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« On fait ce qu'on peut avec l'alcool que l'on a dans le sang. » [PV Mycah]

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Message Mar 19 Juin 2012 - 12:32

Près de cinq semaines avant mon retour dans le Val


Avec un soupir, je poussai ma monture sur le sentier, direction : le Nord. La rumeur qui voulait que le seigneur de Lonbec cherche une nouvelle lame était soit fausse, soit périmée. Résultat, j’avais fait plusieurs semaines de voyage dans le vide. Alors, tant qu’à faire, autant en profiter pour faire un peu de tourisme, n’est-ce pas… Alors, depuis ce matin, je choisissais aléatoirement la route à suivre –une fois à gauche, parfois à droite, et la dernière fois, j’avais décidé de couper à travers champs avant de me faire courser par un indigène hostile.
Je venais de passer Grigibets, puis Pierheaume, et je longeais la rivière : ainsi, j’irais probablement jusqu’à Frétilletrique. Comme je le sentais, j’allais probablement dévier jusqu’à Wensington –peut-être même Accalmie, soyons fou- et, au final, je n’aurais qu’à poursuivre tout droit jusqu’à Combemèche. Quoique, il faudrait que je passe par la mer… Sinon, je pourrais toujours repartir vers l’Ouest et passer par Port-Real et Herpivoie.
Pour l’heure, je devais reconnaître que les paysages me décevaient quelque peu. En effet, ne voir que les montagnes et de l’eau de l’aube au crépuscule était bien sympathique au départ, mais il fallait avouer que l’enchantement de la beauté sauvage des pics déchirant le ciel nuageux ne fonctionnait que quelques heures : aussi, la vue d’une auberge à quelques lieues de ma position m’arracha un sourire. Un type était en train d’y entrer, ce qui signifiait nécessairement que le service avait commencé, me donnant une idée de l’heure. Talonnant Alundra afin qu’il passe au petit galop, je me réjouissais d’avance à l’idée de me régaler d’un chapon… ou alors d’une simple caille au beurre, d’ailleurs. Rien que d’y penser, mon estomac se manifesta bruyamment. Peut-être même y aurait-il du cerf…
Arrêtant ma monture devant la porte à double battant, je sautai à terre dans un fracas métallique qui pourtant sonna doucement à mes oreilles. Je récupérai mon arme, que j’avais suspendu à l’arrière de ma selle, accrochai mon baudrier d’épaule, avant de me raviser : après tout, autant ne pas sembler hostile pour un premier passage dans ces terres inconnues. Je me contenterais de ma dague…
L’atmosphère de la taverne était bruyante ce qui, après le silence presque assourdissant de la route de montagne, était assez rassurant. Sans parvenir à me départir de mon large sourire, je me renseignai sur le menu. De fait, rien ne m’interpellait particulièrement, mais ma faim finit par l’emporter. Après avoir commandé du bœuf et du pain de froment, accompagnés d’un pichet de bière, je lançai un coup d’œil circulaire à la salle.
Dans le fond, une paire de rhapsodes contait à qui voulait –ou plutôt pouvait- l’entendre des histoires mirobolantes de chevaliers, de princesses, de dragons… ce qui me fit me souvenir de l’image que je me faisais des chevaliers dans mon enfance. La faim avait visiblement tendance à me rendre mélancolique… Une fois le plat prêt, je surpris la serveuse –une femme d’une quarantaine d’années, dirais-je, plutôt ronde, de type andal- à me considérer, une expression quelque peu stupide sur les traits. Voyant mon air interrogateur, elle finit par parler :


’C’que vous mang’rez d’bout, messer ?

J’eus pour elle une pensée presque émue, non loin de la condescendance –ce qui eut le don de m’auto-agacer-, avant de répondre de mon ton le plus aimable :

Non, je prendrai une table –s’il vous en reste une de libre, bien sûr.

Opinant vivement, elle fit demi-tour avec une grâce étonnante pour sa corpulence et se fraya un chemin parmi la foule, écartant parfois d’un revers de main quelques soûlards en direction de la porte, qui obéissaient en grommelant et chancelant. Elle jouissait visiblement d’une certaine notoriété, pour ne pas dire qu’elle semblait crainte par les habitués. Peut-être même s’agissait-il de la patronne ? Non, probablement pas. Perdu dans ces réflexions, j’avais toutefois l’impression latente que ma simple présence rebutait certains des piliers de taverne, mais je tâchai néanmoins de ne pas y penser… Mon programme se résumait à manger, peut-être boire un peu, puis reprendre la route ; je n’avais rien de particulier à faire ici.
Après quelques secondes de marche, toujours perdu dans mes pensées, je n’arrivais à déterminer ni la justesse de mon impression d’avoir fait en vain le tour complet de la salle, ni comment diable elle parvenait à garder mon repas en équilibre sur son poignet, et encore moins si ledit repas serait toujours chaud quand je finirais par trouver une place. Voyant la femme visiblement perdue, je saisis gentiment mon plat, et expliquais sous ses yeux hébétés :


Je trouverai une place à une table déjà occupée, ne vous faites pas de souci pour moi. Je ne vous retiens pas plus longtemps.

Déposant un cerf dans la main tendue, je fis quelques pas devant moi, absolument perdu. Du coin de l’œil, je remarquai un type, un peu plus jeune que moi, que je reconnus comme celui qui arrivait au moment où j’avais aperçu l’auberge pour la première fois. Affalé sur une chaise en bois, il riait bruyamment avec ses compères de tablée. Songeant qu’il avait l’air sympathique et que, de fait, je pourrais peut-être prendre place avec lui, je me composais mon expression la plus affable avant d’aller dans sa direction à grands pas. Lançant un regard plus que méfiant à mon armure, les types qui l’entouraient se levèrent tel un seul homme et sortirent de la taverne sans ajouter un mot.
Je déposai mon plat à une place désormais libre, tandis que l’autre, qui était resté, continuait à rire. Je profitai de son inattention pour l’observer de plus près : de type Dornien, il avait la physionomie du rieur-né. Prenant mes aises, je retirai mes gantelets et m’apprêtai à attaquer mon repas, avant de me souvenir des bonnes manières. J’aurais pu me gifler d’être passé si près de les oublier. D’un geste vif, je tendis la main par-dessus la table à mon camarade d’un jour.


Je me nomme Ervin Cirley, chevalier errant. Pardonnez-moi d’avoir fait partir vos amis, ce n’était guère dans mon intention.


Dernière édition par Ervin Cirley le Mar 26 Juin 2012 - 8:46, édité 1 fois
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Message Mar 19 Juin 2012 - 17:09

C'était sa dernière soirée dans ce respectable établissement qu'était "La tempete couronnée", une auberge coincée entre Pierheaume et Frétilletrique qui restait un haut lieu de perdition , une taverne sans gloire de chaume et de bois décrépis qui ne tiendrait pas la prochaine soufflerie du Detroit des Naufragés et pourtant Mycah appréciait ce bouge depuis maintenant presque deux semaines . Deux semaines ou chaque soir le patron et sa serveuse, une brute de femme mais si tendre lorsqu'on grattait sous sa carapace, offraient à Mycah gîte et couvert en échange de quelques parts de viandes détaillés dans ses trophées. Rarement il avait pu braconner aussi facilement sur des terres seigneuriales, sangliers cerfs, oiseaux et autres mammifères abrités par le Bois de la Pluie, succombaient jours après jours sous les flèches du Dornien et des étals de marchés voisins aux écuelles des restaurateurs on mangeait avec appétit une viande que l'on ne savait pas illégale.

Enfin, soupira t il en poussant la porte, toute bonne chose avait une fin. Savoir que leurs terres étaient pillées par de simples roturiers exaspéraient au plus haut point les familles et la réaction tant redoutée finit par arriver, les forestiers des noblesses commençaient en effet à traquer dangereusement les hors la loi.
Comme Mycah se le disait souvent : "C'est lorsque le chasseur devient proie qu'il est temps de fuir.''
D'autant plus qu'ils étaient loin de n'être qu'un groupe reculé, la nouvelle, surtout dans une région boisée comme les Terres de l'Orage, que des nobles rabaissent leur attention s'était rependue telle une traîné de Feu Grégeois à travers le réseau de rabatteur qui s'était installé dans cette région et avait rameuté sur ces parcelles de terre la moitié des chasseurs des environs.
C'est donc sans surprise qu'en entrant dans l'unique grande salle de l'auberge que Mycah découvrit au fond, tous assis autour d'une grande tablée de chêne, l'ensemble de ses amis de délit. Braconniers et traqueurs tous passaient leurs journées à poursuivre plumes et fourrures avant de venir se détendre à ce lieu de rendez vous. Son entrée fut acclamé et d'un sourire taquin Mycah se dirigea vers eux, faisant place de par en par à travers la foule et le bruit qui encombraient la place. C'est à mis-chemin qu'il put entendre l'un d'eux, un grand gaillard à l'embonpoint dominant qui l'interpellait depuis bien une minute.


Eh Mycah, s'coup la j'ai gagné, j' t'ai traqué un sanglier mon amis il devait bien peser dans les 90 livres. Alors quesstu dis de ça !


Ce que j'en dis ? Je pense que balourd comme tu es tu t'es perdu et tu as suivis tes propres traces mon amis !

Aussitôt les rires fusèrent à la table et l'homme se rassit sans répondre d'un mots, le chasseur finit par parvenir à la table et avec un grand sourire en coin fièrement affiché sur son visage, il tapa le dos de son compagnon bien malchanceux d'avoir voulut rivaliser avec la répartie du Dornien.

Allez Loras, fait pas ton frustré depuis le temps que je te connais, je sais très bien que tu finiras pas céder aux rires et puis n'est ce pas ma dernière soirée mes amis, cela mérite que j'offre ma tournée.

Holla Cunégonde une choppe à chacun et que ca tourne vite.


L'annonce et l'appel furent accompagnés de hurlements festifs, le petit groupe de traceurs, faisait fête à celui qu'ils considéraient finalement tous comme un chef de fil, '' Tu sais parler, rien que ca, ca te rend meilleur que nous '', lui avait même dit l'un d'entre eux un jour. Pourtant d'un leader Mycah n'était rien, il aimait se sentiment de reconnaissance et d'admiration, mais ces hommes représentaient plus une fratrie pour lui, une fratrie dont certes il était l’aîné.
Alors que cette chère bourru de Cunegonde, bien que ca ne soit pas son vrais nom, apportait les caluches de bières avec son étrange mélange de brutalité et de dextérité, la porte s'ouvrit brusquement et les tintements du métal se firent entendre à travers la pièce. Aussitôt les rires s’arrêtèrent et les regards se retournèrent, conscient que c'était peut être un chevalier qui avait fini par retrouver leurs traces et qui venait rendre justice au nom de son Lord, Mycah ne réagit pas pour autant, il savait pertinemment que le silence était le meilleur des aveux, il rassura le petit groupe et fit redémarrer la joie par un entrechoquement de bière en son nom et son départ. Quelques gorgés plus tard, il avait déjà repris son récit et l'homme de fer était redevenu le cadet de ses ennuis.


Mais je te jure !! Un cerf avec des cornes de la taille d'une griffe de dragon. Et enfin pour finir, et bien tu n'aurais pas gagné avec ton bestiaux, car j'ai chassé un monstre dans le début de l'après midi, écoute moi bien, je suis tombé sur un autre cerf et je l'ai eu et mon amis 110 livres à la pesée, j'en ai ramassé 7 cerf d'argent.


Et d'un geste il étala sa fortune sur la table, face aux regards de ses compagnons, seul ce sacré Loras se permit une nouvelle fois de mettre en doute la parole du chasseur.

Mais dit moi, 110 livre c'est presque ton poids cment t'as pu l'trainer ce monstre avec ta taille de freluquet.

Mycah s’arrêta et fixa Loras d’un œil rieur accompagné d'un léger sourire digne d'un carnassier allant sauter sur sa proie.

Mais grâce à toi, après avoir ramener ta carcasse de géant ivre mort d'une taverne au foin d'une étable, un homme peut porter n'importe quoi !

Une nouvelle fois chaque membre du groupe s’esclaffa et même le géant s'autorisa un rictus.
Pourtant la gaieté de cœur de l'ambiance se brisa lorsque le chevalier précédemment entré vint s'asseoir à la table, chaque braconnier le regarda d'un air suspicieux et tous se levèrent sans objection, sans même finir leur bière, voilà qui était bien preuve de la menace qui planait sur eux.
Seul le Dornien resta, les larmes lui montaient aux yeux alors qu'il continuait de rire au simple souvenir d'avoir porté son compère, alors que ce dernier faisait bien deux fois son poids. Bizarrement et après quelques secondes, sans être offusqué du manque de savoir vivre du roturier, ce fut finalement le ser qui prit en premier la parole
Mycah qui finit par reprendre sa respiration, serra alors avec une pointe de surprise la main tendue du chevalier. Plus grand que lui, comme la plus part des hommes me diriez vous, et au visage anguleux l'homme ne ressemblait guère aux nobles cavaliers habituels, mais il n'en avait pas moins l'air sympathique. Et puis les occasions de ''jouer'' avec un ser n'était pas courante et c'était une partie que le chasseur aimait tout particulièrement.


Mycah pour ma part. N'ayez crainte, ils avaient de bonnes raisons, vous savez nous les braconniers, nous craignons toujours qu'un de vos compères vienne nous cisailler au nom de son suzerain pour de simples bouts de lapin.

Le chasseur fit une pause et but une gorgé de sa choppe tout en tendant en l'air l'index de l'autre main afin de montrer qu'il n'avait pas fini. La boisson reposer sur la table il continua.


Alors bien sur là, vous vous demandez pourquoi je n'ai pas fuis avec eux et surtout pourquoi je vous avoue être moi même un braconnier en ces terres. Et bien c'est pour la bonne raison que d'une je sais reconnaître un natif de l'Orage quand j'en vois un et que la famille Cilrey vient du val d'Arryn, donc ces terres ne vous concernent aucunement et de deux vous n’êtes pas du genre à rendre la justice pour la rendre, sinon il y a bien longtemps que vous m'auriez coupé la tête pour seulement avoir osez vous ignorer.

Enfin j'accepte vos excuses, mais me voilà bien embêté j'ai autour de moi aux environs de 7 choppes de bière toutes à moitié pleine, la moindre de réparation serait que les buviez avec moi.

C'est fier de lui et l'oeil défiant le regard du chevalier que Mycah termina sa phrase et porta son verre à ses lèvres, les chevaliers ne tiennent jamais l'alcool, en saouler pouvait être un expérience amusante. Enfin resterait à espérer qu'il survive dans ce taudis une fois comateux. Partir avec un mort sur la conscience n'était jamais agréable.
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Message Jeu 21 Juin 2012 - 7:11

Je lançai un regard oblique au chasseur, qui était parvenu à sécher ses larmes... Mycah, avait-t-il dit. Je ne retins pas un sourire, et lançai de mon ton bourru habituel:

Vous avez eu raison, pour le coup... Car en effet, je me fiche assez de ce que peuvent bien penser les nobles par ici... pas un seul n'a été fichu de me demander le moindre service. D'autant que, vous l'aurez probablement constaté, je ne suis pas suffisamment armé pour représenter un réel danger.

Je m'esclaffai doucement: certes, j'avais fait mes voeux, je ne les oubliais pas et même, j'étais de ceux qui avaient choisi cette vie pour en être le plus près possible; néanmoins, cela ne me permettait pas de vivre dans le Westeros d'aujourd'hui. On ne pouvait pas juste frapper aux portes et demander le gîte et le couvert en échange d'un beau regard et d'un gentil sourire. D'autant que j'avais une dégaine de pauvre, en ce moment, avec mon armure poussiéreuse, quelque peu cabossée même, et ma barbe de trois jours.
Néanmoins, il ne semblait pas me tenir rigueur du départ de ses camarades -ou du moins, il le cachait bien. Sa proposition me fit sourire: je ne savais pas encore s'il s'agissait d'un comportement typique des Dorniens ou si celui là était un cas à part; quoi qu'il en soit, j'appréciais sa bonne humeur, et quelque chose me disait que nous allions bien nous entendre. M'emparant de l'une des chopes, je la vidai cul-sec, technique "une descente" qu'un soudard pilier-de-bar était bizarrement parvenu à m'enseigner au détour de mes pérégrinations dans les Conflans.
La reposant avec un peu plus de brutalité que je ne l'aurais voulu, je fis sonner la chope contre le bois sali de la table. Je ne me retins pas de prendre une généreuse bouchée de boeuf, je saisis une nouvelle chopine, la sirotant cette fois-ci.
Par chance, la bière venait d'arriver, était toujours fraîche et de bonne qualité, et visiblement aucun des traqueurs n'avait eu l'envie ou les moyens de me laisser un souvenir potentiellement nocif. Je sentais déjà mes joues, ma nuque et mes mains se réchauffer, et j'espérais que ça ne me rougissais pas trop... Je n'étais pas encore assez vieux pour me permettre de tenir à peine une pinte. D'autant que je ne pouvais pas me permettre ça devant un jeunot. J'avais juré au Guerrier d'être brave... Repensant à une phrase à laquelle on faisait souvent appel chez les Cirley lors des fêtes bien arrosées, je ne pus m'empêcher d'en faire part à Mycah. Après tout, il n'y avait pas vraiment d'enjeu dans notre conversation, alors peu m'importait...


Vous savez, on a un proverbe chez moi, qui dit que l'alcool est notre ennemi; mais en tant que famille de chevaliers, nous ne pouvons nous permettre de fuir face à nos adversaires.

Répéter cette espèce de leitmotiv que j'avais entendue des centaines de fois faisait remonter en moi les souvenirs de toutes ces soirées passées à Combemèche, durant lesquelles mon père était toujours le premier à se saouler et le dernier debout. Par chance, j'avais hérité de sa résistance à l'alcool, mais aussi de sa tendance à relever jusqu'aux défis les plus stupides qu'on me lancerait... C'était presque une question de fierté de toutes façons.
Enfin, je n'avais pas que ce genre de considérations à me faire. Alors que le pot commençait à se vider petit à petit de son contenu. Eu égard à l'accueil néanmoins chaleureux qu'il m'avait fait, je me devais bien de lui tenir un peu compagnie...


Il est parfaitement normal que je vous débarrasse de cet... embarras dans lequel je vous ai honteusement mis. Mais comme vous avez probablement pris un peu d'avance, permettez moi d'en recommander un peu.

Me retournant à moitié sur mon siège, je levai une main en direction de la serveuse, qui semblait assez mécontente que je lui aie fait perdre des clients. Au passage, j'en profitai pour saisir, mettons, plusieurs dizaines de regards hostiles, ce qui ne m'étonna pas plus que cela. Enfin, cela voulait dire aussi qu'une fois rond comme une barrique, j'aurais tout intérêt à surveiller mes arrières. Enfin, revenons en à la serveuse qui était donc mécontente -ce qui, pensai-je, aurait fait un sacré nom de conte pour enfants. Voyant les chopes pleines qu'il restait sur la table, elle déclara avant même que j'aie le temps de dire quoi que ce soit:

Consommé ou pas, vous payez.

J'opinai gentiment, puis répondis:

Bien sûr, madame. Il n'y a pas lieu de vous inquiéter. D'ailleurs, en guise de ma bonne foi, je demanderais bien encore... mettons, une huitaine de leurs petites soeurs!

Elle branla du chef, ne semblant que très moyennement convaincue. Néanmoins, elle s'éloigna de la table, allant -je n'en doutais pas un seul instant- chercher ce que je venais de lui demander. Je me fixai de nouveau sur mon interlocuteur, intrigué.

Alors comme ça, vous braconnez?

J'avais dit ça sur le ton de la conversation, assez indifférent au fait que les seigneurs des lieux le voient d'un bon oeil ou non. Évidemment, je tenais à la justice, mais le tuer maintenant ne m'apporterait qu'une mort certaine, et surtout, cela n'arrêterait pas le braconnage.

Ce doit être une activité excitante. Je doute que j'aurais la patience ou l'astuce de m'y plier, cela étant dit. Pour ma part, j'ai opté -comme vous l'aurez constaté- pour l'errance... Ce qui n'est pas mal non plus niveau vadrouille.

L'alcool me prouvait comme toujours sa capacité à me faire parler pour ne rien dire... c'était, de fait, assez embarrassant. Mais je supposait -ou du moins je voulais croire- que Mycah aurait la bonté de ne point m'en tenir rigueur. Les quelques minutes qui suivirent, je me tus, tentant de trouver un sujet de conversation. Les boissons ne tardèrent pas à arriver, et je pus admirer une fois de plus les talents de la serveuse. Décidément, si certains hommes étaient faits pour porter les armes, cette dame semblait définitivement faite pour défier les lois de l'équilibre, au vu du nombre de plats en position plus que précaires qui encombraient ses bras sans même vaciller. Les répartissant également entre nous, je posai une main lourde sur la chope la plus proche.

En d'autres circonstances j'aurais suggéré que le dernier debout puisse oublier l'addition; mais je ne vais pas vous affliger de cette charge après avoir fait fuir vos compagnons. Mais les jeunes d'aujourd'hui ne tiennent plus l'alcool... Ils se roulent par terre rien qu'à renifler les bouchons de pichets de vin, alors j'espère sincèrement que vous serez à la hauteur du crédit que l'on donné aux Dorniens quand on en vient à la beuverie...!

Cela faisait assez longtemps que je n'avais pas eu à lancer une tirade si "longue", n'étant pas spécialement bavard de nature. Mais mon vis-à-vis semblait de bonne humeur, et cette bonne humeur était elle même visiblement contagieuse, car un large sourire étirait mes lèvres sans que je trouve le moindre moyen de m'en débarrasser. Du moins, je pouvais supposer que cela ne changeait pas grand chose, et même que ça arrangerait quelque peu la situation. Car la bière m’enivrait peut-être déjà, mais par chance, je n'avais jamais eu l'alcool stupide. Et si tant est que notre cher chasseur décide que, finalement, je pourrais le balancer... non, ce serait stupide de toutes façons, le temps que j'arrive dans la ville la plus proche, il serait déjà loin.
Et plus je passais de temps assis à cette table, le dos tourné au reste de la salle, plus je ressentais les regards mauvais qui pesaient sur moi; comme si, en l'espace de quelques minutes, j'avais gagné le don de percevoir les ondes négatives. On ne m'avait jamais dit que la bière donnait un sixième sens pourtant. Je retins un rire presque nerveux; de toutes façons, j'avais laissé mon arme dehors -je ne pouvais pas me douter que l'environnement serait hostile... Néanmoins, le jeune palefrenier m'avait semblé honnête, pour ne pas dire naïf, et je doutais que le moindre de mes effets disparaîtrait... Tant que j'étais capable de me tenir sur mes deux jambes, du moins. Car dans le cas contraire, je ne répondais ni de mes biens, ni de mon sort, et encore moins de ceux qui, je n'en doutais pas franchement, tenteraient de porter atteinte à mon intégrité physique. On est chevalier ou on ne l'est pas après tout.
Et puis, ce n'était pas le moment de philosopher. J'étais dans une taverne confortable, face à un hors-la-loi Dornien quasiment aimable et entouré d'ennemis potentiels, alors au final, qu'est ce qu'un chevalier comme moi pourrait bien demander de plus pour sa soirée découverte des Terres de l'Orage?
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Message Jeu 21 Juin 2012 - 20:36

Comme prévu ce bienheureux chevalier ne sembla pas vraiment gêné devant le fait de se retrouver face à un pillard des faunes seigneuriales, au contraire il semblait plutôt heureux de voire qu'une bande de rustres chasseurs pose problème à ces maisons de maître incapables de lui offrir l'épée et la protection qu'il recherchait. Pour parfaire ce début de soirée, l'espoir qu'il soit plus joueur qu'à cheval sur les principes de la grande noblesse chevalière, dans le cas présent le fait de se saouler dans une taverne minable, représentait une occasion inespérée de s'amuser. Non pas que Mycah avait le moindre problème avec la noblesse, mais il appréciait de voire que le temps d'une soirée l'un de ses représentants se retrouve au même niveau que lui. Dans la boisson, le titre ne tient plus, seule la quantité d'alcool ingérée comptait et dans le cas présent ce preux cavalier semblait vouloir s'imposer rapidement puisque Mycah n'avait pas finit sa première chope qu'il en vida une d'un trait avant d'en reprendre une directement pas la suite tout en vidant à coup de grandes bouchées son écuelle.

Le chasseur ne put s’empêcher de donner son plus beau sourire, l'homme semblait être un bon vivant, mais hélas pour lui il ne savait pas dans quoi il mettait les pieds, sans vraiment chercher à lui faire du mal ou même à vouloir le mettre en danger, les intentions de Mycah n'en restaient pas non plus totalement louables.
La rapidité du ser lui serait sûrement fatal et il commençait déjà à rougir après avoir avoir bu autant d'un seul coup, qu'importe, Mycah finit à son tour sa chope et en reprit une autre qu'il commença tranquillement. C'est en plein milieu d'une gorgée qu'Ervin choisit de lui lâcher l'un de ses dictons. La surprise fut telle que le chasseur dut bloquer sa mâchoire et ses lèvres pour ne pas recracher sa bière, s'il ne fuyait pas ses ennemis, il semblait même particulièrement les adorer. Intéressante famille qu'était les Cirley.


Il est vrais que la lâcheté est une chose bien peu honorable, mais vous à ce que je vois vous foncez même dans le tas et en première ligne.

Mycah ricana tranquillement alors que le chevalier, apparemment trop occupé par son verre et son assiette ne répondit pas. A voire le nombre de gorgées qu'il enchaînait, son deuxième verre devait maintenant être bien entamé et Mycah se dit que bientôt il ne tarderait pas à avoir fini sa seconde chope en l'espace de trois rapides minutes. Peut être n'avait il pas remarqué qu'ici la bière n'était pas des plus classiques, fermentée et brassée par un artisan local, elle se devait d'être bon marché, particulièrement mauvaise et surtout bien plus forte que ses consœurs. Remarque à y repenser cet horrible goût, mélange de paille moisies et d'amertume, se devait bien de cacher la teneur en alcool pour les non initiés. Ainsi ce brave homme en armure avait déjà ingurgité bien assez pour dénouer sa langue et la preuve ne tarda pas à arriver. Puisqu'il se permit de faire un aussi un trait d'esprit sur l’abandon des breuvages par les autres braconniers.

Le chasseur ne réagit pas, préférant siroter sa bière, il observait calmement le chevalier dans le but de se faire une idée réaliste de qui il avait en face de lui et surtout dans le but de savoir comment réagir face à lui, tant qu'à ouvrir un jeu il se devait de totalement garder le contrôle dessus.
C'est donc toujours calmement que ses yeux marrons se baladaient sur le cavalier mal rasé et sur l'ensemble de la salle. C'est aussi ainsi qu'il put regarder le chevalier légèrement se retourner en faisant grincer son armure, afin de recommander quelques un de ces délicieux verres. La main levé, Ervin sembla enfin repérer les dizaines de regards qui le pourfendaient des quatre coins de la salle.
Mycah, se retint de rire lorsqu'il imagina la tête de l'homme et le museau dans sa chope, qu'il venait d'ailleurs de finir, il se dit que ce pauvre hère ne méritait finalement pas d'être tombé ici.
La tempête couronnée était le pire taudis sur bien des lieux à la ronde et il restait le repaire de la racaille et des marginaux, une brochette de lascars qui avaient bien des choses à reprocher au Cirley ici présent, non pas qu'il leur ai fait lui même du mal, c'était bien peu probable, mais quand l'on est au fond des classes sociales, il faisait toujours bon de pouvoir se venger contre un représentant d'une caste supérieure.
L'air farouche Cunégonde arriva enfin à traverser la foule présente et arriver au niveau du ser, elle aussi devait avoir une certaine envie d'arracher la langue de ce joyeux luron, lui avoir fait perdre un groupe de client sur le point de fêter jusqu'au bout de la nuit n'était pas chose bonne pour le commerce, surtout si le remplaçant était lui même haït par l'ensemble de la clientèle.
Sans même réellement prêter attention aux paroles de la serveuse, il commanda non moins de huit autres chopes, soit il ne se rendait absolument pas compte de ce qu'il faisait et avait les yeux plus gros que le ventre, soit il tenait mieux l'alcool que tout les clampins ici présent.
Cunégonde sembla hésiter, un chevalier saoul n'était pas de bonne augure et il aurait été sûrement mieux pour elle de le mettre dehors, pourtant captant ce qu'elle allait faire, Mycah lui envoya un discret mais compréhensible signe de la tête. Bien que peu confiante elle finit tout de même par repartir sans dire le moindre mot.
Le chasseur reprit une troisième chope abandonnée par l'un de ses camarades le temps qu'Ervin ne se retourne. Lui aussi commençait à sentir cette douce chaleur qui embaumait d'une brume si agréable son esprit. Le chevalier eu alors un soubresaut de curiosité alors qu'il décollait le verre de ses lèvres.


Oui braconnier en effet, enfin je ne fais pas que ça vous savez, mais chasseur reste ma principale activité et désolé de vous l'apprendre mais les seules terres qui permettent de gagner son pain, ses chopes et les bras d'une femme, ne sont que celle protégées par les lords.
Au final ils dévorent le fruit de mon pillage sans même le savoir et sont bienheureux de trouver une viande de cette qualité.
Enfin … N'est pas braconnier qui veut non plus.

Le chevalier lui répondit du tac au tac et sa réponse fit largement sourire le dornien, une activité bien excitante, oui certes, mais la seule chose de passionnante qu'il y avait dans le braconnage était ce sentiment de braver les lois. Hors bon, un chevalier pillard était bien une idée que seule l'alcool pouvait créer dans l'esprit d'un homme, d'autant plus qu'un chevalier à lui même des terres, il n'était donc pas dur pour lui de s'amuser à traquer et à pourfendre un animal. Mycah se contenta pourtant d’acquiescer sans le contredire, lui faire remarquer son erreur aurait pu l'obliger à se remettre dans la voie de la raison et c'était bien ce qu'il voulait éviter.

Oui roh vous savez errant ou non vous restez un chevalier, la seule différence pour moi reste que vous pouvez vous balader sans honte avec la saleté et une barbe de trois jours.

Une réponse simple et efficace, coincée entre deux gorgées de bière pour l'effet dramatique et l'arrivée de la nouvelle commande, toujours apportée par cette ronchonne de Cunegonde, était la meilleure façon de couper court à un sujet. Car, si un homme se met à parler de sa vie, la discussion finira forcément par dévier sur celle de son interlocuteur, hors ce sujet était tout sauf intéressant pour le chasseur et il préférait largement le mettre de coté. Sa pauvre histoire d'orphelin recueilli par un chasseur de l'Orage aurait fait pleurer dans les chaumières, là ou il voulait des rires et de la joie.
Des rires et de la joie … Au dépend du chevalier certes. Mais il fallait bien qu'il donne un peu de sa personne.

Et il en plus il le faisait avec joie, puisqu'il se proposait de payer et allait même jusqu'à parler de beuverie. Cette simple allusion au fait de se retrouver littéralement saoul face à cet homme enchanta Mycah, il n'aurait pas à insérer doucement le sujet et l'idée dans la conversation les choses sérieuses pouvaient donc enfin démarrer. Sans émettre un son le jeune chasseur se leva, grimpa sur sa chaise et frappa deux à trois grandes fois dans ses mains. Les rires et les discussions se turent et l'on entendait plus que quelques chuchotis de gueux de passage. Le reste de la clientèle connaissait l'homme qui était sur le point de parler et au vu de la situation, de son compagnon et du nombre de verres qui reposait au centre de la table, tous savaient que les paroles du Dornien ne pouvaient qu'être intéressantes.


Allons mes amis, ce soir nous avons la chance d'avoir parmi nous le brave Ser Ervin Cirley, chevalier du Val et croyez moi ou non il vient de de me proposer à moi, que vous connaissez tous Mycah le Dornien, ni plus ni moins qu'un défis de boissons !

Aussitôt la foule acclama ses paroles, dans le tas de hurlement, Mycah pouvait discerner quelques phrases types tel que : "Le Vin Dornien vaut toute les femme du Val" ou encore "Attention Chevalier ton armure ne protège pas de ces blessures la". Mycah ria de bon cœur et continua son petit discours une idée venait même de germer dans son esprit inventif, peut être en tirerait il un peu d'argent.


Vous m'avez bien entendu, ce soir ici même, à partir de cet instant, le Val contre Dorne, le Ser contre le bandit. Ce que vous attendiez tous et j'en viens même a vouloir prendre les paris !!

Sautant de son perchoir il ôta d'un coin de la salle deux seaux et commença à passer à travers la masse d'ivrogne. Tendant les réceptacles à travers les recoins et dans tout les sens.


Allez n'hésitez pas le seau de droite pour moi, le seau de gauche pour le chevalier.


Son petit tour fini Mycah retourna à la table dont les contours étaient déjà noir de monde, presque l'ensemble de la taverne s'était massé autour du duo, certain s'étaient même permis de monter sur les tables afin de mieux voire et chacun appréciait de voire enfin un peu d'animation dans ce trou perdu, seule Cunégonde ne semblait pas apprécier la nouvelle fantaisie du grand gamin. Le Dornien posa les deux réceptacles et comme prévu si le sien semblait bien rempli, celui du chevalier pesait bien plus lourd, sa petite taille ne donnant pas foi aux gens, tous avaient parié pour le Cirley. Une aubaine pour le chasseur qui ,étant le preneur de pari et le meilleur, était sur de ramasser la masse d'argent qui se trouvait dans celui du Ser. Il ne restait plus qu'à commencer le match.

Cunegonde, encore quelques chopines, c'est mon amis qui paye.

L'annonce fut accompagnée d'acclamation de la foule envers le chevalier. Si il ne pouvait le supporter au moins pour le moment il les amusait. Mycah finit par se rasseoir et pour la première fois depuis son discours il put voire la réaction du chevalier
.
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Message Sam 23 Juin 2012 - 16:01

Je devais vraiment reconnaître qu'avoir une bonne excuse pour me saouler n'était pas du luxe, et j'étais même plutôt satisfait de constater que mon "adversaire de boisson" n'était pas du genre à faire dans le compliqué. Ce n'était pas plus mal, et je dois reconnaître que je fus assez amusé lorsqu'il fit tourner les deux seaux. Amusé au début, en fait, et plutôt étonné à la fin: visiblement, les hommes de la salle ne me détestaient pas au point de sous-estimer mes compétence de pilier de taverne. Néanmoins, le Dornien avait l'air trop sûr de lui pour que je puisse vraiment considérer ma victoire comme certaine... Mais soyons honnêtes: il était à jeun et plus frêle que moi, ce qui proportionnellement me donnait un avantage. Restait à espérer que je tiendrais assez bien l'alcool pour lui faire comprendre que chez les chevaliers, nous ne sommes pas des petites choses fragiles élevées dans des prisons dorées incapables de boire un verre sans s'écrouler comme une loque.
Faisant craquer les diverses articulations de mon dos et mes mains, je fis tourner une chope vide sur la table, la regardant tourbillonner quelques instants. Puis Mycah commandai un nouveau lot de bières. Avec une grimace, je lui fis remarquer:


A ce train là, vous allez me ruiner, mon ami!

Néanmoins, je donnai un petit coup sur mon seau, dont les pièces tintèrent gaiement. J'eus un sourire en pensant aux gains que je pourrais faire si, sur un quelconque hasard, les évènements tournaient définitivement en ma faveur.
Le Dornien n'avait visiblement pas froid aux yeux, comme si l'euphorie de la foule, qui menaçait de m'atteindre, l'avait absolument submergé. Ou comme un homme qui sait qu'il ne peut pas perdre. Mais une personne très sage m'avait dit une fois « Qui ne doute pas acquiert peu. ». Bizarrement, ces mots de sagesse me revenaient en tête au moment de commencer à boire. C'était probablement un signe, et je ne pus m'empêcher de vouloir partager cette sagesse avec mon camarade. Mais au moment où je m'apprêtais à parler, je me ravisai: après tout, c'était une phrase de chevalier du Val, et qui le resterait. Ce n'était pas parce que je commençais à m'imbiber que je devais perdre toute dignité. Avec un fin sourire, je continuais de vider, lentement, sûrement et surtout consciencieusement mon actuelle chopine. Bien sûr, je surveillais du coin de l'oeil que Mycah ne se défiler pas, saisissant une nouvelle boisson chaque fois qu'il le faisait -sous réserve bien sûr que j'aie fini la précédente, ce qui était bien sûr le cas.
La foule, bruyante, commençait à s'impatienter, dans la mesure où ni moi, ni le Dornien ne flanchions pour l'heure, et que bientôt, tous les pots seraient vides. J'entendais même quelques personnes commencer à s'énerver, et pour être honnête, cela ne me rassurait qu'à moitié. Un jeunot se pointa sous mon nez, me considérant d'un air narquois.


Vous savez, m'ser, jcrois j'ai entendu parler de vous.

Sentant venir le piège, je préférai anticiper sa remarque.

Si t'as déjà entendu parler de moi, c'est sûrement à propos d'comment je pisse de la bière et je tue les petits garçons qui me regardent de travers. Comme toi!

Il sembla le prendre relativement mal tandis que certains de ses compères riaient grassement. Néanmoins, je n'étais pas profondément satisfait de ma réponse car, outre le fait que la répartie n'était pas fabuleuse, les accents "avinés" qui perçaient dans ma voix me laissaient présager le pire... la possibilité d'une défaite. Et ça, c'était assez ennuyeux.
Mais c'était oublier trop rapidement mon détracteur, qui se mit à m'insulter et se rapprocha un peu trop près à mon goût. Pensant l'éloigner d'un revers de main, je dus ma doser ma force car le gringalet fit un joli vol, raccourci par l'homme plutôt ventru qu'il heurta, et qui me lança un regard mauvais alors que mon projectile improvisé s'écroulait par terre. Un autre homme fit une remarque, et l'enrobé lui expédia un formidable coup de poing, et avant que j'aie le temps de comprendre ce qu'il se passait, toute l'auberge était sens dessus dessous, chacun mettant méchamment sur la tronche de son voisin. Ramassant une poignée des piécettes dans mon seau -environ un cerf, ce qui me rachetait le repas-, je ramassais une épée courte qui me semblait légèrement rouillée -puisque je voyais trouble, il m'était assez difficile et pénible de m'en assurer.
La soupesant rapidement, je me relevais avec difficulté, la taverne semblant tourbillonner autour de moi. Je reçus un coup de poing à la tempe, que mon agresseur sentit revenir dans le plexus par le biais de mon coude guindé de métal. Il s'effondra, et j'agitais mon épée en attendant que l'adrénaline m'aide à y voir plus clair. Mon casque de nouveau en place, je préférais distribuer des coups de boule plutôt que de vraiment utiliser mon arme, car je ne tenais pas franchement à tuer quelqu'un. J'aurais bien pris une massue ou autre arme contondante, mais il n'y en avait aucune à portée de main.
Aucune...?
Jetant mon arme de fortune, je me saisis d'une chope au hasard, la vidai cul-sec -pas de gâchis, ç'aurait été une honte...- et m'en servis comme d'une batte. En fait, je me contentais plus de la faire virer au hasard que de vraiment me battre, mais au final, le résultat semblait probant.
Néanmoins, il restait un problème, et pas des moindres: que certains aient parié sur moi -non, que la plupart aient parié sur moi ne signifiait pas pour autant qu'ils ne me tiennent pas rigueur des actes des autres seigneurs, chevaliers, et toute cette palanquée de gens. De fait, celà s'engageait plutôt mal pour moi et, si la pièce commençait à se stabiliser, je n'étais pas pour autant avancée. En effet, j'avais bêtement choisi une table proche du fond, et reculer me verrait acculé, et à partir de là même mon plus beau sourire ne m'en tirerait pas. Avec une grimace, je lançais un regard au Dornien qui, à mes yeux, semblait s'amuser comme un petit fou. Celà ne m'étonnait absolument pas, mais je priai qu'il ne réfléchisse pas au meilleur moyen de me planter une dague dans le dos, ce pourquoi il n'aurait probablement pas besoin d'aide, cela dit.
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Message Dim 24 Juin 2012 - 18:01

Ca y est la foule avait lancé la partie les bières avaient été posées et c'est l’œil rieur que le chevalier se lança à corps perdu dans l'ensemble de chopes qui s'étaient étalées à la nouvelle commande. Rapidement les deux hommes commencèrent leur joute alcoolisé et improvisé se fixant l''un l'autre.
Le premier levé de coude que l'on aurait pu confier d'officiel de la partie s'avéra être pour le ser Ervin, qui d'un geste assuré englouti le liquide mi brun mi blond d'un seul trait. Non loin de se décontenancer Mycah le suivit, et la partie se déroula ainsi de suite sur plus d'une dizaine de verres.
Heureux de s'amuser à ce point pour sa dernière soirée et porté par l'enivrement de l'alcool. Mycah allait jusqu'à se mélanger à la foule entre deux verres.
Les clampins qui l'entouraient étaient d'ailleurs plus que remontés et tous étaient là, à attendre le dénouement final de l'histoire, à chaque fois qu'une des chope de bois se reposait sur la table, à chaque fois que l'un des deux adversaire était pris d'un haut le cœur, ou que leurs yeux se fermaient plus de trois seconde, les spectateur hurlaient, acclamant leur champion ou huant leur détracteur. Personne dans la salle n'avait oublié les deux seaux cerclés de fer toujours posés sur la table des jouteurs et toujours remplis de leur fortune qui devait bien de représenter une dizaine de cerf d'argent, peu pour un noble certes, mais un roturier y voyait bien la une fin de mois des plus faciles.

Vint finalement le moment fatidique ou Mycah observa Ervin entrain de prendre d'une main ferme la caluche et de la monter à sa bouche sans trembler, ce qui était plus qu'honorable dans leur état respectif, il vida d'un trait le demi litre de bière, en laissant glisser des flots de boisson sur les cotés de sa bouche et bien qu'il riait à poumons ouverts, Mycah n'était extérieurement parlant, pas vraiment mieux loti que lui, de la boisson avait en effet taché ses vêtements et de grandes auréoles sombres apparaissaient sur la chemise brune débraillée du chasseur, ses yeux noir étaient striés de petits filaments rouges, signe de son état d’ébriété et pour finir il affichait un sourire des plus niais à la face de son public.
Si le physique n'en était pas vraiment des plus beaux exemples de sobriété, l'état mental du dornien n'était pas mieux, lui qui espérait finir rapidement cette histoire, était finalement tombé sur plus coriace qu'il ne l'avait imaginé. Le voilà donc le regard flouté, sans la moindre notion du temps passé et le rire facile entrain de se saouler plus encore. En parlant du rire facile d'ailleurs, de bien étranges idées apparaissaient dans l'esprit du jeune homme et si il y a bien quelque chose que chacun sait pour ce qui est de l'alcool, c'est qu'en plus de faire émerger des pensées plus stupides que constructives, il permettait aussi de les dire sans la moindre honte.
C'est pourquoi Mycah finit par lâcher ce qui était sûrement le pire jeu de mot que connu la taverne.


Le moins qu'on puisse dire c'est que vous mériteriez de vous appellez Ervin'gnasse !

Ce fut d'ailleurs la seul parole qui mérita de marquer son esprit et le lendemain de cette histoire, il fut à la fois surpris et choqué d'avoir atteint un tel niveau avec ce sacré Ser Cirley. Pour en revenir à notre histoire, c'était peut être l'ambiance général et l'euphorie général, mais des rire apparurent et l'on entendit même un ''Ervignasse Chevalier à la chope'' sortir de la foule, exclamation qui fut reprise alors par l'ensemble de ses supporteurs massés derrière l'homme en armure.
Les verres continuaient alors à se suivre et c'est finalement deux chopes chacun plus tard qu'un drôle de gamins s'affala sur la table aux rires de certain et questionna le chevalier.
Trop prit par son tour de boisson et par l'influence de l'alcool, Mycah ne dénota même pas la présence sur la table du type et se contenta de plonger son regard au fond de son verre et c'est seulement en entendant cris et bruits sourds qu'il en releva le nez.
Autour de lui une bagarre généralisé commençait à montrer le bout de son nez et sans comprendre le comment du pourquoi le chasseur observa Ervin qui plongeait alors sa main dans le seau de pièce, décidément, ce chevalier lui plaisait, au moins, il savait tirer avantage d'une situation, bien qu'il lui semblait encore un peu petit peu, petit joueur. En effet alors que le chevalier à la chope se relevait difficilement, Mycah lui se jeta discrètement, enfin aussi discrètement que l'alcool le permet, sur les deux seaux qu'il prit par les hanses.
Tout en s'appuyant sur le mur il se releva quelques secondes avant de retomber telle une loque sur son banc et ce fut finalement la deuxième tentatives qui fut la bonne puisqu'elle permit au dornien de faire trois pas, trois pas particulièrement long et dur à réaliser, puisque notre bonhomme, alcoolisé et portant ses deux seaux à ras bord de monnaie, n'avait plus exactement l'équilibre parfait, du jeune chasseur sobre qui était rentré là il y a de ça moins de deux heures. Titubant d'une table à l'autre et évitant les bourrus qui s’entre-déchiraient, il avançait petit à petit vers la porte de sortie tentant vainement de marché droit et de ne pas s'endormir debout.
Hélas pour lui il s'en serait sûrement sortit avec une gueule de bois, plus riche que la veille et sans la moindre ecchymose, si un grand gaillard plus net que les autres n'avaient repéré son manège, le monstre envoya en effet sa victime du moment contre un mur avant d’attraper le dornien par l'épaule gauche.

J'crois que s'que tu tiens m'reviens, petit. Déclara t il d'un menaçant.

Seulement et c'est reconnu, l’ébriété fait perdre les notions de valeur et l'homme ne parut finalement pas si imposant au chasseur, de plus le ''petit'' déclaré plus tôt, était sujet à une certaine sensibilité chez le jeune homme qui si elle était largement contenu sobre, se libéra d'un coup sous l'effet de la biere. Sans dire un mot et sans arriver à fixer son adversaire, Mycah, d'un roulement de son épaule droite, balança à la figure du monstre le seau et son contenu. La bête bien que seulement sonné par le coup tomba tout de même a genoux alors qu'une pluie de pièces s'abattait sur eux. Pour ce qui était de Mycah, et bien s'il était sauvé, faire un mouvement qui l'avait obliger à se tourner sur lui même n'avait pas été une si bonne idée puisqu'il s'écroula laissant le peu de fortune restant rouler au sol.
A peine le tintement des pièces se fit entendre qu'une bonne partie de la bagarre se déplaça et s'intensifia autour des liards et des étoiles dispersés au sol. Sans trop comprendre ce qui se passait il se fit relever par une puissante main qui l'agrippa par le col, ce n'était autre que Loras qui, pour une raison toujours inconnu avait rebroussé chemin. D'un geste de la main il aplatit un homme qui tenta de frapper son ami, et commença à questionner ce dernier quant aux événements qui avaient amené cette folie. Ayant tout sauf envie de lui répondre, le chasseur se contenta d'un haussement d'épaule, d'une tape dans le dos et d'un rire expressif.
D'une nature bagarreuse il n'en fallu pas plus au braconnier, pour suivre le rire et pour que les deux amis se jettent à corps perdu dans l'action, frappant et esquivant ce qu'il pouvait à tours de bras.
Deux ou trois coups et mises à terres plus tard Mycah se demanda tout de même ou était passé le chevalier, il mit bien deux minutes à le trouver à quelques mètres une chope à la main et acculé à un mur, alors que deux hommes sûrement dotés de très mauvaises intentions s'approchaient de lui.
Il eu beau vouloir se prouver le contraire il ne pouvait laisser le chevalier en proie au danger, d'un signe de la main il indiqua leur nouvelles cibles à Loras qui bien que bougon à l'idée d'aider un chevalier, fit confiance au chasseur et le suivit.
Ils arriverent finalement au niveau du trio après que Mycah ai perdu une à deux fois l'équilibre et là le chasseur décolla une droite à l'un des deux pécores qui lui brisa momentanément la main, pendant que Loras de sa force gigantesque envoyait balader le deuxième. Le dornien, la main douloureuse se laissa finalement tomber sur chevalier, le bras sur l'épaule.


Allons mon amis, grâce à Loras on est sorti. Mais vous me devez une bonne dizaine de cerf d'argent.
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Message Jeu 28 Juin 2012 - 12:28

Visiblement, la porte ne se trouvait pas sur ma gauche comme il me semblait. Ou alors je m'étais trompé de gauche...? Toujours est-il que j'étais en fort mauvaise posture, car ma première chope, tout comme ses deux successeurs, s'étaient éclatées sur les torses ou les épaules massives de mes opposants; cela me faisant un peu penser aux tournois, avec les éclats qui volaient un peu partout, mais en bien moins drôle et surtout, en moins organisé. Et de fait, les deux hommes patibulaires qui se tenaient devant moi en me considérant d'un air assez peu amène avaient fourbement profité d'une inattention de ma part pour m'acculer dans un recoin de l'auberge. Par ici, ça puait la pisse et la bière éventée, à moins que cette seconde odeur ne vienne directement de moi. Perplexe, j'étais parvenu à mettre hors-service pas mal de petits joueurs mais je craignais que ces deux-là ne prennent pas peur au moindre geste de chope, même accompagné d'un cri hautement alcoolisé. Par chance, je n'avais pas entendu le surnom que m'avais attribué le Dornien, sans quoi je me serais certainement cru capable d'une quelconque action aussi héroïque que stupide. "Ervignasse"...
Alors que mon cerveau réfléchissait vite -du moins, aussi vite qu'il le pouvait en l'état actuel des choses- à une solution pour se sortir de là sans égratignure, j'entrevis en éclat argenté dans la main de l'un des chasseurs qui ne me dit rien de bon. Un coutelas, probablement... mais il n'eut pas le temps de s'en servir car, avec une vitesse surhumaine -à mes yeux en tous cas-, mon adversaire de boisson décochait une bonne vieille droite qui lui fit bien gentiment lâcher son arme et l'expédia au tapis, tandis qu'un autre type dont la tête me disait plus ou moins quelque chose faisait valser le second. Visiblement, j'étais sauf pour l'heure, enfin, physiquement du moins. Car en matière d'honneur, il fallait bien reconnaître qu'un chevalier complètement imbibé se battant à l'aide d'une chope, ça se plaçait là. Mais si je pensais que les dégâts s'arrêteraient là, je me trompais, car le Dornien décréta soudainement:


Allons mon ami, grâce à Loras on est sorti. Mais vous me devez une bonne dizaine de cerfs d'argent.

Je commençais par le considérer en plissant des yeux, le temps d'assimiler ce qu'il venait de dire. D'autant qu'il s'était à moitié écroulé sur moi, et que malgré la proximité j'avais l'impression que sa voix me parvenait de loin, très loin même... Me penchant sur lui au point que nos visages se touchaient presque, je lui demandai le plus naturellement du monde de répéter, mais avant que le Dornien n'ait le temps de s’exécuter, le dénommé Loras intervint, ronchon:

Il dit qu'vous nous devez dix cerfs chacun.

Dans mon état normal, j'aurais saisi la subtile différence, mais dans mon état normal surtout, je n'aurais pas eu à demander à quelqu'un de répéter. Peut-être disait-on que je me faisais vieux, mais par les Sept! je n'étais pas encore sourd.
Ledit Loras ne semblait définitivement pas enchanté à l'idée de m'être venu en aide, et moins encore d'avoir à m'adresser la parole. Il surveillait Mycah du coin de l'oeil, comme s'il craignait que je décide subitement de prendre son ami en otage et que je me mette à traverser, titubant bravement, l'intégralité de l'auberge en me servant du chasseur comme d'un bouclier humain. Puis je réalisais à quel point nous étions physiquement proches à cet instant précis, et l'étrange idée qu'il puisse être jaloux me traverser brièvement l'esprit. Lequel se recentra immédiatement sur mes chances de m'en tirer indemne sur les plans physique et financier si je prenais définitivement le hors la loi en otage à l'aide de ma fidèle chope... Non, ça ne fonctionnerait définitivement pas. Instinctivement, je portai la main à ma bourse, songeant tout d'abord à payer au comptant; puis, considérant Loras le puissant -j'avais décidé de leur attribuer des surnoms, sans quoi la délicate voix avinée de ma conscience me soufflait que je n'y arriverais pas- d'un oeil critique, je lançais en chevrotant le moins possible:

Dix cerfs seulement? Cela me semble bien peu, c'est moins encore que ce que vous auriez pu gagner en remportant ce concours, bien moins, même, à n'en juger que par mon seau.

Mais un bref regard en direction de la table où je me trouvais quelques instants auparavant m'apprit que deux types étaient en train de se battre dessus pour quelques piécettes, roulant à droite à gauche, tant et si bien que la table finit par basculer, forçant les deux hommes à poursuivre leur combat relativement futile à même le sol. Me tournant à nouveau vers Loras, je lui dis d'un air relativement assuré:

Si vous m'accompagnez dans la mêlée, j'aurai le temps de ramasser pas mal de mes gains, nous sommes d'accord?

Pour l'heure, il semblait être royalement indifférent au fait que nous puissions ou non partager le même avis, néanmoins je crus le voir opiner brièvement -à moins que ce ne soit l'alcool qui m'ait convaincu de cela, car j'avais le sentiment que tout dansait autour de moi. M'emparant d'une seconde chope en prenant garde à ne pas déséquilibrer le Dornien toujours affalé sur mon épaule, je la levai à hauteur de visage, non pas pour porter un toast -même si j'aurais pu, car elle semblait encore à moitié pleine-, mais pour souligner leur taille importante et, de fait, leur grande contenance. La vidant d'un trait, je poursuivis mes explications:

Voilà ce que je vous propose: si vous m'aidez à traverser la foule, je ramasse autant de pièces que possible et je les répartis équé... équa... enfin, pareil dans chaque chope.

Oh-oh... Je commençais à perdre mes mots, et ça, c'était plutôt mauvais signe. Carrément mauvais signe même, j'avais intérêt à me dépêcher si je ne voulais pas me ridiculiser de trop ou pire, rendre mon repas sur la paire de chasseurs. Avisant un cruchon d'eau pas encore brisé sur un table voisine, je le vidais à petites gorgées, ce qui eut le mérite de dissiper légèrement mon trouble. Bravement, je repris:

Et une fois que les deux récipicients seront pleins, on pourra partir, et vous garderez tout l'argent qu'il y a dedans. Et si en le recomptant il y a moins de dix cerfs, même si ça me surprendrait... Je paierai de ma poche la différence.

Malgré ses apparences de brute épaisse, Loras n'était visiblement pas un idiot, car il semblait avoir remarqué que la plupart des pièces dans mon seau étaient des étoiles et des liards, et il y avait même un certain nombre de cerfs: aussi, ma proposition devenait plutôt intéressante car en aucun cas il ne pouvait être perdant. Après, que l'un des deux réclame la chopine la plus riche, ce n'était plus mon problème, mais le leur. Écartant les gens à coups de chope renforcés par les gifles monstrueuses de Loras, nous parvînmes à ce qui était devenu l'épicentre du conflit. Aussi étonnant que cela puisse paraître, peu de pièces avaient disparu, car les voleurs se faisaient intercepter par un tiers désireux de s'emparer de la pièce convoitée avant même d'avoir pu s'en emparer, et au final, personne ne l'avait, car un tiers finissait toujours par tomber sur le coin de la gueule du précédent vainqueur. Pendant le trajet, j'avais servi de béquille au Dornien, mais maintenant qu'il fallait que je me penche, je risquais de le faire chuter, ce qui ne plairait pas des masses à son petit copain, je le devinais assez aisément. C'est donc le plus naturellement du monde que je le transférais sur mon dos, comme un gamin -ou plutôt comme un sac, soyons réalistes-, avant de disposer mes deux chopes devant moi et commencer ma collecte avec une habileté à la fois admirable et toute relative pour un chevalier ivre.
Néanmoins, il ne m'arrivait que rarement de sauter le tour d'une chope, et les petites pièces tintaient gaiement en atterrissant sur leurs semblables. Il fallait reconnaître que la protection offerte par Loras était d'une efficacité terrifiante, car je n'eus qu'une demie-douzaine de croche-pied et une série de trois coups de casque à donner afin de pouvoir mener à bien le remplissage des précieux pots. Même, touché par le zèle -intéressé certes, mais c'était du zèle tout de même- des deux chasseurs, je blindais les chopes. Puis, me redressant, je serrai les deux récipients contre moi comme si c'était ce que j'avais de plus précieux au monde -et à l'heure actuelle, c'était probablement le cas, de fait. Mycah s'accrochait admirablement aux failles qu'offrait mon armure -décidément, quand je buvais, tout me semblait profondément admirable- tandis que notre petit groupe se dirigeait avec une discrétion très relative vers la sortie, sous les hurlements furibonds de la serveuse -Hellégonde? Furigonde? je ne me souvenais plus-.
Une fois dehors, il nous suffit d’assommer une paire de malotrus qui tentaient de nous suivre et, pour ma part, d’asséner un vigoureux coup de tête qui me donna l'impression que des cloches sonnaient dans mon crâne à un troisième qui tentait de m'arracher une chope, afin d'avoir la paix. Alundra était toujours aussi calme, attaché devant l'auberge, et me considérait d'un air à la fois perplexe et critique, si tant est qu'un cheval puisse avoir un air perplexe et critique. Déposant les chopes sur le bord de l'abreuvoir, je déposais Mycah contre la barre à laquelle le harnais de ma monture était attaché et, récupérant soigneusement les deux récipients débordant de petite monnaie, je tendis chacun d'eux de façon parfaitement aléatoire à l'un des deux comparses. Loras me lançait des coups d'oeils suspicieux, comme si j'avais empoisonné les pots, mais je n'arrivais pas à trouver un terme pour définir de façon précise l'expression du Dornien.
M'appuyant contre le flanc de ma monture pour m'assurer de garder une certaine contenance, je refusais de me laisser choir au sol -bien que je trouvais la fraîcheur supposée du sol tentante- en attendant que les deux hommes décident de, si oui ou non, ils recomptaient leur argent, et si oui, qu'ils le fassent et me réclame ce qui manquait le cas échéant.
Mais malheureusement pour eux, la fatigue aidant, l'ivresse commençait à retomber, faisant place à la lassitude mélancolique qui lui succédait toujours avec moi.
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Message Ven 29 Juin 2012 - 18:04

La taverne était pour le moins sans dessus dessous, avachi de tout son poids avec pour seul accroche l'épaule ferrailleuse du Ser Cirley, Mycah observait ou plutôt tentait d'observer de ses yeux à demi fermés, les différents heurts qui se produisaient dans l'ensemble de l’établissement. D'un bout à l'autre de la taverne, les tables tables non renversées servaient à maintenir sa victime afin de lui assainir différents coup ou encore à l'étrangler comme il put le voire sur l'une d'elle. Les chaises ne faisaient pas plus long feu, s'éclatant dans divers copeaux et morceaux contre le dos de pauvres hères qui avaient osé tourner un peu trop le dos à leurs agresseurs et que dire des chopes et des tonneaux qui violentaient dans tous les sens arrosant abondamment l'ensemble des assaillants de larges couches de bière. Pourtant si décrie ainsi la scène se valait des plus apocalyptique, elle fit sourire le brave chasseur qui l'esprit étrangement troublé, trouvait le moment des plus marrant. Quelle belle soirée c'était. Car une belle soirée quoi qu'il s'y passe, n'est qu'une soirée qui mérite d'etre rappeller lors de futur discussion entre amis et il ne doutait absolument pas que grand gaillard de Loras se plairait à lui rappeler plus d'une fois la façon dont il l'avait sorti de ce guêpier.

A ce qui paraissait, quand vous étiez totalement aviné, ou abiéré pour le coup, votre esprit était incapable de suivre plusieurs choses à la fois, la légende était d'autant plus vrais pour les hommes car aux dernieres nouvelles seule les femmes sauraient réaliser deux choses en même temps. Bien que n'y croyant qu'à moitié, Mycah, trop passionné par les événement en cours, loupa royalement la réponse du chevalier à sa demande de remboursement de dette clairement injustifié. Quelle occasion gâchée cela aurait été, si c'était bien l'alcool qui lui avait valu l'audace de cette réclamation, il savait tout autant qu'à la moindre offuscation que chevalier il abandonnerait, car pour l'occasion ce n'était rien de plus qu'un qui ne tente rien n'a rien.
Heureusement pour les deux braconniers se fut Loras, sobre et menaçant qui répéta la demande au ser hésitant, apportant même sa touche demandant lui même une part du magot.

Mycah heureux comme un Nordien dans la neige, n'écoutait même la conversation se contentent de s'accrocher plus encore à son nouvel ''ami'' de boisson, ami qui pour le coup passa plus pour le premier pigeon depuis bien longtemps et de sourire bêtement et de rire à la moindre occasion. Et alors que les deux compères semblaient négocier, il sortit de sa torpeur alcoolisé lorsqu'un roturier au visage déforme ou peut être déformé par l'ébriété du regard posé sur lui, fut projeté sur la table toute proche du chasseur brisant cette dernière en deux. Si les deux compères de marchandage ne furent même pas étonné sur le moment, Mycah lui y trouva bizarrement un certain intérêt, la main ferment accrochée sur le chevalier, il se pencha délicatement vers l'homme encore égaré par le choc.
Manquant plusieurs fois de tombé pour seulement se baisser de quelques centimètres il parvint tout de même à atteindre, le visage du roturier. La bave au lèvre et les yeux clos l'homme ne parvenait qu'à sortir dans un souffle râlant des gémissements sans la moindre consonance, avant finalement de sortir de ses entrailles un rôt des spectaculaire à la face du chasseur.

Ce dernier dans relent de dégoût, se propulsa en arrière se raccrochant une nouvelle de tout son être au corps finalement bien équilibré du chevalier, l'odeur de bière fermenté aux sucs gastrique lui remonta la gorge et et c'est en contractant son estomacs et sa gorge de tout son être qu'il s’empêcha de vomir dans de grandes saccades et à peine eu t il le temps de retrouver ses esprits qu'il se retrouva tracter sans trop savoir pourquoi vers par le chevalier, alors que Loras lui même ouvrait la voie à ses acolytes. Sans chercher à comprendre, le chasseur se laissa porter, de toute façon il n'avait guère le choix puisque s'il lâchait ne serait ce qu'une seconde sa concentration quant à se servir du chevalier comme appui, il savait qu'il se retrouverait rapidement au sol.
Usant de ses moindres réflexes d'habitude si aiguisés, le chasseur parvint une à deux fois d'éviter les homme qui s'écroulait face à lui, riant toujours de la beauté de ce qu'il avait provoqué et en quelques pas le trio arriva finalement, marchant sur le champ de pièce, au centre même du conflit.

Une nouvelle fois Mycah fut tracté et sans grande résistance, son amis Loras le prit sur son dos, instinctivement il porta ses mains autour de son cou et cala ses pieds si petit dans la carrure du géant. Voilà un amis qu'il était bien, enfin un homme que l'on pouvait apprécier pour son rapport, à l'amitié, il était finalement la seule véritable personne sur qui Mycah se disait pouvoir compter et c'est sans rechigner qu'il le démontra une fois encore. Si en temps normal le chasseur n'aurait d'ailleurs jamais dit le fond de sa pensée, celle si était différente et alors que le chevalier ramassait et cognait à tout, il en profita d'un écart entre deux baffes pour dire à Loras ce qu'il pensait réellement de lui.


Tu … Tu sais quoi mon grand bah t'es un amis .. Mais att … attention un vrais pas juste un copain .. T es un vrais amiiiiis.

Il lâcha son dernier mot en s'écroulant semi comateux sur l'épaule du monstre ne captant pas sa réaction et c'est quelques minutes après que les secousses des pas de Loras le réveillèrent, il délassa alors ses bras se laissant tomber afin de reprendre appuis sur son nouvel ami, alors que des insultes de Cunegonde fusaient.


MYCAH, LORAS, REVENEZ VOUS ALLEZ PAYER TOUT CA BANDITS, ENFOIRÉS.

Le chasseur qui rêvait depuis bien des lustres de se venger de tous ce qu'elle avait pu lui faire subir, regroupa son esprit sur sa réplique et se décida maintenant qu'il était sur de ne plus pouvoir remettre les pieds ici à difficilement tourner le tête pour lui répondre alors que son porteur et le géant traversaient la porte.

CUNEGONDE JE TE PAIERAIS SI TU PARVIENS A PERDRE TA FLEUR AVANT TES QUARANTE ANS.

Une fois à l’extérieur la fraîcheur de la nuit s’abattit sur eux, réveillant d'un coup de fouet le jeune chasseur plus alcoolisé qu'autre chose. Il eu d'ailleurs en même temps que le ser, d'asséner un nouveau coup à deux brigands qui par l'odeur de monnaie se voulaient les accaparer. La main déjà bien endolorie du chasseur par l'ancien coup, se retrouva une nouvelle fois écraser contre un crâne et à peine le poing donné, il se retrouvait à nouveau étalé sur le chevalier, les main entre les fissures d'acier.

Finalement sûrement excédé par le poids du dornien le chevalier, le déposa contre une rambarde le laissant se remettre l'esprit en place, esprit qui n'émergea d'ailleurs que lorsqu'on lui tendit une chope remplie de pièce entre les mains. Comprenant sur le coup l'ensemble de ce qui venait de se passer le dornien sourit à pleine dent, avec de taper sur le dos de ce brave Loras afin de dégager les soupçons de ce dernier, déjà qu'il ne s'attendait pas vraiment à se voire rembourser et qu'il avait mit dans une belle galère ce pauvre chevalier, il n'allait tout de même pas mettre sa bonne foi en doute, il y avait de toute façon dans ses chopes largement assez pour rembourser plus d'une de leurs soirées.

La raison rafraîchit par la nuit, il parvint en titubant légèrement à rejoindre, le chevalier et à lui poser une main sur l'épaule cette fois de façon amicale et non en s'en servant comme d'un appui.


Allez mon ami, on s'est bien amusé maintenant vous allez finir la soirée comme un braconnier. Loras tu prends le cheval du ser.

Sans une ni deux il agrippa l'homme en passant une nouvelle fois son bras derrière son cou avant de l'obliger à le suivre sur un chemin boueux qui partait vers l’arrière de l'auberge encore pleine d’effervescence, discutant de tout et de rien l'alcool donnant un intérêt à absolument tout. Au bout de dix minutes seulement le petit trio et le cheval, arrivèrent face à une grange emplie de paille et c'est sans le moindre ménagement que Mycah s’élança sur une botte laissant l'alcool et la fatigue le faire sombrer dans une profonde somnolence.

Et bienvenue chez les bandits ser Ervingnasse. Se contenta t il de lâcher, heureux de sa dernière nuit dans l'orage.

Le lendemain fut rude pour le jeune homme qui les cheveux et les vêtements plein de paille, se leva dans des craquements d'os et emplis de courbatures plus ou moins douloureuse.
Loras avait disparu le sir Ervignasse et ses affaires aussi.
Enfin il était temps pour lui de partir pour sa terre natale
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« On fait ce qu'on peut avec l'alcool que l'on a dans le sang. » [PV Mycah]

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