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Du plaisir d'être ... d'avoir une garde-robe bien fournie (pv Maël)

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Message Mer 23 Mai 2012 - 12:37

Comme chaque matin depuis des années, le rituel auquel Ashlee Cendregué se livrait au lever était immuable. Tandis que la servante attachée à son service ouvrait les rideaux pour laisser passer la lumière du jour – même si ce n’était qu’un nouveau voile grisâtre de brume et de pluie, dont les gouttes énormes réduisaient à néant tout espoir de luminosité estivale - sa septa venait lui murmurer au creux de l’oreille qu’il était grandement temps de se lever. Elle passait une robe de chambre sur sa robe de nuit, dont les rubans descendaient jusqu’à terre, et s’installait à sa petite table pour se laver les mains et les mains à l’eau tiède, dans un récipient. Puis c’était l’heure de la collation, où la jeune fille y mangeait frugalement un fruit et une tisane très chaude. Enfin, servante et septa l’aidait à s’habiller et à se coiffer, avant de l’escorter dans les escaliers de la forteresse, pour se diriger finalement vers le petit septuaire de pierre et de bois réservé aux seuls habitants du château, construit un peu en retrait des autres bâtiments de la cour d’enceinte. Situé au bout d’une espèce de galerie de bois installée une dizaine d’année plus tôt tout spécialement pour garantir à la demoiselle un chemin au sec, même par le temps le plus désagréable, il comportait comme unique luxe une porte décorée de représentations d’argent sur fond d’ivoire qu’Ashlee prenait toujours le temps d’admirer avant de faire ses dévotions auprès de l’autel de pierre destiné à la Jouvencelle. Mais ce jour était un peu spécial pour notre jeune oiselle ; aussi, au lieu de consacrer la quasi-totalité de sa matinée à ses dévotions, à déposer offrande, à prier et à parler au septon qui officiait habituellement dans la petite chapelle, la cadette des enfants de Lord Arthur et de Lady Lisbeth ne tenait pas en place sur ses deux genoux. Bien que profondément pieuse, pénétrée comme chaque matin de l’atmosphère de sagesse et de mysticisme qui régnait à ses yeux encore innocents, ce matin-là, Ashlee ne ressentait qu’agitation et désir impérieux de dépenser ce trop-plein d’énergie dans une longue promenade à cheval avant de rencontrer ce fameux tailleur que Père avait fait venir pour lui préparer une garde-robe toute neuve. Et malgré l’ardeur que la vierge mettait dans ses oraisons – principalement constituées d’excuses désolées au Dieu unique divisé en Sept, espérant par-là être pardonnée de sa désastreuse dissipation - chaque pensée de sa jeune âme n’était ce matin obsédée que par des images de rubans, de colliers et de barrettes de perles filigranées d’argent, de tissus de velours et de soie, chaque pièce rehaussant par leurs couleurs tendres la sage sobriété de sa table à couture, dans son boudoir.

Fallait-il s’ouvrir au septon de ses rêves enfiévrés de tournois ? Les images entremêlées de chevaliers joutant à ses couleurs dans la lice de terre battue, les clameurs de la foule, le bruit des lances brisées, de l’articulation parfois grinçante des armures d’or et d’argent couvertes de pierreries des plus nobles seigneurs jusqu’à l’odeur omniprésente et rance de la sueur qui imprégnait jusqu’au moindre de ses jupons malgré les brassées de plantes odoriférantes que les serviteurs jetaient à pleines jonchées sur le sol, tout restait vivant, intactes dans sa mémoire grisée. Elle se revoyait encore jetant son mouchoir à un chevalier victorieux, qu’il prenait en s’inclinant galamment, avant de le mettre sous son armure, à l’endroit de son cœur ; la peur étranglant sa poitrine inexistante à chaque assaut des combattants, à chaque cris poussé, à chaque larme de sang des participants, lorsqu’ils venaient à rouler dans la poussière… et notre rêveuse enfant n’en dormait pratiquement plus, à la simple idée que la date du voyage approchait à chaque heure un peu plus. Etait-elle folle, devenait-elle comme ces vagabondes qu’elle avait approché un jour, à la maison de charité que l’on avait ouvert en ville pour empêcher ces trainées d’accoucher en pleine rue, où elles salissaient jusqu’à la poussière qu’elles foulaient de leurs pieds nus ? Le septon essaierait-il d’empêcher Père de la laisser aller, en connaissant l’état de fébrilité et de folle excitation dans laquelle elle se trouvait, sous prétexte que cela gâterait tout son reste de santé ? Après tout, les Sept étaient bien au courant, et il semblait à la tendre écervelée que la Jouvencelle lui souriait, par-delà son masque de faïence et de verre. C’était peut-être, alors, qu’elle approuvait ses pensées, qu’elle ne se montrait pas si coupable d’aimer passionnément ces évènements exceptionnels ? Qu’il n’y avait rien de mal à cela, si on savait se montrer compatissant au petit peuple qui profitait de l’occasion pour mendier quelques pièces ? Oui, c’était cela. Elle donnerait un millier d’offrandes, autant de nourriture et de dragons d’or qu’elle pourrait glaner sans attirer les reproches de ses géniteurs, dès qu’elle serait rentrée. Rentrée du pays du rêve !
Ashlee rouvrit les yeux et se leva, les genoux un peu douloureux d’être restés au contact de la pierre dure pendant si longtemps. Il était vraiment plus que temps de faire mander ce fameux tailleur qui devait lui livrer ses toilettes aujourd’hui, pour essayer le tout. Mais… ce genre de pensées n’était pas à avoir au septuaire. Essayer de ne pas réfléchir aux choses matérielles, de rester concentrée sur l’important, sur ce que les Sept désiraient, de la conduite modeste à adopter, elle qui n’était qu’une poussière dans la main de la Mère un brin d’herbe pour l’immensité de son cœur… La jeune fille secoua fermement la tête, en se dirigeant vers le septon, qui la regardait d’un air un peu étonné. Devinait-il son agitation ? Vite, elle afficha un beau sourire, masque de l’innocence un peu factice, elle qui se sentait pour l’heure si coupable de son incorrigible légèreté ! La désagréable sensation de pécher lui traversa brièvement le cœur, avant qu’elle ne lui confie enfin qu’elle avait des obligations importantes mais qu’elle reviendrait le visiter comme à l’ordinaire le lendemain matin. La conscience lourde, elle le laissa s’incliner à moitié, mais elle ne se remit à respirer normalement qu’une fois au contact de l’air frisquet du dehors. Une profonde inspiration, puis deux, puis trois : on ne pouvait décider pas prier lorsque les pensées étaient trop loin de l’âme. Même si, dans son cas, ce n’était pas tout à vrai ! Le véritable désir était forcément entièrement innocent. Mieux, il était peut-être inspiré des Sept eux-mêmes, pour mettre un peu de joie dans sa vie monotone.

Ashlee se remit à sourire. C’était cela : les rêves étaient le reflet d’une âme bonne. Il ne fallait plus s’en faire de ce côté-là, et courir droit à son plaisir. Elle n’avait pas encore vu ce nouveau tailleur : sa servante s’était contentée de prendre elle-même ses mesures, et elle avait hâte de découvrir dans quelles nouvelles toilettes elle aurait le plaisir de pavoiser.
Ce fut donc en trottinant autant que le lui permettait sa septa que la jeune fille rejoignit ses appartements, le cœur battant et le sourire à ses lèvres pâles. La servante faillit se mettre à se mettre à pouffer en entendant la voix plus aigüe que d’habitude de sa maitresse lui demander d’aller le chercher au plus vite ; mais même si cette dernière n’était pas trop embêtante, on ne connaissait jamais les lubies des nobles, et encore moins celles des jeunes filles sans cervelle. Aussi Katty eut-elle l’intelligence de ne pas faire paraitre son amusement avant d’être descendue d’un étage au moins dans le donjon, avant de prendre la direction des cuisines. Elle aurait bien cinq minutes pour tout raconter au marmiton, qui était son meilleur ami depuis toujours, avant d’aller chercher ce fameux Maël… Enfin, elle espérait au moins qu’il fût séduisant. Mais la rondouillarde jeune femme n’avait pas vraiment peur de ça. Il paraissait que les Dorniens étaient, disons, toujours intéressants, et la servante, mutine, se fit la réflexion qu’elle aussi saurait prendre peut-être du bon temps… il n’y en aurait pas que pour sa maitresse, par les Sept !
C’est ainsi qu’elle finit par se rendre à l’auberge où l’employé était logé aux frais de la maison Cendregué, offrant son plus joli clin d’œil à l’étranger qu’elle trouva particulièrement jeune et beau. Ah, si elle n’avait pas presque trente ans !
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Maël
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« Tailleur Dornien,
en service dans le Bief »

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♦ Age : 25
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Message Mar 29 Mai 2012 - 21:23

Il y a de cela quelques semaines, alors qu’il officiait avec beaucoup de zèle dans son atelier au cœur de Villevieille Maël avait reçu la visite d’un serviteur de la maison Cendregué venu passer une commande pour la damoiselle Ashlee. Cette dernière était invitée au mariage de Lord Ambroise Beurpuits et de Lady Sienna Frey à Murs-Blancs, où il y aurait également un Tournoi d’organisé, et comptait refaire ses toilettes pour l’occasion. Enchanté par cette perspective il n’avait pas fallu longtemps au dornien pour accepter l’offre de cette maison du Bief. Non seulement il avait besoin d’avoir le plus de clients possibles dans la région – il comptait beaucoup sur le bouche-à-oreille, c’était d’ailleurs peut-être grâce à celui-ci que les Cendregué avait eu vent de son existence ? – mais il était aussi tout à fait excité à l’idée de créer des tenues pour une jeune lady en pareille occasion. Le serviteur lui avait alors remis les mesures de la jeune femme mais s’était retrouvé coi lorsque Maël l’avait interrogé sur les besoins de sa maîtresse. Quelles formes ? Quelles couleurs ? Quels tissus ? Ce genre d’indications étaient précieuses, mais absentes en l’état. Voilà qui pouvait se révéler problématique… Après avoir inspiré profondément, il s’était alors dit que c’était une marque de confiance en son doigté. Peut-être lady Ashlee désirait au fond ne donnait aucune consigne pour être surprise par le résultat final ? Il ferait en sorte de ne pas la décevoir. On lui offrit alors le séjour dans une auberge non loin de la forteresse des Cendregué. Maël remercia le serviteur en lui offrant un verre et promit de prendre la route de la Rose en direction de Hautjardin dès qu’il aurait terminé son paquetage, contenant le nécessaire pour combler les attentes de la damoiselle. Il comptait également se renseigner un peu sur cette maison pour ne pas connaître de fautes de goût mortifères.

Les jours suivants, Maël les passa à rassembler des quantités affolantes de tissus, voilages, dentelles et autres biens de valeur afin de constituer une garde-robe digne pour la belle Ashlee Cendregué. Il s’était également renseigné sur la maison et la famille auprès de quelques connaissances en ville, s’abreuvant alors des mots de comptoir et des histoires qui tournaient autour du grand tournoi de Cendregué, donné en l’honneur d’Ashlee qui n’était alors qu’une enfant de treize ans, en l’an 209. Cela pouvait toujours être utile s’il était amené, comme il l’espérait, à parler avec la damoiselle. Pour son travail de concret de tailleur il avait aussi recueilli quelques informations. Si la couleur du Bief était le vert, celles de la famille était l’orange et le blanc à l’image du blason « un soleil et un chevron, blancs sur champ orange » tandis que leur devise était « notre soleil est radieux », il fallait donc des tenues relativement colorées, éclatantes, pleines de grâce. Laissant l’inspiration monter et les idées fuser dans son esprit créatif et débridé, Maël chargea ses affaires sur son fidèle mulet Pylos et prit la route de la Rose avec lui. Le trajet s’annonçait ardu puisqu’il devrait en avoir pour environ vingt jours avant de parvenir sur les rives de la rivière Coquelle… Mais le jeu en valait la peine, il en était certain. C’est le cœur plein d’allégresse qu’il avait fermé sa boutique et s’en était allé.

Le voyage fut long et assez difficile, mais ô combien gratifiant une fois parvenu près du château triangulaire. Il était particulièrement grand et imposant, avec ses immenses tours et murs épais, l’idée d’avoir l’occasion de pouvoir peut-être y entrer était exaltante. Sans mal il trouva l’Auberge que le serviteur lui avait indiquée et y fut bien accueilli par ses propriétaires, qui lui avait gardé une chambre. Après un repas copieux pour lui comme pour son mulet à l’extérieur, gratifiait de plusieurs légumes et d’une pomme – son met préféré – il rejoignit son lit pour une longue de nuit de repos. Les jours suivants Maël œuvra sans relâche pour donner vie aux robes qu’il avait imaginé, abattant en peu de temps un travail colossal. Comme nombre d’humbles il savait mettre les bouchés doubles et ne rechignait pas face à la tâche. Se contenter de lâcher quelques tenues, de prendre son argent puis partir, ce n’était pas sa mentalité, ni même son « éthique » de tailleur. Il voulait émerveiller lady Cendregué, voir se dessiner sur son visage de jeune fille un sourire radieux, et dans ses yeux mille étoiles. C’était peut-être un peu fou et présomptueux mais c’était avant tout un moteur extrêmement motivant pour coudre et repriser jusqu’au bout de la nuit.

Le jour où il devait remettre les tenues vint finalement. Il était impatient mais également angoissé à l’idée que ce qu’il avait confectionné puisse ne pas plaire à la lady. Les goûts et les accointances sont très personnels et il s’en voudrait beaucoup de ne pas avoir réussi à la satisfaire. Pour éviter le plus possible ce désagrément il avait essayé, autant que faire se peut, de repousser les limites de son imagination afin de proposer un panel de choix très large. Les vêtements différaient par leur coupe, les matières utilisées, les couleurs, et aucune ne ressemblait à une autre. Dans tous ces ouvrages, il n’y en aurait bien qui plairait à Ashlee. Au moins un ! Assis à une table un peu à l’écart dans l’auberge il attendait donc, le cœur battant. Il était vêtu d’une ample et longue cotte d’un profond rouge coquelicot, aux manches élargies et largement fendues, qui chutait lestement et recouvrait ses chausses noires jusqu’à mi-cuisses. Le tout était relevé par une longue ceinture tournée deux fois autour du corps et croisée sur les reins, dont les deux lanières d’argent retombées nonchalamment le long de ses hanches. C’était une tenue de qualité dont un noble n’aurait pas à rougir mais ce n’était pas par prétention que le jeune homme choisissait ces vêtements. Il se voulait le reflet de son travail, en effet qui confirait son habillement à un rustre mal fagoté ? Ainsi il s’appliquait à être le plus présentable possible et si le geste n’était pas systématiquement couronné de succès, toujours est-il qu’il est essayé et que l’effort était palpable. Portant son verre de bière brune à ses lèvres, il leva le nez et aperçut une jeune femme l’observait et lui adressait un clin d’œil un rien tapageur enjôleur. Surpris, un rien gêné puis également amusé, il se leva pour venir à sa rencontre et s’inclina succinctement par respect. Se doutant qu’Ashlee Cendregué ne viendrait pas récupérer ses tenues elles-mêmes, il devait s’agir d’une de tes servantes. A moins que ce ne soit une femme du commun désireuse d’une petite conversation ? Il aurait alors l’air bien idiot pour le coup, il devait toutefois en avoir le cœur net. Ne sachant trop que penser sur le moment, il murmura de sa voix douce.

    « Bonjour, êtes-vous au service de la damoiselle de Cendregué, ma dame ? »

Roturière ou de haute lignée, toutes méritaient aux yeux de Maël le titre de ma dame . Il avait d’ailleurs toujours surnommé Princesse… Une fois qu’elle l’eût confirmé, il s’arma de son paquetage fin prêt contenant toutes les tenues qu’il voulait présenter à la lady. Il ne savait pas s’il devait le confier à la servante ou s’il devait les lui mener lui-même. Il préférait la seconde option car il était soucieux de conseiller la damoiselle et de recueillir ses impressions directement. Malgré tout il n’oserait jamais s’imposer et suivrait les ordres qui lui étaient intimés. Ne voulant vexer personne, il chercha rapidement dans son esprit une formule courtoise pour s’imposer sans en donner l’impression de manière trop perceptible… Encore un peu maladroit à ce niveau, il tenta de ne pas s’embrouiller en interrogeant son interlocutrice.

    « Lady Ashlee accepterait-elle que je lui apporte personnellement ses toilettes ? »



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Message Jeu 31 Mai 2012 - 14:44

Tandis que sa servante était enfin partie en ville chercher ledit tailleur, Lady Ashlee était retournée dans ses appartements. Suivie du regard par sa septa, elle avait d'abord essayé de se mettre à sa couture – un mouchoir blasonné pour Androw et Robert, lorsqu'ils reviendraient – mais, n'y tenant plus, elle s'était ensuite mise à la fenêtre pour essayer de voir Katty revenir. Réprimandée par la vieille femme, elle avait commencé à déambuler en long et en large dans tout son boudoir, avant de soupirer à grand bruit. Mais quand arriveraient-ils donc ! A n’en pas douter, son écervelée de servante s’était arrêtée pour baguenauder encore avec quelques valets, si ce n’était pas encore le cuisinier. Peut-être même allait-il falloir la renvoyer ? Les rumeurs allaient bon train sur cette créature, et … même si elle n’aimait pas à se l’avouer, la jeune demoiselle ne pouvait s’empêcher d’y prêter attention. Cela déshonorait non seulement sa maison, mais surtout, surtout, cela la forçait à attendre ses nouvelles toilettes !
Et de cela, Ashlee n’en était pas capable aujourd’hui.

Désœuvrée, elle regarda autour d’elle pour s’occuper ; et s’arrêta soudainement. Non, ce n’était vraiment pas le moment ! Elle ne s’était pas préoccupée d’un détail capital. Elle n’était pas prête à recevoir un tailleur, même venant de ces contrées sauvages de Dorne ! Il fallait complètement transformer son boudoir : faire venir un miroir, bouger les meubles pour qu’ils puissent supporter les vêtements, se ménager un espace pour qu’elle puisse procéder aux essayages. Décidément, sa servante était bien sotte ! Elle n’y avait même pas songé.
D’une voix impérieuse et surtout stressée, elle ordonna alors à sa septa de l’aider. A deux, elles disposèrent les deux fauteuils contre un mur, appuyés à une tapisserie représentant une jouvencelle au bord d’une fontaine ; elles mirent la petite table à l’entrée, envoyèrent un valet cherché de quoi disposer un tréteau, qui fut bientôt recouvert d’une nappe d’un jaune orangé aux franges de soie. Sur la petite table fut disposée une collation à base de thé et de petits gâteaux, denrées que la jeune fille ne se lassait jamais de manger ; et enfin, un tabouret fut planté au milieu de la pièce, en face du miroir en pied cerclé de vermeille. Ashlee contempla un instant la pièce d’un œil critique, puis, d’un mouvement volontaire du menton, approuva le tout. Puis elle saisit un livre, avant de se rasseoir avec ennui, chiffonnant d’une main distraite la soie de sa robe aux couleurs printanières, les gestes nerveux, la mine tendue, rêveuse. Père avait-il trouvé un artisan doué ? Saurait-il rehausser son teint par la couleur de ses robes, par la fraicheur des tissus et par la richesse des broderies ? Saurait-elle faire faire bonne figure à ce tournoi, sans Père pour l’épauler, sans ses frères pour veiller sur elle ? Que de questions, que d’angoisse suscitée par l’évènement !

Combien de temps devrait-elle attendre encore ?

De son côté, Katty était tout sourire. Après avoir été glané un morceau de gâteau aux cuisines et avoir raconté les derniers potins au cuisinier, elle était sortie de la forteresse d’un pas guilleret. Elle n’avait encore jamais vu de dorniens de toute son existence, et il fallait avouer qu’elle était folle de curiosité. On les disait barbares, à la peau sombre, beaux, ténébreux… et malgré elle, son pas devenait de plus en plus rapide à mesure qu’elle approchait de l’auberge censée abriter le tailleur. Le chignon un peu défait, elle se regarda dans une vitre de l’auberge avant d’entrer. Vite, Katty lissa son tablier sur sa robe de serge noire, veilla à essuyer la trace noire sur sa joue rebondie, remonta un peu son chignon, pour mettre en valeur ses cheveux ambré ; puis entra d’un pas conquérant, retroussant légèrement sa robe pour montrer le début d’une cheville qu’elle savait (ou croyait) très séduisante. Eh bien oui, l’on pouvait avoir trente années environ et vouloir encore meubler sa couche par un séduisant étranger… qui se trouvait là, au beau milieu de la salle, reconnaissable entre mille par sa peau ambrée et ses yeux ourlés de noir. Sa tenue élégante transporta la servante, dont le regard facilement impressionnable manqua de rater un battement. Etait-il possible qu’un noble se soit déguisé en tailleur pour parvenir jusqu’à sa maitresse ? Ou bien n’avait-il pas pu venir, et ce dernier serait… bah, trêve de réflexion ! Il fallait l’approcher pour savoir ! Aussitôt pensé, aussitôt fait et la jeune femme se planta avec un sourire mutin derrière la choppe de bière brune du tailleur.
La servante manqua d’éclater un bon rire lorsque son interlocuteur lui demanda avec un manque de confiance flagrant si elle était au service de Lady Ashlee : c’était trop charmant ! Il était timide et galant ! Les yeux plissés en une multitude de fines rides, elle lui confirma d’une voix alerte qu’elle était bien envoyée à sa rencontre par sa maitresse. De nouveau, il posa une question qui semblait évidente, auquel elle répondit de sa voix forte et gaie habituelle.

- « Eh bien, vous croyez ben que j’vais tout porter les affaires pour ma maitresse ? Elle ne fait que vous attendre d’puis s’matin. M’est avis que la Lady est nerveuse, alors surtout, prenons garde à pas arriver en r’tard. Vous savez, c’est la première fois qu’elle voit un dornien… M’sire. »

Puis elle souffla sur le ton de la confidence :

- « M’est avis qu’elle ne sera pas insensible à vos charmes… Contente qu’on ait fait la paix avec Dorne… »

Un gloussement, puis elle lui prit d’autorité une des boites qui s’étalaient sur la table du roturier. Il était plus que temps de se mettre en route ; heureusement que sa maitresse n’était pas trop autoritaire, et, surtout, qu’elle ne puisse pas prouver que sa servante profitait des courses qu’elle lui confiait pour lambiner un peu. La démarche un peu chaloupée, Katty remonta la rue principale de Cendregué, traversa le pont-levis de la forteresse, sourit aux gardes avec entrain, présentant brièvement le tailleur, puis se dirigea sans hésitation jusqu’au donjon principale, où elle guida le visiteur dans les étages.
Enfin, elle ouvrit la porte, et déposant sa boite sur la table à tréteaux poussée contre le mur, fit une petite révérence, tandis qu’une jeune fille au port droit fermait son livre avec un rien de précipitation. Malgré l’empire qu’elle avait sur elle-même, Lady Ashlee avait du mal à contenir sa grande joie de voir enfin l’employé arriver ; et elle lui désigna d’un geste large la large table où il pourrait déposer les robes en attendant qu’elle puisse les essayer.
D’un regard, elle attira l’attention de sa servante, pour lui ordonner qu’on fasse venir une autre servante, s’il s’agissait d’aventure de devoir reprendre les robes – et s’approcha enfin du dornien, avec un sourire sage et pâle dessiné sur sa figure d’enfant sage.

- « Je suis bien aise que vous ayez pu venir sans retard. Le tournoi est pour bientôt et je dois partir le plus vite possible. J’espère que ma servante vous aura communiqué que j’aimais particulièrement le jaune bouton-d’or, mais aussi le lilas et le blanc. Mais d’abord, j’espère que vous avez pu manger ? Il parait que la nourriture est horrible dans toutes ces auberges. J’ai fait préparer une collation… si vous désirez vous sustenter, vous pourrez vous servir. »

A nouveau, elle traversa la pièce, dans un bruissement soyeux de sa robe brodée, avant de fixer le ciel morne en soupirant.

- « J’espère que la lumière est suffisante. Mais… Comme je suis maladroite. »

Lentement, la petite silhouette de la jouvencelle retraversa la pièce, pour lever légèrement les yeux vers son interlocuteur, très droite, avec l’assurance propre à la noblesse que sa faute, légère, serait forcément pardonnée :

-« Pardonnez-moi. Je ne sais pas seulement votre nom. Vous venez de Dorne, c’est cela ? Je suis Lady Ashlee Cendregué. »


Faire la conversation ne l’intéressait pas spécialement, mais la force de l’éducation la poussait à se conduire de la sorte avec tout un chacun. Et puis elle avait si peu de compagnie, parfois, qu’elle arrivait à en désirer n’importe quelle nouvelle rencontre. Même des dorniens – même s’ils avaient fait la paix avec la maison Martell, la jeune fille n’arrivait pas à bien dépasser les aprioris qu’elle avait forgés à leur encontre. Qui sait quelle vilénie mijotaient-ils encore dans le dos des honnêtes gens du Bief ?
Sans attendre la réaction de son sulbalterne, elle entreprit de s’éventer. Il faisait si lourd… si lourd, qu’un orage allait probablement éclater. Tout comme elle, d’ailleurs... elle n’osait penser à la sueur qui allait gâter ses robes. Non, vraiment, ce n’était pas juste !
D’une voix douce, elle demanda à sa septa d’ouvrir la fenêtre.

Une rafale de vent entra, jetant le livre à terre, provoquant l’envol de sa broderie, faisant voler les rubans jaunes de son habituelle coiffe de coton blanc. Mais Ashlee n’en avait cure : elle se sentait beaucoup mieux désormais. On pouvait enfin respirer !
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Maël
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Message Mer 4 Juil 2012 - 16:47

Maël fut rassuré et enchanté d’apprendre qu’il ne s’était pas trompé en s’adressant à cette mignonne servante qui paraissait tout à fait épanouie et divertissante. Elle s’empressa de calmer ses inquiétudes tout en lui confiant que sa maîtresse, lady Cendregué, n’avait jamais rencontré un originaire de Dorne. Même pour une dame de la noblesse, ce n’était pas une révélation surprenante. Le tailleur s’était habitué depuis son arrivée à Villevieille à être considéré comme un énergumène étrange et à susciter soit la répulsion la plus dégoûtée, soit une franche curiosité. Il souhaitait au plus profond de son cœur que lady Ashlee se situerait davantage dans ce dernier p anier, comme le lui sous-entendit la damoiselle Katty. Quoiqu’il en soit il ferait tout son possible pour se montrer bien élevé, courtois et obligeant auprès d’elle. Une fois sur ses jambes et après que la jeune femme lui ait indiqué que son employeuse devait les attendre avec fébrilité, il saisit les nombreuses boites et paquetages qui jonchaient la table d’auberge. Il n’osait dénombrer tous ces bagages, petits ou gros et bien ficelés, il dût faire preuve d’une grande imagination pour les empiler et les transporter sans risquer de s’effondrer en chemin. La quantité était effrayante et l’assistance de Katty plus que bienvenue, il lui adressa donc un large sourire et la remercia dans un souffle.

    « Vous êtes bien aimable ma dame, je vous suis. Il jeta un regard derrière eux pour vérifier qu’ils n’oubliaient aucun colis puis, se retournant vers elle, il précisa avec une gentille risette sur les lèvres. Oh, et je m’appelle Maël. »

Une fois en dehors de l’auberge le dornien prit le temps de glisser deux sous dans les mains d’un garçon d’écurie pour qu’il prenne soin de Pylos, son mulet, en son absence. Il ne savait pas combien de temps pouvaient durer tous les essayages mais mieux valait être prudent. Le couple de roturiers put ensuite avancer le long de la rue principale, Maël talonnant Katty, et prendre le chemin de la forteresse où patientait lady Cendregué. Au fur et à mesure qu’ils approchaient il sentait un mélange de crainte et d’excitation s’accumuler en lui. Allait-il être à la hauteur ? Lady Ashlee serait-elle satisfaite ? Katty allait-elle le kidnapper dans une salle sombre et isolée avant qu’il ne parvienne aux côtés de sa maîtresse ? Tant de questionnements, certains portaient plus à sourire que d’autres mais tous le taraudaient. C’est distraitement qu’il salua les gardes et autres domestiques que ses pas croisèrent, trop préoccupé qu’il était à mettre un pied devant l’autre sans choir et à répéter, méthodiquement et inlassablement, des formules de politesse dans sa tête en ébullition. Expressions et aphorismes qu’il perdit sitôt pénétré dans les appartements de la petite jouvencelle aux cheveux blonds. Contenant sa maladresse naturelle lorsqu’il était affolé, il déposa ses précieux travaux sur la table désignée plus tôt et se fendit instantanément d’une profonde révérence à l’adresse de la gracile créature qui se joignait à lui.

    « Merci pour votre bienveillance ma lady. M’offrir une chambre dans cette auberge est déjà extrêmement généreux… Tout en se redressant il guigna le thé et les biscuits charitablement offerts à son regard puis énonça avec entrain. Je goûterai volontiers à tout ceci si et seulement si je vous vois ravie des tenues que j’ai confectionné à votre attention. Quant aux couleurs qu’elle énonça, il n’en avait pas été mis au courant à temps mais il jugea bon de ne pas incuber cette faute à la malheureuse servante. Il acquiesça donc d’un simple et court signe de tête et contourna le problème. Ce sont de belles couleurs, vous trouverez ces teintes parmi d’autres dans ce que je vous ai apporté. »

Il observa poliment sa mouvance, attentif à ce que pouvait lui dévoiler sa stature et le son de sa voix. Elle s’excusa de ne pas s’être présentée plus tôt, et il en fut lui-même un peu confus : il n’avait pas songé une seconde que cette « étape » avait manqué à leur rencontre. Il était si concentré sur les dires de la jouvencelle et sur les mots à choisir pour lui répondre qu’il en oubliait les bases.

    « Vous n’avez pas à vous excuser lady Ashlee, je suis déjà honoré de servir votre famille à mon humble niveau. Si elle ignorait son nom, elle savait en revanche qu’il venait de Dorne. L’occasion pour le tailleur de s’interroger sur le sens des priorités que pouvait avoir les nobles gens. L’origine était importante à leurs yeux… Surtout en connaissant les conflits qui avaient opposés les voisins rivaux, le Bief et Dorne. Toutefois, le père d’Ashlee avait quand même décidé de lui faire confiance, n’était-ce pas là une belle preuve de « paix » ? En effet ma lady, je viens de Lancehélion et mon prénom est Maël. J’ai quitté la région pour m’installer à Villevieille il y a de cela deux lunes. Souvent, sa ville lui manquait. Cependant il ne pouvait faire part de ses états d’âme à Ashlee, elle devait en avoir cure. Il préféra plutôt susurrer. Le Bief est une sublime contrée. »

Les présentations étant faites, il se permit de retrouver les paquetages contenant les robes qui lui avaient demandé tant de patience et d’heures d’ouvrage. Il était lui-même peu gêné par la chaleur étouffante qui sévissait ces derniers jours, il était habitué aux durs rayons du soleil en plein désert ainsi le temps lui paraissait ici bien clément. Son aisance n’entravait pas son sens de l’observation et il constata que ce n’était pas réciproque pour la damoiselle qui souffrait de la touffeur ambiante. Il glissa un fin tissu sur son bras tendu et approcha à pas prudents de son hôtesse.

    « Il fait lourd ces temps derniers, j’ai donc pris le partie de vous fabriquer cette tenue légère qui pourra facilement être réchauffée par ce grand mantel assorti. »

Il accorda ses paroles et ses gestes et lui présenta alors une longue robe cousue dans une matière particulièrement fluide, semblable à de la soie et dont sa couleur vert clair tirant sur le blanc comprenait une kyrielle de nuances délicates. Le décolleté était rond et les manches largement évasées, le tout était finement brodé par du fil d’argent dans des motifs astrales : ainsi soleil et chevron se côtoyaient et rappelaient le blason des Cendregué. L’élégante pièce se laçait dans le dos et permettrait à la jouvencelle de s’épanouir librement [un peu comme ceci ^^]. Etendu sur son second bras, un long manteau blanc attendait de réchauffer la demoiselle si la soirée s’avérait fraiche. D’un doux blanc cassé, il s’attachait sur le devant par une chaînette d’argent et s’apparentait alors à une longue cape fluide. Il s’aventura suffisamment auprès d’elle pour que ses doigts puissent tâter d’eux-mêmes la gracieuse étoffe si elle le désirait, auquel cas il était prêt à confier sa petite merveille aux mains expertes des servantes qui aideraient surement la damoiselle à se changer si elle était satisfaite de l’aspect extérieur.

    « C’est bien au Tournoi de Murs-Blancs que vous vous rendez ma lady ? Celui qui célèbre le mariage de Lord Ambroise Beurpuits et lady Sienna Frey ? Vous devez être impatiente de participer à cette cérémonie… »

Certains de ses clients aimaient parler des heures et s’épancher longuement à son oreille car ils savaient pertinemment que Maël ne répéterait pas ce qu’ils contaient. Et quand bien même le tailleur s’y risquerait, contre quelle épaule notable irait-il radoter ? Tant que sa réputation n’était pas encore largement établie, il n’était pas une menace… Seul l’avenir révélerait si les connaissances intimes qu’il avait recueillies seraient utiles. Pour le moment, le dornien était bien trop naïf pour cela. D’autres nobles n’étaient pas intéressés par la discussion et préféraient que l’habillage se fasse rubis sur l’ongle. C’était souvent des hommes qui considéraient qu’entretenir une garde-robe était autant une nécessité qu’une incroyable corvée. Toutefois, Maël ne put s’empêcher de songer avec un sourire attendri que cet exercice devait plaire à la jeune lady… Quelle jouvencelle ne serait pas emballée par l’idée d’augmenter le nombre de robes de princesse en sa possession ?



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Du plaisir d'être ... d'avoir une garde-robe bien fournie (pv Maël)

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