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Pour cette nuit et toutes les nuits à venir. (Lya)

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Message Jeu 14 Juin 2012 - 22:53

J’étais aux anges. Enfin, le voyage me mettait en joie, la raison n’était pas joyeuse.
Mon Cousin Dwayne, qui avait perdu sa femme et ses deux filles lors du Fléau de Printemps, avait décidé de déposer les armes de la famille pour rejoindre une nouvelle fratrie.
J’étais avec son Oncle dans la salle Seigneuriale quand l’homme avait fait connaitre sa décision.
Il ne supportait plus les rues de Grand-Duc, il avait perdu toute volonté de rester et il était trop vieux pour devenir un chevalier errant et solitaire. Il avait donc décidé de prendre le noir.
Mon Seigneur de père n’avait rien trouvé à lui dire pour le retenir, il avait donc consenti à la demande légitime de Dwayne.
Etant un des meilleurs lieutenants de mon Oncle, ce dernier avait proposé sa Lame pour escorter le cousin dans le Nord et pour ma part, suivant mon oncle comme son ombre depuis plusieurs semaines, j’avais tout naturellement décidé de faire de même.

Le voyage vers le Nord durerait longtemps, nous primes donc une quinzaine pour préparer le voyage, nous équipant chaudement en prévision des neiges du Nord.
Nous n’avions pas passé les portes du Château que je commençais déjà à sourire comme un enfant en imaginant ce qui nous attendrait sur notre route. Bien que les jours se succédèrent sans incident, chaque virages, chaque butes et chaque montagnes était pour moi une source d’émerveillement. Le mur… ce fut la cerise sur le gâteau.
L’accueil fut austère, mais ils accueillirent bien volontiers Dwayne dans leurs rangs, un homme d’arme de cette trempe ferait un Maitre d’Arme merveilleux pour le mur.

Nous repartîmes quelques heurs à peine après notre arrivée. Le froid gelait nos doigts malgré nos gants de cuirs, les nuits étaient même dangereuses et je n’avais jamais tant béni l’idée d’être prêt d’un feu de camps.
Mon Oncle emprunta un chemin différent pour le retour… je le compris quand nous aperçûmes les murailles de Winterfell au loin.
Quand je posais enfin la question à mon oncle quand à notre raison ici, il se contenta de rire à gorge déployée et me dit que nous étions ici pour montrer notre soutien au Nord. En effet, les Fer-nés faisait payer un lourd tribu aux Nordiens et la moindre des politesses était de faire acte de présence quand nous en avions l’occasion.

Le château m’impressionna. L’architecture de la région était si différente de celle du Sud et de l’Ouest, après avoir fait connaître notre présence, je laissais mon oncle avec les notables de Winterfell et me mit à errer dans la cour centrale, observant chaque homme d’arme, forgeron ou gens d’écurie comme si c’était la première fois que j’en voyais.

Ce jour là, je portais mon épée au flanc, mon casque sous le bras et la housse en cuir qui cachait mon instrument et le protégeait des intempéries dans mon dos.
Avant de m’en rendre compte, je me retrouvais sur le terrain d’entrainement, attiré par les sons qui en émanaient.
Se trouvait là un duo d’hommes de l’autre coté de la lice et… une femme ? Une femme d’arme, on en croisait rarement dans l’Ouest, était-ce même possible ?
Sans me rendre compte de la grossieretée de mon attitude, je me retrouvais à l’observer fixement…

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Message Jeu 14 Juin 2012 - 23:43

Le tintement caractéristique de l'acier contre l'acier raisonnait bruyamment dans la cour, couvrant les gémissements du vent qui se ruait entre les tours avec une violence sans cesse renouvelée. C'était une de ces journées grises et glaciales d'automne que le Nord avait cessé de compter depuis des milliers d'années : le ciel pesait comme une chape de plomb sur la lande morne qui n'avait pas grand chose à lui envier en terme de couleur. Des feuilles d'un brun roux semblaient danser perpétuellement dans les airs telles une nuée de feux-follets, s'entassant contre les murs et jusque dans les moindres recoins de l'immense forteresse de granit.

Lya para le coup de son adversaire d'un revers de sa lame, puis riposta d'une frappe de taille vers le bras d'arme du garde qu'elle affrontait, essuyant à son tour une parade. Son épée fut chassée vers le bas et elle repris une garde médiane, profitant d'un bref répit avant de repartir à l'attaque.
Force était d'admettre que le jeune homme n'étais pas très bon. Elle même n'avait jamais disposé à l'escrime d'un talent comparable à celui dont elle faisait preuve au tir à l'arc, mais en l'occurrence elle surpassait clairement son adversaire, et ce sans l'ombre d'un doute. Elle feinta, puis se baissa vivement pour esquiver le large moulinet du gamin. Au moins avait-il cessé de la « ménager » au bout de quelques raclées, et cette maladresse-là était involontaire. Rien ne l'avait plus frustrée que de voir les quelques hommes qui acceptaient de l'affronter retenir prudemment leurs coups de peur de la blesser.
A les entendre parler, elle n'était visiblement pas la première combattante d'un clan des montagnes qu'ils rencontraient. Rien d'étonnant cependant a ce qu'ils la sous-estiment : son naturel effacé et discret n'était pas vraiment de taille à impressionner les combattants de Winterfell, et rien dans son apparence calme ne semblait particulièrement menaçant. Plus grande que la plupart des femmes, elle égalait la taille de bien des hommes du Nord, mais même l'épaisse tunique matelassée et les fourrures qu'elle portait ne parvenaient pas à donner l'illusion d'une quelconque carrure. C'était une grande bringue, tout en os et en tendons, et sa musculature était sèche et discrète. Elle avait cependant rapidement appris à ceux qui l'affrontaient à ne pas sous-estimer son endurance.

L'échange de coups continua durant plusieurs minutes, jusqu’à ce que la jeune femme profite d'une occasion : cherchant à tout prix à frapper, son adversaire avait trop avancé sa jambe. Elle para du fort de sa lave et leva le pied droit, qu'elle abattit avec une force contrôlée sur le genou exposé de son adversaire, lui arrachant un glapissement de douleur. Il recula en lui jetant un regard noir, boitillant.

« Voila qui n'est pas très honorable, Dame »
, asséna-t-il d'un ton chargé de reproches tout en se massant la rotule. Ces titres grandiloquents dont les gardes de Winterfell se plaisaient a l'affubler continuaient de la mettre mal à l'aise. Dans les montagnes, elle n'avait jamais été davantage que « La fille du Norroit ». « La grande, celle qui porte des braies », précisait-ton parfois, car il est vrai que des filles, son père en avait cinq.
L'accusation, quant à elle, ne lui dit ni chaud ni froid. Honorable ou non, elle avait déjà vu un sauvageons briser les os d'un guerrier avec ce coup-là, faisant plier le genou à l'exact inverse de ce qu'avait prévu la nature dans un craquement sinistre. Le pauvre homme boitait toujours horriblement, la jambe tordue, et occupait maintenant son temps à balayer les chenils. Elle aurait pu infliger le même traitement a son jeune adversaire, eut-elle frappé plus fort : quand on exposait sa jambe dans un angle pareil, nul besoin d'une force surhumaine pour la briser. Pour toute réponse elle se contenta d'un haussement d'épaules, laissant son compagnon d’entraînement faire une pause et passant la main sur son front pour en écarter les cheveux collés de sueur. Les bourrasques faisaient voler quelques mèches de ses cheveux couleur de feuille morte, échappées de sa tresse dans les mouvements du combat.

Elle s'apprêtait à proposer à son adversaire de reprendre, mais un léger picotement sur sa nuque la fit jeter un regard par dessus son épaule, et elle se retourna vivement.

L'homme qui la fixait lui était totalement inconnu... mais ça, en soi, n'avait rien d'étonnant. Il n'avait cependant pas l'habit d'un homme de Winterfell, et la manière qu'il avait de la fixer était on ne peut plus dérangeante. Fronçant les sourcils, elle s'avança lui, pas vraiment menaçante... mais l'épée toujours en main.

« Vous voulez quelque chose ? »

Elle aurait probablement du ajouter « Messire », réalisa-t-elle avec un temps de retard. Décidément, ces titres l'enquiquinaient prodigieusement. Tant pis. Après tout, il s'était montré grossier avant elle.
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Message Ven 15 Juin 2012 - 0:22

Je ne compris que trop tard qu’elle s’adressait à moi. J’avais oublié la plus basique des politesses en fixant cette femme comme un Mestre fixerait une nouvelle espèce animale qu’il n’avait jamais vue jusqu’alors.
Je m’accordais quelques secondes supplémentaire pour observer Lya de plus prêt. Elle était en effet toute en longueur, les membres secs mais pas pour autant dénué de charme à ce que je pouvais voir qui n’était pas caché par ce cuir bouilli. Plus serait inconvenant, je feignis donc de papillonner des yeux pour attacher mon regard sur le sien.

Elle avait les yeux qui criaient bataille, du moins, c’est comme ça que je décrivais les flammes que je voyais y danser.
Le brise froid qui souffla dans mon dos fit claquer mon catogan contre ma cape, les deux pans de cette dernière se balançant d’avant en arrière comme deux ailes sous mes bras. J’inclinais la tête vers elle comme je l’aurais fais pour tout le monde, courtoisie basique n’est-ce pas ?


- Non, les sons de combats m’auraient guidé jusqu’ici je suppose. Je voulais voir plus de la Légendaire Winterfell, dis-je. Je savais que mon accent ne tromperait pas sur mon lieu de naissance, mais après tout, ce n’était pas un motif de honte et je n’avais aucune raison de le cacher.

Mes yeux s’attardèrent sur la lame qu’elle tenait toujours au poing un instant avant que je ne reprenne.

- C’était un joli coup que vous avez assené à votre partenaire de joute. Pas vraiment orthodoxe comme méthode… mais un point faible dans sa défense assurément.

Pendant quelques secondes je ne dis rien avant de saisir une nuance a laquelle je n’avais pas réfléchi avant de parler, comme d’habitude.

- Compliment d’un bretteur à une autre, bien entendu.

En effet, le coup aurait put être dévastateur. Il l’avait vu porté à quelques reprises pendant des escarmouches, les hommes en armure jouant du poids de leur armure pour rajouter plus de violence dans l’attaque en général.
L’un de ses compagnons d’arme, Jeor, avait subit une attaque comme ça d’un brigand lors de l’attaque qu’ils avaient subie peut avant le Fléau et le pauvre bouge ne s’était jamais remis de l’attaque.

Mon index et mon pouce passèrent sur mes joues comme à chaque fois que j’étais embarrassé par quelque chose que je ne contrôlais pas vraiment pendant un échange verbal.
Je fis passer l’étui en cuir sur mon épaule avant de chercher un endroit où le suspendre, mon regard fut finalement attiré par un des piquets d’entrainement planté dans le sol et entourant la lice de combat, je posais donc mon dévolu sur l’un des plus proche, posant mon casque au chef de Grand-Duc sur le sommet. J’avais dans l’idée de rester ici un moment si personne n’y voyait d’inconvénient. Mon regard se posa de nouveau sur Lya, c’était surtout, pour être exact, si elle n’y voyait pas d’inconvénient.
La perspective de me prendre un coup d’épée, quand bien même d’entrainement, bien sentie sur le crane parce que je m’étais montré bien trop cavalier ne m’enchantait pas des masses, bien que la perspective me fit sourire.


- Je suis Alexander Garner, de Grand-Duc, dans l’Ouest, fis-je avant de porter mon index et mon majeur sur mes lèvres pour les y laisser quelques secondes avant d’incliner légèrement la tête dans un salut bien personnel que j’avais hérité de mon oncle. Ne vous dérangez pas pour moi, reprenez votre joute si vous le désirez, je suis curieux des techniques de combat des Hommes – ou femme dans votre cas – d’armes du Nord.

Ma curiosité maladive qui refaisait surface comme d’habitude quand je voyais un nouveau sujet d’intérêt.
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Message Ven 15 Juin 2012 - 15:28

Le jeune homme la fixait, et elle lui rendit son regard, le détaillant rapidement. Il parlait d'une manière légèrement chantante, un accent qu'elle n'avait encore jamais entendu auparavant.
Un accent du Sud, conclus-t-elle. Peau bronzée, joues lisses, tout dans sa personne respirait l'été et le soleil. Même ses manières, ses gestes, sa façon de saluer étaient différents. Quant au symbole ornant le heaume, il lui était totalement inconnu. Un genre de hibou ?
Du sud ou du Nord, cependant, c'était un guerrier. Sa carrure, comme la mince estafilade qui lui barrait la joue, allaient en tout cas dans ce sens, sans parler de sa tenue.

Le seul autre homme du Sud qu'elle eut jamais rencontré était Averton Cirley, le chevalier qui, pris dans un blizzard, avait été hébergé par son clan deux ans auparavant. Enfin, il y avait bien des hommes d'un peu partout dans la Garde de Nuit, qui passaient fréquemment sur les terres des Norroit échanger des nouvelles et troquer quelques vivres, mais c'était différent. Le Mur vous transformait les hommes. Le froid, la glace, la proximité des sauvageons... quelque chose là-dedans, ou bien dans l'air lui-même, vous changeait en hommes du Nord la plupart des arrivants en à peine quelques semaines. Et tuait généralement les autres.

On dit « Ser » à un guerrier du sud, lui avait expliqué Cirley lors de leurs longues et plaisantes discussions. Encore un titre dont il faudrait qu'elle se souvienne.

Elle se contenta d'un hochement de tête poli en réponse à son compliment. Il était relativement poli, il fallait l'admettre, même si elle n'aimait pas la façon dont il la dévisageait. Elle s'inclina légèrement, puis se présenta à son tour.

« Je suis Lya, Fille du Clan Norroit », répondit-t-elle avec une fierté farouche. L'idée que son interlocuteur ne connaîtrait probablement pas le nom d'un obscur clan du Nord ne lui traversa même pas l'esprit. Les siens n'étaient après tout rien de moins, à ses yeux, que l'une des plus importantes familles des montagnes, et son père commandait à près de cinquante guerriers. Puis, sur l'invitation de l'homme du sud, elle se retourna et fit signe à son adversaire qu'elle était prête à reprendre l’entraînement.

Il les fixait toujours, elle le sentait. Le picotement dans sa nuque, tandis qu'elle échangeait des coups avec le garde nordien, ne diminuait pas, et cette sensation d'être observée la mettait mal à l'aise. Grognant légèrement, elle se força a se concentrer sur le combat et les mouvements de son adversaire. Le jeune homme commençait de toute évidence à fatiguer. Elle-même se ménageait, limitant ses mouvements. Dévie plutôt que de parer, esquive plutôt que de dévier. Tu n'auras jamais la force d'arrêter un coup vraiment puissant, avec ta carrure d'échassier malade, pas la peine d'essayer. Attend l'ouverture pour frapper, ne riposte que quand tu es certaine de toucher. Économise tes ressources.
La voix de son maître d'arme guidait chacun de ses mouvements. Elle manquait encore de précision et de réactivité. Plusieurs occasions passèrent sans qu'elle soit assez vive pour les saisir. Peu importe, elle tenait le garçon en échec, attendant patiemment qu'il fasse l'erreur de trop.

Le chevalier les observait-il encore ? Elle lui tournait presque complètement le dos, à présent, difficile de le savoir. La question la démangeait, elle détestait se donner ainsi en spectacle. Prise d'une impulsion subite, elle jeta un rapide coup d'oeil pas dessus son épaule...

... Et son épée lui vola des mains, atterrissant dans la poussière. Elle retint de justesse un juron fort peu féminin et recula d'un pas, levant la paume pour concéder la victoire à son adversaire. Il n'était peut-être pas doué, mais il était rapide, lui, pour ce qui était de saisir les occasions, et elle lui en avait offerte une en or. Triple idiote, se laisser déconcentrer aussi stupidement par un simple spectateur ! Elle aurait du avoir plus de jugeote que cela. Ravalant sa frustration, elle partir ramasser son arme d’entraînement et s'inclina légèrement devant le garde victorieux.

« Cela fait un partout, je crois. Je vous propose de briser là. Nous auront encore le temps de nous départager demain. » Puis, d'un ton médiatif : « Vous devriez aller mettre un peu de glace sur ce genou ».

Lui rappeler son échec précédent n'était pas très charitable, mais se faire avoir comme une bleue l'avait mise de mauvaise humeur. Elle se retourna ensuite, fixant l'étranger, inspirant longuement pour reprendre son calme. S'énerver contre lui ne donnerait rien de bon, ce n'était pas sa faute si elle s'était laissée déconcentrer comme une débutante. Enfin, pas totalement sa faute.

« J'ai peur de n'avoir pas fourni matière a vous extasier sur « les techniques de combat des hommes du Nord ». J'espère que vous ne jugerez pas tout les nordiens sur cette médiocre prestation. »

Ni toutes les femmes d'armes, ajouta-t-elle in petto. « Si vous restez a Winterfell, vous aurez certainement l'occasion d'assister a de meilleures performances... Ser. Vous êtes bien chevalier ? »

Il en avait bien l'air, c'était certain, mais il ne l'avait pas précisé.

« Mais dites-moi, les techniques de l'Ouest sont-elles très différentes ? »


Dernière édition par Lya Norroit le Dim 17 Juin 2012 - 0:18, édité 1 fois
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Message Ven 15 Juin 2012 - 20:17

Quand elle se présenta, je lui fis de nouveau mon salut si particulier. Les deux doigts posés sur les lèvres. J’ouvris cependant des grands yeux ronds quand elle me parla de son clan d’origine. Ce nom me rappelait quelque chose, un souvenir lointain. Le temps que je puisse enfin se souvenir, j’étais de retour à la table de mon Mestre, j’étais bien plus jeune qu’alors. Je me revis installé à la fenêtre de son office, sur la banquette, les yeux dans le lointain sur la rive de la Rufurque en contre-bas, la ville s’étendant à mes pieds. Je me souviens de la sévérité avec laquelle il me fixait alors, attendant que je lui donne au moins dix clans connus des Montagnes du Nord. Mais je n’eu pas vraiment l’occasion de l’interroger qu’elle tournait déjà les talons pour retourner finir son affrontement. Décidant de garder ça pour une conversation future si elle m’en donnait l’occasion, je m’installais donc contre le piquet à coté de celui qui soutenait mon casque pour regarder la seconde manche du combat.

La moindre des choses qu’on pouvait dire, c’est qu’ils étaient bon, tant l’un que l’autre. Je ne m’en rendais pas compte alors, mais j’avais de nouveau adopté mon attitude de rapace, observant les deux bretteurs comme des souris pour une Chouette.
Le combat était rude, l’homme ne la ménageait visiblement pas, et elle non plus d’ailleurs. D’estoc en coupe, de parade en contre-attaque, les lames d’entrainement volaient comme tant de grêlons.

Quelque chose vint perturber le combat cependant. La jeune femme, Lya donc, se retourna pour lorgner dans ma direction. Nos regards se croisèrent peut être pendant une seconde, mais ce fut largement suffisant à son adversaire pour la désarme d’un coup.
Je dois avouer que j’eu un mouvement vers l’avant quand elle recula vers l’arrière. M’arrêtant net après m’être forcé intérieurement à me reprendre. C’était un duel, elle n’avait pas l’air d’une Demoiselle en détresse pour le moment, pas de raison de voler à son secourt.
Elle ne perdit pas son sang froid pour autant, la seconde manche se remettrait visiblement pour plus tard.

Quand elle tourna son regard sur moi, je dois avouer que je dû déglutir fort bruyamment. Mais son regard disait quelque chose et sa voix autre chose, je décidais donc de lui sourire franchement avant de lui offrir ma réponse.


- Pas d’inquiétude à avoir à ce niveau là. Je pense que je ne dois pas être pour rien dans votre perte de concentration et je m’en excuse. Le combat m’a montré ce que je voulais voir cependant. Vous êtes tout deux de très bons bretteurs ma Dame.

Quand elle m’appela « Ser », ma situation me revint en pleine face.
Mes doigts se perdirent de nouveau au niveau de mes jours et plus particulièrement le long de ma cicatrice avant que je ne lui réponde.


- Il paraît, en effet. Je suis chevalier, bouclier du fief de mon père.

J’avais dis ça avec un ton presque peiné, je m’en rendais compte après coup, mais je décidais de sauter sur l’occasion qu’elle m’offrait pour changer de sujet.
Un nouveau sourire illumina mon visage et je fis un pas sur la terre battue pour me rapprocher de sa position avant de lui répondre, gardant tout de même un œil sur mes affaires dans mon dos.


- Je suppose que les Techniques diffères d’une maison à une autre, pas seulement une question d’Ouest ou de Nord. J’ai vu des Ouestiens se battre entre eux pendant des Duels et croyez moi que le Maitre d’arme y est dans beaucoup sur le style du bretteur.

Mes yeux se posèrent sur son épée d’entrainement, avant de remonter légèrement sur son poignet. Le coup devait être encore cuisant pour elle.

- Peut-être aurais-je l’occasion de me battre avec vous pour échanger nos points de vue ?

La toute première question que je n’avais pas réussi à lui poser me revint en mémoire.

- Est-ce que toutes les filles du Nord du Nord sont aussi fine bretteuse que vous Dame Lya ?
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Message Ven 15 Juin 2012 - 22:21

Une bourrasque particulièrement violente envoya voler ses cheveux, ôtant définitivement tout air soigné à sa longue natte lâche et lui envoyant quelques mèches devant les yeux. Le combat terminé, le vent avait repris ses droits, et ses longs gémissements se répercutaient de tour en tour, de mur en mur, en une longue plainte sinistre qui les forçait à élever la voix pour se faire entendre. Lya se dégagea le visage du bout des doigts. Son poignet la lançait légèrement, mais le cuir épais qui le protégeait avait absorbé la majeure partie du choc. Elle haussa à nouveau les épaules.
« Je ne suis pas meilleure que n'importe qui, je me débrouille, c'est tout. C'est à ça que servent les entraînements. »

La répugnance de l'étranger à admettre qu'il était chevalier étonna la jeune femme. N'était-ce pas quelque chose de prestigieux, comme d'être le guerrier d'un clan ? Elle suivit des yeux son geste et inclina la tête, perplexe. Elle décida cependant de ne pas le questionner, et espéra ne pas l'avoir trop peiné. Elle n'était pas vraiment d'une nature indiscrète. Les tourments du jeune homme ne regardaient que lui, et ceux avec qui il déciderai de les partager. Elle accepta donc sans broncher le changement de sujet, adoptant un ton léger afin de détendre l'atmosphère.
« La plupart des femmes du Nord ne se battent pas, en fait. Il y en a peu qui choisissent cette voie. »
Que dire de plus ? Elle n'aimait pas vraiment s'étendre sur les raisons qui l'avaient poussée à devenir une guerrière. Elle ne pouvait parler de l'exaltation que procuraient la traque et le combat, ou de l'ivresse qu'elle ressentait à parcourir les grands espaces. Elle ne pouvait s'étendre sur la satisfaction intense que l'on ressent lorsqu'une flèche touche au but, qu'un coup porte, que l'on maîtrise totalement ses mouvements, ses actions, sa vie. C'était des sentiments intimes, personnels. Les exposer ainsi devant un étrangers lui aurait donné l'impression de se mettre à nu. Aussi se contenta-t-elle de conclure d'un ton badin :
« Mais ce n'est pas une mauvaise vie. »

Autour d'eux, les hommes de Winterfell quittaient peu à peu le terrain d’entraînement, rangeant leur matériel et dégageant le terrain. La journée touchait à son terme, et il était plus que temps, pour la plupart d'entre eux, d'aller se réchauffer autour des foyers du château. Pour sa part, c'était l'heure qu'elle préférait pour tirer à l'arc : Entre chien et loup, quand personne n'occupait les lices ou ne l'observait subrepticement, elle était toujours plus à l'aise. La proposition de Ser Alexander l'attirait, cependant. Elle n'aimait pas finir un entraînement sur une note frustrante, et puis elle avait sa fierté, que le fait de se faire avoir aussi facilement devant un inconnu avait salement écorchée. Croiser le fer avec lui serait intéressant...Peut-être serait-il un meilleur adversaire ? Elle pris sa décision, et sourit légèrement, proposant :
« Si vous voulez que nous échangions quelques « points de vue », nous pouvons fort bien... »
Une goutte tomba tandis qu'elle commençait à parler, puis une autre. Elle s'interrompit au milieu de sa phrase et jeta un oeil au ciel avant de soupirer. Avant qu'elle ne reporte son regard sur le chevalier, il s'était déjà mis à pleuvoir à grosses gouttes.
« ... remettre cela à une autre fois, je suppose. On dirait que le temps n'est pas avec nous ! »

Le vent chassait l'eau, faisant tomber la pluie presque à l'horizontale, redoublant de fureur. L'averse diluvienne et glaciale eut tôt fait de transformer le terrain en marre de boue, tandis que Lya se hâtait d'aller récupérer cape, baudrier et arc.
« Nous ferions mieux de vite rentrer, ce genre de pluie a tôt fait de vous faire attraper la mort ! »

Elle rabattit sur les cheveux le capuchon de sa cape, qu'un chardon d'argent fermait sur sa poitrine, et indiqua le logement des gardes, à l'autre bout des lices. Ni elle, ni probablement Ser Alexander n'étaient logés là, mais c'était toujours mieux que se traverser la moitié du château sous une pluie battante.
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Message Ven 15 Juin 2012 - 23:01

J’éclatais franchement de rire quand elle accepta ma proposition. Ce rire chaud et bruyant qui faisait tant sourire ma mère et ma sœur.
Mais une goute sur le bout du nez eu tôt fait de calmer mon hilarité.
Toujours avec un léger sourire tout de même, je levais finalement les yeux vers le ciel.
J’aimais la pluie chez moi. Cette pluie tiède qui rafraichissait tout et semblait revigorer la nature. Ici, c’était complètement différent. Ce n’était pas de la pluie, c’était de la neige à peine fondue…


- J’ai déjà essuyé une pluie soudaine comme ça en allant au mur… en effet, il semblerait que nos échanges doivent attendre au moins demain…

Je me tournais vers elle et lui sourit de nouveau avant de lui tourner le dos dans un retourné de cape humide, les pans coupés volant dans des directions différentes à cause du vent qui venait de se lever.
Je repris mon casque que je rangeais bien à l’abris sous mon bras et sous le pan de ma cape gauche et finalement, l’étui de l’épaisse harpe ouvragée qui fini sous l’autre bras, puis je retournais à ses cotés au moment où elle même récupérait son équipement.
Je la suivi docilement, cet endroit était bien plus familier pour elle que pour moi. Nous marchâmes donc en silence sous la pluie vers ce qui ressemblait à une aile réservée aux gardes.
Au milieu de la cours, une voix à travers les hurlements du vent me fit m’arrêter.

Mon oncle se trouvait sous le porche d’un autre bâtiment de l’autre coté de la cours, agitant frénétiquement des bras, un Mestre à ses cotés. Il tenta de me hurler quelque chose, mais je n’entendis rien. Je me contentais donc de bomber le torse pour lui hurler en retour :


- Je vais me mettre à l’abri mon Oncle, nous nous retrouvons tout à l’heure ! Oui !

Me tournant vers Lya, je haussais les épaules, un amusement certain dans la voix.

- Du moins, je suppose que c’est ce qu’il me hurlait de faire… rentrer.

Tout le monde se pressait de rentrer, la tête basse pour éviter les projections d’eaux rageuses dans les yeux. Nous finîmes donc par faire de même, nous retrouvant dans un bâtiment de pierre brute ou plusieurs feux brulaient le long des murs.

Me doutant qu’elle me suivrait, je me dirigeais vers l’un de ces derniers, déposant dans un coin bien en vue mon heaume de Grand-Duc. Mon étui en cuir, lui, ne quitta pas mon bras droit, fermement serré contre ce dernier.

Après ces quelques bourrasques et la pluie qui venait de nous fouetter le visage, la chaleur des flammes était plus que bienvenue.
Mes yeux se levèrent vers elle.


- Les pluies durent longtemps ici ?

Question de pure formalité, je me doutais que de toute façon, il y avait d’autre façon d’accéder au reste du château depuis ici, mais encore une fois, la curiosité était un de mes péchés mignons.

Libérant mes cheveux du catogan qui les emprisonnaient pour leur permettre de sécher plus rapidement, je fini par porter les doigts sur l’étui de cuir qui cachait mon instrument, lançant à la cantonade.

- J’espère qu’un brin de musique ne dérangera pas mes frères du Nord !

Je pris quelques secondes, observant les gens autour de moi, ne voyant personne qui avait l’air contre, la Harpe fit son apparition.
Le bois était presque blanc, les sculptures qui suivaient les courbes de l’instrument donnaient l’impression qu’un courant de rivière coulait sur ce dernier. L’effet était intensifié par des zébrures d’un bleu lagon qui striaient l’instrument pour faire croire à un torrent liquide. Elle avait un nom ; que j’aimais à chanter à tout le monde. Mais pour le moment, je me contentais juste d’enlever mes gants et faire jouer mes doigts sur les cordes pour en tester les accords.


- Comment est votre Clan, votre domaine ressemble à quoi ?

Mes yeux se levèrent vers elle, cette ombre de sourire toujours présente sur mes lèvres.

- Si la question n’est pas indiscrète bien entendu….
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Message Sam 16 Juin 2012 - 21:42

Son rire aurait pu la blesser. Il n'aurait pas été le premier a lui rire au nez quand elle prétendait se battre. L'idée semblait même particulièrement hilarante aux yeux de certains. Mais il y avait une telle franchise, dans ce rire, une telle chaleur, qu'elle en resta perplexe. Se moquait-il vraiment d'elle ? Et sinon, pourquoi riait-il ?

La pluie torrentielle coupa court à ses interrogations, de toute manière. Les deux jeunes gens coururent se mettre à l'abri, seulement interrompus par l'homme qui héla Ser Alexander depuis l'autre coté de la cour. Elle échangea un regard avec le chevalier et se remit à courir. Le vent soufflait par rafales, trop fortement pour qu'il soit longtemps possible de garder sa capuche sur la tête, et c'est une Lya aux mèches dégoulinantes et aux bottes boueuses qui atteignit finalement, à son grand soulagement, l'abri du baraquement. Elle reprit lentement son souffle, appuyée contre le mur avec un sourire amusé, essorant sa chevelure des yeux mains avant de défaire sa natte pour permettre aux cheveux de sécher davantage. Les gardes présents dans la pièce se contentèrent de vagues hochements de tête : serrés autour des feux, la plupart jouaient, conversaient ou buvaient avec insouciance. Elle reconnu, dans un coin de la pièce, trois des hommes de son père attablés qui la saluèrent avec plus de chaleur. Les guerriers Norroit continuaient de détonner parmi les gardes de Winterfell : barbes broussailleuses, vêtements de fourrures, épées énormes et haches impressionnantes, ils évoquaient des ours, fort mal dissimulés au milieu de la meute de loups.
L'air était enfumé et sentait la sueur, le tabac et l'alcool. La jeune femme, cependant, ne semblait pas dérangée le moins du monde par l'atmosphère éminemment rustre et virile qui imprégnait la scène. Avec naturel, elle accrocha sa cape non loin d'un feu et s’agenouilla pour se frotter les mains devant le foyer, réchauffant ses phalanges transies.

« Ça peut durer une heure, ou la nuit, ou même toute une semaine. C'est fréquent, en automne. J'ai déjà vu ce genre d'averse durer près d'un mois. Les vallées étaient inondées, et quand le froid est venu, d'un coup, tout était recouvert d'une pellicule de glace... »

Elle ajouta une bûche au brasier, soufflant jusqu’à ce que de haute flammes s'élèvent, et tourna la tête avec intérêt comme le jeune homme sortait une harpe. C'était donc cela qu'il gardait dans cet étui de cuir ! Ses yeux s'attardèrent longuement sur l'instrument. Elle ne s'y connaissait pas vraiment, loin s'en fallait, mais il aurait fallu être aveugle pour me pas constater la qualité de l'instrument. C'était sans le moindre doute un objet de grande valeur, et les yeux de la jeune femme se mirent a briller d'anticipation : elle avait toujours aimé la musique.
Elle aimait également parler de son clan, cela dit, éprouvant a ce sujet la même fierté que n'importe quel homme ou femme du Nord, et ce fut de très bonne grâce qu'elle répondit au chevalier de l'Ouest.

« C'est le domaine de mon père, pas le mien. Le Clan Norroit est un grand clan, l'un des plus grands des montagnes, et l'un des plus septentrionaux également. Certains villages sont juste au bord du Don. Ça en fait une destination de choix pour les sauvageons en maraude, surtout avec toutes les grottes qui s'y trouvent, mais nous ne les laissons jamais se cacher bien longtemps. Les hommes de la Garde de nuit nous aident, parfois, mais personne ne connaît mieux ces terres que nous. »
Sa fierté était palpable tandis qu'elle s'exprimait. Elle-même connaissait intimement chaque sentier, chaque caverne, chaque hameau des terres paternelles. Elle avait parcouru le pays si souvent, quelle que soit la saison, qu'elle aurait probablement pu s'y repérer les yeux fermés, rien qu'au bruit des torrents, aux notes que soufflait le vent et au chant des oiseaux. Elle continua son exposé tandis que ses membres se réchauffaient peu à peu grâce aux flammes. Parler de son foyer la rendait nostalgique.
« Le décors n'a rien à voir avec les plaines qu'on trouve ici. Les montagnes sont abruptes, et certaines pentes peu exposées restent couvertes de neige même au plus fort de l'été. Le gibier y est aussi plus rare, mais la vue que l'on a de certains endroits est à couper le souffle. Je connais un sommet d’où, par temps clair, on peut même apercevoir la mer, par delà les pics enneigés. »

Elle s'interrompit, consciente de s'être laissée emporter. L'amour qu'elle portait à ces terres était clairement visible, tant à son expression qu'à la note passionnée qui perçait dans sa voix. Elle aurait pu en parler des heures, mais c'eut été probablement plus que ce que son interlocuteur avait envie d'entendre. Elle changea de sujet.

« Vous êtes donc musicien, en plus de chevalier ! C'est un instrument magnifique. Chantez-vous également ? »
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Message Sam 16 Juin 2012 - 22:20

La description des tempêtes habituelles me fit frissonner légèrement. Des heures, comme des jours ? Voilà qui promettait d’être intéressant. Moi qui étais un curieux de nature et qui aimait à laisser trainer mes oreilles partout, rien ne valait une bonne tempête pour assouvir ce vilain défaut que j’avais.

J’avais bien bien remarqué les Norroit, la différence qu’il y avait eu entre leur accueil et celui du reste de la troupe. Mais quand elle se mit à parler de ses terres, je me remis à jouer, les yeux rivés dans les flammes, dans la danse de ce dernière et mes doigts suivirent une cadence douce pour ne pas déranger la description que faisait la Guerrière de ses terres.
J’avais vu en effet certains des décors qu’elle décrivait. Mais ne voulant pas la couper, je me contentais donc de tendre l’oreille et de boire ses paroles, me jurant de la questionner par la suite.
Même si je ne disais rien pour l’instant, le sujet m’intéressait, j’aimais à s’imaginer chaque région de Westeros et d’ailleurs, avoir des points de vue de ses habitants était le meilleur moyen de se faire une image parfaite des décors dans lesquels ils vivaient.

Je sentis une fluctuation dans sa voix juste avant qu’elle ne s’interrompe qui me fit lever les yeux vers elle un instant. Détaillant chacun de ses traits. Après une seconde ou deux, n’arrivant pas à définir ce qui l’avait fait s’arrêter, je reportais donc mon attention sur les flammes.
Puis vint la question qui éclaira ma journée. Un large sourire se dessina sur mon visage de nouveau et mes yeux se portèrent une nouvelle fois sur elle.


- Il est possible que je sache chanter quelques balades en effet.

Inclinant légèrement la tête vers elle, je repris mon jeu, modifiant ma mélodie sur quelque chose de plus profond, de légèrement plus grave et noir sans pour autant être déprimant.

- La région que vous me décrivez, j’ai eu l’occasion d’en apercevoir une infime partie, je n’ose imaginer la beauté des choses que vous me racontez… surtout cette belle vue.

Sans même m’en rendre compte, je me retrouvais avec l’oreille colée contre le bois de mon instrument, les striures sur ma peau me procurèrent un plaisir qui fit s’apaiser mes traits.
Une légère note grave monta du fond de ma gorge tandis que je cherchais la bonne tonalité pour ce qui allait suivre.

Je connaissais l’histoire récente des Nordiens et ne savait pas si la chanson allait être appréciée ou non. Je m’y risquais tout de même.


Noires sont les étoiles et noire est la Lune

Silence Nocturne et Innocence du matin

Prévenez les cavaliers et battez vos tambours

Disparus leurs maitres et disparus leurs soleil

*

Noirs sont les Océans et Noir est le ciel

Glissent les baleines dans les profondeurs de l’océan

Parlez des cotes et battez vos tambours

Disparus leurs maitres et disparus leurs soleil

*

De l’Obscurité à la lumière et de la Lumière à l’obscurité

Trois chariots de mort et Trois chariots de vie

Ce qui nous réunis aujourd’hui est ce qui nous avait divisés

Disparus nos frères, disparue la chaleur de nos cœurs.

Avec amour pour eux,

L’hiver viens…

Mes doigts continuèrent quelques secondes à jouer sur la même mélodie, mais ma voix s’était éteinte.
Après avoir jouer mes dernières notes, je relevais les yeux vers Lya, légèrement gêné tout de même comme après chaque… emportement dont j’adorais me livrer en spectacle.


- Me parlerez-vous de vous Ma Dame ? Je suis curieux de votre histoire…

Je ne voulais pas lui demander de continuer de parler de ses terres. Maintenant que je savais dans quel environnement elle avait vu le jour, c’était la Guerrière qui m’intéressais.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 0:14

Sitot que le chevalier c'était mis à chanter, le silence c'était fait sur la salle toute entière. Les conversations se turent, les rires s'arrêtèrent, et toutes les têtes se tournèrent vers la cheminée, la harpe, et l'homme qui récitait d'une voix grave, l'air habité. Même les plus ivres des hommes interrompirent leur geste, le verre à mi-chemin des lèvres, n'osant le reposer de peur que le choc ne perturbe la musique. Les notes pures de la harpe et la voix d'Alexander n'étaient accompagnés que par l'incessant bruit de la pluie, au dehors, qui se mêlait au chant mélancolique sans pour autant en gâcher la beauté.

Lorsque la dernière note mourut, on aurait entendu une mouche voler dans le baraquement des gardes. Durant quelques secondes, seule l'averse fut audible, l'eau qui s'abattait sur le Nord avec violence, prélude des blizzards à venir. Puis un homme cogna lourdement de son poing sur la table, une fois, puis une seconde. Son voisin l'imita, puis toute la tablée, frappant leurs choppes, battant des mains. Quelques secondes plus tard, c'était un véritable rugissement qui montait de l'assemblée, un ovation féroce, sincère et sans retenue. Lya se joignit aux applaudissements avec la même fougue. Etait-ce le foyer qui faisait briller ainsi ses yeux, ou était-ce l'émotion ?

Sans qu'elle le contrôle ou le veuille, les paroles chantées par le jeune homme avait remué quelque chose profondément en elle. C'était une ode, un hommage aux disparus, et bien qu'elle n'ait jamais pris part a une réelle bataille, elle avait eu, ces dix dernières années, son comptant d'escarmouches mortelles contre les sauvageons. Son compte de morts aussi, camarades tombés, ennemis abattus, sans parler de ses deux jeunes frères emportés par le froid. Sans qu'elle sut trop pourquoi, c'est l'image de son père qui lui vint en dernier. Si la maladie ne l'avait pas emporté d'ici-là, il « partirait chasser » avec les premiers neiges... Un hiver rude s'annonçait, les récoltes étaient plus que maigres, et le Norroit, elle le savait, n'accepterait pas qu'on gâche de surcroît des vivres pour un vieil homme malade. Ainsi en allait l'usage...

Quand le calme revint sur la salle, la jeune femme avait cependant retrouvé son contrôle sur elle-même, et ses yeux étaient à nouveau secs. Autour d'eux les visages s'étaient fait plus amicaux, les sourires plus sincères. Un des gardes se leva tranquillement pour tendre au chanteur une outre de bière brune. « C'est un beau cadeau que vous nous avez fait là, Ser. Soyez-en remercié. »

Un brouhaha d'assentiment parcourut ses compagnons, qui reprirent levèrent leurs verres à sa santé pour ensuite leurs discussions avec la même ardeur et la même indifférence que lorsque les deux jeunes gens étaient entrés. La Nordienne démêlait ses longs cheveux du bout des doigts, défaisant laborieusement les nœuds causés par le vent, la sueur et la pluie.

«Me parlerez-vous de vous Ma Dame ? Je suis curieux de votre histoire…»


Elle inclina la tête. Si parler de son clan aiguisait sa fierté, s'étendre aussi longuement sur sa propre personne n'était pas dans ses habitudes. Mais pouvait-elle réellement lui refuser quelque chose après pareille chanson ? Après une petite réflexion, elle opta pour un compromis.

« Ma vie n'a pas grand intérêt, Ser. » L'intervention du garde lui avait rappelé les titres. Ces fichus titres. « J'ai grandi dans les montagnes, il n'y a pas beaucoup à en dire, et certainement pas de quoi faire une ballade. » Elle prit une inspiration. « Mais je répondrais à vos question si vous répondez aux miennes, cela vous convient-il ? Deux questions pour vous, puis deux questions pour moi, et ainsi de suite, si vous souhaitez poursuivre. Avec l'obligation de répondre à chaque fois à au moins l'une des deux.»
Elle-même était curieuse de ce que pouvait bien avoir à raconter ce chevalier du sud.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 0:47

Je n’avais pas vraiment escompté de réaction aussi importante que celle-ci.
Quand le calme se fit dans la pièce, j’osais à peine relever les yeux de peur de prendre une main gantée en plein visage. Il faut avouer que ma chanson avait pour but d’être un hommage, mais les hommes, surtout en groupe et abattu par les intempéries pouvaient se montrer impossible à cerner. L’ovation fut la cependant. Et les visages amicaux que j’aperçu quand je levais enfin les yeux m’emplirent d’une certaine fierté à avoir réussi à transmettre les émotions que je voulais à mes compagnons de baraquement.

La meilleure récompense fut la boisson qu’on me tendit et le remerciement de ce soldat inconnu.
Ma main libre lui saisi l’avant-bras pour lui rendre le remerciement de façon fraternelle. Je ne sais pas vraiment si ça se fait dans la Nord… mais nous aimions à être comme ça par chez moi.


- Vous savez ce qu’on dit, la meilleure récompense d’un Chanteur est son auditoire.

Je levais la boisson à mes lèvres et prit une bonne rasade avant de la reposer non loin. Accompagnant le geste d’un murmure qui n’était destiné qu’à moi-même et pouvant se résumer à : Au nord.

Quand Lya me prévint que son histoire ne valait pas une balade, un haussement d’épaule fit cliqueter la maille sur mes épaules.


- Nous pouvons tirer des balades d’une naissance comme d’un fait d’arme. Ne pariez pas sur ces détails…

Après une nouvelle œillade, un rire amical passa mes lèvres. Elle venait de me proposer un jeu intéressant compte tenu de mes envies de réponses. Je n’avais pas de mal à parler de moi en général, ce n’était donc pas pour me déplaire et je me sentais gagnant qu’elle propose ça. Je le lui fis savoir après un léger soupir.

- Soit, voilà une idée qui me charme. Faisons ça !

Une nouvelle fois, je portais le pouce et l’index sur mes jours, marquant par ce geste un instant de réflexion. Si j’avais bien compris ce qu’elle venait de die, c’était donc à moi d’ouvrir le bal. Qu’il en soit ainsi donc…

Après un instant, je fini par relever les yeux vers elle.


- La première, qu’inspirez-vous à faire de votre vie Ma Dame… ?

J’estimais que la question valait la peine d’être posée, même si j’aurais été bien en peine d’y répondre moi même si elle me la retournait.
La choppe de brune retourna au bord de mes lèvres et après une nouvelle rasade, je repris.


- La seconde, quelle est votre plus grande fierté ?

La fierté… voilà bien quelque chose qui pouvait jouer gros dans l’image qu’on se faisait des chevaliers habituellement si j’en croyais ce qu’on disait. A mettre au même rang que l’honneur.
Mais justement… les gens du Nord avaient la réputation d’être plus Honorable que Chevaleresque, dans le sens ou les chevaliers ne couraient pas les routes dans le Nord.

Entre temps, mes doigts avaient reprit une légère mélodie, beaucoup plus guillerette que la précédente pour accompagner le bruit de la pluie battante et le craquement des buches dans l’âtre et adoucir les échanges.
Ce voyage dans le Nord prenait vraiment une tournure que je n’aurais pas imaginer en décidant de suivre mon Oncle et mon Cousin pour une tache aussi triste qu’une séparation familliale.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 13:10

Sa première question manqua de la faire éclater de rire. Elle se retient cependant, ne souhaitant pas vexer son interlocuteur. Ce qu'il lui demandait lui semblait incongru, mais elle se força à y réfléchir néanmoins sérieusement. Après la chanson que le jeune homme leur avait offerte, il était réellement difficile de lui refuser quelque chose d'aussi anodin qu'une réponse. Les paroles l'avaient touchée, elle et tout les hommes présents. Pareil cadeau méritait récompense, et la satisfaction de sa curiosité paraissait vraiment être la moindre des choses.

Elle resta immobile et muette, le front plissé, pendant quelques instants. En vérité, s'il avait cru poser là quelque interrogation banale, il était tombé très à coté. La jeune femme s'était attendue à des question plus factuelles, du même ordre que celles qu'elle aurait souhaité lui poser. Mais ceci... ceci était inattendu.

Comme le silence s'éternisait, elle finit par se mettre à parler.
« Pour être parfaitement honnête, Ser, j'ai bien du mal à vous répondre. Mes aspirations n'ont jamais vraiment pris une quelconque importance. Je ne suis pas ce qu'on appelle une personne d'ambition. » Elle fixa le feu, rassemblant ses pensées. Hésitant sur la conduite à tenir, elle opta finalement pour la franchise. Autant s'en tenir aux règles du jeu, c'était elle, après tout, qui les avait dictées.  « Lorsque je vivais chez mon père, je n'ai jamais vraiment rien souhaité d'autre que de poursuivre la vie que je menais. Conserver ma liberté, pouvoir aller et venir à ma guise. J'ai tout fait pour qu'on me laisse devenir et rester ce que je voulais être, et il faut bien avouer que j'y suis parvenue. » Dans une société dominée par les hommes, l'évocation de cet état de fait se teintait d'une pointe d'orgueil. Même dans un clan du Nord, gagner sa place, pour une femme, n'était pas une mince affaire. « Je suppose qu'à l'époque, j'aurais pu vous répondre quelque chose comme « Que les choses restent comme elles sont ». Mais ce n'est plus le cas, alors aujourd'hui... Je ne sais pas vraiment ou je vais. »

Tout en parlant, elle refaisait machinalement sa natte, le feu donnant des reflets roux à ses cheveux de feuille morte. Lorsqu'elle eut terminé, elle la refit passer par dessus son épaule d'un vif mouvement de tête. Sans cesser de fixer les flammes, elle reprit d'un ton pensif : « Mais avec les événements récents... les raids Fer-nés, toutes ces attaques... Je crois que ce à quoi j'aspire, c'est d'y faire quelque chose. Me rendre utile, d'une manière ou d'une autre. Les Dieux ne nous font pas prendre l'arc et l'épée pour rester passifs et regarder les nôtres subir ce genre de vexations sans y répondre. » Elle hocha la tête sans y penser, car elle comprit qu'elle venait de mettre le doigt sur le point précis qui l'avait dérangée depuis son arrivée ici, un drôle de malaise qu'elle n'avais pas encore réussi à cerner jusqu'ici. « Oui, je crois qu'on peut dire ça. J'aspire à être utile, à n'être pas devenue ce que je suis pour rien. À servir le Nord, et les Stark, d'une manière ou d'une autre. »

Elle secoua la tête. Ce n'était pas le moment d'être mélancolique, même si l'inactivité dans laquelle elle était maintenue ici commençait réellement à la ronger. Sur les terres du Norroit, elle avait toujours su quoi faire pour ne pas être une simple bouche de plus à nourrir. Les chasses, les patrouilles, les escarmouches contre les sauvageons... elle avait alors un but, protéger et défendre. Ici, elle n'était plus qu'une hôte vivant sur le dos de ses seigneurs, sans avoir pu encore tirer l'épée pour eux. C'était frustrant.

« Et pour ce qui est de votre deuxième question... et bien, je crois, en réalité, y avoir déjà répondu. Être ce que je suis, avoir pu le devenir. Je crois que c'est bien ma plus grande fierté. »

C'était à elle maintenant de poser les questions. Elle avait légèrement hésité, au début, mais puisque le chevalier avait lui-même ouvert les hostilités par des questions indiscrètes...

« J'aimerai que vous m'expliquiez ce que vous venez faire dans le Nord... et pourquoi vous sembliez si déconfit lorsque j'ai deviné que vous êtes chevalier. »
La deuxième question, si elle ne se trompait pas, le ferait probablement tiquer, mais elle s'interrogeait réellement à ce sujet, et puis vu la situation, ce n'était que justice. Elle souhaita simplement qu'il ait oublié la possibilité de ne répondre qu'a une seule.

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Message Dim 17 Juin 2012 - 13:47

Je fus bien forcé de constater qu’elle souffrait légèrement. Sa première réponse mit le jour sur une observation que j’avais faite de sa personne. Que ce soit la rage avec laquelle elle se battait ou l’attitude qu’elle adoptait quand son épée n’était pas au clair, il y avait quelque chose en elle qui brulait de faire ses preuves.
Mais même si elle avait hésité légèrement, elle avait répondu de bon cœur et aux deux questions que j’avais posées. En soit, ça présageait un jeu des plus intéressant !

Je suivais du coin de l’œil ses mouvements. Méditant sur les questions qu’elle pourrait être amenée à me poser.

Quand la première tomba, je fus soulagé, cette question était plus que logique quand on prenait deux minutes pour réfléchir. Je suis un fils de l’Ouest après tout.
Mes doigts n’arrêtèrent pas pour autant de courir sur les cordes tandis que je relevais la tête pour la regarder en lui répondant.


- Nous sommes montés dans le Nord pour une bien triste raison, je le crains.

Une moue navrée me passa sur les lèvres.

- Le Fléau de Printemps à été plutôt ravageur par chez nous. Grand-Duc est la première ville de l’Ouest traversée par la Rufurque, donc nous sommes beaucoup visité et malheureusement, ça a joué sur la propagation de la Maladie. Les gens comme les Notables, tout le monde a dû payer son tribu à cette malédiction. Ainsi en fit mon cousin Owayn. Sa femme et sa fille moururent durant le premier mois de la propagation. Owayn est l’un des meilleurs… enfin, était l’un des meilleurs hommes d’arme de mon oncle.

Je fis un geste vers la porte avec mon menton.

- Le Chevalier que vous avez vu dans la cour tout à l’heure, mon Oncle donc…

Il sourit faiblement avant de reprendre son histoire.

- Mon cousin à perdu la joie de vivre à Grand-Duc après ça. Il était trop vieux pour devenir un chevalier errant, mais pas pour prendre le Noir… il aurait une nouvelle famille, retrouverait une raison de vivre… il a donc fait la demande à mon Seigneur et Père et a prit la route vers le Nord avec mon Oncle et moi même comme garde d’honneur. En redescendant, nous avons bifurqué par Winterfell. Mon oncle avait des choses à voir et des questions à poser aux Seigneurs Stark.

Je laissai quelques secondes de silence avant de lever l’index en l’air pour signifier à ma partenaire que ça faisait une question. J’avais envie de me montrer joueur alors je laissais s’appesantir le silence. Mais quand vint la seconde question, je fus pris à contre-pied. En voilà une question qui était bien trouvée. Relevant mon regard vers elle, je lui fis comprendre d’une œillade que c’était un juste retour des choses après mes propres questions.

- Ce n’est pas le fait d’être reconnu comme un chevalier qui me pose un problème. Si c’était le cas, je ne porterais pas heaume et plate, n’est-ce pas… ce qui me pose problème c’est ce que ça sous entend. Un chevalier est un homme qui a prouvé son honneur et son courage sur le champ de bataille… qui a prouvé que son épée était au service des faibles et des laissés pour comptes. Je n’ai jamais eu l’occasion de réellement prouver que j’étais chevalier. Pas que j’appelle le combat, je sais reconnaître les vertus du calme, mais… je serais fier que l’on m’appelle Ser quand je le mériterai. Mon Oncle est un Ser Chevalier, épée lige de Grand-Duc.

Mes pieds bougèrent légèrement tandis que je me détournais des flammes pour lui faire face.

- Appelez moi Alexander et je vous appellerai Lya, qu’en dites-vous ?

C’était donc à mon tour, n’est-ce pas ?


- Avez-vous voyagé au Sud de Moat-Calin ? Vu d’autres Royaumes…

Mes doigts coulèrent le long des cordes, enchainant des notes qui se lièrent parfaitement avec le bruit des gouts contre le toit et les portes du baraquement.

- Qu’aimez-vous faire quand vous ne portez ni cuir, ni armes ?
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Message Dim 17 Juin 2012 - 21:50

« C'est un choix fort honorable que la Garde de Nuit », convint-elle d'un ton franc avec un hochement de tête grave. Il n'était pas rare que des hommes du Norroit rejoignent la Garde, et ceux qui ne le faisaient pas travaillaient en étroite collaboration avec elle.
Du temps ou ils étaient encore rois du Nord, les Starks avaient pacifié les clans des montagnes, parvenant, grâce à une formidable patience et quelques interventions musclées, à apaiser les rancunes millénaires qui déchiraient Norroits et Wulls, Knotts, Harclays et les autres. Ces guerres incessantes avaient beau remonter, pour la plupart d'entre elles, au vol d'une chèvre par un gamin ou a une bousculade involontaire, des événements dont plus personne ne se souvenait et qui remontait a des dizaines de générations, elles n'en étaient pas moins très solidement ancrées dans les mœurs. Les premières tentatives des Rois du Nord pour imposer la paix s'étaient en vérité soldées par une véritable levée de boucliers, voyant, ironiquement, les clans s'unir pour mettre a bas ces arrogants souverains qui prétendaient abolir « sans raison » des traditions séculaires. Lorsque les forces de Winterfell les eurent défaits, et que les hommes des montagnes vaincus se virent forcés de ployer le genou, l'idée de combattre côte à côte et de ne plus se massacrer mutuellement avait fait son chemin dans la tête de la plupart d'entre eux, et le pari des Starks était gagné. Aujourd'hui, même les plus farouches guerriers des clans admettaient généralement qu'il n'était pas impératif de s’entre-tuer à tout bout de champ, que la paix augmentait les récoltes et qu'elle permettait donc à bien plus de gens de survivre a l'hiver. Et s'il n'était pas exclu, de temps à autre, qu'une rencontre fortuite finisse mal ou qu'une petite bagarre au départ amicale ne dégénère un peu et fasse un ou deux morts, le seul réel ennemi récurrent des Norroit comme des autres était les bandes de sauvageons qui parvenaient à passer le mur à la faveur de la nuit pour piller les terres du sud. Ce qui, incidemment, faisait des hommes de la Garde leurs alliés naturels, des amis de longue date à présent, estimés et admirés.
De tout les clans, celui de Lya était le plus septentrional, et de loin le plus proche de la Garde de Nuit. Un de ses innombrables frères, plusieurs de ses cousins et de nombreuses connaissances avaient rejoint les rangs des Frères Noirs. Elle-même aurait probablement envisagé cette option, si son sexe ne le lui avait pas interdit. C'est donc avec un profond respect qu'elle mentionnait ceux du Mur. « Votre cousin semble être un homme de bien, et ils en auront certainement besoin, la-haut. Je suis navrée pour votre famille, Ser. »
Pour être honnête, le nom de « Fléau de Printemps » ne lui disait pas grand chose, mais elle devina sans peine qu'il devait s'agir d'une épidémie quelconque. Les siens vivaient trop isolés pour être touchés par ce genre catastrophes, les Dieux en soient remerciés, mais cela ne l'empêcha pas de ressentir de la compassion pour le jeune homme.

Sa seconde réponse l'étonna, et elle se surprit à sourire, amusée. « Vous ne vous êtes donc jamais réellement battu ? » Cela se pouvait-il ? Lui qui semblait si sur de lui...

La proposition de l'appeler par son prénom, quant à elle, lui convenait parfaitement, et elle en fut même soulagée. « Lya ira très bien, oui, et pour répondre à vos questions, et bien... Pour être honnête, Winterfell est l'endroit le plus au sud ou j'aie jamais mis les pieds, et je n'y suis que depuis deux semaines. C'est la toute première fois que je quitte les montagnes. » Elle devait paraître bien provinciale, en expliquant cela, mais a quoi bon mentir ? « L'envie de voyager ne m'a jamais encore prise. Je crois que j'aime trop le Nord pour apprécier l'idée d'en être trop longtemps séparée. » Elle toussota légèrement. « Et sans cuir ni armes, et bien j'aime... dormir ? »

Elle décida de ne rien ajouter. Il y avait effectivement peu d'activités qu'elle appréciait et qui ne se déroulaient pas en extérieur.

« Bon, et comme c'est a moi... Décrivez-moi l'Ouest, votre foyer, à quoi ressemble-t-il ? »
Après quelques secondes de réflexion, elle ajouta : « Et ou avez-vous appris les paroles de cette chanson ? »
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Message Lun 18 Juin 2012 - 0:44

Quand elle me donna son avis sur mon oncle, je portais une nouvelle fois ma main vers la coupe à moitié vide et la leva vers elle en signe d’assentiment.

- C’est ce que tous nous disons !

Mes doigts finirent par décoller des cordes dans un dernier accord qui s’éternisa et je posais l’instrument entre mes pieds, bien en sécurité sur l’étui en cuir.
Mes doigts volèrent le long de mon broc pendant que j’écoutais la réponse que Lya me donnait suite à ma première réponse.


Le sujet était discutable… mais ce n’était pas à mon gout. Mais le jeu est le jeu et je ne laissais donc rien paraître de ma gêne. Me contentant de nouveau de lui sourire.

- La seule véritable bataille que j’ai vraiment subit à été la première qui m’a fait couler le sang. Je ne garde qu’un souvenir brumeux de cette escarmouche, mes proches vous en parleraient plus volontiers que moi. La seule chose dont je me souviens est du visage terrifié de mon frère, tirant mon père par l’épaulière de son armure, ce dernier allongé dans la boue et le sang, une flèche planté dans l’estomac et les mains en avant pour se protéger d’un coup d’épée rouillé que levait un brigand vers eux. J’étais écuyer alors, juste ici pour accompagner mes proches et les aider de mon mieux. Tout n’est que brume écarlate, je me souviens juste du visage de cet homme, la lueur d’incompréhension et de colère mêlée tandis qu’il baissait les yeux sur mes mains fermement serré contre la garde de la Lame de mon père. Et c’est le néant par la suite.

Bien qu’elle n’avait aucun lien avec cette histoire, il caressa sans s’en rendre compte la cicatrice qui lui marquait la joue.
Mais ne voulant pas donner une mauvaise note après ma réponse, je ris de bon cœur pour lui signifier que ce n’était qu’un mauvais souvenir maintenant.
Je me serais attendu en la voyant à une femme qui avait couru bien des routes avec ses frères d’armes pour des raisons diverses et variées, mais elle n’avait jamais quitté le Nord donc ?


- Mes yeux me trompent, vous avez une attitude fière et noble que j’avais attribuée à l’expérience des routes et je m’imaginais votre natte volant aux quatre coins de Westeros…

Ma taquinerie fut accompagnée d’un clin d’œil amical. Sa première question me fit soupirer de nostalgie. Pas que le pays me manquait, j’adorais voyager, mais parler de Grand-Duc était un plaisir pour moi à chaque fois renouvelé.

- L’Ouest… imaginez vos plaines sans neige, d’un vert profond et luisant de rosée au matin, des vallées et des collines à perte de vue, des montagnes granuleuses qui piquent le ciel et où des mines s’enfoncent jusque dans les entrailles de notre terre mère… voilà mon pays.

Mon regard se perdit dans le vague quelques secondes.

- Mon Grand-Duc… c’est une fierté pour nous les Garner. Nous sommes une petite maison, nous n’avons pas la beauté du Roc ou les Halls de Castamere mais Grand-Duc est une perle. Imaginez un château aux tuiles d’ardoise d’un bleu sombre comme la mer, fièrement perché sur un promontoire rocheux et qui domine la ville en contre-bas. Nos portes sont toujours ouvertes, le Septuaire étant dans nos murs propres, chaque personne visitant nos murs peux donc y accéder. La Rufurque traverse la ville, de ma fenêtre je vois les maisons sur pilotis et les allées de pierre brute, le quartier du port fluvial et du marché sont en constante ébullition. J’adore m’y perdre et écouter les gens parler, les histoires et les ragots, ces gens ont toujours des choses intéressantes à raconter, j’aime leur contact. Toutes personnes qui emprunte la rivière, que e soit en amont ou en aval passe forcément par chez nous et c’est un festival d’accents et de coutumes, nous ne sommes pas un port, mais c’est tout comme…

Je ris de bon cœur une nouvelle fois, me rendant compte de mon emportement sur le sujet. La dernière question de la belle rajouta une note nouvelle dans notre partition.

- Ce sont des paroles de mon cru… j’avais écris ça il y a des jours et certaines phrases n’étaient pas du tout les mêmes, j’ai composé sur le tas pour ne pas me montrer insultant envers vous et vos frères d’arme, visiblement, ça a plu…

Je me déplaçais de nouveau pour me porter à son niveau.

- A mon tour donc… Vos gens verraient-ils un problème a avoir un invité du sud comme moi entre leurs murs ?

Une ombre de sourire se posa sur mon visage.

- La seconde… votre arme de prédilection ?
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Message Lun 18 Juin 2012 - 21:13

Elle qui avait abattu son premier homme à l'age de quatorze ans peinait à croire le chevalier lorsqu'il disait n'avoir connu qu'une seule fois le combat. Il ne devait pas être beaucoup plus jeune qu'elle... non, décida-t-elle après l'avoir observé tandis qu'il parlait, ils avaient probablement le même age, ou peu s'en fallait. Bien sûr, se morigéna-t-elle, si loin au Sud, les sauvageons ne devaient pas être un problème. Mais tout de même... chez les siens, un enfant ne devenait tout à fait un homme que lorsqu'il avait fait couler le sang. Autre contrée, autres coutumes...

« Nous voila désappointés tout les deux, il semblerait. Je vous prenais pour un grand guerrier, vous me preniez pour une grande voyageuse... Surmonterons-nous ces déceptions ? »

S'il tenait à la taquiner, il allait probablement trouver une assez bonne jouteuse. Elle sourit légèrement tandis qu'il lui parlait de ses terres, sa ville, ses gens... elle peinait à imaginer tout cela, mais la passion qui perçait dans la voix du jeune homme faisait écho à la sienne, tout à l'heure, lorsqu'elle avait évoqué ses montagnes. Difficile de ne pas comprendre l'amour qui unissait le chevalier à sa cité natale qu'il avait pourtant quittée.
*Il pourrait presque me donner envie de voyager *, musa-t-elle quelques instants. Presque. Mais le Nord subissait de durs coups sous les haches des Fer-nés, et ce n'était pas le moment de s'exiler. Et puis elle doutais de pouvoir supporter longtemps pareille séparation. Non qu'elle n'eut été probablement charmée par des plaines d'un vert tendre, des ciels sans nuages et les châteaux aux tuiles d'ardoise, mais elle avait la certitude que quelque chose lui manquerait. Sa patrie était un pays rude, exigeant. La beauté n'y était pas offerte au regard, et pourtant elle existait, cachée, retranchée dans les endroits les plus inattendus en attendant qu'on la découvre. La beauté du Nord vous demandait d'escalader les pics, de remonter les torrents, de s'enfoncer, à la simple lueur d'une torche vacillante, jusque dans les profondeurs des grottes. Elle était la fleur pourpre cernée de rudes épines qui faisait l'emblème de son clan, telle une femme capricieuse, elle se faisait attendre et demandait qu'on la mérite... Et lorsque vous la découvriez, le bonheur de la découvrir en était décuplé.

Mais peut-être voyagerait-elle un jour, néanmoins. Lorsque les choses iraient mieux, pourquoi pas, après tout ? Parcourir le sud quelque temps pourrait être agréable, et les paysages dont parlait le chevalier semblaient valoir le coup d’œil. Elle savait cependant, au plus profond d'elle-même, qu'elle ne pourrait jamais s'éloigner de son pays bien longtemps.

Elle se doutait quelque peu que les paroles du chant étaient de lui, mais n'en fut pas moins admirative lorsqu'il le confirma.
« S'il vous faut faire vos preuves en tant que chevalier, il est certain que vos talents de barde ne sont plus à démontrer. Honorer les morts comme vous le faites ne peut être une offense pour personne. »

Puis elle sourit à nouveau, légèrement.

« Vous y seriez le bienvenu, je crois. Les lois de l'hospitalité son chères aux Dieux, et elles le sont tout autant aux hommes des Clans des Montagnes. Vous ne seriez pas le premier chevalier à vous y arrêter, en fait... et pas le premier non plus, d'ailleurs, à venir dans le Nord pour accompagner un ami jusqu'au Mur. La simple évocation de la Garde de Nuit vous vaudrait probablement un chaleureux accueil. Ses membres sont amis des Norroit depuis des générations. J'ai un oncle des les Frères Noirs, ainsi qu'un frère, et plusieurs cousins. Puisque l'un des vôtres y est également, vous seriez traité en parent. »

L'hospitalité était en effet un maître mot aux yeux du Norroit, et y manquer était un déshonneur. Il était probable qu'ils poussent un peu loin la reconnaissance des liens de parenté, mais elle savait d'expérience que son père verrait les choses de cette façon. Tout les prétextes étaient bon pour partager un peu d'alcool et discuter du vaste monde avec un étranger. Elle se demanda comment les choses évolueraient lorsque Theodan prendrait sa suite. *Pas en bien, probablement.* Elle préféra chasser cette pensée.
« Quant à mon arme de prédilection, ma foi... je me débrouille plus ou moins à l'épée, mais c'est à l'arc que je suis le plus à l'aise. »

Elle inclina la tête.

« Avez-vous encore beaucoup de questions à poser ? Si nous continuons ce jeu encore longtemps, je vais manquer d'imagination., je le crains.»
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Message Lun 18 Juin 2012 - 22:35

Mon sourire refit de nouveau surface tandis que je la fixais. Sa réponse m’avait beaucoup plus. Elle avait l’air des plus joueuses elle aussi.

- Nous parlons de déception quand quelque chose brise nos attentes au point où s’en est douloureux. Mais actuellement, je ne vois que deux visions fantasmées de nos personnes. Qui sait peut être qu’un jour Lya du clan Norroit sera la plus grande Lame de Westeros et que le Chevalier Garner sera un champion de lice reconnu sur tous les continents ?

Accompagnant la boutade d’un nouveau clin d’œil, je me redressais, lui tournant le dos un instant pour ranger soigneusement la Harpe dans son étui en cuir et m’assurer qu’elle était bien à l’abri de tout là-dedans.
Je rattachais mes cheveux, nouant de nouveau mon ruban vert sombre et fit finalement demi-tour pour la regarder de nouveau.


- Sait-on jamais. Mon père m’a bien assez dit que ce « don » pour la musique n’était pas au gout de tout le monde et surtout pas bon à mettre dans les oreilles de tout le monde. Les paroles et les chants peuvent avoir différentes interprétations. Tout dépend qui les écoutes…

Quand elle parla de l’hospitalité de son clan, j’en fus de nouveau enchanté.

- Et bien je prends ça pour une invitation quand les choses se seront calmées dans Westeros. J’irais éprouver vos dires avec plaisir. Je ne manquerais pas de vous rappeler ces paroles. Il en va de même pour moi, si jamais l’envie vous venez de voir du pays, n’oubliez pas de passer par Grand-Duc.

Portant de nouveau la harpe sur mon épaule, je ris de bon cœur quand elle me parla de l’Arc. Mes yeux se posèrent sur ses épaules et descendirent le long de ses bras jusqu’à ses doigts.

- J’aurais put parier un Dragon sur la réponse. J’aurais gagné…

Il était vrai que notre jeu pouvait arriver à devenir gênant si il s’éternisait trop longtemps, je m’avançais donc d’un pas vers elle pour me mettre à son niveau et inclina légèrement la tête dans sa direction en signe d’assentiment.

- Alors nous pourrons remettre la suite de ce petit jeu pour plus tard. Je dois avouer que je comprends votre point de vue, bien que je sois toujours plein de question, petites ou grandes. Je suis atteint par une maladie incurable qu’on appelle Curiosité et la seule façon d’apaiser ses brulures est de poser toutes sortes de questions !

Je fus pris d’hilarité au point de m’attirer des regards curieux de la part de mes compagnons de baraquement.
Mes jambes me guidèrent vers la porte que j’entre-ouvrit légèrement. Quand je me rendis compte que le vent poussait les goutes dans le bon sens et que rester là n’était pas synonyme de mort par noyade, je m’adossais au chambranle pour regarder la cours et les mouvements de l’eau. Le vent soufflait par rafale et faisait danser les goutes avec les forces, mêlant mouvement et accalmie.


- J’ai l’impression de me retrouver sous l’eau et de regarder la mer pousser les vagues quand je contemple ce genre de phénomène…

J’avais dis ça pour moi plus que pour Lya. D’ailleurs, je ne savais même pas si elle m’avait suivi où si elle était restée avec ses hommes.
Il m’arrivait souvent de parler à voix haut dans des moments comme ça. Comme pour marquer ce que je voyais plus efficacement dans ma mémoire.
Je me mis sans même m’en rendre compte à fredonner un air de ma création, mêlant les notes de façon fluide.

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