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Une maîtresse aimée est si près d'une soeur ▬ Calvin

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Message Jeu 7 Juin 2012 - 14:10

     Clarence et Calvin s'étaient absentés quelques temps pour des voyages inhérents aux responsabilités d'un lord et de son protecteur. Leur absence avait semblé bien longue à la jeune femme qui avait toutefois su occuper son temps en attendant leur retour. Elle avait bien entendu parler des raids des Fer-nés qui se dirigeaient désormais vers le Nord, le Bief avait été délaissé depuis quelques mois à présent, mais cela n'empêchait pas Virginia de se poser des questions à ce niveau. La sécheresse avait rendu la famine très présente et les greniers étaient presque vides alors que l'hiver approchait. Encore une fois, la région natale de la demoiselle allait être utile, après tout le Bief n'était-il pas le garde-manger de Westeros ? Des questions d'ordre pratique qui turlupinaient de temps en temps l'esprit de la Hightower, mais bien évidemment elle n'en faisait jamais état. Une dame ne faisait pas étalage de ses pensées devant tout le monde, du moins pas celles qui n'étaient pas dictées par la poésie ou le besoin de rectifier quelque chose qui avait été dit. Si elle s'était trouvée en compagnie de Clarence, la jeune femme se serait certainement autorisé ce « plaisir », mais à Grand-Tour il n'y avait malheureusement pas grand monde de réceptif à ce genre de discours et ses cadettes étaient plus intéressées par l'arrivée prochaine du froid que de la famine.
     Quoi qu'il en soit, les deux aînés de Virginia étaient finalement rentrés à bon port et la jeune femme avait appris qu'ils allaient repartir très bientôt pour Port-Lannis afin de rencontre lord Tybolt, le seigneur de Castral-Roc. C'était un voyage comme un autre et le fait que le lord de Villevieille avait déjà été confronté aux Fer-nés par le passé rassurait un peu la jeune femme. Même si le fait de savoir ses frères sur les routes pouvait pousser n'importe qui à se faire des idées inquiétudes, Virginia gardait la tête froide et ne se laissait pas gagner par une panique injustifiée. Les attaques des pirates des Iles de Fer ne se faisaient plus sur les côtes de l'Ouest, par conséquent entre les murs de la forteresse troglodyte les deux Hightower seraient parfaitement en sécurité. Elle espérait simplement qu'ils ne perdraient pas leur temps là-bas, les affaires étaient si nombreuses et Clarence si important désormais, qu'elle s'attendait à voir de nombreux seigneurs en profiter. Virginia n'avait pas d'avis fixe sur les Lannister, leur devise parlait d'elle-même, mais elle avait aussi appris que tous les mots ne valaient pas un acte. La jeune femme avait beau tenter de se tenir au courant des raisons des voyages successifs de ses frères, il lui arrivait de laisser échapper quelques détails. Pour cette fois-ci, si la jeune femme se souvenait bien c'était en raison d'un seigneur du Val qui avait complètement perdu les pédales et avait tué des malheureux roturiers dans la rue. Même si Virginia considérait que chaque homme avait sa place et qu'un roturier devait savoir garder la sienne, elle ne les voyait pas pour autant comme de la chair à canon. Voir un seigneur censé être responsable et réfléchi, tuer aussi gratuitement – et stupidement – la dépassait grandement. Elle avait totalement confiance en l'esprit analytique de son aîné pour savoir trouver les mots dans une telle occasion. Et Calvin serait là pour s'assurer qu'il n'arrivait rien à leur frère.

     La jeune femme avait donc espéré pouvoir s'entretenir un peu avec ses frères le temps qu'ils se poseraient à Villevieille avant leur départ pour l'Ouest, mais ils avaient été relativement occupés jusqu'à ce jour et Virginia avait donc patienté, persuadée qu'elle trouverait bien quelques minutes un jour ou l'autre. La demoiselle était assise dans l'une des salles de Grand-Tour, occupée à lire quelque chose lorsque l'une de ses sœurs arriva dans la pièce en la saluant. « Je viens de voir Calvin, il était dans le couloir en bas. » L'attention de Virginia se détourna du parchemin pour se poser sur le minois de sa sœur alors qu'une lueur d'interrogation brillait dans son regard. « Vraiment ? Et sais-tu s'il est occupé ? » La jeune femme secoua la tête d'un air de dénégation. « Il n'en avait pas l'air en tous les cas. » Comme elle se redressait, l'aînée des filles remercia sa cadette avant de ranger l'ouvrage qu'elle tenait à la main pour quitter la pièce et prendre la direction où Calvin semblait apparemment se trouver. Elle espérait sincèrement que le jeune homme aurait quelques minutes de son temps à lui accorder, autant parce qu'elle apprécierait de se renseigner un peu sur la manière dont il vivait ces voyages fréquents, que parce que la jeune femme s'interrogeait sur son lien avec lady Ashlee. Le chevalier ignorait que Virginia et l'élue de son cœur entretenaient une discussion par le biais de missives et la Hightower appréciait beaucoup l'esprit dont les Sept avaient doté la jeune Cendregué. Nul doute qu'elle ferait une belle-sœur comme on les aimait. Le léger bruissement de sa robe qui frottait le sol précédait Virginia et lorsqu'elle déboucha dans un couloir pour apercevoir la silhouette familière de Calvin au bout, la demoiselle l'interpella. « Calvin ! » Un simple nom pour attirer l'attention de l'intéressé. La dame s'approcha de son aîné, un sourire flottant sur ses lèvres d'un air satisfait. Elle était heureuse de lui avoir mis la main dessus. Arrivée à proximité du jeune homme, la demoiselle s'inclina légèrement pour le saluer avant de reprendre la parole d'un ton plus posé. « Voilà plusieurs jours que j'essaye de te prendre quelques minutes de ton temps pour discuter un peu. Faire courir une dame n'est pas digne de toi voyons. » Elle ne parlait pas sérieusement, après tout, à aucun moment la jeune femme n'avait dit vouloir lui parler, il ne pouvait donc nullement le savoir. « Aurais-tu quelques minutes à m'accorder ? Voilà fort longtemps que nous n'avons plus eu l'occasion de bavarder. Il y a tellement de sujets intéressants pourtant. » Elle ne parlait pas pour le plaisir de produire des sons, mais bel et bien parce qu'elle était intéressée par ce qu'ils pouvaient se dire. Tournant la tête vers le côté, Virginia posa ses yeux sur le petit salon qui se situait juste quelques mètres plus loin. Ils y seraient parfaitement à l'aise, du moins en considérant que le jeune homme n'avait pas d'autres occupations plus importantes que faire la conversation à sa sœur.
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Message Sam 16 Juin 2012 - 16:07

Rien ne remplacerait jamais ces couloirs, ces jeux de lumière, ces paysages entrevues par les fenêtres. Villevieille, c'était les lieux de son enfance, les odeurs de ces murs épais et le bruit que le vent apportait parfois des rues marchandes, tout le replongeait dans sa jeunesse, entre ses frères et sœurs. Mais ils avaient, il l'avait bien fallu, tous grandis. Les filles étaient devenues belles et les garçons forts, Calvin s'était efforcé de suivre lui aussi cette naturelle évolution. Il y était plus ou moins parvenu, même s'il savait qu'il avait encore beaucoup à apprendre. Le plus vieux des enfants Hightower, désormais, ne serait plus là pour lui enseigner la vie d'un Chevalier. Il avait fini par s'y faire...
Le jeune Chevalier se sentait nostalgique. Il s'était accoudé à une fenêtre qui donnait sur la ville en contrebas, le nez au vent frais. Dans quelques heures déjà, il faudrait repartir sur les routes aux côtés de Clarence. Ils devraient rencontrer lord Tybolt, et un voyage de quelques jours serait donc nécessaire. Autant profiter de ces derniers instants ici, donc... Mais une voix flûtée interrompit ses rêveries, et il tourna le regard vers l'intérieur du couloir.
Virginia ! Il aurait reconnu cette façon de se mouvoir, surmontée de boucles brunes qui flottait autour de son visage parfois sévère, entre mille. Sa sœur, de cinq ans plus jeune que lui, n'était pas souvent considérée comme le plus jolie des filles Hightower, mais le soin systématique apporté à sa tenue et à son port altier avait toujours laissé à Calvin l'impression d'une beauté toute noble. Il ne voyait pas, comme la plupart des gens, cette moue légèrement méprisante, mais seulement la bouille un peu capricieuse d'une petite sœur adorable. Il ne put s'empêcher de la saluer avec un sourire heureux -il avait presque failli repartir sans s'être entretenu avec elle !

- Loin de moi l'idée de vouloir te faire attendre, Virginia,
répondit-il avec légèreté. C'est juste que pour cette courte halte... je gardais le meilleur pour la fin.

Il avait terminé sa phrase en riant, sachant pertinemment que la jeune femme devinerait probablement qu'il n'y avait pas que du vrai dans sa parole. C'était le genre de réplique qui semblait toute empruntée à Clarence. Son frère devait finalement avoir une influence sur lui, pour qu'il ait réussi à s'adresser avec humour et courtoisie avec une dame ! Au détail près, bien sûr, qu'il s'agissait de sa sœur. Devant Ashlee Cendregué, nulle doute que son esprit serait resté embourbé dans des considérations pâteuses et qu'il n'aurait pas réussi à aligner des mots d'une telle finesse. Mais il écarta cette réflexion désagréable de son esprit pour s'engager vers le petit salon que les yeux de Virginia semblait convoiter.

- Allons, bien sûr que j'ai du temps à t'accorder,
déclara-t-il tandis que ses bottes martelaient le sol avec assurance. Tu as reçu ma dernière lettre ?

Il avait plus de confiance en lui que lorsqu'ils étaient tous deux enfants. Mais ils avaient toujours été assez proches. Virginia n'était peut-être pas la plus belle, mais elle avait beaucoup d'esprit. Calvin lui reconnaissait un intérêt et une connaissance qui était habituellement demandée aux hommes. S'il y avait eu une femme à qui il devait demander conseil, ce serait sans nul doute Virginia. Mais cela ne se faisait pas trop. On exigeait plutôt des femmes qu'elles soient présentables, douées pour la musique ou la couture... Quels étaient les talents d'Ashlee ? Il ne le savait même pas. Ces derniers temps, il avait pensé joindre un petit cadeau à sa prochaine lettre mais il était difficile de choisir... Et puis, le recevrait-elle ?
Calvin prit place dans un siège en soupirant imperceptiblement. Virginia serait peut-être de bon conseil à ce sujet... Mais ce n'était pas une question facile à aborder. Et puis il ne voulait pas que sa soeur soit trop curieuse et le presse de questions ! D'un autre côté, qui dans la famille n'était pas au courant des lettres qu'il avait rédigé pour Lady Cendregué ? Cela lui avait même valu des moqueries de la part de ses frères et il s'était senti comme lorsqu'enfant, ses camarades se moquaient de ses oreilles. Sentiment renforcé par le fait que Clarence avait pris sa défense, comme lorsqu'ils étaient adolescents. Calvin ne savait pas trop s'il lui en était reconnaissant ou s'il en voulait à son frère pour le ramener ainsi dans des temps désagréables. Le Chevalier se contenta de regarder silencieusement sa sœur s'installer dans un fauteuil à son tour, sa robe bruissant avec délicatesse.

- Pas trop morne, la vie ici, sans tes deux frères préférés ?
plaisanta-t-il pour engager la conversation.

Mais il y avait un fond de sincérité dans cette remarque innocente. Calvin n'aurait pas aimé être une femme : alors que les hommes voyageaient beaucoup, qu'on leur confiait des tâches importantes pour Westeros ou au moins pour le Bief... Les femmes devaient rester sagement en dehors de tout cela, à s'intéresser à des mondanités, à leur apparence, à se trouver un beau mari ou à en représenter un parti au combat. On lui avait bien dit que de toutes façons, c'était cela qui intéressait les femmes, il n'était pas sûr que ce soit le cas de toutes -il suffisait de regarder ses propres sœurs, aussi différentes les unes que les autres et qui devaient, par conséquent, des avis bien opposés sur la question. Mais bon, ce n'était pas vraiment son problème, de toutes manières. Lui aimait l'aventure et ça tombait bien, c'était un homme et on avait fait de lui un Chevalier. Il avait envie de croire que la vie était bien faite, finalement, et peut-être y avait-il des raisons qui lui échappaient à ce que les femmes restent en retrait dans les affaires importantes.

- Je vois en tout cas que tu as le temps de prendre soin de toi, c'est bien,
fit-il en montrant vaguement de la main la tenue élégante de Virginia, avant de décrocher un grain de raisin dans une corbeille à fruits.
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Message Dim 17 Juin 2012 - 13:07

     Un simple sourire était apparu sur les lèvres de la jeune femme lorsqu'elle entendu la plaisanterie qu'il lui lança. Le meilleur pour la fin, c'était de bien belles paroles et Virginia avait toujours apprécié que ses frères ne fassent pas preuve d'un blocage ou d'une gène vis-à-vis d'elle. Après tout, dans une fratrie il fallait pouvoir se parler franchement sans craindre de vexer l'autre en raison d'une langue trop acérée. Elle était bien placée pour le savoir d'ailleurs. Ils se dirigèrent alors vers le petit salon repéré par la demoiselle juste avant et Calvin reprit la parole afin de lui confirmer qu'il avait du temps pour elle. C'était une déclaration qui lui faisait plaisir, les petites discussions qu'elle avait avec lui ou Clarence commençaient à lui manquer. Mais d'un autre côté, c'était aussi le signe que leur aîné prenait de l'importance à Westeros et que son avis était souhaité par de nombreuses personnes. Par conséquent, Virginia ne pouvait que s'en montrer ravie. Comme le jeune homme lui demandait si elle avait reçu la dernière lettre envoyée, la jeune femme hocha la tête. « Oui il y a quelques jours, je n'ai pas répondu comme je savais que vous rentriez. » Même si l'écriture était une chose plaisante à ses yeux, la dame de Villevieille était toujours plus désireuse d'échanger de vive voix avec son interlocuteur, plutôt que de tout coucher sur le papier. Virginia s'installa sur un siège non loin de Calvin, prenant garde à ne pas froisser sa robe comme à chaque fois qu'elle prenait place sur un fauteuil. Toujours être présentable, son leitmotiv ! Ses yeux verts se posèrent alors sur son frère qui continuait à parler, posant une question plus que justifiée avant d'enchaîner sur un autre sujet pendant que sa cadette l'écoutait avec patience. Elle n'interrompait jamais son interlocuteur, attendant toujours qu'il parle et développe son idée pour qu'elle puisse y répondre de la manière aussi complète que possible.

     Après les derniers mots de son aîné, la jeune femme esquissa un sourire amusé avant de répondre. « Vois-tu Calvin, la qualité première d'une bonne dame est d'être présentable et de pouvoir montrer qu'elle est digne de son rang. » Une phrase qu'elle répétait souvent à ses sœurs cadette pour leur faire savoir qu'elles devaient présenter une toilette irréprochable. « Quoique, dans des régions comme le Nord je comprendrais mieux que les dames se montrent moins élégantes et soignées, mais dans le Bief, c'est un peu notre réputation qui le demande. » Il était vrai que les dames du Bief étaient réputées dans tout Westeros. Déjà que Virginia n'était pas belle au sens propre du terme - même si elle n'était pas non plus repoussante à faire peur - elle se devait d'être fidèle à son rang, voilà tout. « Toi tu prends le temps de t'entraîner aux armes pour protéger Clarence, moi je prends le temps de me rendre aussi présentable que possible pour les intérêts de notre famille. » Au fond, ils étaient semblables. Elle ne se battrait pas pour montrer son investissement pour la maison Hightower, mais elle devait montrer que les dames de cette famille pouvaient faire de bonnes épouses. Chacun son rayon. Mais elle était heureuse que Calvin constate qu'elle ne faillait pas à sa tâche. « Et puis, je ne veux pas que mes frères aient honte de moi. » Elle sourit légèrement, l'idée même qu'ils puissent avoir honte d'elle lui semblait impossible. Elle avait toujours tout fait pour suivre la voie digne d'une dame et Virginia faisait tout ce qui était en son pouvoir pour soutenir ses frères et sœurs, elle ne voyait donc aucune raison à que cela ne se produise.

     La jeune femme inspira légèrement, passant sa main aux os trop saillants sur le tissu de sa robe pour le lisser légèrement, puis elle reprit la parole d'un ton toujours aussi calme. « Mais tu as raison, la vie ici est bien moins palpitante depuis que toi et Clarence courrez sur les routes de Westeros. » Elle n'avait plus l'habitude de voir son aîné partir pendant plusieurs jours, depuis qu'il était revenu de la citadelle la demoiselle s'était accoutumée au fait de le croiser fréquemment dans les couleurs de Grand-Tour. « Cela dit, je suis heureuse pour vous. Clarence devient un homme de plus en plus important et toi de ton côté, tu apprends ce que c'est que de voyager par monts et par vaux, puis tu vois du pays. » Elle savait bien qu'elle ne verrait plus ses frères et sœurs dès lors qu'un époux viendrait s'imposer dans sa vie. Autant commencer à s'y habituer très maintenant, non ? Virginia recula légèrement, appuyant son dos contre le dossier du siège où elle était installée, puis repoussa un rouleau de cheveux qui venait de passer devant ses yeux. « Parle-moi un peu de toi Calvin. Est-ce que tu prends plaisir à visiter le monde ? Comment est-ce que tu as ressenti le fait d'être pris en plein milieu d'une bataille lorsque vous vous trouviez à Port-Lannis le jour de la bataille avec les Fer-nés ? » Elle s'intéressait réellement à ce qu'il pensait. Ce n'était pas juste une question comme une autre pour avoir le plaisir de produire des sons ou mimer le fait qu'elle avait de l'intérêt pour son grand-frère. Lorsque la demoiselle avait appris l'incident de Port-Lannis, elle avait tout d'abord été horrifiée, craignant que ses frères ne subissent quelques mauvais sorts, mais elle s'était rassurée en se disant que Calvin était aux côtés de Clarence et que ce dernier était un homme pragmatique. Il n'était pas combattant, mais savait se mettre en sécurité. La jeune femme joignit ses mains, posant ses coudes sur les accoudoirs du fauteuil avant d'entrelacer ses doigts.

     Ses yeux clairs ne quittaient pas le visage de Calvin alors qu'elle songeait. La fait de contempler le jeune homme lui rappelait sans cesse lady Ashlee. La jeune Cendregué avait su capter l'attention du chevalier et il ne pouvait plus la sortir de ses pensées depuis ce jour. Il ignorait que sa douce et sa sœur entretenaient une correspondance, elles ne parlaient pas vraiment de leur vie amoureuse et le sujet de Calvin n'avait jamais été abordé. Virginia laissait ce soin à Clarence, mais disons simplement que la Hightower avait appris à connaître son homologue et qu'elle commençait à l'apprécier davantage au fil des missives. Elle était un peu trop rêveuse, mais c'était une femme parfaite pour Calvin. Virginia en était persuadée. Après un petit moment de silence alors qu'elle observait toujours son frère avec une certaine tendresse, un léger sourire se dessina sur ses lèvres, chassant la moue qu'elle arborait en permanence. « As-tu aussi envoyé des missives à lady Ashlee ? Je me demande si les Sept te placeront sur son chemin pour que tu puisses la revoir prochainement. » Elle espérait que oui. Le jeune homme était un personnage digne de confiance et la demoiselle considérait qu'il méritait amplement d'avoir aussi une histoire d'amour. Même si elle n'était pas fleur bleue, cela ne l'empêchait pas de souhaiter tout le bonheur du monde aux gens qu'elle aimait.
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Message Sam 7 Juil 2012 - 14:18

Calvin écoutait sa sœur, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Le grain de raisin avec laissé couler un jus sucré sur sa langue et il se délectait à la fois du confort qu'il avait ici, entre ces murs de pierre, et la sérénité qu'il éprouvait à voir Virginia visiblement à l'aise, heureuse. Il n'avait pas toujours été aussi observateur, mais passer des nuits à la belle étoile et de longues soirées à écouter parler de lointains nobles l'avaient un peu assagi. De fait, il était devenu un peu plus calme, un peu plus philosophe, un peu plus attentif aux états d'âme de ceux qui l'entouraient.

Le jeune Chevalier acquiesça sagement.

- Oui. Les dames du Bief sont reconnues pour leur élégance, convint-il pensivement.

Ce n'était pas rien de remarquer qu'il en avait personnellement fait l'expérience. Alors que la beauté de ses sœurs ne l'avait jamais ému, il en était autrement d'une autre jeune femme du Bief. Depuis trois années, il en était convaincu, sa terre natale avait donné naissance à des joyaux féminins incomparables. Il n'avait pas encore voyagé assez loin pour l'avoir vérifié, mais il en était lui aussi convaincu : si l'on s'aventurait trop au Nord ou trop au Sud, nul doute que les dames n'étaient pas aussi belles. Le climat et la noblesse, se plaisait-il à croire, avait dû favoriser l'épanouissement de l'espèce humaine.

Calvin attrapa un nouveau grain de raisin qu'il jeta négligemment dans sa bouche. Est-ce qu'il était heureux de sa nouvelle vie ? De voir du pays ? Bien sûr. Comment cela pouvait-il en être autrement ? Certes il y avait des nuits difficiles et des journées éprouvantes, et vice versa. Mais certaines choses, pour être vécues, valaient bien ce genre de peine.

- La vie dont j'aurais toujours rêvé,
conclut-il à haute voix, semblant du regard ausculter la corbeille de fruits. C'était ce que j'attendais depuis tout petit, je crois. Ce rôle me va comme un gant, tu ne trouves pas ?

Il écarta la main comme pour se soumettre au jugement de Virginia.
Oui, ce dont il avait toujours rêvé... Jusqu'à il y a quelques temps. La vie était drôlement faite. Maintenant qu'il voyageait enfin, en Chevalier libre et intrépide, il aspirait à être chez lui... Non, pas ici, auprès de ses frères et soeurs. Mais il se plaisait à s'imaginer rentrer chez lui, où une femme -une créature aux boucles blondes, aux lèvres charnues et aux yeux timides- l'attendait pour l'accueillir avec douceur. Cette femme, bien sûr, ne pouvait être autre qu'Ashlee Cendregué, et Calvin s'interrogeait : devait-il renoncer à ce rêve, ou parvenir à remplacer dans son imaginaire la dame par une autre ? Ou bien avait-il une chance... Ces questions qui le hantaient chaque nuit, il eut un instant envie de les déverser sur sa sœur... Mais c'était impossible. Son cœur ne s'épanchait plus aussi aisément que lorsqu'ils étaient enfants. Avec l'âge, il s'était lentement barricadé au fond de sa poitrine, comme un enfant boudeur et meurtri se serait caché sous un lit.

Mais c'était vrai, il y avait les combats pour égayer ses journées. Ils arrivaient rarement, contrairement à ce que pensaient les enfants quand ils écoutaient des histoires de Chevalier, mais ils survenaient tout de même.

- Port-Lannis, c'était impressionnant, reprit-il en effaçant avec précaution l'air mélancolique que son visage avait adopté. Ils sont fiers. Durs. Ce sont d'excellents guerriers. Je n'oublierai jamais les leçons que leur rencontre m'a appris...

Pas qu'il ne les appréciât, non, mais il fallait reconnaître un ennemi à sa juste valeur. Et mieux valait ne pas sous-estimer les Fer-nés.

Calvin reposa son buste contre le dossier du fauteuil. Il se serait bien laissé aller à une petite sieste, s'il en avait eu le temps... Mais une nouvelle question de sa sœur le tira brusquement de son état somnolent. Ashlee était de nouveau là, remplissant toute sa tête. Parfois, il se demandait si elle lui laisserait un jour du repos. Quoiqu'il était parfois si bon de penser à elle, de rappeler dans son esprit le souvenir de sa silhouette et de ses manières...
Le Chevalier haussa les épaules et poussa un soupir las.

- Oui, je lui écris régulièrement, avoua-t-il à voix basse. Je n'ai jamais eu aucune réponse, alors comment savoir si elle reçoit mes missives ?

Il n'osait plus regarder sa sœur et son corps s'était raidi dans son fauteuil, comme s'il attendait bravement qu'on le torture pour ces propos de désespoir indigne d'un Chevalier. Mais aucun coup ne vint. Il aurait pourtant presque préféré une telle douleur physique, de manière à tromper sa langueur.

- J'ai demandé Clarence de me donner un coup de pouce, enchaîna-t-il mécaniquement. Pour demander sa main. Mais j'ai peu d'espoir...

Depuis plusieurs nuits déjà, il avait échafaudé des plans pour la voir à la dérobée. Son père ne lui faisait pas peur. Il était plutôt effrayé par la réaction de la jeune femme : Ashlee le repousserait-elle ? Ou pire, allait-elle tout simplement se mettre à rire en se moquant de lui ? Non, cela ne lui ressemblait pas, mais... Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer des scénarios catastrophiques. Pourtant, il le savait, si les choses n'évoluaient pas, il se jetterait sûrement dans ce genre de plan que toute sa famille désapprouverait. Sauf Clarence, peut-être... Il n'avait pas trop de leçons à lui donner dans ce domaine, non ?
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Message Dim 8 Juil 2012 - 16:06

     À la question de son frère concernant le rôle qui lui était certainement réservé depuis tout petit, la demoiselle se contenta de hausser légèrement les épaules. Il devait le savoir mieux qu'elle après tout, mais il était vrai que Virginia reconnaissait bien son frère dans le rôle du protecteur. Clarence n'avait jamais été un homme qui aimait se battre et Calvin le complétait donc, il était vrai que l'on pouvait considérer qu'il occupait une place « normale » en vue de ses talents. Elle répliqua donc d'un ton calme. « Je dirais que le rôle de protecteur pour ta famille est celui qui te sied le mieux en effet. » La jeune femme n'aurait pas hésité une seule seconde à confier sa vie à son aîné, mais ce n'était pas la peine de le lui faire savoir, il devait parfaitement être au courant de ce que sa sœur ressentait vis-à-vis de lui. Même si la confiance de Virginia était plus facilement acquise au seigneur de Grand-Tour, le lien qui unissait la fratrie des Hightower était très important.
     Le jeune homme enchaîna ensuite pour répondre à la question de la jeune femme concernant la bataille de Port-Lannis. À ce jour, elle pouvait se sentir apaisée, mais il était vrai que lorsque la rumeur de cette attaque était arrivée à ses oreilles, l'inquiétude s'était installée jusqu'à ce que ses deux frères soient de retour au bercail. Quoi de plus normal lorsque vous saviez de quoi étaient capables ces pirates des Iles de Fer ? Même si Virginia était une femme qui ne s'épanchait pas sur ses pensées, elle avait été très touchée de voir sa région natale ainsi violée et dépouillée, surtout par des barbares tels que ces Fer-nés ! Quand la guerre prendrait-elle fin ? Bientôt de ce qu'elle espérait, mais la vérité était certainement différente. Savoir ses deux frères sur les routes alors qu'il y avait ce danger omniprésent ainsi que les dégâts subis par la sécheresse, ne l'enchantait pas franchement, mais il fallait malheureusement faire avec. C'était donc avec une légère surprise qu'elle entendit que Calvin semblait les « admirer » à sa manière. Les yeux verts de sa sœur se posèrent sur lui alors qu'elle passa sa main sur ses lèvres dans un geste de réflexion. « Je crois surtout qu'ils n'ont rien à perdre et qu'ils n'hésitent pas à se jeter corps et âme dans la bataille. Toi tu as beaucoup de personnes qui comptent sur toi, ne l'oublie pas Calvin. » Oui, les Fer-nés étaient réputés bons combattants, ils vouaient leurs vies à la guerre et devaient donc être de terrifiants adversaires. Seulement la jeune femme pensait surtout qu'ils se comportaient de la sorte parce qu'ils n'avaient rien à perdre. Vivre sur leurs cailloux pleins de fer ne devaient pas être une sinécure tous les jours et Virginia craignait sincèrement que Calvin ne prenne cette « dévotion » pour la guerre comme un exemple. L'idée qu'il puisse donner sa vie sans hésiter l'effrayait sincèrement.

     Mais il était assez grand pour savoir à quoi s'en tenir et la noble resta donc silencieuse après cette déclaration tandis que Calvin répondait par l'affirmative au sujet des missives envoyées à lady Ashlee. Ce n'était guère surprenant, lors de leurs échanges les deux demoiselles avaient brièvement abordé le sujet et Virginia savait donc que son frère si épris de la belle blonde lui envoyait de temps en temps des missives, mais qu'elle ne lui étaient pas transmises. En effet, il semblait que le père de la jeune femme ne souhaitait pas voir sa fille converser avec un chevalier dont il ne connaissait presque rien. Cela dit, même si Virginia désirait le faire savoir à Calvin, elle estimait qu'il fallait laisser à Clarence le rôle de négociateur dans cet éventuel mariage, elle n'aborderait donc pas le sujet plus en profondeur. Comme il fixait quelque chose devant lui avant d'avouer à sa sœur qu'il avait demandé de l'aide à Clarence, Calvin sembla se montrer défaitiste, chose qui ne lui ressemblait pas vraiment. Fronçant légèrement les sourcils, la jeune femme laissa sa main retomber sur sa robe avant de se redresser pour approcher du sujet où son frère était assit, puis elle passa machinalement sa main sur son épaule. « Être si défaitiste ne te ressembla pas Calvin. » L'amour faisait faire des choses étranges et son cœur se serrait devant la détresse du jeune homme.
     Mais elle n'était pas idiote pour autant et pensait pouvoir trouver les bons mots pour lui mettre du baume au cœur. « Mais ne sois pas sot, tu peux avoir beaucoup d'espoir Calvin. Lady Ashlee est une jeune femme censée et tu es un excellent parti doublé d'un homme galant et d'un chevalier digne de porter son titre. » Leur famille était effectivement influente et particulièrement riche. Même sans être l'héritier, le jeune homme pouvait donc représenter un intérêt non négligeable pour une famille voisine. Virginia se pencha légèrement pour essayer de capter le regard du chevalier, esquissant un léger sourire avant de reprendre. « Tu as toujours su respecter le choix de sa famille et tu t'es montré digne en patientant sans jamais cesser de lui envoyer des missives. Lady Ashlee est une femme très fleur bleue, je suis persuadée que tes attentions l'ont beaucoup touchée. » Il était vrai que l'attente était bien souvent un excellent moyen de faire la cour à une demoiselle. Cela n'avait jamais été le cas de Virginia et elle n'était pas tout à fait aussi « romantique » que ses homologues, mais pensait connaître quelques petites choses à ce niveau. Alors qu'il inspirait légèrement, la jeune femme continua. « Tu sais Calvin, j'entretiens une correspondance avec lady Ashlee, nous parlons de beaucoup de choses, je lui donne des conseils lorsqu'elle m'en demande et je dois avouer que je l'apprécie beaucoup. Je pense qu'elle ferait une épouse parfaite pour toi. » Son sourire s'accentua. Il était vrai que son côté poétique et romantique collait parfaitement au côté chevalier et protecteur de Calvin. Ils feraient un couple charmant et de plus, Virginia gagnerait une belle-sœur qu'elle apprécierait. Cela dit, le sujet de la relation qui unissait le Bieffois et la jeune dame n'avait jamais été abordé, Virginia considérait que ce n'était pas là son rôle et préférait laisser cette tâche à leur frère aîné. Alors qu'elle retira sa main de l'épaule du chevalier, la jeune femme s'autorisa un geste d'affection en lui caressant furtivement les cheveux. « Tu peux avoir entièrement confiance en Clarence Calvin, je suis persuadée qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que tu puisses obtenir la main de lady Ashlee. Tu seras surpris de constater à quel point il peut être persuasif. » Retombant dans le silence, elle espérait sincèrement avoir réussi à lui remonter un peu le moral.
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Message Jeu 19 Juil 2012 - 7:25

Protecteur… Oui, Virginia devait avoir raison, comme souvent. Les femmes avaient cette capacité à dire certaines évidences qui parfois restaient voilées aux hommes, comme des vérités si muettes que dans leurs combats et leurs râles, ils oubliaient peu à peu. Quoiqu’il en était, le rôle que lui avait donné la Foi lui convenait. Il se plierait à la volonté des Sept, car Ils savaient ce pour quoi il avait été conçu. Ce genre de constatation ne prêtait pas à discussion.
Calvin cessa de manger pour écouter la réponse de sa sœur concernant les Fer-nés. Elle avait paru surprise. Qu’avait-il dit, déjà ? Ah oui, que c’était de bons guerriers. Ce n’était peut-être pas la meilleure réponse à faire devant des personnes qui les craignait autant, et il se demanda s’il avait été bien raisonnable de prendre le sujet autant à la légère devant elle. Il était si habituée à la compagnie de Clarence que parfois, il oubliait que les femmes avaient une sensibilité un peu plus exacerbée que ceux qu’il côtoyait d’ordinaire. D’un autre côté, il ne voulait pas que ses sœurs se laissent aller à la panique de l’insécurité… Elles étaient à Vieilleville, il se passerait des saisons avant que les Fer-nés parviennent jusqu’ici ! Du moins, c’était ce dont il était convaincu…

- Allons, Virginia, ne sois pas effrayée ! la taquina-t-il avec un sourire amusé. Je ne suis pas le seul Chevalier en Bief pour défendre nos dames !

Mais il était vrai que si les demoiselles de noblesse étaient plus ou moins en sécurité –du moins c’était le cas lorsqu’elles restaient chez elles- il n’en était pas de même pour la population de certaines régions du territoire. Pour eux, l’on ne pouvait pas toujours arriver à temps pour combattre les Fer-nés… A cette pensée, Calvin baissa les yeux et soupira. Les craintes de sa sœur étaient peut-être de mise, finalement…

- Je n’suis pas défaitiste, rétorqua-t-il en faisant la moue, un peu comme lorsqu’enfant, l’on se moquait de lui. C’est juste que…

Sa voix resta en suspens, ne terminant pas sa phrase qui devait pourtant résumer la raison de ce malaise. En réalité, il n’était pas simple de mettre des mots sur cette désagréable petite voix au fond de lui qui l’incitait à arrêter de se ridiculiser avant que Lady Ashlee Cendregué ne s’enfuit devant un être si maladroit que lui. Car oui, il était agile à l’épée, et à cheval également, mais en amour… S’il y avait bien un domaine où il se sentait particulièrement gauche, c’était bien celui-là. Il s’imaginait parfois la jolie Ashlee se tordre de rire sur son lit en compagnie de suivantes, une de ses lettres baveuses à la main.
Mais il chassa cette scène désagréable de son esprit en secouant la tête, toujours muet. Virginia avait entrepris de le réconforter, et il devait reconnaître qu’en bien des points, elle n’avait pas tort. Pourtant, quand elle lui annonça qu’elle correspondait avec la jeune Lady Cendregué, il perdit le léger sourire qu’il avait et ouvrit bêtement la bouche.

- Qu… Quoi ? Mais pourquoi est-ce que tu ne me l’as pas dit plus tôt ?!

Calvin dévisagea intensément sa sœur, avant de se rendre compte que ce brusque changement de langage ne seyait pas tout à fait à leur rang. Qu’importait, ils étaient seuls pour le moment, de toutes manières. Il se redressa sur son fauteuil, son esprit semblant soudain s’être brusquement réveillé d’une longue torpeur. Déjà il s’imaginait les mille avantages que cette correspondance pourrait lui apporter : Virginia parlait de Calvin en bien ? Ashlee avait-elle dit quelque chose à son sujet, ou parlé de projets de mariage avec un autre que lui ? De son père ? De ses voyages ? Virginia pourrait peut-être inviter sa correspondante à passer quelque jours à Vieilleville ! Ou mieux, elle pourrait glisser l’une de ses missives dans sa propre lettre !
De nouveau, le jeune Chevalier était souriant. Il se sentait ragaillardi. En voilà une nouvelle qui allait pouvoir le faire avancer ! Bien sûr qu’il avait confiance en Clarence, mais il avait tellement besoin d’en savoir plus ! Vivre un amour où l’autre paraissait si indifférent était tout simplement désespérant. Et si jamais un jour il apprenait que son père l’avait promis à un autre ? C’est vrai qu’il n’était pas l’héritier des Hightower… Mais Virginia avait raison, il ne fallait pas qu’il se laisse abattre. Ca ne lui ressemblait pas. Ce soir, il essaierait de lui écrire une nouvelle lettre où il expliquerait qu’il n’abandonnerait pas si facilement la partie.

- Alors, reprit-il en se penchant légèrement vers sa sœur pour pouvoir lui parler plus discrètement. Tu dois savoir quelque chose, non ?

Il la regardait d’un air complice et taquin à la fois. Elle devait savoir quelque chose, ce n’était pas possible autrement. Même si ce n’était qu’une toute petite information, si Ashlee aimait ses cheveux par exemple, même cela lui conviendrait. Son regard se faisait un peu suppliant sans être sérieux. Et il se mit à rire.

- Ha ha, allez, ne garde pas ça pour toi ! Rien qu’un tout petit détail… Non ?

La balle était dans son camp. Dès que les choses devenaient subtiles, elle était rarement dans le sien, de toutes façons. Il était habitué. En même temps, songeait-il, il ne pouvait non plus lui demander de trop gros services à cause de sa correspondance, car si son père découvrait leur jeu caché, il serait peut-être furieux… Et Virginia serait déclarée non digne de confiance. Cela nuirait à son propre mariage, et malgré tout l’amour que Calvin portait à Lady Cendregué, son sens de l’honneur et du devoir était trop fort pour qu’il mette sa propre famille dans une mauvaise situation. Du moins, pas d’une manière aussi consciente. Ah, quand il annoncerait cela à Clarence ! Lui, il aurait certainement une bonne idée sur la question ! Il était fort à ce jeu-là… A moins qu’il ne fut déjà au courant ? Si c’était le cas, il lui ferait payer ce silence –de manière fraternelle, bien entendu.
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Message Ven 20 Juil 2012 - 11:58

     Calvin n'était effectivement pas le seul chevalier du Bief à aller combattre les Fer-nés, mais il était celui qui comptait le plus pour elle étant donné qu'il faisait partie de sa famille. Cela dit, la jeune femme resta simplement silencieuse en hochant la tête d'un air léger, inutile de s'appesantir sur ce sujet après tout, elle parviendrait seulement à l'inquiéter davantage. Ce fut d'ailleurs un peu le cas lorsqu'il essaya de la rassurer sur le fait qu'il n'était pas défaitiste, pourtant aux yeux de sa sœur, c'était l'impression qui se dégageait de son comportement. Calvin semblait pratiquement persuadé qu'il ne pourrait jamais obtenir la main de lady Ashlee, mais Virginia était bien placée pour savoir que l'avenir réservait parfois de drôles de surprises. Même si la jeune femme n'était pas aveugle au point d'imaginer qu'il n'y avait pas la moindre chance pour qu'un autre homme s'intéresse à la jeune femme, elle était toutefois assez éveillée pour savoir que Calvin n'était pas sans intérêt pour une fille cadette. La maison Hightower était un bon parti, non seulement en raison de leur richesse, mais aussi parce que Villevieille possédait un emplacement idéal pour le commerce avec les Cités Libres et d'autres régions intéressantes. Lord Cendregué pouvait toujours souhaiter que sa fille épouse le lord de la maison, mais sachant que Clarence connaissait parfaitement le penchant de Calvin pour la jolie demoiselle, il était tout bonnement impensable qu'il puisse acheter de lui passer la bague au doigt. Calvin était un bon chevalier et qui plus est, il possédait d'excellentes manières, de quoi attirer n'importe quelle demoiselle. Seulement lui n'en voulait qu'une. L'amour faisait faire des choses bien étranges, comme ne plus pouvoir regarder d'autre personne que celle qui habitait notre cœur. C'était pour cette raison que Virginia partait avec un état d'esprit positif, en pesant le pour et le contre c'était le pour qui semblait l'emporter pour le moment. Après, bien évidemment, il ne fallait pas exclure les sentiments de lady Ashlee, peut-être qu'elle étai entichée d'un autre ? C'était peu probable, pour le moment elle n'avait jamais abordé ce sujet dans leur correspondance.

     Les yeux de la jeune femme ne quittaient pas le visage de son frère alors qu'elle constatait que son sourire s'éclipsa soudain. Avait-elle dit quelque chose qui venait de le contrarier ? La langue trop sincère de Virginia pouvait lui jouer des tours, elle ne masquait jamais ce qu'elle pensait et ne se gênait pas pour faire savoir lorsque quelque chose lui semblait inadapté. Affichant un air quelque peu « stupide » Calvin lui demanda soudain pour quelle raison est-ce qu'elle ne lui avait jamais avoué cela. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle savait qu'il risquait de réagir de la sorte et que les discussions qu'elle entretenait avec lady Ashlee ne touchaient pas son mariage ou ses amours. Elle ne voyait donc pas l'intérêt de « torturer » Calvin si elle n'était pas capable de lui dire quelque chose qui puisse le rassurer. Toujours muette, la dame l'observa qui se redressa avant d'arborer un sourire pour lui demander la faveur de lui dire quelques détails concernant leurs échanges. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Virginia alors qu'elle regarda Calvin dans les yeux. « Vous êtes bien curieux mon cher chevalier. » Habituellement la discussion de deux dames devait déborder de révélations, d'avis sur tel ou tel beau chevalier, mais Virginia n'était pas vraiment le type de femme qui s'intéressait à ce genre de détails futiles. Non, leurs discussions étaient plutôt celle de deux amies qui partageaient des avis sur des questions importantes, ainsi que des conseils prodigués par la plus âgée pour aider la jeune lady Ashlee. Il n'était pas certain que ce soit le style de discussion qui puisse intéresser Calvin. « Nous ne discutons pas vraiment des hommes et même si je suis persuadée que tu serais ravi d'être le centre de mes discussions, il m'arrive de bavarder d'autres choses. » C'était une boutade bien évidemment, la jeune femme ne le percevait pas comme une personne vaniteuse, bien au contraire ! Adoptant une légère moue de réflexion, la Bieffoise continua. « En réalité je suis prodigue surtout des conseils, ne pas se comporter comme une potiche, apprendre à savoir éveiller l'intérêt, mais surtout le garder. Je ne doute pas qu'elle s'en sorte parfaitement, c'est une jeune femme très intelligente. »

     La jeune femme ne voyait pas réellement comment répondre à la demande de son frère, elle le souhaitait pourtant, mais avoir toujours estimé que ce n'était pas son rôle de se renseigner sur les inclinaisons de son homologue. « J'aimerais pouvoir te donner des informations sur ses sentiments à ton égard, mais je ne l'ai jamais questionnée à ce sujet. Je considérais que ce n'était pas mon rôle et je m'en serais voulu de te mettre des bâtons dans les roues en fautant aussi bêtement. » Virginia n'était pas une femme douée pour former des couples c'était un fait, elle ne faisait jamais rien à moins d'être parfaitement sûre de maîtriser ce sujet. Seulement là, c'était bien loin d'être le cas, il était donc impensable qu'elle nuise aux intérêts de son frère. Réfléchissant rapidement, elle inspira doucement avant de répondre une fois de plus. « Comprends bien que ce que je vais te dire n'est absolument pas confirmé. C'est ce qui est venu à mes oreilles, mais tu sais à quel point j'accorde peu de crédit aux rumeurs. » Pas du tout même, les rumeurs étaient déformées d'une personne à l'autre et après quelques temps, ne ressemblaient absolument plus à celle de départ. « Je crois savoir que lord Cendregué n'a pas donné tes missives à lady Ashlee, ce qui signifie donc que si tu n'obtiens aucune réponse de sa part, c'est certainement lié. Mais comme je te l'ai dit, je n'ai pas eu cette information d'elle en personne. » Elle pourrait toujours se renseigner, mais après, le but de Virginia n'était pas non plus de pousser la jeune dame à se rebeller contre son géniteur pour exiger qu'il lui donne les missives envoyées par son prétendant le plus fervent. Son regard clair observait toujours le visage de Calvin, espérant que cette nouvelle puisse apaiser un peu son coeur et son esprit, puis elle conclut d'un ton tendre. « Mais si tu me le demandes Calvin, je pourrai essayer d'aborder le sujet te concernant dans ma prochaine missive. » Sachant que ce n'était absolument pas dans ses habitudes, il était aisé de comprendre qu'elle agissait de la sorte parce qu'elle tenait à lui, tout simplement.
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Message Jeu 26 Juil 2012 - 12:34

Comme si Virginia pouvait lui montrer des indices à travers un regard, le jeune Chevalier fouillait des yeux ceux de sa sœur, à la recherche désespérée d’un élément positif ou négatif. Mais Virginia n’était pas aussi transparente que lui. Il fallait dire que l’on pouvait difficilement avoir un visage plus expressif que le sien : son regard d’enfant trahissait la moindre de ses émotions, qu’il le veuille ou non. Il était mauvais acteur, il le savait bien, mais la franchise faisait parti de son caractère et par-là même, ce défaut devenait une qualité : Calvin Hightower ne mentait pas aux siens, que ce soit par les mots ou par le comportement. Il était vrai, il était lui, et c’était de toutes manières ainsi qu’il concevait le comportement noble d’un Chevalier.
Quoiqu’il en était, et bien que sa curiosité soit piquée au vif par sa jeune sœur, il se contrôlait suffisamment pour ne pas la secouer comme un prunier –histoire de lui arracher quelques informations, ça aurait pu fonctionner !- et se contenta de hausser les épaules à la remarque de Virginia. Il reconnaissait que son comportement n’était peut-être génial. Etait-ce la nostalgie des murs de son enfance qui lui insufflait ces arrière-pensées de désespoir qu’il n’avait pas habituellement ? Cela ne lui ressemblait pas. L’avantage de ses voyages, c’était justement que lorsqu’il chevauchait, il n’avait de temps ni d’énergie à consacrer à ruminer de sombres pensées sur les incertitudes de son avenir et des sentiments que lui portait lady Ashlee Cendregué. Seules subsistaient quelques images, souvenirs ou imaginées, de la jeune demoiselle, se superposant aux forêts, aux montagnes et aux champs qu’il traversait.

Virginia n’avait pas donné ses raisons de n’avoir jamais évoqué sa correspondance avec lady Cendregué auparavant, mais cela importait peu. Calvin avait d’ailleurs déjà oublié sa question ; l’important était qu’il l’apprît aujourd’hui, et que cela peut-être ne lui apporterait pas grand-chose excepté peut-être des remous contradictoires dans son cœur chaviré.

- Ah, moi qui pensais que tu ne voyais que par moi, plaisanta-t-il en essayant malgré lui de dissimuler sa déception. Mais si c’est toi qui la conseille… Je devrais peut-être m’inquiéter…

Il lui rendit son sourire, un peu narquois. Bien sûr qu’Ashlee devait être intelligente. Cela se voyait dans son regard. Elle avait de la grâce dans ses manières, une façon réfléchie de poser les yeux sur ce qui l’entourait… Non, elle n’était naturellement pas une potiche. Que de tels conseils fut échangé entre femmes lui paraissait bien futile ; il pensait et penserait probablement longtemps que le port majestueux des femmes et leur pouvoir de séduction étaient innés –et que celles qui n’en étaient pas dotés ne le seraient probablement jamais. Il n’avait pas tout à fait tort ; l’on assistait rarement à la transformation d’une ânesse en jument royale. Mais il se garderait bien évidemment de porter un jugement sur la correspondance qu’entretenaient les deux femmes : peut-être évoquaient-elles aussi des sujets plus secrets… Il ne le saurait jamais.

- Tu as raison, répondit-il à Virginia en haussant les épaules. Ce n’est pas ton rôle, je ne devrais pas essayer de te mêler à cela.

Mais quelque part, la nouvelle concernant ses propres missives le soulageait un tant soit peu. Il préférait qu’elle en ignorât le contenu plutôt que n’avoir jamais répondu par pure indifférence. Mais les aurait-elle un jour ? Peut-être ignorait-elle totalement l’existence de ces lettres ? Auquel cas, il était logique qu’elle n’ait jamais amené le sujet dans sa correspondance avec Virginia. C’était une explication rassurante, mais hypothétique… Pourtant, elle devait forcément avoir eu vent de son inclination pour elle, ne serait-ce qu’à cause de cette première lettre qui avait fait pouffer bien des gens à Villevieille.

- Non ! répondit-il plus brusquement qu’il ne l’aurait souhaité, avant de reprendre sur un ton plus maîtrisé. Ne lui dis rien. Ne lui en parle pas… C’est très bien comme ça.

Maintenant qu’il en avait la possibilité, il ne voulait plus influer sur la correspondance de Virginia et Ashlee. Cette dernière pourrait deviner ses intentions et cela l’effrayait. Non pas qu’il eut honte de ses sentiments –il avait appris à vivre avec, même si l’on s’était moqué de lui- mais qu’elle puisse penser qu’il fasse preuve d’intrusion indélicate dans des correspondances le tenait bien à l’écart d’un tel procédé. Il avait toujours respecté les règles de bienséance et de l’honneur, et cela comptait encore plus lorsqu’il s’imaginait l’éventuel jugement sévère d’une jeune femme encore idéaliste.
Mais tout de même, cette proposition surprenait Calvin. Il s’était attendu à ce que Virginia l’envoie paître avec raillerie. S’inquiétait-elle à ce point de le voir malheureux ? Donnait-il si triste mine ? Il ne se rendait pas compte.

- C’est gentil à toi, Virginia. Mais je pense que ce n’était pas une bonne idée de ma part de vouloir m’immiscer dans votre correspondance. D’ailleurs, il ne sert à rien de se faire du souci, maintenant, j’imagine. Clarence m’a promis d’intervenir dès qu’il le pourrait… J’ai patienté déjà trois ans, je survivrai bien quelques mois de plus !

Il rit un peu, de nouveau intéressé par la coupelle de fruits devant lui. Tout revenait à son quotidien habituel, et il se sentait un peu plus léger. Oui, il y avait toujours autant d’espoir qu’avant… Il lui faudrait encore faire preuve de patience. Ce n’était rien au vu du joyau qu’il demandait.

- Assez parlé de moi, reprit-il en arrachant de nouveaux grains de raisin à leur verte grappe. Que fais-tu de beau, en ce moment ? Tu as des projets pour les mois qui viennent ?

Son air soucieux semblait s’être envolé de ses yeux.
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Message Ven 27 Juil 2012 - 9:37

     Les remarques de Calvin n'étaient pas méchantes, ni même moqueuses dans le sens propre du terme, c'était des petites boutades qui n'étaient là que pour détendre l'atmosphère et se sentir plus à l'aise. Virginia se contenta d'esquisser un sourire pour toute réponse lorsque son frère aîné avança le fait qu'il devrait peut-être s'inquiéter si c'était elle qui conseillait sa douce. Qu'il s'inquiète donc ! Elle ne dispensait jamais ses conseils sans raison et même s'il était rare que ses interlocuteurs le lui demandent - comme Victoria par exemple qui subissait sans avoir demandé - dans le cas d'Ashlee c'était la demoiselle qui était venue vers Virginia à ce propos et non le contraire. Bien évidemment, vu qu'il n'y avait pas la moindre hostilité dans les paroles de Calvin, la jeune femme n'avait aucune raison de se justifier, puis même s'il avait été critique à son sujet, elle ne l'aurait pas fait pour autant ! Secouant légèrement la tête, la Bieffoise se contenta de lâcher quelques mots d'un ton faussement sérieux. « Je sais bien que tu rêves que ta future épouse me ressemble Calvin, inutile de le nier. » Oh, elle n'en était absolument pas convaincue. Même si son caractère était ce qui faisait sa personnalité, la jeune femme avait parfaitement conscience que sa langue trop pendue du goût de certain, risquait de lui jouer des tours un jour ou l'autre. Mais peu lui chalait, si les autres ne pouvaient pas la tolérer telle qu'elle était, c'était tout simplement parce qu'il ne s'agissait que d'idiots voilà tout ! Des nobles qui estimaient que la place d'une femme était en train de faire la potiche et non d'épauler son époux. L'opposé de la manière de penser de Virginia en somme. Mais là n'était pas le sujet, elle laissa donc partir ces pensées loin de son esprit et se concentra sur Calvin.

     Quoi qu'il en soit, le jeune homme répondit en abondant dans le sens de sa cadette, déclarant qu'effectivement ce n'était pas à elle d'essayer de se mêler des amours de la jeune demoiselle de Cendregué. C'était une bonne chose, Virginia n'était pas franchement une excellente conseillère en matière d'amour, le mariage c'était différent. Les unions d'amour n'existaient que chez les roturiers, Virginia ne se faisait pas d'illusions, ou alors dans le cas de Calvin et de lady Ashlee s'agissait-il d'un penchant d'un côté et d'un amour passionnel de l'autre. À moins que la jolie blondinette ne soit aussi éprise de son preux chevalier ? En tous les cas, si la Hightower n'avait aucune difficulté à conseiller une jeune vierge sur la manière dont une dame devait retenir l'attention de son époux et savoir le soutenir, il n'en allait pas de même au sujet de l'amour qui pouvait naître entre deux époux. Après tout, il fallait le vivre pour le connaître, les sentiments n'étaient pas comme les comportements, il n'y en avait pas de bons ou de mauvais.

     Elle fut donc fortement soulagée lorsque son frère lui demanda de ne finalement pas intervenir en sa faveur. Il était préférable que ce soit Clarence qui s'occupe entièrement de tout cela, même si effectivement cela voulait dire qu'il faudrait encore patienter quelques lunes, au moins jusqu'à la fin de la guerre ! La patience n'effacerait en rien les sentiments du jeune chevalier et Virginia esquissa un sourire en hochant la tête avant de répliquer. « Et que sont quelques lunes d'attente si tu pourras passer ta vie entière à ses côtés ? » Si leur projet aboutissait, en effet ce serait là une excellente raison pour que le jeune homme prenne son mal en patience, il confirmerait ainsi qu'il ne s'agissait pas simplement d'une inclinaison qu'il avait à l'égard de la belle jeune femme, mais bel et bine un amour sincère. La sœur de Calvin espérait de tout cœur qu'il ne serait pas déçu par l'issue de cette demande – dès qu'elle aurait lieu du moins – mais comme lord Cendregué avait peut-être d'autres projets pour sa cadette, ce n'était pas négligeable. Mais bien évidemment, elle garda ses pensées pour elle.

     Reportant son attention sur la coupe de fruits à ses côtés, le jeune chevalier s'intéressa alors aux projets de sa soeur pour les temps à venir. Elle en avait quelques-uns, mais rien de bien poussé puisque tout dépendait de ce que Clarence pouvait attendre d'elle. Adoptant une moue de réflexion qui lui était familière, la demoiselle scruta les yeux céruléens de son frère avant de répliquer. « Et bien Clarence m'a proposé de vous accompagner à Port-Réal pour le Conseil Restreint. Par conséquent avec Valencia nous viendrons à la capitale pour cette durée. » Ce n'était déjà pas négligeable sachant que c'était tout de même assez rare de quitter Villevieille pour partir aussi loin, du moins pour les demoiselles vu que les frères étaient plus souvent amenés à voyager surtout depuis le début de la guerre et le nouveau rôle de Grand Argentier de Clarence. Si elle avait bien compris, ils seraient accompagnés par lord Redwyne ce qui ne manqua pas de rappeler à Virginia que dans quelques lunes son avenir à elle serait peut-être aussi scellé. « Je prévoie beaucoup de choses pour notre visite à Port-Réal, rencontrer des personnes influentes qui feraient de bons contacts pour l'avenir, tu sais bien que je considère qu'une bonne épouse doit savoir aider son mari. » Elle le répétait sans cesse à Victoria, lui expliquant qu'elle ne devait pas se contenter de peu lorsqu'elle pouvait offrir plus. Sans compter que même si son cas était en passe d'être réglé si tout se déroulait comme Clarence l'entendait, elle aurait un rôle important puisque la maison qui l'accueillerait alors ne serait pas des moindres. Après un bref moment de silence, elle continua donc. « Et j'imagine que tu sais que Clarence a des projets bien précis pour moi concernant une éventuelle alliance. J'attends donc de savoir ce qu'il en est en essayant de jouer au maximum le rôle qui m'est attribué. Je dois avouer que cela occupe bien assez mes journées. » Même si au fond ce n'était absolument pas ce qu'un homme comme Calvin vivait. Chacun son rôle et le monde continuait de tourner.
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Message Lun 30 Juil 2012 - 11:32

Les yeux rieurs, Calvin pouffa. Il aimait que sa sœur ait ce sens de l’humour, de la légèreté juste quand il le fallait. Ce n’était pas donné à tout le monde. En vérité, il lui semblait que la plupart de ceux qui l’entouraient pendant qu’il était enfant avait perdu leur malice au fil des années, comme si le fait de devenir adulte ne devait pas vous autoriser à rire, à plaisanter… Exception faite de Clarence, bien sûr, qui savait toujours détendre l’atmosphère quand il le fallait. C’était presque un art, chez lui, et Calvin n’avait pas autant de répartie. Mais à chacun sa spécialité, et pouvoir rire avec l’une de ses sœurs suffisait au Chevalier.
Est-ce qu’il aurait voulu qu’Ashlee s’inspire de Virginia ? s’interrogea-t-il néanmoins en son for intérieur. Sa sœur avait bien des qualités, mais Ashlee avait aussi les siennes propres et qui la rendait unique. Virginia savait bien comment se comporter en société, c’était évident, et elle avait de la facilité à entretenir une conversation… Mais la Ashlee qu’il avait vue à l’époque, réservée, possédait dans sa timidité un mystère qui lui conférait un charme fou. Non, lady Cendregué ne ressemblerait jamais à sa petite sœur, et c’était tant mieux. Mais cette dernière avait peut-être des choses à lui apprendre sur des sujets qu’il ne maîtrisait pas, et qui de toutes façons ne l’intéressait guère.

A son soulagement, mais avec tout de même un petit pincement au cœur, ils délaissèrent donc le sujet de cette correspondance féminine. Le Chevalier aurait bien le temps d’y penser plus tard… Et il tâchait de se convaincre qu’il avait fait le bon choix, celui d’un noble Chevalier, en s’écartant de ces missives intimes. C’était pourtant si dur de ne pas y penser, et de ne pas spéculer sur ce qui pourrait se trouver à l’intérieur… Un instant, il s’imagina dans la Chambre de Virginia à consulter discrètement les lettres d’Ashlee : comment écrivait-elle ? Une petite écriture serrée avec des jolies boucles ? Et quels étaient ses goûts ? Parlait-elle de soleil, de fleurs, de balades en forêt ou de chiots à soigner ? De broderie peut-être, et des tissus qu’elle préférait ? Ainsi, il aurait pu lui faire préparer un cadeau en sachant ce qui lui plairait… Mais non, tout cela était impossible. S’il voulait faire un cadeau un jour, il demanderait conseil à Virginia, voilà tout, se raisonna-t-il, un peu honteux d’avoir pu songer à fouiller la chambre de sa sœur.

- Ah ? fit-il un peu distraitement. Oui, Port-Réal… Clarence a bien fait de vous laisser venir. Il y a beaucoup de choses à visiter… Des septuaires grandioses, dont les bibliothèques sont renommées dans toute la région. Cela devrait intéresser Valencia…

Il était difficile d’intéresser leur pieuse sœur à quelque chose d’autre que la religion, de toutes manières. Valencia, beaucoup plus austère que Virginia, avait été très touchée par la mort de leur frère aîné et Calvin, comme presque tout le reste de la famille, s’était trouvé désemparé face à tant de chagrin et d’enfermement. Et finalement, il s’était habitué à cette jeune femme impassible. Valencia et Virginia étaient le jour et la nuit… Presque au sens propre du terme. Calvin se demandait comment deux êtres aussi différents allaient pouvoir tomber d’accord sur les activités à effectuer à Port-Réal… Mais après tout, elles étaient sœurs : des compromis, elles en faisaient depuis longtemps.

- En tout cas, la visite sera un peu moins morne si vous nous accompagnez, conclut-il, fidèle à son attraction très mitigée pour les choses de la politique.

Puis Calvin hocha la tête à la remarque de Virginia, avec un petit sourire en coin. Oui, il fallait avoir confiance. Virginia ne semblait pas avoir les mêmes angoisses sur son propre avenir : elle considérait avec philosophie l’union à laquelle Clarence voulait la préparer. C’était une sérénité désarçonnante pour Calvin, qui ne s’imaginait se marier qu’avec une femme pour qui il se consumait d’amour. Comment pouvait-on rester aussi calme face à un projet d’union ? Mais il avait souvent entendu dire que les femmes ne se mariaient pas toujours par amour. Lady Cendregué accepterait-elle une union entre eux sans avoir aucun sentiment pour lui ? Ce serait peut-être pire qu’un refus, songeait-il avec une nouvelle angoisse… Qui fut bientôt apaisé par une évidence : il prendrait tellement soin d’elle, s’ils se mariaient, qu’elle ne pourrait que l’apprécier. Quelle femme n’aimait pas la douceur et les cadeaux ? Et puis, il apprendrait à la connaître, à l’aimer, à se faire aimer…
Le Chevalier secoua la tête, comme pour revenir à la réalité. Il n’était pas encore marié. Il ne savait même pas encore s’il pourrait un jour être uni à Ashlee.

- J’imagine, oui, répondit-il sobrement. Tu feras une excellente épouse, Virginia, je n’en doute pas. Il me semble avoir entendu dire que Lord Redwyne nous accompagnerait, justement, à Port-Réal. Sais-tu ce qu’il en est ?

A dire vrai, Calvin ne savait pas grand-chose de ce Jace Redwyne ; sinon qu’il était seigneur de la Treille et membre du Conseil Restreint. Autrement dit, un homme important. Ce serait un coup de maître de la part de Clarence si effectivement, l’union entre les Redwyne et les Hightower avait lieu… Bien sûr, cela signifiait aussi que Virginia serait emportée loin de Villevieille pour n’y revenir que très, très rarement. Mais c’était là le devoir d’une femme de son rang… En était-elle triste ? Ce n’était pas une question à poser, lui semblait-il. Elle serait peut-être heureuse de changer de vie, elle qui était enfermée à Villevieille depuis tant d’années...

- L’on m’a rapporté qu’il s’agit d’un homme très avenant, précisa Calvin avec un sourire encourageant.

Après tout, la téméraire Virginia avait peut-être des angoisses invisibles, elle aussi… Ou pas.
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Message Lun 30 Juil 2012 - 15:05

     Calvin semblait lui aussi penser que la visite à Port-Réal plairait à Valencia, il était certainement bien loin de se douter que leur jeune sœur se sentirait encore plus soulagée de quitter un peu Grand-Tour, qu'il ne pouvait le penser. Le septuaire de Baelor allait plaire à Valencia, la jeune femme n'en doutait pas une seule seconde et elle avait même sincèrement hâte de pouvoir s'y rendre pour que la demoiselle puisse se changer un peu les idées. Virginia hocha la tête tout en restant silencieuse, il n'y avait pas grand-chose à redire à cela de toute manière ! Au fond si elles avaient besoin de lecture, Villevieille restait la meilleure ville pour cela, après tout, n'avaient-ils pas l'insigne honneur d'abriter la citadelle des mestres qui regorgeait de connaissances ? Mais elle comprenait ce que le jeune homme voulait dire par là.

     Elle l'écouta alors qu'il parlait du fait que leur présence allait rendre le tout plus intéressant. Peut-être bien, elles ne seraient là que pour accompagner Clarence et non pour avoir une réelle « utilité », mais de l'avis de la jeune femme c'était déjà bien suffisant. Ainsi donc les autres nobles verraient bien que la famille Hightower était unie, même si cela n'importerait peut-être pas pour la grande majorité. L'idée de rencontrer des personnes intéressantes qu'elle n'aurait pas l'occasion de côtoyer normalement, lui plaisait aussi grandement, même si ses intérêts passeraient toujours après ceux de Clarence. Elle hocha légèrement la tête. « Ce qui est important reste que Clarence soit bien entouré. » La jeune femme savait parfaitement ce que Calvin pensait de la politique et rien que pour cette raison, elle remerciait les Sept de l'avoir fait naître après Clarence. Sans être médisante, la noble pensait que le plus jeune des deux aurait eu beaucoup plus de difficultés à se glisser dans le rôle de lord de la maison Hightower si les rôles avaient été inversés. « Tu verras, je suis certaine que ce voyage te plaira. Ce n'est pas comme les autres rencontres politiques tu sais. » Même si cela restait de la politique, quelque chose d'important allait se jouer, lord Redwyne le lui avait bien exprimé. Ils verraient des personnages très importants, sans compter que des sujets très actuels seraient abordés, comme la guerre contre les Fer-nés qui durait depuis trop longtemps à ce jour. Soupirant légèrement, Virginia espérait intérieurement que cette discussion permettrait d'apporter la paix entre les pirates des Iles de Fer et le reste du continent. Les habitants de Westeros avaient suffisamment souffert de tout ceci pour le moment.

     Mais au fond, leur rôle n'entrait pas dans cette discussion et la jeune femme ainsi que son frère resteraient sans aucun doute à l'écart de toute cette affaire. Calvin pourrait en profiter pour apprendre à connaître Port-Réal ou passer un peu de temps en compagnie de ses sœurs il l'envie lui en disait ! Comme leur conversation avait glissée sur un chemin bien précis, la jeune femme esquissa un léger sourire lorsque son frère lui déclara qu'elle ferait une excellente épouse. Tout dépendait des attentes du mari dirons-nous, elle pourrait apparaître comme la pire épouse à un homme qui préférait la beauté à l'esprit. Il lui posa ensuite quelques questions au sujet de lord Redwyne et la noble dame prit quelques instants de réflexion avant de répondre. « Je crois savoir qu'en effet il se rend aussi à Port-Réal étant donné qu'il possède un siège au Conseil Restreint. J'imagine que nous voyagerons certainement avec lui comme toi et Clarence devez passer par Castral-Roc avant de rejoindre la capitale. » En réalité Clarence ne lui avait encore rien dit de très précis à ce niveau et elle ne lui avait rien demandé. Sa confiance la poussait à lui laisser la liberté de régler tout cela sans qu'elle ne vienne y fourrer son nez. La logique voulait simplement que s'ils se rendaient tous à Port-Réal et que lord Jace avait la totale confiance de Clarence, ils voyagent ensemble. Mais peut-être se trompait-elle, Virginia n'en avait aucune idée. L'avenir le leur dirait bien ! « Une chose est certaine, il sera bien présent à Port-Réal. » Elle glissa sa main jusqu'à sa chevelure pour remettre en place une mèche qui la dérangeait.

     Concernant ce que Calvin disait sur l'ami de leur frère aîné, Virginia ne pouvait pas s'exprimer trop en détails, après tout, elle ne l'avait rencontré réellement qu'une seule fois. « Je ne peux qu'approuver ce que l'on t'a rapporté, même si je ne suis guère friande des rumeurs. » Un léger sourire se peignit sur ses lèvres d'un air amusé, il était vrai que les rumeurs n'avaient pas son adoration, mais pour le coup, ce que l'on disait sur le seigneur de La Treille semblait véridique. « Cela dit je ne le connais pas aussi bien que Clarence, mais je sais qu'ils s'estiment beaucoup et se considèrent même davantage comme des frères que comme des amis. » Elle n'inventait rien, c'était ce que les jeunes gens lui avaient fait savoir et elle en était sincèrement ravie. « Lorsque l'on connaît la manière dont Clarence aime sa famille, il est aisé de savoir qu'il apprécie beaucoup lord Redwyne. » Elle aurait pensé que Calvin eu déjà été en contact avec le jeune seigneur, mais apparemment ce n'était pas le cas. « Le peu que nous avons échangé m'a donné le sentiment d'une personne cultivée et très aimable. Je ne suis pas très surprise qu'il s'entende avec Clarence pour être sincère et je suis ravie qu'il ait pu penser à moi pour cette union. » Elle avait toujours été parfaitement consciente qu'elle allait devoir se marier, si c'était avec une personne qui possédait ce qu'elle pouvait désirer chez un homme, ma foi, ce n'était que des bonnes choses. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la demoiselle. « Et nous verrons bien si je fais une excellente épouse. Tout dépend de ce que l'époux attend de sa femme, s'il espère une belle femme je crains de le décevoir, mais étant donné que Clarence m'a proposée, il doit savoir ce qu'il fait. » Après tout, il aurait été dommage de ruiner des années de préparation en choisissant la mauvaise sœur.

     Elle soupira légèrement en reculant pour appuyer son dos contre le dossier de la chaise, puis remis en place sa robe. Comment Calvin pouvait-il prendre l'éventuel départ de sa sœur ? Certes La Treille n'était pas loin et si le mariage se faisait, elle serait assez près pour leur rendre visite, mais elle ne serait plus à Grand-Tour même. « Dis-moi Calvin, comment prendras-tu le fait de ne plus avoir toutes tes sœurs à tes côtés pour te surveiller ? Valencia et Victoria partiront certainement bientôt, mais elles seront sûrement rapidement remplacées par de nouvelles lady Hightower. » Un sourire se peignit sur les lèvres de Virginia, elle songeait notamment à lady Ashlee et peut-être même une future épouse pour Clarence.
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Message Lun 13 Aoû 2012 - 11:49

Calvin acquiesça d’un signe de tête. Oui, Clarence serait bien entouré : protégé par son frère Chevalier, épaulé par deux sœurs dont l’intelligence de l’une égalait la foi de l’autre. La force, la religion, l’astuce… Ajouté à son charme naturel, il n’avait besoin de rien d’autre. L’union de la famille Hightower ne serait pas qu’une apparence, ce qui leur confèrerait un double avantage… Cela aussi ne pouvait avoir que de bonnes répercussions sur la décision que prendrait lord Redwyne. Un instant, Calvin se demanda si Clarence avait tout orchestré aussi savamment ou si c’étaient les Sept qui se chargeaient de les faire marcher coude à coude dans la rude vie qu’il menait depuis la disparition d’Abelar. Les prières de Valencia devait y être pour quelque chose, dans tous les cas. Ce devait être la seule chose dont le Chevalier était vraiment certain.

- Oh, je sais, réagit-il en haussant les épaules, car il avait bien connaissance de ce que représentait le Conseil Restreint. De toutes façons, je suis toujours content de voyager.

C’était vrai, et son écuyer aussi. Avec sa jument, ils faisaient un trio courageux pour chevaucher aux côtés de Clarence. Calvin en éprouvait une importante fierté.

- Et puis, il y aura beaucoup de choses à faire à Port-Réal, je ne pense pas que je vais m’ennuyer…

A commencer par garder un œil sur son frère et l’autre sur ses deux sœurs. Bien sûr, sa tâche était de protéger Clarence, mais il n’était pas question de laisser Virginia et Valencia livrées à elles-mêmes. Quiconque voudrait, pour une raison ou pour une autre, faire pression sur son frère aîné n’aurait qu’à tendre la main pour se servir si ses deux sœurs n’étaient pas protégées. Non, il ne s’ennuierait pas… Mais il espérait tout de même que rien ne serait tenté. Pourquoi, d’ailleurs ? Quoiqu’en politique, l’on ne savait jamais à quoi s’attendre… C’était bien ça qu’il n’aimait pas dans ce domaine, d’ailleurs. Trop de surprises désagréables !
Quant à Jace Redwyne… Hé bien oui, il garderait un œil sur lui aussi. Non pas qu’il craigne pour la vie de cet homme-là –Lord Redwyne prenait sûrement d’honorables précautions pour sa propre sécurité- mais il tardait à Calvin de savoir exactement de quel genre de personne il s’agissait. Jace Redwyne avait excellente réputation, celle d’être chaleureux, souriant, bref, un homme que tout le monde appréciait. A vrai dire, le jeune Chevalier se méfiait de ce genre de réputation : cela pouvait cacher un caractère parfois plus vicieux, ou bien masquer parfois une faiblesse dans les négociations. En tout cas, c’était ce dont Calvin se méfiait, même s’il devait reconnaître que tous les hommes avenants avait une face cachée négative, la preuve en avait été son défunt frère Abelar Hightower… Et que Clarence ne donnait sûrement pas sa confiance à n’importe qui… Mais cela ne coûtait rien et ne lui ferait pas de mal de connaître un peu mieux ce Lord Redwyne, dans tous les cas !

Virginia, elle, abordait le sujet de manière détendue. Calvin admirait cette nonchalance élégante, ce détachement qui la protégeait de toute curiosité déplacée envers son potentiel futur époux. Ah ! S’il était doté de cette capacité à maîtriser ainsi ses émotions, peut-être que le père d’Ashlee Cendregué aurait déjà fait un pas vers lui !
Quoique… S’il avait été aussi détaché, il n’aurait pas pu être si amoureux, se dit-il en son for intérieur. Le Chevalier Azur aimait à croire que son amour pour la jeune lady était unique au monde. Certainement, si Virginia était à sa place, elle serait au moins un peu plus émue que cela.

- C’est bien, approuva Calvin lorsque sa sœur évoqua les liens que Lord Redwyne et leur frère avait tissé. Au moins, si ses projets fonctionnent, tu ne seras jamais trop loin de nous…

Le jeune Chevalier eut un sourire un peu mélancolique. La vie des femmes étaient comme ça : c’était des fruits que l’on cueillait et que l’on emportait, parfois loin de leurs familles, parfois loin de leur nature originelle. Lesquelles de ses sœurs ne reverrait-il jamais à cause d’un mariage ?
Quelque part, il avait beau être plus proche de Virginia que de Valencia, ce serait probablement pour cette dernière qu’il serait le plus soucieux si le mariage l’éloignait de lui. Tout simplement qu’il avait confiance en la demoiselle blonde pour obtenir ce qu’elle voulait d’une manière ou d’une autre… Tandis que sa pieuse sœur se soumettrait, tout bonnement, à l’époux qui lui serait choisi. Et nul ne pouvait savoir quelle vie mènerait alors Valencia.

- Ne dis pas de sottises, Virginia. Tu es belle. Elégante, noble, et tu respires la santé. C’est tout ce qu’un mari peut espérer de la femme qu’il épouse en matière d’apparence. Enfin, tu n’égaleras pas ton élève, bien sûr…

Il eut un sourire taquin en faisant référence à Lady Cendregué.
Il était sincère au sujet de l’apparence de Virginia, même si son regard de frère altérait sûrement son jugement en matière de beauté physique. Par ailleurs, il ne faisait pas partie de ces hommes dont le hobbie était de comparer les femmes entre elles : il ne s’était jamais vraiment intéressé à la beauté du genre féminin –jusqu’à, bien sûr, apercevoir un jour celle qui ferait l’objet de rêveries d’à peu près toutes ses nuits.

Finalement, les pensées de Calvin et de Virginia se rejoignaient. Elle aussi s’interrogeait sur ce qu’il adviendrait lorsque toutes les jeunes filles Hightower seraient mariées.

- J’y pensais justement, déclara-t-il tout en se laissant le temps de formuler sa réponse. Hé bien… Je ne me fais pas de souci pour toi, si tu veux tout savoir. Nous nous débrouillerons pour nous revoir, où que tu sois. Toutefois, je n’aimerais pas que l’une d’entre vous soit emmenée trop loin… Mais, ce n’est pas à moi de décider.

Bien sûr que non. Le destin ne vous laissait pas toujours le choix. Mais Calvin avait bon espoir de garder contact avec ses sœurs : il aimait généralement correspondre et son cheval et ses voyages lui permettraient de rendre des visites assez fréquentes –pour peu que l’une d’entre elles n’aillent pas se perdre dans les Royaumes du Nord. Mais il serait triste, le jour où elles seraient toutes parties. Même s’il ne vivrait peut-être plus ici.

- Ah… Elles ne seront jamais tout à fait mes sœurs, souffla le jeune homme avec sérieux, mais un sourire serein éclaira son visage encore un peu puéril. Mais elles seront peut-être un peu moins agaçantes, ha ha !

Il rit, avec sa manière bien à lui de chasser la tristesse à coups de traits d’humour pas toujours bien aiguisés.

- Et puis, il faudrait déjà que Clarence choisisse une épouse…
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Message Lun 13 Aoû 2012 - 13:40

     Lorsque Calvin aborda le sujet de la beauté de la jeune femme, celle-ci se contenta de sourire légèrement. Même si le jeune chevalier était plus âgé qu'elle, par bien des égards la demoiselle avait le sentiment qu'il était encore enfantin dans certaines de ses réflexions. Virginia n'était certes pas repoussante – la richesse aidait à améliorer le physique de n'importe qui – mais elle ne pouvait être vantée pour sa beauté. Puis même si tel avait été le cas, cela n'aurait pas été le désir de la Hightower. Elle préférait que l'on souligne son intelligence ou le bienfondé de ses paroles plutôt que de parler d'elle en termes élogieux pour pointer du doigt qu'elle pouvait faire office de belle décoration. Peu lui chalait au fond, les paroles de Calvin étaient juste amusantes pour la demoiselle qui n'avait jamais compté sur son physique pour obtenir ce qu'elle désirait. « La perception de la beauté est une chose bien relative Calvin. Je ne tiens pas ce discours dans le but que l'on démente mes paroles pour souligner la beauté dont les Sept m'auraient fait don, je dis simplement les choses comme elles sont et ton rôle de frère te voile certainement les yeux. » Le ton n'était pas critique, il était même affectueux si l'on pouvait dire, Virginia souhaitait simplement faire savoir à son frère que son but en parlant de la sorte, n'était pas de provoquer les réactions habituelles des nobles qui devaient rassurer les dames dans le doute. Mais au fond, elle songeait que Calvin la connaissait assez pour ne pas se méprendre à ce niveau. Secouant légèrement la tête elle sourit davantage. « Mais tu as parfaitement raison, lady Ashlee est une dame du Bief comme il faut, belle et bien présentable, tout ce dont on rêve pour une future épouse. » La manière qu'il avait de toujours être émerveillé par la jeune blonde amusait assez Virginia. L'amour était une chose étrange, la Bieffoise n'avait jamais connu un tel sentiment, mais peut-être viendrait-il avec les années une fois qu'elle serait uni à l'homme dont elle porterait les enfants ? C'était une chose possible, mais pas assurée. Les Sept le décideraient en temps et en heures de toute manière.

     Le sujet n'étant pas d'une importance capitale, ils passèrent donc au moment où les demoiselles de la maison auraient toutes troqué leur nom contre un nouveau patronyme. Calvin lui révéla alors y songer lui aussi, ce qui poussa Virginia à considérer que son frère ne serait certainement pas enchanté de voir ses sœurs disparaître. Même si elles resteraient toutes de la famille, la distance risquait de creuser un écart et de briser la fratrie unie qu'ils formaient. Sauf que la Bieffoise était certainement que cela n'arriverait jamais, elle avait confiance en ses sœurs et en ses frères qui ne cesseraient certainement pas de leur parler parce qu'elles ne vivaient plus à Grand-Tour. Comme le chevalier exprimait le fait qu'il ne souhaiterait pas voir l'une de ses sœurs partir trop loin, Virginia ne put qu'approuver d'un geste de la tête. Il était évident que si Victoria ou Valencia s'envolait pour aller vivre dans le Conflans ou aux environs de Port-Réal, les possibilités de se revoir seraient très réduites. Mais quelque chose lui disait que Clarence ne confierait pas ses sœurs à des personnes qui n'accepteraient pas que les jeunes femmes puissent garder un contact étroit avec leur famille d'origine. Comme l'énoncé des futures épouses des frères provoqua une boutade de la part du chevalier, Virginia posa sur lui un regard faussement sévère avant de pincer les lèvres comme si elle venait d'être vexée. « Crois-moi mon cher Calvin, je m'assurerai de leur faire savoir que tu aimes particulièrement que l'on t'embête et que l'on s'occupe de toi, elles seront de parfaites remplaçantes je n'en doute pas ! » C'était bien évidemment un trait d'humour, jamais Virginia ne pourrait agir de la sorte et demander à ses belles-sœurs de rendre la vie impossible au malheureux Calvin. Cela ne serait pas la même chose que lorsque les jeunes dames de la maison allaient le titiller un peu, il y avait quelque chose de plus que seuls les membres d'une même famille pouvaient avoir.

     Comme le mariage de Clarence fut caressé par les paroles de Calvin, Virginia porta sa main à ses lèvres dans un geste de réflexion avant de hausser très légèrement les épaules, puis elle répondit avec un calme non feint. « Je suis persuadé qu'il doit déjà avoir beaucoup de propositions. Il possède une position très enviable, seigneur d'une maison aussi riche que les Lannister, protecteur d'une ville aussi commerciale que Villevieille, Grand Argentier du royaume et bon ami de nombreux seigneurs influents. » Il était évident que cette position pouvait lui offrir davantage de prétendantes qu'un simple seigneur d'une maison mineure sans intérêt. « De plus, même si l'esprit de Clarence peut lui donner l'air d'être froid et distant, il sait séduire les gens et sait se faire apprécier des personnes de qualité. Je ne doute pas une seule seconde que son nom doit souvent être prononcé dans les maisons possédant une ou plusieurs filles à marier. » Expliqué de la sorte, Virginia n'avait pas le moindre doute à ce sujet. Secouant doucement la tête, elle termina sur le sujet. « Mais je présume qu'il ne nous en parlera pas avant d'avoir une idée bien précise sur la prétendante qui lui semble le plus apte à l'épouser. Peut-être nous la fera-t-il rencontrer avant de prendre sa décision ? » C'était une chose probable, mais pas certaine. De toute manière, Virginia était persuadée que si le jeune homme sélectionnait une demoiselle, elle plairait à tous les membres de la maison. Soupirant doucement, elle inclina la tête sur le côté comme en pleine réflexion. « Je ne peux qu'approuver tes dires à propos de nos sœurs. J'espère que Clarence leur trouvera un époux qui n'habite pas à l'autre bout de Westeros. Et après ce sera ton tour, il ne restera plus que notre bon Charles à marier ! » Ce qui ne serait pas très difficile ne serait-ce qu'en raison de son patronyme. Virginia était consciente qu'elle devait beaucoup à son nom de famille et lui en était redevable pour cette raison. Esquissant un léger sourire, elle reprit. « Quelle étrange idée de se dire que d'ici quelques années nous aurons tous une nouvelle vie. Quel dommage que certains membres de notre famille ne soient pas ici pour le voir. » Elle parlait bien entendu de leurs aînés et de leur père tous disparus à ce jour.

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Message Mar 21 Aoû 2012 - 12:14

- Peut-être, peut-être pas, répondit Calvin, énigmatique, au commentaire de Virginia sur la beauté.

Oui et non, se disait-il ; une sœur peut vous paraître belle même si elle n’attire pas le sexe masculin, cela ne lui enlève pas sa beauté pour autant. Chacun ses atours, et dans toute Lady, il y avait quelque chose à trouver beau, touchant, qui vous émouvait ou qui en émouvrait un autre. Ce devait être là la marque de la noblesse, songea-t-il.
Mais il n’argumenterait pas plus loin sur ce sujet. Ni le lieu, ni la personne n’était approprié, et ses propos auraient pu être incompris. Si Calvin avait appris quelque chose de Clarence, c’était bien l’importance de laisser tomber les bons mots au bon moment et dans l’oreille de la bonne personne. Il avait beau ne pas avoir le talent de son aîné, cela ne l’empêchait pas d’y réfléchir et de prendre un peu plus garde à ses paroles que quelques années auparavant. Peut-être que c’était cela, de vieillir. Pourtant, il se sentait toujours un enfant quand il était de nouveau dans les murs de Villevieille…

Le Chevalier passa ses mains dans ses cheveux bouclés en écoutant sa sœur. Cela le détendait, finalement, de retomber dans les soins de sa famille, et c’était visible sur les traits de son visage radouci. Il rit de bon cœur en croisant le regard de Virginia, dévoilant des dents blanches et bien alignées. Prêtes à croquer la vie, encore, encore, à profiter d’une jeunesse de Chevalier dont il était sûr de l’unicité.

- Ah, je n’ai pas vraiment hâte, dans ce cas,
soupira-t-il.

Mais pourtant, il avait envie en même temps que le temps se déroule comme il se doit. Pour avoir sa réponse, en particulier, concernant Lady Ashlee… Et peut-être pouvoir profiter du reste des jours de sa vie en la compagnie de sa bien-aimée. Impatient et profitant de l’instant présent à la fois, comme seule la jeunesse vous en donne la capacité.

Clarence… Ce n’était pas peu dire que son frère aîné devait être perçu comme un parti extrêmement intéressant. D’ailleurs, il ne doutait absolument pas qu’il le soit ! Simplement, il se demandait parfois si Clarence saurait choisir une épouse qui le rendrait heureux… Et pas seulement une épouse pour une alliance politique avantageuse. Non pas qu’il doutât de la capacité sentimentale de son frère mais justement, il craignait vaguement qu’en ayant trop confiance en l’avenir, Clarence ne parvienne à se choisir une femme qui le ferait souffrir. Car c’était bien connu, il y avait pire que la situation qu’il vivait lui-même : il y avait les femmes qui acceptaient de vous épouser mais qui jamais ne vous aimeraient, qui jamais n’apprécieraient que vous soyez de retour et qui s’impatienteraient de votre nouveau départ… Ou de votre mort. Il semblait au Chevalier que ce devait être le pire poison que pouvait connaître un homme, tout simplement car s’imaginer un tel comportement de la part d’Ashlee équivalait à une douleur sans pareille. Il préfèrerait presque que le père de Lady Cendregué refuse le mariage plutôt que de subir un tel mépris de la part de la jeune femme elle-même. Rien que d’y penser, il en éprouvait une pression douloureuse dans la poitrine.

- Il n’y a pas de doute là-dessus, assura-t-il néanmoins avec conciliation. J’ai hâte de connaître son choix… Il doit bien avoir une idée sur la question…

Mais il garderait les taquineries pour quand il serait en tête à tête avec son frère. Non qu’il soit si impatient, mais c’était toujours impatient d’avoir quelque sujet avec lequel titiller Clarence. Et il le lui rendait bien, d’ailleurs.

Calvin recroisa le regard de Virginia, dont les boucles claires ne cessaient de rappeler au Chevalier celles de Lady Ashlee. Pensif, il acquiesça lentement. Abelar aurait été fier de voir qu’il était bel et bien devenu Chevalier, comme lui. Son père aussi probablement, mais il avait moins de poids dans le cœur de Calvin qui avait été, durant plusieurs années, l’écuyer du premier enfant Hightower de la génération. La douleur de sa disparition le hantait encore mais renforçait, à chaque fois qu’il y pensait, sa détermination à suivre le modèle d’honneur, de courage et d’honnêteté qu’avait été Abelar.

- Oui… murmura-t-il dans un souffle, et ses yeux se perdirent dans le vague. Ils auraient été… Fiers de notre sort. Et soulagés.

Un constat sobre, mais vrai. Pour sa part, sa « nouvelle vie » depuis ces tristes évènements avait déjà commencé le jour où il avait été adoubé. Il vivait depuis avec le fardeau de leur souvenir, qu’il lui semblait tour à tour porter seul et porter en commun avec ses frères et sœurs. Avaient-ils été aussi touchés que lui par leur disparition ? Valencia au moins partageait le regret d’Abelar, et elle avait été encore plus jeune quand il avait trépassé. Elle portait probablement un fardeau plus lourd que le sien, un poids qui les liait dans le silence et la nostalgie…

Car ce n’était pas des choses que le Chevalier pouvait aborder aisément. Il avait enfoui cette douleur si loin au fond de son cœur que lorsqu’il y pensait, rien de tout cela ne pouvait plus refranchir la barrière de son jardin secret, et aucun mot ne pouvait plus se former dans sa bouche. Il se sentait faible en ces moments-là, nauséeux, et seul.
Même à Villevieille.

Le tout était d’avoir appris à n’en rien laisser paraître, et il sourit tranquillement à Virginia.
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Message Mer 22 Aoû 2012 - 17:27

     La patience était une chose que Virginia connaissait bien et devoir attendre quelque chose, quelqu'un ou une date ne la gênant guère, bien au contraire ! L'attente permettait de mûrir sa vision des choses, de se demander ce qui pourrait bien se passer, songer à diverses possibilités concernant l'objet de l'attente, en somme entrevoir tous les problèmes et toutes les surprises qui pouvaient bien s'interposer entretemps. En femme pragmatique qu'elle était, la demoiselle agissait toujours de la sorte et appréciait beaucoup ces moments. C'était certainement pour cette raison qu'elle prenait son mariage avec un tel calme, depuis sa naissance Virginia avait été habituée et accoutumée à l'idée qu'elle devrait servir dans une alliance intéressante. Servir sa maison par ce biais avait toujours été une idée acceptée avec facilité et la Bieffoise avait longuement décortiqué les possibilités qui s'offriraient à elle. C'était d'ailleurs ce qui expliquait qu'elle possède une telle confiance en Clarence, persuadée qu'elle était que son frère ne pourrait jamais lui imposer un mariage dont elle ne voudrait pas. Les années lui avaient enseigné que le seigneur actuel de Grand-Tour savait comment se comporter avec les gens et avec sa famille plus précisément, il aurait donc été stupide de douter de lui.

     Lorsque Calvin se déclarait impatient de connaître le choix de leur aîné, Virginia ne pouvait donc que sourire. L'avenir le leur dirait bien, elle ne doutait pas un seul instant qu'il leur demanderait ce qu'ils pensaient de la jeune demoiselle qui attirerait le plus son attention. C'était un peu leur manière de veiller sur lui, de montrer qu'ils voulaient bien son bonheur et même si le lord ne leur demandait pas leur avis, elle ne se priverait pas de lui faire savoir ce qu'elle pensait. Pas forcément devant la malheureuse si jamais Virginia était amenée à ne pas l'apprécier, mais elle le glisserait en privé à Clarence lors d'une de leur discussion. La pragmatique jeune femme savait lorsqu'il fallait se taire, mais elle possédait aussi un caractère bien à elle.

     Elle observait son frère avec un calme non feint, laissant un léger sourire flotter sur ses lèvres boudeuses. Calvin au moins savait qu'elle n'arborait pas cette moue, que certains prenaient pour une manifestation de caprice, parce qu'elle était contrariée, mais tout simplement parce que c'était son expression naturelle. C'était aussi pour cette raison qu'elle ne s'estimait pas comme une belle femme, parce qu'elle n'avait pas un visage naturellement avenant et qu'elle devait se concentrer pour songer à apparaître de bonne humeur.

     Quoi qu'il en soit, le jeune homme répondit très brièvement à sa déclaration au sujet des défunts de leur famille. Virginia constata bien que ce sujet semblait avoir miné le moral de son frère, après tout, quoi de plus normal ? Ils avaient perdu des membres de leur famille, c'était forcément triste et la jeune femme elle-même se sentait souvent attristée en songeant à Abelar ou même à leur père. Mais malheureusement songer et s'apitoyer sur ce point ne permettrait pas de ramener les membres défunts, mieux valait donc aller de l'avant et songer à eux en souriant aux bons moments qu'ils avaient passé ensemble et non à ceux qu'ils perdaient. Les yeux clairs de la jeune femme observaient toujours son frère alors qu'elle inspira légèrement avant de répondre. « Ils sont encore là et ce sera avec les bons moments futurs où nous penserons à eux, qu'ils pourront en profiter. » Ce sujet signant la fin de leur discussion, la jeune femme ne désirait pas miner davantage le moral de son frère et il devait avoir beaucoup à faire à côté pour préparer son futur voyage. Elle se redressa donc, prenant soin de remettre sa robe comme il faut avant de s'approcher de Calvin pour glisser sa main sur son épaule. « Je vais te laisser préparer ton voyage, nous nous recroiserons certainement avant ton départ. » Lui offrant un dernier sourire, la jeune femme le salua avant de quitter la pièce pour regagner la salle où elle se trouvait plus tôt dans la matinée, histoire de reprendre ses occupations comme à l'accoutumée. Ils auront bien le temps de discuter à leur retour de Port-Lannis !
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Une maîtresse aimée est si près d'une soeur ▬ Calvin

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