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La vie sans ami et amour est pire que la mort [Maura & Tybolt]

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Message Ven 8 Juin 2012 - 19:21



La vie sans ami et amour est pire que la mort

Un soleil rouge plongeait dans la mer et Fedric, qui n'avait pas quitté l'horizon de vue durant tout l'après-midi, était aux premières loges pour assister à ce flamboyant spectacle. Assis dans l'herbe, entre la tombe de son père et celle de son frère, le seigneur se demandait comment une chose aussi belle que l'eau s'étendant à perte de vue au crépuscule pouvait être source d'autant de malheur. Aucune boutre fer-née n'était venue aujourd'hui. Son épée, Corne-de-boeuf, était restée au fourreau et même si cela voulait dire que ses ennemis étaient restés loin des cotes, il n'aimait pas ça. Il avait besoin de têtes pour sa palissade. En se relevant, il jeta un oeil en contrebas pour apercevoir les piques sur lesquelles étaient empalées des visages fer-nés, à présent déformés par la pourriture. Une menace pour tous ceux qui auraient envie de poser le pied sur son fief. Une promesse aussi.
Le seigneur longea le mur d'enceinte de sa forteresse pour retourner du coté de la grande porte. Quand il pénétra dans sa cour, il marqua une pause en entendant un des gardes siffler inconsciemment un air qu'il connaissait bien. C'était une complainte très douce, appelée Les larmes de Feux-de-Joie, que l'on pouvait entendre dans les tavernes de l'Ouest à la fin des soirées. Elle rappelait à ceux qui avaient bien ri et bu que sur la côte, un seigneur avait perdu femme et famille. Le garde sursauta en s'apercevant que Fedric le regardait et arrêta de siffler avant de partir dans une quinte de toux. Le jeune homme poursuivit son chemin. Au beau milieu de la cour trônait une statue de pierre représentant une très belle femme, les mains écartées et le visage tourné vers le ciel. La dépouille de feue Alivianne Prestre dormait pour l'éternité en dessous des dalles. Son époux ne la regarda pas. Certains jours, c'était trop difficile.
Demain serait moins pénible.
En effet, le seigneur devait se rendre à Castral Roc où il était attendu par son Suzerain. Son meilleur ami. Son frère. Tybolt ayant du se déplacer dans le Bief, il y avait quelques temps que les deux jeunes hommes ne s'étaient pas vus. Ils avaient pour ainsi dire grandi ensemble et leurs vies avaient été tragiquement frappé par des malheurs semblables, comme le décès de leurs pères respectifs durant le Fléau de Printemps. Fedric détestait que Tybolt soit loin de lui. Le Lannister était la seule personne capable d'ordonner à son tempérament brûlant et de l'empêcher de se lancer dans des croisades irréfléchies, motivées par la seule soif de vengeance et de sang. Le jeune homme balafré lui obéissait toujours, au nom de leur amitié plus qu'au nom de l'allégeance qu'il lui avait prêté en tant que seigneur de l'Ouest.


Le lendemain, Fedric se leva deux heures avant l'aube. Voyant débarquant ce géant de muscles et de cicatrices, les rares serviteurs s'empressèrent de lancer la préparation du petit-déjeuner. Leur maître était encore plus en avance que d'habitude. Fidèle à lui-même, le seigneur alla se poster près d'une fenêtre pour fixer son regard soucieux sur le large qu'il ne distinguait que très faiblement à cause du manque de luminosité. Des bougies furent allumées partout dans la salle à manger. On lui amena bientôt une gamelle de fer pleine d'une sorte de bouillie d'oeufs et de haricots, ainsi qu'une grosse cuisse de sanglier. Nul besoin de nappes, de chaise ou d'ustensiles quelconques. Il mangeait le tout debout et avec les doigts, comme le faisaient ses hommes d'armes pendant leurs gardes. Depuis la perte de son frère et de son épouse l'année dernière, Fedric avait fait fi du confort et des manières de cour. Dans un jour de colère, il avait éventré tous les oreillers, fait brûler les tentures et saccager la moitié du mobilier du château. Personne n'avait osé intervenir – chacun craignant pour sa vie – et il ne s'était arrêté que lorsque ses forces pourtant surhumaines l'avaient abandonné. Il avait passé la journée à dormir sur le sol, au beau milieu de son carnage, et en se réveillant le lendemain, il avait renvoyé toutes les femmes travaillant à la forteresse. Bien sûr, il ne les avait pas mises à la rue, il s'était assuré que chacune ait trouvé un travail à l'intérieur des terres, loin des menaces fer-nées.

Lorsqu'il eut fini de manger, il abandonna sa gamelle sur une table autour de laquelle il ne s'était pas assis depuis des lustres et essaya son visage et ses doigts dans un tissu posé là par un serviteur. En passant ses mains sur ses joues, il se rendit compte qu'il n'avait pas fait venir le barbier depuis longtemps et il hésita. Tybolt s'en moquerait certainement comme d'une guigne s'il allait le voir avec une tête farouche mais il s'en serait voulu de ne pas pas faire bonne figure (et c'était le cas de le dire) devant sa Suzeraine, la superbe Maura Lannister. De sa voix rauque et forte, il envoya donc chercher le barbier du village. L'homme arriva une dizaine de minutes plus tard, en courant comme si sa vie en dépendait. C'était une chose étrange de voir comme tout le monde craignait Fedric alors que jamais il ne s'était montré injustement dur. Quand il criait, c'était d'énervement contre ses ennemis. Il n'avait jamais menacé un de ses gens de mort. Lorsque Alberic et Alivianne étaient en vie, c'était un homme jovial qui impressionnait déjà par sa forte stature. Aujourd'hui, on se faisait petit sur son passage, juste parce que ses lèvres ne souriaient plus et que son regard était éteint. Même ses chevaliers et les hommes de sa garde n'osaient plus lui lancer de plaisanteries auxquelles il aurait répondu en riant autrefois. Tout le monde marchait sur des oeufs.

Quand son visage fut bien rasé de près et ses cheveux eurent subi quasiment le même sort, Fedric descendit les escaliers pour traverser la cour intérieure en direction des écuries. Il montait un immense percheron gris baptisé de Merlys. Lui seul pouvait supporter de manière durable le poids du plus grand seigneur de Westeros. Ajoutés à sa taille impressionnante ses muscles saillants et la cote de maille qu'il ne quittait jamais, ce n'était pas une mince affaire de le traîner sur le continent lors de ses rares voyages. Heureusement pour cette fois-ci, Castral Roc était tout près. Le jeune homme flattait l'encolure de l'animal qu'il aimait bien au moment où ses quatre chiens de chasse débarquèrent dans le bâtiment, semant des hennissements sur leur passage. Fedric émit un rapide sifflement et les épagneuls s'assirent dans la paille là où ils se trouvaient. Les chevaux s'apaisèrent doucement. Pendant que le seigneur harnachait consciencieusement sa monture qui ne bronchait pas d'un sabot, les canidés poussaient de discrets petits gémissements pour attirer l'attention de leur maître et réclamer le regain de leur liberté de mouvements. Ils ne bougeraient pas tant que celui-ci ne leur aurait pas donner la permission. Lord Prestre serra raisonnablement la sangle de la selle avant d'attraper les brides, d'ouvrir la stalle et guider le percheron hors des écuries. Quand il fut dans la cour, il siffla de nouveau et les quatre chiens déboulèrent comme des missiles. Merlys, qui avait l'habitude de les voir lui sauter après, resta indifférent à toute cette agitation joyeuse.
Un serviteur accourut pour charger les sacoches du seigneur d'une grande outre d'eau fraîche et de quelques miches de pain au moment où deux chevaliers, Ser Gawain et Ser Malkior, passèrent les grandes portes. Voyant Fedric sur le départ, ils le saluèrent et le premier demanda tout de go s'ils pouvaient venir avec lui. Son camarade lui fourra instantanément un bon coup de coude dans le ventre en lui faisant les gros yeux. Gawain avait toujours fait preuve de beaucoup de libertés avec le dernier Prestre. Il devait être le seul homme à son service qui ne le craignait pas et essayait toujours de s'incruster auprès de lui pour tenter de le dérider. A la grande surprise de Malkior, Fedric accepta leur compagnie pendant le voyage, à la condition bien sûr que Gawain garde la bouche fermée. Ce dernier assura que oui mais ils avaient à peine fait cent mètres qu'il commença à monologuer sur différents sujets, passant de l'un à l'autre comme s'ils étaient liés. Quand il amorça une série de compliments sur Lady Maura, Fedric passa à coté de lui pour lui donner une tape derrière la tête et Malkior maugréa le fameux « La ferme, Gawain », formule célèbre même au delà de Feux-de-Joie et utilisée par toute personne ayant un jour croisé la route du chevalier trop bavard.

Le petit convoi longea la côte, précédé des quatre chiens de chasse tout heureux de partir en promenade. En les voyant courir après les animaux sauvages qui détalaient sur leur passage, Fedric dut les rappeler plusieurs fois. Il n'était pas temps de chasser. Ils auraient bonne mine à arriver au Roc avec du gibier plein les mains.
Lorsque le gros caillou fut en vue, de nombreuses heures s'étaient écoulées. La forteresse des lions, à moitié troglodyte, était une véritable merveille à contempler sous les rayons du soleil. Réputée aussi imprenable que celle de Feux-de-Joie à cause de sa position sur la mer, elle dégageait une impression de puissante sereine. Encore quelques kilomètres et les trois hommes en atteignirent les portes. Les gardes n'eurent nul besoin de demander l'identité du visiteur. Ils avaient sans peine reconnu le colosse qui venait d'arriver et la cicatrice profonde qui marquerait à jamais son front. Ils hochèrent légèrement la tête, s'acquittant d'un « mon seigneur » respectueux et presque craintif. Fedric mit pieds à terre et tendit les rennes de sa monture à Malkior qui venait de le rejoindre sur la terre ferme. Gawain saluait déjà un garde qu'il avait reconnu et commençait à engager la conversation alors que son collègue chevalier levait les yeux au ciel.

Quelques minutes plus tard, Fedric attendait ses hôtes dans le Jardin de Pierres. Il aimait cet endroit qui n'avait rien à envier aux Bois Sacrés de Winterfell ou de Port-Réal qu'il avait déjà vus. En écoutant le chant joyeux des oiseaux, il se demanda vaguement s'il aurait la chance de voir Tybolt seul dans un premier temps ou si la douce Maura l'accompagnerait. Il avait toujours l'impression de commettre une faute en donnant l'accolade à son ami lorsque l'Arryn pouvait le voir. Le temps lui avait appris à apprécier cette femme. Il ne connaissait pas bien ses qualités personnelles mais le simple fait qu'il ait pu constater l'affection brûlante que lui portait Tybolt l'avait convaincu de sa valeur. Il avait toujours eu foi en le jugement du Lannister. Il s'était avéré plusieurs fois être un excellent juge en matière d'êtres humains.
En voyant arriver le couple de seigneurs et maîtres des lieux, Fedric eut un petit pincement au coeur. Les voir ensemble lui rappelait qu'il avait été marié autrefois et, même si la blonde Alivianne n'avait rien de commun avec la brune Maura, cette présence féminine ravivait des souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Il esquissa un léger sourire à l'intention de Tybolt. Manifester sa joie lui était devenu difficile depuis le jour du drame. Pourtant il ne s'était jamais senti plus soulagé que lorsqu'il retrouvait son suzerain et frère, car le lion avait cette faculté inexplicable et unique de tempérer la colère qui l'habitait.
Le Bœuf Écarlate s'inclina respectueusement devant la Dame du Roc, main droite sur son cœur. Il baiserait sa main avec toute la douceur dont son corps gigantesque était capable si elle la lui tendait. En attendant, même plié ainsi il était plus grand que les deux Lannister. Quand il se redressa, il hésita à faire un pas en avant pour donner l'accolade à son ami, comme il le faisait lorsqu'il le rencontrait seul. Gauche, il n'en fit finalement rien, toujours trop impressionné par la présence de la superbe femme aux yeux clairs et perçants.

_ J'espère que vous avez fait bon voyage, leur dit-il de sa voix rauque.




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Message Dim 10 Juin 2012 - 10:31

Le voyage du retour vers les Terres de l'Ouest fut une toute autre affaire que celui menant le clan Lannister du Roc à Hautjardin. Ils revenaient un de moins et bien que cela fut prévu depuis de nombreux mois déjà, Tybolt avait toujours gardé secrètement l'espoir que cette union ne se fit jamais et qu'il puisse garder la plus jeune des lionnes auprès de lui. Certes la jeune femme avait ses défauts et bien souvent Tybolt lui même ne cessait de s'en plaindre mais cela faisait partie de sa vie, être ennuyé par les caprices de Aliénor... Ne jamais savoir ce qu'elle pourrait lui réserver. Entouré du reste de son clan, mais aussi de leurs invités, les Lord Arryn et Tully, ainsi que de la plus petite des Arryn, le jeune seigneur de l'Ouest n'en avait pas moins longtemps chevauché en silence. Laissant Antares suivre la route sans même faire attention à l'agitation autour de lui. Le mouvement régulier des pas du destrier de guerre avait ce pouvoir de lui permettre de ne plus avoir à se préoccuper du monde extérieur et pouvoir ainsi se laisser aller à une introspection complète. Si le moindre problème survenait, la Garde du Lion et l'étalon lui même le lui feraient ressentir bien assez vivement. Avait-il seulement chérit ces derniers moment où Aliénor était encore une Lannister à part entière, ou simplement s'était-il uniquement concentré sur sa triple alliance et les impératifs qu'elle impliquait ? Avait-il à ce point changé qu'il était passé du jeune garçon jouant les chevaliers servants et chassant les monstres qui hantaient les cauchemars de sa petite sœur, au Lord suzerain insensible capable de vendre la fille de son père pour s'offrir l'occasion de fonder une alliance comme jamais le royaume n'en avait vu... S'il n'y avait eut les intermèdes à son désœuvrement, les moments où il pouvait rejoindre Maura à bord de sa litière pour converser avec elle entre autres choses, Tybolt n'aurait certainement gardé aucun souvenir de ce voyage de retour où il fut certainement le pire des compagnons de route, ne sortant de son mutisme que pour rejoindre son épouse ou donner ses consignes aux hommes d'avant et d'arrière garde.

Les quelques jours suivants leur retour au sein de la citadelle troglodyte furent passés comme un souffle entre les préparatifs pour le procès de Lord Kaeril et les visites régulières de mestre Vyman afin de s'assurer de l'état d'avancement de la grossesse de Maura ainsi que de la bonne santé de la future mère et de son enfant à naitre. Tôt chaque matin et de manière systématique cependant, Tybolt parvenait à se réserver des moments de solitude dans la crypte familiale. Il y avait souvent pensé depuis l'attaque de Port-Lannis et les choix qu'il dut y faire, mais ce n'est qu'après avoir pour ainsi dire perdu Aliénor qu'il mit ses pensées à exécution. Il passait alors une ou deux heures à regarder la statue de son père ainsi que des autres seigneurs l'ayant précédé. Ce temps était mis à profit pour réfléchir à son rôle de seigneur, de protecteur de l'Ouest ainsi qu'aux sacrifices et aux choix que cela impliquait. Mais plus encore désormais il pensait à son rôle d'époux ainsi que le plus important qu'il aurait certainement jamais à tenir, celui de père... Cette perspective bien qu'elle enchanta le jeune Lion au plus profond de son cœur ne l'en effrayé pas moins. Conscient des erreurs commises par son propre père, Tybolt craignait de répéter les même schémas, voir de faire bien pire que son père l'avait fait. Ses réflexions finissaient toujours par le même arguments auquel il ne savait trouver de parade, "Maura sera là pour m'aider et me guider", mais bien qu'il l'aime comme il n'avait jamais aimé qui que ce soit auparavant, Maura n'en demeurait pas moins aussi jeune et inexpérimentée que lui même. "Oui mais elle a assumé la régence du Val des années avant que tu ne deviennes Lord et elle a formé son frère pour ce rôle entre autres choses..." cette simple pensée le faisait bien souvent sourire, en effet son épouse bien que plus jeune que lui avait une expérience assumée autrement plus importante que la sienne dans la gestion et l'éducation des enfants.

Ce matin là ne fut donc pas différent des autres et après s'être éveillé aux premières lueurs de l'aube, Tybolt passa quelques minutes à observer sa douce dormir à ses cotés. Le souffle régulier de la jeune femme savait l'apaiser et lui apporter la sérénité dont il avait besoin chaque matin pour affronter ses obligations de protecteur d'un fief en guerre et en proie à une famine à venir toute aussi certaine que l'hiver. Bien sur il avait plusieurs solutions pour éviter ce drame annoncé, et il savait Gerold tout aussi actif sur le sujet du ravitaillement de Port-Lannis en vivres mais il n'en demeurait pas moins que rien n'était encore en place. Sortant du lit avec une attention particulière pour ne pas réveiller son épouse, le jeune Lion procéda à ses ablutions dans le silence le plus total. Ces dernières effectuées, il prit le temps de revenir vers le lit pour déposer un baiser sur le front de Maura. Ce geste de tendresse était tout à la fois une marque d'affection envers la jeune femme qu'une manière d'emporter avec lui et pour les heures à venir un peu de cette paix de l'esprit qu'il ne ressentait qu'en sa compagnie. Il emprunta alors les couloirs secrets pour rejoindre la crypte où pour la première fois véritablement il s'adressa directement à son père. Tout ce temps n'avait servit au final qu'à préparer cet entretien à sens unique. Assis sur une excroissance rocheuse en face de la statue du Lion Gris, Tybolt prit tout d'abord le temps de réfléchir à ce qu'il allait dire, ne sachant comment débuter. C'est un rire las qui franchit finalement ses lèvres pour briser le silence du lieu.
Tu dois te dire qu'il était temps... C'est vrai ça fait bientôt une semaine que je viens chaque jour sans même t'adresser la moindre parole. Il sourit tristement avant de détourner le regard pour rependre contenance.

Tu m'as bien eut tu sais... tout semblait si facile quand je te regardais gouverner depuis ton Haut-Siège. Mais ce ne l'est pas. Tybolt se pinça alors l'arrête du nez avant de se frotter les yeux qui commençaient à brûler sans qu'il ne se l'avoue véritablement. Il prit une nouvelle fois le temps de se calmer et respirer. J'ai ordonné la mort d'hommes de l'Ouest... je les ai fais brûler vif pour ne pas que la ville soit prise. Des hommes qui avaient simplement eut le courage de se battre pour les leurs, je n'ai pas hésité à ordonner qu'on les fasse brûler, prisonnier de leurs navires. Tybolt s'était levé sans même s'en rendre compte, il marchait en parlant, comme animé par toutes ces choses qu'il avait voulu dire au Lion Gris et qui ne sortaient qu'aujourd'hui alors même que cela ne servait plus à rien. Rien de tout cela n'est facile et contrairement à ce que tu m'as enseigné ce n'est pas inscrit dans mon sang ! Il finit par revenir s’assoir face à la statue. La colère qu'il avait ressentit était redescendu aussi vite qu'elle était montée. Un sourire sincère et presque gai vînt sur ses lèvres. J'ai prit une épouse... Je ne sais pas si tu avais pensé à elle à l'époque mais il s'agit de la fille du vieux Lord Arryn. Elle s'appelle Maura et elle me complète comme mère le faisait pour toi. Peut être même plus je ne saurai dire, en tout les cas c'est une femme magnifique, intelligente et tellement plus forte que moi. Je suis certain que tu l'aurais apprécié à sa juste valeur. Il releva les yeux, toujours souriant. Et... et elle porte notre enfant. Vyman semble dire que tout se passe bien mais par précaution je le fais intervenir tous les jours pour s'assurer que rien ne puisse menacer cette grossesse. Bien sur Maura râle un peu mais ce ne serait pas normal si elle ne le faisait pas. Il rit cette fois de bon cœur, il ne s'était pas rendu compte du besoin qu'il avait eut de pouvoir s'ouvrir à son père sur ses craintes et ses remords. Il était certainement le seul qui n'irait pas le juger ou même se servir de ces confidences pour un but particulier.

En remontant vers ses appartements, Tybolt avait le cœur et l'âme bien plus légers et l'annonce de Vyman indiquant l'arrivée prochaine de Lord Preste finit de le mettre de bonne humeur. Il retrouva Maura affairée à coiffer sa lourde chevelure brune. Il demeura ainsi près de la porte quelques minutes à la regarder faire sans émettre de bruit.
Fedrick arrive aujourd'hui dit-il au bout d'un certain temps. Si Lord Lannister avait jamais eu un seul véritable ami, il s'agissait sans aucun doute du colosse de Feux-de-Joie. Tybolt avait d'ailleurs un souvenir très précis et furieusement vivace de Fedrick le percutant d'un revers de bouclier qui l'avait envoyé voler cul par dessus tête comme s'il avait encaissé la charge de cavalerie d'un adversaire sans s'y être préparé. Il fit les quelques pas le séparant de son aimée avant de se pencher vers elle pour déposer un baiser sur ses lèvres et une main sur son ventre. J'ai finalement parlé à mon père aujourd'hui... j'en avais besoin je crois. Je vais d'ailleurs lui faire bâtir une statue sur le port de la ville pour célébrer la victoire du Lord Damon sur les boutres Fer-Nés. Ajouta le jeune homme alors qu'il se débarrassait de sa tunique pour en changer. Fut un temps où il serait resté torse nue pour aller prendre leur petit déjeuné sur la terrasse, mais le temps n'était plus aussi clément et les époux Lannister prenaient désormais leurs repas matinaux dans la loggia. Ta sœur se plait-elle au Roc ? J'espère que tu lui as montré la salle du Bassin... dit-il une fois la tunique vermillon ajustée sur son torse. Tybolt se dirigea alors vers la table de la loggia où il tira le siège pour son épouse et une fois cette dernière assise il prit place sur le sien. Depuis leur retour du Bief il mangeait du poisson marin, matin, midi et soir. Chaque fois préparé de manière différente mais celui d'eau douce lui avait tellement fait regretter sa mer nourricière qu'il ne s'était pas encore rassasié assez.

C'est deux heures après ce petit déjeuné qu'il fut informé de l'arrivée de Fedrick ainsi que du fait que ce dernier les attendait dans le jardin de pierre. Tybolt connaissait l'affection de son ami pour ce lieu et il ne s'en étonna pas. Rejoint par Maura dans les couloirs secrets menant vers l'originalité connue du Roc. Il prit le temps de la complimenter sur sa tenue et de lui voler quelques instants de complicités avant qu'ils ne fassent leur arrivée face au Bœuf Rouge. Conscient du malaise chez son plus vieil ami, Tybolt prit sur lui de rompre la glace très vite et lorsque Lord Preste s'enquit de leur voyage il fit les pas que lui n'avait pas fait pour lui saisir l'avant bras et le serrer contre lui.
Il n'est de meilleur voyage que celui qui nous ramène chez nous mon ami. Même si revenir un de moins qu'à l'aller ne fut pas chose aisée... Cependant si une lionne nous a quitté, un nouveau félin arrivera bientôt pour combler ce vide. dit-il en faisant un geste vers Maura. N'est-elle pas encore plus ravissante qu'à l'accoutumé ainsi embellie ? Ajouta-t-il en souriant. Mais comme tu t'en doute, ce n'est pas seulement pour cela que je t'ai fait venir jusqu'ici. Ces quelques jours loin de l'Ouest me parurent bien long et je dois bientôt reprendre la route pour rejoindre le Nord où la guerre fait rage désormais. Malheureusement Lady Maura ne pourra cette fois m'accompagner. J'ai donc besoin du seul en qui j'ai plus confiance qu'en moi même pour l'aider dans la gouvernance du fief ainsi que pour assurer la défense de Port-Lannis si jamais ces maudits Fer-nés venaient à pousser leur chance encore un peu plus loin. Comme à son habitude Tybolt n'aimait pas perdre de temps en amabilité feintes et autres courtoisies imposées par la bienséance. Avec Fedrick il en allait comme avec Gerold, directement et sans détour.
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Message Sam 16 Juin 2012 - 13:00

Contrairement aux semaines qui avaient précédées le départ pour Hautjardin, et ce, malgré l’attaque contre Port-Lannis, la jeune dame de Castral Roc n’avait jamais réussi à atteindre la même sérénité ni la même plénitude depuis leur retour. Le long retour lui avait été pesant, la station allongée pour éviter les troubles et les risques d’une folle embardée à cheval lui avait été pénible malgré la présence de son époux ainsi que de ses frère et sœur. Mais sa petite sœur était toute à son amour naissant pour le petit Tully, ce qui, dans une certaine mesure, était mignonnet bien qu’ennuyeux. Dire que les premiers émois et leurs souvenirs disparaissaient vite avec les courbatures, le mal de dos, les perpétuelles bien que légères douleurs dans le bas du ventre était un euphémisme. Toutefois, elle se voyait mal annoncer et donner ce genre de conseils à sa petite sœur qui, pour la première fois, goûtait à la vie hors du Val d’Arryn aux côtés de son chevalier-servant. Mais, elle n’avait guère envie de se donner la peine de s’extasier en gloussant devant le charmant petit couple comme certaines de ses suivantes qui, sans la présence tutélaire et apaisante de lord Lannister, se seraient vues menacées du fouet et de coups de verges pour avoir simplement lancé le sujet. Et, surtout, elle était en colère. Elle sentait la fureur bouillonner dans ses artères menaçant d’éclater à la moindre de ses paroles ou des mots d’un autre. Ire entièrement dirigée contre son frère. Non pas qu’un de ces gestes ne lui ait pas plu mais elle n’acceptait pas, et n’accepterait sans doute jamais, qu’il puisse envisager de risquer sa vie et de les laisser, Maeve et elle, derrière pleurant et priant pour sa réussite et sa survie. Le pire étant encore qu’elle ne souhaitait pas accabler son puîné avec ses remontrances considérant, à juste titre, que le destin, le sort ou les Sept étaient plus à blâmer que l’éducation reçue par Jasper aux Eyrié.

Quoiqu’il en fut de l’objet de son irritation et du bien fondé ou non de ses craintes, elle dormait mal, souvent éveillée aux heures les plus sombres de la nuit regardant son époux dormir, se crispant en le voyant murmurer, se tourner, transpirer tout en sachant que, là encore, elle ne pouvait rien faire pour apaiser sa conscience et ses cauchemars. Et, pour tout dire, même si ce n’était en aucun cas glorieux, elle réservait l’expression de sa frustration au personnel du Roc qu’elle avait pris en main quelques heures après son arrivée. Afin d’épargner Tybolt, elle avait pris le parti de se faire moins présente ou, du moins, invisible, évitant d’aller déverser sa colère dès lors que Vyman devenait trop intrusif ou trop présent à son goût. Il y avait bien entendu eu quelques scènes entre le mestre et la jeune femme campée sur ses privilèges et son titre. Non, il n’était pas question qu’elle se soumette à des consultations quasi quotidiennes comme il n’avait pas été question non plus qu’elle soit traitée en œuvre d’art intouchable menaçant de se briser à la moindre contrariété. Bref, à la place de son époux, le mestre de la citadelle troglodyte recevait, lui, plaintes et renvois avec une humeur égale s’en référant à l’adage ancestral qui voulait que bien souvent femme varie.

Ce matin-ci, et pour la seconde fois de la décade, elle avait failli lui jeter peignes et miroirs au visage pour qu’il sorte dans la seconde des appartements du couple suzerain. Et il avait fallu bien de la douceur de la part des femmes de lady Lannister pour qu’un semblant de calme se réinstaller à nouveau dans la chambre seigneuriale et le boudoir de la dame. Mais le ballet de la préparation et des ablutions matinales, les robes que l’on sortait pour satisfaire la suzeraine, les bijoux étalées devant son miroir finirent par permettre à Maura d’oublier les intrusions quotidiennes du mestre qui l’agaçait. Entièrement prise par le brossage de ses cheveux, elle ne remarqua pas l’apparition de Tybolt, ni le départ subséquent de ses femmes laissant le champ libre aux époux pour discuter tranquillement. Elle lui sourit distraitement alors qu’il venait l’embrasser avant de hausser légèrement les épaules en apprenant que lord Pestre venait les rejoindre. Non pas qu’elle soit indifférente mais ce dernier était avant tout l’ami et le compagnon de son mari et, pour sa part, elle préférait ne pas s’immiscer dans leur relation se contentant de jouer les hôtesses aimables et prévenantes à l’égard du Bœuf Ecarlate.
 « Je croyais qu’il viendrait plus tard, je ferai préparer des chambres pour lui et sa suite si il veut rester au Roc le temps d’une nuitée. » répondit-elle simplement imaginant que les deux amis voudraient passer une soirée ensemble à deviser du bon vieux temps, de la guerre et de Westeros. Quant à sa sœur…  « Maeve est contente de pouvoir voyager et sans doute de se faire une idée du lieu où je vis désormais. Mais non, pas de salle du Bassin pour ma jeune sœur. Il ne manquerait plus qu’elle veuille y amener son Tully. »

Après avoir terminé de se coiffer et avoir reçu l’aide nécessaire pour enrouler le lourd chignon ornementé de quelques peignes précieux sur sa nuque, elle suivit son mari jusqu’à la loggia où ils avaient pour habitude de déjeuner ensemble et d’échanger les pensées ou idées avant le début de la journée. Tandis que Tybolt dévorait son poisson sous l’œil dubitatif d’une Maura peu portée sur les produits de la mer, cette dernière avait préféré se contenter de gruau et de jambon fumé n’ayant au fil des mois de sa grossesse que peu de goût pour ses animaux étranges et visqueux qui peuplaient le fond des rivières et des océans. De toutes façons, cela ne remplaçait guère le goût fameux d’un cuissot de chèvre rôtie dans les flammes des cuisines des Eyrié. Elle fit tout de même l’effort de manger quelques fruits sauvegardés de l’automne par la cire.  «Tu as bien fait d’aller te recueillir si cela peut t’apporter un peu de repos et t’apaiser mais… » Elle marqua un léger silence, tournant de fait sept fois sa langue dans sa bouche pour exprimer sa pensée avec le plus de diplomatie possible ce qui, à vrai dire, était un certain exploit.  «…Tu devrais attendre un peu avant de faire ériger cette statue. Ton attachement à la mémoire de ton père est remarquable, Tybolt, mais ce n’est pas lui qui a sauvé la ville. C’est toi et tes hommes, personne d’autre. C’est à vous qu’en revient le mérite, pas à un homme qui a vécu sa vie et jouit des faveurs des Sept aux côtés du Père-d’en-Haut désormais. » Certes, Damon Lannister ne méritait peut-être pas une place au Panthéon des meilleurs suzerains de Westeros mais la jeune femme se souvenait de fugitives rencontres où le charme et la courtoisie de l’homme vieillissant avaient été un plaisir pour les oreilles des dames.  « Enfin… Le mérite n’en revient pas qu’au seul lord Damon et d’autres, dont toi en particulier, méritent aussi cette place d’honneur. Peut-être une sculpture de groupe auréolée de la présence de ton père comme patron de cette victoire. » Une telle sculpture, même si elle se voulait hommage du fils orphelin au père décédé, se devait également d’être un signal politique fort de la maison Lannister envoyé aux habitants de Port-Lannis. Enfin, ils auraient tout le temps d’en discuter dans l’avenir.

Plus tard dans la journée, après que la jeune femme fut allée consulter les comptes de grain et les entrées de vivres pour l’approvisionnement de la forteresse en vue de l’arrivée de l’hiver, les époux se retrouvèrent pour aller accueillir le seigneur de Feux-de-Joie. Le choix du lieu étonnait quelque peu la jeune femme qui, à la place du symbole presque païen que représentait le Jardin de Pierre, aurait préféré la voute sombre et solennelle du septuaire attenant. Quand ils arrivèrent côte à côte, la main de la dame posée sur le poing de son seigneur, le colosse patientait seul sans qu’il ne soit possible une seule seconde de rater sa masse imposante. Affichant un sourire courtois de bon ton, Maura accepta sans sourciller l’hommage du vassal en lui tendant le dos de sa main fine et parfumée. Elle n’avait pas fait énormément d’efforts vestimentaires considérant que l’accueil de l’ami de son époux ne justifiait pas qu’elle impose bijoux et brocards à leur invité. D’autant plus que cela aurait sans doute contribué à une certaine gêne dans les retrouvailles. Toutefois, son attitude et son port étaient loin d’être similaires à l’expression amicale et débonnaire du suzerain de l’Ouest.
 « La maison Lannister est honorée de compter parmi ses invités et amis un hôte de votre valeur, lord Pestre. » Rien que de très protocolaire malgré l‘air affiché. Sans aller jusqu’à être rigide, elle se comportait seulement en imposant une certaine distance à leur hôte. Du moins avec elle car elle était assez heureuse de voir Tybolt retrouver un vieil ami. Tandis que les deux amis s’étreignaient, la jeune femme claqua sèchement des doigts à l’intention du lad qui jouait les échansons pour l’occasion.  « Vous accepterez bien une coupe afin de célébrer ces retrouvailles tant attendues, lord Pestre. » demanda-t-elle sans qu'un refus ne semble envisageable alors que les deux serviteurs installaient un plateau sur une pierre basse donnant à la rencontre un tour tout à fait champêtre. Ce petit interlude lui avait au moins servi à éviter de hausser les sourcils à la réflexion de son époux sur le supposé éclat dû à sa grossesse. Pour sa part, elle avait du mal à comprendre le charme incertain d’un état qui bientôt la confinerait presque à l’obésité.  « Je suis certaine que vos conseils me seront plus qu’utiles lord Pestre. D’autant que mon état comme mon sexe m’empêchent de pourvoir à de quelconques préparatifs militaires si jamais la cité était attaquée à nouveau. A part me montrer pour essayer de rassurer les pauvres gens de Port-Lannis, je me vois mal pouvoir remplacer efficacement n‘importe quel stratège…Votre valeur étant reconnue, je compte donc sur votre amitié et votre expérience pour m’éviter écueils et difficultés pendant l’absence de mon seigneur et mari. » Là où Tybolt avait parlé en ami, Maura, pour sa part, en restait à un échange entre vassal et membre d’une maison suzeraine. Non qu’elle ne soit pas aimable et courtoise mais elle conservait une certaine réserve par devers le Bœuf Ecarlate.

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Message Mer 20 Juin 2012 - 16:57

Lorsque ses lèvres donnèrent une très légère caresse aux phalanges de sa suzeraine, Fedric se félicita de s'être rasé avant de venir. L'Arryn gardait la tête haute, comme le faucon qui marquait le blason de la famille dont elle était issue. Le ton de sa voix n'était pas exactement chaleureux mais son vassal se tenait pour dit qu'elle n'avait pas une mauvaise opinion de lui alors il ne craignait pas cette froideur toute protocolaire. Quand il vit Tybolt combler le vide entre eux pour saisir son avant-bras et le serrer contre lui, un sourire soulagé fendit le visage du balafré. Il administra à celui qui était comme son frère sa fameuse tape virile dans le dos. Un seul coup avec la paume grande ouverte. Il n'avait jamais l'intention de secouer celui qui la recevait mais le geste avait parfois une vigueur qui dépassait sa conscience. S'entendre appeler ami par le lion chassa au loin ses pensées sombres sur sa vie, passé et avenir. A présent, il se sentait bien. Presque lui-même. Celui qu'il avait été avant les drames de l'an dernier, avant les pertes et les larmes, les cris et le sang. Ce jeune homme qui riait à gorge déployée de choses qu'il avait trouvé triviales ces derniers temps. Voir Tybolt c'était voir ce qu'il y avait de meilleur en lui, comme si cela n'avait jamais disparu.
Maintenant que la glace était brisée, Fedric se sentait plus libre et léger. Même lorsque son hôte évoqua la grossesse de sa femme, il n'eut pas de sinistres pensées pour son fils ou sa fille qui aurait du naître si Alivianne ne s'était pas donné la mort pour échapper aux fer-nés qui l'avaient capturée. Il jeta un rapide coup d'oeil au ventre de Maura, qui avait effectivement pris de l'ampleur depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, mais à la manière dont la suzeraine fit claquer ses doigts en lui proposant à boire, il comprit qu'elle n'était pas demandeuse de compliments quant à ce phénomène de la nature.

_ Volontiers, ma dame.

Fedric ne put s'empêcher d'échanger un regard complice avec Tybolt pendant que deux serviteurs installaient un plateau sur une pierre qui permettait si bien son équilibre qu'on aurait pu croire qu'elle avait été taillée exprès pour cette fonction. Pendant que les verres se remplissaient, le Boeuf écouta attentivement ce que le Lion avait à lui dire. Il fut attristé d'apprendre que son séjour à Castral-Roc serait de courte durée car un nouveau voyage nécessitait son accomplissement. Le fait qu'il n'emmène pas sa douce épouse avec lui était plus que compréhensible, vu l'état déjà avancé de sa grossesse. Elle allait avoir besoin de calme et de repos afin que tout se passe bien. Enfin, Fedric n'en savait rien mais c'était en tous cas ce qu'avait dit la septa qui était venue voir Lady Alivianne après l'annonce d'un enfant à naître.
C'était dit. Le Lannister voulait que le Prestre seconde Maura dans la gouvernance des Terres de l'Ouest et assure la défense de Port-Lannis pendant son absence. La jeune femme en question ajouta même son petit mot. Alors que Fedric n'était absolument pas du genre à s'enivrer des compliments, les siens lui firent très plaisir. Le gênèrent presque. Il n'avait jamais vu la dame faire preuve de courtoisie feinte et pouvait donc être certain qu'elle était sincère aujourd'hui. Il inclina doucement la tête pour remercier le couple de l'honneur qu'ils lui faisaient.

_ Feux-de-Joie toujours regarde la mer. Port-Lannis ne craindra rien, dit-il à Tybolt en abattant l'une de ses immenses mains sur son épaule le temps d'ajouter : Tu as ma parole.

En effet, la forteresse des Prestre se trouvant sur le bras de terre le plus avancé dans la mer, elle se trouve être un excellent point d'observation pour tout ce qui vient du large et ses occupants sont les premiers au courant des menaces d'invasion.
Tournant sa tête vers Maura, il risqua un sourire.

_ Je crois que votre expérience dans les Eyriés vous place bien loin devant moi pour ce qui est de l'aptitude à gouverner, ma dame. Toutefois, je vous donnerai volontiers conseils et avis si vous les demandez. Et si vous vous trouvez face à un monstre d'ennuis, vous n'aurez qu'à me dire quelles têtes trancher. Je me ferai un plaisir et un honneur d'être le bras qui tiendra votre épée.

S'il y avait bien quelque chose en quoi Fedric était réellement bon, c'était bien en combat. Ceux qui n'étaient pas dissuadés par sa carrure impressionnante en prenaient toujours pour leurs crimes et si récidives il y avait, elles se passaient très loin de lui. Le mot « plaisir » était pesé. Pendant une bataille, le Bœuf Écarlate libérait toute son énergie dévastatrice et il se sentait infiniment mieux après, debout au milieu d'un champ d'ennemis à terre et silencieux à jamais.

_ Mais dis-moi, si ce n'est pas un secret de princes, qu'y a-t-il à faire dans le Nord qui réclame ce voyage que tu n'as sans doute pas envie de faire maintenant ? Demanda-t-il au lion.

Après tout, il venait juste de revenir et sa femme était enceinte. S'il devait repartir sans tarder, ce devait être une affaire assez sérieuse.
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Message Sam 23 Juin 2012 - 4:56

Alors que les deux hommes buvaient leur coupe ensemble, rituel qui permettait à Fedric de se prévaloir des droits d’un autre sous le toit de son suzerain, la jeune femme trempa à peine ses lèvres dedans comme à son habitude. L’odeur ne la rendait plus vraiment malade, d’autant plus qu’elle était un peu envieuse de sentir elle-aussi le brûlant velours de l’alcool sur son palais. Elle devait s’en abstenir à son grand dam suivant en cela les conseils de leur Mestre et les récriminations de son époux. Mais, par les Sept, la vie était tout de même moins agréable quand les plaisirs qu’elle appréciait lui étaient interdits. Enfin, puisqu’il paraissait que si la mère buvait trop, elle accouchait d’enfants aussi rouges qu’une tache-de-vin, elle se devait de s’abstenir. Jamais elle n’aurait pu supporter ce genre de vision ou un enfant de ce type. Elle se rappela d’aller une nouvelle fois se recueillir et allumer des cierges en l’honneur de la Mère et de l’Aïeule afin que tout se passe de la meilleure façon possible. Pour une fois, et ce n’était sans doute pas Tybolt qui s’en plaindrait, elle laissait les deux amis discourir ensemble sans intervenir mais la promesse, ou du moins le vœu pieu du Pestre, amena une ombre de sourire qu’elle cacha en penchant la tête vers le bas de sa robe. Non pas qu’elle doute de la bonne volonté du seigneur de Feux-de-Joie mais, bon, à tout bien regarder, Port-Lannis avait déjà été attaquée une première fois sans que la vigie, dont il se gargarisait pour promettre que la cité ne craindrait rien, n’ait vu venir quoique ce soit. Elle faillit lancer une petite plaisanterie sur la cécité passagère de lord Pestre en début d’année mais se retînt par courtoisie mais aussi pour ne pas mettre plus mal à l’aise un homme qui, dévoué aux Lannister, devait se sentir quelque peu coupable de l’attaque qu’avait subi la ville de son lige. De toutes façons, elle n’en voulait pas au géant même si, au plus fort de la bataille, elle-même avait manqué de risquer sa vie et surtout celle de son fils à naître.

Elle ouvrit la bouche pour répondre à sa façon aux compliments de l’ami de son époux mais la referma bien vite pour tourner sept fois sa langue dans sa bouche, une fois pour chaque dieu. Elle ne voulait en aucun cas le prendre à rebrousse-poil mais, puisqu’elle en avait la possibilité, souhaitait mettre quelques petites choses au clair.


 « Vos compliments font plaisir à entendre, lord Fedric, cependant je crains que cette expérience ne soit pas forcément une aide en l’absence de lord Tybolt. Voyez-vous, nous avons longuement échangé sur le sujet tous les deux, l’Ouest ne se dirige pas du tout à la façon du Val et les quelques habitudes que j’ai pu acquérir risquent de m’être plus un poids qu’une précieuse aide. Qui plus est, malgré mon mariage, je reste une étrangère pour bon nombre d’entre vous. J’aurai besoin de conseils, de mises en garde voire d’avertissements de la part de natifs de l’Ouest ou de personnes vivants par ici depuis plus longtemps que moi comme mestre Vyman. » expliqua-t-elle tranquillement avant d’ajouter plus légèrement avec un sourire entendu.  « D’autant que, si je n’ai rien contre le fait de faire sauter quelques têtes, je préfèrerai que vous me conseilliez pour que ce type de situation ne se produise jamais. J’aurai avant tout besoin de votre soutien et de votre expérience plutôt que de vos talents d’épéiste. »

Après tout, si une exécution ordonnée par Tybolt serait sans doute toujours vue comme un acte de justice, il y avait fort à parier que la même chose venant de son épouse, même capée des pouvoirs d’une régente, risquait fort d’être perçue comme la tyrannie d’une étrangère. Et, au vu de la confiance que son époux avait en elle, elle ne pouvait pas faire moins que lui rendre un fief qui, malgré la guerre, serait, au moins, dans un état semblable à celui dans lequel il l’avait laissé pour courir au Nord. Laissant à ce dernier le soin de répondre sur le but de l’expédition chez les Stark, elle se contenta de picorer dans un plateau de victuailles en attendant la suite de l’entretien.
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Message Dim 24 Juin 2012 - 23:53

La question se posa au jeune seigneur une fois la coupe en main, devait-il boire de l'alcool pour simplement offrir les droits de l'hôte à Fedric alors même qu'il ne buvait pour ainsi dire jamais de vin ?... Un léger haussement d'épaule accompagna sa prise de décision et ce fut donc de bon cœur qu'il but en écoutant le Bœuf Écarlate s'adresser à Maura. Il faillit bien avaler de travers lorsque Fedric proposa de servir de bourreau sa douce si celle-ci le désirait. Car "douce" elle l'était certainement pour lui, tout le moins la considérait-il ainsi mais c'était tout de même elle qui avait proposé le lendemain de leurs épousailles de tout bêtement faire exécuter un septon consacré. Il pouvait très aisément s'imaginer son retour du Nord avec Gerold et retrouvant les murs de la citadelle troglodyte hérissée de piques arborant chacune la tête d'un homme ayant manqué de respect, avéré ou non, à la Dame du Roc. D'autant plus depuis le début de sa grossesse, Maura avait la fâcheuse tendance à prendre, plus souvent qu'à son tour, la moindre défiance comme une atteinte à sa personne. Il esquissa un large sourire néanmoins lorsque son épouse mentionna leurs nombreuses discussions sur le fait que l'Ouest ne se gouvernait pas comme le Val, on pouvait difficilement dire le contraire. Le Roc avait résonné, vibré même, de leurs affrontements verbaux ainsi que de leurs réconciliations physiques par la suite. L'enfant qui grandissait dans le ventre de sa belle devait très certainement être le fruit de ces discussions du reste. Au moins avait-elle cité Vyman dans les hommes à consulté, ce qui rassura le jeune seigneur, depuis quelques jours, en fait depuis que Tybolt avait demandé au mestre de prendre particulièrement soin de son épouse, le nom de Vyman n'était pas celui qui revenait le plus souvent dans le bouche de Maura sauf bien sur, associé à divers noms d'oiseaux que le mestre n'apprécierait certainement pas. Il était peu probable en effet que le mestre apprécie de se voir comparer à un parasite pubien particulièrement tenace dont on ne pouvait se détacher.

Rassuré d'une certaine manière par la tempérance affichée par son épouse, Tybolt pu se concentrer sur le questionnement, somme toute naturel, de Fedric concernant son futur séjour dans le Nord.
Avant de parler du Nord, sache que j'apprécie ton dévouement pour la maison Lannister et pour ma douce épouse. Seulement si je pouvais retrouver les têtes du peuple de l'Ouest au même endroit où je les aurai laissé cela ne sera pas pour me déplaire bien au contraire. Non pas que l'idée de voir certaine vaciller et orner les remparts du Roc me chagrine particulièrement mais comme pour toute chose, la tempérance reste la norme concernant la gouvernance de l'Ouest. D'autant qu'il y aura tant et plus à accomplir pour, ne serait-ce que préparer l'hiver à venir et remettre nos paysans au travail ainsi que nos mineurs. Ceci étant dit il va de soit que quiconque viendrait à insulter Lady Maura devra être considéré comme m'ayant insulté personnellement et je compte sur toi comme sur les Gardes du Lion qui resteront pour faire en sorte qu'un tel comportement ne reste pas impunis. Le jeune seigneur voulait bien être un dirigeant magnanime et tourné vers son peuple, seulement il y avait certaine choses immuables qu'il ne fallait jamais laissé passer et le respect envers un seigneur ou quiconque œuvrant en son nom devait être de celles là. Il finit sa coupe avant de la reposer sur le plateau dévolu à cela. Du pouce et de l'index il essuya la commissure de ses lèvres avant de lever la tête pour plonger son regard dans celui du géant de l'Ouest. Le Nord... et bien le Nord et la maison Stark souffrent à l'heure actuelle des même maux qui nous ont accablés et nous accablent encore. Les Fer-Nés. Il semblerait que s'être fait tancer par le guet, nos soldats et la Flotte du Lion les ait fait se tourner vers une proie plus facile à savoir les côtes du Nord nettement plus grandes et difficiles à défendre que notre riche cité. Lord Beron, face à cette nouvelle menace m'a fait parvenir une demande visant à permettre un rapprochement entre nos maisons et surtout l'aider à défendre ses terres et ses gens. Voilà donc pourquoi le peuple de l'Ouest au travers moi s'en va répondre à l'appel, comme nous l'avons toujours fait et le ferons toujours. Il hésita l'espace d'un battement de cœur avant de poursuivre. Et puis c'est aussi une bonne occasion de rendre tangible le concept même de la nouvelle alliance conclue entre le Bief, le Val et l'Ouest. Je compte sur ce voyage pour réunir les conditions permettant une intervention combinée des trois maisons pour soutenir le Nord et ainsi révéler au grand jour la triple alliance et sa capacité d'intervention concertée. Il esquissa un sourire. Et puis il n'est pas impossible que Lord Beron soit ouvert à une possibilité d'alliance prochaine avec l'Ouest. Il pensait en premier lieu à Gerold mais le projet de remarier Fedric n'avait jamais véritablement quitté son esprit. Il savait pertinemment que cela ne se ferait pas sans ambages mais il espérait pouvoir un jour revoir son ami heureux, une femme à ses cotés. Même si aujourd'hui il n'était plus aussi certain que ce soit une bonne chose, lui même s'étant rendu compte au travers son mariage avec Maura qu'il était impossible de remplacer ou même simplement succéder à une épouse lorsque cette dernière était à la fois votre plus chère amie mais aussi votre raison même de vivre tout simplement. Fedric par la manière dont il avait renoncé à une existence heureuse depuis le drame lui laissait à penser qu'il avait eu pour son épouse le même amour que Tybolt ressentait pour Maura. Et une chose était certaine pour Lord Lannister il n'y aurait jamais d'autre Lady Lannister que Maura comme il l'avait déjà dit à l'intéressée même si cette dernière n'avait pas semblé le prendre au sérieux lorsqu'il avait prononcé ces paroles.
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Message Mar 3 Juil 2012 - 22:37

Fedric eut l'impression de se faire taper sur les doigts, comme un enfant. Et il aurait fallu être fou pour faire une chose pareille. Être fou ou être ses suzerains. Comme tel était le cas, il se contenta de faire vibrer sa mâchoire en serrant les dents et d'incliner légèrement la tête en signe de compréhension. La plus grande différence entre Tybolt et lui était sans doute la capacité du premier à faire preuve de trésors de diplomatie alors que le second était plutôt du genre impatient et fonceur. Pour toutes choses, il posait ses conditions et les gens s'en accommodaient généralement. Il n'était jamais déraisonnable, mais si quelqu'un voulait pousser sa chance un peu trop loin, il était inflexible et, la main sur la garde de l'épée de ses ancêtres, il lui faisait comprendre d'un regard qu'il ferait mieux de renoncer. La plupart du temps, il n'avait même pas à dégainer d'ailleurs. Il suffisait de le voir, grand et tout en muscles, pour être découragé par un combat.
Malgré tout, le dernier Prestre connaissait l'Ouest et, mieux que cela, il connaissait ses habitants. En effet, le seigneur n'avait rien de ces nobles égocentriques qui se croyaient plus estimables que les roturiers simplement parce qu'ils avaient un nom et un château. Du temps où il s'autorisait des voyages, il dormait plus volontiers dans les auberges plutôt que se faire héberger par les seigneurs sur sa route. Il n'avait que faire du confort et préférait qu'aucun domestique ne vienne l'embêter toutes les deux minutes pour savoir s'il avait besoin de quelque chose. Alberic, lui, aimait se faire servir comme un roi. Fedric lui disait tout le temps que s'il continuait à refuser de fournir le moindre effort lui même, ses doigts finiraient par tomber et ses jambes refuseraient de le porter la prochaine fois qu'il voudrait s'en servir. Pour le géant, il n'y avait rien d'aussi satisfaisant que de faire quelque chose soi-même. Sauf peut-être trancher des horribles têtes fer-nées. Aussi n'avait-il jamais eu les ongles propres de sa vie. Il avait creusé lui-même les tombes de son père, d'Alivianne et d'Alberic. Celle de sa femme se trouvant au centre de la cour intérieure de Feux-de-Joie, il avait du desceller de lourdes dalles de pierre pour lui faire une place dans le sol. N'ayant aucun talent de sculpteur, il avait laissé un autre taillé la statue à son effigie qui se trouvait à présent au dessus du corps éternellement endormi. Les familles sur son fief avaient été très touchées de le voir faire. Elles ne le respectaient pas moins. C'était même le contraire. Oui, il connaissait l'Ouest et ses habitants.
A son avis, tout le monde n'était ravi de voir une Arryn sur le sol de Lions. Toutefois, personne n'aurait osé faire une remarque en ce sens devant lui car chacun se doutait que, vus les liens étroits qu'il entretenait avec Tybolt, cela aurait signifié un arrêt de mort. Si le lion rugit, le bœuf charge.

Fedric but à sa coupe, pensif. Son ami y alla de son petit mot concernant la régence et le seigneur de Feux-de-Joie ne manqua pas de se dire que le Lannister était sans doute la seule personne au monde capable de ne pas faire passer la tempérance pour de la faiblesse. Il parvenait à être magnanime sans que quiconque puisse se jouer de lui. C'était une grande force. La force secrète des grands hommes. Le Prestre avait beau mesurer une bonne tête de plus que lui, il avait toujours l'impression de devoir lever les yeux pour le regarder tellement, à sa manière, son ami de toujours était grand.
Il fut ennuyé en apprenant que leurs pires ennemis avaient décidé de se concentrer sur les cotes des Stark, plus au nord du continent. Il ne connaissait personne dans cette région et il n'était bien sûr pas mécontent d'avoir un peu de répit de son coté, mais aucun suzerain ne méritait qu'un fléau pareil endeuille son peuple. Sa main se resserra autour de son coupe jusqu'à ce que les jointures de ses doigts deviennent blanches. Il hocha gravement la tête. La triple alliance l'enthousiasmait discrètement. Même s'il était un peu chauvin, du genre à prétendre que nulle contrée ne valait l'Ouest, il n'était pas suffisamment sot pour médire d'une aide potentielle dans la bataille contre les barbares des îles de Fer. Ainsi le Lion répondrait au Loup. Encore une fois, c'était très grand de la part du Lannister.
Fedric haussa un sourcil et eut un regard interrogatif pour Tybolt quand il parla d'alliance mais se rendit rapidement à la raison. Il ne pouvait pas parler de lui. Même s'il était un peu important dans le cœur de son suzerain, la Maison Prestre ne représentait sans doute pas un parti suffisamment intéressant pour un Gouverneur. Non, sans doute parlait-il plutôt de son frère Gerold. A chaque fois que le géant songeait au fait qu'il était le dernier représentant de sa famille, il avait un pincement au cœur et se maudissait presque d'être aussi inflexible par rapport au mariage. Il savait que son devoir était de faire perdurer dans le temps le blason du bœuf de gueules sur champ d'hermine. Pourtant, il ne pouvait se forcer à le faire. On aurait pu croire que c'était pas amour pour feue Lady Alivianne mais, en réalité, il n'était plus sûr de ce qu'il avait ressenti pour elle. Était-ce de l'amour ? Il n'avait jamais été très porté sur les sentiments tendres. Ce qui était certain, en revanche, était qu'il ne supporterait pas d'échouer de nouveau dans son rôle de protecteur auprès d'une femme. C'était là la vraie raison de son refus. Il aurait aimé qu'elle soit plus noble mais la vérité n'a qu'un seul visage.

_ As-tu autorité pour engager la triple alliance auprès de Lord Stark ou comptes-tu lui promettre des ressources de l'Ouest ? Combien de temps seras-tu absent ?

Il termina d'une traite son verre avant de le reposer un peu brutalement – comme à son habitude – sur le plateau. Voyant Maura en train de picorer les victuailles du plateau avec son ventre rond, il s'attendrit une seconde pendant qu'elle ne regardait pas dans sa direction. Avant que son ami ne répondent à ses questions, il lui glissa :

_ Vous me direz à quelle fréquence vous souhaiteriez mes visites à Castral-Roc. Je viendrai aussi souvent qu'il le faudra.
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Message Sam 21 Juil 2012 - 12:00

Les yeux clairs de la dame de Castral Roc s’attardaient sur le géant qui lui faisait face détaillant ses réactions, notant telle ou telle posture ou expression physique alors qu’une parole malheureuse lui faisait subir d’aimables remontrances de la part de son suzerain. La jeune femme retînt un sourire en écoutant son époux, sachant bien de son côté, à qui étaient destinées ces conseils tendant à la modération dans la gouvernance de l’Ouest. Il était tellement clair, du moins pour elle, que le seigneur de l’Ouest suppliait son immutable ami de saupoudrer les tendances supposées tyranniques de la seule dame présente durant son absence. A croire qu’il ne voyait sa tendre et douce épouse autrement que comme un bourreau en puissance…Curieux renversement des rôles. Relevant la tête, elle lança un sourire éclatant et rieur à son futur acolyte établissant presque une connivence quant à la façon que pouvait avoir Tybolt de les mettre en garde contre tout excès de zèle. Il ne pouvait y avoir de doutes, la situation amusait lady Lannister qui semblait déjà imaginer les anxiétés d’un époux qui ne manquerait pas de craindre de voir son épouse et le Bœuf écarlate mettre la province à feu et à sang histoire de faire régner l’ordre.
Pourtant, Maura reconnaissait volontiers sa tendance à se comporter comme une autocrate en puissance ainsi que son peu de goût pour les punitions bancales quand la mort était si rapide à donner et pratique à mettre en place. Mais il s’agissait bien plus d’une attitude que d’une habitude même si elle convenait qu’inspirer certaines craintes aidait à pouvoir occuper une position périlleuse comme l’était la régence de l’Ouest. Toutefois, l’inquiétude de son époux lui paraissait injustifiée et il lui semblait avoir prouvé à de nombreuses reprises qu’elle était au moins autant si ce n’était plus charitable et prompte au pardon que ne l’était lord Lannister lui-même. Mais elle comprenait son point de vue : femme jusqu’au bout des ongles, elle était parfois imprédictible tendant à la sévérité la plus extrême ou au contraire à la bénignité la plus douce.


 « Ne vous fâchez pas des paroles de mon époux, lord Fedric, il sait toute la confiance qu’il peut avoir de vos talents et espère surtout que votre présence modèrera le tempérament abrasif de son épouse. » expliqua-t-elle en ponctuant ses paroles d’un rire léger avant de poser sa main sur celle de Tybolt en un geste de complicité symbolique mais réelle et éprouvée.  « Ne t’inquiète pas mon cher Lannister, je te promets que lord Pestre m’empêchera de refaire la décoration de ta demeure en rouge sang. Je préfère l’écarlate et l’or désormais. »

Malgré le côté amusé des propos, il n’en restait pas moins qu’il s’agissait d’une promesse de se comporter avec la magnanimité voulue envers les commensaux du Roc ou du moins en vraie Lannister quelque que pouvait être la réalité de ce terme. Il était clair pour la jeune femme qu’elle appréciait et tenait à la confiance de son mari d’autant plus quand il s’agissait de ses capacités à tenir son rang et à être reconnue comme une aide aux conseils utiles. A la question du seigneur de Feu-de-Joie, elle prit le parti de répondre immédiatement histoire de régler les détails pratiques directement avant que la discussion ne les emporte vers le sujet de la Triple Alliance.

 « Je comptais tenir audience ouverte deux fois par semaine afin d’écouter les doléances de nos gens et réunir un conseil privé de façon hebdomadaire. Je sais que la gestion de votre forteresse et de ses défenses vous prend du temps mais il serait nécessaire que vous soyez toujours présent pour le conseil ainsi que pour les premières audiences. Ensuite, je pense que vous n’aurez plus besoin de vous déplacer pour m’écouter recevoir le peuple ou d’autres vassaux à moins d’une raison particulière qui justifie que j’ai besoin de vos conseils. J’espère que cela vous conviendra et vous laissera libre de pourvoir aux impératifs de votre fief, j’ai bien conscience que cela vous demandera beaucoup de déplacements voire de frais mais le Roc vous dédommagera et cette obligation ne durera qu’un temps. » expliqua-t-elle consciencieusement avant d’ajouter :  « Il va sans dire que mestre Wyman sera toujours à mes côtés ainsi que Orys qui est un homme avec de multiples contacts sans parler des habituels conseillers de mon époux. Je pensais éventuellement appeler le frère de lord Tarbeck, qu’en penses-tu Tybolt ? Et si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part lord Fedric. Je crois savoir que vous vous entendez fort bien avec votre voisin Kenning. Si vous l’estimez capable, il sera le bienvenue pour me conseiller le temps de l’absence de mon seigneur et époux. »
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La vie sans ami et amour est pire que la mort [Maura & Tybolt]

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