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Rien ne peut rester secret [PV Alrik]

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Message Dim 24 Juin 2012 - 12:51

Cela faisait maintenant la troisième fois que Maerie, habillée d'une cape et d'un capuchon vert sombre, faisait la route vers le donjon rouge, transportant dans une feuille de toile du gâteau au citron qu'elle avait préparé. Autours de cette feuille, un ruban vert joliment attaché en un nœud papillon. C'était devenu le rituel du lundi matin. En tant que fille de joie, elle n'avait pas de jours de repos, mais tandis que les nuits étaient ses compagnes de travail, les jours lui permettaient de souffler, de voir la vie de cette façon positive qu'elle a toujours eu et de se permettre des petits plaisirs. Apporter ces parts de gâteaux jusqu'au donjon rouge pour le commandant des Dents des Freux, ordre bien connu sur Port Réal en faisait partie.

Tout avait commencé il y a donc trois semaines, alors qu'elle revenait du marché en ville. Elle était toute à son quotidien, saluant tous ceux qu'elle connaissait quand trois gardes s'en prirent à un enfant car ce dernier, mourant de faim, avait détalé sous leurs yeux avec un morceau de pain. Les gardes auraient pu simplement récupérer le morceau de pain et le sermonner, au lieu de cela ils étaient entrain de le frapper sous les regards choqués de toute la populace. Elle-même se sentait bien impuissante de voir un gamin d'une douzaine d'années se faire rosser alors qu'il n'avait que la peau sur les os ! Mais les gardes riaient sans s'arrêter de se l'envoyer comme un ballon. C'est là qu'un homme d'un âge mûr et d'une taille imposante fit son apparition et ordonna aux gardes de cesser. L'honneur semblait être son diapason et les gardes s'en allèrent, laissant l'enfant enfin libre de respirer.

L'homme qui l'avait aidé s'éclipsa rapidement parmi la foule, et après avoir aidé le jeune garçon et lui avoir donné une pomme pour qu'il mange quelque chose, elle alla demandé à Samwell le forgeron, qui était l'homme qui était intervenu. C'est là qu'elle su de qui il s'agissait. Pourquoi diable s'embêter à lui amener de quoi manger une fois par semaine ? Maerie avait du mal à se l'avouer elle-même. Fille de joie, elle avait l'habitude des hommes, elle avait l'habitude de ne jamais avoir de sentiments. Pourtant, quelque chose dans le charisme du capitaine l'avait touché. Et puis, aider un enfant, voilà qui prouvait qu'il avait bon cœur. Au cours de ces trois semaines, elle avait appris à se renseigner sur lui de façon discrète. Elle su ainsi qu'il n'avait pas toujours été noble, qu'il avait gagné sa position ce qui en faisait à ses yeux un homme qui a conscience de la valeur des choses.

Il n'était pas non plus un habitué des bordels, sans pour autant posséder femme. Ce trait de caractère la touchait encore plus, bien qu'elle n'avait nullement l'intention de le rencontrer un jour. Agir de façon mystérieuse en lui apportant de quoi manger lui suffisait. Elle faisait partie d'un monde qui n'avait pas le droit au bonheur simple de l'amour. Alors elle ne le recherchait pas. Au moins, sans connaître cet homme, elle était sûr qu'aucun sentiments ne naitraient envers lui, et cela lui convenait totalement. Toutefois, elle espérait sincèrement que ses gâteaux lui donnaient la sensation de ne pas être aussi seul qu'il pouvait le penser. Loin de l'espionner, elle avait su qu'il était souvent avec son équipage ou alors seul à se promener dans les rues. Elle trouvait vraiment cela étrange qu'aucune femme n'a su se faire une place auprès de lui.

Les gardes qui montaient la garde au donjon rouge avaient pris l'habitude de la voir. D'ailleurs, elle leur donnait à eux aussi une part de gâteau, afin d'être sûr qu'ils remettent les autres parts au commandant. Comme d'habitude, ils lui demandèrent comment elle allait et elle fit de même. Après un sourire de circonstance, elle redescendait la route qu'elle venait d'emprunter sans jeter un œil en arrière. Pour elle c'était une forme de générosité qui n'attendait rien en retour. Les filles à la taverne se moquaient gentiment d'elle, même si ces dernières ne savaient pas pour qui Maerie dépensait son temps et son argent pour faire un gâteau. Elle était au delà de leurs moqueries. Cela lui donnait un sens à sa vie sur le moment présent.

Les hommes elle les connaissait par cœur au lit, mais pour le reste ils restaient un mystère total. C'est donc le cœur heureux d'avoir apporté son présent qu'elle retournait vers la ville et vers son quartier. Elle avait des courses à faire avant de pouvoir profiter de l'après midi à son aise.


Dernière édition par Maerie le Dim 22 Juil 2012 - 13:26, édité 1 fois
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Alrik Mallery
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Message Mar 26 Juin 2012 - 16:05

Accoutumé à tout contrôler d'une résolution rigoriste, rares étaient les faits qui le surprenaient encore dans l'enceinte même du Donjon Rouge. Pourtant, la contingence semblait l'avoir une fois encore pris pour cible, se plaisant à jalonner son quotidien sans guère le consulter plus avant. L'oeuvre de sa vie, outre que de servir son lord avec zèle, était de rendre le bastion royal aussi sûr que possible. Ainsi, la sécurité des plus importantes personnes de Westeros demeurait souvent entre ses mains et celles des troupes qu'il commandait, recrues qu'il choisissait avec un soin tout particulier et desquelles il ne manquait aucune action. Malgré cette sempiternelle vigilance, certains semblaient tout de même enclins à s'immiscer entre les mailles du filet avec une finauderie à toute épreuve. Si au commencement de l'affaire, Alrik crut à un acte isolé, il comprit promptement son fourvoiement. Une mystérieuse âme se tarabustait quant à son bien-être culinaire, visiblement, puisque de façon somme toute fréquente, voilà que des corbeilles ou des étoffes étaient abandonnées à son attention, préservant en leur coeur un ou plusieurs mets assidûment préparés. Des offrandes pour le moins délicieusement bien accueillies par le freux lorsque celui-ci omettait parfois d'ouïr sa panse, lequel ne s'interrogeait pas moins sur les raisons qui supplantaient ces présents. Sagace qu'il était, il songea en premier lieu à des délicatesses venues de sa chère amie, Shaïra Seastar, avant qu'elle ne lui fasse savoir qu'elle n'était guère l'investigatrice de ce complot nourricier. Ce ne fut qu'à la kyrielle d'autres denrées qu'il daigna enfin remarquer un détail ornemental qui lui avait autrefois échappé : un ruban de sinople, servant parfois d'attache, sur chacune des prises. Une situation pour le moins étrange, sur laquelle il avait néanmoins décidé de ne pas s'attarder à outrance au risque d'égarer le fil de ses responsabilités. Par instant, il ne pouvait s'empêcher de penser à une vile mystification, conjecturant que l'une des douceurs qui lui étaient offertes serait un jour saupoudrée d'une garniture prompte à l'occire. Projetait-on de l'empoisonner ? Son éventail d'antagonistes pouvait être impressionnant si étendue dans son intégralité, certains auraient fait preuve de toutes les ignominies plausibles pour éteindre son eurythmie, une hypothèse qui demeurait donc tout à fait probable.

En ces prémisses de matinée, le ser avait été appelé à honorer une délégation hors de la forteresse, délaissant comme toujours ses indications à ses subalternes. L'affaire n'avait point duré, le libérant seulement une heure après son arrivée sur les lieux concernés pour lui laisser le loisir de retourner à sa besogne usuelle. Il profita néanmoins de cette furtive sortie pour vaquer dans quelques venelles de la cité, prenant la température d'une journée qui revêtait son habituel habit. Aucune anicroche à déplorer, il rallia les abords du Donjon Rouge où une scène attira son attention. Il aperçut une trinité de ses factionnaires converser avec un galbe encapuchonné, qu'il jugea être de nature féminine au vue de sa taille et son épaisseur. Celle-ci les congratula de rations qu'ils accueillirent avec complaisance, sous l'oeillade ébahie de leur Commandant immobilisé non loin d'ici. Depuis quand ses gardes se laissaient-ils ainsi distraire et acceptaient avec une telle désinvolture les pot-de-vins ? Et qui, par les Sept, osait les détourner de leur mission ? L'éhontée responsable s'en retourna, sa mouvance lui permit alors de distinguer un balluchon confié au quidam, orné du fameux bolduc vert. C'était elle ! La coïncidence aurait été impossible, si bien qu'il ne perdit pas une minute pour s'élancer à la suite de la silhouette verdâtre sous les regards grands ouverts de ses homonymes. Il parvint rapidement à la rattraper au coeur d'une ruelle exigüe, dans laquelle son phonème péremptoire résonna.


« Halte ! » Héla t-il tout en la rejoignant. « Vous ! Ne bougez plus et décapuchonnez vous, c'est un ordre ! »

L'intervention pouvait sembler autoritaire – et elle l'était, car avant le sieur Mallery, il y avait le capitaine des dents de freux, ce qu'il était présentement. Et s'il y avait bien une chose qu'il abhorrait, c'était de voir les sentinelles sous ses ordres s'éloigner du chemin qu'il leur avait indiqué. Puis, il y avait cet accès de curiosité alors qu'il se persuadait d'avoir enfin mis la main sur cette âme charitable qui le nourrissait sans raison apparente. Qu'est ce qu'une femme du peuple pouvait bien lui vouloir ? La question le rongeait, et il ne laisserait pas la principale concernée lui échapper. Arrêté devant elle, le menton fièrement redressé, il patienta qu'elle daigne s'exécuter quant au voile qui camouflait son faciès. Une physionomie qui, une fois découverte, lui fut aussitôt familière. Il la scruta d'un air inquisiteur, comme s'il eut été capable de découvrir son identité sur les traits de son charmant minois. Malheureusement, il fut inapte à retrouver l'information malgré ses efforts pour y parvenir. Des visages, il en apercevait beaucoup trop entre l'aurore et le crépuscule pour ancrer chaque personnalité dans son esprit en constante effervescence. Cependant, s'il ne se remémorait pas le contexte d'une hypothétique rencontre, il demeurait convaincu de l'avoir déjà vue quelque part. Elle n'était certainement pas de la pègre qu'il arrêtait parfois, mais peut-être lui avait-il un jour apporté son aide, sans que cela ne l'ait marqué ? Il ne perdait pas de vue qu'elle s'évertuait à lui offrir des présents auxquels il n'avait jamais prétendu, et désormais, il savait que ses soldats s'étaient faits complices de la mystérieuse. Quel dessein couvait-elle au revers de son obligeance ? Sa prudence exacerbée le perdrait un jour, mais pour l'heure, il escomptait à des explications.

« Votre faciès ne m'est pas inconnu, mais je ne parviens à vous remettre... Nous connaissons-nous ? » Il haussa un sourcil, suspicieux. « Ou devrais-je dire... Me connaissez-vous ? Car vous êtes celle qui tente de communiquer avec ces rubans verts, n'est-ce pas ? »

Son interrogation n'en était pas réellement une, car il avait eu la preuve qu'elle était bien cette personne pour l'avoir aperçue se prêter au jeu. Un jeu sur lequel il ne s'était pas penché depuis les premiers mets adressés, mais dont l'intrigue commençait à lui ébranler les méninges. Oserait-elle nier l'évidence ? Avait-elle seulement conscience du mécontentement qui était sien à voir ses recrues impliquées dans une affaire qui lui échappait ? Il en doutait, mais était curieux d'ouïr les allégations qu'elle compterait lui présenter maintenant qu'elle avait perdu son anonymat.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 1 Juil 2012 - 17:08

Sa cape à capuchon était légère et se portait par conséquent aisément sous la clémence du soleil. Une journée comme on les aime, qui vous fait rêver découvrir une prairie plutôt qu'une ville et ainsi profiter de s'allonger sur l'herbe folle. Ce genre de pensée elle en avait bien trop souvent, depuis qu'elle était petite et vouée à rester en ville. Dès qu'un de ses clients venait du bois au roi, ou d'une quelconque terre où la nature régnait, elle faisait son possible pour que sa langue se délie et qu'il lui parle de ces végétations qu'elle n'avait jamais connu. Mais en cet instant, si habituel à celui des autres fois où elle avait apporté à manger, alors qu'elle venait juste de tourner dans une ruelle où il n'y avait pas âme qui vive, un « halte » tonitruant l'obligea à s'arrêter. Elle se tourna immédiatement et fut surprise de constater qu'il s'agissait d'Alrik Mallery, celui là même à qui elle faisait des présents depuis plusieurs semaines. Il lui intima de retirer son capuchon sur le champs et elle ne su pas de suite ce qu'il convenait de dire.

Ainsi, c'est avec une infinie lenteur qu'elle découvrit sa tête, lui dévoilant ainsi son identité. Une femme, comme sa silhouette le laissait deviner. Mais aussi un visage harmonieux, des yeux pleins de douceur et des cheveux ondulés d'un noir de jais. Son naturel, dû à sa condition évidente de femme du peuple, n'enlevait rien à son charme, même si elle était loin de rivaliser avec l'excellence des femmes de la noblesse. Elle se tenait bien droite, son regard détaillant sans outrecuidance le visage de celui qui avait aidé cet enfant des rues, alors même qu'il aurait pu passer son chemin. Bien que le visage dur, elle lui trouvait beaucoup de charisme. Il la dépassait d'ailleurs d'une bonne tête, mais elle n'en était pas intimidée. Des hommes grands, gros, nains, trapus, rachitiques, elle en connaissait de tous les types et avait su se faire à tous les physiques. Mais ici, ce n'était pas son physique qui la mettait quelque peu mal à l'aise, c'est qu'il était au courant de son manège à son égard, et elle ne saurait lui donner l'entière raison de ses agissements.

- Messire m'a mis à jour.

Toujours cette façon de s'exprimer qui ne laissait pas voir son trouble. Eloquente à son niveau, elle savait toutefois, contrairement à beaucoup de femmes de sa condition, s'exprimer avec tact et finesse. Bien que la franchise et la provocation étaient deux de ses spécialités.

- Vous ne me connaissez pas. Au mieux m'avez-vous entraperçu dans la foule tandis que vous veniez en aide à un jeune garçon maltraité par des gardes royaux.

Elle eu un sourire, si franc qu'il enjoliva son visage.

- Il est rare qu'un homme de votre rang fasse attention au peuple. Alors je me suis permise de vous apporter ces quelques présents en remerciement.

Peu de personne, même dans son entourage, serait apte à comprendre son agissement. Pour beaucoup, les nobles n'avaient pas besoin des présents du petit peuple, ils ne voulaient que de l'argent, possédaient les meilleurs cuisiniers, alors ses petits gâteaux qu'elle se les garde ! Mais ces gens là étaient loin de s'imaginer que Maerie trouvait dans ces occasions, une façon de se sentir autre chose qu'une prostituée. Elle ne voulait pas croire que la vie n'était faite que d'hommes qui trompent leurs femmes, de soldats en mal d'amour, ou encore de jalousie entre les femmes. Son cœur était au delà des conditions, et elle agissait avec Alrik comme elle aurait agit avec quiconque aurait agit comme lui.

Il fallait rappeler qu'elle ne le connaissait pas initialement et que maintenant qu'il se trouvait face à elle, l'air soupçonneux, elle se demanda un instant s'il n'était pas comme les autres. Elle était loin de se douter qu'il pouvait avoir des ennemis et ainsi craindre se faire empoisonné. Elle ne pensait pas avoir commis un quelconque délit, c'est ainsi qu'elle reprit la parole, sûre d'elle-même comme à son habitude :

- Mais vu votre air soucieux, pourrais-je vous demander si mes gâteaux étaient à votre goût ? Vous savez, si je vous ai offensé, il suffit de me le dire et jamais plus vous ne mangerez quelque chose confectionné de ma main.

Elle prit un air quelque peu courroucé. Bonne actrice, l'on pouvait réellement croire qu'elle avait été blessé dans son estime, alors même qu'elle cherchait avant tout à trouver l'homme, au delà du commandant...
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Alrik Mallery
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Message Mar 3 Juil 2012 - 12:15

Ses mirettes se plissèrent pour mieux ancrer les traits de sa physionomie en son esprit, de cette crinière d'ébène à ces prunelles de sinople, de cette peau d'albâtre à ces lippes sensiblement teintées. Des critères qui auraient pu être indices pour le tâtonnement de son esprit, l'indigente vénusté de la sylphide n'aurait pu s'estomper de sa mémoire lui qui était tant physionomiste. Sa suave mimique ne fit qu'ajouter à un charme naturel, qui n'était pas de celui des grandes dames fardées de superficialité et de fioritures. Elle lui apparaissait comme humble, mais étrangement confiante. Se fourvoyait-il ? Elle ne sembla pas même s'offusquer de la perte de son masque d'anonymat, bonne perdante, peut-être, d'un jeu vraisemblablement innocent. A présent, voilà qu'il se sentait ridicule d'avoir songé au complot d'un seigneur dévoyé, ou d'une quelconque connaissance qu'il aurait éventuellement froissée, d'ailleurs. Sa prudence tournait à la folie, à la constante suspicion d'un méfait à venir tant il était accoutumé à se prémunir de tout. Quel mal, après tout, pourrait bien lui vouloir une jeune femme du peuple ? Le commandant avait grand mal à situer la justesse de la situation, il abhorrait que le contrôle des choses lui échappent et rien ne le frustrait plus que d'être tenu dans l'ignorance. Ce fut du moins le cas, jusqu'à ce que le clairon cristallin de son interlocutrice ne résonne tendrement dans la venelle, lui offrant un semblant d'explication dans le dessein de lui rafraîchir la mémoire. Cependant, elle ne parvint qu'à l'égarer un peu plus dans le dédale de l'incompréhension, alors qu'elle lui énonçait la raison de toute sa planification – une allégation qu'il n'aurait de loin jamais soulevée de lui-même. Il ne put d'ailleurs réprimer un voile de surprise : un enfant rossé par des factionnaires de la cité ? Il ne pouvait s'agir de ses gardes à lui, car irréfutablement, il se souviendrait qu'une telle bévue se soit illustrée de la volonté de ses propres recrues. Il n'entrevoyait en cela que l'hypothèse des hommes du Guet, les cerbères civiles qui bigarraient Port-Réal de leurs manteaux d'or. Cependant, il avait beau réfléchir et chercher à se remémorer, il ne parvenait à revoir cette dite scène durant laquelle il aurait agi en bon samaritain. Chaque jour était une nouvelle péripétie pour le chevalier qu'il était, s'il ne pensait pas avoir encore atteint l'orée de la sénilité, il avouait être incapable de se rappeler de la totalité des journées qu'il vivait. Les futiles détails étaient balayés en faveur d'affaires de plus ample substantialité, l'hypothétique sort d'un va-nu-pieds auquel il aurait apparemment épargné un funeste sort était, malheureusement, de la première sorte.

Mais avant de plus songer, le mimesis de la donzelle l'étonna derechef, alors qu'elle semblait croire qu'il se plaignait de ses douceurs nutritives. Alrik n'était peut-être pas le plus poétique des sieurs, mais il était encore animé d'un minimum de galanterie pour ne point supporter d'outrager une femme. Du moins, pas une qui avait fait preuve d'affabilité le concernant, même s'il n'en comprenait toujours pas le fondement.


« Non ! Non, non... » Répondit-il prestement, écartant d'un geste de la main l'impudence dont elle l'accusait. « Il ne s'agit aucunement d'offense, ni même de mauvaise appréciation quant à vos confections, je... » Qu'était-il en train de faire, au juste ? Voilà qu'il se mettait à converser gâteaux, alors que le sujet ne résidait nullement en leur saveur aussi délicieuse fut-elle. Il lui fallait se reprendre. « Là n'est pas la question. »

Un soupir s'échappa de ses lèvres, alors qu'il tentait de rassembler ses idées. Etait-ce le quidam ou le commandant qu'elle avait visé par ses présents ? Il l'ignorait même, et à dire vrai, il ne faisait pas réellement de distinction entre ces deux habits. Un tort s'il en était, ne pouvant s'empêcher malgré toute sa volonté de laisser le freux empiéter sur le sieur qu'il était. Un homme de son rang, avait-elle dit, mais quelle était donc la signification de cela ? Le connaissait-elle seulement au-delà de l'héroïque vision qu'elle avait inopinément pu avoir ? Héro était un adjectif qui ne lui seyait pas le moins du monde, il n'était héraut que de la Main du Roi, un titre qu'il estimait encore suffisant avec son lot d'agréments et de déconvenues. Il n'avait guère l'envie que d'autres étiquettes lui soient collées, la gloire n'était pas une notion au derrière de laquelle il courrait, il n'avait jamais eu la présomption que ses actions soient louangées ou même récompensées, pas plus qu'elles ne l'avaient déjà été. Puis, il se souvint qu'elle s'était tout de même risquée à importuner des Dents de Freux dans l'unique dessein de lui faire porter ses paniers. Ses agissement le dépassaient plus que certainement, elle avait eu de la chance que ses sentinelles se soient montrées conciliantes avec elle, un détail d'autant plus fâcheux qu'il se devrait de les sermonner pour cela. Il hasarda une oeillade interrogative sur la sylphide avec laquelle, visiblement, il devait s'armer de délicatesse pour ne guère la froisser.

« Pourquoi ? » Demanda t-il simplement, car il lui semblait que tout se résumait à ce mot. « Ne me dites pas que vous vous êtes donnée tant de mal pour... Me remercier ? »

Car c'était là le terme qu'elle avait employé, en guise de « remerciement ». Il connaissait l'ingénuité des jouvencelles de la roture, dont la plupart se laissaient noyer dans leurs utopies de chevalier immaculé, d'un preux champion que la corruption n'aurait pas souillé. Lui aussi, dans son indigente jeunesse, avait adulé ces hommes de coeur pour l'honneur et la vertu qu'ils représentaient. Ses rêves d'enfant s'étaient dissipés avec le temps, dès lors qu'il sut que même les mains du plus pieux des ser étaient elles aussi maculées de sang. Inéluctable, irréfutable, s'il n'en déprécia pas la chevalerie pour autant, il avait cessé d'être songe-creux depuis fort longtemps. Il craignait que la nymphe ne le couronne de cette nimbe, sans qu'il ne la mérite. Il ne pouvait se faire passer pour ce qu'il n'était pas, ne pouvant décemment mystifier une femme qui lui prêtait foi. Moins autoritaire qu'il ne l'eut été en arrivant, il voulut faire preuve d'humilité, tant dans sa gestuel que dans sa voix.

« Ecoutez, je suis... Flatté de tant d'attention de votre part, croyez-moi, mais... » Il eut une figure navrée. « Vous vous fourvoyez, je ne suis pas le brave qui défend la veuve et l'orphelin. D'autres font preuve de bien plus de probité que je ne le fais, et ils méritent certainement votre obligeance. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Lun 16 Juil 2012 - 16:31

Maerie en connaissait des chevaliers. Certains se montraient vulgaires et même violents. D'autres préféraient qu'on s'occupent d'eux, appréciant particulièrement les massages ou encore les baisers des pieds à la tête. Très peu aimaient discuter ou alors pour se vanter de victoires imaginaires qui n'amenaient pas plus de jouissance à la fille de joie qu'elle était. Au final, tous se ressemblaient dans la carrure et les blessures et différaient du peu de caractère qu'elle entrevoyait, mais ils étaient avant tout des hommes ayant besoin d'une femme de temps en temps. C'était avant tout grâce à eux que les bordels fonctionnaient si bien. Alors elle appréciait les chevaliers à leur juste valeur, étant très loin de voir en eux l'homme parfait comme il semblait être de coutume chez les lady. Elle connaissait leur vrai visage qui ne différait donc pas de celui d'un homme du commun. Alors elle ne s'était rien imaginée de plus que ce qu'elle avait vu concernant le lord commandant. Il avait secouru un gosse, une fois sous ses yeux, et elle, en quête d'une relation différente que celle que lui offrait une maison de joie, elle avait décidé de lui consacrer de son temps une fois par semaine.

Elle fit mouche avec sa dernière phrase. Elle eu un sourire malicieux quand il s'excusa concernant ses gâteaux. Il allait presque se mettre à en parler quand il termina par un « là n'est pas la question » très théâtral. C'était vraiment amusant de le voir chercher ses mots face à elle, alors même qu'elle n'était qu'une vulgaire roturière. Au moins, elle avait la preuve qu'il n'était pas foncièrement autoritaire et encore moins à l'aise avec les femmes. Un homme d'une aussi grande envergure réfléchir à comment aborder ce qui le dérangeait était un paysage des plus agréables à regarder. Il fallait avouer qu'il avait de très beaux yeux bleus, au reflet miellé dont Maerie ne se lassait pas. D'ailleurs, quand il lui demanda pourquoi tant d'attention, elle mit un certain temps à reprendre ses esprits afin de lui répondre le plus naturellement au monde :

- Tant de mal...Vous y allez avec les « grands » mots. Sachez que j'apprécie cuisiner, encore plus quand je sais que d'autres ont profiteront. Et dans votre cas, je m'excuse, mais vous le méritez suffisamment à mes yeux ! Je ne suis qu'une femme du peuple, mais je ne vois pas pourquoi je devrais me justifier auprès de vous concernant mes présents. Vous les avez bien mangé non ? Cela me suffit amplement !

Elle avait dit cela avec beaucoup d'emphase et une assurance débordante de joie de vivre. D'ailleurs, elle ne cessait de sourire, démontrant par là même que si elle avait été froissée auparavant il n'en était plus rien.

- Vous savez, il n'y a pas beaucoup de scène comme celle où vous étiez qui se joue dans culpucier. Puis vous êtes assez connu pour que je vous retrouve. D'ailleurs vos gardes ont été adorables avec moi. Il faut dire que j'en avais déjà croisé quelques uns.

Elle s'arrêta net. Elle n'avait pas envie d'en dire davantage à ce sujet. Après tout, ses gardes avaient le droit de fréquenter les bordels. Aucun n'avait couché avec elle, mais il savait qui elle était. Ils n'avaient posé aucune question concernant les gâteaux qu'elle apportait à Alrik. Peut-être avaient-ils une idée toute faite concernant leur commandant. Après tout, il n'y avait aucune honte à cela, mais Maerie ne connaissait rien aux habitudes d'Alrik sur ce sujet là. Puis surtout, elle n'avait pas envie de lui clamer de bon matin son métier.

Le voilà qui prend un air navré, presque chagriné de devoir casser les rêves de la femme qu'elle est. Maerie fronça les sourcils, hochant la tête à ses paroles, faisant mine de s'en trouver affectée...Mais n'y tenant plus, en espérant au fond d'elle ne pas le vexer, elle se mit à rire. Un rire doux, puis un peu plus fort...Ses yeux brillaient tant la vérité qu'il venait de lui offrir était une évidence à ses yeux.

- Excusez moi...Désolée. C'est simplement que je sais tout cela ! Si vous pensez que je rêve à l'homme brave et vertueux, vous faites fausse route.

Elle haussa un sourcil avant de reprendre son sérieux.

- Je dois vous paraître bien étrange. Me déplacer pour vous offrir de la nourriture dont vous ne manquez pas, puis maintenant vous rire au nez. Je ne suis vraiment pas bien élevée.

Elle baissa les yeux, ses longs cils venant caresser ses joues tandis qu'elle semblait sincèrement navrée de son comportement. Quand elle leva ses yeux sur Alrik, il put y lire une sincérité troublante :

- Je suis sans doute idiote. Même très certainement mais...Je me moque des chevaliers ou de celui qui prétend aider la veuve et l'orphelin. Je m'intéresse à vous, à votre bien être. C'est idiot car je ne vous connais pas, ne me basant que sur une vision mais...

Elle hésitait à poursuivre. Ce n'était pas son fort de s’appesantir sur ce genre de domaine.

- Je suis curieuse d'en savoir plus...

Idiote. Elle l'était. Le rouge lui monta même aux joues et comme elle s'en rendit compte, elle se retourna prestement tout en reprenant sa route d'une démarche lente pour ne pas plus montrer son trouble.

- Oubliez ce que j'ai dis. Même mieux, oubliez moi.
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Alrik Mallery
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Message Mer 18 Juil 2012 - 14:04

A peu de choses près, le freux aurait affirmé qu'elle déraisonnait. N'était-ce guère le cas ? S'être ainsi bassement épointe du premier quidam pris en flagrant délit d'obligeance était de l'ordre de l'absurde, bien que particulièrement flatteur. Pour l'heure, elle lui apparaissait d'avantage telle une donzelle en mal d'héroïsme et certainement influencée par les contes et légendes populaires qui louangeaient la bravoure de grands protagonistes. Combien de dames se pâmaient à la narration de ces fins récits ? Il s'étonnait encore que ce ne soit point le cas de sa fille, pour que le titre de chevalier ne semblait avoir que bien peu de charme tant elle était accoutumée à côtoyer les sieurs du Donjon Rouge. Un manque d'enchantement qui le navrait parfois, mais qui avait le don de le rassurer quant au fait qu'elle ne tomberait pas à l'étreinte du premier enjôleur venu. Lui, n'avait pas même eu besoin d'user de prolixité pour attirer l'oeil d'une sylphide qui, bien qu'attrayante, n'en demeurait pas moins étrange. Abuser du mystère lui seyait visiblement, ce qui n'était pas le cas du commandant qui avait encore du mal à concevoir tous les efforts que la belle avait déployé dans le simple dessein de lui ravir les papilles. Les femmes étaient décidément des créatures parées du plus pur arcane qui puisse être, et les Sept savaient qu'ils ne parviendraient jamais à les comprendre aussi sincèrement pouvait-il les aimer. Un fait qui s'illustrait parfaitement alors que la muse à la crinière de jais se plaisait à railler de lui et à décortiquer chacune des mimiques qui se glissait sur sa physionomie. Avait-il l'air si benêt que cela ? Au revers de sa galanterie naturelle, il n'en demeurait pas moins en désaccord avec un lot de points alors abordé, par exemple, qu'elle n'ait pas à se justifier de lui avoir fait présent de ses mets. Comment osait-elle, alors qu'il était encore le principal concerné ? Il commençait à croire que son seul désir était de se moquer de lui ou de le faire sortir de ses gonds, s'il était déjà perdu en arrivant, il ne faisait que s'enliser dans l'impéritie la plus intègre. Un complot avait été ourdi parmi des personnalités de Port-Réal pour lui faire vivre des situations pour le moins inopinées et particulièrement fantasques, il ne voyait pas d'autre explication.

Elle poursuivit, faisant naître une pointe de contrariété chez le freux alors qu'elle fit référence à la bonhomie de ses hommes – Ils ne payaient rien pour attendre et auraient le loisir d'être tancés dès lors qu'il reviendrait sur ses pas, ces bougres qui ne pouvaient pas même faire leur besogne correctement. Alrik ne transigeait pas avec les responsabilités, car les siennes étaient d'ordre royales et qu'il aurait préféré être pendu haut et court que de décevoir son lord. Mais pour l'heure, il observait les réactions de son interlocutrice avec une sûre incrédulité, coi au demeurant, face à cette donzelle qui se jouait de lui comme s'il était un jouvenceau. Ses intentions étaient bonnes et purement salutaires, il en était persuadé, mais ses propos manquaient cruellement de clarté, et elle, de savoir-être. Dans un élan sceptique, la main du chevalier alla masser sa nuque alors qu'elle lui tendit le bâton pour se faire battre : s'il la trouvait étrange ? C'était peu dire ! Cependant, ses prunelles d'azur parlaient pour elle, d'un éclat à la fois émotif et embarrassé. Ce à quoi il n'eut guère le temps de répondre, déjà, elle lui présenter son échine en mimant la plus grande résignation quant au désir dont elle venait de lui faire part. Aussi surprenant que cela put paraître, le chevalier se fit silencieux, sans mouvoir de sa place en observant son départ. Il n'était pas convaincu qu'approfondir cette conversation était une bonne chose, ainsi, elle serait désappointée et finirait par oublier qu'elle s'était un jour démenée pour satisfaire ses papilles, attiser son intérêt. Une solution judicieuse, mais à laquelle il ne put se résoudre alors que le galbe de la jeune femme s'éloignait graduellement. Ses poumons s'emplirent d'une grande bouffée d'oxygène, qu'il expira avec une certaine abnégation, avant de presser le pas derrière la dryade dans le but de la rattraper, ce qu'il fit alors qu'elle était sur le point de déboucher dans une ruelle plus fréquentée.

Juste à ses talons, le ser s'apprêta à l'interpeller derechef avant d'apercevoir un trio de quidams, trapus et les bras chargés de marchandises. Tant chargés qu'ils regardaient à peine si obstacle il y avait sur leur chemin et ne virent point la nymphe prompte à se faire piétiner. Les mains du freux se posèrent sur les épaules de cette dernière, l'obligeant à faire un grand pas en arrière pour lui éviter la violente rencontre qui s'annonçait. Hors de danger, elle avait désormais son échine conglomérée à l'armure du chevalier qui observa le passage des indigents, l'oeillade accusatrice.


« Pensez à regarder de chaque côté avant de traverser. » Lui déclara t-il en baissant le regard sur elle, prenant conscience qu'il venait de lui parler comme l'aurait fait un adulte à son bambin, si bien qu'il reprit, un peu plus formellement. « Faites attention. »

A son tour, il fit un pas en arrière et la soulagea de son étreinte pour rétablir une distance d'usage, propice au dialogue. Il se remémora le discours qu'elle avait alors tenu, elle semblait effectivement en connaître un pan le concernant, mais jusqu'où s'était étendu son enquête ? Savait-elle seulement ce que les apparences suggéraient, à savoir, un noble qui remplissait ses tâches avec zèle, trop rigoriste mais juste dans le fond ? Si elle était issue de la plèbe, il était plausible qu'elle ait entendu bien plus à son sujet, les langues bien pendues de Culpucier ne manquaient jamais une occasion de relater l'histoire qui était sienne, celle d'un enfant de misère élevé au grade de Commandant. Si tel était le cas, il n'était pas à exclure qu'elle avait reçu nombre de versions différentes, les histoires prenaient des teintes différentes selon les individus qui les contaient. Peut-être était-ce cela qu'elle sous-entendait, en assurant vouloir en savoir plus... Du moins, il ne voyait pas d'autres raisons à tout ceci. Quelle étrange sensation d'être la cible de renseignements, alors que d'ordinaire, il était celui qui enquêtait plus que l'inverse.

« Soyons clairs, je ne puis me permettre de blâmer vos intentions qui me touchent sincèrement bien que je ne les comprenne pas entièrement. C'est moins votre but que votre entreprise qui me laisse perplexe... » Sachant ses dires quelque peu abscons, il jugea bon de préciser. « Si j'étais vous je ne me targuerais pas d'avoir eu la complicité de sentinelles, mes recrues ne sont pas censées agir de la sorte et je veillerai à ce que cela ne se reproduise plus. Croyez en ma sincérité, je ne cherche pas à vous heurter ou à vous faire culpabiliser, mais comprenez que leur rôle est important et que je n'accepterai pas qu'ils s'en détournent même pour si peu. S'il-vous-plait, ne faites plus cela. »

Sa voix nettement courtoise ne voulait nullement la blesser, bien au contraire, mais il ne pouvait décemment pas lui laisser l'opportunité de corrompre ses hommes comme elle l'avait fait. Peut-être le prendrait-elle pour un sieur revêche, il ne s'attendait pas à ce qu'elle adhère à sa réflexion de supérieur hiérarchique, tant mieux si elle le pouvait, sinon, il s'en passerait.

« Il y avait d'autres moyens pour vous manifester, vous n'êtes pas sans savoir que je flâne fréquemment dans ces rues puisque c'est ainsi que vous m'avez aperçu, visiblement. » A présent qu'il y songeait plus sérieusement, il lui semblait qu'il l'avait également croisée par plusieurs fois dans les venelles de la cité. Furtive, tel un mirage qui s'évapore d'une seconde à une autre. Non réellement sûr de cela, il préféra néanmoins taire cette hypothèse. « Vous auriez simplement pu venir me voir. » Illustrée de la sorte, cette éventualité paraissait être la plus simple tout en étant inopportune. S'il se faisait toujours bienséant, il ne s'attardait généralement pas dans les discussions sans fondements et ne lui aurait inexorablement pas accorder le même intérêt qu'actuellement. A cette pensée, il expira un ricanement de circonstance. « Ah... Ce qui est fait est fait. Et si vous commenciez par me dire votre nom ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 22 Juil 2012 - 11:52

Maerie n'avait pas l'habitude des grandes réceptions ou même de la plus insignifiante courtoisie. Elle n'avait fréquenté que des bordels et les quelques artisans de la ville. En bref, elle n'avait aucune éducation particulière et elle s'était sentie bête face à cet homme sûr de lui, qui possédait à n'en pas douter des manières qu'elle ne possédait pas. Etait-elle folle de s'être exprimée face à lui comme face à l'un de ses clients ? Certains hommes appréciaient sa franchise et la façon qu'elle avait de tout tourner en dérision. Mais cet Alrik Mallery ? Elle n'avait aucune intimité avec lui, alors pourquoi s'était-elle montrée aussi familière ? Au moins s'était-elle rendue compte qu'elle avait été trop loin, d'où son départ précipité. Idiote. Toujours et encore cet adjectif dans sa tête. Il fallait avouer que la bonne fortune n'avait pas été avec elle. Elle n'avait pas voulu le rencontrer, simplement car elle avait été persuadée et à juste raison, qu'elle se sentirait totalement minable face à lui. Au moins, avait-elle eu une bonne intuition. Il devait la prendre pour une femme sans valeurs, qui se fichait pas mal des autres. A l'exception des présents qu'elle lui offrait, tout le reste n'aurait aucune valeur à ses yeux, et il avait raison. On payait pour son corps non pas pour son esprit et il avait eu un bel aperçu du pourquoi.

Elle marchait d'un bon pas, assez précipitée. Cette rencontre l'avait perturbée plus qu'elle ne l'avait montré au point qu'elle ne faisait pas le moins du monde attention d'où elle mettait les pieds. Elle était encore entrain de ressasser la scène qu'elle venait de vivre, en se faisant la promesse de ne plus aller au donjon rouge. Mieux valait qu'elle se fasse discrète désormais. S'il la revoyait, il risquait bien de se moquer d'elle. Qu'avait-elle cru après tout ? Ce n'était pas pour rien que les roturiers ne fréquentaient ne fréquentaient pas la noblesse. La raison, elle venait de l'expérimenter à son grand damne. Malgré elle, la scène passait et repassait dans son esprit. Comment avait-elle pu parler aussi librement ? Elle ne voyait pas les gens qu'elle croisait tant et si bien que ce ne fut qu'en sentant deux mains solides se porter sur ses épaules pour la pousser de côté, qu'elle remarqua les trois hommes lourdement chargés.

Elle eu le cœur qui fit un bond, avant de se tourner vers son « sauveur » qui la sermonna d'une façon qu'elle trouva bien brutale. Après tout, n'était-ce pas ce qu'elle méritait ? Qu'il la sermonne comme un bambin ? Son regard montrait toute son incrédulité à le voir encore à ses côtés. Il reprit ses propos par un simple « faîtes attention », mais elle avait bien compris qu'il la trouvait encore plus énervante que tout à l'heure. Parlait-on à une femme comme il venait de le faire ? Loin de se montrer intimidée, en raison de cette habitude qu'elle avait travaillé face aux hommes dû à son métier, elle écouta ce qu'il avait à lui dire. Pour elle, c'était déjà impressionnant qu'il tienne à s'expliquer davantage auprès d'elle. Elle s'était montrée peu apte à discuter avec lui, ne connaissant des hommes que leurs habitudes dans un lit ; alors elle ne pouvait se demander ce qui le troublait de son côté pour ainsi venir à sa suite.

Elle avait corrompue ses hommes, voilà ce qui le dérangeait dans toute cette affaire. Elle pouvait comprendre qu'il ne fallait pas s'en targuer, mais en même temps il n'y avait rien eu de fâcheux à son encontre, ni à l'encontre de ses gardes. Se sentant encore une fois, mais avec plus de forme, sermonner, elle jugea bon de ne rien dire pour le moment, et le laisser finaliser toute sa pensée. C'est ainsi qu'il lui demanda de ne plus recommencer et alla jusqu'à dire qu'elle aurait pu s'y prendre autrement. D'une part, elle jugeait qu'elle n'avait pas tout son temps pour se mettre à sa recherche chaque lundi dans toute la ville, et d'autre part elle n'avait eu nulle intention de le rencontrer comme c'était le cas en ce jour. Elle ne savait trop que lui répondre sans paraître encore une fois déraisonnable, et préféra répondre dans un premier temps à la question sur son prénom :

- Je me nomme Maerie.

Sans doute aurait-elle du commencer par cela, en espérant qu'il n'ai jamais entendu ce nom.

- Je ne pense pas que cela soit une bonne idée que vous vous attardiez sur ma personne. Je ne suis pas quelqu'un de fréquentable.

S'il avait la moindre curiosité la concernant et qu'il se mettait à faire des recherches, il comprendrait bien vite pourquoi elle disait cela.

- C'est aussi pour cela que je ne suis pas venue vous voir en personne. Mon intention n'était pas de vous rencontrer...

Maintenant il devait la prendre pour une folle finie. Peu de personne possédait la générosité dont elle était pourvue. Il fallait dire que sans connaître son métier, il ne pourrait comprendre tous ces mystères.

Elle lança un regard alentours avant de poursuivre :

- Je doute que vous vouliez discuter avec moi dans une ruelle. Vous savez, les rumeurs vont bon train et je tiens à ne pas salir la vôtre.

Elle ressentait son charisme, bien plus qu'elle ne le voudrait. Elle le trouvait rassurant, même si elle ne le connaissait en rien.

- Soyez assuré que je ne dérangerai plus vos hommes. Je m'abstiendrai de venir au donjon rouge et je vais arrêter de vous faire part de pâtisseries, alors que vous n'en souhaitez plus de ma part.

Voilà qui était dit. Cela lui fit un étrange pincement au cœur. Elle ne comprenait pas ses sentiments complètement contradictoires à son encontre. Peut-être se rendait-elle compte de l'impossibilité qui existait entre leurs deux mondes ?

Un fin sourire se dessina sur son visage. Elle paraissait bien plus apaisée que tout à l'heure où elle avait tout simplement paniquée.

- Je vais vous laisser à vos occupations si vous me le permettez.

Elle ne doutait pas de ses bonnes manières mais préférait se retirer. Ainsi, après un léger hochement de tête, elle reprit sa route, laissant le commandant à ses pensées.
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