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L'infortune mène à tout

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Message Jeu 5 Juil 2012 - 11:15

Une pluie fine mais tenace tombait depuis quatre jours. Enrhumé, Dorion tentait chaque soir de trouver un toit, aussi modeste soit-il pour s'abriter. Malheureusement, le mal s'était déjà insinué dans l'organisme du chevalier qui se mouchait piteusement dans les chutes de tissu récupérées d'une loque paysanne. La fuite effrénée de Port-Réal le conduisait également à éviter toute bourgade de la moindre importance entre la capitale et... Et quelque soit sa destination.
En réalité, il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il serait enfin hors de danger. En dépit de son extrême précaution, il avait du croiser nombre de manants qui pouvaient l'avoir reconnu. Et quand on est suivi par des reîtres sans foi ni loi, les choses peuvent vite dégénérer.
Malgré la relative médiocrité de la maison Varnier, son frère Wesley semblait déployer des moyens tout à fait faramineux pour se débarrasser de lui. Du moins du point-de-vue de Dorion. Qui avait du échapper à pas moins de trois tentatives – présumées – d'assassinat et une dizaine de délations. Dont une qui l'avait contraint à s'exiler vers l'Ouest. Seule direction qui lui avait semblé intéressante avec le Bief qu'il avait déjà quitté et le Conflans, où les Fer-Nés passaient pour nouveaux maîtres aux yeux d'un certain boulanger de Port-Réal. D'autant qu'on disait les Lannister plus riches que le reste des Sept Couronnes réunis. Peut-être auraient-ils besoin d'épées, de chevaliers prêts à servir leur cause. Un avenir incertain était loin d'être réconfortant. Il était loin de satisfaire aux ambitions de Dorion.
Lui qui s'était vu lord, régnant sur sa famille, sur ses terres. Autrefois lord Varnier, plus tard lord de quelque seigneurie offerte, conquise ou gagnée. Désormais lord de rien de plus que ses maigres possessions. Sans rien mis à part son épée.

Une quinte de toux le ramena à sa situation présente. Trempé jusqu'aux os, frigorifié et à la limite – depuis longtemps dépassée jugeront certains – de la paranoïa. Sur un cheval de jour en jour plus famélique, enroulé dans une cape souillée de boue, le nez encroûté de... Passons les détails. Cet individu pathétique et malmené qu'était le chevalier du Bief avançait péniblement sur son destrier vers la côte.
Mais, aperçut avant cela, un édifice aux lumières perçant les rideaux d'eau fine. Les légères gouttes et les lourds nuages semblaient assombrir le cœur du jeune homme, pourtant inquiété par bien pires périls. Préférant les climats chauds et ensoleillés, le temps maussade avait une certaine tendance à miner son moral. D'autant que la fuite n'était pas pour lui plaire outre mesure.
La simple pensée d'un toit, d'un feu, d'un repas lui suffit à ordonner à son destrier d'aller en cette direction, peu importe ce qu'il pourrait y trouver comme épreuves. Personne ne semblait être en ces lieux à l'extérieur, ce qui n'était pas surprenant aux vues du climat actuel.

Son cheval parvint dans une cour où un individu s'empressa de prendre les rênes et de conduire la bête dans les écuries en indiquant à Dorion une porte un peu plus loin. Le chevalier choisit de faire confiance à son instinct et de frapper à la porte, qui s'ouvrit l'instant d'après.
Une femme à la forte corpulence se tenait et invita le ser à entrer. On le fit avancer jusqu'à un feu de cuisine, où il se défit des lourdes couches de vêtements; répandant au passage des filets d'eau ruisselante. Un domestique lui apporta un peu d'eau, qu'il but lentement et sagement. Puis, vint la question fatale et pourtant si anodine : "Qui êtes-vous ?".

- Je suis... le chevalier Dorion. Auriez-vous l'obligeance de m'indiquer en quel lieu je me trouve ? J'aimerai savoir qui remercier pour cette eau et ce feu et auprès de qui demander l'hospitalité.
- Z'êtes à Castamere, chez la famille Reyne. L'seigneur Reynald est pas là, ni s'fils. Y a que s'fille. L'est d'vant l'âtre. Suivez-moi, ser.

Presque docilement, Dorion se leva et s'arrangea du mieux qu'il put dans une cuvette avant de pénétrer dans les corridors de Castamere. La riche décoration fit paraître son foyer d'autrefois pâle et vide; après tout, les Reyne sont au-delà de toute commune mesure avec la maison Varnier. Penser à cela le fit regretter le peu d'importance qu'avait atteint ses ancêtres, malgré leurs efforts sans doute, mais tristement tout de même.
Il parvint enfin auprès de lady Catelyn Reyne, hôte d'infortune pour un chevalier plus infortuné encore.
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Message Ven 6 Juil 2012 - 23:27

    À l’horizon, la brume était un rideau de coton. Le ciel pleurait. Dans son apparat de gris et de blanc, moiré de mauve, délavé de bleu, piqué d’argent et parfois de sang, le ciel pleurait, et elle voyait se dessiner les promesses incertaines d’un jour las. Les nuages s’étendaient par-delà l’horizon, dentelle éphémère, vaporeuse, pendus à leur propre fadeur, zébrés de leur propre colère. Le tonnerre naissait loin dans les terres, et roulait en galop animal jusqu’à Castamere, pour venir s’écraser sur les murailles en pluie de cristal, comme les lames crevaient sur la grève. Une à une, elle sentait les gouttes rouler sur son front, sur l’arête de sa mâchoire, dans le creux de son cou, le long de son dos. Ses yeux, fixes, ne trahissaient pas le choc des gouttes. Ses yeux fixes ne trahissaient rien qu’une extrême concentration. Accoudée au rebord de la fenêtre, Catelyn scrutait le visage de l’inconnu, à demi-caché d’une capuche, du bout de ses boucles humides au fouillis brun de sa barbe.

    Il aurait pu être bel homme. Peut-être même l’avait-il été, jusqu’à peu encore. Mais le temps et l’usure, et la fatigue, avaient fait leur office, et, ainsi malmené, il ne restait plus guère de l’homme qu’un corps valétudinaire. Qui était-il. Que voulait-il. Elle se demandait distraitement, désintéressée des réponses, captivée du mystère qu’il représentait. Sous le revers d’une cape embouée, à la faveur d’une bourrasque humide, il lui semblait avoir distingué l’éclat froid d’une épée qui, quoique ternie, était sans conteste de bonne facture. À ses manières, trop distinguées pour un homme du commun, elle déduisit hasardeusement qu’il s’agissait chevalier. Un chevalier errant et, selon toute vraisemblance, venu demander gîte et couvert. Le palefrenier – une flèche rousse d’une quinzaine d’années – déboula des écuries et, sans s’embarrasser de politesses, se hâta de saisir les rênes du destrier sitôt l’inconnu démonté, lui indiquant d’un doigt boudiné l’entrée des cuisines. Les prunelles crépusculaires de la blonde ne le lâchèrent pas d’un instant ; Il n’était ni massif, ni éclopé, n’arborait ni blessures visibles, ni n’accusait la morsure de l’âge. D’expérience, elle savait qu’on pouvait apprendre énormément du vécu d’un homme en lisant les marques de son corps, laissées comme des signatures dans le sein d’un livre. Un paraphe d’un instant, en marge d’une vie. On apprenait beaucoup, du nu d’une peau. Bien plus que d’une langue trop bien pendue. Avait-il combattu ? Quand ? Avait-il voyagé ? Où ? Dorne ? Essos, peut-être ? Elle jubilait à cette idée, comme une enfant s’extasie d’une surprise. Catelyn poussa un soupir amusé en refermant les battants de la fenêtre, jetant dans la pièce un calme mortel. En l’absence de son père, en celle de son frère, c’était à elle que l’on allait l’introduire. Et ce d’une minute à l’autre. En temps normal, la jeune femme détestait être coupée au milieu d’une de ses lectures – d’autant que l’arrivée était pour le moins impromptue – mais il était plus qu’inutile de passer pour une rustre. Et l’Inconnu avait toujours eu de quoi titiller sa curiosité. Peu importe, d’ailleurs, à qui elle avait affaire.

    Un âtre accueillant ronronnait près d’elle, crépitant, craquant des gerbes d’étincelles bleues et vertes. Les braises de sang roulaient jusqu’à ses pieds en grésillant, se trouvaient aussitôt englouties par les flammes, incessamment jetées et reprises par le cœur palpitant du brasier. Prestement, la lady roula la plupart des parchemins qui traînaient un peu partout sur la table du salon coquet dans lequel elle s’était réfugiée, dès le point du jour. Rien, jusqu'alors, n’avait semblé pouvoir arracher la Reyne à son ennui. Sitôt levée, simplement apprêtée d’une robe grise à manches à crevés bleu clair, à peine coiffée, elle s’était rendue dans la minuscule bibliothèque de Castamere à la recherche d’un ouvrage capable de tromper sa lassitude. En vain. C’était, résolue, qu’elle avait arrêté son choix sur un obscur recueil de traités discutant des sept Marcheurs, sur lequel elle avait passé une bonne partie de la matinée. D’un pot de fer, elle tira une poignée d’herbes aromatiques à l’effluve entêtante, mentholée, qu’elle glissa dans la main d’une bonne, la priant d’en tirer un thé léger. Quatre feuilles. Pas une de plus. Deux doigts d’eau. À cuire juste le temps que le tout prenne une couleur vert clair. Elle insista sur le clair. En gestes secs et précis, la jeune femme arrangea – au mieux – le fourbi doré de sa crinière, repassa les plis de sa robe et épousseta ses mains. Sur quoi elle prit place près du feu, et entama la lecture d’un nouveau rouleau, comme si jamais elle n’avait quitté son siège et trahi ses pensées. La porte s’ouvrit quelques secondes plus tard, dans un grincement suave, semblant l’arracher à une palpitante lecture. Catelyn leva des yeux graves et innocents sur l’inconnu, seul, lui offrant tout à la fois un sourire chaste et naïf.

      « Bonjour. Elle parlait avec un calme seyant, mais sa voix avait, en plus, quelque chose d’aérien. La lady roula le parchemin qu’elle venait d’ouvrir et le posa négligemment sur ses genoux, invita l’homme à s’asseoir, désignant d’un geste évasif de la main le siège vide qui lui faisait face. Pardonnez ma méfiance, mais il est rare que des visiteurs daignent voyager jusqu’à nos murs, aussi oserais-je vous demander : À qui ai-je l’honneur et que me vaut votre visite ? »
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Message Lun 9 Juil 2012 - 22:54

L'accueil de Castamere était on ne peut plus chaleureux, jugeait le jeune chevalier. L'âtre flamboyant, bienvenue certes, ne semblait qu'être faible en rapport à la beauté lumineuse, rayonnante de la lady Reyne. Magnifique, c'est certain; pensa si fort Dorion qu'il faillit prononcer ces mots. Cependant, la goutte froide qui coula soudain dans son dos le rappela violemment à la raison. Il garda pour lui le compliment quelque peu déplacé, du moins pour l'instant présent.
Tentant d'observer avec le plus de discrétion possible la pièce, il ne remarqua peu de choses utiles. D'autant que son regard revenait inlassablement à la chevelure dorée, qui sans être parfaitement arrangée restait... splendide. En réalité, le ser ne trouva aucun mot pour décrire avec justesse la jeune demoiselle qui se tenait face à lui.
Aussi préféra-t-il dispenser son interlocutrice d'une litanie de compliments, flatteries et flagorneries pour se concentrer sur un seul et unique but : cacher au mieux son identité. Mais ce sans manquer aux règles élémentaires de la politesse et de l'étiquette. Il adopta un ton plein d'emphase et d'énergie; ton qui, s'il peut être énervant, reste plus affable que la froideur dont il est capable.

- Votre méfiance est juste et sage, car nulle lady ne devrait accepter d'inconnus sous son toit sans questionner ceux-ci ! Aussi vais-je me présenter prestement : je suis un héroïque combattant, appelé l'Aiglon, connu de Dorne au Mur, réputé pour ses faits d'armes et son incroyable goût pour l'aventure ! Et, j'ai l'immense honneur et plaisir de me trouver en ces lieux et en votre compagnie par une triste fatalité : la pluie qui s'acharne sur mon pauvre dos depuis des jours déjà !

S'il avait choisi la carte de la fausse notoriété, c'était par pur esprit de déduction. Si la lady ne voyait que peu de visiteurs, et au vu de la nuée de combattants célèbres dans tout Westeros, nul doute que cette réponse satisferait la demoiselle; d'autant qu'il commençait peu à peu à répandre cette identité.
Il sourit en levant légèrement les yeux au ciel. Cher Lotar. Il ne serait pas mort de sitôt. En voyant la Sœur du Silence lui tendre le pendentif, il en était resté coi. Et, aux termes d'un dialogue de sourds – et de muets –, Dorion finit par baisser les yeux et se saisir de l'aigle d'argent. A nul moment, il n'aurait pensé que cela lui serait d'une quelconque utilité; en dehors du souvenir que lui rappelait le bijou.
Et pourtant, aujourd'hui, il en venait à remercier les Sept de lui avoir permis de conserver cet artefact d'un ami disparu. L'identité de Lotar devint la sienne. Il était désormais l'Aiglon, reître maraudeur, baroudeur et voyageur. Il avait vu le Nord, le Val, le Conflans, Port-Réal, le Bief et Dorne. Selon Lotar, il était même allé jusqu'à Braavos, Lys et Myr. Un sourire léger effleura les lèvres de Dorion qui pensa aux histoires rocambolesques; mais revint soudain à la discussion présente.

- Je ne souhaite en aucun cas m'imposer à votre foyer; cependant, la furieuse averse m'a forcé contre toute ma volonté à venir vous déranger en cette soirée. Aussi, avec une audace qui n'est pas de mon habitude, je vous supplie humblement de m'accorder l'hospitalité.

Ajoutant à ces paroles une révérence profonde, typique d'un respect immense et d'une déférence totale, Dorion espéra obtenir malgré son origine soit-disant roturière un toit pour la nuit. Le voyage depuis Port-Réal l'avait usé. Le climat l'avait fait tombé malade. Et la fuite le minait moralement.
Le ser prit soudain conscience d'un problème. Son apparence et son parler. Une épée d'acier château décorée, un pendentif d'argent. Un vocabulaire fourni et riche. Un physique qui n'avait rien de commun avec ceux des pauvres, des manants et de la plupart des roturiers. Il pouvait aisément être démasqué. Mais ne se laisserait pas aussi facilement piégé par son propre être.
Il se décida à ajouter quelques mots. Ils le feraient passer davantage pour un reître désespéré de trouver un toit que pour un chevalier en fuite cherchant une protection. Mettant un genou à terre, il baissa la tête et les yeux.

- Chère lady, je ne souhaite pas vous importuner plus longtemps. Votre courtoisie peut aisément se limiter à me cantonner aux écuries, voire dans une quelconque dépendance; je vous en serais gré au-delà de toute mesure. Nul autre besoin que celui d'un toit ne se fait sentir chez moi.

Cela n'était pas tout à fait exact. Les courbes, quoique peu visibles de la lady, jouaient un drôle d'effet à Dorion. Quoique généralement peu réceptif aux attraits physiques, il semblait gêné par la vision que lui offrait la demoiselle. Aussi resta-t-il ainsi, les yeux au sol.
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Message Jeu 12 Juil 2012 - 15:50

      « Allons… Levez-vous, susurra-t-elle. Un sourire avenant étirait ses lèvres minces quand Catelyn prit délicatement les mains de l’homme dans le creux des siennes, l’enjoignant à se remettre de debout. Qui que vous soyez, je ne mérite, ni ne veut, que l’on ploie devant moi. Elle regardait chastement le sol, le visage fermé et aimable. Si il vous plaît... C’est d’un lit dont il vous faudra vous contenter ce soir. Elle conclut enfin, plantant résolument ses prunelles dans les siennes.Vous êtes le bienvenu à Castamere. »


    À la lueur tremblotante du crépuscule, l’âtre inondait la pièce de son éclat incandescent, habillant de feux dansants chaque ombre, noyant de lumière chaque chose. Du bout des doigts, elle pressa doucement les paumes de l’inconnu et, le gratifiant d’un coup d’œil appuyé, lui exprima le désir sincère de le mettre en confiance. L’étreinte ne dura qu’un instant, mais elle eut bien assez de cet instant pour s’étonner de la finesse de sa peau. Douces et exemptes de blessures, ses mains n’étaient pas même déformées par la rigueur d’un entraînement martial. Elles étaient presque aussi satinées que celles d’une femme. Plus douces, encore, que les siennes. Une étincelle noire naquit dans le coin de ses yeux d’azur sombre; Quel reître pouvait prétendre avoir des mains de lady ? Délicieusement entrouverts, ses yeux nimbés de flammes le scrutaient consciencieusement, glissant de son visage grave au pommeau de son épée en acier château, coulant le long de la hampe, fondant jusqu’à la garde. Ils s’y figèrent enfin, interdits et insondables.

      « Libre à vous de cacher votre identité, mais ne me croyez pas dupe. Son ton cassant ne se voulait en rien agressif, mais un agacement certain s’y faisait ressentir, qu’elle regretta presque aussitôt. La belle lâcha doucement les mains de l’homme et regagna gracieusement son siège molletonné, tapissé d’un brocart cramoisi d’un goût exquis. L’épée, précisa-t-elle rapidement à la vue de son air hébété. Elle désigna vaguement la lame pendue à sa hanche. De bien bonne facture pour être celle d’un roturier. Votre peau, aussi. Vos mains. Douces pour un simple reître, vous ne trouvez pas ? N’ont-elles pas trempé dans l’huile ? On pourrait les en croire encore imbibées. Elle le supposait, en outre, originaire du Bief, mais s’abstint d’en faire part, par égard poli pour sa discrétion - S’il y avait encore matière à secret -, et parce qu’elle avait un goût certain, très prononcé, pour le mystère et pour l’incertitude. Votre apparence, votre maintien, vous rapprochent plus du chevalier que du mercenaire, j’en conclus que vous ne désirez pas que je sache qui vous êtes... Et ce n’est pas pour me déplaire. Pause. Mais je puis aussi me tromper sur toute la ligne. Elle appuya ses propos d’une œillade et, sa tête dans le creux de la main, entortilla mèche après mèche de ses cheveux d’or autour de ses doigts effilés, l’air sitôt pensif. J’aimerais néanmoins connaître votre prénom. Votre vrai prénom. Un prénom à associer à votre visage. »


    Beau visage, au demeurant, songea-t-elle. Séduisant. Son sourire en coin trahissait un extrême amusement et ses yeux de nuit brillaient d’un éclat taquin, pétillant. Mais elle ne voyait pas en lui qu’une distraction ; La jeune femme commençait à éprouver un franc intérêt pour son invité et, désirant que l’intérêt fut réciproque, espérait vraiment ne pas l’avoir vexé, ou mis dans l’embarras. Ou en colère ; Pas de colère, ç’eut été pire que tout. Il était de ses qualités comme de ses défauts d’être observatrice, et elle s’en excuserait volontiers, s’il l’exigeait. Mais elle avait fait de la vérité sa préoccupation première et, plus que tout au monde, exécrait le mensonge et rejetait le fanatisme. Il y avait, en outre, dans le regard de l’homme, un quelque chose d’amène, qu’elle savait apprécier. Rien de vulgaire, ni de malsain, rien qui n’avait à être dissimulé. La porte couina imperceptiblement, l'arrachant à ses réflexions, laissant se faufiler la silhouette menue d’une jeune domestique portant à ses bras lâches un lourd plateau d’acier. Elle répandait dans son sillage une odeur amère d’infusion et l’âpreté sucrée de pâtisseries emmiellées. D’un signe de tête engageant, Catelyn lui demanda de déposer le plateau sur la tablée basse qui séparait les sièges et de disparaître, glissant une pièce dans son poing juvénile. L’enfant s’apprêtait à s’épancher en remerciements quand la lady la congédia, reportant toute son attention sur le plateau, d'où le parfum mentholé du régalsou s'échappait, venant leur titiller les papilles, éveillant en leur sein le goût intense de la plante, réveillant en elle le souvenir de son frère, de son attrait particulier pour le végétal, et des effets calamiteux qu’il avait sur lui.

      « J’ai pensé que vous en auriez envie. Besoin, se corrigea-t-elle rapidement. Le froid m’a semblé, dès votre arrivée, vous avoir transi jusqu’à l’os ; Vous trouverez là, elle désigna la tasse fumante, un remède efficace à votre mal. »


    Efficace mais traître ; Une tasse de trop et vous voilà en train de dégueuler boyaux et tripes en vous demandant quel était l’enfant d’putain qui vous avait empoisonné. Mais quand il était question de voyage, lui avait répété Perwyn, un homme – ou une femme – avisé ne saurait partir sans un minimum de précautions, dont le régalsou faisait partie. Les voyages..., songea-t-elle.

      « Avez-vous voyagé ? » Demanda-t-elle de but en blanc. Comme souvent, les mots avaient dépassé sa pensée, et elle n’avait aucun doute sur l’incongruité de sa question. Elle espérait cependant ne pas sembler trop étrange. La belle scruta attentivement le visage de son inconnu et, pendue à ses lèvres, attendit une réponse.

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Message Lun 16 Juil 2012 - 21:50

- Vous êtes d'une grande bonté pour m'accorder l'hospitalité, dit-il en se relevant, un sourire léger aux lèvres. Et plus encore, vous êtes, Madame, digne de louanges de m'accorder le confort d'un lit; confort que je ne mérite sans doute pas. Vous êtes trop humble, votre rang m'oblige à être déférent.

Le contact des mains de la jeune femme le déstabilisa un peu. Le délicat toucher, la caresse voluptueuse lui fit un instant fermer les yeux. Qu'il rouvrit à tant pour apercevoir une faible lueur indescriptible au fond du regard de Catelyn. Mentalement, il fronça les sourcils. Qu'avait-elle bien pu penser ? Était-elle une de ces nobles demoiselles prêtes à coucher avec le premier venu, fut-il un tant soit peu exotique à leurs yeux ? Possible. Mais quoiqu'il advienne, Dorion ne se laissera pas séduire aussi aisément. Oh non.

Le chevalier ne bougea pas, n'esquissa aucun mouvement. Resta même stoïque et impassible tandis que les doigts de la jeune noble glissaient vers son arme. Pourquoi son épée ? Avait-elle l'intention de le tuer ? Non... Quoique. La fuite de Dorion avait sans doute commencé à être connue de façon superficielle au travers des Sept Couronnes. Se pouvait-il que la demoiselle soit animée d'une quelconque volonté de nuire à Dorion ? Cela non plus, il ne pouvait pas le permettre.

Quand les doigts fins se raidirent autour de la garde, le ser se sentit tomber dans une abîme sombre. Son cœur se crispa un instant. Les paroles de Catelyn confirmèrent ses craintes. Il était découvert. La fuite sera sans doute sa seule issue. Le chevalier ne pouvait se résoudre à tuer; d'autant plus une jeune demoiselle de haute naissance. Mais que pouvait-elle bien vouloir ? De l'argent, elle n'en manquait pas; et les Varnier ne disposaient pas d'une fortune assez conséquente pour satisfaire une noble famille. De la gloire; il n'y en avait guère à aider un seigneur à tuer son frère. Quoique soit cette récompense, Dorion saurait éviter toute capture.

- Certes. Je suis chevalier. Le ser Dorion Varnier. Et sachez qu'il était nécessaire de vous mentir, précisa-t-il; son ton s'étant fait froid, teinté d'un soupçon d'orgueil. J'ai conscience d'être un piètre menteur et je vous prie de m'en excuser, sourit le chevalier dans une démonstration faciale de fierté malsaine. Je n'ai certes pas l'allure d'un vagabond va-nu-pieds. Mais ce n'est qu'une question de temps avant que je ne dépérisse.

Tout attrait pour la jeune femme avait été voilé par une colère sourde et brûlante; un feu étouffé en son sein. Une virulence refoulée durant le temps de son exil. Dès qu'il avait perdu son foyer, son monde s'était effondré. Tout voyageur qu'il avait pu être, il avait toujours eu cette maison pour pouvoir se retirer en paix et en sécurité. Il savait que tout ce qu'il était venait de ce domaine du Bief.

Et désormais plus rien. Plus que l'avenir incertain. Peut-être la mort, peut-être la maladie, peut-être la faim. Quoiqu'il en soit, aucun titre, aucune richesse. Cela l'enrageait. D'une plus profonde haine qu'aucune vengeance ne saurait apaiser. Une haine du monde entier. Une haine de la fatalité. Une haine... de son frère. Oui... Contre tout principe qu'il avait, il haïssait son frère. Ce misérable incompétent... Pitoyable ombre d'un père qui était le plus grand seigneur pour Dorion.

La servante lui apporta un moment opportun pour s'éloigner de Catelyn. Il fit deux pas en arrière. Puis un autre. Là, il était à bonne distance pour pouvoir courir sans crainte d'être arrêté par la demoiselle. Du moins, ralenti; ricana-t-il intérieurement. Elle ne pourrait faire le poids contre son élan et sa force. Il prit une tasse et sentit le fumet qui s'en dégageait. Ne trempant que superficiellement les lèvres, il pensa au poison. L'arme des femmes...

- Je vous remercie, quoique le froid ne soit pas mon plus grand ennemi... Non... Wesley.

Dorion laissa sciemment échapper le prénom de son frère, quoique feignant au mieux. Son aptitude à la théâtralité s'était considérablement accrue avec la soudaine prise de conscience que lady Reyne était intelligente. Redoutablement intelligente. Une intelligence charmante. Loin d'être l'une de ses dindes à peine plus supportables que l'animal, elle semblait être une lionne féroce et tenace. Oh oui, tout à fait charmante.

Malheureusement pour le ser, il ne pouvait rester insensible à cette beauté de l'âme. Aussi préféra-t-il réfléchir au soutien que cet esprit étranger pourrait lui apporter. Oui... Oui. Bénéficier d'un avis extérieur... et profitable serait peut-être la solution à tous ses problèmes. Cependant, à l'instant présent, il convenait de s'arranger afin de mettre en confiance la demoiselle. Sans lui mentir cette fois...

- Voyagé ? Oh oui. J'ai vu Port-Réal bien sûr. Et j'ai visité d'autres régions à d'autres occasions. Notamment Dorne. Quoique ces souvenirs me sont parfois désagréables. Parfois non. Mais, qu'en est-il de vous ? Questionna Dorion en réponse, se détendant quelque peu. La simple pensée de Lotar l'ayant calmée, il retrouva son petit sourire narquois.
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Message Mer 25 Juil 2012 - 15:20

    L’air soudain supérieur du chevalier avait arraché à la lady un sourire, aussi bref que carnassier. Certains hommes, songea-t-elle, savaient se montrer d’une incroyable vanité, en dépit de leur faible intellect, et elle se prêtait à souhaiter que le ser n’était pas de ceux-là. Elle trouvait dommage que la suffisance, paroxysme de l’arrogance, puisse gâcher un si bel homme, elle espérait secrètement qu’il ne s’agisse là que de l’ultime frisson d’une fierté piquée au vif, car il ne lui donnait de lui qu’une bien piètre première impression. Les longs doigts de la femme pianotaient distraitement ses cuisses, la tête toujours posée dans le creux de sa main, les yeux continuellement rivés sur son invité. L’homme n’était clairement pas en position de force, ce qui ne l’empêchait pas de faire preuve d’un orgueil rugissant, qui, en dépit de tout, ne la laissait pas indifférente. Elle trouvait dans sa fierté pincée un soupçon de charme tout à fait inattendu, qu’elle s’empressa de noyer sous un acerbe soupir. Toujours assise dans le sein de son fauteuil de brocart, elle voulait se demander si elle n’avait pas préféré l’humilité du roturier qu’il avait prétendu être. Le Fléau soit de sa langue un peu trop bien pendue…

      « Eh bien, ser, faire votre connaissance est un immense honneur, susurra-t-elle, non sans une once de cynisme. Mais sachez que le mensonge n’éprouve aucune nécessité, sauf si la vérité n’est pas bonne à dire. Elle éclata d’un rire léger. Et une mauvaise vérité vaut mieux qu’un mensonge médiocre. »


    La crainte, la fuite peut-être, ne devait lui faire avoir confiance en personne. C’était dommage, mais c’était ainsi, et Catelyn ne s’attendait pas à ce qu’il lui fasse confiance. Si ses suppositions étaient justifiées, et elle se doutait que c’était le cas, il aurait été bien naïf de le faire. La Reyne croqua pensivement dans l’un des gâteaux qui parsemait le plateau d’argent, dont elle mâchonna la pâte imbibée qui, par giclées, inondaient son palais de miel et de citron. S’il devenait évident que l’homme – Ser Dorion – mentait pour échapper à quelque chose, ou à quelqu’un, pour se protéger, elle ignorait toujours ce dont il retournait et dans quelle position elle se mettait, elle et sa famille, en l’accueillant entre les murs de Castamere. S’était-il rendu coupable d’un crime ? Ou l’avait-on abusé et poussé à la fuite ? Devait-elle le contraindre à partir, après lui avoir promis la chaleur d’un âtre ? Il tenait plus de l’homme acculé par la fatalité, que d’un traître homicide, mais elle n’avait pas le droit de se fier à ses seules impressions. La situation commençait à l’irriter ; La gorge serrée, la femme plongea son regard de nuit dans les yeux de Dorion Varnier, guettant dans son regard l’éclat malsain qui achèverait d’exacerber sa méfiance, croissante à mesure que les secondes s’écoulaient.

    Un éclair, vif et violent, illumina brièvement la pièce de sa lumière aigre, jetant sur eux des ombres sèches. Jeté comme le nom entre les lèvres du ser. Abruptement. Sciemment. S’il voulait attiser son intérêt, c’était réussi. Wesley ne lui évoquait rien, mais il était clairement ce que l’homme fuyait, et sur quoi il voulait attirer son attention. Pourquoi fuyait-il ? Un sourire fit frissonner ses lèvres lorsqu’elle se pencha vers le chevalier, laissant ses doigts courir sur la céramique dans un chuintement désagréable, se laissant délicieusement prendre dans son jeu.

      « Le froid ne sera pas votre ennemi entre ces murs. Elle s’était finalement décidée à prendre le risque de le garder le temps pour lui d'échapper à la rigueur de l’orage. Mais peut-être moi le suis-je. J’aurais pu empoisonner cette infusion dans laquelle vous n’osez tremper les lèvres. N’est-ce pas ce que vous redoutez ? Elle inclina légèrement la tête, laissant les flammes miroiter au fond de ses prunelles comme des soleils dans un ciel de nuit. Il serait dommage que votre secret meure avec vous, si votre passé venait à vous rattraper… N’y voyez pas une menace, je n’ai réellement aucun intérêt à vous nuire. Ses lèvres framboisées s’étirèrent un peu plus. Mon appétence du savoir doit vous sembler dangereuse, il ne semble pas y avoir de fin. Sans doute devra-t-elle me consumer un jour. En attendant je me plais à croire que les voyages suffiront à me combler, mais la seule route que je n’ai jamais emprunté me conduisit aux confins de la couronne, en quête de connaissance au sein de la Bibliothèque, septistère renommé du fier de la famille Solverre, Dulceport-le-Pas. S’il m’est permis, j’aimerais entreprendre prochainement un voyage dans le Bief. »


    La pensée de Dulceport la conduisait invariablement au souvenir d’Heward, et c’est non sans une pointe au cœur qu’elle s’y vautra. Il lui semblait des semaines depuis sa dernière lettre, et elle se prêtait parfois à désirer cruellement sa présence. Une année entière s’était écoulée depuis son retour, mais elle gardait fraiches les réminiscences de leur rencontre et chaque instant qu’ils avaient passés ensembles. Catelyn se souvenait de la sensation grisante du ressac contre la coque du bâtiment, de la gentillesse de celui qui était alors l’héritier de Dulceport-le-Pas, de son visage aux traits doux, de sa voix, de son odeur. Elle songea qu’il était maintenant Lord, et se demanda s’il lui arrivait parfois de penser à elle, comme il lui arrivait de penser à lui.

      « Aujourd’hui, c’est vous qui attisez ma curiosité, conclut-elle. Pour s’arracher à l’amertume de la mélancolie, la belle préférait l’amertume de la boisson. Elle tira les plis de sa robe, posa ses parchemins à ses pieds, puis rabattit l’une de ses longues jambes sous elle, le dos calé contre le dossier du fauteuil. Du vin ? Elle fit un signe de la main à une suivante, laquelle s’empressa de courir aux cuisines chercher de quoi étancher la soif de la lady, revint quelques minutes plus tard avec une carafe pleine d’un alcool fuité et fleuri et leur servit deux coupes. Alors dites-moi… Qui est Wesley ? »


    Catelyn trempa les lèvres dans la liqueur amère, laissant ses sens s’imprégner de l’ivresse, et le goût explosa en bouche comme un déluge de saveur. Ses yeux imperturbables scrutaient ceux du bieffois.
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Message Lun 30 Juil 2012 - 15:52

La vérité n'était jamais bonne à dire. Elle était une arme pour autrui, fussent-ils ou non vos ennemis. Tel était le principe évident de la guerre d'influence. L'information, trésor des intrigants, âme de la politique. De quoi influencer - ou non - d'autres joueurs de ce jeu cruel et sans pitié qu'était le jeu des trônes. L'épée ne restait que d'un maigre secours face au pouvoir et à ses serviteurs.

Dorion n'espérait qu'une chose désormais : quitter les lieux et se débarrasser de cette femme. Elle ne semblait être que malsaine et fielleuse. Immonde en définitive. Une beauté extérieure qui cachait un cœur noir et suintant de maléfices. Rien de plus déplaisant. Le chevalier n'avait de goût que pour les demoiselles qui montraient un esprit charmant et pur. Rien à voir avec le monstre camouflé qui se tenait devant lui.

- Il y a des vérités qui ne vous concernent en rien, lâcha sèchement Dorion, plissant les yeux et arborant un semi-sourire suffisant.

Lady Reyne ne pouvait comprendre ce qui avait amené le ser à partir sur les routes. Elle ne le comprendrait pas tant qu'elle n'aurait pas été à la place du ser. Et rien ne pouvait la pousser en cette situation. Le stratagème opté par Dorion pour contrer son frère et le forcer à l'exil n'avait jamais échoué. Il n'avait été mis en place. Wesley avait été plus rapide... et, ô combien, plus maladroit.

Tenter de tuer son frère, fusse par l'intermédiaire de soldats. Les soldats. Mais bien sûr ! Le ser n'avait pas pris attention à ce détail, pressé qu'il était par les évènements, mais c'était évident pourtant. Aucun garde des Varnier n'aurait accepté de se retourner contre Dorion; qui leur était plus proche que ne le serait jamais Wesley. D'autant que l'oncle Hengal leur commandait. Et qu'il était partie de la supercherie du jeune chevalier.

La réponse semblait simple : des mercenaires. De vils guerriers sans honneur, des reîtres sans loyauté. Il devait apprendre où ceux-ci se trouvaient, sachant pertinemment que Wesley ne les faisait pas résider sur le domaine. Un corbeau pour son oncle Jol devait permettre d'en apprendre plus. Lui qui savait tout ce qu'il fallait savoir su r les possessions de la maison Varnier. Dorion redevenait ce qu'il aurait toujours du être : le véritable lord.

Et il ne fallait pas attendre. Trop de temps avait déjà passé depuis son départ de son foyer. Wesley devait profiter de la relative tranquillité que lui offrait l'exil de son frère. Aussi ce dernier allait-il lui rendre une visite cordiale, passant au travers des quelques pièges mis en place par le lord. Cependant, dans l'instant présent, restait à sortir de ce nid de vipère. Laissant s'écouler le flot de paroles insidieuses de la jeune femme, il fut peu surpris de sa dernière question.

- Wesley est une bonne raison pour que je vous quitte dès maintenant. Aussi je vous remercie pour la boisson et pour cet accueil... chaleureux. Cependant, j'ai mieux à faire que palabrer pour ce soir. Que votre nuit soit tranquille et votre vie prolifique.

Tournant les talons avec détermination, Dorion prit le chemin en sens inverse, croisant des serviteurs et domestiques qui ne purent dire mot alors que le ser passait rapidement devant eux. Plus rien ici ne l'intéressait. Rien n'éveillait sa curiosité. Après tout, il n'y avait aucun moyen pour lui d'accomplir son destin; juste une charmante lady aux premiers abords qui s'avère être un démon de séduction.

Ouvrant la porte sur la cour, il se dirigea vers les écuries où il prépara sa monture. Furieux de s'être laissé aller, il préparait mentalement son plan, repensant aux failles possibles, aux hypothétiques dangers. Un détour à Port-Lannis lui permettrait d'envoyer un corbeau à Jol et de se renseigner au mieux. Ensuite, il aviserait.

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