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Lune ronde, nuit féconde [pv Gwayne]

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Message Lun 2 Juil 2012 - 15:13

Le va et vient de la mer contre les quais était hypnotisant. La nuit se montrait clémente, éclairée par une lune pleine et jaune. C'était comme la présence de l'Aïeule aux yeux de Maerie qui s'était installée à même le sol, observant l'eau, ses bras repliés sur ses jambes, ta tête posée sur ses genoux, les larmes se frayant un chemin sans fin hors de ses yeux. Elle était venue là pour fuir l'agitation de Berthe et Camille, les filles rescapées de la Jouvencelle Fringante. Les deux autres les avaient déjà quitté pour devenir lessiveuses. Leurs visages avaient été si dévastés qu'aucun homme ne voudrait d'elles désormais. Mais les deux autres s'évertuaient à trouver des marins pour récolter un peu d'argent, le temps de trouver une autre maison, une autre protection. Maerie n'avait pas voulu. Elle avait pu récupérer ses économies la nuit du drame ainsi que sa cape déchirée, qu'elle portait en cet instant et une simple robe en mousseline. Tout cela était très léger, trop sans doute, mais suffisant pour passer une semaine dans la rue.

Elle savait qu'elle devra recommencer à travailler rapidement, mais monter dans le bateau d'hommes n'ayant pas eu de femmes durant trop de nuits, voilà qui ne lui inspirait pas confiance. C'était idiot. Alors même que ses souvenirs allaient à Catelyn, ainsi qu'à toutes les filles décédées la nuit d'avant, elle pensa également à Eva. Elle l'avait détesté de les avoir abandonné, de n'avoir pas développé, tout comme elle, un sentiment de famille avec toute la maisonnée. Mais ce soir, elle se rendait compte qu'Eva avait eu du courage, un courage qu'elle ne possédait pas. Partir sur les routes, être le jouet des aléas des rencontres...Elle n'avait pas envie de cela, elle aimait avoir un toit sur sa tête chaque soir, avoir des compagnes avec qui rigoler, avec qui parler d'un tel ou d'un tel...La solitude lui avait toujours pesé, et encore plus en ce soir. Personne ne connaissait ses désirs secrets, personne ne s'en souçiait à dire vrai. Elle n'était pas une lady, elle était Maerie au mieux, « putain » au pire. Cela ne la touchait plus, elle était entrée dans le moule et ne pensait pas en sortir un jour. Cet effondrement devait être pris pour un nouveau départ, mais comment recommencer quand on était encore la même?

Elle ramena le capuchon sur sa tête pour éviter qu'on la remarque. Il était probable qu'on la prenne pour un gamin des rues avec cet accoutrement qui ne la mettait nullement en valeur. Ainsi « cachée » du reste de la terre, elle se mit à rêver qu'elle n'était pas Maerie. Qu'elle n'était pas une prostituée d'un bordel qui n'existait plus. Elle avait toujours été limité par sa condition, elle avait toujours été vue comme une prostituée car c'est ce qu'elle est. Mais elle avait envie de rêver d'être quelqu'un d'autre. Quelqu'un de plus courageux, quelqu'un qui saurait se battre, peut être même un homme. Elle avait plus que tout envie de vivre quelque chose de différent. Pas quelque chose qui ressemblait à son ancienne vie...C'est là qu'elle s'imaginait marin, arpentant les océans, découvrant les îles d'été. Ou sinon femme de fermier, s'occupant des animaux, fondant une famille. Elle secoua la tête. Elle divaguait totalement, c'était absurde d'imaginer des vies différentes de ce qu'elle pouvait vivre. Il n'y avait que la naissance qui vous prédisposait à telle ou telle vie.

Toute à ses pensées, elle n'entendit pas la femme qui s'était approchée d'elle. Elle avait de grands yeux noirs et la peau tout aussi sombre. Elle possédait de nombreux bracelets qui semblaient ciselés sur ses bras. Il s'agissait en fait de tatouages. Elle sentait le souffre mais aussi une autre odeur que Maerie ne connaissait pas. Elle ne remarqua sa présence que quand elle sentit une main sur son épaule. Elle sursauta, se retourna et vit le visage de la femme qui la scrutait.

- Qui êtes-vous?! Que me voulez-vous?

La femme la toisa tout en reculant d'un pas.

- N'ayez crainte, je suis une femme tout comme vous.

Cela ne rassura pas pour autant la prostituée. Les hommes, elle les connaissait suffisamment pour connaître leurs ardeurs...Mais les femmes avaient tendance à cacher leurs désirs, à se montrer fourbe.La réponse de l'inconnue ne lui disait pas ce qu'elle lui voulait. Elle se redressa calmement, fixant l'inconnue, attendant qu'elle lui en dise plus sur sa présence auprès d'elle.

- Je viens vous dire la bonne aventure. Vous semblez tellement perdue.

Maerie haussa un sourcil. Il était facile de savoir qu'elle était perdue. Quelle femme viendrait se perdre sur les quais si elle n'avait pas d'autres solutions? Elle ne se sentait pas très à l'aise à regarder cette femme venue d'une autre contrée. Sentant sans aucun doute son gêne, l'inconnue se présenta enfin:

- Je suis Meva. Originaire des îles d'été. Je ne viens par ici que pour me dégourdir les jambes, mon bateau repart demain.

Elle n'était pas des terres de la Couronne, peut-être que sur les îles une femme seule n'avait rien à craindre. Maerie fit quelques pas pour s'éloigner du bord du quai et se présenta à son tour:

- Maerie. Je suis née à Port Réal et j'y mourrai sans doute.

Pas de défaitisme dans ses paroles. Juste une vérité suite aux pensées qu'elle avait eu.

- Nous pouvons vérifier tout cela.

Sans lui laisser davantage de temps, Meva attrapa ses mains et se mit à les fixer. Maerie eu un mouvement de recul, mais Meva la tenait fermement.

- Je ne veux rien savoir!

- Allons, pas même un petit peu?

Maerie n'arrivait pas à se dégager et Meva la lâcha tellement brusquement qu'elle faillit tomber sur le sol.

- Allons, calmes toi. Garde tes forces pour le reste de la nuit, elle sera des plus mouvementées.

Maerie reprenait son souffle. Son coeur battait à tout rompre tant elle paniquait à l'idée de se voir confirmer ses plus sombres pensées.

- Tu as connu un deuil, très récent. Mais grâce à lui tu vas connaître un homme...un homme bien plus proche de toi que sa fonction ne le laisse penser. Vos souhaits secrets pourraient bien se réaliser, mais en garder le seau du secret n'est pas facile.

Ses paroles étaient mystérieuses, tout comme son apparence. Mais Maerie ne pouvait pas nier qu'elle avait vu son deuil...Pour le reste, le futur n'était pas encore fait.

- Pourquoi me dîtes-vous tout cela?
- Pour que tu oses ce dont tu as envie.

Perspicace, cette femme lui faisait peur. Elle allait se retirer quand l'étrangère la devança.

- Je vous laisse à votre destin. Une bonne nuit m'attend de mon côté.

Maerie la regarda se retirer. Sous le choc précédent sa capuche c'était abaissé, dévoilant son visage fatigué d'avoir tant pleuré. Elle ne savait que penser des paroles de Meva. Elle se tourna un instant vers la mer, avant de se tourner à nouveau vers une ruelle où une silhouette commençait à se découper.

Prise d'une panique étrange, elle se mit à marcher d'un pas vif, lançant un regard derrière elle, espérant qu'il n'y aurait pas d'homme qui lui sauterait à la gorge ce soir. S'il s'avérait qu'il accélérait le pas, elle se mettrait à courir. Elle ne mourrait pas ce soir.
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Message Jeu 12 Juil 2012 - 18:22

Le devoir d'un Garde Royal était vaste et le serment prêté par chaque Manteau Blanc impliquait tant de choses qu'il pouvait parfois paraître impossible de tout respecter dans l'espace d'une seule vie. Heureusement, cela était contrebalancé par le nombre et permettait plus ou moins aux différents membres de se répartir les lourdes tâches de protéger les membres de la famille royale et d'assurer les missions confiées par leur Roi et maître, qu'il s'agisse de porter des messages ou de le représenter car il fallait bien admettre que leurs autres fonctions n'étaient guère usitées par leur très bon roi. Quoiqu'il en soit, la situation actuelle de Gwayne Corbray avait beau lui déplaire, de rester en garnison au Donjon Rouge, elle avait au moins le mérite de lui laisser le temps et le loisir de se consacrer aux études et à la rédaction de ces ouvrages, la copie des manuscrits anciens et tenter d'apprendre les arts de l'enluminure. Enfin, toutes ces petites choses legs du précédent monarque. Et cela lui donnait également le temps de s'adonner à la poésie. Même si ce dernier point... bon, c'était pas encore ça.

L'attente au Donjon Rouge avait aussi entraîné les membres de la Garde Royale à assurer la protection de la famille royale dans d'excellentes conditions, à commencer par les membres les plus volages qu'il fallait souvent escorter hors les murs dans la plus grande discrétion, et souvent dans des quartiers un peu louches, ce qui permettait par la même occasion au Ser Corbray de se rendre dans ces endroits mal-famés pour y rencontrer ceux qui étaient ces informateurs dans la cité de Port-Réal ou encore tout simplement ceux dont le silence devait être acheté ou obtenus quand aux vicissitudes et autres travers de certains membres des Targaryens. Et à ce compte là, certains avaient parfois la main lourde. Enfin, ce travail de nourrice faisait partie des attributions du poste et il avait prêté ce serment en totale connaissance de cause alors il s'y pliait bien volontiers. Mais ce soir, il était de sortie pour lui et ces propres affaires. Passé par la poterne du château, vêtu comme tout bon reître de vêtements défraîchis, dans les tons ocres avec des marques de coutures, des habits rapiécés ayant visiblement déjà reçu une fois la teinte du sang encore qu'ils furent propre ou plutôt récemment trempé dans l'eau pour faire bonne mesure, un manteau court tombant juste sous les genoux et à la capuche rabattue sur le visage, une vieille paire de bottes usées qui avaient eût autrefois bien plus fière allure, et de longs brassards de cuir recouverts d'une pièce de fer, des canons d'avant-bras pour être précis et aucune autre armure. Enfin, un baudrier de cuir ceignait ces reins, supportant le poids d'une longue épée d'acier emprunté à l'armurerie du poste de garde, hors de question d'emporter avec lui Dame Affliction qui reposait amoureusement dans son coffrage à parure de laine rouge dans ces appartements à la Tour Blanche. Non, dans ces cas là, il emportait la lame la plus simple qu'il puisse trouver encore qu'un oeil averti verrait aussitôt la bonne qualité de l'acier et de la conception de l'objet, pas le genre d'arme à se retrouver dans les mains de n'importe quel traîne-sabre et enfin une dague de chasse, longue et effilée, une arme vicieuse de coupe jarret et de surineur, pour le coup parfaitement en adéquation avec sa mise. Ainsi habillé de pied en cap, errant dans les rues de Port-Réal, il prend le temps d'apprécier la fraîcheur de la nuit, de vérifier également qu'il n'est pas suivi, prend le luxe de regarder un cracheur de feu sur l'une des places de Culpucier avant de prendre la direction du port, son objectif bien en tête. Ce soir, il doit retrouver quelques personnes, des informateurs pour l'essentiel, des personnes avec qui il a des affaires et parmi elles l'une des prostituées de la Jouvencelle, bordel de bonne tenue effondré sous le poids d'une architecture archaïque. Pourquoi elle plus qu'une autre ? Pour des raisons d'état et par un sentiment de pitié et de protection mêlée. N'allez pas croire qu'il fût son client, Gwayne n'aurait jamais laissé une pareille chose se produire, il en allait de la blancheur de son manteau, non, il s'assurait avant tout qu'elle ne divulgue pas les noms de ces clients et certes il pourrait tout autant lui passer une lame d'acier en travers du ventre mais ce ne faisait pas partie de ces habitudes et parcequ'elle s'était révélée fiable, il ne s'entendait pas se couper d'une aussi précieuse source d'information sur l'atmosphère des quartiers de Port-Réal, et surtout sur les fréquentations des bordels, car les clients satisfaits parlaient trop souvent et les filles avaient de bonnes oreilles. Et qui sait, peut-être un jour aurait-il besoin d'autres de ces services, en bon stratège il ne pouvait négliger la moindre unité dans son plan de bataille et la Cour du Roi était une bataille des plus dangereuses. Où rien ne pouvait être laissé au hasard.

Ayant fait sa petite enquête auprès des quelques trop rares survivants, à commencer par l'un des palefreniers qui lui avait indiqué le destin de certaines avant de finalement pouvoir retrouver la dernière trace du passage de Maerie. Il avait fini par se souvenir l'avoir vu avec certaines prendre la direction du port, seul endroit pour elles où lever encore quelques clients et tenter de regagner de quoi se trouver un coin où dormir et envisager de proposer leurs servir à une autre maison. Gwayne avait ainsi prit la direction des docks et de leurs larges entrepôts de bois, les tavernes à marins et les quais, quelques vaisseaux à quais, essentiellement des navires de pêches et des cargos, quelques vaisseaux de guerre au radoub, de loin en loin des places animés, quelques hommes du guet au pas de marche, de sombres sourires dans les coins. Il avançait d'un pas déterminé, ne ratait pas l'occasion de laisser apparaitre le pommeau de son arme dans ces déambulations, signe a tous les coupeurs de bourses qu'il leur fallait passer chemin. Il marchait le long des docks, le regard un peu fatigué, blasé lorsqu'il vit enfin le profil de Maerie se dessiner dans la clarté de la lune. Il pressa alors le pas, inconscient de l'aspect menaçant que sa carrure et sa mise pouvait lui donner en cette soirée sur le port et ce n'est que lorsqu'il la vit se mettre à courir alors qu'il pressait le pas qu'il comprit son erreur, une erreur bête et tellement simple a prévoir, preuve que même le plus grand stratège peut faire la plus simple erreur. Il se mit alors à lui courir après, acte idiot mais pourtant seule solution, parfaitement inconscient du regard que cela attirait soudain, celui d'une bande de caïmans (brigands) qui voyait là certainement l'occasion de participer à un quelconque viol ou pillage, le moyen de tromper l'ennui et de faire preuve de sadisme. Les quatre hommes se mirent donc à les suivre, véritable meute prête à tout pour de la chair fraîche et qui se voyait déjà profiter du fruit du présupposé labeur de Gwayne. Ils suivaient à bonne distance mais d'un pas alerte le Garde et la prostituée s'enfoncer dans le dédale des ruelles du port, Gwayne cherchant à forcer l'allure pour tenter d'arriver à portée de voix de Maerie pour crier son nom...

A la suite de la jeune femme, il s'enfonçait dans les parties les plus pauvres et les plus mal-famés du port de Port-Réal, là où nombre de maisons étaient encore en bonne partie faite de bois et où la populace louait ces bras à la journée comme manouvrier sur les dock pour des salaires de misère, cette partie de la capitale où l'on ne retrouvait pas souvent les corps des victimes d'agressions, vite balancés à la mer ou pire encore, donnés à manger aux cochons pour qu'ils engraissent. Ici, le Guet ne venait que rarement et toujours en force mais c'était aussi un endroit idéal pour se cacher et semer un poursuivant, un dédale de ruelles et d'impasses glauques et sans lumière où l'on pouvait perdre un poursuivant lorsque l'on savait s'orienter et que l'on connaissait le coin. Ce qui était très loin d'être le cas de Ser Corbray.
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Message Lun 16 Juil 2012 - 17:14

Elle le savait. Elle aurait du fuir cette étrangère au lieu de la laisser lui dicter son soi disant destin. Maerie s'en voulait de s'être laissée berner et qui sait encore pire...Si elle lui avait jeté une malédiction ? Oui c'était fort possible. Elle n'avait pas l'habitude des femmes des îles d'été, mais il était probable qu'elles sachent comment maudire une personne. Mais elle n'aurait pas sa vie ! Ainsi elle courait, mieux qu'une femme n'est sensée savoir le faire. Il fallait dire qu'en tant qu'orpheline, elle avait souvent fait des courses poursuites dans les rues, notamment avec Garret, désormais forgeron. C'était un souvenir amusant, car il se passait de jour et qu'ils étaient amis. Alors que là, elle n'osait pas même jeter un œil en arrière, de peur de savoir combien elle avait réellement de poursuivants. Elle espérait sincèrement que les ruelles qu'elle empruntait sciemment dans les ruelles pauvres et malfamées, que seuls les orphelins du coin connaissaient serait partie gagnante.

C'est ainsi qu'elle en oublia jusqu'à la disparition de sa maison. Elle n'avait qu'une idée en tête, déjouée le sort de la femme des îles d'été, et rester en vie ! Les maisons en bois se ressemblaient toutes et c'est avec une infinie légèreté qu'elle évitait les flaques d'eau qui étaient en quantité dans cet endroit. A un moment, alors qu'elle prenait à droite, elle cru entendre son nom. Cela la fit hésiter, mais vu l'heure avancée elle mit cela sur son imagination et poursuivit sa route. Toutefois, elle entendit une seconde fois son prénom ce qui la fit s'arrêter net. Elle se tourna, faisant face à la ruelle qu'elle venait de arpenter, attendant d'entendre ou de voir la silhouette qui la poursuivait : et si c'était quelqu'un qui la connaissait, qui venait simplement s'enquérir de sa santé ? Il n'était question que de quelques secondes, mais ce fut assez pour se remémorer les paroles de la femme. Elle avait parlé d'un homme et que leurs destins se confondraient. Elle ne lui avait pas parlé de mort.

Confuse, elle leva la tête pour trouver un endroit où se réfugier tout en ayant vu sur la ruelle. Elle se précipita vers ce qui ressemblait à une ancienne étable. Grâce à un enchevêtrement de caisse, elle grimpa au dessus, s'allongea sur le ventre, ne laissant voir que ses yeux que l'obscurité de l'endroit aidait à cacher. Quelques autres secondes se passèrent avant qu'elle ne voit la silhouette qui l'avait suivie arriver. Comme ça, elle pouvait simplement déterminer qu'il s'agissait d'un homme. Elle n'était pas sûre que c'était lui qui avait prononcé son nom, elle n'osait donc pas bouger. Elle vit alors quatre autres silhouettes débarquées dans la ruelle. Son cœur se mit à battre plus fort. Etaient-ils si nombreux après elle ?

- Hey toi, où tu comptes aller où comme ça ?

Ils apostrophaient la première silhouette. Maerie comprit de suite qu'elle avait paniqué pour rien. Sûr que c'était quelqu'un de bien, qui ne lui avait jamais voulu de mal. Mais il était trop tard pour descendre et faire comme si de rien était.

La silhouette principale ne bougea pas tandis que les lascars approchaient à grands pas. Elle ne distinguait pas grand chose dans cette pénombre, mais elle sentait que cela n'allait pas bien tourner. Soucieuse de ne faire aucun bruit, elle se redressa doucement sur ses mains, observant ce qui l'entourait sur ce toit de bois. C'est là qu'elle la vit : une planche. Toute indiquée pour surprendre l'un des quatre hommes. Certes, elle annoncerait alors sa position, mais elle n'avait pas envie qu'un ami se retrouve à mal à cause d'elle.

Elle se saisit de la planche tout en s'agenouillant. A deux mains, elle la lança sur l'homme le plus proche d'elle, il se tenait en bas du toit où elle était perchée. L'homme la reçu à la base du cou ce qui le fit flancher, se retrouvant la tête la première au sol...Elle espérait sincèrement que celui qui était venue pour elle profite de cet effet de surprise pour riposter !
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Message Jeu 26 Juil 2012 - 11:13

Ser Gwayne Corbray pestait intérieurement contre le quartier du port, contre ces vieilles maisons aux toits pentues et aux venelles creusées, à l'enchaînement tortueux et traîtres, dans lesquelles il avait le plus grand mal à se repérer et suivre les pas de la jeune femme. Il se morigénait aussi intérieurement de sa réaction, pourtant logique somme toute, la pauvre jeune femme avait eut raison de fuir l'arrivée d'un reître parmi d'autre et vu qu'il avait tout fait pour être moins reconnaissable, c'était quelque part flatteur... mais bon, quand même, il se retrouvait à lui courir derrière à grandes foulées dans des ruelles informes à peine éclairées. Gwayne pesta une dernière fois lorsqu'il passa en courant le dernier coin de rue pour arriver dans cette sorte d'impasse faite de deux cahutes bâties si près l'une de l'autre que la venelle se terminait en une sorte de goulet d'étranglement et seule une chatte o un rat aurait pût continuer plus avant. Mis au pied du mur, Gwayne tenta de considérer les autres options qui avaient pût s'offrir à la jeune fille de joie. Il avisa bien entendu ce qui ressemblait à un mélange d'étable et d'écurie, une bâtisse de vieux bois semblable à une petite grange, des marques de fer vieilles et nombreuses attestant d'un usage sur des années de l'endroit comme lieu de repos pour un âne, un cheval ou un boeuf. Pour autant, sans négliger ce qui apparaissait comme la meilleure solution, il n'hésita pas à envisager quelques secondes la corniche d'un toit proche accessible par un empilement de vieux tonneaux de bois pourris par le sel marin et les années. Mais là encore la logique fit son office, car Maerie, aussi menue soit-elle, n'aurait jamais eût le temps d'escalader tout cela avec prestesse et sans faire s'effondrer le bois rongé par les vers.

Finalement pressé d'en finir avec cette course-poursuite, Gwayne prit sur lui de suivre l'option la plus logique et approcha à pas prudents de l'écurie, circonspect, prenant lentement le temps de s'acclimater à la pénombre uniquement aidée par la clarté d'une lune gibbeuse. Il avançait un pas après l'autre lorsque soudain quatre silhouettes firent irruption juste derrière lui, lui barrant le passage en une formation issue de longues années de pratique, chacun éloigné de l'autre de la distance d'un bras, formant comme une double ligne empêchant tout passage en force indemne. Le premier d'entre eux, tête nus, des cheveux coupés ras sur son crâne, presque un chaume, un visage dur et des yeux d'un noir de corbeau, des vêtements serrés sur le corps
de mauvaise qualité mais un pourpoint de cuir qui lui brillait comme un sou neuf, à peine quelques éraflures et de longues bottes de cavaliers, le genre qu'il était très rare de trouver dans un port signe que cette "acquisition" récente était certainement dût à une "trouvaille" fortuite sur un corps passablement refroidie. Plutôt costaud d'allure, autant que mauvais, il portait à la ceinture une épée longue visiblement ancienne mais entretenue, la graisse luisante affleurante à la jointure du fourreau de bois recouvert de cuir. Sa main sur la garde, il la fit sortir de son logement en un geste ample et souple d'années de pratique, une absence d'expression sur le visage.
Le second, plus trapu, néanmoins aussi costaud avait un visage de boxer, un visage tout en méplat et arrondis forcés, des arcades tombantes à force d'être brisées et un nez de travers signe qu'il avait eût plus que son compte de lutte à mains nues. Un solide gaillard charpentés à la peau marquée par le sel. Des vêtements près du corps et des mains engoncées dans des lanières de cuir enroulées autour du poing, une arme de lutteur, de bagarreur qui permettait de protéger le poing tout en assénant des directs dévastateurs. Ces vêtements eux-mêmes semblaient rembourrés, certainement de lainages et de vieux chiffons pour amortir l'impact de tout éventuel coup et enfin un long surin dans le dos, une simple pointe de métal vaguement aiguisée et une garde faite dans un vague bout de bois. Une arme sans valeur mais incroyablement vicieuse.
La troisième forme, plus petit que les quatre autre était un homme au visage de rat, un faciès lugubre et ricanant, des yeux vicieux, profondément enfoncés dans leurs orbites et un nez particulièrement long. Vêtu au diapason des autres, de chiffons et de haillons, une paire de godillots et une série de trois longs poignards à la ceinture dont il tira deux d'entre eux pour se mettre en position de suriner Gwayne aussi sûrement de la destre que de la senestre.
Le quatrième enfin avait une taille respectable, de longs cheveux sales réunis en une seule queue de cheval retenue par un lacet de cuir, un large sac de toile sur le dos et un gourdin plus qu'épais rebondissant entre ces mains, son sourire presque enfantin à l'idée d'en asséner quelques coups sur la tempe d'un reître en position de faiblesse Mais Ser Gwayne Corbray était loin d'être un simple reître... et surtout loin d'avoir le choix ne serait-ce que pour son estime personnel autant que pour l'honneur des Frères Jurés et de l'ensemble de la Maison des Targaryens. Leur chef, d'une voix forte qui résonna dans la ruelle du quartier portuaire, interpella Gwayne.


- "Hey toi, où tu comptes aller où comme ça ?"

L'homme à la face de rat surenchéri alors que tous se déployaient autour de Gwayne.

-"T'es sur nos terres l'ahuri, la poule est à nous... et toi aussi maintenant ! Dépose ton épée et tout ce que tu as sur le sol et il t'arrivera trois fois rien. A peine un coup sur le crâne !"

La face de rat partit alors d'un rire sadique en faisant crisser ces lames l'une sur l'autre. De son côté, le Blanc Manteau ne faisait aucun geste brusque, se contentait de reprendre son souffle et d'observer ces adversaires du soir, d'ancrer ces pieds solidement dans le sol, les muscles bandés, prêts à l'action, ne comprenant pas vraiment l'enchaînement d'événements qui avait conduit quatre coupeurs de bourses à le poursuivre dans une venelle sombre dans l'espoir de lui voler son argent... ou plutôt celui destiné à Maerie. Imperceptiblement, sa main droite s'approchait de sa dague, seule arme qu'il aurait le temps de dégainer assez vite le temps de les repousser. Puis le temps se figea alors que les belligérants se jaugeaient, s'évaluaient afin de savoir qui poterait le premier coup, où et surtout, qui riposterait assez rapidement...
Le vent souffla, venu du large porteur des embruns, d'une odeur d'iode, un instant d'éternité où l'on cesse de respirer, le coeur de battre, Ser Gwayne, immobile était une boule de nerfs prêts à exploser, animé d'années d'expérience et avec un avantage que ces quatre hommes ne soupçonnaient pas : d'ordinaire, il combattait avec trente kilos d'armure en acier forgé sur le dos. Ce soir, il n'avait aucune entrave. Ni aucune protection ceci dit.

La seconde d'éternité se termina aussi vite qu'elle avait commencée, personne n'aurait pût dire pourquoi, si il y eut un quelconque signal de donné, si l'un ou l'autre avait ne serait-ce que ressenti quelque chose, décidé, réagit, bref, tout se passa dans un mouvement rapide qui porta les combattants les uns sur les autres. L'homme à l'épée, d'un mouvement preste frappa à la tête de Gwayne qui para le coup de sa dague de chasse, parfaitement conscient que cette attaque n'avait eût pour but que de l'obliger à réagir et à se défendre, permettant à ces hommes d'entrer plus loin dans sa garde et au surineur de passer hors de son champ de vision, presque derrière lui, ce qui augmenta le stress que pouvait ressentir le chevalier mais tout bon stratège sait que le sang-froid est une chose à ne jamais perdre même lorsque tout est engagé au plus mal. Enfin, bon, ça voulait quand même dire que face de rat était quelque part dans son dos avec deux solides surins. Repoussant l'épée de toute la force de ces bras, Gwayne recula sur sa droite pour esquiver un vilain coup de taille de son premier assaillant, tournant la tête pour apercevoir d'un coup d'oeil l'emplacement du surineur lorsqu'il entraperçoit soudain une planche surgir des ténèbres et le heurter en plein dos. Profitant de l'opportunité, et ne cherchant pas à se poser de questions sur cette faveur du Soldat, il fit reculer le lutteur d'un coup menaçant dans l'air de son couteau de chasse avant de reporter son attention sur l'épéiste qui fit voler son couteau qui alla se perdre derrière le chevalier qui reçut alors un méchant coup de gourdin sur sa pommette gauche qu'il sentit éclater sous l'impact de la volée de bois, l'intérieur de sa lèvre se coupant sur ces canines soudain entrechoquées. Le chevalier partit en arrière, déstabilisé et en profita pour se rétablir en tirant l'épée alors que déjà ces adversaires revenaient à la charge, des coups d'estoc plus appuyés, à présent qu'ils le savaient capable de se battre, ils ne feraient plus l'erreur d'essayer de jouer avec lui. Les épées ferraillaient en larges coups alors que le lutteur semblait se diriger dans son dos pour une raison qui lui était inconnue, trop occupé à se prémunir de l'épéiste et des coups de gourdins en renfort, usant de sa cape pour aveugler son adversaire de main gauche, ce qui eût pour effet de voir le vêtement peu à peu lacéré de coups de taille rageur avant de porter enfin une réelle contre-attaque, faisant reculer son adversaire de plusieurs pas avant de parer de son avant-bras un solide coup de gourdin. Le coup résonna dans ces os et sa chair, ankylosant son bras, sauvé de la brisure par le canon d'avant-bras recouvert d'acier, sa main s'agitant pour tenter de rétablir une bonne circulation, frappant de larges coups de taille devant lui avant de se reculer jusque la porte de l'écurie pour se mettre dans une posture plus avantageuse, crachant un glaviot sanglant sur le sol et curieux de savoir ce qu'il était advenu du lutteur et de Face-de-Rat...
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Message Dim 29 Juil 2012 - 16:09

Elle n'aurait jamais du se promener seule la nuit sur les quais. Elle se souvenait avec amertume de l'unique fois où elle s'était faite pourchassée par un violeur. Même si elle était déjà une prostituée, elle avait le luxe de faire cela sous la protection de la maisonnée et avec argent comptant. Un violeur pouvait vous faire du mal, ne vous payait pas et pouvait vous défigurer par plaisir, vous faisant perdre toute clientèle. Trop dangereux. Alors elle avait couru, se faufilant dans ces mêmes ruelles jusqu'à tomber sur Garret qui revenait d'affaires personnelles. Jamais elle n'insista pour savoir ce qu'il faisait dans le coin, ce qui comptait c'était qu'il lui avait sauvé la mise, et malgré leurs déconvenues, elle ne pouvait lui en vouloir totalement. Ce souvenir s'estompa rapidement quand elle vit son pourchassant s'approcher de l'écurie. Il fallait bien avouer qu'il n'y avait pas beaucoup d'option dans ce cul de jatte, mais tout de même. Elle n'avait rien fait tombé, avait su, poussé par l'adrénaline, se trainer sur le toit qui n'était pas bien haut. Elle retenait son souffle, il ne manquerait plus qu'on l'entende respirer, mais c'était avant tout son appréhension qui allait l’asphyxier.

Finalement, elle retrouva ses esprits à l'arrivée de quatre vauriens qui en voulaient à celui qui lui en voulait à elle. C'était à partir de ce moment là qu'elle su qu'elle n'aurait pas du fuir. Ce n'était pas car on avait eu une expérience malheureuse que les autres seraient pareilles obligatoirement. Pour le coup, les quatre hommes étaient laids. Du genre à avoir trop combattu dans les tavernes, à s'être retrouvé défiguré tellement de fois, que leurs visages avaient lâchés l'affaire et les laissaient désormais aussi moche qu'après un combat. Toutefois, Maerie se douta qu'il venait de la mer. Souvent ces hommes là s'ennuyaient de leur vie. Trop laid pour avoir une femme, trop pauvre pour avoir une pute, les voilà qui clamaient que cet endroit crasseux leur appartenait et que par défaut elle aussi ! Elle se trouva indignée, mais savait qu'il valait mieux rester à couvert. A part le coup de la planche, à quoi pouvait-elle servir ? Son adrénaline n'augmenterait pas la force de ses coups, par contre sa discrétion pouvait faire pencher la balance du bon côté. Si bien sûr, son poursuivant savait se battre, sinon elle allait de suite prier les sept !

Son cœur et celui de ces cinq hommes sembla s'arrêter. Il y eu comme une brise pendant que chacun s'observait, prêt à croiser le fer, prêt à en découdre. Bien vite, Maerie remarqua que l'aisance de l'homme qui l'avait poursuivi n'avait rien à envier à ceux de la garde royale. Se pouvait-il que... ? Pas réellement le temps de s'interroger. Sa planche lancée, elle attira malheureusement l'attention sur elle. Elle se planqua au plus loin de la scène de combat, mais au delà du bruit du fer, elle entendit des bruits de pas qui se rapprochaient. Elle n'osait jeter un œil de peur de se retrouver nez à nez avec un visage émacié, un sourire aux dents manquantes, ou encore à un nez trop long ! Le souvenir du visage de ces hommes était limpide dans sa mémoire et quand elle sentit le toit se tendre, elle su qu'être recroquevillée à l'opposé ne la sauverait pas ! Déjà, un premier assaillant sauta avec un large sourire sur le toit :

- Bah alors ma toute belle, on pense qu'on est à la hauteur ?

Il s'approcha d'elle, pas après pas. Etant assise, elle sentait que les tensions provoquées par une deuxième personne sur le toit étaient mal supporté par ce dernier.

- N'approchez pas ! Ce toit ne tiendra pas !

Il partit d'un rire, se tournant pour chercher le regard complice d'un de ses amis.

- T'as entendu, la dame elle dit que le toit va tomber, donc j'dois la laisser là.

Le rire de l'autre ne lui parvint pas, et elle s'en fichait. Déjà l'homme fit un autre, puis un second pas, y mettant tout son poids. Il se saisit de son bras et entrepris de la tirer. Elle se mit alors à crier « non », se débattant comme elle pouvait, tant et si bien qu'il n'eut que le temps de sortir un couteau de sa ceinture, mais pas le temps de la menacer avec.

C'est sous le poids de ces deux corps qui ne s'étaient pas mis d'accord, que le toit craqua, les planches allant se fracasser au sol tandis que Maerie accompagné de son acolyte tombaient lourdement dans la paille séchée de l'écurie ! La prostituée ne perdit pas connaissance, mais elle remercia les sept de cette paille qui amortit sa chute. Elle s'en sortit avec quelques éraflures. Ce ne fut pas le cas de face de raz qui était tombé sur son propre couteau qui le transperça dans l'aine. En voyant le sang, Maerie se déplaça au plus vite, s'approchant doucement de la porte de l'écurie. Elle entendait les coups qui se portaient toujours au dehors, et elle eu beau regarder autours d'elle, elle ne trouva qu'une fourche qu'elle s'empressa de prendre. Elle ne s'était jamais battue, mais elle se devait d'aider celui qui l'aidait de sa faute !

C'est ainsi qu'armée de sa fourche, elle ouvrit la porte violemment et hurla :

- Entrez ! Et vous fichez le camps ou je vous embroche !

Dès que Gwayne fut entré, elle eu un mouvement circulaire avec sa fourche pour que les hommes s'écartent. Puis elle pénétra à l'intérieur et ferma la porte.

Au moins elle avait du culot, même si cela ne servait pas à grand chose.

- Que faisons nous ? Ils vont démolir cette porte d'une minute à l'autre.

Elle regardait la porte puis Gwayne, reconnaissant ses traits après plusieurs oeillades.

- Je suis désolée...Je ne vous avais pas reconnu ser Corbray.

Vraiment une idiote ! Si elle n'avait pas fuit, ils seraient déjà entrain de parler au bord des quais...Elle ne pu s'empêcher de penser aux paroles de la femme des îles d'été. Un sort, elle lui avait jeté un sort !
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Message Mar 31 Juil 2012 - 16:47

La situation dégénérait, elle avait peu à peu glissée vers un affrontement alors qu'il ne devait s'agir que d'une simple rencontre de nuit sur les docks. Mais que voulez-vous, la destinée est une amante vicieuse qui se plaît à jouer des tours à ceux qui cherchent à rester discret. Rien ne l'amuse plus que de causer des ennuis à ceux qui cherchent à lui échapper. Cette nuit encore ne ferait pas exception en mettant sur leurs traces une bande de coupeurs de bourse quelque peu audacieux, encore que la rencontre avec une lame ait semble-t-il douchée un certain nombre de leurs ardeurs, a présent bien plus sur la défensive et conscient qu'à tout moment, un curieux pourrait aller prévenir le Guet de Port-Royal si ce n'était déjà fait. Il fallait donc expédier cette affaire au plus vite. Les épées ferraillèrent, s'entrechoquèrent mais le Ser Corbray était incapable de prendre le pas sur son adversaire qui était secondé par de larges coups de bâtons qui immanquablement le renvoyaient sur la défensive avant de pouvoir porter le moindre coup meurtrier. Toujours inquiet de ce qui pouvait bien provenir derrière lui, le chevalier se tenait de plus dans une posture défensive afin de limiter l'impact d'un éventuel débordement, se rapprochant par petites dérobades de l'emplacement de sa dague qu'il apercevait à présent proche mais inatteignable sans risquer un mauvais coup de pointe dans le flanc, là où il ne portait pour toute protection qu'un vieux surcot élimé pas même rembourré. La tension montait peu à peu, les deux camps jouaient la montre, Gwayne en espérant une arrivée du guet qui ferait fuir les truands et ces derniers espérant l'arrivée de leurs ou une erreur du "reître" pour le prendre en défaut.

Soudain, un grincement sourd, puis des craquements de bois sonores résonnèrent dans la venelle/impasse avant d'entendre l'effondrement sonore d'une partie du toit qui fit sursauter Gwayne et couler le long de son échine une goutte de sueur des plus irritantes mais eût la bonne fortune d'interloquer suffisamment ces deux assaillants pour réussir à se fendre d'un seul coup pour infliger une longue estafilade au bras gauche de celui au bâton avant de contrer une riposte de justesse et de reculer d'un demi pas et alors que le bâton rappait avec moins de force à son mollet, le chevalier trébucha légèrement. Se sachant en très mauvaise posture dès lors, il s'attendait à recevoir un bien mauvais coup lorsque sortit de la petite grange ou écurie Maerie armée d'une fourche dont le large coup circulaire contraignit les deux truands à se replier, presque à trébucher dans la hâte d'esquiver un coup qui bien que ridicule n'en était pas moins impressionnant. Ser Gwayne en profita pour se jeter au sol récupérer sa dague du bout des doigts avant de se replier avec la jeune femme derrière la porte alors que le troisième larron jusqu'ici oublié sautait sur le côté de la bâtisse et se munissait d'une vieille cognée (hache de bûcheron simple à fer vaguement aiguisé) pour menacer le couple alors que la jeune femme refermait la porte derrière eux.

Reprenant son souffle et rangeant sa dague, Ser Gwayne posa son épée sur le premier tas de foin venu et tout en écoutant Maerie se saisit de la fourche qu'il passa entre les quillons de la porte pour empêcher qu'elle ne soit ouverte de l'extérieur même si il doutait de voir les hommes défoncer cette porte, ils n'auraient rien à y gagner, le Frère Juré préférait plutôt prévenir que guérir. Puis il se retourna, empoignant de nouveau son épée et fit face à Maerie.


-"Aucun mal ma chère, vous vous protégiez et c'était à moi d'être moins rustre. Et qui aurait pût prédire que ces traines-la-pattes nous tomberaient sur le rable ?"

Gwayne fit quelques pas dans l'écurie pour voir le trou dans le toit, passa devant le corps de Face-de-rat éventré par sa propre dague et il adressa une prière au Soldat pour lui demander sa commisération face à une mort si ridicule.


-"Au moins ne sont-ils plus que trois à présent. La bonne nouvelle c'est que tout ce vacarme va attirer le guet, ils ne seront donc plus après nous pour longtemps mais je ne vous cache pas que j'aimerais être partit avant cette extrémité."

Ser Gwayne fit ensuite un rapide tour de l'étable en tournant la tête pour constater l'absence d'autre moyen de sortie hormis une petite fenêtre masquée par un volet dont le loquet se fermait de l'intérieur et qui donnait là encore sur l'impasse.

-"Bien, plutôt que de rester dans cette nasse, on peut grimper sur ce toit et de là grimper sur celui de la maison et ensuite... et bien ensuite... continuer jusqu'à rejoindre la rue. Vous vous en sentez capable ?"

Ser Gwayne se félicitait intérieurement d'avoir choisi une panoplie de reître des plus simples et légères à la perspective de devoir traîner sa carcasse dans ce genre d'équipée, à escalader les toits de la cité de Port-Réal comme le dernier venu des montes-en-l'air. C'était dans ce genre de situation qu'il était heureux d'avoir laissé cuirs et mailles à la maison. Non pas que cela effrayait un natif du Val d'Arryn comme lui, après tout il avait appris à dompter une montagne bien plus souvent qu'un cheval et grimper le toit d'une maisonnette semblait bien moins périlleux que certains pics du Val autour de la demeure des Corbray. Et là au moins, il ne risquait pas de tomber sur un nid d'aigles, un bouquetin vindicatif ou encore un gros ours pas content d'être réveillé. Restait à savoir le sentiment de la jeune prostituée encore qu'elle ne semblait pas souffrir d'une surcharge pondérale désarmante. Au-dehors, l'on pouvait entendre distinctement les trois truands cogner contre la porte, plus de vains efforts pour la pousser que réellement la défoncer, ils ne cherchaient guère plus qu'à en éprouver la solidité, hésitant entre tenter une dernière fois leur chance et se carapater dès à présent. Ce qui était sûr ceci dit, c'est qu'à aucun moment ils ne les poursuivraient sur les toits, pas après un mort et l'un deux nantis d'une estafilade, ils étaient peut-être des coupeurs de gorges mais du moins tenaient-ils à rester vivants et les proies trop difficiles ne les tentaient pas outre mesure.
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Message Dim 5 Aoû 2012 - 10:20

Meva. Meva, la femme des îles d'été a prédit ce qui leur arrivait. Ou alors c'est cette femme qui avait amené à ce que tout cela leur tombe dessus ! Etait-elle une voyante ou une sorcière ? Maerie ne faisait pas grande différence entre les deux et était surprise de voir que ce n'était pas des paroles en l'air. Mais en parler à ser Corbray ? A quoi bon ? Déjà qu'il ne devait pas avoir une grande estime d'elle, lui parler de cette femme la ferait passer pour une simple d'esprit ! Il n'y a que les vieilles femmes et les enfants pour croire à ce genre de chose ! Elle se morigéna intérieurement, elle n'aurait pas du fuir, aurait du faire plus attention à ce que Meva avait dit. Elle aussi du courir vers une autre direction, vers le centre, pas vers les bas fonds de la ville !

Mais le temps n'était pas aux reproches en tout genre. Au moins n'était-elle plus seule mais avec un visage ami. Ser Corbray avait toujours accompagné le prince jusqu'à son auberge et elle avait toujours perçu chez lui sa grande loyauté. Il alla vérifier le corps de celui qui s'en était pris à elle et conclus que c'était une bonne chose. Elle avait pensé la même chose, même si voir des gens morts n'était pas dans son habitude. Pour le reste, cela la rassura. Si le guet prévenait la garde, ces vauriens auraient ce qu'ils méritent ! S'en prendre à un homme seul, et à une femme seule également, voilà qui prouvait leur couardise ! Mais tout ce qu'elle désirait le plus en cet instant, c'était partir d'ici, respirer l'air frais et non pas se sentir acculé. Les trois hommes restants n'arrêtaient pas de donner des coups aux portes, espérant sans aucun doute que cette dernière cède. Alors à la proposition de ser Corbray qui indiqua une petite fenêtre par laquelle s'extirper, elle n'hésita pas longtemps.

- C'est par ma faute que nous en sommes là, je ne vais donc pas jouer ma timorée ! Passez devant, vous m'aiderez à monter si je faiblis.

Elle jeta un coup d'oeil aux portes qui semblaient pouvoir éclater d'un moment à l'autre. Elle observa Gwayne sortir par la fenêtre. Il se tourna vers elle, prête à l'aider. Pour sa part, elle avait bien regarder comment il s'y était pris, sachant qu'elle ne possédait pas la même force dans les bras. N'écoutant que son cœur qui battait à tout rompre, au même titre que les brigands sur la porte, elle fit un léger saut, se tint de ses mains au rebord de la fenêtre, et aidée des mains de ser Corbray au niveau des épaules, se retrouva sur le toit auprès de lui.

Ils ne voyaient pas les hommes qui étaient restés à la porte, seulement le bruit de leurs armes percutant le bois. Maerie se tourna vers ser Corbray et il put lire dans son regard qu'elle était prête à le suivre, peu importe où ils s'en allaient. Ce dernier ne perdit pas de temps en bavardage et commença son ascension sur le toit de la maison, aidant ensuite la prostituée à faire de même. C'était une grande aventure pour elle, rien à voir avec son quotidien fait de soierie et de baisers. Ce qui la surpris fut qu'elle aimait cela ! Peut-être était-ce du au fait que ser Corbray avait une apparence rassurante une fois qu'on savait que c'était lui. La vue du toit était aussi époustouflante. Au loin elle voyait les lumières du port ainsi que les chemins de lumière dans le centre de la ville. C'était à en perdre la tête, bien que ser Corbray la ramena rapidement à la réalité ! Pas le temps de rêvasser comme elle le faisait. Il y eu un brusque craquement de la porte de l'écurie qui venait de céder aux nombreux assauts des armes.

Le regard de Maerie s'écarquilla et sans plus attendre ils se mirent à courir, à vitesse raisonnable pour ne pas faire une chute qui leur briserait la nuque à coup sûr. La lune les surplombait, protectrice, tandis que les hommes leurs hurlaient de revenir régler leur compte. Tandis qu'ils faisaient leur chemin de toit en toit, Ser Corbray prenant garde à ouvrir la marche, Maerie tomba et glissa le long d'une corniche. Son pied était mal retombé, et elle se retrouvait à la force des mains suspendue dans le vide ! Le cri qu'elle poussa du alerter davantage le guet, à moins que ce dernier était déjà arrivé sur le lieu du délit et donnait aux brigands la leçon qu'il méritait ! Mais pour le moment, la jeune femme avait du mal à retenir tout le poids de son corps et ses mains glissaient inexorablement. Elle hurla le nom de ser Cobray, espérant qu'il n'avait pas pris trop d'avance pour venir la secourir...encore.-
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Message Mar 4 Sep 2012 - 20:20

Le temps de reprendre encore une dernière fois son souffle et Ser Corbray prenait la direction de la fenêtre barré de bois dont il ouvrit avec le plus de précaution le ventail et le bloqua à l'aide d'une petit cale de bois prévue à cet effet pour éviter un mauvais incident de guillotine avant de s'être assuré que ces manches ne soient pas flottantes et de placer le baudrier de son épée de manière à la suspendre à la verticale dans son dos depuis ces épaules et de s'assurer de la présence de sa dague de chasse dans son fourreau afin de s'en servir d'outil d'escalade au besoin.

- »Nenni Maerie, la situation présente est un choix des Septs mais nullement de votre fait. Vous avez pris peur et vous êtes mise à l'abri, seul un sot vous en tiendrais rigueur... »

Puis, avec calme, silence et méthode, Gwayne s'accrocha au rebord du toit de la petit grange attenante à la maison et se mit en devoir d'assurer sa prise. Il retrouvait là sa prime jeunesse sur les terres des Corbray, à Cordial, la forteresse ancestrale de sa famille dans le Val d'Arryn. Comme tous les hommes élevés à l'ombre des imposantes montagnes il avait plus sûrement appris à escalader, grimper et ramper que monter à cheval. L'animal quoique noble et partie prenante de la mission de chevalier, n'en restait pas moins un danger lors des confrontations avec les brigands. Ces derniers prenaient bien souvent un malin plaisir à faire chahuter les chevaux et désarçonner leurs cavaliers et les techniques de combat du Val incluait un certain nombre de frappes déstabilisantes ayant pour but de fausser l'équilibre de l'adversaire pour le faire verser et chuter dans les combes et du haut des falaises. Qu'importe la manière, ce genre de bataille signifie toujours tuer ou être tué. Ser Gwayne Corbray en avait conçu un certain sens de l'équilibre. Vidant son esprit de toute urgence, se concentrant uniquement sur le sommet, le but à atteindre fidèle à la devise du Val, « Aussi Haut que l'Honneur », il se mit en devoir de progresser le long de la façade marquant ostensiblement pour Maerie les prises et le cheminement d'escalade le plus approprié à sa carrure, complètement inconséquent de ne pas faire de bruit pour favoriser la survie du duo d'alpinistes urbain alors que déjà les marauds les apercevaient, cessant de marteler la porte de coups pour désespérer et se dérober, trop conscients d'avoir attendu déjà plus que de raisons, augmentant drastiquement leurs chance de se faire attraper par le Guet. Une dernière bourrade vengeresse contre cette porte et ils s'écroulèrent en tas les uns sur les autres alors que la porte avait finit par céder puis se relevant avec diligence, ils suivirent au travers du trou dans le toit de la grange l'escalade du duo. Lançant imprécations sur insultes, provocations sur promesses de vengeance, ils se mirent également en devoir de trouver un moyen d'escalader, leur chef envoyant l'un deux faire le tour de la bâtisse par la rue, toujours en espérant que le Guet viendrait avec du retard où s’encombrerait dans les ruelles.

Gwayne Corbray s'en moquait pour autant à ce moment là, ne se concentrant que sur la rigole de la gouttière au faîte du toit, ultime aboutissement de cette escalade. Une fois là-haut, il perçut Maerie prendre le temps de contempler Port-Réal depuis les toits, découvrir cette cité sous un tout autre jour. Il passa furtivement une main sur son épaule pour l'empêcher de vaciller autant qu'un geste de tendresse avant de se remettre en marche avec précaution sur l'équilibre précaire qu'offrait le toit de tuiles jusque un nouveau mur, un nouvel obstacle auquel se confronter et au-delà un peu de calme, la route des couvreurs et des ramoneurs, une succession de toits et de cheminées donnant sur les murailles du Donjon Rouge, la mer ou encore l'intérieur des terres de la couronne, une vue imprenable sur les alentours dont il était habitué à l'aulne des remparts de la citadelle royale des Targaryens. Affrontant ce nouvel obstacle comme le premier, faisant le vide dans son esprit, il commença à grimper de prises en prises, un rythme régulier à l'image de son souffle posé, concentré lorsqu'il entendit soudain un glapissement, un cri de surprise et enfin son nom hurlé dans la nuit par Maerie. Cessant son geste, il se suspendit en arrière, bien assuré dans ces pieds et une main sur la corniche pour tourner la tête et voir Maerie glisser, elle venait de dévisser, de perdre pied et une chute pareille la ferait percuter le toit de tuiles, ce qui ne la tuerait pas mais pourrait du moins lui briser le dos voir plus si la charpente cédait sous l'impact. Dans un seul élan, il sortit sa dague de chasse et l'encocha avec violence entre deux moellons du mur un tiers plus bas que ces épaules et s'y accrochant, descendit avec vigueur la paroi de la maison pour pouvoir tendre le bras vers Maerie et lui saisir un poignet d'une main forte et sûr, espérant seulement qu'elle ne glisserais pas encore de trop car jamais la lame ne résisterais à une telle charge si il devait la retenir de tout son poids à bout de bras et si son propre équilibre se brisait, elle l'entraînerait dans sa chute et l'impact sur le toit ne serait que le premier de leurs soucis.


-"Tenez bon, attrapez ma manche, griffez ma main si il le faut. Et restez calme, fermez les yeux, respirez et tout ira pour le mieux, je vais vous guider, vous attraperez ensuite ma cheville et vous vous servirez de moi comme d'une échelle, une suite de prise, n'hésitez pas à tirer et vous accrochez, le plus important c'est de toujours regarder vers le haut et d'aller jusqu'à la limite du toit sans vous retournez. Ne vous inquiétez pas de moi, je suis un homme du Val, ce n'est pas là ma première montagne"


Il termina sa phrase sur un sourire tendu par l'effort pour la rassurer alors qu'il se plaquait un peu à présent contre la paroi pour rapprocher la main de Maerie du haut de sa jambe vers l'emplacement de sa propre rotule.
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Lune ronde, nuit féconde [pv Gwayne]

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