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Les femmes aiment qu’on les capture dans un filet de phrases ▬ Aïssatou

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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5378
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Mer 6 Juin 2012 - 12:50

     Les attaques sur Westeros persistaient depuis bientôt plus d'un an, Sargon avait commencé à prendre ses aises et n'éprouvait plus la même adrénaline à l'idée d'aller piller les rivages de l'Ouest, du Conflans ou même du Nord. La dernière grosse attaque digne d'être citée ayant été celle sur le petit village non loin de Motte-la-Forêt, mais mis à part quelques petits Nordiens qui avaient amusé la galerie, il n'y avait pas franchement grand-chose qui puisse avoir intéressé le Harloi qui s'était rapidement lassé de cette sortie. C'était sans nul doute la dernière fois qu'il participait à un raid organisé par Dagon, il préférait largement opérer en solitaire. Pour quelqu'un qui ne vivait que pour éprouver le plaisir de pouvoir faire naître la frayeur dans le regard des gens, il était aisé de comprendre que cette situation devenait frustrante. Par conséquent, le capitaine de la Veuve Salée avait décidé de compliquer un peu les choses en poussant le voyage jusqu'aux environs du Bief qui offraient des cibles de choix depuis que les Fer-nés avaient délaissé ces environs. En bon Fer-né, le Harloi savait pertinemment que pour garder des hommes motivés et éviter la mutinerie, il fallait leur fournir deux choses : du sang et de l'action ainsi que des femmes. Sargon faisait tout son possible pour accéder à ces requêtes et vu qu'il n'avait eu aucune protestation depuis le début de la guerre contre Westeros, il était aisé de déduire qu'il était un bon capitaine. Il y avait de nombreux navires qui mettaient les voiles vers Villevieille ou même Port-Lannis depuis que le suzerain de l'Ouest avait une flotte assez conséquente pour rivaliser avec les natifs des Iles de Fer. Bien évidemment, les marins de ces Dromons n'étaient en rien comparables aux Fer-nés qui vivaient depuis toujours sur le pont d'un boutre, ils n'étaient que de simples amateurs. Sargon ordonna donc à ses hommes de mettre le cap vers Villevieille, persuadé qu'ils finiraient bien par tomber sur un navire marchand qui leur permettrait de ramasser quelques proies et ressources intéressantes.

     Le trajet durait environ une petite semaine à un bon rythme et il fallait tenir compte du voyage de retour qui prendrait au moins autant de temps. Ils commencèrent par razzier quelques petites embarcations qui n'avaient pas énormément d'intérêt, si ce n'est quelques belles femmes qui feraient des femmes-sel intéressantes pour l'oncle de Sargon. Étant donné que le vieil homme n'avait plus la possibilité de prendre la mer et par conséquent de faire des captives, son neveu s'occupait de lui rapporter de temps en temps quelques femmes pour le distraire. Une manière comme une autre de monter dans son estime et espérer un jour être apprécié à sa juste valeur. De plus il fallait bien rentabiliser le voyage effectué. Les pillages s'enchaînèrent, les blessés étaient rares, les morts encore plus, face à de simples marins ou artisans qui voyageaient, les Fer-nés qui étaient des hommes entraînés n'avaient pas grand-chose à craindre, seulement un retour éventuel de chance dans le pire des cas. Cela prit plusieurs jours jusqu'à ce qu'un matin un nouveau bateau fasse son apparition, éveillant l'intérêt du capitaine. Celui-ci commençait à se demander s'il n'y avait que de simples petits navires sans aucune valeur dans les eaux du Bief et envisageait même de s'être fourvoyé en venant ici. Mais la forme du bateau et les richesses qu'il semblait transporter de loin suffisaient à faire savoir aux Fer-nés qu'il ne s'agissait pas d'une embarcation originaire de Westeros. Les Cités Libres ? Lys ? Myr ? Les possibilités étaient nombreuses, ils le verraient certainement une fois à bord. Restait à espérer que ce soit une contrée où l'argent et les belles femmes coulaient à flot. Au moins le voyage n'aurait pas été totalement vain. Après avoir tiré Crépuscule de son fourreau, le jeune Harloi avait donc donné les instructions pour que la Veuve Salée aborde le navire.

     Le marin chargé de diriger le boutre manœuvra de sorte à ce que la Veuve Salée présente son flanc à sa proie, puis des grappins furent lancés pour s'accrocher au bastingage de l'autre navire. À peine le flanc du boutre avait-il touché le bois du bateau, que les Fer-nés sautèrent sur l'autre pont, provoquant déjà les cris de surprise et de peur des voyageurs qui les avaient remarqués depuis quelques temps sans vraiment pouvoir lutter contre leur arrivée. Cela ne troubla absolument pas les assaillants qui entreprirent de trancher, planter et couper tout ce qui osait s'opposer à eux. Femme, homme, vieillard ou même enfant, Sargon n'en avait que faire, du moment que quelqu'un faisait mine de s'en prendre à lui, il se débrouillait pour régler le problème. L'acier Valyrien tranchait la chair humaine comme nulle autre arme et couplé au fait que le Harloi soit un combattant entraîné, cela lui facilitait grandement les choses. Alors que les cris persistaient autour de lui, l'attention du Fer-né fut attirée par une sorte de porte qui donnait certainement sur une cale et quelques cabines. La forme du bateau n'avait pas vraiment renseigné le jeune homme qui ne considérait pas les autres habitants du monde comme suffisamment intéressants pour leur porter une réelle attention. Tout ce qu'il souhaitait savoir pour le moment, c'était combien lui rapporterait cette prise puisqu'il s'agissait certainement de la dernière avant le retour vers les Iles de Fer. Ordonnant à quelques hommes d'explorer les cales, ces derniers défoncèrent la porte qui avait été bloquée de l'intérieur, puis entrèrent dans les entrailles du navire. L'habitude de piller étant là, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils avaient déjà localisé les voyageurs qui pourraient faire de bon serfs - pour les hommes - ou de bonnes femmes-sel - pour les femmes - et entreprenaient de les faire monter sur le pont pour trier le tout avant d'embarquer ce qu'ils gardaient sur la Veuve Salée.

     De son côté, Sargon s'était occupé de débarrasser le pont du navire des quelques hommes d'armes qui restaient là. Il avait remarqué plusieurs personnes à la peau noire comme l'ébène et considérait donc qu'ils devaient avoir fait halte aux Iles d'Été ce qui n'était pas pour lui déplaire étant donné que les richesses de cet endroit n'avaient nul égal. Une fois que la zone fut nettoyée de ses défenseurs et que ceux qui tenaient à la vie s'étaient rendus pour être épargnés, Sargon ordonna à son second, Yoren, de faire trier les captifs et de jeter les morts ou les blessés par dessus bord. Après tout, les requins aussi avaient le droit de festoyer un peu ! Son attention se dirigea donc sur les possessions disposées sur le pont alors que d'autres montaient encore des cales, rapportées par les hommes du Fer-né. Il calculait combien pourrait valoir tel ou tel objet, voyant déjà l'estime de son oncle remonter d'un bloc lorsqu'il lui ramènerait une belle femme à la peau d'ébène. Un peu d'exotisme plaisait toujours, même à un Fer-né.


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Message Mer 6 Juin 2012 - 19:45

«  - Ce sera un voyage agréable Papillon. Le parfum du Val-aux-pivoines n'aura pas eu le temps de s'estomper que notre Cygne Noir sera déjà au large de Villevieille. »
Si il est une chose qu'Aïssatou aura apprise en 22 ans ans, c'est que les hommes ne tiennent jamais leurs promesses.

L'annonce du voyage avait laissé Aïssatou de marbre, dans un premier temps.
Depuis qu'elle avait prononcé les vœux l'insulaire avait rarement partagé les journées de son mari. Oko Xho était un riche propriétaire terrien qui avait fait fortune dans le commerce de rhum. A peine un mois après son mariage il avait fait voile pour Lys afin d'investir dans une affaire au-delà des îles.
La jeune maîtresse de maison avait alors eu tout le loisir de savourer la saveur inconnue du mot liberté. Seule dans la grande maison de marbre blanc, elle avait entrepris de faire construire une grande bibliothèque en acajou chatoyant. Les premières semaines avaient été joyeusement agitées par les préparatifs de son projet. Il avait d'abord fallu contacter des artisans qualifiés ainsi qu'un marqueteur pour le petit bureau qui accompagnerait la bibliothèque. Avec tout l'orgueil de sa nouvelle stature et le plaisir de la nouveauté, en grande dame de maison elle avait très clairement exprimé ses exigences, ne laissant aucune marge d'invention aux pauvres artisans.

Les belles étagères aux couleurs bois et feux venaient d'être installées et son mari revenait déjà de Lys en annonçant son départ imminent pour Westeros, cette fois-ci Aïssatou serait du voyage. Oko Xho redoutait que sa jeune épouse, trop longtemps laissée libre, ne devienne comme les pivoines laissées à l'abandon : piquante et sauvage.
L'épousée pensait à sa belle bibliothèque qui resterait vide, se replissant de poussière et de vent. Mais à l'annonce de la destination, ses yeux noir corbeau devinrent aussi vibrants qu'une nuée de colibris.


«  Villevieille. »

Oui mais contrairement à ce qu'il avait annoncé, le voyage n'avait rien de bucolique ou d'aventureux.
D'abord malade à ne pas pouvoir marcher, Aïssatou avait été contrainte de rester dans la cabine où le mal de mer était plus supportable. Quand elle fut enfin habituée au roulis des vagues et aux mouvements du Cygne Noir, elle désenchanta vite de l'idée qu'elle s'était fait du voyage. La jeune femme avait espèré pouvoir apprendre auprès des marins les noms des mâts ou encore le fonctionnement de leurs instruments de navigation. Le compas de cuivre l'attirait plus qu'une parure d'or et de perle. Il lui semblait que les mouvements du capitaine au-dessus de sa carte étaient pareils à une danse à trois pas avec la mer : il l'observait, la charmait, puis menait la danse. Mais voilà, une femme sur le pont d'un navire ça portait mal chance et ça faisait perdre son temps, puisse-t-elle être l'épouse du propriétaire ou plutôt surtout car c'est la femme du propriétaire. Une petite esclave lyséenne ou une voyageuse comme les autres, on aurait pu espérer la voir arriver dans sa couche pour se réchauffer le temps d'une nuit. Mais celle là apporterait surtout des ennuis pour peu que son mari soit un homme jaloux.Aïssatou était la seule femme de l'équipage avec Salaya et Solea, mais ces deux jeunes suivantes avaient aussi peu de conversation qu'une poulie et étaient bien moins passionnantes que ces hommes qui savaient écouter la mer.
Les journées s'étirèrent alors lascivement, comme les vagues : se ressemblant toutes.

Aïssatou fut réveillée en pleine nuit par les cris d'alertes des marins. Encore ensuqué, les muscles froids, il lui sembla dans un premier temps que ce n'était qu'un rêve qui oubliait de se dissiper. Le craquement terrible de la porte ouvert à la volée la tira violemment des derniers lambeaux de sommeils. C'était Oko Xho, l'air grave et les mains tremblantes.


«  - L'été te garde Oko Xho, tu sembles plus mort que vivant : que se passe-t-il ?!
- C'est que je suis un homme qui va bientôt mourir Papillon. Un navire pirate approche, nous n'arrivons pas à le distancer, les vents sont contre nous. Bientôt l'abordage sera lancé. »
Elle resta d'abord interdite, comme si les mots qu'il venait de prononcer ne formaient pas une phrase intelligible.
« - Papillon, reste ici et prie les dieux. Si les choses venaient à mal tourner, dans le coffret d'ivoire tu trouveras une fiole ... Je
Pour la première fois, l'imposant Oko Xho ne trouva pas ses mots.
- Papillon. »
Il empoigna sa femme une dernière fois et l'embrassa furieusement, s’agrippant à ses hanches et à sa nuque, bien conscient que ce plaisir était aussi éphémère que le surnom de sa jeune épouse. Puis il la repoussa , attrapa son glaive et sans se retourner parti faire face à son destin.

Le temps comme une éternité, une seconde, elle ne sait plus. Aïssatou demeura immobile au milieu de la cabine. Au loin les hommes se préparaient au pire en criant des ordres, le roulis des vagues ne lui semblait plus si désagréable, ni l'odeur de sueur et de sel qui avait imprégné le bois.

Elle était vivante.

Puis les premiers fracas des armes résonnèrent. En rythme avec la bataille son coeur battait la chamade mais son corps était étrangement raide et lent. Elle esquissa un regard vers la cassette d'ivoire mais il était au-dessus de ses forces d'insuffler le grand hiver, elle qui se sentait tellement en vie à cet instant précis. Dans ses bras pourtant glacés, ses veines pulsaient à vive allure le sang qu'elle ressentait chaud et tourbillonnant.
Plutôt que de boire la fiole d'Oko elle se mit à réfléchir rapidement et avec un sang froid qu'elle ne se connaissait pas. Un à un ses bracelets tombèrent au sol, puis toutes les parures de sa somptueuse tenue de soie : c'était déjà ça qu'ils ne lui arracherait pas, risquant de lui arracher les membres dans leur précipitation barbare. Elle se drapa ensuite dans l'une des longues chemises de son mari, brodée de soie et d'argent la veste aux motifs floraux n'était pas d'une grande protection. Aïssatou avait parfaitement conscience de sa vulnérabilité mais avait besoin d'un peu de chaleur et de rester noble jusqu'au dernier instant ...

Elle n'avait même pas pris la peine de fermer sa porte, si bien que le premier pirate manqua de tomber au sol, emporté par la puissance de son coup de hache. Chancelant et hébété, encore tout ensanglanté de ceux qu'elle avait connus chantant et festoyant trois heures plus tôt, il leva les yeux sur elle et se fendit d'un sourire victorieux et carnassier. C'était un homme à la carrure massive, presque plus large que l'entrée de la cabine. Ses cheveux crépus et en bataille était aussi flamboyant que la torche qu'il tenait de la main gauche, une hache aux reflets mortels dans la main droite. Aïssatou ne le savait pas encore mais l'apprendrait sans doute trop tôt à son goût, l'homme répondait au doux nom de Wulfric et avait son origine forgée dans le même métal que sa hache.
Alors qu'il la poussait rudement sur le pont, elle ne su pas où poser son regard pour s’épargner la vue des corps éviscères, des crânes défoncés, des pirates aux mains et au visage perlé de rouge. Il faisait nuit noir mais elle avait impression de voir le monde couleur écarlate. Ne sachant plus où donner de la tête elle préféra lever la tête au ciel, les yeux rivés vers la nuit noire.

Trop choquée par la brutalité et la rapidité de l'action pour pouvoir pleurer ou même penser, Aïssatou offra son visage aux étoiles. Ses fines nattes brillaient à la lumière des torches, peau d'ébène dans les ténèbres elle ressemblait à une panthère capturée. Incapable de se défendre contre les armes des hommes, elle n'en demeurait pas moins belle et digne, drapée dans les soieries et les broderies des îles d'étés qui ne sentait plus les pivoines mais la sueur et la mort.


« - Ce sera un voyage agréable Papillon. Le parfum du Val-aux-pivoines n'aura pas eu le temps de s'estomper que notre Cygne Noir sera déjà au large de Villevieille. »
Si il est une chose qu'Aïssatou aura apprise en 22 ans ans, c'est que les hommes ne tiennent jamais leurs promesses ...
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Message Jeu 7 Juin 2012 - 13:13

     La prise semblait plutôt bonne. Jusqu'à présent, les navires abordés par les Fer-nés n'avaient été que de simples coquilles sans grande importance. Quelques femmes au physique pas trop ingrat qui pourraient permettre à ses hommes de louer la bonté de leur capitaine, quelques tonneaux de nourriture ou de bon vin, mais rien d'autre qui vaille réellement le déplacement. Alors que Yoren avait fait remonter plusieurs tonneaux désormais disposés sur le pont, Sargon analysa leur contenu, Crépuscule, son épée, toujours à la main. La lame était tachée de sang comme après chaque assaut et le capitaine de la Veuve Salée se pencha pour ramasser un morceau d'étoffe qui avait dû être un bout d'habit arraché lors de la bataille. D'un geste machinal et habituel, il essuya l'acier Valyrien tout en prenant bien évidemment garde à ne pas se blesser. Toujours rester attentif, ne pas se reposer sur ses lauriers, c'était le seul moyen de ne pas se faire avoir par une arme aussi redoutable. Lorsque la lame étincelait à nouveau de toute sa beauté, le Fer-né la rengaina pour porter son regard sur les marchandises. Plusieurs tonneaux avaient déjà été transportés à bord du boutre qui flottait toujours tranquillement à côté du bateau en forme de cygne, puis une main vint se poser sur l'épaule de Sargon, attirant son attention. Wulfric se trouvait à ses côtés. Ce fidèle marin qui avait déjà servi le père du Harloi, il avait toujours été à la hauteur des attentes de ce dernier, ce fut pour cette raison qu'un léger sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'il posa ses yeux mordorés sur le visage taché de sang du natif des Iles.

     ▬ As-tu trouvé quelque chose d'intéressant ? »
     ▬ On dirait bien. »

     D'un geste du menton, il désigna quelques silhouettes agenouillées sur le pont, non loin d'eux. Certainement des captives, c'était toujours ce qui intéressait le plus. Les femmes qui puissent faire de beaux présents pour son oncle et des hommes capables de travailler dans les mines de fer de l'île de Harloi. Cette fois-ci il s'agissait de femmes. Trois, dont une était très nettement plus richement vêtue que les autres, peut-être une bourgeoise et ses dames de compagnie ? Sargon n'y comprenait pas grand-chose aux us et coutumes des étrangers et pour être sincère, il s'en contrefichait même éperdument. Mais cela ne l'empêchait pas de vouloir en savoir plus sur elles. Une femme de haute naissance faisait une femme-sel bien plus intéressante qu'une simple roturière. Même si en fin de compte leur « utilisation » serait très sommaire. Le Harloi approcha des trois femmes, si l'on oubliait le sang qui maculait son visage et ses habits, il pouvait presque avoir l'air normal. Enfin, si la normalité était la même chose sur les Iles d'Été. La peau d'ébène de la plus riche des trois femmes indiquait clairement ses origines et le capitaine la dévisagea quelques instants en silence. Il en avait souvent entendu parler, mais jusqu'à ce jour n'avait encore jamais attaqué d'embarcations originaire de ces contrées. C'était donc la première fois qu'il voyait une femme à la peau aussi noire qu'une nuit sans lune.

     La femme avait levé les yeux au ciel, comme si le carnage qui s'était déroulé sur ce bateau avait donné envie à son esprit de contempler autre chose. Ce n'était pas pour déplaire au Fer-né qui pouvait avoir le plaisir à contempler le minois de la captive. Les traits de son visage n'étaient pas communs, elle avait un nez beaucoup moins fin et plus épaté que celui des femmes des Iles de Fer, même ses lèvres étaient différentes. La semi-pénombre de la nuit ne lui accordait toutefois pas le loisir de détailler plus en profondeur les différences qui s'imposaient entre cette femme et celles qu'il avait pour habitude de côtoyer. Peu importait après tout, cette nuit ne serait ni la première, ni la dernière, elle appartenait désormais à un Fer-né et il aurait tout le luxe de pouvoir la dévisager sur le chemin du retour s'il le souhaitait. La gêne ne faisait pas partie de la vie du capitaine, il se moquait pas mal d'avoir l'air grossier ou mal-élevé dans ses actes, les natifs des Iles de Fer étaient considérés comme des barbares par le reste du continent alors une personne de plus ou de moins.... Tournant la tête vers Wulfric, Sargon constata que son marin arborait un sourire visiblement satisfait. Dans un mimétisme inconscient, le Fer-né esquissa lui aussi un sourire avant de reprendre la parole.

     ▬ Crois-tu qu'elle plairait à mon oncle Wulfric ? »
     ▬ À lui et à d'autres capitaine. »

     À d'autres oui, sans aucun doute. Toujours sans manifester la moindre gêne, le Harloi approcha encore de la jeune femme, visiblement peu soucieux de savoir qu'elle risquait de riposter ou de sortir une dague de ses vêtements. Même si en apparence il était nonchalant, le Fer-né restait toutefois sur ses gardes et était prêt à attraper son bras si elle avait le malheur de l'attaquer. Le capitaine de la Veuve Salée avança sa main, attrapant quelques nattes de la demoiselle comme s'il avait envie de vérifier qu'il s'agissait bien de ses cheveux et non d'une quelconque coiffure. En réalité, c'était surtout pour lui mettre la pression, la mettre mal à l'aise. Il était rare que les femmes apprécient une telle proximité et encore plus de se retrouver touchée par l'homme responsable de la perte de votre liberté. Comment réagirait-elle ? Sargon était attentif à ses mouvements, ayant hâte de voir la manière dont elle allait entamer leur discussion, car il comptait bien en apprendre un peu plus sur elle avant de l'embarquer. Ils n'étaient pas pressés par le temps, alors pourquoi gâcher le plaisir de cette nouvelle rencontre ? Derrière eux, les marins chargeaient toujours les tonneaux sur la Veuve Salée sans se soucier de ce que leur capitaine faisait. Ils étaient habitués à ce genre de comportement de toute manière. Délaissant finalement les cheveux de jais de la demoiselle, le Harloi laissa son bras retomber le long de son corps avant de lui adresser – enfin – la parole.

     ▬ Et bien, que vient donc faire un navire des Iles d'Été aussi loin de chez lui ? Visiter les environs ? Tu peux être heureuse, je vais te faire visiter les Iles de Fer, tu y auras même ta résidence principale désormais. N'est-ce pas intéressant ? »

     C'était une question rhétorique, même si la jeune femme lui annonçait qu'elle n'avait aucune envie de visiter ses Iles, il ne la laisserait pas s'en-aller pour autant. Parler pour rabaisser l'autre ou même pour le manipuler, c'était le petit plaisir que se réservait le capitaine, même si ce n'était pas du goût de tous les autres habitants des Iles. Détournant brièvement son attention de la femme aux riches habits, Sargon désigna les deux autres qui se trouvaient toujours aux côtés de leur – peut-être – maîtresse, puis il interpella Wulfric.

     ▬ Fais-les monter à bord de la Veuve Salée, mets-les avec les autres et surtout, qu'elles se taisent, on a déjà assez soupé des gémissements des autres ! »

     S'il y avait bien une chose qui rendait le capitaine particulièrement irritable, c'était bien les femmes qui gémissaient, se plaignaient ou demandaient grâce. Comme si elles valaient mieux que les autres. Pour quelle raison accepterait-il de délivrer l'une d'entre elles alors qu'il gardait les autres captives ? Il soupira légèrement comme les deux femmes étaient embarquées sur le boutre du Fer-né, puis ce dernier reporta son attention sur la femme face à lui. D'un geste ferme, mais pas du tout brutal, le capitaine attrapa le bras de la captive pour la redresser et l'obliger à se tenir droite, puis comme il posait ses prunelles dans les siennes, Sargon conclut.

     ▬ Dois-je m'attendre à un comportement particulièrement irritable de ta part ? Autant que je le sache tout de suite pour prendre les devants. »

     Il n'avait pas encore décidé ce qu'il comptait faire d'elle, mais le voyage de retour sur les Iles de Fer déterminerait certainement tout cela plus en détails. Il n'y avait rien de mieux pour voir l'état d'esprit d'une personne que de l'observer en captivité.


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Message Ven 8 Juin 2012 - 11:06


Le pirate aux cheveux de feux était visiblement un homme de main. Grand prince le capitaine était resté sur le pont, il observait le résultat de son raid comme un enfant devant une fourmilière enfumée : ses hommes s’attelaient à la tâche, remontaient tout ce qui avait de la valeur sur le bateau, autrement dit toute la cargaison de rhum et les effets qui avaient appartenu il y a encore une demi-heure à Aïssatou.
Malgré sa situation et sa maigre tentative pour se soustraire à la scène, de nature très cartésienne la jeune-femme pensa que la prise devait dépasser tous leurs espoirs. Le cygne noir avait été apprêté le plus sobrement possible afin d’éviter d’attirer l’attention sur lui. De loin la compagnie de matelots dénuée de mercenaires visibles et la coque plus étroite que les habituels navires marchands faisaient penser à un « simple » bateau d’apparat. En mer cela lui donnait plus de maniabilité que les lourds bateaux de transports et à port cela évitait d’attirer l’attention sur lui, pour peu qu’il soit possible de ne pas attirer l’attention avec un bateau-cygne. Malheureusement seule la chance et le vent était utiles face à un navire pirate, ni l’un ni l’autre n’étaient allé dans le sens du Cygne-Noir.

Ce n’est pourtant pas les richesses matérielles qui ont retenues le plus longtemps l’attention des deux hommes. Ho, Aïssatou ne s’attendait à paraître inaperçue mais elle avait espéré quelques minutes de répit avant d’affronter la réalité qui prenait forme aussi rapidement qu’un grain blanc.
Cela lui aurait permit de retrouver un semblant de calme et d'être maitresse d'elle même.
Les pas des deux hommes lui semblèrent atrocement lourds sur le plancher de bois, elle prit une grande bouffée d'air mais il était chargé de sel et de sang, sa respiration fut comme coupée. Autour d’elle les deux petites, Salaya et Solea, commençaient déjà à se lamenter et à pleurer. Aïssatou demeura stoïque: ses lèvres fermées ne tremblaient pas et ses épaules restaient droites. Soit la force lui manquait pour pleurer, soit son courage grandissait, elle ne savait pas définir le sentiment qui l’habitait.
Les deux marins parlaient avec force et détermination ce qui harangua Aïssatou à ne pas se liquéfier face à eux. Sa condition de femme l’avait toujours complexée et cette nuit là elle maudissait les dieux de l’avoir fait naître demoiselle plutôt qu’homme fait. On ne pouvait pas changer les choses et ce n’était ni le lieu ni le moment de se lamenter sur sort, la seule chose qu’elle pouvait faire dans un dernier élan d’estime et d’honneur c’était de rester forte et digne jusqu’à ce qu’ils la brisent. Aïssatou était persuadée qu’elle vivait ses derniers instants, soit elle allait mourir après être passée sous tous ces pirates puants et pouilleux, soit elle allait devenir esclave et sa vie ne serait que le prolongement de l’atroce nuit qu’elle allait subir.
A genoux devant les deux pirates, elle vivait ses derniers instants. Elle décida donc que c’était la force et l’ardeur de l’été qui l’habitaient.

D'abord trop bouleversée par ce tourbillon de pensée pour songer à regarder ses geôliers, la triste réalité l’a sortie de ses dernières pensées de femme libre: Il venait de la toucher.

Parfaitement consciente de l’inutilité d’un geste de refus, elle lui laissât tout le loisir de l’inspecter et décida de faire de même. Elle ne cherchait pas à le défier mais avait l'étrange besoin de faire la même chose que lui afin de s'élever à son niveau, de ne pas devenir un animal.
C’est d’abord sa main qu’elle découvrit. Une main de guerrier, massive et puissante, habituée à porter des coups et à tenir la barre d’un boutre. Dans la nuit profonde la lueur des torches donnait un aspect mordoré à sa peau, encore engluée de sang et de sueur.
Elle expulsa de ses poumons l’air viciée qu’ils contenaient pour reprendre son souffle, il était si proche d’elle que la captive pouvait sentir son odeur. Ce qui étonna Aïssatou c’est que malgré le combat cet homme sentait plus la mer que toutes autre chose.
Elle se décida à faire face à celui qui allait visiblement trancher sur son sort. Ses yeux noirs glissèrent de sa main vers son bras, elle fut alors définitivement fixée sur sa nature. Découverts ses muscles laissaient apparaître de nombreux et les blessures d'un homme d’action. Terminant de remonter la tête vers l’homme qui la dévisageait, elle fut surprise de ne pas tomber nez à nez avec un colosse massif et rustre comme le roux qui l’avait tirée de sa cabine. Celui là était plus fluet que son second et elle devait peut-être même le dépasser en taille, une fois debout.
Pour autant, c’était agenouillée et face à lui qu’elle se trouvait et la panthère captive se rendit compte qu’elle était littéralement en train de le dévisager. Un mal pour un mal, elle affronta directement l’homme en plongeant ses yeux dans les siens.

Aïssatou détestait la rhétorique quand elle était utilisée en dehors d’une discussion scientifique. Elle avait toujours eu la mauvaise habitude de dire ce qu’elle pensait et de penser ce qu’elle disait avec un vocabulaire simple mais construit. A ses yeux la meilleure façon de se faire comprendre était la plus directe. On lui avait bien entendu apprit à s’exprimer avec plus de nuances mais elle demeurait une piètre rhétoricienne et ici, au milieu du sel et du fer, choisir ses mots était bien la dernière chose dont elle était capable. C’est donc avec le feu de l’été et une spontanéité qu’elle avait trop souvent refoulée qu’elle oublia d’être bien née :


« - Je n’ai que faire de ton ironie, homme. Tu as là le rhum et l’or et les femmes. Disposes-en. Tes questions, tu le sais, sont somme-toute inutiles. Tu le sais aussi, je ne goûterais pas à ton humour. Épargne-moi les deux. »

Les îles de Fer, ce nom lui évoquait vaguement quelques contrées aux confins du Nord sans qu’elle ne sache réellement ni les placer ni mettre le moindre nom sur ses habitants. Son mari lui avait parlé de pirates fer-nés qui avaient pillé les côtes mais il était alors convaincu que la situation au Sud était retournée à la normale et que ceux du Nord ne descendrait pas si profondément.
Déjà il faisait s’éloigner ses deux compagnes d’infortune, se retrouver mise à part l’inquiéta bien plus que tout ce qui venait de lui arriver précédemment. Partager son malheur avec Salaya et Solea lui semblait en apparence plus supportable. Pourquoi ne la faisait-elle pas monter sur son propre boutre ? Les coutumes pirates lui étaient parfaitement inconnues, elle ne s’était pas attendue à ce qu’on la laisse plantée là, agenouillée devant le capitaine.

Mais voilà qu’il la relevait, sa poigne n’avait rien de froid mais pourtant elle glaça la peau d’Aïssatou qui baissa les yeux sur la lame à l’acier atypique. Ses yeux passèrent de l’un à l’autre comme si elle le questionnait sur le sort qui l’attendait. Le visage du capitaine n’était maintenant plus qu’à une dizaine de centimètres du sien.
Le temps fila entre son geste et la question du marin ne devait pas excéder une ou deux secondes tout au plus mais elle le ressentit comme une vie entière qui s’effilait entre eux deux.
En un soupir elle eu tout le temps de détailler chacun des traits que l’obscurité acceptait de lui dévoiler. Elle ne retenu qu’une chose : le regard de l’homme, infaillible et aussi directe que le tranchant d’une lame, habité par la rage intérieure de ceux qui vivent dans le tumulte et l’action, ceux qui se savent puissants et invincibles. Tentant de construire masque qui se voulait glacial, Aïssatou comprit que ses efforts étaient vains: elle n’était pas en état de se parer d’une expression travaillée et étudiée. Pour cela il lui fallait être maitresse d’elle-même, si c’était possible à la Maison d’Ivoire ou dans ses appartements ce ne l’était définitivement pas au milieu d’un bateau, le nez collé à l’homme qui allait sceller sa vie.
Le visage fermé, elle offrait bien malgré elle ses yeux noirs reflétant les feux des torches, bouillonnants de vie et du désir de vivre. Ni suppliante ou désespérée, il était en revanche très facile d’y lire sa rage de vivre et la colère qui commençait à monter comme le coeur d'un volcan.


« - Dois-je m’attendre à passer sous tous tes marins, à être vendue, ou bien les deux ? Autant que je sache tout de suite pour prendre les devants.
Vraiment, les questions de l’homme l'insupportaient. Si il pouvait au moins ouvrir la bouche pour s’exprimer autrement qu’avec ses mots serpentins et tintés de cette ironie qu’elle trouvait évidemment très mal placée. Et puis qui était-il, ce sauvage qui lui demandait d’être docile et agréable ? Quelles raisons avait-elle de l'être?
-Dans tous les cas je deviendrais une moins que rien et je souffrirais sans doute tout autant. Je ne fais pas grand cas de mon sort aux mains de ce ramassis de sanguinaires, elle désigna du menton les fers-nés, me crois-tu assez stupide pour croire que mon destin sera meilleur dans le cas où je resterais bien gentille ?
Oui, décidément elle ne pouvait plus rien pour refreiner la colère d’être aux mains, littéralement, de ce crétin de pirate qui se sentait tout victorieux. Quelle gloire à s’emparer d’une femme sans arme ? Profitant de sa haute stature, elle avait la même taille que lui, elle le fixa bien droit dans les yeux, bien décidée à lui faire comprendre qui elle était :
-Si j’avais voulu mourir, l’occasion m’en était donnée avant l’arrivée de ton sous-fifre. Non, si tu veux savoir: je ne vous exaspérais pas au point de mourir de façon idiote. Mais si tu t’imagine que je vais me montrer douce et soumise dans l’espoir d’être mieux traitée, je ne suis pas née de la dernière pluie.
Alors maintenant … Fais ce que tu as à faire.
»

D'abord grisée, elle regrettait déjà ses mots. Et s’il la laissait tout simplement là, serait-elle bien plus avancée ?
Dans la fraicheur de la nuit, les pieds nus et les genoux couverts du sang qui maculait le ponton, pour seule armure un brin d'étoffe elle se sentait lamentablement impuissante.
Rageuse, la panthère venait de s’apercevoir qu’il ne servait à rien de rugir ou de griffer … elle était déjà prise dans les filets du chasseur.


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Sargon Harloi
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♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
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Message Ven 8 Juin 2012 - 17:24

     Arrogance oblige, Sargon remarquait toujours – ou presque – lorsqu'un regard s'attardait sur sa personne. Il ne doutait jamais que ce soit sa personnalité qui impressionne ses admirateurs et l'idée même qu'une personne puisse le regarder sans éprouver ses sentiments extrêmes à son égard, le dépassait. On le détestait ou on l'adorait, il n'y avait pas de demi-mesure avec lui, la passion était bien plus intéressante, qu'elle soit dans la haine ou dans l'amour. Par conséquent, le Harloi n'allait pas châtier la jeune femme pour le darder de ses prunelles, c'était même un comportement qu'il appréciait sincèrement, rien ne l'irritait plus que les femmes soumises qui détournaient les yeux dès qu'elles croisaient son regard. Suite aux paroles de Sargon, la belle à la peau d'ébène prit enfin la parole, révélant une voix à l'intonation très différente de celles des femmes des Iles de Fer. Elle avait l'air... hautaine ? Cette constatation dessina un sourire amusé sur les lippes du capitaine qui avait presque l'impression de s'entendre parler à Gabriel ou un autre de ses hommes qu'il considérait comme un imbécile. Le prenait-elle pour un moins que rien ? C'était fort possible. Sargon était habitué à ce genre de comportement, combien de fois était-il tombé sur des personnes qui lui parlaient comme s'il était demeuré juste en raison de ses origines ? Trop de fois pour s'en vexer encore à ce jour. Puis, ce n'était pas sans compter le fait que le capitaine de la Veuve Salée n'avait que faire de ce que les autres pensaient de lui. Il savait ce qu'il valait et son égocentrisme le faisait se satisfaire de ce qu'il était. La requête imposée qu'elle présenta lui donnait davantage envie de la noyer sous la les questions rhétoriques et sous l'ironie, il ne s'exprimait qu'à travers cette dernière et aurait grande peine à s'en passer. Il aimait les mots et les doubles-sens qu'il pouvait y glisser. Quel dommage qu'elle n'y soit guère sensible. Cela gâtait un peu la belle surprise qu'elle était jusqu'à présent. Heureusement que son caractère - ou du moins l'échantillon montré - ajoutait du piment à l'ensemble.

     Elle avait l'air de s'interroger sur le sort qu'il lui réservait, ce qui faisait penser à Sargon qu'elle ne devait pas connaître les us et coutumes des habitants des Iles de Fer. Un silence suivit la question posée par le Harloi alors qu'elle semblait le scruter dans l'obscurité. L'absence de lumière l'empêchait de distinguer clairement ce qu'elle faisait, mais une fois de plus son arrogance et sa vanité le persuadaient qu'elle était occupée à l'observer. Quelle facilité de penser sans doute possible que les autres nous scrutaient, cela lui évitait de se poser bon nombre de questions. Il nota par ailleurs qu'elle avait à peu près la même taille que lui, ce qui n'était somme guère pas très difficile étant donné que le jeune homme avait toujours été légèrement plus petit que ses homologues Fer-nés. Il n'était pas bâti en colosse c'était un fait, mais Sargon considérait qu'il n'avait nullement besoin d'une carrure imposante pour savoir dominer l'autre. Les mots étaient des fois une arme bien plus tranchante qu'une force physique et ils blessaient aussi sûrement et profondément que l'acier Valyrien. Il suffisait de bien savoir les manier. La femme sans nom était clairement contrariée, mais pourtant elle ne cherchait pas à se dégager ou à s'éloigner de lui comme toutes les autres avaient l'habitude de le faire à l'accoutumée. Un peu comme si le Fer-né était la chose la plus répugnante de Westeros. Au moins elle, avait le mérite de ne pas jouer aux vierges effarouchées. S'en-suivit une série de questions sur la condition qu'elle allait désormais connaître et qui confirmèrent qu'elle était bel et bien novice en matière de pirates des Iles de Fer. Un léger sourire naquit une fois de plus sur les lèvres du Harloi alors qu'il la laissait sortir tout ce qu'elle avait sur le cœur. Une fois que le silence, seulement bercé par le clapotis des vagues contre la coque, retomba, il daigna enfin l'informer un peu sur la suite des évènements.

     ▬ Les Fer-nés ne font pas de commerce donc non, tu ne seras pas vendue. Et si j'avais dû te donner à mes marins, tu serais déjà en train de leur servir, je n'aime pas perdre mon temps. Des explications très logiques, déclarées par un esprit cartésien et pratique. Libre à toi de ne pas être douce et délicate, du moment que tu m'épargnes les sempiternelles prières et supplications, tu peux faire tout ce que bon te semble. Après une brève pause, il compléta sa déclaration d'un ton amusé. Excepté t'en prendre à mes hommes, sinon je ne donne pas cher de ta peau, aussi belle soit-elle. »

     Ce n'était pas un compliment, mais une simple constatation. Après tout, Sargon aimait les surprises, les nouveautés et tout ce qu'il ne connaissait pas vraiment. Une femme aux origines aussi étranges que celles de la jeune noire ne pouvait que l'intéresser. Un peu comme un gamin qui venait de découvrir un nouveau jouet, le capitaine voyait là l'occasion de faire de nouvelles découvertes. Finalement peut-être qu'il n'irait pas la céder à son oncle, une femme avec des connaissances qui venaient de loin pouvait être intéressante. Les Iles d'Été marchandaient beaucoup, son but personnel n'était pas d'établir un éventuel chemin de commerce avec Westeros une fois que la guerre prendrait fin – car elle cesserait très prochainement – ? Après une brève réflexion, il haussa finalement les épaules et d'un geste habitué, repoussa la jeune femme vers Yoren en lui désignant la Veuve Salée d'un geste du menton.

     ▬ Mets-là avec les autres. »

     Toujours muet, l'homme hocha la tête avant d'embarquer la captive sur le boutre de son capitaine. Les marins quittèrent presque tous le pont du bateau en forme de cygne, puis Sargon et quelques autres hommes attrapèrent les torches utilisées pour éclairer le navire et signaler sa position, avant de mettre le feu à l'huile répandue partout au préalable. Voilà qui ferait un beau feu de joie, une manière de faire savoir aux gens du Bief que même maintenant les Fer-nés osaient encore approcher de leurs côtes. Alors que les départs de feu débutaient un peu partout, Sargon et ses rameurs regagnèrent la Veuve Salée en récupérant les grappins qui les maintenaient collés au bateau. Après quelques coups de rames, ils s'étaient déjà éloignés et bientôt le bois brûlait comme de l'amadou, à l'aube il ne resterait plus que quelques débris flottants sur les eaux pour témoigner de l'attaque subie.

     Le voyage de la mer du Crépuscule aux Iles de Fer prenait pas mal de temps, du moins en notion de continental, pour Sargon et ses hommes ce n'était qu'un très bref moment à passer en mer. Quand bien même le trajet était long pour les attaques faites et le butin récolté, pouvoir naviguer valait tout l'or du monde et le Fer-né se sentait récompensé rien qu'en pouvant montrer aux autres la supériorité des habitants des Iles de Fer. Pendant tout le temps passé sur le boutre, le Harloi ne s'était guère soucié des captives, c'était quelque chose de tout à fait normal pour lui. Les jeunes femmes avaient été placées dans un coin du navire, à côté des réserves de nourriture et d'eau fraîche, elles ne bougeaient pas ou peu et personne ne leur accordait d'importance. Elles n'étaient plus que des marchandises désormais. Quelques heures avant qu'ils n'arrivent sur les Iles de Fer alors que les silhouettes des châteaux étaient visibles à l'horizon, le jeune homme somma à ses hommes de mettre le cap sur Kenning. Ils ne s'arrêteraient pas chez le lord de la maison Harloi cette fois-ci, Sargon voulait d'abord prendre le temps de profiter de ses nouvelles acquisitions avant de décider ce qu'il ferait d'elles. Le sort de quasiment toutes les femmes étaient réglées. Plusieurs seraient offertes aux marins qui désiraient aussi quelques femmes-sel, les plus belles seraient mises de côté pour être offert à Igon Harloi, puis la dernière... Ce n'était pas déterminé. La dernière captive à la peau d'ébène avait attiré l'attention du capitaine de la Veuve Salée et même s'il n'était pas adepte des femmes-sel, il envisageait de la garder pour son usage personnel. Aussi étrange que cela puisse paraître au vu de la réputation – non justifiée – du Fer-né, il préférait garder ces femmes pour discuter d'une manière plus ouverte qu'avec les autres habitants des Iles. En effet, les conversations avec eux se soldaient rarement d'une autre manière qu'avec brutalité. Sargon n'était pas apprécié et le savait bien. Une interlocutrice de choix n'était donc pas négligeable.

     Ils accostèrent alors sur la plage rocailleuse de Kenning et commencèrent à décharger les marchandises. Sargon ordonna que les femmes soient menées dans les quartiers des servantes en attendant qu'elles soient partagées entre les marins, mais demanda à ce que la femme sans nom reste de côté. Après avoir donné quelques instructions à Yoren sur le partage du butin, il se dirigea vers elle pour attraper son poignet, toujours avec fermeté, puis la tira derrière lui. Ils se rendirent vers la demeure de pierre mangée par le sel du vent de mer, puis entèrent dans le château dont l'entrée était gardée par deux hommes en armes. Ils ne bronchèrent pas à l'arrivée du jeune homme qui séjournait ici depuis bientôt dix ans. Une fois dans le hall, le Harloi traîna la captive dans une pièce située sur la droite. Elle était presque totalement dénuée de meuble, une table, des chaises, une grande cheminée pour le feu et quelques meubles épars. Les décorations étaient rares et seulement imputables aux goûts « luxueux » de Sargon. Sans quoi rien d'autre ne serait visible que les pierres des murs. Arrivé là, il lâcha enfin le bras de la jeune femme, pivotant pour poser ses yeux mordorés sur elle. À la lueur du jour il pouvait mieux la voir et il fallait avouer que le côté atypique et original de son visage et de la couleur de sa peau, l'intriguait toujours autant. Après l'avoir dévisagée pendant un bon moment, le jeune homme prit enfin la parole.

     ▬ Bienvenue dans ton nouveau chez-toi. Ça ne paye pas de mine, mais c'est bien mieux que tout ce que tu pourrais avoir dans un autre château des Iles. Il ne mentait pas, les autres demeures étaient comme leurs propriétaires, austères et dénuées de décorations. Bien et si pour débuter tu commençais à me parler de toi... Comme me dire comment tu t'appelles ? »

     Lui ne l'avait pas encore fait, mais ça c'était l'avantage d'être le maître des lieux... Et de l'autre protagoniste.


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Message Lun 11 Juin 2012 - 10:48


Le voyage aurait du s’appeler éternité.
L’absence de soleil revenait à manquer d’air pour les natives estivales. Elles avaient été remisées au même titre que les denrées bien que ces denrées là avaient-eu la chance de ne pas être consommées. Consciente de leur chance dans leur malheur c’est Aïssatou qui avait longuement consolé ces deux petites suivantes, à grand renforts de mots tendres, de caresse dans leurs cheveux, d’histoires racontant les prouesses des archers des îles ou la beauté des princesses millénaires. De deux ans leur ainé elle eu l’impression d’avoir grandit de 10 étés, épuisée d’optimisme affiché quand ses propres forces la quittait de jours en jours.
En soit le voyage n’avait rien de fatiguant, c’était justement ce qui alimentait la mélancolie d’Aïssatou. Si au moins elle avait eu quelque chose à faire, mais les pirates allaient et venaient à leurs occupations sans leur prêter plus d’attention qu’un tas de chiffons. Inactive, son dos la faisait souffrir le martyr et ses jambes devenaient raides et fourmillantes. Elle avait bien tenté de marcher en rond, mais on l’avait sommé de retourner à sa place sous peine de l’entraver, les marins veillaient sans doute à ce que leur stock de nourriture et d’eau douce ne soit pas abimé. S’ils savaient … son ventre noué l’empêchait d’avaler quoi que se soit.
Au fil des jours Aïssatou surmonta la peur, la solitude et la douleur. A force d’écouter les bribes de conversation des marins à l’accent âpres, elle fut capable de comprendre qu’elle se dirigeait vers les îles de fer qui se situaient au nord du Bief, au cœur d’une baie où il est question de dieu noyé. Les cartes que connaissait Aïssatou n’allaient pas plus loin que PortLannis, plus au nord elle savait seulement que le froid n’avait pas de fin et qu’un mur s’élevait entre l’hiver et Westeros. Vaguement, il lui semblait avoir entendu des histoires de nordiques bâtisseurs et de loups plus haut sur patte que les humains. Elle ignorait que les pirates de fer avaient une île a eux et encore moins qu’ils constituaient tout un peuple à eux seuls, Aïssatou voguait vers l’inconnu.

Quand il fut enfin temps de retrouver le soleil, elle découvrit une pâle copie de l’astre qui perçait paresseusement derrière un ciel tout de gris. Bien qu’elle ne nourrisse plus l’espoir d’avoir chaud, elle s’attendait à être aveuglée après tant de jour passé en cale. A la place elle fut donc accueillie par un vent froid et sec qui venait du nord qui la força à protéger son buste avec ses bras et à se coller à Salaya qui n’en menait pas large non plus. Mais elle fut bientôt séparée de la jeune fille par « le capitaine ».
C’est a pied qu’il la tira jusqu’à la demeure de pierre grise. Sur le court chemin Aïssatou eu tout le loisir d’admirer la grande variété de couleurs qu’offraient le paysage : pierre grise anthracite mouchetée de lichen blanc, ciel gris délavée par des nuages si grand qu’on ne voyait ni le début ni la fin, mer gris-bleuté aux vagues froides qui s’écorchaient sur des galets gris, tirant sur le noir bleuté une fois trempés.
Dans tout ce gris la seule couleur extravagante fut finalement la lourde chevelure brune du capitaine, camaïeu de bruns plus ou moins éclaircis par le soleil et le sel il s’y mêlait quelques tresses plus sombres. Si l’on comparait la chevelure tombant sur les robustes épaules du capitaine à celle hirsute de ses hommes, c’était là le summum du bon goût vu chez ces barbares.

Mais si Aïssatou cherchait l’évasion dans la contemplation de la chevelure de son geôlier, elle fut rapidement rattrapée par la grise et triste réalité des îles de fer : l’air était glacé. C’était le cas à l’extérieur et se fut encore le cas à l’intérieur du fort. Toujours sans lâcher son poignet il la mena jusqu’à une pièce au mur nus. Les meubles rustiques et l’absence de confort auraient sans doute rebutés n’importe quelle jeune femme de la stature d’Aïssatou. Mais ce n’est pas ce qui la frappa en premier lieu. La taille de l’immense cheminée la laissa pantoise : était-elle proportionnelle à la vigueur du froid ?
Dans sa loggia la plus grande source de chaleur ne dépassait pas taille d’un brasero. Seules les cuisines disposaient d’aussi vaste cheminée, toute en longueur pour accueillir les viandes à rôtir.

Toute la peau d’Aïssatou fut alors craquelée par la chair de poule et elle fut prise d’un frisson incontrôlable. Elle n’avait tout bonnement jamais eu froid jusqu’alors. Elle en vint à regretter la chaleur de la paume de la main du Capitaine quand celui-ci lâcha son poignet.
Enroulant machinalement ses bras avec ses longues mains crasseuses du voyage, elle observa la pièce plus en détail. Elle savait très bien comment était traitées les esclaves dans les familles rudes ou les contrées de l’Est, aussi elle cru sur parole le capitaine quand il annonça qu’elle ne pourrait pas avoir mieux. Elle serra les dents, agacée de bien devoir admettre qu’elle était chanceuse dans son malheur puis se tourna vers le capitaine.


« - Je m’appelles Aïssatou … Xho.
Donner le nom de son défunt mari, auquel elle ne fut somme toute mariée que trois mois, lui sembla incongru.
Fatiguée, sale et grelottante elle savait pertinemment qu’elle n’avait aucune contenance. Contrite par l’image qu’elle renvoyait d’elle-même, elle décida d’aller s’asseoir sur une chaise comme si elle avait été dans ses propres appartements, comme si c’était elle qui acceptait de donner de son temps au Capitaine, comme si elle pouvait encore être maitresse d’elle-même.
Depuis longtemps remise de ses émotions, elle était désormais capable de mesurer chacun de ses gestes, tout du moins théoriquement. Son esprit était comme l’acier chauffé à vif mais son corps gelé et usé avait plus de mal à suivre. Elle croisa simplement les jambes et prit appui sur son coude, posant sa tête dans le creux de sa main gauche.


- Et toi, qui es-tu ?
L’important, ce n’était pas tant le nom du capitaine que son statut.
Fille de l’été sur les îles de fer, elle avait la ferme intention de ne pas se laisser détruire par le sel et la mer. Elle ne voulait plus être « papillon » comme son mari aimait l’appeler. Fragiles et éphémères ils n’avaient pas leur place ici.
Non, Aïssatou avait l’intuition que cet homme là était forgé dans le même métal que ses îles. Les gardes à l’entrée étaient restés stoïques preuves que s’il n’était pas maitre des lieux il était au moins quelqu’un d’important. Il lui fallait être au moins tigre … somme toute il lui fallait être elle-même. Elle reprit :

- Je suis une enfant de l’été, mais il me semble que je ne te l’apprend pas. J’ignore si vos coutumes ressembles aux miennes, là d’où je viens les hommes aiment savoir le nom de notre père et celui de notre mari : j’étais la femme du propriétaire du Cygne noir, Oko Xho. Pour ma part, je ne pense pas que cela me définisse …

Elle laissa sa phrase mourir dans l'air afin d'évaluer l'homme qui se tenait debout et fier face à elle. Qu'attendait-il d'elle ? Pouvait-elle espérer ne pas voir mourir ses études dans la poussière, le froid et l'ennui ?
Quoi qu’elle fasse ce serait finalement toujours aux hommes de définir qui elle était. Elle n’avait pas de réponse, elle n’était rien. Ni ici ni ailleurs. Elle était la fille de son père, la femme de son mari, l’esclave de son maître.
Si elle avait du répondre avec ses propres mots, Aïssatou n’aurait pas décrit ce qu’elle est mais ce qu’elle aurait aimé être … Elle aurait aimé être érudit, elle aurait aimé être utile, soigner des gens ou comprendre l’œuvre des dieux, elle aurait aimé étudier l’histoire des peuples et leur origine, elle aurait aimé comprendre le monde pour y avoir une place et s’y élever. A quoi bon parler de ce qu’on n’est pas ?

- Tu m’as demandé mon nom mais la vraie question est: qui suis-je à présent ? »

Aïssatou embrassa la salle du regard. La jeune fille fut secouée d’un nouveau frissonnement, mais celui là n’était peut-être pas seulement dû au froid …
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Message Lun 11 Juin 2012 - 16:34

     Le regard du capitaine était centré sur la jeune femme, seule « décoration » qu'il n'avait pas eu sous les yeux à de nombreuses reprises. La lassitude gagnant rapidement Sargon lorsqu'il s'habituait trop à un endroit ou à une personne, il n'avait aucune raison de s'intéresser aux pierres nues des murs du château de Kenning. Il préférait scruter la captive d'un regard inquisiteur, n'ignorant pas que les gestes qu'elle esquissait exprimaient clairement le fait qu'elle devait subir la morsure du froid. Il était vrai que la pièce n'était pas très chaude, ni même chaleureuse. L'absence de couleurs renforçait encore le sentiment d'être dans un endroit glacial. Même en ayant les bras dénudés, le Harloi n'avait pas froid. Il était né sur ces îles et s'était fait au climat froid et chargé de sel qui habitait chaque parcelle de ces terres. Elle allait aussi devoir s'y faire, à moins qu'elle ne souhaite se laisser gagner par le mal du pays. Sargon ne détourna pas le regard lorsque la jeune femme l'observa, bien au contraire, il planta ses prunelles mordorés dans celles si sombre de son interlocutrice alors qu'elle dévoilait son identité. C'était une bonne chose en effet, mais l'idée de se renseigner sur ce point ne lui serait pas venu à l'esprit si elle n'avait pas été si originale et si exotique. Habituellement il se contrefichait du nom de ses captives. Trop égoïste pour s'intéresser aux autres. Combien de fois sa génitrice le lui avait-elle répété ? Il resta muet alors que la jeune femme au physique si original allait prendre place sur une chaise non loin de là, puis elle lança une question avant d'enchaîner sur quelques explications la définissant. Le visage du pirate restait de marbre, il se contentait de la fixer droit dans les yeux, un peu comme s'il n'écoutait pas ce qu'elle lui disait. Rien ne semblait faire acte de l'intérêt qu'il éprouvait pour elle. Alors qu'elle laissait une dernière question s'installer entre eux, Aïssatou – puisqu'il connaissait désormais son nom, autant l'utiliser – frissonna une énième fois, sans pour autant que cela ne provoque de réaction chez son interlocuteur.

     Après un moment de silence alors que le capitaine était toujours debout devant la jeune femme, il se décida enfin à réagir. Pivotant pour marcher de quelques pas en direction de la cheminée contre laquelle il prit appui avec son épaule, Sargon posa une fois de plus ses yeux sur le visage de la captive pour enfin daigner répondre à ses questions. C'était autant parce qu'il aimait peser ses paroles dans de tels moments, que parce qu'il désirait lui faire savoir que lui seul déciderait du moment précis où il parlerait et où il lui donnerait des informations.

     ▬ Je suis un capitaine de boutre, homme d'armes de ma maison puisque nous en sommes en stade de dévoiler toute notre identité. Tu peux m'appeler Sargon. »

     Sa réponse ne demandait pas vraiment de réplique, il n'avait dévoilé son prénom et ce qu'il était ici. Lui donner le nom des Harloi ne servirait de toute manière à rien. La jeune femme ne connaissait certainement pas plus la composition des familles des Iles de Fer, que lui celle des Iles d'Été. Les Harloi avaient beau être la famille la plus importante après celle des Greyjoy, lui donner son nom aurait autant d'effet que s'il avait avoué être roturier. Un homme désireux d'impressionner son interlocutrice aurait éventuellement pu lui donner d'autres informations, lui faire savoir qu'il était issu d'une grande famille et qu'il pouvait avoir bien plus de pouvoir que le seigneur de ce château. Mais il n'en voyait pas l'intérêt. Sargon avait beau être un homme arrogant et vaniteux, il n'avait pas besoin de se pâmer en sortant tous les titres et les honneurs qu'il pouvait posséder. Non, il savait ce qu'il valait et cela lui suffisait. Avoir l'air d'un paon devant une – peut-être – future femme-sel ne l'avancerait pas à grand-chose, si ce n'était gaspiller sa salive.

     La fraîcheur était certainement difficile à supporter pour la captive, ainsi le Harloi qui n'était pas un tortionnaire quitta sa position pour s'avancer vers une porte au fond de la pièce, sur le mur opposé à celui par lequel ils étaient arrivés. Passant la tête par l'huis entre-ouverte, le Fer-né chercha du regard une domestique. C'était le couloir qui menait aux cuisines et elles passaient souvent par ici. La chance étant de son côté, il en aperçut une qui s'immobilisa en le voyant, ne s'attendant certainement pas à son retour si tôt. Il lui fit signe d'approcher avant de reculer pour la laisser entrer dans la salle, puis désigna la cheminée d'un geste du menton.

     ▬ Allume un feu, on se croirait dans le Nord vu la température. »

     Elle hocha la tête, avançant vers la cheminée en accordant un bref regard à la captive, puis reporta son attention sur le bois qu'elle commença à entasser en petits amas. La domestique était habituée à voir défiler les femmes ici, ce n'était ni la première ni la dernière. Détournant son regard de la jeune fille, Sargon approcha cette fois-ci d'Aïssatou installée sur sa chaise. Elle avait posé une question légitime et pourtant lui répondre simplement était impossible. Les traditions des Fer-nés étaient si compliquées qu'elle mettrait beaucoup de temps avant de comprendre quel était réellement son rôle. Dédaignant la chaise à côté de la femme à la peau d'ébène, le capitaine s'installa à demi sur la table avant de reprendre la parole.

     ▬ Je ne sais pas encore quel rôle je te réserve. Femme-sel c'est certain, mais j'ignore si je souhaite te garder pour moi ou t'offrir à mon oncle. Il la dévisageait toujours avec autant d'attention, contemplant ses traits si peu familiers sur ces Iles de Fer. Tu ne connais rien de nos traditions, ainsi je vais t'expliquer un peu ce que mon peuple réserve aux captives. En général elles sont offertes à l'homme qui les a capturées. Elles servent alors de domestiques, un peu comme celle que tu vois ici. Il désigna la jeune fille agenouillée devant la cheminée. Sauf qu'en prime vous avez l'insigne honneur de servir d'amantes à votre propriétaire. »

     Dit de la sorte, ce n'était pas forcément très encourageant, il venait bel et bien de dire qu'il hésitait à la garder pour son usage personnel et une femme « normale » se serait sans aucun doute sentie humiliée qu'il puisse envisager de vouloir la prendre pour cette utilité. Sauf que ce n'était pas le but du jeune homme, il préférait les femmes libres qui n'écartaient pas les cuisses sous la contraire, mais cela ne signifiait pas qu'il n'appréciait pas la présence d'une femme originale. Quelqu'un avec qui discuter de manière plus développée qu'avec les femmes de ces îles. Mais bien entendu, le jeune homme n'était pas décidé à le lui faire savoir. Il trouvait cela tellement plus divertissant de pouvoir la laisser s'inquiéter, se sentir dégoûtée à l'idée qu'il puisse poser ses mains sur elle, les femmes étaient tellement prévisibles. L'autre femme-sel qu'il avait actuellement avait su jouer sur la bonne corde, mais il ignorait trop des traditions du peuple de la demoiselle face à lui pour savoir quel comportement elle allait choisir. Après une très légère pause, il conclut.

     ▬ Et tu voyageais donc avec ton époux ? Lequel était-ce ? Celui qui a pleuré qu'on l'épargne ou celui qui a cru qu'il parviendrait à nous repousser ? »

     La brutalité pouvait se faire aussi bien par les mots que par les gestes et le Dieu Noyé savait que si le capitaine était un homme qui usait rarement de sa force physique, il ne se gênait pas pour bousculer ses interlocuteurs de manière verbale. Bien plus douloureuse était une blessure que l'on ne voyait pas, tout simplement parce qu'on ne pouvait pas la soigner.


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Message Lun 11 Juin 2012 - 19:43

Debout, face à elle, le capitaine n'avait cessé de la dévisager de ses yeux d'or. Un long silence s'installa avant qu'il ne daigne lui répondre. La jeune femme savait qu'il ne cherchait certainement pas ses mots, il les aurait encore moins pesé. Tout son être trahissait cette évidence : ce n'était pas un homme à hésiter. Non, il la faisait attendre.

Sargon.
Ce nom sonnait étrangement. Alors que les Insulaires de l'été affectionnaient les sonorités chantantes et contrastées, celui-là était agressif du début à la fin. Il évoquait à Aïssatou les mêmes sensations que les mots parangon, dragon, arguer ... des mots forts pour des notions tranchées et vives.
Il eut pourtant la délicatesse de demander du feu, lui qui n'avait visiblement rien à craindre du froid. La petite femme qui pénétra dans la pièce adressa à peine un regard à Aïssatou. Était-ce la couleur de sa peau qui l'effrayait, ou encore la présence du maître de maison ? Peut-être que cette femme de maison avait connaissance du sort qui l'attendait ? Au juste, est-ce que ces hommes pratiquaient les sacrifices ? Aïssatou n'en savait rien, pas plus qu'elle ne pouvait savoir pourquoi Sargon avait pensé à lui faire allumer un feu.

Savourant toujours le silence dont il avait habillé la pièce, il esquissa quelques pas légers malgré sa carrure avant de s'appuyer sur la table. Installé de la sorte il la dominait de tout son saoul, soutenir son regard devenu moins aisé. Pratiquement en amande, ses yeux évoquaient les lames des fins-bretteurs : fines, vives, piquantes. Même si le feu n'avait pas été encore allumé ils s'animaient de chauds reflets mordorés, si bien que dans la sombre pièce il devenu l'unique source de chaleur. Tout en lui expliquant ce qu'elle était à ses yeux, ces derniers s'animaient d'un éclat chatoyant ; celui de l'homme qui se sait infaillible.


« - Femme-sel. C'est bien trouvé comme nom, elles sont censées mettre du sel dans votre vie ?
Aïssatou se surprit. Tout à sa réflexion sur la chaleur de la pièce, il lui avait paru plus naturel de commenter l'étymologie de son statut que le statut en lui-même. Elle se mit à rire, pas tant de sa remarque que de sa situation.
- Si ton oncle à l'acabit de tes marins, autant dire que je trouve cette chambre, elle soupira, à ravir.
Elle avait déclaré ça en grande dame, comme s'il s'agissait de choisir entre deux chambres d'été offertes par un hôte de marque et attentionné. En vérité, elle en avait plus qu'assez d'être baladée comme une marchandise, la perspective d'être « offerte » à qui que se soit lui donna sincèrement envie d'essayer de planter le premier couteau venu dans ses yeux aux reflets d'été. Elle se retenue, en partie car elle n'aurait sans doute pas été capable de viser correctement les yeux il faut l'avouer.
- Je te préviens, je ferrais en sorte de ne pas être un cadeau agréable. Tu répondras sans doute que j'aurais plus à perdre qu'à y gagner, mais en l’occurrence l'effet de ton cadeau des îles tomberait à l'eau. Un de ses fins sourcils se leva, histoire d'appuyer son propos par un regard équivoque. »

« - Mon mari ... il s'agit de celui que j'ai côtoyé deux mois. »
Elle croisa les bras et avança un peu plus la tête vers Sargon. La pique était somme toute facile, mais Aïssatou n'avait pas à jouer la comédie pour ne pas en être affectée. Elle n'avait réellement pas assez connu son défunt époux pour pleurer sa perte. La réalité c'est que son mariage l'avait pour le moins déprimée.
Elle n'avait été qu'un joli présent pour un riche marchand, un moyen comme un autre de sceller des alliances commerciales avec en prime le festin du banquet nuptial. Aïssatou avait été une jolie mariée, pour qui aime les femmes élancées et à la carrure dessinée. Très mince, ses épaules saillantes avaient été laissées dénudées par la fine robe de soie sauvage aux couleurs chatoyantes qu'elle portait. Sa chevelure avait été tressée en une lourde couronne agrémentée de pivoine. Certaines tresses avaient été laissées libres et battaient son dos et sa nuque au moindre de ses gestes. Pieds nus, les chevilles couvertes de bracelets aux clochettes d'or, chacun des pas d'Aïssatou faisaient vibrer l'air. Une jolie mariée qui affichait un sourire froid et sans vie : les clochettes annonçaient un pas de plus vers une captivité dorée. Aujourd'hui, ils étaient bien loin ses beaux habits de mariages, ses parures d'or.
C'est finalement en l'absence de son mari qu'elle avait été la plus heureuse, libre de ses journées et grande maîtresse de maison elle avait entrepris de mener le savoir à elle puisque ses obligations maritales l'empêchaient d'aller à lui.

Aïssatou délaissa Sargon pour observer la pièce. Elle était loin, elle aussi, la belle bibliothèque en acajou. Le capitaine s'attendait sans doute à la voir trembler de peur à l'idée de devenir une amante forcée. En réalité devenir l'amante d'un seul homme n'avait rien d'une injure ; Aïssatou avait redouté devenir un objet de soulagement pour tout l'équipage mais elle n'avait pas peur de Sargon. Devenir son amante, ou celle de son oncle le cas échéant, était une occasion d'honorer les dieux. Croyante et respectueuse, Aïssatou ferait en sorte de faire naître le désir des plus belles et délicates des façons, même sur cette îles de barbare. Ne ressentant pas le besoin de le dire à Sargon, Aïssatou n'avait pas envie qu'il se méprenne sur son peuple, contrairement à ce que les pays des contrées exotiques se plaisaient à penser les îles de l'été n'étaient pas une gigantesque maison de passe.
Il comprendrait sans doute bien assez tôt, en l’occurrence Aïssatou avait d'autres préoccupations : Cuisiner, repriser, laver, ça allait d'être d'un ennui ... Mais lui avouer, c'était lui donner de quoi la blesser.

« - Et mis-à-part piller ? A quoi occupe-tu ton temps ? »
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Sargon Harloi
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Message Mar 12 Juin 2012 - 14:12

     Elle fit un trait d'esprit en parlant de l'étymologie du terme « femme-sel » et l'on aurait pu considérer qu'elle touchait juste en effet, seulement aux yeux du Harloi c'était rarement le cas. Comme tous les hommes des Iles de Fer il avait testé le fait de posséder des femmes-sel et en avait enlevé lors de ses premiers raids à la tête de la Veuve Salée. Cela remontait à plusieurs années déjà et les souvenirs avaient tendance à s'émousser avec le temps, sauf que celui-ci restait fermement ancré dans son esprit. Il avait plutôt eu la nausée à force de fréquenter cette femme, pleurnicheuse, qui reculait dès qu'il esquissait le moindre geste vers elle, un peu comme s'il était l'être le plus repoussant de Westeros. Non, elle n'avait pas mis de sel dans sa vie, mais plutôt une profonde contrariété. D'un autre côté les femmes dociles semblaient être la tasse de thé des habitants des Iles de Fer et certainement qu'il faisait exception comparé à ses homologues. En réalité, Sargon ne se souciait pas assez des autres Fer-nés pour savoir quels étaient leurs goûts en matière de femmes. Et pour être sincère, même s'il avait eu l'occasion d'en prendre connaissance, cela ne l'intéressait tout simplement pas. Il resta simplement silencieux alors qu'elle riait avant de répondre à propos du fait qu'elle pourrait servir à son oncle. Igon Harloi n'était pas comme les marins du capitaine, il était un véritable Fer-né dont la poigne restait ferme et l'esprit sans faille. Pour être sincère, Sargon le trouvait même en meilleur état que son fils, malade et chétif depuis l'instant où il avait vu le jour. Le jeune homme avait du mal à envisager que l'homme déjà très âgé pour un natif des Iles de Fer, puisse rendre l'âme avant de nombreuses années et dans ce cas, uniquement lors d'une bataille sans pareils. Même si l'âge atténuait ses réflexes, le Harloi considérait que son oncle devait certainement être encore plus capable que n'importe qui de rendre hommage à ses femmes-sel. Ce n'était pas sans raison que son neveu lui en offrait autant après tout.

     De toute manière, le capitaine de la Veuve Salée ne comptait pas lui laisser le luxe de choisir qui serait son propriétaire. Déjà qu'il n'accordait pas de faveur aux femmes libres, ce n'était pas pour commencer avec une esclave – puisque c'était ce qu'elle était à ce jour – aussi noble soit-elle. Il était vrai que le comportement adopté par Aïssatou donnait le sentiment qu'elle avait été habituée à une vie de richesses, certainement que son époux devait être comparable aux Princes Marchands Lysiens ? Avec un tel caractère, nul doute que Igon Harloi allait certainement en faire une simple domestique. Il avait beau aimer les femmes caractérielles, sa patience s'était érodée avec les années et il ne saurait guère l'apprécier à sa juste valeur. Contrairement à Sargon. Comme si la belle panthère lisait dans les paroles de son interlocuteur, elle l'informa bien aimablement qu'elle ne comptait pas se prêter au jeu de la gentille femme-sel. Il avait cru le comprendre en effet. Avant qu'il ne puisse la remettre à sa place, elle enchaîna pour répondre au sujet de son époux qu'elle ne connaissait visiblement que depuis peu. Pas de sentiments dans sa voix, très certainement un mariage arrangé comme lui-même prévoyait de le faire avec une femme des Iles qui saurait lui apporter des avantages. C'était le meilleur moyen pour permettre à ses intérêts de grossir après tout. En conclusion, alors qu'elle avait détourné ses yeux du pirate qui la scrutait toujours, la jeune femme l'interrogea sur ses « occupations ». Cette fois-ci, ce fut au tour du Fer-né de rire légèrement, d'un air à la fois moqueur et amusé. Il était vrai que connaître la vie des habitants des Iles de Fer permettait de comprendre cette hilarité. Il ne se priva pas d'éclairer sa lanterne par ailleurs.

     ▬ Mis à part piller ? Et bien je dirais... Me faire des amis et en profiter pour rendre le château plus accueillant et plus agréable visuellement parlant. Le ton était ironique, lorsque l'on voyait que la décoration était proche du néant, il était aisé de comprendre qu'il voulait faire savoir qu'il passait tout son temps à piller. Déportant son attention sur la servante agenouillée devant la cheminée où mes flammes naissaient, il reprit. Au cas où tu l'ignorerais, nous sommes en guerre contre Westeros et par conséquent, ma seule activité est de piller et razzier. Bien évidemment il faut aussi décharger, programmer la prochaine attaque et embaucher des marins pour remplacer ceux tués. On peut dire que je fais de l'intendance je présume ? »

     Il se moquait un peu d'elle, ayant bien remarqué qu'elle semblait avoir une sorte de « snobisme » qui seyait bien aux femmes du continent en général. Mais elle avait une manière de présenter les choses qui ne donnait pas envie à Sargon de le remettre trop violemment à sa place. La domestique avait terminé d'allumer la cheminée et se redressa pour quitter la pièce alors que le bois commençait à craquer dans l'âtre. Seules quelques secondes étaient passées le temps qu'il laisse sa réplique faire son petit bonhomme de chemin dans l'esprit de la jeune femme. Elle apprendrait rapidement que le Harloi maniait aussi bien l'ironie et la moquerie que son épée en acier Valyrien. Alors qu'il bougeait légèrement pour reprendre une position plus confortable – en considérant que le confort puisse être associé à une table en bois dur – il continua.

     ▬ Puisque tu sembles t'intéresser au sens des choses, sache que si les femmes-sel portent ce nom, c'est en raison du fait que vous veniez de la mer. Les captives sont enlevées à l'air des boutres alors que les épouses légitimes portent le nom de femmes-roc, car elles sont associées à la terre sous nos pieds. Il avait presque l'air d'un professeur en train de faire une leçon à son élève. Un sourire amusé se peignit sur ses lèvres avant qu'il ne reprenne. Mais pour ma part, je voyais plutôt cela sous l'angle suivant : les femmes-sel se désagrègent dès qu'un peu d'eau leur tombe dessus alors que les femmes-roc supportent tout. Une seule baignade et vous disparaissez. »

     Une fois de plus, il se moquait un peu d'elle, la provoquant pour voir la manière dont elle allait réagir et surtout pour tester sa résistance. Lorsqu'il rencontrait quelqu'un pour la première fois, le capitaine éprouvait le besoin de vérifier sa solidité, voir s'il s'agissait d'une personne qu'il pourrait casser sans peine, ou au contraire de quelqu'un qui se montrerait intéressant à provoquer. Le Harloi vivait presque uniquement de relations tendues, il avait besoin de pouvoir s'opposer à des personnes de fort caractère et ce n'était pas sans raison qu'il ne s'entourait que de personnes qui ne le supportaient pas particulièrement. Au moins elles, elles n'hésitaient pas à lui dire ses quatre vérités. Cela lui permettait de garder son esprit aiguisé comme le tranchant de Crépuscule et de pouvoir toujours rivaliser d'ingéniosité. Comme il s'intéressait aussi au côté « noble » ce sa captive, le jeune homme décida de se renseigner un peu plus à ce niveau. Déjà il savait qu'elle n'avait pas fait un mariage d'amour, ce qui signifiait forcément que son père l'avait « vendue » et il devait donc avoir des moyens pour mettre cela en place. Les roturiers ne se mariaient que par amour, pauvres idiots qu'ils étaient. Sans gêne, il entra donc dans la sphère privée de la panthère des Iles d'Été.

     ▬ Et dis-moi donc pour quelle raison est-ce que je devrais considérer que tu mérites d'être offerte à mon oncle ou même de me servir ? Je ne vois rien qui me prouve que tu ne sois pas juste bonne à servir à un marin. Serais-tu d'une naissance plus élevée que mes rameurs ? »

     Il avait pour habitude de toucher la fierté des gens pour qu'ils disent la vérité. Restait à voir si Aïssatou était du genre à défendre le fait qu'elle n'était pas juste bonne à écarter les cuisses pour la lie des Iles de Fer, ou si elle allait se montrer aussi désintéressée que lui pour ce que les autres pensaient d'elle. En tous les cas, il ne mimait pas son intérêt pour elle, la jeune femme avait quelque chose qui accrochait l'attention, restait à voir si elle savait aussi la retenir.


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Message Dim 15 Juil 2012 - 19:55

Sargon était un homme de guerre.
Guerre. Un autre mot qui fait échos au prénom du capitaine. Décidée à ne pas se laisser briser par cet homme, Aïssatou se rendait compte que la confrontation ne serait pas physique. Ses tirades étaient autant de piques, de coups d'estoc et de taille. La mer n'était plus son champ de bataille, cet échange verbal n'était qu'un affrontement de plus à ses yeux. Une joute qu'il était visiblement certain de gagner, au vu de son assurance narquoise et sa position dominante.
Sargon faisait face à une jeune femme née sur les îles de l'été, îles de paix et de sérénité, îles de marchands, d’artisan et de prière à l'amour et aux plaisirs. N'étant pas particulièrement passionnée de poésie et d'échange courtois, Aïssatou aimait les échanges clairs, francs et directs. C'est dans ce subtil mélange de curiosité incertaine et de passion vive qu'elle avait aimé Assanatou.
L'homme qui lui faisait face lui semblait ni curieux des contrées qu'il pillait et encore moins serein. Depuis sa capture il avait au contraire entretenu l'angoisse et la peur, n'accordant même pas à ses captives le luxe de connaître leur avenir. Alors qu'il révélait enfin à sa captive ce qu'elle allait devenir, Sargon le faisait avec flegme, jouant d'elle comme le ferait un chat avec une souris.
Si elle avait été sur les îles de l'été infini, Aïssatou n'aurait pas daigné répondre à un tel individu. Il était tentant de se murer dans le mutisme afin de fuir l'affrontement, Aïssatou n'avait pas les armes pour lui tenir front. Elle n'avait pas même l’habitude de se confronter de la sorte à un individu du sexe opposé.
Sargon n'avait pas tout à fait tort : son enfance dorée faisait d'elle une femme de sel, sa peau s'érodera au contact des embruns marins, ses lèvres charnues gerceront sous le froid mordant, ses nattes soyeuses l’étioleront...
Sargon n'avait pas tout à fait raison. L'été dans les veines, fer contre fer : ce sont ces îles contre sa volonté. Aïssatou, et elle ne le savait pas encore, était une femme plus forte qu'elle ne le soupçonnait elle-même.

Se levant, l'espace d'un soupir elle frôla le capitaine. Ses longues nattes relevées de nacres et d'argent tintèrent sur ses épaules contrastant avec ses vêtements brunis par la crasse du voyage. De naissance plus élevée ou non, elle était dans un état si miteux que même un marin aurait eu raison d'hésiter à la prendre.
Aïssatou se dit qu'il faudrait qu'elle se lave dans des décoctions de menthe et de miel pour retrouver un corps sain et limiter les risques de maladie de peau. Elle fut prise d'un petit rire nerveux qui vu de l’extérieur pouvait être interprété comme moqueur.
Avant de se diriger vers l'âtre, toujours à quelques centimètres de Sargon qui venait de l'interroger sur sa condition elle lui adressa un grand sourire. A la fois ironique sur son sort et sur le choix de Sargon :
" - De naissance plus élevée c'est sans doute le cas. Mais il faudrait que tes marins et toi aient des tendances nécrophiles pour penser à me prendre : c'est à peine si vous m'avez fourni un pot de chambre. Je pue la mort et il me semble que ces vêtements tiendront debout une fois que je les aurais retiré.
Elle s'approcha du feu tout en parlant. Bien consciente que son aspect était pitoyable elle préféra couper l'herbe sous le pied de Sargon.
- Ho, ce n'est pas que je pense à me faire belle pour ton oncle mais vois-tu, si je ne me lave pas je vais finir par partager une chose avec ton second roux : ses puces. "

Éludant les sous-entendu sur sa possible inutilité, Aïssatou posa sa main gauche contre la pierre de la cheminée et approcha son corps des flammes. La douce lumière d'or illumina sa peau de lueurs chatoyantes et mordorées, réchauffa ses pieds et ses doigts glacés, adoucit sa gorge nouée.
Non.
Aïssatou avait le sang de l'été dans les veines. Si il fallait tenir bon face au Marin de fer, la Femme sel ne se laisserait pas emporter par la mer. Si il fallait combattre le fer par le fer, c'est sa volonté qui l'emporterait.
Tes mots sont du vent, Capitaine. Je te montrerais qui je suis.
Lentement, elle se retourna et fit face à son interlocuteur. Entourée d'un halo d'or et de feu, elle se tenait droite et fière.
"- Fais-moi rencontrer ta mer. Tu es de fer moi d'été mais tu te trompes à mon sujet : je ne suis pas faite de sel, tes vagues ne m’emporteront pas.
En son fort intérieur, elle ajouta : de fer ou d'été, la mer reste la mer et je suis son enfant autant que celui là.

Aïssatou n'avait ni l'envie ni les capacités de battre Sargon sur le terrain où il tentait de l'amener. Les mots n'étaient pas son champ de bataille, afin de combattre à armes égales il fallait l'amener sur d'autres chemins ... plus empirique.
Ses prunelles noires plongèrent sans retenue dans celle du Capitaine. Cherchant autant à le convaincre du sérieux de sa requête qu'à sonder cet homme au delà de ce qu'il lui permettait de savoir de lui.


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Sargon Harloi
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Message Lun 16 Juil 2012 - 13:07

     Sargon s'amusait de cette conversation, bien que la fatigue du voyage semblait avoir atténué les défenses de la captive. À moins qu'elle ne soit pas friande des joutes verbales ? Le Harloi avait toujours considéré que les femmes n'étant pas capables de se battre physiquement parlant, elles devaient maîtriser la discussion et ses dérivés mieux que leurs homologues masculins. Ce n'était pas forcément le cas pour toutes les dames, sans compter qu'il ignorait totalement si celle-ci était bel et bien issue d'un noble lignage ou non. Elle portait un patronyme et semblait avoir été mariée à un homme assez riche pour posséder son propre navire, mais il était évident que leurs traditions n'étaient pas comparables à celles des Iles de Fer. De toute manière, c'était sans importance aux yeux du capitaine, les Fer-nés n'avaient pas d'intérêt pour les titres et un noble pouvait aussi être aussi bien traité qu'un roturier et vice et versa. Qu'elle soit noble ou quelque chose d'approchant n'avait donc aucun intérêt pour Sargon qui estimait bien plus de roturiers que de nobles sur les Iles de Fer. Il n'y avait qu'à voir son équipage pour le comprendre.

     Il resta muet lorsqu'elle le frôla pour s'approcher de la cheminée alors que ses nattes tintaient étrangement. Elle avait réellement un physique original, les Fer-né n'étaient pas vraiment du genre à prendre soin de leur apparence – Sargon étant une exception sans pour autant être particulièrement soigné – autant dire que son apparence tranchait beaucoup avec ce que le capitaine avait l'habitude de voir. C'était peut-être pour cette raison qu'il envisageait sérieusement de la garder pour lui. Une certaine lassitude de voir des femmes des Iles de Fer qui se ressemblaient toutes au final, un peu de changement permettait à l'envie et l'intérêt de regagner en vigueur. Son regard ne quittait pas la demoiselle alors qu'il détaillait avec intérêt les reflets du feu qui se projetaient sur sa peau aussi sombre que l'ébène. Avec une certaine surprise, le jeune homme regarda le sourire qu'elle lui offrit, ce n'était pas tous les jours qu'une captive lui donnait une telle manifestation de « joie », même si au fond un sourire pouvait revêtir bon nombre de causes. Ainsi donc, elle n'était pas qu'une simple paysanne du coin ? Ce n'était pas si surprenant, son physique ne s'y prêtait pas, mais après tout, il ne connaissait rien des Iles d'Été et les femmes pouvaient bien être toutes aussi soignées qu'il l'ignorerait. Lorsque la jeune femme fit référence à son état physique et à l'odeur qu'elle pouvait dégager, Sargon rigola légèrement. Il était vrai que le retour d'un raid était toujours assez.... Crasseux. Lui-même n'avait rien pour l'avantager et il devait certainement dégoûter plus d'une continentale dans un tel état, mais c'était sans importance sur les Iles.

     Le prenant de court, elle l'empêcha de lui demander s'il souhaitait qu'elle se rende présentable pour plaire à son oncle. Cela aurait été une possibilité, mais il pouvait comprendre qu'elle souhaite se débarrasser de la crasse accumulée depuis leur « rencontre », il lui en donnerait l'occasion, mais pas avant de lui avoir parlé davantage. Sargon considérait qu'il fallait battre le fer tant qu'il était encore chaud, même si elle était plus sel que fer à ses yeux pour le moment. Contemplant toujours Aïssatou, le Harloi la laissa formuler une requête plutôt originale. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait droit à de pareilles demandes et c'était sans compter qu'elle parlait avec un tel aplomb qu'il éprouvait le souhait de la mettre à l'épreuve. Un sourire encore plus amusé se dessina sur les lèvres du Fer-né alors qu'il avança d'un pas pour réduire presque à néant la distance qui les séparait. La proximité gênait souvent les donzelles, c'était une habitude qu'il avait donc pris chaque fois qu'il conversait avec une femme.

     ▬ Tu m'as l'air bien sûre de toi. Est-ce que tu ne penses pas qu'il vaudrait peut-être mieux apprendre à quoi tu as affaire avant de vouloir entrer directement dans le vif du sujet ? »

     Même s'il ne le montrait pas, Sargon était plutôt heureux de constater qu'elle ne jouait pas la carte de la prudence et qu'elle aimait aller au devant des difficultés pour les défier. La prudence n'était pas un sentiment bien familier au Harloi, au contraire il était davantage du style à tabler sur le risque. C'était bien plus payant et il considérait que rien ne servait de vivre si c'était pour se laisser brider par des règles ou de la prudence. Sinon la vie devenait comme un fruit fade et farineux, gâté et pleine de vers. Après avoir soutenu le regard sombre de la jeune femme un bref instant, il hocha finalement la tête en lui faisant signe de le suivre. Elle voulait rencontrer sa mer ? Soit, ce n'était pas bien compliqué, elle était en permanence à leurs côtés. Il s'éloigna de quelques pas de l'âtre avant de s'arrêter pour pivoter légèrement et poser ses yeux sur le visage de la captive.

     ▬ Ne t'en fais pas, tu pourras te laver et te changer une fois que je l'aurais décidé. Si ça te rassure, mes marins aiment tout particulièrement le goût du sang sur leur partenaire. »

     Il rigola légèrement. Était-il sérieux ? Peut-être, peut-être pas. Certains Fer-nés préféraient les moments « d'intimité » dérobés lors d'un pillage avec une partenaire non consentante, mais ce n'était pas non plus les cas de tous les rameurs de la Veuve Salée. De toute manière, Aïssatou était désormais la propriété des Harloi, soit pour le vieil Igon, soit pour Sargon, mais ce qui importait était qu'aucun homme n'irait lui demander des faveurs pour cette raison.
     Chassant cette question de son esprit, le capitaine reprit sa marche sans vérifier que la femme-sel le suivait. De toute manière, elle n'avait aucune chance de s'enfuir, à la rigueur elle pouvait déserter de Kenning, mais pas des Iles de Fer. Une telle action aurait été stupide, le jeune homme n'était pas un propriétaire exigeant, il n'avait aucun problème à laisser une grande liberté à ses femmes, mais encore fallait-il qu'elles ne le trahissent pas. Si c'était le cas, Sargon ne s'ennuyait pas avec des femmes désobéissantes, il s'en débarrassait tout simplement. Le duo regagna la porte d'entrée toujours sans rencontrer personne et ils se retrouvèrent bientôt à l'extérieur où un vent fort soufflait sur l'île de Harloi. Chargé de sel, il dégageait une odeur particulière ainsi qu'un froid supportable pour quelqu'un qui y était habitué. Ce n'était pas le cas de la captive, mais le jeune homme ne daigna pas lui offrir quelque chose pour la protéger du vent froid. Continuant sa marche, il mena Aïssatou aux abords de l'île où il était né et avait grandi. Les récifs étaient visibles, les vagues venaient s'écraser dessus avec force et fracas tandis qu'une légère brume arrivait jusqu'à eux. L'eau était froide et brutale, un peu comme les habitants de ces îles, aucun doute que ce n'était pas la même mer que celle que la jeune femme devait connaître. Le ressac était très fort et couvrait presque les discussions alentour. Tournant ses yeux vers la jeune femme sans faire attention au vent qui s'engouffrait dans ses vêtements, Sargon reprit la parole.

     ▬ Crois-tu réellement que cette mer puisse te laisser telle que tu es aujourd'hui ? Il était vrai qu'elle était chargée de sel et agressait la peau. Rares étaient ceux qui allaient s'y baigner bien évidemment, sans compter que sa brutalité et sa « liberté » pouvait noyer même le plus fidèle Fer-né. Elle était sans pitié et sans compassion. Elle n'a jamais laissé personne partir une fois qu'elle l'avait pris. Et je parle aussi bien des Fer-nés que des femmes-sel, même si le taux de mortalité des captives est bien plus élevé je te l'accorde. »

     Il disait cela avec un sourire comme si cette déclaration l'amusait. Mais c'était peut-être le cas justement.


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Message Lun 16 Juil 2012 - 16:56

Maintenant réchauffée par l'âtre qui ronronnait derrière elle, Aïssatou se sentait à la fois plus forte et fragile. Ce maigre réconfort étant éphémère, il faudrait bientôt retourner affronter la grisaille des froides contrées de fer. Il aurait été tellement tentant de s'effondrer devant l’unique source de chaleur, elle roulait à ses pieds, des vagues brûlantes avant de remonter ses jambes puis son dos.
Ces flammes évanescentes ne devaient faire plus qu'une avec son corps, autrement Sargon aurait raison.

Après avoir fait résonner la pièce vide d'un rire en demi-tinte Sargon s'avança de quelques pas vers elle, puis encore un dernier.
Le capitaine était si proche d'elle qu'elle pouvait maintenant sentir le souffle de sa respiration balayer son visage. De grande taille elle était à deux pouces de le tenir en respect, elle pencha alors la tête sur le coté ce qui fit encore tinter ses cheveux. Consciente que la lumière rougeoyante de l'âtre la mettait en valeur malgré son piètre état, Aïssatou qui se tenait jusque là droite et élancée relâcha ses muscles au profit d'une position plus lascive. Plus imposant que les archers élancés des îles de l'été, le buste de Sargon la frôlait à chacune de ses puissantes expirations. Bien qu'il n'était pas plus grand qu'elle il est clair que le maître des lieux n'avait aucun mal à imposer sa présence . Froide et dénudée, la pièce semblait encore plus petite qu'en réalité tant l'homme occupait le champ de vision de sa prisonnière. Quand il se moqua de son assurance Aïssatou se contenta de le défier encore plus en diminuant encore l'espace qui les séparait. Fer pour fer ...

Sans un mot il quitta la pièce, Aïssatou lui emboîta le pas. Il traversa à l'envers le couloir, passa de nouveau la porte du fort. Un courant d'air s’engouffra dans les entrailles de pierre, lame glacée contre sa peau.
Elle inspira : fer pour fer, l'été dans les veines. Elle ne broncha pas alors que le vent soufflait contre le roc, accompagnant leur marche silencieuse. Tenant le rythme imposé par Sargon, elle oublia le gris du ciel, de la terre, des hommes : rien que des couleurs passées, en aucun cas cette île grise ne pouvait entamer ce qu'elle était réellement.

Fer pour fer, l'été dans les veines :
« je suis Aïssatou, et tu ne peux pas m’atteindre tant que tu ne sais pas qui je suis ... »

Aïssatou n'était pas dupe : si l'envie l'en prenait Sargon pouvait la tuer sur le champ, il avait la force de la briser physiquement. Mais que pouvait-elle y faire ? Rien. A quoi bon s’appesantir sur ce qu'elle ne pouvait pas maîtriser ? Puisqu'il jouait avec elle, autant tenter de jouer les cartes qu'elle avait en main.
Comme saoulée par la fatigue et le froid, par tant de sensations inconnues et douloureuses, Aïssatou ne ressentait finalement plus ni le vent, ni la peur. C'était la une forme d'abandon d'elle-même, la jeune femme avait un caractère si entier qu'elle avait finit par dépasser ses propres peurs.

« Je suis Aïssatou, tu penses me briser par les mots ? Tu penses réellement que me contraindre me pliera à ta volonté ? Tu ne connais ni mes joies ni mes peines, tu ne connais de moi que le fantasme que tu t'en fais. Tu ne sais pas à quoi t'attendre avec moi, moi je sais ce que les hommes attendent d'une femme ... »

Lors de son adolescence on lui avait appris que tout ce qu'un homme attendait d'une femme était la satisfaction. Il y avait 1000 et 1 manières de satisfaire un homme, ce qui importait n'était pas réellement de le satisfaire mais de trouver comment le faire. Alors, n'importe quelle femme tenait au creux de ses mains toutes les épées, toutes les guerres, toutes les joies et les peines, toute la vie d'un homme. Pour réussir à suffisamment connaître un homme il fallait le surprendre : maître de la situation aucun homme ne se risquait à dévoiler ses sentiments et ses envies. Mais surprenez-le, emmenez-le en dehors des chemins habituels et il se sentira si dépaysé qu'il s'abandonnera petit à petit.
« Plus je l'étonnerais, moins il s’intéressera à ce que je suis réellement, plus il se dévoilera.. »

«  Elle n'a jamais laissé personne partir une fois qu'elle l'avait pris. » Comment serait-il possible de nier une telle évidence ? Le ressac grondait comme le tonnerre des nuits d’août.
Les années passées dans l'ombre de ses frères avaient appris à la jeune femme à être observatrice, plus bas, un chemin de roc et de galet menait à une petite crique où le ressac était ralenti par un guet naturellement formé par une nervure rocheuse.
Et si elle se noyait ? Il suffisait que le vent se lève pour que les vagues grossissent un peu plus. Aïssatou jeta un coup d’œil au sourire goguenard de Sargon  ce qui la décida, il fallait imprimer dans l'esprit du capitaine à qui il avait à faire. Le reste ... la mort vient quand elle vient, ça non plus Aïssatou n'y pourrait rien.
Sans lui demander son avis, elle s'avança vers le sentier de rocailles en gardant le silence. Elle prit son temps pour descendre, ne souhaitant pas glisser bêtement contre un galet. Arrivée finalement au bas de la crique, la mer accueillit son hôte d'une vague mourante. L'eau bouillonna contre ses chevilles, glacée.

Aïssatou se pencha pour attraper les pans de sa robe en loques puis se redressa en la passant par dessus sa taille. Jetant à peine un regard à Sargon de peur que sa réaction ne la pétrifie, elle laissa choir au sol l'ancienne robe de précieuse soie colorée.
Sans se laisser le temps de réfléchir, elle s’engouffra dans l'eau noire malmenant ses pieds contre les roches et les algues. Pour ne pas se laisser submerger par le froid ou le flot de ses pensées, elle fit deux brasses énergiques et se retourna vers Sargon :

« - Celle que je suis aujourd'hui n'a plus d'importance. » Et elle le défia du regard en levant un sourcil, les épaules voûtées pour résister aux vagues et au froid elle pouvait faire penser à un chat prêt à bondir.

C'était vrai. Elle savait qu'il fallait faire le deuil de sa vie passée, de la douceur de l'été, des étoffes et des mets qu'elle avait toujours côtoyé, Sargon pouvait bien le lui rappeler elle avait eu tout le loisir de son trajet en mer pour analyser cette situation sous tous les angles. Il ne lui restait que deux choses : la foi et ses rêves.
Aïssatou ne rêvait pas de luxe et sa foi prônait le plaisir. Il fallait s'en remettre aux Dieux, à son enseignement ... et à la réaction de Sargon.

Elle le défia de la rejoindre.
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Sargon Harloi
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Message Lun 16 Juil 2012 - 19:06

     Il fallait avouer que le Fer-né ne s'était pas attendu à cette réaction. Lorsqu'il la vit s'approcher du sentier rocailleux et glissant, le jeune homme songea d'abord à lui envoyer une pique pour la mettre en garde, mais quelque chose lui murmura de se taire et de la laisser faire. Il voulait voir jusqu'à où elle serait prête à aller pour si différencier de la masse informe des femmes-sel. Pourtant, la certitude qu'elle agissait de la sorte parce qu'elle le souhaitait simplement et non pour se tirer du lot, persistait dans son esprit. Peut-être que les femmes des Iles d'Été étaient toutes aussi originales ? Le regard mordoré du capitaine fixait la silhouette de la captive qui se trouvait à présent devant la mer, les pieds balayés par l'eau froide – pour ne pas dire glaciale – de la mer. Elle se débarrassa de sa robe en lui accordant à peine un léger regard comme si sa réaction lui importait peu, il ne se priva donc pas de la suivre avec attention, ne laissant rien le détourner du spectacle que la jeune femme à la peau d'ébène lui offrait. Lorsqu'elle plongea, il s'attendit tout d'abord à ne plus la voir émerger, il en avait vu très fréquemment des femmes qui essayaient de mettre fin à leurs jours en sautant dans les bras du Dieu Noyé, mais étrangement celle qui nageait sous ses yeux ne semblait pas désireuse de se libérer de cette nouvelle vie de servitude. Silencieux, Sargon la fixait lorsqu'elle se retourna pour lui lâcher une simple phrase qui en disait pourtant plus long qu'il n'y semblait. Est-ce qu'elle parviendrait à se défaire aussi aisément de sa vie passée pour se concentrer sur son nouveau rôle ? C'était clairement... Inhabituel. Mais au fond, son mariage avec l'homme dont elle avait parlé avant ne devait pas avoir été très différent. L'esclavagisme revêtait différentes formes et celui proposé par le Fer-né n'était pas le plus horrible qui soit non plus.

     Le regard que la jeune femme lui offrait montrait clairement qu'elle semblait le mettre au défi de piquer une tête à son tour. Ce n'était pas un problème, Sargon était né ici, il s'était déjà baigné des centaines de fois dans cette eau traîtresse et il y avait été noyé avant d'être ramené à la vie par son oncle, prêtre du Dieu Noyé, comme le voulait la tradition des Iles de Fer. Non, l'eau ne lui faisait pas peur, il s'y sentait même davantage chez lui que sur la terre ferme. Pourtant, il ne comptait pas piquer une tête pour prouver à une esclave qu'il en avait dans le pantalon. Il n'avait rien à prouver. À personne. Le jeune homme avança toutefois pour suivre le même chemin que la jeune femme venait d'emprunter, descendant jusqu'à ce que l'eau vienne noyer ses chaussures et tremper son pantalon durcit par le sang séché qui le maculait. Son regard ne quittait pas le visage d'Aïssatou – puisqu'il ne voyait plus que cela désormais – et il esquissa un sourire moins arrogant et plus amusé qu'à l'accoutumée. Elle ne surprenait, c'était un fait, mais surtout l'amusait beaucoup. En voilà une qui n'avait pas froid aux yeux, c'est le moins que l'on puisse dire. Pourtant, le jeune homme n'était pas décidé à lui faire état de ses pensées, à elle de comprendre lorsqu'elle avait touché un bon point où au contraire, régressé dans son estime. Il se pencha légèrement en avant pour le contempler, sans manifester pour autant qu'il avait l'intention de la rejoindre.

     ▬ Tiendrais-tu si peu à la vie que tu n'hésites pas à te jeter dans une eau que tu ne connais pas ? Est-ce que je dois en déduire que t'offrir à l'inconnu ne te fait pas peur ? Son sourire s'accentua légèrement. Surtout dans une telle tenue. »

     Crépuscule pendait à sa ceinture et rien que pour cette raison, le jeune homme n'envisagerait pas de l'abandonner sur la plage pour aller faire trempette avec une sirène à la peau d'ébène. Pourtant ce n'était pas l'envie qui pouvait lui manquer, mais il n'allait pas se laisser dicter sa conduite par une femme, aussi surprenante soit-elle. Non, pour le moment il était surtout en train de se dire qu'il avait été bien inspiré en décidant de garder cette captive pour son usage personnel. Par ce comportement, Aïssatou venait de passer du statut de « potentiel cadeau » à celui de « femme-sel réservée à son usage personnel ». Il n'avait pas particulièrement envie de posséder une femme pour l'usage qui était habituellement réservé à ces créatures, non, ce que le Harloi souhaitait était d'avoir une femme avec du plomb dans la cervelle et qui puisse l'amuser et le surprendre. En somme, ce qu'une femme-roc serait certainement incapable de lui offrir. Il était de notoriété publique que les femmes des Iles de Fer se ressemblaient toutes et qu'elles ne possédaient pas de grande fantaisie. Helya était plus semblable à la guerrière qui ne se laissait pas approcher qu'à une femme divertissante. Chassant ses pensées alors qu'il fixait toujours la belle du regard, le jeune homme continua.

     ▬ Mais tu as de la chance, ce n'est pas tous les jours que ces eaux ont l'occasion d'accueillir une pareille sirène. Tu devrais peut-être t'en méfier, si ça se trouve le Dieu Noyé va décider de te garder pour son usage personnel. »

     Son ton était nonchalant et non plus moqueur. Elle lui plaisait bien en agissant de la sorte, mais il n'allait pas obéir à ses envies et réagir à son défi pour autant. Le capitaine se redressa, glissant machinalement sa main sur le pommeau de son épée, la principale raison de l'absence de réponse positive à l'invitation de la demoiselle. Elle apprendrait bien avec le temps que Sargon était si arrogant qu'il n'éprouvait pas le besoin de réagir à la provocation d'autrui, sachant très bien quelle était sa valeur.

     ▬ Profite-en pour te débarbouiller correctement, tu nous feras éviter un bain et en plus tu sentiras bon le sel de mer. Au final, tu seras peut-être quand même en sel. Même si je t'accorde que pour le coup, tu es bien plus audacieuse qu'aucune autre. Ou imprudente ? Un nouveau sourire se plaqua sur ses lèvres. Fais attention à toi, tu n'es peut-être pas seule dans ces eaux et crois-moi, tu risques d'éveiller beaucoup d'appétits dans cette tenue. »

     Dont le sien ? Peut-être. Mais peut-être que non, il ne laissait que rarement entrevoir ses pensées à ce niveau. Le privilège d'être celui qui dominait.


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Message Mar 17 Juil 2012 - 14:32

Il sourit.
La silhouette de l’Insulaire se détachait nettement des roches. Fièrement campé dans ses bottes, ses vêtements noircis par la mort et la mer, le fourreau de son arme tintant contre sa cote d’écailles au rythme du vent. Ses yeux ne la quittaient pas, sans doute pour lui montrer qu’il n’avait pas besoin de chaîne pour la faire sienne. Un regard inquisiteur, envahissant, emprisonnant : il serait très difficile d’échapper à Sargon, c’était une évidence. C’était sa mer, sa terre, le ciel gris qu’il côtoyait sans doute depuis son enfance, l’herbe qu’il avait foulé encore et encore. C’était les plages de ses souvenirs, peut-être de son enfance. Restant imperturbable, il la fixait avec cet éternel sourire en coin depuis le débarquement de son bateau. Comme tout ce qui entourait Sargon, il lui signifiait clairement qu’elle était sienne. Durant tout leur échange il avait eu un sourire arrogant et fier, se sachant supérieur et affirmant sa position dominante. Aïssatou avait eu peur que ce sourire cache des projets plus sombres que ce qu’il voulait bien lui dire.
Mais il avait sourit.
Pas vraiment par arrogance, encore moins par moquerie. Un simple sourire qui, elle voulait le croire, trahissait l’intérêt qu’il lui portait. Ce sourire-là adoucissait presque l’emprise du geôlier. Si le sort d’Aïssatou différait de ce qu’il avait annoncé, son expression aurait été autre. N’est-ce-pas ? Il ne s’agissait « que » de devenir sa femme ? Alors il était encore possible de protéger ses rêves et sa foi, elle en était à présent certaine. Aïssatou s’accrocha à cette idée et se retourna pour s’abandonner à la mer. A grande brasse énergique, elle avança dans le courant glacé : un Dieu qui s’était noyé ? Etait-ce lui qui glissait contre ses jambes, attaquait ses articulations ? Le froid était si intense qu’il lui semblât être dévoré à vif. L’horizon montait et descendait au grè des vagues et du vent, il était difficile de discerner ciel et mer. L’estivale aurait pu se sentir minuscule, perdue dans l’immensité de ce monde, loin de chez elle et de ce qu’elle était.


-

Celle que je suis n’a plus d’importance. Je suis sans doute morte sur ce bateau, au fond de la cale. L’important est ici. Couper les vagues de mes mains, les plaquer contre mes haches, coup de pied énergique pour avancer, la tête haute pour respirer. Si j’ai froid c’est que je suis vivante, je ne suis pas faite de sel. Et en me laissant porter par la puissance des vagues, je fis demi-tour. Le vent et les vagues couvraient presque la voix de Sargon, toutefois il avait suffisamment de coffre pour rendre ses phrases intelligibles.
« - Il faudrait alors que je vive continuellement dans la peur ? Tout ce monde-là m’est inconnu. »
Je désignais de la main le paysage morose qui s’étendait à perte de vue. J’ai mieux à faire qu’avoir peur, surtout d’un Dieu qui s’est noyé. Là d’où je viens on ne prie pas ce qui est mort.
C’est sans doute résumer en une phrase tout ce qui différenciait les îles d’été et celle de fer. Au Nord ce qui est mort ne meurt pas. Au Sud vivre c’est sentir la vie. Là on pille, razzie et se retranche dans des forteresses de grès gris, ailleurs on voyage, on échange on découvre les beautés de ce monde dans des maisons aux fresques colorées.

-

Sargon avait raison : sa sirène sentait le sel. Cette simple constatation fit sourire sincèrement la jeune femme. Prenant de l’eau dans ses mains, elle se débarbouilla le visage. Le sel d’ici sentait la même chose que son sel à elle. Grise, noire ou bleu d’azur la mer restait la mer. Un effort d’imagination, et il se mêlait à l’odeur iodée celle des fleurs et des pins. Elle frissonna alors qu’elle restait statique dans l’eau, aussi décida-t-elle de sortir avant de transformer sa future bronchite en pneumonie aggravée.
« - Tu as raison, je sens bon le sel à présent, pour autant je reste une femme. »
Elle avait décidé de ne pas faire cas de ses remarques, lui laissant ainsi le loisir de faire son choix lui-même quant à son comportement. De plus, l’ignorer n’était pas pour lui déplaire : elle s’était convaincu qu’il ne lui ferait pas de mal ce jour-là, et surtout la fatigue et le froid gelaient son raisonnement. Aïssatou était à la fois lucide et inconsciente, comme saoule de froid elle comprenait très bien qu’elle dépassait les bornes … pour repousser ses propres limites.

Malgré tout, sa peau luisante d’eau était craquelée de chair de poule et ses pieds tendres avaient été sauvagement agressés par les rocailles. Elle savait qu’elle tomberait sans doute malade, le voyage et cette démonstration l’avaient vidée de ses forces. Lentement son regard glissa de Sargon à la robe en loques : elle n’avait aucune envie de la remettre, c’est du bout des doigts qu’elle la souleva du sol. Puant la sueur et la peur, la femme-sel lui préférait effectivement l’odeur de la mer. Décomplexée par ses années à honorer les Dieux, elle préférait sa tenue de sel et d’eau à la tenue crasseuse.
Je suis en vie … Il va bien falloir le rester. En soupirant elle repassa soierie et chemise, se demandant si elle aurait au moins le luxe d’avoir un bain chaud.

« - Tu laisserais n’importe qui croquer le cadeau de ton cher oncle ? Tu n’as donc pas de vergogne d’offrir un présent usagé ? »
Libérée de toute contrainte sociale, Aïssatou parlait comme l’instinct le lui dictait. Ses propos étaient plus crus que la plupart des jeunes femmes de bonnes familles, plus tranchés que tout ce qu’elle avait pu dire ou penser dans sa vie. Désinhibée et comme droguée par la bise, ses mots sonnaient finalement plus justes, vierges de toute mondanité. Pourtant, Aïssatou conservait cette aura de noblesse qui l’entourait. Fière, sa nudité n’était pas un frein à l’arrogance. Elle le fixait avec une certaine dose de hargne et de désinvolture, si elle avait été parée d'une robe en fil d'or et diamant son attitude n'aurait pas été différente.
Sargon s’en rendrait compte bien assez tôt : son acquisition était aussi imbue d’elle-même que lui.


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Message Mar 17 Juil 2012 - 16:01

     Elle l'intéressait, c'était indéniable, mais il ne le montrait pas ouvertement pour autant. S'il y avait bien une chose qu'il avait apprise avec le temps, c'était que les femmes étaient toutes vaniteuses à leur manière. Certaines plus que d'autres, mais même avec la plus timide d'entre elles, il suffisait de leur manifester un peu d'intérêt pour qu'elles reprennent aussitôt confiance en elle. Les quelques échanges qu'il avait eu avec elle lui permettait de comprendre qu'elle semblait avoir une certaine estime d'elle-même et c'était une bonne chose, sans quoi le Harloi ne se serait même pas fatigué à lui adresser la parole. Il fallait qu'il côtoie des personnes vaniteuses pour mieux pouvoir assouvir son besoin de domination. Quel plaisir ressentiez-vous à écraser une créature qui s'aplatissait déjà devant vous ? Autant Sargon ne rechignait pas à l'idée de frapper une personne à terre, mais uniquement si c'était lui qui l'avait mise dans cette position. Se trouver en présence d'une personne capable de lui répondre et surtout ayant une certaine fierté, lui permettrait donc de pouvoir s'amuser avec elle. Pour le moment, Aïssatou répondait aux standards que le Fer-né pouvait désirer chez une femme, nous parlions bien évidemment du mental puisque le physique était une affaire bien plus compliquée. Autant dire que si de prime abord il n'avait même pas envisagé l'idée qu'elle puisse lui servir de femme-sel, le Harloi laissait de plus en plus cette possibilité s'installer dans son esprit. Quel gâchis que ce serait s'il la confiait à son oncle ! Igon était un homme éveillé avec des besoins que son épouse décédée ne pouvait plus combler, mais il n'aimait pas les femmes d'esprit et semblait bien plus friand des femmes-sel dociles. Tout le contraire de son neveu en somme. Il y avait fort à parier que l'exotisme de la belle à la peau d'ébène le laisserait donc de marbre. C'était dommage, mais cela octroyait une raison supplémentaire au jeune homme pour la garder chez lui.

     Le sourire qui naquit sur les lèvres pleines d'Aïssatou n'échappa pas à son vis-à-vis qui ne la quittait toujours pas des yeux, peu inquiété par les vagues qui venaient lui tremper les pieds d'une eau glacée. Lorsqu'elle s'approcha à nouveau du récif pour sortir de l'eau, Sargon n'esquissa pas le moindre geste à son encontre pour tenter de l'aider, il la laissait se débrouiller et voir ce qu'elle lui préparait. Il n'était pas dans les habitudes du jeune homme de déborder d'attentions à l'égard des autres, il n'offrait pas sa protection à n'importe qui non plus. Ses femmes-sel étaient certes sa propriété, mais il ne prendrait pas la peine de venir à leur secours si elles se trouvaient dans une situation épineuse sans avoir su lui donner l'envie de les protéger. Il était comme ça. Le Harloi avait besoin d'une raison pour donner ses faveurs aux autres et il y avait fort à parier qu'il puisse se montrer très généreux à l'égard d'une femme-sel si elle parvenait à lui prouver qu'elle n'était pas commune. Le problème étant que bien souvent, les captives se moquaient éperdument de sa « protection » et préféraient tenter leurs chances ailleurs. Nombreux étaient les hommes qui cédaient plus facilement à d'aussi jolies courbes que celles de la femme des Iles d'Été qui se tenait devant elle.
     Le spectacle qu'elle offrait aux yeux inquisiteurs de son « bourreau » sembla lui convenir vu la manière dont il la détailla de haut en bas. Pourtant son visage n'affichait aucune autre expression que celle d'un homme qui jugeait sa marchandise. Il voulait voir à quoi il avait affaire. Et pour le moment, de ce qu'il avait vu – puis autant dire que c'était presque tout – cela lui convenait. Comme elle enfilait ses guenilles sales avant de lui poser une question pour le moins surprenante, surtout sortant de la bouche pleine d'une « noble » le Fer-né retrouva son sourire moqueur en soutenant son regard plein de fierté.

     ▬ Un cadeau usagé ? Mais n'est-ce pas déjà le cas ? Il ne la quittait pas des yeux tout en parlant. Tu ne vas pas me faire croire que ton époux ne t'as jamais écarté les cuisses et que ton vagin n'a jamais été exploré ? Il parlait aussi avec une certaine liberté, les jolies tournures de phrases étaient peut-être son dada, mais pas dans ce telles situations. C'était une question rhétorique et elle le savait certainement. Tu as raison sur un point, mon oncle préfère les jeunes pucelles sans expérience. Étrangement je me suis toujours dit que ce genre d'attirance devait être le signe d'un manque de maîtrise de ce domaine. »

     Il ne mettait pas en doute le savoir-faire de son oncle, mais disons que cette passion pour les vierges le dépassait, lui-même avait toujours eu une préférence pour les femmes qui avaient plus d'expérience et pouvaient parler en connaissance de cause. Avoir une jeune pucelle dans son lit revenait à avoir une étoile de mer entre les mains bien souvent et pour être franc, cela avait le don de lui couper toute envie de divertissement à l'horizontale. Son oncle aimait être le seul et unique à pouvoir « connaître » ses femmes, chacun son truc, mais pour Aïssatou c'était l'évidence même qu'elle n'entrait plus dans cette catégorie. À moins que les mariages des Iles d'Été ne soient pas les mêmes que ceux de Westeros ? Ici un mariage non consommé était caduc, mais encore une fois les Iles de Fer faisaient exception.

     ▬ Et puis, ce qui se passe entre nous restera entre nous. Je pourrais bien décider d'user du présent que je vais faire à mon oncle sans que personne ne soit au courant. »

     Mais il ne le ferait pas. Abuser d'une femme sans son consentement n'était étrangement pas à son goût. Mis à part la petite Belmore qu'il avait enlevée lors d'un raid et qu'il avait rendue souillée pour avoir le plaisir de compliquer la vie de son père, Sargon n'avait jamais volé les faveurs d'une femme. Mais ce point n'était pas connu de la femme-sel, elle était donc parfaitement en droit de se dire qu'il pourrait décider de la garder quelques jours de plus avec lui avant de l'offrir à son oncle. Seulement le simple fait qu'elle soit aussi longtemps restée en tenue légère devant lui semblait montrer que ce type de menaces sous-entendu ne l'attendrait certainement pas. Il y avait fort à parier qu'il devrait tenter de trouver un autre moyen de l'embarrasser. Du moins s'il y parvenait. Après l'avoir dévisagé une fois de plus, il laissa un sourire plus amusé qu'arrogant succéder au précédent.

     ▬ Tu restes une femme comme tu l'as si bien souligné, j'ai pu le constater de mes propres yeux. Et quelle femme. »

     Est-ce que c'était une manière de lui montrer que le spectacle qu'elle venait de lui offrir lui convenait ? Certainement. C'était bien le cas. Il aurait fallu être sot où même tout simplement aveugle pour considérer qu'elle n'éveillait aucun intérêt. Quoique, Yoren le second de Sargon ne semblait pas s'intéresser aux plaisirs de la chair, il aurait pu la regarder sans que le moindre intérêt ne passe dans son regard. La mer battait toujours le rocher où ils étaient, le rendant glissant, mais le Fer-né ne semblait pas s'en soucier. Elle avait frissonné, elle avait froid et risquait d'attraper quelque chose de dangereux s'ils restaient dehors, exposés au vent. Pourtant le Harloi ne semblait pas désireux de bouger, peut-être pour profiter encore de ce tête-à-tête improvisé. Ou peut-être qu'il souhaitait simplement qu'elle le supplie de rentrer.

     ▬ Après réflexion, j'ai décidé que tu serais bien plus utile en restant à mes côtés. Ton sort est donc scellé Aïssatou, tu sembles apprécier cette crique, je m'en voudrais de t'en priver en t'envoyant à l'autre bout de l'île. »

     C'était décidé ! Il ne se passerait pas de ce petit plaisir, attendant de voir ce qu'elle pourrait lui réserver à l'avenir. Si par la suite elle se révélait avoir déballé tout son piquant dans cette nage improvisée, il pourrait toujours décider de n'en faire qu'une simple domestique pour son oncle. Rien n'était jamais perdu, surtout lorsque vous vous lassiez aussi rapidement que le capitaine. Il semblait ne pas en avoir terminé avec elle et lorsqu'il reprit la parole, ce fut confirmé.

     ▬ Tu vas attraper la mort si nous restons ici. Mais je me demande bien si tu es aussi prête à changer de vie que tu le prétends. Si tu rentres avec moi, je prendrais cela comme un consentement. Comme je suis quelqu'un doté d'une infinie bonté, je te laisse une dernière chance de me faire changer d'avis. »

     D'avis pour quoi ? Allez savoir, elle avait l'air d'avoir de l'imagination, elle finirait bien par trouver quelque chose d'intéressant, non ?


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Message Jeu 19 Juil 2012 - 8:22

Comment Sargon aurait-il pu savoir ? A mille lieux du climat rude et des cœurs froids de son domaine, les insulaires ont des coutumes et des pratiques qui placent le plaisir et le désir au rang de divinité. Dans les temples, les étrangers diront des bouges, si se sont surtout de jeunes gens qui y vivent hommes et femmes peuvent être vieux, boiteux, déformés ils ne seront pas traités différemment d’un bel éphèbe à peau d’ébène. Aïssatou se souvenait encore des hautes colonnes de marbre blanc d’où tombait en flots vaporeux des tentures de soie carmin. Sur les murs, des fresques érotiques mais pas seulement : des scènes de repas où se côtoyaient des mets exotiques et régionaux, des envolées d’oiseaux multicolores aux longues plumes stylisées, là un enfant bercé par sa mère, ici une calligraphie soignée transcrivait en commun un célèbre poème de l’antique Valyria. Le seul obstacle à l’entrée de ce paradis perdu était la maladie et la saleté, autrement toutes les classes sociales s’y confondaient, s’y côtoyaient, s’y aimaient. On y priait le plaisir par la communion. Une fois passé le pas des portes sacrées, chacun redevaient qui il est, les chemins s’éloignent. C’était une forme d’acceptation de soi et de l’autre, dans ces moments d’échanges une partie de nous était abandonné à l’autre et offerte aux Dieux. Serait-il capable de comprendre une telle vision du monde ? Sans doute pas.

La remarque de Sargon au sujet de son oncle n’avait pas étonné Aïssatou, elle savait qu’au-delà des îles les mœurs étaient bien différentes et c’est d’ailleurs pour ça qu’elle avait répliqué par une pique. Prendre une femme par force ou vouloir la posséder, ce n’était pas des pratiques courantes pour les Insulaires. Bien entendu le mariage scellait un lien entre les deux époux, officiellement plus aucun des deux n’entretient de relation adultère. Il ne lui serait jamais venu à l’esprit de tromper son mari, tout bonnement car le temple des Dieux n’était ni plus ni moins que leur propre cellule familiale selon les traditions. Quel bonheur plus intense que d’entendre les rires et les jeux d’enfants conçus dans le plaisir ? « - Celle de découvrir le mystère du feu dragon» se dit Aïssatou en son fort intérieur. Elle aurait sans doute était heureuse de donner des enfants de son défunt mari, mais elle n’aurait pas été comblée de joie. Si elle avait pu être un homme, si elle avait pu partir pour Villevielle elle aussi, si elle avait pu travailler l’alchimie, l’astronomie, la géographie … Elle éluda les remarques crues sur son intimité, il s'imaginerait peut-être l'avoir vexée ce qui l'arrangeait. Autant qu'il continu sur cette lancée plutôt qu'autre chose.

-

Si imbu de ta prestance, tu n’étais pourtant à mes yeux qu’un amas de sang et de sueur, bouffi d’orgueil. Quel plaisir te procure ce jeu-là, Sargon ? Il t’en faut donc si peu pour t’amuser ? Si j’avais été un homme de ta carrure, arme au poing et maitre de mon bateau-cygne, peut-être aurais-je été capable de comprendre ce besoin d’affirmer ce qui est déjà évident. Le soleil déclinant projetait à tes pieds une ombre étirée et filiforme qui mourrait dans les vagues ; une ombre tout comme les mots censés me blesser.

-

Non, les sous-entendus de Sargon ne pouvaient pas atteindre la sirène d’un jour. Les mœurs des deux peuples différaient trop en ce point précis. Aïssatou aimait cette idée : comme tout rustre du Nord Sargon pensait qu’il était insultant de brusquer une femme sur les choses du sexe. Chaque insulte le faisait passer pour un barbare inculte aux yeux de la jeune femme. Pour terminer, il la complimenta ce qui conforta Aïssatou sur sa première impression : malgré les airs qu’il se donnait, Sargon ne devait être qu’un rustre pirate simplement en manque de désir charnel. Elle se rendrait bien assez vite compte que le fer-né avait plus de jugeote qu’elle le pensait …

Le capitaine offrit justement à sa captive un avant-goût de son fiel étudié. Une dernière chance de choisir ? Quoi qu’elle dise la réponse serait fausse … mais trop certaine de son fait et glacée par le froid Aïssatou ne se rendit pas compte de la subtile pique. En un sens elle était heureuse que sa démonstration ait fonctionné puisqu’il la désirait à ses cotés. Quitte à devoir rester captive d’un fer-né celui là n’avait à priori pas en tête d’abuser d’elle avec violence, il l’aurait déjà fait autrement, il ne la vendrait pas non plus si elle se fiait à la description des femmes-sel. Dans ces conditions elle était en mesure de prier les Dieux et dans cette situation d’extrême dénuement la jeune femme ne demandait ni plus ni moins. Certainement, les jours à venir elle aurait le mal de son pays, de sa condition passée, de sa famille, le froid gèlera toute envie de pleurer et la rudesse de l’île grignotera la petite princesse des îles. Mais cet instant présent …


-

La solution la moins pire, c’est tout ce que je peux faire.

-

Un soupir, elle fixait les galets à ses pieds. Un nouveau frisson parcouru tout son corps, gardant encore le silence elle fixa Sargon. Dans d’autres circonstances elle aurait pu le trouver beau. Attirée par l’inconnu, Aïssatou appréciait la beauté pâle des gens du Nord. Mais celui-là n’était qu’un crétin imbu de sa puissance toute relative, elle se demanda s’il savait ce qu’était un livre.

« - Tu feras l’affaire, je ne compte pas passer le restant de mes jours à changer les langes d’un vieillard sénile. L’oncle de Sargon était-il réellement âgé ? C’était en tout comme cela qu’elle se le figurait. Mais encore faut-il que tu trouves le chemin d’une baignoire. Hm, un baquet d’eau dirons-nous, j’imagine que sur ces îles vous ne savez pas ce qu’est une baignoire. Ho et … Elle se retourna : Si tu a un minimum de bon sens, ne jette pas les livres que tu m’as volé. Il y a un traité d’astronomie : l’Almageste d’Assan de Villevieille. J’imagine que ça non plus ça ne te dis rien, c’est un livre rare où il y est indiqué tous les phénomènes d’astronomie depuis des siècles, y sont consignés les modèles de calculs maritimes les plus fiables des Contrées exotiques et Westeros réunis. »

De son propre chef, elle fit mine d’esquisser le chemin du retour, agissant comme si c’était-elle qui venait de recruter Sargon …

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Sargon Harloi
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Message Jeu 19 Juil 2012 - 15:13

     Il était préférable que Sargon ne puisse pas lire dans les pensées de la jeune femme, sans quoi il n'aurait certainement pas apprécié ce qu'il y trouverait. Persuadé de sa domination comme à chaque fois qu'il se trouvait face à une femme captive, le Harloi patientait, se demandant si après cette démonstration qu'elle venait de lui offrir, Aïssatou pourrait envisager de changer d'avis et de rejoindre Igon à Dix-Tours. Si tel était le cas, le Fer-né ne lui interdirait pas, après tout, il devait y avoir des dizaines de femmes intéressantes qui n'attendaient qu'à être capturées. Mais dans le moment présent et à la manière d'un enfant capricieux, le jeune homme souhaitait l'avoir elle et personne d'autre, tout comme il agissait avec obstination pour faire d'Helya sa femme-roc. Lorsque le Fer-né désirait quelque chose il était rare qu'il cesse avant de l'obtenir, l'avenir lui dirait bien s'il avait fait le bon choix. Il soutint le regard de la femme-sel lorsqu'elle le fixa avant de prendre la parole en déclarant qu'il « ferait l'affaire ». Vu la manière dont elle présentait les choses, Sargon avait presque le sentiment qu'elle choisissait le moins affreux des deux, un peu comme si vous aviez le choix entre un chien galeux et un à qui il manquait une patte. Ce n'était pas très flatteur, mais convaincu de sa supériorité, le jeune homme ne manifesta aucune contrariété à cette annonce. Elle verrait bien qu'elle avait fait le meilleur choix de toute manière ! L'idée de la voir torcher Igon plutôt que de lui servir de compagnie pendant une nuit l'amusa assez, elle ne devait certainement pas visionner la manière dont les Fer-nés vieillissaient et même s'il était vrai que le lord était très âgé pour un combattant, il était encore éveillé et vif. Lorsque l'on voyait l'âge auquel le père de Sargon avait rejoint le Dieu Noyé, il était aisé de comprendre que les habitants des Iles de Fer ne vivaient pas vieux. Le jeune homme lui-même espérait quitter ce monde avant que les années ne le rendent gâteux. Il n'accepterait pas de mourir autrement qu'au court d'un combat.

     Elle le provoqua alors sur son hygiène corporelle, il était vrai qu'il ne devait pas être très ragoûtant à sentir le sang, la sueur, la mer et d'autres odeurs plutôt repoussantes, mais c'était devenu une habitude avec les raids et cela ne dérangeait plus franchement le jeune homme. Même s'il était jugé comme trop délicat par ses pairs, ce n'était pas pour autant qu'il allait être aussi propre sur lui qu'un Bieffois par exemple. La malheureusement allait devoir s'y faire et il était fort probable qu'elle se sente dépaysée en voyant les personnes qui l'entoureraient désormais. Le sourire du Fer-né s'accentua comme elle continua à le provoquer avant de parler d'un livre en avançant l'idée qu'il ne devait certainement pas savoir de quoi elle parlait, mais qu'il était très précieux. Sargon se doutait bien qu'elle devait le prendre pour un simple barbare comme toutes les captives qui passaient par les Iles, elle ne se doutait certainement pas que la maison Harloi possédait la seule bibliothèque des Iles de Fer. Et quelle bibliothèque ! Étalée sur plusieurs pièces, il était difficile d'en faire le tour, même en y passant toutes ses journées. Mais il réservait cela pour plus tard, libre à elle de le prendre pour un rustre si elle le souhaitait, cela n'en serait que plus amusant lorsqu'elle découvrait la réalité. Il emboîta le pas de la femme-sel qui se comportait comme si elle était ici chez elle et que lui était invité, puis il glissa quelques mots à son attention.

     ▬ Finalement, vu que tu as l'air d'autant aimer les livres je devrais peut-être t'offrir à mon cousin. Il adore en tripoter à longueur de journée, mais je doute qu'il sache à quoi sert une femme et tu risqueras de finir en jachère. L'idée était assez amusante et dessina un léger sourire sur les lèvres du Fer-né. Je lui donnerai ton ouvrage dans ce cas. »

     Le ton était presque moqueur comme si l'idée d'offrir un livre à son cousin l'amusait franchement. C'était d'ailleurs le cas, les relations entre les deux hommes étaient plus qu'exécrables et l'héritier des Harloi n'étant pas un combattant, mais plutôt une fiotte qui passait son temps à lire, ils n'avaient aucune ressemblance. Sargon ne se moquait pas de son cousin, en réalité il était sincère lorsqu'il disait qu'il ignorait si le concerné savait à quoi servait une femme, depuis leur enfance, le Harloi ne se souvenait pas de l'avoir vu une seule fois en compagnie d'une jolie fille. Autre que la domestique qui l'aidait à la bibliothèque du moins et il ne l'avait jamais touchée.
     Mais la question n'était pas là ! Elle apprendrait tout cela en temps et en heure. Ils rebroussèrent donc chemin pour rejoindre une fois de plus la demeure des Kenning. Les gardes ne leur accordèrent pas un regard, habitués à voir défiler du monde ici dès que le capitaine de la Veuve Salée était de retour, puis ils pénétrèrent dans le château aux murs rongés par le sel de la mer avant de se retrouver dans la pièce où leur conversation avait débutée. Le feu ronflait à présent dans la cheminée et l'atmosphère s'était légèrement réchauffée, sans pour autant permettre d'être parfaitement à l'aise si vous aviez grandi dans une région aussi chaude que les Iles d'Été. Sargon contempla les flammes quelques instants avant de se retourner vers Aïssatou.

     ▬ Puisque la noble dame que tu es semble avoir du mal à supporter la crasse, je vais demander à ce qu'une domestique te conduise dans une pièce où tu pourras te laver correctement. »

     Comme si elle l'avait entendu – alors que ce n'était que le fruit du hasard – la même servante qui avait allumé le feu précédemment entra dans la pièce à ce moment. Elle sembla un instant surprise de voir à nouveau les deux protagonistes présents et ce bref instant d'hésitation permis à Sargon de l'interpeller pour lui donner quelques ordres.

     ▬ Emmène-là pour qu'elle puisse se laver et apporte-lui un habit propre qui puisse remplacer celui qu'elle a pour le moment. »

     La jeune femme hocha la tête avant de tourner ses yeux sombres vers la femme-sel en attendant qu'elle daigne la suivre. Elle ne parlait pas beaucoup bien qu'elle possédait encore sa langue, mais ne rien dire permettait surtout de ne pas prononcer la phrase qu'il ne fallait pas.. Sargon irait se débarrasser de la crasse accumulée au cours de son voyage plus tard, pour le moment il avait d'autres affaires plus pressantes, mais était bien décidé à profiter un peu de la tranquillité de cette pièce. Ainsi donc, lorsque les deux femmes s'éloignèrent il se laissa choir sur un siège présent dans la pièce histoire de réfléchir à tête reposée sur ce que cette situation allait amener à l'avenir. La domestique conduisit la femme à la peau d'ébène dans quelques corridors qui menaient aux quartiers des domestiques, puis l'introduisit dans une pièce où des grands bacs qui servaient à se laver ou à laver les habits, avaient été placés. Elle déclara à Aïssatou qu'elle pouvait se débarrasser de ses affaires, puis alla chercher de l'aide pour remplir un baquet avec de l'eau chaude. Après quelques minutes, elles revinrent à plusieurs avec des cruches dégageant une légère vapeur, ainsi qu'une robe basique et sans grande originalité qui semblait être la même que celles portées par les servantes. Après avoir rempli l'un des bacs, les femmes s'en-allèrent, mais celle qui avait conduit la captive ici resta avec elle comme pour s'assurer qu'elle ne s'envolerait pas dès qu'elle aurait le dos tourné. Elle savait très bien que cela lui serait reproché par Sargon si jamais la moindre bêtise arrivait. C'était le principe des domestiques, elles avaient toujours tort.


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Message Ven 20 Juil 2012 - 11:29

Si elle avait été dans sa propre salle d’eau, au cœur de la maison familiale, Aïssatou n’aurait pas agi différemment.
De ses propres mains elle retira une à une les perles d’ivoire et d’argent glissées à la pointe de ses longues nattes. Les disposants soigneusement sur la robe propre encore pliée, elle prit froidement à partit une des domestiques en lui précisant bien de ne pas y toucher sans son autorisation :


« - Et puisque tu es là, vous devez bien avoir de l’huile du continent dans vos cuisines : ramènes-en. Et pas d’huile de poisson … » Bien décidée de faire comprendre à l’ensemble de la maisonnée qu’elle ne se laisserait pas traiter comme la dernière des esclaves, Aïssatou adopta un ton directif sans pour autant être sec.
Elle n’avait jamais été désobligeante avec son personnel pour peu qu’il respecte à la lettre ses instructions, dans le cas contraire il lui était arrivé de rentrer dans des colères à faire pâlir peut-être même un fer-né. Un jour une jeune postulante avait laissé tomber au sol une flasque de parfum, si le prix de l’essence valait trois vies de travail pour l’enfant la fureur d’Aïssatou était venue du fait que le parfum avait embaumé tout son cabinet personnel, jusqu'à encrer ses effluves musqués dans les papiers et parchemins qu’elle étudiait. Chacune des feuilles lui provoquait de tels haut-le-cœur, tant le parfum était puissant, qu’elle était incapable de travailler convenablement. Trois jours après l’accident Aïssatou était entré comme une furie dans les cuisines où la petite fille avait été reléguée, lui criant pourquoi Diable La Cosmologie d’Adalon le Sage aurait besoin d’être parfumée. De l’extérieur la scène aurait été comique si la maitresse de maison n’avait pas autant de présence : de grande taille pour une femme, élancée et très mince elle dominait parfaitement l’enfant, son visage sec devenait réellement désagréable sous l’expression de la colère si bien qu’avec ses immenses nattes et ses grandes mains rehaussées d’or Aïssatou pouvait faire penser à l’une de ses sorcières des légendes locales. La petite fille avait été mise plus bas que terre par sa maitresse, et on ne l’avait finalement plus vu revenir le lendemain matin. Ce coup d’éclat faisait pale figure face aux accès de violence fer-nés, mais Aïssatou était convaincue que cela suffirait à s’imposer auprès de la maisonnée …

Laissant glisser au sol sa robe, elle eut l’impression de laisser sa propre peau par terre. S’agenouillant, elle posa d’abord ses deux mains contre le baquet, comme pour mieux percevoir sa réalité. La bassine était faite de bois usé par les lessives consécutives, si bien que son contact n’était finalement pas si désagréable. L’idée que toute la maisonnée était passée un jour ou l’autre par la même baignoire qu’elle lui tira un profond soupir. Toutefois et malgré tous ses défauts Aïssatou était une personne résolument optimiste : c’était de l’eau chaude, il ne lui en fallait pas plus.
Elle poussa un soupir de plaisir en s’asseyant dans l’eau, il n’y avait pas beaucoup de place et elle était juste tiède mais quel bonheur de pouvoir enfin retirer la crasse accumulée depuis toutes ces semaines. Si elle n’avait pas pris de bain improvisé dans la mer, il aurait fallu au moins quatre bain pour retrouver figure humaine. Il ne restait plus qu’une seule jeune femme dans la pièce, la même qui avait allumé le feu dans « sa » chambre une heure plus tôt. Restant en retrait, elle n’osait toujours pas regarder dans la direction d’Aïssatou.
S’il avait été question de Salaya ou Solea elle leur aurait demandé de l’assister dans sa toilette, il était hors de question que cette rustre l’approche. Agissant comme si elle avait été seule dans la pièce, les pensées d’Aïssatou allèrent vers ses deux suivantes alors qu’elle épongeait ses pieds endoloris. Où les pauvres petites allaient-elles se retrouver ? Les marins rustres et barbares auraient tôt fait de faire faner ces boutons de femmes.

- Je serais définitivement seule s’il les emporte loin de moins. Cette pensée attrista Aïssatou, elle appréciait réellement Salaya et Solea, elle les avait choisis pour leur raffinement et leur bonne éducation, Solea savait lire et écrire et Salaya l’étonnait souvent par son bon sens. Elles aussi méritaient mieux que ces sauvages, être au service d’une famille aussi riche que la sienne était un gage de réussite et de promotion sociale. Plus tard elles auraient sans doute épousé un homme de bonne famille, elles auraient rayonné tant elles auraient été belles, intelligentes et fines. Elle lança un coup d’œil vers la domestique : terne et sans saveur, elle portait une robe grise qui se confondait avec les murs, ses mains croisées sur son tablier elle attendait patiemment qu’Aïssatou avance sa toilette. Intérieurement, elle se-dit :
- Quel gâchis, elles valent réellement mieux que cela. Moi encore plus.

Cette île et ses habitants ne pouvaient pas comme il les avait décrit : qui peut vivre uniquement de razzia, de pillage et de vol ? Sargon donnait l’impression que ces violents raids étaient finalement menés pour eux-mêmes, Aïssatou ne pouvait pas comprendre ce besoin de mer, de rage et de sang. Elle pouvait à la rigueur comprendre qu’ils pillent plutôt de se développer, c’était un trait caractéristique des peuples barbares et arriéré. Mais autant voler pour en faire quelque chose, les murs du château étaient nus, il n’y avait rien qui évoquent le luxe ou les possessions prises lors de leurs assauts. Que pouvaient-ils bien faire une fois rentrés à quai ? Ses pensées divaguèrent jusqu’à revenir à la remarque de Sargon. Il avait parlé d’un cousin qui lisait beaucoup, est-ce que c’était vrai ? Sur cette île il y avait réellement des hommes capables de faire autre chose que la guerre ? S’il lisait tant que l’avait sous-entendu Sargon c’est qu’il devait aussi avoir beaucoup de livre. Peut-être qu’en le rencontrant elle réussirait à lui montrer qu’elle serait plus utile auprès de lui qu’à laver les sols de Sargon. Elle sourit : elle ne laverait ni le sol ni rien d’autre de toute façon. Revenant à son idée première, elle en vint à regretter que Sargon ne lui ait pas plus tôt parlé de ce cousin : si elle avait annoncé vouloir lui être offerte, l’aurait-il fait ? Sans aucun doute non. Elle se ressaisit : inutile de nourrir des regrets, ce qu’il faudrait faire c’est trouver ce cousin et observer. Quand elle en saurait assez sur lui, elle pourrait peut-être espérer tenter de l’approcher … s’il est réellement tel que l’évoquait le Capitaine.

Aïssatou entoura ses genoux avec ses bras et y posa son menton. L’eau était devenue légèrement trouble à cause du savon et de la saleté décollée. Elle était si fatigué qu’elle ne songea pas à demander qu’on change l’eau pour se rincer. Elle souffla sur l’eau, ce qui souleva de légère vaguelette venant mourir sur le bord du baquet de bois brut. Elle imagina une petite voile, celle d’un bateau cygne, s’approchant de Villevieille. Elle s’imagina descendre avec son mari et toutes ses suivantes, les marins à port débarqueraient rhum et bois fin alors qu’une chaise à porteurs les attendrait pour les mener dans la maison de leur hôte. Elle s’imaginait l’odeur de la poussière chaude des rues, dans son esprit Vilevieille tout entière sentait les vieux livres. Comme elle aurait été heureuse en apercevant une des tours où, peut-être, Assanatou vivait. Pensant à son amour perdu, elle chanta dans la langue des îles de l’été une douce mélodie dont elle avait oublié les paroles jusqu’alors. Elle n’avait jamais été férue de poésie et de chanson à moins que ces dernières servent à échanger des pensées philosophiques. Les chants populaires des bardes l’ennuyaient rapidement, c’est Assanatou qui lui avait chanté celle-ci. Ils étaient encore jeunes, et lui encore tout à elle enfermé dans la maison de marbre blanc. Elle s’était moqué de lui, répliquant qu’il était trop sentimental, qu’une chansonnette ce n’était pas suffisant pour amadouer le cœur d’une fille.

- Il suffisait à Assanatou de me regarder, j’étais tout à lui et je le pensais tout à moi … Si tu n’étais pas partis pour la cité des Mestres, je ne serais pas ici Assanatou. C’est de ta faute.
A voix haute, brisant le silence lourd qui s’était instauré dans la pièce des lessives, la chanson d’Assanatou résonna en échos contre la pierre froide :

[ -> Chanson telle qu'elle est chanté <- ]
    Va, mon chagrin, et dis-lui que sans lui c'est impossible;
    Supplie-le de revenir, parce que je n'en peux plus de souffrir.
    J'en ai assez que tu me manques;
    La vérité est que sans lui il n'y a plus ni paix ni beauté
    Mais seulement du chagrin et de la mélancolie
    Oh, ça ne me quitte plus, ça ne me quitte plus, plus du tout
    Mais si elle revenait, si elle revenait ce serait si doux, ce serait si fou !
    Car il y a moins de poissons dans la mer que de baisers que je vais donner à sa bouche;
    Dans l'espace de mes bras, des câlins il y en aura des millions.
    Ainsi serrés, ainsi collés, ainsi silencieux ;
    Des câlins, des baisers, des caresses à n'en plus finir.
    Cette histoire, toi vivant sans moi, est toute proche de se terminer.
    Je ne veux plus de cette histoire.


Elle se tourna vers la domestique restée au fond de la pièce :
« - C’est une chanson qui vient de là où il fait chaud, ça ne te dit rien n’est-ce pas ? »
Aïssatou se contenta de rire au silence gêné que lui offrait la jeune femme pour toute réponse. Elle se leva et attrapa l’étoffe laissée à disposition pour qu’elle puisse se sécher. Ses tresses étaient gorgées d’eau : Sur les îles de l’été ce n’était pas problématique, le soleil avait tôt-fait de rendre sèches les coiffures stylisées des Insulaires. Il faudrait qu’elle reste longtemps à coté de la cheminée pour ne pas détremper la robe de coton que Sargon lui avait fait-porter. Elle repassa une à une les perles en prenant son temps, les faisant doucement rouler entre ses longs doigts fins pour ne pas risquer d’en perdre une sur le sol rustique. Puis elle passa ensuite la robe proposée : c’était une étoffe de coton grossier, il n’avait pas été coloré. Le blanc écru naturel du coton faisait ressortir la couleur chocolat de sa peau. Plus grande que la plupart des fer-nées, Aissatou dut retrousser les manches de la robe à ses coudes pour ne pas qu’elles ne lui tombent à la moitié du poignet. Elle passa par-dessus un gilet sans manche en laine de mouton, ce qui lui arracha un soupire : il était donc possible de fabriquer des vêtements aussi rugueux ? N’ayant jamais eu besoin de porter des vêtements chauds, Aïssatou ne connaissait pas le contact piquant de la laine naturelle. Bientôt se seraient pourtant son tissu préféré, le seul capable de contrer les vents glacés venant du Nord.
Ainsi vêtue de blanc, d’ivoire et d’ébène et malgré la simplicité de la tenue la jeune Insulaire dégageait encore une sorte de charisme naturel : elle n’était pas la plus belle femme des îles de l’été, loin de là, mais elle dégageait quelque chose de profondément exotique et de différent si on la comparait au reste des femmes fer-nées. Il était impossible de ne pas remarquer ses lourdes tresses tombant sur jusque sur ses hanches, son port de tête altier et la couleur de sa peau. Une fleur des îles dépareillant dans cette contrée de sel et de fer.

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Sargon Harloi
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Message Ven 20 Juil 2012 - 15:17

     La jeune domestique n'aimait pas vraiment être au centre de l'attention de qui que ce soit, effacée et dominée sans difficulté, elle avait remarqué que c'était le meilleur moyen d'être laissé en paix. Ainsi donc, lorsque cette étrange femme à la peau sombre lui adressa la parole, elle garda closes ses lèvres gercées par le sel de mer. Personne ne pouvait lui reprocher quelque chose qu'elle ne dirait pas après tout. Observant donc la nouvelle domestique - même si visiblement celle-ci ne comptait pas se complaire à ce rôle - elle se tint immobile tandis que l'autre protagoniste de la scène enfilait les perles blanches dans ses cheveux avec une lenteur calculée. La scène était assez inédite, sur les Iles de Fer personne ne prenait la peine de se pomponner, c'était tout juste si certains daignaient se laver pour dire. Il arrivait bien que quelques guerriers tressent leurs cheveux pour protéger leur nuque des coups, mais cela n'avait rien d'esthétique et servait uniquement à octroyer une protection supplémentaire. C'était son assez surprise que la fade demoiselle scrutait les mouvements de la femme jusqu'à ce qu'elle termine de s'habiller. Quelque chose se dégageait d'elle c'était évident, mais au fond cela n'avait rien de très surprenant. Jusqu'à ce jour, la servante n'avait jamais eu l'occasion de pouvoir côtoyer des femmes insipides qui n'étaient pas au service des Kenning, les capitaines ou les captives qui passaient par ce château étaient toutes des femmes originales qui ne se fondaient pas dans la masse. Cela dit, la peau d'ébène de celle-ci lui donnait un petit côté exotique qui ne se voyait nulle part ailleurs. S'arrachant à la contemplation de cette étrange dame qui devait certainement avoir du sang noble pour avoir un port de tête aussi altier, la jeune femme se glissa aux côtés de la captive.

     ▬ Suivez-moi. »

     Ce n'était pas un ordre, plutôt une demande qui se voulait presque suppliante. La pièce avait été salie par le bain, même avec toutes les précautions du monde il était impossible de se laver correctement sans envoyer de l'eau partout, sans compter qu'il fallait récurer le baquet pour qu'il soit propre pour le suivant. Mais les domestiques s'en chargeraient, pour le moment Sargon n'avait pas ordonné qu'elle serve de servante et par conséquent, elle était encore considérée comme une « invitée » à Kenning. Le jeune homme patientait toujours dans la salle où ils avaient discuté à leur arrivée au château et la captive fut donc à nouveau conduite à travers les divers corridors pour sortir du quartier réservé aux domestiques et autres serviteurs de la maison. Après quelques instants, elles débouchèrent à nouveau dans la pièce où le Harloi se trouvait et celui-ci se contenta de tourner la tête dans sa direction pour la regarder de haut en bas, une fois de plus, comme si la jeune femme n'était qu'un objet nettoyé que quelqu'un lui présentait en attendant le verdict. Il esquissa un léger sourire avant d'acquiescer du chef comme si ce qu'il voyait lui convenait. C'était d'ailleurs le cas, même si sa tunique actuelle présentait beaucoup moins bien que celle qu'elle portait auparavant.

     ▬ Et bien voilà, tu dois être heureuse d'avoir pu retrouver figure humaine. »

     Il y avait une légère moquerie dans sa voix, mais rien de bien méchant. Aïssatou n'appréciait certainement pas la tenue dans laquelle elle se trouvait, mais c'était la plus adaptée pour effectuer correctement son rôle de domestique. En attendant qu'il considère qu'elle pouvait occuper pleinement le poste de femme-sel et décide de l'exempter des tâches ménagères – chose relativement rare et réservé uniquement à quelques privilégiées sur les Iles – elle serait une domestique comme une autre. Oh, au fond de lui le jeune homme s'attendait à avoir des problèmes avec elle, la belle plante n'accepterait pas aussi aisément de récurer le sol foulé par les hommes responsables de sa déchéance. Enfin l'homme du moins puisque le Harloi était le seul coupable à cet instant. De toute manière, le Fer-né n'avait rien contre les personnalités rebelles, lui-même était forgé sur cet archétype et cela pimentait un peu le quotidien. L'idée que la jeune femme puisse rendre impossible la vie des autres servantes ou même des nobles de la maison Kenning, l'amusait franchement. L'avenir leur dirait bien si elle était aussi hautaine et arrogante qu'elle en avait l'air et même s'il n'en dirait rien, cet instant serait celui qui déterminerait la manière dont il la percevrait. Sargon attendait beaucoup des futures semaines histoire de voir comment évoluaient les choses avec elle. Après un bref instant de réflexion, le jeune homme se redressa pour approcher d'elle.

     ▬ Je suis persuadé que cette robe n'est pas à la hauteur de ta classe, mais c'est ce qui est le plus adapté pour récurer le sol vois-tu.... »

     Son sourire en disait long. Visiblement l'humiliation continuait et la demoiselle devait se douter que le Fer-né soulignait son futur rôle juste pour avoir le plaisir de la narguer. Elle lui appartenait, il avait tous les droits sur elle que cela lui plaise ou non. Le regard mordoré du capitaine quitta un bref instant le visage de la jeune femme pour se poser sur la domestique toujours en attente derrière elle.

     ▬ Tu vas lui montrer quel est son rôle désormais. Si elle ne fait pas correctement les choses, ce sera toi la responsable. »

     Pauvre et futile créature qui n'avait rien demandé si ce n'était qu'on la laisse en paix. Au moins la femme des Iles d'Été pouvait se consoler en remarquant que lorsque le Fer-né s'adressait à elle, il n'adoptait pas ce ton lassé et hostile qu'il empruntait avec la domestique. Un léger détail, mais qui avait son importance. Sargon reporta son attention sur la captive, scrutant son visage comme s'il attendait une réaction de sa part, puis soudain, comme s'il avait décrété qu'il leur avait consacré suffisamment de temps, il se détourna, pivotant sur lui-même avant de faire un geste de la main destiné à leur faire comprendre qu'elles devaient s'en-aller. Histoire d'appuyer son geste, il ajouta quelques mots.

     ▬ Allez-vous en maintenant, j'ai à faire. »

     Congédiées comme de simples domestiques, il pouvait être aussi agréable que hautain et Aïssatou comprendrait assez tôt qu'il était aussi versatile qu'elle était désobéissante.


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Les femmes aiment qu’on les capture dans un filet de phrases ▬ Aïssatou

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