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Deuil familial ne veut pas dire trève [Lothar & Valgar]

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Message Dim 1 Juil 2012 - 19:49

La baie de Néra offrait aux regards des hommes, l'illustration de sa puissance, de lourds nuages gris pesaient de tout leur poids sur l'eau et les îlots, un léger vent laissait divaguer quelques vaguelettes qui au fil des heures prenaient plus d'importance encore, les quelques oiseaux marins encore présent s'étaient réfugiés sur les pontons et les falaises de Dulceport-Le-Pas et une pluie fine commençait doucement à s'étendre sur les quelques habitants encore présents à l’extérieur, tentant d'abriter leurs navires de pêches ou leurs filets de l'orage qui s’annonçait. Alors que tous courraient à tout va dans la hâte de s'abriter sous leurs toits ou sous celui d'une auberge, seul un petit groupe d'homme bravait la brise, posté sur les quais de pierre où étaient fermement amarrées les galères des Solverre et chacun d'entre eux restait dans le plus grand silence fixant l'horizon.

Heward était parmi eux, drapé de son long manteau jaune or qui masquait sa carrure au yeux du froid de la tempête, son regard se posa enfin sur la voile blanche qu'on lui avait signalé quelques temps plus tôt. L'idée qu'elle serait accrochée fermement à l'appontement par ses amarres et que ses oncles allaient enfin arriver sur l’île suffit à faire sourire le nouveau Lord. Rassuré, il laissa ses yeux s'égarer sur la petite troupe qui l'accompagnait, à sa droite calme et l'air grave, son frère cadet Martyn n'avait pas quitté le lointain des yeux, il était arrivé après que Gregor, capitaine du Sacre est été mandé pour aller le chercher à Port Real et heureusement avait il pu s'accompagner de sœur silencieuses. La mort de leur père étant venu le lendemain de cette venue, ces dernières purent s'occuper de la toilette et de la veille du défunt, c'était il y a maintenant deux jours.

A repenser à ce moment froid, ou il avait vu la folie de la fièvre consumer son père, Heward soupira silencieusement et continua d'observer, l'attitude des différentes personnes présentes. Tournant un peu plus la tête il put voire ce septon dénommé Valgar, car Martyn n'était pas arrivé seul, à la demande de son père et alors que sa maladie n'avait fait que débuté, il avait demandé à son frère de trouver le vieil homme en espérant qu'il soit présent dans le sein de la cité. Ce fut le cas, mais hélas pour ce bon conseiller et ami épistolaire de l'ancien seigneur, ils étaient arrivé trop tard, Aaron avait déjà oublié l'existence du mystérieux religieux. Mystérieux, oui car de ses yeux bleues Heward ne savait que peu de chose de lui et ces quelques jours passé en sa compagnie n'avait pas amélioré les choses puisqu'il n'avait pas encore réellement pu lui parler, approximativement, il savait que son père et lui s'étaient rencontrés à Port Real pour une quelconque raison il y a de cela bien longtemps et que séduit par sa vision du monde, le lord ne manquait jamais l'occasion de pouvoir parler au frère mendiant, usant de chaque présence du septon à la capitale afin de s'entretenir avec lui de manière direct ou non.
Intrigué et à la fois méfiant, Heward consenti à penser que si le vieil homme avait été de si bonne recommandation pour son père il en serait de même pour lui. Enfin, il l’espérait.

Retournant son visage à sa gauche, il aperçut son autre frère l'air maussade. Renaud le brave et l'aventurier, le chevalier de la famille et l'épée de la vertu était arrivé ce matin même sur Le Guerrier, le navire dont il était le capitaine n'avait pas été assez rapide pour le monter jusqu'au domaine familiale et c'est le corps froid et les yeux fermés qu'il vit leur père pour la dernière fois.
Aujourd'hui, de retour sur sa terre natale il avait fini par quitter son armure pour une tunique verte et un pantalon brun, laissant ses cheveux bouclés hors de son heaume.

Le reste du groupe n'était composé que de trois ou quatre hommes d'équipage, simplement présent pour tenir les chevaux qui les avaient mené jusqu'ici et qui les ramèneront jusqu'au château. Heward avait en effet interdit à Annabelle de le suivre, préférant qu'elle reste aux cotés de leur mère toujours cloîtré dans un silence profond. Sans vraiment savoir pourquoi, le nouveau lord était persuadé que ce silence pesant faisait régner une certaine gêne sur chacun d'entre eux, pourtant aucun ne se sentait de le briser. Comme si l'atmosphère du décès se devait d'être respecté par un mutisme total.
Il n'en aurait tenu qu'à lui voilà bien des heures qu'il aurait rompu le calme apparent, déversant sur ses frères et sur son invité les centaines de questions, bien que banals qui l'avait envahi.
Comment va la vie au Grand Septuaire ? Que faisais tu à La Vesprée ? Comment avez vous connu mon père ? Des banalités qui pourtant envahissaient l'esprit peu enclin à la concentration du seigneur. Il se maudit d'ailleurs pour cette personnalité rêveuse qui l’empêchait de réaliser son deuil de la façon dont le mort l'aurait mérité. Il en était ainsi pour ses pensées, car fier et connaissant son rôle il tentait de sauver les apparences, adaptant une mine grave et inflexible à la face du monde.

Un nouveau vent passa entre les hommes, les vêtements furent soufflé, des gerbe d'eau s’écrasèrent sur le rebord de pierre des quais mouillant au passage l'ensemble des convives. Exaspéré et toujours aussi impatient, Renaud brava alors en grognant le silence au soulagement de son frère.


Je crois hélas pour nous que L'Orage m'a suivi depuis la baie des naufragés.


A cette parole Heward se retourna vers le chevalier et lui émit un sourire en coin afin de le remercier de ce geste involontaire mais salutaire, d'autant plus qu'il connaissait son frère et qu'il savait que ce dernier, une fois la barrière de la première parole passée, s’arrêtait difficilement.
Préférant couper net avant les paroles de son frère et profitant de l'occasion Heward se retourna rapidement vers le Septon. Maintenant que la parole était ouverte l'occasion était trop belle.

Je sais bien que l'instant n'est pas des plus convenus Valgar, mais ma curiosité est la plus fortes.
Comment avez vous exactement connu notre père ?


Dernière édition par Heward Solverre le Mar 10 Juil 2012 - 0:50, édité 4 fois
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Message Mer 4 Juil 2012 - 21:19

« A Dulceport-le Pas les dieux ne tiennent aucune demeure. » Le regard perdu dans le vague, contemplatif devant le spectacle à la fois froid et pénétrant que seule la vision des eaux insondables de la Néra savait offrir, le vieux prêtre ne pouvait s’empêcher de songer à cette phrase non dénuée d’un certain comique cynique que ce marin de Port-Réal lui avait soufflé avant d’embarquer. Le Septon devait bien reconnaître que malgré la réputation de sainteté et l’odeur pieuse qui embaumait sur toute la Maison Solverre, maîtresse de ce rocher dévoré par l’écume rageuse des flots, l’on pouvait avoir du mal à croire que la bénédiction des Sept avait touchée cet ilot reculé. Il régnait ici une atmosphère froide et morne, le ciel encombré de nuages sombres et menaçants s’en faisait un excellent écho. Depuis qu’il avait posé sur cette terre désolée, c’était comme si les frissons ne l’avaient plus quitter. Peut être fallait-il y voir, comme les plus pieux ou les plus vils flatteurs le suggéraient, un signe de deuil envoyé par les Sept eux-mêmes qui partageaient l’affliction qui touchait en ce moment la famille Solverre. Valgar ne s’était pas senti l’envie de leur rire au nez, de fait l’humeur général n’était guère propice aux sourires et quolibets, et il ne tenait nullement à froisser ses hôtes. Les Seigneurs du Détroit faisaient en effet partit de cette race particulière de la noblesse, au tempérament et aux valeurs aussi rigides que les épées qui leur ceignaient le côté. En la matière l’auguste et renommée famille Solverre avait réussi à élever cette sévérité d’esprit au rang d’art. « Aux Sept nos vies sont dues », le prêtre avait toujours pensé que la maisonnée prenait trop à cœur ce rôle de « protecteur de la Foi » qu’elle se plaisait à s’attribuer. L’héritage Andals devait être bien lourd à porter, jugea le vieil homme en songeant au jeune Heward qui se tenait debout sur un promontoire rocheux.

Ce fardeau le défunt chef de famille de la Maison Solverre le laissait déjà transparaître dans la longue et fructueuse correspondance qu’ils avaient entretenue. Très vite le prêtre avait reconnu cette flamme si caractéristique des fervents croyants chez cet homme qu’il n’avait eu l’occasion de rencontrer qu’une fois. Peut être était-ce à travers le tremblement extatique de sa plume qui laissait ses missives entachées d’encre, ou encore ses tournures de phrases grandiloquentes et parfois agressives qui assénaient des idées comme autant de vérités incontournables. Toujours est-il qu’il n’avait pas eu de mal à reconnaître l’homme de Foi mais également l’intransigeance radicale presque fanatique de cet homme. Valgar se souvenait des trésors de diplomatie qu’il avait dû user pour tempérer ou maintenir leurs échanges sur un terrain de libre-entente. Le vieil homme s’autorisa un mince sourire au souvenir du vieux lord à la chevelure grisonnante, l’allure sévère et au port altier. C’était cette image qu’il conserverait, et non pas celle du corps décharné et dévoré par la maladie qui reposait à présent sur son linceul. Des souvenirs, c’était là tout ce qui nous restait de la perte d’un être cher. Des présents biens éphémères songea Valgar en laissant s’échapper du creux de sa main du sable pris de la grève. Il se demanda quels souvenirs pouvaient bien chérir les fils du défunt. Un bref regard sur leurs mines sombres lui souffla que le poids de l’instant empiétait largement sur une quelconque nostalgie. Parmi ces figures, celle de l’héritier désigné Heward Solverre dénotait parmi ces frères. L’air presque égaré, le prêtre nota une fois encore la jeunesse du nouveau chef de la maisonnée noble.

Valgar avait depuis longtemps appris que la mort était une invitée des plus cruelles, et cette cruauté frappait de plein fouet celui qui semblait encore bien jeune pour endosser des responsabilités aussi lourdes. Il lui faudrait sans doute mûrir, et c’était sans compter sur son nouvel entourage. La famille pouvait parfois se révéler un soutient des plus malaisés à manier. Dans quel état d’esprit pouvait-il être ? Après avoir assisté à la longue agonie de son père, le prêtre se demanda si c’était la première fois qu’il était confronté à la mort. Cette dernière n’avait pas été clémente de surcroît. Le pauvre homme s’était noyé dans son propre sang. Valg ar était arrivé trop tard pour arracher des lèvres du mourant une dernière parole, un ultime désir ou même une confession finale. De fait, il ne comprenait pas bien quel rôle il allait devoir jouer ici, mais il comptait bien mesurer ses paroles et apporter tout le soutient qu’il lui était possible, eu égard à cette étrange amitié qui l’avait lié avec cet homme étrange.

- L’étreinte de l’Etranger s’étend à tous les hommes. Sur son navire nous franchissons les sombres eaux pour être soumis au jugement du Père. Aux côtés des Sept je ne crains aucun Mal, la Mère éclaire le chemin, l’Aïeule soutient ma Foi, alors que s’ouvre les portes de la Béatitude pour le Juste et le Croyant.

La prière du jeune Martyn tira le vieux prêtre de ses pensées. Sa voix était rude, emprunte de cette rigueur, de cette solennité si propre aux mystiques de la capitale et qu’il s’était habitué à reconnaître lors de son voyage. Son regard brillait d’une lueur fervente, celle d’un homme certain de la justesse de ses actes, et soutenu par les dieux. Une assurance qui mettait quelque peu mal à l’aise Valgar. Si le jeune Solverre devait composer avec de tels individus au sein de sa famille, nul doute que d’ici peu son domaine se transformerait en gigantesque Septistère clos et régie par une morale rigoriste incapable de toute évolution. Si le Septon approuvait en général la dévotion il savait en reconnaître les limites et percevoir la frontière de la bigoterie. Nul doute que sa propre conception de la religion ainsi que sa pratique entrait en conflit direct avec ce frère à la foi brûlante et obtus. Une position que semblait également partager le reste des membres de la fratrie. Effacé derrière le petit cortège des invités, le vieux prêtre pu dévisager discrètement la nouvelle figure centrale de ce nouveau théâtre. Son port vestimentaire, avec ce manteau d’un jaune or qui violentait le regard, tranchait net avec l’austérité presque naturelle de l’ensemble des convives. Valgar devinait une certaine intelligence sur ce visage ombrageux, une fougue toute juvénile mais également le désir de bien faire. Une première impression que confirma le ton de sa voix lorsqu’il prit la peine de s’adresser à lui. Le prêtre esquissa quelques pas pour se rapprocher de lui, l’attitude humble et conciliante.

-Je crains que l’histoire ne soit guère palpitante mon seigneur, aussi j’espère qu’elle ne vous décevra point. J’ai eu l’occasion et l’honneur de rencontrer le défunt seigneur Solverre au Grand Septuaire de Baelor alors que j’y étais de passage. Il s’entretenait avec sa Sainteté Robert je crois, une véritable crapule tissé d’argent, s’empêcha de dire Valgar, pour rechercher conseils et éclaircissements en des temps troublés. A la suite de son entretient je n’ai pu résister à lui livrer mes propres vues. Notre discussion a été…houleuse et j’en garde aujourd’hui un souvenir du tempérament de votre défunt honorable père. Les mots étaient faibles pour rapporter ce qu’avait été leur discussion de sourds. Visiblement le seigneur Solverre a alors cru bon de me faire l’honneur de continuer nos conversations par lettres échangés. Je pense qu’une génération de corbeau y a succombé mon seigneur. J’espère qu’il me sera donné la chance de continuer à perpétuer mes bons rapports avec votre famille.

Valgar avait tenu à mettre les formes et le ton pour s’adresser au jeune homme. S’il devait jouer un quelconque rôle ici de conseil, autant l’aider à revêtir le plus vite possible l’habit du seigneur et de quitter celui du fils. Il était souvent dit que pour s’élever le fils devait tuer le père, ici la moitié du travail avait déjà été fait.

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Message Mar 10 Juil 2012 - 0:43

La grand voilure blanche qui déchirait l'horizon mouvementé de sa clarté , s'approchait petit à petit, comme une lumière dans les ténèbres, chaque hommes hommes de la petite assemblée fixait se point marquant une différence avec les teintes grises et noires de la baie, dans le simple espoir de pouvoir enfin se couvrir de la pluie qui battait de plus en plus fort les capes et les manteaux.
Seul le jeune nouveau Lord, ne sentant pas le froid drapé de ses fourrures colorés gardait l’œil fixe sur le Septon alors que d'un ton presque cérémonieux il donnait réponse a sa curiosité. Il souriait en imaginant sans mal son vieux et chère père, toujours si droit et si strict, plus dur à courber que la lame d'une épée juste sortie des fourneaux d'un forgeron. Le vieil homme était sec et intransigeant c'était le moins que l'on pouvait dire de lui. Pourtant Heward, pour avoir connu son grand père savait à quel point, il était finalement laxiste, pour un Solverre du moins. Le rappel des coups de bâton sur frappant sans compromis sur la lourde table de bois et parfois sa main, alors qu'il était tout jeune seul face au livre de prière et à son aïeul, à tenter de réciter et d'apprendre des dogmes, laissa un frisson traverser son être.
Son esprit depuis toujours ne tenait pour ainsi dire pas en place, les pages manuscrites l'ennuyaient là ou il pouvait sans la moindre gêne et pour son plus grand bonheur laisser son regard voguer sur l'immensité des mers.
Peut être était ce, ce coté rêveur et insouciant de l'héritier, que chacun connaissait sans oser en parler de peur que ce secret de polichinelle ne réveil les foudres et la colère de son ancêtre, qui avait finalement peut être radoucis les mœurs d'Aaron, peut être était il finalement comme lui dans son enfance, peut être était il compréhensif face à se garçon qui lui rappelait tant sa jeunesse refrénée et encadrée par un père tyrannique.

La seule idée de savoir le défunt finalement aussi proche de lui marqua de nouveau un sourire au jeune homme qui se senti d'un seul coup, pour faire simple libéré d'un poids. Ce ressentiment aurait sûrement disparu à tout jamais voire n'aurait jamais existé si les Sept n'avaient pas voulu poser, dans un grand rire rauque et moqueur, un dévolu presque satirique sur Dulceport-le-Pas et certains de leurs plus vaillants protecteurs, accablant la fratrie de caractères des plus variés et surtout lorsqu'en se penchant sur le berceau de l'aîné, ils avaient pris un malin plaisir à lui inculquer le doute, l'anxiété et insouciance comme fondement de son esprit, faisant de l'héritier un Lord qu'il n'aurait jamais dû être.

"Le naturel revient toujours à la charge comme le ressac des vagues revient aux abords de ton navire", disait son oncle Lothar la véracité de cette citation se montra d'elle même lorsque le sourire d'Heward s'effaça pour laisser place à une nouvelle mine grave, voire triste et aux yeux piquants. Et si cette similitude avec son père n'avait jamais existé et si le vieil homme, simplement blasé par des années de tentatives désespérées de voire son fils, son successeur, devenir un homme de poigne, avait tout bonnement et simplement abandonné, délaissant son éducation par un dégoût et une honte de voire son propre sang incapable de tenir l'île, ce bastion des Sept depuis les Andals.
Un jour il avait entendu une expression sans jamais vraiment la comprendre, " Certain voit le verre à moitié vide d'autres à moitié plein ". Heward faisait parti de cette première catégorie et le négatif l'emporta, il était persuadé, depuis bien des années que son père le haïssait pour ce manque de force intérieure et cette certitude se fixa une nouvelle fois dans les pensée du Lord au manteaux doré. Mais qu'importe, il était tenace et obtus et jamais il ne se laisserait, malgré sa personnalité, la moindre secondes de répit. Il était Lord de cette famille et bien qu'il savait que chaque homme ici présent doutait de sa capacité, ses frères les premiers, il se devait de porter ce fardeau la tête haute et d'un air sévère qu'il tentait de copier sur le défunt patriarche.
Son air maussade disparu, remplacé par un mine grave et noble forcé de toute parts, le premier devoir d'un Solverre se tenait aux respects de ses invités et donc à répondre.


Ça ressemble en effet bien à notre père. Mais comme vous avez pu le voire il a donné suite à votre discussion et si une génération de corbeau y a trépassé, j’espère tout du moins qu'elle aura été fructueuse. Il était tenace et inflexible mais aimait à parler de sa foi, quitte à ce qu'elle ne soit pas partagé.

En ce sens et par l'hospitalité de notre famille je ne peux vous demander de partir, je vous serais même des plus reconnaissants de prendre l'une de nos chambres d'amis. Elles sont des plus confortables et en ces lieux un croyant à autant de droit que la noblesse. Je vous serais tout autant redevable si vous acceptiez de parler avec moi. Si mon père y a trouvé un intérêt, je ne peux qu'y gagner.


Il termina sa phrase de l'allure la plus noble qu'il pouvait, alliant au son de sa voix de grands gestes maladroits et peu naturels qui ouvrirent son manteau à la morsure de la brise. Il crut au passage apercevoir, entre deux boucles de ses cheveux qui s'écrasaient sur son visage par le souffle de la tempête, un regard noir de fureur de son frère Martyn à son égard. Ce dernier avait passé le voyage depuis Port Real en compagnie du vieux septon. Discrètement et d'un œil curieux il questionna son frère du regard, se demandant si cette invitation n'avait pas été trop rapide ou si le cadet exagérait encore un fois.

Père devrait encore être en vie. Je suis chevalier et il l'était aussi, tout comme moi il a combattu autant au nom de notre famille que des Sept et voilà qu'ils nous accablent. Nous somme finalement si peu entre leurs mains. Vivement que tout cela se finisse et que je puisse enfin voire notre Oncle Lothar, voilà un moment de répit dans cette malédiction.

La voix sombre et morne de Renaud trancha directement de son ton joviale qui quelques minutes avant avait annoncées l'orage comme de son fait. Réentendre parler de leur géniteur avaient peut être rouvertes des plaies qu'il avait enterré le temps de son arrivé. Heward se retourna une nouvelle fois face à lui et ce coup ci, ne lui adressa qu'un regard fracassant, peu enclin à vouloir se confronter à ses frères par la parole en ce moment, il se contenta de maudire de ses pensées l'impatience et le manque de tact de son frère.

Arrête Heward tu as autant envie de le revoir que moi et tu le sais. Nous n'avons pas vu notre Oncle depuis bien des années et si tu l'as fait mander ce n'est pas un hasard.


Pris au vif par un proche qui le connaissait si bien, Heward acquiesça d'un simple Notre oncle est un homme juste. Avant de se retourner d'un regard se languissant de cette situation vers le septon, lui n'était pas de la famille ni de l'île et peut être comprendrait il le fond du problème. Enfin il retourna son visage vers les flots troublés. Laissant un nouvelle fois son esprit à la divagation, Renaud était certes indélicat et peu enclin aux négociations, mais il était ferme et savait se faire entendre. Leur père avait toujours été plus proche de lui que d'Heward. Lui aurait dû porter ce sceau à l'étoile qu'arborait le nouveau Lord à la main.
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Message Mar 10 Juil 2012 - 18:21

Vent sifflant. Ressac lancinant. Clapotis violent.

Perché sur le pont du « Kraken Insoumis », la galère seigneuriale de Pince-Isle richement décorée et surmontée de gravures de monstres marins, Lothar observait le ciel chargé qui le surplombait. Un ciel gris anthracite, dans lequel de gros nuages presque noirs s'entremêlaient, formant une chape lourde et menaçante. Pour pimenter cette humidité étouffante, cela faisait presque deux heures qu'une pluie glacée s'abattait sans aucune pitié sur les membres de la galère – vous savez, cette sorte de flotte algide qui perce à travers les couches de tissus et s'insinue sans vergogne à travers les interstices des armures et des cottes de mailles. Un cadre somme toute lugubre, accompagnant la morosité qui régnait dans la galère depuis son départ de Pince-Isle, deux jours auparavant.

En effet, ce voyage n'était en rien une simple excursion en mer – même si le Chevalier-aux-Crabes l'aurait préféré. Lothar accompagnait sa mère, Lady Althea, son frère aîné – le Lord actuel de Pince-Isle – Geralt, ainsi que sa jeune sœur Rhea, et leur panel de suivants, pour une destination bien connue : Dulceport-le-Pas. L'île de la famille Solverre, famille que sa sœur aînée avait rejoint après son mariage avec le Lord régnant, Aaron. C'était pour assister à la cérémonie mortuaire de ce dernier que l'ensemble de la famille Celtigar se déplaçait, pressé de réconforter leur sœur et neveux, qui en avaient sans aucun doute besoin dans cette pénible épreuve.

Lothar soupira en pensant à ses neveux et à sa nièce : Heward l'aîné, insouciant et rêveur. Il l'aimait particulièrement car il sentait qu'au fond de lui, il avait la même fibre aventureuse et généreuse que lui, et qu'elle méritait de s'exprimer. Malheureusement, le sombre événement venait de le propulser à la tête de l'île et des affaires de la maison, l'éloignant de ses désirs de liberté. Renaud le benjamin, fougueux et brave ; Le jeune Renaud était celui qui avait, dès son plus jeune âge, admiré Lothar par le biais de ses histoires d'aventures et de chevalerie. Le Chevalier-aux-Crabes aimait penser qu'il l'avait, entre-autre, amené à devenir l'un de ses pairs, en accomplissant son devoir avec honneur et courage ; Annabelle, la petite dernière. Douce et chaleureuse, Lothar voyait le portrait craché de sa sœur en elle. Annabelle adorait son « oncle Lolo », depuis sa plus tendre enfance, et Lothar le lui rendait bien ; Enfin, Martyn le cadet, discret et réservé . Il avait très tôt rejoint le Septuaire pour en devenir un membre à part entière et Lothar l'avait rarement croisé, même durant sa jeunesse. Contrairement aux trois autres enfants Solverre, il n'a jamais entretenu de liens particuliers avec le jeune Septon.

Une vague plus puissante que les autres s'écrasa avec fracas sur le flanc de la galère, faisant sortir de ses pensées le deuxième fils de la famille Celtigar. Après une manœuvre du capitaine pour redresser le navire, le « Kraken Insoumis » reprit son cap. A ce rythme là, sans tempête ni vent trop violent, ils arriveraient à Dulceport-le-Pas dans moins de six heures. Un temps suffisant pour que Lothar se repose un peu, et recharge son optimisme à tout épreuve. Durement éprouvé ces derniers jours, il allait lui en falloir pour faire sourire ces neveux et sa nièce, et leur faire oublier le drame de la situation.


    * * *
Cinq heures plus tard...


Une pression sur son épaule fit émerger difficilement Lothar de son sommeil. Malgré ses protestations, l'âge avait fait son office et il n'était plus rare qu'il lui soit difficile de se lever. Une odeur enivrante, mélange astucieux de cannelle et d'orange, titilla ses sens, le forçant à ouvrir les paupières. Ce parfum... Un sourire apparut sur le visage du Chevalier-aux-Crabes et, sans crier gare, agrippa la frêle main qui le secouait doucement. En un instant, il fit tomber la silhouette sur le lit, à ses côtés, et ébouriffa gentiment la cascade de cheveux châtains qui apparut. Le rire et le caractère ronchon de sa sœur se fit entendre.

    « Raaah mais Lothar, c'est pas l'moment de jouer ! D'ailleurs, tu n'as déjà que trop dormi ! Prépare-toi, nous arrivons bientôt et... » Elle grimpa sur lui et agita ces cheveux déjà partiellement en épi. « Ça c'est pour m'avoir fait tomber, espèce de brute ! »

Lothar perçut l'ironie et la vit quitter la pièce, un sourire aux lèvres. Leurs pseudos-joutes dataient de leur jeunesse, mais ils ne pouvaient s'empêcher, quand ils étaient ensemble, de se replonger quelques instants en enfance, tels des jeunes insouciants. Pendant un temps au moins, sa jeune sœur nourrira quelques pensées positives. Du fait de son âge proche de ceux des enfants Solverre, elle avait été durement touchée par la nouvelle de la mort de Lord Aaron. Lothar et son éternel optimisme avait quelque chose de réconfortant, et ça il le savait et l'utilisait du mieux qu'il le pouvait. Dans ce genre de situations, il était facile de tomber dans la morosité, dans la douleur, jusqu'à ne plus qu'être que l'ombre de soi-même, et ne plus trouver goût à la vie. Il ne le permettra jamais. Ni à elle, ni à Alys et à ses enfants. Ils doivent trouver la force d'avancer et de surmonter cette épreuve.

Lothar se leva, se rafraîchit le visage, prit un temps pour essayer de dompter ses épis irritants – sans succès – et enfila une tunique propre de couleur bleue nuit, aux fermetures cuivrées. Un brocart de fil d'argent terminé ses manches, lui donnant une allure de noble qu'il n'avait pas eu depuis de longs mois. Avec un léger sourire, il attacha son baudrier de cuir qui ne le quittait jamais, et sortit de sa loge spartiate.

A son arrivée sur le pont, il remarqua le contour dans le lointain de la petite île des Solverre, Dulceport-le-Pas. Dans une quarantaine de minutes, les Celtigar arriveraient à destination. Lothar salua plusieurs matelots, et avisa la silhouette de son frère Geralt, seul, sur le pont, au même endroit où il se trouvait lui-même quelques heures auparavant. Esquivant les cordages, il s'immobilisa à ses côtés, sans dire un mot. Les deux frères restèrent silencieux plusieurs minutes durant, observant les récifs escarpés de l'île qui se rapprochaient à vue d’œil. Soudain, Geralt prit la parole.

    « Ça a été si soudain Lothar... Alys ne s'y attendait tellement pas. J'ai presque peur de la voir, de faire face à son chagrin, à sa souffrance... »

    « Tu connais Alys mieux que moi, Geralt. Tu sais comment qu'elle est, comment elle réagit dans ce genre de situation. Un peu comme tous les Celtigar. Elle garde ça en elle, au plus profond de son cœur, et reste stoïque et égale à elle-même.

    « Je sais Lothar, mais j'ai comme le pressentiment que le drame l'a durement éprouvé. J'ai peur de voir l'état d'Alys...

    « Alys est forte, Geralt. Nous devons plutôt nous inquiéter du contrecoup qui risque d'en résulter. Et nous devons être là pour elle quand ce moment viendra. Pour elle et pour ses enfants. Surtout pour ses enfants. Pense à Heward et à la responsabilité qui lui incombe désormais... »

Geralt, une expression sévère et mélancolique sur le visage, acquiesça en silence. Il renifla légèrement, traduisant sa tristesse et sa douleur contenue. Lothar reporta son regard sur Dulceport-le-Pas, ses hautes falaises se découpant dans la grisaille environnante. La mer reflétait le ciel sombre, et des millions de gouttes rebondissaient sur sa surface agitée. Les Sept eux-mêmes semblaient être d'humeur morose, comme pour souligner avec plus d'ardeur la mort du noble Lord Aaron. Il croyait ce qu'il disait mais il éprouvait la même inquiétude de Geralt sur l'état de sa sœur. Ce « fameux » contrecoup avait peut-être déjà assombrit l'esprit d'Alys.

La main de Geralt se posa avec fermeté sur l'épaule de Lothar. Le Chevalier-aux-Crabes tourna la tête et posa ses yeux bleus-gris dans ceux de Geralt – d'un brun sombre comme ceux de leur mère. Son expression affable et rieuse si particulière à sa personne avait reprit le dessus, et c'est avec un léger sourire qu'il parla de nouveau.

    « Merci d'être là mon frère. Ça fait du bien de te voir depuis le temps. Ta présence apportera, je n'en doute pas, un peu de gaieté dans le cœur de notre nièce et de nos neveux. Et dans celui de notre chère sœur. Tes paroles sages sont décidément communicatives. Tu m'étonneras toujours mon cher Lothar ! »

Le chevalier eut un léger sourire et fit un clin d’œil amical à son frérot. Ce dernier lui serra une dernière fois l'épaule et prit le chemin de sa loge. Ils étaient désormais non loin du port principal de l'île, Les Quatorze Quais, jouxtant la cité de Dulceport. Les matelots de la galère commençaient à s'agiter, réduisant les voilures et se préparant à l'accostage. Le Chevalier-aux-Crabes, toujours sur la proue, aperçu nombre de galères aux pavillons différents : de nombreuses famille de la Baie de la Néra avait déjà fait le déplacement pour rendre un dernier hommage au Lord Solverre. Son regard vif capta, à travers la brume naissance et les rafales de pluies, une petite troupe de silhouettes sombres sur les quais. Immobiles, ils semblaient les attendre.

Lothar, se doutant de l'identité des silhouettes, prit le chemin de sa chambre pour se vêtir d'une cape chaude. Se recouvrant d'une houppelande d'un bleu similaire à sa tunique et à l'intérieur orangée, arborant le symbole de la famille Celtigar sur l'épaule gauche – un crabe stylisé rouge sur champ d'argent – et ceinte d'un rebord en fourrure sombre, il sortit de nouveau, accompagnant sa sœur qui tenait le bras de Lady Althea. Après avoir posait un baiser sur le front de sa mère, Lothar rejoignit Geralt qui était déjà sur le flanc du bateau, n'attendant plus que l'accostage se termine pour mettre pied à terre.

Les quelques minutes restantes furent longues, le comité d'accueil patientant, immobile, sous la pluie toujours plus glacée, à l'instar des Celtigar et de leur escorte. Finalement, le fracas retentissant de la passerelle de bois tonna contre la pierre grise du quais des Solverre. Geralt, ceint d'un long manteau d'un gris presque noir aux fioritures dorées et d'une tunique d'un brun sombre aux reflets écarlates, sortit avec hâte, rejoignant à grand pas le petit groupe qui s'avançait désormais vers eux. Il serra vivement dans ses bras Heward.

    « Heward, content de te voir mon grand. Pardonne-nous de notre retard, le temps n'a pas joué en notre faveur. » ajouta-t-il, un faible sourire sur le visage.

Après l'avoir regardé quelques instants, Geralt cligna des yeux et alla saluer ses autres neveux, et le Septon Valgar. Lothar observait depuis le début Heward, le regard brillant et joyeux. C'était un réel plaisir de revoir la chère bouille de son neveu, malgré les sombres circonstances. Ce dernier capta son regard et un large sourire naquit sur son visage. Le Chevalier-aux-Crabes écarta les bras et fit une forte accolade à Heward. Il se redressa et ébouriffa le jeune Lord.

    « Dis-donc mon cher, il va falloir que tu soignes ta tignasse ! Un peu plus et tu ressembleras à un mouton ébouriffé par temps de gros vents. »

Le rire grave de Lothar et son optimisme débordant fit sourire Heward et Renaud, et il semblerait que le vieux Valgar esquissa un léger rictus affable. L'oncle aventurier reprit un air sérieux, gardant dans ses yeux cette lueur bienveillante si particulière.

    « Ca fait du bien de te voir Hewy. Désolé de ne pas être passé plus tôt te voir, ces dernières années ont été assez... Éprouvantes. Je suis heureux de te voir cher neveu, même si c'est dans de telles circonstances... »

Sa voix se brisa et il serra de nouveau avec force son neveu dans ses bras. Avec un sourire, il se tourna vers Renaud qui lui fit une brutale accolade, que lui rendit avec force Lothar. Après un salut plus conventionnel à Martyn, Lothar se tourna vers le Septon Valgar. Il l'avait déjà rencontré brièvement une fois, sans lui avoir adressé la parole. C'était donc l'occasion de faire plus ample connaissance. Il fit une légère révérence avant de saluer Valgar.

    « Honoré de vous rencontrer Septon Valgar. Votre visage m'est familier, nous avons du nous croiser une fois ou deux, si je ne m'abuse. En tout cas, je me rappelle entendre Lord Aaron parler de vous avec passion, vous décrivant comme un orateur de talent et un fervent correspondant. J'ai hâte de vérifier cela, et que nous partagions nos avis et savoirs. »

Après un sourire emplit de bienveillance et de respect, Lothar retourna auprès de Heward, qui saluait Lady Althea et Lady Rhea. Le rejoignant en le prenant par les épaules, l'oncle au caractère jovial le regarda, et prit de nouveau la parole.

    « Nous sommes prêt Hewy. Hum, excuse-moi... Lord Hewy devrais-je dire ! » déclara l'oncle, un tantinet ironique et taquin. Reprenant une expression plus sérieuse, il ajouta : « Ils nous tardent à tous d'être auprès de Lady Alys et de Lady Annabelle, mon cher neveu. Nous te suivons. »
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Message Mar 17 Juil 2012 - 15:49

Un décalage. Il y avait comme un décalage avec l’arrivée pour le moins fracassante, sinon démonstrative en effusions, de celui que le prêtre ne tarda guère à identifier comme « oncle Lothar ». La démarche chaloupée, comme porté par un perpétuel roulis, il affectait cette curieuse attitude si caractéristique des marins, et révélant là un homme plus habitué à avoir sous les pieds le planché d’un navire plutôt que celui des vaches. Le port noble, l’allure d’un homme d’armes d’expérience et accompli, richement vêtu en tissu précieux et chatoyant pour le regard, étalage d’une richesse certaine, il n’en restait pas moins que le nouveau venu amenait comme un décalage avec la solennité froide de l’instant qui avait jusque là prédominé. Valgar qui se pensait condamner à une certaine austérité coutumière, marque de la maison visiblement, et qu’il s’était vu confirmé par la réponse froide, mais non moins généreuse, de l’héritier Solverre, était ici détrompé. Au moins il n’avait pas eu à être réduit à faire une pénible requête pour mendier un logis. Sa présence assuré sur les lieux il ne pourrait que mieux explorer les environs. Une visite qui promettait de ne pas être totalement inintéressante : les Solverre étant au moins autant réputé pour le temps détestable de leur demeure que les trésors de connaissances de leurs rayonnages. Sans compter que côtoyer le jeune homme s’avérait d’ors et déjà comme une expérience intéressante, au moins autant que le crabe qui venait d’arriver. Le vieux prêtre voyait déjà, et non sans un certain amusement, se dessiner l’esquisse du caractère et du comportement de chacune des pièces de ce tableau. Le jeune Lord Heward s’efforçant de soigner le vernis fragile de sa façade, le morne et brut ser Renaud, qui trouvait un certain écho chez l’austère et prêcheur Martyn, et bien entendu le nouvel arrivé : « l’oncle juste ». Valgar se demanda furtivement quel rôle il pouvait bien tenir ici, celui du vieux décatis extravagant sans doute.

Une extravagance sans doute partagée par le noble Celtigar dont les effusions familière bien qu’innocentes, et traduisant sans aucun doute une réelle affection pour son neveu, était bien loin de le servir. Du point de vue du prêtre il fallait montrer tous les signes de qui détenait la réelle autorité ici, et surtout que cette personne-ci était davantage qu’un gamin aux joues encore roses. Il s’agissait ici d’une cérémonie officielle, davantage qu’une réunion de famille, et il était de bon ton, de l’avis du septon, de la présenter comme telle. Il y avait là une réelle passation de pouvoir. Néanmoins le vieux Septon n’amorça aucun début de reproche, il y avait mieux à dire et à faire pour s’introduire auprès d’une nouvelle connaissance. S’il était appelé à côtoyer l’homme en question, autant s’attacher sa sympathie, d’autant plus que celui-ci ne paraissait pas être un mauvais bougre, et le visage le plus souriant du paysage. Valgar répondit donc favorablement à l’attention du noble marin, imitant son ton léger pour lui répondre.

-L’honneur est partagé lord Celtigar, votre réputation vous précède. La formule était toute droite sortie des leçons d’étiquette qu’il avait reçue au Grand Septuaire de Baelor, de fait il avait bien besoin de puiser dans les méandres de sa mémoire pour se souvenir du guerrier. Les vieux de mon espèce font pratiquement partit du décor messire, sans aucun doute que nos chemins ont déjà dû se croiser. Je partage le même empressement à nos entretient futurs, mais ne vous faites point trop haute opinion de moi, je craindrais de vous décevoir, je ne suis après tout qu’une âme humble au service des Sept.

Des bribes d’informations ressurgirent dans l’esprit fatigué du vieil homme au sujet du noble de Prince-Isle. Il crut se souvenir d’avoir entendu son nom associé à quelques tournois ou de menus exploits vantés par les petites gens qui en étaient friands. Généralement Valgar n’accordait que peu de crédit ou d’intérêts aux « glorieuses aventures » des chevaliers errants et autres noblions de passage. Le plus souvent, après enquête, ceux-ci se révélaient décevant, et une paysanne engrossée était le plus souvent le dernier souvenir qu’ils laissaient de leur passage. Semer des bâtards était, au même titre que les tournois, une activité, comme son maître s’était fait fort de lui apprendre, dont les membres de la noblesse était fort friand. Même les rois n’étaient pas épargnés, la preuve en était qu’un de ceux-ci était en ce moment même porteur du titre de Main du Roi. Cependant il pensait reconnaître devant lui un homme doté d’un certain sens de la famille. Assez en tout cas pour ne pas lui infliger l’ignominie de la flétrissure d’un fils né hors de la couche. Le jeune Martyn vint rompre, avec un talent qu’il commençait à lui reconnaître, l’ambiance chaleureuse qui menaçait de s’étendre sur l’assemblée.

-La seule compagnie que nous devons aspirer à côtoyer est celle des dieux mon oncle. Nos devoirs envers les morts et les Sept doivent dominer notre pensée en cet instant, le recueillement doit gouverner ici. Je suis sûr que mon frère saura reconnaître qu’elles seront ses priorités, puisse le Père lui donner courage et fermeté pour les épreuves qui l’attendront.

L’espace d’un instant le vieux Septon imagina sans mal le jeune Martyn comme le noir Veilleur de l’Etranger que les contes pour enfants rapportaient dans leurs écrits. Il n’en avait peut être pas l’apparence ou l’habit, mais par les Sept Enfers il était aussi froid. Il en venait presque à charger son frère d’un fardeau inutile. Valgar vint se placer à proximité du jeune lord, peut être qu’un soucis vaguement paternel le poussait à soutenir ce jeune homme, ou bien le désir mesquin de soigner son image de vieux sage secourable. Toujours est-il que tandis que la petite cohorte s’ébranlait vers les lieux ou reposait le défunt, entourée par une garde de cérémonie, le Septon murmura quelques paroles que seul le jeune homme pouvait entendre.

-En ces circonstances messire votre est le rôle de mener la cérémonie, de prononcer l’oraison et de rendre le dernier hommage au mort, ne laissez pas vos jeunes frères s’accaparer l’office qui vous reviens désormais de droit. Vous êtes à présent lord Heward Solverre maître et seigneur de Dulceport-le-Pas, digne Seigneur du Détroit.

Valgar espérait ne pas voir mit une pression inutile sur ces jeunes épaules, mais il n’était pas trop tôt pour lui signifier clairement la place qu’il occupait à présent.
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Message Mer 18 Juil 2012 - 15:09

Le Kraken insoumis brisa de tout son poids et de sa taille imposante les champs d'écumes qui s’amoncelaient contre les roches des pontons, la grande haute coque de bois s'étira de tout son long raclant même, au désarroi et au hurlement d’avertissement des marins, les pierres du quai qui l’accueillait. Heward connaissait bien ce navire pour l'avoir vu plus d'une fois dans sa jeunesse et comme toujours il se plaisait à contempler le chef-d’œuvre qu'il représentait, une galère qui de par ses voiles masquaient le peu de soleil qui parvenait à l'assemblée de l'accueil, au bois sculpté par des maître artisan. Il sourit d'ailleurs à voire un dragon de mer gueule et crocs béants représenter sur la prou du navire, enfant la bête l'avait marqué et était allé jusqu'à lui faire peur et il se rappela, avoir été aux cotés de Renaud, les yeux brillants d'admiration, demander à son cher Oncle de passage si c'était lui qui l'avait vaincu. Des souvenirs qui réapparurent un par un lorsque que, surplomber par la lourde chape de nuage noir, les contours de ses oncles se dessinèrent sur les flancs du navire.
L'accostage fut long et la pluie n'arrangeait rien, hâler les voiles alourdies par les gouttes s’avéraient complexes et les remous conséquents jouaient à ballotter le navire de droite à gauche, allant jusqu'à obliger le jeune Lord à faire appel à certain de ses marins pour appuyer les pauvre hère du port qui tentaient désespérément d’amarrer le navire.

Il fallut bien dix minutes avant que la galère soit enfin immobilisée et que la passerelle n'ébranle le sol, leur Oncle Geralt foula le premier le sol, ceint d'un manteau gris à noir, le Lord Celtigar semblait cacher son ressenti derrière un sourire fade, chose dont Heward le remercia. Les folies et péripéties de son oncle, si elle faisait plaisir à voire et à entendre, n'était pas forcément au goût du moment, et pourtant à peine son accolade lui fut rendu et une réponse brève et ironique donnée - Pour votre chance le retard n'est pour le moment pas ma grande préoccupation – que le regard et l'attention du jeune homme se détournèrent sur l'ombre qui apparaissait derrière. Lothar Celtigar lui même drapé de bleu et d'orange, toujours si présent, si atypique quelque soit la situation, Heward en était arrivé à redouter l'arrivé de son oncle quelques heures durant la nuit et avait assez de souvenir de lui pour savoir à quelle point il était peu … conventionnel. Il était même pour ainsi dire à l'exact opposé de l'éducation rigide et froide que la fratrie avait reçu. Et pourtant quel talent s'enfouissait en lui pour ne jamais s'être confronter à la colère de l'ancien Lord par ses manières, Aaron allait même jusqu'à prendre plaisir de discuter de tout et de rien avec son beau frère.
Heward avait eu beau prévoir cette situation, décidé à rester froid et surtout noble face à ce parent qui ne pouvait s’empêcher de le traiter comme un enfant, que sa faible volonté se brisa dans un rire nerveux au contact des mains de Lothar fouillant ses épais cheveux bouclés.


Oui mon oncle oui, mais que dire des vôtres, c'est leur couleur qui semble avoir pris du mouton.


Il ricana à sa réplique alors que son oncle prenait d'un air plus sérieux la suite de la conversation, tout en l’appelant par ce petit nom qui le poursuivait que ca soit par sa sœur ou par son oncle. Hewy, un terme qui à lui seul résumait cet vision d'enfant rêveur qu'il s'accrochait à ses vingt-huit ans. Lothar lui rendit une nouvelle accolade forte qui cette fois le surpris.

Vous voire est toujours un plaisir surtout après tant d'années et j’espère que vous pourrez me décrire les cités libres à l'occasion. Père aurait été honoré de savoir votre présence à ses funérailles.

Le nouveau Lord observa alors son oncle partir rendre, les salutations d'hommages démarrant par Renaud qui se jeta pour ainsi dire dans ses bras.

Mon oncle, enfin vous revoilà et n'écoutez par Heward le temps n'a pas de prise sur vous. Vous en avez des choses à me raconter et j'en ai aussi pour vous. Mais finissons d'abords ce pourquoi nous sommes réunis.

La suite tint autant de l'habituel, à y comprendre le salut si froid qu'il échangea avec Martyn, que de la surprise, Lothar avait en effet apparemment déjà rencontré une fois le vieux septon et si aucun d'eux ne semblaient correctement se remémorer cette brève croisée de leur vie.
Une main douce et délicate posée avec toute une légèreté travaillée se mit alors sur l'épaule du jeune Lord qui se retourna le sourire aux lèvre sachant ce qui l'attendait.. Deux paire d'yeux qu'il connaissait assez bien se fixèrent sur lui, l'une marquée du temps passé à vivre, l'autre encore pleine de fougue. Chaleureusement mais dignement il enlaça tour à tour Rhea et Althea heureux de leur présence qu'il savait certes discrète mais tout de même rassurante.

Une autre poigne s'empara des ses épaules et de son manteau d'or et Lothar réapparut à la vu de son neveu. Le gratifiant au passage d'une remarque légèrement ironique, qui ramena Heward sur terre et déclencha le ricanement de ses quelques hommes d'arme présents. S'offusquant de s’être rabaisser à l'état de garçon à celui d'homme de poigne, il ferma son visage et fusilla les moqueurs du regard et se décida à enfin quitter la pluie battantes et les vents du port.


Très bien alors allons y. Amenez des chevaux pour nos invités et restez ici pour aider aux finitions de l'amarrage. Sept-Tours et mon père nous attendent.

A peine le claquements des sabots s'était dirigé vers les arrivants que Martyn se tourna vers leur oncle et lui même et lâcha un sermon aux cotés duquel même les pires tempêtes du Détroit auraient sembler sans la moindre importance. Bien que la froideur et la grandiloquence des paroles, soit à son avis légèrement exagérées, il se dus d'avouer que son frère avait dans le fond raison, Aaron méritait un plus grand respect que ces effusions. Un solverre se doit d’être honoré comme un Solverre.
D'un geste las il acquiesça les paroles en plongeant ses yeux bleus dans vers son oncle, l'incitant à ne pas réagir pour le moment. Il sentait en effet en son fond que la suite des événements, une fois la cérémonie close, que les discussions seraient à l'image de la mer, mouvementée.

Martyn a raison, allons avançons.

Le cortège se mouva enfin, à chevaux ou à pieds, les hommes commençaient à avancer à travers les ruelle de Dulceport, et alors qu'Heward allait chevaucher son propre destrier, le Septon s’amena à sa hauteur. Le vieux sage avait finalement rapidement compris la situation dans laquelle il se trouvait. Un champs de bataille digne d'Herberouge avec lui au centre des tirs.

Vous avez traversé la baie avec Martyn,vous le connaissez maintenant assez bien pour savoir que ce ne sera pas chose facile et Renaud n'équivaut pas mieux par sa délicatesse. De plus ils sont mes frères et j'ai beau être Lord je ne peux leur enlever l'hommage qui revient à notre père. Déjà que je doute de vouloir et de pouvoir le faire moi même dans le respect que notre père méritait.

Sur ces mot il inclina respectueusement la tête envers le vieil homme, remarquant au passage qu'aucun cheval ne lui avait été amené, pris d'un certain énervement par ce manque de convention envers un amis de leur père il hurla à un de ses hommes de lui laisser sa bête. Ce dernier rechigna, mais finalement démonta et approcha sa bête par la bride.

Le convoi avait déjà bien avancer et Heward mit sa monture au trot afin de rattraper la tête. Il passa d'ailleurs non loin de Renaud discutant avec Geralt et Lothar les destriers au pas côte à côte, il n'y prêta peu d'attention plus occupé à repenser a ce que le Septon venait de lui dire. Lui un Lord ? Était ce réellement possible et durable. Peut être aurait il d'ailleurs dû s'attarder sur la conversation qui finalement était relativement semblable de sujet que ses réflexions.


Soyons réaliste mes oncles Heward a beau être mon aîné il n'a pas la carrure pour supporter le fief et la famille, c'est un bon marin et un homme réfléchis et cultivé mais les Solverre tiennent difficilement la tête hors de l'océan que représente les familles de la couronne et je ne veux pas voire mon frère ruiner des années de négociations, de pactes et d'alliance qui permettent aujourd'hui de rester la tête haute dans le Détroit.

Sans savoir quelle trame se passait à l’arrière le jeune Lord arriva finalement au bout de son périple, Martyn avait d'ailleurs prit les devant, la tête fièrement levé au ciel, d'un coup de rênes Heward le rejoignit et cala le rythme de sa monture à celle de son frère.
Le voyage continua, sans un mot échangé et c'est finalement à mi-chemin, que la langue du Lord se délia après avoir retourné la situation dans tout les sens imaginable.


Tu n'as jamais aimé les Celtigar n'est ce pas ? Ils sont trop extravagant, trop peux pieu pour toi. Pere m'a lui même dit un jour qu'il existait bien des voies pour servir les Sept et les Solverre et nos maisons sont aujourd'hui plus que de simple allié par mariage. Nous faisons front face au monde, le Détroit face aux autres et j’espère bien que d'autre nous rejoindrons. Même les Bar Emmon semble commencer à accepter cette idée, pourquoi pas toi.

Mère était une Celtigar et la voilà entrain de prier depuis près de quatre jours au septuaire du Donjon, nuit et jours. N'est ce pas assez pour te prouver que derrières leur fougue ils possèdent cette foi que je partage avec toi.


Il lâcha ces paroles d'un seul trait, craignant du regard la réaction de ce frère qu'il savait brusque et sur de ces idées, incorruptible et fermé d'esprit, un Solverre à l'ancienne digne de leur grand père.
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Message Jeu 16 Aoû 2012 - 18:12

    « Les vieux de mon espèce font pratiquement partit du décor messire, sans aucun doute que nos chemins ont déjà dû se croiser. Je partage le même empressement à nos entretient futurs, mais ne vous faites point trop haute opinion de moi, je craindrais de vous décevoir, je ne suis après tout qu’une âme humble au service des Sept. »

Lothar échangea un sourire avec le Septon, en inclina légèrement la tête en signe de déférence. Pourtant, malgré son visage à l'expression neutre, ses méninges se trituraient pour découvrir l'endroit de sa rencontre avec le Septon. Sa rencontre ? Quelque chose au fond de lui semblait lui dire le contraire. Un sentiment auquel se mêlait des souvenirs flous de douleur, de sang et de cris, mais aussi une voix apaisante. Plissant les sourcils, il abandonna sa recherche, cela lui reviendrait bien, plus tard dans la journée.

    « Très bien alors allons y. Amenez des chevaux pour nos invités et restez ici pour aider aux finitions de l'amarrage. Sept-Tours et mon père nous attendent. »

La voix du jeune Lord Solverre retentit, peinant difficilement à couvrir les violentes bourrasques de vent qui retentissaient continuellement autour du groupe. Le Celtigar jeta un coup d’œil à la mer : un flux continuel de vagues donnait à l'océan – d'ordinaire d'un bleu-turquoise prononcé – un aspect moutonneux et blanchâtre. Les esquifs amarrées sur le petit port des Quatorze Quais bringuebalaient de haut en bas, comme effectuant une danse effrénée et anarchique. Des hommes de la maison Solverre apportèrent des chevaux pour les hommes, et un coche pour lady Althea et lady Rhea. En quelques minutes, tout ce petit monde trottait dans les ruelles de Dulceport, se dirigeant vers la route reliant la cité à Sept-Tours, la forteresse ancestrale de la famille Solverre.

Quelques instants plus tard, Martyn proclama un sermon qui eut l'effet d'une douche glacée pour l'assistance et les Celtigar. Comprenant la situation, Lothar ne fit aucune remarque, mais observa le jeune septon. Le visage creusé, le regard flamboyant, et le tout rehaussé d'une expression sévère. Ce que l'on pouvait dire, c'était que l'oncle et le neveu ne se ressemblaient guère. Malgré avoir été oint dans la foi des Sept, Lothar avait très tôt développé un sens critique, voire cynique, de par ses péripéties et ses rencontres. Il en avait rapidement déduit que la religion n'était pas une solution, surtout quand elle était inculquée avec rigueur et froideur. Haussant les épaules, il amena son cheval contre celui de son frère et de son autre neveu Renaud. Et le cortège continuait sa route...

Parlant de tout et de rien, se plaisant à écouter les aventures du jeune Renaud qui avait suivit ses traces – Lothar y ressentait d'ailleurs une certaine fierté malgré sa nature modeste – le Chevalier-aux-Crabes appréciait la compagnie de ses neveux qui était pour lui une source de bonheur, malgré l’événement sordide. La route était des plus agréables, si l'on enlevait le temps exécrable et le vent pernicieux qui perçait les tuniques les plus rembourrées. Quand Heward passa à ses côtés, il lui fit un signe de tête et un sourire, qui disparut rapidement lorsqu'il entendit les paroles de Renaud.

    « Soyons réaliste mes oncles Heward a beau être mon aîné il n'a pas la carrure pour supporter le fief et la famille, c'est un bon marin et un homme réfléchis et cultivé mais les Solverre tiennent difficilement la tête hors de l'océan que représente les familles de la couronne et je ne veux pas voire mon frère ruiner des années de négociations, de pactes et d'alliance qui permettent aujourd'hui de rester la tête haute dans le Détroit. »

    « Mon cher, tu ne devrais pas médire sur le dos de ton frère, d'autant plus que c'est ton aîné et désormais le lord de Dulceport-le-Pas. » asséna Lothar d'une voix plus sèche qu'habituellement. « Il est encore jeune, mais j'ai toute confiance en ses facultés de dirigeant et de politicien. Je pense qu'il saura prendre les bonnes décisions, dures ou pas, selon la situation et contribuera à la renommée des Solverre. Mais pour cela Renaud, il faut que tu lui fasses confiance, qu'il se sente soutenu par ses propres frères. Surtout en cette période de temps troublé et d'événements malheureux. »

Renaud, surprit de la réaction plutôt cassante de son oncle, garda le silence et se renfrogna. Lothar l'observa avant de reporter son regard sur son frère Geralt, qui l'approuva d'un signe de tête avant de relancer la conversation avec Renaud. Cela ne lui ressemblait guère d'être froid, notamment avec ses neveux, mais la remarque l'avait fait tiquer. Et il sentait autour de lui que Renaud n'était pas le seul à penser cela. Heward était peut-être jeune et encore inexpérimenté, mais il avait au fond de lui cette force de caractère qui allait faire pencher la balance en sa faveur. Lothar en était persuadé.

Au détour d'un virage, le contour de la forteresse des Solverre se découpa dans le ciel chargé. Grise et austère, cette dernière tranchait dans le paysage morne et plat de ce côté de l'île. Le formidable donjon heptagonal avait de quoi impressionné, malgré sa sobriété. La troupe à cheval pénétra dans l'enceinte, où des serviteurs et hommes d'armes les attendaient déjà. Après avoir démonté et confié sa monture à un jeune palefrenier, Lothar s'assura que sa mère et sa sœur avait fait bon voyage, avant d'observer les alentours.

Cela faisait au moins cinq bonnes années qu'il n'avait pas mis les pieds dans le castel de la maison Solverre, et il constata que rien n'avait changé. A une exception prêt : le nombre de gens présents dans l'enceinte. D'ordinaire plutôt déserte, elle comptait en cet instant plus d'une centaine de personnes : des nobles et seigneurs accompagnés de leurs myriades de serviteurs, des chevaliers aux blasons colorés ou même des roturiers en retrait. L'enterrement de lord Aaron était un événement, et nombre de seigneurs et petites gens venaient rendre hommage au pieux et défunt lord.

Tournant la tête vers Heward, il sentit son appréhension comme si elle était une aura néfaste qui l'entourait. Se postant à ses côtés, une main sur l'épaule, il l'enjoignit d'un regard à reprendre ses moyens. Ce n'était vraiment pas le moment pour que le nouveau lord Solverre faiblisse, surtout quand ses propres frères n'avaient qu'une confiance relative en ses capacités de gouverneur. Sans esquisser un geste, Lothar souffla quelques mots que seul Heward pouvaient entendre.

    « Heward, tu es lord désormais et tu dois montrer l'exemple. Je sais l'épreuve difficile, mais que penseront tes gens s'ils te voient défaillir ? Que penseront tes soldats s'ils te voient pleurer comme une fillette ? Que penseront tes frères s'ils te voient fléchir comme un vieil acariâtre ? Je suis dur, je sais. Mais ressaisis-toi. Pour ton père, pour ta famille, pour les Sept. »

Restant immobile, il attendit que ses paroles fassent effet et que le nouveau Lord les conduisent à la cérémonie.
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Message Dim 23 Sep 2012 - 14:56

Le vent toujours présent continuait d'abattre sur la présente cohorte qui s'allongeait de tout son long sur le chemin escarpé et boueux, les chevaux peinaient à avancer leurs sabots s'enlisant au plus profond de la terre de tout le poids des montures et des cavaliers. Heward maudissait ce simple détail qui faisait ralentir l'ensemble du voyage et qui rendait la manœuvre de son canasson particulièrement lente et complexe. Aucun moyen de de faire demi tour ou de fuir la fureur de son frère ne lui apparaissait et c'est, ses cheveux bouclés, trempés et écrasé sur son visage qu'il fixa les yeux bleus sombre si comparable aux siens. Bizarrement et contre toute attente Martyn resta calme, et sa réponse bien que toujours si, mystique même pour un Solverre, prouva a Heward qu'il, finalement, connaissait bien mal son propre frère.

Seul le Père se peut de juger Heward tu le sais aussi bien que moi, ne me demande pas de faire ce à quoi un homme ne peut parvenir. Nous ne somme que serviteur et c'est tout ce que nous devons être, après si certain d'entre nous ne sont pas les pieux hommes qu'ils se devraient être, ils en subiront les conséquences, quelque soit leurs richesses aujourd'hui. Je ne fais que les prévenir, me blâmer n'y changera rien.

La réponse sèche fit bien comprendre au jeune Lord la situation actuelle vu de son frère, lui était le Solverre du Septuaire. Heward n'était que le seigneur, un simple gratte papier dont la foi pouvait toujours être jugé et remise en question par ce frère abrupt et à la limite du fanatisme. Face à cette révélation Heward abandonna la conversation, lui qui ne supportait pas le conflit, continuer ainsi n'aurait fais qu'enfoncer les prochaines jours, mois, voire sa vie, dans un fratricide ou il doutait de sa capacité à s'imposer.
De plus la silhouette grise du château, tranchant de par sa teinte différente du noir qui s'étendait dans le ciel, apparut au regard de la tête du convoi et les Sept en profitèrent pour doucement souffler au jeune seigneur qu'il n'était pas le jour pour lui de de combattre pour sa place.

Renaud de son coté lui se renfrogna dans un silence profond mais rageur, Heward n'était pas capable, il n'était simplement pas capable de gérer les Solverre. Aaron avait été un grand seigneur, ferme, droit et dur, un homme qui conduisit sa famille par delà sa situation, qui parvint a l'installer un peu plus malgré ses faiblesses toujours présente. Finalement sa seul erreur était de ne pas avoir eu une poigne assez ferme avec son aîné. Renaud connaissait Heward depuis, et c'est logique, bien des années et toujours il a su qu'il était fais pour diriger, non pas comme ce rêveur de frère, c'était lui que l'on désignait toujours comme le portrait craché de son père, non pas celui qui portait injustement le titre de lord actuellement. Non pas qu'il n'aimait pas son frère, il lui portait bien sur un amour fraternel profond, mais c'était une mauvaise blague des Sept que d'avoir placé Heward à la tête de sa famille.
Profitant que son oncle Lothar se soit avancer vers l'avant de la file. Il retenta d'obtenir ne serait ce qu'une approbation de ce qu'il pensait auprès de Geralt, lui qui était seigneur serait peut être plus compréhensif.

Voyons Oncle Geralt, vous devez bien croire que c'est de la folie, je ne demande pas à prendre sa place, mais il faut au moins que réussissiez a le convaincre de m'écouter moi, Martyn et les autres. Vous connaissez Heward il est trop facile de le manipuler. Il serait capable de servir d'autres intérêts que les notre sans même sans rendre compte.

Ainsi sans que chacun ne s'en rende compte, la caravane abrita tout au long du chemin diverse discussion qui couvait finalement depuis bien des années, des envies, des pensées et des certitudes réveillé par la mort douce et simple d'Aaron Solverre. Finalement tous arrivèrent à Sept-Tours alors que le grand donjon heptagonal assombrissait d'autant plus la place d'une ombre pesante.
Se trouvait entre les grands murs gris une foule compacte et arborant des couleurs venus des quatre coins du détroit. Rapidement Heward mit pied à terre et commença à organiser l'arrivé des derniers attendu qui le suivaient. Les chevaux étaient emmennés, les suites partaient déjà organiser les chambres assignées aux noms de leurs maîtres. Ces quelques prérogatives finalisées, il put se laisser noyer dans la masse noires de condoléances et de marques de respects qui jasaient de toute les cotés alors qu'il se trouvait enclaver dans un cercle qui lui semblait sans fin de monde. Il n'avait jamais demandé cela et d'ailleurs il n'était pas sur de le vouloir.
Noyé dans cette foule, à trouver des regards et bouches se mouvant sans pouvoir comprendre ce qu'elles disaient dans un brouhaha violent, il commença à paniquer et ce avant qu'une main ferme et surtout connu ne l'arrache à ces démons.
Soupir qui hélas ne se présenta que de courte durée puisque les paroles de son Oncle, n'était autre que des paroles entendus et ré-entendus qui ne faisait qu'attiser ses craintes. Bien sur qu'il devait se ressaisir mais était ce aussi simple à dire qu'à faire.
Il soupira et passa sa main dans ses cheveux trempés en acquiesçant nonchalamment. Pour l'instant la question n'était pas là. Ils auraient toute la joie d'en parler après lorsqu'il se trouverait autour de cette grande table qui trônait à la salle des doléances, quand il serait assis à la place de son père.

Un grand silence s’abattit alors sur l'assemblé et les regards se tournèrent vers lui, instinctivement les gens se déplacèrent ouvrant une haie d'honneur à l'héritier vers l'entrée du Castel. Tous n'attendaient maintenant plus qu'une chose, voire la dépouille se laisser enterrer dans la crypte à l'étoile sous les paroles de l'héritier.

Cette fois la panique était bien présente et sûrement Heward n'aurait pas plus bouger, si comme sauver par le hasard une voix qu'il aimait par dessus tout ne traversa pas la cour silencieuse.
Aussitôt il le jeune lord se dirigea dans la direction de ce son, fendant la rangée de spectateur si bien organisé sous un flot d'excuses. Enfin son regard tomba nez à nez avec celui de sa sœur, trempée comme chaque convive, d'un réflexe protecteur il souleva son manteau et la drapa dans ses bras, alors qu'il pensait à s'excuser une nouvelle fois de l'avoir laisser en cette journée pour aller chercher des invitées.

Que fais tu ainsi ? Tu vas attraper la mort. Phrase qu'il se maudit quelques minutes plus tard d'avoir prononcer aux vues de la situation, une maladresse de plus à son actif.

Allons fais toi porter un manteau, nous ne savons pas combien de temps tout cela durera. Ou est mère ?

Les discussions finirent par reprendre, cette petite scénette familiale fit comprendre aux invités qu'apparemment le moment n'était pas venus pour eux de voire ce pourquoi ils étaient présent. Le présent pouvait reprendre son droit et c'est de nouveau de politique, des fer nés et du temps que les hommes parlèrent.

Renaud rejoignit rapidement le petit duo et à son tour il serra sa sœur dans ses bras en s'esclaffant. Annabelle était et resterait sûrement la seule chose sur laquelle les frère Solverre s'entendraient. C'était elle avant tout, avant le reste.

Arrêteras tu un jour de grandir Annabelle. Martyn viens. Je suis désolé de te revoir pour un si triste moment, mais au moins nous sommes ensemble. Unis contre tous. Tiens et tant que j'y pense j'ai quelque chose pour toi, ce n'est peut être pas le meilleur moment mais depuis le temps que j'y pense. Dés que je l'ai vu j'ai su qu'il avait été fais pour toi.

Il sortit d'une sacoche pendant à sa ceinture une légère besace de cuir et l'entreposa dans les mains d’albâtre de la perle de Dulceport.

Il vient de Dorne. Fais y attention. Et sinon parle moi des Estremont ou en est cette histoire que j'ai hélas vu de trop loin. Qu'en penses tu ?

Jusque là heureux de ces retrouvailles qui semblaient être celle d'une vrais famille, Heward ne parvint pas à garder le sourire qu'il avait pris à la vue de sa soeur, lorsque le sujet délicat du mariage d'Annabelle apparut, car si son bonheur était recherché par chacun des trois frères, chacun d'eux avait sa propre vision de ce qui lui fallait et le nouveau lord savait qu'il avait en face de lui sûrement l'un des sujets les plus brûlants de ses disputes fraternelles. Il restait à se mordre les lèvres lorsque Martyn à son tour apparut pour saluer sa petite sœur. La fratrie était réunis, ne restait plus qu'à allumer l'incendie.

Catelyn j'aurais bien besoin de ton soutien.
Souffla t'il dans une pensée accompagnée d'yeux braqués au ciel toujours gris, la couleur de la journée fallait il croire.
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Annabelle Solverre
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Message Lun 24 Sep 2012 - 13:37



    Les obsèques du Seigneur de Solverre devaient avoir lieu, à un moment ou à un autre, Annabelle le savait bien. Mais repousser ce moment lui permettait de croire encore qu'elle n'avait pas définitivement perdu celui qui avait veillé sur elle et sur sa famille pendant des années. Aaron Solverre avait toujours été un roc sur lequel Anna avait pu se reposer. Elle lui faisait une confiance inouïe, sachant combien il était capable de s'occuper d'eux tous. Un seul mot de son père pouvait faire taire les angoisses de la jeune femme. Et même si elle n'en restait pas moins une jeune fille pleine de vie, Annabelle essayait de se canaliser et de donner une image d'elle-même plus douce et docile quand son père était là. Par respect pour lui peut-être ? Par crainte, peut-être aussi, de la poigne ferme et sans douceur de son géniteur. Les deux, sans doute.

    Fort heureusement, Anna savait qu'elle pourrait compter sur le nouveau Seigneur des lieux. Heward. Un frère aîné tendre … Qu'elle aimait d'autant plus qu'il était le seul de ses frères à rester à Dulceport-le-Pas la plupart du temps. Au contraire de Renaud et Martyn, que même si elle aimait de tout son cœur, n'étaient que peu présents dans son quotidien. A dire vrai, le point positif de cet enterrement était sans doute que chacun serait réuni, telle une famille comblée, pour pleurer le défunt. Annabelle trépignait depuis le matin-même … Oh, la tristesse n'était pas absente de son cœur, bien loin de là, mais revoir ses frères chéris était un plaisir qu'elle ne pouvait pas ignorer.

    Sa mère, elle-même, depuis le matin, n'avait qu'une hâte : pouvoir serrer dans ses bras les quatre enfants qu'elle avait mis au monde et pouvoir compter sur leur soutien dans cette épreuve. Alys, leur mère, était une femme forte et pleine de vitalité, à l'image de sa fille, même si elle possédait la sagesse que seules les années qui passent peuvent donner. Les deux femmes de la famille avaient passé tout le temps qu'elles avaient pu ensemble, se consolant, s'aidant ainsi mutuellement à traverser le deuil … Pour Alys, il en allait encore autrement que pour Annabelle : c'était sa place dans la famille qui en était même bouleversée, à la différence d'Anna qui resterait la sœur choyée et aimée de ses frères.

    C'est pourquoi les deux femmes n'avaient pas hésité un seul instant à descendre dans la Cour pour y accueillir les invités qu'Heward avait du aller chercher le matin-même, les laissant seules. Mais Annabelle avait été le relais de son frère auprès de leur mère et l'avait réconforté toute la journée. Maintenant, sous la pluie qui trempait sa robe, Annabelle attendait son frère. En voyant Heward dans la cour, Anna ne peut s'empêcher de l'appeler.

    « Heward ! »

    Un petit cri. Un simple prénom. Mais qui voulait tout dire. Son frère traversa la foule amassée ou plutôt rangée pour lui faire une haie d'honneur et s'approcha d'elle. Un manteau ? Comment pouvait-il penser à ces détails pratiques maintenant ? Annabelle n'eut pas le courage de discuter à un moment pareil et hocha la tête, faisant ainsi un signe à la servante la plus proche afin qu'elle lui apporte ce qu'il fallait pour la protéger du froid et de la pluie. Alys, qui était légèrement en retrait, observant ses deux enfants, l'aînée et la benjamine, s'avança vers Heward pour le serrer dans ses bras. Une étreinte nécessaire à la mère qu'elle était ...

    « Je suis ici, mon fils! Je vois que tu nous as ramené tes frères. ».

    En effet, derrière Heward venait Martyn et Renaud. Le cœur d'Annabelle manqua un battement quand elle reconnut les visages de ses deux frères. Elle avait beau ne pas en parler, ils lui manquaient tous deux. Surtout Renaud, qu'elle connaissait bien que Martyn, qui était parti depuis de longues années déjà. Les étreintes de ses frères mirent du baume au cœur de la jeune femme. Alys, à son tour, s'avança vers ses deux fils pour les étreindre tendrement. Le cadeau de Renaud fit monter un sourire triste sur la bouche de Anna qui tâcha d'oublier sa tristesse une seconde pour remercier au mieux son frère.

    « Merci Renaud ! Elle est si belle … J'en prendrais grand soin et penserais à toi à chaque fois que je la verrais. »

    La jeune femme déposa un baiser sur la joue de son frère avant qu'il n'ait le temps de donner des explications sur la provenance de ce cadeau et surtout, avant qu'il ne demande sur son prochain mariage. L'allusion fit blêmir la jeune femme. Le mariage. Elle n'avait pas franchement envie d'y penser dès maintenant. Plus tard ce serait, mieux cela serait. Alys intervient alors, l'air un peu sévère, même si luisait dans ses yeux une tendresse et une indulgence certaine.

    «Nous en parlerons plus tard, Renaud … L'heure n'est pas encore à ce genre de préoccupations. ».

    Le chapitre avait été clos par Alys Solverre. Mais pour combien de temps ? Annabelle frissonna. Avoir 18 ans quand on ne souhaitait pas se marier immédiatement n'était pas un bon âge, elle le savait. Depuis toujours, les dames de Solverre se mariaient pour allier intérêts et alliances. Il en irait de même. Souriant doucement, Annabelle baissa les yeux. Elle avait parfaitement conscience que ce n'était repoussé de quelques minutes …

    «Martyn ... Comment vas-tu ? Cela fait si longtemps que je ne t'ai vu !»

    « Heward, Lothar est avec toi ? ».

    Les deux phrases fusèrent un peu au même instant et l'innocente Annabelle et sa mère cherchèrent des yeux son oncle dans la foule. Anna aimait beaucoup celui qui l'avait distraite depuis son enfance par ses récits de voyage et elle savait que Alys serait très heureuse de voir son frère également. C'est pourquoi elle scrutait les alentours dans l'espoir de le voir surgir parmi eux. En espérant que lui, au moins, n'aurait pas envie de parler mariage et alliances avec les d'Estremont... Alys quant à elle savait qu'elle pourrait compter sur l'aide et le soutien de son frère dans cette triste histoire.

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Message Mer 26 Sep 2012 - 12:16

Lothar étreignit une dernière fois l’épaule de son neveu et le laissa méditer ses paroles. Il savait qu’il lui faudrait du temps pour assimiler tout ça, et savait qu’il n’était pas le premier à lui avoir fait ce genre de remarques. Mais c’était son devoir d’oncle de le lui dire, qu’importe le temps qu’il mettrait à le comprendre véritablement, et à assumer son rôle de lord.

Le Chevalier-aux-Crabes pivota sur lui-même et il jeta un œil sur les nobles qui affluaient de plus en plus dans la cour du castel. La plupart étaient accompagnés de quelques hommes d’armes arborant tabards ou fanions de leur maison. Une grande majorité était des bannerets des terres de la Couronne et du Détroit, que Lothar connaissait plus ou moins bien. Il avisa son frère discuter avec un membre de la maison Velaryon, tandis que sa mère et sa sœur descendaient doucement de la voiture qui avait été mise à leur disposition.

Après avoir jeté de nouveau un œil sur son neveu, qui semblait se frayer un chemin dans la foule pour rejoindre quelqu’un, le Celtigar se faufila jusqu’ au coche afin de retrouver les deux femmes Celtigar. Souriant doucement à Rhea, il prit le bras de sa mère.

    « As-tu aperçu Alys, Lothar ? » commença Althea, d’une voix inquiète mais ferme. « La pauvre doit être effondrée, nous devons absolument la voir. »

Le Chevalier-aux-Crabes observa de nouveau l’affluence de nobles tout autour d’eux. Après quelques instants, il remarqua qu’une partie de la foule s’écartait pour laisser passer Heward. D’un geste souple, il vit ce dernier défaire sa fibule qui retenait sa cape autour de ses épaules, et en draper une silhouette plus petite et féminine. La chevelure châtaigne aux reflets dorés, ainsi que ce visage doux qui d’ordinaire affiche un resplendissant sourire ne permettait aucun doute sur la personne que choyait le nouveau lord Solverre : la petite dernière, sa jeune nièce Annabelle. Du coin de l’œil, il aperçut sa sœur aînée, Alys, qui enlaçait ses deux fils, Renaud et Martyn.

    « Alys est avec la fratrie Solverre, au bas des marches, mère. Venez, nous allons la rejoindre. » Tandis qu’il prenait le chemin vers la famille Solverre au complet, Rhea vint à ses côtés. Lothar en profita pour lui glisser quelques mots. « Rhea, je veux bien que tu t’occupes de nouveau de mère, je vais aller chercher Geralt. Tel que je le connais, et malgré les circonstances, il est capable de rester discutailler longtemps… » Rhea acquiesça et prit le bras de lady Althea. « Venez mère, Lothar nous rejoint avec Geralt. »

Lothar retrouva Geralt en pleine conversation avec un groupe de nobliaux qui semblaient captivés par ses paroles. Exerçant une pression discrète sur son épaule et un regard qui en disait long, Geralt accompagna son frère vers la famille éplorée. Les yeux d’Alys et d’Annabelle se posèrent sur eux, et Lothar étreignit fortement sa sœur aînée.

    « Lothar… Que c’est bon de te revoir. » La voix d’habitude si claire et rassurante d’Alys ne l’était plus. C’était désormais un timbre bas, légèrement tremblotant, qui semblait contenir difficilement la douleur et le chagrin qui s’était abattu sur elle. « Cela fait longtemps que l’on ne s’est pas vu… » Les yeux brillants, Lothar lui sourit du mieux qu’il pouvait et l’enlaça plus puissamment. « Oui je sais Alys, trop longtemps… Je suis désolé de ne pas avoir été là plus tôt. Mais maintenant, nous sommes tous ici pour te soutenir. On est avec toi ma sœur, ne l’oublie jamais. » Lui souriant une nouvelle fois, Lothar s’écarta, laissant Geralt saluer leur sœur. Il aperçut la légère risette qu’affichait Alys, et lui fit un clin d’œil complice.

A ses côtés, se tenait Annabelle, sa jeune nièce qu’il n’avait vu qu’en de rares occasions. Mais ces moments-là, il s’en rappelait comme si cela s’était déroulé la veille. En un instant, il revit la mignonne petite bouille lors de sa naissance, puis la jeune enfant adorable et pleine de vie qu’elle avait été. Il lui avait même donné une petite leçon de maniement d’épée et de dague pendant quelques jours, dans le plus grand secret – et pour son plus grand bonheur d’ailleurs. Mais elle était devenue aujourd’hui une véritable femme, et magnifique qui plus est. La dernière fois que Lothar l’avait vu, elle devait être âgée de quatorze ans à peine, autant dire une éternité.

    « Annabelle ! Ma nièce préférée ! » déclara le Chevalier-aux-Crabes en étreignant la plus jeune Solverre. « Cela fait vraiment très longtemps que l’on ne s’est pas vu ma nièce. Tu sais que pour moi, j’avais encore en tête la jeune fille d’une douzaine d’années, qui riait aux éclats lors de nos balades sur l’île ? » Lothar esquissa un large sourire, se rappelant ses moments si paisibles, si agréables. C’était comme une goutte de chaleur dans un océan de douleur et d’affliction. Reportant ses yeux sur Annabelle, il lui fit un de ses habituels clins d’œil. « Alors, que peux-tu me dire sur toi ? Est-ce que tu es toujours autant passionnée par les aventures et les voyages ? Et… » Avec une expression mutine sur le visage, il tourna la tête alentour, observa que personne ne l’entendait, et fixa de nouveau sa jeune nièce. « Tu t’es de nouveau entraînée en secret à l’épée courte ? Ou à la dague ? Je me rappelle encore ta fougue et ta rapidité d’apprentissage ha ha ! »

Lothar se releva doucement, puis déposa un baiser sur le front de la jeune femme. Gardant une main sur l’épaule d’Annabelle, le Chevalier-aux-Crabes se retourna vers Heward, qui semblait encore plus absent que tantôt. Fronçant légèrement les sourcils, il s’approcha de son neveu bouclé.

    « Heward, si tu veux qu’on fasse quoi que ce soit, nous sommes là. N’hésites surtout pas, d’accord ? » Le chevalier avisa la foule qui, désormais, encombrait une bonne partie de la cour des Sept-Tours. Le crachin qui tombait depuis un moment se transforma en pluie plus intense, qui s’insinuait sous les couches de vêtements. L’impatience et le chagrin latent se ressentait, et il était temps que la cérémonie mortuaire débute. « Je pense que nous devrions commencer à nous rapprocher du site de la cérémonie, Heward. Ceux venus lui rendre un dernier hommage s’impatientent, et le temps est venu pour toi de déclamer ton discours. Ce n’est pas folichon, loin de là, j’en suis conscient. Mais je pense que tu te rend compte que la situation ne peut pas stagner plus longtemps… » Geralt, qui s’était rapproché, intervint. « Lothar a raison Heward. Tu dois intervenir maintenant. Rendre hommage à ton père est la chose essentielle pour le moment. Il sera temps pour toi de t’occuper des affaires courantes par la suite, mais n’y penses pas encore. Affirme ton rôle d’aîné et ta position de seigneur régnant. Les Sept attendent que ton père les rejoignent… »

Lothar jeta un regard surprit à Geralt. Lui d’habitude si rieur, désinvolte et de bien mauvais conseil, avait véritablement mûrit depuis lors. Est-ce son rôle récent de Seigneur de Pince-Isle ? Ou est-ce les enseignements de mère qui ont fini par avoir raison de son caractère si grandiloquent ? Sans attendre de réponse, Lothar l’approuva d’un signe de tête, et fit une accolade à son neveu.

Posant de nouveau les yeux sur Annabelle, et l’entourant de ses bras, Lothar attendit que le jeune Heward se décide. Le jeune homme paraissait encore plus mélancolique que d'ordinaire, et la tension était inscrite sur son visage. Le Chevalier-aux-Crabes avait confiance en Heward, et rien ni personne ne lui enlèverait ce sentiment - pas même Renaud. Mais il connaissait le caractère plutôt réservé et rêveur du jeune Solverre, et espérait qu'il se rende compte qu'il fallait faire quelques compromis et sacrifices, de par son nouveau statut. Et l'épreuve commençait dès maintenant...
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Message Dim 30 Sep 2012 - 14:05

Un autre grand bonheur pour Heward se trouvait être le plus simple, sa mère. La pauvre Alys Solverre s'était présenter comme effondré depuis la mort d'Aaron et c'était encore bien peu de chose face à la réalité des faits. Alys n'était même plus en état de s'occuper du castel comme elle l'avait pourtant toujours fais et ne passait plus que la plus part de son temps a s'enfermer dans le septuaire familiale, à prier les Sept, à éprouver ce que seul la voie qu'elle avait vraiment découverte aux abords de son mari et dans l'éducation de ses enfants, pouvait lui offrir.
Hors maintenant la voilà qui semblait reprendre un peu de vie à voire cette amas de vie et de génération si proche d'elle.

A peine Alys se fut elle connaître que Heward lui embrassa tendrement les joues. Alors que la pluie s’abattait de plus en plus fortement sur l'attroupement.


Heureux de vous voir présente et oui comme vous le voyez nous sommes enfin tous présent.


La discussion continua et ne dériva pas, les affaires traditionnelles de la famille y passèrent et notamment comme dis plus haut le mariage. Au grand soulagement d'Heward, leur mère qui peut etre avait compris le regard las de son aîné, coupa court à ce sujet à l'aide de l'autorité naturelle qu'elle possédait sur ses enfants. L'autorité d'une mère sur ses fils. Mais bon rien n'est si simple chez les Solverre il faut le savoir. Et si le caquet de Renaud était fermé c'était au tour de Martyn d'imposer sa parole sur le destin de leur sœur.


Bien longtemps ma sœur bien trop longtemps. Pourquoi ne passes donc tu pas au Grand Septuaire, pour me voire. J'y suis souvent occupé mais pour toi je trouverais bien un peu de temps. La mère m'en est elle témoin je lui prie tout les soir bonheur et paix en ton nom. Elle au moins te sauvera.


Heward ? Renaud à raison nous devons discuter de ce mariage, que je sache nous somme si peu lié à des familles pourtant reconnu comme pieuse. Les intérêts n'ont pas à passer avant les Sept, la foi sera son chemin vers le bonheur, plus que notre puissance.


Sur ces mots le Septon toujours bradé de ses longs vêtement de nacre et armé face au vent et a la pluie de sa seule capuche qui ne laissait entrevoir dans cet immensité de blanc que son visage et ses yeux océan perçant, se retourna vers les deux femmes de la famille armés d'un sourire spécifique à sa personne que l'on ne saurait décrire.


Je sais que le moment n'est pas le bon mère, mais profitons d'être tous ensemble pour en parler sinon quand le temps sera t'il venu. Alors Anna qu'en penses tu toi ?


Heward soupira une nouvelle fois mais ne dit rien, pas de conflit, jamais de conflit, il ne supportait pas ça et encore moins en cette journée. Le temps passa la parole aussi Heward se muta dans un silence profond jusqu'à ce que finalement le moment soit coupé par l'arrivé des Celtigar.

A voire ce moment on aurait pu croire que les deux familles du détroit ne faisait plus qu'une, les embrassades, la complicité qui ressortaient de ces deux maisons pourtant si éloignée l'une de l'autre dans leur façon de vivre, en aurait laissé plus d'un pantois.

Alors que Lothar et Geralt continuait leur retrouvailles, Rhea s'approcha de son neveu, le Lord de la fratrie, qui n'était pourtant séparé d'elle que de quelques années, alors que ce dernier s’évertuait à parler des affaires de Dulceport à Renaud.


Alors, Hewy maintenant que tu es Lord, il va falloir penser a te marier. Alors oui je sais je ne suis pas le meilleur exemple mais que veux tu moi je n'ai pas une descendance à offrir quoi qu'il arrive.

A ces simples mots, Heward se braqua, sans s'en rendre compte. Catelyn, sa bien aimée Catelyn. Il allait devoir en parler, bien sur qu'il allait devoir l'annoncer. Mais comment faire. Comment ne pas déchaîner la houle, si il annonçait un mariage plus sentimental que d’intérêt, alors que lui même avait l'impression de marchander sa sœur en prenant la suite de son père. S'il n'en avait pas encore parlé ce n'était d'ailleurs pas pour rien.
Allez savoir pourquoi mais sa gêne fut apparemment visible, en effet Annabelle lui lança entre deux paroles à leur oncle ce qui semblait être un regard interrogatif, alors que Rhea se contenta de glousser. Renaud fut d'ailleurs bien le seul à vraiment réagir puisqu'il se positionna aux cotés de sa tante, face à son frère.


Heward ?


Le nouveau lord se trouva à ne pas savoir répondre et à supplier sa tante du regard, n’espérant qu'une chose qu'elle le sorte de ce pétrin.
La pluie continua à battre les manteaux et les vêtements et sûrement aussi pressé de pouvoir se mettre à l’abri des aléas du ciel que de voire son neveu réagir. Lothar Celtigar et son frère arrivèrent à sa hauteur pour lui rappeler le fait de leur présence ici. Ils avaient raison le moment était venu, il se retourna dans le but simple de se diriger au dessus de la foule, vers les escaliers menant au donjon afin de déclarer le début de la cérémonie. Mais à sa surprise totale, la foule dans un brouhaha immense et sans qu'il ne l'ai remarqué avait déjà commencé à rentrer dans l'immense salle des doléances, alors qu'une voix bien connue sortait par la grande porte.

Ne pouvant y croire malgré la réalité des faits, Heward croisa son regard avec celui de Renaud qui apparemment était laissé plutôt choqué par cette situation inattendue. Les deux frère comme un seul homme et pour une fois réuni par une même raison fondirent dans la foule, Heward suivant Renaud qui faisait place de sa carrure de chevalier à travers les nombreux invités qui se massaient dans l'enceinte de pierres grises. La salle de doléance était énorme et prenait à elle seule l'ensemble du rez de chaussé du donjon. Seul transperçait dans cet ensemble de sobriété les drapeaux blanc à l'étoiles qui dévalaient les colonnade. Tout mobilier avait été déménagé pour que chacun puisse s'abriter du vent. Et seul espace en libre de monde, le fond de la salle lui était surélevé et comblé par une l'importante table de bois ou siégeait le lord et ces conseillers. Ce serait à cette même table que Heward se retrouverait suite à la cérémonie encadré par les hommes de sa famille.
Pourtant pour le moment un autre problème s'imposait dans la salle résonnait psaumes et hommages. A mi chemin dans la foule Heward pu enfin voire au loin Martyn face aux invités qui clamaient l'hommage à père, alors que le corps devait déjà être entrain de descendre depuis la chambre seigneuriale porté par les sœurs silencieuses. Il s'était éclipsé et avait démarré la cérémonie.
Une main se posa sur son épaule Renaud l'avait retrouvé dans la multitudes de personnes qui les serrait eux les fils du défunt.


Que fait il ? Ca devrait être toi !


Tu connais nos traditions le Septon de la famille à autant de pouvoir sur nos cérémonies que le Lord, mais ce n'était pas arrivé depuis des générations. Enfin tu connais Martyn il s'accroche à nos plus anciens vœux. Il est dans son bon droit.


Sans un mot Heward chercha du regard sa mère et les autres cherchant à calmer les réactions qui pourraient se faire des plus vives. Un Celtigar ne voit pas les choses comme un Solverre. Ca c'était une chose sure.
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Annabelle Solverre
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Message Dim 30 Sep 2012 - 16:53



    Annabelle était aux prises d'émotions diverses, contradictoires, variées … Tout cela l'empêchait de réfléchir avec calme sur sa conduite. A la moindre étincelle, la jeune femme sentait qu'elle pouvait éclater. Sereine, elle avait pensé l'être, mais voir sa mère, Heward, son oncle, sa tante, sa grand-mère et tous leurs proches rendaient trop concret le décès de son père. Il fallait laisser le temps au temps, dans ces cas-là … Mais dans le cas présent, Annabelle, n'avait pas eu le temps. C'était trop récent, trop frais. Sa correspondance avec Jeyne d'Estremont avait permis à la jeune femme de dépasser sa douleur et sa souffrance. Mais ce ne serait pas suffisant. Une nouvelle vie se profilait à l'horizon. Elle devrait soutenir son frère aîné dans sa tâche de Lord, la jeune femme s'en doutait. Heward était un frère aimant, mais il avait besoin de soutien. Annabelle saurait être celle-là.

    Ses frères ne semblaient cependant pas décidés à la laisser en dehors de cette question de mariage. Puisqu'ils insistaient, Annabelle n'avait pas de raison de leur cacher sa façon de parler. Martyn voulait savoir ? Il saurait. « Je te remercie de ton invitation, Martyn. Mais je crains qu'avec le décès de père, je ne puisse me libérer maintenant … Quant à la question du mariage, puisque tu veux mon avis, je ne souhaite pas me marier maintenant. Mais ce n'était pas ta question, n'est-ce-pas ? Plutôt que te demander si j'étais prête à me marier, tu ne t'occupais que du potentiel prétendant ... ». Il avait voulu savoir. Il avait su. Et maintenant, la jeune fille allait plutôt s'occuper de son oncle. Ces histoires de mariage lui donnaient le tournis … Elle était trop jeune. Trop … Absolument pas prête, en fait.

    Pendant que Alys saluait sa mère, son frère Geralt et sa sœur Rhéa, Annabelle salua son oncle Lothar. Elle l'appréciait, par les récits de ses voyages et les souvenirs émus qu'avaient de son frère Alys. Il n'était pas rare que sa mère ne lui raconte des anecdotes de leur enfance ou même de leur vie adulte. Rêvant secrètement d'aventures, Annabelle prêtait toujours une oreille attentive aux récits palpitants. Renaud comme Lothar représentait la vie qu'elle n'aurait jamais car les Sept l'avaient fait naître femme et Solverre.

    « Mon oncle ! Comme je suis heureuse de vous revoir !». L'étreinte lui fit du bien. C'était … réconfortant de sentir autour d'elle des bras forts. Si elle était toujours passionnée ? Évidemment ! Mais Annabelle avait un bon fond raisonnable. Pourtant, elle ne put s'empêcher de pouffer quand son oncle lui parla de ses entraînements à l'épée. Un peu gênée, confuse même, parce que c'était un jour d'enterrement, la jeune femme glissa dans un murmure à son oncle. «Mon oncle, enfin ! Si on nous entendait … ». Un petit clin d'oeil avant de lui répliquer enfin la vérité. « Il paraît que je suis de plus en plus bonne, mon oncle ! Nous aurons peut-être l'occasion de nous entraîner … plus tard ? ».

    Alys, quant à elle, prenait dans ses bras sa famille. Chaque membre de sa famille avait le droit au tendre baiser de la veuve. La femme d'une quarantaine d'années avait besoin du soutien de ses proches dans cette épreuve difficile. Cela faisait tant d'années qu'ils vivaient ensemble, Aaron et elle, qu'elle devait avouer se sentir un peu perdue. Qu'allait devenir sa vie, désormais ? « Merci à tous d'être venu … Vous m'êtes précieux ».

    La pluie s'abattait sur eux tous. Il était temps de rentrer dans le donjon. Annabelle, accompagnée de son oncle Lothar et suivie d'Alys, sa grand-mère et sa tante Rhéa … Mais tout ne se passa pas comme prévu. Absolument pas même. Martyn avait osé commencer la cérémonie sans Heward. Annabelle ouvrit la bouche. Choquée. Annabelle se fraya un chemin vers Renaud et Heward et se plaça à côté d'eux. Du regard, elle chercha celui de son frère. Comment Heward allait-il prendre cela ? « Enfin, Heward, tu ne peux pas laisser faire ça ! ». Le murmure avait été glissé aussi bas que possible. L'autorité de leur nouveau Lord était en jeu. Heward ne devait pas se laisser faire par Martyn. Et fort égoïstement, Annabelle préférait que son avenir repose entre les mains de son frère aîné plutôt que dans celles du Septon. Cherchant Lothar, Annabelle le supplia du regard d'intervenir. Les propos calmes de Heward ne trompaient pas Anna : elle se rendait bien compte combien Heward devait être blessé de ces manières de faire de la part de Martyn. C'était vraiment manquer de respect au nouveau Lord … Le jour de l'enterrement de l'ancien. Anna en avait les larmes aux yeux. Les querelles n'auraient pas du pouvoir siéger ce jour-ci. Se détournant, Annabelle chercha sa mère. Comment le prenait Alys ?

    Celle-ci ouvrait de grands yeux. La Celtigar qui vivait en elle était furieuse de ces manières de faire de son second fils. Comment ? Martyn avait osé s'éclipser en douce plutôt que de les soutenir, elle et Anna, dans cette épreuve?Alys sourit lentement à sa mère et à sa sœur avant de fendre la foule à son tour. Sa place était auprès de Heward, Anna et Renaud. Et même le chagrin ne pouvait lui enlever sa fierté. Elle se tenait droite. Et prit la main de sa fille contre sa paume.

    Annabelle, rassurée, sourit lentement au visage grave de sa mère. « Mère ... ». Le souffle de la jeune femme porta un mot tendre aux oreilles de sa mère. Tout se passerait bien, avec sa mère à ses côtés, Annabelle en était certaine. Martyn n'irait pas plus loin. Heward deviendrait le lord. Et, avec un peu de chance, son mariage serait quelque peu reporté. Pour qu'elle puisse prendre la mesure de sa vie future et oublier ses rêves d'aventures. Parfois, Anna se demandait pourquoi ses parents n'avaient pas eu un 4ème fils … Il lui faudrait un peu de temps pour amadouer son rôle de femme, d'épouse, de mère … Elle espérait qu'on le lui laisserait.

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Message Lun 15 Oct 2012 - 19:08

Le temps semblait tournait à l’orage imminent, ou du moins à une sale tempête gonflée d’humidité. C’était un temps chargé d’embrun ; l’odeur si particulière du sel et des algues, ce mélange si pétillant, flottait dans l’air, accentué par ce vent vivifiant et cette pluie fraîche. Lothar chercha du regard Heward. Il le vit, à quelques pas, encore hésitant. Mais le chevalier de Pince-Isle savait que le jeune Solverre allait bientôt faire le pas afin de conduire la foule et…

Mais, qu’est-ce qui se passait ? Les groupes de nobles, d’érudits et de chevaliers venu rendre un dernier hommage au défunt lord Aaron se dirigeaient tous vers l’intérieur de Sept-Tours, au sein même de la salle de doléances des Solverre. Une silhouette encapuchonnée dominait le bruit du vent et de la pluie afin d’intimer la foule de se rendre à l’intérieur où la cérémonie allait débuter. Martyn. Ce satané septon avait empiété sur ses devoirs et sur le pouvoir récent d’Heward. Le Chevalier-aux-Crabes avait beau être quelqu’un d’anti-conventionnel en temps normal, il trouvait fortement déplacé de la part du frère cadet – malgré qu’il soit septon – d’outrepasser la tradition et le rôle de son grand frère, notamment dans un contexte comme celui-là. A ses côtés, Geralt le remarqua à son tour et hoqueta de surprise. Les deux frères partageaient le même point de vue et, au vue des expressions de la fratrie Solverre restante, ils n’étaient pas les seuls.

Renaud réagit le premier et s’élança vivement à travers la foule, jouant des coudes et des mains pour traversait la masse et rejoindre au plus vite la salle. Heward ne patienta pas plus longtemps et suivit vivement son chevalier de frère au travers des groupes de nobliaux qui s’empressaient de s’abriter sous le porche de pierre grise. Ils ne devaient pas laisser passer ça, oh ça non. Après un bref regard à Geralt, le Chevalier-aux-Crabes abandonna sa jeune nièce, et prit le même chemin que ses neveux. Martyn, qu’as-tu fait... En visualisant le visage de ce dernier, le Celtigar tiqua et afficha brièvement une mine renfrognée. Malgré son amour de la famille, Martyn était l’un de ses neveux auprès duquel il ressentait le moins d’affinités. En effet, son côté sec, sévère et limite fanatique – traits hérités de son père – n’était pas du goût du chevalier de Pince-Isle, qui se plaçait en porte-à-faux vis-à-vis de la froideur du septon. Malgré son titre religieux de chevalier, Lothar avait fini par émettre un avis plutôt cynique sur la religion des Sept, et ce n’était bien-sûr pas vraiment du goût du Solverre, lui si attaché à la foi.

Serrant les dents, le Celtigar sentit une rage sourde et froide monter en lui. Était-ce le cumul de la nouvelle dramatique, du fait de voir sa sœur si effondrée ou encore de percevoir la peur et l’effroi du jeune Heward à l’idée d’être le nouveau lord ? Un peu des trois, se prit amèrement à penser Lothar. Toujours était-il que c’est un Lothar furibond qui monta quatre-à-quatre les marches de Sept-Tours, talonné par un Geralt furieux lui-aussi. Oui, les Celtigar n’étaient pas renommés pour leur foi incommensurable. Avisant les deux frères Solverre qui observaient le septon orchestrer les préparatifs de la cérémonie, les Celtigar se rapprochèrent.

    « Heward ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Comment se fait-il que Martyn ouvre les prémisses de la cérémonie sans t’en avertir, et surtout en empiétant sur ton rôle d’ainé et de nouveau lord ? »

La remarque de Lothar avait jaillit, sèche et tranchante, et résumant d’une traite la situation. Il n’avait d’ailleurs même pas fini de parler quand le reste de la famille débarquèrent derrière les quatre hommes, et la chaude voix d’Annabelle rejoignit l’interrogative de son oncle. La véhémence de Renaud rejoignit les dires de Lothar, et Heward eut droit à la même remarque trois fois de suite. Ce qui était suffisant pour l’accabler encore plus, notamment devant la situation. Lui aussi avait son lot de fardeaux à porter, et il fallait croire que tout ce petit monde accumulé avait de quoi désorienté un jeune homme.

Malgré que la foule de nobles ait compris l’ambiguïté et la dérogation au protocole, aucuns ne se permit la moindre remarque et chacun suivirent à la lettre les instructions du septon au charisme presque envoutant. Il fallait avouer que dans le contexte, Martyn mettait en avant sa verve habituelle et son aura de foi inflexible qui rayonnait presque dans toute la salle. Sa voix puissante, alliait à ses gestes pragmatiques et secs avait de quoi impressionnait, et on aurait presque pu croire en une réincarnation de feu lord Aaron, la tenue de septon en plus.

Grinçant une nouvelle fois des dents, sa colère attisée par le personnage de Martyn auquel une inimitée réciproque les liez, le Chevalier-aux-Crabes s’élança dans l’allée centrale. Les invités n’étaient pas encore tous installés que le Solverre commençait à déclamer d’une voix grave et sourde une prière funéraire, l’une des proses introductives de la cérémonie mortuaire. Faisant résonner ses bottes de cuir rehaussées de mailles, le chevalier de Pince-Isle pila devant un Martyn sombre et aux yeux perçants, dans lesquels se voyait une lueur d’agacement. Pourtant, ce dernier n’interrompit pas sa litanie, et contribua même à amplifier le son de sa voix. Lothar se posta à ses côtés et l’interrompit délibérément d’une voix grave et puissante.

    « Pardonnez-moi mon intervention, ainsi que votre prose mon cher neveu… » ajouta le Celtigar – avec une pointe de cynisme et un léger rictus – à l’adresse d’un Martyn choqué de l’interruption de sa prière. « Mais l’honneur revient à l’ainé de la famille, le nouveau lord en fonction, d’introduire la cérémonie. Il en est de la tradition même de notre société. Il y a un temps pour les discours, et un temps pour les prières et le recueillement. Et, en tant que chevalier oint par les Sept, et membre de la famille, je veille à ce que feu lord Aaron – que les Sept le garde – soit honoré tel qu’il l’aurait voulu. »

Lothar savait son intervention grossière, surtout dans une communauté plus pieuse que nombre de maisons, mais le chevalier se devait d’intervenir devant l’immobilité de l’héritier Solverre. Il ne lui en voulait guère, mais ils en étaient au point critique où le jeune Heward se devait d’intervenir. Car la réaction de Martyn n’allait point tarder, et le fait qu’il soit un Celtigar, et non un Solverre, allait forcément débarouler sur le tapis. Le quarantenaire n’avait pas souhaité arriver à ce genre de situations embarrassantes, mais il se mentirait à lui-même s’il niait avoir eu des pensées en ce sens. Malgré la confiance qu’il accordait à son neveu Heward, il avait prévu la réaction de ce dernier – ou plutôt son absence de réaction. Le choc et la douleur, les ingrédients d’un cocktail pernicieux.

Sentant une certaine réaction de la foule, le chevalier s’écarta d’un pas du septon et tendit le bras vers l’attroupement des Solverre et Celtigar réunit. Il crut voir Heward perde les derniers lambeaux de couleur de son visage, tandis que Renaud et Anna avaient les yeux brillants. Après un rapide coup d’œil à son frère Geralt qui l’approuva d’un signe de tête malgré son air grave, Lothar reçu le soutien familial qu’il attendait. Annabelle mena sa mère sur les bancs réservés à la famille, et lady Rhea et Althea les suivirent en silence. Renaud vint se poster à côté de son oncle, et posa sa paluche sur son épaule, l’air sérieux et sépulcral. Sans un regard au Martyn fulminant, Lothar reprit d’une voix forte.

    « Veuillez accueillir le nouveau lord, lord Heward Solverre, Seigneur de Dulceport-le-Pas, Gardien de l’Étoile et Capitaine du Père. »

Un regard. Un clin d’œil. Un signe de tête. C’était désormais à Heward de gérer la situation – sauf si Martyn s’en mêlait de nouveau, ce qui était plus que probable…
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Message Mar 16 Oct 2012 - 0:04

Les funérailles d'Aaron Solverre sonnaient pour le moins fausse, là où Heward avait cherché à créer des funérailles pieuses et simples, une enterrement digne de son père et à l'image de ce qu'il avait de sa vie, se trouvait maintenant une comédie gigantesque où s'entrechoquaient les différents égos des principaux acteurs de la pièce. Quelque peu désemparé, Heward qui se devait de jouer le rôle de metteur en scène de cette représentation théâtrale trouvait son autorité reléguée au deuxième rang par son propre frère. Martyn, homme pour qui au final la religion – et sûrement lui même – passait avant tout, avait pris plaisir à ressortir l'une des plus anciennes traditions Solverre de l'ombre. En effet, à l'image de sa bannière étoilée, la maison avait toujours fait grande place aux Sept jusqu'à leur promettre un de leur descendant dans les rangs de leurs serviteurs et dans son optique de toujours faire plus de place à leur foi qu'à leur rang de noble, ils avaient en effet brisé la toute puissance de la parole de l'héritier en la reléguant au même niveau que celle du septon.

C'était donc dans son bon droit qu’encapuchonné de blanc le plus jeune des trois frère s'extasiait à héler la foule dans une prière à laisser l'Etranger lui même sans voix. Bien qu'il avait plutôt peu apprécié cette petite mésaventure, Heward qui n'était pas homme de spectacle trouva tout de même un certain réconfort dans le fait de voire son frère, bien meilleur orateur que lui, prendre les rênes du jeu. D'un ton serein il se décida de calmer sa sœur et sa mère qui craignaient de voire le fragile équilibre que maintenait l'ancien Lord s'effondrer sur lui même, dévoré par une fratrie ou chacun n'était pas forcément à sa place. D'un geste serein, sa main sortit de la confortable cache qu'offrait son lourd manteau de fourrure et se posa sur l'épaule de sa mère.


Martyn peut et doit. Ça ne me pose au final aucunement problème. La parole est un talent qu'il maîtrise mieux que moi et il saura attirer les faveurs des Sept sur notre maison et sur la cérémonie.

Annabelle … Va prévenir le mestre et les sœurs silencieuses que le moment est venu nous placeront père dans le caveau et scellerons de nouveau la crypte dès la fin du sermon de Martyn. Que toute cette histoire se finisse.


Et vivement qu'elle se finisse. Le Solverre, ne tenait plus, trop de monde, trop de problèmes venaient à lui et dans une procrastination de tout les jours mélangée à sa seule envie de se retrouver enfin au calme, il tombait dans un fatalisme et une impatience de conclure ce passage de la journée. C'était une nouvelle assez ambiguë pour lui. Si il n'était pas capable de supporter une telle journée comment en gérait il des centaines d'autres, parfois plus difficiles et ennuyeuses que celle ci. Il le découvrirait bien tôt ou tard.
Au moins pour le moment son frère prenait un plaisir sûr à réaliser ce qu'il n'avait - hors de ses histoires d'honneurs - aucunement envie de faire. Au moins chacun y trouvait son compte et aucune voix ne s'élevaient dans l'assemblée pour contredire ça. Il le croyait et espérait que cela continuerait, espoir rapidement brisé par la voix sèche de Lothar rapidement rejointe par celle de Geralt avant de finir dans un chœur magnifique lorsque le ton suave d'un Renaud attisé par ses exemples de toujours et le roucoulement d'Annabelle se mirent à les accompagner dans leurs réclamations


Martyn est dans son bon droit je n'aurais de cesse de vous le répéter, si cela lui fait plaisir et bien qu'il fasse et Annabelle fait ce que je t'ai demandé, s'il te plaît.


Heward eu la mauvaise surprise de voir que sa petite remarque poussée dans un demi soupir ne suffit pas à maintenir le sang bouillonnant du plus aventureux de ses oncles. En quelques gestes encore souples pour son âge, le chevalier-aux-crabes fendit la foule et s'installa dans une tirade coupant net la parole d'un septon qui le fusillait du regard.

Les traditions de notre société mon oncle vraiment ? Est il donc courant dans nos terres de Westeros de s'amuser à traverser le monde, là ou vous pourriez avant tout prouver votre foi et servir les Sept. Mais n'ayez crainte je ne vous en tien pas rigueur, Le père veille depuis sa toute puissance sur chaque misérables hommes qui foule ses terres et dans sa miséricorde il lui à laisser le droit de vivre comme il l'entend. Je respecte ce droit en ce qui vous concerne, faite en autant pour moi je vous en serais gré. Notre père était un homme pieux héritier de ce respect qui se fait trop rare, celui d'accorder autant de droit à la foi qu'au sang. Laissez donc les choses se faire ainsi, Heward aura mainte occasion de lui rendre hommage en continuant son œuvre. Je ne fais qu'accomplir mon hommage. Mère vous êtes bien sûr d'accord avec cela ?

Lorsque quelques années plus tard, Heward repenserait à cette situation tragique, il ne lui viendrait qu'une chose à l'esprit, l'espoir que personne ne l'ait vu. Il suffisait de voire le nombre de fois ou il avait parler de ce moment à Catelyn pour comprendre la détresse qu'elle lui avait apporté. Un coude plaqué contre son torse, la main sur le visage, il se masquait les yeux pour ne pas avoir à regarder le fiasco qui se déroulait sous les yeux de ses invitées. Il n'écoutait même plus les dires de son frère et de son oncle, conscient que suite à la petite annonce de Lothar la plus part des yeux étaient rivés sur lui. S'en était trop, ici et en ces lieux se trouvait l'enterrement de son père, l'enterrement d'Aaron Solverre. Et il était seul maître à choisir ce qui devait s'y dérouler. Il était là son pouvoir, non pas dans les psaumes d'ouvertures, mais dans la décision.

Pousser à bout il aurait bien lâcher une gueulante au milieu de la foule avant de mettre tout ce petit monde à la porte pour finalement pouvoir s’affaler de tout son être sur un fauteuil. Voilà qui aurait été trop facile, non la famille et l'image avant tout. Une grande inspiration le poussa à partir sous les les encouragements de Renaud vers le devant de la scène ou l'esclandre avait lieue. Une fois présent il mit un bon moment avant de calmer autant les murmures de la liesse que les deux jouteurs.


Allons, les choses sont ce qu'elles sont, je tiens mon autorité de mon nom et de mon âge et si Martyn considère avoir faire cet hommage et bien je lui laisse, il est mon frère avant que je sois son Lord. Le seul droit que je me réclame est celui de décider ce qui doit être fais, si j'avais à réagir je l'aurais fais. Maintenant reprenons ou nous en étions. Mon oncle suivez moi.


Doucement la foule reprit ses murmures, Heward tenta largement de ne pas les écouter plus préoccuper à s'éloigner dans un coin avec son oncle. Lorsqu'enfin arrivé il lui posa une main sur l'épaule et s'excusa de tout son être.

Excusez moi mon oncle, mais je ne pouvais pas vous laissez continuer. Vous n'êtes pas à Pince-Isle ici et croyez moi tout ce que vous connaissez des Solverre n'était qu'une pale image soutenue par la présence de notre père. Il faut me comprendre, j'ai déjà tant de mal à gérer les choses comme elles viennent qu'une prise de position publique face à mon propre frère ne peut rien m'apporter. Excusez moi une nouvelle fois d'avoir agis ainsi, mais je n'avais pas le choix. Les choses ne vont pas toujours dans le sens d'un seul homme, même si vous lui apportez votre soutien.

Alors qu'il finissait sa phrase parasitée par le bruit des prières sonores qui avaient reprises, Heward put observer Renaud et sa mère arriver ensemble vers le duo. Son chevalier de frère avait bien des expressions qui se lisaient sur son visage, mais aucune ne donnaient la nature profonde de sa pensée.


Mon oncle, la chevalerie défend les honneurs de la noblesse autant que celle de la religion. Martyn n'a pas à le faire votre réaction était la bonne.
Heward tu aurais dû t'imposer face à Martyn. Solverre ou non c'est ton droit qui était en jeu et même si ta petite prise de parole à fait son petit effet, je ne sais pas si ca suffira.
Je sais que tu tentes de maintenir ce que père avait fais, mais tout de même. Tu ne te conduis pas en Lord mon frère.


Le chevalier à l'étoile posa délicatement un baiser sur la joue de sa mère qui semblait plus que désemparée face à l'attitude de ses fils et ce alors qu'Heward se passait une main fatigué à travers les bouclettes noires de ses cheveux.


Désolé mère de vous faire endurer tout cela
.

Au même moment on pouvait déjà voire la foule s'écarter alors que le discours s'éteignait pour laisser place à un silence lourd de sens. Annabelle amenait les sœurs, le cortège funéraire avançait de tout son être vers la crypte à l'étoile.
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Annabelle Solverre
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♦ Missives : 597
♦ Missives Aventure : 84
♦ Age : 24
♦ Date de Naissance : 11/01/1993
♦ Arrivée à Westeros : 07/08/2012
♦ Célébrité : Hayley Hatwell
♦ Copyright : Miri ♥
♦ Doublons : Lorant Trant, Cylia Stark, Daenerys Martell et Emeraude
♦ Age du Personnage : 18 ans
♦ Mariage : Fiançailles en négociation
♦ Lieu : Dulceport-Le-Pas
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Message Mer 17 Oct 2012 - 15:43



    Effectivement, Lothar Celtigar avait tout à fait trouvé les mots pour expliciter la situation. C'était le bordel. Annabelle, elle-même, ne savait plus où donner de la tête. Quelle était la priorité entre un futur Lord en train de perdre son autorité, une mère éplorée, un oncle à accueillir ? La tâche semblait immense, mais la patience d'Annabelle ne l'était malheureusement pas autant, loin de là. Martyn avait évidemment voulu faire un coup d'éclat, le jour-même de l'enterrement de leur père, et pour cela, Annabelle savait qu'elle lui en voudrait longtemps. La jeune fille avait une affection tendre pour ses trois frères. Mais elle devait bien avouer que sa préférence allait à Heward et Renaud. Le troisième de ses frères -qui était aussi le second de la fratrie- la jeune femme n'en était pas fort proche. Il était parti lorsqu'elle était assez jeune et ils avaient eu du mal à créer des liens. Aussi bien, en voyant le coup de poignard que Martyn venait de commettre, Annabelle eut un goût de fiel dans la bouche.

    Annabelle avait donc suivi son oncle dans sa colère. Il était hors de question qu'elle laisse qui que ce soit faire du mal à la famille Solverre dans un jour comme celui-ci, fut-ce un membre de la dite famille. Quel non respect pour Aaron … Anna lança un regard sévère vers son frère, Martyn, qui se tenait quelques pas plus loin. Elle comptait bien lui dire son fait, mais plus tard, en privé. Ne pas se donner en spectacle, c'était tout ce qui importait, à l'instant. Mentalement, Annabelle récita une courte prière aux Sept afin qu'ils soutiennent la famille Solverre dans les épreuves qui la traversaient. Heward devait avoir fort à faire, entre les Celtigar et Renaud et Anna se reprocha un instant d'être intervenue également. Mais cela avait été plus fort qu'elle …
    Bien entendu, Heward lui répondit. Et la réponse de son frère n'étonna guère la jeune fille qui hocha la tête, quoi qu'un peu raide, avant de s'apprêter à laisser sa mère auprès d'Heward. On venait de lui confier une mission, elle devait bien s'en accommoder et s'en charger de la meilleure manière qui soit. Alors qu'elle allait cependant émettre une dernière objection, Heward coupa court et lui demanda d'une manière plus ferme encore de lui obéir. Cette fois-ci, Annabelle répondit d'une voix douce. Il est des moments où on ne peut se permettre d'affirmer haut et fort ce qu'on croit juste mais où il faut simplement accepter d'aider les siens de la manière la plus judicieuse. « J'y vais tout de suite, Heward. »

    La réponse était sobre, mais Annabelle avait bien conscience qu'on n'en attendait pas plus qu'elle. Du regard, elle fit passer une émotion forte à sa mère, dont elle serra la paume dans la sienne plusieurs secondes avant d'aller retrouver qui de droit. Alys, pour sa part, se tourna vers son frère. Lothar avait l'air décidement bien décidé à faire respecter l'autorité de son neveu. Un léger sourire flotta sur la visage de la jeune veuve. Mais la dispute qui s'ensuivit entre son fils et son frère lui fit perdre cette expression douce. Partagée entre son amour pour un fils qu'elle n'avait vu que si peu et son devoir envers le nouveau Lord, Alys mit quelques secondes à répondre. « Le plus important est l'hommage rendu à Aaron Solverre, qui fut mon époux, ton père et notre Seigneur à tous. Les querelles n'ont rien à faire dans cet endroit, mon fils. ». Le regard de la femme d'âge mûre couvait ses trois fils avec la même tendre expression.

    Fort heureusement, Alys n'eut pas à trancher car Heward prit la parole à nouveau. La cérémonie devait reprendre son cours. C'était là le plus important, Annabelle, Alys et tous les autres le savaient. Son dernier fils, Renaud, auprès d'elle, l'accompagna jusqu'à Heward et Lothar. Reconnaissante de cette attention, Alys sourit à son fils. A pas mesurés, car il n'y avait rien de pire que la précipitation dans les rites funéraires, la nouvelle veuve s'approcha. Sévèrement, elle répondit à Renaud. « Tu n'aides pas ton frère, Renaud, en lui imposant tes reproches en plus de sa lourde tâche. Heward a voulu bien faire, il est désormais le chef de famille et j'apprécierais que tu t'en souviennes. » Néanmoins, elle ne put que s'adoucir quand son fils l'embrassa sur le front, avec une sincérité touchante. « Merci d'être là, Renaud ... ». Alys puisait dans ses fils et sa famille la force de poursuivre cette difficile journée …

    Pendant ce temps, inconsciente de ce qui avait pu se jouer, Annabelle avait été cherché le mestre et les sœurs silencieuses. « Il est temps ». La jeune femme n'eut pas besoin d'en dire plus, déjà, le mestre et les sœurs du Silence, chargée de nettoyer les défunts entre autre chose, la suivaient. Étonnamment, Annabelle marchait lentement. Elle prenait comme le temps dans ces derniers instants où l'esprit de son père courrait sur Dulceport-le-Pas. La cérémonie touchait à sa fin. Martyn allait réciter quelques prières, à n'en pas douter, puis on scellerait le caveau où allait reposer leur père … Et tout serait fini.

    Annabelle s'approcha de Martyn, suivie par le Mestre et les Soeurs silencieuses, qu'elle laissa auprès du Septon de la famille. Anna lui pressa la main d'un geste rapide. « Nous attendons tes prières avant de descendre le corps de Père dans la crypte, Martyn ». Essayant d'oublier ce qui venait de se passer, Annabelle esquissa une moue qui pouvait aisément passer pour un sourire. Puis, se faufilant à nouveau dans la foule, Anna rejoint ses deux frères, ses oncles, sa mère. Là, elle se plaça à côté de sa mère et glissa un regard confiant vers Heward. « Martyn va s'occuper des dernières prières ... ». Son frère était Septon, il était donc bien normal de lui laisser ce dernier hommage. Pendant que les prières commençaient pour Aaron Solverre, l'esprit d'Anna répétait inlassablement … Que les Sept protègent les Solverre... Que les Sept nous aident pour l'avenir … Que les Sept soient avec nous … Serait-elle écoutée ?

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Message Dim 23 Déc 2012 - 19:24

La prise de parole du Chevalier-aux-Crabes fit son effet, et les regards se tournèrent instantanément vers le nouveau lord de Dulceport, le jeune Heward. Pourtant, Lothar ressentit une certaine hostilité s’élevant de la foule présente, hostilité qui semblait le prendre pour cible. Chuchotements, messes basses et regards courroucés le visait, et le Celtigar ressentit à cet instant l’affront qu’il venait d’orchestrer devant de fervents dévots. Martyn le contempla froidement, et lui répondit d’un ton aussi tranchant. « …accorder autant de droit à la foi qu'au sang. », mais quelle connerie… Lothar voulut intervenir, mais il préféra soutenir le regard dur du Septon Solverre plutôt que d’alimenter une esbroufe qui – il le sentait pertinemment – se finirait probablement mal.

Un regard vers sa sœur, sa nièce et ses neveux le convainquit de ne pas intervenir de nouveau. Lothar brûlait de répondre au ton outrecuidant de son grand dadais de neveu septon, mais il s’en voulait surtout d’avoir perdu son calme dans un moment tel que celui-là. Lui qui était considéré – et à juste titre – comme un anti-conventionnel et un original, venait de se faire le défenseur de la coutume, évènement pour le moins atypique, mais pourtant justifié.

Heward se présenta soudain devant les deux protagonistes, s’adressant autant à eux qu’à la foule réunit dans la salle. Son discours contribua à apaiser les tensions, et à mettre les choses à plat. Les lèvres crispées, Lothar s’en remit à l’autorité du jeune lord, et adressa un rapide signe de tête à Martyn avant de suivre Heward. Ce dernier le mena dans un coin à part, et posa une main sur l’épaule du chevalier. Un seul regard sur le visage du nouveau lord fit véritablement prendre conscience au Celtigar que son intervention avait été déplacée, et avait sapé le peu d’énergie qui restait à son neveu. D’un léger sourire désolé, le Chevalier-aux-Crabes flanqua sa grosse paluche sur l’épaule du Solverre – à l’instar de ce dernier.

    « Je suis désolé de ma réaction Heward… D’ordinaire, je n’aurai point réagi, mais en ces temps douloureux – pour toi, mais aussi pour ta mère, ta sœur et tes frères – je n’ai pas apprécié la liberté qu’a prise Martyn afin de débuter la cérémonie. La moindre des choses est de prévenir sa famille, et surtout son nouveau seigneur, qu’il soit son frère ou non. » Le chevalier soupira, en jetant un œil à la voix monocorde du septon Solverre qui avait repris la cérémonie. « Décidément, la philosophie Solverre est fort différente de celle des Celtigar… » Lothar tourna de nouveau son regard vers son neveu, en lui adressant un léger sourire. « En tout cas, mon but est en partie atteint. Je voulais te faire réagir, que tu prennes ton courage à deux main et que tu agisses tel un lord. Et tu l’as fait. Bon soit, la méthode n’était certainement pas la meilleure… Mais les devoirs et obligations d’un lord sont rarement plaisants. »

Lothar étreignit brièvement son neveu, ponctuant ainsi sa tirade. Lorsqu’il s’écarta, le Celtigar se rendit compte de la présence de sa tendre sœur, ainsi que de Renaud. D’ailleurs, ce dernier – en tant que fier chevalier et admirateur de son oncle Lothar – abonda dans le sens du Chevalier-aux-Crabes, mais fut rapidement reprit par la douce voix d’Alys qui l’amena au calme. Lothar sourit devant l’adorable visage de sa sœur, qui continuait d’afficher une extrême compassion envers ses fils, malgré l’éprouvant moment. Lothar fit un pas vers elle et l’étreignit doucement, en lui glissant doucement : « Je suis là pour toi ma sœur. Et… Pardonne ma réaction démesurée… ». Lady Alys Solverre lui rendit son étreinte et son sourire à son jeune frère, en lui jetant des yeux doux et compréhensifs. Les Celtigar se comprenaient.

Soudain, le silence se fit. Annabelle, suivit par les sœurs du Silence et le mestre de Sept-Tours, firent apparition dans la salle, traduisant l’apogée imminente de la cérémonie funéraire. Après que la dernière des Solverre fut de retour auprès d’Alys, les familles Solverre et Celtigar se rapprochèrent du corps du défunt devant lequel Martyn se trouvait déjà. Cédant volontairement à la convention, Lothar rejoignit Althea, Rhea et Geralt auprès de la suite des Celtigar, laissant ainsi une certaine intimité aux membres les proches d’Aaron – non sans avoir au passage serré les mains d’Alys et d’Annabelle, et adressé à ses neveux un regard de circonstance.

Martyn reprit la parole d’un ton puissant, dans lequel aucunes traces de chagrin n’étaient perceptibles. Ces prières tonnèrent, accentuant la réalité du moment et l’affliction palpable de la salle. Et au milieu de tout ça se tenaient, droits, Alys et la fratrie Solverre, rendant un dernier hommage à un mari et un père…



[HRP : Désolé pour ce temps d'attente catastrophique et la faiblesse de ma réponse... =( ]
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Message Sam 26 Jan 2013 - 16:42

Martyn continua sur son ton toujours si « sensible ». De prière en éloge, de prise de parole en simples remerciements, on assista là à toute la mesure du fanatisme du troisième fils Solverre. Il était doué. Il fallait le reconnaître. Les mots sont un talent que peu d'hommes savent manipuler avec allégresse. Lui était même au dessus de ça. Il les maniait en les liant dans l'ombre aux plus sombre intrigues du genre humain : Les croyances. Il était de ces hommes qui faisait relever la tête à un homme à terre, qui lui accordait en quelques bribes de phrases un courage et une dévotion entière. Heward était là, à l'écouter entouré de ses proches et une fois encore il sourit nerveusement face à son frère. Il n'y avait pas à douter. Martyn était de ces orateurs qui, au nom des Sept, pouvait lever une armée de simples péons et renverser le cours du monde.
La situation était d'autant plus propice aux ricanements que Renaud se trouvait lui même juste à côté du nouveau Lord. L'un était l'épée, la bravoure et le devoir, l'autre la verve et la foi. Et lui qui était il ? Comme un cliché les Sept avaient apparemment pris plaisir à dispatcher entre eux les qualités et les défauts les plus reconnus et les plus obsédants de cette famille. Mais lui ? Qu'avait donc t-il récolté ?

D'une secousse de la tête laissant les dernières gouttes de pluie s'écraser au sol, Heward balaya cette question. Elle était peut être légitime, mais le moment n'était pas bien choisi. Sa tête se retourna et il observa les personnes alentours. Renaud à ses côtés, toujours l'air aussi sombre, aussi sérieux, Alys sa propre mère à qui il ne fit que décocher un simple sourire pour le soutien qu'elle lui apportait en ses simples moments, Gerald, Réha et les autres. Son oncle Lothar … A la langue peut être un peu trop bien pendu. Enfin il voulait son bien. En fait ils voulaient tous son bien. Tous avaient confiance en lui et en ses capacités à reprendre le flambeau laissé par Aaron. Mais le doute le rongeait constamment au fond de lui. Ne les décevrait il pas ?
Ce fut l'arrivée d'Annabelle qui le tira de sa question. Silencieux, il la regarda se placer à côté de leur mère bien aimée et c'est pas un simple hochement de tête qu'il remercia sa sœur pour ce qu'elle venait de réaliser. Sa chère petite sœur. Encore une personnalité bien à part dans ce vaste monde.
Son regard se tourna alors vers le grand escalier d'où elle avait dû déboucher. De la grande arche de pierre qui servait de porte, on pouvait maintenant voir les premières sœurs silencieuses sortir, la fin de toute cette histoire était proche. La voix de Martyn ne fit que le confirmer.

« …. Et que sous le regard du Père, il puisse être jugé équitablement. »

D'un geste de la tête le Septon accorda à la caravane funéraire le droit de continuer vers la sortie. Ce n'était pas forcément des plus utiles mais bon les choses étaient ainsi. Les voiles gris avançaient lentement, une dizaine de sœurs environs, et au centre de ce long défilé, porté sur un brancards par quatre des religieuse, le corps froid et livide d'Aaron Solverre, tout habillé de ses plus beaux habits.
Il n'en fallut pas plus pour que le côté si sacré, si imposant de la petite troupe ne fasse se trancher en deux la grande foule, créant par la même occasion, ici en plein centre de la grande salle de Sept-Tours, une haie d'honneur silencieuse.
Renaud attrapa la main de sa petite sœur, serrant cette œuvre de finesse dans sa paluche un peu plus imposante. Son regard, comme celui de toutes personnes présentes, fixait maintenant la pâleur d'un visage familier. Parfois brutal, il l'était, il l'avouait. Mais au même titre que chacun de ses frères, Annabelle était pour lui son principal devoir et il ne pouvait que s'imaginer ce que sa propre petite sœur qu'il pensait si fragile, devait ressentir devant ce visage.

Ne t'inquiète pas. Ne t'inquiète surtout pas. En ce moment même il festoie dans la grande salle d'or du Père et nous observe. Notre avenir n'est pas radieux. Mais nous nous en sortirons petite sœur. Je ne laisserais pas l'île sombrer. Notre père l'a empêcher je ferais de même.

Heward quant à lui se tenait tout autant dans la foule contre une masse de personne qui lui était pourtant totalement inconnus. Ses pensées allèrent vers Catelyn en ce triste moment, mais il ne sut même pas pourquoi. Que n'aurait il pas donné pour qu'elle soit là en ce moment même. Enfin pour cela il faudrait peut être qu'il en parle. Personne ne connaissait leur romance. Il était Lord maintenant. Peut être était ce le moment ? Qui serait de bon conseil pour une telle nouvelle.
Discrètement, il se faufila jusqu'à sa mère qui s'était trouvé séparée de lui par le mouvement de foule. Sa main se posa sur son épaule et seul un chuchotis sorti de sa gorge.

Mère je crois avoir à vous parler. Dites moi. La question peut être étrange mais … Avez vous un jour aimez un autre que notre père ?


Martyn lui de son côté, son discours et son devoir fini, était retourné dans l'anonymat de la foule et ça bien que sa grande toge blanche ne le rende pas vraiment discret. Un sentiment de non terminé lui restait en travers de la gorge. Certes il vivait au Grand Septuaire depuis bien des années maintenant, mais il était encore un Solverre. Encore un fil de la famille étoilée. Et en nom il était tout autant ici sur ses terres qu'Heward ou Renaud. En tout cas il y était plus que son oncle et sa réaction lui avait semblé disproportionée. Hewy avait certes rétabli le calme. Mais, les tensions n'étaient pas bonne chose lors d'un enterrement. Les Sept veulent la paix pour leurs messagers et il était l'un d'eux. En bon « chevalier ». Son oncle devrait le comprendre.
Il chercha la tignasse grisâtre du regard mais ne parvint jamais à la trouver. Non par contre, c'était bien celle de son autre oncle, Gerald lui même qu'il aperçut. Le lord de Pince-Isle connaissait à ce qui paraissait bien son frère. Peut être pourrait il lui indiquer le pourquoi du comment de cette soudaine intervention qui semblait avoir dérangé plus d'une personne.
Il s'approcha tranquillement du Celtigar et c'est la tête basse en signe de respect qu'il lui adressa la parole.

Mon oncle, puis je vous poser quelques questions sur Lothar ? Je pense l'avoir outré, mais je ne sais pas exactement ce qu'il me reproche.


Et ainsi l'île de Dulceport continuait à vivre en ce jour spécial. En ce jour où tout un monde de gens et de personnes qui se connaissaient se croisaient, s'étaient regroupé pour ne former plus qu'un. Le cortège passait la grande porte et retombait sous la pluie fine en direction de l'entrée de la Crypte à l'Etoile. La fin de la cérémonie était proche, les tensions et les retrouvailles elles, ne faisaient qu'éclater au grand jour. C'était plus qu'un enterrement. C'était une réunion de famille. Et c'est une fois le corps scellé dans la pierre que tout ces petits jeux trouveraient leur apogée.
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Annabelle Solverre
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Message Mar 5 Fév 2013 - 17:54



    L'ambiance commençait à être lourde dans la famille Solverre, et la présence des Celtigar n'arrangeaient rien, puisque chacun avait sa vision de la vie. C'était une des particularités des familles nobles de Westeros : chacune avait sa vision propre.

    Annabelle était auprès d'Alys, sa mère, et de toute sa famille. L'enterrement continuait à se dérouler. La jeune femme ne pleurait pas ; elle était digne. Très digne. Ses larmes, elle les avaient laissé couler des jours plus tôt et elle savait qu'il était hors de question de se laisser aller le jour où on rendrait un dernier hommage au Seigneur de Dulceport. Son frère Renaud, était là, rassurant et cela fit sourire doucement la jeune femme. Elle serra la main de celui qu'elle aimait tant et qu'elle voyait pourtant si peu … Il prendrait soin d'elle ; elle le croyait bien volontiers. L'amour qu'il y avait entre eux et leur sens du devoir à tous deux en était la garantie. « -Merci Renaud … Je serais toujours là pour toi, moi aussi ! ». Elle le pensait. A qui qu'elle soit mariée, Annabelle resterait une Solverre, dans un coin de son cœur et elle attendrait toujours la confiance et l'amour de sa famille.

    Heward ne pouvait lui promettre tout ce qu'il aurait voulu, mais elle le savait ; là, présent. Il était auprès de leur mère à tous les 4 et Annabelle était heureuse de cette initiative. Alys avait besoin de sentir que le nouveau Lord pensait à elle.

    Alys, d'ailleurs, eut un doux sourire quand elle entendit la question de son fils. C'était étonnant, mais elle n'était presque pas étonnée que son fils aîné puisse lui demander pareille chose. Visiblement, Heward se posait bien des questions et si elle était en mesure de l'aider par son expérience, Alys ne s'en priverait pas. Mais ce n'était pas là le moment. «- Ne crois pas que je fuis ta question, mon fils … Mais il ne serait être question pour moi aujourd'hui de penser à un autre que ton père ! ». Comme bien des jeunes femmes de la noblesse, Alys Celtigar avait eu d'autres pensées que celles tournées aujourd'hui vers son époux défunt. Mais par respect et par tendresse pour le père de ses 4 enfants, elle n'en soufflerait pas mot aujourd'hui. « -Plus tard ... ». Les mots étaient lâchés.

    Inconsciente de ce qui se passait entre son frère et sa mère, Annabelle écouta les dernières litanies de prière. Et bientôt, ce fut fini. La jeune femme releva la tête qu'elle avait baissé quelques secondes plus tôt.

    Il était temps, maintenant de rentrer et de partager un festin en l'honneur de l'ancien et du nouveau seigneur de Dulceport. Annabelle prit, avec toute sa famille et ses gens, la direction de la Grande Salle où ils allaient tous déguster un repas chaud et réconfortant. Tandis qu'elle laissait sa mère rejoindre la table avec ses fils et ses frères et sœurs, Annabelle vérifia que tous les invités trouvaient place et qu'ils étaient tous servis. Avec rapidité, elle fit le tour des différentes personnes chargées de servir le repas afin d'être certaine que tout se passerait pour le mieux et dans le respect de tous. Pendant ce temps, Alys, appuyée au bras de son fils aîné, le regardait, les yeux brillants « -Ton père serait fier, tu sais ! ». Et c'était en effet une fierté, un orgueil, qui était dissimulé dans les yeux de la veuve. Assise près de ses fils, Alys couvait la fratrie d'un œil satisfait. Ils étaient tous là, ce qui n'arrivait jamais. Dire qu'il fallait attendre un décès … ou un mariage.

    Avisant Annabelle qui venait s'asseoir, sa mère lança aux différents membres de la famille. « J'espère bien vous revoir avant le prochain mariage ! Cela fait trop longtemps que nous n'avons pas ainsi été réunis … Or notre force se trouve dans chacun de nous. N'est-ce-pas, Heward ? »

    Le sujet du mariage fit rougir Annabelle, qui avait sincèrement peine à imaginer que pareille chose arrive bientôt. D'ailleurs, elle ne se doutait pas que la question du mariage allait si sérieusement affecter tout un chacun autour de la table. Préférant sur ce point, garder le silence, la jeune femme préféra donner, d'un signe de tête, le signal du début du repas et ce furent bientôt boissons et victuailles qui garnirent les tablées. Le bruit commençait à enfler dans la salle, discussions et conversations faisant bon train !

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Message Dim 28 Avr 2013 - 23:04

La cérémonie funéraire continuait sous les implacables litanies de Martyn Solverre. Il fallait l’avouer, le cadet des Solverre avait de l’assurance, mais aussi un certain charisme qui rendait la cérémonie plus émouvante encore. Les échos de ses prières résonnaient à travers la salle, faisant frissonner les esprits les moins aguerries et les plus facilement impressionnables.

Se tenant, droit, auprès des siens, Lothar Celtigar observait les Sœurs du Silence officiant auprès du défunt lord. En quelques instants, ces dernières installèrent le corps sur une civière ornée, duquel pendait des drapes ourlets d’or et de l’insigne de la famille Solverre – l’étoile jaune à sept branches. Quatre des sœurs soulevèrent délicatement Aaron Solverre, et entreprirent la lente marche vers la sortie. Sous un silence envoûtant, le cortège se mit en branle à la suite des sœurs.

Aux côtés de Rhea et du reste des Celtigar, le Chevalier-aux-Crabes se mit en marche, suivant la famille Solverre et leur suite. Alors que le chevalier se dirigeait vers la sortie, Geralt fut interpellé par un Martyn à l’allure solennelle et sombre. Geralt le salua de nouveau d’un signe de tête et posa une main sur l’épaule du Septon. Avant même que ce dernier ne prenne la parole, le lord Celtigar intervint.

    « Très beau discours Martyn. Ton père n’aurait pu souhaiter pareil hommage de la part des Sept et de sa famille. »

Le Septon remercia son oncle, puis resta silencieux un instant. Alors que la foule commençait à se diriger tranquillement vers l’extérieur où se situait le cortège funéraire, le cadet des Solverre reprit la parole, le regard dur.

    « Mon oncle, puis-je vous poser quelques questions sur Lothar ? Je pense l'avoir outré, mais je ne sais pas exactement ce qu'il me reproche. » Geralt ne put empêcher le léger rictus qui naquit sur ses lèvres. Après un regard vers la famille Celtigar qui débouchait sur le parvis de la place, le fils aîné des Celtigar plongea son regard sépia dans celui bleu pâle du Septon. « Tu étais dans ton bon droit Martyn, tu n’as rien à te reprocher. Lothar est juste… Disons qu’il a toujours été le sang chaud de la famille, notamment du point de vue des règles de vie. Malgré ses serments de chevalier, ses voyages lui ont forgé une autre vision du monde qui nous entoure, une autre façon de concevoir la société et ses règles. Il ne renie pas ce qui existe, il a tout simplement plus de mal à l’accepter. » Le lord Celtigar soupira. « Ne t’en fais pas Martyn, Lothar te tiens en grande affection, tout comme ta famille et ton défunt père. Sa mort l’a marqué, comme nous tous, même s’il l’affiche peut-être moins. Rappelle-toi le nombre de discussions auquel ton père et lui aimaient s’adonner lorsque mon frère n’était pas à l’autre bout du continent… » C’est par une bourrade affectueuse que Geralt conclut sa conversation avec Martyn. « Allez viens, nous n’avons pas encore fini de rendre hommage à lord Aaron. »

Alors que les deux hommes se dirigeaient vers la sortie, nous retrouvons un Lothar suivant des yeux le tombeau d’Aaron Solverre, la pluie battant sur son visage et sa barbe de plusieurs jours. Repoussant une mèche collée sur son front, le chevalier fixa le rituel de l’inhumation dans le caveau familial, le visage fermé. C’était là, au terme de la cérémonie, que l’ampleur de la situation se révéla. Il avait été de nombreuses fois en désaccord avec lord Aaron – notamment sur des questions de religion et de conduite – mais les deux hommes se respectaient énormément. Sous son air sec et sévère, le défunt Aaron partageait d’une certaine manière la passion de l’histoire ancienne qui animait les Celtigar depuis de nombreuses générations. Et c’était un réel plaisir que le vieil homme écoutait les nouvelles que rapportait le chevalier de ses pérégrinations de par le monde.

    Lothar sentit une fine main effleurait la sienne. Sans se retourner, il sourit légèrement en reconnaissant la présence de Rhéa à ses côtés. D’une voix basse, le regard toujours fixait sur le défunt, il s’adressa à sa jeune sœur. « Mère va bien ? » « Oui. Elle bavasse avec quelques connaissances qu’elle n’a point revues depuis des lustres, selon ses termes. » « Bien, la cérémonie se termine de toute façon. Il va falloir la conduire dans la Grande Salle. » Le frère et la sœur retrouvèrent Althea et tous trois se rendirent dans la salle où nombre de denrées les attendaient.

Le trio se retrouva aux côtés d’Heward, d’Alys et de Renaud, tandis que la jeune Annabelle virevoltait ici-et-là pour s’assurer que tous les invités aient trouvés leurs places. Lothar, installé non loin du nouveau et jeune lord, lui adressa un de ses clins d’œil amicaux dont il avait le secret.

Et le banquet débuta…
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Message Mer 12 Juin 2013 - 14:08

La pluie avait été battante et transperçait tissus et vêtements pour marteler la peau d'un fil d'eau dérangeant et froid. Il perçait la peau, traversait la chair et venait s'abattre sur les os pour glacer le sang de tous et chacun. Pour autant personne ne bougeait, ne râlait. Seul le bruit de pas des sœurs silencieuse portant la sinistre civière masqué d'un châle blanc au couleur des Solverre.

Heward nouveau Lord pensait à l'air de sa mère, il pensait à ce petit air confus. Au fond qu'importait n'était est ce pas normal. Elle avait rencontré son père dans leur jeunesse, promis l'un à l'autre sans qu'on leur demande, il avait appris à faire avec. Au final il ne voulait pas vraiment le savoir, il s'en était toujours douté. Tout le monde connaissait ce secret de polichinelle, les nobles se marient par devoir mais continuent d'aimer par cœur. Lui même s'était souvent posé la question, lui même avait souvent craint. Mais la patience d'Aaron avait finalement dépassé sa longévité en efficacité et Heward se retrouvait libre d'épouser Catelyn, sa belle Catelyn, sans que rien ne s'oppose à lui. Rayon de soleil en triste journée. Un bon côté d'hériter se dit il envahit par un sentiment de culpabilité de penser une telle chose. Aaron lui ne se serait jamais montré défaillant, n'aurait jamais rien regretter. L'homme était à la poigne de fer gantée d'acier, mais il ne se trompait que rarement et ne regrettait pas ses choix.

Son attention se reporta alors sur lui, sur son père, mais il était trop tard perdu dans ses pensées, il n'avait même pas observé la dernière marche du convoi et maintenant sortaient du gouffre béant et obscur des souterrains de Sept-Tours, le cortège de sœur silencieuses sans le défunt. Deux chevaliers Solverre, vieil amis et conseiller de l'ancien Lord prirent appuis comme ils pouvaient, leur armures d'apparats portées pour l'occasion s'enlisant dans la boue et glissant plus que les gonds des portes ne cédaient. La situation était ridicule mais encore heureux personne ne réagissait de manière inconsidéré. Finalement quelques hommes vinrent prêter main forte et le lourd portail de chêne glissa enfin avant de se refermer dans une grand claquement laissant à lui seul retomber le loquet. Le nouveau lord n'en perdit pas une miette et dans son esprit le message fut clair, c'était bien les Sept qui venait de condamner cette porte. Il souri tristement, en cette journée il venait de saluer deux enterrement : Celui de son père au sens littéral et plus métaphorique le sien. Il savait que tout n'allait plus être aussi simple.

Son regard chercha et finit par trouver. Il tomba sur Renaud aux côtés de leur sœur, il retrouva Martyn parlant à Geralt, Alys était encore à ses côtés. Sa famille … Il sentait déjà un nuage sombre planer au dessus de son île et le banquet n'allait – il le sentait – pas améliorer les choses.

Mais quand il fallait y aller. Doucement tous commencèrent à se mouver vers la grande salle du Donjon. Ici déposées autour des colonnades de pierre grises, de grandes tables disposé en U attendaient les invités alors que quatre grandes cheminées au foyer rougeoyant permettaient à tous de se sentir enfin au sec. La mort venait d'être célébrée. Il était maintenant temps de rendre hommage à la vie. Par des rires, un festin, des discussions. Honorer l'esprit du défunt. Heward n'en avait pas envie, il prit sa place à la table du fond. Sa place … Celle de son père oui. Il s'accouda à son siège, mal tenu, la tête affalée sur sa main, ses doigts traînant dans sa barbe. Sa pensée aussi noire était elle fut interrompue par un bras s'agrippant au sien. Sa mère le regardait et lui prononçait quelques vaines paroles. Connaissait elle son fils au point de savoir ce qui se tramait dans son esprit. Son fils ne la regarda même pas. « Si seulement mère, si seulement ... Franchement que vais je faire maintenant ? Diriger ? Père en était fatigué, imaginez moi … Enfin. » Le Lord reçut un léger signe de tête de la part de sa sœur, maîtresse de maison par obligation, elle par contre convenait parfaitement à son rôle. Comprenant le message et attendant qu'elle soit elle même à leurs côtés, Heward se leva et frappa dans ses mains pour obtenir le silence. « Le Père sera juste dans son jugement. N'ayons crainte et profitons de ce moment. La vie se doit de retrouver son chemin après la mort. A nous de ne pas nous y attarder tout autant. Soyez Sept fois béni et les bienvenues dans notre humble demeure. »
Il se rassit, et le banquet commença …

Musique, vin et nourritures, les plat sortaient par foison des embouchures de couloirs et chacun pouvait y trouver son compte alors que les discussions prenaient de l'ampleur laissant un écho bourdonner dans la grande salle.

Heward ne mangeait pas, ne buvait pas, il ne disait rien. Ses yeux étaient accaparé par ses invités – si on pouvait les appeler comme ça. Il observait notamment leur rire, leur festin. Connaissaient ils seulement réellement leur père ? Fatigué, il porta sa main à ses yeux lorsqu'il vit les grandes banderoles blanche accrochées aux mur et arborant son blason se teinter de vin rouge et de sauce à viande.

Sa mère tenta une nouvelle fois de renouer tout son petit monde. Par quelques paroles. Manque de chance, elle demanda confirmation à un fils bien maussade. « En chacun de nous oui. Une grande force qui nous à toujours permis de vivre unis. » Dit il arborant un sourire plus faux que jamais. « Et qui si on se sépare nous tuera ... » Pensa t-il les yeux fixés vers l'immense voûte de pierre.

Les discussions reprirent de plus belle, Alys avait ouvert la porte de l'enfer par le mot mariage et celui d'Annabelle prit le dessus sur toute autre conversation. Chacun y allait de son idée, de son grain de sel, tout le monde se permettait son avis alors qu'Heward continuait à marteler sans la moindre cesse la même chose. « Ce mariage est une bonne chose ! Les Estremont sont une famille reconnues et qui pourrait nous apporter un soutien non négligeable. Il s'agit tout même de leur fils héritier. Qu'importe ce que ça doit nous coûter. Depuis quand est ce que vous vous souciez de l'or. Humble sous Sept devoirs. Rappelez vous. » Et Renaud soupira longuement. « Là n'est pas la question Heward ! Qui nous dis que les Estremont sont de confiances. Oncle Geralt dites lui que c'est un risque inconsidéré. Notre grand-père connaissait les Celtigar bien avant le mariage et voilà nos familles proches et confiante l'une en l'autre. Mais nous somme des insulaires des terre de la couronne. Nous tous. Eux trafiquent dans le sud de l'Orage sur Vertepierre. Un Massey même non héritier serait plus sûr pour notre famille et même pour notre sœur. »

Et ce fut Martyn qui reprit l'écho pour enfoncer le clou. « Renaud n'a pas tort et puis en dehors de toute cela Heward toi qui parle de nos Sept devoirs, je te ferais remarqué que quelques bruits ont courus sur le juste futur fiancé de notre sœur. Le Guerrier l'anime peut être et protège sa chair mais son esprit m'a l'air habité par l'Etranger. Les Sept décideront par un signe, mais la protégée de la jouvencelle nous doit son mot. Alors toi qu'en penses tu Annabelle ? »

Et s'en était ainsi, au point qu'Heward, lassé de toute cette histoire qui durait en longueur, ne lance un regard de détresse à la tablée Celtigar et notamment à son oncle pour qu'il lui porte un peu d'aide. Le nuage noir, sa crainte se justifiait. Aaron n'était plus là, sa fermeté disparaissait avec lui et tout partait en éclatant , tant chacun voulait trouver la place qu'il pensait mériter. Voilà qui allait être l'histoire des Solverres pour les temps prochains.



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Message Ven 14 Juin 2013 - 14:03



    Cet enterrement ne se déroulait pas franchement comme l'avait pu imaginer Annabelle … Son oncle et son frère ne semblaient pas sur la même longueur d'ondes et cela peinait sincèrement la jeune fille, qui espérait encore et toujours que la paix règne dans le foyer qui était le sien. Dulceport-Le-Pas était chez elle et elle était toujours incommodée des disputes ou bisbilles qui pouvaient avoir lieu. Annabelle avait une généreuse nature qui faisait qu'elle essayait toujours de faire plaisir à tous et à chacun. Or, ce jour-là, elle pensait avant tout à son défunt père et à son frère, désormais Lord. Cétait à Heward qu'allait toute la loyauté d'Anna, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de regretter de devoir ainsi mettre Martyn à l'écart. Ce n'était jamais un choix facile que de savoir de quel côté d'une famille on se rangeait et cela alors même que la famille Solverre était bien loin d'en être à la guerre de tranchées. Il y avait tout simplement des désaccords, des aigreurs, de l'amertume aussi peut-être pour le second de la fratrie … Annabelle ne savait pas vraiment définir ce qui menait à cette ambiance particulière et elle avait fini par se décider à jouer le rôle de la parfaite hôtesse, pour suppléer à sa mère. Lady Alys avait sans doute bien des choses auxquelles pensait et sa jeune fille souhaitait l'aider dans son deuil de toutes les manières possibles.

    Et le banquet commença. Annabelle sentait la tension qui se jouait mais ne parvenait pas à deviner sur quoi elle allait culminer. Silencieuse, elle préférait ne pas s'interposer entre les différents membres de sa famille. Sans un bruit, elle priait les Sept d'aider les Solverre à se remettre du décès de leur Lord. Ses lèvres ne bougeaient pas, mais elle récitait avec conviction de nombreuses prières visant à demander aux Sept la bienveillance sur son frère Heward, désormais Lord. Mais la petite Annabelle fut bientôt arrachée à ses pensées et à ses prières par une discussion qui la concernait au premier chef.

    Le mariage … Annabelle avait toujours su qu'elle devrait se marier, un jour. Elle n'était d'ailleurs pas opposée à l'idée et se réjouissait même à l'idée d'avoir sa propre famille, ses enfants et un foyer dont elle devrait s'occuper, avec l'aide, très certainement, d'une belle-famille. Certes, ce serait fort différent de la vie qu'elle menait ici et elle savait combien il était important que son époux fut un homme de bien pour qu'elle puisse s'épanouir en tant qu'épouse, mais la jeune fille espérait que son frère saurait trouver cet homme juste, qu'elle apprendrait sans doute à aimer le temps passant.
    Toutefois, un nom ressortait des conversations. Un nom qui fit pâlir la jeune femme. Gunthor Estremont. Par les Sept, Annabelle le connaissait bien. Trop bien même. Elle l'avait rencontré, deux ans plus tôt, quand elle s'était rendue à Vertepierre, sous les conseils de son père, pour y voir son amie Jeyne. Désormais, Annabelle comprenait bien qu'il avait été question, sans doute, pour le père de Anna, de voir si elle pourrait s'accomoder à cette vie. Or, Annabelle était rentrée ravie de son séjour. Positivement radieuse, elle avait compté à tous les merveilles de cet endroit … Mais personne n'avait eu vent de l'expérience proprement … particulière qu'elle avait subi avec Gunthor. Il s'était révélé être une brute mal dégrossie et la pauvre enfant avait eu bien du mal à se sortir de ses griffes sans trop de dommages. Et c'était lui qu'on voulait lui faire épouser. Annabelle se sentait prête à hurler, crier, se débattre. Mais elle avait 18 ans. Elle avait vieilli. Gunthor Estremont aussi. Peut-être était-il différent du souvenir qu'elle s'en était faite ? Se disant cela, Annabelle essayait de se réconforter et de se rassurer. Mais au fond d'elle-même, elle n'avait pas grand espoir.

    Comme dans un rêve, elle entendit ses frères de disputer sur son mariage prochain. Chacun avait ses idées sur la personne qu'elle devait épouser. Elle-même n'avait pas franchement de nom en tête, mais si lui avait demandé qui elle ne voulait PAS prendre pour époux, il aurait été fort possible qu'elle réponde sans hésitation Gunthor d'Estremont. Il l'avait effrayé à l'époque. Tant et si bien qu'Annabelle s'était retrouvée muette devant lui plus d'une fois. Mais elle se l'était promis : si jamais leurs chemins devaient se recroiser, elle lui tiendrait tête.

    Son frère Martyn lui donna la parole et Annabelle eut une seconde d'arrêt. Jetant un regard à sa mère, Annabelle ne savait plus vraiment comment réagir. A la fois, elle voulait soutenir son frère aîné, en fort mauvaise posture, mais elle ne pouvait pas non plus nier qu'elle était effrayée. Mal à l'aise, elle finit par lâcher d'une traite. « -C'est que ser Gunthor est assez effrayant … Il parle fort, a un air bourru, dis des choses désagréables et a des regards … ». Annabelle ne termina pas sa phrase, ne sachant même pas comment qualifier cela. Elle frissonna. Mais courageusement, parce qu'elle savait que c'était son devoir, Anna rajouta, d'une voix plus ferme. « -Mais si Heward pense que c'est un bon parti, je lui fais confiance ! ». Elle regarda tour à tour Martyn et Renaud et reprit. « -C'est maintenant notre Lord, vous ne devriez pas l'oublier ! ». Elle gardait toutefois l'espoir de discuter en privé de son mariage avec Heward et d'essayer de lui expliquer ses réticences.

    Le devoir avait bon dos, mais voilà désormais notre Annabelle, son noble fessier entre deux choses, ne sachant pas comment elle allait se dépêtrer de cette situation sans désavouer son frère tout en refusant un mariage qui l'inquiétait. Elle essayait, là encore, de se rassurer en se disant que Heward devait avoir une opinion positive sur cet homme si il voulait qu'elle l'épouse. « -Le connais-tu bien, Heward ? Est-ce-que tu penses qu'il ferait un bon époux ? ». Elle pensait bien que non, mais elle se devait par honnêteté intellectuelle de poser au moins la question. Les hommes n'avaient pas à craindre leur semblable et Annabelle se doutait bien que son frère ne comprendrait pas toutes ses craintes … Mais à l'idée d'avoir Gunthor Estremont dans son lit, la petite Anna avait des suées froides. Elle devait rester forte et rationnelle. La courageuse jeune fille essayait malgré tout de rester fidèle aux idéaux de sa famille et à ses devoirs. Mais certaines fois, c'était plus compliqué que prévu.

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Message Lun 17 Juin 2013 - 18:42

Tous les bons nobliaux s’installèrent lentement dans la grande salle dédiée aux banquets et autres festivités de la demeure des Solverre. Pendant de longues minutes, seul le brouhaha des bancs que l’on déplaçait et remettait en place se fit entendre, alors que tout ce beau monde s’installait lentement, sans cesser de papoter. Suivant la petite troupe des Solverre à travers la salle, les Celtigar, menés par Geralt et Lothar, s’installèrent non loin des seigneurs de l’île.

Et bientôt, les festivités débutèrent. Plats en sauce, viande en folie et vin à foison déboulèrent des cuisines portés par un panel de servants aux allures mécaniques. La musique se fit entendre, et bientôt, une formidable ambiance avait envahie la grande salle. Enfin, un banquet tout ce qu’il y avait de plus normal en somme. D’un point de vue extérieur, cela pouvait être étonnant de festoyer de la sorte pour célébrer un mort, mais il fallait bien relativiser le décès et repartir sur une note plus joyeuse pour accompagner le défunt vers les Sept. Lothar aimait cette façon de procéder (en dehors du fait qu’il adorait les banquets et autres joyeusetés de ce genre). Dans une religion qu’il trouvait austère, cette tradition persistait et c’était un point à ajouter au crédit des Sept. Ah, voilà enfin la poularde !

Le chevalier se lança avec avidité sur le poulet rôti devant lui, provoquant le sourire de sa jeune sœur et le rire de son aîné de lord. Ce n’était pas très distingué, mais Lothar avait volontairement grossi le trait pour faire sourire la famille. Oui, Lothar était resté un grand enfant au fond de lui. C’était peut-être cette petite parcelle d’enfance qui l’avait nourrit toutes ces années sur les routes, le poussant toujours plus loin dans cette soif de la découverte, de l’aventure tout simplement, telle qu’il l’imaginait en étant enfant. La réalité était bien plus sombre et cruelle que l’imaginaire, mais cette petite part d’innocence au fond de soi était, d’une certaine manière, un petit foyer à l’abri des crasses de ce monde. En tout cas, le banquet se passait dans une ambiance chaleureuse, et les Celtigar profitèrent du repas en discutant de-ci-, de-ça.

Lothar jeta un œil à sa gauche, et observa les membres de la famille Solverre. Tous arboraient des mines moins gaies que le reste de la salle, mais faisaient des efforts pour faire bonne impression. Tous, excepté Heward. Le jeune lord arborait une mine affreuse qu’il ne cherchait même pas à cacher aux yeux des nobles environnants. Lothar imaginait sans peine ces sombres pensées, mais il était désormais prisonnier des convenances que l’on attendait d’un lord d’une maisonnée, et il devrait sans tarder se reprendre et faire face à ses obligations. Lothar soupira en mâchonnant une pomme de terre. Il savait que c’était bien plus facile à dire qu’à faire, lui-même qui sillonnait les routes à sa guise, s’étant éloigné de son propre chef des obligations familiales. Il n’était pas vraiment un parangon de vertu et d’honneur pour le coup…

Bientôt, Lothar entendit les rumeurs de leur conversation. Le sujet du mariage d’Annabelle fut mis à l’honneur, pour le « bonheur » de l’intéressée. Le chevalier surprit la légère moue que fit sa nièce, et se douta que c’était une discussion qu’elle n’appréciait pas plus que ça. Le Chevalier-aux-Crabes tendit l’oreille, et se mêla discrètement à la conversation. Il était question du mariage entre Annabelle et l’héritier de Vertepierre, Gunthor Estremont. Le nom des Estremont le fit lever légèrement les sourcils, mais malheureusement, quatre années de l’autre côté du Détroit l’avait déphasé. Le Gunthor en question, Lothar ne le connaissait pas. Était-ce un bon bougre ? Apparemment non. La douce Anna’ venait de prendre la parole, et l’Orageux semblait être un piètre gentleman. Pourtant, sa nièce révéla sa force d’esprit et entreprit de soutenir le désir de son frère aîné, son lord désormais.

Lothar soupira légèrement et grignota un morceau de pain. Décidément, il n’affectionnait toujours pas certaines coutumes nobles, notamment celle des mariages arrangés. Le chevalier savait pertinemment qu’il passait pour un idéaliste et un romantique avec cette idéologie, mais pour lui, mariage rimait avec amour. Bon nombre de gens l’avait moqué, mais il s’en tamponnait l’oreille avec une babouche. C’était sa façon de penser. Le Crabe lança un regard sur la douce Annabelle, et esquissa un sourire. Cette jeune femme était l’une des personnes qui lui avait le plus manqué lors de ses quatre années loin de Westeros. Il avait quitté une gamine joyeuse et indépendante, et retrouvait une jeune femme supportant sa famille avec détermination, et ce malgré ce que cela pouvait lui coûter. L’Annabelle qu’il connaissait avait pris en assurance.

Le débat continua, et Lothar rejoignait l’avis de Renaud et Martyn, surtout depuis le portrait peu flatteur qu’Annabelle avait fait de Gunthor Estremont. Le chevalier leva les yeux vers son neveu-lord, et sentit son désespoir et son chagrin au fond de ses prunelles. Il sentit qu’Heward recherchait un certain réconfort, une certaine approbation du chevalier. Sauf que Lothar était mitigé sur le sujet, et ne voulait pas contrarier son neveu. Il se racla la gorge et intervint dans un discours tout en nuance.


    « Je me permet de m’incruster dans la conversation. Si Heward est persuadé que Gunthor Estremont est un bon parti, il serait judicieux de l’écouter. Mais je rejoins Renaud sur ce point Heward : il ne faut pas précipiter les choses et peut-être attendre de connaître un peu plus les Estremont avant de se prononcer définitivement sur le mariage. Annabelle a le droit aussi d’avoir son avis sur la question, du moins je le pense. » Lothar se tût et lança un regard vers Geralt qui s’était rajouté à la conversation. Ce dernier acquiesça et prit la parole. « Je suis d'accord avec Lothar. On en a déjà parlé tantôt Heward, et je suis désolé de remettre cela sur le tapis, mais je persiste à penser que Gunthor Estremont n’est pas le parti idéal pour Annabelle. Lady Iris m’a parlé de la réputation de ce ser Gunthor… On ne peut pas dire qu’il soit un modèle de parangon, ni un fervent des Sept. » Lothar sentit le regard lourd d’Heward posait sur lui, et lui fit comprendre qu’il était désolé. Il pensait juste intervenir en nuance, mais les propos de Geralt contribuèrent à allez dans le sens contraire du nouveau lord Solverre. Heureusement que le lord Celtigar s’en rendit lui-même compte, en affichant un léger sourire. « Mais la décision t’appartient pleine et entière Heward, et si tu penses que ce mariage est ce qu’il faut à votre maison, alors je m’incline. » Lothar adressa un regard brillant à son frère, le félicitant pour avoir tenté de nuancer ses propos. Ce n’était peut-être pas grand-chose, mais Heward devait sentir qu’il avait désormais le pouvoir de décision.


En tout cas, Lothar espérait que ce repas n’allait pas devenir le terrain d’un conflit entre frères et sœur, avec comme trame de fond le visage hilare d’une Tortue chevalier.
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Renaud Solverre
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"Humble sous Sept devoirs"

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Message Sam 22 Juin 2013 - 20:09

La cérémonie achevée, on se dirigea vers le banquet. Renaud ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de soulagement à l'idée que tout soit enfin fini, même si les événements du septuaire lui laissaient un goût amer. Il savait que ce n'était pas ce qu'aurait voulu Père ; en bon croyant, il aurait aimé que la cérémonie se déroule calmement, dans la paix des Sept. Mais avec cette histoire entre Martyn et Heward... sans compter l'intervention d'Oncle Lothar... Renaud ne savait pas s'il devait approuver ou non les agissements de sa famille. Chacun pensait réagir au mieux dans un moment qui ne laissait que peu de place à la réflexion. Ils étaient tous accablés par le chagrin, même s'ils l'exprimaient de façons différentes. Renaud lança un regard soucieux à son frère Heward, morose au possible. Le chevalier se retint de lui faire une quelconque remarque, se concentrant sur son propre faciès. Il était triste bien sûr, mais il ne voulait pas l'afficher devant tous ces invités. De plus, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas revu sa famille, et la présence de ses oncles et tantes Celtigar lui mettait du baume au coeur.

Il discutait avec eux lorsqu'Alys Solverre remit la question du mariage d'Annabelle sur le tapis. L'attention de Renaud fut immédiatement attirée par sa soeur et son frère aîné, désireux d'observer sa réaction. Assez peu convaincu par son argument, il exprima tout haut son inquiétude et lança un regard insistant à Martyn. Il n'approuvait peut-être pas sa petite intervention de tout à l'heure, mais il savait qu'Heward l'écouterait plus que lui. Après tout, il était la voix des Sept. S'il y avait bien une chose que leur aîné devait respecter, c'était cela. Mais la réponse du septon ne satisfit pas Renaud autant qu'il l'aurait voulu. Il s'attendait presque à ce que Martyn lui prouve ses torts en affirmant que l'héritier Estremont était tout à fait digne de confiance ; cela aurait évité bien des querelles. Pourtant, rien de ce qu'il ne disait n'encourageait Renaud à s'asseoir sur son opinion... c'était même tout le contraire ! Marier Annabelle à un héritier, d'accord... mais si c'était pour qu'elle se retrouve avec un homme indigne de confiance, autant la marier à un nobliau quelconque qui, s'il n'avait pas le nom des Estremont, aurait au moins une réputation digne de ce nom. Renaud se renfrogna à mesure que son inquiétude augmentait. Heward devait bien être au courant des rumeurs, lui aussi ! Pourquoi ne réagissait-il pas ? Annabelle avait raison certes, même si ses paroles sonnaient comme une épée que l'on brandit pour se donner du courage. Elle connaissait son devoir et elle connaissait sa position, et malgré ses peurs elle savait qu'elle n'aurait pas son mot à dire si Heward prenait sa décision. Ce courage touchait Renaud. Elle n'avait pas tort de leur rappeler qui était leur nouveau lord, mais le chevalier refusait de plier le genou devant un homme qui, de son côté, oubliait qui était sa famille. Dans sa volonté de bien faire, il pensait d'abord à l'alliance et aux avantages que cela amènerait à leur famille, avant de songer au membre de cette famille qu'il faudrait sacrifier pour cela. Qui leur assurait que cela en valait la peine ? Une idée un peu osée s'invita dans la tête du chevalier, mais l'intervention plus que bienvenue de ses oncles l'empêcha d'exprimer tout haut sa pensée.

« Pas un fervent des Sept...! » marmonna Renaud lorsque lord Geralt mentionna ce point.

Il était impensable pour lui de marier une Solverre à un homme qui ne respectait pas leur religion, Martyn serait sûrement de cet avis lui aussi. Il espérait qu'Heward en était conscient. Il pensait sûrement bien faire, en imposant ses choix et son autorité de lord, mais il ne servait à rien de se précipiter. Oncle Lothar avait raison, il fallait apprendre à connaître cette famille avant de s'engager. De plus, les dires d'Oncle Geralt étaient plus que préoccupants... Plus Renaud y réfléchissait, et plus cette alliance sonnait comme un moyen de se débarrasser d'un fils héritier trop encombrant. Les Estremont pouvaient très bien profiter de la jeunesse et du manque d'expérience d'Heward pour lui offrir ce qui semblait être une offre alléchante : qui ne refuserait pas de marier sa jeune sœur à un héritier, en effet ?! Renaud se tourna vers le jeune lord pour jauger de sa réaction, mais son expression l'agaça. Si ses oncles parlaient avec plus de modération, acceptant que le choix revienne au nouveau lord, le chevalier considérait qu'en tant que frère, il était de son devoir de lui dire les choses clairement. Peut-être avait-il également moins pris le temps de soupeser ses paroles... en tout cas, c'est avec véhémence qu'il lâcha :

« Par les Sept, Heward ! Lord ou pas, Anna est ta soeur ! Tu ne vas tout de même pas la livrer à un inconnu qui ne respecte pas nos valeurs pour une alliance qui n'en vaut peut-être pas la peine ? »

Pourquoi vouloir étendre son influence jusqu'en Terres de l'Orage ? Où étaient passées les ambitions de Père ? Lui se préoccupait avant tout de l'île et de leurs voisins proches. Renaud ne comprenait pas cette manie qu'avaient les gens de vouloir toujours plus. Où était passé leur humilité ? Pourquoi ne pas se contenter de ce qu'ils avaient déjà ? Heward pensait peut-être bien faire, mais ses premières décisions en tant que lord trahissaient une ambition que Renaud ne comprenait pas. À sa place, il n'aurait pas pris ce risque, surtout pas à ses débuts. Il aurait mieux valu qu'il assure sa position parmi les siens avant de songer à étendre son influence à d'autres terres. Conscient de ses propos et de la voix un peu trop forte qu'il avait prise pour les exprimer, Renaud ajouta sur un ton qui se voulait plus mesuré :

« Je comprends que tu veuilles former de nouvelles alliances, Heward » du moins, il essayait de comprendre « mais envoyer notre soeur dans une famille dont nous ignorons tout n'est pas une bonne idée. Qui nous dit que ce ser Gunthor la traitera bien ? Que leurs enfants grandiront dans le respect des Sept ? » Il prit une brève inspiration et, pour preuve de sa bonne foi, ajouta : « Ecoute au moins le conseil de notre oncle, va à l'encontre des Estremont ou envoie un homme de confiance pour apprendre à les connaitre. J'irais moi-même si tu le souhaites, me faire une opinion de cet époux que tu choisis pour Annabelle. Mais, au nom des Sept, je te conjure de ne rien conclure avant que nous sachions à qui nous avons réellement à faire. »

L'idée de quitter le fief si tôt après le décès de Père rebutait Renaud. Il ne voulait pas laisser Heward seul aux commandes de la famille, mais sa soeur passait avant tout. Rendre visite aux Estremont serait un sacrifice nécessaire s'il permettait d'assurer ou non la fiabilité du futur époux. Au moins, Heward verrait qu'il y mettait du sien et qu'ils poursuivaient un but commun : Renaud ne voulait que le bonheur d'Annabelle, et il espérait qu'Heward n'avait pas oublié qu'avant d'être un lord, il était leur frère. Silencieusement, le jeune homme maudit sa position de benjamin. Heward lui aurait peut-être accordé plus d'attention s'il avait été le second fils, son cadet direct. Heureusement, comme Martyn occupait cette place, ils avaient les Sept de leur côté... Renaud s'en voulut un peu de compter ses alliés contre son propre frère, mais il était satisfait de constater que ses oncles et Martyn appuyaient ses propos. Il n'osa pas se tourner vers leur mère, de peur qu'elle encourage Heward. Après tout, c'était elle qui avait lancé la discussion elle devait certainement y voir un sujet plus joyeux que les funérailles de leur père... même si elle avait sans le savoir déclenché un nouveau conflit. Quant à Annabelle, elle n'était clairement pas enchantée par cette alliance, mais Renaud savait qu'elle ferait passer son devoir avant tout si Heward le lui demandait. Ce n'était pas pour lui plaire, mais il respectait son courage et sa force de volonté.
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Message Lun 24 Juin 2013 - 15:43

Martyn avait posé le point final sur le petit débat entre la fratrie. Ou plutôt, il l'avait fait passer à un nouveau stade en ouvrant la conversation à sa sœur. D'un coup tout les regards se posèrent sur la jeune Solverre sur qui reposait maintenant une attention toute particulière. Gênée, la perle de Dulceport, sembla hésitante. Trop hésitante, au point qu'Heward porta sa main à son visage, comprenant d'une traite le problème. Le regard en l'air, quelques doigts dans la parallèle de ses lèvres, il savait qu'il n'était maintenant question que de quelques minutes.

Enfin sa sœur craqua. Dans son esprit Heward sentait résonner soudain un grand fracas. Celui du peu d'assurance qu'il avait eu jusqu'alors. Pourquoi ne lui avait elle donc jamais parlé de ce ''petit'' détail. Depuis toujours, elle avait conté son voyage pour Vertepierre comme un bonheur infini. De nouveaux, visages, de nouvelles terres. Jamais un traître mot sur Gunthor et voilà où nous en arrivions.

Silencieux, Heward attendait maintenant que les démons de ses frères passent par cette porte grande ouverte par Annabelle. Il était là durant quelques secondes, juste attentiste de cette vague qui le balaierait lui et ses choix en quelques secondes. Si seulement avait il été son père, si seulement avait il eu cette façon d'être qui aurait mis fin à toute cette histoire d'un simple mot. Il patientait le martyr ne venait pas. Mais voilà que les Sept en avaient décidé autrement. Tout ne serait pas si simple et Heward devrait faire avec plus de poids encore. En effet les Celtigar donnèrent à leur tour leur avis, suivant l'invitation si gentiment offerte par Renaud. Arguant et expliquant que patience devait être requise, ils ajoutèrent même que la réputation du chevalier tortue n'était plus à faire, ne faisant que confirmer les propos de la première concernée.

Le nouveau lord sourit, une moue vague, fatiguée et las. Il était bien loin maintenant, loin de toute cette histoire et de ce buffet – de cette comédie aurait il préféré dire – si bruyant et sale. Il se riait de lui même, de sa situation désespérante. Il se sentait comme un loup acculé à un mur. Un bâtard sans race affamé qui défendait un bout de viande miteux que sa propre meute voulait lui prendre.

La question était : Devait il lâcher toute discussion et simplement acquiescer, solution de facilité et peut être de raison. Sûrement de raison.

IL était hésitant, perdu dans ses pensées. Presque prêt à abdiquer sur ce point, Renaud s'engouffra dans la brèche comme le tempétueux qu'il était, ramenant son lord de frère à la réalité.

A l'écouter, Heward reconnaissait des traits, des expressions bien familières. Le jeune chevalier était le portrait de leur père. Sûr, fier et direct. Il arguait, avançait dans ses paroles, implorant à son tour la patience et la méfiance sur ce qu'il ne connaissait pas et sur ce qu'il craignait.
Avait il tort ? Heward ne savait pas. Il restait là sans bouger, sans sourciller attendant que quelque chose bouge, se passe. Son frère finit sa tirade. Les deux yeux bleus de l'aîné se posèrent sur lui.
Il l'observait, il regardait la moindre de ses expression, cet air enflammé qu'il possédait toujours autant, une étincelle de ferveur et de réaction qui dansait dans ses prunelles.

Le nouveau lord comprit alors. Il vit la singulière différence, masqué et pourtant présente. Renaud n'était pas son père, la sagesse et les années les séparaient. Ils étaient si communs et pourtant différents. Lui aussi pouvait échouer, lui pouvait tout autant se tromper. Il n'était pas Aaron, il n'était pas infaillible. Heward était tout autant un Solverre, il avait tout autant ce sang qui coulait dans ses veines et cette éducation qui avait marqué sa vie. Certes il n'était pas combattant, certes il n'était pas plein de force, de charisme et de confiance. Mais il avait dû tout autant avoir sa part d'héritage et c'est bien dans un calme et une modération certes méconnu mais que leur père avait parfois su montrer. Il ne se laisserait pas démonter, il croirait dans les choix qui lui avaient été légués. Quitte à devoir réparer des erreurs, autant avoir au moins l'honneur de les avoir faites.

    « Je te ferais dire mon cher petit frère, que cette histoire de mariage n'est pas de ma décision. Je sais que ça fait longtemps que tu n'étais pas revenu. Ce n'est donc pas ta faute. Mais sache que c'est bien notre père qui avait commencé ces négociations. » Continuant à lutter contre son envie d'abandon, le Solverre prit une nouvelle inspiration avant de continuer. « Alors certes, il ne connaissait peut être pas les tendances de ce Gunthor. Mais il n'en reste pas moins qu'il avait fait un choix et tu le connais aussi bien que moi, il devait être réfléchi. Où est l'humilité si nous demandons à chacun d'avoir une ferveur pareille à la notre. Les Sept ont un dessein pour chacun d'entre nous. Certains doivent être leur serviteurs et défenseurs. » Dit il en se tournant vers sa famille. « D'autres … doivent tout autant servir les hommes et les terres. » Et cette fois son regard se portait vers la grande famille au blason crustacé. « Désolé de le dire mes oncles, mais Lothar en est l'exemple vivant. Vous avez fais des erreurs et votre ferveur n'est nous le savons pas à l'épreuve de toutes tentations. Cela ne faiT pas de vous un homme mauvais pour autant … Bien au contraire. Vous avez été jusqu'à tenter de réparer vos fautes en prenant ce petit Stone sous votre aile. Vous avez fais le bien et je suis persuadé que c'est ce pourquoi notre père vous respectait et ce pourquoi vous êtes attablé ici, si proche de nous aujourd'hui. Le Père d'en Haut juge si un homme à réalisé son devoir, pas nous.
    Nous respecterons la décision et ... »


    « Tu blasphèmes Heward ... » La voix calme et sombre aux allures de chuchoti coupa net le nouveau Lord. Martyn qui jusque là était resté bien silencieux relevait maintenant son regard bleu profond vers l'aîné, le martelant d'un regard colérique et peu salvateur. « Comment peux tu oser avancer cela. Le titre de chevalier est un titre offert sous le regard des Sept et de personne d'autres. Les vœux qui y sont dis sont les limites entre le bien et le mal que s'impose un homme. » Il fixait maintenant Lothar. « Désolé mon oncle. Je ne dis pas que vous êtes tombé dans la vilenie, mais vous avez cédé sous des épreuves que le Père vous a envoyé. Cette union si toute ces paroles sont vrais, serait abandonner. Ce serait prouver à la face du monde que notre exemple si brillant peut céder. Car oui Heward que ferons nous si le dessein de notre famille est bien de montrer l'exemple ?


Un silence de plomb retomba. Heward baissa le regard. Ses boucles noires masquèrent ses yeux. Il resta silencieux quelques secondes, puis l'air abattu, il releva la tête et souffla un long soupir, replongeant son regard vers les grandes bannières de sa famille. Sa famille … Qui connaissait seulement la juste vérité ? Aaron la savait, il n'en doutait pas une minute, il avait toujours le bon choix. Mais cette responsabilité lui incombait maintenant.
Toujours rêveur et les yeux dans le vide, il reprit doucement.

    « Et si le dessein d'Annabelle était de le remettre sur le droit chemin ? Et si cet homme était né avec la force du Guerrier, l'humilité du Ferrant, la sagesse de l'Aïeule et le jugement du Père en lui mais qu'il s'était égaré. Et si nous serviteurs des Sept devions l'aider ? » Il fit signe à l'échanson de le resservir, chose qui fut faite rapidement alors qu'il but directement la moitié de sa coupe. « Nous respecterons la décision. Et si tu y tiens tant Renaud, tu m'accompagneras aux négociations lorsqu'elles auront lieux. Nous ne savons pas ce que les dieux nous réservent … » Sa décision était prise, son esprit s'en alla loin, très loin vers la Mère et la Jouvencelle qui toute deux, dans leur bonté, avait mis Catelyn sur sa route. Le temps était venu. « Moi même sous peu je me marierais. Lady Catelyn Reyne et je remercie les Sept d'avoir lié mon destin au sien ... » Dit il en finissant son vin.
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Annabelle Solverre
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♦ Doublons : Lorant Trant, Cylia Stark, Daenerys Martell et Emeraude
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Message Mer 26 Juin 2013 - 13:32



    Le mariage était une chose compliquée pour la noblesse de Westeros. Il servait quasi exclusivement à créer des alliances et à doter les familles des héritiers dont ils avaient besoin. Et même si certains se piquaient de penser qu'il fallait plus que cela pour un mariage réussi, Annabelle savait bien que ce n'était pas la norme, loin de là. On l'avait éduqué depuis sa plus tendre enfance afin qu'elle devienne une épouse de confiance et une femme digne de ce nom. Annabelle avait peu à peu appris qu'elle devait agir pour l'intérêt des Solverre avant même de s'occuper du sien. C'était d'ailleurs sa piété qui l'y encourageait. Sa grande ferveur envers les Sept l'amenait à ce sacrifice particulièrement subtil au quotidien. Oh, cela ne la dérangeait pas … Tant qu'il ne s'agissait pas de mariage. Or, cette institution matrimoniale allait l'engager pour le restant de ses jours -ou celui de Gunthor Estremont- et elle voulait être certain de faire ce sacrifice d'une vie pour une cause qui en valait la peine.
    Annabelle, à 18 ans, avait grandi en sagesse. Lothar Celtigar, son oncle, avait du être étonné de la voir parler avec autant de calme de la situation. Elle avait mûri … Lady Alys, sa mère, y avait particulièrement travaillé, décidée à ce que son unique fille perde un peu de ce côté indépendant, qu'elle avait pourtant développé avec fièvre durant toute son enfance. Si Annabelle avait en apparence changé, elle restait néanmoins une jeune fille pleine de vivacité et elle ne se laisserait pas mener par le bout du nez par un homme, fut-il Gunthor Estremont.

    Son oncle pensait qu'elle avait son mot à dire sur la question, ce que la jeune fille salua d'un sourire chaleureux à son égard. Elle savait que ses frères feraient attention à ce qu'elle pensait, mais elle était toujours heureuse de voir souligner pareille chose, surtout par quelqu'un qu'elle aimait autant que son oncle Lothar Celtigar. Elle ne l'avait pas vu pendant plusieurs années et il lui avait de fait terriblement manqué. Le voir de retour était une réelle bénédiction et elle appréciait son avis, souvent original, sur bien des questions. D'ailleurs, n'était-ce pas lui qui avait appris à la jeune fille à manier l'épée ? Depuis son départ, quelques années plus tôt, Annabelle avait bien progressé dans cet art, même si, faute d'entraînement régulier, elle ne restait qu'assez peu douée.

    Renaud, lui, ne paraissait nullement décidé à calmer le jeu. Agacée, Annabelle lui jeta un regard qui se voulait ferme mais aussi implorant et dont le message était clair : pas d'altercations aujourd'hui. Elle était touchée que ses intérêts tiennent au cœur de son frère, qu'elle aimait tendrement, tout comme Heward, mais Annabelle n'avait aucune envie qu'une rixe ne vienne interrompre la veillée mortuaire de leur père, décédé quelques jours plus tôt. La jeune femme mit sa main sur l'avant-bras de son frère, essayant par là de lui faire comprendre qu'elle ne voulait pas que le ton s'élève trop. Un petit regard vint s'ajouter à cette tentative de calmer le jeu dans la fratrie. « -Renaud … Je suis sûre que Heward veut bien faire. Peut-être est-ce une bonne idée que tu l'accompagnes, en effet, tu pourras te faire une idée de ce qui m'attend là-bas ! »

    C'était le problème de tous ses caractères opposés : pas un n'était d'accord. La discussion battait son plein entre ses frères et Annabelle essayait d'en suivre le déroulement. Elle préférait entendre les arguments de chacun avant de se prononcer. Elle fut cependant fort étonnée de la dernière explication de son frère. Quoi ? Elle, sauver cet homme qui agissait comme si il ne connaissait aucune loi divine ? Voilà qui semblait fort surprenant et Annabelle se demanda où son frère avait pu aller chercher une idée pareille.

    Le ton de son frère, toutefois, s'adoucit et Annabelle eut un léger sourire qui se mua bien vite en expression de surprise. Heward et Catelyn ? Une nouvlle qui était superbe !Visiblement, son frère appréciait ô combien la compagnie de Catelyn Reyne et la jeune femme le comprenait parfaitement. Elle avait eu l'occasion de rencontrer celle qui allait donc devenir sa future belle-soeur et avait trouvé cette dernière adorable. Un grand sourire vint se planter sur les lèvres de la jeune fille et elle s'adressa à Heward.

    «-Catelyn est une jeune femme adorable, Heward ! Quelle chance tu as de l'épouser, elle est si agréable ! Je suis très heureuse de savoir qu'elle viendra vivre à Dulceport, elle sera d'une compagnie merveilleuse … N'est-ce-pas Mère ? ».

    Lady Alys n'était pas exactement dans les mêmes dispositions que sa fille concernant Catelyn. De fait, elle l'avait beaucoup moins fréquenté qu'Annabelle durant son séjour, un an plus tôt. Et surtout, elle apprenait la nouvelle si soudainement qu'elle avait besoin d'y réfléchir.

    « -Il me semble, mon fils, que tu aurais pu attendre que ton père soit enterré depuis quelques temps avant de prendre pareille décision ! En avais-tu parlé avec lui ? Est-ce une alliance intéressante pour notre famille ? N'aurais-tu pas du chercher une jeune fille des Terres de la Couronne ? » Les questions se bousculaient dans la bouche de la mère de Heward.

    Essayant de contrebalancer cet accueil, Annabelle fit un grand sourire à son frère. « -Avez-vous déjà décidé quand aurait lieu le mariage ? ». De cette manière, elle refusait de remettre en question les décisions de son frère … Décidément, Heward risquait de rencontrer des difficultés à devenir le Lord... Et Annabelle espérait qu'elle n'aurait pas à souffrir de cet état de fait. Parler du mariage de son frère permettait d'éviter le sujet du sien, ce qui lui plaisait tout à fait. Maintenant, elle n'avait plus qu'à se faire à cette idée. Elle serait très certainement bientôt mariée à Gunthor Estremont. Pour le meilleur comme pour le pire.

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Deuil familial ne veut pas dire trève [Lothar & Valgar]

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