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L'innocence est la meilleure défense de l'enfant

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Message Dim 20 Mai 2012 - 15:23



Alanna Targaryen & Alys Trant




Dans l'enceinte feutrée de ses appartements privés, Alanna jetait un énième regard par la fenêtre. Les Sept seuls savaient à quel point elle haïssait cette ville. Telle une longue note à l'agonie, Port-Réal s'étirait de tout son glas. Ravagée par la malnutrition, défigurée par le vice cette cité suait licencieusement. Des bas-fonds de Culpucier aux plus hautes pièces du Donjon-Rouge, tout la révulsait. Si ce n'était pas la saleté de corps, celle de l'âme ne se faisait plus prier. Emmurée dans ce dégoût panique de la ville, Alanna tenait ses filles le plus loin possible de cet environnement vérolé par un mal latent. Qui jamais ne semblait pouvoir prendre fin. Comme si cette concentration de pouvoir aspirait toute la noirceur de Westeros à ses côtés. Que ne regrettait-elle Lestival... Loin de toutes ces horreurs, à l'abri des mensonges, trahisons et manipulations à n'en plus finir. Entourée de sa famille, ou du moins ce qu'elle avait pu en sauvegarder. Ses fils n'étaient plus depuis longtemps et bien que - les Sept en soient remerciés - la mort n'ait pas eu à les surprendre, la douleur de les avoir perdus n'ajoutait qu'à la souffrance ambiante du lieu. Aerion était bien loin, banni par son propre père et Aemon ne quittait plus Villevieille. Aegon, encore jeune, restait relativement bien protégé par Maekar, soucieux que les aînés ne déteignent pas sur le dernier fils valable à ses yeux. Et Daeron... se noyait lentement dans les cuves de vinasse qu'il vidait de manière chaotique. Dans un délicieux envol d'amour, le coeur de la Princesse se serra. Oh certes elle était fière de ce qu'elle avait engendré, comme si l'objectivité évidente qui la liait à ses enfants n'était rien. Pourtant, les déchirements qui étaient survenus ces dernières années la glaçaient jusqu'au sang. Elle qui avait enfanté à six reprises donc quatre fils et avait ainsi parfaitement rempli son rôle d'épouse, puis de mère... Non pas qu'elle souffrait de ne plus avoir de contrôle sur la vie de ses enfants, mais souffrait de leurs échecs. Qu'elle voyait siens. Comme si l'éducation qui leur avait été dispensé, les valeurs qu'elle avait souhaité leur transmettre avaient manqué quelque part. Ainsi elle restait en compagnie de ses deux filles, plus sages et réfléchies que leurs frères. Comme si la sagacité et l'honneur de son ascendance Arryn leur avaient été léguées. Et non à ses fils plus violents, tranchants et tellement entêtés. Âgées de 16 ans et 13 ans, Daella et Rhae éclairaient désormais le quotidien de leur mère. Les parentes s'étant beaucoup rapprochées durant leur séjour à Lestival, aucune ne semblait vouloir briser ce lien profond. Sûrement l'un des seuls de confiance aveugle, celui sur lequel on se repose, se ressource. Songeuse, le gloussement de son aînée tira Alanna de sa rêverie. Apparemment, Rhae ne possédait pas encore le lyrisme de sa soeur ce qui suffit à lui faire piquer du fard. Quelques mots de sa Septa suffirent à rassurer la jeune fille et la petite Princesse repartit de plus belle. Alanna échangea un doux sourire avec Daella avant de se redresser. La compagnie de ses filles était fort douce mais voilà qu'elle était appelée ailleurs. La vie de Port-Réal était si différente de celle à Lestival qu'en deux ans, Alanna avait perdu la plupart de ses habitudes. Pourtant - et même si son coeur lui dictait l'inverse - elle se devait de réintégrer ses petites habitudes passées qui avaient su la préserver de cette ville au mal mystère et donc, dans le cas présent, quitter ses filles et leur lecon de chant. « Vos progrès à toutes deux sont notables, j'ai été ravie d'en être le témoin. Nous nous retrouverons aux jardins avant le souper. » Laissant quelques directives à la Septa, elle embrassa d'un délicat baiser le front de ses filles, leur blond Targaryen transcendant sur sa propre chevelure de jais.

Empruntant un dédale de couloirs labyrinthiques aux tons mornes, Alanna se perdait littéralement dans ses pensées. Daeron l'obnubilait. Elle qui ne lui avait pas encore parlé depuis son retour de Lestival, voilà qu'elle se noyait d'inquiétude à son sujet. Maekar ayant interdit à leur fils de pénétrer Donjon-Rouge lorsqu'il s'y trouvait, Alanna se demandait bien dans quelle couche il s'était effondré. Bien que l'astre solaire soit haut dans le ciel d'azur, Daeron ne connaissait aucune heure pour se souler davantage. Que ce soit jour ou nuit, ses gardes le ramassaient assez régulièrement. Si elle n'avait jamais demandé de détails, Alanna avait tout de même fait suivre son fils. Son seul titre de Prince pouvait lui porter préjudice et il était depuis longtemps notoriété publique que Daeron - aussi connu sous le sobriquet de "l'Ivrogne" - maniait mieux la descente de bouteilles que l'épée. Une honte pour son père, un crèvecoeur pour sa mère. Pourtant, si l'un l'avait clairement abandonné, Alanna s'y refusait et persistait, dans un élan d'entêtement, à sauver des flots son aîné. C'est d'ailleurs dans cette optique qu'elle avait finalement réussi à convaincre Maekar de le fiancer. Un pas de géant opéré avec la grâce d'une colombe. Si Alanna avait longuement soufflé conseil à son époux sur le choix de la promise, elle n'avait toutefois pas encore rencontré la fameuse fiancée de son fils. Ayant récemment ouïe-dire qu'Alys Trant se trouvait à Donjon-Rouge, la Princesse ne l'avait pas encore croisée et préférait - excepté si les Sept la mettait sur sa route - s'entretenir avec son fils avant de rencontrer la Demoiselle. Si Alanna avait apprit de son époux qu'ils s'étaient tous trois brièvement rencontrés, elle voulait néanmoins tenter de sensibiliser son aîné sur le sujet. Par réputation et selon Maekar, Alys était exquise. Si Daeron possédait encore une once de bon sens il le remarquerait certainement mais encore fallait-il qu'il ne fane pas avant l'heure cette délicieuse rose qu'on lui offrait sur un plateau d'argent. Un exercice difficile qui réclamait du Prince beaucoup d'attention, de tact, de délicatesse et tout autant de belles choses qu'il ne semblait pas posséder. Tout comme cela avait été le cas avec Maekar, Alys devrai sans aucun doute s'armer de patience. Cependant, si rien ne semblait les rapprocher dans les deux ou trois années à venir, il était fort à parier que rien ne les rapprocherait jamais. Un risque qu'Alanna n'était pas prête à prendre et qui expliquait pourquoi elle versait autant d'énergie dans la réhabilitation de son fils. Daeron avait besoin d'aide. Désespérément. Se rendre compte qu'elle n'était pas cette personne avait broyé le coeur de la Princesse. Pourtant, elle était prête à se séparer du peu d'amour dont la gratifiait son fils au profit d'Alys si cette dernière se révélait être idéale à cette tâche. Le mariage n'était pas chose aisée mais laisser partir son fils aîné du point de vue d'une mère était relativement insupportable. La perspective que Daeron soit nécéssiteux d'un mariage pour idylliquement ressortir indemne de ses penchants - et ce même si cela prenait 10 ans - rendait toutefois les choses plus faciles pour sa mère aimante.

Prenant un dernier tournant, Alanna déboucha sur un grand salon où se tenaient quelques Dames de Compagnie de la Reine Aelinor restées à Port-Réal le temps du voyage de la souveraine. Un nombre fort réduit qui avait pourtant permis à la Princesse de tromper quelque peu son ennui. Originaires de diverses familles nobles, ces jeunes femmes goûtaient joyeusement au luxe d'un véritable prison dorée dont elles remerciaient secrètement les Sept de n'en faire partie à vie. A côté de cela, elles semblaient éprouver un réel plaisir à se trouver en belle compagnie et la Princesse ne s'était pas privée pour s'entretenir longuement avec elles, écoutant avec avidité les récits de chacune sur leur terre d'origine. Bien que cela avait pour effet d'accentuer son désir de se rendre aux Eyrié - forteresse qui l'avait vue grandir et dont elle n'avait pas remis les pieds depuis 18 ans - elle laissait la douce nostalgie s'emparer d'elle sans toutefois la laisser devenir mélancolie. Alanna aimait découvrir de nouvelles mais son statut ne lui permettait ni de voyager incognito, ni de se rendre à la première célébration venue. D'une certaine manière, cette condition lui évitait bien des inconvénients mais cela l'empêchait également de voyager à sa convenance. La Princesse - ayant toujours été une entitédiscrète - ne pouvait se résoudre à voyager avec 50 hommes de garde et créer tout un remue-ménage uniquement pour son bon plaisir. De ce fait, elle se l'interdisait. Ce qui n'était pas forcément plus malin. Quoiqu'il en soit, Alanna salua d'un sourire les Dames qui bavardaient paisiblement lorsqu'un détail attira irrémédiablement son attention. Elle pouvait reconnaître cette blondeur argenté parmi mille et selon la silhouette apparentée à cette chevelure, ce n'était là ni ses filles ni aucune des Targaryen qu'elle connaissait. Curieuse, Alanna envoya l'une de ses suivantes héler cette étrange créature qui, surprise, se retourna néanmoins. Avançant l'une vers l'autre, la Princesse ne se fit pas prier pour questionner la jeune fille de sa voix douce et mélodieuse. « Partout je reconnaîtrais cette chevelure et, moi qui me targuait d'en connaître tous les détenteurs, voilà que l'ignorance de votre nom me prend au dépourvu. Sauriez-vous éclairer ma lanterne jeune fille ? » En somme une question bien enveloppée sur son identité et sa présence en ces lieux qui intriguaient tant la Princesse. Alanna connaissait tous les Targaryen, de nom comme d'histoire et cette chevelure semait le désordre dans son esprit. Se pouvait-il qu’elle soit Bâtarde ? Cela n’expliquait qu’en partie sa présence ici et le visage de cette jeune fille était empreint d’une telle noblesse que douter de son honnête affiliation semblait presque inconvenant. Toutefois, Shaïra Seastar était le contre-exemple parfait. Elle démontrait avec brio que le respect du mariage n'avait décidemment rien à avoir avec la beauté. Calme et immobile, la Princesse attendait donc la réponse de cette jolie inconnue parfaitement sensible au fait qu’elle-même ne s’était pas présentée. Son rang lui permettait certaines entorses à l’étiquette lorsqu’il s’agissait de s’adresser à une personne mais elle n’en usait qu’avec parcimonie.
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Message Sam 9 Juin 2012 - 18:16

Ce jour d'hui était le plus beau de la courte vie d'Alys et il n'allait pas tarder à s'améliorer encore. Non seulement elle avait rencontré son futur beau-père qui s'était avéré être, malgré son ton brutal et son visage abimé par le souvenir de la vérole, une personne absolument charmante et bienfaitrice, mais en plus elle avait découvert que le prince qu'elle devait épouser et de qui on disait tant de mal partout dans le royaume n'était nul autre que le superbe jeune homme qu'elle avait croisé la veille dans l'enceinte du Donjon Rouge. Il avait fait battre son coeur alors qu'elle ignorait encore son nom et les Sept avaient voulu, dans leur grande bonté, qu'il soit justement celui qu'on lui avait destiné. Non, vraiment, la journée n'aurait pu mieux se dérouler.
Complètement sur son petit nuage, la jeune femme avait évidemment occulté les petits détails moins rutilants comme l'ébriété du Prince de Peyredragon et la colère du Prince de Lestival devant l'état de son fils. Ils avaient été très durs l'un envers l'autre, dans leur parole et dans leurs regards. Mais à quoi fallait-il s'attendre au juste ? Ils étaient des dragons. Ils étaient le feu et le sang.
Elle avait à présent hâte de retourner à l'auberge pour écrire à sa chère amie Jeyne Estremont afin de lui raconter tout ce qui s'était passé. Theodan ne manquerait pas de la harceler de questions mais elle ne lui dirait rien avant que sa voisine des Terres de l'Orage n'ait son corbeau prêt à s'envoler. Ses frères étaient toujours trop curieux et puis elle soupçonnait le cadet de tenir l'aîné informé de ses moindres faits et gestes. Elle savait que Lorant entrerait dans une colère folle si Theodan lui racontait comment son visage de poupée était souriant et qu'elle soupirait d'aise toutes les deux minutes en repensant à l'homme qu'il aurait voulu qu'elle haïsse autant que lui.

Alys se retenait de sautiller dans les couloirs du Donjon Rouge, comme elle le faisait souvent à Grigibets. C'est cherchant la sortie au hasard de ses pas qu'elle débarqua comme une fleur dans ce qui semblait être un petit hall emménagé de manière à peu près douillette. Les femmes déjà présentes se retournèrent vers elle et – à sa plus grande surprise – s'inclinèrent respectueusement. La jeune Trant les regarda d'abord, bouché bée, sans oser esquisser le moindre mouvement avant de comprendre qu'il s'agissait d'un rassemblement de dames de compagnie et de servantes qui avaient du la prendre pour une Targaryenne à cause de ses cheveux pâlement dorés. Gênée, Alys s'était empourprées. « Faîtes comme si je n'étais pas là » leur dit-elle timidement en se glissant le long des murs à la recherche d'un échappatoire. Elle n'avait pas deux mètres que la broche d'une des filles attira son attention. Elle représentait un oiseau. Ne pouvant en détacher son regard, la blondinette modifia sa trajectoire pour s'approcher à pas de loup et engager la conversation à propos du bijou. Comme elle obtint l'autorisation de le voir de plus près, elle put bientôt déterminer de quel oiseau il s'agissait et donna une véritable leçon d'ornithologie aux personnes qui avaient tendu l'oreille. Passionnée par son explication, elle ne se rendait pas du tout que des coups d'oeil commençaient à s'échanger entre les dames qui se demandaient quelle étrange jeune personne se trouvait en face d'elles. Quelle lady saurait ces choses triviales ? C'était un savoir de paysans. De chasseurs, tout au plus. Évidemment, la jeune femme ne s'aperçut pas qu'on la regardait bizarrement. Lorsqu'elle acheva son explication, elle se détourna immédiatement du petit rassemblement qui s'était formé autour d'elle et s'éloigna d'un pas léger, l'esprit déjà ailleurs. Elle n'avait pas vu que, dans son dos, une femme d'importance venait juste de lui rejoindre, manquant de peu sa leçon sur les oiseaux mais arrivant à temps pour distinguer son épaisse crinière dorée alors qu'elle partait.

La jeune Trant allait emprunter le couloir devant elle lorsqu'une dame qui trottinait derrière elle la rattrapa. Quand elle lui dit que quelqu'un voulait lui parler, Alys se retourna, surprise, pour remarquer qu'une splendide femme brune la fixait depuis l'autre coté de la salle. Un peu intimidée par la prestance de cette inconnue, elle vint lentement jusqu'à elle. Tout le trajet elle étudia son visage sans parvenir à mettre un nom dessus. Elle était certaine de ne l'avoir jamais vue alors d'où venait cette sensation de familiarité ? C'était quelque chose dans la forme de son visage peut-être. Ou alors dans son nez. Ou ses oreilles. Elle s'arrêta face à l'inconnue avant d'avoir réussi à déterminer de quoi il s'agissait. Elle ne fut pas surprise d'entendre cette voix douce et mélodieuse qui allait tellement bien à sa propriétaire. Qui qu'elle était, elle avait l'air extrêmement gentille. Alys lui adressa un sourire radieux et plein d'innocence en répondant à sa question :

_ Je m'appelle Alys Trant, ma dame. Ces cheveux dorés que vous voyez sont un héritage de ma chère mère, la Princesse Elaena Targaryen.

Un murmure parcourut les dames en présence qui avaient écouté sans en avoir l'air. La Trant. La jeune fille maudite. Elles voyaient enfin celle qu'elles devaient plaindre. Absolument inconsciente de l'émoi qu'elle provoquait, la demoiselle continuait à sourire de tout son coeur à Alanna.

_ Je viens des Terres de l'Orage. Aussi j'espère sincèrement que vous voudrez bien pardonner le fait que j'ignore également quel est votre nom. Toutefois, je serai très heureuse de le connaître si vous voulez bien me l'apprendre.

Il y eut un éclat de consternation dans l'assemblée et Alys se tassa un peu sur elle-même. Quoi ? Elle avait dit une bêtise ? Tout à coup apeurée, elle baissa légèrement la tête devant celle qui n'était autre que sa future belle-mère. C'était une chose assez amusante de voir que tout le monde ici le savait sauf elle d'ailleurs.
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