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Freux en territoire ennemi ~ Flashback [ terminé ]

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Commandant des Dents de Freux
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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
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Message Lun 28 Mai 2012 - 12:10

Spoiler:
 




L'atmosphère était étrange, ineffable – inquiétante. Les cieux étaient teintés de noirceur, bigarrés de nébulosités condensées que l'on soupçonnait prompts à cracher leur giboulée à tout moment. Qu'était-ce que cette sorcellerie ? Simplement les Terres de l'Orage qui n'eurent jamais aussi bien porté leur appellation. L'on entendait la foudre tonner au loin et frapper la quiétude de la contrée, sans que cela ne semble offusquer les autochtones. Cette ambiance électrique était devenue marotte pour ces gens, un simple détail dans leur quotidien et qu'ils affrontaient de façon itérative. Pour qui n'était point originaire de cette région boisée, les conséquences de tels tumultes célestes n'étaient pas faites de la même sérénité : ce qui était présentement le cas pour un Freux esseulé en territoire rival. Cependant, l'antagonisme cité n'était en rien lié à la famille Baratheon, mais bien aux Targaryen dont il foulait la princière demeure. Lestival, et son célèbre bastion – tout comme son insupportable maître des lieux. Alrik n'était pas ici chez lui – pire encore ! Son patronyme se susurrait sur toutes les lèvres depuis qu'il s'était présenté en compagnie du cortège royal quelques heures auparavant. L'on diffamait déjà que le laquais du Grand Bâtard Freuxsanglant s'était imposé auprès de sa Majesté la Reine et du Prince Daeron pour mieux épier leurs faits et gestes, puis faire son rapport à la Main du Roi dès son retour. Des racontars à moitié véridiques, car ce n'était nul autre qu'Aelinor elle-même qui avait quémandé le capitaine dans son escorte, le persuadant de veiller sur son neveu et de le raccompagner à Port-Réal par la suite, alors qu'elle se rendait à Dorne. Cette requête avait laissé le chevalier pantois, lui qui se méfiait de la souveraine comme de la peste noire. Ses simagrées trop aguicheuses, trop douceâtres pour que quelques intentions inavouées ne se camouflent pas au revers. Sans qu'il ne sache pourquoi, elle s'était toujours plu à provoquer son malaise en jouant de son charme et de ses oeillades, peut-être pensait-elle – à tort – qu'il était encore cette jeune recrue timorée qu'elle avait jadis connue. Les années s'étaient depuis additionnées et les choses avaient évolué, notamment le grade et la circonspection de l'ancien indigent qu'il était. Quand bien même il semblait donc y avoir anguille sous roche dans toute cette organisation, le sieur Mallery était parvenu à convaincre le lord Brynden de l'assigner à ce qu'il avait secrètement qualifié de basse besogne. Cette pérégrination n'aurait rien d'une sinécure, il en était conscient mais avait l'espoir de mener quelques discrètes investigations au sein de la forteresse. Son séjour ne serait ainsi pas vain à la condition qu'il se terre dans l'ombre pour mener à bien ses actions, car il ne doutait pas que tout quidam qui croiserait sa route le lorgnerait avec suspicion. S'il ne voulait voir aucune répercussion ébranler la déjà précaire entente de l'actuel régent avec le reste des Targaryen, il se devait d'agir avec la plus grande prudence.

Cela commençait entre autre par ne point se faire remarquer plus que de raison. Installé dans la cour depuis au moins deux heures, le commandant de la garde du Donjon Rouge se contentait d'observer les quelques flux de sujets et sentinelles. Il songeait aux personnes à qui il pourrait extorquer une quelconque information sur les récentes activités seigneuriales, sans que cela ne parvienne ensuite jusqu'aux oreilles du principal concerné. Maekar s'ombragerait inéluctablement d'entendre que des troubles se fomentaient à même son logis, par l'un de ses pires ennemis et bouc émissaire favori depuis nombre d'années. Les opportunités n'eurent pas manqué pour que ce dernier lui fasse la démonstration de toute sa haine, viscérale et irascible, pour ensuite lui promettre de faire de son existence une simple kyrielle de tribulations. Fort heureusement pour Alrik, leurs rencontres s'étaient presque toujours déroulées dans l'enceinte du bastion royal, là où l'autorité lui revenait de droit dans la mesure où il en était le principal cerbère. Jusqu'alors, seules des brimades plus qu'outrageantes avaient été les armes du prince, aussitôt supplantées par les sommations courtoises mais péremptoires du Freux pour que le provocateur ne regagne ses appartements – ou plus concrètement, qu'il ne disparaisse de sa vue. Des heurts qu'aucun d'eux n'avait omis et qui ne faisaient qu'attiser leur inimitié. Les enjeux politiques étaient trop substantiels pour que l'éthique n'intervienne, bien que le jeune fieffé ait de son côté toujours veillé à ne pas outrepasser les lisières de la convenance au risque que les hostilités ne s'enveniment. Le prince était-il au fait de sa venue ? Il doutait qu'il puisse en être autrement, la fortune lui faisait simplement risette que leurs chemins ne se soient pas encore entrecroisés. Ceci n'était qu'une question de temps, un temps qu'il fallait mettre à profit avant que l'apophtegme « Feu et Sang » ne prenne tout son sens.

Le capitaine fureta une ultime fois ces cieux assombris qui le tarabustaient curieusement, comme s'il eut la crainte qu'un éclair ne le prenne pour cible – ceci, dans tous les sens du terme. Sans parvenir à chasser cette appréhension qui lui rongeait les viscères sans raison apparente, il regagna l'intérieur de la forteresse où il lui sembla judicieux de prendre connaissance des occupations d'Aelinor. Qui sait quel complot pouvait-elle être en train d'ourdir dans l'ombre ? Il rallia donc les appartements auprès desquels il l'avait aperçue pour la dernière fois, où il fut accueilli par un couplet de sentinelles emprunt de bien peu de sympathie à son égard. Seulement un binôme de gardes pour l'une des plus importantes personnalités de tout Westeros ? Un effectif fort peu fourni et ce, même s'ils se trouvaient à Lestival. Cela différait de ses propres méthodes, au Donjon Rouge, il préférait que ses hommes soient en surnombre que l'inverse. Une autre explication lui vint soudain, plus plausible selon lui, celle que la dame s'en était peut-être allée autre part. Il voulut en avoir le coeur net, mais fut pris de cours par le fiel de l'un des factionnaires.


« Qu'as-tu à nous guigner de la sorte, le Freux ? »

« Sentirais-je si fort le fagot ? » Préférant l'humour en guise de défense, il reprit néanmoins pour entamer le sujet qui l'amenait, optant pour la stratégie plutôt que la franchise. « Je souhaiterais m'entretenir avec sa Grâce. »

« Sa Grâce n'est point ici, et tu ne délieras aucune langue pour en apprendre d'avantage ! Nous ne sommes pas au Donjon Rouge, tu ferais bien de courber l'échine autant que faire se peut. »

A défaut d'être obligeant, le quidam était au moins franc et son conseil était plus opportun qu'il ne semblait l'être de prime abord. Que lui importait ce déploiement d'animosité, il avait eu réponse à son interrogation et là était le plus important. Cependant, il jugeait vain de se faire pressant auprès de son interlocuteur vraisemblablement peu enclin à lui en dire plus et auquel il n'avait guère aucune envie de chercher querelle. En d'autres circonstances, peut-être n'aurait pas hésité à guerroyer à grands coups de commentaires acerbes et sarcastiques, mais il n'oubliait pas où il était et ce qu'il représentait. Il se contenta donc d'observer l'huis close comme s'il eut espéré pouvoir voir à travers, puis s'en retourna vaquer à sa besogne. Tant de mystère entretenu autour de l'absence de la reine lui apparaissait comme interlope, il était parfaitement au fait de la connivence qui unifiait frère et soeur, suffisamment pour soupçonner un conciliabule improvisé. La reine était une finaude, ses mimesis mystifieraient Maekar sans grand mal sur un émoi qui le rendrait furibond. Elle était sa perle, une gemme qu'il aurait aimé faire sienne et dont il était le garde-fou, un titre qui lui seyait à merveille même dans son sens le plus littéral. Si tel était le cas, il songeait à adresser une patenôtre aux Sept pour que la royale succube ne l'implique pas dans ses médisances. Dans le cas contraire, le maître des lieux aurait promptement fait de le retrouver et de jouir de sa position géographique pour une fois avantageuse. Une perspective qui encouragea Alrik à raser les murs avec une méfiance décuplée. Fluant dans les corridors chamarrés de torches embrasées, il entreprit de rejoindre les cuisines ou une quelconque pièce réservée aux membres de la roture. Les indigents seraient plus accessibles – bien plus que ne le seraient jamais ses homologues de la noblesse ou tout autres représentants du corps martial - aisément corruptibles et avec lesquels il pouvait instaurer une entente propice à la confidence grâce à ses propres racines roturières. L'exercice demanderait patience, subtilité et bonhomie, des acabits qu'il avait appris à manier à bon escient.

Tout à coup, le tonnerre tonitrua si puissamment que le sieur en resta interdit, s'immobilisant au beau milieu du couloir qu'il était en train de traverser pour mirer en direction de la plus proche fenêtre. L'orage était à proximité et le trouble du chevalier croissait avec lui. Ses prunelles azurées furent alors attirées par un détail sur la paroi mitoyenne : l'écu targaryen, disposé avec ostentation entre deux draperies. Leur figure héraldique nourrissait l'angoisse et l'admiration, le fameux dragon tricéphale de gueules à la robe hémoglobine sur fond de ténèbres. Une sombre mais exacte illustration de ses membres, qui laissait songeur quant à ce qu'ils étaient aptes à faire pour servir leurs intérêts. Depuis le temps qu'il les coudoyait, il était conscient d'avoir trouvé en Maekar, un adversaire de taille dont le seul désir était de le voir faillir et accompagner son lord dans sa déchéance. Aussi loin que ses réminiscences lui permettaient de remonter, le prince l'avait haï dès leur première rencontre et ceci, par un malheureux concours de circonstances. Une lointaine époque où Aelinor ne réprimait pas son intérêt le concernant, toquade qui n'avait pas échappé à son frère et qui s'en outragea tout de go. Les évènements faisant ensuite état de sa loyauté envers Freuxsanglant n'avaient fait qu'empirer l'antipathie du fils de Daeron à son égard, jusqu'au point de non retour. Ce fut en se ressassant ce passé qu'Alrik comprit qu'un coup de grisou se préparait, il avait le pressentiment que quelque chose allait se produire... Mais quoi donc ?


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 3 Juin 2012 - 15:58

Les éclairs zébraient le ciel noir d'encre. Le soleil semblait s'être couché, avoir rendu les armes face à la fureur des éléments. Le tonnerre éclatait si fort que le prince aurait juré sentir les pierres trembler sous lui. Accoudé à la fenêtre donnant sur la cour, son humeur était aussi ombrageuse que le climat sévissant dans les terres de l'Orage et chaque éclat lumineux semblait nourrir cette rage grandissant petit à petit en son coeur. Le prince fixait le ciel sans cligner des yeux, tout comme il avait tendance à fixer le feu dansant dans sa haute cheminée. Maekar était un concentré de rage et de frustration. Le fait d'avoir revu sa tendre soeur et de s'être réconciliée avec elle n'y changeait pas grand chose, car tout ce qu'elle lui avait dis tournait en son esprit, le torturait alors qu'il était déjà à l'agonie. Haine profonde pour son frère et pour le freux, infectes bourreaux d'une fleur si délicate. Chaque mot sortit de sa bouche ce matin-là serait gravé dans l'esprit du prince jusqu'à ce qu'il ai obtenu sa vengeance dans le sang. Tout était matière à le tourmenter. La proximité de son fils aîné, ces nouvelles qu'Aelinor lui apportait, cet ego qu'il ne parvenait pas à surmonter et peut-être aussi cet insecte qui se promenait dans son château sans qu'il ne puisse rien y faire. Il avait besoin d'un instrument pour contrôler sa colère et si massacrer ce bougre à coup de masse d'arme était tentant, Maekar avait tout de même assez de jugeote pour savoir que cet affront, il le regretterait amèrement par la suite. Le prince était sanguin mais s'il avait pu retenir sa main pour le freux, deux années plus tôt, alors il pourrait la retenir pour son chien aujourd'hui quoi que cela lui en coûte et ce même s'il devait mettre à sac la pièce dans laquelle il se trouvait. Sa loggia avait enduré ses pires rages si bien qu'elle était très simplement meublé pour éviter les frais inutiles.

Pourtant il ne parvenait pas à se calmer. Fébrile, il pensait à ce qu'elle lui avait avoué. A tout ce qu'il avait compris. Il pensait à l'aveu d'avortement, il pensait à son frère qui la menaçait, au freux qui la surveillait. Il pensait à cette promotion donnée par le bâtard, que sa soeur avait gâchée par sa venue. Il s'était préparé à partir pour Accalmie quand Aelinor avait franchit les portes sans qu'il ne soit avertit. Alanna seule savait, car les deux femmes complotaient ensemble depuis longtemps. Ils avaient parlé, et la conversation avait pris un tour étrange. Il avait ressentit ce besoin de la tenir, de sentir sa chaleur, ces pulsions anciennes malgré le fait qu'il aimait son épouse de tout son coeur. Elle avait tenté de le pousser à prendre les armes et pour une fois ce fut au prince de se montrer tempéré malgré la colère qui lui rongeait le coeur. Il aurait tué Brynden Rivers depuis bien longtemps si la culpabilité ne le rongeait pas chaque nuit, au sujet de Baelor. Il se sentait maudit, il se sentait misérable et refusait de tâcher Noirsonge de sang Targaryen, pas même celui d'un bâtard. Encore moins celui de ce bâtard...Et Aerys, ah! Ce frère...Il l'avait toujours trouvé faible et ridicule, bien mauvais roi en tous point. Il lui avait trouvé des excuses, pensé qu'il était manipulé par le freux mais les aveux d'Aelinor avaient chamboulé ses certitudes dans son esprit. La parole de sa soeur était un absolu pour le prince qui ne pouvait que la croire, incapable de tempérer ou de prendre ses mots avec un quelconque recul. Il pensait avec une telle intensité qu'il faisait abstraction du monde tout autour de lui. Au bord d'un gouffre dont il ne pourrait pas s'extraire, Maekar était hanté, épuisé et la satisfaction de cette lettre reçue pour le nommer Grand Commandant des Armées s'était envolée. Il n'avait même plus envie de se rendre à Accalmie, d'élaborer une stratégie pour évincer le bâtard ou s'imposer en tant que puissance non négligeable. Il lui fallait trouver une échappatoire à sa colère, trouver le moyen de se calmer et de ne pas sombrer. Il avait besoin d'Alanna...Il l'étreindrait dans cette transe qu'elle trouvait effrayante, il le savait, mais se laisserait faire malgré tout pour l'aider. Il avait besoin de retrouver ses esprits au plus vite, auquel cas il enfourcherait son cheval et galoperait bride abattue jusqu'à Port-Real pour laisser ses bas instincts s'exprimer. Il étriperait le Freux et massacrerait le pseudo roi. S'il n'avait pas eu une famille, s'il n'avait pas eu Alanna et ses deux princesses, s'il n'avait pas eu encore cet espoir en son dernier né, peut-être le prince aurait-il commis cet acte impardonnable, cette folie...Cette extase, pendant quelques minutes, jusqu'à ce que les gardes l'arrêtent. S'ils y parvenaient. Après tout...La folie n'était-elle pas tare dans son sang.

Le prince baisse les yeux sur son bras aux muscles noueux, couturé de cicatrices d'entraînements. Depuis quand s'abaissait-il à penser que son sang était taré?
Il se leva d'un bond et sortit dans le couloir. Il portait les mêmes habits que ce matin quoi qu'ils étaient un peu froissé. Il était vêtu presque tout en noir, les seules tâches de couleur étant les petits dragons ressortant sur son pourpoint, formant son blason personnel. Il se rendait à la chambre qu'il partageait avec son épouse quand le chef de sa garde l'interpella. Il savait qu'arrêter le prince lorsqu'il était à ce point plongé dans ses pensées n'était pas une bonne idée mais savait également que l'information qu'il avait à lui transmettre était d'une importance capitale, si bien qu'il ravala ses doutes éventuels. Maekar Targaryen était un homme dangereux mais juste malgré tout. Si ses colères étaient aussi effrayante que l'orage à l'extérieur, l'homme savait qu'il ne risquait rien face à son prince. Il s'inclina pour le saluer lorsqu'il parvint enfin à attirer son attention. « Quoi? » aboya presque le Targaryen. Le capitaine prit soin d'utiliser les mots les moins susceptibles de le contrarier et donc d'aller droit au but. « Mon prince, pardonnez moi mais j'ai une information importante à vous communiquer. Le chien du freux tourne autour de la chambre de sa Grâce. Il l'a accompagné jusqu'ici j'ignore si vous étiez au courant mais... » Le prince n'entendait plus. C'était comme si l'extérieur n'avait plus aucune prise sur lui. Fini le tonnerre, les éclairs, il n'entendait plus que le bruit de son coeur et du sang bouillonnant dans ses veines. Il était le Dragon, une fureur brûlante le prit dans les tripes et il savait que rien sauf peut-être du sang ne pourrait le calmer. Il y avait différent stade dans son mal être et celui la, il ne pouvait le faire subir à Alanna sans la blesser irrémédiablement. Il refusait de lui faire mal, refusait de briser son adorable être. Il serre le poing, le sent se refermer dans le vide. Il porte Noirsonge sur lui, le prince ne s'en sépare jamais, pas même chez lui. C'est son fardeau, sa honte. « Qui a laissé ce fils de putain poser les pieds à Lestival?! » demande-t-il, relativement froidement bien que la tension transparaisse dans sa voix. Il semble sur le point d'exploser. « La reine a dis... » Le prince n'en avait cure, de savoir ce qu'avait pu dire sa chère soeur. Il y a des choses que Maekar Targaryen ne pouvait accepter et que le freux envoie un espion de manière aussi flagrante à Lestival prouvait à quel point il était stupide. Obliger Aelinor à l'accepter dans sa garde -car pour lui il ne s'agissait que de cela- était la pire cruauté et le chien paierait pour le maître, à défaut. Plantant le chef de sa garde en plein milieu d'une phrase, Maekar se perd dans les dédales du château. Il va sans but, erre d'un pas rapide et rageur rythmé par les éléments qui se déchaînent à l'extérieur. Désormais, la pluie martèle les fenêtres sans le moindre égard. C'est alors qu'il distingue une ombre, qu'un éclair illumine. Le prince s'arrête net et fixe le personnage dont il connaît la silhouette par cœur. Aussi parfaitement que celle du Freux en personne, que celle de son frère, le chien doit-être la troisième personne dont il accrocherait la tête en haut du Donjon Rouge si on lui en laissait l'occasion.

Le temps semble s'arrêter pendant plusieurs minutes. Il ignore combien de temps il l'observe avant que le déclic ne se produise en lui et que, fou furieux, il parvienne à dire: « Je n'accueille pas les chiens. Fais moi le plaisir de retourner chez ton maître! » Il le méprise tellement qu'il ne prend même pas la peine de le vouvoyer, ni même de le saluer. Pire qu'un traître à ses yeux, l'homme a été un rival. Il connaît l'intérêt que sa soeur a pu lui porter et ne l'a jamais oublié. Rancunier à en mourir, il se laissait dévorer vivant. Reprenant, Maekar avance jusqu'à ce que quelques centimètres les séparent. Ses mains tremblent légèrement sous le coup de l'adrénaline et de la retenue. Il n'a jamais su se contenir face à cet homme et enrage qu'il ai plus de pouvoir que lui. Au Donjon Rouge seulement...Ici, Maekar était le maître, Lestival était son domaine. Il y régnait en maître et n'avait de comptes à rendre qu'à Lyonel...Il comprendrait. Oui, il comprendrait. Non, il ne comprendra pas. « Et transmet lui un message de ma part...Dis lui que le prince de Lestival et le Grand Commandant des Armées du Roi n'accepte pas qu'on suive sa soeur et sa reine comme si elle était une vulgaire catin ou une jeune noble volage! Dis lui...Dis lui que la reine n'a pas besoin de son chien pour se rendre dans la demeure de son frère. Dis lui que j'assure sa protection au prix de ma vie si besoin est, et dis lui de te garder hors de ma vue pour les cent années à venir! » Impressionné par sa maîtrise -après tout Maekar ne l'avait pas plaqué contre la fenêtre ni même balancé au travers de celle-ci - le prince sentit sa bouche se tordre sur un sourire carnassier, une ébauche que devaient avoir les dragons avant de dévorer leurs proies. Il est pleine de haine et de rage difficilement contenue, il doit évacuer et cela ira beaucoup plus vite avec un défouloir face à lui.
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Alrik Mallery
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Message Mer 6 Juin 2012 - 13:10

Un coup de grisou. Bien pire que cela, le chevalier n'avait aucunement conscience qu'il s'apprêtait à affronter une créature à la noire quintessence, auguste reptile des contes et légendes populaires drapé sous sa forme la plus humanoïde. Il se doutait bien que sa route serait semée de barricades qu'il ne parviendrait peut-être pas à abattre, mais qu'il pouvait toujours contourner de façon plus ou moins scélérate. Si l'honneur était une notion immanente à ses mœurs, il existait des exceptions à la règle, là où l'intellect se devait de prendre le pas sur l'amour-propre. Brynden n'avait eu de cesse de le lui répéter avant qu'il ne quitte le Donjon Rouge : prudence est mère de sûreté, particulièrement lorsque l'agneau est seul parmi les loups. Une brebis plus dégourdie qu'elle n'était innocente, car loin de vouloir exhiber les dorures de son armure, le freux avait bien l'intention de se trouver un antre dans lequel il ne serait pas susceptible de rencontrer le maître des lieux. Ce qu'il n'avait guère pas envisagé, était que le dit maître ne le trouve lui-même. Sa lorgnade évasive n'avait pas encore quitté la majesté des armoiries lorsque l'acrimonieux fit son apparition. Un fulgurant danger dont Alrik ne remarqua là présence qu'à l'écho de ses animosités dans l'ensemble du corridor. Pour peu, il aurait pu confondre cet élan phonique avec un éclat de tonnerre tant il fut inopiné et tonitruant, mais il authentifia bien promptement la source de cette vocifération. L'instant qu'il s'était mille et une fois imaginé durant leur voyage jusqu'à Lestival s'illustrait alors, force était de reconnaître que son pressentiment tenait plus de la véracité que de l'hallucination. Et quelque chose lui laissait deviner qu'il ne s'agissait que des prémisses des hostilités, bien que cette fois, Maekar jouait sur son propre terrain. Ce dernier avala la distance qui les séparait jusqu'à faire halte devant lui, réprimant avec une maîtrise qu'on ne lui connaissait que peu le fielleux venin qui lui brûlait les veinures. Le capitaine fut bien plus interloqué par la circonspection somme toute fortuite dont son vis-à-vis fit preuve plus que par son invective, car habitué aux accès d'âpreté du prince. Alors que nul témoin ne l'aurait blâmé de malmener le « chien » en question, il préférait se maintenir aux lisières de la décence physique à défaut de celle verbale. Si les mots devaient être leurs armes dans une quelconque joute, le débat s'annonçait tumultueux.

Le flot de politesses débuta alors que tout l'être du Targaryen l'appelait à ne faire qu'une bouchée de son antagoniste qui, de son côté, demeurait placide bien que méfiant. Une frêle seconde d'inattention suffirait à se faire prendre dans les serres du dragon, il le savait, et le guettait comme s'il le soupçonnait de préparer une soudaine offensive. Il prêta une oreille attentive à ses propos qui, comme à l'accoutumée, ne faisaient que les éloges de la Main du Roi dont il fantasmait de voir la tête au sommet de remparts – avec en prime, celle du sieur Mallery à côté. Celui-ci ne quitta pas les sombres prunelles qui lui faisaient face, ne manquant pas de remarquer la risette carnassière qui ornementa la physionomie de Maekar comme s'il eut été pris d'une sanglante folie. Un sourire qui ne fut de loin pas pour le rassurer bien qu'il ne le fit pas fuir, il ne savait que trop bien contre qui il s'élevait et les conseils de son frère de cœur prenaient alors tout leur sens : prudence ! Le menton du freux se redressa lentement, les yeux plissés, il le jugea un instant avant que son regard ne dévie sur le côté. A son tour, les commissures de ses lèvres s'étirèrent sensiblement, lâchant une succincte expiration avant qu'il n'entreprenne une réponse qui se voulut conciliante.


« Je ne manquerai pas de délivrer ce message à mon lord, soyez en sûr, mon prince. »

Il ne ferait que lui ressasser ce que Brynden savait déjà, ce qu'ils n'avaient que trop entendu et entendraient toujours de la part de détracteurs. Que dire de plus ? Alrik doutait qu'il y ait matière à controverser et il jugeait plus avisé de ne pas s'aventurer sur le sujet pentu de la royauté. Des affaires qui le concernaient de manière indirecte, il n'était après tout que le factotum officiel de la Main du Roi et obéissait à ses ordres. C'était bien là ce que lui reprochait le Prince de Lestival outre de nombreuses autres contrariétés, et le freux admettait que les ennemis faisaient bien acte de présence autour de lui. Qu'importait, s'il désirait que son séjour sur les Terres de l'Orage se passe au mieux, il avait tout intérêt à rester le plus éloigné possible de son principal souci – loin, très loin des crocs affûtés du dragon. Faire preuve de provocation serait vain et ne jouerait qu'en sa défaveur, le faisant dont abdiquer pour une toute autre stratégie. Le chevalier recula de quelques pas pour rétablir un périmètre dans lequel il n'étoufferait pas de la causticité de son interlocuteur, puis, il effectua une courbette durant laquelle il continua de reculer, comme pour illustrer sa prise de congé. Si le Commandant des Armées du Roi ne voulait plus l'avoir sous le nez, c'était avec un plaisir non feint qu'il se retirait pour vaquer à ses occupations d'investigateur. Cependant, le prince était même enclin à prendre ombrage du respect qui se miroitait dans les agissements du freux, et même s'il n'était pas certain de parvenir à l'antipode du corridor sans se faire vitupérer, c'était encore la meilleure des issues. Une fois qu'il estima sa minauderie suffisante, il fit volte face pour entamer son départ. Tout du moins, ce fut ce que les apparences suggérèrent, car il y avait un détail que l'ancien indigent tenait à souligner avant de véritablement disparaître. Sa foulée s'amoindrit, jusqu'à ce qu'il s'immobilise à à peine quelques mètres de son point d'origine. Il n'avait guère l'envie que tous deux en viennent à se querelle comme ils l'avaient d'ores et déjà fait par le passé – sans qu'ils n'en arrivent à user de leurs épées pour autant – mais il ne pouvait sciemment pas ignorer les raisons qui l'avaient conduit jusqu'ici.

« Cependant... » Glissa t-il presque mielleusement, tout en se tournant à nouveau vers le dragon. Il arbora une mimique faussement navrée, avant de poursuivre. « Je crains de ne pouvoir quitter Lestival sans que sa Grâce ne m'en ait personnellement donné l'ordre. Car contrairement à ce que vous subodorez, je ne suis pas ici sous la délégation de la Main du Roi, mais bien sous la requête de la reine. » Il marqua une pause pour lui donner le loisir d'assimiler ces informations qui seraient, pour lui, ardues à entendre. « Je fais office d'escorte, rien qui n'impliquerait un quelconque calcul politique. J'ai également le devoir de raccompagner votre fils, le prince Daeron, au Donjon Rouge une fois que celui-ci désirera prendre la route. »

Si l'ensemble de ses tirades n'étaient que pure vérité, il ne faisait point non plus preuve d'une entière bonne foi. La fourberie avait bel et bien sa place dans toute cette histoire, l'opportunité d'enquête à même la demeure du Targaryen était bien trop superbe pour être ignorée. Là était l'unique motivation du freux qui profitait de l'impromptue demande d'Aelinor de l'accompagner. Bien qu'il s'était maintes fois interrogé sur les motivations de la souveraine, quitte à sauter les pieds joints dans une chausse-trappe, il avait finalement accepté. Peut-être ce complot n'était-il destiné qu'à contrarier Maekar sur son propre lieu de vie, une vendetta pour une hypothétique algarade qu'ils avaient récemment eue. Peu lui chaut, il était trop tard pour nourrir des remords sur son implication, après sa dernière déclaration, il se devait d'affronter la probable rétorsion courroucée du prince qu'il observait toujours. Evoquer sa chère sœur dans son allégation avait peu de chances de le lénifier, bien au contraire, cela risquait d'envenimer la situation. Pour autant, la volonté de sa Grâce était la seule chose pouvant lui permettre de ne pas obéir au dragon – ce qui ne serait qu'une offuscation supplémentaire. En d'autres termes, quoi qu'il fasse, il semblait pris au piège. L'apparente maîtrise de son antagoniste était certes exceptionnelle, mais éphémère, et Alrik finirait certainement par embrasser le mur de pierres froides. Alors que dire ? Que faire ? Rien si ce n'eut été tenter de se racheter une crédibilité depuis longtemps démentie aux yeux du prince.

« Mais n'ayez crainte, je veillerai à vous apparaître le moins possible. Je trouverai un perchoir et j'y resterai tout sage que je suis, vous ne verrez aucune différence avec votre quotidien. »

Pour cette fois, il était sincère, car lui non plus n'avait guère le désir de le côtoyer plus que de raison. Mais le prince pourrait-il supporter l'idée qu'un « chien » ne erre dans son logis en toute impunité et sans qu'il ne puisse rien y faire ? S'ignorer au Donjon Rouge était déjà une délicate affaire, le Capitaine des Dents de Freux n'avait jamais la conscience paisible de le savoir dans le domaine qu'il surveillait et protégeait, mais à Lestival ? Maekar était imprévisible, véhément et prompt à démontrer qu'il était digne de son écusson. Cet écusson, auquel le Mallery jeta un bref coup d'oeil comme s'il eut voulu comparer le tricéphale de gueules avec le Targaryen. Il y trouva bien plus de similitudes qu'un quelconque quidam n'aurait été enclin à le faire, car se dégageait de la figure héraldique et de son membre, une indicible aura qui inspirait la crainte. « Feu et Sang ». Il espérait n'avoir affaire à ni l'un, ni l'autre des termes de cet apophtegme.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 17 Juin 2012 - 14:33

Maekar faisait preuve d'un sang froid et d'une maîtrise de lui-même qu'on ne lui connaissait pas. Beaucoup l'avaient déjà vu bouillonner d'une rage si noire qu'ils tentaient d'entrer à l'intérieur des murs, de se trouver une place aux interstices, ne fus-ce qu'un infime espace dans l'espoir de ne pas être la cible de cette colère draconique. Le prince ne s'en était jamais pris physiquement à ceux qui n'étaient pas responsable de ses contrariétés. Il savait contrôler son poing dans une certaine mesure, de même qu'il savait faire preuve de prudence en s'enfermant dans sa loggia si la tentation devenait trop forte. Il avait failli, les quelques jours dont il avait eu besoin pour rassembler ses affaires et organiser le départ des siens hors de la capitale, massacrer Brynden Rivers un bon nombre de fois. Le fait que le bâtard n'ai récolté que d'une menace et d'un petit coup à l'arrière du crâne lorsque celui-ci avait percuté le mur en disait long sur les rumeurs faussées circulant au sujet de Maekar Targaryen.
Hélas pour le chien, le prince n'était pas dans un état normal. Il virait petit à petit vers cette folie, tare héréditaire d'une lignée souillée par un sang impur, au point d'accepter des bâtards aux plus hauts postes politiques. Il virait, dans cet état de transe où il avait l'impression d'être possédé par quelque chose d'absolu, d'infâme, qu'il craignait autant qu'il adorait. Il désirait plus que tout briser la fenêtre pour y basculer le chien fidèle, qui disparaîtrait dans la noirceur de l'Orage et dont on ne retrouverait le corps que le lendemain...Il désirait également l'enfermer dans les donjons de Lestival, au plus profond de sa forteresse et passer sur lui haine, rage, frustration, le rendre responsable de tous les maux de son existence. Il était dans le même état qu'à Cendregué, quand on lui avait appris la mort de Baelor et qu'on avait sous-entendu sans le moindre égard qu'il avait reçu un coup de masse d'arme à l'arrière du crâne. Noirsonge la bien-nommée. Il la portait toujours sur lui et l'envie de la sortir le démangeait.

Peut-être le chien s'en doutait-il, peut-être était-il tout simplement idiot. Maekar n'en savait strictement rien mais ne comprenait pas ce qui poussait ce miséreux à le provoquer. Il voyait tout en noir, ne parvenait pas à considérer sa politesse comme une marque de respect. Moquerie! Tout au plus, c'était ce qu'il acceptait comme adjectif pour les paroles du représentant. Il s'incline et accepte sa tâche de messager. Puis il recule, l'imbécile, sans même se retourner. Toujours plié, il s'éclipse avec de petits pas comme un courtisan craignant d'avoir contrarié un prince dont il n'a pas encore extrait tout l'or ni tous les privilèges. Le paysan reconvertit est toisé avec un regard sombre, un regard d'assassin. Un regard d'avertissement. Le corps entier du prince de Lestival est tendu comme un arc, près à infliger un coup fatal à la moindre occasion. C'est si violent qu'il en tremble presque et ce vieux tic, hérité d'une longue expérience guerrière, le reprend. Sa main d'épée se crispe, son poing se ferme et se réouvre, comme s'il lui manquait quelque chose d'essentiel pour continuer à exister. Le manche de son arme. C'est tout ce dont il aura besoin, et peut-être ne prendra-t-il même pas le temps de mettre l'écart de métal entre lui et le bas-sang. Le prince le voit ralentir, puis s'arrêter. Il a l'impression que ses yeux sont déphasés par rapport à sa conscience. L'autre ouvre la bouche, parle. Il crache sur sa soeur, insinuant qu'elle voulait de lui. Puis il aborde le sujet maudit, qu'aucun n'ose exprimer face à lui. Son épouse, de temps à autre, mais elle évite depuis leur exil volontaire, car elle sait que son mari pourrait facilement flancher. Daeron...Plus grande fierté, prince digne et majestueux, il aurait du devenir le portrait de l'homme dont il portait le nom. Au lieu de cela, il avait choisi la voie du vin. Le prince savait que son premier né était ici car sa soeur avait eu la bonté de l'en informer, mais il n'avait pas cherché à le voir, à lui parler. Plus il restait loin de Daeron, mieux il se portait. Saoul à longueur de temps, et fou bien sur, fou...Lui qui disait voir l'avenir. Le prince ne s'était jamais appesantit sur le sujet. Il voulait un guerrier, il avait récolté un minable. Et le guerrier qu'il avait eu était taré. Qu'avait-il fais aux Sept? Un véritable dragon. Les paroles du Freux raisonnaient à nouveau en lui: Je crois toutefois que ces capacités qu’il dissimule pourraient aider le royaume. J’ai en effet suivi les conseils de votre frère et c’est amusant ce que l’on peut découvrir dans les anciens ouvrages. Figurez-vous que la lignée des Targaryen a toujours possédé un don prophétique, du moins, jusqu’au Conquérant. Peut-être que le sang de Westeros a tari tout cela… Quoi qu’il en soit, je pense qu’en cette heure sombre le peuple verrait facilement un Vrai Dragon en la personne qui possèderait ce don…
C'est après cela qu'il l'avait plaqué contre le mur du Donjon Rouge et avait été à deux doigts de repeindre les murs royaux avec les déchets de son crâne albinos.

Maekar écouta à peine la dernière tirade de cet imbécile, retenant simplement qu'il usait d'ironie, de moquerie, peu importe le mot exact sur lequel il ne parvenait pas à retomber. D'autres choses le perturbaient. Il avait bien fais de s'éloigner, auquel cas le prince l'aurait directement frappé. Il avait quelques pas à faire avant de pouvoir l'atteindre et était certain de courir plus rapidement que lui. De plus il connaissait mieux la forteresse, si jamais le chien se découvrait couard comme son maître. C'est sans s'en rendre compte que Maekar se retrouva face à lui, le coinçant de son corps imposant contre la tapisserie représentative de la maison Targaryen. Le dragon semblait faire écho à ses actuels sentiments.Feu et Sang. Il avait soif de vermeil. « Ma soeur, la reine, aurait sollicité l'aide d'un homme du commun, d'un vulgaire être tel que toi, fidèle comme le chien qu'il est à un bâtard, pour assurer sa protection alors que j'ai pris soin de sélectionner sa garde personnelle? Tu essaies de me faire croire qu'Aelinor Targaryen, sachant que la présence d'un freux en ma demeure est proscrite, t'aurais sciemment invité à te joindre à elle pour son voyage? » S'il avait commencé avec une certaine retenue, son ton signalait qu'il perdait de plus en plus patience. Sa main fusa, sans laisser le temps au capitaine de réagir. Et qu'aurait-il fait? Agresser un membre de la maison royale dans sa demeure lui aurait attiré des foudres, quelles que soient l'affection partagée avec Brynden Rivers ou son pseudo titre. Il était à Lestival, dans les terres de l'Orage et non au Donjon Rouge où le roi avait perdu l'esprit et où le bâtard faisait sa loi. Maekar pouvait l'écraser, le broyer entre ses mains. Il l'attrapa par le col de sa chemise, écrasant son dos contre la tapisserie. « J'ai dis à ton maître de rester éloigné de mon fils, je lui ai même interdit d'envoyer quiconque agir en son nom auprès de lui. Daeron m'appartient! La reine ne t'aurait jamais demandé de l'accompagner où que ce soit. Chien, insecte, traître et menteur de surcroît! Je devrais te couper la langue... » L'expression qui passa sur son visage signifiait clairement que l'idée l'enchantait au plus haut point. Il portait toujours une épée en plus de sa masse d'arme, bien qu'il préféra user de cette dernière. Sa main libre se referma sur le pommeau.
Et bien sur, l'idée que son ennemi lui disait la vérité ne lui traversa même pas l'esprit.
Ce qui était assez étrange avec Maekar, c'était son obstination à ne pas vouloir avoir de contact avec son aîné tout en le protégeant d'ennemis dont il n'avait pas conscience. Il ne voulait pas voir son fils frayer avec des magiciens noirs, avec des bâtards, avec des traîtres et avec des morts en sursit. « J'espère que tu sais écrire. » Le prince avait perdu pied, un mot de trop de la part du chien, comme il l'avait craint...Et le voila à deux doigts de commettre un acte irréparable, sa vision teintée de rouge feu. De rouge sang. Possédé par le dragon primaire, il leva son épée.
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Alrik Mallery
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Message Mar 19 Juin 2012 - 17:15

Il était tel un famélique prédateur devant lequel l'on aurait exposé une livre de bonne chair et de laquelle il ne demandait qu'à se repaître. L'idée que la proie ne soit autre que lui-même était un facteur des plus incommodants pour le freux qui, malgré tout, ne désertait pas les lieux. Loin d'être un couard, son audace se mêlait au fait que cela aurait été vain alors qu'il se trouvait au sein même de l'antre du dragon, la fuite ne ferait alors que retarder l'inéluctable. Si confrontation il devait y avoir – et il y avait ! - il préférait qu'elle s'illustre dès maintenant qu'une fois qu'il aurait pris ses aises à Lestival. Ses aises, un fort grand mot alors que depuis qu'il en avait foulé la terre, il sentait les incisives lorgnades des roquets targaryens à chacun de ses passages. Un criminel de guerre ne serait pas moins surveillé que lui ne l'était en ce bastion, et maintenant que les dragonnets avaient suffisamment attisé la pétulance de leur père, il était comme un chevalier esseulé prompt à se faire gober. Il était même persuadé qu'une véritable rencontre avec l'un de ces augustes reptiles ne serait pas moins impressionnante que d'être la cible de l'irascibilité du prince Maekar, qu'il affrontait pourtant avec une inébranlable piété. Une force d'être qui ne fit qu'un peu plus les endiguer dans leur différent, lançant même le général des armées royales en direction de son antagoniste qui, bien que méfiant, ne mut pas de son emplacement. Il accueillit l'imposante présence du sieur avec opiniâtreté, droit tel un rempart qui le privait de s'en prendre directement à la main du roi quand bien même celui-ci n'était pas là. A nouveau confronté à cette dérangeante contiguïté, Alrik endura le fléau de ces noires prunelles qui le toisaient comme un quidam déjà mort ou sur le point de l'être. Sa logorrhée fut la sombre part de cette personnalité alambiquée et rougeoyante d'un brasier en constante effervescence, seulement destinée à lui remémorer qu'il n'avait aucune légitimité et encore moins d'honneur suffisant à coudoyer la reine des Sept Couronnes – pire encore, à la servir sous sa propre requête. Il crachait son fiel sans savoir, sans vouloir comprendre et estimer que tout n'était pas mis en oeuvre dans le seul dessein de le contrarier. A moins que ce n'eusse été là la réelle motivation d'Aelinor, faire courir le gibier sur un terrain jonché de chausse-trappes et duquel aucune échappatoire n'était plausible. Ne jamais mésestimer un Targaryen : un précepte d'or qu'il avait vraisemblablement négligé.

Double exemple de sa négligence, il n'eut le temps – et peut-être pas la volonté – de réagir lorsqu'il sentit une poigne froisser son vêtement dans un accès de colère. La seconde suivante, son échine se concassa contre le mur drapé pour le secouer entièrement. Entre ses lèvres mourut un râle instinctivement provoqué en parallèle au choc, mais il ne fit rien pour s'extraire de cette délicate situation au risque d'outrepasser des limites dont résulteraient de lourdes conséquences. Certes, le chevalier était gracié par l'amitié qui le liait à l'actuel régent de Westeros et qui le prémunissait de la plupart des déconvenues, une réalité qui ne reflétait absolument aucune valeur tangible aux yeux du dragon qui continua de rugir. La rhétorique même maniée par le plus habile des diplomates était un art sans ascendance sur le prince de Lestival, tant celui-ci était un parangon d'entêtement et de moeurs profondément ancrées. Cela en devenait d'autant plus vrai lorsque l'on osait aborder le sujet de sa précieuse soeur et souveraine même dans un contexte des plus neutres, la conversation déjà difficile devenait alors impossible. Le ser le savait pertinemment mais n'avait eu d'autres choix que de s'y aventurer, simplement car tels étaient les faits ! Une impudence qui éveilla les envies macabres de son agresseur, qu'il n'imagina pas une seconde pouvoir prendre forme. Conter fleurette à ses ennemis était une réaction usuelle et qui donnait rarement vie à ses mots dans ce genre de heurt : là encore, ce fut mal connaître celui qui lui faisait face. Il fit l'erreur de penser que sa main refermée sur le pommeau de son arme subsidiaire ne la tirerait pas de son fourreau, buvant l'ultime tirade qui fut annoncée à l'instar d'un juge délivrant sa sentence. Il leva son bras armé, un instant de pure incrédulité qui réveilla en Alrik un instinct primaire : celui de la survie. Il eut le juste réflexe d'incliner la tête à l'exact moment où l'épée fendit sur lui, laissant la lame s'introduire dans la tapisserie et provoquer une assourdissante stridulation une fois la pierre murale rencontrée. Il empoigna ensuite l'avant-bras du dragon pour l'empêcher de réitérer son offensive, les deux hommes furent pris dans un duel de force pour savoir si oui ou non, la langue du freux – et accessoirement l'ensemble de son faciès – serait châtiée.

Il ne pouvait sciemment pas frapper Maekar Targaryen, dans sa propre demeure qui plus est ! La scène serait tant incroyable que nul ne la croirait possible, lui le premier. Cependant, il n'avait d'autre perspective que de répliquer à moins d'y laisser sa tête : ce qu'il fit après de longues secondes de lutte. Néanmoins, il n'opta pas pour un revers du poing mais s'improvisa bélier. Le freux se courba pour ceinturer son assaillant, glissant son crâne sous le bras du prince pour le bousculer de son épaule. Il prit une impulsion sur la paroi contre laquelle il avait été antérieurement agglutiné pour déséquilibrer le dragon et l'emporter dans sa course, allant à son tour le plaquer contre le mur d'en face. La surprise de sa contre-offensive lui permit ensuite de se dérober, il recula de grands pas pour s'immobiliser un peu plus loin.


« Vous êtes complètement fou ! » Et c'était peu dire ! Il s'essaya tout de même à résoudre la méprise de façon verbale. « Je n'agis pas au nom du lord Brynden, il n'était pas même au fait de mon implication avant que je ne le lui annonce ! Sa grâce est simplement venue me trouver pour me demander de l'escorter et d'en faire de même avec son neveu, rien de plus ! Fin de la tirade ! Je n'en sais pas plus que vous sur la raison de tout ceci ! »

Cette fois, le sieur Mallery était passé tout proche de la fin, si proche que son coeur martelait à sa poitrine et menaçait d'en sortir. Son tympan sifflait encore du hurlement de la lame et il se félicitait d'avoir travaillé ses réflexes durant ses longues années d'entraînement. En plus d'être buté et acariâtre, voilà que le prince en devenait imprévisible et dangereux ! Avait-il seulement conscience de ce à quoi il s'exposait à tenter d'occire le Commandant des Dents de Freux, même dans sa forteresse ? Sa vésanie était bien plus installée qu'il ne l'aurait jamais pensé, ses agissements n'avaient plus aucun sens si ce n'était une dipsomanie de sang injustifiée. Il n'était que le factotum de la main du roi et ne s'était jamais personnellement ingéré dans les affaires de la couronne, maudit soit l'écusson du tricéphale de gueules qui ne lui apportait décidément que des ennuis. Et maintenant ? S'il n'avait pas explicitement violenté Maekar, s'essayant plus à le désorienter pour lui échapper, son action était amplement passible de sanctions même s'il n'avait fait que se défendre. L'injustice prenait ici tout son sens, mais outre cela, encore fallait-il qu'il survivre aux coups de boutoir qu'il craignait de voir arriver. Il était plus que certain que le dragon s'offusquerait pour mieux se laisser aveugler par sa furia, et les Sept savaient à quel point celle-ci était légendaire. Subir une telle bravade de la part d'un freux serait chose inacceptable, d'ici et déjà, il percevait l'effluence de brûlé qui était tout sauf de bon augure. Comme pour adhérer à ses pensées, le ciel se stria d'un faisceau lumineux dont le feulement tonna encore plus férocement qu'auparavant, si bien que l'on aurait pu croire que le bastion vibra d'effroi. La foudre ne fit que rajouter à la tension qui divisait les esprits et rongeait le binôme de duellistes, un climat propice pour découdre de quelques contrariétés longuement ignorées. Que faire ? Le chevalier vit le clin d'oeil de Noirsonge qui semblait frémir d'impatience à l'idée de venir l'embrasser, hypothèse qui ne lui réjouissait pas franchement. Car oui, il était intimement convaincu que son opposant n'hésiterait pas une once de temps à user de cette masse d'arme qui ne le quittait jamais. Une fois conscient de cela, il dirigea une main dissuasive en direction de son vis-à-vis, les jambes sensiblement pliées et les appuis souples, comme s'il soupçonnait le besoin d'esquive imminent.

« Ne faites rien que je ne ferais pas ! » Son autre main flua lentement et intuitivement jusqu'au manche de Fraternité. « Je vous en conjure, calmez-vous ! »

Qu'espérait-il faire de Fraternité ? Des nèfles ! Sa précieuse épée risquait bien de pâtir d'une rencontre avec Noirsonge si Maekar décidait d'en faire usage. Dans un tel cas, Alrik ne pouvait pas même imaginer faire preuve de réplique au risque de blesser le Prince de Lestival, intentionnellement ou non. Cependant, il doutait qu'éviter sa kyrielle de coups serait apte à le lénifier, bien au contraire ! Rien n'était plus frustrant qu'une cible mouvante décidée à ne pas se faire toucher, et c'était là tout l'intérêt du ser s'il ne désirait pas se faire briser l'ossature. Le moment serait particulièrement opportun à ce que la reine flâne dans le même pan de corridors, elle était encore la seule capable de raisonner le pauvre fou.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Dim 24 Juin 2012 - 10:59

Le prince de Lestival leva son épée, dans un geste qui le condamnerait au pire. Il le savait, en était conscient, mais ne parvint pas à s'arrêter. Ou ne le chercha pas? Un moyen simple, rapide et efficace d'en finir. Suicidaire? Le mot lui brûlait la langue. Il n'y pensait pas, son épée se lève et Noirsonge observe, jalouse que le plaisir lui soit boudée. Elle a soif de sang, elle est sa malédiction. Ami ou ennemi, frère ou bâtard, nulle distinction pour la masse d'arme. Pourtant il a pris l'épée, comme pour ne pas la souiller avec un sang qui n'en valait pas la peine. Son bras se levé, il allait frapper. Il allait lui ouvrir la commissure de chaque lèvre, sans doute de manière bouchère. Un nouveau sourire, éternel, pour mieux parvenir à l'excroissance rosée et la laisser reposer sur le sol. Il marcherait dessus, la piétinerait comme un feu sur le point de se déclarer. Ca ne changera rien. Non, plutôt ça n'apportera rien de bon. Maekar n'en a que faire, du bon et du mauvais. Alors il regarde sa victime dans les yeux. Des yeux fous, embrumés par une psyché défaillante, par une présence qui est loin d'être celle du prince. Certes l'homme est colérique, certes il a mauvais caractère et est mal à l'aise en société, au milieu des foules. Il préfère la guerre, le langage des armes, et la compagnie de femmes respectables. Il a toujours boudé les hommes pour les femmes instruites et sures d'elles. Au moins avait-il moins de soucis...Les seuls hommes de son entourage constituaient sa garde ou ses ennemis, depuis que Baelor avait été tué. Assassiné, assassiné par toi. Le prince ouvre la bouche, prêt à rugir comme un dragon, prit de fureur et de douleur, emporté par la culpabilité qui jamais ne le quitte. Mais l'autre réagit, refuse de se laisser faire, d'offrir un tel plaisir à cet homme malade. Il fonce tête baissée et déséquilibre en le ceinturant, avant de le plaquer avec violence contre le mur d'en face. Il le lâche, s'écarte comme s'il s'était brûlé et l'homme reste la, abasourdit. Il ne comprend pas comment ce miséreux a pu prendre l'avantage sur lui, comme ce fils de chien de traître a pu oser lever la main sur son prince. Son corps tremble sans retenue, mais ce n'est pas de la terreur, non. Maekar Targaryen n'éprouve nullement ce genre d'émotions: Il est en rage. C'est elle qui le contrôle, qui le fait régresser. C'est elle qui le rend aussi misérable. Aussi peu royal. Rien à perdre. Une femme, deux filles, un fils peut-être. Pour ce dernier, il ne le sait pas. Une soeur, qu'il a déjà perdue si les affirmations du chien sont exactes. Demandé. Ordre de la reine. Il refuse d'y croire, même de l'envisager. Il se frapperait lui-même s'il ne craignait pas d'avantager l'ennemi dont la main, déjà, se posait sur le manche de son épée. Elle avait un nom, Maekar le connaissait car il savait tous de ses ennemis. Fraternité...Il lui aurait craché dessus. Il n'y avait aucune fraternité, il n'y avait plus de dragon, il était le dernier. Le dernier vrai Targaryen...A qui la faute, dis moi? Cette voix...Elle le rendait fou!

Le roturier continue sa tirade, campe sur ses positions. Il répète ce qui a le don d'énerver le prince. Maekar n'a pas relevé les yeux vers lui, il est perdu quelque part dans le vague, perdu entre sa conscience et ce corps qui tremble, perdu entre un homme et une bête. Il réfléchit sans réfléchir, les informations défilent dans sa tête mais rien n'est concret, rien n'est acceptable. Il fixe alors le pommeau de l'épée adverse, vérifie qu'elle ne sera pas dégainée. La sienne, il la tient toujours. Réflexe de guerrier, il ne la lâcherait sous aucun prétexte, pas même pour réceptionner sa chute, pas même pour empêcher le mange de Noirsonge de lui rentrer dans le bas du dos et de martyriser son corps couturé de cicatrices. Calmez-vous. Comment pourrait-il? Comment pourrait-il alors que l'infecte bâtard lui envoie son sbire au sein de sa retraite, peu après l'avoir nommé Grand Commandant des Armées? Que cherche-t-il exactement? L'agissement en lui-même manquait cruellement de logique et hélas, Maekar devait reconnaître que son adversaire était un être intelligent, rusé, retord et qu'il était pourvu de bons nombres d'autres qualités détestables -il irait ensuite se chauffer la langue au rouge pour se punir d'avoir ne fus ce que penser ces mots. Calmez-vous. il ne peut pas, car se calmer implique qu'il a tord et que l'autre a raison. Se calmer implique la possibilité qu'Aelinor l'aie trahi en amenant un ennemi au sein de sa demeure, en exposant ses deux princesses et la dame de son coeur. Trahison! Pire que tout, venant d'une soeur qu'il aimait, venant d'une soeur pour qui il aurait décroché la lune et les étoiles, pour qui il se serait laissé réduire à l'état de rien. Esclave misérable d'un amour contrarié, il aurait tué le roi pour les beaux yeux de la dragonne. Et voila...Qu'elle l'emmène...Et qu'elle accepte de confier son enfant à un chien ennemi? Tiens, Daeron est ton fils désormais? Le prince ne peut se permettre d'être perdu dans des questions rhétoriques. Calmez-vous. Non, il ne peut pas. Il s'agite, s'anime à nouveau comme un pantin désarticulé. Et la, il lâche son épée. Elle tombe sur le sol dans un bruit métallique inquiétant, accompagné d'un éclair si violent que les pierres de la forteresse en tremblèrent conjointement. Le dragon pousse un cri et automatiquement, sa main se referme sur le manche de Noirsonge. Calmez-vous. Non, pas face à des menteurs, pas face à des corrupteurs, des traîtres, il ne peut pas, ne peut pas admettre que l'autre a raison...

Des pas raisonnent dans le couloir.
Ils sont plusieurs, au bruit le prince tablerait sur cinq ou six hommes. Parmi eux, le commandant de sa garde. Un être avisé qui avait du aller chercher des renforts en voyant son prince s'éloigner, seul, enragé, à la poursuite d'une dent de freux. Lorsqu'il aurait repris ses esprits, nuls doutes Maekar se rendrait compte de ce qu'il lui devait. « Mon prince...Si vous me permettez un conseil, je pense qu'il serait plus judicieux d'enfermer ser Mallery dans vos donjons plutôt que d'abîmer une ancienne tapisserie d'une valeur inestimable. » Le prince relève la tête. L'ennemi est effectivement face à cette imposante tapisserie targaryenne. Elle se teintera de rouge sang. Le sang des ennemis, elle n'en sera que plus belle, n'en aura qu'une valeur plus grande... Maekar déglutit. Non, il sait qu'il ne doit pas faire ça. Le bâtard en profiterait, trouverait le moyen de le faire exécuter. Il a besoin de toi. Oui, il en avait besoin sinon il ne l'aurait pas nommé Grand Commandant des Armées...Mais pourquoi envoyer son chien en compagnie de sa soeur? Sa main se crispe autour de la poignée. Au fond il le sait, il connaît la réponse mais psychologiquement, il refuse de l'avouer. « Mon prince... » Maekar entend, il a juste besoin d'une seconde, d'un instant, de...De quoi? Il ne le sait pas lui-même, en réalité. De quoi ai-je besoin? Son sang sur mes mains? La voix lui répond presque automatiquement: Oui! OUI! Alors il va frapper, mais une autre voix surpasse les autres. « Maekar? » Il s'arrête net. Il a l'impression d'être un enfant prit en flagrant délit. Il se retourne, et voit Alanna qui se fraie un chemin au milieu des gardes. Les deux époux échangent un regard, la rage s'échappe alors petit à petit du corps du prince. Il n'a toujours pas accepté l'évidence, mais cela viendra. Pour le moment, il doit sauver la face et ne tuer personne devant les yeux de sa chère et tendre. « Le...Le capitaine des Dents de Freux a agressé votre prince. Enfermez-le immédiatement. Je déciderais de son sort plus tard... »

Il tourna le dos à cet ennemi et s'éloigna du côté opposé, vers l'endroit où il se serait retrouvé s'il ne l'avait pas croisé. Il entendait ses gardes mettre son ordre à exécution. Après tout ici, il était le maître. Dés que le bâtard apprendrait son action, il ordonnerait la libération de son chien mais d'ici la Maekar pourrait au moins avoir une idée précise de l'endroit où il se trouvait. Ensuite il enverrait quelqu'un chercher Daeron et le ferait ramener sur le champs à la capitale, par des hommes de confiance. Et ensuite...Ensuite...
Son poing s'écrasa sur les murs de pierre, habitués au traitement princier. A force, ses jointures ne saignaient plus, ses mains durcissaient. Il sortit dans la cours intérieure en plein orage et laissa le tonnerre l'aider à expier.
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Alrik Mallery
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♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
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Message Lun 25 Juin 2012 - 18:57

La foudre fut annonciatrice d'une rencontre qui tardait encore à venir, mais dont l'illustration semblait inéluctable. La mélodie de la lame sur la pierre tremblotante devant un spectacle imminent crispa d'avantage la masse musculaire du chevalier. L'étau sur Fraternité s'étrécit intuitivement, les prémisses de sa partie tranchante s'extirpa même de son habit sans qu'il ne l'en retire totalement. Naguère, il avait d'ores et déjà pu admirer les furias du Prince de Lestival, envers ses roquets, envers d'autres sieurs, envers le lord Brynden Rivers. Indénombrables furent les fois où il l'avait ouï discourir sur sa résolution à mettre à mal l'actuelle Main du Roi, paroles chamarrées d'injures et autres serments de vendetta similaires à ce dont il avait lui-même eut droit en cette occulte soirée. Il lui semblait voir danser le brasier dans ces prunelles d'onyx qui le guettaient, alors que le dragon s'imprégnait de la mélodie de ses pulsations, des flux sanguins qui pérégrinaient d'un bout à l'autre des veinures du freux prompt à réagir s'il le fallait. Par moment, il jurerait que Maekar entretenait une silencieuse controverse avec lui-même, quelque part dans les méandres de son esprit, la raison contre le coeur – l'intellect contre le désir. Son désir, la dipsomanie d'hémoglobine, s'épancher de la défaite de l'ennemi qui, par la force des choses, s'était montré irrévérencieux. Il rugit, faisant presque vibrer le bastion comme l'eut fait le tonnerre, d'un phonème brisé par la toute puissance de sa vocalise. Le cauchemar fut songe, noir et avide d'obliger l'acculé à faire repentance. Alrik fit un large pas en arrière et cette fois, il s'arma de sa fidèle dans un tintement cristallin, quand bien même il savait qu'il n'en ferait rien. Il ne perdait pas de vue l'endroit dans lequel il se trouvait et l'antagoniste qui semblait hésiter à lui broyer l'ossature à grands coups de châtiment. Au coeur de son regard, il distingua une nitescence de folie, une vésanie qui – il en était sûr – lui était devenue si viscérale qu'elle ne faisait plus qu'osmose avec le targaryen. Les ailes éployées du dragon, dans toute leur démesure et frénésie, lui firent prendre son essor – le fou entama sa marche de Croisades, voyant son homologue en faire de même dans le sens inverse. Le ser recula en simultané, une main tendue dans son échine pour authentifier le mur une fois qu'il y serait et ne pas grotesquement s'y heurter. Ses phalanges effleurèrent le textile des tentures héraldiques lorsqu'enfin, les renforts parvinrent.

Certes, il n'était malheureusement pas question de la venue d'homonymes dents de freux, mais alors même que les uniformes des quidams étaient ornementés d'un tricéphale de vermeille, eux, auraient assurément un semblant de bon sens. Une cohorte fit ainsi irruption dans le différend, à sa tête, un fidèle roquet du prince qui s'essaya à le raisonner. Une initiative appréciée du sir Mallery qui avait lamentablement échoué dans cet exercice, et qui n'en relâchait point sa vigilance pour autant. Même ainsi entouré, l'aliéné était encore apte à lui faire tâter de Noirsonge qui se languissait. Aux propos de l'individu, le chevalier guigna la dite draperie dont il maudissait l'apophtegme – dont il maudissait les membres qu'elle représentait. Puis, un faisceau de réflexion sembla éclaircir la situation, l'esprit nébuleux du dragon encore en proie à l'incertitude. Une accalmie qui se rehaussa bien vite d'une nouvelle envie d'estocade, avant qu'un clairon ne résonne dans le sombre corridor. L'héroïque sylphide apparut auprès de son époux, soudainement incanté par l'unique parole qu'elle avait prononcée et qui se lénifia de toute sa fureur. La méfiance de celui qui fut sa cible s'émancipa graduellement, son épine dorsale retrouva sa droiture et sa poigne finit de faire suffoquer Fraternité. Il n'en démordait pas : cet homme était complètement fou.

Alrik ne s'insurgea point à la sommation de Maekar, celui ne lui en laissant de toute façon, guère l'opportunité. Celui-ci préféra s'escamper vers un couloir adjacent, alors que le ser fut aussitôt cerné des factionnaires, enjoint à ranger son arme sans plus attendre. Il s'exécuta docilement, jugeant inutile d'opposer la moindre résistance à moins de se faire rosser en plus d'être écroué. Menton hautement levé, témoignant d'une fierté qui n'avait nullement souffert, il se fit escorter à travers Lestival pour descendre en ses viscères. Quelle étrange sensation, tout de même, d'être à la place de ceux qu'il condamnait ordinairement d'une même sanction. Combien de fois avait-il vécu cette scène en tout point similaire, mais dont il avait été l'instrumentiste, enfermant les fieffés coquins qui proliféraient à Port-Réal. Ironie du sort – il en connaissait certains qui se seraient gaussés à s'en faire imploser la panse – voilà qu'il se voyait offert une somptueuse geôle en guise de logis pour un temps des plus indéterminé. Mais avant d'être en mesure de se prélasser dans ses nouveaux appartements, les gardes prirent soin de le priver de ses affaires – il eut d'ailleurs un outrageant pincement au coeur à voir son épée s'éloigner de lui, confisquée comme s'il eut été un bambin en punition. Puis, d'une délicatesse proportionnelle à la sympathie que purent lui témoigner les sentinelles, il fut conduit dans son alvéole de crasse et autres matières dont il ne voulait aucunement connaître la nature. Trois tours de clé à l'étrange forure, une ultime lorgnade du chaleureux cortège, et il fut délaissé tel un rat que l'on abandonnait là. Tout d'abord placide, le captif se saisit des barreaux dont il observa la bordure, l'impuissance venant promptement l'accabler. Ses phalanges retirées furent souillées de la rouillure des épaisses tiges qui formaient l'huis, puis il fureta l'endroit qui lui rappela farouchement les prisons du Guet – si ce n'était qu'habituellement, il se trouvait de l'autre côté ! Qui aurait subodoré que le Commandant des Dents de Freux se retrouverait ainsi en cage tel un vulgaire animal dont on ne pouvait supporter la vue ? Il s'interrogea quant à l'implication de la souveraine dans ce revers, la royale succube se gouaillerait avec aise lorsqu'elle apprendrait avec quel égard il avait été considéré. Désormais, ne restait plus qu'à prendre son mal en patience.

Deux heures, peut-être trois, depuis qu'il coudoyait les fétus défraîchis amassés en quelques coins. Le séant posé sur un gradin taillé dans une pierre dissymétrique , le dos rond et les avant-bras appuyés sur ses rotules, le chevalier commençait à trouver le temps long. Son unique distraction était de suivre les aventures des deux gardes – qu'il ne discernait même pas - attablés à l'autre bout du corridor, à savoir, leurs commentaires sur leurs parties de cartes. Un coup de trèfle et un coup d'As, si l'idée de comptabiliser les scores l'avait séduit lors des premières minutes, voilà qu'il était las de ce piètre délassement. Et pour ne rien arranger à son désarroi, son estomac vrombissait d'un appétit qui commençait à prendre de sérieux galons. Il n'avait guère eu le loisir de se sustenter depuis son arrivée en ces lieux, et d'une relative estimation, la soirée était déjà bien avancée. Sa main vint caresser ce ventre tiraillé dans le vain espoir de l'apaiser, avant qu'il n'abdique finalement à en faire la demande auprès de ses compagnons de nuitée. Il se releva donc et passa bras et visage entre les barreaux.


« Geôlier ! » Héla t-il, patientant que l'un des quidams ne se traîne mollement jusqu'à lui. « Même les séquestrés ont droit à leur pitance, je ne suis pas censé me ronger les ongles. »

« Ronge toi les pieds si ça te chante, à moi, ça me fera une belle jambe ! »

« Aussi laid qu'idiot, avec un léger fumet de picrate et de chien mouillé... Et qui ne peut même pas gagner une partie de cartes avec cela... Que de qualités. »

« La ferme le freux ! Le prince te fera fustiger puis décapiter ! Lèche le sol si tu as faim ! »

Le garde donna un grand coup d'épée sur les tiges métalliques, contraignant le chevalier à furtivement se reculer pour ne pas être affublé d'un bel hématome. Le chant strident du choc le fit frétiller de désagrément, alors qu'il dévisagea le bougre qui s'en retourna à la compagnie de son compère qu'il entendait glousser d'ici. Celui-ci, Alrik se le jurait, aurait de ses nouvelles s'il avait le malheur de le croiser au Donjon Rouge. Dans cette conjecture revêche, il relâcha une insaisissable expiration avant de retourner à son banc de fortune, ne pouvant faire autrement que patienter comme il ne l'avait déjà que trop fait. Maekar serait bien capable de l'y laisser toute la nuit durant, voire même le temps de quelques aurores dans la mesure où l'information de son emprisonnement ne parviendrait pas aux oreilles de la Main du Roi dans l'immédiat. Cependant, le dragon s'exposait là au courroux de son oncle bâtard n'eusse-été que pour avoir levé main sur le sieur Mallery qui, même s'il était d'une moindre noblesse, demeurait malgré tout un élément notoire et gradé de la société. Pas moins que le second du lord Brynden, peu de gens osaient sciemment l'attaquer de front et l'inviter à un baiser léthifère, c'était à croire que le targaryen n'avait aucun sens commun. La meilleure des solutions aurait encore été que la reine finisse par le renvoyer aux Terres de la Couronne, même s'il aurait perdu un temps considérable l'avoir inutilement accompagnée jusqu'ici, au moins aurait-il eu une couche digne de ce nom pour cette sorgue qui s'annonçait terriblement longue. S'adonnant à une introspection supputée de méditation – car c'était encore la seule chose qu'il était enclin à faire – les heures qui fluèrent furent jalonnées de quelques mouvances importunées. Pire que la monotonie, la fatigue, la froidure et la faim – trinité de mots et maux en f – l'empêchaient de trouver une once de sommeil. Il fit les cent pas dans l'étroite pièce, se prit à fureter par la mince anfractuosité qui lui faisait voir le ciel, compta les fétus et entreprit même de se fragmenter le front en l'écrasant contre la paroi, rien n'y fit : il était toujours aussi désoeuvré.

Combien de temps depuis qu'il était ici ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais la nuit était toujours d'actualité. Il abhorrait être ainsi privé de sa liberté de mouvements, cependant, il était parvenu à préserver sa tranquillité et se surprenait même à piquer du nez. Assis à même le par terre, une jambe repliée et l'autre allongée, son crâne était retenu par le mur contre lequel il s'était adossé. Partiellement assoupi, il crut pourtant entendre des pas résonner en écho dans le corridor. Mais il ne releva ce détail que lorsqu'il fut certain qu'un visiteur s'était immobilisé devant sa cellule et l'observait d'une oeillade appuyée. Tout d'abord peu à même de réagir, il ne fit qu'ouvrir un oeil à l'aboutissement de longues secondes, bien qu'il n'eut pas besoin d'apercevoir la dite personne pour en deviner son identité.


« Vous êtes bien matinal, messire. » Il referma son oeil mais ne mut point de sa position. « J'ignore si vous êtes d'avantage disposé à dialoguer, au quel cas, je serais curieux de savoir ce que vous avez finalement "décidé de mon sort." »

Il n'était pas dupe, même si le prince se trouvait en son domaine, il n'avait que peu de droits le concernant, et ne pouvait s'octroyer le luxe de lui faire sauter la tête. Même si la perspective de le libérer ne l'enchantait guère, il lui faudrait bien s'y plier avant que les choses ne prennent plus d'ampleur et y mêlent la Main du Roi et les Baratheon. Mais il s'interrogeait : le dragon s'était-il entretenu avec sa soeur ? Si oui, celle-ci avait-elle corroboré les dires du freux ? Jusqu'alors, la conversation n'avait été qu'impossible entre les hommes qu'ils étaient, tous deux dépassés par les causes qu'ils défendaient et les mauvais agissements de l'autre. Alrik escomptait à ce qu'il le renvoie auprès de son « maître » aussi tôt qu'il le pourrait, cependant, Maekar avait par maintes fois prouvé qu'il était imprévisible et férocement rusé lorsqu'il substituait la réflexion à la véhémence... Qui donc pouvait se targuer connaître ses desseins ?


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Sam 7 Juil 2012 - 10:21

Délicate symphonie aux allures funestes. Le prince déchu est assiégé par des gouttes ravageuses éclaboussant son visage tacheté par la vérole. Il continue pourtant à réduire le mannequin de paille en charpie. Un coup. Deux. Trois. Noirsonge se repaît d'un sang qui n'existe pas et la frustration se lit sur les traits déformés par les bas instincts. Tuer. Non, il n'est pas friand de mort, n'aime pas la dispenser. Il a besoin de la guerre car elle représente tout ce en quoi le prince est doué. Politique? Oublions. Parlotte inutile, diplomatie à trois cerfs d'argent, faux semblants qui le rongent. Difficile de cacher sa nature véritable, il copie l'aîné massacré de sa propre main. Accident...Il n'empêche. Tout reflue à la surface, alors que l'orage hurle au dessus de sa tête. Les éclairs touchent parfois le sol, mais pas dans la cour de la forteresse. Il entend les craquements sinistres d'une tempête dont il ne désire pas s'abriter. Il attend qu'elle le purge, qu'elle le prenne. Il attend et il pense. Le prince réfléchit, son visage trop tordu par diverses émotions que pour qu'on puisse le remarquer. Il revoit le visage du chien de freux, ses bonnes manières exagérées, ses moqueries voilées. Il revoit aussi ses yeux, au moment où il lui explique que sa soeur la reine, a demandé elle-même qu'il l'accompagne. Une sincérité à côté de laquelle le prince aveugle ne peut passer. Un doute, minuscule, lui ronge le coeur et il l'enferme bien profondément. Non, Aélinor est une sainte. Aélinor ne chercherait pas à jouer avec ses nerfs. A déclencher un accident diplomatique qui pourrait coûter cher à celui qu'elle disait aimer encore quelques heures plus tôt. Certes elle était en colère contre lui, à cause de son départ. Mais il pouvait l'être tout autant, du long silence qu'elle lui avait imposé par lettres, soi-disant pour le protéger des yeux indiscrets d'une Main de Roi diabolisée. Maekar hait l'albinos bâtard, un sentiment profond qui régit sa vie et sans doute, lui garde la tête hors de l'eau. Lui permet de ne pas s'appesantir sur l'acte accidentel quoi que mortel, de Cendregué. Le prince connaît ses failles, connaît son caractère emporté et ses difficultés sociales. Il s'est toujours laissé aveuglé, quand il s'agissait du sang de dragon. Aveuglé, par ses fils, fermant les yeux sur les dérives violentes du dernier espoir qu'il gardait. Fermant les yeux sur l'alcoolique, cherchant même à lui restituer un semblant d'honneur pour une offense jamais commise. Sa dévotion familiale allait sans doute trop loin. Son obsession pour la pureté du sang Targaryen également. Il n'avait jamais rien eu contre les bâtards avant que ceux de son grand-père ne cherchent un pouvoir qui ne leurs revenaient pas et plongent le royaume dans une guerre inutile. Il n'avait jamais rien eu contre les bâtards, avant que l'épée de son Chevalier-Dragon finisse entre les mains de l'un d'eux, le seul à qui on ne pouvait rien au grand jamais rien reprocher. Fidèle oncle...Maekar crache au sol, cesse de s'acharner avec sa masse d'arme sur des lambeaux hérités du pauvre mannequin. Il ressasse, il radote. Il cauchemarde en permanence depuis deux longues années, il commence à craquer. Pauvre petit prince...Il aimerait une berceuse capable de le plonger dans un sommeil mortel.
Il ressasse, il dérive. Il en oublie son invité pourrissant dans son donjon, cause première de cette folie. Il était coutume à Aélinor d'apporter son lot de tracas à chaque passage. Elle joue. Au fond de lui et grâce à ses aveux, il sait ce qu'elle peut-être, il sait qu'elle est une dragonne dans l'âme et qu'il arrive parfois qu'entre dragon, la confiance ne puisse totalement régner.
Douloureux constat.

Il ne comprend pas ce geste, ne peut qu'oser imaginer les véritables intentions de celle qu'il adore à l'égal d'une déesse. Il secoue la tête, lentement, bras ballants. Il tient toujours Noirsonge mais du bout des doigts et d'avantage par habitude. L'orage semble se calmer, seule la pluie continuer de couler, de ruisseler, inondant la cours habituée. Depuis combien de temps passe-t-il cette rage aveugle, cette frustration mal dissimulée, sur des objets inanimés? Il l'ignore, mais sent un regard posé sur sa nuque. Instinct de guerrier, peut-être simple impression. Il se retourne et sait qu'on l'observe d'une fenêtre. Il ne distingue rien de bien précis au travers de cette pluie, juste une silhouette peut-être pas si féminine que cela. Frisson. Dégoût? Tristesse? Pas de mot. Daeron. Le père s'éloigne, rangeant son arme à sa place habituelle. Il ne s'en sépare jamais, ressemble à un seigneur subissant un siège, s'apprêtant à voir ses portes céder d'un instant à l'autre. L'ennemi est déjà dans nos murs. Restait à savoir si l'ennemi avait ou non un complice, restait à savoir s'il était manipulé par le sang adoré, si elle avait fini par s'acoquiner avec ceux qu'elle décrivait comme des êtres infâmes détruisant sa vie et son intimité petit à petit. Maekar avait été à deux doigts d'enfourcher son cheval et de galoper brides abattues jusqu'à Port-Real pour la venger. Parricide deux fois et une demi. Il lui avait fallu tout le sang froid dont il était capable pour s'en empêcher. Je mourrais pour toi, je te vengerais. Oui, il le lui avait juré.
Au diable le jeu des trônes!
Le prince n'a jamais été habile de toute façon. Et n'a jamais voulu d'un quelconque trône. Juste une armée et des guerres à mener, voila de quoi satisfaire à son bonheur, à son oubli, peut-être lui apporter un semblant de tranquillité d'esprit. Tu seras toujours hanté. Il secoue la tête, avance. Il entre, gouttelettes martelant le sol, s'échappant des vêtements sombres d'un prince qui semble perpétuellement en deuil. Il ignore l'heure mais peu lui importe, son corps est habitué à ne recevoir qu'un strict minimum de sommeil. L'esprit supplante souvent ce besoin humain, le rendant pis que cauchemardesque. Presque sans y penser, il se rend à sa loggia. Comme il le pensait, un feu y est allumé. Il pose un regard presque tendre sur la porte le séparant de ses appartements, et donc d'Alanna. Attentionnée, parfaite, digne épouse...En qui tu peux avoir confiance.
Maekar se laisse tomber sur son fauteuil favoris, hypnotisé par le feu dansant dans l'âtre. Le ballet le calme, lui permet de réfléchir. Il fixe, sans jamais cligner des yeux. Et le temps passe...

Il a conscience, sans vraiment que ce soit le cas, du fait que son corps bouge et que son esprit a aboutit à toutes sortes de conclusions. Il descend une ribambelle de marches s'enfonçant dans les profondeurs obscures de Lestival. Les torches au mur dansent un curieux ballet sur lequel le prince ne s'attarde pas. L'hypnotisme des flammes a trop d'emprises sur lui. Salué par les gardes, qui s'éclipsent un peu plus loin, se montrant discret mais prêt à intervenir au cas où tout tournerait mal. Le prince sait d'avance que le chien de freux a été enfermé dans une cellule entretenue uniquement pour être la plus désagréable possible. Quelques rats, paille pourrie et odeur d'excréments tenaces, peu de lumière voir pas du tout, de quoi briser l'esprit d'un homme. Mais pas de cet homme la, non hélas et encore moins en si peu de temps. Il approche son oeil de l'ouverture minime et observe son prisonnier. Calme, paupières closes, il semble dormir. Il se moque de moi. Le prince sent monter une nouvelle bouffée de rage mais se reprend, juste à temps. Ce qui l'exaspère n'est pas tant le comportement du chien que le fait qu'il soit entièrement justifié. Ne le voyant pas rentrer, n'ayant plus de nouvelles de son émissaire, il allait vite comprendre qu'il lui était arrivé quelque chose, s'il ne le savait pas déjà. Maekar n'était pas assez bête pour penser que tous ses hommes étaient totalement loyaux. Il avait purgé sa garde à son départ du Donjon Rouge, mais l'un ou l'autre espion aurait pu échapper à sa vigilance.
Qu'est ce qu'il pouvait haïr Brynden Rivers...
Et cet homme-ci n'était pas en reste. Il avait réfléchis à toutes les nombreuses raisons qu'il aurait pu avoir de lui en vouloir et il n'y en avait que deux: Sa dévotion au bâtard et l'intérêt que sa soeur entretenait pour lui, la seconde primant presque sur la première. Tous les chiens ont besoin d'un maître... Un prince raisonnable. Le qualificatif lui allait assez mal. Il ressemblait à un papillon -vérolé et affreux, miteux et détruit- s'approchant d'une flamme avec fascination. Le chien relève la tête et l'observe, lui demande des nouvelles du sort choisit. Comme s'il craignait vraiment de perdre la tête...Maekar n'était pas le prince cruel que tout le monde s'amusait à voir en lui. Certes il avait dans les veines la folie du dragon mais n'aurait pas arraché la tête de cet homme sans raison acceptable, pas juste parce qu'il servait un maître détesté...Ou peut-être aurait-il aimé s'en convaincre. « Ton sort dépendra des réponses aux questions que je vais te poser. Un peu de solitude t'aura peut-être aidé à ne plus avoir envie de mentir à ton prince. » répondit-il, ignorant la première remarque car il était inutile de préciser qu'il ne s'était pas encore couché. Il ignorait d'ailleurs quelle heure il était exactement et s'en fichait comme de sa première épée de bois. Ses yeux étaient perpétuellement cernés depuis deux longues années. « Explique moi comment la reine est soi-disant venue à toi pour te demander de l'accompagner et s'est ensuite permise de te désigner pour raccompagner Daeron à la capitale. »
Silence.
Ce n'était pas la question qu'il voulait poser.
Il s'apprêtait à demander ce que le freux voulait savoir à son sujet, pourquoi est-ce qu'il envoyait son capitaine de la garde pour l'espionner alors que le prince allait bientôt revenir à Port-Real...Il s'apprêtait à poser des questions sans grand intérêt pour en ressortir la vérité, mais il connaissait déjà ses réponses et son adversaire. Le bâtard l'obsédait depuis des années, il connaissait son fonctionnement. Rien n'était logique dans cette manœuvre soi-disant politique. Le fait qu'il était persuadé qu'Alrik mentirait de toute façon ne changeait rien au besoin qu'il avait de l'interroger. Si Maekar Targaryen n'était pas socialement très doué il l'était pour écouter, analyser et sentir avec une sorte d'instinct ce qui était vrai et ce qui était faux. Il trouverait peut-être quelques brindilles pour alimenter le feu de passion et de confiance aveugle qu'il avait en la reine de Westeros. « Et ne mens pas. » précisa-t-il, quelque peu lamentablement sans doute, pour essayer de réparer son erreur.
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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

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Message Dim 8 Juil 2012 - 21:37

Maekar avait toujours été un homme sans boussole, aux prunelles du freux, le nord était perdu depuis longtemps. En tant qu'antagoniste, comment pouvait-on se targuer de le connaître et d'être en mesure de prophétiser ses actes lorsque le dragon lui-même ignorait tout de sa mouvance. Sa danse était toujours incertaine, improvisée – une valse mortifère à laquelle il finirait par succomber s'il n'en révisait guère les pas. Son corps astral vomissait l'Occulte, une âme meurtrie, ourlée de coutures à l'instar de son ingrate physionomie qui semblait en proie à l'émoi. Au moins partageaient-ils les auréoles bleuâtres qui soulignaient leurs regards, il serait surprenant que le prince soit parvenu à trouver le sommeil, ou certainement pas avant de s'être épuré de sa sourde colère. Là où Alrik fortifiait un nid de patience à défaut de pouvoir scier les stries de sa cellule, lui périclitait de voir la situation lui échapper et ne plus être maître dans son propre domaine. Si le ser comprenait la source de sa frustration de voir le roquet de son rival pénétrer en son enceinte, il ne concevait qu'un homme de son acabit ne parvienne à faire gérance de ses émotions. Au fond, il doutait avoir déjà aperçu une autre braise que celle de la rancoeur chatoyer dans ces calots qui le fixaient sans relâche. La génétique targaryenne était des plus illustres, des plus excentriques. En bien ou en mal, tous les membres de ce patronyme avaient une indicible particularité, peut-être dû à leur halo mystique hérité des grands dragons. Ils étaient terrifiants, ou au contraire, extraordinairement attractifs – dans le sens le plus large du terme. Depuis qu'il avait posé ses chausses à Lestival, cette impression ne le quittait pas, celle qu'une épée de Damoclès brimbalait dangereusement au-dessus de son crâne. Même alors qu'il s'était par une fois dérobé au tranchant de l'estoc – il voyait encore l'arme du fou fondre sur son faciès pour en parfaire les traits – cette infâme sensation qu'un prédateur rôdait sans cesse ne s'estompait pas. Bien que la rouille édifiée en barreaux et huis de sa geôle le prémunissait d'une nouvelle offensive, l'ennemi était là, avec l'incommensurable et gangrenant fantasme de l'occire sans plus tarder. Le poids et les tribulations des années avaient avili la sombre masse qui se tenait, pour l'heure, du meilleur côté de la pièce tapissée d'immondices. Même les yeux clos, il apercevait l'ébauche de son galbe exhalant une noirceur psychotique et devinait sans mal avec quelle aversion il devait le jauger.

A y songer, une contracture étira douloureusement sa nuque, lui faisant onduler les épaules à la recherche d'une position plus confortable. Sa main se glissa finalement sur le muscle raidi pour en masser la courbure, dévoilant enfin l'azur de ses prunelles aux notes qui réclamaient de nouvelles explications. Comment avait-il pu être sot au point de penser que la vision du prince s'était bonifiée avec le flux des heures ? Depuis qu'il l'avait surpris à rôdailler dans ses corridors, depuis qu'il l'avait interloqué d'une rage en courbe, pas une fois, il n'avait prêté l'oreille à ses paroles. Dès lors que la référence à la reine fut osée, Maekar s'était abandonné aux méandres de la vésanie plus ne plus voir que félonie. Cet homme était des plus opiniâtres, buté comme il était impossible de l'être ou particulièrement long à comprendre les faits – dans tous les cas, il y avait de quoi perdre espoir pour l'humanité. L'honnêteté n'était pas toujours gage de bonne concorde, la diplomatie n'était malheureusement pas une panacée à toutes circonstances et dans la déferlante d'acrimonie qui avait manqué de ravager tant un chevalier qu'une noble tenture du pourpre tricéphale, ni la rhétorique ni toute autre forme de civilité ne pouvait avoir raison de l'esprit embrumé. Si peu de sens commun dépassait le sieur Mallery qui en restait coi d'accablement, incrédule face à tant de pertinacité.


« Par pitié... Vous ne songez tout de même pas à ce que je vous offre une version opposée à celle que vous connaissez sous le simple prétexte que je suis retenu dans vos donjons ? » Il ne put retenir un rire de désespoir. « C'est d'un ridicule... »

Ridicule était un mot de piètre amplitude pour qualifier l'attitude du dragon, tant frustré de son tort qu'il patientait encore pour une allégation que le freux ne lui ploierait irréfutablement pas. Sciemment accusé de menteur – de diffamateur même, de s'être ainsi affirmé au service d'Aelinor alors qu'il n'en était, selon le bien-fondé de ce cher prince, absolument pas digne. Jamais, de son propre chef, Alrik ne se serait acoquiné avec la reine alors qu'il n'avait, pour ainsi dire, jamais eu une quelconque confiance en la dame. Un avis certainement falsifié par les marivaudages avec lesquels elle l'avait tant importuné lors de leur fougueuse jeunesse, lui qui n'eut pourtant été qu'un indigent lambda ayant choisi la voie de l'épée. Il n'avait jamais compris pourquoi une vénus d'une telle noblesse se délaissait à minauder en sa compagnie aussi rare était-elle. Décidément, aussi impliqué était-il dans le quotidien du Donjon Rouge, il n'en comprenait pas tous les habitants. Cependant, il n'était pas avéré que ses dires quant à la présente et délicate situation aient une quelconque valeur pour le quidam aux aguets et tiraillé par l'émoi. Le captif, lui, n'avait rien à perdre, peu lui chalait que la souveraine ait à se justifier auprès de son frère, elle était encore la principale concernée et fautive de la légère dissidence qui avait animé les couloirs. La foudre, humble compagne d'algarade, avait cessé de vociférer sa rancune depuis longtemps maintenant... Mais à l'image du commandant des armées royales, il n'était peut-être question que d'une accalmie, de quoi préserver une méfiance affilée.

« Fort bien, reprenons donc, pour la troisième fois... » Il se redressa non sans un certain effort, la panse toujours tiraillée par la famine qu'il ne comblait que par la force de son esprit. « Sa majesté la Reine est venue me trouver peu de temps avant son départ et m'a entretenu de son désir que je fasse partie de son escorte. Pour quelle raison ? Je l'ignore, mais aux dernières nouvelles, je suis encore passablement rodé en matière de sécurité. Par ailleurs, je subodore que ma présence est d'avantage liée à votre fils qu'à sa Grâce, ce n'est pas la première fois que je veille sur le prince Daeron. » Avait-il besoin de préciser le sujet de sa surveillance vis-à-vis du jeune homme ? Il n'était après tout pas rare qu'il le surprenne à cuver dans un coin du Donjon Rouge pour le raccompagner – le porter – jusqu'à ses appartements. Autre source de sa vigilance, les inopportunes lorgnades que le jouvenceau dédiait à Yevana, ce qui déplaisait plus que fortement au père de celle-ci. « Et pour ne rien vous cacher puisque m'est donné l'opportunité de m'exprimer, j'ai moi-même dû persuader mon lord de me laisser prendre la route pour Lestival. Il n'était que peu confiant quant à votre bonhomie, étonnamment... »

En cette heure, Alrik regrettait amèrement de ne pas avoir écouté les conseils de son seigneur et ami, même si son impudence lui avait permis d'admirer le coeur du bastion targaryen – et accessoirement, d'incommoder son plus illustre ennemi. Mission parachevée, même s'il ne s'y risquerait pas à une seconde tentative dans les quelques décades à venir. Ne plus jamais accéder à une lubie d'Aelinor, un adage à en devenir qu'il forgeait en acier valyrien dans le dédale de sa mémoire. Néanmoins, il était désormais au fait de l'aliénation mentale du pauvre bougre qui se ronger les sangs à l'idée d'avoir été trahi par une chair fraternelle. Qu'importait, à dire vrai, les conclusions qu'il pourrait faire résulter de la déclamation du ser, car la vie de ce dernier n'était nullement menacée. La légendaire obligeance de Maekar n'avait d'autre choix que se restreindre à la succincte captivité à laquelle il l'avait condamné, officiellement prohibé de s'adonner à d'avantage de sévices. Fort de cette vérité, le chevalier osa faire quelques pas parmi les fétus et macchabées de rongeurs, préservant tout de même deux coudées de distance avec son interlocuteur auquel il s'adressa derechef.

« Entre nous, messire. Vous ne m'aimez pas, c'est un fait, et... Je ne vous aime pas non plus, juste retour de bâton. » Une véracité sur laquelle – probablement l'unique – ils tomberaient en accord. « Mais vaux-je réellement la peine que vous vous attiriez le courroux de lord Brynden pour une simple chicane qui relève d'avantage de la méprise ? » Il fit une moue faussement songeuse, avisant le prince d'une réalité à laquelle il ne pouvait se dérober malgré son titre. « Combien de temps avant que la main du roi n'ait vent de mon emprisonnement, à votre avis ? »

Tendant l'atmosphère d'une pression volontaire, le freux avait l'intention de jouir d'une libération en usant de ses privilèges, quitte à vivifier le versatile brasier qui consumait Maekar. Contrairement à ce que suggéraient les apparences, ce n'était peut-être pas l'homme au fond de sa geôle qui était le véritable prisonnier.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Ven 27 Juil 2012 - 14:01

Répéter, le prince voulait que le chien répète la litanie apprise par son maître, afin de déceler le mensonge dans son intonation, dans ses yeux, peut-être dans ses gestes. Pourtant, au fond de lui, Maekar savait l'entreprise vaine. Il avait depuis longtemps fais le tour de la question et compris que son adversaire, son ennemi, n'était pas idiot et ne faisait rien sans bonne raison. Et dans ces actes, la bonne raison n'existait tout simplement pas. Il s'agissait ici d'une machination de la reine, sans doute destinée à punir son frère d'une offense imaginaire. Elle qui, pendant tout ce temps, avait nié ses lettres, son besoin de contact, soi-disant pour empêcher le Freux de soupçonner une éventuelle liaison entre eux...Foutaises! Aelinor jouait avec le feu, comme elle avait toujours aimé le faire, et était à deux doigts de se brûler. La discussion qu'ils avaient eu le jour d'avant lui revint en mémoire et il se demandait ce qui, là-dedans, était vrai et ce qui était destiné à attiser sa passion, gentil petit pion qu'il était. Pourtant le prince était impuissant, jouet de la reine et serviteur avec grand plaisir, tant il adorait cette soeur si cruelle. Oh il allait lui en vouloir et le lui ferait savoir mais à terme, sa confiance en elle resterait intacte, de même que son dévouement. Aveugle dévouement...
Il écoute le chien, il écoute le récit, le même que tout à l'heure. Le ton condescendant l'irrite, les airs suffisant du pseudo chevalier lui donnent nombre d'envies terribles, qu'il refoule avec beaucoup plus de facilité que la première fois. Le dragon est calmé, il dort, confortablement installé, enroulé dans sa tanière étroite. Légère fumée sortant de ses naseaux bouillants, rien d'autre. Maekar a enchaîné la bête en lui et la contrôlera, jusqu'à la prochaine fois. Jusqu'à ce que ses cauchemars soient trop pressant ou qu'une trop grande contrariété le pousse à lâcher du lest, pour mieux reprendre le contrôle par la suite. Jeu dangereux, auquel se livre le prince de Lestival, mais nécessaire, pour ne pas céder à la tare ancestrale des Targaryens: la folie.
Le chien évoque alors ouvertement son maître. Il s'exprime sur son inquiétude au sujet du sieur Mallery, et le Targaryen ne peut s'empêcher de sourire. Un rictus féroce, l'espace d'une seconde. Il me craint. Une toute puissance qui coule dans ses veines. Sentiment enivrant. Brynden Rivers n'a rien d'un imbécile, il est simplement lâche, couard et opportuniste. Et bâtard, pour ne rien arranger à son affaire. Maekar le hait et malgré les airs que se donnaient la Main du Roi, il était parvenu à l'effrayer. Il était plus qu'un pion incontrôlable sur son échiquier. Plus qu'un pion: Un futur roi! Maekar adorait ça, adorait l'idée de lui avoir causé de l'inquiétude. A lui, celui qui hantait ses cauchemars, ses douleurs, ses folies. Une personnification, en réalité, voila tout. Rien de plus qu'un bouc émissaire sur qui déverser sa frustration. Mauvais endroit, mauvais moment, grand ennemi...Et il l'écrasera, Maekar s'en est fait la promesse.

Le chien continue sur sa lancée, exprimant des faits que le prince n'appréciait pas. Non pas sur l'évidence de leur brouille commune mais plutôt sur le sous entendu qui l'accompagnait, comme de quoi le mécontentement du lord bâtard était à craindre pour un prince de sang, véritable dragon rouge. Certes sur le papier, il n'avait pas tord...Ainsi il grimace, ce qui le pousse dans la mauvaise direction. Rien de pire que d'exprimer ce genre d'évidences inacceptables. Le prince est à deux doigts de tourner les talons pour le planter la, le laissant crever dans sa cellule. Il sait qu'il recevra un corbeau du Freux le sommant de relâcher Mallery dans peu de temps. Nuls doutes que la nouvelle est déjà en train de voler au gré du vent jusqu'à Port-Real, espionnage habile. Maekar donne une semaine, pas plus. Mais le ser cabot tiendra-t-il aussi longtemps sans nourriture? Tue le... Cette petite voix, vilain chuchotis dans son esprit, qui tente de le pousser du côté obscur de son être. Il sait qu'il ne peut pas le tuer. Choix politique inconcevable et choix humain...Infâme. Il a beau le détester pour son allégeance, le traiter en ennemi, le prisonnier n'a fondamentalement commit aucun crime lui valant une punition aussi terrible. Il se hait, rationnel. Cela lui va si mal...« Mille yeux et rien qu'un... » siffla-t-il en guise de réponse, tel un serpent venimeux sur le point d'achever sa proie d'un poison mortel. « Je vais te faire une fleur, chien, et te rendre la liberté. Tu vas pouvoir retourner auprès de ton maître et lui raconter de toi-même ce qui est arrivé ici. » Enjolivement, grossissement, durcissement, Maekar allait devenir un démon infecte et nuls doutes que la Main du Roi s'arrangerait pour l'humilier afin qu'il paie et d'assurer ainsi le peu d'autorité qu'il lui restait encore. Il aurait du s'inquiéter, mais n'y parvenait pas. Il était bloqué sur cette seule et même idée depuis tout à l'heure: Il me craint. De quoi le mettre d'extrêmement bonne humeur malgré les sous entendus douteux d'un chien terrifié. « Qu'importe que tu lui dises ou non la vérité, tu vas transmettre mon message: Quiconque, acheté par ses soins ou loyal envers lui, qu'il soit garde du corps ou catin, approchera mon fils, ne devra pas attendre de miséricorde de ma part. Tu es l'avertissement. Dis lui que ce qui a été dis lors de notre dernier entretient n'est pas caduque et que personne ne pourra arrêter mon geste s'il tente de toucher à Daeron, quelles que soient ses intentions. » Père attentionné? En quelque sorte Maekar continuait d'aimer ce déchet sortit en premier des entrailles de sa chère et tendre. Il n'y pouvait rien, même s'il le dénigrait et refusait même de lui parler, il ne pouvait accepter que le freux mette la main sur lui et le corrompe plus qu'il ne l'était déjà. Ses vices étaient biens sains en comparaison de ce que pourrait lui faire ce bâtard, si Maekar refusait d'intervenir. Paranoïaque? Peut-être, mais on n'était jamais trop prudent avec Brynden Rivers. « Je m'occuperais de le faire raccompagner à la capitale. » Il appela ensuite les gardes et tourna le dos à cet ennemi mineur, remontant les escaliers jusqu'à sa loggia.

Le prince avait besoin d'un repos certes non mérité mais urgent, toutefois. De plus il ne voulait croiser personne, tout du moins pas sa soeur, et espérait même pouvoir l'éviter jusqu'à ce qu'elle ne continue son périple, en route pour Dorne, chercher le soutien d'un oncle qui n'avait, dans leurs querelles, absolument rien avoir et d'une tante qui, depuis tout ce temps, devait entretenir des préoccupations plus importantes à ses yeux. Entrant dans ses quartiers privés, il allait s'assoire et s'endormir ainsi une heure ou deux, juste assez de temps pour être opérationnel et pouvoir continuer à préparer son voyage vers Accalmie où il s'arrêterait pour la Nouvelle Année, avant de se rendre à Port-Real avec une suite, il l'espérait, renforcée de cerfs. Les préparatifs et la jubilation d'asséner un nouveau coup -politique cette fois- au bâtard, suffirait pour lui occuper l'esprit et ne plus songer à l'insidieuse graine de doute, plantée dans son esprit par une dent de freux bien tenace.

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