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Une catastrophe peut, peut-être, avoir du bon[pv Garret]

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Message Jeu 5 Juil 2012 - 16:48

Bouleversée. Elle avait chaud, terriblement chaud alors même qu'elle était entièrement nue, penchée sur Catelyn qui ne répondait pas, qui ne bougerait jamais plus. Elle sentit un tissu sur ses épaules, sans doute un châle qu'une des filles lui a mis pour la protéger des regards. Mais elle se moquait de cela, elle se moquait qu'on la voit entièrement nue. Elle venait de perdre ce qui a toujours été sa vie. Elle s'agrippa à Catelyn, désirant la conserver en son coeur par cette dernière étreinte. Mais elle ne se rendait pas compte qu'il fallait sortir, qu'il ne servait plus à rien de s'attacher ainsi à un mort. Elle se sentit tiré en arrière et maintenue fermement par trois de celles qu'elle considérait comme ses soeurs. N'ayant plus la force de lutter, elle se laissa faire quand on lui enfila une robe légère et sa cape. Elle n'arrivait pas à se tenir totalement droite, le chagrin ayant été fulgurant. C'est donc accompagnée d'autres filles qu'elle sortit de la maison en ruine. La poussière qui engorgeait l'air, s'estompait à chaque pas qu'elle faisait au dehors. Elle ne remarqua pas tout de suite qu'une foule s'était assemblée tout autours de la maison. Des regards indiscrets en recherche de malheur. Le corps des personnes décédées ou blessées, étaient sortis par des hommes robustes qu'elle ne reconnut pas.

Elle avait toujours trouvé la maison close agréable à l'oeil. Dans ce paysage de maisonnée, elle n'altérait pas le paysage, se fondant dans celui-ci comme si l'activité qu'elle y exerçait était reconnue de tous. Alors que désormais, il ne s'agissait que d'un tas de décombres qui ne ressemblait plus à rien. A force de regarder cet amas qui avait été son lieu de vie et de travail, elle eu la nausée et s'écarta de la foule pour laisser son estomac exprimer son désarroi. En se penchant, elle ressentit une vive douleur dans le bas du dos, là où la poutre l'avait frappé, et elle se redressa en un éclair tant la douleur était fulgurante. Se tenant le dos, elle marcha doucement vers la foule, ne sachant à qui parler, à qui s'adresser, ou dormir cette nuit. Son client du soir n'avait pas demandé son reste et était vite parti. Elle n'était pas tombé sur un chevalier aimant les veuves et les orphelins. Cela n'existait que dans les chansons. La réalité était bien plus morne, elle en avait conscience depuis longtemps et les sept le lui rappelaient dès qu'ils en avaient l'occasion. Que comprendre de ce malheur? 

Elle n'en avait aucune idée. Elle se sentait vide, entièrement. Son coeur battait dans sa poitrine mais son souffle était court, comme si elle ne désirait plus respirer. Les larmes avaient tellement coulées que ses yeux étaient rouges et secs causant une brûlure qui n'était rien face à la désolation des lieux. Peu à peu l'agitation cessait, tout le monde avait été sorti des décombres, même le corps sans vie de Tanya, dont les bras molles retombaient de chaque côté de son corps inerte. Corps si jeune, esprit plein d'espoir. Tout s'est arrêté si soudainement qu'elle ne sait qu'en penser. Pourquoi les sept l'avaient prise alors qu'ils auraient pu se contenter d'elle. Pourquoi épargner sa vie et pas la sienne? Elle ne trouvait là aucune réponse à part le silence qui régnait dans la rue maintenant que le spectacle s'était éteint.

Elle devrait prier. C'est ce qu'une femme de bien ferait, prier. Mais elle n'en avait pas envie. Etait-elle à l'image de ce que pensaient d'elle les autres femmes ? Une femme de mauvaise vie ? Comme si elle avait eu le choix de faire son métier. Les femmes pensaient qu'on naissait prostituée. Mais elle était avant tout une femme, pour qui les débuts n'avaient pas été évidents, pour qui certains hommes étaient dur à regarder, dur à subir et pourtant elle était toujours là. Contrairement à toutes ces femmes, et ces quelques hommes morts sous l'effondrement. Si elle venait à tomber, personne ne mourrait, elle ne manquerait à personne. Au moins Catelyn avait su se faire apprécier d'elle et elle était convaincue que d'autres filles l'aimaient également comme leur mère. Mais elle, personne ne la pleurerait, à part peut-être Rey, même s'il ne disait mot, qu'il se montrait plutôt timide, à l'image de tous ces hommes qui n'exprimaient jamais ce qu'ils ressentaient vraiment.

Elle se laissa aller à même le sol, se sentant totalement impuissante face à la situation. Une des filles, soucieuse de sa sécurité pour les jours à venir, vint avec sa bourse, qu'elle avait du trouver dans les décombres. Elle la lui cingla autours de la taille tout en lui disant des mots encourageants. Maerie n'entendait pourtant pas, se sentant soudainement vide d'avoir tant pleuré. Elle n'avait pas même réussi à la remercier de son geste, il aurait été tellement plus simple de lui voler son argent. Mais peut-être comptaient-elles sur elle pour leur retrouver du travail ? Pacotille, Maerie savait qu'il était plus facile de se replacer seule, qu'à trois. Elle rangea l'argent de son dernier client dans la bourse, tout en essayant de réfléchir du meilleur endroit où dormir. Les badauds commençaient à s'en aller et ne restaient que quelques silhouettes. Elle remarqua que les filles restantes essayaient de marchander leur nuit auprès de potentiels clients. La chose ne sera pas facile, les hommes aiment les catins mais hors de chez eux. Mais elles s'acharnaient, tandis qu'elle réfléchissait. Déjà, elle se releva, restée assise ne servait à rien. Ah si, cela servait à épargner son dos qui protesta suite à son mouvement.

D'un pas lent, elle s'approcha du groupe de filles. Ce qu'elle entendit, confirma ce qu'elle avait pensé. Pour sa part, elle comptait aller sur les quais. Dormir au bord de l'eau, voilà qui lui ferait du bien. De l'air, juste de l'air, elle se sentait étouffée en restant ici. C'est donc l'esprit ailleurs, qu'elle commença à marcher, délaissant les ruines de ce qui fut sa maison. Il n'était pas si difficile que cela de ne plus penser. Le choc et la fatigue aidaient à ça. Elle aurait peut-être du avoir peur, mais elle n'y arrivait pas. La mort de Catelyn était comme la mort de son propre cœur.
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Message Jeu 5 Juil 2012 - 18:15

Garret Gisel était dans son atelier, le marteau se levait et retombait inlassablement sur la pièce d'acier qui, peu à peu, prenait la forme voulut par l'armurier. Le corps couvert de sueur, les muscles bandés il faisait ce pour quoi il était né, il créait. Le bruit des chocs répétés l'avait plongé dans une sorte de transe paisible dont il sortit à l'arrivée de Lilo z'yeux vifs.

_Garret, Garret ! Bon dieu tu as entendu la nouvelle ?

Le jeune homme soupira, prit ses pinces et plongea l'acier dans l'eau froide qui se mit instantanément à fumer. Une épaulière de plus pour l'armure complète dont il s'occupait depuis quelques jours. Se passant un bras sur le visage pour en retirer la sueur, il rangea son matériel et sortit de l'atelier. Lilo l'attendait au milieu de la pièce ne sachant trop que faire, on voyait bien qu'il avait envie de parler mais que quelque chose le retenait. Garret désigna une bassine d'eau en retirant son tablier, son associé la lui apporta et il se rinça le visage. Le contact de l'eau froide sur sa peau lui hérissa le poil. C'était bon, mais c'était froid.

_Qu'y a t-il donc ?

_C'est le bordel, Garret. Il s'est écroulé.

_Des bordels s'écroulent et se montent chaque mois à Port Réal, et de toute manière je ne vais pas dans les bordels. Tu en trouveras un autre. Maintenant que tu a pris l'habitude de te laver...

_Non Garret, tu comprends pas, le bordel qui s'est effondré. C'est "La jouvencelle Fringante" !


D'un bond Garret se redressa. Sans un mot il se saisit d'un manteau, l'enfila par dessus une mince chemise de lin et sortit. Passant devant le comptoir il ordonna à Lilo de veiller sur l'échoppe, puis il partit en courant en direction du coeur de la ville.

Alors qu'il courait sur les pavés, il se mit à pleuvoir, plusieurs fois il bouscula des hommes qui se tenaient sur son chemin. Sans même se retourner ou ralentir, il continua d'avancer. L'eau était froide et elle tambourinait sur sa capuche mais il était sourd à l'agitation qui l'entourait. Était elle saine et sauve ? Blessée ? Ou pire ? Il accéléra encore.

En effet le bordel s'était effondré. Un attroupement de badauds et de manteaux d'or observait l'immense tas de décombres tandis que d'autres enlevaient les corps et les blessés. Le bordel n'avait jamais été très luxueux, la preuve en était son effondrement, toutefois le voir dans cet état mit un petit coup au coeur de Garret, il se souvint de ses journées passée à jouer devant l'établissement avec elle. Maerie. Un groupe de putains se tenait près des gravats et parlait à voix basse, il s'approcha d'elle et en saisit une par l'épaule. Elles se retournèrent d'un bloc vers lui. Il se sentit idiot, qu'allait il bien pouvoir leur dire ? Il résolut d'être franc et direct.


_Excusez moi, auriez vous vu une dénommée Maerie ?

Les femmes échangèrent un long regard attristé et Garret se mit à craindre le pire, puis une blonde s'approcha de lui et répondit.

_Ouais, elle est partit vers le port. personne sait où dormir alors elle a dit qu'elle allait dormir près de l'eau. Moi je lui ai dit de pas faire ça, j'lui ai dit que les marins c'étaient des violeurs, mais elle écoute pas. Puis la patronne est morte alors elle l'a dure tu vois ? Mais si tu cherches du plaisir je peut sans doute convenir mon mignon.

Au port ? Il l'avait donc croisée ? Sans la voir ? Bon sang, il se retourna et repartit au pas de course. Au bout de quelques pas il glissa sur les pavés mouillés et tomba sur un genoux. Un manteau d'or le regarda d'un air méprisant, il portait, avec un collègue, le cadavre d'une dame que Garret reconnu comme la tenancière. Le crâne à moitié aplatit on aurait juré que le bordel s'était abattu tout entier sur la pauvre femme.

_Dégage de là, saloperie d'ivrogne, on a pas que ça a foutre ici.

Alors que Garret se remettait en marche, plus doucement cette fois, il entendit les deux hommes jurer, où allait il bien dépenser leur paye maintenant ? Que les sept aillent se faire voir chez les Dorniens.

Il marchait sous la pluie depuis une heure maintenant, il était revenu sur le port et le parcourait en long et en large depuis. Son manteau de laine était trempé et pesait lourd sur ses épaules. Quelques marins voulurent bien répondre à ses questions, mais personne ne semblait avoir vu passer la jeune femme. De dépit il s'arrêta un instant et s'assit sur le bord des quais. Il ne fallut pas longtemps pour qu'un souvenir du passé resurgisse à sa mémoire.

Maerie et lui avaient passé de nombreuses nuits blanches à parler de ce qu'ils feraient après avoir quitté la ville ensemble. Alors ils s'asseyaient près des quais et observaient les vagues en soupirant. Deux enfants marqués par une vie de mendicité et de vol.

Il la trouva précisément à l'endroit où ils avaient coutume de se retrouver autrefois. Il s'approcha d'elle sans un bruit mais quand il vit son visage et l'expression vide qui régnait dans ses yeux il comprit qu'il aurait tout aussi bien pu arriver avec une armée, sa réaction, ou plutôt son absence de réaction aurait été identique. Alors sans un commentaire il retira son manteau et le passa autour des épaules de la jeune femme, puis il s'assit à côté d'elle et lui prit la main.


_J'ai appris pour l'accident. Je suis désolé. Je vais rester avec toi ici jusqu'à ce que tu te sentes prête à bouger.
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Message Sam 14 Juil 2012 - 16:45

L'esprit vide, c'était son corps qui prit le rennes de son avenir immédiat. Ses pieds s'avançaient, l'un après l'autre, comme appelé par un aimant qu'ils désiraient ardemment rejoindre. Ses yeux ne voyaient pas, préférant la vision des ombres plutôt que tout souvenir trop distinct. Ses mains, serrées sur ses bras comme pour se protéger d'un ennemi imaginaire, ne savaient plus se desserrer, laissant ses bras croiser autours de sa taille tandis qu'elle avait toute confiance en les sept. Elle était une silhouette parmi d'autres, échappant peu à peu au souffle de la ville, venant respirer l'air marin tandis que ses larmes séchaient sur ses joues enfiévrées. A peine ressentit-elle la pluie quand elle commença à tomber drue depuis le ciel.

Un souvenir lui revint alors en mémoire. Elle arrêta de marcher, tant ses pensées avaient été vides jusqu'à présent. La pluie amenait bien souvent des émotions qu'on pensait oubliées, des pensées auxquelles la situation présente n'était pas des plus chaleureuse pour les recevoir. Peu lui importait d'être trempée, ce qui comptait était cette image, vivace, qui lui revint en tête. Comme un automate, elle se précipita vers cet endroit, empruntant un chemin où elle ne pouvait mettre qu'un pied après l'autre au risque de tomber dans la mer. Bien vite, elle arriva sur une place plus large, enfoncée dans la pierre, une sorte d'excavation qui lui permit d'être à l'abri de la pluie. Elle s'y installa à même le sol, ses bras fermement maintenu autours de sa poitrine afin d'avoir le plus chaud possible. Au moins, aucun marin ne viendrait la déranger dans un tel endroit.

Rassurée, elle pensa à Garret. C'était avec lui qu'elle venait se réfugier ici. Le nombre de fois qu'elle lui avait demandé de la rejoindre ici était tellement élevé qu'elle n'osait émettre le chiffre exact. C'était stupide de penser à cela dans un moment pareil. Ou bien cela signifiait plus qu'elle ne pouvait le penser ? Dans une autre vie, elle aurait donné sa vie pour cet homme qui s'était toujours montré attentionné envers elle. Jamais un autre homme ne semblait aussi respectueux alors même qu'il connaissait son métier. Mais elle était une prostituée, et même si elle lui en voulait d'avoir passé la soirée avec la fille de son maitre forgeron, elle le comprenait aussi, même si elle ne le lui disait jamais. Finalement, il ne l'avait pas épousé comme elle l'avait pensé à l'époque...Mais elle savait que tôt ou tard, il voguerait vers de nouveaux horizons, sentimentaux ou autres, et que cela serait sans elle. Ils n'étaient plus les gamins qu'ils avaient été. Ils était devenus adultes, chacun excellant dans son métier, bien qu'en ce qui le concerne il aurait une vie bien plus seyante.

Au moins penser à lui quelques instants allégeait son cœur. Mais rapidement, elle ne pu réprimer un nouveau flot de larmes qui se fraya un chemin à travers ses paupières closes. La fatigue aidant, elle se doutait qu'elle dormirait sans s'en rendre compte. Mais cela était sans compter la venue de celui à qui elle venait de penser. Elle leva la tête plus par automatisme que par réelle envie. Se pouvait-il qu'il s'inquiète pour elle ? Qu'il l'ai recherché ? Il déposa son manteau lourd de la pluie accumulée sur ses épaules sans qu'elle ne prononce un seul mot. De son côté, il s'installa auprès d'elle tout en prenant la parole. Il avait la voix douce. Il l'avait toujours eu envers elle. Elle avait toujours aimé pensé que quelque chose de particulier existait entre eux, même si seules les disputes avaient l'habitude d'éclater entre eux. Ses yeux arpentèrent le visage de Garret. Il l'avait émacié, viril, mais avec un regard d'une sensibilité à laquelle elle aimait croire. Le geste qu'il commettait ce soir avec elle n'allait pas disparaître de si tôt de ses pensées.

Difficilement, elle prit la parole, comme se parlant à elle-même à haute voix :

- Elle est morte. C'était tellement subit...Je n'ai pas pu lui dire à quel point je suis redevable.

Ses yeux étaient délavés tant les larmes les inondaient dès qu'elles le pouvaient. Elle n'avait pas besoin auprès de lui de préciser qu'elle parlait de Catelyn. Il la connaissait assez pour savoir qu'elle y tenait comme à sa propre mère.

- Personne n'a rien vu venir. Le plafond s'est écroulé, Tanya est morte.

Sa voix se coinça dans sa gorge tandis que son regard semblait regarder au delà de Garret. Mûe par sa souffrance, elle vint se blottir contre l'épaule du forgeron sans lui laisser le moindre choix. Il sentait l'humidité mais il avait toujours cette odeur propre au forge, une odeur d'acier et de feu. Maerie resta blottie contre lui un instant, avant de lever ses prunelles bleues sur lui et de demander innocemment :

- Où veux-tu que j'aille maintenant ? Tout est détruit.
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Message Ven 20 Juil 2012 - 20:36

Maerie avait posé sa tête larmoyante sur l'épaule de Garret. Son contact réveilla des souvenirs oubliés d'enfants progressant dans les quartiers pauvres, puis il éveilla le désir. Garret n'y fit pas attention et décida de se lever. Attardant son regard sur le visage de celle qu'il avait secrètement aimé toute sa jeunesse, il lui tendit la main. Elle avait encore l'air sous le choc et personne ne lui en aurait voulu. Après un tel accident...

_Viens, tu peux dormir chez moi le temps qu'il faudra. Le quotidien est un peu bruyant à cause de mon travail, mais tu t'y feras vite. Je n'ai qu'un lit mai sil est grand, ou alors je dormirais par terre

L'eau continuait de tomber et Garret craignait que son amie ne tombe malade. Après la chaleur des flammes et la sueur de la fuite, un coup de froid pouvait vite arriver. Et Port-Réal n'était pas le meilleur endroit pour tomber malade, les vieux mestres séniles soignaient les seigneurs avec sangsues et saignées, ce qui, au final, affaiblissait les pauvres diables. Alors pour un rustre, un roturier... Il s'avança vers elle, la saisit dans ses bras et la souleva du sol avec douceur. Ne voulant pas la brusquer, une fois debout, il continua de contempler le large. Une petite tempête approchait et la mer devenait de plus en plus houleuse à l'horizon. Bientôt, voyager sur les quais deviendrait dangereux. A chaque saison on dénombrait le nombre d'hommes, femmes et enfants morts sur les quais, fracassés par une vague, emporté par une autre. On ne retrouvait pas la moitié d'entre eux qui rejoignaient le dieu noyé comme aimait à le dire les fers-né.

La rue pavée menant le long des bateaux commençait à devenir rudement glissante et le vent n'arrangeait rien, parfois si puissant qu'il déstabilisait Garret. Quelques marins continuaient à travailler dans le port, mais tous avaient desertés les gréments, ne voulant pas risquer une chute mortelle tout en étant à quai. Ils avancèrent tout deux jusqu'à l'armurerie du chat noir. La porte en était fermée. Garret frappe au battant plusieurs fois avant que osn acolyte ne vienne lui ouvrir. "Lilo z'yeux vifs" s'écarta pour les laisser entrer. En l'absence de l'armurier, l'ancien bandit n'avait pas chaumé. Il avait allumé une cheminée et dressé de quoi boire. Un pichet de cidre et quelques biscuit de blé attendaient près d'un autre pichet de l'ait tiède. Un verre déjà utilisé indiquait que l'homme avait commencé sans son ami mais Garret ne s'en formalisa pas, il fut plutôt heureux de retrouver la chaleur de son foyer et celui des flammes. Il réalisa soudain que lorsqu'il partirait par la mer, un jour, afin de faire le tour du monde, les flammes lui manqueraient énormément. Il se retourna en frissonant vers Maerie. Son propre manteau semblait avoir protégé la jeune femme tandis que sa chemise en lin à lui était trempée et collait à sa peau. Lilo dut sentir l'état de la jeune fille car il désigna le cidre et prit quelques gâteaux avant de s'éclipser discrètement. L'armurier savait que l'homme reviendrait demain, porteur d'un milier de questions sur ce qui c'était passé. Mais pas ce soir, et pas devant Maerie.

Le jeune armurier tira une chaise pour son amie et lui servit un peu de lait chaud dans un gobelet près duquel il déposa quelques biscuits.


_Tu dois boire quelque chose de chaud, et manger un peu. Sinon tu tomberas malade. Je vais t'enlever ça.

S'approchant, il retira le manteau trempé des épaules de la putain et alla l'étendre sur un crochet de bois prévu à cet effet. Les habits de la fille étaient au moins aussi trempés que les siens. Bien que la chaleur du feu les réchauffent, il alla chercher une couverture de laine ainsi qu'une serviette dont il se servait pour s'essuyer d ela sueur de la journée. Par chance cette dernière était propre car il n'avait pas eu l'occasion de l'utiliser aujourd'hui. Il tendit les deux à son amie.

_Tu dois aussi te sécher et te changer. Mets toi sous cette couverture, je vais voir si j'ai des vêtements pour toi... Ne t'en fais pas, personne ne viendra ici avant la nuit.
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Message Dim 22 Juil 2012 - 14:41

Elle l'avait aimé autrefois. Aujourd'hui, elle n'en était plus totalement sûre. Elle n'était plus la jeune fille destinée à être prostituée, elle était prostituée. Cela avait contribué à les séparer. Il n'était pas l'unique fautif comme elle aimait le lui faire penser. Elle avait plus que conscience que c'était ce qu'elle faisait comme métier qui n'était pas honorable et qui n'était pas propice à une vie de famille.

Elle était toujours aussi étonnée qu'il vienne à elle, qu'il prenne soin d'elle. Comme ce soir. Encore une fois elle était plus perturbée que les autres fois. Déjà qu'elle venait de vivre un drame, voici que l'homme dont elle était tombée amoureuse venait la secourir comme un chevalier qu'il n'était pas. Maerie vivait tous les jours en se demandant quand elle apprendrait qu'il allait prendre épouse. Pourtant, à part la seule fois où il était resté avec la fille de son maitre forgeron, elle n'avait entendu aucune rumeur quant à une relation avec une femme.

C'était à se demander s'il avait déjà été voir une prostituée afin de savoir ce que cela faisait d'être un homme auprès d'une femme. Mais elle n'allait pas lui poser de telle question. C'est lui qui menait la barque, en ce qui la concernait elle était capable de rester à cet endroit toute la nuit qui s'annonçait, peu importait qu'elle tombait malade. Et le voilà qui prend donc les devants, allant jusqu'à lui proposer de partager le même lit. Ses s'écarquillèrent, davantage de surprise que d'autre chose. Il était loin d'être obligé de quoi que ce soit face à elle. Ils n'étaient pas de la même famille, et surtout elle ne désirait pas lui attirer d'ennuis. Mais quand il la souleva de terre, aussi légère qu'une plume, elle n'eut pas la force de protester, elle décida, pour une fois, de se laisser guider.

C'est ainsi qu'il la porta le long des quais, la pluie ne leur laissant aucun répit. Elle avait passé ses bras autours de sa nuque, et cette proximité l'apaisait suite au malheur qu'elle venait de vivre. Elle se sentait en sécurité en se trouvant dans ses bras et elle n'avait aucune idée de la suite des évènements. Elle sera sans doute mieux chez lui qu'à l'extérieur à lutter contre les éléments. Avant d'arriver chez lui il la déposa au sol et elle resta en retrait, derrière lui, quand on lui ouvrit la porte. Elle avait déjà croisé son assistant qui après lui avoir montré cidre se retira sans même poser de questions. Avoir une personne comme lui dans son entourage, voilà qui était une chose rare. Maerie détailla Garret du regard. A travers le tissu trempé, elle devinait sans mal qu'il était bien bâtit comme le demandait sa profession. Elle aurait pu se sentir gênée, mais elle n'était pas dans son état normal. C'est ainsi qu'elle s'installa sur le banc, tout en le laissant lui retirer le manteau. Il se montrait réellement prévenant, et l'odeur du lait chaud lui monta rapidement aux narines :

- Merci lui souffla-t-elle pendant qu'il allait suspendre le manteau.

C'est alors qu'elle remarqua que sa simple robe en coton était devenue transparente en raison de la pluie. Mais elle n'eut pas à s'en inquiéter, il lui mit sur les épaules une couverture bien chaude tandis qu'il allait voir s'il avait quelque chose de sec à lui passer.

Maerie était réellement surprise de tant d'attention. La chaleur du feu réchauffait peu à peu l'extrémité de ses membres, tandis que le lait chaud sur son palais finit par lui transmettre un certain confort. Garret ayant disparu pour trouver de quoi la vêtir, elle en profita pour retirer sa robe et se mettre avec force à se frotter afin d'être sèche. Elle réussi à cingler autours de sa poitrine la couverture, et continua à sécher ses cheveux qui étaient gorgés d'eau. Sa féminité ressortait étrangement quand elle était ainsi peu vêtue. Ses jambes étaient fines sans imperfection, tandis que sa nuque dénudée était une invitation aux caresses. Mais elle savait qu'auprès de Garret elle ne risquait rien.

Ne le voyant pas revenir, elle se saisit de quoi manquer, son regard se laissant bercer par le crépitement du feu.

Quand il fut de retour, elle lui demanda simplement:

- Pourquoi fais-tu tout ça pour moi?

Une façon comme une autre de percer l’abcès.
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Message Mer 8 Aoû 2012 - 23:40

Garret était redescendu, à l'étage il avait pu trouver une chemise de lin à sa taille, étant plus grand que Maerie, le vêtement couvrirait sans doute une grande partie de son corps. Plus que la serviette ridiculement petite qui peinait à masquer ses formes. De magnifiques formes ne put s'empêcher de constater le jeune homme. Une fois de plus son désir s'éveilla, il serra les dents et ignora ce détail, ce n'était pas d'un amant dont avait besoin la jeune fille à cet instant. Il s'en voulut, de telles pensées alors que l'endroit où elle vivait venait de s'effondrer, et sur la femme qu'elle considérait comme une mère en prime. Par les sept ! Et pourtant ses lèvres pulpeuses ainsi que sa gorge abondante continuait de le troubler. Il repensa à ce septon qui avait, une fois, donné un discours en place publique, il avait fièrement annoncé que si on se vouait à la foi comme il l'avait fait, les femmes et tout autres tentations ne viendraient plus jamais troubler l'esprit. Le saint homme n'avait jamais vu Maerie, voila une certitude bien plus réelle que d’hypothétiques dieux se dit le jeune homme.

Il donna la chemise à Maerie en se retournant pour la laisser se changer. La question de la jeune fille l'étonna, bien sur ils s'étaient éloignés, du fait du travail de Maerie et du sien. De plus la jeune femme semblait lui tenir rancune d'une affaire qu'il ignorait et ce, depuis un certain temps. Mais cela n'avait pas empêché le jeune homme de se tenir au courant de la vie de la jeune putain et de ce fait il ne s'était jamais vraiment senti loin d'elle. Il soupira en comprenant son erreur, elle ne savait pas, elle avait dû s'imaginer qu'il l'avait oubliée et c'était bien normal puisqu'il ne s'était plus manifesté depuis un bon moment. Il pensa un instant lui avouer la vérité, mais cela aurait pu lui sembler malvenu.

*Salut à toi Maerie, je te fait suivre depuis un an* Ridicule.

Il préféra ne rien dire sur tout ça. Il prit une chaise et s'assit face au mur, dos à elle du temps qu'elle passe le vêtement.


_Je ne sais pas, pourquoi ne le ferais-je pas ? Quand j'ai appris que le lieu où tu vivais c'était effondré je n'ai pas vraiment réfléchit. Je suis allé là bas mais tu étais parti. Alors j'ai su que je te trouverai sur les quais. Je n'allais pas te laisser dehors... Demain nous devrons te prendre quelques vêtements, les tiens ont dû se perdre dans l'accident. Ca sera sans doute moins fastueux que ce que te payaient tes amants mais... Je n'ai pas mieux à t'offrir pour le moment, les commandes sont rares hormis celle d'un argentier et je ne serais pleinement payé qu'une fois le travail effectué.

Il s'arrêta et la regarda un instant, ses cheveux mouillés tombaient sur ses épaules et rehaussaient la magnifique couleur de ses yeux. Depuis tout petit il entendait des histoires de jeunes filles dotées d'une beauté incroyable, mais Maerie était sans doute l'une des plus remarquables de la ville, peut être même du royaume.

_J'aimerais que tu restes ici. Je ne dormirais jamais en te sachant dehors ou dans je ne sais quel endroit mal famé. Je sais que la maison n'est pas grande, que l'atelier sent parfois la sueur et que le bruit de mon travail peut parfois être gênant, mais ça sera toujours mieux que la rue ou qu'un coupe gorge... Alors reste. Au moins ce soir. Oublies ta querelle avec moi et prends juste le temps de te reposer, de te remettre. Ensuite tu feras ce que tu veux, c'est d'accord ?

Il se retourna sur sa chaise et la fixa dans les yeux, attendant une réponse. Décidément, il ne pouvait accepter qu'elle reparte dans la nuit. Pour deux raisons, la première était son inquiétude pour elle, la seconde, nettement plus égoïste était qu'après un an sans la voir, il ne supporterait pas de la voir partir aussi vite.
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Message Sam 11 Aoû 2012 - 6:35

Elle remercia Garret de la chemise en lin qu'il lui amena. Il se tourna la laissant l'enfiler sans regard disgracieux. Dans le même temps il prit la parole, tandis qu'elle passait la chemise, posant la serviette mouillée sur le dossier d'une chaise. Elle était rapidement prête, elle n'avait pas de quoi arranger sa coiffure, et surtout elle n'en avait aucune envie. La coquetterie propre à son métier avait totalement disparue. Elle prit place face à Garret qui se tourna vers elle en entendant le bruit de la chaise. Son regard d'un bleu turquoise observait la table, étant sincèrement touchée par ce qu'il venait de dire. Ainsi, il avait toujours de la place pour elle, alors même qu'il avait toutes les raisons du monde de ne plus la fréquenter. Ne serait-ce que le comportement peu sympathique qu'elle avait adoptée envers lui pendant un bon moment. Elle se sentait chanceuse dans son malheur, ce qui amena une larme de plus sur sa joue.

Elle passa une main sur cette joue, se débarrassant de cette pointe de chagrin qui n'avait pas sa place face à un homme qui lui disait qu'il allait lui trouver des vêtements. Ses yeux s'écarquillèrent quelques peu. Elle pouvait se débrouiller seule, elle l'avait toujours fait...enfin plus ou moins il y avait toujours eu les filles et Catelyn auprès d'elle. Elle sentit un nœud dans sa poitrine, encore un, mais elle n'avait pas la force à le faire sortir...et surtout elle n'avait pas envie de faire subir son état à Garret même si ce dernier ne semblait pas s'en plaindre.

Elle soutint son regard quand il lui demanda de rester chez lui, allant jusqu'à dire que ce n'était pas l'endroit le plus parfumé au monde, mais que c'était mieux que la rue. Elle avait du mal à comprendre pourquoi il se pensait « inférieur » à elle, alors même qu'il menait une vie jugée bien plus honnête par la majorité des gens que l'on pouvait croiser. Elle n'en avait que faire des jolies robes, à part pour son métier où cela était plus vendeur. Quant à son atelier, elle en avait toujours apprécié les odeurs, car elles lui rappelaient lui indubitablement. Toutefois, elle était une femme fière, indépendante. Aucun homme ne pourrait prendre soin d'elle à vie, simplement car personne ne se mariait avec une prostituée, alors elle se débrouillerait seule les autres nuits...Mais cette nuit, elle n'était pas en état de fuir si on l'agressait, ses jambes lui répondaient à peine alors...

- C'est trop gentil à toi Garret. J'accepte pour cette nuit. D'ailleurs, je suis mal placée pour refuser un peu d'hospitalité.

Elle eu un léger sourire. Elle avait envie de le prendre dans ses bras et continuer de pleurer, mais elle doutait que cela faisait partie du contrat.

- Par contre pour les robes, je peux me débrouiller seule. Je connais quelques marchands et j'ai des pièces sur moi.

Celles que lui avaient donné Corwin, son dernier client du soir.

- Gardes tes économies, tu n'as aucune raison de les utiliser pour moi vu que j'ai de quoi.

A trop le regarder elle en oublierait tout. Elle imaginait une vie différente, où ils auraient été à table tous les deux, mais non pas car elle est une prostituée doublée d'une sans abris, mais bel et bien car ils auraient été marié...Elle chassa rapidement cette pensée, qui lui faisait plus de mal qu'autre chose.

- Dis moi comment te remercier ? Je n'aime pas avoir de dettes. S'il te plait, pour le peu qu'il me reste d'honneur, permets moi de te remercier de la façon qu'il te plaira.

Elle n'avait aucune idée de ce qu'une femme comme elle pourrait lui apporter. Elle avait toujours été surprise de ne pas le voir dans une des maisons closes. Il ne semblait pas non plus avoir de femmes dans sa vie, alors comment faisait-il pour ses besoins d'hommes ? Qu'il ne soit jamais venu la voir elle, elle comprenait vu leur passé commun, mais aucune autre ? On ne pouvait pas dire que les filles de joie manquaient sur Port Réal ! Mais elle doutait qu'il lui demande une telle chose...peut-être pourrait-elle cuisiner pour lui, le temps de se trouver un nouvel endroit où travailler ?

Elle le regardait, sérieusement, délaissant le désir qu'il avait toujours fait naitre en elle, ou encore cette envie d'être dans ses bras, en sécurité.
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Une catastrophe peut, peut-être, avoir du bon[pv Garret]

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