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Un retour aux sources [PV Even]

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Message Jeu 14 Juin 2012 - 14:46


An 211


D'un pas tranquille, Alundra me menait en direction du château des Wydman, après avoir fait un large détour pour voir à quoi ressemblait la demeure natale de ma mère, dans le seul but de satisfaire ma curiosité. À présent, je devinais qu'il me faudrait bien quatre journées, trois si les conditions s'y prêtaient, pour atteindre Cordial, ma prochaine étape.
Descendre vers la baie des Crabes me forçait à passer par les montagnes, ce qui ne m'arrangeait bien sûr que peu, mais ce n'était pas comme si j'avais le choix, après tout. Talonnant ma monture, je longeai tranquillement la Froideseaux avant d'arriver en vue du Bois aux Serpents. Là encore, les lieux m'étaient inconnus, mais j'avais confiance en ma monture, qui avait le pas sûr et les sens affutés, pour me garder du danger représenté par les animaux du Bois. Quant au reste, eh bien... Je saurais en disposer, je suppose.

La route que je suivais depuis le début de la matinée sinuait et disparaissait sous les frondaisons, se transformant en un sentier forestier presque impossible à distinguer de l'humus, si ce n'est grâce au piétinement de mes prédécesseurs. L'air frais du Val m'avait manqué plus cruellement que je ne l'aurais imaginé, et c'était avec délectation que j'inspirais à pleins poumons, admirant le paysage qui, s'il pouvait sembler répétitif et banal pour un forêt, trouvait grâce à mes yeux. Bien sûr, j'étais convaincu que, comparée aux plaines du Bief que je me devrais de visiter un jour, ce lieu ne les valaient ni en magnificence ni en fertilité. Néanmoins, l’allure tranquille de mon destrier me berçait presque, maintenant que je m’étais habitué aux longues randonnées équestres. Me faire cette réflexion me ramena au jour où, pour la première fois, j’avais pris la route aux côtés de Ser Bris. A cette époque, je n’avais que peu l’habitude de monter à cheval, et le trajet jusqu’à la demeure des Wydman m’avait semblé durer une éternité. Je me souvenais nettement qu’à l’arrivée, le moindre de mes muscles me faisait souffrir un véritable martyre, et j’avais songé ce jour là que jamais plus je ne ferais une telle chose.

Bien entendu, le futur m’avait donné tort, mais les douleurs dans le dos et les cuisses avaient fini par disparaitre pour la plupart. Et j’avais appris à m’accommoder de celles qui persistaient à me tirailler, parvenant même de temps à autre à trouver quelque plaisir dans ces brûlures musculaires. Mon étalon avait lui aussi développé une musculature sèche et une bonne endurance au cours des quatre années que nous avions passées à chevaucher ensemble dans l’est des Sept Couronnes. En effet, bien que ma fonction de chevalier errant m’ait permis de quitter la demeure familiale et, de façon plus générale, le Val, me laissant libre d’aller à ma guise dans le royaume, je n’avais pour une quelconque raison pas encore visité d’autres contrées que les Terres de la Couronne et le Conflans –en plus de mon bien-aimé Val, naturellement, en dehors des tournois.

La nuit tombante ne tarda pas à me surprendre ; le temps avait passé si vite que je n’avais pensé à chercher un lieu où dormir. Apercevant une structure un peu plus loin, je décidai de prendre le risque de dévier de ma route initiale. Poussant mon cheval au travers des fourrés, il partit au petit galop dans la verdure, jusqu’à ce que nous parvenions au lieu que j’avais repéré. C’était un petit château, et je n’avais pas la moindre idée de la maison à qui il appartenait. Il faut dire aussi que, du temps de mon éducation, la géographie des Sept Couronnes n’avait jamais été mon fort –et de loin. Le septon chargé de me l’apprendre ainsi que mon cher cousin pouvaient en témoigner. Mon cousin… J’eus un vague sourire en repensant à lui. Cela faisait bien longtemps que nous ne nous étions pas revus. Depuis que ser Bris m’avait pris comme écuyer, en fait. Ou à peu près, en tous cas. Car depuis, nous ne nous étions jamais croisés au hasard de nos pérégrinations. Que je sois devenu un errant n’aidait bien sûr en rien… Toujours est-il que j’aurais plaisir à le revoir si, par hasard, il se trouvait à Combemèche. Je savais qu’il était devenu chevalier –et c’était en fait à ce moment que je l’avais vu pour la dernière fois, à son adoubement bien sûr-, mais ignorais s’il était ou non demeuré « chez nous », pour ainsi dire.

M’ébrouant façon chien mouillé, je relevais le nez sur les murs de la cité qui se trouvait juste sous mon nez. Par principe, je mis pied à terre avant d’entrer, songeant que prendre de haut les habitants ne me mènerait à rien de bon. La pauvre réputation dont étaient affublés les miens m’avait appris de nombreuses choses, à commencer par l’humilité. Car bien que j’aie, pour ma part, fait le choix de vivre cette vie, dans la pensée collective il s’agissait plus d’une condition subie qu’autre chose, c’était bien connu. Au début, les regards de biais que je recevais à la mention de ma fonction m’attristaient, puis j’avais compris comment les ignorés et enfin, appris à les percevoir à leur juste valeur et à en tirer des enseignements.

La première personne que je croisai dans le village m’assena un regard noir, et je le saluai poliment. Il me considéra longuement d’un air quelque peu surpris, avant de s’adresser à moi dans un ouestrien correct mais quelque peu… haché.


Que m’voulez, messer ?

Je dus marquer un bref temps d’hésitation afin de formuler ma réponse, ce qui m’arrivait malheureusement –trop- souvent. Il sembla le constater et n’apprécia visiblement pas, car il expectora tout ce qu’il savait à mes pieds. Levant un sourcil perplexe, je constatai qu’il portait un tablier de cuir, et un lourd marteau pendait au bout de son bras.

Je me demandais seulement quel était ce bourg, forgeron.

Un autre aurait pu se formaliser de l’appellation, mais visiblement pas mon homme, qui me renvoya un immense sourire dévoilant l’intégralité de sa dentition plus qu’hasardeuse. Pour ne pas le froisser, je lui souris en retour, et il me tendit la main. Je la serrai avec force, tandis qu’il répondait, enthousiaste :

Cte bourg, comme vous dites messer, c’est Bois-Combe.
Le… la forteresse des Lynderly ?
Exa’tement, messer. Des Lynderly, comme vous dites.

Je lâchai encore un petit « Ah, d’accord… » afin de signaler à l’artisan que je l’avais entendu. Qu’il me dise cela me confirmait que j’avais dévié de ma route, mais bien plus que je ne l’aurais imaginé. Cela me rendait certes perplexe, mais ne m’étonnait toutefois pas outre-mesure. Seulement, il me fallait encore justifier de ma présence ici, puis trouver un lieu où dormir, et définir un nouvel itinéraire à suivre dès demain… Mon interlocuteur sembla percevoir mon trouble, car il commença à gratter frénétiquement son crâne chauve, qui compensait remarquablement sa barbe bien fournie.

Z’avez l’air ennuyé, messer.
De fait, avouai-je piteusement, il semblerait que je me sois égaré.
Malin comme v’s êtes, messer, ça sans doute le destin qui v’s a mené ici.

A nouveau, je haussai un sourcil curieux. Outre le fait que je ne croies pas en un destin en tant que force supérieure face à laquelle nous serions impuissante, la remarque avait réussi à m’intriguer. Pourquoi, après tout, aurait-on voulu que j’atterrisse ici ? Bah, peu importe après tout. J’eus un haussement d’épaules, accompagné d’un fin sourire. Il leva le nez, fixant un point quelque part au dessus de mon épaule gauche. Me retournant à moitié pour suivre son regard, j’aperçois l’ombre d’une tour.

V’s allez vouloir dormir ch’les Lynderly, j’suppose ?

Après un bref moment de réflexion, je fis « non » de la tête. Je n’avais ni l’envie ni l’énergie de négocier un lit auprès des maîtres des lieux, et me contenterait aisément d’une modeste paillasse. Après tout, j’avais déjà survécu à bien pire.

C’est ainsi que, le lendemain, je repris la route, reposé mais fourbu, pour Cordial. Aucun évènement notoire ne se produisit sur le chemin, et je ne croisais presque personne, sinon un ermite et un jeune couple à la recherche d’intimité aux abords de la ville. De là, je pus rejoindre un groupe de pèlerins qui se rendaient également chez les Wydman, et les accompagnais à travers la montagne en les régalant, le soir autour du feu, de divers faits d'armes qu'il m'avait été donné de voir durant mes voyages.

Ser Bris étant absent, je repartis directement pour Combemèche, accompagné de quelques uns de mes compagnons de route. J'eus quelques discussions plus philosophiques avec septons et mestres, et la demeure familiale me vit ainsi arriver dans un état de fatigue mentale avancé, pour ne pas parler des courbatures. Mais le soir tombant nous força à faire halte dans une auberge; lorsque je démontai dans l'arrière cour de celle-ci, j'avais le sentiment que mon épée cognait méchamment contre mes genoux, ce qui était diablement inconfortable. Aussi, je pris la décision de remettre à plus tard les réflexions portant sur mon entrevue inévitable avec Père lorsque je parviendrais à Combemèche, et allais m'isoler dans un coin dans l'idée, peut-être pas de m'entraîner, mais plutôt de me délasser après cette longue chevauchée.

Je tirai ma lame dans un chuintement mélodieux. Il n'y avait à ce moment précis rien d'autre que mon épée et moi; j'avais l'impression d'être entré en transe. Cela faisait bien longtemps que cette sensation ne m'avait pas habité, et je ressentis une joie intense à l'idée de la retrouver enfin. Lançant mon bras d'arme sur les côtés, je réalisai quelques fouettements, afin de "tout remettre en place", comme aurait dit Ser Bris. Je pivotai, saisissant mon épée à deux mains, et assénai quelques coups à un rondin innocent, qui me défoulèrent juste ce qu'il fallait. Sentant la soif du combat s'écouler dans mes veines, je pris une profonde inspiration afin de la refouler, et rengainai. La scène avait à peine duré quelques minutes; cependant, en me retournant, je vis une silhouette familière qui se dressait à quelques pas seulement. Brune, échevelée, et d'à peu près ma taille. Surpris, je fis un pas en arrière. Un bref instant, le trouble s’empara de moi : il me semblait avoir déjà vu cet homme. Alors que je commençais à deviner la cause de mon désarroi, je ne pus retenir un fin sourire, et les mots m’échappaient ou mouraient dans ma gorge tandis que je tentais de demander:


Allons… se pourrait-il… ?
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Even Corbray
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Courage et honneur.



Chevalier du Val.

♦ Missives : 628
♦ Missives Aventure : 84
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 24/07/1991
♦ Arrivée à Westeros : 01/05/2012
♦ Célébrité : Eric Bana
♦ Copyright : Izhelinde
♦ Doublons : Corwin Rogers, Morgan Kenning, Kealan du Rouvre
♦ Age du Personnage : 30 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Lieu : Cordial, Val d'Arryn
♦ Liens Utiles :
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Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
251/500  (251/500)


Message Jeu 5 Juil 2012 - 17:22

Cela faisait un an qu'Even était revenu de Dorne pour vivre à nouveau chez lui, dans le Val. Il n'avait finalement pas mis tellement de temps à reprendre un rythme de vie normal et à s'acclimater à ce cadre familier qu'il avait délaissé durant dix longues années. Quand il était rentré, cela lui avait fait un bien fou de retrouver son environnement, sa famille, toutes ces choses qu'il avait laissées derrière lui. Les présents qu'il avait apportés avaient fait grand plaisir aux siens, mais pas autant que le simple fait de le revoir. Reprendre de temps à autres des parties de chasse dans les bois, ou de pêche avec son frère, même si ces moments étaient plus rares que dans son enfance ou sa jeunesse, lui procurait un bien-être oublié. Néanmoins, il s'était rapidement rendu compte que des choses qu'il avait connues à Dorne lui manquaient. Iafarr surtout, sa compagnie bourrue mais franche et agréable... Cependant, il s'était fait une raison : il était Valois, et il ne s'était jamais pris pour quelque chose d'autre. Le temps passant, sa nostalgie du pays des dunes s'était simplement changée en un désir d'y retourner un jour.

Ce jour-là, il rentrait vers Cordial en compagnie de son frère aîné, Glenn, et de quelques hommes d'armes, après avoir rendu une visite aux Grafton de Goëville. Un fils cadet du lord en titre était devenu écuyer de Glenn un peu plus d'un an auparavant, et le père des deux hommes avait jugé utile de les envoyer y faire une petite visite de courtoisie. Le gamin, un gentil garçon qui rentrerait d'ici quelques temps dans l'adolescence, s'était montré ravi de revoir sa famille et un paysage familier. Cette visite avait également ravi sa mère, et entretenait de bonnes relations entre les deux familles.
Pour sa part, Even avait décidé d'accompagner son frère afin de ne pas rester enfermé, mais aussi parce qu'il aimait arpenter les routes, à plus forte raison en compagnie de Glenn. Ils avaient toujours été extrêmement proches, et les dix longues années durant lesquelles il ne l'avait pratiquement pas vu n'avaient pas été simples. Depuis leur enfance, ils avaient été des confidents, l'ombre l'un de l'autre, et c'était d'une certaine manière un moyen de rattraper le temps perdu.

Tandis qu'ils chevauchaient, la nuit ne tarderait pas à se faire, le ciel s'obscurcissant. Ils étaient une petite douzaine de cavaliers, les deux Corbray et l'écuyer de l'aîné compris, et bivouaquer ne serait sans doute pas agréable. Ils optèrent donc pour la solution de faire halte dans une auberge pour y passer la nuit. Tout en chevauchant en tête à côté de Glenn, Even se laissait porter par les pas de sa monture. L'étalon à la robe de sable avait une démarche souple et confortable, ce qui incitait presque à somnoler. Il écoutait d'une oreille peu attentive les bavardages du jeune Grafton, qui ne cessait de questionner son maître ou de commenter avec enthousiasme des choses qu'il voyait ou qu'il avait vécues. Le Valois s'éveilla un peu plus sur sa selle quand il vit devant lui surgir une auberge, au coin de la route. Il n'y avait pas prêté attention auparavant, mais son estomac réclamait un bon repas. Le vent tourna, leur apportant justement d'agréables effluves sans doute en provenance des cuisines, et ils entendirent également des voix. Le bâtiment avait l'air convenable, en pierres et en bois, pourvu d'un étage. Certaines fenêtres étaient déjà éclairées dans le crépuscule. Le chevalier se tourna vers son frère.

« Faisons-nous halte ici ?

- Ma foi, l'endroit a l'air convenable, je ne vois pas ce qui s'y opposerait. De toute façon, mieux vaut éviter de trop pousser en avant, la nuit tombe.

Glenn fit tourner la tête de son cheval vers la bâtisse pour lui en faire prendre la direction, et tous les autres cavaliers suivirent. Ils parvinrent dans une cour pavée bien entretenue, aussi propre qu'on pouvait l'espérer, et des écuries s'alignaient tout autour, non loin de l'auberge proprement dite. Les sabots ferrés de leurs montures produisirent un concert de claquements lorsqu'ils y entrèrent, rameutant des garçons d'écurie qui s'approchèrent pour prendre les chevaux en charge. Les cavaliers démontèrent pour les laisser faire leur office, et l'aîné des Corbray prit la tête des opérations en entraînant son monde vers la salle commune qui promettait chaleur, convivialité et bon repas, à ce qu'ils pouvaient en deviner.
Even resta en arrière un moment, pas pressé de se rendre dans la touffeur de l'auberge malgré son estomac qui grognait. Il préféra d'abord s'assurer qu'on prenait soin de leurs montures. Il se dirigea donc vers les écuries pour voir ce qu'il en était, ayant pour habitude de s'enquérir du bien-être de son cheval avant de penser à son confort personnel, mais une silhouette dans la cour attira son regard. C'était un homme seul, occupé à ferrailler contre un ennemi invisible, mais malgré l'obscurité qui rendait la vision difficile à mesure qu'elle s'épaississait, le chevalier crut le reconnaître. Pour en avoir le cœur net, il se dirigea vers lui, remettant son inspection des écuries à plus tard. En s'approchant, il eut un sourire, reconnaissant là un chevalier errant qu'il connaissait depuis longtemps, plus précisément depuis son enfance, et qu'il n'avait pas vu depuis des années.


- Ervin ! Je ne pensais pas te voir là. Qu'est-ce qui t'amène ?

Il échangea une poignée de main virile et amicale avec sa vieille connaissance. Il s'était attendu à tout, sauf à le revoir ce soir-là. Il ne l'avait pas vu depuis le tournoi de Cendregué de 209, car leurs routes ne s'étaient plus croisées depuis lors. C'était déjà complexe durant les années de séjour à Dorne du jeune homme, et cela n'avait pas beaucoup changé lorsqu'il était revenu chez lui l'année précédente. Le Val avait beau ne pas être la plus grande des Sept Couronnes, il n'était pourtant pas aisé d'y croiser des gens comme on le faisait au marché. Chercher un chevalier errant par les monts, les vallées et les forêts, c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Cela doit bien faire deux ans... Depuis Cendregué, si je ne m'abuse ? »


Spoiler:
 

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