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A travers les Roches [Aarseth]

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Message Lun 4 Juin 2012 - 17:05

Le soleil frappait encore et encore sans jamais faiblir, au contraire, le pic de la journée approchait et l'on pouvait sentir la chaleur vous faire divaguer malgré les amples masses de tissus qui protégeaient votre visage des torts de la fièvre.
Voila presque une semaine, une stupide semaine, que Mycah marchait avec cet homme, s'il en était bien un. Les Osseux n'avait jamais été un passage qu'il avait affectionné, des roches et du sable à perte de vu avec comme seul espoir de sortir de ce fourneau la vision précaire de l'horizon, car oui c'était bien là-bas sous le ciel bleu qui traînait plus au Nord qu'il y aurait enfin nourritures et bonnes compagnies, mais qu'importe de rêver il était temps qu'il se remette les idées en place.

Il s'assit à l'ombre d'une roche et contempla une nouvelle fois la masse de muscle qui l'accompagnait depuis le début, de bien vingts centimètres supérieurs en taille et d'une bonne trentaine de kilos de plus, le géant prénommé Aarseth n'avait guère décoché de mots depuis le début de leur périple.
Pourtant, Mycah avait tenté plus d'une fois d'ouvrir la conversation, lui qui était un extraverti, un homme de discussions et de blagues, s'était finalement terré au fond du Dorne avec le plus muet des parlants. Faire la route seul aurait été au final plus supportable.
Malgré l’arrêt de son partenaire de route, le géant ne s’arrêta pas et sans détourner le regard et bien sûr sans faire la moindre réflexion, il continua dans le sillon escarpé.

" Non, non je t'en prie ne m'abandonne pas ici, porte moi plutôt."

Une nouvelle fois le sourire moqueur et l’œil rieur de Mycah ne parurent pas enchanter son compagnon, une nouvelle fois sa tentative d'approche échoua. Il devait l'avouer, il ne fut pas étonné de cette réaction.
Il soupira et laissa glisser son dos sur la terre rougie par le soleil. Bien qu'il était né dans le Dorne et qu'il y avait vécu de longues années, il restait un gamin de Lancehélion, la fraicheur de l'océan et l'ombre des remparts, ne l'avaient pas habitué aux fortes températures des terres de son pays natal. Une légère pause et quelques gorgés d'eau s'imposaient donc tout naturellement.
Il décrocha sa gourde et en déversa le précieux liquide au fond de sa gorge avant de s'essuyer d'un revers de la main et de la tendre à son partenaire.

" On doit être à mi chemin entre Ferboys et Wyl si tu veux mon avis, encore quelques temps de marche et nous pourrons partager notre paye ... A défaut de partager une table, je suppose que les repas entre amis ne sont pas exactement ce que tu recherches. "


Soudain une peur l'envahit, le seul fait de parler de la paye le rendit nerveux et d'un geste saccadé il tapota son torse jusqu'à sentir à travers son veston l'épaisse couverture de cuir qui entourait la missive.
Et quelle importante missive cela devait être, engager deux mercenaires qui ne se connaissent en rien pour simplement transporter un bout de papier de Denfert à Wyl, il fallait bien que ces quelques mots représentes une importance capitale.
Quoi que, allez savoir, ces nobles et seigneuries seraient tout aussi capables de risquer la mort de deux roturiers à travers le désert pour la simple envie de faire parvenir une invitation à un simple repas.
Il ferma les yeux et profita de ces quelques instants ou le soleil ne brulerait pas sa peau.
Accepter cette mission avait finalement, surement été une erreur. Et pourtant il attendait depuis maintenant bien 2 long mois une occasion de passer vers le Bief ou vers Les Terres de l'Orage.
Il avait besoin de nouvelles contrées de nouvelles tête. Le Dorne ne satisfaisait plus son insatiable envie d'apprendre et de savoir, la politique et les nobles y était ennuyeux et peu de ressources en ressortaient. Les intrigues politiques, les complots et les rumeurs étaient son principal gagne pain et les terres méridionales n'en auraient pas payés la farine.
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Message Mer 6 Juin 2012 - 8:11

    Le sol était abrupt, brûlant, donnant l’illusion de vous briser la plante des pieds tout en irradiant votre chair. Le décor des alentours avait le charme d’une nouvelle apocalypse : des roches sombres et pointus comme autant de malédiction lancées vers le ciel suivit d’un désert frappé par le soleil, sans une seule ombre avec à peine quelques plantes audacieuses qui avaient réussies à défier les dunes puis, enfin, un ciel immense et bleu, sans le moindre nuage pour tenter de calmer la furie de l’astre solaire. Toutefois, un environnement aussi hostile était l’endroit parfait aux yeux d’Aarseth, et il se serait volontiers gorger de cette beauté sauvage, sur les terres qui l’avaient vu naître, aurait planter le fer dans sa lance entre deux roches pour pouvoir ensuite goûter à la douce solitude qui était la sienne depuis des années. Seulement voilà, la solitude était un plaisir que l’on ne pouvait réellement partager et, fait rare, le mercenaire n’était pas seul cette fois-là…
    Après avoir suivit la voie des Osseux durant cinq jours afin de rallier Lancehélion, il avait atteint le bastion de la famille Martel et, comme lors de sa première visite, il avait été frappé par l’étendard de son seigneur. Durant son premier jour au sein de la capitale, il avait erré dans les rues, sans réellement chercher un noble à qui louer ses services puis, alors qu’il sirotait quelques pintes dans une taverne, on lui avait fait savoir que ses talents de guerrier étaient requis… à Denfert. Le mercenaire aurait volontiers refuser cette mission s’il n’avait pas autant besoin d’or car la perspective de devoir à nouveau parcourir le désert pendant des semaines ne l’enchantait guère. Néanmoins, résigné, il avait de nouveau plié bagage et parcouru sable et sentiers pour rallier la cité. Là, on lui avait enfin délivré son ordre de mission : emmener une importante missive jusqu’à Wyl. Aarseth en avait été presque frustré. Quoi, toute cette route pour simplement transporter un message ? Pas de combat, pas de sang, pas d’adversaires ?


    Le Dornien n’était pas au bout de ses peines puisque, pour ce travail, on lui avait désigné un compagnon de route. Ce n’était pas la première fois que le jeune homme devait travailler de concert avec un autre et, même s’il préférait accomplir les tâches seul, toutes ces unions s’étaient parfaitement déroulées malgré le caractère peu affable du garçon. Toutefois, il devait admettre que son compagnon de route était bien différent des autres cette fois-ci. A vrai dire, il était même le parfait opposé d’Aarseth. Assez petit, plus fin que musclé et bavard au possible, il avait maintes fois tenté de nouer le contact avec son rugueux camarade qui ne répondait à ses sollicitations que par des grognements sourds et évasifs. A son goût, son compatriote dornien parlait trop pour pas grand-chose. Toujours rieur et optimiste, souvent moqueur, Aarseth en venait même à se demander comment il faisait pour ne pas sécher au soleil, tant il gaspillait sa salive en parlotes inutiles. Le comportement de son allié, ajouté à la monotonie de cette mission qui se résumait en un simple voyage de messager, sans la moindre embuscade ni escarmouche, avait fini par plongé le jeune homme dans un état de frustration constant. Sans oublier le fait que tout deux ignoraient totalement ce que la missive de leur employeur contenait. Conseils à un autre noble, menaces de mort ou simple invitation au souper du soir, aucun des deux mercenaires n’auraient su dire pourquoi ils risquaient leur vie… même si, pour le moment, ils n’avaient pas eu à sortir leurs armes du fourreau. Une nouvelle fois, Mycah – puisque c’était ainsi que se nommait son compagnon – interpella Aarseth et, pour seule réponse, ce dernier lui décocha un grognement suivit, chose rarissime, de quelques mots.

    « J’ai juste hâte de pouvoir toucher mon pécule, une fois ce voyage terminé. »

    I
    l prit la gourde tendue par Mycah et ne s’autorisa qu’une gorgée d’eau. Il leur fallait prendre garde à ne pas épuiser leurs réserves, sous peine de rendre leur périple on ne peut plus délicat. Les points d’eau étaient bien trop rares pour qu’ils se permettent de gâcher celle de leur gourde, tout comme les animaux susceptibles d’être chasser et manger. La seule chose qu’espérait le Dornien était que cette missive était suffisamment importante pour que sa récompense soit à la hauteur de sa peine. Certes, il n’avait pas combattu ni même frôlé la mort, mais devoir traversé la Dorne du sud jusqu’au nord pour une vulgaire lettre avec, en plus, un comique avec lui, étaient des motifs suffisants pour qu’il estime mériter un large salaire. Aarseth essuya la sueur sur son front d’un revers de la main tout en continuant sa route. Le sentier escarpé des Osseux était un véritable supplice pour qui n’avait pas l’habitude de le parcourir et le climat brûlant de la Dorne n’aidait guère. Encore une chance que le compagnon de route d’Aarseth soit un Dornien, habitué aux dunes et à la chaleur, et non un étranger venu d’au-delà des Montagnes Rouges qui n’aurait certainement pas pu supporter la canicule de ces terres. Parcourant de ses yeux verts émeraudes l’horizon escarpé, le jeune homme n’y vit pas âme qui vive. Lui et Mycah semblaient être seuls au monde, malgré le fait que les Osseux étaient l’une des voies les plus prisées de Dorne mais les roturiers s’étaient visiblement fait passer le mot pour que les deux mercenaires voyagent seuls. Devaient-ils y voir là une aide amicale du destin ou bien le dessein d’un piège à venir ? Non, après tout, personne n’était censé savoir qu’ils transportaient une quelconque lettre et leur allure de simples voyageurs ne les rendaient guère différents des autres personnages traversant les contrées. Donc, soit cette missive n’avait rien de sensationnel, soit de mauvaises surprises les attendaient à Wyl, chose peut probable. Eliminer deux individus en plein désert était une tâche aisée pour beaucoup de Dorniens alors que les abattre en plein cœur d’une cité était bien plus risqué. Aarseth se demandait pourquoi il s’interrogeait autant. Peut-être était-ce parce qu’il brûlait de brandir sa lance lors d’un combat, histoire de faire autre chose que marcher des jours durant…

    « Si notre voyage continue ainsi, l’on pourra dire que c’était une plus une randonnée qu’une mission. »
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Message Mer 6 Juin 2012 - 13:59

Mycah entrouvrit légèrement les yeux, toujours allongé sur sur le dos, les bras croisés derrière la tête. Il sentait les légers grains de sables et la terre rouge vermillions qui glissait le long de sa colonne vertébrale, les petites pierres ocres s’immisçaient entre ses côtes, l'ombre plaisante de la roche ne cachait finalement pas si bien les rayons brûlants du soleil et ils continuaient d'embraser la moindre parcelle de peau qui n'était pas couverte par ses vêtements, un vent tiède et étouffant soufflait au ras de terre, soulevant des masses de poussières qui rendaient sa respiration difficile.
La pause n'était finalement pas si reposante et plaisante qu'il l’espérait. Il finit par surmonter sa flemme et ses courbatures et tout en s'aidant de ses bras il se releva doucement, ses os craquèrent, il s'étira et tourna son visage camouflé dans les bandes de tissus blancs vers le géant qui, oh miracle avait fini par lui répondre. Mycah réfléchit quelques secondes et à y repenser il s'agissait sûrement de la première véritable phrase d'Aarseth depuis près de sept jours.

Alors, comme ça, il n'attendait qu'une chose, toucher sa prime et il semblait vouloir y courir au point de ne réaliser aucune halte, de faire souffrir son corps à la limite du supportable. C'était bien un homme des dunes, un rude gaillard taillé par la canicule et l'aridité que rien ne semblait pouvoir arrêter sur ses propres terres.
Pourtant, tant de questions se bousculaient dans l'esprit si curieux qu'était celui de Mycah. Qu'elle était sa vie, connaissait il autres choses que les terres méridionales, qu'elles étaient ses plaisirs.
Bref qu'elle était sa raison d'avancer à chaque instant. Jamais il ne pourrait croire qu'un homme ne puisse qu'avancer au jour le jour sans idées ou passions dans le seul but de survivre plutôt que celui de vivre.
Tant de questions qui ne trouveraient sûrement pas réponse, lui avoir décroché deux mots semblait déjà un exploit, alors récupérer une explication sur un degré aussi philosophique que l'essence même de sa vie semblait impossible.
Il lui esquissa un sourire afin d’exprimer son contentement d'avoir enfin un écho à ses questions, il fit tomber les quelques gravillons vermillions qui restait coincé dans les plis de ses vêtements et enfin, il récupéra son arc ainsi que son carquois de flèche posé à terre quelques minutes plus tôt.
Bien qu’encombrant dans le désert jamais il ne se serait séparé de son arme fétiche. Sa lame courte précieusement au pommeau de corne, précieusement rangée dans son fourreau pendait elle aussi à sa ceinture. La présence de ses armes l’apaisaient, comme un complément de son infériorité physique.

Pour ce qui était la mission, le géant avait totalement raison. Il semblait que les Uller avaient engagé deux mercenaires pour une simple ballade à travers le désert.
Pourtant cette même idée n'était pas logique, elle cachait forcément quelque chose, qu'est ce qu'un simple bout de papier pouvait contenir pour qu'un simple corbeau ne puisse le transmettre de lui même, l'économie aurait été importante, le message serait arrivé bien plus vite. Que pouvait être le sujet de ces quelques lignes.
Cette marche à travers à travers la canicule était bonne pour les prêtresses rouges d'Asshaï et pour tout les autres prophètes du feu fanatique, un mercenaire, ou plus précisément Mycah n'avait rien à y faire. Peut être que ces quelques mots valaient finalement à eux seuls plus que cette course à travers les dunes et les roches de Dorne.
Sans oubliez que voilà bien un mois, depuis son retour à son pays natal, qu'il n'avait pas donné de signes de vie à son protecteur et commanditaire mystérieux de Port-Réal. Une information croustillante pourrait montrer qu'il n'est pas mort et qu'il n'avait pas abandonné son travail.
Si rien d’intéressant n'en ressortait il n'aurait qu'à plaider une chute sur les roches qui aurait brisée la scellé. Au final rien n'aurait réellement changé si ce n'est une brisure sur le cache de cire qui enserrait la missive.
Restait Aarseth, il ne semblait guère être du genre à se détourner de sa mission, l'honneur et le retrait était des codes qui lui allaient au mieux, jamais il ne l'aurais laissé ne serait ce que jeter un coup d’œil et le manque de confiance certains qui planait entre les deux compères, reflétait l'impossibilité de s'isoler la missive en main.
Heureusement pour Mycah, le mercenaire paraissait plus musclé qu'intelligent, en tout cas relativement moins que lui, cela accompagné de son relatif isolement pouvait le rendre facile à manipuler pour un homme qui savait manier les mots. L'ancien gamin de Lancehélion était de ceux là et le savait pertinemment.
Il verrait ça ce soir, la fatigue et la fraîcheur de la nuit restent les meilleurs alliés lors d'une discussion de ce calibre, il s'approcha donc d'Aarseth et donna une tape amicale au dos du mercenaire avant de prendre la tête de la marche de quelques pas.

Et si nous pensions a notre repas de ce soir ? Non pas que je remettes en doute la moindre de tes qualités de prédateur des Montagnes Rouges crois moi, mais j'ai tout de même autant appris à chasser au sein nos terres arides que dans les foret des terres de l'Orage, de plus le prochain point d'eau sera sûrement atteint demain et je pense que pour une fois on peut se faire un plaisir ... Enfin si ce terme à une signification pour toi. Prépare un feu, je te retrouverais.


Ce coup ci, Mycah ne chercha pas de réaction, à quoi bon discuter, ce genre de situation n'était bonne qu'à créer un combat entre deux amours propres. Il sortit la couverture de cuir de sa poche et la confia au géant en guise de sa bonne foi. " Si tu fuis avec je te retrouverais et te tuerais d'une simple flèche dans le dos " lui confia t il avant de dévaler la pente qui longeait le sentier. Il s'engouffra alors dans les terres arides tout en prenant note du moindre repères, et de la position du Nord.

La chasse dura environs deux heures, deux heures de traques, de silence et de patience, des quels Mycah revint avec un petit charognard sur le dos. Certes la bête n'était pas bien grosse et l'on pouvait apercevoir ses côtes sur les flancs, mais au moins ça les changerait des lézards grillés ou du pain déjà plus sec que la terre sur laquelle il marchait.
Il parvint rapidement à revenir sur ses pas, le visage plus sale et les mains abîmés, il remonta difficilement la côte qui menait au sentier.
Une fois en haut, il eu le souffle coupé, rien, personne, pas un feu de camps ou une lumière de flamme n'éclairait l'obscurité qui commençait à tomber.
Mycah soupira, si Aarseth était parti pour Wyl, malgré sa connaissance des montagnes rouge il en aurait pour au bas mot 3 jours voire plus, sa taille et son poids ne jouait pas en sa faveur, le chasseur était plus rapide et deux heures d'avance ne représentait rien.
Pourtant il se résigna à ne pas directement l'accuser et il cria son nom à travers les dunes en espérant qu'il s'était simplement installé plus loin.
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Message Mer 6 Juin 2012 - 15:08

    Peu désireux de laisser à son comparse le temps de paresser, Aarseth avait continué la marche, désireux d’achever cette mission au plus vite. Il se moquait bien de savoir ce que cette missive contenait mais il en avait plus qu’assez d’avoir été confondu avec un corbeau messager et ne supportait guère le caractère nonchalant de Mycah. Les deux hommes étaient aussi différents l’un que l’autre et le jeune homme se demandait encore comment leur employeur avait pu ne serait-ce que songer à les associer. C’était un peu comme forcé un chien à se lier avec un renard alors que tout les séparait. Lui, solitaire et renfermé alors que le chasseur était bavard et optimiste, grand et puissant là où Mycah était fin et agile. Aarseth ne doutait pas que son attitude antipathique faisait de lui un compagnon de route des plus désagréables mais il avait toujours réservé ses mots au Livre et il n’était pas disposé à engager la conversation avec son camarade. Il avait beau être plus jeune que ce dernier, Aarseth avait la sensation qu’un gouffre le séparait de Mycah. Non pas qu’il se croyait plus mature ou plus intelligent, mais ils étaient un peu comme le jour et la nuit… sans oublier que cette mission, pour tranquille qu’elle soit, n’avait rien d’anodine.
    Il y avait d’abord cette lettre scellée pour laquelle ils traversaient la contrée alors qu’un messager à cheval ou un corbeau auraient fait le trajet en moitié de temps qu’eux, et ce voyage long sans le moindre accroc. Trop tranquille, trop calme pour que l’instinct du mercenaire ne pressente pas une menace peser au-dessus de sa tête. Il ne se connaissait pas d’ennemis et se doutait que sa vie ne valait pas grand-chose, mais peut-être s’était-il embarquer dans une entreprise qui dépassait le simple cadre de l’emploi de mercenaire ? Devant cette possibilité, il haussa les épaules. A quoi bon se préoccuper l’esprit à comprendre les manèges des nobles de ces terres, ils n’avaient de cesse de comploter entre eux après tout. Il ne serait pas étonné d’apprendre que cette missive n’était peut-être qu’une énième cachoterie entre puissants, ce qui expliquerait le fait que Mycah et lui aient été choisis pour la délivrer plutôt qu’un oiseau.


    Les deux compères finir par prendre pied au sommet d’un rocher dominant le sentier des Osseux. Encore une fois, Mycah se permit quelques boutades avant de déclarer qu’il allait chasser un peu plus loin, non sans omettre de menacer Aarseth si jamais ce dernier venait à fuir avec la missive. Ces paroles creuses tirèrent un ricanement au mercenaire qui se contenta de s’asseoir sur une pierre chaude. S’il ne sous-estimait pas les capacités du chasseur, il se savait en revanche capable de se défendre honorablement et il avait l’avantage de la force, même s’il s’était suffisamment battu pour savoir que les muscles n’étaient pas toujours utiles au combat. Tandis que son compagnon disparaissait dans les fourrés, le jeune homme tira de sa besace le Livre scellé. A l’aide de la clé nouée autour de son cou, il ouvrit la serrure et feuilleta les pages jusqu’à tomber su la dernière où il avait écrit. Son écriture était fluide, quoique brusque et, malgré le style indéniable de sa plume, les fautes d’orthographe qui s’y trouvaient aurait fait peur à un lettré. Néanmoins, cela n’empêchait pas Aarseth d’écrire dès qu’il en avait l’occasion et il savait que la chasse de Mycah lui laissait un bon moment de tranquillité avant que le Dornien ne revienne. Saisissant le crayon de bois coincé entre les pages du livre, il se mit à écrire des brides de son aventure, sans mentionner l’existence de son compère, et avoua à l’ouvre son inquiétude quant à la missive. Il jeta un coup d’œil à la besace de cuir où était rangée la lettre, tenté de l’ouvrir et de découvrir pour quelle raison il traversait Dorne avec un saltimbanque. Néanmoins, il écarta rapidement cette envie de son esprit. Il n’avait guère envie de s’attirer des ennuis avec des nobles de Wyl en brisant le cachet, de plus, rien ne certifiait que la lettre n’était pas écrite dans un langage codé, indéchiffrable pour un simple mercenaire tel que lui. Il se contenta donc d’ignorer la missive et continua d’écrire dans son livre :

    ** Voilà des jours que je suis la voie des Osseux sans que rien n’entrave ma route. Je devrais y voir un coup de chance inouïe mais je ne parviens pas à me sortir de la tête que cette histoire est bien trop étrange. Une vulgaire lettre, qu’un corbeau aurait pu porter à Wyl en un battement d’ailes, que je dois transporter pendant des jours sans rencontrer la moindre escarmouche, ni même que l’on tente de me la prendre ? Soit le destin veut que cette missive arrive à bon port, soit elle contient un secret suffisamment dangereux pour que personne ne souhaite s’y frotter… **

    Le mercenaire continua d’écrire pendant deux bonnes heures, donnant au Livre tout les mots que Mycah aurait volontiers voulu entendre, jusqu’à ce que la voix du chasseur ne siffle à ses oreilles. Avec un grognement sourd, Aarseth referma le Livre, prit soin de le sceller à nouveau puis de le ranger avant de héler son compagnon pour qu’il le rejoigne. La proie ramenée par Mycah était maigre mais il y avait de quoi sustenter deux hommes parcourant les dunes et le jeune homme n’était pas du genre à jouer le difficile avec la nourriture. Avec quelques brindilles sèches, il alluma un feu afin de rôtir leur frugal repas et de les réchauffer une fois la nuit venue. Paradoxal constat, le désert était aussi glacial la nuit qu’il était caniculaire le jour…

    « On nous confie une lettre qu’un corbeau ou un messager aurait transporté bien plus rapidement. Et nous n’avons pas eu droit à un seul combat, pas même un voleur qui aurait tenté de nous la prendre. Trouve pas ça bizarre, toi ? »

    A
    arseth n’avait guère l’habitude de partager ses impressions, mais il sentait que Mycah était aussi perplexe que lui quant à la teneur de leur missive. Le jeune homme n’était pas du genre à suivre un code d’honneur ou même une quelconque éthique, une particularité de mercenaire qui lui permettait de voir les choses plus sereinement à ses yeux, aussi n’hésitait-il pas à remettre en doute la parole de ses employeurs. Et il avait la sensation que le dernier en date les avait peut-être floués…

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Message Jeu 7 Juin 2012 - 9:57

La voix du géant se fit enfin entendre après que Mycah eut clamé son nom à plusieurs reprises, le silence pesant de la journée laissait petit à petit place à la vie que permettait la fraîcheur nocturne, on pouvait entendre les bêtes à poils et à écailles sortirent de leurs antres. Porté par le vent toujours présent la voix d'Aarseth permit à Mycah de se guider. Il s'était finalement peut être trompé d'une dune ou deux puisqu'il le retrouva deux cents mètres plus loin simplement assit sur un rocher. Il comprit alors pourquoi il n'avait pas vu pas la lueur d'un feu dans sa marche, le colosse n'avait même pas prit la peine d'en réaliser un.
Une nouvelle fois Mycah se mordit les livres pour ne pas s'énerver, il avait bien entendu vidé la bête de ses entrailles après l'avoir achever, mais elle nécessitait plus que tout de cuir rapidement car déjà les mouches s'amoncelaient dessus.
Enfin manger n'était au final pas aussi important que son envie du soir, le désert lui avait permis de réfléchir à nouveau sur la situation, de se torturer l'esprit sur cette missive si bien cachée et si bien protégée. Rien n'en était sorti, si ce n'est une plus grande envie de découvrir ce que cette cache de cuir pouvait bien renfermer. Il ne rêvait que d''une chose dérouler doucement la sangle qui libérerait la papier de l'emprise de son étui, et d'une pression du pouce, briser en morceaux la scellé de cire. Ces yeux pétillaient en y pensant. Sa curiosité dominait sa raison en tous points et plus que le pouvoir, que la richesse ou qu'autant de femme qu'il l'aurait désirer, il voulait savoir ce que cachait le parchemin qu'ils s'évertuaient à transporter depuis tant de jours. Mais, pour cela, restait encore et toujours son frein le plus important. Il était persuadé qu'Aarseth, tel un chien de garde ne lui aurait jamais permis de regarder. Peut être que l'envie le tenaillait tout autant, pourtant … Allez savoir pourquoi, Mycah ne le sentait simplement pas, son instinct, ses tripes lui disaient que le colosse devait être avant tout convaincu pour que le secret vole en morceau sans confrontations perdues d'avance, c'était le mercenaire qui aurait à briser le sceau protecteur.

En parlant du guerrier, il s'était finalement décidé à se lever à l'arrivée du chasseur, encore une fois il resta froid, la pierre sur laquelle il était assis montrait plus d'émotions que lui, pas un sourire ni même un haussement de sourcil. Une semaine qu'ils n'ont pas mordu dans un vrais morceau de viande et alors qu'il lui offrait un repas, certes frugal, mais au moins composé d'autre chose que de reptiles, il ne prenait pas la peine de réaliser un hochement de tête en simple signe de remerciement ou simplement de contentement.
C'était bien l'une des choses qui avait le plus intrigué Mycah, sa vie lorsqu'il approchait la vingtaine, n'était faite que de braconnages sur les terres des nobles, de menus larcins et surtout de fêtes sans fins à travers chaque tavernes et auberges qui croisaient sa route. A cet age la vie n'était pour lui qu'un jeu avec pour seul but le fait de profiter sans penser au lendemain. Apparemment les choses avaient bien changés.

Quelques étincelles se mirent alors à voler dans la nuit qui avait fini par tomber avec le froid mordant qui l'accompagnait. Sans qu'un mot ne siffle de sa bouche, Aarseth se décida à réaliser le feu tant demandé. Un tas de brindilles sèches et quelques minutes de friction suffirent à créer une légère flamme qui vacillait au milieu du foyer.
Accroupi, face au corps du charognard simplement posé sur une pierre, Mycah finissait son travail, l'arc et l'épée posés à ses cotés, il dépeçait de sa dague l'animal et retirait les quelques boyaux qui s'étaient accrochés au cadavre.
Il retira rapidement la tête et la jeta à travers les roches, quelques insectes y trouveraient leur compte, après tout, ils n'étaient pas seuls à devoir survivre dans le désert.
Aarseth lui était déjà assis à fixer le feu et miraculeusement il parla

Si … Bizarre est même un mot léger je trouves, on n'engage pas deux hommes comme cela, soit des problèmes nous arrivent droit dessus et nous devons nous y préparer, soit l'on s'est moqué de nous à Denfert, et notre paye se résumera à quelques rires aux portes de Wyl. Les nobles ont des occupations bien étranges parfois.

Quelques minutes plus tard le corps du charognard traversé de l'avant à l’arrière par une pique de bois rôtissait calmement au dessus des flammes dansantes. Mycah finit par s'asseoir et les deux messagers, car c'est ce qu'ils étaient à ce moment, se trouvaient face à face. Le chasseur tournait tranquillement la broche de bois, laissant dégouliner, la graisse coulante sur le feu.
Il observait calmement Aarseth son visage était illuminé par intermittence au gré du feu. Le fait qu'il doute au point d'en parler de lui même rassurait Mycah, peut être que le convaincre allait être plus aisé que prévu à la base. Il fallait tenter sa chance, d'un signe du doigt il montra l'étui de cuir qui trônait aux cotés du géant.

Et pourquoi ne pas l'ouvrir ? A quoi bon traverser un désert pour de simple espoir. Arrivé à Wyl nous n'auront qu'à clamer une simple chute, un coup mal placé qui brisa la scellé.
Avoue qu'il est tout de même plus que tentant de découvrir ce pour quoi nous marchons depuis tant de temps.

Sa question posée, Mycah le fixa et tenta de déceler la moindre trace d'une réaction, de tout son cœur il n’espérait qu'une réponse positive. Car, il s'interdisait de laisser tomber la prochaine nuit sans avoir découvert les secret du papier, quel qu'en soit le prix.
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Message Dim 10 Juin 2012 - 15:29

    Les flammes rougeâtres léchaient les côtes faméliques de la bête, tandis que les deux hommes se rassasiaient autant que le permettait le maigre repas qui était le leur. Comme à chaque fois qu’ils se retrouvaient seuls tout les deux, un silence tendu et froid les entourait. Concentré sur sa portion de viande, Aarseth ne s’intéressait guère à son compagnon de route et faisait mine de ne pas voir le regard insistant que lui lançait le chasseur. Il pressentait que l’homme, poussé par une curiosité mal placée, était tout aussi désireux que lui de connaître le contenu de la fameuse missive pour laquelle ils étaient peut-être en train de risquer leur vie pour une broutille, une vulgaire invitation à un bal la semaine, qu’en savaient-ils ? Ils n’étaient que deux mercenaires, inconnus des autres habitants de Westeros, donc des vies que l’on pouvait sacrifier sans le moindre remords. De plus, il devait admettre que Mycah n’avait pas totalement tort… rien ne les garantissait qu’ils obtiendraient une quelconque récompense arrivé à Wyl, si ce n’est des quolibets et des insultes de la part des gardes et des citoyens et Aarseth n’était guère désireux d’être le dindon de la farce, même il craignait justement que cet acte de désobéissance soit exactement ce que l’on attendait d’eux…

    « Et si jamais la lettre est codée ? Ce n’est pas l’ouvrir qui me pose problème mais… qui sait ce qui arrivera après ? Cela m’ennuierait d’avoir des soucis avec les nobles du coin juste pour un simple caché brisé. »

    I
    l saisit la besace noire et en retira la lettre. L’enveloppe immaculée semblait lui lancer un regard réprobateur mais le Dornien ne s’attarda pas dessus. Il se moquait bien de savoir quel imbécile de la haute société il allait offusquer en brisant le cachet mais il craignait que cette mascarade n’ait été montée de toutes pièces. Mycah et lui, deux mercenaires appréciant les missions « actives » dirons-nous, cantonnés au rôle de messagers du dimanche que l’on forçait à parcourir des kilomètres pour délivrer une étrange missive. Les prenaient-ils pour des idiots ? Oui, sûrement. Les avaient-ils envoyés à la mort ? C’était fort probable mais Aarseth était bien décidé à rester en vie. Mourir pour une simple enveloppe ? Quelle infamie ! Lentement, le Dornien posa ses doigts sur le cachet de cire. Il n’avait jamais été très à cheval sur les principes et la loyauté était pour lui un mot aussi vague que celui d’amour ou d’honneur. La seule chose qu’il craignait, en cet instant, était que le message soit codé et illisible pour eux deux. Ils auraient l’air fins s’il s’avérait que la missive était indéchiffrable… surtout que faire croire que le cachet s’était brisé dans une chute ou un mauvais coup n’allait pas être aisé. A moins que ceux qui allaient entendre cette version-là ne soient aussi stupides qu’un insecte.

    « Il faudra vraiment trouver une excuse solide en ce qui concerne le cachet. »

    C
    ette phrase valait un consentement, signe qu’Aarseth était prêt à passer les outres les ordres de leur employeur qui, après tout, n’était qu’un acheteur comme les autres. Le trahir ne lui posant aucun problème de conscience, il força sans mal le cachet de cire…
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Message Jeu 14 Juin 2012 - 15:13

Pendant quelques secondes le temps sembla s’arrêter, les bruits de la nuit se turent pour laisser place au silence pesant, les grandes flammes du feu semblèrent s'affaisser et le halo de lumière qui en ressortait s'assombrit et se rétracta. Mycah brisa le calme apparent en déglutissant.
Le regard du chasseur était fixé sur les grandes mains du géant et sur le précieux trésor qu'elles gardaient jalousement. Ses doigts rougis par la cire qu'ils venaient de briser glissaient le long du papier, le mercenaire pour une raison que Mycah ignorait semblait encore hésiter ou peut être savourait il simplement le grand moment de la désobéissance, celui ou l’ordre de l'un des grands seigneurs se voyait bafoué par deux simples roturiers. Qu’espérait il, après tout, les paysans ne sont qu'un masse de populace sans le moindre intérêt, ils sont sales, incultes et indisciplinés. Quelle idée saugrenue de leur confier une telle mission.

Quel qu'en soit la raison Mycah ne tenait plus, il se leva rapidement, traversa cercle de lumière porté par les flammes et arracha l'enveloppe des mains du géant. Un code ? Pourquoi pas, il espionnait et volait depuis tant d'années qu'un simple codage ne lui faisait plus peur et si il lui semblait réellement indéchiffrable, ca ne voulait dire qu'une chose, que le seigneur en question avait des choses particulièrement importantes à cacher et que donc par logique, sûrement que cette missive plairait à son protecteur de Port-Real.
Les doigts entrelacés autour du papier, il s'y voyait déjà, donner quelques piécettes à l'autre brute, se séparer de lui une bonne fois pour toutes en le laissant se débattre dans ses chères collines arides, continuer la route vers le nord, traverser discrètement les terres des Wyl, voire les contourner, monter jusqu'à Pierheaume comme prévu, cacheter son mystérieux paquet du sceau de son commanditaire, l'envoyer à Port Real, et enfin prendre du bon temps à travers l'Orage en sachant qu'une paye l'attendrait à la capitale.
Oui un plan magnifique et sans la moindre faille, qui lui vaudrait au moins un bon mois de tranquillité financière.
Le dos toujours tourné à Aaresth, Mycah passa sa langue sur ses lèvres et d'un geste souple il déplia le papier. Son souffle et ses gestes s’arrêtèrent et finalement il jeta violemment le parchemin au pied du géant.

RIEN ! Absolument rien ! Il n'y a rien d'écrit sur ce bout de papier. Ils se sont payé notre tête, sûrement un simple paris entre maison de Noble.

Tu te rends compte ? Le premier qui réussit à faire traverser les Osseux à deux roturiers gagne une robe. Quelle blague …


Sa colère aussi tôt arrivée se calma d'un coup, Mycah n'était pas homme à perdre son sang froid ou à s’énerver, Tout en ralentissant sa respiration qui d'un coup avait grandement accélérée, il se rassit sur le sable rouge, ses yeux se perdirent dans les flammes, à quoi bon son épée, son arc, son éloquence et son intelligence. Il n'était toujours qu'un simple enfant des rues, un bon à rien, un rustre. Un savoir et des qualités ne valent le coup que lorsqu'ils sont reconnus et à Westeros la reconnaissance ne s'acquiert que par le nom.
Sans relever la tête et sans fureur, il s'adressa de nouveau à son compatriote, pour la première fois depuis leur départ, Mycah se trouvait un point commun avec lui. Celui de ne finalement pas être grand chose aux yeux du monde

Et maintenant ? On fait quoi, on chante, on danse autour du feu comme de bons sauvageons des Montagnes Rouges. Après tout nous ne somme apparemment bon qu'à ça. Deux simples pécores avec un bout de papier vierge, qui se feront chasser à coup de pierres une fois arrivé à Wyl
Voire pire, bien que cette missive soit vide d'encre et de sens, nous avons osé l'ouvrir et aller contre l'ordre d'un seigneur pourrait nous coûter la vie.
Va à Wyl si tu veux des explications, moi je ne prends pas le risque de pendre à une corde.
Je pars pour Pierheaume dans l'orage dès demain, une fois dans les Terres de l'Orage je pourrais être tranquille et travailler sans avoir à traîner les pieds dans un désert de pierres pour une quête sans queue ni tête.


Sur ces mots Mycah soupira et se tailla une maigre tranche sur l'animal, la viande consolerait son désarroi. Il était meilleur que chacun des ces bougres qui se pavanaient dans ces châteaux, il le savait et pourtant sa seule naissance l'avait amenée là, dans ces dunes, avec pour simple compagnon un mercenaire, plus fort que loquace, un chien de garde, un homme chez qui Mycah ne voyait aucun intérêt, cette sensation devait d'ailleurs être réciproque.
Et pourtant, alors qu'il dégustait son maigre bout de charognard, Mycah sentit une sorte d'envie, quelque chose au fond de son esprit voulait que le géant continue la route avec lui, du moins jusqu'à Pierheaume, comme si … comme si il se devait de finir cette histoire ensemble d'en tourner la page.
Le chasseur secoua sa tête, l'émotion lui donnait de bien étranges pensées, si d'un seul coup le géant pouvait paraître comme un compagnon de voyage, il n'en serait sûrement plus aussi sur demain.
Il finit de mâchouiller son festin, puis, il arracha du sable le drap blanc qui lui servait à couvrir sa tête pendant la journée avant de le rouler en boule afin d'avoir un minimum de confort pendant sa nuit.

Ma décision et prise demain je change de cap. Fais ce que tu veux et sur ce, bonne nuit.
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Message Lun 18 Juin 2012 - 8:15

    Le silence s’impose-t-il lorsqu’un secret est sur le point d’être brisé ? Décide-t-il sciemment de faire taire faune et flore, de suspendre le temps et de glacer les mouvements des êtres vivants ? Les doigts d’Aarseth avaient déjà crocheté le cachet de cire, donnant l’illusion que du sang sombre coulait sur ses mains, et il porta l’enveloppe face au feu, les flammes lui permettant de voir distinctement ce que contenait la lettre et ce, sans la déplier. Le Dornien écarquilla les yeux, une lueur de frustration féroce dans le regard, avant que son compagnon de route, excédé par son silence, ne lui arrache la missive des mains afin de la déplier. Le visage crispé, le mercenaire ne protesta même pas. Une colère sourde et aussi brûlante que le soleil de Dorne montait en lui, si bien que son poing s’abattit sur la pierre sans lui apporter autre chose qu’une vive douleur.
    Rien.
    Il n’y avait rien dans cette maudite enveloppe, pas une ligne, pas même un mot. La feuille vierge semblait rire des deux malheureux hommes qui, dépités, observaient le bout de parchemin qui se gaussait de leur déconvenue. On s’était moqué d’eux, on les avait obligé à traverser les contrées hostile du Sud, et ce pour transporter un message vide qui leur aurait valu les quolibets les plus furieux des habitants de Wyl. Aarseth poussa un juron à l’encontre des nobles de Westeros, maudissant leurs jeux d’esprit pitoyables et leur condescendance, crachant sur leur richesse et leur médiocrité.


    « Ces enflures se jouent des simples vagabonds comme toi et moi, nous sommes à peine de la chair à canon pour eux. Je n’ai pas l’intention de me rendre à Wyl, j’ai autre chose à faire que de me faire humilier en ramenant un bout de papier en exigeant des explications que je n’aurais jamais. J’ai traversé la Dorne entière à la recherche d’un travail et, quand j’en trouve un, c’est pour me faire entuber par un riche imbécile qui n’a rien trouver de mieux que de me faire parcourir des kilomètres pour délivrer une fausse missive. Je crois qu’il est temps que je quitte ma région, que je parte vers le Nord, histoire de voir autre chose que le désert de Dorne, et aussi pour tenter d’obtenir l’or que je n’ai pas ici, qui sait... »

    C
    ’était sans aucun doute la plus longue tirade du guerrier depuis des années mais, la colère aidant, sa langue se déliait plus aisément. Il en avait assez de traîner sans but, de ne pouvoir faire quelque chose de concret de son existence, d’être forcé de ne vivre que selon le bon vouloir des puissants qui usent de ses capacités martiales. Durant un instant, l’étendard des Martel flotta dans son esprit mais il chassa cette pensée. Il n’était pas chevalier, ni soldat et la loyauté factice envers un quelconque bastion ne l’avait jamais réellement intéressé, malgré les rêves de son enfance qui venaient le hanter parfois, mais il sentait qu’il était venu l’heure pour lui d’aller au-delà des Marches de Dorne. Son regard d’émeraude se posa sur la silhouette d’un Mycah aussi déçu et frustré que lui. Le chasseur ne semblait pas plus avancé que lui sur son avenir et, tout comme lui, la seule solution envisagée – et envisageable – était de quitter leur contrée natale. Un fugace instant, le Dornien songea à poursuivre la route à ses côtés, comme si les deux hommes étaient à présent liés par cette missive vierge qu’ils avaient eu l’outrecuidance d’ouvrir, mais le jeune homme dénigra cette envie. Mycah et lui étaient aussi dissemblables que le jour et la nuit, et la route ensemble leur avait parue suffisamment longue et pénible pour qu’il songe à continuer à cheminer aux côtés du bavard chasseur. Associé un chien et un renard était une très mauvaise idée…

    « Le mieux est de quitter Dorne. Notre employeur va certainement comprendre que nous avons ouvert la lettre et découvert son petit jeu quand il verra que rien n’est parvenu à Wyl. J’ai entendu dire que les nobles de chez nous préfèrent ne pas trop se mêler des affaires politiques du Nord, tant c’est la débâcle là-bas, il y a peut-être moyen pour que nous nous fassions oublier quelques temps. »

    A
    arseth n’était pas très au fait des jeux politiques et ne s’était jamais réellement intéressé à toutes ces histoires avec le Trône de Fer, les Targaryen et autres importantes maisons d’au-delà ses contrées, mais il devait admettre que l’inconnu le fascinait et découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles cultures étaient une perspective assez séduisante pour le pousser à prolonger son harassant voyage. Le jeune homme saisit la lettre vierge, lui lança un dernier coup d’œil haineux avant de la jeter au feu pour faire d’elle la proie des flammes, histoire de consoler son orgueil blessé en transformant l’objet de sa risée en cendres. Etendant ses longues jambes, il se blottit contre un rocher, espérant que cette nuit allait être aussi calme que les précédentes, tout en songeant à la route qui l’attendait demain.

    « Je me demande comment c’est, le Nord… »
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Message Lun 18 Juin 2012 - 16:25

Au cœur de la nuit glacialen eu sein des Montagnes rouges, allongé et la tête déposé sur son oreiller de fortune, Mycah ne cessait de voire passer ses émotions les une après les autres, de la colère de la découverte, il était passé à la reddition face à sa situation et maintenant que le calme était retomber, la frustration apparaissait, émotif lui, peut être, sûrement même. Mais est ce qu'un homme qui vend son talent peut se permettre de l’être, la question se posait.
A y réfléchir, il en connaissait du monde, des taverniers du Bief au catins de Port Real en faisant halte par les chasseurs de l'Orage, tous connaissaient son nom et appréciaient la bonne humeur du chasseur. Certes ils n'étaient que des roturiers, en tout point semblable à lui et pourtant ils étaient la base de ces terres et en eux dormaient tout ce que le grand monde des Maisons rêvaient de savoir.
Sa réflexion continuait son chemin, c'était peut être la folie de trop, à trop en vouloir, à être trop ambitieux on finit toujours pas retomber plus bas que l'on ne l'était.

Son commanditaire de Port Real payait bien, suffisamment pour vivre, finalement peut être que le mercenariat n'était pas pour lui, il lui suffirait de continuer sa vadrouille, chasser et pourquoi pas braconner de temps en temps, vendre ses trophées sur les marchés et en parallèle continuer d'entretenir ce réseau qu'il appréciait temps. Plus de risques inconsidéré, un lit chaud et une femme chaque soir, peut être était ce la vie qui lui revenait.
Sa réflexion fut coupé par Aarseth qui d'un ton que l'on aurait presque put qualifier de rêveur, posa une question, bien que surement rhétorique, qui il devait l'avouer, plut au chasseur.
Il se retourna la tête toujours accoquinée contre la douceur du lin dornien et il regarda le monstre qui d'un seul coup le rappela à sa jeunesse, à ses vingts ans, enfin la taille, le poids, la force et le caractère en moins. Est ce qu'une lueur de curiosité avait rapidement flamboyé dans les yeux de ce colosse qui n'était pourtant jamais sortie des terres arides ? Il fallait bien le croire.
Mycah esquissa un sourire en coin et il se releva tranquillement, la nuit et le sommeil n'étaient pas encore venus.


Tu veux savoir réellement à quoi ressemble le Nord ? Et bien je vais te le conter, car je ne peux laisser un homme qui veut le savoir sans la moindre idées de ce qu'il l'attend.

Il reprit quelques brindilles et les jeta dans l’âtre tout en en gardant une à la main, et dans le sable, à la lueur du feu, il commença à dessiner.

La tu as nous Dorne, enfin tu connais bien, nos déserts rouges et chauds, les vignes et la douce odeur d'agrume, la chaleur du soleil qui te réveil au matin lorsque tu sors de ton sommeil et la grandeur des Martel.
Ici tu as l'Orage la terre des forets, des forets plus verdoyante et plus vaste que jamais tu ne l'as jamais imaginé, la terre des chasses et des tempêtes. La grandeur de la baie des naufragés qui te tend les bras, et la puissance des pierres d'Accalmie.
Là le Bief, oublie tout ce que tu as entendu sur eux, ce ne sont que des plaine vertes et des champs à perte de vue, les tavernes et la joie que l'on y trouve sont sans égal à travers tout Westeros, et les femmes du Bief mon amis, les femmes du Bief te feraient bien rapidement oublier celles de nos terres.

Juste au dessus ce sont les Terres de l'Ouest, le Roc, créé de falaises implantées depuis des génération face au vent et aux marrées, terre de l'or et de la richesse, on dit que leurs mines ne sont que des cours d'argent et d'or et que les pierres précieuses s'y ramassent à la main.
A coté nous avons le Conflans, la terre des fleuves, une terre de tranquillité et de paix, des centaines de petits villages ou l'on peut se perdre dans les bras d'un demoiselle pendant des mois tellement le bonheur semble proche.

En suite vient la Couronne et surtout Port Real. Ah il faut voire la ville de Port Real pour la croire, si grande, si démesurée, c'est a penser que jamais cette cité n'a de fin ou ne dort. Des bordels, des auberges et des marchés à perte de vu, des essences, des parfums et des tissus venus d'au delà du Détroit, des merveilles que jamais je n'avais pus imaginer.
Vient ensuite le Val d'Arry, une esplanade de pics et de montagnes si haute que et si insurmontables que les hommes ont dû se résoudre à y construire leurs châteaux aux sommets, des castels entre ciel et terre.

Et enfin le grand Nord, terre des neiges, et des hommes rudes, je ne peux pas t'en parler car je ne n'y suis pas aller depuis bien longtemps, mais une fois passé outre le froid et la glace, en voilà une terre pleine de promesse, pour des hommes telles que nous, la bas ce n'est ni le nom, ni la naissance qui te fait vivre, mais ton talent.


Son dessin et ses explication finis, il jeta la brindille au feu et se rallongea, que de souvenirs, quelle nostalgie venait de s'emparer de lui, il était revenu à Dorne il y a six mois de cela, pensant retrouver ses terres, mais si il était né Dornien et qu'il en avait le caractère et l'apparence, il n'en était pas moins un apatride, orphelin de famille comme d'identité, il n'était autre que lui, un simple chasseur, un homme plus agile que la moyenne et sachant manier un arc, un génie de la parole et de la sympathie, mais un talent sans attache.
Oui demain il partirait pour Pierheaume et oui les courses pour de l'or ou autres mercenariats ne le regarderaient plus. Il en avait finis de courir après ce qu'il n'obtiendrait jamais.
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Message Mar 19 Juin 2012 - 9:22

    La tête levé vers le ciel étoilé de Dorne, Aarseth tentait vainement d’imaginer la vie au-delà des Marches de Dorne. Les rares voyageurs à qui il avait adressé la parole durant ces dernières années lui avaient évoqué des contrées magnifiques, des terres ravagées par les guerres, des capitales aussi vastes et riches que toute la région. On lui avait parlé de Port-Réal et de son Fléau du Printemps, du Trône de Fer et de ses milles épées, d’un certain Freuxsanglant et de ses mille yeux. On lui avait raconté la beauté époustouflante des Terres de l’Orage, de la sauvagerie des habitants des Îles de Fer, du Nord glacial et inhospitalier ainsi que du long et imprenable Mur qui marquait la limite du monde connu de Westeros. Il en avait suffisamment entendu pour se faire une idée de ce que les Dorniens appellent le Nord mais jamais il n’avait songé à le rejoindre. Jusqu’à maintenant.
    Une entreprise des plus risquées, surtout lorsque l’on n’était qu’un mercenaire sans le moindre pécule, avec seulement un lance comme outil de travail. Néanmoins, Aarseth se savait suffisamment déterminé et fort pour supporter quelques semaines disette en attendant un nouveau travail. Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’il se retrouvait dans une telle situation mais, cette fois-ci, la découverte sera au rendez-vous et il ne doutait pas que sa soif de savoir surpassera sa faim. Alors qu’il s’apprêtait à fermer les yeux pour laisser le sommeil s’emparer doucement de lui, Aarseth fut interrompu dans sa rêverie par la voix de Mycah qui semblait ravi de voir son colosse de compagnon s’exprimer aussi librement après des jours et des jours de frustrant mutisme. S’appuyant sur son coude, le chasseur commença alors, avec force détails, à dessiner une grossière représentation du Nord.


    Quelque peu surpris – et, il fallait le dire, fasciné – par les explications de Mycah, Aarseth observa les traits du bâton dans le sable froid. Il s’émerveillait intérieurement des richesses promises par son camarade, s’imaginant déjà en train de partager le lit des filles du Bief, ou en train de parcourir les terres de l’Orage. Jamais le mercenaire n’aurait pensé que le jeune homme qu’il avait en face de lui ait pu autant voyager. Sa carrure fine faisait souvent oubliée à Aarseth que Mycah était plus âgé que lui, plus expérimenté et qu’il avait certainement parcouru bien plus de terres que lui. Durant un court instant, il s’interrogea tout de même sur la teneur des paroles du chasseur. Après tout, rien ne lui garantissait que Mycah disait la vérité, il était suffisamment malicieux pour tenter d’embobiner le naïf mercenaire en lui décrivant un univers idyllique. Néanmoins, la lueur de nostalgie étincelante qui illuminait le regard de l’homme ôta tout doute d’Aarseth qui se replongea avec plaisir dans ses rêves de territoires inconnus et de filles faciles. Lorsque Mycah eût achevé son récit, il continua de contempler son dessin quelques instants avant de s’allonger, la tête posée sur un rocher.

    « Je ne pensais que tu avais voyagé autant… ni que tu avais connu autant de femmes ! »

    L
    e Dornien partit dans un grand éclat de rire qu’un écho lointain lui renvoya quelques instants plus tard. Il ne se moquait pas de son compagnon de route, il semblait au contraire enjoué à l’idée de quitter ses terres natales pour se lancer vers un inconnu aussi fascinant qu’oppressant. Jamais il n’avait quitté Dorne, rassuré comme il l’avait toujours été par la chaleur du soleil, le contact du sable sous ses pieds et les roches brûlantes. Il songea un court instant à sa famille, qu’il avait abandonné il y a des années de cela. Quitter Dorne scellait définitivement son rejet du devoir familial et il ne courrait plus ainsi le risque d’être retrouvé par un père furieux d’avoir vu son fils disparaître lors de son treizième anniversaire ou une sœur cadette bien décidée à ramener son aîné à la maison pour le forcer à accomplir son devoir de futur patriarche. Un sourire ravi étira les lèvres du jeune homme, le premier depuis de longs mois, et il se surprit à apprécié la compagnie de Mycah à ses côtés. Certes, le chasseur était un incorrigible bavard, un peu trop comique à ses yeux, mais la découverte du canular de la missive semblait les avoir réunis, même si c’était dans un sentiment aussi déstabilisant que la honte ou la colère.
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Message Mer 20 Juin 2012 - 15:38

Les bras croisés derrière la tête, Mycah avait déjà fermé les yeux lorsque son compagnon jeta sa pique comme l'on jette une pierre dans une marre. Les paroles du géant furent directement suivies d'un long rire rauque et sonore et les yeux du chasseur s'ouvrirent instantanément tellement le choc de la surprise fut dur à avaler, il découvrait bien des choses en cette soirée, le géant avait une langue et il savait s'en servir, il était même capable de donner des tirades comportant plus de deux verbes et voilà que maintenant, Mycah lui découvrait un sens de l'humour et même une capacité à rire de ses propres sottises.
Enfin si finalement joueur il était, joueur il sera, jamais le chasseur n'avait manqué de relever une défis à la répartie, gamin comme il était il s'agissait même de l'un de ces passes temps favori.


Je pense en avoir connu bien plus que toi jeunot et des plus exotiques en plus. De plus si tu veux mon avis et je te l'impose, J'en connaîtrais encore bien plus que tu n'en verras jamais, car si les freluquets n'ont pas tant que ça la cote au physique, le principale reste le charisme et ce n'est pas en te taisant que tu séduiras des damoiselles.

Fier de sa bêtise, il afficha un léger rictus de contentement. Son ressentis lorsqu'il avait ouvert la lettre se confirmait, finalement peut être que le géant pourrait être un compagnon de route agréable, de toute manière un homme qui savait rire, même à légère dose, devenait automatiquement un partenaire agréable pour lui, comme quoi deux opposés pouvaient s'entendre, le tout était de simplement trouver le point de rassemblement, l'ennemi commun.

La nuit était tranquille et la suite des événements semblaient finalement bien plus agréable qu'il le pensait, la soirée se finirait surement sur quelques piques de plus, le feu mourrait petit à petit, le temps passeraient et alors que le flux de mots diminueraient, chacun d'eux finiraient par sombrer dans les bras du sommeil.
La décision était prise, le lendemain, si la soirée c'était passé sans heurt et qu'il n'avait pas changé d'avis, Mycah proposerait à Aarseth de l'accompagner. Le désastre de solitude que représentait le chemin à travers les marches de Dorne pour le chasseur serait ainsi évité et Aarseth pourrait obtenir un guide dans les terres du nord, ce qui lui serait tout même profitable, surtout pour ses premiers pas hors du sable et des villages de torchis et de terre.

A cette pensée, il se rendit compte de son idiotie, le bête sourire qu'il donnait depuis moins d'une seconde s’effaça pour laisser place à un mordillement de lèvre singulier. Tout les trésors de Westeros qu'il avait décrit plus tôt étaient certes réels et même accessible, mais c'était pour un homme qui savait ce qu'il faisait, un homme d’expérience, les forets seigneuriales regorgeaient de richesses, mais seul un braconnier expérimenté pouvait se les accaparer sans risquer sa vie. Il en était de même pour les contrées du Nord, un homme peut y prouver sa valeur mais il doit avant, savoir comment survivre aux hivers et au froid. Chacun des récits prés cités possédaient ainsi sa propre contrainte et si Mycah avait eu la chance d'être guidé et accompagné par son mentor à travers les terres dés son plus jeune age, il n'en était pas de même pour Aarseth. Lui, était un grand gaillard de Dorne et même pire un homme des dunes, ses idées sur le monde et son fonctionnement devaient déjà être bien encrés dans son esprit et il ne faisait aucun doutes qu'elles étaient bien différentes des pensées du Nord. Il venait venait de le pousser dans la gueule du loup.


Un instant déstabilisé il se remit les idées au clair, il n'était pas son protecteur et le mercenaire était bien assez vieux pour savoir ce qu'il voulait et pour survire. Mycah lui même n'avait il pas survécu dès ses 5 ans dans les rues de Lancehélion ? Demain il lui proposerait de le suivre jusqu'à Pierheaume et de se séparer là bas, au moins aurait il le temps de lui inculquer les bases de ce changement de culture et si le géant refusait, tant pis, sa conscience serait au moins en paix et sa vie n'en changerait pas pour autant.
Rassuré par cette pensée, Mycah se décida à continuer cette soirée comme elle venait de débuter.


Et dit moi nigaud, quelle type de femme est attirée par les grognements ? Celle qui ont trop bu ou les sourdes ?
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Message Ven 22 Juin 2012 - 7:32

    Comme Aarseth l’avait pressenti, la réplique de Mycah ne se fit pas attendre, même si le choc d’entendre son camarade rire et plaisanter le laissa coi quelques instants. Il est vrai que le mercenaire n’était pas du genre blagueur ou charismatique. Même enfant, il n’avait jamais passé ses journées à jouer avec d’autres gamins, ni même avec des membres de fratrie, déjà bougon et renfrogné à l’époque. Il n’avait jamais été un personnage sympathique, et préférait de loin laisser parler sa lance plutôt que ses lèvres, et les rares traits de bonne humeur qu’il laissait apparaître effrayaient plus qu’ils ne rassuraient. Cela marchait aussi avec les dames. Si Aarseth était d’un physique qui imposait le respect et l’admiration des pucelles innocentes, sa brutalité et ses grognements intempestifs lui avaient souvent valu bien des nuits de solitude lorsque l’argent n’était pas là pour le conduire au plus proche bordel. Toutefois, le jeune homme n’avait jamais été un coureur de jupons invétéré. S’il adorait passer des nuits dans les bras d’une femme, il n’était pas du genre à les considérer comme de vulgaires objets de plaisir ou les simples épouses des hommes, son respect pour la gente féminine surprenait même.

    « Ne t’en fais pas, je rassure les femmes avec ça. Et elles aiment à croire que je suis muet, elles trouvent cela reposant ! »

    I
    l rit à nouveau de sa boutade avant de reprendre son air sérieux. La nuit était déjà bien avancé et il leur fallait dormir s’ils ne voulaient pas être exténués à l’aube, alors qu’un long voyage les attendait tout deux. L’idée de fouler les terres du Nord inquiétait quelque peu Aarseth. Avec sa peau mate, sa lance et ses vêtements souples, tout le décrira comme un Dornien, et il ignorait totalement l’accueil que lui réserveront les habitants des cités ou même si sa culture était si différente de la leur. Néanmoins, Aarseth, s’il était un enfant des dunes, n’avait jamais vraiment été attaché à sa patrie. Il n’y avait rien en ces déserts qui puisse le retenir et il savait d’avance qu’il lui fallait courir après l’or s’il désirait vivre autrement. Et, s’il ne doutait pas que l’or exista en Dorne, il songeait que les richesses au-delà des Marches étaient bien plus grandes que celles d’ici. Le mercenaire vérifia une dernière fois que sa lance était à portée de main – une vieille habitude – que son sac était également près de lui avant de se caler contre un rocher, avant de laisser le sommeil s’emparer doucement de lui.

    Le lendemain matin, un rayon audacieux et déjà chaud se glissa contre les paupières du jeune homme, l’obligeant à quitter son lit de fortune. Avec un grognement, il se redressa et grimaça en sentant des courbatures enflammés son dos et sa nuque. Se levant, il s’étira longuement avant de nouer son baluchon autour de ses épaules et de saisir sa lance. Le feu qu’il avait allumé la veille était mort et seules quelques cendres persistantes furent balayées par une légère brise. Mycah dormait encore paisiblement et le mercenaire hésitant à le réveiller maintenant, il préféra quitter leur sentier à la recherche d’un gibier quelconque ainsi que d’un point d’eau en vu de leur périple. Durant deux heures, il erra dans les alentours, pestant contre le manque de ressources flagrant. Certes, Dorne était connu pour faire un vin des plus succulents, même si Aarseth n’avait jamais vu de ses yeux l’une de ces cultures de vigne, et il s’était souvent demandé comment l’on pouvait bien faire mûrir des fruits en un lieu si désertique. Après des recherches infructueuses, il rentra bredouille, heureusement, le chasseur ne s’était pas réveillé et le jeune homme n’aura pas à subir ses moqueries quant à son incapacité à dénicher un quelconque animal pour les sustenter dans la journée. Avec un peu de chances, les deux acolytes trouveront bien un ou deux gibiers à se mettre sous la dent, le plus pénible étant la soif.

    « Mycah, il est l’heure, nous avons une longue route. »

    L
    e mercenaire secoua légèrement son compagnon avant de disperser d’un coup de pied le reste du feu. Mieux valait que personne ne sache qu’ils étaient passé par là, car le spectre de la missive était encore sur eux. Après tout, rien ne les garantissait que leur employeur ne cherchera pas à savoir pourquoi sa « lettre » n’était pas parvenue à destination ni pourquoi les deux hommes qu’il avait engagé étaient introuvables. Partir maintenant leur permettrait de prendre de l’avance sur d’éventuels poursuivants et, si possible, de pouvoir se faire oublier encore plus rapidement.

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Message Ven 22 Juin 2012 - 18:22

La table et l'ambiance étaient plutôt froide, voire même sans le moindre intérêts, Mycah était assis face à une chope de bière et une écuelle pleine d'une mixture de blé bouillie, sans vraiment cherché à comprendre, il attaqua son maigre repas. L'auberge si s'en était bien une, se trouvait vide de monde, et les quelques hommes de passage ne regardaient même pas le chasseur c'était a peine si l'on voyait leurs visages. Le doute s'installa en lui, jamais il n'avait pris place dans une taverne comme celle là et il ne parvenait même pas à se remémorer où il se trouvait cinq minutes plus tôt, un bon nombre d'information qu'il était incapable de donner. A moins que …
Soudain la taverne s'illumina d'un grand coup et la porte s'ouvrit dans un fracas, un énorme chien rouge et noire, digne des loups garous du Nord, y entra toutes pattes devant et la gueule ouverte, la bête bondit et ses crocs se refermèrent sur le regard du chasseur qui n'avait pas eu le temps de réagir.

Mycah se releva d'un coup, le souffle coupé, son esprit embrouillé commença à faire le tri dans les infos récupérées à tort et a travers par ses sens. Il commençait à se rappeler, Dorne, la missive, Wyl, les Montagnes rouges et surtout Aarseth. Le géant se trouvait d'ailleurs au dessus de lui, et c'était de quelques secousses et de quelques douces, si l'on peut les dire ainsi, paroles qu'il avait extirpé son compagnon de ses rêves. Sans dire un mot il se retourna et alla balayer les reste du feu, laissant à l'autre dornien le temps de clairement se réveiller. Le chasseur se redressa, le soleil était déjà bien haut et sa fatigue se devait d'être plus important qu'il ne l'avait ressenti pour que la chaleur de l'astre ne l'ai pas réveillé.
Il entreprit ses petits rituels du matin, son cou craqua vers la droite et la gauche et tout en s'aidant de ses bras encore emplis de fourmilles il se releva. D'un coup la circulation de son sang redémarra, et lui fit ressentir un étrange vertige et de gestes saccadés il se secoua afin de rétablir le tous. Ses vêtements laissèrent tomber une pluie de terre rouge sur le sol et Mycah n'eut plus qu'à enfin se retourner vers son compatriote pour débuter sa journée.

Le souvenir de la soirée d'hier restait gravé comme positif dans sa mémoire et son sentiment de culpabilité de lâcher le jeune mercenaire, qui il fallait bien l'avouer avait plus inventé la naïveté que l'eau chaude, dans les griffes de personnes sans scrupule du nord, avait quant à lui grandit.
Pensif il arracha sa gourde de ses affaires et un nouveau bénéfice de la présence du chasseur apparut, en effet bien qu'il forçait au maximum sur la besace de cuir, seul un très faible filet d'eau ressortait du réceptacle. Mycah avait beau être Dornien, il restait un Dornien de Sel, les Marches de Dorne il les connaissait à la va vite et la position des points d'eau méritaient hélas un savoir plus approfondi.
Aarseth lui était né dans les terres arides, il devait savoir ou les cours d'eau et les flaques constantes se trouvaient. C'était une chose à ne pas mettre de coté dans son choix.

Le chasseur soupira et finalement, en espérant que la bonne humeur de son compagnon et leur rapprochement ne soient par de simple effet de la fatigue et de la frustration il se retourna vers le mercenaire toujours affairé.


Bon Aarseth. Comme dit hier je pars dés maintenant pour Pierheaume et je te propose de m'accompagner. Le chemin est des plus simples, nous devons continuer sur les Osseux, il restera tout de même un risque des plus importants puisqu'il nous faudra impérativement passer par les terres des Wyll.

Une fois leurs terres et le fleuve passés, nous n'aurons qu'à continuer vers Lonbec, ça sera pour toi tes premiers pas dans une terre du Nord puisque nous serons dans l'Orage. Enfin tu ne seras pas trop dépaysé puisqu'il s'agit tout de même des Marches de Dorne.
Une fois la nous devrons sortir de la piste du col pour partir vers l'Est à travers la Garde Rouge et ce pendant environs 3 jours, 3 jours sans repères fixes, mais la région est moins dur qu'ici.

Une fois sortie nous serons à Pierheaume. Je t'apprendrais en chemin les coutumes du nord. Tu ne peux pas arriver comme cela et espèrer y vivre tranquillement, il te faudra te fondre dans la masse et je répondrais à tes questions. Il suffit de comparer nos vêtements pour comprendre que tu en as besoin.


D'un geste de la main Mycah montra suite à suite les amples vêtements d'Aarseth et ensuite les siens, simplement constitués d'une chemise d'un veston de cuir et d'un pantalon de lin brun classique. Certes ses vêtements n'étaient guerre pratique dans cette région, toutes fois moins que les turban et les tissus du mercenaire. Mais au moins lui passait inaperçue partout.
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Message Lun 25 Juin 2012 - 8:00

    Aarseth laissa à son compagnon de route le temps de s’extirper du sommeil et, après avoir prit soin de rassembler ses propres affaires, et il se retourna vers Mycah. Il n’appréciait guère l’idée de devoir dépendre du chasseur pour lui indiquer la route, mais il n’avait aucune autre solution pour rejoindre le Nord, sans oublier que tenter de quitter Dorne seul était une entreprise un peu trop risquée pour que le jeune homme ignore l’aide bienvenue de son camarade. S’il pouvait prétendre connaître les contrées désertiques de sa patrie, cela était totalement différent pour les terres qui allaient au-delà des Montagnes Rouges, et il savait que, seul, il n’avait guère de chance d’atteindre son but vivant. Son aîné lui indiqua le chemin à suivre et commença à marcher, sans cesser de parler, indiquant au jeune homme qu’il allait certainement devoir s’adapter aux coutumes du Nord. Aarseth jeta un coup d’œil à ses amples vêtements, typiques du pays, et dut admettre que cet accoutrement le désignerait aussitôt comme un étranger, chose qui n’était guère pratique lorsque l’on désirait passer inaperçu.

    « Je te suis. De toute manière, plus rien ne me retient en Dorne. »

    L
    e mercenaire suivit son compagnon, songeant que le fait de subir le caractère enjoué de Mycah lui paraissait moins pesant après la soirée d’hier. Certes, le jeune homme était bien plus enthousiaste que lors de leurs derniers jours ensemble et il semblait prêt à faire acte de quelques gestes de bonne société mais il espérait toutefois que la mésentente qu’il y avait eu entre eux pendant des jours et des jours de voyage n’allait pas réapparaître. Non pas qu’il éprouvait de la sympathie pour le chasseur, mais il ne pouvait se permettre de se mettre son guide à dos, auquel cas il savait que Mycah n’hésiterait pas à l’abandonner en terre inconnue, et le menacer des plus terribles souffrances ne servirait à rien. Des roches démesurées les entouraient, observant leur marche silencieuse comme des gardiens, immenses pierres suffisamment fourbes pour ne pas empêcher le soleil de cuir la peau des deux hommes, bien que le jour soit encore jeune et que quelques étoiles subsistaient encore dans un coin de ciel. Sa lance en main, le ruban de soie rouge noué à la hampe virevoltant à chacun de ses pas, Aarseth suivait la fine silhouette de son camarade. Même s’il ne pensait pas Mycah capable de mauvaise malice, il espérait que le chasseur n’allait pas lui jouer quelques tours pendables en lui indiquant de mauvaises directions ou en le trahissant à propos de la missive. Ils avançaient vers les terres de Wyl, là où leur ancien employeur leur avait demandé de se rendre mais, sans lettre, les mercenaires courraient le risque d’être pourchassés voire abattus. Si Aarseth se voyait mal livrer son aîné alors qu’il avait grandement besoin de ses connaissances géographiques, il ignorait totalement si le chasseur n’allait pas lui planter un poignard dans le dos en le livrant aux autorités des terres de Wyl. Resserrant sa lourde main sur le bois de son arme, le jeune homme leva les yeux vers les hautes pierres qui les dominaient, cherchant du regard un quelconque tireur embusqué ou même un éclaireur mais le calme et l’écho de leur pas lui fit comprendre qu’ils étaient bel et bien seuls dans ces contrées.

    « Il est probable que notre ancien patron envoie des types à nos trousses pour voir si la missive est bien arrivée, nous allons devoir être vigilants. »

    L
    a perspective de livrer bataille ne le dérangeait pas, bien au contraire. Voilà longtemps qu’il n’avait pas tué d’homme et il se bagarrerait volontiers pour évacuer la frustration et la colère liées à cette fausse mission qu’un noble méprisant leur avait confiée. Aarseth avait toujours été un combattant, un cogneur, bien avant qu’il ne se fasse mercenaire et il ne rechignait pas à la tâche lorsqu’il s’agissait de briser la nuque d’un ennemi ou de transpercer un gredin de la pointe de sa lance. Voilà des mois que ses poings n’avaient pas cassé quelques dents et que ses pieds n’avaient pas emboutis quelques valseuses et, comme il parlait peu mais cognait beaucoup, il espérait bien que la tendance n’allait pas s’inverser à force de parlementer avec le chasseur. Plusieurs minutes plus tard, il indiqua à son camarade un point d’eau où ils purent remplir leur gourde jusqu’au goulot, histoire de ne pas finir déshydrater avant la nuit.

    « Il va falloir prendre soin de nos réserves. D’ici quelques kilomètres, les points d’eau et le gibier se font plus rares.

    S
    ur ces indications, ils reprirent la route, Mycah en tête, avec l’imposante stature du mercenaire sur ses talons. Se plongeant dans ses pensées, Aarseth songea aux siens, restés dans les Montagnes Rouges. Il ne doutait pas que son paternel, remit de sa fugue brutale, avait fait de sa sœur cadette, Essindra, la nouvelle cheftaine de la famille en l’absence de son frère aîné. La chose lui convenait parfaitement, puisqu’il n’aurait plus à se soucier de fausses exigeances familiales ni à s’inquiéter de voir un jour l’un de ses frères débarquer en lui disant qu’il devait impérativement revenir chez lui pour prendre la tête de la fratrie.
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Message Mer 27 Juin 2012 - 8:15

La décision avait finalement été rapidement prise et c'est presque par hasard que renard et chien s'étaient retrouvés forcés de coopérer. Leur léger paquetage sur le dos, les deux compères ne tardèrent pas à prendre la route, frottant de leurs semelles respective le sol qui commençait déjà à brûler sous l'action du soleil, ce dernier ayant déjà atteint son pic de la journée. Voilà bien quelques heures qu'il marchaient ainsi, esquivant les roches, glissant dans les pentes éscarpées ou encore à grimper des façades de pierres impressionnantes.
Le chasseur avait en effet pris le début, la tête du cortège, si lui ne connaissait pas aussi bien les Marches que son compagnon, il savait pourtant qu'elle était les meilleures manières d'éviter des poursuivant et c'était donc dans cette optique qu'il leur fit une nouvelle fois quitter la piste du col.
Et c'est, marchant sur de nombreux lieux, qu'une nouvelle routine s'installa entre les deux hommes, enfin c'est ainsi que Mycah l'interpréta, un nouvelle forme de ''relation'' si c'était le mot qui convenait qui succédait à la première.

En effet si les quelques jours précédent n'avaient été que sous-entendus de conflits entre les deux hommes, la soirée d'hier, un envie réciproque de quitter Dorne et surtout l'union par l'affront les avaient poussé à surmonter leurs tracas et différences personnels, maintenant le silence régnait toujours et les enfantillages de Mycah ne faisaient que ricocher contre les roches avant de se perdre dans l'immensité des Montagnes Rouges, simplement et pour seul changement, l'absence de réponse et les regards ne se faisaient pas menaçants. Mycah put même se permettre de siffler un léger air enjoué, sans prendre la moindre réflexion abrupte du géant.
Et qu'importe qu'il craque fasse à l'immaturité et aux bavardages du chasseur, si jamais dans un geste de colère il soulevait comme un poids plume son compagnons,et enserrait son cou de son compagnon dans le but de lui briser la nuque, il suffirait à ce dernier de lui rappeler que sans lui il finirait soit, au choix, par devoir rebrousser chemin, soit par devoir aller seul à travers les terres des Wyl et de la Garde Rouge pour rejoindre l'Orage, ce qui finirait indubitablement par la mort ou l'emprisonnement du jeune homme. Enfin il lui ferait croire en tout cas.

Esquivant d'un saut une petit faille au sol, le chasseur pensa soudainement à la stupidité de son jugement, si jamais le géant venait à l’étouffer, il aurait bien du mal à enchaîner trois mots d’explications, et c'est bien simplement qu'il finirait par mourir le premier. Cette pensée absurde, découla pendant plusieurs minutes sur les différentes façons dont le mercenaire disposait pour faire éclater sa rage trop longtemps refoulé sur le pauvre jeune homme, avant d'être elle même stoppé par les paroles du géant. Se posant contre une énorme roche proche, et profitant de cet pause offerte, le chasseur s'étira et ce décida à lui répondre.


Ne t'en fais aucunement pour ça va, s'ils devaient nous rattraper ce serait à cheval, ce chemin est trop escarpé pour eux et si jamais pour une raison ou pour une autre ils se trouvaient face à nous, il ne pourrait nous tuer, c'est au seigneur bafoué de faire justice. Non à ses gardes.

Et si jamais une nouvelle fois on venait à les tuer ou à fuir, nous n'en serions que plus incriminé et la ce n'est plus quelques jours de geôle et de fouet que nous risquerions.


Encore une fois et Mycah commença à s'y habituer, la discussion fut brève et les deux hommes reprirent leurs routes. Le chasseur devait bien le reconnaître lui aussi avait bien besoin du mercenaire, peut être même plus qu'il n'avait besoin du chasseur. Si sa connaissance du chemin et de l'orientation n'était aucunement comparable à celle de Mycah, qui lui avait emprunté ses routes plus d'une fois, sa capacités à observer la nature des montagnes n'avait pas d'équivalent, à la couleur de la terre, à la température, eux herbe et aux bruit et à l'odeur porté par le vent, il savait quel les chances de croiser gibiers et point d'eau. Allant parfois jusqu'à indiquer leurs positions.
C'est d'ailleurs en montrant une nouvelle fois ces talents qu'il permit d'abréger les souffrances imposé par la chaleur et la soif, en repérant comme ne rien était, une légere flaque d'eau boueuse et trouble mais tout de même potable. Mycah y plongea le visage et ne le releva qu'au bout de longues minutes, expirant à sa sortie son contentement de retrouver l'or bleu. Plus sobre, le mercenaire se contenta de remplir sa gourde et de commenter la futur présence des ressources vitales.


Impressionnant !

Tu as bien raison, nous arrivons en effet au niveau du fleuve, les montagnes qui les bordent sont des points culminant de hauteur et la chaleur y rend presque impossible la présence d'eau. D'ailleurs, c'est à l'embouchure de se fleuve, que nous trouveront le château des Wyl.
Nous devrons pouvoir même le voire à l'horizon une fois au sommet.

En parlant de chaleur caniculaire, on devrait arriver sur les hauteur d'ici une ou deux heures. Il faudra camper en haut, je ne me risquerais pas dans le descente à la tombée de la nuit.
Le lendemain le plus difficile sera de traverser le fleuve.


Sur ces mots il passa machinalement sa main dans ses cheveux trempés avant de reprendre sans un regard pour le mercenaire, sa route et en effet quelques heures après, alors que le crépuscule tombait ils arrivèrent au sommet de la région, si Mycah lâcha sans grande délicatesse son sac dans un cas isolé, il continua tout de même à avancer dans la montée, arrivant après une trentaine de mètre au bord d'une pente à la limite du vertical, s'affalant de tout son long jusqu'au bord du fleuve.
Non protégé par les roches, un vent puissant de la mer de Dorne s'écrasa sur le jeune homme qui écarta les bras telle une libération. Avant de pointer du doigt une masse sombre à l'horizon.


C'est le château des Wyl la bas. Il est à, à peine une ou deux heure de marche.
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Message Jeu 28 Juin 2012 - 9:18

    Aussi surprenant que ça puisse paraître de prime abord, Mycah et Aarseth avaient bel et bien continué la route ensemble. Le chasseur marchait devant, en guide, et le mercenaire le suivait en silence, ne répondant que brièvement aux paroles de son compagnon de route. Certes, le Dornien s’était fait plus bavard depuis quelques heures mais pas au point de suivre la cadence des lèvres de Mycah qui parlait presque autant qu’il ne marchait et leur sens de l’humour ne semblait s’accorder que sur les femmes. Néanmoins, le jeune homme déployait des trésors de patience et de tolérance afin de ne pas contrarier son guide et il tentait aimablement de continuer la conversation, sans trop savoir quoi dire ni quoi penser de son camarade. Mycah semblait être un garçon amical, quoique suffisamment rusé pour savoir qu’il ne valait mieux pas pousser le mercenaire à bout sous peine de finir le crâne écrasé contre un rocher ou embrocher sur sa lance. La majeure partie de la journée se passa donc dans le silence, un silence qui s’imposa bien vite au vu du soleil qui asséchait leur gorge et leur peau. Ils atteignaient les limites de leur région lorsque Mycah lui indiqua au loin une masse sombre qui se découpait distinctement à l’horizon.

    « Il ne nous restera plus qu’à continuer vers le Nord et, bientôt nous serons hors de Dorne. »

    I
    l espérait intérieurement arriver là-bas avant la nuit même si cela était impossible. Ils avaient beau marcher vite, ils étaient encore loin de leur destination et ils devront certainement attendre le lendemain pour pouvoir enfin fouler du pied des terres nouvelles. Aarseth sourit intérieurement, pressé de quitter ses contrées natales pour découvrir les richesses tant promises du Nord et se demandait déjà comment il allait réussir à se trouver un emploi là-bas. D’après ce qu’on lui avait dit, les guerres internes faisaient rage, les complots politiques étaient aussi nombreux que les lézards dans le désert et bon nombre de personnages hauts placés étaient demandeur de sicaires et autres mercenaires à qui confier les plus basses besognes en échange de pièces sonnantes, exactement ce que recherchait Aarseth. Et, même s’il devait voyager encore pour obtenir de nouveaux contrats, au moins aura-t-il le loisir de découvrir de nouvelles contrées en même temps, et non de simplement se balader dans les coins et recoins qu’il connaissait depuis l’enfance. Il songeait d’ores et déjà aux milles et une histoire qu’il allait pouvoir écrire dans le Livre, à toutes les légendes qu’il allait pouvoir inventer en côtoyant les hommes du Nord ainsi qu’à toutes les femmes qu’il allait pouvoir connaître et tout l’alcool qu’il allait pouvoir boire jusqu’à plus soif.

    « J’espère que les luttes du Nord sont plus intéressantes que celles de Dorne, histoire de ne pas faire rouiller ma lance. »

    I
    l essuya son front perlé de sueur et prit soin de réajuster son sac sur ses épaules avant d’emboîter le pas à Mycah. Pour le moment, il semblait que le chasseur était bel et bien décidé à conduire le mercenaire jusqu’au Terres de l’Orage. Il fallait admettre que la carrure d’Aarseth était suffisamment imposante pour dissuader quelques soudards de venir leur chercher noise et ses connaissances des Montagnes étaient fortes utiles à l’homme qui ne risquait pas de mourir de soif avec les indications de son compagnon. Ils avaient fait le plein d’eau et il ne leur manquait plus qu’une bonne tranche de viande pour pouvoir prétendre à une soirée agréable au vu de leurs derniers jours à traverser sable et roche.

    « Campons-nous ici et préfère-tu que nous nous approchions de la frontière ? »
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Message Jeu 28 Juin 2012 - 20:14

Les terres du Nord sont riche pour qui sait s'y faire connaître. Le nombre d'intrigues et de combats attirent aussi le nombre de mercenaires prêt à en découdre pour obtenir les contrats et contrairement à Dorne tu verras, qu'il s'agit d'un combat de chien enragé.

D'un seul coup, la voix de Mycah s'étoffa, et il redescendit du piton rocheux qui surplombait le vide ou il s'était installé, redescendant le visage bas et l'air froid, il passa sans un mot de plus devant le mercenaire, sa réflexion se triturait un nouvelle fois et ses paroles n'avaient pas été prononcées vainement. Il y a quelques secondes de cela, alors qu'il respirait l'air des sommet, son regard c'était perdu dans la gorge ou serpentait le fleuve pour finalement se poser sur une tache noir qui longeait calmement le cour de l'eau. Il lui avait suffit de légèrement plisser les yeux pour repérer un léger groupe de soldats, peut être simplement des patrouilleurs ou qu'importe ce qu'ils étaient mais ils l'avaient vu. Mycah les avait vu le pointer, lui et sa gaminerie qui avait trahi sa discrétion, d'un doigt menaçant et sans la moindre hésitation possible il les vis partir à un léger pas de course dans l'aval du fleuve.
Il savait ce que cela voulait dire et il connaissait ce coin pour l'avoir traversé plus d'une fois.
D'ici quelques dizaine de lieues, ils arriveraient au niveau d'un gué, une fois passé la montée serait lente mais ils finiraient par y parvenir et enfin ils n'auraient plus qu'à venir les cueillir comme l'on peut cueillir des fruits mûres qui n'attendaient que ça.

Pour finir de compléter le moment il était hors de questions d'en parler au géant, aussi brave et fier qu'ils étaient, il se serait sûrement, dans un élan de désespoir décider à tenter la descente, afin de couper court à leur poursuivant et ce malgré ce que Mycah venait de lui dire sur la dangerosité de descendre ses pentes dans l'obscurité. Non c'était trop risqué, lorsqu'ils arriveraient, il aurait besoin de lui, de sa lance et de sa taille pour combattre les quelques gardes qui arrivaient, ils n'étaient d’après son observation que quatre ou cinq, sachant que deux resteraient sûrement à garder le gué, mais c'était suffisant pour tuer un homme seul.
Déjà qu'à deux on aura du mal. Alla t il jusqu'à lacher dans une pensée défaitiste.

Repensant dans la descente à sa soudaine mauvaise humeur plus que troublante, il se força à se retourner et à répondre d'un boutade au chasseur l'air de rien, espérant qu'il n'ait rien remarquer à ce sursaut plus qu'étrange.

On campe ici je te l'ai déjà dis ! Descendre ces pentes de nuit est plus risqué que de s'affaler sur le lit de Maron Martell et devant lui. Les grognements t’empêche t il de me comprendre en plus de t’empêcher de parler ?

Il se rendit aussitôt compte que sa boutade, forcément sorti sans réfléxion, aurait pu heurter l'amour propre du chasseur. Peu enclin à vouloir se le mettre à dos avant un combat, il lui sortit son plus beau sourire avec une tape dans le dos.

On ne changera jamais mes mauvais cotés.

Sur ces mots il reprit la lente descente jusqu'au cercle de pierre ou il avait déposé son arc, son épée et ses affaires. Ne reprenant que le premier il refit signe à Aarseth et lui fit par de son envie de chasser, lui demandant comme le soir précédant de préparer le bivouac. Quitte à être obliger de combattre, les détails que l'on évitait d'habitude tel que faire un feu, n'était pas d'actualité pour le chasseur. Quitte à sentir épée contre lance, autant le faire le ventre plein et sans être gelée. Voilà mot pour mot la réflexion qu'il se donna.

D'après son évaluation, leur tout nouveau poursuivant les atteindrait d'ici trois à quatre heures.
Et bien qu'il ne trouverait rien de bien impressionnant ici, en une heure il se savait capable de trouver quelques rongeurs, ces petites bestioles se cachaient bien, mais pas assez pour llui échapper.

Son assurance fut d'ailleurs récompensé, puisqu'au bout de seulement vingt minutes d'errance, il se trouva nez à nez face à terrier bien dissimulé. Heureux de sa trouvaille il y plongea prudemment une main drapé de son tissu blanc afin d'éviter toute morsure et d'évaluer la profondeur.
Une fois cela fait il sourit heureux de la facilité de la chose tout en se plaçant sur le point présumé de l'habita de son gibier. Il prit son arc et tendit une flèche vers la sortie et d'un coup pied ferme il claqua le sol. Plus qu'un rongeur, un renard rouge en sortie apeuré par l'effondrement de son toit.

D'un réflexe Mycah lâcha la corde et la pointe transperça sa proie au ventre sans lui laisser le temps de bondir plus loin. Il remit directement son arme sur son dos puis ramassa sa maigre récompense qu'il jugeait pourtant plus que suffisante au vu de la situation.
A son retour, il se contenta de vider l'animal et de lui retirer fourrure, pattes et tête, l'envie de parler s’amenuisant alors qu'il sentait l'ennemi approcher.
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Message Lun 2 Juil 2012 - 7:57

    Le soleil déclinait déjà à l’horizon, nimbant le ciel d’une belle couleur orange. Aarseth poussa un léger grognement en remarquant que le crépuscule était déjà si proche d’eux, il avait la sensation de ne pas avoir marché assez alors qu’ils avaient parcouru des kilomètres mais son envie de rejoindre au plus vite les Terres de l’Orage surpassait sa fatigue et la tension présente dans chacun de ses muscles. Sa frustration était telle qu’il ne prit même pas la peine de répondre aux boutades de Mycah. Non pas qu’il en voulait au chasseur, ils n’auraient jamais pu accomplir plus en une journée, mais il désirait trop ardemment quitter les contrées de Dorne pour se satisfaire d’une nouvelle nuit au cœur de ces déserts. Tout comme la veille, le chasseur s’éclipsa pour aller trouver quelque gibier pour nourrir les deux hommes, tandis que son camarade commençait à préparer le bivouac pour la nuit. Le mercenaire ramassa des brindilles sèches qui lui permirent d’allumer un feu clair qui illumina l’étrange cavité où les deux hommes allaient passer la nuit.
    Après s’être assuré que Mycah n’était pas dans les parages, Aarseth extirpa de son sac en toile le lourd Livre noir qui ne le quittait jamais et l’ouvrit à l’aide de la clé attachée autour de son cou. Chaque soir, c’était le même rituel. L’interminable route à travers le sable de Dorne, les roches des Montagnes Rouges puis, une fois le soir venu, avoir le poids de ce livre entre les mains, sentir le papier délicat des pages et le crépitement du crayon filant sur la page comme une étoile. Tout comme la veille, Aarseth s’adossa à un rocher et commença à écrire :


    ** A quoi ressemble le Nord, ces terres étendues loin du désert et des roches ? Y fait-il froid ? Est-ce la guerre là-bas ? Je n’ai jamais était si près de fouler le sol de nouveaux territoires. Je n’ai pas peur de l’inconnu, les hommes restent les mêmes à travers le monde, seules les cultures évoluent mais je me demande si je parviendrais à m’attacher à ces nouvelles contrées, si je parviendrais à devenir autre chose qu’un mercenaire. Peut-être y a-t-il là-bas les mêmes blasons que dans les contes ? Un loup hurlant sur un champ de neige, un dragon tricéphale, un lion vaniteux ou encore un cerf majestueux ? J’ai entendu dire que la gloire là-bas appartenait à ceux qui savaient la saisir, la vie politique y semble si intense et meurtrière que même les paysans cherchent à trouver leur compte ! J’ai hâte de poser le pied dans ce monde… ma lance à besoin de sang et on dit du Nord que leurs fleuves en sont devenus rouges tant il a coulé ces dernières années. Je serais un chien errant, un chien qui parcoure ces terres à la recherche de bétail à tuer pour se nourrir, un chien aux milles maîtres mais avec cette éternelle laisse autour du cou. Je ne me plains pas, je sais pertinemment ce que je suis et ce que je resterais, je n’en ai pas honte. Je préfère savoir où sont mes barreaux plutôt que de vivre dans l’insipide illusion d’être libre. **

    U
    n lointain craquement de branches lui fit comprendre que Mycah rentrait déjà de chasse, signe qu’il avait trouvé un animal à tuer assez facilement malgré la topographie de la région. Aarseth rangea rapidement son livre, histoire que son compagnon ne voit pas ce qu’il avait entre les mains et jeta quelques brindilles dans le feu. Mycah apparu, un maigre renard au pelage flamboyant balloté sur ses épaules. Leur repas allait encore être frugal ce soir, mais c’était une chose à laquelle les deux hommes étaient habitués depuis plusieurs jours. Remarquant que le chasseur était étonnamment silencieux, lui d’ordinaire si bavard et blagueur, le jeune homme le contempla avec surprise. Il avait les traits tendus, le regard grave et il semblait préoccupé, une expression que le mercenaire ne lui avait encore jamais vu après des jours et des jours de cohabitation. Hésitant un instant à lui demander l’origine de son trouble, le jeune homme croqua dans un bout de viande, quelque peu surpris de voir son camarade aussi silencieux que lui. Avait-il senti quelque danger ou se projetait-il déjà dans le voyage du lendemain ?

    « Tu as l’air soucieux… Quelque chose ne va pas ? »

    I
    l n’y avait pourtant aucun bruit aux alentours et la cavité dans laquelle il se trouvait répercutait les bruits extérieurs, idéal en cas d’attaque à l’improviste. Néanmoins, le fait qu’un boute-en-train tel que Mycah puisse afficher une mine aussi sombre était suffisamment préoccupant pour qu’Aarseth observe les alentours d’un œil suspicieux, sans même savoir quelle pensée pouvait bien inquiéter son compagnon de route à ce point. Après tout, bien qu’ils aient été seuls durant tout ce temps, la probabilité qu’ils se fassent attaquer par des brigands de grand chemin ou des prédateurs audacieux était assez grande pour qu’ils restent sur leur garde à l’orée de la nuit.
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Message Jeu 5 Juil 2012 - 13:54

Les couleurs orangeatres et bronzes du crépuscules s'était finalement faites dévoré par les ténèbres de la nuit et seul à l'horizon de minces traits de lueur parvenait encore de l'astre solaire avant que celui ci ne s'efface complètement. Les sommets des montagnes rouge était englobé par la nuit depuis pourtant déjà quelques temps, seul point de lumière éclatante perçant l'obscurité , tel un phare au milieu des roches, le feu du bivouac tentait avec véhémence de survivre face au manque d'oxygène des hauteurs. Autour, vaquant à leurs occupations les deux compagnons de voyages laissait leurs esprit divaguer. Peut être que l'imagination d'Aarseth faisait son œuvre, laissant son regard se balader, partir du campement de fortune, dévaler les pentes rouges, passer le fleuve et les Wyl sans leur même leur adresser un soupçon d’intérêt pour enfin découvrir les merveilles promises.
Il n'en était hélas pas autant pour Mycah, il n'avait pas dit un mot depuis son retour de la chasse, son esprit voyageait aussi, seule la destination n'était finalement pas comparable, le chasseur avait l'impression de sentir les pas de course de ses poursuivants faire trembler la roche, la moindre herbe qui bougeait faisait remonter en lui un frisson, il entendait déjà les ordres, les sommations, le fracas du métal contre le métal, ses pensée créèrent l'image de ses yeux plongés dans ceux d'un barbu à la peau tannée qui le harcelait de coup d'épée, il paraît difficilement, et l'autre dans un hurlement plus bestial lui transperçait le thorax de sa lame.

Ses paupières s'ouvrirent doucement et il resta calme malgré son souffle coupé et cette sensation de picotement qui lui parcourait la peau, là ou, quelques secondes plus tôt il avait imaginé une pointe d'acier le transpercer. D'un geste serein mais le regard toujours perdu dans les flammes, il retira la flèche flèches dont il s'était servi comme d'une simple brochette, avant de croquer dans la viande de renard, le goût aussi puissant et mauvais soit il ne détourna pas sa réflexion des hommes d'arme qu'il savait sur le chemin. Détournant le regard du jeu de danse du feu, il observa leur position, une cavité de roche rouge, parsemée de pierres et de terre glissante, quelques obstacles qui bien qu'il n'était pas des plus importants leur donnaient un avantage conséquent au corps à corps, il savait tout de même que face aux arcs leurs chances étaient largement réduites, pour ne pas dire inexistante, son esprit retourna une nouvelle fois divaguer et il s'imagina le même barbu avancer calmement et silencieusement aux abord de la pente, un arc court bandé à la perfection et qui d'un simple relâchement de pression laisserait glisser une flèche dans le cou du chasseur. Ce coup la il ne put s’empêcher de déglutir sa peur. Il mourrait ce soir il le savait, il le sentait, son instinct de survie lui criait de réagir. Ce n'était pas un homme d'honneur ni de combat et il ressentait au plus profond de ses tripes que seul la fourberie le sortirait de ce mauvais pas. Il n'était pas homme à risquer sa vie pour la confiance ou pour les promesses.
Sa décision était prise et bien qu'elle ne lui plaisait en rien, il se décida pourtant à monter son plan de son propre coté. Tant pis pour Aarseth, la survie est un combat du jour au jour et à ce jeux il n'y avait de la place que pour une personne, soi même.

Il remordit un coup dans la chair caramélisée par la cuisson avant d'arracher du sable sa gourde semi pleine et d'y boire deux à trois longue gorgée.


J'en ai l'air et je le suis. Nous sommes sur les terres des Wyl. Je ne serais calme que lorsque nous aurons passé les frontières de Dorne.

Prononcer ce nous, lui racla la gorge, mais il ne pouvait bien sur en aucun cas expliquer au mercenaire qu'ils allaient maintenant faire bande à part. Voire même pire. Pourtant taquiné par sa conscience il se sentit obligé de question son vis à vis sur ses capacités à se battre, tout en espérant qu'il soit un minimum plus guerrier qu'il ne le pensait. Savoir qu'il allait lâcher un chien de guerre plus qu'un chiot dans la cage aux loups, le soulagerait un peu ce poids qui lui pesait sur les épaules.


Dis moi, on a pas encore parlé tant que ca de combat. Remarque nous n'avons pas tant que ça parler du tout. Tu te promènes toujours avec ta lance, mais sais tu au moins t'en servir ? Raconte moi donc quelques un de tes faits d'arme.

Tout continuant son maigre repas, il écouta le dornien répondre, comptant chaque seconde, sachant que chacune d'elle représentaient un pas de moins entre eux et les patrouilleurs. Une seconde de moins pour mettre son idée à exécution. Les paroles du mercenaires finies, il roula de nouveau en boule son cher tissu blanc qu'il apposa contre une roche qui lui servait de dossier et ainsi confortablement assis il toisa du regard Aarseth.

Dors, je prends le premier tour de garde et je te réveillerais quand je n'arriverais plus à me tenir éveillé.

Et voilà comment, avec la peur, le stress et le dégoût de lui même en ébullition, il posa la première pierre de sa survie.
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Message Ven 6 Juil 2012 - 8:42

    Les flammes du feu se mourraient déjà lorsque le soleil disparu à l’horizon, bientôt remplacé par une myriade de petites étoiles scintillantes. Un vent frais se glissa entre les deux hommes, bienvenu après la journée harassante et stressante qu’ils venaient de vivre. Aarseth achevait un autre morceau de viande lorsque Mycah lui témoigna l’inquiétude qui le poursuivait depuis plusieurs heures déjà. Le chasseur, étonnamment silencieux et tendu depuis le début de la soirée, ne semblait pas près de reprendre contenance et, à de nombreuses reprises, le mercenaire vit son regard s’égarer vers les roches environnantes, comme s’il s’attendait à être frappé à un moment ou à un autre. Avait-il senti une présence menaçante dans le coin, des soldats en embuscade ou bien quelques bandits de grand chemin décider à détrousser les deux hommes ? Alors qu’il s’apprêtait à se lever pour aller vérifier que tout allait bien, Mycah le coupa dans son élan, lui demandant des précisions sur ses capacités martiales. Il est vrai que le jeune homme n’avait guère l’occasion de faire étalage de ses talents à son compagnon, tant leur périple en avait été réduit à la simple promenade.

    « J’ai pas mal combattu, cela fait des années que je traîne en Dorne alors j’ai eu l’occasion d’exercer. J’ai tué des hommes, j’en ai blessé d’autres. Une fois, il y en avait un qui a essayé de fuir après que j’ai tué son camarade, je lui ai lancé mon arme alors qu’il était à plusieurs mètres déjà, je l’ai empalé net. J’utilise aussi quelques dagues, lorsque je suis en combat rapproché, même si je préfère mes poings, j’aime bien laissé la marque de mes doigts sur la figure de mes ennemis, ça leur fait un souvenir. »

    I
    l sourit à son sanglant récit. Il n’était pas du genre à s’émouvoir des malheurs des autres ou des siens, trop peu sensible pour avoir une once de compassion ou de sympathie lorsqu’on lui parlait de guerre effroyable ou de meurtre sanguinaire. Aux larmes et aux regrets, il préférait la vengeance et la lutte, peu attiré par l’idée de se morfondre toute une vide durant alors qu’il pouvait bien reprendre ses biens par la force. Il avait le sang aussi chaud que le sable de Dorne et bon nombre de gens mal intentionnés avaient fait les frais de sa mauvaise humeur et de son irritabilité. Il hésita un instant à demander quelles étaient les compétences de Mycah en matière de combat mais se ravisa. Il préférait encore voir le chasseur en action, même s’il ne doutait pas de son habilité à l’arc, au vu des gibiers qu’il avait réussi à ramener. Laissant son camarade éveillé pour prendre le tour de garde, le jeune homme s’allongea, les yeux clos, sans pour la première fois craindre que Mycah ne l’abandonne au petit matin ou ne lui plante une dingue en plein cœur pendant son sommeil.

    C’était un rêve étrange. Il se trouvait dans une clairière sombre et venteuse, observant une scène exceptionnelle : un grand chien rouge, les babines retroussées sur un grognement, était accompagné d’un renard malicieux. Les deux ennemis naturels restaient côte à côte, sans se menacer ou se battre, l’immense canidé semblait même protéger les arrières de son comparse qui bondissait sournoisement. Des ombres noires dansaient dans les arbres aux alentours, semblant attendre un relâchement de la part des deux créatures. Le chien releva la truffe, reniflant une odeur suspecte, et poussa un grognement menaçant. Le renard, lui, évita les ombres et se glissa derrière son immense protecteur. Il sentait les hommes proches, prêts à les abattre. Le renard se plaqua au sol et, d’un coup de croc vicieux, mordit violemment le chien à l’une de ses pattes arrière. Poussant un glapissement de douleur, l’animal tenta de se retourner mais tomba à la renverse tandis que les ombres quittaient leur nid pour se jeter sur lui, sous le regard malicieux du renard qui bondissait hors de la clairière dans un ricanement étrangement humain.

    Ce ne fut pas le soleil chaud du matin qui réveilla Aarseth, ni même la voix de Mycah, mais bien un coup de lance en plein front. Surpris et endolori, le mercenaire tenta de se redresser mais il fut violemment plaqué au sol par plusieurs gardes en armures qui le frappèrent à de nombreuses reprises pour l’assommer. Brutalement enchaîné, le jeune homme se retrouva encadré par tout un escadron de soldats. Le visage tuméfié, il observa leur camp sommaire, remarquant au passage que le chasseur n’était plus là. Son premier réflexe fut de penser que l’homme avait été arrêté comme lui, avant que l’évidence ne frappe son esprit.
    Mycah l’avait trahi.
    Comment sinon les soldats auraient-ils pu le capturer si aisément alors qu’il était chargé du premier tour de garde ? Si le chasseur lui avait été loyal, il aurait réveillé, ils se seraient battu, quitte à être vaincu mais au moins seraient-ils resté ensemble ! Poussant un grognement de rage, Aarseth tenta de se dégager mais un nouveau coup le plongea dans l’inconscience, tandis que les soldats le jetaient dans un chariot avec ses armes et son sac…
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Message Dim 8 Juil 2012 - 2:56

Les yeux dans le vague, Mycah s'obligea malgré une volonté faiblissante à garder sa bouche scellée alors que le mercenaire s'allongeait sur la terre, il semblait l'air serein, voire même presque confiant et le chasseur soupira intérieurement, freinant au plus profonde lui même son envie de secouer violemment le chasseur, de lui faire quitter sa torpeur afin de lui raconter tout du début à la fin. Les patrouilleurs qui par sa propre faute les avaient repérés, son idée de l'abandonner à son propre sort, de le sacrifier pour assurer sa propre survie. Une montée de conscience qu'il refoula jusqu'à sentir sa respiration coupée par la culpabilité.
Il força sa gorge à se décontracter et prit une profonde inspiration qui si elle ne lui éclaircit pas l'esprit, décontracta tout son être d'un bout à l'autre. Ses dents se plantèrent au plus profond de ses lèvre, la peur, la crainte, la culpabilité et le dégoût de lui même envahissaient ses pensées. Son souffle s’accélérait, tel un tic il passa machinalement ses mains sales sur ses yeux et son visage, cherchant le courage qu'il n'avait jamais eu pour commettre son acte de fourberie.
La vague d'émotion l'emprisonnait, il n'était plus qu'une boule d’instincts désordonnée qui le poussait à craquer, à réagir d'une manière ou d'une autre, d’extérioriser son refoulement.

Il fermât les yeux quelques secondes, passant une lourde main sur sa nuque et ses cheveux par un frottement violent dans un simple réflexe. Il n'avait jamais alors commis un tel acte, en tout cas jamais seul, sa survie n'avait toujours tenu que par de simples esquives ou des ruses plus ou moins honorables et si quelques un avaient souffert pour lui permettre de continuer à batifoler comme un gamin ne subissant pas les affres des conséquences et bien c'était que pour le chasseur ils l'avaient simplement mérités, ou alors un autre avait pris la peine d'endosser la le lourd poids des responsabilités sur ses épaules, le laissant simple profiteur.
La situation actuelle changeait la donne, aucune fuite n'était possible, il était a pied d'un mur, voire du Mur, un rempart infranchissable bâti par les Montagnes Rouges ou se présenterait bientôt face à lui une petite troupe de soldat prêt à tirer leurs épées. Mourir ou être emprisonné, voilà ce qui l'attendait si il restait un ainsi, si il respectait l'unité de ce duo berné par ces mêmes poursuivants.

Sa raison était faite, sûrement allait il s'en vouloir des semaines durant, voire des années, mais l'esprit de conservation prenait le dessus et permettait de bafouer le moindre ressenti en cet instant. Ses yeux se placèrent sur le corps du géant déjà assoupi. Ce monstre de muscles et de chair, féroce et intransigeant mais à l’âme pourtant droite, était son dernier recours. L'unité dans l'honneur ne fait pas toujours la force, la félonie dans la division assure la survie, voila un dicton qui lui était propre. Il était temps, temps d'agir comme il le devait, comme il devait le faire, pourtant, seul un frisson court parcouru son corps lorsqu'il tenta de se lever. Paralysé, il se recroquevilla sur lui même, ramenant ses genoux à sa bouche et entourant ces derniers de ses bras avant d'y enfouir profondément le bas de son visage. Rongé par le remord il commença à mordiller sa chemise en se remémorant toute les raisons qu'il avait de faire cela.


Alllllez, qu'est ce qu'il t'arrive hein, t'as peur et alors ? T'as fais bien pire, rappel toi. Tu es Mycah, tu ne dois rien a personne et encore moins à ce géant sans la moindre importance. Une vie est égale a une autre et si tu peux sauver la tienne profite en. Des centaines de gens meurent chaque jour, un de plus un de moins quelle différence ? Mieux vaut qu'un meurt dans la bassesse, plutôt que de mourir à deux dans l'honneur. ALLEZ BOUGE TOI.


Mycah s'effraya lui même, sa conscience s'était divisée en dizaines de fragments et chacune luttaient et et se heurtaient aux autres dans l'espoir de prendre le dessus. Une guerre fratricide que l'indifférence et l'égoïsme gagnèrent pas une alliance subtile.
Le chasseur, se releva doucement, sans émettre le moindre bruit, il récupéra l'ensemble de ses affaires, son arc court sur le dos, son fourreau accroché à sa ceinture et son sac de voyage en bandoulière, il fit trois pas silencieux, qui pourtant de son oreille sifflèrent tel un hurlement de culpabilité à travers la nuit. Serrant les dents Mycah s'immobilisa quelques seconde dans son geste et tourna la tête vers le géant. Il n'avait pas bougé d'un cil, toujours assoupi, serein alors que le chasseur était entrain de le trahir, il aurait été entrain d'approcher sa lame de dos qu'il n'en aurait pas été différent. Reprenant une grande inspiration, Mycah repartit d'un geste lent, traçant sa route en ignorant le crissement bruyant du sable sous ses chaussures avant de s'autoriser enfin une pause quelques dizaine de mètre plus loin, plus essoufflé par les émotions que par sa course, il se courba reposant ses mains sur son torse et en levant le regard vers le ciel étoilé, un rire nerveux s'échappa de son cœur et de ses tripes. Le plus dur était fait, comment avait il pu autant mettre de temps à se décider. Rien de bien compliqué au final mais une pensée parasitée pourtant sans qu'il l'ose l'avouer par son dégoût de lui même refoulé a terre.

Restait maintenant à finir le travail déjà bien accompli, d'une marche discrète mais toujours rapide, il se courba, se faufilant de roche en roche jusqu'à tomber sur ses poursuivants.
Le groupe d'homme armés, composée de trois guerriers dornien lourdement armés de lances avançait eux aussi à pas feutrés, le coup pouvait se tenter et Mycah avança particulièrement lentement longeant une barrière de pierre qui cachait sa présence aux patrouilleurs.
Alors qu'il avait presque réussi à les dépasser son pied rappa sur un morceau de terre instable et une pierre bien malencontreusement placé déchiqueta d'une petite ouverture le mollet du chasseur. Pris à la gorge par la surprise, il laissa un gémissement de douleur s'échapper et sans qu'il air le temps de se maudire dans la foulée, une lance s’empala dans la terre à quelques centimètres de lui. Comprenant facilement le geste de sommation le fuyard laissa son dos et sa tête s'écraser contre la terre dans un soupir alors qu'arrivait déjà le présumé lanceur face à lui.


Attrapez le et maintenez le c'est celui qu'on avait vu depuis le fleuve je crois.

A peine remis de sa petite chute, le chasseur se vit entouré des deux derniers soldats qui l’encadrèrent et le soulevèrent d'une poigne ferme par ses épaules. Paniqué et maintenu Mycah se vit dans l'obligation d'aboutir à la phase de dernier recours de son plan, qui était hélas la plus ingrate.

Attendez trente secondes, je suis pas seul, il y en a un autre c'est lui que vous cherchez. Moi je ne suis que son guide. Je n'ai rien à voire avec tout ça. Libérez moi et je vous indique l'emplacement, qu'avez vous à gagner a me garder.

S'en suivit fouille, brimade et longue discussion par lesquelles, le chasseur parvint à convaincre ses gardiens de sa fausse bonne foi. Ses deux geôliers le relâchèrent violemment sur le sol en jurant et en l'insultant, le menaçant des pires tortures s'il ne déguerpissait pas immédiatement.
Couché sur le sable Mycah, reprit difficilement son souffle et observa dans une gêne profondes ses détracteurs se diriger vers le bivouac qu'il venait de leur indiquer. Lachant un dernier souffle de désolation, il ferma les yeux et s'excusa de tout son être envers Aarseth. Mais c'était lui ou eux deux.
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A travers les Roches [Aarseth]

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