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Il faut semer l'accord pour faire bonne moisson.

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Clarence Hightower
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Grand Argentier
~ We light the way ~

♦ Missives : 2168
♦ Missives Aventure : 131
♦ Arrivée à Westeros : 20/09/2011
♦ Célébrité : François Arnaud
♦ Copyright : Valencia
♦ Doublons : Edwyn Tully
♦ Age du Personnage : 27
♦ Mariage : /
♦ Lieu : Port-Réal
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Message Mer 6 Juin 2012 - 13:53

     Le grand jour était arrivé, et la patience de Clarence s'en trouvait mille fois récompensée. Depuis bien des lunes de travail et d'effort, il attendait cette rencontre officielle entre sa sœur et lord Redwyne comme les éventuels futurs fiancés qu'ils seraient peut-être, si les Sept appuyaient la manœuvre de Clarence. La chose était simple, il avait longuement discuté avec le Grand Amiral du principe, de l'opportunité et des modalités d'une union matrimoniale entre leurs deux familles et après maintes discussions par corbeaux comme de vive voix, Clarence avait réussi à emporter l'adhésion de son voisin de la Treille, qui avait donc accepté de rencontrer, lors de son séjour à Villevieille, sa sœur Virginia dans des conditions somme toute favorables et très encadrées. Les deux individus s'étaient, bien sûr, déjà croisés dans la tour, à l'occasion de repas pris ensemble, dans des situations trop formelles pour que les sujets importants soient évoqués et l'on avait préféré parler, sous le regard de la fratrie Hightower au grand complet, de la pluie et du beau temps plutôt que des projets de Clarence qui n'aurait pas toléré qu'on s'ingère dans ses affaires tant qu'il ne l'aurait pas approuvé. Il était d'ailleurs très content que Jace Redwyne se soit plié à cette petite tyrannie et se soit retenu de chercher à forcer une rencontre avec Virginia en outrepassant les recommandations et les exigences du Grand Argentier ; c'était là toute la mesure de la grande valeur de cet honnête homme que Clarence aimait à compter parmi ses proches amis. Il n'en avait guère qu'un seul, à bien y réfléchir, et c'était lui. Il n'aimait pas distribuer sa confiance et peut-être à tort l'investissait-il à grands flots en un seul homme, lord Redwyne. Il était pourtant convaincu que cela n'avait rien d'un placement douteux et que l'amitié qui les liait tous deux étaient plus solides qu'un engagement pris par la Banque de Fer. Ce jour, il organisait donc la rencontre et quand bien même il lui coûtait de ne point superviser l'échange et la conversation que tiendraient ceux qui seraient peut-être un jour mari et femme, il n'allait point agir autrement : d'abord, il entretiendrait sa sœur de quelques points importants ; ensuite, il céderait la place à messire Redwyne pour que Virginia et ce dernier puissent discuter ensemble, seuls et sans ambiguïté du projet de mariage dont tous deux avaient désormais connaissance. Le plan de Clarence n'avait rien de très sophistiqué : à cette occasion, les deux individus discuteraient sans témoins, ils verraient donc si de leur union peut naître l'alchimie particulière nécessaire aux mariages forts et profitables. Il ne s'agissait point, aux yeux de Clarence, de faire naître entre eux les premières étincelles d'une passion dévorante ; ce n'était pas ce qu'il désirait pour sa sœur.

     Clarence attendait dans une grande salle à manger, assis au bout d'une longue table de merisier nu. Aux murs, des tapisseries décoratives donnaient à cette pièce son caractère luxueux et riche, comme les fenêtres en ogives à trèfle ouvrant sur un ciel maussade où la pluie et le vent se disputaient l'hégémonie. Cette fin d'après-midi n'était guère ensoleillée. Clarence, les mains jointes devant lui, réfléchissait. Arthur Tyrell était là, à son côté, les bras chargés de parchemins de tailles diverses. Dans l'âtre d'une cheminée crépitait un feu ensommeillé. C'est ici, dans cette pièce, que sa sœur rencontrerait l'homme que Clarence lui avait choisi pour époux. Ce ne serait pas leur première rencontre, mais ce serait la première fois qu'ils pourraient tous deux discuter librement du projet que Clarence peaufinait depuis bien longtemps déjà. Bien sûr, ni Jace ni Virginia n'évoqueraient déjà les négociations entourant le contrat de mariage, car il était inconvenant que la future mariée s'occupe de ces basses questions, et du reste tout était déjà négocié et préparé depuis longtemps. L'acte qui se jouerait ici était d'une autre nature, mais n'était pas moins important. Au contraire, il était essentiel, et c'est bien ce qui préoccupait Clarence : son ami et sa sœur trouverait-il les mots pour convenir de l'opportunité de leur union ? Sauraient-ils s'apprivoiser l'un l'autre pour, à défaut de devenir des amants passionnés, faire de leur rapprochement le socle d'une alliance forte ? Un mariage de raison se passe d'amour, voire même de désir, mais peut-il se passer d'une bonne entente ? Œil pour œil, dent pour dent, mais dans la discorde, rien ne naît même du sein de la plus opulente des unions. Or, il s'agissait bien d'une union opulente, puisque la puissance navale de la Vigne s'alliait à la puissance commerciale de la Tour. La porte en face de Clarence s'ouvrit, découvrant sa sœur Virginia qui arrivait enfin. Elle était en avance, mais c'était le genre de détails qui ne déplaisait guère à l'aîné vivant de la fratrie.

      « Tu arrives à point nommé, Virginia ! » Il avait abandonné son siège et s'était dirigé vers elle. Une fois proche, il lui saisit la main pour y déposer un baiser affectueux du bout des lèvres. En l'observant un instant, il redécouvrit combien sa sœur était charmante. Aux septs enfers, les beautés généreuses ! Tout homme s'avilit quand abondent les appâts féminins, mais tout autre s'enrichit quand abonde l'esprit. Rien n'égalait à ses yeux l'élégance spontanée et l'humilité naturelle des charmes propres aux dames de la maison Hightower. Leurs charmes étaient ailleurs, derrière leurs oreilles et au bout de leur langue. Son page s'inclina pour saluer la demoiselle.  « Es-tu prête ? Nous avons un moment pour discuter de ce qui va suivre. Tu as sûrement des questions, alors ne te gêne pas. J'y répondrai de mon mieux. » Clarence l'invita à s'asseoir à sa droite et lui reprit sa place au bout de la table. Il n'en montrait rien ou presque, mais il était très enthousiaste à l'idée de voir aboutir son projet. Tout allait pour le moment selon le plan, et qu'est-ce donc qui pouvait bien s'opposer désormais à l'union de la Treille et de Villevieille ? Il était impossible que Virginia puisse le décevoir.
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Message Mer 6 Juin 2012 - 15:57

     La matinée n'était pas encore bien avancée lorsque Virginia avait ouvert les yeux. Elle mettait toujours un point d'honneur à s'éveiller avant le soleil, autant pour avoir le plaisir de pouvoir profiter des dernières étoiles laissées par la nuit qui se retirait doucement, que pour s'assurer d'être parée au moindre imprévu. En ce bas monde, une dame n'avait pas énormément de choses à faire si ce n'était de se montrer présentables et de pouvoir offrir l'apparence d'une personne propre et digne. Par conséquent, Virginia considérait qu'il était de son devoir de se lever suffisamment tôt pour ne pas laisser le temps aux Sept de lui offrir une surprise qui l'obligerait à apparaître dans une tenue non présentable aux yeux d'un visiteur trop précoce. Elle appréciait aussi de pouvoir observer le ciel alors que la nuit disparaissait pour laisser placer à l'astre du jour, mais ce n'était guère parce que l'aînée des filles Hightower aimait les étoiles qu'elle n'avait pas la tête sur les épaules. C'était bien tout l'opposé en réalité.
     Ce jour ne faisait pas défaut, au contraire, Clarence lui avait fait savoir qu'il désirait l'entretenir de quelques détails avant qu'elle ne puisse avoir une véritable première conversation avec Jace Redwyne, lord de La Treille, mais aussi ami proche de son aîné. Virginia était bien entendu au courant des projets de son frère concernant l'éventuelle possibilité d'un mariage pour unir leurs deux familles. L'idée ne l'avait ni désolée, ni ravie, elle l'avait accueillit avec pragmatisme et la tête froide. Même native du Bief, la lady n'était pas une fleur bleue qui se pâmait devant le moindre chevalier en armure qui se présentait à elle, non, Virginia espérait sincèrement ne pas être résumée à cela. Elle ne dénigrait nullement les demoiselles sensibles aux charmes des hommes d'armes, mais se considérait simplement d'un autre type. La jeune femme savait bien qu'elle n'avait pas froissé ou inquiété Clarence en accueillant la nouvelle avec autant de calme, il la connaissait mieux que personne et savait qu'elle avait une totale confiance en elle. Même si elle ne se privait pas de distiller de temps en temps des paroles qu'elle estimait censées, elle ne se braquait pas pour autant devant les projets que l'on faisait à son égard. Élevée dans l'idée de devenir une épouse et un potentiel lien avec une autre famille, elle avait simplement trouvé cela tout à fait normal. Le fait que son éventuel futur époux soit un ami proche de Clarence n'aurait de toute manière fait que chasser les quelques craintes qu'elle aurait pu ressentir à cette nouvelle. L'idée même que le jeune homme puisse choisir pour elle un époux qui ne convenait pas à ce qu'elle attendait d'un mari, était inimaginable. Sa confiance serait récompensée, elle en était fermement persuadée.

     Elle avait donc patienté le temps que son frère lui fasse savoir qu'il souhaitait la rencontrer pour discuter des « détails » avec elle. Jusqu'à présent, Virginia avait croisé Jace plusieurs fois dans les couloirs de Grand-Tour, mais mis à part quelques conversations tout à fait basiques, les deux jeunes gens n'avaient jamais abordé de sujet qui soit un minimum sérieux. Ils n'avaient jamais abordé Le sujet pour être exact. La demoiselle savait que les détails de cet éventuels unions ne lui seraient pas communiqués au cours des discussions qu'elle pourrait avoir, qu'elles soient avec Clarence ou avec Jace. Ce genre de sujets ne concernaient pas les épouses et elle l'avait assimilé depuis longtemps.
     Une domestique était finalement arrivée pour lui annoncer que lord Clarence était prêt à la recevoir, la jeune femme avait donc délaissé sa lecture pour se rendre dans la salle où son aîné patientait. À son arrivée, celui-ci se leva pour l'accueillir avec autant de politesse qu'à l'accoutumée et elle lui retourna le salut d'une très légère révérence accompagnée d'un hochement de tête. Elle souriait légèrement, toujours heureuse de pouvoir passer un moment en tête-à-tête avec le jeune homme, puis salua ensuite le jeune Arthur qui se trouvait aux côtés de Clarence. Virginia s'installa enfin sur la chaise qui lui fut désignée, puis posa ses yeux verts sur le visage de son interlocuteur avant de prendre la parole. « Je serais tentée de dire que je suis prête depuis quelques années à présent. » N'avait-elle pas toujours été préparée à servir pour une potentielle alliance ? Elle espérait de tout cœur que celle-ci porte ses fruits, non pour son intérêt personnel, mais pour celui de Clarence. Si Virginia avait encore de nombreuses années devant elle et certainement d'autres chances de se marier si ces négociations échouaient, elle savait toutefois que ce mariage semblait avoir de l'importance pour son aîné. Rien que pour cette raison, la jeune femme désirait faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cette rencontre se passe au mieux. Elle inspira légèrement, posant ses mains sur sa robe avant d'enchaîner d'un ton calme. « J'ai quelques questions en effet, même si nombre d'entre elles trouveront réponse dans mes discussions avec lord Jace je l'espère. Y a-t-il quelque chose d'important que je doive savoir le concernant ? » Elle ne demandait pas à Clarence de lui donner la formule magique pour plaire au jeune lord, ce n'était pas son style, Virginia ne se vendrait pas en se travestissant pour correspondre à la femme parfaite telle qu'elle était imaginée par le seigneur de La Treille, non, elle attendait peut-être quelques impressions que son frère pourrait avoir eu au cours de leurs très certainement nombreuses discussions. Les brèves rencontres qu'elle avait eu au cours des repas lui avait fait penser que le membre du conseil restreint était un homme poli et bien élevé, mais lorsque l'on se trouvait invité dans une grande famille il était normal d'y calquer son comportement. Ainsi donc Virginia attendait beaucoup de cette discussion avec le concerné. Après une brève pause, elle reprit la parole. « J'ai une totale confiance en ton jugement Clarence et je sais que si tu as proposé que ce soit moi qui serve dans cette union et non Valencia ou Victoria, c'est pour une bonne raison. » Une manière comme une autre de lui montrer qu'elle savait qu'il attendait beaucoup de ce mariage. Oh, Virginia ne se considérait pas comme supérieure à ses sœurs, mais disons simplement qu'ils avaient toujours été plus proches que Clarence et les plus jeunes sœurs de la fratrie. À ses yeux cela signifiait beaucoup. Elle ne posa aucune question concernant le mariage lui-même, mieux valait attendre une assurance avant de s'emballer pour rien, sans compter que de nombreux points ne la regardaient pas directement. Elle savait que son frère lui dirait ce qu'elle avait besoin de savoir, c'était peut-être pour cette raison que leur relation fonctionnait aussi bien au final.
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Clarence Hightower
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Message Mar 12 Juin 2012 - 1:02

     Sa sœur était toujours très sérieuse quand il s'agissait des affaires de la famille et ce n'était certes pas Clarence qui allait le lui reprocher. Lui-même avait à cœur de préserver et de promouvoir les intérêts de sa famille, et il s'y préparait depuis bien des années déjà. Leur génération de Hightower s'était illustrée d'ailleurs par sa patience, comme en témoignait ce fait crucial : aucun des membres de la fratrie Hightower n'était marié ni même engagé pour le moment, mais cela changerait certainement d'ici peu et Virginia serait peut-être la première à, d'une certaine façon, « décrocher le gros lot ». Pour le coup, il s'agissait d'un très gros lot, d'un gros poisson qu'il n'avait point été évident de ferrer. Plus difficile encore, sans doute, serait de le pêcher à présent ! Mais chaque chose viendrait en son temps. Sa sœur n'avait pas tort de préciser qu'elle était prête depuis plusieurs années, car depuis tout ce temps, tous se préparaient à l'éventualité d'un mariage pour l'un ou l'autre et tous, Charles, Calvin, Valencia, Victoria et Virginia, vivaient conscients que leur frère aîné viendrait peut-être un jour les voir avec à l'esprit un projet d'union qu'il leur soumettrait dans le détail. Tous autant qu'ils étaient, ils avaient confiance en lui et de son côté, Clarence s'évertuait à chercher pour eux les meilleurs partis du Bief et d'ailleurs. Il était plutôt content, s'agissant de Virginia, car en plus d'épouser un voisin puissant et fortuné, elle épousait un ami cher et précieux de la famille. Ce n'était pas rien dans la balance. À vrai, cela pesait même de tout son poids, et demeurait à double tranchant : Clarence risquait de perdre son ami et son allié au moindre faux pas de Virginia. Lui s'occupait de toute la technicité des modalités du mariage qu'il envisageait, mais c'était à sa sœur qu'il appartenait désormais d'emporter l'adhésion de lord Jace Redwyne, et quand bien même ce dernier n'était pas le pire des malotrus du continent, il n'en demeurait pas moins un homme de goût, de sens et d'esprit qui ne se laisserait point seulement séduire par des appâts que de toute façon Virginia n'avait pas. Heureusement, les atouts de cette dernière étaient ailleurs. « Je peux te brosser le portrait de messire Redwyne, cela pourra t'être utile en fin de compte. J'aurais pu le faire il y a quelques temps pour mieux te préparer, mais j'ai toute confiance en la spontanéité de cette démarche. » Clarence prit une profonde inspiration avant de remarquer qu'Arthur Tyrell s'était quelque peu avachi sur lui-même. Le Grand Argentier claqua des doigts pour attirer son attention. « Ne vous tenez pas ainsi, Arthur, où l'on vous prendra pour un paysan. Tenez-vous droit ! » Clarence le toisa d'un regard sévère qui suffit à redonner toute sa rigueur au dos du jeune homme. Puis, le frère reporta son attention sur sa sœur. Il rassembla ses pensées, les ordonna et lui délivra ce qu'il pensait être le portrait fidèle et précis de son ami Jace Redwyne.

      « C'est un homme d'un genre particulier que tu vas rencontrer. Messire Redwyne n'est pas un chevalier, il n'a jamais eu l'occasion de prononcer ses vœux car il n'a jamais été écuyer. Très tôt, il a voyagé dans les Cités-libres, de l'autre côté du détroit, où il a longtemps séjourné pour fortifier les relations commerciales de sa famille avec les princes marchands d'Essos. Difficile cependant de croire aujourd'hui qu'un tel homme ait mené si longtemps la vie d'aventurier dans les eaux du Détroit, car il passe pour être un modèle d'éducation, de noblesse et de vertu. S'il était chevalier, nous pourrions le comparer à Leo Tyrell tant il est un parangon de ce que le Bief sait offrir d'hommes courtois et bons. » Clarence s'interrompit. Pouvait-il s'ouvrir tout à fait à sa sœur, ou devait-il laisser subsister encore la part de mystère qui entourait la personnalité profonde de son futur époux ? Il décida qu'il était mieux pour elle et pour ses projets de ne rien lui cacher qui n'était pas un péril pour le plan qu'il s'était fixé. « C'est la surface, mais comme tu t'en doutes, elle dissimule plus qu'elle ne révèle. Jace Redwyne est un homme qu'il est préférable de ne pas sous-estimer. Il ne s'en donne pas l'air, mais il est très à l'aise avec les jeux de l'esprit, de la ruse et du pouvoir. De ce point de vue, son expérience dans les Cités-libres semblent lui avoir été fructueuse. Et s'il est le brillant tacticien naval qu'on connaît tous, c'est sans doute parce qu'il a plus de sens que le commun des mortels. C'est aussi un homme sensible qui chérit les siens. C'est ce qui me fait dire que si tu deviens son épouse, tu jouiras d'une protection inexorable. Il chérit également sa terre et de ce que j'ai pu voir, depuis toutes ces années, il considère son île comme son premier parent et comme son premier enfant. Il ne faudra pas l'oublier. » C'était à la fois peu et beaucoup d'informations à la fois, alors Clarence ménagea une pause pour laisser à sa sœur le temps de toutes les appréhender et les digérer. Il ne voulait pas qu'elle se sente débordée par trop de détails ou submergée par trop de renseignements. Il se permit toutefois d'ajouter, pour la rassurer comme pour achever son raisonnement, ces quelques mots : « Victoria n'aurait point convenu, car il est bien trop docile. Je ne crois pas que Jace Redwyne pourrait se faire à une femme silencieuse. Quant à Valencia... il me serait difficile de ne pas envisager de la marier à septon Ollidor. » Le sourire de Clarence se mut en un rire affectueux autant que taquin à l'égard de sa sœur cadette absente et qu'il savait très pieuse. Mais derrière cette malicieuse intervention se cachait la détermination résolue d'un homme qui savait ce qu'il faisait. « Tu es celle qu'il fallait pour cette union. Sans toi, je ne pourrais que me contenter de l'amitié de lord Redwyne. »
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Message Mar 12 Juin 2012 - 15:04

     Virginia resta parfaitement muette alors que Clarence réunissait ses pensées pour répondre à sa demande. La jeune femme fixait le visage de son frère d'un air qui lui était propre, un mélange de neutralité et de tenue qui pouvait la faire passer pour plus froide qu'elle n'était en réalité, principalement en raison de sa bouche perpétuellement marquée d'une légère moue. En réalité, elle écoutait attentivement chaque mot qui traversait les lèvres du jeune homme et notait tout cela dans un coin de son esprit. Elle fut déjà surprise d'apprendre que lord Jace était un homme qui ne possédait pas la formation d'écuyer et encore moins le titre de chevalier inhérent à ce mode de vie. Ce n'était guère une chose commune dans le Bief, elle était bien placée pour savoir que pratiquement tous les nés hommes se destinaient à devenir chevalier. C'était un peu la marque de fabrique du grenier de Westeros ! Pourtant Clarence lui non plus n'avait pas suivi cette formation, elle constata donc avec une pointe d'amusement que les deux jeunes hommes avaient un point commun non négligeable en ce qui concernait leur éducation.
     L'annonce du fait que le seigneur de La Treille avait voyagé jusqu'à dans les Cités Libres éveilla une lueur d'intérêt dans le regard vert de Virginia. À son sens, Braavos et ses voisines avaient toujours été le signe de l'exotisme, mais aussi d'une grande connaissance. N'avait-elle jamais souhaité pouvoir apprendre certaines choses connues des habitants de ces endroits seulement ? C'était une chance qui n'était pas offerte à n'importe qui et si la jeune femme s'estimait chanceuse d'avoir déjà quitté Grand-Tour pour Cendregué par exemple, elle devait avouer éprouver une certaine envie à cette annonce. L'inquiétude qu'elle aurait pu ressentir en imaginant qu'un homme qui avait passé la majeure partie de sa vie sur le pont d'un bateau à voyager ne possédait qu'une éducation bien sommaire, fut rapidement chassée par les paroles rassurantes de son aîné. Un peu comme si Clarence lisait dans ses pensées. L'on disait que les spadassins de Braavos étaient souvent des galants hommes, mais en femme posée qu'elle était, Virginia croyait davantage ce qu'elle voyait que ce qu'elle entendait, elle ne savait donc nullement s'il fallait prêter foi à ses dires. La jeune femme nota dans un coin de son esprit que si sa discussion avec lord Jace se déroulait bien, elle n'hésiterait pas à lui demander de plus amples détails à ce propos.
     Après une légère pause pendant laquelle Virginia resta toujours silencieuse, le jeune seigneur de Grand-Tour enchaîna, informant sa sœur que l'homme qu'il souhaitait lui voir épouser était un redoutable discoureur doté d'un esprit rusé. Un véritable seigneur qui souhaitait participer au jeu des trônes en somme. L'idée, loin d'inquiéter la jeune dame, l'enjoua plutôt. Elle avait craint de tomber sur un individu insipide qui n'aurait su que la complimenter sur le choix de sa robe. La langue de Virginia avait beau savoir s'activer à des instants où une femme moins ouverte se serait tue, elle ne parlait pas bêtement et sans peser ses mots. Il était donc intéressant à ses yeux d'avoir un interlocuteur à la hauteur de ses attentes. Les informations qui suivirent, concernant le fait que le seigneur de La Treille était un homme attentif aux besoins de sa famille, plurent tout autant à la demoiselle qui avait toujours considéré que servir d'épouse ne devait pas signifier servir de décoration dont on se débarrasse lorsque l'on s'en trouve lassé, pour autant.
     Une pause arriva à point nommé pour qu'elle ordonne ses pensées, après quoi le frère de la dame reprit pour répondre à ce qu'elle avait avancé concernant leurs deux autres sœurs. Un sourire amusé se peignit sur les lèvres de Virginia lorsque Clarence avança l'idée de la marier à un septon, puis elle retrouva son sérieux au moment où il parla du poids qui pesait sur ses épaules. Le visage de la demoiselle était toujours habité par une expression affectueuse qu'elle destinait bien évidemment à son frère.

« Je puis t'assurer que je vais faire tout ce qui est mon pouvoir pour me montrer digne des attentes que tu places en moi Clarence. » Elle ne disait pas cela pour le plaisir de produire des sons, mais bel et bien parce qu'elle le pensait sincèrement. Se montrer indigne des espoirs de son aîné le plongerait dans un abîme de honte, elle avait toujours été sûre d'elle jusqu'à présent et considérait se montrer suffisamment sincère avec les autres pour ne pas leur offrir de façade qui ne lui ressemblait pas. « J'espère effectivement qu'il appréciera le fait que je ne reste pas silencieuse à tout bout de champ, je n'ignore pas que cela ne sied pas forcément à tous les hommes. » Pourtant, elle n'avait jusqu'alors jamais décidé de changer son comportement à ce niveau. Pourquoi l'aurait-elle fait d'ailleurs ? C'était sa personnalité, elle considérait qu'une femme insipide ne pouvait que pousser son mari à s'éloigner d'elle et Virginia pensait être une femme digne d'intérêt et cultivée. Elle était une Hightower, elle devait se montrer à la hauteur de la route tracée par Clarence. « Les informations que tu viens de me fournir me donnent l'impression qu'il s'agit là d'un homme très cultivé, il me tarde de pouvoir m'entretenir avec lui. Je suis persuadée que les discussions qu'il tient doivent être passionnantes. Je comprends mieux que tu le portes en haute estime. » Clarence savait bien ce que sa sœur pensait de lui, peut-être pas qu'elle avait reporté le manque de son père son lui, même inconsciemment. Habituellement les petites filles voulaient épouser un homme qui ressemblait à leur père, Virginia souhaitait que son futur mari soit du même acabit que Clarence et c'était certainement pour cette raison qu'elle comparait toutes les informations qu'il lui fournissait, à ce qu'elle savait du jeune homme. Après un bref silence, elle reprit la parole. « Je suis heureuse de constater que tu as trouvé un ami à la hauteur de tes attentes, il me plait beaucoup de savoir que tu t'entoures d'hommes de valeur. » Elle avait toujours amèrement regretté que leur mère traite son fils comme un moins que rien, ne parvenant pas à comprendre cet acharnement qu'elle nourrissait à son encontre. Aujourd'hui, Clarence s'épanouissait et la fierté – déjà très prononcée – de Virginia ne faisait qu'enfler avec le temps qui passait. C'était avec le soutien d'hommes comme lord Jace – de ce qu'elle avait cru comprendre – que le jeune homme parviendrait à démontrer à tout le monde l'homme de valeur et de science qu'il était. Une question naissait toutefois dans l'esprit cartésien de la dame et elle ne se priva pas de la poser. « Une chose m'étonne toutefois Clarence. Tel que tu me le dépeins, il m'a l'air d'être le parti rêvé. Je suis étonnée qu'il ne soit pas encore marié, j'imagine que les propositions doivent se bousculer à sa porte. » Elle en était même persuadée en réalité. « Dois-je conclure que tu as été le plus rapide, ou qu'il a mis votre amitié dans la balance ? » Au fond, cela ne changerait rien à la situation, mais elle souhaitait simplement le savoir. Puis si Clarence estimait que cela ne la regardait pas, elle n'aborderait plus le sujet.
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Message Mar 12 Juin 2012 - 20:59

     Sa sœur ne s'était jamais révélée en dessous de ses attentes, et le grand frère qu'il était éprouvait toujours beaucoup de fierté à la fréquenté, car son tenue, ses manières et son verbe étaient tout ensemble le témoignage vivant de la perle qu'elle était comme dame et future épouse. Son dévouement, qui avait les dehors par moment de la dévotion, était l'une des rares choses qui, en ce bas monde, réchauffait le cœur de Clarence mutilé par des années de chagrins et de tourments. Aussi loin qu'allaient ses souvenirs, le jeune homme avait toujours su reposer ses pensées à l'ombre des ramures épanouies de l'affection de sa sœur qui avait toujours été pour lui d'un grand soutien et d'une grande aide au sein de la famille. Ils étaient tous, frères et sœurs, très unis et très solidaires, mais force était d'admettre que le frère et la sœur ici présent dans cette grande salle entretenait une relation privilégiée au sein de la fratrie. Clarence savait pouvoir se confier à sa sœur comme il n'aurait pu le faire avec personne d'autre. Il aimait chacun des membres de son clan avec autant de profondeur, mais il ne partageait qu'avec Virginia cette grande complicité d'esprit qui facilite tant les échanges, car c'était comme si le frère et la sœur regardait de l'intérieur dans la même direction. De fait, Clarence l'aurait épousé sur le champ si elle n'avait point été liée à lui par le sang de leurs deux parents. Il la savait juste et sincère quand elle disait souhaiter tout faire pour répondre aux attentes de son frère aîné, et jamais Clarence n'aurait pu douter de sa détermination à lui obéir pour accomplir ces desseins qu'il ourdissait pour le bien de la famille toute entière. D'une certaine façon, en choisissant pour elle Jace Redwyne, il se disait que peut-être, si leur mariage était fort en plus d'être heureux, la demoiselle verrait en définitive le choix de Clarence comme la récompense de sa dévotion. L'espérance qu'exprima Virginia, qui craignait peut-être que son caractère déplût à messire Redwyne, arracha au jeune homme un sourire pétri d'une bienveillance taquine. Il ne pouvait prétendre connaître tout à fait les attentes du Grand Amiral s'agissant de la femme qu'il se choisirait pour épouse, mais une chose lui apparaissait à ce jour comme sûre : jamais Jace Redwyne ne saurait se satisfaire d'une muette, d'une sotte, ou d'une gourde. Or, par miracle, c'était là tout ce que n'était pas Virginia et de fait, elle se présentait déjà avec un avantage certain sur toutes les autres femmes dont la main aurait pu être proposée au Grand Amiral. « Messire Redwyne... Jace est un homme de valeur, oui. Il est également l'homme auquel je confierai volontiers ma dernière chemise si le besoin planait sur lui. Cela pourra te surprendre, peut-être, mais j'ai toute confiance en lui. Tu sais que je ne suis pas de ceux qui se reposent sur leurs acquis, d'ordinaire, et que je n'ai de pleine sympathie que pour vous mes frères et sœurs, car nous sommes une famille et que c'est là le plus important. Pourtant, je sens au fond de moi que je peux me fier sincèrement à lui. »

     Clarence se tut pour entendre et bien écouter sa sœur qui s'étonnait que Jace Redwyne soit encore libre et il était vrai que cela avait de quoi surprendre, considérant le portrait qu'il en brossait pour elle. Toutefois les explications étaient assez simples et sans doute sa sœur comprendrait avec lui les raisons qui avaient d'une part poussé lord Redwyne à repousser à plus tard ses noces quelques années auparavant et d'autre part conduit ce dernier à ne considérer que la proposition de Clarence au mépris de toutes celles reçues par ailleurs. La question de sa sœur était légitime et pour y répondre, Clarence prit le temps de rassembler ses esprits afin de lui exposer au mieux la situation. Elle était en droit de se demander pourquoi l'attention de Jace s'était arrêtée sur elle plutôt que sur une autre.  « Une question judicieuse, comme toujours. Vois-tu, c'est bien pour cela que je sais que tu es l'épouse qu'il faut à notre ami de la Treille. Tu as cette intelligence clairvoyante qui lui plaira à coup sûr. Mais revenons à ta question... Le projet d'unir nos deux maisons ne datent pas d'hier, mais à l'époque de son retour sur le continent, après son long séjour dans les Cités-libres, nous n'avons que commencé à en discuter. La période hélas ne se prêtait à ces événements, et nous ne voulions point nous précipiter avec trop de témérité. Les années ont passé et nous avons mûri ce projet. Trois ans, cela paraît long pour négocier un mariage, mais en vérité c'est davantage toute la rhétorique de notre alliance que nous avons examinée. Le mariage n'est finalement que la cerise sur le gâteau, le dernier maillon d'une longue chaîne que je veux solide et inébranlable. Tu es ce maillon, Virginia. Ces tractations sont pour le moment un secret que nous ne souhaitons pas ébruiter. Il se murmure des choses ici et là, bien sûr, et certains espèrent peut-être après ton échec, après ma ruine dans cette affaire. Nombreux sont ceux qui s'imaginent qu'offrir une épouse à lord Jace Redwyne ouvre l'accès à sa puissance navale et commerciale. Ces idiots ont si peu de vision, si peu de sens... Laissons-les espérer en vain pendant que nous réussissons là où ils échoueraient toujours. » Clarence manqua d'ajouter qu'elle était également « cette cerise », mais il s'en abstint, quand bien même il eût trouvé la plaisanterie drôle. L'heure de la rencontre tant attendue approchait et il ne s'agissait plus d'oublier d'être sérieux. L'alliance était là, elle existait déjà, mais grâce à Virginia, elle deviendrait pérenne, car il y aurait du sang Hightower dans les veines du futur lord Redwyne, et c'était la garantie que la Vigne et la Tour demeurerait pour au moins deux générations à venir de bons voisins unis par des liens plus sûrs et plus forts que ceux nés de la seule proximité géographique.
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Message Mer 13 Juin 2012 - 13:12

     Comme Clarence témoignait de la confiance qu'il accordait à lord Jace, Virginia se rendit compte qu'elle était peut-être en deçà de la vérité. D'un côté, cela ne la surprenait qu'à moitié, après tout, Clarence n'était pas homme à faire les choses à moitié. Elle avait rarement pu constater que son aîné laissait tomber un projet sans raison valable – et que l'on ne vienne pas lui parler de sa formation de mestre – il était plus digne de confiance et plus fiable que toutes les personnes de son entourage. C'était donc tout à fait normal en y réfléchissant, que le jeune homme se montre aussi investit dans sa relation avec le seigneur de La Treille. Cette nouvelle dessina un sourire à la fois joyeux et affectueux sur les lèvres de Virginia qui se sentait heureuse de constater une fois de plus que les choses évoluaient bien pour son frère. D'ici quelques années, tout Westeros aurait son nom sur le bout des lèvres. Si Clarence sentait que Jace Redwyne était un homme à qui il pouvait se fier, dans ce cas ce serait aussi la vision de sa sœur. Ils avaient toujours partagé les mêmes avis et la même proximité, pour quelle raison se mettrait-elle à douter de lui alors qu'il ne songeait certainement qu'à son bien ? Il n'y avait même pas le moindre doute à ce niveau, elle en était aussi persuadée que Clarence vis-à-vis de son ami. Elle ne répondit qu'une simple phrase suite à cette explication, nul besoin de développer pendant des dizaines de tirades alors qu'une seule résumait parfaitement ses pensées. « Si tu le considères comme digne de confiance Clarence, je ne vois aucune raison de penser le contraire. » Autrement dit, Virginia accorderait tout autant sa confiance à cet homme. Il suffisait qu'elle ait la parole de son aîné pour le croire. Pourquoi douterait-elle d'une personne qui ne lui avait jamais donné la moindre raison de se méfier d'elle d'un côté ? Une fois de plus, leur lien fraternel suffisait à chasser d'éventuelles questions qui seraient nées entre deux personnes qui ne se comprenaient pas comme eux. C'était un soulagement d'un certain côté, peu nombreux étaient ceux qui avaient le luxe de pouvoir se reposer sur une relation pour prendre leurs décisions. Si la fratrie Hightower avait été moins soudée, peut-être que la demoiselle aurait attendu plusieurs rencontres successives pour vérifier les dires du seigneur de Villevieille. C'était déjà ça de gagné et moins de temps gâché surtout.

     Arriva alors la question de la jeune femme concernant la raison du célibat de lord Jace. Elle était sincèrement intriguée par ce fait, déjà parce que le portrait dépeint par Clarence en faisait l'époux idéal, puis ensuite parce qu'il était à la tête d'un fief non négligeable et pour finir, car il semblait posséder les atouts physiques habituellement souhaités par les jeunes femmes à marier. Ce n'était guère le cas de Virginia, elle n'avait jamais accordé la moindre attention au physique de ses interlocuteurs et à ses yeux un homme plein d'esprit et de tenue était bien plus intéressant qu'un homme au physique plus qu'avantageux. Malheureusement cette manière de voir les choses ne semblait pas être partagée par les autres jeunes femmes du Bief. D'un côté la vision de la Hightower était troublée par le fait qu'elle-même n'était pas une beauté digne d'être comparée à Shaïra Seastar. Ce point était sans importance et elle le chassa rapidement de son esprit comme la réponse de Clarence arrivait. Lorsqu'il déclara que c'était ce genre de questions qui le confortait dans l'idée qu'elle était l'épouse idéale pour le seigneur de La Treille, Virginia ne put retenir un sourire amusé. Elle devait cet intérêt pour les choses claires à son aîné, la jeune femme avait toujours sincèrement admiré ce côté réfléchi du caractère de Clarence.
     Il lui expliqua alors les raisons qui poussaient le jeune seigneur à ne pas encore être marié malgré l'âge qu'il avait, avançant que la discussion au sujet de l'union de leurs deux maisons ne dataient pas d'hier. Une fois de plus, cela ne l'étonnait qu'à moitié, son frère avait toujours été un homme très prévenant et qu'il puisse travailler ce mariage depuis aussi longtemps n'était au fond, que le signe qu'il était un homme bien plus appliqué que pressé. Il était vrai que trois années entières, était une durée bien inhabituelle pour négocier une alliance, mais au moins auraient-ils le temps de pouvoir discuter de tous les points et de voir si le concerné changeait finalement d'avis. Cette précaution rassurait Virginia sous un certain angle, cela signifiait qu'elle n'aurait pas à craindre que son futur époux – si le mariage avait bien lieu – ne regrette son choix. Rien ne devait être plus désagréable que cela selon elle. Elle sourit aux dernières paroles de Clarence avant de hocher la tête d'un air affirmatif. « Je comprends mieux en effet. Au fond, cela ne m'étonne pas tellement que tu mûrisses ce projet depuis si longtemps. La première fois que tu m'en as parlé, je me suis demandé depuis combien de temps tu y songeais. Me voilà informée. » Il connaissait très bien l'estime qu'elle avait pour lui et la jeune femme ne voyait donc aucune raison pour expliquer plus en avant ses paroles. Ils n'avaient pas besoin de se répandre en détails pour que l'autre puisse comprendre ce que son interlocuteur voulait dire. Elle inspira légèrement, posant son regard sur le jeune Arthur aux côtés de son frère, avant de reprendre la parole en reportant son attention sur Clarence. « Je comprends donc que je porte un lourd poids sur les épaules et que tous tes efforts auront été vains si j'échoue. » Étrangement son ton n'avait rien d'inquiet comme si cette idée ne la gênait nullement. « Aussi surprenant cela soit-il, je ne suis pas inquiète à cette idée, je crois que le fait que vous en ayez discuté longtemps à l'avance me permet de ne pas craindre qu'il se lasse de cet accord. » Puis il avait certainement eu le temps de discuter brièvement avec Clarence de la femme qu'il allait peut-être épouser. Virginia était une femme assez facile à résumer, elle ne se targuait pas de posséder une personnalité ultra complexe, mais simplement de savoir être elle-même. Tout simplement. Après un bref instant de silence, elle sourit légèrement d'un air taquin. « Et je peux être sûre que tu n'as pas cherché à le tromper sur la marchandise. » Oh, elle savait que le jeune homme ne mentirait pas même pour ses propres intérêts, pas à un ami du moins. « Je dois applaudir ton talent à ne pas montrer ce que tu prépares, je t'avoue ne pas m'être doutée une seule seconde que vos projets remontaient à si longtemps. » C'était un compliment de sa part. Plissant sa robe de ses longs doigts, la jeune femme se sentait déjà plus rassurée, en connaître davantage à ce niveau lui donnerait une assurance en plus.
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Clarence Hightower
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Message Jeu 14 Juin 2012 - 19:31

     Un brin réconforté par les paroles encourageantes de sa sœur cadette, Clarence voyait se rapprochement le fatidique moment de l'arrivée de Jace Redwyne. Ce dernier ne devrait plus tarder à présent, mais le temps qui restait sans doute leur paraîtrait une éternité, comme à l'aube d'un grand événement les derniers instants sont les plus longs. Mais l'attente n'était pas de nature à déranger ou inquiéter Clarence. Comme sa sœur l'avait compris et souligné, il préparait ce moment depuis fort longtemps et s'il s'était entouré de tant de mystères et de secrets, ce n'était pas pour le plaisir de construire un projet à l'abri des regards, mais bien parce que cette discrétion servait le projet en lui-même en lui épargnant les convoitises et les interventions extérieures. Un peu comme la fleur qui supporte mal de croître et s'épanouir dans un champ où circule régulièrement le bétail, son projet d'union aurait souffert d'une trop grande et trop forte exhibition. Il ne s'en était ouvert qu'à peu de personnes, et encore sans jamais entrer dans les détails qu'il avait soigneusement gardé pour lui. Il regrettait un peu de ne pas avoir mis ses frères et sœurs dans la confidence plus tôt, mais là encore c'était par souci de protection et de sécurité qu'il les avait tenus à l'écart de ses manœuvres. De la même façon, il n'avait pas informé son petit frère de tout ce qu'il comptait mettre en avant et en œuvre pour faciliter l'acceptation de la proposition que Clarence et Calvin porterait à la connaissance de lord Cendregué s'agissant de la main de lady Ashlee, sa chère fille.  « Je ne vais rien te cacher, messire Redwyne aspirait avec une certaine impatience à te rencontrer de la sorte, lors d'une occasion plutôt informelle. Il attend beaucoup de cette entrevue et nul doute qu'il se fera très vite une opinion sur ce que sera votre relation si d'aventure il consentait au mariage. Les Sept nous sont favorables, l'accord est entériné, mais bien un accident est malgré tout si vite arrivé, c'est pourquoi toutes mes pensées t'accompagneront. Le poids sur tes épaules n'est pas si lourd en vérité, sauf à dire que c'est une toute autre femme que ma sœur Virginia qui s'entretiendra avec messire Redwyne tout à l'heure... » Clarence sourit avec plaisir. Les derniers mots de sa sœur sonnaient dans son oreille la douce musique d'un compliment qu'il entendait fort souvent. On le lui avait déjà fait remarqué, il était expert dans l'art de dissimuler ses faits, gestes et pensées et il s'amusait de ce que tant d'autres félicitaient sa grande maîtrise alors que cela lui était très naturel. Ne rien montrer de ce qu'il pensait et faisait était sa spécialité et il avait éprouvé cette capacité auprès de nombreux personnages de ce monde, qui avaient vainement tenté de le percer à jour sans y parvenir de façon certaine et concluante. Il demeurait pour eux un mystère vivant et ce n'était pas quelque chose qui inquiétait Clarence qui ne s'ouvrait qu'à ceux dont la confiance lui importait. Il n'attendait rien des autres et donc se moquait bien de les agréer.

      « Tu fais donc partie des rares qui apprécient ce « talent », ma chère sœur. Nombreux sont ceux qui s'en arrachent encore les cheveux. Je sais que cela pourrait me jouer des tours, mais j'aime assez que nos rivaux et adversaires baignent dans les nuages de doute et d'incertitude que je souffle sur eux. Notre famille fait la pluie et le beau temps à Villevieille, mais l'ombre de notre tour s'étend bien au-delà. Je ne pense pas que nous inspirions la crainte, cela n'a jamais été le genre de la maison mais... j'ai cru comprendre lors de mes derniers voyages que de plus en plus nombreux sont ceux qui refusent de nous sous-estimer. C'est une bonne chose, si tu veux mon avis. Il était temps que s'éloigne enfin le spectre des blessures subies par notre clan qui nous donnaient pour affaiblis. À présent que nous tenons entre nos mains l'initiative, il s'agit d’œuvrer efficacement. » Quelques coups frappés à la porte les interrompirent. Clarence adressa un coup d’œil surpris à son secrétaire et lui intima l'ordre d'aller ouvrir. Il n'attendait pas Jace Redwyne si tôt, que venait-il faire ? Il n'avait certes pas tant d'avance sur l'heure prévue mais tout de même. Toutefois, Arthur Tyrell, en ouvrant la porte, découvrit mestre Baelor qui venait de faire le trajet depuis la volière pour apporter une missive venue de bien loin jusqu'à son seigneur. Pour qu'il ait fait un tel déplacement, c'est certainement que la missive était importante. Clarence le regardait avec presque un peu d'inquiétude. Le vieux mestre s'inclina devant sa sœur, puis devant lui avant de lui porter la missive. Clarence prit connaissance de son contenu et il la remit entre les mains du vieil homme.  « Voilà des nouvelles qui se sont fait attendre... Lord Tybolt Lannister me convie à Castral Roc pour participer comme témoin au procès de lord Kaeril Corbray... tu te souviens de lui, n'est-ce pas ? Il me semble t'en avoir parlé... » Clarence soupira avec un brin de lassitude amusée.  « Encore un voyage qu'il va me falloir préparer et accomplir en toute hâte. J'imagine que Calvin sera content d'avoir à nouveau l'occasion d'une grande chevauchée... » Clarence s'interrompit un instant pour s'adresser sans sécheresse mais avec fermeté au vieux mestre comme au jeune page.  « Laissez-nous. Arthur, allez vous assurer que messire Redwyne est bien en route. Mestre Baelor, j'aimerais que nous nous retrouvions tout à l'heure à la rookerie. » Les deux hommes qui embrassaient tous deux près de trois générations de différence, quittèrent la pièce après avoir salué très respectueuse le frère et la sœur Hightower. Quand ils furent seuls, Clarence se leva pour aller s'appuyer nonchalamment contre le manteau de pierre de la cheminée dont il contempla l'âtre brûlant de ses yeux éveillés.  « J'ai l'impression que mon dernier séjour à l'Ouest a eu lieu il y a une éternité... et pourtant, la bataille de Port-Lannis n'est pas si vieille. Que penses-tu des Lannister, ma chère sœur ? »
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Message Ven 15 Juin 2012 - 14:37

     L'idée que lord Jace était assez impatient de la rencontrer ne la gênait guère, même s'il fallait avouer que cela ne faisait qu'ajouter à la pression de cette entrevue. Oh, Virginia n'était pas émotive, elle savait garder la tête froide et surtout bien ancrée sur ses épaules. Ce n'était pas demain la veille qu'elle allait se mettre à tourner de l'œil parce que quelqu'un lui aurait confié quelque chose de trop conséquent. La jeune femme se rassurait de toute manière en se disant que jamais Clarence ne lui aurait demandé cela s'il l'avait jugée incapable de pouvoir réussir avec brio ce qui était attendu d'elle. Pourquoi douter lorsque tout vous poussait à l'opposé ? Elle se contenta donc d'esquisser un sourire rassurant à l'encontre de son aîné, il n'y avait rien de plus à ajouter à cela. Virginia lui avait déjà dit qu'il pouvait avoir une totale confiance en elle et ce n'était donc pas nécessaire de l'en assurer une fois de plus. À force, elle risquait surtout de donner le sentiment de vouloir se rassurer elle, chose dont elle n'éprouvait pas le besoin. Ainsi donc cette rencontre permettrait de savoir si le jeune seigneur pouvait envisager de la prendre pour épouse. Beaucoup de choses en perspective, mais dans le pire des cas, l'amitié de messire Jace à l'encontre de Clarence ne serait pas ruinée. C'était la seule consolation qu'elle pouvait ressentir, même si une femme comme Virginia ne se contentait pas de lot de consolation, mais bien du premier prix.
     Le sujet glissa donc vers le talent certain que Clarence possédait pour dissimuler les projets qu'il avait en court. En effet, la jeune dame n'avait jamais vu cela comme une tare ou comme quelque chose de péjoratif. Dans un monde où le secret était Roi, Virginia admirait plutôt une telle qualité. Elle donnait un avantage clair à leur maison et la demoiselle était persuadée que c'était justement ce qui avait le don d'agacer les autres. Certaines personnes avaient besoin d'être au courant de tous les commérages des environs, ce n'était pas le cas de la jeune femme et elle détestait même ce trait de caractère. C'était donc un réel plaisir de voir que son frère avait un talent ciblé sur cette absence de besoin de se sentir supérieur aux autres. Combien de seigneurs avaient perdu une occasion en or parce qu'ils n'avaient pas su tenir leur langue ? Elle était confiante, une fois de plus Clarence avait un trait de caractère peu commun, mais qui justement lui permettrait d'éviter les pièges habituellement présents sur la route d'un lord aussi influent. Surtout s'il était doublé d'un titre du Conseil Restreint. Virginia était parfaitement en accord avec les paroles de son frère, les Hightower n'étaient pas nés pour inspirer la crainte, mais il y avait d'autres moyens d'avoir droit au respect, sans pour autant devoir écraser les autres. L'esprit aussi fort que la main, il en était la parfaite représentation. Villevieille n'était pas une ville comme les autres, il était donc logique que le dirigeant de la maison qui gérait la ville soit une personne différente de ce que l'on avait l'habitude de voir. Aux yeux de la demoiselle, ce n'était qu'une chose tout à fait normale et une raison de plus de penser que c'était pour cette raison qu'à ce jour c'était Clarence et non ses aînés, le seigneur de Grand-Tour.

     Elle n'eut guère l'occasion de répondre, car l'on toqua à la porte et le jeune Arthur s'empressa d'aller ouvrir l'huis pour dévoiler mestre Baelor qui entra dans la pièce afin de s'approcher d'eux. Virginia le salua à son tour, bien que ses yeux émeraudes montraient une certaine surprise. Ce n'était pas habituel que le vieux mestre vienne lui-même faire le messager. La demoiselle porta son attention sur Clarence qui lisait le contenu de la missive avant de la rendre au chevalier de l'esprit, puis de faire savoir à sa sœur de quoi il était question. Kaeril Corbray, en effet, le seigneur de Cordial qui avait fauté lors du raid des Fer-nés sur Port-Lannis. « Oui je me souviens. » Son ton était neutre, bien qu'elle désapprouvait ce manque de maîtrise, la jeune femme ne faisait pas son procès avant l'heure. Elle ne put retenir un sourire lorsque le jeune lord déclara que cette nouvelle allait certainement plaire à Calvin, il semblait prendre grand plaisir à ces voyages en effet. Ce n'était pas très étonnant d'un côté vu son caractère. Comme Arthur et le mestre s'éloignèrent en laissant le frère et la sœur tranquilles, Clarence se redressa pour lancer un sujet de plus intéressant. Virginia prit la peine de réfléchir avant de répondre. « Il est vrai que tes voyages se font de plus en plus fréquents. Je vois là le signe que ta sagesse est appréciée de part et d'autre de Westeros. Enfin. » Elle sourit légèrement, il n'ignorait pas qu'elle avait toujours désapprouvé le manque de reconnaissance dont il était victime. Inspirant doucement, elle tourna la tête pour poser ses yeux sur les flammes qui dansaient à côté de son frère. « Je ne connais pas personnellement les Lannister et mon avis ne peut donc être forgé qu'à partir d'éléments rapportés, mais je dirais que j'ai un certain respect pour lord Tybolt. Il n'est pas resté dans agir lorsqu'il a su que les Fer-nés razziaient Westeros, il a pris la décision de faire construire un chantier naval afin de protéger les côtes des boutres... Je vois là un bon stratège et un suzerain désireux d'assumer son rôle. » Il était vrai que malheureusement jusqu'à présent les suzerains des régions pillées n'étaient pas très soutenus par la couronne, le Roi avait visiblement du mal à comprendre qu'il fallait des fois poser les livres pour prendre les armes, mais sa confiance à ce niveau n'était pas ébranlée pour autant. Virginia marqua une légère pause, elle adopta une moue de réflexion avant de poursuivre. « Le fait est aussi, qu'il n'a pas hésité à dissimuler son mariage au public, preuve selon moi, qu'il n'est pas forcément intéressé par ce que l'on peut penser de lui. L'union des Lannister et des Arryn n'est pourtant pas une chose minime. » Il était vrai que se marier avec de pareils troubles était à la fois risqué et pouvait aussi être une excellente chose. Non, le seigneur de Castral-Roc lui apparaissait définitivement comme quelqu'un qui semblait doté d'un esprit analytique et stratégique. « Concernant la famille en elle-même, comme je te l'ai dit, je ne connais personnellement aucun d'entre eux. Je ne puis donc me forger un avis, si ce n'est que par les rumeurs qui me viennent à leur sujet, mais je préfère me fier à ce que je vois de mes propres yeux. » En somme, elle n'engageait pas ses pensées sur le sujet des hypothèses et se ferait un avis de cette famille si elle était un jour amenée à les rencontrer. Après une brève pause, la jeune femme reporta ses yeux sur Clarence. « Est-ce que tu as une raison précise de quérir mon avis ? Quelle impression lord Tybolt t'a-t-il fait Clarence ? » Une question qu'elle jugeait légitime, même si bien entendu le jeune homme était en droit de garder ses pensées pour lui.
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Message Mar 19 Juin 2012 - 20:24

     Les propos que tenaient sa sœur sur les Lannister de Castral Roc étaient frappés du sceau de la modération et à vrai dire, Clarence n'en attendait pas plus d'elle qui n'avait après tout guère eu l'occasion d'en apprendre sur eux en dehors de ce qu'elle avait pu entendre de la bouche de mestre Baelor ou des invités de la Grand-Tour. De son côté, le grand frère ne pouvait prétendre non plus à une connaissance spécifique sur le sujet, mais il bénéficiait d'une expérience personnelle auprès de nul autre que lord Lannister en personne : c'est un peu comme s'il avait côtoyé, même peu longtemps, les lions dans leur tanière. Il en avait gardé cette basse impression : c'est beaucoup de loin, et de près ce n'est rien. En effet, Clarence avait découvert en la personne de Tybolt Lannister un seigneur charismatique et sûr de lui, mais il était loin de la caricature si facilement dressée de lui par ses détracteurs les plus virulents.  « J'imagine qu'il faut tout une vie pour connaître sur le bout des doigts le cœur d'un homme et plus encore celui de ses proches parents. » Ce n'était pas toujours le cas, et Clarence vivait presque quotidiennement ce cas de figure avec sa propre mère qui, après plus d'une vingtaine d'années de vie, ne le connaissait toujours pas et n'avait toujours pas fait l'effort de mieux connaître ce fils qu'elle détestait avec emportement. Lady Myrcella n'avait jamais été la meilleure des mères pour Clarence, et ce dernier s'était échiné à en crever pour lui plaire au cours de ces dernières années de grand malheur pour la maison Hightower, mais rien n'y avait fait. Clarence n'étant pas chevalier, jamais il ne trouverait grâce aux yeux de sa génitrice trop attachée à ces valeurs chères à leur terre natale. Car le Bief était le cœur de la chevalerie à Westeros, et bien sûr dans toutes les familles, étaient vus d'un mauvais œil ceux qui ne suivaient pas la voie de l'épée. Les choses seraient peut-être différentes aujourd'hui si Clarence avait achevé son initiation à la Citadelle et s'il était devenu Mestre : il n'aurait aujourd'hui plus aucun contact avec sa famille, mais peut-être sa mère aurait-elle éprouvé quelque fierté distante pour lui. Un sourire mélancolique flâna quelques instants à l'ombre des lèvres closes de Clarence. Tybolt Lannister n'avait point manqué de lui faire remarquer, d'une question très directe, qu'un gouffre séparait les deux hommes, l'un lord et chevalier, l'autre lord et mestre à peine formé. Clarence n'en retenait aucune rancœur à dire vrai, car il était bien au-dessus des insultes et des coups bas qu'une langue fourchue croit asséner sans pour autant toucher.  « Avant d'être un seigneur et un suzerain, il me semble que Tybolt Lannister soit un homme pétri d'une certaine idée des valeurs chevaleresques qui fait la réputation de nos contrées. C'est un homme qui sait faire face à l'adversité et adapter sa réplique aux situations qui se montrent à lui... J'en ai bien peu vu en fin de compte, cela dit... le temps dira si je me trompe, mais je sens qu'il prépare quelque chose qui nous concerne tous. Comme tu l'as dit toi-même, il n'a pas hésité à dissimuler son mariage au reste des Sept couronnes et en effet, je crois bien qu'il s'assoie sur l'opinion d'autrui le concernant. »

     Mais cela n'était pas tout. En effet, il n'avait pas fait que dissimuler au regard du public ses pourparlers de mariage avec la maison Arryn, il avait également dissimulé le mariage lui-même et ce n'était pas un détail qu'on retrouvera en note de bas de page griffonnée à la hâte dans les livres d'histoire. Un tel subterfuge servait nécessairement un but, étant donné l'éminence des deux époux et de leur famille respective et quand bien même le secret n'était plus et lumière était faite sur leur mariage, nul doute que cette mise en scène avait servi à bien davantage qu'à offrir aux deux époux l'intimité nécessaire à un début de vie commune à l'abri des heurts extérieurs. Clarence ne souriait plus du tout, il contemplait le feu dans l'âtre avec une fascination très étrange, même pour lui. Il y avait pourtant dans la flamme dansante quelque chose de caressant pour ses yeux fatigués par le travail accompli ces derniers temps. De plus, sous les couleurs chatoyantes, sous la braise endolorie, Clarence se détachait de sa vision pour se concentrer sur l'univers des possibles. Il entrevoyait les multiples raisons qui avaient pu pousser lord Lannister à garder son mariage secret, mais comme il ne disposait pas d'assez d'informations pour parvenir à les éliminer toutes jusqu'à n'en garder qu'une seule, la bonne, Clarence restait prudent et circonspect.  « En dissimulant son mariage, c'est autre chose qu'il souhaitait dissimuler. Ce mariage n'est qu'un élément d'un plus grand projet, et m'est avis que dans l'avenir, nous découvrirons ce qu'il en est. Il n'est pas non plus exclu qu'il s'agisse là simplement d'un caprice erratique de la part d'un des puissants du royaume. Mais pour l'avoir rencontré, je ne crois pas que Tybolt Lannister soit de ceux qui se laissent aller à leurs caprices... bien au contraire. » Clarence abandonna la contemplation de l'âtre pour tourner son regard vers sa sœur Virginia. Il ne souhaitait guère s'avancer davantage car il n'était pas sûr de pouvoir appuyer ses raisonnements sur des arguments pertinents, et il n'avait que peu de goût pour les suppositions déraisonnables. L'idée même de bavarder d'un sujet si sérieux à la légère lui déplaisait et surtout, il savait que sa sœur elle-même méprisait ces vains babillages qui n'élevaient guère les conversations et de plus, il était inutile de tergiverser mille ans sur du vide. « Je dois aller au procès de ce Kaeril Corbray, pour y témoigner. Ce serait l'occasion pour moi d'un nouveau contact avec les Lannister, ce qui est toujours utile, ne serait-ce que pour me faire une idée plus précise de l'état d'esprit à Castral Roc. Cependant, c'est un long voyage et d'autres affaires non moins importantes vont retenir mon attention ici comme à Port-Réal et je pourrais très bien envoyer un émissaire pour porter ma parole et mon témoignage à l'oreille de lord Tybolt. Il n'apprécierait certainement pas, mais je n'ai pas d'obligations envers lui. Que me conseilles-tu ? »
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Message Ven 22 Juin 2012 - 12:36

     Attentive aux paroles et aux gestes de son frère, Virginia le contemplait en silence. Elle savait qu'il ne parlait pas sans rien avoir de consistant à prononcer et c'était peut-être pour cette raison que la jeune femme avait toujours fait tout son possible pour essayer de mieux le cerner. Comprendre quelqu'un qui ne parlait pas, n'était pas si compliqué que cela si c'était une personne que l'on aimait sincèrement. Peut-être était-ce vaniteux de sa part de prétendre qu'elle n'avait pas obligatoirement besoin d'entendre Clarence pour comprendre ce qui le travaillait, mais elle était persuadée d'en être capable. Écouter ne se faisait pas forcément avec les oreilles. Comme faisant écho à ce qu'elle pensait, le jeune homme parla du fait qu'il fallait énormément de temps pour connaître une personne. C'était indéniable, même après des années de vie commune, ils devaient garder des secrets les uns pour les autres, même inconsciemment.
     Ils enchaînèrent donc sur le sujet de lord Tybolt et Clarence le décrivit comme un homme avec des idées précises et qui savait visiblement faire face aux problèmes. La jeune femme fronça légèrement les sourcils comme elle entendait son frère avancer la possibilité que le seigneur de Castral-Roc puisse avoir prévu quelque chose à grande échelle. Réellement ? Virginia se demandait bien ce qu'un tel homme pouvait préparer. Elle n'ignorait guère que le Lion avait donné sa sœur cadette en mariage à l'héritier des Tyrell et par conséquent, une alliance était certainement en cours de route. Cela dit, jusqu'à ce jour la jeune femme n'avait encore jamais appris à connaître plus amplement le seigneur du Bief et par conséquent, elle ignorait totalement si les caractères des deux suzerains seraient compatibles. Ce n'était pas négligeable, un mariage était une chose, mais si les deux familles ne s'entendaient point, il ne résolvait pas tout. Cela dit, ce n'était que des probabilités et Virginia n'était pas le type de femme à se forger une idée à partir de « peut-être », elle chassa donc rapidement ces pensées de son esprit, tout gardant en mémoire ce qui concernait lord Tybolt. Ce dernier n'avait visiblement pas grand-chose à faire de ce que les autres pensaient en effet, mais était-ce surprenant ? Les Lannister avaient la réputation d'être.... Hautains dira-t-on, cette révélation ne surprendrait donc pas vraiment la jeune dame. Même si elle ne prêtait pas vraiment foi à ce genre de rumeurs comme elle le répétait assez souvent.

     Comme le jeune homme contemplait le feu qui brûlait, Virginia en profita pour l'observer en silence. Ses mains jointes se séparèrent et elle passa ses doigts sur ses lèvres boudeuses dans un geste de réflexion, avant de se demander si Clarence ne se surmenait pas trop. La guerre mettait tout le monde à rude épreuve et peut-être avait-elle pensé à tort que le fait que les pirates razzient le Nord permettrait aux Bieffois de se reposer un peu. Le mariage avait apparemment soulevé de nombreuses questions dans l'esprit de son aîné, car il semblait qu'il ait longuement pensé à tout cela. C'était compréhensible d'un autre côté, surtout si Clarence allait être amené à le rencontrer plus fréquemment à l'avenir.
     Reportant son attention sur sa sœur en délaissant le feu qui brûlait en crépitant, le lord de Grand-Tour lui demanda conseil. Cela ne troubla ou ne gêna pas l'intéressée, bien au contraire, Virginia aimait pouvoir apporter sa pierre à l'édifice et dire ce qu'elle pensait d'une situation précise. Prenant quelques secondes pour mûrir ses pensées, la jeune femme répliqua finalement. « Je pense que te rendre à Castral-Roc prouvera à lord Tybolt qu'il n'a pas affaire à un simple petit lord de campagne. Je sais que tu es un homme de confiance et qui a très à cœur les intérêts des siens. » La jeune femme se redressa alors, lissant sa robe pour qu'elle retombe correctement avant de faire quelques pas vers Clarence. « En t'y rendant en personne, j'imagine que lord Tybolt comprendra que tu n'es pas du genre à déléguer aux autres et que tu es capable d'assumer sans difficultés tout le poids qui repose sur tes épaules. » Virginia s'arrêta à un petit mètre de Clarence, joignant ses mains devant elle sans quitter le visage de son frère des yeux. « Envoyer une autre personne à ta place pourrait à la fois vexer ton interlocuteur, mais surtout lui faire croire que tu fais passer les intérêts personnels de notre maison, ou même ton rôle de Grand Argentier, avant tout le reste. Les rumeurs font état d'une certaine fierté de le clan des Lannister, j'ai peine à croire qu'il pourrait laisser passer quelque chose qui lui apparaîtrait comme un affront. » Elle inspira légèrement. La politique n'était pas une chose aidée, Clarence devait mûrement réfléchir à chaque décision qu'il prendrait, mais surtout accepter et assumer les conséquences qui en découleraient. « Je dirais donc que cela dépend du message que tu souhaites lui envoyer Clarence. T'y rendre montrerait que tu prends chaque chose à cœur et que tu ne considères pas qu'une affaire soit moins importante qu'une autre, même si c'est malheureusement le cas. Puis envoyer une autre personne à ta place lui ferait savoir que ces affaires n'ont pas ta priorité. Il saura au moins à quoi s'en tenir. » Tout était sous-entendu, rien n'était jamais dit clairement. « Et bien évidemment, cela dépendra aussi de la personne que tu souhaiterais envoyer. » Quelqu'un de mineur dans la maison Hightower, un simple message ou encore un domestique, cela serait beaucoup plus insultant que s'il avait par exemple envoyé un membre de leur fratrie.
     La question du mariage la taraudait toujours, elle avait le sentiment que Clarence ne se faisait pas des idées et qu'il avait bel et bien touché un point sensible. Elle ne se priva donc pas de le lui faire savoir. « Je pense que tu as raison lorsque tu parles des raisons de garder ce mariage secret. Je crois savoir que lady Aliénor à épousé ser Tristan, une alliance entre les Lannister et les Tyrell, entre l'Ouest et le Bief... » Quelques instants passèrent avant qu'elle ne termine sa pensée. « Le Val est déjà en lien avec le Bief, peut-être qu'il voyait là une chance supplémentaire de rallier les Tyrell à sa cause, en abattant la carte des épousailles avec lady Maura ? » Ce n'était que des probabilités, elle haussa les épaules d'un air léger. « Bien évidemment, il n'y a aucune preuve pour étayer ces pensées, mais puisque tu me dis que lord Tybolt n'est pas homme à agir sans raison, nous sommes en droit d'imaginer qu'il n'y a pas uniquement un désir de fonder une famille dans ce mariage. » Les mariages d'amour n'existaient pas de toute manière. Les sentiments venaient seulement après, pour les plus chanceux du moins.
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Clarence Hightower
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Message Mar 26 Juin 2012 - 21:03

     La vérité sortait de la bouche de sa sœur : tout dépendait du message qu'il souhaitait envoyer. Alors allait-il courroucer ou caresser le Lion ? Clarence n'était pas tout à fait sûr. Lord Tybolt ne s'était pas gêné pour le prendre de haut, lorsqu'il était venu à lui à Castral Roc, pour lui proposer d’œuvrer de concert à la restauration de l'équilibre des forces dans le Royaume, pour lui offrir le soutien et l'amitié du Grand Argentier. Il ne méritait pas plus qu'un parchemin de sa part, en vérité, ce « preux chevalier », car les affaires financières des Sept couronnes étaient bien plus importantes que le triste sort d'un seigneur félon et meurtrier. Toutefois, Clarence était désireux d'en apprendre davantage sur Castral Roc en général et sur les Lions en particulier, alors ce voyage s'offrait à lui comme une opportunité d'accroître sa connaissance de la maison Lannister. « Connais ton ennemi », disait-on et Clarence entendait connaître au plus près tous les interlocuteurs du Trésor royal dont il avait la charge depuis sa nomination au poste de Grand Argentier. Lord Tybolt n'était jamais que l'un d'eux, et certainement point le plus important comme d'aucuns se plaisaient à le dire.  « Tu as tout à fait raison, tout dépend du message que je veux envoyer. » Et surtout, de ce qu'il voulait laisser croire à ceux qui regarderaient et interpréteraient. Nul doute que son voyage serait très observé, mais Clarence n'avait de compte à rendre à personne d'autre qu'à son suzerain et à son roi.  « Je m'y rendrai donc, et Calvin m'y accompagnera. Ce sera l'occasion pour moi d'en apprendre davantage sur ces Lions. Par la suite, je me rendrai directement à Port-Réal, car c'est là-bas que bientôt de grandes choses vont se jouer. » Toujours immobile, Clarence contemplait sa sœur avec bienveillance et fierté.  « Que dirais-tu de m'y rejoindre, quand tu en auras l'occasion ? Si tu dois devenir la femme du Grand Amiral, tu rencontreras dans la capitale des personnes intéressantes. Mais il y a encore des choses à faire à Villevieille et je ne veux compter que sur vous pour vous en occuper. Nous sommes un clan, une famille. S'entraider est important. » Ces mots-là, Virginia n'avait guère besoin de se les entendre dire, puisqu'elle était tout comme son frère toute entière dévouée aux intérêts de sa famille. C'était bien là la particularité du clan Hightower : il n'y avait à la Grand-Tour aucune voix dissidente ou séditieuse, et tous participaient d'une même volonté de voir s'élever les intérêts de la maison, car tous en profitaient, car personne n'était laissée pour compte. Une telle harmonie ne semblait de mise nulle part ailleurs, sauf peut-être dans de rares familles égarées ici ou là. À cet instant, l'on put entendre quelques coups frappés à la porte et Clarence ordonna d'entrer. Un valet se présenta et annonça que messire Redwyne attendait pour être introduit auprès de lord et lady Hightower.

     Clarence s'empressa d'aller accueillir son invité, le visage éclairé de ces rares sourires qu'il ne réservait qu'aux amis.  « Nous t'attendions avec impatience... qu'est-ce donc qui t'a retenu ? » Il n'y avait aucune antipathie dans la voie du Grand Argentier qui ne tenait rigueur de rien à son vieil ami. Il le fit entrer bien assez dans la pièce et quand ils furent assez près de sa sœur Virginia, Clarence se plaça entre eux et fit ainsi qu'il l'avait déjà fait très officiellement les présentations, même si ces dernières avaient déjà eu lieu auparavant. Il ne souhaitait pas rester plus longtemps qu'il était nécessaire et bien sûr il savait que tout se jouerait sans lui, entre sa sœur et le Grand Amiral.  « Il est inutile que je fasse les présentations, n'est-ce pas ? Alors gagnons du temps. Je vais me retirer dans une autre pièce afin de vous laisser ensemble pour... discuter. Si comme je le crois vous êtes faits pour vous entendre, alors vous n'aurez pas besoin de ma médiation. Toutefois s'il vous fallait quoi que ce soit au cours de votre entretien, n'hésitez pas à me le faire savoir. Vous savez combien j'aime me sentir utile. » Clarence fit quelque pas en direction de la porte de la pièce, suivi par le valet. Avant toutefois d'en franchir le seuil et de la refermer derrière lui, il se tourna une dernière fois vers les deux personnes qu'il quittait et leur dit ainsi avec un sourire plus qu'énigmatique :  « Une dernière chose. Ma chère sœur, souviens-toi que le repas d'anniversaire de notre oncle Petyr sera servi peu avant le coucher du soleil. Jace, tu y es naturellement invité et bienvenu. Je vous salue. » Clarence s'inclina une dernière fois et déjà il se trouvait sur le chemin d'une autre destination. Il avait du travail et dans une pièce d'étude non loin, cela l'occuperait pendant que sa sœur et son ami s'entretiendrait de leur futur mariage. Tout était entre les mains de Virginia désormais qui aurait à réussir à emporter la totale adhésion du seigneur de la Treille pour que ce jour soit définitivement une réussite. De son côté il prendrait le temps d'écrire lui-même un corbeau que mestre Baelor enverrait pour Castral Roc, annonçant son arrivée prochaine dans la citadelle des Lions pour répondre à l'appel de lord Tybolt et se rendre comme témoin au procès de lord Kaeril Corbray. Cela l'intéressait finalement fort peu, et davantage concentrait son attention les nouvelles rencontres qu'il ferait au Roc, et bien plus encore la partition qui se jouait en ce moment même dans la grande salle à manger entre sa délicieuse et son fidèle ami de la Treille. Naturellement, à côté de cet événement, les petits tracas de la maison Lannister apparaissaient comme dérisoires aux yeux d'un Clarence plus sérieux que jamais quand il se disait prêt à tout pour asseoir les intérêts de sa famille et de Villevieille par la même occasion. Joindre aux moyens de la Tour ceux de la Vigne était l'idée la plus riche qu'il avait eue ces dernières années, et la réussite était là, si proche et pourtant encore insaisissable.
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Message Mer 27 Juin 2012 - 18:45

     Virginia était heureuse que les paroles qu'elle avait pu prononcer soient utiles à son frère. Il prenait donc la décision de se rendre à Castral-Roc en compagnie de Calvin, celui-ci serait certainement très heureux de pouvoir reprendre la route pour découvrir de nouveaux horizons. Même s'ils avaient déjà été à Port-Lannis bien évidemment. C'était un sentiment que la jeune femme comprenait, quitter sa demeure pour voyager un peu et rentrer avec le plaisir de retrouver son « chez soi », quelque chose qu'elle n'avait éprouvé que très rarement, mais qui lui était apparu comme agréable. Ils partiraient ensuite tous les deux pour la capitale et un bref instant le cœur de la jeune femme se serra alors qu'elle se rendait compte qu'ils allaient être séparés quelques temps encore. C'était à la fois un mélange de joie de voir que Clarence était demandé presque partout, mais aussi un déchirement de devoir se passer aussi longuement de sa présence. Ainsi que de celle de Calvin bien évidemment. Comme s'il comprenait la dualité qui habitait l'esprit de la demoiselle, le seigneur de Grand-Tour lui proposa une solution qui l'intéressa grandement. Le rejoindre à Port-Réal ? L'envie était très présente, sans compter qu'en effet elle pourrait y rencontrer de nombreuses personnes qui pourraient représenter d'excellentes relations plus tard. Ce n'était pas négligeable. Cela dit, si Clarence avait besoin d'elle à Villevieille elle ne voulait pas lui faire défaut et resterait ici pour s'occuper des affaires urgentes. N'ayant guère le temps de répondre, car l'on frappa à la porte, Virginia comprit alors que leur discussion de frère à soeur prenait fin. Lord Jace était arrivé et conformément à ce que son aîné lui avait dit auparavant, il allait les laisser en tête-à-tête. Le temps que le seigneur de La Treille soit introduit, la jeune femme glissa sa main sur le bras de Clarence pour répondre avec un léger retard à sa proposition. « Je serais ravie de venir à Port-Réal, mais il faudra que je vois si quelqu'un peut veiller aux affaires d'ici. » Elle avait prononcé cela assez rapidement, non pour que le Grand Amiral n'entende pas, mais simplement parce qu'elle ne tenait pas à l'embarrasser en répondant à Clarence alors qu'il attendait à côté. C'était malpoli pour ne pas dire franchement grossier. Si Virginia ne trouvait personne pour rester à Villevieille et s'occuper des affaires qui attendaient ici, alors elle remettrait cette visite à une autre fois, même s'il fallait avouer que cela l'attristerait clairement.

     Comme son regard se portait sur son frère qui s'avançait pour accueillir son ami, Virginia resta silencieuse et les laissa parler ensemble, immobile en milieu de la pièce, ses mains aux os saillants, posées sur sa robe. Les deux hommes approchèrent alors et la jeune femme troqua la moue naturelle de ses lèvres contre un très léger sourire avant de le saluer d'une sorte de révérence. Pas les expressions niaises que la plupart de demoiselles arboraient lorsqu'elles étaient face à un seigneur ou un chevalier, simplement une risette polie comme elle réservait aux personnes avec qui elle devait s'entretenir. Elle opina du chef comme Clarence leur faisait savoir qu'ils ne devaient guère hésiter à lui faire signe s'ils avaient besoin de sa présence, elle n'y manquerait pas, mais espérait savoir s'en tirer seule. Juste avant qu'il ne disparaisse, le jeune homme informa sa sœur d'un dernier détail et elle sourit plus sincèrement avant de répondre brièvement. « Merci Clarence. » Merci pour la confiance qu'il plaçait en elle, pour ces attentions qu'il avait à son égard, pour une multitude de choses qui n'avaient pas besoin d'être dites de manière explicite de toute manière.
     Détournant ses yeux verts de la porte qui s'était refermée sur son frère qu'elle chérissait tant, la jeune femme posa son regard sur son interlocuteur sans se départir de son sourire poli et prit la parole. « Je suis heureuse de pouvoir enfin m'entretenir directement avec vous. » Elle tourna la tête vers les sièges avant de le les désigner. « Asseyons-nous si vous le voulez bien, nous serons plus à l'aise pour discuter. » Virginia pivota pour s'approcher des chaises et reprit place sur celle qu'elle occupait avant, lors de sa discussion avec Clarence. Elle patienta le temps que Jace s'installa à son tour, puis, glissant ses mains pour les joindre sur sa robe, reprit la parole de plus belle. « Clarence ne tarit pas d'éloges à votre sujet, je suis ravie de savoir qu'il a trouvé quelqu'un en qui il puisse avoir confiance. Il vous estime comme un homme de grande valeur, mais j'imagine que je ne vous apprends rien. » Même si son frère n'était pas particulièrement bavard à ce sujet, Virginia se doutait que lord Jace devait avoir compris que le seigneur de Grand-Tour le considérait certainement comme l'ami le plus proche qu'il pouvait avoir. Et lui, que savait-il d'elle ? Pensait-il qu'elle se fiait aux paroles rapportées comme presque toutes les dames de bonne famille ? Il ne restait plus qu'à le découvrir ! La jeune femme ne tenait pas à discuter de choses inintéressantes et à essayer de faire bonne figure, elle souhaitait savoir dès maintenant s'ils avaient des caractères compatibles et par ce biais, savoir à quoi s'attendre.
     Sans gêne aucune, la Bieffoise entra donc dans le vif du sujet en lançant une discussion sur un sujet qui l'avait interpellée lorsque Clarence l'avait abordé. « J'ai d'ailleurs appris que vous étiez un grand voyageurs et que vous aviez été jusqu'à Lys ? C'est un endroit dont j'ai longuement entendu parler et qui a toujours éveillé ma curiosité je dois l'avouer. » Elle observa une légère pause, avant de constater que sa déclaration pouvait prêter à confusion. Virginia ne s'intéressait pas à cette Cité Libre en raison du culte de la beauté qui y était fait, mais en raison des alchimiste et des connaissances qui existaient là-bas. Même si l'astronomie avait sa préférence, la jeune femme appréciait d'en apprendre sur divers sujet. Elle précisa donc ses paroles. « Le savoir qui existe là-bas n'a que très peu d'égal à Westeros. J'imagine que vous devez vous y êtes intéressé ? À moins que votre attention ait été accaparée par les navires et autres trésors de navigation qu'ils possèdent ? » Elle posait beaucoup de questions, c'était un fait. Mais Virginia souhaitait apprendre à découvrir cet homme, comprendre ce qu'il aimait, ce qu'il détestait et éventuellement trouver des points communs à leurs caractères. La dame ne bavardait pas inutilement, elle était plus du genre à poser des questions précises et sans vraiment de détour pour ne pas s'exposer à des réponses biaisées. Son ton était posé, poli et parfaitement calme. Virginia ne se sentait pas anxieuse à l'idée de faire un faux pas, Clarence lui faisait confiance et rien que pour cette raison, elle était en totale confiance.
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Message Mar 3 Juil 2012 - 22:32

Cette tour, qui semblait percer le ciel, n'en demeurait pas moins la somme d'une multitudes de pierres à la taille plus que raisonnable. Ce phare immense était une construction millénaire impressionnante, véritable symbole architectural de vigilance et d'ascension. Il était utile pour guetter d'éventuels ennemis, mais servait également d'avertissement à quiconque nourrissait contre Villevieille des intentions néfastes : la maison Hightower veille, et vous observe. Il n'existait point de forteresse comparable dans toutes les Sept couronnes, et des lieux prestigieux comme Accalmie, Vivesaigues ou même Lestival ne pouvaient tenir la comparaison. Combien de temps avait pris la construction d'une telle merveille ? Combien d'ouvriers malchanceux étaient morts pour acheminer la pierre blanche jusqu'au sommet du phare ? Combien de malheureux tombaient chaque lune depuis le sommet dans l'exercice de leur tâche qui consiste à entretenir le brasier de la cime de cet arbre de pierre géant et sans feuille ? Son ami Clarence l'avait honoré, à son arrivée, d'une brève visite des lieux les plus usités de la citadelle, mais il aurait bien aimé prendre le temps d'en explorer tous les recoins. Comme il aurait aimé en apprendre davantage sur ce « château » à nul autre pareil ! Mais hélas, les temps troublés de l'époque le privait de ce luxe ineffable. Il se devait de garder à l’œil et à l'esprit les préoccupations du moment, quand bien même ces dernières n'étaient ni intéressantes, ni exaltantes. Il regrettait presque le temps d'avant, quand il n'était que le cadet et qu'il pouvait, dans les Cités-libres, vivre sa vie comme il l'entendait, sans se soucier d'autre chose que de lui-même et de son éveil physique et spirituel. Hélas, s'il trouvait son bonheur dans l'abnégation qu'imposait le titre de lord, il ne pouvait refuser ses droits à la nostalgie d'autrefois. Tant de choses demeuraient à voir sur Essos ! Quand il y repensait, Jace était pris de vertiges difficilement surmontables. Mais fort heureusement, Westeros gardait pour lui quelques merveilles et quelques surprises, et lady Virginia qu'il allait rencontrer dans l'instant était peut-être la plus mystérieuse de toutes. Elle était la sœur de Clarence, et très certainement la future épouse de Jace qui, de son côté, très humblement, avait bien du mal à se rendre compte que son avenir tout entier se jouait aujourd'hui. Il tâchait de n'en rien montrer, mais il était très intimidé par cette situation sans pour autant regretter d'y avoir souscrit : il reconnaissait là le génie de Clarence et s'abandonnait volontiers à l'exercice qui l'attendait, à savoir l'entrevue informelle qu'il aurait avec sa « promise ». « Promise »... ce mot résonnait dans sa tête comme le carillon terrible d'un grand septuaire au dôme de verre et d'or. Comme s'il avait eu les pieds dans l'eau, il sentait les frissons qui couraient sur son échine alors qu'il suivait le domestique qui le conduisait jusqu'à la salle prévue pour la rencontre. Quand la porte s'ouvrit, il sut que le rideau venait de tomber et qu'il était à présent nécessaire d'entrer en scène. Il craignait d'être en retard, et aurait préféré être en avance. Mais fort heureusement, son ami Clarence le mit aussitôt à l'aise.

« Les escaliers sont si nombreux... et puis je devais m'assurer que ceci me suive jusqu'ici sans encombre ni problème. »

En effet, portant une longue malle de bois, deux valets pénétrèrent à sa suite dans la pièce. Jace ne s'en préoccupa point pour le moment, il s'avança vers lady Virginia, saisit poliment sa main et y déposa un baiser tendre et discret comme le papillon qui n'ose approcher du cœur de la rose qu'il s'apprête à caresser de ses yeux. Il salua le départ de Clarence et accueillit avec une joie contenue la proposition de la demoiselle qui l'invitait à s'asseoir, ce qu'il fit à sa suite après avoir pour elle tirer sa chaise. Les premières paroles de Virginia étaient polies et orientées, et Jace ne put s'empêcher de sourire. Elle lui avait était présentée comme intelligente, il la découvrait perspicace et cela n'était pas pour lui déplaire. En effet, l'estime que lord Hightower avait pour lui n'était pas anodine et à vrai dire, s'il n'avait pas été l'ami de Clarence, jamais Jace n'aurait eu la chance et l'occasion de discuter ainsi librement avec celle qui serait assurément, d'ici quelques lunes, son épouse.

« Être estimé d'un tel homme est un véritable privilège, et j'espère le demeurer le plus longtemps possible. Plus qu'un allié, je le vois comme un ami alors naturellement, je veux me montrer digne de la bonne opinion qu'il a de moi. »

Ce n'était pas une chose que Jace prenait pour acquise, au contraire il s'estimait devoir lutter chaque jour pour honorer la promesse d'amitié qui existait entre Clarence lui, entre ces deux voisins qui, un matin, avait juré sous le pommier d'être toujours les bons amis qu'ils furent autrefois. Sous la candeur pâle de ce serment prêté à l'aune des meilleures intentions du monde, le Grand Amiral dissimulait toute sa détermination. Il ne savait pas d'avance ce que donnerait l'entretien avec la sœur de Clarence, mais il savait que son amitié pour ce dernier demeurerait inchangée quelle qu'en soit l'issue. La conversation débuta alors et la demoiselle lui parla de ses voyages et des savoirs qu'il avait acquis à l'occasion de ces périples nombreux et formidables dans les Cités-libres. Flattés de voir que la demoiselle en savait déjà beaucoup sur lui, il lui accorda un nouveau sourire sans pour autant aller jusqu'à minauder quelque clin d’œil fort disconvenant pour la circonstance...

« Lys est une ville merveilleuse, c'est indiscutable. J'y ai voyagé par le passé, mais j'ai peur d'y être devenu indésirable depuis la bataille des Trente voiles... l'événement ne mérite pas d'être raconté, je suis sûr qu'il vous ennuierait, et il me semble plus intéressant de vous conter les merveilles de la cité elle-même, depuis ses palais formidables jusqu'à sa gastronomie incomparable à nulle autre. Les cuisiniers de Lys sont les plus originaux du monde, et s'il est vrai qu'ils savent enchanter les sens par la bouche, les alchimistes de l'île savent aussi y faire couler la mort. Vous connaissez certainement la réputation des poisons lysiens... les fameuses Larmes de Lys en sont le plus célèbre. Mais pour tout vous avouer... il y a tant à dire que je ne sais par où commencer. Les Cités-libres sont bien loin de chez nous et c'est une calamité de constater qu'ils sont rares à Westeros, ceux qui s'intéressent aux trésors de savoir et de connaissance qui sommeillent à Lys, à Braavos ou à Volantis. D'ailleurs, votre frère m'a dit que vous aimiez l'astronomie ? »

D'un geste de la main, lord Redwyne intima l'ordre aux serviteurs d'apporter la malle de bois et de l'ouvrir devant eux, ceux qu'ils firent avec une délicatesse presque mesurable, tant le contenu de la malle était fragile et précieux. À l'ouvrir ainsi, ils révélèrent cependant un coffret de bois ouvragé et couvert d'une couche luisante de verni. Jace se leva et sortit le coffret de la malle pour le poser en douceur sur la table. Ce faisant, il parlait toujours, et disait ainsi sur le ton de la confidence un peu honteuse :

« Lors d'un de mes séjours à Myr, j'ai eu le bon sens de rendre quelques services à l'un des Magistrats qui, pour me récompenser, m'a fait cadeau de deux lunettes d'astronomie jumelles. L'homme était très riche, évidemment, et prétendait qu'ainsi je pouvais à loisir user l'une en sachant que l'autre serait toujours là si par malheur je venais à briser la première. Mais je ne suis pas de ceux qui abîment leurs affaires et quand Clarence m'a parlé de votre goût pour l'observation du ciel et des étoiles, j'ai tout de suite cru bon de partager avec vous les fruits de la générosité du Magistrat qui, je le pense, ne m'en voudrait pas de vous confier la deuxième lunette que voici et qui n'a jamais quitté son étui. »
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Message Mer 4 Juil 2012 - 13:16

     Virginia était satisfaite et rassurée de la réponse que lui fit son interlocuteur concernant la relation qui le liait à Clarence. Bien évidemment, elle n'avait pas réellement douté que cette amitié fut réciproque, son frère n'était pas homme à s'imaginer qu'une personne l'appréciait si la concernée n'en manifestait pas des signes évidents, mais avoir confirmation de la bouche de l'autre personne était toujours plus rassurant. Elle esquissa un sourire un peu plus prononcé et plus sincère alors que la discussion s'enchaînait sur le sujet de Lys. Le jeune seigneur de La Treille semblait avoir été conquis par cette fameuse cité, même si visiblement quelques nuages sombres étaient venus masquer cette vision idyllique. Les bonnes choses ne duraient jamais très longtemps, ce n'était pas pessimiste, mais Virginia avait entendu cette expression sortir de la bouche de quelqu'un un jour et depuis, elle lui revenait fréquemment. La bataille dont il faisait état n'éveilla aucun souvenir dans l'esprit de la demoiselle et elle se demanda si la rumeur de cet affrontement était arrivée jusqu'à Villevieille. Comme lord Jace abordait le sujet de l'alchimie, l'attention de Virginia fut encore plus accrue – bien qu'elle écoutait déjà avec attention ce qu'il disait depuis le début – et elle acquiesça du chef à l'énoncé des Larmes de Lys. Un poison aussi effrayant qu'impressionnant, il était vrai que la demoiselle s'y était attardée par pure curiosité, mais elle n'avait ressenti qu'un profond respect pour les personnes capables de faire d'un liquide, une arme aussi dangereuse – si ce n'est plus – qu'une épée Valyrienne. Les chevaliers de l'esprit pouvaient être aussi impressionnants que ceux qui combattaient avec l'arme au poing, le fait était prouvé.

     Arriva alors le sujet de l'astronomie, Virginia eut d'ailleurs en partie sa réponse à l'interrogation de savoir ce que son interlocuteur pouvait bien connaître à son sujet. L'astronomie la passionnant en effet, elle aurait pu passer des heures à contempler les étoiles, mais sans pour autant que ses pieds quittent terre. Les prunelles vertes de la dame se posèrent avec intérêt sur le seigneur de La Treille qui adressa un signe aux serviteurs entrés avec lui, puis se leva une fois qu'une sorte de petit coffret vu révélé à leurs yeux. La facture de la boîte était déjà forte impressionnante et Virginia laissa ses yeux se promener dessus alors qu'elle se demandait ce qu'un tel contenant pouvait bien dissimuler. Lord Redwyne répondit à son interrogation en lui faisant le récit de la manière dont il avait acquis la précieuse lunette qui trônait dans le coffret. Un Magistrat de Myr ? C'était très impressionnant et l'attention laissa la jeune femme muette pendant quelques instants, il était clair qu'elle ne s'attendait pas à un tel cadeau, mais était sincèrement touchée. Après que la surprise fut passée, Virginia arbora un sourire sincère, tournant ses yeux vers l'ami de Clarence pour prendre enfin la parole. « C'est là une attention vraiment très délicate de votre part. J'ai du mal à cacher ma surprise et je vous avoue que je n'espérais pas pouvoir tenir un tel objet dans mes mains un jour. » Oh, la famille Hightower était riche et ils auraient bien pu tenter de s'en procurer une, mais ce n'était pas la même chose. Le geste que venait de faire lord Jace était très apprécié de la jeune femme parce qu'elle connaissait la valeur d'une telle pièce et qu'il s'agissait aussi d'une récompense qui lui avait été donnée. Comme elle réfléchissait rapidement, la Bieffoise enchaîna du même ton. « C'est une telle attention que je me dois de vous demander une faveur, j'apprécierais beaucoup pouvoir l'étrenner ce cadeau en votre compagnie, lorsque vous serez plus disponible bien évidemment, j'ai parfaitement conscience que votre temps doit être très occupé. » Admirer les étoiles était une chose, mais Virginia appréciait de pouvoir être en bonne compagnie pour échanger des savoirs ou des impressions. « Je me suis laissé dire que de nombreux navigateurs utilisaient les étoiles pour se diriger dans la nuit, je suis persuadée que vous pourriez beaucoup m'en apprendre. Et je dois avouer que l'astronomie n'est pas un passe-temps forcément très partagé. » Il devait être l'une des rares personnes qui avait déjà pris le temps de se laisser aller à la contemplation du ciel, du moins dans les connaissances proches de la demoiselle. C'était ce qu'elle en avait déduit vu les paroles du jeune homme au sujet de la lunette dont il prenait grand soin.

     Le sourire de la Bieffoise était toujours plaqué sur ses lèvres alors qu'elle songeait à la nature de cette offrande. Une autre personne aurait considéré que comme elle prenait grand soin de son apparence, Virginia aurait été plus intéressée par une toilette quelconque, mais lord Redwyne avait touché juste en visant ce domaine. Est-ce que Clarence y avait joué un rôle ? Au fond c'était sans importance, mais la demoiselle tenait à le souligner. « Il faut que je reconnaisse que je comprends mieux les éloges de mon frère vous concernant. Je n'avais pas imaginé que quelqu'un d'autre qu'un membre de ma famille puisse un jour avoir une attention tournée vers mon attrait pour l'astronomie. » Elle ne dissimulait pas cette passion pourtant, mais disons que lorsqu'elle se trouvait en compagnie d'autres dames, les discussions tournaient plus souvent autour des chevaliers ou des nobles présents à cette occasion, mais rarement sur quelque chose de plus cérébrale. Tandis que son attention se portait à nouveau sur le coffret, elle ajouta quelques mots. « Je puis vous assurer que vous n'avez aucune crainte à vous faire concernant la pérennité de votre amitié avec Clarence. J'ai entendu dire que les amitiés étaient comme des plantes et qu'il fallait les arroser et les entretenir régulièrement. Même si vous semblez davantage posséder le pied marin que la main verte, vous semblez plus qualifié dans ce domaine que n'importe que Bieffois. Votre séjour dans les cités libres n'a en rien altéré vos origines » Elle faisait simplement référence au fait que le Bief était la région des jardins et de la verdure, quoi de plus normal pour un homme que de savoir cultiver ses relations ? C'était très imagé, peut-être un peu trop, mais ce n'était qu'un trait d'esprit qui, elle l'espérait, ferait sourire son interlocuteur.

     Comme la discussion était bien lancée, Virginia éprouva la souhait de creuser plus loin encore et embraya sur la suite. « J'imagine que vous avez dû rencontrer nombre de personnages intéressants lors de vos voyages, rien que l'énoncé de ce Magistrat confirme mes pensées. Est-ce que certains de ces individus vous aurons marqués plus que d'autres ? » Pouvoir connaître des personnes au-delà des mers lui semblait ô combien intéressant. Elle-même faisait tout son possible pour se tisser des liens, avec des Dorniennes, des Bieffoises et pourquoi pas encore plus loin à l'avenir ? Les questions se bousculaient à sa porte alors qu'elle s'imposa une pause, il n'était pas question de le noyer sous un flot d'interrogations, même si sa curiosité en matière de savoir était insatiable, elle savait toutefois mettre le holà à son impatience. Une fois de plus, son regard quitta le visage de lord Redwyne pour se poser sur le fameux coffret. Il lui serait difficile de résister à l'envie de l'étrenner, mais elle espérait sincèrement que son actuel propriétaire accepterait de lui concéder cette faveur. Même si au fond, c'était plutôt à elle de le remercier. Il était évident qu'elle ferait tout son possible pour y parvenir, mais elle devait d'abord en apprendre plus sur lui. Lorsqu'une personne vous offrait un cadeau aussi personnalisé, il était plus que malvenu de le remercier de manière impersonnelle. Et les Sept savaient bien que jamais la Bieffoise n'accepterait de bâcler quelque chose. Surtout une chose aussi importante que cette relation qui pour le moment semblait se présenter sous les meilleurs auspices.
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Message Mar 10 Juil 2012 - 21:37

Quelque peu coupable, Jace était néanmoins très heureux d'avoir suivi non les conseils de Clarence, mais ses indications. Ce dernier avait eu le génie de lui parler des passions et inclinations de sa sœur Virginia et naturellement, ces précieuses informations avaient guidé Jace dans ses choix ; ajoutons à cela la délicieuse ironie qui avait par le passé mis entre ses mains les deux instruments d'astronomie en question et l'on découvrait la formidable tapisserie qui se nouait entre eux dès les premiers instants. L'ancien voyageur avait compris très rapidement qu'il avait réussi auprès de Virginia le pari des premiers mots et des premières phrases, et une fois passée le satisfaction de cette prise de conscience très personnelle, il se surprit à sourire aux paroles de la demoiselle qui lui faisait une excellente première impression. Ils étaient deux adultes et quand bien même Jace était plus âgé que Virginia, ils savaient tous deux comment ces « choses-là » fonctionnent, et il était sans doute évident à l'un comme à l'autre que ce qui se passait en ce moment entre eux relevait d'une dialectique de la séduction propre aux conversations originelles, quand les deux partenaires s'observent, se dévisagent, se considèrent, se questionnent par le mot et le geste, un peu comme on trempe son pied dans le bain pour en goûter la température, avant de l'y remuer pour en saisir la douceur. C'est un jeu très spécial, que les uns apparentent à la chasse, que les autres apparentent à la pêche, mais quel que soit l'activité choisie pour définir une métaphore pudique ou audacieuse, ce n'est jamais tout à fait comme on s'y attend quand viennent les premières heures de la conversation. À discuter de la sorte, les lignes droites s’arrondissent, les flous se précisent, les angles s'ouvrent et les nuages passent, laissant derrière eux la clarté nue du portrait que chacun d'eux se ferait de son interlocuteur. Très évidemment, Jace espérait conquérir et plaire à la demoiselle, et sans doute cette dernière espérait-elle de même emporter l'adhésion du jeune homme, dans un jeu de séduction qui ne disait point son nom et l'Amiral sut qu'il marquait des points quand elle lui fit part de son désir d'étrenner la lunette astronomique en sa compagnie. Elles n'étaient point nombreuses, les personnes passionnées par la contemplation studieuse ou méditative des étoiles, Jace devait bien le reconnaître, et assurément de trouver quelqu'un que cet art intéresse relevait presque du miracle, comme si les Sept avaient orchestré leur rencontre à dessein. Les étoiles, divines créatures célestes, auraient-elles pu prévoir qu'ils s'entendraient ainsi pour en apprécier l'observation sous le noir manteau de la nuit ? Jace ne voyait aucune raison de refuser la demande de lady Virginia. De plus, il était séduit par l'idée qu'à l'avenir, quand ils seraient mari et femme devant les Sept, contempler les étoiles seraient un élément indissociable de leur routine quotidienne et, pour le coup, nocturne. Jace sourit. Il venait de s'imaginer tous deux comme époux et épouse, et cette pensée, loin de le choquer, éveiller en lui un intérêt qui, plus que curieux, devenait jaloux.

« Rares sont ceux qui savent voir dans le ciel nocturne autre chose qu'un amas de perles blanches échappées du collier d'une richissime courtisane. Si vous le voulez, dès cette nuit, nous pourrons étrenner cet instrument qui, malheureusement, n'a encore jamais servi. D'autant qu'il me semble que certains des balcons de la tour sont d'incomparables plates-formes pour la contemplation des étoiles. » Tranquillement, Jace se rassit et posa une main distraite sur la table. « Les marins, en effet, considèrent les étoiles comme des guides et si le phare représente bien souvent la fin du voyage, les constellations sont les flèches célestes qui nous conduisent à travers l'étendue vide des eaux nocturnes. S'il n'y avait pas dans le ciel ces amantes solitaires pour nous indiquer le chemin à suivre, nous pourrions perdre l'horizon et nous enfoncer loin des côtes connues jusqu'à découvrir, peut-être, des terres nouvelles et vierges... ou la fin du monde. »

L'idée semblait dénuée de sens, et pourtant elle n'en était pas moins curieusement astucieuse : à suivre les chemins tracés par d'autres, jamais on ne s'écartait des sentiers battus, ce qui tuait dans l’œuf toute nouveauté, toute possible découverte, toute fantaisie de l'inconnu. Et pourtant, s'il le souhaitait, il aurait pu prendre la mer, s'entourer d'un équipage vaillant et rêveur, et faire voile vers l'Ouest, vers les eaux mystérieuses et sans nom d'au-delà du bleu de la mer du Crépuscule. Hélas, il ne pouvait se soustraire au joug terrible de la fatalité réaliste qui lui imposait de demeurer à Westeros, comme lord Redwyne, comme Grand Amiral, comme homme des Sept couronnes. Peut-être que son long « exil » dans les Cités-libres avait creusé en lui ce goût pour l'exotisme et l'ailleurs toujours meilleur, pour la découverte et l'exploration, mais pour l'heure il savait devoir sacrifier cet appétit de l'inconnu sur l'autel du pragmatisme qui l'arrachait à l'océan pour le condamner à la terre, aux siens, à ses devoirs, mais en réaction immédiate, il s'imaginait vieillard, blanchi par l'âge et la fatigue, annonçant à ses fils et filles qu'il prenait la mer une dernière fois, qu'il partait pour le lointain sans jamais revenir, leur souhaitant bon vent et baisant leur front une dernière fois, mourant sous leurs yeux comme la voile qui disparaît dans le brouillard d'un matin de départ. Peut-être Virginia, plus belle que jamais sous la grisaille tendre de ses cheveux, serait-elle à ses côtés sur son bateau, prête à relever avec lui le défi de la dernière aventure ? Il était encore trop tôt pour le dire, mais cette pensée suffit à réchauffer le cœur de Jace.

« Je ne sais s'il m'est facile d'entretenir mes amitiés, mais s'agissant de votre frère, je n'ai besoin de nul effort. Cela m'est aussi naturel que de respirer. Je souffre et jubile avec lui sans artifice et si les jumeaux ont cette particularité d'avoir partagé neuf lunes durant l'intimité maternelle, je crois que lui et moi partageons une même vision du monde, ce qui nous rapproche comme deux fleuves qui se rejoindraient pour mieux se porter jusqu'à l'océan. Nous ne sommes pas nés des mêmes parents, nous ne sommes pas du même sang, mais l'honneur, l'estime et l'affection me font le considérer comme mon frère. » Après un soupir et quelques instants de silence, il écouta Virginia qui évoquait encore une fois les voyages de Jace, accomplis par le passé. Ce dernier approuva de la tête. Très nombreux étaient les notables qu'il avait rencontré dans les Cités-libres, mais les souvenirs laissés par chacun d'eux n'étaient guère égaux, et si certains avaient fait bonne impression au jeune Redwyne qu'il était alors, d'autres au contraire lui laissèrent un parfum amer dans sa mémoire. « Ce Magistrat était un homme bon et honnête, mais peut-être un peu trop gourmand. Il ne pouvait se passer des orgies quotidiennes qu'il donnait dans son palais d'été. Mais de tous les « personnages » hauts en couleur que j'ai pu rencontrer sur les rives occidentales d'Essos, d'autres étaient plus gratinés encore. Il y avait notamment cette veuve de Tyrosh, autrefois très riche mais sur le moment désargentée, qui pourtant continuait à donner des fêtes somptueuses dans sa demeure près du port... Elle savait tout sur tout le monde, et c'est sans doute pour acheter son silence que ses invités payaient eux-mêmes les réjouissances qu'elle ordonnait... imaginez donc un peu ! Combien de scandales énormes ont été empêchés grâce à l'effacement des dettes de cette vieille dame qui pouvait tout connaître de tout le monde ? Il y eut aussi ce marchand lysien à la réputation sulfureuse, qui était capable de vendre n'importe quoi à n'importe quel prix et à n'importe qui, mais qui refusait d'escroquer son prochain, car il se disait « honnête homme ». Ses mains étaient grasses, mais son cœur était vertueux, vous pouvez me croire. »
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Message Mer 11 Juil 2012 - 14:43

     Elle fut heureuse de l'entendre répondre positivement à sa requête et d'autant plus ravie qu'il lui propose d'étrenner la lunette dès cette nuit. Virginia avait imaginé qu'il repousse l'échéance jusqu'à la fin de la guerre une fois que la paix de l'esprit serait revenue chez tous les habitants de Westeros, mais visiblement le seigneur de La Treille était capable de profiter des petits plaisirs que la vue ou les Sept lui offraient de temps en temps. La nuit qui venait était particulièrement prometteuse qui plus est, la jeune dame avait observé le ciel à son réveil pour constater que les nuages n'étaient pratiquement pas visibles. La venue de l'hiver rendait souvent la contemplation des étoiles plus ardue, mais en une journée au ciel dégagé comme aujourd'hui, les nuits étaient relativement claires et facilitait donc ce loisir. Quant à la vue offerte par les balcons de Grand-Tour, c'était on ne peut plus véridique. Celui de la chambre de la jeune femme permettait une vue bien dégagée, mais il était évident qu'il aurait été plus que déplacé de préciser ce point, elle se rabattit donc sur le balcon du grand salon où elle appréciait de passer beaucoup de son temps libre. Ce serait le lieu idéal pour cette soirée d'astronomie. Son sourire s'était fait plus prononcé alors qu'elle répondait. « Excellente idée, je me suis laissé dire que la nuit sera bien dégagée qui plus est, nous pourrons sans aucun doute profiter du ciel dans toute sa splendeur. Il me semble que le balcon du grand salon sera l'endroit rêvé avec la vue dégagée qu'il offre. » Virginia n'était pas du type de femmes qui se mettaient à battre des mains dès qu'elles entendaient quelque chose qui leur plaisaient, mais il était clair que cette perspective l'enchantait grandement.

     Son regard avait suivi lord Jace alors qu'il se réinstallait sur son siège en expliquant que les marins utilisaient effectivement beaucoup les étoiles pour se diriger. Ce devait être une expérience très intéressante, même si la jeune femme n'avait jamais été particulièrement attirée par la mer ou les bateaux, elle admirait sincèrement les personnes capables de naviguer d'un bout à l'autre du monde. C'était une sorte de science mêlée à de la force, ne faire qu'un avec la mer et ne pas se laisser dominer par les flots, nul doute qu'il fallait posséder une poigne ferme pour tenir la barre et ne pas faiblir. Les paroles du jeune homme étaient pleines de sens, il était certain qu'en suivant des chemins tracés par des prédécesseurs, les chances de découvrir de nouvelles choses étaient plutôt réduites. Voir les étoiles comme des guides précieux était une bien belle chose et il était évident que si Virginia les voyait comme une science intéressante, les marins devaient les percevoir différemment. Cette révélation l'amusa assez et elle lâcha quelques mots à l'attention de son interlocuteur. « J'ai toujours entendu dire que la mer était une amante bien prenante, si les étoiles accaparent votre esprit, vous devez être un homme fort occupé. » En tant que lord, il avait bien évidemment des devoirs très prenant c'était évident, mais pouvoir allier devoir et plaisir était une bonne chose après tout. « Votre goût pour la mer vous a-t-il conduit sur cet intérêt pour les étoiles, ou était-ce déjà l'une de vos passions ? » Cette question l'intéressait sincèrement, après tout, elle-même n'avait aucune raison particulière de se passionner pour l'observation des étoiles et de l'astre de la nuit, mais certaines choses ne s'expliquaient pas tout simplement.

     Ils avaient beaucoup de choses à découvrir l'un de l'autre et Virginia était parfaitement consciente qu'elle ne pourrait pas tout apprendre simplement en discutant quelques heures avec lui. Lord Jace lui donnait le sentiment d'être un homme complexe de part ses expériences, mais pourtant très simple dans sa manière d'être. Les années lui diraient bien si sa première impression était juste, du moins si les négociations débouchaient réellement sur un accord. Lorsque le seigneur de La Treille lui expliqua qu'il n'avait aucunement besoin de se forcer pour entretenir son amitié avec Clarence, Virginia n'en douta pas une seule seconde. Il n'y avait qu'à voir la manière dont les deux hommes se parlaient, elle connaissait suffisamment son frère pour savoir qu'il savait garder une parfaite neutralité devant quelqu'un qui ne lui était pas particulièrement proche. Lorsque la demoiselle le voyait agir avec lord Redwyne, elle n'avait pas l'impression de voir deux amis parler, mais comme lui-même le disait, plus deux frères qui ne partageraient pas le même sang. Qu'étaient les liens du sang après tout ? Des familles s'entre-déchiraient alors qu'elles partageaient les mêmes gènes, deux personnes pouvaient être fortement liées sans pour autant porter le même nom ou avoir la même lignée. Elle hocha la tête en signe de compréhension. « Je pense qu'il n'y a nul besoin de partager le même sang pour pouvoir se sentir proche d'une autre personne. Les idées qualifient bien mieux un individu que son nom. » Même si le patronyme était certainement la chose la plus importante qu'une personne puisse posséder en ce bas monde, cela ne signifiait pas pour autant qu'une personne que s'appelait Tully serait obligatoirement digne et honorable. Virginia était bien plus apte à faire confiance à quelqu'un comme lord Redwyne qu'une personne qui baserait sa confiance sur un lien de famille sans jamais avoir prouvé sa valeur. Heureusement, la fratrie Hightower était belle et bien unie.

     La discussion glissa alors sur les rencontres que le jeune homme avait faites au cours de ses pérégrinations et il parla notamment du Magistrat qui lui avait fait cadeau de la lunette. Chacun possédait sa part d'ombre, une personne parfaite n'existait pas et quand bien même un individu puisse s'approcher de la perfection, l'un de ses talents pourrait bien être perçu comme une tare par d'autres. L'histoire de la veuve désargentée fit sourire Virginia, elle imaginait parfaitement la situation dans son esprit, certaines personnes étaient prêtes à tout pour cacher leurs secrets. Posséder des informations sur diverses personnes était certainement un don utile, même si de son côté la jeune dame avait peu de goût pour les potins ou les rumeurs. Lorsqu'il eut terminé de lui parler de ces étranges personnages, la Hightower repoussa l'une de ses mèches bouclée derrière son oreille avant de répondre d'un ton où perçait l'amusement. « Preuve est faite que le physique d'une personne ne fait pas son caractère. Pourtant je suis persuadée que cet homme devait avoir beaucoup de difficultés à faire croire qu'il était aussi vertueux. » Elle savait de quoi elle parlait. Virginia n'étant pas ce que l'on peut appeler « une belle femme », elle avait forcément dû veiller à ce que son aspect soit irréprochable, sans quoi certains se seraient laissés aller à dire qu'elle n'était pas digne de son rang. Au fond, cela l'arrangeait, car elle préférait largement être estimée pour ce qu'elle avait dans sa tête que pour son visage lui-même. « Je suis certaine que cette veuve dont vous me parlez a su comprendre où était la faiblesse des humains. Certains seraient prêts à tout pour cacher leurs sombres secrets. Dire que j'ai si peu de goût pour les rumeurs, je crois que j'ai raté une excellente occasion. » Oh, même si elle avait eu la possibilité d'apprendre des choses peu ragoûtantes sur ses voisins, la jeune femme n'aurait pas éprouvé le souhait de le faire. Elle était bien trop pragmatique et préférait largement pouvoir étayer ses dires à l'aide de preuves palpables. Mieux valait laisser tout cela aux personnes plus qualifiées.

     La vie passée du jeune homme semblait avoir été pleine d'animation et de rencontres passionnantes, mais Virginia était aussi intéressée par le présent de son interlocuteur. Il avait gagné en gallons, lui qui n'était pas né héritier – si elle se souvenait bien les dires de Clarence – était désormais un homme influent qui occupait une place importante au conseil restreint. Il était évident qu'il devait avoir obtenu cela à force de dur labeur. « Je dois dire que mon esprit fourmille de questions, votre avancée depuis que vous avez hérité du titre de seigneur de La Treille est tout bonnement impressionnante. Il semblerait que vos talents soient reconnus même pas la couronne, c'est une distinction très rare. » Ce n'était pas vraiment un compliment, juste une manière de lui montrer qu'elle estimait beaucoup les personnes qui savaient travailler pour atteindre leurs buts. « En réalité, vous avez gravi tellement d'échelons que je me demande encore ce qu'un homme tel que vous peut désirer. Vous devez bien avoir des rêves que vous n'avez pas encore réalisé j'imagine ? » Elle parlait bien entendu du côté « professionnel » et de ce que le jeune seigneur pouvait espérer. Des alliances avec d'autres régions, réussir à développer le commerce avec des cités libres, de nombreuses possibilités en somme. La question était assez étrange il fallait l'avouer, mais disons simplement que Virginia considérait qu'un homme avec des projets d'avenir était le signe d'un intérêt pour le progrès.
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Message Mer 25 Juil 2012 - 0:20

« Souvent les apparences sont trompeuses, il est vrai, mais il n'est pas vain de juger d'après elles, quand l'occasion se présente d'en saisir les subtilités profondes. Vous n'imaginez pas tout ce que l'observation d'un individu peut vous révéler sur sa personnalité. Un rire, une œillade, un déhanché, une main glissée dans les cheveux, un pas jeté sur le plancher ou encore une révérence, tous ces gesteset attitudes sont autant d'indices que l’œil averti se doit de saisir et d'examiner. D'après mon expérience, cette capacité d'analyse distingue ceux qui agissent de ceux qui subissent et par exemple votre frère appartient à la caste des premiers, ceux qui savent lire le cœur des hommes et ainsi user de ce qu'ils y apprennent. Il y avait un homme, à Tyrosh, qui s'appelait Marello. Il avait fait tous les métiers mais à la vérité, il n'était qu'un brigand sans foi ni loi. Ce fanfaron pouvait cependant se targuer de vivre la grande vie dans les rues de Tyrosh : il ne manquait jamais de rien, et l'or ruisselait dans ses poches sans qu'aucun effort ne lui soit nécessaire. Cet homme-là savait sa place dans le monde et surtout, il savait comment agir en toutes circonstances, et prévoir les changements tout en s'y adaptant. Il lui était si facile d'évoluer d'une sphère à l'autre de la société tyroshi... Il n'a jamais manqué de rien, comme je vous ai dit, et n'a jamais été ennuyé par quiconque. J'imagine qu'avec une intelligence si prodigieuse, il aurait pu aller beaucoup plus loin que les bas-fonds de Tyrosh, mais il y trouvait son bonheur, et comme on dit, le mieux est l'ennemi du bien... »

Très content de la tournure que prenait leur discussion, Jace savourait chacun des instants partagés avec Virginia. Elle n'était pas la plus belle de cette région-là du continent, mais il y avait dans ces yeux verts une intelligence rare et posée, comme les eaux des criques et des baies qui bordent les côtes de l'île de la Treille, des eaux sûres mais implacables. Lady Virginia ressemblait physiquement à son frère aîné. Trait pour trait, elle n'était pas une version féminine de Clarence, mais elle s'en approchait à maints égards. Au cœur de son visage ovale brillaient deux yeux d'un vert tendre et profond posés en sentinelle d'un nez busqué qui lui donnait cet air si élégant rehaussé par la moue qu'elle arborait si fréquemment. Il n'y avait rien de trop austère en elle, elle apparaissait simplement comme une femme sûre de ses atouts. Ce que les Sept ne lui avaient pas naturellement donné, elle l'avait acquis par la grâce de son éducation et par le raffinement de ses charmes. Elle était la digne héritière d'une lignée d'anciens rois et reines de la Tour, c'était absolument certain. Ce sang royal était leur héritage, et aussi sûr qu'à des traits physiques on pouvait reconnaître un membre de la famille Targaryen, à cette aura de noblesse on reconnaissait les membres de la famille Hightower. Lady Virginia et lui-même appartenaient à deux des plus puissantes familles du Bief et pourtant, ils discutaient ensemble, sans aucune rivalité, sans aucun concours de jalousie d'aucune sorte. Cela l'enchantait plus qu'il ne l'admettrait jamais, car il appréciait de discuter ainsi avec elle de sujets aussi sérieux qu'intéressants. La discussion progressait tranquillement et les dernières questions posées par son interlocutrice lui permettait d'aborder un sujet qui, d'après lui, deviendrait dans les instants qui suivent le cœur de leur conversation.

Depuis son retour des Cités-libres, il était vrai que son avancement avait été fulgurant, et il se plaisait à croire que ses bons et loyaux services comme agent de Brynden Rivers et ses hauts faits comme capitaine de marine lui avait permis de gravir ces échelons et à vrai dire, puisqu'il n'avait usé d'aucun artifice, d'aucun subterfuge pour y parvenir... Toutefois lady Virginia posait une question importante : que pouvait-il espérer à présent ? Quelle pouvait être la mesure de son ambition, lui qui passait pour tout avoir déjà ? En dépit des apparence, Jace n'était pas l'homme comblé qu'on prétendait. Il n'était pas non plus ce nobliau bellâtre à qui tout réussit d'un claquement de doigt. Au contraire, il lui restait beaucoup à accomplir, à faire et à construire. Il avait des devoirs envers son île, les siens et sa famille. Il devait trouver une belle épouse pour son frère Loras, sauf à s'imaginer qu'il entre dans la Garde royale... Il devait également trouver un époux pour chacune de ses deux petites sœurs Minella et Alessa, d'autant plus que la première n'était plus toute jeune... mais ce retard s'expliquait par les trois années de malheur qui s'étaient écoulées et qui avaient remis à plus tard nombre de ses plans. Lui serait-il plus facile d'accomplir tout cela s'il était lui-même accompagné, s'il avait à ses côtés une épouse pour mener à bien tous ces projets ?


« L'homme peut se passer de bien des choses, mais de rêve ? Le rêve n'est pas que le gardien mystérieux du sommeil. C'est la lune qui berce un soir de promesses et d'espoirs. C'est le vent qui souffle dans les voiles d'un navire qui se laisser aller sur la route de l'Orient lointain et mystérieux. Vivre sans rêve, ne serait-ce pas comme marcher de nuit sous un ciel privé de ses étoiles, de ses constellations ? Je rêve encore, lady Virginia. J'ai des projets et des desseins, bien sûr, comme tout homme fardé de lourdes responsabilités. La guerre contre les Fer-nés mobilisent toute mon attention mais je n'oublie pas que l'avenir lui survivra. J'ai aussi un désir, celui de partager ces projets avec celle qui sera appelée par les Sept à vieillir avec moi, à porter nos enfants et à me seconder toute ma vie durant. Je n'imagine pas que cette femme puisse être une autre que vous, car j'ai l'impression que nous regardons vous et moi dans la même direction. »

Cela lui semblait évident. Ils étaient tous deux des personnes qui tournaient leurs yeux vers l'avant sans bien sûr oublier d'où ils venaient, mais ils n'étaient pas de ceux qui trépignent lamentablement en gardant un œil constamment englué dans la boue d'un passé révolu. Et même s'ils se plaisaient tous deux à contempler les astres dans le ciel, ils n'en gardaient pas moins les pieds sur terre.
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Message Mer 25 Juil 2012 - 15:40

     Virginia écoutait avec attention ce que lui disait lord Redwyne, il était vrai que l'attitude des gens jouait beaucoup dans ce qu'ils voulaient révéler ou camoufler. Ne disait-on pas très souvent qu'un silence apprenait bien plus que des paroles soit-disant sincères ? C'était certainement pour cette raison que la jeune femme elle-même veillait à ce que sa présentation soit irréprochable. Même si cela lui en coûtait de l'avouer, les humains se basaient sur le physique d'autrui pour savoir à qui ils vont avoir affaire. Un pouilleux ne retiendra jamais l'attention d'une noble dame alors que si vous prenez la peine de le vêtir de beaux atours et de le raser de près, il pourrait faire battre son cœur. C'était malheureux, mais Virginia elle-même se laissait prendre à ce jeu en estimant qu'une noble dame se devait d'être toujours présentable. Disons que c'était tout simplement inhérent à la vie des nobles et que Virginia s'y pliait parce qu'elle savait que sans cela sa maison serait mésestimée. En tous les cas, les paroles du jeune homme étaient pleines de bon sens et force était de constater qu'elle n'y avait pas songé sous cet angle. Il était vrai que Clarence était un homme physionomiste qui lui-même adoptait une attitude neutre pour éviter d'être passé au crible par ses interlocuteurs. C'était un comportement familier à la maison Hightower au fond, Virginia elle-même se laissait rarement aller en grands sourires et en gestes attentionnés avec les personnes extérieures à son cercle familial. C'était donc des paroles à méditer et une expression de respect passa dans le regard clair de la jeune femme qui esquissa un sourire poli. « Des paroles bien véridiques. Je dois avouer que je n'avais pas vu les choses sous cet angle, bien que j'y pense inconsciemment comme tous les nobles de Westeros j'imagine. » C'était un peu la règle qui s'imposait d'elle-même lorsque vous étiez face à des personnes de votre rang : politesse et hypocrisie tandis que certains cherchaient la moindre faille chez les autres. « Je ne suis pas étonnée que vous ayez été autant apprécié si vous comprenez aussi aisément les autres. » Ce n'était nullement une critique, simplement sa pensée énoncée à voix haute. Elle imaginait que les relations avec les autres étaient bien plus aisées si vous réussissiez à les comprendre. Ce n'était pas un don qu'elle possédait de manière particulièrement développée, ou alors elle en usait inconsciemment.

     La discussion glissa alors vers les rêves et les projets futurs du jeune seigneur. Ce n'était pas négligeable, car selon la demoiselle, un homme sans rêves était un homme sans espoir et il était évident que la vie aux côtés d'une telle personne ne devait pas être très aisée. Même si elle ne ciblait pas forcément ce sujet pour se forger une idée de ce que serait peut-être sa future vie – si le projet de mariage aboutissait bien entendu – mais simplement par curiosité. Lord Jace différait beaucoup de tous les hommes que la demoiselle avait pu connaître jusqu'à ce jour, Clarence mis à part bien entendu, il était donc plus que normal qu'elle désire éclaircir certains points. Après tout, l'intérêt qu'elle lui portait était le signe évident qu'elle voulait apprendre à le connaître, qui donc irait se vexer d'être le centre de l'attention d'autrui ?

     Il commença donc par lui faire savoir qu'il avait bel et bien des rêves et des projets qui ne s'arrêtaient pas à la fin de la guerre contre les Fer-nés. C'était une excellente chose qui ne manqua pas de rassurer la jeune dame. Même si par malheur les choses devaient se passer de telle manière à ce qu'elle ne convienne pas à ses attentes en tant qu'épouse, lord Redwyne lui apparaissait comme un homme digne d'être sous le regard bienveillant des Sept. Ainsi que des autres divinités tant qu'à faire. Il était donc rassurant de savoir qu'il ne se reposerait pas sur ses lauriers et trouverait ce qu'il cherchait ailleurs. Bien entendu, Virginia savait qu'il n'était pas né pour devenir le seigneur de La Treille et qu'il avait donc doublement dû lutter pour atteindre sa position. Elle pensait que de toute manière un homme qui obtenait tout ce qu'il avait sa faire le moindre effort ne le gardait jamais bien longtemps. La durabilité de la position de lord Jace la poussait donc à penser qu'il était appliqué, tout comme Clarence. En somme, la jeune femme ne se faisait pas vraiment d'inquiétudes à son sujet. Cela dit, la suite de ses paroles ne manqua pas de lui réchauffer le cœur et bien évidemment de la rassurer. Elle aurait été mortifiée d'avoir échoué dans ce que son frère attendait d'elle, ainsi donc entendre le jeune homme lui faire savoir qu'il pouvait l'imaginer dans le rôle de son épouse chassait ces craintes. Son sourire poli se fit plus sincère une fois de plus alors que la Bieffoise répondait. « Je ne vous cache pas que de telles paroles me réjouissent. Non seulement parce que je m'en serais voulu d'être responsable de l'échec du projet que vous avez avec Clarence depuis tout ce temps, mais aussi parce que votre compagnie m'est agréable. » Pourquoi cacher la vérité après tout ? Lord Jace était un homme cultivé, avec de l'esprit et qui répondait à ses questions sans s'impatienter. Des qualités qui faisaient donc de lui l'homme que Virginia pourrait imaginer si elle décidait d'assembler les qualités qu'elle attendait de l'époux idéal.

     Inclinant légèrement la tête sur le côté de manière de manière à repousser une mèche bouclée qui la dérangeait, la jeune femme continua d'une voix calme tout en observant le visage de son interlocuteur. « Lorsque Clarence m'avait parlé de vous, je me disais déjà que je saurais certainement nous trouver des points communs, j'ai peine à croire qu'il pourrait me proposer pour cette alliance si je ne convenais pas à vos attentes et vous aux miennes. » Oh, elle ne se vantait pas et ne disait pas cela pour lui faire savoir qu'il avait trouvé l'épouse idéale, non, disons simplement qu'elle était arrivée ici avec une idée de départ qui lui disait que ce jeune homme devait certainement être une personne censée et non un rustre chevalier sans cervelle comme elle exécrait. « J'espère que si vous décidez d'accepter l'offre de Clarence, pouvoir vous épauler dans vos futurs projets. Ce dont vous m'avez entretenue pour le moment a beaucoup éveillez mon attention et je dois vous avouer que j'aimerais beaucoup en apprendre encore davantage. » Peut-être pas aujourd'hui, peut-être lorsqu'il aurait l'esprit moins occupé par les attaques des Fer-nés et que tout cela serait derrière eux. Après tout, s'il le décidait ainsi, Jace aurait tout le reste de sa vie pour l'informer de ce qu'il souhaitait faire.
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Message Mer 25 Juil 2012 - 22:39

« On dit souvent qu'il faut se connaître soi-même avant de pouvoir connaître les autres, mais j'ai pris le contre-pied de cette vérité présentée comme universelle en choisissant de comprendre les autres pour mieux me comprendre moi-même. »

Riche de son expérience dans les Cités-libres, Jace avait bien conscience de ses atouts et de ses avantages et surtout il savait comment prendre le recul nécessaire pour l'analyse en profondeur de toutes les situations qu'il confrontait à chaque instant. Mais très personnellement, il était de tempérament plus scrutateur qu'introspectif : de ce fait, il lui était beaucoup plus utile d'observer les alentours et de faire d'autrui un miroir de lui-même plutôt que de tourner en rond dans un boudoir en attendant l'illumination qui lui ferait prendre conscience des secrets enfouis de son être intérieur. Ce n'était pas sa manière de faire ; quand une question existentielle se présentait à lui, il la rejetait tout simplement et l'empêchait bien sûr de gagner les plus profonds recoins de son âme afin qu'elle ne vienne pas l'empoisonner au quotidien. C'était ainsi qu'il fonctionnait pour intégrer et digérer les événements le concernant et pour mieux y parvenir, étudier les autres était profitable, car l'observation routinière apportait quotidiennement une grande quantité d'informations. Outre l'utilité immédiate d'un tel examen de son environnement, il fallait reconnaître aussi la grande effervescence intellectuelle que suscite à tout moment cette observation, ce qui ne pouvait qu'être enrichissant pour l'âme autant que pour l'esprit, car à l'épreuve du miroir d'autrui, l'un et l'autre se cultivent. Jace concevait chaque instant comme l'occasion d'en apprendre sur soi, comme le dornien qui se trouve au cœur du désert et qui doit composer à tout moment avec la menace d'une mort terrible s'il ne parvient pas à reconnaître les périls de son environnement et s'y adapter au fur et à mesure. C'est ainsi qu'il voyait la vie au sein de la noblesse de Westeros, où les uns et les autres sont plus redoutables que le cactus épineux du désert ou son soleil ardent.

« J'aurais pu moi-même être la cause de l'échec de ce beau projet, lady Virginia. Les Sept auraient pu m'affliger d'une mine trop repoussante ou d'une nature vicieuse qui vous aurait déplu. Fort heureusement cela n'a pas été le cas, vous m'avez séduit et si j'en crois ce que vous m'avez dit, le charme a opéré de façon réciproque. Je n'avais pas d'attentes particulières, à vrai dire plus je vous écoute et plus j'ai l'intuition que vous êtes l'épouse idéale... en tout cas, celle qu'il faut à la tête de la Treille en ces temps si troublés. Bien sûr, nombreuses sont les jeunes dames de bonne famille qui ont l'âge et l'éducation nécessaire pour devenir lady Redwyne, mais vous êtes la seule à détenir, il me semble, cette intelligence pénétrante et lucide qui me compléterait formidablement. Il m'est inutile de lister l'ensemble des qualités que je vous trouve. À vrai dire, ce serait même grossier et réducteur à votre égard, car une constellation est bien plus que la somme des étoiles qui la forment. »

Jace s'interrompit. Ces jolis mots suffisaient-ils à exprimer ce qu'il pensait ? Certainement, mais quand bien même il pensait ce qu'il disait, il ne voulait pas que le sérieux de leur discussion se dilue dans la brume badine que ces quelques belles paroles diffusaient entre eux. Dans les Cités-libres et surtout à Lys, le Grand Amiral avait pris goût à l'art de la conversation et surtout de la conversation galante. Il n'était pas sûr, toutefois, que ce soit du goût de la demoiselle, mais comme elle souhaitait en savoir davantage sur ce qu'il venait de dire, il jugea bon de répondre favorablement à ses interrogations en lui livrant le cœur de ses pensées, de ses idées, de ses projets. Que risquait-il ? Certains de ses desseins concernaient messire Hightower et étaient connus de ce dernier alors il pouvait bien les partager avec sa future épouse qui était aussi la sœur de l'autre concerné par ces projets. Sans lui en faire l'exposé juste, rigoureux et très certainement trop long et fastidieux pour l'occasion, il pouvait toutefois lui en résumer les grandes lignes et les directions principales. Il y avait tout d'abord les manœuvres à Port-Réal qui conduiraient à la résolution du problème Fer-né. Viendrait ensuite la gestion de l'après-guerre, qui remuerait sans doute bien des questions laissées en berne par ces dernières années de peine et de chagrin. Par la suite, le Grand Amiral tournerait ses yeux vers la mer une fois de plus, vers le Détroit d'abord, puis vers le Sud et, car il avait en tête de mieux organiser sa flotte afin d'assurer la sécurité et la protection des côtes de son fief.

« Comme vous le savez, votre frère et moi œuvrons de concert afin de motiver le Conseil Restreint à décréter une intervention forte et péremptoire contre l'ennemi fer-né. C'est l'ambition que nous avons pour la prochaine session qui se réunira bientôt et à vrai dire, tous les autres projets qui sont les miens dépendent grandement de la fin de cette folle rébellion des Îles de fer. L'avenir de mon île, de son commerce, de ses gens aussi, nous sommes tous tributaires de la mise au pas de Dagon Greyjoy, mais c'est là l’œuvre de l'homme de marine. L'homme de sens et de politique que je suis par ailleurs a l’œil tourné vers l'avenir et avec votre frère, nous avons élaboré une stratégie sur le long terme afin de porter les intérêts du Bief devant le Conseil Restreint. Nous nous en sortons très bien sans l'intervention de Port-Réal, bien sûr, mais il est toujours utile d'avoir des amis parmi les plus éminents personnages du royaume. La renommée et le prestige attachés au seul nom de Leo Tyrell est déjà un gage de la bienveillance du Trône de fer à l'égard de son vassal et du fief de ce dernier, mais la présence de deux hommes concernés au plus près par les intérêts du Bief dans l'entourage de la Main du roi est assurément un atout qu'il nous faut préserver et faire fructifier. Cependant je n'oublie pas d'où je viens et je sais me devoir corps et âme aux intérêts de ma famille et de mon propre fief. Hightower et Redwyne sont géographiquement voisins, une bonne entente profite alors aux deux familles. C'est pour ne rien vous cacher ce qui a motivé l'idée d'unir par l'hyménée nos deux lignages. »

Les deux familles étaient puissantes et riches ; les Hightower dirigeaient une cité à l'économie prospère, florissante et ouverte sur le monde ; les Redwyne commandaient une flotte puissante et un commerce d'envergure planétaire : toutes ces raisons justifiaient le rapprochement des deux seigneurs déjà liés par l'amitié des cœurs et le choix d'un mariage qui ferait peut-être grincer des dents certaines des puissantes familles du royaume, mais quelle importance ? Tout ce qui lui importait, c'était la félicité conjuguée de la Tour et de la Vigne.
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Message Jeu 26 Juil 2012 - 15:41

     L'idée que Virginia puisse s'arrêter au physique d'un homme pour déterminer si elle souhaitait l'épouser était une chose qui n'avait nullement besoin d'inquiéter son frère. Elle-même était bien loin d'être dotée d'une grande beauté et elle savait parfaitement que le physique se détériorait avec l'âge, à quoi bon rêver d'un séduisant époux si dix ans plus tard ses traits étaient alourdis et déformés par le poids des années ? De toute manière, le problème n'en était pas un puisque lord Jace devait parfaitement savoir qu'il possédait le type de physique qui séduisait les jeunes demoiselles. Même si Virginia ne se laissait pas avoir par ce genre de choses, elle y était bien évidemment aussi sensible. Enfin là n'était pas la question, la demoiselle devait s'avouer charmée par le caractère de son interlocuteur et elle ne put qu'acquiescer lorsqu'il avança le fait qu'elle avait visiblement ressenti la même sensation que lui. C'était en effet ce qu'elle avait cherché à lui faire savoir lors de sa précédente intervention, mais sa réserve pouvait effectivement laisser des doutes, sauf qu'il s'agissait simplement d'une attitude naturelle de la jeune femme et non d'un manque d'intérêt. Bien au contraire. Les compliments offerts par le seigneur de La Treille ne manquèrent pas de faire plaisir à la demoiselle, quelle jeune femme n'apprécierait pas de s'entendre dire qu'elle ferait l'épouse idéale pour le noble le plus important d'une maison aussi connue que celle des Redwyne ? De l'avis de Virginia, lors Jace devait certainement être le parti le plus prisé tout comme Clarence, ils occupaient tous les deux une position enviable et était lord d'un fief non seulement réputé, mais aussi très important. En somme, entendre de telles paroles d'une personne comme le jeune homme ne pouvait que la toucher, même si elle ne se répandait pas en sourires et mimiques qui ne lui ressemblaient pas.

     Non, elle se contenta de sourire d'une manière qui exprimait clairement le fait qu'elle était ravie d'entendre ces mots. Peut-être qu'il ne remarquerait pas ce détail, mais les personnes qui connaissaient bien la jeune femme ne manqueraient pas de remarquer ce genre de manifestations. Après un léger silence elle ne put s'empêcher de faire savoir ce qu'elle pensait de tout cela. « Vos paroles me touchent sincèrement messire. Elles vont bien au-delà de mes espérances et je ne peux que confirmer le fait qu'elles sont réciproques. » Elle rigola légèrement avant d'ajouter quelques mots. « Malheureusement je ne possède pas un talent comparable au vôtre pour exprimer aussi joliment mes pensées. » Elle savait parler c'était un fait, Virginia aimait la musique, la poésie et d'autres arts de ce genre comme toutes les jeunes femmes, mais il était vrai qu'elle avait plus l'habitude de parler de manière austère en disant les choses telles qu'elle le pensait. Bien évidemment, la jeune femme savait parfaitement parler en usant d'artifices et de choses semblables, mais il était vrai que dans de telles occasions elle se sentait plus envieuse de converser avec sincérité et lorsque les choses ne lui venaient pas naturellement, elle parlait comme son esprit le lui dictait. Cela n'enlevait pourtant rien au contenu de ses paroles, du moins elle l'espérait.

     La discussion glissa donc sur un sujet plus sérieux et le jeune homme lui fit part des occupations qui seraient les siennes pour les temps à venir. Elle savait bel et bien le fait que lui et Clarence prévoyaient de mettre sur pied une tentative destinée à régler le problème des Fer-nés. Disons qu'il était plus que temps de se lancer à l'assaut de ces pirates qui pillaient sans aucune gêne les côtes de Westeros ! Fort heureusement la flotte de La Treille dissuadait ces individus de venir traîner du côté du Bief, quant à la flotte du Lion elle était aussi apte à avoir un effet répulsif, mais à moindre échelle. Il était temps que quelqu'un fasse savoir à ces Fer-nés où était leur place ainsi que le fait qu'ils n'étaient pas les seuls maîtres de la mer. Elle hocha la tête d'un air compréhensif à la fin du discours du jeune homme avant de répondre à son tour. « Et je ne peux qu'estimer que vous êtes tous deux de fins diplomates. Je ne parle pas de la sorte parce que je suis concernée, j'aurais tenu le même discours s'il avait s'agit d'une autre, mais en effet je ne conçois pas de meilleur mariage qu'une union entre nos deux maisons. » Après tous, ils étaient tous deux d'excellents partis et surtout des maisons voisines qui avaient beaucoup à partager. « Villevieille a beaucoup à apporter à La Treille et inversement, cette union aurait aussi bien pu se faire entre Clarence et l'une de vos sœurs, quoi qu'il en soit je pense qu'en effet, un tel lien ne pourra que permettre de mieux se relever après la guerre. » Après tout, si elle n'avait pas été pressentie pour le mariage, Virginia n'aurait pas eu d'autre avis sur la question, elle parlait en tant que spectatrice et noble dame et non en tant que potentielle future épouse. « Je dirais qu'il est parfaitement normal que votre attention soit captée par la guerre actuelle, vous feriez un bien piètre Grand Amiral si tel n'était pas le cas et je suis persuadée que votre rôle sera déterminant dans cet affrontement. » Disons simplement que le Grand Amiral avait plus de responsabilités d'un point de vue guerrier que le Grand Argentier par exemple, même si bien entendu Clarence aurait aussi énormément de travail à fournir et que le fait de gérer les finances du royaume ne le rendait pas moins important que ses homologues. Au contraire, sans lui rien ne pouvait se faire.

     Elle espérait simplement que ses répliques ne feraient pas croire à son interlocuteur qu'elle se prenait pour quelqu'un qu'elle n'était pas. « Je suis heureuse de savoir que vous n'avez pas mis de côté votre vie pour autant. Bien nombreux sont les hommes qui oublient qu'ils doivent continuer à vivre malgré les malheurs qui nous accablent, sinon avec la fin de tous ces événements, ils ne savent plus où ils en sont. Mais vous m'avez l'air assez éveillé pour ne pas perdre de vue de genre de choses. » Il ne l'avait certainement pas attendue c'était évident ! La jeune femme se posait une question assez étrange, elle ne résistait pas à l'envie d'avoir son avis à ce sujet. Adoptant une expression plus sérieuse, Virginia se lança donc. « Si vous me le permettez, je voudrais votre avis sur un point. Vous avez l'air de comprendre assez aisément ce qui anime les autres personnes, je ne cesse de me demander ce qui peut donc pousser les Fer-nés à nous déclarer la guerre ? » La question pouvait être assez étrange, ainsi donc elle la développa davantage. « Ils n'ont aucun espoir de dominer tout Westeros j'imagine ? Ils ne quittent jamais leur mer, je n'arrive pas à comprendre ce qu'ils cherchent en faisant cette guerre. Juste la bataille et le plaisir de tuer ? » Elle savait que ces hommes naissaient pour faire la guerre, tuer, piller et semer la désolation. Comme l'on élevait les hommes à devenir chevaliers chez eux, là-bas ils étaient élevés pour devenir de féroces combattants prêts à tuer sans hésiter. Du moins c'était ce qu'elle avait entendu à leur sujet. « Peut-être qu'il n'y a pas d'explications valables en réalité. » C'était peut-être la pire réponse qu'elle puisse entendre. Elle était assez perdue à ce niveau, même si au fond la question ne lui permettrait pas d'avancer dans la vie ou même de pouvoir se sentir moins frustrée par le viol qu'ils perpétraient sur sa région natale, la demoiselle ne pouvait s'empêcher de chercher une logique à chaque acte ou décision, même lorsqu'il n'y en avait pas. Elle imaginait qu'un homme comme son interlocuteur devait sûrement voir son avis sur la question, mais si ce n'était pas le cas, Virginia n'en serait pas désolée pour autant. Certaines questions étaient faites pour rester sans réponses.
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Message Mer 1 Aoû 2012 - 21:16

Comme un rossignol, ou peut-être ainsi qu'une alouette, un nouveau sourire passa sur ses lèvres silencieuses. Peu lui importait en définitive que lady Virginia soit peu habile avec la musique des mots et des phrases, Jace avait bien assez de poésie pour deux. Il comprenait le goût de son interlocutrice pour les paroles franches et purifiées de toutes ces fioritures qui sont le venin des conversations trop policées pour être honnêtes, trop mielleuses pour être sincères. Cependant, il avait longtemps vécu à Lys, Pentos et Tyrosh, trois lieux enchanteurs où le beau langage est un art comme un autre, trois lieux où l'homme doit savoir parler aux dames en opérant le mariage subtil de la sincérité et de la poésie. Il n'avait jamais été adoubé, mais n'était-ce pas ce que commandaient les vertus chevaleresques ? Le preux chevalier ne doit-il pas embellir son discours des fleurs du langage pour épargner à sa dame les rougeurs d'une parole trop crue et trop brutale ? Au contraire Jace estimait que la virtuosité d'un honnête compliment servait la retenue des mœurs, et quand la bienséance retient les bras câlins ou les lèvres amoureuses, c'est dans ces charmantes paroles que des sentiments trop inconvenants à l'état sauvage trouvent à s'exprimer dans toute leur poésie et leur musicalité. Les apparences souvent trompent, mais parfois elles enchantent. Le ciel lui-même n'a-t-il pas disposé les étoiles selon un canevas précis, de sorte que la lunette d'astronomie y distingue des formes de nature à évoquer un éventail complet de sentiments, à inspirer mille et un contes et chants ? Les fleurs de nos jardins n'offrent-elle pas des merveilles pour les yeux et le nez ? Qu'importe que le nom qu'on lui donne, la rose aura toujours ce parfum voluptueux et enivrant et la véritable supercherie, la véritable tromperie n'était pas tant dans les apparences de la rose que dans le regard qu'on pose sur elle. Voir n'est qu'un premier moyen de connaître par le regard, mais il est insuffisant, et Jace avait hâte de mieux connaître son interlocutrice et si les Sept étaient généreux avec lui, ils disperseraient cette nuit et pour toutes les autres nuits les nuages dans le ciel pour leur permettre d'observer la clarté nocturne et ses mille étoiles.

La conversation toucha ensuite à un sujet bien plus prosaïque, leur propre mariage. Il était bien sûr hors de question d'importuner lady Virginia en parlant des modalités de cet hymen, mais au moins tous deux avaient pu exprimer leur opinion et se rendre compte que celle-ci convergeait : leur mariage servait les grandement les intérêts à long terme des maisons Hightower et Redwyne, il ne fallait pas être archimestre de la Citadelle pour s'en rendre compte. Les détails de la dot portée par lady Virginia étaient d'ailleurs déjà négociés, discutés et conclus, Clarence et lui s'étaient très rapidement mis d'accord à ce sujet qui n'aurait jamais été un point d'achoppement entre eux. En y repensant, le seul souci qui aurait pu naître de leurs discussions était la tenue et la forme que prendrait la cérémonie, mais là encore le moment n'était pas venu d'en informer la future mariée. Du reste, ce n'était pas son rôle, et Jace tenait par dessus tout à respecter sa place et en tant que futur époux invité à la Grand-Tour, il ne lui appartenait pas de révéler à son interlocutrice ce que son frère aîné tenait à lui confier lui-même. Où se marierait-il ? Quand, comment ? Qui seraient les invités ? Qui seraient les oubliés ? Ces questions-là appelaient nécessairement des réponses, mais il s'y intéresserait plus tard. La conversation s'orienta ensuite sur un sujet qui intéressait grandement et fortement le Grand Amiral depuis un long moment déjà, les Fer-nés.


« Vous posez là une question intéressante, peut-être même la seule qui vaille. En effet, je ne crois pas que Dagon Greyjoy ambitionne de voler leur trône aux Targaryen. Les Greyjoy sont insignifiants en comparaison des autres maisons suzeraines. Ils sont très à l'écart, autant géographiquement que socialement et ne disposent que de peu de ressources. Mais il y a dans leur histoire, dans leur culture et même dans leur religion un culte inexorable des prouesses guerrières, une recherche permanente de l'exploit martial qui les pousse à vivre constamment dans cette quête infinie de la lutte acier contre acier. Ce ne sont ni des cultivateurs, ni des commerçants, ni des artisans. Ils ne vivent d'aucune activité humaine traditionnellement utilisée pour le développement des sociétés... « Nous ne semons pas », tout est là, résumé en quatre mots. La pèche même n'est qu'un pis-aller pour eux, une sorte de nécessité honteuse j'imagine. Ils vénèrent les forts, les puissants, les capables, et sur leurs îles, ceux-là sont les capitaines. Les faibles sont moqués et j'imagine qu'un titre de noblesse n'y change rien dans leurs eaux. D'ailleurs, qu'est-ce que la noblesse à leurs yeux ? Ils cracheraient à la figure de leur chef si ce dernier faisait preuve d'une quelconque faiblesse. Ils ont la navigation et le pillage dans le sang, c'est leur mode de vie. Tout comme l'agriculture s'intègre à nos plus ancestrales traditions dans le Bief, la piraterie appartient aux leurs depuis la mort de la légendaire Nagga, cette créature marine dont les mâchoires, dit-on, donnèrent son trône au premier monarque des Îles de Fer, le Roi Gris. »

Pour toutes ces raisons, il était vain d'espérer une issue diplomatique à la rébellion de Dagon Greyjoy. Il était impossible de lui faire entendre raison, tout comme il était vain d'espérer le corrompre. Ces méthodes, subtiles ou honteuses, ne convenaient pas dans les rapports entre Port-Réal et Pyk, et moins encore avec l'actuel suzerain rebelle qui bientôt peut-être déciderait de s'autoproclamer roi des Îles de fer, même si cette pensée là était davantage le fruit d'un mépris frustré que d'un vrai raisonnement, car Jace connaissait un peu les coutumes fer-nées et croyait savoir que ces derniers procédaient à une élection pour déterminer qui pouvait siéger sur le Trône de Grés.

« Ces barbares ne pillent pas pour la gloire, pour la conquête ou pour la domination territoriale. L'Antique Voie est leur mode de vie, et ce dernier leur impose de tout acquérir à... comment disent-ils, déjà ? Au fer-prix. Ils n'achètent pas, n'échangent pas, ne commercent pas, ils ne volent pas, ils prennent par la force et c'est pourquoi les pillages et les razzias sont un élément à part entière de leur culture, de leur quotidien je dirais même : comme tous les autres, ils doivent trouver de quoi se nourrir et vivre, et là où nous plantons et cultivons notre pitance, eux nous en dépouillent et nous pillent. Je ne dis donc pas que nous déclarer la guerre constituait chez eux un besoin vital. C'est bien plus simple, et comme le dit le sage, chassez le naturel, il revient au galop. Les fer-nés sont un peuple de guerriers et de pirates et ce qui les muselait sans doute, c'était la cohésion et la force du royaume. Mais après ces trois dernières années qui ont considérablement affaibli les Sept couronnes et la position du Trône de fer... j'imagine que la muselière elle-même s'est déchirée. »

Et toutes ces réflexions posaient un problème plus profond encore : quand donc les Fer-nés se civiliseraient-ils ? Quand donc la muselière cesserait d'être utile ? Hélas, le Grand Amiral n'avait point assez de sagesse pour le savoir. Il ne pouvait que déplorer la situation et rêver à des solutions. Éradiquer le culte du Dieu Noyé semblait être un remède bien radical, mais sans nul doute il serait efficace. Difficile à mettre en place, mais ses effets seraient presque immédiats... mais connaissant le fanatisme de la plupart des Fer-nés, éradiquer cette religion ne reviendrait-il pas à exterminer l'ensemble de la population des Îles de fer ? Tuer tout le monde, tout détruire, brûler les ruines et saler le sol... Cette solution pouvait paraître ultime, mais son impact était d'avance indiscutable.
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Message Jeu 2 Aoû 2012 - 15:20

     Elle fut heureuse de constater que sa question semblait éveiller l'intérêt du jeune homme. Même si c'était peu probable, l'espace d'un instant Virginia s'était demandée s'il allait lui faire savoir que ce n'était pas le genre de conversations qu'une dame devait avoir. Même si cette idée n'avait fait que l'effleurer – et encore – elle nota que lord Redwyne était bel et bien une exception faite dans le Bief qui regroupait tout de même bon nombre d'hommes qui s'imaginaient qu'une femme n'était bonne qu'à enfanter. L'entendre lui répondre avec le plus grand sérieux comme il eut parlé à Clarence ou un autre noble la conforta donc dans l'idée qu'il était sans aucun doute l'époux idéal donc toutes les demoiselles devaient rêver.
     Les yeux verts de la jeune dame étaient toujours posés sur le visage de lord Jace alors qu'il confirmait le fait qu'il n'envisageait pas non plus que les Greyjoy souhaitaient dérober le trône aux Targaryen. L'idée était si sotte qu'elle en était presque risible, mais certains individus avaient des desseins bien au-delà de ce qu'ils pourraient réellement réaliser. Il était vrai que la position des Fer-nés devait certainement les pousser à se comporter tels qu'ils étaient. Naître sur une île vierge de toute culture et où seul le fer était utilisable, inutile de dire que cela ne devait pas pousser à se comporter aussi bien que si l'on était natif d'une région aussi luxuriante que le Bief. La noblesse était très relative sur ces Iles, il était presque étrange de vouloir les dominer au final tant leurs mœurs étaient éloignées de celle de Westeros. Même les Nordiens ou les Dorniens qui se taxaient originaux, n'étaient pas aussi différents que ces individus étranges. Pourtant, Virginia ne ressentait rien qu'une hostilité à l'égard de ces personnes qui volaient ce que d'autres avaient si durement acquis. Certes, ils ne possédaient pas les moyens de cultiver ou même de pouvoir développer un véritable commerce, mais leurs mines de fer pouvaient certainement apporter de quoi financer l'achat de nourriture et de quoi vivre non ? Ils n'avaient pas besoin de grandes richesses d'après leur mode de vie, alors pourquoi ne pas choisir cette voie ?

     Alors que les réflexions se faisaient dans son esprit, le jeune homme reprit la parole pour développer ses pensées au sujet des Fer-nés, démontrant un grand savoir qu'elle ne soupçonnait pas. Il semblait que lord Redwyne possédait plus d'atouts qu'elle ne l'envisageait, mais ne disait-on pas qu'il fallait bien connaître son ennemi pour savoir comment le battre ? Elle hocha la tête d'un air compréhensif comme le jeune homme lui faisait savoir que cela n'était certainement pas lié à un quelconque désir de dominer Westeros, mais simplement qu'ils avaient là l'occasion d'attaquer un ennemi plus proche que les Cités Libres. Espérer tenir les Fer-nés à la longe n'était donc pas la meilleure idée de leur précédent Roi, à moins que ce ne soit celui en place qui n'avait su comment les garder dociles ? Personne ne le saurait certainement jamais. Soupirant légèrement, la jeune femme approuva. « J'imagine qu'en effet voir le reste de Westeros en mésentente vis-à-vis de notre Roi ne doit que les avoir poussés à se rebeller. » Savoir que d'autres maisons de Westeros étaient hostiles à la royauté pouvait après tout leur laisser penser que la riposte face aux attaques ne serait pas aussi forte qu'ils ne pouvaient le craindre en temps de paix. Mais est-ce que les Fer-nés se souciaient réellement de savoir qu'ils pouvaient trouver plus faible face à eux ? Vu la manière dont le seigneur de La Treille parlait d'eux, c'était peu probable. « Je dois avouer que la sécheresse me laisse un peu pantoise, après tout le Bief aussi bien que les autres régions ne débordait pas de ressources, attaques nos côtes signifiait donc inévitablement qu'ils trouveraient moins qu'à la belle saison. » Elle pensait de manière pratique, mais peut-être que le seul but de ces individus était de chercher la guerre et les prises n'étaient qu'un supplément ?

     Une légère moue de réflexion se dessina sur le visage de la Hightower alors qu'elle réfléchissait avant de secouer la tête d'un air d'incompréhension. « Plus j'y songe, plus j'en viens à me dire qu'il n'y a aucune logique pour nous, continentaux, dans leur manière d'être. Certainement qu'ils y voient clair comme dans de l'eau de roche, mais cela ne durera plus longtemps j'en suis persuadée et la sanction pour leur rébellion tombera d'elle-même. » Il était plus que temps que tout cela prenne fin en effet ! La jeune femme esquissa alors un léger sourire pour enchaîner sur un autre sujet, ou du moins, un sujet détourné de leur conversation. « Votre connaissance des us et coutumes des Fer-nés est impressionnante je dois l'avouer. Vous êtes-vous renseigné sur ces points pour pouvoir programmer au mieux votre plan, ou n'est-ce là que l'une de vos passions ? » Elle faisait référence au fait de se renseigner sur d'autres cultures. Après tout, puisqu'il avait avoué être intéressé par les Cités Libres et tout ce qui y était lié, cela signifiait certainement que ce comportement devait aussi être dirigé vers Westeros. « J'ai lu quelque part qu'il était bon de connaître son adversaire pour mieux pouvoir le battre. Si j'en crois les rumeurs, les Fer-nés nous considèrent comme des individus sans intérêt, peut-être serait-ce là leur erreur ? S'ils nous imaginent trop pleutres pour riposter, la surprise n'en sera que plus intéressante. » Elle ignorait ce que lord Jace avait en tête, aller directement battre les Fer-nés sur leur propre territoire pour les éradiquer jusqu'au dernier ? Une solution bien expéditive, mais qui aurait l'avantage d'être définitive. « J'ai du mal à croire qu'une paix durable puisse exister avec un tel peuple voyez-vous. » Mais peut-être voyait-elle simplement les choses sous le mauvais angle ?
     Reculant légèrement pour appuyer son dos contre le dossier de sa chaise, elle laissa son regard parcourir les environs avant d'en revenir à son interlocuteur pour lui poser une nouvelle question. « Est-ce que dans vos nombreuses connaissances, sauriez-vous des détails sur la culture des Dorniens ? » La question pouvait être étonnante, mais elle avait une idée derrière la tête. « Je vais être directe, je me demandais quelle était votre position vis-à-vis de ce peuple ? Je sais que beaucoup de Bieffois leur sont hostiles, alors comment réagiriez-vous si je vous avouais que l'une de mes plus chères amies est originaire de Dorne ? » L'amitié de lady Ismaëlle lui était précieuse et elle aurait été fort contrariée que si le mariage se fasse effectivement, le jeune homme lui interdise de poursuivre ses missives avec la Forrest. Il semblait fort ouvert et loin d'être raciste, mais chacun possédait sa part d'ombre après tout.
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Message Ven 3 Aoû 2012 - 1:27

Lady Virginia ne croyait pas si bien dire. Connaître son ennemi était une nécessité impérieuse pour qui veut vaincre sans que son triomphe ne lui soit trop coûteux. L'acier à lui seul ne suffit pas à purger un champ de bataille des armées adverses, et une flotte de lourdes galères de guerre ne sera pas plus efficace à réduire au silence les seiches enragées de Dagon Greyjoy. La connaissance précise et complète de l'ennemi, là s'ouvrait le chemin de la vraie victoire, celle qui dure et n'est pas illusoire. Or s'agissant des Fer-nés, c'était un épineux problème. Une armée sans espion est un archer aveugle, mais envoyer des espions dans les Îles de Fer, c'est envoyé autant d'hommes à une mort certaine. Trouver les accès maritimes jusqu'aux îles relevait déjà de l'exploit miraculeux, alors en revenir vivant... était tout bonnement impossible. Face à un tel constat, certains esprits se lamentent, d'autres réfléchissent et, assurément, Jace était de ceux-là, et il avait consacré une grande partie de son temps libre ces dernières lunes à étudier les Fer-nés et leur culture, afin d'y découvrir peut-être la méthode qui viendrait à bout, en mer, de leur prétendue suprématie. Les liges de Dagon Greyjoy représentaient bien sûr une force navale considérablement, probablement en apparence la plus puissante de ce côté-là du monde connu, mais il lui incombait, en tant que Grand-Amiral, d'infliger à cette puissance navale inégalée la défaite qui la ferait revenir sans condition dans la Paix du roi, et ce n'était pas une mince affaire. Toutefois, il y mettait tout son cœur et toute son énergie, et pas même les eaux profondes de la Verfurque ne sauraient éteindre ce feu qui brûlait en lui et le consumait d'enfin mettre un terme à la rébellion de Pyk. À cette fin, rien ne serait plus important qu'une planification impeccable, qui seule les protégerait des imprévus de la bataille. Car il y aurait une bataille sur la mer, qui serait bien différente de tout ce qu'il avait connu jusque là et celle-ci déciderait de leur avenir à tous. Jace lui-même ne pouvait bien sûr en prédire l'issue, mais il pouvait cependant tout mettre en œuvre pour que toutes les chances soient de leur côté. Tout serait plus simple, bien sûr, si les Targaryen avaient encore à leur disposition un ou plusieurs dragons, mais hélas ce n'était plus le cas depuis fort longtemps et jusque là, toutes les tentatives pour faire éclore les derniers œufs restants au monde s'étaient soldées par de cuisants échecs, parfois même funèbres.

« Je ne peux prétendre sans mentir que je suis féru de la culture Fer-né. À vrai dire, ce n'est pas celle qui éveille le plus ma curiosité. Mais pour tout vous avouer, et cela peut paraître excentrique, j'estime que la véritable richesse est dans l'érudition, plus que dans la force ou la fortune. Je respecte évidemment les chevaliers et l'idéal qu'il représente. Ces vertus sont un fanal qu'il faut suivre pour ne jamais se mal conduire, mais j'ai aussi à cœur de me doter de l'érudition qui ouvre l’œil sur le monde au lieu de le clore sur la nuit sans rêve des certitudes. Connaître le monde pour mieux le comprendre. Connaître les autres pour mieux les apprécier, ou pour mieux les combattre dans le cas de nos « voisins » des Îles de fer. Cela dit je dois reconnaître que je préfère m'intéresser aux autres cultures sans avoir à me soucier de leur faire la guerre. Mais vous avez raisons, ils auront eu tort de nous sous-estimer, et s'il doit exister une paix durable entre eux et nous, celle-ci s'obtiendra à la pointe d'une épée... ou plutôt à la prou de nos galères. Les Fer-nés devront être vaincus en mer, cela ne fait aucun doute. »

Et c'était peut-être là la seule certitude qu'il pouvait se permettre. À lui parler ainsi des Fer-nés et de la guerre, sujet terrible et grave, Jace craignait d'ennuyer lady Virginia et que celle-ci soit trop polie pour lui demander de prendre congé et d'aller importuner quelqu'un d'autre avec cette conversation pénible. Fort heureusement, une diversion s'offrit à lui quand elle le questionna quelque peu inopinément au sujet des Dorniens. L'interrogation autant que ce qui suivit lui fit relever les sourcils, car il ne s'était guère attendu en effet à ce que son interlocutrice se montre si directe. Toutefois il apprécia cette démonstration de franchise et tâcha de répondre de même, même si désormais son calme neutre laissait peu à peu place à un certain enthousiasme à l'idée de découvrir les « petits secrets » de sa future épouse. La découverte en question n'était pas anodine, et en effet il pouvait paraître étrange qu'une dame aussi bien née et bien élevée que lady Virginia puisse se piquer d'être l'amie d'une native de la péninsule australe.

« C'est là une excentricité qui n'est pas déplaisante. À mon tour de vous en révéler une... comment réagiriez-vous si vous appreniez que deux des personnes de ma maisonnée sont nées sous le soleil ardent de la péninsule ? » Jace partit d'un rire amical, en écarquillant légèrement les yeux comme pour appuyer le choc d'une telle révélation. « Par les Sept, je sais toute l'antipathie que les dorniens peuvent inspirer aux braves gens de nos vertes contrées mais pour tout dire, je n'ai pas de sentiments particuliers à leur égard et peut-être mon long séjour à l'extérieur de Westeros y est-il pour beaucoup... L'histoire de nos deux peuples s'est construite sur une rivalité sanglante et malheureuse, seuls les sots l'ignorent et je suis certain que d'un côté comme de l'autre, la paix du siècle dernier n'a pas fait taire les velléités hostiles et l'animosité. Toutefois, je loue Daeron II d'avoir parachevé l’œuvre de ses prédécesseurs en procédant à l'intégration pacifique de la principauté au royaume. Je n'ai pas d'amitié particulière, cependant, pour les Dorniens ou pour leur culture. Je la sais plus riche et plus intéressante que ce que certains aimeraient laisser croire. Ils sont plus que des va-nu-pieds du désert qui vivraient sous des tentes et suceraient l'eau des cactus géants. Le Palais Vieux, à Lancehélion, est une véritable merveille, et que dire des Jardins Aquatiques, quand ils seront achevés... Mais je crains de ne pouvoir vous en dire davantage et je devine que vous en savez bien plus que moi à leur sujet. »
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Message Ven 3 Aoû 2012 - 14:09

     Virginia ne trouvait guère que le fait de vouloir posséder un savoir développé puisse être excentrique. Bien au contraire, c'était plutôt le signe évident d'un désir clair de ne pas se borner à des connaissances basiques à la portée de n'importe quel roturier du coin. Oh, la jeune femme ne mésestimait pas les personnes qui n'étaient pas nés dans une maison noble, mais il ne fallait pas se voiler la face : un noble serait forcément toujours plus cultivé qu'un roturier puisqu'ils n'avaient pas les mêmes moyens d'éducation. Tout cela pour dire qu'au contraire, la demoiselle était plutôt ravie d'apprendre que son, peut-être, futur époux était intéressé par la culture, cela promettait de belles discussions sur des sujets divers et variés sans que les choses ne tournent en rond pour autant. Un sourire se peignit sur les lèvres de la jeune dame lorsqu'elle entendit son interlocuteur lui faire savoir que les Fer-nés devaient être vaincus sur les flots. C'était l'évidence même, qu'ils comprennent que la mer ne leur appartenait pas et que leur fameux Dieu Noyé puisse voir la cuisante défaite qu'ils subiraient. L'idée la charmait assez, même si au fond elle ne nourrissait aucune passion pour les batailles ou tout ce qui en découlait. De nombreux morts allaient encore s'ajouter aux victimes des raids, mais c'était un mal pour un bien et après cette dernière bataille, les pirates des Iles de Fer seraient ramenés à la raison. Ou tout simplement tués. « Je ne peux qu'approuver vos paroles. » Ne dissimulant pas sa satisfaction quant au fait qu'il avait daigné lui parler aussi franchement et explicitement qu'avec n'importe quel autre noble, la demoiselle rangeait précieusement cette discussion dans un coin de son esprit pour y songer à nouveau lorsqu'elle serait plus tranquille.

     Lorsque le sujet dévia sur Dorne, la demoiselle fut heureuse de constater qu'elle éveilla une certaine surprise chez le jeune seigneur, il ne s'attendait certainement pas à un tel changement de discussion. À moins que ce ne soit l'idée qu'une dame comme elle puisse se lier d'amitié avec une Dornienne ? Virginia était parfaitement consciente d'être assez stéréotypée et de dégager le sentiment d'être une femme plutôt froide, mais il était vrai que l'amitié de lady Ismaëlle était une chose qu'elle appréciait beaucoup et que cette jeune femme pleine d'exotisme et d'originalité savait l'intéresser. Même si elles ne pouvaient pas se voir bien souvent, c'était toujours avec une joie non feinte que la Hightower accueillait les missives de son amie, puis encore avec davantage de plaisir qu'elle y répondait. Le fait que Clarence et le reste de sa famille puisse tolérer cette amitié la confortait aussi dans l'idée que les relations entre leurs deux régions pouvaient certainement aller en s'améliorant. Contrairement aux habitants des Iles de Fer, la guerre qu'ils avaient menée était « justifiée » et Virginia comprenait au moins les raisons qui les avaient poussés à persister dans cette voie avant d'accepter une paix et de devenir des vassaux de la couronne on ne peut plus respectés.

     Lorsque le jeune homme répondit en débutant sur une note encourageante, la jeune femme ne dissimula guère sa surprise lorsqu'elle l'entendit lui apprendre que deux personnes de sa maison étaient originaires de Dorne. Ainsi donc lord Jace était-il plus ouvert que ses homologues du Bief ? Ce n'était pas vraiment surprenant en y repensant, certainement que ses voyages vers d'autres contrées l'avaient poussé à se montrer plus tolérant à l'égard des « étrangers ». Un sourire se peignit à nouveau sur les lèvres de la Bieffoise tandis qu'elle écoutait la suite de ses paroles avant de répondre d'un ton amusé. « Se pourrait-il que je puisse vous apprendre des choses sur la culture d'autres régions ? » Il était vrai qu'elle n'avait nullement imaginé que ce puisse être le cas, lord Redwyne lui apparaissait comme si cultivé qu'elle se demandait encore si elle parviendrait à le surprendre ou encore à lui parler de choses qu'il ne connaîtrait pas. Apparemment c'était le cas. « Vous êtes un homme bien surprenant messire Jace, j'ignorais que vous aviez à votre service des personnes n'étant pas originaires de la Treille. C'est une bonne chose, je me laisse aller à penser que chaque région a d'autres choses à offrir sur certains plans. Un Dornien verrait les choses différemment d'un Bieffois. » Quoi qu'il en soit, elle était rassurée de savoir qu'il ne se montrait pas hostile aux relations qu'elle pouvait avoir avec des personnes qui ne partageraient pas la même origine géographique qu'eux. Désireuse de lui faire part de choses qu'elle appréciait, la demoiselle décida de lui donner quelques détails supplémentaires. « Mon amie est originaire de La-Tombe-du-Roy, elle est l'héritière de la maison Forrest pour être plus exacte. N'avez-vous jamais trouvé originale cette manière qu'avaient les Dorniens de mettre les deux sexes sur un pied d'égalité ? » Oh, le jeune seigneur n'avait pas à s'inquiéter, Virginia n'éprouvait guère le désir de s'émanciper ou d'apprendre à se servir d'une épée pour montrer qu'elle était aussi capable qu'un homme. Ce n'était pas dans son mode de fonctionnement, elle voulait simplement en apprendre plus sur la manière dont lord Redwyne voyait les choses.

     Au moins ne se montrait-il pas hostile ou peu désireux de connaître davantage ce peuple. « Je dois vous avouer ne pas connaître beaucoup de choses sur Dorne, malgré mon amitié avec lady Ismaëlle. Nous parlons de choses et d'autres, mais sans réel lien avec sa culture. S'il vous plaira, je pourrais vous la faire rencontrer un jour, lorsque les évènements présents se seront apaisés bien entendu. » Elle ne l'y obligeait en rien, une proposition n'engageait pas à devoir accepter pour autant, il n'était pas dans les habitudes de la demoiselle de forcer la main à qui que ce soit. Étant donné qu'il avait parlé de ses gens, une autre question s'était soulevée dans l'esprit de la Bieffoise qui humecta légèrement ses lèvres avant de reprendre. « Avez-vous voyagé à Dorne pour engager des personnes originaires de cette région, ou est-ce donc les Sept qui les ont poussés jusqu'à vous ? Il semblerait que toutes les personnes qui vous côtoient semblent désireuses de rester à vos côtés. » Elle ne connaissait rien de ces personnes, mais puisqu'il parlait d'eux au présent, la jeune femme en déduisait simplement que ces individus devaient entre rester à son service plutôt que de rentrer chez eux. Lorsque l'on connaissait l'attachement des Dorniens pour leurs terres, il était aisé de comprendre que leurs raisons étaient liées au respect qu'ils avaient certainement pour lord Jace.

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Message Mar 7 Aoû 2012 - 16:23

« Les coutumes de la péninsule, si je ne m'abuse, sont tributaires de son histoire. C'est une femme, une étrangère il me semble, qui permit à l'ancêtre du prince Maron Martell d'unir le territoire sous la bannière de la lance solaire. Un tel héritage, fût-il le fruit des récits transfigurés par des siècles et des siècles de mensonge et d'erreur, pèse sur les consciences et sur les cœurs, j'imagine. Qu'en serait-il aujourd'hui, si Aegon le Conquérant avait été une femme ? Si la Mère d'en haut venait avant le Père dans la bouche des septons ? J'imagine que la place des femmes dans notre société serait sensiblement différente, et peut-être même aurait-elle quelques similitudes avec ce qui se pratique de l'autre côté des Marches... D'ailleurs, se dire que la position géographique de notre naissance impacte à ce point notre condition et notre avenir... C'est étrange, n'est-ce pas ? Ne vivons-nous pourtant pas sous le même soleil ? Les étoiles ne sont-elles pas visibles à Villevieille comme elles le sont à Lancehélion ? Je songe bien que mon discours est loin de ce qui jaillit d'ordinaire de la bouche des braves chevaliers de nos vertes contrées et si nos champs ont des couleurs que le monde entier nous envie, mon cœur devrait se défaire de ces nuances pour n'adopter que l'éclat vif de l'hostilité pour tout ce qui viendrait de l'Est des montagnes... Mais qu'y puis-je ? J'ai vécu trop loin de notre campagne verdoyante pour en avoir goûté les traditions et les travers. L'herbe n'est pas toujours plus verte ici qu'ailleurs, mais est-ce une raison pour cracher par dessus la clôture ? Les coutumes dorniennes ne m'apparaissent pas ridicules, elles me semblent différentes, tout simplement. Certaines gagneraient à être importées chez nous, d'autres moins, et réciproquement. C'est un discours que je tiens en sachant bien qu'il m'attirerait l'antipathie de moult châtelains à travers le Bief, mais heureusement pour moi, ils ne sont pas ici avec nous... »

Jace savait très bien qu'un tel discours tenu à Corcolline, par exemple, aurait pu lui coûter sa langue. De ce côté-là du Bief, sur les flancs occidentaux des montagnes Rouges, nombreux étaient les Bieffois qui nourrissaient encore une haine farouche de la péninsule et de ses habitants, en dépit des décennies de paix qui succédaient au processus de paix avec Dorne engagé en son temps par Baelor le Bienheureux. Parmi toutes les causes de la persistance de cette hostilité, la présence de pillards dorniens dans les montagnes n'étaient pas des moindres : ceux-là continuaient comme avant en dépit de la paix, harcelant les fiefs bieffois comme ils le faisaient depuis des temps immémoriaux, sans que les seigneurs dorniens des environs n'y puissent quoi que ce soit. Cette vermine-là était d'un genre similaire à celle qu'on trouvait dans les montagnes de la Lune, insoumise et incontrôlable. Ces pillards continuaient d'arroser les frontières du Bief avec le sang de ses forces vives, et même s'ils n'étaient pas une vraie menace pour les bannerets de la Rose, qui n'avaient rien à craindre de pillards écervelés et rétifs à toute pacification, ils n'en demeuraient pas moins la source amère qui portait du grain à moudre au moulin des vieilles rancœurs historiques entre Dorne et le Bief. Ainsi Jace pouvait comprendre que ses compatriotes sis le long des montagnes Rouges voient d'un mauvais œil toute main tendue en direction de la péninsule et entendent d'une mauvaise oreille tout discours coloré d'ouverture et de tolérance à l'égard de son peuple. Mais s'ils étaient d'éternels rivaux, le Bief et Dorne ne gagneraient-ils pas à se regarder l'un l'autre afin d'apprendre ?

« Si cette demoiselle est votre amie, elle gagne certainement à être connue et naturellement s'il lui est possible un jour de quitter La-Tombe-du-Roy, il serait plaisant et honorant pour moi de la rencontrer une fois le royaume pacifié. » Jace se ravisa avant de reprendre, tout sourire dehors. « Mais nous pourrions tout aussi bien nous y rendre. J'ai vu les somptueux rivages au sud de la péninsule, et les plages proches de Lancehélion et du Bras cassé. Cependant je n'ai jamais vu l'intérieur de Dorne, ni ses montagnes, ni ses déserts, ni ses vallées asséchées... Pour tout vous dire, les dorniens qui sont entrés à mon service sont « venus » à moi, en quelque sorte, comme autant de faveurs dont les Sept ont souhaité me féliciter. Ils sont entrés à mon service de leur plein gré et je crois bien les traiter... dans le cas contraire, j'imagine qu'ils partiraient. Si vous le désirez, un jour je vous conterai le récit de leur « recrutement », ce sont là deux aventures qui font toujours leur petit effet. Mais pour l'heure, je crois que nous pouvons rejoindre votre frère et lui annoncer que cet entretien fut un succès, qu'en pensez-vous ? » La proposition semblait venue de nulle part et pourtant, le Grand Amiral l'avait prononcée d'une voix qui sentait bon le naturel et la spontanéité. En effet, même s'ils n'avaient pas discuté dans les détails leur affaire, il lui semblait désormais clair qu'une belle musique se jouait entre eux. Tranquillement ils iraient jusqu'au mariage et bientôt, lady Virginia serait la mère de ses enfants, mais ces considérations là ne lui monteraient certainement pas à la tête. Davantage lui importait cette réalité désormais évidente : ce n'était pas les feux d'une ardente passion qui les jetteraient dans les bras l'un de l'autre, mais il n'était pas exclu qu'à long terme, l'affection et la tendresse qu'ils se promettraient devant les Sept ne muent en quelque chose d'impressionnant comme sait l'être le soleil à l'aube. C'était justement cette vision de l'avenir qui avait frappé et séduit Jace dès les premiers instants de leur discussion, quand il avait compris qu'aucune autre ne ferait la formidable épouse que lady Virginia était en passe de devenir. Il ajouta, avec un sourire facétieux : « Je crois que votre frère sera ravi d'entendre que bientôt, les Sept et les étoiles seront témoins de notre mariage et de l'union plus forte encore de nos deux maisons. Allons le libérer des bras de la patience pour le pousser dans ceux de l'euphorie. » Jace s'était levé et avait tendu son bras, invitant la demoiselle à le prendre pour quitter la pièce et rejoindre lord Hightower afin de lui annoncer la bonne nouvelle. Il ne fallait pas non plus se mettre en retard pour le dîner d'anniversaire de leur oncle Petyr. Sans doute l'annonce de leur mariage ne serait-elle publiée que le lendemain d'ailleurs, pour laisser la fête de ce soir entre les mains de cet heureux homme qui gagnait un an de plus. Jace s'en voudrait de lui spolier toute l'attention qu'il méritait...
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