AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Sur la route de Vivesaigues

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 13:41

Les sabots sur les graviers de la route royale faisaient un bruit de crissement qui me détendait.
J’aimais ce bruit de fond autour qu’entendre l’eau s’engouffrer et plonger d’une cascade ou d’un moulin à eau à la maison.
Ce son me permettait un détachement qui était le bienvenue.

La jeune femme me demanda la raison pour laquelle j’allais prendre la route de la rivière et surtout quand. Visiblement, il y avait eu un mal entendu et j’allais donc répondre pour dissiper ça. Peut être que nos routes allaient converger un peut plus longtemps que prévu initialement. Je passais d’elle à ses hommes d’arme, détaillant chacun d’eux. De plus taciturne au plus discret, dans le fond du cortège avant de reposer mon regard sur sa capuche à elle.


- De la croisée, je compte prendre plein Ouest à dos de cheval, le voyage durera trois jours contre six en barque. C’est tout vu, vous ne pensez pas ma Dame ? C’est à Vivesaigue que je prendrais un bateau marchant pour remonter jusqu’à chez moi. Ils sont assez large pour nos animaux et assez rapide à contre-courant. Ces embarcations passent leurs temps à remonter jusqu’aux sources de la Rufurque, que ce soit en hiver ou en été. C’est de cette embarcation là que je parlais. Non, la route fluviale depuis Herpivoie serait un véritable cauchemar…

Je souris aimablement, les yeux dans le vague.
L’idée aurait été bonne si le courant avait été inversé, mais ce n’était pas possible, donc autant en rire…

Quand elle me demanda ce que j’avais en tête, je fis la moue cependant, perdant mon sourire qui se réduisit à une ombre sur mes lèvres.
J’avais bien entendu le cuir crisser, mais j’avais espéré que j’avais été le seul et surtout que personne n’allait me questionner sur cette attitude détachée que j’arborais depuis quelques lieux.
Je tournais néanmoins la tête vers Lyessa et prit quelques secondes en la fixant pour ordonner mes idées.


- Un sentiment d’impuissance. Mon passage à Winterfell m’a montré à quel point les attaques des Fer-Nés sur leurs terres les perturbent. Je ne vous apprend pas que Lord Stark à lancé un appel aux armes pour protéger ses cotes.

Je l’interrogeais du regard. Je savais que les Reed avaient une réputation de solitaire et que la légende voulait que leur fort glissent sur le Neck et donc ne pouvait pas être joint par corbeaux. Etait-il possible qu’ils n’aient pas été au courant de l’appel aux armes ?
Je repris cependant.


- Je pensais à mon propre Seigneur. Je me disais que si Lannister j’avais été, j’aurais envoyé un contingent pour aider les Stark. Mais… c’est une attitude impulsive. Stratégiquement parlant, ça aurait voulu dire sacrifier des forces pour abandonner nos cotes aux détriments de celles des autres, si nous avions été Dornien, je n’aurais pas dis… mais si proche des Iles de Fer… ça aurait été purement idiot.

Un sourire las vint me barrer le visage tandis que je haussais les épaules.

- Encore des idées de jeune coq avec des batailles plein la tête. Je chante trop de chansons et de balades sur les guerres d’antan que j’en oublie la réalité et que la guerre n’est pas un jeu… ni une chanson.

Mes doigts vinrent caresser la cicatrice sur ma joue et je sentis une nouvelles fois que je m’éloignais de notre chevauchée pour aller me perdre dans mes idées.
Je secouais vivement la tête et me recomposa une attitude.


- Vous ne m’avez jamais dis ce que vous escomptez faire à Vivesaigue Dame. Est-ce un secret ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 14:11

Je hochai largement la tête. Ainsi, tout prenait un sens. Mon intuition avait donc été la bonne : nous prenions bien la même route jusqu'à Vivesaigues et le tout, pour les mêmes raisons. Les Garner passaient simplement par la ville comme une escale alors qu'elle était, dans mon cas, la destination finale. Hochant la tête, je repris mon observatoire, les mains croisées sur le pommeau de ma selle et me perdis dans mes propres pensées en l'écoutant. Pourtant, quand il parla des Stark, je tiquai. Fronçant les sourcils, voilà qu'Alexander avait attiré l'attention de toute la compagnie sur lui. Brennadon pencha la tête pour le voir alors que je me trouvai entre les deux hommes, quant à notre queue de cortège, il prit de lui-même l'initiative d'un trot pour nous rattraper et mieux écouter. Le chevalier possédait sa réponse : non, nous n'étions pas au courant. Nous savions pour les attaques... Mais pas pour le message de Winterfell. Ainsi donc mon désir de passer par la route afin d'apprendre des choses des contrées extérieures se révélait un excellent argument. A cette nouvelle, je me retournai d'un coup vers Brennadon qui releva les yeux sur moi avec cette même inquiétude, mêlée à de la surprise.

_ Comment se fait-il que Egremont n'ait pas entendu parler de cet appel aux armes ?

Pour seule réponse, il me haussa les épaules ainsi que les sourcils et secoua la tête.

_ Peut-être Winterfel a envoyé un messager qui n'a su trouver sa route. Peut-être a-t-il retenu, voire même pire, attaqué. Peut-être sommes-nous partis avant l'arrivée du message.

Les lèvres pincées et visiblement affectée par la nouvelle, je repris mon observation de l'horizon, serrant les rennes entre mes doigts. Je n'étais pas seulement affectée, j'étais à présent en colère. J'ignorais, comme les autres, que les Fer-Nés étaient remontés jusqu'à Winterfel. Et moi voici perdue sur une route pour défendre le Conflans alors que les miens avaient besoin de moi. J'étais en colère contre moi-même. Mon désir de sortir de l'ombre m'avait fait perdre le Nord. Je ne m'en retrouvai que bien plus pressée encore. Combien de temps mettrai-je pour rentrer à Fort Griseaux et donner l'alerte à mon frère ? Et si le Suzerain refusait notre aide et que tout ce voyage avait été pour rien ? La mâchoire serrée, je n'entendis pas que l'on m'appelait pour la troisième fois.

_ Lyessa !

Je tournai la tête vers mon cousin, le visage rigide comme la pierre. Il me sonda, cherchant sûrement à me calmer par son regard mais il vit bien que cela était inutile, aussi prit-il l'option de sa voix douce.

_ Je sais à quoi tu penses et c'est hors de question. Cela fait plusieurs jours que nous sommes partis, nous avons encore beaucoup de route à faire. Ce n'est pas le moment de se laisser submerger par les émotions.

Contrariée, je me détournai de lui. J'inspirai profondément, ne tentant pas de me dissimuler comme Alexander l'avait fait plus tôt. Et au bout d'un temps, je repris d'une voix d'outre-tombe.

_ Galope le plus vite possible jusqu'à Carleon. Avec la monture des chevaliers, il peut faire deux fois notre voyage avec trois fois moins d'épuisement. Qu'il prévienne mon frère. Qu'il envoie un messager à Winterfel.

_ Nous n'aurons pas assez d'hommes, m'interrompit Brennadon.

_ Fais ce que je te dis ! Si le Nord appelle, le Neck répond. Carleon nous retrouvera à Darry. Il peut le faire.

_ Ce n'est pas une bonne idée, Lady Lyessa, je le répète.

Au bord de croiser les bras pour bouder, je décidai de m'en remettre au chevalier. Je tournai la tête vers lui et haussai les épaules.

_ Vous ne m'avez jamais posé de questions, je n'ai pas jugé utile de vous donner des informations qui ne semblaient pas vous intéresser. Aussi, voici ma réponse : mon frère m'envoie, au nom de mon père, Lord Reed, parler au Suzerain afin de lui offrir notre armée pour repousser les Fer-Nés des côtes. Ils ont déjà touché nos terres et nous avons déjà pu les repousser mais combien de temps cela pourra-t-il durer ?

Tout à coup, j'arrêtai ma monture, ne quittant pas Alexander des yeux.

_ S'ils montent jusqu'à Winterfel, n'êtes-vous pas d'accord avec moi qu'il faut que je prévienne mon frère ? Aucun corbeau n'atteindra Fort Griseaux et nous sommes isolés du monde. Une telle information ne devrait-elle pas être transmise à celui qui tient la tête du Neck ?

Brennadon soupira et secoua la tête avant d'arrêter sa monture. J'étais une Lady. Oui. Mais j'étais une Reed avant tout.

_ La guerre n'est ni une danse, ni une chanson... Mais elle s'avère être une jolie Dame séduise pour certains.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 14:44

La situation changea du tout au tout.
La tension devint palpable. Moi qui voulais faire oublier mes dernières paroles, je fus servi. Lyessa réagit très rapidement à mes dires et un échange s’en suivit.
Je fus plus spectateur qu’autre chose, suivant ce qu’ils se disaient et essayant de combler les blancs moi-même.

Vu comme Lyessa se fit reprendre par l’homme qui l’escortait, je cru entendre mon oncle pendant un de nos propres échanges. Si je comprenais bien, la jeune femme avait un caractère de feu et son homme d’arme essayait de la calmer par ses propos.
Un tel emportement me surpris cependant, surtout compte tenu qu’ils n’avaient pas toutes les cartes en main.


Ce n’était certes pas ma guerre, mais je me senti tout de même obligé de prendre part à l’échange.

- Je pense que la bonne chose à faire serait de hâter le pas vers notre destination et une fois dans la première ville qui comptera un Mestre, payer un corbeaux jusqu'à Winterfell pour demander un point sur la situation en demandant à ce que la réponse soit transmise à Vivesaigue, non ?

J’avais du mal à visualiser la situation dans laquelle se retrouvait les Reed en ce moment, avec ce Château injoignable par Corbeau et uniquement par messager si ils avaient de la chance de tomber sur le Fort ou sur une patrouille.

Quand elle répondit à la question, cella me donna un peut plus d’eau à mon moulin. Et je m’éclairci la gorge avant de reprendre.

- Alors les choses changent complètement, non… ? Vous prenez la route du Sud pour promettre un soutient militaire à un Seigneur du Conflans, mais si vous suivez votre logique, vous allez envoyer cette armée à Lord Stark… dans ce cas là, cela ne vous mettra t-il pas dans une situation problématique envers le Seigneur Tully ? Sans aller jusqu’au parjure, cela risque de faire naitre des tensions entre vos maisons ?

Je fis la moue.

- Ces jeux politiques sont a double tranchant… il faut toujours voir les deux facettes avant de prendre une décision, vous ne pensez pas ?

Une nouvelle fois, je voltais sur ma selle pour fixer Lyessa dans les yeux, du moins… l’endroit où je pensais trouver ses yeux.

- Votre Seigneur doit en effet être prévenu, c’est une certitude. Mais je serais à votre place, je prendrais le temps d’envoyer des corbeaux pour évaluer la situation. Nous sommes en route depuis plusieurs jours, il est possible que la situation est totalement basculé dans le Nord et sur les côtes. Que se passera t-il si vous envoyez vos hommes à Winterfell alors qu’ils n’ont plus besoin de vous et qu’alors, c’est le Sud qui subit les attaques ?

Une voix vint me cogner dans le fond du crane tandis que je grimaçais. Je m’apprêtais à dire à Lyessa quelque chose que moi-même je n’avais jamais fait, bien que maintenant, au regard de cette situation, je comprenais mon erreur…
Je me parais de mon plus beau sourire pour conclure.


- Vous devriez faire ce pour quoi vous avez été envoyé en tentant d’utiliser les informations reçues en chemin pour que ce soit encore plus efficace. Envoyer des Corbeaux dans le Nord, demandez un point et proposez votre aide. Si ils ont véritablement besoin de vous, il serra toujours temps de discuter avec Lord Tully pour connaître la marche à suivre. Mais gardez à l’esprit que si on vous à envoyé dans le Sud, c’est pour une bonne raison.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 17:18

Je fixai toujours l'horizon. J'écoutai avec attention les conseils du chevalier. Brennadon semblait tout à fait content de ces paroles, d'ailleurs si j'en jugeais par le sourire que j'imaginais. Il me fallu un long moment pour réfléchir et prendre en considération tout ce que disait Alexander. Mon cheval baissa la tête pour tirer sur sa bride mais je bougeai toujours pas. Toutes les informations tournaient dans ma tête. Et avec elles, ces images de ma confrontation avec les Fer-Nés. Mes yeux se perdirent dans le vague alors que les bruits de fer, épée contre trident résonnaient en moi. Je me revis alors, combattant avec force pour ma région, mon peuple, ma maison et mes valeurs. Bien décidés à garder nos marais, nous défendions par la même le Neck et l'entrée du Nord. C'est un peu comme si nous étions les gardiens de l'entrée du fort, quoi qu'en pensent les autres... Ainsi nous méritions notre qualificatif de "sauvage" mais nous défendions les nôtres de la même manière qu'ils défendraient les leurs, non ?

Je posai ma main sur la croupe du cheval pour me retourner et regarder la route d'où nous venions, nos empreintes de sabot marquant nos pas dans le sol légèrement boueux. Comme disait Alexander, nous arrivions à la frontière, nous étions bien plus près de Herpivoie à présent que de la dernière auberge où nous sommes passés et donc, du fort Griseaux. J'acquiesçai finalement et me retournai sur mon cheval en remontant la bride. Je me mordis la lèvre avec l'impression d'être d'une forte impuissante et que des mots forts grossiers menaçaient de sortir de ma bouche de "Lady". Entre mes dents, je repris.

_ Mon frère m'a envoyée dans le Conflans pour préparer une armée contre les Fer-Nés. Si le petit Tully refuse, ça fera plus d'hommes disponibles pour le Nord. Il n'est pas question de retirer l'armée proposée au Conflans.

_ Le Neck ne dispose pas d'assez d'hommes pour former deux armées, Lyessa et tu le sais.

_ Nous pouvons en constituer une sans rester au coeur du Neck. (J'acquiesçai à nouveau) J'enverrai un corbeau à Winterfel depuis Herpivoie, demandant une réponse à Vivesaigues où nous seront déjà arrivés, j'imagine.

Brennadon acquiesça dans un sourire et reprit la route sans attendre, pressant le pas. Il devint primordial que notre dernier cavalier monte avec Brennadon afin de se lancer au galop sans être freiné. Le deuxième chevalier et Carleon nous retrouvèrent très bientôt et les informations tombées, le temps nous manquait alors cruellement. De plus, je devins très vite une plaie pour mes compagnons, il était donc temps que nous arrivions à Herpivoie trois jours plus tard.

Descendre de cheval fut comme un immense soulagement, encore plus pour certains que pour moi. Chaque nuit passée était plus dure que la précédente. Je peinais tant à fermer l'oeil que Ulys - le dernier homme sans nom - finissait par me préparer des décoctions qui m'endormaient sur le champs. Ainsi, Brennadon pris mes tours de garde.

Afin de ne pas perdre une seconde, je ne nous autorisai qu'une seule nuit à Herpivoie. Je ne voulais pas être en retard à Vivesaigues pour le retour du corbeau. Une nuit en auberge serait suffisante. Autre chose m'avait trotté dans la tête. Je le gardai jusqu'à être sûre de vouloir connaître la réponse. A l'heure du dîner, à l'auberge, à la veille d'une nuit où nous pourrions tous dormir sans besoin de tour de garde, je me tournai finalement vers Alexander. Il est fort possible qu'à ce moment-là, mes yeux lui lancèrent un défi.

_ Vous n'êtes pas un Lannister... Mais possédez-vous une voix auprès d'eux ? Pourriez-vous, dans un cas éventuel, apporter votre aide et votre épée au Nord ?

Je tournai les yeux vers l'oncle car la question s'adressait également à lui.

_ Les Fer-Nés ne sont pas si lointain de l'Ouest, le Nord n'est pas le seul concerné, ni le Conflans. Toutes les côtes de ce côté de Westeros le sont. Les Lannister sont donc, de ce fait, tout autant concernés que nous ne le sommes.

J'étais bien petite dans ce conflit... Et je ne songeai pas un instant pouvoir construire des armées dans trois régions différentes pour aider seulement une d'entre elles contre une autre. Mais j'avais la prétention d'essayer. Et je n'avais pas peur des guerres.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 18:48

J’avais laissé les Reed discuter. M’assurant de répondre quand on me posait des questions où encore faire la conversation avec des sujets futile entre deux discussions tendues de ces derniers.
Le voyage m’avait paru bien court. Pourtant nous avions prit la route tôt. Quand mon oncle revint, je lui fis part de nos échanges avec le reste de la troupe. Il approuva ma réponse à Lyessa cependant, m’accordant même une tape sur l’épaule.

Quand nous arrivâmes à Herpivoie et trouvâmes l’Auberge, la nuit était en train de tomber et le temps allait en se rafraichissant. Rien de comparable avec le Nord, cette fraicheur là était presque bienvenue après une journée passé à dos de cheval.
Nous primes une chambre pour deux, montâmes nos affaires après s’être assuré que nos chevaux étaient bien avec les palefreniers et qu’ils prenaient soin d’eux.

Quitter cette armure fut une véritable bénédiction. On ne s’en rend pas compte quand on est à l’intérieur, mais une fois retirée, on se redécouvre des forces qu’on avait complètement oubliées.
C’est quelque chose que mon oncle adorait faire d’ailleurs. Jouer avec des poids pour renforcer l’efficacité d’un entrainement.
Maintenant que nous étions en terre moins dangereuse, il fit d’ailleurs une tête qui ne laissait rien présager de bon pour moi pour les nuits à venir.

Nous descendîmes retrouver le reste du groupe dans la salle commune de l’Auberge. Je n’avais aucune idée de comment ils avaient réparti les chambres d’ailleurs.
Mon oncle nous commanda pour tout leur plat à base de Sanglier et de pomme de terre, le tout avec un pichet de vin pour faire descendre le tout.
En attendant qu’ils nous servent, je me mis sur le bout d’un des deux bancs de notre table et remonta un genou pour caller ma harpe et commencer à faire sonner les cordes lentement.
Certaines personnes tournèrent la tête vers nous pour observer d’où venait le son, mais ils ne s’en offusquèrent nullement, la tenancière m’invita même à continuer tant que je voulais, pour une fois qu’elle avait un instrument dans son Auberge, elle comptait en profiter pleinement.

C’est sur ces entrefaits que Lyessa fonça droit sur moi et mon oncle pour se poser à coté de nous.
Je relevais les yeux vers elle, curieux de l’attitude, chantonnant d’un fond de gorge en tendant l’oreille. Sa requête me perturba légèrement. Je manquais même un accord ou deux avant de me reprendre.
Mon oncle tourna la tête vers moi et me fit un signe de tête pour m’inviter à lui répondre ce qui me mit légèrement mal à l’aise. Mais je m’exécutais tout de même.


- Je n’ai pas voix pour les Lannister, mon père peut-être, mais il n’en fera rien.

Je bougeais légèrement sur le banc, faisait une grimace.

- Nous avons longuement discuter de ça avec mon Oncle pendant notre passage à Winterfell. Les Fer-nés sont passé par chez nous et ils ont fait des ravages… mon Oncle est certain que les Seigneurs de l’Ouest vont bientôt prendre les armes pour parer à cette menace en écho de l’appel aux armes du Nord. C’est donc logique que mon père réponde présent si ils demandent notre aide. Mon oncle et moi sommes des jurés de Grand-Duc, nous ne pourrions pas aller à l’encontre de notre Seigneur, encore plus si c’est un membre de notre famille. Tout comme vous comprenez surement que vous ne pourriez pas prendre les armes pour l’Ouest alors que le Nord est en proie aux pillages… pas vrai ?

Le Tenancière apporta un lourd plateau contenant nos mets et notre vin et tourna les talons presque immédiatement. Nous laissant nous servir à notre guise.
Mon oncle se mit à prendre un morceau de viande dans son écuelle avant de prendre ma suite.


- Mon neveu à bien parler. Nous serrons là pour répondre quand on nous appellera, bien entendu. Le Roc est une cible de choix et encore plus l’est port Lannis. Ces blondins de Lannister ne tarderont pas, j’en met ma main au feu.

Sur ces belles paroles, il croqua dans on morceau de viande et ses yeux se perdirent dans le vague.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 19:21

Les chevaliers confirmaient ce que nous pensions : les Fer-Nés attaquaient sur tous les fronts. Si armée je devais envoyer, je devrais bientôt choisir entre le Nord et le Conflans. Mon regard sur Alexander, dans le vide, j'écoutai leurs paroles sans toucher à mon assiette. Les autres, eux, dévorèrent le sanglier et ne lésinèrent pas sur le vin non plus. Ils pouvaient dormir sur place alors ils n'en étaient pas mécontents. Pour l'heure, je réfléchissais. Posant mon menton dans ma main, je cherchai une bonne tactique. Pas la meilleure solution mais une bonne technique. Je me sentais frustrée. J'étais loin de chez moi, encore plus de Winterfel et je n'avais aucun moyen direct de connaître les situations actuelles.

_ Lady Reed...

La bouche pleine, Ulys releva le menton pour me dévisager avant d'acquiescer, me montrant les plats.

_ Accordez-vous une soirée sans soucis. Mangez donc ! Vous avez besoin de forces et ce n'est pas en vous attirant des rides que vous ferez mieux avancer l'armée du Neck.

Je lui souris et baissa la tête. J'étais d'accord avec lui, pourtant je restai perdue dans mes pensées lorsque Brennadon largua un bon morceau de sanglier et une grosse louche de pomme de terre dans mon assiette, de son air antipathique et taciturne dont il avait l'habitude en public. Son regard m'intima d'obéir et je détournai le regard. Je n'étais pas la soeur de mon frère pour rien. Je ne supporterai plus longtemps cette situation d'être au milieu sans rien pouvoir faire.

_ Très bien...

Je portai un morceau de sanglier à ma bouche sans grande conviction et y mordit dedans du bout des dents. Mais déjà mon estomac était plein et j'eus du mal à déglutir cette simple bouchée. Pensive et regardant la tenancière travailler, s'affairer sans s'ennuyer, au coeur de son travail, puissante, je songeai à voix haute.

_ Pourquoi attaquent-ils ? Ca n'a pas de sens... Ils nous divisent... Le Nord ne pourra aider le Conflans s'il est lui-même attaqué. Le Conflans ne pourra aider l'Ouest, celui-ci refusant l'aide au Nord car attaqué également. Si nous sommes incapables de nous entraider alors ils marcheront sur nos terres sans difficulté. L'Ouest, le Conflans, le Nord, ils ne pourront passer le Mur. Je ne comprends pas où ils veulent en venir... Comment offrir mon aide au Conflans si le Nord est en danger ? Le Neck ne pourra se diviser en deux, nous ne sommes pas assez nombreux.

Je sursautai en entendant mon assiette cogner fortement sur la table. Les yeux ronds, je me retournai vers Brennadon, qui m'avait faite sortir de mes pensées volontairement. Il lâcha mon assiette et ramena sa main à son morceau de viande, me fusillant du regard. Mon frère l'avait bien choisi. A l'identique de lui, Brennadon offrait un oeil bienveillant sur moi et mon frère savait que je le respectais assez pour lui obéir sans broncher.

_ Tu te tortures l'esprit. Cela peut attendre demain. Tu as besoin de reprendre des forces. Alors mange. Et cesse de parler de tout ça.

A la surprise, mon coeur avait sauté un battement et mon teint avait blêmi. Je roulai des yeux, comme une enfant ou presque, et reprit la molle conquête de mon plat sans grande conviction. Je n'arriverai pas à tout manger. Mais certains ne se gêneraient pas pour finir mon assiette. Je n'avais pas faim, j'étais bien trop préoccupée. Je savais qu'à l'extérieur du Neck, les situations des différentes régions n'étaient pas fameuses mais j'ignorais à quel point. Les chevaliers avaient raison... Je secouai la tête finalement.

_ Pardonnez ma question, elle était déplacée. Je suis décidément bien trop curieuse.

Ce qui m'arracha à peine un sourire alors que je jouais avec mes pommes de terre du bout du couvert.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 20:38

Mon oncle suivit l’échange, mais quand la jeune femme s’excusa, il chassa la remarque d’un coup de fourchette, les yeux mi-clos.

- Ce n’est pas un défaut que d’être curieux Dame Reed. Vous ne saviez juste pas comment ça se passait, voilà tout. Il faut bien poser des questions pour apprendre. Croyez bien que ce n’est pas une question d’envie encore une fois. Nous sommes tous lié à des forces bien supérieur que notre bon vouloir. Nous deux…

Il me montra, puis se montra lui-même.

-… que vous ma Dame. Nous ne sommes que des hommes d’arme. Vous avez un nom et un statu bien supérieur au notre.

Le bout de chemin que j’avais fais avec la jeune femme me laissait perplexe quand à l’accueil qu’allait faire Lyessa à cette remarque là.
Elle avait l’air d’exécrer qu’on lui rappelle son statu de Lady presque autant que moi quand on me rappelait mon statu de second Fils.

Je fini par jouer mes derniers accords et me redressa, rangeant ma harpe dans son étui en cuir pour le passer à mon épaule.
Je n’avais rien mis dans mon ventre depuis qu’ils nous avaient servi le plat et je dû avouer que l’odeur me mettait l’eau à la bouche.
Je me pris donc une grosse écuelle de tout et une pinte de vin que je bus avec un léger frisson qui me parcourait l’échine. Se remplir le ventre me redonna de l’énergie et raviva l’énergie que j’avais au fond des yeux. Je souris de plus bon cœur et me redressait de mon banc, mon assiette de nouveau pleine et une nouvelle choppe de vin dans l’autre.

Mon oncle avait comprit, il se redressa et me sourit de bon cœur remontant les marches pour retourner dans la chambre qui était la notre pour en redescendre avec son épée dans le dos et un sac en toile sombre dans la main gauche.
Anticipant les questions, je posais mes yeux sur Lyessa.


- Nous allons profiter de l’air frais pour nous entrainer dans la cour. Ne vous inquiétez pas si vous nous entendez… ce n’est que nous.

Je tournais les talons, flanqué de mon oncle et nous arrivâmes à l’extérieur. L’air frais me picota légèrement les joues et ça me fit un bien fou.
Nous fîmes le tour des écuries pour arriver dans l’arrière cour de l’Auberge complètement déserte. Il n’y avait qu’une clôture en bois, un gros saule sur la droite et le mur de l’Auberge à l’opposé.
Je posais ma choppe et mon écuelle sur les piquets et accrocha ma harpe sur le saule, puis pivota sur moi-même pour faire face à mon oncle qui fouillait dans le sac en toile pour en tirer quatre ceintures qu’il me jeta aux pieds.
Je connaissais ces choses, nous les utilisons à chaque fois. Des ceintures de poids à attacher à nos poignets et à nos chevilles pour encombrer nos mouvements et nous forcer à fournir des efforts supplémentaires. C’était très dur les premiers mois, mais l’entrainement venant, ça devenait de plus en plus efficace.
Une fois nos poids fixé, il dégaina son énorme épée.
L’imitant, je tirais de ma ceinture mon épée et me mit à pivoter légèrement sur moi-même avant de commencer à faire des cercles autour de lui.

La première attaque fut pour lui, il envoya la lame dans une courbe horizontale a hauteur de la tête que je dû esquiver en sautant d’un bon mètre en arrière. Je béni de ne pas porter nos armures. Mais ces poids n’étaient pas des plus pratique tout de même. Voir bien plus encombrant.
Je n’attendis pas qu’il termine son mouvement et envoya ma propre lame plus fine et rapide vers son genou droit. Il recula la jambe et nous nous fîmes face comme ça dans la nuit, chacun souriant à l’autre.

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 22:28

Je fronçai les sourcils au "compliment" de l'oncle. Voilà autre chose. Après avoir traité ma région de "vous les Paludiers" avec un regard de crotale, à présent j'étais... De plus haute stature qu'eux ? Je les regardai s'éloigner, mon visage perplexe. Brennadon souriait, quant à lui. Carleon décida alors d'en profiter, le ventre plein, pour se trouver une bonne compagnie. Il avait déjà croisé une dame parfaitement à son goût. Ulys décida de faire de même. Après tout, pour une fois qu'ils voyaient autre chose que les femmes des marais... Je restai seule avec Brennadon jusqu'à ce que nous décidions de monter nous coucher. J'avais à peine mangé mais je n'avais pas plus faim. Et l'entrain des chevaliers ne m'avait pas été communiqué. Nous montâmes alors, Brennadon dormant dans la pièce à côté et les deux autres dans la même chambre. Alors que je rangeais mes affaires sur mon lit, j'entendis des chocs d'acier dans la cours, par la fenêtre.

_ Tout ira pour cette nuit, ma Lady ? me demanda Brennadon, sur le pas de ma porte.

Détachant ma cape de mes épaules, je m'approchai de la fenêtre pour m'y appuyer et suivre les échanges de la maison Garner en contre-bas. Je posai ma tête contre les boiseries.

_ Oui, merci Brennadon, répondis-je avant de tourner la tête vers lui pour lui sourire. Bonne nuit.

Il me salua d'un hochement de tête et referma la porte derrière lui. Je repris mon observation et poussai un profond soupir en reprenant mon appui contre la fenêtre. Je me frottai les bras et les regardai s'entraîner avec leur drôle de façon à la lueur de la nuit. Si l'un d'eux me remarquait, je me contentais de lui sourire en agitant faiblement les doigts, par simple politesse. J'avais été élevée comme un garçon, au final. Je ne m'en plaignais pas, cependant parfois je me demandais ce qu'il en était d'être... Une vraie Lady. Avec de belles robes, comme à Port-Royal. Et de belles coiffures du Sud. Mes cheveux étaient plus longs encore que les leurs mais en bien plus piteux état. Qu'était une Lady sans Lord ? Pas plus qu'Alexander ne se sentait chevalier, je ne me sentais Lady. Sur ce point-là... Nous nous étions bien trouvés.

Au bout d'un temps, lorsque j'en eu assez vu, je m'éloignai de la fenêtre pour me mettre au lit et soufflai sur la bougie avant de caler mes mains sous ma tête, dans le coussins de plumes. Je poussai un profond soupir et regardai par la fenêtre, la lune haute. Je trouvai qu'il faisait déjà bien chaud par ici... Après ces derniers nuits à la belle étoile, dormir dans un lit me faisait suffoquer. Pourtant... je m'endormis comme fond la neige au soleil.

Ce fut le soleil, très peu commun chez moi, qui me réveilla en dansant sur mes joues. je clignai lentement des yeux avant de me redresser, les cheveux collés sur mes yeux, comme mes paupières. Je m'étirai dans un gémissement et baillai au corneille avant de me rendre compte que j'avais dormi comme un bébé sans être réveillée une seconde. L'air frais sur mes épaules, j'attrapai ma cape, démunie de sa broche et m'enveloppai à l'intérieur pour regarder le soleil. En bas, plus d'épée ni de chevalier s'entraînant. mais j'entendis des bruits familiers de cuisine et mon ventre se mit à faire un gargouillis significatif : j'étais morte de faim.

M'habillant rapidement, je sortis de ma chambre et allai frapper aux portes de mes hommes pour les lever et je couru au rez-de-chaussée pour me remplir l'estomac comme il se devait. Chez moi, j'avais l'habitude d'être la première levée aussi en profitai-je pour tout dévorer ce qu'on voulait bien mettre sur ma table. J'avais hâte. J'avais vraiment hâte de reprendre la route. Pendant que nous dormions, le corbeau avait déjà dû faire un bon bout de chemin. Je devais arriver à Vivesaigues très vite à présent et j'espérais alors, à mon arrivée, avoir une réponse à mes plus grandes inquiétudes. Je n'avais aucun moyen de joindre mon frère pour l'instant et je me forçai à ne pas y penser. J'étais partie sans un regard à mon père, si en colère contre lui que je n'avais pas osé lui adresser le moindre mot. Avec ce que je savais à présent, je ne me pardonnerais jamais son sort si je n'avais pu le serrer contre moi une dernière fois. Après tout, ce n'était pas sa faute.

Je sentis quelqu'un à côté de moi, profondément encore endormi. Carleon, les cheveux dans les yeux était aussi débraillé qu'un coq déplumé ! Je pouffai de rire et il grogna pour me signifier de ne tenter aucun commentaire. Mais j'étais à présent pressée. Buvant d'uen traite mon lait de chèvre, je sautai du banc et montai à l'étage les marches 4 à 4 pour aller vérifier le reste de mes hommes mais surtout si les deux chevaliers étaient levés et ce, même si je devais tambouriner à leur porte. Le soleil tournait aussi bien que la lune et nous avions peu de temps.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 22:51

Nous avions poussé l’entrainement durant prés de deux heures. Mon oncle avait prétexté que vu le temps que nous avions passé sans entrainement, il fallait qu’on rattrape notre retard.
Cependant, ces deux heures d’échanges s’étaient écoulées sans que je m’en aperçoive. Ce matin par contre… c’était tout autre chose.

Mon oncle nous avait levé aux aurores, mes muscles hurlaient pour avoir un peut plus de temps pour se remettre, mais la moindre des choses que je puisse m’avouer par moi-même c’était que ça réveillait très rapidement les courbatures.
Nous nous glissâmes dans la salle commune, engloutîmes notre bouillie d’avoine et sortîmes presque immédiatement après pour préparer les chevaux. Tous.
En effet, mon oncle avait trouvé l’idée séduisante que de préparer les montures de tout le monde avant le départ.
Le palefrenier avait fait un boulot merveilleux et des bêtes éreintées par le voyage, nous n’en vîmes plus aucunes traces.
Il avait même graissé le métal qui caparaçonnait nos montures à mon Oncle et moi-même.

Je fini par croiser les Reed en bas, dans la réfectoire tandis que je remontais prendre mes propres effets. C’est là que je vis Lyessa s’acharner sur notre porte.
Avec un sourire moqueur, je m’accoudais à la rambarde de l’escalier et l’observait pendant cinq secondes avant de m’éclaircir la gorge.


- Ne fatiguez pas vos poings, nous sommes déjà prêt pour le départ, je remontais justement prendre nos effets. Où en sont vos hommes ? Prêt pour une nouvelle journée dans le sud ? Vos montures sont déjà prêtes, vous n’avez plus qu’à vous présenter dehors…

Sans la quitter des yeux, je m’approchais pour ouvrir la porte en remontant le loquet et, tout en laissant cette dernière ouverte pour pouvoir continuer à discuter en cas de besoin, me mit à empaqueter mes affaires. L’armure me prit le plus de temps, normalement, mon oncle était là pour m’aider, mais pour le coup, je n’avais pas envie de déranger Lyessa avec ça, puis ça ne se faisait pas de toute façon.
Une fois de plaque vêtue, je ressorti en fermant la porte derrière moi, l’Espadon de mon oncle dans les mains.


- Longer la Rufurque à ses avantages, mais aussi ses inconvénients, nous allons croiser toutes sortes de gens, tant des marchands itinérants que de potentiels filous. Nous allons devoir redoubler de prudence.

Je redescendis les marches de bois pour revenir dans la salle commune et remercia la Tenancière de son accueil et du repas de ce matin et surtout pour celui de la veille qui m’avait fait le plus grand bien.
En ressortant, je tendis l’Espadon à mon oncle qui le fixa dans son dos sans même une hésitation. C’était vraiment un prolongement de lui-même.

Je m’approchais de ma monture et en fit le tour, lui caressant l’encolure entre les plaques de métal et vérifiant ses fers de plus prêt histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises durant la route jusqu’à Vivesaigue.
Les fiefs dignes de ce nom n’étaient plus légion sur cette portion de route. Du moins, ceux que je pensais sans danger ne l’étaient pas.
D’ailleurs, je pivotais sur ma selle et fit face à mon oncle, perdu dans ses pensées.


- Les vallées juste avant Vivesaigue ne me plaisent pas du tout mon Oncle… si j’avais des bateaux et que je voulais m’enfoncer dans les terres pour faire des Razzias… Grell et Corneilla seraient sur le sommet de ma liste concernant le Conflans…

Mon oncle leva les yeux vers moi et je lus qu’il approuvait ce que je venais de dire.

- Mais nous ne pouvons pas nous permettre de faire de nouveaux détours, encore plus quand nous avons un autre groupe de voyageur qui eux visent Vivesaigue, nous allons faire devoir avec Fils.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 22 Juin 2012 - 23:36

Plus que ravie de les voir déjà levés, j'avais retrouvé ma bonne humeur. Même si mes pensées étaient toujours sombres, cette nuit de sommeil m'avait fait là le plus grand bien.

_ Ils sont levés ! Ils finissent leur petit déjeuner et nous pourrons partir. Mais je crois que leur nuit a été un peu moins calme que la mienne.

Je prononçai cette dernière phrase avec un sourire et acquiesçai en regardant mon compagnon.

_ Je vais de ce pas commencer à charger nos affaires. Ainsi, nous ne perdrons pas de temps.

Je le laissai à son rangement et m'appuyant sur le bord de la porte, je m'élançai pour dévaler les escaliers et presser mes hommes. Me promettant d'être plus présentable à Vivesaigues, je pris exemple sur la tenancière et sur sa façon de se tenir. Pendant une seconde, je l'étudiai et cherchai à l'imiter. Mais le retour d'Alexander me dissuada dans mon entreprise. Les yeux ronds, je suivis Brennadon vers les écuries au petit pas de course et ne tardai pas à rejoindre les chevaliers en hauteur, écoutant leurs critiques de la route. Si l'un de nous connaissait cette route-là, ce n'était pas mon cas aussi m'en remis-je à mon homme de main comme aux chevaliers.

Je relevai la bride dans mes mains tout en les dévisageant.

_ En ça, chers compagnons, vous êtes plus nobles que certaines personnes de ma connaissance ! Avec pas moins de 5 valeureux combattants, mon escorte à Vivesaigues est assurément royale !

Je leur adressai un sourire taquin de bien meilleure humeur que la veille. Pourtant, mes hommes, eux, dormaient debout ou grognaient. Quand ils montèrent sur leurs chevaux, ce ne fut pas avec grande élégance.

_ Si ce détour nous fait gagner du temps alors n'hésitons pas. Nous ne sommes pas nés de la dernière neige et nous savons repousser des indésirables s'il le faut.
_ Ce qu'il veut dire, Lady Lyessa, me dit Brennadon en se penchant vers moi, les sourcils hauts, accoudé au pommeau de sa selle, c'est que si on peut éviter les ennuis... ce ne sera pas plus désagréable que la longue route qui nous attend. Et je suis assez de leur avis, d'ailleurs.

Je pris une moue boudeuse et bougonna un "Qu'as donc tu fais de ton âme de vainqueur ?" avant de prendre les devants sur la route. Je jetai un oeil au donjon et aperçu un corbeau qui prenait son envol. Où était le mien ? Arriverait-il à bon fort ? Lord Stark pourrait-il me répondre ? Le ferait-il à temps ? Pourrait-il me délivrer la solution à cet épineux problème ? Nous marchâmes dans la ville encore endormie au pas avant d'en sortir et de prendre l'embranchement de la route qui nous intéressait. Me rapprochant de l'oncle, je fronçai les sourcils en reprenant mes questions.

_ Qu'y a-t-il dans ces vallées ? demandai-je.

Je levai les yeux vers le paysage que nous apercevions déjà et ma tête se mit à imaginer les ennuis que nous pouvions rencontrer sauf que... Et bien je n'y arrivais pas. Nos marais étaient plutôt calmes et quand ils ne l'étaient pas, c'était la guerre. Je n'avais pas de juste milieu, je ne savais pas ce qui pouvait nous arriver.

_ Je pense que nous sommes assez nombreux pour dissuader qui que ce soit. De plus, vous nous avez déjà pris pour des paysans, n'est-ce pas ? Qui pourrait croire que nous transportons quelconque babiole de valeur ?

A ces mots, je haussai les sourcils et baissai les yeux sur l'armure de l'oncle. Assurément qu'entre lui et son cheval, ils pourraient nourrir au moins une famille entière pour tout le prochain hivers ! Mais comme mes paroles étaient là passablement plus de l'ordre de la moquerie que de la réelle question de critique stratégique, je lui offris un sourire en papillonnant des cils.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 23 Juin 2012 - 18:32

Tout en chevauchant, j’écoutais les conversations qu’ils avaient. Tentant de me remettre de mes courbature du mieux que je pus.
A peine après quelques heures après notre départ, le paysage évolua de nouveau. Nous passâmes de grandes parcelles de forêt, puis de longues plaines vertes, puis de nouveau des bosquets.
C’est sous l’un d’eux que je décidais de reprendre la parole. Il est vrai qu’à part quelques sujets sans importance, je n’avais pas vraiment parlé avec la troupe.


- Ce n’est pas le genre de personnes qui serait repoussé par une troupe de Sept gaiards en armes si vous me passez l’expression… Je ne crains pas tant les Pillards et les petites bandes que des Fer-Nés qui pourraient s’enfoncer dans les terres. C’est surtout de ça que nous discutions avec mon oncle avant que vous n’arriviez…

Je modifiais mon assiette pour me retourner vers le reste de la troupe, histoire de ne pas paraître hautain en leurs tournant le dos. Je passais de mon oncle à Lyessa, puis au reste de la troupe.

- Ils pourraient très bien s’enfoncer dans les terres pour venir chercher des trophées non préparés à leurs venues… les cotes commence à s’armer. Même si ils ne craignent pas les fourches et les piques… c’est une idée à ne pas négliger.

Je fis un sourire navré et reprit ma position normale en selle pour continuer la route.

L’arrête que nous fîmes à midi au bord de la Rufurque. Nous permit de nous rafraichir et de désaltérer montures et hommes.
Pour notre part, le repas fut frugal, composé de quartiers d’orange et d’un pain de voyage que nous avions acquis à l’auberge avant notre départ.

Une heure plus tard, nous étions de nouveau sur la route. J’avais tourné et retourné l’idée dans ma tête. Et malgré le faible chance que nous rencontrions un groupe venu de la mer pour nous attaquer, j’avais fini par trouver un compromis intéressant pour tout le monde.


- Sans faire un détour énorme pour éviter la route Royale… que pensez-vous de faire une halte à Haye-Pierre avant d’atteindre les contreforts ? D’ici nous pourrions nous renseigner pour savoir si ils ont subit des attaques ou si la route est sûre… comme ça nous éviterions les détours inutiles et nous arriverions bien plus rapidement à destination !

Je n’avais aucune idée de l’accueil qu’ils feraient à l’idée, mais je vis immédiatement mon oncle qui s’avança par rapport au reste du groupe avant de prendre la parole.

- J’ai eu la même idée, nous aurions pu passer par Shawney en reprenant légèrement au Nord, mais ça nous aurait obligé de trouver un guet et ça aurait largement rallongé notre voyage. Haye-Pierre est le compromis parfait Alexander. Je ne suis pas contre quelques questions une fois en ville.

Nous fixames donc le groupe des Reed, attendant qu’ils répondent à leurs tours.
Avait-ils réfléchit à la question, voyaient-ils une meilleur idée pour nous permettre d’avoir des informations fiable pour savoir si la route était sûre ?
Qui sait, les gens de ces villes avaient peut être eux même des informations sur les changements qui avaient eu lieux depuis notre départ du Nord !

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 24 Juin 2012 - 9:17

[Va pondre 600 mots à une simple réponse qui n'en demande pas plus de 200 lol *cherche au plus profond de son inspiration*]

Ce ne fut pas moi mais Brennadon qui trotta pour se mettre à leur hauteur.

_ Une fois là-bas, nous serons presque arrivés, déjà. Connaître la route ne nous servira plus à grand chose. Quant à poser des questions en ville... Pardonnez-moi, messires mais je cherche à comprendre la réelle raison d'une halte à ce point étudiée. Risquez-vous des attaques entre Haye-Pierre et Vivesaigues ? Ne serions-nous pas tout aussi tranquille en longeant la route de la rivière ?

Je suivis l'échange entre les homme. Ne connaissant pas les routes, je me fiais totalement à eux. A tort ou à raison, je n'en sus rien, toujours est-il que je n'avais pas le choix pour l'instant. J'étais effectivement pressée d'arriver à destination mais je voulais également m'arrêter à chaque fois que cela était possible afin de toujours être informée de ce qu'il se passait. La route était longue et bien trop calme à mon sens, nous étions encore plus isolés que dans le Neck. Cet isolement nous coûtait cher, aujourd'hui. Dans une situation comme celle-ci, quelles étaient nos options ? Selon les ordres de Stark, nous serons amenés à sortir de ce dit isolement. Dans un sens, je ne trouvais pas ça plus mal. Je me rendais compte, petit à petit, des choses que nous manquions. Si l'un de nous n'avait pas mis le nez en dehors des marais, quand aurions-nou appris pour les attaques du Nord ?

_ Je vote pour la halte aussi, déclarai-je en les coupant, relevant le menton pour les voir. Je n'aurai pas la patience d'atteindre Vivesaigues pour en savoir plus sur les mouvements des Fer-Nés. De plus, une halte en ville nous permettra d'en apprendre également sur le reste de Westeros.

Je regardai Brennadon qui grommelait une fois de plus puis les Garner, me pinçant les lèvres. Avais-je dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Je me demandai si mon intervention - féminine - ne serait pas mal venue. Questionnement intérieur plutôt idiot puisque depuis que nous nous étions rencontrés, je n'avais jamais hésité à dire ce que je pensais haut et fort et sans me soucier de la gêne occasionnée. Je me raclai la gorge et tentai de reprendre une stature plus noble. Après tout, ils l'avaient dit, j'étais... D'un rang au-dessus du leur, non ? Moui, cette réfléxion personnelle était plus que décalée même pour moi-même. Je haussai les sourcils en les dévisageant tous. Couper une conversation en cours n'avait rien de très poli. L'étais-je seulement assez pour mériter mon titre ?

Je gardai donc ainsi le silence, les suivant derrière leurs chevaux, Ulys à mes côtés, me souriant. Carleon, quant à lui, faisait route seul à quelques mètres devant nous tous. Ni forestier, ni voyageur, le voilà qui avait hâte d'arriver, n'aimant pas plus que ça les routes. C'était un homme de guerre, de bataille et de combat. Rester au pas sur cette route le rendait presque malade. Et sa monture aussi. Finalement, je songeai qu'il serait mal venu de nous séparer de cette bête. Elle n'y aurait pas sa place à Fort Griseaux mais Carleon la maîtrisait de mieux en mieux. Pire, il faisait presque plus qu'un avec le cheval. Leus tempéraments étaient égaux et ils se traitaient l'un l'autre avec le même mépris autant qu'il s'agissait de faire montre de mépris envers les autres quand cela était souhaité - comme maintenant. Aussi bien ensemble que face à l'adversité, je pensai que Carleon lui-même ne saurait se défaire de ce cheval.

Concernant le retour, selon l'urgence, je pensai à couper par les Jumeaux, cette fois. Tant pis pour les côtes, si nous nous hâtions assez, nous attendrions Fort Griseaux plus rapidement. Bien sûr, cet itinéraire, je ne pourrais le prendre que si Brennadon le jugeait efficace et justifié. Je secouai la tête en chassant ces idées de mon esprit. Nous n'étions pas même encore arrivés que je songeai déjà à comment rentrer. Selon la réponse de Lord Stark, peut-être pourrais-je profiter un peu de Vivesaigues et de la compagnie du jeune Tully, plus que la fois précédente.

[Tout un art...]


Dernière édition par Lyessa Reed le Mer 4 Juil 2012 - 22:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 24 Juin 2012 - 16:53

Haye-pierre ça sera dans ce cas. Pendant un instant, j’avais pensé que le débat allait nous mener vers un refus clair et net ce qui n’aurait pas manqué de faire pester un peut plus mon oncle contre les Reed. Mais tout allait bien finalement. La Lady avait décidé de se ranger de notre coté malgré les œillades amères de son homme d’arme. Cela me fit sourire de plus belle et nous repartîmes tranquillement sur la route en direction de Haye-Pierre.

Nous étions sous le couvert des arbres depuis trois lieux, l’ombre était bienvenue et la fraicheur qu’apportait la Rufurque à quelques dizaines de mètres sur la gauche rajoutait à ce sentiment de bien être. Je me pris à deux reprises à fermer les yeux pour écouter les bruits de la forêt et respirer l’air rafraichi à plein poumon. Mais bientôt mes yeux clos durent se rouvrir à cause de rayons de soleil non caché par les feuilles. En effet, nous venions de sortir du bosquet et le soleil tapait de nouveau sur nos armures et nos visages. D’une certaine façon, j’enviais vraiment ces hommes et leurs armures de mailles et de cuirs, beaucoup moins encombrante dans ce genre de situation bien que tout aussi chaude que la plaque quand le soleil cognait comme c’était le cas maintenant.

J’observais toute la troupe, marquant chaque traits et chaque cicatrices dans ma mémoire quand un bruit parasite me sortit de mon étude.
Quelque chose de tambourinant que je pris en premier lieux pour une légère chute d’eau comme il y en avait tant dans la région. Un courant d’eau un peut trop fort peut-être ?
Mais non, ce n’était pas ça, non, ça ne venait pas de la rivière, c’était droit devant nous.
Je relevais la tête pour signaler ce bruit quand je vis mon oncle dressé sur ses étriers pour avoir un point de vue plus élevé que les autres. Il baissa les yeux vers moi avec une mine grave.


- Armez-vous, cette bande est au galop et fonce droit sur nous. Amis ou Ennemis, je préfère ne pas courir de risque…

Il avait dit ça d’un ton que les Reed ne lui avait surement jamais entendu, mais moi je connaissais cette attitude sérieuse et grave…
Sans même regarder les autres, je détachais mon Heaume et me le passa sur le visage, rabattant les mandibules sur ma mâchoire et m’assurant que le protège nuque en écaille était bien en place. Le bouclier qui bâtait le flanc gauche de ma monture depuis notre départ de Grand-Duc venait d’être détaché pour la première fois et passé à mon poignet tandis que mon épée fut à moitié tirée de son fourreau tandis que mes yeux fixaient la route en amont. Un détail me fit grimacer et je le fis savoir à tout le monde.


- Nous sommes en position de faiblesse. La route remonte en une bute droit devant, si ils sont vraiment belliqueux, ils auront l’avantage de la hauteur sur nous… combien sont-ils ?

Mon Oncle se dressa de nouveau et redescendit presque immédiatement.

- Je n’en vois plus que quatre, mais je suis persuadé d’en avoir vu plus la première fois. Restez sur vos gardes… ne nous affolons pas, il est possible que ce soit simplement des voyageurs en provenance de Vivesaigue ou Haye-Pierre justement… peut-être pourront-ils nous apporter les réponses que l’ont attendais.

Le ton n’était pas convaincu, je l’entendais et j’étais persuadé que les autres l’entendaient également.

Sans même s’en rendre compte, nous avions prit une position défensive par rapport au reste de la troupe. Mon oncle sur la droite du cortège, avantagé par le fait qu’il était gaucher et que donc son bouclier s’offrait au flanc du groupe, nous protégeant de la bande de terre qui séparait la route royale de la Rufurque et pour ma part, j’étais sur la droite, offrant la même protection de l’autre coté entre la route royale et la forêt qu’on voyait à deux cents mètres de là.

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 24 Juin 2012 - 21:10

Mes yeux se fermaient. Cette route m'épuisait et je m'endormais sur ma monture. Mes paupières lourdes, le soleil au travers des feuilles jouant de sa lumière sur mon visage, je ne pus lutter bien longtemps. Ulys n'était pas mieux que moi. Seuls Carleon et Brennadon semblaient toujours aussi alerte. Aussi, quand j'entendis un bruit reconnaissable entre tous, je rouvris les yeux, sortant de ma transe et me redressai. Brennadon me fixait et avait arrêté sa monture. Je regardai Alexander et son oncle, qui avaient fait de même et je tendis l'oreille. Brennadon m'avait alertée par un signal que nous n'usions qu'à la chasse ou à la pêche. Un signal discret qui passait pour un animal environnant. Celui-ci signifiait qu'il y avait quelque chose d'étrange et d'anormal. Je regardai autour de moi mais ne remarquai rien sinon... une route bien trop calme. Jusqu'à ce que l'oncle ouvre le bal de la méfiance. Quand il donna l'ordre de s'armer, les miens ne se firent pas prier. Carleon dégaina son trident et Brennadon détacha son arc. Ulys m'envoya mon carquois mais il était le seul à ne pas être proprement armé. Carleon se tenait près de l'oncle, toujours pour montrer qui était le chef guerrier du groupe, probablement, même en temps de bataille. Son trident en main, il attendit pourtant les instructions.

A cheval, notre petit groupe du Neck était handicapé. Nous étions gênés par les mouvements des montures. Pourtant, Carleon ne bougea pas, sa monture lui offrant une prestance. Avec de la chance, les hommes le prendraient pour ce qu'il n'est pas et garderont plus grande méfiance face à lui. Quand l'oncle signifia qu'ils n'étaient plus que 4, et par la même, moins nombreux qu'il y a quelques minutes, mon oreille se dressa. Un bruit venu de derrière moi. Brennadon l'entendit également car il leva son arc et je perçus alors la tension de la corde de l'arme, une flèche s'encochant. Plus habitué que moi à tirer depuis un cheval et en hauteur, je descendis de ma monture, les sourcils toujours froncés. Sur le calme de la route, je crus percevoir quelque chose. Quelque chose de brillant. Nous étions totalement à découvert, l'abris de la forêt n'étant plus.

_ Lady Lyessa, faites attention, me prévint Ulys depuis son cheval.

Pour le coup, il n'était pas décidé à en descendre ! Mon arc en main, je fis un ou deux pas, gardant mon cheval à portée. Ce dernier ne sembla pas plus que ça dérangé par la halte. Mes yeux allaient partout. La rivière, la forêt, la route... Mais rien ne semblait attirer mon attention. Finalement, je restai à fixer la route qui conservait encore nos précédentes empreintes. Jusqu'à ce que je les vois. A trois sur un cheval, l'épée levée, ils arrivaient vers nous dans un grand sourire. Doucement, je bandai mon arc dans leur direction. Mes pieds bien ancrés dans le sol, je ne souffrais pas de l'assiette branlante de la selle.

Quand ils arrivèrent à notre hauteur tout sourire, les 4 autres arrivant face à l'oncle et Carleon, Brennadon et moi avons un peu plus tiré notre arc, prêt à tirer si ces hommes à l'allure pas plus envieuse que la nôtre montrait un peu trop les dents. Que le premier dise un mot de travers et ma flèche lui transpercerait la gorge. Leur sourire ne me disait rien qui vaille. De plus, ils avaient tous leur arme en main, fourche, épée, hache mal aiguisée ou rouillée, aussi prêts à frapper que nous. Je n'arrivai pas à me dire s'ils étaient là pour nous narguer ou pour tenter de nous délester de certains de nos biens. Mais visiblement, à la vue des Garner, ils semblèrent y réfléchir à deux fois. Tout en me fixant, l'un de ceux qui étaient face à nous ne se départit pas de son sourire et lança :

_ Qu'est-ce que deux chevaliers s'entichent d'une troupe de Paludiers ?

Une flèche vint se planter dans le sol, près des pattes de son cheval, celui-ci faisant plusieurs pas de côté, soudain peu rassuré. Je n'avais pas bougé un cil et Brennadon avait parlé pour moi, bien meilleur au tir encore que moi. Je relevai enfin le menton.

_ Je crois que ce qu'il a voulu dire, c'est... Pour vous, ce sera Dame Reed... j'ai nommé ?

Je haussai les sourcils, sans me départir de ma flèche encochée. Bien que l'information les laissa interdits une seconde, cela ne dura pas et ils repartirent d'un nouveau rire. Je pus voir leurs dents jaunies et j'en eu une grimace. Ils semblaient presque en piteux état comparés à nous.

_ Si même les Reed sortent de leurs marais puants, c'est que la situation du Nord doit vraiment sentir la vieille carcasse de loup mort.

Je serrai les dents et entendit l'arc de Brennadon se tendre encore plus mais d'un claquement de langue, je lui ordonnai de ne pas bouger. Mais pour combien de temps ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 24 Juin 2012 - 21:47

Ma monture volta légèrement quand j’entends du mouvement dans notre dos, elle resta cependant à sa place dans le cortège, entourant toujours les Reed. Quand je vu l’attitude sur leurs visages, mon épée termina de se dénudée complètement et je collais presque la lame contre mon Bouclier.
Ce n’était pas bon. L’attitude et le fait qu’ils se soient divisés pour nous encercler ne laissaient pas vraiment de doute sur leurs intensions.
Je lançais un coup d’œil à mon oncle qui se tenait droit et digne avec son énorme Espadon en travers de ses genoux, sa main gauche sur la garde.
Je savais qu’il était physiquement impossible de manier cette arme avec une seule main et que son bouclier n’était là uniquement pour annoncer les couleurs de la Maison Garner pour prévenir tout curieux croisé sur la route. Si tôt que le combat aura débuter, ce bout de bois et de métal volerait au visage du premier attaquant venu pour laisser ses deux mains libres au guerrier.

Mes yeux se baissèrent vers Lyessa, l’attitude qu’elle avait était justifiée à ses yeux, mais ce n’était pas des plus pratique en cas de fuite. On devrait attendre qu’elle remonte sur sa monture avant qu’on puisse galoper. La remarque faite sur le ton froid de l’inconnu me laissa un gout amère en bouche, mais avant que j’ai eu la chance de lui répondre, une flèche décolla du coté de mon oncle pour venir se planter sur le sol à coté des cheveux de derrière qui s’ébrouèrent légèrement sans pour autant paniquer.
Le fait qu’ils portaient tous des épées n’était pas pour me plaire du tout d’ailleurs… trop bien armé pour de simples paysans en quête de quelques sous. Ils sentaient le sang, comme des reitres qui s’offraient un en cas entre deux contrats ?

Mon bouclier se leva juste sous mon visage et je mis un coup de lame tonitruant sur la surface qui représentait ma maison, les yeux toujours luisant et mon éternel sourire sur les lèvres.


- La maison Garner de l’Ouest offre son aide et sa protection à ces voyageurs. Voilà tout. Si vous acceptiez de passer votre chemin, ça simplifierait les choses pour nous Messieurs…

J’avais eu dans l’idée de cacher le nom de Lyessa pour notre bien à tous. Si ces gens étaient en quête d’argent, un otage comme Lyessa serait une prise de choix. Fille unique du clan, elle valait un joli paquet de Dragons. Mais elle venait de se vendre elle-même.
Je vis mon oncle détacher légèrement sa main du bouclier qu’il tenait, le signal était clair. Il me laisserait jouer les modérateurs, mais à la moindre incartade du groupe d’inconnu, sa lame fendrait l’air pour fracasser des cranes…
Quitte à avoir vendu la mèche, je tentais de jouer sur la carte de la franchise avec eux. Sans pour autant bouger de ma place, j’haussais le ton pour bien être entendu.


- Ne nous emportons pas et soyons logique. Nous venons du Nord et faisons route vers Vivesaigue pour rencontrer Lord Tully. Nous n’avons rien d’intéressant sur nous si ce n’est des vivres. Nous sommes tous armés et je suis certain que vous comme nous ne voulons pas arriver à des effusions de sans inutile, n’est-ce pas ?

Je me parais de mon plus beau sourire et inclina légèrement la tête vers le premier bougre qui avait prit la parole. Il avait une tête patibulaire et en terminant ma phrase, j’avais compris que c’était complètement inutile de traiter avec ce genre de personnes.
Il me donna raison en crachant sur le sol tandis que les chevaux se séparaient pour nous encercler de plus belle.
Si nous avions eu un avantage, c’était fini. Un de leurs hommes remontait déjà la colline pour nous surplomber et bandait déjà son arc vers nous.

Mon oncle renifla de plus belle.


- Que l’un de vos archers s’occupe de celui perché là-haut, assez parler, ne perdons pas plus de chance que nous n’en avons déjà…

Celui qui avait l’air de mener le groupe tandis la main vers le groupe en souriant de plus belle, ses dents étaient brunes et il lui manquait même quelques chicots.

- Deux chevaliers de l’Ouest un con de pucelle du Nord, voilà qui va nous rapporter un bon paquet d’argent mes cocos. Abimez pas trop les chevaliers, il faut qu’ils vivent, elle, je veux qu’elle soit encore entière… héhé. Les autres, tuez-les.

Je vis la scène qui suivit se passer au ralenti. Comme je m’y attendais, le bouclier de mon oncle vola vers le cavalier le plus proche tandis qu’il envoya son Espadon décrire un arc de cercle vertical pour faucher la tête de la bête qu’il montait.
Pour ma part, je me retrouvais à servir de rempart aux archers et essayait tant bien que mal de garder un minimum de cohésion dans le groupe.

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 24 Juin 2012 - 22:36

Nous n'étions que deux archers. Déjà, Carleon tirait sur la bride de son cheval en levant le trident dans sa main d'un geste fluide et instinctif. Cette arme lui servant autant à se battre qu'à se nourrir, lui offrait un avantage tout particulier. Il était grand et relativement costaud mais pas assez pour essouffler sa monture lors d'un combat. Etant le meilleur cavalier d'entre nous, il n'attendit pas nos ordres pour se lancer dans la bagarre une fois que l'oncle eut donné l'assaut. Pour Carleon, c'était un signal bien trop tardif.

Mais si Brennadon devait tirer sur leur archer, c'était se mettre en parfaite situation de faiblesse. Devant se tourner, il offrait autant sa monture que ses reins, quand bien même il était rapide, il ne l'était pas sur un cheval qui commençait à paniquer à cause des bruits de métal entrechoqués autour de lui.

Ulys, quant à lui, préféra prier. Loin d'être un combattant, ce qu'il possédait comme arme ne lui servirait à rien ici. J'entrepris donc de m'occuper de l'archer adverse autant que de lui. Je profitai de la protection offerte autant par Alexander que par Brennadon pour me tourner aussi vivement qu'un éclair et bander à nouveau mon arc. Pour le coup, l'avantage était sur moi car l'archer était on ne peut mieux dégagé dans mon champs de vision, ainsi, ni les uns, ni les autres ne génèrent mon entreprise. Qu'Alexander se détrompe. Être à terre m'offrait une bien meilleure attaque et remonter à cheval ne m'entraverait pas. De là où nous venions, nous n'avions pas de chevaux. Mais nous courrions vite.

Ma flèche se décocha dans un bruit sourd, se plantant dans l'épaule de l'archer en le faisant reculer. Mais c'était un dur à cuire et il se maintint sur sa monture. Même si sa flèche nous avait loupés de peu, il lui serait à présent très difficile de tirer à nouveau avec une épaule en moins. Aussi, il dégaina son marteau de forgeron et hurla en accourant vers nous.

Un des chevaux me donna un coup de fesse, me décalant de la protection qu'offrait jusqu'alors Alexander. Cherchant mon équilibre sur plusieurs pas, je fus redressée par des bras forts qui me maintinrent fermement. Ulys, en me voyant, attrapa sa seule arme : un couteau de cuisine et déferla sur nous avec un cri que je ne lui connaissais pas. Rattrapé également par d'autres bras, mes yeux s'écarquillèrent alors que je vis la dague lui passer sous le menton, tranchant sa gorge dans l'élan. Je poussai un cri d'effroi et tentai de me défaire de l'emprise masculine qui commençait à m'étrangler. J'avais beau donner des coups de pieds et me débattre, son étreinte était bien trop forte et bientôt, je compris que plus je bougeais, plus je m'étranglais. Un bras coincé dans mon dos, je vis Brennadon lever son arc en se mettant en position de faiblesse pour me secourir mais, à nouveau, j'écarquillai les yeux avant de hurler.

_ Brennadon, non !

L'homme dans mon dos me parfuma de son haleine putride et je crispai les yeux pour me retenir de vomir. J'avais beau venir des marais, la boue n'était pas sale. Carleon s'était retrouvé en position de soumission également. Toujours perché sur son cheval, il ne possédait qu'un trident où les autres hommes possédaient une arme chacun. Entendant mon cri, il maintint son trident entre les deux, perçant l'un comme l'autre si jamais ils bougeaient. Il n'était peut-être pas tant que ça en position de faiblesse et sa monture lui obéissait au doigt et à l'oeil. Je déglutis en regardant les Garner puis fixai Brennadon.

_ Pas si fort, grosse brute, soufflai-je à mon assaillant qui rit un peu plus.
_ Rangez tous vos armes ! Ou la dame aura du sang rouge sur sa neige blanche.
_ Tu fais de la poésie, pouilleux ? le provoquai-je, entre mes dents.

Il resserra un peu plus son étreinte sur mon cou et je crispai les yeux. Sa main chercha à me tripoter la gorge et je sentis sa peau crasseuse sur la mienne, me tirant une grimace.

_ Je croyais que tu la voulais entière, brigand ! lança Brennadon.
_ Oui mais... Vous aussi, non ? lui répondit celui qui me maintenait dans un sourire à la limite du sadique.

Ils étaient armés. Ils étaient rapides. Mais ils n'étaient pas futés. Je décalai lentement la tête, comme si l'étreinte me gênait, lançant des oeillades à Alexander pour qu'il comprenne qu'il ne devait pas bouger. Mon corps tremblait et je n'étais plus très certaine de mon courage alors que je reportai mes yeux sur Brennadon, l'arc bandé vers moi. Je le fixai pendant de longues secondes, ma tête se penchant encore un peu plus. Ma main qui tenait le poignet de mon étrangleur changea très légèrement d'axe et mon index se leva assez pour monter une direction. L'homme dut comprendre que quelque chose clochait. Les miens étaient bien trop calmes. Alors la flèche partit.

Pendant cette légère accalmie qu'avait provoqué ma tentative d'enlèvement, autant dans un camps que dans l'autre, se prolongea encore sous la surprise. L'homme qui me maintenait tomba lentement en arrière sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait entre les deux yeux. Une chance que mon homme de main - et d'armes - vise aussi bien. Mais ce temps-là ne dura qu'une seconde. Au moment où le bandit percuta le sol en un bruit sourd, ses frères hissèrent leurs armes dans un cri de rage et s'élancèrent à nouveau contre nous.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 26 Juin 2012 - 18:47

La rage de la bataille. C’était un sentiment qui me terrifiait vraiment. Cette sensation de relâcher toute la bestialité qui était contenue dans l’espèce humaine pour vaincre un ennemi qu’il soit animal ou humain… Je nous faisais vraiment l’impression d’être des chiens dans une arène à ce moment précis.
Du coin de l’œil, je vis le reflet argenté de l’Espadon de mon oncle décrire sa courbe pour couper à moitié l’échine du cheval rachitique que montait son assaillant, la bête tressailli et tomba la tête en avant, la chute finissant de rompre le cou de l’animal et lui donnant un axe ignoble. La bête tomba sur la jambe de son cavalier qui se mit à hurler à la mort. Je connaissais mon oncle. Il était froid et réfléchi, il maitrisait cette rage guerrière dont je parlais et le laissa donc là, coincé sous sa bête morte sur le coup pour revenir à lui par la suite. Le danger le plus immédiat venait d’un homme qui se glissait derrière le groupe, il fit volter sa monture puis…

Un trait fusa non loin de mes oreilles et gigota dans l’air avant de se planter dans l’épaule de l’archer sur la bute qui tomba à genoux avant de se redresser pour foncer droit sur nous.
Le fait que mon oncle est tourné le dos avait ouvert la défense à l’avant. Les Reed n’avaient d’yeux que pour Lyessa. Ce n’était pas une attitude de guerre, mais une attitude de défense et ça se comprenait. Pour ma part, il en allait autrement.
Quand l’homme arriva à notre niveau, je fis m’imposer mon Destrier entre lui et le reste du groupe et dévia son marteau d’un coup de mon épée avant de lui assener un coup violent du bouclier en visage qui le fit tomber à terre avec un craquement sourd. Ce n’était que son nez, mais il avait tout de même perdu conscience sous le coup. Mon cheval fini de le coucher d’un coup de sabot dans l’épaule quand j’entendis l’un d’eux hurler quelque chose.
En voltant à mon tour, je vis que la situation avait évolué en une seconde. Lyessa était maintenue comme otage, le brigand qui avait parlé la première fois la menaçant avec un sourire mauvais.

J’étais perdu, pendant un battement de cœur, je ne sut comment réagir. J’avais envie de foncer droit sur eux avec mon cheval et d’imposer le buste puissant de la monture pour qu’il détache son étreinte, mais un regard de la Reed me dissuada. Elle préparait quelque chose…
Le temps que je me demande si je lui faisais assez confiance ou pas, une flèche fusa et se planta dans l’homme qui tomba à terre. Non… les Reed n’étaient véritablement pas des Chevaliers. Mais les avoir de notre coté était une bénédiction pour le coup.
Un regard avec mon oncle m’apprit que nous pension la même chose. Ce dernier fit tourner son Espadon au dessus de son crane et leva l’épée haut dans le ciel avant de hurler à l’attention des quatre autres attaquants.


- Si vous tenez à la vie manants ! Rendez vous à nous et vous serrez jugé devant les Sept et le Seigneur de ces terres !

Je connaissais ces paroles pour les avoir entendu plusieurs fois. Je me fis donc un honneur de reprendre la suite de l’avertissement.
Mon bouclier portait des traces de sang que j’avais volé au visage de l’homme au marteau, je fis violement cogner la lame de mon épée contre mon épée, pile entre les trois chouettes et me dressa sur ma monture pour dominer tout le monde de ma haute stature et me mis à hurler de la voix la plus puissante que je pouvais tirer du coffre que j’avais.


- Rendez-vous à nous, ou subissez la colère du Guerrier ! Rendez-vous ou subissez le courroux du Nord et de l’Ouest réuni ! Rendez-vous ou périssez tous autant que vous êtes !

Puis je me laissais retomber sur ma monture au moment ou celle de mon oncle cabrait en hennissant puissamment. Notre petit spectacle était travaillé et nous l’avions répété à maintes reprises !
Mon sourire était franc quand je posais les yeux pour Lyessa, baissant la tête vers elle et pendant mon bouclier pour lui faire signe de se rapprocher de nous.


- Venez Dame, ne restez pas loin des votres.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 26 Juin 2012 - 19:39

L'un était inconscient. L'autre était coincé sous son cheval. Encore un était blessé par ma flèche. Brennadon avait tué mon assaillant. Carleon en bloquait un autre de son trident sous contre sa gorge. Ils n'étaient plus que deux à tenir debout mais ils se figèrent au laïus des Garner. J'en profitai pour relever mon arc, ne faisant qu'à peine quelques pas pour revenir vers eux. Je ne lâchai pas un des hommes que j'avais en joue. Celui qui avait tué mon ami sous mes yeux. Ma flèche visait son front, tout comme son précédent comparse. Son regard était mauvais et il cherchait à me tourner autour en brandissant sa hache.

Le blessé perdait beaucoup de sang et sans leur chef, ils semblèrent à cours d'arguments. Ils se regardèrent les uns les autres sans rien dire, cherchant une bonne solution pour s'enfuir de là. Ils avaient eu tort de croire qu'ils ne feraient face réellement qu'à deux chevaliers. Celui que j'avais en joue cherchait définitivement un échappatoire mais mes yeux ne le quittaient pas. Et la rage pour lui que je ressentais transpirait de ma peau. Mes lèvres pincées, je serrai les dents en tentant de ne pas trembler sur ma prise. Brennadon n'osa pas regarder de mon côté, en proie lui-même à un combat visuel avec l'un des autres hommes.

_ Tu as tué l'un de mes hommes, prononçai-je à vois basse. Tu lui a ouvert la gorge comme s'il n'était qu'une chèvre innocente au sacrifice.
_ L'un des tiens a coupé son cheval en deux ! s'insurgea mon adversaire.
_ Mais vous nous avez ATTAQUÉS ! hurlai-je, la voix pleine de colère et de rage qui ne demandaient qu'à s'exprimer.

Mon changement de ton eut l'effet escompté. Il perdit son sourire sournois et me fixa avec des yeux plus inquiets, à présent. Chez nous, une femme est autant une ennemie redoutable qu'un homme ne peut l'être avec son meilleur entraînement. une femme pêchait, chassait, tuait, sacrifiait, commandait... nous possédions moins pouvoir mais nous avions les mêmes aptitudes et les mêmes desseins que les hommes du Neck. C'était pour cette raison que mon frère m'avait envoyée moi. Brennadon n'aurait pas suffit quand bien même cela restait son premier choix. Une femme, sur les routes, était une entreprise plus risquée que deux hommes pour qui la route n'a aucun secret. J'attirais des convoitises peu appréciables comme nous venions d'en avoir la preuve. Et quoi ? Aurais-je dû me couper les cheveux ? Ma poitrine était bien loin d'être assez développée pour faire office de vraie femme de la Cour comme on les imagine et adore. même mon visage possédait des caractéristiques plus proches de l'homme que de la femme. Pourtant, il sembla que je dégageais une féminité tout à fait suffisante pour causer une bagarre telle que celle-ci.

Je fis un pas vers mon adversaire et celuic-ci, moins que rassuré, recula par la même. Ses comparses ne savaient plus quoi faire, se regardant l'un l'autre et dansant sur leurs pieds s'il fallait fuir. Je baissai les yeux, ma main tenant toujours l'encoche de ma flèche, fermement contre mes lèvres. Les doigts de l'homme étaient rougis. Desserrant à peine les dents, je repris :

_ Tu as du sang sur les mains. C'est celui de mon ami. Et tu vas le laisser sécher. Tu vas te passer les doigts sur le visage et tu feras de son sang tes peintures de guerre car aujourd'hui, tu as tué mon ami et mon mentor mais plus encore, tu as froidement assassiné un innocent.

L'homme sembla devenir de plus en plus blême. Ma voix était légèrement tremblante mais je tins bon. Ma gorge me brûlait et il ne me sembla pas aisé de tenir ainsi sur mes deux jambes. Mes yeux se mirent à rougir puis à pleurer autant pour la douleur de me retenir de tousser et de cracher mes poumons que face à la tristesse qui m'envahissait alors que l'adrénaline était à son comble.

_ Tu subiras la colère des Anciens Dieux. Trouve-toi un noble travail, aide ton prochain. Ou sinon, je peux te jurer sur mon arc que tu auras le Nord, l'Ouest et le Conflans sur le dos jusqu'à ce que tu te mettes à genoux devant moi et me supplie de te pardonner. Je jure, sur l'âme de mon frère, que je ne trouverai le repos que lorsque tu crèveras la gueule ouverte et que tes orbites seront vidées par les corbeaux du Nord.

Comme je le disais... Vaillants mais pas futés.

_ Dit que tu obéis à la maison Reed du Neck, de Fort Griseaux et que tu t'inclines devant les couleurs de Garner.

Les lèvres de l'homme se mirent à trembler légèrement, cherchant ses mots mais sa hache se baissa doucement alors qu'il regardait ses amis, cherchant un échappatoire.

_ Dis-le ! hurlai-je à nouveau.

Un regard aux Garner et leur décision fut prise. En un éclair, ils se retournèrent et allèrent pour s'enfuir sans même chercher à prendre soin les uns des autres. Pourtant, l'homme coincé sous sa monture réussit à s'en extirper et à boiter jusqu'à son comparse inconscient. Brennadon le prit alors en joue à son tour et l'homme se figea sur place, d'effroi. Je baissai mon arc et regardai Alexander un instant avant d'acquiescer, les yeux sur l'homme apeuré.

_ Lui, il reste avec nous. Je suis venue voir Lord Tully les mains vides et c'est très impoli. Voilà qui me sera un charmant présent : un brigand perturbateur des routes royales. Je suis certaine que le Suzerain du Conflans saura quoi faire de lui.

L'homme n'attendit pas son reste et bientôt, nous fûmes à nouveau seul, avec l'un de nous en moins, mais un autre en plus. Carleon avait relâché sa proie et la regardai s'enfuir à toutes jambes. Alors que Brennadon descendit de son cheval pour venir vers moi, je l'écartai d'une main. Je tremblais comme une feuille, mes jambes allaient bientôt me lâcher et je n'avais pas envie que l'on m'aide à tenir droite. Cela me rappelait trop mon père et Egremont lui passer toutes les excuses de l'univers pour pardonner son état d'ébriété fortement avancé. Me détournant de mon escorte, je baissa mes yeux, avec appréhension, sur le corps immobile d'Ulys, cet homme à un âge assez avancé pour faire une route telle que celle-ci. Mon frère avait dû lui dire quelque chose du genre "Protège-la aux dépends de ta vie." Et il avait sûrement acquiescer à l'évidence.

Je me laissai tomber à ses côté, genoux à terre et mon arc s'enfonçant dans la rivière de sang qu'il s'écoulait depuis son cou. Ses yeux n'étaient même pas fermés, j'étais la dernière chose qu'il avait vue, encore même à cet instant que je me portais au-dessus de lui pour caresser son visage. Mes lèvres se mirent à trembler alors que je lui fermai les paupières sur son visage encore aux prises de l'effroi. Puis je me penchai et vint lui embrasser le front en crispant les yeux.

Je compris alors beaucoup de choses durant ce baiser à la mort. Que isolés comme nous l'étions, nous ne pouvions être confrontés à ce genre de problèmes. Nous étions toujours préparés. Nous vivions, au final, une vie assez paisible dans nos marais. Mais je réalisai alors toute l'ampleur de la mission que m'avait confiée mon frère. Il ne s'agissait plus uniquement de livrer un message au Suzerain du Conflans. il s'agissait de le livrer au péril de nos vies.


Dernière édition par Lyessa Reed le Mer 4 Juil 2012 - 22:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 26 Juin 2012 - 20:41

La situation nous échappait quelques peut. Pas que le combat tournait entre notre défaveur, non. Je pense que la perte d’un des leurs et le fait de se retrouver en face d’un groupe en colère et surtout visiblement mieux préparer qu’eux faisaient complètement penché la balance vers nous.
Non, le souci vint juste après notre annonce et notre demande de rédition. Soit Lyessa n’avait pas compris ce qu’on venait de dire, soit elle n’avait pas voulu comprendre, mais ce qu’elle dit par la suite fut assez clair comme ça. Elle donnait leur autorisation à ces hommes de retourner courir les campagnes après ce qu’ils venaient de faire. Un regard en biais me fit apparaître mon Oncle sous ses pires lueurs. Pour lui, attaquer notre groupe méritait châtiment en premier lieu et il avait raison. Mais la mort d’un des notre était une ignominie sans nom à ses yeux comme aux miens. Quand ils prirent la fuite, il y eu un moment de battement. J’avais croisé le regard de Lyessa sans vraiment comprendre ce qu’elle allait faire…

Mon oncle cracha sur le sol et rangea son Espadon sur ses genoux et contournant notre groupe et manquant de broyer le visage de l’homme coincé sous son cheval.


- Que les Sept Enfers vous emporte ! Que faites vous Lyessa !

Il me dépassa et mon cheval suivi avant même que je me rende compte que c’était moi qui le commandait, l’épée levé vers le soleil, le bouclier au flanc et partant à tout galop. Le premier était à pied, ce ne fut pas difficile de l’arrêter, arrivé à son niveau, il ne tourna même pas la tête vers nous, trop concentré sur la frondaison qui s’étendait à cent mètres de lui, espérant surement pouvoir l’atteindre avant que nous les rattrapions. Mon oncle le dépassa sans même faire attention à lui. Du coup, il était assez clair que c’était à moi d’agir.
Mon bouclier décolla et la surface lisse vint percuter sa nuque avant qu’il ne s’écrase au sol avec un son mat à cause des herbes fraiches. Au moment où je relevais les yeux, je vis mon oncle donner tout ce qu’il avait pour envoyer faucher le cavalier le plus en avant du groupe du plat de sa lame, celui qui avait tué le compagnon de voyage de Lyessa. Comme il l’avait fait avec cette dernière le soir de notre tête à tête, mais avec l’intention claire de blesser cette fois.
Le choc fut terrible. Je ne vis qu’une gerbe de sang et son corp s’élever dans les airs et retomber sur le sol avec brutalité. Si il n’était pas mort, il pouvait se faire Septon, car l’étranger avait détourné le regard de lui pendant ce coup-ci !

Les deux derniers étaient à pied et ils se séparèrent dans une direction différente. Pendant un moment j’hésitais à prendre celui de droite, mais mon oncle me rappela à l’ordre en me montrant le plus massif des deux. Je fis tourner mon cheval vers lui et mon oncle fit de même. En m’approchant de son dos, il s’avérait que l’homme sanglotait. De peur surement… la peur de mourir…
Tandis que je me rangeais dans son dos et mon oncle devant lui, il se jeta a genoux, les mains jointes.


- Pitié ! Messers, grâce !
- Grace ! Vous n’avez aucun honneur, comment pouvez-vous implorer notre merci !
- Vous nous avez attaqué ! Vous avez tué l’un des nôtres ! Vous méritez pire que la mort !

Pour la première fois depuis le début de la journée, mon oncle descendit lourdement de son destrier, la lame touchant le sol tandis qu’il la trainait vers le bandit. De mon point de vue, on aurait dit un bourreau qui allait rendre la justice…
Il pointa la lame sous la gorge de l’inconnu et lui hurla à la face.


- Vous viendrez tous autant que vous êtes jusqu’au Seigneur de ces terres et vous répondrez de vos actes ! Il est le seul qui puisse rendre la justice du roi ici ! Vous serriez mort si vous aviez été plus à l’Ouest !
- Oh merci mon Seigneur ! s’émerveilla le pouilleux en tombant ventre à terre devant mon oncle.

Le retour vers les Reed ne fut pas le plus simple pour autant, j’étais chargé d’ouvrir la marche, nous avions récupéré en chemin les deux assommés, celui de mon oncle ne s’étant pas réveillé, il le trainait derrière sa monture attaché à une corde.
Arrivé au niveau de Lyessa et des siens, je vis la scène des adieux.
Je baissais donc la tête et portait instinctivement mon index et mon majeur à mes lèvres, puis conservait une seconde de silence.
Puis je pointais un doigt vers le cadavre d’Ulys.


- Vous allez creuser une sépulture à cet homme.
- O-Oui. Mais comment ?
- Que nous importe ! Avez les mains si il le faut ! Je ne permettrais pas qu’un brave parte sans une sépulture digne !

Mon ton était froid, dépourvue de la chaleur que les Reed me connaissait. C’était le chevalier qui parlait à présent. C’était l’homme d’Honneur de l’Ouest.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 26 Juin 2012 - 21:30

Les mots des Garner ne m'avaient même pas sortie de ma torpeur. Pendant tout ce temps, je n'avais eu en tête que les mots de mon père, de ma mère ainsi que de mon frère. Tous les mots du Neck, les valeurs et les honneurs. La tête basse, je n'avais pas bougé d'un iota lorsque les Garner partirent au galop pour mettre un terme à mon accord avec ces hommes. Je n'avais pas plus bouger lorsqu'ils revinrent. Brennadon et Carleon les avaient suivis du regard mais sans rien dire. A croire qu'ils n'étaient pas d'accord avec moi non plus mais qu'ils n'avaient pas désiré s'opposer à ma volonté.

Pourtant, pour s'aligner à l'avis des Garner, Carleon s'approcha du plus jeune et tendit son trident d'une main - l'autre tenant la bride de son cheval à l'air menaçant qui écumait. Il offrit au prisonnier un sourire si immense en dévoilant ses dents de Paludiers qu'il en paru bien plus que malsain.

_ Creuse avec ça, pouilleux, lui dit-il d'un ton macabre.

De toute façon, je n'avais pas la force de m'opposer aux Garner. J'avais voulu agir de cette manière parce que... Parce que c'était ce que mon instinct me dictait. Alors que je me relevais, péniblement, ma main trempant dans le sang de mon ami en récupérant mon arc, l'homme qui devait creuser reprit d'une voix tremblante.

_ Mais... Et mes amis à moi, alors ? Qui va creuser leur sépulture ?

Si mes yeux avaient pu tirer des flèches à cet instant alors l'homme serait mort. Brennadon n'en resta pas là pour autant. Voilà que nous avions perdu bien du temps. Ramassant nos biens et réunissant les chevaux, il reprit d'une voix claire vers les Garner.

_ Que faisons-nous des autres ? Et du cheval ?

Il ne le disait pas mais je savais que pour Brennadon, la mort de ce cheval était presque aussi triste que celle de l'un des nôtres. Les chevaux étaient un noble animal et il les admirait autant que ses Dieux. A ses yeux, ce cheval méritait sa propre sépulture. Carleon pensait sûrement la même chose à présent qu'il s'était tant lié avec sa monture. Pendant que l'un creusait, il ligotait les autres, serrant une corde autour de leurs poignets. De cette manière, il apparaissait comme un homme de main quasiment parfait. Il obéissait, il se battait et se taisait, prenant toujours par aux côtés de celui qui dominait. Ici, les Garner. C'eut été moi qu'il en serait allé de même.

Je baissai les yeux sur mes mains, dont celle qui tenait mon arc ensanglanté. L'envie de vomir me montait dans les tripes et je m'approchai de mon cheval pour m'y appuyer. J'en sortis un linge avant de m'approcher de la rivière, tanguante. Brennadon tenta à nouveau de m'accompagner mais je le repoussai, encore une fois. Je pense que j'avais besoin d'être un peu seule pour enlever tout ce sang. Quand il s'agissait de celui de mes ennemis, je ne faisais pas tant l'enfant. Mais je connaissais cet homme depuis toute petite et le perdre était pour moi un pillier qui s'effondrait. Bien sûr que j'avais voulu la mort de ces hommes, plus que tout au monde. Mais quelque chose m'avait retenue au dernier moment, alors que ma flèche allait s'échapper de mon arc.

Je frottai mes mains, ma cape et mon arc si fort que mes mains restèrent rouge pour une autre raison. Je reniflais, aussi, mais sans réellement pleurer. Je toussais, ma gorge toujours aussi brûlante. Pendant un temps, là, coincée dans une étreinte de force, j'avais senti des picotements et ma tête avait commencé à me tourner. De ma mémoire... Je n'arrivai pas à me souvenir quand avais-je été piégée pour la dernière fois. A mon sens... Je l'avais déjà été à plusieurs reprises mais par des mots, des situations, comme étranglée sous les agissements des autres. Mais cette douleur physique était tout à fait nouvelle pour moi. Et aussi étrange et curieuse fut-elle, elle n'était pas aussi douloureuse que j'aurais pu l'imaginer si j'avais envie. J'avais mal... Mais ce n'était que physique. Ce que je ressentais face à la mort de mon ami était bien plus intense. Mais pour l'instant, je ne ressentais que de la colère. Et de la rage. Beaucoup de rage. Trop pour tuer un homme. J'aurais alors agi sous la rage et non sous la raison.

Je reniflai une nouvelle fois, grimaçant de n'arriver à retirer tout le sang de mon arc et j'entendis Brennadon m'appeler à quelques mètres, près des chevaux. J'avais l'habitude de sa froideur. Mais je n'aurais pas imaginé qu'il puisse l'exprimer de cette manière.

_ Lady Lyessa... Nous avons perdu trop de temps, déjà. Relevez-vous.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Mar 26 Juin 2012 - 22:36

Le sang se calmait petit à petit dans nos veines, la pression retombait et nous apparaissait enfin les choses clairement. La route était devenu un champ de bataille, les corps, le sang, la terre battue par la mêlée… qui aurait juré que dix minutes avant, cet endroit avait été une route paisible et un décor somme toute magnifique du Conflans ? J’avais rangé mon bouclier sur une poignée dans le cuir de ma selle et j’avais mis le pied à terre. La sensation avec le sol sous mes jambes me fit bizarre. Comme si le cheval avait été une partie de moi trop longtemps. Mes pensées s’échappèrent un instant, vers le détroit, les cités libres et encore plus loin…

Ce fut l’appel de Brennadon qui me tira de ma rêverie. Je me rendis compte que j’étais aux cotés des prisonniers, l’épée au poing et que je supervisais le ligotage de ces derniers sans même m’en rendre compte.
Mon oncle avait rangé son Espadon dans son dos et s’était dirigé vers Lyessa à l’appel de son homme de main. Il se planta a coté d’elle et posa ses yeux vert sur la jeune femme.


- Ma Dame devrait me suivre. Vous avez besoin de nettoyer ça, marchons jusqu’à la Rufurque avant de reprendre chemin. Brennadon a raison, nous avons déjà attendu trop longtemps.

Il lança un coup d’œil aux cadavres et reposa ses yeux froid sur Lyessa. Je voyais bien qu’il voulait qu’elle se reprenne, qu’il faisait ça pour l’aider. Restait à savoir si elle le verrait comme ça aussi.

Décidant que j’allais laisser à mon Oncle le soin de remonter le moral de la jeune Reed, j’avais entrepris de tirer les corps des brigands sur le coté de la route, ramassant des feuillages épars pour recouvrir les corps. Le cheval était bien trop massif pour qu’on le déplace dans tout les cas, je tournais donc la tête vers les Reed et secouait la tête.


- Nous ne pouvons rien faire pour la bête. Quand a eux. Les dieux seuls savent si ils méritent miséricorde ou pas.

Je fixais les survivant attaché avant de revenir vers celui qui terminait de creuser la tombe d’Ulys sur le coté de la route.

- Je pense que nous devrions reprendre la route si tôt que notre compagnon aura sa sépulture. Si nous perdions du temps pour entrer tout le monde, nous devrions camper ici. Et c’est la dernière chose que je désire. Avec ces filous à nos cotés et celui qui se balade dans les bois… qui sait si il n’a pas déjà prévu de potentiel renfort de nos actions ? Nous ne survivrions surement pas a une nouvelle attaque. Nous devons reprendre la route au plus vite et amener tout le monde à Vivesaigue pour le jugement.

Ma voix était claire et fort, mais toute la rancœur et la fureur qui y vibrait pendant le combat avait laissé la place à mon timbre habituel.
Une fois qu’il eu terminé, on arracha à l’assassin le trident des mains et fixâmes ses liens avec les autres.
Je n’étais pas ami avec Ulys, je ne le connaissais même pas. Mais son sacrifice méritait louange. C’est donc tout naturellement que je me mis à aider les Reed à porter le corps du défunt jusqu’à son trou pour l’y déposer paisiblement avant de le recouvrir d’herbe fraiche.

J’avais dans l’idée de faire quelque chose pour lui. Même si cela nous faisait encore perdre quelques minutes je me mis en quête de grosse pierre pour recouvrir l’emplacement du corps de l’homme.
Au bout d’une poignée de minute, ce fut un véritable petit tertre qui marquait son emplacement.

Je pris sur moi de prendre trois des brigands et les attachait à ma selle avant de remonter dessus avec une bonne longueur de corde pour les garder loin dans mon dos, laissant les autres pour mon oncle. Ceux là allaient marcher de force jusqu’à Vivesaigue…

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Ven 29 Juin 2012 - 18:09

Je relevai les yeux sur le plus âgé des Garner et acquiesçai après un moment, mollement. Baissant le menton, je le suivis presque comme si je n'étais qu'un rêve éveillé. Je retirai ma cape pour la nettoyer et me frottai les mains dans l'eau. Je n'osai pas regarder le corps de mon ami que l'on recouvrait de terre. Je n'aimais pas bien voir du sang sur mes mains. Je me sentais salie, souillée, comme sacrifiée, je ne savais pas trop quoi en penser.

Une fois suffisamment nettoyée, Brennadon me rappela et cette fois-ci, avec un peu plus de force, m'attrapant par le bras pour me redresser et me remettre ma cape en place. Il agissait comme un père pour moi. Contre les suggestions de Carleon de me laisser un peu de temps pour retrouver mes esprits, Brennadon prit le parti des Garner. Nous devions nous remettre en route immédiatement et trouver un refuge pour la nuit. Il sembla clair qu'il n'était plus pour traîner sur les routes. Et sans Ulys, nous pourrions reprendre au galop sans nous sentir gênés.

Brennadon me retourna pour me diriger vers mon cheval qui m'attendait et mon regard se posa sur le cheval inerte. Je dû faire preuve d'un grand élan de courage pour ne pas vomir sur mes bottes. Je remontai à cheval, même si je me sentais encore lourde et surtout blême. Mon visage était livide, je donnais l'impression d'être malade dans les prochaines minutes. Jamais la vue d'un animal mort dans le Neck ne m'avait fait cet effet. Lorsque la moitié de ma famille avait été décimée par l'épidémie, quelques années plus tôt, je n'avais pas vu les corps. Mais le sang répandu de mon ami et mentor me soulevait l'estomac.

La route était redevenue vide et silencieuse. Bientôt, les mouches et les vautours s'attrouperaient autour de la bête morte. Un regard à la tombe de mon ancien ami et je ressentis à nouveau cette torsion dans mon estomac qui me rendait si mal à l'aise... Une sépulture digne ? Je n'eus pas l'audace, le courage, ni la provocation de contrer les dires des Garner. Dans tous les cas, nous n'avions pas le choix. Mais selon moi, rien n'était digne ici et l'abandonner me rendait malade. C'était pourtant bien cela. J'avais l'impression de l'abandonner. Il avait donné sa vie pour moi et j'aurais très probablement donné la mienne sans réfléchir pour lui.

Visiblement selon Brennadon, il n'était plus question de nous séparer des Garner. Ils auraient pu - ou nous - faire un arrêt à Haye-Pierre pour donner ces brigands au seigneur des terres mais nous avions également une mission importante. Pourtant, il considéra alors que nous faisions tous les 6 partit du même groupe de voyage. Me considérant "hors service", il jugea très certainement qu'il n'avait plus à me demander mon avis et qu'à partir de maintenant, alors je subirai.

Carleon s'occupa d'attacher un des hommes à son cheval et il tira le premier, un peu sec, pour lancer la marche. Mais cela me fit sortir de ma torpeur. Je me retournai vers l'Oncle - qui avait su faire montre de gentillesse à mon égard, chose étrange venant de lui pour moi - et l'interrogeai d'abord du regard avant de reprendre.

_ Est-ce vraiment nécessaire ? demandai-je en désignant les hommes d'une main.

Sûrement que ça l'était... Mais leur vision me donnait mal à l'estomac et l'envie de vomir ne me quittait pas. J'aurais tant voulu qu'on les laisse au moins sur leur cheval. J'implorai presque l'oncle du regard mais je m'imaginai bien qu'il ne ferait rien dans mon sens en ce qui concernait ces hommes-là.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 1 Juil 2012 - 15:12

A vrai dire, le départ n’avait été qu’une longue somnolence pour moi. La fin du combat, l’enterrement hâtif du Paludier, tout ça m’avait plongé dans une sorte d’état second où je repassais tout dans ma tête, les défauts, les bonnes choses, les choses à améliorer. Avant même de m’en rendre compte, je dormais littéralement sur ma selle, heureusement, quand je me réveillais quelques minutes plus tard, personne n’avait rien remarqué. Je pivotais sur ma selle pour regarder nos captifs, puis le reste du groupe. Lyessa avait l’air complètement détachée, hors de tout ça.
Pour la première fois, j’en vins à me poser des questions… cet air sur son visage, je le connaissais.

Quand elle prit la parole cependant, un coup d’œil à mon oncle suffit à me rassurer quand à la réponse qu’il allait lui donner. Il avait cet air borné et froid de militaire impassible, de capitaine de la garde du Domaine. Il ne se retourna même pas vers elle pour lui répondre, lançant sa réponse aux quatre vents pour que la jeune femme comme ses hommes et les captifs l’entendent également et ne puissent rien rater de sa réponse.


- Nécessaire et obligatoire. Pour la sureté des routes, des voyageurs, des villages, pour l’honneur de votre ami mort, ils doivent répondre de leurs actes devant le Seigneur et Maitre de ces terres et il en sera ainsi jeune fille. N’ayez aucune pitié pour eux…

Ce ton froid ne lui allait pas vraiment. Oh, certes, personne ne le remarquerait, mais je le connaissais assez bien pour connaître sa façon de penser. Il ne tuait pas inutilement et m’avait apprit la valeur de la vie des gens. Il faisait ça pour le Paludier et pour la sécurité des gens de la région en effet. Mais quelque part au fond de lui, je sais pertinemment qu’il garde une pensée pour ces hommes là, les raisons qui les ont poussé à embrasser le banditisme, il se demandait si ils avaient des familles, de gens qui comptaient sur eux et attendaient leurs retours peut être, des gens qui ne savaient rien de ce qu’ils faisaient, pensant que ce groupe d’hommes allaient travailler au champ tout les jours et revenait le soir tombé, ou alors partait à la chasse et revenait toujours chanceux… ce genre de pensés, il les avait.

Je repris cependant pour continuer la conversation et me donner une occasion de bien me réveiller.

- Lady Lyessa, ce qu’il faut que vous gardiez en tête, c’est ce qui serait advenu de vous si vous aviez été seule sur la route, si vous n’aviez pas eu d’appuis. Pensez-vous qu’ils auraient fait preuve de pitié à votre encontre ? Pardonnez moi d’être si direct. Mais leur chef n’a t-il pas fait mention de prendre votre vertu et de demander une rançon par la suite ?

Ce dernier n’était plus là pour contrer l’argument, mais nul doute qu’il l’aurait fait il avait encore été de ce monde. Ses hommes par contre se retinrent de tout commentaire, baissant les yeux et se contenant d’avancer, pensant surement à Vivesaigue qui les attendait au bout du chemin que nous empruntions.

Nous avions dépassé Haye Pierre depuis quelques lieux maintenant. Si mes souvenirs étaient bon, nous devrions atteindre le croisement des rivières que formait Vivesaigue plus ou moins à la tomber du jour.
Mes yeux se levèrent vers le ciel et j’observais la course du soleil qui disparaitrait bientôt derrière la frondaison des arbres.
Un léger courant d’air frais se leva et nous caressa le visage. Pas de quoi en tirer un réconfort quelconque, mais cela faisait du bien tout de même.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 1 Juil 2012 - 15:43

Je ne me souviens plus qui a demandé à éviter Haye-Pierre. De préférence, pour moins se faire remarquer avec nos prisonniers. Les nouvelles fraîches, nous les aurions à Vivesaigues, tant pis. Je n'avais rien eu à redire là-dessus, voilà bien trop longtemps que nous étions sur les routes et je commençais à en avoir plus qu'assez. Alors quand l'oncle me répondit, mon visage ne démontra pas plus d'émotion que précédemment, j'étais bien trop fatiguée. Cela dit, je repris.

_ Je ne voulais pas parler de leur jugement mais de leur traitement. Est-il vraiment nécessaire de les laisser traîner derrière nous de cette manière ? Nous irions plus vite si nous pouvions accélérer le pas, non ?

Quand bien même cette réflexion m'aurait apporté les foudres de l'oncle, je crois bien que je m'en fichais royalement. Le silence que procurait l'absence d'Ulys, sans ses questions et remarques inutiles de gai luron, me mettait bien mal à l'aise. Carleon et Brennadon n'avaient rien d'hommes loquaces et... les silences gênés m'angoissaient bien plus que la cacophonie d'une taverne. Mais une fois de plus, je me pliai aux dires des Garner. Que pouvais-je faire de plus ? Brennaon ne bougeait toujours pas. Presque me grondait-il du regard.

Lorsque Alexander reprit la parole, j'évitai son regard, le détournant sur la route pour me concentrer sur nos pas. Même si j'écoutais chaque mot, je n'étais pas tellement d'accord. Fierté ou autre chose, je leur laissai le choix de me juger tel qu'il leur plairait.

_ Je cours vite. Et je peux viser un crapaud à plus de 500 mètres. Moi toute seule, il aurait fallu qu'ils courent plus vite que moi. Et je suis assez bonne cavalière pour garder ma distance. De plus... J'aurais pris refuge dans les bois. Je suis chasseresse... Ces endroits n'ont aucun secret pour moi. Je les aurais bien vite semés. Vous auriez tort de me sous-estimer, Chevalier.

Absence de modestie ? Réalité ? Vantardise ? Qu'ils en jugent à leur bon plaisir. Mais le nouveau regard que me lança Brennadon fut fort en reproches. Quand bien même il ne portait pas les Garner dans son coeur, il n'acceptait sûrement pas que je leur adresse la parole de cette manière. Il devait sûrement croire que si j'étais encore en vie, c'était grâce à eux. Tous. Des hommes, défendant l'honneur d'une femme. Le regard en biais que me lança Carleon me fit alors comprendre qu'il se rangeait lui aussi du côté des Garner. Je n'étais pas non plus contre eux. Je ne voulais juste pas passer pour la pucelle en détresse.

Aussi, relevai-je le menton sans toutefois me tourner vers Alexander. Donnant un léger coup de talons, je fis accélérer mon cheval pour les dépasser, cherchant visiblement à me retrouver un peu seule. Mais dans mon entreprise, je lançai à Alexander, d'une voix fière :

_ Qui vous dit qu'une quelconque vertu était à prendre ?

Aussi insolente et provocatrice que je pouvais l'être, je su que j'avais touché la surprise de Brennadon, désarmant son visage impassible et paternel, voire, autoritaire. J'étais bien réputée pour me concentrer sur ma chasse, ma famille, mes terres, mon devoir et mes missions... Aucun homme, jusqu'à présent, n'avait encore eu l'intention de s'approcher de moi. Si c'était le cas, il ne s'était pas montré. Toutefois, je pouvais encore me permettre de laisser planer le doute. Mon frère aurait très certainement ri de cette remarque car il n'aurait su me prendre au sérieux. Mais Brennadon, comme Carleon, n'avaient aucun moyen de s'assurer que je disais ça par pure provocation.

Peut-être n'étais-je pas si fatiguée pour répondre d'un certain ton acerbe. Ou bien l'étais-je vraiment bien trop pour me raisonner et agir de manière correcte et juste. A ne point douter que je regretterais bien vite mes mots. Mais pour l'heure ? J'étais d'humeur aussi boudeuse que l'oncle Garner avec qu'une hâte : arriver à destination. Et m'enquérir de la réponse de Lord Stark. A cette pensée, je pinçai les lèvres. L'inquiétude était de retour sur mes traits.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 1 Juil 2012 - 21:10

Les remarques de Lyessa se voulaient blessantes visiblement, son attitude aussi. Un coup d’œil à son homme de main m’apprit qu’il réprouvait son attitude, mais également qu’il ne lui en voulait pas plus que ça non plus, il comprenait et il n’était pas difficile pour moi de le comprendre également.
Elle venait de perdre un membre de son groupe, de tout ces gens réuni avec moi à l’exception de mon Oncle, il y a encore quelques lunes, ils étaient surement en train de boire un verre chez eux, riant ensemble et se souvenant de choses que seuls des frères d’armes pouvaient se rappeler. Oh, oui, ça je le comprenais trop bien et je respectais l’effet que faisais la perte d’un frère.
Mon oncle me fit un signe de la tête pour m’inviter à répondre la Lyessa, il n’avait visiblement pas la patience de répondre à la jeune femme et de faire de la pédagogie comme il aimait à appeler le genre de savon qu’il réservait aux autres quand ils avaient l’attitude de la Reed.


- Un cheval peut galoper, il est simple de déstabiliser et fuir avec un avantage comme ça Dame Lyessa. Donnez un bâton à un brigand, il pourra s’en servir pour vous briser le crane alors que vous vouliez lui offrir un soutien pour traverser le guet. Ne pas donner d’occasion à des inconnus qui ont attenté à votre de vie de vous rendre la générosité.

A l’inverse de mon oncle précédemment, j’avais dis ça assez bas pour que seul elle puisse l’entendre. Même les brigands que nous tirions dans notre dos n’avaient pas dû entendre cet échange.

Quand elle se mit à se venter, mon oncle poussa un soupir si fort que même à Winterfell ils avaient dû en entendre les échos. Ce n’était rien d’amical cependant, il avait beau avoir de la patience, il fallait croire que Lyessa commençait à l’éroder.


- Ne parlons pas de ces choses là. Nous ne mettions pas en doute vos capacités, mais leurs intentions.

Je ne voulais pas poursuivre plus avant la conversation et rentrer dans son jeu, je l’abandonnais donc un instant pour faire route avec mon oncle, juste marcher cote à cote, le regard sur la naissance de la route dans le lointain, comptant les lieux avant notre arrivé à destination. Vivesaigue n’était pas NOTRE destination, mais ça voulait surtout dire pour mon Oncle qu’il serait débarrassé de ces bandits dans son dos, car c’était là ce qui le dérangeait principalement, les bandits, pas l’humeur de Lyessa.
Cependant, quand elle fit sa dernière remarque, je le vis fermer les yeux pour hurler intérieurement. Me réparant de mon sourire, je fis un demi-tour sur ma monture pour regarder la jeune femme quand je tombais nez-a-nez avec l’un de ses hommes d’arme et son attitude éberlué, visiblement, même eux étaient perdus.


- Je parlais de votre vertu, pas forcément de votre pucellage si vous voulez partir dans cette direction là. Je n’ai pas été plus précis à propos Dame, je ne m’attendais pas à ce que vous le fassiez à ma place…

Le ton était amical, j’avais ajouté à ma voix une pointe de douceur et saupoudré le tout d’un éclat de surprise pour faire passer le tout plus aisément pour la jeune femme.
C’est à ce moment là, dans la lueur déclinante du soleil que je la regardais de nouveau plus attentivement que depuis que nous avions repris la route.
Elle était livide, ses yeux étaient vides eux aussi. Elle avait l’air d’un fantôme, épuisée.
Mes yeux se portèrent donc dans le lointain en espérant voir bientôt les premiers signes de l’approche de Vivesaigue, nous ne devions plus être très loin à présent du moins l’espérais-je pour elle.

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Sur la route de Vivesaigues

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant


Sujets similaires

-
» L'étang de Miragoane déborde sur la route nationale numéro 2
» Soumission au parlement de la feuille de route du gouvernement et des ministeres
» Un nouveau compagnon de route
» Sur la route des caravanes
» "La Route Perdue"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-