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Même quand la blessure guérit, la cicatrice demeure ▬ Oteh

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Message Sam 26 Mai 2012 - 17:47

     Les rumeurs étaient rapides à voyager et cette constatation n'était que plus vraie lorsqu'elle touchait une demeure comme celle des Ferboys. Les dames de compagnies ou les domestiques semblaient posséder une certaine propension au commérage et Lyra n'y échappait pas. Même si elle ne cherchait guère à être tenue au courant des moindres faits et gestes des habitants du coin, les on-dit semblaient arriver chez elle quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise. Choses assez utile lorsque l'on se trouvait être la suivante d'une noble dame, après tout, tout le monde savait que c'était bien souvent le petit peuple qui en apprenait long sur les nobles. Quelle personne de rang élevé prendrait garde à ses paroles devant une simple roturière ? C'était donc par ce biais que la jeune femme avait appris l'arrivée plutôt étrange d'un homme originaire de contrées lointaines. Elle était en train de s'occuper des tâches quotidiennes inhérentes au métier de suivante, lorsqu'une rumeur était arrivée jusqu'à elle. Sans que Lyra ne comprenne de quoi il en retourne, son attention avait été très logiquement attirée par ce brouhaha et elle avait appris un peu plus tard qu'un homme blessé avait été trouvé non loin de Ferboys. Des hommes l'avaient ramené et il avait été installé dans une chambre du château pour y être soigné. Le mestre de Ferboys s'en occupait très certainement, il était habitué aux blessures faites par armes. La curiosité de la Dornienne avait été piquée, mais les tâches qui lui incombaient avaient rapidement repris le dessus et le souvenir de cette arrivée surprise s'était rapidement rangé dans un coin de son esprit le temps qu'elle s'occupe de toutes ses obligations.

     Le temps était passé, puis finalement après avoir réalisé tout ce qu'elle devait effectuer, Lyra était allée se reposer un peu dans la cour, attendant que sa dame la fasse appeler pour une quelconque aide. Là, elle trouvait deux autres jeunes femmes qui travaillaient pour la maison Ferboys, elles gloussaient entre elles, ignorant tout simplement les gardes qui s'entraînaient devant eux. Cela parut étrange à la Dornienne qui avait remarqué l'inclinaison que les jeunes domestiques du château semblaient posséder pour les gardes, peut-être que les faits d'armes les impressionnaient allez savoir. Elle s'approcha donc de ses homologues qui l'accueillirent avec joie, elles eurent tôt fait de la renseigner sur la raison de leur indifférence vis-à-vis des soldats en plein exercice. Celle-ci n'était nulle autre que l'arrivée du blessé ramené par les gardes. Visiblement elles avaient été mandées par le mestre pour apporter de l'eau chaude et quelques pansements et leur discussion tournait autour de l'homme. Visiblement c'était un homme d'armes originaire d'une contrée située de loin de Westeros. La surprise se manifesta dans le regard sombre de la Dornienne qui comprenait mal ce qu'un étranger viendrait faire aux abords de Ferboys qui n'était pas vraiment une ville marchande ou possédant un attrait particulier. La tête pleine de pensées, la jeune femme réfléchissait à cette situation plutôt inattendue, puis décida finalement de fausser compagnie à ses collègues qui la regardèrent partir avec un sourire avant de reprendre aussitôt leur discussion sur l'étranger.

     La Dornienne avait beau ne pas aimer les armes, elle ne pouvait pas rester insensible à une personne blessée. Par ailleurs, avait-il dû se battre pour être amené ici et avoir besoin d'être soigné ? L'idée n'était pas agréable à l'esprit de la jeune femme qui décida d'aller voir si l'homme en question avait besoin d'aide. Alors qu'elle déambulait dans les couloirs de la forteresse, la suivante croisa le chemin de l'autre dame de compagnie de lady Edarra, elle lui fit savoir qu'elle allait rendre visite au blessé pour voir s'il avait besoin d'aide et Obara opina du chef avant de disparaître. Elle n'avait pas commenté le fait que Lyra était censée s'occuper de lady Edarra et non des blessés qui étaient ramenés par les gardes du château, plutôt surprenant au final, à moins qu'elle ne finisse par s'adoucir avec l'âge. Ceci fait, la roturière emprunta une multitude de corridors avant de se diriger vers l'aile où l'homme avait été placé. Ce ne fut que lorsqu'elle se trouva devant la porte que la jeune femme se rendit compte qu'elle avait omis de demander le nom du blessé aux deux domestiques. Se mordant la lèvre inférieure, elle hésita à faire demi-tour pour aller se renseigner, mais finit par se dire qu'il allait bien pouvoir la renseigner. De plus, il y avait toutes les chances pour qu'il soit allongé en train de se reposer, peut-être même en plein sommeil. La Dornienne risquait donc de ne pas avoir besoin de connaître quoi que ce soit de lui. Levant la main, elle frappa trois fois contre le bois de la porte, laissa passer quelques secondes, pour appuya sur la poignée pour ouvrir l'huis qui donnait sur une chambre assez petite, mais éclairée et assez fraîche pour ne pas souffrir du soleil de Dorne.

     Ses yeux se posèrent sur le lit où normalement l'homme aurait dû se trouver, mais quelle ne fut pas la surprise de la jeune femme lorsqu'elle ne vit que des draps froissés. Fronçant les sourcils, Lyra avança un peu plus dans la chambre pour regarder autour d'elle et manqua de sursauter lorsqu'elle distingua enfin le blessé. Il était debout face à une cuvette, visiblement en assez bon état pour pouvoir se lever et se mouvoir correctement. Dire qu'elle l'imaginait aux portes de la mort, pour le coup la suivante se sentit clairement stupide. Sa surprise laissa alors place à un léger sourire d'excuse, si elle avait su qu'il était en aussi bon état, Lyra aurait patienté avant d'entrer dans la pièce. Elle s'empressa d'ailleurs de s'excuser.

     ▬ Oh, excusez-moi, je croyais que vous étiez allongé, sinon j'aurais patienté avant d'entrer. Sa main droite toujours posée sur la poignée, elle avait porté l'autre à sa bouche dans un geste de gêne, puis laissa finalement son bras retomber le long de son corps. Ne devriez-vous pas vous allonger d'ailleurs ? Inutile d'aggraver vos blessures.... À moins que vous ne vous sentiez mieux ? Pour peur elle allait lui faire la moral. Lyra inspira légèrement avant de reprendre. Je venais voir comment vous alliez, si vous aviez besoin de quelque chose. Maintenant que je suis là, vous pouvez me le faire savoir si vous avez besoin de quoi que ce soit. »

     La curiosité pointait le bout de son nez. Il n'avait pas le physique d'un homme de Dorne comme quoi la rumeur qui le disait étrange était bien réelle. Quelle était la nature de ses blessures ? Était-il ici pour une raison particulière ? Les questions se bousculaient dans son esprit comme chaque fois qu'elle rencontrait une nouvelle personne, mais le malheureux n'était certainement pas en état de subir son interrogatoire. Hésitante, n'osant pas quitter la porte de peur de s'imposer, la jeune femme guettait les réactions de l'inconnu.
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Message Lun 28 Mai 2012 - 11:30

L’air chaud du désert, un vent qui venait du sud, froid, porté par les océans. Il entre sur Westeros par ses côtes sud et se charge alors d’autant de chaleur que de sable et de poussière, traversant des dunes innombrables, changeant leur visage, les modifiant, habillant le désert comme une enfant le fait avec une poupée, doucement, patiemment, avec un soin particulier, le rendant unique à chaque fois. Il danse sur ses terres, tournoyant, ondulant en des spirales et des tornades d’une beauté si dangereuse, d’une grandeur telle que l’on ne peut qu’apprendre l’humilité lorsqu’on lui fait face. Ce vent chargé d’air chaud et sec vient ensuite visiter les villages de Dorne, portant cette fois les nouvelles, les rumeurs, tout ce que l’homme transmet de sa parole, il porte aussi les odeurs du marché et des fermes, il visite chaque maison, caresse hommes, femmes et animaux, car ce vent est généreux et s’offre à tous. Ses voyages l’emmènent loin de ces petits villages, et il continuera de remonté jusqu’à affronter de nouveau la mer, ou alors les rudes pentes des montagnes rouges pour aller visiter le reste du continent.

Sur sa route, il traverse une ville aux murs couleur ocre, avec des tours ronde et à la base évasée, des créneaux si haut que le soleil nous aveugle en voulant les voir, cette forteresse garde la maison Ferboys. Ces défenses sont impressionnantes pour les hommes, mais elles intéressent peut le vent qui ne s’y attarde pas, il préfère se répandre à travers les rues, toujours à la recherche d’odeurs et de sons à transporter. Il grimpe les murs de la citadelle et pénètre dans chaque chambre.

Oteh passa la main sur la peau de son crâne encore rougit par la caresse irritante de celle qu’il ne pensait jamais avoir à pleurer. Pourtant le prêtre était là, debout, sentant d’une manière différente le vent qui l’entourait. Il sentait sa chaleur directement sur sa peau. Un contact désagréable pour celui qui s’était rasé la longue chevelure qu’il portait fièrement sans se soucier des soins à apporter à sa peau. Il fixait dans le baquet d’eau, à ses pieds, entre les longues mèches de cheveux, le reflet de ce visage qui lui semblait différent. Et il se rappelait alors sa faute, son péché. Dans sa main reposait la douce alicia, ou du moins ce qu’il en restait, la simple partie de sa lame aux couleurs iridescentes, courbée, un côté toujours bien aiguisé, faite dans un acier de qualité supérieur aux armes communes. Elle avait toujours été divinement parfaite, Oteh passait des heures chaque jours à faire en sorte qu’elle soit toujours égale à elle-même, resplendissante et éblouissante, mais aussi dangereuse et mortelle. Il n’aurait jamais osé penser qu’on puisse la violer, en la souillant du sang de l’un de ceux auquel le Prêtre tenait le plus : son ami, son maître, le commerçant Mewan ! Il avait parcouru les deux continents et même plus grâce à lui, avait vu les plus belles merveilles de ce monde, découvert des tribus dont il ne soupçonnait pas l’existence, et vue de ses yeux les évènements les plus extraordinaires ! Sa vie, depuis qu’il avait seize ans, était vouée à la protection de cet homme. Et il avait échoué, c’était le déshonneur, la honte suprême. Comment penser se relever après cela ?

Oteh y pensait pourtant. Malgré le chagrin qui le submergeait, il savait ce qu’il avait à faire. Tout d’abord, prévenir le temple. Il devait enquêter sur ce nouveau traitre, savoir qui il était, comment il en était arrivé là, et faire en sorte que les autres prêtres à barbes qui seraient sur Westeros soient sur leurs gardes… Ensuite, il …

Oh, excusez-moi, je croyais que vous étiez allongé, sinon j'aurais patienté avant d'entrer.
Oteh pivota légèrement la tête. Il n’avait pas remarqué qu’on avait frappé à la porte. Trop absorbé par ses pensées, il regarda de nouveau son reflet dans le baquet d’eau et soupira. Il devait donner un étrange spectacle, debout malgré la douleur qui rompait chacun de ses muscles, ne portant qu’un pantalon dépareillé, un linge humide qui lui ceignait les côtes et des touffes de cheveux mal coupés à l’arrière de son crâne. Ne devriez-vous pas vous allonger d'ailleurs ? Inutile d'aggraver vos blessures.... À moins que vous ne vous sentiez mieux ? Je venais voir comment vous alliez, si vous aviez besoin de quelque chose. Maintenant que je suis là, vous pouvez me le faire savoir si vous avez besoin de quoi que ce soit. »

Elle avait une voix douce avec le léger accent des gens de Dorne Il n’avait pas pris la peine de regarder par la fenêtre pour voir où il était, mais il se doutait qu’il avait de grande chance d’être dans la maison des Ferboys, la décoration de la chambre ne lui étant pas inconnue. Il préféra ne rien au sujet de son état physique qui n’avait rien à voir avec son état émotionnel. Sans se retourner, méprisant sur l’instant tout comportement d’éthique ou toute politesse, il demanda alors à la jeune femme :

« Pourriez-vous en effet trouver de quoi finir de raser mon crâne je vous prie ? »

Il entendit le bruit d’une porte que l’on referma, il se mis à genou devant l’eau et entreprit de nettoyer le sang sur la lame d’Alicia à la main. L’eau rougit, il passa son pousse au niveau de la fissure d’Alicia et se reposa cette question « Quelle lame était capable de faire cela ? » Ce n’était certes pas de l’acier valyrien, mais les armes des Prêtres à Barbe étaient d’une qualité supérieure, un alliage d’une finesse inégalé, digne de la qualité du travail des artisans d’Esteros. Rare étaient ceux de Westeros capable d’en faire autant. Mais maintenant qu’il y pensait, il se pourrait bien qu’il sache où en trouver un …

La porte s’ouvrit de nouveau et il se releva. Cette fois il fit face à la personne. Une jeune et magnifique servante à la chevelure d’ombre et au teint doré, une pure dornienne dans toute sa splendeur.

« Excusez-moi pour mon manque de politesse jeune demoiselle, je ne suis pas au mieux de ma forme. Je suis le Prêtre à Barbe Oteh Byris. »

Dit-il en s’inclinant légèrement. La dernière fois qu’il était venu, c’était il y a six ans, lui et Mewan avaient venu à Lady Edarra des tissus et des bijoux des contrés les plus lointaines, Oteh avait aussi effectué quelques taches pour la maison, il avait été « Prêté » par Mewan car comme il disait souvent « Un bon ami fait un meilleur client ! »

Après ces présentations en bonnes et dues formes, il alla s’assoir sur le lit, permettant ainsi à la jeune suivante de pouvoir se mettre à la tâche.

« Je suppose que je me trouve chez lady Edarra Ferboys ? Comment suis-je arrivé ici ? »
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Message Lun 28 Mai 2012 - 18:45

     Lyra n'avait pas cillé ou protesté lorsque l'homme avait gardé le dos tourné pour répondre à ses interrogations. Il ne faisait visiblement pas partie de ces personnes qui souhaitaient à tout prix passer pour des individus bien élevés et pour être sincère, la suivante s'en moquait éperdument. Elle hocha la tête en silence comme il lui demandait de quoi pouvoir se raser le crâne. Elle savait où trouver cela et se détourna aussitôt sans piper mot, sortant de la pièce avant de refermer la porte sur elle. Tous les gardes utilisaient les mêmes types de rasoirs, elle se rendit donc dans le quartier des hommes d'armes de la demeure afin de pouvoir emprunter celui d'un garde qui se trouvait là. Niveau hygiène il n'y avait rien à craindre, les domestiques nettoyaient toujours avec soin les objets d'hygiène qui avaient été utilisés et par conséquent la demoiselle savait qu'elle n'apportait rien de dangereux pour la santé du blessé. Les rasoirs utilisés par les gardes étaient les mêmes que dans tout Westeros, une sorte de lame légèrement courbée pour épouser les formes du corps, elle était taillée en biseau d'un seul côté et le tranchant avait été travaillé de sorte à ne plus couper au point de pouvoir taillader la peau. Il était donc relativement difficile de se blesser avec un tel outil, à moins de ne pas être doué du tout. Afin de lui permettre de se raser correctement, la demoiselle se saisit d'un pot en grès rouge qui abritait une sorte d'huile assez collante. Il fallait la répartir sur la partie du corps que l'on souhaitait débarrasser des poils ou des cheveux, puis patienter un bref moment pour qu'ils soient pris dans le liquide plutôt pâteux. Le meilleur moyen à ce jour pour garder une peau en bon état tout en étant rasé de près. En effet, les propriétés de l'huile permettaient d'assouplir la peau et de la rendre moins rouge après le rasage, c'était un moyen de l'hydrater un peu sous le soleil. Comme elle estimait que l'étrange n'était certainement pas habitué au climat rude de Dorne, la suivante profita de sa présence en ces lieux pour attraper un dernier pot qu'elle glissa sous son bras et qui contenait une sorte de crème confectionnée à partir de lait de jument et qui adoucissait la peau. Une sorte de soin de beauté pour les femmes Dorniennes, mais les étrangers dont la peau n'était pas habituée aux rayons de l'astre du jour en usaient fréquemment.

     Elle quitta alors les quartiers des gardes pour reprendre la direction de la chambre où le blessé avait été installé, puis elle cogna du coude contre la porte puisque ses mains étaient prises, avant de se débrouiller pour ouvrir l'huis comme elle pouvait. Une fois qu'elle fut dans la pièce, Lyra pivota sur son pied nu pour donner un coup du fessier qui eut pour effet de refermer la porte en douceur. Arborant un sourire qui montrait qu'elle était fière d'elle – il ne lui en fallait pas beaucoup – la demoiselle avança jusqu'à une table pour poser ses quelques pots et le rasoirs avant de tourner la tête vers le blessé qui venait de prendre la parole. Il s'excusa de son manque de politesse avant de se présenter, puis alla s'installer sur son lit avant de lui poser une nouvelle question qui montrait qu'il connaissait visiblement ces lieux. Était-il un habitué de Ferboys ? C'était possible, la Dornienne n'était ici que depuis quelques mois désormais et par conséquent elle ne connaissait pas encore toutes les personnes qui passaient dans les environs. Elle s'empressa de répondre.

     ▬ Ne vous inquiétez pas, vous avez été bien poli en me demandant cela, je suis habituée aux sautes d'humeurs des gardes et ils sont bien moins gentils que vous ! Pour ma part je m'appelle Lyra et je suis la suivante de lady Edarra. »

     Elle répondait en même temps à sa question concernant le fait qu'il était bel et bien à Ferboys puisqu'il était peu probable qu'il y ait énormément de lady Edarra dans les environs. La demoiselle commença à ouvrir les pots de grès alors qu'elle vérifiait le matériel pour raser, puis comme elle mélangeait l'huile qui allait servir à préparer le rasage, la Dornienne continua ses explications.

     ▬ Vous êtes bien à Ferboys, des gardes vous ont ramené ici en déclarant que vous étiez blessé. Je ne sais pas grand-chose à dire vrai, je n'étais pas là lorsque vous avez été transporté dans cette chambre, mais j'ai cru comprendre qu'ils effectuaient une ronde dans les environs et qu'ils vous ont trouvé inconscient. Je crois que l'un des gardes devait vous connaître, car il a fait prévenir lady Edarra plutôt que sa mère. »

     Pour le moment, c'était lady Shyra Ferboys qui dirigeait dans l'ombre de son frère, le lord de Ferboys, mais cela n'empêchait pas que c'était lady Edarra qui avait été prévenue avant sa mère. Après avoir préparé l'huile, la jeune femme s'approcha du blessé en tenant le pot de grès à la main, puis elle entreprit de lui étaler la pâte fraîche sur le cuir chevelu. Il avait visiblement maltraité ce dernier très récemment et Lyra se félicita d'avoir eu l'idée d'apporter autre chose pour pallier à ce problème. Appliquée, la jeune femme resta silencieuse le temps de procéder à cette opération, veillant à étaler équitablement l'huile avec ses doigts. À Lancehélion, elle le faisait toujours pour son père vu qu'il n'avait pas la patience de se raser seule, c'était donc une chose dont elle avait l'habitude et qu'elle aimait beaucoup faire pour être franche. Une fois que ce fut fait, la demoiselle s'éloigna pour rincer rapidement ses doigts dans l'eau claire avant de s'essuyer à un tissu posé là, puis elle attrapa le rasoir et revint vers le prénommé Oteh pour commencer à s'occuper du vrai travail de rasage.

     ▬ Ne bougez pas et ne vous inquiétez pas, je sais ce que je fais. Elle commença à ôter l'huile et les restes de cheveux. Vous connaissez lady Edarra donc ? J'ignorais que des prêtres à barbe venaient jusqu'à Ferboys ! En réalité, pour être sincère je ne savais même pas qu'un tel ordre existait, je ne suis pas très au fait des traditions des autres régions de Westeros et encore moins d'au-delà. Elle ne possédait malheureusement pas une grande culture. Vous venez des cités libres c'est cela ? Que faisiez-vous donc aux environs de Ferboys ? Et vous voyagez seul ? Comme elle se rendit compte qu'elle recommençait à noyer son interlocuteur de questions, la jeune femme se mordit la lèvre dans un geste de gêne avant de reprendre. Excusez-moi, je pose beaucoup de questions, n'hésitez pas à me dire de me taire, j'ai l'habitude je n'en prendrais pas ombrage. »
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Message Sam 2 Juin 2012 - 21:28

▬ Vous êtes bien à Ferboys, des gardes vous ont ramené ici en déclarant que vous étiez blessé. Je ne sais pas grand-chose à dire vrai, je n'étais pas là lorsque vous avez été transporté dans cette chambre, mais j'ai cru comprendre qu'ils effectuaient une ronde dans les environs et qu'ils vous ont trouvé inconscient. Je crois que l'un des gardes devait vous connaître, car il a fait prévenir lady Edarra plutôt que sa mère. »

Lui répondit-elle en se plaçant dans son dos. Réponse possible, voir évidente, Oteh avait eu l’occasion de faire connaissance avec les gardes ici, gardant secret son lien avec les dieux. Il avait souvent partagé la bière et les histoires avec eux, et une ou deux fois, en avait affronté un en combat amical. En tout cas, il avait eu de la chance, sinon il aurait pu être tué… Remarque, ça n’aurait pas été un mal, maintenant il devait vivre dans le déshonneur et la honte, il ferait mieux de voler la lame des mains de Lyra et de se trancher la gorge. Mais ça serait gâché la dernière fierté qu’il avait, celle de mourir au combat.

« Edarra … Pardon, lady Edarra est une vieille connaissance, nous partageons quelques point communs. »

Dit il comme pour répondre à une question resté muette alors qu’elle étalait une patte à la texture et à la couleur semblable au miel mais en plus ambré sur son crâne, la mixture apaisait la brulure laissé par le rasage à vif qu’avait effectué Oteh plus tôt, c’était une sensation agréable mais qui ne parvenait pas à apaiser la douleur de son cœur brisé. Les doigts de la jeune femme étaient expertes dans le massage de son crâne, il avait tendance à se détendre, mais cela ne rendait sa culpabilité que plus grande encore.

Ne bougez pas et ne vous inquiétez pas, je sais ce que je fais. Vous connaissez lady Edarra donc ? J'ignorais que des prêtres à barbe venaient jusqu'à Ferboys ! En réalité, pour être sincère je ne savais même pas qu'un tel ordre existait, je ne suis pas très au fait des traditions des autres régions de Westeros et encore moins d'au-delà. Vous venez des cités libres c'est cela ? Que faisiez-vous donc aux environs de Ferboys ? Et vous voyagez seul ? Excusez-moi, je pose beaucoup de questions, n'hésitez pas à me dire de me taire, j'ai l'habitude je n'en prendrais pas ombrage. »

Demanda-t-elle alors que le tranchant de la lame caressait les courbes de son crâne, mené avec fermeté et douceur par la jeune femme. Ses questions s’enchaînant néanmoins trop vite, il ne répondit qu’à la dernière, mais pas la moins douloureuse…

« J’étais … Le garde du corps d’un marchand… Son corps devait être à côté du mien… » Il aurait baissé la tête si tel n’avait pas déjà été le cas. Sentant que la gêne se ferait présente dans le cœur de la jeune femme, il ne tarda pas à rajouter :

« Ne vous en faites pas, vous ne pouviez pas savoir… »

Le silence qui suivit lui pesait lourd, en fait il se rendit compte que le fait de ne pas penser à quelque chose de précis le faisait automatique pensé à sa faute. Il allait donc falloir trouvé un échappatoire, se concentré sur un sujet …

« Les Prêtres à Barbes est une caste très ancienne situé à Norvos, au cœur du continent d’Essos. On y entre enfant, soit parce qu’on est une charge trop importante pour une famille, soit parce qu’on est orphelin, soit parce qu’on est un voleur. On abandonne alors notre vie précédente, on nous éduque, on nous élève… Puis nous apprenons à nous battre et à servir les dieux. A seize ans, notre formation s’achève… on nous marie alors symboliquement à notre arme de prédilection : la Hallebarde, et en général nous quittons le temple pour faire notre vie, ou on reste au temple pour le jour où l’on aurait besoin de nous. Moi j’ai été immédiatement mis au service d’un marchand itinérant du nom d’Ewan… Il était passionné de voyage et de découverte. Je pourrais vous conter des merveilles par centaine… »

L’opération fut finalement rapide, Oteh se releva alors et alla se rincer le crâne. Puis il se retourna vers Lyra et la regarda un moment silencieux, avant de déclarer finalement :

« Vanille ! » Elle le regarda avec interrogation, mais il n’en avait aucun doute en la voyant « C’est ce que Mewan aurait dit en vous voyant. La vanille est une fleur des îles du sud, très belle et très parfumé, aux pétales longues fines et blanches. Il aurait dit qu’une fleur dans vos cheveux aurait été du plus belle effet, votre chevelure lisse et soyeuse l’aurait mise en valeur, et en contrepartie, elle aurait fait ressortir vos yeux et la cœur de votre peau. Je crois qu’il nous restait un flacon d’extrait de vanille dans notre carriole, mais je suppose que tout est perdu … »

Il sourit en se remémorant cette capacité qu’avait Mewan pour toujours deviner ce qui allait au client ou ce dont il avait besoin.

« Jeune demoiselle, je vous remercie pour votre aide. J’ai encore besoin de vous. Pourriez vous me trouver de quoi envoyer une missive ? C’est très important, et n’hésitez pas à transmettre mon état à votre lady avec mes remerciements les plus profonds, je suis son humble obligé. »

Il se pencha pour la saluer et la laissa faire ce qu’il lui avait demandé. En y repensant, il aurait dut demander une cruche de vin aussi ? Ou deux, remarque tout un tonneau aurait put être plus efficace. Mais le temps de perdre sa lucidité n’était pas encore venu. Son honneur était brisé, mais il n’en restait pas moins attaché à ses devoirs, prévenir la caste et être présentable pour une éventuelle visite de la dame de Ferboys.
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Message Sam 2 Juin 2012 - 22:35

Alors qu'elle réglait quelques affaires dans sa logia avec quelques domestiques de maison, elle avait reçu la visite d'un garde de sa suite. En effet, lorsqu'elle était à Ferboys, les gardes qui l'accompagnaient habituellement étaient de simples gardes à Ferboys et devaient se plier aux règles des autres qui étaient de manière permanente dans l'enceinte de la ville. Il était venu la prévenur qu'un prête à barbe qu'elle devait connaître avait été retrouvée à l'extérieur de la ville. Intriguée, elle avait directement envoyée le mestre du château le guérir et le vieil homme était venu la prévenir un peu après qu'il s'agissait bien d'Oteh Byris, un homme qui n'en était pas à sa première visite entre ces murs. En effet, une personne qui venait d'aussi loin restait dans les mémoires. De même sa bravoure et sa politesse évidente avaient terminés de laisser une trace dans la mémoire des gens qu'il avait connu ici. Edarra avait encore beaucoup à faire. Entre le mestre qui passait ses journées au chevet de son oncle, Shyra qui s'occupait majoritairement des problèmes importants de la maison, la jeune fille, elle, s'occupait pour le moment de tâches moins importantes. Elle devait par exemple réglait les problèmes qui concernaient les cuisines ou le château dans une moindre mesure. Ainsi, les problèmes principaux achevés, elle se rendit auprès du mestre pour en savoir plus sur l'état de l'invité. Apparemment rien d'inquiétant, il survivrait bien évidemment mais il avait été bien sonné. Par contre, l'homme retrouvé avec lui était mort et ça, ils n'auraient rien pu faire pour qu'il en soit autrement.

Ayant encore une bonne partie de la journée devant elle pour accomplir ses obligations diverses, la jeune Dornienne se dit qu'une visite à Oteh ne serait pas mal venue. De plus le combattant à l'esprit aiguisé avait été une bien bonne compagnie lors de leur première rencontre et même si il ne devait pas être au meilleur de sa forme, sa conversation ainsi que les circonstances de sa venue l'intéressaient. Si des brigands assassinaient les voyageurs qui arrivaient à Ferboys, il fallait qu'elle ai une description à fournir au chef de la garde, pour qu'ils renforcent les défenses et mette au courant les autres hommes armés de la ville. Pour s'en être prit à une connaissance sympathique auprès de la famille noble, les meurtriers ne connaîtraient aucune clémence. Par courant les couloirs de pierre, Edarra remarqua que l'automne arrivait à grand pas. La chaleur s'imprégnait moins dans les murs et le sol, et l'atmosphère était plus respirable que d'habitude. Une fois devant la porte, elle toqua trois coups. Elle entendit une conversation à l'intérieur, alors elle poussa la porte, curieuse de savoir qui était passé avant elle. La jeune noble découvrir sans surprise Lyra aux côtés d'Oteh, elle sourit. « Messire Byris, je vois que vous êtes en bonne compagnie. Vous sentez-vous bien ou voulez-vous que je repasse plus tard ? » Elle n'aurait pas eu envie d'accabler un malade ou un blessé. Après tout, plus que les douleurs physiques, une attaque avait aussi un impact sur l'esprit et le moral. Elle en savait quelque chose, le coup reçu lors de l'attaque de Salvemer l'avait pendant plusieurs minutes comme percuté en plein coeur de sa tête, lui offrant une décharge euphorique qu'elle avait rarement connu.
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Message Dim 3 Juin 2012 - 14:58

     L'homme expliqua qu'il connaissait lady Edarra depuis longtemps et qu'ils avaient des points communs. Plutôt que de satisfaire la curiosité de la jeune femme, cette déclaration lui donnait envie d'en savoir plus et soulevait davantage de questions qu'elle n'en résolvait. Mais elle resta muette après avoir posé sa foule de questions tout en rasant avec soin le crâne de l'homme. Celui-ci déclara qu'il était le garde du corps d'un marchand avant d'avancer le fait qu'il était mort. Lyra se mordit la lèvre dans un geste de gêne et s'apprêtait à s'excuser, mais le prêtre à barbe la prit de court en la rassurant avant qu'elle ne dise quoi que ce soit. Il ne devait certainement pas avoir envie de la pitié des autres, mais ce n'était pas ce qu'elle ressentait à ce moment, elle était plutôt désolée qu'il ne puisse pas avoir sauvé la vie de son compagnon. Enfin c'était ce qu'elle imaginait, après tout un garde du corps avec un compagnon décédé, cela semblait logique de comprendre qu'il devait avoir échoué dans sa mission. Elle imaginait parfaitement la tristesse et la honte qu'elle ressentirait en se mettant à la place de l'homme.

     Il orienta donc la discussion sur ce qu'étaient les prêtres à barbe, expliquant que c'était un ancien ordre qui venait d'une cité libre et qu'elle demandait une sorte de sacrifice de sa vie personnelle. Lyra avait toujours trouvé cela dommage, qu'un homme doive se dédier entièrement à une cause. Comment quelqu'un qui n'aimait pas pouvait comprendre la beauté des sentiments et aider correctement les autres humains ? Bon, elle n'était pas trop en mesure de l'ouvrir à ce sujet, elle non plus n'aimait encore personne – bien que le nom de Maël pouvait certainement changer la donne – mais elle avait une famille. Est-ce qu'elle avait mal compris ce qu'il lui expliquait concernant le « mariage » avec leur arme ? Logiquement cela signifiait qu'il n'y avait plus de place pour quelqu'un d'autre, à moins d'être capable d'aimer plusieurs individus à la fois. Même si une arme n'était pas un individu à proprement parler bien entendu. Tout cela dépassait un peu la suivante qui au final ne connaissait rien de plus que sa ville d'origine et les environs de Ferboys. Difficile d'imaginer ce qu'était une vie que l'on ne connaissait pas, sans avoir un minimum de connaissances. Mais elle était toutefois heureuse que des orphelins puissent espérer avoir une vie digne de ce nom alors qu'ils commençaient sans personne pour veiller sur eux. Elle pensa brièvement à Mycah, le jeune orphelin des rues qu'elle avait connu étant enfant, se demandant souvent ce qu'il était devenu depuis le temps.

     Lyra termina rapidement sa tâche et le laissa aller se rincer correctement le crâne en rangeant les affaires pendant ce temps, puis alors qu'elle était occupée à tout nettoyer, quelle ne fut pas sa surprise de l'entendre lâcher un nom de fleur. La Dornienne le regarda d'un air plein d'incompréhension et il éclaira donc sa lanterne en lui expliquant que le marchant qu'il servait aurait décrété que c'était la fleur qui lui convenait. Il la complimentait – certainement involontairement – en parlant de ce qui aurait été mis en valeur par ce simple petit artifice. Mais il ne servait à rien de se rendre belle lorsque l'on servait une dame aussi resplendissante de lady Edarra, elle aurait surtout l'air bien ridicule à côté de la peau au teint parfait et aux longs cheveux soyeux de la Ferboys. Lyra était et resterait une femme du peuple et tous les artifices ne parviendraient pas à masquer ce qui lui faisait cruellement défaut. Elle lui adressa un sourire amusé devant ces paroles avant qu'il ne la remercie et lui demande une nouvelle fois un petit service. Lyra lui déclara qu'elle allait le faire immédiatement et chargea les affaires qu'elle avait apportées sur ses bras avant de s'éloigner vers la porte, mais elle fut prise de rapidité par sa dame qui entra au même moment. La surprise se peignit sur le visage de la demoiselle alors que lady Edarra entrait dans la pièce pour saluer l'homme. La suivante esquissa un sourire avant de répondre.

     ▬ Il vient de me supporter pendant un bon moment, je ne dirais pas qu'il est prêt à affronter des pirates, mais pas loin. Il était vrai qu'il fallait être patient pour supporter la Dornienne et ses questions qui ne s'apaisaient jamais. J'allais justement vous tenir au courant de la santé de messire Oteh. Je vais aller ranger ces pots et je reviens vous apporter ce dont vous avez besoin. »

     Elle avait adressé cette dernière phrase à Oteh et passa à côté de sa dame pour se glisser dans le couloir et laisser les deux personnes ensemble. Lyra se dirigea rapidement vers la zone dédiée aux gardes puis rangea les affaires après les avoir au préalable bien nettoyées et désinfectées avec un peu d'alcool réservé à cet effet. Mieux valait éviter de l'ingurgiter à moins de finir avec œsophage brûlé ! Elle replaça tout sur les étagères, puis sortit de la pièce et trottina rapidement vers la bibliothèque où se trouvait généralement le mestre de Ferboys. La Dornienne voulait de quoi écrire une missive, il fallait donc un parchemin et un peu d'encre ainsi qu'une plume, quel autre endroit était donc mieux adapté pour trouver tout cela ? La demoiselle déboucha dans la pièce, regarda rapidement autour d'elle avant de cibler la personne qu'elle cherchait. Allant rapidement jusqu'au mestre, la demoiselle lui demanda avec empressement s'il avait de quoi écrire et quelque chose pour écrire. Logique d'un côté, à moins qu'elle ne souhaite rédiger sa lettre sur elle-même. Le mestre ne posa pas davantage de questions et céda à la suivante ce qu'elle désirait. Celle-ci le remercia avec sincérité avant de se détourner pour reprendre la direction de la chambre où le prêtre à barbe et sa dame se trouvaient. Elle s'était absenté un petit moment tout de même et entra dans la pièce après avoir frappé pour s'annoncer. Lyra approcha de Oteh et posa les affaires sur la table non loin de lui. Il avait juste demandé de quoi écrire, cela signifiait forcément qu'il devait savoir écrire. Lissant sa robe d'un geste machinal, elle se renseigna finalement.

     ▬ Souhaitez-vous autre chose ? »

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Message Jeu 7 Juin 2012 - 17:59

Il eut à peine le temps de finir sa phrase que trois coups résonnèrent à travers la porte de bois. Nul besoin d’inviter la personne à entrer, Oteh n’était pas un invité de marque. Pourtant il eut le grand honneur et plaisir de voir arriver la fameuse Edarra entrer dans la chambre. Se tenant les côtes, Oteh effectua une révérence qui réveilla ses douleurs, mais il n’en pipa mot et se redressa alors qu’elle s’adressait à lui.

« Messire Byris, je vois que vous êtes en bonne compagnie. Vous sentez-vous bien ou voulez-vous que je repasse plus tard ? »

Il vient de me supporter pendant un bon moment, je ne dirais pas qu'il est prêt à affronter des pirates, mais pas loin. J'allais justement vous tenir au courant de la santé de messire Oteh. Je vais aller ranger ces pots et je reviens vous apporter ce dont vous avez besoin. » Ajouta la servante au sourire radieux.

« Merci Lyra. » Répondit-il avant de la laisser partir, le laissant seul avec sa maîtresse. Il put alors se permettre de se tourner vers la lady et poser une réponse à son interrogation.

« Je vais bien, en comparaison de sir Mewan … Mais ça me fait plaisir de vous voir. Installons nous voulez vous… »

Il alla alors s’assoir sur le bord du lit et l’invita à s’installer où elle le voulait. Il se tut alors un moment, la regardant avec un sourire nostalgique en se remémorant la jeune femme qu’il n’avait pas vu depuis six ans. Elle était encore plus charismatique et d’allure plus noble que la dernière fois. L’innocence de sa jeunesse l’avait quitté, lui laissant cependant une beauté de femme dans tout son éclat le plus pure.

« Et bien… La dernière fois que j’étais venu, nous avions été chaleureusement accueilli par un seigneur et sa famille, je me rappel alors d’une femme qui avait encore quelque traits d’enfants, mais je dois avouer que les années vous vont à ravir milady, vous êtes plus belle que jamais ! Et ça fait du bien de voir un visage familier et amical. »

Il lui souriait, en cachant avec peine la tristesse sur son visage.

« Sir Mewan avait hâte de vous revoir, il vous apportait des marchandises rares, des bijoux, des tissus, des parfums … Il était particulièrement fier d’un collier d’opales aux couleurs chaudes qu’il comptait vous vendre … à prix réduit. »

Les images se bousculaient dans sa tête et il sentait les larmes montés, mais il se retint, par fierté.

hj: désolé pour le coté excessivement court du post, je voyais pas du tout quoi mettre d'autres sans faire réagir edarra ><
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Message Dim 10 Juin 2012 - 15:51

Alors qu'elle arrivait dans la pièce, Lyra lui expliqua qu'elle avait déjà un peu discuté avec Oteh, elle ponctua le tout de son humour innocent avant de s'éclipser pour ramener quoi qu'avait eu besoin le prêtre à barbe. Elle lui sourit en la laissant s'en aller en trotinant. Une fois la porte fermée, l'homme se tourna vers elle, la rassurant un peu de son état. Il lui proposa de s'installer. Alors que le colosse s'installa sur le lit, la jeune noble préféra le confort régulier d'une chaise. Même devant un vieil ami comme Oteh, elle n'aimait pas paraitre négligée. Le prêtre, malgré sa bonne mine après ce qui lui était arrivé, n'avait pas perdu de sa corpulence impressionante et de sa carrure solide et carrée. Malgré tout, elle y décelait un malaise qu'elle attribua au choc de l'attaque et à la mort d'un compagnon. Ce n'était jamais rien pour les hommes d'armes. Le sentiment de fratrie des combattants pouvait des fois compter deux fois plus que la famille réelle.

Se rappelant de la dernière fois qu'ils s'étaient vu, Edarra esquissa un sourire. En effet, elle était bien plus jeune, son oncle était encore en forme et apte à gouverner comme il le fallait sa maison et Shyra rôdait légèrement moins dans les alentours. A présent elle était presque tout le temps dans sa logia ou avec le mestre pour organiser la vie du chateau et aussi, certainement, la succession de pouvoir. Le prêtre la complimenta sur sa beauté avant d'en venir à son compagnon marchant qui avait été tué dans l'attaque, et qui avait prévu quelque chose en son honneur si il avait eu la chance d'arriver à Ferboys entié. « Messire Byris, ne vous inquiétez pas. Les coupables seront retrouvés et leur punition sera à la hauteur de la violence de leur attaque. Les gardes sont déjà entrain de vadrouiller autour de la ville. » Les meurtres de marchants étaient ce qui pouvait arriver de pire pour la petite ville portuaire. C'était un des points de passage principal pour aller en Dorne. Si leur route n'était plus sûre, plus personne n'oserait venir... « Je suis sincèrement désolée que votre retour à Ferboys se soit conclue de la sorte. Pour le moment, vous savoir sain et sauf me réconfortent grandement, mais je suis désolée pour votre ami, je suis sûre que vous vous êtes battu bravement jusqu'au bout. » Elle repensa à ce que l'homme avait demandé à Lyra un peu plus tôt, elle n'allait pas tarder à revenir. « Désirez-vous que je vous laisse rédiger votre lettre tout seul, et que je revienne plus tard peut être ? » Lyra revint avec des feuilles, de l'encre et des plumes et demanda si on avait encore besoin d'elle. Edarra hocha la tête. « Peux-tu nous ramener du vin, et trois coupes s'il te plait ? » Elle ne savait pas bien si les prêtres à barbe buvaient du vin, mais étant donné les circonstances ça ne pouvait que leur faire du bien à tous.

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Message Lun 11 Juin 2012 - 14:28

     Lyra était revenue pour demander à sa dame et prêtre ce qu'ils pouvaient encore souhaiter. Lady Edarra l'envoya donc pour chercher de quoi boire ainsi que trois coupes et la suivante hocha la tête avant de se détourner pour quitter une fois de plus la pièce. Elle connaissait par cœur ces couloirs depuis les quelques semaines – bientôt mois à présent – qu'elle travaillait ici. D'un pas rapide, la demoiselle emprunta un corridor qui menait aux cuisines puisque c'était bien évidemment là-bas qu'elle devait se rendre si elle souhaitait trouver de quoi satisfaire la demande de sa dame. Sur le chemin, elle croisa plusieurs servantes qu'elle connaissait bien, dont les deux jeunes filles qui l'avaient renseignée dans la cour quelques dizaines de minutes plus tôt. En voyant la Dornienne, elles lui firent aussitôt signe pour qu'elle prenne le temps de s'arrêter un peu. Malheureusement Lyra n'avait pas énormément de temps à leur accorder et elle esquissa un sourire en stoppant le temps de les en informer.

     ▬ Je suis désolée les filles, je n'ai pas le temps de bavarder, lady Edarra m'a demandé quelque chose. » Alors qu'elle esquissait le geste de s'en-aller, la plus jeune des deux domestiques retint le bras de la roturière pour lui poser une question.
     ▬ Attends ! Est-ce que tu as vu le blessé ? » Lyra rigola légèrement avant de hocher la tête pour répondre d'un ton amusé.
     ▬ Oui et justement, je dois aller chercher de quoi boire pour lui et lady Edarra. Vous le verrez aussi, allez plutôt travailler en attendant ! »

     Les demoiselles firent une légère mou avant de hausser les épaules pour s'en-aller et effectuer leurs tâches quotidiennes. Lyra reprit donc la marche pour se diriger vers la cuisine. Les domestiques et le cuisinier s'affairaient déjà tous pour préparer le repas suivant. C'était un travail de tous les instants, il n'était pas question de se reposer sur ses lauriers ! Les malheureux étaient déjà débordés, ainsi la Dornienne se contenta de les saluer en discutant un peu et leur fit savoir qu'elle venait chercher du vin et des coupes. Pendant qu'elle se rendait dans la réserve où étaient entreposés les fameuses boissons, la demoiselle se demanda ce que sa dame et le prêtre pouvaient bien avoir en commun. Elle n'était pas là depuis longtemps et par conséquent ignorait encore énormément de choses à propos des Ferboys et de leurs relations. Peut-être qu'Obara pourrait la renseigner ? Elle lui demanderait le soir venu. Optant pour un vin de Dorne, la suivante attrapa une petite amphore contenant du vin de Dorne, râpeux et avec du caractère, comme ses habitants ! Après quoi, la jeune femme ressortit de la réserve pour poser ce qu'elle venait de prendre sur une table, alla chercher trois coupes comme lady Edarra le lui avait demandé, puis chargea le tout sur ses bras fins – mais habitués à porter en raison de son passé à l'auberge – et attrapa l'amphore pour regagner la pièce qu'elle avait quittée quelques instants auparavant.

     Elle manqua de rentrer dans deux gardes qui arrivaient en sens inverse et tentèrent de lui soutirer le vin à grand renfort de sourires charmants, mais Lyra ne se laissa pas berner, habituée à ce genre de tentatives lorsqu'elle servait à La Lance d'Or. Elle leur faussa donc compagnie pour parcourir les quelques couloirs avec rapidité jusqu'à se retrouver à nouveau devant la pièce où Oteh se reposait. En ouvrit la poignée comme elle pouvait avant de repousser la porte d'un coup de fessier bien placé, puis se glissa dans la salle avant de refermer l'huis d'un coup de pied en arrière. La porte claqua légèrement et Lyra approcha d'une table pour y poser tout ce qu'elle apportait. Laissant les deux autres protagonistes parler, la suivante commença par servir du vin pour en apporter une coup à Oteh, puis à Edarra avant de lâcher quelques mots d'un ton amusé. Elle avait bien évidemment attendu un silence pour ne pas couper la discussion !

     ▬ Il semblerait que messer Oteh ait des admiratrices, j'ai croisé deux domestiques qui m'ont posé des questions à propos de lui ! »
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Message Lun 11 Juin 2012 - 19:40

Il passa une main sur son visage, pris de lassitude, son crâne et sa mâchoire encore sous le feu du rasage rude qu’il s’était infligé. Son cœur était lourd et ses pensées sombres tournées vers Mewan, il revoyait ses expressions de joie, de malice et de détermination. Il avait toujours eut une telle soif d’aventure et d’exploration. Pourquoi ? Pourquoi cela avait dut se passer ainsi ? Pourquoi ce traitre avait-il été mis sur leur route ? Qu’est-ce que les dieux cherchaient à faire ? Il soupira et fut sorti de ses pensées fluctuantes par les paroles d’Edarra :

« Messire Byris, ne vous inquiétez pas. Les coupables seront retrouvés et leur punition sera à la hauteur de la violence de leur attaque. Les gardes sont déjà en train de vadrouiller autour de la ville. »

« Je suis las des titres milady, peu importe notre rang, il ne fait aucune différence face à la mort. Appelez-moi Oteh. »

Il était certes d’un rang inférieur à la noble dame, mais il espérait que son ancienneté et leur amitié leur permettrait de passer outre ces politesses superflues. Il la regarda dans les yeux avec l’air aussi fatigué qu’il le prétendait et ajouta :

« Pour vos gardes… Sans vouloir leur manquer de respect, rappelez les. Ils ne seront pas de taille. La bande compte aussi au moins un arbalétrier et j’ai eu de la chance de l’entendre, alors avec en plus un prêtre renégat… Cantonner les à la protection des convois, ils seront plus efficace en tant que force de dissuasion. »

Le prêtre n’avait pas peur de remettre en cause ainsi les décisions. La valeur d’un prêtre à barbe était aussi le fruit de son habilité militaire et des décisions stratégiques qu’ils pouvaient prendre. A cette fin, on leur apprenait à lire jeune afin qu’ils puissent s’instruire dans les rapports de bataille et les biographies de fameux généraux. A travers les âges, certains Prêtre à Barbe étaient eux-mêmes devenus de grands généraux ou conseillers militaires, et en Essos, leurs conseils étaient précieux et appréciés.

« Je suis sincèrement désolée que votre retour à Ferboys se soit conclue de la sorte. Pour le moment, vous savoir sain et sauf me réconfortent grandement, mais je suis désolée pour votre ami, je suis sûre que vous vous êtes battu bravement jusqu'au bout. »

Il eut un rictus nerveux en se redressant avec un sourire amer en repensant à sa cuisante défaite :

« Désolé de casser le mythe, mais je me suis fait avoir comme un bleu. Lorsque nous étions dans la charrette, j’ai entendu un mouvement de feuille, l’arbalétrier, j’ai tout juste eu le temps d’empêcher un carreau de finir entre les deux yeux de Mewan. Puis j’ai sauté sans réfléchir sur nos assaillants encore dans les fourrés, et là … Vos hommes vous ont-ils dit comment ils m’ont trouvés ? »

Suite à la réponse de la jeune femme, il attrapa le sac de toile et le vida sur le lit, les morceaux de l’arme d’hast tombèrent en un tas de débris malheureux, et Oteh se saisit de la partie avec la lame fissurée.

« Il a été capable de faire ça à Alicia. Jamais aucune arme n’avait fait tant de dégâts ! Et juste en parant, lame contre lame… Il l’a fissuré… Puis il me la arraché et a tué Mewan avec, la plantant au plus profond de ses entrailles, et enfin, afin de détruire ce qu’il restait de mon cœur … » Sa douleur se lisait sur son visage, son regard baigné de larmes, et sa voix étranglé par la peine. « Il la détruit à main nue… A MAIN NUE ! »

Il baissa la tête, ravalant ses sanglots, tenant ce qu’il restait de sa femme dans ses mains tremblantes. Un moment de silence lourd pesa sur la pièce. Oteh n’étant plus que l’ombre de sa grandeur. Un homme bien différent que celui qu’Edarra avait connu. A l’époque, il était encore beau, fort et puissant, sa barbe était imposante et soignée, sa chevelure était celle d’un lion dont la fierté n’avait jamais été ébranlé, possédant encore la force de ses vingt ans et l’expérience de dizaines de batailles. A l’époque, il ne pouvait rien craindre, qui aurait osé l’affronter ? Et pourtant aujourd’hui … les poils coupés, sa fierté rasé, son honneur décapité, et son cœur … brisé. Ce fut finalement Lyra qui brisa le douloureux moment, rapportant ce dont il avait besoin, un parchemin, de l’encre, une plume.
Souhaitez-vous autre chose ? » Demanda la serviable servante.
« Désirez-vous que je vous laisse rédiger votre lettre tout seul, et que je revienne plus tard peut être ? » Ajouta sa noble maitresse avec une douceur bienvenue. Oteh ne pensait pas être digne de tant d’attention, et dans un énième soupir, il répondit :

« Même si la nouvelle est urgente, je ne suis pas pressé de raconter mon déshonneur à mes pairs… »

« Peux-tu nous ramener du vin, et trois coupes s'il te plait ?[/b] » Demanda-t-elle alors dans l’intention sans doute d’égayer l’humeur de la victime. Lyra se plia a sa demande et sorti à nouveau de la chambre. Le quadragénaire avisa le matériel qu’elle laissa derrière elle et se mit à penser à la manière dont il allait pouvoir avouer sa honte.

« Parlez-moi de vous. Que vous est-il arrivé en six ans ? A part rendre jalouse la mère rivière avec votre beauté ? Et parlez-moi aussi de cette nouvelle suivante, son innocence est parvenue à éloigner quelques peu mes sombres souvenirs.»

La dame de Ferboys parla alors, lui disant ce dont il avait besoin de savoir. Il reposa des questions lorsque nécessaire puis au final lorsqu’ils commencèrent à parler de la jeune Lyra… Qui trouva le moment approprié pour revenir :

« Nous parlions justement de vous petite demoiselle. » Lui dit-il lorsqu’elle lui tendit une coupe rempli de manière respectable. Il n’avait qu’une envie, c’était de boire cul-sec toute l’amphore. Mais par respect envers son hôte il n’en fit rien, et préféra écouter les observations de Lyra sur l’attention qu’il attirait. Faisant tout pour cacher son malaise, Oteh lança sur le ton de la plaisanterie :

« J’espère que ce n’étaient pas les même qu’il y a six ans ! Apprendre une paternité maintenant m’achèverait ! »

Il sourit puis laissa ses lèvres tremper dans le breuvage corsé.
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Message Jeu 14 Juin 2012 - 17:31

Oteh, apparemment fatigué de tout lui avoua être aussi fatigué des titres, il lui demanda de l'appelait Oteh. La jeune noble n'était pas particulièrement enthousiaste à l'idée de l'appeler comme elle appellerait n'importe quel domestique de sa maison mais si c'était son souhait, elle n'irait pas à son encontre. Finalement, il lui demanda de rappeler ses gardes car le groupe de brigand serait certainement trop fort pour eux. Elle fut embêtée. Si il y avait la rumeur que Ferboys était terrorisée par une bande de criminels, ça en serait encore plus finit de leur réputation. Après tout, si la route n'était plus sure, le commerce aurait un mal fou à faire marcher Ferboys. Elle hocha la tête « J'augmenterais les effectifs des corps de garde tout à l'heure. » Après tout, Oteh avait vu leurs effectifs à eux et avait vu et vécu ce dont ils étaient capables. Il était le mieux placé pour savoir à quoi il fallait s'attendre de ces félons. Quand elle lui avoua sa déception à propos du comité d'accueil qu'il avait subit à son arrivée à Ferboys et alors qu'elle lui dit qu'elle était sure qu'il s'était bravement battu, il eu un petit sourire un peu nerveux avant de lui dire que finalement, il avait été battu comme un bleu. Il lui conta le début de l'attaque et Edarra écouta silencieusement, ses yeux scrutant la face détruite de l'homme. Ce dernier lui demanda alors si elle savait comment ses hommes l’avaient trouvé. « Pas vraiment, non. » La seule chose qu'elle leur avait demandée s'était si Oteh allait bien. Après, ce n'était que du détail pour elle.

L'homme attrapa un sac et en sortit une arme de très bonne facture fissurée et cassée. Il lui compta alors le terrible destin de son arme, certainement l'objet qu'il affectionnait le plus au monde. Il lui conta comment cet assaillant avant détruit une arme réputée partout comme étant solide et imparable, à main nue. Oteh baissa la tête sans qu'Edarra ne trouve vraiment quoi dire. Elle n'était pas un combattant et ne savait pas vraiment quoi dire à un homme aussi blessé psychologiquement que ça. Lyra arriva à ce moment avec les plumes et Edarra lui avait demandé si il souhaitait le laisser. Il avait répondu non et il lui dit que la nouvelle pouvait attendre. C'est alors que Edarra envoya Lyra chercher du vin. Oteh lui demanda alors de lui parler d'elle alors qu'elle s'asseyait comme il venait de l'inviter à le faire. Elle lui parla alors de son oncle très malade, de ses futures fiançailles avec Oberyn et aussi et surtout de sa suite qui l'avait énormément aidé ces derniers mois qui avaient été difficiles. En effet, Edarra était souvent envoyée comme émissaire de la famille à toutes sortes de réunions. Alors que Lyra fit son entrée avec la bouteille et les verres, Oteh lui confia qu'ils parlaient justement d'elle. « En de bons termes Lyra, ne t'inquiètes pas. » Confia la noble avec un sourire bien veillant en saisissant son verre. La jeune domestique les informa finalement que le nouvel invité du château suscité de vifs intérêts auprès des domestiques. L'homme, certainement content de décompresser lança une petite blague. Edarra montra le troisième verre resté du côté. « Prend-toi donc un verre de vin Lyra, je t'en pris. » Après tout, ça avait été une journée compliquée pour tout le monde, ça ne leur ferait que du bien. « Et sinon, qu'avez-vous fait pendant six ans ? Quelles nouvelles ramenez-vous de vos pérégrinations Oteh ? » Peut être que parler de bons moments lui changerait un peu les idées...

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Message Ven 15 Juin 2012 - 13:18

     Oteh lui apprit qu'ils étaient en train de parler d'elle et la jeune femme les regardait d'un air interrogateur. Que pouvaient-ils donc dire à son sujet ? Elle avait été assez peu curieuse depuis toujours et même les fréquentations qu'elle avait à ce jour n'y changeaient rien. Les servantes étaient toutes très curieuses, au moins de parfois souhaiter pouvoir se transformer en souris pour pouvoir entendre ce qui se disait lorsqu'elles n'étaient pas là. Ce n'était pas le cas de la Dornienne, mais pour une fois elle éprouva une once de curiosité et espérait que sa dame - ou messire Oteh - allait lui donner quelques détails à ce sujet. Ce souhait ne tarda guère à être résolu lorsque lady Edarra la rassura en lui assurant qu'ils ne médisaient pas à son sujet, bien au contraire. C'était un bon point, la demoiselle se serait sentie très gênée et surtout honteuse que sa dame puisse avoir quelque chose de mauvais à dire à son sujet. Surtout à un homme qui semblait être aussi sympathique que le prêtre à barbe. Enfin, loin de s'être rendue compte que ses paroles avaient gênées leur invité, la demoiselle l'observa comme il plaisantait en avançant qu'il espérait juste ne pas apprendre qu'il était père. Cela sous-entendait qu'il devait avoir « connu » quelques domestiques ! Mais Lyra doutait que ce puisse être les deux demoiselles trop curieuses, elles étaient bien trop jeunes pour avoir fréquenté un homme il y a six ans, ou alors la suivante était sacrément en retard. Ce qui n'était pas faux non plus étant donné que la demoiselle n'était plus d'une génération normalement célibataire.

     Comme sa dame lui autorisa à prendre un verre, Lyra versa le liquide râpeux dans la dernière coupe et y trempa les lèvres pour boire doucement. Elle avait l'habitude de servir, mais moins celle de boire étant donné que son père n'était pas très heureux de savoir que ses enfants cédaient aux appels de la boisson. La demoiselle aimait malgré tout le vin de Dorne, très comparable au caractère de ses habitants et il restait son alcool préféré. Alors qu'elle buvait tranquillement, lady Edarra se renseigna sur les pérégrinations qu'un prêtre à barbe comme lui pouvait bien avoir effectuées. D'un côté la demoiselle était très désireuse d'en savoir plus à ce sujet, mais de l'autre elle aurait aussi beaucoup apprécié de pouvoir savoir comment ils s'étaient connus. Malheureusement Lyra se voyait mal demander cela de but-en-blanc, elle devait un certain respect à la femme qu'elle servait et il était donc hors de question de s'amuser à jouer les curieuses. Comme un silence plana quelques instants, la demoiselle décida toutefois de rassurer le prêtre sur la teneur des discussions qui circulaient sur lui. Elle était bien placée pour savoir que ce n'était pas agréable de ne pas savoir si c'était des bonnes ou des mauvaises choses, ne venait-elle justement pas d'éprouver une grande curiosité à ce sujet ?

     ▬ Et rassurez-vous messire Oteh, ces servantes étaient juste curieuses de savoir qui vous étiez. Elles ont la langue bien pendue, mais jamais pour de mauvaises choses. »

     En fait si, mais bon, Lyra se voyait très mal dire à Oteh que les jeunes femmes avaient souvent l'habitude de médire sur les gens qu'elles ne connaissaient pas, elle-même en avait fait les frais pendant un moment. Déjà elle ne le ferait pas parce que ce n'était pas respectueux vis-à-vis des autres, puis ensuite parce que ce n'était pas dans ses habitudes de critiquer les autres. Après tout en disant une telle chose, elle ferait exactement ce qu'elle reprochait, non ? La demoiselle retomba donc dans le silence, buvait tranquillement de petites gorgées de son verre alors que ses yeux sombres allaient de sa dame à cet homme si étrange, mais non moins intéressant.
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Message Ven 22 Juin 2012 - 16:01

Il observait son reflet pourpre sur la surface du liquide qui ondulait doucement au rythme des mouvements du gobelet dans sa main, il le faisait tourner encore et encore, son regard porté sur le haut de son crâne qui n’avait pas été si peu couvert depuis longtemps. La lotion que lui avait appliquée la jeune servante avait été très efficace et son crane n’était plus aussi douloureux. Le silence pesait dans la chambre. Après que la dame de Ferboys ait assuré à sa suivante que rien de mal n’avait été dit à son encontre, elle avait invité l’homme originaire des terres lointaines de Norvos à leur parler de son voyage. Lyra s’était servi du vin suite à l’invitation de sa dame et avait tenu à précisé à l’invité qu’aucun mauvais mots n’étaient sortis de la bouche des servantes. Ceux à quoi Oteh avait répondu avec un sourire en coin timide :

« Bah ! De toutes façons je ne m’intéresse pas aux bruits de couloir… »

Par la suite, il avait aussi invité Lyra à s’assoir, et maintenant il cherchait tant bien que mal une bonne histoire à raconter à son auditoire. A bien y réfléchir, ce cycle de voyage avait été plus calme que les autres. Pas de monstres marin tentant d’engloutir leur navire, pas de femme enceinte à aider pour mettre bas pendant un cyclone, peu de brigand sur la route, si l’on met de côté ceux qui justifiaient sa présence ici, et ni tournoi ni mariage à Qarth. Il commença alors son récit en contant, de manière très lyrique, les bardes rencontrés en route lui avaient appris à conter ses aventures de manières à provoquer l’intérêt chez son public, son voyage sur la grande mer qui séparait Westeros et Essos, évoquant comme toujours le terrible mal qui le frappait à chaque fois qu’il voyageait, que ce soit en bateau ou en charrette… même un cheval lui donnait des nausées. Il leur parla des marchandises qu’ils avaient transportés, leur précisant leur forme, leur utilité ou de quoi elles étaient faites. Il leur parla des plus beaux bijoux qu’il avait vu, et les prix exorbitants qu’ils coûtaient. En cas de besoin, il les éclaircissait sur certaines traditions des contrées d’Essos. Puis il en vint à un chapitre particulièrement intéressant, une rencontre avec une tribu de dothraki. D’abord hostiles, ils avaient acceptés de les laisser en vie en échange de la présence du Prêtre pendant une bataille contre une autre tribu dothraki. Il aurait pu décrire la manière dont il avait dansé sur le champ de bataille, décrire la manière qu’Alicia avait de fendre l’air aussi facilement que la chair et les éclaboussures de sang semblables à des courbes calligraphiques tracés dans le vent emplit de sable et de poussières, mais il doutait que ces histoires guerrières intéressent les deux jeunes femmes, l’une d’elles… peut être les deux, préféraient sans doute les histoires de preux chevaliers prêts à tout pour celles qu’ils aimaient. Malheureusement, il n’avait pas ce genre d’histoire. Il continua donc sur son récit. Six ans de voyage… cela dura plusieurs minutes, il prenait son temps, parfois pour éloigner un souvenir qui rendait le récit douloureux. Cela lui faisait plus de mal que de bien, évoquer les bons moments avec son maître, et imaginer qu’il n’y en aurait plus jamais… C’était assez cruel en fait. Mais il ne voulait pas en vouloir à son hôte. Il décida alors d’en dire le minimum…

« A notre retour à Westeros, nous nous sommes renseignés sur les dernières nouvelles, nous avons appris pour la milice qui allait être montée… et je ne pensais pas dire cela … Mais vu ma situation, c’est la meilleure chose à faire, je vais m’engager dans cette milice, gagner l’argent dont j’ai besoin, et faire réparer Alicia, j’ai souvenir qu’à Port-Réal, il y a un vieux forgeron des terres exotiques. Lui seul sera apte à rendre sa splendeur à mon épouse ! »

Une lueur nouvelle éclairait son regard, une lueur de détermination, son nouvel objectif était fixé et il n’allait pas s’en éloigner, inutile de dire qu’une fois Alicia de nouveau en sa main, il retrouverait les misérables qui avaient fait cela et vengerait son maître mort ! C’était là tout ce qu’il pouvait faire… Après… Il trouverait sans doute un moyen de mourir aussi, après tout il ne pourrait jamais récupérer son honneur. Et qui voudrait d’un prêtre sans honneur ? Mais les dieux avaient encore son destin dans leurs mains, allez savoir ce qu’ils attendaient de lui…

« Voilà ! Vous savez tout ! Voulez vous que je vous reparle de quelque chose en particulier ? »

Oteh n’osait pas l’avouer, mais il préférait de loin sortir dehors en solitaire pour se morfondre sous la chaleur dornienne, mais peut être n’était-ce pas le mieux pour lui. C’était à ces dames d’en décider …

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Message Dim 1 Juil 2012 - 13:41

Le prêtre à barbe entama alors son récit de ces six dernières années. Autant dire que pour n'importe qui il pouvait se passer énormément en six ans. Elle même n'avait pas du tout abordé tout ce qui lui était arrivé. De la rencontre avec Oberyn, aux fiançailles, aux batailles avec les fer-nés qu'elle avait vu de ses propres yeux, à ses voyages et ses rencontres diverses avec des personnages encore plus improbables qu'une noble nordienne habillée en homme... Il y avait des choses à dire mais Edarra avait la politesse de ne pas monopoliser la conversation même si, peut être, Oteh aurait préféré ne pas devoir autant se dévoiler après autant d'émotions. Quoi qu'il en fut, il commença à parler de ses voyages, de son mal des transports que ce soit terrestres ou maritimes. Il compta alors toutes les merveilles que le marchant qu'il accompagnait avait possédé. Ca donnait envie de tout posséder même si certains mots luis échappaient. Après tout, dans les cités libres, il y avait des tonnes de choses que les Westerosiens ignoraient. Certainement aussi, de la bonne nourriture et des habits de factures intéressantes. Oteh raconta sa rencontre avec des Dothrakis, un peuple qui lui faisait froid dans le dos à cause du peu qu'elle en avait entendu, mais ils semblaient être un peuple aussi sanguinaire que les Fer-nés.

Enfin, Oteh aborda le problème des Fer-nés et de la milice qui avait été montée pour combattre le problème. Edarra hocha la tête « Oui, les combats avec les Fer-nés ont fait rage sur les côtes Ouest. Ils auront besoin de très bons combattants comme vous pour mater ces sauvages. » Puis elle termina sa coupe de vin, souriant. « J'imagine donc que dès que vous serez remit sur pieds vous partirez vers le nord. Cela dit, vous êtes libre de rester plus longtemps si vous le souhaitez. Je peux aussi vous trouver des mercenaires de confiance pour vous accompagner sur la route. Près de la montagne, il y a toujours des pillards qui lorgnent les routes et la route jusqu'à la capitale n'est jamais totalement sûre... Je pense que vous vous en êtes rendu compte... » Edarra essayait de dire tout ça pour le rassurer : non, ce n'était pas entièrement sa faute si le marchant était mort. Après tout, que faire contre un groupe entraîné quand on était tout seul ? Même une fine lame comme Oberyn aurait possiblement été submergé et aurait été gravement blessé, voir mort. Edarra aurait voulu que le prêtre reste un petit peu à Ferboys pour se reposer et gagner des forces mais quelque chose lui disait qu'il voudrait faire réparer son arme au plus vite à Port-Real. Un long et fatiguant voyage l'attendait mais la détermination des guerriers étaient sans limites et tout le confort d'un château ne pourrait le satisfaire tant que la lame d'Alicia ne serait pas réparée.

Esquissant un regard vers Lyra, elle l'interrogea « Il faudra aussi lui apporter des vivres qui pourront durer assez longtemps, viande séchée et des fruits secs... Des habits de voyage aussi... » Elle donnait des indications à sa suivante tout en pensant à voix haute à ce qu'il faudrait préparer. Elle savait que ce genre de personnage se contentait de peu mais elle préférait le voir partir reposé, bien équipé plutôt que tremblotant, blanc comme un linge et sans nourriture... L'hospitalité, elle en faisait une spécialité, surtout concernant de si tendres amis. Et puis elle espérait le revoir. Il ne pourrait rester longtemps à Ferboys, mais elle se promettait déjà de le revoir dans les plus brefs délais, une fois sa lame réparée.
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Message Lun 2 Juil 2012 - 13:12

     Pour Lyra qui avait toujours été une femme intéressée par les récits d'aventure, même si elle-même ne souhaitait pas forcément bouger. Bien évidemment, la demoiselle espérait bien pouvoir un jour ou l'autre, découvrir d'autres contrées comme le Bief ou peut-être même les Terres de la Couronne ! Mais pour le moment, ce que le prêtre à barbe pouvait avoir à raconter lui suffisait. Il ne fallait pas grand-chose pour contenter la roturière, un bon récit en bonne compagnie et elle était heureuse pour la journée ! Étrangement, le fait que Oteh soit touché par le mal de mer – et plus généralement les mouvements qui n'étaient pas naturels pour un humain – l'amusait beaucoup ! Vu la carrure du prêtre, la jeune femme aurait plutôt dit qu'il ne devait avoir peur de rien et ne pas être touché par les maladies de base qui atteignaient des personnes insignifiantes comme elle par exemple. Mais la Mère Rivière montrait que chaque être humain possédait « une tare » et malheureusement le voyageur avait hérité d'une particulièrement gênante. Un sourire amusé s'était plaqué sur ses lèvres trop épaisses et elle observait l'homme en silence, trempant seulement se lippes dans le vin de temps en temps, buvant à petites gorgées en raison de la chaleur. Les vapeurs de l'alcool faisaient rapidement tourner la tête et si une chose était certaine, c'était que la suivante ne supportait pas bien l'alcool ! Mieux valait éviter d'être un peu sonnée après avoir bu une coupe de vin, cela ne serait pas très convenable vu son rôle dans la maison.

     Elle resta donc silencieuse tout le long des explications et des récits du blessé, jusqu'à ce qu'il réponde finalement à la raison de sa présence ici, déclarant qu'ils étaient venus ici afin de rallier la milice qui devait être montée. Une milice ? Lyra ne savait absolument pas de quoi il était question, la malheureuse était bine ignorante des faits qui se déroulaient en dehors de Ferboys, déjà qu'elle n'était pas au courant de grand-chose lorsqu'elle vivait dans la capitale de la région, alors maintenant.... Il parla ensuite de sa hallebarde en déclarant qu'il devait gagner de quoi la faire réparer et l'espace d'un bref instant, la roturière imagina qu'elle pourrait lui donner son argent à elle. Lyra ne sortait pas, elle ne dépensait jamais son pécule et envoyait de temps en temps une petite somme à ses parents, mais dans l'ensemble la demoiselle n'avait pas vraiment d'utilité à son salaire. Seulement elle doutait que le prêtre accepte un tel geste, il avait l'air fier et elle savait bien que les hommes de ce type n'acceptaient pas la « pitié », même si cela n'en était pas.

     ▬ Un beau but. »

     Être autant lié à une arme la dépassait un peu, mais elle pouvait toutefois comprendre que certaines personnes appréciaient particulièrement un objet, surtout que leur ordre semblait avoir une perception différente de sa hallebarde qu'un chevalier avec son épée par exemple. Alors qu'il leur demandait si elles souhaitaient encore savoir quelque chose, la roturière tourna la tête vers sa dame pour lui laisser l'honneur de la première question, en imaginant qu'elle puisse en avoir une puisqu'ils se connaissaient visiblement depuis longtemps. Elle devait donc déjà savoir beaucoup de choses que Lyra ignorait. Semblant deviner ce que sa suivante attendait, lady Edarra déclara alors qu'il faudrait songer à préparer divers vivres à l'attention du prêtre pour qu'il puisse reprendre la route en bon état. La demoiselle nota tout dans son esprit, elle avait acquis une bonne mémoire avec les années passées à l'auberge, puis elle répondit par une question.

     ▬ Ce sera fait ma dame. Y a-t-il une date précise à laquelle tout cela devra être prêt messer ? »

     Le titre n'était pas approprié Lyra savait bien que cela se réservait normalement pour les chevaliers, mais la demoiselle s'emmêlait les pinceaux avec tous les titres qui existaient. Pour elle un combattant était un chevalier, même si dans le fond ce n'était absolument pas vrai, mais c'était sans importance. Il y avait des choses bien plus « graves » dans la vie. Comme elle regarda Oteh, la jeune femme ne put s'empêcher de poser une nouvelle question.

     ▬ Je suis surprise qu'un homme aussi expérimenté que vous entre simplement dans une milice. Je suis persuadée que vous pourriez entrer dans la garde personnelle d'un noble seigneur, puis vous seriez mieux payé ! Pourquoi ne pas tenter ? »

     Il y avait beaucoup de choses qu'elle ignorait encore, mais la roturière faisait tout son possible pour essayer de minimiser ce manque de connaissances.
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Même quand la blessure guérit, la cicatrice demeure ▬ Oteh

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