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L'homme des mers et la dame des rivières [Terminé]

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Message Sam 2 Juin 2012 - 21:20

Debout à la proue de son navire, Willem se tenait comme appuyé sur un genou, un peu penché en avant, comme un aigle prêt à fondre sur sa proie, alors qu’à l’horizon se profilait une côte qui se rapprochait sans cesse. Il pouvait entendre ces hommes ramer, forçait en se faisant. Il voyait la proue de son navire fendre les vagues. La lune se reflétait sur la mer et était, à ce moment, la principale source de lumière, avec les étoiles et ces petits points brillants allumés au loin. Il se redressa un peu, entendant les pas lourds de son second, Harkar, approcher. Il annonça à son capitaine que d’ici environ une demi-heure, la flottille atteindra la côte. Parfait, ils étaient dans les temps. Regardant à gauche, puis à droite, il aperçu les autres boutres qui suivait le sien, la Larme Noire. Un sourire en coin sur les lèvres, il reprit sa position initiale, tandis qu’au loin, l’ombre des maisons du village côtier dont ils approchaient se distinguait peu à peu.

Lorsque Willem était rentré de son raid sur Belle Ile, pour laver son nom et sa réputation de capitaine, il avait été déçu de découvrir que la flotte de Fer était partie en direction du Nord, sa nouvelle cible. De son côté, il voulait continuer d’attaquer, faire un autre raid, battre le fer pendant qu’il est encore chaud, comme on dit. Sa prochaine cible était plus prétentieuse que Belle Ile, déjà affaiblie et vulnérable aux raids des Fer nés. Puisqu’il avait été absent de l’attaque sur Salvemer, il voulait voir de quel poids se chauffent les gens du Conflans. Ces terres devaient se penser épargnées depuis que les raids avaient plutôt lieu contre les terres de l’Ouest et le Nord. Willem comptait leur faire un petit rappel. Avec les suiveurs de l’Antique Voie, nul n’est en sécurité sur les côtes. Il avait donc envoyé un premier navire, il y avait une semaine de cela, rôder dans le secteur de la baie du Fer-né et même un peu au sud. Il avait repéré un village doté d'une palissade, mais celle du côté de la mer était encore en construction. Sa cible toute désignée, il avait fait les préparatifs nécessaire et maintenant, sa flotte voguait vers sa cible.

Harkar revint l’avertir qu’ils n’étaient plus qu’à quelques lieux des côtes. Aucun signal d’alarme, le silence de la nuit régnait toujours. Avec un sourire agrandit, il dit alors :

-La nuit nous sourit mon ami.

Il se retourna et posa sa main sur l’épaule de son second, le regardant droit dans les yeux, avant de s’écarter un peu de lui pour s’adresser à ces hommes.

-Fer-nés! Là-bas à quelques lieux, ce sont les terres verdoyantes du Conflans qui nous attendent. Ces gens, ces prétentieux, ont tué plusieurs des nôtres à la bataille de Salvemer. Ils se croient à l’abri de nos boutres, à l’abri de nos haches. Je dis : allons leur montrer qu’il n’en est rien! Alors pillez, tuez, violez. Cette nuit est la vôtre.

Peu après ces paroles, le bateau accosta sur la côte. Will fut le premier à mettre le pied au sol, puis lui et ses hommes s’élancèrent en un cri de guerre qui, en cette heure de la nuit, dut réveiller les paysans et villageois des environs. Hachette dans la main, son bouclier de bois sur le dos, son glaive dans son fourreau, à sa ceitnure, Willem portait une légère armure de cuir qui ne le gênait pas dans ses mouvements. Avec son second à ses côtés, il s’élança avec ces hommes vers le village. Bientôt, quelques gardes surgirent et les chargèrent aussi. Malheureusement pour eux, ils ne firent pas le poids et ensuite, le village était prêt à être cueilli comme un fruit mûr. Se promenant entre les maisons, il repéra un garde différent se précipiter à l’intérieur d’une auberge. Aussitôt Willem fit signe à son second ainsi que trois autres soldats et ils s’élancèrent vers le bâtiment.

La porte ne résista pas longtemps à leurs coups d’épaule, mais le premier homme à franchir le cadre de celle-ci, un des hommes de Willem, fut tué d’un coup d’épée. Le guerrier reçu du sang de son camarade sur le visage, mais ne s’arrêta pas pour autant. Un cours combat eu lieu contre une poignée de gardes. Glaives dans une main, hachette dans l’autre, Willem combattit avec férocité, arrivant à venger la mort de son camarade. Une fois que le sort des gardes fut réglé, il monta à l’étage des chambres avec ces hommes. Il laissa à ceux-ci le soin d’entrée dans les premières chambres, mais il se réservait la chambre du fond. Quand il y arriva, la porte était verrouillée. D’un coup de hache, il fait tomber la poignée et question de ne pas finir comme son camarade, entra un peu plus prudemment dans la pièce.

Un homme d’arme l’attaque alors avec force. Willem bloqua le coup avec son glaive, qu’il repoussa ensuite. Le combat se poursuivit entre les deux hommes. Le jeune homme esquivait les coups, répliquaient avec une rafale des siens. Un coup de glaive au centre, un coup de revers de la hache, il se penchait pour éviter un coup d’épée et donna un coup de hache sur le pied de son adversaire. Se redressant, il vit le gaillard vomir du sang et avant qu’il ne réagisse davantage, Will’ lui donna un bon coup de la garde de son arme, ce qui le sembla le sonner complètement, puisqu’il tomba inerte au sol, mais encore en vie, sans doute.

Quand il se rendit compte que la voie était libre, il entra avec plus d’assurance et rapidement, son regard parcoura les lieux. Il aperçut alors une femme aux cheveux dorés, en train d’ouvrir une fenêtre. Oh non, elle n’allait pas lui échapper. Il se précipita vers elle et la saisit à la taille, la soulevant, pour ensuite la retourner, même si elle se débattait et la lancer sur le lit avant qu’elle ne puisse le griffer ou quoique ce soit.

C’est alors qu’il put la regarder. Ayant vécu sa vie sur les Iles, disons qu’il n’a pas grandi entouré de beauté, hormis sa sœur, la plus belle femme des Iles sans doute, l’épouse du Lord ravage lui-même maintenant. Mais cette femme, qui était sur un lit, elle était… tout ce que la beauté peut pouvoir signifier lorsqu’on regarde une femme. L’espace d’une demi-seconde, il en restait comme étonné, bouche bée, mais bien vite, il se reprit. Or de question de la tuer en tout cas, sauf si elle devient un problème plus qu’autre chose. Il tenait peut-être là sa première femme-sel. Willem s’adressa alors à elle.

-Veux-tu vivre?

Une question assez simple. S’il avait affaire à une suicidaire, aussi bien le savoir maintenant. La femme venait de lui répondre, quand un grand gaillard, trentenaire de sa condition, armé d’une hache danoise à la lame ensanglantée et à l’armure souillée fit irruption dans le cadre de porte.

« Will’, un cavalier a réussi à s’échapper. Il faut rassembler les hommes et partir ».

-Très bien, fait sonner le cor, nous rentrons. Oh et va chercher des hommes pour ramener celui-là. Ce sera un cadeau pour le Dieu noyé.

Puis, il reporta son attention sur la demoiselle, qu’il n’avait pas oubliée. Il mit le glaive sous la gorge de celle-ci.

-Tu vas te tenir tranquille et faire tout ce que je te dis, si tu veux rester en vie, c’est d’accord?

Elle n’avait pas trop le choix de toute manière. Il attendit quand même qu’elle montre qu’elle avait bien compris et enleva ainsi sa lame de sur la gorge de la demoiselle, dont il prit ensuite la main, pour l’entraîner hors de l’auberge, hors du village, pour la mener vers son boutre, sa flotte même. Autour d’eux, des maisons brûlaient, on entendait des cris de détresse. Des corps gisaient ici et là, tranchés, meurtris, d’autres femmes se faisaient enlever aussi, sur l’épaule d’un guerrier et entraînées elles aussi vers les boutres, dont on apercevait les mâts et les voiles non loin. Pour Willem, tout cela, c’était les signes d’une victoire, c’était de bonnes raisons de vivre tel qu’il vit : l’Antique voie.


Dernière édition par Willem Bonfrère le Ven 2 Nov 2012 - 1:19, édité 1 fois
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Message Jeu 28 Juin 2012 - 8:53

Enfin!! Le plaisir que pouvait procurer une simple auberge quelques fois... Alors que toute la journée, elle avait été secouée dans le chariot que Lord Beric avait mis à sa disposition, elle avait été des plus heureuse lorsqu'un des gardes, qui devait assurer sa sécurité, lui annonça qu'il était temps pour eux de faire halte la nuit.
Si Carolyn se trouvait sur les routes, c'était sur décision de son "maître". En effet, il lui avait demandé d'aller au delà de Corneilla, voir si des anciennes alliances tenaient toujours. Oui, la jeune femme devait servir de médiateur, mais pour une fois cela ne la dérangeait pas. Elle avait besoin de bouger, rester tout le temps à Corneilla commençait à la peser, alors elle avait accueilli cette décision avec joie. Si elle avait su se qui se passerait cette nuit là, peut être n'aurait-elle jamais mis les pieds hors de la maison Nerbosc. Alors qu'elle sortait, elle resserra sa lourde cape autour de ses épaules. Le froid de la nuit était bien plus saisissant qu'à une époque.
Elle remit ses cheveux blonds en place et suivit les hommes de main de Beric qui venaient tout juste de passer la porte de l'auberge. L'odeur de nourriture emplissait alors ses narines. Elle plissa quelques secondes le front, d'abord gênée, puis se détendit bien vite. Ici, ils ne craignaient rien. La chaleur de l'établissement obligea bientôt Carolyn à quitter sa fameuse cape.

Après s'être tout ravitaillé, il était temps pour tous d'aller dormir. La dame de la maison Grell n'avait pas voulu emmener sa suivante avec elle, il fallait mieux être prudent! Et puis, elle savait se préparer sans elle après tout. La chambre qui lui fut attribuée se situait au premier étage, tout au fond. Rien que d'imaginer pouvoir étendre son corps sur un lit lui procurait une joie indescriptible. D'un pas rapide, Carolyn arrivait devant la porte. Possédant la clef, elle la fit tourner et la porte ne résista pas. Elle parcourut rapidement la pièce du regard. Un lit se trouvait contre le mur du fond, une chaise non loin, une table basse et de quoi faire une toilette expédiée. Mais cela suffisait amplement.
L'heure était déjà avancée. Elle savait que demain, ils reprendraient la route tôt, elle ne devait pas plus attendre pour se mettre au lit. Juste avant qu'elle ne commence à enlever sa robe, un des gardes de Lord Beric entra. Elle se retourna vivement, lui lançant un regard noir. Le soldat se justifia:

-Je serais chargé de votre sécurité personnelle ce soir, Ma Dame...

Bon, très bien. Carolyn hocha la tête et lui répondit:

-Soit!! Mais veux-tu bien attendre à l'extérieur de la pièce pendant un moment, il faut que je me change!

Il s'exécuta. Lorsque la porte se fut refermée sur lui, Carolyn détacha ses longs cheveux. Elle enleva soigneusement les épingles qui le retenaient en un tressage complexe. Une fois que cela était fait, elle délaça délicatement sa robe qui tomba à terre. Elle s'en empara et la déposa sur le dossier de la chaise. Elle alla jusqu'à ses malles et en sortit la tenue de nuit dont elle se servirait aujourd'hui. Elle était d'un blanc très pur et faite dans un tissus léger. L'étoffe était froide et lorsqu'elle entra en contact avec sa peau, Carolyn frissonna légèrement. Elle rappela alors le soldat qui devait se trouver non loin de la porte. Ce dernier entra et elle fila directement au lit. L'homme se tenait bien droit, juste à côté de la porte. Lady Grell lui tourna le dos et ferma les yeux.
Quand soudain... Elle entendit un bruit sourd. Cela devait venir d'en bas. Elle fronça les sourcils; que diable pouvait-il bien se passer? Une bagarre entre ivrognes?? Cela ne semblait pourtant pas le genre de la maison... Puis d'autres, et bientôt des cries. Elle se retourna et releva son buste vivement. Le soldat comprit bien vite ce qu'elle voulait. Il disparut une seconde fois. Mais il ne mit pas bien longtemps à revenir, l'air affolé:

-Ma Dame, nous sommes attaqués!! Vous devez fuir! La fenêtre, et vite!! L'étage n'est pas bien haut, vous pourrez vous en sortir!

-Mais et toi tu...

-Je suis ici pour assurer votre sécurité et je le ferais, quoi q'il m'en coûte!

Carolyn avait bien compris. Elle se releva d'un bond alors que la porte venait d'être enfoncée. Elle ne voyait qu'une seule explication à une telle situation: les fer-nés!! Elle traversa sans mal la pièce, jeta un dernier coup d'oeil au soldat qui se battait à présent contre un autre homme. Sauf qu'elle eut à peine le temps de saisir le cadre de la fenêtre qu'on l'attrapait par la taille. Non!! Elle se débattit, mais visiblement, cela était peine perdue. Ce qu'elle pouvait regretter parfois, de n'avoir qu'un corps chétif! L'homme en question la lança sur le lit avant de l'y plaquer comme il se devait; c'est là qu'elle put l'observer. Carolyn se rendit compte qu'il n'était pas bien vieux, certainement plus jeune qu'elle mais de pas beaucoup. Comme à son habitude, même dans les situations fâcheuses, elle le fixa de ses yeux verts profonds. Cela sembla le perturber un bref instant, peut être cela serait-il un avantage en sa faveur...

[b]-Veux-tu vivre?
lui dit-il.

Et bien en voilà des manières! Visiblement, il ne savait pas à qui il avait à faire! Remarquez, les manières des fer-nés n'étaient pas connues pour être pleines de délicatesse... Elle laissa planer un silence avant de répondre d'une voix suave et assurée:

-Naturellement...

La blonde ne savait pas encore comment elle avait pu avoir une voix sans tremblement alors que son corps risquait, lui, de la trahir. Car malgré son fort caractère, elle devait bien admettre que la peur était là. Un autre homme fit irruption dans la chambre:

« Will’, un cavalier a réussi à s’échapper. Il faut rassembler les hommes et partir ».

Carolyn poussa un léger soupir de soulagement. Bientôt Lord Beric aurait vent de sa situation et enverrait des hommes pour aller la chercher, du moins c'était ce qu'elle espérait au plus profond d'elle. Elle voulait revoir Corneilla ainsi que ses habitants.
Ils allaient partir, et elle avec eux. L'inconnu qui la maintenait toujours répondit puis reporta son attention sur elle. Elle aurait bien voulu qu'il l'oublie quelques secondes! Alors qu'il lui mettait son glaive sous la gorge, les yeux de la jeune femme s'agrandirent.

-Tu vas te tenir tranquille et faire tout ce que je te dis, si tu veux rester en vie, c’est d’accord?

Lady Grell déglutit péniblement avant de d'hocher vigoureusement la tête et de répondre dans un murmure:

-Tout ce que vous voudrez...

Sérieusement Carolyn? Et s'il te prenait au pied de la lettre et qu'il te traitait... D'une bien autre manière?? De toutes les façons, elle ne savait pas si elle allait ressortir vivante de cette "aventure" alors bon... Elle n'était pas à quelques paroles près.
Elle fut un peu soulagée lorsqu'il décida de lever le glaive de sous sa gorge. Puis il attrapa sa main et l'entraîna hors de l'auberge. Lorsqu'elle comprit qu'il l'amenait vers leur flotte, Carolyn était bien consciente que la situation se gâtait encore pour elle. L'homme qui la détenait finit par la pousser dans le bateau. Alors que d'autres s'afféraient autour d'eux, la blonde regardait les maisons qui brûlaient non loin de là. Demain, il ne resterait pas grand chose de ce village. Elle ferma les yeux un instant; elle n'osait même pas imaginer combien de personnes étaient mortes ce soir. Vêtue de sa simple robe de nuit, elle avait froid. Elle passa ses mains sur ses bras vigoureusement. Elle donnait à présent des coups d'oeil rapide dans toutes les directions: oui elle avait toujours peur. Et le fait d'être sur ce bateau ne la rassurait plus du tout.
Alors que son ravisseur revenait vers elle, Carolyn vint se planter devant lui et ses yeux verts vinrent de nouveau croiser ceux du jeune homme:

-Et maintenant, qu'allez-vous faire de moi??

Question très idiote si on y réfléchissait bien... Mais dans ce genre de situation, ce qu'elle voulait faire, c'était gagner du temps. Et elle savait que poser un tas de questions, même les plus inutiles, était un très bon moyen...
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Message Sam 21 Juil 2012 - 23:40

Les Continentaux surprendront toujours Willem. Non pas par leur ténacité, ni même leur intelligence, mais plutôt par leur attitude: cet espèce d'air hautain qu'ils savent garder en tout temps. Un air sûr d'eux, comme au-dessus du ciel et du vent. Il lui suffisait de regarder cette femme aux cheveux dorés dans les yeux pour reconnaître cet air familier qu'il connaissait bien et qu'il avait vu chez une autre jolie à Belle Ile. Cette fierté si typique, Willem la haïssait et l'adorait tout à la fois. Il la haïssait parce que cet air sous-entend une sorte de supériorité sur lui, sur les Fer-nés, mais il l'adore, parce qu'elle l'amuse et parce qu'il adore rappeler aux Continentaux qu'ils ne valent pas plus que les chevaux qu'ils montent ou que les vers de terre qui aèrent les terres de leurs champs. Oui, les Continentaux étonneront toujours le jeune Bonfrère...

Le Fer-né venait de demander à la demoiselle si elle voulait rester en vie. La question pouvait bien aller de soi, mais si elle avait dit non, alors sans plus attendre, il aurait sans doute réaliser le souhait de celle-ci, ou bien non, au contraire. Tout aurait dépendu de son humeur finalement. De toute manière, celle dont il ignorait toujours le nom lui répondit «naturellement», un mot compliqué et bien loin pour dire que oui, elle voulait vivre. À ce titre, un simple « oui » aurait suffi. Willem la détaillait encore de son regard, tandis qu'un silence avait envahi la pièce, lorsqu'un garde fit irruption dans la pièce pour l'avertir de la venu des renforts des troupes du Conflans, désormais beaucoup plus sur leurs gardes depuis le raid sur Salvemer. Il n'y avait donc pas de temps à perdre, mais le Fer-né ne comptait pas repartir de ce village les mains vides et à l'évidence, il tenait un trésor, il avait pu le remarquer. Il avait hâte de pouvoir faire plus que simplement regarder cette femme, mais d'ici là, il fallait partir et l'entraîner dans un boutre. Alors le jeune capitaine mit les choses aux claires et énonça quelques consignes. La blonde écoutait attentivement et ne l'interrompit pas, semblant docile, à sa manière, sans abandonner sa dignité. Elle acceptait tout, en autant qu'il la laisse en vie. Le «ce que vous voudrez » anima chez lui un léger sourire, mais sans plus attendre, il l'entraîna hors de l'auberge et dans les ruelles du village.

Le décor qui les entourait était à la fois terrible pour celle qui s'en retrouvait une victime et à la fois réjouissant pour le pilleur de ces lieux, le capitaine de Cormartel. Sa prisonnière suivait sans rien tenter qui eut été futile de toute manière et elle le savait sans doute. Cette soumission tenait davantage de l'instinct de survie que de la collaboration volontaire et il le savait. Une fois que Willem la hissa sur le bateau, il la confia à une poignée de marins et émis des consignes claires. D'ailleurs, question de l'être encore plus, il agrippa par le colet un des hommes qui attrapa le bras de Carolyn et qui lâcha un «Hey, elle est jolie celle-la!».

-Je t'avertis, toi et toutes les autres sales gueules de ce bateau. Elle est à moi d'accord? Attaches la et mets la à l'écart, c'est tout. Un geste de travers et je t'envoie rejoindre le Dieu Noyé dans son royaume, c'est clair?

Le message était entendu, chacun était prévenu. Il y tenait à sa prisonnière, c'est certain. Il était évident pour Willem qu'il ne s'agissait pas d'une simple roturière. Une simple roturière ne serait pas protégé par des gardes armés et ne porterait pas ce que cette femme porte. Willem resta aux côtés de son boutre un moment, attendant que le dernier de ces hommes revint. D'ailleurs, celui-ci lui annonça que deux autres marins étaient morts en tentant de voler des armes. Pas de chance... Il eut un petit geste d'acquiescement de la tête, puis grimpa le dernier dans son navire et ordonna qu'on quitte le rivage. C'est ainsi que la flottille se remit en route vers Grand Wyk, tandis que sur la plage, on apercevait les torches des cavaliers du Conflans.

Une fois en mer et après avoir donné quelques consignes typique de la part d'un capitaine et dans le genre, il était plutôt un bon capitaine, du moins, pour un jeune Fer-né. Après quoi, il put aller rejoindre sa prisonnière, qui devait avoir les deux jambes attachées une à l'autre, même sort pour les mains, mais qui était toujours debout, dans son coin, à l'écart, comme il l'avait demandé. Le village n'était plus qu'une petite boule orange au lointain et la flotte s'enfonçait dans la noirceur. Willem alla se chercher une pomme et s'appuya un peu contre un tonneau, en face de Carolyn, la détaillant encore, de haut en bas, puis de bas en haut, mordant de temps en temps dans sa pomme. Ce fut elle qui brisa le silence la première en posant une question qui le fit sourire un peu plus et il prit une autre croquée de sa pomme, la mâchant doucement, répondant la bouche à moitié pleine:

-Je n'ai pas décidé encore.

En fait, il avait sa petite idée, mais il fallait voir encore. Cette femme pourrait être une servante comme une autre. Elle pourrait être autre chose si elle a des talents cachés. Ou bien... elle pourrait être d'agréable compagnie. Willem verra bien. Le jeune homme se redressa ensuite et, avec ces doigts encore sales et marqués du sang de ses ennemis, il prit quelques cheveux de Carolyn entre ceux-ci et les porta près de son nez. Il les sentit ainsi et retenu un instant l'odeur, comme s'il l'analysa, avant de les lâcher et de porter ces yeux pour les attarder sur ceux de Carolyn. Après quoi, il se recule et se repose de nouveau contre le tonneau, finissant de manger sa pomme.

-Est-ce que tu sais au moins qui nous sommes et où on va?

Si elle est intelligente et qu'elle ait le moindrement cultivé ou au courant de ce qui passe en dehors des cages dorées de ce monde, elle devrait en avoir une petite idée. Voilà quand même quelques mois déjà que les Fer-nés ont repris leurs bonnes vieilles habitudes. Il était temps. Il écoute donc avec un certain intérêt la réponse de la dame.

-Tu sais, ici, nous sommes en mer. Il n'y a pas de manière, pas de titre, pas de stature. Qu'un capitaine... Et qui est le capitaine ici, Harkar?

L'homme fort, mais d'un certain âge, qui lui sert de second, se retourne alors brièvement vers son capitaine et lui répond: «C'est toi Will'». Le jeune homme eut alors un petit sourire de fierté. Un peu plus et à son tour, on pourrait le prendre pour un homme du continent. Comme quoi l'orgueil et la fierté sont peut-être davantage des valeurs humaines qu'appartenant aux Iles ou au continent.
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Message Dim 22 Juil 2012 - 14:09

-Je t'avertis, toi et toutes les autres sales gueules de ce bateau. Elle est à moi d'accord? Attaches la et mets la à l'écart, c'est tout. Un geste de travers et je t'envoie rejoindre le Dieu Noyé dans son royaume, c'est clair?

Un brin flatteur, il fallait bien l’avouer… Mais le « Elle est à moi » lui faisait bien plus penser à la chose suivante : elle n’était certainement considérée que comme une simple marchandise, elle qui était quand même de noble naissance, aussi petite soit-elle. La dernière chose qu’elle souhaitait, c’était de passer de fer-nés en fer-nés présents sur ce bateau. Dame sans merci, elle se croyait déjà foutue. Sauf qu’étrangement, les paroles de l’inconnu qui s’était rué sur elle pour l’arracher à sa chambre dans la taverne, la rassurait un peu ; oui sentiment bien étrange. La première chose à laquelle Carolyn pensa alors qu’elle regardait le rivage qui s’éloignait avec les soldats venus en renfort fut la suivante : Bennifer. Le second fils de la famille Nerbosc, celui avec qui elle s’était toujours entendue, celui avec qui, par le passé, elle avait connu l’une de ses premières romances. Vint ensuite Beric… Il avait besoin d’elle en tant que conseillère ! Elle secoua la tête et ses longs cheveux blonds bougèrent en rythme : un conseillé, cela se remplaçait si facilement. Elle voulait y croire, s’il lui arrivait quelque chose, peut-être qu’ils la pleureraient. Personne ne savait vraiment, au fond. Si jamais les fer-nés demandaient une rançon – encore fallait-il que ce soit leur genre – allaient-ils payer pour la sauver ? Viendraient-ils à son secours ?
Bientôt, on lui lia les mains dans le dos ainsi que les jambes. Elle fit un mouvement, comme pour se débattre, montrant ainsi qu’elle n’était pas seulement une femme qui avait peur à la moindre occasion. C’était vrai, sauf qu’elle n’avait jamais encore été enlevée par des fer-nés. Là, tout était différent. Elle remarqua bien vite que faire le plus petit mouvement la déstabilisait vu que ses deux jambes étaient liées. Tout juste comme un animal… Décidemment, ils n’avaient donc aucun respect, ses « sauvages ». Non, leurs coutumes étaient juste différents après tout, elle ferma les yeux quelques secondes pour tenter de se persuader de cela, pensant que pour l’instant aucun mal ne lui serait fait.

Bientôt, l’inconnu revint. Les yeux verts dorés de Carolyn ne purent s’empêcher de le fixer, elle était comme ça. Et puis, elle pensait que si elle cherchait à le soutenir, à montrer qu’elle était docile sans pour autant être morte de trouille au point d’éviter son regard, alors peut être que là, elle saurait gagner son… respect ? Oui, c’était plus ou moins la chose qu’elle voulait. Mais qu’avait-il donc à la détailler ? N’avait-il donc jamais vu de blonde aux yeux clairs sur ses îles ? Gênante était la situation ; Lady Grell ne se laissa pas avoir cependant, elle continuait à le regardait sans grande expression, espérant qu’elle finirait à un moment donné par le déstabiliser et ainsi, le prendre à son propre piège. Cela avait déjà marché sur un homme, mais elle n’avait alors pas un fer-né en face d’elle.

-Je n'ai pas décidé encore. Répliqua-t-il tout en mâchant un bout de sa pomme.

Carolyn haussa les épaules et dû faire un effort surhumain pour ne pas montrer qu’elle perdait encore une fois l’équilibre, être attachée ainsi, en plus du remous des vagues ne lui facilitait pas la tâche. Elle ne tomba pas. Elle en venait à se surprendre elle-même. Il s’approcha ; alors le regard qu’elle avait porté jusqu’à présent sur lui changea. On pouvait y lire la peur, vague, mais elle était bien présente… Elle était comme un frêle oiseau qui prenait son envol, pleine d’appréhension et de doutes tout cela mélangé à la peur de tomber de plus mètres… Sauf qu’elle, ce qui nouait en ce moment son ventre, c’était la peur de ne pas passer la nuit ! De ne plus voir la lumière du soleil. Les narines de la jeune blondes de contractèrent lorsque les doigts de l’homme vinrent attraper une mèche de ses cheveux. Elle pouvait clairement sentir cette odeur de terre mais aussi un autre bien plus présente… La mort. Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale. Et alors qu’il en humait le parfum –elle n’avait jamais pensé que ses cheveux puissent avoir une quelconque odeur- elle darda sur lui de nouveau ce regard de défiance, elle prouverait que les femmes du continent n’étaient pas du genre à se laisser faire sans répliquer, qu’elles n’étaient pas du genre, et surtout les nobles, à se faire avoir comme des filles faciles. Maudis soit Beric et son idée de l’envoyer elle pour consolider quelques alliances ! Un goût amer lui vint dans la bouche alors que leurs regards se croisèrent pendant un instant. Puis le fer-né retourna tranquillement contre son tonneau.

-Est-ce que tu sais au moins qui nous sommes et où on va?

Elle se tût. Bien entendu qu’elle savait. Du moins qui ils étaient, ça s’étaient certains. Quant à la destination… Alors que ses lèvres roses et pulpeuses s’entrouvrirent, s’est avec une voix incroyablement neutre étant donné la situation qu’elle se contenta de lâcher simplement :

-Des fer-nés…

Elle regarda autour d’elle. Le mestre qui avait été son précepteur alors qu’elle complétait son éducation dans la famille Nerbosc, lui avait vaguement expliqué la géographie des îles de ce peuple… Quelques noms de villes lui avaient été communiqués également, mais pas grand-chose de plus, il avait certainement jugé bon de ne pas lui en dire d’avantage. Elle n’avait posé aucune autre question, à l’époque, elle était encore une petite fille et elle s’intéressait à tout autre chose comme la poésie, ou encore l’art du dessin. Chaque chose en son temps, c’était bien ce que disait le proverbe.

-Pour la destination, j’aurais bien quelques noms en tête, mais voyez-vous, je n’en suis pas assez certaine pour en formuler une seule… Par contre, peut être pourriez-vous m’aider sur ce point la…

-Tu sais, ici, nous sommes en mer. Il n'y a pas de manière, pas de titre, pas de stature. Qu'un capitaine... Et qui est le capitaine ici, Harkar?

Un homme donna une réponse, Carolyn eut vite fait de le voir parmi les autres ; il lâcha un « c’est toi, Will’ » qui empli son ravisseur de fierté. Les lèvres de Lady Grell s’étirèrent en un petit sourire tout à coup. Il n’était pas si différent des hommes de chez elle. Le plus simple des compliments les rendaient faibles. Cependant, elle n’allait pas le titiller sur ce point, une entrée en la matière, usant de l’insolence, n’allait pas l’aider à se faire ne serait-ce qu’une minuscule place sur ce bateau de barbares. Elle devait la jouer bien plus fine que cela, c’était vital. Mais elle ne put s’empêcher de lâcher dans un soupir une phrase dans le genre :

-Un Capitaine… J’en ai de la chance…

Ironie quand tu es là. Le ton qu’elle avait employé ne devrait pourtant pas traduire sa réelle pensée. Ainsi, peut être que le fameux Capitaine n’y verrait que du feu et s’imaginerait qu’elle était sincère. Cela, il ne fallait pas vraiment compter là-dessus. Il était peut être fer-né mais Carolyn savait qu’il était loin d’être un idiot finit… La prudence était de mise !
Plusieurs fois, elle avait entendu les hommes du capitaine donc l’appeler Will’. Un diminutif peut être… A ce niveau-là, le prénom complet n’était pas si compliqué à deviner. Sauf que la blonde jugea juste d’entamer la conversation et pour plusieurs raisons ! De un, cela lui permettrait de ne pas mourir d’ennuie sur ce rafiot –notez qu’en matière de bateau, Carolyn fait bien piètre figure- ; de deux, c’était plus ou moins ce qu’il désirait avant de… Elle chassa bien vite la chose qui lui était venue à l’esprit. Il ne fallait pas se leurrer de toutes les façons. Elle savait que son sort était plus ou moins scellé. Vu les ordres qu’il avait donnés, la jeune femme préférait largement se faire passer sur le corps par une seule personne que par toute la flopée de fer-nés qui composait cet équipage. Sauf que si elle pouvait éviter cet… « Incident diplomatique », elle le ferait avec plaisir.
Cependant, en détaillant un peu plus le visage de l’édit Capitaine, elle devait bien avouer que d’un certain côté, ses traits n’étaient pas si mal à regarder. La nature avait été assez clémente à ce niveau-là pour lui. Restait à savoir s’il était capable dans sa vie de se comporter autrement que comme un parfait sauvage, là il pourrait peut-être remonter un brin dans l’estime de Carolyn, sauf que ça, il l’ignorait encore. Avec le vent, une mèche de ses cheveux était venue se placer en travers de son visage et il se balançait, lui chatouillant la joue. La jeune noble recourba sa lèvre inférieure légèrement que la supérieure dans l’espoir que son souffle serait assez puissant pour replacer la fameuse mèche à sa place. En vint, elle abandonna en lâchant un soupir de désespoir et d’agacement.
Elle se risqua alors à lui adresser directement la parole de nouveau :

-Will’ … Je suppose que cela n’est pas votre prénom… Entier, si je peux dire… Me feriez-vous l’honneur de me le communiquer de manière plus… Approfondie ?

Après tout, la question n’avait rien de dérangeant, il n’allait pas se mettre en colère pour ça, non ? Car ce qu’elle ne voulait surtout pas, c’était s’attirer ses foudres. Instaurer un climat de « confiance » était beaucoup plus préférable, du moins c’était ce qu’elle pensait au fond d’elle… Même si cette peur était toujours bien présente en elle et qu’elle faisait son maximum pour ne pas le montrer, mais on pouvait bien voir que le moindre de ses muscles étaient contractés, elle était dans un état de mal être, c’était certain.


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Message Dim 22 Juil 2012 - 15:32

La Larme Noire filait sur les eaux. Le vaisseau amiral de la flotte des Bonfrère était quand même un boutre assez impressionnant de par sa taille et ses voiles noires indiquaient clairement qu'il ne s'agit pas d'un navire marchand ou de plaisance. Près de deux cents hommes forment son équipage et on y compte plus d'une cinquantaine de rame, dont d'ailleurs, on entend les marins qui forcent et qui font avancer le navire au rythme des coups de rame. Quelques hommes, paraissant plus âgés que la moyenne des autres marins, patrouillent entre les rameurs et de temps en temps, gueulent après un marin pour qu'il rame plus vite et ne manque pas de l'insulter aux détours. Quelques prisonniers, dont deux soldats, sont retenus en otage au fond du navire, surveiller par trois, parfois quatre soldats. Puis, il y avait Carolyn et Willem, dans leur coin, à la proue du navire, plutôt qu'à la poupe avec les autres prisonniers, un moyen visible de voir la différence entre cette prisonnière et les autres.

Le jeune homme avait débuté une sorte de discussion avec sa plus belle prise de la soirée. Elle affichait une sorte de dignité qui l'empêchait sans doute de voir sa peur, mais il voyait bien dans le regard de la dame que quelque chose n'allait pas. La crainte était bien présente et elle avait toutes les raisons de craindre oui. De la voir quand même faire des efforts pour rester digne l'amusait. Allait-il l'humilier, la ménager? Tout dépendra sans doute de l'attitude de Carolyn. Si elle fait la soumis, alors il n'aura pas à la soumettre. Will' devra quand même déterminer qui est cette femme. Si par exemple il s'agit d'une Tully, alors il aura gagné toute une mise, mais aussi, il devra sans doute en informer le Lord Ravage, vu ce que l'enlèvement d'une femme peut parfois déclencher. S'il s'agit simplement d'une femme d'un lord secondaire, alors les soucis seront moindre, mais de toute manière, guerrier comme il est, Willem ne craint pas la guerre le moins du monde. Il y a longtemps qu'il l'a embrassé et plus le temps passe, plus il y prend goût, même après avoir frôlé la mort à la bataille de Port-Lannis.

La jeune femme devant lui affichait donc un certain calme, silencieuse après qu'il eut dit qu'il ne savait pas encore ce qu'il ferait d'elle exactement. Chose certaine, l'argent ne l'intéresse pas. À ce niveau, il a déjà ce qu'il lui faut. Non pas qu'il soit riche, loin de là, mais disons qu'il y a d'autres moyens d'arriver à posséder des objets que simplement en les achetant avec des piécettes. Quand il croisa le regard de la femme des rivières, il n'y vit pas de haine affichée, mais un regard défiant par contre. En temps et lieux, il se promet bien de lui faire perdre se regard de défi.

En attendant, il voulait cerner cette femme et voir si elle comprenait bien la situation dans laquelle elle se retrouvait. C'était un peu comme jauger son adversaire en somme. Car oui, il voyait encore cette femme comme une sorte d'ennemie et il se doute que l'inverse est aussi vrai. Une ennemie à sa merci, qui lui servira plus vivante que morte, mais une ennemie tout de même. La femme devant lui sembla rassembler une certaine énergie, les moyens de rester calme sans doute et reconnu qu'ils étaient des Fer-nés. Un excellent début et Willem ne manqua pas d'avoir un sourire discret, l'espace d'un court instant, comme si le fait qu'elle les reconnaisse l'amusait légèrement. Il eut ensuite un léger hochement de tête et attendit la suite de la réponse, puisqu'il avait bien posé deux questions. Carolyn répond bientôt et avoue avoir quelques destinations en tête, mais aucune de précise. Le jeune capitaine décide donc de tester les connaissances géographiques de sa prise.

-Est-ce que tu sais où se trouve Cormartel?

Cormartel, la plus grande ville de la plus grande île des Iles de Fer. Rien à voir bien sûr avec les cités du Continent, mais quand même, c'est une des villes importantes des Iles, dont le frère de Will' est le seigneur par ailleurs. Willem pour sa part est plutôt son adjoint et son capitaine, le meneur de sa flotte et de son armée. Après quoi, le Fer-né mentionne qu'ici, il est le maître abord et qu'il n'accorde pas d'importance pour ce qui est des politesses. Le vouvoiement, de la façon qu'on s'adresse aux gens, tout cela n'a aucune importance pour lui, comme c'est le cas pour la plupart des siens d'ailleurs. Bien sûr, il ne manque pas de souligner le fait qu'il est le capitaine. Un rang qu'il a mérité et chèrement acquis. Le décès de son oncle a quelque peu précipité les choses, c'est vrai, mais Will' est un meneur né si on peut dire et un combattant habile, même si sa première grande bataille ne s'est pas tout à fait passé comme prévu, il est craint et respecté par ses hommes, deux qualités difficile à obtenir de la part des Fer-nés.

La réaction de la dame des rivières l'amusa quelque peu. Celle-ci s'avoua chanceuse. Dans un sens, elle l'était. Capturé par un capitaine, c'est quand même prestigieux non? C'est mieux que par l'ivrogne du navire, sans doute. Comme Will' avait déjà finit sa pomme, il lança le cœur de pomme à l'eau, avant de reporter son attention sur sa prisonnière. Elle était belle, très belle même, aucun doute là-dessus et elle devait le savoir, sans doute même qu'elle en jouera. Les Fer-nés n'accordent pas vraiment d'importance à la beauté, ils n'en font pas un culte, mais tout de même, comme les étoiles, il y a des choses en ce monde qui ne laisseront jamais un homme indifférent. Willem ouvrit le tonneau et se prit une sorte de bol de bois. Avec une louche en fer, il remplit le bol d'eau, referma le tonneau et s'en servit pour se laver un peu les mains. Le sang séché part plus difficilement que lorsqu'il est encore frais, voyez-vous... Tandis qu'il se lavait les mains, la dame s'adressa de nouveau à lui et il répondit sans la regarder cette fois.

-Je m'appelle Willem Bonfrère, frère de Veloran Bonfrère, seigneur de Cormartel et d'Aaricia Greyjoy, épouse du Lord Ravage. Mais par ici, ça n'a pas beaucoup d'importance.

Il agite un peu ses mains, comme pour les aider à sécher, puis, il se tourne de nouveau vers Carolyn.

-Le sang, le nom... Ne vas pas croire que je suis capitaine à cause de cela. Non, je suis capitaine pour ce que je fais. Parce que je peux permettre à ces hommes de revenir plus riches et leurs lames encore plus ensanglantés à chaque raid que je fais. Parce que si l'un d'eux me désobéit, il paiera le prix cher. Alors... tu peux m'appeler Will' ou Willem si tu préfères. Oh et... tutoies moi. J'ai pas une gueule à me faire vouvoyer.

Voilà pour ce qui était de la petite présentation. Will' aime bien faire un semblant de moral aux continentaux, leur faire sentir la supériorité des Fer-nés. Il a fait pareil avec la femme-sel de la cité de Lys l'autre jour, peu avant son départ. Leur faire savoir que tout leur titre et leur manière ne servent à rien. Ce n'est pas ça qui va les protéger des lames et de la mort. Maintenant qu'il s'était présenté en long et en large, il s'attend à la même chose de son interlocutrice:

-Et toi, qui es-tu?

La question était posée, il attendait maintenant la réponse, qu'il écouta avec attention. Peut-être même que quelques questions lui viendront, après tout, il n'est pas dénué de curiosité et plus belle est la prise, plus grand est le prestige qu'il en retirera. Willem pouvait être un brin prétentieux après tout, mais habituellement, cela se devine assez rapidement. Rien que dans sa posture, on le sent. Un marin l'approcha un peu plus tard, interrompant la conversation et fit savoir à son capitaine qu'un des prisonniers ne peut plus tenir debout. Intrigué, Willem alla à la rencontre de celui-ci. L'homme était blessé et même assit, sa conscience semblant partir. Après s'être gratté le menton, Willem eut un léger soupir, comme exaspérer.

-Bon, très bien... jetez le par-dessus bord. Il a déjà assez salit mon boutre comme ça...

Il ne fallut pas attendre longtemps pour entendre le bruit du corps tomber à l'eau, tandis que le jeune Fer-né allait retrouver sa prise. Elle semblait fatiguée d'ailleurs et semblait aussi tenir à rester debout, contrairement aux autres prisonniers qui restait plutôt assis, adossé contre une paroi du navire.

-Avec un vent pareil, on sera de retour à Cormartel peu après le lever du soleil. Tu devrais te reposer.

Il prit ensuite le bol d'eau dans lequel il s'était essuyé les mains un peu plus tôt et le posa à côté d'elle, sur le sol.

-Tiens, si tu as soif...

Will' eut un petit sourire et lui tourna le dos après, retournant vaquer à ses occupations de capitaine, il restait néanmoins à porter de voix de sa prisonnière, mais visiblement, il semblait se détourner d'elle pour un moment.
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Message Sam 18 Aoû 2012 - 19:50

Le bateau avançait à vive allure et Carolyn ne se faisait pas d'illusion. Chaque seconde qui passait l'éloignait encore plus de sa terre natale. Elle savait, bien entendu, que son ravisseur n'aurait pas l'intention de la relâcher aussi facilement. Mais soudain, elle pris pleinement conscience de la tragique situation dans laquelle elle se trouvait: il était fort possible que jamais elle ne revoie les siens. Que jamais elle en remette les pieds à Telnarann et dans la maison des Grell. Elle pensa alors a son père; il était grand temps d'enterrer la hache de guerre et si jamais elle ressortait de cette "épreuve", elle irait tout droit chez elle pour le serrer dans ses bras, pour tout le pardonner de façon définitive.

-Est-ce que tu sais où se trouve Cormartel?

Carolyn releva la tête pour de nouveau regarder le Capitaine. Oui, elle savait. Cormatel était sur Grand Wyk. Et comme elle avait été bonne élève elle savait que plus exactement, cette dernière se trouvait au coeur des monts Durgranit... A bien y réfléchir, la jeune femme était mal partie. Vu la situation géographique de la ville et vu ses connaissances sur la région, si jamais elle avait envisagé de s'enfuir, il fallait qu'elle trouve un moyen avant d'arriver, sinon elle était assez mal en point! Mais avec les jambes et les mains attachées, la situation se compliquait encore; c'était à peine si elle pouvait bouger correctement. Ses yeux verts ne lâchèrent cependant pas l'homme une seconde, comme si soudainement elle voulait qu'il se sente mal à l'aise par son regard insistant. Elle avait bien retenu la réaction qu'il avait eu, le moment où il l'avait projetée sur le lit de l'auberge, cherchant à l'empêcher de disparaître. Peut être que si elle se servait de cela, elle arriverait à quelque chose, et pourrait arriver à ne pas terminer de façon déplorable. Sauf qu'en l'était actuel des événements, elle était bien loin de penser qu'elle devait absolument le charmer, non. Elle se raccrochait juste à l'idée de garder son honneur et surtout, sa vie! Ses lèvres roses s'entrouvrirent cependant et elle répondit simplement:

-Oui...

Sa voix était neutre, elle cherchait à se persuader qu'elle n'avait plus peur. Le froid qui avait transpercé sa chemise quelques instant plus tôt, elle ne le sentait plus, comme si un instinct de survie avait pris le dessus, comme si elle s'interdisait de pouvoir ressentir quelque chose. Pourtant elle avait toujours cette peur qui lui tiraillait le ventre.

-Je m'appelle Willem Bonfrère, frère de Veloran Bonfrère, seigneur de Cormartel et d'Aaricia Greyjoy, épouse du Lord Ravage. Mais par ici, ça n'a pas beaucoup d'importance.

Elle hocha simplement la tête, montrant qu'elle avait saisi l'information. Avec un titre pareil, s'il ne vivait pas chez les fer-nés, à coup sûr il aurait été un noble homme, et ses manières auraient certainement été bien différentes. Encore que jusque là, Carolyn n'avait pas été maltraité. Peut être devait elle cela à sa grande coopération du moment. Se montrer docile était sa tactique d'approche. Pour l'instant, elle voulait passer pour une femme douce et qui sait se montrer raisonnable dans les situations délicates. Elle avait été choisie par Lord Beric Nerbosc comme conseillère alors elle devait bien avoir un minimum de bon sens. Et dans le cas actuel, elle en avait! Car rester sage et se soumettre était la meilleure chose à faire. Encore que la soumission n'était pas franchement envisageable dans son esprit. Depuis son plus jeune âge la blonde avait un caractère légèrement rebelle. Elle avait maintes fois enfreint les recommandations de son père, ce qui lui avait valu son petit séjour de neuf ans chez les Nerbosc. Mais avec l'âge, Carolyn avait gagné en sagesse et savait bien qu'il était dans son intérêt ne de pas broncher d'un pouce pour l'instant.

-Le sang, le nom... Ne vas pas croire que je suis capitaine à cause de cela. Non, je suis capitaine pour ce que je fais. Parce que je peux permettre à ces hommes de revenir plus riches et leurs lames encore plus ensanglantés à chaque raid que je fais. Parce que si l'un d'eux me désobéit, il paiera le prix cher. Alors... tu peux m'appeler Will' ou Willem si tu préfères. Oh et... tutoies moi. J'ai pas une gueule à me faire vouvoyer.

En voilà une entrée en matière! Normalement, elle aurait dû trembler de tous ses membres mais non, en fait elle était juste plus ou moins bouche bée devant l'aplomb du fameux Willem. Elle devait avouer qu'elle était enfin ravie de pouvoir mettre un nom sur son visage. Le tutoyer? Quelle drôle d'idée! Jusque là, Carolyn n'avait jamais tutoyé une personne qu'elle ne connaissait pas. Elle avait été éduquée de la sorte, on lui avait dit qu'il s'agissait d'une marque de respect... Mais cela, Willem ne s'en doutait peut être pas. Elle n'avait pas l'intention de le contrarier de toutes les façons.

-Bien, si tu insistes.

-Et toi, qui es-tu?

Les lèvres de Lady Grell s'étirèrent en un petit sourire. Bien entendu qu'elle s'attendait à cette question. C'était tout à fait logique d'ailleurs! Ce qu'elle était... Les titres qu'elle allait lui dire étaient certainement beaucoup moins impressionnant que ceux qu'il avait énoncé pour lui même. Carolyn n'était pas de la plus haute noblesse mais sa famille avait tout de même une quelconque importance. Elle cherchait une manière de formuler sa phrase, pour rendre le tout un peu plus impressionnant. C'est d'une voix ferme qu'elle décida d'enfin décliner son identité:

-Je suis Lady Carolyn, Dame de la maison Grell et conseillère de Lord Beric Nerbosc.

Elle accompagna ses paroles d'un mouvement de la tête, une sorte de salutation, cherchant à rendre tout cela plus officiel. Tout de suite, c'était beaucoup moins impressionnant que ce que Willem avait pu dire en ce qui le concernait. Carolyn en vint même à se dire que le jeune homme serait déçu de ne pas avoir fait une plus belle "prise" et finirait par la traiter comme les autres prisonniers. Elle frissonna à cette idée. Car pour l'instant, à part sa posture qui n'était pas des plus confortable, on pouvait dire qu'elle n'avait pas été si mal traitée que ça; oui peut être bien qu'elle en avait, de la chance.

Un marin vint alors les interrompre, indiquant qu'un des captifs faisait de la résistance. La réponse que donna le Capitaine glaça le sang de la jeune femme. Et lorsqu'elle entendit le bruit du corps tomber dans l'eau, elle lâcha un feulement digne d'un chat alors que Willem revenait vers elle. L'avait-il entendu?
Quelles manières horribles, vraiment! Comment pouvait-il balancer un homme à l'eau alors que ce dernier était blessé, ne lui laissant alors aucune chance de survivre? Elle savait que les fer-nés n'avaient pas vraiment de considération pour les vies humaines. Ils les arrachaient si facilement... Elle en vint à se demander comment des peuples pouvaient-ils être si différents.

-Avec un vent pareil, on sera de retour à Cormartel peu après le lever du soleil. Tu devrais te reposer.

Un air de surprise passa sur son visage alors qu'il ajouta, après lui avoir balancé un bol d'eau juste à côté d'elle. La situation était assez comique quand même. Elle se demanda s'il était vraiment sérieux ou si il le faisait exprès. Carolyn soupira et osa aussi lever les yeux au ciel, après s'être assuré que Willem ne la regardait pas en cet instant. Comme il semblait s'éloigner et ne plus vraiment vouloir s'occuper d'elle, elle parvint à trouver la force d'élever la voix pour le rappeler à l'ordre:

-Eh! Tu penses sérieusement que je puisse faire quoi que ce soit dans cette position??!

Elle remua alors ses jambes avec difficulté et agita ses mains qui étaient nouées dans son dos. Exact! Il lui faudrait certainement faire un effort surhumain pour pouvoir atteindre de sol, et encore plus pour que ses mains puissent attraper le bol qui contenait le précieux liquide. Il devait vraiment la prendre pour une cruche et ça, elle n'appréciait pas du tout! Mais elle choisi alors d'en jouer, préférant adopter un ton plus malicieux, chose assez surprenante vue sa situation.... Sauf que cela lui semblait tellement comique qu'elle ne pouvait pas s'en empêcher:

-A part si tu comptes me donner à boire toi même...

L'expression de défi qui passa sur son visage ne fut visible que quelques secondes, cependant Carolyn était persuadée que Willem s'en était rendu compte. Restait à savoir s'il allait bien le prendre. Son but n'avait pas du tout été de le prendre pour un idiot, plus de le "provoquer" de manière douce! Elle était une femme et elle allait devoir entamer sa danse, celle qui lui permettrait de peu à peu approcher le Capitaine, celle qui lui ferait baisser la garde à un moment donné ou à un autre...

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Message Sam 18 Aoû 2012 - 21:54

Quand Willem parla de Cormartel, il sentit, rien qu'au regard qu'eut Carolyn, qu'elle savait où cela se trouvait et qu'elle prenait encore un peu plus conscience de la situation délicate dans laquelle elle se retrouvait. Cela lui allait fort bien, ainsi, il n'aura pas à donner de cours de géographie à sa prisonnière, mais en prime, elle saura à quoi s'en tenir. Il était quand même étonné qu'une femme du continent en sache autant sur les villes ou village des Iles de Fer. Il se demande bien ce que les continentaux disent ou pensent sur les villes des Fer-Nés d'ailleurs. De la même façon qu'il sait qu'il ne pense pas beaucoup de biens des gens du continent, furent-ils de Salvemer ou de Port-Lannis, c'est sensiblement du pareil au même.

Sa prisonnière avait donc dit un oui à haute voix et le jeune homme avait alors hoché de la tête en signe de contentement ou de satisfaction. Après, vient l'heure des présentations et Willem y va selon la formule d'usage, empreinte d'une certaine fierté, cela était évident. Le jeune homme était fier, frôlait peut-être la vanité, mais chose certaine, il ne cachait pas qui il était. Son souhait était d'ailleurs que son nom résonne autant chez les siens que chez ses ennemis, qu'ils tremblent en sachant que la Larme Noire fait voile sur leur côte et qu'ils sachent que Willem Bonfrère ne les épargnera pas. Malheureusement, il n'en est pas encore à ce point, mais une réputation peut se construire au fil du temps. Ainsi, quand il se présente, il en impose peut-être, mais il ne tarde pas à faire les nuances qui s'imposent, expliquant que si ses hommes le respectent, ce n'est pas à cause de son rang dans la hiérarchie social ou à cause de ses titres, mais bien à cause de la manière dont il mène ses hommes et des actions qu'il fait. Carolyn restait silencieuse, toujours aussi docile et écoutait avec attention. Bientôt, son tour de parler devait arriver, puisqu'après tout, le Bonfrère avait hâte de savoir qui il avait entraîné sur son navire. Carolyn n'avait pas les traits, ni les possessions d'une paysanne, alors forcément, elle était "quelqu'un" et il tardait à Will' de le savoir.

En entendant les premiers mots, il eut un petit sourire, comme fier et amusé à la fois. Lady Carolyn... Ah ces continentaux, quelle belle façon de s'adresser les uns les autres. Des gens de forme et non de fond. La maison Grell? Jamais vraiment entendu parler, un nom familier, à tout le mieux. Puisqu'il ne connaissait pas le nom, il en concluait que ce n'était guère important et qu'elle devait venir d'une maison mineure. En revanche, elle était la conseillère d'une maison et d'un lord dont même Willem connaissait la réputation et c'est là qu'il eut un sourire, presque moqueur et un petit éclat dans les yeux.

-Conseillère han?


Elle ne risquait pas de le conseiller dans un avenir proche, vu où elle se trouve en ce moment. Quel genre de conseils pouvaient apporter une femme à un noble? Willem se le demandait. Pourtant, lui qui avait une sœur avec une tête forte, pour lui, elle représentait l'exception et non pas la règle. Les femmes ne sont guère utiles à la guerre, encore moins pour conseiller un seigneur. Elles ont trop de sentiments.

Un petit problème à bord vient interrompre la conversation, à savoir, ce prisonnier qui se lamente et qui semble mourant. Willem règle le problème assez rapidement. Pas de perte de temps et puis, un prisonnier dans cet état ne lui servait pas à grand chose. Quand il retourna auprès de sa prisonnière, il sentit dans le regard de celle-ci que visiblement, ce geste ne lui avait pas plu et qu'elle en était comme horrifiée tandis que lui était indifférent et parlait de rentrer à Cormartel comme si rien n'était arrivé. Si Carolyn avait soif, elle pouvait boire, mais son eau goûterait alors un peu le sang. Lorsqu'il se détourne d'elle, il se dit que la jeune femme va se coucher au sol et se tenir tranquille jusqu'à l'arrivée à Cormartel, mais non, voilà qu'elle lui adresse de nouveau la parole. Il jeta un regard vers elle, l'air de lui indiquer de garder le silence, mais pourtant, dès qu'il eut son attention, elle en rajouta.

Cette fois, vu le ton qu'elle prenait, elle attira l'attention, non seulement de Willem, qui l'écoutait déjà, mais aussi de quelques marins. Le capitaine eut un petit regard autour, puis se dirigea de nouveau vers Carolyn. Il se pencha alors et ramassa le bol d'eau de tout à l'heure. Il planta alors son regard dans le sien et eut un petit sourire, s'approchant d'elle avec le bol.

-Oh... Je suis désolé que lady Carolyn soit gênée par ses chaînes. Laisses-moi t'aider...


Il l'a prit alors doucement par l'épaule, une main posée sur celle-ci et approcha le bol, avant de forcer vivement, un pied devant la jambe de la demoiselle, pour mieux la faire échouer contre le plancher du boutre, face contre le bois. La chute dut être raide, mais aussitôt, le jeune homme plia les genoux et agrippa les cheveux de la blonde, posant le bol devant elle.

-Je t'ai dit de te reposer, pas de parler. Si tu parles trop, si tu me défies, me déranges, tu pourrais bien finir comme l'autre.


Il lui murmura cela à l'oreille, avec une sorte de douceur vilaine qui contrastait avec ces propos. Il lui lâche alors les cheveux, puis se relève, s'adressant de nouveau à elle de vive voix.

-Maintenant que t'es à terre, tu ne devrais plus avoir de problème pour boire!


Il eut un regard de mépris vers elle, vers celle qui était maintenant à ces pieds, humilié et ces hommes ricanèrent, le jeune homme souriant alors. Voilà, il venait ainsi d'éviter de passer pour un faible qui ménagerait une prisonnière. Telle était l'Antique Voie. Willem poussa avec son pied le bol d'eau jusqu'au niveau de la tête de Carolyn, question de lui facilité la tâche, si elle trouvait trop difficile de bouger ses bras et ses mains. Après quoi, le jeune homme retourna vaquer à ses occupations de capitaine, espérant cette fois ne pas se faire déranger de nouveau pour une bagatelle par sa prisonnière. Ils en avaient encore pour quelques heures avant d'apercevoir l'île de Grand Wyk à l'horizon. Willem avait hâte, car il y rentrerait triomphant, un second raid réussit pour le jeune capitaine. Son oncle, Euron, serait fier de lui.
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Message Dim 2 Sep 2012 - 16:15

-Conseillère han?

Carolyn ne broncha pas sous la remarque. Son poste semblait bien étrange pour beaucoup de personnes! Elle avait été la première d'ailleurs. Enfant, jamais son père n'aurait imaginé qu'elle termine ainsi. Et si on lui avait dit qu'un jour sa fille serait enlevée par des fer-nés, il aurait éclaté de rire, y croyant encore moins... En pourtant. Rien n'est prévisible. Mais pourquoi donc avait-elle quitté Corneilla? Tout simplement sur ordre de Beric Nerbosc; elle devait faire son travail, ironie du sort. C'était justement ce travail dont elle était fière qui allait peut être lui coûter la vie. Les risques n'étaient pas importants sauf qu'ils étaient quand même présent.
Carolyn détourna son attention un instant. Ses yeux semblaient vides, elle s'accrochait à une chose que Willem ne pouvait indiscutablement pas voir, elle s'accrochait au souvenir de sa mère. Et c'était son visage avec son large sourire que lady Grell était en train de se remémorer. Comme si ce fantôme du passé allait l'aider à surmonter "l'épreuve" actuelle. Les souvenirs pouvaient être tout aussi cruels, car à cet instant là, la jeune femme réalisa une énième fois que sa mère ne se tiendrait plus jamais juste près d'elle. Ses yeux s'emplirent de larmes qui ne coulèrent pas cependant. Elle avait appris à les contenir en y pensant.

Elle avait une force de caractère assez importante pour une femme à l'allure fragile, ça c'était certain. Mais elle n'était pas invincible. Si elle s'efforçait de garder la tête haute, elle tremblait intérieurement et était en réalité pétrifiée par l'effroi. Voilà la vérité. Pour rien au monde elle ne l'aurait avoué sauf qu'elle se doutait que Willem savait. Et elle se doutait également qu'il finirait par en jouer, par tourner cela à son avantage à un moment donné, c'était une sorte d'obligation.
Elle se re-concentra sur son métier et se contenta de lâcher une phrase qui n'avait pas grande importance à première vue, pour elle il y en avait une. Elle voulait alors montrer qu'elle était fière de porter ce "titre" même s'il n'était pas de plus glorieux ou le plus noble de tout le Conflans:

-Suprenant, non? Et pourtant...

Bien qu'elle se doutait encore que le Capitaine en avait rien à faire. Recevoir des conseils d'une femme devait être la dernière de ses occupations ou encore de ses préoccupations... Surtout venant d'une femme!
Encore une fois elle repensa à son père qui trouvait la chose totalement idiote. Depuis qu'elle avait accepté la proposition de Beric, Carolyn avait envoyé quelques lettres à son père, tentant de marquer une trêve à leur guerre qui durait depuis des années maintenant. Mais il devait avoir été très vexé par la décision de sa fille car il n'avait encore jamais répondu. Il devait être loin d'imaginer que Lady Grell accepterait de quitter une nouvelle fois Telnarann pour Corneilla... La blonde était sûre qu'en fait, il voulait la garder sous sa surveillance et lui trouver un mari assez rapidement. Carolyn avait contrecarré ses plans et il n'avait pas apprécié, voilà tout.

Finalement, Willem avait tiqué sous la réplique. Il approchait dangereusement, tel un prédateur, le bol à la main, un sourire que Carolyn jugea malsain. Le présage n'était pas très positif pour elle, elle attendait des représailles et elle avait raison!

-Oh... Je suis désolé que lady Carolyn soit gênée par ses chaînes. Laisses-moi t'aider...

Ton ironique qui confirma bien vite sa crainte précédente. Un frisson monta le long de sa colonne vertébrale. A ce moment, elle se dit qu'elle était foutue. Comment avait-elle pu être aussi idiote? A trop vouloir parler... Quelques fois, elle ferait mieux de tenir sa langue. Mais elle ne perdait pas espoir de pouvoir approcher le Capitaine et qu'il se montre moins sur la défensive face à elle. Car il fallait l'avouer, il la voyait comme une prise de guerre, oui elle en était bien consciente. Et c'était justement cette étiquette qu'elle voulait effacer. Ce n'était pas pour tout de suite.
La chute... D'un mouvement vif et violent, Willem força Carolyn à se retrouver la face contre le sol crasseux du bateau. Jamais de sa vie elle n'avait encore subi une telle humiliation. Lorsque la main ferme enserra son épaule, elle n'arriva pas à retenir un cri -cependant étouffé- de douleur. La force était du côté de l'homme c'était sûr et certain, elle n'en avait douté à aucun instant. Il lui agrippa alors les cheveux et lui murmura à l'oreille:

-Je t'ai dit de te reposer, pas de parler. Si tu parles trop, si tu me défies, me déranges, tu pourrais bien finir comme l'autre.

Les narines de la jeune femme se contractèrent sous ces paroles, paniquée. La voix douce qu'il employait traduisait un plaisir vilain donc. Les dents serrées, Carolyn se mordit la langue; il était plus sage de ne pas répliquer encore une fois. Elle eut un nouveau frisson, mais cette fois, ce n'était pas par terreur. Dans un moment de pure folie, elle avait trouvé la voix de Willem, susurrant à son oreille des paroles qui se voulaient pas du tout réconfortantes, séduisante. Sous se constat, ses yeux s'agrandirent et elle laissa échapper un gémissement de mécontentement. Voilà qu'elle devenait désespérée à ce point, elle en était là.

-Maintenant que t'es à terre, tu ne devrais plus avoir de problème pour boire!

Fort belle constatation! En même temps, fallait pas être idiot pour le voir, surtout que c'était lui qui l'avait forcée à se retrouver ainsi (bon, elle l'avait provoqué la première...). Il s'éloigna de nouveau, lui lançant un regard de mépris au passage qu'elle ignora. Elle poussa alors le bol du bout des doigts, préférant le délaisser définitivement. Elle n'avait pas soif;tout ce qu'elle désirait, c'était retourner chez elle, auprès des Nerbosc. Alors qu'elle poussait le bol, un filet d'eau s'en échappa et tomba bien vite sur le sol qui absorba le liquide tout aussi rapidement. La couleur sombre du bois empêcha de distinguer toute trace. De toutes les façons, avec la crasse qui s'y trouvait, Carolyn doutait que cela fut possible. Alors, elle s'allongea le dos, les mains sous elle. La position n'était pas des plus confortables mais elle s'en fichait. Elle serait certainement plus mal lotie une fois arrivée à Cormatel. Elle ferma les yeux. Laissant son esprit vagabonder une fois de plus, tel un oiseau libre, elle était autorisée à penser car c'était une liberté que Willem ne pouvait pas lui prendre. Elle imaginait les couloirs de la demeure de son employeur, à Corneilla. Les fois où elle avait discuté avec Bennifer dans la grande salle, ses souvenirs remontèrent peu à peu dans le temps. Son éducation, les leçons qu'elle trouvait à l'époque ennuyeuses au possible, elle les récitait en ce moment même intérieurement. C'était une sorte de délivrance, de soulagement. Elle sentit le vent battre son visage, ramenant quelques mèches de ses longs cheveux blonds qui se collèrent à son visage. Elle aurait voulu devenir invisible... Elle fronça les sourcils, sentant à l'agitation des hommes autour que quelque chose venait de changer.

Elle rouvrit les yeux et constata deux points essentiels: le premier, que Willem se tenait au dessus d'elle à la regarder, pensant certainement qu'elle était la dernière des idiotes. Carolyn avait dû finir par s'endormir et elle ne s'en était même pas rendu compte. Elle ne savait combien de temps elle était restée ainsi mais vu la douleur que lui infligeait ses mains, un petit moment certainement. Elle préféra rester à terre cependant. Le second point qu'elle avait remarqué et qui confirmait alors qu'elle avait dormi, était la couleur du ciel. Moins sombre, il prenait une légère tinte rosée. L'aube... Sous sa chemise de nuit blanche, à moitié trempée, la poitrine de Lady Grell se soulevait de manière régulière; elle avait réussi a calmer sa respiration. Au moins, elle avait trouvé la tranquillité dans le sommeil. Elle darda ses yeux verts sur Willem, relevant son buste et trouvant alors une position assise:

-Nous arrivons n'est-ce pas?

Elle se retourna légèrement, voulant voir si elle pouvait apercevoir un début de terre. Rien, elle avait vue sur la coque. Alors elle reporta son attention sur le Capitaine et dans un souffle, elle lui demanda:

-Comment est-ce, Cormartel?

Idiotie, encore une fois. Car en réfléchissant, elle attendait une réponse peu engageante du genre: "Tu verras bien quand on y sera"... Et quelque part, s'il venait à répondre cela, il n'avait pas tort. Mais la seule description qu'elle en avait eue était à travers ses cours de Géographie. Jamais elle n'avait eu de vision d'une personne qui y vivait... C'était ce qu'elle recherchait en ce moment...



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Message Lun 3 Sep 2012 - 15:41

Carolyn dormait maintenant à poings fermés. C'était tant mieux pour elle. Après l'avoir défié, elle avait eu la correction bien méritée qu'elle devait avoir. Willem avait laissé l'impression d'y avoir pris un malin plaisir, alors valait mieux ne pas retenter le diable comme on dit. La jeune femme, qui semblait intelligente, avait compris le message et s'était tenue tranquille, elle avait même dormi comme il le lui avait suggéré. Dormir lui évitait de faire des idioties, ou encore, d'en dire.

Lorsque la flottille ne fut plus qu'à quelques coups de rames de Grand Wyk, Willem ordonna qu'on réveille les prisonniers et alla réveiller lui-même celle qu'il considérait comme sa plus grande prise. Il s'accroupit près d'elle, les genoux pliés et la regarda dormir que quelques secondes, qui suffirent à la jeune femme pour se réveiller. D'instinct, elle montra alors qu'elle était une femme douée d'une certaine perspicacité et cela le fit légèrement sourire, tandis qu'il hocha de la tête en guise de réponse. Sur le pont, les prisonniers se réveillaient péniblement. Puis, elle posa une question toute simple, à laquelle, Willem eut d'abord une réponse brève:

-De fer et de roc.

Puis, il la prend par les bras et se hisse avec elle, la forçant désormais et de nouveau à se tenir debout, comme les autres prisonniers. D'un geste du menton, il lui désigne alors l'île de Grand Wyk, avec ces grandes falaises et les montagnes escarpées qui la caractérisent. Une légère bruine commençait à tomber du ciel, un rappel du climat rigoureux qui caractérise ses îles.

Comme pour la laisser découvrir l'île qui se rapprochait au fur et à mesure et la laisser ainsi voir «comment c'est», il retourne gérer son équipage, puis qu’accoster peut être une manœuvre délicate à faire avec un navire, encore plus lorsqu'on se trouve à être le navire de tête d'une flottille d'une trentaine de boutres. Willem avait donc autre chose à faire que de tenir une conversation. Quelques minutes plus tard, le navire atteignait le port, qui n'était pas la ville de Cormartel, soit dit en passant. Des hommes, des prêtres du Dieu Noyé, les attendaient. Willem bondit le premier hors du navire et alla à leur rencontre. Ceux-ci l'accueillait avec une froide fierté, satisfait tout de même de voir le capitaine rentrer de son raid. Cependant, tout voyage n'est pas une réussite sans la bénédiction du Dieu Noyé, qui demande à ce qu'on le nourrisse. Le jeune homme se retourne alors vers ses navires, d'où on extirpait les prisonniers. Il demande alors à ce qu'on lui amène six hommes. Les six sont emmenés aussitôt aux prêtres et on les fait mettre à genoux sur la plage. Le prêtre récite alors une sorte de prière, un moment où tous les hommes baissent la tête, en signe de dévotion sans doute. Puis, à la fin, chacun leur tour, on plonge la tête de ses hommes dans l'eau, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Certains se débattirent plus que d'autres, certains se résignèrent. Ce fut un moment fort silencieux, hormis le prêtre qui parlait et le bruit des noyés qui luttaient une dernière fois contre la mort.

Les cadeaux donnés au Dieu Noyé devait le satisfaire. La petite armée rassemblée, avec l'aide de mules et d'ânes pour transporter leur butin de guerre, les prisonniers attachés par une corde les uns aux autres, ils prirent la route de Cormartel. C'est ainsi qu'ils s'enfoncèrent bientôt entre les montagnes de Grand Wyk. Après quelques heures de marche et après avoir traversé une mine de fer, où les conditions de travail semblaient laisser à désirer, disons, Cormartel fut enfin en vue, avec ses murailles aux moellons énormes et hérissées de piques de fer.

Les portes de fer s'ouvrirent pour laisser entrer le contingent, qui ne fut pas réellement accueilli, ils arrivèrent simplement dans la ville et la troupe commença à se partager le butin d'une manière fort aisé, ce que un a pris était maintenant à lui. Les femmes furent conduites vers un édifice, les hommes vers un autre, hormis quelques unes, qui finissaient entre les mains d'un Fer-Né particulier. Ce fut le cas de Willem, qui détacha Carolyn.

-Alors, comment c'est Cormartel?

Au moins, ici, ils étaient pas mal à l'abri de la pluie, mais il y faisait frais et humide. Willem l'entraîne ensuite vers la tour principal, le château des Bonfrère. Une petite troupe de guerriers les suivaient, avec d'autres butins et d'autres prisonniers. En haut des marches de la porte de la demeure se trouvait un homme, presque identique à Willem, son frère jumeau, Veloran. Le capitaine lâche Carolyn pour grimper les marches et retrouver son frère. Ce dernier le félicitait de son raid réussit et annonçait une grande fête pour célébrer les victoires. Puis, il aperçoit la jolie blonde et il passe un commentaire inaudible à son frère, qui lui répond, assez fort pour se faire entendre, que celle-là, était à lui, "pas touche", ce qui fit rigoler son frère, qui acquiesça et lui souhaita de nouveau bon retour avant de tourner les talons et de rentrer à l'intérieur. Willem suivit des yeux son frère un moment, avant de se retourner vers ses hommes et de leur dire de se bouger le cul, allant reprendre Carolyn pour l'entraîner à l'intérieur.

Ils traversèrent un grand hall, puis la salle à manger, qui était presque connexe et qui devait aussi servir de lieu de siège du seigneur local. Puis, ils allèrent au fond de la pièce, monter les escaliers en colimaçon et se retrouvèrent dans un couloir, où la plupart des portes, closes, comportaient des barreaux fenêtres. Un soldat approche Willem et lui tend le trousseau de clés, que celui-ci prend. Il entraîne alors Carolyn au fond et ouvre la porte de la dernière chambre à droite. Il y avait bien peu de choses dans cette pièce. Un lit sans drap véritable, une fenêtre avec vue sur l'extérieur, une chaise. Les femmes-sel avaient tout de même de la chance. Par leur rang, ils avaient plus de confort que certains autres prisonniers et puis, Carolyn échappait aux mines. Willem la place comme dos à lui et défait ses cordes, la délie complètement. Elle était libre, enfin, relativement libre.

-Tu sais... Il y a pire comme sort. Certaines femmes deviennent des servantes, d'autres finissent dans les mines et crois-moi, la durée de vie d'un continental dans les mines n'ait jamais très longue, encore moins quand il s'agit d'une femme.


Puis, il marque une petite pause et la regarda encore. Il avait hâte à un peu plus tard, mais pour le moment, il savait qu'il devait aller fêter en bas avec ses hommes, boire, se battre peut-être aux poings ou jouer à des jeux fer-nés, bref, profiter des plaisirs simples et une fois qu'il aura bien fêté, il pourra de nouveau monter ici.

-Tu auras à manger, tu auras à boire. Une servante s'occupera de ton pot de chambre et de t'apporter des vêtements. Un garde patrouille le corridor, alors si jamais tu as besoin de quelque chose, demandes-le, mais je te préviens, n'abuses pas de lui, sinon... Alors ne fais rien de stupide, Carolyn.

Là-dessus, il n'attendit pas vraiment de réponse, avant de sortir la pièce pour fermer la porte et la verrouiller. Il rend le tout au garde et lui parle un peu. Il lui dit à voix basse qu'il était interdit de lever la main sur celle-la, autrement, il aurait affaire à lui, mais de le tenir au courant de son comportement, de passer aussi ce message à ses camarades, car c'est lui qui sera tenu pour responsable de tout "incident". Une fois ce détail réglé, il descendit en bas fêter.

Les heures passèrent, des heures au cours desquels Willem festoya une victoire bien méritée avec ses hommes et son frère, le généreux contributeur de cette fête et puis, c'est grâce à lui que Willem pouvait commander des raids au nom de sa maison. L'ivresse le gagna assez. Quelques hommes se battirent, il y eut beaucoup de récits, d'exploits de bataille, de blagues aux dépens des continentaux et l'humour fer-né en est un assez noir. Lorsque la fête tirait à sa fin, que les hommes dormaient carrément sur le sol de la salle à manger, que son frère prit congé, Willem quant à lui, ivre et en sueur, alla monter les escaliers. Quand il vit le garde, il lui demanda de foutre le camp, mais l'arrêta quand il passa à côté de lui. Il lui donne ensuite le bock de bière qu'il avait avec lui. Enfin, il eut une dernière question: "Comment est la fille?" La garde demande laquelle et Willem dit "la blonde, tête de boutre!". Le garde lui fait alors un petit résumé de ce qu'il a eu connaissance, puis va déverrouiller la porte et s'en va après. Willem renifle alors et va ouvrir la porte, pour mieux la refermer derrière lui. Le jeune homme ne semblait pas avoir d'arme sur lui, pas comme tout à l'heure en tout cas. Il ne portait que des pantalons et des bottes au pied et une simple chemise au haut du corps, grisâtre. D'ailleurs, il enlève celle-ci et la laisse tomber au sol, donnant un coup de pied dessus pour qu'elle se retrouve dans un coin de la pièce. Toujours silencieux, il eut un regard vers Carolyn, qui devait le regarder aussi, tandis qu'il allait vers un bol d'eau dans la pièce, qu'il utilisa pour se passer un peu d'eau dans le visage et derrière la nuque. Il ne la regardait même pas lorsqu'il demanda:

-Tu sais comment satisfaire un homme?


Pour mieux écouter la réponse, il se tourna vers elle. Il avait des bleus ici et là sur le haut du corps, quelques cicatrices aussi. La plus importante était dans le bas de son dos. Une de ses jointures étaient comme en sang, d'autres étaient ensanglantés un peu et il avait encore des traces de sang un peu partout, mais elles étaient moins évidentes maintenant que cette nuit. Il regardait maintenant la blonde comme on fixe un objet de désir. Oh oui, il avait assez patienté. Le soleil était encore haut dans le ciel et il ne comptait pas attendre la nuit.

-Déshabilles-toi.

Il n'y a pas dix milles façons d'obtenir ce qu'il voulait obtenir maintenant après tout et un Fer-né prend, il ne demande pas.

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Message Sam 8 Sep 2012 - 12:56

-De fer et de roc.

La réponse ne serait pas plus longue, Carolyn devait se contenter de cela pour l'instant. Elle se contenta d'hocher lentement la tête, comme un mouvement mécanique. De toutes les façons, elle en aurait bientôt le coeur net et pourrait se faire sa propre idée sur la chose. Vint le moment où Willem la força à se relever, d'un bras ferme il la soutenait. En se relevant, elle se rendit compte que marcher ainsi allait de nouveau se révéler être un parcours du combattant. Alors qu'il lui désignait d'immense falaise, il ne fallut pas longtemps à la jeune blonde pour deviner qu'il s'agissait de celle du Grand Wyk, elles entouraient Cormartel... Si le paysage changeait du Conflans, Carolyn se dit que pour l'instant, la vue de ces falaises n'avait rien de funeste. Une légère bruine commença à tomber, la robe de nuit de Lady Grell se collait encore plus à son corps et elle avait de plus en plus froid.
Willem la lâcha et retourna s'occuper de son équipage. Les yeux de la jeune femme en profitait pour enregistrer les moindre détails, du moins elle essayait. Car elle devait bien avouer qu'elle était encore très fatiguée. Ses paupières se faisaient lourdes et elle luttait pour ne pas qu'elles se ferment toutes seules. Elle voulait voir à quoi elle aurait affaire.

On manoeuvra l'embarcation; ils venaient d'atteindre le port. Tout de suite, un brouhaha se fit entendre. Carolyn fronça les sourcils, tenta de remuer, l'effet voulu ne fut pas au rendez-vous: elle manqua de s'étaler de tout son long, une fois de plus. Elle décida qu'il fallait mieux encore se tenir tranquille, ce qu'elle faisait plus ou moins depuis le début de sa capture. Qu'allait-on faire d'elle? C'était cette question qui tournait en boucle dans sa tête. Elle se doutait bien que Willem ne permettrait pas à ce qu'un autre la touche, à part peut être si elle réussissait à lui taper sur le système mais c'était à l'heure actuelle la dernière chose qu'elle souhaitait! A petits pas, Carolyn s'approcha du bastingage et tenta de regarder de plus près ce qui pouvait ce passer; elle avait vu le Capitaine sauter hors de la boutre et rejoindre une poignée d'hommes qui attendaient sur le pont. Qui étaient-ils? La jeune femme plissa les yeux, tentant de deviner les traits de leurs visages. Elle n'y parvint que vaguement. Elle soupira et renonça, se contentant d'observer la scène qui allait suivre... Et si elle avait su, jamais elle n'aurait gardé les yeux ouverts. Six prisonniers furent amenés face aux inconnus qui attendaient le Capitaine, amenés sur la plage, Carolyn vit soudain que leur tête fut abaissée vers l'eau et les corps de résistèrent bientôt plus. Une fois qu'aucun ne resta en vie, la "caravane" se mit en route. Les prisonniers, dont Carolyn faisait parti, étaient reliés les uns aux autres à l'aide d'une corde. Les fer-nés prenaient vraiment toutes leur précautions. Lady Grell leva les yeux au ciel, si on lui avait laissé l'occasion d'affirmer qu'elle ne tenterait rien pour fuir, elle l'aurait fait sans réfléchir. Elle ne voyait d'ailleurs pas où aller si elle tentait de leur fausser compagnie! Elle avança tant bien que mal, sans rechigner et garda les yeux rivés au sol. En elle un feu étrange brûlait, il s'y mêlait à la fois la peur et la colère. Carolyn déglutit péniblement.

Elle trouva le temps long jusqu'à l'arrivée à Cormartel; avant cela, ils étaient passés devant une mine de fer et la jeune femme avait constaté avec horreur que son cas ne serait peut être pas le pire de tous. Les gens qu'elle avait pu apercevoir rapidement étaient d'une maigreur à faire peur et avaient les traits du visage extrêmement tirés: la conséquence était qu'ils n'en avaient presque plus pour très longtemps. Une boule se forma dans sa gorge et fut alors touchée par le sort de ceux-la.
Enfin, l'imposante Cormartel se dressait devant eux. La blonde releva la tête, la ville semblait se détacher de manière soudaine, les remparts hauts et composés de moellons de taille considérable où trônait en plus des piques de fer qui donnaient une note dramatique au tout. Un énième frisson parcourut le dos de Carolyn et à l'aide de son imagination fertile, elle vint à se dire qu'elle ne serait pas étonnée si Willem lui disait de façon soudaine que, quelques fois, des têtes ornaient les piques en question. Elle finit par détourner son regard. Alors que les lourdes portes s'ouvraient tous les prisonniers furent réunis en un endroit (un semblant de place) et alors qu'elle voyait les femmes se diriger vers un bâtiment, elle allait lui emboîter le pas quand Willem posa de nouveau les mains sur elle et la détacha:

-Alors, comment c'est Cormartel?

Elle releva légèrement la tête pour le regarder et lui répondit dans un souffle:

-Différent de ce que j'imaginais...

Il n'y avait pas de quoi s'étendre. Elle ne pensait pas qu'il voulait qu'elle lui donne son entière vision des choses et une description très précise. Après s'être dirigés vers une grande tour, avoir fait une pause pour que Willem s'adresse à un homme qui lui ressemblait traits pour trait -Carolyn se dit qu'il devait être son frère, elle ne voyait pas d'autre explication- ils traversèrent maintes lieux, avant d'arriver devant une porte qui se trouvait au fond d'un couloir. Willem l'ouvrit quelques instant après s'être emparé d'un trousseau de clefs qu'une solda lui avait tendu.
Elle découvrit alors la pièce. Une chambre des plus sommaire! Un simple lit, une fenêtre qui servait à baigner la salle d'une fine lumière et une chaise. Soudain Carolyn se dit que plus jamais elle ne se plaindrait contre le confort qu'offrait les chambres des auberges ou des tavernes... Willem lui défit enfin tous ses liens. De manière instinctive, Lady Grell se massa les poignets et fit une grimace sous la légère douleur.

-Tu sais... Il y a pire comme sort. Certaines femmes deviennent des servantes, d'autres finissent dans les mines et crois-moi, la durée de vie d'un continental dans les mines n'ait jamais très longue, encore moins quand il s'agit d'une femme.

Il la détailla un instant pendant lequel elle baissa les yeux, avant d'ajouter:

-Tu auras à manger, tu auras à boire. Une servante s'occupera de ton pot de chambre et de t'apporter des vêtements. Un garde patrouille le corridor, alors si jamais tu as besoin de quelque chose, demandes-le, mais je te préviens, n'abuses pas de lui, sinon... Alors ne fais rien de stupide, Carolyn.

-Très bien, dit-elle.

Mais elle ne savait pas s'il avait vraiment entendu sa réponse car il était repartit bien précipitamment, refermant la porte derrière lui. Carolyn était seule à présent. A quoi allait-elle occuper ses journées? Elle regarda autour d'elle mais il n'y avait guère de plus de chose à noter... Elle alla s'adosser au mur, juste sous la fenêtre. Elle replia ses jambes contre son buste et les entoura de ses bras. Elle enfouit sa tête et laissa de fine larmes couler sur ses joues silencieusement.

Willem avait dit vrai. Elle ne sut combien de temps après son départ, une femme à la peau plus sombre que la sienne vint lui déposer un vulgaire bol qui contenait une bouillie sans nom ainsi qu'un autre avec de l'eau. Carolyn avait la bouche sèche; après avoir mangé en évitant de faire réellement attention au goût de la mixture, elle vida le bol d'eau sans demander son reste. Les vêtements et le peau de chambre suivirent. On posa le second objet dans un coin de la pièce et les vêtements sur le lit, jamais on ne lui adressa la parole et Lady Grell se contentait de regarder dans le vide, d'un air absent. Alors que la porte se refermait, elle se leva péniblement et alla jusqu'au lit. Elle en déplia le tissu et vit qu'il s'agissait d'une robe très simple couleur lin. Ce fut avec plaisir qu'elle quitta sa chemise humide pour passer quelque chose de sec. Le tissu de la robe était rêche. La forme en elle même très peu complexe. Les manches longues légèrement amples pour lui laisser une liberté de mouvements. Le col, quand à lui était rond et on le laçait un niveau de la poitrine grâce à un cordon de cuir. Elle dégagea ses cheveux blonds de son la robe et les laissa tomber en cascade sur ses épaules. Puis elle retourna s'asseoir sous son mur. Avant d'être gagnée par le sommeil, elle se demanda si un jour elle pourrait revoir les siens, si elle reverrait le Conflans. Elle se remémora une nouvelle fois le visage de sa mère et se rassura. Son père connaissait-il sa situation? S'inquiétait-il pour elle? Allait-il remuer ciel et terre pour la récupérer? Elle secoua sa chevelure et reposa la tête sur ses genoux. Elle s'endormit finalement.

Le bruit de la porte s'ouvrant à la volée la tira de son songe; tout de suite, d'un mouvement rapide, elle sauta sur ses pieds et resta non loin de la fenêtre. Willem venait d'entrer. Elle remarqua que sa tenue avait changée et qu'il ne portait pas d'armes. Elle en fut un peu soulagée. Il enleva sa chemise qu'il jeta comme un vieux chiffon sur le sol, tandis qu'il allait se passer de l'eau sur la figure et sur la nuque. Puis la question tomba:

-Tu sais comment satisfaire un homme?

Les yeux de Carolyn s'agrandirent quelques secondes. Elle n'était pas idiote, elle savait que dans sa capture, elle aurait dû y passer. Mais connaissant sa position, elle n'avait jamais rien tenté de physique avec un homme. Une noble femme et possédant un jeune âge comme le sien se devait de garder son bien le plus précieux (telles étaient les paroles de sa mère) intact pour le mariage, c'était toujours préférable... Pour ne pas être comparée à un fruit pourri!
Malgré son idylle avec Bennifer, voilà pourquoi ils n'avaient jamais eu de relation charnelle. Mais elle n'était pas ignorante quant aux façons de s'y prendre. Elle l'avait abordé avec des jeunes femmes ne bas étages qui lui avaient donné quelques conseils. Carolyn en avait alors rougi, imaginant la réaction plus que colérique de son père si jamais il venait à apprendre cela. C'est ainsi qu'elle se surpris elle même à dire:

-Ce n'est pas vraiment à moi de juger il me semble...

Willem la fixait encore. Elle s'approcha de quelques pas, méfiante. Un "Déshabille toi" suivit. Nous y voilà, le moment qu'elle redoutait le plus. Comment allait-elle trouver un mari si jamais elle perdait cela. A la limite, elle se dit qu'elle passerait pour la plus parfaite des victimes, car elle n'avait rien souhaité de tout cela. Mais à l'évidence, elle n'avait pas le choix et elle était bloquée dans cette chambre. Si jamais elle se refusait d'obéir, elle savait que Willem n'aurait aucun scrupule à la prendre de force. D'une main tremblante, elle délassa le cordon de cuir qui fermait le col de la robe et le laissa tomber par terre. La robe glissa d'elle même de quelques centimètres sur les épaules de Carolyn, laissant apparaître le début de sa poitrine. Sa respiration s'accéléra.

Alors elle remarqua les quelques bleus qui étaient sur son torse. Oubliant soudainement toute la crainte que pouvait lui inspirer l'homme, elle s'avança d'un pas rapide, se retrouva à une distance réduite du Capitaine. Elle tendit un bras et ses doigts fins vinrent effleurer ses "blessures":

-Qu'est-ce qui t'es arrivé?

Puis elle arrêta son geste et rabaissa son bras; elle baissa lentement la tête et rajouta:

-Je suis désolée ma question était idiote, je n'aurais pas dû demander cela...

Elle était sincère. Il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour deviner de quelle façon Willem s'était fait ça. Mais pour la première fois, elle avait ressenti un pincement au coeur et était soucieuse de son ravisseur. Drôle de réaction...
Elle attendit bien sagement qu'il réplique d'une façon plus ou moins violente, alors qu'elle reportait une main à sa robe pour tenter de terminer de la faire glisser.

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Message Lun 10 Sep 2012 - 3:17

Pour Willem, le sort qui était réservé à Carolyn, celui de devenir une de ses femmes-sel, si elle se prouve capable de le satisfaire et si elle atteint le certain standard qu'il s'est fixé en tête, n'en était pas des plus malheureux, c'était même toute une chance. Il y avait des sorts plus à plaindre, à commencer par celui des prisonniers sacrifiés à leur arriver sur Grand Wyk. Un acte qui doit honorer le Dieu Noyé et s'assurer que ces expéditions continuent d'avoir la bénédiction des prêtres. Une chose dont on peut difficilement se passer, lorsqu'on vit entourer de marins superstitieux. Oui, même un peuple qui ne craint pas la mort, comme les Fer-Nés, craint tout de même de subir le courroux du dieu qu'il vénère.

Il y avait aussi le sort des travailleurs dans les mines, là où finissent la plupart des prisonniers que récoltent les guerriers de Cormartel. Cependant, au travers des prisonniers, il y a encore les pauvres habitants de ces îles, qui n'ont pas d'autres moyens de subsistance que d'y travailler. Finalement, on aurait peut-être tord que croire que les habitants de ces Iles vivent dans des conditions bien meilleures que les prisonniers qui s'y retrouvent. Tout le monde y souffre, d'une manière ou d'une autre et vaut mieux voir la pire des choses sous le meilleur des angles.

Pour Willem, le retour à Cormartel, ce n'était pas l'entrée dans une citadelle lugubre et inquiétant, mais le retour chez lui, à la maison, avec un autre raid accompli avec l'aide des vents, la victoire au bout de l'épée. Une autre démonstration que son titre de capitaine était mérité et pas seulement une sorte de cadeau parce qu'il est d'une bonne famille. L'accueil de son frère lui rappelait le rôle que chacun s'était donné au sein de la famille. Son frère, l'aîné des jumeaux et seigneur de Cormartel, le sien, celui du capitaine et du guerrier de la famille. Un tel retour méritait une fête et Willem put en profiter, aussitôt qu'il eut réglé quelques détails avec sa prisonnière favorite.

Quand on ramène un trophée comme Carolyn, on veut en prendre soin, tenter de la préserver un minimum, sans nécessairement la ménager. Will' avait montré sur le boutre qu'il n'hésiterait pas une seconde à lui rappeler son statut, à la remettre à sa place. Depuis, la jeune femme était comme soumise, ayant sans doute comprise qu'il était inutile de lui tenir tête. Il n'était pas un de ses hommes du continent malléables et naïf. Il était de fer et de roc. Ce qui l'amène à la réponse de la jeune femme, quand il lui demande comment elle trouve Cormartel. Elle répond alors que c'était différent de ce qu'elle imaginait et il eut un petit air amusé, mi-intrigué. Différent alors? Il ne posa pas plus de questions, les réponses ne lui auraient importé que peu finalement.

Après avoir reconduit Carolyn dans ce qui risquait d'être pour un bon bout de temps son "chez elle", sa chambre, sa cellule, tout dépend des perspectives, il lui donne quelques informations sur la suite et la quitte, question de rejoindre son frère et ses camarades en bas, qui ne devait plus attendre que lui pour commencer la fête. Pendant celle-ci, il avait souvent à l'esprit cette femme qu'il avait laissé dans une chambre étroite, celle où son père avant lui y avait laissé une femme-sel, à qui il avait éventuellement donné le droit d'être libre, enfin, de se promener, chacun sachant le statut de la femme. Il pensait à elle, à ce qu'il lui ferait tout à l'heure aussi. Les jeunes hommes ont souvent l'imagination fertile et l'alcool apporte son lot d'idées. Il se rappelait aussi, comme une idée distante, mais présente, que son idole, l'homme qu'il considère comme un père, son oncle, Euron, était un fils de femme-sel.

Will' s'était bien amusé, mais en remontant les marches, il se dit qu'il avait hâte de retrouver sa Carolyn et de passer à autre chose. La pauvre devait déjà se faire une idée de ce qui l'attendait et cette pensée le fit sourire. Il avait déjà violé une femme par le passé, si c'était à refaire, il le referait, mais il ne ressentait pas le besoin d'aller jusque là pour avoir du plaisir avec une femme non plus. Autrement dit, comme autre chose, il y a la manière douce et la manière forte. Il entre dans la chambre et y retrouve sa prisonnière, tranquille, qui se lève, presque dignement. En la regardant, il devait reconnaître que contrairement à d'autres femmes qu'il avait vu du continent, jusqu'ici, elle ne pleurait pas, ou bien, elle le faisait en silence ou en secret. Elle se tenait debout, baissait les yeux par moment, mais n'était pas effrayé à le regarder non plus. Cette dignité lui inspirait une forme de respect, parce qu'elle n'était pas une faible, qui se laissait abattre et se laissait faire. Ce n'était pas du moins l'impression qu'elle lui donnait. Cela ne changeait cependant rien à son désir de la posséder et d'une certaine façon, de la soumettre. Le défi n'en sera que plus intéressant, plus prestigieux.

Chez l'homme, l'orgueil et la vanité ne sont pas les seules motivations. Willem se déshabille et se lave un brin, pour se rafraichir, lui qui avait chaud, en parti dû à l'alcool. L'eau froide aidait aussi parfois à refroidir l'esprit et à garder les idées claires. Il jeta un regard vers celle à qui il venait de poser une question, dont il attendait la réponse, qui se fit plutôt évasive d'ailleurs, ce qui avait le don de l'exaspérer.

-C'est vrai.

Répondit-il de la manière courte avec laquelle il s'exprime la plupart du temps. Carolyn se rapproche et Will', toujours aussi direct, fait une demande des plus claires. La jeune femme parait hésitante un instant. Il la sentait plus nerveuse que jamais, mais il ne voyait pas de larme, ni rien de la sorte. Quand elle défit sa robe pour dévoiler le haut de son corps, cette fois, ce sont les yeux du jeune homme qui s'agrandissent un instant et sa bouche s'entrouvre un léger instant. Soyons franc, de toute sa vie, il ne pensait pas avoir vu un aussi beau corps chez une femme, ou était-ce l'alcool qui le trompait? C'est ce qui explique d'une part le silence qui s'installe, le jeune homme étant omnibulé par la vue. Il la vit alors se rapprocher, toute proche. Elle n'était pas effrayée, ou sinon, il ne lisait pas de peur dans ses yeux, ce qui le surprit à dire vrai. Willem croyait, enfin, il penserait que les choses se passeraient peut-être de façon différente. Bientôt, la voilà qui le touche, avec ces doigts et qui se permet de nouvelles questions. Ses yeux baissèrent, comme pour mieux constater la présence de ses blessures dont elle parlait, puis, il les releva pour les plonger dans les siens.

Aussitôt, Carolyn baisse les yeux et énonce une espèce de gêne, un regret. Willem était encore comme étonné. Comment cette femme, qui a vu un homme tué de ses camarades, en faire prisonnier, qui la maltraite, pouvait-elle montrer cette curiosité, ou bien ce... soucis? Il était surpris et se disait qu'il ne comprendrait jamais rien aux femmes. Il faut dire aussi qu'en dehors de sa sœur, personne ne s'est jamais souciée de ses blessures. Bref, il regardait attentivement cette femme, cette réaction singulière, cette gêne, toute mignonne, qui la rendit plus belle, l'espace d'un instant, même dans une situation que certains trouveraient pathétique ou déplorable, triste peut-être même.

Il n'y eut pas de réaction violente ou méprisante, juste un regard, comme intrigué, étonné aussi. Un silence aussi, un peu étrange, en cette situation. Willem ne savait pas trop quoi répondre à dire vrai et il préférait être à l'écoute des réactions visibles de Carolyn, d'essayer de cerner cette femme, de cerner son jeu, si elle en jouait un. Finalement, plus il la regardait, plus c'était la beauté de son visage, la générosité de ses formes, qui lui venait à l'esprit. Alors quand elle fait encore descendre sa robe, Will' l'y aide et eut ensuite un regard pour elle, de bas en haut, un regard empreint d'un désir net. Le regard qu'il avait ne trompait pas, pas plus que cette brillance dans ces yeux. Des yeux, il suivit ensuite sa main, qui se posa sur le corps de la belle, comme s'il peinait encore à croire que cette beauté n'était pas une illusion et il la fit glisser sur le côté du corps de la belle, suivant son geste des yeux, jusqu'à cette main qui passa derrière pour finir sa course contre une des fesses de la demoiselle du Conflans.

-Vous, les femmes du continent, vous posez trop de questions...

Ce fut finalement sa réponse. Son autre main se pose alors contre la joue de la jeune femme, peut-être bien plus âgée que lui, mais jeune tout de même. Il ancre son regard dans le sien, un petit instant et ensuite, sa tête, ses lèvres, franchissent la dernière distance qui les séparaient et il vient embrasser Carolyn. Pas de faux sentiments ici, mais du désir, certainement, une certaine fougue aussi et peut-être bien, quelque chose comme une passion pour la vie; après tout, quand on côtoie autant la mort... C'était aussi un test. Allait-elle le lui rendre, cesser de se poser des questions, sur son sort, sur sa vie, sur les blessures de son ravisseur, etc.? Allait-elle s'offrir à lui? Ou bien préférait-elle encore résister jusqu'aux dernières limites et livrer une lutte qui sera sans doute perdue d'avance. Par ce simple geste, presque de générosité, Willem lui offrait au moins un choix.

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Message Dim 23 Sep 2012 - 18:20

Carolyn perçut bien la surprise de Willem lorsqu'elle venait à manifester un certain soucis pour lui. Il fallait dire que la réaction pouvait être assez étrange alors qu'elle était face à son "tortionnaire". Mais il y avait une chose que sa mère lui avait apprise, une leçon qu'un mestre n'avait pas pu lui enseigner mieux que celle qui lui avait donné la vie: la tolérance. Ne jamais avoir un avis sur une personne de manière trop rapide. Car on ne pouvait pas tenir quelqu'un entièrement responsable de ses actes. Willem avait beau s'être comporté de façon odieuse devant elle, Carolyn ne voulait pas le "ranger" dans une catégorie si facilement. Si on prenait exemple avec Beric, il avait certainement dû tuer dans sa vie, mais ce n'était pas pour autant qu'elle avait choisi de ne pas le servir ou de le détester, loin de là. Et puis il fallait tenir compte des origines différentes du fer-né. Lady Grell et lui n'avait pas la même culture, la même façon de penser. Il suivait quelque chose qu'on lui avait inculqué depuis jeune, alors la chose était plus ou moins normale.

-Vous, les femmes du continent, vous posez trop de questions...

Willem la tira de ses pensées. Elle lui jeta un regard rapide et se retint de lâcher un léger rire. Il fallait dire qu'il avait tout a fait raison!! Mais dans la situation, elle allait s’abstenir car il aurait pu penser qu'elle se moquait de lui alors que cela n'était pas son intention. Elle ne voulait pas l'énerver alors qu'il s'était un peu calmé, enfin il lui semblait, après ce n'était peut être qu'une impression dû à son esprit qui voulait ou qui espérait que le Capitaine ne la traiterait pas trop mal.
Cependant, elle ne put s'empêcher de sourire à la remarque en ajoutant:

-C'est vrai...

Voilà qu'elle avait "appris" à répondre de la même manière, aussi court! Elle devait avouer que ce n'était pas si désagréable et que cela évitait de long discours parfois inutiles. La situation était bien étrange, alors que Carolyn se retrouvait sans le moindre vêtement sur le corps, elle en venait presque à faire des traits d'humour, mais c'était en quelques sortes une façon à elle de ne pas se rappeler la réalité. Mais tout lui revint lorsque Willem posa une main sur son corp; d'abord, à ce contact, elle frissonna. Plus elle le regardait, plus elle arrivait à se raisonner, à se dire qu'elle aurait pu tomber sur bien pire; peut être un vieux fer-né qui n'était pas du tout attirant, parce que là on ne pouvait pas en dire autant... Ses yeux s'agrandirent de nouveau après cette pensée. Elle était presque horrifiée de constater que... Elle le trouvait attirant, ou du moins qu'il l'attirait. Était-elle folle? Non, sauf qu'elle tentait de chercher du réconfort dans une situation très inconfortable et il fallait croire que sa méthode marchait à merveille! Elle eut du mal à accepter le fait qu'elle puisse avoir une pointe de désir pour un homme comme Willem, surtout qu'elle ne le connaissait que depuis très peu temps et pas sous de bonnes conditions! Oui, mais encore une fois, elle ne raisonnait pas comme la plupart des femmes. Elle en était une à part entière et se voulait être forte. Ainsi elle ne tremblait pas de la tête aux pieds devant la stature du Capitaine, ce que d'autres auraient fait. Non, elle, elle se contentait de trembler intérieurement... Elle tremblait certes, car elle ne savait pas de quoi était composé son avenir et dans l'état actuel des choses, il ne serait certainement pas des plus lumineux. Si tel était son destin, alors elle plierait devant l'évidence et devant sa défaite, tâchant d'accepter ce qu'elle allait devenir calmement. Bien entendu, elle comptait nouer des liens pacifistes avec son ravisseur, peut être même allant vers le positif; elle savait que si elle lui donnait entière satisfaction, il pourrait alors se montrer légèrement plus clément. Après tout, en ce moment même il n'était pas en train de la battre pour la soumettre, non. Il était calme et ne l'avait pas pressée. Rien que pour cela, Carolyn était persuadée qu'il n'était pas aussi méchant qu'il en avait l'air alors qu'ils se trouvaient sur le bateau.

La course de la première main de Willem s'arrêta sur de ses fesses; là encore elle se força à ne pas trahir sa peur quelconque, parce qu'il fallait être réaliste, même si elle s'était plus ou moins habituée à lui, la peur était toujours là, en arrière mais bien présente. C'était une sorte de reflex pour l'être humain. La peur dictait souvent les agissement de l'Homme. Carolyn le savait maintenant, cependant elle ne voulait pas être influencée, aujourd'hui elle voulait prendre ses propres décisions. Elle la ravala le plus possible et en fit abstraction. Mais pour combien de temps encore? Allez savoir... L'autre main arriva jusqu'à sa joue; elle fut surprise par ce contact. Elle n'eut pas assez de secondes pour se poser une seule question car bientôt Willem s'empara de ses lèvres. La jeune femme ne tenta rien pour se dégager, c'était la meilleure chose à faire, du moins c'était toujours son avis, si elle voulait garder la calme de l'homme. Il n'avait pas été violent, ne l'avait pas forcé; elle avait tout de même senti le désir qu'il avait en l'embrassant.

Après quelques instants, elle y mit fin, s'écartant légèrement. Elle posa ses mains sur les avant bras de Willem et le regarda dans les yeux. En réponse à la surprise qu'il avait eu lorsqu'elle s'était inquiété pour lui, elle lui dit:

-Tu sais... On m'a appris à ne pas juger les gens... De manière catégorique... Cela vaut pour tout le monde.

Elle accompagna ces paroles d'un sourire. C'était entre autre une façon de lui montrer qu'elle allait l'accepter. D'ailleurs, pour que le tout soit très clair, elle s'approcha de nouveau et déposa ses lèvres sur celles de Willem, sans excès, juste un contact simple et délicat, pour symboliser une sorte d'alliance.
Maintenant, elle devait prendre la chose très au sérieux. Elle était consciente que Willem était un homme et surtout, un fer-né. Elle ne pensait pas que la patience était une de ses plus grandes qualités alors il était temps pour elle d'entrer dans son jeu. L'heure n'était plus aux réflexions et elle se soucierait des conséquences d'une telle décision plus tard... A la limité, si elle arrivait un jour à rentrer chez elle, et si elle venait à épouser quelqu'un, elle pourrait toujours jouer la carte de la victime. Elle serait la pauvre femme sans défense qui n'avait pas eu d'autre choix que se soumettre, ce qui était un peu la vérité après tout!!

Alors qu'elle se collait un peu plus contre lui, elle attrapa le pantalon de ce dernier grâce à son indexe, haussa les sourcils, reporta son attention sur Willem et lui dit d'une voix calme:

-Si tu compte t'atteler à ce que je pense, il faudrait peut être qu'on te débarrasse de cela, non?

Vraiment surprenante, oui. Carolyn ne pouvait nier l'effet qu'il avait sur elle, loin d'être emplie de sentiments, pas du tout. Mais elle savait qu'au fond d'elle, elle ressentait un désir qu'elle jugeait coupable. Elle avait déjà ressenti cela, pour une seule personne... Et n'avait rien tenté. Aujourd'hui tout était différent. Son âge, sa mentalité et la condition dans laquelle elle se trouvait, car il fallait encore rappeler qu'elle n'était pas en mesure de négocier. Alors elle choisit d'être guider par ce désir qu'elle n'allait pas lui avouer, à sa manière elle se sentirait moins coupable et moins forcée, tentant de croire qu'elle avait voulu se retrouver ici, aux côtés du fer-né; un échappatoire qui fonctionnait tout de même... Elle espérait juste ne pas être rattrapée trop vite par la réalité.
D'une main habile, ce qui vint à s'auto-surprendre, elle retira le lacet de cuir qui retenait fermé le pantalon de Willem et le lui agita sous le nez, un air satisfait sur le visage, juste avant de le laisser tomber juste à côté d'eux. Puis elle posa une main sur sa nuque, alors que l'autre reposait toujours sur un des avant-bras du capitaine. Les lèvres de Carolyn vinrent capturer une nouvelle fois celles de l'homme, y mettant cette fois moins de formalités. Quand elle y mit fin une seconde fois, elle le regarda avec une expression étrange qui semblait presque vouloir dire "et maintenant?", alors qu'elle connaissait très bien la réponse. Elle s'en fichait, à présent elle allait changer...


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Message Lun 24 Sep 2012 - 20:41

Combien de femmes du continent Willem connaissait-il? Bien peu, voir aucune, si on considère que pour connaître, il faut passer plus qu'un quart d'heure avec la personne, mais il en avait entendu parler, souvent avec moqueries, par des hommes qui avait connu ses femmes de manières particulières. Puis, comme d'autres, il avait vu les prisonniers arriver du continent et oui, la plupart se montrait très bavarde, trop même, à leur arrivée sur les Iles, mais cela change en cours de route. On ne peut changer les Iles de Fer, ce sont les Iles qui vous change.

Carolyn confirmait bien quelques idées préconçues qu'il pouvait avoir des femmes du continent, comme celle qui veut qu'elles se montrent bavardes, bien plus qu'une femme des Iles à tout le moins, même si celle-là aussi, se montrent parfois curieuses et têtues, pour ne pas dire tout le temps. Si les hommes des Iles ont un caractère de chien, alors imaginez les femmes! Même sa prisonnière sourit à la remarque, ce qui se voulait une sorte d'aveu de culpabilité, sans doute. En tout cas, la jeune femme semblait détendue et pas sur le point de s'effondrer. Le jeune homme comptait bien en profiter et il ne s'en cachait pas le moins du monde.

La tension montait dans la pièce et Willem faisait comprendre à la jeune femme face à lui, probablement plus âgée que lui, mais peu importe, ce qu'il voulait. La chose ne semblait pas la choquer ou provoquer de réaction hostile chez elle, au contraire, ce qui lui facilitait la tâche, la faciliterait à tous les deux, va-t-il jusqu'à penser. Le premier baiser confirma d'ailleurs le fait qu'elle ne lui opposerait pas de résistance, au contraire, elle va jusqu'à lui répondre et de façon plutôt positive. De mieux en mieux... l'avidité de Willem pour cette femme allait en grandissant. Le guerrier ne la quittait pas des yeux, continuant d'essayer de la cerner, tandis qu'elle expliquait à voix haute son attitude. Apparemment, elle était une femme ouverte d'esprit qui ne jugeait pas les gens. Ah non? Pourtant, on ne fait que cela, juger les gens.

Willem ne dit rien en réponse, il attendait juste la suite, d'une certaine manière, mais il ne comptait pas attendre longtemps et si nécessaire, il prendrait la suite des choses en main, sans la moindre vergogne. Sauf que Carolyn sourit, on pourrait presque croire qu'elle en a envie et revient l'embrasser, d'une manière assez simple, mais le jeune homme se laisse prendre au jeu. Bientôt, le corps de la belle est contre le sien, de plus en plus bouillant et même, il sentait son cœur battre un peu plus vite. Il n'était pas nerveux, non, mais aucune âme ne peut rester complètement calme et indifférente en pareils instants. La dame des rivières lui fit alors savoir que s'ils comptaient faire ce qu'ils savent tous les deux qu'ils feront au cours des prochains instants, alors il fallait qu'il se déshabille. Il opina de la tête, un sourire se manifestant au coin de ses lèvres. Quel beau butin de guerre.

Le capitaine n'était pas au bout de ses surprises. Voilà que Carolyn défait le lacet qui tenait ses pantalons, il baissa les yeux, comme pour mieux le croire et releva ensuite son regard. Son sourire s'agrandit un peu plus encore quand il la voit laisser tomber le lacet et après, disons que si la jeune femme n'avait pas été plus rapide que lui, c'est lui qui serait venu l'embrasser et avec une avidité toujours grandissante, une fougue indomptable aussi. Il en voulait plus et de plus en plus.

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Message Mer 26 Sep 2012 - 16:38

Willem semblait parfaitement avoir compris le message. Carolyn pouvait le voir grâce à son sourire qui s'agrandissait à mesure qu'elle prenait des initiatives. Très bien, elle était fin prête.
Cependant, il lui restait une dernière chose à faire avant. Elle s'était résignée, convaincu qu'il n'y avait aucun échappatoire à ce qu'elle allait vivre, elle avait vite décidé d'accepter ce qui lui arrivait. Bien entendu, elle aurait aimé que tout se passe autrement; elle aurait préféré ne jamais aller dans cette auberge sur les ordres de Beric, elle aurait préféré rester à Corneilla. Mais c'était comme ça; elle était persuadée que s'il s'agissait de son avenir, alors elle allait devoir renoncer à son ancienne vie.

Ainsi, elle s'apprêtait à compartimenter son esprit. Elle chassa tous les souvenirs qu'elle avait du Conflans: Bennifer, sa mère, son père, Beric et tout ce qu'elle avait pu vivre avec eux. Cela était terminé à présent puisqu'elle se trouvait à Cormartel et qu'elle allait devenir une toute autre personne. Elle "rangea" cela bien loin dans son esprit de manière à ne plus y penser. Non elle ne voulait plus... Luter, c'était le mot qu'elle cherchait! Il était temps. Et si un jour, elle avait l'occasion de retourner chez elle, par le plus grand des miracles, alors elle laisserait de nouveau ces souvenirs couler en elle, comme une rivière, une eau purificatrice. Mais en ce moment, elle ne voulait surtout pas se raccrocher à ce qu'elle avait construit dans sa région natale pour "survivre" à Cormartel. Elle allait se construire d'autres souvenirs, qui seront sans aucun doute bien différents. Elle avait légèrement peur, elle devait bien l'avouer. Le risque était à prendre. Elle ferma les yeux un bref instant, elle ne savait pas si Willem s'était rendu compte de son malaise, et quand elle les rouvrit, tout était fin prêt. Déterminée, elle n'avait plus qu'à se laisser aller à une toute autre vague, un sentiment si étrange.

Pendant longtemps, elle s'était dit que ressentir du désir pour un homme sans avoir le moindre sentiment d'amour pour l'édit homme n'était que pure folie. Aujourd'hui elle comprenait et ne pouvait plus luter, comme si elle perdait pied à force de ne pas vouloir faire face à une chose qui crevait les yeux, ou du moins une chose dont Carolyn était bien consciente... Mais une chose qu'elle aurait aussi voulu enfermer très loin. Impossible, c'était là. Et il était trop tard, elle était prise dans des filets invisibles.





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Message Mer 26 Sep 2012 - 18:15

Will' avait hâte de passer ce fameux moment avec sa prisonnière. Elle était une belle femme, le voyage ne semblait pas trop l'avoir abimée et puis sa force de caractère, ou à tout le moins, sa résistance, faisait en sorte qu'elle ne semblait pas non plus sur le point de s'écrouler, alors il avait bon espoir que cette nuit allait être satisfaisante. Cependant, cette femme était à même de le surprendre et pour être surpris, Will le fut.

Peut-être pas au départ, quand il la déshabilla, mais de la sentir collaborante faisait du bien et lui évitait de poursuivre plus longtemps dans un rôle qu'il aurait pu trouver désagréable. Oui, il avait déjà violer une femme, un acte qui va de pair avec celui du pillage, il fait un peu parti de ce qu'on peut prendre, mais il n'avait pas trouvé l'expérience particulièrement satisfaisante pour lui. C'était plus comme un acte à faire pour établir une réputation et montrer qu'il était comme les autres marins, les autres guerriers. Celle qu'il avait alors violé, il l'avait abandonné à son sort, il ne l'avait pas ramené. Un acte en apparence d'ultime cruauté, mais peut-être relevait-il d'une forme de pitié, bien discrète, mais de pitié tout de même, de ne pas vouloir en infliger davantage à cette femme. Il faudrait sonder le cœur de Willem pour en être certain. Après tout, une personne a de multiples facettes.



Son regard et sa tête passèrent de regard d'ensemble de Carolyn à un regard plus précis de son visage, pour ensuite, observer le plafond et reprendre ses esprits petit à petit, si une telle chose était possible.

-Pas mal...

Il allait ajouter "pour une première fois", mais il se retient. Inutile de se montrer mesquin en prime. Si elle se rapproche contre lui, les femmes ont parfois se réflexe après un moment pareil, il a le sien, à savoir, de l'entourer de son bras. Elle avait suivi toutes les consignes qu'il lui avait dicté et ne lui avait opposé aucune résistance, au contraire, il était plutôt satisfait de sa... collaboration, appelons la ainsi. Le petit sourire qu'il avait montrait son niveau de satisfaction. Il risquait de lui rendre visite souvent, pas trop quand même, parce que sinon, certains pourraient mal interpréter la nature de leur lien, mais se passer de cette femme risquait d'être encore plus difficile que ce qu'il croyait au départ.

Le plafond était moins intéressant que Carolyn et il ne tarde pas à la regarder de nouveau, à la sonder du regard. Pourquoi avait-elle ajouté plus d'effort que ce qu'il n'avait espéré? Qu'est-ce que cachait cette résignation aussi rapide qu'apparente? Oh, un mal de tête se manifeste, il faudra qu'il y songe plus tard, parce que là, l'alcool n'aidait en rien, pas plus que cette femme nue à ses côtés. Quant au reste, il restait typiquement silencieux.
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Message Jeu 1 Nov 2012 - 21:43

Carolyn savait qu'il était trop tard pour remonter le temps, ou du moins elle s'en doutait fortement. En agissant ainsi, elle avait pratiquement tout perdu... Que pouvait-elle faire à présent? La soumission avait été la meilleure des solutions, elle ne pouvait cependant pas nier qu'elle ne l'avait pas choisi. Mais dans l'instant présent, l'ancienne Carolyn allait devoir disparaître, de façon radicale.
Bien entendu, son caractère n'allait pas être trop modifiable, ni sa personnalité, sauf qu'elle ne comptait pas se lamenter sur sa situation et qu'elle ne comptait pas perdre son sourire. Elle tirerait plus ou moins profit de tout ça, finissant par trouver qu'elle avait de la chance car en fait, tout aurait pu être pire, elle aurait pu finir morte.

Cependant en ce temps actuel, elle cela n'était pas totalement ce qui lui passait par la tête, car elle aurait des heures entières pour y penser, après. Que pourrait-elle bien faire? A quoi allait se résumer ses journées? Willem viendrait-il souvent? Combien de fois par jour allait-elle le voir? Qu'avait-il réellement décidé? En fait si, elle pensait a beaucoup de chose, elle se posait énormément de questions. Peut être accepterait-il d'y répondre plus tard. Elle y croyait. Elle poussa un grand soupir et repoussa ses idées.



Le souffle court, la respiration saccadée, Carolyn resta là, comme inerte sur le matelas alors qu'il s'installait contre elle. Fixant le plafond, les questions qui tourbillonnaient un peu avant dans son esprit revinrent à l'assaut. Elle resta silencieuse un premier temps, se contentant d'attendre qu'il rompe le silence, ce qu'il finit par faire:

-Pas mal...

Là aussi, elle de dit rien. Elle aurait pu lui dire merci sauf que non. Quand il regarda lui aussi le plafond, elle en profita qu'il ne la fixait pas pour sourire, simplement. Il ne resta que quelques secondes sur ses lèvres mais il fut bien là. Willem ne l'avait pas vu, enfin il lui semblait. Il reporta son attention sur elle, alors que Carolyn n'avait pas quitté son visage des yeux. Elle put comprendre que lui aussi se posait des questions, mais certainement pas de la même nature.
Elle finit par bouger légèrement, appuyant sa tête contre le haut du torse de Willem, comme un reflex, comme si elle cherchait une quelconque protection, sans qu'elle en ait vraiment besoin. La jeune femme ne put se retenir bien longtemps, d'une voix clair elle finit par demander:

-Et maintenant?

Oh, la réponse elle l'avait, plus ou moins, elle s'en doutait fortement. Mais elle avait comme envie d'entendre les mots sortir de la bouche de Willem, comme si après tout cela, elle ressentant le grand besoin d'être rassurée. C'était un peu dû à la psychologie féminine; ou simplement parce que la peur reprenait peu à peu le dessus et qu'elle ne le voulait pas. Elle cherchait à se dire que tout se passerait bien, qu'elle allait s'accommoder très rapidement. Et puis bientôt elle repartirait chez elle, elle regagnerait le Conflans, elle en était persuadée, elle reverrait sa terre natale.
Carolyn le voulait... Même si elle serait la risée de la famille Grell, que son père se faisait certainement du souci mais que lorsqu'elle reviendrait, il la traiterait comme une moins que rien, elle se demandait même s'il la considérerait encore comme sa fille. L'idée qu'il puisse à jamais ne plus lui adresser la parole ou la dénigrer fit remonter la boule qui se trouvait plus tôt dans son estomac. Elle se recroquevilla légèrement sur elle même, elle bougea à peine, mais le mouvement était perceptible.

Son avenir n'avait jamais été aussi incertain. Ce qui lui avait semblé si simple avant, lui sembla si complexe à présent. Car elle n'avait pas réfléchi aux conséquences réelles. Elle s'était jetée dans la gueule du loup sans prendre le temps d'ordonner vraiment ses pensées; elle avait beau se répéter qu'elle n'aurait de toutes les façons pas eu le choix et qu'elle avait pris la meilleure décision, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable puisqu'au fond d'elle elle savait qu'elle l'avait en partie voulu. C'était assez inexplicable, en temps normal elle aurait dû ressentir de la haine pour Willem. Oui au début, elle l'avait bien détesté. Et encore maintenant, si on lui avait donné l'occasion et l'autorisation de le frapper, elle l'aurait certainement fait.
Mais en cet instant, il y avait autre chose de plus perturbant. Si on lui avait dit que le Capitaine était en danger, elle aurait pu facilement se faire du souci... Comment tout cela allait-il évoluer? Elle ne le savait pas, rien n'était certain. Son père lui avait souvent répété que la certitude n'existait pas, car il y avait trop d'éléments dans la vie qui pouvait venir troubler la vie paisible, ou pas, que vous menez. Actuellement, seul le temps et la patience seraient capables de dire comment Carolyn se comporterait face à Willem...





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Message Ven 2 Nov 2012 - 1:18

Willem l'avait senti, non seulement à travers son corps, mais celui de Carolyn également. Malgré toute la situation, malgré la haine ou la peur qu'elle pouvait ressentir à l'endroit du Fer-Né, elle avait aimé ce qui venait de se passer entre eux et il devait avouer, presque candidement, que lui aussi. L'envie du corps n'a rien de rationnel et de son côté, il avait trouvé exactement ce qu'il espérait et ce qu'il recherchait. Il savait que la jeune femme du Conflans, la dame des rivières, avait apprécié aussi. Peut-être cherchera-t-elle à se mentir à elle-même, à lui mentir également, mais il en était persuadé tout de même. C'est peut-être un mauvais pli de son excès de confiance habituel remarquez.

Alors après, il n'y eut que le silence, paisible et chacun échangeait des regards vers l'un et vers l'autre, sans toujours remarqué l'expression sur le visage de l'autre, puisqu'ils regardaient ailleurs. Chacun ne voulait pas trop montrer qu'il avait aimé. Du côté de Willem, c'était en parti par orgueil et pour ne pas que Carolyn croit qu'elle pourrait avoir le dessus sur lui ou dénicher rapidement ce qui pourrait être une faiblesse chez lui. Au fond, il devait continuer de faire un comme si elle le laissait indifférent, mais sans être désagréable non loin. Il fallait jongler avec les sentiments de cette femme et du même coup, il avait un peu l'impression de jongler avec les siens. Chose certaine, ils savaient tous deux que ce qui s'était passé cette nuit n'avait rien d'un viol. La question qu'il entendit bientôt le fit sourire, puis, il reprend un air plus sérieux et se redresse pour bientôt se lever et aller remettre son pantalon, puis ces bottes. C'est lorsqu'il les mettait qu'il se donna la peine de répondre.

-Tu seras ma femme-sel. Visiblement, t'as toutes les qualités requises, même si t'es plutôt nouvelle à ce petit jeu.

Il jeta un petit regard vers elle. Il faisait référence à sa virginité bien sûr, chose qui était maintenant brisée. Avait-il pitié pour elle? Pas vraiment, si ça se trouve, elle était peut-être chanceuse d'être tombée sur lui. Aucune femme ne s'est jamais plaint à son sujet, aucune n'a osé en tout cas. Il se relève et ramasse ce qui lui restait de vêtement, comme sa chemise, qu'il gardait nonchalamment contre son épaule. Il revient ensuite vers la belle blonde et vient caresser sa joue, la scrutant de son regard.

-Aucun autre homme que moi ne te touchera. Tu seras logée, nourrie et bien traitée, tant que tu feras ce qui faut. Vois ça comme une sorte de bonne entente.

Faire ce qui faut... une belle manière de dire de quoi il s'agissait. Après quoi, il se détourne de sa toute nouvelle femme-sel et quitte la pièce sans même se retourner. Willem était redevenu le Fer-Né froid et distant qu'il est capable d'être, à la limite de la cruauté et du mépris. N'empêche, il disait vrai quand il mentionnant qu'il ne la maltraiterait pas. Il ne prenait pas réellement de plaisir à faire du mal, du moins, pas quand il est inutile et comme elle lui appartenait, il ne toléra certainement pas que quiconque s'en approche ou y touche. Même, son frère le ferait et il en paierait le fer-prix. Déjà, ces pensées, elles étaient signes qu'il tenait relativement à sa nouvelle trouvaille. La suite des choses allait nous apprendre à quel point.
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