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Fortuité & Ironie en joute

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Commandant des Dents de Freux
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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
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Message Ven 8 Juin 2012 - 14:34



« Mais qu'est ce que... Hé !... Reviens ici, maraud ! »

Ce fut à ces mots que la poursuite s'entama, animant par la même occasion les venelles presque assoupies du port. Le mouvement eut été tellement leste qu'Alrik ne l'avait pas vu venir, ce fieffé malandrin qui venait de lui subtiliser sa bourse avant de s'esbigner à toute allure. Ironie du sort, même les plus habitués aux bas-fonds de la cité n'étaient pas à l'abri des galéjades de ces gredins qui rôdaillaient à tout moment de la journée, pas même le commandant des Dents de Freux en innocente badauderie. Celui-ci était d'ailleurs intimement persuadé que les choses auraient été toutes autres, s'il n'avait pas décidé d'omettre son armure réglementaire pour ce soir, habit de plates qu'il avait jugé superflu. Après tout, cette lune n'annonçait point un service de plus, mais un congé de quelques heures qui le soulagerait de ses besognes usuelles – du moins, en toute théorie. Son intention avait été de visiter l'une de ses vieilles accointances résidant non loin de la Néra, laquelle était censée lui livrer nombre de renseignements sur les récentes actualités de ce pan de ville. Il n'était pas à exclure que la soirée aurait brillé sous des flots avinés et des marades empruntes de grande philosophie, une incartade que le chevalier s'octroyait de temps à autre. La dernière en date avait pris vie dans sa propre office, sous la débonnaireté et les charmes d'une certaine Seastar qui avait abusé de leur bon vin. Leurs grandes conversations l'avaient fait songer à de nombreux détail sur son existence actuelle, l'idée de retrouver une épouse s'épanouissait telle la rosacée sous un soleil pusillanime. La fleur encore timorée n'était pas moins présente, et enjôlait le sieur Mallery de sa délicieuse fragrance, un peu plus chaque jour. Peut-être était-ce l'opportunité de solliciter l'aide de l'Amiral, son ami Jace Redwyne, lui qui s'était tant de fois essayé à lui trouver une demoiselle à marier ne pourrait qu'être enchanté par cette nouvelle perspective matrimoniale. Il le voyait s'esclaffer d'ici, lui soumettre ses plans comme s'il eut été question de stratégie navale pendant que lui se perdrait dans ses explications. Une part de son essence qu'il retrouverait en même temps qu'une compagne, un honneur partagé – ce même honneur présentement délaissé au placard alors que le soldat redécouvrait les plaisirs de la traque au malotru.

L'avantage d'un textile léger était cette vélocité qu'il perdait avec le port de son armure, cela lui permettait de pouvoir talonner sa proie sans grandes difficultés de mouvance. Cependant, plus les secondes fluaient, plus le quidam lui semblait avoir un comportement des plus étranges. Celui-ci modifiait ses trajectoires de façon impromptue, s'apeurait sans raison apparente et préférait même faire parfois volte face pour filer sous le nez d'un freux ahuri. Il renvoyait cette impression d'être pourchassé non pas par un assaillant, mais par une meute qui le contraignait à être d'autant plus furtif. Alrik préservait cette hypothèse, car il jurerait avoir moult fois aperçu un tierce galbe dont il n'avait guère le loisir de distinguer plus qu'une ombre, qui se dissolvait avec superbe dans les pénombres itératives. Que lui importait, seule la préciosité de son pécule le relançait au séant de l'infâme qui courrait toujours. Et comme si la situation n'en était point assez burlesque comme cela, le fripon trouva délassant de jalonner la route de quelques embûches. Outre l'allure à tenir, la prévoyance et l'esquive étaient également de mise et le seigneur fut ravi de constater qu'il n'avait rien perdu de ses acabits. Il était vrai qu'il avait manqué de se faire embrasser par des quartauts avides de tendresse et dont l'attache avait été supprimée au passage du premier, qui – à défaut de l'avoir stoppé ou meurtri – l'avait toutefois ralenti. Maudite canaille ! Des injures toutes moins nobles les unes que les autres s'étaient extirpées de ses lèvres alors qu'il ne comptait plus le nombre de ruelles qu'ils avaient traversé en toute hâte. Il aurait été bien incapable de dire où ils se trouvaient en cet instant, ni même si la fatigue de l'effort pointait au même prix chez le filou que chez lui. Inconcevable qu'il ne le laisse jouir de ce que lui appartenait, tant pis si cela devait lui prendre toute la nuit pour fureter les moindres recoins de la cité avec en plus, le rappel de ses cambrures musculaires que l'on ne détalait pas avec autant d'aisance à presque quatre décades qu'à une vingtaine d'années. Cruelle véracité qui ne l'empêchait pas de préserver une excellente condition physique – le contraire aurait été plus que dérisoire pour le haut gradé qu'il était.

Le bandit s'enfonça dans une venelle étriquée, encombrée de caissons de la pêche du jour dont les effluves restaient âcres au sens olfactif. La patience pourtant notoire du freux atteignit son apogée, les lisières de l'acceptable outrepassées, l'intuition prit le pas sur le reste. Le sieur s'empara de la première chose qui lui tomba sous la paume, un filet encore poisseux – grâce soit rendue aux Sept, le ridicule l'aurait tué s'il s'était armé d'une sardine douteusement fraîche – qu'il lança au rat qu'il poursuivait inlassablement. Fortune ou bonne tactique, la pantière s'enchevêtra dans les jambes du forban qui, pris de cours, chuta lourdement sur le sol humidifié de crasse. Aussitôt rejoint par le chevalier, ce dernier usa de toute sa délicatesse pour l'aider à se redresser, manquant de lui déchirer ses guenilles avant de l'envoyer à le rencontre de caisses éventrées. Enfin enclin à reprendre un semblant de respiration, au moins le temps que son eurythmie se fasse moins palpitante, il prit de grandes bouffées d'oxygène plus ou moins pur au vu de l'endroit. Il observa d'un œil affûté les spasmes de son antagoniste pour se relever, veillant à lui barricader le chemin s'il escomptait à déjà reprendre la route sans même le considérer. A présent qu'il l'avait pris dans les mailles de son filet – ceci dans tous les sens du terme – il ne le relâcherait qu'une fois son bien restitué. Et encore, par bleu, qu'il s'estime heureux de ne pas être conduit entre les mains du Guet, dans les geôles du Donjon Rouge qui débordait de suffisamment de racaille comme cela. Au pire, l'éventualité qu'il use de Fraternité – ô douce épée – pour lui trancher une main était toujours réalisable, bien que peu associée à l'homme qu'il était. Aux grands maux les grands remèdes, mais ce n'était là qu'une lésion sans grande importance.


« Tu ferais mieux de me rendre ce que tu m'as dérobé, séance tenante ! Tu ignores qui tu as devant toi, jeune inconscient ! »

Alrik s'était approché graduellement à ses paroles, esquissant de prompts mouvements de ses phalanges pour illustrer ces mêmes tirades. Si le gredin semblait effectivement ignorer son identité, cela ne le chagrina point pour autant, ni ne l'arrêta dans sa contre-offensive. A son tour, il envoya un objet du décors en guise de projectile sur son ennemi : une vieille corde qui s'enroula autour du freux, créant une diversion suffisante pour que le malandrin ne ressaute sur ses chausses et s'échappe habilement. A peine eut-il disparu au détour d'une sombre allée que le soldat était d'ores et déjà sur ses traces à lui promettre une sanction à la hauteur de sa bravade. Ce fut alors que des tintements de lutte et des plaintes de douleur l'immobilisa sur place, dans l'attente de comprendre ce qui se produisait dans le noir. Quelle surprise lorsque le forban lui revint comme par enchantement, s'étalant de tout son long sur les pavés froids, vraisemblablement assommé et point en état de repartir. Mallery, quant à lui, demeura coi, avant de concevoir que quelqu'un se camouflait dans la pénombre. Instinctivement, ses doigts vinrent saisir le manche de son épée pour la tirer de quelques centimètres, simplement pour démontrer qu'il n'était pas exempt de moyen de défense, au cas où. Les mirettes plissées, prêt à réagir s'il l'eut fallu, son phonème s'éleva non sans une note péremptoire, pour pousser à la rencontre.

« Qui que vous soyez, montrez-vous. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 10 Juin 2012 - 18:15

Il était de notoriété publique que toute personne tenant un tant soit peu à sa vie ainsi qu'à ses effets personnels évitait de sortir hors des rues où le guet passait. Surtout voir même plus encore avant tout lorsqu'il s'agissait des rues de Port-Réal. Ceux qui s'y risquaient se voyaient bien souvent qualifier, parfois à juste titre, d'inconscients par l'opinion publique. Au vu de cette légère description, il est donc tout fait possible de dire que le danseur d'eau était un parfait inconscient, farci de naïveté même. A cette heure plutôt tardive il se trouvait en effet sur les quais du port, leur longueur semblant faire bien piètre mesure par rapport à l'immensité de la Baie de la Néra. Confortablement assis à la table d'une gargote animée, il savourait avec quelques marins une choppe de bière globalement acceptable tout en picorant des encornets passés au grill. Des quatre qu'ils étaient à la table, tout le monde pouvait dire qu'ils semblaient particulièrement détendus. Conclusion tout à fait juste au vu du fait qu'ils venaient juste de revenir de Pince-Isle où ils avaient convoyés un chargement de bois du Bief, un voyage assez rapide mais rendu quelque peu aléatoire avec l'arrivée de l'automne. Cela faisait d'ailleurs longtemps que le spadassin n'avait pas fait l'escorte d'un esquif aussi le voyage avait-il été tentant. Plusieurs jours durant il avait repensé aux nombreuses traversées maritimes qu'il exécutait entre Braavos et les sept couronnes. Ce ne fut qu'une fois revenu, posant les pieds sur les quais de Port-Réal, qu'il arriva à effacer ce souvenir empli de nostalgie.

Son repas fini et sa choppe éclusée, Lotho prit congé de ses compagnons de voyages, ayant avant tout pour but de rentrer maintenant à la Halte Ombragée. Retrouver les bons soins de Galt et un lit douillet était un objectif en soi, mais nulle doute qu'il ne trouverait pas le sommeil rapidement. Ce repas lui avait redonné un coup de fouet, assez pour profiter de la douce brise du soir qui circulait dans les rues, après plusieurs jours en mer lui avait donné une grande tolérance à la senteur des embruns et de la poiscaille. Armement parfait pour apprécier la simple douceur de la nuit et se laisser aller à quelques digressions mentales sur n'importe quel sujet tout en rentrant tranquillement.

Alors qu'il tournait à gauche au carrefour de quatre venelles il entendit un son qui le fit sortir de sa douce rêverie. Une voix même pour être plus précis, qu'il connaissait très bien mais dont les mots le choquèrent particulièrement. Manifestement Alrik Mallery, commandant des dents de freux et éminent camarade de jeu du spadassin invectivait tel le stentor local. Il sommait à quelqu'un de revenir rapidement, qualifiant la cible de son ire de maraud. Par réflexe Lotho se retourna tout en préparant mentalement sa défense en une introduction, trois actes et une conclusion à ouverture. Sa vitesse lui permit juste de voir une silhouette ressemblant trait pour trait à celle du capitaine sans son armure tourner à l'angle d'une rue, il semblait bien qu'il n'en avait pas pas après lui pour ce soir. Cependant l'occasion était bien trop belle pour la laisser passer, surtout depuis le temps que Repentance n'avait pas compté fleurette à Fraternité dans un échange qu'il estimait tout à fait cordial, même si il en demeurait forcément sérieux. Sans réfléchir il s'élança à travers les ruelles pour retrouver avant tout la personne qui avait causé du tort au commandant. Dans les cas les plus généraux, les malfrats qui officiaient aux alentours du port avaient une bonne connaissance des ruelles, notamment pour s'en sortir en cas de course-poursuite.

Courant à toutes jambes au travers des chemins sinueux et malodorants de ce quartier, Lotho tentait de se figurer mentalement le plan des lieux. Certains points restaient des passages obligés en tous cas, pour la plupart il s'agissait de placettes et autres fontaines publiques à la qualité douteuse. Tournant à sa droite pour dévaler la venelle aux cent marches, tristement célèbre pour le nombre de vols avec violence s'y étant déroulés à une époque, il aperçut au bas de ce passage la silhouette d'un homme en train de courir tout en regardant derrière lui. Forçant le pas tout en prenant parti des nombreuses ombres qui voilaient les ruelles, Lotho s'intercala dans la course poursuite pour rattraper une partie de son retard. Il était maintenant temps pour lui de commencer à jouer au chat et à la souris, pensée qui lui traversa l'esprit en même temps que son visage prenait un air malicieux et carnassier.

L'homme devant lui semblait paniquer à l'idée qu'un nouveau poursuivant soit à ses trousses et commençait à commettre de nombreuses erreurs sur son parcours. Le danseur d'eau quand à lui préféra ne pas l'arrêter immédiatement et passa par une petite impasse dont le mur final, d'un peu moins de deux mètres, donnait sur une rue qui lui permettrait de couper la route du fuyard. Forçant son allure, Lotho apposa deux pas sur le mur avant de s'agripper à son sommet et de se hisser au niveau supérieur. Tapi dans l'ombre il attendit sa cible patiemment, en profitant pour reprendre son souffle. Bien entendu son analyse pouvait être totalement fausse, mais le spadassin avait eu tellement de mésaventures dans ces sombres quartiers qu'il en venait à connaître quelque peu le modus operandi de ces canailles. Cette fois-ci il ne s'était pas trompé et pu entendre arriver les pas cadencés de sa cible. La vision d'un spadassin dague au clair surgissant d'une ruelle sur sa trajectoire fit manifestement beaucoup d'effet au fuyard, qui arrêta à moitié sa course pour faire demi-tour et emprunter un autre chemin. Satisfait de son effet, Lotho lui emboita le pas en passant encore une fois par une ruelle adjacente, avant de se retrouver quelques rapides foulées plus tard de nouveau dans le champ de vision de la proie apeurée qui lui servait de jouet cette nuit.

Ce manège dura quelques minutes encore, le danseur d'eau apparaissant tel une ombre dans les différentes ruelles qui composaient la trajectoire de fuite du malfrat. Tantôt déjà présent sur la placette où il débouchait, courant parfois juste derrière lui ou même encore à son encontre. Avec amusement, le spadassin tentait d'imaginer l'effroi qui devait peu à peu enserrer ce pauvre bougre piégé entre deux poursuivants. Cependant la course poursuite connut un rebondissement lorsque, saisissant un filet de pêcheur, Alrik réussit à immobiliser le malfrat. Observant cela depuis le coin d'une rue adjacente, emmitouflé dans l’accueillante pénombre nocturne, Lotho ne put s'empêcher de faire la moue. Il s'amusait tellement qu'il aurait bien continué quelques minutes supplémentaires, mais l'efficacité tout aussi expéditive que légendaire du commandant semblait maintenant clore cette promenade nocturne. Néanmoins curieux de connaître le fin mot de l'histoire, le danseur d'eau resta là pour écouter la discussion qui promettait d'être houleuse. Au final, il ne savait pas exactement ce qu'Alrik avait perdu dans l'affaire, d'ailleurs y avait-il seulement perdu quelque chose ?

Mais avant que le mystère qui nimbait cette poursuite s'éclaircisse, le ruffian arriva à agripper une corde qu'il jeta sur son imposant adversaire. Réflexe de fuite très bien exécuté, mais qui risquait bien de mettre un terme définitif à tout ce remue-ménage, ce qui aurait été bien trop pénalisant pour la curiosité de Lotho. Aussi se précipita t-il à nouveau pour retrouver le malfrat, sans s'amuser cette fois-ci. La perspective de ramener cet homme à Alrik était très amusante, il n'osait pas encore imaginer la tête que ce dernier ferait si il arrivait à le retrouver en premier. Usant de ses connaissances des ruelles, Lotho arriva à couper la trajectoire de sa cible au détour d'une ruelle peu lointaine. Face à face, les deux hommes se toisaient et le malfrat semblait bien ne plus avoir envie de fuir, à un contre un pensait-il peut être avoir une chance, calcul osé, mais pari somme toute logique. Il dégaina prestement un couteau et se mit dans une position de combat approximative qui laissa Lotho dubitatif tant le nombre d'ouvertures de cette garde restait flagrant.

Dégainant également sa dague, le bravoosi se mit en garde à son tour, attendant patiemment que son adversaire l'attaque en premier. Pressé d'en finir se dernier lui lança un coup de taille avec son arme sommaire, sans mal Lotho le para tout en profitant de cette occasion pour lui donner un coup de poing dans l'estomac. Surpris l'homme fit trois pas en arrière, le danseur d'eau quand à lui ne comptait pas lui laisser de répit, chargeant à son tour, il fit une première attaque de dague pour que son adversaire tente de la parer. De l'autre poing, il envoya un nouveau coup de poing destiné cette fois ci au nez de l'homme, qui ne put empêcher un cri de douleur de s'échapper. Dans un dernier geste, le spadassin laissa tomber sa dague pour agripper l'homme pour l'envoyer violemment contre un pan de mur. Sa proie assommée, Lotho ramassa sa dague avant d'entendre des pas rapides venir en sa direction, jetant un coup d’œil discret il eut le plaisir de voir que son meilleur ennemi de commandant arpentait également la ruelle.

Ravi de cela, il ramassa son colis et le jeta sur les pavés au devant d'Alrik avant d'observer la réaction du commandant. Manifestement méfiant, il avait mis la main sur la poignée de Fraternité ... Réflexe tout à fait logique dans cette situation, seul dans une ruelle sombre d'un quartier peu recommandé, face à une potentielle menace. Alrik demanda ensuite à son colporteur de malfrats de s'identifier, la surprise promettait donc d'être totale, ce qui était extrêmement agréable à entendre. Inspirant un grand bol d'air avant de l'expirer lentement, il épousseta quelque peu sa demie-cape pour être parfaitement présentable et s'avança enfin lentement dans la ruelle pavée où se trouvait le commandant. D'une voix enjouée et courtoise, le chapeau cachant la majorité de son visage, Lotho engagea la conversation :

- Vous me demandez qui je suis Commandant ? Voyons, vous le savez très bien ... Qui donc pourrait bien vous prêter main-forte durant une poursuite dans des ruelles boueuses, en dehors de votre service, de nuit, alors qu'il passait hasardeusement par là ? D'aucun m'appellent Providence, d'autre Samaritain ... Les personnes me connaissant peu m'appellent Danger ou bien encore Assassin. Tant de qualificatifs pour mes seules épaules, qui parfois je vous le concède, ploient sous la tâche.

Ne voulant pas que son interlocuteur commence à s'ennuyer devant trop de verbiages, ou bien encore parce qu'il l'avait reconnu. N'ayant alors plus qu'une seule envie : tirer Fraternité de ses draps pour le larder définitivement. Écourtant donc sa tirade, il finit par dire :

- D'autres par contre m'appellent Lotho Volentin, danseur d'eau de Braavos, rimeur, bretteur, hableur et paraît-il charmeur ... C'est toujours un plaisir de vous revoir Commandant, même si nous sommes là dans une situation que je n'imaginais pas arriver ...
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Alrik Mallery
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Message Lun 11 Juin 2012 - 18:39

Il put ouïr son soupir, le souffle de l'anonyme prédateur embusqué dans la pénombre – l'inconnu que l'on ignorait où placer dans l'opinion tant publique qu'individuelle. Intuitivement, les phalanges du freux étrécirent leur prise sur le pommeau de Fraternité, promptes à faire siffler la lame au moindre signe de danger. Les bons samaritains n'étaient que des chimères utopiques, il ne prêtait que peu de foi aux actes entièrement désintéressés, surtout en de telles circonstances. Que lui voulait le bougre qui venait d'intercepter le malandrin à sa place ? Une part de son pécule, peut-être ? Le cas échéant, la poiscaille aurait le temps de chancir avant qu'il ne lui octroie une seule piécette, une éventualité qui demeurait néanmoins conjecture jusqu'à preuve du contraire. Il entendit les pas s'approcher, entrevit les bottines et l'habit, puis enfin, ce chapeau qu'il aurait été apte à reconnaître parmi un millier. Alrik hésita un instant entre l'étonnement ou l'accablement, deux notions qui se joignirent alors que le danseur d'eau lui fit toute la démonstration de la prolixité qui était sienne. Sa faconde, il ne la connaissait que trop bien pour l'avoir moult fois entendue, un trait immanent au quidam qu'était Lotho Volentin, le fameux – le Braavosi. Oh que oui, il estimait l'ampleur de sa rhétorique prompte à avoir raison des esprits les plus étriqués, un danger en de nombreux sens et que la contingence aimait à le faire rencontrer de façon itérative. Pourquoi, par tous les Sept, pourquoi l'ensemble des aliénés au facile coup d'épée finissaient toujours par lui tourner autour. De quel anathème l'avait-on affublé à sa genèse pour que pas un jour de quiétude ne se passe dans son quotidien d'ores et déjà surchargé ? La punition de s'être drapé de plus de noblesse que ses origines ne l'auraient permis ? Pas un semblant d'idée, il se contentait de patienter jusqu'à ce que son vis-à-vis ait clôturé sa présentation qui fit l'élogieuse énumération des sobriquets qui lui étaient accordés. Il allait sans dire que ces surnoms n'étaient que les plus usités parmi tant d'autres, car plus d'une fois, fut-il cité dans des conversations sous des adjectifs fort moins bienséants. Encore récemment, la notoriété du quidam ne s'était pas redorée parmi les indénombrables factionnaires qui jalonnaient Port-Réal, rattachés à une noble famille ou non. Avait-il seulement conscience de l'épée de Damoclès dont la pointe lui chatouillait le sommet du crâne ? Le chevalier avait cessé de lui chercher des allégations, concluant que : Lotho ne pouvait être que Lotho, point final.

Au moins tombaient-ils en accord sur un fait : lui non plus ne s'était pas attendu à une telle issue, ni même à gaspiller son temps en une course poursuite qui l'avait éloigné de son chemin originel. Irréfutablement, l'avoir fait arpenter les quais au séant d'un misérable n'eut pas été suffisant à le ridiculiser. Pour autant, l'ironie avait-elle réellement sa place dans tout ceci ? Il doutait que son bon ami ait simplement été au bon endroit au bon moment, et le soupçonnait même d'être cette ombre vivace qui les avait talonnés sans se faire voir plus que furtivement. Si tel était le cas, il se demandait pour quelle raison s'était-il donc importuné à l'aider alors que le laisser à sa besogne aurait été une plausibilité tout aussi alléchante. Un moyen de se gausser, à nouveau ? Peu lui chalait.


« Fomentateur ou Fatalité vous siéraient tout autant, et je vous épargne encore les noms d'oiseaux. » Résigné, au fond, il corrobora. « Quand bien même. Je n'imaginais pas une telle situation prendre forme moi non plus, et certainement pas que vous soyez le bienfaiteur de ma soirée. Enfin... A cheval donné on ne regarde pas la bride, je présume. Merci pour l'intervention. »

Peu convaincu par ses propres tirades, il s'estimait néanmoins heureux que le maraud ait été arrêté, là était encore le plus glorieux. Une gloriole qui s'ajoutait à la liste des services mutuellement rendus, à force, il perdait le compte de leurs coalitions et celui de leurs escarmouches. Une dualité de circonstances qui l'empêchait d'apprécier le danseur à sa juste valeur ou, à contrario, de le haïr pour ses méfaits. Il était de ces énergumènes que le ser surveillait de temps à autre, sans possibilité de se dévouer à sa seule personne même si une enquête approfondie serait – il en était certain - particulièrement édifiante. Au moins avait-il l'intellect pour combler ses desseins en toute discrétion plutôt qu'à la vue de tout le monde, dans quel cas, leurs collisions se seraient faites d'autant plus nombreuses. D'ailleurs, que lui préparait-il encore ? Prétendre qu'il était serein en présence du braavosi aurait été mentir, à l'inverse, il se sentait contraint de rester aux aguets tant il lui prêtait peu de fiabilité. Ereinté de se demander sur quel pied il lui fallait danser, le sieur Mallery avait cessé toute valse avant d'en avoir le tournis. Pour autant, sa méfiance n'atteignait pas non plus les plus hauts sommets, si bien qu'il laissa Fraternité reposer en son fourreau, jugeant qu'il n'en aurait pas l'utilité à moins que Repentance ne réclame une embrassade. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas battus d'estoc et de taille, mais les querelles, le freux en avait bien assez comme cela. Au surplus, lui n'était pas vêtu de son armure, et donc non dans le rôle de Commandant comme l'avait plusieurs fois suggéré son interlocuteur. L'occasion de rétablir les choses.

« Inutile de me nommer par mon grade lorsque je ne suis pas en service, pour l'heure, je ne suis qu'un civil. Ser suffira amplement. » Lui permettre de l'appeler par son prénom sans préfixe lui était encore inconcevable, si leur entente était louable, il ne tenait pas à ce que tous deux omettent leur place et celle de l'autre. Puis, il s'approcha d'un couplet de pas, rictus en commissure. « A moins que vous ne vouliez user de l'un des quelques sobriquets qui me sont également donnés, certains pourraient rivaliser avec les vôtres. »

Il était vrai que lui non plus ne manquait pas de qualificatifs, quelques-uns élogieux de la part d'alliés, d'autres plus injurieux venant d'antagonistes même indirects. Un succinct ricanement s'échappa de son gosier, presque un soupir qui fut instantanément oublié lorsque son regard se posa sur le galbe du gredin. Celui-ci possédait encore une chose lui appartenant, qu'il avait bien l'intention de récupérer maintenant qu'il ne pouvait plus s'escamper. Ainsi, il le rejoignit et vida ses affaires pour récupérer son bien, son aumônière qu'il pesa grossièrement en la faisant sautillant dans sa paume pour en vérifier le poids. L'aubade de la monnaie bien pleine le rassura, à peu de choses prés, il était persuadé que rien ne manquait, et doutait que le pendard ait réellement eu l'opportunité de se servir. Ceci étant fait, il se redressa en réajustant convenablement sa bourse à son ceinturon, laissant le filou à son inconscience en espérant que ceci lui serve de leçon. A présent, un tout autre sujet gambillait dans son esprit, celui de comptes à régler avec le héros de cette nuitée. Ces derniers temps, s'ils s'étaient peu rencontrés dans la cité, le patronyme de Volentin ne lui était que trop revenu. Un nom bien trop adjoint au désagrément commun, et que nombre de seigneurs auraient souhaité voir croupir en geôle - au pire, baller à l'extrémité d'une corde entre des cépées ou sur la place publique. Quel étrange personnage, si controversé, amant de l'ombre et présent à tous les endroits, en particulier là où on ne l'attendait pas. Si Alrik commençait à s'y faire, cela n'en était pas moins incommodant pour le défenseur de l'ordre qu'il était.

Avant tout cerbère du Donjon Rouge, ce dernier lieu avait été visité de trop prés par le braavosi selon quelques sources sûres du capitaine. Une fois de plus, il ne comprenait pas pourquoi Shaïra s'amusait tant à aller à l'encontre de ses sommations, pourtant seulement destinées à lui épargner des déconvenues qu'une dame de son rang ne se devait pas de rencontrer. Ils en avaient eu le parfait exemple lors de leur récent conciliabule, soirée durant laquelle il s'en était fallu de très peu pour que la Seastar ne soit découverte les tripes à l'air. Encore aujourd'hui, le ser remerciait la Providence – et l'efficacité de ses sentinelles pour l'avoir mis au fait – qu'il ait fait irruption juste au bon instant. A quelques secondes de différence, il n'aurait été qu'impuissant et responsable de l'incident dont l'issue aurait été incertaine. Autant qu'il sache, le ménestrel qui avait osé la menacer était probablement décédé dans sa cellule, aux bons soins des Manteaux d'Or. Lotho ? Fortuné de ne point avoir croisé le commandant des freux dans les corridors, une occurrence qui lui aurait été fortement déplaisante. Malgré cela, sa présence n'avait pas échappé aux soldats du dit freux qui en avaient informé leur supérieur sitôt celui-ci réapparu. Alrik, quant à lui, n'y avait fait aucune allusion lors de ses conversation avec sa précieuse amie, jugeant futile de lui faire savoir qu'il était au courant de ses messes basses. En revanche, le braavosi lui, n'échapperait pas à son mécontentement, et puisqu'ils n'étaient que tous deux entre les caissons de pêche malodorante – car non, il est pas frais son poisson ! - une requête d'explications lui semblait opportune.


« A dire vrai, vous tombez à point nommé, mon cher " rimeur, bretteur, hâbleur et parait-il charmeur " ami. » A nouveau, il avala une partie de la distance qui les séparait, se postant devant le danseur d'eau. « Lotho. » Prononça t-il, pour la forme, les yeux plissés en sa direction. « Je n'aime pas que l'on rôdaille sur mon territoire sans ma bénédiction. Dans un lieu clos, même immense, tout ou presque fini par se savoir lorsque l'on occupe un poste comme le mien. »

Le spadassin comprendrait aisément ce dont il retournait, sa visite à la Grande Bâtarde, le bastion royal dont il était le protecteur. Par-delà ce rôle, Shaïra lui était plus que précieuse, telle une seconde petite soeur qu'il condamnait – peut-être plus qu'il ne le pensait – de sa possessivité.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Mar 19 Juin 2012 - 17:57

La façon qu'Alrik avait de lui dire bonsoir était particulièrement originale se dit Lotho, tandis que l'ancien roturier devenu noble ajoutait à la liste des qualificatifs du braavosi fomentateur ainsi que fatalité. Le spadassin aurait bien aimé répondre qu'il ne pouvait pas, en tant qu'être humain devenir une fin en soi inéluctable devant laquelle l'on devait courber l'échine et accepter son sort. Mais l'heure n'était pas à ses tergiversations orales, car tout bavard qu'il était le danseur d'eau savait respecter un équilibre du temps de parole, sommaire mais certain. Son interlocuteur arborait un air résigné que l'esprit taquin de Lotho trouvait du plus bel effet au sein de cette nuit décidément pleine de surprises. En réponse, le noble lui concéda qu'il n'imaginait pas qu'un tel tourbillon d’événements s'abattrait sur lui et encore moins que son bienfaiteur nocturne serait incarné par l'homme qu'il avait certainement le plus pourchassé et gracié au sein de la cité Royale. Enfin et sans changer d'expression, avec la plus élémentaire des convenances il remercia le danseur d'eau. Ce dernier ne put empêcher son sourire de s'agrandir, il était surpris de voir que ce remerciement n'avait pas déboîté la mâchoire de son auguste compagnon de jeu. Se forçant, sans grande réussite, à dissimuler derrière un ton courtois le rire qu'aurait pu lui arracher ce simple mot il répondit :

- Les rues de cette partie de la ville sont le plus souvent pavées de malchance durant la nuit, mais cela n'est pas à vous que je l'apprendrais. Cette situation fut d'autant plus étonnante pour moi que, rentrant dans mes pénates, je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un de votre statut dans ses rues. Vous les connaissez pour autant, une aide non négligeable mais la curiosité était bien trop forte pour que je tourne simplement le dos à cette scène. En développement de ce constant, vous conviendrez qu'il n'aurait pas été honnête de ma part de simplement suivre la course poursuite sans pour autant intervenir ...

Encore une fois il avait été particulièrement éloquent quand aux raisons qui l'avait motivé à se rendre complice de cette cavalcade au sein des ruelles étroites du quartier portuaire. A défaut de ne pouvoir faire court, le spadassin avait pour autant l'avantage de savoir expliquer clairement son point de vue, une qualité qui l'avait souvent sortie des pires ennuis. Le commandant quand à lui avait repris la main quand aux distributions de mots, précisant que le présent qualificatif était erroné dans la situation actuelle. N'étant pas en service, il ne portait pas le titre de commandant, logique légèrement absurde qui ne manqua pas de faire hausser à Lotho un sourcil étonné. Si lui et non point un autre avait été honoré par ce titre et les fonctions qu'il attribuait, en quoi ne pas porter une simple armure l'en privait-il ? Peu familier des attributions militaires et de leurs limites au sein des sept couronnes, le danseur d'eau n'en restait pas moins dubitatif. A quoi servait-il d'attribuer une charge si elle se limitait simplement à des patrouilles ainsi qu'au commandement d'une troupe ? Etait-il donc d'usage dans ce pays de compter sur les compétences plus que sur l'humain, ou bien encore peut être sur d'autres outils dont il n'avait pas idée.

Toujours était-il qu'étant habitué à ce que les titre soient attribués à vie et sans possibilité de retrait, à l'instar de son propre titre de danseur d'eau, le braavosi avait du mal à saisir la finalité de cette précision, mais soit. Son interlocuteur conclut cette demande en lui précisant que le simple titre de Ser suffirait amplement à leur conversation actuelle, différence qui commençait à légèrement embrouiller l'esprit du spadassin dans un méli-mélo de termes dont il n'avait pas coutume. La suite des paroles d'Alrik sortirent le spadassin de ce léger encombrement d'incompréhension dans son esprit tandis que le noble lui précisait, rictus en gorge comme aux lèvres tout en s'approchant qu'il accepterait tout autant un autres des sobriquets qu'on lui attribuait au sein de la capitale. Le sourcil haussé de Lotho revint à la normale tandis que son air amusé disparaissait lentement au profit d'un regard plus noir et concentré.

Que cherchait son noble meilleur ennemi en lui adressant cette fausse boutade ? Certes il aurait pu tout à fait piocher dans la musette de surnoms qu'on affublait à cet homme, mais quel en aurait été l'intérêt ce soir, perdu dans une ruelle malodorante, sinon de provoquer sa colère. Face à nombre de ses autres partenaires de duels, une telle pique n'aurait pas pu vouloir signifier autre chose, mais le bretteur qui se trouvait en face de lui était bien loin de ne pas avoir de jugeote. Ils n'avaient pas escrimés depuis un certain temps certes, mais le danseur d'eau aurait été bien étonné de savoir que cela lui manquait.

Préférant ne pas envenimer les choses il garda un silence presque religieux, loin de se décomposer face à un simple rictus, Lotho se rendait soudain compte que bien qu'il ait souvent affronté l'homme qui lui faisait face, ce dernier ne l'avait jamais provoqué. Ou en tout cas pas assez pour qu'il sache juger de l'épaisseur de ses menaces voilées. Erreur de jugement qui pourrait peut être un jour lui coûter cher. Dans ces conditions, autant retourner à une observation silencieuse de cet homme malgré tout dangereux et dont les réactions pouvaient encore lui être mystérieuses. "Calme comme l'eau qui dort" et "Un danseur d'eau voit avec tous ses sens", deux des axiomes que n'avaient eu de cesse de lui répéter ses maîtres ... Revenir aux bases était bien souvent nécessaire et dans ce cas particulier en devenait même obligatoire.

Suivant du regard Alrik, le danseur d'eau gardait une attitude neutre alors qu'il récupérait son dû dans le pourpoint de l'infortuné voleur qui avait croisé leur route. Il était parfois bien malheureux de se lancer dans une carrière de truand au sein de Port-Réal, tant les personnes débrouillardes pouvaient parfois abonder au détour des ruelles comme des escarcelles. Toujours était-il que le commandant des dents de freux soupesait avec un air satisfait son aumônière, avant de se relever et d'en refaire sa propriété. Avec le temps Lotho espérait que cet homme prompt à juger les malandrins aurait compris que lui même n'était pas un voleur, même si certaines de ses actions pouvaient en effet le laisser parfois penser. A titre personnel il préférait se voir à l'instar des valeurs de gentille roublardise et de camaraderie qui existaient en Braavos, un gentilhomme extravagant. Mais ce genre de principes n'étaient pas communément admis dans son pays d'adoption.

Le paysan devenu noble par la force des choses lui adressa à nouveau la parole, tirant Lotho des turpitudes intellectuelles dans lesquelles il s'engouffrait encore. L'observation et la méfiance semblaient avoir quelque peu rouillées ces derniers temps au sein des réflexes de survie du danseur d'eau. Erreur dont il prenait conscience et qu'il devrait s'efforcer de corriger au plus vite. Recentrant son écoute envers son interlocuteur, il remarqua que ce dernier semblait lui avoir précisé qu'il tombait bien, voilà encore une surprise qui couronnerait presque cette soirée et le spadassin était impatient de savoir pourquoi. L'air bien plus sérieux que précédemment, il expliqua à mots grossièrement couverts que l'incursion qu'avait pratiqué le spadassin au sein du Donjon Rouge l'avait particulièrement irrité. Il précisa que sa fonction lui permettait de savoir tout ce qui se passait dans l'enceinte de cette merveille d'architecture, ce qui semblait tout autant logique qu'étant un gage d'efficacité.

Mais là n'était pas la question, l'homme qui faisait face à Lotho était en train de le sommer de s'expliquer sur les raisons qui l'avait conduit dans l'édifice qui abritait le pouvoir royal. Force était de concéder que la question était légitime, d'autant qu'il devait donc certainement savoir que c'était pour rencontrer la femme la plus renommée du royaume. L'espace d'un instant il hésita à enjoliver sa réponse, mais cela ne serait aucunement utile face au commandant des dents de freux qui savait certainement dissocier mensonge et vérité, même parmi les plus travaillés. De plus Lotho n'avait fondamentalement pas envie de s'embarquer ce soir dans un récit fantasmé. Lachant un soupir, le spadassin enleva son couvre chef avant de s'adosser à l'un des murs de la ruelle où ils se trouvaient. La situation pouvait être dangereuse pour lui et il en était conscient, autant tenter la carte de la franchise, tout en espérant que l'absence d'armure chez son interlocuteur avait libéré une partie de sa capacité de compréhension. D'une voix claire et formelle, le spadassin entama son explication :


- Force est d'avouer que cet évènement a certainement du vous paraître étrange tout autant que culotté. Les évènements que vous évoquez se sont déroulés voilà quelques semaines, mais je ne m'attendais pas pour autant à ce que vous en preniez ombrage ... Dans le faits je n'ai fait que répondre positivement à l'invitation que m'avait fait parvenir Lady Shaïra De Lys. Il fallait que je quitte la ville le lendemain, pour escorter un convoi de marchands s'en allant vers Vieilleville ...

Tout en dissertant, Lotho cherchait à bien choisir ses mots. Alrik avait en effet du être assez blessé dans l'honneur de sa charge en apprenant que l'espiègle danseur d'eau avait réussi à s'introduire dans son pré carré. Quittant l'appui du mur, il remit son couvre chef avant de continuer son explication en appuyant ses paroles du mouvement de ses mains.

Comprenez Ser Alrik que pour quelqu'un comme moi, amateur de poésie et écrivain à ses heures, la simple invitation de cette auguste personne était à la fois tout autant un rêve qu'une chimêre. Certes le fait d'entrer au Donjon Rouge ne m'assurait pas de ne pas vous croiser au détour d'un couloir, mais je pensais alors que cette invitation était tout à fait légitime et qu'elle ne vous causerait pas un tel ombrage. Ma foi, je me suis fourvoyé à ce sujet, veuillez m'en excuser ...

Se replaçant face à son interlocuteur il eut un léger sourire, sans narquoiserie ni aucune forfanterie, un simple sourire accompagné d'un regard sincère. Une expression qu'il était rare de voir chez lui, mais qui faisait pourtant bien parti de celles dont il lui arrivait d'user, quand il voulait s'assurer que l'on comprenne bien ses mots.

- Mais je ne le regrette aucunement. Voilà longtemps que je n'avais rencontré personne avec une telle culture, un sens de la poésie et des finesses de l'esprit que nombre de mestres pourraient je pense envier. Nous avons passés l'après midi à disserter, je lui ai parlé de Lys, des Cités Libres, récité poèmes et contes. Elle désirait également avoir ouvrage à compulser sur le sujet, aussi me suis-je permis de lui communiquer l'adresse d'un enlumineur de qualité que l'on trouve dans mes terres d'origines. Une rencontre inattendue que je qualifierais bien volontiers de plaisante et amicale, bien au delà du rôle d'échanson que certaines autres rencontres avec la noblesse m'ont obligé à endosser. Et, quitte à finir de m'exposer à vous, j'ajouterais une seule chose ...

Quittant son air sincère et courtois, il arborait un visage durci non par la colère mais par une sorte d'expression à la fois blessée et ombrageuse. Faisant face, immobile comme un roc, au commandant des dents de freux, il conclut d'une voix agacée :

- Je comprendrais que vous n'aimiez pas cette version, mais il s'agit là de la plus pure des vérités. Ne pas l'accepter à défaut de la trouver plaisante serait une insulte que mon honneur aurait certainement du mal à tolérer. Et avant que vous vous emportiez, sachez qu'il s'agit là d'une simple précision, la preuve : Repentance est à cette heure endormie du repos des justes dans son soyeux fourreau, il lui déplairait autant qu'à moi de la réveiller en sursaut.

L'ambiance pouvait, au vu d'un observateur extérieur, paraître assez tendue pour qu'un duel en découle. Mais si il y avait une chose au sujet de laquelle Lotho espérait bien ne pas se tromper concernant son meilleur ennemi, c'était bien qu'il n'appréciait pas d'entamer un duel envers quelqu'un d'honnête. Cela nécessitait de lui faire confiance, mais si les choses empiraient le danseur d'eau se savait à même de pouvoir se défendre, bien que cette explication et les réponses qui en découleraient titillaient avec insistance sa curiosité.
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Alrik Mallery
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Message Ven 22 Juin 2012 - 22:13

Si la prolixité avait été une arme – ce qu'en un sens, elle était – Lotho en serait la toute puissante déité. Etait-ce là un trait immanent à ses lointaines origines ? Il était l'unique bravoosi à avoir jalonné son chemin, la seule figure à laquelle le freux pouvait s'identifier pour conjecturer sur toute une patrie. Cela en était d'autant plus grotesque que l'essence d'un peuple ne pouvait se circonscrire à la flamme d'un individu. Pour autant, il ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur les moeurs de ces gens, sur les influences ethniques qui avaient fait du danseur d'eau ce qu'il était. Il était mieux placé que quiconque pour concéder que si un quidam n'était pas toujours un pur produit de l'environnement dans lequel il s'était épanoui, certains dogmes demeuraient – certaines caractéristiques étaient sempiternelles. Force était de constater que son interlocuteur n'avait rien de cette insipidité que l'on dénichait en de nombreux éléments de Westeros, raison pour laquelle il ne s'était qu'à peine surpris de l'intérêt que pourrait lui témoigner la lady Shaïra. Il ne la connaissait que trop pour savoir qu'elle estimait la singularité et plus que sûrement, la préciosité d'une prose venue d'ailleurs. Un exotisme qui ne pouvait que fasciner, aussi doutait-il que quelque part dans le monde puisse se trouver un second Lotho tant celui-ci exaltait l'unicité, hâlé d'inconvenance mais d'authenticité. En effet, aucun terme ne fut soupesé d'artifice, bien que tous fardés d'une grâce volubile qui le laissa coi. Il ne lui semblait pas que le spadassin n'ait même un instant nourri l'éventualité de lui voiler une vérité dont il était, de toute façon, déjà au fait. Au fond, il prit conscience que sa requête d'explications n'avait été que vouée à panser son orgueil meurtri plus qu'à s'assurer que tout n'eut été que concorde entre la dame et le poète. Néanmoins, il prit promptement conscience qu'aucun discours qu'importe sa nature n'aurait été apte à estomper l'amertume qu'il avait en bouche, de laquelle il ne ferait fi qu'avec le temps. Mais il n'en fut pas moins attentif, suivant minutieusement chaque mouvance du conteur tel un félin aux aguets, comme s'il eut craint que sa proie était susceptible de lui échapper. Finalement, il lui avoua que son intention n'avait nullement été de l'écorcher vif au coeur de son propre territoire qu'était le Donjon Rouge, sa résolution n'avait décidément et seulement été inspirée par un conciliabule avec la Seastar. Qui s'en étonnerait ? Quel homme ne se damnerait pas pour être le béni chaland de ses oeillades aux teintes polychromes ? Naguère, il avait lui même fait partie de ceux-ci, avant de s'accoutumer au coudoiement de la muse de vénusté, sans pour autant déprécier sa compagnie. Alors, il comprenait.

Le fomentateur de troubles entreprit ensuite une pléthore d'adjectif faisant tous l'éloge de la sylphide dont il était là question. Chaque flatterie contribua à faire plisser les mirettes du commandant qui, dans une marotte corporelle qui lui était propre, redressa lentement le menton en l'observant. Qu'un fieffé coquin fasse de tels louanges à une dame qu'il estimait avec tant d'ardeur l'incommodait, sans qu'il n'ait légitimement le droit de l'être. Son opinion du danseur d'eau n'était pas suffisamment tranchée pour qu'il puisse sereinement endurée une contiguïté avec sa précieuse amie – sa propension de se ronger les sangs pour peu était à la hauteur de sa notoriété. Outre cette indisposition, il ne put qu'avérer ses propos, ayant lui-même était un élève de la belle il y avait fort longtemps. Elle lui avait appris à lire et à rédiger, mais bien au-delà, lui avait donné goût à la noblesse et à ce qui s'y apparentait le plus. Elle n'était indéniablement pas de ces rombières pédantes qui profitaient oisivement de leur condition, et dans son cas, de ses charmes à tout bout de champ – du moins, pas de façon excessive. Intarissable source d'inspiration pour tous les chantres du continent, et vraisemblablement, la quintessence bravoosi n'y était pas transparente. Plus sensible néanmoins, le sens de la dignité du spadassin qui se trouva en proie à la contrariété et dont l'expression physionomique changea du tout au tout. Interloqué par cette mutation béhavioriste qui aurait pu se rapporter à une simple démence, il lui offrit de rondes prunelles. Que lui valait donc ce soudain retournement de situation ? Il subodora que son interlocuteur n'avait point apprécier de se faire ainsi quémander des justifications, et la simple hypothèse que le ser ne remette sa parole en doute l'offusquait au plus haut point. Il était vrai, qu'en dépit de ses facéties, Lotho était inéluctablement l'un des hommes les plus férus d'honneur qu'il lui avait été donné de rencontrer. Le ton donné, et une fois la raison de son obscurcissement comprise, Alrik fut pris d'un succinct ricanement en déviant son regard sur un quelconque élément du décors, incrédule. Il ne se gouaillait pas, loin de là, il était seulement amusé par ce trait de caractère qu'il reconnaissait pour s'y être déjà confronté.


« Cela fait fort longtemps que Repentance ne m'a point accordé de danse, je m'étonnerais presque que la gracile ait si longtemps pu réprimer cette envie de se montrer ostensiblement. Si je ne vous connaissais pas Lotho, je jurerais que vous voudriez valser d'estoc et de taille. » Et pourtant, en dépit d'une hypothétique et mutuelle sympathie, il le soupçonnait d'être effectivement désireux de tirer les armes. Non pas pour en découdre par l'hostilité, mais bien parce qu'ils étaient deux hommes de bonne trempe, qui appréciaient un duel loyal et bien mené. « Il serait fâcheux que nous en arrivions à réveiller nos fidèles, je n'avais guère l'intention de prendre ombrage de vos propos ni même d'en remettre la véracité en cause. » Ses phalanges tapotèrent successivement et par deux fois le pommeau de son épée, dans le seul dessein de la faire remarquer. « Néanmoins, il est évident que Fraternité dansera si l'invitation s'illustre de votre main. »

A bon entendeur. Alrik ne courbait jamais l'échine face au défi, et tous ne pouvaient se vanter avoir croisé le fer contre et en compagnie d'un danseur d'eau. Si leurs lames devaient chanter leur oraison ici et maintenant, dans cette venelle en ces prémisses de nuitée, il n'y rechignerait pas bien que sa préférence penchait vers le dialogue plus que l'escrime. Dans tous les cas, il ne désirait pas entamer de lui-même une quelconque escarmouche à moins qu'il n'y soit contraint, mais encore pouvait-il lutter contre les brimades fréquemment infligées de son compère de péripéties urbaines. D'une vision somme toute générale, tous deux savaient approximativement à quoi s'en tenir vis-à-vis de l'autre, bien qu'ils continuaient de réciproquement se jauger. Par ailleurs, ils demeuraient face à face, leurs prunelles croisées dans un jeu de dignité et de franchise. Contrairement à ce que l'on pouvait imaginer de visu, ils ne se cherchaient pas fatalement querelle – en réalité et dans un contexte plus lyrique, ils évaluaient la profondeur de leurs âmes. Les Sept seuls savaient ce qu'ils y découvriraient, mais pour le moment, la curiosité l'emportait sur leurs disparités. Un instant de sibyllin mutisme qui fut subitement interrompu par les râles du malandrin qui gisait encore sur le sol, simplement pris d'un accès de présence qui ne suffit pas pour chasser les étoiles que le bretteur lui avait faites voir. Le chevalier l'observa soubresauter de quelques spasmes, amusé par le déplorable état du maraud. Désormais de profil à Lotho, il profita de cette distraction pour reprendre la parole.

« A dire vrai, ce sont d'avantage les circonstances par lesquelles vous avez été mandé que votre intrusion qui... M'indisposent. J'avais bassement espéré que vous useriez d'une quelconque allégation qui m'aurait ployé le bien-fondé de vous en tenir rigueur. Ce n'est pas le cas, je constate que votre authenticité demeure intègre. » Il admettait le sombre but pour lequel il l'avait interrogé et auquel, finalement, il renonçait. « Je m'y conformerai malgré moi. »

Malgré lui, car s'il avait eu matière à se venger, il l'aurait fait. Cependant, les choses étaient autres, si ce n'était s'introduire dans l'enceinte du Donjon Rouge sans autorisation de la part d'une autorité agréée, il n'était qu'innocent. Bien que cette vérité lui écorchait les lèvres, Shaïra était la principale fautive de cette incursion en territoire royal. La dernière fois qu'il s'était trouvé en sa compagnie, il l'avait vitupérée tel un pater envers une capricieuse donzelle – un peu comme il l'aurait fait pour Yevana. Si, de tout son soûl, il souhaitait qu'elle ferait bon usage de ses conseils et demandes, il n'en demeurait pas moins sceptique quant à la conclusion. Elle n'avait jamais écouté que ses lubies, pourquoi cela changerait-il à présent qu'elle avait un danseur d'eau pour lui conter fleurette ? Il préféra faire fi de cette affaire au risque d'y délaisser une part de ses méninges en effervescence. A son tour, il jugea opportun de se pavaner un peu, s'essayant à quelques pas jusqu'aux abords d'une caisse sur laquelle il installa son séant. Il prit conscience qu'il était dans la plus totale ignorance de la ruelle dans laquelle ils se situaient, s'étaient-ils démesurément éloignés de leur point d'origine, là où il s'était fait subtiliser son aumônière ? Une histoire qui, par ailleurs et après celle de Barra, allait être une nouvelle fois cocasse à narrer à ses proches. En côtoyant le bravoosi de façon prolongée, il flirtait avec la contingence et pas des meilleures. Les derniers ouï-dires qui se susurraient parmi l'élite seigneuriale avaient pour cible un certain danseur d'eau, et, de loin, n'encensaient pas sa réputation. Le freux était intimement persuadé qu'il tenait le coupable qui avait estropié une imposante partie de la garde d'un noble sieur de ces terres. Diverses versions étaient relatées selon les conteurs, toutes cependant convergeaient dans l'accusation d'un spadassin ayant galvaudé une chaste jouvencelle. Faits ou calomnies ? La distinction n'était point toujours évidente.

« Puisque la faconde semble vous être innée et pour ne pas dévier de la tranchée de notre conversation, il y a un racontar pour lequel il me serait plaisant d'entendre votre verve. » Il croisa les bras, prêt à édifier le décors. « Les déconvenues d'un vassal à sa majesté prolifèrent dans l'entièreté de la cité, et bien au-delà. Une véritable avanie pour le lord Obrassadh qui a vu sa garde personnelle rudoyée – que dis-je, décimée par une trinité d'éhontés dont l'un des quidams se serait octroyé quelques libertés avec sa fille. »

Plus ou moins exhaustif dans ce bref récit, il avait soulevé les points les plus substantiels pour renseigner le bravoosi sur ce qu'il savait. S'il n'avait que peu de doute sur l'implication de ce dernier, en revanche, il ignorait tous du binôme qui avait semblé l'accompagner dans la mêlée. De source fiable, il savait seulement qu'il était question d'un homme, puis d'une femme. Les galapiats n'étaient pas en voie d'extinction dans Port-Réal, mille et une plausibilités sur les identités de ces anonymes qui avaient également leur part de responsabilité à assumer. A l'entente de cette rumeur dont il avait personnellement cherché à confirmer la véracité, il s'était montré particulièrement prudent quant à l'opinion générale. A dire vrai, il avait grand peine à illustrer le danseur d'eau dans la scélératesse d'une profanation, corporelle ou quelle qu'elle fusse. Une perspective qui lui apparaissait comme fallacieuse, simplement énoncée pour créditer la thèse d'une ignominie d'origine roturière et ainsi assurer ce qu'il restait d'amour-propre au sir écorché. Un avis rangé qu'il se garda pourtant de partager avec le principal concerné, ne voulant guère l'influencer dans la réponse qu'il préparait déjà sûrement. Au contraire, après la réaction dont il avait antérieurement témoignée, il serait intéressant de le laisser conjecturer sur le camp auquel le freux pouvait appartenir. Après tout, n'avait-il pas une figure d'autorité publique, en guise d'interlocuteur ? C'est ainsi que, dans un mimesis emphatiquement frivole – comme si leurs places s'étaient pour une fois permutées – il précisa.

« L'on dit que l'une de ces canailles serait un bravoosi, un certain danseur d'eau aux proses aussi affûtées que sa lame. »

Il le guigna presque innocemment, une mince risette conglomérée aux lèvres, un air prouvant qu'il n'était pas des plus aisés de distancer le Commandant des Dents de Freux en matière de déboires populaires - et que lui non plus, n'était pas en mal de poésie.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Mar 17 Juil 2012 - 17:08

Lotho ne se détachait aucunement de son air sérieux, non point parce qu'il ressentait une réelle blessure au plus profond de lui même. Mais avant tout parce qu'il espérait voir et entendre le commandant reconnaître que bien qu'étant légitime, sa question manquait de finesse aux entournures. La possibilité d'un duel que le danseur d'eau offrait ainsi comme sur un plateau en jouant le parangon d'honneur vexé mettrait peut être un terme à la discussion ce qui n'aurait pas totalement déplu au spadassin, qui commençait à s’inquiéter un peu de ce besoin qu'avait le commandant de poser des questions sur ses agissements en ville. Il n'avait pas vraiment été sage comme une gravure ces derniers temps, bien que pour la plupart des activités dans lesquelles il avait trainé dernièrement se trouvait une raison parfaitement justifiée et capable de l'innocenter.

Main ferme sur la poignée de sa vieille et fidèle rapière, il attendit la réaction de son potentiel adversaire avec une attention toute particulière. Le léger rire incrédule qu'il arriva à tirer d'Alrik manqua de le dérider également, tant la situation à la fois inhabituelle pour eux et improbable de part les statistiques l'amusait au plus haut point. Le noble commandant reprit la main sur le temps de parole pour concéder qu'ils n'avaient pas eu d'escarmouches depuis quelques temps déjà, ce à quoi Lotho ne pouvait que se conformer. Ce dernier n'aurait jamais refusé un duel si jamais la rencontre devait se terminer ainsi, mais pour l'heure il préférait amplement l'idée d'user de mots au lieu de lames dans la situation actuelle. L'ultime précision du commandant sur la disponibilité de Fraternité quand à l'idée d'une altercation plus musclée arracha enfin un léger sourire au danseur d'eau qui se détendit rapidement. Amusé par l'échange qu'ils venaient tout deux d'avoir Lotho répondit avec malice :


- Nos chères amies sont couchées, il ne serait pas courtois de les réveiller pour le simple plaisir d'une escrime souple et nerveuse, empreinte de courbes, volutes et autres délicats mouvements parfois saccadés et à d'autres moments bien plus emprunts de finesse ... Évidemment, présenté ainsi cela donne envie de s'essayer à cette gymnastique du corps, mais qui sait ce que l'heure tardive et le sommeil profond de ces deux demoiselles pourrait bien nous réserver comme coup du sort ...

S'appuyant contre une caisse, le spadassin semblait bien plus détendu, tout en continuant de répondre au commandant des dents de freux :

- J'osais espérer qu'en effet vous n'ayez pas l'ombrage aussi prompt que ce que certains pensent de vous. On aurait pu croire le contraire si l'on prête l'oreille à certains de vos détracteurs, mais fort heureusement je ne prête l'oreille à leurs ragots que pour me gausser de leur propre manque de jugeote. A croire que les quais du port ont pour mortier le bon sens inutilisé d'une grande partie de la population.

Conclut-il d'une voix qui ne laissait planer qu'un léger ton attristé, la roture de ce pays semblait tellement encline à courber l'échine pour un oui ou pour un non qu'elle en oubliait la plus élémentaire des notions de survie : ce satané bon sens. Un léger flottement dans l'air, un moment de silence dans la nuit de Port-Réal, voilà dans quoi se lovait maintenant leur rencontre. Ce silence permit à Lotho de s'interroger sur la suite des évènements, voilà maintenant quelques temps qu'ils ne s'était pas vu et il ne savait pas si c'était les circonstances ou l'absence d'uniforme chez Alrik qui leur permettait cette proximité à laquelle ils n'étaient ni l'un ni l'autre habitué. Le danseur d'eau eut un léger sourire en pensant à la main mise du hasard sur cette rencontre, il s'agissait là d'un compagnon de route pour lui, à l'humour toujours ironique et dont il finissait par se délecter des frasques.

Les élucubrations silencieuses du danseur d'eau furent interrompues par un râle confinant au soupir embrumé par le sommeil et la douleur du malandrin qu'il avait cueilli au vol. Un sourcil haussé, Lotho se rappela que cette loque humaine posée par terre était avant tout son œuvre. Même si il en était conscient, la fulgurance de cette petite lutte ne lui avait pas permis de prendre toutes la mesure des dommages causés à son adversaire. Encore une fois ses réflexes avaient étés prompts à l'action et lui avait permis d'en finir rapidement avec ce pauvre voleur à la tire qui n'avait au final que tenté de faire son travail. Un élan de compassion dont Lotho n'était pas sûr qu'il serait partagé par le commandant, dont la bourse avait d'ailleurs été dérobée ...


Toujours était-il que cette interruption inattendue avait le don de dérider tout autant le danseur d'eau que son interlocuteur, tout du moins lui semblait-il. Il distinguait en effet un léger sourire dans la pénombre de cette ruelle qui finit par le conforter dans ses observations, de plus cet évènement inattendu mais somme toute logique sembla redonner au chevalier le goût des mots et de leur usage. Intrigué, un fin sourire aux lèvres, il écouta poliment la nouvelle question de l'homme d'honneur qui se tenait de profil face à lui. Avant de la poser, il s'excusa d'avoir ardemment voulu que l'intrusion qu'avait fait le braavosi au Donjon Rouge n'ai pas été formelle, mais plus qu'il se soit invité sans demander son reste. Lotho eut du mal à ne pas relever ce manque flagrant de respect pour sa personne et ses valeurs morales, tandis qu'Alrik déclara qu'il s'y conformerait.

D'un regard, Lotho remarqua que cela semblait grandement lui peser que d'admettre n'avoir aucun moyen de se décharger sur quelqu'un d'autre d'un poids dont le spadassin n'arrivait à deviner l'origine. Jamais même n'aurait-il pensé qu'une simple invitation dans l'enceinte du Donjon Rouge ait pu mettre le noble chevalier dans un état tel que celui là ... Cette part d'humanité manifeste, une légère impression que son interlocuteur regrettait réellement que la vérité soit aussi simple, Lotho se désolidarisa des caisses sur lesquelles il s'était accoudé, ne sachant trop maintenant où laisser traîner son regard. Il ne pouvait s'excuser de rien ni même tenter de partager l'avis que ses observations lui donnait sur l'état mental du chevalier Mallery. Ce serait manquer de respect à cet homme d'honneur que d'ainsi ne pas lui laisser se draper dans sa dignité la plus élémentaire et respectable. D'un ton qui était doublement teinté d'embarras et d'impatience, tant de par la difficulté des mots à prononcer que par l'envie d'en finir avec ce silence, Lotho finit par dire :

- Soit, pour éviter tant de vous embrouiller dans mes déplacements que de troubler votre travail ... Je suis prêt si j'ai dans le futur encore à marcher sur vos plates-bandes, même en cas d'invitation, à vous envoyer missive auparavant. N'oubliez jamais, Ser Alrik, comme je vous l'ai souvent dit que je ne veux de mal à personne. Voyez là un gage de ma bonne foi avant toutes choses.

Voilà. Il faisait au moins un pas pour simplifier le travail des autorités en acceptant de se montrer plus diligent et explicite sur des activités ponctuelles. Intérieurement même il se sentait presque soulagé d'arriver à cela presque sans en ressentir un sentiment de gêne. Souvent il oubliait, peut être à tort, qu'il n'en restait pas moins un fugitif pour certaines personnes. De façon fulgurante l'image de Silvian Thoscan, cet ancien camarade d'académie aux motivations dangereuses, lui revint en tête. Voilà quelques temps qu'ils ne s'étaient plus revus, qu'ils n'avaient plus feraillés chacun pour leur vie. Des duels comme Lotho n'en livrait plus beaucoup en réalité, de vrais duels. Pas des luttes pleines de ronds de jambe et d'hésitation à la possibilité de perdre la vie. Quelque chose de violent, de sombre, d'animal même, une vie qui devait fuir un corps pour qu'enfin la page soit tournée ...

Cette digression mentale, exercice auquel il était plus qu'accoutumé, fut interrompue par la voix du commandant. Ce dernier semblait avoir entendu une nouvelle affaire dans laquelle trempait également le danseur d'eau. L'heure était donc bel et bien aux explications sur toutes les frasques dans lesquelles Lotho avait bien pu se voir mêler à Port-Réal ces derniers temps. Après avoir lâché un léger soupir en se demandant ce qui allait bien pouvoir lui être reproché, il écouta avec attention Alrik. Dès les premiers temps de son exposé, les sourcils de Lotho se froncèrent fortement et son visage se mua en une image de dégout et de mépris mêlés.

Le commandant des dents de freux voulait donc qu'on lui explique le combat qu'il avait du mener contre Lord Obrassadh, ou plus précisément contre ses séides. Une lutte de haute voltige dont il tirait une fierté extrêmement mitigée ainsi qu'une grande gratitude envers la Lady bieffoise Alysanne Florent, Hugo et Kerigan. Sans eux il serait certainement tombé dans des draps peu reluisants suite à cette escarmouche, mais le déroulement de toute cette histoire méritait en effet une explication. Rassemblant ses esprits pour ne pas se répandre en immondices sur l'ensemble des nobles qui ne méritaient pas leurs titres, il finit par dire d'une voix qui ne cachait pour autant pas le mépris qu'il avait pour la maison Obrassadh :


- Ser Alrik. Laissez moi vous raconter un conte moral, qui je pense vous prouvera que la leçon que ce pantin bouffi d’orgueil trahit les idéaux de la chevalerie ainsi que les lois les plus élémentaires du royaume dans les grandes largeurs. Voilà quelques mois, un spadassin exilé se retrouve à user de ses talents de conteur et de poète durant un concours porté sur la question. Le dispendieux danseur d'eau eut le plaisir de remporter cette épreuve intellectuelle et artistique, y gagnant quelque maigre pécule fort bien réinvesti au demeurant.

Commençant son monologue, il posa son chapeau à larges bords sur une des caisses avant de se masser le front d'une main. Expliquer le pourquoi de cette histoire était assez paradoxalement plus embarrassant que convaincre qu'il n'avait en rien intenté à l'honneur de la plus belle femme du royaume. Certainement à cause de l'aventure certes romanesque mais assez ridicule qui s'était lovée à l'origine de cette histoire. Après s'être assis à nouveau sur une de ces caisses au final très confortables, il continua son récit :

- Mais là n'est pas la question en tout cas, revenons en à notre propos. L'une des juges du dit concours se trouvait être Mathilda Obrassadh, jeune fille du seigneur dont l'ire s'abattit comme le tonnerre sur le Braavosi. J'entends que des tréfonds abyssaux de cette ruelle une voix éthérée me demande : Mais comment donc cela est-il arrivé ?

Un sourire désabusé anima quelque peu la face de marbre du spadassin, que les ombres de la nuit affutaient de plus belle. De plus belle il reprit, porté à son récit par le ressentiment que lui faisait éprouver ces souvenirs :

- La jeune fille, ses quinze saisons encore non révolues, enamourée du bel étranger durant sa prestation. Ce dernier eut alors la surprise, deux semaines plus tard de la voir se présenter à lui, sans garde rapprochée ni suite, annonçant fière d'elle qu'elle avait fuguée de la demeure familiale pour s'enfuir avec lui. Imaginez la réaction de ce pauvre bougre sans attaches et dont la légende dit que l'honnêteté et l'intégrité sont chez lui des qualités cardinales. Ainsi donc éconduit-il la jeune Obrassadh, d'une façon peut être un peu brusque certes mais assurant qu'elle ne garderait plus cette idée stupide en tête.

Se massant à nouveau les tempes, le spadassin prit le temps de respirer un peu. La situation avait été on ne peut plus cocasse à bien y repenser, mais les malheurs qui en avaient découlé en éclipsait l'humour de cette situation. Après un autre soupir, il continua :


- Cependant la donzelle, fille unique d'un noble et gâtée depuis sa plus tendre enfance, ne l'entendit pas de la même manière et pleura toutes les larmes factices de son corps pour persuader son père que le spadassin l'avait violentée et pris son hymen. Le brave homme, si tant est que la notion de courage lui soit familière, n'hésita pas et lâcha sa garde en une hallali disproportionnée pour régler son sort au malandrin en le passant par le fil de la lame. Le combat, comme nombreux sont ceux à le savoir fut remporté par le poète. Grandement aidé en cette tâche par une jeune noble bieffoise qui, passant près de l'impasse ou se déroulait la tuerie, ordonna à sa suite de charger les hommes d'Obrassadh. Beaucoup trop de sang honnête et travailleur coula ce soir là, pour satisfaire l'avidité et l'orgueil d'un seul homme qui, si vous voulez mon avis Ser Alrik, ne mérite même pas le titre d'être humain.

Se relevant en profitant de silence qui suivit ses derniers mots, Lotho remit son chapeau et épousseta quelque peu son pourpoint. Il avait encore une fois été sincère, n'ayant rien d'autre à gagner que des ennuis dans l'affaire. Tournant à nouveau le regard vers son interlocuteur, il conclut cet échange en ces termes :

- Ainsi voilà ma version, qui je vous l'assure est également on ne peut plus véridique. Je serais ravi de continuer à en discuter avec vous. Sachez que de mémoire je n'ai commis aucun autre grand méfait ces derniers temps, une bataille de taverne quand même, pour garder la main, mais dans le Bief. Je vous rassure, à part un genou et deux nez, mes adversaires sont encore en vie.
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Alrik Mallery
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Message Sam 4 Aoû 2012 - 19:40

Le sieur Mallery savait mieux que quiconque de quelle arcane étaient issus les racontars et toute l'étendue de leur pouvoir. Des notoriétés avaient été de leur entier maculées et morcelées, des quidams inhumés sous les diffamations et clabauderies sans plausibilité d'en survivre. Tous étaient de potentiels sujets aux médisances, un art de guerre qui eut naguère déjà fait ses preuves en matière d'inclémence et d'efficacité. Certains dires avaient sauvé des vies, d'autres en avaient condamnées, toutes convergeaient en un point de conscience et d'intellect de chaque individu plus ou moins enclin à en user. Encore aujourd'hui, même après plus d'un couplet de décade de bons et loyaux services envers la couronne et son actuel régent, le chevalier était une cible aussi sempiternelle que favorite dans ce jeu de voix. L'on osait plus gouailler en sa fraîche présence, l'âge et le titre faisant, mais il était fréquemment le puits d'eau des épigrammes tant dans la flore seigneuriale que dans la faune indigente. Accusé d'avoir osé une embardée de sa voie originelle – le roturier devenu noble, l'on en conterait sans fin ! - la cité se délaissait à conjecturer sur son essence, avec si peu, nul ne s'étonnerait qu'il en soit de même pour Lotho. Un bravoosi dans les venelles ouestriennes, de quoi faire frémir la plume et la prose de l'artiste, soulever les coeurs et les jupons de ces dames tout comme l'intérêt commun de Port-Réal. Alrik lui-même s'était montré curieux quant aux ouï-dires sur le danseur d'eau la première fois qu'il les avait ouïs, et l'eut même peut-être un brin trop toisé cette fois là où il l'avait sauvé des geôles et d'un bien triste sort. Une tare de nature humaine, le spadassin également, n'avait-il point cherché à en apprendre d'avantage après leur rencontre ? A fureter depuis l'ombre, à ferrailler dans la lumière, ils se connaissaient plus qu'ils ne le suggéraient et pourtant, s'observaient encore avec un trop plein d'incertitude. Ils n'attendaient rien l'un de l'autre, ce qui n'empêchait pas l'un de quémander explications, et l'autre de les lui narrer avec la faconde qu'on lui savait immanente. Un grand discours, il n'en doutait pas, se préparait pour combler l'impéritie qu'il avait de toute cette affaire. Les indices somatiques de son interlocuteur le laissèrent croire que le différend était plus qu'une usuelle querelle d'hymen filial, comme celles que l'on apercevait communément entre un père et un gendre illégitime. Mais cela, derechef, il n'en avait jamais douté.

Sur sa caisse en guise de siège, le freux s'installa un peu plus confortablement, prompt à l'écoute avec une éloquente pointe d'amusement. Loin de lui la prétention de railler, non, cependant, la pléthore de propos qui lui fut offerte ne l'étonna nullement. Tout d'abord car cet Obrassadh ne lui était pas inconnu, loin d'être anonyme aux chicanes royales, il l'avait par maintes fois aperçu demander audience à la Main du Roi pour en ressortir rarement satisfait. Par-delà cette observation personnelle, les rumeurs, une fois encore, qui avaient eu le loisir de l'informer de nombre d'étranges brigues qui impliquaient ou l'eurent fait le lord dont ils bavardaient. Des ragots pas si fallacieux, puisque le commandant en avait vérifié quelques teneurs venues corroborer ce qu'on avait pu lui rapporter. Un seigneur dévoyé, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute, mais qui ne figurait pas parmi les plus corrosifs à surveiller, raison pour laquelle Alrik ne s'était jamais trouvé sur son chemin si ce ne fut fortuitement dans les corridors du Donjon Rouge. Cet homme, il le savait peu fréquentable et corrompu jusqu'à la moelle, des deux protagonistes de l'histoire, il placerait sans hésitation sa foi en Lotho qu'il suivait des calots. Un fait qu'il ne lui confesserait guère, si le ser était de ceux qui préféraient la justice, il n'en était pas le héraut et ne désirait pas le devenir. Que le braavosi soit passé par l'estoc pour une imputation mensongère et de toutes pièces créée par une donzelle mortifiée de frustration, l'aurait profondément désolé, mais avait-il réellement une opinion à apporter sur ce sujet ? Il n'aurait rien pu faire si tel avait été le cas, toutefois, il semblait qu'une âme bieffoise n'en eut pas tant pensé. Une flopée d'informations qui s'ancrèrent toutes dans l'esprit de l'auditeur, il n'omettrait rien de tout ce qui venait de lui être révélé et, déjà, heurtait cette version à celle qu'il avait auparavant eue dans un mutisme songeur. Il retrouvait des faits similaires, se voyait confirmer des soupçons secrètement nourris sans ressentir une once de compassion pour l'avanie de la victime. Pourrait-il un jour redorer son écusson ? Rien n'était moins sûr, cette malheureuse intrigue avait proliféré dans l'ensemble des Terres de la Couronne et probablement sur une majeure partie du territoire – les Sept seuls savaient avec quelle vivacité ces actualités se propageaient ! Les responsables avaient-ils seulement conscience des hypothétiques conséquences qui en résulteraient ? A en entendre la chute de sa prise de parole, le freux se le demandait.


« Valar dohaerys, valar morghulis... » Furent les seules termes qui lui vinrent au bout des lèvres, car il lui semblait qu'ils étaient adaptés à la conversation et qu'ils résumaient un ample pan de ses moeurs, et donc des pensées qui pouvaient être, pour l'heure, siennes. Adages et uniques tirades qu'il connaissait en haut valyrien et qui, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, étaient également d'usage en langage braavien. Cependant, il n'était point impossible que sa prononciation soit fortement lacunaire, un cruel manque d'accent, peut-être, qui le contraignit finalement à traduire comme pour être certain de se faire comprendre. « Tous les hommes doivent servir, tout homme doit tôt ou tard mourir... » Bras croisés, il posa ses prunelles sur son vis-à-vis. « Chacun choisi la voie qu'il décide de suivre, servir ou mourir, même si la véritable question n'est pas de savoir comment l'on sert ou comment l'on meurt... Mais pour quoi. »

Cet accès philosophique le fit intérieurement rire, il n'avait guère jamais été doué en spiritualité – il ne pensait pas l'être – et il n'était pas avéré que Lotho comprenne un traitre mot de ce qu'il tentait d'exprimer. Oser une référence à l'apophtegme des Sans-Visages et à son contraire lui parlerait éventuellement, ils étaient les seuls maîtres de leur destin et le façonnaient de leurs mains. Certains préféraient les ténèbres à l'immaculé clarté, dans une vision moins allégorique, quelques-uns étaient de gris et autres tonalités dégradées. Alrik pourrait limiter les dégâts causés par le danseur d'eau, mais pas le moindrement l'empêcher de réitérer ses exploits si telle était sa volonté de faire. Quoi qu'il puisse en dire, pour être un défenseur de l'ordre, il fallait des fieffés coquins pour en troubler l'harmonie : qui serait donc apte à si vélocement défier son autorité par l'estoc et la taille si le braavosi venait à disparaître ? Voilà qu'il lui faisait même des infidélités à s'en aller gâter le Bief de ses galéjades, sans l'y convier. La verte contrée, n'avait-il pas fait certificat d'une noble sylphide ayant eu un rôle considérable dans l'algarade ? Un fâcheux renseignement qui pourrait aisément porter préjudice à la principale concernée, si tant est que le commandant des dents de freux s'ingéniait à en découvrir l'identité. Quelques mesures convenablement déployées, avec une caresse de la Providence, et il serait en mesure de dresser une liste de suspects à exploiter. Il aurait été intéressant de recevoir la position de cette mystérieuse bienfaitrice, mais fort heureusement pour elle – pour le bretteur tout aussi – le lord Obrassadh ne méritait pas que le sieur Mallery s'évertue à cela. Il possédait bien d'autres priorités et laisserait le bien-fondé de ce litige à qui aurait voix à ce chapitre. Malgré tout et à la suite d'une succincte réflexion, il lui parut judicieux de dispenser un semblant de conseils, qu'ils soient entendus ou non.

« Vous êtes un narrateur émérite, il me semblait presque illustrer chacun de vos dires par une scène de grand conte, au coeur des ruelles de Port-Réal. Ceci étant... » Il retrouva l'appui de ses jambes et fit quelques pas distraits pour se mettre à la hauteur du danseur. « Je ne crierai haro sur personne, ce n'est pas à moi de spolier le lord Obrassadh de son nom d'humain, comme vous dites, ou de molester votre honneur que vous défendez avec tant d'ardeur. » Il plissa les yeux pour souligner le sincère sérieux dont il se drapait. « Mais si j'étais vous, je tairais l'implication de cette dame bieffoise lorsque vous relatez les faits, en particulier à un quidam avec autant de ressources que les miennes. Veillez à vous faire discret, vous pourriez aisément effrayer ces seigneurs et en payer le prix... Croyez-moi que si l'inertie demeure pour le moment, certains se souviennent avec hargne de ceux qui les ont offensés. »

Une fois encore, le chevalier savait de quoi il parlait, lui qui coudoyait cet univers d'opulence depuis fort longtemps. Lotho ne devait pas se reposer sur ses lauriers, pas plus que celle qui lui avait apporté son aide si, par malheur, l'on apprenait qui elle était. Il était indéniable qu'un lot de plus ou moins concernés se pencheraient sur ce conflit pour s'épancher d'une vengeance calculée, quand bien même cela devrait prendre plusieurs lunes. Le ser espérait se fourvoyer, mais qu'aurait-il fait si, à la place du lord, c'eut été sa propre fille qui eut été au coeur d'un tel débat. Lui aussi, aurait vu pourpre si Yevana s'était pâmée dans ses bras en larmoyant sur son innocence perfidement dérobée, et lui aussi, se serait tout de go lancé aux trousses de l'infâme, peut-être sans lui ployer l'opportunité de fournir de quelconques allégations. L'instinct de protection pouvait inexorablement prévaloir sur le bon sens, un défaut dont on l'affublait souvent, lui qui avait la propension de se ronger les sangs pour bien peu de choses. Une faculté, bonne ou mauvaise, qui faisait de lui un redoutable cerbère pour le bastion royal. Par ailleurs, il ne doutait pas que la Seastar avait apprécié la verbosité du braavosi, aussi ne serait-il guère surpris qu'Aaron le conduise à nouveau auprès de sa maîtresse en dépit de la réticence du commandant. Cependant, que son vis-à-vis se fasse connaître de son propre chef et patiente pour son aval prouvait une nouvelle fois l'authenticité qui était sienne.

« Quant à vos visites au Donjon Rouge, je vous saurais effectivement gré de m'adresser une épître quand bien même, je ne vous le cache pas, je préférerais ne pas vous y revoir. » Brynden ne serait certainement pas en joie que son factotum ouvre les huis au premier citadin venu, il avait de plus l'intention d'en converser avec Shaïra. Le chevalier fit une mouvance de la main, il était vain de s'étendre plus longuement sur ce sujet. « J'aviserai si le cas se présente. »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Jeu 6 Sep 2012 - 13:44

Une légère brise passait dans l'impasse, marquant une température un peu moins propice à la discussion que celle qu'aurait pensé le danseur d'eau. Les premiers frimas de l'automne se faisaient sans aucun doute sentir, forçant le spadassin à remettre son couvre-chef et s'étirer après avoir expliqué son point de vue à son interlocuteur. Cela dit, il ne s'attendait pas exactement à la réponse qu'allait lui asséner le Commandant des Dents de Freux, quand bien même aurait-il pu jamais penser qu'il lui demanderait cela un jour. Les quelques mots d'un proverbe qu'il ne connaissait que trop bien, tant il espérait à tout jamais que ceux pouvant être contactés par ces mots soient un jour mis à sa poursuite. Lotho se félicita d'avoir remit son chapeau à larges bords sur son chef, ainsi Alrik ne pourrait-il voir, à la lueur blafarde de la lune, l'expression de peur qui l'étreignit soudain et lui glaça la peau, manquant de le faire frissonner comme un enfant dans cette ruelle sombre.

En tant que natif de Braavos et de surcroît danseur d'eau, il connaissait on ne peut mieux la réputation des Sans-visages et leur efficacité légendaire. Bien qu'il n'en eut jamais rencontré et que leurs soit-disant pouvoirs magiques tenaient pour lui plus de la mystification qu'autre chose, la simple idée qu'un jour l'un d'entre eux puisse être lancé à ses trousses suffisait à lui faire perdre le peu de courage qu'imposerait une telle situation pour tenter de fuir. Il s'agissait d'une des seules peurs réelles et permanentes du spadassin, l'une des seules situations qu'il redouterait toute sa vie. Fort heureusement pour lui, Silvian Thsocan, son ennemi de toujours, avait bien trop d'honneur et bien trop peu d'argent pour se permettre d'en engager un. En un sens ce serait certainement ce qui le sauverait à tout jamais de la funeste mort que pourrait lui apporter un de ces assassins d'élite, mais les contes et les réalités qu'il avait pu cotoyer à Braavos ne lui permettrait jamais de relativiser de cette façon.

Préférant combattre sa peur par la diversion, le spadassin se mit bille en tête de comprendre quelle était la raison qui avait poussé Alrik Mallery à tenter une récitation aussi morbide en pareil endroit. Sa réponse à cette question ne se fit pas attendre, il faisait même directement écho à la suite du Lord Obrassadh, que Lotho et la suite de Lady Florent même si le spadassin ne voyait pas exactement le rapport avec l'utilité de cet adage ... Quand bien même Alrik ne le voyait peut être pas non plus. A bien y réflêchir il était fort probable qu'il se soit inquiêté pour rien, ce qui semblerait le plus logique tant il voyait mal le preux Commandant des Dents de Freux lui demander de contacter un Sans-visage pour assassiner quelqu'un !

Le danseur d'eau fit un effort de concentration pour ne pas laisser la peur submerger les dernières zones de réflexion que contenait son cerveau, le risque d'une rencontre fortuite avec la mort ne semblait pas être de la partie pour cette soirée. Bien au contraire même le noble commandant semblait s'essayer à la philosophie en empruntant cette maxime son accent tranchant même, dans un second temps, avec la gravité que les mots qu'il avait prononcé pouvait signifier pour n'importe quel natif de Braavos. Il s'agissait donc avant tout d'une réflexion sur le fait de choisir qui servir, de dissocier cet état d'esprit de l'inéluctabilité de la mort, en tout cas c'est ainsi que Lotho ressentait les paroles de son vis à vis. L'analyse était certes sommaire, mais traitait d'un sujet tellement large et pleins de théories que cette simple petite phrase suffisait bien amplement pour que le spadassin approuve d'un furtif signe de tête, avant de reprendre d'une voix pensive :


- Savoir pour qui ou pour quoi l'on est prêt à mourir est une nécessité imposée par les métiers d'armes, nous sommes tous les deux bien d'accord là dessus. Il n'en demeure pas moins que se battre sans avoir peur de sa mort, de celle d'un autre ou bien même pour certains des coups de bâton du maître ... Se battre ainsi, ce n'est pas guerroyer complêtement, il y manque alors la passion, l'emphase, l'inconscience que seul apporte le courage et la volonté. Celle là même forgée de passions plus dures et tranchantes que l'acier valyrien.

Son timbre de voix tout autant que sa posture avaient reprit de leur superbe au fur et à mesure de cette énonciation presque amoureuse de l'art du duel. Combien de fois avait-il pu remarquer que seuls ceux qui ne gardaient pas la tête froide et ne cherchait pas une solution à un duel tout autant qu'une bataille rangée étaient ceux qui avaient le plus de chances d'échouer ? Tandis que ces questions se bousculaient dans la tête du spadassin, son interlocuteur reprit la parole qu'il lui laissait sans trop s'en soucier. Maintenant venait l'avis du Commandant des Dents de Freux sur les explications qui lui avaient étés données sur l'affaire Obrassadh.

Avant tout vint une caresse dans le sens du poil, tendant fortement à flatter l'égo du conteur qui ne dormait jamais bien loin dans l'esprit du spadassin. Au vu des évènements racontés tant que de l'empressement que le noble commandant avait eu à lui demandé des comptes, Lotho ne s'enorgeuillit pas une seconde, préférant attendre la suite des évènements. Ser Alrik Mallery mit donc de coté tant l'honneur du danseur d'eau que les insultes que ce dernier avait proféré au sujet du "seigneur" Obrassadh. Cela semblait tout à fait logique, peut être n'avait-il que peu entendu parler de cet olibrius, peut être bien que ce dernier montrait patte blanche à la cour pour mieux terroriser la roture et les poètes en mal d'inspiration. Toujours était-il que le commandant se permit quelques conseils, ce que Lotho n'avait pas forcément prévu mais acceuilli malgré tout sa réelle surprise. Tout d'abord il devait taire l'implication de Lady Florent, mais également tenter de se faire discret pour ne pas effrayer la noblesse, pour ne pas qu'on lance tous les chiens du royaume à ses trousses. Voilà bien un singulier conseil qui tendait à faire croire que la cour accordait du crédit aux racontars et autres potins venant des rues. Cette fois ci Lotho était bel et bien assez surpris, il devait le concéder à son esprit, les conseils semblaient précieux ces temps-ci ... Le commandant des dents de freux surenchérit d'ailleurs en demandant au spadassin de lui adresser une lettre si il avait la nécessité, que Lotho interprêta comme absolue, de se rendre au Donjon Rouge. Ne pas déranger l'eau qui dort et rester calme à l'endroit de la chasse gardée de cet homme, Lotho avait saisi le message très clair qu'il lui avait adressé.Ne s'en laissant pas pour autant fermer le clapet, il répondit presque d'instinct, avec une voix malgré tout très posée :


- Je comprends votre point de vue, Ser Mallery. Ces quelques heurts peuvent avoir de quoi inquiêter, notamment les personnes de la cour, cela est certain. Cependant veillez vous à ne pas me penser plus fou que Braavien, cela serait là grossière erreur. Point de menaces en ces termes mais, comment vous expliquer cela ...

Portant une main au menton, rabattant l'autre sur sa hanche, le spadassin prit quelques instants de réflexion. La démonstration serait osée, mais néanmoins on ne peut plus claire et franche. Tout du moins il fallait espérer qu'il comprendrait là ou il voulait en venir :

- Troubler l'ordre établi n'arrange en rien mes affaires, tout autant que les votres. Je fais mon argent de l'escorte de convois, de quelques concours de poésie remportés, je ne vole plus depuis bien longtemps. Tuer n'est pas un plaisir pour moi, prendre des risques non plus. Mais je suis un danseur d'eau, fils de Braavos, protégé du Père des Eaux. Depuis que je sais marcher, mes géniteurs m'ont portés sur la voie des combattants, je ne réflêchis pas aux conséquences dans les mêmes termes que les votres, à vrai dire même après dix ans de vie ici, je ne comprends que très peu vos coutumes et vos moeurs. Je viens d'un lieu où lorsque deux personnes ont un conflit, elles le règlent et plus personne n'en parle, les rancunes n'ont jamais le temps de salir notre cité, ou alors par familles entières.

Se déplaçant de quelques mètres dans l'impasse tout en expliquant son point de vue, Lotho avisa le malandrin qui tentait de filer discrètement, rampant sur le sol pour sortir de leur champ de vision. D'un simple réflexe, le spadassin lui décocha un coup de botte dans le bas ventre, aytant des effets bien connus sur l'anatomie masculine.

- Sage ! Non mais ! Où en étais-je donc ... Ah ! Oui ! Pour résumer, il me semble plus simple de vous dire que je comprends totalement vos inquiétudes. Mais pour tout humain que je suis, je ne peux pas vous promettre l'impossible. Mon éducation, mes aptitudes, mes acquis personnels, mes erreurs et mes doutes sont un tout qui fait de ma vie une danse lascive, envoutante et permanente avec ma propre mort. Avec son ineluctabilité. Elle viendra un jour, mais pas aujourd'hui. Demain peut être, tant que je pourrais la ravir d'un pas gracieux elle m'évitera. Alors, encore et toujours je continuerais de danser, même si cela implique de faire quelques cheuveux blancs à la maréchaussée. Je fuis déjà bien des endroits Ser Mallery, un de plus, un de moins ... A défaut de changer mon coeur, je peux changer de pied à terre.

Cette dernière phrase serra profondément le coeur du spadassin, il n'avait vraiment aucune envie de se voir poursuivi en justice tant à Port-Réal que dans les sept couronnes. Passer plusieurs années en ces terres lui avait donné le goût de ces paysages et quoiqu'il en dise, de la soit-disant barbarie de ses habitants. Mais si ses frasques devaient un jour le conduire sur une nouvelle terre, qu'il en soit ainsi, il ne rechignerait encore une fois pas à l'ouvrage pour reconstruire vie et cercles de connaissances. Qu'importe. Jamais sa danse endiablée avec ses contradictions ne prendraient fin pour le respect d'une morale qui ne serait pas la sienne. Et ce quoi qu'il lui en coûte. En guise de conclusion, le spadassin rajouta :

- Cependant, concernant le donjon dont la sécurité est sous votre responsabilité ... Je m'engage à vous prévenir à l'avance et à y restreindre mes visites au minimum, voir peut être à ne plus y venir. Mais cela, seul l'avenir nous le dira ... Il nous faut remettre une part de cet accord dans les mains du hasard ... Quoiqu'il en soit, il va être temps pour moi de vous laisser accompagner cet énergumène dans les jolies cellules dont vous m'avez sorti une fois, un geste que je n'oublierais jamais. Merci encore.

Tournant les talons suite à une légère révérence totalement inutile au vu des lieux dans lesquels ils se trouvaient tous deux, Lotho repartit vers la ruelle à partir de laquelle il était apparu. Arrivé au tournant, il fit volte-face une dernière fois et adressa ces quelques mots, d'une voix sérieuse et ne trahissant aucune plaisanterie malicieuse dont il avait le secret :

- Ah ! J'allais oublier quelque chose qu'il me tenait à coeur de vous dire. Voyez y là le conseil d'un habitué des bas-fonds, car il ne s'agit rien de moins que de cela. Vous en avez mis plus d'un en prison, mais jamais les têtes. Ils vous connaissent, vous n'en connaissez vous même que peu. A dire vrai je serais même incapable d'estimer leur nombre. Toujours est-il que je ne saurais que trop vous conseiller, donc, de doubler la garde autour de votre fille et de votre soeur. Mesure de précaution, je n'ai encore entendu parler de rien, mais si tel est le cas ... Je vous préviendrais, il ne faut pas que des innocentes patissent de la colère et de la rancoeur. Sur ce, bonne soirée Ser Alrik Mallery.

Et le spadassin de prestement tourner les talons pour s'engouffrer dans les ténèbres de ces ruelles, usant du muret qu'il avait escaladé pour ratrapper le voleur d'aumonière, il coupa ainsi à travers le dédale pour rejoindre la Halte Ombragée. La soirée avait été forte en discussions mais peu en faits d'armes, nul doute qu'avec cette dernière pique, la prochaine rencontre avec le Commandant des Dents de Freux serait on ne peut plus épicée. La combativité de Lotho s'en ressentait, mais il restait pour autant amer, car il savait que les arguments qu'il avait utilisé pour provoquer cette envie de combattre étaient certainement loin d'être sans fondements.
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Fortuité & Ironie en joute

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