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« La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez. » A ARCHIVER

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Homme d'Armes
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Helya Harloi
Homme d'Armes

Général
Capitaine de l'Amazone

♦ Missives : 1733
♦ Missives Aventure : 46
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 15/12/1988
♦ Arrivée à Westeros : 10/05/2012
♦ Célébrité : Sarah Polley
♦ Copyright : FEE aka Sargon
♦ Doublons : Nope
♦ Age du Personnage : 27 années
♦ Mariage : Sargon Harloi
♦ Lieu : Îles de Harloi - Dix-Tours
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Message Mer 30 Mai 2012 - 13:19


Le vent s'était levé subitement comme pour annoncer un hiver proche, la pluie s'était mêlée au vent pour geler plus facilement les imprudents qui avaient un pied dehors. Helya était encore terrée dans son boutre, fuyant le plus longtemps possible sa demeure habitée par des traîtres et des misérables. Chez elle, c'était son boutre point barre. Allongée dans la carlingue de l'extension d'elle-même en bois, couverte d'une couverture de fourrure, elle se laissait bercée par les flots qui allaient se briser contre la coque de l'Amazone. Rhoawyr traînait encore dans les parages, elle sentait son odeur. Rapidement, sa carcasse apparut dans son champs de vision « Qu'est que t'fous encore là ? Casse-toi » Dit-elle d'une voix cinglante mais le marin avait l'habitude de l'acidité de ses mots, il les entendait sans plus vraiment les entendre, une habitude en somme. Les flots font tanguer le bateau mais le marin reste campé sur ses pieds et semble ne pas perdre de son équilibre. Il balance du pain et du fromage près de la silhouette de sa capitaine avec un haussement de sourcil. « T'devrais bouffer. Déjà t'ressemble à rien mais là, t'me fais limite pitié » Un grognement s'élève dans l'habitacle « Bouffe tes rotules, Wynch. Ici, y'a qu'moi qui ai d'la pitié pour toi pour t'avoir offert l'rôle de second alors que ta famille n'a pas daigné t'donner quoique ce soit » L'homme reste de marbre alors qu'elle soulève une certaine vérité. « M'la fait pas à l'envers, Botley. La reconnaissance, c'toi qui devrait l'avoir. Rappelle-moi qui a faillit crever à Salvemer sans mon aide ? T'devrais me baiser les pieds » La lèvre supérieure de la Botley se retrousse alors que rapidement, un bras allongé de sa hache sort de sous la couverture avant d'être contrée par Châtiment « Oh oh, d'mauvais poil ? T'as tes règles, femelle ?! C'pas avec ta hache fêlée que t'me feras quoique ce soit ! Bouffe au lieu d'faire ta fille de Sappho enragée et va t'dénicher autre chose qu'un couteau pour couper du beurre » La Botley hausse les épaules et range son hache. Rhoawyr adore insinuer qu'elle n'est qu'une femme qui aime son propre genre, elle sait bien qu'il n'est pas le seul et qu'une rumeur court à son sujet mais elle en a que faire. Helya a toujours raison, si ce n'est pas le cas, ce sont les autres qui ont tort. C'est ainsi mais elle devait avouer qu'il marquait un point. Sa hache n'avait rien d'une hache de guerre maintenant, légèrement fêlée et usée. Il était temps de s'en occuper mais confier sa hache au premier forgeron venu, c'était une idée qui ne l'effleurait même pas. Il n'y a qu'un qui lui venait à l'esprit pour accomplir cette tâche : Lakdahr. Celui qui avait réussi à lever la main sur elle hors raid & pillage et lui fêler quelque côtes en plus de sa fierté. Elle ne niait pas qu'il avait fait un travail exceptionnel sur sa hache en plus d'y ajouter une inscription, geste qui avait eu le don de calmer sa hargne et sa mauvaise foi car il y a bien des choses qu'Helya déteste par dessus tout : Perdre. Un sans issue n'était pas une victoire pour elle, elle se souvient de la dernière entrevue avec l'édenteur. Récupérer la dent de son frère Clovyn, ce malmesert, qui était accrochée au cou de son adversaire mais au moment où elle s'en saisissait, le poing fermé de Lakdahr s'abattit sur son flanc pour l'envoyer paître plus loin. Pourtant, cette dent, elle l'avait retrouvé près de sa hache réparée après son retour de Salvemer. Helya n'a jamais su les raisons pour laquelle cet homme a décidé de finalement lui restituée cette dent. Par pitié ? Rien qu'à l'idée, un profond écoeurement la prenait. Elle n'a besoin de la pitié de personne. Décidée, elle noua la couverture autour d'elle se faisant une capuche sur la tête et s'apprête à quitter son navire sans un mot pour son second, ce dernier sachant déjà où elle se rend mais se garde bien de crier victoire. On ne crie pas longtemps victoire face à la harpie. Avant de sauter sur la terre ferme baignant sous la pluie, elle s'empare de deux bouteilles de vins volées par la force au Nord pour se réchauffer dans ce vent glacial. Ses pas la mènent vers l'endroit où Lakdahr serait plus sensible de se trouver. Rendue à ce lieu, elle pousse la porte sans y frapper, impolitesse sûrement mais qu'importe. La silhouette géante du forgeron est telle qu'Helya de sa petite taille doit redresser la tête. Ciel que cet homme a une taille impressionnante, trop de soupe quand il était petit. « Forgeron, j'ai besoin de tes talents » Bonsoir ou autre ne sont pas de vigueur, la politesse, Helya n'a jamais comprit son utilité puis de toute façon pour lui avoir briser les côtés, elle pouvait bien être familière non ? Elle rabat cependant sa capuche révélant son identité, ce geste étant une sorte de politesse dans le langage Botley « J'te payerai et tu logeras sur mon boutre cette fois-ci » Comme pour sceller ce pacte verbale, elle pose la seconde bouteille de vin devant lui, une sorte d'avance ou un cadeau mais ça la rousse n'en a pas conscience car ce n'est pas dans ses manières. « Ton prix sera l'mien, rien n'est plus important qu'une hache pour taillader des corps mais ne me m'escroque pas, forgeron ou sinon c'est moi qui te briserait quelque côtes à mon tour » Helya ne manque pas d'air et si elle est bien conscience de la force de l'homme en face d'elle, elle ne peut s'empêcher de cracher de l'acide, son poison même caché dans un fin sourire au coin mais pour l'avoir fait bouffer la poussière, un certain respect était de mise même si il heurtait son orgueil oh combien énorme. Elle savait reconnaître un bon élément mais loin d'elle l'idée de le dire franchement et verbalement. Il n'y avait que lui qui pourrait lui forger une arme digne de ce nom, elle le savait et c'était la raison pour laquelle elle se trouvait en ce lieu. La Botley avait conscience que parler ainsi ne ferait pas accepter l'homme de bosser pour elle mais elle ne pouvait pas s'en empêcher, c'était dans sa nature, dans ses gènes.




Une civilisation se transforme lorsque son élément le plus douloureux devient tout à coup une valeur
Lorsqu'il ne s'agit plus d'échapper à cette humiliation, mais d'en attendre son salut, d'y trouver sa raison d'être.



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Dernière édition par Helya Botley le Mar 25 Sep 2012 - 9:28, édité 1 fois
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Lakdahr l'Edenteur
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Général
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♦ Missives : 1389
♦ Missives Aventure : 121
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♦ Date de Naissance : 06/12/1991
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Message Jeu 31 Mai 2012 - 13:08

Pas un temps à laisser un forgeron dehors. Ce fut l'exacte réplique qui traversa l'esprit de Lakdahr alors qu'il traversait un pan de remparts. Une violente bourrasque emporta sa crinière d'ébène, puis, levant la tête vers les cieux rembrunis, il fut embrassé par une violente ondée qui eut au moins le mérite de le réveiller plus qu'il ne l'était déjà. Une journée tempétueuse s'annonçait, et le colosse n'était pas mécontent de ne pas être en mer à défier l'impétuosité des flots. Son essence marine bien qu'innée ne remplaçait pas son plaisir du fer et de l'élaboration des armements, un zèle auquel il ne pouvait s'adonner que sur la terre ferme, raison pour laquelle il préférait la stabilité de l'archipel de rocaille. Des îles qu'il avait retrouvées depuis fort peu de temps, Pyk et sa forteresse, sa demeure de genèse et son importun de demi-frère qui l'avait délégué à la surveillance de Deirdre. La bâtarde d'Harlon n'avait point lésiné sur les efforts pour le malmener durant tout leur séjour sur le continent, le bastion du sieur Tarbeck avait été le théâtre de nombre d'algarades et rixes en tout genre. Alternant fiers instants de connivence et tentatives d'assassinat, le binôme fer-né était toute fois parvenu à faire fi de leurs altercations pour reprendre la route vers leurs îlots de sel. Depuis qu'ils étaient rentrés, le colosse avait laissé son insupportable amie aux bons soins du lord Ravage auquel elle se devait de faire son rapport, profitant ainsi d'une solitude trop longtemps délaissée. Dès lors que son retour se serait éventé parmi les insulaires, ses affaires auraient loisir de reprendre leur cours, et il avait bien l'intention de disparaître le plus loin possible de l'héritier de la Seiche d'Or pour que celui-ci ne l'affuble plus de coercitions. Si nul ne venait à quémander ses talents de mestre fêvre, il songeait alors à se rendre sur Harloi-Dix-Tours, pour y rejoindre son allié de toujours et son boutre à la grotesque appellation. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas foulé le pont de La Jouvencelle, dont il connaissait toutes les poutres tant il les eut heurtées de son pauvre crâne, et il était curieux d'ouïr les dernières déconvenues familiales de Gabriel. Puis, il y avait Elyn, qu'il n'avait guère vue depuis des lustres, il se demandait même à quand remontait la dernière fois où la trinité de comparses qu'ils formaient depuis toujours s'était réunie au grand complet. Il savait que l'entente entre les deux capitaines qu'il côtoyait fréquemment était chancelante, si bien qu'il s'étonnait de ne pas avoir entendu parler de leurs disputes depuis quelques temps maintenant. Sans doute était-ce mieux ainsi, car si le géant manquait vraisemblablement de délassements, il n'en était pas au point de désirer s'ingérer dans les heurts et les qu'en-dira-t-on qui proliféraient dans les Iles-de-Fer.

Partiellement détrempé après sa succincte traversée du ponceau, il rejoignit son antre, l'étouffante chaleur de la forge où crépitait le brasier. Des effluves de souffre et de sueur, de fer fondu et d'acier en refroidissement ainsi qu'une impressionnante galerie d'outils dont aurait tout aussi bien pu faire usage un bourreau en quête de tortures. Le quidam respira à pleins poumons l'atmosphère ambiante, toujours comblé de flâner entre les amoncellements d'écus, d'armes et d'armures dont il allait prendre étonnamment soin, contrastant avec son éloquente rudesse usuelle. Il rallia les abords de l'auguste enclume dont il balaya la surface bigarrée de résidus et sur laquelle sommeillait un petit coutelas récemment remis à neuf. A peine l'eut-il saisi pour vérifier le glissant de la lame qu'il entendit l'huis s'ouvrir et une foulée pénétrer dans la pièce. Qu'était-ce ? Ses sombres prunelles s'orientèrent en direction du petit morceau – mais où était donc passé le reste ?! - de fer-née qui le héla avec toute la délicatesse des îles. Prompte, elle lui annonça les raisons de sa venue en arborant une bouteille de faux hypocras qu'elle lui présenta tel un présent. Le titan, quant à lui, eut un instant de scepticisme en guignant le breuvage aviné sans doute dérobé à un marchand du continent. Puis, une fois l'information parvenue à ses méninges, il toisa l'impudente.

« Tu m'prends pour qui au juste ?! » Il se mit face à elle et désigna ce qui s'apparentait à un cadeau d'un geste de la main. « J'ai une gueule de puterelle qui aime siroter du picrate peut-être ? »

Vexé, le forgeron ? C'était effectivement le cas, il ne comprenait pas pourquoi la fille Botley pouvait éhontément lui donner ce genre de boisson trop subtile pour ses âpres papilles. Il était un mâle de l'archipel de fer et de rocaille, un fruste guerrier qui ne goûtait qu'à l'âcreté d'une cervoise préparée dans les règles de l'art – imbuvable pour qui n'y était pas accoutumé, en d'autres termes. Le vin, de quel que cru qu'il eut été, n'était qu'un breuvage pour les freluquets de la noblesse ouestrienne, certainement pas pour un homme tel que lui ! Qu'importait la valeur de ce présent, tel le symbole d'une trêve qu'il venait de refuser tant boire une telle chose lui semblait improbable. Pour l'heure, il ne faisait donc pas plus preuve de subtilité qu'Helya, dont il connaissait parfaitement la notoriété de harpie qui compensait sa petite taille par un amour-propre démesuré. Une dignité qu'il avait d'ailleurs lacérée lors de leur dernière rencontre en meurtrissant sa cage thoracique d'un fabuleux revers, qu'elle-même n'avait visiblement pas oublié. Après cet épisode, il était intérieurement stupéfait qu'elle ait daigné piétiner sa fierté pour solliciter ses services d'artisan, il concédait ne jamais avoir pensé la voir un jour dans son atelier. Là encore, elle ombrageait cette bonne surprise par son piètre comportement, l'injuriant même en insinuant qu'il aurait été enclin à l'escroquer – alors que, par le Dieu Noyé, il avait toujours honoré la besogne de ses accords ! Lui qui avait en plus déjà travaillé pour le compte des Botley, trouvait invraisemblable qu'elle ose encore mettre en doute sa bonne foi. Lakdahr ne camouflait pas sa rebuffade, tout aussi véhément que ne l'était la minuscule jeune femme devant lui et de laquelle il se désintéressa en grognant. Il déposa le coutelas sur la surface la plus proche puis se dirigea vers le foyer de braises dont il examina visuellement la tuyère, tout en faisant résonner son phonème caverneux.

« Au lieu de m'insulter et d'essayer de me prouver que t'as de quoi pisser aussi loin que moi malgré des miches comme les tiennes, dis moi ce que tu veux exactement. » En dépit de l'incongruité de ses propos, son intonation avait perdu son agressivité, car heureusement pour la demoiselle, il s'apaisait aussi prestement qu'il ne s'emportait. « Mon seul prix c'est un coin où dormir et de quoi me bâfrer, rien de plus. Loger sur l'Amazone me convient, mais ça me dit pas c'que j'dois y faire ni pour combien de temps. T'as parlé de hache, si y a que la tienne à refaire, t'as autant me la laisser ici et revenir la chercher plus tard. » Il se redressa pour la regarder. « A moins que les armes de ton équipage aient b'soin d'être remises en état aussi. »

S'il était amené à se déplacer, le colosse voulait que ce soit pour une bonne raison, et travailler les bijoux des hommes de l'Amazone et de son capitaine en était une dans la mesure où cela lui fournirait un travail conséquent. Helya comprendrait donc que sa proposition était acceptée quels que soient les détails de leur collaboration, en espérant que son cher frère n'ait pas un nouvel élan de folie à tenter de l'approcher. Quand bien même sa soeur avait gagné un semblant d'estime de sa part, Lakdahr n'hésiterait pas à le spolier d'une seconde dent si c'était là l'unique moyen de lui faire reprendre sa place. Il ne doutait pas que cette mésaventure serait un sujet que les deux associés seraient amenés à aborder, et il s'avouait curieux de constater ce à quoi ressemblait un quotidien auprès de la succube à la rutilante crinière.




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Helya Harloi
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Message Sam 2 Juin 2012 - 12:38

Face aux deux mètres de chair, la capitaine de l'Amazone ressemblait bien plus à un chaton qu'à un tigre. Se rendant compte de son erreur, elle n'en perdit pas pour autant de son visage fermé et aux allures hostiles bien qu'il était à ce moment précis, bien plus -si on peut le dire- abordable lorsqu'elle se trouve sur son boutre. Elle jeta un oeil à la bouteille posée et avoue en son fort intérieur que c'était là une belle erreur mais plutôt brûler l'Amazone que de l'admettre surtout sous l'oeil hautain de son interlocuteur. Une mince vague d'énervement facilement irritable chez la Botley s'insère dans ses veines mais elle ne réagit pas et reste campée sur ses deux jambes qui paraissent minuscules face à celles du forgeron. « Ma foi, oui apparemment » Dit-elle d'une voix claire, amusée par l'image qu'il lui envoyait avec un faible sourire narquois. Avouez qu'imaginer le forgeron de deux mètres en une puterelle, c'était à se tordre de rire. Néanmoins amusée, son oeil gardait en ligne de mire la lame qu'il tenait dans sa main, sait-on jamais. Helya avait appris à être sur ces gardes surtout depuis sa dernière soirée avec sa famille où son corps avait gardé quelque séquelles. Alors que Lakdahr s'évertue à l'ignorer en grognant comme un ours, la rousse quitte son poste et s'adosse contre un pilier de l'habitacle, prenant plus aise après avoir vu le forgeron se délester de sa lame. Comme pour répondre, elle soulève sa cape de fortune faite de fourrure et abandonne d'un geste du bras sa hache sur l'espace de travail le plus proche. En ce geste, c'est annoncer qu'aucune hostilité si ce n'est qu'avec des mots ne sera lancée, en un sens, elle se désarme face à un homme qui lui a causé des blessures dans le passé, ce qui est assez incongru mais quelque chose lui disait qu'elle n'en aurait pas besoin, pas ce soir en tout cas. De toute façon, l'habitacle était peuplé d'objets qui pouvaient servir d'armes au cas où mais elle était pas là pour faire couler du sang ou écorcher quoique ce soit, le ton de la voix moins agressif du géant de chair ainsi que l'enclin de ce dernier de répondre à la demande de la rousse, soutenant son intuition première. « J'veux que tu m'refasse une nouvelle hache avec celle-ci, l'refondre complètement pour une sorte d'nouvelle renaissance. Pas d'blason de m'maison, rien, juste une hache qui tranche les os comme d'beurre et éventuellement une inscription si l'inspiration t'gagne. » Sa voix s'élevait neutre et limite un peu blasée. Elle signait par ce geste une rébellion certaine envers les Botley, fondant l'arme qui était transmise par son père. Elle désirait plus que tout se défaire de cette famille empoissonnée qui avait fait de sa vie un calvaire et qui s'évertuait à vouloir continuer, chose qui ne passerait pas. La dernière des Botley aurait pu décider d'acquérir une nouvelle hache tout simplement et se débarrasser de celle-ci mais l'idée qu'un jour elle trancherait la gorge des membres de sa famille hantait son esprit et il lui paraissait bien plus approprié de le faire avec le fer qui a toujours été en possession des Botleys. Un retour aux origines.

« J'ne repartirai pas d'ici sans ma hache, forgeron. Je quitterai les lieux une fois qu'elle sera terminée alors s't'veux te débarrasser de m'présence, va falloir commencer maintenant » Après tout, sortir d'ici sans arme, c'est comme se livrer à la merci de n'importe quel pouilleux qui passe puis il était inconcevable pour Helya de laisser sa hache pour laquelle, malgré l'appartenance à sa famille, elle avait une affection particulière, la seule affection après l'Amazone qu'elle avait sûrement, après tout, la rousse l'avait gagné au fruit de la sueur de son front. « J'imagine qu'elles auraient bien b'soin d'un petit coup d'neuf vu le sang qu'elles ont fait coulé mais je n'saurais t'dire combien d'arme t'vas devoir rafistoler ni si mes marins laisseront leur due dans tes mains mais ça c'pas un soucis » Helya hausse les épaules et se défait de sa cape montrant visiblement qu'elle ne compte pas déserter les lieux sans sa hache comme elle l'a avancé avant de planter son regard dans celui du géant « Si leur cap'taine a laissé son arme, ils ont feront d'même. Façon, ils m'serviront à rien s'ils ont une arme en mauvais état et ils savent c'qui s'passe quand j'juge quelque chose d'inutile sur mon navire » Pure logique. L'insolente rousse n'avait pas besoin que de rameurs mais aussi d'homme prêt à se battre et un homme sans arme ne valait pas grand chose dans un pillage sauf si ce dernier avait des compétences élevées en combat corps-à-corps ainsi qu'en esquive, à part Rhoawyr, Helya n'avait guère énormément de tels hommes sur son boutre mais cela ne voulait pas pour autant dire qu'elle avait un équipage faible. Elle les choisissait pour leur forces de caractère et physique mais aussi pour la folie meurtrière que certain pouvait avoir. Plongeant sa main dans sa poche, cette dernière joue avec un minuscule objet fait d'émail planqué à la vue de tous. Alors qu'elle garde le silence, une question lui brûle les lèvres, oui, pourquoi lui a-t-il rendu la dent de son frère ? Elle n'avait pas relevé le défi. Si la question veut franchir ses lèvres, elle garde le silence. Plus tard, plus tard. Son regard se greffe sur les mouvement de l'édenteur observant ses faits et gestes, non pour parer un éventuel coup mais par curiosité, voir un forgeron à l'oeuvre, tout simplement.




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Lakdahr l'Edenteur
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Message Lun 4 Juin 2012 - 13:20

Bientôt l'objet de sa visite lui fut révélé, exposé comme la dernière des babioles de laquelle l'on ne voulait que se débarrasser. L'expression déposer les armes prenait ici tout son sens, un témoignage de confiance et par extension, d'une tacite estime. Lakdahr en était conscient bien qu'il ne trouvait guère que l'adjectif « étrange » à octroyer au comportement de la rousse féline. Il ne l'avait jamais connue tant diplomatique, tant paisible au revers de ses traits accablés par la vie. Il en vint même à se demander si cette histoire de hache n'était tout bonnement pas une allégation pour établir le dialogue, il soupçonnait que la réelle raison de sa venue n'était autre que cette dent qui fut source de tant d'effervescence. Tous deux avaient offert un spectacle de choix à leurs homonymes insulaires, le colosse avait longuement été tourné en ridicule à ainsi frapper dans le néant, sans jamais parvenir à n'eusse été que frôler une Botley des plus véloces. Il se souvenait de la frustration qui croissait simultanément aux coups qu'il envoyait, et le minois provoquant de la jeune femme qui patientait jusqu'au bon moment. Lorsque son poing avait finalement heurté sa panse, il en avait été satisfait et ne s'en était point caché, faisant abstraction de l'égalité engendrée. Elle était fière comme un enfant fer-né ayant tranché sa première tête, tellement qu'il n'aurait nullement été surpris qu'elle s'essaie à la vengeance – une perspective entièrement démentie aujourd'hui. Etait-ce justement à cause de cette hache dont il était le dernier à avoir pris soin ? Il s'approcha de l'arme qu'il saisit pour en faire une prompte expertise, prêtant une demi-oreille aux propos de la rouquine non loin de là. Ainsi donc, elle voulait se détacher de toute figure héraldique qui rappellerait son patronyme ? Il n'avait guère aucune connaissance de ce qui liait ou séparait les régents de Lordsport, lui qui ne nourrissait pas même un lien familial si ce n'eut été sa génitrice jusqu'à ses dix ans n'avait aucune conception des liens génétiques. Dagon ? Il n'était rien de plus qu'un guerrier pédant qui aimait à lui noircir l'existence.

Helya voulait ostensiblement s'émanciper, il se demandait si elle avait conscience des conséquences qui pouvaient résulter d'un geste comme celui-ci, anodin d'apparence. Ce n'était cependant pas à lui de discuter les requêtes qu'on lui adressait, les ébauches d'une future hache digne de ce nom se manifestaient déjà dans son esprit et c'était tout ce qui importait. Lui créer une arme personnalisée ne serait pas bien difficile – endurer sa présence, en revanche, pouvait s'avérer alambiqué si elle continuait à prendre ses grands airs et à parler avec si peu de clarté. Le forgeron était loin d'être nigaud, mais il ne supportait pas que la situation ne lui apparaisse pas comme parfaitement intelligible. La guerrière avait tout intérêt à lui soumettre sa proposition de façon distincte si elle ne voulait pas lui faire perdre le peu de patience qu'il avait, et il s'en allait le lui faire savoir.

« J'suis pas l'un de tes hommes d'équipage Botley, ni même le fils Harloi qui remue la queue comme le premier des clébards dès qu'il t'voit. » Heureuse pensée pour Sargon. « Que les choses soient claires. Tu veux mes services ? Va falloir trouver de quoi compenser ma besogne. »

Et ce n'était inexorablement pas cette malheureuse bouteille de picrate toujours présente sur son plan de travail qui entrerait en compte. Ce dit breuvage était tout juste bon à abreuver ces pleutres de continentaux et il refusait de s'en hydrater. C'était là le genre de présents dont ne se priverait pas Sargon et sa part de féminité explicitement exprimée – au moins Helya et lui pourraient-ils s'entendre sur leurs goûts. Il doutait que lui confier cette pensée soit opportun, de ce qu'il en avait ouï-dire, la femelle n'appréciait pas forcément que le mâle – ou ce qui s'y apparentait – ne lui tourne autour. Il fut soudain curieux d'admirer ce que pouvait être une algarade entre ce binôme qui ne se rejoignait sur aucun point si ce n'était leurs talents de capitaine. Une notion de plus dont lui ne jouissait pas, et loger sur l'Amazone ne ferait pas de lui un membre intégrant de l'équipage. Encore fallait-il qu'il soit certain d'en faire son logis ! Car il ne savait toujours pas ce qu'était leur accord. La hache corrodée par une utilisation excessive et la constante présence de sel toujours entre ses mains, il fit glisser son pouce le long de la lame pour en authentifier l'état. Une fine taillade lui stria la phalange dont s'échappa bien vite un frêle filet d'hémoglobine qu'il essuya sur son vêtement humidifié par la giboulée et la sueur de son labeur. Refaire une beauté à cette arme ne serait point du luxe, elle avait effectivement besoin d'être remise à neuf, même l'inscription qu'il y avait ajoutée en guise d'ornementation avait été abîmée. Les batailles eurent certainement été nombreuses : revenait-elle seulement de Port-Lannis ? Une excursion qu'il aurait amplement préféré à la délégation qu'il avait eue, jouer les cerbères pour escorter une donzelle qui n'avait de cesse de se lamenter sur son sort. Qu'importait, il n'était pas ici question de Deirdre. Les prunelles d'onyx du titan s'orientèrent vers son interlocutrice, puis, avec le plus grand naturel, il planta la hache dans la table qui lui faisait face, reprenant aussitôt la parole.

« Ton joujou sera prêt à l'aube si j'décide de m'y mettre, reste si ça peut t'faire jouir de m'regarder travailler tant que tu m'emmerdes pas. Après, j'doute que tu aies passé beaucoup de temps dans une forge, c'est pas l'air frais sur le pont d'un boutre, surtout dans celle-ci. T'auras droit qu'à de la chaleur, du renfermé et de la transpiration, et si tu crois que l'air est d'jà étouffant attend que j'me sois occupé du foyer. » Ses premiers temps au chevet de mestre fêvres n'avaient pas été de tout repos, il lui avait fallu tout un entraînement pour être enclin à rester aux abords de si hautes températures. Ce n'était pas pour rien que les armes à réparer étaient laissées aux mains expertes des forgerons et récupérées une fois enjolivées, mais après tout, ce n'était pas de sa santé dont il s'agissait. Aussi, passa t-il outre. « Bref, si tu tombes j'te laisse crever la bouche ouverte. A part ça, j'ai aucune raison de venir sur l'Amazone si c'est que pour ta hache, mais dans ce cas, j'attends de savoir comment tu comptes payer ta dette. J'viendrai sur ton boutre que si j'y ai du boulot. »

Tant que leur accord ne serait pas scellé, la jeune femme pouvait toujours espérer qu'il s'occupe de son arme comme elle le lui demandait. Elle ne pourrait ainsi pas lui reprocher de l'avoir trompée comme elle l'avait supputé aux prémisses de leur conversation. Lakdahr n'était affilié à aucune maison ni même île de leur archipel, c'était la raison pour laquelle il monnayait ses services par lesquels il trouvait un équilibre de vie, simplement. De quoi se sustenter et un toit sous lequel s'abritait, les rudiments d'un quotidien. Cependant, il pouvait prétendre à quelques exceptions lorsque sa tâche se limitait à un unique objet, comme présentement. Tout en y imposant une condition qui ne serait éventuellement pas du goût de la fille Botley de laquelle il s'approcha. Face à elle, si proche, elle lui apparut si précaire, si minuscule qu'il aurait pu remettre sa dangerosité en cause. Ce qu'il ne fit toutefois pas, se contentant de baisser le faciès pour être en mesure de la voir et de croiser ses imposants bras sur son poitrail.

« J'peux aussi t'faire ta hache sans que tu me paies immédiatement ou que tu cherches à convaincre tes hommes. Mais faudra t'en souvenir. »

Elle lui serait donc redevable, un point non négligeable si d'aventure il avait besoin d'une âme charitable pour lui rendre un quelconque service. Il pouvait aisément faire des concessions, mais veillerait à ce que cette dette ne soit jamais oubliée de la part de la principale concernée.




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Helya Harloi
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Message Dim 10 Juin 2012 - 22:49

La rousse avait fait ses preuves par le passé mais il y a bien plus difficile et éreintant que de s'imposer dans un monde qui ne vous désire pas : maintenir sa place. La capitaine ne s'embarrassait pas de manières et s'obstinait à n'écouter qu'elle, à ne faire les choses que dans son sens, ce qui n'était sûrement pas la meilleure des décisions. On pourrait douter de l'efficacité de ses choix mais jusqu'à aujourd'hui, ils lui ont plutôt bien réussi. Il suffit d'avoir la hargne et une certaine rage creusée dans les entrailles, tellement ancrée que ça en est douloureux. Le calme chancelant qui l'habitait n'était que leurre quand sous la fine couche de tranquillité se cachait un torrent d'océan en colère et rancunier. Il est vrai qu'elle n'était pas dans ses plus beaux jours arpentant les souvenirs visibles de sa dernière altercation avec son frère, qui, pour la première fois avait sincèrement désiré sa mort, signant ainsi une promesse de guerre Botley contre Botley. C'était ainsi le début d'une ère bien nouvelle et la fin d'une époque révolue dans laquelle la dernière des Botley voulait expier à coup de hache. Faudrait-il déjà en avoir une décente. Un grognement sourd reste coincé dans sa gorge alors qu'il évoque le nom Harloi, bien que la comparaison de ce dernier avec un vulgaire cabot lui plaise mais l'image que le forgeron lui envoyait ne lui plaisait guère : l'image d'une femme qui attire un pauvre vendu misérable. Avait-elle une gueule de femelle à allumer des hommes ? Ou d'en avoir quelque chose à faire ? Arquant un sourcil, elle crache allègrement sur le sol en toute réponse à cette pensée, occultant la remarque sur le cabot Harloi, nul besoin de gaspiller de sa salive pour ce moins que rien. « J'aime pas m'répéter. » Sort-elle entre ses dents, plantant son regard dans celui du géant de chair. Ne l'avait-elle pas déjà dit ? Son prix sera le sien. Venir sur l'Amazone, donner de l'argent, de la nourriture, peu importe. Qu'il répare cette foutue hache et qu'on en finisse. « Ma hache d'abord, l'reste, nous verrons le soleil levé. » Ainsi était posé l'accord, lui offrir une nouvelle hache et le forgeron énoncera la récompense qu'il veut contre son temps, pour l'équipage, ils verront bien. Helya n'avait pas, certes, énormément de choses à offrir mais elle savait que Lakdahr n'était pas ce genre d'homme à prendre l'offre d'asile sur son boutre comme monnaie de payement comme certains de ses marins, il se suffisait à lui-même. Il n'était pas non plus le genre d'homme à vouloir se faire payer par une offrande charnelle comme d'autres. Malgré sa lacune en société, elle avait cependant appris à déceler ce genre de chose dans le regard des mâles et ne se privait pas pour leur faire comprendre par la force qu'elle n'était pas ce genre de femme. Elle l'observe manier sa hache dans ses grandes mains non sans avoir une certaine irritation dans ces veines de voir sa chère hache dans les mains d'une personne qui lui a fait goûter la terre mais elle fit abstraction de ce fait quand il l'abandonne dans la table massive avec une fine éraflure, sa hache était donc aussi teigne qu'elle ? « Fais donc c'que tu as à faire au lieu de parlementer comme une femme l'ferait. J'ai supporté bien d'choses, j'supporterai la chaleur d'ta forge. M'sous estime pas, forgeron » Cet affront eut le don de l'agacer au plus haut point. Être sous-estimée était ce qu'elle détestait le plus après perdre, cela avait le don de l'énerver hautement.

Bien qu'il fallait l'avouer que la chaleur de la pièce était pire que celle des terres désertiques du Dorne, pour ce qu'Helya en a entendu et vu sur ces terres n'y ayant jamais mis les pieds pour le moment. Il allait de soi qu'elle n'attendait certainement pas non plus qu'il lui vienne en aide si ce qu'il avance prend une dimension de réalité. Elle n'acceptait l'aide de personne et le souvenir de Rhoawyr lui sauvant la mise à plusieurs reprise lui était insupportable. Cela réveillait une idée de faiblesse que la Capitaine maudissait de tout son être. Plutôt se laisser mourir par la chaleur que de recevoir une aide quelconque. Elle ne survivrait pas à une telle chose surtout son orgueil et sa fierté qui n'avaient plus besoin d'être cités tant ils subsistaient dans ses mots et ses gestes. Le forgeron rompt la distance qui les séparait et les deux fer-nés se retrouvèrent face à face, enfin, si on peut le dire car le géant faisait deux fois sa taille mais ce détail ne changeait rien pour la rousse et releva son visage fermé sans aucune émotions vers celui de son interlocuteur bien que ce rapprochement faisait interruption de façon désagréable dans son cercle vitale. Ce geste n'était rien comparé aux mots que le forgeron dissémina dans la chaleur étouffante de la pièce. Sensation désagréable pour la Botley. Cela revenait à dire qu'elle aurait une dette envers cet homme ? Horripilant. La Capitaine n'aimait pas être redevable et ainsi être dépendante de la volonté de quelqu'un d'autre qu'elle. Sa fierté prenait le pas sur sa logique et l'envie d'envoyer balader le forgeron fut la première pensée qui naquit dans son esprit mais l'idée de sortir avec une hache fêlée ainsi que d'avoir un équipage armé de fer en mousse était un plus mauvais choix. Une impasse pour la rousse. D'une certaine manière, il lui portait une certaine position de proposer de travailler pour elle dans l'immédiat sans aucune sûreté de récompense bien qu'une redevance était de mise. A ses yeux, une redevance de sa part était une monnaie bien plus coûteuse et précieuse que tout ce qu'elle pourrait offrir. Sa hache en valait la peine, non ? Surtout pour ce qu'elle comptait accomplir avec cette dernière, fendre la chair de ses siens. Elle fit un pas déterminé écorchant davantage leur proximité et releva un peu plus la tête « Commence donc maintenant. Sache que j'n'oublie jamais les gestes faits envers ma personne » Cela valait autant dans le positif que dans le négatif et faisait tout aussi allusion à ses côtes fêlées qu'à la dent rendue ainsi qu'à toute les choses que le peuple fer-nés a pu lui infliger dans le passé sans compter sa propre famille. Elle saurait payer sa nouvelle hache dans l'avenir mais à la hauteur de celle-ci, pas plus. « Et je rend à la même valeur, ça, ne l'oublie pas » Helya avait tendance à rendre plus qu'il ne faut surtout pour essuyer les affronts qu'elle n'avait pas su supporter mais qu'il ne s'attende pas à pouvoir demander monts et merveilles après cela, elle n'accomplirait pas tout ce qu'il désirera. Non par peur que cela soit au delà de ce qu'elle peut faire, à ses yeux, elle est capable de tout, sauf peut-être de se marier surtout avec ce Harloi bien qu'elle use de ce fait pour faire enrager son père.




Une civilisation se transforme lorsque son élément le plus douloureux devient tout à coup une valeur
Lorsqu'il ne s'agit plus d'échapper à cette humiliation, mais d'en attendre son salut, d'y trouver sa raison d'être.



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Lakdahr l'Edenteur
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Message Mar 12 Juin 2012 - 14:38

Si une chose devait être irréfutable, c'était bien la force de caractère de la jeune femme qui, même face à un être des plus dantesques, ne perdait point la face. Plus d'un aurait préféré courber l'échine ainsi aux abords du colosse dont l'irascibilité était aussi notoire que la grandeur. Il en venait à se demander comment Sargon pouvait bien endurer les bravades et autres répliques cinglantes en guise de réponse à ses avances, l'éventualité qu'il soit simplement encore plus inepte que son apparence efféminée le suggérait lui apparut comme tout à fait plausible. Ce n'était guère la première fois qu'il put constater quel apogée la répartie de la rouquine atteignait, ce qui aurait pu l'offusquer de la bouche d'un autre individu ne le fit que précairement sourire venant d'Helya. Il reconnaissait secrètement qu'il se donnait des airs de donzelle à parlementer de la sorte, mais tout comme elle, il n'appréciait que peu d'être le bouffon des festivités. Rares furent ceux qui s'étaient hasardés à omettre qu'ils lui étaient redevables, une désinvolture que le fer-né n'avait pas laissée croître au risque d'y égarer sa vraisemblance de fruste aux coups faciles. Les inconscients avaient fini par regretter leur mésestime, non sans y perdre quelques attributs dentaires pour les plus récalcitrants du lot. Bien que la dentition de la succube des rocailles lui apparaissait comme digne d'ornementer l'une de ses créations, il n'avait guère l'envie de lui faire goûter à sa pince et toute la bestialité qui se juxtaposait au geste. La dernière fois qu'il eut été question de dent entre eux, la situation s'était orientée vers une issue des plus insolites dont tous deux préservaient un saveur âcre aux papilles. De ce fait, il se résignait à lui proposer de le rétribuer en nombre d'incisives et de molaires spoliées à ses marins – après tout, en avaient-ils réellement besoin ? L'insanité de cette pensée lui remémora qu'il lui faudrait très bientôt repartir en quête de trophées, peut-être une opportunité de prendre les flots à bord de l'Amazone ? Une besogne après l'autre, une sagacité à laquelle son interlocutrice sembla également adhérer avant de lui attester sa bonne foi. Il ne put s'empêcher de la jauger de ses noires prunelles, vérifiant sur sa physionomie chamarrée d'érythèmes dû à la chaleur ambiante, que ce qu'elle avançait n'était que pure véracité. Il lui dévoua sa confiance, de ce qu'il avait ouï-dire de sa personne, son orgueil n'occultait en rien son sens de l'honneur. Une dette se respectait, et la sympathie des Botley ne lui serait pas futile. Ses lèvres se déformèrent en une moue alors qu'il opinait positivement du chef, preuve somatique qu'il marchait en son sens.

« Ca me va. » Il observa le crachat sur le sol, qu'il pointa ensuite du doigt. « J'te préviens, si t'as envie de pisser tu vas l'faire dehors ! »

Sur ces mots, il récupéra la hache antérieurement plantée dans la plus proche surface et dont il examina une fois encore l'aspect. Il se remémora les instructions dont elle l'avait affublées à son arrivée, si elle désirait une toute nouvelle arme, il la lui forgerait avec toute sa fertilité. Dès lors que son zèle de mestre fêvre prit le pas sur l'ensemble de sa réflexion, il fit entièrement abstraction de la présence du capitaine alors installée dans un coin de son antre. Lakdahr ne lui ferait pas la conversation pour le permettre de mieux passer le temps, car le siens – de temps – était précieux si elle désirait que les premières nitescences de l'aurore annoncent l'aboutissement de son travail. Il ne fut pas plus enclin à modifier ses marottes, telle que l'intensité du foyer embrasé dont il userait pour son forgeage, une chaleur qu'il attisa plus encore. Dans les méandres de son esprit, seul le rigorisme de ses mouvements et les mélodies immanentes à une forge n'avaient d'importance. La spectatrice pourrait le mirer dans ses mouvances, bien qu'il s'interrogeait sur le nombre d'heures qu'elle serait apte à passer sans se sentir alourdie de malaise. Qu'importait, car déjà, il avait mis sa lame corrodée à fondre, un métal qu'il tenait à réutiliser pour garder la quintessence de son arme quand bien même ses cambrures ne seraient plus les mêmes. Tout objet jouissait d'une histoire qui lui était propre, un conte que la jeune femme pourrait retrouver une fois les calots posés sur le fer affûté de sa hache. L'art des forgerons se camouflait aussi en leur faculté à faire chanter la ferraille de leurs réalisations, chacune se distinguant par son unicité – tel était le cas pour l'un de ses plus beaux enfantements : Astaroth. La tranchante compagne de Gabriel qui, à elle seule, miroitait un passé bien plus vaste que l'opuscule d'un historien. Il n'y avait guère d'explications à cela, tout n'était que d'ordre abstrait.

Pleinement concentré sur sa tâche, le colosse ne se souvint de la présence de son homonyme des îles qu'à la kyrielle de longues heures de paisible besogne. Un accès de lucidité lui fit fureter la pièce à la recherche de l'oubliée qui ne s'était pas manifestée depuis les prémisses du forgeage. Et pour cause ! La muse de piraterie s'était assoupie, échine logée contre le bois rongé d'une poutre soutenant la voûte. Interloqué par cette impromptue narcose, le jeune homme se ploya un instant de détachement pour s'approcher d'elle. Son inertie ne s'apparentait que trop à un frais trépas, si bien que l'on aurait pu subodorer sur sa condition vitale. Une perspective ô combien inopportune, il n'osait même imaginer la rancoeur courroucée de son pater ou des autres membres de sa famille s'il l'extirpait morte de sa forge. Dans un souci de conscience, Lakdahr voulut s'assurer qu'il ne faisait que fabuler, et tenta tout d'abord de passer par plusieurs fois la main devant ses mirettes closes : geste somme toute infructueux. Puis, il observa la danse de son poitrail, ses poumons qui se dilataient sous l'air peu riche en bon oxygène de la pièce avant de s'atrophier derechef. Sa respiration vérifiée, il se redressa sans mot dire, haussant finalement les épaules en ne daignant pas lui offrir plus d'aise. Il n'était pas à exclure qu'elle pourrait être la martyre de vertiges et d'une moiteur particulière à son réveil, mais tout bien considéré, elle n'était pas faite de cristal et était accoutumée au rude quotidien sur le pont d'un boutre tenaillé par la tempête. Le Dieu Noyé avait édifié les femelles de son peuple d'une même consistance que ses mâles, là où des jouvencelles du continent périraient sans doute aucun, les fer-nées survivaient. Puis, appelé par le bijou dont il prenait soin, le mestre fêvre la délaissa à son sommeil pour poursuivre sa pièce forgée. Une heure supplémentaire, peut-être d'avantage, s'était alors écoulée. Les cieux demeuraient encore moroses et assombris de leurs caprices pluviaux, l'aube entamerait son ascension dans peu de temps. Le titan essuya un filet de sueur perlant le long de sa tempe, laissant au repos la hache recréée et qu'il jugeait encore non terminée. Lui restait à consulter la propriétaire sur l'apophtegme qu'elle désirait voir graver sur l'oeuvre, une propriétaire qui n'avait point ouvert les yeux depuis qu'elle s'en était allée à dos de chimère. A nouveau, le jeune homme vint auprès d'elle, où il s'accroupit pour se mettre à sa hauteur. Puis, après quelques instants de flottement, il tenta de la ramener à la réalité.

« Botley. » Articula t-il simplement, sans que son patronyme ne la fasse réagir. « Oh ! Helya ! Emerge ! » Il fit claquer ses doigts sous son nez, la contraignant ainsi à se réveiller. « T'as assez ronflé comme ça, l'est temps de te bouger le cul. » Il se redressa et s'éloigna. « J'ai quasiment fini, mais une pause s'impose ! Mon estomac hurle comme Dagon jouit, faut que j'aille ripailler et boire un coup. J'te propose une bière comme p'tit déj, quelque chose qui mérite d'être bu plutôt que ton pissat en bouteille. »

Succincte référence au breuvage aviné qu'elle lui avait offert en début de nuitée et qu'elle aurait amplement loisir à récupérer lors de son départ. Une main sur sa panse, il fit signe à la rouquine de le suivre et l'entraina à travers les ponceaux et corridors du bastion. En chemin, il s'étira en grognant tel un animal, prompt à être digne de sa réputation de bâfreur. Ils passèrent ensuite une huis qui leur offrit la vision d'une variété de différents mets culinaires – mais surtout, de quelques barils de bonne boisson.




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Helya Harloi
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Message Sam 23 Juin 2012 - 9:42

La chaleur de l'habitacle était étouffante et lourde. La Botley s'efforçait de ne montrer aucune faille dans son comportement, rien qui ne pourrait démontrer les dires de son interlocuteur. Elle surmonterait la sècheresse stérile de la pièce sans sourciller même si dans son plus for intérieur, elle n'attend qu'une chose : pouvoir sortir de cette pièce et prendre une brise fraîche et iodée à la volée. Mais Lakdahr avait raison sur un point, elle n'était pas habituée à ce genre d'atmosphère ayant connu plutôt le vent glacial et violent. Le froid mais aussi la chaleur ont leur part de dureté et Helya faisait connaissance avec celle de la chaleur. Il y a bien une chose qu'elle se promit : de plus revenir dans cet endroit sans avoir une raison d'en ressortir évitant ainsi que cela ne fasse écho à une faiblesse de son vaste orgueil. Car, oui, si la rouquine s'entêtait à rester dans cette pièce infâme, c'était uniquement par pur esprit de contradiction et démontrer à Lakdahr qu'elle n'était pas une simple femelle dotée de faiblesses pathétiques. Accord scellé, le forgeron lui donne une dernière recommandation. L'envie de la relever d'une réplique sournoise la prend mais elle a vite fait de garder silence, non par soumission mais plutôt par économie. Pourquoi gaspiller de la salive pour rien ? Son énergie ou du moins ce qui lui en reste, autant la garder pour supporter l'aridité nouvelle. Ancrée dans la poutre derrière elle, Helya observe sans un mot l'édenteur accomplir sa tâche et rapidement, des sons métalliques emplirent la pièce, rendant l'attente encore plus insupportable. La rouquine préférait davantage le silence de la nuit profonde à bord de son boutre uniquement brisé par l'écho des vagues et du grondement du vent en rage. Elle serre la mâchoire et supporte comme elle peut. Il y a bien des choses que la capitaine a dû supporter dans le courant de sa vie, des choses bien plus douloureuses qu'une atmosphère aride mais là on parle d'une difficulté physique, les souffrances psychologiques sont différentes. Puis la femme d'arme avait quelque chose à gagner à la fin de ce supplice : un nouvelle hache qui tranchera beaucoup mieux et qui, avant même de renaître, a déjà un dessein sanglant et funeste. Ses yeux bleus azur fixaient chaque mouvement du forgeron et tentaient de comprendre chaque utilité de ses derniers pour oublier son supplice détournant ainsi son attention du mal qui la taraude. Des étincelles de lueurs s'échappaient à chaque mouvement comme une pluie de lumière autour du géant qui semblait être peu affecté par la chaleur étourdissante. Rien que cela avait le don de remonter l'homme dans l'estime de la bestiole rousse car bien que ne connaissant rien à ce métier, elle se doutait que ce n'était pas à la portée de n'importe qui. Il fallait de la force pour battre le fer chaud, de l'endurance pour supporter la chaleur et de l'essence pure venue du Dieu Noyé pour insuffler à chaque armes cet instinct sanglant, la faculté d'immiscer la peur quand le bras armé se dresse face à l'ennemi. Il est vrai qu'Helya avait pu déceler une crainte silencieuse zébrer le regard de certains de ses ennemis lors de la bataille Salvemer armée de la hache nouvellement née par Lakdahr. Crainte assurément causée par l'arme imposante qu'elle brandissait de ces deux mains, sa gorge libérant un cri funeste qui louait la mort son prochain dans une pluie de sang. D'ailleurs, elle commençait à être appelée par l'invisible à sceller ses paupières mais Botley s'y refusait. Cédant cependant, ses jambes cessent de la soutenir et son corps rejoint le sol, le dos encore ancré dans la poutre pilier mais la tête qui vacille dans les vapeurs sans noms et sans formes. Un combat sans bruit commence, l'entêtée à la chevelure embrassée se bat contre le monstre des nuits noires qui cherche à s'emparer de son esprit. Ne pas s'endormir, ne surtout pas. Ce combat, elle l'a souvent remporté, gagné haut la main mais c'est avec une pointe d'agacement qu'elle se rend compte qu'elle est démunie en cette soirée par le désert plombant de fer.

Des minutes s'égrènent et elle perd le combat sombrant de plus en plus dans les abysses du sommeil qui l'avalent avec avidité. Le temps s'allonge ou alors s'écoule rapidement, toute notion est vaine dans ce monde parallèle. Néanmoins, un bruit sec fend cet univers cotonneux arrachant la capitaine à ses propres démons, ses cauchemars. Un oeil s'ouvre, un deuxième puis un grognement s'échappe de sa gorge. Si la rouquine n'est pas commode la plupart du temps, le matin c'est autre chose. « La ferme » Sa tête semble peser des tonnes et l'écho de cet voix masculine lui martèle les tympans comme pour les exploser. « P'tin mais t'cause toujours autant ?! C'plus simple d'dire : j'ai l'dalle plutôt que pinailler comme femelle l'ferait » Son corps quitte terre comme pour accepter la proposition, non sans s'aider d'un support pour se relever. D'un geste encore endormi mais agacé, elle renverse la bouteille de vin qui se brise sur le sol, ainsi, il la fera plus chier avec cette bouteille vu qu'il a plaisir à la ramener sur le tapis encore et encore comme le ferait une donzelle vexée. Elle le suit d'un pas lent, se massant les tempes au passage, encore heureux que le soleil ne soit pas encore aux aguets pour l'aveugler. A force de vouloir jouer les braves, on en prend pour son grade et l'unique fille Botley en oubliait de jouer à la plus dure tant son crâne voulait tapisser le sol d'une couleur vitale rougeâtre. Elle manque de peu de rentrer dans l'immensité de chair du forgeron stoppé devant elle pour se dégourdir, son regard restant dans le flou. Se contentant juste de suivre la silhouette géante en silence, elle attend de pouvoir se poser et surtout que ce maux de crâne s'envole. On dirait qu'elle s'est battu avec la chaleur en personne armée jusqu'au dent, son corps est endolori et même en dehors du désert de fer, il semble encore dévoré par une chaleur humide. Ils pénètrent dans une taverne dont le brouhaha accentue son mal de crâne. L'idée de trancher la gorge à tous ces énergumènes bruyants lui traverse l'esprit meurtri mais elle n'a pas d'arme. Détail qui s'était envolé de son esprit. Mauvais point, mauvaise chose. Une table reculée attire son attention et elle s'y dirige afin de s'attabler ou plutôt laisser son corps s'échouer sur une chaise en bois massif. Le tavernier s'approche pour prendre commande, la capitaine à la carcasse ambulante se contente de demander une pinte de bière brune avant de désigner Lakdahr d'un geste las « Nourris cet affamé, tavernier » Nul besoin de dire que l'un ou l'autre ont fait preuve du fer-prix par le passé, le service devrait être rapide, inutile de sortir les crocs, enfin normalement. Se passant une main sur le visage pour se réveiller davantage, Helya s'adosse sur le dossier de sa chaise avant de croiser les bras sur sa poitrine, plantant son regard bleuté dans les mirettes de son interlocuteur. « Combien d'temps avant d'pouvoir récupérer mon précieux bien ? » Inutile de crier sur les toits qu'elle n'est pas armée en ce jour, cela relèverait du suicide. Si la capitaine de l'Amazone n'a pas tonne d'amis, ces ennemis sont en masse vu son caractère docile et doux. Ironie du matin, bonjour.




Une civilisation se transforme lorsque son élément le plus douloureux devient tout à coup une valeur
Lorsqu'il ne s'agit plus d'échapper à cette humiliation, mais d'en attendre son salut, d'y trouver sa raison d'être.



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Lakdahr l'Edenteur
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Message Dim 24 Juin 2012 - 20:43

Ô douceurs phoniques au grès de l'éveil du jour, les deux fer-nés semblaient être pris de prose que le plus fieffé des poètes leur jalouserait. Si délicates paroles que le colosse à la panse creuse et béante se fit violence pour réprimer un majestueux « Ta gueule. » directement destiné à celle qui l'accompagnait. Pas un mot ne lui avait été adressé depuis qu'elle s'était cloitrée avec lui dans sa forge, et il était intimement persuadé que si elle ne s'y était pas assoupie, elle l'aurait accusé de ce manque de communication. En réalité, il ne ployait ses reproches qu'au princier réveil dont il l'avait affublée, lui non plus n'aurait guère apprécié d'être tiré de ses songes tel qu'il l'avait fait. Si sa finesse se rapportait à sa joliesse, il serait le sodomite des hôtes de ces rocailles – une allégorie habilement détournée de son corbeau et son renard mais qui n'en demeurait pas moins atrocement vraie. Il n'avait aucune raison de considérer la Botley comme une petite chose précaire qui se briserait au moindre ébranlement de sa part, car elle était d'avantage un dragon qu'un chaton. Les femmes naissaient avec un éloquent désavantage, leur bataille était rude – du moins sur l'archipel de sel – pour se faire une place parmi les grands mâles. Grands en tout sens du terme, néanmoins, si seules leurs cambrures anatomiques rappelaient encore qu'elles étaient du genre féminin, la plupart d'entre elles étaient dignes d'estime. Lakdahr n'avait jamais eu une quelconque animosité envers ces créatures amplement aptes à se défendre par leurs propres moyens. Peut-être était-ce dû au simple fait qu'il ne prenait nullement part aux rivalités maritimes, les boutres étaient bien trop souvent des marques de plus ou moins prestige – et pour cette fois, la taille entrait en compte ! - et la compétition entre les capitaines faisaient rage. Une des raisons pour lesquelles le titan aimait la retraite de ses lieux de travail, où personne ou presque n'osait s'aventurer plus de quelques minutes avant d'être incommodé par les conditions thermiques. La succube à la crinière rousse avait témoigné d'une bonne résistance, il l'admettait, ayant même eu le loisir de trouver du repos alors qu'il tapait son fer. Mais avant ou après sa sieste, elle demeurait de cette même acrimonie qu'elle rugissait sans fin – ni faim, visiblement. Car une fois parvenu à la plus proche taverne et le propriétaire venir se renseigner de leurs désirs, elle ne voulut que s'hydrater de bonnes rasades. Sacrilège que de ne point profiter d'une bonne pitance à une heure comme celle-ci, la pauvre folle ne connaissait décidément rien des bons plaisirs. Mais peu lui chalait, sa commande avait été passée et il se languissait à présent d'être servi à la mesure de sa famine.

« T'ronges pas les sangs, drôlesse. » Il se pencha vers elle. « J'te défendrai si quelqu'un t'cherche. » Un sourire taquin point à ses commissures, il rabattit son échine contre le dossier de son siège et s'étira de tout son long, puis ponctua d'une haute voix. « Ou pas ! »

La seule idée de pouvoir ripailler à sa guise le mettait dans une humeur guillerette, encline aux innocentes taquineries uniquement destinées à détendre l'atmosphère. Peut-être le capitaine de l'Amazone aurait-elle plus saveur à la frivolité une fois sa pinte en mains. Les apparences étaient fallacieuses, il était bien placé pour le savoir et il subodorait qu'Helya n'était pas aussi acariâtre au quotidien. A moins que ? Il n'eut pas l'opportunité de conjecturer plus encore alors que les fragrances de sa nourriture parvinrent à ses nasaux. Cet îlot était encore celui des Greyjoy, une famille de laquelle le forgeron était issu même s'il n'en portait pas le patronyme. Tous le connaissaient en conséquences de ses caractéristiques physiques et de sa partielle fraternité avec le lord Ravages. Inconnu pour peu de monde, du moins sur Pyk, il n'avait pas à se quereller pour être promptement et convenablement servi. De plus, ses deux mètres de hauteur avaient l'avantage de dissuader les problèmes de venir l'étreindre, et le Dieu Noyé savait qu'il aurait été capable du pire n'eusse été que pour se sustenter. Nul ne le priverait de son assiette, une réalité d'autant plus vrai lorsque le plat de viande lui fut déposé sur la table. Le tavernier gratifia l'épaule du mestre fêvre d'une tape amicale, lui souhaitant par là un bon régal avant de retourner à ses besognes. Le titan se frotta les mains : de la chèvre, l'un de ses mets favoris sur l'archipel, accompagnée d'une chope de gueuze fraîche. Aucune prière à adresser, il entama sans attendre les hostilités sans même user d'éventuels couverts. Phalanges à l'attaque, il déchira quelques ligaments avant d'enfourner un énorme quartier entre ses dents prêtes à l'action. Mastiquant sans gêne, il prit soudainement conscience qu'il n'avait pas apporter réponse à la jeune femme.

« J'la finis après la bouffe, laisse-la s'reposer un peu ta précieuse, j'l'ai pas mal tringlée toute la nuit. » Il ricana, articulant comme il le pouvait avec les denrées en bouche. Il plaça finalement son poing fermé devant ses lèvres, avalant l'extraordinaire bouchée dont la descente se dessina presque le long de son gosier. Il se frappa ensuite le poitrail pour aider la nourriture à trouver le bon chemin, et reprit comme si de rien ne fut. « M'reste plus qu'à y graver quelque chose, mais c'est ton arme, pas la mienne, ça dépend de c'que tu veux. Ce que j't'y avais mis sur ton ancienne hache, p't'être ? »

Elle ne lui avait jamais laissé entendre qu'elle avait apprécié la tirade, et il ne pouvait sciemment souiller sa nouvelle lame d'une gravure qu'elle n'aimerait finalement pas. Un respect pour elle, mais également pour son travail et l'arme en elle-même. Dans la pire des hypothèses, toujours pourrait-il retirer l'ornementation, mais il ne voulait point gaspiller son temps et son art. Tout cela le ramena à un fait qu'ils n'avaient pas encore abordé, un détail qui lui tenait à coeur et dont elle ne soupçonnait éventuellement pas l'existence. Si elle avait eu l'occasion d'observer certaines de ses oeuvres, sans doute avait-elle remarqué que toutes étaient serties d'au moins une dent spoliée à l'ennemi. Une signature, une certaine part de lui abandonnée à ses créations pour qui acceptait de voir trôner une canine sur son arme. Ce fait n'aurait été qu'anodin s'il n'y avait point eu cette mésentente concernant la dentition d'un frère Botley, une histoire qui lui semblait bien loin et dont les stigmates s'étaient amoindris, sans avoir entièrement disparu. La seule sollicitation de la rouquine le prouvait, mais s'il était ardu d'ascensionner l'estime d'un fer-né, il était en revanche très facile d'en dégringoler. S'il agissait à sa guise sans la consulter plus avant, elle était susceptible de considérer cela comme une indigne provocation, une vile injure qui les opposerait à jamais. Et loin de lui l'intention de l'insulter, il reprit une portion de viande qui déglutit presque rond avant de reprendre.

« Y a un autre truc aussi, j'sais pas si t'es au courant, mais quand je crée entièrement une arme j'ai l'habitude d'y mettre au moins l'une des dents que j'ai. Mais j'veux pas que tu me chies un boutre en l'découvrant, alors dis moi toute de suite si t'es d'accord ou pas. » Il s'arrêta dans ses gestes, sourcils froncés et les prunelles sur un quelconque élément, comme s'il venait de se remémorer un fait important. « Ca m'rappelle qui faut que j'retourne sur le continent pour en arracher d'nouvelles, mes réserves s'épuisent. »

Une réplique prononcée à voix haute mais seulement destinée à lui-même, et qu'il balaya d'un geste de la main pour reprendre son repas. Là aurait été l'occasion de converser sur cet incident qui avait eu lieu, peut-être, à elle de l'interroger sur la raison pour laquelle il lui avait restitué un certain bien fraternel.




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Helya Harloi
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Message Ven 6 Juil 2012 - 22:55



Le visage posé dans le creux de sa main, Helya arborait un air blasé et fatigué typique des gens qui viennent d'être arrachés comme un poil incarné sur le duvet de Morphée sans douceur. La capitaine de l'Amazone, insomniaque habituellement, avait pour une fois eut une nuit complète sans ouvrir un globe oculaire méfiant. Elle n'en a pas l'habitude, la chaleur a eut raison d'elle et continuait de hanter son organisme. Même si l'air était plus frais et humide que dans la forge du géant de dents, elle avait encore la mauvaise impression d'étouffer et de suer. « Pour l'moment, j'me ronge pas les sans, j'me consume. » Simple constat que la rousse lâche avant de bailler aux corneilles sans se fatiguer de manières en posant une main devant son orifice buccale ouverte tout en parlant « Ouais c'ça, plutôt crever. J'ai pas b'soin d'être défendue. Réserve ça pour tes femme-sels, forgeron. » La Botley se considérait pas comme une femme sans défenses même dans la pire des situations et avoir besoin d'une quelconque personne était impensable. La pensée que Rhoawyr puisse lui avoir sauver la vie à plusieurs reprise suffit amplement à heurter sa fierté, nul besoin d'en rajouter une couche avec ce géant qui lui a pourri les côtés jadis. La pinte enfin en main, la teigne aux cheveux de feu en prend une longue gorgée avant de pousser un soupir d'aise. Rien de mieux pour combattre la chaleur encore présente de la forge en son corps. Tout en avalant son breuvage, elle laisse son regard se poser sur Lakdahr qui dévore la chèvre sans manière, il mange comme un vrai fer-né. « Vu comment tu t'bouffe, j'm'étonne pas de ta grande taille. On t'a donné quoi à bouffer pour que t'sois si grand ?! » Si elle avait su, elle aurait peut-être manger plus dans son enfance pour être plus grande mais bon sa petite taille était parfois un bon atout quand elle était face à d'imposants adversaires, au moins la rapidité était de son côté. Au fur et à mesure de le voir se délecter et satisfaire un appétit féroce, la faim commence à tarauder l'estomac vide d'Helya sans compter le fumet alléchant qui s'évapore du plat. Lâchant sa pinte, elle tend le bras pour en chaparder un morceau se servant allègrement dans le plat de Lakdahr avant de l'avaler. Rictus sur son visage. Le poisson est bien meilleur. Elle lève un bras et fait signe au tavernier de lui apporter quelque chose à dévorer, ce dernier connaissant ses préférences, il lui apporte rapidement un plat de poissons grillés. Reportant son attention sur celui de son interlocuteur, elle hoche la tête quand il avance que sa hache n'est pas tout à fait encore prête à trancher des gorges. « Non. Pas la même inscription. Bien que j'ai apprécié celle-ci. C'une toute nouvelle hache. T'as qu'à m'graver une rune symbolisant la renaissance d'ssus. » Plongeant ses doigts dans la chair fumante venant de la mer et à l'image de Lakdahr, elle avale son met avec avidement arrosant le tout d'une gorgée de bière par moment. Mâchant la bouche ouverte, elle redresse la tête quand Lakdhar reprend la parole avant d'hausser les épaules. Loin d'elle de lui dire comment orner sa hache, il fait ce qu'il veut du moment que sa hache puisse faire couler le sang puis ce genre de détails, elle s'en tamponne les reins avec un boutre, elle fera pas une crise comme ses guenons de femelle le font dès qu'un truc ne va pas sur leur toilette. Les apparences ont peu d'importance pour Helya « C'ton job, forgeron. Je m'permettrais pas de te dire quoi foutre dans ma hache. Du moment qu'elle coupe, ce qu'tu y fous comme ornement ne m'intéresse guère. Ton sens du détail m'ferait presque penser que tu es une femelle qui s'déguise en homme » Simple boutade alors qu'elle étouffe un rire en gobant son plat. Et d'ailleurs, quoi de mieux que d'y foutre une dent qui a jadis causé un combat entre eux ? Après tout, Clovyn trouvera assurément la mort avec cette hache, ça serait délicieux de penser qu'une dent lui appartenant s'y trouve, c'est comme le frapper avec son propre déshonneur d'avoir perdu une bataille. « T'as qu'à aller t'servir chez les Botley, mon cher frère a encore maintes dents mais j'pense pas que t'y trouveras un moindre intérêt vu la pourriture qu'il est, sa mère a la rigueur mais avoir les dents d'ma famille t'portera sûrement la poisse à voir la chiure qu'ils sont. C'pas moi qui irais les défendre ... » Il y a quelque temps, défendre l'honneur de sa famille était une cause à laquelle la capitaine s'adonnait mais il n'en est plus question désormais. Elle-même crachait sur sa famille dès qu'elle en avait l'occasion, elle n'en faisait plus partie. Cette dernière soirée où son frère avait attenté à sa vie représentait la fin du contrat, la rupture des liens de sang. Elle portait encore les stigmates de cette soirées sur son corps. Un jour, la vengeance sonnera et la Botley n'usera pas de la stratégie lâche que son frère a préféré utiliser, non, elle s'occupera de son cas personnellement sans la présence de serfs ou autres. « Je t'embarque sur l'Amazone si t'veux te trouver des dents sur l' continent. J'y retourne dès qu'ma hache sera prête alors si t'veux faire ton marché sur l'continent, t'sais ce qui t'reste à faire » Si l'envie de faire disparaître le nom de Botley des îles s'imprégnait dans l'esprit de la rousse, elle désirait néanmoins prendre son temps et jouer avec leurs nerfs avec un mariage éventuel avec le Harloi qui avait insulté son paternel. Bien entendu, elle jouissait du faite que l'idée puisse horripiler sa famille mais était révulsée à l'idée de se marier et de se lier à ce vendu de Sargon qui ne lui inspirait que du mépris. A son sens, Gabriel valait bien mieux et était bien plus agréable en compagnie que sa satanée soeur -Harloi ayant fait maintes fois preuves qui remettent en doute sa virilité - Helya s'entendait bien mieux avec Gabriel et l'estimait beaucoup plus même si elle se plaisait à rire du nom de son boutre alors que lui s'efforcer de la convaincre de refuser la proposition de sa chère soeur. Farfouillant dans sa poche, elle en extirpa la dent de son frère et la posa sur la table avant de la glisser vers le géant. « J'te rend ton bien. Fais-en ce que t'veux ou bien fous-la dans ma hache. Ca m'ferait bien rire d'trancher la gorge d'mon frère avec la honte que sa défaite lui a apporté » Un sourire carnassier ornait ses lèvres alors que ses dents déchiquetèrent un énième morceau de poisson. Ce n'était qu'une suggestion, la dent est sienne après tout, il en fait ce qu'il veut par la suite. Elle le lui a rendu. « D'ailleurs, pourquoi m'l'as-tu rendu ? Après tout, j'n'ai pas gagné le défi » Une pointe d'amertume dans la voix, non contre Lakdhar mais par sa propre défaite cuisante. Après tout, à part ce léger détail, elle n'avait rien à reprocher à ce forgeron qui s'occupait de sa hache même à sa demande et il fallait l'avouer que sa présence n'avait rien de désagréable. En tout cas, elle était plus supportable que celle de Sargon, en même temps, n'importe quelle autre présence même la plus puante est plus agréable comparé à la sienne.




Une civilisation se transforme lorsque son élément le plus douloureux devient tout à coup une valeur
Lorsqu'il ne s'agit plus d'échapper à cette humiliation, mais d'en attendre son salut, d'y trouver sa raison d'être.



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Lakdahr l'Edenteur
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Message Sam 7 Juil 2012 - 22:26

Belle au bois dormant – ou Barbare à la forge chauffante – semblait bougonne quant à la mort de ses chimères, à moins qu'elle ne soit simplement contrariée à l'idée de s'être assoupie au lieu de veiller sa hache. D'ordinaire, il était délicat d'entretenir une conversation structurée avec une personne à peine extirpée de ses songes, dans le cas d'Helya, cela ne changeait pas de son âpreté usuelle. Le forgeron conjecturait à ce sujet : peut-être qu'un quidam s'amusait à l'éveiller chaque jour de la sorte pour attiser son irascibilité dès l'aurore ? Son petit doigt lui disait que ce rôle seyait parfaitement à Rhoawyr, le fidèle à l'Amazone qu'il connaissait simplement de vue mais dont les algarades avec son capitaine détonaient dans tout Pyk. Amusant, au fond, cela n'était pas sans lui remémorer sa propre relation avec Gabriel, quand bien même leurs accalmies semblaient bien plus nombreuses et jalonnées d'instants hilares. Cependant, le caractère de la rousse harpie était de plus en plus apprécié de l'Edenteur qui s'amusait de sa fine répartie. Elle le lynchait de ses répliques au même titre que lui le faisait et ne s'offusquait nullement des revers de bâtons, tout en renvoyant une saumâtre déferlante de tirades proprement dosées. Une rhétorique fer-née qu'il aimait, convaincu qu'avec l'éloquence qui était leur, ils pourraient se parler sans détour et compter sur l'authenticité de l'autre. Pas d'emphases, ni de minauderies, une discussion de roche et de fer. En plus, voilà qu'elle l'attaquait sur son gigantisme ! Son commentaire arracha un ricanement au forgeron qui haussa simplement les épaules : lui-même ignorait d'où il tirait cette grandeur titanesque qui lui faisait embrasser plafonds et charpentes, bien qu'il était certain que le gène n'était pas hérité de ses chromosomes Greyjoy. Certainement un atavisme du côté de feu sa génitrice, qui lui avait déjà laissé entendre qu'il ressemblait aux hommes de sa famille restée sur le continent. Peu lui chalait, en réalité, il mettait à profit son avantage lorsqu'il était bon de le faire et s'en contentait parfaitement au quotidien. S'il aurait aisément pu renvoyer la boutade à son interlocutrice concernant sa propre taille – toutes ces femmes étaient bien trop petites, décidément – il s'en abstint et observa le chapardage de sa viande. « Recrache, salope ! » aurait été son admonestation habituelle si la bonne humeur d'avoir travaillé le fer toute la nuitée durant ne dépurait pas son comportement. Qui plus est, elle avait son apport de considération, assez pour qu'il ne la châtie pas pour une si petite bride qu'elle ne sembla pas même apprécier.

Quand vint la question d'une hypothétique gravure, il prêta une oreille particulièrement attentive à ses propos, les gravant à même son esprit pour en faire bon usage une fois sa besogne retrouvée. Des runes, il devait effectivement en conserver quelques-unes dans son bastringue, certaines s'ébauchèrent vaguement en sa mémoire comme adéquates pour ornementer la fidèle de la demoiselle. Cependant, une nouvelle offensive remettant en doute sa virilité le laissa coi, ses sourcils se rehaussèrent sensiblement et ses noires prunelles furetèrent le faciès de son vis-à-vis, incrédules. C'était bien la première fois que sa carnassière passion pour les dentures l'apparentait à une donzelle, il trouvait même la comparaison stupide et aurait eu tous les droits de s'en fâcher – après tout, taquiner un mâle sur son orgueil phallique n'était pas sans risques. Mais Lakdahr n'était pas bégueule pour un pécule, et préférait de loin user de sa verdeur plutôt que de ses poings pour si peu.

« C'est parce que t'as jamais vu un homme digne de c'nom, ma verge t'ferait peur, fillette. » Une risette goguenarde ourlée sur ses lèvres, il eut du mal à imaginer Helya au coudoiement d'un homme autrement que pour le vitupérer de ses feulements. A quelques exceptions près, les fer-nées n'étaient pas des parangons de sensualité et il était légitime de s'interroger sur leur entre-jambe, à savoir : étaient-elles aussi burnées que leur attitude le laissait croire ? Concernant la rouquine, il avait comme une idée déjà bien rodée sur la question. « C'ci dit si tu m'vois comme une drôlesse c'est qu'ça doit être toi l'gaillard et que t'en as une plus grosse que moi. Vois moi comme une pucelle si ça t'fait bander, tant que t'essaies pas d'me la foutre au cul après. »

Comme toujours, toute la prosodie de leur peuple miroitait dans le lyrisme du colosse, qui s'en amusait sans opprobre. Les castes oreilles n'avaient rien à faire à ses abords, le Dieu Noyé savait que nombre de continentaux avaient préféré se donner eux-mêmes la mort que de l'entendre versifier – et c'était encore pire lorsqu'il se mettait à chanter. On ne cessait de le lui dire, son phonème caverneux n'était guère fait pour les vocalises, il s'y était résigné, malgré lui. Loin de songer à se reconvertir en barde, la suite de la conversation eut le mérite de véritablement le surprendre alors qu'il s'apprêtait à reprendre son repas. Quelques temps auparavant, Helya l'aurait évidé sans remords pour avoir osé barouder contre son frère et, en plus, l'avoir spolié d'un trophée dentaire. Désormais, voilà qu'elle se présentait à l'antipode de cette situation qu'ils avaient pourtant connue, l'encourageant même avec abjection à se servir dans la dentition de sa fratrie. Les yeux plissés en sa direction, ses pommettes s'étaient contractées et un côté de sa lèvre supérieure redressée dans l'action, une mimique prouvant son incompréhension la plus intégrale sur ce revers auquel il ne s'était absolument pas attendu. Loin derrière, elle venait de l'égarer dans l'Inextricable à tel point qu'il crut qu'elle se raillait volontairement de lui, cherchant à lui faire avaler un boutre tout entier. Et comme si cela ne suffisait pas, le mestre fêvre tomba littéralement des nues lorsqu'elle déposa la fameuse dent source de leur conflit d'antan, la lui tendant ostensiblement dans la confidence d'un fantasme sur le sort de son frangin. Pour la peine, l'Edenteur se désintéressa même de sa pitance pour récupérer le bijou au creux de son énorme paluche, le jaugeant avec incertitude.

« Euh... Jusque là j'ai ravalé ma curiosité, mais va falloir qu'tu m'expliques, parce que j't'avoue que j'suis plus grand chose... » S'il était loin d'être un benêt et qu'il avait d'ores et déjà deviné que les relations familiales s'étaient détériorées à Lordsport, l'animosité de la jeune femme à l'égard d'un être qu'elle avait autrefois défendu avec zèle le laissait pantois. Cependant, elle avait posé sa question la première, celle qu'il s'était attendu à recevoir un jour ou l'autre. Son regard de jaspe sombre se reposa sur l'opalin minois qui lui faisait face. « Moi non plus, j'l'ai pas gagné, même si j'doute bien t'avoir défoncé quelques côtes au passage. J'aime pas perdre, et c'te dent, ton frère avait mérité que j'la lui fasse sauter, mais j'm'attendais pas à c'que sa soeurette s'présente pour la réclamer... » Il redressa son épine dorsale pour détendre ses muscles avant de reprendre la parole, un coude sur le dossier de son siège. « Toutes les drôlesses qu'elles soient cap'taines ou pas s'raient pas v'nues me trouver sachant qu'ma seule main fait la taille d'leur crâne. Pour en rev'nir à ce que j'disais tout à l'heure, t'as une sacrée paire de couilles, ça méritait que j'fasse un effort. J'suis peut-être ce que j'suis, mais j'sais encore reconnaître d'la vraie valeur quand j'en vois. »

Pas besoin de plus de prolixité, Helya avait certainement compris où il voulait en venir. Il n'irait pas plus louer sa hardiesse car le seul fait qu'il lui eut rendu l'incisive fraternelle prouvait qu'il l'estimait. Au-delà du fameux défi qu'elle lui avait lancé, il avait ouï-dire qu'elle était une guerrière émérite pour un si petit bout de femme, une chose qu'il avait bien envie de vérifier lorsque l'opportunité se présenterait. Ceci étant, il savait déjà quel emplacement il réservait pour la dent qu'il glissa dans l'une de ses poches, détachant ensuite un lambeau de chèvre pour s'en repaître avec délice. A la suite de quoi, il saisit sa chope encore pleine et se délecta de gorgeons à sa taille, absorbant une bonne moitié de son breuvage. Une fois reposée sur la table, il essuya bouche et barbe d'une grande mouvance du bras, adressant un rictus amusé à la Botley.

« Toute façon, fallait bien que j'te rende ta hache, et si tu l'as gardée jusque maintenant j'en conclus qu'elle t'a pas déplue. » Même sans qu'il ne soit délégué à la réparation de son arme, sans doute aurait-il trouvé le moyen de lui rendre ce qu'il avait dérobé à son frère. Cependant, il était temps de lui renvoyer la balle. « Et toi, y a d'autres forgerons à Pyk, pourquoi t'es venue m'trouver moi ? »

Peut-être la réponse se trouvait-elle dans sa précédente tirade, mais il voulait en avoir le coeur net avant de lui donner réponse quant à une traversée sur l'Amazone. Lakdahr n'était pas dupe, il savait que la jeune femme devait lui vouer un minimum de considération si elle le conviait d'elle-même à naviguer à ses côtés. Les boutres étaient encore ce que les capitaines avaient de plus précieux sur les Iles-de-Fer, tout le monde ne pouvait se targuer d'en fouler le pont.




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Helya Harloi
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Message Ven 27 Juil 2012 - 11:01

Bloc de glace, la harpie rousse savait manier à la perfection son visage et le rendre aussi dur que de la pierre ne laissant suinter aucune émotion, aucune trahison sur ce qu'elle pourrait éprouver sous l'épais barrage. Cependant, l'animal est humain et comble des mortels, ne rien ressentir n'est qu'un fantasme sans espoir de prendre vie mais dans ce monde cruel, l'émotion est vue comme une faiblesse et une tare féminine. Ejectée. Rejetée. Boycotté de son esprit disloqué, elle a condamné toutes les portes pour les sceller. Monstre sans coeur, sorcière qui a vendu son âme au diable, etc... Rumeurs de ruelles pénombres, rien de plus. Il faut en payer le prix pour posséder tant, pour exister au delà des condamnations archaïques du monde, dans ce monde où la femme a déjà sa place depuis des décennies, celle qui racle le sol le dos voûté dominée, rabaissée, baisée. Non. Elle visait un destin plus ambitieux pour sa dégaine, pour sa carcasse, ramper sur le sol, non, s'élever et terrasser, oui. Diriger et s'imposer, quitte à ignorer les écorchures de l'âme, les blessures profondes de l'invisible sans nom sur un esprit ruiné, renier et garder la tête haute, oui, quitte à le faire, elle le fait bien, tellement bien. L'insoumission Botley quitte son met du regard pour toiser un court instant son interlocuteur, rictus de dégoût indiscutable sur le visage. Parler de verge et toute l'artillerie inutile d'un homme pendant son repas ? Un bon moyen de lui couper l'appétit. Comment pouvait faire ces puterelles pour s'allonger docilement et ouvrir les cuisses afin d'accueillir en leur antre cette bête immonde ?! Belle preuve de soumission. Sa virginité encore existante, elle s'en félicitait chaque fois qu'elle en avait l'occasion et aujourd'hui en était une. Que crève le premier qui tente de l'allonger et la soumettre à lui. Qu'il crève de ses mains comme la main du fils Wynch qui avait tenté de la souiller. Sa réputation n'était plus à refaire depuis cette fameuse nuit, Botley est un cas désespéré en allant presque jusqu'à dire qu'elle était un homme raté, un homme dans un corps de femme. Une erreur de parcours ou une farce du Dieu Noyé, chacun avait sa version et la capitaine prenait soin de ne participer à aucun litige sur son compte. Que les gens parlent et parlent. « Si t'en as une » Loin d'elle d'avoir envie de preuve, il fallait juste remplir les vides, sortir de ce terrain miné sans avoir l'air d'une déserteuse, la honte au cul. « Pas la peine d'me balancer à l'gueule c'que t'aime faire dans l'ombre d'la nuit. Pour t'bourrer le cul, j'passe mon tour. J'laisse-ça pour les tafiotes de l'île, t'en as à profusion, tu trouveras forcément ton bonheur » Mots crachés le regard planté dans son assiette, petit clin d'oeil pour le délicat Harloi. Ce sujet de discussion était loin d'être charmant, la rousse n'était pas une grande bavarde mais parler certainement d'cul et d'bite était loin de la rendre loquasse. Peut-être pourrait-on voir cela comme une grosse blague, Helya Botley, hyène enragée une prude frigide ? A mourir de rire. Rhoawyr était bien le seul à connaître ce détail croustillant par toutes ses années de service sur l'Amazone et ses moqueries pathétiques lui insufflaient l'envie de lui couper la langue. Elle n'avait pas besoin qu'une autre personne se paye la tête de ses idéaux. Les doigts plantés dans la chair de son poisson grillé, elle espérait que la conversion prenne une autre tournure, plus haut que la ceinture si possible afin de cesser de jouer la carte de la nonchalance quand tout son être a envie d'aller se tapir dans un coin. Redressant la face, le regard légèrement surpris quitte son assiette, parce que le forgeron s'intéressait à l'historique des travers de son blaze ?! Décidément, une femelle était en face de lui. Cependant un sourire dévoilant ses crocs étira ses traits, un sourire qui allait à l'encontre de ce qu'elle pouvait bien ressentir sous la couche d'orgueil bafoué et d'appel à la vengeance mais abstraction obligé. « Simple rébellion, forgeron. Ceux qu'pensent pouvoir m'diriger et m'imposer quoiqu'ce soit, j'leur décerne l'plaisir d'goûter à m'hache, qu'ils soient d'mon sang ou pas. M'libre arbitre n'est pas négociable et m'vie, j'en dispose comme j'veux » Sentence crachée, potence adjugée. « M'côtes t'emmerdent mais j'abdique, ce chien méritait sa sentence, un homme qu'ne sait pas s'battre et dont l'soeur doit venir sauver l'honneur, c'est digne d'continent, pas d'un fer-né. » Simple vérité remise dans son contexte, son frère était un moins que rien, point à la ligne. Plantant ses globes oculaires dans ceux du géant de fer ceci dit moins imposant une fois assis, la haineuse Botley fit un geste bref de la tête, le visage impassible alors qu'une sorte de chaleur lui prenait les entrailles. Ce n'était pas le ventre ravi d'être rassasié, non, c'était le plaisir de la reconnaissance, d'être reconnue pour ce qu'elle est, le prix de ses efforts, de ses sacrifices. Combien même, elle se dit insouciante de ce que peuvent bien penser les autres fer-nés de sa dégaine, savoir que sa valeur est reconnue n'est pas déplaisante, au contraire... « C'était un challenge trop alléchant pour l'laisser filer. » Constat sans besoin de plus de mots et tous deux n'étaient pas généreux en compliments mais le message était passé, bien passé. Helya se surprenait à constater la présence de l'Edenteur comme agréable, pratiquement à la même échelle que celle de Gabriel. « Si j'l'ai gardé c'que j'pouvais pas faire autrement, a-t-on d'jà vu un capitaine sans arme ? » Boutade perfide pour ne point s'étaler en douce éloquence mais la vérité était autre, sa question venait quérir de sortir de sa cachette. Lâchant le carcasse de son poisson vide de chair, la bouche essuyée d'un geste du bras, la capitaine laisse un fin rire signer la fin de son repas et les mots qui sortent de sa gorge. « Vrai, Lakdahr, y'en a d'autres mais j'n'ai point envie d'foutre en l'air mon précieux temps pour aller vérifier leurs talents quand j'ai d'jà pu constater les tiens. Cette hache j'y tiens et j'la confierai pas au premier pouilleux s'proclamant forgeron qui passe. Comme t'l'as dit tantôt, elle n'm'a pas déplue » Longue rasade de son breuvage, la rousse repose son verre maintenant à sec sur la table. « De plus, aucun d'eux n'peuvent avoir l'honneur d'cracher d'avoir pu m'cogner. C'me fait chier d'le dire mais t'as excellé là où d'autres ont échoué sinon j't'aurais pas proposé d'monter à bord d'l'Amazone. L'raclure n'a pas s'place sur m'navire » Fierté à part, ses talents de forgeron n'étaient plus à refaire mais en combat, il valait bien plus que certains, elle devait bien se l'avouer. Aussi bornée et orgueilleuse soit la harpie, elle sait reconnaître la trame d'une personne qui mérite son estime, même si cet homme lui a fêlé quelque côtés et sa fierté avec. A l'entée de la taverne, se pointe le spectre d'une silhouette qu'elle connaît que trop bien pour l'avoir vu depuis sa naissance, un sourire amusé pointe le bout de son nez. « Quand on parle d'raclure... » Siffle-t-elle en désignant son frère cadet du menton. A ce moment précis, sa hache lui manquait douloureusement surtout si ce pédant venait à la provoquer. Plutôt crever que de faire profil bas, la capitaine y répondra à coup sûr avec insolence. Sa fierté la perdra un jour... « L'envie d'retrouver m'hache devient vraiment urgent » Après tout, sans arme, c'est comme être nu comme un ver, c'est être vulnérable à toutes attaques et elle n'avait aucune envie de compter sur qui que ce soit, bien qu'elle doutait sérieusement que Lakdahr vienne à son aide si la situation tournait au vinaigre. Ce qui n'est pas plus mal connaissant la bestiole...




Une civilisation se transforme lorsque son élément le plus douloureux devient tout à coup une valeur
Lorsqu'il ne s'agit plus d'échapper à cette humiliation, mais d'en attendre son salut, d'y trouver sa raison d'être.



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Lakdahr l'Edenteur
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Message Lun 30 Juil 2012 - 15:57

La harpie de pourpre crinière était l'archétype même de ce que pouvait être les fallacieuses sirènes des Iles-de-Fer. Des succubes qui dardaient de leurs crocs à la première opportunité, d'avantage soucieuse de leur notoriété de guerrière et amante des flots que de leur hypothétique rôle d'épouse ou de génitrice. Si toutes avaient leur place sur un boutre, leur matrice n'était-elle point la preuve qu'un être devait grandir en leur sein, inéluctable destin auquel peu échappaient ? Dans un accès de vésanie, Lakdahr osa illustrer son interlocutrice en alliance maritale, la panse rondouillarde et un bambin déjà au creux des bras. « Oh putain... ». Une perspective à la fois effarante, accablante et ô combien désopilante, en particulier alors que cette scène se brodait du patronyme d'Harloi. Si Sargon parvenait malgré toutes les tribulations que cela représentait à s'unir à celle qu'il convoitait, le colosse se promettait de les observer de près tant cette conjecture se drapait d'invraisemblance. Nul doute que Dix-Tours deviendrait un théâtre de toutes les algarades conjugales, plancher d'Actes les plus improbables et finalement, ce ne serait plus lui qui bourlinguerait jusqu'à Gabriel, mais son ami qui trouverait refuge sur Pyk. Helya l'amusait comme rarement une drôlesse le pouvait, authentique jusqu'à la moelle, corrosive de toute son âme bien que délicate à comprendre. Pour autant, l'Edenteur y fournit un considérable effort pour tenter de la décrypter à travers les allégations et autres truculences qu'elle lui offrit tout en se bâfrant de sa poiscaille. Sourcils sensiblement serrés en signe de concentration, il crut concevoir cette volonté de s'émanciper ou de simplement imposer son opinion sans objection plausible. L'autonomie – et plus évasivement la liberté – étaient des notions ardues à conquérir, mais encore plus à préserver, surtout alors que l'on germait au coeur d'une famille, une chose que le titan n'avait guère jamais connu. Pour ce qui fut de ce fameux frère au mérite de revers en pleine physionomie, il opina positivement du chef pour corroborer ses dires, jugeant même étonnant de sa part de s'être contenté d'une seule et unique pièce de la denture du fils Botley. Visiblement, les relations fraternelles n'étaient point au beau fixe, ce dont lui-même ne se plaindrait pas puisque cela lui permettait de récupérer un bien qu'il avait loyalement obtenu. Il aurait désormais de quoi se gausser s'il venait à croiser l'énergumène dont ils conversaient, ce qui arriverait inexorablement sur un havre tel que le leur.

Offensive de flatteries, revers de compliments, et ce fut au tour du mestre fêvre d'humblement se complaire dans les tirades de la rouquine. La franchise était un acabit autant qu'une arme et croiser le fer en toute estime avait une pesanteur réjouissante, satisfaisante. Chaque congratulation était bonne à entendre et à prendre, ce dont il ne se priva pas bien que s'en faire vaniteux n'était absolument pas dans ses marottes. La harpie s'était offusquée d'ouïr son ossature craqueter sous les phalanges du géant qui lui faisait office de compagnon de table, tout comme lui avait pris ombrage de voir une si petite bribe de femme le défier et lui tenir longuement tête dans l'épreuve. S'il avait été le plus véloce en matière de recul et de réflexion, il était plaisant de constater que la demoiselle n'était pas non plus dénuée de discernement au revers de son âpreté usuelle. Sa sollicitation était gratifiante, l'invitation sur son embarcation l'était au centuple lorsque l'ont savait de quel fer était forgé l'orgeuil des capitaines.

« C'doit être mon côté donzelle qui t'fait mouiller pour mes créations, ou celui tafiote p't'être ? » Toute l'exhaustivité des injures qu'il avait essuyées de sa part et qui lui fit expirer un rire de rogomme. « J'suis rentré des Terres d'l'Ouest y a pas longtemps, j'ai une masse d'besogne à faire mais r'serve moi une place pour ta prochaine traversée. Découvrir l'pont de l'Amazone, ça m'botte. »

Impossible pour lui de quitter sa forge pour les jours à venir, les commandes s'étaient amoncelées à l'instar de ses trésors de ferraille dans ses antres et sa récente coercition de chaperonner Deirdre l'avait retardé dans son travail. Cependant, il escomptait à ne surtout pas omettre la proposition de l'auburn furie et même à l'honorer dès l'occasion suivante si elle ne s'était pas annihilée d'ici là. Que l'une tranche des mains pendant que l'autre spoliait des dents, une croisière des plus alléchantes et qui promettait de faire frémir les côtes et leurs ridicules autochtones. Mais alors qu'il s'apprêtait à partager cette pensée, la raclure pénétra dans la taverne. Lakdahr suivit les prunelles de la jeune femme pour enfin remarquer ce frère tant importun et haï depuis quelques temps, qu'il toisa sans opprobre au même titre qu'Helya. L'instance de cette dernière lui fit faire la moue avant qu'il ne se penche sur sa pitance pour littéralement ingurgiter ce qu'il en restait, rongeant promptement l'os dont il ne restait bientôt plus un fil de viande. Repas lent ou goinfre, l'important était que son rumen était dorénavant soulagé et qu'il pouvait s'en aller reprendre la besogne délaissée, avec d'autant plus de motivation après cette brève discussion.

« On s'arrache, j'vais finir ta hache. »

Avant d'illustrer ses propos par une mouvance annonçant leur départ, il empoigna la hanse de sa chopine et en vida son contenu de deux énormes lampées. Ses onyx guignèrent une dernière fois le frère Botley avant qu'il ne se lève et rejoigne le corridor qu'ils avaient antérieurement emprunté, vérifiant que la rouquine le talonnait. Agressés par la froidure atmosphérique, ils le furent derechef dès lors qu'il poussa l'huis de son fourneau dont la chaleur demeurait toujours aussi étouffante. Il laissa son hôte s'installer à son aise puisque l'endroit semblait lui seoir au point qu'elle s'y endorme, puis reprit la suite de son oeuvre de son côté. Dans son phylactère de créativité, l'Edenteur songea aux informations qu'il avait récoltés concernant les envies de la propriétaire de l'armement, quelle ornementation lui ploierait-il finalement ? Une inscription risquait de lui remémorer son ancienne hache, or, elle convoitait un talisman d'affranchissement encline à dilacérer les chairs autant qu'à éblouir les yeux. Une rune, comme elle le lui avait suggérée, serait une fioriture adéquate dans son cas de figure, avec une offrande spécifique qu'elle apprécierait assurément. Sous ses monceaux de divers matériaux, il se mit à fureter et à retourner, jusqu'à mettre la main sur ce qu'il recherchait. Hache entre ses phalanges, il contempla les courbes de son ouvrage pour vérifier qu'il ne pouvait pas l'améliorer dans ses ultimes touches, ce qu'il fit, entièrement concentré et happé par la contention tant physique que mentale que quémandait son artisanat. Il jugea bon de l'enjoliver d'un ogam d'une teinte similaire à la crinière de la succube qui patientait ou s'impatientait dans son coin. Une fine gravure en émaillait le centre, la tête d'une femme qui, en guise de cheveux, possédait un bouquet de najas toutes canines empoisonnées dehors. Un bijou qu'il avait naguère dérobé à un marchand des Cités Libres, celui-ci ayant susurré le nom de Gorgone avant d'être définitivement réduit au silence. Le colosse ignorait tout de l'héraldique de cette mystérieuse créature féminine et pourtant si auguste, la pugnacité qui se dégageait de l'objet était, d'après lui, en accord avec une Helya qu'il avait d'ores et déjà affrontée. L'idée la séduirait-elle ? Si tel était le cas, elle n'en miroiterait peut-être rien, mais si elle n'en venait pas à la lui renvoyer en pleine tête, ceci était de bon augure. Il vérifia la teneur de l'arme en la maniant brièvement même si tout le plaisir reviendrait à la succube, vers laquelle il se dirigea finalement – et qu'il estima toujours aussi minuscule en l'observant de toute sa hauteur. Une fine risette vint embellir la commissure de ses lèvres, puis il tendit le bien duquel il s'était occupé avec émulation.

« La v'là ta précieuse, neuve comme un mioche qu'on vient d'expulser. » Ses bras se croisèrent une fois qu'elle l'eut récupérée et il guetta sa réaction. Sous la rune installée, trônait une unique dent, et pour cause, sa symbolique était forte puisqu'elle était celle du frère de la jeune femme. Une attention qu'il avait tenu à lui faire, et après avoir renâclé, il commenta d'un humour macabre. « Si un jour t'as l'reste de sa dentition, j'te la rajouterai autour. »




" - On fait quoi ? - Valeurs sûres : on leur éclate la gueule. "
 " Barbare qui roule amasse coups de boule. "
" On dit que les fer-nés détestent toutes les races, c'est faux, on les aime toutes ! En ragoût, en civet, à la broche... "

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Helya Harloi
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Message Mar 25 Sep 2012 - 7:41


Il n'y a, hélas, pas de terre d'accueil pour un fer né, encore moins pour une fer née outre les terres iodées qui ont vu leurs carcasses venir au monde. Il n'y a pas d'échappatoire et vivre inlassablement sur les flots sans fouler une terre : impossible. Il faut sans cesse revenir sur cette maudite île, théâtre de tant de parjures à sa personne, d'une vie bonne à racler la peau pourrie des pieds moisis de sa famille. Il y a des gens qui naissent le cul bordé de nouilles et d'autres qui naissent le cul rempli de caillasse, se bouger est difficile et requiert beaucoup d'efforts. De toute façon, il est bien plus gratifiant d'exceller dans la difficulté que dans la facilité, ce n'est que la lopette de base qui peut faire le fier quand tout lui est tombé dans le bec sans se remuer. La hargne de réussir, ce n'est pas tout le monde qui l'a mais quand on l'a, on peut faire de grandes choses jusqu'à soulever l'autorité d'un patriarche, avoir son propre boutre, s'élever au même rang qu'un homme. Chaque chose a son prix comme celui d'être soi-même enfin, de se libérer des chaines lourdes. Être une femme sur les îles de fer est une chose mais être une femme libre capitaine de surcroît en est une autre. Une autre paire de manche, un tout autre terrain de jeu. Il faut être un mât dans un océan de requins qui n'attendent qu'une chose : un faux pas de votre part pour vous dévorer et ne laisser rien de votre dégaine. Voilà ce que c'est d'être une capitaine dans ce monde et d'exceller. On sue eau et sang pour y parvenir mais quand on y parvient, ce n'est pas la fin : non. Il faut savoir rester au sommet, il faut savoir repérer les vautours qui lorgnent sur votre dépouille, il faut savoir les repousser ou bien les éradiquer complètement. C'est un poste qui ne se finit pas quand le soleil va retrouver l'horizon, ça n'a pas d'heure, c'est constant car la mauvaise graine n'a jamais de repos, la gangrène peut toujours se repaître de nos corps. Pas un sourire, pas un éclat de rire vient dessouder les lèvres de l'unique Botley, gaspillage de temps, foutaises, aucune utilité. C'est un fait, la harpie rousse ne prend jamais de pause récréative, constamment aux aguets, l'énergie dépensée à se méfier, à être prête à répondre à la moindre attaque physique ou autre, prête à mordre, sur la défensive. Avouez-le qu'il y a une mince paranoïa dans ses agissements, cela est peut-être vrai ou fondé mais qui la blâmerait ? Le passé argumente de lui-même. Pourtant, aux côtés de son second, on peut apercevoir un faible sourire amusé, un rire éteint mais un rire tout de même.

Voilà que nouveauté, ce même phénomène se produisait aux côtés de l'immense Lakdahr qui arrivait à arracher des oeillades narquois sur ce visage glacial à défaut de lui dégommer les côtes. Rire déteint et froid se vomit de sa bouche alors que le regard se soude sur la silhouette familière de son dit-frère. « Les deux sûrement. Qui ça n'ferait pas frémir d'envie d'être sur mon navire ? » Fierté de capitaine nullement dissimulée, son navire était la cible de plusieurs marins qui se faisaient pourtant recaler face à l'insatiable ambition de la dernière Botley. Pourtant, autant son ponton faisait sa publicité de lui-même autant il en effrayait quelqu'un : le capitaine sans nul doute en était à l'origine. Les plus macho se refusaient d'être sous les ordres d'une femelle à tignasse hirsute, de se faire cracher dessus par une harpie qui aiguise ses crocs sur ses hommes. Opinant du chef, Botley se redresse d'un bond, désireuse de retrouver l'expansion tranchant de son bras et d'effacer la sensation éphémère d'être vulnérable. La nabote et le géant dégagent de la taverne d'un pas tranquille ne trahissant nullement l'empressement que la Capitaine réfrène en son for intérieur . Face à l'entrée de la forge, Helya grimace, maudissant déjà la chaleur étouffante, se préparant à l'avance à l'affronter. Pendant un court instant, l'envie d'attendre dehors s'installe dans ses pensées mais plutôt se noyer dans les flots que de laisser sous-entendre une faiblesse, la Capitaine traine sa carcasse dans l'habitacle suffocante avec la même jovialité qu'un animal se dirigeant à l'abattoir. Tassée sur un coin de la forge, cherchant la fraîcheur déjà morte du sol, elle attend ou plutôt s'impatiente. Les minutes deviennent des heures et l'impatience de la jeune femme est mise à rude épreuve. Son poing se ferme et s'ouvre dans un certain rythme comme un appel fiévreux et silencieux de la pièce unique qui manque à son bras. Sa hache a toujours été vitale pour elle, son fidèle compagnon dans les jours sanglants, lors des lunes rouges agrées de cris morbides, de silhouettes funestes rampantes sur le sol déjà rouge. Il ne lui manquait que le sceptre de sa fureur pour retourner sur les flots. Alors qu'Helya étouffait des médisances sur la chaleur environnante, Lakdahr se retourne enfin comme une délivrance le sceptre tranchant dans les miches. Sans prendre le soin de cacher son empressement, la rousse se relève d'un bond et s'empare de son bien flambant neuf dans un silence d'aplomb qui ne se veut aucunement dédaigneux. Son sang coule plus rapidement dans ses veines, elle retrouve une partie d'elle. Ses yeux parcourent l'objet, se délectent de chaque détails avant que ses doigts ne viennent s'y joindre. Un rictus narquois vient armer sa dégaine quand ses doigts viennent caresser le visage d'une femme dont la tignasse lui rappelle un peu la sienne sans les crocs aiguisés. Sous sa jumelle de métal, elle vient découvrir la fameuse dent qui vient sceller sa satisfaction, la hache parfaite, le sceptre parfait pour laisser couler sa frustration. Il est certain que maintenant aucun autre forgeron ne viendrait faire ombre à ce géant sauf peut-être s'il réussit à lui éclater autant de côtes que Lakdahr en un seul coup mais Helya ne se leurrait pas, Lakdahr était le seul à pourvoir injurier son orgueil de la sorte. Prise d'une sorte de jovialité, elle esquisse quelque mouvements rapides qui fendent l'air laissant son bras se complaire dans des retrouvailles avec sa hache. Elle est beaucoup plus rapide et adhésive à la paume de sa main, sentiment plus agréable pour une prise de main, le sang coulera à nouveau, c'est une promesse sans mots. Brandissant le nouveau né devant elle, Helya acquiesce un fin sourire sur le visage, gage de sa satisfaction. « Puisque c'est un jour nouveau, un combat nouveau insufflé dans ton tranchant … Goshaël la furieuse je te nomme » Simple mots psalmodiés, globes oculaires plantés sur l'arme laissant Lakdarh spectateur d'un baptême singulier, peut-être inutile pour lui mais important pour la Capitaine après tout cette hache signait une nouvelle ère pour les Botley. Goshaël rangée dans son socle de cuir, la nabote fait craquer la jointure de ses mains dans une mélopée d'ossements brisés. « Bon travail, forgeron ! Personne d'autre ne touchera ma hache désormais ! » Dans ces simples mots, à bien tendre l'oreille on pouvait entendre la reconnaissance de la Capitaine formulée à sa manière, un merci muet refoulé dans son orgueil que la fer-née ne sait exprimer autrement . « Je n'y manqu'rai pas, Lakdahr. Dentition, os, peu importe, ça ornera ma hache » Parole de Botley, serment sincère. Et pour une fois, un franc sourire étire les traits froids de la nabote rousse alors que sa main vient tapoter fermement les côtes du géant comme une boutade sur elle-même. « A mon retour, t'seras l'bienvenue sur l'Amazone. T'as qu'à débarquer quand t'veux et si on t'laisse pas monter, balance-les par d'sus bord. » Helya savait à l'avance que Rhoawyr ne laisserait personne monter à bord si elle ne se trouvait pas sur le pont et imaginer le géant le foutre à la flotte était un délice dont elle ne se priverait pas. Donnant un dernier coup franc de son coude contre les flancs du forgeron plus comme une badinerie qu'une provocation, la nabote s'éclipse aussi rapidement que sa vélocité lui permet.

FIN DU SUJET




Une civilisation se transforme lorsque son élément le plus douloureux devient tout à coup une valeur
Lorsqu'il ne s'agit plus d'échapper à cette humiliation, mais d'en attendre son salut, d'y trouver sa raison d'être.



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