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La confiance n'exclut pas le contrôle ▬ Ismaëlle

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Prince de Dorne
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Maron Martell
Prince de Dorne

Général
Insoumis. Invaincus.
Intacts.

♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
♦ Liens Utiles :
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Message Ven 22 Juin 2012 - 17:38

     Malgré l'arrivée de l'hiver, la chaleur restait très présente et toujours aussi pesante. Après avoir passé toute sa vie à Dorne - et presque essentiellement à Lancehélion - Maron n'envisageait pas la possibilité de vivre dans une autre atmosphère. Récemment, un corbeau de la Main du Roi était arrivé, apportant une nouvelle importante qui allait éloigner Maron de Dorne pendant quelques temps. Un conseil restreint se préparait à Port-Réal et de part son rôle de Grand Législateur, l'oncle du Roi se devait d'y assister. Quitter sa région alors que la guerre battait son plein ne l'enchantait pas outre mesure, même s'il était vrai que les raids des pirates des Iles de Fer étaient montés dans le Nord. L'on faisait difficile un point plus éloigné de Dorne que la région dirigée par les Stark, il fallait en convenir ! Malgré tout, l'idée de laisser sa famille seule à Lancehélion ne le réjouissait pas. En apprenant le départ prochain de son époux, Daenerys avait tenté de le convaincre de l'amener avec lui à Port-Réal. Il était vrai que la belle n'avait plus revu les contrées de sa naissance depuis qu'elle était devenue une Martell, mais ce n'était pas pour autant que Maron lui accorderait cette faveur. Le fait de refuser une doléance aussi simple - et légitime - à celle qui occupait une grande place dans son cœur était une torture, mais il aurait été sot et surtout particulièrement imprudent de laisser la Princesse quitter Lancehélion. Il se rendait à un conseil restreint et non à une fête de famille. Trystan et Nymeria avaient tous les deux besoin d'avoir leur mère à leurs côtés et même si Maron aurait pu confier la garde de ses enfants à sa sœur cadette, il considérait que la place de Daenerys était à Lancehélion et non à Port-Réal. Un manque de confiance vis-à-vis de son aimée ? Pas forcément. Le Prince ne se reposait pas sur des acquis et il était bien placé pour savoir que l'amour d'une région était des fois bien plus fort que celui qui unissait deux êtres de chaire. Non, il n'était définitivement pas question de donner à la belle dragonne, une raison de s'attrister en quittant les Terres de la Couronne pour revenir à Dorne. Il ne souhaitait pas lui faire subir cette séparation une fois de plus. Sous ses airs d'homme insensible, Maron n'était pas totalement dénué de compassion.

     Cette discussion avait posé un léger froid entre les deux époux, chose que Maron comprenait parfaitement, elle devait voir cela comme une sanction et non comme une attention qu'il lui accordait. C'était là l'exemple parfait de leurs mésententes. Elles n'étaient pas fréquentes, heureusement, mais il savait bien que son épouse ne comprendrait jamais les raisons réelles de ses agissements. Tout comme leurs avis divergeaient sur l'éducation qu'il fallait dispenser à Trystan, ils ne tomberaient pas non plus d'accord sur le voyage de Daenerys dans ses contrées d'origine. Habitué à voir le minois de son épouse se masquer d'une expression de déception, le Prince l'avait donc laissée seule pour qu'elle puisse réfléchir à tout cela et éventuellement prier ses dieux puisqu'il semblait que ce ne soit que dans cette attitude qu'elle trouvait le repos de l'esprit. Aussitôt après en avoir parlé avec Daenerys, Maron avait demandé à son mestre de le rejoindre pour qu'ils puissent discuter de certains détails. Il faudrait partir très prochainement, le voyage jusqu'à Port-Réal ne se faisait pas en deux jours, ils emprunteraient la mer pour débarquer sur le port de la capitale. Les raids des Fer-nés les occupant de l'autre côté de Westeros, ils n'auraient même pas à craindre de tomber sur quelques boutres isolés, contrairement aux fois où les pirates venaient jusqu'à la mer de Dorne pour piller les cités libres. Il ne faudrait donc pas trop perdre de temps en préparations et pour que le Prince puisse mener à bien ce qu'il avait en tête, il devait agir assez rapidement.

     Ayant envoyé une missive à la maison Forrest, Maron demanda à Ismaëlle de joindre Lancehélion aussi rapidement que possible, avançant avoir quelque chose d'intéressant à lui proposer. Il disait simplement que cela concernait une affaire politique non négligeable et qu'il était possible qu'elle puisse éventuellement s'y intéresser. Maron décida de ne pas donner plus de détails, considérant que la demoiselle saurait déjà si l'idée l'emballait ou non. Après cela, le Prince s'intéressa à quelque chose d'aussi important, mais plus personnel : le fait qu'il allait devoir laisser sa famille entre les mains de personnes de confiance. Lui-même ne risquait presque rien en se rendant à Port-Réal, il comptait donc bien laisser des gens capables de donner leur vie afin de veiller sur celle des membres de la famille Martell. Particulièrement son épouse et sa fille, Trystan étant largement capable de se défendre seul s'il était amené à devoir affronter un adversaire. Mais c'était là des pensées bien sombres qui ne se réaliseraient certainement jamais, bien que cela ne l'empêchait pas de pouvoir y songer.


     Le jour où Ismaëlle était censée arriver se leva enfin, les préparatifs du départ avaient débutés et les tensions entre les deux époux Princiers s'étaient atténuées, Daenerys avait semblé comprendre la position de son époux et si elle ne l'acceptait pas encore, elle ne montrait moins vexée face à ce refus. La Princesse s'occupait des enfants et Trystan venait juste de terminer son entraînement avec son père. Ce dernier s'était donc changé pour pouvoir accueillir la fille de son cousin et discuter avec elle de la possibilité qu'elle prenne part au futur voyage. Serait-elle intéressée ? Quelque chose lui disait que oui, mais il ne pouvait lire dans ses pensées et donc répondre à sa place. Lorsqu'un domestique vint le chercher alors qu'il était allé saluer ses enfants et son épouse, Maron les quitta pour se diriger vers la salle où Ismaëlle avait été installée. Il s'agissait d'une pièce spacieuse et très claire, située dans l'aile est du palais. C'était un endroit que le Prince affectionnait parce qu'il était très éloigné de l'agitation, les fenêtres ouvertes ne laissaient passer que des éclats atténués des discussions des habitants de Lancehélion. Arrivé devant la porte, Maron la poussa et entra dans la pièce pour poser ses yeux sombres sur une silhouette maintenant devenue familière. Il s'approcha de la jeune dame pour la saluer.

     ▬ Bonjour ma dame, j'espère que vous avez fait bon voyage, je vous remercie d'être venue aussi rapidement, surtout vu le peu d'informations que je vous ai donné. »

     Il était vrai qu'une autre aurait peut-être refusé de voyager aussi longtemps simplement pour venir écouter ce qu'un autre avait à lui dire. Même si cet « autre » était le Prince de Dorne. Nombreux étaient ceux qui ne se gênaient pas pour lui faire savoir qu'ils se fichaient pas mal de son titre, les Ferboys en première ligne bien évidemment. Maron fit signe à Ismaëlle de s'installer sur une chaise positionnée non loin de la grande table qui occupait presque l'entier-té de la pièce. Les murs étaient blanchis à la chaux et reflétaient bien le soleil, réchauffant l'atmosphère de la pièce ce qui n'était pas négligeable lorsque l'on savait que les conversations qui se déroulaient ici n'étaient pas toujours très chaleureuses. Prenant place non loin d'elle, toujours doté de sa politesse respectueuse qui ne laissait pas vraiment entrevoir l'affection qu'il avait pour la jeune femme, Maron reprit la parole.

     ▬ J'ai récemment reçu un lettre de la Main du Roi qui m'informe qu'un conseil restreint va se tenir à Port-Réal. Le sujet des Fer-nés sera abordé et vous comprenez donc que c'est un moment très important. Il ne lui apprenait certainement rien. Je me disais que vous pourriez certainement être intéressée par l'idée de m'accompagner à Port-Réal ? Nous arriverons une bonne semaine avant le conseil et y resterons certainement quelques jours après, un bon moment pour que vous puissiez découvrir la capitale en somme. »

     C'était une simple introduction, il comptait non seulement sur le fait qu'elle puisse découvrir la ville la plus importante de Westeros, mais aussi qu'elle puisse prendre goût aux voyages et éventuellement être amenée à le suivre dans de futurs déplacements. Mais pour cela, il fallait que le problème des Fer-nés soit réglé pour de bon, inutile de dire que le conseil serait donc déterminant. Retombant dans son silence, le Prince posa ses yeux noirs sur le visage de la jeune femme, attendant une réponse de sa part. Positive ou négative. Le choix lui appartenait.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
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Message Dim 24 Juin 2012 - 13:21

Les pourtours de Lancehélion s'ébauchaient dans cet infini sablé qui ne semblait trouver ni commencement, ni aboutissement. Les logis de la plèbe dornienne s'apparentaient à des arènes granitiques se prosternant aux pieds de l'auguste bastion au patronyme des Martell, une illustration qui n'aurait été qu'un chaos de poussière pour un voyageur issu d'une autre contrée, mais qui apparaissait tel un chef-d'oeuvre aux yeux de l'héritière Forrest. Ballotée par la mouvance de son coursier, elle ne fut pas mécontente d'être enfin parvenue à destination à la suite de plusieurs jours de traversée. Les cerbères qui l'escortaient avaient tout aussi soufferts du brasier de l'astre diurne qui n'avait épargné ni bêtes, ni cavaliers. Humbles pourtant, prompts à prouver la survie de leurs réflexes à la moindre bravade inopinée, le désert avait au moins cela de bon qu'il était dépourvu de population et donc, d'hostiles individus. Parmi la masse populaire, pouvaient se camoufler nombre de dangers toujours plus sournois qu'un naja, plus agressifs qu'un scorpion et desquels tout noble avait appris à se prémunir. Ainsi massivement entourée par les membres de sa garde, Ismaëlle n'eut à s'importuner que de l'état de sa crinière, qu'elle estimait tout à fait inadéquate pour une audience même amicale avec le suzerain. Néanmoins, elle ne doutait pas que du temps lui serait ployé avant que l'audience ne débute, simplement pour qu'elle soit en mesure de se remettre de son long voyage. Par ailleurs, la cohorte flua à travers les chaudes venelles de la médina pour rejoindre les abords de la forteresse solaire, l'illustre qui était désormais accoutumée aux visites de la sylphide. Les huis leur furent naturellement ouvertes, et à peine celles-ci dépassées, les marques de salutation et de déférence jonchèrent le chemin de la nouvelle venue. Au fil des années, son minois était devenu notoire, reconnu par tous ceux qui avaient la marotte de coudoyer les cours de ce palais de roche hâlée. Ainsi, menée aux appartements qui seraient siens jusqu'à ce qu'il en soit autrement décidé,elle prit le soin de se refaire une beauté à la hauteur de l'imminente rencontre. Son corps fut voilé d'un fin textile, léger et fluide, d'une teinte opaline et tissé de discrètes mais présentes parures. Quant à l'insurrection capillaire, elle fut habilement domptée en une torsade des plus alambiquées dont seule une ondulation s'extirpait. Modeste élégance, dépourvue d'un trop plein d'affèterie au risque que cela n'importune son cher cousin. Bien que très certainement habitué aux fastueuses ostentations, ce dernier ne l'avait guère conviée à un déploiement de noblesse – c'était, tout du moins, ce qu'elle subodorait.

 La nébulosité de son épître ne lui avait pas permise de se bâtir une opinion, les détails se faisant cruellement absents pour cela. Il n'était pas de coutume que Maron sollicite sa présence sans lui soumettre ses raisons, un fait qui l'interloquait d'autant plus que ces requêtes princières n'étaient jamais futiles. Mille conjectures avaient été soulevées en la compagnie du lord Dagnar, qui légua cependant à sa fille les meilleurs de leurs coursiers au vu de la rapidité de déplacement demandée. Tout naturellement, la jeune femme s'était pliée aux lignes de cette missive, quittant La-Tombe-du-Roy dès l'aurore suivant pour rallier la capitale. Au grès des dunes, elle avait eu loisir de s'interroger sur un tel empressement et la dite « affaire » de laquelle il désirait l'entretenir. Après moult réflexions, elle s'était finalement arrêtée sur un cas judiciaire enclin à résoudre certains problèmes de féodalité. La disgrâce de quelques familles vassales – dont les Ferboys pour ne citer qu'eux – aurait été effectivement opportune, Ismaëlle s'inquiétait de ces ennemis dispersés sur leur propre territoire et qui restaient aux aguets de la moindre faille. Une pléthore d'éventualités qui ne s'était pas éteinte alors même qu'elle patientait dans une vaste pièce, que le prince la rejoigne. Au plus proche de l'une des grandes croisées, ses prunelles d'abysses turquoises observaient la profusion de citadins sans qu'elle ne parvienne à comprendre un traitre mot de leur cacophonie estompée par la distance. Malgré elle, la demoiselle appréciait ces corridors de vie où tapis colorés se mêlaient aux fragrances d'épices. Une effervescence que l'on ne pouvait trouver qu'en Lancehélion et dont l'activité n'atteindrait son apogée qu'une fois le soir venu. Mais soudain, entre ces faits, vint le suzerain.


  ~ Mon prince. »

 Accueillit-elle avant qu'il ne miroite une salutation phonique. Son habit chantonna dans son mouvement de révérence, elle inclina le crâne et se tût ensuite. Il ne ferait rien d'une logorrhée lui contant à quel point elle était enchantée de son invitation, quand bien même le mystère entretenu en devenait insoutenable. Elle savait que la circonspection n'était pas notion excessive en présence de l'imposant seigneur, aussi, ne prendrait-elle la parole qu'une fois qu'il l'y aurait autorisée. Pour l'heure, elle installa son séant sur l'un des sièges ornementant le tour de l'immense table et lui prêta l'oreille, bien curieuse quant à ses desseins. Les prémisses de son discours lui annoncèrent tout de go qu'elle s'était fourvoyée sur la nature de l'entretien, et elle ne put réprimer une sensible surprise. Celle-ci fut néanmoins et promptement supplantée par un contentement frôlant l'élysée, à l'exhibition d'une invitation de toute autre envergure. Voilà qu'elle était appelée à marcher dans ses sillons, jusqu'aux portes de la cité royale, lieu de convergence de tout politique qui se respectait. Une pérégrination sous l'écusson Martell, un honneur qu'elle jugeait pour sa part ineffable et impossible à dédaigner.

  ~ A dire vrai, je me suis déjà rendue à Port-Réal, il y a quelques années. J'en garde un souvenir particulier, je n'imaginais pas que peuple puisse s'amasser en un tel effectif, sur des terres encore moins étendues que les vôtres. Mais... Elle effectua un gracile geste de la main. Là n'est pas la question. Soyez assuré que je vous accompagnerai avec le plus grand des plaisirs. Non feint, entendons-nous bien. »

 La précision méritait d'être apportée quand bien même le prince était au fait de l'estime qu'elle lui portait. Au revers de son quant-à-soi , son grand cousin la considérait plus que les apparences ne le suggéraient, sa proposition en était un irréfutable reflet. Peu de feudataires pouvaient se targuer d'être convié à un événement d'importance nationale, car pour beaucoup d'autochtones, la nation s'arrêtait aux lisières des Marches de Dorne. Un chauvinisme farouchement ancré dans les esprits et dans lequel, au fond, chaque dornien se retrouvait – Ismaëlle y comprit. Les flagorneries étaient un art retors, en son sens, elle estimait que les antagonismes d'antan pouvaient aisément muer en des alliés d'aujourd'hui sous les règles d'un échange de bons procédés. Tout en préservant sa quintessence, leur patrie devait apprendre à s'élever parmi les confédérés pour être distinguée à son juste éclat. Mais à vingt-et-une perles d'existence, que savait-on du meilleur des profits ? Elle était peut-être utopique, rêvant d'accomplir en une vie ce qui ne serait probablement capable qu'en diverses générations. En acceptant de s'unir aux Targaryen, Maron avait fait un premier pas vers un avenir qui verrait son taux de diplomatie s'accroître. Première conséquence manifeste depuis le début de ces quinze années qui avaient marqué leur rattachement aux dragons, les visages étrangers qui se mêlaient à leur ethnie – une évolution qui ne seyait guère au lord Dagnar Forrest, bien que les conditions climatiques de la région dissuadaient ou avaient raison de nombre de ces intrusions. Si son pauvre révolté de paternel avait été présent, nul doute qu'il aurait crié au fennec, avançant que les fer-nés étaient avant tout les maux des biefois. Une affaire qui devenait plus épineuse lorsque sa fille bordait le littoral lors de ses déplacements, s'exposant sans le vouloir aux hypothétiques et redoutables rapines pirates.

  ~ J'ai ouï-dire que les fer-nés prenaient du galon, il semblerait qu'ils aient outrepassé leurs itinéraires usuels en voguant vers le Nord ? Une interrogation qui n'en était pas réellement une, car elle savait cela avéré. Il était certainement temps que la Main du Roi s'y intéresse, je suppose que les seigneurs des contrées écumées par la scélératesse de ces pirates ne pouvaient plus admettre sa passivité à ce sujet. La Treille, Salvemer, Port-Lannis... Il est évident que nous devons participer aux efforts communs avant que Dorne ne devienne une potentielle cible. »

 Par nous, la jeune femme entendait le prince. Celui-ci pourrait par ailleurs constater qu'elle se tenait parfaitement aux faits des actualités des Sept Couronnes – elle remerciait ses nombreuses accointances seigneuriales pour cela. L'idée de voir des boutres bigarrer leurs côtes l'importunait au plus haut point bien que sa demeure ne serait alors nullement concernée. Un conseil restreint était donc plus que nécessaire et elle partageait les avis qui hurlaient que cette initiative aurait dû être prise il y a fort longtemps. Mais que faisait donc le régent de Westeros ? Une question récurrente sur les lèvres des ouestriens, l'était-elle également sur celles de Maron ? Jusqu'alors, ils n'avaient jamais conversé de ce sujet des îles, les fer-nés n'avaient été aperçus que sillonnant parfois la mer de Dorne dans le dessein de naviguer jusqu'aux Cités Libres. Elle n'avait cependant pas souvenir d'une authentique démonstration de rancoeur envers leur région baignée de soleil, pour autant, il ne fallait pas attendre que cela se fasse pour réagir. Et le suzerain, outre son rôle de Grand Législateur, quelle était sa position ? La sylphide en devenait curieuse, et se laissa volontiers prendre à la dialectique avec l'homme qui lui avait en majeure partie tout appris.

  ~ Dites-m'en plus, je vous en prie. Qu'opinez-vous ? Sa légère inclinaison en direction de son interlocuteur prouva inconsciemment qu'elle lui était toute ouïe. Quant au voyage, allons-nous emprunter les Osseux ? »

 S'ils usaient de voies terrestres, leurs pas les conduiraient sûrement par ce col qui les mènerait en direction de Lestival, route habituelle de nombreux dorniens se risquant dans les contrées limitrophes. Si tel était le cas, elle songeait à lui soumettre l'idée de faire une halte à La Grâcedieux, dans sa famille maternelle qui ne ferait qu'ouvrir grandes les huis pour le prince. A moins, qu'il ne préférait les flots maritimes ?
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Maron Martell
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Message Dim 24 Juin 2012 - 15:44

     Maron ignorait que son interlocutrice s'était déjà rendue à Port-Réal, étant lui-même obligé de rester à Lancehélion presque en permanence, il éprouvait certaines difficultés à concevoir que d'autres nobles soient amenés à voyager davantage. Et bien c'était une bonne chose, au moins Ismaëlle pourrait revoir certaines connaissances puisqu'il était logique qu'elle ait été en contact avec d'autres nobles. Mais certainement pas ceux qui séjournaient au Donjon Rouge. Il était bien placé pour savoir que l'accès à cette zone était uniquement limité aux proches de la famille royale, autant dire que si la demoiselle venait avec lui, elle dormirait entre les murs rougis de ce bâtiment si célèbre. Maron n'était pas un adorateur de Port-Réal, cette ville lui était toujours apparue comme étouffante et surtout très sombre. Comparée à Lancehélion avec ses couleurs vives et la chaleur qui réchauffait chaque pierre et chaque cœur, les deux cités étaient très différentes. Il ne se sentait bien que chez lui, mais pouvait comprendre avec aisance ce que Daenerys avait ressenti en étant arrachée de sa ville natale pour se retrouver à Dorne. Myriah, la mère du Roi et la sœur aînée de Maron, avait elle-même fait savoir à son cadet qu'elle avait éprouvé une grande difficulté à se faire à la vie de Port-Réal. Et encore, même à ce jour elle se sentait encore étrangère certains jours. C'était du moins ce que lui avait rapporté Daenerys lors d'une lettre échangée avec sa belle-sœur. Cela faisait bien longtemps que le Prince n'entretenait plus aucune relation avec la Reine.
     Quoi qu'il en soit, Ismaëlle accepta l'invitation faite par le cousin de son père et lui fit savoir qu'elle le faisait avec un plaisir sincère. Il n'en doutait pas. Maron était un homme franc et direct, avec lui la diplomatie était mise à mal et si le Prince pensait quelque chose, il le disait. L'héritière des Forrest savait donc parfaitement que si elle usait de stratagèmes pour enrober ses paroles, elle parviendrait surtout à agacer son interlocuteur. C'était peut-être pour cette raison qu'il ressentait une forme d'affection à son égard, elle n'était pas comme les autres nobles à s'amuser à essayer d'user de belles paroles qui sonnaient creuses. Elle parlait lorsqu'il le fallait. Peut-être qu'Ismaëlle n'agissait de la sorte qu'avec lui, le Dornien n'en savait rien et pour être sincère, il s'en moquait. Enfin, en partie. Si la belle souhaitait se faire bien voir des autres en imitant les nobles, ma foi, il en serait désolé, mais n'irait pas jusqu'à se montrer irrité. La sincérité était une chose qui lui semblait importe, Ismaëlle l'était avec lui, il n'avait donc aucune raison de tergiverser davantage à ce sujet.

     ▬ Je n'en doute pas. »

     Une réponse brève comme toujours, simplement destinée à assurer son interlocutrice du fait qu'il ne doutait pas d'elle. Il était heureux de savoir qu'elle acceptait, mais son habitude à faire abstraction de ses sentiments était trop ancrée pour qu'il s'épanche à propos de ce qu'il ressentait. La demoiselle devait s'en douter, s'il l'avait fait venir pour qu'elle l'accompagne jusqu'à Port-Réal, ce n'était pas parce que sa présence le lassait. Au contraire.
     La discussion s'enchaîna comme elle parlait des Fer-nés et de leur assurance qui allait en augmentant. Au fond, même si Maron les considérait comme des ennemis de la couronne – chose qu'ils étaient – il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine forme de respect à leur égard. C'était d'excellents combattants qui n'avaient nullement peur de la mort. Que comptaient-ils faire en attaquant de la sorte Westeros ? Espéraient-ils sincèrement pouvoir gagner une guerre ? Non, c'était impossible, mais pourtant ils avaient réussi à mener le royaume par le bout du nez pendant plus d'un an, ce n'était pas négligeable et Maron les respectait pour ces faits. Il hocha légèrement la tête lorsque la demoiselle parla avant de retomber dans le silence quelques instants, puis reprendre la parole afin de se renseigner sur ce qu'il avait en tête pour se rendre jusqu'à Port-Réal. Après un bref instant de silence destiné à lui permettre de réfléchir, Maron répondit.

     ▬ Non, nous passerons par la mer. Le voyage sera plus rapide et plus sécurisé qui plus est. Les attaques des Fer-nés sur la côte Ouest ont eu pour effet de fermer le détroit de Redwyne et par conséquent, d'empêcher aux boutres de parvenir jusqu'à la mer de Dorne. Amusant de constater qu'en pleine guerre maritime, le bateau était le moyen de locomotion le plus sûr il fallait l'avouer. De plus, le conseil débute d'ici peu, il nous faudra donc partir assez rapidement et la mer reste le moyen le moins long de rallier Port-Réal. »

     Il fallait compter environ une semaine de voyage en ayant les vents calmes, sinon peut-être moins ou peut-être beaucoup plus si les bourrasques tournaient dans le mauvais sens. Maron avait besoin de pouvoir arriver quelques jours avant que le conseil ne débute, ne serait-ce qu'afin de pouvoir ordonner ses pensées et s'isoler au mieux pour réussir à trouver les mots qui feraient mouche. Le Prince n'était pas particulièrement éloquent, il illustrait bien mieux son caractère en se battant à la lance qu'en joute verbale, mais son rôle actuel lui incombait de parler et de donner son avis, il ne souhaitait donc pas faire défaut à ses obligations. Cette discussion avait d'ailleurs entraîné le Dornien sur un autre chemin, le fait qu'ils doivent partir prochainement empêcherait malheureusement Ismaëlle de rentrer chez elle avant de revenir à Lancehélion pour le départ. Le délai était trop court, s'ils étaient allés par la terre, les choses auraient été différentes, mais ce n'était malheureusement pas le cas. Maron ne voyait rien qui s'opposait au fait qu'elle doive rester au palais, mais les femmes avaient des fois des priorités bien différentes que celle des hommes et même si la Forrest était une dame qui se tirait hors du lot, elle en restait une. Il sonda brièvement son minois avant de reprendre.

     ▬ C'est pourquoi si vous m'accompagnez, il vous faudra attendre le départ au palais. Nous ne disposons pas d'assez de temps pour que vous regagniez La-Tombe-du-Roy, mais j'imagine que vous devez avoir de quoi voyager sur vous ? »

     Dans le pire des cas, il imaginait que Daenerys aurait pu confier quelques affaires lui appartenant à la demoiselle. Il savait que leur entente était cordiale et que les deux femmes ne partageaient pas forcément une amitié digne de ce nom, mais si le Prince le demandait à son épouse, elle ne refuserait pas. Bien au contraire.
     Le sujet des Fer-nés était épineux, jusqu'à ce jour l'avis de Maron n'avait jamais été demandé, que ce soit par Leo Tyrell ou même Tybolt Lannister qui avaient tous les deux été victimes des attaques des pirates. Dorne était en marge de Westeros, malgré la paix Maron ressentait fréquemment le fossé qui le séparait des autres suzerains et il était rare qu'il soit mêlé aux négociations qui pouvaient avoir lieu avec d'autres régions. Au fond, cela ne le chagrinait pas. Sa fidélité allait bien évidemment à la couronne en raison de ses liens étroits avec la famille royale, mais il était évident que sa présence au conseil restreint serait plus mal vue que celle du Grand Amiral par exemple. Ne quittant pas le visage d'Ismaëlle du regard, le Prince reprit.

     ▬ Vous savez Ismaëlle, Dorne n'est pas directement concerné par les Fer-nés. Ils sont remontés dans le Nord et n'ont jamais éprouvé le moindre intérêt pour nos terres désertiques, nous pourrions parfaitement nous abstenir de donner notre avis. Il risque d'être mal perçu de plusieurs personnes directement concernées. Il observa une légère pause avant de reprendre. J'imagine que vous ne connaissez par Brynden Rivers ? Je suis persuadé que ce que certains appellent « passivité » n'est en réalité que la calme avant la tempête. Cet homme a mon entière confiance et je bénis la Mère Rivière d'avoir inspiré le Roi à le nommer Main du Roi. Maron parlait rarement de ses sentiments à l'égard d'autrui, c'était une marque de plus de la confiance qu'il avait pour elle. Je suis certain que ce conseil ne sera que l'aboutissement d'idées longuement travaillées. Il possède de nombreux espions dont il se sert. Ce n'était un secret pour personne. Les Fer-nés sont de fiers combattants et ils sont compétents, mais je crains pour eux que l'audace ne suffise pas à gagner une guerre. »

     Dorne avait été un peu dans le même cas. En guerre pendant très longtemps avec le reste de Westeros, sauf que les Martell avaient réussi à faire en sorte que leur peuple reste une épine dans le pied du Dragon alors que malheureusement pour les Fer-nés, ils n'étaient qu'une piqûre de guêpe. L'hiver arrivait et la guêpe allait passer de vie à trépas grâce à un dragon albinos. Maron n'en doutait pas une seule seconde.



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Message Lun 25 Juin 2012 - 11:14


Elle comprenait la position de son suzerain dans les démêlés fer-nés : précautionneuse avant tout, estimant n'être qu'un spectateur guignant les litiges d'un monticule de sable que les écumeurs n'auraient nulle envie de s'approprier. Néanmoins, elle savait qu'il n'était pas seulement question de circonspection. Au revers du flegme dornien, sommeillait l'aveugle confiance de Maron pour l'actuelle Main du roi, avec lequel il jouissait d'un lien de parenté qui - même seulement matrimonial – avait son importance. La princesse Daenerys avait été un gage de bonne confédération, un bien-meuble corporel échangé contre une dame de valeur similaire. Une permutation de culture et de patrimoine – une dragonne hâlée d'un soleil empalé d'une lance d'or, tout un symbole de concorde entre deux familles, entre deux contrées et peuples. Les sincères sentiments du prince envers son épouse n'avait fait que décupler sa volonté de s'identifier aux Targaryen, et donc, d'estimer les décisions du lord Brynden Rivers. Un discours qu'elle n'avait que trop ouï des lèvres de son père, que sa mère concédait à demi-mots avec plus de pondération et d'une irréfutable foi pour le représentant Rhoynar. La ferveur de son grand cousin pour sa blonde muse faisait pourtant partie de ces indéniables faits qui, parmi d'autres, laissaient nombre de ses féaux dubitatifs. Ismaëlle elle-même ignorait encore quel avis imposer, elle qui avait en plus l'opportunité de côtoyer la dame quand même bien n'étaient-elles liées que par une gracieuseté mutuelle. Contrairement à certaines médisances, l'héritière Forrest était intimement persuadée que la targaryenne ne jouait d'aucune influence sur son sieur – comment cela aurait-il été même plausible ? Maron était fait de ce même bois dont les vaisseaux de la toute sacrée Nymeria eurent été édifiés, si son coeur de guerrier s'était attendri à la suite de son avènement nuptial, il ne demeurait pas moins ce même roc de fierté et d'autorité. Aux bleuâtres prunelles de la jeune femme, il exaltait le corps astral d'un Prince de la Royne – Indomptable, inflexible, intact, mais humain. En cet ultime point, elle reconnaissait qu'il était tant fait d'acabits que de défauts, et bien que ses tirades n'étaient de loin pas dénuées de bon sens, elle n'en agréait pas tous les aspects. Elle se ploya le droit de conjecturer, tout du moins.

Il était vrai qu'elle ne connaissait pour ainsi dire rien du présent régent des Sept Couronnes. Elle l'avait évidemment salué lors du mariage princier, mais n'était alors qu'une adolescente à peine penchée sur les intérêts politiques et bien trop intimidée par les Grands de ce monde – qui ne le serait pas, en présence du Grand Bâtard ? Pour autant, pouvait-on juger son inertie comme si elle n'avait été que méditation éloignée ? Les autochtones des contrées côtières n'avaient – étonnamment – pas la même opinion. Et en tant que région reculée, qu'est ce que Dorne pouvait bien se targuer de savoir sur les réelles ententes et déconvenues entre les seigneurs suzerains et le trône de fer ?


  ~ Sauf votre respect... Elle fureta les glyphes de l'immense table, un instant de silence voué à forger au mieux ses propos. N'est-ce justement pas cette mésestime de l'ennemi qui leur a permis de mener de rondes offensives, là où ils étaient le moins attendus ? Elle releva les yeux vers lui. Chaque point d'impact fut une entière surprise, ce qui a contribué à faire obliquer la balance en leur faveur. Leur audace, comme vous dites, n'est pas tant vouée à les enrichir qu'à exprimer leur esprit d'antinomie. La donzelle secoua la tête. Je veux dire... Dorne jouit d'une sûreté géographique et de plus modestes capitaux, les fer-nés y préfèrent les Cités Libres. Mais pensez-vous qu'ils se soient rendus au Nord par simple appât du gain ? Si l'on subodore qu'il soit d'avantage question d'une certaine... Bravade de leur part, dans le simple but de faire encore plus défiance à la couronne, dans ce cas l'hypothèse qu'ils pillent un jour nos côtes est à soulever. Et... Devrions-nous attendre ce jour pour agir ? »

Ce n'était là que pure conjecture, que dialectique destinée à apporter une réflexion au prince au même titre qu'à elle-même. Car au fil de ses répliques, la sylphide songeait également, et ne faisait que conclure que ces pirates étaient un véritable fléau des mers. La principauté faisait partie intégrante des Sept Couronnes depuis quinze années désormais, Ismaëlle s'étonnait que leur implication soit ainsi relayée à un second plan alors que lors de ce conseil restreint, Maron se devrait de participer au débat. Elle doutait en effet que celui-ci ne pérégrine dans le seul dessein de faire acte de présence, quand bien même elle le savait être un homme de terrain plus que de grandes instances. C'était là l'une des raisons pour lesquelles – elle présumait – qu'il faisait parfois appel à sa rhétorique encore en gemmation pour parler en son nom, elle dont les mots étaient les principaux atouts. Parfaitement en confort dans les relations, confédérales ou non, son aisance verbale ne résultait que d'un travail sur soi sur lequel elle s'appliquait encore. Même avec l'homme qu'elle servait avec zèle, elle mesurait ses interventions et le déploiement de ses spéculations au risque qu'il ne s'offense de ce qui pourrait lui apparaître comme de l'opiniâtreté. Cette notion n'intervenait d'ailleurs pas dans le présent débat, la modestie de sa gestuel témoignait de l'humilité avec laquelle elle abordait le sujet, son seul désir étant d'échanger avec son interlocuteur. La dryade s'était toujours montrée concernée par le bien-être de sa mère patrie et elle confiait ses craintes de voir leurs littoraux rapiner avec toute l'irrévérence de ces infâmes insulaires. Elle se remémorait la perpétuelle peur des bourgades en proie aux attaques qu'elle traversait parfois lors de ses voyages, tout comme ses nombreuses conversations avec ses différentes accointances dont les prestigieux Hightower. Mais peut-être, n'était-elle justement qu'endoctrinée par les thèses de ses fréquentations et, comme toujours, cherchait à offrir plus d'importance à Dorne qu'il ne serait raisonnable de le faire.

  ~ La question ne se pose évidemment plus puisqu'un conseil restreint semble imminent, et si j'aime à penser que notre richesse réside dans le coeur de nos gens et toute la beauté de notre culture, il est attristant de constater que notre avis pourrait être intempestif à d'autres. Illustrant ses paroles de quelques gestes, elle reprit. Je ne fais bien sûr aucune référence à la Main du Roi, car je suppose que vos dires allaient vers certains de vos homonymes suzerains. »

Lannister & Tyrell ? Ils étaient les premières victimes des tentacules de la Seiche d'Or, elle comprenait, au fond, qu'ils n'apprécient éventuellement pas les conseils de régions jusqu'alors détournées de leurs maux. La politique était une arantèle alambiquée et fragile, sur laquelle la giboulée et la tempête grondaient sans distinction des fils. Les intentions de la demoiselle se précipitaient parfois et il lui était délicat de se contenter de ce que l'on désirait bien leur léguer. Une hâte issue de son expérience personnelle à la course à l'héritage familial, l'ombre de son frère immuablement juxtaposée à toutes ses initiatives et menaçant de lui mettre des bâtons dans les roues. Profiter de ce qu'elle pouvait tirer d'une situation, une malheureuse maxime qui l'avait rendue opportuniste à souhait et terrorisée à l'idée de perdre une partie. Bien que moins soulignée à une échelle nationale, l'attitude de la Forrest ne manquait pas de se corrompre au grès du temps – elle devenait moins guillerette, moins frivole, plus solennelle, plus scrutatrice. Constat chagriné du lord Dagnar qui invitait parfois sa fille à la légèreté, bien que comblé d'authentifier l'implication de son héritière. Tout n'était qu'une question d'équilibre, une stabilité que la nymphe n'avait point encore trouvée. Par ailleurs, elle était approximativement convaincue que le seigneur de La-Tombe-du-Roy n'approuverait que de moitié ce voyage pour la capitale de Westeros, et solliciterait – à défaut de pouvoir lui-même s'en décharger – toute la bienveillance de son princier cousin. Car avec la faible marge de manoeuvre dont Ismaëlle disposait et comme le lui avait si bien signifiait son vis-à-vis, il lui serait impossible de rallier la demeure des Montagnes Rouges pas plus que La Grâcedieux. Elle concevait néanmoins la coercition qui était leur quant à un prompt départ, et énuméra silencieusement les affaires qu'elle avait emportées avec elle. Aussi lui sembla t-il judicieux d'ajuster sa volonté à celle de la primauté.

  ~ Quant au départ, soyez sûr que je serai prête lorsqu'il sera nécessaire de l'être. Je me contenterai de ce que nous avons empaqueté à la hâte. Si elle l'avait pu, nul doute que le poids de sa charge aurait été double, elle qui accusait une certaine substantialité à l'apparence. Cependant, il lui paraissait fort inopportun de traiter de fioritures dans l'officialité de leur pérégrination. Puis, son index tapota ses lippes dans une furtive réflexion. Si vous me le permettez, j'aimerais adresser une épître à mon père pour l'informer des circonstances. Il s'inquiétait du sujet de notre rencontre et espérait me voir rentrer tout de go. »

Dagnar Forrest était, heureusement, de ceux qui feulaient sans fatalement mordre s'il était inévitable de le faire. Il pestait souvent auprès de son enfant, simplement pour lui conter à quel point il s'inquiétait pour elle et qu'elle ait conscience de ce fait. Mais jusqu'alors, jamais ne lui avait-il interdit de suivre sa propre voie et de faire ses choix de son seul chef, à la condition qu'elle soit encline à en assumer tout conséquence qui en découlerait. Le sens des responsabilités était parmi les plus importants dans l'éducation du lord, pour autant, il estimait qu'il n'y avait là aucune rime avec émancipation. Sa famille avait le don de la surprendre chaque jour durant.
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Maron Martell
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Message Lun 25 Juin 2012 - 15:53

     Il était évident que les Fer-nés avaient été sous-estimés par les seigneurs de l'Ouest – voir même pas la totalité de Westeros – et aux yeux de la majorité des habitants de ces terres, ils n'étaient que des barbares juste bons à piller. Au fond, Maron ne les voyait pas réellement comme des combattants « normaux », il n'aimait pas le vol et dénonçait ce genre de comportement. Les pillages que les natifs des Iles de Fer faisaient n'étaient donc pas à leur avantage selon le Prince de Dorne, sans compter qu'ils s'attaquaient souvent à de simples paysans ou encore à des femmes sans défense. En somme, un comportement qui se trouvait tout simplement être à l'opposé de celui que Maron considérait comme étant digne d'un bon guerrier. Il était évident que la manière dont les Dorniens se battaient était aussi perçue comme « lâche » par les chevaliers ou même les soldats qui se battaient avec des armes de mêlée. Les lanciers gardaient leur ennemi à distance et essayaient des techniques sournoises pour amenuiser la force de leur adversaire. En un sens, c'était aussi un comportement indigne d'un combattant, sauf qu'il ne viendrait jamais à Maron l'idée de s'en prendre à un paysan juste pour lui voler ses possessions. Bien évidemment, cela n'avait rien à voir avec le fait qu'il soit Prince et non simplement roturier ou noble mineur. Les titres n'entraient pas en ligne de compte en ce qui concernait un comportement digne.
     Il laissa donc la jeune femme parler et dire tout ce qu'elle avait en tête, enregistrant chaque parole prononcée pour mieux pouvoir comprendre sa position. Dans le fond, ils n'étaient pas en train de discuter du sujet de manière approfondie, Maron souhaitait simplement l'informer que leur présence à Port-Réal ne serait pas obligatoirement bien perçus. Même Myriah n'avait jamais été réellement acceptée en raison de ses origines Dorniennes, elle avait été « vendue » contre la paix et les habitants de Westeros n'oubliaient pas la guerre qui les avait opposés aux Dorniens. Mais c'était sans importance. Il hocha la tête après les paroles de la demoiselle pour répondre d'un ton mesuré qu'il empruntait chaque fois qu'il remettait ses idées en place.

     ▬ Il est certain que les Fer-nés ont été sous-estimés par tout Westeros, mais ce que nous savons d'eux nous indique qu'ils ne pourront jamais aller plus loin que sur les côtes. Nous n'ignorons pas qu'ils se refusent à quitter les rivages et que les voir pénétrer dans les terres centrales ne nous a jamais été donné. C'est en partie leur point faible, ils ne parviendront jamais à gagner une guerre tout simplement parce qu'ils se refusent à quitter la mer. Il était absolument persuadé de ce qu'il avançait. Ils souhaitent manifester leur mécontentement et en profitent pour piller outrageusement. Je pense que leur montée dans le Nord est simplement liée au fait que la route vers les Cités Libres leur soit fermée. Il y avait longuement songé. L'hiver vient et comme les Iles de Fer n'offrent pas de culture, ils volent ce qu'ils n'ont pas. Habituellement les Cités Libres sont pillées à cette période, or là, le détroit de Redwyne est gardé par la flotte du Grand Amiral. Le Nord n'est pas une proie de choix, mais elle reste la seule région de l'Ouest à ne pas encore avoir été dévalisée. Ce n'était que des pensées, il n'avait pas de preuve de ce qu'il avançait et n'était pas dans la tête de Dagon Greyjoy, ce n'était donc que des hypothèses. Mais rassurez-vous. Je suis en contact soutenu avec la Main du Roi et ce depuis le début de la guerre, Dorne est prêt à se défendre depuis le début, mais je doute que nous en aurons besoin. »

     Contrairement à ce que beaucoup de monde semblait penser, Maron avait à cœur les intérêts de son peuple et pensait à la sécurité des Dorniens. Seuls les Salés étaient concernés en y réfléchissant, les habitants du désert étaient hors de portée des pirates, mais cela ne signifiait pas qu'ils ne seraient pas tenus à l'écart en cas de danger. Les contacts que Maron entretenait avec d'autres seigneurs étaient toujours « secrets », même si au fond il n'avait rien à cacher. Le Prince n'avait pas besoin de l'aval du public, il ne cachait rien à son peuple, mais n'éprouvait pas pour autant le besoin de communiquer au crieur public la moindre action qu'il faisait. Ainsi donc, lorsqu'il assurait à Ismaëlle que Dorne était prête à se défendre en cas d'attaque, ce n'était pas des paroles en l'air, mais bel et bien quelque chose de certain. Il ne parlait pas dans le vent et la jeune femme le savait bien, par conséquent Maron espérait qu'elle comprendrait qu'il ne s'estimait pas comme étant à l'abri et ne se bougeait pas les fesses. Ce n'était pas dans ses habitudes de se reposer sur ses lauriers, bien au contraire.
     L'héritière des Forrest se désola alors du fait que leur avis pouvait être mal perçu par d'autres. Elle était encore jeune et n'avait pas forcément connu toutes les rivalités qui opposaient leur peuple au reste de Westeros, mais Maron l'avait longuement connu et vérifié. Même à Herberouge alors qu'ils étaient là pour aider la couronne, les Dorniens avaient été quelques peu des « indésirables », bien que leur venue avait permis de mettre fin à la bataille. Certains avaient la rancune dure et même si à ce jour le Prince de Dorne considérait ce sujet clos depuis longtemps, ce n'était pas le cas de ses voisins qui semblaient visiblement rester campés sur le passé. C'était dommage d'après le Martell, car quiconque s'attardait sur le passé ne pouvait se tourner vers le futur et avancer. Il hocha la tête lorsque la demoiselle présuma qu'il faisait référence à d'autres suzerains.

     ▬ Je pensais notamment à notre voisin le plus proche, Lyonel Baratheon, mais cela n'exclut pas d'autres personnes qui nous tiennent éloignés de tout ce qui concerne la politique. Le mariage de lord Tybolt et de lady Maura ne lui avait pas échappé, tout comme le mariage de la cadette Lannister avec l'héritier des Tyrell. Des alliances se forgent sans que Dorne ne soit concerné, mais j'imagine qu'ils pensent uniquement au présent sans voir vers l'avenir. Il était logique que l'Ouest se trouve une alliance avec le Bief puisqu'ils étaient voisins, mais cela n'excluait toutefois pas qu'ils s'ouvrent à d'autres horizons. Je serais bien incapable de parler davantage sur le sujet, je n'ai jamais – ou presque – rencontré mes homologues et je ne me prononcerai donc pas davantage. Nous possédons déjà une alliance sûre avec la couronne et même si nombre de mes vassaux pensent que c'est une erreur, je suis certain qu'elle nous apportera encore davantage que la paix. »

     En effet, il ne fallait pas oublier que l'intérêt premier de cette alliance était de pouvoir enfin amener la paix à Dorne. Maron assumait totalement le choix de son père et l'avait bien confirmé avec son mariage, même s'il n'avait pas réellement pu choisir lui-même puisqu'il avait été fiancé avant même d'être en âge d'hériter.
     Ismaëlle termina sa discussion en déclarant qu'elle serait parfaitement prête pour le départ et qu'elle souhaitait simplement pouvoir communiquer cette nouvelle à son père. C'était l'évidence même, Maron n'aurait jamais accepté que la jeune femme l'accompagne sans que son père ne soit au courant. Il respectait son cousin et la maison Forrest dans son ensemble. L'affection qu'il ressentait pour la demoiselle n'y changerait donc rien et il ne lui viendrait pas à l'idée de l'enlever de chez elle sans que son père ne soit au courant. Il considérait Ismaëlle comme assez mature pour prendre ses décisions seule, mais si cela n'avait pas été le cas, le Prince se serait directement adressé au lord de La-Tombe-du-Roy pour lui demander son aval. Il hocha la tête avant de répondre.

     ▬ Bien entendu, cela va de soi, je n'envisageais pas de vous enlever sans que votre famille ne soit mise au courant. Vous pourrez lui faire savoir que nous séjournerons là-bas au moins deux semaines, peut-être plus suivant les événements qui pourraient se passer. En tant que père, même aussi distant qu'il l'était avec ses enfants, Maron comprenait l'inquiétude que son cousin devait ressentir en sachant sa fille loin de lui. S'il le souhaitera, il pourra vous adresser une missive à Port-Réal si quelque chose d'urgent devait se présenter en notre absence. Le fait de la voir se promener en pleine guerre devait beaucoup l'inquiéter. Si vous tenez à le rassurer, assurez-lui qu'au Donjon Rouge vous serez plus en sécurité que partout dans le reste de Westeros. »

     S'il y avait eu le moindre danger, jamais le Prince n'aurait proposé à la jeune femme de l'accompagner de toute manière. Elle était aussi de la famille en y repensant et c'était bien la chose la plus précieuse qu'un homme possédait. Même s'il ne le montrait pas.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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Message Mer 27 Juin 2012 - 0:26


Quelle étrange passion que celle de la mer, d'une étendue saumâtre aux humeurs parfois si suaves et berçantes, parfois si irascibles et létales. Comment pouvait-on favoriser l'incertitude des flots à la sûreté d'une terre même aussi infertile que les dunes dorniennes ? Maron avait raison : les fer-nés étaient de fiers guerriers que rien pas même Dame la Mort ne semblait effaroucher. Elle avait ouï-dire que leurs rapines étaient assimilables à des déferlantes de châtiments, une débandade de géants bâtis de roche incapables d'épargner quoi que ce puisse être. Les témoins de ces incursions d'insulaires en dépeignaient de bien laids portraits, des sanguinaires aux peaux bariolées de crasse et de coutures de guerre, des ostrogoths dont les phonèmes tonitruaient plus qu'ils ne parlaient. Des faits qui se transformaient en conte, et qui laissaient l'imagination des plus féconds galoper dans les dédales du rocambolesque. Ismaëlle, comme beaucoup, nourrissait autant d'admiration que d'aversion et de crainte pour ces pirates des îles, dans toute l'ignorance qu'elle eut l'occasion de croiser la route de l'un d'entre eux. Loin de cette réalité, elle buvait les propos de son interlocuteur dont chaque articulation lui apportait réflexion : elle n'avait pas songé plus avant à ce que la pérégrination septentrional des maroufles ne soit dû qu'à la flotte du Grand Amiral. L'effervescence défensive avait gagné le détroit Redwyne, une réaction épidémique qui avait finalement gagné une grande partie du littoral ouest en conséquence aux récentes attaques. Des éléments à prendre en compte, mais la jeune femme gardait en elle la suspicion que Dorne aurait été une plausible cible. Peut-être était-ce seulement une façon de se convaincre que leur patrie n'était pas tant dénuée d'intérêt comme beaucoup semblaient le croire, voire même l'attester. Un orgueil avec lequel elle n'importunerait pas le prince, alors engageait dans quelques péroraisons politiques quant à ses homonymes suzerains. Elle déplorait ce manque de communication, elle qui s'arrogeait la bonne entente de vassaux extra-territoriaux se surprenait de l'égotisme de certains grands hommes. Néanmoins, cela ne semblait pas chagriner le Rhoynar, seule la Main du Roi semblait miroiter un semblant d'importance à ses yeux, et il n'avait inexorablement pas tort.

La sylphide jugea plus opportun de ne pas d'avantage ergoter sur ce qui les menait à un conseil restreint, rien de ce qu'ils pourraient en dire ne viendrait altérer les circonstances et le tour de la question avait été faite. Ils auraient tout loisir de reprendre cette controverse une fois parvenus à Port-Réal, à la condition que la voix de Maron soit entendue parmi la choral des autres seigneurs. Elle prit donc notes des détails qui prendraient plus que certainement place dans l'épître qu'elle adresserait à La-Tombe-du-Roy, une rédaction qui tourmenterait son père autant qu'elle le rassurerait. Le Donjon Rouge était farouchement gardé par les célèbres Dents de Freux dont les effectifs ne dormaient jamais. Il ne pouvait en être autrement dans la demeure du roi quand bien même celui-ci ne quittait jamais son antre littéraire. Une destination lointaine, mais à laquelle aucun mal n'était à craindre. Voyager aux abords du prince était également un gage de sûreté, fou serait celui qui sciemment braverait les lances de ses gardes, elle en était persuadée.


  ~ Voilà qui est bon à entendre. Je ne lui épargnerai aucun détail, j'enverrai certainement une seconde missive à La Grâcedieux, à l'attention de Mère. Celle-ci l'avait accompagnée jusqu'à la demeure de sa jeunesse, la laissant ensuite reprendre la route pour Lancehélion seulement escortée de sa garde. Elle m'a par ailleurs chargée de vous transmettre ses plus sincères salutations, et vous fait savoir qu'elle ralliera bientôt la capitale le coeur chargé de contes et légendes des Orphelins pour la princesse Nymeria. »

Tysha était un véritable puits de mythes Rhoynar, des récits qui avaient bordé l'enfance son enfance et dont elle appréciait, aujourd'hui encore, toute la narration. Les chants de sa mère étaient enclins à capturer l'attention de quiconque les entendaient, d'étreindre les sentiments des infortunés comme des plus valeureux tant ils étaient forts d'une ferveur d'antan. Elle-même aimait à relater le folklore de leurs aïeux à qui y prêtait de l'intérêt, et la jeune Nymeria qui avait tant hérité du sang Martell par sa véhémence naissante, semblait s'intéresser à ses racines. Cette enfant était une gemme dont l'éclat enluminerait toute la contrée, et bien au-delà de leurs lisières. Une dragonne des sables, qui reflétait une détermination des plus surprenantes pour son âge et qu'Ismaëlle comptait en son coeur. Une fois l'entrevue princière aboutie, son intention première était d'aller embrasser cette petite soeur qu'elle n'avait point vue depuis trop longtemps déjà, toute prise qu'elle était par ses besognes. Des besognes qui lui revinrent instantanément en mémoire et qui la firent se redresser sur son siège.

  ~ Oh ! Où ai-je la tête, mon prince, si nous en avons terminé en ce qui concerne le sujet fer-nés, il y a une chose dont je dois moi aussi vous entretenir. Permettez-moi... »

Une fois le consentement de son grand cousin reçu, elle se leva et fit une courbette de circonstance, avant de rejoindre l'une des huis. Gracieuse mouvance dans son habit immaculé, elle eut la prestance digne de son rang, sa mèche ondoyante ornant son épaule. Elle ouvrit la porte et héla l'un des factionnaires nommé à son service, auquel elle délégua ensuite une mission simple mais importante. Le quidam s'en alla à toutes jambes en direction des appartements de la donzelle, s'acquittant de sa fonction en lui rapportant un rectangle de vélin enroulé sur lui-même et décoré d'un solennel bolduc. Elle le récupéra avant de revenir dans la pièce où patientait Maron, auquel elle se présenta à nouveau. Faisant le tour de l'immense table pour le rejoindre de l'autre côté, elle s'inclina respectueusement tout en lui remettant le papier pour lui laisser le loisir d'en découvrir le contenu. Dans la lettre, l'officielle invitation du lord Dagnar pour un événement des plus substantiels : la commémoration de ceux qui s'étaient sacrifiés en l'an 157. Des faits ainsi toujours remémorés, le terrible temps de la conquête targaryenne et de l'occupation bieffoise, Dorne à genoux, mais point encore anéantie. A l'occasion de la halte du lord Tyrell qui, à l'époque, fut délégué à la gérance de la contrée, les Forrest s'étaient montrés d'un chauvinisme à toute épreuve. L'oppresseur fut occis à même sa couche, ce qui était encore aujourd'hui, la chambre de l'actuel régent de La-Tombe-du-Roy. Puis, nombre des leurs avaient offert leur âme à l'estoc et à la taille de leurs ennemis, une ample partie de leur généalogie avait péri en cette occulte nuit, octroyant la fuite aux plus précieux de leurs membres. Dès lors que la région fut rendue à ses habitants par « feu et sang », des sépultures honorifiques furent édifiées aux défunts, un récit qui se transmettait à travers les générations, tout comme l'était la légende de leur écusson. Un passé dont chaque Forrest devait être fier, et tel était le cas.

  ~ Lord Dagnar avait l'intention de vous l'envoyer, mais me l'a finalement confiée à mon départ. Vous le connaissez... Il s'immolerait pour que cette célébration annuelle ait lieu. Elle se prêta à rire humblement. Votre absence l'an passé s'est faite remarquer, il ose espérer que vous serez notre hôte pour cette fois. »

Un événement auquel le prince était accoutumé, les Martell étant, malgré tout, liés à leurs cousins des montagnes. Quelques jours de festivités étaient alors organisés, substituant anciennes patenôtres et recueillement sous l'astre diurne, à la frairie et l'allégresse une fois la sorgue venue. Une occasion de réunir nombre de dames et seigneurs des landes du soleil à converger en un même point, des alliances ainsi préservées et de quoi profiter d'une profonde liesse. Aussi loin qu'elle était en mesure de s'en souvenir, cet afflux de noblesse n'avait jamais qu'été source de réjouissance, d'une récréation durant laquelle le breuvage vineux coulait à flot. Les quelques anicroches parfois notées avaient toujours été pacifiées par un lord soucieux de bonne concorde, même éphémère, qui refusait à ce que les dissensions ne blasphèment la mémoire de ses feu ancêtres – qui étaient, en un sens, également ceux du suzerain. Cependant, Ismaëlle connaissait suffisamment son pédagogue princier pour savoir qu'il n'aimait pas ces déploiements de sieurs, lui qui préférait l'action au verbiage. De plus, demeurait un fâcheux détail.

  ~ Votre dame ne doit pas craindre de se montrer à nous, et le prince Trystan et la princesse Nymeria sont comme toujours les bienvenues. Mains jointes sur son ventre, elle se risqua à une soudaine interrogation. L'un de vos aimés nous fera t-il d'ailleurs l'honneur de sa présence pour notre voyage ? »

Port-Réal devait cruellement manquer à Daenerys, dragonnes aux ailes immobilisées, captive d'une cage dorée. La jeune femme doutait que son époux lui ploierait le droit de les accompagner, seul Trystan avait encore l'éventualité de se joindre à leur expédition. De son seul patronyme de naissance, par cette crinière argentine et ses prunelles d'azur, la targaryenne n'était pas admise des dorniens. Symbole de paix, mais aussi figure d'une histoire que le peuple n'avait guère omis, de pauvres idiots rétrospectifs.
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Message Jeu 28 Juin 2012 - 13:19

     En entendant les paroles de la jeune femme concernant sa génitrice, le Prince hocha simplement la tête. Il connaissait la passion de la mère d'Ismaëlle concernant les légendes et Nymeria en était tout aussi passionnée. Maron avait été obligé de répondre à de multiples questions concernant les Orphelin ou la Mère Rivière après le dernier passage de la maison Forrest à Lancehélion. Même si la curiosité de sa fille était déjà assez développée pour ne pas avoir besoin d'être attisée, le Dornien était toutefois ravi de voir que sa Princesse s'intéressait de près à la culture de Dorne. Bien souvent il se disait qu'il aurait été plus agréable pour tout le monde que ce fut Nymeria qui naisse avant Trystan. Ce dernier était un peu trop Targaryen du goût du Martell et il éprouvait beaucoup de difficultés à s'imprégner du caractère qui faisait la fierté de son peuple. Voir Ismaëlle en tant qu'héritière lui rappelait encore de malheureux coup du sort. Mais ce n'était pas pour autant que Maron n'aimait pas son fils, disons simplement que les choses étaient compliquées et qu'il préférait se réjouir des points positifs du caractère de sa fille, que de se désoler de ceux qui assombrissaient l'avenir de son héritier.

     ▬ Dites cela à Nymeria et elle ne vous lâchera pas jusqu'à ce que votre mère revienne à Lancehélion. »

     Une manière de lui faire savoir qu'il appréciait ce qu'elle venait de lui dire, mais il ne lui viendrait pas à l'idée de le faire savoir de but-en-blanc. La jeune femme sembla soudain se souvenir de quelque chose et se redressa sur son siège avant de lui annoncer qu'elle avait besoin de lui parler d'un sujet bien précis, du moins si leur discussion sur les pirates des Iles de Fer était terminée. Il hocha la tête en lui faisant signe qu'elle pouvait faire ce qu'elle souhaitait, puis patienta le temps que la belle s'éloigne. La patience n'était pas une vertu que Maron possédait, mais il parvint à attendre suffisamment longtemps pour que la jeune femme revienne, portant à la main un rouleau fermé. Le Prince la remercia en le saisissant, puis prit connaissance du contenu avec attention. C'était quelque chose qui n'était pas nouveau, Maron – ainsi que d'autres seigneurs des environs – avaient déjà pris part à ces festivités et il acquiesça donc du chef avant de porter son attention sur la jeune dame. Elle lui fit savoir que son père avait l'intention de la lui faire parvenir par corbeau, mais qu'il avait jugé plus utile de la donner à sa fille pour qu'elle la fasse parvenir en main propre. Lord Dagnar était effectivement à cheval sur ces commémorations et l'absence du Prince l'année passée semblait ne pas être passée inaperçue. Ce n'était pas très étonnant, il suffisait qu'il ne soit pas à un endroit où l'on pouvait l'attention pour que tout le monde constate son absence. Le Dornien inspira légèrement avant de répondre, refermant avec application le parchemin.

     ▬ L'an passé a malheureusement été très prenant. J'ai été navré de ne pouvoir assister à ces commémorations, mais je ferai tout mon possible pour ne pas réitérer cela cette année. Normalement rien ne s'oppose à ce que je fasse acte de présence. »

     Maron savait très bien que son cousin, même s'il restait fidèle aux Martell, n'était pas aussi confiant que sa fille concernant les capacités que le Prince avait pour gouverner. Un lien du sang les unissait, mais le Martell était bien placé pour savoir que cela ne signifiait pas grand-chose. La Reine avait beau être sa sœur, le Roi son neveu, ce n'était pas pour autant qu'il entretenait des liens parfaitement amicaux avec eux. Bien au contraire, le Dornien se sentait plus en accord avec son beau-frère qui ne partageait rien avec lui, plutôt qu'avec ses neveux. Sa présence à ces commémorations ne serait donc pas du luxe, de plus quitter un peu le palais de Lancehélion ne ferait pas de mal non plus.
     Reprenant la parole, Ismaëlle lui fit savoir que Daenerys ne devait pas craindre de se joindre à son époux, pas plus que les deux enfants du couple. C'était un fait, ils sortaient rarement « en famille » et principalement à cause de la Princesse Daenerys. Cette dernière supportait très mal la chaleur de Dorne et les traversées du désert la rendaient malade rien qu'à l'idée de devoir passer plusieurs jours sur le dos d'un coursier. Cela dit, Maron ne se comportait pas en époux soumis avec elle et s'il souhaitait qu'elle se joigne à lui, la jeune femme accepterait sans ciller. La question était désormais de savoir si cela valait réellement la peine ? Daenerys n'ignorait pas qu'elle n'était pas très appréciée des Dorniens, déjà parce qu'elle était étrangère, puis aussi parce qu'elle avait empêché une fille d'une famille noble de Dorne de devenir Princesse à sa place. Il resta un moment muet comme son interlocutrice avait posé ses mains sur son ventre avant de lui poser une question tout à fait légitime. Maron secoua la tête en signe de dénégation avant de répliquer.

     ▬ Non, vous serez la seule personne en dehors des gardes à m'accompagner. Il resta un bref instant muet avant de poursuivre. Même si l'idée de revoir Port-Réal faisait très envie à Daenerys, je préfère ne pas donner l'occasion à son mal du pays, de revenir camper dans son esprit. Il est préférable qu'elle coupe définitivement les ponts avec sa ville natale. Son ton ferme montrait qu'il avait dû en convaincre son épouse. Quant à Nymeria elle ne peut se passer de sa mère et est bien trop turbulente de toute manière, je ne tiens pas à transformer le Donjon Rouge en gigantesque terrain de jeu. C'était en effet préférable vu comme les septas de la jeune enfant - apportées par Daenerys à sa venue à Dorne - éprouvaient du mal à contenir le caractère de la petite. Puis Trystan doit rattraper les entraînements qu'il a ratés lors de son escapade dans l'Ouest il y a quelques semaines. »

     Il faisait référence au voyage qu'il avait effectué jusqu'à Port-Réal pour se rendre dans le Conflans, l'Ouest et finalement assister au mariage de l'héritier de Tyrell avant de regagner Lancehélion. Plusieurs longues semaines pendant lesquelles il avait négligé son entraînement à la lance et la Mère rivière savait à quel point Maron était à cheval là-dessus. Ce dernier n'aurait pas eu besoin de préciser tout cela à Ismaëlle, après tout, il n'avait pas à justifier chaque décision qu'il prendrait, mais c'était selon lui, la moindre des choses sachant que la jeune femme allait l'accompagner à Port-Réal. Après un bref instant de silence, il aiguilla à nouveau la discussion sur les commémorations dont il avait été question juste avant.

     ▬ Cela dit, je pense qu'il serait certainement bienvenu que Daenerys se donne la peine de m'accompagner aux commémorations. Son absence est trop souvent remarqué et même si le climat de Dorne est difficile à supporter pour elle, il est de son devoir d'assumer ce genre de sorties. Je vais donc faire mon possible pour qu'elle soit là, avec les enfants. Il posa ses yeux dans ceux de la Dornienne. Je ne souhaiterais pas que votre père s'imagine que je ne prends pas tout cela très à cœur, rien n'est plus éloigné de la vérité. »

     L'histoire de Dorne avait une très grande importance à ses yeux et ce n'était pas sans raison qu'il imposait à ses enfants d'impérativement connaître tous les faits passés sur le bout de doigts ! C'était bien souvent compliqué, surtout pour Nymeria qui ne tenait pas sur ses fesses plus d'une dizaine de secondes, mais Maron voulait être sûr qu'il laisserait Dorne entre de bonnes mains au moment où son temps sur cette terre serait dépassé. La mort était une chose à envisager avec sérénité et du moment que l'on possédait un successeur digne de ce nom, c'était envisageable. Décidé à s'intéresser plus précisément à la jeune Forrest, Maron changea une fois de plus de sujet, scrutant le minois de la belle avec une neutralité feinte.

     ▬ Parlez-moi un peu de vous. Comment ce sont passés les derniers mois à La-Tombe-du-Roy ? »



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Message Ven 29 Juin 2012 - 15:25


Nymeria, quelle délicieuse enfant. Une risette vint ornementer la physionomie de la dornienne aux paroles du Martell, il était assurément vrai que la petite princesse s'accrocherait à elle dès lors qu'elle l'apercevrait, d'autant plus si le sujet des Orphelins était abordé. En dépit de sa véhémence congénitale, la fillette avait toujours fait preuve d'une incroyable circonspection les quelques fois où elle avait visité les sépultures de leur illustre demeure, comme consciente du pan d'histoire dévoilé à ses prunelles d'onyx. L'était-elle ? Certainement, avant que sa charmante pétulance ne reprenne le dessus une fois les patenôtres effectuées. A fureter chaque pierre du moindre corridor, Ismaëlle comprenait que l'idée de l'emmener à Port-Réal n'était pas même envisageable et plus qu'inopportune au vue des circonstances qui les y conduisaient. Le jugement était bien moins impartial pour la dragonne captive de sa contrée d'accueil, et si la jeune femme se prit à ressentir une once de compassion pour son homonyme féminin, celle-ci fut promptement supplantée par de l'indifférence. Certes, rien ne lui serait moins supportable que d'être séquestrée en un lieu clos sur simple décision d'un quidam – princier ou non -, mais elle savait cela nécessaire dans le cas de Daenerys. Ainsi, elle préférait estimer le courage de Maron quant à l'opiniâtreté de ses choix même les plus durs, que la détresse de son épouse qui, finalement, ne demeurait rien de plus qu'un simple symbole de concorde politique. Les dorniens avaient, dans leur majorité, un sens des priorités et du sacrifice suraigu, faisant d'eux de redoutables antagonistes pour qui osait s'attirer leur furia courroucée. Les commémorations dont ils conversaient alors en étaient de parfaits exemples, la fierté dorée du soleil fluait dans le sang de chaque autochtone – du moins, elle était présente dans celui de la lignée Forrest. Le prince et son cher cousin des Montagnes Rouges partageaient cette même ferveur d'antan, c'était là la raison pour laquelle en dépit de leurs quelques divergences, la présence du suzerain était précieuse au lord Dagnar. Son incapacité à prendre part aux festivités l'an passé l'avait par ailleurs désolé, un désappointement fort heureusement et furtivement estompé des mémoires. Ils avaient pleinement connaissance de chacun grâce à leur authenticité embrasée et ne s'étaient jamais encombrés de flagorneries, des joutes qui furent parfois tonitruantes mais naturelles pour les hommes qu'ils étaient. Peut-être était-ce, justement, cette propension à la franchise qui avait toujours uni et unifiait encore La-Tombe-du-Roy à Lancehélion. Ainsi, la jeune femme ne se tourmentait nullement quant à l'opinion paternelle.

  ~ Il est au fait de votre implication, mon prince. Pensez bien qu'il ne se serait guère gardé d'objurgations s'il avait été offusqué, malgré tout le respect qu'il vous témoigne. Elle hocha ensuite la tête. Je veillerai personnellement à ce que la princesse Daenerys trouve ses aises en notre demeure, je le lui ferai savoir en temps voulu si tel est votre désir. »

La targaryenne serait-elle éventuellement plus encline à accompagner son époux si Ismaëlle tentait de la rassurer quant aux conditions de vie en leur forteresse. Cependant, les préparatifs pour cette convergence de seigneuries n'étaient qu'à leurs prémisses, le temps leur était laissé pour une consciencieusement organisation. Ce fut alors, que la sylphide fut la cible d'un binôme de jaspes noirs qui fureta sur les traits de son visage, en une quête fardée de tiédeur. Maron était passé maître dans l'art des mimesis, voilant ses pensées avec une telle acuité que quiconque n'y étant pas familier aurait conclu à une aridité sentimentale. Cette ineffable contenance qui, lors de leurs toutes premières entrevues il y a fort longtemps, l'avait au plus haut point impressionnée. Combien de fois, malgré toute sa rhétorique, s'était-elle surprise à balbutier au-devant de son mentor après que celui-ci l'ait simplement affublée d'une impérieuse lorgnade ? Des réminiscences qui l'amusaient aujourd'hui, alors qu'elle avait appris à le considérer bien au-delà de son apparente austérité et s'était même inspirée de son impénétrabilité. En sa présence néanmoins, au chevet de sa confiance, ses masques avaient tendance à s'ébrécher plus que consenti de façon générale. A dire vrai, il n'était pas à exclure que le suzerain la connaissait même mieux que son propre paternel, auquel elle épargnait nombre de chagrinants détails. Si la question du lancier était d'aspect évasif, elle la renvoyait pourtant à un quotidien tacitement dégénérescent depuis de longs mois maintenant. La sylphide s'en trouva privée de voix, surprise d'être ainsi bousculée à la lumière alors qu'elle n'aurait guère eu la présomption de s'y ajuster. Un tel sujet anodin d'apparence n'était autre qu'une preuve de la considération du prince à son égard, car celui-ci ne se serait point importuné d'accortise s'il ne l'en jugeait pas digne. Elle pressa ses mains jointes contre son poitrail comme si elle eut été en pleine oraison, ses mirettes scrutant les dorures de la table.

  ~ Eh bien... Je vous dirais que rien n'est changeant si ce ne sont de futiles détails. Père s'applique à me convier à chacune de ses affaires, il n'hésite pas à me confier le fief si le devoir l'appelle autre part, bien que je dispose toujours de la précieuse aide de Mère. Lord Dagnar me prête foi, il sait que je fais bonne gérance de notre patrimoine, même s'il n'adhère pas à mes pérégrinations. Elle se mit à rire, attendrie. Fieffé chauvin qu'il est. Il est persuadé qu'à chaque colline se cache un gredin prêt à m'égorger, même s'il sait que je ne me drape pas de notre écusson lors de ces excursions. Je comprends ses inquiétudes, et cette incompréhension qui point à voir sa fille traiter avec ceux qui furent nos ennemis. Il ne dit mot tant que ces intrigues ne le concernent pas, au fond, je pense qu'il est fier de me voir réussir là où lui ne pourrait même faire un essai. Mais son âme d'ancien combattant se refuse à l'admettre, je ne connais seigneur aussi vindicatif qu'il ne l'est. »

L'honneur de son pauvre géniteur mis à mal par sa volonté d'entreprendre, la donzelle culpabilisait parfois de lui faire endurer tant de tourments. Qui plus est, l'avis certes extrême du sieur Forrest n'en demeurait pas moins justifié, les frontières pullulaient de belligérants dont le seul voeu était d'offrir une vendetta aux leurs tombés à la guerre. Elle avait par maintes fois ressenti cette animosité ancrée dans les moeurs, les oeillades appuyés sur sa personne, car même si elle n'arborait pas le crâne couronné de leurs tentures, ses origines peignaient son physique. En dépit de cette atavique rancune, son menton restait haut et ses prunelles chatoyantes de leur turquoise, puis elle poursuivait sa route avec toute sa noblesse. Si elle aimait à découvrir les cultures mitoyennes, la source de ses motivations était plus matérialiste, car elle avait le désir d'être une pionnière en matière de relations inter-régionales. La substantialité de Dorne finirait par croître, elle en était persuadée, ce jour-ci, elle serait fin prête à en cueillir les bénéfices. Des projets que l'on pouvait qualifier d'arrogants, mais elle n'était pas de ceux qui profitaient de leur oisiveté, elle en voulait plus – toujours plus. Elle aspirait à quelques alliances diplomatiques et commerciales, de quoi faire fructifier les intérêts de sa maison. N'était-ce pas grâce à cette trempe parfois hardie qu'elle avait pu se hisser aux côtés du prince ?

  ~ Pourtant, il est intéressant de connaître les forces et les faiblesses de l'actuelle confédération que sont les Sept Couronnes, et toutes les surprises ne sont pas mauvaises lorsque l'on prend le temps d'une immersion. Elle se tourna vers son interlocuteur. Mon dernier voyage m'a conduite à Grand-Tour, cet auguste phare qui surplombe Villevielle, suite à l'invitation de lady Virginia Hightower. J'y ai séjourné en sa douce compagnie, elle m'a appris nombre de choses et j'aime à croire que notre amitié est, en soi, une illustration de ce que pourraient un jour être nos deux contrées. J'espère également avoir l'opportunité de m'entretenir avec le Grand Argentier, je suis persuadée que je pourrais énormément apprendre de cet homme. »

Le discours de la demoiselle s'était ponctué d'un certain engouement, cette traversée jusqu'au logis de l'une des plus illustres familles du Bief l'avait enchantée et elle en préservait d'excellents souvenirs. Elle se languissait de la prochaine opportunité de s'y rendre, navrée malgré elle de ne pouvoir convier son amie en sa propre demeure au risque qu'elle n'y soit que mal accueillie. Ce ne serait qu'un innommable blasphème pour le lord Dagnar d'apercevoir une bieffoise – une Hightower de surcroît – à La-Tombe-du-Roy. L'impudence de sa fille n'outrepassait pas certaines lisières, de plus, elle avait l'espoir de rencontrer lord Clarence, une envie qui devenait plausible avec le conseil restreint qui se préparait. Mais voilà qu'elle plongeait à nouveau dans les méandres de la politique, sotte qu'elle était.

  ~ Je m'éloigne de notre sujet, pardonnez-moi. La jeune femme se permit de faire quelques pas en vue de contourner l'immense table tout en se lançant dans une énumération. Mère est affairée entre le domaine et La Grâcedieux, sa proximité avec Les Orphelins n'est méconnue de personne, elle navigue très souvent sur la Sang-Vert en quête de sérénité auprès d'eux. Nassima ne pense que par les armes, ses progrès à la lance sont remarquables, ne soyez pas étonné qu'elle demande à intégrer votre garde dans quelques années. Heureusement qu'Araëlle est plus posée, elle nourrit d'avantage de passion pour les grandes littératures et nos coursiers, elle devient une véritable jeune femme. Quant au petit monstre, sa seule volonté est d'aller envahir le Bief et de rapporter la tête de ses ennemis... Harakan a des desseins bien macabres pour son âge, ma foi. »

Elle visualisa tout ce beau petit monde qui offrait tant de vie à leur demeure, des êtres qu'elle chérissait autant que possible, aux caractères jonchés de disparités mais pas moins attendrissants. En revanche, elle avait volontairement omis Tarek, le bâtard de la famille qui n'était de loin pas maltraité par les siens. Cependant, il était ardu pour Ismaëlle de songer à la traîtrise conjugale de ce père qu'elle aimait tant, ce qu'elle ruminait encore aujourd'hui, par le peu de considération qu'elle accordait à cette macule sur leur étendard. Puis, restait aussi un quidam qu'elle n'avait guère cité, les tripes tenaillaient par la crainte à sa seule pensée. Elle approcha de la fenêtre, lentement, comme apeurée de se brusquer, les mirettes épousant le sol.

  ~ Daärim est... Sa gorge sembla s'étrécir, écorchée par la seule prononciation de ce prénom. Elle tenta malgré tout de préserver un semblant de dignité. Il est fidèle à lui-même, si j'ose dire. »

L'atmosphère alourdie, la tirade de la nymphe eut un goût d'inachevé, camouflant en son exhaustivité toute l'essence de son malheur. Maron n'était pas dupe, il savait que les relations entre les jumeaux s'étaient considérablement appesanties ces dernières années. L'évocation de ce frère accompagnait un éloquent émoi chez la lady qui, de toute sa vie, ne s'était jamais sentie aussi démunie. Il la détruisait à petit feu, sans qu'elle n'ait le courage de partager son exact fardeau avec quiconque, pas même avec son prince dont elle craignait la réaction. Parfois, elle prenait conscience que sa force n'était pas à la mesure de ses rêves – de ses utopies.
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Maron Martell
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♦ Missives : 9101
♦ Missives Aventure : 100
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
♦ Célébrité : Antonio Banderas
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Pryam Templeton, Sargon Harloi, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 44 Ans
♦ Mariage : Daenerys Martell (Targaryen)
♦ Lieu : Dorne, Lancehélion
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Message Sam 30 Juin 2012 - 14:02

     Il se contenta de hocher la tête lorsqu'Ismaëlle déclara qu'elle ferait son possible pour que Daenerys se sente au mieux lorsqu'ils se rendraient aux commémorations dont ils faisaient état quelques instants plus tôt. Maron considérait que son épouse devait aussi faire des concessions et même s'il avait débuté la construction des Jardins Aquatiques pour symboliser l'amour qu'il éprouvait pour elle, le Prince savait se montrer dur avec elle lorsqu'il le fallait. La Princesse ne lui en tenait généralement pas rigueur, elle s'était habituée au comportement très rude de son époux et ils se comprenaient, du moins c'était ce qu'ils avaient réussi à trouver comme moyen de communication puisque les discussions à cœur ouvert se soldaient généralement par une contrariété d'un côté ou de l'autre.
     La question ainsi réglée, ils purent se concentrer sur le sujet qui concernait directement Ismaëlle et celle-ci répondit à la question – en apparence anodine – du suzerain de Dorne. Ce dernier n'était pas sot et se doutait bien que ce sujet n'allait pas forcément être particulièrement gai, mais son rôle lui avait enseigné que pour parler de choses importantes il fallait souvent soulever des points dérangeants. Elle expliquait donc que son père faisait preuve de confiance à son égard et la manière dont le lord de La-Tombe-du-Roy agissait avec sa fille aînée prouvait clairement qu'il ne comptait pas se débarrasser d'elle en la mariant à un noble mineur. Les Forrest étaient une famille importante et liée à la famille suzeraine de Dorne, autant dire qu'ils pouvaient donc espérer faire des alliances avantageuses avec d'autres maisons, mais qu'elles seraient presque obligatoirement inférieures à la leur. Ainsi donc, « sacrifier » Ismaëlle pour un mariage qui la ferait entrer dans une maison moins importante reviendrait à la considérer comme moins importante que son frère jumeau. Maron savait bien que malgré les erreurs que chaque personne faisait et ferait dans sa vie, la demoiselle ferait une excellente dirigeante pour la maison Forrest. Son affection pour elle ne pesait pas dans la balance et il ne lui viendrait pas à l'idée de la juger plus digne que son frère parce qu'il s'entendait mieux avec elle. Les sentiments passaient après le devoir et le Prince n'hésiterait pas à faire passer Daenerys après les affaires s'il le fallait, autant dire qu'avec la jeune femme face à lui, ce serait exactement pareil.
     Comme elle expliquait que son père s'inquiétait pour elle et craignait qu'un tueur ne se dissimule à chaque coin de rue, Maron comprenait parfaitement. Avant d'avoir un enfant lui-même, il ne comprenait pas les sentiments d'inquiétude et d'appréhension qui pouvaient habiter son père ou même sa mère. Désormais il savait ce que c'était. Le Prince avait été très inquiet de laisser son héritier s'en-aller de Lancehélion pour rallier Port-Réal, en partie parce qu'il pensait à tout ce qui arriverait s'il se faisait tuer, mais aussi parce que l'idée de voir la chair de sa chair partir seule et sans qu'il ne puisse veiller sur lui, l'inquiétait au plus haut point. Pourtant de nombreuses fois son épouse lui avait dit éprouver le sentiment qu'il serait heureux que Nymeria devienne la future héritière de la famille Martell, ce qui signifierait forcément que le jeune garçon doive passer de vie à trépas. Il observa un instant la jeune femme avant de répondre.

     ▬ Je comprends que cette inquiétude vous dépasse, mais lorsque vous aurez vous-même des enfants vous verrez que l'on peut effectivement croire pour leur sécurité, même dans les endroits les plus improbables. Discours assez étrange sachant que lui-même ne le montrait pas réellement. Mais il semblerait en effet que votre père vous considère bien comme l'héritière de la maison Forrest et non comme une dame quelconque qu'il faut marier. Voyez-y le signe qu'il vous considère comme étant digne de votre héritage. »

     Après elle n'était bien évidemment pas en sécurité pour autant. Combien de fois se répétait-il que Myriah aussi était en bonne position pour hériter et qu'elle se retrouvait désormais bannie à Port-Réal, mère d'un Roi incapable et d'une fille qui servait de potiche ? Son sort n'était pas enviable, mais l'alliance qui unissait désormais les deux régions, était incomparable. Restait à espérer que rien de tel ne viendrait s'imposer dans l'univers de la jeune femme.
     Elle enchaîna, expliquant qu'elle avait récemment voyagé jusqu'à Villevieille afin d'y rencontre un membre de la famille Hightower. Il était prévu que le lord de cette maison soit lui aussi présent au conseil puisqu'il occupait le poste de Grand Argentier, peut-être que la jeune femme trouverait là l'occasion d'apprendre à mieux connaître cet homme ? Le Bief et Dorne n'étaient pas de grands amis, mais les choses devaient bien évoluer un jour et Maron était heureux de voir que des jeunes femmes semblaient capables de faire fi des relations de leurs deux régions. C'était un très bon point, Villevieille était une ville commerciale et par conséquent, être en lien avec les seigneurs de cet endroit pouvait apporter beaucoup. Le Prince hocha la tête à la fin de la tirade de son interlocutrice, il ne pouvait qu'approuver ces dires.

     ▬ J'espère que cette relation vous sera utile, en tous les cas ne la négligez pas, les gens du Bief accordent rarement autant de confiance aux habitants de Dorne. Vous pourrez certainement rencontrer lord Hightower au conseil, il y siégera en tant que Grand Argentier et vous serez peut-être amenée à le croiser. Il ne la quittait pas des yeux avant de continuer. Le métisse est une bonne chose, apprendre d'autres mœurs ne pourra que vous servir pour le jour où vous succéderez à votre père. »

     Si les choses avaient été différentes, peut-être que Maron lui-même se serait davantage intéressé à ce genre de choses. Mais ce n'était pas le cas et il était donc totalement inutile de s'attarder sur le sujet pour le moment. La discussion suivait son cours et la demoiselle reprit la parole tout en marchant autour de la table pour lui faire savoir que sa mère s'intéressait de près aux Orphelins. C'était une quête honorable, Maron lui souhaitait de trouver quelque chose, mais ce n'était pas forcément aussi facilement que l'on pouvait l'imaginer. Ismaëlle le renseigna alors sur le reste de sa famille en vantant les talents à la lance de sa sœur puis le côté « dame » d'une autre avant de conclure sur le petit dernier. Un caractère déjà bien affirmé ce qui n'était certainement pas pour déplaire au reste de la famille, bien que les relations avec le Bief ne seraient pas très améliorée si le jeune garçon tenait un pareil discours devant lady Hightower. Le Prince restait muet, attendant des informations sur la personne qui posait certainement le plus de problèmes à la jeune femme et elle ne tarda pas à le renseigner, plus qu'elle ne le souhaitait peut-être. La manière dont elle abordait ce sujet laissait penser au Dornien que la situation devait certainement avoir empiré. Il n'avait jamais trop compris cette rivalité qui existait entre eux, Doran le frère de Maron était la personne en qui ce dernier avait le plus confiance. Selon lui, la famille était la seule chose que l'on ne devait pas craindre. Un moment de silence s'imposa avant que le père de famille ne réponde, plus que le Prince pour le coup.

     ▬ Il semblerait que votre père craigne pour votre sécurité en vous voyant partir alors qu'apparemment, c'est chez vous que vous êtes le plus vulnérable. Ce n'était pas un reproche, juste une impression. Il est malheureux que votre frère ne comprenne pas que vous avez davantage besoin de son soutien que de son hostilité. La famille est bien la seule chose qu'un noble ne doit pas craindre, les rivalités sont déjà bien assez nombreuses entre maisons. La pauvre n'y pouvait rien, mais Maron se permettait toutefois de lui en parler. Le titre de lord n'est qu'une simple parure. Un bon combattant n'a pas besoin d'un titre de chevalier pour être doué, un bon noble n'a pas besoin du titre de lord pour être doué. En vous donnant son appui, Daärim aurait bien plus à gagner qu'en cherchant à vous supplanter. Il ne semble pas comprendre que l'alliance est préférable à la guerre. Mais je ne saurais lui jeter la pierre, de nombreuses familles sont dans ce cas, comme les Ferboys par exemple. Il faisait référence au fait que cette famille lui reprochait l'alliance faite entre Dorne et le reste de Westeros alors qu'ils auraient encore pu se battre des années. C'est pour cette raison que je vous estime plus apte à diriger votre maison d'ailleurs. Il ignorait que c'était elle qui avait lancé les hostilités en tentant d'empoisonner son frère bien évidemment. Avez-vous déjà tenté de lui faire comprendre ce point ou avez-vous abandonné dès les premiers signes d'hostilité ? »



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Message Dim 1 Juil 2012 - 22:41


Les paroles du suzerain tendaient au réconfort, au diaphane voile de chaleur paternel qu'elle ne connaissait que trop mais dont elle ne se lassait jamais. Si d'ordinaire, cependant, l'angoisse n'était que frivole quant à ce déploiement de bienveillance, le sujet de Daärim était d'authentique source phobique. Les mois s'étaient succédés, avec eux, les négoces fraternelles périssaient pour ne plus donner cours qu'à un antagonisme viscéral, aux racines gorgées du sang rival et pourtant de même génétique. Leurs dissonances en étaient d'autant plus scéniques qu'ils avaient partagé la même matrice durant neuf mois, en eux brûlait une symbiose dont nul mot n'aurait pu vanter l'essence, une convergence de sentiments tant exacte qu'il leur était même impossible d'en comprendre le sens. Ce qui les unissait, autant que ce qui les faisait diverger, était tout bonnement ineffable. Ismaëlle l'admirait pour cette opiniâtreté dont ils étaient tous deux édifiés, elle l'aimait car il ne pouvant en être autrement, elle le haïssait pour la même raison, puis le craignait encore plus que le courroux du panthéon Rhoynar. Une pléthore de contradiction qui l'empêchait d'ourdir un nouveau complot dans le dessein de lui ôter la vie, alors qu'il aurait été si aisé de réitérer la tentative de l'empoisonnement ou plus simplement, l'aide de l'un de ses roquets pour lui trancher la gorge. Puis, elle distinguait son reflet dans le miroir, ces discrètes coutures venues ornementer ses lippes en moins d'une année et toute la douleur d'hématomes qui n'étaient guère plus visibles. A qui lui faisait remarquer ces disgrâces en sa physionomie, elle répondait que la gaucherie n'avait pas d'âge ni de condition sociale, une allégation à laquelle son paternel commençait à avoir grand mal à prêter foi. Qui, pourtant, irait soupçonner ce fils modèle, parangon d'art guerrier et d'ornithologie ? Nul autre qu'un éhonté qui aurait tôt fait de se faire trancher la tête par le lord Forrest. La jeune femme elle-même n'osait dénigrer son jumeau une fois le pied en leur demeure, et réciproquement, elle ne pouvait subir ses injures si leur père se trouvait dans les parages. Dans toute l'ineptie de leur guerre, au moins avaient-ils la décence d'épargner les êtres qui les entouraient, car nul n'était enchevêtré dans leurs différends. Maron, quant à lui, avait l'intelligence de ne pas faire ingérence dans une affaire qui ne le concernait en aucun point, si ce n'était dans la considération de sa petite cousine.

Celle-ci mesurait le poids du discours qui lui était alors offert, des vérités illusoires qui lui rappelait, malheureusement, que son prince était lui aussi victime de sa mystification. Il lui prouvait derechef qu'il lui était impossible qu'elle lui confesse son tort. Il prendrait alors conscience qu'elle faisait partie de ces prestidigitateurs au doigté d'argent, et dans la plus folle des hypothèses, penserait que l'estime qu'elle lui vouait n'était que motivé par l'opportunisme. Comment pourrait-il comprendre, alors que la compréhension était une notion qui échappait même à la sylphide ? Elle ne pouvait prendre le risque d'égarer la faveur du prince, au-delà de la pesanteur politique, sa ferveur envers lui était sincère. L'ensemble de son univers s'effondrerait s'il venait à en disparaître, dans la simple mesure où nombre de ses repères gravitaient autour du Martell, quand bien même elle laissait son adulation croupir dans la plus occulte pénombre. Sinon, pourquoi s'importunait-elle à le garder de médisances capables d'ébranler sa notoriété ? Jouer à l'orée des Ferboys n'était pas sans danger, si bien qu'elle se surprenait à penser que cette Lyra serait mieux inhumée sous une dune de sable chaud. Une fois encore elle revenait à cette même conclusion : étancher sa dipsomanie de pouvoir et de contrôle nécessitait le sacrifice d'autrui.


  ~ Mon frère n'est qu'un rapace qui sillonne impassiblement le terrain, des jours durant s'il le faut, jusqu'à ce que sa proie ne cède à la vésanie. Il fond alors, serres affûtées et se repaît, lentement, d'un martyr moribond. Ses prunelles embrassaient l'extérieur du domaine, contemplant les quelques points chatoyants – les étalages des marchands – qui chamarraient cette partie de la médina. Avant de devenir un aigle, il n'était qu'un charognard, un piètre vautour. Sa transformation, aussi... Inexpliquée soit-elle – Menteuse ! - a emporté avec elle les derniers vestiges de bon sens que possédait Daärim. Nos échanges sont stériles, mais je sais qu'il essaie de convaincre notre père de me marier au plus offrant. C'est cette éloquente phallocratie qui le perdra. »

Bien que fardé d'hâblerie, ses dires n'en demeuraient pas moins véridiques en leur fond, le dialogue n'était guère plus plausible, preuve en était : le fauconnier usait de ses poings en substitution de mots. Certaines de ses moeurs n'étaient que trop extraite des influences ouestriennes, la domination du mâle sur la femelle et l'autocratie masculine de façon générale. Leurs aïeux en seraient blêmes d'outrage, Tysha elle-même s'était résigné à ne soutenir que sa fille en dépit de son instinct maternel. Ismaëlle ne pouvait sciemment se reposer sur ses lauriers, ses actions se devaient être constamment vantées après de Dagnar, pour qu'il puisse jauger la volonté de son héritière à s'impliquer dans la gérance du patrimoine. Elle n'avait guère manqué la tirade du prince à ce sujet, ce simple fait qu'il certifie la préférer pour la succession à La-Tombe-du-Roy l'emplissait d'une incommensurable fierté. Peut-être inconscient de la valeur de cette simple réplique, Maron lui léguait néanmoins une force qui la ballonna de résolution. Si le suzerain de Dorne le déclamait de vive voix, la vérité était donc ainsi, telle qu'il l'avait dite. La dryade se galvanisa de la confiance qui lui était, peut-être à tort, accordée, la souffrance peinte sur ses traits se dissipa pour ne plus être qu'aplomb finement tracé, même son poitrail se rehaussa intuitivement et simultanément à son port de tête. La noblesse transpirait par tous les pores de son épiderme hâlé, infatuée de son rang et persuadée d'être seule maîtresse de sa destiné. Un masque qui, à défaut d'être irréfragable, lui permettait de porter haut les macabres teintes de son écusson.

  ~ Mais il est vain de s'attarder sur des futilités ! La donzelle se tourna vivement en direction de son interlocuteur, une gracile mouvance retrouvée et une large risette. Vous m'avez appris qu'un bon guerrier appréhende les revers et lutte avec autant de stratégie que de frénésie. Une guerre n'est perdue que si nous nous affaissons dans notre combat et je n'ai guère l'intention de me priver de mon droit d'aînesse. Qui plus est, j'ai ouï-dire de source sûre que Daärim flagornait avec les Ferboys et autres seigneurs dévoyés, j'ai la sensation qu'il pioche ses alliés dans ma liste d'ennemis, le bougre. Notre famille s'est toujours montrée fidèle à votre patronyme, mon prince, je ne puis comprendre ce qui l'anime si ce n'est contrarier son monde. Il est pire que les fer-nés en matière d'esprit d'antinomie, un véritable enfant. »

A chacun ses armes, une phrase que le fauconnier lui avait susurré au creux de l'oreille cette triste sorgue où tout avait dérapé. « A chacun ses armes », se répétait-elle en écho dans le dédale de ses méninges, aussi profitait-elle de l'actuelle conversation pour vilipender sur son jumeau et, tacitement, convaincre le suzerain qu'il était en son intérêt de ne lui accorder aucune confiance. Son frère ne brillait pas de loyauté auprès des régents de la contrée, un avantage qui penchait en la faveur de son aînée. Elle n'escomptait cependant pas à ce que Maron lui exprime une hypothétique aigreur à l'égard du vil qui ne lui témoignait qu'une fallacieuse déférence, aussi lui semblait-il opportun de ne pas d'avantage lambiner sur ce fâcheux sujet. La donzelle haussa humblement les épaules, avant de retracer son chemin jusqu'au siège qu'elle avait abandonné depuis longtemps maintenant. Elle y fit choir son séant, reprenant ainsi place en face de son grand cousin auquel elle adressa de nouveau sa voix cristalline.

  ~ Je ne pense pas qu'il y ait matière à polémiquer, il ne sera pas un jour où la neige tombera à Dorne, je préserverai mon bien et poursuivrai dans ma quête d'avènement. Ceci était clarifié, puis-je à mon tour prendre de vos nouvelles ? Elle lui adressa un franc sourire. Dites-moi, comment vous portez-vous depuis notre dernière rencontre ? Votre épouse, les enfants ? Votre frère ? Elle se souvint alors d'un détail. Je n'ai pas revu le prince Trystan depuis sa pérégrination et n'ai donc pas eu l'opportunité de le questionner quant à son voyage, ses attentes ont-elles été comblées ? »

Elle se doutait que Maron avait été contraint de prendre sur lui pour laisser son héritier faire la cour aux odyssées, mais il ne lui semblait pas avoir entendu parler d'une quelconque anicroche durant l'expédition du jeune garçon. Il était de bonne augure que celui-ci s'ouvre au monde l'entourant, une qualité qui aurait, dans un lointain futur, peut-être raison de l'autarcie de leur beau désert.
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Maron Martell
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Message Lun 2 Juil 2012 - 14:38

     Les histoires de famille étaient bien compliquées et des fois Maron en venait à se demander si elles valaient réellement la peine d'être réglées. Il était tellement plus simple de ne pas s'attacher à d'autres et de ne pas avoir les ennuis inhérents à une relation sociale poussée. Seulement même le plus insensible des hommes éprouvait forcément le besoin d'avoir quelqu'un à ses côtés et malgré son apparence distante, le Prince était un homme de cœur. Il n'aimait pas facilement et pas souvent, mais lorsqu'il le faisait, c'était sincère. Voir des familles se déchirer le chagrinait donc, surtout pour des choses telles que l'héritage qui, au final, n'étaient décidées que par la Mère Rivière. Grand croyant, le Dornien considérait que si c'était la jeune femme qui avait vu le jour la première et non son frère, c'était parce que la Mère Rivière le souhaitait. Ainsi donc, que Daärim refuse ce que la nature elle-même avait décidé le rendait assez perplexe. Peut-être qu'ils n'étaient pas aussi respectueux de la religion que les Martell ? Maron ne le savait guère, ils n'avaient jamais vraiment discuté de religion avec sa protégée, même s'il était de notoriété publique que le Prince avait refusé que ses enfants n'adorent les Sept. Ils étaient Dorniens et même avec une mère Targaryen, ils devaient adorer les divinités de leur région natale. Que cela plaise ou non à Daenerys.
     Ismaëlle dessinait un portrait bien sombre de son frère et Maron aurait difficilement pu rater le fait qu'elle n'avait vraiment qu'une estime très basse de son jumeau. Ainsi donc le jeune homme n'attendait qu'une seule chose, que sa sœur soit donnée en mariage à un jeune noble pour lui laisser la voix libre jusqu'au titre d'héritier. Un comportement bien honteux de l'avis du Prince qui n'avait jamais convoité la place qu'il occupait à ce jour avant d'y accéder suite à une décision de la Mère Rivière – ou plutôt de feu son père – mais tout le monde n'avait pas la même vision des choses que lui. Malheureusement. Cela dit, la demoiselle n'avait pas à s'inquiéter, les personnes vénales faisaient long feu et finissaient leur vie avant même d'avoir pu en profiter. Il hocha la tête d'un air entendu, signifiant qu'il comprenait bien.

     ▬ Il présente surtout un côté bien peu valorisant de sa personne. Il est dommage qu'il soit si avide de pouvoir, il aurait pu faire une excellente aide pour diriger La-Tombe-du-Roy, mais il est trop ambitieux. J'espère que la raison lui reviendra tôt ou tard, les hommes qui veulent aller plus haut qu'ils ne le peuvent retombent toujours très bas et ne se relèvent jamais indemnes. »

     Il n'appuyait pas plus son discours. Jusqu'à présent, il n'avait toujours eu que la version de la jeune femme et même s'il avait une profonde affection pour elle, Maron ne jugeait et ne condamnait pas sans entendre les deux versions. Le jour où il croiserait Daärim, le Prince pourrait envisager de se forger une idée sur la véritable personnalité de cet homme. Il était bien placé pour savoir que les personnes qui n'aimaient pas un individu dépeignaient souvent un portrait bien noir du concerné, bien plus beaucoup plus sombre que ce qu'il était réellement. Cela dit, le Dornien ne pensait pas forcément que ce soit volontaire de la part d'Ismaëlle, bien souvent malgré soi, l'on se laissait emporter par ses sentiments et l'on disait des mots qui dépassaient notre pensée. La haine qui semblait installée entre les jumeaux pouvait donc fortement parasiter leur vision des choses. À ce jour par conséquent, il n'avait pas encore condamné Daärim dans son esprit, même si son appui allait tout de même à la jeune femme et non à son frère.
     Elle chassa finalement le sujet de la conversation après avoir déclaré qu'elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Cela dit lorsqu'elle déclara que le jeune homme avait peut-être dans l'idée de se rallier aux Ferboys, la chose ne plut guère à Maron. Si telle était bien la vérité, il risquait d'y avoir un gros point négatif du côté du frère de la demoiselle. Le Prince ne pardonnait pas la trahison et jamais il ne pourrait estimer Daärim comme quelqu'un de valeur s'il allait sans honte se mettre du côté des rebelles. C'était même une véritable honte de l'avis du Dornien, lorsque l'on avait connaissance du fait que les Ferboys s'étaient battus du côté des Ferboys à Herberouge et que les Forrest avaient été du côté loyaliste. Ce serait comme de s'allier avec les Fer-nés pour obtenir de meilleurs prix des marchands des Cités Libres. L'annonce d'une telle « trahison » avait véritablement contrarié Maron qui décida qu'il serait peut-être temps de rencontrer le concerné sous peu histoire de tirer cette affaire au clair. Ne serait-ce que par prudence.

     Il ne fit guère état de ses pensées comme Ismaëlle venait reprendre place sur son siège avant de continuer la discussion pour se renseigner sur la famille du Prince et savoir comment Trystan avait pris son voyage. Une erreur de l'avis de Maron, mais pour une fois il avait voulu accorder à Daenerys ce qu'elle lui demandait : laisser leur fils voyager un peu et apprendre à connaître ses racines à Port-Réal. L'idée ne l'avait pas franchement enchanté, mais afin de prouver à son épouse qu'il pouvait se montrer gentil avec son aîné, il avait décidé de lui concéder cette faveur. Grosse bêtise ! La légère expression de lassitude qui se dessina sur le visage du Prince informa son interlocutrice qu'il n'était pas ravi de cette sortie.

     ▬ Pour être franc; Trystan sembla avoir pris goût aux voyages, il souhaitait visiter la citadelle des mestres de Villevieille et même pousser jusqu'au Mur dans le Nord, mais j'ai malheureusement dû interrompre ses rêves. Chose qui lui avait valu des tensions avec son épouse. Il était à Port-Lannis lors de l'attaque des Fer-nés, mais a heureusement été protégé par les gardes de lord Lannister et ceux qui l'escortaient depuis Dorne. Cet événement m'a convaincu que la place du futur Prince de Dorne n'était pas sur les routes, mais bel et bien à Lancehélion. Lui-même n'était jamais sorti de Lancehélion avant un âge assez avancé. Mais il a été enchanté par Port-Réal et les rencontres qu'il y fit. Il semble d'ailleurs avoir fait une très bonne impression à lady Maura Lannister, elle a expédié un corbeau à Daenerys pour la féliciter de l'éducation de son fils. Leur fils plus exactement, la différence était subtile, mais présente. Dans l'ensemble je dirais qu'il a l'air d'avoir eu plus qu'il n'espérait à son départ, mais moins que ce qu'il souhaiterait à présent. »

     Il ne parlait guère de l'inquiétude que lui-même avait ressentie en apprenant que son fils avait été au devant des ennuis. Et si les Fer-nés lui étaient tombés dessus ? Quelle folie avait-il eu de le laisser partir en pleine guerre ? Tout cela à cause de Daenerys. Non, à cause de lui, parce qu'il n'avait pas su lui dire non cette fois-ci. Encore. Désormais il ne se laisserait plus avoir par les belles prunelles violettes de son épouse et elle semblait avoir compris ce point. Il chassa ces pensées de son esprit avant de reprendre.

     ▬ Daenerys et Nymeria se portent à merveille, elle ont hâte que les Jardins Aquatiques soient terminés, mais ce n'est malheureusement pas pour le moment vu la guerre. Quant à Doran et Dorea je dirais qu'ils sont fidèles à eux-mêmes et toujours aussi indépendants. Dorea, sa sœur cadette, n'éprouvait toujours pas le désir de se marier, malgré les nombreuses propositions qu'elle recevait malgré son âge « avancé », à croire que s'occuper de son neveu et sa nièce lui suffisait. Mais tout ira bien mieux une fois que la guerre sera terminé. J'espère que nous aurons votre visite une fois que les Jardins seront achevés ? »



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Message Mar 3 Juil 2012 - 18:56


Etre ambitieux était un acabit autant que cela pouvait se transformait en défaut, toute notion avait besoin d'équilibre dans son expression et ses projets. De grands noms s'étaient effectivement perdus par trop de prétention, mais si Ismaëlle s'interrogeait parfois que la plausibilité de ses desseins politiques, l'humilité ne faisait pas partie de ses moeurs. Elle se voilait de déférence en présence de Maron, modeste gemme qu'elle était à côté de la parure princière dont le scintillement était digne de la nitescence du soleil. Sa circonspection épousait les formes de l'estime qu'elle portait à ses interlocuteurs, cependant, elle n'en demeurait pas moins une noble dame particulièrement infatuée de sa condition. Si son frère parvenait à mettre à mal cette confiance dont elle se gonflait, elle ne pouvait décemment croire qu'il finirait par la supplanter de son phallocentrisme. Dans toute la raillerie de l'allégorie, la jeune femme affirmait qu'elle eut été celle qui prenait le plus de place dans la matrice de leur génitrice lorsqu'ils se partageaient encore ses entrailles. Une illustration qui avait toujours contrarié Daärim, contraint malgré lui de se résigner à cette vérité, celle qu'il avait toujours été dans l'ombre de sa soeur aînée. Désormais, c'était lui qui faisait preuve d'une outrageante présomption à vouloir la faire choir de son piédestal, une folie que d'imaginer le domaine familial à la mauvaise gérance d'un homme qui ne s'intéressait qu'au plumage de ses fidèles rapaces. Avec cela, il osait tourner l'échine à la superbe de leur suzerain, l'imbécile, comment pouvait-il seulement prétendre être un parangon de diplomatie ? Aucune allégation ne pourrait estomper la gravité de cette bévue, car il aurait fallu être à l'apogée de l'ineptie pour confier le poids d'une certaine tentative d'empoisonnement au prince de Dorne. Du moins, elle espérait que celui-ci préfère la défense de sa dévouée à l'imputation d'un hypothétique futur insurgé.

Inutile de poursuivre sur ce sujet, celui du jeune Trystan était d'un intérêt tout trouvé et elle projetait déjà de directement interroger ce dernier lorsqu'elle le rencontrerait. Néanmoins, elle devina au mimesis de son vis-à-vis qu'elle était certainement la seule de leur binôme à s'enthousiasmer de ce récit, l'accablement pointait inexorablement dans les onyx rutilants du puissant sieur. Elle connaissait sa propension de « séquestrer » ses proches en leur propre logis, à Lancehélion et, en de rares cas, en d'autres localisations de la contrée. Il n'était pas homme avec lequel parlementer était chose aisée, chaque angle de mots devant être finement poncé avant d'être présenté au Rhoynar enclin à s'embraser à la moindre anicroche. Elle avait déjà été témoin de ses âpres colères, et ne souhaitait à personne d'en être la victime, pas même à son pire rival – quoi que. Ainsi donc, la Mère Rivière avait décidé de jalonner la route du petit prince d'une offensive fer-née, bien qu'il avait dû être le premier à être mis en sécurité. Si elle n'en miroita rien, elle jugea intéressant de recueillir l'avis du principal concerné quant à cette expérience, qui se garderait certainement de lui confesser ses véritables pensées. Après tout, n'était-elle pas une suivante zélée de son père ? Probablement qu'au revers de sa surprenante placidité, le garçon la soupçonnait trop partiale pour être digne de confiance. Et il n'avait pas tort.


  ~ Je comprends qu'il cherche après ses racines targaryennes, la curiosité est de bonne augure, mais il ne faut pas qu'il s'en laisse aveugler et soit détourné de ses responsabilités. L'héritage, encore une fois, était un trésor bien trop précieux pour être négligé. C'est tout à votre honneur de l'avoir laissé entreprendre ce voyage, il est plus que certainement revenu fort de ses expériences. Cependant, je ne peux que corroborer votre décision d'assagir ses envies, autant ne pas tenter inutilement le sort. »

Paradoxalement à son discours, la sylphide ne supportait pas même l'idée d'être consignée à La-Tombe-du-Roy sans plausibilité de s'en extirper. Elle aimait sa demeure, cette forteresse chargée de faits historiques et de légendes qui attisaient l'émerveillement de beaucoup. Elle était fière d'y avoir vu le jour et d'en être l'héritière, mais sa soif d'exploration et de potentielles alliances l'encourageait à ne pas se limiter aux futiles affaires de leurs serfs et à s'ouvrir sur un univers empli de ressources. Mais évidemment, son cas ne pouvait être comparé à celui qui succéderait à Maron, la substantialité du patrimoine n'était pas de même envergure et c'était tout un peuple que Trystan aurait, un jour, à guider. S'il ne parvenait à être digne de son rang de légataire, restait encore l'espoir d'une petite fleur aux vives couleurs, Nymeria n'était pas exclue de le remplacer. Une perspective qui était lourde au coeur de l'actuel suzerain, lui qui semblait tant insatisfait du manque de caractère de son fils. Il aurait été inopportun de soulever la question de la hoirie, aussi préféra t-elle se concentrer sur les nouvelles octroyées concernant le reste de la famille et même la fratrie Martell. Frère et soeur que la Forrest avait déjà eu l'opportunité de rencontrer à maintes reprises, mais auxquels elle ne se liait d'aucune connivence. Quand bien même, elle fut heureuse de constater que nul heurt inusuel n'ébranlait la quiétude du palais.

  ~ J'en conviens, oui. Répondit-elle concernant l'aboutissement de la guerre et le trépas des tensions qui y étaient affiliées. Elle le considéra ensuite d'une oeillade entendue, lorsqu'il la questionna quant aux Jardins. Si fait, mon seigneur, il serait discourtois que je ne me déplace pas pour un tel événement. J'ignore tout du terme de la construction, mais si vous m'en tenez informée, je pourrai rallier Lancehélion peu de temps avant qu'ils ne soient achevés. Peut-être même avec quelques membres Forrest, à défaut de l'entière famille. »

Honorée que le dornien la souhaite derechef à ses côtés, il était avéré qu'elle abandonnerait tout autre projet pour rejoindre la capitale lorsqu'il le lui fera savoir. Elle se demandait si le havre de végétation qui se préparait allait revêtir une apparence bieffoise, aux verdoyants ramages, un antre épuré par la mélodie et la fraîcheur de l'eau ruisselante. Dans tout ce qu'ils entreprenaient, les Martell étaient, de nature, passionnés, ce qui n'était pas sans expliquer la ténacité qui était également leur. Ismaëlle était intimement persuadée que pour l'amour de sa dragonne, il aurait été apte à déraciner le plus robuste des fûts et de traverser le désert pour le ramener jusqu'à elle. Daenerys en avait-elle conscience ? Elle espérait sincèrement que l'entente entre les époux se pacifierait avec l'arrivée des fameux Jardins Aquatiques, qu'elle avait elle-même hâte de découvrir. Tysha l'accompagnerait plus que sûrement, mais quant au lord Dagnar... Ce dernier serait moins extatique à se déplacer. Il n'avait jamais approuvé la construction de cette flore qui n'avait, selon lui, pas sa place dans leur paysage. Une controverse qui agitait souvent La-Tombe-du-Roy, un sujet qui mériterait peut-être d'être abordé lors des prochaines commémorations organisées. Les cousins pourraient alors s'adonner au débat si tel était leur désir, sans omettre qu'une conversation entre deux dorniens, même s'ils se respectaient, n'était pas exempte de grimper crescendo. Son père accepterait-il de mettre son aigreur de côté, par simple preuve de sa bonne foi envers les Martell ? Cela était encore tout à fait plausible, le sieur Forrest savait faire des concessions, voilà qu'elle songeait à l'entretenir de cet événement à venir. Si bien que son regard s'était perdu dans l'immatériel, une brève absence, de laquelle elle se rendit néanmoins compte.

  ~ Pardonnez-moi, je suis dissipée... La donzelle fut rattrapée par la fatigue. Elle tapota évasivement sa coiffe en respirant profondément dans l'espoir de pouvoir recouvrir sa concentration, même minimale. Le voyage a été long, je crains de ne vous être que d'une médiocre compagnie. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aspire à un peu de repos. »

L'anatomie d'Ismaëlle était tiraillée de courbatures jusqu'alors ignorées, elle se souvenait alors qu'il était plus ardu de pérégrination à travers le désert que sur les autres terres. Aussi, lui fallait-il rédiger les épîtres à l'attention de ses parents et préparait sa garde personnelle à leur prochaine destination qu'était Port-Réal. Tous deux auraient cependant l'opportunité de poursuivre leur discussion dans la mesure où ils se coudoieraient pour les deux ou trois semaines à venir. Cela faisait fort longtemps que la demoiselle n'était pas restée aux côtés de son prince autant de temps, et avait bien l'intention de l'accompagner dans son quotidien ou, plus simplement, d'être prête à le servir s'il la sollicitait pour une quelconque tâche.
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Message Mer 4 Juil 2012 - 11:59

     Maron écoutait attentivement ce que lui disait son interlocutrice, même si son expression était totalement neutre, il n'en était pas moins intéressé pour autant. Il était vrai que la recherche de ses racines maternelles pouvaient être importantes pour Trystan, le Prince l'avait toujours compris et même s'il désapprouvait totalement cette attirance que le jeune garçon éprouvait pour Port-Réal, il ne pouvait lutter contre. C'était donc bien pour lui permettre de classer cette obsession dans les sujets « réglés » que le Prince avait accordé à son fils, le droit de partir à la découverte de sa famille maternelle. Dorea l'avait accompagné afin de veiller au bon déroulement de cette sortie et de ce qu'elle avait rapporté à son frère, la jeune femme avait eu le sentiment que Trystan s'était épanoui à cette période. Était-ce en raison de la découverte de nouveaux horizons, ou comme Maron le pensait, parce qu'il n'avait pas eu son père sur le dos pendant plusieurs semaines ? Responsabilités et vie de famille épanouie n'étaient pas compatibles, le suzerain de Dorne n'avait su dès son enfance lorsqu'il voyait la manière dont son géniteur traitait ses enfants - plus particulièrement son fils aîné - et il l'avait confirmé avec les siens. C'était un devoir de se montrer inflexible pour être fidèles à ses origines, à la devise de la maison Martell plus précisément. Ainsi donc, Maron espérait qu'après cette découverte des Targaryen le jeune Prince pourrait tourner la page et se concentrer sur quelque chose de plus utile pour Dorne. Malheureusement pour eux, l'enfant semblait surtout avoir pris goût aux voyages. Mais les choses s'atténueraient avec l'âge, Trystan était un enfant intelligent et le Dornien restait persuadé qu'il comprendrait que l'intérêt de leur peuple venait avant celui de leur famille ou même de leur personne. C'était dur à assimiler, mais s'il avait du sang Martell dans les veines, l'héritier de Lancehélion comprendrait.

     Les paroles d'Ismaëlle entraient en accord avec les pensées du cousin de son père, il était évident que l'obsession pouvait rapidement faire perdre de vu des responsabilités plus importantes. Il suffisait de voir le Roi et sa passion dévorante pour les livres. Il ne voyait pas son royaume s'effondrer devant ses pieds. Et même s'il ne l'avait jamais dit à son épouse, Maron soupçonnait fortement que les gènes des Targaryen ne soient pas entièrement dignes de confiance, ils étaient défaillants et le Prince ne souhaitait pas voir ce manquement au devoir couler dans les veines de son successeur. Des pensées qui resteraient à jamais dans l'esprit du père comme du suzerain, car il n'était pas question pour lui de confier de telles pensées à qui que ce soit. Pas même à Ismaëlle malgré toute la confiance qu'il avait en elle.

     ▬ Trystan est encore jeune, il a beaucoup à apprendre avant de me succéder. »

     Il ne restait qu'à espérer que la Mère Rivière accorde suffisamment de temps à Maron pour qu'il puisse correctement élever son fils. Olyvar, le père du Prince était mort alors que ce dernier était encore très jeune et même s'il avait appris énormément de choses durant son enfance, le Dornien ressentait toujours un certain manque. C'était certainement pour cette raison qu'il agissait avec autant de rigueur dans sa vie de tous les jours, il ne souhaitait pas que l'on garde un souvenir de lui comme étant « celui qui n'a pas été à la hauteur de son père » ce serait une plus cuisante défaite que si Trystan se montrait indigne de son patronyme. Maron oubliait souvent que son fils avait à peine dépassé les dix ans, il était déjà très mature pour son âge, mais pourtant le Prince ressentait toujours une certaine déception. Un éternel insatisfait qui ne se rendait pas compte du creux, que dis-je, du gouffre qui séparait Trystan des autres enfants de son âge. Il n'inventait rien, ces paroles même étaient tirées de la missive de lady Maura afin de complimenter Daenerys sur l'éducation de son fils. Inflexible comme toujours.
     Concernant la question des Jardins Aquatiques, Ismaëlle se décréta prête à se déplacer en ajoutant qu'il aurait été fort discourtois de ne pas se déplacer pour cet événement. Maron n'était pas idiot, il savait que ce cadeau qu'il faisait à son épouse n'était pas du goût de tout le monde, mais bien évidemment il ne changerait pas d'avis pour autant. C'était la seule parcelle d'égoïsme qu'il s'autorisait depuis son arrivée au pouvoir et elle n'était destinée qu'à montrer à son épouse qu'elle était et resterait le seul amour de sa vie. Que cela plaise ou non à ses vassaux lui était égal pour l'instant. Il estimait que Daenerys méritait une telle attention, mais n'était pas pour autant aveuglé par son amour pour elle. Hochant la tête aux paroles de la demoiselle, Maron répondit assez brièvement, lui-même ne connaissait pas encore la date exacte de la fin de la construction.

     ▬ La construction ne reprendra qu'à la fin de la guerre et il faudra encore que nous regardions avec les Estremont qui sont chargés de l'acheminement des pierres, mais ce n'est que des détails sans réelle importance. Vous serez la première avertie dans ce cas et j'espère y voir quelques membres de votre maison. »

     Maron pensait que même si de nombreuses familles n'approuvaient pas ces constructions, elles viendraient simplement pour faire acte de présence et que personne ne puisse dire ouvertement qu'ils n'étaient pas fidèles aux Martell. Restait à voir lorsqu'ils auraient l'occasion de se réjouir de la fin de cette construction bien évidemment, mais pour le moment l'esprit du Prince était occupé par d'autres choses plus importantes, comme le futur conseil restreint. Ce vu à ce moment qu'Ismaëlle s'excusa en se déclarant fatiguée par le long voyage qu'elle venait de faire. En effet, le trajet entre les deux forteresses n'était pas minime et elle n'avait guère eu l'occasion de prendre un peu de repos. Il acquiesça du chef lorsqu'elle lui demanda l'autorisation de pouvoir se retirer, Maron se redressa à son tour avant de rétorquer.

     ▬ Cela me semble plus approprié en effet, nous aurons encore l'occasion de discuter à l'avenir, allez vous reposer. »

     Il salua donc la jeune femme avec sincérité en lui souhaitant un bon repos et la laissa se faire accompagner jusqu'à sa chambre par une domestique qui passait par là. Quant à lui, le Prince profita de cet instant de solitude pour commencer à préparer les évènements futurs, mieux valait débarquer à Port-Réal avec une idée précise de la situation.



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
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La confiance n'exclut pas le contrôle ▬ Ismaëlle

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