réal, 212


Il vint à elle, et ce fut comme s’ils reprenaient un combat interrompu quatre ans plus tôt. Elle l’attendait depuis si longtemps, qu’elle ne pouvait envisager d’alternative à ce duel qui une fois pour toutes déciderait de leur sort. La faux de l’Etranger devait trancher le lien étroit qui unissait leurs destinées.

C’était stupide, elle le savait, mais elle s'en foutait comme d'une guigne. Corwin était un putain de chevalier, d'accord, sanglé dans une putain d’armure, un homme de forte stature avec une épée assez tranchante pour la décapiter d’un coup, un seul. Elle était qu’une braconnière, d'accord, une gueuse armée d’une fourche ruinée par le feu. Mais qu’est-ce qui pouvait l’arrêter, maintenant ? La peur ? La peur de mourir était moins grande que la peur de vivre pour toujours traquée comme une bête. Si elle avait pris le temps d’y réfléchir, elle aurait réalisé qu’abattre Corwin lui attirerait de toute façon la vindicte des nobles et qu’elle serait traquée quoi qu’il arrive, sans aucun espoir d’échapper au gibet. Mais elle ne voyait que lui, son fléau, son cauchemar. Sa fierté rageuse, son désir de justice, l’ombre de son père attisaient la haine qui brûlait dans tout son corps, la démangeait comme une lèpre. Elle ne voyait plus que LUI et sa mort était inscrite dans son regard.

Alors elle se jeta sur lui et la fourche para et dévia et piqua mais l’armure absorbait ses coups quand ce n’était pas lui qui les contrait. Elle dansait, dansait comme la souple belette qu’elle était, avec les tours enseignés par Lotho Volentin. Mais elle était flamme à cet instant et non eau ; elle s’approcha trop, rejetant l’avantage de son allonge, s’exposant pour tout risquer dans une charge folle. L’épée mordit profondément sa joue mais elle serra les dents et enfonça sa fourche dans le bras gantelé levé hâtivement en parade.

« Crève, fils de chienne ! Crève, crève, mais CRÈVE ! » hurla-t-elle en enfonçant de toutes ses forces la fourche dans le gantelet qui céda sous la pression. A cet instant Aslak frappa Corwin par derrière et celui-ci s’effondra à genoux. Elle essaya de retirer la fourche, mais celle-ci était coincée, les dents crochetées dans le gantelet ruiné et le poignet de Corwin au-dessous qui pissait le sang. Elle appuya son talon crotté de fange sur le genou de son ennemi à terre, pour prendre appui et extraire la fourche, mais Aslak estourbit son adversaire qui s’affaissa au sol avant qu’elle n’ait pu dégager son arme de fortune et l’enfoncer jusqu’à la hampe dans la gueule de ce fumier. La chute de Corwin lui arracha la fourche des mains. Folle furieuse, elle dégaina son couteau de chasse. Elle allait le saigner comme un porc, ce salaud, et ça serait une douceur comparé à ce que les Sept lui feraient subir là-haut s’ils avaient ne serait-ce qu’une once de justice.

Une main sur la sienne entrava sa vengeance. Aslak. Levant les yeux elle vit les gardes du Rogers affluer de toute part pour prêter main-forte à leur maître. Il y avait encore une issue, mais il fallait faire vite. Une colère noire bouillonnait en elle. Encore une fois on allait l’empêcher d’en finir. Elle serra les mâchoires, crispa ses épaules, essaya de dégager sa main armée de celle d’Aslak, le gifla même de sa main libre, mais le temps filait comme du sable entre ses doigts et son instinct de survie dompta le flot d’émotions qui l’enracinait là comme un chêne vieux de mille ans. Des larmes de rage aux yeux, elle céda à la traction implacable d’Aslak qui la tirait derrière lui dans la brèche, vers la liberté et la vie, comme autrefois Raven l'avait guidée dans le dédale souterrain jusqu'au Bois-la-Pluie...

Et comme autrefois, son ennemi demeurait derrière elle, vivant, une menace jamais éteinte.

J’espère que la gangrène se foutra dans ton bras et qu’elle remontera jusqu’à ton cœur damné. J’espère que tous tes membres pourriront et tomberont un à un avant que l’Étranger n’arrache ton dernier souffle hors de ta poitrine. J’espère que tu hurleras comme un goret le jour de ta mort, et que tous les clébards d’Amberly pisseront sur ta tombe.

Elle courait, et des sillons salés zébraient le masque de poussière, de sueur et de sang qui maquillait ses joues. La douleur pulsait dans sa blessure comme un feu dur, dur, dur et salé, elle n’y voyait plus tellement elle avait mal et elle sentait le liquide qui dévalait sa mâchoire et son cou s’infiltrer dans sa robe – sa seule et unique robe, ruinée, songea-t-elle absurdement dans la confusion de ses sens embrumés. Elle eut un vertige et se reprit car la main d’Aslak devant tirait, tirait, fort et sans relâche, ne laissant aucune chance à son esprit de sombrer dans l'inconscience. Cette sensation nette, persistante, était désormais son seul repère.

Tout en cavalant, Aslak lui expliqua pourquoi elle devait fuir, et un instant elle eut l’impression que c’était son père revenu d’entre les morts qui la tirait de là. Il lui criait dessus comme son père le faisait quand elle se mettait en danger dans la forêt. C’était pas de la colère, c’était de la peur, il avait peur pour elle et comme autrefois elle acceptait sans broncher parce que c’était la preuve qu’elle comptait pour lui. Personne n’avait veillé sur elle depuis si longtemps qu’elle avait oublié quelle chaleur c’était, comme une flambée en plein hiver. Elle reprit le dessus avec cette chaleur qui lui donnait de la force. Elle avait mal, mal, mal mais son corps commençait à faire son boulot, quelque chose endormait la douleur insupportable pour qu’elle puisse faire ce qu'elle avait à faire. Elle essuya ses yeux larmoyants d’un revers de manche et accéléra, aidant Aslak à se défendre comme elle pouvait avec son couteau contre ceux qui s'interposaient. Il y avait toujours des gens pour les aider, heureusement, et ils réussirent à s’engouffrer dans une ruelle dégagée. Derrière eux un barrage de traîne-misères se referma. Ils galopèrent encore, guidés par Aslak, sans se soucier des clameurs derrière eux, et puis tout à coup au coin d’une rue une silhouette émergea des ombres.

« Raven ! » s’exclama Barra, figée net. Elle regarda le bâtard du Rogers dans les yeux. Il l’avait sauvée autrefois. Peut-être qu’il regrettait son acte et qu'il voulait se racheter aux yeux de son père. Mais non, Corwin ne l’aurait pas emmené s’il avait su… ou alors… une ruse ? Méfiante, elle fit un pas vers lui, son couteau toujours prêt, sa main libre retenant Aslak derrière elle au cas où. Elle avait retrouvé tous ses esprits.

« T’étais un homme d’honneur la dernière fois qu’on s’est vus, corbac… j'ai pas oublié que j’te dois la vie. J’espère que t’es pas venu me la reprendre aujourd’hui ? »
Elle planta son regard dans le sien. Le fils avait de faux airs du père. Ces cheveux noirs, ces traits fins... Mais il n’avait pas cette lueur d’arrogance au fond des yeux, cette moue de mépris qui vous rabaisse plus bas que terre. Et il avait… un genre de grandeur, malgré sa tenue simple et sombre. La seule noblesse que Barra reconnaissait. Celle de l’âme. Ce truc chevaleresque que Corwin se contentait de simuler. Chez Raven, ça transpirait du regard, des gestes, de sa voix - telle qu’elle se la rappelait. Mais est-ce qu'il l'aiderait encore ? Alors qu'elle venait de blesser son père ? Alors qu'elle avait essayé de l'égorger ?

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Corwin Rogers
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Message Mar 6 Nov 2012 - 12:15

En cet instant, Corwin ne voyait plus que sa proie. C'était comme si le vacarme des combats autour de lui s'était tu, assourdi par une chape de brume. Il paraît sans mal ses coups maladroits et pourtant féroces, emplis de rage tout comme l'étaient les siens. Lui-même cherchait à la tailler en pièce petit à petit, et la blessure qu'il lui avait infligée attisait d'autant plus le feu qui brûlait en lui. Cependant, elle agit d'une façon à laquelle il ne s'attendait pas. Elle se porta en avant pour frapper, réduisant totalement à néant le seul avantage de l'allonge qu'elle possédait. Cela eut toutefois pour effet de le surprendre. Lorsqu'elle lui porta un coup avec les pointes de sa fourche, il ne put que parer avec sa main, dans l'urgence. Et la braconnière força, força encore jusqu'à ce que son gant cède. Il sentit les pics mordre douloureusement sa chair, s'y enfoncer et y rester ancrés, coincés par le gant. Un liquide chaud se mit à couler de sa blessure, et il avait largement assez d'expérience pour savoir qu'il saignait. L'autre corniaud le frappa alors par derrière, ce qui le fit tomber à genoux. Sa fureur flambait plus fort que jamais, mais avec la fourche prise dans sa main, que Barra tentait d'extraire, il ne parvenait pas à porter le moindre coup. Sans compter que la morsure de l'acier était particulièrement cuisante. La gueuse eut le front de poser un pied sur son genou pour récupérer son arme, et le chevalier se prépara donc à lui porter un coup de toutes ses forces, en dépit de la situation. Il l'aurait fauchée en faisant bien des dégâts, pile au niveau des hanches, si l'ancien bandit qui l'accompagnait ne lui avait pas porté un nouveau coup qui le sonna suffisamment pour le mettre à terre quelques instants.

Dans le brouillard de pensées confuses qui lui envahissaient la tête, il entendit des clameurs de voix qui s'approchaient. Il était conscient qu'il risquait d'être vaincu pour de bon cette fois, mais malgré la rage que cette idée lui inspirait, il ne parvenait pas à se relever. Il sentit soudain des bras puissants le relever, les mains placées sous ses aisselles. Il avait l'air de ne rien peser, tout d'un coup. Il avait encore la tête qui tournait et les pensées confuses, mais quelqu'un lui fit sentir une forte eau-de-vie dont les vapeurs le ramenèrent à lui. Il secoua la tête, hébété l'espace de quelques secondes, avant de retrouver le fil de ses pensées, et le contact avec le monde réel. Caïn le soutenait, tandis qu'un autre de ses hommes examinait sa blessure. Avec un grognement, Corwin reprit appui sur ses pieds et arracha la fourche de sa main avec celle qu'il avait valide. Le sang se mit à couler d'autant plus, mais comme si de rien n'était, il se saisit de la gourde d'eau-de-vie d'un de ses hommes pour en faire couler le liquide brûlant sur la plaie. La douleur fut presque au-delà du soutenable, mais il serra les dents en contractant la mâchoire si fortement que les tendons furent visibles sous la peau. Au moins, cela lui éviterait une infection. Il vit vaguement son fils Alban accourir vers lui avec les hommes qu'il lui avait confiés, et qui avaient accompli leur mission en les prenant à revers. Tous étaient couverts de sang, signe qu'ils n'avaient pas fait de quartier, ce qui n'étonnait guère le chevalier d'Amberly. Son colosse de bras droit se pencha vers lui, soucieux.

« Que s'est-il passé, messer ?

- Peu importe, retrouvez-moi cette sale chienne ! Je vais l'écorcher à tel point que même un Bolton en pâlira !

- Père ! Tout va bien ? Vous êtes blessé ?

- Ce n'est rien Alban, je m'occuperai de ça plus tard.

- Vous devriez peut-être allez vous faire soigner...

- Et la laisser s'échapper alors qu'elle est encore à portée de main ?!

Corwin se retourna vers le chaos qui régnait aux alentours. Il fouillait frénétiquement du regard la masse grouillante des gueux qui se battaient entre eux, dans l'espoir d'apercevoir son ennemie qu'il se savait capable de reconnaître entre mille. Caïn lui désigna l'endroit par où elle était partie, et le chevalier aux licornes eut tout juste le temps de la voir disparaître dans un espace praticable à travers la foule, directement dans une ruelle. Sans plus faire attention à sa blessure, il rallia ses hommes et se rua vers la foule pour la rejoindre sans tarder.

- Avec moi ! Elle va encore s'échapper, je ne le permettrais pas ! Taillez dans le lard de ceux qui veulent vous empêcher de passer !

Ce fut à coups d'épée qu'il se fraya un passage dans la foule qui se battait, son bras blessé pendant à son côté, saignant toujours. Il était aveugle et sourd à sa souffrance, seule comptait l'idée de remettre la main sur Barra et de la faire payer une fois pour toutes. La perspective des tourments qu'il allait lui infliger ne faisait que le galvaniser et l'aider à marcher plus vite encore. Nombre de gens s'écartaient de son passage et de celui de son escorte, simplement par peur en voyant son expression et la férocité de ses coups. Il se frayait un passage de manière certaine en direction de la ruelle où la braconnière avait disparu.

***

Raven avait profité de la confusion des combats pour fausser compagnie au groupe de son géniteur. Ce dernier n'ayant d'yeux que pour son ennemie, il ne l'avait même pas remarqué. Cette fois encore, le bâtard avait décidé d'aider la braconnière à s'en tirer, mais il n'avait pas vu d'occasion de le faire en plein milieu du combat. Il s'était donc posté en retrait jusqu'au moment où il l'avait vue frapper son père avant de prendre la fuite. En cet instant, il hésita. Avait-elle tué Corwin ? De là où il était, impossible de le savoir. Si c'était le cas, devait-il vraiment l'aider, ou alors venger son géniteur ? Où encore ne rien faire ? La situation l'insupportait néanmoins, et il disparut dans une ruelle proche avant que quiconque aie pu le voir faire.
Dans la petite ruelle puante, crasseuse et baignée dans l'ombre, il attendait. Lorsqu'il entendit des pas, il reconnut sans peine la voix de Barra. Une fois qu'il a sut assez proche, il s'avança en travers de sa route, sortant des ombres comme un diable. Sa tenue noire lui avait permis de se fondre dans l'obscurité de manière parfaite, comme s'il ne s'y trouvait pas. On voyait qu'il s'était battu, mais aucune goutte de sang n'avait éclaboussé ses vêtements, ni le sien, ni celui d'adversaires. Se refusant à tuer des innocents qui n'étaient pour rien dans le conflit qui opposait son père et la braconnière, il s'était contenté de se défendre de ceux qui l'attaquaient, et d'assommer ses adversaires du pommeau de son épée. Une attitude que beaucoup qualifieraient de noble...

En le voyant, Barra s'arrêta. Il lut la méfiance dans son regard tandis qu'ils se dévisageaient tous deux. Les années étaient passées, mais impossible pour eux de ne pas se reconnaître. Elle avait crié son nom lorsqu'il était apparu, preuve qu'elle l'avait reconnu d'emblée. Il avait cependant encore pris en stature, en muscle et en force depuis ces quatre dernières années. Lors de leur précédente rencontre, il était un chevalier tout juste adoubé, alors qu'à présent, il avait déjà des années d'expérience. Il était heureux de voir qu'elle se portait plutôt bien, en dépit de la blessure qu'elle avait à la joue et qui saignait. Il n'aurait su dire pourquoi cela lui importait tant. Peut-être parce qu'il la considérait comme quelqu'un de bien à sa façon. Elle aidait les autres dans la mesure de ses moyens, et c'était ce qu'il s'efforçait de faire lui-même.
Il ne broncha pas alors qu'elle s'approchait de lui avec prudence, devançant son compagnon, que Raven ne connaissait pas. Il ne pouvait pas la blâmer, même s'il avait cru qu'elle lui ferait un minimum confiance après les risques qu'il avait pris pour elle quatre ans plus tôt. Il la devinait prête à faire usage d'une arme s'il tentait de s'en prendre à eux. Le seul fait qu'il soit venu à eux seuls témoignait de sa bonne volonté... Mais qui leur disait que des hommes d'Amberly n'étaient pas cachés dans l'ombre de la ruelle d'où il avait surgi, attendant que les deux fuyards baissent leur garde ? Après que Barra eut parlé, le bâtard secoua la tête, avant de répondre.


- Je ne suis pas venu ici pour te nuire, mais pour t'aider à t'échapper. Mon père a énormément de gens sous ses ordres, et ça grouille comme une fourmilière tout autour du quartier, pour te mettre la main dessus. Nous n'avons pas beaucoup de temps avant que quelqu'un vienne par ici, ça m'étonnerait que personne ne vous ait suivis.

Il s'approcha en jetant un regard autour de lui, afin d'être certain que personne ne les avait encore trouvés. Une fois de plus, il jouait sa vie pour elle... Peut-être était-il trop chevaleresque en fin de compte. Il fit signe aux deux fuyards de le suivre, et il les conduisit un peu plus loin jusqu'à une ruelle étriquée et obscure, qui devait être un coupe gorge en temps réel, mais qui était désert en raison de la situation actuelle. L'agitation avait attiré tout le monde...
Il pouvait sans crainte les envoyer par là. Il avait la chance de savoir où étaient disposés les hommes d'Amberly et ceux recrutés par l'argent de son père. Bien sûr, il n'y avait aucune garantie que personne ne les trouve, mais il y avait vraiment peu de chance qu'ils tombent sur quelqu'un, et encore moins sur un groupe important. Le bâtard pressa ses compagnons pour qu'ils prennent la fuite au plus vite.


- Vous ne devriez rencontrer personne dans cette ruelle. Il y a des hommes à la solde de mon père tout autour, dans la plupart des issues, mais celle-ci a été négligée en raison de sa dangerosité habituelle. Ils ont simplement négligé l'influence de l'émeute, qui a fait sortir tous les rats de leur trou... On ne peut pas faire plus déserte à l'heure actuelle. Je ne te garantis pas que personne n'aura l'idée de venir y fureter, mais c'est ta plus grande chance, et peu d'hommes pourrait s'y aventurer en raison de son étroitesse. Si tu files vite et discrètement... Tu sais ce que tu dois faire. Le mieux est de disparaître quelques temps et de rester discrète. Port-Réal se prête bien à cela, la ville est vaste et pleine de cachettes. Les Manteaux d'Or ne vont certainement pas apprécier. File maintenant, je vais faire diversion pour vous couvrir et envoyer vos poursuivants dans une fausse direction. Que les Sept vous gardent tous deux.

Ses adieux ne furent pas bien longs, car la situation ne s'y prêtait guère. Le temps pressait. Il s'éloigna sur un dernier regard pour se rapprocher à nouveau du tumulte de l'émeute, et pour intercepter ceux qui pourraient courir après les fuyards. Il ne lui restait plus qu'à parfaire sa diversion...

***

Lorsque la foule s'écarta pour lui livrer le passage sur la ruelle où Barra avait disparu, Corwin se sentit exulter. Il savait qu'il n'était pas encore près de se trouver sur les talons de la braconnière, mais maintenant plus rien ne l'empêchait d'avancer. Et les hommes qu'il avait engagés ne manqueraient pas de refermer la mâchoire d'acier du piège sur l'impertinente durant sa fuite. Ses hommes et Alban le talonnaient de près. En dépit de sa blessure, il fonçait comme un taureau furieux. Sa marche forcée fut cependant arrêtée par l'irruption de Raven, face à eux. Du rang coulait sur son visage depuis son cuir chevelu, en quantité impressionnante.

- Raven ?

- Père ! Les fuyards viennent de me fausser compagnie, je n'ai pas pu les arrêter mais je sais où ils sont partis.

- Ce sont eux qui t'ont fait ça ?

- L'homme qui était avec Barra, oui.

Corwin jeta un regard à son bâtard. La blessure n'était pas grave, mais comme toutes celles qui touchaient la tête, elle saignait beaucoup. C'était plus impressionnant que réellement dangereux. Il lâcha un grognement, puis le pressa de parler.

- Tu seras vengé pour ça, ne t'en fais pas. Ca, et ma main, ils vont le payer. Et tout le reste aussi... Par où sont-ils passés ?

- Par là, suivez-moi. Ils ne doivent pas être loin. »

Raven entraîna tout le groupe vers une autre ruelle, à l'opposé de celle où il avait envoyé les fuyards. Tout le monde l'ignorait évidemment. La poursuite dans laquelle ils se lancèrent pour donner le change fut inutile, car ils poursuivaient des chimères. La hargne du chevalier aux licornes ne faisait que s'amplifier alors qu'il sentait ses proies lui échapper encore, alors qu'il était si près du but. Après un bon moment de traque sans succès, ils finirent par abandonner en voyant de loin des Manteaux d'Or se précipiter dans la zone où ils avaient déclenché une émeute. Pour plus de sécurité, Corwin décida de laisser tomber pour aller se reposer et soigner leurs blessures. Un soin tout particulier fut donné à sa main, qui écopa de quelques points de suture, mais heureusement aucune complication ne se manifesta. Seule la rage qu'il avait au cœur resta inentamée.


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Aslak
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Message Mer 7 Nov 2012 - 21:45

Finalement BArra avait décidé de ne pas en faire qu'à sa tête et de l'écouter. Ce n'était pas plus mal car au vu de la haine qui était plus que palpable entre Corwin et Barra, il était persuadé que tout ceci ne se serait fini que si Corwin était mort - et ça avait l'air mal barré - ou si Barra était capturée - et ça il y avait plus de chance et ce n'était pas pour lui plaire - donc il avait dû s'en mêler rapidement afin de mettre un terme à tout ceci. Heureusement qu'elle l'avait écouté car désormais, ils avaient réussi à se faufiler dans la masse et à parvenir à sortir de tout ça dans le but de pouvoir regagner l'entrée de Culpucier. Bien sûr, tout n'était pas encore joué. Il leur restait pas mal de mètres à parcourir pour rejoindre le destrier. De plus, ils étaient tous deux blessés et ce n'était pas dit que si un assaut venait à se présenter à eux, ils arriveraient encore à y réchapper. Du moins à deux. Or, malgré son instinct de survie développé, il n'était pas question qu'il abandonne Barra. Sa dette envers elle était bien trop grande pour qu'il la laisse mourir. Et puis nier qu'il avait eu de l'affection pour la petite gamine qu'elle avait été à l'époque serait mentir, et ça jouait forcément sur son instinct de protection à son égard même si maintenant elle avait grandi et était devenue une femme. Quelque part ça en rajoutait à ses actes. Les femmes se devaient d'être protégées. Après tout c'était bien ce qu'il faisait maintenant depuis des années : voler au secours des jeunes donzelles. Et il continuerait à le faire tant que la mort ne s'était pas emparée de lui. Bon il devait reconnaître que pour l'instant c'était encore bancal quant à leur réussite. Mais il n'avait pas encore perdu espoir, loin de là ! De plus ils étaient encore aidés par des gens du quartier, c'était leur chance et ils se faufilèrent dans une ruelle qui semblait être dépeuplée. Leur cavale ne s'arrêta pas pour autant. Il ne s'était pas arrêté de courir depuis qu'il avait embarqué Barra et il ne comptait pas le faire à moins d'y être obligé. Et cette obligation sembla arriver bien plus tôt que ce qu'il n'avait espéré...

Au coin de la rue en question se trouva un homme que Barra sembla connaître et qui apparemment l'avait aidé auparavant d'après ce qu'il pouvait comprendre de ses dires. Essoufflé, il jeta régulièrement des coups d'oeil derrière eux. Il ne savait pas trop ce qu'il devait faire face à cet homme qui semblait seul et qui n'avait pas l'air de vouloir s'en prendre à eux... Mais bon après tout ce qu'ils venaient de vivre, il valait mieux ne pas se fier aux apparences. Aussi quand BArra s'avança, il la regarda la lance à la main s'attendant à un geste de quelque part qui pourrait la mettre en danger. Mais finalement ça ne vint jamais et l'homme en question - qui apparemment était le fils de Corwin, ce qui rendit encore plus ses paroles surprenantes - avoua qu'il n'était pas là pour leur faire du mal mais mieux encore qu'il comptait les aider. Ca le dépassait un peu il devait le reconnaître... Pourquoi le fils de Corwin serait de leur côté? C'était un piège ? Etonnamment ça n'en avait pas l'air... Mais il resterait tout de même sur ses gardes. En tout cas, selon les dires de cet homme, ils devaient tout deux se dépêcher et continuer dans la ruelle en question qui n'était pas aussi surveillée que le reste. Tant mieux, il commençait sincèrement à se sentir l'envie de se terrer tranquillement quelque part et de ne plus bouger. Ces combats et ces courses poursuites ce n'était pas pour lui. Il poussa donc un peu Barra pour la faire avancer.

"Allez, faisons ce qu'il dit, partons."

Il reprit son poignet pour l'obliger à le suivre de nouveau et après un signe de salut à cet homme et un "merci", il se remit à courir vers ce qui devait être la sortie. En réalité ça l'était, il connaissait assez le quartier et sa géographie pour savoir où ils se trouvaient. Mais il restait sur ses gardes de voir apparaître des complications en cours de route. Après tout, il ne pouvait pas faire confiance à cent pour cent à quelqu'un du même sang que Corwin. Néanmoins, il devait reconnaître qu'une sorte de sincérité avait émanée de ce garçon. Peut-être devait-il simplement lui faire confiance ? Etre aussi confiant ne llui semblait pas si aisé cependant, il devait reconnaître qu'il ne rencontrait plus aucune réelle difficulté en chemin. Mieux encore, il commençait à force de courir à apercevoir les limites du quartier et par conséquent son entrée. Se retournant pour observer derrière eux, il ne semblait pas non plus y avoir de poursuivants. Seraient-ils finalement chanceux ? Pour sa part, il devait dire que ce n'était pas inhabituel d'avoir de la chance. Mais vu comment tout ceci s'était déroulé, il n'y croyait pas forcément. Regardant Barra, il lui adressa un sourire.

"On arrive à la frontière. J'ai mon cheval qui m'attend, on va pouvoir se tirer."

Ils mirent encore quelques longues minutes de courses avant d'arriver finalement à l'endroit dont il avait parlé puis la dirigeant ensuite vers l'animal qui se trouvait plus loin, en essayant de paraitre naturel - remettant sa lance dans son dos et intimant à Barra de se débarrasser de son arme également - car maintenant d'autres personnes se trouvaient autour d'eux. Des gens de Port-Réal qui n'avaient pas la moindre idée de tout ce qu'il venait de se passer. Il poussa Barra dans un coin un peu plus sombre lorsque des Manteaux d'Or passèrent rapidement près d'eux. Vu leur état ils n'étaient pas très frais et en étant blessés, on pouvait les suspecter d'avoir participé au remue ménage de Culpucier. Ce qui n'était au fond pas vraiment faux. Ils reprirent alors leur chemin et s'approchèrent du destrier qu'il flatta doucement avant de décrocher ses rennes pour le libérer de l'endroit où il l'avait accroché. Il aida Barra à monter dessus avant d'en faire de même derrière elle, puis sans chercher à s'éterniser plus longtemps, il fit cavaler la bête afin de s'éclipser de tout ce merdier. Après quelques minutes de chevauchée, il se permit de soupirer un peu et de reprendre la parole.

"Et bien... Tu m'as entraînée dans une sacrée histoire dis donc ! Tu es devenue encore plus intrépide que lorsque tu étais gamine."

son sourire indiquait qu'il ne lui en voulait pas du tout. CE n'était pas son genre de toute façon et maintenant qu'ils s'en étaient sortis vivant, il n'avait aucune raison de lui reprocher quoi que ce soit. Il espérait que Corin aurait des soucis mais connaissant l'asticot, il allait sûrement encore réussir à réchapper à tout ça aussi sans grand dommages à part la blessure que Barra lui avait infligée. Mais ce n'était que justice après la meurtrissure de sa joue.

"Ecoute, je crois que j'ai une idée d'où aller pour se cacher, mais faut qu'on fasse discret. Je pourrai correctement te soigner là bas et tu pourras te reposer."

Il ne comptait pas lui avouer tout de suite qu'ils se rendaient au fief des Mallery, son frère donc, et qu'en plus il était quand même Commandant des Dents de freux. De là à dire que c'était l'endroit le plus discret il n'en savait rien mais au moins on ne viendrait jamais les chercher là bas, et c'était au fond le principal. Il la ferait entrer discrètement ou du moins grâce à un stratagème qu'il établirait au moment de leur arrivée. Barra n'était quand même pas dans un super état et des soins ainsi que du repos, sans compter une bonne nutrition ne serait pas trop demandé. En plus, si ça se faisait, Alrik ne serait sûrement pas là, il passait beaucoup de temps au Donjon Rouge. Et si jamais Yevanna venait à apprendre tout ça, elle serait sûrement davantage de son côté en sachant qu'il faisait tout ceci pour protéger Barra. Donc c'était parfait. De puis, depuis le temps qu'ils ne s'étaient pas vus, ils auraient pas mal de choses à se raconter. Mais une chose à la fois. D'abord atteindre le fief.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
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Message Jeu 8 Nov 2012 - 15:15

Barra n’était pas grande causeuse, du moins jamais dans le feu de l’action. Elle écouta ce que Raven avait à dire en se contentant de hocher la tête. La douleur sourde dans sa joue lui aurait de toute façon ôté l’envie de s’épancher si elle l’avait voulu. Suivant son allié inattendu, elle déchira un morceau de sa robe et s’en servit pour éponger en grimaçant le sang qui continuait à suinter de sa blessure. Il fallait soigner ça au plus vite. Les pulsations de douleur remontaient jusqu’à ses yeux et lui donnaient des fourmis dans les gencives.

Le Corbeau d’Amberly, comme on l’appelait, les guida vers une ruelle peu engageante. Le corbeau, dans les vieux contes, c’était souvent un guide vers l’autre monde. Pour Barra ce corbeau-là jouait le rôle opposé : Raven semblait toujours là pour la ramener sur la berge des vivants, quand Corwin l’entraînait au fin fond des sept enfers... Elle lui serra l’épaule avec gratitude. . « J’te fais confiance, corbac. » Dans sa bouche ce mot se teintait de sympathie et de complicité, non de mépris. . « Ma dette envers toi ne fait que grandir. J’espère bien avoir l’occasion de la payer un d’ces quatre. Que les dieux te bénissent, les anciens comme les nouveaux et ceux encore à v’nir. » Elle planta son regard dans le sien et opina du menton en signe d’adieu. . « Merci, encore une fois. »

Puis elle s’engouffra dans la ruelle aux côtés d’Aslak, qui avait tendance à jouer auprès d’elle un rôle de garde du corps qu’elle n’était pourtant pas disposée à lui concéder. Si elle acceptait volontiers son aide, elle ne voulait pas de sa protection. Personne l’avait jamais protégée et elle entendait bien continuer à se défendre par elle-même sans se mettre en retrait.« Tu peux lâcher mon poignet, tu sais, je me bats mieux avec deux mains » dit-elle en se dégageant doucement avant de se placer à son niveau. Elle avança alors avec lui dans le coupe-gorge tout en surveillant les alentours, mais ses sens alertes ne décelaient aucun traquenard. Ils accélérèrent le pas et arrivèrent bientôt dans un secteur moins misérable qu’Aslak reconnaissait comme la limite de Culpucier. Il y avait des passants par ici et Barra veillait à maintenir contre sa joue son chiffon improvisé pour masquer l’ampleur des dégâts. Elle devait avoir l’air d’une sinistre vagabonde, et les gens s’écartaient de son chemin d’un air méfiant. Lorsqu’Aslak la poussa dans un coin sombre à la vue d’une patrouille de Manteaux d’Or, elle réalisa que les gardes n’étaient pas eux-mêmes dans un état reluisant – difficile de réprimer pareille émeute sans effusion de sang... C’est moi qui ai provoqué tout ça. Moi… et Corwin. Elle ne savait trop quoi penser. Elle n’aimait pas l’idée du sang versé mais elle avait le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait et elle était fière d’avoir attisé la fierté bafouée des gueux de Culpucier.

En fin de compte, ils purent atteindre sans être inquiétés le cheval qu’Aslak avait laissé dans les parages. Barra s’accrocha maladroitement à son complice et un trot bienvenu les éloigna de Culpucier où les clameurs retombaient peu à peu.

Elle n’était pas tranquille. Elle s’attendait encore à voir surgir Corwin à tous les coins de rue, tous les croisements, comme il avait surgi à l’auberge au milieu du mariage, brisant sa joie et ce paisible sentiment de liberté qu’elle avait si difficilement acquis en quatre ans de cavale. Après cette ultime épreuve, elle ne croyait plus à la paix. Elle était aussi sûre d’être toujours sur la brèche que de voir le soleil se lever à l’est. Elle devrait en prendre son parti. Elle devrait apprendre à mieux se cacher. Se doter de routines qui la protégeraient, comme elle semait les pièges autour de son camp. Il serait temps d’y penser plus tard, si elle s’en sortait pour de bon…

Alors que la menace semblait s’écarter, Aslak constata qu’elle était devenue plus intrépide encore qu’en ses vertes années. Sa bonne humeur la fit sourire, puis grimacer à cause de sa joue. Elle bloqua un instant sa respiration pour contenir la douleur et s’empêcher de gémir. « Dit comme ça, c’est plutôt flatteur. Certains me traiteraient plutôt de tête brûlée. Mais… c’est pas tout à fait ça. J’m’accroche à la vie comme une teigne. Et à mes principes comme une tique. Sûrement que ça me donne les tripes de faire ce que j’ai à faire. Mais j’suis pas sûre qu’ça soit une qualité. Tu sais, ça a tué mon père. » Elle ferma les yeux un instant. « J’suis comme ça, c’est tout. Merci de le prendre à la rigolade … j’comprendrais que tu veuilles m’arracher les yeux pour t’avoir traîné dans ce guêpier. Tu m’as aidé spontanément, et au péril de ta vie. J’connais pas beaucoup de gens par ici qui en feraient autant. »

Elle serra ses doigts sur les bras d’Aslak et se tut. Elle aurait peut-être été plus loquace si elle avait bu, mais pour l’heure elle était on ne peut plus sobre et manquait cruellement d’éloquence pour exprimer ce qu’elle ressentait. Elle était touchée par ce qu’il avait fait. C’était un sentiment apaisant au milieu du tumulte qui l’agitait. Peu à peu la peur et la colère se taisaient, se repliaient dans leur tanière.

« Alors, où allons-nous ? » s’enquit-elle en jetant un coup d’œil aux environs. Elle avait l’impression qu’ils se dirigeaient vers la Porte des Dieux.


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Message Dim 11 Nov 2012 - 13:42

Comment pourrait-il en vouloir à Barra de l'avoir entraîné dans cette histoire ? Effectivement elle avait vu juste, ses propos comme quoi elle était intrépide était en réalité un compliment. Il aurait pu dire qu'elle était une tête brûlée aussi, ce serait resté quand même un point positif, mais finalement elle avait un gros point commun avec lui et c'est ce qui faisait qu'au fond ils étaient fait pour s'entendre : ils s'accrochaient désespérément tout deux à la vie. Aslak aussi faisait tout ce qui était en son pouvoir pour rester en vie. C'était bien pour ça qu'il avait un sens de la fuite et de la survie très très développé. La seule différence par contre, c'est que lui n'avait aucun principe... Donc tout ce qui était honneur et tout le bazar, il n'en avait rien à faire. Donc oui il en voulait à Corwin, c'était un connard fini et il lui ferait sûrement payer un jour de l'avoir quasiment tué...mais sûrement pas avec autant de virulence que Barra. D'ailleurs, l'avoir sauvée et avoir fait échoué le plan de Corwin était déjà au final une bonne revanche en soi... Et il serait capable de s'en contenter. Il n'allait sûrement pas poursuivre leur assaillant pour juste obtenir réparation. Sinon il l'aurait fait il y a bien longtemps... Mais il ne l'avait pas fait et ne comptait toujours pas le faire. Il regarda Barra alors qu'elle parlait de son père qui était mort. Il l'avait connu aussi ce bon monsieur qui l'avait aidé également et à qui il devait beaucoup. Il ne savait pas du tout qu'il était décédé. Evidemment ça datait de pas mal d'années maintenant mais il n'aurait pas forcément pensé à une mort...un peu comme ses parents qu'il avait cru revoir en retournant sur les terres de la Couronne. Mais le temps agissait même s'il fuyait cette réflexion. Il se sentait aussi vigoureux qu'à l'époque et ça lui suffisait. Il ne connaissait de toute façon même pas réellement son âge. Cela faisait un moment qu'il ne le fêtait plus vraiment... et qu'il ne comptait par conséquent pas trop. Tout ça n'avait pas d'importance pour lui. Il n'avait pas pu s'empêcher de sourire au remerciement. Elle n'avait pas besoin de le faire au fond. Il sentait bien que ça lui tenait à coeur au vu des pressions sur ses bras.

"Tu sais bien que j'ai une dette envers toi. Tu m'as sauvé la vie avec ton père. Je suis désolé d'ailleurs d'apprendre qu'il n'est plus de ce monde... C'était un homme bien. Et puis t'en fais pas pour toute cette histoire, j'ai l'art de me foutre dans des situations pas possible. Et te concernant, j'allais pas te laisser crever comme ça par la faute de ce connard. La survie crois moi c'est mon fort... tout comme la fuite je dois dire."

Il ne put s'empêcher de rire. Ils étaient hors de danger donc plus besoin de paraître dramatique. Tout ça ne servait à rien. il n'était pas le genre de personne à se morfondre de toute façon... Si c'était le cas, il aurait de quoi se suicider vu le nombre d'aventures dramatiques qu'il avait vécues jusqu'à présent. Et puis lui rien ne pouvait le rendre plus heureux que d'être en vie. Ca suffisait à faire son bonheur. S'en sortir de tout ça, c'était vraiment de la chance et ça méritait d'être fêté. Il n'y avait rien à regretter, rien à revenir, juste avancer. Et il le faisait particulièrement bien de ne pas se soucier au passé pour se contenter de se jeter les bras ouverts du futur. Barra lui demanda du coup où il l'emmenait. Il n'avait donné que peu détails c'était vrai en expliquant qu'il avait une idée. Mais il préférait continuer à garder le silence sur les détails. Si elle lui disait en apprenant où il l'emmenait qu'elle ne voulait pas y venir, il ne savait pas où il pourrait aller pour la faire soigner. Et vu la blessure qui était assez hard, il préférait être dans un endroit qui était propre ! Ca ne servait à rien de l'emmener dans un endroit crade, niveau infection ce n'était pas terrible.

"Tu verras. Sache jusque que c'est où je crèche pour le moment et c'est assez luxueux je dois dire. Repose toi un peu, on en a encore pour un petit moment."

Ils chevauchèrent encore un long moment avant d'arriver au fief. Il n'était pas juste à côté après tout, il fallait un moment pour s'y rendre. Au loin commença à se dessiner la demeure au fur et à mesure qu'ils approchaient. Il sourit... Il était tant d'y arriver, ce ne serait pas plus mal qu'ils mangent un bout et que le cheval se repose également. Porter deux personnes sur de longues routes n'était pas la même chose qu'une seule. Il flatta d'ailleurs la crinière de la bête.

"On arrive courage. Toi aussi Barra, je vais bientôt pouvoir te soigner."

Ils s'approchèrent du fief et une fois entrés, il fit ralentir le cheval et observa un peu. Il n'avait pas trop envie qu'on le questionne trop ni même qu'on s'attarde trop sur leurs personnes. Et puis il espérait évidemment qu'Alrik ne soit pas là... En plus, autant lui n'était pas aussi ouvertement blessé que Barra, mais il avait quand même plusieurs coupures dans ses vêtements et du sang à certains endroits signe de quelques blessures et écorchures à divers endroits. Mais bon... Au pire l'information parviendrait à Alrik quand Barra serait partie et il trouverait bien une parade. Tout ce qui voulait, c'était son absence pour le moment. Il descendit de son destrier et aida Barra à en faire de même avant de prendre les rennes et de le ramener à sa place dans l'enclos en enlevant tout son attirail équestre qu'il posa sur la barrière n'ayant pas envie de faire plus pour le moment; Passant son bras autour de la taille de Barra, il s'avança.

"Viens..."

Bien évidemment on vint le trouver. Tout le petit personnel traînait toujours là quand il ne fallait pas. Ca avait été pareil la première fois qu'il avait débarqué chez Alrik.

"M'sieur ? Mais z'êtes blessé ?! Et cette dame ..."

"Ecoutez c'est une femme que j'ai croisé alors qu'elle se faisait attaquée... Alors je l'ai aidée comme j'ai pu et il fallait bien ensuite que je la ramène pour la soigner. On peut décemment pas laisser une femme seule et blessée.. Je suis sûr que vous comprenez ! Oh.. Et mon frère est là ? "

"non m'sieur."

"Bon alors prévenez moi quand il rentrera d'accord... Avant lui bien sûr ! Merci l'ami."

Il tapota l'épaule de l'homme avant de pousser un peu Barra pour la faire rapidement se rendre dans sa chambre. Il sentait que ça allait être un brin compliqué toute cette histoire. Mais bon... Maintenant qu'il était là avec elle, autant en profiter. La bonne nouvelle c'est qu'Alrik n'était pas là. Donc pour l'instant ils étaient tranquille. Tant qu'ils ne croisaient pas les deux autres femmes de la maison c'était parfait. C'était une conclusion inattendue en tout cas à tout cette histoire...


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You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
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[TERMINE] Règlement de comptes à Port-Réal [Aslak, Corwin Rogers]

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